La Nature
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- p.n.n. - vue 1/688
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- France et Colonies : Un an.
- — Six mois
- ABONNEMENTS (Î924)
- , . . 50 fr. I Union postale : Un an .
- 25 fr. J — Six mois
- Prix du numéro : i franc.
- 00 fr 50 fr
- LES QUATRE-VINGT-DIX-NEUF VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC QUATRE TABLES DÉCENNALES (1873-1912)
- Paris. — Imprimerie Luicre, rue de Fleuras, 9.
- p.n.n. - vue 2/688
-
-
-
- O
- CINQUANTE-DEUXIÈME ANNÉE 1924 — PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C'\ ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
- Page de titre n.n. - vue 3/688
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/688
-
-
-
- LA NATURE — N° 2596
- 5 JANVIER 1924
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- UN RHINOCÉROS GÉANT LE BALUCHITHÈRE
- Sous ce titre : Le plus grand Rhinocéros de tous les temps — probablement le plus grand des mammifères terrestres — le Baluchithérium, Rhinocéros géant, éteint, de l'Asie Occidentale et Centrale l’éminent paléontologiste américain Henri Fairfield Osborn a signalé dans N attirai History, la découverte récente en Mongolie d’ossements fossiles du Baluchithérium Grangeri.
- Déjà, au cours des douze dernières années, un savant anglais, le professeur Clive ForsterCoo-per, de Cambridge, avait attiré l’attention sur divers débris provenant du Baluchistan (Bugti Hills, Chur-Lan-do),désignés sous le nom de Para ce rat herium bugliense(\9[\) puis sous celui de Baluchithérium Osborni (1913). Dans le Tur-kestan, à Turgaï, M. Borissyak découvrait d’autres documents analogues qu'il publiait en 1915-1918, sous le nom A'Indricothérium asiaticum et sous celui d’Epiaceratherium turgaicum. Mais il fallut les belles découvert»s de l’expédiiion asiatique du Muséum américain d’Histoire Naturelle, ayant pour directeur paléontologique M. Granger, à Loh, dans la Mongolie centrale et à Iren Dabasu, dans le sud-est de la Mongolie, pour permettre de connaître suffisamment le Baluchithère.
- Actuellement vivent des Bhinocéros appartenant à deux groupes : Rhinocéros unicornes (Rh. de l’Inde, Rh. de Java, Rh. de Sumatra)et Rhinocéros bicornes (Rh. d’Afrique noir, Rh. d’Afrique blanc ou Rhinocéros sinum).
- Nos ancêtres des temps quaternaires ont connu sur notre sol de l’Europe occid en taie le Rhinocéros à narines cloisonnées, à épaisse toison laineuse,à grande corne nasale et petite corne frontale, dont on a retrouvé des cadavres entiers dans les glaces de la Sibérie et dont les artistes aurignaciens ou magdaléniens nous ont laissé quelques figurations intéressantes (galet gravé de la Co-' lombière, peinture sur paroi de caverne de Font-de- Gaume) ou plus sommaires (gravure sur schiste de la grotte du Trilobite, à Arcy-sur-Cure, gravure sur stalagmite de Gourdan). Leurs prédécesseurs chelléens avaient probablement chassé un autre Rhinocéros quaternaire : le Rhinocéros de Merck
- Mais pendant l’è'e tertiaire, dès l’Oligocène, les Rhinocéridés étaient extrêmement nombreux en Europe, en Asie, en Amérique. Henri Fairfield Osborn les a groupés en Acérathérinés, Dicêratké-rinés, Brachypodinés, Cératorinés, Atélodinés auxquels s’ajoutent le groupe des Rhinocéros
- 1 — f.
- MANCHURIA
- TAN
- CHINESE
- TURKE3TAN
- .AFGHANISTAN
- CHINA
- Fig. i. — Carte du centre et du sud-ouest de l’Asie indiquant les gisements actuellement connus du Baluchithère,
- i. Baluchithérium Osborni, type; 2. Indricothérium asiaticum, type; 3. Baluchithérium Grangeri, Iren Dabasu, Mongolie S.-E. ; 4. Baluchithérium Grangeri, type, Loh, Mongolie centrale,
- 52' Année. — i'r Sémesirt.
- p.1 - vue 5/688
-
-
-
- Fig. 2. — Rhinocéros à toison laineuse des temps post-glaciaires dans l’Est de la France.
- Dessin grave sur un galet calcaire par un artiste aurignacien de la vallée de l’Ain, il y a quinze mille ans environ. (Grandeur naturelle du dessin.)
- Fig. 3. — Comparaison des crânes de :
- A. Baluchithérium Grangeri, type; B, Aceratherium incisivum, type; C. Ceratotherium sinum, i/i6e gr. nat. (D’après H.-F. Osborn. American Muséum Novi-tates, 25 mai iq23.)
- récents d’Asie, les Rkinorérotinés et celui des grands Rhinocéros des toundras quaternaires de l’Europe et de l’Asie septentrionale, les Elas-mothérinés.
- Voici qu’une nouvelle sous-famille vient compléter cette lisle : celle des Balu-chit lié rines, de l’Oligocène supérieur et du Miocène d’Asie.
- Elle est caractérisée par :
- 1° L’absence de corne et l’adaptation à la forme « canine » de la seconde incisive supérieure, donne à l’animal
- Fis;. 4. — Rhinocéros à narines cloisonnées ou Rhinocéros à toison laineuse dans une steppe des temps poèt-glaciaires dans le Rord de
- la France.
- Dessin de Charles lt. Knight sous la‘direction d’il.-F. Osborn, Nalnral Historr.
- 2°
- une certaine
- L’allongement
- du cou qui ressemblance avec
- le cheval. o° L’allongement et la compression latérale de l’extrémité des membres dans le type
- tri dactylo-mono-dactyle fonctionnel. 4° Les dimensions relativement faibles de la tête et l’allongement du cou en relation avec le mode de nourriture assurée en broutant moins sur le sol, que sur les hautes branches des arbres.
- Le Baluchi-thère représente une forme de Rbinoeéridés très ancienne, contemporaine des Rhinocéros de type primitif, sans corne, de l’Oligocène, très évoluée cependant comme
- Fig. 5. — Rhinocéros Fig. 6. — Rhinocéros blanc de l’Inde, en proportion du d’Afrique, en proportion du Baluchithère. (D’après Balucliithère. (D’après Os-Osborn, Natural History.) boni, Natural History.)
- Fig. 7. — Reconstitution du Baluchithère et d’un Acérathère oligocène à la même échelle. (D’après B.-F. Osborn, 'Natural History.)
- p.2 - vue 6/688
-
-
-
- 3
- L’ÉVOLUTION DE LA MECANIQUE MODERNE
- en témoigne sa taille géante, plus de 4 mètres de hauteur et de 8 mètres de longueur — on sait que les rameaux phylétiques débutent par des indi'idus de petite taille et s'éteignent avec la mutation de taille maxima — et d’autant plus extraordinaire que l’on n’avait pas rencontré jusqu'à présent de Mammifères terrestres de très grande taille à
- cette pha«e reculée des temps tertiaires où vivait le BaluehiLhère. . Dr Lucien Mayet.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Lyon.
- II -nri FairfipM Osborx. Natural Hislory, XXIII. Mai-Juin 1923. p 200-228.
- Id. American Muséum Novitates. 23 mai 1923. Clive-Forster Coopeb. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Série B, v. 212, p. 55-46, etc.
- L’ÉVOLUTION DE LA MECANIQUE MODERNE
- M. Lorentz, le célèbre physicien hollandais, a fait une conférence à l’occasion du cinquantenaire de la Société d« Physique, dans laquelle il a donné un aperçu extrêmement frappant de l’évolution de la mécanique au cours des dernières années, évolution rendue nécessaire par l’impuissance de la mécanique classique à rendre compte de phénomènes physiques fondamentaux. Cette évolution se caractérise par l’introduction de la théorie de la relativité et par celle des quanta.
- Nul n’était mieux qualifié que M. Lorentz pour faire cet exposé, puisque c’est lui qui, par l’emploi de ce que l’on appelle le groupe de transformation de Lorentz, a ouvert la voie aux travaux modernes.
- M. Lorentz, au début de sa conférence, a d’ailleurs rappelé qu’en France, Henri Poincaré, dans un mémoire fondamental sur la mécanique de l’électron, avait amorcé la nouvelle doctrine que Langevin a ensuite développée au point de vue théorique, tandis que Bergson en étudiait les conséquences philosophiques. Il exposa ensuite rapidement les bases de ce que l’on appelle la relativité restreinte.
- Le principe fondamental de cette théorie est que, lorsque l’on considère deux systèmes A et B se déplaçant l’un par rapport à l’autre d’un mouvement uniforme, les équations qui décrivent les phénomènes de la physique doivent être les mêmes dans les deux systèmes.
- Dans la mécanique classique, de Newton et de Galilée, ce résultat est obtenu immédiatement de la façon suivante. Si nous considérons un système d’axes de référence fixes (axes de Galilée ou de Newton passant par le centre du soleil) et que nous supposions qu’un système d’axes se déplace, parallèlement àl’axedesxpar exemple avec une vitesse v, les équations de la mécanique restent les mêmes quand on remplace x, y,z, t, coordonnées dans le premier système supposé fixe, par xr, y't' coordonnées dans le système mobile, si entre ces coordonnées existent les relations :
- x'=x-*-vt ,y'=y , f — t
- C’est ce que l’on appelle la transformation de Galilée.
- Tout jusqu’ici est parfaitement simple, mais il
- n’en est plus de même lorsque nous considérons les phénomènes lumineux.
- Nous savons qun la lumière se propage avec une vitesse de 300000 kilomètres par seconde dans le vide, et la théorie classique suppose que cette propagation a lieu dms un milieu spécial, l'élher. Une des questions qui se posent est de savoir si cet éther est immobile dans l’espace ou au contraire s’il est entraîné comme tous les corps par la Terre dans son mouvement. En d’autres termes, l’éther est-il en mouvement par rapport aux axes de Newton‘1
- Fizeau avait déjà cherché à résoudre une question analogue, en cherchant la vitesse de propagation de la lumière dans un fluide en mouvement et il avait conclu à un entrainement partiel de l’éther. Dans ces conditions, puisque la Terre est eu déplacement par rapport à l’éther, il doit être possible de déceler son mouvement par des expériences d’optique très simples en principe.
- Considérons en effet deux miroirs se faisant face, le temps mis par un rayon lumineux pour aller de l’un à l’autre et retour est t si l’éther est immobile, et f si les miroirs et leurs supports sont en déplacement par rapport à l’éther, t1 doit de plus varier suivant l’orientation du système en translation par rapport à l’éthpr, et des expériences d’interférences doivent mettre en évidence cette variation qui se traduirait, dans les cas les plus favorables, par un déplacement de quelques franges.
- Or l’expérience effectuée par Mhhelson et Morley donna un résultat absolument négatif, et Poincaré en déduisit qu’au moyen d’expériences optiques ou électromagnétiques intérieures à un système, il est impossible de déceler le mouvement de translation de celui-ci par rapport à l’éther.
- Il faut donc soit renoncer au principe de relativité de la mécanique, soit renoncer à la loi simple de propagation delà lumière.
- On a cherché à garder cette dernière, à laquelle les phénomènes optiques et électromagnétiques donnent une certitude quasi absolue, et on a abandonné le principe de relativité tout au moins sous la forme simple de son énoncé classique.
- On était alors conduit à modifier la transformation de Galilée de façon que la, vitesse de. la lumière reste la même, que le'système.soit en repos ou en mouvement. La transformation devient :
- p.3 - vue 7/688
-
-
-
- 4 : ...L’ÉVOLUTION DE LA MÉCANIQUE MODERNE
- , x —v l
- X —----
- r étant la vitesse de la lumière.
- C’est le groupe de transformation de Lorentz.
- En se servant de ces équations, les lois physiques restent « invariantes » dans deux systèmes, l’un fixe, l’autre en mouvement uniforme de vitesse v.
- Voyons quelles conséquences on peut tirer quant aux unités de longueur et de temps qui apparaissent ainsi modifiées.
- Plaçons d’abord une règle de un mètre de long dans le système. Quelle sera sa longueur pour un observateur situé dans le système fixe ? Si l’on prend la formule de Lorentz, on voit immédiatement que
- sa longueur sera y/1 — c’est-à-dire qu’elle
- paraîtra plus courte. Une règle en mouvement est donc plus courte qu’une règle au repos, et pour une vitesse de déplacement égale à celle de la lumière (v = c) sa longueur devient nulle !
- Considérons maintenant l’unité de temps, on trouve de la même façon qu’une horloge en mouvement marche plus lentement qu’une horloge au repos.
- Ce ne sont pas ces conséquences, pour paradoxales qu’elles puissent paraître, qui ont le plus d’importance au point de vue physique. Si en effet nous calculons la valeur de l’énergie cinétique dans la nouvelle théorie, nous trouvons :
- rn cl
- Si nous supposons que le corps considéré soit au repos, l’énergie cinétique a alors la valeur nie2, c’est-à-dire que, même dans ce cas, le corps possède une énergie énorme. On peut encore dire que la masse d’un corps est le quoLient de son énergie par le carré de la vitesse de la lumière.
- D’autre part, si nous considérons un système en état stationnaire .et sans mouvement de translation, il possédera une certaine énergie, et si nous divisons cette énergie par le carré de la vitesse de de la lumière, nous obtiendrons la valeur de la « masse » qu’il faut lui attribuer. Faisons remarquer d’ailleurs que ce mot de « masse » ne semble pas, selon nous, être le terme convenable, car il implique
- trop, par suite de tout ce que nous avons appris en mécanique classique, une idée de masse matérielle.
- Si, par exemple, on a une enceinte fermée dans laquelle un corps émet un rayonnement noir, la théorie du rayonnement nous permet de calculer l’énergie qui s’y trouve renfermée, et en divisant par c~ la valeur de cette énergie, on obtient la masse du rayonnement. Ce qui veut dire que si on déplace l’enceinte, il y aura un certain travail à effectuer pour transporter le rayonnement.
- De même, si un corps se déplace avec une vitesse v et émet sous forme de rayonnement une énergie E, tout se passe comme si sa masse était devenue
- E
- —, quand un corps reçoit de l’énergie
- sa
- masse d’inertie augmente donc, c'est-à-dire que le principe de la conservation de la masse sur lequel repose la science moderne est en défaut : il n’est valable que si le corps ne subit pas de variations d’énergie.
- Heureusement, au point de vue pratique, la différence est inappréciable. Quand une tonne d’eau est portée de 0 à 100° sa masse augmente de 5 millièmes de milligramme seulement.
- La valeur de la quantité du mouvement est, dans la mécanique relativiste :
- ni v
- et si nous faisons le rapport de la quantité de mouvement à l’énergie, on trouve simplement •
- Si on cherche à appliquer les formules précédentes à un faisceau de lumière parallèle, v devenant alors égal à c, le rapport précédent prend la 1
- valeur — qui est celle que donnent les équations
- fondamentales de Maxwell.
- Si, comme nous l’avons vu, on ne peut en général vérifier les conclusions auxquelles nous sommes arrivés, il est certains cas cependant, lorsque les vitesses v deviennent très grandes, de l’ordre de c, où on peut les soumettre au contrôle de l’expérience. C’est le cas des électrons, rayons [3 ou rayons cathodiques, et Sommerfeld a trouvé, dans les spectres de. ces rayons, des vérifications satisfaisantes de la théorie. .
- M. Lorentz fait remarquer que dans toutes les formules apparaît la vitesse c, vitesse de propagation de la lumière et de l’onde électromagnétique, et s’il est inexact d’en tirer la conclusion que tous les phénomènes sont d’origine électrique, ce qui n’a d’ailleurs pas de sens ; il n’en est pas moins vrai que dans tous les phénomènes, il y a quelque chose qui les rattache aux phénomènes électromagnétiques. On a cru, avéc Maxwell, que les phénomènes lumi-
- p.4 - vue 8/688
-
-
-
- L ÉVOLUTION DE LA MÉÇANIQUE MODERNE 5
- neux étaient entièrement d’origine électromagnétique ; il semble bien, d’après les découvertes récentes dans le domaine des effets photoélectriques, qu’il y ait concentration de l’énergie d’un faisceau autour de certains centres se propageant avec la vitesse c. On appelle quanta les quantités d’énergie ainsi localisées et à chacune d’elles on peut appliquer les résultats rappelés plus haut, en par-
- E *
- ticulier, si leur énergie est E, leur masse sera —>
- Nous pouvons alors considérer le choc d’un quanta et d’un électron par exemple. Par suite du choc, l’énergie du quantum change, et comme, ainsi que nous le verrons plus loin, il y a une relation de proportionnalité entre la fréquence de la vibration de la lumière et l’énergie des quanta, la fréquence de la lumière doit changer. C’est ce que l’on a observé dans le cas de l’éparpillement des rayons de Rœntgen par certains corps.
- Nous sommes donc amené à parler maintenant de la théorie des quanta qui est le second bouleversement révolutionnaire de la mécanique moderne.
- Elle exige une révision si complète de nos conceptions anciennes, qu’auprès des sacrifices qu’il nous faut lui faire, ceux que réclame la théorie de la relativité apparaissent, insignifiants. C’est qu’en effet, la théorie des quanta ne nous demande rien moins que de renoncer à la notion de continuité dans les phénomènes naturels, d’une part, et d’autre part, d’admettre que pour un atome donné, il n’existe que certains états d'équilibre possibles, en nombre fini, et que la transition de l’un à l’autre de ces états s’effectue brusquement, sans d’ailleurs donner plus d’explication sur la cause, le mécanisme et l’ordre de ces changements. C’est dire que toute l’ancienne mécanique, fondée essentiellement sur la notion de continuité," devra être remplacée par une nouvelle mécanique du discontinu entièrement à créer.
- C’est l’étude de la radiation des corps, c’est-à-dire de l’échange d’énergie entre la matière etl’éther environnant, qui a conduit Planck à la conception éminemment révolutionnaire des quanta. Le problème qu’il cherchait à résoudre est le suivant : quand l’état d’équilibre est atteint, comment se répartit l’énergie entre les différentes longueurs d’onde du spectre 1
- En appliquant les théories de la mécanique statistique classique, on arrive à des conclusions entièrement fausses; si l’on suppose que l’éther est un milieu continu, on trouve que toute l’énergie est dans l’éther, ce qui exclut la possibilité d’un équi libre quelconque et d’une loi de radiation.
- Si au contraire, on attribue àgÿêther une structure, granulaire par exemple, dffîtrouve une loi de répartition 'de l’énergie grossièrement inexacte : une plaque d’argent à la température ordinaire devrait être lumineuse, ce qui est expérimentalement absurde.
- Planck est arrivé à tourner la difficulté en imaginant que l’énergie est émise par des éléments spéciaux des corps, appelés vibraleurs ou résonateurs, et que cette émission a lieu, non d’une façon continue, mais par multiples d’une petite unité d’énergie qu’il appelle quanta et qui est proportionnelle à la fréquence de la vibration considérée, le facteur de proportionnalité ayant reçu le nom de constante de Planck.
- Ce qui est extrêmement curieux, c’est non pas que cette conception de Planck lui ait permis derésoudre le problème de la radiation, puisqu’elle a été spécialement proposée pour ce résultat, mais bien que dans un grand nombre d’autres phénomènes auxquels on a appliqué ensuite la théorie de Planck, le succès ait été complet, et que, en particulier, les valeurs que l’on trouve pour la constante de Planck soient toutes extrêmement concordantes, si différentes que soient les voies par lesquelles on la détermine.
- Après la mécanique rationnelle, la mécanique statistique doit-elle aussi disparaître et faire place à une nouyelle science? 1
- Il serait imprudent de formuler une conclusion aussi catégorique, car on peut faire également bien des objections à la théorie de la relativité et à celle des quanta.
- Actuellement d’ailleurs, ainsi que l’indique en terminant son remarquable exposé, M. le Professeur Lorentz, les travaux récents de Erhenfest et Bohr montrent qu’il est probable qu’une grande partie de l’ancienne mécanique pourra ^être conservée.
- C’est ainsi que la théorie des quanta conduit à la conclusion que la fréquence de la lumière émise est différente de la fréquence de vibration dans les atomes émetteurs.
- Bohr, en appliquant le théorème classique de la décomposition d’un mouvement vibratoire par la série de Fourier, a pu expliquer cette anomalie.
- La nouvelle mécanique semble aussi différente de l’ancienne que l’on puisse l’imaginer et cependant, il est probable que les deux mécaniques se fondront l’une dans l’autre, pour donner une science capable d’interpréter tous les phénomènes, sans pour cela demander à l’esprit et à la logique de trop grands sacrifices.
- H. Yigxkron.
- p.5 - vue 9/688
-
-
-
- M’SILA ET LE HODNA
- Un historien, qui connaissait bien l’Algérie, pour l'avoir parcourue, en tous sens, à la recherche des ruines antiques dont elle est parsemée, a observé, que plus on s’avance vers le Sud et plus il semble que l’on se rapproche de l’Orient. Cette vérité apparaît encore plus frappante, si l’on étudie le Hodna, vaste cuvette d’effondrement, dont la séparation presque absolue, des contrées avoisinantes a fait une espèce de monde à part, d’un attrait particulier, enclos,, soit par de hautes montagnes, soit par des zones désertiques où ne passe aucune voie fre-
- duellementet des espaces désertiques 1 isolent d’une façon aussi eflicace que les plus hauts sommets. U s’étend sur environ 150 km, d’Ouest en Est et environ 75 km, du Nord au Sud. Au centre un grand Choit, la sebka Saida, vulgairement appelée « Chott el Hodna », en occupe 70 km sur 20. Dans les temps géologiques, il devait se trouver là une vaste dépression ; mais les alluvions considérables, apportées surtout par les oueds qui descendent du Djebel Maadid, l’ont peu à peu comblée et l’ont transformée en une vaste plaine, d’une horizontalité parfaite.
- Fig. /. — Vue générale de M’Sila, prise du minaret de la mosquée de Kprbet Tellis.
- quentée. Le charme de cette contrée ne s’oublie plus une fois qu’on l’a goûté quelque temps; on conserve toujours la nostalgie de cette vaste plaine, aux mirages enchanteurs, ainsi que de la petite oasis de M’Sila, dont les jardins ombreux et les eaux murmurantes forment une retraite délicieuse au milieu de l’aridité du terrain qui l’environne.
- Tout le monde connaiL la division tripartite de l’Algérie en grandes zones parallèles à la Méditerranée : Tell, Hauts Plateaux et Sahara. Le Hodna n’appartient à aucune de ces trois zones. Placé dans le sud du département de Constantine, il est séparé des Hauts Plateaux par la chaîne jurassique des Maadid, du Bou Thaleb et des monts de Batna, dont la hauteur dépasse 1800 m, alors que son altitude moyenne en atteint à peine 400 ; au Sud, des collines moins élevées, mais dilficiles à franchir, le séparent du Sahara; à l’Ouest, seulement, les pentes sont moins fortes, mais elles s’élèvent gra-
- Le Chott constitue la'principale des curiosités du Hodna. Si l’on consulte un atlas moderne, ou pour donner un exemple, l’excellente carte routière Ta-ride, récemment éditée, on ne peut s’empêcher d etre frappé par l’étendue de ce lac et surtout par la belle teinte bleue dont on s’est servi pour le représenter. On s’imagine alors, sous ce climat torride où l’été, la température des nuits atteint souvent 42°, une masse d’eau profonde et à la fraîcheur délicieuse. C’est là une erreur absolue, car le chott n’a pas d’eau, même en hiver : c’est, si l’on veut, un lac de sable ou plutôt de terre, dont la couche d’eau, située à plusieurs mètres au-dessous du sol, n’est pas apparente. Sans doute, l’hiver, lorsque les pluies sont particulièrement abondantes (t lorsque les oueds coulent et versent dans ce vaste espace de grandes quantités d’eau, celle-ci couvre alors des surfaces considérables, étant donnée leur horizontalité presque absolue. Sans doute aussi, dans quel-
- p.6 - vue 10/688
-
-
-
- = M'SILA. ET LE HODNA
- ques parties creuses, il peut rester, pendant un certain temps, quelques poches d’eau ; mais en règle générale, même en hiver, tout est sec. Ces immenses espaces d’eau se vident en quelques jours; une couche blanchâtre de sel, qui avait fait donner au chott, par les Romains, le nom significatif de « Sn-linae Thubonenses » demeure pendant quelque temps, puis elle disparaît à son tour et l’on n’aperçoit plus qu’une vaste étendue de terre, sans un arbre, sans une touffe d’herbe. Quelques chiffres, d’ailleurs, suffisent sur ce point à fixer les idées. La moyenne des précipitations pluviales est, dans le
- 7
- faut une certaine initiation pour connaître le nombre et goûter l’attrait.
- Il n’y a pas d’eau dans le Choit; cela est vrai. Mais au touriste et à l’artiste, le mirage va en fournir à profusion, avec les plus ravissantes féeries. Il ne se passe pour ainsi dire pas de jour, ou le voyageur qui traverse le Hodna ne soit ébloui par ce spectacle et l’on sait que le mirage fournit surtout des visions d’eau. Grâce à la faculté psychologique de l’association des sensations, on croit, au milieu de la chaleur torride de la plaine à travers laquelle on chemine, en éprouver, même, la déli-
- Autre vue prise du même point : au premier plan, la ville, puis les jardins et au loin la plaine.
- Fig. 2. —
- Hodna, de 200 mm par an et, pendant ce laps de j temps, la puissance d’évaporation solaire atteint, suivant l’évaluation d’un ingénieur, particulièrement compétent en la matière, M. Arthur H a bel, 32000 m3 par hectare, représentant une couche d’eau de 3 mètres 20.
- Si à cette aridité l’on ajoute que le voyageur ne voit que quelques champs d’orge, plantés dans les 'terrains d’alluvion qui avoisinent les oueds et des 'troupeaux de moutons gardés par des nomades qui vivent dans des tentes misérables, moutons qu’ils sont d’ailleurs obligés 'd’emmener sur les Hauts Plateaux dès que la sécheresse a rôti leurs maigres pâturages,il semble que le Hodna soit un pays déshé-* ri té.
- Ce serait là juger trop tôt et oublier les ressources et les charmes de ces pays du Sud, dont il
- j cieuse fraîcheur. Par les temps favorables, on croit voir l’eau, à 100 m à peine de soi. Il semble qu’on va la toucher. Illusion si l’on veut, mais illusion exquise. J’ai vu, il n’y a pas très longtemps, une immense étendue d’eau, au bord de laquelle, en amphithéâtre se déployait toute une ville à l’architecture mervedleuse; mais l’eau avait une teinte jamais encore vue ; mais la ville semblait non pas bâtie en pierres, mais en quelque chose de fluide et d’aérien. Sur les flots « voguait » une île, couverte complètement d’arbres vert tendre, dont la teinte formait le plus ravissant contraste avec la couleur de l’eau; île qui semblait flotter et se balancer comme un navire.
- A ces richesses de rêve, la nature ajoute des richesses bien réelles. Les petits oueds qui ruissellent des pentes du Djebel Maadid, ont déversé des
- p.7 - vue 11/688
-
-
-
- 8
- M SI LA ET LE HODNA
- alluvions d’une grande fertilité, fort productifs, dès qu’on peut les arroser. Les Romains avaient fait de l’espace s’étendant entre cette montagne et le chott, un verger presque continu. Leur principe était d’établir sur ces oueds, de petits barrages étagés, peu coûteux, servant à accumuler les eaux d’hiver, puis à lés répartir sur la contrée avoisinante. Tous ces travaux hydrauliques, savamment étudiés par des membres de la société d’Archéologie de Cons-tantine, ont servi de modèle aux ingénieurs du service hydraulique du Gouvernement général de l’Algérie et leurs travaux ont ramené, et ramèneront plus encore à l’avenir, pour peu que les crédits deviennent plus considérables, une grande prospérité agricole.
- Dans l’origine, on avait quelque peu hésité à suivre les exemples laissés parles Romains, car l’on pensait qu’ils avaient disposé d’un cube d’eau plus considérable qu’à présent et que le climat avait changé depuis le temps où ils avaient édifié leurs barrages. On croyait notamment que la région avait été beaucoup plus boisée qu’à présent et que par ce fait les précipitations atmosphériques avaient été plus abondantes. Les savantes étudt s de M. Stéphane Gsell, reproduites dans sa remarquable « Histoire ancienne de l’Afrique du Nord », ont montré qu’il n’en était rien ou tout au moins que la différence n’était pas appréciable. Déjà Salluste, qui pourtant gouvernait une région plus arrosée que le Üodna, celle de Guelma, en constatait la sécheresse, parla phrase bien connue « coelo terraque penuria aquarum ». Un chroniqueur du cinquième siècle, cité par Gsell. Victor de Tonnenna, nous parle dans ses
- « Chroniqua minora » des régions de l’Est du Hodna et les considère comme des plus sèches ; enfin les ponts romains n’ont pas été établis pour livrer passage à un volume d’eau plus grand que celui qui coule actuellement sous leurs arches et des villas ont été retrouvées au bord du Chott, à la limite actuelle des crues d’hiver, ce qui prouve que la surface de celui-ci n’était pas plus grande qu’aujourd’hui. Une bonne conservation et une bonne répartition des eaux suffira donc, et la science moderne y ajoutera, encore, l’eau des puits artésiens, dont un certain nombre est terminé et d’autres en projet.
- Cette fertilité du Ilodna, jointe autrefois à son importance stratégique, a fait que tous les envahisseurs successifs de l’Afrique du Nord l’ont toujours occupé. Sans s’attarder à étudier les vestiges de l’homme préhistorique, qui dans le Hodna se manifestent par de nombreux silex taillés, des tumulus simples ou à dalles et par des tombeaux en pierre de forme cylindro-ogivale, appelés pittoresquement « Chouchets » par les Arabes (de « Choucha », bonnet pointu), on voit que tous les envahisseurs, qui suivaient le vaste couloir des Hauts Plateaux et se contentaient d’occuper ceux-ci, ont pourtant fait exception pour le Hodna. Les premiers habitants dont l’histoire nous soit quelque peu connue furent les Massaesyles, qui occupèrent également les Hauts Plateaux et dont un des rois, Syphax, le mari de la belle Sophonisbe, fit, en 206 avant J.-C , alliance avec Carlhage contre les Romains. Vaincu par Masi-nissa, qui lui prit Cirta (Constantine), sa capitale, il fut remplacé par celui-ci, qui occupa ou du moins rangea le Hodna sous sa domination. On suppose que les habitants du Hodna, jaloux de leur indé-
- p.8 - vue 12/688
-
-
-
- M’SILA ET LE HODNA
- 9
- pcndance et à l’abri de leurs frontières naturelles, se rendaient à peu près autonomes, dès que leur envahisseur retirait ses troupes et regagnait sa capitale. Pas de renseignements pour les règnes de Micipsa et de Jugurtha; par contre Juba II, roi de Maurétanie, allié des Romains qui lui fournirent même des troupes d’occupation, fit édifier ou tout au moins réparer la grande voie de Carthage à Cherchell, qui évitant les Portes de Fer, passait par le Hodna septentrional et traversait la ville de Zabi, qui devait être déjà florissante à cette époque. Après sa réduction en province romaine (42 après J.-C.) le Hodna devint particulièrement prospère. C’est l’époque des grands travaux hydrauliques, qu’une occupation effective et une paix durable permettent d’accomplir. Sous Trajan il fait partie de la Maurétanie Sétifienne. A cette époque deux villes sont riches et peuplées ; Zabi (Bechilga) à l’Ouest et Thubanae (Tobna) à l’Est. Celle-ci a un évêque dès le troisième siècle. La décadence commence sous Gordien (238 après J.-C.). Le Berbère du Hodna, particulièrement batailleur, profite de la faiblesse de l’empire, occupé à contenir les Barbares sur le front septentrional; son amour de la chicane, de la controverse, son esprit de « çoff », qui subsiste encore de nos jours chez les Kabyles du Djurdjura, le pousse à embrasser avec passion toutes les hérésies successives, qui se produisent alors dans l'Eglise d’Afrique. La population de Zabi devient donatiste, malgré le rescrit de Constantin, qui en 315 condamne cette hérésie et un chef de partisans, Félix, franchit les Maadid et va piller la ville de Lemellef (Cérez) occupée par des catholiques orthodoxes. Aussi les Vandales sont-ils accueillis à bras ouverts. N’est-ce pas l’époque bénie du pillage pour ces éternels rapineurs. A l’envi, ils se précipitent sur les riches établissements romains, Zabi et Thubanae sont presque détruites; un chef de bandes, Orthaias, s’intitule roi du Hodna, se déclare indépendant, mais est finalement vaincu
- Fig. 5. — Une Kouba (tombeau musulman) en toube.
- par le général byzantin Solomon, lieutenant de Bélisaire, qui rétablit pour un temps l’autorité dans le Hodna, construit une forteresse à Thubanae et une autre à Zabi, donnant à cette dernière ville le surnom de « Justiniana ».
- Le repos est loin d’être arrivé pour cette malheureuse contrée. Les premières invasions arabes la laissent, il est vrai à l’écart, mais Okba ben Nafa, le fondateur de Kairouan, la traverse dans sa marche vers l’Ouest. Vaincu par Koceila, le Hodna profite de cette défaite pour se rendre indépendant et pour reprendre ses anciennes controverses religieuses.
- Les Arabes, ne renonçant pas à leur riche proie, reviennent plus nombreux. Le Hodna aide alors la princesse berbère la Kahenna, dans sa résistance désespérée. Celle-ci est cependant l’artisan de sa ruine au point de vue agricole; elle ordonne de faire un désert devant 1 envahisseur et les arbres fruitiers sont alors coupés, les barrages détruits. Cette ruine systématique n’empêche pas, d’ailleurs, la victoire complète des Arabes.
- Voici les habitants du Hodna, musulmans, mais une hérésie musulmane éclatant, celle des Karedjites Ibadites, ils l’embrassent, naturellement, avec ardeur et un royaume
- p.9 - vue 13/688
-
-
-
- 10 :.....n::.........M’SILA ET LE HODNA
- indépendant se forme dans le Hodna, pendant qu’il s’en fondait, également, à Tiaret, Tlemcen e't Sid-jelmassa.
- Aboul Kacem de la dynastie des Fatimides, s’empare alors de la région et fonde M’Sila, puis Ham-mad ; le fils d’un gouverneur du Maghreb fonde en 1007 toujours dans le Hodna, mais sur les pentes du Djebel Maadid, à 900 m d’altitude, la plus curieuse ville qui ait existé dans la région, la lvalaa, dont les ruines, encore considérables, ont été minutieusement fouillées par le général de Beylié et par M. Achille Robert.
- Placée dans un pays aride, brûlée par le soleil l’été, et glacée l’hiver, la nouvelle ville restait sans habitants, si bien qu'Hammad fut obligé d’employer un moyen origi-hal pour arriver - :
- à la peupler.
- Il alla détruire M’Sila et les villages environnants et en transporta par la force les ' habitants à Ka- . laa.
- 1 La ville atteignit à une grande prospérité et les fouilles ont révélé une civilisation assez avancée.
- La légende veut même qu’Iiammad, qui régnait sur presque tout le département actuel de Constantine, correspondait avec les villes de son royaume et même avec Bougie, au moyen de miroirs ou de feux, placés sur la plus haute tour de son château.
- Malheureusement cette création toute artificielle ne put durer et la Ralaa fut détruite en 1152 par un Almohade, Abd El Moumen.
- Ici s’arrête l’histoire du Hodna. En effet, il ne joue plus aucun rôle politique sous les différents conquérants qui se sont succédé dans l’Afrique du Nord. Tout en restant à moitié indépendant, il resta soumis, nominalement tout au moins, aux envahisseurs et il fut occupé par les Turcs, lorsque ceux-ci, s’emparèrent du pouvoir.
- Aux villes antiques de Thubanae, de Zabi et à la lvalaa a succédé M’Sila.. M’Sila, la délicieuse oasis, la perle du Hodna. Après des heures passées dans une plaine torride, aveuglé par la réverbération du soleil, on se trouve subitement.plongé dans la demi-obscurité des vergers qui entourent la ville d’une ceinture opaque, car M’Sila n’est pas une oasis de palmiers, mais une oasis d’arbres fruitiers. Après la traversée de cette zone, le soleil recommence à
- brûler et l’on se trouve en présence d’une petite ville étrange, qui ne ressemble à rien de déjà vu, perchée de part et d’aulre sur des falaises d’argile, de cà et de là d’une jolie rivière aux eaux bruissantes, l’oued Ksob, la rivière du Roseau, le Seher des anciens. La singularité de M’Sila réside surtout dans son mode de construction. Elle est toute bâtie en terre, en fl toube » pour employer le mot exact et la teinte sombre des maisons surprend beaucoup au premier abord. Le toube est tout simplement de l’argile diluée dans de l’eau, puis légèrement comprimée dans un moule, qui lui donne la forme de grosses briques et enfin durcie par une exposition au soleil. Rien de plus facile à faire et de moins coûteux comme on le voit. Les plus industrieux
- mêlent à l’argile des brins de paille, « arment » ainsi leurs briques et les rendent par là plus résistantes. Gela donne des constructions assez solides,très fraîches l’été et l’on peut voir à M’Sila, des minarets construits entièrement et assez artistiquement en toube. Gare toutefois à la pluie, car le toube fond alors littéralement et les maisons disparaissent. Aussi, après chaque averse, voit-on tous les habitants se hâter, qui de réparer, qui de relever entièrement sa demeure. Bien que cette teinte terreuse soit un peu triste, l’aspect général de la ville est heureusement relevé par des minarets couverts d’un crépi peint à la chaux ou par des dômes en forme de pain de sucre, tel que celui qui abrite le tombeau du Marabout Sidi Boudjemline, fort vénéré dans toute la contrée. 11 y a surtout le clair soleil, qui égaye tout et qui donne même au toube une vague teinte dorée, qui le rend presque agréable à l’oeil.
- Le vrai charme toutefois de M’Sila ne réside pas 'dans la-ville, elle-même,-mais dans les admirables jardins, qui l’entourent.-Celui qui n’a pas savouré la fraîcheur et le murmure .de l’eau courante,u après une marche dans l’éblouissement du soleilf ne connaît pas la plus exquise des sensations. Et quels jardins ! Dans certains, la voûte de feuillage est si dense que l’on peut à peine y lire. Dans d’autres, un peu plus ensoleillés, le sol au-dessous des abricotiers et des grenadiers qui font la richesse de M’Sila est encore planté de légumes, alors qu’au-dessus, dans
- p.10 - vue 14/688
-
-
-
- MS1LA ET LE HODNA vv zv::: 11
- le ciel bleu, en plein soleil, se balancent quelques palmiers. Entourés de mors en toube, percés seulement d’une toute petite porte qui ne permet, d’y pénétrer qu’en rampant, comme si l’on entrait dans un lieu sacré, on éprouve dans ces vergers une sensation d'isolement extrême et d’absolu retirement du monde. Des ruisseaux d’eau courante, dérivés de l’oued Ksob, les arrosent deux ou trois fois par semaine et y répandent une délicieuse fraîcheur.
- Le commerce de M’Sita est peu développé. Toutefois la vente des abricots y est considérable et produit, chaque année, un chiffre d’affaires important.
- Il faut y ajouter les moutons, que Ton vend, en grand nombre, au marché du vendredi et, comme industrie, de la maroquinerie, très artistement travaillée, par les artisans locaux. El Bekkri, qui visita la ville au xie siècle et en fit la description, y signalait des plantations de coton qui ont disparu.
- Il ajoutait, aussi, que la ville était riche en scorpions, dont quelques descendants se voient encore, mais en si petit nombre qu’il n’est plus nécessaire de faire comme les Massaesyles d’autrefois, qui au dire de Strabon, étaient obligés, pour s’en garantir de frotter d’ail les pieds de leurs lits.
- On ignore, si dans les premiers temps, un village existait sur l’emplacement de la M’Sila moderne. La ville antique se trouvait à Bechilga, à 5 km de là et portait le nom de Zabi.
- De même que la M’Sila actuelle, elle était entourée de vergers et ceux-ci s’étendaient jusqu’au chott. .
- Un barrage, dont on voit encore les ruines sur les bords de l’oued Ksob, à 1500 mètres en amont de M’Sila, l’arrosait abondamment.
- Bien moins importante, au point de vue administrait, que Thubauae, sise tout à fait à l’extrémité du Hodna, elle atteignit pourtant à une grande prospérité et ses ruines informés couvrent une grande étendue de terrain. On a vu que presque détruite par les Vandales, elle fut rétablie parSolo-mon, qui lui donna le nom de Zabi Justiniana. Elle fut détruite ou plutôt abandonnée, après la destruction de ses vergers faite sur l’ordre de la Kahenna. Aboul Kacem El Kaim, fils d’Obeid Allah, le fondateur de la dynastie des Fatimides, après s’ètre em-
- paré du Hodna, fut le fondateur de M’Sila en 917, qu’il nomma Mohamedia. La ville fut rasée, ce qui n’était pas difficile, étant donné sou mode de construction, par Hammad, le fondateur de la Kalaa, en 1008 et ses habitants emmenés en esclavage. Aussi aisée à rebâtir qu’elle l’était à détruire, elle fut relevée peu après, mais fut encore complètement rasée 00 ans plus tard par les Zen ata et encore reconstruite, détruite à nouveau par Abou Yahia, roi de Bougie en 1350.
- Sans doute perdit-elle jusqu’à son nom pendant des destructions successives et lui donna-t-on, à cette époque, un nom tiré de sa situation topographique. L’historien Féraud prétend, en effet, que M’Sila dérive de l’expression arabe « fi m’sil el ma », c’est-à-dire « ville au fil de l’eau », ce qui n’a rien d’impossible, cette appellation étant
- de circonsiance et ne pouvant être mieux choisie.
- Les Turcs l’occupèrent ensuite , et y entretinrent une peliLe garnison, qui atteignit 58 hommes. Abd El kader la rangea sous sa dominât on en 1858 et elle fut enfin prise, en 1841, par le général de Négrier.
- Telle est l’hisioire du Hodna et de M’Sila et en rappelant toutes ces luttes, en énumérant toutes ces destructions, on ne peut s’empêcher de s’étonner de cette barbarie humaine ravageant un pays, dont l’aspect donne essentiellement à l’esprit des idées de calme et de paix.
- Lorsque à l’heure du moghreb, à la chute du jour, on monte à M’Sila, sur le petit minaret de la mosquée de Kerbet Tellis, lorsqu’on voit l’ombre qui a déjà envahi les maLons noires de la ville et les jardins touffus qui l’entourent, éteindre aussi graduellement la lueur d’or de la plaine environnante, on ne peut qu’être saisi par une impression de tranquillité absolue, qui contraste vivement avec cette sanglante histoire du Hodna que nous avons esquissée. Celte paix que la douce M’Sila n’avait trouvée un moment que sous la domination romaine, la France la lui a rapportée et chaque jour, avec les progrès de la colonisation, avec une hydraulique de mieux en mieux comprise, la richesse pénètre peu à peu cette contrée intéressante entre toutes.
- H un ni Sounes.
- Fig. 8. — L’autobus du Hodna et sa clientèle arabe.
- p.11 - vue 15/688
-
-
-
- 12
- LE PROBLÈME DES COMBUSTIBLES
- La conquête du feu a été l’origine des civilisations humaines; l’essor prodigieux de l’indostrie au cours du xixe siècle est dû à l’invention de modes plus perfectionnés d’emploi du feu; l’avenir de la civilisation dépend des réserves de combustible dont l’homme pourra disposer pour alimenter le feu.
- Or, ces réserves sont loin d’être inépuisables;
- 1400
- IOOO
- '1870 f880 1890 fâOO /S/O /92Q
- — Production réelfe
- Valeur de la production calculée par application de la Formule P-182 x /, 0396?
- Fig. j. — Production mondiale de la houille en millions de tonnes de i865 à 1021.
- intérêts composés à 4 pour 100; depuis la guerre, par suite de la crise dont souffre le monde, elle a cessé de croître, mais il est très probable que dès que l’Europe aura retrouvé son équilibre, la progression reprendra. Si elle continuait au même taux, les réserves du monde — 7400 milliards de tonnes — seraient épuisées en deux siècles. Pour le
- 1885 1900 1905 1910 1915 1920
- Production réelle
- __ Valeur de la production
- calculée par application de la Formule P^92k1074 â
- Fig 2. — Production mondiale du pétrole en millions de tonnes de i8q3 à iq22.
- après les grandes inventions qui ont mis à sa disposition la vapeur, l’électricité, le moteur à combustion interne, l’homme éperdument s’est mis à gratter le sol ; il a cherché partout du combustible, il l’a prodigué dans une. sorte de hâte fébrile, et, on peut le dire, en le gâchant. Le besoin si pressant qu’on avait de se servir de cette énergie précieuse, qui était un don merveilleux de la nature, a fait méconnaître que ce don était limité.
- Les courbes 4 et 2 représentent la consommation de houille et de pétrole du monde d’année en année. On voit que de 4865 à 4914 la consommation annuelle de houille a crû comme un capital placé à
- pétrole, la situation est plus tragique encore : la consommation croît d’année en année comme un capital placé à intérêts composés à 7 pour 400; depuis la guerre la progression s’est encore accélérée. Si elle continuait au même taux, les réserves de pétrole du monde — 10 milliards de tonnes — seraient épuisées en 30 ans! Ces prévisions sont sans doute trop pessimistes, surtout pour la houille ; quoi qu’il en soit, il est certain que, si nous n’arre-tons pas la folle consommation, nos enfants ou nos petits-enfants connaîtront de terribles difficultés.
- La situation de la France est particulièrement (ritique; sa production de pétrole est infime et elle
- p.12 - vue 16/688
-
-
-
- 13
- LE PROBLEME DES COMBUSTIBLES
- est loin d’extraire de ses mines la quantité de houille qu’elle consomme. Avant la guerre, les besoins de la France en charbon atteignaient par an, en chiffres ronds, 61 millions de tonnes ; 41 millions étaient tirés de nos mines, 20 millions étaient demandés à l’importation.
- Dans l’avenir, en supposant que les besoins en combustibles restent les mêmes, la consommation sera plus forte du fait du retour à la France de l’Àlsace-Lorraine, et atteindra 71 millions de tonnes. La production sera augmentée du tonnage extrait des mines de Lorraine ; on peut estimer qu’elle sera de 45 millions de tonnes après remise • en état complète des mines du Nord. Enfin les mines de la Sarre fournissent 8 millions de tonnes.
- L’importation devra être de 18 millions de tonnes si nous continuons à disposer des mines de la Sarre, de 26 millions dans le cas contraire.
- Dans les évaluations précédentes, on a supposé que les besoins en combustibles resteraient les mêmes : il est probable qu’en raison du développement de l’industrie, ces besoins croîtront. Pendant les années qui ont précédé la guerre, la consommation augmentait en France d’environ 1 million de tonnes par an, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par les courbes de la figure 5.
- ' Est-il besoin d’insister sur les multiples et graves inconvénients que présente pour notre pays la nécessité d’acheter à l’étranger le tiers du combustible qui lui est nécessaire? Intluence néfaste sur le change, prix élevé du charbon qui se met automatiquement au niveau du prix des charbons importés, menace d’arrêt de l’industrie si des troubles se produisent dans les pays producteurs de charbon, ou s’ils jugent bon d’arrêter leur exportation.
- Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que de grands efforts aient été faits pour diminuer en France la consommation du combustible sans limiter la production de l’industrie.
- Tout d’abord on s’efforce, partout où cela est possible, de substituer au combustible d’autres sources d’énergie : chutes d’eau, fleuves, marées. De nombreux travaux sont en cours pour l’utilisa-
- tion des chutes d’eau et des fleuves, et on a pu estimer à 10 millions de tonnes, la quantité de charbon qu’on pourra, dans quelques années, remplacer par l’énergie des usines hydro-électriques.
- L’emploi du bois, de la tourbe, du lignite a été préconisé ; il faut le développer dans toute la mesure possible, maissans se faire d’illusions sur l’importance qu’il peut prendre. Les tourbiers les plus optimistes n’entrevoient guère la possibilité d’exploiter jamais plus de 1 million de tonnes par an, et une tonne de tourbe remplace à peine une demi tonne de charbon; les gisements français de lignite ne sont ni très importants, ni de très bonne quali té; en 1920, la production a cependant atteint 1 million de tonnes pouvant remplacer 6 nu 700 000 tonnes de houille; le bois enfin, qui constitue un bon combustible industriel, ne peut être employé qu’excep-tionnellement, quoi qu’on en ait dit, sous peine d’amener la disparition rapide de nos forêts.
- Pendant un temps, on a parlé sérieusement de remédier à la crise du charbon en France en brûlant du mazout : il est étrange que cette idée ait pu être soutenue. La France est encore plus déficitaire en combustibles liquides qu’en combustibles solides ; et dans les pays les plus riches en pétrole, comme les Etats-Unis, l’épuisement des gisements est une question de quelques années. Dans ces conditions, il est logique de chercher à extraire des combustibles liquides de la houille, et absurde de brûler du mazout là où un combustible solide convient.
- On voit que même en développant l’utilisation des chutes d’eau, en utilisant au maximum les combustibles inférieurs, on n’arrivera pas à compenser l’insuffisance des richesses houillèi es de la France. Le meilleur remède à une situation aussi périlleuse est de développer la technique du chauffage de manière à brûler moins de charbon pour une même production industrielle.
- Les progrès réalisables, et facilement réalisables, sont heureusement beaucoup plus grands qu’on rie le croit généralement.
- D’essais effectués dans les usines de toutes sortes, il résulte qu’une économie de 20 à -30 pour 400 de
- /830 13/0
- Fig. 3. — Courbes de consommation et d’extraction de la houille en France.
- p.13 - vue 17/688
-
-
-
- LES COULEURS D’IRISATION
- 14
- la consommation est possible dans presque toutes les usines sans transformation profonde. Par la reconstruction des installations, on peut arriver en général à des résultats plus importants encore.
- Depuis la guerre, ce fait a été reconnu dans la plupart des pays, et des organisations spéciales ont été créées pour aider les industriels à s’engager dans cette voie.
- En F rance. l'Office Central de Chau ffe rationnelle a été créé en 1919 avec des capitaux fournis par les groupements charbonniers de l’armement et une subvention du gouvernement, dans le but exprès d’aider les industriels à réaliser des économies de combustibles. Pour atteindre ce but, l’Office a organisé une école de chauffage industriel, un laboratoire spécialisé dans l’étude des combustibles, un service de visites dans les usines et un bureau d’études techniques.
- Les résultats de l’action directe de l’Office de Chauffe, au cours de ses trois premières années d’existence, sont des plus encourageants. Mais plus importants encore sont les effets indirects qu'il a obtenus en répandant dans le public industriel le goût des économies de combustible. De nombreuses usines ont organisé des services d’économies de combustible; une revue Chaleur et Industrie, spécialement consacrée à l’élude des problèmes de thermique industrielle, a été créée et a acquis rapidement une excellente réputation dans les milieux techniques français et etrangers; enfin en juin dernier s’est tenu, sous les auspices de la Commission interministérielle d’Utilisation du Combustible,
- un grand Congrès uniquement consacré au chauffage industriel. Rien ne montre mieux l’intérêt qu’excitent actuellement ces questions que le succès de ce Congrès : bien que le bureau ait refusé les mémoires non ‘inédits ou sans intérêt, plus de 100 communications ont été retenues; 800 congressistes étaient inscrits et plus de 400 ont pris part aux séances ; les comptes rendus complets du Congrès, comprenant deux numéros de 400 pages de Chaleur et Industrie, constituent une véritable encyclopédie du chauffage industriel.
- L’Exposition enfin, qui accompagnait le Congrès, n'a cessé pendant trois semaines, malgré son caractère sévère, d’être visitée par de nombreux industriels, ingénieurs, contremaîtres et ouvriers. L’entrée en était gratuite et cette heureuse mesure a permis devoir combien les ouvriers et contremaîtres s’intéressent à ce genre de manifestations.
- Le succès même de ce congrès a montré combien il était nécessaire de donner à tous ceux qui travaillent à la meilleure utilisation des combustibles l’occasion de se grouper et d’unir leurs efforts. Les principaux organisateurs ont décidé de prolonger son effet par la création d’un organisme permanent : c’est dans ce but que la Société de Physique industrielle vient d’être créée. L’accueil qu’elle a dès le début rencontré dans les milieux scientifiques et industriels, permet d’espérer qu’elle sera un centre fécond de recherche et de progrès.
- PiEt’.RE Appelé.
- LES COULEURS D’IRISATION
- On sait que certaines matières, minérales et même animales, présentent <le magnifiques couleurs d’irisation, depuis le spath du Labrador jusqu’à la carapace des scarabées et l’aile des papillons, en passant par la nacre et les cristaux de chlorate de potassium. Mais on ne trouve que de très rares mémoires relatifs à ces couleurs dans la littérature scientifique. La conférence que Lord Rayleigh, fils du grand physicien ang'ais, a faite sur cette question à la- Société de Physique n’en fut que plus intéressante, surtout que le conférencier traitait un sujet auquel iT a consacré une grande partie de ses recherches.
- Les couleurs d’irisation peuvent être expliquées grâce la théorie des ondulations, illustrée par les travaux de Fresnel et Malus, sans qu’il soit nécessaire de faire intervenir aucune hypothèse supplémentaire ni conception révolutionnaire, comme dans tant d’autres cas.
- On sait depuis longtemps que si l’on dépose du chlorate de potasse par refroidissement ou-évaporation d’une solution saturée, quelques-uns des cristaux qui se déposent en labiés plates appartenant au système oblique, présentent une coloration particulièrement vive, rouge ou verte. En isolant ces cristaux colorés et les plaçant dans une solution saturée, on peut augmenter leurs dimensions sans faire disparaître la coloration, mais il ne semble pas possible d’obtenir par ce procédé des cristaux ayant plus de 1 centimètre carré de surface, même en ajoutant à la solution certains corps étrangers qui se montrent
- favoriser l’accroissement des cristaux d’autres substances. Dans les méthodes anciennes de préparation du chlorate de potasse, on obtenait assez fréquemment, paraît-il, des cristaux de p!us grandes dimensions, mais il est impossible de s’en procurer actuellement.
- Si l’on examine le spectre de réflexion des faces des cristaux colorés, on trouve qu’il est très sensiblement monochromatique et par suite il est d’origine différente des spectres que l’on observe dans les lames minces. " Lord Rayleigh, le père du conférencier, avait émis l’hypothèse que les couleurs observées sont dues à l’existence de plans maclés disposés à intervalles réguliers, probablement à la surface du cristal, c’est-à-dire que le phénomène s’expliquerait de la même façon que la réflexion des rayons X par les couches moléculaires dans les cristaux.
- Remarquons d’ailleurs qu’à l’époque où Lord Rayleigh proposa cette interprétation, on ignorait jusqu’à l’existence même des rayons,X.
- Son fds, reprenant la question, est arrivé à mettre en évidence l’existence de ces plans réfléchissants dont la distance est égale ’a la moitié de la longueur d’onde de la couleur réfléchie. L’observation en lumière directe est pratiquement impossible, car on se trouve à la limite du pouvoir de résolution du microscope ; mais si l’on opère en lumière polarisée, comme les plans parallèles sont alternativement orientes dans deux directions à 18(1°
- p.14 - vue 18/688
-
-
-
- L’OSOPHONE : . — ......:.15
- l’un de l’autre, en se plaçant dans les conditions d’extinction pour une des deux séries de plans, l’autre restant parfaitement transparente, on doit observer dans le microscope une série de lignes noires, mais alors distantes d’une longueur d’onde, c’est-à-dire décelables. Ces expériences, qui nécessitent en outre que le cristal soit coupé avec soin perpendiculairement à la face réfléchissante, ont été réalisées par Lord Rayleigh, et les photographies, qui accompagnaient sa démonstration, montrent d’une façon indiscutable, que l'hypothèse émise il y a plus de 40 ans par son père, était absolument conforme à la réalité.
- Remarquons d’autre part que, dans tous les cristaux de chlorate de potassium, il existe, à l’état normal, une ou plusieurs lameiles hémitropes décelables par la méthode précédente. Si l’on porte les cristaux à 250° environ et qu’on les laisse ensuite refroidir à l’air, ils acquièrent, un pouvoir réflecteur analogue à celui de l’argent poli. En examinant au microscope une section normale, on constate l’existence d’uné série de plans parallèles hémitropes.
- Quittant le chlorate de potasse, lord Rayleigh a ensuite étudié les belles colorations de la nacre qui avaient déjà retenu l’attention de Sir David Brewster il y a plus d’un siècle. Ce physicien avait distingué deux sortes de couleurs dans le chatoiement de la nacre, qu’il avait appelées couleurs transférables et couleurs non transférables.
- Les couleurs transférables sont ainsi nommées parce que, en prenant des moulages à la gélatine par exemple de la surface nacrée, on obtient une réplique qui présente les mêmes colorations. En réalité, ces couleurs constituent des spectres de diffraction et les couches de carbonate de chaux se recouvrent mutuellement de la même manière que les lames de verre dans un échelon de Michelson. La nacre constitue donc dans ce cas un véritable réseau naturel, et l’on peut db e que Brew-ter avait découvert les réseaux, bien avant que l’on ne sût les préparer artificiellement et les utiliser en optique.
- Les couleurs non transférables au contraire sont dues, ainsi que l’a montré Pfundj à l’existence d’une structure analogue à celle que nous avons décelée dans le chlorate de potasse : couches alternées de calcite et de matière cornée. Ici encore, si on détruit la calcite par l’acide chlorhydrique, on peut, au microscope, observer la structure alternée, mais on constate qu’elle est beaucoup plus irrégulière que dans le cas du chlorate de potasse, ce qui explique la plus grande diversité des couleurs réfléchies.
- Parmi les autres composés minéraux présentant des couleurs d’irisation, lord Rayleigh a cité le spath du Labrador, connu en Europe depuis 1770 et qui a été fréquemment utilisé pour l’ornementation. Si l’on regarde une source lumineuse par réflexion sur une lame de spath du Labrador, on observe trois images, l’une qui est l’image de réflexion ordinaire, une autre qui est une image nette de la source mais colorée, enfin une troisième qui est diffuse et colorée et qui a un diamètre angulaire d’envimn 14 degrés.
- Les colorations des deux dernières images ne sont certainement pas de même origine, car elles sont parfois de couleur différente.
- On a pu montrer que l’image nette colorée était due à la réflexion de la lumière sur des séries de petites inclusions plates, parallèles, extrêmement minces et pré-senlant les couleurs ordinaires des lames minces.
- Quant à l’image diffuse, elle est due à l’existence d’une structure mouchetée de la surface, dont les éléments agissent séparément et sont si petits qu’ils agrandissent, par diffraction, l’image de la source lumineuse.
- Les couleurs d’irisation ne se rencontrent pas seulement dans le règne minéral, et certains animaux les présentent avec un éclat incomparable.
- C’est le cas en particulier des scarabées dont lord Ray-: leigh a projeté quelques remarquables exemples. La question s’est longtemps posée de savoir si cette coloration était due à une substance colorée ou à des phénomènes d’interférence.
- On n’a pu extraire la matière colorée de la carapace des scarabées, ce qui permet d’écarter la première hypothèse. D’autre part, lord Rayleigh, en enlevant la couche noire qui recouvre le scarabée, a trouvé que la lumière transmise présentait encore des teinlis pâles.-L"rd Rayleigh fils a montré que l’explication valable dans les autres cas d irisation, c’est-à-dire existence des plans parallèles situés à des distances de l’ordre de la demi-longueur d’onde, élait encore applicable dans ce cas.
- Le problème de l’irisation est donc résolu d’une façon satisfaisante, en ce qui concerne le mécanisme même du phénomène, qui est identique à celui de la photographie en couleurs de Lippmann. Maison ne sait rien quant aux essais d’ordre moléculaire, sans doute, qui déterminent l’orientation des molécules par couches alternées. C’est cette question qui reste à résoudre, et jusqu’à présent les physiciens modernes n’ont pas encore su comment aborder le problème.
- H. VlGNEKOX.
- Pour entendre avec les dents la voix et la T. S. F.
- L’OSOPHONE
- On sait que les sons se propagent beaucoup mieux à travers les corps solides que les liquides et à travers ceux-ci que dans l’air; maintes expériences classiques d’acoustique le prouvent.
- L’homme notamment peut entendre avec son oreille non seulement les vibrations transmises par l’air, mais encore celles que propagent les parties rigides de son corps, les os. .Ainsi, si l’on se bouche les oreilles, on n’entend pins le lie tac d’une montre
- qui devient distinct et même renforcé quand on serre la montre entre les dénis.
- Bl. H. Gernsback,de New-York, éditeur de Radio-News, a eu l’idée d’utiliser cette dernière propriété pour permettre aux personnes dures d’oreille d’entendre des bruits légers tels que ceux qui constituent les réceptions de télégraphie et de téléphonie sans fil. Pour ces sourds, il a remplacé le casque téléphonique par un appareil dentaire qu’il a dénommé
- p.15 - vue 19/688
-
-
-
- 16
- L’OSOPHONE
- Pièces \ polaires<
- E/ectro aimant
- Fig. i. — IJosophone.
- l’osophone et qu’on peut brancher à volonté sur un phonographe ou un téléphone.
- Bien entendu, les sourds complets, dont l’oreille interne est détruite, n’entendront pas mieux avec l’osophone qu’avec un appareil quelconque, mais ceux — et ce sont les plus fréquents — dont la surdité est due seulement à des lésions du tympan pourront retrouver une audition suffisante pour téléphoner, causer à voix basse, entendre la T. S. F.
- L’instrument se compose d’un manche supportant une masse ovoïde d’où parlent deux pièces de caoutchouc dur qu’on place entre les dents (fig. 1). La masse renferme deux électro-aimants montés sur une feuille d’acier doux flexible (fig. 2).
- L’osophone monté en série avec une batterie de 5 éléments (6 volts) et un microphone fait vibrer les deux pièces de caoutchoue synchroniquement aux variations de courant qui se produisent. Si les dents de devant sont bien prises entre ces pinces et exactement serrées,les vibrations se transmettent jusqu’à l’oreille et l’audition se fait par la chaîne des osselets, sans que le tympan intervienne.
- L’osophone, connecté avec un téléphone ordinaire, permet à une personne dure d’oreille d’entendre la voix chuchotée, même à une certaine distance. Employé comme écouteur d’un poste de T. F. (fig. 3),
- Microphone
- Pièces dentaires en caoutchouc dur
- Batterie de 6 votts
- Fig. 2.
- Schéma de l’appareil.
- il lui fait entendre les communications et les concerts radiotéléphoniques aussi bien qu’une personne normale munie d’un casque.
- Même les vrais sourds ressentent naturellement les vibrations imprimées à leurs dents, mais ils ne les traduisent pas directement en sons ; ils peuvent cependant, après un certain temps d’exercices, interpréter ces vibrations et leur rythme, comme .certains savent le faire également pour les tremblements d’un diaphragme de microphone qu'ils recueillent avec les doigts. A. B.
- Fig. 3.
- L'inventeur, M. (îenisback, recevant la
- T. S. F. avec les dénis.
- Le Garant ; P. Maison. — Imprimerie 1,*ihipe, rue 'le Fleurus. 9, Paris.
- p.16 - vue 20/688
-
-
-
- LA NATURE — N” 2597
- 12 JANVIER 1924
- L’INSTITUT DU RADIUM ET LA FONDATION CURIE
- Sous la présidence de M. Miilerand, on vient de commémorer à la Sorbonne le vingt-cinquième anniversaire de la découverte du radium par M. et Mme Curie.
- A cette occasion, le Parlement renouvelant un hommage qui ne fut décerné qu’à Niepce et D a guerre, inventeurs de la photographie, et à Pasteur, a voté à Mme Curie une pension nationale de 40000 fr. par an. Juste récompense accordée non seulement au génie de ceux qui découvrirent la merveilleuse
- en collaboration étroite. L’un, 1 e Pavillon Curie,zst rattaché à la Faculté des Sciences. On s’y occupe plus spécialement des aspects physico-chimiques de la radioactivité et Mme Curie se trouve à sa tête, tandis que dans le second laboratoire installé dans le Pavillon Pasteur, et dirigé par le D1' Regaud, on étudie surtout les effets biologiques ainsi que les applications médicales des radiations ou des corps radioactifs.
- Entre ces deux édifices, s’élève un petit bâtiment intermédiaire dans lequel s’effectuent les manipu-
- Fig. i — L’Institut du Radium de Paris.
- substance, mais encore à leur admirable désintéressement. M. et Mme Curie auraient pu aisément et légitimement s’enrichir, en tirant parti de leurs découvertes. Imitant l’exemple de Pasteur et pour les mêmes raisons, ils se sont refusés à en tirer le moindre bénéfice et ont fait généreusement don à l’humanité. Bien plus lorsque l’on fonda l’Institut du Radium, pour développer l’étude et les applications scientifiques et médicales des corps radioactifs, Mme Curie lui fit don d’échantillons de radium dont la valeur n’est pas inférieure à 3 millions.
- L’actualité nous invite donc à visiter Y Institut du Radium et les nouveaux services de la Fondation Curie, créée en 1921 pour favoriser le développement de ce centre d’études.
- Actuellement, VInstitut du Radium (fig. 1) comprend deux laboratoires autonomes, mais travaillant
- lations très délicates des matières radioactives.
- Ces diverses constructions étaient à peine achevées en août 1914. Le laboratoire Curie consacra une partie de son activité pendant la guerre, à l’instruction des radiologistes militaires. Le véritable fonctionnement de l’Institut du Radium date seulement du mois d’avril 1919.
- Entrons d’abord dans le Pavillon Curie, pour visiter le service d'étalonnage des ampoules (fig. 2). Savants et médecins ont, en effet, besoin de connaître en valeur absolue la quantité de radium contenue dans chaque tube radioactif dont ils se servent. Pour effectuer ces mesures, on s’adresse à une méthode indiquée par Pierre Curie et qui comporte essentiellement trois appareils : un condensateur à plateaux (sis à droite de notre photographie et sur lequel on pose l’ampoule de radium),
- 2.—-17.
- 52’ Année — 1" Semestre.
- p.17 - vue 21/688
-
-
-
- Fig. 2. — Service d’étalonnage des ampoules radioactives.
- un quartz piézoélectrique et un électromètre. Au ! potentiel élevé et on relie le plateau supérieur au moyen d’une batterie de petits accumulateurs, on j quartz de l’électromètre. On sait que normale-porte le plateau inférieur du condensateur à un | ment, il ne passe aucun courant, entre les deux
- Fig. 3. — Salle où s'opère l’extraction de l’émanation du radimn. Remarquer à gauche l’armoire blindée de plomb, qui renferme les ampoules à radium.)
- p.18 - vue 22/688
-
-
-
- L’INSTITUT DU RADIUM ET LA FONDATION CURIE !—........— 19
- Fig. 4 — Un coin du Laboratoire de Chimie de l'Institut du Radium.
- (Le chimiste insère entre deux disques métalliques quelques milligrammes de polonium.)
- plateaux d’un condensateur tandis que, au voisinage d’un sel de radium, l’air séparant les deux armatures devieiit bon conducteur et livre passage à l’électricité. On met alors à profit ce courant pour faire dévier l’aiguille de l’éleclromètre et on contre-balance cette déviation par le courant égal et contraire que donne le quartz piézo-électrique. Ce courant compensateur, immédiatement mesurable à l’aide d’un chronomètre et de poids marqués, fournit après étalonnage de l’instrument avec un sel d’activité connue, la mesure de la radioactivité cherchée. Pour apprécier la valeur des ampoules d’émanation, préparées à l’Institut du Radium à raison de vingt-quatre par jour en moyenne, on se sert également de l’éleclroscope (fig. 5). L’opérateur tient dans sa main une montre qui lui’ permet d’évaluer le temps avec précision.
- Mais pour manipuler ces ampoules d’émanation, (en raison des effets encore peu connus que les substances radifères ont sur l’organisme humain) le personnel doit employer des tables spéciales. Ces meubles sont tout en chêne et on a intercalé horizontalement et verticalement entre les planches de bois des lames de plomb, afin d’arrêter les terribles rayons au cours des manipulations. L’homme introduit alors, sans danger pour sa santé, la précieuse petite ampoule d'émanation de radium, au moyen d'une pince, dans un tube en plomb, qui rend son transport sûr et inolfensif.
- Dans les laboratoires de chimie du Pavillon Curie (fig. 4), on peut assister à toutes les opérations longues et délicates, les fractionnements et cristallisations répétées que nécessitent la préparation des substances radioactives (radium, polonium, actinium, uranium, thorium, etc.). Lors de notre visite, par exemple, une préparatrice surveillait l’ap-
- pareil dislillatoire dans lequel se purifiait du nitrate d’urane, tandis qu’elle insérait, entre deux disques métalliques, quelques milligrammes de polonium.
- Mais la salle de Y extraction de V émanation du radium (fig. 5), est la plus extraordinaire de l'Institut. À gauche, en entrant, se trouve une armoire, aux parois blindées de plomb, danslaquelle se conservent les composés de radium. On met ces inestimables substances dans des fioles en verre munies de tubes recourbés en relation avec un manomètre à mercure. A l'heure actuelle, la Fondation Curie dispose, pour les applications médicales, de 2700 milligrammes environ de radium élément. Une partie importante de ces précieuses matières est en solution et sert à la préparation des tubes d’émanation.
- De droite à gauche, sur la gravure représentant cette salle, on distingue le groupe de pompes spéciales et d’une rare perfection, destinées à faire le vide dans la canalisation, puis l'appareil pour mesurer la pression des gaz à l’intérieur d’une fiole à émanation. L’opérateur se tient devant cette jauge en verre dont il suit les variations, au cours du remplissage des ampoules.
- Pénétrons à présent dans le Pavillon Pasteur qui abrite, comme nous l’avons noté plus haut, le laboratoire de radiophysiologie dirigé par le Pr CL Regaud. Les divers savants qui y travaillent s’occupent surtout des recherches expérimentales concernant l’action biologique des radiations, la connaissance de leurs effets sur les tissus, sur les organes, sur les différentes fonctions et, en particulier, sur les éléments cellulaires du cancer. Pour remplir ce programme, les techniciens ont reconnu la nécessité, non seulement
- Fig. 5. — Mesure des ampoules à'émanation au moyen de l’éleclroscope.
- p.19 - vue 23/688
-
-
-
- 20 — : L INSTITUT DU RADIUM ET LA FONDATION CURIE
- de ne point séparer l’action de radiations aussi voisines que les rayons y du radium ou du thorium et les rayons X, mais encore de rapprocher, de superposer et de contrôler sans cesse les résultats obtenus avec ces deux types de radiations, de même qu’il y a lieu d’associer fréquemment les rayons y ou curiethérapie avec les rayons X ou roentgenlhéra-pie.
- A cet effet, le pavillon possède un matériel radic-lo'gique suffisamment puissant pour qu’on puisse y poursuivre toutes les variétés d’expérimentation sur les cobayes, les lapins, les rats, et autres animaux de laboratoire (fig. 9).
- On y voit, entre autres, plusieurs types de bobines et d’interrupteurs pouvant fonctionner soit directement sur le courant alternatif, soit sur le courant continu à voltage variable, grâce à unedynamo ; soit enfin, lorsque la précision de l’ex-périmentation l’exige, sur un courant continu parfaitement fixe provenant d’une batterie d’accumulateurs. Un kénotron, dont le filament de chauffe est lui-même en relation tantôt avec une batterie d’accu-mulatéurs, tantôt avec un transformateur, selon les nécessités, absorbe l’onde inverse des bobines.
- L’installation de radiothérapie pénétrante (fig. 9), Ropiquet, Hazart et Roycourt,, en particulier, a comme générateur un groupe de 2 bobines fonctionnant sous 40 à 50 centimètres d’étincelles et alimentées par un interrupteur à palettes plongeantes avec décantation automatique du mercure. Un ventilateur assure le refroidissement des noyaux. Le pupitre de commande, relié au générateur par un câble multiple, comprend l’interrupteur à mer-eure et diélectrique gazeux, le réglage du filament
- et du kénotron, l’ampèremètre du primaire et le milliampèremètre destiné à mesurer le courant dans le tube radiologique. Ce matériel permet d’actionner soit des ampoules Coolidge à l’air libre ou dans la cuve à huile, soit des ampoules types à eau bouillante.
- I)e son côté, la Fondation Curie, déclarée d’utilité publique par décret du 17 mai 1921, fournit des ressources à ces deux laboratoires consacrés
- principalement à la recherche scientifique pure; mais, elle s’occupe surtout des applications des radiations au traitement des maladies.
- Son conseil où se trouvent représentés l’Université de Paris, l’Institut Pasteur, les Académies des Sciences et de Médecine, le corps médical des Hôpitaux, les pouvoirs publics et les bienfaiteurs a déjà organisé, dans ce but, un dispensaire, une section à l'hôpital Pasteur et un département à la Clinique médico-chirurgicale de la rue Antoine-Chantin.
- Le premier et le plus important de ces services est installé dans le Pavillon Henri de Rothschild construit en 1921-22 à côté de l’Institut du Radium et fonctionne régulièrement depuis environ un an.
- 11 comprend un bâtiment principal qui abrite le bureau de réception des malades, des salles de consultations gratuites et privées, des laboratoires de préparations et de traitement curiethérapiques, des chambres de repos, une salle de conférences, des laboratoires de bactériologie, d’examen du sang, d’histologie et de photographie. Dans un second corps de bâtiment, parallèle au précédent, se trouvent, indépendamment d’ateliers et d’une installation pour le radiodiagnostic, les remarquables services
- (Ampoule noyée dans une cuve à huile.)
- p.20 - vue 24/688
-
-
-
- Fig. 8. — Postes extérieurs de commande des appareils roenlgenlhèrapiques du Pavillon II. de Rothschild.
- p.21 - vue 25/688
-
-
-
- 22 L’INSTITUT DU RADIUM ET LA FONDATION CURIE
- de Roentgenthérapie qui disposent aujourd’hui de 0 appareils capables d’alimenter huit tubes producteurs de raÿons»N.
- Montons d’abord, jusqu’au dernier étage du bâtiment ou s’alignent, en un ordre impressionnant, leurs générateurs de haute tension construits par les spécialistes les plus réputés de France et de l’étranger (Etablissements Gaiffe - Pilon, Casel, Drault et Roulot-Lapointe de Paris, Yeifa-Werke, de Francfort).
- Ouvrons ici une parenthèse afin dé nous rendre compte de leur agencement et de leur fonctionnement. Depuis que les thérapeutes ont reconnu l’efficacité cancori-cide des courtes longueurs d’onde ils ont cherché à obtenir, au moyen de dispositifs variés, des différences de potentiels de plus en plus élevées aux bornes du tube radiologique, en même temps que de très fortes intensités. Les dispositifs qui jouissent de la plus grande faveur actuellement sont les bobines ou mieux les transformateurs à circuit magnétique capables d'atteindre 500000 violts.
- | L’installation de la salle de haute tension (fig. 8) s’inspire donc de ces considérations théoriques. On y remarque entre autres appareillages, le « Néo-Intensif » conçu par Dessauer et réalisé par la maison allemande Yeifa. Il comporte dejs transformateurs survolteurs à circuit magnétique disposés en^êscalier, et isolés dans l'huile. Le circuit primaire du premier transformateur reçoit du courant alternatif à basse tension fourni par lé secteur électrique et le secondaire de ce transformateur (divisé en deux et mis à la terre) se relie au primaire du deuxième transformateur, et se trouve donc porté à un potentiel de 50 000 volts à 60 000 volts. Sans précautions spéciales, on obtient alors 1220 000 volts au secondaire .
- de ce deuxième transformateur. D’autre part, les bornes du générateur de haute tension, grâce à un commutateur tournant mis en mouvement par un moteur synchrone, se relient avec le circuit de l’ampoule installée dans un box de traitement sis à l’étage en dessous.
- Sur notre photographie de la salle de haute tension, on aperçoit les tiges soigneusement isolées qui partant des générateurs vont rejoindre, en traversant
- le plancher, les secteurs métalliques des ampoules correspondantes. De leur côté, les dispositifs Gaiffe-Pilon et Casel ont également des transformateurs à circuit magnétique ouvert avec primaire sectionné ou avec enroulement en spirales échelonnées.
- Les 4 postes de commande (fig. 8) de ces divers appareils sont groupés dans un couloir régnant à l’étage inférieur sur toute la longueur du bâtiment, en face des salles de Roentgenthé-rapie.
- Devant chacun de ces pupitres, que supporte une ébénisterie en chêne clair adossée au mur isolant, se tient une infirmière qui a ainsi, à portée de sa main, tous les appareils de contrôle, de réglage et de mesure (rhéostats, ionomètre, ampèremètre, etc.). En outre, près de chaque poste se trouvent placés, sur des chariots mobiles, les interrupteurs correspondant aux différents générateurs de haute tension.
- Pénétrons maintenant dans les salles de traitement pour examiner les ampoules en fonctionnement. D’une façon générale, vu les voltages élevés dont on se sert au pavillon de Rœntgenthérapie, principalement pour l’irradiation des organes profonds, on a dû augmenter considérablement la Ion -gueur et le volume des tubes radiologiques.
- Pour les pénétrations moyennes, on emploie les
- bîg, q. — Installation de VInslilul du Radium destinée à l’expérimentation des rayons X sur des animaux', au moyen d’appareils Ropiquet-Hazart et Roycourt.
- p.22 - vue 26/688
-
-
-
- L'INSTITUT DU RADIUM ET LA FONDATION CURIE
- ampoules Coolidge Standard, qui mesurent d’ordinaire de 70 à 80 centimètres de long et dont la constance permet de maintenir l’exactitude du dosage pendant une séance de traitement même prolongée. Elles supportent de 25 à 30 centimètres d’étincelles entre pointes. M. Pilon en a réalisé un type de 85 centimètres de long, qui peut fonctionner à l’air libre sous 200000 volts.
- Mais les radiothérapeutes de la fondation Curie utilisent aussi l’ampoule Coolidge Standard enduite de gomme laque et plongée dans une cuve en plomb remplie d’huile.
- Ce dispositif (fig. 6), imaginé par M. Jo-hannès, ingénieur de la maison GaifTe, Gallot et Pilon, réalise de multiples a-vantages.
- On peut, en effet, réduire, de la sorte, les dimensions du tube, assurer la réfrigération, éviter les effluves et les aigrettes tout en assurant la protection parfaite du malade et du médecin.
- Enfin, comme la cuve est peu mobile vu son poids énorme, on couche le sujet sur une table qui, grâce à un pied monté sur roues, à des volants, à des pédales et à divers accessoires, permet d’orienter convenablement le malade par rapport au rayonnement avec le maximum de rapidité et de confort.
- A la Fondation Curie, les postes radiothérapiques sont, en outre, isolés entre eux soit à l’aide des murs dans lesquels on a mis une épaisseur de 5 centimètres de galène, soit à l’aide de lames de plomb très épaisses. Quant aux infirmières placées en dehors des salles de radiothérapie et de haute tension, elles surveillent les appareils à travers des glaces au plomb très opaques ménagées près de chaque poste de commande, comme nous l’avons noté plus haut.
- La visite des installations de Rœntgenthérapie
- 23
- achevée, examinons rapidement le fonctionnement des autres services de la Fondation Curie et les résultats obtenus.
- Les malades indigents ou fortunés peuvent obtenir au dispensaire des consultations gratuites ou payantes ; on y traite par le radium ou les rayons X les cas qui n’exigent pas d’hospitalisation. Quand les praticiens reconnaissent la nécessité de cette dernière, elle s’effectue, selon la condition sociale de l’intéressé, au département radiothérapique de l’Hôpital Pasteur comprenant 18 lits pour hommes et femmes (mis depuis juillet 1919 à la disposition de la Fondation Curie), soit à la Clinique médico-chirurgicale de la rue Antoine-Chantin, qui, desoncôté, comporte 20 lits.
- Malheureusement les quantités de corps radio actif s dont disposent les différents services de la Fondation Curie sont minimes par rapport aux besoins con-sidérables des physiciens et des médecins, qui y poursuivent des recherches d’ordre scientifique ou tentent de découvrir de nouvelles armes pour lutter contre le cancer. Malgré cette pénurie de moyens, les techniques curiethérapiques et rœntgen-thérapiques se perfectionnent sans cesse à l’Institut du radium ou à ses annexes, grâce au zèle et à la valeur de son personnel. Sa renommée s’étend non seulement en France, mais hors de nos frontières.
- On admet des savants, des médecins, voire des étudiants française!étrangers, qui soignent les malades, dans les différents services de la fondation, sous la condition expresse de s’engager à y accomplir un stage d’au moins six mois. Après leur séjour dans les laboratoires de la rue Pierre-Curie, à l’Hôpital Pasteur ou au Pavillon Rothschild, radiologistes ou curiethérapeutes vont porter au loin les
- FigZio. — Séance de Roentgenthérapie avec l’appareil Casel.
- p.23 - vue 27/688
-
-
-
- 24
- UNE MISSION FRANÇAISE EN YOUGOSLAVIE
- enseignements de la science française ou soulager des misères humaines !
- Un don fait en 1925 par MM. Lazard frères et Cie a même permis de constituer quelques bourses de recherches scientifiques (chacune d’une valeur annuelle de 12 000 francs) et attribuées par le conseil de la Fondation Curie à des thèmes choisis d’avance et se rapportant soit aux applications biologiques des radiations, soit aux méthodes de traitement des cancers. Puissent de nombreux Mécènes renouveler
- un tel geste, et que les sommes ainsi recueillies suffisent à édifier un hôpital au voisinage du dispensaire. De savants praticiens pourront faire là d’excellentes besognes. Grâce à ces subsides, ils travailleront dans les meilleures conditions possibles et guériront bien des maux. Puis à force d’expérimenter et d’observer, ils finiront sans doute par découvrir le remède spécifique du terrible fléau qui, après la -tuberculose, décime le plus cruellement l’Humanité!
- Jacques Boyer.
- UNE MISSION FRANÇAISE EN YOUGOSLAVIE
- Aux mois d’août et de septembre, un groupe de dix-neuf universitaires français, étudiants, normaliens, jeunes agrégés, parcourait la Yougoslavie :
- l’Herzégovine, et, pour finir, la Dalmatie, vieille province romaine pleine des souvenirs de l’antiquité et fidèle aussi à la mémoire de Napoléon et de
- c’était la Mission de la Réunion d'Eylau qui, déjà l’an dernier, avec l’appui du gouvernement, avait accompli en Pologne un voyage de propagande.
- La Slovénie dont la capitale, la fameuse Laybach du Congrès de 1821 / s’appelle aujourd’hui Ljubljana, la Croatie avec Zagreb (Agram) et Djakovo, patrie du grand ami de la France Monseigneur Strossmayer, puis les pays de l’ancienne Serbie, furent successivement visités ; ce fut ensuite la Bosnie, si poétique et si curieuse dans sa civilisation musulmane,
- Marmont qui la dotèrent de multiples bienfaits.
- Dans toutes les grandes villes, des conférences furent données. On arrivait, on se mettait en rapport avec les journalistes du pays, et, si ce n’était fait déjà, on annonçait ces réunions par la presse, ou même par voie d’affiches comme à Ljubljana (une jolie ville fraîche et pleine de verdure au pieds des Alpes). Et le soir venu, tout ce qui parlait français dans l’endroit, y compris les personnalités officielles, se réunissait à l’heure dite.
- p.24 - vue 28/688
-
-
-
- UNE MISSION FRANÇAISE EN YOUGOSLAVIE --.... .. 25
- Au cours de ce voyage, divers furent les auditoires, divers aussi le pittoresque des paysages: une seule chose s’affirma identique et partout égale à elle-même : la sympathie des Yougoslaves (') envers la France. Pour essayer de donner une idée de ces beaux pays accueillants, nous tirons de nos notes de voyage quelques fragments que nous publions ici.
- le temps de se répondre, plein de componction.
- Deux heures durant, on suit, cahin-caha, une rivière qui, elle, va vite: puis c’est Travnick, endormi dans le fond de la vallée, parmi les cyprès, sous la paisible surveillance d’une vieille citadelle
- Fig. 4 à 7.
- 4. Sarajevo, en Bosn ie-IIe rzégov ine, a gardé un cachet musulman. On aperçoit dans la rue une femme musulmane voilée.
- 5. Mostar. — Par delà les montagnes qu’on aperçoit sur la photographie, commence la triste Bielopolje (plaine blanche/ creusée de défilés calcaires.
- 6. Le vieux pont (Stari Most) qui a donné son nom à Mostar.
- 7. Raguse (Dubrovnie). L'extrémité des remparts.
- voilées, les fez, les minarets en bois au milieu des maïs. Le tout petit train va se décider à partir, après qu’on aura donné les deux signaux — coup de sifflet, coup de trompe — comme pour les grands express. Seulement, ici, c’est le même employé qui les pousse — après s’être donné à lui-même
- 1. Le nom cle Yougoslaves (Serbes, Croates, Slovènes) signifie Slaves du Sud.
- bâtie par les Turcs, autrefois. Et tout de suite on sent que c’est l’endroit du pays qui a conservé son caractère, qui doit avoir une âme. Nous avons gravi les pentes ; pénètre qui veut. Une ou deux masures terrées dans les murailles croulantes ; quelques poules qui picorent sous les figuiers ; deux musulmanes qui bien vite baissent leur voile, puis se cachent pour voir les étrangers. Ces choses gardent
- p.25 - vue 29/688
-
-
-
- 26
- UNE MISSION FRANÇAISE EN YOUGOSLAVIE
- je ne sais quel charme archaïque — et au pied des vieux remparts, entre les monts arides, la vallée s’étale jusqu’à très loin, silencieuse et immobile sous le soleil qui décline.
- L’industrie locale est la fabrication d’une espèce de sandales à courroies innombrables que portent les paysans et qu’ils appellent, je crois, « opanka ». Rien de plus curieux que ces échoppes grandes ouvertes sur la rue, au bord desquelles on voit assis les cordonniers qui coupent en longues lanières leur cuir rouge; ils en tiennent un des bouts dans les dents ou avec la main, tandis que l’autre est coincé entre le premier doigt et l’orteil abominablement déformé de leur pied nu.
- Il y a aussi une grande attraction culinaire : le soir, un bonhomme à fez pousse par les rues une sorte de brasero qu’on suit à la piste, au parfum. On l’appelle, et séance tenante, il vous grille sur la braise de minuscules saucisses faites de mouton pilé. Tournées, retournées, poivrées d’une main experte, il vous en enfourne une dizaine au ventre d’un grand pain rond tout chaud. Cela se déguste sur le trottoir, s’arrose d’un café turc et coûte sept sous.
- Sarajevo.— ...Parmi ces contrées de civilisation musulmane, notre propagande doit revêtir une forme appropriée au caractère et aux qualités des musulmans. Dans cette ville si pittoresque de Sarajevo, c’est au quartier commerçant, où les artisans de chaque profession; sculpteurs sur bois, tailleurs, cuisiniers, orfèvres, sont groupés par rues, qu’il va s’agir de parler (?) de la France. Sans doute faisons-nous une conférence ou deux pour les gens cultivés qui entendent notre langue; mais c’est au peuple charmant des boutiquiers à pantalons bouffants et des ciseleurs à fez accroupis devant leur petite enclume qu’il nous faut surtout nous adresser.
- Quelques jours de contact suffisent à donner au voyageur une certaine idée de leur psychologie ; et celle-ci apparaît toute séduisante, surtout si on la compare à la mentalité excessivement pratique de certains peuples occidentaux. Notre Occident, avec les perfectionnements de sa civilisation, a souvent pris je ne sais quelle rudesse; toujours on y va trop droit au but; toujours on y est pressé. Or pour se
- montrer aimable, il faut avoir des loisirs. Ici, au contraire, les gens possèdent encore deux ou trois de ces qualités qui firent, dans l’antiquité, à la Renaissance italienne et pendant notre xvme siècle, le charme de la vie de société ; ils pratiquent l’hospitalité, ils sont courtois et ils ont du temps.
- Ils ne pensent pas, du reste, que tous les pays d’Occident aient au même degré perdu toute grâce et renié toute civilité; certains peuples, de par les échantillons touristiques qu’ils en ont pu admirer, ont chez eux une solide réputation de morgue et de goujaterie. Ils sont jugés, cotés, détestés. La France, au contraire, garde une renommée intacte. Aux yeux des Musulmans supérieurement courtois, elle reste le pays par excellence de la politesse des mœurs et de la courtoisie. Toute leur sympathie nous est acquise; car, s’ils retrouvent en nous des qualités qui leur sont chères, ils admirent aussi la grandeur de notre peuple et la pureté du rôle qu’il a joué parmi les nations. Pourtant ce qu’il y a peut-être encore dans leur accueil de plus frappant pour l’étranger, c’est un je ne sais quoi d’urbanité exquise et de distinction qui donne au moindre de ces petites gens accroupis dans leur échoppe, des airs de grands seigneurs traitant quelques hôtes en leur manoir.
- Cet après-midi, avant de quitter Sarajevo, j’ai voulu, avec un ami, suivre une dernière fois la grande rue musulmane, et faire halte quelques instants dans toutes ces boutiques. Ce n’est plus, hélas, pour rien acquérir, mais pour offrir des cigarettes, préambule courtois à toute conversation, pour bavarder, enfin pour nous livrer un peu encore à cet agréable genre de propagande qui convient ici.
- Donc, salués un peu de tous côtés, car on commence à nous connaître, et les jeunes qui apprennent le français dans leurs classes nous crient « Bonjour! », entrant de-ci de-là, admirant le travail de quelqu’artisan bien mis qui cisèle des cuivres, partout nous sommes accueillis avec un sourire. Même, voici un personnage à fez, marchand de broderies, de coussins et de narguilhés qui nous invite à pénétrer dans son étroite boutique. Il déroule son plus beau tapis pour nous faire asseoir,
- Fig. 8. — Split. — Un sphinx vieux de 35 siècles.
- p.26 - vue 30/688
-
-
-
- 27
- UNE MISSION FRANÇAISE EN YOUGOSLAVIE
- et voilà que, Dieu sait comment, une conversation s’engage, mélange baroque d’italien et d’allemand, de turc dont nous savons trois mots, et de croate dont nous reconnaissons péniblement une dizaine de consonnances Mais cet homme est un artiste ; il a un sens instinctif de la mimique; presque sans parler, il exprime n’importe quoi. Avec ses yeux, avec des gestes — il ferait comprendre de la théologie à un curé !
- Cependant, il a fait quérir du cale, turc évidemment ; et parmi les belles étoffes d’or, dans la fumée aromatisée du tabac, nous vidons la coupelle offerte. Saurait-on boire sans quelque mélancolie du café turc, s’il est vrai que la mélancolie s’attache toujours
- Fig. 9. — Le palais , (Reconstitution des savants français Ilebrard et Zeillei
- Ch. Maissin, 6
- à cet entretien d’économie politique et d’ethnographie comparée qui s’acheva sur ces mots turcs si mélodieux qui veulent dire «Merci! Au revoir! ».
- Trajet de Sarajevo à Mostar, la nuit. — La merveille, ce fut vers deux heures du matin, le spectacle des montagnes, escarpements prodigieux, rocs dénudés, sous le clair de lune. Par endroits, dans ces gorges déjà encaissées, et comme si ce n’était point encore assez d’abîme, la Neretva coule elle-même dans une sorte de baralhre qui sillonne le fond du val et double d’une crevasse sombre le ruban d’acier de la voie. Les montagnes nues sont une symphonie fantastique de blanc et de noir. Avec cet éclairage, pas de demi-teintes; mais, selon
- ; Dioclétien à Split.
- d’après l’ouvrage Le Palais de Dioclétien a Spalalo, iteur, Paris.)
- aux belles choses qui vont mourir, aux bonnes choses qui vont être trop tôt finies?
- Il admire notre pays : « La France, dit-il, en je ne sais quelle idiome : littérature, ingénieurs, arts, monuments, musique.... » — et un geste large achève la pensée. « Paris, schôn ! » On le complimente sur la beauté de sa ville, de son pays ; il nous enseigne, nous lui enseignons quelques mots. Puis j’avise un vieux cartel, et je lui désigne, étalé sur le cadran, le nom d’une grande capitale voisine de la nôtre. Mais aussitôt : «Fi! », et le voici qui prend un air rogue; qui fait mine de regarder de haut; il laisse voir de longues dents et feint de vouloir tout ramasser à lui avec des doigts crochus; enfin, éclatant de rire, il complète sa mimique d’un admirable geste de dégoût. Les Français, au contraire, aimables, affables et, ici une lueur passa dans ses yeux brillants, et les dames françaises : « O belle molto, molto! » dit-il avec une expression de malicieuse admiration. Seule l’heure tardive mit fin
- la découpure des roches, cela fait de grandes bandes noires qui tranchent sur du blanc bleuâtre. Je songe, Dieu sait pourquoi, à la cathédrale de Sienne. Et puis, plus lotin, le sol parait criblé de trous ronds, d’entonnoirs. On dirait un paysage mort.
- Le train s’est arrêté, je descends. Le silence de cette froide nuit est absolu et des myriades d’étoiles étincellent malgré la lune ; rien ne bouge., rien que les tourbillons de la rivière ici émergée.
- Visions de rêve; paysage convulsé, val d’enfer. Dans la désolation et le bouleversement de ce chaos, invinciblement on songe* à l’Esprit du Mal, une stupéfaction machiavélique a été jetée sur ce monde figé; une épouvante est éparse qui pour un peu vous serrerait à la gorge et vous glacerait. Quoi donc? Voici maintenant un bruit de chaînes. Est-ce une suggestion? Est-ce l’angoisse qui m’abuse? — En bas, tout au fond, le bac d’un passeur se détache et traverse silencieusement la rivière étale sans la crêper d’une ride. Son fanal semble une
- p.27 - vue 31/688
-
-
-
- 28
- UNE MISSION FRANÇAISE EN YOUGOSLAVIE
- grosse luciole, ou une étoile qui glisserait sur l’eau; elle aborde, elle s’éloigne du fleuve, elle monte lentement dans la nuit au flanc de la montagne infernale.
- Notes prises en bateau. — Hier soir nous quittions Raguse; nous voici à l’aube, embarquant pour Split. De Metkovitch, un port fluvial sur la Neretva où nous ont conduits les trains, nous commençons la descente du beau fleuve mélancolique. Vallée spacieuse percée à travers des montagnes absolument nues, d’abord indistinctes dans la brume du matin, puis qui deviennent grises au premier soleil. Un bourg aux tuiles rouges est caché dans une île. Le long des berges, des pirogues chargées de tomates passent lentement, poussées à la godille par de robustes paysannes. Au delà, le large fond de la
- mince presqu’île — étroit et riche espace où s’entassaient parmi les hautes maisons, incorporés souvent aux maisons, une multitude de monuments italiens : cloîtres des couvents, colonnades, encadrements de portes, bas-reliefs admirables sculptés aux porches des chapelles. A la cathédrale on nous montrait le Trésor, l’un des deux ou trois plus beaux d’Europe, et qui se fait gloire d’un plateau ciselé par Gellini, d’un crucifix de Donatello, de plus de six cents reliquaires dont les anciens datent du xie siècle; et pour en- ouvrir la porte, il avait fallu rassembler, de. chez trois magistrats de la ville, les trois clefs des trois lourdes serrures qui le protègent.
- Split, au contraire, largement étalé dans un golfe admirable, encadré de deux côtés par des collines couvertes de pins, s’ouvre par derrière, vers
- Fig. io. — Le palais de Dioclétien (façade Nord-Ouest), d’après Hebrard et Zeiller.
- vallée est couvert de maïs ; dans la plaine, immobiles, les peupliers d’Italie semblent des clochers ou des minarets aux formes sobres, dont la sombre silhouette se détache sur l’aveuglement des montagnes nues. A leurs flancs ou au sommet de quelque piton avancé, des hameaux sont nichés, pareils aux aires des aigles. Creusées dans le roc, on distingue des étables, et près d’elles des chaumières aux toits de maïs séché, ou des maisons couvertes avec de grandes dalles blanches clivées dans les rochers de la montagne. Une barque passe qu’une femme haie avec une corde fixée au sommet du mât ; l’homme se prélasse au gouvernail.
- Mais la mer approche; „de chaque côté de l’estuaire, pareils à deux bornes, deux pitons rocheux. Des marécages remplacent insensiblement la terre fertile; les joncs succèdent au mais. Voici l’embouchure, le delta encadré d’un cirque grandiose et tourmenté de monts arides. Puis c’est la mer, c’est le large et indéfiniment sous le soleil la monotonie grise de la côte dalmate....
- Split. — Raguse (le vieux nom français de Dubrovnic) était serrée entre ses remparts sur une
- Saiona, sur une plaine; en face, dans un promontoire de l’autre rive, dort un cimetière que berce le clapotis de l’Adriatique, et la ligne austère de ses cyprès, derrière laquelle, chaque soir, transparaît l’incendie du soleil couchant, borne par là l’horizon. Dans cette ville, les vrais souvenirs ne sont point les médiévaux ; c’est de l’antiquité latine que l’on vénère surtout les reliques, et au lieu d’ossuaires où quelque pieux artisan incrusta des émaux, on vous montre avec orgueil les vestiges grandioses du palais de Dioclétien (*).
- De cet édifice immense (un quadrilatère rectangle de 191 et 157 mètres de côté) il reste aujourd’hui peu de chose qui en fasse dès l’abord soupçonner l’antique grandeur, et il faut que des hommes de
- 1. La Mission cul l'honneur de faire la visite du Palais (et aussi eelle des fouilles de Saiona, ancienne colonie romaine voisine de Split) sous la conduite du grand archéologue Mgr Bulic. Infatigable, malgré ses soixante-seize ans, stupéfiant d’activité, d’ardeur et de jeunesse, il se plut à expliquer le secret de chaque pierre, le mystère de chaque fouille. Sa passion ranime les vestiges; à son évocation, le passé ressuscite; en artiste consommé, il .rend la vie à toutes ces vieilles choses qui sans lui paraîtraient moins belles.
- p.28 - vue 32/688
-
-
-
- UNE MISSION FRANÇAISE EN YOUGOSLAVIE
- 29
- l’art en expliquent au visiteur la disposition. Il se composait d’une enceinte fortifiée de murs hauts de 17 à 24 mètres, et qui renfermait, outre les vastes appartements de l’Empereur, avec les salles d’apparat, la bibliothèque, les bains et un musée, le gynécée, le Mausolée, le Temple avec son enceinte, des magasins, des dépendances et une caserne pour la garde. Quatre rues se coupant à angle droit divisaient cet espace à la manière d’un camp et aboutissaient aux portes monumentales appelées dans la suite : « Porta Àurea, Porta Argentea, Porta Ferrea, Porta Àenea ». L’une des parties les plus belles de cette vaste construction qui couvrait vingt-neuf mille quatre cent neuf mètres carrés, semble avoir été le Péristyle, orné de seize colonnes, avec le Mausolée impérial d’un côté et le Temple de l’autre ; c’est en tout cas l’une des mieux conservées.
- Le Temple, charmant édifice de style corinthien, se voit qualifié aujourd’hui de Baptistère. Quant au Mausolée qu’on a surmonté d’un clocher pour en faire la Cathédrale, c’est un édifice octogonal entouré extérieurement d’un peripteros de vingt-quatre colonnes. Jadis, au centre, se dressait majestueux et isolé le sarcophage impérial; il disparut vers l’an 750, et aujourd’hui, dans tous les coins, se trouvent des autels et des accessoires du culte, de styles multiples; la dorure surabonde. La voûte, autrefois revêtue de mosaïques, est soutenue par deux ordres de colonnes en granit rouge et en porphyre. Ces matériaux, çlit-on, avaient été apportés
- Fig. 12. — Split. — Vue d’un côté du Mausolée de Dioclétien dans son état actuel.
- Fig. il. — Le Mausolée de Dioclétien.
- (Reconstitution de Hebrard et Zeiller dans l’ouvrage Le Palais de Dioclélien à Spalato.
- d’Egypte ainsi que quatre sphinx, placés au dehors, et dont l’un se voit encore en sa place. De quelques siècles plus vieux qu’Homère, sculpté pour la tombe du Pharaon Thotmès III, quinze siècles avant J.-C., puis installé sur ce socle d’exil voici seize cents ans pour surveiller le sarcophage d’un empereur romain, ce sphinx devenu sur ses vieux jours le bedeau un peu narquois de la cathédrale, regarde tous les dimanches les bons chrétiens de Split sortir de la grand’messe. Dans cette ville où s’étagent les débris de trois civilisations, peut-être n’y a-t-il d’à peu près éternel que son sourire.
- Voilà donc notés quelques renseignements relatifs au Palais; mais ce ne sont que des précisions bien froides, et il faut une âme d’archéologue pour parvenir à les animer. Rien ne se laisse deviner aujourd’hui de cet ensemble grandiose dont l’entassement des maisons modernes dissimule les vestiges, et dont les plus beaux restes sont déshonorés par les « embellissements » d’autres siècles. Ainsi, dans l’intérieur du Mausolée, qu’il y aurait de mélancolie à se laisser prendre à la somptuosité sobre de cette cella où voulut reposer l’homme qui abdiquait l’Empire du monde; qu’il serait curieux d’y méditer son acte surprenant, retraite calculée d’un politicien qui fait une expérience, ou renonciation d’un sage blasé et qui souhaite la paix; qu’il serait poignant d’évoquer dans le silence cette grande ombre du paganisme— si seulement le Mausolée restait vide, et si, toutes belles qu’elles puissent être, des additions médiévales ou baroques n’en venaient altérer l’harmonie, rompre le charme et détruire l’unité ! Qu’elle devait être superbe aussi, cette façade aux cinquante colonnes dont le pied baignait dans la mer, et dont chaque soir, sans doute, au couchant, le portique s’embrasait, à l’heure où les trirèmes arrêtaient au loin leurs évolutions, où la barque impériale, sous son vélum
- p.29 - vue 33/688
-
-
-
- 30 —.......... : PYRÈTHRE ET SAVON PYRÈTHRE
- sanglant, quittait l’embarcadère, et faisait passer le reflet dune pourpre plus sombre sur la rougeoyante Adriatique..
- * *
- Si ces notes ont réussi à donner une certaine idée des paysages yougoslaves, c’est bien; mais ce serait mieux encore, si, les ayant parcourues, quelques lecteurs se décidaient, aux vacances prochaines, d’aller en admirer sur place les originaux. Rien qu’à manifester ainsi un intérêt curieux, ils peuvent être assurés de faire là-bas œuvre utile pour la France. Peut être alors jugeront-ils en définitive que ce qu’il
- y a de plus charmant en Yougoslavie ce sont les Yougoslaves, puisque ceux-ci veulent bien laisser paraître que c’est plaisir pour eux de faire accueil à des Français. Mais quand bien même l’importance de cette pénétration ne se fonderait sur aucun motif d’ordre politique ou économique, la vieille courtoisie française, ce me semble, réclame que nous tenions à honneur les sentiments d’hospitalière cordialité d’un peuple qui nous aime et qu’il serait bon que nous connussions davantage.
- Jean de Montesquiou Fezensac.
- Vicc-Pi’ôsidcnt île la Mission.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre 1923.
- Les tremblements de terre en France en 1922. — M. Rolhé indique que le Bureau central séismologique a reçu confirmation de quatorze secousses multiples, nombre qui dépasse la moyenne généralement observée. La plus importante, celle du 12 octobre, a été ressentie dans les arrondissements de Guéret, de Boussac, de Bourganeuf et dans le canton de Saint-Sulpice-les-Feuilles (Haute-Vienne).
- Une muscardine produite expérimentalement sur des
- abeilles. — Les expériences de M. P. Vincens ont porté sur le Beauveria Bassiana Bals, et leur conclusion très nette est qu’il faut tenir grand compte de la facilité avec laquelle les abeilles sont infectées par des champignons entomophytes ingérés avec les aliments, lorsqu’on a recours à ces champignons dans la lutte contre les insectes nuisibles à la culture. On devrait ainsi, dans les régions apicoles, proscrire complètement l’épandage de leurs spores sur les plantes à préserver, à l’aide de liquides sucrés destinés à en assurer l’adhérence.
- PYRÈTHRE ET SAVON PYRÈTHRE
- Historique. — L’emploi du pyrèthre comme insecticide est déjà ancien sous la forme de poudre oblenue par le broyage des fleurs séchées. Ces fleurs provenaient, en général, des côtes de Dal-matie où en 1889 il y avait déjà 1780 hectares de pyrèthres cultivés; cette superficie a beaucoup augmenté depuis. On le cultive aussi au Japon sur de grandes étendues et en Espagne. Enfin en 1912, le Docteur Faes, chef de la division de physiologie de la Station vilicole de Lausanne (Suisse), tenta la culture de celte plante avec succès sur des parcelles d’essais d’abord, puis, en grandes surfaces dans les parties les mieux ensoleillées du Valais.
- Là de nombreux viliculteurs ont adopté le système suivant : pour une surface donnée de vignoble, ils cultivent le"pyrèthre sur une surface telle que la récolte obtenue et traitée chimiquement leur fournisse la quantité d’insecticide nécessaire au traitement de leur vigne contre la Cochylis. Naturellement ils ne font pas eux-mêmes le traitement chimique qui est délicat et demande toute une installation ; ils envoient leur récolte à l’usine Siegfried, à Jofingue, qui leur renvoie en échange du savon pyrèthre (nom de l’insecticide obtenu).
- En France, de petits essais avaient été faits, de 1900 à 1914, par Heckel, à Marseille et en Crau, et par Planchon, à Montpellier. Après la guerre, sous
- l’impulsion de M. Perrot, président de l’Office National de Matières Premières et sous la Direction du Professeur Juillet, à Montpellier, de M. Jumelle, à Marseille, la culture en fut tentée aux jardins d’essais de ces deux villes; des plants furent même distribués à divers agriculteurs du Midi. Ajoutons, cependant, que peu de ceux-ci eurent la persévérance d’étendre la surface primitivement plantée. A notre connaissance, il n’existe dans le Sud-Est que deux cultures industrielles du pyrèthre (domaine de Signac, à Bagnols-sur-Cèze, Gard, et d’Aqueria, à Tavel, Gard). _
- Culture. — Le pyrèthre est une plante de la famille des composées et produit 5 variétés douées, d’une activité insecticide inégale : les Pyrelhrum' cinerariœfolium, roseum, carneum.
- Le premier dit de Dalmatie rappelle le chrysanthème comme odeur et l’anthémis comme fleur ; c’est le seul fournissant une essence suffisamment active et abondante.
- Les deux autres, connus sous le nom de pyrèthre du Caucase et pyrèthre de Perse, sont employés aussi dans le commerce de la poudre de pyrèthre, mais la valeur de leur essence est nettement infé-; rieure à celle du pyrèlhre cinerariœfolium. On confond aussi, avec ces trois variétés insecticides, les pyrèthres ornementaux absolument inactifs et le py-
- p.30 - vue 34/688
-
-
-
- 31
- PYRETHRE ET SAVON PYRETHRE
- rèlhre d’Afrique dont on utilise la racine en médecine, t
- L’obtention de jeunes plants est assez difficile, la faculté germinative des graines étant variable et n’ayant lieu que dans des conditions particulières de chaleur et d’humidité.
- La plante étant saxatile, réussit surtout dans les terrains chauds, caillouteux, calcaires ou argilo-calcaires. Elle ne craint pas la sécheresse mais l’humidité; elle résiste au froid jusqu’à 8° ou 10°; elle convient, en somme, à la région de l’olivier. Elle vit 8 à 12 ans et même davantage. La première floraison a lieu en mai et juin et la seconde en octobre, celle-ci assez irrégulière.
- Les fleurs se coupent à la faucille avec leurs tiges qui contiennent le même principe actif que la fleur, quoique en moins grande abondance (un tiers de ce que contient la fleur). Elles sont cnsuile séchées à l’ombre, au soleil ou même au four, suivant les cas et les pays.
- Applications. —L’application seule courante jusqu’ici était la fabrication de la poudre de pyrèthre.
- Les expériences faites avec les poudres du commerce avaient fait émettre de nombreux doutes sur la valeur insecticide réelle de la plante. En effet, on n’obtient pas toujours les mêmes résultats avec plusieurs échantillons de poudre. Beaucoup sont fabriquées, il est vrai, en particulier par le mélange de la fleur de pyrèlhre avec celle du Chrysanthemum coronarium très abondante en Afrique du Nord, très bon marché et pas du tout insecticide.
- Cependant, même si les poudres employées sont pures, les résultats sont inégaux ; la cause en est simple : le principe actif est volatil et s’évapore rapidement. Si la poudre a été obtenue de fleurs cueillies depuis plusieurs mois, son activité est très faible. Et le cas est fréquent avec les fleurs qui, récoltées en Dalmatie au mois de juin, sont broyées en France en novembre et utilisées par le commerce sous forme de poudre l’été suivant, soit un an après.
- On a prétendu que les fleurs épanouies étaient moins actives que les boutons floraux fermés et, en droguerie, ces derniers sont toujours mieux payés que les premières ; c’est une erreur, c’est une routine : leur valeur est égale si la date de leur cueillette est la même.
- Cette activité de la poudre, très incertaine, variable avec son âge, a fait rechercher un autre mode d’utilisation du pyrèthre : l’extraction de son principe actif et son mélange à un émulsionnant. Sous cette forme, si la préparation est bien faite, l’activité insecticide persiste des années.
- Savon Pyrèthre. — Le Dr Faes a donné au produit le nom de savon-pyrèlhre. Il l’a employé avec un remarquable succès pour la destruction de Ja Cochylis.
- « Ce produitest le seul, dit-il, qui nous ait donné « des résultats complets contre la Cochylis. La « grande majorité des vers, petits et gros, succombe, a Les chiffres des décomptages de la propriété de « Bethelin (où étaient faits les essais) ont démontré
- « que 99 pour 100 des vers de première génération « étaient tués par les solutions de pyrèthves du « pmjs.
- « Le pyrèthre étranger préparé comme les solu-« lions de fleurs indigènes et appliqué de la même « façon s’est montré dépourvu absolument d’effîca-« cité. C'est une nouvelle démonstration de la « valeur nulle des poudres de pyrèthre étrangères,
- « éventées ou conservées trop longtemps en ma-« gasins. »
- (H. Faes. Observations sur les traitements entrepris en 1916 pour lutter contre la Cochylis dans le vignoble vaudois.)
- Pyrèthre du pays, tout est là. M. Sicard, entomologiste distingué, a repris à Montpellier les essais du Dr Faes, sur la Cochylis et l’Eudémis; il aboutit nettement aux mêmes conclusions : sur les rangées traitées au pyrèthre, il a obtenu une mortalité de 92 p. 100 par rapport aux rangées témoins, tandis que la nicotine donnait seulement 60 p. 100.
- M. Juillet, professeur de la Faculté de Pharmacie de Montpellier, a élargi cette étude. Ses expériences ont porté sur un grand nombre d’insectes :
- Chenille du chou (piéris), chenille processionnaire
- Tenthrède, limace du poirier;
- Tenthrède de la rave;
- Punaise rouge du chou;
- Puceron du chou-fleur, du pavot, du poirier ;
- Puceron lanigère ;
- Puceron du rosier;
- Crycère du lys ;
- Bhynchite, cétoine.
- Tous ces insectes sont tués par le « Savon-Pyrèthre ».
- La piéride du chou présente cette particularité que le liquide rejeté par elle après son intoxication par le pyrèthre est toxique pour ses congénères. De même les feuilles de jeunes choux pulvérisées au Savon Pyrèthre restent toxiques pendant 2 ou 3 jours.
- C’est donc un insecticide remarquable par son pouvoir toxique et par la variété de son emploi : en viticulture, en horticulture et culture maraîchère, dans les fermes pouj débarrasser les animaux domestiques de leurs parasites, enfin dans une maison contre les désagréables insectes qui sont les punaises, les cafards, les poux, les puces.
- Faisons bien remarquer que, d’autre part, il n’est pas toxique pour l’homme, ni pour les animaux à sang chaud.
- Une pul\érisation bien faite des plantes ou des locaux à traiter, un lavage des animaux domestiques parasités, suffisent pour obtenir le résultat cherché.
- « Absolument inoffensif pour l’homme, d’un « maniement facile, miscible aux bouillies cupri-« ques, assurant une mortalité des larves, d’eudé-« mis et de cochylis dans la proportion de 95 p. 100 « (même 100 p. 100 d’après M. Salomon, de
- p.31 - vue 35/688
-
-
-
- 32
- PYRÈTHRE ET SAVON PYRHÈTRE
- « Thomery), n’altérant en aucune façon la grappe « et les feuilles, les produits insecticides à base « d’oléo-résine de pyrèthre sont actuellement les « seuls insecticides recommandables. »
- Tel est le jugement porté par le Professeur Juillet, après les essais méthodiques auxquels il s’est livré, a Les pyrèthres cultivés dans la région languedocienne, ajoute-t-il, sont encore plus actifs que les pyrèthres de Suisse. » (Revue de Viticulture.)
- Nature du principe actif, Modes d’extraction. — Les premières recherches faites sur le principe actif du pyrèthre datent de 1865, par llananan Roch qui plaçait son siège dans les organes sécré-
- Fig. i.— Une planta Lion/de
- Le Pyréthrone est soluble dans un assez grand nombre de dissolvants tels que l’alcool, l’éther de pétrole, le tétrachlorure de carbone, le trichlorure d’éthylène.
- L’extrait obtenu par un de ces dissolvants ne contient par de Pyréthrone à l’état pur, mais on n’a aucun intérêt à s’y eftorcer; « on risquerait simplement, dit Juillet, de l’altérer ».
- L’extraction peut se faire par simple lixiviation au laboratoire ou, dans l’industrie, au moyen des appareils d’épuisement spéciaux employés en parfumerie.
- L’extrait obtenu est incorporé à un soluté savon-
- pyrèthre dans le Languedoc.
- leurs tégumentaires. Ifager, Dal Sie, Rother ont successivement donné des explications différentes et non satisfaisantes. En 1890, Schlagdenhauffen et Reeb ont isolé 2 acides toxiques, acide chrysanthé-mique, acide pyréthroxique ; Zucco a isolé un alcaloïde, la chysanthémine, de formule mal connue.
- Mais de nouvelles recherches de Japonais ont T déterminé la localisation du principe actif dans la résine du pyrèthre :
- En 1905, Sato montrait que la lleur était d’autant plus toxique qu’elle était riche en résine; il isolait, en 1907, un corps résineux, le Pyretol; Fujitani l’isolait à son tour, en 1909, en lui donnant un nouveau nom, le Pyréthrone. Lepyrétolou pyréthrone est le principe actif ; sa constitution exacte, reste à préciser, mais ses propriétés chimiques, toxiques, bactéricides sont désormais connues; elles ont été mises^ en valeur par Yamamolo, puis par Juillet dont nous avons cité plus haut les expériences concluantes.
- neux et on délie le tout au moment de l’emploi, en général à 10 p. 100.
- On peut employer d’autres émulsionnants que le savon : teinture de Quilloya, caséine, géloses, qui donnent des émulsions miscibles à l’eau facilement, mais putrescibles, ou le sulforicinate de soude, indiqué par M. Juillet en 1922, qui donne une solution très concentrée d’oléo-résine, mais qui a le grave inconvénient de ne pas être assez « mouillante » sur les plantes, condition essentielle d’un bon insecticide.
- Conclusion. — Le - savon-pyrèlhre apparaît donc comme un remarquable insecticide, appelé à des débouchés des plus variés : en agriculture, hygiène, pharmacie humaine et vétérinaire.
- Mais, répétons-le, à une condition essentielle : que le savon-pyrèthre soit fabriqué avec des fleurs tout récemment cueillies, par une usine spécialement bien outillée.
- R. V.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie I.aiiwie, 9, me de Fleurus, à Paris.
- p.32 - vue 36/688
-
-
-
- LA NATURE.
- 19 JANVIER 1924
- — N° 2598
- LES VOITURES ÉLECTRIQUES
- Le concours de véhicules électriques à accumulateurs, qui a eu lieu dernièrement, a suscité un grand intérêt. Le programme prévoyait de 40 à 80 km par jour et l’excursion dans Paris comprenait la montée de Montmartre par les rues Lepic et Norvins, qui furent gravies sans à-coups.
- 11 est assez surprenant de constater que notre pays est le plus en retard au point de vue de l’utilisation du véhicule électrique et c’est cependant en France, pour le moment pays pauvre en pétrole, que les véhicules à accumulateurs devraient être le plus employés.
- La cause de ce retard tient évidemment à l’insuffisante organisation des postes électriques de recharge, mais, on peut à ce point de vue prévoir un prompt essor, dont profitera évidemment la traction des automobiles par accumulateurs, système avantageux pour le producteur et aussi pour le consommateur, si l’on peut arriver à un tarif spécial de charge pendant les heures creuses.
- Les véhicules du concours présentaient des dispositions originales suivant deux tendances très différentes. La première veut bénéficier complètement de la présence du moteur électrique et sur des châssis spécialement étudiés, perfectionnés au point de vue roulement et suspension ; elle utilise la souplesse de marche du moteur électrique, pour supprimer le plus possible les organes délicats de l’automobile, notamment la boîte de vitesse.
- La seconde tendance veut faire profiter le véhicule des perfectionnements mécaniques des châssis automobiles ordinaires. On y rencontre donc à peu près tous les organes d’une transmission automobile et comme certains ajoutent à la boite de vitesse les
- Fig. i. — Le camion Laporte.
- Vue arrière montrant les i moteurs.
- variations possibles de la vitesse du moteur par un combinateur, on obtient un véhicule d’une très grande souplesse. Souplesse trop grande, à notre avis, en pratique ; car il est à penser ^que le conducteur néglige de se servir de toutes les combinaisons mises à sa disposition : un camion ne saurait être assimilé à une machine-outil de précision.
- Examinons rapidement les divers châssis.
- I. Châssis électriques proprement dits, — .1° Châssis Laporte. — Ces châssis comportent deux moteurs indépendants blindés, placés près de l’essieu arrière. Chaque moteur attaque, par l’intermédiaire d’un réducteur de vitesse, une couronne à denture intérieure, solidaire d’une roue ^arrière. Ceci, pour les fortes rampes; mais en marche normale le réducteur n’intervient pas : l’attaque du pignon sur la couronne se fait directement.
- La réduction de vitesse évite la surcharge du moteur, son échauffement et assure une plus longue durée aux plaques des batteries d’accumulateurs.
- Les moteurs sont à six pôles, du type série; ils sont commandés par un combinateur, un inverseur et un interrupteur général. L’interrupteur est ouvert quand on freine et il est enclenché dans cette position tant que le combinateur n’est pas ramené à la position de démarrage.
- Les batteries sont dans des caisses amovibles suspendues sur le milieu du châssis.
- 2° Châssis lirieger. — Le moteur unique est placé contre le différentiel, son axe est parallèle à celui du châssis. Il est à quatre pôles à excitation compound. L’en-55.
- 52* Année. — 1*r Semestre
- O.
- p.33 - vue 37/688
-
-
-
- 34
- LES VOITURES ÉLECTRIQUES
- Fig. 3. — Camion Crochat.
- roulement shunt qui est un peu prédominant est alimenté directement par la batterie avec rhéostat de réglage manœuvré par une pédale.
- On actionne cette pédale de la même manière que la pédale d’accélération s’actionne sur une automobile : poussée à fond, elle coupe le shunt et le moteur tourne à sa vitesse maximum, car il fonctionne comme un moteur série. En levant la pédale pour ralentir, on freine.
- Le démarrage s’opère en fermant le circuit sur des résistances branchées sur l’induit. Une manette sur le volant de direction décale les balais et assure la marche airrière. Tant que ceux-ci ne sont pas revenus à leur position normale, la commande de mise en route est enclanchée.
- Les batteries sont placées l’une sous le capot, l’autre dans la caisse arrière.
- Les roues sont à suspension indépendante. Pour les roues arrière, les arbres de commande venant du différentiel sont munis d’accouplements élastiques.
- 5° Châssis Crochat. — Le moteur série se trouve dans un coffrage suspendu à l’arrière du châssis. Il commande le différentiel par un pignon et la transmission se fait ensuite par chaînes.
- Un combinateur permet les couplages nécessaires à l’obtention des différentes vitesses et inverse le courant pour la marche arrière. Une petite batterie auxiliaire peut envoyer du courant dans l’inducteur et assurer le freinage, qui se fait avec récupération, si la vitesse du moteur est suffisante.
- Fig. 4. — Châssis de la Société d’Applications électromécaniques.
- La batterie est dans une caisse au-dessous du châssis.
- Fig. 5. — Camion Berliet.
- Essieu moteur avec demi-arbre à cardans doubles.
- 4° Châssis de la Société cl'Applications Klectro-Mécaniques. — Ce système est à avant-train moteur avec roues indépendantes.
- Le moteur unique est du type compound avec induit à double enroulement. Il attaque, par vis sans fin, le différentiel placé au milieu de l’essieu avant. Les deux demi-arbres actionnent les roues avant avec des cardans doubles qui permettent un braquage de 50°.
- Le conducteur dispose d’un con-troller qui assure les combinaisons de couplage et peut donner six vitesses avant et deux vitesses arrière.^
- Une pédale coupe le courant progressivement en insérant des résis-
- p.34 - vue 38/688
-
-
-
- 35
- LES VOITURES ELECTRIQUES
- tances. La batterie est contenue dans des sortes de tiroirs facilement enlevés sur les côtés du châssis.
- II. Châssis d’automobiles munis de moteur électrique. — Châssis Berliet. — Le moteur est du type compound avec induit à double enroulement.
- Il est enfermé dans un carter et ventilé. Un combinateur donne cinq vitesses avant et une vitesse arrière et le démarrage progressif est assuré par un combinateur auxiliaire, qui met des résistances en court-circuit.
- Un contacteur spécial assure les coupures sous charge.
- Il faut ajouter la boite de vitesse ordinaire de la voiture qui donne deux vitesses sans embrayage, avec une position rendant le moteur indépendant de l’arbre.
- Les batteries sont, suivant les types de véhicules,
- Fig.
- Châssis de la Société d’Etude de Matériel et Traction
- départ et d’autre du châssis ou bien en partie sous le capot. . ; .
- 2° Châssis Electrix. — Le moteur électrique blindé est simplement mis à la place du moteur à
- essence, sur un châssis de voilure. 11 série avec induit à enroulement double.
- Le combinateur comporte deux tambours pour les couplages et pour le démarrage. Le moteur tourne donc toujours à la même vitesse et la vitesse du véhicule est réglée au moyen de la boite de vitesse : on obtient quatre vitesses avant et la marche arrière et on dispose d’un embrayage à disques.
- La batterie est en partie sous le capot, en partie sous la caisse.
- 3° Châssis de la Société d’Elude de Matériel et Traction. — Là aussi le moteur électrique remplace le moteur à essence : il est du type shunt
- est du type
- Fig. 6. — Camion Electrix.
- avec pôles de commutation. Les commandes électriques comportent les appareils suivants :
- L’inverseur qui assure le changement de marche;
- Le combinateur à cinq touches pour le démarrage et la recharge ;
- La pédale qui commande le rhéostat de champ à trente touches et varie la vitesse. Uelte pédale donne aussi le freinage électrique;
- Un relai automatique qui avertit le conducteur que le maximum dangereux d’intensité pour la batterie est dépassé;
- La boîte de vitesse qui, de son côté, a deux1 rapports de vitesse, dont la prise directe et l’embrayage sont à cônes inverses.. -
- La batterie est en partie sous le capot, en partie vers l’arrière de la carrosserie dans une caisse.
- 4° Châssis S. A. T. M. E. — C’est un châssis de voiture où le bloc moteur à essence est remplacé par le bloc moteur électrique. La boîte de vitesse a deux vitesses sans embrayage.
- Le combinateur se manœuvre avec un levier à main disposé comme le levier de changement de vitesse dans une voiture à essence.
- III. Accumulateurs. — Il faut noter que les
- Fig. 8. — Châssis S. A.T.M.E.
- p.35 - vue 39/688
-
-
-
- 36 LE VINGT-CINQUIEME ANNIVERSAIRE DE LA DÉCOUVERTE DU RADIUM
- épreuves de véhicules électriques se sont appelées « Epreuves de véhicules à accumulateurs ». Tant que nous n’aurons pas d’autres réservoirs transportables d’électricité, nous serons tenus de nous servir de batteries pour alimenter les moteurs électriques des véhicules.
- La lutte est circonscrite entre les accumulateurs au plomb, que tout le monde connaît, et les accumulateurs fer-nickel, dont nous allons rappeler brièvement le principe.
- Les plaques positives sont à base d’hydroxyde de nickel et de graphite et les plaques négatives à base de fer pur. La partie essentielle des éléments fer-nickel actuels est la pochette qui contient les matières actives sous forme de poudres granulées. Cette pochette est en feuille mince d’acier nickelé, percée de trous très fins évitant le passage des grains de matière.
- Les électrodes ont ainsi la forme de plaques minces et creuses, avec un cadre en acier nickelé qui maintient la pochette.
- L’électrolyte est une solution à base de potasse caustique.
- Pendant la décharge, le fer se transforme en oxydes et pendant la charge i’hydroxyde de nickel s’oxyde partiellement en peroxyde.
- D’ailleurs les réactions chimiques secondaires sont très complexes et encore insuffisamment expli-
- quées. L’électrolyte ne semble pas prendre part à la réaction, il la facilite seulement, ce qui rend donc l’accumulateur moins délicat. On a certainement moins d’accidents à craindre pendant la charge et la décharge qu’avec les accumulateurs au plomb et ces batteries conviennent ainsi parfaitement à leur emploi sur des véhicules, qui, mis en service courant, doivent être conduits par un personnel peu exercé et quelquefois peu soigneux.
- C’est sur cette dernière idée que nous terminerons en insistant sur la réalisation pratique des véhicules électriques. La voiture automobile ne s’est développée et diffusée, vulgarisée même, que du jour où les pannes se sont faites moins fréquentes. Aurions-nous vu, il y a vingt ans, des jeunes filles circuler dans Paris avec des voitu-rettes Pienault, Citroën, Malhis, etc.?
- Le jour où la voiture électrique possédera une conduite simple, des organes robustes et des accumulateurs dont on n’a pas besoin de s’occuper, la diffusion se fera d’elle-même, car le. véhicule électrique est plus propre et plus silencieux.
- Mais... tout cela est subordonnéàl’installation de stations nombreuses de recharge, où l’on pourra échanger une batterie d’accumulateurs vide contre une batterie chargée, de la même manière qu’on achète actuellement un bidon d’essence touriste ou poids lourd. E. Weiss.
- Fig. 9- — Voilure S.A.T.M. E.
- Levier à main commandant le combinateur.
- LE VINGT-CINQUIEME ANNIVERSAIRE DE LA DECOUVERTE DU RADIUM
- A la séance de l’Académie des Sciences du 26 décembre 1898, Pierre Curie, Mme Curie et M.Bémont présentaient une note qui marquait le début d’une nouvelle ère dans la Science. Ils y affirmaient l’existence d’un nouvel élément : le radium, dont les propriétés extraordinaires bouleversèrent dans la suite toutes les théories admises, démontrant la possibilité de la transmutation de la matière, ce rêve de toute l’alchimie ancienne, et en même temps mettant aux mains des médecins une arme puissante pour la lutte contre les maux les plus cruels de l’humanité.
- Afin de commémorer le 25° anniversaire de celte date historique, une imposante manifestation scientifique a eu
- lieu le 26 décembre 1925 au grand amphithéâtre de la Sorbonne^ sous la présidence du chef de l’Etat. Ce professeur Perrin y fit une intéressante conférence sur la Radioactivité et son importance dans l’Univers ; le professeur Lorentz prit la parole au nom des savants étrangers, M. Üebierne lut quelques fragments des communications par lesquelles ont été annoncées les découvertes initiales relatives aux corps radioactifs; lé docteur Béclère traita du radium et de la médecine, enfin quelques expériences particulièrement frappantes mirent en évidence les propriétés radioactives les plus remarquables.
- Comme on le voit ce fut donc, en quelques conféiences
- p.36 - vue 40/688
-
-
-
- LE VINGT-CINQUIEME ANNIVERSAIRE DE LA DÉCOUVERTE DU RADIUM 37
- dont la plus longue n’excédait pas trois quarts d’heure, un exposé complet de l'histoire de la radioactivité. Il nous a semblé intéressant d’en présenter les grandes lignes aux lecteurs de La Nature.
- A la fin du siècle dernier, nos connaissances sur la nature des atomes étaient des plus sommaires. On connaissait leur masse relative pour les divers éléments, ainsi que les lois suivant lesquelles ils réagissent entre eux. On les considérait comme ayant chacun une personnalité bien définie, indépendante de celle de tous les auties atomes et sans relation avec eux. On soupçonnait seulement que des charges électriques devaient se trouver dans les atomes, mais on ignorait qu’il existât, entre les atomes de tous les éléments, un « facteur commun », un « plus grand commun diviseur » si l’on veut prendre des comparaisons mathématiques qui est l’électron. On était impuissant à passer de l’un à l’autre, à transformer un élément en un élément différent, à réaliser, en un mot, une transmutation.
- La découverte vers cette époque des rayons cathodiques, puis des rayons X, avait produit une vive sensation parmi les physiciens. Henri Becquerel en particulier, frappé du fait que lus rayons cathodiques heurtant la paroi de verre de l’ampoule y allument une vive fluorescence, s’était demandé si toute phosphorescence n’est pas due à un bombardement analogue à celui des rayons cathodiques, hypothèse qu’Henri Poincaré émettait presque simultanément. Becquerel avait à sa disposition les échantillons de sels d’uranium préparés par son père, et dont certains présentaient une vive fluorescence. Il les étudia et le 24 février 1896 présenta une note à l’Académie des Sciences sur les radiations de phosphorescence émises par certains sels d’uranium. Nous reproduisons ci-dessous quelques passages de cette note dont l’importance n’échappera pas lorsque nous aurons dit que le travail de Henri Becquerel qu’elle résume est la première pierre de l’édifice auquel plus tard fut donné le nom de « radioactivité ».
- « On enveloppe une plaque photographique Lumière au « gélatino-bromure avec deux feuilles de papier noir très « épais, tel que la plaque ne se voile pas par une « exposition au soleil durant une journée.
- « On pose sur la plaque, à l’extérieur, une plaque de « la substance phosphorescente (sulfate double d’urane « et de potasse) et on expose le tout au soleil pendant « plusieurs heures. Lorsque l’on développe ensuite la « plaque photographique, on reconnaît que la silhouette « de la substance phosphorescente apparaît en noir sur « le cliché. Si l’on interpose, entre la substance phos-« phorescente et le papier, une pièce de monnaie ou un « écran métallique percé d’un dessin à jour, on voit « l’image de ces objets apparaître sur le cliché.
- « On doit donc conclure de ces expériences que la « substance phosphorescente en queslion émet des rudia-« fions qui traversent le papier opaque à la lumière et « réduisent les sels d’argent. »
- Sans vouloir diminuer le génie des Curie et l’importance de leurs travaux, il faut remarquer que deux ans avant eux, Henri Becquerel découvrait le rayonnement radioactif et ses plus importantes propriétés. Comme on a pu le voir par la lecture de sa première note sur ce sujet, il croyait à tort, que l’insolation préalable était indispensable, mais une seconde note vint rectifier cette erreur et finalement il établit que la propriété radiante était absolument indépendante de la phosphorescence, que tous les sels d’uranium, même les sels uraneux qui ne sont pas phosphorescents, donnent des effets analogues,
- en particulier ionisent les gaz, c’est-à dire les rendent conducteurs de l’électricité. Ces phénomènes correspondant à une émission continue d’énergie ne semblent cependant pas la conséquence d’un emmagasinement sous l’influence d’un rayonnement extérieur : spontané et constant, le rayonnement est insensible aux variations de température et d’éclairage.
- Mme Curie, alors jeune étudiante, reprit l’étude du phénomène et, en 1898, trouva que le thorium présente des propriétés radioactives analogues à celles de l’uranium. La note qui fut communiquée à l’Académie des Sciences portait la signature de Mme Curie seule (alors Marie Sklodoxvska), mais toutes les suivantes sont signées M. et Mme Curie, car de cette époque date la collaboration scientifique de ces deux savants.
- Mme Curie avait trouvé que deux minerais d’uranium étaient plus actifs que l’uranium lui-même, et que cette anomalie disparaissait lorsque les minerais étaient reconstitués par synthèse à partir des sels purs. Elle conclut qu’il devait exister dans ces minerais un élément radioactif inconnu, plus actif que l’uranium.
- En étudiant à l’électromètre la variation d’activité des divers fractionnements obtenus par traitement chimique, les Curie découvrent, d’abord une nouvelle substance, 400 fois plus active que l’uranium, de propriétés chi-- miques voisines de celles du bismuth et à laquelle ils proposent, dans leur note du 18 juillet 1898, de donner le nom de polonium.
- « Certains minéraux contenant de l’uranium et du « thorium (pechblende, chalcolite, uranite) sont très « actifs au point de vue des rayons de Becquerel. Dans un « travail antérieur, l’un de nous (Mme Curie) a montré « que leur activité est même plus grande que celle de « l’uranium et du thorium et a émis l’opinion que cet « effet était dû à quelque autre substance très active ren-« fermée en petite quantité dans'ces minéraux.... Nous « avons cherché à isoler cette substance dans la pech-« blende, et l’expérience est venue confirmer les prévisions « qui précèdent.... Nous croyons donc que les substances « que nous avons retirées de la pechblende contiennent « un métal non encore signalé, analogue au bismuth par « ses propriétés analytiques. Si l’existence de ce nou-« veau métal se confirme, nous proposons de l’appeler « polonium, du nom du pays d’origine de l’un de nous. » Mais la méthode mise au point est si précise, les minerais essayés sont si riches aussi, que bientôt, au cours des séparations, un nouvel élément, analogue au baryum et d'activité au moins 1000 fois supérieure à celle de l’uranium, commence à manifester sa présence. Le poids atomique du « baryum radifère » que l’on détermine de temps à autre au cours des purifications successives s’éloigne de 137(1), monte de plus en plus, finalement arrive à se fixer aux environs de 226, le spectre du « baryum radifère » en même temps s’enrichit d’une nouvelle raie spectrale de longueur d’onde 5814,8 (2). Il n’en faut j>as plus pour pouvoir caractériser un nouvel élément, et le 26 décembre 1898, dans une note en collaboration avec M.Bemont, les Curie annoncent la découverte de l’élément nouveau, le radium. Nous donnons ci-dessous quelques passages de cette note fondamentale.
- « La nouvelle substance radioactive que nous venons « de trouver a toutes les apparences chimiques du « baryum presque pur : elle n’est précipitée ni par « l’hydrogène sulfuré, ni par le sulfure d’ammonium, ni
- 1. Le poids atomique du baryum.
- 2. D’après Demarçay (Académie des Sciences, 26 décembre 1898).
- p.37 - vue 41/688
-
-
-
- 38
- LE VINGT-CINQUIÈME ANNIVERSAIRE DE LA DÉCOUVERTE DU RADIUM
- « par l'ammoniaque; le sulfate est insoluble dans l’eau et I « dans les acides; le carbonate est insoluble dans l’eau; j « le chlorure, très soluble dans l’eau, est insoluble dans (< l’acide chlorhydrique concentré et dans l’alcool....
- « M. Demarçay a trouvé dans le spectre une raie qui « ne semble due à aucun élément connu. Cette raie, à « peine visible avec le chlorure 60 fois plus actif que « l’uranium, est devenue notable avec le chlorure enrichi a par fractionnement jusqu’à l’activité 900 fois l’ura-« nium. L’intensité de cette raie augmente donc en « même temps que la radioactivité, et c’est là, pensons-« nous, une raison très sérieuse pour l’attribuer à la partie « radioactive de notre substance.
- Les diverses raisons que nous venons d’énumérer nous « portent à croire que la nouvelle substance radioactive « renferme un élément nouveau auquel nous proposons « de donner le nom de radium. »
- Mais si le radium est découvert, il n’est pas encore isolé. Pierre Curie, surtout physicien, s’attache à l’étude du nouveau rayonnement, tandis que sa femme, plus chimiste, se consacre à l’obtention du radium à l’état de sel pur d’abord, d’élément ensuite. On est alors en présence d’un corps dont la radioactivité est environ un million de fois celle de l’uranium, et qui permet, par l’intensité même de ses radiations, des recherches jusqu’alors impossibles.
- En particulier, l’analyse du rayonnement mit en évidence l’existence de trois sortes de radiations (analogues d’ailleurs à celles des tubes de Crookes) :
- 1° Des rayons a, ou rayons positifs, décrits par des atomes d’hélium qui portent presque toute l’énergie rayonnée, dont la vitesse peut dépasser 20 000 km par seconde et qui, lorsqu’ils rencontrent une surface de sulfure de zinc, produisent une lueur au point d’impact.
- 2° Des rayons p, ou rayons négatifs, décrits par des électrons dont la vitesse peut atteindre les neuf dixièmes de celle de la lumière.
- o° Des rayons y non électrisés, analogues aux rayons X mais plus pénétrants. Ce sont des radiations de même nature que les rayons X, mais leur longueur d’onde est infiniment plus petite. Comme les rayons X, ils agissent sur la matière vivante ; mais, comme leur gamme s’étend au moins sur 12 octaves, ils présentent une variété d’emploi en thérapeutique extrêmement précieuse.
- En effet, on sait que les rayons X, par un mécanisme ignoré d’ailleurs, détruisent les cellules vivantes avec une vitesse qui dépend de leur nature. D’une façon générale on peut dire que plus une cellule se multiplie rapidement, plus elle est sensible au rayonnement X ou aux rayons y. Or il est maintenant établi que l’un des fléaux les plus redoutables, le cancer, est dû,, tout au moins à l’origine, à une prolifération désordonnée de certaines cellules. Sous l’influence d’une excitation, quelques cellules se reproduisent trop vite, sécrètent des toxines, provoquent des troubles, et déterminent l’état cancéreux. Etant donné les propriétés des rayons X,., rappelées plus haut, il est facile de concevoir que l’on puisse, en dôsant convenablement l’intensité et le temps d’application, arriver à détruire ces cellules anarchistes, sans attaquer les autres, guérir le cancer, lorsqu’il n’est pas trop avancé, ou en arrêter le développement.
- Malheureusement, pour certains cancers profonds, on ne peut songer à appliquer la « r.oentgentliérapie », car on brûlerait les tissus interposés; mais alors, en utilisant les radiations des sels du radium, de ses dérivés (émana-
- I tion, radium A, etc.), ou de ses analogues (uranium,
- | thorium, actinium, polonium, etc.), on peut atteindre le mal plus aisément. En enfermant par exemple des produits radioactifs d’activité dosée dans de petites ampoules de verre que l’on introduit ensuite dans la zone à traiter, on a, suivant l’image frappante du professeur Béclère, placé une série de ^batteries d’où partent, avec chaque rayon y, des projectiles qui vont détruire les cellules ennemies.
- C’est grâce à la souplesse que présente l’application des sels radioactifs, que la « Curiethérapie » a permis d’entreprendre la cure non seulement des affections cancéreuses superficielles, mais également des cas plus graves, cancer de la langue et du larynx par exemple. Aussi un hôpital spécial, inauguré le 26 décembre également par le ministre de l’hygiène, a-t-il été créé pour permettre de développer et d’appliquer ces nouveaux traitements.
- Si nous quittons le domaine humanitaire pour revenir au domaine scientifique, ici encore le radium se signale d’une manière unique. Quelle est en effet l’origine de cette émission de rayonnements variés, dont l’énergie totale est si considérable qu’on a pu y chercher la source actuelle du feu central de la Terre et du rayonnement des étoiles et du Soleil (Q. C’est Rutherford qui trouva la solution du problème en montrant que la radioactivité est l’indice de la transformation des atomes de l’élément radioactif en atomes d’une autre sorte.
- Sous l’influence soit d’une radiation extérieure inconnue, soit pour une cause interne mystérieuse, à chaque instant, le noyau d’un certain nombre d’atomes d’un élément radioactif explose en donnant un atome d’hélium ou un électron et un résidu qui lui-même peut encore évoluer. C’est ainsi que, par transformations successives, le radium donne finalement du plomb qui apparaît actuellement comme le terme ultime de la série.
- Une des caractéristiques les plus troublantes des phénomènes radioactifs est leur indépendance absolue envers tous les moyens d’action que nous sommes habitués à voir influencer les phénomènes physiques (température, pression, magnétisme, électricité, etc.). Nous assistons impuissants à la désintégration de la matière, et nous sommes également impuissants à reproduire l’opération inverse : la pierre philosophale est encore loin de nous. Peut-être pas tant que l’on se l’imagine, pense le professeur Perrin. En effet, Rutherford a montré que lorsque l’on utilise des projectiles a de vitesse suffisamment grande, on peut briser certains atomes, ceux d’aluminium et de phosphore par exemple, et en extraire un - noyau possédant une énergie supérieure à celle contenue’ dans le projectile initial. Ce qui nous empêche de transformer de grosses masses matérielles par ce procédé, c’est l’impuissance où nous sommes d’animer de grandes vitesses des projectiles a en nombre suffisant. Cependant, dans l’indust'ie, on a pu réaliser des tensions de l’ordre de un à deux millions de volts, et M. Perrin pense que si l’on pouvait disposer de tensions de l’ordre de 10 millions de volts, on arriverait à lancer les atomes d’hélium avec des vitesses permettant de briser les atomes de beaucoup d’éléments. Peut-être, certains restitueraient-ils une énergie supérieure à celle mise en jeu pour les désintégrer. Ce serait alors l’énergie gratuite....
- 1. Un gramme de radium fond son poids de glace environ par heure, ou, si l’on veut, la chaleur produite en deux jours est sensiblement celle que donnerait la combustion d’un poids égal de charbon.
- p.38 - vue 42/688
-
-
-
- L’AVIÔN AUTOMATIQUE ET LA DIRECTION DES AVIONS PAR T. S. F. = 39
- Quelques expériences simples et frappantes ont permis aux 5000 assistants de se rendre compte des propriétés de ce radium dont tout le monde parle et que bien peu ont vu : Excitation de la fluorescence du sulfure de baryum disposé sur les parois d’un long tube dans lequel diffuse peu à peu de l’émanation du radium, ionisation des gaz et décharge d’un électroscope à distance. Nous signalerons particulièrement pour terminer une très jolie expérience destinée à mettre en évidence l’allure irrégulière de l’émission des particules a, émission qui n’est gouvernée par aucune loi et semble l’effet du hasard seul. Entre une plaque et une pointe, on établit une différence de potentiel telle que l’aigrette fût près de s’amorcer et on ferma le circuit sur un amplificateur
- à lampes ordinaires de T. S. F, ; sur le circuit d’écoute se trouvait un haut-parleur. En l’absence de substance radioactive on n’entendait rien, mais lorsqu’on approcha un tube renfermant un sel de radium, par suite émettant des rayons a, on entendit une série'de craquements, de « tops » dans le haut-parleur. En effet, certains des rayons a, dans leur trajectoire traversant l’espace compris entre la pointe et la plaque, déterminaient l’amorçage de la décharge. Ainsi les postes qui écoutaient la conférence transmise, par télégraphie sans fil ont recueilli les « tops » accompagnant la disparition des atomes du radium qui venaient mystérieusement de faire explosion.
- H. Yigheron.
- L’AVION AUTOMATIQUE ET LA DIRECTION DES AVIONS PAR T. S. F.
- Dans un article précédent (n° 2594), nous avons décrit les applications et les résultats actuels de la télémécanique aérienne, nous avons également indiqué le principe de l’avion automatique. Dans ce nouvel article, nous allons plus spécialement étudier les dispositifs pratiques qui ont été employés récemment par M. Percheron et ses collaborateurs pour obtenir les beaux essais contrôlés à Etampes.
- Le type des stabilisateurs utilisés est le gyroscope Sperry, auquel, d’ailleurs, on a dû apporter d’importantes modifications, en y adjoignant notamment des accéléromètres angulaires et linéaires, et des anémomètres.
- On connaît bien maintenant le fonctionnement d’un gyroscope.' Cet appareil, on le sait, se .compose d’un disque de faible poids, monté sur axe à pivots, et tournant à très grande vitesse, de 15 000 à 18 000 tours ; il acquiert alors une inertie considérable et son axe de rotation demeure dirigé dans une direction invariable. Une toupie d’enfant, qui reste en équilibre sur sa pointe, peut être donnée comme exemple des propriétés mécaniques des « corps tournants ».
- Mais, si l’on écarte l’axe d’un gyroscope de sa position d’équilibre, l’arbre se déplace lentement dans une direction perpendiculaire au plan formé par la direction de la force qui agit sur l’axe, et l’axe lui-même. Le sens de ce déplacement varie d’ailleurs suivant le sens de rotation du disque. En réalité, l’axe du gyroscope tend à décrire un cône; c’est ce qu’on appelle le mouvement de précession. Cette deuxième propriété du gyroscope est défavorable dans le cas présent, et il faut avant tout l’atténuer autant que possible pour que l’appareil joue uniquement son rôle de stabilisateur.
- L’effet gyroscopique doit donc être annulé par un second gyroscope, tournant en sens inverse du premier, et jouant le rôle du cinquième organe du stabilisateur que nous avons cité, le compensateur
- Fig. i. — Un cadran de repère avec son secteur isolant A.
- L’aiguille de contact B est représentée en face de ce système.
- d'inertie. Bien que les deux gyroscopes, ainsi accouplés, soient rendus solidaires au moyen d’engrenages, il est impossible d’obtenir une identité parfaite de leur inertie; aussi leur suspension prend-elle forcément une certaine inclinaison.
- Il faut alors qu’un moteur dit de précession entre en action, et ramène les axes des deux gyroscopes au parallélisme.
- L’avion possède ainsi un triple jeu de gyroscopes, jumelés, l’un pour la profondeur, l’autre pour le gauchissement et le troisième pour la direction ; ces systèmes de gyroscopes sont chacun solidaires d’un petit secteur, fixe avec eux dans l’espace, et sur lequel se déplace un balai solidaire de l’avion.
- Chaque fois que celui-ci sera écarté de sa position d’équilibre, le balai ira à droite ou à gauche sur le secteur, ouvrant ou fermant, par son déplacement sur une surface conductrice, portant une partie isolante, des circuits électriques (fig. 1).
- La figure 2 donne un schéma d’ensemble d’un groupe gyroscopique sur l’avion automatique. Les deux gyroscopes sont contenus dans deux sphères, qui sont suspendues à l’intérieur d’un jeu de cardan.
- Le gyroscope lui-même est constitué par le rotor d’une dynamo, mise en action par un courant auxiliaire. Les deux gyroscopes tournent en sens inverse, et la précession de l’un est corrigée par la résistance de l’autre, relié par un engrenage A. A la partie supérieure de la figure sont représentées le cadran conducteur C, et l’aiguille B qui s’appuie sur la partie isolante. On voit également, sur la figure 3, comment est disposé le groupe gyroscopique dans le fuselage de l’appareil.
- On conçoit maintenant que le déplacement de l’aiguille sur le cadran portant une partie isolante en son milieu puisse produire l’ouverture ou la fermeture des circuits électriques commandant des servo-mo-teurs. Le type de ce dernier se ramène à un moteur s’embrayant à volonté sur un tambour. Sur ce
- p.39 - vue 43/688
-
-
-
- L’AVION AUTOMATIQUE ET LA DIRECTION DES AVIONS PAR T. S. F.
- 40
- Fig. 2.
- Groupe gyroscopique sur l’avion automatique.
- R, disque de gyroscope formant rotor; A, engrenage de liaison des deux gyroscopes; C, cadran de repère avec aiguille B.
- tambour sont enroulés les câbles de commande : profondeur, direction ou gauchissement, etc. (fig. 4).
- Lorsque le tambour a tourné d’un certain angle, un rupteur coupe le contact, et le mouvement est arrêté; mais l’organe commandé, équilibreur, aileron, gouvernail de direction, reste en place. À ce moment, entre en jeu le dispositif d’asservissement dont nous avons parlé, et les repères sont ramenés à zéro, avant que le balai soit revenu à la zone isolée placée sur le cadran des gyroscopes.
- Sur la figure 4, on peut se rendre compte de l’aspect général d’un servo-moteur avec son moteur d’entraînement et son tambour de commande. On voit également les taquets C, qui arrêtent le déplacement commandé auparavant par le contact des gyroscopes.
- La photographie 5 représente également l’installation des servo-moteurs à l’intérieur de l’appareil. Il est ainsi possible de se rendre compte de la manière
- Fig. 4. — Aspect général des servo-moteurs.
- On voit les moteurs entraînant les tambours de commande et le taquet d’arrêt C.
- dont on peut réaliser l’installation de l’appareillage, permettant l’équilibre automatique de l’avion.
- Nous n’indiquerons évidemment que des principes, et, par ces principes mêmes, on peut se rendre compte de la complexité du problème. Si l’on voulait entrer dans les détails, il faudrait dire longuement la délicate mise au point nécessaire pour étudier un tel mécanisme sur un appareil volant, donc donnant forcément des réactions quelque peu brutales. Il a fallu employer des mois, pour assurer des contacts offrant des rappels convenables des ressorts, des étouffements d’étincelles de rupture ; détails à
- Fig. 3. — M. Percheron examinant le groupe gyroscopique dans le fuselage de l’avion (photo Rolî.
- première vue infimes, mais qui retardaient cependant les progrès accomplis vers le fonctionnement régulier et industriel. Cependant aujourd’hui, après de nombreux efforts, on peut dire que le problème si important de la stabilisation automatique a été complètement résolu, et que, sans l’intervention du pilote, l’appareil est susceptible d’être en plein vol redressé à chaque instant par l’action des stabilisateurs, quelle que soit l’importance des coups de vent qui peuvent le faire dévier de sa position normale. Il est aisé d’ailleurs de se rendre compte de la façon dont agissent les gyroscopes dans tous les cas.
- Nous donnons par exemple dans la figure 7 le prin-| cipe du redressement d’un avion automatique exécu-I tant une « abatée », c’ést-à-dire piquant vers la terre ; 1 la suspension du groupe gyroscopique reste hori-
- p.40 - vue 44/688
-
-
-
- L’A VJ ON AUTOMATIQUE ET LA DIRECTION DES AVIONS PAR T. S. F. :.::.- 41
- zontale ainsi que le cadran; l’aiguille, solidaire de l’avion, se déplace avec celui-ci, et provoque, par l’intermédiaire des servo-moteurs, le déplacement vers le haut du gouvernail de profondeur A, qu’actionnent des câbles de commande.
- Expliquons maintenant comment il est possible de diriger l’appareil par l’intermédiaire des servomoteurs, tout en conservant l’action stabilisatrice des appareils indiqués.
- Il est tout d’abord nécessaire, on le conçoit, de supprimer, tout au moins pendant un certain temps, les actions stabilisatrices des appareils décrits. S’il n’en était pas ainsi, lorsqu’on désirerait
- les circuits de relais Beaudot(1), les servo-moteurs se mettent alors en action, d’autres petits moteurs opèrent .le décalage des balais, et l’avion, par exemple, prend une position inclinée, si l’on désire effectuer un virage.
- Il tend à conserver aussi longtemps cette position que le bouton restera poussé, et exécutera ainsi sans arrêt un nombre indéfini de cercles, dont rien ne pourra réussir à l’écarter, si ce n’est la volonté de celui qui le commande.
- Le tableau de commande comprend différentes touches, par exemple : montée douce, moyenne et forte, descente douce, moyenne ou forte et, à gauche,
- Fig. 5. — Ensemble des servo-moteurs dans la carlingue.
- On aperçoit à gauche de la figure le tableau de commande (photo Meurisse).
- faire monter l’appareil, le stabilisateur tendrait, par exemple, à le ramener automatiquement à la position horizontale.
- On suspend donc l’action de l’appareil, jusqu’à ce que l’avion soit en position de montée, de descente, ou de virage, au gré du conducteur ; à ce moment, on rétablit l’action du stabilisateur, mais en prenant un nouveau plan de foi. Il est essentiel, en effet, de conserver à l’avion une inclinaison bien déterminée dans un virage, ou une pente de montée ou de descente ; il est nécessaire d’obtenir un véritable décalage par l’intermédiaire d’engrenages différentiels planétaires, agissant, au moyen de l’asservissement, sur la position qu’occupe le balai par rapport au secteur fixe dans l’espace.
- Pour diriger à son gré l’avion, on dispose d’un certain nombre de boutons de commande disposés sur un tableau analogue à celui d’un ascenseur (fig. 6). ^ Lorsqu’on agit sur ces boutons, ils commandent
- spirale de rayons variables, envol et atterrissage, enfin bouton de remise à zéro.
- L’avion automatique, ainsi équipé, a été, nous l’avons dit, plusieurs fois essayé en présence de M. Laurent Êynac, l’appareil était un Voisin, muni d’un moteur de 300 C. V. Renault (fig. 6 et 8).
- Reste maintenant, après avoir indiqué comment on a résolu le problème de l’avion automatique, à examiner comment il est possible de commander à distance cet avion automatiquement stable.
- Rappelons d’abord, comme nous l’avons noté dans l’article précédent, qu’il serait possible de substituer à l’action de la main sur les boutons, des dispositifs chronométriques ordonnant différents mouvements.
- On ne pourrait, bien entendu, tracer à l'avance que des tableaux de travail réduits, correspondant à des circonstances atmosphériques bien connues, et
- I. Voir n° 2594 de La Nature.
- p.41 - vue 45/688
-
-
-
- L’AVION AUTOMATIQUE ET LA DIRECTION DES AVIONS PAR T S. F.
- 42
- le rayon d’action de l’avion serait forcément limité. Nous en avons d’ailleurs dit quelques mots à propos des « avions-sonde ».
- La commande par un poste émetteur situé à distance nécessite l’intervention d’une énergie suffisante pour produire les effets mécaniques nécessaires, et également la détermination sans confusion d’un nombre assez souvent élevé d’opérations distinctes.
- Il serait possible d’abord de relier l’avion à un poste directeur au moyen d’un grand nombre de fils conducteurs souples.
- Un appareil commandé avec fils a été utilisé en 1921 aux Etats-Unis. Un avion a pu ainsi être dirigé par un autre appareil volant derrière lui ; les deux aéroplanes étaient reliés par un fil de 5 kilomètres de long. Cette solution ne semble pas très intéressante. Elle est d’abord d’une efficacité relative, et l’on ne voit pas trop les avantages obtenus par cette commande automatique, puisqu’un avion monté est nécessaire pour conduire un avion automatique en laisse.
- Aussi, seule la T. S. F. peut-elle être indiquée pour diriger à distance l’avion automatique. Nous avons déjà assez longuement expliqué, dans notre article du n° 2594, le problème de la télémécanique sans fil en général. Rappelons que'dans tout poste récepteur de télémécanique sans fil se trouve un collecteur d’ondes ac-
- cordé, un détecteur, un amplificateur spécial, un sélecteur d’ondes, et enfin un distributeur (fig. 9).
- Le problème primordial consiste, non seulement à obtenir à l’arrivée une puissance suffisante pour commander les appareils, mais encore à ne recevoir que les ondes destinées à cette commande même, à l’exclusion des .émissions étrangères et l’on utilise le principe de la résonance électrique et mécanique exposé dans l’article cité.
- Il est encore nécessaire de donner quelques détails sur la manière dont ont pu être réalisés le départ et l'atterrissage de l'avion automatique ; c’est d’ailleurs seulement après la guerre que ces problèmes ont été étudiés, puisqu’on avait dû les laisser provisoirement en suspens.
- Au moment du départ, il est nécessaire de faire exécuter aux ailerons des manœuvres complètement inverses du vol, par suite de la tendance qu’a un
- avion à exécuter des embardées à droite et à gauche ; c’est ce qu’on appelle en terme de métier « che'vaux de bois ».
- Il est nécessaire d’avoir recours à un inverseur qui agit sur tous les systèmes stabilisateurs et commande à la fois le palonnier et les ailerons pour assurer la direction, et agit également sur le gouvernail de profondeur, pour « décoller » de manière correcte et ne pas exécuter ce qu’on nomme une « chandelle ». Un autre danger
- Fig. 8.
- Génératrices de courant électrique sur l’avion (ph. Meurisse).
- Horizontale
- Fig. 7. — Redressement d’un avion sans pilote piquant sur le. sol.
- A droite : position du groupe gyroscopique ; A gauche : mouvement exécuté par le gouvernail de profondeur.
- p.42 - vue 46/688
-
-
-
- EXPÉRIENCE SUR LA PROPAGATION DU SON DES FORTES EXPLOSIONS
- 43
- est à craindre, l’avion peut s’envoler à une vitesse trop faible et retomberait immédiatement à terre, c’est pourquoi l’on utilise des dispositifs anémomé-triques qui ne permettent à la commande de montée d’agir, que lorsque la vitesse de roulement est suffisante.
- De même pour l’atterrissage, on a employé un loch, l’allumage du moteur est ainsi coupé et les commandes sont remises à zéro à l’approche du sol.
- Obtenir un atterrissage moelleux sans perturbation dans la position de l’appareil, lorsque la puissance du moteur a diminué, est une tâche particulièrement difficile. Les expérimentateurs ont eu de grandes difficultés pour la mener à bien.
- On peut se rendre compte par cet exposé, forcément un peu sommaire, de la très grande complexité des problèmes étudiés ; ces problèmes ont été cepen-
- dant résolus d’une façon pratique. On ne peut prévoir encore aujourd’hui s’il sera possible de construire en série des appareils simples et à des prix industriels. Cependant la réalisation de l’avion automatique et de l’avion dirigé par T. S. F., fait le plus grand honneur aux ingénieurs distingués qui l’ont réussie, entre autres à M. Maurice Percheron.
- Dès à présent, la possession de cette arme nouvelle qu’est l’avion sans pilote, donne à la France une supériorité militaire incontestable dans cette branche de l’aviation, et, au point de vue militaire, l’utilisation efficace de l’avion sans pilote est une réalisation de demain. P. Hémardinquer.
- Nous tenons à remercier ici M. Maurice Percheron de la très grande amabilité avec laquelle il a bien voulu nous communiquer les documents figurant dans cet article.
- Sélecteur
- Redresseur
- Amplificateur spécial a T. S. F
- Distributeur
- Fig. 9 — Principe d’un poste récepteur de télémécanique aérienne.
- NOUVELLE EXPÉRIENCE RELATIVE A LA PROPAGATION DU SON DES FORTES EXPLOSIONS
- La Nature a signalé il y a deux ans (n° 2533) le programme d’expériences établi par la Commission internationale pour l’étude de la haute atmosphère, consistant à réaliser dans différents pays de fortes explosions pour déterminer la propagation du son. La première a été réalisée par le gouvernement hollandais le 28 octobre 1922, sur le champ d’expériences d’artillerie de Olde-brock, et les premiers résultats obtenus de cette vaste expérience ont paru dans notre Supplément du n° 2550. Cette fois-ci, la France se charge de la réalisation d’une série d’explosions plus puissantes, au sujet desquelles l’Institut de Physique du Globe de l’Université de Paris, communique les renseignements suivants :
- Une expérience relative à la propagation du son des fortes explosions aura lieu dans la seconde quinzaine de mai 1924, par les soins des Services de l’Artillerie. Les conditions en ont été étudiées par un Comité présidé par M. Bigourdan, membre de l’Institut, et comprenant des représentants des Services de l’Armée et de la Marine, de l’Office national météorologique, de l’Office national des Recherches et Inventions, des Instituts de Physique du Globe de Paris et de Strasbourg.
- Trois explosions portant chacune sur 10 tonnes d’explosif nu auront lieu au camp de La Courtine, situé près de la limite des départements de la Creuse et de la Corrèze, à 22 km N.-N.-E. d’Ussel. Les coordonnées géographiques du centre des trois points sont : latitude 45° 44'8, longitude par rapport au méridien de Greenwich 2°14'7.*E, soit 0°5'5. W. par rapport au méridien de Paris.
- Les explosions auront lieu aux dates suivantes :
- lre explosion, le jeudi 15 mai à 19 h. 30.
- 2e explosion, le vendredi 23 mai à 20 h.
- 3e explosion, le dimanche 23 mai à 9 h.
- Il est désirable que, en plus des observations qu seront assurées par les soins des divers Services représentés au Comité d’organisation, des observations soient faites en aussi grand nombre que possible. L’oreille est un récepteur très sensible et de bonnes observations peuvent être faites à simple audition. Il serait très précieux aussi que des observations fussent faites à l’aide d’appareils divers, par exemple de récepteurs à variation de pression ou d’appareils enregistreurs sur lesquels l’heure serait repérée. Des baromètres enregistreurs très sensibles peuvent donner des indications, ainsi que des dispositifs manométriques sensibles. Des observations en ballon et en mer seraient importantes.
- L’observation de l’onde sonore peut être faite, dans des circonstances favorables, à des distances de plusieurs centaines de kilomètres, au delà de zones de silence.
- L’ébranlement se transmet aussi dans le sol, beaucoup plus rapidement que dans l’air; des sismographes ont enregistré des explosions distantes de plusieurs centaines de kilomètres, et à des distances plus faibles on peut observer l’ébranlement du sol à l’aide de dispositifs mécaniques plus simples.
- Les personnes qui feront des observations (quels qu’en soient les résultats, positifs ou négatifs) sont priées de bien vouloir, outre l’usage qu’elles en feraient person-
- p.43 - vue 47/688
-
-
-
- 44 ......_-: VIEILLISSEMENT ARTIFICIEL DES EAUX-DE-VIE
- nellemenl., les communiquer à l’Institut de Physique du Globe, 176, rue de l’Université, à Paris.
- . t —
- Observations désirables. — 1° Heure aussi exacte que possible. La Tour Eiffel fera autant que possible, outre ses signaux horaires habituels qui sont envoyés de II h. 15 à 11 h. 30, des signaux horaires spéciaux un peu avant les expériences. Prière d’étudier les chronomètres et montres, c’est-à-dire d’en déterminer la marche au préalable. Indiquer si possible avec quelle précision est donnée l’heure de l’observation.
- 2° Direction d’où semble venir le son (en direction horizontale et en hauteur).
- 5° Intensité du son. On peut utiliser l’échelle suivante, déjà employée dans des enquêtes analogues : 1. Presque inaudible, même pour un observateur prévenu. 2. Assez audible. 3. Audible, même pour un observateur non prévenu. 4. Assez fort. 5. Fort et inquiétant. 6. Effrayant.
- 7. Accompagné de battement de fenêtres ou portes.
- 8. Faisant impression de tremblement de terre. — U peut arriver que le passage de Fonde soit inaudible, mais décelé par divers phénomènes (mouvement de vitres, de fenêtres, etc.).
- 4° Caractère du son. Unique, redoublé, roulement, etc.
- 5° Circonstances météorologiques au moment de l’ob-
- servation, direction et vitesse du vent, état du ciel, direction des nuages, température.
- Remarques. — 1° Dans l’interprétalion des phénomènes de propagation peuvent intervenir la répartition dans l’espace d’éléments météorologiques comme la température et le vent et la variation de la composition de l’atmosphère avec la hauteur. On pourra trouver un exposé d’ensemble et des indications bibliographiques dans un article de M. van Everdingen (Revue générale des Sciences, 1916, p. 241).
- 2° Ces explosions pourraient être utilisées pour l’étude des effets autres que les phénomènes sonores, par exemple : actions physiologiques, actions mécaniques, etc.
- L’expérience est entièrement préparée et exécutée par les soins des services militaires; il y aurait donc lieu, pour les observations qui devraient être faites à petite distance du lieu des explosions, à une demande d’autorisation. Les services ou personnes qualifiées qui envisageraient de telles observations, sont priées de s’adresser au préalable à l’Institut de Physique du Globe, en vue de la centralisation des demandes.
- La Nature espère qu’un grand nombre de ses lecteurs voudront participer à cette très intéressante expérience et qu’ils pourront ainsi apporter à l’étude de la propagation du son dans la haute atmosphère une collaboration précieuse.
- VIEILLISSEMENT ARTIFICIEL DES EAUX-DE-VIE
- On sait généralement que les vieilles eaux-de-vie sont plus appréciées du consommateur que les jeunes. Une eau-de-vie fraîchement distillée possède une saveur brûlante due à son degré alcoolique élevé; elle a en outre un goût de cuivre ou de chaudière plus ou moins prononcé suivant la manière dont a été conduite l’opération. — Sous l’influence du temps, ces goûts finissent par disparaître alors qu’apparaît souvent un grand bouquet d’une finesse incomparable qui augmente énormément leur valeur commerciale. — Mais, pour atteindre ce résultat, il faut attendre des années, vingt-cinq,cinquante parfois et l’on conçoit que cela oblige les maisons de commerce à avoir des stocks considérables dont l’intérêt du capital immobilisé grève-considérablement le prix de revient de ces liquides.
- Il était donc naturel de chercher à activer le vieillissement des eaux-de-vie, et pour cela il était indispensable de se rendre compte de son mécanisme. Il est vrai que de ce côté, la chimie n’est point arrivée aux résultats attendus des distillateurs ; elle a bien démontré que le bouquet était en parti dû à une oxydation de l’alcool suivie d’une éthérification de l’acide obtenu : cependant les méthodes qu’elle a indiquées pour remplacer le vieillissement naturel, tout en donnant un produit commercial apprécié, ne peuvent remplacer réellement l’action du temps.
- Il est vraisemblable que dans ce cas il se forme des produits secondaires mal connus, en quantité infime, mais qui en s’ajoutant à l’éthérification accentuent le bouquet ou l’estompent pour lui donner plus de * finesse et de fondu. Pour provoquer le vieillissement
- artificiel, on a donc cherché à oxyder les eaux-de-vie et l’on s’est adressé à l’oxygène à froid ou à chaud, avec ou sans catalyseurs, quelquefois sous pression; on a fait aussi appel à un corps polymère de l’oxygène possédant un pouvoir oxydant plus énergique que lui, l’ozone. Nous allons passer en revue ces divers procédés.
- Air ou oxygène à la température ordinaire. —-Les eaux-de-vie à vieillir sont installées dans des foudres munis d’agitateur à palettes qu’un système mécanique quelconque actionne. On a aussi essayé de faire barboter de l’air à l’aide d’un aspirateur ou d’en insuffler au sein même du liquide. Tous ces procédés ont pour but d’augmenter la surface de contact du liquide avec l’air.
- Air ou oxygène à chaud. — On a essayé d’activer encore l’action de l’air ou de l’oxygène en chauffant. Une grande maison de Cognac logeait ses eaux-de-vie dans de petits fûts en chêne du Limousin par 60 litres et les plaçait dans des fours préalablement chauffés comme dans la cuisson du pain. L’inconvénient de ce procédé qui donnait de bons résultats provenait de l’évaporation d’une grande quantité d’alcool. On est arrivé aussi à un résultat en chauffant en vase clos jusque vers 60° et en laissant refroidir lentement. Malvezin a imaginé un appareil basé sur ce principe : cet appareil se composait d’un récipient en tôle étamé résistant à la pression ; on le remplissait d’eaux-de-vie aux 2/5. Une hélice tournant dans un manchon produisait une agitation et faisait remonter l’eau-de-vie; une autre hélice à fleur d’eau prenait l’eau-de-vie et la jetait violem-
- p.44 - vue 48/688
-
-
-
- VIEILLISSEMENT ARTIFICIEL DES EAUX-DE VIE 45
- Fig. i. — Vieillissement des eaux-de-vie par l’ozone (appareil Douzal).
- L’eau-de-vie placée dans une cuve réservoir R est amenée par le tube m dans un récipient C„ d’où elle est puisée par le tube èmulso-diviseur t pour être amenée dans le récipient C2, puis dans le tonneau T„. C’est dans le tube t que l’eau-de-vie est mise en contact avec l’ozone. L’ozone provient de l’appareil Douzal à serpentin O. T représente un tube à oxygène sous pression du commerce. G, le gazomètre où on le reçoit après détente. P, une pompe et D, un appareil desséchant.
- ment dans la partie vide du récipient saturé d’oxygène. La masse du liquide était chauffée à 60° par un thermo-siphon envoyant de l’eau chaude dans un serpentin à l’intérieur de l’appareil.
- Air ou oxygène avec catalyseur.
- — C’est le procédé Pozzi-Escot : il consiste à se servir de substances catalytiques appropriées ; quelques oxydes métalliques, toiles métalliques, oopeaux ou rognures d’alliages, amiante ou ponce métallisée, coke, charbon de bois, terre poreuse. On fait passer les liquides alcooliques, maintenus à une température convenable en présence d’air ou d’oxygène sur ces catalyseurs, quelquefois on emploie même quelques agents oxydants, tels que eau oxygénée, ozone.
- Ozone. — En principe pour vieillir les eaux-de-vie par l’ozone, on fait passer un courant d’air ozoné ou d’oxygène ozone pendant quelque temps, puis on filtre après deux à trois mois de dépôt pour séparer les matières résinifiées. Il y a déjà quelque temps que le Docteur Trillat avait fait à Tournus des essais donnant des résultats appréciables. Nillon a pu, d’après lui, transformer les eaux-de-vie de 4 mois en eaux-de-vie de vingt ans et depuis Wider-mann aurait changé en Amérique,en vingt minutes, des eaux-de-vie fraîches en eaux-de-vie de 10 ans. Sans entrer dans tous les détails de la production de l’ozone, signalons qu’elle se forme sous l’action d’eîlluves électriques, de là divers appareils qu’il serait superflu de décrire. Signalons le plus employé, l’appareil Douzal (fig. 1 ), dans lequel l’ozone est formé aux dépens de l’oxygène extrait de l’air et comprimé dans des tubes en acier à 120 atmosphères. Muni d’un détendeur, ce tube alimente un gazomètre, l’oxygène y est puisé par une pompe qui l’envoie dans des appareils desséchants, puis dans l’ozonateur à serpentin. L’alcool à traiter s’écoule de bacs d’attente dans des réservoirs où ils sont aspirés par des tubes dits « émulso-diviseurs. » ; le
- Fig. 2. — Tube cmulso-diviseur.
- L’ozone arrivant sous pression dans le tube A, s’échappe par l’orifice O,, produit par son courant une aspiration B. Ce dernier plonge dans les eaux-de-vie, il se produit une ascension du liquide et une division en gouttelettes très fines qui s’èmulsionnent avec l’ozone.
- tube fonctionne (fig. 2) exactement comme les injecteurs Giffard de nos chaudières. L’oxygène ozoné envoyé sous pression s’échappe par un petit ajutage perpendiculairement à un autre ajutage qui plonge dans l’alcool, il se produit une dépression qui appelle l’alcool. On obtient donc une émulsion d’ozone et d’alcool : cette émulsion augmentant la surface de contact du liquide avec l’ozone, il est évident que l’oxydation sera plus considérable.
- Bois. — Ce procédé se pratique souvent, car il ne nécessite pas d’appareils spéciaux et par conséquent coûteux. Les eaux-de-vie doivent être produites à un degré assez fort afin de pouvoir être réduites avec de l’eau distillée ou de source pure que l’on aura alcoolisée à 10-15 ou 20° et dans laquelle on aura fait infuser des copeaux de chêne blanc. Pour que cette eau donne aux alcools de la douceur et du moelleux, il faut qu’elle ait été en fût pendant 6 mois au moins dans un bocal à température élevée. On met environ 10 kg de copeaux par hectolitre d’eaux-de-vie. Signalons un brevet pris par M. Jousse, en 1920, et caractérisé par l’emploi d’un produit obtenu par la torréfaction de la poudre de liège, auquel il ajoutait sciure de chêne ou copeaux de chêne; les liquides (eaux-de-vie, alcools ou même vins) sont mélangés avec ce produit et la macération dure une trentaine d’heures environ. Le liquide traité est séparé des produits par soutirage.
- Le froid. — Raoul Pictet a fait agir le froid et il a annoncé qu’un refroidissement de —- 80° vieillissait l’eau-de-vie de 12 ans. Ce procédé n’est pas entré dans la pratique industrielle, néanmoins on fait quelquefois agir le froid pour vieillir le vin et les spiritueux (Brevet pris par F. Dégoût, le 15 oc tobre 1921.)
- Les recettes. — On ajoute souvent aux eaux-de-vie des infusions comprenant- des substances astringentes telles que thé, cachou, tolu, sassafras, vanille, iris et ammoniaque. Ces recettes sont parfaitement inoffensives, mais ne peuvent que masquer un goût empyreumatique sans lui donner de la
- p.45 - vue 49/688
-
-
-
- 46 LAMPE DE POCHE ÉLECTRO MAGNÉTIQUE COMMANDÉE PAR LE SOUFFLE
- finesse et du bouquet. Il existait avant la guerre des produits.allemands vendus à bas prix, dont l’usage constituait une véritable falsification, car ils étaient obtenus par oxydation de l’huile de ricin.
- • Comme on peut s’en rendre compte, la plupart des procédés employés cherchent à provoquer une oxydation, plus ou moins grande de l’alcool. Cependant, quels que soient les moyens mis en
- œuvre, on n’est point arrivé à remplacer complètement l’action du temps, il y a là un secret que la nature ne veut pas nous livrer et il est bien évident que le jour où l’esprit humain trouvera la cause de ce phénomène, il ne tardera pas à concevoir le moyen de le provoquer artificiellement.
- À. Willem au t,
- Ingénieur 1. C. 1*.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre et de novembre 1923.
- Sur le dosage des acides suifonilriques et sulfoniireux. — L’azote total est généralement dosé par le procédé au nitromètre, mais la méthode présente de nombreux inconvénients, car on peut provoquer soit des phénomènes de réduction, soit la formation de composés complexes du bioxyde d’azote. M. André Graire préconise le procédé au cldorure de Ci2, qui pour les besoins de la pratique courante donne des résultats d'une précision satisfaisante.
- Les gaz spontanés des sources thermales et les séismes. — Pour des applications industrielles, on a été amené àcapterles gaz qui se dégagent du massif archéen, au mont Garoux, près de Colornbières (Hérault). Leur analyse a été faite par M. Lepape et par M. Grémieu; ce dernier a constaté, en septembre 19:13, que leur composition a présenté toute une série de variations brusques, coïncidant avec les macroséismes qui sont allés en augmentant jusqu’au 4 du mois précité, soit 48 heures après le tremblement de terre de Yokohama. 11 semble que les séismes ouvrent un exutoire plus large à l’azote brut (Az —(— gaz rares), d’où la variation de composition en gaz CCP des produits recueillis.
- Sérothérapie contre la gourme du cheval. — MM. Brocq-itousseau, Forgeot et Urbain ont réussi à préparer un sérum actif, en utilisant comme antigène des microbes tués par l’alcool-éther; un tel agent contient un taux élevé d’anticorps et donne dans la pratique des résultats appréciables. Pour l’employer sur les petits animaux de laboratoire, on lui associe un antigène vivant, constitué par des cultures sur gélose de streptocoque gourmeux.
- Un nouveau micropalmer. — L’appareil construit par MM. Chéneveau et J. Callame comprend, comme organe essentiel, une tige légère guidée, dont l’extrémité supérieure porte un micromètre sur lequel esL braqué un microscope fixe à oculaire réticulé, avec des réglages de mise au point et d’un grossissement de 500. On peut ainsi évaluer le millième de millimètre.
- Les parasites de la pyrale de la vigne. — M. Paul Youkassovitch signale parmi eux deux hyménoptères, rencontrés au cours d’études dans la région de Carbonne (Haute-Garonne) et qui comprennent Goniozus clari-pennis, du groupe des Proctotrypides et Angitia fenes-tralis, du groupe des fehneumonides. Paul B.
- LAMPE DE POCHE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE COMMANDÉE PAR LE SOUFFLE
- On connaît par expérience l’inconvénient des lampes de poche à piles, car leur source d’énergie est de faible durée. Aussi, a-t-on imaginé des lampes dans lesquelles le courant est fourni par une petite machine électrique actionnée mécaniquement, la force motrice étant généralement produite par un mouvement alternatif de pression de la main de l’opérateur.
- Ces systèmes fonctionnent bien et sont d’un emploi durable, mais ils ont l’inconvénient d’être fatalement lourds étant donné que la fréquence de la contraction de la main est très limitée et que la vitesse du petit moteur électrique ne peut guère dépasser 1500 tours par minute afin de ne pas exiger trop d’engrenages multiplicateurs.
- On obtient une lampe plus légère, si l’on peut donner une vitesse très élevée à la machine électrique et pour réduire au minimum les engrenages, même les supprimer, on pense immédiatement à une turbine
- directement accouplée à la génératrice de courant.
- Partant de ce principe, un inventeur, M. Lorin, a eu l’idée d’utiliser, comme force motrice, le souffle provenant d’une respiration régulière, sans qu’on ait besoin d’accélérer le rythme, par suite sans éprouver la moindre fatigue.
- L’appareil qu’il a imaginé vient d’être décrit dans le Bulletin de l’Office National des Recherches et Inventions, auquel nous empruntons les renseignements suivants.
- Comme le souffle contient de la vapeur d’eau, qu’il est à une température de 37°, c’est un fluide chaud et humide qui jouit de bonnes qualités thermo dynamiques pour produire de la force motrice dans un appareil approprié.
- En produisant un abaissement de température de quelques degrés, on obtient une détente et on met en jeu une quantité de chaleur amplement suffisante pour fournir les quelques centièmes de
- p.46 - vue 50/688
-
-
-
- LA SPHYRÈNE DE LA MER DES ANTILLES
- 47
- Fig. i. — La lampe R. Lorin, vue de gauche. Fig. 2. — La même, vue de droite.
- kilogrammèlres, indispensables au fonctionnement d’une lampe de poche.
- L’inventeur a imaginé des dispositions particulières pour obtenir un bon éclairage avec une consommation très réduite de force motrice ; la lampe qu’il a réalisée, après plusieurs années d’étude, ne pèse ainsi que 150 grammes.
- La turbine a 60 au-bages sur le rotor. Une tuyère insuffle l’air sur ces aubages de forme étudiée, maintenus par une frette protectrice.
- La machine n’a pas de collecteur, dispositif trop compliqué et donnant des résistances passives appréciables.
- Le courant électrique passe donc par les pivots appuyés sur des pièces rigides : les aimants de la petite machine elle-même. Les ponts élastiques qui portent les cuvettes des pivots sont légèrement élastiques et donnent un bon serrage des pivots, sans néanmoins constituer trop de résistance au roulement.
- L’ampoule a été également étudiée en vue de n’exiger qu’une faible consommation. Le filament, presque invisible à l’œil nu, est en tungstène au thorium, son diamètre est de 0 mm 008. Le thorium a pour effet d elever le point de fusion, ce qui permet de pousser beaucoup la lampe et d’arriver à
- un éclat très grand, avec un courant de 0,06 ampère sous une tension de 2,5 volts seulement.
- Il reste néanmoins des résistances qu’on ne peut pas supprimer, par exemple l’hystérésis et les courants de Foucault; mais l’étude de toutes les parties mécaniques de la lampe est si sérieusement conduite, que le rendement est tel que l’appareil lancé continue à fonctionner pendant près de vingt secondes, l’éclat du filament baissant alors d’une façon très progressive.
- Quelques lecteurs pourraient penser que l’on aurait dû diminuer l’importance des courants de Foucault par un feuilletage de l’induit, mais ilj faut convenir que la chose est presque impossible, étant donné que cet induit a un diamètre de 11 millimètres.
- La lampe fonctionne d’ailleurs d’une façon parfaite; elle présente en outre le grand avantage de laisser les deux mains libres pour quelque travail, puisqu’il suffit de souffler naturellement dans l’appareil par le jeu habituel de la respiration.
- Terminons en ajoutant que cette pratique constitue un exercice respiratoire excellent.
- • H. Maréchal.
- Fig. 3. — Son encombrement réduit.
- LA SPHYRÈNE DE LA MER DES ANTILLES
- Ce grand poisson est appelé vulgairement et faussement brochet de mer, bien que sphyrènes et brochets (les premières exclusivement marines, les seconds exclusivement fluviaux ou lacustres) appartiennent à deux genres qui n’ont entre eux aucun
- lien de parenté. À la vérité, les silhouettes ont quelque analogie, mais seulement aux yeux d’un profane, car les nageoires ne sont pas disposées de la même façon, ce qui, outre d’autres détails anatomiques, devrait suffire à les différencier.
- p.47 - vue 51/688
-
-
-
- 48
- LA SPHYRENE DE LA MER DES ANTILLES
- Les sphyrénidés forment une famille de poissons acanthoptères qui ne comprend qu’un seul genre : celui des sphyrènes. Une espèce -vit dans la Méditerranée, où elle est connue sous différents noms : brochet-de-mer, poisson-cheville, lussi, espet, etc. Son nom spécifique (Sphyrœna spet) lui vient de ce dernier terme.
- Une autre espèce de plus grande taille habite les eaux tièdes du golfe du Mexique et de la mer des Antilles; c’est la redoutable barracuda (Sph. barracuda), dont la longueur peut atteindre 2 m. 50, et dont les fortes mâchoires sont armées de dents puissantes.
- Proportionnellement à sa taille, c’est le poisson le plus vorace et le plus féroce. Il aurait les dimensions d’un requin qu’il serait un fléau pour les mers qu’il écume. Plus d’une fois, il s’est attaqué à des baigneurs
- qu’il a mordus cruellement.
- L’été dernier, à quelques semaines d’intervalles, deux jeunes femmes qui nageaient à quel-ques centaines de mètres du rivage de la Floride, près, de la fameuse station balnéaire de Miami, furent attaquées par des
- barracudas qui les mirent en pièces. Le nom de « tigre de la mer » donné par les naturels de la Floride à ces bêtes féroces parait donc être justifié.
- Elles joignent à leur rapidité extrême et à leur puissant armement une intelligence qui les élève bien au-dessus du requin. En décrivant des cercles autour d’un banc de poissons, elles les amènent, par l’épouvante, à se serrer les uns contre les autres.
- Le moment venu, elles se précipitent sur ce groupe compact et en font un carnage considérable.
- Les barracudas se laissent rarement prendre 'a la ligne. On en capture quelquefois au filet, mais ce sont toujours des jeunes, les vieux étant sans doute trop avisés pour se laisser happer par les mailles. L’Aquarium de New-York, que nous avons présenté déjà à nos lecteurs, et qui a exhibé fréquemment des requins vivants, n’a jamais pu se procurer des sphyrènes de taille moyenne.
- La photographie que nous publions est de M. John Oliver La Gorce, écrivain et naturaliste de grande réputation, rédacteur en chef du National Géographie Magazine. Il la prit dans les parages de la
- La Sphyrène de la Mer des Antilles.
- Floride, du haut d’un bateau de pêche. Elle nous montre une barracuda rôdant, à six ou sept mètres de profondeur, sur un fond de sable parsemé de petites touffes d’algues. L’ombre du poisson se projette très nettement sur ce fond.
- Ces détails peuvent dérouter quiconque ne connaît pas l’extrême limpidité cfe l’eau de mer dans les parages des Antilles. Elle est à ce point parfaite (sauf dans le voisinage des embouchures de tleuves) qu’il est possible au regard humain, par un temps calmé, de plonger à huit ou dix mètres de profondeur et de distinguer d’une façon très précise tous les détails du lit de la mer, avec ses roches et ses coraux tapissés d’algues brillamment colorées.
- Un journaliste qui ignore ces faits est fort excusable; dans notre corporation, nous ne sommes
- généralement guère plus familiers avec les sciences naturelles qu’avec la géographie. (Tel, ce confrère quotidien qui annonçait récemment qu’une expédition française s’apprêtait à partir explorer les îles Galapagos, qui n’ont jamais été foulées par un pied humain, alors qu’une compagnie exploite depuis longtemps les bancs de guano de cet archipel!)
- Mais voici la curieuse anecdote que nous pouvons conter au sujet de cette photographie. Elle fut offerte à un grand magazine de Philadelphie ou de Boston (restons dans le vague!) avec cette légende : the tiger of the sea.
- Peu familier avec l’ichtyologie, le rédacteur en chef ne connaissait qu’un seul poisson digne d’être surnommé le « tigre de la mer ». Conséquemment, sa légende indiqua aux lecteurs qu’il s’agissait d’un requin photographié dans l’eau.
- Des abonnés protestèrent : on leur servait un brochet en guise de requin! Prise vertement à partie, la personne qui avait fourni l’épreuve se défendit avec énergie, en s’efforçant de faire comprendre au journaliste que ce tigre était une barracuda, qui n’avait absolument rien à voir ni avec le requin ni avec le brochet. Peines perdues ! On fit appel à un docte personnage qui démontra, par des calculs trigonométriques, que celait bel et bien un brochet photographié dans un vulgaire aquarium!
- Il n’y eut pas procès.... Mais ce fut tout juste!
- V. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Luiiinii, 9, rue île Fleuras, à Paris.
- p.48 - vue 52/688
-
-
-
- LA NATURE - N° 2599
- 26 JANVIER 1924
- LE TROTTOIR ROULANT DE LA VILLE DE PARIS
- Les moyens de transport en commun mis à la disposition du public parisien ne parviennent plus actuellement, malgré leur nombre et leur grand
- concours n’envisageait aucun parcours défini dans le sous-sol parisien.
- Une Commission, composée de membres du Conseil
- Fig. i. — Système de passages par bandes parallèles continues.
- rendement, à suffire aux besoins croissants de la capitale. Il semble cpie le débit du Métropolitain ne puisse être sensiblement amélioré, et pour ce qui est des autobus et des tramways, l’encombrement des rues de Paris ne permet guère d’envisager l’augmentation de leur nombre.
- C’est pour trouver à ce problème angoissant une solution efficace que la Ville de Paris a mis au concours., en juillet 1921, le projet d’un « système mécanique à débit continu, affecté au transport en commun des personnes (*) », que le public a pris l’habitude de désigner brièvement sous le nom de « trottoir roulant ».
- Il ne saurait être question d’établir un pareil système en surface, où il ne ferait qu’augmenter l’encombrement des rues; c’est donc en souterrain, dans des tunnels analogues à ceux du Métropolitain, que le trottoir roulant serait installé. D’ailleurs, pour donner au problème toute son ampleur et laisser aux concurrents toute liberté, le programme du
- Voir La Nature, n° 2501 du il mars 1922, p. 78 du Supplément.
- Municipal, d’ingénieurs éminents et de membres de l’Institut, a été chargée d’examiner les projets soumis au concours : Sur 58 projets, elle en a éliminé 25 au premier degré, comme ne présentant pas les développements exigés par le programme du concours, ou contenant des dispositifs inadmissibles en pratique.
- Les treize autres projets, retenus au second degré, ont fait l’objet d’un rapport très documenté de M. Ott, ingénieur en chef des Services techniques du Métropolitain. Ce sont, par ordre alphabétique, ceux de MM. Bouchet, Casalonga et Miot, C. I. T. E., Gaudrai, Haller, Jeumont, Lamy, Lemaire, de Lens, Lewis, de Mocomble et Lagère, Nicolas, Putnam.
- On conçoit aisément que la translation continue puisse être réalisée par une suite de voitures roulant à la vitesse de régime, fixée par les conditions du concours à un minimum de 15 km à l’heure, Mais deux points particulièrement importants ont donné lieu à des solutions variées et permettent une certaine classification des moyens de réalisation
- ni ........«min
- Fig. 2 — Le trottoir roulant. Principe de Vaccélérateur à rouleaux.
- 52 Année — 1" Semestre
- 4 — 49.
- p.49 - vue 53/688
-
-
-
- 50
- LE TROTTOIR ROULANT DE LA VILLE DE PARIS
- Bande de circulation
- Circuit auxiliaire
- Sortie
- P Entrée
- Circuit auxiliaire
- ’ Bande de circulation
- Fig. 3. — Schéma d'une station
- possible : ce sont le système de passage et le système I de propulsion.
- Le système de passage est à coup sûr le point le plus délicat du problème; il consiste à permettre aux voyageurs d’atteindre sans difficulté ni danger la plate-forme roulant à grande vitesse. Jusqu’à ce jour, un seul système avait été proposé et expérimenté : c’est celui qui fut réalisé avec succès à Chicago en 1896, puis à l’Exposition de Paris en 1900 (1). Mais le concours de la Ville de Paris a révélé des dispositifs nouveaux, très originaux et qui, si l’expérience n’a pas encore sanctionné leur mérite, paraissent néanmoins devoir se poser en concurrents très sérieux de l’ancien système.
- Au point de vue du système de passage envisagé, les projets retenus se divisent nettement en quatre groupes.
- 1er groupe. — Système à bandes parallèles continues (C. I. T. E., Casalonga, de Mocombie, Putnam).
- C’est le système de l’Exposition universelle de 1900. Il comporte plusieurs bandes parallèles régnant tout le long du circuit et marchant à des vitesses graduées (fig. 1). La plupart des concurrents ont prévu trois bandes marchant à des vitesses de 5, 10 et 15 km-heure. Pour atteindre la bande de circulation à grande vitesse, les voyageurs doivent passer trois fois, latéralement, sur une bande marchant à 5 km-heure plus vite qu’eux-mêmes; l’expérience seule pourra dire si cette différence
- 1. Voir La Nature, n° 1342 du II février 1899, p. 164 et nu 1406 du 5 mai 1900, p. 574.
- avec accélérateurs à rouleaux.
- de vitesse n’est pas excessive pour un organe mis à la disposition du grand public. Rappelons à ce propos qu’à l’Exposition de 1900, la différence de vitesse entre les bandes était de 3,700 m.-heure.
- Le principal avantage de ce système consiste en ce que l’accès et la sortie sont possibles, en principe, en un point quelconque du parcours; toutefois, cet avantage est plus apparent que réel dans le cas de la réalisation en souterrain, puisqu’il faut nécessairement établir des accès coûteux que l’on ne peut rapprocher à l’extrême.
- Ses inconvénients sont la difficulté du passage latéral d’une bande à l’autre et surtout la mauvaise utilisation de la capacité du tunnel, puisque seule, la bande de circulation à grande vitesse est à envisager au point de vue du débit d’un pareil système.
- ' 2e groupe. — Système à bande de circulation unique, desservie en station par des appareils spéciaux d’embarquement et de débarquement [Bouchet, Ilalter, de Lens, Nicolas).
- Dans ce système, on emploie une bande de circulation unique, à grande vitesse, desservie par des stations comprenant des organes mobiles qui font passer automatiquement le voyageur, sur une longueur relativement courte, à la vitesse même de la bande de circulation; d’autres organes analogues ramènent le voyageur qui veut quitter la bande de circulation à une vitesse très faible lui permettant de passer sans encombre sur le quai fixe.
- Les organes spéciaux, dits « accélérateurs et retardateurs » se composent, dans le système Bouchel, de rouleaux à ailettes disposés côte à côte de ma-
- Fig. 4. —Principe de l’accélérateur à. courroies.
- p.50 - vue 54/688
-
-
-
- LE TROTTOIR ROULANT DE LA VILLE DE PARIS
- 51
- Fig. 5. — Schéma de la disposition d’un accélérateur à courroies. Les chiffres indiquent les vitesses en kilomètres-heure des différentes sections.
- nière que leurs ailettes s’enchevêtrent (fig. 2). Les vitesses de rofation des rouleaux vont en croissant et l’ensemble forme ainsi une surface ondulée à vitesse progressive. Ces appareils desservent un circuit auxiliaire duquel le voyageur passe ensuite latéralement sur la bande de circulation (fig. 5) ; on ne voit pas bien la possibilité de disposer les accélérateurs et retardateurs sans une dénivellation notable par rapport au circuit auxiliaire et c’est là un très grave inconvénient, à la vitesse de 15 km-h.
- Les autres systèmes (Halter, de Lens, Nicolas) comportent un certain nombre de sections composées de courroies ou chaînes étroites, enroulées sur des poulies et séparées par des espaces dans lesquels viennent se loger les courroies d’une section suivante, marchant à une vitesse un peu différente (fig. 4); la dernière section côtoie la bande de circulation sur une longueur suffisante pour permettre au voyageur d’y passer sans hâte; d’ailleurs, les vitesses de translation étant alors les mêmes, le passage s’effectue sans difficulté .(fig. 5). Il n’existe pas de dénivellation dangereuse et Tes accélérations successives étant faibles, il semble que le voyageur n’en doive éprouver aucune gêne; des parois mobiles ou des mains-courantes mobiles lui permettent d’ailleurs de maintenir ou de rétablir son équilibre.
- Les accélérateurs et retardateurs, de quelque système qu’ils soient, comportent nécessairement un grand nombre d’arbres, reliés entre eux par des engrenages et tournant à des vitesses diverses ; ceci peut paraître à première vue une complication fâcheuse; mais si l’on y regarde de plus près, le nombre total des paliers est encore inférieur à celui qui est nécessaire dans le cas où l’on fait régner tout le long du circuit trois plates-formes mobiles au lieu d’une seule et il y a avantage au coniraire à grouper tous ces organes pour en faciliter la surveillance et l’entretien.
- Mentionnons pour mémoire un procédé de passage différent, utilisant des plateaux tournants, le voyageur partant du centre pour atteindre la périphérie et passant de là sur la bande de circulation
- unique. Ce système a dù être écarté, car il conduisait à des encombrements bien trop importants.
- 5e groupe. — Système mixte à bandes parallèles, mais à stabilité discontinue (Gaudrai, Jeumont, Lamy, Lemaire).
- Ce système comporte, comme le premier, des bandes parallèles à vitesses graduées, le voyageur devant passer de l’une à l’autre latéralement pour atteindre la bande de circulation à grande vitesse, mais cette dernière seule règne tout le long du circuit, les autres étant limitées à la longueur nécessaire pour permettre le passage et existant seulement aux stations (fig. 6).
- Ce système mixte ne parait devoir entrer en ligne que si les deux systèmes précédents se révélaient insuffisants à assurer la solution; il participe en effet des inconvénients des deux autres plus que de leurs avantages.
- 4e groupe. — Système à vitesse de circulation variable (Lewis) (l).
- Ce système comporte une suite de wagonnets qui, au passage des stations, sont jointifs et animés d’une faible vitesse de translation; aussitôt la station franchie, la vitesse augmente rapidement et les wagonnets se séparent les uns des autres. L’originalité du système réside dans la commande automatique des wagonnets, au moyen d’une vis à pas variable, qui résoud à la fois le problème de la propulsion et celui de la sécurité. Mais ce système se heurte, par rapport aux autres, à l’objection d’un débit plus de trois fois moindre pour la même largeur de bande. Toutefois, la commande par vis pourrait donner des solutions partielles intéressantes, sous réserve des expériences à faire.
- Au point de vue du système de propulsion, les auteurs retenus utilisent :
- 1° L’engrènement sur une crémaillère ou une lame à encoches existant au-dessous des véhicules, par des chaînes sans fin ou dûs roues d’engrenage
- 1, Voir la description du système Lewis dans La Xalure, n0 1890 du 14 aoiit 1909, p. 165.
- Cf uai Fixe
- Fig. 6. — Système de passage mixte.
- p.51 - vue 55/688
-
-
-
- 52 r-~-.~.. ......rrrz LES GRANDS PRECURSEURS
- occupant des emplacements fixes et mises en mouvement par des moteurs électriques.
- 2° L’adhérence produite sur une poutre liée à la bande de circulation ou sur les bords de cette meme bande, par la friction de galets occupant des emplacements fixes et appuyés par des ressorts antagonistes.
- 5° L’adhérence produite par le poids de la bande de circulation, en charge ou non.
- 4° L’entraînement par les forces d’un champ magnétique, la bande mobile et la voie formant respectivement un immense rotor et un immense stator.
- 5° L’adhérence produite par des roues horizontales, appuyées au moyen de ressorts sur les faces internes des rails, et mues par des moteurs portés par la bande de circulation.
- 6° Des boggies moteurs répartis sur la plateforme.
- 7° La rotation d’une vis longitudinale régnant sur tout le parcours, avec le filet de laquelle est en prise un rouleau de commande fixé au boggie du véhicule.
- Enfin, au point de vue de la constitution de la bande elle-même, deux solutions sont en présence :
- 1° Trucks formant train continu et roulant sur rails.
- 2° Tablier articulé, simplement posé et se mouvant tangentiellement au sommet de roues ou de rouleaux, à emplacements fixes, ou encore, glissant eux-mêmes sur rails.
- Comme on le voit, les solutions sont nombreuses et variées ; mais la véritable pierre de touche rési-dait dans le système de passage et la commission se trouvant en présence de dispositifs, à coup sùr réalisables par les moyens de la mécanique moderne, mais qui n’ont pas encore été sanctionnés par l’expérience, a décidé de procéder à des essais. Ceux-ci permettront d’expérimenter les accélérateurs et
- retardateurs des systèmes Bouchet, Halter et de Lens et de se rendre compte également de la différence de vitesse maxima que l’on peut admettre entre les bandes parallèles pour les systèmes du premier groupe.
- L’étude financière fait prévoir que le projet d’un trottoir roulant souterrain est parfaitement réalisable au point de vue économique. Les frais de premier établissement sont en rapport avec la capacité de transport et quant aux frais d’exploitation, on conçoit qu’ils puissent être moins élevés que dans l’exploitation par rames séparées, dans laquelle la majeure partie de l’énergie est utilisée pour le démarrage rapide et se dissipe ensuite lors du freinage, sous forme de chaleur.
- Et maintenant, quel avantage représenterait, pour la population parisienne, la réalisation d’un trottoir roulant souterrain? Elle aurait à sa disposition, pour décongestionner le centre de la capitale, un moyen de transport d’une capacité six ou sept fois plus grande que le Métropolitain ; on calcule en effet que le débit moyen serait environ de 60 000 voyageurs par heure et par mètre de largeur de bande.
- La vitesse commerciale serait sensiblement la même, grâce à la suppression des arrêts aux stations. Enfin, les attentes fastidieuses dans les gares seraient supprimées ; supprimé aussi l’entassement dans des wagons fermés et la nécessité de piétiner sur place pour les voyageurs qui n’ont pu trouver de siège vacant. Tous ces avantages, petits et grands, assureraient à coup sùr le succès de ce nouveau mode de transport auprès du public.
- Souhaitons donc que des essais sérieux mettent en lumière les dispositifs les plus favorables et permettent ensuite une réalisation rapide d’un moyen de transport dont la nécessité commence à se faire sentir impérieusement dans la plupart des grandes capitales.
- R. VlLLERS.
- LES GRANDS PRÉCURSEURS
- Nous avons reçu de M. Turpain, professeur à VUniversité de Poitiers, l'intéressante communication qui suit :
- Veuillez permettre à un rédacteur occasionnel de La Nature, dont vous avez bien voulu indiquer de temps à autre les recherches, certaines rectilications, d’ordre historique, au sujet de l’article : Cinquantenaire. L'Exposition de Physique que donne votre n° du 15 décembre.
- Pour l’exacte information de vos lecteurs il importe que certaines précisions soient indiquées :
- Ce n’est point Gramme qui, en 1875, a imaginé là machine dynamo et la solution qu’il a donnée (sans savoir qu’il rééditait) n’était nullement paradoxale. Seuls, quelques physiciens, encore imparfaitement rompus aux diverses acceptions des lois des phénomènes électriques et en particulier des lois de l’induction, ont, à tort, vu dans le fonctionnement de la dynamo un paradoxe.
- C’est Pacinotti qui, dès 18(10, a construit l’anneau, improprement appelé anneau Gramme. Cet appareil existe encore, .le l’ai vu, à Pise, en 1901, dans les vitrines du laboratoire du sénateur lia tell i, alors professeur à celle Université. Le tome X (1881) du Journal de Physique donne, à la page 405, une coupe, un plan et les détails, — en une gravure très soignée, — de l’appareil de Pacinotti. L’article qui accompagne ces ligures est une traduction d’un article de Pacinotti paru dans II Nuovo Cimenlo, de juin 1864. — L’anneau de Pacinotti, mis en rotation, donne un courant. Si l’on y envoie un courant, il tourne. Dès 1861, Pacinotti avait reconnu la réversibilité dont son appareil est doté.
- La machine de Pacinotti est donc bien la première réalisation de machine dynamo-électrique.
- Ce n’est pas non plus Edison qui réalisa la première lampe à incandescence. C’est William Starr, dès 1845.
- p.52 - vue 56/688
-
-
-
- LES ANCIENS TYPES D HABITATION RURALE EN FRANCE
- 53
- Envoyé par Peabody de Boston, à Faraday pour lui soumettre son invention, Starr reçut les félicitations de Faraday à qui il avait montré un ensemble de 26 lampes à filaments dans le vide, mises en incandescence par le courant de piles, ensemble égal en nombre à ceux des 26 Elats de l’Union à cette époque. Malheureusement Starr fut trouvé mort dans sa cabine le lendemain du jour où il s’était réembarqué pour l’Amérique. — La lampe à incandescence fut réinventée par l’ingénieur français de Changy, en 1858, lequel, ingénieur des mines en Belgique, préconisa, à son aide, l’éclairage des galeries de mine. Il en fut détourné par l’ingénieur en chef de la mine qu’il voulait électrifier, lequel s’opposa à un tel éclairage de peur de ne plus pouvoir déceler le grisou. De Changy avait, comme plus tard Edison, fixé son choix sur des filaments obtenus par le tréfilage d’une pâte de plombagine agglomérée avec de l’argile et qu’il cuisait ensuite, en formant de fines baguettes. De Changy utilisa également, avec succès, des fibres végétales calcinées.
- Le cinématographe n’a pas été inventé dans son principe par Marey mais bien par Plateau, professeur à l’Université de Gand, qui, le premier, effectua l’analyse, puis la synthèse des images mobiles, posant ainsi par l’étude très complète de la méthode slroboscopique, le principe fondamental du cinématographe. Cela avant l’invention de la photographie. — La photographie permit de généraliser la cinématographie. Jansen l’appliqua en 1874 à l’observation du passage de Vénus sur le soleil. Muybridge, photographe à San Francisco, fut le premier à l’appliquer à l’étude [des mouvements des animaux, utilisant des
- poses de l/’500e de seconde. Et Marey écrit, en 1882, dans La Nature, je crois, à cet égard : « L’admirable méthode inaugurée par Muybridge et qui consiste à employer la photographie instantanée à l’analyse des mouvements de l’homme et des animaux laissait encore au physiologiste une tâche difficile ». C’est cette tâche que Marey et ses collaborateurs ont remplie. — Parmi eux, il faut citer Demeny, qui, dès 1891, par l’emploi de la came, aujourd’hui la croix de Malte, arrêtait le film que venait d’utiliser Edison dans le kinétoscope et permit, par là, des poses permettant de correctes prises de vues. — Demeny toutefois ne songea pas à rendre son dispositif réversible et c’est M. Louis Lumière qui, le premier, obtint dès la fin de 1894 la première projection cinématographique correcte susceptible d’être projetée devant de nombreux spectateurs.
- Enfin le cohéreur ou tube à limailles a été construit tout d'abord et étudié très en détail, par le professeur Calzecchi Onesti, qui en 1884, 1885 et 1886 donna les résultats très complets de ses études dans II nuovo Cimento. Les mémoires de Calzecchi, qui vient de mourir en décembre dernier, il y a donc un an, ont été réédités en 1912, en un opuscule bilingue (pages impaires en français, paires en italien), à Milan (Scuola Tipolitografica « Figli Providenza ») sous le titre : La Conductibilité électrique des limailles métalliques. Contribution à l’histoire du cohéreur avec illustrations dans le texte. L’une des figures est un fac-similé d’une figure datant de 1885.
- A. Turpain,
- professeur à l’Université de Poitiers.
- <6îi*
- LES ANCIENS TYPES D’HABITATION RURALE EN FRANCE
- Leur répartition. Leur formation historique.
- ]. — Considérations générales ; la maison rurale ne peut être expliquée par la géographie. — Si l’on examine, au cours de voyages, les anciennes habitations rurales dans les différentes régions de la France, l’observateur le plus superficiel reconnaîtra un certain nombre de types caractéristiques qui paraissent, à première vue, irrégulièrement et capricieusement distribués. Ne saurait-on trouver la raison d’être de cette répartition? Telle est la question que je me suis posée et à laquelle je vais tâcher de répondre aujourd’hui après une longue enquête de quinze ans, qui n’est même pas encore complètement terminée ; car il m’a fallu non seulement parcourir la France en tous sens, mais encore les régions étrangères voisines, qui donnent (surtout la Suisse et la Haute-Italie) la clef de bien des faits de chez nous, et compléter les lacunes avec des photographies offrant toute garantie de localisation. Je n’ai pu encore, par exemple, explorer le revers aragonais des Pyrénées et je ne sais quand il me sera possible de le faire. Mais ma documentation, complétée par un travail remarquable de M. J. Brunhes, est suffisante pour me permettre, dès maintenant, d’établir une carte et de dégager des conclusions d’ensemble.
- J’ai commencé cette enquête avec des préoccu-
- pations surtout linguistiques : je voulais savoir s’il existait des rapports entre les groupes de langues et de dialectes et les anciens types d’habitation. Des relations de cet ordre, on le verra plus loin, n’existent guère : mais il en est autrement, je crois pouvoir le démontrer, au point de vue de l’histoiré du langage, et surtout de l’histoire tout court.
- Liquidons d’abord une question préliminaire. Les géographes ont en général (pas tous!) la tendance d’expliquer la maison par le sol, en faisant abstraction d’autres considérations d’égale importance. Il est bien évident qu’on construit la maison avec les matériaux du pays, lave et basalte en Auvergne, grès dans les Vosges, pierre de taille ou meulière ailleurs, qu’on couvre en ardoise aux environs des ardoisières et en tuile dans les pays argileux. Mais attention 1 avant d’aller plus loin. On utilise le bois où la pierre manque ou dans les pays de forêts, dira-t-on. Soit, mais cela n’explique pas pourquoi la pierre est employée dans le Valais occidental, le bois dans le Valais oriental, qui ont les mêmes disponibilités en pierre et en bois ; pourquoi on trouve la maison de bois dans le pays de Gaux et la campagne de Caen, dépourvue de forêts, et la maison de pierre dans le Bocage nor-I mand si riche en arbres.
- p.53 - vue 57/688
-
-
-
- 54
- LES ANCIENS TYPES D'HABITATION RURALE EN FRANCE
- De même pour l’inclinaison du toit, bien qu’ici la voix publique fasse chorus avec les géographes. L’homme croit volontiers que sa maison comme son langage est soumise à la logique, sinon à sa fantaisie, alors que là comme ici il obéit surtout à des préoccupations d’un autre ordre : traditions, routine, imitation ou contagion mentale.
- Dira-t-on que les toits à forte pente sont l’apanage des pays pluvieux, ceux à faible inclinaison des régions sèches? Peut-être à l’origine, chez les peuples qui ont créé tel ou tel type (encore d’autres considérations ont-elles pu être prépondérantes) : mais les migrations, les conquêtes, l’expansion des civilisations ont produit des résultats qui n’ont rien à voir avec la logique. Celle-ci expliquera-1-elle pourquoi la Lorraine, pays humide, a des toits à faible pente, et le Bourbon- ' nais, pays sec, des toits pointus?
- 11 y a mieux.
- Dans les Pyrénées centrales françaises comme dans le Dauphiné, vous trouvez le toit pointu dans la montagne, le toit peu incliné dans la plaine. On vous explique, à grands renforts d’arguments, qu’ils sont adaptés au climat, que la
- forte pente est nécessaire dans la montagne pour l’écoulement des pluies et des neiges plus abondantes, etc.. Seulement, si vous allez dans le pays de Berne, vous observez la répartition inverse : toits pointus dans la plaine, toits peu inclinés dans l’Oberland. Et ici encore on entreprend de vous démontrer que le second type est bien préférable pour la montagne, parce qu’il donne moins de prise aux tempêtes, etc. Qu’en conclure, sinon que l’homme a pu s’adapter à des conditions climatiques et orographiques identiques avec des moyens différents et que la géographie physique n’explique pas tout? Là où celle-ci est impuissante, c’est l’histoire qui nous donnera le pourquoi et nous révélera les causes.
- IL —Les types d’habitation et leur répartition actuelle. — J’ai touché la première fois à cette question, voilà douze ans, en me plaçant surtout au point de vue linguistique, dans la Philosophie du langage (p. 259-261) : mes matériaux étaient
- Fig. i. — Répartition des types d'habitations en France.
- malheureusement fort incomplets, surtout en ce qui concerne le Massif Central; aussi une partie des conclusions que je posais est-elle à rejeter. Plus récemment, un éminent géographe, M. J. Brunhes, dans son magnifique ouvrage Géographie humaine de la France, a donné la répartition des deux principaux types de toits français, avec une carte fort intéressante (p. 441), sans chercher à interpréter les faits : à part quelques erreurs de détails, inévitables dans une enquête de ce genre qui comporte forcément des lacunes, on ne peut reprocher à l’auteur que d’avoir omis le type alpestre (haut-savoyard) èt de n’avoir pas tenu compte dans sa carte de certains types mixtes (basque, jurassien, etc.)
- S’il est difficile de dresser une carte avec le seul critérium du toit, combien la tâche sera plus malaisée si l’on prend en considération un ensemble de caractères ! Néanmoins, à condition de ne pas vouloir tracer partout des frontières entre des types qui s’entrecroisent souvent ou s'hybrident plus ou moins largement *près de leurs points de contact, on peut arriver à établir une carte suffisamment ap-conjectures his-
- proximative pour permettre des toriques scientifiquement étayées.
- Comme l’a montré M. Jean Brunhes, deux grandes aires s’opposent l’une à l’autre : la maison méditerranéenne ou mieux latine, et la maison à toit pointu, que nous appellerons — on verra pourquoi •— la maison gauloise.
- La maison latine occupe surtout — mais pas exclusivement — le Midi. Elle forme au nord-est un vaste îlot très curieux dans la basse et moyenne Lorraine, l’Argonne et le Barrois. Mais son domaine principal est formé par la grande plaine (et collines) s’étendant de Nice à Bordeaux ; il remonte largement à l’est la vallée du Bhône et de la Saône jusqu’en amont de Tournus; il s’annexe à| l’ouest la plaine saintongeaise et poitevine jusqu’à l’embouchure de la Loire.
- C’est surtout une maison de plaine : il suffit de regarder la carte pour s’en convaincre; encore remonte-t-elle parfois assez haut dans la montagne.
- p.54 - vue 58/688
-
-
-
- LES ANCIENS TYPES D’HABITATION RURALE EN FRANCE
- 55
- Elle se brise devant les Pyrénées centrales; mais elle n’entame pas le bas Béarn, tandis qu’elle gagne le Roussillon et la Catalogne. Elle s’arrête au seuil du plateau du Vercors, au pied des massifs de l’Enchastraye et du haut Verdon, mais après avoir conquis presque toutes les Alpes de Provence. Dans le Massif Central, il est curieux de voir comment elle s’insinue par les vallées, Vienne, Dordogne, Lot, Aveyron, ou déborde largement au nord-est, pour s’arrêter au rebord de la grande chaîne volcanique, des Dômes au Cantal (1). Plusieurs îlots de maison gauloise ont été relevés le long des Cévennes par M. Brunhes, autour de Saint-Agrève, Tanargue, Lacaune, Cuxac-Cabardès ; en cherchant bien, peut-être en trouverait-on quelques autres. En revanche le type « gaulois » est très net en Vendée au nord de la Roche-sur-Yon : mes documents ne me permettent pas d’affirmer s’il s’agit d’un îlot ou d’une presqu’île rattachée au nord-est.
- Les caractères de la maison latine sont frappants : toit à faible pente, souvent à une pente peu saillante, couvert de tuiles courbes ; façade de la maison sous la pente du toit : plan généralement carré, ou plus étroit sur la façade; dans le modèle le plus primitif, une seule pièce d’habitation, la « maison », à la fois cuisine, salle à manger et chambre, située à l’entresol, avec escalier extérieur en pierre; au rez-de-chaussée, l’étable ou les étables pour un petit bétail (porcs, poules, lapins), parfois le cuvage et la cave, tes maisons sont très agglomérées, serrées avec d’étroites courettes ou même sans cours particulières, exception faite pour la maison isolée, le mas. Le type se modifie sensible-
- 1. La limite est très nette à l'ouest de Royat, entre Aydat et Saint-Saturnin, Saint-Diery et Saurier, etc. Il y a plus de mélanges du côté de Gannat, d’hybridation dans la région de Limoges. En Barrois, limite très nette entre Brévannes et Radonvillers, en Forez entre Saint-Martin-D’Estreaux et Arfeuille, etc.
- Fig'. 2. — Un mazùt valaisan, près de Zermatt. (Photo A. Schnegg, Lausanne.)
- ment sur ces derniers points en remontant le Rhône, et surtout en Saintonçe et Poitou.
- 7 c
- La maison gauloise occupe en France une surface un peu plus grande que la précédente. Fait important : tandis que la première se prolonge sur la plus grande partie de l’Italie et, avec réserves, de l’Espagne, celle-ci est exclusivement française (en y comprenant la Belgique wallone et une partie de la Suisse romande). Le toit pointu en est une caractéristique, mais pas la seule. Ce toit fut, à l’origine, partout en chaume (suivant les régions, la tuile plate ou l’ardoise l’ont partiellement ou totalement remplacé). Le plan est rectangulaire, plus étroit du côté du pignon, avec façade sous la pente du toit. La division en plusieurs pièces prédomine depuis longtemps ; dans le type primitif, il y a pièce unique, avec étable (à petit ou gros bétail) sous le même toit.
- La maison a une cour particulière, sur laquelle elle s’ouvrait à l’origine ; puis, dans le pays de grande culture, elle s’est développée autour de cette cour.
- C’est une maison d’éleveurs.
- Tout est au rez-de-cbaussée à l’origine, sauf le grenier qui s’ouvre sous le toit par des lucarnes en saillie.
- Les maisons sont groupées en villages bien agglomérés. En pays accidenté, tandis que les villages du premier type coiffent volontiers des pitons souvent escarpés, ceux-ci préfèrent les plateaux, les « replats », les vallonnements.
- L’identité de caractères est remarquable du nord au sud :
- M. Brunhes a noté (op. cit., 418)
- Fig. 3. — Un village valaisan : Munster, vallée de Condres. (Cliché B. F. D.)
- p.55 - vue 59/688
-
-
-
- 56
- LES ANCIENS TYPES D HABITATION RURALE EN FRANCE
- Fig. 4.
- Maison d’Auvergne, à Vinzelles; type de la Limagne.
- (Dessin de A. Dauzat.)
- la similitude de la maison béarnaise et de la maison de l’Ile-de-France (1j.
- Mais voici un autre type très important, oublié par l’éminent géographe, c’est la maison alpestre. Représentée seulement en France par la haute Maurienne, la Tarentaise et le haut Faucigny (en amont de Sallanches), elle s’étend bien loin vers l’est, avec diverses variantes fort remarquables, sur les versants du Pô, du Rhin et du Danube, jusqu’en Autriche. Le type français est sur plan carré, la base en maçonnerie crépie, le haut en bois; toit à deux pans, saillant, couvert en bardeaux, ardoise ou schiste; façade sous lé pignon; un étage; balcons en bois.
- Enfin il existe d’autres types que nous rappellerons sommairement.
- Au sud-ouest : la maison basque, qui déborde sur l’Espagne, touche au nord à la maison latine, à l’est à la maison béarnaise (gauloise) (2). Elle est très caractéristique : façade unique sous le pignon, toit immense à deux pans, dont l’un descend généralement plus loin et
- 1. Ce qui prouve encore plus l’identité, c’est l’existence de détails qui ne peuvent être des concordances de hasard, comme le pignon à escaliers qu’on retrouve à la fois dans les plus archaïques villages pyrénéens, dauphinois et auvergnats (ici plus rare aujourd’hui).
- 2. Voir la carte remarquable de la maison basque (avec hybridation à l’est), dans l’ouvrage cité de M. J. Brunhes, p. 420.
- plus bas; montants et traverses de bois apparents sur la façade. Toute l'installation agricole, étable, grange, est réunie dans la maison.
- Maisons non contiguës. Ce type de maison ne coïncide nullement avec faire de la langue basque : il va moins avant à l’est, en laissant à la maison béarnaise la région de Mauléon et le versant espagnol au sud (où l’on parle également basque), mais en revanche il s’étend assez loin en pays roman dans le bas Adour et le sud des Landes.
- Au nord, trois types d’habitation doivent être distingués de la maison gauloise. D’abord la maison normande, qui n’occupe qu’une partie de la Normandie (nous reviendrons sur sa répartition), caractérisée par les montants et croisées de bois apparents sur la façade, et plus encore par la disposition des agglomérations, spécialement dans le pays de Caux, où chaque maison est isolée dans un vaste clos. La maison flamande, qui s’étend surtout en Belgique, et la maison alsacienne, qui se prolonge par des similaires le long du Rhin en aval et en amont, ont aussi leurs caractères particuliers, entre autres la façade sous le pignon ainsi qu’une distribution particulière des pièces, (et l’emploi du bois sur la façade en Alsace, le pignon en escaliers ou redents surtout en Flandre).
- 111. — Explication historique : type latin et gaulois; types préceltiques; influences germaniques (*). — Nous concevons les différents types d’habitations rurales comme autant d’alluvions laissées par les peuples qui se sont succédé sur notre sol.
- Le cas le plus clair est celui de la maison latine. Sa seule répartition, à défaut des preuves historiques qui ne nous manquent pas, suffirait à prouver qu’elle a été apportée et surtout propagée en Gaule par les Romains. Son foyer est au sud-est : la
- 1. Un essai d’explication historique, mais qui demande à être remis au point, a été tenté par J. Flacli, dans l’introduction du tome II de l’Enquête sur la construction de l'habitation en France, publiée en 1894 sous la direction de A. de Foville.
- <y giE
- Fig. 5. — Chaumière beauceronne. (Dessin de A. Dauzat.)
- p.56 - vue 60/688
-
-
-
- LES ANCIENS TYPES D’HABITATION RURALE EN FRANCE
- 57
- Narbonnaise, la Provincia; ses grandes voies d’expansion sont celles delà romanisation : à l’ouest la vallée de la Garonne et la plaine poitevine, à l’est le couloir Rhône-Saône, prolongé par la voie romaine qui gagnait Trêves et qui suivait la Meuse, axe de l'ilot subsistant en Lorraine et en Barrois.
- L’extension de la maison latine nous confirme que le Massif Central a été une zone d’isolement, que la Li-magne, le Velay et même Saint-Flour ont été romanisés par Lyon et non par le Midi. Rien de surprenant si la maison latine, qui triomphe en Roussillon, n’a pas atteint le Béarn, le dernier romanisé de la région pyrénéenne.
- Mais la maison que nous avons appelée gauloise pose un gros problème. J’avais cru jadis, sur la foi de documents incomplets, qu’elle représentait la maison germanique en] face de la maison gallo-romaine. Cette opinion ne me paraît plus soutenable aujourd’hui.
- La répartition géographique indique d’abord que ce type d’habitation a dû former une aire homogène antérieure à l’autre et disloquée par celle-ci. La séparation des tronçons pyrénéen et dauphinois ne serait pas probante à elle seule (la maison latine a bien un tronçon détaché au nord), s’il ne s’agissait également de régions montagneuses et archaïques qui ont forcément gardé le type le plus ancien. R est inadmissible que les Germains, — Visigoths, Burgondes ou Francs, — aient exercé une influence architectonique profonde sur les Pyrénées, la Haute-Auvergne, le haut Dauphiné, où ils n’ont envoyé, autant dire, pas de colonies, et aucune action sur la plaine toulousaine, la vallée du Rhône, la Li-magne, où ils se sont installés en plus ou moins
- 6. — Chaumière normande à Vattelot-sur-Mer.
- grand nombre. D’autre part, l’ensemble des caractères de la maison gauloise ne se retrouve nulle part en pays germanique.
- Enfin il n’est nullement prouvé, comme je l’ai cru jadis avec le Dr Hunziker Q), que le système de faîtage, commun à la maison gauloise et à la maison germanique, soit un apport des Germains, peuples encore peu sédentaires au ve siècle et bien en retard, au point de vue de la construction, sur les Gaulois, même sur ceux du premier siècle avant notre ère : il est au contraire vraisemblable que ceux-ci, et non ceux-là, sont les inventeurs.
- Quelques objections se présentent cependant à l’esprit. Comment expliquer la présence de la maison gauloise au cœur des Pyrénées françaises, du bas Béarn au comté de Foix, régions qui étaient ibères (ou ibéro-ligures) du temps de César? C’est ici le moment de rappeler une théorie très juste de M. Camille Jullian, d’après laquelle la celtisation de la Gaule aurait continué pendant quelques siècles sous la conquête romaine. Linguistiquement nous avons un fait parallèle : le changement de Yü long latin, qui avait la valeur de notre ou, en u, évolution que l’on s’accorde à reconnaître aujourd’hui comme un celtisme, a gagné en France toute la région ibérique jusqu’au faîte des Pyrénées. D’après les documents photographiques que j’ai réunis, la maison gauloise, si elle déborde quelque peu la frontière en Béarn (les deux versants ont été longtemps unis politiquement et socialement dans le royaume de Navarre), ne dépasse pas la crête vis-à-vis de l’Aragon. Ici, qu’il s’agisse des hautes vallées de l’Ara, du Cinca,
- 1. Ethnographe suisse, auteur du magistral ouvrage Bas Schweizerhaus (La maison suisse).
- p.57 - vue 61/688
-
-
-
- 58
- LES ANCIENS TYPES D’HABITATION RURALE EN FRANCE
- de l’Esera, etc., c’est un tout autre type, caractérisé non seulement par des toits à pente plus faible (spécialement à Vénasque), mais surtout par des maisons à étages, étroitement agglutinées entre elles (Broto, Torla, etc.), dù type méditerranéen montagnard sur lequel nous reviendrons.
- Autre objection : les anciens nous ont parlé à plusieurs reprises d’habitations gauloises, dont le type ne paraît guère cadrer avec celui dont il est question ici : huttes circulaires ou elliptiques, coiffées de toits coniques ou pyramidaux. Oui, mais on a mis à jour dans les fouilles, notamment au Beuvray, des maisons d’un tout autre modèle, rectangulaires et en pierre, que Meitzen considère comme le type de la maison gauloise. M. Jullian hésite (*). Le problème est passionnant et délicat. Il me semble qu’on peut concilier des documents eu apparence contradictoires, en admettant que la hutte ronde à toit conique, dont M. Brunhés a signalé de curieuses survivances dans les Cévennes et en Dordogne(2) et M. Griera en Catalogne (3), était la demeure des peuples primitifs, antérieure a l’invasion des Celtes et peut-être des Ligures, et qui a persisté longtemps encore à travers plusieurs conquêtes successives : c’était 1 ’aitegium, nom gaulois conservé dans quelques noms de lieux (Athis = atlegiæ, Etiolles = alte-giolæ, — agglomération de huttes). A côté, les Gaulois aisés avaient des habitations en pierre beaucoup plus .évoluées, auxquelles César donne le nom â'œdificia.
- Qu’on ne se méprenne point d’ailleurs sur notre pensée. « Maison gauloise » est une formule : nous ne prétendons pas que la chaumière actuelle de Beauce, des Pyrénées ou de la basse Savoie représente exactement la demeure gauloise du temps de César. Nous estimons au contraire qu’au contact des Romains la construction gauloise s’est développée et perfectionnée, tout en gardant certains caractères essentiels comme le faîtage, le chaume, le plan rectangulaire, etc. D'un autre côté, la maison latine ne s’est propagée que lentement, le long des voies romaines et autour des centres de colonisation. Les deux types devaient être 'encore mélangés lors des Grandes Invasions et c’est plus tard, peu à peu, que l’unification a dù se faire (en dehors, bien entendu, des parties reculées où la maison latine n’avait pas pénétré.) Cette unification n’est même pas encore complètement terminée à notre époque, comme le témoignent les îlots des Cévennes et certaines survivances locales telles que les huttes des gardiens de la Camargue ou les anciennes chaumières des Dombes à peu près disparues (4). Dans les régions
- 1. Histoire de la Gaule, II, 321-325 (et notamment p. 321, n° 3).
- 2. Géographie humaine de la France, p. 412-414.
- 3. Bulleli de dialectologia catalane, 1914, pp. 63 et suiv. (hulte de bûcherons catalans, encore plus primitive). Un type analogue a été aussi relevé en Italie (trulli des Pouilles, casite lombardes; cf. la première illustration de l’article de MM. Jaberg et Jud dans la Revue du Touring Club italien, mai 1923).
- 4. En Auvergne, près d’Ambcrt, d’après la tradition orale
- limitrophes, l’un ou l’autre type gagne ou recule suivant qu’il a ou non le patronage de la ville ou du bourg. Dans les régions moins pénétrées par la civilisation romaine, après les invasions la maison gauloise a repris le dessus et a fait disparaître sa rivale, notamment dans le bassin de la Seine. Les nouveaux venus, les Germains, ont, sans contredit, préféré le type gaulois, beaucoup plus apparenté à leurs propres habitations (dans l’histoire des migrations, les Gaulois formaient l’avant-garde des Germains).
- — Ainsi s’explique que la maison latine soit interrompue de Tournus à Chaumont, dans le cœur de la Bourgogne : les Burgondes ont fait triompher la maison gauloise, qu’ils ont adoptée, comme les Francs, dans la région qu’ils ont le plus colonisée.
- Quel a été l’apport propre des Germains? On peut en juger par les maisons flamandes et rhénanes : prédominance du bois, façade sous le pignon, tendance à élever la maison, distribution intérieure un peu différente(1). En Normandie, les montants et croisées de bois apparents sur les murs extérieurs constituent le caractère le plus frappant. Il est remarquable que le domaine géographique de la maison normande coïncide à peu près exactement avec l’aire des noms de lieux d’origine noroise, marquant ainsi la distribution de la colonisation Scandinave. Mieux encore : le maximum de densité des noms norois s’observe dans le pays de Caux, où s’affirment également les caractères les plus norlh-mans de l’habitation, par la dispersion des maisons dans les enclos, par exemple ; tandis que dans la campagne de Caen le type d’agglomération à la gauloise est conservé.
- Nous avons laissé de côté l’habitation la plus vénérable peut-être de notre pays, en dehors des huttes rondes : la maison alpestre. Le type le plus primitif de cette demeure nous est fourni par le Valais oriental, où, à côté des maisons, analogues, quoique plus frustes, aux savoyardes, les mazots, qui ne servent plus aujourd’hui que de granges ou de chalets (au sens alpestre) représentent la plus ancienne forme d’habitation ; ils sont construits en poutres assemblées et grossièrement équarries, et montés sur pilotis avec « champignons » de pierre,
- — disposition qui, à l’origine, devait avoir pour but de mettre la maison à l’abri du ruissellement des eaux (quand on ignorait les substructions de pierre), bien plutôt que des rongeurs. Maisons et mazots valaisans sont communs à la région romane (Evolène, Anniviers) et à celle de langue allemande (Zermatt,
- fConches...).
- Antérieure à la conquête romaine et à la conquête gauloise, qui n’a pas pénétré profondément dans les Alpes, on ne peut que l’appeler maison alpestre, sans préjuger du peuple lointain qui la créa. Elle a été modifiée sur le versant italien par des influences
- la hameau de Paillangcs était jadis couvert en chaume 1 dans presque tout le Puy-de-Dôme, les couvreurs sont encore appelés palhentsères, même là où il y a la maison latine.
- 1. Pour plus de détails, consulter l’ouvrage précité de Hunziker.
- p.58 - vue 62/688
-
-
-
- LES ANCIENS TYPES D HABITATION RURALE EN FRANCE
- ]af lues (plus de pierre et moins de bois), plus profondément dans l'Oberland bernois par les Àlamans et dans les Grisons par les Rhètes et les Romains ; la maison tyrolienne offre une autre variante. Le mélange avec le type gaulois s’observe dans le Valais occidental, occupé dès avant César par une tribu celtique, et aussi dans le sud et l’est du Jura, de Nantua à Travers, où le type d’habitation est fort différent de la maison, toute gauloise, du Jura septentrional (Ornans, Baume-les-Dames, etc.). Dans le pays de Vaud, la maison est plus gauloise, hybridée d’influences burgondes.
- Au point de vue géographique, on observera la stratification remarquable que présentent les types latin, gaulois, alpestre au flanc des Alpes, de Lyon au Mont-Blanc ou aux sources de l’Arc, et qui suffirait seule à établir leurs âges respectifs. Ici, en dehors de la partie romanisée à l’ouest, la maison gauloise couvre assez exactement l’ancien domaine des Allobroges, tandis que la maison alpestre représente l’habitat, un peu réduit toutefois, des tribus ligures, Graioceli et Ceutrones. Plus au sud, les Caturiges celtiques ont imposé leur habitations aux Uceni (Oisans) et, sous réserve, aux Quariates (Queyras), également ligures; le type'du Queyras est hybridé. Dans les hautes vallées de la Romanche et du Vénéon, quelques abris de bergers conservent encore le type alpestre de la haute Maurienne.
- La maison basque pose un problème plus délicat.
- Nous ne pensons pas qu’elle ait été importée du sud des Pyrénées, au vie siècle, par les envahisseurs vascons qui, vraisemblablement, réintroduisirent en France la langue ibère : nous avons vu qu’il n’y a pas coïncidence ici entre maison et langage. Nous croyons plutôt que la maison basque représente un type très ancien d’habitation, propre aux populations du sud-ouest, et dont les caractéristiques seraient antérieures aux invasions ibériques, car on retrouve au moins l’ùne d’elles, bien plus au nord, en Saintonge : l’inégalité des deux pans du toit, dont l’un se prolonge très bas.
- Les Ibères, peuple conquérant qui, somme toute, a peu séjourné en Gaule, ne paraissent donc guère avoir laissé de traces chez nous dans l’habitation. En est-il de même des Ligures? Je ne crois pas qu’on puisse leur attribuer la maison alpestre, qui va trop loin à l’est et pas assez au sud. Peut-être la maison méditerranéenne montagnarde leur doit-elle son origine, car elle est particulièrement représentée dans la région (Provence orientale et Ligurie) où les Ligures s’étaient concentrés aux alentours de notre ère : villages aux demeures étroitement soudées, campés dans des positions méfiantes sur des rocs et des éperons, maisons étroites, hautes, à plusieurs étages, types qu’on retrouve à Broto (Aragon) comme à Pont-en-Royans (Dauphiné), dans les Cévennes, les Alpes maritimes, etc., et qui ne dépend pas de l’orographie, puisque les Alpes suisses et tyroliennes, aussi escarpées, l’ignorent totalement. En tout cas,
- 59
- ce type s’est amalgamé de bonne heure avec la maison latine.
- Avant de disparaitre du nord, la maison latine a dû se conserver longtemps dans les villes. Provins a une exquise maison romane du xïe siècle, où l’on reconnaît encore, quoique un peu modifiés, les principaux caractères de la maison latine. Par contre, vers la fin du xive siècle et surtout au xve, se répandit sur une grande partie de-la France la mode de la maison de bois normande, dont on trouve de nombreux spécimens dans-tout le nord et même plus au sud (p. ex. le château de Piroux à Thiers.) L’arcbiteçlure du nord (toits pointus, etc.) a exercé parfois son influence dans des maisons seigneuriales du midi (p. ex. la maison natale de Henri IY à Nérac),— fait analogue au succès ultérieur des demeures à l’italienne Mais la campagne est restée plus conservatrice.
- Nous avons pu relever, chemin faisant, quelques 'rapports avec les faits linguistiques; M. Ilunziker en a observé d’autres dans le Jura suisse. Voici des rapports d’un ordre plus général. La répartition des types d’habitation nous confirme que la romanisation, à latitude égale, a été plus intense, en France, à l’est qu’à l’ouest, grâce au couloir du Rhône et de la Saône ; que le Massif Central a été une zone d’isolement qu’il a fallu contourner ; que Clermont a été romanisé par Lyon, etc., toutes données qui viennent corroborer celles de la géographie linguistique (*)•
- Mais, dans l’ensemble, il ne faut pas chercher de coïncidence entre les aires linguistiques et les types d’habitation, sauf dans des cas particuliers comme la colonisation norlhmanne. On peut trouver quelques rapports entre les confins de la langue d’oïl d’une part, de la langue d'oc et du franco-provençal de l’autre, depuis la Combraille jusqu’au Jura ; mais à l’ouest il en va tout autrement, et l’ensemble du Massif Central s’oppose à tout rapprochement de ce genre. Seule la maison germanique correspond assez bien à la langue, mais en recul plus ou moins accentué sur la limite linguistique (2).
- La discordance des faits s’explique d’ailleurs fort bien suivant les conceptions développées dans les pages précédentes. La répartition des types d’habitation correspond à un état de choses qui s’est formé du ier au ve siècle de notre ère et qui s’est stabilisé peu après. Au contraire les différenciations de langage entre nord et midi se sont produites du vue au xie siècle, et correspondent à d’autres groupements sociaux qui se sont développés après les grandes invasions et se sont cristallisés avec le régime féodal.
- Une conclusion générale se dégage de cette étude : c’est que de tous les éléments sociaux, costume, reli-
- 1. Voir l’article de La Nature sdr la géographie linguistique (1" avril 1922).
- 2. Recul très prononcé dans le centre de la Suisse : Valais, Oberland bernois, et, je crois, dans la région de la Moselle et de l’Eifel (mais ici mes documents sont encore incomplets). Il y a hybridation sur presque tout le confîn romano-germa-nique.
- p.59 - vue 63/688
-
-
-
- 60
- L’EXPLORATION DU DOMAINE DES RADIATIONS
- gion, langage, etc., l’habitation est le plus persistant et le plus durable. Faut-il s’en étonner, si l’on songe qué l’individu change maintes fois de costume au cours de sa vie, que le langage est rappris par chaque génération, tandis que la plus humble chaumière vit des siècles, et n’est détruite, par accident
- ou par vétusté extrême, que pour être réédifiée sur le modèle de ses voisines, en conservant ainsi, à travers un ou deux millénaires, l’unité et la tradition architectoniques du village.
- Albert Dauzat.
- Directeur d’études ;'i l’Ecole pratique des Hautes Études
- L’EXPLORATION DU DOMAINE DES RADIATIONS
- A la séance solennelle du cinquantenaire de la Société | de Physique tenue au grand amphithéâtre de la Sorhonne, sous la présidence du Président 'de la République, M. Fabry, chargé de faire une conférence d’ordre général sur un sujet de physique, avait choisi comme thème de son exposé l’exploration du domaine des radiations. Il a su présenter au public non spécialisé qui constituait la plus grande partie de l’auditoire une vue d’ensemble extrêmement claire de cette question, qui peut être considérée comme l’une des plus brillamment, des plus-complètement et des plus rapidement résolues de toute la physique.
- C’est, il y a un siècle à peine, que la notion de radiation commence à se préciser dans les esprits, et aujourd’hui on peut dire que la gamme tout entière des radiations a été parcourue et étudiée, la variété des propriétés qu’elle nous révèle n’ayant pour rivale que l’habileté déployée par les physiciens pour forcer les barrières qui se dressaient devant eux, de distance en distance, au cours de leur exploration de ce nouveau domaine de la physique.
- L’optique géométrique est l’une des sciences les plus anciennes, et les progrès accomplis depuis l’antiquité étaient si importants, que vers la fin du xvne siècle, l’opinion générale parmi les savants était que l’optique était une science « finie », que tout ce qui s’y rattache avait été découvert et expliqué.
- C’est au début du siècle dernier que Fresnel précisa la notion d’onde lumineuse, de périodicité de la vibration constituant un rayon et montra que ces ondulations pouvaient être repérées, identifiées, à l’aide d’un nombre : la longueur d’onde.
- Cette dernière notion a joué un rôle fondamental, car c’est elle qui a permis à l’optique physique de se développer. A ce propos, M. Fabry a fait ressortir l’importance scientifique de la mesure des propriétés caractéristiques d’un phénomène physique.
- Tant que l’on ne peut parler que par comparaison, que l’on est encore à « Vère des qualificatifs » comme il le dit d’une façon imagée, la science est désarmée ; les termes plus grand, plus petit, analogue, semblable, etc..., n’ont aucune précision, aucune fécondité scientifique.
- Au contraire, sitôt que l’on parvient à « Y ère quantitative », que l’on peut caractériser par un nombre le phénomène considéré, les découvertes et les progrès sont alors possibles. En un mot la mesure est à la base de la science.
- La notion de longueur d’onde a permis dès son introduction le développement de la spectroscopie ; c’est-à-dire qu’il nous a été possible de classer les multiples radiations des spectres et de nous renseigner sur le domaine des radiations perceptibles à l’œil.
- C’est qu’en effet l’œil était, jusqu’au milieu du siècle dernier, le seul appareil nous permettant de déceler les radiations, et nous allons voir combien imparfait il est.
- Si nous ne sommes pas entièrement aveugles, il ne s’en faut pas de beaucoup, et les sensations lumineuses n’apparaissent plus maintenant que comme un tout petit fait particulier dans un ensemble infiniment vaste.
- Quoi qu’il en soit, la spectroscopie directe nous apprend que le domaine des radiations sensibles à l’œil, que nous appellerons les radiations lumineuses, est compris entre les longueurs d’onde 4 p. et 0,8 p (le p étant le millième de millimètre). Rien ne permettait de supposer que c’était là tout le domaine des radiations, mais les savants étaient impuissants à « voir » au sens le plus général, c’est-à-dire à déceler les radiations auxquelles l’œil est insensible. C’est la plaque photographique qui vint suppléer à l’insuffisance de nos sens et qui a permis, franchissant les limites du visible, de pénétrer dans la région ultra-violette et de l’étudier jusque vers la longueur d’onde 0,4 p.
- Mais ici, une difficulté se présente de nouveau : le verre perd ses qualités de transparence et devient opaque pour les radiations dont la longueur d’onde est inférieure à 0,55 p environ. Heureusement, dans la nature, le quartz nous fournit une matière transparente qui permet de reprendre le voyage et d’atteindre la radiation de longueur d’onde 0,2p environ. Un seul incident mérite d’être signalé au cours de cette étape : vers 0,25 p, les raies noires du soleil disparaissent, par suite de leur absorption par une couche d’ozone existant dans les hautes régions de l'atmosphère.
- Le point où nous sommes arrivés semble bien être le terme du voyage, car les difficultés viennent de toutes parts s’accumuler à ce moment : la plaque photographique, notre précieux guide, devient aveugle et insensible à son tour, la gélatine se comportant comme une substance absorbante pour les radiations qu’elle empêche d’arriver jusqu’aux sels d’argent; le quartz, comme le verre tout à l’heure, se comporte maintenant comme un écran opaque; enfin l’air lui-même s’oppose au passage des radiations de longueur d’onde plus petite que 0,2 p.
- Cependant les physiciens sont gens de ressource, et en perfectionnant la technique de la préparation des émulsions photographiques, en remplaçant le quartz par la fluorine et en opérant dans le vide, ils ont raison des obstacles accumulés sur leur route, et arrivent jusqu’à la radiation 0,12 p. Mais pour aller plus loin encore, il faut changer complètement de méthode ; car la matière pour confectionner.les prismes et lentilles permettant d’opérer au delà de ces régions fait défaut.
- On a alors recours aux réseaux métalliques, constitués par des traits parallèles et équidistants tracés sur des surfaces métalliques et si serrés qu’il en tient plusieurs centaines par millimètre. Ces réseaux, lorsqu’on les éclaire, donnent par réflexion des spectres extrêmement étendus et grâce à eux Lyman a pu déceler des radiations dont la longueur d’onde était voisine de 0,05 p. Plus réeem-
- p.60 - vue 64/688
-
-
-
- 61
- L’EXPLORATION DU DOMAINE DES RADIATIONS
- ment, Millikan a reculé encore plus loin la limite qui se trouve maintenant au voisinage de 0,01 y.
- Dans tous ces travaux on utilise des plaques photographiques dites plaques de Schumann, qui renferment excessivement peu de gélatine.
- Ainsi, examinant les radiations issues des sources lumineuses, nous sommes arrivés à trouver des ondes dont la longueur d’onde s’étend sur plus de 8 octaves dans l’ultra-violet (on appelle octave l’intervalle qui sépare deux radiations dont les longueurs d’onde sont dans le rapport de 1 à 2). La question qui se pose immédiatement à l’esprit, à l’énoncé de ce résultat, est évidemment : pouvons-nous encore aller plus loin?
- La réponse est affirmative, mais, et c’est là une surprise inattendue : il faut nous adresser à des phénomènes d’origine électrique, aux rayons X, et de plus les radiations correspondantes ont des propriétés entièrement différentes de celles des radiations précédemment décrites : elles ne sont pas déviées par les prismes et les lentilles; on ne peut les réfléchir par les miroirs, enfin elles traversent les corps solides.
- On était donc impuissant à les étudier à l’aide des moyens connus et ici encore, jusqu’à environ dix à douze ans, on en était à la période des qualificatifs ; on parlait de rayons mous, de rayons durs, sans pouvoir mieux définir ce qui les caractérisait.
- La découverte de la spectroscopie des rayons X par Laue, Bragg, etc..., devait fournir le moyen de mesurer la longueur d’onde de ces radiations, de faire disparaitre l’imprécision qui régnait à leur égard, et de reprendre la marche en avant dans l’étude des radiations de courte longueur d’onde. La Nature a maintes fois entretenu ses lecteurs de ce remarquable chapitre de la science moderne et nous n’y reviendrons pas. Rappelons cependant que, grâce aux perfectionnements successifs qu’on a apportés à la spectroscopie des rayons X, nous pouvons maintenant non seulement mesurer la longueur d'onde de ces rayons, mais également faire entrer dans le domaine quantitatif la théorie des réseaux cristallins de Bravais qui n’avait fait aucun progrès depuis 1850, date de son apparition. Nous connaissons à l’heure actuelle les dimensions des molécules placées aux sommets du réseau cristallographique, ainsi que leurs distances mutuelles, c’est-à-dire que le réseau de Bravais est entièrement déterminé.
- Si nous nous limitons aux phénomènes qui font l’objet de cette conférence, aux radiations, on constate que leur longueur d’onde est extraordinairement petite. Le y. (le millième de millimètre) est maintenant une unité beaucoup trop grande, et si on adopte le m y. (le millième du y) comme nouvelle unité de longueur, on trouve que les rayons X constituent des radiations extrêmement étendues dans l’échelle spectrale et dont la longueur d’onde varie de 12 m y à 0,5 m y environ.
- Sommes-nous parvenus à la limite? Pas encore, et on a montré que les rayons y forment le prolongement de la série des rayons X. Mais alors le réseau cristallin, grâce auquel on peut effectuer les mesures sur les rayons X, devient lui-même trop grossier, et jusqu'à présent, les mesures précises n’ont pas été possibles.
- Nous voyons qu’entre les deux domaines de radiations, celui des radiations dites « lumineuses », parce que leur
- source est une source lumineuse, et celui des radiations X, il existe une région de discontinuité assez grande. On peut prévoir a priori que l’étude de cette région présentera de grandes difficultés, soit qu’on considère les radiations qui s’y trouvent, comme des rayons X très mous ou comme des radiations de l’ultra-violet extrême ; dans les deux cas, elles seront extrêmement absorbables et pour effectuer la mesure de leur longueur d’onde, les réseaux ordinaires sont trop grossiers, tandis que les réseaux naturels sont trop fins. Néanmoins, à l’heure actuelle, la discontinuité n’existe plus; on a pu mettre en évidence, sinon mesurer exactement leur longueur d’onde, des radiations comprises dans cet intervalle.
- Du côté des grandes longueurs d’onde, le domaine des radiations s’étend également très loin, à l’infini pratiquement. Mais ici, la plaque photographique, qui fut notre précieux auxiliaire au début de nos recherches, ne peut plus être d’aucun usage et tout de suite il faut recourir au fhermomètre, réalisé sous une forme extrêmement sensible, pour explorer les régions infra-rouges.
- C’est grâce à l’emploi de la méthode des rayons restants que l’on a pu isoler des ondes ayant une énergie suffisante pour impressionner nos appareils de mesure, et sans entrer dans le détail des recherches, dont le principe d’ailleurs est toujours le même, nous dirons que l’on connaît actuellement des radiations infra-rouges dont la longueur d’onde est de 300 y, soit un tiers de millimètre environ.
- Comme pour l’ultra-violet, si nous voulons aller plus loin, c’est aux phénomènes électriques, aux oscillations électriques, qu’il faut nous adresser, et on sait que leur domaine est pratiquement illimité. La soudure avec l’infra-rouge a été réalisée par LebedeAV, puis tout récemment par Nichols et Tear, et on a pu produire des oscillations électriques dont la longueur d’onde était de 0,2 millimètre, soit 200 y.
- Ainsi donc, depuis les ondes de longueur si petites qu’il en existe dix millions dans un millimètre, jusqu’aux ondes hertziennes dont certaines ont plusieurs dizaines de kilomètres de longueur d’onde, nous connaissons toute la gamme des radiations. Il n’existe aucune région de discontinuité, aucune zone interdite dans laquelle le physicien n’ait pénétré, et cette immense exploration n’a pas même pris un siècle !
- Cela veut-il dire que nous soyons beaucoup plus avancés qu’au temps de Fresnel? Hélas! non; nous avons parlé sans cesse de radiation; qu’est-ce qu’une radiation? Quelque chose de périodique qui se propage, mais quoi? Une série de corpuscules comme le supposait Newton? des ondulations se propageant dans un milieu spécial, l’éther comme le pensait Fresnel? une perturbation électromagnétique comme le proposait Maxwell? On ne peut répondre. Mais, comme l’indique M. Fabry en terminant sa conférence, il n’y a même pas lieu de chercher une réponse à celte question ; le rôle de la science n’est pas d’expliquer pourquoi un phéiîbmène se produit, mais bien comment il se développe. La réunion en une chaîne, dont pas un des maillons ne manque, des radiations d’apparence et d’origine si diverses : radiations X, ultra-violettes, lumineusess, infra-rouges, hertziennes, est une synthèse magistrale et une des plus belles conquêtes de la science moderne. H. Vignerox.
- p.61 - vue 65/688
-
-
-
- 62
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre et de novembre 1923.
- - L’emploi des gaz lourds en radiodiagnostic. — Les substances opaques, susceptibles de produire des ombres portées assez intenses, comprennent soit des composés d’éléments à nombre atomique élevé (carbonate de bismuth, sulfate de baryum), soit des gaz (air, oxygène, acide carbonique). Depuis qu’on sait pratiquer l’injection de corps gazeux, il semblait utile de rechercher des composés joignant à leur opacité vis-à-vis des rayons \ les avantages que présente leur état physique. A ce sujet, MM. Ledoux-Lebard, A. Lepape et A. Dauvillier montrent l’intérêt qne peuvent offrir le krypton et le xénon.
- La résistivité de l’aluminium.— Une série de mesures, effectuées par M. Léon Guillel, indique que pour le métal le-plus pur du commerce, à l’état recuit,on doit prendre p -= 2,8 microhms-cent., alors que la valeur 5,2 est fournie par les métaux à 98,5 pour cent. Al.
- La détermination rapide des minéraux. —M.Gaubert
- montre l’intérêt que présentent l’examen microscopique et les essais mirrochimiques auxquels se prête un trait tracé sur l'une des faces, dépolie à l’émeri, d’une lame de verre porte-objet. Toutes les parcelles du métal apparaissent avec une parfaite netteté et l’on peut en étudier facilement la forme, la transparence et les propriétés optiques.
- Le bouturage en milieu liquide stérile. — Les essais de M. Dauvergne et de Mlle L. Weil ont porté sur des branches de vigne vierge, de sureau et de troène dont la section avait été légèrement carbonisée et paraffinée. Après nettoyage à l’alcool à 95°, les tiges étaient plongées dans une solution de sublimé corrosif IlgCl2 à 1 pour 1000 ou d’aldéhyde formique 1ICHO à 0,5 pour 100. Le milieu de culture restant limpide et exempt de microbes ou d’algues, les boutures ainsi traitées se sont couvertes de nombreuses feuilles et de rameaux; leur aspect florissant dura environ six mois. Paul B.
- APPAREIL SIMPLIFIÉ DE MICROPHOTOGRAPHIE
- Il est inutile de faire ressortir l’utilité de la photographie microscopique. Si le dessin est plus facile à comprendre, il le doit à ce qu’il n’est qu’une interprétation nécessairement incomplète et schématisée. Bon pour l’enseignement, il est insuffisant comme document scientifique. Seule la photographie peut assurer une reproduction absolument fidèle.
- Sa généralisation s’est longtemps heurtée à un certain nombre de difficultés aujourd’hui résolues pour la plupart, grâce aux progrès de l’optique et de la technique histologique.
- Mais la vulgarisation de la photographie microscopique se heurte encore à l’encombrement et surtout au prix prohibitif des appareils actuellement dans le commerce.
- Ceux-ci peuvent être rangés sous deux catégories ;
- Dans les appareils horizontaux où le foyer lumineux est dans l’axe du microscope, le centrage de la lumière, très délicat, nécessite souvent de longs tâtonnements. Pour les éviter, Zeiss, lvoritzka ont monté la lampe, le condensateur et le système optique sur un axe rigide ou des glissières rigoureusement rectilignes et nécessitant des ajustages très précis. Il en résulte immeuble volumineux, difficilement transportable et d’un prix inabordable aux laboratoires qui ne sont pas richement dotés.
- Les appareils verticaux, où la lumière, placée en un point quelconque, est réfléchie par le miroir du microscope, sont essentiellement constitués par une chambre noire à soufflet ajustée surfe tube de l’ocu-
- 1. Cet appareil a été présenté à l’Académ:e des Sciences et à l’Académie de Médecine en Décembre 1922.
- laire. Tel est l’ancien petit modèle de Gogit, peu encombrant, mais sans stabilité suffisante et ne permettant que des clichés de petit format. Spencer aux Etats-Unis, Nachet, Koritzka, dans un nouveau modèle, ont soutenu cette chambre verticale par un ou plusieurs piliers métalliques qui, en dehorsdu poids et de l’encombrement, ont singulièrement majoré le prix de ces appareils.
- C’est la chambre à soufflet qui, accessoire d’un prix relativement important lui-même, entraîne par son poids à compliquer tous ces appareils. Bien qu’elle semble indispensable à la photographie, nous avons cherché à la supprimer pour réaliser un modèle léger, plus simple et aussi moins onéreux.
- Dans les appareils précédents, le foyer lumineux et le microscope sont à l’air libre ; la plaque sensible seule est renfermée dans la chambre noire à soufflet.
- Renversant le problème, nous avons enfermé hermétiquement le foyer lumineux et le microscope, de façon qu’aucun rayon lumineux ne puisse passer sauf par l’oculaire ; la plaque sensible, au contraire, posée sur un simple support, se manœuvre à l’air libre. Gela oblige à opérer en cabinet noir, ce qui ne vaut que mieux pour la mise au point, mais supprime la chambre à soufflet, accessoire encombrant et dispendieux des appareils précédents.
- Pour maintenir le foyer lumineux en milieu clos, il fallait une lampe chauffant peu. 11 en existe à l’usage des petits cinémas, mais comme elles marchent sur 12 volts, un rhéostat est nécessaire pour pouvoir les brancher sur une prise de lumière courante.
- p.62 - vue 66/688
-
-
-
- ====== APPAREll SIMPLIFIÉ DE
- Notre appareil a été construit dans les ateliers de la maison Dusseris, rue Cassette, sur nos indications, complétées par les conseils de M. Baron, photographe, qui, pour les essais, a bien voulu mettre à notre disposition son laboratoire de l’avenue Bosquet.
- En ordre de marche (fig. 1), il a la forme et les dimensions d’une boîte de microscope dont une des parois, rabattue horizontalement, porte le rhéostat et le système éclairant, le tout enveloppé dans un manchon étanche à la lumière. La lampe que nous employons a un filament en <; qui, présenté en pointe, réalise un foyer vraiment punctiforme, d’où
- Fig. i. — L’appareil monté.
- une netteté de l’image plus précise qu’avec les lampes employées jusqu’ici dont les plus petites avaient un foyer d’au moins 1 cm2 environ. Elle est renfermée ainsi que le miroir réilecteur et le condensateur dans un tube articulé, afin de pouvoir diriger le faisceau lumineux sur le miroir du microscope dont la hauteur varie selon les modèles. Le rhéostat, en toile d’amiante pour en diminuer le poids, donne 3 intensités lumineuses différentes.
- Pour opérer, on dispose dans la boîte le microscope, du reste quelconque, dont on veut se servir. L’oculaire, sortant par un orifice ménagé dans la paroi supérieure, est entouré d’une manche qui prévient l’issue de tout rayon lumineux parasite. Le porte-plaque coulisse sur un tube rigide vissé sur la boite, mais démontable.
- L’éclairage se règle en manœuvrant le miroir du microscope comme pour un examen ordinaire. La
- MICROPHOTOGRAPHIE ................63
- mise au point se fait ensuite sur le verre dépoli dont on fixe la hauteur selon les dimensions que l’on désire donner à l’image. L’écran coloré que l’on jugera utile d’employer sera simplement posé sur l’oculaire.
- Il ne reste plus alors qu’à fermer la porte latérale et à procéder à l’impression de la plaque sensible en remplaçant la manœuvre de l’obturateur par l’allumage et l’extinction de la lampe.
- Après usage, on relève la planchette. Le rhéostat et le système d’éclairage s’escamotent à l’intérieur de l’appareil où viennent trouver place également le
- >1
- Fig. 2.
- La boite fermée, contenant le pied et la lampe.
- p >ï tc-[)laque et son support démonté. Tout l’appareil se réduit dès lors à une boîte de faibles dimen sions, peu encombrante et assez légère pour être facilement transportée (fig. 2).
- Malgré sa simplicité qui permet de l’exécuter à des prix très inférieurs à ceux des appareils similaires, ce modèle, qui permet d’obtenir dans n’importe quel format, aussi bien des photographies en couleurs que des clichés ordinaires ('), réalise sur les précédents certains avantages pratiques.
- Nous n’insisterons pas sur son faible encombrement et sur le foyer lumineux pundiforme qui donne une netteté plus parfaite de l’image.
- La chambre à soufflet non seulement était un accessoire onéreux et délicat, mais en outre ne pcr-
- 1. Les photographies qui accompagnent cet article donnent une idée de ce que l’on peut obtenir avec divers éloignements de la plaque.
- p.63 - vue 67/688
-
-
-
- 64 —APPAREIL SIMPLIFIÉ DE MICROPHOTOGRAPHIE
- r
- Fig. 3. — Ver à soie à l'éclosion.
- (Longueur réelle 3 mm.)
- mettait naturellement qu’un tirage restreint. Ici, aucun: soufflet ne limite le tirage. On peut donc, par simple éloignement de la plaque, obtenir de forts agrandissements avec des objectifs faibles, c’est-à-dire plus pénétrants, ce qui importe pour des objets non-débités en coupes, ou'pour les [reproductions d’éléments histologiques ayant une épaisseur notable.
- Dans ces conditions, le choix de l’objectif est, jusqu’à un certain point, déterminé, moins par le grossissement à obtenir que par le champ de la préparation que l’on désire photographier. Il importe, en effet, que le point choisi ne remplisse que les deux tiers du champ microscopique, car les bords de l’image laissent toujours à désirer.
- Ce grossissement, par éloignement de la plaque, est, du reste, pratiquement illimité, car il suffit de fixer le microscope dans la boîte et de coucher celle-ci sur le côté pour projeter sur le mur une image dont les dimensions ne seront limitées que par l’étendue du cabinet noir. Cette projection microscopique, recueillie à 2 mètres de l’appareil sur un écran, donne enfin une image assez lumineuse pour pouvoir être vue par un public restreint.
- A côté de la documentation scientifique, la photographie microscopique peut simplifier certaines opérations. Rappelons, à titre d’exemple, combien est fastidieuse et fatigante la numération des globules rouges et combien le coefficient d’erreur est important. Sur une épreuve de la préparation montrant les hématies et le réseau, cette opération devient aisée et rapide et peut être confiée presque au premier venu. Si l’on a soin de tracer au crayon un
- Fig. 6 — Extrémité postérieure du même ver à un plus fort grossissement.
- trait passant par toutes les hématies que l’on compte, un examen rapide permet de s’assurer des oublis qui pourraient avoir été faits. Ce procédé, qui peut faciliter d’autres numérations histologiques, laisse en outre un document permettant des vérifications ou des comparaisons ultérieures.
- La microphotographie, enfin, peut fournir des renseignements qui échappent à l’examen direct. La plaque sensible est impressionnée par des rayons qui n’impressionnent pas la rétine et révèle des différences de teintes et de réfraction inappréciables à la vue. Les experts (tableaux, pierres précieuses) y ont recours pour déceler des falsifications qui autrement passeraient inaperçues, et l’on sait qu’une éruption cutanée se traduit sur le cliché
- Fig. 4 et 5. — Trompe de papillon, vue à deux grossissements par éloignement de la plaque.
- (Diamètre réel i mm.)
- avant d’être cliniquement apparente. H en est de même dans les photographies de coupes où nous avons été parfois surpris de voir surgir des détails qui échappaient à l’examen direct.
- Source documentaire de première importance, susceptible de fournir des renseignements spéciaux qui n’ont pas encore été exploités, la photographie microscopique est restée jusqu’ici l’apanage de quelques rares spécialistes et de laboratoires peu nombreux. Sa technique est cependant facile et il serait désirable que son usage se généraliscàt davantage. C’est dans ce but que nous avons cherché à réaliser ce modèle qui, par sa simplicité, devient plus facilement abordable que les précédents, sans exclure l’excellence des résultats qui sont aussi parfaits qu’avec les appareils les plus perfectionnés.
- Dr G. Durante.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris
- p.64 - vue 68/688
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2600
- 2 FÉVRIER 1924,
- LE LAC DE GRAND-LIEU
- J’ai publié à Nantes, en 1909, une monographie phytogéographique du Lac de Grand-Lieu (*), je voudrais dépouiller ici, autant que possible, cet ouvrage de sa partie absolument technique, en exposant les moyens que la nature emploie pour établir dans le cours des siècles ce climax {2) auquel elle tend et dont la végétation est l’un des grands artisans.
- Les processus érosifs réduisent, peu à peu, les inégalités de la topographie ; cependant, [souvent le niveau de base n’est atteint qu’après de longues
- aux vicissitudes topographiques. Une association végétale est nécessairement supplantée par une autre, quoique l’une passe à l’autre par des gradations imperceptibles.
- Les collines vont en se dénudant et les lacs et marais en se remplissant de façon que les aires hydrophytiques et xérophytiques deviennent de plus en plus restreintes, tandis que les aires mésophy-tiques s’étendent de plus en plus. Autrement dit : les associations végétales passent par une série de types successifs, depuis leurs conditions initiales
- Pont-S! Martin
- SÎLumine de - Coûtais
- Fig. i. — Le lac de Grand-Lieu.
- régressions successives; la succession des associations végétales est liée à ces vicissitudes topographiques. Une association de plantes n’est pas le produit des seules conditions présentes; le passé y est aussi contenu.
- De même que l’étage physiographique ultime de toute topographie est l'établissement du niveau de base, de même l’étage ultime d’une région, au point de vue phytographique, est constitué par une flore à exigences moyennes, une flore mésophy tique composée de plantes demandant une sécheresse ou une humidité moyennes et fuyant les terrains à eau stagnante (hydrophytiques) ou très secs (xérophytiques) .
- Mais rétablissement de ce climax, subit, au cours des siècles, des alternatives variées, parallèles
- 1. Nantes 1909, A. Dugas et Cie et chez l’auteur, 89, boulevard Bineau, Neuilly-sur-Seine.
- . 2. Climax, est pris ici dans le sens anglais de comble, apogée.
- 52* Année. — t'r Semestre.
- jusqu’à l’établissement de la forêt mésophy tique qui, chez les Américains comme chez nous, peut être regardée comme le climax, ou type culminant de végétation. L’analogie de la flore des eaux demi-drainées de l’Amérique du Nord avec celle de nos lacs français, quoique loin d’être complète, n’en est pas moins frappante ('*).
- Le lac de Grand-Lieu représente, comme tous les lacs, une phase topographique à son déclin, on pourrait même dire ici à sa fin, tant la progression de son envahissement par la végétation aquatique a été rapide depuis un demi-siècle. Nulle part on ne saurait être mieux placé, pour étudier la lutte des associations végétales entre elles, leurs empiétements, leurs régressions.
- C’est ce colmatage lent, que je voudrais exposer en mettant en évidence ses facteurs les plus impor-
- 1. Voir Ciiandler Cowlès. The physiographic. ecology. of Chicago, etc. Botanical Gazelle,.XXXI (1901).
- 5. — 65.
- p.65 - vue 69/688
-
-
-
- 66
- LE LAC DE GRAND-LIEU
- Fig. 2. — Le village de Passay, vu du lac.
- tants. Mais je dois d’abord faire connaître notre champ d’études.
- Le Lac de Grand-Lieu (fîg. 1). — Le lac de Grand-Lieu est situé à 13 km de Nantes. Il affecte la forme d*un losange dont le grand axe (N. S.) a 9 km de- long et le petit axe (E. W.) 7 km. Son périmètre est de 29 km. La surface totale du bassin du lac est de 1250 km carrés.
- La pente des rives est extrêmement faible ; elle ne:dépasse guère 10 m d’altitude. Ces.rives sont plates et les bords ne présentent pas les talus d’érosion caractéristiques des véritables lacs; il n’y a ni beine, ni mont.
- Dans le lac véritable, à la suite de l’érosion du bord primitif, il s’est formé : 1° un nouveau bord plus abrupt : la grève inondée ; 2° une surface à peu près horizontale ou faiblement inclinée : la beine, dont une partie, beine d’alluvion, résulte des matériaux arrachés par l’érosion au bord primitif ; 3° le mont, pente nouvelle formée par la beine d’alluvion.
- Aujourd’hui, un émissaire : l’Acheneau, conduit les eaux du lac dans le canal maritime de la Basse-Loire, d’où elles sont évacuées dans la Loire elle-même aux Champs-Neufs Cet exutoire a une longueur de 25 km et sa pente est très faible, ce qui entraîne un défaut d’écoulement des eaux facilitant le colmatage. D’autre part, il ne coule nulle part sur la roche en place, mais sur les alluvions et on ne voit point entre les deux versants un seuil rocheux continu. Dans ces conditions, l’existence, au lac, d’un bassin creusé dans la roche en place parait
- Fig, 4- — Pot de Carrée (. Spargaiiium ramosufn ) portant une « cùtte » de chasseurs formée de rameaux entrelacés de Saule.
- très problématique et il est très probable qu’il s’agit ici, non pas d’un véritable lac, mais de la partie élargie d’une vallée dont la pente était autrefois continue et qui a été envasée par les alluvions, envahissement qui se poursuit de plus en plus. C’est un Lac-Etang.
- Ces dépôts de fonds, composés des restes des organismes aquatiques additionnés de leurs excréments constituent une boue de putréfaction nommée : sapropel; l’épaisseur en est, en quelques parties du lac, considérable ; c’est, écrivait l’ingénieur Craponne, « une sorte d’abyme » (sic).
- Deux affluents apportent au lac le tribut de leurs eaux, après un parcours de 25 à 30 km : l’Ognon et la Boulogne. Les progrès du colmatage et la diminution de profondeur des eaux qui en résultent sont bien mis en évidence par le procès-verbal du Procureur du Roy, en juin 1712 (Archives départementales). Il mentionne avoir trouvé sur plusieurs points des profondeurs de 3 m. et même 3 m. 60, alors qu’au-jourd’hui la profondeur est de 1 m. 30 à 1 m. 60, maximum 2 m. à l’embouchure de l’Ognon. Dans toute la partie méridionale jusqu’à l’embouchure de
- Fig. 3. — Ilot en formation dans Ve lac.
- la Boulogne et sur toute la rive orientale la profondeur atteint rarement 1 m. et descend jusqu’à 40 et 60 centimètres.
- D’assez nombreux monuments mégalithiques, des monnaies anciennes, des bijoux gaulois, attestent une occupation fort ancienne de ces lieux ; mais on n’y a découvert aucune trace d’habitations lacustres. Les bourgs qui entourent le lac portent des noms de très antique origine ; aucune partie de la Basse-Loire ne peut, d’après M. Léon Maître, invoquer des titres aussi anciens que le bassin du lac. D’autre part, les nombreux arbres ensevelis et les noms de plusieurs lieux : Bois, aujourd’hui Bouciye ; le lieu dit la « Forêt Noire », en St-Mars de Coûtais, etc., indiquent bien que le lac occupe l’emplacement d’une ancienne forêt, ainsi que la tradition en a conservé le souvenir.
- Le plus ancien document historique que nous trouvons aux Archives départementales de la Loire-Inférieure est l’acte..de « donation du duc de Bretagne Conan III », daté de 1143 par lequel, en fondant l’Abbaye de Buzay, il lui donnait, notamment, le droit exclusif de pêche à la seine dans le lac de Grand-Lieu.
- p.66 - vue 70/688
-
-
-
- LE LAC DE GRAND-LIEU
- 67
- Le lac est aujourd’hui la propriété du marquis de Juigné.
- Depuis le duc de Bretagne François II, en 1459 et pendant le xvie siècle à diverses reprises, il a été question de dessécher le lac. Cette question a été reprise de nos jours et a suscité de nombreuses polémiques. Ainsi que l’écrit le Professeur Fiahault, de l’Institut, dans la préface qu’il a bien voulu écrire pour mon ouvrage, les marais, sagement traités, peuvent assurer à ceux qui les exploitent habilement et sagement un revenu supérieur à celui des bois et même des prairies : « Ils peuvent fournir « d’excellentes litières et des fourrages de second « ordre. Us peuvent aussi fournir des matières « premières à la papeterie, à la tonnellerie, à la « vannerie et nous donner des textiles appréciés « que nous allons chercher à l’étranger, sans « compter l’empaillage des chaises qui emploie « annuellement en France pour 1 500000 franos de « joncs, au bas mot », tandis que le dessèchement, opération très coûteuse, ne peut produire d’effets
- Fig. 6.— Ilots a’Heleocharis et de Carrée se rejoignant vers le rivage à la pointe du Dun. Au loin, le bois de H Houchère.
- avantageux qu’à moins d’amendements appropriés.
- Au lac de Grand-Lieu, l’abondance de la Carrée employée comme litière est telle que l’hectare de marais dans certaines zones s’affermait il y a 15 ans jusqu’à 150 francs. La Guizelle ou Moutine (Carex stricta) est vendue au chaisier, pour le fonçage, de même que le jonc pour la tonnellerie. L’élevage des canards et surtout des oies se pratique en grand. La pêche occupe environ 90 pêcheurs au village de Passay (fîg. 2) et la flotte comprend environ 140 bateaux plats, nommés « tones ».
- Marche et étapes de l’envahissement végétal. — La première 'flore qui se développe au sein même des eaux d’un lac, consiste en hydrophytes adaptés à la vie dans les eaux tranquilles souvent profondes ; les uns tapissent le fond même du \&ç(Characetum), les autres flottent sans racines (Pieu si on) (*) ou bien fixés au sol et s’élèvent pour fleurir et fructifier jusqu'à la surface (Myriophylletum, Nym-pliælum). Cette végétation primitive s’est conservée dans les rares parties du lac, ayant encore une
- 1. Pleuôtou — de wao{.ter — navigation.
- Fig. 5. — Peuplement de Carrée sur un haut-fond, au milieu du lac. Sol vaseux; frofondeu.r de t mètre; hauteur au-dessus de l’eau de i m. 6o. .
- certaine profondeur ; c’est notre Zone centrale ou lacustre.
- Des alluvions d’une épaisseur considérable dont nous avons parlé plus haut, s’entassent sur tout le plafond du lac, ce qui amène la formation d’ilots nombreux dont le premier artisan de consolidation est le Jonc des tonneliers (Scirpus lacustris), il est aidé dans cette tâche par la Carrée (Sparga-nium ramosum), le grand dessécheur du lac, qu’il envahit sur tous les points (fig. 5, 4 et 5).
- La Zone marginale ou palustre comprend toute la partie du rivage plus ou moins soumise aux alternatives d’immersion et d’émersion; c’est la ligne de tension, zone végétale la plus active et conséquemment la plus intéressante, au point de vue des changements qui surviennent dans la flore.
- Composée souvent d’espèces amphibies, s’accommodant des conditions biologiques les plus variées, elle pénètre de plus en plus dans la zone lacustre proprement dite par la formation d’ilots et de hauts fonds de plus en plus fréquents au sein du lac (végétation centripète) (fig. 6), et elle contribue d’un autre côté, à la consolidation de la zone suivante (extra marginale, par la disparition graduelle des îlots du bord du lac qui se relient de plus en plus à la terre ferme et par le comblement des
- Fig. f- — Vas:ère en voie de peuplement, près Saint-Mars- : Phragmitetum.
- p.67 - vue 71/688
-
-
-
- 68
- LE LAC DE GRAND-LIEU
- Fig, 8. — Récolte du Lobelia Dortmanna, à VArsangle.
- anses envahies par la Carrée et ses associés {végétation centrifuge) (lig. 6, 7 et 8).
- Enfin la Zone extra-marginale ou sylvestre, n’est autre que la zone précédente, aujourd’hui entièrement consolidée et à l’abri de l’atteinte des eaux, sauf dans les inondations exceptionnelles. La limite en est naturellement variable dans une certaine mesure : elle est marquée, parfois, par des blocs de rochers et plus souvent par les amas d’épaves (bourre de May) (*) que le flot y accumule et sous lesquels les entomologistes font leurs meilleures chasses.
- L’influence édaphique (1 2) est ici prépondérante et suivant que le sol est sablonneux ou argileux nous avons la Pinière ou la Chênaie.
- Dans cette zone consolidée, extra-marginale, l’industrie humaine a transformé, surtout sur la rive orientale, la végétation spontanée, vers Saint-Lumine, en pacages, cultures potagères, vignes, etc., et tout autour du lac s’élèvent çà et là des habitations, des châteaux.
- La flore du lac. — Nous avons cherché dans les pages précédentes extraites pour la plupart de notre monographie à faire saisir au lecteur la marche si curieuse de la végétation envahissante.
- Nos explorations attentives, pendant de longues années, nous ont permis de relever environ 160 espèces de plantes qu’on trouvera énumérées, commentées et décrites dans notre ouvrage. Le cadre qui nous est offert ici ne nous permet pas, bien entendu, de les énumérer.
- Nous croyons cependant devoir en signaler quelques-unes parmi les plus intéressantes. Nous commencerons par la Carrée (3), Sparganium ramosum. « A tout seigneur tout honneur ». C’est, comme nous l’avons dit, le grand envahisseur et dessécheur naturel du lac (voir les figures ci-dessus). Elle est remarquablement organisée pour la multiplication végétative. Ses graines, très nombreuses, en raison de l’eau qu’elles renferment, ont un poids spécifique
- 1. Ainsi nommée parce que ces épaves atterrissent" surtout au mois de mai.
- 2. De ESacpoç (sol).
- 5. Ce nom vient de la forme des feuilles dont chacune des faces rappelle celle de la Carre de l'épée. Le mot Carre est souvent employé et surtout en Seine-Inférieure pour indiquer un objet coupant. On dit la carre d’un couteau, d’une table. (Abbé Toussaint, in-litt.) ,,
- voisin de 1 et possèdent un pouvoir natatoire de très longue durée. Ces graines peuvent aussi être propagées par les excréments des animaux.
- Mais c’est surtout par son (rhizome sympodique robuste, d’une destruction lente, sur lequel les centres vitaux éteints s’accusent par des nodosités assez grosses, reliées entre elles par d’assez longs drageons que la marche envahissante de la Carrée atteint une extension incomparable. On trouve parfois, dans la vase, de grandes quantités de ces boules. Ces îlots de Carrée se multiplient au sein du lac; ils grandissent et finissent par se rejoindre comme le montrent les figures 6 et 7 ; la seule plante qu’elle tolère parfois dans son domaine est le jonc des tonneliers (Scirpus palustris) ; encore parvient-elle, au bout de quelque temps, à le supplanter complètement.
- Tous les animaux, même les chèvres, refusent la Carrée, mais elle forme une excellente litière.
- La Chevrée {Glyceria aquatica) est aussi très répandue au lac où elle constitue parfois des groupes étendus sur les vases, mais dans la Zone palustre, non lacustre. C’est une belle graminée robuste; mais, quoique munie d’un rhizome assez étendu, elle ne tient pas au fond aussi solidement que la Carrée: aussi s’avance-t-elle moins loin du rivage que celle-ci. On en forme des prairies en Angleterre.
- Les bestiaux l’acceptent volontiers tandis qu’ils refusent la Carrée ; son nom vulgaire vient probablement de ce que les chèvres la recherchent. Cependant les feuilles sont parfois attaquées par un champignon (Ustilago longissima) qui les rend, dit-on, mortelles pour les bœufs.
- Parmi les plantes rares et curieuses, nous devons signaler le Lobelia Dortmanna dont la jolie fleur bleue, dans la Zone palustre sur le bas rivage (fig. 8) émerge de sa rosette inondée pour venir s’ouvrir à la surface et que j’ai découverte là en 1898 alors qu’elle avait échappé à tous les botanistes jusque-là; c’est d’ailleurs sa seule localité dans la flore de l’Ouest. On ne peut s’expliquer qu’elle n’ait pas été constatée par des observateurs aussi attentifs que Lloyd et Letour-
- Fig. 9. — Plaines de Màcres.
- p.68 - vue 72/688
-
-
-
- = LE MÉCANISME DE L ÉVAPORATION ET DE LA CONDENSATION = 69
- neux, qui ont exploré le lac pendant des années. Peut-être a-t-elle été apportée là depuis par les oiseaux du Nord de l’Europe où elle est assez répandue, par exemple en Ecosse, en compagnie de Ylsoete. Elle forme acluellement au lac de Grand-Lieu de véritables prairies submergées.
- Parmi les Hydrophytes, le genre Potamogeton est représenté par 8 espèces et les Characées, sortes d’algues d’eau douce, par 17 espèces. Ces Characées se contentent, sur le Bas rivage, en été, de quelques centimètres d’eau; mais dès que celle-ci vient à manquer, elles se dessèchent et forment, sur les grèves sablonneuses une couche jaune clair de détritus qui constituent un générateur de sol de première importance.
- Une curieuse cryptogame vasculaire Ylsoeies ecki-nospora, réduite à une petite touffe de feuilles à la base desquelles sont les sporanges reproducteurs, croît dans la Zone lacustre, quelquefois jusqu’au bas rivage de la Zone palustre recouvert de 30 à 70 cm. d’eau au maximum. Sa recherche est minutieuse et très difficile. Elle a passionné de nombreux botanistes que j’ai eu le plaisir de guider et qui s’estimaient heureux quand ils pouvaient en récolter une douzaine de petites touffes.
- L’Elodta Canadensis, surnommée la peste des eaux, est originaire d’Amérique. Son histoire
- est bien connue : apparue d’abord en Europe, en Irlande, en 1836, elle s’est répandue partout, avec une telle abondance, qu’elle encombre aujourd’hui les canaux et qu’on a dépensé des sommes énormes, pour en débarrasser, en Suisse par exemple, les lacs de Constance et de Zurich où elle pullulait. Elle y est, paraît-il, aujourd’hui en voie de diminution. La plante se bouture avec la plus extrême facilité; il suffit d’un petit fragment pour la multiplier. C’est d’ailleurs son seul mode de propagation en Europe, car nous n’avons ici que l’individu femelle de cette espèce, dont le pédoncule s’allonge quelquefois très longuement pour conduire à la surface sa petite fleur rose. L’Elodea, est très répandu au lac de Grand-Lieu et contribue largement au colmatage végétal.
- La Mâcre (Trapa natans) aussi nommée châtaigne d’eau, forme aujourd’hui dans la Zone palustre de jolis tapis étendus. Aliment peu recherché, le fruit se vend cependant à Nantes au marché. La rivière d’Erdre en est abondamment peuplée.
- La Mâcre se propage uniquement par graines, elle est annuelle, contrairement à une opinion assez répandue; on croit la détruire en la fauchant; les tiges se brisent après la floraison et la plante devenue tout à fait libre nage au milieu des eaux où elle puise les éléments nutritifs à l’aide déracinés adventives pennées (fig. 9). E. Gadeceau.
- «ÇA*
- LE MÉCANISME DE L’ÉVAPORATION ET DE LA CONDENSATION
- Nous avons exposé ici même (*) les théories modernes fort curieuses de Langmuir sur le mécanisme d’un phénomène à première vue dénué de tout mystère, celui de l’évaporation d’un liquide et de la condensation de sa vapeur. Cependant le problème, lorsque l’on cherche à pénétrer le mécanisme même du phénomène, est loin d’être aussi simple qu’il le paraît, et il a retenu dans ces dernières années l’attention d’un grand nombre de savants. Parmi ceux-ci, le professeur Ivnudsen, de Copenhague, a réalisé une série d’expériences extrêmement curieuses et d’une ingéniosité remarquable qu’il a présentées à la Société Française de Physique dans une conférence des plus intéressantes.
- Si l’on considère un liquide enfermé dans une enceinte et surmonté de sa vapeur, nous savons que, si la température reste constante, un état d’équilibre s’établit entre les deux phases. La théorie cinétique nous apprend également que l’équilibre que nous, observons n’est pas un véritable équilibre mais bien un équilibre statistique, c’est-à-dire qu’à chaque instant il s’échappe de la masse liquide, à travers sa surface, un nombre de molécules égal à celui des molécules gazeuses qui, au cours de leurs JépÉJtsements, viennent'à rencontrer la surface libre
- f. ta Nature, 2382, 2389 et 239Ù. Les idées nouvelles sur la nature des phénomènes physiques..
- du liquide et sont retenues par les attractions moléculaires de la masse liquide.
- La théorie cinétique élémentaire permet de calculer facilement le nombre des molécules frappant une surface égale à l’unité et placée à l’intérieur du gaz. La masse G de ces molécules, c’est-à-dire la masse gazeuse qui s’écoule par unité de temps à travers une surface unité lorsqu’il existe une différence de pression p entre les deux côtés de cette surface, est donnée par
- G = 43,75 10-6 y/?r% (1)
- M étant le poids moléculaire de la vapeur et T sa température absolue. Il faut remarquer que cette formule n’est valable que si l’ouverture par laquelle se produit l’écoulement est petite par rapport au libre parcours moyen des molécules.
- En 1909, Knudsen a vérifié expérimentalement l’exactitude de cette formule dont il a tiré un certain nombre de conséquences d’apparence paradoxale.
- Tout d’abord, si nous considérons un tube fermé dont les dimensions, en particulier la section droite, sont petites par rapport au libre parcours moyen des molécules d’un gaz qui y est renfermé, et si nous portons une de ses extrémités à une température Tj et l’autre à la température T2, la formule montre qu’il ne peut y avoir équilibre de pression
- p.69 - vue 73/688
-
-
-
- 70 -— LE MECANISME DE L’ÉVAPORATION ET DE LA CONDENSATION
- à l’intérieur du tube, et qu’il s’établira des pressions différentes, pl et aux deux extrémités, pressions reliées par la relation
- Si donc le tube n’est, pas fermé à ses extrémités,
- Fig. i.
- Expérience montrant La rentrée contimæ d'air jroid dans un récipient poreux chauffé intérieurement.
- il se produira un mouvement de l’air à son intérieur, de la région froide vers la région chaude, ce qui semble paradoxal à première vue.
- Une expérience très simple permet cependant de justifier cette conclusion. On prend un ballon de porcelaine poreuse dans lequel on introduit une spirale métallique chauffée électriquement. Le ballon est fermé et un tube de dégagement permet de recueillir par déplacement d’eau les gaz dans un grand ballon (fig. 4).
- Quand on fait passer le courant électrique, et aussi longtemps que ce courant passe et. maintient une différence de température entre l’intérieur du récipient poreux et l’atmosphère environnante, on constate un dégagement régulier de gaz dans le ballon récepteur. L’air traverse donc les pores du récipient, qui jouent alors le rôle du tube dont nous avons parlé plus haut, de l'extérieur vers l'intérieur comme l’exige la théorie.
- Une autre conséquence de l’agitation thermique des molécules est qu’il existe une force s’exerçant entre deux corps ayant une température différente, et que cette force passe par un maximum d’intensité lorsque les distances sont de l’ordre des dimensions moléculaires. Ce sont ces forces répulsives qui interviennent dans le phénomène de la caléfaction, et leur intensité est très grande, puisque, si la difïe- j rence de température est d’environ 400°, elles équilibrent une colonne d’eau de 2 m. de hauteur.
- On peut montrer par une expérience très curieuse F existence de ces forces répulsives et en même temps leur grande intensité. On chauffe un bloc de cuivre rouge vers 400°; ce bloc, qui a le profil indiqué (fig. 2) est posé ensuite par ses deux arêtes sur l’arête d’un bloc de plomb fixé sur une boite de résonance (fig. 2). Par suite des forces répulsives aux points de contact des deux blocs, lesmorceau de cuivre est soulevé légèrement, puis retombe, et
- comme le mouvement est très rapide, il se produit une vibration qui provoque un son qu’amplifie la boîte de résonance. Ce son est très intense et dure tant que la différence de température entre les deux blocs est suffisante. On peut appuyer forte-| ment sur le bloc de cuivre sans pour cela supprimer ! sa vibration, ce qui montre que les forces ainsi i décelées par cette expérience sont loin d'être petites.
- Si nous revenons maintenant à la formule (I), et que nous désignions par K la masse de la vapeur condensée pendant l’unité de temps sur la surface du liquide, il est évident que R ne peut en aucun cas être plus grand que G, et que lorsque l’état d’équilibre est atteint, il y a égalité entre ces deux grandeurs, c’est-à-dire que toute molécule gazeuse qui vient frapper la surface du liquide est happée par cette surface et condensée.
- Si on ne peut mesurer directement la valeur de K, vitesse de condensation, on peut observer k, la vitesse d’évaporation, qui est la différence entre la quantité du liquide évaporé et la quantité de gaz condensé par seconde. Lorsque l’équilibre est atteint, k est évidemment nul. On constate expérimentalement que la vitesse d’évaporation est fonction de la température et de la pression ; d’autre part, si on opère à température constante, k augmente avec la vitesse avec laquelle une molécule évaporée s’éloigne de la masse du liquide. En un mot, si chaque molécule qui quitte le liquide est empêchée de revenir vers la surface de ce liquide, k a une valeur maxima que l’on représente par km.
- Remarquons que km n’pst pas forcément égal à Iv, car rien ne dit que dans ce dernier cas, il n’y a pas des molécules arrachées de la surface du liquide par le choc des molécules venant de la région gazeuse. On peut donc simplement écrire les relations suivantes :
- G>K >km
- et c’est l’expérience seule qui déterminera les con ditions dans lesquelles on aura l’égalité.
- M. Ivnudsen a alors passé en revue quelques
- B/oc c/e cuivre
- Boii-e c/e résonance
- c/u b/oc
- Fig. 2. — L’expérience.du bloc de cuivre chantant.
- unes des expériences qu’il a entreprises à ce sujet.
- L’une des difficultés pratiques les plus grandes est celle de la parfaite propreté de la couche libre des liquides en expérience. Les résultats peuvent être entièrement faussés si une matière étrangère, même présente en quantité minime, souille le liquide à sa surface.
- p.70 - vue 74/688
-
-
-
- LE MÉCANISME DE L’ÉVAPORATION ET DE LA CONDENSATION = 71
- En opérant avec le mercure, que l’on place dans deux petits récipients identiques A et B (fig. 3), enfermés dans un ballon dont une partie est refroidie par l’air liquide, on observe l’évaporation du mercure qui vient se condenser sur la partie froide. On constate que, pour le récipient B, la perte de. poids est beaucoup plus importante que pour le récipient A. Or, il est facile de voir que dans le récipient B nous nous trouvons dans les conditions de mesure de G, tandis que À nous fournira une mesure de km. Pour fixer les idées, disons qu’avec les dimensions de récipient et d’ouverture indiquées sur la figure, en 50 minutes, A perd 1,1 mm de mercure et B environ 9 fois plus. On en déduit donc que km est au moins 9 fois plus petit que G.
- En poussant aussi loin que possible la purification de la surface libre du mercure, Knudsen a pu arriver à réaliser des expériences dans lesquelles km était égal à G. Il a ainsi montré que toutes les molécules qui viennent frapper la surface s’y condensent sans cependant influencer le taux de l’évaporation.
- Dans une autre expérience, Knudsen a trouvé, en opérant avec le mercure, qu’à la température de l’air liquide, toutes les molécules qui viennent frapper une paroi de verre s’y fixent. Le dispositif expérimental est représenté schématiquement sur la figure 4. Le mercure est disposé à la partie supérieure d’un tube A. Quand on plonge la partie inférieure du tube dans l’air liquide, on constate, au bout de 10 à 50 minutes, la formation d’un dépôt de mercure constituant un miroir réfléchissant et disposé comme il est indiqué sur la figure. Le fait remarquable est que la limite du dépôt, ab, est parfaitement nette et juste à l’affleurement de l’extrémité inférieure du tube B.
- Si, au lieu de l’air liquide, on se sert de l’acide carbonique liquide pour refroidir le système, on a les mêmes phénomènes, mais alors la limite de séparation ab, au lieu d’être nette, est incertaine et le dépôt est opalescent. Donc à cette température
- 4m/m
- d r~....~-i i:."..:.'. ,zi
- (<•----2C/77---7|
- A B
- Fig. 3. — Étude de l’évaporation du mercure.
- (— 79°) une partie des atomes de mercure peuvent être réfléchis .par le verre.
- On arrive ainsi à la notion de ce que l’on pourrait appeler une température critique pour le système mercure-verre, au-dessous de laquelle les molécules heurtant le verre sont toutes captées par lui. Cette température est voisine de — 135°. En opérant avec
- d’autres corps, même des métaux (zinc, cuivre, etc.) on trouve toute une série de températures critiques. Par exemple, pour le système cuivre-verre, la température critique est supérieure à 350®.
- Si les vapeurs frappent non plus une surface amorphe comme le verre, mais rencontrent la sur-
- -Mercure
- Bam
- d'air
- liquide
- Dépôt de mercure
- Fig. 4.
- Expérience montrant la fixation du mercure évaporé sur le verre à la température de l’air liquide.
- face d’un cristal de leur matière, Knudsen admet que, dans tous les cas, il y a fixation sur le cristal.
- Il semble d’ailleurs, mais la question n’a pas encore été étudiée, que lorsque les molécules se déposent dans les expériences précédentes, il y ait une tendance à l’orientation et à la formation de cristaux et même que les molécules ayant été happées par un cristal ne soient pas immédiatement « collées » sur ce cristal, immobilisées à leur point d’impact, qu’elles puissent au contraire se déplacer encore le long de sa surface, se disposer en certaines places avant même de s’orienter dans leur position finale.
- C’est ainsi que si un cristal a la forme d’une feuille mince, on constate qu’il croît beaucoup plus vite en longueur qu’en épaisseur. En d'autres termes, si l’on calcule l’accroissement de longueur en supposant que la tranche de cristal ne s’accroît que par annexion des molécules gazeuses qui viennent la rencontrer, on trouve des nombres plusieurs centaines de fois plus petits que ceux que l’on constate expérimentalement. Il faut donc admettre qu’une partie des molécules qui viennent heurter la surface de la feuille cristalline glissent ensuite sur cette surface et viennent s’accumuler sur les bords.
- D’ailleurs quelques expériences tendent à montrer qu’il en est bien ainsi, mais la question est très intéressante et loin d’être résolue.
- On voit, d’après ce rapide résumé des quelques points que le professeur Knudsen a étudiés, que le phénomène de l’évaporation et de la condensation est encore plein d’attrayants mystères sur lesquels on sait très peu de chose et qui offrent un large champ à l’activité des chercheurs, H. Vigneron.
- p.71 - vue 75/688
-
-
-
- 72 -----SBasmSSHSBFBSBB» =====
- LA FABRICATION MODERNE DES FICELLES ET CORDAGES
- Le travail manuel autrefois employé a été remplacé dans cette industrie par le travail mécanique qui donne aux produits obtenus une grande régularité. On a pu établir ainsi; d’une façon très précise, le degré de résistance de chaque catégorie de cordages et le baser sur des données mathématiques.
- Tous les textiles : chanvre, manille, aloès, sisal, jute, coton, etc., peuvent servira la fabrication des cordages, mais les meilleurs résultats sont obtenus avec le chanvre et la fibre de manille qui sont, du reste, les plus employés.
- Nous étudierons spécialement, dans une première
- Fig. i. — Le chanvre d’Europe (Cannabis sativa). A gauche : plante mâle; à droite : plante femelle
- partie, le traitement de ces textiles et dans la seconde partie, la fabrication des câbles métalliques.
- Auparavant, quelques considérations générales sur les textiles utilisés sont nécessaires.
- Chanvre.—Le chanvre d’Europe (Cannabis sativa) (fig. 1), est une plante annuelle dioïque, dont la culture en France, autrefois très répandue, ne se fait-plu s guère que dans l’Anjoii, le Maine, .un peu en Touraine, dans la Picardie et le Dauphiné.
- L’insuffisance de la production en France nous oblige à importer de grandes quantités de chanvre de l’étranger.
- En 1913, il en est entré environ 30000 tonnes, pour la plupart fournies par la Russie et surtout l’Italie.
- La superficie cultivée en France, 15000 hectares actuellement, tend à diminuer, par suite du manque
- de main-d’œuvre et surtout en raison de la répugnance des ouvriers pour les travaux pénibles de l’arrachage, du rouissage et du teillage.
- Il nous faut donc de plus en plus recourir à l’importation.
- Par suite de l’insuffisance actuelle de la Russie, c’est l’Italie qui devient notre principal fournisseur.
- Il existe d’autres variétés de plantes improprement appelées « chanvre » et qui sont généralement utilisées pour la fabrication des toiles, des ficelles et des cordages, ce sont :
- Jute. — Le jute ou chanvre de l’Inde (Corchorus
- Fig. 2. — Tige de jute (Corchorus capsularis).
- A gauche : plante mâle; à droit& : plante femelle.
- capsularis) (fig. 2) est importé de l’Inde en balles pressées.
- Il provient de deux espèces d’arbustes de la famille des Tiliacées. La récolte se fait en juillet, trois mois environ après l’ensemencement, au moment où apparaît la fleur.
- Les tiges, de 3 à 4 m. de long, sont coupées, liées ensemble, et rouies sous l’eau. Une quinzaine de jours après, l’écorce peut s’enlever facilement et les fibres, détachées des tiges, sont séchées à l’air, mises en balles et expédiées.
- La fibre du jute est un filament long, soyeux, souple, de couleur variable, blanc jaune, gris, ou brun clair, de.peu de ténacité, ne résistant pas bien à l’humidité qui lui fait perdre de sa force. Il se divise en faisceaux très fins qui se filent avec facilité.
- p.72 - vue 76/688
-
-
-
- LA FABRICATION MODERNE DES FICELLES ET CORDAGES :rr—•—r. 73
- Fig. 3. — Peignage et parallélisation des fibres pour en former un ruban.
- Les méthodes de travail actuelles permettent d’en faire en particulier des toiles à sac et d’emballage d’une solidité suffisante. Les plus belles qualités peuvent toutefois être employées à la fabrication de certaines étoffes : toiles cirées, toiles pour matelas, à bâches, torchons, tapis de pieds et même des velours spéciaux.
- Les moins belles sont utilisées dans la fabrication de chaussures de toile avec semelles en tresse. Cette industrie particulière est localisée dans la région pyrénéenne.
- La France a importé, en 1913, environ 122 000 tonnes de jute de l’Inde, brut, teillé ou peigné.
- L’industrie du jute s’est rapidement développée depuis les travaux de MM. Saint frères qui, vers 1860, en ont entrepris l’utilisation pour la fabrication mécanique des sacs, des toiles d’emballage et des tissus d’ameublement.
- Sisal. — Les fibres de sisal sont contenues dans les feuilles longues et charnues d’Agaves de différentes variétés.
- Les meilleures qualités viennent de Java, de l’Est Africain, de l’Afrique occidentale française ; les qualités plus ordinaires viennent du Mexique.
- L’Etat de Yucatan en exporte de très grosses quantités.
- Les fibres de sisal sont très blanches, leur longueur varie de 50 cm. à 1 m.
- Elles sont surtout utilisées pour la fabrication des ficelles pour moissonneuses-lieuses.
- Chanvre de manille.—C’est le textile le plus employé avec le chanvre d’Europe. Il est produit par une variété de bananier, le Musa textilis ou Abaca qui pousse en abondance dans les Iles Philippines.
- Quand la plante a environ 3 m.,on coupe la tige
- à sa base et on l’abandonne à la fermentation spontanée. Au bout de quelque temps, les fibres s’en extraient facilement. On en fait des câbles extrêmement résistants pour les transmissions, les mines, des cordages pour la Marine, des ficelles pour moissonneuses-lieuses/ .
- Les fibres sont d’un blanc jaunâtre, brillantes, soyeuses, peu souples, mais très résistantes, longues de 1 m. 50 à 2 m. environ. Plus légères que celles du chanvre européen, elles peuvent supporter sans altération les alternatives d’humidité et de sécheresse, les influences hygrométriques.
- Nous allons maintenant étudier les différentes phases de la fabrication des cordages en les suivant dans l’ordre normal de leur succession.
- Les balles de textiles, classées par nature, sont disposées dans de vastes locaux bien aérés et peu éclairés, sur des claies qui les isolent du sol et les préservent de l’humidité. Leur manutention est facilitée par des ponts roulants aériens, mus électriquement. D’ailleurs, dans tout le cours de la fabrication, la force électrique seule est employée, en raison de sa facilité de transport.
- Traitement du manille. — Nous distinguerons deux phases : la préparation et la filature.
- Préparation. — La préparation a pour but de disposer les fibres en un ruban continu très régulier, très uniforme, débarrassé des impuretés que pouvait contenir la matière première, et d’une grosseur correspondant à la finesse du 'fil que l’on veut obtenir.
- La préparation se divise elle-même en étalage et en étirage ou doublage.
- p.73 - vue 77/688
-
-
-
- 74 LA FABRICATION MODERNE DES FICELLES ET CORDAGES
- Fig. 5. — Doigt pleur.
- Dans'le centre on distingue la bobine sur laquelle s’enroule le fil retordu; à droite, on voit le fil sortant du doigt fileur, dans l’axe de la bobine.
- a) Étalage :
- Des petits chariots électriques d’une force d’environ 1 tonne, transportent les balles au pied de la première machine : V étal eu se (fig. 3). Les balles sont ouvertes, chaque poignée de manille est secouée pour bien séparer les fibres que la pression de la balle aurait pu agglomérer.
- Les poignées sont ensuite étalées sur un couloir en bois, disposé à la partie antérieure de la machine, appelé table à étaler et poussées en avant. Puis elles sont saisies par une paire de cylindres métalliques horizontaux très rapprochés à cannelures longitudinales, les cylindres fournisseurs. Ces cylindres entraînent les fibres, par leur rotation en sens inverse l’un de l’autre, sur une large chaîne sans fin à marche lente, dont chaque barre est garnie d’une rangée de grosses aiguilles robustes, longues et espacées.
- Une chaîne semblable, mais à marche rapide, fait suite à la chaîne lente. Les dents de la chaîne rapide traversent à grande vitesse la masse de fibres retenues par la chaîne lente ou bien entraînent les fibres, qui sont par suite forcées de circuler rapidement entre les peignes de la chaîne lente.
- Ces deux opérations assurent le parallélisme des fibres.
- Au delà de la chaîne rapide, une paire de cylindres métalliques, tournant à grande vitesse, délivre les fibres sous forme d’un ruban continu, qu’une femme dispose en cercles concentriques et superposés dans une boîle en bois.
- b) Étirage ou doublage :
- L’étirage est commencé d’abord sur des machines, dont le principe est identique à celui des étaleuses, mais qui n’ont pas de tables à étaler.
- On dispose devant ces machines, 8, 10 ou 12 des rubans obtenus à l’étaleuse. On réunit les extrémités de ces rubans que l’on fait passer sous les cylindres cannelés alimentaires.
- Comme la vitesse de sortie est environ 10 fois plus grande que la vitesse d’entrée, on obtient à la
- sortie un ruban d’une grosseur approximativement égale à la grosseur de l’un des rubans d’entrée.
- Les irrégularités respectives des rubans entrant dans la machine, se compensent, s’annulent mutuellement, et le ruban à la sortie, est déjà plus régulier.
- Il est reçu dans un pot en tôle ou en fibre vulcanisée.
- Sur l’une des premières machines étireuses, un compteur, muni d’une sonnette, avertit l’ouvrière quand une longueur donnée de ruban est faite. A ce moment, l’ouvrière coupe son ruban, et en recommence un nouveau. Tous les rubans produits par cette machine ont donc une longueur fixe et il suffit de peser les pots pour avoir le poids d’un mètre de ruban.
- Après plusieurs passages sur des machines du même genre, les rubans sont amenés sur de nouvelles machines d’un type différent.
- Elles sont composées d’une paire de cylindres cannelés alimentaires tournant lentement, puis d’une rangée de barres indépendantes, sur lesquelles sont fixées des aiguilles de plus en plus fines, suivant qu’il s’agit d’une machine de premier, deuxième ou troisième passage.
- Ces barres sont terminées à chaque extrémité par un tenon engagé dans une vis sans fin, la rotation de ces vis entraîne les barres jusqu’à l’extrémité de la machine; là, les barres n’étant plus maintenues, tombent verticalement d’une vingtaine de centimètres, elles sont reprises par leurs tenons dans deux autres vis sans fin qui tournent en sens inverse des premières et qui ramènent les barres en arrière d’où un système de bascule les remonte à leur position primitive.
- À l’extrémité opposée aux cylindres alimentaires, se trouve un gros cylindre entièrement garni de cuir sur champ pour avoir une plus grande adhérence et reposant sur un cylindre métallique plus petit.
- On dispose devant la machine, 6, 8 ou 10 pots contenant les rubans d’un précédent passage. Les rubans passent sur des guides élevés et se réunis-
- Fig. 6. — Peîoteuses.
- p.74 - vue 78/688
-
-
-
- LA FABRICATION MODERNE DES FICELLES ET CORDAGES ri:::.. ._.=r 75
- sent en entrant entre les cylindres alimentaires. Les fibres sont saisies par les dents des barres à peignes qui les entraînent lentement vers le cylindre éti-reur.
- Ce dernier saisit les fibres par leurs pointes et les oblige à circuler rapidement entre les dents de peignes des barres.
- La vitesse de sortie étant environ 10 fois plus grande que la vitesse d’entrée, on obtient à la sortie un ruban d’un poids égal ou inférieur à celui de chacun des 6, 8 ou 10 rubans qui ont servi à la former, mais beaucoup plus régulier.
- Le ruban qui sort de la machine est reçu dans un pot en tôle.
- FiJeuses. — Les broches fileuses (fig. 4) ont pour but de donner au ruban par un dernier étirage, le poids exact correspondant au fil que l’on veut obtenir et une torsion régulière suivant un nombre d’hélices déterminé pour en former un fil.
- Une broche fileuse se compose de trois parties :
- 1° Une chaîne sans fin portant des peignes à dents fines et serrées qui entraîne le ruban vers le doigt fileur ;
- 2° Le doigt fileur, petit tube en forme d’entonnoir d’un diamètre égal à celui du fil, qui a pour but de donner du brillant au fil, d’en coucher les poils et d’empêcher que la torsion ne se propage sur le ruban (fig. 5) ;
- 3° Au sortir du doigt fileur, le fil ainsi formé est fortement tordu par des ailettes métalliques tournant à grande vitesse et qui l’enroulent sur une bobine à axe tubulaire se déplaçant à l’intérieur d’un carter d’un mouvement régulier de va et vient. Ce mouvement, combiné à celui de rotation de la bobine autour de son axe, au moyen d’une came engagée dans la rainure en double hélice d’un arbre, répartit le fil uniformément sur la bobine.
- Si le fil ainsi produit est destiné à être vendu sous forme de ficelle pour moissonneuse-lieuse, il est porté aux peloteuses.
- Pelotage. — (Fig. 6). Les bobines sont placées horizontalement à la partie supérieure de la pelo-
- Fig. 8. — Corderie au tou g.
- Chariot à tirer. (Vue de la partie postérieure.)
- Fig. 7- — Corderie au long.
- Chariot à tirer. (Vue de la partie antérieure.)
- teuse, et le fil qui peut s’en dérouler librement passe dans les anneaux d’une broche et vient s’enrouler autour d’un axe incliné, disposé à la partie inférieure de la machine.
- Les dispositions relatives de cet axe et du plan de bobinage du fil, qui est vertical, donnent aux pelotes l’aspect bien connu d’un enroulement oblique.
- Les pelotes, obtenues en deux minutes environ, sont d’un poids uniforme de 2 kg 400, correspondant à la grosseur qui peut être utilisée dans les boîtes des moissonneuses-lieuses.
- L’arrêt du pelotage s’obtient automatiquement.
- Les pelotes de ficelle lieuse sont ensuite mises en paquets de 10, dans des sacs et sont prêtes à la livraison.
- On voit un de ces sacs sur la table gauche de la photographie.
- Les peloteuses sont généralement montées par deux à marche indépendante, surveillées par une seule ouvrière.
- Si le fil est destiné à la fabrication des cordages, il est porté à la corderie.
- Nous allons étudier les deux procédés de fabrication des cordages : la corderie au long et la corderie sur place.
- Corderie au long. — Un chariot métallique à quatre roues, pouvant se déplacer sur une voie ferrée de (100 m. de longueur environ, porte à sa partie antérieure une couronne de douze crochets au centre de laquelle est disposé un autre crochet indépendant, de plus grandes dimensions.
- Cet appareil porte le nom de chariot à tirer, tête mobile ou foreboard (fig. 7 et 8). Les crochets de la couronne sont solidarisés par engrenages avec les moyeux des roues du chariot de telle sorte que pendant la progression de celui-ci sur les rails, ils reçoivent un mouvement de rotation sur eux-mêmes, toujours subordonné à la marche même de l’appareil, c’est-à-dire qu’ils font toujours le même nombre de tours par mètre de déplacement du chariot. De cette façon, la torsion des torons est rigoureusement uniforme dans toute sa longueur. Elle est du reste
- p.75 - vue 79/688
-
-
-
- DEUX CRUSTACÉS EXCENTRIQUES -
- 76
- réglable et peut varier avec la grosseur des cordages et les usages auxquels ils sont destinés.
- En regard du foreboard est placé un appareil fixe portant une couronne identique de crochets qui peuvent également tourner sur eux-mêmes : c’est la tête fixe.
- En arrière de la tête fixe sont installés des cadres en bois, de grandes dimensions, appelés bobiniers sur lesquels sont disposées les bobines de fil de caret et où elles peuvent se dérouler librement.
- Les fils provenant de ces bobines passent d’abord à travers un disque de forte tôle percé de trous disposés circulairement (grille) de façon à permettre un enveloppement régulier, puis ils sont engagés dans un tube métallique dont le diamètre intérieur est à peine égal à la grosseur du toron à obtenir (un tube par toron).
- Les fils arrivant dans ce tube, dans la disposition régulière qui leur est donnée par la grille, sont obligés, à cause de l’exiguïté même du tube de se placer d’une façon très uniforme qui assure la régularité de leur tension. La torsion leur est ensuite donnée par le foreboard. Pour cela, on attache ensemble, à chaque crochet de la couronne de la tête mobile, le nombre de fils nécessaires à la formation d’un toron, en utilisant autant de crochets que l’on veut obtenir de torons pour le câble à former et on fait reculer le foreboard.
- Les crochets, en tournant sur eux-mêmes en même temps que la progression du foreboard les éloigne des tubes, tordent les fils ensemble et forment les torons.
- Lorsque le chariot est arrivé à l’extrémité de sa course, on détache de ses crochets extérieurs les
- torons formés et on les réunit à son crochet central. En même temps, on les coupe au niveau de la tête fixe (à leur sortie des tubes) pour les accrocher respectivement aux crochets de cette dernière.
- On fait alors avancer sur la voie ferrée, jusqu’à le mettre en contact avec le foreboard, le chariot porte-coachoir. C’est un simple chariot métallique qui supporte une pièce de bois de forme tron-conique, le couchoir, creusée suivant ses génératrices d’un certain nombre de rainures également distantes l’une de l’autre, dans lesquelles on place les torons. Le couchoir est disposé de façon que son axe, qui est horizontal, soit exactement dans le prolongement de celui du crochet central de la tête mobile.
- Les crochets de la tête fixe sont alors animés d’un mouvement de rotation qui donne de la torsion aux torons, tandis qu’ils sont retordus ensemble par le crochet du foreboard. Le câble se forme ainsi peu à peu derrière le couchoir qui avance progressivement jusqu’à revenir au contact de la tête fixe. Le câble est terminé.
- La torsion des torons a pour effet d’en diminuer la longueur et provoque un certain avancement du foreboard. Afin de limiter la grandeur de ce déplacement, le chariot à. tirer est muni d’un dispositif de freinage qui assure une tension très régulière du câble pendant l’opération.
- Le câble terminé est placé dans une longue gou-lotte en bois à une extrémité de laquelle il est mis en rouleau.
- Dans un prochain article nous étudierons la cor-derie sur place.
- (A suivre.) Georges Gallois.
- DEUX CRUSTACÉS EXCENTRIQUES
- Le Crabe géant à échasses et l’écrevisse fouisseuse.
- Dans un article de La Nature (') consacré aux nouvelles collections de Crustacés du Muséum, nous avons cité sans le décrire un Crabe du nom de Macrocheira Kampferi et une Ecrevisse répondant à la désignation scientifique de Cambarus Dio-genes.
- Ce sont deux Crustacés aberrants : le premier par sa constitution anatomique qui en fait le géant de son groupe ; le second par ses mœurs qui l’assimilent à la taupe et autres animaux fouisseurs.
- On sait peu de choses sur chacun d’eux. Aussi donnerons-nous dans cet article la quasi totalité des renseignements que nous avons pu recueillir, grâce à l’aide obligeante de M. le professeur Ch. Gravier.
- *
- * *
- Le Macrocheira Kampferi est représenté au Muséum par trois exemplaires.
- 1. La Nature du 22 juillet 1922.
- L’un est démantibulé pour tenir moins de place dans une des vitrines (vitrine 12) de la collection de Crustacés. Les deux autres développent au contraire leur grands corps intact dans des cages de verre, suspendues au plafond de la salle dite d’entomologie appliquée.
- En voyant ces spécimens, on aura tout de suite une idée précise de la taille et de l’aspect dès Macrocheira. Le corps proprement dit n’est pas très volumineux. Par contre les pattes sont de véritables échasses articulées atteignant de un à deux mètres de longueur. Les pinces sont encore plus considérables et mesurent jusqu’à 2 m. 50. C’est à ce dernier caractère que fait allusion le nom générique Macrocheira, de uaxpdç long et main ou
- pince.
- Si les pinces sont excessivement allongées, par contre leurs mors ne sont pas aussi robustes ni redoutables que ceux des Homards. Il s’en faut même de beaucoup. Les pinces du Crabe à échasses
- p.76 - vue 80/688
-
-
-
- DEUX CRUSTACÉS EXCENTRIQUES
- 77
- rappellent plutôt, par leurs dimensions réduites, celles des Langoustes et des Araignées de mer.
- Poussons plus loin celte comparaison. On sait que les Araignées de mer (Maia squinado, M. verrit-coscl) sont des Crabes assez communs sur nos côtes et comestibles.
- Leur corps épineux, pointu en avant et toujours plus ou moins recouvert d’algues et d’autres objets (*) inspire la répugnance et la crainte. Lien n’est plus inoffensif cependant qu’une Maia. Quand on la saisit, elle recroqueville ses longues pattes et ne cherche pas à utdiser ses pinces, d’ailleurs très faibles comme nous l’avons dit.
- Le Macrocheira Kampferi appartient au même groupe zoologique des Oxyrhynques (de ô;üç, pointu et puyyoç, bec ou rostre) que nos Araignées. C’est une Araignée de mer gigantesque... rien de plus, et, bien certainement, malgré sa stature qui sort de l’ordinaire, il n’offre aucun danger pour l’homme.
- C’est un bon géant...
- D’ailleurs il a l’air gauche et tant soit peu ridicule sur ses pattes-échasses. On dirait un Martien
- 1. La Nature du 25 novernbrc 1922.
- Fig. 2. — Le terrier de l’Écrevisse fouisseuse (Cambarus Diogenes) des États-Unis.
- a, b, orifices; c, refuge latéml; d, chambre où se tient l'Écrevisse.
- Fig. i.
- Le Crabe géant à éditasses (Macrocheira Kampferi) des ailes du Japon. (Dessin de A. Millot.)
- de Wells. Ce que l’on sait de ses mœurs n’est guère plus à son avantage.
- On n’a trouvé jusqu’ici le Macrocheira Kampferi que sur les côtes du Japon. 11 vit normalement entre 270 et 360 mètres de profondeur. Les exeim plaires capturés l’ont toujours été par le plus grand des hasards, à la faveur d’un coup de filet destiné à la pêche d’autres animaux.
- Le savant allemand F. jDollein a pu observer un spécimen vivant. Il raconte, dans son Reise in Ostasien, que ses marins attachèrent l’animal avec un long cordon à l’un des .cordages du bateau et le laissèrent déambuler à sa guise sur le fond de la mer, au voisinage immédiat du rivage. L’animal marchait comme un spectre étrange, dans l’eau verte du fjord, où se détachaient ses jambes grêles, marbrées de rouge très vif. Mais lorsque le vent agitait même doucement l’eau, il avait de la peine à se maintenir debout et on le voyait chanceler de côté et d’autre.
- Cet équilibre instable explique assez bien que le Macrocheiraj ne puisse vivre qu’à des profondeurs suffisamment grandes pour que ni les vagues, ni les courants marins ne s’y fassent sentir. En un mot c’est une forme d’eau tranquille.
- La reproduction que nous donnons ici d’un Macrocheira Kampferi est due au regretté dessinateur, professeur au Muséum, A. Millot. Ellesetrouve également dans les collections dont elle n’est pas une des moindres curiosités.
- *
- Pour se renseigner sur lés Écrevisses, la première idée qui vient à l’esprit est de recourir au fameux livre d’Huxley intitulé L'Écrevisse ; Introduction à l'étude de la Zoologie.
- On y trouve les indications suivantes à propos des Écrevisses de l’Amérique du Nord : « Dans la Colombie anglaise, l’Orégon et la Californie existent.
- p.77 - vue 81/688
-
-
-
- L’ORIGINE DU FEU
- 78
- une demi-douzaine de sortes d’Écrevisses, differentes de celles de l’ancien monde, mais apparlenant encore au génre Aslacus. Au delà des Montagnes Rocheuses, depuis les grands lacs jusqu’au Guatemala, les écrevissent abondent, on en a décrit jusqu’à trente-deux espèces différentes; mais elles appartiennent toutes au genre Cambarus. Des espèces de ce genre se trouvent aussi à Cuba, mais pas que l’on sache, 'a présent, dans les autres îles des Indes occidentales. »
- Ainsi les Ecrevisses de la plus grande partie des Eials-Unis — mis à part le versant pacifique des Montagnes Rocheuses — appartiennent à un aulre genre que les Ecrevisses d’Europe et de France. La principale différence anatomique enlre une Cambarus et une Aslacus réside dans le nombre des branchies. Il y en a 17 de chaque côté du corps dans le premier genre et 18 dans le second genre. Ajoutons que chez les mâles de Cambarus, le troisième article (ischiopodite) de laseconde et delà troisième patte ambulatoire de chaque côté est pourvu d’un prolongement conique recourbé en crochet.
- Peu importent d’ailleurs ces caractères anatomiques. L’Ecrevisse fouisseuse (Cambarus Dio-genes) des États-Unis nous intéresse surtout par ses mœurs étranges.
- Elle est très abondante aux environs de Washington et alimente les marchés de la ville. Le dessin de Mlle Vesque, qui figure dans les galeries du Muséum et que nous avons fait reproduire ci-contre, représente l’Écrevisse au fond du terrier qu’elle se creuse dans les terrains argileux. Au fond reste toujours un peu d’eau qui lui suffit à assurer ses besoins respiratoires très minimes.
- La galerie verticale aboutissant à la chambre inférieure peut avoir un mètre de longueur et quatre centimètres de diamètre. Elle présente d’ordinaire des ramifications latérales (c) qui constituent autant de refuges, soit contre des ennemis, soit plutôt contre des facteurs physiques : inondation par temps de pluie, sécheresse en été, grand froid en hiver.
- Enfin le terrier possède deux orifices : l’un au sommet du puits vertical (b), l’autre à l’extrémité d’une galerie oblique (a). On remarquera sur le dessin que les orifices sont au sommet de monti-ticules, sortes de cratères, qui résultent de l’accumulation des matériaux rejetés par l’Écrevisse.
- 11 n’est pas rare de rencontrer, aux États-Unis, des Cambarus Diogenes à plusieurs centaines de mètres de tout ruisseau.
- Léon Behtin,
- Agrégé do t’Universilé'
- L’ORIGINE DU FEU
- Dès que l’homme sortit de sa prime enfance, dès qu’il abandonna la coutume barbare de s’alimenter de viande pantelante, et de racines arrachées au sol, il semble que le premier signe de son intelligence s’enregistra par la cuisson des aliments. Toutes les découvertes récentes des traces de l’Homme préhistorique s’accompagnent des marques évidentes de l’existence du feu.
- Où celte coutume prit-elle naissance? D’où, par quel moyen cette découverte qui marque une étape si importante de l’évolution de l’intelligence humaine est-elle venue? Qui le dira jamais ?
- Toqt porte à croire cependant que l’homme qui sut tirer du silex tous les éléments, ployés à ses besoins, sut bientôt aussi capter et retenir l’étincelle fugace qui jaillit'de la pierre.
- Mais longtemps, sans doute, il ne fut pas le maître de cet élément, n’en trouve-t-on pas la preuve dans les soins jaloux, donnés dans l’antiquité, à la conservation du feu et la vénération qu’entourait celles dont la mission sacrée était d’en conserver pieusement la garde ?
- L’histoire des origines gardera le plus souvent, pour nous, ses secrets. Cependant, ce que ne veut nous dire le temps passé nous le découvrons parfois dans l’espace. Hâtons-nous de consigner les gestes captivants des races primitives qui dans quelques coins encore ignorés sont restées elles-mêmes. Elles ont-conservé des coutumes ancestrales qui nous ramènent vers les origines de l’homme. Et nous les avons saisis en des points inviolés par l’homme blanc qui en leur apportant la civilisation
- effacera bientôt les dernières traces matérielles de l’origine de nos coutumes.
- Et ce qui étonne c’est de retrouver, en des centres les plus distants, aujourd’hui séparés par des mers profondes, des coutumes qui partout sont les mêmes. On y veut voir, non sans raisons, sans doute, la preuve des jonctions disparues avant, encore que l’homme n’eut une notion exacte de sa puissance latente. Que de faits semblent raccorder ainsi des lambeaux du domaine terrestre, aujourd’hui si distants ! Mais comment expliquer des pratiques, éparses sur les continents et qui sont les mêmes et conduisent aux mêmes résultats ?
- Et, puisque* notre esprit inquiet des problèmes du passé s’ingénie à expliquer toute chose, comment ne trouverait-il pas dans cette concordance des faits, la réponse ou tout au moins la présomption de la grande hypothèse de l’origine sinon unique du moins par grands groupements? Elle semble apporter un grand poids à la connaissance des genèses.
- Et ainsi du feu. On sait que les Polynésiens le produisent par, dit-on, « là friction de deux bâtons l’un contre l’autre ». C’est là une définition fort incomplète du procédé, sans doute.
- De même nous lisons dans les relations d’un voyage récent, à Négrine. aux confins du Sahara algérien, la-description de la production du feu par les indigènes de ces régions.
- • « Les allumeurs de feu sont venus dans la cour du bordj. Ils ont apporté la lige d’un régime de dattes sur lequel ils ont pratiqué une légère dépression. Un homme
- p.78 - vue 82/688
-
-
-
- GUSTAVE EIFFEL
- 79
- avec son pied en maintient la lige contre le sol. Son compagnon, courbé, fait mouvoir rapidement dans l’entaille un petit morceau de bois appointé en biseau. Quelques moments suffisent. Bientôt une âcre odeur se dégage, un peu de fumée légère apparaît, la braise rougit ; le feu est né. Inutile d’ajouter qu’il nous a été impossible avec notre maladresse de civilisés de reproduire le miracle. »
- Nous avons vu, nous aussi, naître le feu, par un procédé analogue, le même sans doute. Mais il faut préciser et alors le miracle s’accomplit facilement.
- Sans doute les vieux Arabes malins, n’ont pas voulu révéler au « roumi» le secret de leur procédé. L’homme primitif aime garder pour lui ce qu’il croit être une marque de sa supériorité.
- Nos observations datent de plus loin.
- Il s’agit des régions, alors inexplorées des confins du Tchad. Là aussi les primitifs qui jamais encore, niant notre venue, n’avaient vu « le blanc » produisaient le feu par la friction du bois. Nous avons noté le procédé que nous avons vu employer pour obtenir, sans peine, le résultat cherché.
- Voici comment procèdent ces noirs. Et qu’ils soient Banziris, N’Gapons ou Sarras leurs moyens sont toujours les mêmes :
- Dans un fragment de bois très dur, tel l’ébène ou le palissandre, une petite dépression conique est creusée profonde seulement de un ou deux centimètres. Quand
- il s’agit d’obtenir du feu, l’indigène prend entre ses deux mains ouvertes et jointes un bâtonnet de bois dur de la grosseur du petit doigt et terminé à l’une de ses extrémités en un cône régulier comme le serait un crayon soigneusement taillé. Après avoir mis dans la dépression du billot une petite pincée de sable siliceux, bien propre, il donne au bâtonnet dont la pointe s’applique dans la dépression un vif mouvement de roulement par là friction de ses deux mains.
- Sous l’action des grains de silice et du frottement-le bois s’échauffe vite. Sur les bords de la dépression du billot on a eu le soin de déposer une petite pincée d’une bourre fine qu’on est allé prendre à l’aisselle d’un grand palmier, le Borassus, et qui bien séchée et conservée dans un petit sachet de cuir va jouer le rôle d’amadou Quelques roulements encore du bâtonnet et la bourre fume déjà. Alors, se penchant, l’indigène souffle doucement. La fumée devient plus dense et la bourre s’enflamme.
- Les deux éléments essentiels de la .production du feu sont donc le sable fin et la bourre sèche et non pas le bois lui-inême.
- Et tout indigène des régions primitives où le blanc ne lui a pas apporté encore .la bienfaisante boite d’allumettes à laquelle il s’habituera, si vite, porte avec lui la baguette de bois, le sable lavé, la bourre sèche.
- G. Dvbowski.
- GUSTAVE EIFFEL
- M. Gustave Eiffel est mort à Paris, le 28 dé^-cembre 1925, à l’àge de 91 ans. La France perd en lui un de ses plus illustres ingénieurs en même temps qu’un savant distingué. Car Eiffel était non seulement le grand constructeur que tout le monde connaît; il a été de tout temps un grand ami de la science, pure ou appliquée; et lui-même l’a cultivée avec succès.
- G. Eiffel est né à Dijon en 1832. Ancien élève de l’Ecole Centrale, il aborda, dès sa sortie de l’Ecole, les problèmes relatifs à la construction des grands ouvrages métalliques, alors à leurs débuts, et il y affirma bien vite sa maîtrise. Dès 1858, il dirigeait la construction du pont en fer construit à Bordeaux sur la Gironde, pour le passage de la voie ferrée. Ce pont était alors l’un des plus grands que l’on eut jamais lancés.
- En 1867, il:établit les plans et les calculs de la fameuse galerie des Machines construite pour l’Exposition Universelle. M. Eiffel devint ensuite l’un des plus grands constructeurs de ponts métalliques du monde, et l’on retrouve ses ouvrages dans l’Europe entière; tous remarquables par leur hardiesse, leur élégance de lignes, et leur solidité : citons le pont du chemin de fer de Porto sur le Douro, au Portugal, de 160 m. d’ouverture, le viaduc de Tardes sur la ligne Monlluçon-Eygurande dont le tablier est à 80 m. au-dessus du fond de la vallée, le viaduc de Garabit de 165 m. d’ouverture, le pont de chemin de fer sur le Tage, sur la ligne de
- Cacerès en Espagne de plus de 310 m. de long; le pont de Vianna, au Portugabsur la ligne de.Minho, long de 724 m. ; le pont-route de Szegedin en Hongrie, etc.,
- L’ouvrage le plus célèbre, le plus discuté aussi 1 de G: Eiffel est la tour de 500 m. de haut qui porte son nom, et qui le rendit populaire ; c’est aujourd’hui encore le plus haut monument du monde. On sait qu’elle fut construite pour l’Exposition de 1889 dont elle constitua, indiscutablement, le « clou ». .En butte tout d’abord aux critiques les plus vives de la part de tous ceux dont elle déroulait l’esthétique, la Tour Eiffel a conquis peu à peu l’admiration presque unanime des délicats; elle s’est s’y bien incorporée aux paysages parisiens, que sa disparition provoquerait aujourd’hui plus de protestations encore que n’en souleva sa construction.
- G. Eiffel était très attaché a sa tour; il voyait en elle son « chef-d’œuvre » au sens où les artisans d’autrefois entendaient le mot. Et la pensée qu’elle pourrait un jour être jetée bas lui était fort douloureuse. Aussi s’attacha-t-il dès l’origine à lui créer des emplois utiles, qui la défendraient plus tard contre les attaques des démolisseurs. C’est ainsi qu’il fut amène à en faire dès le début un centre d etudes scientifiques de tous genres. C’est là qu’il trouva lui-même, au sein de la science pure, un refuge paisible, lorsque, pris dans la tempête du Panama, où il avait entrepris des travaux à tous égards remarquables, impliqué dans un
- p.79 - vue 83/688
-
-
-
- 80
- GUSTAVE EIFFEL
- procès injuste et abreuvé d’amertumes, il renonça pour toujours à la carrière de constructeur où il avait conquis une gloire légitime, pour le plus grand renom de son pays.
- Au sommet de sa Tour, G. Eiffel s’était réservé des locaux qui lui servirent de bureau d’étude et de laboratoire ; parmi les travaux et les recherches auxquels il comptait faire servir la Tour, figuraient au premier rang des observations astronomiques, des recherches physiques, chimiques, météorologiques et biologiques. Dès 1889, un observatoire météorologique parfaitement outillé y était installé par les soins et aux frais d’Eiffel. En 1891, il faisait installer pour le physicien Caille-tet, le célèbre manomètre de 500 m. de haut.
- Lorsque la télégraphie sans fil fit son apparition, la Tour constitua immédiatement un support d’antenne alors sans rival au monde, et M. Eiffel s’empressa defaciliter à un jeune officier du génie, le capitaine Ferrié, la création d’un poste de télégraphie sans fil à la Tour. Ce poste a été, on le sait, le berceau de la télégraphie sans fil en France et, après bien des modifications exigées par les progrès de la science, il constitue encore un organisme précieux pour l’émission des messages scientifiques et pour la diffusion par téléphonie sans fil.
- C’est à la Tour également que G. Eiffel commença les études sur la résistance de l’air qui devaient ajouter à sa gloire d’ingénieur le renom du savant pur. C’était là un sujet sur lequel son attention avait été attirée de longue date par les difficultés et les accidents imputables au vent dans la construction des ouvrages d’art. II avait pu observer que les
- coefficients dont se servaient les ingénieurs pour prévoir les effets du vent étaient imprécis et que la réalité infligeait souvent de cruels démentis aux calculs.
- Il fut ainsi amené à entreprendre d'abord des mesures sur des corps de formes diverses, tombant en chute libre du haut de la Tour. Des dispositifs ingénieux lui permettaient d’enregistrer à
- chaque instant la vitesse du corps, et la résistance de l’air. Ces premières recherches lui démontrèrent l’importance et la complexité du problème et le conduisirent à construire, àAuteuil, un laboratoire aérodynamique excellemment outillé. Il y effectua de 1909 jusqu’à ses derniers jours, des études remarquables et de la plus haute importance sur les formes des surfaces portantes en aviation et sur les hélices aériennes.
- La guerre démontra l’importance fondamentale de ces travaux qui ont été un guide précieux pour tous les constructeurs aé-ronautiques et qui font autorité à l’étranger comme en France. Quand les hostilités éclatèrent, le laboratoire Eiffel était le seul centre d’études aérodynamiques, organisé et outillé dont la France disposât, et il fut largement mis à contribution, au grand bénéfice de la défense nationale.
- G. Eiffel a cruellement éprouvé les effets de l’ingratitude des hommes ; mais il a assez vécu pour se voir rendre pleine justice.
- Il s’est éteint paisiblement, comblé d’honneurs, et laissant un nom à bon droit illustre.
- A. Trolleh.
- Gustave Eiffel.
- Le Gérant : F. Masson. — Imprimerie Lahimie, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- p.80 - vue 84/688
-
-
-
- Fig. i. — Les différentes phases de la fabrication d’un vase en cuivre repoussé. (Au-dessous, le disque et ses ébauches successives ; au-dessus, là pièce prend peu à peu sa forme définitive..)
- LA RENAISSANCE DU MÉTAL REPOUSSÉ
- Depuis un quart de siècle environ, d’entreprenants statuaires s’efforcent de rénover les arts du métal que es Benvenuto Gellini et les Germain portèrent jadis i un haut degré de perfection. Emile Robert, Irandt et Szabo ont mis à la mode les travaux de erronnerie. Jules Brateau cisela, dans l’étain des )lats et des vases d’une remarquable facture. Avec es Bouillhet, les Falize et les Froment-Meurice, 'orfèvrerie française sort de plus en plus des sen-iers battus, tandis que les bijoux de Lalique ne se listinguent pas seulement par la grosseur de leurs gemmes, mais par les lignes gracieuses de l’or ou du latine qui les entoure, par la délicatesse et l’ori-jinalité de leurs artistiques encadrements. Maurice hifrène, Raymond Subes et Franz Scheideker ont smployé leur talent à sculpter des boutons de torte, des crémones ou autres bronzes d’apparte-nent. Enfin dans l’atelier du maître Jean Dunand,
- nous étudierons surtout aujourd’hui la renaissance du cuivre repoussé et ciselé.
- Comme on le sait, le repoussage consiste à donner, simplement avec un marteau, les formes désirées à une feuille métallique ou à y sculpter superficiellement des ornements en relief. Pour cela, on appuie le métal sur un billot en bois (fig. 3) une enclume en fer ou un outil en acier dur et le choc emboutit le métal par contre-coup. On peut d’ailleurs procéder de deux manières différentes : refouler la face en repoussant l’objet en dessus ou travailler son revers en dessous. D’autre part, cette technique manuelle se différencie nettement de /’estampage, industriel qui permet de réaliser mécaniquement des creux ou des reliefs dans des pièces métalliques, grâce à des presses qui les emboutissent à force dans des matrices appropriées. Mais de l’usine sortent des lampes et des coupes, des chaudrons ou
- Fig. 2.
- Coupes, vases et cendrier, en métal repoussé, patiné ou incrusté d’argent, de Jean Dunand.
- N° 2601. — 9 février 1924.
- 6. — 81
- p.81 - vue 85/688
-
-
-
- Fig. 3. — La première opération du repoussage.
- (Le sculpteur appuie sur un billot en bois le disque de métal qui se creuse, petit à petit, sous les chocs répétés du maillet ou du marteau.)
- des vases, repoussés grossièrement, car la machine agit sur la matière d’une façon brutale, tandis que l’artiste en modifie doucement la structure moléculaire.
- M. Edmond Monod-Herzen a émis certaines hypothèses qui expliqueraient, en effet, les différences constatées entre -les deux genres de repoussé. Selon cet artiste expert, les métaux se composeraient de minuscules grains cristallins, irréguliers, formés à leur tour d’une multitude de facettes, d’orientation déterminée. Les diverses parties de ces grains peuvent glisser le long de certains plans. Sous l’influence de forces extérieures, les particules élémentaires de l’agrégat cristallin se déforment petit à petit. Au début, ne se trouvant pas orientées dans le sens que va prendre l’écoulement du métal, elles résistent en réagissant les unes sur les autres. Mais, grâce à leur plasticité, elles finissent par prendre à la longue, sous les actions alternatives du marteau et du feu, des changements de forme durables. Le dégrossissage acquiert donc une importance fondamentale en constituant dans le métal une sorte d’ossature qui conservera, sous les martelages, les étirages, les cintrages et les chauffages au four, le caractère général du premier travail débauchage. En un mot, l’outil du repousseur doit pénétrer le métal d’une façon intime afin de transformer successivement ses lignes, son volume et sa forme.
- Quelle que soit, du reste, la valeur de ces vues théoriques, la technique de M. Jean Dunand, de ses élèves et de ses émules contemporains, s’en inspire. Regardons-les maintenant appliquer les principes précédents au martelage du fer, de l’acier, du cuivre, du nickel et de l’étain, à la ciselure de l’or et de l’argent. Que de passes nombreuses et savantes (fig. 1) pour tirer d’une simple feuille métallique un vase aux contours harmonieux, une coupe artis-
- tique ou un gobelet décoré d’une façon sobre mais originale 1
- D’abord avec un maillet et un marteau spécial, le sculpteur frappe le disque qui, petit à petit, se creuse; devenu cuvette ou manchon cylindrique, il passe à la forge afin d’y recevoir les chaudes caresses du chalumeau (fig. 4). Trente ou quarante fois, les flammes ou le marteau alternent pour rendre sa malléabilité au métal écroui. Sous l’effort des bras de l’artisan, l'objet en cours de fabrication finit par prendre sa forme définitive.
- Il ne reste plus qu’à le décorer. Toutefois les opérai ions précédentes ne s’effectuent pas, en réalité, d’une manière aussi simple. Elles se décomposent en une série de phases longues et délicates qui nécessitent quelques explications complémentaires.
- Dans les premiers emboutissages, on commence par rabattre la feuille de métal avec un maillet en bois sur des billots, sur des champignons en acier ou sur une enclume très allongée dite bigorne (fig. 5). Cette dernière porte à son extrémité un « tas » mobile, sorte de pyramide renversée en acier, dont la pointe s’engage dans un billot et dont
- Fig. 4. — Recuit au chalumeau.
- (Trente ou quarante fois les flammes ou le marteau alternent pour rendre sa malléabilité au métal écroui.)
- p.82 - vue 86/688
-
-
-
- LA RENAISSANCE DU MÉTAL REPOUSSÉ
- 83
- la partie supérieure soigneusement polie permet de planer, de dresser ou de canneler la surface du métal. Grâce à la bigorne, l’artiste donne à la pièce la position voulue et, selon la théorie de Monod-Iierzen, il peut l’orienter dans le sens des molécules cristallines. Le martelage doit aller du centre vers la périphérie du disque métallique, sans jamais frapper deux fois de suite le même point. Une fois parvenue au bord de la feuille, on recuit celle-ci à la forge, on la trempe dans l’eau pour la refroidir et ensuite on la neltoie à la sciure. Sous ces martelures répétées et méthodiques, l’étendue du métal diminue, il subit une retreinte. Les chocs se produisent en zones concentriques de plus en plus serrées ;
- Fig. 5. — La retreinte d’une pièce sur la bigorne.
- (Sous les martelures répétées et méthodiques, l’étendue du métal diminue et les formes essentielles de la pièce se précisent.)
- horizontalement en fixant son pied entre les mâchoires d’un étau (fig. 0). À l’autre de ses extrémités, la recingle se termine par une boule.
- Cet outil sert à repousser, de dedans en dehors, un décor très accentué sur un vase, une coupe ou autre pièce creuse et arrondie. Voici d’ailleurs comment l’artiste opère.
- Après avoir tracé avec une pointe le dessin à reproduire sur la surface d’un objet, le ciseleur coiffe horizontalement avec celui-ci, la recingle, qui porte, en outre, une branche recourbée servant de guide.
- 11 amène alors, sur la pointe cachée de l’instriiment, l’endroit à décorer. Puis, d’un coup sec porté avec
- Fig. 6.
- Repoussage d’un vase à la recingle.
- (La recingle est une longue tige d'acier que l’on dispose horizontalement en fixant son pied entre les mâchoires d’un étau. A l’autre extrémité, la recingle se termine par une boule. Cet outil sert à repousser de dedans en dehors un décor très accentué.)
- après l’achèvement d’un cercle de repoussage, la série de frappe suivante dirige les particules métalliques vers le fond au lieu de les chasser vers le bord. Cette manière d’opérer détermine, par exemple, l’allongement du coi d’un vase tandis que la panse s’élargit. D’une façon génù» raie, le travail à la bigorne précise les lignes essentielles de la pièce.
- L’objet passe alors sur la recingle ou longue tige d’acier qu’on dispose
- p.83 - vue 87/688
-
-
-
- 84 ....—. LA RENAISSANCE DU METAL REPOUSSE
- Fig. 8. — Gong en bronze patiné avec incrustations d’argent. (Œuvre de J. Dunand.)
- le marteau sur la baguette d’acier près de l’étau, il provoque le tressautement de celle-ci. Aussitôt le contre-coup de la recingle frappe intérieurement l’objet et en détermine, peu à peu, le relief. On parvient ainsi à repousser des décors sur des vases ou des bouteilles au col long et mince.
- Le praticien travaille à la recingle avec un -soin méticuleux. Les feuilles d’arbres, les fruits, les animaux ou les reliefs quelconques ne doivent surgir qu’avec lenteur de la masse du métal, afin que l’objet garde la pureté de sa forme, l’harmonie de ses lignes décoratives et surtout ne crève pas sous les efforts du martelage.
- Pour sa part, Jean Dunand a rénové la décoration du métal repoussé par des procédés très personnels. 11 a imaginé des outils spéciaux pour chaque métal, pour chaque alliage. Les uns lui servent à travailler le cuivre ou le bronze; avec les autres, il sculpte l’étain ou le plomb, il cisèle dans le fer ou l’acier les herbes des champs, les fleurs des prairies aussi bien qu’il orne ses amphores avec Jes serpents des forêts tropicales, les poissons ou les algues, ses plateaux et ses tables avec les tigres et les panthères delà jungle, en s’efforçant toujours d’harmoniser entre eux, la matière, la forme et les ornements (lig. 2). , _ - - _ :
- Son matériel de ciselure est aussi assez compliqué. Il commence par caler un boulet demi-sphérique et creux en fer sur le « panonier », sorte d’épais rond de cuir autour duquel il peut tourner en tous sens.
- Puis dans ce récipient rempli d’un ciment particulier, formé de résine, de suif et de cire, il introduit à chaud l’objet à ciseler qui, après refroidissement, y reste fixé d’une manière rigide. Alors il ébauche son dessin au matoir. Avec cet outil, dont l’extrémité est façonnée en vue des variétés d’empreintes à produire, il laisse sur la surface métallique un léger sillage lui permettant d’en reconnaître les grandes lignes pendant le reste de sa besogne. Pour l’achèvement du travail de décoration, il emploie, indépendamment des instruments courants, des ciselels et des ri (loirs spéciaux (lig. 7).
- Les ciselels sont des tiges d’acier longues d’une dizaine de centimètres environ et dont l’épaisseur varie de 3 à 10 millimètres ; suivant les modelages à effectuer, l’artisan façonne, à son gré, l’extrémité de ces instruments, destinés à fouiller superficiellement le métal et dont il existe une grande diversité de modèles.
- Quant aux rifloirs de toutes grosseurs, ils ne se distinguent des limes ordinaires que par leurs deux extrémités taillées en forme de bouts de doigts, de façon à permettre au ciseleur de fignoler dans tous les coins de ses artistiques productions, dans tous les creux de ses vases, dans tous les replis de ses bouteilles à la panse rebondie.
- Grâce à celte technique aux ressources infinies,
- I Jean Dunand a contribué puissamment à la rénovation du repoussage en France, avec Lucien Bon-vallet, Gallerey et les frères Gapon. Gomme l’a écrit un critique d’art autorisé, M. Henri Clouzot, conservateur du Musée Galliera : « il fit parler au cuivre un langage inconnu à ses devanciers et à ses
- Fig. g. — Table en acier bruni et martelé. Service à thé en métal décoré de laques avec coquilles d’œufs. (Le dessus de la table qui forme plateau s’enlève à volonté.)
- p.84 - vue 88/688
-
-
-
- 85
- LES AURORES BORÉALES
- émules. » Tout commentaire affaiblirait un tel éloge.
- D’ailleurs le Maître emploie la ciselure d’une façon restreinte et s’affranchit le plus possible du décor qui, selon ses idées, n’ajoute guère à la beauté d’une œuvre d’art. Il estime que l’harmonie des lignes et la pureté de la forme suffisent à distinguer, entre toutes, ses productions aux impeccables contours.
- Parfois cependant à défaut de ciselures, il s'adresse à la chimie pour les patiner ou il les rehausse par des laques et des incrustations d’or, d’argent ou au moyen de délicieux émaux. En particulier, par l’oxydation, il a su tirer du nickel des noirs remarquables.
- Grâce à de patientes recherches et à de multiples essais, il a découvert également de nouvelles patines fort originales (fig. 8).
- D’autre part, en cou lant, dans les creux des pièces repoussées, des métaux précieux ayant un point de fusion moins élevé que leur support, il a réalisé de superbes incrustations.
- Quelquefois aussi, après avoir poli les objets, il les émaillé ou il les recouvre de laques aux nuances
- diverses dont l’application ne nécessite pas moins de 22 opérations successives : ponçage du bois, ten-lure de la toile, alternatives d’étendage de mixtures et de ponçages, etc., etc. Récemment il a réussi àincorporer, dans ses laques, des débris de coquilles d’œufs réalisant ainsi des aspects d’une fraîcheur inattendue (fig. 9). Enfin nous avons remarqué dans son atelier, des vases, des plateaux et des gongs' (fig 10) simplement1 décorés au moyen de lignes et dessins géométriques qui rappellent les bibelots millénaires des sculpteurs de Suse!
- Mais jamais, dans l’ornementation d’une œuvre de Dunand en métal repoussé, il n’y a profusion de couleurs ou de décors ! Pour métamorphoser un disque de
- métal en objet d’art, il manie son marteau, son chalumeau ou ses oi-
- selets avec une admirable sûreté, une technique toujours en quête de progrès, mais avec un goût affiné, sans fioritures inutiles et sans aucun bluff, comme le firent les consciencieux artisans du xvie siècle dont les « miettes » valaient « le bloc de Michel-Ange », selon l’expression imagée du
- poète ! Jacques Rover,
- Fig- io. — Plateau en alliage d'argent et de nickel avec incrustations d’argent. (Œuvre de J. Dunand.)
- les aurores boréales
- Connues depuis la plus haute antiquité, constituant par leur beauté un des spectacles b s plus frappants de la Nature, les aurores boréales, silencieuses, inaccessibles et mystérieuses ont de tous temps attiré l’attention des savants, sans que ceux-ci soient parvenus à pénétrer leur secret. Il semble cependant que nous commencions à faire quelques pas vers leur compréhension s’il faut en croire M. Stôrmer, professeur à l’Université de Christiania, qui a exposé à la Société de Physique les résultats des travaux auxquels il a consacré son activité scientifique depuis 20 ans.
- Pendant longtemps, la littérature scientifique concernant les aurores boréales se limitait à leur description. M. Stôrmer a appliqué les méthodes photographiques et est arrivé à pouvoir prendre des vues d’aurores boréales, avec une pose d’une frac-
- tion de seconde seulement, malgré la mobilité et le peu de luminescence du phénomène. A cet effet, il a utilisé un objectif de cinématographe de 25 mm d’ouverture et de 50 mm de distance focale ; l’appareil photographique lui-même est disposé de telle façon que l’on photographie simultanément l’aurore boréale et une montre qui donne ainsi l’heure de la prise de vue et le temps de pose. M. Stôrmer a fait défiler une série de photographies d’aurores boréales sur lesquelles on a pu reconnaître les types classiques : arcs, bandes, draperies, rideaux, couronnes, halos lumineux.
- Les arcs des aurores boréales sont orientés de l’est à l’ouest normalement au méridien magnétique et souvent, mais pas toujours, s’étendent jusqu’à l’horizon ; leur partie inférieure est nettement définie de telle sorte que, par contraste, la portion
- p.85 - vue 89/688
-
-
-
- 86 ' ; ..LES AURORES BOREALES
- Fig. i. — Aurore boréale, 28 février igio.
- du ciel à leur voisinage apparaît exceptionnellement noire. Les rayons des aurores sont parallèles aux lignes de force du champ magnétique (fig. 1 et 2). La couleur des aurores boréales est très variable; beaucoup sont blanches, mais on en observe souvent de rouges, jaunes et vertes. Certaines sont rouges vers leur portion inférieure, puis jaunes et finalement vertes à leur partie supérieure. Comme beaucoup d’aurores sont extrêmement changeantes, semblables parfois à une immense draperie agitée, on a des langues de feu géantes provenant d’un mystérieux foyer, ou encore aux rayons d’un projecteur explorant le ciel, on conçoit que les observateurs aient beaucoup de peine à en obtenir des photographies nettes.
- M. Stôrmer, grâce à l’appareil qu’il a imaginé, a pu non seulement les photographier, mais, en opérant simultanément à deux stations distantes de plusieurs dizaines de kilomètres, constituant une « base » très suffisante, il a pu déterminer la hauteur de leurs diverses portions (fig. 5) en mesurant la parallaxe des étoiles qui sont visibles sur les photographies et constituent un excellent réseau de repérage. - -
- Stôrmer, Vegard et Krogness ont opéré plus de 2500 déterminations de hauteur d’aurores boréales, et ils ont trouvé que la hauteur de la portion inférieure varie de 85 à 170 km avec deux maxima nettement définis, l’un à 100 km, l’autre à 106 km. Quant à la hauteur de la partie supérieure des furores, elle varie de 500 km, hauteur moyenne, à 600 et 700 km dans certains cas.
- En ce qui concerne leur position géographique, on a pu tracer des lignes d’égale fréquence des aurores, tout au moins pour l’hémisphère nord; ce sont des cercles ayant pour centre le point où l’axe de l’aimant terrestre rencontrerait la surface de la Terre (ce point est différent du pôle magnétique et du pôle géographique). On trouve que le maximum de fréquence (environ 100 par an) s’observe autour des latitudes 601 (sur l’Atlantique Nord et l’Amérique), et 70° pour l’Europe. Quand on s’éloigne du pôle nord, la fréquence décroît si rapidement que dans
- l’Europe méridionale c’est un phénomène tout à fait exceptionnel. A Paris (latitude 45°) on peut observer encore assez fréquemment des aurores boréales. Nous ne citerons que celle de la nuit du 22 au 23 mars 1920 qui fut une des plus remarquables que l’on ait observée. En Scandinavie, son éclat était incomparable, et, grâce à sa durée, M. Stôrmer put en prendre plus de 600 photographies durant la nuit, constituant ainsi une documentation de tout premier ordre.
- On a constaté qu’en moyenne les aurores boréales sont plus nombreuses durant les années de maximum des taches solaires que pendant les années de minimum des taches. Elles apparaissent aussi plus fréquemment avant minuit qu’après. Ces résultats semblent indiquer que le soleil n’est pas étranger à la production des aurores boréales, et, comme d’autre part les aurores brillantes et mobiles s’accompagnent d’orages magnétiques, il est à peu près certain que les aurores boréales sont dues à des décharges électriques, provenant du soleil ou provoquées par lui.
- Tel était à peu près l’état de nos connaissances sur l’origine des aurores boréales lorsque M. Stôrmer qui, avant de se consacrer à l’astrophysique, était un mathématicien remarquable, attaqua le problème par l’analyse mathématique. Ce sont les expériences de Birkeland essayant en laboratoire de reproduire les apparences des aurores boréales, qui lui fournirent le point de départ de ses raisonnements. Birkeland a montré que si Ton approche un aimant puissant d’un tube de Crookes, on observe une déviation de la lueur et celle-ci présente alors, dans la partie déviée, des apparences qui rappellent, bien qu’à une très modeste échelle, celles que l’on admire dans les aurores boréales.
- Or la Terre peut être considérée comme un grand aimant et si nous supposons que le Soleil émet des rayons cathodiques, elle doit agir sur eux de la même façon que dans l’expérience simple de Birkeland.
- D’autre part, en entourant l’aimant par une sphère électrisée, c’est-à-dire en se rapprochant des
- (
- Fig. 2. — Aurore boréale, 3 mars ioro.
- p.86 - vue 90/688
-
-
-
- 87
- LA FABRICATION MODERNE DES FICELLES ET CORDAGES
- conditions réalisées dans la nature, ce savant à constaté l’existence de 2 zones de concentration au voisinage des pôles, c’est-à-dire exactement le même résultat que celui qu’a fourni l’étude de la répartition des aurores boréales.
- 11 semble donc qu’il n’y a plus qu’à poser l’équation et à la résoudre pour avoir la solution complète du problème. Malheureusement, s’il est simple de mettre le problème en équation, l’intégration ne va pas sans difficultés considérables. Sans entrer dans le détail, nous dirons simplement que l’équation différentielle est du second ordre et peut être intégrée une fois, introduisant ainsi une constante d’intégration. Pour aller plus loin, on n’a pas d’autre ressource que de calculer par points les
- captées par le champ magnétique de la Terre et. pénètrent dans la haute atmosphère. La vitesse de ces rayons cathodiques est d’environ 120 000 km par seconde.
- Si les aurores boréales sont les seuls phénomènes nous renseignant sur la composition de la haute atmosphère terrestre (les ballons sondes ne dépassant pas 30 ou 40 km) qui se révèle comme constituée principalement par de l’azote, elles pourront peut-être conduire à des conclusions intéressantes en ce qui concerne le soleil lui-même. En effet, M. Stormer a trouvé par le calcul une distribution des faisceaux de particules négatives émises par le Soleil, si analogue à la distribution des flammes que l’on observe au moment des éclipses totales, qu’il semble bien
- Fig. 3. — Photographies parallactiques d’une a-
- trajectoires particulières correspondant aux différentes valeurs de la constante. Ce n’est pas une petite besogne; il a fallu 4 ans à M. Stormer et à ses aides pour calculer 120 trajectoires seulement, et les calculs forment un manuscrit comprenant plus de 7000 pages grand format. Ce travail formidable a été couronné de succès ; il a permis de retrouver la distribution géographique des aurores boréales, leur apparition surtout avant minuit, la forme de draperies est-ouest, etc.
- Il semble donc que les aurores boréales soient dues à des torrents de particules [3 chargées négativement, émises par les substances radioactives renfermées dans le soleil, particules j3 qui sont
- LA FABRICATION MODERNE DES
- Corderie sur place. — Elle comprend deux sortes de machines :
- 1° les toronneuses qui forment le toron ;
- 2° les câbleuses qui assemblent les torons pour former le câble.
- 1. Voir n° 2000.
- ore boréale, permettant d’en déterminer l'altitude.
- qu’une nouvelle explication puisse être proposée pour l’origine de ces immenses lueurs qui s’échappent de l’astre du jour.
- M- Stormer a terminé sa conférence en souhaitant que de plus nombreux expérimentateurs tournent leur attention vers les aurores boréales dont l’observation, même dans nos régions, est loin d'être exceptionnelle. Étant donnés les résultats auxquels il est parvenu, nul doute que si les observations précises étaient plus nombreuses, si l’étude spectroscopique était sérieusement entreprise, on n’arriverait rapidement à l’explication complète d’un des plus grandioses des phénomènes naturels.
- H. Vigneron.
- FICELLES ET CORDAGES [Suite()].
- 1° Toronneuse :
- Les fils se déroulant d’un plantage en bois, traversent une grille et viennent se disposer en couches régulières dans un tube en acier dont le diamètre inférieur est un peu inférieur à celui du toron, de façon que ce dernier soit très serré.
- p.87 - vue 91/688
-
-
-
- 88
- LA FABRICATION MODERNE DES FICELLES ET CORDAGES
- Fig. i. — Corderie sur place. Câbleuse.
- A gauche : on voit les plantages en bois d’où se déroulent les fils formant le toron sur la toronnéuse ; à droite : câbleuses ; au premier plan : poulies
- d'amenage.
- Au sortir du tube, le toron passe sur un treuil composé de plusieurs poulies à gorge dont la rotation assure son entraînement régulier. Puis, il vient s’enrouler sur une très grande bobine tournant "sur son axe par une transmission à frottement dur, de façon à enrouler le toron au fur et à mesure de sa formation.
- Treuil et bobine sont placés dans un berceau en fonte dont la rotation donne au toron le nombre d’hélices nécessaires. Un compteur indique la longueur de toron ainsi produite.
- Quand une longueur suffisante de toron est fabriquée, la bobine est détachée de son berceau et est prête à être mise sur la câbleuse.
- 2° Câbleuse (fig. 1 et 2) :
- Entre deux volants de fonte de grandes dimensions, sont disposés, à égale distance l’un de l’autre, trois ou quatre systèmes de suspension supportant chacun une bobine provenant de la toronneuse et sur laquelle est enroulé un toron de la longueur, nécessaire à former le câble. Les volants peuvent tourner autour de leur axe commun sur deux paires de galets de roulement.
- Les torons passent sur uji petit treuil qui en assure l’entraînement régulier. Ils sont amenés à la partie antérieure de la machine sur un cou-choir où ils se réunissent. Le câble ainsi formé passe dans un tube en bois, puis sur un double jeu de poulies à gorge, appelées poulies d’amenage et commandées par des pignons.
- L’appareil est nais en marche et le mouvement de rotation des bobines
- solidaires des volants de la câbleuse, provoque le retordage et l’assemblage des torons qui forment le câble à l’arrière ducouchoir, en même temps que les poulies d’amenage donnent la tension au câble formé et en assurent l’entraînement. Celui-ci vient ensuite s’enrouler sur un treuil.
- Par ces deux procédés de câblerie, on peut obtenir des câbles de longueur quelconque et de diamètre pouvant aller jusqu’à 250 mm qui prennent, suivant le mode de fabrication, les noms de : aussières, ralingues, filins, amarres, etc.
- Plusieurs câbles retordus ensemble constituent un grelin :
- Quel que soit le textile employé, ces procédés de câblerie sont applicables; cependant, en ce qui concerne la préparation du fil de caret en chanvre, il est à remarquer que, si les diverses opérations sont identiques à celles nécessitées par la préparation du fil de caret en manille, elles sont faites par des machines un peu différentes et moins fortes, la fibre de chanvre présentant, par sa plus grande souplesse et sa plus faible longueur, une moindre difficulté.
- Traitement du chanvre. — Avant d’être placé sur la table de Tétaleuse, le chanvre doit être peigné.
- Ce peignage peut être fait à la main ou mécaniquement. A la main, il donne environ 60 pour 100 de fibres longues et résistantes qui restent dans la main du peigneur et qui constituent le long brin. Les fibres courtes qui restent dans les peignes constituent X étoupe.
- Le peignage mécanique, dont le prix de revient est
- Fig. 2. — Çorderie sur piac?.. Câbleuse.
- Détail de la disposition des bobines et du mode de fonctionnement. On voit sur le volant de droite les trous correspondant aux bobines par où passent les torons pour se rassembler à l’avant sur le couchoir.
- p.88 - vue 92/688
-
-
-
- LA FABRICATION MODERNE DES FICELLES ET CORDAGES
- 89
- moindre, donne un rendement inférieur.
- Le long brin de chanvre est étalé et doublé sur des machines semblables à celles dont nous avons donné la description (n° 2600) pour le manille.
- Il est filé sur bancs à broches.
- Les étoupes de chanvre passent d’abord dans des cardes qui les nettoient, assurent le parallélisme des fibres et les disposent en-forme de rubans. Ces rubans passent ensuite sur les machines d’étirage semblables à celles dont nous avons donné la description pour le manille, mais présentant un espace moindre entre les rouleaux alimenteurs et étireurs.
- Cet espace est approximativement égal
- à la plus grande longueur d’une
- fibre individuelle. Ces machines sont
- munies de peignes de plus en plus
- fins. Le dernier ruban obtenu est filé sur banc
- à broches.
- La figure 3 montre une série de ces bancs à broches. Ils reçoivent les petits rubans, leur font subir un léger étirage et les retordent au moyen d’une rangée d’ailettes d’acier situées à leur partie inférieure.
- Ficelle. — La ficelle est formée de plusieurs fils, généralement trois, quelquefois quatre, en chanvre ou en jute, retordus ensemble, sur des machines appelées retordeuses (fig. 4).
- La ficelle brute ainsi obtenue a un aspect laineux, les poils du chanvre n’étant pas couchés. Pour lui donner une apparence nette, lisse et brillante, on lui fait subir l’opération du polissage.
- Les machines utilisées dans ce but sont les polisseuses (fig. 5).
- La ficelle, venant du retordage passe d’abord
- Fig. 4. — Fabrication de la ficelle. Retordeuses.
- Fig. 3. — Traitement du chanvre. Bancs à broches.
- dans une série de trois bacs, dont le premier contient généralement de l’eau pure et les autres un apprêt spécial, différent, suivant le genre de textile traité et le résultat que l’on veut obtenir (souplesse, douceur, brillant, etc.). Entre chaque bac et après sa sortie du 3e, elle est énergiquement frottée par des rouleaux tournant à grande vitesse et garnis de cordes de crin.
- Elle se sèche enfin en passant sur quatre grands cylindres creux en métal, chauffés à la vapeur, qui l’entraînent dans leur mouvement de rotation. Elle vient finalement s’enrouler sur des bobines placées à la partie antérieure de la machine d’où elle est envoyée au pelotage.
- Suivant la demande et les usages auxquels elle est destinée, la ficelle peut être laissée telle quelle, elle a alors une couleur grise uniforme, ou teinte par passage dans des bacs de teinture de la couleur voulue. y
- Machine à tresser. — Il existe une variété de cordages qui remplacent les courroies pour transmettre les forces importantes; ce sont les câbles de transmission.
- Ces câbles sont quelquefois des cordages ordinaires en fibre de manille, dont les torons sont fortement tordus et câblés sous une tension très forte, de façon à diminuer le plus possible leur inévitable tendance à l’allongement.
- Ils présentent l’inconvénient d’être rigides et de manquer de souplesse. On a cherché à y remédier en remplaçant le manille par le coton, qui est beaucoup plus souple ; mais le coton n’a qu’une faible résistance. En raison du peu de longueur de ses
- p.89 - vue 93/688
-
-
-
- 90
- LA FABRICATION MODERNE DES FICELLES ET CORDAGES
- ‘fibres (2 ou 5 cm), il est difficile de les empêcher de glisser les unes sur les autres, ce qui entraîne Tallongemént du cable quand il a à transmettre une charge élevée.
- U semble bien qu’on soit arrivé à la solution idéale avec les câbles tressés en manille. Au lieu d’être tordus comme les cordages ordinaires, ces [câbles sont formés de 8 torons dont 4 tordus à
- droite et 4 tordus à gauche et qui sont tressés s ensemble de façon à former un cordage dont la sec-! lion a la forme d’un carré aux angles arrondis.
- On conserve ainsi toutes les précieuses qualités du i manille, grande résistance, grande longueur de i fibres, imputrescibilité, tout en obtenant une grande i souplesse.
- ‘ Aux Corderies de la Seine, au Havre, le tressage est fait sur une machine très puissante et de très grandes dimensions où 8 bobines portant les 8 torons se croisent et s’entre-croisent parsuile d’un système très ingénieux.
- Drisse. — Il existe aussi un petit cordage ou drisse, tressé, mais de forme différente dont la grosseur varie de 0 à 15 millimètres et qui, en raison de son mode de tressage qui ne lui permet pas de tourner sur lui-même, est utilisé à bord des navires comme drisse de pavillon ou de signaux et comme ligne de loch.
- Il est fabriqué sur la petite machine représentée (fig. 6).
- Un anneau circulaire fixe, denté à sa partie supérieure, sert de chemin de roulement à quatre roues dentées équidistantes, de diamètre tel qu’elles effectuent exactement quatre tours sur elles-mêmes pendant une révolution complète autour de l’axe vertical de la machine.
- Ces roues sont solidaires de cet axe, en même temps que de quatre bobines de ficelle élémentaire fixées à leur partie inférieure et qui les suivent dans leur déplacement. Nous les appellerons, pour plus de facilité, bobines inférieures. : 1
- Les fils ou ficelles qui en proviennent passent dans un orifice ménagé au centre des roues correspondantes, puis dans l’anneau d’une broche solidaire de chacune d’elles et qui en suit le mouvement de rotation. Il s’ensuit que ces fils, tournant en même temps que les roues dentées, se trouvent à un moment donné à leur partie supérieure, â un niveau plus élevé que celui des bobines supérieures et, après une demi-révolution, à la partie diamétralement opposée, à leur partie inférieure, au niveau de l’anneau de roulement. Aux endroits du cadre
- circulaire intérieur dont nous allons parler, qui correspondent à cette deuxième position du fil, sont pratiquées des encoches profondes à angles largement arrondis.
- À l’intérieur de l’anneau denté, un cadre circulaire • porte une série de seize petits pignons droits recevant leur mouvement de rotation de pignons d’angle qui engrènent sur l’axe de la machine et sur lesquels peuvent se déplacer quatre secteurs dentés, de longueur réduite, mais telle qu’ils soient toujours en prise avec l’un d’eux au moins. Chacun de ces secteurs porte une bobine disposée suivant un rayon du cadre circulaire, dont le câble en se déroulant, passe dans un anneau qui le maintient toujours au même niveau pendant la marche de l’appareil.
- Les quatre câbles provenant des bobines inférieures se rejoignent et s’unissent à ceux venant des
- bobines supérieures, dans un petit tube situé à la partie supérieure et au centre de la machine où se forme la drisse.
- Les pignons droits du mécanisme intérieur sont commandés de telle sorte qu’ils entraînent les secteurs qu’ils supportent dans un mouvement de rotation autour de l’axe, inverse de celui des roues dentées extérieures et à une vitesse double. En conséquence, le passage des secteurs en regard des roues dentées se fait en raison de la différence de leurs vitesses respectives d’une part, au moment précis où le fil des bobines extérieures est dans sa position la plus-basse, au fond d’une encoche, et d’autre part, à l’instant où il est dans sa position la plus haute à mi-chemin entre deux encoches.
- Il est ainsi facile de saisir le fonctionnement de l’appareil.
- Les fils des bobines inférieures passant tantôt en dessous de ceux des bobines supérieures (dans les encoches), tantôt en dessus (dans) l’intervalle compris entre deux encoches), et en sens contraire, s’en-tre-croisent avec eux, forment une véritable tresse, rendue cylindrique par la rotation des bobines. Au fur et à mesure de sa fabrication, la drisse terminée s’enroule à la partie supérieure de la machine sur un tambour bobineur.
- Câbles métalliques. — La consommation du câble métallique a pris Une extension de plus en plus grande, au fur et à mesure des progrès de la métallurgie, qui ont permis d’obtenir des fils d’acier très fins et des résistances que l’on n’avait pu atteindre autrefois.
- Il s’en est suivi des applications très étendues et très variées et parfois inattendues.
- p.90 - vue 94/688
-
-
-
- LA FABRICATION MODERNE DES FICELLES ET CORDAGES r-.... çj
- Il a fallu créer un matériel très important per-mettant de répondre à la diversité des demandes. Il s’agissait, en effet, de fabriquer des câbles avec le fille plus fin (0 mm. 012) jusqu’au plus gros (10mm.) et avec un nombre de fils pouvant varier de 5 fils à 127 fils par toron et plus.
- Un câble métallique est généralement constitué par 6 torons autour d’une âme centrale en textile. Les torons sont eux-mêmes constitués par un nombre de fils plus ou moins grand, selon le diamètre et la souplesse que l’on veut obtenir. Ainsi, les câbles de galeries de mines sont faits avec un pelit nombre de fils très gros et, inversement, un câble pour grue contient une grande quantité de fils fins. La raison en est simple : le câble de galerie de mine, frottant sur le sol, a besoin de résister à l'usure; on prévoit pour son enroulement des tambours très grands. Le câble de grue a besoin de souplesse et le diamètre du tambour étant forcément réduit à cause de l'encombrement, il est donc nécessaire, pour remplir les conditions exigées, de mettre des fils fins.
- On peut donc, selon l’usage auquel est destiné un câble, le fabriquer avec n’importe quel nombre de torons ou de fils, ainsi qu’avec toutes les grosseurs de fils.
- Les fils venant de la tréfilerie sont d’abord enroulés mécaniquement et automatiquement sur des bobinoirs.
- Les bobines ainsi chargées sont placées sur les toronneuses. Ces toronneuses sont analogues, comme construction, aux câbleuses employées pour le câblage sur place des textiles, mais de dimensions moindres, ce qui permet une rotation beaucoup plus rapide. Les bobines qu’elles supportent, en même temps qu’elles sont entraînées dans le mouvement de rotation de la machine, peuvent tourner sur leur axe pour permettre le déroulement du fil qu'elles contiennent, et dans un plan de rotation perpendi-
- Fig. 6. — Machine à tresser les drisses de pavillons.
- culaire à cet axe, de telle sorte que leur plan de dévidage reste toujours parallèle à lui-même. Sans ce dispositif, à chaque tour de la machine, le fil prendrait de la torsion et ne tarderait pas à casser.
- On dispose généralement trois toronneuses à la suite l’une de l’autre, de façon qu’elles puissent travailler chacune isolément (toronneuse simple), ou deux ensemble (toronneuse tandem) ou enfin, toutes trois simultanément (toronneuse triplette), par un dispositif d’accouplement très rapide qui permet à l’ouvrier de mettre en marche ou d’arrêter l’ensemble des machines quelle que soit celle devant laquelle il se trouve.
- C’est cette dernière disposition, la plus complète, que nous allons examiner (fig. 7).
- La première toronneuse; la plus petite (visible à gauclie de la figure 7) porte 6 bobines de fil métallique. Ces 6 fils, pendant la marche de la machine, se déroulent régulièrement et viennent se réunir dans un tube calibré au diamètre désiré. La rotation de la machine et l’avancement du fil déterminent ce que l’on nomme le pas d’hélice. A la sortie du tube de cette première ilpSS? toronneuse, l’assemblage des fils, llMfPr* formant un toron, passe dans l’arbre creux de la deuxième toronneuse de dimensions plus grandes que la précédente et portant deux séries de 6 bobines. Ces 12 fils viennent recouvrir le premier toron en passant dans un tube ayant un trou calibré au diamètre exigé et le toron ainsi formé, composé de 6 plus 12 fils, est passé à son tour dans l’arbre creux de la troisième toronneuse composée de 2 corps de 9 bobines qui recouvrent de 18 fils le toron sortant des 2 machines précédentes. Un dispositif d’entraînement et d’enroulement permet de recevoir le toron à l’extrémité de la machine et la longueur n’est limitée que par la capacité de la bobine. Généralement, on toronne sur
- Fig. p. — Câblerie métallique. Toronneuses.
- On voit les 3 toronneusfes dont les deux premières (à gauche) travaillent. Le toron s’enroule sur un treuil^
- p.91 - vue 95/688
-
-
-
- 92 LES LAMPES ÉLECTRIQUES
- 1000 ou 2000 mètres. Toutefois on peut faire davantage. La figure 7 représente l’ensemble des
- 5 toronneuses montrant leurs dimensions respectives, mais fonctionnant en tandem, c’est-à-dire que les deux premières seulement travaillent : le toron est enroulé au sortir de la seconde.
- Pour former le câble, un nombre déterminé de bobines (généralement 6), provenant des appareils précédents, est disposé sur une câbleuse de construction identique, mais de grandes dimensions, qui, par sa rotation, retordra les différents torons de la même façon que la câbleuse utilisée pour les textiles (câblage sur place).
- On construit des câbleuses qui peuvent porter
- 6 bobines et plus (rarement plus de 9) et produire un câble pesant, terminé, jusqu’à 20 tonnes.
- Les Corderies de la Seine ont été les premières en France à fabriquer deux genres de câbles pour lesquels nous étions tributaires de l’étranger : les câbles à torons méplats et à torons triangulaires, employés couramment dans les appareils de levage et principalement sur les grues.
- Ces câbles, dont les qualités antigiratoires sont très appréciées, sont fabriqués sur les mêmes machines que celles décrites précédemment, mais elles ont de plus des dispositifs très compliqués et cette fabrication demande des soins tout particuliers qui
- LES LAMPES ÉLECTRIQUES
- Depuis quelques mois, on a vu se répandre dans le commerce un nouveau type de lampes électriques ; extérieurement ces lampes nouvelles ont un aspect qui se rapproche beaucoup de celui des lampes ordinaires à incandescence. On les monte, sur le réseau de distribution de lumière, tout comme ces dernières; mais leur structure intérieure ainsi que les phénomènes mis ën jeu sont tout différents. La lumière donnée par ces lampes, provient d’une décharge .électrique dans un gaz noble, en l’espèce le néon, gaz remarquable par sa faible cohésion électrique. La lumière donnée par ces lampes est une jolie lumière rouge. On préconise l’emploi de ces lampes nouvelles surtout comme lampes veilleuses, parce qu’on peut réduire leur intensité lumineuse à une faible valeur en ne consommant que peu de courant ; ce résultat n’est pas facile à obtenir avec les lampes à incandescence usuelles, montées sur le courant de lumière, car, il faudrait, pour cela, réaliser des filaments d’une extrême finesse, donc fort coûteux et peu solides. Mais les lampes nouvelles ne sont pas des sources lumineuses réellement économiques. Leur consommation d’énergie par bougie lumineuse est très supérieure à celle d’une lampe à filament de tungstène. Leurs applications rie peuvent donc être qu’assez limitées. On les emploie pour réaliser certains effets recherchés par la publicité lumineuse. Elles se prêtent aussi à de nombreuses et instructives expériences de physique et peuvent rendre de grands services dans l’enseignement. ,
- M. G. Claude a vulgarisé, depuis longtemps déjà, l’emploi des tubes à néon pour l’éclairage ; et tout le monde a pu admirer, dans Paris, les jolis effets qu’en tirent les
- EFFLUVES DANS LE NÉON .................... :
- ne peuvent être obtenus que par des spécialistes ayant acquis « un tour de main » à la suite d’une longue pratique.
- Les photographies de machines qui illustrent cette étude ont été prises dans les Ateliers du Havre des Corderies de la Seine, dont l’administration a bien voulu nous ouvrir largement les portes pour les lecteurs de La Nature. Nous tenons à lui exprimer ici nos bien vifs remerciements pour cette faveur qui nous a été si aimablement accordée et grâce à laquelle il nous a été possible d’étudier en détail une installation et des appareils des plus récents modèles.
- Par la perfection de leur outillage où tout a été organisé en vue d’un travail suivi sans arrêt, depuis la matière première jusqu’au produit terminé, les Corderies de la Seine sont arrivées à une puissance de production journalière de 70 tonnes en produits de toutes sortes, tant textiles que métalliques, fabriqués dans différents ateliers entièrement actionnés par l’électricité, qui s’étendent à l’est du Havre sur une superficie de 27 hectares.
- Quant aux deux photographies de plantes textiles de notre précédent article (n° 2600), elles ont été prises dans l’herbier du Jardin Botanique de Montpellier, grâce à l’amabilité de MM. Flahault et Daveau, à qui nous adressons nos sincères remerciements. Geobges Gallois.
- , EFFLUVES DANS LE NÉON
- enseignes lumineuses. Ces tubes, qui sont toujours d’une grande longueur, produisent une lumière très économique. Mais [dans les lampes qui font l’objet de cette note, le mécanisme lumineux est tout différent.
- Lorsqu’une décharge électrique traverse un gaz raréfié entre deux électrodes suffisamment éloignées, on observe en général les effets lumineux suivants :
- Autour de l’anode : une colonne lumineuse d’assez grande longueur, dite colonne positive; puis en se dirigeant vers la cathode : une région relativement sombre, dite espace sombre de Faraday ; puis une nouvelle région lumineuse beaucoup plus courte que la colonne positive appelée région lumineuse négative, puis un nouvel espace sombre, assez étroit environnant la cathode et nommé espace de Grookes; enfin, autour de la cathode une mince gaine lumineuse, qui est la lumière cathodique.
- Dans les tubes connus sous le nom de tubes de Moore, et dans les tubes au néon de G. Claude qui en sont, en définitive, un cas particulier, on utilise la lumière produite dans la colonne positive. Ces tubes fonctionnent sous des potentiels relativement élevés, et leur installation exige des dispositifs spéciaux ; ce qui n’est pas le cas pour les petites lampes au néon dont nous allons parler.
- Dans ces dernières, l’effet lumineux est également obtenu par le passage du courant électrique à travers du néon raréfié, mais les électrodes sont placées à quelques millimètres seulement l’une de l’autre, à l’intérieur d’une petite ampoule. L’écartement ménagé entre les deua. électrodes est tel que la colonne positive ne puisse se former.
- p.92 - vue 96/688
-
-
-
- ACADEMIE DES SCIENCES 1::= 93
- La lumière produite provient exclusivement de la région lumineuse négative. Ces lampes s’amorcent et fonctionnent sous les voltages ordinaires des distributions de lumière. Nous empruntons les détails qui suivent sur leur construction, à un article de M.Ryde, de la General Electric C° de Londres, publié par la revue anglaise Nature.
- Les ampoules sont remplies avec du néon contenant 20 pour 100 d’hélium, sous-produit de la fabrication de l’air liquide. Le néon possède sur d’autres gaz les avantages suivants outre sa belle couleur rouge-orange: la plus grande partie de l’énergie lumineuse rayonnée est située dans le spectre visible; le potentiel d’amorçage est plus bas que dans tout autre gaz. Lorsque dans un gaz donné, entre des électrodes de formes déterminées et éloignées l’une de l’autre d’une distance donnée, on fait passer la décharge électrique, le potentiel d’amorçage passe par un minimum pour une pression déterminée du gaz, dite pression critique;, des traces de certaines impuretés abaissent considérablement ce voltage : ainsi la présence de 0,5 pour 100 d’hydrogène pur dans le néon abaisse de près de 50 volts ce potentiel minimum.
- Les ampoules sont donc remplies à la pression critique (de l’ordre de 10 mm) du mélange néon-hélium ci-dessus, additionné de traces d’hydrogène. La décharge électrique s’y amorce sous un potentiel de 150 volts environ, entre des électrodes en fer.
- Toute la lumière, comme nous l'avons dit, provient de la région lumineuse négative; l’épaisseur de celte zone est de 2 mm environ ; elle entoure la cathode tout entière, quelles que soient la taillé et la forme de celle-ci. L’espace sombre de Crookes, à la pression qui règne dans l’ampoule, n’a qu’une fraction de millimètre d’épais-
- seur et ne s’aperçoit pas. Par suite, la luminosité épouse exactement la forme de la cathode, et si celle-ci est une bande métallique ayant la forme d’une lettre, d’un chiffre ou d’un dessin, ces formes apparaissent lumineuses lorsque la décharge passe. On comprend tout le parti que la publicité lumineuse peut tirer de ces dispositifs.
- Ces lampes fonctionnent sur courant continu ou sur courant alternatif; dans ce dernier cas, chaque électrode devient lumineuse naturellement pendant une demi-période du courant.
- Ces ampoules au néon sont très robustes, et leur vie n’est limitée que par le noircissement progressif de leur enveloppe. Ce noircissement est dû à un dépôt sur les parois de particules de métal arrachées à la cathode pendant le passage du courant. Il dépend beaucoup de l’intensité du courant qui traverse la lampe, de la nature du gaz qui remplit l’ampoule et de celle du métal qui forme les électrodes. La présence d’hydrogène dans le néon diminue le noircissement. Ainsi, une lampe à électrodes en fer, remplie de néon pur ne vivrait que 80 h. La présence de 0,5 pour 100 d’hydrogène prolonge son existence jusqu’à 1000 heures.En outre, des résistances en série placées dans la douille de la lampe peuvent se régler suivant les voltages appliqués à la lampe pour amener l’intensité du courant à la valeur la plus favorable.
- Ces lampes au néon peuvent servir à beaucoup d’usages, outre ceux qui ont été indiqués plus haut : à certains régimes de fonctionnement, elles se comportent comme des résistances négatives et peuvent être employées comme générateurs d’ondes électriques. Elles constituent aussi des détecteurs de courant extrêmement sensibles. Un courant de 1 microampère produit une lueur très nettement perceptible dans l’obscurité. A. T.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre 1923.
- Le gonflement des graines en milieu liquide. — M. Henri Coupin a fait porter ses recherches sur des graines de légumineuses soumises, entre 10° et 20°, à des solutions plus ou moins concentrées de saccharose dans l’eau. La conclusion en est que la pression osmotique des cellules est en général fort élevée, comme le laisse prévoir l’abondance de leurs matières de réserve; certains chiffres ont, en effet, atteint M atmosphères (soya), indiquant une pression supérieure à celle des parenchymes des cellules adultes. •
- Le transport du cuivre a l'état gazeux. — Revenant sur une communication de M. Zelinsky citant un curieux exemple de pseudomorphose, M. Gabriel Bertrand indique l’existence d'un composé, le cuivre-carbonyle, qu’on peut facilement mettre en évidence eh chauffant dans un tube de verre du charbon de bois au voisinage d’oxyde Cu O ; l’enduit rouge et brillant du métal Cu qui recouvre bientôt les parois est dû à un dérivé, analogue à Ni (CO)4 et dissociable à haute température;
- L'étude des surfaces planétaires. — On admettait jusqu’à présent que, à l’exception de. la Lune et d’une zone étroite proche des calottes polaires de Mars, les planètes nous renvoient de la lumière naturelle. Un appareil beaucoup plus sensible que. le polariscope de Savart a permis à M. Bernard Lyot Ale mesurer la pro-
- portion de lumière polarisée et cette étude conduira à des théories nouvelles sur la nature des atmosphères et surfaces planétaires. M. Lyot a constaté, en effet, qu’un nuage de gouttelettes fournit une courbe de polarisation semblable à celle de Vénus, avec deux points d’inversion.
- Le dosage du radium dans les minerais. — Pour certaines roches radio-actives, renfermant de l’urane et des terres rares, il est difficile d’obtenir la mise en solution du métal Ra, à l’état de chlorure ou de nitrate. Au sujet des titano et des titano-tantalo-niobates, MM. Adrien Karl et S. Lombard ont imaginé une méthode par voie sèche qui fournit des résultats extrêmement précis, notamment pour des minéraux de Madagascar : euxénite, bétafite, samarskite ou fergusonile.
- La caractérisation du galactose et la composition des pectines. — Une étude antérieure, faite en collaboration avec M. Marc Bridel, avait permis à M. Jean Charpentier de mettre en évidence le galactose dans les produits d’hydrolyse de la gomme arabique. Le même procédé biochimique a indiqué la présence du même sucre dans les dérivés des pectines de racines de gentiane", de pétales de roses, d’écorces d’orange amère et de tubercules de céleri-rave, en même temps qu’il a été possible d’isoler, à l’état cristallisé, un dérivé spécifique, l’élhylgalactoside p. Paul B.
- p.93 - vue 97/688
-
-
-
- —== - -
- L’AUTOMOBILE A CHARBON DE BOIS
- Il existe actuellement, de par le monde, plus de 12 millions d’automobiles dont l’immense majorité empruntent à l’essence de pétrole leur force motrice. Pour quiconque connaît la situation des gisements pétrolifères, exploités à outrance et menacés à bref délai d’épuisement, l’avenir du transport automobile et de la formidable industrie à laquelle il a donné naissance paraît chargé de graves menaces. Dès maintenant, il importe de trouver des combustibles capables de suppléer l’essence déficitaire, et cela bien entendu sans augmentation de prix.
- Cette nécessité s’impose à la France, d’une façon plus pressante encore qu’à tout autre pays; c’est là un problème que l’on peut réellement qualifier de national, malgré l’abus fait de ce mot en ces dernières années. La France est aujourd’hui presque entièrement tributaire de l’étranger pour son ravitaillement en combustibles liquides ; il compte dans nos importations pour plus d’un mil-lard de francs et contribue par là à l’instabilité de notre change. Mais ce n’est pas là, malgré son importance, le côté le plus sérieux de la question : en cas de guerre, l’essence, dans l’état actuel des transports, est une matière indispensable à la conduite des opérations ; on l’a bien vu au cours de la grande guerre ; malgré nos alliances avec les pays maîtres du pétrole, malgré la maîtrise des alliés sur mer, notre ravitaillement fut plusieurs fois compromis et avec lui, la victoire. Il n’est pas besoin d’insister davantage sur les graves conséquences politiques de notre sujétion économique actuelle. Il importe donc, pour notre liberté dans l’avenir, de nous affranchir à tout prix de la servitude du pétrole.
- De grands efforts ont déjà été faits dans cette voie; on a songé tout d’abord à l’alcool, mais la solution, dite du carburant national, qui a fait l’objet d’une loi récente, outre des inconvénients techniques secondaires, présente deux graves défauts du point de vue qui nous occupe : elle fait encore appel à l’essence dans une proportion.de 80 pour 100 ; en outre, en cas de guerre, l’alcool produit sur notre sol serait tout entier absorbé pour la fabrication des poudres. La loi du carburant national aura sans doute pour résultat de sauvegarder notre production d’alcool industriel, complément indispensable de la culture du blé, en temps de paix, source d’explosifs en temps de guerre; elle le fait aux frais de l’automobilisme. Mais elle n’assure nullement la liberté de nos transports automobiles militaires. Il faut donc trouver autre chose.
- Un progrès considérable vient d’ètre fait dans cette voie, par la création de l’automobile à charbon de bois. La Société des Automobiles Berliet poursuit actuellement la mise au point d’,un système très simple de gazogène à charbon de bois pour camions et pour automobiles de tourisme. Les résultats déjà obtenus, les essais remarquables auxquels nous avons assisté, effectués en présence :
- des dirigeants du service automobile de l’Armée, montrent que les problèmes essentiels que soulève l’emploi de ce combustible sont résolus et que l’automobile à charbon de bois sera demain un véhicule commercial de premier ordre.
- Le gazogène utilisé sur la voiture Berliet est dû à un chimiste alsacien, M. Imbert. La genèse de l’invention est très instructive. Le frère de M. Imbert est garde général des Eaux et Forets à Diemeringen, en Alsace. Comme tous nos forestiers, il constate que la rareté et le prix de la main-d’œuvre entrave l’entretien rationnel de nos forêts. L’exploitation des taillis, indispensable pour préparer les belles futaies de l’avenir, est paralysée par des prix de revient trop élevés, qui ne seront récupérés qu’au bout d’un temps très long. Comment remédier à celte situation? Il faudrait faire de l’exploitation des taillis une opération immédiatement payante, et pour cela trouver des débouchés nouveaux au charbon de bois qui en est le produit principal. M. Imbert pose la question à son frère, le chimiste. Celui-ci songe aussitôt à l’application aux automobiles. Il se met à l’oeuvre et avec l’appui de MM. dè Dietrich, les maîtres de forges de Niederbronn, il entreprend l’étude et la construction d’une première voiture. Les résultats en furent assez encourageants pour décider la Société des Automobiles Berliet à en entreprendre la mise au point définitive, avec les puissants moyens dont elle dispose.
- Une question se pose immédiatement : notre pays est-il capable de fournir le tonnage de charbon de bois qui, éventuellement, serait nécessaire à l’automobilisme? Si toutes nos automobiles fonctionnaient au charbon de bois, il faudrait environ 600000 tonnes de charbon de bois par an ; la production actuelle est de l’ordre de 200 000 tonnes ; c’est un chiffre qui n’est pas négligeable ; et cependant l’industrie de charbon de bois est encore chez nous à l’état rudimentaire, précisément parce qu’elle manque de débouchés. Si ceux-ci apparaissaient, il n’est pas douteux que nous verrions se créer rapidement des installations modernes pour la distillation industrielle du bois : non seulement nous disposerions alors, en abondance, d’un combustible réellement national; mais encore nous bénéficierions des utiles sous-produits de la distillation du bois : acétone, alcool méthylique, goudron de bois, etc. ; enfin nos forêts, capital précieux à tant d’égards, pourraient continuer à être entretenues, conformément aux sages méthodes qui ont réussi jusqu'ici à sauvegarder leur existence, leur beauté et leur valeur.
- Nous avons vu, aux établissements Berliet, un châssis de camionnette 16 chev. et une voiture de tourisme équipés avec le gazogène Imbert. Celui-ci est placé à l’arrière de là voiture, sous un prolongement de la carrosserie, et, comme on le voit sur nos photographies, l’aspect de la voiture est à peine différent de celui d’une voiture ordinaire. Le poids
- p.94 - vue 98/688
-
-
-
- L’AUTOMOBILE A CHARBON DE BOIS
- - 95
- mort, grâce à la simplicité du gazogène, n’est pas augmenté, ni le prix du véhicule et comme nous le verrons au cours de la description qui va suivre, le fonctionnement du moteur et la conduite de la voiture sont à peu près identiques à ceux d’une voiture à essence.
- Le gazogène Imbert produit exclusivement de l’oxyde de carbone, c(est ce qui le distingue d’autres gazogènes, par ailleurs fort intéressants mais plus compliqués, qui ont été expérimentés en ces derniers temps sur des camions ; il est formé d’une caisse étanche dont la section verticale a une forme de trapèze ; à la partie inférieure, 2 tuyères réfractaires se faisant face livrent passage à l’air, venant.du dehors, sous l’effet de l’aspiration provoquée par le moteur en marche; on allume le gazogène avec un chiffon imbibé d’essence et pour le départ on met le moteur en marche pendant quelques minutes, deux ou trois, avec une petite réserve d’essence. L’air entre en jet rapide par les tuyères ; une petite zone de combustion à très haute température, 2000 degrés environ, se forme au centre de la masse de charbon de bois ; cette région de combustion qui est horizontale aune longueur de 0 m. 50 et une épaisseur de 0 m. 15 à 0 m. 20 ; en raison de la température très élevée et de l’excès de charbon incandescent en contact permanent avec les gaz chauds, il se forme à peu près exclusivement de l’oxyde de carbone; les produits goudronneux qui créent toutes les difficultés des gazogènes à basse température, sont ici totalement détruits. Les analyses ont montré que la composition du gaz produit se maintient d’une façon très constante à la teneur suivante : 50 pour 100 d’oxyde de carbone, 57 à 60 pour 100 d’azote, le reste est formé d’un peu d’hydrogène, de méthane, et d’acide carbonique (1 pour 100). On a donc un gaz toujours dentique à lui-même, condition indispensable d’une marche souple et régulière.
- Les cendres qui se forment en faible proportion au cours de la combustion du charbon sont, grâce à la température élevée, entièrement fondues, elles coulent à travers le combustible, sans y adhérer et vont former, dans le fond de l’appareil, une galette qu’on enlève à intervalles très éloignés, lors des nettoyages.
- Il est à noter que la grande masse de charbon
- _^_Dèpart du gaz
- Gaz 1===.-=—
- Départ du gaz
- Fig. 2.
- Section horizontale schématique du gazogène Imbert.
- Fig. i. — Coupe verticale schématique du gazogène Imbert à charbon de bois.
- qui entoure la zone de combustion à haute température forme un revêtement réfractaire et mauvais conducteur qui protège absolument les parois de gazogène. Celles-ci sont donc faites en tôle mince et légère, sans garnissage réfractaire, et elles ne s’échauffent pas ; le poids total du gazogène à vide ne dépasse pas 50 kg; et il forme en même temps réservoir pour un approvisionnement de 60 kg de charbon de bois. On voit que son poids ne dépasse pas celui d’un réservoir d'essence.
- Le gaz, formé dans la chambre de combustion, traverse une partie de la masse de charbon froid qui remplit le gazogène-réservoir et gagne des chambres tubulaires en tôle disposées sur les côtés de celui-ci ; l’intérieur des tubes est traversé par un courant d’air créé par la marche de la voiture ; le gaz se refroidit au contact des tubes. Les tuyaux d’amenée du gaz au moteur se réunissent dans une chambre collectrice ; le gaz traverse ensuite un cylindre dépoussiéreur, rempli de limaille imbibée d’huile, dont les dimensions sont celles d’un pot d’échappement ordinaire, et, enfin, avant son arrivée aux cylindres, le gaz se mélange au moyen d’un robinet à la proportion d’air atmosphérique nécessaire à sa combuslion.
- Ajoutons que, au lieu de charbon de bois, ou pourrait parfaitement brûler dans le gazogène de i’anthraciteou du coke.
- L’oxyde de carbone, à po'.ds égal, a un pouvoir calorifique inférieur à l’essence. Pour réaliser un moteur de même puissance, il faudra donc modifier légèrement le moteur et augmenter soit la cylindrée, soit la compression. Les moteurs 4-cylindres que nous avons vu fonctionner sont des moteurs Berliet de fabrication normale, dans lesquels on a seulement augmenté légèrement la compression. La perte de puissance de ces moteurs, par rapport à la marche à Tessence, est actuellement de 25 à 30 pour 100. Mais elle pourra être diminuée dans les matériels futurs par quelques changements dans la technique du moteur. C’est sur ce point, ainsi que sur le perfectionnement du dépoussiérage, que portent les éludes encore en cours ; l’état actuel des recherches permet d’envisager très prochainement l’introduction des voitures à charbon de bois sur le marché.
- Quelques chiffres mettent en évidence l’intérêt économique que présente dès maintenant l’emploi du charbon de bois. Les voitures aux essais chez Ber-
- p.95 - vue 99/688
-
-
-
- 96
- L’AUTOMOBILE A CHARBON DE BOIS
- Fig. 3. — Une automobile de tourisme Berliet équipée avec le gazogène à charbon de bois.
- (Celui-ci est placé à l’arrière de la voiture et n’en modifie pas l’aspect.)
- liet ont déjà parcouru des milliers de kilomètres; la consommation pour un moteur de 16 C. V. s’établit à 16 kg de charbon par 100 km; le réservoir chargé à 60 kg permet donc de parcourir 500 km ; le même moteur alimenté à l’essencè consommerait 15 à 14 litres aux 100 km, en donnant, il est vrai, 25 pour 100 de puissance en plus. On peut donc dire que 20 kg de charbon équivalent àl5 ou 14litres d’essence. Aux prix actuels, la dépense nécessaire dans le cas du charbon de bois est 4 fois et demie inférieure à celle de l’essence. Une économie de çette envergure suffit à ouvrir immédiatement un large débouché aux véhicules à charbon de bois pour les usages industriels ; pour le tourisme, la vulgarisation sera peut-être plus lente, parce qu’elle exigera un gros effort d’organisation pour le ravitaillement au moyen du nouveau combustible.
- En tout cas, les conducteurs n’auront pas à faire de nouvel apprentissage.
- La conduite de la voiture, en effet, est la même, que le moteur soit alimenté à l’essence ou à l’oxyde de carbone ; elle est même plus aisée dans ce dernier cas, parce que le combustible arrive à l’état gazeux, et que la carburation est par suite toujours régulière et facile, tandis que la pulvérisation de l’essénce dans le carburateur et son mélange à l’air ne laisse pas que d’être assez capricieuse et donne souvent lieu à de petits accrocs bien connus des automobilistes.
- Dans la voiture à charbon de bois, les reprises, les ralentis s’opèrent d’une façon aussi satisfaisante
- que dans une bonne voiture à essence ; la seule sujétion supplémentaire est l’allumage du gazogène au départ, opération du reste bien simple, et que l’on n’a même pas besoin de renouveler après un arrêt; le gazogène en effet, à l’arrêt, continue à brûler en veilleuse en consommant très peu, et quand on remet le moteur en marche, il se remet de lui-même en état de fonctionnement normal.
- Quand on veut arrêter complètement la combustion, il suffit d’obstruer l’entrée des tuyères d’ame-née d’air.
- On voit qu’aucune complication, aucun impedi-mentum n’est la rançon de l’alimentation des automobiles par le charbon de bois, produit de notre sol, au lieu de l’essence, produit étranger.
- A. Troller.
- Fig. 4. — Vue d'arrière de la voilure Berliet; les portes ouvertes permettent d’apercevoir l’extérieur du gazogène.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, 9, rue de Fleurus, à Pans.
- p.96 - vue 100/688
-
-
-
- LA NATURE. — N°
- 1<5 FEVRIER 1924.
- L’ESSOR D
- DUSTRIE MINIERE DE MADAGASCAR
- et la Foire de Taoanarive.
- La foire de Tananarive, qui a été inaugurée le 15 septembre 1923, par M. le Gouverneur général Brunet, présentait une importante section consacrée aux mines de la colonie. Cette section occupait une bonne partie, 80 mètres carrés, du premier étage du bâtiment central (fig. 1). On y remarquait tout spécialement les vitrines consacrées au graphite, aux pierres précieuses et au mica.
- Graphite. — Les gisements de graphite, surtout exploités dans la région de Tananarive, entre Ta-matave, Miarinarivo et Nosy Varika se trouvent dans des latérites provenant de la décomposition de gneiss et de micaschistes ; ils peuvent y être aisément exploités et donnent un minerai infu sible de tout premier choix, dépourvu de mica « fondant ». Ce minerai, surtout employé à la fabrication des creusets de la métallurgie de l’acier, servira demain sans doute à faire de grosses électrodes pour la métallurgie électrique. Afin d’éviter sa dépréciation sur le marché mondial par des envois de qualité trop variable, la Colonie a décidé sa standardisation ; seuls reçoivent l’estampille officielle « Graphite standard Madagascar I » les produits de tout premier choix. Des échantillons ainsi sélectionnés ont été largement distribués aux visiteurs de la foire, avec un album de photographies des principaux chantiers d’exploitation de file (fig. 2).
- En pleine guerre, 50 000 tonnes de graphite ont été exportées de Madagascar durant les aimées 1916-1917. La production du premier trimestre de 1923, 6234 t., a presque atteint le chiffre de 6675 t. réalisé au total en 1922. Tamatave, le port par où se font les expéditions, en a envoyé cette année-là 2878 t. en Angleterre, 1815 en France, 1046 en Allemagne, 245 aux États-Unis, 17 en Italie et 16 en Belgique^ La reprise de l’activité des usines métallurgiques entraînera nécessairement, dès qu’elle sera un fait accompli, un renouveau d’intensité des exploitations de la grande Ile. Il ne faut pas oublier que Madagascar constitue aujourd’hui une réserve de graphite unique sur le globe, en même temps qu’elle est devenue le premier producteur de ce minéral dans le monde. Son principal
- et plus ancien concurrent, Ceylan, a en ce moment son essor arrêté, sauf pour les plombagines; sa production, qui était autrefois de 40 000 t., est tombée à 10 000 t. en 1923, et sera sans doute pour 1922 inférieure à celle de notre possession de l’Océan Indien. Tandis que nous en sommes encore à Madagascar à la période d’exploitation peu coûteuse des gisements superficiels dans la latérite, à Ceylan, au Canada, aux États-Unis, on extrait le graphite des roches compactes de la profondeur.
- Pierres précieuses et ornementales. — Les gemmes de notre possession de l’Insulinde étaient
- représentées,à la foire de Tananarive, par de belles collections, notamment celle du Service des Mines très heureusement choisie parM.l’Ingénieur Dumas, celle de M. Krafft, enfin celle constituée pour l’exposition flottante du Jules-Michelet , si remarquée dans les différentes contrées où nos croiseurs ont été récemment faire une efficace propagande pour les produits français.
- Surtout abondantes dans la région d’Antsirabé et d’Ambositra, mais répandues en somme depuis Maevatanana jusqu’à Fianarantsoa (fig. 3), les pierres précieuses de Madagascar sont presque toujours exploitées dans les latérites résultant de la décomposition de leurs gisements originels : 1° de pegmatites potassiques (béryls blancs, bleus, verts, jaunes, tourmalines noires) où elles se trouvent souvent associées aux minéraux uranifères, thorio-nifères, zirconifères, bismuthifères, etc. ; 2° de pegmatites lithiques (tourmalines transparentes de couleurs diverses, grenat spessartine, béryl rose, topaze incolore, kunzite).
- A côté des béryls légers et clairs, blancs, roses, verts, jaunes et surtout bleus, on en rencontre de lourds; ce sont les plus appréciés, notamment les béryls bleu franc, qui soutiennent la comparaison avec ceux du Brésil, les béryls vert foncé ou aigues marines, qui rappellent l’émeraude, enfin et surtout les béryls rose foncé ou morganites, supérieurs aux béryls césifères rosâtres de Californie. Les vrais béryls roses dont la teinte varie de la fleur du pêcher au saumon ne se trouvent sur le globe qu’à
- 7. — 97.
- Fig. i. — Le pavillon central de la Foire de Tananarive.
- 57‘ Anné*. — 1*r S*m«str»,
- p.97 - vue 101/688
-
-
-
- 98
- L’ESSOR DE L’INDUSTRIE
- Madagascar; un échantillon exceptionnel de près de 100 carats figurait à la foire de Tananarive. Dans notre possession de l’Océan Indien, pays des béryls, pierres aujourd’hui très à la mode, certains cristaux bruts de ce silicate complexe d’alumine, de glucine, etc., atteignent plusieurs mètres de hauteur et 0 m. 60 de diamètre; on en voyait d’importants fragments dans les vitrines de l’exposition.
- Les tourmalines présentent toutes les nuances, depuis le vert bouteille jusqu’au rouge foncé. Cette dernière couleur, propre à la rubellite, variété découverte à Madagascar, est tout particulièrement appréciée; il en est de même dans une certaine mesure des teintes rose vert pré et rouge sang de pigeon. Les tourmalines vertes, jaunes, brunes, violacées ou bleues doivent atteindre certaines dimensions pour avoir quelque valeur. Les grenats comptent la spessartine de couleur jaune d’or, dont les rares cristaux très réfringents constituent la plus riche gemme de l’île ; la variété rouge grenat foncé et la variété rouge violet tirant sur le rose sont plus appréciées sur le marché que les pierres de même couleur provenant de l’Oural ou de la Bohême. À côté des grenats de joaillerie, prennent place aujourd’hui les grenats opaques, servant d’abrasifs. Une mention spéciale doit être faite du cymophane ou chrysobéryl, aluminate de glucine jaune d’or trouvé dans la Belambo et l’Ifempina et du diopside d’une belle couleur verte provenant d’Itrongay. Le feldspath orthose ferrifère donne de jolies pierres taillées rose citron, malheureusement un peu tendres; c’est une pierre spéciale à Madagascar, comme la danburite de Maharitrà, silicate de chaux jaune d’or qui possède presque les propriétés de la topaze; comme aussi la kornerupine vert olive d’Itrongay et la scapolite jaune paille de Tsarasaotra.
- La topaze incolore de la grande ile, longtemps prise pour un saphir blanc, se rencontre en beaux et gros cristaux qui, taillés, imitent le diamant. A côté du cristal de roche violet foncé (améthyste) assez fréquent et comparable aux pierres similaires de Sibérie, prennent place : le quartz citrin, qui donne de beaux feux par la taille; le quartz rougeâtre de Tsilaiho; le quartz enfumé du sud de la Maina ; l’opale de feu ; le zircon violet d’Itrongay et le zircon rouge de l’Ankaratra ; le rubis et le saphir surtout rencontrés à l’ouest de Mahanoro avec d’autres corindons transparents, soit incolores, soit rouge orange, violet clair ou vert clair ; la cordié-rite ou saphir d’eau d’un joli bleu trouvée au mont Tsilaizina ; la kunzite, variété rose lilas de triphane, pyroxène alumineux et lithique, connue seulement autrefois en Californie et exploitée aujourd’hui à Anjanabonoina.
- A côté des gemmes, il faut mentionner des minéraux de Madagascar utilisés pour des usages artistique ou industriel. C’est le cristal de roche hyalin servant à faire des objets ornementaux, des verres de lunetterie, des instruments d’optique de préci-
- M1N1ÈRE DE MADAGASCAR =====
- sion, des appareils qui utilisent les propriétés piézo-électriques du quartz en vue de la production et de la détection des ondes ultrasonores ou la résistance aux agents chimiques de la silice fondue. Le quartz rose de Sahanivotzy et de Samiresy, aussi beau que celui du Brésil, est utilisé dans la fabrication de jolis bibelots de luxe, comme en témoignait la charmante série exposée dans un des pavillons de la foire ; on pourrait se servir également du quartz opalescent et du quartz à inclusions du Mont Bity. La calcédoine brune ou sardoine, la calcédoine zonée ou agate et la calcédoine opalescente sont fréquentes dans les géodes des tufs basaltiques de l’ouest de l’île; on en fait des articles de fantaisie, des mortiers, etc. L’amazonite, feldspath microcline, donne une belle pierre vert franc ou vert bleu.
- Les exportations de pierres précieuses de Madagascar sont passées de 155 kg en 1908 à 1029 kg en 1920; en 1921, elles ont été seulement de 249 kg et en 1922 de 224 kg (béryls, tourmalines et topazes égrisés), auxquels il faut ajouter 5657 kg de grenats égrisés, 26 kg d’améthystes et d’orthoses, 65 kg de quartz citrins, 589 kg de quartz diversement colorés, 5075 kg de cristal de roche limpide, 115 697 kg de cristal de roche givreux, 211 kg d’amazonite et 9786 kg de grenats industriels.
- Les gemmes de Madagascar, dont les premiers échantillons furent rapportés par les explorateurs A.Grandidier(189l)etE.-F. Gautieï- (1896), ont eu à lutter sur le marché mondial avec les produits similaires de l’Inde et du Brésil. Taillées en série tout d’abord sur l’heureuse initiative du professeur A.Lacroix, l’éminent secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, les pierres précieuses de Madagascar ont été bien souvent vendues comme étant originaires du Brésil, de même que le graphite malgache était présenté par le commerce en gros comme provenant de Ceylan. C’est pour lutter contre la dépréciation de nos pierres précieuses de l’Insulinde que le Gouvernement général a restreint à partir de 1911 les exportations en exigeant des exploitants un égrisage très soigné des lots expédiés en Europe; grâce à la collection réunie dans les vitrines de la galerie de Minéralogie du Muséum d’Histoire naturelle de Paris, grâce aux séries envoyées à l’Exposition coloniale de Marseille, à celles qui ont fait le voyage autour du globe à bord du Jules-Michelet, à celles rassemblées à la foire de Tananarive, grâce enfin à la publication du beau livre de M. A. Lacroix, les gemmes de Madagascar ont conquis la place qui leur revenait et plus spécialement à Paris chez les joailliers de l’avenue de l’Opéra et de la rue de la Paix.
- Or et platine. — L’or dont on a exporté 5696 kg en 1909 et seulement 459 kg en 1921, a vu sa production remonter à_ 512 kg en 1922. Il provient principalement des régions de Maevatanana et de Mananjary. La décroissance passagère de l’exploi-I tation des minerais aurifères de la colonie tient à
- p.98 - vue 102/688
-
-
-
- 99
- L’ESSOR DE L’INDUSTRIE MINIÈRE DE MADAGASCAR
- l’épuisement des parties superficielles des placers et au procédé archaïque de la bâtée, bien souvent encore en usage dans File et que commencent à remplacer les différents modes de sluice. Enfin, il faudrait attaquer les venues de quartz aurifère au lieu de restreindre l’activité minière à la mise en valeur des gisements alluvionnaires. A côté de l’or, prend place maintenant le 'platine dont 1*2 gr. ont été expédiés pendant le 1er semestre de 1923; 148 gr. exportés en 1911 provenaient de la région de Vatomandry.
- Corindon. — Le corindon dont Madagascar a produit 1100 t. en 1913, 914 t. en 1910, 812 t. en 1919, a vu son exportation s’abaisser à 185 t. en 1922 et remonter à 199 t. pendant le 1er semestre de 1923.
- Exploité dans les alluvions de l’île, ce minerai formé d’alumine cristallisée à peu près pure, proviendrait originellement des micaschistes ; excellent abrasif pour la fabrication des meules servant à ébar-ber et polir les métaux, ainsi que pour l’égrisage, il est bien plus avantageusement employé que l’émeri, dont la composition comporte seulement 50 pour 100 d’alumine environ. En dehors d’un petit groupe situé entre Fort-Dauphin et Ranomafana, les gisements de corindon sont localisés à l’est de Tananarive, entre Àntsirabé-Ambosilra et Tamatave-Fénérive. Le déficit de production subi par ce minéral se lie, comme c’est le cas pour le graphite, à la crise mondiale de la métallurgie. Quand celle-ci aura pris fin, Madagascar pourra facilement livrer 4 à 5000 t. d’abrasif par an.
- Mica. — Le mica, dont 88 747 kg ont été expédiés pendant le 1er trimestre de 1923 (91 963 kg en 1922), paraît assez abondant dans l’île et arrivera peut-être à se substituer partiellement sur le marché aux produits de l’Inde et des Etats-Unis. L’industrie du mica à Madagascar ne date que de 1918 (20 t.), lorsque l’Angleterre se fut, pour ses besoins militaires, réservé le monopole de sa production coloniale. De forts beaux échantillons figuraient en grand nombre à la foire de Tananarive : phlogopite ou mica magnésien de nuance ambrée d’Elakelaka en magnifiques plaques; muscovite ou
- mica potassique de couleur claire d’Ambatofotsikely et du lac Alaotra. Madagascar et le Canada, qui donnent chacun 20 pour 100 de la production mondiale du mica, sont seuls à fournir de la phlogopite. Dans notre colonie, la distribution géographique des gisements de mica est extrêmement étendue, du Cap Sainte-Marie et de Fort-Dauphin à Maevatanana, Tsaratanana et Fénérive.
- Minerais radioactifs et terres rares. — Enfin la grande île est un important producteur de minerais radioactifs; dans le 1er trimestre de 1923 elle a produit 8 t. de béfafite, 4 t. d’euxénite,
- 5 t. 1/2 de monazile et 3 t. de colombite. L’exploitation est presque localisée à l’ouest du massif de
- l’Ankaratra.dans la région située entre le lac Itazy et Antsirabe, notamment au voisinage de Soavi-nandriana. A côté de minerais primaires à noms malgaches, bé-tafite (17 à 28 pour 100 de U3 O8), ampan-gabéite (12 pour 100 de U5 O8), samirésite, récemment découverts dans l’île par M. A. Lacroix, il faut mentionner d’autres espèces primaires anciennement connues de diverses contrées du globe : euxénite (6 à 14 pour 100 de U3 O8), samarldte (8 à 20 pour 100 de U3 O8), fergusonite (2 à 6 pour 100 de U3 O8) et aussi un minerai secondaire : l’autunite, phosphate d’urane et de calcium, extrait à Vianinkarena de dépôts lagunaires dont M. Léon Bertrand et moi venons, au cours de notre mission dans l’île, de reconnaître l’âge néogène. Les minerais primaires de Madagascar, qui sont des litanoniobotantalates d’urane ont fourni en 1912 la matière nécessaire à la fabrication de 2 gr. de radium.
- Ils sont bien placés pour concurrencer les minerais uranifères d’Autriche, des États-Unis et de l’Afrique centrale. On peut prévoir que Madagascar arrivera à donner, dans, un avenir prochain, 3 à 4 gr. de bromure de radium par an, c’est-à-dire une quantité égale au quart de la production mondiale.
- Parmi les terres rares de notre possession de l’Insulinde, la monazite est riche en thorium et la bastnaésite en cérium. Tous ces minerais sont beaucoup plus abondants à Madagascar que nulle
- Fig. 2. — Exploitation en gradins d’un gisement de graphite appartenant à M. Rodet, dans la Région de Vatomandry.
- p.99 - vue 103/688
-
-
-
- 100
- L’ESSOR DE L’INDUSTRIE
- part ailleurs sur le globe et il en est de même des minerais de zirconium. On sait le rôle important joué aujourd’hui dans l’industrie par les minerais de thorium et de cérium pour la fabrication des alliages pyrophoriques et par ceux de zirconium pour la confection des produits réfractaires.
- Phosphates de chaux, etc. — Le cube total des phosphates de chaux de Madagascar a été évalué par M. Duclos à 145 000 t. dont 100000 à Juan de Nova (île du canal de Mozambique), 40000 à Ànambo (îlot boisé voisin de Diégo-Suarez), 5000 à Europa (île du canal de Mozambique), 1200 aux îles Barren (en face Maintirano). On trouve encore de semblables dépôts aux îles Glorieuses, Chesterfield et dans une vingtaine d’îlots ou de grottes proches de la côte ouest. Dans ceux-ci, les gisements ne consistent guère qu’en quelques dizaines ou centaines de tonnes de guano. Au contraire, dans certains gîtes privilégiés, notamment sur les points où fonctionnent déjà des embryons d’exploitation, les couches utiles, qui restent faiblement azotées, présentent, au point de vue de leur emploi en agriculture, des qualités intermédiaires entre celles des phosphates solubles genre guano, et celles des phosphates insolubles, du type fourni par l’Eocène nord-africain. Ces propriétés sont d’ailleurs en rapport direct avec les conditions de genèse des roches malgaches utilisées comme engrais. De même que les sédiments analogues des archipels polynésiens, les formations des îles du canal de Mozambique résultent de l’action, sur le carbonate de chaux d’une partie plus ou moins superficielle des récifs, des eaux d’infiltration ayant lessivé la couche du guano dû aux innombrables oiseaux de mer qui viennent pondre dans les petites dépressions, sur les écueils isolés ou voisins des rivages.
- 5511 t. de phosphate ont été exportées en 1922. Les 5000 t. provenant de Juan de Nova ont été expédiées par Majunga en Angleterre et les 311 d’Anambo, par Nossi-Bé, à la Réunion (110 t.), Maurice (100 t.) et Durban (Natal) (101 t.).
- On exploite pour l’alimentation des fours à chaux les calcaires du Lias (Maevatanana), de l’Oolithique (Analalava) de LÉocène (Majunga), du Miocène inférieur (Diégo-Suarez) ; à Nossi-Bé et aux Comores, la chaux est fabriquée avec les coraux actuels.
- Les salines maritimes de Diégo-Suarez ont, en 1922, fourni 965 t. de sel à l’exportation, 832 pour la Réunion, 108 pour Maurice, 10 pour le territoire du Tanganyika, 10 pour Zanzibar, 1/2 pour la la colonie du Kenya. Il faut ajouter à ces nombres la consommation des Seychelles et de Madagascar même.
- Minerais non encore exploités. — La colonie a fait en 1923 un gros effort pour l’essor de son industrie minérale par les missions quelle a organisées. M. le Professeur Ch. Moureu est allé faire des recherches sur la radioactivité dans les régions centrales de l’île. MM. Léon Bertrand, flardel et moi avons exploré la région des sables bitumineux
- MINIÈRE DE MADAGASCAR
- du Ranobe, du Manambao et du Madamnolo. Mlle Brière installe à Tananarive un laboratoire de pétrographie et de minéralogie au Service des Mines pour l’étude sur place de certains échantillons jde roches et de minerais.
- C’est qu’à côté des richesses du sous-sol déjà mises en valeur, Madagascar, comme tous les pays neufs, offre d’heureuses possibilités qui doivent être inventoriées, et, s’il y a lieu, incorporées au domaine de l’activité économique. Dans ce cas se trouvent d’importants gisements de nickel et des gîtes à peine prospectés de cuivre, plomb, fer, titane, chrome, manganèse, amiante. Il faut aussi mentionner la tourbe, le lignite, la houille et le bitume.
- Évaluée à 90000 t. de nickel métallique, la serpentine nickélifère deYalozoro, au sud d’Ambositra, rappelle par son mode de gisement les minerais de la Nouvelle-Calédonie. Un autre gîte à Ambatondra-zaka donnerait du 6 pour 100 en moyenne et exceptionnellement du 12 pour 100. 11 semble donc que Madagascar puisse devenir un pays gros producteur de nickel.
- Le cuivre (chalcopyrite et érubescite) dont de nombreux affleurements existent dans l’île, n’a guère été prospecté sérieusement qu’à Ambatofan-gehana : 39001. provenant de travaux de recherches en ont été expédiés en 1921.
- Le plomb (galène et carbonate) se trouve à Nossi-Bé et vers Tsatanana et Ambilobe ; dans tous ces districts, il est argentifère (70 à 710 g. à la t.).
- Le fer (magnétite, oligiste), qui est répandu tout le long de la lisière Est de la forêt orientale, du lac Alaotra à Fianarantsoa, voit ses produits d’extraction absorbés par l’industrie locale. Le iitanate de fer ou crichtonite se trouve vers Itrongay, dans la région sud et à l’île Betsiriri dans le Vongoa à 30 km de Miandrivazo : certains minerais de fer titané malgaches qui titrent 1,5 pour 100 d'anhydride vanadique rappellent les fers titano-vanadiés du Canada; du rutile d’Ambatofînandrahana il a été exporté pendant la guerre quelques tonnes destinées aux usines de gaz asphyxiants pour obtenir du chlorure de titane. Deux gisements de fer chromé existent à Yangaindrano (province de Farafangana) et à Ambodibonara (province de Tamatave).
- Le manganèse a été signalé à Analamitanty, Antanandava, etc., mais aucun travail n’a été fait pour en déterminer la valeur.
- Le bismuth se rencontre avec un mode de gisement tout à fait exceptionnel dans les pegmatites à Ampangabe sous la forme de bismuth sphérite (71 pour 100 de bismuth métallique).
- Les gisements d'amiante sont situés autour de Maevatana, Tamatave, Tananarive, Antsirabé, Am-bositra, Fianarantsoa ; leur large dispersion permet de penser que l’île recèle des gîtes exploitables dont on ne saurait trop recommander la prospection;
- La tourbe se trouve un peu partout dans Madagascar. Ses gisements bien connus par les ossements qu’il ont fournis de mammifères et d’oiseaux disparus
- p.100 - vue 104/688
-
-
-
- L’ESSOR DE L INDUSTRIE MINIERE DE MADAGASCAR 101
- de l’île ne sont guère encore utilisés que dans l’Imé-rina, où l’on emploie ce combustible au chauffage des briquetteries.
- Des lignües existent à divers niveaux dans le Trias supérieur au NW de Kandreho,où ils forment d’ailleurs des bancs peu épais.
- La houille a été découverte par J. Colcanap, dans le Permien deBenenitra, sur l’ianapera, affluent du haut Onilahy, où l’on a reconnu 4 couches d’une puissance totale de 4 m., dont une de 2 m. Le combustible de ce gisement donnerait 7000 calories et contiendrait 18 à 20 pour 100 de cendres.
- Ces nombres auraient d’ailleurs besoin d’être confirmés par des analyses basées sur des échantillons prélevés beaucoup plus loin des affleurements que n’ont permis de le faire les 20 m. de descen-derie réalisés jusqu’à présent : sans doute alors constaterait - on une amélioration de qualité.Essayé sur des locomotives et des paquebots du service local, ce charbon maigre et cendreux brûle dans des conditions satisfaisantes. Assez analogue à celui qui, exploité à Durban, alimente en bonne partie les ports delà côte Est d’Afrique, ce gîte de houille dont la découverte est due à un géologue et dont la prospection a été assurée aux frais de la Colonie, est depuis quelque temps déjà aux mains d’un groupe privé, qui n’a encore rien fait pour sa mise en valeur.
- MM. Léon Bertrand, Hardel, Dumas et moi venons d’étudier un autre gisement de charbon situé sur le
- moyen Ranobe, vers Ampoza, à une cinquantaine de kilomètres du littoral, par conséquent, dans de bien meilleures conditions géographiques que celui de Tuléar. Là, le Permien dessine, au milieu d'une avancée des sables triasiques vers le canal de Mozambique, entre les falaises jurassiques du Bema-raha et de l’Ika-vo, une série de bosses anti-clinales qui ramènent, tantôt à l'affleurement, tantôt à une assez faible profondeur, les mêmes couches de charbon qui, dans le sud de l’île, sont relevées par le Cristallophyllien du Bongo Lava.
- Dans les hautes vallées dü Ranobe et *du Manambolo, au nord-est de Mo-rafenobe, les sables triasiques ont comme ciment un hilume qui résulte des transformations secondaires d’un immense gîte de pétrole : les sables ainsi bitu-misés se présentent en lentilles, qui peuvent se superposer en hauteur et se succéder latéralement à des niveaux divers, comme M. Léon Bertrand et moi l’établir.
- La même allure de gisement se retrouve, dans un ensemble, il est vrai moins important, au nord du moyen Manambolo, vers Andranoboko. Le développement considérable que prennent à Bemolanga et plus à l’est, vers la Bekolosa, les sables bituminisés d’une série de gîtes de pétrole détruits, permet d’envisager la possibilité de rencontre du pétrole dans le nord-ouest et le sud-ouest de Madagascar.
- Conclusion. — La mise en valeur des nouvelles richesses minières de la Colonie ne sera possible
- Fig-. 3. — Les gisements de minéraux de Madagascar.
- avons pu
- p.101 - vue 105/688
-
-
-
- 102 : LES PROPRIÉTÉS DE L
- qu’au fur et à mesure de l’aménagement de voies de communication. Aux 524 km du rail Tamatave-Tananarive-Antsirabe et aux 171 de celui du lac Alaotra, déjà construits, les projets en cours ajouteraient tout un réseau complexe dont plusieurs importantes artères desserviraient une série d’exploitations du sous-sol. Le « Central malgache » d’Antsirabe à Fianarantsoa permettrait d’exploiter l’ardoise de Tsarafandry, le plomb et le cuivre de Bemahazembina, la chaux d’Ambatofinandrana, le cuivre d’Ambatofangehena, le nickel de Yalozoro. La voie de Tombohorano àBemolanga aurait 125 km spécialement destinés au transport des huiles provenant du traitement des bitumes. Le rail qui partirait de Tuléar assurerait l’évacuation des charbons d’Ianapcra- Colcanap, pour lesquels on prévoit 350 000 t. de transport annuel, le cube total du gîte, étant évalué, d’après des données bien insuffisantes d’ailleurs, à 132 000 000 t. Ce chemin de fer, dont la plate-forme est achevée jusqu’au 90e km, à Tongobory, en aura finalement 160 ; plus tard, on le prolongerait par les régions d’Ambohibaty et de Ranohira vers Fianarantsoa, où il rejoindrait le « Central malgache » qui pourrait alors marcher au charbon, seule solution admissible au point de vue économique, hormis l’électrification utilisant la houille blanche, verte ou bleue.
- Il est urgent que cesse dans la Colonie cette exploitation intensive de la forêt que nécessite le chauffage au bois des locomotives du réseau ferroviaire. Si des mesures efficientes ne sont pas prises, à brève échéance, comme nous le fait déjà entrevoir l’apôtre de la forêt malgache, M. Perrier de la Bathie, la végétation arborescente ne sera bientôt plus qu’un souvenir dans toute l’île. Il ne faut pas non plus qu’un reboisement tel que celui entrepris vers Antsirabé n’ait en vue que l’alimentation des chaudières. C’est le roc à nu qui partout sera mis à jour si se continue la destruction intensive des peuplements forestiers. Et cependant quelles richesses d’essences aux multiples utilisations nous a révélées la si instructive exposition des bois madécasses
- LES PROPRIÉTÉS DE LA
- M. Devaux a consacré à l’étude des propriétés superficielles des liquides, toute une série de recherches des plus intéressantes dont nous avons rendu compte ici même et dont il n’est pas inutile de rappeler les résultats essentiels en les rapprochant de ceux trouvés par d’autres expérimentateurs, en particulier Langmuir en Amérique.
- M. Devaux a démontré qu’une lame d’huile en libre extension sur l’eau a une épaisseur très voisine du diamètre théorique des molécules d’huile, calculé en partant du nombre des molécules comprises dans une molécule gramme (68xlOja). Une lame d’huile au maximum d’extension est donc constituée par un plan formé d’une seule couche de molécules. D’autre part, si on opère avec des quantités d’huile plus importantes, on trouve expérimentalement que dès qu’une lame d’huile
- SURFACE DES LIQUIDES —
- organisée à Tananarive par M. l’Inspecteur Louvel : grâce à un album d’échantillons heureusement sélectionnés, les visiteurs de la foire conservent un précieux témoignage des possibilités d’avenir de l’exploitation méthodique des forêts dans notre possession de l’Océan Indien.]
- Quel que soit d’ailleurs le rendement en calories de la houille maigre-ou des huiles obtenues à partir du bitume, il importe qu’un pays neuf, sans tradition, ni outillage à moderniser, comme Madagascar, mette à l’étude, sitôt que sera plus avancée la prospection de ses gîtes, les modalités d’utilisation rationnelles de ses combustibles. Il faut à la Colonie un programme de carbonisation, un programme de mise en valeur de ses tourbes, lignites, poussières de charbon, toutes sources d’énergie inutilisables si on ne les traite pas sur place, si l’on grève encore les prix du carreau de la mine par des frais de transport nécessairement très élevés dans des régions où, à l’heure actuelle, n’existe encore aucun organisme économique. C’est par des aménagements de centrales faits auprès de certains de ces gisements de combustible à faible rendement que devra être produite la force motrice destinée à être transmise électriquement aux lieux de consommation.
- La documentation sur les minerais de Madagascar est particulièrement importante. Le beau livre de M. A. Lacroix, la «Minéralogie de Madagascar », est une magistrale synthèse qui fait de notre grande possession de l’Océan Indien la contrée du globe dont la connaissance minéralogique et pétrogra-phique est la plus avancée ; le troisième et dernier volume en a paru au moment même où s’achevait l’organisation de la foire. Les numéros mensuels du Bulletin des Mines de Madagascar, qui paraissent avec une grande régularité grâce à l’active impulsion de M. l’Ingénieur Dumas, Chef du Service des Mines à Tananarive, tiennent le public au courant du remarquable essor de l’industrie minière de notre principale colonie de l’hémisphère austral.
- L. Joleaud.
- liai Ire île Conférences à la Sorbonne Chargé île mission à Madagascar.
- SURFACE DES LIQUIDES
- a plus d’une molécule d’épaisseur, elle tend à former des globules où se rassemble presque tout l’excédent de l’huile. La Nature a donné un résumé de ces expériences dans son numéro du 27 juillet 1912.
- Langmuir a étudié le même phénomène très en détail, en vue de déterminer la cause de l’étalement de l’huile à la surface de l’eau. Il pense qu’elle réside dans l’attraction des molécules de l’huile par les molécules d’eau, cette attraction n’émanant pas de la molécule entière, mais étant due à la présence, dans cette molécule, de groupes d’atomes actifs.
- Considérons l’acide oléique par exemple. Il n’est pas douteux que les groupements carboxyles ont une grande affinité pour l’eau, due à l’existence des valences secondaires très énergiques qui caractérisent les dérivés oxygé-
- p.102 - vue 106/688
-
-
-
- LES PROPRIÉTÉS DE LA SURFACE DES LIQUIDES =." 1 : 103
- nés. D’autre part, les hydrocarbures ont une affinité mutuelle supérieure à celle qu’ils, ont pour l’eau. Par suite, lorsque l’acide oléique est placé sur l’eau, les groupes carboxyles se dissolvent très probablement dans l’eau, c’est-à-dire se combinent chimiquement avec l’eau par leurs valences secondaires, tandis que les longues chaînes hydrocarbonées ne sont pas solubilisées. Les molécules d’huile’ sont donc disposées à la surface de l’eau comme des piquets verticaux, enfoncés plus ou moins profondément suivant le nombre de radicaux solubles dans l’eau qu’elles renferment, la partie émergente, dont la hauteur varie suivant la formule de l’huile étant constituée par le radical hydrocarboné. Langmuir a pu déterminer, dans celte hypothèse, la section droite et la longueur des molécules d’huile et il en a tiré un certain nombre de conséquences que le lecteur pourra trouver en se reportant 'a l’article que nous "avons consacré à ces questions dans La Nature du 5 avril 1920.
- M. Devaux a continué l’étude de ces phénomènes superficiels et en particulier celui de la mouillabilité des surfaces. On sait que le verre, les métaux et tous les solides en général se mouillent lorsqu’on les plonge dans un liquide, mais qu’ils se mouillent mal lorsqu’ils sont enduits d’une substance grasse ou cireuse. Leur mouillabilité normale est alors remplacée parcelle de l’impureté qui les recouvre, et on peut se demander quelle épaisseur l’enduit doit avoir pour agir ainsi.
- Ce problème présente un intérêt pratique considérable; car la présence des souillures et des impuretés anti-mouillantes est générale sur tous les corps que nous observons dans la vie courante, depuis le verre de nos vitres jusqu’à notre propre corps. Les poussières de l’air, la surface des eaux,les grains de sable et la terre végétale en sont également couverts, ce qui revient à dire que les surfaces des corps ne sont pour ainsi dire jamais à nu ; des impuretés les recouvrent toujours, et empêchent le contact avec les agents extérieurs, de sorte que ce sont les propriétés de ces impuretés que l’on observe et non celles des corps sur lesquels on croit opérer. Il y a en particulier un grand intérêt à connaître l’épaisseur minima sous laquelle les impuretés arrivent à modifier les propriétés physiques'telles que la mouillabilité, puisque c’est elle qui règle les rapports de l’eau avec tous les corps usuels et l’adhérence de cette eau aux surfaces.
- Pour étudier la mouillabilité des surfaces, M. Devaux trempe le corps dans l’eau et lorsqu’il en sort, recouvert d’une pellicule, celle-ci ou bien persiste (mouillage parfait) ou bien se rétracte (démouillage). Il y a, dans le degré de persistance un moyen d’apprécier la mouillabilité. La marche d’une expérience est alors la suivante.
- On flambe légèrement une lame de verre, ce qui assure un nettoyage suffisamment parfait, puisque, après flambage, cette lame trempée dans l’eau garde, après qu’on l’a retirée, une pellicule continue qui persiste jusqu’à évaporation complète. Sur une lame ainsi 'préparée, on étend une goutte d’une solution de graisse ou d’huile dans la benzine, en ayant soin de balayer la surface ainsi souillée avec un fil de verre jusqu’à évaporation complète de la benzine, de façon à éviter la formation de petites gouttes séparées au cours de l’évaporation.
- On plonge alors la lame dans l’eau et on constate, en la retirant, que sa surface est maintenant devenue immouillable. En opérant avec des quantités de plus en plus faibles d’huile ou de cire, on constate qu’il suffit d’une seule épaisseur moléculaire collée sur le verre pour que la mouillabilité du verre soit, pour ainsi dire, supprimée ou remplacée par celle de la cire ou de
- l’huile. C’est donc dire que cette propriété est localisée dans l’assise la plus superficielle des molécules des corps.
- Bien plus, il suffit qu’il existe un plan discontinu des molécules pour provoquer le démouillage du verre après qu’on l’a trempé dans l’eau.
- L’étude de l’action de l’huile sur le phénomène a mis en évidence un fait extrêmement intéressant.Il semblerait qu’il soit impossible de recouvrir le verre d’une pellicule d’huile l’empêchant d’être mouillé, puisque sitôt que l’on plonge la lame de verre dans l’eau, l’huile l’abandonne pour se répandre, sur l’eau. Mais si l’on chauffe la lame après qu’elle a été recouverte d’huile (par évaporation du dissolvant dans lequel elle était incorporée) on trouve que le contact s’établit si énergiquement que l’huile qui adhère fortement au solide, a perdu toute sa fluidité et est devenue indéplaçable par l’eau.
- Ces nouveaux faits confirment les conclusions auxquelles les expériences antérieures de Devaux et Langmuir avaient conduit : les propriétés caractéristiques des corps, la tension superficielle des liquides, la rigidité des solides et l’adhérence des liquides aux solides sont avant tout d’ordre moléculaire et disparaissent dès qu’il n’y a plus contact direct des molécules.
- Dans un autre ordre d’idées, Langmuir, étudiant l’action des poisons des catalyseurs, était arrivé à la conclusion que le revêtement d’un catalyseur par une couche d’un gaz empoisonnant le catalyseur épaisse d’une molécule, était suffisante pour annihiler complètement sa puissance chimique. L’adsorption qui se produit ainsi est extrêmement intense; dans une expérience avec des filaments de charbon, ceux-ci se recouvraient d’une pellicule d’oxygène si stable qu’il fallait un chauffage dans le vide d’une demi-heure à 2500° pour la faire disparaître.
- Knudsen, dans sa conférence sur les phénomènes de l’évaporation que nous avons résumée ici même, a signalé une expérience qui, bien que négative au point de vue des recherches qu’il poursuivait, n’en constitue pas moins une vérification frappante des conclusions auxquelles MM. Devaux et Langmuir sont arrivés. Il s’agissait de mesurer la vitesse de distillation dans le vide d’une gouttelette de mercure par observation de sa diminution de rayon. Or, en 24 heures, Knudsen ne put déceler aucune évaporation, tandis que dans des expériences ultérieures, réalisées dans les mêmes conditions de température, mais avec un mercure purifié avec grand soin, la distillation s’effectuait à la vitesse de 1 milligramme par heure. L’échec de la première expérience était dû à l’existence d’une petite impureté, graisse probablement, dans le mercure, qui avait formé à sa surface une pellicule infiniment mince, mais qui avait cependant suffi pour supprimer totalement le phénomène.
- Les travaux que nous venons de résumer montrent nettement le rôle fondamental, et cependant jusqu’ici insoupçonné, de la couche superficielle des corps. Mais "alors un grave doute saisit le physicien ; quelle est la valeur de toutes les mesures de tension superficielle, de capillarité, d’adhérence, etc., qui ont été faites sans tenir compte de la nature et de l’état de la surface des corps en expérience? Les anomalies constatées, les divergences d’une expérience à l’autre, l’impossibilité dans bien des cas de pouvoir découvrir une loi réunissant les phénomènes, n’auraient-elles pas pour cause la méconnaissance de ce facteur si important ? 11 semble que bien des expériences seraient à recommencer, et il est permis d’espérer que les résultats trouvés justifieront la peine des chercheurs, H. Yigneron.
- p.103 - vue 107/688
-
-
-
- 104
- LE BASSIN DE LIGNITE DE COLOGNE
- Lorsqu’on évoque les richesses en combustibles minéraux dont dispose le Reich allemand dans les provinces rhénane et westphalienne, on songe au magnifique bassin houiller de la Ruhr qui produisait avant la guerre une centaine de millions de tonnes de charbon. Cet important bassin est pourtant loin de constituer à lui seul la totalité de ces richesses.
- Il convient, en effet, d’y ajouter : d’une part le bassin houiller de la Sarre, actuellement exploité par le Gouvernement français (extraction annuelle 1 2 millions de tonnes) et le bassin d’Aix-la-Chapelle (extraction annuelle 6 millions de tonnes), d’autre part, et surtout : un puissant gisement de lignite s’étendant entre les bassins houillers d’Aix-la-Chapelle et de la Ruhr.
- Le centre de gravité de ce gisement se trouve à peu de distance de Cologne, à une dizaine de kilomètres environ de la ville.
- En 1922, il n’a pas produit moins de 35 millions de tonnes
- de combustible brut et l’on se rappellera que la production française totale de charbon avant la guerre ne dépassait guère ce tonnage. On n’est pas en droit, en vérité, de comparer le lignite à la houille. C’est en effet, un combustible dont le pouvoir calorique est bien inférieur à celui de la houille (2500 calories environ contre 8000 pour la houille). Mais cette infériorité est compensée partiellement par divers avantages, sur lesquels nous reviendrons ultérieurement, notamment la facilité d’extraction; aussi verronsmous que la masse de lignite brut ou « cru », comme l’on dit, qui fournit autant de chaleur qu’un kilogramme de houille, coûte beaucoup moins cher que celui-ci.
- Le bassin de lignite de Cologne dispose pour ses produits de deux débouchés principaux : le premier,
- Fig. i. — Le Bassin de lignite de Cologne.
- déjà anciennement connu (il date d’une cinquantaine d’années), consiste à transformer le lignite cru en briquettes, et la région parisienne a reçu, depuis l’armistice, d’importants tonnages de ce combustible qui a été fort apprécié par le public; le deuxième débouché, dont l’importance a grandi avec une extrême rapidité depuis la guerre, consiste à transformer, sur place, le lignite cru en énergie électrique dans de puissantes centrales; il s’est
- édifié à Cologne, à proximité de la ville, deux de ces vastes usines, deux supercentrales, comme nous disons ac-? tuellement, celle de Goldenberg ou de Knapouk et celle de For-tuna, qui sont aussi importantes que la centrale parisienne de Gennevilliers et même plus importantes.
- Dans ce qui suit, nous décrirons sommairement la géologie du bassin, les conditions techniques de l’extraction du lignite et les transformations successives des produit extraits.
- 1° Géologie du bassin de lignite. — Le bassin
- de lignite de Cologne a été formé assez récemment, à la période miocène de l’époque tertiaire. A ce moment de l’histoire géologique s’est déposée sur les terrains primaires une formation dont les contours géographiques affectent la forme d’une langue triangulaire. La pointe en est tournée vers le sud, et se trouve sensiblement sur le Rhin à l’endroit où il reçoit les eaux de l’Aar. L’un des côtés de la langue pointue longe le Rhin sur la rive droite à quelques kilomètres du fleuve, traversant la trouée héroïque de Bingen à Bonn et se prolonge jusqu’au confluent de la Ruhr. L’autre côté de la pointe s’écarte aussitôt du Rhin en pliant vers le nord-ouest et passe sensiblement par les villes d’Euskirchen et de Duren. Au milieu de la pointe s’écoule une petite rivière, l’Erft, dont le
- p.104 - vue 108/688
-
-
-
- 105
- LE BASSIN DE LIGNITE DE COLOGNE
- cours est grossièrement perallèle au Rhin et distant d’une quinzaine de kilomètres. C’est le long de cette rivière et, notamment sur la rive droite, que se trouvent les plus belles exploitations de lignite. La partie concédée sé développe sur une longueur d’une quinzaine de kilomètres et une largeur totale variable. Elle déborde même un peu sur la rive droite du Rhin, en face de Cologne. Les couches sont sensiblement horizontales et d’épaisseur variable. De plus, elles se trouvent presque à fleur du sol et la plus importante est simplement dissimulée par une nappe de sable épaisse de quelques mètres. Des intercalations de quelques mètres de" sable ou de marne séparent les couches les unes des autres.
- Ces conditions géologiques sont extrêmement différentes de celles que l’on rencontre dans le bassin houiller de la Ruhr, où les couches sont souvent profondes, d’une épaisseur inférieure à
- ruisseaux, affluents du Rhin, qui a rongé le combustible et ce sont les thalwegs nombreux et irréguliers de ces petits cours d’eaux qui dentellent la limite des gisements. A l’intérieur de l’haltère, l’épaisseur du lignite est. considérable. Elle atteint généralement de 30 à 40 m., ne s’abaisse pour ainsi dire jamais au-dessous de 10 et s’élève en un point, dans la concession tde Beisselsgrube, jusqu’à 100 mètres.
- On peut comprendre les particularités du gisement au moyen de la coupe transversale ci-jointe (fig. 2), qui va de Cologne à Duren, c’est-à-dire, de l’est-nord-est vers l’ouest-sud-ouest, perpendiculairement à la couche principale.
- Dans l’épaisseur de la couche de lignite se rencontrent un très petit nombre de lits stériles, deux ou trois en général. Encore sont-ils très minces. Ils sont généralement constitués par des marnes.
- Le lignite provient de dépôts de bois fossilisés.
- Une te séparant f'Erft du titan
- t i H la n î
- Lechenich
- LErFt
- Mine de Lib/ar
- Brühl
- Faille
- Le Rhin
- Echelle approximative
- Fig. 2. — Coupe transversale du bassin de lignite de Cologne à hauteur de la mine de Liblar, occupée et exploitée par la mission interalliée des ingénieurs.
- 2 m. et séparées les unes des autres par de puissants bancs de roches, 50 fois plus épais en moyenne que les couches productives de combustibles.
- Ce que nous venons de dire des facilités offertes par le gisement de lignite laisse comprendre déjà pourquoi le prix de revient de ce combustible est très inférieur à celui de la houille. Il s’en faut d’ailleurs que toute la superficie du triangle miocène présente des avantages identiques; aussi l’exploitation, malgré la grande étendue du bassin, se trouve-t-elle limitée à une bande très étroite, allongée parallèlement au Rhin, c’est-à-dire à peu près du N.-N.-O. au S.-S.-E. et éloignée d’une dizaine de kilomètres du cours du fleuve. La largeur de cette bande s’abaisse souvent jusqu’à 1 km et ne dépasse presque en aucun cas 5 km, encore n’atteint-elle une épaisseur de cet ordre qu’à ses deux extrémités ; on peut donc dire que la partie exploitée, mince et renflée à ses extrémités, présente grossièrement la forme d’une haltère. Géographiquement parlant, cette bande couronne, sur presque toute sa longueur, la crête qui sépare la vallée de l’Erft de celle du Rhin et qui porte le nom de Yorgebirge. Sa limite ouest est presque rectiligne et bien définie ; elle est constituée par une faille qui fait brusquement disparaître dans les profondeurs la puissante couche de lignite. La limite orientale est au contraire capricieuse, car de ce côté c’est l’érosion des petits
- C’est une matière brune, d’où le nom de Braun-kohle qui lui est donné par les Allemands. La couche est généralement assez homogène, on y reconnaît nettement la structure des bois primitifs en de nombreux endroits ; on arrive même à dégager d’immenses troncs d’arbres qui se dressent presque verticalement dans les couches géologiques, et qui rappellent alors, par leur aspect, les bois ravagés sur le front par l’artillerie pendant la guerre. Certains de ces troncs offrent des dimensions imposantes : on en a découvert un dont le diamètre atteignait 3 m. 80 et l’âge de certains, déterminé d’après les anneaux que laisse apercevoir leur coupe transversale, approche de 800 ans.
- La teneur du lignite en cendres est remarquable r ment basse (de 2 à 4 pour 100 en moyenne); par contre, il contient beaucoup d’humidité (environ 60 pour 100). Son pouvoir calorique est, comme nous l’avons dit, d’environ 2500 calories.
- A l’est de la couche principale, dans la région érodée, voisine du Rhin, on trouve des couches plus anciennes et beaucoup moins épaisses, dont l’exploitation serait peu avantageuse, et n’a pas été entreprise en fait. Néanmoins des concessions ont été accordées.
- On estime généralement que la plupart des lignites du bassin de Cologne se sont formés sur place, à l’endroit même où on les exploite. Ils résulteraient de la fossilisation de riches forêts qui
- p.105 - vue 109/688
-
-
-
- 106
- LE BASSIN DE LIGNITE DE COLOGNE
- auraient été envahies par des inondations. L’ensemble du pays aurait subi, en même temps, un affaissement très lent et d’importance inégale dans ses diverses parties. C’est par cette inégalité que s’expliquerait l’épaisseur variable de la couche principale. Nous ne croyons d’ailleurs pas nécessaire de nous étendre ici sur ces considérations théoriques.
- Exploitation de lignite, — L’exploitation du gisement de lignite remonte au xvme siècle. A cette époque, on y recherchait d’ailleurs, bien moins le combustible que des produits accessoires, tels que la paraffine, qu’on en peut retirer en effet en certains endroits. L’extraction du lignite sur une grande échelle fut longtemps retardée par ce fait, que le lignite, cru ou séché, n’est pas économiquement transportable à de grandes distances. Sa teneur en eau étant de 60 pour 100, le prix de revient à distance est grevé par le transport de cette eau inutile. Elle devint possible et se développa rapidement le jour où l’on sut fabriquer les briquettes de lignite qui se transportent aussi aisément que celles de houille et ne contiennent pas beaucoup plus d’eau qu’elles.
- D’après ce qui a été dit précédemment, l’extraction du lignite serait d’une façon très simple. Il suffit de retirer au moyen de dragues la couche peu épaisse et meuble de terrain sablonneux qui recouvre la grande couche de lignite. Elle se trouve ainsi amenée aisément au jour et l’exploitation présente l’aspect d’une simple carrière, le travail est facilité par le fait que c’est une carrière d’un matériau très tendre. L’abatage se fait, soit à la main, soit par des procédés mécaniques. Parmi les instruments couramment employés dans les procédés mécaniques, nous signalerons la drague et une sorte de râteau ou de grattoir vertical ou Kratzenbagger. On attaque en une seule fois une épaisseur considérable de la matière et on n’est limité que par les intercalations principales de marnes; en pratique, on exploite couramment en une seule fois une épaisseur de 20 m. Les lits de marne ou de sable doivent être enlevés séparément et ne pas mêler leurs éléments à ceux du lignite cru dont ils rendent le briquettage pénible.
- Le Kratzenbagger est composé de pointes fixées perpendiculairement sur une chaîne sans fin placée verticalement contre la paroi de lignite. Lorsqu’elle se meut, ses pointes grattent le lignite en descendant à la manière d’un burin. Le combustible tombe le long de la paroi, il ne reste plus qu’à le charger dans des wagonnets, ce qui se fait mécaniquement à l’aide d’une drague.
- Dans l’abatage à la main, une équipe de deux hommes peut extraire et charger 50 tonnes par jour. Rappelons que dans les mines de houille comme celles de la Ruhr ou de la France, le rendement de deux hommes serait au moins six fois moindre. Le rendement des appareils mécaniques est encore bien supérieur et ne décroît pas par mauvais temps.
- Les wagonnets transportent le produit brut jusqu’à un criblage où des grilles séparent les gros morceaux des moyens et des petits ou fines. Les gros morceaux et les moyens peuvent être employés directement, leur prix de revient est donc extrêmement modeste, et c’est grâce à quoi on a pu créer de très puissantes centrales électriques comme celle dont nous avons parlé plus haut, produisant le courant à bon compte.
- Une assez importante industrie chimique produisant notamment du sulfate d’ammoniaque est également en train de naître à la faveur des mêmes avantages. La seule sujétion imposée par l’emploi du lignite cru provient, comme nous l’avons déjà dit, de sa haute teneur en eau, qui en empêche le transport à grande distance. En fait, on ne dépasse guère 80 km, et on se tient le plus souvent en dessous.
- Fabrication des briquettes. — Les briquettes sont fabriquées au moyen de fragments de petites dimensions ou fines (0 à 5 mm de diamètre), que l’on agglomère sous une haute pression. Aux fines provenant normalement de l’abatage et séparées par le criblage, on ajoute celles qui proviennent du broyage des gros morceaux. Ces fines subissent au préalable un séchage qui abaisse leur teneur en eau à 18 pour 100 environ. Les sécheurs sont de grands cylindres longs de 7 à 8 m,, peu inclinés sur l’horizontale et traversés par des tubes étroits. Le lignite circule sous l’influence de la gravité et le chauffage est effectué par de la vapeur qui parcourt le grand cylindre et baigne les tubes. Pour faciliter la progression du lignite, le cylindre tourne. La teneur en eau des fines s’abaisse finalement par séjour à l’air libre jusqu’à 12 pour 100.
- Les briquettes sont obtenues dans des presses où la pression atteint des valeurs très fortes, environ 1500 kg par centimètre carré. Il ne faut pas confondre ce briquetage avec celui des charbons qui permet d’obtenir les briquettes employées par les chemins de fer et la marine. L’agglomération du charbon se fait à des pressions bien inférieures, mais elle exige l’addition aux fines d’un liant qui est le brai, produit qui coûte actuellement 8 fois plus cher que le charbon et dont il faut une quantité relativement considérable (6 à 8 pour 100). Pour le lignite au contraire, la pression suffit.
- Les presses sont entièrement mécaniques, sans eau sous pression ni air comprimé. Le lignite arrive latéralement dans une forme tronconique dont l’extrémité la plus étroite a la section d’une briquette. Un piston, animé d’un mouvement alternatif par une manivelle liée à un lourd volant, pousse le lignite granuleux dans cette sorte de filière d’où il sort sous forme d’une briquette.
- Les briquettes s’enflamment facilement, et sont appréciées vivement dans les foyers industriels comme dans le chauffage domestique. Leur pouvoir calorifique, plus que double de celui du lignite cru, dépasse 5000 calories, soit presque les 2/5 de celui
- p.106 - vue 110/688
-
-
-
- 107
- LE RETOUR DES OISEAUX MIGRATEURS
- du charbon. On estime qu’il faut environ 5 tonnes de lignite cru pour fabriquer 1 tonne de lignite, en comprenant le combustible nécessaire à la marche de l’usine (chaudières, sécheurs, etc.).
- Nous avous montré plus haut, en parlant du lignite cru, pourquoi c’est à proximité immédiate du point d’extraction qu’il convient de l’utiliser. On s’explique ainsi que les centrales électriques soient construites sur le gisement principal. En plus de son faible prix de revient, le lignite cru offre un autre avantage : la facilité avec laquelle il permet de mener les chaudières. Dans les centrales à charbon ordinaires, la chauffe exige un personnel nombreux effectuant un travail pénible. On peut éviter ce personnel au moyen de dispositifs mécaniques compliqués, coûteux à installer et à entretenir : les foyers automatiques. Les chaudières à lignite s’alimentent très simplement, presque sans personnel, au moyen de trémies et de grilles à gradins. Les cendres des charbons s’agglomèrent par fusion en très gros morceaux d’une matière dure, le mâchefer, qui gêne beaucoup la combustion. Les cendres du lignite sont au contraire pulvérulentes et ne s’agglomèrent pas. De plus, comme nous l’avons déjà dit, elles sont assez peu abondantes. Leur évacuation se fait simplement par une trappe qu’on ouvre de temps à autre, alors que celle des mâchefers complique l’emploi de la plupart des charbons. La centrale électrique de Goldenberg, qui a été considérablement agrandie après la guerre, développe actuellement environ 500 000 kilowatts de puissance installée, et celle de Fortuna 200 000 kilowatts.
- La prise en régie des mines de lignite. — Le bassin de lignite n’a pas été négligé par la mission des ingénieurs envoyée dans la Ruhr au mois de janvier 1925. Son activité a été contrôlée dans les
- mêmes conditions que celle des mines de houille de la rive droite. Les charges de réparation du bassin de lignite avaient été fixées par le programme des réparations à 50 000 tonnes par mois. Des saisies de stocks furent opérées pour parer aux refus de livraisons édictés par le Reich à la suite de l’occupation de la Ruhr. Au début du mois d’août, on envisagea l’exploitation directe sous la direction des ingénieurs alliés des mines de lignite au même titre que celle des mines de houille et des batteries de fours à coke.
- Les Français occupèrent la mine de Liblar et leurs alliés belges celle de Neurath. Leur tâche fut d’autant plus difficile qu’il n’existe ni en France, ni en Belgique, aucune mine de lignite à ciel ouvert et aucune usine à briquettes analogues à celles du bassin de Cologne. Les lignites français sont par leur nature et par leur gisement géologiques très différents de ceux de Cologne. Ces derniers ne sont eux-mêmes pas identiques à ceux du bassin de l’Allemagne centrale. Ces derniers ont en effet donné naissance à une importante industrie de distillation, tandis qu’il n’existe aucune installation de distillation sur la rive gauche.
- Les mines exploitées par les alliés furent progressivement remises en activité d’abord, sans la collaboration du personnel normal employé par la direction allemande, et ensuite avec ce personnel, après que le gouvernement du Reich eut renoncé à la résistance passive. Elles produisent actuellement environ 2500 tonnes de briquettes par jour, quantités largement égales à celles que prévoient les programmes d’expédition en France et en Belgique. Ici, comme dans la Ruhr, la mission technique fixée aux ingénieurs franco-belges a atteint son but.
- Pu. S.
- LE RETOUR DES OISEAUX MIGRATEURS
- Dans les plus anciens ouvrages traitant d’ornithologie, on apprend déjà que les oiseaux migrateurs réintègrent, au printemps, leur habitat de l’année précédente. Mais il était difficile, jadis, d’apporter une preuve à semblable assertion. Brehrn essaya de l’appuyer en fournissant quelques exemples frappants. C’est ainsi que, dans sa (( Vie des Oiseaux », il parle du chant extraordinaire d’un contrefaisant — par cela même reconnaissable — qui revint pendant neuf ans consécutifs dans son jardin. Il parle aussi d’une hirondelle apprivoisée qu’on revit pendant trois ans, et d’un pinson femelle également apprivoisé, qui, régulièrement, au cours de quatre années, partit en automne et revint au printemps.
- Ces quelques exemples peu démonstratifs ont été, depuis lors, largement complétés grâce au baguage des oiseaux migrateurs. C’est ainsi que de minutieuses recherches, opérées par des ornithologistes hongrois, ont prouvé que ce que nous appellerons le « sens de l’origine » est particulièrement développé chez les hirondelles qui, jeunes et vieilles, reviennent au printemps vers leur ancien séjour, pour s’y reproduire. Le même esprit d’origine se manifeste spécialement chez le mar-
- tinet, l’étourneau, la mouette rieuse, la cigogne blanche ; le baguage de ces espèces l’a parfaitement démontré.
- On établirait aisément que, nombreuses sont les espèces d’oiseaux qui reviennent chaque année se fixer dans leur ancien cantonnement. Nous pourrions citer : les sternes ou hirondelles de mer, les pluviers, les vanneaux, les bécasses et bécassines, la poule d’eau, les hérons, l’épervier, la buse, la bondrée, les milans, le torcol, les gobe-mouches, les corneilles, le pinson, la linotte, les pipits, les alouettes, l’accenteur mouchet, les pouillots, la grive musicienne, les rouges-queues, le rouge-gorge, le rossignol, en un mot toute une liste d’oiseaux de divers ordres et genres. Cette liste pourrait sans doute s'allonger encore.
- Les expériences faites au moyen du baguage des oiseaux permettent de considérer le retour des migrateurs au pays natal comme une loi naturelle actuellement vérifiée pour la plupart des espèces. Certes, il existe des exceptions. Ainsi, l’on n’est pas parvenu à observer, quoique de nombreux individus eussent été bagués, que les jeunes pies grièches-écorcheurs reviennent dans leur contrée d’origine. De même, les jeunes
- p.107 - vue 111/688
-
-
-
- 108
- = LE RETOUR DES OISEAUX MIGRATEURS
- merles, au cours de leur pérégrinations hivernales, s’installent de préférence en territoire étranger. Au surplus, parmi les espèces chez lesquelles ce que nous avons appelé le « sens de l’origine » est une règle, on constate parfois des exceptions, tel le cas de cet étourneau ayant niché en Hollande et qui, plus tard, fut tué en Finlande, où il élevait une couvée.
- Chez les oiseaux sédentaires, un certain penchant pour les pérégrinations se manifeste parfois [parmi les jeunes individus. Par exemple, une nichée de sittelles — espèce qui se caractérise bien comme sédentaire et très attachée à son territoire — quitta définitivement le cantonnement familial, dès qu’elle se sentit capable de subvenir seule à ses besoins. On a également cité le cas de deux jeunes pics noirs, nés en Bohême, dont l’un alla séjourner en Silésie et l’autre en Westphalie.
- Ces élections de domicile en territoire étranger, qui se produisent de temps en temps, aussi bien chez les oiseaux sédentaires que chez les migrateurs, peuvent être considérées comme un moyen efficace de la nature pour favoriser la propagation des espèces et la sélection.
- Le retour régulier des oiseaux migrateurs dans leur pays natal est encore démontré par les recherches systématiques des ornithologues sur les différentes formes régionales ou locales appelées sous-variétés. La division d’une espèce en plusieurs sous-espèces ou formes géographiques se distinguant, sous l’influence du climat et de la nourriture, par des particularités constantes ou caractères acquis, ne peut être envisagée que si la reproduction des individus s’effectue dans un territoire limité, sans qu’ait lieu la moindre conjonction avec des individus propres à d’autres territoires. Semblable sélection, amenant la formation de lignées, est facilement concevable pour les oiseaux sédentaires, mais n’est possible chez les migrateurs, que si la majorité d’entre eux reviennent constamment à leur ancien habitat pour s y reproduire. Or, parmi les oiseaux chanteurs de la faune paléarctique, dont la plupart sont migrateurs, on constate tout particulièrement la formation de sous-espèces. C’est une preuve certaine que, malgré la migration, aucun changement n’a lieu dans les zones de reproduction et que le retour des oiseaux à leur patrie constitue la règle.
- Les ornithologues ont établi de nombreuses listes des dates de retour des oiseaux migrateurs; leur ensemble forme un tableau très clair du cours de la migration printanière. Celle-ci débute, pour chaque espèce, par l’arrivée ordinairement prématurée d’éclaireurs isolés. Après une période courte ou longue, d’autres oiseaux suivent, dont le nombre s’accroît jusqu’à un point culminant, pour diminuer graduellement ensuite jusqu’à ce que, après un certain laps, quelques traînards s’amènent, formant l’arrière-garde qui clôture le mouvement de migration. C’est ainsi que ce mouvement peut être représenté géométriquement, pour chaque espèce, par une « courbe de migration ».
- Pour maints oiseaux, comme le loriot, la pie grièche-écorcheur, le pinson ordinaire, les rouges-queues, le vanneau, etc., la courbe en question est une ligne assez plate, tandis que, pour d’autres espèces comme l’alouette des champs, l’hirondelle de cheminée, la coucou, cette ligne se dresse soudain vers le haut, d’où elle retombe aussitôt en pente aussi raide. Dans le premier cas, la migration s’allonge régulièrement d’une façon graduelle ; au contraire, dans le second cas, le mouvement progresse rapidement en forte proportion dès le début et «e termine aussi en une courte période.
- Deux chercheurs, Lorenz et Sassi, ont indiqué en
- courbes de migration, les dates d’arrivée de 22 espèces d’oiseaux en Autriche occidentale, pour une période de sept ans. D’après ces tableaux, la migration de l’alouette des champs s’étend sur trois mois (février, mars, avril). Les premières dates d’arrivée pour chaque année séparément vont du 2 au 6 février, et les dernières du 13 au 50 avril, le .point culminant du mouvement variant du 10 février au 5 mars.
- Pour le loriot, les premières dates vont du 5 mars au 5 avril et les dernières du 20 au 51 mai, le point culminant de la courbe se trouvant entre le 27 avril et le 10 mai. Pour le coucou, les premières arrivées sont indiquées du 5 mars au 1er avril, les dernières du 7 au
- 28 mai, le mouvement de retour étant le plus important entre le 12 avril et le 1er mai.
- Les éclaireurs, parmi les hirondelles de cheminée, apparaissent du 5 au 11 mars, et l’arrière-garde du 22 au
- 29 mai ; la grande masse s’amène entre le 2 et le 23 avril.
- Le cours de la migration varie parfois assez fortement d’une année à l’autre, de sorte que les dates des premières arrivées et des grands passages peuvent différer de plusieurs semaines. Certains observateurs estiment que ces différences de dates sont dues à l’influence du temps et spécialement de la pression atmosphérique, ainsi qu’à la direction du vent.
- D’autres observateurs contredisent cet avis et déclarent au contraire que la situation météorologique n’a aucune importance essentielle pour la migration. Erreur! On ne peut admettre que le mouvement de migration soit indépendant du temps et que les migrateurs fassent fi des intempéries, puisque la pluie, la tempête, le brouillard, sont capables d’interrompre les mouvements des oiseaux se trouvant en cours de route et dont le voyage, parfois long de plusieurs milliers de kilomètres, s’étire davantage encore.
- D’aucuns pensent que les différences des dates d’arrivée peuvent être attribuées au fait que le besoin de retour, la nostalgie, se réveille irrégulièrement chaque année, suivant l’état du physique, et produit par conséquent ses effets, tantôt plus' tôt, tantôt plus tard. A notre avis, l’oiseau, créature éminemment nerveuse, obéit à l’extraordinaire prescience dont il est doué.
- Je vous parlais tout à l’heure des listes d’arrivées établies par Lorenz et Sassi. Elles montrent également la durée des périodes de migration. Pour le loriot, le coucou et la huppe, elles durent de huit à douze semaines, et pour l’hirondelle de cheminée et la pie grièche-écorcheur de onze à douze semaines et demie.
- Les quelques données que nous venons d’exposer, d’après les renseignement d’ornithologues autrichiens et hongrois, renseignements rassemblés par M. de Lucanus, prouvent que la migration printanière dure longtemps, et l’avis souvent émis que cette migration s’effectue plus rapidement que celle d’automne, parce que les oiseaux sont animés du besoin de se reproduire, est erroné. Nous pourrions d’ailleurs citer des espèces, comme l’oie cendrée et le vanneau, dont le retour s’effectue plus lentement que le voyage d’automne.
- En réalité, plus l’habitat d’un oiseau migrateur se trouve au nord, plus le retour a lieu tardivement, et cela, parce que, dans les régions septentrionales, le renouveau se révèle plus tard que dans les contrées situées plus au sud; par conséquent, les sources de nourritures nécessaires à l’existence y sont mises également plus tard à la disposition de l’avifaune. C’est aussi pourquoi les oiseaux des régions méridionales, revenus plus vite au pays d’origine, se disposent déjà à. nicher, alors que leurs congé-
- p.108 - vue 112/688
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES" ..... .....—— 109
- nères habitant le nord, ne sont pas encore parvenus à destination.
- Voici quelques exemples cités par l’ornithologue hongrois Otto Herman. L’hirondelle de cheminée arrive à Gibraltar vers la mi-février et à Luléa (65° 35' lat. n.) fin mai seulement. M. Herman, qui est certainement un spécialiste en la matière, a établi, grâce à une nombreuse documentation, que le retour de l’hirondelle de cheminée est retardé de deux jours et demi par degré de latitude nord. 11 déclare en outre qu’à Gibraltar, le mouvement de migration de l’hirondelle de cheminée ne se termine aucunement après l’arrivée des représentants de cette espèce, vers le 15 février, car ces individus, qui se fixent immédiatement dans la région, sont progressivement suivis jusqu’à la fin d’avril par leur congénères habitant respectivement de plus en plus au nord.
- De même, les troupes de cigognes blanches migratrices se trouvant encore dans la mer Rouge à la mi-avril, nichent vraisemblablement dans le nord de l’Europe ; car, à cette date, les cigognes blanches originaires des contrées moyennes et méridionales de l’Europe sont déjà aux lieux de reproduction.
- On peut donc conclure que les oiseaux ne se mettent pas tous en même temps en route pour retourner au pays d’origine; c’est de la situation géographique de celui-ci que dépend la date du départ. Ce départ s’effectue à intervalles successifs : les oiseaux, dont les lieux de nidification se trouvent dans les contrées méridionales quittent d’abord les quartiers d’hiver, tandis que ceux se reproduisant plus au nord partent plus tard. On déduira de ce fait que la migration printanière n’est pas due à des causes extérieures, comme l’état météorologique ; car, s’il en était ainsi, tous les oiseaux séjournant dans les mêmes quartiers d’hiver prendraient simultanément le départ, étant exposés aux mêmes influences du temps.
- Le retour au pays d’origine a plutôt une cause intérieure, je veux parler d’un penchant [inné, dont les migrateurs subissent périodiquement l’impulsion et qui s’éveille d’autant plus tard que la patrie de l’oiseau est située plus au nord.
- Il paraît que l’arrivée au pays d’origine a également lieu d’autant plus tard que ce pays est situé plus à l’est. C’est ce qui ressort des renseignements fournis par M. Otto Herman. Il faut d’ailleurs remarquer qu’aux mêmes degrés de latitude et longitude le printemps ne commence pas si tôt à l’est qu’à l’ouest. Et M. Herman cite, comme exemple, l’hirondelle de cheminée, qui arrive à Gibraltar (58° T 27" lat. n.) le 15 février, en Sicile (37° 50') le 25, à Smyrne (30° 25') le 12 mars et à Corfou (59°35') le 15 mars.
- Quoi qu’il en soit, le retour plus tardif des oiseaux habitant des régions situées [plus à l’est, ne peut être
- considéré comme une règle. Il existe certainement d’assez nombreuses exceptions.
- En ce qui concerne la rapidité du vol, il semble qu’elle est plus grande chez les migrateurs revenant au printemps vers leur patrie, que chez ceux effectuant le voyage d’automne. Ainsi, on peut estimer, d’après les listes d’oiseaux bagués qui ont été tués en cours de migration, que la cigogne blanche accomplit chaque jour, en moyenne, un parcours de 200 kilomètres pendant son voyage d’automne et le double au retour. Mais en ce cas encore, maintes espèces font exception.
- Le retour de certains migrateurs s’effectue en partie par la route suivie pour le voyage d’automne et en partie par d’autres routes vraisemblablement plus courtes et qui conduisent les oiseaux plus rapidement aux lieux de reproduction. Spécialement pour la cigogne blanche, on a pu établir que cette espèce suit au retour le même chemin qu’à l’aller.
- Des étourneaux, corneilles mantelées et canards pilets, revenant au printemps vers leur patrie, ont été fréquemment capturés ou abattus aux endroits où ces oiseaux avaient été capturés et bagués à leur passage d’automne. De telles constatations prouvent que les espèces en question et probablement d’autres encore, effectuent les deux migrations par la même route. A ce sujet, il existe certaines contradictions. Gatke cite des formes d’oiseaux habitant le nord, qui passent régulièrement en automne par Iléligoland et font complètement défaut au printemps. Il estime d’ailleurs que ces oiseaux, tels le bruant nain (Emberiza pusilla Pall.) et le pipit richard (Antims richardi Vieill.), suivent en arrière-saison les côtes septentrionales et occidentales de l’Europe, pour gagner les régions méditerranéennes, tandis qu’au printemps ils traversent directement l’Europe, sans doute pour arriver plus vite au pays de reproduction. En somme, ces oiseaux effectueraient en automne un voyage quasi en angle droit et, au retour, décriraient pour ainsi dire l’hypothénuse du triangle rectangle.
- La caille effectue aussi les deux voyages par des routes différentes. En automne, elle arrive par troupes nombreuses en Egypte, et au printemps en Tunisie où on ne la constate pas en arrière-saison. D’autres espèces pourraient être citées.
- En réalité, les renseignements acquis sur la migration printanière ne sont guère copieux. Ils permettent toutefois de remarquer qu’aucune règle générale n’existe pour le voyage de retour, les espèces se comportant de différentes façons. De temps en temps, on observera un fait nouveau et, en celte occurrence, on reconnaîtra une fois de plus l’incontestable efficacité du baguage des oiseaux migrateurs.
- Arm. Mercier.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre et de décembre 1923.
- Election. — Dans la séance du 26 novembre, M. Aimé Cotton a été élu membre de la Section de Physique générale en remplacemerit de M. J. Yiolle, décédé.
- Le principe insecticide des fleurs de pyrèthre. — On sait que sous l’impulsion du Professeur Perrot, de la Faculté de pharmacie de Paris, le comité des plantes
- médicinales a fait procéder à de nouveaux essais de culture de cette plante dont les préparations, comme insecticide, sont encore de prix très élevés. MM. J. Chevalier et Dantony indiquent à ce sujet que le principe utile du pyrèthre est l’éther oléo-résineux, généralement dénommé pyrétol et beaucoup plus actif que l’acide pyréthro-toxique de Schlagdenhauîen et Reeb; ils insistent enfin
- p.109 - vue 113/688
-
-
-
- MO ====== DES PENDULES QUI MARCHENT MILLE ANS
- sur la nécessité d’obtenir la stabilisation de l’activité des préparations, afin de diminuer leur teneur en fleurs et par suite leur prix de revient.
- Les inclusions noires contenues dans les diamants du Cap. — L’étude d’un échantillon des collections de l’Université de Strasbourg, présentant vers le sommet
- un paquet d’inclusions, a permis à M. G. Friedel de constater que les deux formes de carbone — graphite et diamant — peuvent se trouver associées, comme l’avaient déjà montré l’examen des météorites de Canon Diablo, et qu’on doit concl ure, dans ce cas particulier, à la cristallisation simultanée des deux espèces.
- Paul B.
- Les récents progrès de l’horlogerie électrique.
- DES PENDULES QUI MARCHENT 1000 ANS
- L’électricité ne tardera pas sans doute à nous affranchir du soin de remonter nos pendules et nos montres, car elle présente, sur l’entretien mécanique de leurs rouages, une incontestable supériorité, maintenant que les techniciens ont surmonté les obstacles, qui jetèrent jadis, sur Yhorlogerie électrique, un discrédit, trop justifié hélas ! Pourtant que de solutions, plus ou moins ingénieuses, n’a-t-on pas proposées depuis trois quarts de siècle, dans le but de résoudre ce difficile problème électrocfaro-nométriquel En 1840, Bain construisit, le premier, une horloge mise en mouvement par une action électromagnétique; puis, par la suite, de nombreux inventeurs, entre autres Liais, Vérité, Froment, Paul Garnier, imaginèrent divers systèmes de pendules électriques pouvant se ramener, somme toute, à deux types. Quand le moteur de l’instrument horaire (ressorts ou poids) arrivait en fin de course, un mécanisme fermait le circuit d’un électroaimant ou d’un moteur électrique. Ces dispositifs constituaient, en définitive, des curiosités de laboratoire et non des appareils pratiques d’un prix abordable.
- L’électro-horlogerie entra dans une voie féconde lorsque l’on chargea simplement le fluide électrique d'entretenir les oscillations d’un pendule. Les rouages intermédiaires, entre la source d’énergie produisant le déplacement des aiguilles et le balancier chargé d’en régulariser la vitesse, se trouvaient dès lors supprimés. Mais si l’on peut réaliser en l’espèce un moteur d’un bon usage, on ne tarda pas à s’apercevoir qu’il fallait renoncer à l’électro-aimant pour produire d’aussi minimes impulsions oscillatoires. Toutes les pendules qui emploient un tel procédé dépensent beaucoup trop d’électricité. En outre, la rupture du circuit détermine l’éclatement d’une étincelle détériorant rapidement le contact électrique. On songea à remédier à ces inconvénients au moyen d’innombrables dispositifs très séduisants au point de vue chronométrique ; toutefois leur complication réduisit encore le rendement électrique ! Foucault, en 1860, inventa un très ingénieux contact que l’horloger suisse Hipp vulgarisa et qui atténuait l’influence de l’irrégularité des impulsions. Dans cet échappement électro-magné-
- tique, l’entretien du mouvement avait lieu seulement lorsque la vitesse du pendule s’affaiblissait. Le contact électrique se produisait, de temps en temps, chaque fois que l’amplitude des oscillations descendait au-dessous d’une certaine valeur. Malgré son originalité, la pendule Hipp fut abandonnée, car l’étincelle de rupture trop forte compromettait son fonctionnement à la longue et la batterie de piles s’usait beaucoup trop rapidement.
- Mais en 1901, le physicien français Charles Féry eut l’idée de combiner un aimant et une bobine se déplaçant l’un par rapport à l’autre. Cette association, en développant une force contre-électromotrice opposée à celle de la pile, utilise rationnellement l’énergie de la source d’électricité comme le prouve la théorie et donne d’excellents résultats au point de vue .chronométrique. Essentiellement, la pendule Féry comprend un aimant en fer à cheval se déplaçant au voisinage d’une bobine intercalée dans un circuit électrique composé d’une pile à voltage constant et d’un interrupteur. Le pendule manœuvre automatiquement le levier de ce dernier de façon à fermer le courant pendant un temps très court, chaque fois qu’il passe au voisinage de la verticale. Grâce aux connexions, il reçoit, juste à ce moment, des impulsions motrices entretenant ses oscillations d’une façon constante. D’autre part, il commande, en outre, le mécanisme des aiguilles au moyen d’un cliquet faisant avancer d’une dent à chaque oscillation la roue à rochets de la minuterie, par l’intermédiaire d’engrenages convenables. Ges divers rouages qui tournent ainsi librement, sans être comme dans les horloges mécaniques soumis à la pression du ressort ou du poids moteur, dépensent très peu de travail. De son côté, la pile communique des impulsions mécaniques sans aucun intermédiaire susceptible de déperditions électriques.
- Cette invention réalisait parfaitement la condition théorique à remplir pour l’entretien du mouvement pendulaire sans perturbation, indiquée par Lipp-mann, dès 1898; à savoir qu’il fallait restituer son énergie au pendule seulement au passage de la verticale si on ne voulait pas détruire l’isochronisme de | ses oscillations. Aussi, depuis lors, l’horlogerie élec-
- p.110 - vue 114/688
-
-
-
- DES PENDULES QUI MARCHENT MILLE ANS ===== III
- trique s’inspira des principes sur lesquels reposait le système Fery que tous ses successeurs imitèrent en le modifiant plus ou moins. Dans la pendule Bardon, par exemple, l’aimant se déplace parallèlement au plan des spires, les pôles ne pénétrant pas à l’intérieur de’ la bobine qui reste fixe ; dans celle de Moulin Favre-Bulle dite• « Bull Clock » l’aimant est fixe et la bobine mobile. Dans l’horloge Vaucan-son, on retrouve le même dispositif d’entretien combiné avec le régulateur Foucault-Hipp. Féry apporta d’ailleurs récemment un intéressant perfectionnement à ses horloges électriques. Il introduisit la roue d’échappement dans le circuit, „ce qui réduit le nombre de contacts journaliers effectués par chaque dent (fig. 1).
- Enfin, au dernier Congrès de chronométrie tenu à l’Observatoire de Paris (22-27 octobre 1923), M. Marius Lavet a présenté de très intéressantes pendules électriques qui, théoriquement, peuvent marcher mille ans et dont les établissements Hatot se proposent d’entreprendre la fabrication en série de façon à abaisser leur prix de vente. Dans son remarquable mémoire, le savant spécialiste a attiré l’attention sur l’intérêt que présente l’application du mode d’entretien électro-magnétique aux horloges destinées à l’usage courant. Ses appareils de démonstration, seuls réalisés jusqu’ici, reposent sur le même principe général que l’horloge Féry, mais en diffèrent par de nombreux détails de construction ayant pour but de réduire le courant électrique à une valeur extrêmement faible et d’éviter de la sorte la détérioration des interrupteurs ainsi que les variations de la pile.
- Pour les instruments chronométriques devant fonctionner à une amplitude très réduite et capables
- de mesurer le temps avec une grande exactitude, il munit le pendule de plusieurs aimants assez courts disposés l’un au-dessous de l’autre à une faible distance (fig. 2), les pôles de noms contraires se faisant vis:à-vis. Les extrémités des, aimants s’engageant dans des bobines de volume réduit réparties en deux groupes alimentés successivement, chaque fois que le pendule passe par la verticale dans les deux sens.
- Grâce aux connexions, le flux créé par le courant as-
- Fig. i. — Modèle d’horloge électrique Féry, avec aimant enfer à cheval.
- La roue d’échappement, intercalée dans le circuit, permet de réduire les contacts journaliers de chaque dent.
- sure la constance des aimants permanents et permet d’augmenter à volonté le rendement électrique. D’après la France Eorloyère, les établissements Ilatot ont également étudié, avec le concours de M. Lavet, de très petits balanciers capables de réaliser des mouvements simples, robustes et de très faible encombrement pour les pendulettes domestiques. Ils utilisent pour cela (fig. 3) un dispositif électro-magnétique comportant deux enroulements de sens contraires ; de la sorte, on n’a pas besoin d’assurer, en des points précis de la course du pendule, les fermetures et ruptures du circuit. On peut alors employer un interrupteur très simplifié agissant tout près de l’axe de rotation.
- D’autre part, les horloges électriques Lavet s’appliquent aussi à la distribution de l’heure par les méthodes ordinaires de synchronisation, qui nécessitent une consommation d’énergie assez notable. Afin de diminuer cette dernière, le sagace technicien ajoute aux pendules récepteurs, un interrupteur servant à limiter la dépense de courant au mini-
- Fig. 2. — Appareil de démonstration Lavet, dont le pendule est muni de plusieurs aimants assez courts, disposés l’un au-dessous de l’autre.
- p.111 - vue 115/688
-
-
-
- Fig. 4. — Réglage de deux pendules Lavet-Hatot, pour les synchroniser.
- L’opérateur règle la durée des émissions de courant, d’après l’importance du travail à fournir pour maintenir constante l’amplitude oscillatoire.
- mum nécessaire pour entretenir le mouvement. Le choc des impulsions se produit juste à l’instant où la vitesse de l’organe oscillant passe par son maximum, ce qui favorise l’obtention d’un rendement élevé. En outre, la rupture du courant se trouve assurée par chaque récepteur et non par le contact de l’horloge mère. L’opérateur règle la durée des émissions de courant d’après l’importance du travail à fournir pour maintenir constante l’amplitude oscillatoire (fig. 4).
- Constatons pour terminer qu’un élément Leclan-ché de sonnerie peut fournir une centaine de watt-heures soit, comme l'indiquent les calculs théoriques, Y énergie comoimnée par une pendule Lavet-Hatot pendant 10 siècles. Naturellement cette source se détériorerait bien plus vite en raison de l’évaporation du liquide et des actions chimiques se produisant même à circuit ouvert. Cependant la nouvelle pile Féry à dépolarisation par l’air ne s’usant guère qu’en raison de l’énergie électrique fournie, permettrait d’actionner un mouvement pendulaire presque indéfiniment et sans aucune intervention. Mais il faut également compter sur l’usure des rouages. Aussi l’inventeur indique simplement ce chiffre de 1000 ans, afin de souligner la valeur extraordinairement faible du courant dépensé pour l’entretien, durant un très long espace de temps, de ses exactes horloges électriques dont les sobres mécanismes contrastent singulièrement avec les chefs-d’œuvre si compliqués, des JBerthoud, des Breguet, des Leroy et autres grands horlogers de jadis 1 Jacques Boyer.
- Fig. 3. — Petit balancier, système Lavet-Hatot, pour pendulette électrique, capable de fonctionner pendant 10 siècles.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiuke, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- p.112 - vue 116/688
-
-
-
- LA NATURE - N° 2603
- LA PERLE FINE
- 23 FÉVRIER 1924
- et le progrès de sa culture sous-marine au Japon.
- C’est dans la 23e année du règne de l’Empereur Meiji (1890) que Kokichi Mikimoto, natif de Toba (Préfecture de Miyé), au Japon, entreprit ses recherches sur la production expérimentale des perles fines(*). C’est seulement au cours de ces dernières années qu’il est arrivé, après de longs tâtonnements, à provoquer, chez certaines huîtres perlières (Meleagrina MartensiDunker) de ses élevages, la formation de perles fines en tous points parfaites, identiques aux plus belles parmi celles qui se trouvent accidentellement chez ces mollusques à l’état sauvage.
- Longtemps, les résultats obtenus restèrent imparfaits; mais, sans se rebuter, poursuivant ses patientes investigations, Mikimoto s’efforça de les améliorer, perfectionnant sa technique, franchissant les étapes qui le conduisirent au succès.
- Depuis un temps immémorial, il était bien connu que les Chinois obtenaient un dépôt de nacre perlière sur des figurines ou de menus objets de métal ou de nacre placés entre le manteau et la coquille d’une moule d’eau douce, le Dipsas plicalus Leach ou Barbala. L’antique procédé fut essayé avec différentes espèces de mollusques marins et d’eau douce, producteurs de nacre et pouvant s’accommoder d’une semblable opération ; mais, du corps étranger introduit, seule la surface en contact avec l’épithélium du manteau du mollusque se recouvrait, comme chez le Dipsas, d’une couche de nacre perlière. Quelle que soit la forme de ce corps étranger, il était englobé dans la couche nacrée de la coquille et soudé par la sécrétion; fut-il sphérique, il ne pouvait devenir une perle libre et complète ; il se
- 1. La première idée de ces expériences fut suggérée à Mikimoto par le Dr K. Mitsukuri du « College of Science » de l’Université Impériale de Tokyo et, déjà en 1880, le projet d’une première entreprise avait été élaboré par Mikimoto en collaboration avec le professeur Isao Ijima et le Dr Nishikawa, tous deux connus comme savants zoologistes.
- présentait comme une excroissance de la couche interne de la coquille et ne formait jamais qu’une perle incomplète.
- A vrai dire, une fois découpées dans la coquille, ces perles incomplètes, ces demi-perles, lorsqu’elles proviennent de Méléagrines dont la nacre perlière a un bel orient, sont parfaitement utilisables en joaillerie pour certains usages : c’est une question de monture. Mais ce ne sont pas complètement des
- perles fines ; elles n’en ont les qualités que sur une partie de leur surface; dans le commerce elles sont connues sous le nom de perles japonaises. Une « perle fine », pour mériter cette appellation, doit être complète.
- Dans la nature, chez les Méléagrines, par accident, il se produit aussi des perles incomplètes, sortes de protubérances de la couche nacrée, rarement arrondies, ordinairement irrégulières et même baroques.
- De petits poissons (Fier as fer, Oligocottus), de petits crabes (Pinnotheres), commensaux habituels de la cavité palléale, des Nématodes, visiteurs plus au moins accidentels, peuvent s’être égarés entre le manteau et la coquille et être ensevelis par la sécrétion de nacre perlière; venant de l’extérieur par une autre voie, divers animaux perforants : éponges (Cliona), annélides (Polydora), mollusques (Lithodomes, Gastrochènes) ayant élu domicile dans l’épaisseur des valves, peuvent, en agrandissant leur demeure, arriver à la couche interne et la perforer ; la Méléagrine se défend contre cette invasion en cicatrisant le point attaqué à l’aide de sa sécrétion de nacre perlière, d’où formation de verrues, parfois même d’excroissances plus ou moins pédiculisées et encapuchonnées dans l’épithélium palléal externe du Mollusque, mais qui, par le seul fait qu’elles restent soudées à la coquille, n’ont pas droit à l’appellation de perles
- 8. — 115
- Toba
- /' D îstric t
- /
- } S h / m a
- ( Village X
- / Villa ''K
- > /iraAo 4-w
- O is hriçl-
- ViHage /
- de Gohaaho
- Village
- de TSucdima,
- Village d' Uhura Village de » ^
- ( 1 Ri= 3,927 Km)
- Fig. i. — Carte de la région des baies d’Ago et de Gokasho. Echelle : 1/529.000.
- 52” Année. — 1" Semestre.
- p.113 - vue 117/688
-
-
-
- 114 :...:.- ....— LA PERLE FINE AU JAPON
- Fig. 2.
- Kokichi Mikimoto, né à Toba en i858.
- fines : la véritable perle fine est indépendante de la coquille et isolée au sein des tissus. Elle n’est pas partiellement encapuchonnée dans une dépression du manteau ou dans une poche ouverte, mais entièrement enclose dans un sac tapissé d’épithélium, que l’on appelle le « sac perlier ».
- Quelle est l’origine de cette vésicule épithéliale? Est-ce une invagination du manteau qui se pédicu-lise et s’isole ensuite ; est-ce le résultat d’une prolifération secondaire de quelques cellules épithéliales, entraînées soit par quelque parasite en migration, soit mécaniquement avec une minime parcelle d’un corps étranger, à la suite de quelque traumatisme ? Il semble que le processus soit, selon les cas, différent Q); retenons seulement que c’est toujours dans une vésicule épithéliale fermée que, par couches concentriques de conchyoline et de prismes calcaires, est sécrétée la perle fine. Quel est le nucléus, le corps central autour duquel s’est déposée la concrétion? Il est, dans la plupart des cas, impossible de le savoir, le plus souvent, on n’y trouve que de la
- 1. Nous ne pouvons pas ici nous étendre sur cette question et nous laissons à dessein de côté la formation des muscle-pearls; disons seulement que leur ceutre est en fait une calcosphérite ou minuscule perle à nucléus d’hypostracum, formation coquillière particulière à l’attache musculaire.
- nacre ou un autre élément normal de la sécrétion coquillière, il arrive aussi que l’on reconnaisse le nucléus composé de substances coquillières semblables à celle que sécrète le Mollusque pour réparer les dommages de sa coquille ; ces éléments de réparation sont parfois associés à des matériaux granuleux qui semblent dériver de tissus animaux. Chez une toute jeune perle au début de sa calcification, Raphaël Dubois (1907) a reconnu un kyste renfermant des spores de sporozoaires. Herdman, Shipley, Ilornell (1904-1906) ont signalé, dans le nucléus de perles fines de Ceylan, des larves d’un Cestode devenant adulte dans l’intestin de poissons mangeurs d’huîtres, mais cette découverte a été contestée par Lyster Jameson (1912). Selon ce savant, jamais il n’a été trouvé de larve de Cestode dans le nucléus d’une perle fine de Méléagrine ; mais, selon nous, il est plus exact de dire que ces larves y sont fort rares ; nous avons, en effet, dans le nucléus de perles fines de Méléagrines de Nossi-bé, reconnu des larves (stade plérocercoïde) momifiées de Cestode (genre Tylocephalum)(l). Nous croyons que si ces larves sont si exceptionnellement trouvées, cela tient à l’extrême fragilité de leurs tissus et peut-être aussi à ce qu’après avoir provoqué la formation d’un sac perlier, elles le quittent avant d’y avoir été emprisonnées par la sécrétion.
- Ces considérations très sommaires montrent combien hasardeuses pouvaient être les tentatives de
- 1. Comptes rendus de l’Académie des Sciences, séance du 30 avril 1023.
- Fig. 3. — Une plongeuse dite « a ma ».
- p.114 - vue 118/688
-
-
-
- LA PERLE FINE AU JAPON ......... ... 115
- Fig. 4. — Plongeuses nageant avec leur taquet, dit « okè ».
- reconstituer les circonstances accidentelles déterminant, dans la nature, la production d’un sac perlier.
- Dans cette voie, toutes les tentatives échouèrent; il fallait tourner la difficulté, c’est à quoi réussit Miki-moto. Au lieu d’essayer de faire apparaitre un sac perlier chez la Méléagrine, il eut l’idée de greffer, dans les tissus de la Méléagrine, un sac perlier tout constitué.
- Bien longtemps avant de découvrir ce procédé, Mikimoto avait ins-, tallé un établissement d’ostréiculture (plus exactement de Méléagrinicul-ture), dans la baie d’Ago, située sur la côte sud du district de Shima, de la grande île de Honshu. Ce district fait partie de la Préfecture de Miyé et en occupe la partie sud-est. La principale agglomération en est la petite ville de pêcheurs de Toba, terminus du chemin de fer de Nagoya (fig. 1).
- C’est à environ 20 miles au sud que se trouve la baie d’Ago où Mikimoto fonda sa première ferme à perles fines. Cette baie, profondément découpée, parsemée d’ilols, est elle-même formée de nombreuses petites baies ; son entrée est protégée contre la violence des courants venant du large par la presqu’île gréseuse de Tatoku; les eaux d’une grande tranquillité et les fonds sont particu-
- Fig. 5. — Cage à Méléagrines porte-gre[fe.
- lièrement propices à l’élevage de la Meleagrina Marlensi Dunker. La multiplication et la croissance de ce Mollusque étaient autrefois, en grande partie, laissées au hasard : les Méléagrines étaient disposées sur des pierres au fond de l’eau, à la merci de nombreux prédateurs; mais, sous la direction de K.Mikimoto, toute une population s’est spécialisée dans l’élevage des Méléagrines.
- Les sujets les plus remarquables de cette population sont de jeunes femmes de dix-huit à trente-cinq ans, vigoureuses, musclées, qui arrivent à rester sous l’eau de deux à trois minutes (elles sont appelées « âma » en japonais) (fig. 3). Le rôle de ces plongeuses, dont la profession est devenue, dit-on, héréditaire dans le district de Shima, se bornait jadis, presque uniquement à détacher, à aller chercher et replacer les Méléagrines sur les fonds ; aujourd’hui les âma s’occupent en outre, à une époque déterminée de l’année, de disposer à la profondeur voulue des collecteurs en bambou sur lesquels viennent s’attacher les naissains. Quant aux hommes, ils sont employés à terre à la confection et à l’entretien des engins, au triage des huîtres et des perles, aux opérations efïectuées sur les huîtres.
- Au début de son exploitation, Mikimoto n’avait su obtenir que des perles incomplètes ; il introduisait un noyau de nacre entre le manteau et la coquille de Méléagrines qui étaient ensuite replacées par les plongeuses en des points déterminés de la baie. Quelques années plus tard, ces Méléagrines étaient ouvertes et le noyau de nacre, englobé dans la couche interne de la coquille, s’était recouvert d’une couche plus ou moins épaisse de substance perlière, dans la partie qui avait été en contact avec l’épithélium du manteau.
- Mikimoto, après de mulliples essais, se convainquit que, par ce procédé, il ne pourrait jamais produire que des perles incomplètes. Sans toutefois abandonner la production, suffisamment rémunératrice, de ces demi-perles (les seules ayant droit, avons-nous dit, à l’appellation commerciale de
- p.115 - vue 119/688
-
-
-
- 116 — ..........; -.:= LA PERLE F
- perles japonaises), il chercha ailleurs. Ce n’était pas entre le manteau et la coquille que pouvait grandir une perle ronde, mais bien dans les tissus. Pourquoi alors ne pas tout naturellement introduire une petite sphère de nacre par une minime ouverture pratiquée dans le corps même de la Méléagrine, puis replacer sous l’eau cette Méléagrine, et attendre que la petite sphère soit devenue perle fine? Simplement pour la raison que, introduite dans ces conditions, cette petite masse de nacre ne se recouvre jamais de substance perlière et reste sphère de
- Fig. 6. —Radeau
- nacre au sein des tissus. Pour qu’elle se recouvre de suhstance perlière, il faut qu’elle se trouve enveloppée de toutes parts dans un « sac perlier », c’est-à-dire dans une vésicule close, tapissée d’épithélium sécréteur de perles.
- Par une manipulation délicate et minutieuse, Mikimoto réalisa le sac perlier indispensable. Sacrifiant une Méléagrine, Mikimoto lui enleva sa coquille, mettant à découvert le manteau, puis, ayant déposé en un point de la face externe du manteau une petite sphère de nacre, il disséqua la couche épithéliale en ce point, de manière à en détacher un lambeau qu’il ligatura tout autour du noyau de nacre. Ayant ainsi constitué, autour du noyau un sac épithélial complet, il l’introduisit dans les tissus sous-épidermiques d’une autre Méléagrine, légèrement entr'ouverte, où il venait de pratiquer une petite incision. Après avoir retiré la ligature du
- Œ AU JAPON —-........... .....— ~r-^=
- sac et aseptisé (ou cicatrisé) la blessure par un réactif approprié, Mikimoto remit la Méléagrine ainsi greffée à la mer. Il répéta l’opération avec un certain nombre d’individus et, quelques années plus tard, ayant retiré de l’eau les Méléagrines opérées, il trouva les noyaux de nacre uniformément recouverts de substance perlière : il avait à sa volonté obligé les Méléagrines à produire des perles fines.
- A vrai dire les résultats ne furent pas d’emblée parfaits ; tout d’abord les perles fines obtenues étaient souvent, bien que rondes, légèrement bombées à un
- la baie de Gokas/io.
- pôle : c’était la trace de la ligature du sac. Si l’on songe à la fragilité des tissus de Meleagrina Mar-tensi Dunker et aux difficultés de l’opération, on comprend que l’on ne réussisse pas le greffage à tout coup. Au début, le déchet fut considérable. Quelque années de pratique furent nécessaires à Mikimoto et à ses collaborateurs pour acquérir l’habileté indispensable au succès ; mais depuis l’automne 1915, où le premier échantillon de perle ronde un peu notable fut retiré d’une Méléagrine greffée, les produits obtenus ont gagné en perfection; les opérateurs sont maintenant chacun, dit-on, en possession d’un tour de main qui leur est personnel et qu’ils gardent secret ; iis sont parvenus à réduire dans une large mesure le pourcentage des insuccès.
- La manière dont l’incision est pratiquée et son emplacement ne sont certainement pas indifférents,
- p.116 - vue 120/688
-
-
-
- LA PERLE FINE AU JAPON
- 117
- de même que l’endroit et le mode de prélèvement du lambeau épithélial. Le professeur Louis Boutan, qui a minutieusement étudié la question des perles lines, a récemment attiré l’attention sur la nécessité, pour obtenir de belles perles, de n’utiliser qu’un fragment d’épithélium bien placé.
- On sait que toutes les parties du manteau ne sécrètent pas la même nacre; le periostracum, sécrété par la zone périphérique, est loin d’avoir le même éclat et la même solidité que la nacre sécrétée par la zone centrale. Si le lambeau greffé est pré-
- gagner en grosseur, mais elle risque fort d’être perdue, car la durée de la vie des Méléagrines, au Japon, est ordinairement inférieure à onze ou douze ans.
- Lorsque les perles fines, complètes, des méléagrines cultivées de Mikimoto, parurent sur le marché, il se trouva des joailliers pour prétendre qu’elles n’étaient pas de « vraies » perles, parce qu’elles renfermaient un noyau de nacre. L’argument était spécieux, la science l’a définitivement réfuté; la formation des perles complètes de Miki-
- Fig. 7. — La baie de Gokasho.
- levé en partie ou complètement dans la zone périphérique, les perles correspondantes auront une surface possédant en partie seulement ou pas du tout les qualités d’une perle fine ; tel est le cas de deux perles de culture du Japon soumises à l’Académie des Sciences (*) par le professeur Louis Boutan et qui étaient l’une entièrement, l’autre en partie, des perles de periostracum.
- La question de l’âge auquel doit être greffée la Méléagrine est aussi très importante, il a fallu le déterminer exactement, de même que la durée de séjour du sac perlier greffé dans l’individu porte-greffe. Pour que la greffe donne de bons résultats, il faut que les méléagrines aient environ trois ans ; le sac greffé doit rester en place environ sept ans ; si la perle est laissée plus longtemps, elle peut
- (1) Comptes rendus Académie des Sciences, séance du 26 novembre 1925.
- moto est provoquée par l’homme au lieu d’être laissée au hasard, mais le résultat est le même : dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’un produit sécrété par la Méléagrine.
- Mikimoto néanmoins arriva à réduire au silence ses détracteurs : pour prouver combien secondaire était l’importance du noyau de nacre, il greffa des sacs perliers sans noyau de nacre. Il n’en obtint pas moins des perles fines. Cette innovation* envisagée au point de vue de la biologie expérimentale, était d’un très haut intérêt ; mais réalisait-elle pratiquement un progrès? Il est facile de se rendre compte que non. A qualités extérieures égales, la valeur des perles fines est d’autant plus grande que celles-ci sont plus parfaitement rondes ; or, dans la nature, les perles fines accidentelles parfaitement rondes sont fort rares, comparativement aux perles irrégulières ou baroques; de même, si l’on sup-
- p.117 - vue 121/688
-
-
-
- 11$
- LA PERLE FINE AU JAPON
- Fig. 8. — Radeau amené près du rivage et débarquement des cages.
- prime, dans l’opération du greffage, le noyau de nacre directeur, les chances d’obtenir des perles fines régulièrement sphériques sont considérablement diminuées. C’est cette raison qui a fait négliger la substitution d’une petite perle de semence au noyau de nacre, les perles de semence étant trop rarement tout à fait sphériques.
- Nous avons pu examiner un certain nombre de perles fines obtenues par Mikimoto; les ayant coupées pour en connaître le noyau (il n’y a pas d’autre moyen), nous avons remarqué que, dans quelques cas, elle ne renfermaient pas de noyau de nacre, mais bien un noyau de perle accidentelle non cultivée : ce que rien, extérieurement, ne permettait de prévoir ; il s’agissait de perles non provoquées par Mikimoto, sécrétées, sans son intervention, par les Méléagrines de ses élevages, à côté des perles de greffage, mais sous l’influence de circonstances naturelles indéterminées.
- Pour conserver vivantes et en bon état les Méléagrines porte-greffe et obtenir de bons sujets, Mikimoto fut amené à perfectionner parallèlement l’ostréiculture et à pratiquer la sélection des Méléagrines.
- Les petites Méléagrines, détachées des collecteurs en bambou, sont mises, en grand nombre, dans des caisses treillagées facilement transportables, au lieu d’être, comme autrefois, posées sur les pierres du fond, ce qui rendait leur déplacement fort difficile lorsqu'il était exigé par la température et les courants. Dans ces caisses treillagées, les jeunes Méléagrines sont en outre hors de l’atteinte de nombreux ennemis. Au bout d’un mois, les individus ont déjà suffisamment
- grandi pour se gêner mutuellement ; celles d’une même caisse sont alors réparties en un certain nombre d’autres caisses treillagées, d’un second modèle, à plus grandes ouvertures ; elles y sont moins nombreuses ensemble et plus espacées. L’opération est renouvelée de temps en temps avec des cages chaque fois plus nombreuses, contenant un nombre toujours décroissant de Méléagrines, et cela jusqu’à ce que les individus aient atteintl’age d’environ trois ans, requis pour les opérations de greffe (1).
- Pour protéger les individus porte-greffe, surveiller leur croissance, supprimer les erreurs de classement, Mikimoto les place dans des cages en treillage qui, au lieu d’être posées sur le fond, sont suspendues par groupes à un radeau, à une profondeur que l’on peut facilement modifier selon les circonstances, ce qui est une innovation particulièrement heureuse. Si le treillage des cages n’est pas infranchissable à tous les animaux qui font leur proie de l'huître perlière : poissons (raies principalement), mollusques perceurs, pieuvres, crabes, étoiles de mer, etc., il l’abrite néanmoins contre les plus grands d’entre eux.
- L’aménagement nécessaire à ce nouveau mode de culture a été créé par Mikimoto dans une baie voisine de la baie d’Ago, sur la côte sud de la préfecture de Miyé : la baie de Gokasho (province d’Isé, district de Watarai). Cette baie, très protégée, très tranquille, s’est montrée plus favorable qué la baie d’Ago pour la culture en cages. Les cages ont la
- (1) Voir Lucien Pohl. Les -progrès de la culture de la perle fine. VIIIe Congrès des pêches et industries maritimes, Boulogne-sur-Mer, 16 septembre 1923.
- Fig. 9. — Triage des Méléagrines.
- On voit une cage et des paniers de Méléagrines.
- p.118 - vue 122/688
-
-
-
- L’ANALYSE SPECTRALE DES ETOILES ET LEUR EVOLUTION = H9
- forme de parallélépipèdes rectangles, le treillage est en fil de fer, passé au coaltar. Deux fois par an, les cages sont retirées de l’eau, complètement nettoyées des algues et autres organismes adventices qui les ont envahies ; le vieux coaltar est gratté et une nouvelle couche est appliquée. La hauteur des cages est divisée en sept compartiments pouvant contenir chacun de 15 à 20 Méléagrines selon leur taille. Le radeau, auquel sont attachées verticalement les cages au moyen de fil de fer, comporte 20 pièces de bois reposant sur des barils flotteurs. Il y a trois cages par pièce de bois, les radeaux sont 'ainsi de 60 cages supportant une moyenne d’environ 6600 huîtres perlières. On réunit les radeaux par groupes. Chaque groupe de radeaux comprend en général 12 radeaux élémentaires, soit 720 cages, avec à peu près 80 000 Méléagrines. De temps en temps, les « âma » plongent autour des radeaux pour vérifier si tout est en ordre.
- Le groupement des radeaux offre le grand avantage de pouvoir déplacer rapidement et simultanément un grand nombre de cages d’un point à un autre de la baie, ce qui permet de mettre, autant que possible, les Méléagrines hors des atteintes du « courant rouge » (en japonais akcishiwo).
- De temps en temps, il apparaît dans la mer de grandes bandes d’un rouge jaunâtre. Le changement de coloration est dû à la prodigieuse abondance d’un Péridinien : Gonyaidax polyçjramma Stein.
- Les poissons, les mollusques, les crustacés, atteints par l’eau rouge, ont leur branchies colmatées et meurent rapidement asphyxiés. Les par-queurs d’huîtres perlières de la baie d’Ago comme de la baie de Toba ont subi de grandes pertes du fait des invasions de ces Péridiniens. (Le phénomène a été scientifiquement étudié au .lapon par Nishi-kawa, 1901). Des observations précises ont appris à connaître le trajet que suit le courant rouge dans la baie de Gokasho lorsqu’il y â pénétré, ce qui permet de tirer à temps les radeaux dans une partie de la baie non menacée.
- La composition du plankton dont se nourrissent les huîtres, étant variable selon le niveau et l’endroit de la baie, à une même époque des prélèvements planktoniques sont examinés sur place par des spécialistes; les cages sont amenées par des radeaux là où la nourriture est la plus favorable;
- les emplacements les meilleurs sont plus habituellement situés vprs trois ou quatre mètres de profondeur, à proximité des points où se déversent dé petites rivières ou ruisseaux d’eau douce.
- Grâce au mode de suspension et de transport des cages, il est devenu possible de parer aux effets désastreux des brusques changements de température. En hiver, selon les indications de thermomètres immergés, les cages sont abaissées ou même emmenées par groupes dans des endroits de la baie assez profonds pour que la température ne soit pas meurtrière. .
- Comme on le voit, Mikimoto pratique scientifiquement l’ostréiculture,' et le succès de ses méthodes l’a encouragé à créer de nouvelles stations ostréicoles ; il en a fondé un certain nombre tout le long de la côte sud-est de la Préfecture de Miyé et jusqu’à Tanabé (Préfecture de Makayama), région où il existe depuis longtemps des bancs naturels d'huîtres perlières, de même sur la côte de Kyusbu, dans la baie d’Omura près de Nagasaki, où il existe aussi un gisement naturel de Méléagrines.
- La côte nord de Rondo, baignée par la mer du Japon, est loin d’être aussi favorable, car il y fait extrêmement froid en hiver; cependant, il existe un gisement producteur de perles en un point abrité, près de la péninsule de Noto (préfecture d’Ishi-kawa).
- Entre le Japon et Formose, aux îles Ryu-Kyîi, bien que le climat soit malsain et que le paludisme soit très répandu (principalement dans l’archipel de Sakishima), deux établissements ont été créés par Mikimoto, au voisinage de bancs naturels d’une grande espèce de Méléagrine, à coquille épaisse : l’un, déjà anciennement, à Oshima, où l’on pratique la production des grosses perles incomplètes ; l’autre, récemment, à Yaéyama où il a commencé la culture de perles fines complètes. En outre, Mikimoto vient d’entreprendre, nous a-t-on dit, la culture perlière aux îles Palau (Océanie).
- Qu’attend-t-on dans nos colonies françaises, où les gisèments d’huîtres perlières abondent : à Madagascar, à Nossibé, à La Réunion, aux Iodes françaises, en Indo-Chine, en Océanie, pour pratiquer en grand le greffage des Méléagrines?
- Robert Ph. Dollfus,
- du Laboratoire des pêches et productions coloniales d’origine animale au Muséum national d’Histoire naturelle.
- L’ANALYSE SPECTRALE DES ÉTOILES ET LEUR ÉVOLUTION
- Dans un article précédent (*), j’ai donné récemment un bref exposé de quelques-uns des résultats de l’étude mathématique d’une masse nébuleuse en rotation. Avant de compléter cet exposé forcément très incomplet, je voudrais montrer à nos lecteurs 1. La Nature, »° 2575.
- comment il fut possible d’attaquer le problème de la formation du monde sidéral par une autre voie extrêmement féconde, et qui fut trouvée dans l’application des données de la physique à l’étude des corps célestes.
- Les rayons lumineux émanant des étoiles nous
- p.119 - vue 123/688
-
-
-
- 120 == L’ANALYSE SPECTRALE DES ETOILES ET LEUR ÉVOLUTION
- Fig. i. — Spectroscope de laboratoire.
- La fente lumineuse à analyser est en /; les rayons lumineux à leur sortie du collimateur A sont déviés par le prisme en fiint P; le spectre est observé à l’aide de la lunette B.
- servent d’intermédiaire dans cette étude, et nous pouvons interroger ces messagers de diverses façons, mettant en œuvre les ressources si variées de l’optique physique.
- Aujourd’hui, j’aurai spécialement en vue quelques-uns des résultats très importants qui nous ont été fournis par la spectroscopie-.
- *
- % *
- La spectroscopie et les spectres. — La notion de la décomposition de la lumière par le spectroscope est, aujourd’hui, universellement répandue. Toutefois, pour faciliter à tous nos lecteurs la compréhension de ce qui va suivre, je rappellerai rapidement, ici, quelques renseignements concernant ce phénomème et son étude.
- L’immortel Newton, en recevant sur un prisme de cristal un faisceau étroit de rayons solaires pénétrant dans une salle obscure, observa que, non seulement, la tache lumineuse produite par le rayon direct était déviée, mais enoore qu’elle s’étalait en une image colorée d’une infinité de teintes. Newton supposa que la lumière blanche était composée d’une série d’autres lumières et que la déviation inégale que leur faisait subir le prisme les séparait les unes des autres. Ainsi était née la spectroscopie.
- Cette expérience fut améliorée par la suite : on remplaça l’orifice circulaire par une fente étroite parallèle à l’arête du prisme, et celui-ci étant placé dans une position particulièrement favorable, dite du minimum'de déviation, on rendit plus précise l’observation du spectre en intercalant une lentille entre la fente et le prisme ; si le prisme n’existe pas, la lentille donne une image réelle blanche de
- la fente; quand il est interposé, elle donne une infinité de lignes colorées très fines qui, par leur succession continue, forment un spectre à contour rectangulaire et à teintes variant progressivement de l’extrême violet à l’extrême rouge, en passant par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
- Les dispositifs expérimentaux d’observation des spectres ont été, par la suite, extrêmement perfectionnés et, pour montrer leur variété actuelle, nous donnons ci-contre la photographie d’un spectroscope utilisé dans un laboratoire de physique, et celle d’un instrument spécialement adapté à l’analyse de la lumière des étoiles (fig. 1, 2 et 3).
- Les spectres lumineux sont différents, suivant la nature de la substance qui émet la lumière, et suivant son état physique, mais on peut cependant les classer en trois catégories principales.
- Les solides portés à l’incandescence, les liquides qui, dans ces conditions, ne se volatilisent pas, et quelques gaz très denses, ou soumis à de fortes pressions, émettent des spectres dits continus, dans lesquels toute la plage comprise entre le rouge et le violet est lumineuse.
- La lumière, émise par un gaz ou une vapeur incandescente, fournit au contraire un spectre de
- Fig. 2. — Le spectrographe stellaire Bruce de l’observatoire Yerkes.
- L’instrument détaché de la lunette d’observation est placé sur un meuble support. La fente est en F; en P on voit un train de trois prismes dont les dispersions s’àjoutent ; le spectre s’enregistre photographiquement en B.
- p.120 - vue 124/688
-
-
-
- Fig. 3.
- Le spectrographe Bruce monté sur la lunette de i m. a’objectif de l’observatoire Yerkes.
- Ou remarque à droite de la figure l’étui destiné à protéger le spectrographe contre les variations de température
- pendant l’observation.
- raies, composé de lignes brillantes se détachant sur fond obscur ou tout au moins très peu lumineux.
- D’autre part, les substances, dites transparentes, ne laissent pas, en général, passer la totalité de la lumière qu’elles reçoivent : elles sont, en réalité, absorbantes. Pour un grand nombre de substances cette absorption est sélective, c’est-à-dire quelle s’exerce surtout sur certaines couleurs qui sont beaucoup plus affaiblies que les autres, ou même complètement arrêtées.
- Si on interpose une telle substance entre une source donnant un spectre continu et un spec-troscope, le spectre paraîtra sillonné de lignes ou bandes obscures occupant la place des radiations absorbées. Le nombre, la largeur et l’intensité de ces lignes ou bandes dépendront en général de
- l’épaisseur de la substance absorbante traversée par la lumière. On obtient ainsi le spectre d'absorption de la substance (fig/4).
- *
- * *
- Les spectres stellaires et leur dassification. — Fraunhofer est le premier astronome qui, en 181 7, donna la description du spectre d’une étoile : il étudia, ensuite, quelques étoiles et, dans la plupart des cas, trouva un spectre d’absorption avec des raies noires (fig. 5).
- De nombreux astronomes, par la suite, se sont employés à perfectionner les spectroscopes et à pousser plus avant l’exploration des spectres stellaires.
- Janssen et Secchi reconnaissent, en 1862, à
- Fig- 4-
- Spectre de raies du fer dans l’arc électrique [a) et spectre d’absorption de ce métal dans le Soleil (b).
- p.121 - vue 125/688
-
-
-
- 122 r-—- L’ANALYSE SPECTRALE DES ÉTOILES ET LEUR ÉVOLUTION
- Rome, l’analogie d’un grand nombre de spectres ! stellaires et des spectres donnés par les métaux incandescents ou volatilisés. A peu près à la même époque, Huggins et Miller établissent l’existence, dans les étoiles, d’un grand nombre des corps simples de notre chimie. Puis Secchi remarqua que dans certaines étoiles, surtout dans Sirius, leVraiés de l’hydrogène sont très larges et très estompées, îait qui fut d’abord mis en doute, puis confirmé, et qui, encore maintenant, n’a pas reçu d’explication bien satisfaisante. i
- Cet astronome italien, le premier, rangé les étoiles en un certain nombre de groupes correspondant à des types spectraux bien déterminés : nous
- étoiles du premier type sont bleuâtres ou blanches. Leur spectre, presque continu, présente les raies d’absorption de l’hydrogène fortement marquées, larges et estompées. Les étoiles qui forment transition avec le second groupe présentent, de plus, des raies d’absorption de métaux de plus en plus marquées.
- Le second type comprend les étoiles jaunes comme notre soleil. On trouve encore dans leurs spectres les raies d’absorption de l’hydrogène, très affaiblies ; mais ce sont surtout les raies des métaux qui prédominent, très nombreuses.
- Au troisième groupe correspond la couleur orangée ou rouge. Les spectres sont encore sillonnés
- 47»
- Fig. 5. — Spectres stellaires photographiés avec le spectrographe Bruce.
- Dans les plages centrales se trouvent les spectres stellaires (spectres continus avec nombreuses raies ou bandes sombres d’absorption). Dans les plages marginales, on a photographié un spectre de raies brillantes qui sert de point de comparaison.
- décrirons ci-dessous les principales caractéristiques de cette classification. En Allemagne, ensuite Yogel et Scheiner donnent une nouvelle classification basée sur les caractères physiques qui correspondent aux divers types spectraux. Puis Pickering, à l’Observatoire de Harvard, avec le prisme objectif, entreprend la constitution d’un immense répertoire des spectres stellaires : The Henry Draper Catalogue (fig. 6). Miss Annie Cannon poursuit maintenant l’achèvement de ce grand œuvre, et sa classification, légèrement modifiée, issue de celle de Pickering, est la plus employée aujourd’hui et correspond bien, à une modification assez importante près, sur laquelle je reviendrai longuement, à l’ordre d’évolution stellaire actuellement considéré comme le pliis plausible.
- Classification de Secchi et de Vogel. — La classification de Secchi comprend quatre groupes qui correspondent sensiblement aux trois groupes de coloration des étoiles : blanche, jaune et rouge. Les
- de fines raies noires, mais surtout de larges bandes obscures, formant des cannelures. Ces bandes sont caractéristiques de l'oxyde de titane, et il est très curieux que le spectre de ces étoiles soit véritablement dominé par cette substance.
- Les étoiles du quatrième type sont de couleur rouge sang et d’éclat très faible. Leur spectre est semblable à celui des étoiles du troisième type, couvert de bandes sombres, mais différentes d’aspect : elles sont dégradées vers le violet du spectre et terminées nettement vers le rouge, juste le contraire de ce que l’on observe dans les bandes de l’oxyde de titane. Ici le corps prédominant est le cyanogène.
- La classification de Secchi est très sommaire, mais facile à retenir et à utiliser.
- Yogel, tout d’abord, adopta la classification de Secchi, en réunissant toutefois les deux derniers types. Il ne restait, en somme, que trois groupes, correspondant aux trois couleurs : blanche, jaune et rouge. Yogel et Scheiner subdivisèrent ensuite ces
- p.122 - vue 126/688
-
-
-
- L’ANALYSE SPECTRALE DES ÉTOILES ET LEUR ÉVOLUTION 123
- trois types en sous-classes. Vogel comprit le premier qu’une classification rationnelle devait correspondre à l’ordre d’évolution des étoiles : chaque classe et sous-classe doit représenter un certain âge dans la vie d’une étoile. Cette vie est beaucoup trop longue pour qu’il nous soit possible, durant quelques siècles, de suivre un développement appréciable de son évolution. Mais dans la société, en rangeant les hommes par ordre d’âge, nous pouvons, d’un seul coup, saisir toutes les phases de la vie humaine; de même, une classification convenable d’un grand nombre d’étoiles doit nous permettre de reconstituer l’ensemble de l’évolution d’une étoile depuis sa naissance jusqu’à sa mort.
- D’après Vogel, les étoiles bleuâtres ou blanches sont les plus jeunes : leur température est très élevée, et leur densité très faible. Le travail de condensation effectué par la gravitation est peu avancé, et ces étoiles ont encore une provision formidable d’énergie à dissiper, sous forme de lumière et de chaleur.
- Les étoiles rouges, au contraire, sont vieilles et usées, et bientôt ce seront des soleils encroûtés, analogues à la Terre et aux planètes, nos compagnes dans le système solaire. .
- Les étoiles d’âge moyen servent de liaison entre les deux types extrêmes.
- Nous verrons, comment, par la suite, les faits d’observation devaient conduire à une conception plus compliquée de l’évolution stellaire.
- *
- * *
- Classification de Pickering et du Draper Catalogue. — Les grandes divisions de la classification de Vogel donnaient bien un groupement des étoiles rangées par ordre de température décroissante, ce qui, croyait-on, devait correspondre aussi à leur
- ordre d’évolution. Mais les diverses subdivisions de chaque grande classe étaient moins satisfaisantes : beaucoup d’entre elles ne semblaient pas à leur place, et certaines catégories d’étoiles ne paraissaient, décidément, pas rentrer dans le cadre trop étroit des trois divisions primitives.
- Un nouvel effort est tenté d’abord par Pickering, qui donne une classification en 16 classes désignées par les lettres de l’alphabet. À, B, C, I) correspondent au type 1 de Secchi (étoiles bleuâtres ou blanches); E, F, G. Il, I, K, L désignent les étoiles jaunes du type II ; M et N les étoiles rouges des lypes III et IV de Secchi. Pickering désigne encore par 0 les étoiles dites de Wolf-Rayet, peu nombre uses, dont le spectre présente des raies brillantes, et par P les nébuleuses dites planétaires.
- Cette classification est ensuite simplifiée, afin de mieux correspondre aux progrès dès idées sur l'évolution stellaire, qui étaient eux-mêmes liés aux nouveaux résultats acquis dans l’étude des spectres des étoiles. On arrive ainsi à la classification généralement adoptée maintenant, que nous emploierons très souvent, et que je décrirai d’une manière plus détaillée.
- Cette classification peut se représenter par le schéma suivant :
- v P. Q. 0, B, A, F,
- Les lettres P et Q désignent les nébuleuses gazeuses et les étoiles nouvelles. Leur spectre est constitué par des bandes brillantes, parmi lesquelles on remarque les bandes du nébulium, corps qui n’a pas encore été identifié dans la chimie des corps simples terrestres. Dans l’hypothèse de l’évolution descendante des étoiles chaudes aux étoiles plus froides, on est conduit à placer les nébuleuses au début de l’évolution. Nous verrons, par la suite, qu’elles ont
- Fig. 6. — Spectres stellaires des principaux lypes d’après « The Henry Draper Catalogue
- Ces reproductions sont données en négatif. La plage plus ou moins sombre représente le spectre continu lumineux; les raies blanches dont est striée chaque plage sont des raies d’absorption, obscures dans le spectre réel.
- p.123 - vue 127/688
-
-
-
- UN ANEMOMETRE A MAXIMUM SIMPLE
- 124
- échappé à la classification, suscitant de graves | difficultés aux astronomes, qui ne savent mainte- 1 nant où les placer.
- Les étoiles 0, ou de Wolf-Rayet, qui se distin- j guent encore par leur spectre à bandes brillantes, J dans lequel commencent à apparaître des raies noires d’absorption, paraissaient servir d’intermédiaire entre les étoiles et les nébuleuses gazeuses.
- On tend maintenant à considérer les étoiles de ce type comme des vestiges affaiblis des étoiles nouvelles ou novæ.
- Dans la classe [B (étoiles bleues), on trouve des raies noires d’absorption très intenses dues à l’hélium. Il y a aussi des raies qui correspondent à l’oxygène et au silicium. L’hydrogène y apparaît, en outre, mais très faiblement.
- Ce dernier corps devient prépondérant dans les étoiles blanches de la classe A, et les raies de l’hélium, de l’oxygène et de la silice paraissent avoir disparu.
- Avec la classe F, nous abordons la série des étoiles jaunes. Les raies de l’hydrogène sont encore intenses, mais c’est le calcium qui, maintenant, joue le rôle principal; les métaux commencent d’autre part à faire leur apparition.
- Dans les étoiles du type G, analogues à notre soleil, les raies de l’hydrogène perdent beaucoup de leur intensité, tandis que les métaux deviennent de plus en plus importants.
- La classe K, qui forme l’arrière-ban des étoiles jaunes, se distingue par une disparition de plus en plus grande de l’hydrogène, les métaux au contraire devenant véritablement prépondérants.
- Nous passons enfin aux étoiles rouges de la classe M, dont le spectre est sillonné par les larges bandes d’absorption de l’oxyde de titane, nettement limitées vers le violet et se dégradant progressivement vers le rouge.
- Toutefois, à partir de la classe G, un rameau secondaire a paru se détacher vers les classes R et N donnant encore des étoiles de plus en plus rouges, avec de nombreuses bandes d’absorption dues au cyanogène, et différant d’aspect des bandes de l’oxyde de titane par une dissymétrie inverse.
- On a donc, en définitive, conservé 11 classes spectrales, qui, lorsque les étoiles étaient assez nombreuses, ont été subdivisées en 10 sous-classes désignées par exemple, pour la classe B, par B0, B1( B2... B9.
- Classifications spectrales et évolution des étoiles. — Les spectres des étoiles nous donnent la composition chimique et la condition physique des atmosphères de ces astres.
- Ces renseignements sont incomplets, puisque nous ne savons presque rien de l’intérieur des étoiles, mais ils n’en sont pas moins précieux ; un médecin qui ne pourrait scruter l’intérieur du corps d’un patient pourrait cependant, dans beaucoup de cas, baser son diagnostic sur l’examen extérieur. Nous sommes dans la situation de ce médecin.
- Nous ne pouvons pas accepter, d’autre part, que les étoiles n’évoluent pas, et nous sommes conduits à admettre que, dans le cours de leur existence, elles doivent présenter des apparences spectrales qui se succèdent suivant une loi déterminée.
- Les étoiles sont des réservoirs d’énergie et les spectres nous renseignent sur la manière dont ces astres rayonnent cette énergie. Dans la vie d’une étoile y a-t-il croissance ou décroissance graduelle de cette provision d’énergie? Ce problème est d’un intérêt philosophique très élevé, et nous verrons bientôt quelles sont les hypothèses qui doivent nous paraître les plus plausibles, à la lumière des connaissances de l’astrophysique moderne.
- H. Grouiller.
- Astronome à l’Observatoire de Lyon
- UN ANÉMOMÈTRE A MAXIMUM SIMPLE
- Les offices météorologiques sont appelés fréquemment à renseigner tribunaux, administrations ou particuliers sur l’intensité maximum d’un coup de vent ayant causé des dommages. Les techniciens, marins et aéronautes, les météorologués eux-mêmes souhaiteraient parfois en savoir davantage sur ce point. Jusqu’ici seuls les observatoires pourvus' d’un anémographe pouvaient répondre à la question posée, cela d’ailleurs d’une façon très complète. Mais une telle précision n’est la plupart du temps pas indispensable et d’autre part l’établissement et l’entretien d’un anémographe, assez dispendieux, ne sont guère le fait que de stations météorologiques importantes.
- Le plus souvent on peut se contenter de connaître approximativement le maximum d’intensité de la bourrasque et de savoir qu’elle s’est produite dans un intervalle de temps donné. C’est pourquoi un instrument fixant la valeur de ce maximum et la conservant jusqu’à
- consultation satisfera très bien les exigences usuelles. Un tel appareil pourra être simple et peu coûteux; en revanche il devra être robuste, d’une manipulation aisée et ne pas se dérégler de lui-même.
- Je crois avoir réussi à le réaliser en appliquant une fois de plus, à l’espèce, le principe du tube de Pitot, déjà utilisé dans l’anémographe de Dines et dans maint instrument de navigation aérienne :
- Une monture métallique faisant girouette et destinée précisément à maintenir l’anémomètre dans le lit du vent, porte un appareil de verre formé essentiellement d’un large réservoir d’où partent deux tubulures étroites (fig. 1 et 2).
- La tubulure antérieure s’érige au sommet dudit réservoir pour se raccorder ensuite par un arc de cercle à un ajutage spécial, de diamètre plus fort et s’ouvrant au vent par une section droite verticale.
- La tubulure postérieure, rectiligne, part du fond du
- p.124 - vue 128/688
-
-
-
- UN ANÉMOMÈTRE A MAXIMUM SIMPLE
- 125
- récipient et s’élève, lentement d’abord, puis plus rapidement vers un ajutage terminal, horizontal comme l’autre et que la girouette maintient sous le vent. Cet ajutage-ci est un segment de tube plus large, ouvert a ses deux bouts par deux sections droites, verticales également, et au milieu duquel le, tube incliné vient se raccorder, aussi par en haut.
- Ces raccordements coudés ont pour but d’empêcher les rentrées d’eau météorique dans l’instrument. Quant à la largeur des ajutages, elle est calculée pour éviter leur obstruction par les précipitations solides : givre ou neige. En fait, ces dispositions ont prouvé leur efficacité, car l’anémomètre installé en décembre 1920 sur la tour de l’Observatoire de Lausanne n’a jamais été entravé dans son fonctionnement par ces divers facteurs.
- Les segments inclinés de la tubulure arrière portent de distance en distance et sur leur génératrice inférieure de petites soufflures en culs-de-sac. Ces renflements constituent autant de degrés de l’échelle des intensités de vent marquées par l’instrument. Le réservoir renferme en effet de l’huile de vaseline (paraffine liquide), substance qui joint à une densité faible (0,85 environ) la propriété, ici fondamentale, d’être inaltérable à l’air et de ne pas s’évaporer sensiblement aux températures météorologiques.
- Lorsque la girouette a orienté l’instrument dans le vent, celui-ci crée entre les ajutages antérieur et pos-
- 1
- térieur une différence de pression A/? = — Dr2 où v
- est la vitesse du vent, D la densité de l’air ambiant et g l’accélération de la pesanteur terrestre. Cet excès dépréssion d’avant en arrière n'est autre que l’accroissement cinétique de pression de l’air dû à son mouvement, l’ajutage postérieur n’exerçant, de par sa forme même, aucun effet propre de compression ou de succion.
- Le liquide, chassé du réservoir dans la tubulure inclinée, s’y élève jusqu’au niveau pour lequjI la contre-pression de la colonne d’huile ainsi soulevée équilibre l’effort du vent. Il envahit donc un nombre déterminé d’ampoules. Quand la rafale cède, l’huile redescend au réservoir laissant ces renflements garnis d’une goutte révélatrice, témoin irréfutable du météore. L’observateur n’a plus qu’à noter le numéro d’ordre de l’ultime ampoule remplie : un tableau d’étalonnage lui indiquera la vitesse du coup de vent équivalente.
- Pour préparer l’instrument à un nouvel enregistrement, on le dégage délicatement de son support et on l’incline d’arrière en avant pour vider les ampoules dans
- Fig. i.
- Lanémomètre à maximum Mercanton.
- le réservoir commun, ce qui exige un peu de soin et de patience, puis on replace la girouette sur son support.
- Cet axe a été une fois pour toutes bien verticalisé, à l’aide de la colonne liquide même fonctionnant comme un niveau et dont l’extrémité, quand le vent ne souffle pas, doit affleurer un repère gravé sur le tube et visible des deux côtés par un à-jour de la girouette.
- Les anémomètres réalisés actuellement ont quelque 35 centimètres de longueur totale ; la lumière des tubulures principales a 6 millimètres ; le diamètre des ajutages terminaux en a 14. On ne saurait songer à diminuer notablement ces dimensions, car les ajutages risqueraient de s’obstruer et d’autre part l’augmentation de viscosité de l’huile en hiver ralentirait trop la montée du liquide sous les poussées toutes temporaires du vent.
- Voici, à titre d’exemple, le tableau d’étalonnage d’un tel anémomètre (les ampoules sont numérotées à partir du repère) :
- Vitesse du vent.
- 7,5 m : s
- 1 2,8
- 17.4 25,2
- 27.5 o 1 ,o 34.8
- [Pression barométrique 714 millimètres, température de l’air 0°].
- La vitesse indiquée par la dernière ampoule trouvée remplie ne représente, bien entendu, qu’une valeur approchée de l’intensité du coup de vent, car après avoir envahi ledit renflement le liquide a fort bien pu monter un peu plus encore : on restreindrait l’incertitude subsistante en resserrant et multipliant les ampoules. On étendrait en outre facilement l’échelle d’emploi de l’instrument à des rafales plus violentes en allongeant et en redressant la partie extrême du tube postérieur.
- L’étalonnage de l’anémomètre peut être fait au tunnel aérodynamique ou statiquement.
- Le premier mode, évidemment le
- p.125 - vue 129/688
-
-
-
- 126 =tt—- : _ L’INSULINE
- meilleur, n’est malheureusement pas utilisable, en général ; c’est pourquoi, à la suggestion de M. Badin., le renommé constructeur d’instruments aéronautiques, j’ai substitué à l’ajutage de succion arrière le dispositif décrit plushaut qui permet le tarage de l’instrument à l’observatoire meme, à l’aide d’un simple manomètre à colonne d’eau.
- L’étalonnage se fera ainsi directement à la pression barométrique d’emploi, ce qui est avantageux.
- Quant à la température du vent, elle n’importe guère pratiquement, une variation de 50° de celle-ci n’affectant que de 4 pour 100 au plus les vitesses marquées par l’anénomètre.
- l)r Paul-Louis Mercanton.
- L’INSULINE
- Le prix Nobel de médecine pour 1925 a été décerné aux D's Banling et Macleod, de l’Université de Toronto, pour leurs travaux sur l’insuline. L’attention du public a été ainsi attirée sur cette nouvelle substance que, depuis deux ans, les physiologistes s’efforcent de connaître et les médecins d’appliquer.
- Pour comprendre ce qu’est l’insuline, il est nécessaire de rappeler tout d’abord quelques points d’anatomie et de physiologie.
- Nos aliments renferment pour la plupart des corps composés de carbone, d’hydrogène et d’oxygène dont le nombre des molécules d’hydrogène est le double de celui des molécules d’eau. Leur formule générale est G11 (ll20)M. Ce sont les hydrates de carbone. Ils constituent l’amidon du blé et du riz, la fécule de pommes de terre, le sucre des fruits et du lait, etc.
- Introduits dans le tube digestif, ils sont attaqués, d’abord dans la bouche par la salive, puis dans l’intestin par le suc pancréatique jusqu’à être transformés en sucres simples et surtout en glucose. Seuls, ces derniers franchissent l’intestin, passent à travers sa membrane et se retrouvent dans les veines mésentériques qui les conduisent, par la veine porte, au foie. Le sang qui arrive au foie, venant de l’intestin, a une teneur en sucre très variable, grande quand on vient de-manger des aliments hydrocarbonés, petite quand on est à jeun ou qu’on a fait un repas de viande et de graisse. Au contraire, à la sortie du foie, la teneur en sucre du sang est constante, environ 1 gramme de sucre libre par litre de sang. Que s’est-il donc passé dans le foie 7 simplement une mise en réserve du sucre en excès, sous une forme insoluble : le glycogène. Le foie peut renfermer jusqu’à 8 ou 10 pour 100 de son poids de glycogène, ce qui représente environ la moitié, ou plus exactement les deux cinquièmes du glycogène total de l’organisme. Une autre réserve importante de glycogène se trouve dans les muscles qui en contiennent à peu près autant que le foie, à raison de 1 pour 100 de leur poids ; le reste est logé dans le sang et dans la plupart des autres organes.
- Si le sucre insolubilisé sous forme de glycogène n’en sortait pas et n’était pas détruit, nos repas successifs en provoqueraient une accumulation toujours croissante jusqu’à ce que, le corps en étant saturé, le surplus soit transformé en graisse, par un mécanisme jusqu’ici inconnu.
- Mais le sucre est la source d’énergie des muscles. Sa destinée est d’être décomposé par oxydation en acide carbonique et en eau avec dégagement de chaleur. Or, même au repos complet, des muscles travaillent constamment : ne serait-ce que ceux qui servent à la circulation et à la respiration.
- On comprend donc le cycle des hydrates de carbone. Introduits dans l’organisme, par l’alimentation, d’une manière intermittente, ils sont mis en réserve dans le foie qui les distribue à mesure des besoins, d’une façon régulière, de telle sorte que le sang en contienne toujours la même proportion et que les muscles qui viennent de travailler reconstituent leur réserve d’énergie. Les produits de destruction sont éliminés à très brefs intervalles par la respiration (acide carbonique) et l’excrétion (eau). En cas de surabondance, dans une période de repos avec alimentation hydrocarbonée, une partie des sucres se transforme en graisse ; au contraire, en cas de pénurie, dans une période d’exercices musculaires violents et prolongés, une partie de la graisse peut redonner du sucre.
- Le foie apparaît comme le grand régulateur qui, par l’intermédiaire du sang, assure à l’organisme une teneur constante en sucre immédiatement disponible.
- $ *
- Qu’arrive-t-il quand cel admirable mécanisme est déréglé? On imagine aisément tous les troubles que pourra provoquer dans l’organisme le moindre accident survenu au foie. S’il ne peut plus emmagasiner sous forme de glycogène insoluble l’excédent de sucre apporté par la digestion, ce sucre mobile passera dans le sang dont le taux pourra atteindre 2, 5, 4 grammes de sucre par litre et même plus. On en retrouvera dans les urines, ce qui est le moyen pratique habituel de reconnaître le diabète et d’en suivre l’évolution.
- Le diabète est-il simplement un arrêt ou une
- p.126 - vue 130/688
-
-
-
- 127
- L’INSULINE
- diminution de fonctionnement du foie? Ce serait là une conception trop simpliste. On peut également, envisager comme explications partielles, un excès d’apport d’hydrates de carbone par l’alimentation, ou une exagération de la transformation du glycogène en sucre, ou encore une insuffisance de destruction des sucres, l’organisme ne sachant plus les utiliser et demandant aux graisses et aux albumines l’énergie dont il a besoin. Comme pour toutes les maladies, aucune explication simpliste et unilatérale ne saurait rendre compte du diabète. C’est un ensemble de troubles qui se commandent, se suivent, s’aggravant l’un par l’autre, sans qu’on puisse définir, quand la maladie est établie, la cause initiale qui a déclenché les autres. Un homme sain peut manger beaucoup de sucre et de farineux sans pour cela provoquer 'de diabète; un diabétique peut se priver de toute espèce d’aliments hydrocarbonés et continuer de faire du sucre aux dépens de ses graisses et des ses albumines.
- * ‘ *
- Expérimentalement, on sait provoquer le diabète, ou tout au moins la glycosurie de diverses façons.
- Dès 1849, Claude Bernard a montré que la piqûre des centres nerveux au niveau du plancher du 4e ventricule détermine, dans l’heure qui suit, une glycosurie (urine sucrée) durant quelques heures seulement, mais ce n’est pas là un vrai diabète.
- En 1889, von Hering et Minkowski ont trouvé que l’extirpation complète du pancréas chez le chien déclanche un diabète aigu, amenant la mort en moins d’un mois, précédé d’un état de cachexie extrême. Si l’on enlève seulement une partie du pancréas, le diabète obtenu est moins grave, inversement proportionnel au poids de glande extirpé et il rappelle bien plus le diabète clinique de l’homme.
- Minkowski, Thiroloix, Hédon, Gley ont montré qu’il suffit de greffer sous la peau un fragment de pancréas pour améliorer l’état diabétique des animaux dépancréatés. Si l’on enlève cette greffe, les accidents réapparaissent aussitôt.
- Les troubles et les lésions du pancréas semblent donc jouer un rôle de premier ordre parmi les causes possibles du diabète humain. D’ailleurs, dès 1788, Cowlcy avait signalé l’état pathologique de cette glande à l’autopsie des diabétiques et, en 1846, Bouchardat soutenait déjà que le diabète avait sa cause dans le pancréas ; mais ce n’étaient là que des présomptions sans preuves.
- En même temps que les physiologistes apprenaient à créer le diabète expérimental par extirpation du pancréas, un histologiste. Laguesse, étudiait la structure de cet organe. Il y trouvait en réalité deux glandes intriquées : une qui produit le suc pancréatique, suc digestif, diastasique, coulant vers l’intestin ; l’autre sécrétant un produit inconnu déversé dans le sang. Les îlots de la glande san-
- guine furent baptisés par Laguesse : « îlots de Langerhans » ou îlots endocrines.
- Quelle est la nature de leur sécrétion ? Schaeffer lui donna le nom d'insuline quand on put supposer qu’elle règle l’utilisation des sucres par l’organisme ; mais, malgré les efforts des physiologistes, on ne put, pendant de nombreuses années, l’isoler ni l’expérimenter.
- Lorsqu’on faisait passer, par circulation croisée, le sang d’un animal normal dans un animal dépan-créaté ou qu’on transfusait à un animal dépancréaté du sang veineux provenant du pancréas d’un animal normal, les accidents diabétiques s’amendaient (Fosrschbach, 1909, Hédon, 1913); mais ce n’était pas là une méthode commode d’expérimentation et encore moins un procédé susceptible d’applications thérapeutiques.
- Par contre, quand on injectait à un animal diabétique du suc pancréatique, on n’obtenait aucun résultat et quand on s’adressait à des extraits de la glande, les effets étaient incertains et inconstants.
- Cependant, en 1908, Zuelzer avait pu par l’alcool extraire du pancréas un produit qui amendait les symptômes diabétiques et supprimait la glycosurie, mais sa toxicité était trop élevée pour qu’on pût en préconiser l’emploi. En 1919, Kleiner, puisenl921, Paulesco avaient obtenu des extraits aqueux également actifs, et de tous ces faits résultait, pour beaucoup de physiologistes, l’opinion que le pancréas produit dans les îlots endocrines déverse dans le sang une sécrétion agissant énergiquement sur le métabolisme du sucre. Il restait à l’isoler.
- * *
- En 1921,dansle laboratoire du P'\I.J. K. Macleod, à Toronto, Banting et Best abordèrent la question, en essayant de séparer la sécrétion endocrinienne, sanguine, de la sécrétion de ferment, intestinale. Plusieurs moyens se présentaient : 1° choisir des espèces animales, telles que les poissons téléo-stéens, où les glandes endocrines sont distinctes des glandes digestives; 2° prendre des pancréas de veau, cinq mois avant la naissance, alors que les îlots de Langerhans fonctionnent tandis que les cellules à ferment ne sont pas encore totalement développées ; 3° obstruer le canal pancréatique ou détruire les glandes exocrines par injection de graisses, ce qui permet de ne plus avoir en activité, après quelque temps, que les îlots endocriniens.
- Par l’une de ces trois façons d’opérer, on peut obtenir le produit de sécrétion interne non altéré par les ferments.
- Peu à peu, les résultats devinrent plus constants, les techniques se précisèrent et l’on arriva à produire de l’insuline en quantités commerciales et de qualité utilisable pour des essais sur l’homme.
- Aujourd’hui, les préparations d’insuline sont fabriquées industriellement.
- On s’adresse le plus souvent au pancréas de gros animaux normaux : bœuf ou cheval. La glande
- p.127 - vue 131/688
-
-
-
- 'H ^
- 128
- L’INSULINE
- 20 12 lu
- Fig. i. — Le pancréas et le foie de l’homme, d’après Sappey.
- i, 2, 3. duodénum : 4, 5, 6, pancréas; 7? canal de Wirsung; 8, canal de Santo-rini ; 9, 10, 11, foie; 14, vésicule biliaire; i5, canal hépatique ; 16, canal cys-tique; 17, canal cholédoque; 18, veine porte ; 20, artère hépatique ; 23, artère splénique; 24, rate; 25 et26, reins; 28, veine cave.
- fraîche, débarrassée de sa graisse et de ses enveloppes, est hachée dans l’alcool, ce qui arrête les actions de ferment et précipite en partie les albumines, L’insuline est soluble dans l’alcool à 80°, surtout s’il est acide, et insoluble dans l’alcool à 92°. On peut donc la dissoudre, puis la précipiter et réussir à la purifier. De nombreux brevets ont été pris ces temps derniers pour divers tours de main et détails de préparation.
- L’insuline, telle qu’on la trouve aujourd’hui dans diverses pharmacies, se présente sous l’aspect d’une poudre blanche ou d’une solution en ampoules scellées. Elle est soluble dans l’eau, précipitée par les acides ; elle est insoluble dans les graisses et l’alcool absolu; bien que sa composition exacte soit encore inconnue, ses diverses réactions laissent supposer qu’elle est une matière azotée complexe du groupe des protéoses.
- A la dose de 0,25 à 0,5 milligramme, elle abaisse en quatre heures la teneur en sucre du sang de 1 gr. à 0 gr. 6 chez un lapin de 2,5 kg. C’est cette action qui sert à titrer le produit et qui caractérise actuellement l’unité d’activité.
- * *
- Injectée à l’animal normal, elle abaisse la teneur en sucre du sang (hypoglycémie) en une heure environ ; son action diminue et disparait vers la huitième heure. Si la dose est assez forte, lorsque le sucre du sang tombe vers 0 gr. 45 par litre, des convulsions généralisées apparaissent, dramatiques, graves, pouvant aller jusqu’au coma et à la mort. Elles cèdent immédiatement à l’injection de glucose dans une veine ou sous la peau.
- Chez l’animal expérimentalement diabétique par
- extirpation du pancréas, 1’elïèt de l’insuline est le même ; elle diminue la teneur du sucre du sang pendant quelques heures. Si bien qu’à dose convenable, elle ressuscite un animal déjà dans le coma et lui rend pour un temps une glycémie normale. L’animal peut alors manger du sucre, son foie reforme du glycogène, les échanges respiratoires deviennent plus intenses et plus normaux. Mais cette action ne dure pas longtemps après cessation du traitement.
- Chez l’homme diabétique, l’insuline a été déjà essayée et son emploi tend à entrer dans la pratique. Si elle ne résoud pas le problème thérapeutique, en ce sens qu’elle ne guérit pas la maladie, elle peut être un secours inespéré dans les états très graves d’acidose et de coma, contre lesquels nous étions jusqu’ici désarmés. Elle peut, à faible dose, maintenir pendant longtemps l’amélioration quelle procure et par là prolonger considérablement la vie des malades. Peut-être, même, arrête-t-elle l’évolution fatale des formes les plus sérieuses? Comme le disait l’an dernier Joslin à 1’ « American Medical Association a, si le diabète 11’estpas encore conquis, il est tout au moins dompté. Et c’est déjà quelque chose qui justifie la récompense que la fondation Nobel a attribuée aux réalisateurs canadiens pour avoir su préciser et rendre pratiques les idées des physiologistes relatives au pancréas dont beaucoup sont d’ailleurs françaises, puisqu’elles sont nées des travaux de Claude Bernard, Laguesse, Hédon, Gley, etc. R. M.
- AF
- Fig. 2. - Structure d’un îlot de Langerhans
- chez l’homme, d’après Laguesse. v, vaisseaux capillaires ; ac, cellules sécrétantes à ferments c, cellules cà insuline.
- Le Gérant : P. Maison. — Imprimerie Lahohe, rue de Fleuras, 9, Taris,
- p.128 - vue 132/688
-
-
-
- LA NATURE.
- N° 2604
- Ior MARS 1924.
- LES ORGANISMES VIVANTS PRODUISENT DE LA LUMIÈRE FROIDE
- Le secret de leiir fabrication.
- De nombreuses publications américaines sur la j éclairantes absolument dépourvues de chaieur ». Je biophotogenèse ou production de la lumière par les | répondis que si je m’étais cru autorisé à parler de êtres vivants ont donné récemment une actualité nouvelle à une découverte française à laquelle l’Académie des Sciences
- — - *
- •Vv,
- f
- !
- s’est jadis intéressée. Le rapporteur de la Commission académique, qui me fit en 1887 décerner le grand prix des sciences physiques, pour mon ouvrage sur les Elatérides luniineiix'(l), était E. Becquerel. L’éminent auteur de La Lumière (-), en me donnant connaissance du rapport élogieux qu’il venait de rédiger. me dit : ‘ « Si vous n’aviez pas trouvé de la chaleur dans ce que vous avez baptisé du nom de « lumière froide », j’aurais dit que vous aviez commis une [ erreur expérimentale, car il n’y a pas de radiations
- 1. Contribution à l’étude de la production de la lumière par les êtres vivants. Les Elatérides lumineux : Thèse de la Sorbonne pour le doctorat es sciences naturelles et Bulletin de la Soc. Zool. de France, t. XII, 1887, Paris. .
- 2. Paris, 1867.
- 52' Anné*. — ,,r S«m«str».
- « lumière froide », c’était parce qu’à l’aide d’une pile thermo-électrique du Laboratoire de Physique de la Sorbonne, qui était d’une sensibilité absolument exceptionnelle, je n’avais pu déceler dans le spectre de la lumière des Pyrophores que des traces infinitésimales de chaleur.
- 9.-129.
- p.129 - vue 133/688
-
-
-
- LES ORGANISMES ViVANTS PRODUISENT DE LA LUMIÈRE FROIDE
- 130
- Ces grands insectes coléoptères des tropiques possèdent trois lanternes, deux sur le corselet et une sous l'abdomen, émettant une magnifique lumière luttant avantageusement contre celle du jour et dont le rendement est infiniment supérieur à celui de nos meilleurs foyers artificiels (*) (fig. 5).
- L’exactitude de nos résultats expérimentaux fut ultérieurement démontrée à l’aide du bolomètre par les deux éminents physiciens américains Langley et Véry (1 2).
- On sait que la quantité d’énergie W rayonnée par un foyer lumineux se compose de deux parties : l’une Wj représentant l’énergie des radiations lumineuses et l’autre W2 celle des radiations obscures.
- Le rapport de l’énergie des radiations lumineuses à celle de la totalité des radiations s’appelle le rendement lumineux du foyer. Or l’expérience a démontré que dans la lumière des Pyrophores W2 est représentée pour l’énergie chimique par 1/5000 de l’énergie totale et que l'énergie calorifique ne dépasse pas 0,0007 calorie. Cela signifie que le rendement est presque égal à l’unité ou, en d’autres termes, qu’il sera à peu près de 100 pour 100, alors que nos meilleurs foyers ne donnent guère un • rendement supérieur à ! pour 100 d’après le bilan
- - de la lampe à mercure à enveloppe de quartz dressé par Fabry et Buisson, ce qui montre bien qu’au point de vue du rendement, nous en sommes encore à peu près à la torche du sauvage.
- J’ajouterai que, dès 1886, j’avais aussi découvert dans les organes lumineux du Pyrophore une substance fluorescente, la pyrofluorescéine servant à transformer certaines radiations obscures en radia-
- - lions lumineuses d’un éclat chatoyant caractéristique des fluorescences. C’est de là sans doute qu’est venue l’idée d’utiliser les substances fluorescentes pour atténuer les effets nuisibles et augmenter le pouvoir éclairant des lampes à mercure.
- La dépense de matériaux employés pour fournir l’énergie lumineuse est presque insignifiante, car un Pyrophore peut vivre pendant des semaines en éclairant tous les soirs ses puissants phares sans consommer chaque jour autre chose que quelques gouttes d’eau sucrée. Cela s’applique non seulement parce que l’énergie éclairante est très faible, mais encore parce que l’organisme photogène peut régénérer par un phénomène de réversibilité les matériaux usés pour faire de la lumière : c’est, en somme, comme si notre lampe à pétrole pouvait au fur et à mesure reconstituer le liquide consumé. Comme le Phénix, la lumière physiologique renaît de ses cendres.... Quel enseignement fourni par une bestiole et combien nos pauvres œuvres artificielles sont encore loin de celles de la nature.
- Ainsi donc, voici une magnifique lumière qui ne
- 1. Lu l ie et la Lumière, chez Alcan, IPans, 1914, et Grand Dictionnaire de Physiologie, de Charles Richet.
- T. X, fasc. 28 et 29, chez Alcan, 1925.
- 2. S.-P. Lax&leï and W. Veky. On tho eheapest Forra o£ Light. The Am. Journ. of Science, 3° série. T. XL, 1890.
- coûte presque rien, ne nécessite aucun des machinismes ruineux, compliqués, encombrants, dangereux dont nous sommes affligés. Si l’on ajoute à cela quelle ne craint ni le vent, ni la pluie, ne peut donner de coup de soleil, n’altère pas les couleurs, est adaptée admirablement aux besoins de la vision, car elle est presque uniquement composée de radiations moyennes du spectre (fig. 2.), ne saurait élec-. trocuter ni même incendier, puisqu’elle ne peut pas même incommoder par sa chaleur : n’est-ce pas la lumière idéale, que j’ai conseillé de prendre comme modèle pour Y éclairage de l’avenir(Q? J’ai bien cherché à atteindre cet idéal, d’ordre industriel, mais ce qui m’a soutenu pendant mes longues années de recherches, c’est le désir de remonter aussi haut que possible vers les sources de ce qu’on appelle la Vie, et j’en ai été récompensé par la découverte des vacuolides (mitochondries des Allemands) et la conception du Protéon. En 1900, j’avais imaginé une lampe vivante qui eut un succès assez vif à l’Exposition Universelle où j’étais parvenu à éclairer les sous-sols du Palais de l’Optique, comme l’aurait fait un beau clair de lune ; mais ma lampe vivante ne peut être utilisée que dans des endroits où l’œil est accoutumé à l’obscurité, dans les mines où elle permettrait d’éviter les explosions, comme aussi dans les poudrières. Il eût fallu pouvoir doubler son intensité éclairante pour qu’elle pût répondre à tous les besoins usuels et, ce résultat pratique obtenu, tous les autres procédés d’éclairage arlificiel eussent été abandonnés aussitôt.
- Est-ce à dire que ce but ne saurait être atteint? en aucune façon, si l’on songe que lorsqu'elle est intacte, la lanterne du Pyrophore ne peut être éclipsée par la lumière du jour, alors qu’une fois écrasée, elle ne donne plus qu’une clarté lunaire. Il y a donc des perfectionnements susceptibles d’accroître l’intensité éclairante, qu’il ne doit pas être impossible d’imiter, aujourd’hui, car grâce à nos recherches, la réaction qui engendre la lumière n’est plus un mystère et elle est la même chez tous les organismes lumineux, beaucoup plus nombreux qu’on ne le suppose généralement mais qui éclairent avec des intensités très différentes.
- Malgré le nombre prodigieux de travaux d’une foule de savants et non des moindres parfois, on n’avait pu aboutir qu’à des hypothèses souvent contradictoires, sans généralisation possible, au sujet du mécanisme intime de la lumière physiologique, lorsque je découvris en 1885 la zymase photogène du Pyrophore à laquelle je donnai plus tard le nom de luciférase. Le mucus lumineux fourni par les glandes d’un mollusque marin, la Pholade dactyle, me permit d’en isoler une quantité suffisante pour la caractériser chimiquement et déterminer son mode
- 1. Raphaël Dmiois. Les animaux et les végétaux lumineux, le secret de leur fabrication et la lumière de l'avenir. Conférence au Congrès anglo-français pour l'Avancement des Sciences, Le Havre, 30 juillet, 1914. (V. C. R. de l’A. F. A. S., Paris.)
- p.130 - vue 134/688
-
-
-
- LES ORGANISMES VIVANTS PRODUISENT DE LA LUMIÈRE FROIDE
- 131
- P g
- d’activité, lequel consiste à oxyder une substance protéique spécifique, que j’ai pu également caractériser chimiquement après l’avoir isolée du mucus photogène de la Pholade et que j’ai appelée luciférine. En dernière analyse, la lumière naît du conflit, en présence de l’eau, de la zymase oxydante (luciférase) et de la luciférine oxydable. La réaction qui s’opère normalement dans les organismes vivants peut être reproduite in vitro et cela très longtemps même ' après la mort de ceux-ci; en réalité, la luciférase transforme d’abord la luciférine en oxyluciférine laquelle peut ensuite s’oxyder avec lumière au seul contact de l’air. En outre f hydrogénase que j’ai mise en évidence également dans le mucus pho-
- T
- Pyrophoi
- M
- Bougie^
- ABCD EFG H I
- cg à-5 £5»
- .CD
- ~5-
- c
- Fig. 2. — Courbes des intensités calorifiques T, lumineuses L et chimiques K du spectre du Pyrophore et du spectre d’une bougie lmaximums photométriques en M et m).
- confirmer l’exactitude de ma théorie en la généralisant par l’apport de faits nouveaux et en précisant certaines données importantes.
- J’ai déjà parlé des travaux de Langley et Very, mais on peut citer encore ceux de 1I.-E. Ives, W. Coblentz et Mc. Dermott. Le principal intérêt des recherches américaines est d’avoir porté sur des organismes différents de ceux que j’avais employés et d’arriver à un résultat identique. Les nombreuses et savantes recherches de Newton Harvey faites à l’Université de Princeton sur une Cypridine, crustacé lumineux du Japon, sur divers autres animaux et sur les photobactéries, sont particulièrement précieuses à cet égard : Je suis heureux d’avoir l'occasion de remercier publiquement M. Newton Harvey d’avoir écrit au sujet de mes travaux : « There is absolutly no doubt on the existence o( luciférase and luciférine and the possibility of separatiny these iwo substances » et, dans la même note(1) : « The crédit of the discovery beloncj enli-rely to professor Raphaël Dubois of University of Lyons ». Raphah, Dubois.
- 1, The mccanism of light production iu animais. Science, N. S. XL1V, n° 1128, pp. 208-209, aug. 11, 1910.
- Fig. 3. — Pholades (Pholas dactyius) dans leurs trous.
- togène de la Phoîade peut, en réduisant les produits oxydés, complètement régénérer la luciférine par un phénomène de réversibilité et le cycle recommence f1).
- De nombreux faits prouvent la généralité du mécanisme intime de la biophotogenèse, tel que je l’ai expérimentalement établi ; elle est aujourd’hui classée définitivement dans la catégorie des phénomènes dits de chimioxyluminescence.
- Dans ces dernières années, beaucoup de travaux ont été publiés en Amérique principalement. Ils n’ont rien ajouté de fondamental à ce que j’avais découvert, mais ils présentent le grand avantage de
- 1. Réversibilité de la fonction photogénique par l’hydrogènase delà Pholade dactyle. C. 1\. de la Soc. de Biol., 840, 1919.
- Fig. 4 et 5.
- A gauche :
- Pholade dactyle ouverte pour montrer les appareils lumineux ce et U.
- S, siphon; P, pied; m, manteau.
- A droite :
- Pyrophore.
- I, organe lumineux.
- p.131 - vue 135/688
-
-
-
- 132 =-.. == ====
- LA PHYSIQUE PURE A L’EXPOSITION DE PHYSIQUE
- Un des traits caractéristiques de la récente exposition que la Société Française de Physique avait organisée au Grand Palais, à l’occasion de son cinquantenaire, a été d’être une exposition véritablement vivante, bien différente des exhibitions d’appareils sous cloche, de graphiques et de réclames auxquelles nous sommes depuis si longtemps habitués.
- Cette préoccupation de vie, qui semble avoir dominé les exposants, s’observait très nettement aux stands commerciaux. Un four électrique fabriquait sur une échelle industrielle du carbure de calcium; un plongeur coupait sous l’eau des tôles à l’aide d’un chalumeau oxyacétylénique spécial; les propriétés de l’air liquide et des gaz comprimés étaient mises en évidence par des expériences fréquemment répétées dans la journée; les fours à recuire au gaz, les appareils de chauffage à combustion de surface, les soudeuses électriques, fonctionnaient d’une façon permanente, tandis que les appareils de télégraphie sans fil remplissaient l’air de l’écho de lointains concerts. Partout on voyait en fonctionnement les divers appareils, depuis les installations ‘ de téléphones automatiques jusqu’aux transmissions d’ima--ges à distance de M. Belin.
- Mais c’est surtout dans la section réservée à la physique pure que l’activité était la plus impressionnante, et chaque exposant, qui dans le cas présent était un savant, avait tenu à monter des expériences dont beaucoup étaient extrêmement élégantes en même temps que très frappantes et du plus haut intérêt scientifique. Les visiteurs ont eu l’impression de pénétrer dans le laboratoire même, et ils ont pu recevoir, dans cette section de l’exposition, une leçon de technique expérimentale des plus profitables.
- Il serait impossible, dans les limites d’un article, de passer en revue, ou même d’énumérer simplement, tous les appareils et toutes les expériences présentés. C’est ainsi que plus de 200 appareils destinés à l’enseignement et servant à illuslrer dans les classes les principes de la physique témoignaient de l’ingéniosité des professeurs qui, avec les infimes crédits dont ils disposent, ont su cependant créer de toutes pièces un matériel d’enseignement expérimental tout à fait remarquable. Aussi devons-nous, à notre grand regret d’ailleurs, ne décrire que quelques-unes des expériences les plus caractéristiques.
- Expériences électriques. — Les propriétés des courants électriques alternatifs ont fourni à MM. Bethenod et Soulier d’une part, àjM. Pérot d’autre part, l’occasion de nous présenter des expériences très originales.
- On sait que lorsqu’un courant alternatif parcourt un circuit électrique, il crée un champ magnétique alternatif dans l’espace. Si l’on fait passer, dans deux circuits disposés à angle droit, deux courants j alternatifs de même période mais décalés de 90°, |
- les deux champs magnétiques alternatifs ainsi produits se composent pour donner un champ magnétique résultant qui est un champ tournant dont la période de rotation est égale à celle du courant. Ce résultat est bien connu et est appliqué dans la pratique pour la construction des moteurs dits à champ tournant. MM. Bethenod et Soulier ont visualisé le champ tournant par une expérience qu’ils ont baptisée : rotation de l’œuf électrique.
- La figure 2 donne le schéma du montage réalisé. Beux enroulements 1 et 2, parcourus chacun par une phase d’un courant alternatif diphasé, créent un champ magnétique tournant dans l’espace intérieur au tore sur lequel ils sont bobinés. On recouvre le dispositif par une cuvette en substance non magnétique (bois ou porcelaine) et on y place un œuf en aluminium. Celui-ci, sous l’influence du champ tournant, se met en rotation, et son mouvement s’accélérant, puisqu’il tend à tourner avec la même vitesse que le champ, finalement se dresse sur sa pointe. Il n’y a aucun dégagement de chaleur dans l’œuf qui continue son mouvement tant qu’il passe du courant dans le circuit électrique.
- Il n’en est pas de même dans les expériences présentées par M. Pérot, qui reposent au contraire sur les propriétés des courants dits de Foucault. On sait, en effet, que lorsqu’une masse métallique est placée au voisinage d’un courant alternatif, il se crée dans cette masse des courants induits de Foucault dont le sens est tel qu’ils tendent à contrarier l’action qui leur donne naissance.
- Dans ces conditions, si nous disposons sur une large plaque de cuivre rouge une bobine de fils parcourue par le courant alternatif du secteur, il y aura formation de courants de Foucault dans la plaque et leur champ résultant sera opposé à celui créé par la bobine. Il y aura donc répulsion de la bobine par la plaque. Si on augmente le courant jusque vers une intensité de 10 à 15 ampères, l’action répulsive devient supérieure au poids de la bobine et celle-ci se soulève au-dessus de la plaque, semblant flotter librement dans l’air. On constate d’ailleurs que la plaque s’échauffe rapidement.
- Si au contraire c’est la bobine qui est fixe et la plaque mobile, c’est celle-ci qui est soulevée. M. Perot a réalisé celte expérience sous la forme suivante : une bobine est parcourue par un courant alternatif de 10 ampères, et une capacité montée dans le circuit corrige les effets de self-induction qui affaibliraient le phénomène. Au centre de cette bobine est placée une grosse boule creuse de cuivre. Quand le courant passe, les courants de Foucault dont elle est le siège tendent à provoquer son expulsion et, si le courant est suffisamment intense, la houle se soulève et oscille doucement au-dessus de la bobine. Si on crée une dissymétrie dans l’appareil, par exemple en introduisant au-dessus d’une partie de la bobine une lame de cuivre qui supprime ainsi
- p.132 - vue 136/688
-
-
-
- LA PHYSIQUE PURE A L’EXPOSITION DE PHYSIQUE =-...... 133
- une partie de son champ,, on constate que la boule se soulève encore, mais au lieu de rester immobile, elle se met à tourner sur elle-même de plus en plus vite. Ici encore, le phénomène s’accompagne d’un échauffement très rapide de la boule.
- Enfin, l’énergie des courants induits est encore, si possible, plus nettement mise en évidence par une troisième expérience. On a deux plaques de cuivre rouge formant les deux côtés d’un angle dièdre de 25 à 30° d’ouverture. On introduit dans cet angle une bobine de fils parcourue par un courant alter- 1
- rôle d’un diélectrique d’épaisseur infiniment petite, ce qui donne au condensateur une capacité très grande.
- Tout à côté, M. Soulier montrait une expérience curieuse et qui n’a pas été souvent réalisée, celle de l’autoexcitation d’un moteur triphasé à cage d’écureuil au moyen de condensateurs de son système. En mettant 3 condensateurs aux bornes du stator, on transforme le moteur en un alternateur triphasé lorsque l’on entraîne son rotor par une courroie. On 1 réalise ainsi le générateur mécanique de courant
- natif. Celle-ci, comme dans les expériences précédentes, est repoussée par les plaques, mais comme il y a deux plaques et qu’elles ne sont pas parallèles, leurs actions ont une résultante qui est dirigée suivant le plan bissecteur du dièdre. On voit alors la bobine être violemment expulsée de l’intérieur du dièdre suivant une direction qui est la bissectrice (aux actions de pesanteur près).
- M. A. Soulier présentait également une batterie de condensateurs dont la capacité, égale à 2800 microfarads, était trois fois plus grande que celle de la Terre. Ces condensateurs extrêmement réduits sont constitués par une lame métallique reliée à une des bornes et plongeant dans un liquide organique relié à la seconde borne du condensateur. Au moment de la charge, une pellicule gazeuse se forme à la surface de la lame de métal, jouant le
- électrique le plus simple que l’on puisse rêver, puisque la partie tournante se réduit à un cylindre lisse en fer traversé par des barres de cuivre, et que le stator est relié directement au réseau à alimenter sans nécessiter l’emploi de bagues, collecteur, balais ou excitatrice mobile.
- A côté également, le phénomène bien connu de la résonance était réalisé avec le courant alternatif de la ville qui traverse une self-induction et une capacité convenable montées en série. On remarque que si la tension du circuit d’alimentation est 110 volts, on enregistre 140 volts aux bornes de la self-induction et 180 volts aux bornes de la capacité. Ce n’est plus ici la somme algébrique des tensions qui joue, comme avec le courant continu, mais leur somme vectorielle.
- Télégraphie sans fil. — Le laboratoire du général
- p.133 - vue 137/688
-
-
-
- 134 ::: LA PHYSIQUE PURE A L’EXPOSITION DE PHYSIQUE
- Fig. 2. — Démonstration des champs tournants.
- Ferrie exposait un appareil de télégraphie sans fil ne possédant qu’une longueur d’onde de 1,5 mètre et actionné .par une puissance de 20 watts seulement. Grâce à cet appareil, il était possible de mettre en évidence les propriétés fondamentales des ondes élec-Iriques, En particulier, en déplaçant un circuit récepteu r comprenant une lampe, on voyait celle-ci s’allumer aux ventres et s’éteindre aux nœuds, permettant ainsi de visualiser, si l’on peut dire, la longueur d’onde. La réflexion des ondes, leur concentration en faisceaux parallèles par un projecteur parabolique étaient également très facilement réalisées à l’aide de cet appareil. Son intérêt d’ailleurs dépasse celui d’un appareil de cours et de démonstration.
- On sait, en effet, que la multiplication des postes émetteurs de T. S. F. a conduit à utiliser une gamme très étendue de longueurs d’ondes. Actuellement on descend dans certains cas à des longueurs d’onde de 100 mètres seulement, et cependant, malgré la petitesse de l’énergie qu’elles permettent d’employer (1 kilowatt environ), on a pu réaliser de nuit des communications à travers l’Atlantique. De plus ces ondes courtes peuvent être concentrées à l’aide de miroirs : on évite d’une part la déperdition considérable d’énergie due au rayonnement de l'antenne dans toutes les directions, et, d’autre part, on peut les diriger, les canaliser dans une direction choisie, ce qui est un des problèmes les plus importants qui se posent actuellement en télégraphie sans fil.
- Ultra-sons. — Les propriétés piézoélectriques du quartz, découvertes par P. Curie et que, durant la guerre, MM. Langevin et Chilowski ont appliquées à la localisation des sous-marins, servent maintenant à des entreprises plus pacifiques : localisation des épaves, des rochers sous-marins, relevé du fond de la mer, reconnaissance mutuelle des bateaux naviguant par temps de brume, etc.... Les expériences du Grand Palais, bien que très schématiques, puisque la place manquait pour installer une cuve de dimensions suffisantes pour que les * phénomènes de réflexion des ondes y soient nets, n’en ont pas moins permis de comprendre tout le parti que l’on pourra sous peu tirer de ces phénomènes au point de vue pratique.
- Radioactivité. — La « machine à compter les
- Pi g. 4. — Forme des électrodes dans les appareils industriels pour la précipitation des poussières.
- atomes », ainsi qu’on l’appelle communément dans les laboratoires de radioactivité, retenait vivement l’attention des visiteurs. Nous en avons indiqué le fonctionnement dans le compte rendu de la séance du vingt-cinquième anniversaire de la découverte du radium.
- Précipitation des poussières. — Une petile installation de laboratoire permettait au visiteur de se rendre compte du fonctionnement et de l’efficacité du procédé de précipitation électrique des fumées et des poussières plus connu sous le nom de procédé Coltrell.
- On produisait d’une façon continue dans une caisse surmontée d’un tube vertical en verre de 15 cm de diamètre environ et 1 m. de haut, ouvert aux deux bouts, une fumée ou un brouillard qui débordait par le haut du tube.
- Dans l’axe de ce tube était tendu un fil pouvant
- Fig. 3. — Appareil électrique pour la précipitation des poussières, système Cottrell. Schéma des connexions.
- S, transformateur élévateur de tension ; K, Ks,. kénotrons ; R, Rs, transformateurs abaisseurs de tension pour alimentation des filaments cathodiques des kénotrons ; C , C„, condensateurs haute tension ; A, ampèremètre ; F, alimentation des électrodes négatives isolées de l’appareil de précipitation électrique ; T, point du circuit connecté avec le sol.
- être relié à une source d’électricité à haute tension. Une lampe électrique, placée sous la table d’expérience, éclairait le brouillard et, dès que le fil axial était électrisé, on voyait l’atmosphère du tube s’éclaircir et le brouillard cesser de déborder cà la partie supérieure.
- Dans une autre expérience, on lançait un courant d’air chargé de poussières dans l’e tube. Ce courant d’air était obtenu à l’aide d’un petit ventilateur électrique dans l’ouïe d’aspiration duquel on laissait tomber du talc fin.
- Le dispositif électrique dont la figure 5 donne le schéma du montage était constitué par deux kénotrons afin d’utiliser les deux ondes du courant alternatif et permettait d’obtenir très facilement tous les potentiels jusqu’à 70000 volts pour une intensité de
- p.134 - vue 138/688
-
-
-
- LA PHYSIQUE PURE A L EXPOSITION DE PHYSIQUE 135
- 0,01 ampère, ce qui est largement suffisant même pour des essais industriels.
- Ajoutons que, dans les applications à grande échelle, les fils sont remplacés par des électrodes émissives constituées par des lamelles ou ailettes métalliques rayonnantes rapportées sur un noyau axial ou faisant corps avec ce noyau, leur section transversale ayant une des formes représentées sur la figure 4. De même, les générateurs de haute tension sont remplacés par des redresseurs tournants mus par moteurs synchrones et capables de donner des potentiels de 50000 à 60000 volts. Les
- que dans un stand voisin, on pouvait admirer de très remarquables préparations de sels phosphorescents dont l’emploi trouve maintenant de nombreuses applications.
- On sait, en effet, que lorsque l’on prépare dans des conditions qui ont été déterminées avec soin par M. Guntz, certains composés minéraux (sulfure de zinc, platinocyanure de bafyum, sulfures alcalins additionnés de traces de métaux comme le cuivre, le bismuth, le plomb, le zinc, le nickel) ceux-ci, après exposition à la lumière, présentent ensuite dans l’obscurité une luminosité colorée tem-
- Fig. 5. — Vue de l'Exposition des appareils d'enseignement et des expériences de démonstration.
- tubes composant les filtres électriques proprement dits ont des diamètres de 20 à 50 cm seulement, et le voltage qui est utilisé ne dépasse guère 40 000 volts. A titre d’exemple, afin de fixer l’ordre de grandeur des divers facteurs, nous citerons une usine de noir de fumée qui récolte en 15 heures 500 kg de noir de fumée, dans ses gaz perdus en consommant seulement 4 kilowatts-heure d’énergie électrique.
- Expériences d'optique. — Une salle spéciale était réservée aux expériences d’optique, et le visiteur y trouvait présentés une série de phénomènes dont l’énumération seule reviendrait à donner les titres des chapitres d’un traité complet d’optique physique : interférence, diffraction, analyse spectrale, aberration des surfaces, etc.... M. Claude présentait une série d’expériences illustrant les propriétés caractéristiques de l’éclairage par les gaz raréfiés, tandis
- poraire. Le phénomène a été étudié surtout par E. Becquerel, mais ce n’est que depuis quelques années que, sous l’impulsion de M. Guntz, puis de M. Maurice Curie, les applications pratiques ont commencé à se développer. Une circonstance heureuse à ce point de vue a d’ailleurs été la découverte, pendant la guerre, par le professeur Wood, d’un verre au nickel ayant des propriétés optiques très curieuses. Nous avons décrit ce verre ici même (*), rappelons simplement ses caractéristiques : c’est un verre contenant une très forte teneur de nickel et qui, pour les radiations visibles, est pratiquement opaque ; c’est à peine si l’on peut distinguer au travers d’une lame de quelques millimètres d’épaisseur le filament d’une lampe de 1000 bougies; mais par contre, ce verre laisse passer très aisément l’ultra-
- 1. La Nature, 2559, 51 mai 1919. La signalisation par la lumière invisible.
- p.135 - vue 139/688
-
-
-
- 136 LA PHYSIQUE PURE A L’EXPOSITION DE PHYSIQUE
- violet moyen (c’est-à-dire l’ultra-violet qui n’a pas d’action chimique dangereuse) et il arrête encore les rayons ultra-violets dont la longueur d’onde est plus faible. Or la phosphorescence est très vivement excitée par les rayons de courte longueur d’onde. Par suite, si on recouvre une étoffe ou certaines parties d’un décor de théâtre de substances phosphorescentes ou si l’on dessine un tableau, un paysage, à l’aide de ces corps, en faisant l’obscurité puis en projetant sur ces préparations la lumière invisible ultra-violette sélectionnée par une lame de verre au nickel de Wood, on obtiendra brus-
- vues stéréoscopiques, c’est-à-dire en regardant avec l’œil gauche la vue qui normalement était prise pour être examinée avec l’œil droit, on obtient l’inversion du relief : la lune, par exemple, au lieu de se présenter comme une sphère pleine, semble être une boule creuse dont nous voyons l’intérieur, etc. En se servant de vues stéréoscopiques, on peut arriver à tracer directement la carte d’un paysage et évaluer exactement les altitudes, etc. La Nature aura d’ailleurs l’occasion de revenir sur ces questions, aussi n’insistons-nous pas ici sur leur exposé.
- Fig. 6. — L’Exposition de la T. S. F. militaire.
- On y voit différents modèles d’antennes et de cadres, l’ancien poste de la Tour Eiffel et u n tank de la guerre muni de la T. S. F.
- quement l’illumination des parties qui ont été traitées. Comme actuellement les substances que l’on prépare ont une phosphorescence remarquablement vive, on conçoit que l’on puisse, par ce procédé, obtenir des effets de décoration artistique extrêmement originaux. Ceux qui ont été réalisés et exposés par la Société Radiana étaient particulièrement séduisants.
- Stércoscopie. — M. Colardeau, qui s’est consacré à l’étude d’une branche de l’optique trop négligée par lés physiciens : la stéréoscopie, présentait une série d’appareils et de clichés qui montrent les résultats très curieux et très intéressants que l’on peut en tirer. C’est ainsi qu’en intervertissant les
- On voit par ce trop rapide résumé quels efforts avaient été faits pour donner à l’Exposition de physique une haute tenue scientifique. Ils ont été couronnés du plus grand succès. La Société Française de physique avait déjà organisé en 19t)0 le célèbre Congrès de Physique, entreprise qui n’avait jamais été tentée et qui n’a été imitée par aucune société savante étrangère. A l’occasion de son cinquantième anniversaire, elle a montré une fois de plus qu’en France, malgré nos faibles ressources en comparaison des puissants moyens américains ou anglais, on sait mieux que partout ailleurs concevoir, organiser et réaliser.
- H. Vignerox.
- p.136 - vue 140/688
-
-
-
- 137
- LE GIBBON A FAVORIS BLANCS
- Parmi les singes anthropomorphes, le genre Gibbon reste l’un des moins bien connus.
- Tandis que les Gorilles et les Chimpanzés sont ' africains, l’O-
- rang-Outang et les Gibbons sont indo-malais.
- Le genre Gibbon se caracté
- Parmi les différentes espèces de Gibbons, une surtout, le Gibbon à favoris blancs (Hylobates leuco-genys Ogilby) est très caractéristique, bien que fort mal connue.
- Cet anthropomorphe doit son nom expressif au beau collier de barbe blanche des mâles adultes. Ce collier part immédiatement au-dessous des oreilles pour entourer toute la partie inférieure de la face. Les favoris sont ondulés, avec longueur maxima au
- rise surtout par un pelage épais et de petites callosités fessières.
- Les membres restent grêles et les antérieurs toujours plus longs que les postérieurs. Les doigts sont très développés, et quelques espèces présentent cette particularité curieuse d’avoir le second • et le troisième droit après l’orteil soudés l’un à T autre par une membrane étroite, dans toute la longueur de la première phalange.
- Les Gibbons marchent en s’appuyant sur leurs membres postérieurs, utilisés comme béquilles. Leur poitrine est souvent voûtée, et le corps toujours incliné pendant la locomotion. L’immobilité leur est nécessaire pour parvenir à se redresser à la manière de l’homme*
- voisinage des oreilles; contrairement à ce qui a
- lieu chez ïllomo sapiens, cette longueur diminue progressivement vers le bas de la face;
- Le corps des adultes est recouvert d’un long pelage noir.
- La tête, régulière, aussi bien chez le jeune que chez l’adulte, présente un mufle nasal très court, très aplati, des yeux à iris d’un beau noir vif, des oreilles à pavillon fort réduit, et une bouche relativement énorme.
- p.137 - vue 141/688
-
-
-
- LES BICYCLETTES A MOTEUR
- 138
- Le dimorphisme sexuel n’est que très tardif. A la naissance, les petits sont tous jaunâtres et sensiblement identiques. Peu à peu, la couleur de certains fonce. Les différences sexuelles ne deviennent observables extérieurement que vers six ou sept ans; les mâles sont alors nettement différenciés, avec la livrée noire et les favoris caractéristiques (1).
- L’Hylobâtes leucogenys est surtout un arboricole. Sa taille ne dépasse jamais un mètre, et ses moyens de défense sont toujours très réduits. Aussi ne résiste-t-il guère dès qu’on l’inquiète sérieusement. Les Gibbons n’étant pas très lestes à terre, on peut réussir assez souvent à en capturer s’ils ont été surpris en terrain découvert. Mais, à proximité d’arbres, ils ont vite fait de s’élancer vers ces derniers et d’y grimper avec une agilité extrême.
- Le Gibbon à favoris blancs ne vit jamais isolé, mais en troupes nombreuses, dirigées chacune, généralement, par un vieux chef expérimenté. Ils saluent le lever et le coucher du soleil par des cris perçants, s’entendant très loin à la ronde.
- Le fait se reproduit quelquefois aussi dans la journée, au cours de disputes ou à l’approche d’un danger.
- Les Gibbons à favoris blancs sont extrêmement forts en acrobaties aériennes, et notimment, pour passer d’un arbre à l’autre. Pour cela, après s’être bissés à une certaine hauteur, ils saisissent d'abord l’extrémité d’une branche flexible, et s’y balancent trois ou quatre fois pour prendre de l’élan; par une énergique détente musculaire, ils gagnent ensuite une autre branche, quelquefois distante de plus de dix mètres !
- L'Hylobâtes leucogenys, bien qu’omnivore, se nourrit de préférence de fruits et de racines ; il y adjoint parfois des œufs, des insectes et de petits animaux. En captivité, il marque un goût très vif pour le pain, refuse le sucre, mais s’accommode bien de riz et de légumes. On peut arriver à faire
- 1. Observations inédites de Jf. le Docteur Cognacq, gouver neur de la Cochinchine.
- boire aux Gibbons du thé et du café, mais jamais de vin ni de liqueurs alcooliques.
- D’un naturel très doux et très timide, ils s’apprivoisent facilement, même capturés à un âge avancé, et deviennent rapidement familiers. Contrairement à la plupart des singes de l’ancien monde, ils ne manifestent aucun changement d’humeur ni aucune disposition malveillante en vieillissant. Pourtant, ils poursuivent souvent les enfants et ne paraissent guère les aimer.
- Les Gibbons sont considérés comme les moins intelligents des singes anthropomorphes, fait d’accord avec la structure et le volume de leur cerveau. Mais ils n’en sont pas moins très fins et très observateurs. Leurs yeux perçants, extrêmement mobiles, sont toujours sur le qui-vive, et ne perdent rien de ce qui se passe aux alentours. Ils se jouent fréquemment entre eux bien des mystifications réciproques, dégénérant souvent en disputes très bruyantes.
- La distribution géographique de YHylobates leucogenys reste encore assez imprécise. Poussarguele considérait comme un singe exclusivement siamois. Il a été observé plusieurs fois pourtant dans les forêts cambodgiennes et cochinchinoises et il existe certainement en assez grande quanlité au Tonkin, dans la baie d’Along, et surtout dans la vallée de la Rivière Noire, notamment entre Lai-Tchau et Bien-Bien-Phu, et entre Muong-Mêen et Muong-Pum. C’est de la haute région du Tonkin que proviennent les beaux individus offerts récemment au Jardin Botanique de Saigon par M. le Docteur Cognacq, gouverneur de la Cochinchine. J’ai pu les observer longuement et prendre sans trop de difficulté, pour les lecteurs de La Nature, les illustrations photographiques (*) de cette petite monographie descriptive.
- M. Debeaüpuis,
- Licencié es sciences.
- i. A notre connaissance, ces photographies seraient les premières publiées de Vfh/lohates leucoqenys en liberté.
- n.' n. l. n.
- LES BICYCLETTES A MOTEUR
- La bicyclette est un moyen'de locomotion des plus agréables, à condition de le pratiquer pour son plaisir et dans une région peu accidentée ; monter une côte, c’est gâter, en effet, tout le charme d’une promenade, et l’agrément disparaît complètement si l’on utilise ce véhicule dans un but utilitaire. -Dans ce cas, ne faut-il pas effectuer un trajet imposé, même si les éléments ne sont pas favorables : vent contraire, température élevée, etc. ?
- Il est donc bien naturel que l’on ait songé à adapter tà la bicyclette un moteur qui supprime l’effort du cycliste dans les conditions normales et
- qui l’aide notablement dans les moments où l’usage de la bicyclette devient pénible. Ce perfectionnement correspond à un besoin réel des usagers de la bicyclette qui demandent toujours à aller plus vite, et, d’autre part,. les constructeurs peuvent espérer être rémunérés largement de leurs efforts, en raison du nombre considérable de bicyclettes en circulation en France.
- Malgré ces conditions favorables, toutes les tentatives faites dans ce sens, avant la guerre, avaient échoué, et l’on pouvait croire que la bicyclette avait trouvé sa forme définitive ; mais, depuis cette
- p.138 - vue 142/688
-
-
-
- 139
- LES BICYCLETTES A MOTEUR
- Fig. i. — La cycletle.
- Groupe amovible placé clans le cadre, transmission par courroie,
- époque, l’apparition et le développement des groupes moteurs appliqués aux bicyclettes sont venus remettre la question à l’ordre du jour.
- Cette brusque évolution est due aux progrès considérables qui ont été faits dans l’étude des moteurs, en particulier dans la voie de l’allégement; cette question, qui est primordiale pour les moteurs d’avions, ne l’est pas moins dans l’application du moteur à la bicyclette, organisme pour lequel toute surcharge est nuisible, en raison du travail très dur auquel sont soumis les roues et le cadre de ce véhicule qui, ne l’oublions pas, ne possède pas de ressorts de suspension.
- La différence est cependant très grande enlre le moteur d’avion et celui de la bicyclette; le premier est un raulticylindre, fonctionnant suivant le cycle à
- quatre temps ; ses soupapes nombreuses constituent avec leur commande un organisme délicat, même entre des mains expérimentées.
- Le moteur de bicyclette au contraire n’a qu’un cylindre, presque toujours à deux temps, et la puissance ne dépasse généralement pas un cheval. Il est extrêmement siça-ple, la distribution se faisant par des lumières percées dans la paroi du cylindre que le piston découvre au moment voulu; ce dispositif ne comporte donc ni soupapes, ni leurs organes de commande tels que les engrenages, l’arbre à cames et les poussoirs ; cette simplification entraîne une réduction importante du prix de revient sans que le fonctionnement ait à en souffrir.
- Dans ces conditions on peut dire que la solution du moteur est trou-
- vée et l’accord s’est fait sur ce point. Il n’en est pas de même en ce qui concerne l’emplacement à lui réserver sur la bicyclette.
- À l’origine, en effet, l’idée directrice fut d’installer un moteur sur les bicyclettes existantes, pour en-trainer le véhicule en terrain plat et aider le eychste dans les côtes ; cette conception donna naissance à des groupes moteurs que l’on pouvait accrocher facilement sur la bicyclette, soit sur la fourche avant, soit dans le cadre, soit encore sur la roue arrière. Un galet entraînait; la roue par friction sur le pneu dans le premier cas, tandis qu’une chaîne ou une courroie était utilisée dans les deux autres.
- Ces solutions donnèrent toute satisfaction et beaucoup sont encore adoptées. On peut leur reprocher toutefois une fatigue excessive de la bicyclette si l’on vient à augmenter la puissance du moteur : du fait de la vitesse, l’intensité des chocs résultant
- Fig. 3.
- Cyclo-vélo Peugeot.
- Moteur dans le cadre, transmission par courroie.
- p.139 - vue 143/688
-
-
-
- 140 LES BICYCLETTES A MOTEUR
- des inégalités de la route devient en effet très considérable. Des modifications furent alors apportées à la bicyclette pour éviter ces inconvénients, à un
- Fig- 4-
- Moieurcycle Rosengart.
- Groupe amovible placé sur la roue arrière, transmission par galets de friction sur la jante.
- tel point que le caractère même de la machine en fut changé.
- Ce nouvel engin est constitué d’un cadre en tubes relativement gros, d’une fourche élastique et d’une selle confortable, le tout monté sur de robustes pneus et des roues particulièrement solides.
- Le moteur, que l’on place généralement dans le cadre, entraîne la roue arrière, soit par une chaîne, soit par une courroie. Un démultiplicateur est toujours placé dans la transmission, en raison du régime élevé du moteur qui peut facilement atteindre 3000 tours par minute ; il est constitué soit par un train d’engrenages ou une vis sans fin, soit par une chaîne courte.
- Parmi ces différentes solutions, nous devons signaler celle qui nous paraît avoir tendance à s’établir à l’heure actuelle : elle consiste à placer le moteur dans le cadre, le plus près possible du pédalier, de manière à abaisser le centre de gravité tout en répartissant le poids supplémentaire sur les deux roues ; un démultiplicateur et une chaîne sous carter terminent la transmission. La suspension est assurée à l’avant par une fourche élastique et le cadre, porté par de gros pneus, a une forme surbaissée qui permet au pilote de poser les pieds à terre si le besoin s’en fait sentir.
- Il ne faudrait pas croire que cet ensemble constitue une motocyclette légère ; en effet, la force du moteur ne dépasse guère un cheval, ce qui limite la vitesse aux environs de 25 km à l’heure ; d’autre part, le poids du véhicule ainsi constitué oscille aux environs de 30 kilogrammes.
- C'est cet ensemble bien homogène, aussi distinct de la bicyclette que de la motocyclette, qu’on appelle une bicyclette à moteur.
- Nous ne pensons pas que le développement de la bicyclette à moteur ainsi conçue doive entraîner la disparition du groupe amovible dont nous avons parlé plus haut. Il ne faut pas oublier, en effet, que 5 millions de bicyclettes roulent actuellement en France et que leurs propriétaires ont bien droit qu’on pense à leur faciliter la tâche sans qu’il leur faille acheter un engin nouveau, mais cette solution ne sera viable qu’à la condition de rester dans les puissances relativement faibles; de plus le pilote devra ne pas trop pousser sa machine, surtout sur les mauvaises routes. C’est une question de la plus haute importance pour la conservation du mécanisme et pour la sécurité du cycliste.
- On peut se demander si l’adaptation d’un moteur sur un engin aussi simple que la bicyclette constitue vraiment une amélioration qu’il faut approuver, en raison de la complication qu’elle entraîne forcément avec elle. Pour répondre à cette question, il faut se rendre compte que pour beaucoup, la bicyclette est un instrument de travail; l’ouvrier l’emploie pour se rendre à l’usine et le petit artisan trouve en elle une aide précieuse. Ceci est vrai non seulement dans les villes, mais surtout à la campagne où les moyens de communication font bien souvent défaut. C’est là que le petit moteur a toute sa raison d’être
- Fig. 5.
- Le cyclo-tracteur.
- Groupe amovible placé sur la fourche avant. Transmission par galet de friction sur le pneu.
- parce qu’il diminue la fatigue et réduit le temps perdu. A ce point de vue, c’est évidemment un progrès que les constructeurs doivent suivre et les usagers encourager.
- Richard Périsse.
- p.140 - vue 144/688
-
-
-
- 141
- LE PNEUMO-VENTILATEUR JEAN CAMUS-PIKETTY
- Nouvel appareil à respiration artificielle.
- Le pneunioventilateur, que M. le professeur agrégé Jean Camus et M. Piketty ont présenté récemment à l’Académie de Médecine, diffère de la plupart des respirateurs artificiels inventés jusqu’ici, car au lieu d’introduire passivement comme eux, de l’air ou de l’oxygène dans les poumons, il réalise les deux mouvements d’inspiration et d’expiration.
- Comme organes essentiels, le nouvel appareil comporte deux soufflets indépendants, l’un inspirateur, l’autre expirateur et que peuvent actionner soit un levier à main (fig. 1), soit un petit moteur électrique (fig. 2). De toutes façons, quand on pousse le levier dans un sens, sa bielle entraîne le soufflet d’inspiration qui envoie de l’air frais dans le poumon du sujet par l’intermédiaire du tuyau d’évacuation tandis que le second soufflet rejette les gaz viciés au dehors. Si l’on met en marche le pneumoventilateur pour l’expiration, il se déplace suivant la direction inverse, la
- siologiques ou de manœuvres de sauvetage, recueillir à la sortie du soufflet d’expiration, les gaz rejetés par le sujet.
- Dans le modèle de pneumoventilateur, mû par une petite dynamo branchée sur le courant d’un secteur électrique, la respiration artificielle se maintient avec une régularité parfaite pendant plusieurs heures.
- L’opérateur règle le rythme de la marche à l’aide d’un rhéostat qu’on aperçoit sur notre photographie (fig. 2) en avant du petit moteur. D’autre part, en fixant l’extrémité de la bielle
- commande automatique de distribution prend la disposition opposée et ferme le tube de l'expiration pendant que l’un des soufflets se remplit de l’air vicié par la respiration. Au contraire, dès le début de l’inspiration, la même commande automatique vient obturer le tuyau d'inspiration. Grâce à l’autonomie des deux soufflets, l’air expiré avec l’acide carbonique et éventuellement les gaz délétères se trouve entraîné très rapidement hors des voies respiratoires.
- D’ailleurs en cas d’intoxication, un dispositif spécial permet d’alimenter le soufflet d’inspiration avec de l’oxygène comprimé dans un ballon ou dans un cylindre d’acier. On peut également, au cours d’expériences phy-
- Fig. 3. — Lapin intoxiqué par l'oxyde de carbone et trachéotomisé, ranimé par le pneumo-ventilateur électrique.
- p.141 - vue 145/688
-
-
-
- 142 —r.... ... = ACADÉMIE DES SCIENCES
- dans l’un des trous ménagés sur le cercle de sa crosse, on dose à volonté le volume d’air insufflé. De la sorte, l’appareil s’emploie indifféremment pour n’importe quel animal et s’adaptera, sans nul doute, aussi facilement à l’homme quand les essais actuellement en cours auront fixé les dimensions des soufflets et la technique opératoire à utiliser en l’occurrence.
- MM. Jean Camus et Gournay ont bien voulu répéter devant nous, dans le laboratoire de physiologie de la Faculté de Médecine de Paris, quelques expériences fort probantes. Après avoir relié la soufflerie de son pneumoventilateur au moyen d’un tuyau de caoutchouc terminé par une canule qu’ils introduisirent dans la trachée d’un chien de forte taille parvenu à un degré d’asphyxie avancée, ils mirent en marche l’instrument et ramenèrent en quelques minutes le patient à la vie. Ils « ressuscitèrent », de même sous nos yeux, un lapin (fig. 5) profondément intoxiqué par l’oxyde de carbone et qui n’avait guère, au début de cette tentative de sauvetage, que des spasmes agoniques. Les physiologistes avaient du d’ailleurs pratiquer la trachéoto-
- mie et fixer directement la canule sur la trachée de la pauvre bête dont les centres respiratoires étaient paralysés. Dans une autre série d’expériences, MM. Jean Camus, Piketty et Gournay ont encore étudié les effets de la ventilation active qu’assure l’appareil dans l’intoxication oxycarbonée de divers chiens mais en dosant, cette fois, l’oxyde de carbone dans le sang des animaux et en alimentant le soufflet d’inspiration tantôt avec l’air atmosphérique, tantôt avec de l’oxygène pur. Chose digne de remarque, un apport actif du premier gaz amène une désintoxication presque aussi rapide que la ventilation effectuée avec le second. Enfin en faisant absorber des doses massives d’éther à des lapins ou à des chiens, puis en les soumettant à la respiration artificielle, ils ont vu que l’appareil éliminait rapidement l’anesthésique des poumons.
- Aussi comme le laissent espérer ces premiers essais, le pneumoventilateur pourra s’appliquer à l’homme et rendra de grands services en cas d’asphyxies au cours d’opérations ou d’intoxications accidentelles.
- Jacques .Boyer.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre et de décembre 1923.
- Les oncles très courtes cri radiotélégraphie. — MM. K. Mesny et David soumettent à l’Académie un dispositif de montage, à l'aide de deux triodes symétriques, qui leur a rendu possible l'usage d’ondes de 1 m. 00 seulement, avec un courant de 0,6 amp., dans une antenne de 1 m. vibrant en demi-onde. La puissance rayonnée a été de 29 watts et, sans miroir parabolique pour canaliser l’énergie, avec une intensité de 0,08 amp., des communications téléphoniques ont été particulièrement nettes sur une distance de2 km.
- Les eaux minérales d'Algérie. — Les études de MM. Pougét et D. Chouchak ont porté sur les eaux sulfatées, chlorurées, sulfureuses ou bicarbonatées des départements d’Alger et d’Oran ; elles ont donné lieu à 172 déterminations indiquant qu’il se rencontre des eaux intéressantes, dans cet ordre d’idées, dans les terrains azoïques, au voisinage de fdons de roches éruptives (granulite, pegmatite, liparite) alors que dans les strates de formation plus récente, la radioactivité ne devient appréciable ou forte que pour les eaux qui arrivent à la surface par des failles, ou au contact d’ophite, d’andésite, de labradorite ou de ryolite.
- Sur les acides de la cire d’abeilles. — Jusqu’ici on admettait que ce produit se composait de myricine, éther insoluble, et de cérine, acide soluble. MM. A. Gas-card et G. Damoy, appliquant leur méthode de cristallisations fractionnées à température déterminée, ont isolé quatre acides (néocérotique, cérotique, montanique et mélissique) dont les points de fusion s’échelonnent entre 77°8 et 90° et qui contiennent un nombre impair d’atomes de carbone (25, 27, 29 ou 51).
- ! Quelques roches éruptives des environs de Toulon. — M. Albert Michel-Lévy dénombre trois variétés de roches venues au jour par des fractures résultant d’effon-; drements épirogéniques ou postérieurs à l’oligocène ;
- | ce sont les basaltes labradoriques de Carqueiranne, les andésites oligoclasiques de la Garde, enfin les basaltes andésitiques du Destrier.
- A propos des alcools hydro-aromatiques. — Un précédent mémoire de M. l’abbé J.-B. Sanderens indiquait l’action de l’acide sulfurique dilué sur les alcools de la série grasse, ainsi transformés en oxydes ou en carbures. La nouvelle note qu’il soumet à l’Académie indique la déshydratation d’alcools aromatiques ou hydroaromatiques, tels que le cyclohexanol et les cyclohexanediols (pyrocatéchine et quinine), pour la production respective du cyclohexène et deux cyclohexadiènes isomères.
- La précision de l’expérience de Michelson. — Rappelant que, jusqu’à l’année 1922, on a obtenu des résultats négatifs, M. Brylinsld démontre que, suivant les conditions de détail, la date et l’heure des essais, enfin suivant la position géographique du lieu où l’on opère, on doit aboutir à des déplacements de franges très variables, le plus souvent inférieurs à ceux que l’on p évoit aujourd’hui et susceptibles de s’annuler dans des cas fréquents.
- Élection. — Dans la séance du K) décembre, Sir Charles Scott Sherringlon a été élu Correspondant pour la Section de Médecine et Chirurgie, en remplacement de Sir Patrick Manson, décédé.
- Pauc B.
- p.142 - vue 146/688
-
-
-
- 143
- CHRONIQUE
- Amédée Bollée et les premières automobiles.
- — M. À. Bollée nous signale une erreur de dates qui s’est glissée dans l’article historique publié à propos de l’Exposition de Physique. Nous avons imprimé : « les premières automobiles apparaissent en 1875 avec Ser-pollet, en 1885 avec Bollée » ; en fait, nous avions voulu écrire : « en 1875 avec Bollée, en 1888 avec Serpollet. »
- C’est en effet à Amédée Bollée que l’on doit les premières réalisations pratiques de véhicules automobiles. Sans doute, il serait aisé de lui trouver de nombreuses antériorités, ne fut-ce que le célèbre chariot à vapeur de Cugnot. Au cours du xixe siècle, nombreuses furent les tentatives pour réaliser des voitures à vapeur. Ce qui constitue précisément le mérite d’Amédée Bollée et fait de lui réellement le père de l’automobile moderne, c’est qu’il a conçu et réalisé un engin rapide, assez léger et maniable grâce à nombre de dispositifs originaux dont certains subsistent à peine modifiés dans les voitures d’aujourd’hui.
- Nos lecteurs liront sans doute avec intérêt les détails suivants sur la carrière de ce grand inventeur. Nous les extrayons des renseignements qui nous sont communiqués par M. A. Bollée, son fils.
- Amédée Bollée est né au Mans en 1844. Son père avait fondé en cette ville une fonderie de cloches et une fabrique de béliers hydrauliques et d’éoliennes „qui existe encore aujourd’hui. Dès 1872, Amédée Bollée, âgé de 28 ans, entreprend la construction de sa première voiture à vapeur.
- Les voitures à vapeur qui existaient alors, car il y en avait en service pour le remorquage à faible vitesse des voitures de marchandises, n’étaient au fond que de mauvaises copies des voitures à chevaux et rappelaient les rouleaux compresseurs actuels. Amédée Bollée s’attaqua d’abord au problème de la direction d’une voiture automobile à 4 roues. Il imagina d’abord une solution géométriquement parfaite qu’il appliqua à sa première voiture, puis une solution approchée qu’il réalisa en '1876 et qui est aujourd’hui universellement employée sous le nom de « direction Jeanteaud ».
- Amédée Bollée travaillait le jour à la fonderie de cloches de son père; mais tous ses instants de loisir, même ses nuits étaient consacrés à sa machine. Au début de 1875, VObéissante, tel était son nom, était terminée. C’était un break à 12 places, pesant 4000 kg, il portait à l’arrière une chaudière à tubes Field, fournissant- la vapeur à 2 groupes de 2 moteurs en V ; chaque groupe commandait une roue d’arrière par l’intermédiaire d’un
- changement de vitesse à trains balladeurs et d’une chaîne. Le conducteur, placé à l’avant, avait sous la main le volant de direction, le robinet régulateur, le frein, les leviers de changement de vitesse, le levier de marche arrière et détente. Des pédales pouvaient suspendre l’admission de vapeur, à volonté dans l’un des moteurs, ce qui permettait de faire virer la voiture presque sur place.
- Le moteur donnait environ 20 chevaux, et la voiture pouvait faire aisément 50 à 55 km à l’heure, sur bon terrain.
- Le 21 mai 1875, Amédée Bollée est autorisé à faire circuler sa voiture dans le département de la Sarthe; après quelques retouches inspirées par l’expérience de la route, la voiture est au point, et l’inventeur demande en 1875 l’autorisation de circuler dans toute la France. Il eût fallu, pour l’obtenir, ébranler tout l’édifice administratif; Amédée Bollée limite alors sa demande aux 9 départements que traverse la route du Mans à Paris. Il fallut cependant l’intervention personnelle du ministre des Travaux publics de l’époque, M. Caillaux, pour abaisser au bout de 4 mois les barrières administratives. Le 9 octobre 1875,l'Obéissante se met en route pour Paris; le parcours, long de 250 km, s’effectue en 18 heures sans incidents. La première sortie du véhicule dans Paris fut assez mouvementée.
- La voiture était arrêtée par tous les agents de police et il fallait parlementer avec chacun d’eux ; si bien qu’au bout d’une heure A. Bollée impatienté passa outre; le lendemain il était couvoqué à la Préfecture de Police ; l’ancêtre des automobiles, à sa première sortie, n’avait pas recueilli moins de 75 contraventions au vol.
- La voiture à vapeur fit sensation à Paris, mais l’heure de l’automobilisme n’avait pas encore sonné en France ; de nombreuses commissions officielles furent nommées, de nombreux rapports favorables établis ; mais les commandes de voitures à vapeur n’arrivèrent que lentement, et en petit nombre aux ateliers du Mans. Cependant Bollée avait apporté à ses machines de nouveaux perfectionnements.
- A l’étranger, en Allemagne notamment, les voitures Bollée furent plus vite appréciées et à partir de 1879 un assez grand nombre furent mises en circulation, sous forme d’omnibus et assurèrent dans de bonnes conditions des services réguliers.
- Amédée Bollée est mort en 1917, il a vu le plein épanouissement de l’industrie automobile, dont il fut sans conteste le premier pionnier.
- LE BEFFROI HAUT-PARLEUR
- Voici une curieuse anticipation due à l’imagination d’un de nos confrères américains, M. Gernsback, directeur de la Revue Science and Invention. Autrefois, les communes importantes possédaient un beffroi, haute tour au sommet de laquelle veillait en permanence un guetteur et dont la cloche servait soit à alerter la population, en cas d’attaque ou d’incendie, soit à convoquer les assemblées municipales. Les beffrois qui subsistent encore, dans de nombreuses villes du Nord notamment, n’ont survécu
- que par leur caractère artistique ; mais depuis bien longtemps, ils ont perdu leur rôle d’avertisseur public qu’ils n’ont jamais rempli que d’une façon rudimentaire.
- Le crieur public, que l’on entend encore dans certaines petites localités, n’est plus lui aussi qu’un vestige des temps passés} les affiches, les journaux l’ont presque partout avantageusement remplacé.
- Mais les remarquables progrès du haut-parleur permettent d’envisager la résurrection, sous une
- p.143 - vue 147/688
-
-
-
- 144
- LE BEFFROI HAUT-PARLEUR
- forme moderne, et du befïroi et du crieur public. Tout le monde sait qu’il existe des haut-parleurs,
- capables de faire entendre distinctement la voix humaine à des milliers d’auditeurs et jusqu’à 2 km de l’appareil. Ces haut-parleurs peuvent amplifier la voix d’un orateur parlant à proximité, ou bien à des centaines, même des milliers de kilomètres en s’aidant de la téléphonie avec ou sans fil. Il est tout indiqué d’utiliser celte puissance merveilleuse pour la diffusion des avis officiels importants, et de faire du haut-parleur un instrument politique, au sens étymologique du mot.
- Pour M. Gernsback, le haut-parleur deviendra, dans la cité future, un organe si important, qu’il justifiera une architecture spéciale pour les édifices municipaux qui en seront dotés. Notre figure montre comment M. Gernsback édifie l’Hôtel de Ville de l’avenir pour une grande cité comme New-York. Un immense minaret domine le bâtiment et porte les pavillons de gigantesques haut-parleurs orientés dans toutes les directions.
- Dans les grandes villes, des minarets de ce genre seraient construits de place en place, tous les 2 kilomètres par exemple.
- A. T.
- Le beffroi haut-parleur, dans une ville de l’avenir.
- Le Céranl : P. Masson. — Imprimerie Laiidke, 9, rue.de Fleurus, à Paris.
- p.144 - vue 148/688
-
-
-
- LA NATURE - N° 2605 — ... ' .... 8 MARS 1924
- Dans un de nos derniers1 numéros nous avons publié un article deM. Martel qui résumait les grandes lignes d’un vaste projet conçu par le Service géographique de l’Armée et destiné à donner satisfaction aux besoins nouveaux du pays en matière cartographique.
- Le problème posé ainsi par le Service géographique éveille chez nous la curiosité toute naturelle de savoir comment peut être conduite la fabrication de ces images du sol connues communément sous le nom de « cartes et de plans ».
- Il n’est pas un d’entre nous qui n’ait eu en main, soit au cours de la guerre, soit au cours de manifestations plus paisibles, telles que promenades à pied, à bicyclette ou en auto, une carte de l’Armée ou une carte d’un éditeur connu, et il en est certainement très peu qui se soient demandé quelle était la suite des opérations nécessaires pour arriver ainsi à obtenir une « représentation imprimée » aussi exacte que possible du terrain.
- C’est là un travail très particulier et assez compliqué et c’est justement là cause ;de son caractère spécial qu’il est peu connu!.) Une visite à travers la remarquable organisation dir Service. géographique de l’Armée va nous permettre d’en suivre les différentes phases. Installée en plein Paris, dans le vieil hôtel de Sens de la rue de Grenelle, berceau de notre ücole de guerre, la cartographie du Service géographique est une véritable usine à cartes, outillée et conduite d’une façon très moderne ; c’est là que l’on édite la célèbre et précieuse carte d’État-Major au 1 /80 000e ; c’est la principale des productions du Service géographique, mais non la seule.
- Nous n’avons pas la prétention dans cet article d’étudier l’établissement proprement dit du document cartographique « original ». Nous rappellerons seulement pour mémoire qu’une longue série de travaux sur le terrain, travaux géodésiqües et topographiques, exécutés par des officiers techniciens très confirmés, a donné naissance à une pièce appelée
- en terme de métier « mappe », pièce de base qui servira dans tous les cas de point ; de de'part aux opérations de préparation de la carte.
- Celte mappe dessinée à grande échelle : 10 000e, 20 000e ou bien 40000e, directement sur le terrain, est d’une exécution très soignée.
- Mais, si parfaite qu’elle soit, elle ne peut être reproduite telle que. Assemblée avec d’au très,elle doit former une carte de facture homogène ; et, comme par ailleurs, aucune retouche ne peut lui être apportée puisqu’elle constitue un document original, elle est livrée à un artiste du Service géographique, qui l’utilise pour établir la maquette de la carte sans changer le moindre de ses détails. C’est cette maquette qui, reproduite soit par la gravure, soit par les procédés photomécaniques, donnera la carte elle-même.
- Examinons tout d’abord le cas le plus simple, celui de la reproduction au 10 000e en noir* d’un levé à la même échelle sur le terrain.
- Autrefois, on reproduisait la maquette par gravure sur une planche de cuivre. Mais ce procédé, d’un effet très artistique, ne peut convenir que pour les cartes à tirage limité. La gravure sur plaque de zinc permet au contraire les tirages à un grand nombre d’exemplaires : elle facilite de plus les tirages
- 10 — 145.
- LA CONFECTION DES CARTES GEOGRAPHIQUES
- 62* Annév. — 1" S«m«3tr«.
- p.145 - vue 149/688
-
-
-
- 146 ... - LA CONFECTION DES CARTES GÉOGRAPHIQUES
- Fig. 2. — Salle d’exposition de la chambre laboratoire.
- Les ateliers de photographie comprennent 7 laboratoires dont 5 de ce type.
- en couleurs. C’est donc sur zinc que le Service géographique établit depuis plus de 30 ans les cartes gravées.
- Aujourd’hui, grâce à la photographie et à l’héliogravure, on dispose de procédés encore plus expé-_ ditifs et moins onéreux. Les différentes étapes de la reproduction mécanique d’un modèle sont au nombre de trois : la photographie, l’héliogravure et l’impression. Dans le cas considéré, la maquette établie au Service du Dessin est portée à la photographie où l’on effectue la première opération qui consiste dans l’établissement d’un « négatif sur verre ».
- Autrefois on se servait d’un immense appareil que l’on n’utilise plus que rarement maintenant, Les dimensions extraordinaires de ce « Vest-Pocket » à grande échelle (fig. 1) étaient nécessaires pour obtenir des clichés dont certains atteignent 0m.90xlm.20.
- Aujourd’hui on utilise la chambre laboratoire. Les figures 2, 3 et 4 représentent l’eïisemble de l’appareil
- photographique qui est ici composé de deux salles contiguës, séparées par une cloison. La première salle, dite salle d’exposition (fig. 2), est destinée à recevoir le modèle qui placé sur un chariot monté sur rails peut être éclairé au moyen de deux lampes à arcs au moment de la prise de vue. L’objectif est placé dans la cloison. L’autre salle (fig. 4) est en quelque sorte la chambre noire de l’appareil et sert en même temps de salle de préparation du cliché et de salle de développement. La plaque sensible est placée sur un chariot symétrique du premier et dont la distance à l’objectif est déterminée par la mise au point qui s’effectue par le moyen normal du verre dépoli.
- Le procédé photographique employé est connu sous le nom de « procédé au collodion humide ». On
- Fig. 3. — Coupe de la chambre laboratoire.
- A, salle d’exposition ; B, salle servant de chambre noire pour la prise et le développement immédiat des clichés ; c, porte-modèle ; c', porte-cliché ; e, lampe à arc ; /, cuve de développement; o, objectif dans la cloison; r, rails pour les chariots,
- prend une glace parfaitement plane sur laquelle est étendue une couche de collodion ioduré. Pour la sensibiliser, on l’immerge dans un bain de nitrate d’argent. Cette préparation est faite tout de suite avant la prise de la photographie. Les durées de pose sont en moyenne de deux minutes. Le développement du cliché se fait au sulfate de fer et le fixage de l’image au cyanure de potassium. Le cliché est ensuite séché et verni.
- A partir de ce négatif, on établit par contact un « cliché positif » sur une plaque préparée au collodion d’après la même méthode que ci-dessus. Le vernis sert d’agent protecteur et isolant entre les deux plaques ; l’exposition se fait devant une lampe à incandescence ordinaire. Le développement et le fixage sont exécutés comme précédemment.
- Il s’agit maintenant de reporter sur zinc l’image positive obtenue sur
- p.146 - vue 150/688
-
-
-
- LA CONFECTION DES CARTES GEOGRAPHIQUES
- 147
- verre, puis de graver, sur cette plaque le dessin ainsi reporté ; on aura alors un cliché dont les creux prendront l’encre et qui servira à l’impression. Le report s’exécute par l’héliogravure.
- Le zinc est poncé et légèrement
- grainé (fig. 9).
- On le couvre d’une couche de
- colle de poisson, rendue sensible
- par du bichromate d’ammoniaque ; cette couche est étendue à la tour-nette et séchée. Cette préparation
- nécessite environ 10 minutes de travail. Le cliché positif est alors placé dans un châssis-presse. Le zinc est appliqué sur ce cliché, la face collo-dionnée au contact de la colle sensible.
- Le transport de l’image du verre sur le zinc se fait par insolation au moyen de deux
- Fig. 5. — Salle de dessin.
- préparatifs
- Fig. 6. — Héliogravure. — Exposition d’un cliché.
- lampes à arc de 25 ampères, l’opération dure de | s’appelle le 7 à 10 minutes. La lumière traverse les parties transparentes du verre et rend la colle insoluble. Sous les traits noirs du positif, la colle reste soluble. Le zinc est ensuite immergé dans l’eau, la colle est dissoute aux endroits correspondant aux noirs du modèle et le zinc est ainsi mis à nu dans ces parties (fig. 6).
- Avec une solution légère d’acide azotique dans l’alcool, on attaque le zinc (fig. 7).
- A ce moment précis, on a obtenu sur le zinc une image du modèle gravée en creux et à l’envers.
- avant d’être livré aux machines.
- La colle est icstée sur la plus grande partie du métal. Avec un rouleau à main on étend de l’encre lithographique sur l’ensemble du zinc, puis on brosse légèrement. La colle est ainsi éliminée et le trait seul reste encré.
- Une solution de gomme arabique et d’acide gallique est passée sur le zine pour empêcher l’encre d’imprimerie d’adhérer en dehors du trait aux parties du métal mises à nu.
- La planche est alors prêle pour le tirage. Avant de la livrer à la machine, une épreuve d’essai est demandée à la presse à bras ; si cette épreuve donne satisfaction, on met en place le zinc sur la machine en ayant soin de bien le disposer par rapport à la marge du papier. Cette opération « calage ». Les rouleaux et l’encrier
- Le zinc est alors transporté à l’imprimerie.
- C’est là qu’il subit les derniers
- Fig .7. — Héliogravure. — Salle de développement du cliché.
- p.147 - vue 151/688
-
-
-
- 148
- LA CONFECTION DES CARTES GÉOGRAPHIQUES
- • fiig. 8. — Vue d’ensemble de l’imprimerie du Service géographique de l’Armée.
- 1 Au premier étage, atelier des reporteurs. Au roz-de-ehaussce, atelier des machines. Cet atelier comprend 12 machines 18 presses plates et rotatives à grand rendement). Une des premières, rotatives bicolores a été installée il y a environ deux ans au Service géographique. Cette machine imprime deux couleurs à la fois à la vitesse de itioo exemplaires cà l’heure.
- étant prêts, Ja machine est mise en marche ; les exemplaires de la carte sortent imprimés dans leur facture définitive.
- * * *
- Nous venons de voir très rapidement la .suite des opérations qui permettent la reproduction en une seule couleur et à la même échelle d’un modèle donné. C’est le cas le plus élémentaire. L’opération est analogue si la carte à obtenir est une amplification ou une réduction du modèle présenté. Elle mérite, enfin, d’être décrite dans ses grandes lignes ( si on se trouve (ce qui est fréquent) dans le cas de la reproduction d’une carte /en. plusieurs couleurs.
- Dans ce cas, sans parler) de la,gravure sur zinc signalée plus haut, deux procédés sont utilisés au Service géographique : le grattage de cliché et la photographie en couleurs.
- Il faut obtenir pour le tirage à la presse autant de zincs qu’il y a de couleurs dans la carte, c’est-à-dire autant de positifs sur verre. Le mo-’dèle établi au dessin comprend toutes les couleurs, dessinées en noir, qui seront portées sur la carte définitive.
- À partir d’un négatif unique, on tire autant de positifs qu’il y a de couleurs sur le modèle, et pour avoir un positif par couleur, on ne laisse subsister sur chaque cliché que les traits correspondant à une couleur déterminée en grattant les traits qui représentent toutes les autres teintes.
- Cette opération, dite « dégagement de clichés », est longue et minutieuse. Elle est faite par les dessinateurs à l’aide d’une plume vaccino-style.
- Devant la longueur- de ces opérations, on a cherché au Service géogra-
- phique un procédé permettant de sélectionner plus simplement les couleurs et le service des reproductions a mis au point l’application à la cartographie du principe de l’élimination photographique de certaines couleurs au moyen d’écrans spéciaux interposés entre le modèle et l’objectif. Il y a, en dehors de ces écrans, certaines autres mesures techniques à prendre telles que l’emploi d’encres spéciales pour le dessin du modèle, l’éclairement de ce dernier par une lumière appropriée et l’utilisation de plaques sensibilisées d’une façon particulière.
- Le procédé n’est d’ailleurs utilisé que pour la reproduction d’un modèle en trois couleurs (M, mais
- \. À l'Exposition de Physique et de T. S. F. qui vient d’avoir lieu au Grand Palais, le Service géographique avait exposé un panneau qui donnait une reproduction d’une carte en 5 couleurs exécutée rl'après ce nouveau procédé. Des tirages correspondant aux héliogravures de chaque couleur montraient les différentes étapes de l’opération.
- tig. 9. — Salle des grainoirs.
- Ces machines sont destinées à donner au zinc un léger grain. Ce grain est obtenu par un' mélange de sable humide et de billes de verre qui se meuvent à la surface du zinc dans un bac animé d'an mouvement excentrique.
- p.148 - vue 152/688
-
-
-
- LA CONFECTION DES CARTES GÉOGRAPHIQUES
- 149
- il est possible que d’ici peu de temps il soit étendu à un nombre de teintes plus complet.
- Les positifs correspondant à chaque couleur, obtenus soit par dégagement de cliché, soit par sélection photographique des teintes, sont transformés en zincs par héliogravure comme cela a été décrit plus haut.
- A l’imprimerie, chaque zinc est encré dans la couleur correspondante, et les épreuves sur papier sont tirées ainsi par couleur à la suite les unes des autres. Ordinairement on commence le tirage parla planche de fond qui est habituellement noire.
- Les autres couleurs viennent ainsi s’imprimer par surcharge sur la teinte primitive. Ici intervient la question importante du « repérage ». Il ne faut pas que les couleurs mordent les unes sur les autres, il faut que tous les signes soient exactement à leur place. C’est un travail de grande précision qui se fait an 1/10 de millimètre près et qui exige de la part du conducteur de la machine une très grande attehtion et des qualités professionnelles toutes spéciales.
- Fig. il. — Le magasin des papiers.
- Un gros approvisionnement de papier est constitué en permanence au Service géographique.
- Fig. 10. — Le magasin des zincs.
- Véritable bibliothèque qui renferme plus de iSoooo zincs constituant chacun une planche de carte.
- L’exposé qui précède nous montre d’une façon très succincte le côté en quelque sorte industriel du problème cartographique. Cet. aperçu, schématisé à dessein, pourrait laisser croire que les différentes opérations décrites sont très simples dans la pratique. Il n’en est malheureusement rien. Les difficultés techniques sont innombrables. La nécessité d’une liaison parfaite entre les différents ateliers rend le problème encore plus ardu. Enfin la diversité des travaux est une cause importante de complications.
- Le nombre des modèles de cartes établies au Service géographique de l’Armée est considérable, tant au point de vue échelle qu’au point de vue nombre de couleurs.
- Le personnel spécialiste utilisé doit donc être des plus sélectionnés et faire preuve d’une très grande souplesse :d’adaptation.
- Au service du dessin, 50 artistes choisis établissent les cartes modèles destinées à être reproduites à l’imprimerie. Il faut à ces spécialistes une habileté exceptionnelle pour arriver aux finesses d’exécution qui leur sont demandées ; il leur faut un goût sur pour grouper avec harmonie les signes innombrables qui doivent représenter les détails du terrain, il leur faut enfin une longue expérience pour interpréter le travail de préparation cartographique exécuté par des officiers spécialisés qui établissent par « généralisation » à partir de levés à grande échelle les « cartes modèles » qui sont nécessairement à échelles plus petites.
- La tâche des dessinateurs est particulièrement délicate. Il ne faut pas moins de cinq mois pour exécuter le simple dessin d’une feuille de difficulté moyenne de la carte au 50000e en couleurs. Nous n’insisterons jamais assez sur la valeur artistique de ce travail de dessin cartographique. Le consommateur ne pense pas aux heures de dur labeur
- p.149 - vue 153/688
-
-
-
- 150
- NOUVELLES MÉTHODES D’EXPERTISE OPTIQUE DES TABLEAUX
- Fig. 12.
- En haut :
- Graveur sur cuivre au travail.
- En bas :
- Instruments employés pour la gravure sur cuivre.
- 1, burin demi-losange ;
- 2, échoppe ;
- 3, onglette ;
- 4, fourchette de parallèle.
- qu’il a fallu pour dresser le document qu’il utilise ; il oublie trop facilement qu’à l’origine, l’image qu’il à sous les yeux a etc entièrement dessinée à la main.
- Dans cet ordre d’idées, nous devons un hommage tout particulier à une autre catégorie d’artistes dont le travail est encore plus remarquable : nous voulons citer les graveurs sur cuivre. Ce sont eux qui sur le dur métal ont gravé le dessin denotre carte au 80 000e connue plus communément sôus le nom de carte d’État-Major. Cette carte comporte un millier de planches correspondant chacune à un quart de feuille et si l’on songe qu’il faut une moyenne de 5 ans pour modeler au burin les lettres et les signes d’une seule planche, on devine quelle somme fabuleuse d’années de labeur il a fallu dépenser pour arriver à dresser la collection complète des feuilles qui couvrent l’ensemble du territoire.
- Mais ceci est déjà presque de l’histoire ancienne, l’avenir est aux autres spécialistes qui, comme nous l’avons vu précédemment, sont chargés des divers travaux de reproduction de cartes. La diversité de ces spécialistes est grande et il faudrait un volumineux traité pour décrire la tache de chacun.
- Dessinateurs, graveurs sur cuivre, graveurs sur zinc, photographes, héliograveurs, reporteurs, con-
- ducteurs, margeurs, galvanoplastes tous rivalisent de patience et d’adresse pour arriver à établir et à tenir à jour les cartes de tous les types, qui constituent au Service géographique de l’Armée, notre
- Fig. iJ. — Comment on grave sur cuivre au burin.
- $
- véritable Institut national, la plus belle collection de documents cartographiques qui existe au monde.
- R. VlLLliRS.
- NOUVELLES MÉTHODES D’EXPERTISE OPTIQUE DES TABLEAUX
- Les méthodes d’identification des œuvres d’art se multiplient et se précisent. La physique ctla chimie, en particulier, mettent entre les mains des experts des moyens scientifiques très sûrs pour authentifier les tableaux de tel ou tel peintre et pour confondre leurs pastiches. Depuis une dizaine d’années, par exemple, M.A.-P. Laurie, d’Edimbourg, s’adresse à la microphotographie pour caractériser la technique des grands maîtres et détailler leurs coups de pinceau. Plus récemment, le D1' A. Chéron appliqua à l’étude des peintures, les rayons X, qui décèlent la
- palette des couleurs, l’encollage de la toile ainsi que les restaurations et les retouches (1).
- Enfin M. Bayle, le savant directeur du Service de l’identité judiciaire, utilisa tout dernièrement d’autres phénomènes optiques pour résoudre plusieurs problèmes analogues. Nous nous proposons d’exposer ici ses remarquables travaux, sur lesquels
- 1. Voir notre article sur les Curieuses révélations de l'expertise radiographique des tableaux dans La Nature, n° 2444, 5 février 1021, p. 8G-90.
- p.150 - vue 154/688
-
-
-
- NOUVELLES MÉTHODES D’EXPERTISE'OPTIQUE DES TABLEAUX === 151
- il a bien voulu nous documenter avec son obligeance habituelle.
- Remarquons toutefois, avant d’entrer dans le vif du sujet,, que pour l’expertise des œuvres d’art, on n’emploie que rarement l’analyse chimique, vu la difficulté d’y opérer des prélèvements. S’il s’agit d’un tableau peint sur toile, on peut cependant en détacher à l’envers un bout de fil de quelques millimètres de longueur. Ce fragment, mis sous le microscope, permettra de se rendre compte de la nature du textile (chanvre, lin, etc.) tandis que la microanalyse indiquera le genre d’encollage, confirmé au besoin par l’examen spectroscopique. Mais, en définitive, l’expert en peinture artistique doit, le plus souvent, étayer ses conclusions sur des méthodes physiques. Aussi M. Bayle songea à profiter de l’inégale sensibilité deè plaques au gélatino-bromure d'argent pour les différentes couleurs. Il photographie donc le tableau à examiner, mais sous des éclairages adéquats, de manière à dégager la touche souvent très particulière du peintre : son « coup de patte », comme disent les rapins !
- Afin d’obtenir des lumières de longueurs d’onde déterminées, il a fait construire un appareil spécial qu’il nomme '.chromoscope à 4 foyers ou projecteur à sélection polychrome (fig. 1). Ce dispositif comprend 4 lampes électriques donnant 4 faisceaux convergents. Sur les trajets de trois d’entre eux, on installe des écrans respectivement rouge, bleu et vert et le quatrième pinceau lumineux est blanc. Des rhéostats permettent de doser à volonté la quantité de lumière émise par chaque source et par
- suite de réaliser toutes les nuances désirées, afin de souligner une particularité du travail artistiqué, de mettre en évidence des taches ou des retouches. Ainsi l’habile physicien a pu, au cours d’une enquête judiciaire signalée plus loin, relever sur un portrait de femme, exécuté par Renoir, la forme des coups de pinceau, conséquence d’une attaque de paralysie dont le peintre avait été frappé.
- En second lieu, comme les rayons ultra-violets excitent la fluorescence de certaines couleurs minérales telles que le blanc de zinc, M. Bayle s’en sert également pour les reconnaître, dans un tableau à examiner. Il produit cette lumière au moyen d’une lampe 'a vapeur de mercure Henri George (fig. 2), munie d’un écran en verre de Wood au chromate de nickel qui, tout en arrêtant les rayons visibles du spectre, intensifie l’émission fluorescente de diverses couleurs et surlout des vernis. Ce moyen scientifique fait immédiatement apparaître une minime surcharge, le plus léger grattage, le moindre défaut de vernissage. Il permet, en particulier, de déceler rapidement les dates truquées et les signatures falsifiées.
- Comme troisième méthode générale' d’expertise opt'que des œuvres d’art, le savant directeur de l'Identité judiciaire préconise l'analyse spectrale avec une technique assez poussée pour répondre aux conditions imposées.
- II se sert pour cela du grand spec-trographe Fery (fig. 3) et emploie, comme source d’énergie, un dispositif de haute fréquence capabTe de fournir une étincelle nourrie, forte et chaude. Le petit meuble qui renferme les organes nécessaires (vu sur
- des rayons ultra-violets.
- Ceux-ci sont produits par une lampe à vapeur de mercure Henri George, munie d’un écran en verre de Wood au chromate de nickel.
- p.151 - vue 155/688
-
-
-
- 152 = NOUVELLES MÉTHODES D’EXPERTISE OPTIQUE DES TABLEAUX
- Fig. 3. — Le grand spectrographe Fery.
- L’operateur réglé l’étincelle du dispositif de haute fréquence et chronomètre le temps de pose necessaire à la prise du spectrogramme d’un fragment coloré, prélevé sur le tableau à expertiser
- la gauche de la fig 5) offre extérieurement l’aspect d’une boîte avec deux bornes pour la prise du cou rant, un petit interrupteur, un fusible et un bouton commandant le réglage. Sur le dessus de la caisse, une fenêtre vitrée permet de surveiller la marche du système; dans son intérieur, se trouve un trans-
- formateur débitant sur l’éclateur, aux bornes duquel se trouve le circuit oscillant formé de 2 condensateurs en série réunis par une self plate. Les spectres résultants se montrent exempts des raies parasites de l’air (oxygène, azote et hydrogène due à la dissociation de l’eau) et ils semblent beaucoup plus
- p.152 - vue 156/688
-
-
-
- NOUVELLES METHODES D’EXPERTISE OPTIQUE DES TABLEAUX --------: 153
- poussés dans Tullra-violet qu’avec l’étincelle ordinaire. Grâce aux spectrogrammes d’une netteté parfaite obtenus avec cet appareil, l’expert d’art peut remplacer, par un document autographique, un examen oculaire fugitif et pénible.
- Enfin M. Bayle a encore trouvé le moyen d’analyser certaines couleurs des tableaux sans faire aucun prélèvement et simplement par des mesures spectrophotométriques. Il a adapté à ce genre de recherches le spectropholomètre Yvon (fig. 4), qui est, à lui seul, un laboratoire aux multiples combinaisons optiques. Il se compose, grosso modo, d’un certain nombre de dispositifs capables de séparer les radiations, et d’un polarimètre avec des niçois de Glazebrook, qui donnent des extinctions uniformes. Une première fente éclairée par une image de la source lumineuse blanche, grâce à un système dè prismes et de lentilles, fournit un spectre pur. Puis le faisceau tombe sur une deuxième fente qui, pouvant cheminer à volonté dans toutes les régions spectrales, laisse seulement passer la longueur d’onde voulue. En réalité, le pinceau de lumière subit une réflexion et traverse une seconde fois les prismes. L’opérateur n’a donc qu’à tourner ces derniers pour faire défiler tout le spectre sur la deuxième fente fixe.
- Ce spectrophotomètre fonctionne au besoin dans une pièce qui n’est pas complètement obscure. En le braquant sur un détail d’un tableau, l’observateur repère très exactement l’ensemble des radiations renvoyées dans son œil; il effectue ses mesures sans què le voisinage d’autres sources ou de corps diffusants l’incommode. Pour chaque couleur employée par l’artiste, il obtient une courbe de répartition caractéristique et en comparant ces lignes avec celles tracées pour des couleurs connues, il analyse quantitativement, avec une rigoureuse précision, la mixture colorée soumise à son examen scientifique.
- Telles sont les principales méthodes générales
- Fisc. 6
- La fraude du pseudo-Goya révélée par Vultra-violets
- Sous les rayons ultra-violets, la fausse signature de Goya s’éclipse, la date 1799 sc change en 1792 et le nom Tirana apparaît sous les traces du grattage.
- Fig. 5. — Tableau de la Tirana.
- Ce tableau, truqué par un faussaire, n’était pas un Goya.
- que M. Bayle a mises au point pour l’identification des tableaux. Voyons maintenant comment il les appliqua récemment dans deux expertises artistiques afin de nous rendre compte de leur intérêt pratique.
- Pans le premier cas, les magistrats lui confièrent un portrait de la Tirana flig. 5) qu’on attribuait à Goya. Il photographia d’abord le tableau avec le chromoscope à 4 foyers, en plaçant devant les objectifs des écrans susceptibles de faire ressortir l’image très fouillée du fond bleu. Le sagace expérimentateur mit ainsi en évidence la facture hésitante, les retouches du contour du cou, de l’épaule, du bras droit de la femme, les taches et les poils de brosse qui l’avaient déjà intrigué de prime abord. Ensuite de l’examen radiographique de la tête, il conclut à son encollage à la céruse, assertion que les analyses chimique et spectrale confirmèrent.
- Puis en irradiant, par un faisceau de rayons ultraviolets, i’endroit du tableau où se lisait, à l’œil nu, l’inscription Goya A. 1799, il vit la fluorescence transformer l’aspect de cette région. Le nom et le prénom s’éclipsèrent tandis que a 1799 » se changea en 1792 (fig. 6) et que le mot Tirana apparut
- p.153 - vue 157/688
-
-
-
- 154 == NOUVELLES MÉTHODES D’EXPERTISE OPTIQUE DES TABLEAUX
- Fig. 7.
- Portrait de femme attribué à Renoir et dont l’origine est contestée. L’examen au spectrophotomètre montra que les couleurs employées ne sont pas celles dont se servait habituellement le célèbre peintre impressionniste.
- ces témoins du labeur de Renoir, de précieuses indications qui le guidèrent dans son expertise et qu’on peut résumer de la façon suivante. D’abord pendant les vingt dernières années de sa vie, l’artiste n’employait comme jaune que le jaune de Naples; il peignait avec de petites quantités de couleur qu’il diluait beaucoup dans un mélange d’huile et d'essence de térébenthine; enfin, à cause de l’infirmité qui restreignait les mouvements de son bras droit, ses coups de pinceaux, courts et saccadés, affectaient la forme de virgides.
- M. Bayle s’attacha donc à vérifier l’exactitude de ces renseignements, en commençant par analyser les couleurs de la palette de Renoir mise à sa disposition par son fils. Il s’adressa donc à la méthode spectro-photographique, seule applicable en l’espèce, les prélèvements sur la toile ne pouvant guère dépasser la grosseur d’une pointe d’aiguille. A l’aide du dispositif ci-dessus décrit, il vaporisait le fragment coloré entre deux charbons disposés dans le circuit de l’étincelle de haute fréquence dont l’image tombait sur la fente d’un spectrographe Férÿ (fig. 5). Les diverses radiations émises, variables avec les substances colorantes volatilisées, viennent impressionner la plaque photographique, sur laquelle elles se dessinent sous forme de raies
- sous les traces du grattage, suivi d’une ligne également surchargée. L’habile truqueur avait donc gratté la date, puis reverni le tableau. L’optique venait de dévoiler le trucage : la toile en litige n’était pas un véritable Goya.
- Le second problème posé à M. Bayle différait notablement du précédent et exigea de plus longues recherches. Un juge lui demanda d’examiner quelques-unes des dernières œuvres authentiques de Pierre-Auguste Renoir afin d’en observer la facture ; puis, une fois ces jalons posés, de constater si les caractères essentiels de la peinture du maître se retrouvaient ou non dans un tableau contesté représentant une femme coiffée d’un chapeau jaune, orné de deux roses blanche et rouge (fig. 7). L’avisé chimiste se mit en campagne et, grâce à d’heureuses circonstances, il put se documenter complètement.
- Le fils du célèbre impressionniste lui confia deux toiles authentiques de son père. Puis il retrouva un des élèves et le marchand de couleurs du grand peintre. Ainsi M. Bayle recueillit, de la bouche de
- Fig, 8. — Tableau authentique de Renoir photographié en lumière rouge.
- Les lèvres, le modelé des joues et du nez et quelques autres details du chapeau ont disparu.
- p.154 - vue 158/688
-
-
-
- NOUVELLES MÉTHODES D’EXPERTISE OPTIQUE DES TABLEAUX= 155
- Fig. q. — Le tableau contesté de Renoir photographié en lumière rouge.
- Sur le visage, le corsage et la poitrine, les coups de pinceaux tourmentés du maître ont l'ait place à des traits rectilignes et continus.
- caractéristiques et l’examen des spectrogrammes ainsi obtenus permit d’identifier les éléments qui entraient dans chacune des compositions examinées.
- Sur la palette de Renoir, on rencontre du jaune de Naples (antimoniate de plomb) et de l’ocre (terres
- Fig. il. — Le tableau de la figure 8, sous le rayonnement ultra-violet.
- Les rouges s’intensifient sur les lèvres, le modelé des joues et du nez.
- LïrmiéFp .viole tt e
- Fig. 10. — Le tableau contesté de Renoir examiné sous les rayons ultra-violets.
- Les rouges intensifiés apparaissent en traits rectilignes au lieu d’affecter la facture en virgules, caractéristique de Renoir.
- argileuses jriches en oxyde de fer), à l’exclusion des jaunes de chrome, de cadmium et autres jaunes clairs de nuance analogue au jaune de Naples. De même, les prélèvements effectués dans les mêmes teintes des tableaux authentiques de Renoir donnèrent toujours, à l’analyse spectrale, les seules raies de l’antimoine et du plomb qui entrent dans la composition du jaune de Naples, mais on n’y rencontra pas la moindre trace du cadmium, du chrome, du strontium et autres constituants des jaunes clairs ou foncés. Dans le tableau litigieux au contraire, les raies de l’antimoine n’apparurent pas une seule fois au cours des épreuves : le peintre avait employé les jaunes de cadmium, de chrome ou de strontium et jamais du jaune de Naples.
- Assistons maintenant aux essais auxquels M. Bayle et ses aides du laboratoire de l’identité judiciaire durent se livrer afin d’illustrer les techniques respectives du maitre et de son imitateur supposé.
- A l’aide du chromoscope à 4 foyers convergents et en variant les écrans mis devant chacun des objectifs, il examina les tableaux sous des lumières de compositions déterminées et correspondant tour à tour à l’une des teintes prédominantes employées. Cette nuance s’éliminait pour l’œil et pour la plaque photographique. On voit, par exemple, sur la figure 8 un Renoir authentique éclairé avec une lumière rutilante identique à celle du rouge dominant dans
- p.155 - vue 159/688
-
-
-
- 156
- LA MÉTALLURGIE DE PRÉCISION
- l’œuvre. Les lèvres, le modelé dos Joues et du nez, quelques détails du chapeau et de la rose ont disparu. Au contraire, sous les rayonnements vert et violet, les rouges s’intensifient (fig. 11). Mais (sous ces dernières irradiations, on distingue, en outre* la « griffe du lion » ! On remarque effectivement que les coups de pinceaux sont saccadés, courts, tournés ,en virgule. Par contre, dans la toile litigieuse, les photographies en lumière rouge, verte ou violette révèlent une tout autre manière (fig. 9 et 10)j Aussi bien sur le fond que sur la figure, suP
- le corsage que sur la poitrine, les coups de pinceaux tourmentés ont cédé la place à des traits rectilignes et continus. On ne retrouve pas la « patte » du peintre des scènes joyeuses et des chairs trucu-i lentes !
- Décidément le métier de pasticheur de tableau va devenir une profession singulièrement ardue, vu les ressources variées que la science met maintenant au service des experts pour les aider à déceler, le trucage des œuvres d’art!
- Jacques Boyer.
- LA MÉTALLURGIE DE PRÉCISION
- Les aciéries d’imphy présentaient à la récente exposition de physique toute une série d’aciers dont les qualités extrêmement diverses montrent bien la maîtrise à laquelle est arrivée la métallurgie française moderne. Nous connaissons tous le célèbre acier Invar dont la dilatation est pratiquement nulle entre 50 et 100 degrés, mais il est intéressant de signaler les autres aciers qui ont pu être réalisés grâce à la collaboration du laboratoire et de l’usine. Ces aciers sont l’aboutissement des études théoriques entreprises dès 1896 par L. Dumas au laboratoire d’imphy, par M. Ch.-Ed. Guillaume, directeur du Bureau International des Poids et Mesures en conjonction avec le laboratoire de l’usine dirigé par M. Chevenard.
- Voici par exemple le Dilver, dont la dilatation est égale à celle du cristal et du verre, et dont on peut faire varier la composition de façon à donner au métal le même coefficient de dilatation qu’un verre de composition donnée; le A. D. R. est l’alliage ayant la plus faible dilatation totale entre 0 et 500 degrés et qui sert dans la fabrication des distributeurs rotatifs des moteurs thermiques. Grâce à ces trois catégories d’acier, on peut obtenir toute dilatabilité désirée entre 0 micron et 18 microns par centimètre (dilatabilité du laiton).
- U Elinvar est un autre acier au nickel grâce auquel on peut réaliser des dispositifs insensibles aux écarts de température, car son coefficient d’élasticité est invariable entre 50 et 100 degrés. Une des applications les plus importantes de cet acier est la con-îec'ion du spiral des montres de précision, et on peut dire que le ressort spiral en élinvar est le dernier progrès delà chronométrie.L’invar etl’élinvar, résultats des longues recherches de M.'Ch.-Ed. Guillaume, ont complètement transformé l’industrie hor-logère.
- Le Modulvar, par contre, a un coefficient ther-moélastique très élevé; aussi s’en sert-on par exemple pour la commande automatique des enseignes lumineuses par simple effet Joule.
- Une série d’alliages destinés à la pyrométrie mérite d’être signalée. Nous en donnons ci-dessous la liste avec leur caractéristiques :
- Le Baros, inoxydable à chaud et exempt de singularités thermiques, remplace le platine dans Ja; confection des boîtes de poids de précision, tandis que le beau poli qu’il est susceptible d’acquérir le ' fait employer en bijouterie et en joaillerie. ,
- Le Pyros joint aux propriétés du baros une rigi-; dilé élevée aux hautes températures, d’où son appli- cation aux pyromètres à dilatation précis. ;
- U Index, dont la composition peut être variée de façon à constituer une gamme d’alliages dont les points de Curie sont échelonnés depuis — 273 degrés jusqu’à 1130 degrés (un alliage est magnétique au-dessous d’une certaine température et amagnétique au-dessus; la température de transition a reçu le nom de point de Curie), est utilisé pour contrôler la température des fours industriels.
- Les alliages B. T. E. et G. T. E. ont des pouvoirs thermoélectriques négatifs très élevés, tandis que l’alliage A. T. E. au contraire a un pouvoir thermoélectrique positif très élevé. Associés, ces alliages donnent des couples repérant les températures jusque vers 1000 degrés avec une grande précision.
- L’importance dans l’industrie électrique des aimants et des électro-aimants a rendu nécessaire; l’étude des aciers au point de vue de leurs propriétés, magnétiques, et ici encore nous disposons d’une, série de métaux extrêmement remarquables.
- LeN. M. IL G., acier dont le coefficient de température et la perméabilité sont très élevés, trouve son emploi dans les tachymèlres d’aviation, les indicateurs de vitesse des automobiles, les galvanomètres, les avertisseurs d’incendie ultra-sensibles.
- Le M. G. N. est un alliage caractérisé par un champ coercitif et un pouvoir rémanent élevés; il a été spécialement réalisé pour la construction des aimants puissants.
- Le N. C. 4 n’a pas de propriétés magnétiques, sa limite élastique est très élevée, ce qui le rend particulièrement avantageux pour la confection des alternateurs à grande vitesse.
- Le Ferrocobalt, dont au contraire la saturation d’aimantation est supérieure d’environ 10 pour 100
- p.156 - vue 160/688
-
-
-
- LA METALLURGIE DE PRECISION —-——157
- à celle du fer, a trouvé son emploi dans la fabrication des électro-aimants dont il sert à constituer les masses polaires.
- Le Gamma est un alliage à induction initiale élevée et à forte résistivité, qui est utilisé dans les multiplicateurs de fréquence de télégraphie sans fil.
- Le D. S., pour lequel les pertes par hystérésis sont particulièrement faibles, constitue les noyaux des transformateurs de télégraphie sans fil.
- L'Anhyslèr enfin, pour lequel les courbes d’aimantation et de désaimantation sont presque superposables, est employé dans les appareils de mesure à fer mobile.
- On sait que l’on utilise, pour les parties chauffantes des appareils de chauffage électrique, des résistances en aciers R. iV. C. qui peuvent supporter sans se rompre, suivant leur numéro d’ordre, des températures allant jusqu’à 1200 degrés, maison connaît moins le Fixamper dont la résistivité croît si rapidement avec la température, qu’on l’utilise pour construire des liiniteurs d’intensité.
- Pour la fabrication des lampes électriques à incandescence, une série d’aciers, Slellile, Platinite, Pial inor, permettent la soudure au verre et sont utilisés comme support des filaments ou comme fils de traversée des pieds de lampes.
- Enfin, d’autres alliages permettent d’opérer dans des cas où l’acier ne peut plus être employé. C’est ainsi que la synthèse industrielle de l’ammoniaque par les procédés G. Claude, à 600 degrés et sous d000 atmosphères, se réalise dans des tubes de grande capacité en métal B. T. G., dérivé d’un autre alliage, l’Â. T. G. dont la rigidité à haute température en fait le métal normal des turbines à gaz et de toutes les pièces de machines travaillant à des températures allant jusqu’à 800 degrés.
- Le Nierai est un alliage ayant une très longue durée au feu ; aussi en confectionne-t-on les cuves à recuire, les caisses à cémenter, les pièces pour chaudières à foyer mobile, les convoyeurs pour la manutention mécanique dans les fours et le feu.
- Nous citerons, pour terminer cette nomenclature, les aciers résistants non plus à la chaleur, mais aux actions chimiques : le A. R. C. qui n’est attaqué ni par les acides concentrés ni par les chlorures fondus, ni par les caustiques, et le ,4. T. V. qui est stable jusqu’à 600 degrés dans la vapeur d’eau ou
- en n.m.h.b. Aimant
- . M à Pi le
- Fig, 2. — Schéma du tourniquet thermomagnétique.
- dans les gaz d’échappement des. moteurs. Aussi l’emploie-t-on pour les ailettes des rotors des turbines à vapeur résistant même aux introductions d’eau salée, les soupapes et les sièges de soupapes
- Modulvar
- Fig. i. - Schéma de l’oscillateur thermo-élastique.
- des moteurs d’aviation, des automobiles de course, des moteurs Diesel.
- La longue énumération que nous n’avons pas hésité à donner précédemment montre quelle variété et quelle souplesse on arrive à réaliser dans les propriétés des aciers et des alliages métalliques. Grâce aux progrès de la métallurgie française, il n’est plus nécessaire, comme on le croit trop généralement encore, de s’adresser à l’étranger pour se procurer les aciers spéciaux, et nous n’avons rien à envier à ce point de vue aux Allemands, aux Anglais ou aux Américains.
- Afin de montrer d’une façon simple et frappante tout à la fois les propriétés caractéristiques d’un certain nombre d’aciers spéciaux, les aciéries d’Imphy ont réalisé des appareils de vulgarisation particulièrement élégants.
- Nous avons vu plus haut que, tandis que pour la plupart des métaux ou alliages, l’élasticité diminue lentement lorsque la température s’élève, un ressort ordinaire se détendant par exemple lorsqu’il est chauffé, il en est tout autrement pour le Modulvar dont le module d’élasticité croît rapidement dans un certain domaine de température. L’appareil qui permet de mettre cette curieuse propriété en évidence est l’oscillateur thermoélastique (fig. 1).
- Il est constitué par un ressort à boudin en modulvar portant une masse cylindrique dont la base inférieure est munie d’une pointe. Celle-ci est en contact avec une autre pointe portée par un ressort spiral qui lui permet de légers déplacements. Celte pointe, le ressort en modulvar et le bâti sont insérés dans un circuit électrique. Lorsque le courant passe, le ressort en modulvar s’échauffe, sou élasticité augmente, et par suite son allongement, sous l’action de la masse constante, diminue : la masse est sou-
- p.157 - vue 161/688
-
-
-
- 158
- LES PLUS VIEILLES STATUES DU MONDE
- levée et le courant interrompu. Mais alors le ressort se refroidit spontanément, perd son supplément d’élasticité. La masse retombe, revient en contact avec la pointe inférieure, le courant est rétabli et un nouveau cycle recommence (fig. 1).
- On réalise, ainsi, par simple effet Joule, l’amorçage et l’entretien d’un mouvement oscillatoire dont la durée de la période peut être réglée à volonté en agissant sur la masse du cylindre, le nombre de spires, le diamètre du fil de modulvar, l’intensité du courant dans le circuit. On peut donc, grâce à cet oscillateur thermoélastique, interrompre périodiquement un circuit électrique (commande automatique des enseignes lumineuses), provoquer toutes manœuvres intermittentes (inverseurs de courant), créer des mouvements périodiques divers.
- L’existence des points de Curie est mise en évidence d’une manière très élégante par le tourniquet thermomagnétique. Il est constitué par une petite roue dont la jante est en métal N. M. H. G. (cet alliage a son point de Curie aux environs de 30 degrés) et qui peut tourner autour d’un axe vertical. Cette roue est placée dans le champ d’un aimant et une petite spirale chauffante peut fonctionner à proximité d’une portion de la jante (fig. 2).
- Lorsque le courant ne circule pas dans la spirale chauffante, la roue demeure immobile ; car la jante est magnétique sur tout le cercle et l’action symétrique de l’aimant ne donne naissance à aucun couple de rotation. Mais lorsque le courant passe, une région de la jante, située au voisinage de la spirale chauffante, est portée à une température supérieure à 30 degrés et devient amagnétique. L’aimant continue d’agir sur le reste de la jante, mais alors son action est dissymétrique et la roue se met à tourner. Son mouvement continue tant que la source de chaleur fonctionne, ses différents points venant successivement s’échauffer pour se refroidir ensuite.
- Une expérience extrêmement simple permet de se rendre compte des différences de dilatation considérables que présentent les differents alliages. On
- utilise à cet effet une bilame constituée par une lame d’invar et une lame d’un autre acier ferro-nickel. Ces deux lames sont solidaires l’une de l’autre et une de leurs extrémités communes est fixée dans un support, l’autre extrémité étant libre et au contact d’une pointe reliée à un circuit électrique dans lequel se trouve intercalée une lampe à incandescence par exemple disposée au voisinage de la bilame qui elle aussi est en série dans le circuit. Quand le courant passe, la lampe chauffe la bilame qui, par suite de la différence de dilatabilité des deux métaux la constituant, se déforme et quitte le contact de la pointe, rompant ainsi le circuit. La lampe s’éteint, les lames se refroidissent et le circuit se ferme à nouveau automatiquement.
- Enfin, le tourniquet thermoélectrique visualise d’une façon saisissante les propriétés des couples thermoélectriques. Des couples sont associés en parallèle et forment de petites cages mobiles chacune autour d’un axe vertical. Ces cages sont placées dans un champ créé par des aimants. Une petite source de chaleur est disposée à proximité de chacune des cages. Quand la source est interrompue, les cages demeurent immobiles. Quand la source de chaleur est mise en action, les cages prennent un mouvement de rotation régulier. Il se produit en effet un déséquilibre de température entre les soudures d’une même cage, faisant naître des courants thermoélectriques qui parcourent les cages. Or on sait que lorsqu’un courant circule dans un fil qui se trouve placé dans un champ magnétique, il y a action réciproque, et que si le conducteur est libre, il se déplacera (expériences d’Am-père). C’est ce qui se produit dans le cas présent, et les cages entrent en rotation.
- Les appareils que nous venons de décrire et que l’on pouvait voir fonctionner au stand des Aciéries d’Imphy à l’Exposition de Physique sont extrêmement bien compris; ils illustrent d’une façon frappante les propriétés singulières de certains alliages et les applications pratiques qu’elles peuvent recevoir dans l’industrie. [H. Vigneron.
- Une grande découverte préhistorique.
- LES PLUS VIEILLES STATUES DU MONDE
- Un jeune archéologue de la Faculté des Sciences de Toulouse, M. Norbert Casteret, de Saint-Martory (Haute-Garonne), intrigué par un ruisseau souterrain des environs de cette localité, résolut d’explorer ce cours d’eau.
- Tout le monde savait dans la région que ce ruisseau entrait dans la montagne par une faille du versant sud et qu’il en ressortait par le versant nord, pour serpenter ensuite dans la commune de Montespan jusqu’à la Garonne; mais personne
- ne connaissait son parcours souterrain qui était resté complètement mystérieux.
- M. Norbert Casteret, qui est rompu à tous les sports et que l’exploration des grottes passionne particulièrement, pénétra dans la caverne de Mon tespan par l’orifice de sortie du ruisseau. Au bout de 60 mètres, la voûte, déjà très basse, se rapprochait insensiblement du niveau de l’eau et s’y enfonçait. C’est là que jusqu’alors tous les visiteurs s’étaient arrêtés, car, pour aller plus loin, il aurait
- p.158 - vue 162/688
-
-
-
- 159
- LES PLUS VIEILLES STATUES DU MONDE
- fallu plonger sous la voûte mouillante, dans l’obscurité absolue, sans savoir où on aboutirait et où on pourrait émerger pour respirer.
- M. Norbert Casteret, qui est champion de plongeon, enferma une bougie et des allumettes dans un casque en caoutchouc et plongea sous la voûte mouillante; au bout de quelques mètres il put sortir la tête hors de l’eau ; il avait franchi un siphon.
- Muni de son éclairage intermittent, le hardi plongeur eut à surmonter de nombreuses difficultés et de sérieux dangers ; mais il réussit, avec le concours de son frère Martial, en plusieurs séances qui durèrent parfois 7 et 8 heures, à explorer en entier le ruisseau souterrain : sa longueur est de 1200 m.; il traverse dans sa base une montagne de 505 m. d’altitude.
- Mais le téméraire explorateur était doublé d’un archéologue averti ; une galerie sèche, d’environ 200 mètres de long et formant un angle aigu avec le ruisseau, avait attiré son attention ; il l’examina avec soin et y découvrit un véritable musée préhistorique.
- Sur les parois rocheuses on voit plus de cinquante gravures tracées au silex, représentant des animaux dont certains ont disparu ou émigré de nos pays depuis des milliers d’années. Dans le tableau que reproduit la figure 5, on a groupé les dessins les plus intéressants ; au centre la tête d’homme est d’un effet saisissant. Çà et là, des signes mystérieux sont peints et gravés. Dans la couche d’argile qui tapisse le sol et parfois les parois, on trouve des entrelacs, des lacis, des trous faits avec les doigts, des boules pétries et des ouvettes d’extraction d’argile; d’innombrables coups de griffes du grand ours des cavernes attestent que cet hôte gênant prétendait avoir des droits dans ce domicile.
- Enfin, et c’est le plus intéressant de la découverte, on voit des statues et des bas-reliefs en argile représentant des animaux. Il y a un ours couché, dans l’attitude du sphinx ; le corps est criblé de trous de javelot et recouvert en partie de concrétions stalag-mitiques qui confèrent à cette statue une authenticité- indéniable (fîg. 5). La tête de cet ours n’a I
- Fig. 2. — Statue de grand félin, lion ou tigre, haute de i mètre, dont Vavant-train seul subsiste-Le poitrailjest criblè_de trous de javelot.
- Fig. i. .......... '. '
- M. Casteret pénétrant à la nage dans la grotte . de Montespan.
- jamais été sculptée ; elle était remplacée par une tête naturelle d’ourson dont le crâne est tombé et gît encore entre les pattes de devant.
- Trois grands félins, lions ou tigres, de 1 m. 70 de long et de 1 mètre de haut, sont sculptés et adossés à une paroi; malheureusement ils sont très endommagés et en partie effondrés. Nous donnons ici la photographie de la partie antérieure d’un de ces félins; le poitrail est criblé, comme l’ours de coups de javelot (fig. 2).
- Sur le sol, on voit une vingtaine de modelages en bas-relief que des ruissellements d’eau ont en grande partie effacés. Quelques jolis chevaux sont assez bien conservés. L’étude des périodes géologiques enseigne qu’à l’époque glaciaire qui coïncide avec les manifestations artistiques de la grotte de Montespan, le climat était froid, mais très sec et, en conséquence, le ruisseau souterrain était alors tari ou très bas, ce qui permettait à l’homme des cavernes de circuler dans l’intérieur de cette montagne.
- Jusqu’à la découverte de M. Norbert Casteret, il n’existait dans le monde entier qu’un seul spécimen de modelage préhistorique : en 1912, le comte Bégouen et ses trois fils avaient découvert, dans la grotte du Tue d’Audoubert (Ariège), deux statuettes en argile représentant des bisons. Ces vestiges de l’art primitif avaient suscité un vif intérêt et aussi des discussions passionnées ; leur authenticité avait même parfois été mise en doute.
- La récente découverte de M. Norbert Casteret est venue confirmer de façon péremptoire celle du comte Bégouen, professeur de préhistoire à la Faculté des Sciences de Toulouse. Les deux statues du Tue d’Àu-doubert remontent vraisemblablement à 15000 ans environ; celles de la caverne de Montespan sont plus variées et plus anciennes : elles sont l’œuvre des premiers Magdaléniens qui vivaient il y a environ 20 ou 25000 ans.
- Ces ancêtres primitifs recherchaient les cavernes les plus inaccessibles et s’y livraient à des cérémonies magiques. Les coups de javelot dont les statues de Montespan portent les traces, témoignent que les hommes des cavernes procédaient devant
- p.159 - vue 163/688
-
-
-
- 160 =========== LES PLUS VIEILLES
- Fig. 3.
- Statue d'ours, haute de o m, 6o, longue de i m. jo.
- ces effigies à des scènes de sorcellerie et d’envoûtement qui, d’après leur croyance, devaient assurer le succès de leurs chasses futures. D’ailleurs, tous les peuples primitifs ont cette idée que l’image d’un être est, en quelque sorte, une matérialisation de sa personnalité, une espèce de double, et que la posséder c’est avoir une emprise sur l’être lui-même.
- STATUES DU MONDE
- Fig. 4.
- Un des bisons gravés sur les parois de la grotte.
- De là l’horreur des sauvages à se laisser photographier ou dessiner.
- La découverte du musée préhistorique de Montes-pan est un apport considérable à l’histoire des origines de l’humanité ; elle jette un jour nouveau sur la mentalité, les mœurs et les préoccupations de l’homme primitif.
- P. Barrau de Lorde.
- Fig. 5.
- Vingt-deux dessins d’animaux gravés sur les parois et relevés par M. Casteret.
- De gauche à droite :
- Premier rang supérieur. Cheval o m. 64 Bisons 0 m. 55 Bouquetin 0 m. 25 Cheval 0 m. 43 Bison 0 m. 40.
- Deuxième rang .... Biche 0 m. 3o Isard 0 m. 25 Homme r-. O O Bison 0 m. 20 Cheval 0 m. 65.
- Troisième rang Cerf 0 m. 10 Bison 0 m. 25 Bison 0 m. 40 Cheval 0 m. u Cheval 0 m. i3.
- Quatrième rang Bison om. c8 Cheval 0 m. 45 Hyène ? Bovidé ? 0 m. o5 0 m. 08 Cheval om. i3 Hémione 0 m. 41.
- Le Garant; P, Missen. — Imprimerie Ltnoss, rue de Fleuras, 9, Paris.
- p.160 - vue 164/688
-
-
-
- LA NATURE.
- 15 MARS 1924.
- — N° 2606
- LE LAC DE TIBÉRIADE
- À la Conférence de la paix, les Sionistes ont demandé un « home national juif » en Palestine. Le Dr Weizmanri, un des deux chefs du. sionisme, définit ainsi ce home : « Par l’établissement d’un home national juif, nous entendons la création aujourd’hui enPalestine de conditions telles quelles nous permettront d’introduire dans le pays des juifs en grand nombre, de créer des écoles, des universités et autres constitutions juives, de manière que le pays puisse devenir aussi vite que possible aussi juif que l’Angleterre est anglaise (*) ».
- On sait que sur 700000 habitants, il y a en Palestine 77 000 chétiens, 76000 juifs; le reste est musulman.
- La question du « home » est loin d’être résolue. Il y a divergence de vues entre les Sionistes et les vieux Juifs palestiniens. Beaucoup de ces « old Jews » se plaignent des fautes politiques de la Commission britannique qui a encouragé l’immigration excessive de Juifs d’Europe centrale, « russia-nisant » ainsi la Palestine, faisant la guerre aux éléments arabes et catholiques.
- Laissant de côté ees questions de politique qui mettent la Palestine à l’ordre du jour, nous tournerons nos regards vers la nature plus pacifique et nous ferons une courte promenade géologique, ichthyologique et critique aux abords d’un des !plus beaux sites de cette contrée, le lac de Tibériade.
- S’il est, dans la Palestine, une contrée gracieuse et pittoresque, ce sont assurément les abords du lac de Tibériade, le joyau de la Galilée. Ce lac appelé aujourd’hui, en arabe, Bahr el Tabarieh, portait jadis les noms de : Mer de Galilée, Mer de Génésar, de Génésareth ou de Cénéreth. Ce dernier nom est, croit-on, venu au lac de sa forme approchant de celle d’une harpe, le « kinnor » des Hébreux, mais il est plus probable qu’il tient son origine de la
- 1. Interview du Times à la sortie de la Conférence.
- E3
- Basane. f
- O
- m
- Cet cb ire Dépôt-s <fe Al lavions Plages crétece 4? M.Morte •Soulevées
- ami ^
- Calcaire ' Grès Grès efe
- ronrimuiiH^oe calcaire N vè-'C
- Fig. 2. — Carte géologique du lac de Tibériade.
- région appelée « Kinnéreth » qui a formé aussi le nom de Génésar, riche contrée située près de Magdala.
- Le lac est une belle nappe de forme ovale irrégulière, de 21 km. de longueur sur 9 km. 5. Son niveau est de 208 mètres au-dessous de la Méditerranée. Cette dépression y crée un climat exceptionnellement chaud. Sa profondeur moyenne est de 12 à 18 mètres (*), mais en face de la petite rivière ou Ouadi Es-Semak, elle dépasse 250 m.
- La falaise orientale de 500 mètres borde le plateau volcanique du Djôlân.
- Au sud, le Jourdain s’échappe en mille méandres par la belle vallée d’El-Ghôr.
- La côte Sud-Ouest s’élève par plateaux jusqu’au Tha-bor, montagne en forme de cône tronqué, aux flancs réguliers qui commande la plaine d’Esdrelon.
- Les Qûrûn Ilattin ou Cornes de Hattin dominent les terrasses à l’Ouest de Tabarieh. LeSafed se dresse
- à 800 m. au nord-ouest du lac, et, tout au fond de la haute vallée du Jourdain, on aperçoit les neiges du Grand Hermon. Les bords du lac sont ravissants. La plaine de Génésareth est particulièrement fertile. « S’il est un paradis sur terre, dit le Talmud, c’est à Génésareth. »
- dette contrée, qui borde en amphithéâtre la région nord-ouesl du lac et qui se termine au bord des eaux par la plaine du Ghoueïr entre Tell Houm et Mejdel, était appelée « le Jardin des Princes ». L’historien Josèphe en fait la plus brillante description. « Son heureux climat, dit-il, est favorable à toutes les espèces de fruits : les noyers qui demandent une température froide y croissent en grande quantité ; de même les palmiers qui ont besoin de chaleur. A côté d’eux, grandissent les figuiers et les oliviers qui aiment un air tempéré. On peut dire que la nature y a concentré tous ses efforts pour faire croître les produits les plus opposés et pour donner en même temps les fruits des diverses saisons de l’année. Non seulement elle produit les fruits les plus rares que l’on ne croirait pas pouvoir y trouver, mais elle les garde au delà de toute attente. »
- Fig. j. — Carte schématique du fossé syrien (d’après Suess. La face de la terre).
- 1. Les courants ont faussé les sondages qu’on donnait de 50 à 70 mètres.
- 59* Ann**.
- '*' S*m*«Cr*
- 11. — 161.
- p.161 - vue 165/688
-
-
-
- 162
- LE LAC DE TIBÉRIADE
- Cours du lac de Lac
- Uourdam Tibériade Hû/eh
- Fier. 3. — Profil des montagnes aux environs du lac de Tibériade et du lac Iluleh.
- Dans cette terre de Génésareth et tout autour du lac, tlorissaient de riches et élégantes cités au temps de la domination romaine et les caravanes y affluaient, venant, par les ouadis qui entourent le lac, de Tyr, de Damas, de TIturée. Le lac était sillonné de flottilles. Aujourd’hui, quelques barques naviguent parfois sur le lac ! Au nord-est du lac se trouve une plaine basse formée par des alluvions du Jourdain. C’est là qu’on place Bethsaida Julias, patrie des apôtres Jacques et Jean, Pierre, André et Philippe. Un peu plus au sud se trouve le lieu désert ou P vangile (Matth. xiv, 15 et sq.) localise la multiplication des pains qui assura la nourriture à 5000 hommes. Au nord, Tell-Houm a été identifié avec Capharnaum. Plus au sud Mejdelest l’ancienne Magdala, patrie de Marie-Madeleine. Tarichée commandait la sortie du Jourdain (1). Sur la rive orientale Kersa serait l’emplacement de Corozaïn et Kalat el Hossen, l’ancienne Hippos de la Décapole.
- Tibériade, jadis le rendez-vous des hommes de plaisir et des riches malades qui se soignaient dans les eaux sulfureuses du voisinage, est aujourd’hui seule debout sous le nom de Tabarieh avec quelques misérables villages de Fellahs et de Bédouins : El Mejdel, Es Semak et Es Samra et tout ce pays si productif autrefois est maintenant abandonné. Mais, malgré cet abandon, la nature y est toujours riche.
- Le lac prend les teintes les plus belles. Ordinairement bleu, il scintille au soleil comme une coupe d’argent liquide, et devient violet foncé pendant les orages. Son eau a un arrière-goût saumâtre qui la rend désagréable à boire.
- Le niveau du lac n’était-il pas jadis plus élevé? Il faut le croire. Sur le pourtour des collines, on trouve des cailloux roulés qui indiquent l’emplacement de plages formées par le retrait des eaux. On a cru que le lac communiquait avec la Mer de Syrie par la plaine d’Esdrelon qui offre l’aspect d’un
- l. Le nom de Tarichée viendrait du grec râpr/oç, poisson salé. Le nom arabe mellaha donné à ses ruines (Karbet et Mellialia) a le même sens. On pense que Tarichée fut ainsi appelée parce qu’on y salait les poissons du lac dont beaucoup étaient dirigés sur Jérusalem où ils arrivaient par la « Porte des poissons ».
- détroit maritime dénudé par le passage de grandes nappes d’eau. Un exhaussement du sol et des laves sorties des cônes environnants auraient fermé lé goulet d’entrée et transformé le golfe en bassin qui aurait perdu peu à peu sa salure par l’apport du Jourdain. Aujourd’hui il est démontré que ces dépôts viennent de la mer Morte qui occupait toute la vallée du Jourdain. Des cendres volcaniques se mêlent à l'humus de la plaine d’Esdrelon qui est très fertile. On y voit d’interminables champs de blés dont les épis atteignent une hauteur démesurée, comme il y pousse aussi dans les terres en friche de gigantesques chardons de 5 à 5 m., le Noto-basis syriaca aux belles fleurs bleu violacé, les Daucus carota et les Orobanche pruinosa.
- Aperçu sur la géologie. — L’étude des terrains de cette contrée au point de vue géologique est particulièrement intéressante.
- Le trait caractéristique de la Palestine est l’énorme fissure qui coupa son territoire du nord au sud à l’époque pliocène.
- Celte dépression, dont le point de départ est à 505 mètres au-dessus de la Méditerranée, s’enfonce progressivement dans le sol jusqu’à une profondeur de 592 mètres au-dessous de cette mer. La formation de ce fossé, appelé Arabah par les Hébreux, est un phénomène géologique unique au monde. Les couches supérieures du terrain sont les mêmes des deux côtés. Seulement tandis qu’à l’Est elles sont horizontales, à l’Ouest elles sont bombées et descendent par une série de cassures et de plis brusques du côté du Jourdain. En outre, du côté oriental apparaissent sous des couches crétacées des roches anciennes invisibles à l’occident. Ces faits et d’autres qu’il serait trop long d’énumérer ici, prouvent qu’il y a eu du plateau primitif une dislocation en ligne droite du nord au sud, postérieure au dépôt des couches crétacées. Si ce n’est pas le résultat de l’effondrement d’une clef de vofite, c’est du moins quelque chose d’analogue.
- Il y a ici plus qu’une faille. « On y retrouve, écrit Ed. Suess, ces variations dans l’amplitude du rejet que révèlent les failles des hauts plateaux de l’Utah et les grandes cassures des Alpes méridionales. Il faut que des bandes de terrain se soient affaissées suivant des cassures parallèles. Ce ne peut être ni le produit d’une faille unique ni celui d’une faille accompagnée d’érosion. L’inégal affaissement des diverses parties peut s’expliquer par la compres-
- o Niveau delà mer .392 Niveau de le
- gga WB, CZJ esa
- Anciens dépote Calcaires Calcaires Grès de lacustres à COUyrites crétacés Nubie
- Fig. 4. — Profil des terrains, de VAnti-Liban à l'Adjlûn {d’après le duc de Luvnes : Voyage d'exploration à la mer Morte. Atlas, pi. J).
- p.162 - vue 166/688
-
-
-
- 163
- LE LAC DE TIBERIADE
- sion qu’elles ont subie. » (Suess. La face de ta Terre, Paris, 1905, t. I, p. 477.)
- Le bassin du Lac qui se trouve dans cette dépression est volcanique. Il s’est formé par la rupture des couches crétacées qui constituaient une partie des montagnes environnantes au moment du soulèvement de filons de basalte sur la rive occidentale et des massifs volcaniques du Djolân sur la rive orientale. Les volcans du Djolân sont admirablement conservés et dressent leurs cônes réguliers. Quelques-uns d’entre eux étaient peut-être encore en activité à l’époque quaternaire. Cette nature volcanique est bien indiquée encore par la présence des sources chaudes de Hammam et d’Oumm Qeïs (ou M’kès, l’ancienne Gadara), des sources tièdes deTab-ghah et par la fréquence des tremblements de terre.
- D’après Russegger, le Safed serait le centre des éruptions de la contrée nord-ouest. Des coulées importantes de basalte se sont répandues au sud de ce point dans la direction du lac.
- Une autre coulée de ces roches pyroxéniques part de Qûrûn Hattin et atteint les hords du lac près de Tibériade. Le basalte qui la constitue est péridotique et renferme dans ses vacuoles des cristaux de zéolites et du mésotype. (Le Docteur Anderson en a donné l’analyse suivante : silice 38,41 ; alumine 14,62; fer oxydé 23,15; carbonate de calcium 12,70; magnésie 7,01; alcalis 3,42.)
- Au Nord-Ouest de Tibériade, un pointement curieux se présente d’une façon anormale, enchâssé dans les calcaires crétacés. Ce basalte est gris de fer assez foncé, avec de rares et petites vacuoles remplies de carbonate de calcium et des grains nombreux de peridot roussâtre visibles à la loupe.
- On rencontre d’autres coulées aux environs de Nazareth, sur les flancs du Djebel Dahy, ainsi qu’au nord et au centre de la plaine d’Esdrelon.
- Le point le plus méridional où l’on ait trouvé des basaltes dans cette région est à El Fùleh, près de Zérain, l’ancienne Jezraël.
- Ces coulées basaltiques de l’ouest ne sont rien en comparaison des phénomènes volcaniques qui ont
- Fig'; 6. —* Barque de pèche du lac.
- Fig. 5. — Tibériade et le lac.
- couvert de lave le Djolân et le Haurân à l’Est du lac.
- Une coulée occupe le fond de la vallée du Sché-riat el Menâdireh qui se jette dans le Jourdain un peu au-dessous du lac. D’autres se trouvent à mi-coteau. Les ruines de Gadara renferment de nombreux blocs de basalte utilisés dans l’architecture de cette ville notamment pour les autels et les sarcophages de sa nécropole. On a même travaillé cette roche en forme de portes massives servant à fermer l’entrée des caveaux funéraires. Ce basalte gris, vacuolaire, à grains rougeâtres de péridot a servi également à paver une voie romaine conduisant à Gadara. Presque partout on rencontre cette lave utilisée dans les constructions. Toute la rive orientale du lac est couverte de débris basaltiques et des coulées descendent sous ses eaux aux débouchés des Ouadis Fik et Semak.
- Ces laves qui couvrent tout le Djolân semblent provenir de la petite chaîne volcanique du djebel llisch, avant-garde des cônes plus nombreux et plus importants du Haurân. Tous ces îlots éruptifs se terminent brusquement au pied de l’Hermon, cap avancé où s’est brisé ce déluge de basaltedu Djclân qui forme une roche noirâtre tirant sur le bleu et parsemée de nombreux cristaux de péridot jaune clair.
- Cette région où l’on marche péniblement, des jours entiers, sur des scories et des blocs entassés garde un caractère étrange et fantastique.
- Les terrains de la rive occidentale, à part les exceptions que nous avons indiquées, n’ont pas une origine volcanique. Ils sont formés par les calcaires crétacés qui dominent dans toute la Galilée. Aux environs du Safed, les couches crayeuses silicifîées ont des fossiles que M. Conrad a dénommés : Ancy-loceras safedensis, Ammonites safedensis, Corbula syriaca, Pecten delumbis, Astarte sublineulata, Gryphoea vesicularis, Lucina safedensis, Dentalium cretaceum, avec des Nncula, Rostellaria, Solen, etc.
- Les couches qui supportent ces marnes sont des calcaires dolomitiques et des calcaires compacts
- p.163 - vue 167/688
-
-
-
- 164 :.:.:= LE LAC DE TIBERIADE
- dans lesquels on trouve souvent des Hippurites, des Nérinées (N. Requieniana), des Janires, etc.
- On trouve dans ces terrains de gros bancs de quartz grenu qui scintillent au soleil comme des j grès et qui sont tachés d’oxyde de fer. Ces bancs sont littéralement pétris en certains points d’Actéo-nelles ( Trochaclocon Salomonis Fraas).
- Ces dépôts calcaires sont de la période néocrétacée et représentent les trois étages : cénomanien, turonien et sénonien. Ce sont ces couches qu’on retrouve à Jérusalem. Le cénomanien y fournit les pierres appelées mizzi (tendre) inférieur (zone de Y Ammonites Palœstinensis), et le melekeh ou marbre à Rudistes. Au turonien appartient Je calcaire à nérinées ou mizzi supérieur ; au sénonien le kakuleh inférieur (zone de VAmmonites oliveti) et le kakuleh supérieur, crayeux tendre, à Bacu-lites et débris de poissons, ainsi que les bancs de silex avec gypse et marne.
- A une époque reculée, la mer Morte remplissait toute la vallée depuis le lac Hûleh jusqu’au milieu de l’Ara-bah. Les traces que ses eaux ont laissées montrent que le niveau le plus élevé allait jusqu’à 425 mètres au-dessus du niveau actuel, c’est-à-dire 50 mètres au-dessus de la Méditerranée. On rencontre encore, près du lac de Tibériade, des coquilles lacustres appartenant à la faune actuelle de la Judée.
- Les sources thermales de Hammam, près de Tibériade, peuvent aussi donner une indication sur la nature des terrains qu’elles traversent. Elles sortent d’un calcaire bitumineux brun, semblable à celui de la mer Morte, dégagent de l’hydrogène sulfuré et forment un dépôt de soufre mêlé à des carbonates de chaux et de magnésie.
- Les rives du lac ont été habitées dès la plus haute antiquité, car dans les conglomérats du ouadi Semak, le Dr Lortet a trouvé de nombreux silex taillés, des grattoirs, des couteaux, des hachettes du typé moustérien. Les instruments en pierre polie sont très rares. On n’en trouve aucun de l’âge du bronze. Dès qu’ils ont connu cet alliage, les Phéniciens lui ont donné une forme artistique comme en témoignent des statuettes trouvées à Beyrouth, mais ils n’ont pas fait de ce métal des instruments de travail. On ne rencontre pas de traces de pala-fittes ou villages construits sur pilotis.
- Les poissons du lac et la pêche miraculeuse dans saint Luc. — La flore des bords du lac serait très-
- intéressante à étudier, car elle renferme de magnifiques espèces de la flore tropicale particulière à la région si chaude du Jourdain. Cette étude, comme celle de la faune, dépasserait les limites de cet article Nous nous en tiendrons à un court aperçu sur les poissons du lac, à propos de la pêche miraculeuse racontée par saint Luc.
- Les poissons du lac de Tibériade étudiés avec soin par le D1' Lortet, doyen de la Faculté de médecine de Lyon, par Tristram, Sauvage, Barrois, Gaillard, Pellegrin (*), appartiennent aux genres Chromis, Cajmeta, Barbus, Discognatus, Nernachilus, Blennius, Clarias, des familles de Cichlidés, Cypri-nidés, Blennidés, Siluridés, sous-ordre des Acan-thoptérygiens, c’est-à-dire à nageoires épineuses et des Physostomes dont la vessie natatoire communique par un canal avec l’œsophage. « L’espèce de perche de la famille des Cichlidés » que M. Gudger signale comme peuplant le lac de Tibériade est le C/iro-mis de Lortet. (Note sur la pêche miraculeuse parue dans Y Année biologique 1921-22 et dans La Nature n° 2578.) Ce genre Chromis a d’abord fait partie de la famille des Labroïdes, puis des Sciénoïdes, puis des Ghromidés, considérés par beaucoup d’ichthyo-logistes comme une simple tribu des Poma-centridés, enfin on le range actuellement dans les Cichlidés. Ce genre a même été débaptisé et les Chromis du D1' Lortet sont devenus les Tila-pia. On voit par cet exemple frappant que certaines classifications sont particulièrement soumises à l’évolution! Ces Tilapia sont très abondants dans le lac de Tibériade. Ils forment parfois des bancs étendus qui agitent l’eau comme le ferait une violente averse. Lortet y signalait les espèces suivantes : Chr. nilo-ticus, tiberiadis, microstomus, Andreæ, Simonis, Magdalenæ, paterfamilias. Ces espèces sont actuellement réduites à celles-ci : Tilapia Galilæa, Zilii, Simonis, Magdalenæ. Plusieurs d’entre elles ont la curieuse habitude de pratiquer l’incubation de leurs œufs dans la cavité buccale et de les y conserver jusqu’à l’éclosion. Ces poissons peuvent couver ainsi jusqu’à 200 œufs. Leur alimentation pendant cette période reste un problème. Les jeunes éclos continuent à vivre dans leur étroite prison et n’en sortent que lorsqu’ils ont atteint 1 cm. Ils peuvent alors échapper facilement à leurs nombreux ennemis. Ces ale-
- 1. Dr Pellegrin. Contribution à l’étude des Cichlidés. Lille, 1904 et Étude sur les poissons de la Syrie, Paris, Baillière, 1923.
- Fig. 7. — Capharnaüm (Tell Iloum); aujourd’hui, monceau de ruines servant de retraite aux lézards et aux chacals.
- p.164 - vue 168/688
-
-
-
- 165
- LE LAC DE TIBÉRIADE
- vins ont une couleur argentée et tombent sur le sable comme des gouttelettes de mercure. Lortet attribuait cette incubation au mâle. Le D1 Pellegrin, le savant ichthyologiste du Muséum, a démontré que c’est la femelle du Tiiapia qui a soin ainsi de sa progéniture et l’espèce paterfamilias de Lortet est devenue, par une nouvelle mutation, materfamilias. De nos jours, les abords du lac de Tibériade sont déserts, sauf Tabarieh et Mejdel et deux ou trois bourgades où des fellahs habitent sous des huttes. La pêche est de peu d’importance : cinq à six barques tout au plus sillonnent ce lac qui a plus de 175 kilomètres carrés. D’après M. Gudger, on pêche les poissons en observant d’un point élevé du rivage le frétillement dû à leurs nageoires dorsales et on indique la place des bancs aux pêcheurs. C’est ainsi qu’il explique la pêche miraculeuse rapportée par saint Luc (chap. V, v. 1-11). 11 suffit de lire attentivement le texte évangélique pour voir que ce mode de pêche n’est nullement celui de la pêche miraculeuse. Voici ce texte : « Comme les foules se précipitaient vers Jésus pour entendre la parole de Dieu, il se tenait auprès du lac de Génésareth. Il vit deux barques arrêtées au bord du lac; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. 11 monta dans l’une d’elles qui était à Simon et le pria de l’éloigner un peu du rivage; puis, du bateau où il s’était assis, il instruisait les foules. Quand il eut cessé de parler, il dit à Simon : « Avance au large et jetez vos filets pour la pêche. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons travaillé toute la nuit « sans rien prendre, mais sur votre parole je vais « jeter le filet. » Quand ce fut fait, ils saisirent une si grande quantité de poissons que leur filet se rompait. Alors ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque pour qu’ils vinssent à leur aide; ils arrivèrent et ils remplirent les deux barques au point qu’elles étaient près de couler. A cette vue, Simon se prosterna aux genoux de Jésus en disant : « Éloignez-vous de moi, Seigneur, « car jë suis un pécheur. » La stupeur l’avait saisi et aussi tous ceux qui étaient avec lui à cause de la pêche qu’ils venaient de faire; et de même Jacques
- Fig. g. — Clarias macracanthus (Günther) du lac de Tibériade.
- Il atteint plus d’un mètre et fait entendre, quand on le prend ou qu’on le frappe, des miaulements produits par les contractions de sa vessie natatoire.
- Fig. 8. — Te nie de Bédouins à Tell Boum.
- et Jean, fils de Zébédée qui étaient compagnons de Simon. Alors Jésus dit à Simon : « Ne crains point;
- « désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Et ayant ramené les barques à terre, ils quittèrent tout et le suivirent. » On voit par ce texte qu’il n’y a pas d’observation d’un point élevé puisque Jésus prêche, assis dans la barque en compagnie des pêcheurs. Une pêche inattendue, même abondante, n’aurait pas produit cet effet moral sur des hommes du métier connaissant parfaitement les mœurs des poissons du lac. M. Gudger conclut : « Saint Luc n’était évidemment pas du pays et n’a rien vu de ce qui explique et rend facile le miracle dont Lortet le premier a donné l’explication. » Voilà une conclusion bien rapide! Tous les critiques admettent que saint Luc a écrit son évangile avant les Actes des Apôtres, publiés à Rome vers l’an 65. Saint Luc était donc qualifié, plus qu’un de nos contemporains, pour connaître les faits évangéliques de son temps ; étant lui-même de la Syrie et médecin de profession (cf. Col. IV, 14), il était plus versé que tout autre dans les sciences d’observation. Il montre abondamment cette dernière qualité par un nombre considérable d’expressions médicales ou la mention de phénomènes pathologiques (Luc, IV, 38; XXII, 44, Act. XIII, 11, etc.). Le tiers des récits'de l’Évangile lui appartient en propre, et l’originalité de son travail est le lien chronologique qu’il établit entre les faits. D’ailleurs refuser aux historiens le droit de raconter des faits qu’ils n’ont pas vus de leurs yeux serait la condamnation pure et simple de l’histoire qui s’appuie ordinairement sur les témoignages oraux ou écrits.
- Le Dr Lortet ne donne aucune explication de la pêche miraculeuse. Voici ce qu’il écrit dans la relation de son voyage au lac de Tibériade (Lortet. La Syrie d'aujourd'hui, Hachette, 1884, p. 506) : « Le bassin est si peuplé que dans l’espace de quelques minutes nous avons vii chaque jour notre bateau rempli jusqu’aux bords par des milliers de poissons de toute grandeur. La pêche miraculeuse se renouvelait sans cesse pour nous. » Nous nous
- p.165 - vue 169/688
-
-
-
- 166 ...LES APPAREILS DOMESTIQUES A LAVER LE LINGE
- demandons comment un esprit scientifique peut voir ici une explication. Lortet se borne à constater qu’on fait des pêches abondantes dans le lac, aussi abondantes - que la pêche miraculeuse. C’est un simple rapprochement. II ne cherche pas à expliquer un fait évangélique dont il n’a pas été témoin.
- Ces interprétations à distance des faits miraculeux de l’Évangile rappellent l’école du J)1’ allemand Gottlob Paulus qui explique la Transfiguration par un lever de soleil (Frühmorgenglanz), la guérison du sourd-mnet par une opération chirurgicale accompagnée d’une espèce de poudre (eine Art von Pulver), celle de l’aveugle-né par un collyre. (Paulus. Leben Jesu. Heidelberg, 1828, t. III, part, I, § 152, p. 78 etjpass).
- Paulus ne pouvant se résoudre à croire au miracle ne voit dans les faits surnaturels que des faits naturels mal compris et torture les textes . pour les expliquer. « Là était le ridicule de Paulus, dit Renan. Il tombait dans la puérilité en soutenant que le narrateur sacré n’avait voulu raconter que des choses toutes simples et qu’on rendait service au texte biblique en le débarrassant de ses miracles. »
- (Renan. Vie de Jésus, 15e édition, page XXL) Tout homme sincère a le droit, le devoir même de s’instruire sur les faits qui touchent au surnaturel. C'est là aussi une des joies de connaître, dont a parlé récemment et avec tant d’éloquence l’illustre géologue M. Termier. « La question de la divinité divise les plus grands esprits et les divisera sans fin. Un tel problème ne s’endort jamais dans la conscience de l’humanité. Mais la première condition d’une histoire scientifique est d’être éclairée par une critique sage, clairvoyante, impartiale. Le sage apprend à ne juger que ce qu’il sait, n’oubliant jamais que son savoir est limité et son ignorance incommensurable. » On ne saurait alors juger un récit historique sur un fait isolé ou un texte incomplet. Pour qu’une critique ait de la valeur, il lui faut des bases sérieuses et nombreuses à la fois. Le sujet en vaut souvent la peine.
- M. Gudger ne nous en voudra pas d’avoir ajouté à sa note une explication sur le genre si curieux des Tilapia, et une courtoise rectification que la conscience d’un bon nombre de lecteurs de La Nature désirait. Abbé L. Paucot,
- licencié ès sciences.
- LES APPAREILS DOMESTIQUES A LAVER LE LINGE
- L’élévation du prix du blanchissage du linge a mis en évidence l’utilité des appareils plus ou moins perfectionnés, qui permettent, sans trop de fatigue et avec le minimum de temps, de procéder chez soi à ces diverses opérations. Il y a peu d’années, les machines à laver le linge étaient, en France, un objet de curiosité ; aujourd’hui les modèles proposés à la clientèle sont nombreux, ainsi que l’a prouvé l’exposition si intéressante et si variée du Salon ménager, organisée par l’Office national des Recherches et des Inventions. Ce n’est pas déchoir que de s'occuper de problèmes en apparence futiles, mais en réalité d’un immense intérêt pratique. Multipliez les frais hebdomadaire de blanchissage indispensables à chacun de nous, par le nombre de Français et vous obtiendrez un produit coquet de milliards annuels.
- 1° Blanchissage rationnel. — Avant de
- passer en revue les diverses machines que nous avons examinées, il est bon d’insister sur les qualités qui caractérisent un blanchissage rationnel.
- Tout d’abord, l’eau de lessive ne doit pas dépasser la température de 80° environ, sous peine de cuire les sécrétions qui souillent le linge sale, ce qui forme des taches. La désinfection se fera d’elle-même par le savon ou par une addition d’un peu d’eau de Javel, sans qu’il soit nécessaire de recourir à la lessive bouillante ; d’ailleurs le repassage avec le fer, dont la température atteint un point élevé,'suffit à la désinfection.
- Le savon doiL toujours être employé en dissolution, car les particules de savon qui se déposent quand on frotte le linge avec le morceau de savon, obstruent les pores du linge et rendent difficile la circulation de l’eau de lessive ensuite.
- Les quantités de savon et de lessive à mettre
- Fig. i. — La Merveilleuse. Couvercle enlevé montrant VOrgane malaxeur.
- Fig. 2 — La Merveilleuse. Essorage du linge.
- p.166 - vue 170/688
-
-
-
- LES APPAREILS DOMESTIQUES A LAVER LE LINGE == 167
- Fig. 3.
- Lessiveuse B. R. C
- dans une machine dépendent de trop de facteurs : saleté du linge, quantité de pièces, qualité de l’eau, pour qu’il soit possible de les fixer autrement que par des expériences. Pour ne pas altérer les proportions, il est bon d’essorer le linge après le trempage, avant de le placer dans la lessive. Si le linge reste jaune après le rinçage, c’est qu’il y a trop de lessive ou de cristaux de soude.
- Enfin si vous disposez d’une machine, vous devez faire de fréquents lavages et ne pas attendre que le linge soit trop sale ; il nécessitera une action moins énergique, surtout si vous ne bourrez pas trop la machine : vous y gagnerez de faire durer le linge.
- Le savon doit être bien dissous et l’eau doit bien mousser. Le rinçage se fera à l’eau très chaude, bouillante si possible et cela après essorage du linge.
- Fig. 5. . — Machine Ducellier.
- Fig. 4. — Machine Gyor à commande électrique.
- L’essorage final ne sera pas trop, complet pour permettre d’avoir un linge plus blanc, grâce à l’action oxydante de l’air et du soleil : rappelez-vous le blanchissage des toiles sur les prés.
- Examinons maintenant les modèles de machines, qu’il est assez difficile de classer, car pour soumettre le linge à des malaxages rappelant plus ou moins parfaitement l’action de la laveuse, du battoir et de la brosse, les inventeurs ont imaginé des dispositions très variées. Nous distinguerons donc trois sortes de machines : celles qui permettent de chaulfer le récipient, celles qui se contentent d’avoir une laveuse dans laquelle on verse les lessives ou les eaux de rinçage préparées et chauffées, celles qui comportent des battoirs amovibles. Toute machine est bonne qui permet d’effectuer le lavage suivant les principes que nous avons indiqués plus haut.
- Dans presque tous les modèles, l’essorage du linge se fait au moyen de rouleaux caoutchoutés. Le linge passe, au sortir de la machine, entre ces rouleaux et la pression fait sortir la plus grande, partie du liquide. Les meilleurs rouleaux sont ceux qui ont une épaisseur de caoutchouc suffisante pour avoir une grande élasticité et permettre le passage des boutons, des surépaisseurs, sans dommage pour les pièces. On peut d’ailleurs régler la pression des rouleaux l’un sur l’autre.
- Généralement les rouleaux essoreurs sont taontés sur la machine à portée dé la cuve, quelquefois même ils sont placés sur un bras pivotant qui s’efface pendant l’opération du lessivage proprement dit.
- 2° Machines avec chauffage. — Lessiveuse Ici-Mer veilleuse. — C’est plutôt un appareil qu’une machine, mais il offre l’avantage de s’adapter parfaitement aux lessives domestiques, car il utilise des lessiveuses de forme et de dimensions analogues aux appareils non mécaniques habituellement em-ployés. Un axe traverse le couvercle. On le manœuvre avec une manivelle. Il se trouve maintenu dans le fond par une^sorte de crapaudine et il fait tourner
- p.167 - vue 171/688
-
-
-
- 168 LES APPAREILS DOMESTIQUES A LAVER LE LINGE
- Fig. 6. — Machine Airplane.
- un organe malaxeur (fig. I) constitué par trois tiges montées sur un support supérieur. Lorsque le linge est placé avec la lessive, on donne au malaxeur un mouvement de va-et-vient au moyen de la manivelle. Le chauffage s’effectue en même temps, car la lessiveuse peut, comme à l’habitude, être placée
- Fig. 8. — Machine Samo pendant le lessivage.
- sur un fourneau. Un robinet de vidange permet d’évacuer la lessive et le rinçage peut s’effectuer à l’eau courante grâce à une tubulure d’arrivée montée sur le couvercle lui-même.
- Pendant le rinçage, on manœuvre l’organe malaxeur.
- L’essoreuse se monte sur le récipient, une fois le couvercle enlevé (fig. 2). On n’a donc pas à mettre les mains à l’eau, ni à se servir de la brosse.
- Lessiveuse B. R. G — Dans cette machine, le linge est brassé par le mouvement rotatif du cylindre qui le contient et qui tourne autour d’un axe reposant sur les paliers placés sur la cuve (fig. 5). Le cylindre comporte des trous qui permettent aux liquides de circuler. Une manivelle extérieure commande la rotation du cylindre. Là aussi la cuve peut être placée pendant l’opération sur un appareil de chauffage quelconque.
- Suivant les dimensions du cylindre, on peut faire des lessivages plus ou moins importants et en particulier le lavage de pièces délicates et fines, car le linge n’est pas soumis à un traitement trop sévère. Ces appareils ne comportent pas de rouleaux esso-jfeurs.
- Machines Gyor. — Ces machines, comme les pré-^
- Fig. 9. — Machine Samo avec essoreuse.
- p.168 - vue 172/688
-
-
-
- LES APPAREILS DOMESTIQUES A LAVER LE LINGE : 169
- cédentes, comportent un cylindre rotatif monté sur une cuve.
- Le tambour, qui peut tourner sur ses supports sous l’action de la manivelle, a sa paroi intérieure garnie d’augêts de section trapézoïdale, dont les faces brassent le linge introduit dans le tambour et dont les fentes longitudinales permettent au liquide, puisé à la partie inférieure, de se déverser sur le linge lorsque l’àuget passe à- la partie supérieure.
- La fabrication de ce tambour, qui est la partie principale de la machine, est établie de façon à supprimer toute aspérité susceptible de déte'riorer le linge ; les lèvres des fentes assurant la circulation de la lessive sont soigneusement renvoyées à l’extérieur du tambour.
- Un couvercle muni de poignées s’emboîte sur le bassin pour éviter les projections de liquide pendant le travail, il peut servir de bac à essanger ou à rincer.
- L’ensemble de la machine a la forme d’un cylindre terminé par deux fonds elliptiques (fig. 4).
- Un robinet permet le soutirage des liquides et le
- Fig. 12. — Machine Nec plus ultra.
- Fig. ii. — La Lavandière (couvercle enlevé).
- réservoir du fourneau générateur sert à alimenter l’appareil en eau chaude pour le rinçage.
- Après le rinçage, on peut aussi passer le linge au bleu ou au blanc sans avoir à le sortir du tambour. On tourne ensuite quelques tours à vide assez rapidement pour bien égoutter le linge qu’on passe
- Fig. i3.
- • Machine Morison.
- p.169 - vue 173/688
-
-
-
- 170 ....: LES APPAREILS DOMESTIQUES A LAVER LE LINGE
- Fig. 14. — Machine Thomson.
- ensuite dans une essoreuse à rouleaux montée sur le bac à essanger « Gyor » et qui permet un séchage très rapide.
- Cette machine se fait en modèles de diverses grandeurs, pour 15, 50 ou 60 pièces. Dans les modèles importants, un mécanisme démultiplicateur diminue l’effort à faire pour la rotation du tambour ; on peut aussi commander le mouvement par un moteur électrique qui agit sur un mécanisme alternateur inverseur spécial.
- Machines Duce Hier. — Ce sont également des appareils à tambour rotatif placé sur une cuve. Le tambour est percé de trous et il est renforcé par des tubes longitudinaux également perforés. Nous trouvons aussi le réservoir à eau chaude, le robinet de vidange et le couvercle formant baquet.
- La manœuvre se fait à la manivelle, et comme dans les machines Gyor, on peut uiiliser tous les foyers à gaz, à charbon, à bois, etc. (fig. 5).
- Les machines Ducellier se font en plusieurs modèles de différentes capacités; elles s’adaptent donc à tous les besoins. *
- La Lessibonne. — Cette machine est une lessiveuse bitronconique (fig. 7). Elle est montée sur un foyer et peut tourner autour d'un axe pour brasser le linge et aussi pour opérer la vidange rapide de l’appareil (fig. 10). La machine peut osciller dans les deux sens par l’action d’une manivelle et un enton-
- noir latéral permet le remplissage avec les liquides appropriés.
- Machine Air plane. — Dans cette machine le linge est placé dans une cuve rectangulaire. Par un jeu de bielles actionnées par un moteur électrique, elle oscille d’un mouvement régulier et alternatif, de façon à brasser le linge avec les liquides. A la partie inférieure une rampe à gaz permet de chauffer la cuve pendant l’opération.
- L’essoreuse est montée sur un bras pivotant et par une manette, on embraye les rouleaux de manière à les actionner parle moteur électrique (fig. 6).
- La capacité de cette machine est d’environ une centaine de torchons, on peut y placer également des couvertures et des pièces encombrantes.
- La machine est montée sur roulettes, elle est entourée d’un collrage et peut ainsi être utilisée comme table, en particulier pour le repassage.
- 5° Machines sans chauffage. — Machine Samo. — C’est un tonneau en chêne de 75 litres, muni de deux secteurs dentés, qui roulent sur des crémaillères . Un bras manivelle agit sur l’un des secteurs et fait osciller le tonneau, qui décrit alors une trajectoire épicycloïdale (fig. 8). Ce mouvement bat le linge sur lui-même et détermine sur le liquide des sortes de coups de bélier. Ces chocs violents pulvérisent les liquides, les forcent à traverser les linges.
- Le tonneau est fermé par un couvercle à vis de pression et l’absence de pièces intérieures permet de traiter sans inconvénient les tissus même fragiles.
- L’essoreuse se monte sur le tonneau placé verticalement et se manœuvre à la manivelle (fig. 9).
- La Lavandière. — Cette machine est formée d’une cuve en pitchpin bouvetée, elle comporte un organe malaxeur qui rappelle celui de La Merveilleuse décrite au début. C’est un plateau muni de quatre doigts verticaux, actionné par un levier à glissières. On opère ainsi le brassage du linge.
- Un robinet inférieur permet la vidange et l’essoreuse se monte sur la cuve quand le couvercle est enlevé (fig. 11). On l'actionne par une manivelle.
- La capacité est celle d’un cuvier en bois de dimensions courantes.
- Machine Nec «plus ultra. — Cetle machine est constituée par une cuve en bois de chêne.
- L’organe batteur est formé de deux palettes en bois qui reçoivent un mouvement alterna-
- Fig. i5. — Laun-Dry-Ette en laveuse.
- p.170 - vue 174/688
-
-
-
- ~ LES APPAREILS DOMESTIQUES A LAVER LE LINGE —— 171
- tif produit par la rotation d’un volant manivelle. Ce volant agit sur un mécanisme inverseur denté très ingénieux. On opère ainsi un véritable battage du linge, analogue à l’action du battoir manuel (fîg.12).
- L’essoreuse se manoeuvre à la manivelle une fois le couvercle enlevé.
- La capacité de l’appareil est aussi celle d’un cuvier en bois ordinaire.
- Machine Morison. — Cette machine comporte une cuve en cèdre de Virginie, dont le fond est muni de lattes de frottement disposées en étoile. Le plateau battoir supérieur, dont le diamètre est légèrement inférieur à celui de la cuve, porte également des lattes de battage et il est perforé, de façon à permettre la circulation des liquides (fig. 15).
- Le mécanisme permet de donner à la cuve un mouvement alternatif latéral et vertical. Sur le bâti repose un arbre vertical porte-cuve. Dans le sup-
- Fig. i~. — Cône laveur Limpet. {Vue intérieure.)
- port se trouve articulé un bloc, qui oscille dans un plan horizontal. A l’extrémité extérieure est articulé un crochet en forme d’S, agencé pour osciller exactement dans un plan vertical.
- La manœuvre à la main se fait par une poignée en imprimant à la cuve un mouvement alternatif.
- L’essoreuse se fixe sur le bâti support en bois de la laveuse.
- Le linge n’est ni frotté, ni secoué, il est simplement soumis à une circulation forcée de l’eau.
- On peut actionner la machine électriquement.
- La capacité est celle d’une cuve en bois ordinaire.
- Machine Universal. — Cette machine comprend un cylindre rotatif. Elle est actionnée par un moteur électrique qui s’arrête automatiquement en cas de résistance exceptionnelle.
- Tout le mécanisme est dissimulé sous la table et l’essoreuse est montée sur un côté de la machine.
- Machine Thomson. — Dans cette machine, le linge est contenu dans une caisse qui reçoit, d’un moteur électrique, un mouvement de bascule par
- une série d’engrenages.
- La caisse est étamée et les coins sont arrondis.
- Le linge est brassé par le mouvement de bascule et la régularité du mouvement évite tout dommage au linge.
- L’essoreuse est montée sur un bras rotatif, elle se place au moment voulu à portée de la cuve et elle reçoit son mouvement du moteur électrique par des engrenages, qui, ainsique les précédents, sont emprisonnés dans des carters protecteurs (fig. 14).
- Deux manettes commandent les embrayages correspondants.
- 4° Machines avec battoirs. — Machine Aurore. — Celte machine a déjà fait l’objet d’une description dans la Science appliquée de La Nature n° 2585 (20 oct 1925).
- Rappelons qu’elle est constituée par un baquet tournant autour de son axe. Deux fouloirs jumelés et mobiles en tous sens sont montés sur un palon-nier qui s’élève et s’abaisse alternativement. Tous ces mouvements sont obtenus par une simple manivelle, qui commande des roues dentées reliées par des chaînes de bicyclettes. On peut faire agir aussi un moteur électrique.
- La machine peut contenir 5 draps ou l’équivalent et 12 à 15 litres de lessive.
- Les battoirs se relèvent pendant la manutention du linge.
- Machine Laun-Dry-Etle.
- — Cette machine comprend une cuve en cuivre, dans laquelle peut tourner à grande ou petite vitesse, sur un arbre vertical, une bassine perforée.
- Pendant le layage, la bassine tourne lentement, alors que deux timbales exercent sur le linge un mouvement continuel de compression et d’aspiration. Ces cloches renversées forcent l’eau à traverser le linge et à sortir par les trous de la bassine. Il n’y a ni battage, ni torsion, ni frottage, ce qui est avantageux pour les pièces délicates (fig, 15).
- L’essorage est assez parti- Cône Le lave-ur avec
- culier. On enlève les cloches dlsP°sltiJ contre la . projection des li-
- et en appuyant sur une pe- quides
- p.171 - vue 175/688
-
-
-
- 172 -. -t.. . , ACADÉMIE DES SCIENCES
- dale, la bassine sort de l’eau avec le linge qu’elle contient. Un commutateur fait agir le moteur électrique et provoque la rotation de la bassine à toute allure. Elle fonctionne alors comme essoreuse centrifuge. Gomme il se produit en même temps une certaine ventilation, une rotation prolongée de dix minutes rend le linge propre au repassage au sortir de la machine (tig. 16).
- Etant donné la rapidité de son action, cette machine, malgré la contenance normale de la bassine, permet son adaptation à un débit considérable. On peut y traiter les couvertures ou les pièces encombrantes.
- Tout le mécanisme est commandé électriquement.
- 5° Battoirs. — Dans les dernières machines que nous venons de décrire, nous avons vu qu’on employait des battoirs. Il existe également des battoirs ou cônes laveurs formés de cloches montées à l’extrémité d’un manche. On les manœuvre verticalement de manière à faire agir plus efficacement les liquides sur le linge placé dans une cuve (fig. 17).
- Ces cônes présentent des ouvertures, permettant la circulation des liquides ; certains portent des dispositifs évitant la projection du liquide (fig. 18). lis agissent parfois en comprimant de l’air dont la pression a pour effet de forcer les liquides à bien pénétrer dans les étoffes.
- Ceux de la dernière machine décrite portent d’ailleurs des bourrelets pneumatiques en caoutchouc.
- Quelle est la meilleure machine? — C’est certainement la question que se posera le lecteur, sHl
- a lu la description de tous les modèles que nous avons rassemblés dans cet article.
- Il est assez difficile de faire un choix sans avoir essayé chaque machine avec toutes les garanties désirables et tous les moyens de mesure très serrés. Il est à souhaiter que des essais scientifiquement conduits et comparatifs nous fixent quelque jour sur le classement des diverses machines. Ils devront faire intervenir également un coefficient basé sur le prix d’achat de chaque appareil, un autre sur l’usure du linge par le traitement subi, etc.
- Il est évident que le linge très sale doit être énergiquement traité, alors que du linge peu souillé se contente au contraire d’un malaxage bénin.
- Etant donné que la possession d’une machine rend possible le lavage fréquent du linge — ce qui au point de vue strictement hygiénique est un avantage indiscutable — notre préférence au point de vue de l’utilisation ménagère va aux appareils les plus simples, aux plus économiques aussi. Il est relativement facile d’inventer une machine compliquée et chère, mais le talent véritable d’un inventeur consiste surtout à imaginer, avec des moyens élémentaires, quelque chose qui peut donner satisfaction au plus grand nombre.
- Quand le problème du lavage se pose pour assurer de gros débits, la question de la machine chère est alors secondaire. Seule la production rapide et le lavage parfait doivent entrer en ligne de compte.
- E.-U. Weiss.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de décembre 1923 et de janvier J 924.
- Le développement de la limace agreste. — L’influence de la cuisson des aliments sur la croissance des organismes semble jusqu’ici, notamment à la4 suite des expériences de Charles Richet, être nettement défavorable. M. II. Cardot a fait porter ses recherches sur Agriolimax agre&tis, nourrie de carottes et de pommes de terre. Il semble que, chez le jeune animal comme chez l’àdulte, l’aliment cuit, nécessitant un moindre travail de mastication, provoque un développement plus rapide, mais on peut constater une certaine entrave dans la formation des œufs.
- Le rougeau de la vigne. — Parfois phénomène normal dans un vignoble en bon état, cette maladie peut s’éviter, d’après MM. Ravaz et Yerge, par simple aération du sol, soit en enlevant l’excès d’eau par des drains, soit par des tunnels en fascines, opération pratiquée depuis longtemps dans les vignes établies en terrain argileux et humide.
- Quelques substances réfractaires. — Les mesures effectuées par M. C. Matignon ont porté sur l’aluminate de soude, le zircone, la zirkite, l’anhydride tungstique et l’azoture d’aluminium dont les points de fusion respectifs sont : 1650°, 1800°, 1950°, 2130° et 2200°;
- Un nouveau mode de préparation de l'acétone. — M. Luce signale l’action de l’anhydride acétique sur l’acétate de potassium qui, par une chauffe prolongée à 180°, fournit de l’acétone à recueillir par simple distillation; le rendement atteint 25 pour 100 du chiffre théorique. La réaction s’explique par une décomposition de l’anhydride acétique ou par sa condensation avec le sel alcalin et la décomposition du complexe formé.
- La composition de l’hydrate de chlore. — Les formules successivement proposées par Faraday et Rooze-boom, C12,10H20 et Cl2,8IPO, ont été reprises par MM. Bouzat et Âzinières qui, appliquant le mode opératoire préconisé par M. Villard, concluent à la présence de six molécules d’eau pourunede chlore (C12,6II20).
- La cire d’abeilles. — Poursuivant une éludé qui leur avait permis de signaler la présence de quatre acides, MM. Gascard et G. Damoy ont fait porter leurs nouvelles recherches sur les alcools, obtenus par saponification, suivantla méthode de M. Leys, et ils ont pu ainsi indiquer a côté des alcools néocérylique, cérylique, montanyüque et myricique, quatre carbures à nombres impairs d’atomes de carbone (penta* hepta, nonacosane et hentriaconlane).
- p.172 - vue 176/688
-
-
-
- LA GLACE : t.v —— —- 173
- La glaciation quaternaire dans le Haut-Atlas marocain. — Les deux traversées de la haute chaîne, par les cols de Tizi n Telouet et de Tizi n Ouïcheddene, en mars et avril 1923, ont confirmé, pour le Professeur Gentil, les prévisions émises lors de ses deux voyages de 1905 et de 1907 : l’existence, à l’époque quarternaire, de glaciers suspendus ou de glaciers de cirque, sur les deux versants du Haut-Atlas, dans la région de Telouet, apparaît comme indiscutable. On peut d’ailleurs conclure, par le travail de l’érosion fluviale postérieure à la fonte des glaces, que l’homme préhistorique a vraisemblablement dû voir à la fois des volcans en activité, comme celui de Timhadit, chez les Béni Mguild (Maroc Central), et des glaciers dans le Sud Marocain (Haut-Atlas).
- A propos de la conjonctivite aiguë à bacilles de Weeks. — La longue note de MM. Nicolle, Paul Durand et Conseil indique que la prophylaxie de cette maladie est réalisable par l’emploi d’un vaccin (faibles doses de cultures mortes inoculées sous la peau) et du sérum spécifique, fourni par le mouton auquel les auteurs tendent à substituer le cheval. Il est indiqué que, dans l’étude de la prophylaxie de la conjonctivite, il y a lieu de tenir compte de la longue persistance du bacille de Weeks virulent, sur la conjonctive, après guérison.
- U application des méthodes optiques à l’examen des œuvres d’art. — M. Ed. Bayle et H. George soumettent à l’Académie les résultats que fournit la photographie d’un tableau éclairé par des radiations convenablement choisies. Le projecteur se compose de quatre sources donnant des faisceaux convergents ; trois de ceux-ci sont munis d’écrans (rouge, bleu et vert) étudiés au spectro-photomètre et le quatrième est blanc. En faisant varier, à l’aide de rhéostats, la proportion de chacune des lumières composantes, on obtient toutes les nuances possibles, pourjphotographier le tableau sous l’éclairage qui souligne telle ou telle particularité. Cette [méthode a permis à
- MM. Bayle et George de mettre en évidence, chez un impressionniste, la forme des touches qu’imposait à l’artiste une incapacité physique (voir n° 2605).
- La séparation des protéides du blanc d’œuf par la méthode à l'acétone. — La note de M. Pieltre indique les modifications à apporter au processus, établi en collaboration avec M. Vila, pour obtenir la séparation progressive des divers protéides sans négliger aucune des substances sucrées, grasses, minérales et extractives azotées. La méthode nouvelle semble pouvoir s’appliquer à letude chimique de diverses sécrétions organiques et peut-être même de certains parenchymes.
- La prétendue syénile de Coûtâmes. — Les études de Mme E. Jérémine établissent la composition de la roche éruptive qui forme un grand massif allongé N.-E — S.W., de Coutancesà Montreuil-sur-Lozon, et que la feuille géologique de Coutances dénomme syénite. Il s’agit en réalité d’une diorite quartzique à amphibole et biotile.
- Le climat de l’est de l’Afghanistan. —Unséjourd’une année a permis à M. Raymond Furon de réunir une documentation abondante qui se résume ainsi : le climat de l’Afghanistan est nettement continental ; de juin à septembre, il n’y a ni pluie, ni neige et la quantité d’eau annuelle est très faible. La faune extrêmement pauvre compte, avec les oiseaux nombreux pendant l’été et les serpents fréquents dans les montagnes, des mouflons, des renards et des loups; par contre, entre 1290 m. et 2500 m. d’altitude, la flore est relativement riche.
- Le microbe de l’avortement épizootique. — Les expériences de M. El. Burnet indiquent que, non pathogène pour niomme et le Singe, le B. abortus, en cultures vivantes, les vaccine l’un et l’autre contre la fièvre méditerranéenne. Paul B.
- LA GLACE, SA CONSTITUTION ET SES DANGERS POUR LES PATINEURS
- Chaque année enregistre un assez grand nombre d’accidents dus à la rupture de la glace sous les pieds des patineurs ou sous le poids de la foule qui se rassemble par les beaux jours en kermesse dans les pays flamands ou danois.
- Cependant on ne s’amuse guère sur la glace sans avoir vérifié son épaisseur et l’on sait qu’en général la glace présente une résistance suffisante quand elle a plus d’une douzaine de centimètres d’épaisseur, pour se prêter même aux lourds transports.
- Mais c’est le mot « en général » qui est le facteur de ces malheurs : même à Paris les gardiens de la sécurité publique lèvent l’interdit sur les lacs du bois de Boulogne quand le mesurage de l’épaisseur atteint ce chiffre fatidique.
- Un malheureux événement provoquant la mort d’un précieux chef de famille, il y a longtemps déjà, m’a permis de reconnaître que la solidité du recouvrement congelé variait de la manière la plus traîtresse, et de comprendre pourquoi ces accidents déplorables apparaissent presque toujours en fin d’hiver, jamais au commencement.
- Il ne me suffit pas de signaler le danger et sa cause, j’ajouterai le moyen de le reconnaître sans attendre l’accident, et sans compromettre la vie du contrôleur de sécurité.
- Mais je commence par donner les détails des circonstances dangereuses.
- La constitution de la neige est connue depuis bien longtemps; on trouve dans tous les traités de physique ou de météorologie parus depuis un siècle au moins, de charmantes images des flocons blancs que sème l’atmosphère avant, qu’ils s’empilent en épais tapis sur lesol gelé. Si courte que soit leur existence, et quitte à souffrir un peu de l’onglée, les naturalistes physiciens en ont relevé de nombreux croquis.
- Ce sont toujours des étoiles a six branches ornées de dentelures du même type, formant des dentelles très délicates où l’on ne trouve absolument que des angles de 60°. La vue de ces croquis ne laisse pas de doute dans l’esprit d’un minéralogiste : la neige est formée de cris taux appartenant au système du prisme hexagonal régulier, et les prismes sont accolés les uns aux autres par leurs facettes latérales.
- p.173 - vue 177/688
-
-
-
- 174
- - LE CHOIX DES LAMPES ELECTRIQUES A INCANDESCENCE
- Quand on a eu en mains le microscope polarisant, vers 1855, on a regardé de plus près ces flocons, et constaté que c’étaient bien des groupes de cristaux hexagonaux, assemblés suivant les lois de Haüy.
- Ensuite on a appliqué le même instrument 'a l'élude de la formation de la glace sur une eau immobile : mais au premier abord, voyant d’assez longues baguettes se former sur l’eau, on a pensé que ces baguettes étaient les prismes eux-mêmes, ayant par conséquent leurs axes dans le plan horizontal de la surface. L’examen au pola-riscope a montré à Bertin l’erreur de ce diagnostic à l’œil : t’axe de la cristallisation était parfaitement vertical. Donc les pellicules prélevées à leur formation rudimentaire étaient composées de prismes verticaux de longueur infinitésimale, accolés par leurs faces latérales, comme on pouvait d’ailleurs le déduire de l’examen des flocons de neige.
- Quand toute la surface est prise, ces prismes s’allongent dans le sens de leurs axes aux dépens de l’eau sous-jacente, comme si de petites plaquettes hexagones s’ajoutaient à chacun d’eux; si bien que, quelle que soit l’épaisseur de la couche de glace, elle se compose, en réalité, de petits prismes hexagonaux, dont l’axe est vertical et a toute la longueur de l’épaisseur de la croûte glacée.
- Ces prismes sont accolés de manière à former une masse cristalline unique et sans points faibles, car les clivages n’y existent que virtuellement.
- Mais quand la température change, si la glace se dilate, il faut que chaque prisme repousse un peu son voisin, et on sait que ces pressions provoquent une fusion locale, éludiée par Tyndall ; c’est ce qui permet la dislocation sans rupture jusqu’au point convenable pour effacer cette pression anormale, et le regel se produit si la glace est assez froide pour cela. Si la température de la glace est ascendante, le regel ne se produit pas, et il faut que les joints distendus absorbent de l’eau pour se remplir, si la glace se rétracte un moment après.
- Si, après quelques mouvements de ce genre, la température de la glace étant très peu inférieure à 0°, un coup de soleil frappe la surface de la masse, il se produit un peu d’eau qui s’infiltre dans les joints de clivage, et dès ce moment les prismes ne sont plus reliés entre eux que par l’effort de la capillarité, effort très considérable d’ailleurs en raison de ce que les joints sont d’une épaisseur extrêmement petite : mais cette jonction par capillarité n’équivaut pas à la force de cohésion dans
- le bloc massif : la glace devient fragile sans que rien, à la surface, décèle le changement de constitution.
- Et celui-ci est très appréciable : une couche de glace de 30 centimètres au moins d’épaisseur, soumise au moindre choc, par un coup de pied par exemple, se divise instantanément en un grand nombre de prismes de cette longueur ; dans le cas que j'ai observé, tous ces prismes étaient sensiblement égaux, de 1 centimètre de diamètre environ, mais un peu arrondis par la fusion de leurs arêtes verticales.
- On comprend que, dans ces conditions, la plus belle nappe de glace puisse être crevée par le talon d’un passant : c’est donc un piège terrible et que ne peut pas dévoiler la connaissance de l’épaisseur de la couche glacée. Il faut l’essayer au choc, et si l’on envoie pour cela un agent sur la glace, il est forcément en danger de mort.
- On peut cependant s’avancer loin sur la glace fragile, mais à la condition de donner au vérificateur une large surface de sustentation, au moins de grandes raquettes. Car alors ce n’est pas la solidité de la glace seule qui le défend de la noyade, c’est l’action de la substance légère pour soutenir cette espèce de radeau. Même friable, ou fissurée, ou pulvérulente, la glace conserve son pouvoir de flotteur proportionnellement à la quantité, soit environ 10 pour 100 de son épaisseur totale : les débris d’une couche de glace de 20 centimètres peuvent soutenir environ 20 kg par mètre carré: il faut donc donner au vérificateur un véritable radeau pour assurer sa sécurité, et j’ajoute que la vérification, pour être sérieuse, doit être renouvelée très fréquemment : il suffit d’un rayon de soleil ou de quelques gouttes de pluie pour transforxner la croûte en un paquet de prismes presque sans liaison, sans solidarité pour s’aider mutuellement à supporter un poids, surtout sur une faible étendue.
- Quant au mode de vérification, il. suffit d’une forte canne, qui ne peut pas pénétrer dans la glace gelée, mais qui perce aisément la nappe en voie de désagrégation.
- La glace est un terrible danger, quelle que soit son épaisseur, quand sa température n’est pas de plusieurs degrés au-dessous de 0°, et surtout si elle a été récemment soumise à des variations de température, même sans qu’elle soit arrivée à O0,
- La vérification de sa solidité réelle n’est pas facile ni sans danger : le mieux c’est encore de la faire au moyen d’un bateau à fond plat servant de traîneau. Effère.
- LE CHOIX DES LAMPES ÉLECTRIQUES A INCANDESCENCE
- « Docteur, quelles sont les meilleures lampes électriques pour l’éclairage journalier? »
- Quel est celui d’entre nous à qui l’on n’a point posé cette question ?
- Personnellement, ne sachant où puiser les éléments d’une réponse, je m’en suis souvent tiré par la boutade suivante : « Au point de vue physiologique la meilleure lampe électrique est le bec Auer ». Cependant, si un médecin est excusable et peut se retrancher, pour ne point répondre, derrière une incompétence technique, il est difficile à un physicien de se dérober. Après avoir longuement
- étudié la question, je puis aujourd'hui exposer le résultat de mes recherches.
- Nous rencontrons dans le commerce pour les usages domestiques trois types principaux de lampes électriques :
- La lampe à filament de charbon, la plus ancienne des lampes électriques, constituée par une fibre de bambou calcinée dans le vide et enfermée dans une ampoule en verre à l’intérieur de laquelle le vide barométrique a été fait (fig. J, lampe 3).
- La lampe à filament métallique, rivale heureuse de la précédente, se subdivise en deux groupes :
- p.174 - vue 178/688
-
-
-
- LE CHOIX DES LAMPES ELECTRIQUES A INCANDESCENCE —.:: 175
- La lampe monowatt, constituée par un filament de métal étiré (alliage riche en tungstène en général) placé dans une ampoule en verre à vide très poussé (fig. 1, lampe 2).
- La lampe demi-watt, analogue à la précédente, mais dont le filament est plus court. D’autre part, l’ampoule, avant d’être vidée, a été rincée plusieurs fois avec un gaz inerte (azote en général), de telle façon qu’au premier allumage le filament ne soit point oxydé par un reste d’oxygène. Cette précaution permet de porter beaucoup plus haut la température du filament que dans la lampe monowatt et, à consommation égale d’énergie électrique, d’obtenir un meilleur rendement lumineux (fig. 1, lampe 1).
- Vues allumées, ces trois lampes se distinguent l’une de l’autre à ce que la lumière émise par la lampe à filament de charbon tire plus sur le jaune orangé que les deux autres; le filament de la lampe monowatt est moins brillant que celui de la lampe demi-watt, ce dernier nous paraissant entouré d’une sorte de halo très brillant dont nous verrons plus tard l’origine.
- Si, à l’œil nu, les trois types de lampes électriques à incandescence se distinguent l’un de l’autre, combien ils se différencient mieux quand on analyse leur rayonnement au moyen d’un spec-trographe en quartz. La figure 2 montre le spec-togramme de 5 lampes de 50 bougies, l’une à filament de charbon, les deux autres à filament métallique : une monowatt et une demi-watt. Le papier employé directement pour obtenir ce spec-trogramme n’était sensible qu’à partir du bleu-vert, c’est-à-dire à partir des radiations peu lumineuses, pour notre œil : bleu, indigo, violet et ultra-violet. Comparons l’étendue et l’intensité des spectro-grammes obtenus qui commencent tous sur la droite à la même distance des bords de l’image dans le bleu-vert. Le spectre 1 qui est celui de la lampe demi-watt est intense et étendu; en réalité, il s’étend dans l’ultra-violet jusqu’aux rayons absorbés par le verre. Le spectre 2 qui est celui de la lampe monowatt est moitié moins étendu que le précédent (il s’arrête à peine à la limite du violet visible) et beaucoup moins intense. Le spectre 5, enfin, est celui de la lampe à filament de charbon, peu intense, à peine marqué; il n’atteint même pas la limite du violet visible.
- Un autre genre d’expérience va nous montrer beaucoup mieux la composition totale des faisceaux de radiations émis par ces diverses lampes.
- Au moyen d’un objectif en quartz, photogra-
- Fig. 2. — Spectrogrammes des 3 tytes de lampes.
- 1, demi-watt; 2, monowatt; 3, filament de charbon.
- Fig. i. — De gauche à droite : 1. lampe demi-walt j 2, lampe monowatt-, 3, lampe à filament de charbon.
- phions les filaments allumés sur une plaque sensible à l’infra-rouge. Nous obtenons le cliché 1 de la figure 5, nous montrant que le filament le plus visible est le filament de charbon ; donc, la lampe à filament de charbon émet une quantité considérable de rayons infra-rouges relativement à ses concurrentes.
- Renouvelons l’opération ci-dessus, mais en utili-lisant un objectif ordinaire en cristal et une plaque photographique sensible surtout au jaune et au vert (radiations les plus lumineuses pour l’homme). Le cliché 2 de la figure 3 montre que les filaments les plus riches en radiations photogéniques du spectre visible sont ceux des lampes monowatt et demi-watt
- Enfin, une troisième image obtenue en utilisant à nouveau l’objectif en quartz et un écran ne laissant filtrer que les radiations violettes extrêmes du spectre visible et les radiations ultra-violettes jusqu’à 3000 unités Angstrom (écran de Wood) nous montre (cliché 3 de la figure 3) que, seule, la lampe demi-watt émet ces radiations en quantité appréciable.
- Donc en résumé :
- La lampe à filament de charbon émet en plus d’un rayonnement visible, surtout riche en jaune orangé et rouge, une quantité considérable de rayons infra-rouges.
- La lampe monowatt émet, en plus d’un rayonnement visible très riche dans toute son étendue, une petite quantité d’infra-rouge.
- La lampe demi-watt, enfin, émet un rayonnement visible tirant un peu sur le violet, plus un riche faisceau de rayons ultra-violets.
- Il nous reste maintenant à étudier l’action de ces diverses radiations sur l’œil au point de vue biologique, afin d’être à même de fixer notre choix.
- Disons tout d’abord que pour les manipulations photographiques, le filament de charbon est idéal par suite de son indigence en radiations acti-niques pour les produits sensibles généralement utilisés. Pour l’éclairage pratique, ce filament a le défaut de rayonner une trop grande quantité de 1 rayons infra-rouges proportionnellement aux rayons
- p.175 - vue 179/688
-
-
-
- 176
- LE CHOIX DES LAMPES ÉLECTRIQUES A INCANDESCENCE
- F//. 3. — Les 3 lampes photographiais montrant leur rayonnement en infra-rouge (/), lumière ordinaire (2) et ultraviolet (J).
- bleus, indigos et violets qu’il produit. I/infra-rouge, en effet, entraîne rapidement, en traversant l’œil : de la céphalée, du larmoiement et une sorte de sensation d’échauffement du globe oculaire. Il est facile de s’en assurer en fixant un instant un petit arc électrique placé à quelques mètres. On peut le regarder durant quelques dizaines de secondes sans éprouver d’autres phénomènes qu’un éblouissement désagréable, mais on est rapidement gêné par les symptômes indiqués ci-dessus si l’on essaie de fixer l’arc durant le même temps en plaçant devant les yeux un écran ne laissant passer que l’infra-rouge. C’est là un cas particulier de l’antagonisme des radiations, l’infra-rouge et les rayons violets ou ultra-violets existant en proportions convenables sont parfaitement tolérés par les téguments humains. L’action d’une seule catégorie de ces rayons en grande quantité trouble au contraire la nutrition de nos tissus superficiels et en particulier des divers éléments de l’œil. D’autre part, l’infra-rouge étant réfléchi et diffusé en grande quantité par les objets qui nous entourent, l’éclairage au moyen de la lampe à filament de charbon a l’inconvénient de fatiguer l’œil par excès de rayonnement infra-rouge.
- La lampe demi-watt tombe dans l’excès contraire et son rayonnement très riche en ultra-violets nous éblouit par un curieux phénomène de fluorescence ; notre, cristallin frappé par l’ultra-violet qu’émet ce filament devient fluorescent comme le montre la figure 4 et notre rétine étant impressionnée par ce rayonnement secondaire, nous ne voyons tous les objet qu’à travers un halo lumineux. Si l’on observe une lampe demi-watt de 1000 bougies à travers un écran de Wood (verre très chargé en nickel), on constate que, bien que l’œil ne reçoive point de rayons visibles, l’atmosphère semble constituée par un nuage pâle de couleur lavande qui disparait lorsque l’on interpose la main entre les yeux et la
- lampe. On se rend compte, de suite, que cette illusion provient de la fluorescence du cristallin qui brille d’une lumière blanche bleuâtre. Quantité d’objets, le papier blanc en particulier, augmentent d’éclat par fluorescence quand on les éclaire au moyen du rayonnement d’une lampe demi-watt. Si nous ajoutons pour terminer que les dimensions du filament étant très réduites dans les lampes demi-watt, on obtient une lumière très riche en oppositions, on comprendra que notre conclusion soit qu’il faut rejeter cet éclairage trop brutal, accentuant encore ce défaut en augmentant par fluorescence l’éclat de certains objets, et nuisible pour l’œil à. cause de sa richesse en ultra-violets. Les ampoules demi-watt à diffusion (lampe argenta par exemple) fournissent un éclairage plus doux, mais aussi riche en ultra-violets. L’ultra-violet produit par les lampes demi-watt est un ultra-violet de très grande longueur d’onde traversant presque tous les corps transparents pour la lumière. Nous avons recherché avec mon collègue, le professeur E. Derrien, s’il ne serait pas possible d’éliminer cet ultra-violet par des écrans absorbant une faible quantité du spectre visible, mais nos recherches ne nous ont encore fourni aucune solution pratique. Nous conseillons donc de n’utiliser la lampe demi-watt que lorsque cela est absolument nécessaire, autant que possible pour les éclairages indirects, afin d’éviter les petits ennuis qu’entraîne une lumière trop riche en ultraviolets : diminution de la sensibilité rétinienne et congestion de la conjonctive pouvant aller jusqu’aux petites ruptures de vaisseaux.
- Reste la lampe monowatt, et c’est elle dont je conseille l’emploi pour les usages courants; son rayonnement est riche en rayons lumineux pour l’œil humain, l’infra-rouge qu’elle émet est compensé par une suffisante production de rayons violets antagonistes et elle ne nous fournit point de rayons ultra-violets fatigants pour la vision et même nuisibles pour les tissus de l’œil.
- D1' J.-L. Pech.
- Professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahbre, 9, rue de Fleurus, à Pans.
- p.176 - vue 180/688
-
-
-
- LA NATURE - N° 2607
- V<£v
- 22 MARS 1924
- LA PROPAGATION LOINTAINE DES ONDES DES FORTES EXPLOSIONS
- La Commission internationale pour l’exploration de la haute atmosphère a émis le \œu que des expériences relatives à la propagation du son des fortes explosions fussent organisées dans les différents pays. De telles expériences sont en effet utiles pour l’étude de la haute atmosphère ; elles peuvent être mises aussi à profit à des points de vue différents, par exemple pour l’étude des propriétés mécaniques
- camp de La Courtine, à environ 63 km Ouest de Clermont-Ferrand, en des points très rapprochés dont les coordonnées moyennes sont environ : latitude 45°44',8; longitude par rapport au méridien de Paris 0°5',5 ouest, soit 2°14',7 Est par rapport au méridien de Greenwich. Les conditions des expériences ont été étudiées par une Commission présidée par M. Bigourdan (l).
- 25 DEC.’I03
- U DEC.'03
- 7 DEC. '09
- 15 NOV. '08
- ;4APR.’:
- Fig, i. — Zones d'audition et de silence lors de diverses explosions et éruptions (d'après les Annales de l’Académie des Sciences d’Amsterdam, t. XVIII, iqi5).
- de la croûte terrestre, pour l’étude de la constitution d’ondes aériennes puissantes, pour des recherches sur les effets mécaniques et physiologiques de ces ondes, pour l’essai et la comparaison d’appareils enregistreurs, enfin pour de multiples recherches relatives aux explosions même. Il ne sera question ici que des deux premières applications.
- Une expérience de ce genre a eu lieu en octobre 1922 en Hollande; elle a porté sur 5 tonnes d’explosif. Les Services de l’Etat-major de l’Armée et de l’artillerie ont bien voulu organiser pour le printemps prochain toute une série d’expériences : trois explosions, portant chacune sur 10 tonnes, auront lieu les jeudi 15 mai à 19 h. 30, vendredi 23 mai à 20 heures, et dimanche 25 mai à 9 heures, au
- 52’ Annéw. — 1*' Semastra.
- On m’a demandé de divers côtés d’exposer dans une note plus étendue que celle qui a été déjà publiée (voir n° 2598), les particularités de la propagation qu’on se propose d’étudier, leurs causes, et, comme conséquence, les modes d’observation désirables. Les questions scientifiques et techniques qu’il y aurait à examiner pour traiter le sujet de manière un peu complète sont amples et délicates, et cela exigerait de très longs développements. J’essaierai seulement de les indiquer. Je laisserai entièrement de côté les effets mécaniques, physiologiques et autres, qui seront l’objet d’expériences spéciales lors de ces explosions.
- 1. (ï, Bigocrdan. Comptes rendus de l'Académie des Sciences, l. 178, 1924, p. 25.
- 12 — 177
- p.177 - vue 181/688
-
-
-
- 178 ===== LA PROPAGATION LOINTAINE DES ONDES DES FORTES EXPLOSIONS
- Particularités observées dans la propagation des ondes sonores. — On a constaté bien souvent dans la propagation du son de fortes explosions qu’après une zone d’audition normale au voisinage de la source, existe une zone de silence, et, au delà, des zones d’audition lointaine plus ou moins étendues. Parfois la zone d’audition lointaine paraît dissymétrique, le son n’a été perçu, après une zone de silence, que dans un angle plus ou moins grand. Parfois l’audition lointaine a été constatée dans des directions diverses. On conçoit que, lors d’une explosion imprévue, l’observation (au loin, là où le son est faible) soit faite de manière très irrégulière et que les zones sans audition soient seulement, assez souvent, des zones sans observateurs. C’est une des raisons pour lesquelles on peut espérer de meilleurs résultats de l’écoute d’explosions provoquées.
- Voici, entre beaucoup d’autres, quelques exemples.
- Pendant la guerre, on a souvent fait des constatations de ce genre pour le bruit du canon. M. Pérot a fait à ce sujet à la séance de la Société Française de Physique du 7 décembre 1917 une communication dans laquelle il a fait ressortir l’influence possible du vent, et plusieurs personnes ont cité des exemples récents d’audition lointaine.
- La ligure 1 est extraite d’un mémoire de M. van Everdingen (l) ; les différents graphiques donnent les zones d’audition et de silence lors d’explosions accidentelles et d’éruptions volcaniques, dont voici la liste (les signes -b indiquent une audition, les signes 0 l’absence d’audition).
- 1° Explosion de 15 tonnes de dynamite à Forde | en Westphalie (étude par G. von dem borne) ;
- 2° Explosion de 25 tonnes de dynamite, au chemin de fer de la Jungfrau (A. de Quervain);
- 5°, 4° et 5° Eruptions du volcan Asama au Japon (S. Fujiwhara);
- 6U Explosion de dynamite et de poudre à Kobe au Japon (S. Fujiwhara) ;
- 7° Explosion de 200 tonnes de poudre à Wiener-Neustadt (J.-N. Dorr).
- Dans le même mémoire, M. van Everdingen donne de nombreux graphiques relatifs à l’audition en Hollande de certains bombardements à Anvers ou sur la côte belge pendant la guerre; des zones de silence et d’audition lointaine ont été constatées, mais l’étendue angulaire de la région d’observation étant faible, les résultats sont incomplets en ce qui concerne leur symétrie ou leur dissymétrie.
- Le 26 novembre 1920 explosait à Vergiate, èn Italie, sur la route de Milan au Simplon, un dépôt de nitrate d’ammoniaque dont la masse a été évaluée à 2 000 tonnes. La ligure 2, extraite d’un mémoire de M. Oldone (2), représente les zones d’audition et
- 1. E. van Eviîrdixgen. Académie des Sciences d’Amsterdam, 30 octobre 1913, t. XVIII, p. 933. V, aussi : Revue Gén. des Sciences, 1910, p. 241..
- % Emilio Oudo.xe Bülleiino délia Sociela Sismologica ! Italiana, vol. XX1I1, 1920-1921. Voir sur la même explosion : A. 0e Quervain, Jaliresbericht, 1919, des Erdbeben-clicnsles dur Sclrweizerischen meteorologisehen Zenlralanstall.
- , de silence observées. M. Oddone, qui a étudié les effets de l’explosion non seulement au point de vue acoustique, mais aux points de vue mécanique et sismique, emploie une échelle d’intensité analogue à celles utilisées par les sismologues, et dont j’indique seulement quelques points : les zones de silence, en blanc, sont marquées par de petites croix; le degré 1 correspond à l’audition par quelques personnes au repos dans des endroits calmes; 2, audition plus générale; 3, 4, audition générale, vague aérienne prononcée; 5, 6, battement des portes et fenêtres, tintement des verres, léger ébranlement des maisons; 7, mouvements violents. Les zones d’audition lointaine présentent une répartition qui paraît ici reliée à celle des montagnes et se sont étendues jusqu'à environ 360 km. Les baromètres enregistreurs ordinaires ont décelé l’explosion jusqu’à environ 60 km; les sismographes, jusqu’à 210 et peut-être, très faiblement, jusqu’à plus de 300.
- Les résultats relatifs à l’explosion réalisée à Olde-broek, en Hollande, le 28 octobre 1922 (5 tonnes de perchlorate d’ammoniaque) n’ont pas encore été publiés en détail. On a constaté une première zone d’audition s’étendant dans toutes les directions à des distances variant de 20 km (vers le N.-E.) à 70 km (vers le S.-E.), entourée par une zone de silence au-delà de laquelle le son a été perçu au loin dans diverses directions : jusqu’à plus de 500 km vers le Sud (France) ; environ 700 km vers le 0. S.O. (Cornouailles); 750 km vers le N.-O. (Nord de l’Angleterre); 500 km à l’E. N. E. (Allemagne); 750 et même près de 900 km vers le S. E. (Autriche).
- Origine des particularités de la propagation. — Il est probable que dans les singularités des zones d’audition et en particulier dans leur dissymétrie intervient souvent le relief du sol; cela est apparent dans les résultats relatifs à l’explosion de Vergiate. -Mais l’existence très générale des zones de silence et d’audition lointaine paraît nécessiter que des rayons sonores s’écartent du sol pour y revenir plus loin. Cela peut se produire si la vitesse de propagation du son présente une variation convenable avec la hauteur au-dessus du sol.
- Supposons (fig. 3 a) une onde sonore plane AB, primitivement verticale pai exemple, se propageant vers la droite au-dessus du sol SS'. Supposons que la vitesse du son, dans cette région de l’atmosphère, décroisse à altitude croissante. Que va-t-il se passer? La partie inférieure de l’onde va progresser plus vite que la partie supérieure, et, pur suite, Fonde s’inclinera vers le haut, prenant des positions successives telles que A'B', A" B", etc. Les rayons sonores, perpendiculaires aux ondes, s’écarteront du sol comme cela est figuré en B B' B". Si au contraire la vitesse du son dans une région de l’atmosphère croît avec la hauteur, c’est la partie supérieure de Fonde qui progressera le plus vite, Fonde s’inclinera dans le sens inverse du précédent, et les rayons sonores se rapprocheront du sol (fig. 5 b).
- On conçoit donc que des rayons sonores puissent
- p.178 - vue 182/688
-
-
-
- Fig, 2. — Distribution des effets aériens et acoustiques, tors de l'explosion de Vergiale. le 26 novembre IQ20 {•d'après le Bolletino délia Sccieta Sismologica italiana, vol. XXIII).
- s'écarter d’abord du sol, et y revenir plus loin, s’il intervient des causes de variation de la vitesse du son avec l’altitude qui produisent les effets précédents. La vitesse du son est indépendante de la pression, mais elle dépend d’éléments météorologiques, par exemple la température et le vent ; elle dépend aussi de la composition de l’atmosphère, qui paraît variable avec l’altitude. Nous allons examiner les effets qui peuvent en résulter.
- Température. — Dans les couches inférieures de l’atmosphère ou troposphère (jusqu'à 10 ou 11 km dans nos régions), la température moyenne décroît à altitude croissante. Or la vitesse du son croît avec la température ; la vitesse V du son à t° est reliée à la vitesse V0 à 0° par la relation V = V0 y/l -f-a t, a représentant le coefficient de dilatation des gaz. Si donc la distribution des températures suivant la hauteur dans une région est normale, c’est-à-dire
- Fia. d. — Changement d’orientalion d’ondes sonores produit par une variation de la vitesse de propagation avec l'altitude.
- conforme comme sens à la distribution moyenne, de ce fait la vitesse du son dans cette région décroît à hauteur croissante, et les rayons sonores tendent à s’y éloigner du sol. Mais assez fréquemment la distribution des températures est inverse, sur des étendues plus ou moins grandes; dans de telles régions la courbure de rayons sonores due à la variation de la température est au contraire vers le sol. Il peut donc arriver que, du fait seulement de la distribution différente des températures avec la hau-teur autour de la région où se produit une explosion, des rayons sonores s’écartent du sol, puis y reviennent, donnant lieu ainsi à des zones de silence et d’audition lointaine.
- Ce qu’on sait de la distribution de la température dans les hautes couches de l’atmosphère permet-il de penser qu’il s’y produit des effets analogues, avec plus d’ampleur? Les mesures de Teisserenc de Bort et les nombreuses mesures plus récentes, ont montré qu’au-dessus de 10 ou 11 km les variations de la température avec la hauteur sont généralement beaucoup plus faibles qu’au-dessous ; dans ces régions (stratosphère) on peut dire que la température reste sensiblement constante (environ 55°) jusqu’aux plus grandes hauteurs atteintes par les ballons-sondes, 20 à 50 km environ, et il semble en être de même en tous les points de la Terre à partir d’une altitude un peu variable (plus grande vers l’équateur, plus faible
- p.179 - vue 183/688
-
-
-
- 180 = LA PROPAGATION LOINTAINE
- vers le pôle) mais du même ordre de grandeur. Cela n’est pas- favorable à une courbure des rayons sonores dans ces couches atmosphériques. Pour les couches plus élevées, on n’a plus de renseignements directs, et il n’est guère facile d’en avoir d’indirects. Cependant, Lindemann et Dobson ont réussi à déduire de l’observation des météores ou étoiles filantes une évaluation de la température (*) : ils ont établi des relations entre la vitesse d’un météore et la densité de l’atmosphère pour les points où il apparaît et disparaît, c’est-à-dire où l’émission de lumière commence par élévation de température (conséquence du travail effectué par le météore sur l’air pour vaincre la résistance de celui-ci), et où elle cesse par suite de l’évaporation complète du météore. Leur conclusion est que, aux hauteurs de 70 à 150 km environ, la température de l’atmosphère est redevenue beaucoup plus élevée qu’elle ne l’est de 10 à 20 km, environ de 20 à 30° au-dessus de zéro, au lieu de 50 à 60 au-dessous. S’il en est bien ainsi, il y a une zone de hauteurs où la température croît avec l’altitude, et où se produit.par suite une courbure des rayons sonores vers le sol; il peut en résulter des phénomènes de zones de silence et d’audition lointaine présentant non seulement une grande ampleur, mais aussi une grande généralité.
- Vent. —Le vent entraîne les ondes sonores, et la vitesse de propagation de celles-ci est alors la résultante de leur vitesse propre et delà vitesse du vent. Or la vitesse moyenne du vent croît avec l’altitude. Si une telle distribution de vent avec la hauteur (c’est-à-dire la distribution normale) existe dans une région, la vitesse de propagation totale d’une onde sonore croit avec la hauteur (toutes choses égales d’ailleurs) dans la direction du vent, et les rayons sonores sont incurvés vers le sol; dans la direction opposée, c’est l’inverse, et les rayons sonores s’écartent du sol : c’est, semble-t-il, à ce mécanisme surtout qu’est due, aux faibles distances, la portée meilleure du son dans la direction du vent. Mais si dans la direction opposée au vent les rayons sonores rencontrent au loin des circonstances atmosphériques les ramenant vers le sol, on pourra avoir, dans la direction opposée au vent, une zone d’audition lointaine succédant à une zone de silence; ces circonstances pourront être, par exemple, une distribution anormale de la température avec la hauteur, ou une distribution anormale de la vitesse du vent supposé de même direction que dans la région d’origine, ou-encore un renversement de la direction du vent. Naturellement, les courbures des rayons sont inverses de celles qu’on vient de décrire, dans la région voisine de la source sonore, si dans cette région la distribution du vent avec la hauteur est anormale, c’est-à-dire si la vitesse du vent décroît à hauteur croissante.
- Ainsi le vent peut donner lieu à des effets du genre de ceux qui ont été observés, et dans certains
- 1. F.-A, Lindemann et G.-M.-B. Dobson. Proceedings of lhe Royal Society, série A, t, GII, p. 411, J923.
- DES ONDES DES FORTES EXPLOSIONS
- cas il semble qu’on ait constaté avec certitude cette origine. Mais les phénomènes correspondants sont dissymétriques, puisqu’ils sont en principe inverses dans la direction du vent et dans la direction opposée. Evidemment, on peut imaginer des répartitions du vent telles qu’il se produise des phénomènes de ce genre dans plusieurs directions, mais de telles répartitions sont probablement assez rares. On doit remarquer que la direction du vent est généralement un peu variable avec la hauteur, à un même moment, d’où une certaine complication possible des phénomènes.
- Là encore, on peut se demander si les mouvements des couches élevées de l’atmosphère peuvent donner lieu à des effets du genre précédent et de grande ampleur. Dans un travail statistique portant sur de nombreuses études du vent en hauteur par ballons-pilotes, j’ai montré (*) que dans la stratosphère, c’est-à-dire au-dessus de 10 ou 11 km, la variation de la vitesse moyenne du vent avec la hauteur est inverse de ce qu’elle est dans les couches plus basses : la vitesse moyenne décroît assez rapidement à hauteur croissante. Appliquant ce résultat à la propagation du son, on voit que dans la direction inverse d’un vent de distribution normale avec la hauteur, les rayons sonores rencontrent sur une hauteur d’une dizaine de kilomètres des conditions qui les écartent du. sol, et, au-dessus, des conditions qui les ramènent vers le sol. En faisant le calcul, on trouve qu’il peut résulter de là des zones de silence et d’audition lointaine ayant une ampleur d’un ordre de grandeur souvent observé (2). Puisqu’il s’agit de distributions normales du vent en hauteur, un effet de ce genre peut être assez général.
- Composition de l’atmosphère — On est conduit par les considérations suivantes à admettre que cette composition varie avec l’altitude. Dans la troposphère, la circulation générale de l’atmosphère est active etdes courants brassent continuellement l’air. Au-dessus, la constance relative de la température rend sans doute les courants de convection très faibles ; on peut supposer que dans ces conditions chacun des constituants de l’atmosphère se raréfie à altitude croissante comme s’il était seul. Or celte raréfaction est plus rapide pour les gaz lourds comme l’oxygène ou l’azote que pour les gaz légers comme l’hydrogène et l’hélium. Il est donc probable que ces constituants légers de l’atmosphère, qui sont en proportion extrêmement faible près du sol, prennent une importance relative de plus en plus grande à altitude croissante. Il semble que, des proportions des gaz légers : hydrogène et hélium, dans la basse atmosphère, on puisse déduire que ces gaz sont en proportion prépondérante aux hauteurs supérieures à une centaine de kilomètres. On doit ajouter que certains géophysiciens ne partagent pas
- 1. Comptes Rendus de VAcad, des Sciences, y. CLXIX. p. 79, juillet 1919. Voir aussi Revue Gén. des Sc., 1922, p. 70.
- 2. Société météorologique de France, 5 décembre 1922.
- p.180 - vue 184/688
-
-
-
- LA PROPAGATION LOINTAINE DES ONDES DES FORTES EXPLOSIONS 181
- ces idées; c’est ainsique L. Végard, s’appuyant sur la constance du spectre des aurores polaires jusqu’aux hauteurs de plusieurs centaines de kilomètres où s’étendent les aurores, pense que l’azote est encore le constituant dominant de l’atmosphère à ces altitudes.
- Or la vitesse de propagation du son dans un gaz est d’autant plus grande que sa densité est plus faible; elle varie de manière inversement proportionnelle à la racine carrée de la densité; à une même température, la vitesse du son dans l’hydrogène est presque quatre fois plus grande que dans l’air.
- Si la composition de l’atmosphère varie comme on vient de l’indiquer, il en résulte donc un accroissement général de la vitesse avec la hauteur, accroissement notable dans les couches élevées : c’est la distribution des vitesses à laquelle correspond une courbure des rayons sonores vers le sol ; le phénomène suivant doit donc se présenter de manière très générale : des rayons sonores parvenus jusqu’à ces hauteurs sont renvoyés vers le sol. Le calcul montre que l’ampleur attribuable à cet effet est bien de l’ordre de grandeur (des phénomènes observés (i).
- Application des phénomènes de propagation à l’étude des propriétés de l’atmosphère. — Ce qui précède n’a pour objet que de donner une idée de ce qui peut se passer. Si l’on part d’une hypothèse précise et quantitative sur les distributions de la température, du vent et de la composition, on peut tracer les trajectoires des rayons sonores, calculer l’angle sous lequel ils reviennent au sol, évaluer la durée de la propagation. Les phénomènes des caustiques interviennent, et on peut voir comment les rayons sonores se concentrent particulièrement à certaines distances. L’observation des phénomènes qui se produisent lors d’une forte explosion permet, par la comparaison avec les résultats des calculs dont je viens de parler, de savoir quelles sont les propriétés de l’atmosphère qui sont intervenues, et de les évaluer numériquement. L’étude de la propagation du son des fortes explosions constitue ainsi un des très rares moyens dont on dispose pour l’investigation de la haute atmosphère; elle permet d’obtenir des renseignements sur sa composition, sa température, ses mouvements. Evidemment, dans une expérience déterminée, les choses se présentent de
- 1. Vox dem Borne. Physikalische Zeitschrift, 1. XI, p. 483, 1910. — Van Everdingen, loc. cit. — On peut remarquer qu’une telle variation de composition de l’atmosphère avec la hauteur peut intervenir aussi dans la propagation des ondes électromagnétiques utilisées en T. S. F. Les mobilités des ions sont en effet plus grandes dans l’hydrogène que dans l’azote et l’oxygène, et cela contribue (avec l’augmentation de l’ionisation) à accroître la conductibilité électrique dans les hautes couches de l’atmosphère; il paraît résulter de cet accroissement une courbure des rayons électromagnétiques vers le sol, susceptible cl’interve&ir dans les très longues portées de ees ondes, et aussi dans des phénomènes de variation de l’intensité près du sol avec la distance analogues à ceux dont il est question ici pour le son.
- manière plus ou moins complexe, et on ne peut espérer déduire d’une seule expérience des résultats •qui présentent un caractère de généralité. C’est pourquoi il est utile de répéter en divers pays de telles expériences; c’est pourquoi aussi, dans le cas présent, on a cru bon de réaliser plusieurs explosions à quelques jours d’intervalle, de manière à tenter de varier les conditions.
- Propagation dans le sol. — Nous connaissons bien mal notre Globe; nos explorations sont limitées à une toute petite couche de part et d’autre de la surface; vers l’extérieur, les plus hardis pilotes n’ont guère dépassé, en avion ou en ballon, dix kilomètres ; vers l’intérieur, la limite des mesures directes est environ deux kilomètres ; au total, à peine 1/2 millième du rayon terrestre. Aussi, toute méthode de recherche susceptible de renseigner sur ce qui se passe ou plus haut, ou plus bas, est précieuse. Or l’expérience actuelle peut fournir des renseignements des deux cotés.
- Le moyen le plus puissant dont on dispose pour scruter l’intérieur du Globe est l’étude des ondes sismiques, qui, à partir des points où se produisent des tremblements de terre, se propagent soit à travers le Globe, soit en suivant sa surface. Les courbes enregistrées par les sismographes permettent d’étudier les propriétés mécaniques des couches profondes : propriétés desquelles dépendent les vitesses de propagation, et aussi les accidents que subissent les ondes pendant leur propagation, par exemple leur réflexion partielle sur les surfaces de séparation de couches de propriétés différentes. L’ébranlement du sol lors d’une explosion violente se transmet en ondes sensibles aux sismographes pas trop éloignés ; cela permet de mesurer les vitesses de propagation dans des couches superficielles dont on connaît la nature, et par suite de comparer les valeurs ainsi obtenues directement avec celles qu’on peut calculer, d’après les formules données par la théorie de l’élasticité, à partir des constantes mécaniques des roches qui constituent ces couches; on peut espérer aussi déceler, en plus des ondes directes, des ondes qui se sont enfoncées d’abord vers l’intérieur, et qui se seraient réfléchies sur des couches de propriétés différentes de celles des couches plus élevées. M. Brillouin étudiait récemment, dans son cours du Collège de France, les caractères des courbes enregistrées par les sismographes sur lesquels il y a lieu de porter l’attention à cet effet.
- Modes d’observation. — Observation des mouvements du sol. — Je ne dirai presque rien ici du mode d’observation des mouvements du sol ; le détail de ces mouvements ne peut être étudié avec fruit qu’avec des appareils enregistreurs très sensibles, maniés par des spécialistes. Il est cependant important que les personnes qui observeront l’onde aérienne dans des régions peu éloignées des explosions aient leur attention attirée sur ce fait que certains des effets qu’elles noteront peuvent être dus à la transmission de l’ébranlement par le sol, par
- p.181 - vue 185/688
-
-
-
- 182 LA PROPAGATION LOINTAINE DES ONDES DES FORTES EXPLOSIONS
- exemple les trépidations des bâtiments, le cliquetis de la verrerie, certains mouvements des portes et des fenêtres, des actions physiologiques, etc. De tels effets pourraient être attribués faussement à l’onde aérienne. La transmission par le sol est plus rapide que par l’air ; on peut s’attendre à ce qu’il se propage par le sol p usieurs sortes d’ondes de vitesses différentes, de l’ordre de 6 à 7 km par seconde pour les plus rapides, 5 à 4 pour les moins rapides; la vitesse de propagation de ces dernières est, comme on voit, encore environ dix fois plus grande que la vitesse du son dans l’air ordinaire, et par suite ces ondes arrivent en un point notablement avant les ondes aériennes.
- Par exemple, si ce point est à 21 km du lieu de l’explosion, les ondes propagées par le sol arriveront après un intervalle de temps de 3 à 7 secondes environ, et les ondes aériennes après plus de 60 secondes. Il serait très intéressant que les observateurs rapprochés distinguent et notent l’arrivée des ondes par le sol et par l’air.
- Observation de l'onde aérienne. — L’observation de l’onde aérienne est possible jusqu'à de très grandes distances, plusieurs centaines de km, et même, semble-t-il, exceptionnellement jusqu’à des distances supérieures à 600 ou 700 km. Cette observation peut être faite simplement à l’oreille, qui est un récepteur extrêmement sensible, et à l’aide de dispositifs mécaniques très variés.
- 1° Détermination de l'heure. —; Avant tout, il importe d’insister sur 1 importance capitale qu’il y a à noter l’heure avec précision (heure, minute, seconde, et même s’il est possible fraction de seconde). Les différentes trajectoires possibles des ondes sonores entre lesquelles il s’agit de décider correspondent à des durées de parcours différentes ; le renseignement fondamental est donc l’heure de l’arrivée de l’onde (ou des ondes) en un point. Pour que les différences de temps entre les moments de l’explosion et des observations soient bien connues, il faut que toutes les heures indiquées se rapportent à un même système d’heure. Il existe un tel sys tème parfaitement déterminé, qui est l’heure légale, transmise périodiquement par les signaux horaires de la Tour Eiffel. IIconvient donc que les horloges, chronomètres ou montres des observateurs soient réglés sur la Tour Eiffel ou sur une bonne horloge ou un bon chronomètre garde-temps réglés eux-mêmes sur la Tour. Les précautions à prendre sont naturellement différentes suivant l’appareil destiné à donner l’heure à l’observateur.
- Supposons que celui-ci dispose d’une bonne montre à trotteuse, j’entends une trotteuse parcourant tout le cadran et susceptible d’être immobilisée à un moment donné en appuyant sur un bouton. Une telle montre a une certaine marche, c’est-à-dire qu’elle avance ou retarde par rapport à l’heure correcte; suivant les montres, cette marche est plus ou moins constante. Supposons par exemple que la marche soit une avance de 10 secondes par
- jour, assez régulière. Si la montre a été réglée sur la Tour ou sur une horloge à 11 heures (c’est-à-dire si Ton a mis la trotteuse en accord parfait avec les signaux ou l’aiguille des secondes de l’horloge, ou si Ton a noté la différence de temps entre les indications de la trotteuse et les signaux ou l’aiguille), et si l’explosion est notée à 20 heures le même jour, la montre aura avancé par rapport à l’heure cor-9
- rode de 10 X kj =• 3,8 secondes ; si l’observateur
- ne faisait pas une correction, l’heure qu’il indiquerait serait faussée de 3,8 sec. environ ; mais si l’observateur a réglé sa montre à plusieurs reprises les jours précédents, et s’il a constaté une marche à peu près régulière de 10 secondes, il pourra faire la correction et donner une heure beaucoup plus précise; il arrivera encore à un bon résultat (de manière plus certaine) s’il règle sa mrnlre à l’aide de signaux de la Tour (ou d’une bonne horloge) très peu de temps avant ou après l’explosion. De tels signaux seront donnés s’il est possible, et probablement dans les conditions suivantes : ces signaux spéciaux comprendront des appels pendant une demi-minute, quelques secondes de silence et un top à la minute franche; le premier sera donné 5 minutes avant l’explosion, et quatre autres ensuite à intervalles réguliers de 5 minutes. Ces signaux seront en ondes amorties.
- Certains observateurs disposeront de chronomètres spéciaux ou d’autres appareils plus précis que la montre à trotteuse prise comme exemple; d’autres utiliseront des appareils enregistreurs sur lesquels des signaux réguliers noteront l’heure ; les uns et les autres peuvent naturellement arriver à une grande précision. D’autres ne disposeront que d’une montre à petite trotteuse non arrêtable, et ne pourront pas obtenir une précision aussi grande : leurs observations seront cependant précieuses s’ils veulent bien faire la lecture avec soin au moment de l’audition, et étudier au préalable la marche de leur montre. Ce qu’on doit demander à tous les observateurs, c'est d’indiquer comment ils ont évalué l’heure, et avec quelle précision probable.
- Il est bon d’attirer l’attention sur ce que l’intervalle de temps entre l’instant d’une explosion et celui de l’arrivée des ondes à une distance donnée ne peut être prévu de manière précise : il dépend en effet, du moins dans la zone d’audition lointaine, du genre des trajectoires des rayons sonores dans les couches élevées de l’atmosphère. On peut en avoir une idée en partant de la vitesse du son dans l’air dans les conditions orJinaires, qui est environ 540 mètres par seconde; cette vitesse correspondrait par exemple pour une distance de 540 km à un intervalle de temps de 1000 secondes ou 17 minutes; mais, pour les rayons sonores qui reviennent au sol après avoir pénétré dans la haute atmosphère, la trajectoire est plus longue que la distance comptée sur le sol, et, d’autre part, la vitesse y est différente de ce qu’elle est près du sol ; il faut donc
- p.182 - vue 186/688
-
-
-
- LA PROPAGATION LOINTAINE DES ONDES DES FORTES EXPLOSIONS = 183
- prévoir une variation nolable de l’intervalle de temps par rapport à celui qu’on calculerait d’après la vitesse normale du son et la distance. De cette indécision, jointe à la petite indécision qu’il peut y avoir sur l’instant même de l’explosion, il résulte que l’attention des observateurs doit être soutenue dans un certain intervalle de temps de part et d’autre de l’heure que chacun aura calculée approximativement, par exemple un tiers de l’intervalle en plus ou en moins.
- 2° Modes d'observation proprement dits. — Une onde aérienne se m anifeste par des variations de pression qui peuvent être décelées soit par l’oreille, soit par des dispositifs mécaniques. Dans le cas actuel, il est important de porter l’attention, en même temps que sur l’existence même de l’onde, sur la direction d’où elle paraît provenir. En effet, les trajectoires des rayons sonores auxquelles on est conduit par les diverses explications possibles des auditions lointaines reviennent vers le sol sous des inclinaisons différentes; des renseignements sur la direction apparente d’où proviennent les ondes peuvent donc permettre de décider quelle est parmi ces explications celle qui convient le mieux. Je dirai d’abord quelques mots de l’observation de la direction, et j’arriverai ensuite à l’observation même de l’onde, qui est en somme l’observation fondamentale.
- a. Observation de la direction. — On sait qu’une personne exercée peut apprécier grossièrement la direction d’une source sonore; le mécanisme de cette appréciation est mal connu, mais il semble qu’interviennent surtout les positions, par rapport à la source, du pavillon de l’oreille et de la ligne des deux oreilles. Si les deux oreilles ont la même sensibilité, l’observateur éprouve une certaine sensation caractéristique quand la source est placée dans son plan de symétrie, c’est-à-dire quand les ondes arrivent « en phase » aux deux oreilles. C’est en général dans le plan horizontal qu’on a à déceler une source sonore.. L’observateur cherche à se tourner vers la source et à réaliser la symétrie de l’audition par ses deux oreilles. On accroît la sensibilité de la méthode en écartant les oreilles, c’est-à-dire en remplaçant leurs pavillons par deux entonnoirs de forme convenable placés aux extrémités d’une tige horizontale et reliés aux conduits auditifs. La sensibilité est encore beaucoup augmentée si deux appareils récepteurs identiques sont placés à quelques centaines de mètres l’un de l’autre et reliés à un dispositif (enregistreur par exemple) permettant d’apprécier la simultanéité de l’arrivée du son aux deux récepteurs : la source est alors sur la direction menée perpendiculairement à la ligne des récepteurs en son milieu. Mais, pour arriver à la simultanéité, il faudrait faire varier la direction de la ligne des récepteurs. Il est plus simple de modifier le dispositif central de manière qu’il mesure l’intervalle de temps existant entre l’arrivée de l’onde aux deux récepteurs; la connaissance de cet
- intervalle permet de déterminer la direction de la source. Tel est le principe d’ingénieux appareils étudiés pendant la guerre en vue du repérage de l’artillerie ennemie.
- Mais, dans le cas actuel, on connaît la .direction horizontale de la source, et, s’il est cependant intéressant de noter la direction apparente d’où provient le son dans le plan horizontal, c’est surtout l’inclinaison des rayons sonores par rapport à ce plan qu’il s’agit d’évaluer (angle de site). À l’oreille, cette évaluation est certainement plus difficile que celle de la direction dans le plan horizontal, mais il semble cependant qu’en portant son attention sur ce point, un observateur exercé puisse donner des indications utiles. Avec les appareils à deux récepteurs qui mesurent l’intervalle de temps entre les arrivées du son aux deux récepteurs, l’angle de site peut être déterminé de manière précise : il suffirait de disposer les récepteurs aux extrémités d’une base non plus horizontale, mais verticale ou du moins d’inclinaison connue. Tous les systèmes établis pour le repérage de l’artillerie par le son, et les systèmes analogues, se prêteraient à de telles déterminations, qui seraient particulièrement précieuses.
- b. Arrivons à Y observation même de l'onde. L’oreille est un récepteur très sensible pour les ondes sonores ordinaires, et l’on peut dire que pour un son à caractère musical, la sensibilité d’une oreille fine n’est que difficilement dépassée par celle de récepteurs mécaniques, qui doivent être très soignés et bien réglés. Mais, comme on le sait, l’oreille ne perçoit pas les sons trop aigus ou trop graves, c’est-à-dire correspondant à des vibrations trop rapides ou trop lentes. Il peut donc arriver que des ondes aériennes dont le mouvement vibratoire est très lent ou très rapide échappent à l’oreille et soient décelées par des récepteurs mécaniques appropriés.
- Les ondes aériennes peuvent d’ailleurs présenter des caractères très divers, tels que ceux que le bruit du canon a appris pendant la guerre à discerner : le claquement sec de l’onde de choc (qui provient de la trajectoire des projectiles rapides) est différent du bruit sourd provenant du coup de canon lui-même, et l’éclatement des projectiles donne encore des ondes d’autre caractère ; les variations de pression correspondant à ces diverses ondes sont de genres très différents. L’onde aérienne d’une forte explosion se déforme en se propageant, la déformation dépend de la distance et des circonstances de la propagation, et il n’est pas possible d’indiquer de caractères généraux. M. van Everdingen, qui a bien voulu me donner, avant la publication qu’il prépare, des renseignements relatifs à l’expérience d’Oldebroek, me dit que « surtout à grande distance de l’explosion, ce qu’on a observé est plutôt une vibration de l’air à fréquence assez basse qu’un son ».
- Je reviendrai tout à l’heure sur ce sujet en parlant des récepteurs mécaniques; actuellement, je
- p.183 - vue 187/688
-
-
-
- 184 = LA PROPAGATION LOINTAINE DES ONDES DES FORTES EXPLOSIONS
- répéterai qu’une bonne oreille est un récepteur sensible, et que toute personne attentive peut faire des observations très utiles, à la condition de noter l’heure avec soin et avec toute la précision possible, non pas seulement à la minute près, mais à la seconde près. Naturellement, il ne faut pas s’attendre, à grande distance, à un bruit très fort ; la sensibilité de l’ouïe étant très variable, il sera assez favorable que plusieurs observateurs peu éloignés les uns des autres notent leurs impressions et se les communiquent ensuite : si le point occupé par eux est à la limite d’audibilité, une partie d’entre eux entendra le son, qui échappera aux autres.
- On peut se demander dans quelles conditions il convient de se placer pour écouter avec le plus de chances de succès. Il n’est pas facile de l’indiquer, parce que cela dépend des caractères de l’onde au point d’écoute et aussi de la configuration du pays. Evidemment, il est favorable d’être dans un endroit calme, où il y ait peu de chances que parviennent des bruits étrangers qui viendraient tromper les observateurs. Mais on ne saurait conseiller de manière ferme un terrain plat et découvert, qui paraît a priori devoir convenir. A De Bilt, où habite M. van Everdingen, lors de l’explosion d’Oldebroek, « ce sont seulement, me dit-il, deux personnes restées dans l’intérieur de leur petite maison qui ont entendu une vibration assez distincte, tandis que les observateurs en plein air n’ont rien entendu ». En somme, les conditions les plus favorables dépendent des caractères de Fonde aérienne en chaque point d’observation, qu’on ne peut prévoir. Si plusieurs personnes se proposent d’écouter en un même endroit, on peut leur conseiller de se placer dans des conditions assez diverses, pour réunir toutes les chances d’audition.
- Parlons maintenant des appareils que l’on peut utiliser.
- On peut d’abord se proposer d’accroître la sensibilité de l’oreille en lui adjoignant un récepteur approprié muni d’un tube pénétrant dans l’oreille ; la sensibilité est en effet augmentée par un simple entonnoir conique, et mieux par des concentreurs plus puissants établis sur le même principe. Mais il ne faut pas oublier que ces appareils renforcent le son surtout quand ils sont orientés dans la direction d’où il vient ; ils sont excellents pour chercher une source sonore durable et en définir la direction justement par le maximum de l’impression auditive. Dans le cas actuel, il s’agit de déceler un son bref, et il faudrait que le récepteur auxiliaire de l’oreille fût au préalable orienté dans une direction pas très différente de celle des rayons sonores. Les conditions ne seraient favorables que si un observateur (ou filusieurs observateurs) disposaient d’une batterie de tels appareils braqués à différentes inclinaisons dans le plan vertical passant par le lieu de l’explosion, ou bien encore si on utilisait certains modèles en éventail de ces appareils, susceptibles de recevoir et d’amplifier des ondes sonores arri-
- vant des différentes directions dans le plan vertical.
- Des récepteurs auxiliaires de l’oreille d’un autre genre sont ceux connus sous le nom général de stéthoscopes, et dont le principe est le suivant ; une boîte plate est constituée par des parois rigides, sauf une des parois principales, formée d’une membrane déformable AB (fig. 4) ; la paroi rigide est traversée par un canal prolongé par un tube souple qui aboutit à l’oreille. Sous l’action des variations de pression qui se produisent dans le fluide qui baigne la face extérieure de AB, cette membrane subit des déplacements qui font varier la pression à l’intérieur de la boîte ; ces variations de pression sont transmises à l’oreille par le tube. Si l’épaisseur de la boîte est petite par rapport à ses dimensions transversales, les variations de pression que reçoit l’oreille peuvent être plus fortes que les variations incidentes. L’appareil'se comporte alors comme un amplificateur du son : en gros, il concentre (partiellement) dans l’oreille l’énergie sonore qui arrive sur une surface plus grande que celle du pavillon de l’oreille ; il n’y a plus ici de direction très privilégiée comme dans le cas des concentreurs coniques. Mais il ne faudrait pas croire qu’il est facile d’obtenir ainsi une amplification notable. Quand un appareil de ce genre est baigné par de l’eau, ce fluide dense impose ses mouvements à la membrane : mais quand il est plongé dans l’air, le mouvement de la membrane dépend non seulement du mouvement incident, mais aussi des variations de la pression à l’intérieur de la boîte, et ce n’est qu’avec des appareils bien étudiés qu’on peut amplifier un peu l’intensité des sons.
- On peut aussi employer des appareils constituant par eux-mêmes des récepteurs complets. Il existe d’admirables appareils de ce genre, enregistreurs ou non, ce sont les appareils étudiés pendant la guerre pour le repérage de l’artillerie par le son. Il serait inutile de les décrire, parce que cela ne permettrait pas aux personnes qui n’en ont pas à leur disposition d’en établir d’analogues avant les expériences. De tels appareils seront utilisés lors des expériences. Il sera très intéressant d’étudier les tracés qui auront été obtenus à diverses distances avec des appareils enregistreurs.
- En principe, tout appareil permettant de déceler ou d’enregistrer des variations de pression ou un mouvement de l’air peut être utilisé pour la réception d’ondes aériennes : tels sont les baromètres enregistreurs des divers systèmes, les stéthoscopes, les capsules manomélriques, les microphones, etc. Mais les modèles ordinairésde ces appareils sont généralement moins sensibles que l’oreille, et c’est seulement à des distances assez faibles du lieu de l’explosion qu’il faut en espérer des indications, alors fort intéressantes. Cependant, lors de l’explosion d’Oldebroek, un microphone à fil chaud a enregistré Fonde à Londres, à environ 400 km. 1
- Lès battements des portes et des fenêtres constituent en somme des indices des variations de près-
- p.184 - vue 188/688
-
-
-
- LE NAVIRE DE GUERRE PORTE-AVIONS
- 185
- sion entre l’intérieur et l’extérieur ; dans certaines circonstances, de tels indicateurs peuvent être fort sensibles ; c’est le cas par exemple lorsqu’il s’agit
- CX3 i*
- Fig, 4. — Schéma d'un stéthoscope.
- de vibrations à basse fréquence comme celles signalées plus haut à propos de l’explosion d’Oldebroek. On a construit sur ce principe des appareils délicats qui décèlent des variations de pression insensibles à l’oreille (1). Les circonstances du phénomène peuvent
- 1. Sur certains de ces appareils, employés pendant la guerre, je ne puis donner de renseignements. Blais des dispositifs simples de ce genre ont été décrits par M. Esblangon dans une note récente à l’Académie des Sciences (25 février 1924, t. 178, p. 764) dont voici quelques passages. Imaginons un récipient quelconque, de préférence à parois légèrement élastiques (un bidon d’essence par exemple de 5 1. ou 10 1.); munissons-le à sa partie supérieure d’un tube court (3 cm à 5 cm) et de 0 mm à 7 mm de diamètre intérieur. Faisons arriver dans le récipient (par sa partie inférieure, par exemple) du gaz d’éclairage que nous allumons à l’extrémité delà courte tubulure supérieure. (Il est important d’attendre quelques minutes avant l’allumage, pour être bien assuré que le récipient est plein de gaz pur et non d’un mélange explosif). Réglons enfin l’entrée du gaz dans le récipient de manière à obtenir une flamme de 10 mm à 20 mm de hauteur. La flamme ainsi obtenue est extrêmement sensible aux infra-sons, en particulier aux ondes engendrées à la bouche des canons ou par les explosions. Elle sera probablement éteinte à 50 km par les explosions projetées à La Courtine, ou, dans tous les cas manifestera de grandes oscillations. Elle peut être installée à l’intérieur d’une salle quelconque, dont les fenêtres resteront ouvertes. — Un autre appareil plus simple, moins sensible mais encore intéressant, est constitué par une
- être telles que des actions de ce genre prennent beaucoup d’ampleur. A la séance du 18 janvier dernier de la Société Française de Physique, dans laquelle j’avais dit quelques mots des expériences projetées, le président, M. Fabry, disait à ce sujet : « Des explosions peuvent produire des effets mécaniques considérables à des distances où le phénomène sonore est très faible ; l’onde peut encore propager des variations de pression importantes et ne pas affecter l’oreille si cette variation n’est ni périodique, ni très brusque. Pendant lu guerre,’ l’explosion d’un énorme dépôt d’explosif (10000 tonnes, a-t-on dit) dans le midi delà France a secoué toutes les fenêtres et provoqué la rupture de quelques grandes glaces de magasin à une distance de 60 km alors que les personnes placées en plein air ne percevaient qu’un bruit très faible et très vague. Des récepteurs très simples, mais à grande surface, par exemple de grandes feuilles de papier remplaçant un carreau de vitre dans une fenêtre d’une grande pièce fermée pour que la pression n’agisse que d’un côté, pourraient peut-être subir une action à grande distance (2). » Ch. Maurain.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
- Directeur de l'Institut de Physique du Globe.
- banale lampe à essence presque vide (c’est-à-dire insuffisamment garnie), la flamme en étant réglée très courte (4 mm à 6 mm) ; cet appareil sera d’autant plus sensible que son volume utile (volume gazeux) sera plus grand.
- 2. 1° Je rappelle que les personnes qui feront des observations sont priées de bien vouloir en communiquer les résultats (positifs ou négatifs) à l’Institut de Physique du Globe, 176, rue de l’Université, Paris, 7e (outre l’usage qu’elles en feraient personnellement). Prière d'indiquer l’intensité et les caractères du son entendu, et les circonstances météorologiques au moment de l’observation.
- 2d Les personnes qui observeront à distance pas trop grande pourront voir l’éclair des explosions (jusqu a pput-être quelques dizaines de km); si elles disposent d’une montre à trotteuse dédoublante ou de tout autre appareil permettant deux pointages du temps, elles pourront donc déterminer la vitesse de propagation de l’onde en notant la lueur et l’audition.
- LE NAVIRE DE GUERRE PORTE-AVIONS
- Comme complément aux renseignements donnés dans le n° 2590 de La Nature sur le remarquable
- projet de paquebot porte-avions établi par l’architecte naval anglais, sir Eustace d’Eyncourt, il est
- Fig. 1. — Le porte-avions américain Lexington de 35000 tonnes (i'après Scientific American).
- p.185 - vue 189/688
-
-
-
- Fig. 2. — Le porte-avions anglais Hermes.
- bon de parler aussi de ce qui se fait ou se prépare dans les marines de guerre, dans le même ordre d’idées.
- Le rôle militaire de l’avion sur mer est en passe de devenir très important. C’est un fait reconnu. T/es rôles qu’on peut lui confier sont nombreux.
- Tout d’abord il sera un élément précieux pour le service de patrouillage et de reconnaissance autour de l’armée navale. Sa vitesse et son rayon d’action lui permettront de couvrir rapidement une surface de mer Telle que l’approche de l’ennemi ne pourra guère lui échapper si le temps est beau, et que son Amiral, renseigné par lui longtemps d’avance sur la direction et la force de son adversaire, pourra disposer sa flotte en connaissance de cause.
- L’avion prendra encore une part active au combat. Armé pour le bombardement, il laissera tomber, sur les navires ennemis, ces bombes dont la puissance est devenue considérable (elles vont à 1000 kg d’explosif) et qui agiront mortellement si elles explosent non pas seulement au contact, mais encore dans le voisinage de la coque.
- Ou bien, armé d’une ou deux torpilles automobiles Whitehead, il opérera à la façon d’un torpilleur aérien.
- Enfin, grâce aux appareils de T.S.F. dont il est muni, il rendra les plus grands services comme observateur des points de chute de projectiles lancés par les canons et agira, somme toute, comme un admirable organe de réglage de tir.
- Il arrive à point, en cette matière, pour obvier à la presque impossibilité où se trouvent actuellement les officiers directeurs d’artillerie des navires de combat, d’assurer un tir efficace contre des buts placés à plus de 20000 mètres, c’est à-dire presque absolument invisibles, et se déplaçant en outre à des vitesses avoisinant 45 kilomètres à l’heure, ou 750 mètres à la s
- L’Amiral améihain Gleaves, spé cialiste des choses de l’aviation, cite
- un exercice dans lequel un avion a permis au cuirassé Tennessee d’ouvrir le feu à 52 000 mètres et de détruire la cible à 30 000 mètres, à sa troisième salve.
- L’Amiral, qui ne prétend d’ailleurs en aucune façon rabaisser l’importance de l’aviation navale, veut aussi qu’on ne l’exagère pas, et il estime que si elle peut servir pour des bombardements dans des circonstances favorables, elle n’est pas capable, à elle seule, de tenir un blocus, ni de défendre une côte ou un port. On est donc arrivé à considérer l’avion comme un auxiliaire précieux et dont la présence augmenterait notablement la valeur d’une flotte allant à l’ennemi.
- On a, en conséquence, cherché les moyens de l’adjoindre aux forces navales destinées à combattre au large. La période de tâtonnement et d’études entreprises à ce sujet se poursuit encore actuellement. On a pensé (c’est surtout dans la marine américaine) que chaque cuirassé devait porter un nombre d’avions suffisant pour assurer les divers services énumérés ci-dessus, et en fait, d’après les renseignements connus, il apparaît que chacun d’eux sera prochainement aménagé pour recevoir quelques appareils. Mais ils seront forcément en petit nombre, et il arrivera assez rapidement que le bâtiment en sera démuni au moment peut-être où il aurait leplus
- p.186 - vue 190/688
-
-
-
- Fig. 4. — Le porte-avions anglais Argus.
- pressant besoin de leur concours. Car il est évident qu’une fois envolé, l’avion ne pourra venir se reposer sur le pont du cuirassé, qu’il est impossible d’amé nager à cet effet. L’avion à bout de souffle devra être recueilli par un des navires dont je vais parler.
- Pour l’envol, les cuirassés américains ont été munis d’un appareil spécial, sorte de poutre horizontale pourvue d’un chariot sur lequel l’avion est posé, et d’où il est violemment projeté par un système de ressorts. C’est une sorte de catapulte dont le fonctionnement est suffisamment indiqué par noire gravure (fi g. 5). Une autre conception, plus répandue, et qui a des chances de devenir la bonne, est celle du navire porteur d’avions spécialement construit ou installé pour accompagner les escadres et fournir au commandant en chef, à tous moments, le nombre d’appareils dont il aura besoin. Ces appareils s’envoleront du navire lui-même et pourront venir s’y réunir, grâce à un vaste pont, complètement dégagé et qui forme un suffisant champ d’atterrissage. Déjà dans la dernière année de la guerre, on avait senti le besoin d’adjoindre aux forces navales des navires de ce genre, et hâtivement, on avait transformé en porte-avions des bâtiments plus ou moins judicieusement choisis.
- L’importance des navires porte-avions s’est rapidement affirmée, si bien qu’ils ont eu les honneurs
- d’une mention spéciale au traité de Washington, où il a été décidé de les définir et de limiter leur tonnage. Le porte-avions, dit un article du chapitre IV de l’accord en question, doit avoir un déplacement compris entre 10 OOt) et 27 000 tonnes, avec faculté d’admettre 55 000 tonnes dans le cas de 2 navires seulement provenant, de la conversion à cet usage de vaisseaux déjà construits comme cuirassés de ligne. Le calibre de leurs canons, comme pour les croiseurs, est limité à 20 cm. Le tonnage total de porte-avions affecté à chaque marine est stipulé. L’Angleterre peut en avoir 1 55 000 tonnes, la France 60 000, les États-Unis 155000, le Japon 81 000. L’Angleterre, les États-Unis ont possédé, pendant la guerre, d’assez nombreux bâtiments, installés en porte-avions (Aircraft-Carriers). C’étaient généralement des vapeurs du service de la Manche. Actuellement l’Angleterre dispose encore de 5 navires de ce type dont un seul YHerm.es (tîg. 2 et 5) a été construit spécialement. L'Eagle et le Farious, ancien croiseur, constituent avec 1’Herm.es trois très bonnes unités pour le but proposé. Leurs déplacements et leurs vitesses sont respectivement de 11 000 tonnes et de 26 nœuds pour YHermes, 22 700 tonnes et 25 nœuds pour YEagle, 19000 tonnes et 51 nœuds pour le Fur ious (actuellement en reconstruction). Les États-Unis possèdent comme aircralt-carriers le Lan-gley, ancien cargo, et un navire charbonnier, tous deux transformés.
- Mais on envisage l’affectation à ce nouveau service de deux grands croiseurs de bataille de 45 000 tonnes Lexington et Saraloga (fig. 1), dont l’achèvement a été arrêté en accord des prescriptions du traité de Washington. Des modifications appropriées les ramèneraient au tonnage maximum prescrit. Mais on leur conserverait leur cuirasse, une batterie de 16 canons de 15 cm et une vitesse de 25 nœuds.
- La marine japonaise suit la même politique. On y transformera en porte-avions 2 croiseurs de bataille de 45 000 tonnes, dont le traité de Washington a semblablement arrêté la carrière.
- Fig. 5. — Lancement d'un avion par catapulte à bord d’un cuirassé
- . américain.
- (Photo obligeamment communiquée par l’Attaché naval américain en France.)
- p.187 - vue 191/688
-
-
-
- 188 LE NAVIRE DE GUERRE PORTE-AVIONS
- En France nous n’avons, en fait de porte-avions, que le petit croiseur Bcipaume de 800 tonnes, à bord duquel 4 avions seulement peuvent trouver place et qui ne possède pas de moyens d’envol ou d’atterrissage. Il a été décidé d’installer en porteur d’avions le cuirassé Béarn de 55000 tonnes qui faisait partie du lot de 4 navires de combat dont la construction avait commencé avant la guerre et qu’on a décidé de ne pas achever. Seul le Béarn prendra la mer, mais comme adjoint à l’escadre pour lui fournir les appareils aériens dont elle aura besoin dans sa navigation au large, et on le munira de tous les engins et de tous les perfectionnements dont une certaine expérience a déjà démontré l’utilité. Le Béarn est actuellement aux Chantiers de la Seyne-sur-Mer près Toulon où on procède à son achèvement et à son installation.
- Voyons maintenant quelles sont les dispositions spéciales qui mettent le navire porte-avions à même de bien remplir son rôle. Nous prendrons comme type YHermes anglais, le premier des porte-avions qui ait été construit spécialement pour cette destination.
- La longueur du navire est d’environ 500 mètres, son déplacement de 10 950 tonnes. La largeur du pont d’envol est de 57 mètres, alors que le pont au-dessous a seulement 51 mètres. Sa coque est munie d’un soufflage qui la protégera contre l’explosion des torpilles. Son armement comprend 6 canons de Il cm et quelques canons anti-aériens.
- Le pont d’envol et d’atterrissage est complètement dégagé, sauf sur un certain espace à tribord, qu’on appelle Vile et dans lequel sont rassemblées la cheminée, une grue, la passerelle avec les feux de navigation, le mât pour la T.S.F. Cette île, réduite aux dimensions minima, est située tout à fait en abord, de façon à réduire le moins possible la surface du pont réservé aux manœuvres des avions (fig. 5). À bord de VArgus (fig. 4), aucun obstacle n’encombre le pont, la fumée des chaudières s’échappe par un tuyau horizontal qui débouche à l’extrême-arrière, à la façon des tuyaux d’évacuation des voitures automobiles.
- La figure 5 montre l’arrière de YHermes. On y remarquera une sorte de poutre transversale qui doit servir à lancer les avions au moyen d’une catapulte. Sur les futurs « aircraft-carriers » américains, on placera un certain nombre de ces catapultes a air comprimé, montées sur plaque tournante pouvant s’orienter dans toutes directions, et on y trouvera également une chaîne sans fin permettant également de lancer un avion. Ce mécanisme reste d’ailleurs secret jusqu’à présent Q).
- Le pont placé au-dessous du pont d’envol sert de hangar aux avions qui y sont rangés en nombre aussi grand que possible De grands panneaux font communiquer les deux ponts et des ascenseurs transportent les appareils de l’un à l’autre.
- Assurément il eût été préférable de mettre les avions à l’abri des projectiles en plaçant leurs han-i. Revue Maritime, sept. 1923.
- gars au-dessous de la flottaison. Mais on a dû renoncer à le faire, parce que la manœuvre des avions dans leur hangar exige la suppression de tout cloisonnement, et que le plus élémentaire souci de la sécurité du navire comporte que toute la partie de la coque située sous l’eau doit être, au contraire, fortement cloisonnée.
- Pour faciliter l’atterrissage, le pont est muni d’un réseau de câbles de fer s’étendant les uns de l’avant à l’arrière, les autres en travers (1). L’atterrissage est très simple. Le pilote, au moment d’atterrir, laisse tomber un grand crochet pendu sous le fuselage. Quand les roues de l’avion touchent le pont, ce crochet s’engage dans un des câbles traversiers et des contrepoids, placés sous le pont, absorbent très rapidement la vitesse de l’appareil. Pendant ce temps, une série de crochets plus petits s'engagent •dans les câbles longitudinaux maintenus à une hauteur de 50 cm par des supports que la coque de l’avion rabat sur l’avant quand il atterrit, et empêchent ainsi l’appareil de tourner sur lui-même.
- D’après les expériences faites à bord du « aircraft-carrier » américain Langley, il faut environ o minutes pour prendre un appareil dans le hangar, le placer sur l’ascenseur, et le porter au pont d’aviation. Une minute suffit à l’équipage pour débarrasser un appareil de ses câbles d’atterrissage etl’apprêter pour un autre vol. Le lancement et l’envol se font au moyen des catapultes dont j’ai parlé plus haut.
- Tout ceci dit, et il s’en dégage l’impression que l’aviation navale a devant elle un bel avenir, il ne faut pas cependant poser en principe qu’elle pourra-à elle seule faire face à toutes les besognes maritimes, malgré les perspectives de progrès et de perfectionnements qui lui permettront de serrer de plus près certains objectifs. "
- Pour ce qui concerne l’envol et l’atterrissage sur les navires notamment, il faut penser aux difficultés qui résulteront toujours des mouvements de la plate-forme. Par grosse mer, il est bien des cas où il sera impossible de rien tenter. En l’état actuel des choses, même par vent modéré, le porte-avions doit se placer de façon spéciale pour permettre à ses avions de se poser ou de s’envoler. Cette manœuvre est en outre assez longue, et se fait à petite vitesse, En temps de guerre, on voit du reste à quels dangers elle expose le navire lui même, en proie aux attaques faciles des sous-marins, des avions ennemis, sans compter les obus.
- De ce point de vue les très grands navires comme le Béarn offrent, par leur plus grande résistance au roulis et au tangage, une stabilité de plate-forme toute à leur avantage. Ils ont par conséquent les préférences des aviateurs maritimes. Leur tort est de coûter très cher et de rester trop vulnérables, de par leurs dimensions. Ils représentent trop d’œufs dans un seul panier.
- Le problème du meilleur porte-avions reste donc à l’étude. Cl Sauvaire Jourdan.
- 1. Revue Maritime, fept. 1925.
- p.188 - vue 192/688
-
-
-
- 189
- L’ŒIL DE L’ANABLEPS TÉTROPHTALMUS
- Si les doctrines transformistes ont privé le savant des joies de l’admiration naïve en face des phénomènes d’adaptation particulièrement manifestes ou complexes, il est cependant encore des cas où la surprise peut lui dicter des locutions condamnables, et le faire parler de « tour de force » ou de « chef-d'œuvre » de la Nature.
- De ces difficultés cherchées et résolues avec élégance, l’Anableps té-trophtalme nous donne à coup sùr un des exemples les plus curieux.
- Je n’ai pas vu cet animal lui-même ; ce que nous allons en dire est emprunté aux zoologistes ; mais j’ai vu et étudié son œil, et c’est là, comme nous verrons, la grande affaire.
- Nous pouvons deviner dans son nom quatre radicaux grecs, qui doivent signifier : qui regarde en l’air et qui a quatre yeux. C’est un poisson vivipare des côtes de l'Amérique tropicale. Il est de coloration jaune verdâtre, avec quelques bandes longitudinales noires. Sa longueur peut dépasser trente centimètres. Comme d’autres poissons de ces parages, on le rencontre en troupes nombreuses sur les fonds vaseux qui découvrent à marée basse. Quand on l’inquiète, il regagne la mer en bondissant.
- Sa forme est curieuse : le dessus de la tête et de la moitié antérieure du corps est plat; la nageoire dorsale est petite et reléguée loin vers l’arrière. Les yeux sont haut placés et volumineux.
- Quand l’animal, selon son habitude, nage tout contre la surface de l’eau, rien ne peut émerger que ses yeux ou plutôt, rien que la moitié' supérieure de ses yeux, la moitié inférieure restant immergée.
- Or si l’on regarde un de ces yeux de plus près, on constate derrière la cornée, volumineuse et bombée, que la pupille, au lieu d’être simple comme chez
- Fig. 2. — Coupe verticale de l’œil de l’Anableps tétrophtalme.
- II. Niveau de l’eau passant par l’entrée du lier! optique et par le pont de l’iris; A,. Axe de vision dans l’air; A... Axe de vision dans l’eau.
- L’Anableps tétrophtalme nageant à lajurjace de l’eau.
- les autres animaux, est divisée en deux par un pont transversal de l’iris, au niveau même de ce qui correspond à la ligne de flottaison, de sorte qu’il existe en réalité deux pupilles, l’une aérienne, l’autre sous-marine.
- Une coupe de l’œil permet de voir que la rétine est orientée dans des plans différents, en regard de ces deux orifices ; un seul et même organe possède donc, pour ainsi dire, deux objectifs et deux plaques sensibles. Les axes des deux systèmes sont perpendiculaires l’un à l’autre.
- On sait, ou l’on peut deviner, que les conditions de la réfraction sont très différentes dans l’air et dans l’eau ; un même œil ne saurait servir à la fois dans ces deux milieux. De ce point d’optique, l’œil de l’Anableps offre une excellente démonstration.
- Quelques notions théoriques élémentaires sont nécessaires ici.
- Dans tout système dioptrique, le rôle le plus important est joué par la surface qui sépare les milieux dont les indices de réfraction diffèrent le plus. L’œil humain possède une cornée, convexe du côté de l’air, et d’un indice de 1,556; puis une humeur aqueuse, à peine différente; puis un cristallin biconvexe dont l’indice (total) est .de 1,457; puis un corps vitré de même indice que l’humeur aqueuse. Il est évident que c’est la courbure de la face antérieure de la cornée qui donne à ce dioptre la plus grande partie de sa force réfringente. Les courbures du cristallin ne sont pas entièrement à négliger, cependant ; c’est l’augmentation de leur convexité qui nous permet d’accommoder aux courtes distances notre œil qui, au repos, est au point pour l’infini.
- Si ce système est immergé dans l’eau, dont l’indice se confond pratiquement avec celui de la cornée, l’effet de cette surlace disparait; son rayon de courbure, et. même sa régularité, n’ont plus aucune importance. C’est alors au cristallin qu’est dévolu le rôle principal ; mais il est clair qu’en raison de la faible différence entre les indices, les convexités devraient être beaucoup plus accentuées si l’image doit être au point. Il est de fait que les
- p.189 - vue 193/688
-
-
-
- 190
- METHODE MODERNE DE FORAGE DES PUITS
- cristallins des poissons, avec un indice d’ailleurs très légèrement supérieur, sont sensiblement sphériques. alors que chez les animaux aériens ils ont la forme d’une lentille. 11 en est de même pour les autres animaux adaptés à la vie aquatique; on voit chez le Têtard le cristallin s’aplatir à mesure que l’animal devient Grenouille.
- Jetons maintenant un coup d’œil sur le cristallin de l’Anableps, et nous ferons la très curieuse consta-
- tation que dans Taxe de vision aquatique les courbures sont beaucoup plus accentuées que dans Ta se de vision aérienne (en chiffres très arrondis, les rayons sont entre eux comme 1 et 1 ,2 pour les aquatiques, comme.1, 4 et 5 pour les aériens).
- Quelle plus jolie démonstration pourrait-on souhaiter ?
- I)' Marc Lajsdolt.
- MÉTHODE MODERNE DE FORAGE DES PUITS
- La question de l’approvisionnement en eau devient de plus en plus importante dans la vie moderne. Non seulement les villes ont une demande sans cesse croissante, par suite de l’augmentation de leur population et aussi du développement de l’hygiène, mais encore les industries les plus diverses consomment des volumes d’eaux auxquels on n’aurait même pas songé il y a quelques années.
- Le haut prix du charbon a eu pour conséquence de rendre nécessaire, pour une production économiquede la force motrice, l’emploi des condenseurs dans toutes les installations à vapeur de quelque importance. Or, un condenseur n’a un bon rendement que si le vide qui y est maintenu est aussi grand que pos- j sible, c’est-à-dire si la circulation d’eau qui assure son refroidissement est suffisamment intense. Remarquons également qu’un grand débit d’eau dans les condenseurs permet l’emploi d’eaux de médiocre qualité, eaux calcaires par exemple ; car dans ces conditions, oes eaux ne s’échauffent pas outre mesure dans l’échangeur de température et les dépôts calcaires y sont insignifiants.
- Certaines industries font de grosses consommations d’eau : l’industrie du caoutchouc, par exemple, qui l’utilise pour la réfrigération des moules dans lesquels est façonné le caoutchouc; la papeterie, la tannerie, les fonderies, les usines de produits chimiques, etc. Aussi, autant que possible, ces industries sont-elles installées au voisinage de sources, de cours d’eaux ou rivières les assurant d’un approvisionnement abondant. Mais toutes les usines ne peuvent être ainsi situées. D’autre part, la consommation sans cesse grandissante, les règlements d’hygiène restrictifs, le développement des villes menacent de plus en plus de provoquer une disette d’eau, ce qui peut paraître au premier abord paradoxal.
- Tout le monde sait que Paris et surtout sa banlieue ne disposent pas actuellement de l’approvisionnement en eau nécessaire à leur population et à leurs industries ; la plupart des grandes villes sont dans les mêmes conditions : la ville de Rouen, par exemple, envisage de capter des sources éloignées et d’amener leur eau à grands frais au contre de consommation.
- En Amérique, où le réseau des cours d’eau est extrêmement pauvre et où les industries se . sont
- créées et développées souvent très loin d’un point d’eau, la question s’est posée déjà depuis longtemps, et la solution que les ingénieurs ont développée sur une échelle que nous ne soupçonnons pas en Europe est extrêmement intéressante.
- Rs ont constaté que, en général, U y a plus d’eau en réserve dans la terre que Ton n’en recueille par les sources et cours d’eau superficiels. Les eaux souterraines, par leur abondante répartition, constituent le réservoir auquel on devrait puiser normalement; l'emploi des eaux superficielles décomposition, propriétés et débits instables devrait, au contraire, êire considéré comme une solution de fortune.
- Cette conclusion peut paraître exagérée, mais lorsque Ton cite les débits obtenus par puits dans des régions d’aspect superficiel désertique, aussi bien que dans des localités situées au voisinage de rivières ou de la mer, on comprend mieux l’attitude des Américains. C’est ainsi, par exemple, que la citéd’El Paso (Texas), située au centre d’une région désertique, dispose cependant de 75 000 mètres cubes d’eau par jour qu’elle tire d’une nappe aquifère à 800 mètres sous terre. Les débits de 100 mètres cubes par minute ne sont pas exceptionnels et aux-environs immédiats de New-York, à Brooklyn, et dans la-presqu'île de Long Island, la mise en exploitation des couches d’eau souterraines a permis d’assurer l’approvisionnement en eau qu’il aurait été impossible de réaliser autrement. New-York même, dont la population augmente avec une vitesse incroyable, ne peut plus songer à s’alimenter par la captation des sources, les distances auxquelles il faudrait aller les chercher dépassant 100 kilomètres; la mise en valeur des nappes souterraines est actuellement à l’étude.
- Les systèmes de sondages, de forage et d’agencement des puits ont dû être largement perfectionnés pour répondre aux conditions des problèmes posés par les demandes de débits énormes que nous avons indiqués plus haut et nous allons donner quelques détails sur un des procédés les plus modernes employés en Amérique.
- Le plus grave reproche que Ton fasse aux puits des systèmes ordinaires,à part leur trop faible débit, est de ne pas fournir un débit constant. Tel puits qui, dans les premiers jours après son forage, donne
- p.190 - vue 194/688
-
-
-
- METHODE MODERNE DE FORAGE DES PUITS
- 191
- 200 mètres cubes par jour, ne peut plus en fournir que 100 après un an.
- Ce n’est pas que la nappe aquifère dans laquelle il s’alimente se soit appauvrie (sauf de très rares exceptions), mais bien parce que peu à peu sa base s’est colmatée, bouchée.
- La crépine métallique, le grillage qui forme l’extrémité du tube d’acier que l’on a enfoncé en terre pour aller chercher l’eau à la nappe, a eu ses mailles obstruées et l’eau pompée ne peut plus pénétrer dans le tube que par la moitié, le quart et même moins des ouvertures qui existaient au début. Si l’on pouvait donc, d’une part, augmenter considérablement la surface perforée par laquelle l’eau afllue dans le tube de pompage et d’autre part empêcher le colmatage de cette surface, on aurait atteint le double but d’accroitre dans de grandes proportions le débit (rendant par exemple un seul puits nécessaire Là où auparavant il fallait en utibser plusieurs) et d’assurer sa régularité.
- Dans le système que nous allons décrire, ces résultats sont atteints par la constitution, à la base du puits,. d’un énorme tas de cailloux remplissant le rôle d’un véritable filtre à gravier, il empêche que la succion de la pompe, déterminant dans le terrain un appel d’eau, ne provoque l’entraînement de particules solides bouchant les pores de la crépine d’aspiration.
- La figure 1 représente schématiquement l’ensemble de l’installation d’un puits de ce système, j comparée à celle d’un puits ordinaire à pompage j par air. On aperçoit nettement la différence de ' constitution de la base, et on se rend compte immé- j diatement de l’efficacité plus grande qu’elle donne au nouveau système comparé à l’ancien.
- Mais comment peut-on arriver à constituer ainsi ce dépôt artificiel de graviers? Pour répondre à cette question, nous allons exposer une des méthodes de forage employées, qui présente, comme nous le
- Fig. i. — A gauche, puits ordinaire.
- A droite, puits américain avec filtre de graviers à la base.
- verrons, un certain nombre de particularités extrêmement remarquables.
- Une perforatrice rotative, constituée par une masse conique, pesant parfois plusieurs tonnes, tourne à grande vitesse et s’enfonce dans le terrain. L’arbre métallique, qui commande son mouvement, est creux et une pompe très puissante y refoule un mélangé d'eau et d'argile. Ce mélange, arrivant dans la tête de la perforatrice, remonte par l’espace annulaire comme l’indique la figure 2 et entraîne les matières désagrégées par cette machine. Les proportions d’eau et d’argile sont calculées de telle sorte que, dans cette gelée pâteuse, les produits à remonter restent en suspen&ion et ne retombent pas au fond du trou. 11 n’est donc pas nécessaire, grâce à cet artifice, d’avoir une vitesse de circulation très grande. Le liquide boueux passe ensuite dans un bac de décantation où il abandonne les matières qu’il retenait en suspension et il est repris par la pompe qui le renvoie dans la perforatrice.
- Le forage progresse donc et, chose curieuse, aucun tubage n’est nécessaire.
- On a pu pousser jusqu’à 1200 mètres un sondage par cette méthode, sans être obligé de consolider les parois par un cylindre métallique, comme c’est
- p.191 - vue 195/688
-
-
-
- \92 MÉTHODE MODERNE DE FORAGE DES PUITS
- ordinairement le cas. C’est qu’en effet ici, le trou de sondage est rempli d’une boue liquide dont la pression statique, qui s’exerce latéralement, empêche les terrains de venir l’obstruer. Si par exemple la densité du mélange argile-eau est de 1,3 et que le forage ait atteint une profondeur de 200 mètres, la pression de cette colonne, égale à 260 kilogrammes par centimètre, est plus que suffisante pour contre-balancer la pression des terrains. Bien plus, si ceux-ci sont meubles, sableux ou fissurés, sous l’influence de la pression, le mélange argileux pénétrera dans leur masse, parfois jusqu’à dix mètres du trou de forage et il bouchera les fissures, agglomérera les terrains, les rendant imperméables aux venues d’eau qui pourraient se produire. Il n’est pas besoin d’insister sur les avantages que présente ce résultat lorsque l’on recherche l’eau pour l’alimentation des villes. En un mot, le puits, par suite de son système de sondage, est entouré d’une gaine d’argile qui se solidifie dans les terrains traversés, et les pénètre automatiquement assurant ainsi une parfaite étanchéité.
- Lorsque la nappe d’eau à laquelle on veut puiser est atteinte, on remonte la perforatrice et on descend alors le tubage extérieur du puits, constitué par des anneaux métalliques de 3 mètres de long vissés les uns aux autres et enfoncés dans la masse boueuse à l’aide de vérins hydrauliques. On arrive facilement à descendre 500 à 400 mètres de tubage par jour, car on n’éprouve aucune résistance à l’enfoncement, l’argile et l’eau qui remplissent le
- Fig. 5. — La formation du filtre protecteu -en g raviers à la base du puits.
- -Arbre moteur de /e pompe
- Tube H supportant gT=ta crépine
- trou supprimant tout frottement. L’opération suivante est la mise en place de l’écran perforé formant crépine et la constitution du massif de gravier à la base du puits. On commence par descendre au fond du puits la crépine dont la figure 3 donne une vue d’ensemble. Celte crépine est vissée à l’extrémité d’un large tube, de diamètre inférieur à celui du tube précédemment mis en place et qui porte à sa base une pompe refoulante très puissante, dont l’arbre moteur est commandé directement de la surface (fig. 4).
- On commence par vider le puits du mélange argileux. La pompe continuant à fonctionner aspire de l’eau provenant de la couche aquifère et en même temps du sable qui se trouve entraîné et est rejeté à l’extérieur, créant ainsi un vide sous la crépine. A l’aide de vérins hydrauliques, on appuie fortement, de la surface du sol, sur le tube supportant cette crépine qui s’enfonce progressivement. En même temps, on verse, dans l’espace compris entre les deux tubes concentriques, une quantité de petits graviers approximativement égale au volume de terre et de sable extrait. La crépine descend donc dans la couche aquifère en s’entourant de son lit protecteur de gravier (fig. 5).
- Lorsqu’elle a pénétré suffisamment dans' le terrain, on dévisse le tube qui la supporte et on remonte toute l’installation auxiliaire. Il n’y a plus alors qu’à descendre dans le puits, à la profondeur voulue, une pompe refoulante pour que le puits entre en fonctionnement. On remarquera, ce qui est une autre caractéristique de ce système, que la pompe est immergée à la base du puits, ce qui lui assure un meilleur rendement et supprime tout bruit, toute complication mécanique à la surface. D’ailleurs, dans certains modèles de puits, il n’y a même plus aucune installation de surface. La pompe et son moteur électrique sont au fond du puits et seul un câble électrique les relie à la surface.
- Nous avons décrit avec quelques détails ces systèmes de puits dont l’usage se répand de plus en plus en Amérique, parce qu’ils nous semblent mériter l’attention par leur ingéniosité, en même temps qu’ils constituent, au point de vue des méthodes de forage et de l’exploitation des couches d’eau souterraines, un progrès considérable sur les procédés européens. IL Vigneron.
- Crep/ne
- Fig;. 4
- Coupe schématique du puits avec son tubage et sa pompe.
- Le Garant : T. Mass pu. — Imprimerie I.uiihe, rue de Fleuras, 9, Tans.
- p.192 - vue 196/688
-
-
-
- 29 MARS 1924.
- Fig. i. — Bassins d’élevage.
- LA NATURE. — N° 2608
- LE
- Au deuxième Congrès national de l’étang, qui vient de se tenir récemment à Paris, sous le haut patronage du Ministre de l’Agriculture, avec l’appui très efficace de la Compagnie d’Orléans et sous la présidence de M. De-nizet, des spécialistes autorisés s’efforcèrent de rechercher les moyens propres à développer la pisciculture française afin*; d’abaisser le coût de la vie.
- On sait que les carpes et les brochets, les truites ou les anguilles possèdent d’incontestables mérites culinaires. On les élève, du reste, dans un milieu qui, sans cela, serait improductif ; ils grandissent en consommant des aliments inutilisables pour l’homme et, en variant nos menus, ils apportent à notre ration des matières azotées, qui nous permettent d’économiser quelque peu la viande de boucherie.
- Examinons donc à la lumière des rapports présentés au Congrès ou des documents antérieurs, quelles sont nos ressources à ce point de vue et les méthodes rationnelles à employer pour accroître notre « cheptel aquatique », composé surtout de Carpes.
- Et d’abord de quelle étendue disposons-nous, en France, pour la pisciculture? D’après les estimations officielles les plus récentes, les eaux non courantes, v disséminées en différentes régions de notre territoire, couvrent une superficie totale de 176 040 hectares dont les deux tiers se rapportent à des étangs exploitables, soit environ 120000 hectares. A ce
- total, M. l’ingénieur agronome Poher, directeur des Services commerciaux de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, ajoute 4128 hectares pour les étangs alsaciens et lorrains.
- Il convient de réserver les froids lacs de montagnes aux Salmonidés et d’élever, dans les étangs de plaine et de moyenne altitude (les plus nombreux d’ailleurs dans notre pays), les Carpes, qui exigent des eaux atteignant une température de 20°, durant l’été.
- L’étendue des étangs français varie de quelques hectares à une centaine et plus ; mais ceux compris entre 10 et 50 hectares fournissent les meilleurs rendements. Quant à la profondeur la plus favorable, elle ne doit guère dépasser 2 m., car les poissons ont alors suffisamment d’espace pour nager et, vu sa minime épaisseur, la couche d’eau s’échauffe aisément pendant la belle saison.
- Parmi les groupes d’étangs qui offrent une certaine importance dans notre pays, distinguons d’abord ceux des jBombes, dans le département de l’Ain, célèbres depuis le xme siècle; on y élève les Carpes, les Tanches et les Brochets. Dans la Haute Somme, des étangs occupent la vallée du fleuve et paraissent se substituer à lui entre Béthencourt et Bray ; clôturés par des levées de terre dites hardines qui servent à la culture des plantes maraîchères, ces pièces d’eau, dans lesquelles les propriétaires préfèrent élever des Tanches, s’étendent sur plus de 1600 hectares.
- Dans le centre de la France, on 15. — 195
- Fig. 2. — Distribution de nourriture aux poissons d’un étang, au moyen de mangeoires flottantes.
- B9‘
- p.193 - vue 197/688
-
-
-
- 194 ...- —. LE CONGRÈS NATIONAL DE L’ÉTANG
- rencontre de nombreux étangs, principalement dans la Brenne et la Sologne. - - ...
- Parmi les plus notables d’entre eux, on cite le réservoir de la Marmande ou étang de" Pirot (Allier), d’une superficie de 83 hectares; ses Carpes et ses Perches sont renommées. A peu de distance de là, dans l’arrondissement de Saint-Amand (Cher), se voit l’étang de Valigny où frétillent notamment de superbes Carpes et d’excellents Cardons; alimenté par l’Auron, il occupe une étendue de 110 hectares. Dans le même département, se trouve le grand étang du Puits, d’une contenance de 200 hectares environ. Formé par la Sauldre et les eaux de pluie, cet immense bassin renferme beaucoup de Brochets, de Perches, de Brèmes, de Carpes, de Gardons et d’Anguilles.
- Quant aux étangs des Alpes, des Pyrénées et du Massif Central, désignés sous le nom de lacs, ils conviennent surtout aux Salmonidés. En particulier, les Lavarets du lac du Bourget sont aussi appréciés que les Truites du lac de Tignes, situé à 2088 m. d’altitude et un des plus curieux de la Savoie, au point de vue piscicole. Dans le lac très poissonneux de Paladru (Isère) qui, d’après M. l’ingénieur Delebecque, occupe une. superficie d’environ 390 hectares et contient 97197000 m3 d’eau, on pêche des Carpes, du Brochet et surtout de délicieux Ombles-Chevaliers. Enfin les lacs d’Auvergne et des Pyrénées mériteraient d’attirer l’attention des pisciculteurs ; car, en dépit de leur altitude souvent élevée, lés mollusques et les crustacés qu’ils renferment fournissent une alimentation facile aux Salmonidés. Du reste, plusieurs essais de repeuplement ont déjà été tentés avec succès ; entre autres dans le lac Pavin (Puy-de-Dôme).
- Dans les établissements où l’on élève les Salmonidés, destinés au repeuplement des rivières et des pièces d’eail privées, on se livre à un minutieux examen des reproducteurs ; leur choix a une grande importance pour l’avenir de la race. Une fois la sélection opérée, on met les sujets d’élite dans des bassins spécialement aménagés où ils peuvent se mouvoir à l’aise dans une eau fraîche, courante et limpide. Il faut ensuite visiter fréquemment les captifs mis en observation afin de saisir l’instant propice pour provoquer la ponte artificielle. Plusieurs praticiens préfèrent se procurer des œufs fécondés naturellement. Pour cela, ils attirent les Truites dans des rigoles où elles viennent frayer et où l’on récolte aisément la ponte.
- - Quel que soit le mode d’obtention des jeunes poissons, on les met dans les bassins d’alevinage dès leur naissance, puis dans lës ruisseaux d’alevinage. Là, il faut pourvoir à leur alimentation qui se compose d’ordinaire,, dans les premiers temps, de rate de bœuf crue et écrasée en pulpe sanguinolente. Puis, lorsque les alevins grossissent, on les dirige dans d’autres bassins d'élevage (fig. 1) et ensuite dans des étangs où on leur distribue la nourriture sur des mangeoires spéciales formées d’un
- plateau carré métallique muni de rebords (fig. 2). Le milieu du fond est relevé en forme de pyramide. On dépose sur celte mangeoire de 20 à 25 kg de viande et on la suspend à un flotteur métallique. C< s derniers se~ trouvent répartis en nombre suffisant sur la surface des étangs et une barque sert à faire le service.
- Toutefois, comme l’indique le Dr Brocchi dans son traité sur la Pisciculture, avant d’exploiter un étang il faut examiner sa flore, sa faune et la nature du fond; car s’il convient par exemple à l’élevage des carpes, il peut être détestable pour la truite. Après cette enquête préliminaire, on le munit d’une pêcherie ou « poêle », portion creusée plus profondément et disposée près de la bonde de décharge ; c’est là que les poissons viendront s’abriter des grandes chaleurs, se préserver des froids et se réfugier à l’époque où l’on pêche dans l’étang. Un canal de décharge, ordinairement en maçonnerie, part du point le plus bas du poêle et porte à son extrémité supérieure un trou bouché par un tampon tronconique qui se manie au moyen d’un levier et d’une crémaillère.
- Quand de petites touffes de roseaux se forment dans l’étang, il faut les conserver ; car les Gardons, les Brèmes, les Vairons, les Barbeaux, les Carpes, etc., déposent leurs œufs sur les plantes aquatiques. En outre, les Salmonidés trouvent là les insectes nécessaires. Mais on doit faire disparaître les amas d’herbes flottantes par un fciucar-dage effectué tous les ans (fig. 3).
- Aux Congrès de 1918 et de 1924, on a surtout préconisé, dans les étangs français de moyenne altitude ou de plaine, l’élevage des Carpes qui, à égalité de conditions, croissent plus rapidement que les Brochets, les Perches ou les Anguilles et autres espèces dé poissons d’eau douce à la chair réputée.
- Chaque année, d’avril-mai à septembre-octobre selon les départements, la Carpe ordinaire s’agite énormément dans les eaux des étangs dont la température dépasse alors 15° ; pendant ce temps elle s’alimente et engraisse. Puis, à cette vie active, succède de l’automne au printemps suivant, une période de doux farniente et d’hibernation. Ne se déplaçant plus guère dans l’élément liquide devenu plus froid, cessant de manger et de croître, elle finit par s’engourdir. Ces observations physiologiques dictent leur conduite aux carpiculteurs. Pendant le ralentissement de l’énergie vitale de leurs pensionnaires, les éleveurs doivent les transporter ou les manipuler, tandis que durant la saison estivale, ils troubleront le moins possible leurs habitudes. Comme cette époque correspond aux périodes d’accroissement réel, on compte l’âge des carpes par le nombre d’étés quelles ont vécus. Ainsi une carpe, placée dans des conditions normales, mesure seulement 8 cm et pèse environ 15 gr. ; l’été suivant son poids a décuplé ; au troisième, elle pèse de 500 à 750 gr. ; au quatrième de 800 à 1200 gr. et
- p.194 - vue 198/688
-
-
-
- 195
- LE CONGRÈS NATIONAL DE L’ÉTANG
- au cinquième été, elle atteint 1800 à 2400 gr.
- La vitesse d’accroissement des individus dépend du choix des reproducteurs, de la taille des alevins ainsi que de la faune et de la flore de l’étang où ils vivent. Selon M. le professeur Louis Roule, les races communes de carpes françaises exigent en moyenne quatre étés, soit environ Irois ans et demi avec les périodes intercalaires d’hibernation pour parvenir à la taille marchande.
- Par contre, le même naturaliste conseille aux propriétaires d’étangs d’élever soit les Carpes-miroir ainsi nommées parce qu’elles portent plusieurs rangées de grandes écailles, soit les Carpes-cuir au corps presque dénudé.
- Grâce à des sélections méthodiques, on maintient la pureté de ces races à croissance rapide, que le pisciculteur peut expédier sur les marchés, dès le troisième été, gagnant ainsi un an sur les procédés habituels.
- Parmi les variétés de la Carpe-miroir, on estime beaucoup celle dite « de Galicie » au corps trois fois plus long que haut. Parmi les Carpes-cuir, on vante la race « de Franconie » aux formes allongées, la nouvelle race « de Bohême » ou « de Wittingau » intermédiaire, comme aspect général, entre la précédente et la race « d’Aischgrund » très trapue, mais bossue. Certains spécialistes ont également réussi à sélectionner, entre autres Carpes à écaillure ordinaire, la variété dite « de Lausitz » qui, trapue et très en chair, se distingue par la finesse de sa tête ainsi que par la rondeur de son dos.
- D’ailleurs, afin d’étudier les multiples problèmes
- qui se posent en pisciculture appliquée, on a dù créer en France un certain nombre d’établissements scientifiques. Sur l’initiative de M. Roule, dont nous avons déjà rappelé ci-dessus les intéressants travaux, on a fondé, il y a peu de temps, un laboratoire d’ichtyologie générale à l’Ecole des ,Hautes-Etudes, on a ouvert à Mézières-en Brenne une intéressante station piscicole dirigée par M. Convergne et relevant de l’Office agricole départemental. Enfin une Union nationale des Syndicats de l'étang, constituée en avril 1919, groupe, sous la direction de M. Denizet, les propriétaires piscicoles, coordonne leurs efforts, défend leurs intérêts et oriente l’élevage du poisson dans des voies plus scientifiques et plus rationnelles. Cette dernière association a déjà obtenu certains résultats d’intérêt pratique. Peu de temps après sa fondation, elle a organisé, en particulier, une mission en Lorraine et en Alsace. Plus récemment, l’administration lui a octroyé diverses subventions, qui vont lui permettre d’installer de nouvelles stations d’élevage en divers points de la France.
- Enfin à la réunion du Congrès qui vient de se tenir à Paris et qui est en partie l’œuvre de cette Union syndicale, on a encore parlé de bien d’autres sujets que nous ne pouvons qu’effleurer. On a rappelé notamment les recherches poursuivies jusqu’ici et continuées actuellement par l’École des Eaux et Forêts de Nancy sur les races de poissons d’élite destinés à repeupler nos eaux douces privées et à en augmenter le rendement.
- Certains congressistes ont formulé aussi les directives à suivre par les exploitants d’étangs naturels ou
- Fig. .{. — Viviers-réserVoirs où les poissons sont entreposés jusqu’au moment de l'expéiition.
- p.195 - vue 199/688
-
-
-
- 196
- LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS
- artificiels. Le D' Guénaux, entre autres, a montré que, pour se développer, le commerce du poisson d’eau douce (fig. 4) exigeait un transport rapide par voie ferrée. Dans son travail, cet auteur examine d’abord le matériel en service sur nos lignes pour cet usage. Il existe actuellement deux types de voitures-viviers : le wagon à moteur et le wagon oxygène. "Le premier comprend des bacs à poissons qui occupent les 4/5 du véhicule et la chambre des machines où se trouve un moteur à essence actionnant une pompe centrifuge, destinée à assurer la circulation et l’aération de l’eau des cuves. Le second type de wagon, auquel le Dr Guénaux donne la préférence, se compose de deux grands réservoirs capables de contenir 5 à 6000 kg de poissons et autant d’eau, que des bouteilles d’oxygène aèrent convenablement. Le savant technicien passe ensuite en revue l’organisation des transports dont il signale, chemin faisant, les défectuosités et il propose, entre autres mesures à adopter, que les convoyeurs de wagons-viviers reçoivent des permis de circulation comme les toucheurs de bestiaux, que la glace nécessaire au rafraîchissement de l’eau soit transportée gratuitement et que les wagons-viviers circulant à vide bénéficient en grande vitesse des mêmes réductions que les wagons réfrigérants.
- Mais il ne suffit pas de produire du poisson et de
- le transporter, il faut encore lui trouver des débouchés rémunérateurs. Aussi M. de Tarade a présenté, sur les modes de vente du poisson, un excellent rapport que le manque de place nous empêche malheureusement de - résumer. Notons cependant, parmi les remarques intéressantes qui y figurent, le conseil donné aux aquiculteurs d’augmenter l’effectif normal de carpe de 10 pour 100 en poids de tanches et de 10 brochets à l’hectare, afin de donner satisfaction aux marchands qui se plaignent du manque d’assortiment des expéditions. Constatons encore que l’écoulement du poisson d’eau douce est devenu difficile à Paris par suite de la suppression des péniches amarrées au quai de 1 ’Hôtel-de-Ville et qui servaient de viviers aux expéditeurs. Cependant, le débit de notre « cheptel aquatique » est assuré, puisque cette année la demande des centres urbains a dépassé de loin les disponibilités de nos pêcheries. Il faut donc intensifier la production des eaux douces de France, en sélectionnant les espèces de poissons qui y vivent et surtout en leur distribuant une nourriture artificielle peu coûteuse, commeonlepratique couramment aujourd’hui en Allemagne, en Yougo-Slavie et en Tchéco-Slovaquie. De la sorte selon M. de Tarade, le plus piètre étang rapportera, sans main-d’œuvre, 150 francs au moins à l’hectare, somme non négligeable par temps de vie chère! Jacques Boyer.
- «aï**
- LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS
- 1. — Les voyages de nuit. — L’aviation marchande. — Notre dernier article sur l’aviation exposait un projet de vol de nuit, appliqué à l’aviation marchande, et tendant à diminuer le « handicap » dont souffraient jusqu’alors les transports aeriens, par leur inaction nocturne.
- De nombreux essais de vol de nuit avaient déjà été tentés soit par la France, soit par la Grande-Bretagne, notamment sur la ligne Paris-Londres, mais ces premières tentatives n’avaient pas été couronnées de succès.
- Le matériel volant utilisé n’était pas alors suffisamment approprié à ce genre d’exploitation et les avions monomoteurs ou bimoteurs employés ne procuraient pas une suffisante sécurité à l’équipage et aux passagers pour qu’on pût faire courir à ceux-ci, en exploitation normale, les risques graves qu’aurait entraînés en pleine nuit une simple panne de moteur.
- D’autre part, l’organisation de l’infrastructure n’était pas suffisamment développée pour permettre les voyages réguliers par des nuits opaques; le nombre des phares de repérage avait été prévu trop faible pour que les pilotes puissent passer sans coupures de l’un à l’autre, même par brume légère au sol.
- Nos lecteurs ont vu dans notre précédente étude que le projet de vol de nuit entre Belgrade et Bucarest avait été organisé sur de toutes autres
- bases, tant en ce qui concerne le choix du matériel volant que l’infrastructure ; ce perfectionnement était d’ailleurs une condition indispensable pour la réussite du projet, étant donné d’abord la longueur de cette étape, très supérieure à la distance de Paris à Londres (600 km. contre 400 km), puis les difficultés physiques à vaincre pour la traversée des Garpathes, enfin le manque absolu de points de repère entre Belgrade et Bucarest qui tels les gares, les grandes usines, les villes, les ports, jalonnent naturellement la ligne Paris-Londres.
- Rappelons que des avions trimoteurs avaient été prévus pour l’exploitation de cette section, une douzaine de terrains de secours avaient été aménagés le long de l’itinéraire c’est-à-dire tous les 50 km environ ; chacun de ces terrains était balisé par un phare automatique à acétylène, enfin des rampes électriques puissantes avaient été mises en batterie aux deux terminus de Belgrade et Bucarest pour éclairer les terrains d’atterrissages.
- L’ouverture de cette section de nuit, prévue primitivement pour le mois de juin 1925, fut retardée par la longue mise au point des avions et du matériel de T. S. F., par la mise en place des 12 phares et par les négociations avec les propriétaires roumains des 12 terrains de secours, enfin par l’entraînement du personnel qui avant de se risquer de nuit au-dessus des plaines du Danube,
- p.196 - vue 200/688
-
-
-
- 197
- - LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS
- Fig. i. — Le grand monoplan Fokker IV dont la licence fut acquise par l'État Américain et qui, utilisé par l’armée, traversa d'un seul vol tout le continent du Pacifique à l’Atlantique, couvrant plus de 4100 km, soit la distance de Paris à Téhéran {Perse).
- dut effectuer plusieurs fois des •voyages de nuit Paris-Strasbourg d’une longueur de 400 km seulement mais sans aucun balisage. Ce parcours de nuit Belgrade-Bucarest correspond environ à la distance qui sépare Berlin de la frontière française.
- Toute cette organisation, la première du genre, fut terminée seulement au début de septembre et le premier vol d’inauguration eut lieu dans la nuit du 7 au 8 septembre 1923 entre Bucarest et Belgrade.
- Depuis cette date, ces vols se continuent avec succès à tel point que la compagnie exploitante a rapidement obtenu l’autorisation d’embarquer des passagers.
- C’est donc un grand pas d’accompli dans la voie du progrès aéronautique et un pas tel que le Ministre vient d’homologuer, pour l’année 1924, un nouveau projet d’horaire qui, par le moyen de vols de nuit et de jour combinés, permettra aux voyageurs de quitter Paris la nuit en avion entre 11 heures et minuit, puis de débarquer à Prague pour le petit déjeuner du matin, à Budapest ou Varsovie pour le déjeuner de midi, à Belgrade pour le dîner et à Bucarest pour se coucher vers minuit, après seulement 23 heures de voyage total.
- Certes, ce n’est pas en deux mois que l’on peut compter voir s’organiser avec une régularité parfaite un pareil service ; il a fallu, en effet, à l’aviation de jour au moins deux années d’efforts Lincessants pour atteindre les pourcentages actuels d’environ 90 pour 100 de régularité. Il faudra donc compter sur un délai analogue avant que les avions nocturnes partent à l’heure exacte, quel que soit le temps, comme le font maintenant les avions de jour.
- La rapidité avec laquelle ces nouveaux services seront mis au point dépend en presque totalité des perfectionnements qui seront apportés au matériel volant parles constructeurs d’avions et de moteurs.
- Nous devons reconnaître que dans cette voie, les constructeurs étrangers : Anglais, Hollandais,
- Allemands, Américains ont consenti un très çros effort ; certains avions étrangers arrivent à rester en service plus de 1500 heures de vol avant d’être réformés, certains moteurs arrivent à tourner plus de 150 heures sans révision à l’atelier. Ce sont là de beaux résultats que malheureusement on ne peut encore demander au matériel français qui indéniablement a souffert, pendant quelques années, d’une grave crise de conception.
- La construction aéronautique française parait s’être cantonnée depuis 1920 dans la seule réalisation d’avions de guerre destinés à alimenter notre armée aérienne.
- Le salon aéronautique de 1922 avait été révélateur de cet état de choses et, si depuis lors, nos constructeurs, stimulés par l’Etat, ont consenti quelques efforts vers l’aviation marchande, ceux-ci ont été faits plutôt superficiellement et n’ont pas encore touché le fond même du problème.
- De grands avions ont été créés à gros frais, mais relevant pour la plupart de formules anciennes déjà abandonnées depuis plusieurs années, par la technique allemande en particulier.
- De plus, cette situation du matériel de l’aviation marchande fut encore aggravée par certaines directives officielles qui cantonnèrent les efforts des constructeurs français seulement vers deux extrêmes.
- Le programme des avions nouveaux ne comportait, en effet, pour l’aviation marchande que les gros avions multimoteurs et les tout petits avions postaux.
- Or il faut compter plusieurs années pour créer, réaliser et mettre au point ces gros avions que la France ne possédait pas à la fin de la guerre et d’autre part les compagnies de navigation aérienne n’avaient que faire de ces petits avions postaux qui ne furent généralement que de sommaires transformations d’avions de guerre déjà construits.
- Ce programme officiel ne pré-
- Fig. 2. — Vue générale du nouvel avion Fokker V en monoplan.
- Cet appareil peut être utilisé suivant la volonté de l’exploitant en biplan ou en monoplan. La transformation demande un travail de 10 minutes. L’épaisseur du plan supérieur dépasse 1 m.
- p.197 - vue 201/688
-
-
-
- 198
- LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS
- voyait aucun avion moyen ; aussi les compagnies ne trouvent-elles sur le marché français aucun avion convenable pour exploiter leurs lignes, pas d’avions moyens et pas encore de gros avions.
- Devant cette absence de créations originales, la Chambre syndicale des Industries Aeronautiques a décidé de ne pas organiser de Salon en 1925 et de reporter l’exposé du bilan des elï’orts des constructeurs à l’année 1924.
- Cependant, ,1e Ministre de l’Aéronautique avait mis sur pied, avec le généreux concours de l’Aéro-Club de France, un concours des grands avions de transport. Il s’agissait de faire parcourir à de gros avions multimoteurs une série de voyages dont le total atteignait une longueur d’environ 5000 km : soit la longueur du réseau de la Compagnie Franco-Roumaine.
- De sévères et intéressantes conditions éliminatoires avaient été fixées, telles que l’obligation de faire démarrer les moteurs au moyen d’un dispositif mécanique de bord, de continuer le vol à une certaine altitude avec la pleine charge à bord, mais avec un quelconque des groupes moto propulseurs arrêté, de prouver la. maniabilité de l’avion avec un moteur arrêté en décrivant dans ces conditions des 8 en moins de deux minutes, de changer deux bougies en plein vol et sur deux moteurs différents, et enfin de décoller ou d’atterrir en moins de 250 mètres avec la charge complète.
- Ces avions devaient porter à bord un équipage de deux pilotes dont un navigateur, d’un mécanicien et d'un opérateur de T. S. F., 6 passagers, confortablement installés, et tous les dispositifs de vol de nuit montés à bord.
- Le classement final avait lieu d’après la vitesse réalisée commercialement sur la totalité du parcours et d’après la consommation totale du combustible utilisé.
- C ; concours fut, comme nous le verrons plus loin, un stimulant excellent pour les constructeurs.
- Nous allons maintenant, pour juger quelle est la situation actuelle de l’aviation marchande, étudier sommairement les différents éléments qui entrent en jeu dans l’exploitation et le rendement d’une compagnie aerienne : le matériel volant, le personnel et le fonctionnement.
- 11. — Matériel volant. — En fait, les compagnies aériennes1 françaises ' et étrangères utilisent pour leur exploitation deux types principaux d’avions.
- Les avions qui couvrent de grands itinéraires ont besoin de voler avec une grande rapidité pour parcourir le plus de kilomètres possible^ dans une seule journée et alors ils utilisent généralement des avions moyens monomoteurs à marche rapide (Toulouse-Casablanca; Paris-Varsovie; Paris-Constantinople) dont les principales caractéristiques sont fixées par la Compagnie Franco-Roumaine aux valeurs portées dans le tableau ci-après.
- Caractéristiques moyennes correspondant au programme de réalisation 1924-1925.
- A) Monomote:
- Puissance : 400 C. V.
- Rayon d’aclion : GllO km contre un vent debout de 10 mètres seconde.
- Charge commerciale : 00 ) kg.
- apide de jour.
- litesse maxima : plus de 200 km.
- vitesse d’utilisation : I70 km. \ménagements :
- Cabine 4 places ; soute à messageries pour 400 kg.
- Pour les vols de nuit, sur les réseaux à gros trafic et à long développement, on doit envisager l’emploi de gros avions multimoteurs à marche relativement lente (Belgrade-Bucarest, Paris-Londres) dont les principales caractéristiques désirables sont fixées ainsi qu’il suit par la Compagnie Franco-Roumaine.
- ♦
- B) Multimoteurs de nuit.
- Puissance : 900 à 1000 C. V. en trois groupes molopro-pulsuurs indépendants.
- Rayon d’aclion: üOO km contre un vent debout de 10 mètres seconde.
- Charge commerciale : 1000 kg.
- Vitesse d’utilisation : 150 km.
- Aménagements :
- Cabine 6 places ; smitc à messageries pour 700 kg ; poste de T. S. F. ; éclairage complet ; intercirculation ; toilette.
- Nous devons avouer qu’aucun avion français ne peut actuellement satisfaire à ces caractéristiques, surtout en ce qui concerne les avions monomoteurs.
- Les lecteurs de La Nature connaissent par nos descriptions antérieures la plupart det avions actuellement utilisés en France ou à l’étranger. Peu d’avions nouveaux ont été mis en service public au cours de l’année 1925.
- Les avions monomoteurs actuels sont : les berlines Spad 55 et 46, les limousines Breguet 14 T. la berline Fokker 111, le de flavilland 54, le Vickers Vulcan.la limousineJunkers, lali'moiisine Dornier et le Sablaüng.
- Certains de ces avions sont particulièrement rapides et peuvent atteindre la vitesse de 200 km à l’heure, tel le Spad 46 qui vole à 214 km à l’heure, mais qui n’enlève que 500 kg de charge commerciale, alors que d’autres enlèvent comme le Fokker III plus de 500 kg, mais ne peuvent dépasser le 160 km à l’heure. Comme pratique-menton doit, pour obtenir la vitesse moyenne, diminuer la vitesse maxima de 50 km environ, on voit que le Fokker III est véritablement trop peu rapide pour être utilisé sur les grands réseaux.
- Dans l’ensemble, tous ces avions sont devenus très insuffisants et les compagnies de navigation aérienne qui cherchent réellement à améliorer leur exploitation, se sont rendu compte qu’il fallait demander un effort technique exceptionnel aux constructeurs pour en obtenir un matériel volant plus convenable.
- Malheureusement, si par suite de l’imperfection du programme officiel des avions nouveaux, les productions françaises ont été très réduites, il n’en a pas été de même à l’étranger.
- p.198 - vue 202/688
-
-
-
- 199
- LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS
- Le constructeur Fokker sortit deux avions nouveaux remarquables; l’un le F. IV est un développement du''F. III que nos lecteurs connaissent, c’est un immense monoplan cantilever de dessin extrêmement pur et dont la construction est conformé aux méthodes habituelles de Fokker. Le fuselage-cabine est en tubes d’acier soudés à l’autogène ; l’aile, très épaisse, puisqu’elle dépasse ' 1 mèlre, est entièrement en bois y compris le revêtement extérieur; le moteur, placé à l’avant, est au choix un 360 Rolls Royce ou un 400 IIP. Liberty ; la cabine contient de 8 à 10 passagers, Suivant la charge d’essence enlevée'(fig.' 1). !
- ' La licence de cet avion F. IV a été acquise par le gouvernement des États-Unis et c’est lui qui a battu récemment tous les records du monde de distance et de durée en traversant sans escale ni sans ravitaillement aérien tout le continent améri-
- La seule critique que nous puissions relever au passif de cet avion est sa vitesse qui nous paraît insuffisante pour l’exploitation des grands réseaux.
- Fokker d’ailleurs, pour répondre à cette objection, vient de terminer la fabrication d’un troisième avion marchand : le F. VII, également monoplan cantilever, étudié pour les grandes vitesses.
- La forme du fuselage du F. VII a été étudiée spécialement. pour en faciliter la bonne pénétration dans l’air ; cet avion marchand peut facilement se transformer en redoutable avion de guerre, puisqu’il est prévu pour être équipé avec 2 mitrailleuses, 1 appareil photographique de corps d’armée et des lance-bombes.
- Les constructeurs allemands viennent de faire encore un nouvel effort en présentant à l’exposition de Gôthembourg un avion de transport public, le Gaspard, conçu naturellement suivant la formule
- Tableau 1. — Caractéristique des principaux avions monomoteurs marchands.
- FOKKER V
- ———. - SPAD 56 CAUDllON 91
- Biplan Monoplan
- Surface en m2 09 45 46 65
- Puissance en C Y 360 360 400 300
- Poids total en kg 3120 2655 2045 2510
- Charge utile en kg 1200 900 875 810
- Yitesse maxima en km 180 190 215 170
- cain, de la côte du Pacifique à la côte de l’Atlantique.
- Ce raid spendide, qui fait autant honneur au constructeur de l’avion qu’aux deux pilotes, correspond à la distance de Paris à Téhéran ; le parcours fut de 4560 km en 27 heures, soit à une vitesse moyenne de 170 km à l’heure.
- Cette performance est exceptionnelle et ne peut servir de base pour l’étude d’une exploitation aérienne normale, en raison des dangers extrêmes que courut cet avion lors de son raid, lorsqu’il quitta le sol avec une charge totale très supérieure aux calculs du constructeur.
- Fokker construisit ensuite encore un nouveau type d’avion marchand, cette fois un biplan ou plutôt un double monoplan le F. V. ; il s’agit d’un gros avion monomoteur à ailes .épaisses qui peut être utilisé indifféremment en monoplan ou en biplan, dans ce dernier cas il enlève une lourde charge à vitesse moyenne et en monoplan une charge moyenne à grande vitesse ; la modification s’effectue en quelques minutes. Cet avion est construit comme tous les Fokker, fuselage en tubes soudés ; ailes en bois. Nous avons eu la chance à l’occasion d’une récente visite des usines Fokker, de faire un vol d’essai avec cet appareil au-dessus d’Amsterdam et nous devons avouer que nous avons été stupéfait de ses qualités de vol et de sa maniabilité (fig. 2).
- Les caractéristiques du F. V. sont indiquées sur le tableau ci-dessus (n° 1).
- du monoplan cantilever, avec une cabine pour 8-10 passagers.
- Quant à l’Angleterre, tout occupée qu’elle est à travailler fiévreusement les questions d’aviation militaire, elle ne semble pas avoir sorti de nombreux types d’avions moyens. Les Anglais possèdent d’ailleurs assez peu de lignes commerciales, et de plus, les principales d’entre elles sont exploitées par leur aviation militaire : telles Le Caire-Bagdad et Bagdad-Téhéran, en utilisant à des fins utiles les avions de guerre. Toutefois, signalons que le monoplan Handasyde, décrit antérieurement à nos lecteurs, vient de terminer ses essais avec le plus grand succès.
- En France, les constructeurs créèrent un assez petit nombre d’avion moyens et à. l’exception d’un seul d’entre eux, aucun n’a adopté la formule moderne des ailes épaisses.
- La limousine Farman F. 70 est un biplan classique dérivé directement des anciens avions de corps d’armée, la cabine est minuscule, et le mode de construction semble demander encore trop d’entretien courant; enfin, sa vitesse paraît insuffisante pour qu’il puisse remplir les fonctions de rapide avion de jour (fig. 3).
- La limousine Caudron G 91, qui présente déjà d’assez sérieux progrès sur le F. 70, mais qui cependant, relève encore d’une vieille formule,
- p.199 - vue 203/688
-
-
-
- 200
- LES NOUVEAUX AVJONS MARCHANDS
- offre aux voyageurs une vaste cabine, aménagée { avec beaucoup de confort.
- La berline Blériot Spad 56, par contre, semble réaliser un véritable bond en avant ; elle procède du perfectionnement des berlines Spad 55 et
- Fig. 3. — La limousine Farman F. 70.
- (Transport public.)
- \ moteur Renault 3oo CV. — Cabine 4 places.
- Spad 46 qui ont donné de très bons résultats sur les grandes lignes transeuropéennes et son étude tendait à satisfaire le programme des avions moyens de jour à grande vitesse (fig. 4).
- Sa coque cabine comporte 5 places et une toilette, ce qui est un confort rare dans ces avions moyens ; la cellule entièrement métallique pèse le même poids qu’une cellule de bois et offre une résistance très supérieure ; très aérée elle se rapproche de la formule des sesquiplans et permet d’atteindre une vitesse de 200 km à l’heure. Le moteur est un 400 CV. Jupiter, de licence anglaise construit en France par les usines Gnome et Rhône ; ce moteur à refroidissement par air et ,en étoile est excessivement léger pour sa puissance, il ne pèse en effet que 550 kg ; c’est d’ailleurs celle heureuse propriété qui permet à la berline Spad 56 de présenter dès caractéristiques exceptionnellement brillantes.
- Cependant, la construction en France des moteurs Jupiter n’en étant qu’à ses débuts, il est prudent de se réserver sur l’avenir de cet avion.
- Nous formulerons, à l’occasion de cet avion, une réserve au sujet des fuselages en bois moulé dits « monocoque » ; l’expérience prolongée des Spad 55 et 46 a, en effet, prouvé que ces coques sont susceptibles de se déformer assez facilement en entraînant le déréglage de la cellule, de plus elles ont une tendance dangereuse à se pourrir traîtreusement sous l’action lente des infiltrations d’eau, d’huile et d’essence qu’on ne peut entièrement supprimer à bord des avions monomoteurs à coque, enfin elles sont difficiles à réparer et demandent des ouvriers experts et entraînés à ce genre de travail, ce travail facile à Paris et dans l’Europe occidentale devient une gêne sérieuse loin des grands centres.
- Enfin Latecoère, qui utilise encore sur ses lignes France-Maroc des avions de guerre dont le type date de 1916, a étudié lui-même un nouveau type d’avion
- monomoteur moyen qui répondra mieux aux nécessités de l’exploitation marchande moderne.
- C’est un monoplan à aile épaisse, cantilever. Les premiers vols furent effectués avec un moteur Renault 500 CV, mais sur la demande de la Compagnie Franco-Roumaine de nouveaux essais auront lieu avec le 400 CV Lorraine dont cette compagnie possède une centaine d’unités.
- La construction de l’aile Latecoère est excessivement intéressante et nouvelle; au lieu des deux longerons habituels, nous ne trouvons qu’une poutre unique et indéréglable en tubes sur laquelle sont montées les nervures qui donnent la forme de l’aile.
- D’autres avions moyens ont été mis tout dernièrement en construction sur la demande des compagnies, telle l’adaptation faite par Breguet de son nouvel avion de guerre 19 A2 en limousine de transport public par le montage sur la voilure du 19 A2 d’un fuselage cabine. Ce nouvel avion Breguet se rapprochera donc par sa formule générale de la berline Blériot 56 et serait équipé soit par un 400 CV Lorraine, soit par le 450 CV en W de la même marque, soit par le 420 CV Talbot Sunbeam. Egalement Dewoiline étudie un monoplan de transport rapide à aile épaisse et cantilever.
- En résumé, nous devons constater que l’aviation marchande ne dispose pas actuellement, en pratique, dans la catégorie des avions moyens rap’des, d’engins supérieurs à ceux qui ont été mis en service en 1922. . . '
- Cette situation très fâcheuse provient surtout de l’insuffisance de conception du programme officiel quasi-imposé aux constructeurs par le Service Technique, programme élaboré en 1921, sans que les Compagnies exploitantes aient été seulement consultées.
- Nous en avons terminé avec les avions de trans-
- Fig. 4. — La berline Spad 56.
- Moteur en étoile fixe à refroidissement par air, 400 CV, Gnome Jupiter. Cabine pour 5 passagers. Toilette. , Remarquer la simplicité de la cellule, la position des réservoirs sur le plan supérieur et le curieux capotage du moteur. Avion de jour à grande vitesse.
- port moyen. Dans notre prochain numéro, nous étudierons les avions de gros transport.
- (A suivre.) JèamAbel Lefranc.
- p.200 - vue 204/688
-
-
-
- 201
- MACHINES A LAVER LA VAISSELLE
- Il n’y a pas de besogne domestique plus désagréable que celle qui consiste à laver la vaisselle. Le lavage effectué à la main, comme on le fait généralement, est fastidieux si Ton doit nettoyer un nombre un peu important de pièces. Malgré l’habileté de la laveuse, celle-ci ne peut dépasser une vitesse limite de travail quand elle veut le faire convenablement.
- Les premières machines à laver la vaisselle, qui aient été employées d’une façon courante sont des machines américaines; elles sont actuellement fort répandues aux Etats-Unis, pays qui a toujours souffert d’une certaine crise de main-d’œuvre en vue de telles besognes d’ordre inférieur.
- Ces machines facilitent le travail, suppriment toute manipulation répugnante ou désagréable.
- Généralement, ce sont des machine s à grand débit, elles s’adressent alors plutôt à des collectivités qu’à des particuliers.
- En France, il existait aussi, depuis de longues années, des machines de ce genre ; mais toutes étaient des machines à grand débit ; on s’en servait notamment à bord des grands paquebots. Mais la machine moyenne et à plus forte raison la machine de ménage n’ont jamais été réalisées. La situation a changé en ces derniers temps : la pénurie et le prix élevé de la main-d’œuvre domestique ont suscité les recherches. Aussi au dernier Salon des Appareils ménagers, a-t-on pu examiner, à côté de machines étrangères, des machines à laver la vaisselle dues à des inventeurs et à des constructeurs français.
- Nous allons décrire les principaux types de machines, en essayant de nous faire une opinion sur l’efficacité de leur fonctionnement et sur leurs avantages pratiques.
- Principe des machines à laver la vaisselle. — Il est difficile de reproduire le mouvement de la lavette manuelle avec un mécanisme simple, aussi la totalité des inventeurs se contentent de diriger d’une façon plus ou moins parfaite des jets d’eau de lavage sur les pièces qu’il s’agit de nettoyer. Dans
- tous les types de machines, sauf un seul, les pièces sont immobilisées dans les paniers, sous prétexte d’éviter toute casse éventuelle.
- Cette crainte est exagérée : il est indispensable de communiquer aux assiettes et aux plats un déplacement quelconque, même faible, devant les jets d’eau de lavage. C’est une condition presque indispensable, si l’on veut que toutes les parties des surfaces se trouvent souvent soumises au net-toyage..
- La circulation de l’eau dans l’intérieur des appareils est obtenue par un jeu de palettes rotatives ou par l’action d’une petite pompe centrifuge. Enfin
- les machines de débit important sont munies d’appareils de chauffage, de manière à réduire au minimum les manipulations.
- Un appareil d’ailleurs ingénieux reproduit le mouvement manuel sur les pièces à laver, mais il s’agit d’un système qui traite une pièce à la fois.
- Sa grande qualité est d’éviter tout contact de la main avec les pièces sales et d’opérer plus rapidement qu’avec la lavette ordinaire. Nous commencerons par cet appareil la série de descriptions des différentes machines domestiques ex^tant à l’heure actuelle.
- Système laveur Guye. — L’appareil imaginé par M. Guye comporte deux parties principales : la main mécanique et le récipient laveur avec un mécanisme frotteur.
- La main mécanique est un support à poignée inclinée en forme de C. Sur les branches du support peut tourner un tube vertical, qui comporte une ventouse en caoutchouc dans le bas, tandis qu’à la partie supérieure, il est muni d’une attache pour une manivelle à charnière. Celle-ci agit, en se relevant de bas en haut, sur une bielle qui commande l’aspiration dans la ventouse en caoutchouc^ de sorte que l’on peut assujettir fortement une assiette ou un plat en appliquant la ventouse et en manœuvrant la bielle.
- En faisant tourner la manivelle et son bouton, on communique ensuite à l’assiette un mouvement de
- Fig. i. à 3. — Machine à laver Guye.
- 1. Manière de prendre une assiette avec la main mécanique; 2. Entraînement de la brosse par la rotation de l’assiette; 3. Modèle double avec un appareil pour le lavage et un pour le rinçage.
- p.201 - vue 205/688
-
-
-
- 202 MACHINES A LAVER LA VAISSELLE
- Fig. 4. — Vue intérieure de la machine Crescent.
- rotation : on peut alors traiter l’assiette avec le mécanisme frotteur qui fait l’office de lavette.
- Ce mécanisme est composé d’une brosse, du genre de celles utilisées pour le rinçage des bouteilles, brosse qui tourne sur un axe, monté dans un support coudé à deux branches inégales. Tout le système est immergé dans le bain de lavage.
- Un disque en caoutchouc est solidaire de la brosse et, lorsque l’on présente l’assiette dans l’appareil, l’assiette, qui est animée comme on l’a dit plus haut, d’un mouvement de rotation par la manœuvre de la manivelle, il fait tourner par friction le disque et par suite la brosse nettoyeuse.
- Une petite brosse oscillante supplémentaire permet le nettoyage du dessous des bords de la vaisselle.
- On agit donc sur une seule pièce à la fois et pour des appareils à grand débit, on combine deux bains et deux appareils : un destiné au nettoyage et l’autre réservé au rinçage.
- Le support ou main mécanique peut être employé seul et, de cette façon on n’a pas besoin de toucher l’assiette sale pendant qu’on la nettoie avec une lavette.
- Machine avec manivelle à main. — Dans cette machine, une roue à palettes située entre les fonds de deux récipients qui s’emboîtent l’un dans l’autre est actionnée à la main par une manivelle. L’eau, comprimée parles aubes, est forcée de se répandre par de nombreux trous dans le récipient intérieur et les jets d’eau, contrariés par le couvercle, retombent sur la vaisselle.
- D’autre part des jets arrivent de bas en haut par
- des trous inférieurs du renflement du récipient qui contient le porte-vaisselle.
- La vaisselle, les verres, les couteaux, les fourchettes sont disposés sur le porte-vaisselle, un plateau spécial soutenant les petites pièces.
- L’eau de lavage est filtrée par une passoire avant de retomber dans la cavité inférieure où elle est reprise par les aubes.
- Le rinçage s’effectue à l’eau très chaude.
- Machines électriques à porte-vaisselle fixe. — Toutes ces machines utilisent des palettes ou une pompe centrifuge actionnées par un moteur électrique pour assurer la circulai ion soit de l’eau de lavage, soit de l’eau de rinçage. Elles diffèrent les unes des autres par les dispositions adoptées pour forcer l’eau à agir sur toute la surface des pièces.
- La machine Crescent est très perfectionnée; elle est répandue en Amérique dans les hôtels, restaurants, hôpitaux, etc. (fig. 4).
- La pompe alimente des moulinets de lavage qui arrosent les pièces en tourbillonnant. Les portes de la machine sont hermétiques, de sorte que ni l’eau, ni la vapeur ne peuvent sortir. Les pièces sont disposées dans des corbeilles et un levier met le moteur et la pompe en marche avec de l’eau savonneuse.
- Le rinçage se fait avec un jet d’eau chaude qui provient d’une petite chaudière et le séchage se produit de lui-même, car les assiettes sont chauffées par l’action des jets chauds et cette chaleur produit le séchage en fin d’opération.
- Dans d’autres systèmes, un tuyau oscillant percé de centaines de trous distribue l’eau de lavage, qui a passé sur du savon en morceaux et qui retourne au récipient par l’intermédiaire d’un tamis. Le travail fini, on expulse l’eau de lavage par la manœuvre de robinets et on envoie l’eau de rinçage chaude.
- Dans certains modèles plus simples, comme celui de La Maison Moderne, le mouvement rapide d’une hélice projette à la partie supérieure la lessive qui retombe sur les pièces. Le dessus de
- Fig. 5.
- Machine Lemercier.
- , A, rampe de gaz; B, arbre à palettes ; C, panier à vaisselle ; D, réservoir à eau detrincage.
- p.202 - vue 206/688
-
-
-
- MACHINES A LAVER LA VAISSELLE
- 203
- la cuve est vitrée, ce qui permet de se rendre compte de l’avancement du travail.
- Le lavage fini, on soutire la lessive et on la remplace par de l’eau chaude, pour effectuer le rinçage par le mouvement de l’hélice.
- C’est une disposition de ce genre qui existe dans la machine Thomson, à la variante près que l’organe propulseur de l’eau est une pale d’hélice (fîg. 7).
- Comme dans les systèmes précédents, le mouvement est fourni par un moteur électrique et des liaisons par engrenages.
- Dans la machine Lemercier, uu arbre à palettes projette l’eau de lavage sur la vaisselle. Cette eau additionnée de savon noir et de cristaux est contenue dans tin réservoir inférieur où barbote l’arbre à palettes.
- Elle est à 50° environ et se trouve chauffée soit par le gaz, soit par l’électricité (fîg. 5).
- lin petit réservoir placé plus bas, chauffé de la même manière, contient l’eau de rinçage à 90° qui, par sa température, détermine l’asepsie et le séchage ultérieur parfait de la vaisselle.
- Dans cette machine, les seuls
- Fig.
- Fig. 6. — Machine La Centrifuge de M. J.-L. Breton grand modèle avec réchauffeur, ventilateur, et sur la table un mou-lin à café et une râpe mues électriquement.
- organes à manœuvrer sont des interrupteurs et des robinets, car le fonctionnement est complètement automatique. La vaisselle reste naturellement immobile dans le panier.
- Machines à porte-vaisselle mobile. — Dans ces machines, afin de permettre aux eaux de lavage et de rinçage d’attaquer toute la surface des pièces, celles-ci sont placées dans un panier rotatif. Le mouvement de rotation du panier est produit par l’action des liquides eux-mêmes, de la même façon que dans une turbine à injection, à la vitesse près bien entendu.
- Les pièces sont placées dans un panier circulaire, qui porte des boucles inclinées, ce qui permet de ranger facilement les assiettes dont les bords présentent également une inclinaison. Les petites pièces telles que les couverts, sont rangées dans le logement central,
- Un moteur électrique actionne une pompe centrifuge, qui force l'eau dans un tube percé de trous ; cela produit une série de jets agissant sur les pièces et faisant, comme nous l’avons dit, tourner le panier porte-vaisselle.
- On peut varier l’orientation du tube et faire tour-
- Machine Thomson.
- p.203 - vue 207/688
-
-
-
- 204 . MACHINES A LAVER LA VAISSELLE
- ner alternativement le panier dans un sens ou dans l’autre. Ce panier est supporté sur une bille d’acier et son mouvèment est très doux.
- On a ainsi l’avantage de pouvoir agir tantôt sur une face des pièces, tantôt sur l’autre et la mobilité des pièces permet de nettoyer entièrement toute leur surface.
- La mise en place des assiettes est facile, car il suffit de relever le couvercle par moitié et au fur et à mesure qu’on remplit le panier, on le fait tourner à la main afin de Je garnir entièrement.
- Dans les machines petit modèle, on verse l’eau de lavage dans laquelle on a mis des cristaux de soude ; on la soutire une fois le travail fait. Lq encore, l’eau retourne à la pompe, au cours de l’opération, par l’intermédiaire d’une cuvette latérale munie d’une toile filtrante chargée d’arrêter les détritus et les déchets.
- Après le rinçage à l’eau propre,l’essorage, puis le séchage se font en lançant le panier à la main. La vaisselle est retirée prête à être rangée,sans qu’on ait besoin d’y passer le torchon.
- Dans les machines grand modèle, l’agencement est des plus perfectionnés. L’eau est chauffée dans l’appareil au moyen d’un brûleur à gaz placé sous le réchauffeur cylindrique.
- Le séchage est obtenu très rapidement au moyen d’un ventilateur centrifuge. Cet appareil aspire dans la cuve l’air, les vapeurs, les buées et les odeurs et il rejette le tout dehors par un conduit spécial. On ventile donc la cuisine du même coup, car la laveuse aspire ainsi l’air de la cuisine par une petite fenêtre. Cette aspiration produit de plus la rotation du panier tournant, qui joue alors le rôle d’une petite turbine aérienne. Le séchage est ainsi rapidement obtenu.
- Gomme il suffit d’ouvrir le couvercle sur un secteur faible pour la mise en place 'des assiettes et pour les retirer du panier tournant, la machine peut servir d’une façon permanente, qu’elle soit en marche ou non, comme une table, sur laquelle on place des appareils, qui pourront être d’ailleurs actionnés par le moteur électrique de la laveuse.
- Ainsi, on pi ut voir groupés sur la table de la machine grand modèle, un moulin à café, une machine à râper, un hachoir, qui sont commandés par
- le moteur au moyen d’un démultiplicateur. Sur l’arbre de ce dernier organe on a branché un flexible qui actionne des brosses, en particulier des brosses dures servant au récurage des casseroles (fig. 7et8).
- Les machines La Centrifuge à porte-vaisselle mobile ont été imaginées et réalisées par M. J.-L. Breton. De toute évidence, ce sont les plus parfaites à l’heure actuelle.
- La disposition ingénieuse des machines simples permet d’envisager leur emploi dans nombre de cas, ce qui n’est pas le fait de beaucoup de systèmes qui s'adressent toujours à de grands débits. Enfin le nettoyage offre de plus grandes garanties de perfection, car, avec la rotation du panier, on a le maximum de chances pour nettoyer toutes les parties sales.
- Avantages du lavage mécanique de la vaisselle. — Les avantages du lavage mécanique de la vaisselle, qui se présentent immédiatement à l’esprit, sont évidemment la transformation d’un travail désagréable en un travail acceptable, la rapidité des opérations, la suppression de l’essuyage. Cependant il est un autre point sur lequel il est bon d’insister : l’hygiène qui se trouve grandement améliorée par l’utilisation de ces machines.
- La vaisselle et lés couverts plongés simplement dans l’eau chaude, comme à l’habitude, sont des véhicules parfaits de maladies contagieuses. L’eau de la bassine à vaisselle, tiède et contaminée, est un véritable bouillon de culture, qui répand sur toutes les pièces de vaisselle les germes qui peuvent se trouver déposés sur une seule d’entre elles.
- Que dirons-nous de l’essuyage avec un torchon pollué, opération qui se charge de parfaire le travail de contamination ?
- Ainsi les machines à laver la vaisselle, conçues d’abord, uniquement en vue de supprimer une besogne répugnante et d’activer le travail, ont des effets plus heureux encore. Non seulement elles suppriment l’essuyage qui parfois contamine, non seulement elles lavent mécaniquement, mais par le rinçage à l’eau très chaude, par l’action de la vapeur ensuite, elles produisent un effet de stérilisation non négligeable en une époque où l’on découvre chaque jour de nouveaux microbes ! ennemis. E. Weiss.
- Fig. 8. — La vaisselle dans le panier mobile de La. Centrifuge.
- p.204 - vue 208/688
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier J 924.
- L’évolution d’un nouveau crustacé parasite. — Le Professeur Ch. Gravier signale l’existence d’un Copépode qu’il a trouvé sur un Annélide Polychèle de la famille des Flabelligeriens et dénommé Flabelligera neapoli-tana. Ce parasite ne présente aucun appendice et l’extrême simplification de son appareil reproducteur semble indiquer qu’il atteint le dernier degré de régression organique.
- La déviation einsteinienne des rayons lumineux par le soleil. — M. Ernest Esclangon traduit, dans un graphique, les résultats obtenus en 1922 par MM. Campbell et Trumpler et montre que ces observations, bien que faites avec un soin extrême, ne confirment ni n’infirment la loi de déviation d’Einstein. Elles indiquent l’existence de déviations au voisinage du Soleil, sans qu’on puisse en fixer la loi, ni l’exacte grandeur au bord solaire ; il est d’ailleurs possible qu’elles soient la résultante de phénomènes bien distincts.
- Le Termite de Saintonge. — La note de M. J. Fey-laud établit de façon définitive, sur un examen comparatif des images, qu’il existe dans la Charente-Inférieure, comme l’avaient indiqué Boffinet et de Quatrefages, un Termite différent de celui des Landes, signalé pour la première fois par Latreille, et qui, probablement, a été transporté de l’Amérique du Nord, en Aunis et en Saintonge, vers la fin du xvme siècle. M. Feytaud poursuit ses études sur la répartition réciproque et l’importance des
- dégâts causés par ces Réticulermes, dont l’une des espèces connues en France est sûrement indigène.
- Les mêtaphosphates alcalins insolubles. — M. Pascal signale d’intéressants procédés pour la préparation de ces sels, indiqués par Graham, mais étudiés depuis par nombre d’auteurs dont les résultats sont souvent contradictoires. On obtient ainsi des précisions sur les sels de sodium, soit en décomposant le .pyrophosphate acide, venu du sel monosodique, soit en chauffant au rouge naissant le méthylphosphate.
- La préparation de la monométhylamine. — Au procédé d’Ilofmann qui utilise la décomposition de l’acéta-mide bromée par les alcalis, M. Marcel Sommelet préfère la méthode de Brochet et Cambier, dont le principe est dû à Plœchl et qui consiste à faire réagir le formol sur le chlorure d’ammonium. Mais il modifie un peu la technique en utilisant la propriété qu’a la monométhylamine, en solution aqueuse, de réagir sur l’aldéhyde benzoïque pour donner l’imine CMPCIIAzCH3, à hydroliser par l’acide HCl concentré pour obtenir le chlorhydrate AzII2 (CH3),1IC1 dans un assez grand état de pureté.
- La réaction de Sortnsen et la toxicité de la tuberculine. — Contrairement à l’opinion de M. Jousset, MM. Fernbach et Rullier établissent qu’il y a un rapport étroit entre la présence d’acides aminés et la toxicité de la tuberculine qui semble être due à la fonction carboxyle COOK. Paul B.
- SQUALES PÈLERINS OBSERVÉS A CONCARNEAU
- M. Legendre vient de signaler, dans le Bulletin de la Société zoologique de France, la récente capture sur nos côtes de l’Océan de Squales Pèlerins qu’il a pu observer au laboratoire maritime de Concarneau.
- Nous extrayons de sa communication les intéressants renseignements suivants :
- Le 5 mai dernier, les journaux quotidiens de Paris et de province publiaient la note suivante, envoyée de Lorient : « Des pêcheurs de Douarnenez, allant au Palais, ont rencontré sur leur route une bande d’animaux marins, sur la nature desquels ils h’ont pu se tromper. Ce n’étaient ni des bélugas, ni des marsouins, ni d’autres cétacés. Il ne pouvait y avoir aucun doute pour les matelots qui en avaient vu sous d’autres latitudes : c’étaient bel et bien des requins, dont nul ne peut s’expliquer la présence sur nos côtes, surtout en cette saison et en bandes. D’autres pêcheurs ont aperçu les dangereux rôdeurs dans les « côureaux » de Belle-Isle et au large de Groix et l’émotion est vive sur la côte. »
- « Le lendemain soir, dimanche 6 mai, dit M. Legendre, M. Glémarec, greffier de la Justice de Paix, me raconta qu’ayant passé la journée en partie de pêche dans la baie de la Forêt, il avait rencontré près du Corven de la Jument un énorme poisson. Tout d’abord il avait aperçu flottant à la surface de
- l’eau une masse noire qui l’avait intrigué ; s’approchant, il avait reconnu dans celle-ci une nageoire dorsale, tandis que, par moments, l’extrémité d’un museau sortait de l’eau; d’après la distance qui séparait les deux parties visibles, on pouvait estimer que le poisson était de forte taille. Au moment où le bateau allait l’aborder, l’animai donna un violent coup de queue et disparut. »
- La nuit suivante, un pêcheur du passage Lanriec, ayant, près de Trévignon, tendu ses filets pour la pêche à la sardine de dérive, vit ceux-ci emportés et déchirés par un très grand poisson qui s’entortilla si bièn dans les cordes et les débris de fils, que le pêcheur put le prendre en remorque et le ramener à terre.
- Le lendemain matin, l’animal fut échoué sur une des cales du port, sa taille, sa forme, l’ampleur de ses fentes branchiales rappelant un carrick, firent reconnaître un Pèlerin (Cetorhinus maximus Günner). C’était un mâle, mesurant 3 m. 90 de long.
- Le même jour, lundi 7 mai, un autre pêcheur eut pareille aventure, près de Pôrt-Manech. Au soir, il ramena à Concarneau un nouveau Pèlerin, femelle cette fois, de plus grande taille encore.
- Les « requins » annoncés par les journaux, le grand poisson rencontré parM. Glémarec, sont vraisemblablement de la même espèce que les deux
- p.205 - vue 209/688
-
-
-
- 206
- SQUALES PELERINS OBSERVÉS A CONCARNEAU
- Pèlerins arrivés au port. On sait d’ailleurs que ce poisson malgré sa taille est tranquille et inoffensif et qu’on l’observe souvent étendu immobile à la surface de l’eau, se chauffant apparemment aux rayons du soleil, quelquefois même son ventre en dessus.
- Le deuxième Pèlerin était d’une taille respectable. M. Legendre qui le mesura donne les (hifires suivants :
- Longueur totale Cm. 50.
- Longueur sans la queue 5 m. 00.
- Hauteur maximum du corps l m. 10.
- Lien que l’animal ne fût pas pesé directement, on peut estimer son poids total à plus de deux tonnes. Ses morceaux emplirent dix barils de 200 kg, sans compter le contenu stomacal, le sang et les liquides qui ne furent pas recueillis.
- Une si grosse bête avait cependant un cerveau bien petit : 15 cm de long et un poids d’une centaine de grammes. Ses yeux, aplatis dans le sens transversal, mesuraient 5 cm de diamètre.
- Le Pèlerin, s’il est un vrai requin par sa forme,
- Fig.3. — Crustacés parasites des branchies (Nemesis lamna), 2 femelles portant leurs sacs d’œufs et un mâle. ~
- ne l’est pas par sa dentition, heureusement! Il n’est et ne sera jamais un mangeur d’hommes ; ses denLs, toutes petites, ne pourraient déchiqueter un animal quelque peu gros.
- Les estomacs des deux Pèlerins dont nous parlons ne contenaient qu’une bouillie rougeâtre dans laquelle on ne pouvait reconnaître à l’œil nu aucun débris identifiable. Le plus grand poisson en avait une vingtaine de kilogrammes, que les pêcheurs assistant au dépeçage comparèrent à la bouillie de « crevettes rouges » qu’ils observent souvent dans l’estomac des germons ou thons blancs. Day a déjà rapporté une
- Fig. 2. — Ténia parasite de finies tin du Pèlerin. (Dinobothrium plicitum.)
- observation du même genre : « Lo>v, dit-il, trouva l’estomac plein d’une matière rouge* ressemblant à des crabes broyés ou aux glandes sexuelles des oursins, mais aucun fragment de poissons ». Linton, en Amérique, a observé également dans l’estomac d’un Pèlerin de 25 pieds (7 m. 50), un demi-baril environ de matière rouge qui ressemblait à de la purée de tomates. Valle, dans l'Adriatique, a fait une observation du même genre. Faut-il en conclure que les Pèlerins se nourrissent de petits crustacés planctoniques, ou doit-on admettre, avec d’autres narrateurs, qu’ils pourchassent aussi dans les mers du Nord, les harengs pour les manger?
- Le foie, chez le Pèlerin, forme une masse considérable, divisée en deux lobes, situés de chaque côté de l’estomac. Celui du plus grand pesait environ 500 kg. On sait que, récemment (voir La Nature, n° 2588), des Japonais -y ont signalé*'la présence dé carbures d’hydrogène, saturés (isooctodécane) et non saturés (squalènes), fait curieux venant à l’appui de
- Fie;. i. — Squale pèlerin (Cetorhinus mnximus) vu de profil et par la face ventrale, d’après Valle.
- p.206 - vue 210/688
-
-
-
- 207
- L’ECLAIRAGE DES LAMPES A VIDE PAR FRICTION
- la théorie de l’origine animale des pétroles. Le foie de 500 kg du plus gros Pèlerin de Goncarnau représentait à lui seul quelques bidons, d’hydrocarbures.
- Les squales hébergent généralement de nombreux parasites. On trouva dans les deux individus qui sont l’objet de cette note : des ténias, longs d’une vingtaine de centimètres, logés dans l’intestin (fig. 2). et des crustacés du groupe des Copé-podes, volumineux, de forme singulière rappelant celle d’un saucisson ficelé, fixés aux branchies par centaines (fig. 3).
- Les Pèlerins ne pullulent pas dans nos eaux, mais on en rencontre de temps à autre et leur taille les fait presque toujours remarquer, puisque ce sont les plus grands de tous les Squales.
- A Concarneau, où existe un laboratoire marilime dépendant du Collège de France, on a déjà signalé un certain nombre d’individus dont M. Legendre
- donne la liste. Avant les deux individus de cette année, M. Fage en avait observé un, le 28 juillet 1922, long de o m dont la peau portait des crustacés parasites aplatis en forme de feuilles : Di-nemoura producta. Le précédent fut celui de llm50 de long que des pêcheurs ramenèrent au port à la fin de 1915, et dont La Nature a publié (n° 2417) deux photographies qui donnent une idée de sa taille énorme. Les Pèlerins sont des poissons ubiquistes; ils fréquentent surtout l’Atlantique nord, mais on en rencontre parfois plus au sud et souvent en Méditerranée ; on en a également observé au Japon, dans le Pacifique. D’où viennent ceux qui, dans le golfe de Gascogne s’approchent assez de terre pour que les pêcheurs les capturent et pourquoi y viennent-ils? Il est difficile d’y répondre actuellement.
- René Merle.
- L’ÉCLAIRAGE DES LAMPES A VIDE PAR FRICTION11»
- Nous avons pu soumettre à la critique scientifique un phénomène auquel certaines personnes ont pensé à attribuer des causes mystérieuses ne rentrant pas dans les catégories scientifiques connues (2) Ce phénomène est le suivant :
- 1° Dans l’obscurité complète, le sujet, M. B..., prend une ampoule électrique (dont le filament est brisé) et, la frictionnant avec les mains, obtient des lueurs d’abord assez irrégulières, puis de plus en plus fortes, le verre restant parfois luminescent dans l’intervalle de deux mouvements de friction. Une lampe ayant été ainsi frottée pendant quelques minutes, le sujet la saisit dans la main droite et en obtient sans la frotter soit des illuminations intermittentes, soit une illumination durable dont l’intensité reste constante pendant 2 ou 5 secondes.
- 2° M. B... peut non seulement illuminer des lampes comme nous venons de l’indiquer, mais il peut encore les illuminera distance. Une des lampes qu’il utilise donne ce phénomène de façon particulièrement nette, quand elle a été préparée, c’est-à-dire frictionnée pendant quelques minutes. M. B... la dépose alors sur une table, se retire à 1 m. ou 2 m., parfois plus, annonce qu’il va provoquer des illuminations; à cet effet, il fait effort, « concentre sa pensée », sollicite la lampe par des géstes; et de fait, on aperçoit de façon non douteuse quelques éclats 'indubitables à intervalles irréguliers. Les mêmes phénomènes peuvent se produire si la lampe est placée dans une armoire vitrée ou" une cage métallique. Ils peuvent aussi se produire quand le
- 1. Note présentée à l’Académie des Sciences, le 4 février 1924, par M. Charles Ricliet.
- 2. Certains des faits que nous allons signaler ne sont pas entièrement inconnus; on en trouve d’analogues dans les Nouvelles récréations physiques cl mtUliématiques de M. Guyol, I. I, 1790, et plus récemment dans La Nature (n° 2446, 19 février 1921, Supplément, p. 63). .
- j sujet, qui s’efforce de les provoquer, est placé dans I une autre pièce que la lampe, ou même à un autre ! étage.
- ! Inutile d’insister longuement pour montrer com-I bien ces faits sont dès l’abord saisissants ; quand ! M. B..., ayant placé l’ampoule sur une table, se relire dans une pièce voisine, annonce qu’il va solliciter la lampe de s’illuminer et qu’on aperçoit en effet un, deux ou plusieurs battements lumineux dans des conditions où toute possibilité de fraude paraît éeartée, l’impression des. assistants est fort vive et compréhensible.
- Tels sont les faits; tout observateur les peut constater sans la moindre ambiguïté possible. Les phénomènes sont parfois très nets, mais on ne les obtient pas à tout coup ; certains jours, ils sont impossibles à produire; d’autres jours, ils se produisent avec la plus grande facilité; et ce, pour des raisons qui nous paraissent explicables simplement par l'influence que les conditions atmosphériques et les divers états psychologiques peuvent exercer sur l’état de sécheresse ou d’humidité de la main.
- Une élude méthodique de ces phénomènes les dépouille rapidement de tout mystère. .
- Chacun peut reproduire plus ou moins facilement les illuminations par friction; certains individus à peau très sèche comme M. B,.. les obtiennent particulièrement brillantes : d’autres à peau humide ne les réalisent qu’avec difficulté, et suivant l’état de leur peau qui varie avec les conditions hygrométriques, avec l’heure de la journée, avec .l’état) physiologique ou psychologique. On facilite considérablement les choses en se gantant la main de caoutchouc : tout le monde produit alors infailliblement des illuminations splendides. Certaines lampes donnent le phénomène de façon particulièrement intense (lampes à azote ou à argon) ; on a alors des illuminations
- p.207 - vue 211/688
-
-
-
- 208 — ...... L’ÉCLAIRAGE DES LAMPES A VIDE PAR FRJCTJON
- Fig'. 1. — Tracé du galvanomètre à corde.
- permettent de lire les grosses lettres d’un titre de journal, par exemple. Tout tube à vide donne le même phénomène plus ou moins facilement suivant le degré de vide, l’épaisseur de la paroi. Les lueurs sont de couleur bleutée dans les ampoules à azote ou à argon, de couleur rose lorsque le contenu est du néon.
- L’explication du phénomène est fort simple. L’ampoule se comporte comme un condensateur, que chaque friction charge. Il est facile de s’en rendre compte en reliant le filament intérieur de la lampe à un galvanomètre à corde : on voit à chaque friction une excursion de la corde, qui, enregistrée, a la forme classique de la charge d’un condensateur. Et les illuminations correspondent à des décharges très brèves, à travers l’atmosphère raréfiée de la lampe, de l’électricité apparue sur la face interne de la paroi de verre. Lorsque, comme nous l’avons indiqué plus haut, la lampe chargée par friction est tenue à la main et donne une belle illumination durable ou des illuminations intermittentes, on obtient aussi des courbes analogues aux courbes de charges, mais de sens inverse, correspondant à la décharge du condensateur (fig. 1 et 2).
- Restait à expliquer le phénomène d’illumination à distance, le plus singulier de tous. La première hypothèse que nous fîmes était que le sujet pouvait conserver sur sa surface cutanée des charges importantes et agir par elles sur la lampe elle-même chargée ; mais cette hypothèse est insuffisante lorsque M. B... sollicite de la pièce voisine les illuminations ou que la lampe est placée dans une cage métallique. Ayant demandé à M. B... d’indiquer, si possible, le moment précis où les illuminations allaient apparaître, nous constatâmes qu’elles se produisaient tantôt avant, tantôt après ses appels, et nous fûmes bientôt convaincus, qu’elles étaient complètement indépendantes de sa volonté, de ses appels et de ses gestes.
- Il s’agit donc de petites décharges se produisant sous l’influence de causes contingentes qu’il n’y avait guère intérêt à préciser davantage (petits ébranlements du support, vibration du filament, modification de la répartition des charges, humidification ou dessiccation, etc.). M. B..., repoussant absolument cette interprétation rationnelle, consentit.
- avec une parfaite bonne grâce, à se soumettre à l’expérience cruciale suivante. La lampe chargée étant déposée sur une table, il provoquerait à distance un nombre déterminé d’illuminations, puis les suspendrait pendant un nombre donné de minutes et les provoquerait à nouveau ensuite. L’expérience faite à deux reprises fut en effet cruciale et confirma entièrement notre hypothèse : les illuminations furent complètement indépendantes de la volonté de M. B... et se poursuivirent avec la même fréquence moyenne pendant toute la durée de l’expérience, comme en témoignent des enregistrements graphiques.
- Enfin nous avons pu trouver nous-mêmes une lampe qui donne, après avoir été chargée, ce phénomène des illuminations spontanées, à vrai dire moins éclatantes et moins nombreuses que la lampe utilisée par M. B.... Le phénomène étant reproduit à l’intensité près, il ne nous a pas paru utile de pousser la recherche plus avant. Mais nous avons mis en outre en évidence une curieuse modalité de ce phénomène : quand la lampe a été préalablement chargée, elle s’illuminp sous l’action de rapides variations hygrométriques; ainsi, si on la place devant la bouche, elle donne à chaque expiration un battement lumineux.
- Ainsi des faits qui de prime abord paraissaient étranges se réduisent en définitive à des mécanismes électriques simples.
- Henry Gardot et Henri Laugier.
- c
- Fig. 2. — Éclairages intermittents ou durables réalisés par contact.
- Tracé inférieur : temps en secondes. — Tracé supérieur : excursion de la corde du galvanomètre d’Einthoven, relié à l’ampoule tenue par le sujet. Chaque mouvement de friction est dècelè par une variation de la charge de l’ampoule (ondulations a)\ il se produit en outre des décharges extrêmement brèves, traduites sur le graphique par les fines lignes b et qui correspondent aux effluves lumineuses. En c, le sujet a interrompu la friction, tenant dans sa main immobile la lampe qui sè décharge, en produisant pendant 3 secondes un phénomène lumineux d’éclat constant (remarquer l’analogie de la courbe de décharge avec celle d’un condensateur ordinaire).
- Le Gérant ; P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- p.208 - vue 212/688
-
-
-
- •*T^\
- fA NATURE — N° 2609
- LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS (Suite)
- 5 AVRIL 1924
- Les transports aériens ont pris en quelques années un développement tel que ce n’est plus une charge de 200 ou de 400 kg qui doit être transportée, mais bien au moins de 1000 kg et de plus dans certains cas, des vols de nuit doivent pouvoir être effectués avec toute sécurité. De ces besoins sont nés les avions gros porteurs ; ils sont nécessairement multimoteurs ; car il n’existe pas encore en France de moteurs éprouvés donnant une puissance supérieure à 4 ou 500 GV.
- Le programme du Service Technique prévoyait d’ailleurs la mise en construction d’avions multi-
- seul moteur perd une grande partie de sa maniabilité et si les très bons pilotes n’éprouvent dans ces circonstances qu’une gêne désagréable pour prendre leur terrain, les pilotes de qualité moyenne peuvent être plus gravement embarrassés. A cet inconvénient nous devons enfin ajouter celui qui résulte de ce fait que la présence de deux moteurs sur un avion double les chances de panne.
- La ligne Paris-Londres, en raison de son gros trafic, est exploitée, tant par la Compagnie Anglaise que par la Compagnie Française, au moyen de bimoteurs.
- Le Handley Page est un avion remarquable à tous
- Fig. i. — Vue générale du quadrimoteur Farman B N 4. (.Bombardement de nuit.) 4 moteurs, 400 CV Lorraine Dictrich. Surface 3oo m2. Poids total en vol i3ooo kg.
- moteurs à grande capacité; c’était même, à dire vrai, le seul type d’avion que ce programme préconisât pour l’Aviation Marchande. n
- Or actuellement nous trouvons très peu d’avions multimoteurs en service sur les lignes commerciales et cette situation provient de ce que, jusqu’à ces temps derniers, il n’existait de cette formule, comme avion véritablement au point, que des bimoteurs. Mais les bimoteurs sont loin de donner satisfaction a l’exploitation des lignes.
- Il paraît, en effet, prouvé qu’aucun avion bimoteur ne peut pratiquement continuer son vol avec un seul moteur en fonctionnement ; si donc l’un des deux moteurs tombe en panne, ce bimoteur ne peut que « voleter » jusqu’au plus proche terrain de secours; mais il ne pourra, dans la plupart des cas, terminer en volant son étape, même s’il ne s’agit que de parcourir 150 à 200 km.
- Si nous employons cette expression de « voleter », c’est bien à dessein, car un bimoteur volant avec un
- points de vue ; sa cellule est très bien construite, son fuselage est vaste et enfin ses moteurs sont d’une qualité exceptionnelle. La sécurité totale qu’a procurée ce type d’avion jusqu’ici tient évidemment au fonctionnement sans défaillance de ses deux moteurs 360 CV Rolls Royce; ce fonctionnement est tel que la Compagnie Handley Page a pu durant toute l’année 1925, avec seulement 4 avions, effectuer tous les jours 4 fois le trajet de Paris-Londres ou Londres-Paris; s’il est vrai que ces moteurs peuvent tourner 150 heures sans révision, ce seul fait explique que les avions puissent être utilisés avec une pareille intensité.
- Le bimoteur Goliath Farman, connu de nos lecteurs, est également en service sur la ligne Paris-Londres ; c’est un avion datant de 1918 et qui jouit d’un excellent rendement, surtout lorsqu’il est équipé avec deux moteurs Salmson de 250 CY ; malheureusement sa vitesse est peu élevée; pour l’améliorer des essais ont été tentés en 1923 en l’équipant
- 14. — 209.
- 55* Anné». — 1" S«m*str*.
- p.209 - vue 213/688
-
-
-
- 210
- LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS
- avec des 300 CV Renault et des 400 CV Lorraine, mais la charge utile de l’avion se trouvait assez sérieusement diminuée par l’excédent de poids de ces moteurs ; de plus, la vitesse n’était que très peu augmentée et enfin l’avion dans cette transformation perdait une grande partie de sa maniabilité lorsqu’il volait avec un seul moteur. En raison de sa faible vitesse, le Goliath ne pourrait d’ailleurs être affecté à l’exploitation de longues lignes.
- Enfin nos lecteurs savent que depuis quelques mois un nouveau type d’avion multimoteur a été mis en service sur la section de nuit Belgrade-Bucarest, c’est le Caudron C-61, trimoteur dont nous avons donné la description dans un numéro précédent de La Nature.
- Depuis notre article, cet avion a fait ses preuves et avec grand succès, la formule trimoteur s’est révélée très supérieure dans la pratique à la formule bimoteur. En de nombreuses occasions, des Cau-drons C-61 ont pu continuer leurs vols de nuit dans d’excellentes conditions, avec un moteur en panne, meme lorsque cet incident survenait au - dessus des Carpathes et de nuit.
- Malheureusement les Caudrons C-61 avaient été équipés avec les seuls moteurs d’avion d’environ 200 CV dont disposait l’industrie française, c’est-à-dire l’Hispano 180 CV. Ce moteur, en effet, créé pour la fragile et légère aviation de guerre, où il fit merveille, a donné des mécomptes sérieux lorsque au lieu de lui demander 1 ou 2 heures de vol d’une seule traite, on lui demanda de fonctionner pendant 5 ou 6 h. consécutives.
- Devant cette absence de gros avions vraiment pratiques, les constructeurs, tant pour répondre au programme du Service Technique, que cette fois aux desiderata des Compagnies aériennes et aux demandes pressantes de l’armée qui ne possède aucun avion sérieux pour le bombardement de nuit, ont étudié en 1922 et en 1923 des types d’avions tri-ou quadrimoteurs de grande puissance.
- Certaines de ces créations n’en sont encore qu’à la période d’étude ou de construction, d’autres ont déjà été lancées ou vont l’être dans quelques semaines.
- Antérieurement au récent concours des avions de transport, quelques types de gros avions avaient déjà volé : tels le Farman Bn-4 équipé avec 4 moteurs Lorraine de 400 CV et le Schneider Bn-k également équipé avec 4 moteurs 400 CV. Mais ces grosses machines volantes révélèrent plus d’efforts que de
- résultats ; ces essais ont montré surtout combien il y avait encore pour notre industrie aéronautique de progrès à accomplir pour arriver à produire des types d’avions à 4, 5 ou 6 moteurs analogues à ceux que les Allemands lançaient par escadres entières dès 1918 sur Londres et que nous avons décrits autrefois dans La Nature.
- Nous croyons savoir qu’une des plus grosses difficultés rencontrées par les constructeurs de ces deux grands avions de bombardement de nuit a été les pertes de rendement des groupes motopropulseurs, du fait en particulier que les deux moteurs arrière sont loin de donner chacun les 400 CV attendus, le travail de leurs hélices étant gravement perturbé par les remous des hélices avant (fig. 1).
- Cependant en même temps que Caudron lançait son trimoteur C-61, le constructeur Henry Potez, étudiait et lançait deux types de trimoteurs : l’un
- équipé avec 3 mo-leurs 180 CV Hispano figura au Salon de l’Aéronautique de 1921, l’autre en grand progrès sur le précédent, équipé avec 3 moteurs 270 CV Lorraine, figura au Salon de 1922. Ce dernier avion, très intéressant tant par la formule hardie de sa cellule biplane mais très aérée que par le mode de construction de son fuselage cabine, est actuellement encore en cours d’essai et, retardé par de'nombreux ennuis de moteurs, ne sera malheureusement pas prêt en temps voulu pour être utilisé par les lignes au début de 1924.
- La partie avant du fuselage du Potez 18 est métallique et supporté le moteur central; le milieu du fuselage est une véritable coque en bois contreplaqué fixé sur des couples et constitue' une confortable et vaste cabine ; la partie arrière du fuselage redevient entièrement métallique et supporte à son extrémité les gouvernes et stabilisateurs. La simplicité de la cellule, de même que la forme spéciale du fuselage, permettent à cet avion de voler à la vitesse de 190 km à l’heure, ce qui est remarquable pour un trimoteur. En’dehors des avions précédents, cinq gros avions nouveaux se présentèrent au concours; deux autres n’avaient pu être terminés en temps voulu pour affronter les épreuves.
- Ce concours fut donc un gros succès, même un peu inespéré et cependant il n’y a pas lieu de s’en réjouir outre mesure, car aucun des cinq avions présentés ne peut réellement convenir à une saine exploitation sans avoir à subir au préalable de profondes modifications, notamment en ce qui concerne la puissance motrice.
- p.210 - vue 214/688
-
-
-
- 211
- LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS
- Les deux avions qui ne se présentèrent pas au concours furent : d’abord le Blériot quadrimoteur exposé au Salon de 1921, dont la cellule était encore en cours de reconstruction en 1925 pour répondre aux nouvelles nécessités des coefficients de résistance : nous ne reparlerons de cet avion qu’ultérieurement au moment de ses essais; de tous les avions que nous connaissions, c’est certainement celui dont le fuselage coque est le mieux organisé pour la grande navigation aérienne.
- Ensuite c’était le trimoteur G au-dron 81 équipé avec 5 moteurs Lorraine, un central de 400 CV et deux latéraux de 270 CV ; cet appareil, qui vient de réaliser avec succès ses premiers vols, ne participa pas au concours à la suite d’une divergence de vues entre son constructeur et le Comité du concours. Il s’agit, en somme, d’un agrandissement et d’une amélioration du Caudron C-61 ; la
- Fig. 3.
- Vue générale de l’avion quadrimoteur Blériot. (Transport public.)
- 4 moteurs Hispano-Suiza 180 CV. Remarquer la curieuse disposition des deux moteurs supérieurs (à l’avant le poste du navigateur).
- encore être mis au point comme le 400 CV sur une ligne de navigation, on pouvait avoir de ce côté quelques inquiétudes. Devant les brillants résultats du nouveau 260 CV Salmson, la Compagnie Franco-
- Tableau 2: — Caractéristique dés principaux avions multimoteurs marchands.
- CAUDRON 61 'POTEZ 17 .BLÉRIOT 115 CAUDRON SI BREGUET 22 FARMAN Biplan KARMAN Monoplan
- Surface en m2 .... 104 . 112 126 145 157 159 81
- Puissance en CV . . . 540 1600 720 950 1100 1040 720
- Poids lofai en kg. . . 4'>56 5400 4900 6500 7050 6100 5060
- Charge utile 1540 2000 2000 2500 5050 2900 2140
- Vitesse rnaxima.... 162 190 170 180 170 180 185
- partie motrice, notamment, sera infiniment plu s résistante, en particulier le 400 CV Lorraine central est capable de tourner une centaine d’heures sans révision. Puisque les 270 CV Lorraine latéraux n’ont pu
- Roumaine a demandé à Caudron d’étudier l’équipement d’un semblable trimoteur avec 2 Salmson 260 CV.
- Le fuselage de cet avion est très vaste, sa hauteur dépasse 1 m. 80 ; tout à fait à l’avant se trouve le moteur central, puis vient le poste de pilotage et de navigation, puis une vaste soute à messageries de 2 m3 \ /2, puis une grande cabine pouvant contenir 10 passagers assis, enfin le palier de sortie et le cabinet de toilette. Les réservoirs à essence sont placés dans le plan supérieur, donc très loin des 3 moteurs. Il est manifeste que Caudron a fait un réel effort pour moderniser sa conception habituelle, nous trouvons en effet dans cet avion moins de mâts, moins de câbles et de fil, enfin un ensemble plus pur.
- Les 5 avions présentés effectivement au concours comprenaient :
- Le Potez trimoteur. analogue au Potez 18, mais équipé avec les 3 premiers moteurs 400 CV Jupiter
- Fig. 4. — Avion Blériot qu'adrimoteur.
- Vue arrière des groupes motopropulseurs. (Les réservoirs à combustible, huile et essence, sont placés derrière les moteurs.)
- p.211 - vue 215/688
-
-
-
- 212
- LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS
- Fig. 5. — Vue d'ensemble du quadrimoteur Breguet, avion entièrement métallique. 4 moteurs Lorraine 275 CV. Surface portante 140 ms. Poids total en vol 7100 kg.
- construits en France; la principale caractéristique de cet avion était donc un gros excédent de puissance (1200 GV) et de fait les résultats en vol furent excellents (fig. 2).
- Malheureusement, au cours des épreuves éliminatoires, un incident se produisit entre le comité du concours et le constructeur, et l’avion qui n’avait pu être contrôlé n’ayant pas exécuté ses 8 au-dessus de l’endroit fixé fut disqualifié; ce fut une mesure peut-être un peu sévère mais juste, puisque les autres concurrents s’étaient pliés aux prescriptions. Cet avion continue ses essais et sa vitesse serait proche de 200 km à l’heure.
- Le Breguet 22 était un immense quadrimoteur, analogue comme formule générale aux Farman et
- Schneider Bn4, entièrement construit en duralumin et dont l’admirable construction faisait le plus grand honneur aux qualités de Breguet (fig. 5 et 6).
- Peut-être pourrait-on reprocher à cet avion d’être trop complexe et pas assez rustique dans sa réalisation. Nous voyons, en effet, assez mal comment cet appareil pourrait être réparé loin d’un atelier moderne. Les premiers essais avant le concours avaient révélé des performances remarquables, surtout en ce qui concernait le poids de la charge utile enlevée, mais des défaillances du groupe moto-propulseur causèrent la perte totale de l’avion.
- Au cours des épreuves éliminatoires du concours, le pilote devait arrêter en plein vol un de ses moteurs, faire changer des bougies par un mécanicien
- Fig. 6. — Vue latérale du quadrimoteur Breguet. pendant un essai des 4 moteurs. Remarquer la curieuse charpente de la cellule : 2 mats centraux et haubans antérieurs et postérieurs
- p.212 - vue 216/688
-
-
-
- 213
- LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS
- et remettre ce moteur en route ; or, ce moteur, fortement refroidi pendant son arrêt par le vent de l’hélice du moteur avant, ne put repartir et, pour comble de malchance, au moment où l’avion revenait atterrir sur le terrain du Bourget, le second moteur du même côté eut aussi une panne alors que l’avion passait les arbres de la route ; l’avion continua bien à voler avec seulement deux moteurs du même côté, mais il se trouva alors dans le cas fâcheux d’un bimoteur n’ayarit plus qu’un moteur et il ne put tourner contre le vent alors très violent pour
- ment assez embarrassés pour placer sur leurs avions 4 moteurs : nous avons étudié autrefois en détail les avantages et inconvénients des différentes solutions adoptées ; il semble que la technique n’ait pas fait grand progrès depuis cette époque.
- Trois moteurs sont déjà difficiles à placer, surtout si l’on veut éviter les vibrations assez désagréables que produisent les difïérents remous des hélices lorsqu’ils se coupent ; ces inconvénients ont été relevés sur tous les trimoteurs actuels. Pour avoir une bonne formule de trimoteur , il y aurait donc intérêt
- 2. moteurs 2 moteurs
- 4 moteurs
- Le moteur a van t'est placé ^devant tes moteurs
- 1 latéraux
- Zones de recoupement des champs de 'rotation
- Croquis montrant les différentes solutions adoptées ou préconisées pour répartir 3 ou 4 moteurs
- sur de gros avions. ' %
- 1. Breguet, Farman monoplan, Farman biplan. — Les 2 moteurs arrière n’ont qu’un médiocre rendement, de plus les 4 points de traction (centres des hélices) sont tous les 4 éloignés du plan axial de l’avion ; en cas de panne de 2 moteurs du même côté, l’avion perd une grande partie de sa manœuvrabilité.
- 2. Potes 18. Caudron 61 et 81. — Le moteur central, placé devant le fuselage très gros, travaille assez médiocrement. Deux moteurs seulement sont désaxés et, en cas de panne du moteur central, l’avion reste très manœuvrable; en cas de panne d’un latéral, l’avion reste encore suffisamment manœuvrable. Les champs de rotation des hélices se coupent et il en résulte de fâcheuses vibrations.
- 3. Blériot n5. — Les 4 moteurs très dégagés rendent leur maximum; les champs de rotation ne se coupent pas; les 2 moteurs centraux sont très rapprochés en plan axial; et même avec 2 moteurs arrêtés du même côté l’avion peut continuer son vol.
- 4. Solution proposée. — Les 3 moteurs dégagés travaillent avec leur plein rendement ; les champs de rotation ne se coupent pas ; l’avion, en cas de panne, conserve toutefois tous les avantages du trimoteur en ce qui concerne la manœuvrabilité sans en avoir les inconvénients. Il y aurait lieu d’envisagér l’emploi d’une hélice 4 pales à petit diamètre pour passer facilement au-dessus de la cabine.
- prendre son terrain correctement ; l’atterrissage se fit assez brutalement dans un marais, l’équipage n’eut point de mal ; mais quelques minutes après, un court-circuit des canalisations électriques mit le feu à l’essence des réservoirs et l’avion fut entièrement détruit. Breguet, sans se décourager, reconstruit un nouvel appareil et nous espérons qu’il-appuiera ce grand effort technique sur des moteurs plus confirmés.
- Il ne resta donc plus en ligne pour effectuer la course de 3000 km que trois avions.
- Le Blériot quadrimoteur 115 fut classé troisième après une course très belle, c’est un biplan classique mais qui se différencie des formules habituelles par la disposition de ses groupes moteurs (fig. 3 et 4).
- Nous savons que les constructeurs sont générale-
- à adopter une disposition en triangle, analogue à celle du croquis ci-dessus (fig. 7).
- Quatre moteurs peuvent être placés tous les 4 sur la même ligne comme sur le Zeppelin Stacken ou le Siemens Schückert 1 ou plus anciennement sur le Sikoi'sky. Cette disposition est mauvaise à cause de la position trop excentrique des moteurs extrêmes qui, lorsque les deux moteurs d’un seul côté sont arrêtés, donnent un couple tel que l’avion ne peut plus voler droit (fig. 7). »
- Quatre moteurs peuvent être placés deux par deux en tandem dans deux nacelles latérales, c’est la formule généralement adoptée ; elle offre l’inconvénient d’entraîner une sérieuse perte de puissance des deux moteurs arrière, dont les hélices travaillent I mal dans les remous des hélices avant (fig. 7, n° 1).
- p.213 - vue 217/688
-
-
-
- 214
- LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS
- Mais les quatre moteurs peuvent être placés en carré, deux latéraux sur le plan inférieur, deux sur le plan supérieur. Cette disposition est particulièrement chère à M. Blériot qui, depuis plusieurs années, a créé un certain nombre de gros avions quadrimoteurs relevant de celte formule. Le principal avantage procuré dans ce cas est que les quatre hélices sont toutes traclives, donc elles donnent les meilleures garanties de sécurité et de rendement et les moteurs sont malgré cela très proches de Taxe général de l’avion et leur arrêt éventuel ne donne pas lieu à ces couples désastreux pour la ma-
- voilure et équipé avec quatre moteurs Salmson 260 CV placés en tandem deux par deux, dans deux nacelles latérales. Cet avion ne semble pas avoir donné des résultats excessivement brillants, cela doit provenir du médiocre rendement des deux moteurs arrière (fig. 8).
- C’est encore un Farman quadrimoteur, le « Jabiru », qui fut classé premier au concours, après une course d’autant plus admirable que cet avion avait à peine été essayé quelques jours avant. Il s’agit cette fois d’une vraie révolution dans le Landernau aéronautique français, d’autant que jus-
- Fïg. 8. — Vue avant du. Farman quadrimoteur Supergoliath. (Transport publie.)
- 4 moteurs Salmson CM 9, 260 chev. — Remarquer la simplicité du montage d’un moteur Salmson et le nouveau type
- de radiateur placé le long du mât.
- niabilité; de plus, aucune de ces quatre hélices ne travaille dans un air perturbé (fig. 7, n° 3).
- Toutefois il est un inconvénient assez désagréable, c’est que ces deux moteurs pèsent lourd et sont placés très au-dessiis du centre de gravité de l’avion ; ils tendent à faire capoter l’avion dès qu’il est victime d’un accident d’atterrissage.
- L’avion Blériot quadrimoteur s’est fort bien comporté et s’il a été seulement classé troisième, c’est qu’il a perdu trois bonnes heures dans un changement de moteurs. Or c’est bien du côté des moteurs que réside le principal défaut de cet avion; les quatre moteurs sont des 180 Hispano qui n’ont pas été conçus pour l’aviation marchande et ses durs services.
- C’est un Farman quadrimoteur biplan qui fut classé second; il s’agit en somme d'un Goliath quelque peu modifié dans son fuselage et dans sa
- qu’alors les usines Farman passaient pour être les championnes des vieilles formules et si leurs légers avions de guerre avaient été plaisamment dénommés « cages à poules » c’était à cause de l’énorme quantité de mâts, de câbles et de fils dont ils étaient composés. A dire vrai, les initiés des choses aéronautiques avaient été fort surpris de voir Farman exposer, lors du dernier salon, un petit monoplan de tourisme à aile épaisse et de forme bizarre. C’était un premier essai qui donna de tels résultats, que les Farman décidèrent d’en exploiter la formule pour le grand avion du concours 1923.
- Le gros monoplan Farman a pour principale caractéristique d’être le premier avion français de transport public avec aile épaisse et, de plus, cette aile est d’une forme toute spéciale, profonde de 6 m. dans sa plus large partie !
- p.214 - vue 218/688
-
-
-
- 215
- LES NOUVEAUX AVIONS MARCHANDS
- Fig, 9. — Vue latérale du Farman monoplan quadrimoteur montrant la profondeur extrême de l’aile
- qui atteint 6 mètres à l’aplomb du fuselage.
- Cette photographie montre également le groupe moto-propulseur de droite.
- C’est sous l’aile que le fuselage cabine est accroché; ce fuselage est excessivement haut et porte à sa partie inférieure une petite aile qui, elle-même, supporte à ses deux extrémités les deux nacelles latérales contenant les moteurs. Cet avion est donc un peu plus qu’un monoplan, c’est un « sesqui-plan » (fig. 9).
- Chaque nacelle motrice contient deux moteurs disposés en tandem avec deux hélices avant tractives et deux hélices arrière propulsives; le train d’atterrissage est très simple et robuste et comporte deux énormes roues qui doivent pouvoir rouler sans difficulté sur les plus mauvais terrains.
- Les pilotes sont placés devant l’aile, tout en haut du fuselage; au-dessous d’eux se trouve le poste du navigateur; puis une cabine pour huit ou dix passagers, puis une cabine de T. S. F., enfin le palier de sortie et le cabinet de toilette (fig. 10).
- Nos anciens lecteurs devinent combien nous avons été heureux de voir un grand constructeur français aborder l’étude d’un grand monoplan et
- réussir du premier coup à imposer cette formule qui présente tellement d’avantages.
- Nous venons ainsi de jeter un rapide coup d’œil sur l’état d’avancement de la construction aéronautique en fait d’avions marchands.
- Il y a quelques mois, la France s’endormait, trompée un peu par les affirmations de certains discours officiels qui déclaraient que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes aéronautiques. Malheureusement, il en fallut déchanter, et nous avons tout juste eu la force nécessaire pour sortir de la torpeur où nous avait plongés notre auto-admiration. Des leçons aussi pénibles que celle que nous avons reçues à l’Exposition de Gôthembourg, ou des dangers comme ceux que nous avons courus dans l’Europe centrale où notre matériel devait affronter le matériel étranger, ont suffi pour galvaniser le talent de nos constructeurs ; mais bientôt en matière aéronautique, le talent deviendra insuffisant pour mener au progrès et il faudra delà science...
- Jean-Abel Lefuanc.
- Fig: jo. — Vue trois quarts avant du monoplan Farman quadrimoteur. {Transport public.)
- 4 moteurs Hispano-Suiza ,180 CV. — Surface : 81 mètres carrés. — Poids total en vol : 5ooo kg. — "Vitesse : 200 km-heure. Remarquer l’épaisseur de l’aile, la position des groupes moteurs et la simplicité du train d’atterrissage. — 14 passagers ou 1000 kg de fret. — Toilette. — T. S-F, — Cabine de navigateur.
- p.215 - vue 219/688
-
-
-
- 216
- -------------1 --------------------------------------
- RADIOTÉLÉGRAPHIE ET RADIOTÉLÉPHONIE SECRÈTES
- au moyen des rayons infra-rouges.
- Afin d’assurer le secret des communications au cours des opérations militaires, on songea à employer, pendant la grande guerre, lès rayons infrarouges,, qui permettent d’envoyer à travers l’espace des signaux invisibles et que, par conséquent, l’ennemi ne saurait intercepter.
- Un savant physicien, M. Char-bonneau, et deux sapeurs du génie,
- MM. Hébert Ste-vens et Larigal-die, mirent au point divers appareils capables d’utiliser ces radiations spectrales.
- Depuis lors, la nouvelle méthode s’est perfectionnée et a reçu - d'intéressantes applications pacifiques, entre autres dans la marine et dans l’aviation. Elle repose d’ailleurs sur des principes simples. Au poste transmetteur, se trouve une lumière très riche en rayons infrarouges ; un écran spécial laisse passer ces derniers tout en absorbant les vibrations lumineuses visibles.
- D’autre part, à la station réceptrice, un détecteur approprié décèle ces ondes invisibles.
- Comme source d’émission, M. A. Charbonneau utilise de préférence l’arc voltaïque, dont il augmente le plus possible la température en prenant comme électrodes des charbons métallisés et d’une parfaite homogénéité. Pour les appareils légers, il . se sert de lampes à filament de tungstène enroulé en spirale et à atmosphère d’azote pu de néon, qui fonctionnent avec un courant de faible ampérage et peuvent supporter un survoltage en vue d’accroître
- leur éclat. De toutes façons, on dispose la source du poste transmetteur au foyer d’un miroir parabolique concentrant les rayons visibles et invisibles vers la station réceptrice. Mais avant -de quitter ce projecteur, le faisceau traverse une glace plane en
- verre à base d’oxyde de manganèse ou de protoxyde de cuivre qui, opaque pour les radiations visibles, se laisse pénétrer par les grandes longueurs d’onde infra-rouges. En outre, grâce à un volet opaque, interposé entre la source lumineuse et le miroir, le télégraphiste obture à volonté le flux d’émission et envoie des signaux Morse tandis qu’au moyen d’une lunette la* térale annexe, il pointe l’appareil dans la direction de son correspondant.
- La portée du transmetteur dépend de la température de la source et varie proportionnellement au diamètre des miroirs de projection.
- Aussi M. Charbonneau en a construit plusieurs modèles. De petits projecteurs, montés sur pieds avec lampe à azote de 40 à 50 watts alimentée par une batterie d’accumulateurs, servent à assurer de courtes liaisons de télégraphie optique jusqu’à 8 km. Pour les distances de 3 à 6 km, on conserve le même projecteur, mais on remplace l’ampoule par un arc et les accumulateurs par un groupe électrogène ambulant. Pour les portées de 10 à 25 km, on utilise les projecteurs réglementaires de l’armée et de la marine (0 m, 60 à 1 m. 50) en leur adjoignant un écran
- Fig, i. — Appareil Charbonneau pour la réception visuelle des rayons infra-rouges.
- On aperçoit la bande recouverte de sulfure de zinc "phosphorescent qui se déroule au foyer du miroir, grâce à un mécanisme d'horlogerie, tandis que l’observateur au moyen de la lunette ordinaire pointe l’appareil sur le poste correspondant.
- p.216 - vue 220/688
-
-
-
- RADIOTÉLÉGRAPHIE ET RADIOTÉLÉPHONIE SECRÈTES -....217
- filtreur pour le poste transnïetteur et en fixant le dispositif de détection au foyer du miroir de la station d’enregistrement.
- De son côté, ce poste récepteur comprend également un miroir parabolique concave destiné à recevoir les rayons infra-rouges parallèles entre eux émis par l’appareil transmetteur et à les concentrer à son foyer. Là, se trouve un détecteur spécial du rayonnement invisible et la réception des signaux s’opère soit à la vue, soit au son.
- Dans le premier procédé (fig. 1), une bande sans fin recouverte de sulfure de zinc phosphorescent se
- bande de sulfure de zinc et éteignent instantanément la phosphorescence de cette bande. L’opérateur voit alors se former un trait noir qui disparaîtra quand cette partie du ruban viendra en regard des radiations bleues excitatrices. Il pourra donc lire les émissions infra-rouges qui, codifiées au Morse et captées par le miroir, s’inscrivent sur le papier en traits et points noirs, par extinction de la phosphorescence.
- Un ingénieux dispositif permet même de photographier les signaux reçus. Il suffit, en effet, d’interposer, entre le foyer du miroir ou de la len-
- Fig. 2. — Lz réception au son des radiations infra-rouges avec une pile thermo-électrique. Derrière le miroir du poste, on aperçoit le galvanomètre et à droite un amplificateur à 3 lampes.
- déroule au foyer du miroir récepteur, grâce à un mécanisme d’horlogerie, tandis qu’une lampe électrique de 10 volts, enfermée dans une boîte complètement étanche, laisse filtrer, à travers une solution de sulfate de cuivre ammoniacale, des ondes lumineuses de haute fréquence constituées surtout par des radiations violettes. Ce rayonnement illumine fortement l’enduit du ruban dont il excite la phosphorescence. D’autre part, un tambour de projecteur, fermé en avant par un verre noir et monté à la cardan sur son support, abrite l’ensemble du dispositif récepteur qui peut ainsi s’orienter en tous sens. Il porte, en outre, une lunette de visée servant à le pointer sur le poste d’émission de manière à faire coïncider les axes optiques des deux appareils.
- Ce système télégraphique fonctionne de jour comme de nuit de la façon suivante. Les radiations infra-rouges émises par la station transmettrice se concentrent au foyer du poste récepteur où passe la
- tille et l’écran filtrant, un film recouvert d’une émulsion sensible et appliqué contre la bande phosphorescente pour pouvoir enregistrer, sur la pellicule, les signaux conventionnels de cette télégraphie secrète, à des distances variant entre 2 km 5 et 33 km, suivant la puissance des postes.
- Peu après la guerre, la Commission centrale d’optique de la marine chercha à se rendre compte si les appareils Charbonneau permettaient de déceler la présence d’un vaisseau passant à travers leurs ondes imperceptibles à l’œil. L’expérience s’exécuta la nuit dans la rade de Toulon et par une atmosphère très pure. On installa le poste transmetteur à la batterie de l’Estérel. Le faisceau infra-rouge était dirigé sur le miroir parabolique de la station réceptrice, sise au fort Pothuau, à une distance de 9 km 1/2. On enregistra alors sur la bande mobile photoluminescente un trait noir continu. Puis, à un signal convenu, le torpilleur La Poupée appareilla
- p.217 - vue 221/688
-
-
-
- 218 r.... RADIOTÉLÉGRAPHIE ET RADIOTÉLÉPHONIE SECRÈTES
- tous feux voilés et coupa, à 6 reprises différentes et à une distance moyenne de 1200 m. du récepteur, le rayonnement infra-rouge avant de retourner à son mouillage. Or, le trait noir se trouva suspendu sur 3 cm, à chaque passage du navire. Cette interruption correspond à une durée de 18 secondes, temps nécessaire au torpilleur pour se déplacer de sa propre longueur.
- Comme les ondes hertziennes employées en T. S. F., ces rayons invisibles franchissent d’ailleurs des distances plus grandes pendant la nuit. En plein jour, leur portée est diminuée d’environ 25 pour 100.
- Mais au lieu d’enregistrer les signaux sur une bande phosphorescente, M. Charbonneau les détecte aussi au son (fîg. 2). Pour celle réception auditive des radiations infra-rouges, il se sert d’une pile thermo - électrique, de grande sensibilité et de faible inertie, placée au foyer du miroir récepteur et dans le circuit de laquelle on intercale un galvanomètre (fig 5).
- Le déplacement du spot lumineux de ce dernier décèle les variations d’intensité électrique consécutives à l’occultation du faisceau infra-rouge. Quant au couple thermo-électrique, il se compose d’un disque de platine de 1/100e de millimètre d’épaisseur sur 2 à 3 mm de largeur fixé sur son arête à un premier support de nickel et au centre duquel un mince cristal de tellure vient s’appuyer par sa pointe. Cette pile joue à la fois le rôle d’organe détecteur et de relai photophonique. Si les ondes infra-rouges émises tombent sur elle et l’échauffent, un vibrateur (analogue au tikker de réception des ondes entretenues en T. S. F.) coupe le courant, qui se transforme alors en vibrations dl’une fréquence de 1000 à 2000 susceptible de produire un son dans le téléphone du poste récepteur.
- On dispose le couple thermo-électrique dans une chambre à parois opaques aux radiations visibles mais munie d’une fenêtre en substance diathermane, autrement dit qui laisse les ondes infra-rouges pénétrer dans l’enceinte. On accroît, du reste, la sensi-
- bilité de ce détecteur quand on l’enferme dans un vide très poussé supprimant le refroidissement par convection et diminuant les pertes dues à la conductibilité calorifique dé F air ambiant. On intercale également dans le circuit un potentiomètre et une boucle de réglage afin de compenser l’induction produite par les vibrations du tikker et par suite de maintenir, lorsque l’on n’envoie pas de signaux optiques, le silence dans- le téléphone relié aux oreilles de l’observateur.
- ’ Le courant, débité par la pile sous l’effet des émissions obscures infra-rouges du poste transmetteur, se trouve ainsi interrompu à une fréquence musicale par le tikker, et on le dirige dans un amplificateur à lampes analogue aux audions radio-téléphoniques.
- D’ailleurs, si l’on utilise l’appareil simplement comme détecteur d’ondes infra-rouges et non pour les communications télégraphiques, on peut éliminer l’amplificateur ainsi que le tikker et se contenter simplement d’un galvanomètre Hébert-Stevens et Larigaldie.
- Cette méthode de signalisation par ondes infra-rougts a déjà reçu de multiples applications dans la marine de guerre française pour établir des communications secrètes soit entre deux navires, soit entre un bateau et la terre ou vice versa, soit pour repérer des feux de bord, soit pour découvrir tout bâtiment naviguant en surface et passant entre deux postes de détection. MM. Hébert Stevens et Larigaldie l’ont également proposée pour éviter les icebergs dont l’abordage cause parfois de terribles catastrophes en mer. Dans ce cas, la portion du couple thermo-électrique, tournée vers une de ces montagnes de glace flottante, se refroidit tandis que l'autre partie demeure à la température ambiante.
- La différence thermométrique nécessaire pour la production d’un courant par la pile se trouve donc réalisée et par suite l’instrument peut révéler, même pendant la nuit ou par temps de brume, à la vigie du bord, la présence assez lointaine d’un iceberg
- Projecteur 60
- Lentille
- Lampe
- i \Miroir
- Galvanomètre
- TiKKer
- jUb—
- Téléphone
- Pi te 3 è/émente
- Fig. 3. — Schéma d'un poste de télégraphie secrète système Charbonneau.
- Ce poste permet de recevoir, au moyen d’une pile thermo-
- électrique qui sert de relai photophonique, des signaux émis par une source lumineuse infra-rouge.
- p.218 - vue 222/688
-
-
-
- RADIOTELEGRAPHIE ET RADIOTÉLÉPHONIE SECRÈTES : 219
- comme s’il s’agissait d’une source de chaleur plus ou moins intense.
- Plus récemment, M. Charbonneau a imaginé un dispositif basé sur les mêmes principes et qui en corrigeant la dérive des aéroplanes, leur permet d’atterrir pendant l’obscurité ou par le brouillard.
- Souvent, quand un pilote navigue dans l’océan aérien, la boussole ne lui suffit pas pour s’orienter. La poussée de l’hélice sollicite, en effet, son avion à se déplacer dans une direction qui coïncide avec son axe longitudinal, mais, par suite des remous de l’air, l’aéronef suit une autre trajectoire, faisant avec la première un certain angle dit angle de dérive. Cette déviation varie avec la vitesse de l’esquif, la violence et la direction du vent. Aussi la valeur de cet angle atteint parfois 15° à 20° et même davantage. En plein jour et par temps clair, l’aviateur, en observant des repères terrestres peut, à la vérité, rectifier sa route, mais pendant la nuit, cette correction de la dérive devient impossible. Aussi M. Charbonneau propose le système suivant pour résoudre ce difficile problème de navigation aérienne. Sur l’aérodrome, on installe un projecteur électrique pourvu d’un filtre livrant passage aux seuls rayons infra-rouges. Grâce à un grand disque gradué, on dirige ce rayonnement invisible dans la direction que doit parcourir l’avion pour arriver à destination. Il suffit de conserver le contact avec le faisceau lumineux pendant une vingtaine de kilomètres pour déterminer l’angle exact de dérive et corriger par suite les indications de la boussole.
- De son côté, l’aéroplane porte un appareil (fig. 4 et 5) destiné à recueillir les rayons émis par la station télégraphico-optique de l’aérodrome. L’organe récepteur se compose d’une bande A imprégnée d’un corps sensible aux radiations de grandes longueurs d’onde (en substance la réaction du chlorure mercürique et de l’iodure d’argent). Ce ruban se déplace, grâce à deux tambours B, B', dont l’un est actionné par l’intermédiaire d’un engrenage et d’un moteur recevant son énergie d’une source électrique à travers une résistance variable, de façon à pouvoir diminuer ou augmenter la vitesse de translation du papier. Un miroir parabolique M concentre les
- Fig. 5. — Schéma d’un appareil récepteur Charbonneau employé dans l'aviation pour la télégraphie secrète.
- A, bande imprégnée d'un corps sensible aux radiations infrarouges. B, B' tambours. L, lunette de lecture. M, Miroir parabolique. S, support
- Fig. 4. — Appareil Charbonneau employé à bord des avions pour recevoir des rayons infra-rouges émis sur l’aréodrome, en vue de faciliter son atterrissage par temps de brume.
- rayons obscurs sur ladite bande mise en son foyer. Celle-ci s’impressionne et change de coloration en un point qui, par le fait de son mouvement, se traduit par une ligne ; mais, au bout de quelques secondes, la bande reprend son aspect primitif. Dans le modèle le plus courant, M. Charbonneau adjoint, en outre, une lunette L de lecture à fort grossissement, de façon que le pilote puisse apercevoir facilement le trait révélateur, tandis qu’un support S avec fourche et tourillons permet l’orientation du récepteur en tous sens. Enfin quand on veut se servir des rayons infra-rouges pour l’atterrissage en cas de brume, on braque sur le zénith le projecteur émetteur de l’aérodrome, tandis que l’aviateur maintient la bande fixe sur les tambours et regarde à travers son périscope la tache rouge, qui lui indique exactement l’endroit du terrain où il doit descendre.
- L’avantage des radiations infra-rouges sur les autres radiations lumineuses dans les cas que nous venons d’étudier est le suivant : les brumes et brouillards, même sous une faible épaisseur, restent opaques aux rayons lumineux visibles et surtout à ceux de faible longueur d’onde, c’est-à-dire à ceux qui se rapprochent du violet. Les rayons rouges, au contraire, et surtout les infra-rouges traversent assez aisément les brouillards dont l’épaisseur, d’ailleurs, ne dépasse jamais quelques centaines de mètres. Tout le monde sait que lorsque le soleil perce à travers un voile de brume, son disque apparaît d’un beau rouge.
- L’emploi des radiations infra-rouges semble donc appelé à rendre de précieux, services à l'aviation par les temps de brumes, très redoutables, en l’occurrence,parce que ces hydrométéores empêchent toute liaison efficace entre l’avion et la terre.
- Jacques Boyer.
- p.219 - vue 223/688
-
-
-
- 220
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier et février J 924.
- La séparation des protéides du lactosérum. — Les dernières expériences de M. Maurice Piettre indiquent nettement que la méthode à l’acétone, instituée par A.Vila, permet, sans sacrifier aucun des éléments du lait, de séparer les protéides solubles du lactosérum (caséine, lactoglobuline, lactalbumine), en même temps que la liqueur chargée du réactif CH3.CO.CH3 se prête, après récupération de celui-ci, au dosage ou à la séparation des autres constituants du lait (lactose, amido-acides, sels), etc.
- Le pouvoir de transformation spontanée de Viodure mercurique jaune. — En raison des colorations très différentes — jaune et rouge — que présentent les deux variétés de ce sel, M. A. Damiens a pu étudier la loi de formation des germes, dont ne semblent pas s’être préoccupés Tammann, Gernez et Cohen, dans leurs études sur la transformation des espèces cristallines en surfusion, qui leur ont permis de poser la notion de métastabilité. Pour le sel en question, la loi qui régit l’apparition des germes rouges à l’intérieur des cristaux jaunes, en surfusion cristalline, est tout à fait différente de leur loi d’accroissement et, la température s’abaissant, leur nombre augmente régulièrement.
- La constitution des amas d'étoiles. — Une étude faite au Service de la Carte du ciel de l’Observatoire de Paris, a montré à M. Parvulesco, par l’examen de l’amas double de Persée, qu’il existe une corrélation indiscutable entre le centre de gravitation de l’ensemble et le tvpe spectral des étoiles composantes. La vitesse moyenne d’une étoile est proportionnelle à l’amplitude de son mouvement et sa masse est en raison inverse de la racine carrée de cette amplitude. Tout amas présente ainsi une structure stratifiée avec les étoiles les plus massives agglomérées au centre, les autres s’étageant jusqu’à la périphérie.
- La nature des gaz dégagés par la houille sous l'action de la chaleur et du vide. — Une série de dix échantillons, de provenances les plus diverses, a indiqué au professeur Lebeau que l’hydrogène et l’oxyde de carbone apparaissent vers 400°, pour atteindre leur maximum entre 700 et 800°. Le méthane se forme aussi vers 400° et ses homologues (éthane et propane) se rencontrent surtout dans les produits recueillis à 500° ; pour l’éthylène enfin, le maximum de dégagement se produit à 500° et il disparaît dans les gaz au-dessus de 600°; il en est de même de CO vers 700-800°. Enfin, en opérant la distillation à basse température, le volume total des gaz extraits est d’autant plus grand que ies charbons traités sont moins riches en matières volatiles.
- Le dinantien de la Creuse et les schistes d’Evaux-les-Bains. — Au cours de 1923, un long séjour dans la région considérée comme carbonifère, de Glénic à Ahun, et dans la zone comprise entre La Dapeyre et Chambon-sur-Youeize, a nettement indiqué à M. G. Mouret que les poudingues et certains grauwaekes, attribués au dinantien, ne sont en rien des roches sédimentaires, mais des roches cristallines, laminées ou déformées, et
- que la région Anzème-Glénic est une zone de dislocation limitée, au nord-ouest, par la chaîne de granulite et le plateau de la Marche.
- La sensation de jaune obtenu par mélange spectral. — Une série d’essais effectués avec une boîte de Maxwell, complétée et modifiée par M. André Bïoca, a démontré à M. Emile Haas que, non seulement il est possible de reproduire toute couleur spectrale par le mélange de deux couleurs convenablement choisies, mais encore que l’identité d’aspect entre le mélange et la couleur simple se poursuit, quelles que soient leur intensité commune et la durée d’impression sur la rétine.
- La mammite chez la chèvre. — Alors que le sang et les organes de chèvres naturellement porteuses de M. melilensis contiennent rarement le microbe, celui-ci se trouve en abondance dans le lait. D’où l’idée que la source en est une mammite spécifique; ce qu’ont tenté de savoir MM. Ed. Burnet et Ch. Anderson. L’examen de six animaux infectés leur a, en effet, indiqué que le gîte microbien est constitué par les ganglions lymphatiques, surtout les ganglions mammaires, et, dans tous les cas, par la mamelle.
- Les particules qui émettent plusieurs spectres de bandes attribués a l'azote. — Le gaz peut émettre, dans la région visible du spectre et dans l’ultra-violet immédiat, plusieurs spectres de bandes, de structures très différentes. Ils sont au nombre de quatre et la note de M. Duffieux établit que le premier d’entre eux (positif et de l’infra-rouge au bleu) doit être attribué à la molécule ; les trois autres, notamment celui qui émet la lumière cathodique et celui qui comprend les bandes dites du cyanogène, proviennent de l’atome d’azote.
- Les alliages nickel-chrome électrolytique. — Il s’agit, dans ce cas, d’un métal ferromagnétique et d’un métal paramagnétique ; M. Safranek a repris, pour le premier, la mesure du point et de la constante de Curie, tandis qu’en opérant entre 100 et 600° C, dans un champ d’intensité variant de 2000 à 14 000 gauss, il établissait, pour le chrome, que sa susceptibilité garde, dans ces limites, une valeur fixe : 4,31 X 10~6. Ses essais indiquent que l’aimantation spécifique doit être nulle, au zéro absolu, pour l’alliage à 13 pour 100 de chrome, et que, fonction linéaire du titre, elle diminue à mesure qu’augmente la teneur en ce métal.
- La désintégration cellulaire. — Pour M. Albert Nodon, les organismes vivants (végétaux et animaux) sont le siège d’une radioactivité qui semble dépendre du degré de vitalité de ces organismes. Les résultats acquis tendraient encore à prouver que les atomes II,0,Az et C peuvent acquqrir, sous l’action vitale, des propriétés physicomécaniques les amenant à subir, sous l’influence extra-radiante — jouant un rôle qu’on lui ignorait, dans la vie cellulaire — une désintégration analogue à celle des éléments complexes.
- p.220 - vue 224/688
-
-
-
- ; LA MER DES
- La constitution de l'acide phtalonique. — Sa préparation par l’oxydation du naphtalène et le fait qu’on peut obtenir un certain nombre de ses dérivés, analogues à ceux que fournit tout composé e groupement cétonique CO, classent l’acide en question qu’on définit orthocar-boxylphénylglyoxalique ; mais pour certains savants — MM. Perkin, Fargher et MissKuroda — on devrait voir en lui un acide a — oxyphtalide carbonique, à formule oxy-lactonique. La note de M. Cornillot ne confirme en rien cette dernière interprétation.
- Plantes dévoniennes et carbonifériennes recueillies en Ouadai. — La mission de délimitation conduite par le Lieutenant-colonel Grossard a parcouru la partie est de l’Ennedi et de l’Erdi, entre les deux parallèles lô°-19°50'. L’examen des fossiles rapportés par elle a montré à MM. Fritel et Carrier que l’ensemble des deux plateaux séparés par la dépression de Mourdi est caractérisé par le Dévonien supérieur (grès à Spirophyton, analogue à celui du groupe de Chemung aux Etats-Unis) et par le Dinantien ouCulm supérieur (couchesà Lepido-dendron, Ulodendron, probablement du même âge que celles qu’on rencontre aux environs de Bechar).
- L’iode de Laminaria flexicaulis. — Dans le cas de L. Cloastonii, il semble qu’on se trouve devant un composé iodé fixe alors que L. flexicaulis accuse, peu après la récolte, une diminution notable du taux d’iode. Des essais encore en cours de M. P. Freundler, il semble résulter qu’en plus de sa teneur normale en élément I, l’algue contient une substance capable de se transformer
- LA MER DES
- Le [D1 Johs. Schmidt, directeur du laboratoire Carlsberg de Copenhague, avant la campagne du Dana (voir La Nature, n° 2548) qui lui révéla définitivement le mystère des migrations de l’anguille, avait, de 1908 à 1910, à bord du Thor, exploré en tous sens la Méditerranée et l’Atlantique nord.Cette expédition, importante pour l’Atlantique, fut capitale pour la connaissance de la Méditerranée.
- Les résultats de ces recherches très variées paraissent depuis en une série de volumes dont le septième vient d’être publié. On y trouve, sous la signature du professeur 0. Winge, une étude de la Mer des Sargasses, de ses limites et de sa végétation, qui apporte nombre de précisions à l’étude de cette immense prairie flottante.
- Le premier qui la vit, ou du moins qui en parla, fut Christophe Colomb. A l’automne de 1492, il rencontra, lors de son voyage aux Indes occidentales, de grandes quantités d’algues dérivantes, souvent unies en masses compactes, qui causèrent de grandes inquiétudes à son équipage et provoquèrent sa révolte parce qu’il supposait — et Colomb aussi — que ces algues révélaient une barre sous-marine et peut-être des récifs.
- Colomb appelait ces algues « yerbe », herbe ; le mot portugais « Sargasso » a prévalu. Dès le
- SARGASSES — —~ ... —. 221
- en iodure par un processus comparable à une aulolyse postmortem.
- Coagulation et tension superficielle. — Les expériences de M. Jules Amar, qui ont porté sur le lait et la silice gélatineuse, tendent à établir que la matière — notamment la matière vivante — évolue dans le sens d’une coagulation et d’une déshydratation progressives, par une variation continue de sa tension artificielle. Le phénomène de la vieillesse deviendrait ainsi un phénomène physico-chimique, la diminution de la teneur en eau (de 85 à 55 pour 100) provenant de l’accumulation d’agents déshydratants et coagulants, comme les poisons cellulaires.
- Le bassin hydrominéral de Saint-Nectaire. — Cette station thermale, dominée de tontes parts par des restes de volcans miocènes, compte plus de 50 sources chaudes et froides émergeant de la basse vallée du Fredet. L’étude approfondie des différentes failles et des dia-clases a prouvé au Professeur Glangeaud que le refroidissement de l’eau, fonction de son éloignement des failles, entraîne la précipitation de sels minéraux. La température à partir de la faille et toutes les propriétés physico-chimiques de l’eau peuvent ainsi varier dans de sérieuses proportions avant l’arrivée au griffon.
- Election. — Dans la séance du 14 janvier, M. Félix Lagrange a été élu Correspondant de l’Académie, pour la section de médecine et chirurgie, en remplacement du Professeur Bordet, nommé Associé étranger.
- Paul B.
- SARGASSES
- xvne siècle, on les décrivit et Linné les nomma au xvme siècle Fucus natans. Mais on ne s’expliquait pas l’existence d’une pareille masse d’algues loin de toute terre et l’on continuait de supposer l’existence de hauts fonds partout où on les rencontrait.
- Au début du xixe siècle, Alexandre de Humboldt traversa cette mer et en parla avec tant d’enthousiasme qu’il la rendit populaire. Ce n’est qu’en 1854 que le botaniste Mayen émit la théorie que ces algues flottant librement, ne sont arrachées d’aucun fond et se reproduisent par bipartition à la surface de la mer; ces divisions continuelles suffiraient à maintenir et propager les espèces, bien qu’elles n’aient jamais d’organes de fructification. Deux ans plus tôt, le géographe Rennell admettait que les Sargasses viennent du Golfe du Mexique et des Bahamas, entraînées parle Gulf Stream. Depuis, on oscille entre ces deux théories de la croissance sur place ou du transport par un courant marin.
- Les voyages du Thor et du Dana, les observations recueillies de 1911 à 1922 à l’instigation du Dr Johs. Schmidt, à bord des bateaux marchands danois qui vont aux Antilles, ont fourni une foule de documents qui permettent aujourd’hui de régler la question.
- Tout d’abord, entre les Açores et les Bermudes, l’Atlantique a partout 5000 mètres de profondeur
- p.221 - vue 225/688
-
-
-
- 222 .....— LA MER DES SARGASSES
- et plus ; la présence des Sargasses n’est donc pas liée à celle de hauts fonds et de récifs.
- Ki ümmel avait établi une carte de fréquence des Sargasses dans l’Atlantique aux différentes saisons, d’après les matériaux recueillis par la « Deutsche Seewarte », d’où il résultait que ces algues flottantes étaient entraînées par le Gulf Stream depuis les Antilles et les Bahamas jusqu’en plein océan, après avoir été mobilisées par les tempêtes d’été de l’Atlantique nord; il admettait qu’elles pouvaient
- aspect ramifié, buissonneux ; elles flottent, maintenues par de nombreuses vésicules remplies d’air et les plus vieilles, les moins riches en flotteurs, descendent de quelques métrés au-dessous de la surface; leur couleur varie du vert jaune olivâtre au brun, les parties vieilles sont sombres, les plus jeunes : claires ; leur taille va de quelques centimètres à quelques décimètres.
- Parfois, on peut naviguer plusieurs heures sans voir une seule algue, ou bien au contraire rencon-
- e /<*V
- Fig. i. — La Mer des Sargasses et ses limites.
- rester longtemps vivantes pendant cette dérive et qu’elles finissent par tomber au fond après avoir été recouvertes progressivement de Bryozoaires et d’autres animaux épipbytes.
- Les observations danoises ont remis ces faits au point. Tout d’abord, les vieux récits qui relatent la rencontre en certains points de telles masses d’algues que la vitesse des bateaux s’en trouve ralentie, donnent une impression fausse de la Mer des Sargasses; partout la surface de l’eau est libre, même Là où les algues sont les plus nombreuses. Tantôt, on ne voit que des plantes isolées, séparées par de grandes distances, tantôt des traînées ou des bancs. Les algues, qui sont toutes des Fucacées, ont soit un axe et de courtes branches latérales, .soit un
- trer une traînée qui suit la direction du vent sur une longueur de plusieurs milles. Le vent agit en effet beaucoup sur ces corps flottants et détermine leurs groupements et leur dérive. Les îlots et les traînées de Sargasses empêchent la formation et la progression des vagues et on les reconnaît de loin au calme relatif qu’elles provoquent au milieu de la houle du large. Elles forment ainsi un monde à part qui a sa faune spéciale, bien étudiée par le Challenger ; on y trouve des crabes, certains poissons de surface dont un poisson-volant qui agglo-! mère les algues en pelotes de la grosseur d’une balle pour y loger ses œufs ; les algues elles-mêmes supportent des bryozoaires, des spirorbes, des i hydroïdes, etc. '
- p.222 - vue 226/688
-
-
-
- LA MER DES SARGASSES
- 223
- La carte de la figure 1 indique les limites de la Merdes Sargasses, d’après l’ensemble des observations danoises. Les cercles blancs sont les points où l’on ne vit point d’algues (une partie seulement a été représentée pour ne pas surcharger la carte) ; les cercles noirs indiquent la présence des Sargasses et sont d’autant plus gros que les quantités étaient plus grandes. On y voit que vers le 35°delongitudeW Greenwich, les Sargasses ne se rencontrent qu’entre 27° et 40° de latitude nord; vers le 60° de longi tude, elles descendent jusqu’au 19° latitude nord et montent vers le 45°. La limite sud, bien marquée, va de F ouest-sud-ouest à l’est-nord-est, des Petites Antilles aux Açores. La limite nord est plus sinueuse, à cause du Gulf Stream qui tend à entraîner les algues vers le nord-est, puis l’est, le long de la côte orientale des Etats-Unis, tandis que le courant froid du Labrador repousse les eaux superficielles du Gulf Stream et y produit une sorte de golfe. Aucune algue flottante n’approche de la côte américaine où une branche du courant du Labrador sépare le Gulf Stream du Continent. Vers le 40° latitude nord, la présence des Sargasses devient très irrégulière, on en trouve en automne et non en d’autres saisons.
- Vers l’ouest et le sud-ouest, les algues, quoique moins fréquentes, viennent à toucher les Antilles danoises et le nord de la mer des Caraïbes. Vers l’est,
- les Sargasses vont jusqu’aux Açores où il en arrive souvent, on n’en a jamais signalé au large des côtes européennes, où la température de l’eau de surface est trop basse. En effet, ces algues ne peuvent vivre à moins de 18°, non pas qu’elles meurent à une température infétieure, mais parce que leur croissance est alors arrêtée, tandis que celle de leurs hôtes continue, qui les enrobe et supprime leur assimilation chlorophyllienne. Déjà, aux Açores où l’eau de surface varie de 15 à 25°, les fragments morts ou mourants sont les plus fréquents et dans la Mer des Sargasses, la température oscille de 20 à 28°.
- Ces algues grandissent-elles et se multiplient-elles pendant qu’elles flottent? Ou bien croissent-elles à peine et meurent-elles pendant leur voyage?
- Fig. 2.
- M. Winge se range à la première hypothèse qui paraît bien la vraie d’après tous les faits observés. D’abord, on n’a rencontré nulle part, près des côtes * des Antilles et des Bahamas, les espèces caractéristiques de la Mer des Sargasses, et personne n’a pu dire de quelles formes côtières elles seraient détachées.
- Puis les observations sur place et celles du matériel récolté montrent que la croissance des algues flottantes doit être rapide. Par exemple, les parties anciennes inférieures sont toujours incrustées de Mem-branipora dont on connaît la croissance rapide, tandis que les parties supérieures, claires, en sont dépourvues ; les colonies de Membranipores vont en décroissant du bas vers le haut.
- Les Sargasses n’ont jamais d’organes reproducteurs, tandis que les algues côtières en ont. Rarement, on a signalé, à la limite occidentale de la vaste prairie, des individus sexués, mais ils diffèrent des Sargasses caractéristiques et sont probablement détachés des fonds côtiers. En pleine mer, on ne trouve jamais d’algues portant des fructifications.
- Enfin, l’énorme développement des Sargasses pendant l’été est en faveur d’une croissance intense sur place quand les conditions sont les plus favorables.
- Les espèces qui forment la Mer des Sargasses sont toutes des Fucus. En l’ab sence d’organes de fructifications, il est difficile de les définir complètement, mais on' peut y distinguer 8 types différents dont 3 sont de beaucoup les plus importants, les autres étant peut-être des formes côtières, puisqu’on ne les rencontre que dans les régions les plus occidentales et encore rarement.
- La première, Sargassum bacciferum (fig 2) est la plus commune ; elle a des flotteurs globulaires ou ovoïdes terminés par une pointe. La deuxième, Sargassum Ghamissonis (fig. 3) est presque aussi abondante et ne diffère de la première que par ses parties les plus développées, ses flotteurs plus épais, sa couleur plus claire.
- La troisième, Sargassum obtusatum (fig. 4), un peu moins fréquente, a des flotteurs plus gros
- — Sargassum bacciferum, lyp< forme la plus commune.
- p.223 - vue 227/688
-
-
-
- •224
- LA MER DE& SARGASSES
- Fig- 3. — Sargassum Chamissonis type II, forme presque aussi abondante.
- et sans pointe ; elle est plus trapue que les précédentes.
- Seules, ces trois especes se rencontrent dans toute l’étendue de la Mer des Sargasses, Les cinq autres, moins communes, sont localisées dans la région du Gulf Stream. Souvent aussi, on trouve dans le Gulf Stream des fragments d’Ascophyüum nodosum.
- Les trois types principaux n’ont jamais de disques basaux de fixation, ni d’organes de fructification. Pour les identifier complètement, il faudrait connaître ces derniers organes ; on pourrait peut-être provoquer leur apparition en cultivant expérimentalement des Sargasses dans les eaux côtières des Antilles, mais l’essai n’a pas été fait. Il serait également intéressant pour résoudre définitivement la question de l’origine côtière ou flottante de ces algues.
- En 1912 et 1915, 535 bouteilles flottantes furent lancées dans l’Atlantique, dont 355 dans la Mer des Sargasses, pour étudier les courants de surface.
- Chacune contenait une notice que celui qui la recueillait devait renvoyer à Copenhague. 31 seulement ont été reçues, dont 7 provenant de la région qui nous intéresse. La proportion est trop faible pour qu’on puisse tirer des conclusions précises sur le régime des vents et des courants de surface, mais elle confirme que la répartition des Sargasses à la surface de la mer est avant tout régie par le régime des vents, bien plus que celui des courants. Les déplacements saisonniers de la limite nord de cette masse d’algues, vers le nord en été, vers le sud en hiver, sont en effet dus aux vents dominants plus qu’aux déplacements du Gulf Stream.
- Cette étude du professeur Winge apporte de nombreuses précisions, commeon le voit, à la question si curieuse de la Mer des Sargasses. Elle n’est cependant qu’un des nombreux et admirables résultats des récentes expéditions du Dr Johs. Schmidt qui font le plus grand honneur au Danemark et à ses savants océanographes.
- Reîné Mi ri e.
- Fig. 4. — Sargassum obtusatum, type III, un peu moins commune.
- Le Gérant : P. Massok. — Imprimerie Lahoke, rue de Fleuras, 9. Pans.
- p.224 - vue 228/688
-
-
-
- URE.
- — N° 2610 .........'. —................
- LES PYGMÉES DE L’AFRIQUE CENTRALE
- 12 AVRIL 1924.
- La découverte de cette étrange race est de date récente, mais son existence était connue des Anciens. Hérodote l’apprit de la bouche des prêtres égyptiens, qui plaçaient le domaine de ces nains vers les mystérieuses sources du Nil. Son récit apparut fabuleux : les pygmées étaient si petits que les grues leur faisaient la chasse, et qu’ils moissonnaient leur blé à coups de cognée!
- A l’exception de ces détails pittoresques, le rapport était exact : vingt-trois siècles plus tard, l’explorateur Georg Schweinfurth signalait la présence de populations naines près de la rive occiden-
- de Nalural History, l’organe du Muséum, que nous aurons recours pour décrire les mœurs et les coutumes des Pygmées.
- L’anthropologie réserve ce nom aux races négroïdes dont la stature moyenne est inférieure à 150 cm. Tous les continents possèdent des races naines, et l’Europe a la sienne, avec les Lapons de Norvège, dont la stature moyenne est de 152,3 cm. Des tribus de nains existent au Mexique, et les Veddahs de Ceylan, les Senoïs de la presqu’île de Malacca, et bien d’autres races répandues dans la Malaisie, la Mélpnésie et l’Archipel des Philippines,
- Fig. i. — Un groupe de pygmées et de métis plus grands.
- taie du lac Albert-Nianza, qui est la source du Nil. Cinq ans plus tard, soit en 1876, Stanley apercevait quelques Pygmées dans les impénétrables forêts qui s’étendent à l’Ouest de ce lac, mais sans pouvoir les aborder. Sir Harry Johnston, en poursuivant l’okapi dans la région marécageuse de l’Itouri (Nord-Est du Congo), rencontra une petite bandqde nains, mais ne s’attarda pas en leur compagnie. En 1908, un explorateur anglais exhiba à Londres, où j’eus l’occasion de les étudier de près, cinq Pygmées, dont une femme. Mais ce n’est que l’an dernier que la science a obtenu enfin des renseignements authentiques et préois sur cette race, grâce à l’expédition organisée par Y American Muséum of Natural History qui venait de poursuivre pendant six années l’étude ethnographique et zoologique du Congo belge.
- C’est à M. Herbert Lang, chef de l’expédition, que nous sommes redevables des photographies reproduites sur ces pages. Et c’est en grande partie à sa relation, publiée dans un récent numéro
- ont des moyennes variant entre 149 et 155 cm.
- Mais leur anatomie les sépare nettement des vrais Pygmées qui sont, eux, des mongoloïdes ou des austra-loïdes. D’autres caractéristiques les différencient. Outre leurs cheveux laineux et leur stature moyenne variant entre 140 et 150 cm, les Pygmées sont reconnaissables par la largeur excessive de leur crâne, par celle du nez, mais surtout par l’absence presque totale du menton, signe qui leur est exclusif parmi les races humaines actuelles, et qui les apparente aux plus vieilles races fossiles découvertes en Europe jusqu’à ce jour, notamment au type dit Néanderthalien. Plusieurs explorateurs ajoutent à ces marques extérieures « les yeux hagards où passent des lueurs farouches », qui produisirent sur eux une impression étrange, pénible, indéfinissable.
- Il nous paraît nécessaire d’indiquer ici la distribution géographique des véritables Pygmées, que l’on divise en deux groupes, l’un et l’autre négroïdes, et très étroitement apparentés. Le premier est celui
- 15. — 225
- 5.” Année. — 1" Semestre-
- p.225 - vue 229/688
-
-
-
- 226 ====== LES PYGMEES DE L’AFRIQUE CENTRALE
- des Néyrillos, répandu dans les forêts de l’Afrique équatoriale. Son centre de dispersion paraît être la région de l’Itouri. Mais on en rencontre de petites colonies à des distances considérables de ce centre, et jusqu’en Afrique Occidentale. Protégées par des forêts impénétrables, ces bandes n’ont pas encore été étudiées.
- Nous possédons des données plus précises sur le second groupe, celui des Neyritos, dont l’aire géographique s’étend également dans une région équatoriale, entre le Golfe du Bengale et la pointe orientale de la Mélanésie, région où l’on rencontre d’autres races naines, mais de type australoïde (cheveux bouclés) ou de type mongoloïde (cheveux lisses). La branche la plus remarquable de ce groupe est celle des Mincopies, isolée depuis d’innombrables siècles, dans les Iles Andaman, où elle a conservé la pureté de la race, avec une stature moyenne de 148 cm.
- D’autres branches vivent dans la presqu'île de Malacca, dans Pile de Luçc-n (Philippines), et dans l’intérieur de la Nouvelle-Guinée. A l’unique exception des Mincopies, tous ces Négritos vivent à l’état sauvage dans des forêts impénétrables, à l’exemple de leurs congénères de l’Afrique Centrale.
- Il est manifeste (et la plupart des anthropologistes sont d’accord sur ce point) que nous nous trouvons en présence d’une des races les plus primitives.
- La très faible saillie du menton constituerait à elle seule une preuve suffisante. M. Louis B. Sullivan, anthropologiste de Y American Muséum, lui en ajoute une autre : la capacité crânienne des races pygmées, qui est 1250 à 1550 c. c., alors que la moyenne européenne est supérieure à 1500. Notons encore que ces nains n’ont pas dépassé le stage cultural des races fossiles : ils vivent du produit de leur chasse, et la poursuite du gibier leur impose une existence nomade.
- On a beaucoup écrit et discuté sur leur origine, et la question restera obscure tant que la paléontologie humaine n’aura pas obtenu, pour l’Asie et pour l’Afrique, ce qu’elle a partiellement réalisé pour l’Europe Occidentale : la reconstitution de races fossiles. Se basant sur la découverte d’une race naine dans des terrains néolithiques de la
- Suisse, certains enthousiastes ont avancé que les Pygmées pourraient bien constituer « un stage ancestral dans l’évolution du genre humain ». C’est oublier que les deux races paléolithiques qui ont précédé en Europe les nains de Schweizerbild, les Néanderthaliens et les Crô-Magnons, avaient respectivement 165 et 184 centimètres environ de stature moyenne.
- Dans l’état actuel de nos connaissances, on peut admettre, avec M. Herbert Lang et d’autres savants, que les Pygmées représentent une des plus vieilles races du monde, et une des premières qui émigrèrent de ce berceau de l’humanité qu’est probablement l’Asie méridionale. Refoulées par des races supérieures, leurs peuplades prirent deux itinéraires différents, les unes se dirigeant vers l’Est (Malaisie), les autres s’orientant vers l’Ouest, pour pénétrer finalement en Afrique.
- Entraînés par leurs mœurs nomades de chasseurs, les Pygmées se répandirent dans toute l’étendue de ce continent. On croit avoir trouvé leurs restes fossiles sur plusieurs points de la vallée du Nil et dans l’Afrique méditerranéenne et ils possèdent encore de nom-
- breux représentants en Afrique australe, avec les « hommes des bois », ou Bushmen.
- Puis, à leur tour, des races de grands nègres envahirent l’Afrique. Harcelés, décimés, les nains trouvèrent un refuge inviolable dans les
- grandes forêts humides de la ceinture équatoriale, ou dans le désert austral de Kalahari. Gomme le remarque M. IL Lang, celles des peuplades qui ont conservé toutes les caractéristiques de la race le doivent autant à leur isolement géographique qu’à l’instinct de conservation des grands nègres, qui refusaient de souiller leur sang et de diminuer leur stature en contractant mariage avec les
- Pygmées.
- L’explorateur raconte plaisammeut sa première rencontre avec les nains, dans le Nord-Est du Congo. Une caravane, qui s’était arrêtée près de son campement, en comptait une trentaine parmi ses porteurs. Après d’interminables pourparlers, trois hommes et deux femmes consentaient à rester avec l’expédition, et, sans perdre une minute, ils se mettaient à construire une hutte en forme de
- p.226 - vue 230/688
-
-
-
- LES PYGMEES DE L’AFRIQUE CENTRALE ........:....227
- ruche, qu’ils achevaient en moins d’une heure. La rapidité foudroyante de leurs gestes, leur curieuse façon d’entrelacer feuilles et branchages, avaient attiré autour d’eux une joyeuse foule de porteurs, succès qui ne fut pas de leur goût. Us attendirent la nuit, et filèrent sans crier gare !
- Ce ne lut qu’après trois années de séjour que M. Herbert Lang put entrer en relations suivies avec les farouches petits hommes, qui avaient eu le temps d’apprendre que les explorateurs américains traitaient humainement leur personnel. Bientôt, l’expédition en eut plusieurs centaines à son service. Ils collaborèrent avec enthousiasme à la capture de fauves d’espèces rares. Voici comment l’auteur expose leur étonnante façon de s’emparer de mammifères de grande taille, le pangolin géant (Manis giganlea) et le sard-vark ou cochon de terre (Orycteropus), l’un et l'autre édentés et fouisseurs :
- « Après une consultation de pure forme avec le sorcier, qui déclarait que les oracles étaient propices, le chef faisait choix d’un enfant de huit à dix ans, qui acceptait la dangereuse mission avec une joie fanfaronne. On lui attachait au poignet une liane mince, qui devait lui servir à appeler à l’aide, en cas de danger et une liane plus forte, mais très flexible, était nouée à sa ceinture.
- « Armé d’une sorte de dague, il pénétrait dans l’étroit terrier, long de cinq à sept mètres, tandis que, haletants, nous attendions l’issue du combat souterrain. L’intrépide enfant mettait son point d’honneur à se passer de l’assistance de ses compagnons. Après un temps plus ou moins long, un signal, qu’il donnait avec la liane mince, annonçait qu’il avait vaincu, et que l’extrémité de la grosse liane était maintenant nouée au corps de l’animal. S’attelant à la corde, les hommes le tiraient de sa caverne mal odorante, et le diminutif héros apparaissait enfin, salué par les vociférations de la bande.... »
- En lisant la relation de M. Lang, le premier
- Fig 3. — Un léopard abattu.
- homme de race blanche qui ait vécu parmi les les Pygmées, Sir Harry Johnston, l’ancien Gouverneur de l’Ouganda, a dû éprouver de cruels remords, en se remémorant la monographie qu’il leur consacra jadis, sans autre documentation que les propos et légendes recueillis chez leurs voisins, les grands nègres Bantous.
- Loin de voler les nouveau-nés dans les cases des Bantous et de les y remplacer par les leurs, ils entourent leurs enfants de soins affectueux. Les femmes stériles sont chargées des plus rudes besognes, et les mères ont droit à certains égards. Les vieillards sont respectés et écoutés, Quand un vieux chef sent ses forces faiblir, il abandonne le pouvoir, et se consacre désormais à l’éducation des enfants, leur apprenant à lutter, à tirer de l’arc, à dresser des trappes, et leur dévoilant les secrets et les mystères de la jungle.
- Les Pygmées vivent par petites bandes, ce qui est le propre des peuples chasseurs. Ils campent à proximité d’un ruisseau, et construisent des huttes minuscules, hautes et larges d’un mètre et demi environ. Les cases réservées aux enfants sont de véritables jouets, par leur petitesse. Le camp est abandonné dès que le gibier se fait rare, et l’exode s’effectue sans difficultés. Les hommes n’emportent que leurs armes : une dague à la ceinture, un carquois de (lèches empoisonnées suspendu à l’épaule, l’arc et deux ou trois flèches au moins. Les mères chargent les petits à cheval sur leurs hanches. Les autres femmes transportent le rudimentaire mobilier : nattes de roseaux, pots de terre, calebasses. Aux garçons et aux filles sont confiés mortiers et haches, et les instruments de musique : crécelles, cornes et tambours. Les vieillards ont le privilège de porter les tisons, précieux objets pour celte race primitive qui ignore l’art de faire du feu. Quand elle vient à en manquer, il
- Fig- 4. — Une danse rituelle.
- p.227 - vue 231/688
-
-
-
- LES PYGMEES DE L’AFRIQUE CENTRALE
- 228
- lui faut attendre que la foudre incendie un arbre de la forêt.
- Et, silencieuse, l’œil et l’oreille aux aguets, la tribu se met en marche à la file indienne, accompagnée de chiens portant au cou de grosses clochettes en bois, dont le son guide le chasseur quand une piste est éventée.
- La venaison tient la principale place dans l’alimentation des Pygmées africains. Ils y ajoutent le poisson pêché par les femmes, les champignons, escargots, limaces, fourmis blanches, larves d’abeilles sauvages, récoltés par les enfants, et aussi le miel, les noix de kola, les fruits d’une liane à caoutchouc. Le dessert de prédilection est fourni par des chenilles bouillies dans l’huile de palme.
- Quand ils campent à l’orée de la grande forêt équatoriale, près des villages des nègres agriculteurs, ils échangent de la venaison contre des produits de la terre : bananes, manioc, maïs.
- Si la nécessité les pousse à glaner darts une plantation dont les maîtres sont éloignés, ils ont soin de déposer la quantité de viande qui leur paraît correspondre à la quantité de fruits ou de légumes qu’ils emportent. Avec les progrès de la colonisation belge qui veille à leur protection, ils n’hésitent plus à sortir de leurs forêts pour échanger dans les villages les produits de leur primitive industrie : viandes séchées, plantes médicinales, peaux, fibres, etc.
- Il est un fait remarquable, sur lequel M. Nerbert Lang a raison d’insister : bien qu’entourés de races cannibales, et malgré leur propension à adopter les coutumes des grands nègres, leurs voisins, ils n’ont jamais pratiqué l’anthropophagie. C’est probablement la seule race dans tout le Centre-Africain qui n’ait pas pris goût à la chair humaine. Avant la domination belge, les Bantous s’entre-tuaient pour se manger. Les Pygmées, eux, ont toujours eu horreur des guerres intestines ; quand ils tuent un nègre, c’est pour se défendre ou pour se venger.
- Ces nains sont de redoutables adversaires. Lestes comme la gazelle, souples comme un félin, ils ont une rapidité do mouvements déconcertante. Leur habileté à manier l’arc est incomparable, et M. Lang en fut souvent le témoin ahuri. Douze hommes, choisis au hasard, transpercèrent une courge large xle 12 centimètres placée à 60 mètres de distance.
- L’explorateur conte cet exploit. Près de son camp,
- sur la rivière Nepoko, un léopard venait de tuer la fille du chef et deux autres femmes pygmées. Un jeune chasseur se mit à sa recherche, releva sa piste, le découvrit endormi sur les basses branches d’un arbre, le réveilla d’un jet de pierre, et l’abattit d’une seule flèche. Quand on eut apporté la carcasse au village, le chef s’appropria la peau, comme c’était son droit. Le chasseur, lui, réclama le cœur avec insistance, et il en arracha le fer de sa flèche, en poussant des hurlements de triomphe. Ce fer avait déjà transpercé le cœur de plusieurs ennemis, et il lui attribuait un pouvoir magique.
- Les petits chasseurs osent rarement attaquer les éléphants, bien qu’on les ait vus en abattre d’une seule flèche empoisonnée. Ils préfèrent leur dresser un piège, après avoir étudié soigneusement les allées et venues du troupeau, Ils suspendent dans un arbre, à une quinzaine de mètres du sol, un énorme bloc de bois, armé d’une lance à son extrémité inférieure, et dont le point d’attache est commandé par une liane reliée à une liane plus mince qu’ils tendent clans l’herbe, à travers la sente.
- Dès que le pied du pachyderme effleure ce lien, la pesante masse se détache et il s’effondre , mortellement blessé par l’épieu....
- D’après M. Lang, les explorateurs qui se vantaient d’avoir enfin découvert un véritable idiome pygmée doivent maintenant reconnaître leur erreur, cette race primitive semble avoir perdu sa langue ancestrale, et se servir uniquement de celles des nègres agriculteurs qui l’entourent.
- Ils emploient entre eux un jargon émaillé d’exclamations gutturales et quasi-métalliques, que l’on a pu prendre pour une véritable langue. A l’analyse, on y découvre un assemblage de mots empruntés à deux ou trois dialectes très connus. Quant aux interjections, ce sont des imitations de cris d’animaux ou d'oiseaux, code de signaux que les Pygmées emploient à la chasse pour tromper la vigilance des fauves.
- Cette race étrange est manifestement sur son déclin.
- La grande forêt équatoriale, ses fauves et son insalubrité, ne suffisent plus à sa protection contre les hordes de nègres qui entament de tous côtés ses domaines. Depuis la visite des premiers explorateurs, qui s’accordaient à dire que les nains pullulaient dans la zone forestière, leur nombre a
- Fig. 5. — Le tir à l’arc.
- p.228 - vue 232/688
-
-
-
- - LES PYGMÉES DE L’AFRIQUE CENTRALE
- diminué dans des proportions considérables. Les Bantous, notamment, ont exterminé des tribus entières.
- « Le vieil Akengé, chef suprême d’une puissante confédération de Bantous, expose M. Lang, m’a raconté avec orgueil comment ses hommes se réapprovisionnaient en viande, avant l’arrivée des Belges.
- « Par une nuit noire, ils tendaient sous les arbres de grands filets employés pour la chasse aux antilopes.
- « Puis, ils tombaient sur les campements des nains, qui s’empêtraient dans les mailles, où lés cannibales les égorgeaient sans égards à l’âge ou au sexe.... »
- A ces massacres s’ajoute l’incapacité des nains à survivre au changement de milieu. Quand on les sort de leurs forêts, où un séjour de plusieurs milliers d’années leur a valu une « adaptation » trop étroite, ils dépérissent, perdent leur énergie physique et leur résistance à la maladie. 11 faut noter aussi leur rapide métissage. Depuis que la paix règne dans cette région de l’Afrique, soit depuis un quart de siècle, les Bantous et autres gands nègres ajoutent volontiers à leur harem une jeune Pygmée. Mais la loi de la tribu exige que les enfants issus de ces unions soient renvoyés à la famille de la mère.
- Les grands nègres s’opposent ainsi à la détério-
- Fig. 7. — M. Herbert Lang entre deux Pygmées.
- 229
- ration de leur race, tandis que les Pygmées, en adoptant ces métis, introduisent dans la leur des levains de transformation. Les nombreuses bandes
- Fig. 6. — Comment les Pygmées grimpent aux arbres.
- de nains négroïdes fixées plus au Sud, dans la région des lacs Kivu et Tanganyika, ont été contaminées par cette coutume depuis un demi-siècle, et elles ont déjà perdu leur individualité « raciale ». Leur stature moyenne s’est élevée à 159,8 centimètres, alors que celle des clans non métissés se maintient aux environs de 140. Dans la forêt de l’Itouri, M. Herbert Lang a rencontré et étudié des clans de race pure où la taille des hommes ne dépassait pas 150 centimètres. Une forte proportion n’en accusait que 120 ou 121, et les mensurations des femmes descendaient au-dessous de ces chiffres.
- Les autorités du Congo belge tentent de louables efforts pour sauver de l’extinction totale cette race éminemment intéressante. Elles ont déjà réussi à fonder plusieurs colonies de Pygmées agriculteurs, qui ont appris rapidement à cultiver la terre, à édifier des huttes confortables, à traiter le minerai de fer pour en fabriquer leurs outils aratoires. Leurs minuscules compagnes savent maintenant tresser paniers et corbeilles, et modeler de la poterie.
- Et peut-être verrons-nous un « Village de Pygmées » à la prochaine Exposition Coloniale de Paris. La plus primitive des races humaines dansant et gesticulant sous les ombrages du Bois de Boulogne ou du Bois deVincennes, pour elle quelle apothéose, et, pour nous, quel spectacle piquant.
- V. Forbin.
- p.229 - vue 233/688
-
-
-
- LES TANINS SYNTHÉTIQUES
- On a lancé, depuis dix ans environ, sur les marchés du cuir, des produits aux noms divers destinés au pré-tannage 0).
- En Angleterre, ces produits, pour ne citer que les principaux, portent les noms de Synlan, Ma.titan, Para-(lol, etc.
- En France, on cite les Diatan, le Clarex.
- En Amérique, on emploie couramment le Talide, etc. En Allemagne, on se sert des Novotan, Ordeval.
- On connaît aussi le Corinol.
- M. Meunier, directeur de l’Ecole française de tannerie, spécialiste éminent des industries du cuir qui, le premier, a attaché son nom aux produits de tannage obtenus au moyen de corps de synthèse organique, a fait récemment, sur ce sujet, une conférence au Syndicat général des cuirs et peaux de France.
- Ce qui va suivre est extrait de cette conférence, que le journal Le Cuir a eu la bonne idée de reproduire dans ses grandes lignes tout au moins. (Cf. Le Cuir, 1er février 1924), p. 46-47.
- Cette question intéresse tout particulièrement les lecteurs de La Nature, car elle constitue, au premier chef, un des éléments et non des moindres de la question qui préoccupe tout le monde : la lutte contre la vie chère.
- Rappelons que le tannage est une opération que l’on fait subir aux peaux préalablement épilées en vue d’en faire des cuirs. L’opération vise surtout à rendre insoluble la gélatine que contient la peau.
- Il est hors de doute que le fait de tanner aussi bien, plus vile et moins cher nous amènera à payer nos chaussures à des prix plus abordables.
- M. Meunier a commencé sa conférence en rappelant un fait bien connu de tous, à savoir que, au fur et à mesure de la découverte des matières colorantes dérivées du goudron de houille, on a vu petit à petit les matières colorantes naturelles céder la place aux premières et disparaître du marché, sauf peut-être certaines, destinées par les règlements de police sanitaire à la coloration des aliments.
- Aujourd’hui, à part de très petites quantités de « rocou » pour colorer les beurres, de « cochenille » pour colorer les bonbons et les liqueurs, d’« orcanette», de « campêche » et quelques autres, on ne voit plus guère de matières colorantes naturelles d’emploi courant.
- Il peut être prématuré de penser que les tanins synthétiques, puisque tel est le nom que l’on donne à ces nouveaux produits, remplaceront les tanins naturels.
- M. Meunier explique qu’il lui paraît que le rôle des uns et des autres est nettement délimité et nous allons voir pourquoi et comment.
- Quand même le « quebracho », le « châtaignier »,
- F a écorce de chêne » viendraient à se raréfier, on admet que nos forêts coloniales abondent en écorces, fruits, cosses, feuilles, etc., susceptibles de les remplacer, et cela à des prix abordables.
- Il ne faut pas oublier, d’autre part, les transformations profondes que l’industrie du tannage a éprouvées depuis 1884, date de la découverte du tannage au chrome. Celui-ci consiste, essentiellement à traiter la peau dans un bain de bichromate alcalin ou d’alun de chrome.
- On n’a d’abord appliqué le tannage au chrome seul,
- 1. On désigne sous ce nom l’opération qui consiste à imprégner la peau de solutions tanniques, faibles, destinées à préparer le tannage proprement dit.
- qu’aux cuirs de dessus. Puis est venu le tannage aux ; extraits tannants, qui a détrôné le tannage par les écorces I employées à l’état naturel, enfin le tannage rapide.
- | On a aussi fait du tannage mixte : c’est-à-dire, en employant à la fois le tannage aux extraits, et celui au chrome.
- Expliquons d’abord ce que l’on entend par tanins synthétiques, expression qui s’oppose à tanins naturels; ces derniers sont des corps de compositions chimiques assez diverses, leur caractère commun est d’être extrait de produits végétaux naturels (écorce de chêne, campêche, cachou, quinquina, bois de châtaignier, noix de galle, etc.). Quant aux tanins synthétiques, ce sont des corps de composition parfois très différente les uns des autres : mais ce ne sont plus des extraits de corps naturels plus complexes ; ce sont au contraire des produits préparés au.laboratoire par combinaison entre des composés chimiques plus simples.
- L’origine des tanins synthétiques est dans les travaux de Meunier et Sevewetz sur la quinone (produit d’oxydation de l’aniline). Ces travaux ont fait époque en 1908. La quinone agissait par l’insolubilisation de la gélatine et produits connexes contenus dans la peau.
- La découverte des deux savants français a devancé les travaux des Allemands, dont nous allons parler en leur temps, en suivant la chronologie. La quinone est actuellement abandonnée, je crois ; mais c’est, dit-on, la matière organique la plus énergique pour l’insolubilisation des gélatines.
- D’autre part, le grand chimiste allemand Fischer fit faire un grand pas à la question des tanins synthétiques, quand il découvrit, en 1902, que la matière tannante purifiée que l’on extrait de la noix de galle était en somme un glucoside d’acide digallique, contenant une molécule de glucose pour 5 molécules d’acide digallique.
- Toutefois, malgré la valeur scientifique de cette découverte, le problème industriel n’était nullement résolu. Car, si la synthèse du glucoside d’acide digallique était réalisable au laboratoire à un prix élevé, on ne pouvait en conclure que la préparation serait possible industriellement et que le commerce de la noix de, galle en fût menacée. Mais il en est différemment pour les tanins synthétiques qui ont actuellement acquis droit de cité, et dont une ou deux maisons françaises fabriquent et vendent déjà de grandes quantités.
- On peut dire que, à l’origine de la découverte des tanins synthétiques industriels, se trouve le nom du savant chimiste Bakeland à qui l’Amérique vient d’accorder, comme suprême récompense, la présidence de la Société chimique; Bakeland est le créateur des industries de la bakélite, produit remarquable se prêtant admirablement à la fabrication d’isolants électriques et de matières moulées.
- Les bakélites, véritables résinés artificielles, résultent de la combinaison du phénol et du formol.
- Bakeland faisait des produits à dessein peu ou pas solubles. Lps syntans imaginés par Stiasny en 1913, sont, en somme, des bakélites, mais fabriquées d’une façon spéciale et solubles dans l’eau froide.
- Le premier produit de ce genre fut fabriqué en grand par la Badische Anilin und Soda Fabrik, sur les données de Stiasny, il portait le nom de Neradol D.
- Voici comment Stiasny préparait le Néradol D.
- Il traitait le phénol (soit du crésol pur, soit du phénol
- p.230 - vue 234/688
-
-
-
- 231
- LES ARTÈRES DE DIFFUSION DE L’ÉLECTRJCITE
- cristallisable, soit des tricrésols) par l’acide sulfurique concentré. Il ajoutait du formol à 40 pour 100 (commercial.) Puis le produit de condensation ainsi obtenu était neutralisé par la soude.
- Rien de plus simple, en apparence ; mais la pratique de cette réaction est fort délicate; personnellement, nous connaissons un distingué chimiste des industries du cuir, qui a peiné de longues années avant de pouvoir mettre sur le marché un produit convenable.
- La Badische (toujours d’après la conférence de Meunier) a fabriqué ensuite deux autres produits, qu’elle a nommés Neradol N et Neradol RD, dans lesquels on remplaçait le phénol par la naphtaline, en vue d’abaisser le prix de revient. Folchi Âimond et de la Yingtrie ont fait de même (‘), mais beaucoup plus tard, dans un but tout autre : il s’agissait pour ceux-ci de produire une matière insoluble destinée à remplacer les poudres de caoutchouc durci dans la fabrication de l’ébonile et de certaines matières plastiques, et aussi de réaliser un produit appelé « naphtaforme », destiné à servir d’antiseptique.
- La Badische fabriqua aussi des produits de condensation qu’elle appela « Ordoval » et dans lesquels la naphtaline était remplacée par l’anthracène.
- Comme on le voit, le champ des recherches est pour ainsi dire illimité, dans cet ordre de produits ; il reste à savoir quel est le meilleur et le moins cher.
- M. Meunier fait remarquer que la fabrication de ces produits et surtout leur emploi dans la tannerie est des plus délicats. En effet, si le produit est trop acide, il faut le neutraliser exactement.
- S’il est un tant soit peu basique, il ne tanne plus.
- Les industriels du cuir qui emploient ces produits exigent, avec raison, une composition absolument constante et doivent vérifier l’acidité de tout lot de ces produits. Et encore, après analyse, il faut faire des essais sur le cuir en petit avant d’entreprendre une fabrication en grand.
- Maintenant que nos lecteurs sont fixés sur ce qu’on désigne par tanins synthétiques, nous allons expliquer comment on les emploie, quels sont leurs avantages, sans oublier leurs inconvénients.
- Les tanins synthétiques peuvent être employés à 5 stades du tannage :
- 1° En basserie;
- 2° Au tonneau ;
- 3° Pour le blanchiment.
- 1. Cf. Revue des produits chimiques, A. Hulin, 15 décembre 1922. Fabrication des dérivés de la naphtaline et du formol.
- 1° En basserie ou prétannage, c’est-à-dire lors de l’imprégnation première des cuirs dans des cuves successives par des jus tannants, à très faible concentration mais croissante d’une cuve à l’autre. On a pris l’habitude d’ajouter les tanins synthétiques dans la 7e cuve de basserie, ou aux environs. On n’ajoute pas alors d’acide sulfurique.
- On voit alors, sous l’influence des tanins synthétiques, le gonflement du cuir se produire, de même que lorsqu’on emploie le tannage aux extraits.
- Mais, en outre, on voit disparaître toutes les boues indésirables formées de non-tanins ou de tanins insolubles. Les tanins pénètrent mieux dans toute l’épaisseur du cuir ; les cuirs ainsi que les jus tannants sont décolorés.
- 2° Dans le tonneau, les peaux sont agitées avec la solution tannante, en vue d’obtenir un tannage rapide. L’adjonction des tanins synthétiques dans le tonneau diminue le temps de passage au tonneau. On décolore ainsi les jus de tannage et des cuirs, comme précédemment.
- 3° Pour le blanchiment, on agit sur les cuirs, soit en croûtes, soit même finis au tonneau ou à la coudreuse (cuve avec agitateur destiné à égaliser les densités des jus).
- Là, il faut augmenter sensiblement la teneur du jus en tanin synthétique.
- Quant à la proportion de tailins synthétiques, l’emploi va jusqu’à 10 à 20 pour 100 du poids de l’extrait. La souplesse obtenue varie suivant la qualité employée. Là c’est affaire d’expérience pour chaque tanneur.
- Signalons que les tanins synthétiques sont aujourd’hui fabriques en France et qu’une firme française a réussi à égaler, sinon à surpasser, comme qualité, bien des firmes étrangères.
- Le prix des tanins synthétiques est malheureusement (vu les hauts prix des acides, du formol et des phénols) un peu plus élevé que celui des extraits tannants. Mais si l’on tient compte de ce fait qu’on économise une notable proportion de ces derniers, ce désavantage disparaît.
- Si, comme on tend à le faire, on produit demain le gaz par cokéfaction à basse température, les crésols et. phénols complexes pourront baisser de prix, et avec eux les tanins synthétiques aussi.
- L’industrie des tanins synthétiques n’est encore qu’à ses débuts et l’on peut attendre d’elle de nouveaux progrès qui réagiront sur le bon marché des cuirs.
- Albkrt IIutin.
- Un grand problème d’actualité.
- LES ARTÈRES DE DIFFUSION DE L’ÉLECTRICITÉ
- La France prépare activement l’électrification de son territoire. La très grande majorité des assemblées départementales a envisagé l’exécution d’un programme d’ensemble, de nature à donner satisfaction à tous les desiderata de la population, et, en particulier, aux habitants de la campagne.
- Le mouvement est général, en dépit de la dureté des' temps, parce que l’opinion publique a enfin
- compris que seule une mise en œuvre rationnelle de nos richesses hydrauliques pouvait compenser l’insuffisance de notre production houillère et nous libérer de la tutelle étrangère.
- Mais l’électrification généralisée ne portera tous ses fruits qu’à la condition d’éviter certains errements. 11 importe, d’une part, de ne pas créer de cloisons étanches entre circonscriptions administra-
- p.231 - vue 235/688
-
-
-
- 232
- LES ARTÈRES DE DIFFUSION DE L’ÉLECTRICITÉ
- tives, comme on l’a fait pour les réseaux départementaux. D’un autre côté, il convient d’établir un contact entre les diverses sources d’énergie. La sécheresse de 1920 a failli compromettre la cause
- bustible. Par conséquent, la production d’énergie par l’emploi de la vapeur doit être aussi limitée que possible. Il serait paradoxal de brûler exagérément du charbon pour desservir un rayon, alors que le
- 1 Lignes 120000, i5oooo volts; capacité de transmission de 40^000, 5oooo Kv-A en construction ou en service. En projet.
- __________ Capacité de transmission de 80 000 à 100 000 Kv-A en construction ou en service.
- ==.===. En projet.
- 444.4. Lignes i5oooo à 200000 volts; capacité de transmission de 80000 à 100000 Kv-A, Rhône-Paris et Rhin-Paris.
- __________ Lignes à tension de 46000 volts à 75000 volts, en construction ou en service.
- _______1 En projet.
- O Postes de transformation.
- WàASZ/A Limites des régions.
- Fig. 1. — Carte des principales lignes d’énergie électrique à haute tension.
- de la houille blanche parce que nombre de stations hydrauliques n’avaient pas de réserves thermiques suffisantes, ou n’étaient pas reliées à des génératrices de secours. Il sied aussi de considérer que la France contemporaine ne saurait gaspiller le com-
- rayon voisin aurait pléthore de courant d’origine naturelle. Houille blanche et noire doivent être effectivement regardées comme des collaboratrices, non comme des adversaires ou des concurrentes.
- Par ailleurs, il est inutile à un pays eomme
- p.232 - vue 236/688
-
-
-
- LES ARTERES DE DIFFUSION DE L’ÉLECTRICITÉ 233
- le nôtre, qui a besoin de toutes ses ressources, de perdre de la force. Par suite de la diversité du régime des cours d’eau, il peut arriver que telle région soit favorisée hydro-électriquement, et telle autre momentanément dépourvue. La connexion des contrées de régime opposé apparaît donc aussi indispensable que celle des stations thermiques et des centrales de houille blanche.
- Enfin, il y aura lieu, dans un avenir plus ou moins lointain, de rattacher aux usines de produc-
- directives doivent être suivies, par l’initiative officielle ou privée.
- Examinons donc son schéma.
- Saint-Etienne figure assez précisément le pivot de la combinaison, étant situé sur la houille noire, entre quatres zones (Alpes, Massif Central, Jura et Midi) de la production hydraulique.
- Essentiellement, Saint-Etienne doit donc être rattaché à Grenoble, à Besançon — viâ Lyon — et aux usines de la frontière suisse, à Avignon,, par la
- Fig. 2. — Une ligne haute tension dans les montagnes du Dauphiné (chaîne de Belledone).
- tion précitées celles que la mer mettra en action sous une forme quelconque.
- Le grand réservoir d’énergie nationale et ses éléments principaux. — L’idée devait donc venir de constituer, par l’installation de grandes artères de conjugaison, une sorte de réservoir de l’énergie, dans lequel on n’aurait plus qu’à puiser, une simple manette tenant lieu de robinet. La réalisation de cette idée est aujourd’hui possible grâce aux longues distances que les hautes tensions peuvent faire franchir aux distributions d’électricité.
- MM. Claveille et Cels, au Ministère des Travaux Publics portèrent toute leur attention sur la réalisation de ce projet et, à leur instigation, un plan d’aménagement du territoire fut élaboré.
- Il se peut que, dans ses détails, il subisse des retouches.
- Néanmoins, il semble que, dans l’ensemble, ses
- vallée du Rhône, et par extension aux centrales du Sud-Est, enfin à la Truyère.
- Pour fermer le circuit, on conjuguera Marseille-Nice à Grenoble et au Jura.
- Les projets d’équipement du Rhône ont conduit les promoteurs du programme à prévoir trois artères de diffusion du courant en direction du Nord et du Nord-Ouest, deux sur Paris, viâ Dijon et viâ Clamecy, l’autre par Moulins et Nevers, sur Orléans.
- Les installations de la Truyère devant constituer une magnifique réserve de complément et de secours seront reliées non seulement à Saint-Etienne, mais encore à Clermont, aux usines du Cher, à Eguzon et au réseau delà Loire, d’une part, et d’autre part, au Sud-Est par l’intermédiaire d’Avignon, à la Haute-Dordogne, et même à Bordeaux par la Basse-Dordogne, enfin aux Pyrénées, par Toulouse.
- p.233 - vue 237/688
-
-
-
- 234
- LES ARTÈRES DE DIFFUSION DE L’ÉLECTRICITÉ
- La région pyrénéennne sera normalement desservie par une boucle Perpignan-Bayonne, Bayonne-Bordeaux, Bordeaux-Celte et Cette-Perpignan, avec des bretelles intermédiaires, Carcassonne-Orlu, Tou-louse-Foix, Agen-Tarbes, Tarbes-Bordeaux.
- On a estimé devoir mettre en parallèle cet ensemble non seulement avec le système de la Dordogne et celui de la Truyère, mais encore avec celui de la Basse-Loire, par un câble suivant le littoral, et avec le Sud-Est par une double artère Toulouse-Montpellier et Cette-Montpellier.
- La région des Charentes et du Poitou, traversée par le feeder Gironde-Loire puise son courant dans le Limousin. Elle sera aisément raccordée au grand réseau du Centre par une ligne éventuelle sur Eguzon, et à la Haute et Basse Dordogne par une voie Isle-Jourdain-Angoulême-Mauzac sur Dordogne. Entre le système de l’Ouest et celui du Centre s’interposera l’artère de l’Orléans, Dordogne-Eguzon-Orléans-Paris.
- Les régions privées de forces hydrauliques ne doivent pas être négligées. Un feeder doit agréger Bâle à Lille et Dunkerque par spinal, Nancy, Mézières, Valenciennes, Lille, doublé, de Nancy à Lille, par une voie Saint-Dizier, Epernay, Reims, Saint-Quentin. Des bretelles intermédiaires faciliteront l’exploitation. L’ensemble du Nord-Est sera, d’ailleurs, en rapports avec celui du Jura et le réseau d’Alsace-Lorraine, par la boucle Nancy ou Conflans, la Houve, Strasbourg, Mulhouse, Bâle et relié à Paris, par le raccord Béthune capitale.
- Enfin, un système ultime complétera l’outillage du Nord-Ouest. 11 comportera, outre le Nantes-Paris, les liaisons Nantes-Brest, Rennes-Rouen,Nord, avec des rameaux intercalaires.
- La dépense pour la constitution totale du réservoir envisagé est assez difficile à préciser. 11 semble qu’on doive présentement la fixer à 8 milliards.
- Assurément l’exécution d’un programme de cette envergure ne saurait être précipitée. Elle ne peut être que l’œuvre du temps. On pourrait, toutefois, appréhender que notre situation financière n’entravât, ou ne différât sa réalisation. Il en serait vraisemblablement ainsi si l’Etat devait prendre à sa charge le débours. Mais il en va tout autrement, grâce à l’initiative privée et à des circonstances particulières.
- Les réalisations dans le passé et les projets en cours. — De bonne heure on a songé à mettre à la disposition du rayon stéphanois l’excédent de puissance recueilli dans les Alpes, d’autant plus que les rivières du Dauphiné et celles du Centre ont un régime diamétralement opposé.
- D’autre part, les exigences de Lyon ont conduit à aller rechercher de la force de plus en plus loin jusque sur la Haute Isère. Enfin il devait apparaître judicieux d’associer les destins du Jura à ceux du Centre et de Lyon.
- C’est ainsi que la ligne Dauphiné-Centre, récemment doublée par la voie Basse-Isère-Saint-Chamond,
- rapprocha Grenoble de Saint-Etienne, que Lyon fut successivement relié à Moutiers, à Bozel, puis à Ugine (Savoie) par Annecy et le sera sous peu à la Viclaire, au delà de Bourg-Saint-Maurice, par la Société de Transport d'Énergie des Alpes, qui poussera ses cables de Lyon à Saint-Etienne et doit installer 425 km de lignes.
- Le réseau de Saint-Etienne a été simultanément rattaché à l’équipement jurassique par la conjonction de Tarare, et les besoins du Creusot ont déterminé la puissante Compagnie à établir une artère de 280 km — en construction — entre le Creusot, l’Ain et le Haut Rhône, près Genève (Pougny-Chancy).
- La liaison Grenoble-Marseille n’est pas encore obtenue, mais l’Energie du Littoral Méditerranéen a aggloméré dans un même réseau Nice, Toulon, Marseille, Nîmes, Avignon, l’Ardèche et la moyenne Durance.
- Sans doute, il reste un hiatus entre Nîmes et Montpellier. Les Pyrénées sont isolées de la Provence, mais la lacune est médiocre, puisqu’elle ne dépasse pas la distance de Nîmes à Montpellier. Par ailleurs, le faisceau méridional comporte déjà les bretelles Orlu (Haute Ariège) à Albi, Perpignan-Carcassonne, Orlu-Carcassonne, Careassonne-Agout, Saint-Lary à Lannemezan, Gripp-sur-Àdour à Bagnères-de-Bi-gorre,soit pour le midi 660 km, auxquels s’ajoutera bientôt tout le système des câbles de la Compagnie du Midi, c’est-à-dire le Toulouse-Dax, avec des projections sur la Haute Ariège, . sur Luchon, Luz, Laruns, et vers le Nord, sur Bordeaux et le Médoc, soit plus de 1200 km, tandis que le Sud-Ouest électrique a déjà greffé Bordeaux-Angoulême et Bergerac.
- Les Alpes-Jura avec leurs 2100 km, le Midi avec ses 2000 sont provisoirement mieux partagés que le Centre, qui n’a guère réalisé que ses jonctions avec l’Isère, l’Ailier, la Saône et le Cher, et le câble Saint-Affrique-Béziers, mais qui a des projets grandioses et imminents. Parallèlement à l’œuvre de la Société de Transport d’Energie des Alpes, la Société de Transports du Centre a décidé d’agréger Saint-Etienne à Commentry et Saint-Etienne à la Truyère, ce qui représenté 550 km de lignes, en même temps que la Compagnie d’Orléans va lancer la force d’Eguzon jusqu’à Paris (750 km de feeders).
- Dans l’Ouest c’est aussi la Société de la Vienne qui a réuni l’Isle-Jourdain à Saintes-La Rochelle et à la Vendée.
- Dans les contrées soustraites à l’action de la houille blanche, l’avance est singulièrement réduite. La boucle parisienne, malgré ses 125 km de longueur, a un caractère local.
- Au contraire, un grand effort a été poursuivi dans l’Est-Nord, mais avec l’aide de l’Etat, qui n’est point intervenu dans les précédents travaux. Sous l’égide de la Commission technique des Sociétés d’Electricité des régions envahies, 1100 km de lignes ont été entrepris dès 1919. La voie Delle-
- p.234 - vue 238/688
-
-
-
- 235
- LES ARTERES DE DIFFUSION DE L’ÉLECTRICITÉ
- Nancy-Mézières est en plein fonctionnement (300 km). Elle complète heureusement la boucle de la Lorraine d’Electricité, elle merveilleux réseau alsacien-lorrain, par nous étudié dans ce journal il y a trois ans.
- Enfin les 800 km du réseau d’Etat, et les 500 de la Société de Transport d’Energie du Nord, tendront à parachever le système.
- Si nous faisons état du circuit breton, en préparation, ce sont près de 9000 km d’artères maîtresses qui sont en service ou le seront d’ici quelques années, 9000 km de voies devant former l’ossature du réservoir préconisé par M. Claveille. Il ne semble pas qu’en France on ait exactement mesuré toute l’ampleur de ce mouvement.
- Les réseaux intermédiaires. — Il Apparaît que les liaisons intermédiaires, qui font encore défaut dans le système actuel dont nous avons tracé le dessin, seront effectuées, dans bien des cas, par des entreprises privées, dans leur intérêt direct, et pour les raisons de collaboration qui ont rapproché les distributeurs des Alpes et du Centre, dont les Sociétés de Transport d’Energie que nous avons citées sont l’émanation. Le rôle financier de l’Etat se trouvera ainsi réduit au minimum. Toutefois, on doit s’attendre à voir les départements, jaloux de leurs prérogatives, et désireux de donner satisfaction à leurs mandants, participer à l’exécution.
- Dans certaines régions, les conseils généraux ont déjà résolu, avec le concours de villes principales, de subventionner l’équipement des câbles de répartition et de connexion. L’électrification bretonne, par exemple, sera hâtée par l’adhésion des Côtes-du-Nord et du Morbihan à l’aménagement des lignes Guerlédan à Saint-Brieuc, à Aurav-Lorient et à Ploërmel, chaque département versant 2 millions et Lorient 1 million.
- Ailleurs, les départements agiront seuls, ou avec la collaboration de l’industrie. C’est ainsi que l’électrification du Gers semble devoir être obtenue par l’installation d’une ligne vallée d’Aspe (Oloron) à Nérac, et ultérieurement à la Garonne, qui formerait une excellente bretelle Pyrénées-Gironde, en même temps que la pose d’un feeder, par la Société pyrénéenne, Toulouse-Condom, ou par la Société des Forces Motrices d’Argelès à l’aide d’une voie Pyrénées-Gers, qui pourrait devenir plus tard une bretelle Pyrénées-Dordogne.
- Cependant, les départements pyrénéens tendent à appuyer surtout leur électrification sur l’équipement des artères du réseau du Chemin de fer Midi.
- En Savoie, le programme départemental prolongera la voie LyonTJgine vers l’Arc, et semble devoir créer la communication désirable Dauphiné-Savoie. Le réseau officiel du Jura multipliera les bretelles entre le Doubs et le Haut-Rhône, comme les initiatives de l’Yonne associeront heureusement le réseau morvandiau à Langres, Montereau, Troyes; parce canal pourra se faire la transition des lignes de la Loire à celles de l’Est-Nord.
- Il n’y a pas lieu de poursuivre indéfiniment l’énumération de ces exemples.
- Des éléments auxquels on était loin de s’attendre entrent également en jeu. L’électrochimie a des excédents d’énergie dont elle voudrait tirer légitimement parti. Les Etablissements Girod, aujourd’hui soudés à la Société d’Electrochimie, en vue d’utiliser la puissance intégrale de leurs chutes, ont obtenu de la Savoie la fourniture du courant sur des lignes qu’ils vont aménager, et qui, précisément, ont un rôle à jouer dans l’économie générale. De même, l’Electricité Industrielle et la Société de Penarroya se sont jointes à des distributeurs pour exécuter des lignes et débiter de l’énergie. Dans trois ou quatre ans, grâce au réseau du Midi et à l’industrie, la zone pyrénéenne aura mené à sa fin la réalisation du réservoir prévu.
- Les lignes de transport et leurs caractéristiques.
- — Le voltage des lignes équipées ou projetées n’est, à la vérité, pas homogène, et ce sera peut-être un inconvénient pour l’avenir. Toutes les tensions ont été adoptées : 150 000 pour les câbles d’Ossau à Bordeaux et Toulouse (Compagnie du Midi) et le feeder Eguzon-Paris ; 135000 pour le câble alsacien Turkheim-Courtavon ; 120000 pour la ligne Saint-Affrique (Truel), Béziers, le futur Saint-Etienne-Commentry, les voies de la Société de Transport des Alpes et celles du Centre, le Creusot-Haut-Rhône, le Saint-Etienne-Basse-Isère, le Yincey-Mézières, 100000 pour la grande boucle du Nord, 90 000 pour les prochaines jonctions Eguzon-Paris, 70000 pour Saint-Lary-Lannemezan, Ugine-Lyon, Moutiers-Lyon, le Rhône-Mulhouse et de nombreux câbles d’Alsace et de l’Est, 60000 seulement pour Saint-Etienne-Monistrol, le réseau de l’Union d’Elec-tricité autour de Paris, le Pontarlier-Besançon, le Dauphiné-Centre ; quant aux autres voies, elles sont tantôt à 55000 volts, tantôt à 50000, parfois à 45 000, voire même à 40 000. La tension de 220000 volts a été entrevue pour certaines de ces artères.
- Après avoir longtemps considéré le cuivre comme le métal le meilleur en l’occurrence, on a fini par reconnaître que l'aluminium serait employé avec avantage dans les mêmes conditions, et à meilleur marché — puisque nous produisons la matière première et le produit fini — surtout en combinaison avec l’acier, dont la résistance est plus élevée.
- La fabrication des câbles peut donc être entièrement assurée par le pays lui-même, comme l’observait M. Bizet, dans une belle conférence de la Société des Ingénieurs Civils. On peut de même proclamer avec satisfaction que les isolateurs spéciaux pour très hautes tensions sont présentement élaborés en France, alors qu’il y a quelques années nous devions recourir à l’aide américaine dans ce domaine.
- La connexion des stations génératrices hydrauliques et thermiques du territoire entraîne non seulement la pose de lignes de grande longueur et à
- p.235 - vue 239/688
-
-
-
- 236
- COMMENT ON ÉTUDIE LES PLANTES
- tension excessive, mais le franchissement de montagnes. Le même problème avait dû être résolu en Suisse, où une voie franchit le col d’Arnon, à la cote 1055 et, en Amérique, où un câble sous 100 000 volts a été accroché à 4209 mètres de hauteur. En France, nous n’avons pas eu à nous élever à un tel niveau. Pourtant un bel exemple a été donné par la réalisation d’un câble reliant l’Eau-d’Olle à la vallée de l’Isère en escaladant le massif de Belledone, à 2000 m. d’altitude. Long de 15 km, en aluminium-acier, il comprend 6 conducteurs, et peut transporter 18 000 kilowatts. Son fonctionnement est excellent. La traversée des régions montagneuses n’est donc pas plus à redouter que les tensions énormes.
- Conclusions. — D’après M. Bizet, sur 57 965 com-
- munes, que compte la France, 10 000 seulement étaient électrifiées en fin 1925. Il reste, par conséquent, une large lacune à combler. Sans aucun doute, elle le sera dans un délai moins prolongé qu'on ne se plaît à le supposer. Cependant, l’opération ne sera efficace que si l’on récuse tout gaspillage de l’énergie recueillie. On n’y parviendra qu’avec de la méthode, par la concentration de la distribution au moyen d’un réservoir. L’étude que nous avons rédigée témoigne que, dans le silence, ce programme se réalise, et cette constatation doit, une fois de plus, décourager les pessimistes, qui déprécient la valeur intrinsèque du pays et contribuent à déséquilibrer son change.
- Auguste Pawuowski.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février 1924.
- La dilaialion de Veau sous haute pression constante. — Les expériences de Watson ont porté sur les pressions de 400, 700, 1000 et 1500 atm., la température étant comprise entre 245 et 1000°, et lorsqu’on prolonge les courbes qui traduisent les résultats, -on s’aperçoit que, passant sensiblement par les points d’Amagat, elles y
- arrivent dans une direction différente de la tangente à la courbe représentative des résultats obtenus par ce savant pour les températures inférieures à 198°.Cette anomalie a frappé l’attention de M. Bochet qui en vient à penser que les chiffres de Watson doivent être entachés de quelque erreur systématique. Paul B.
- COMMENT ON ÉTUDIE LES PLANTES
- H est rare qu’on aille au Muséum pour Y étudier les magnifiques collections de p&T/ y) végétaux qui y sont disposées à profu-sion, avec art pour le plaisir des yeux, iKk/j avec méthode pour la facilité de l’étude.
- On emmène les enfants au Jardin des JV\\Y Plantes pour leur montrer des animaux.
- Ce paradoxe est tellement répandu qu’un PHI visiteur du laboratoire de Biologie
- JJgL végétale de Fontainebleau, voyant
- quelques chevaux qui se trouvaient par hasard dans le parc de cet établissement, déclarait avec conviction :
- « Vous avez aussi des animaux ici; alors, c’est un vrai jardin des plantes. »
- Mais si la foule des visiteurs du Muséum se dirige plus volontiers vers les fauves, vers les oiseaux et surtout vers les singes, les amis des plantes, botanistes ou simples amateurs, viennent tous admirer ou consulter les richesses végétales de cet immense jardin. Allons-y faire une promenade, et voyons comment on peut y étudier les plantes.
- Entrons par la porte d’Austerlitz, place Walhubert. Ce qui nous frappe d’abord, c’est la perspective harmonieuse et grandiose des jardins, dont le fond est constitué par la Galerie de zoologie.
- Si nous prenons l’allée Buffon, nous pouvons voir, à notre droite, les plantes médicinales et usuelles. En examinant les étiquettes placées auprès de chaque plante, nous reconnaîtrons bien des noms
- que nous avons employés cent fois, chez le pharmacien ou ailleurs, sans bien savoir les caractères des plantes désignées. Voici le Pavot somnifère dont les fleurs ont de si belles couleurs, nous avons vu, chez les herboristes, ses grosses têtes narcotiques; plus loin, le Pastel des teinturiers, le Nerprun purgatif, le Romarin officinal, si efficace en infusion, la Guimauve officinale qui rappelle la pâte contre la toux, les infusions, les ' gargarismes aux propriétés émollientes, la petite Centaurée, la Digitale pourpre, le Chanvre cultivé, l’Armoise absinthe et l’Armoise vulgaire, etc. Il faut bien avouer que ces plantes sont très décoratives et ne ressemblent pas du tout aux parties desséchées que nous conservons précieusement pour nous guérir.
- Continuons notre promenade dans l’allée Buffon : voici une série de parterres ne renfermant que des plantes ornementales ; les collections varient avec les saisons (Tulipes, Glaïeuls, Dahlias, Chrysanthèmes, etc...). Remarquons surtout le carré des Rosiers qui contient plus de 800 variétés de Roses.
- De l’autre côté de l’allée Buffon, se trouve un emplacement réservé aux arbustes de plein air : le Fruticetum. Mais à l’extrémité de celui-ci, j’aperçois un individu en contemplation devant un arbre au large tronc crevassé. Par curiosité, je vais lire l’étiquette que porte ce végétal; elle m’indique que c’est le plus vieux Robinier de France (Robima Pseudo Acacia L.). Cet arbre a été semé en 1601 et replanté en 1656, à l’endroit où je le vois, par le
- p.236 - vue 240/688
-
-
-
- 237
- COMMENT ON ETUDIE LES PLANTES
- jardinier Robin. Linné lui a donné le nom de Robinia en souvenir de ce fait. Nous l’appelons vulgairement « Acacia », mais c’est une erreur, ce nom étant celui d’arbres américains voisins du Mimosa.
- Le Muséum possède plusieurs autres arbres historiques entre autres le premier Sophora du Japon, introduit en France par le Père d’Incardelle et planté en 1747 par Bernard de Jussieu et surtout le fameux Cèdre du Liban (fig. 1). La tradition raconte que ce botaniste le rapporta d’Angleterre dans un chapeau et le planta au Muséum en 1735 où nous pouvons encore le voir dans le Labyrinthe.
- N’oublions pas d’aller faire une longue visite à l’Ecole de Botanique. On nomme ainsi l’ensemble des plates-bandes dans lesquelles toutes les plantes indigènes, et même un grand nombre de plantes exotiques, sont cultivées avec soin, spécialement pour l’étude.
- Elles sont disposées par famille et les botanistes peuvent sans peine y trouver tous les matériaux nécessaires à leurs recherches.
- Voici une première manière d’étudier les plantes; elle est à la portée de tout de monde, se promener dans un jardin botanique en consultant les étiquettes qui se trouvent placées .près des végétaux.
- On apprend ainsi le nom des plantes, mais à une condition toutefois, c’est que chaque carte de visite soit bien à sa place. C’est heureusement le, cas au Muséum où la Direction des cultures vérifie soigneusement les noms des collections. Mais dans beaucoup de jardins botaniques, il arrive que lorsqu’une plante meurt, le jardinier consciencieux continue à arroser régulièrement le piquet qui porte son étiquette. Un beau jour, une graine de coquelicot germe et donne une magnifique touffe verte et rouge portant la désignation : Rosa alpina L. var. alba, Rose des Alpes, variété blanche ».
- Dans ce cas, l’amateur lui-même ne pourra s’y tromper, mais il est bien rare que l’erreur soit si évidente !
- Si donc, un jour, vous désirez apprendre en vous promenant le nom de quelques plantes que vous avez rencontrées en montagne ou tout simplement à Meudon, assurez-vous, avant de faire vos recherches, que les noms des collections dans le jardin botanique où vous allez vous renseigner, sont vérifiés soigneusement et fréquemment par des spécialistes.
- En venant quelquefois au Muséum, il vous arri-
- vera, un jour ou l’autre, de rencontrer, dans les allées de l’Ecole, le'type classique du botaniste tel que beaucoup de personnes l’imaginent encore, sa boîte verte sur le dos et sa loupe à la main (fig. 2). Pendant longtemps, ce fut l’attirail indispensable à l’étude de la botanique ; on ne se préoccupait alors que de la forme des plantes et de la détermination de leurs noms. Ce travail est d’ailleurs à la base de toute étude botanique : il faut savoir le nom des plantes dont on étudie l’anatomie ou la physiologie.
- La méthode classique pour étudier les végétaux fut pendant longtemps celle-ci : faire une grande récolte de plantes avec racines, tiges, feuilles, lleurs et fruits, les enfouir dans la traditionnelle boite à herboriser; de retour au logis, étaler soigneusement tous les végétaux cueillis dans de grandes feuilles de papier buvard, placer ces feuilles dans des presses spéciales ou bien sous de grosses pierres, afin de réduire les échantillons à leur épaisseur minimum. II faut changer très souvent ces feuilles de buvard pour que la dessiccation se produise le plus vite possible.
- Au bout de quelques jours, plus ou moins selon la nature des plantes et la température, les matériaux sont rigides, à couleur et odeur de foin; ils ont perdu leur sève, leurs sucs cellulaires, toute apparence et toute réalité de vie. Ces matériaux sont fixés, avec des. bandes gommées spéciales, sur du papier bulle; chaque feuille porte, en latin, le nom de la plante qu’elle contient. Nous verrons plus loin comment on détermine ce nom.
- Ces feuilles vont en rejoindre des milliers d’autres ; elles sont enfermées dans de grands cartons, ceux-ci sont placés dans d’immenses armoires toujours trop petites. Et l’ensemble constitue un herbier.
- Faire un herbier ! Ce fut pendant longtemps presque l’unique préoccupation des botanistes. Actuellement, nous bénéficions de ces travaux de patience et nous trouvons une ou plusieurs de ces collections de cadavres de plantes dans chaque bibliothèque ou laboratoire de botanique. Ce sont des documents précieux à consulter pour la détermination du nom d’une espèce végétale, mais ils ne peuvent donner une idée exacte sur le faciès de la plante vivante.
- Il faut se rendre compte de ce qu’est un herbier. Puisque nous sommes au Muséum, offrons-nous ce spectacle. Regagnons l’allée Buffon : après le Fruli-cetum, on trouve un grand monument; sur la
- p.237 - vue 241/688
-
-
-
- 238
- COMMENT ON ETUDIE LES PLANTES
- grille de fer qui l’entoure, je vois à la première porte : « Laboratoire de Botanique, Herbiers ». Nous traversons une allée bordée à gauche par une superbe Bille d’Àcajou Cédra pesant 7000 kg. : c’est le côté de la Botanique ; adroite sont d’énormes blocs de minéraux, entre autres de magnétite : c’est le côté de la Minéralogie.
- Pour nous distraire, eh montant les quelques marches du perron, voyons ce qui se passe dans ces cages de verre qui sont placées à l’entrée. Un botaniste est dans la eage de gauche, revêtu de sa grande blouse écrue, il circule entre des monceaux de papier gris, parfois il s’arrête et regarde attentivement dans son microscope.
- Enfin, entrons à l’Herbier, il est au premier étage, au-dessus de la galerie de botanique. C’est une salle immense en longueur et en hauteur ; je vois de grandes tables, des casiers garnis de milliers de gros cartons, de chaque côté des salles plus petites, encore tapissées de ces innombrables cartons. Si nous ouvrons l’un de ceux-ci, nous le trouvons garni de plantes séchées venant de toutes les parties du monde.
- Sans cesse cet herbier s’accroît, beaucoup de savants botanistes y travaillent. Ils sont là, dans le laboratoire qui se trouve à quelques mètres de la galerie de l’Herbier. Tous les jours, ils reçoivent un grand nombre d’échantillons à déterminer et à classer.
- Il serait vraiment trop aride de nous installer à faire de la détermination avec l’un de ces initiés. Ils ont de grosses Flores où sont collationnés les noms et les caractères des plantes du monde entier. Ne nous aventurons pas dans cette littérature barbare qui nous enlèverait pour toujours l’envie de nous occuper de la gracieuse science des fleurs.
- Les anciennes Flores étaient toutes écrites en latin. Etait-ce pour empêcher les profanes de pénétrer dans les mystères de la nomenclature? Actuellement, il existe encore quelques botanistes qui croient devoir employer la belle langue de Cicéron et de Virgile pour ne pas dire en français qu’un Géranium a cinq pétales et que la tige de la Rose porte des aiguillons.
- Maintenant, les Flores sont composées en français ; alors, nous allons pouvoir nous en servir. Ouvrons-en une au hasard. Quel vocabulaire inimaginable Je trouve des termes tels que : cespiteux, anipité, muriqué, triternatiséqué, etc.... Les botanistes ont tout un arsenal de termes bizarres qui pour épargner un mot ou deux rendent leur langue incompréhensible au commun des mortels. Il faut une initiation spéciale et un dictionnaire botanique pour employer ces Flores.
- Certains savants ont réagi contre ce vocabulaire barbare. Parmi eux, le plus connu dans le monde savant, comme dans le grand public, est Gaston Bonnier, mort il y a quelques mois. Il a composé un grand nombre de Flores très intéressantes et très bien illustrées. Tous les termes employés sont
- simples et clairs, même dans sa grande Flore illustrée qui se compose de douze volumes (format in-quarto) dans lesquels sont décrites et représentées en couleurs, par la photogravure, toutes les plantes de France, de Suisse et de Belgique.
- C’est bien le livre le plus clair, le plus complet et le plus artistique qui existe en cette espèce. Il est même trop complet pour l’amateur qui voudra se distraire en cherchant le nom des plantes qu’il récolte.
- Il existe un ouvrage spécialement composé pour cet amateur, toujours par Gaston Bonnier, il est intitulé : Les noms des Fleurs, trouvés par la méthode simple, sans aucune notion de botanique, sans qu’il soit question d’étamines, de pistils, d’ovaires, de carpelles, d’ovules, de stigmates, etc. C’est un livre tout à fait intéressant et même amusant pour l’amateur qui débute dans la science délicate de la détermination.
- Pour en donner une idée, je dirai que l’auteur commence par diviser les fleurs en : fleurs roses ou rouges, fleurs bleues ou bleuâtres, fleurs jaunes ou jaunâtres, fleurs blanches, fleurs vertes. Le texte contient un très grand nombre de dessins explicatifs (2715). En tête de l’ouvrage se trouvent 372 photographies en couleurs des plantes les plus communes, et à la fin l’indication des propriétés médicinales, avec les doses à employer, le danger que les plantes peuvent présenter, leurs usages agricoles et industriels, les fleurs recherchées par les abeilles. Quel amusement de découvrir les noms des fleurs dans cet ouvrage dont la composition a demandé tant d’ingéniosité et de patience.
- Pour apprendre les noms des fleurs dans un jardin botanique ou dans une Flore, pour constituer un herbier, on ne s’adresse qu’aux caractères extérieurs de la plante, caractères pouvant être observés à l’œil nu ou à la loupe. Avant la découverte du microscope, c’était presque l’unique manière de faire l’étude de la botanique.
- Les temps ont bien changé ! Et les méthodes aussi. Voyons comment on étudie maintenant les plantes dans nos grands laboratoires universitaires.
- La détermination a passé au second plan et on se préoccupe surtout des caractères anatomiques.
- Si vous pouviez entrer un jour dans la salle des travaux pratiques de botanique à la Sorbonne pendant une des manipulations, vous verriez un grand nombre d’étudiants et d’étudiantes ayant devant eux sur une table (fig. 3) les instruments suivants : un microscope, une série de grands verres de montre, quelques petits flacons remplis de liquides de différentes couleurs et surmontés de compte-gouttes, une carafe, des pinces, des ciseaux, quelques scalpels, un gros rasoir et des petites plaques de verre. Tout cela n’a rien de botanique, me direz-vous. Regardons de plus près : au fond d’un verre de montre j’aperçois dans un liquide transparent un tout petit corps noir cylindrique qui mesure environ 1 cm de long. Il paraît que c’est un
- p.238 - vue 242/688
-
-
-
- 239
- COMMENT ON ÉTUDIE LES PLANTES
- petit bout de racine que les étudiants doivent étudier aujourd’hui pendant leur manipulation. J’avais cru tout d’abord que c’était un petit morceau de fil électrique recouvert de sa couche isolante.
- Nous allons suivre un préparateur qui explique la technique opératoire.
- Il prend un petit bâton blanc de 6 'a 7 cm de longueur, extrêmement léger, qu’on désigne habituellement sous le nom de moelle de sureau parce qu’on l’obtient, en général, en écorçant de vieilles tiges de ... topinambour. Cette petite baguette magique de moelle est fendue par le milieu dans le sens de la longueur au moyen d’un bon scalpel. Sur la partie sectionnée, vers l’une des extrémités, on creuse une petite cavité dans laquelle on place le précieux petit morceau de racine noire.
- L’autre demi-cylindre de moelle est replacé sur celui qui contient l’échantillon à étudier exactement comme il était avant la section. Le cylindre ainsi reconstitué est tenu verticalement dans la main gauche, la partie garnie en haut. Avec le rasoir dans la main droite, le préparateur effectue rapidement des sections très, très minces, dirigées perpendiculairement à Taxe du cylindre, il laisse sur le rasoir ce qu’il sectionne et fait ainsi une dizaine de coupes. Alors il fait tomber tout ce qui a été ainsi séparé dans un verre de montre contenant de l’eau distillée ; les coupes dans la racine se distinguent très bien de celles de la moelle par la différence de couleur et aussi par la différence de densité. La moelle plus légère flotte sur l’eau ; et elle est enlevée facilement avec une petite aiguille lancéolée. Cette même aiguille va nous servir à pêcher les petites coupes de racines (les 5 ou 4 meilleures) et à les transporter successivement dans toute la série des verres de montre qui ont été garnis, avec les compte-gouttes, des réactifs appropriés.
- Le premier verre de montre contient de l’eau de
- Fig. 3. — Le micrographe.
- Fig. 2. — Le botaniste d’autrefois ?...
- Javel diluée, les coupes y sont placées pour faire disparaître le contenu des cellules dont on ne s’occupera pas et laisser ainsi les membranes cellulaires plus apparentes.
- Le deuxième verre de montre contient de l’eau distillée destinée à laver les coupes qui ont séjourné dans l’eau de Javel et à faire disparaître toute trace de chlore qui gênerait l’action des matières colorantes suivantes.
- Ces colorants sont le vert d’iode qui colore le bois et tous les tissus lignifiés et le carmin aluné qui donne aux autres parties une belle teinte rouge.
- En sortant de ces deux bains, les coupes sont passées dans de l’eau et placées sur une lame de verre dans une goutte d’eau glycérinée. On recouvre la préparation ainsi faite avec une lamelle de verre d’une minceur extrême et il ne reste plus qu’à faire l’examen microscopique.
- Les différentes opérations que je viens de décrire sont longues et délicates. Il faut pêcher avec une aiguille à la pointe aplatie ces petites coupes et les passer dans tous ces bains où elles doivent séjourner des temps variant de une à quinze minutes, suivant les cas.
- Au bout d’une bonne heure, ce travail préliminaire est achevé et si l’ouvrage a été bien conduit, l’étudiant est récompensé largement de sa patience et de ses soins. Quelle merveille nous apercevons dans le tube du microscope! Mettons d’abord un faible objectif afin d’avoir une vue d’ensemble. Est-il possible que la vilaine petite chose noire qui trempait tout à l’heure dans ce verre de montre ait une anatomie aussi complexe et aussi harmonieuse (fig. 4). Si l’invention du microscope avait précédé la construction de nos cathédrales, je dirais que c’est certainement là que les artistes sont venus prendre des inspirations et des documents pour ces superbes vitraux en rosace qui étincellent magnifiquement sous les feux du soleil couchant (fig. 5).
- Avec un plus fort grossissement, je vois mieux les détails de la structure, le dessin des cellules ressemble à un fin réseau de tulle rose sur lequel les gros vaisseaux du bois ressortent comme une belle broderie verte.
- p.239 - vue 243/688
-
-
-
- 240
- COMMENT ON ÉTUDIE LES PLANTES
- Quelques lecteurs auront peut-être le désir de voir ces merveilles, mais ils n’ont pas le loisir de faire ces longues préparations. Des maisons spé-
- Fig. 4,
- Une coupe de racine vue au microscope.
- ciales les livrent toutes faites et il existe des catalogues de préparations microscopiques comme il est des catalogues de livres. C’est une distraction pour les soirées d’hiver, le microscope s’éclaire très bien avec une simple lampe électrique.
- Si un vulgaire petit morceau de racine nous révèle tant de mystérieuses harmonies cachées dans son anatomie interne, que doit-il en être des fleurs dont les formes extérieures sont déjà si belles?
- Ne pourrait-on pas couper des fleurs dans de la moelle de sureau comme nous avons vu couper la petite racine noire? C’est tout à fait inutile d’y penser, parce que tous les petits morceaux provenant des sections dans les pièces florales s’éparpillent dans le verre de montre, on ne peut plus reconstituer la fleur, et puis, il en est de si fines comme les petits sacs qui contiennent les graines de pollen, qu’il ne faut pas songer à les transporter au moins une dizaine de fois sur l’aiguille aplatie.
- Mais comme les botanistes s’intéressent beaucoup à la fleur, ils ont inventé des moyens permettant d’obtenir des coupes magnifiques à travers une fleur quelconque et de conserver en place toutes les parties qui la constituent.
- Par exemple, il faut avoir le temps et s’armer de patience. Je ne veux pas décrire ici, en détail, toutes les opérations si longues qu’il faut faire pour obtenir une belle série de coupes florales. J’exposerai seulement les principes de la méthode.
- On arrive, après une série de bains dans de l’alcool de titre dé plus en plus élevé et finalement par un passage dans l’alcool absolu, à débarrasser complètement la fleur de l’eau qu’elle contient dans ses tissus. Cette déshydratation demande environ quatre ou cinq jours.
- La fleur à étudier est ensuite placée dans une sorte de pétrole (xylol ou toluène), qui chasse l’alcool; finalement, elle est portée dans de la paraffine fondue où elle séjourne pendant trois jours environ. Ce bain est placé dans une étuve à température constante qui maintient la paraffine en fusion pendant ces trois jours et peu à peu pénètre dans la fleur, dans tous ses tissus, dans toutes ses cel-
- lules. Lorsqu’on retire de l’étuve le bain de paraffine contenant la fleur à étudier, on n’a plus qu’à le refroidir pour faire solidifier le tout.
- On a fait ainsi une inclusion de la fleur dans la paraffine. Les coupes se feront ensuite mécaniquement avec un appareil très précis qui donnera des sections minces. On peut régler l’épaisseur de celles-ci à volonté, généralement l’épaisseur employée est de d/200e à 1/100e de millimètre.
- Les coupes obtenues contiennent de la paraffine; elles sont placées sur une lame de verre où elles se collent très bien d’elles-mêmes, on dissout la paraffine avec un solvant approprié, on colore et on étudie au microscope.
- On observe très bien les différentes pièces du calice, de la corolle, les sacs polliniques avec leurs petits grains de pollen et au centre les ovules qui donneront une graine lorsque le pollen les aura fécondés.
- Par ce procédé d’inclusion dans la paraffine, le phénomène de la fécondation a pu être fixé et étudié avec beaucoup de précision.
- L’instrument qui serf à faire ces coupes dans la paraffine s’appelle un microtome ; le bloc à couper est fixé solidement sur une petite plaque métallique et un énorme rasoir se déplace par glissement en sectionnant ce bloc. Chaque petite coupe reste collée à la suivante et on peut obtenir la longue suite de ces petites coupes donnant toute l’histoire anatomique de la fleur, depuis le pédoncule jusqu’au sommet du stigmate où les abeilles viennent déposer la poussière fécondante du pollen.
- Nous venons de passer en revue les différentes manières d’étudier les caractères extérieurs et l’anatomie des plantes. Reste à voir maintenant comment les physiologistes se renseignent sur la vie et les fonctions végétales. M. Larbaud.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de Fleurus, à Pnris.
- p.240 - vue 244/688
-
-
-
- NATURE
- N° 2611
- 19 AVRIL 1924
- LA PECHE SUR LES COTES ET JLE LONG
- Nous avons été chargé, en 1925, par le professeur Gruvel, directeur du laboratoire des productions coloniales d’origine animale au Muséum d’Histoire naturelle, d’une mission en Guinée et sur le Haut et Moyen Niger.
- Le but principal de cette mission était d’étudier les conditions actuelles de la pêche pratiquée par les indigènes et de rechercher les moyens de développer parmi les noirs de la Guinée et du Soudan la consommation du poisson en vue d’améliorer leur nourriture azotée.
- Nous avons parcouru du 1er février au 27 mars la côte de Guinée ; durant le mois d’avril, l’inté-rieur'du pays, et, du 17 mai à la fin d’aoùt, le Niger et quelques-uns de ses principaux affluents, de Ivouroussa à Tombouctou.
- A grandes étapes, avec le lecteur, nous voudrions refaire notre voyage, observant seulement les faits essentiels concernant la pêche.
- Guinée. — Sur les étendues sablonneuses des côtes de la Guinée française, aux embouchures des rivières, s’élèvent de pauvres cases édifiées en herbes de la brousse et en feuilles de palmiers. Là, vivent en petit nombre des pêcheurs de profession.
- La majorité appartient à la race assez fine et intelligente des Soussous, d’autres à celle bien plus arriérée des Bagas. Quelques-uns, les Sierra Léonais, sont originaires de la colonie anglaise voisine.
- L’existence au grand air, la pratique de leur métier et la consommation fréquente du poisson en ont fait des êtres remarquables par leur solide constitution.
- Ils pêchent pendant toute l’année, mais principalement pendant la saison sèche, d’octobre à fin avril.
- La plupart, quittant à marée haute le rivage en leurs pirogues taillées dans un tronc de fromager, vont disposer, J'a où la profondeur atteint la taille 1. Photographies prises par M. Jean Thomas.
- DE LA GUINÉE FRANÇAISE DU NIGER
- Fig. 2. — Retour de la pêche au massaronghi.
- 59* Annéw — 1*’ S«m«8tr<(.
- Fig. i. — La pêche au massaronghi à l'embouchure
- du Rio Kappatchez, côtes de la Guinée française.
- d’un homme, une série de filets (massaronghi, en langage soussou) qui, maintenus dans le sable par des piquets, formeront une barrière de plusieurs centaines de mètres de long à face concave orientée vers le rivage. Quand la mer se retire, le poisson compris entre la terre ferme et ces engins est retenu parles mailles (fig. 1).
- Cé procédé est fort rémunérateur, et il n’est pas rare de voir ceux qui l’utilisent rapporter presque autant de poissons que nos petits chalutiers à voile (fig. 2).
- Là senne donne aussi d’excellents résultats, mais la bourse du pêcheur est des plus modestes et cet engin, pourtant très connu et apprécié chez eux, ne se rencontre qu’exceptionnellement.
- Citons, enfin, la ligne, la palangre et l’épervier.
- Les deux premiers modes de pêche, les seuls vraiment intéressants pour l’avenir, nous ont révélé les richesses ichthyologiques des bancs de sable et de vase exploités, d’où mulets, soles, poissons-scie, raies, silures, capitaines, sont le plus communément retires.
- Le poisson est consommé frais ou conservé. Dans ce dernier cas, débarrassé de ses intestins, exposé sur des claies au-dessus d’un feu de bois, il subit l’action delà fumée conservatrice (fig. 5). Il sera donné en échange de denrées diverses, ou vendu aux populations de l’intérieur (fig. 4).
- Préparé à part avec une sauce d’huile de palme, d’oignons et de piments, il agrémentera le plat de riz quotidien.
- Malheureusement, étant donné le nombre trop faible des pécheurs, des engins et l’absence d’iine sérieuse organisation, ce précieux aliment est à peu près inconnu loin des côtes. Les indigènes de ces régions ne consomment d’ailleurs guère plus de bétail. Et ce n’est pas une simple coïncidence si, au lieu des populations robustes du rivage, on ren-
- 16.-241.
- p.241 - vue 245/688
-
-
-
- 242 LA PÊCHE SUR LES COTES DE LA GUINÉE FRANÇAISE ET SUR LE NIGER
- Fig. 3 — Le fumage du poisson.
- contre là nombre d’individus débiles, chétifs ou maladifs.
- A côté de ces gens de métier, les riverains, cependant, pratiquent aussi la pêche, mais occasionnellement, pour leur consommation personnelle et avec des moyens très primitifs : barrages variés, nasses, petits filets de formes diverses. Parfois, sur la plage, des femmes, après avoir broyé entre deux pierres les feuilles d’un arbuste appelé « méki », plongent celles-ci dans les flaques d’eau laissées par la mer. Les petits poissons, anesthésiés par la substance qui se dégage, flottent à la surface et sont aisément recueillis. Des huîtres, des crevettes sont encore récoltées en grand nombre. — Ces descriptions, toutefois, ne sauraient nous intéresser qu’au point de vue pittoresque.
- Aussi, nous sommes-nous adressé uniquement aux vrais pêcheurs. Durant des semaines, nous avons vécu avec ceux-ci, logé en leurs demeures, longuement et patiemment palabré avec eux. Us nous ont bien compris : » Nous sommes heureux qu’un blanc s’intéresse à nous », nous ont-ils répété à maintes reprises.
- Encouragés et bien conduits, dotés de fil pour fabriquer leurs filets (nous préconisons les « mas-saronghi » et les sennes), ils trouveraient des aides nombreux et leur production, aisément transportable par les cotres et la voie ferrée dans les grands centres, deviendrait, pour le pays, un apport alimentaire appréciable.
- Le Gouverneur de la Guinée, M. Poiret, dont le souci constant est le développement de la colonie et l’amélioration du sort de l’indigène, nous a réservé l’accueil le plus bienveillant. Son aide morale et matérielle, durant nos études, nous a permis de rassembler de précieux documents. Nous lui en exprimons ici toute notre reconnaissance.
- *
- t«: *
- C’est en février et mars que nous avons parcouru ces parages enchanteurs de la Guinée, longé les côtes, cheminé dans l’inextricable réseau de marigots — on désigne ainsi les bras de fleuve et les petits cours d’eau — et parmi la végétation luxuriante qui croît dans les pays chauds et humides.
- Le 6 avril, après avoir parcouru les côtes, je m’enfonçai vers l’intérieur afin d’étudier le ravitaillement en poisson et les possibilités d’écoulement des produits de la pêche. Mais ce récit intéresserait, je pense, assez peu le lecteur. Aussi, quittons ensemble ce paradis des noirs pour nous rendre à celui des pêcheurs, au Niger et à ses affluents, de Ivouroussa à Tombouctou.
- Niger. —Nous sommes en mai. C’est enc ire l’époque des basses eaux. Le fleuve, étalé dans la plaine quelques mois auparavant, n’occupe plus qu’une partie de son lit et sa profondeur varie de quelques centimètres à deux mètres environ. Lentement, il serpente parmi les bancs de sable doré où des nuées de palmipèdes se prélassent au soleil.
- Voici notre maison flottante, le chaland Hallebarde à fond plat. A l’avant, huit ou dix vigoureux laptots, aux corps élancés, manœuvrent la perche. Tête nue sous l’astre brûlant, ils portent pour tout vêtement une culotte très courte ou un simple lambeau d’étoffe retenu à la ceinture par un ligament quelconque. A l’arrière sont disposées la cuisine de mes noirs et la mienne. Dans la partie moyenne est ma chambrette, à la fois salle à manger, bureau, laboratoire. Sur le toit, mon interprète Amadou, le garde et le chef des laptots mènent la vie contemplative (fig. b).
- Voguant nuit et jour entre les rivages d’abord verdoyants, mais de plus en plus désertiques à mesure qu’on se rapproche de Tombouctou, nous nous arrêterons dans chaque campement, dans chaque village de pêcheurs. Nous y porterons la bonne
- Fig. 4. — Le marché aux poissons frais à Conakry.
- p.242 - vue 246/688
-
-
-
- LA PÊCHE SUR LES COTES DE LA GUINÉE FRANÇAISE ET SUR LE NIGER 243
- F/e. 5. — Le voyage sur le Niger aux basses eaux : à gauche : Sultan, le lion, ne dédaigne pas boire à la litnbale; à droite : mon chaland laboratoire; à l’arrière : le chaland ménagerie où sont logés les animaux destinés au Muséum.
- parole. Nous le ferons avec toute notre énergie et tout notre cœur.
- *
- * *
- C’est en effet la saison des grandes pêches, des pêches souvent miraculeuses. Des milliers de Somonos et de Bozos, gens de métier, s’y adonnent.
- D’immenses filets fixés par des piquets barrent le fleuve. A deux ou trois kilomètres en amont, un deuxième filet déployé transversalement est suspendu à une longue file de pirogues disposées en arc de cercle (fig. 6).
- Sur chaque rive, les femmes des pêcheurs halent cet engin mobile vers le barrage précédent. Entre les deux, les poissons grouillants, énormes, sont emprisonnés : perches du Nil aux yeux de feu, silures aux piquants redoutables, silures électriques, poissons-chiens aux longues dents acérées. Mais nombreux sont les fuyards : d’un bond souvent prodigieux, ils franchissent l’obstacle. Aussi, des harponneurs, debout dans les embarcations, surveillent les ondes en aval. Ou bien, l’instrument à la main, plongeant les yeux ouverts, nos agiles nageurs poursuivent leurs victimes entre deux eaux et les ramènent, enferrées, à la surface.... Et les voix féminines encouragent l’action par les éternelles mélopées : « Tirons, tirons, il n’y a pas au Soudan de braves gens tels que les pêcheurs de Ségou. — Veuille la Destinée qu’aucun de vous ne soit blessé durant cette pêche. — Qui d’entre vous, puissant comme le Sorcier, nous
- fera prendre bien des poissons dans les profondeurs. Voici le supérieur. Il a raison de faire son devoir. Il faut hù obéir. »
- Partout des Somonos manœuvrent des sennes dont les flotteurs sont parfois pittoresques, formés de paquets de tiges d’un sureau aquatique et dont la plombée est remplacée par des boules de terre cuite (fig. 7).
- Plus loin, des Bozos, munis d’un petit filet triangulaire en forme de poche à chaque main, encerclent le poisson ou l’acculent contre des barrières de roseaux. Ils l’emprisonnent ensuite en rapprochant Tune de l’autre les ouvertures de leurs engins. Ces derniers sont utilisés aussi pour pêcher dans les fonds vaseux des mares qui s’étendent sur les rivages du fleuve. Tous les Buzos et les Somonos de la région prennent part en même temps à cette pêche des plus pittoresques (fig. 8).
- Des cordes où sont attachés directement, en une longue file, des hameçons sans appats, halées par deux pêcheurs placés à chacune des extrémités, explorent le fond des eaux : les poissons sont accrochés au passage.
- Tout le monde pêche en vérité et les procédés de capture sont des plus variés. Mais les autres riverains, ne songeant qu’à la consommation familiale, utilisent des engins moins puissants.
- C’est aujourd’hui, pour eux, la « Fête de la mare». De plusieurs lieues à la ronde, des centaines d’indigènes, de femmes et d’enfants sont accourus. De bon matin, le tam-tam
- Fig. 6. — La grande pêche « Bassama » dans le Niger (Cercle de Ségou).
- p.243 - vue 247/688
-
-
-
- 244 LA PÊCHE SUR LES COTES DE LA GUINÉE FRANÇAISE ET SUR LE NIGER
- Fig. 7. —La fin d’une pêche à la senne dans le Niger (Région de Tombouctou).
- commence. Après l’invoca lion aux mânes des ancêtres qui veillent sur la mare et les offrandes de libations (riz, kolas, etc.), les hommes', armés de harpons, rentrent tous dans l’eau. Ils chassent les crocodiles, les animaux dangereux et capturent les gros poissons. Quand ils ont achevé, au signal donné par le chef de Province quelques instants plus tard, femmes, mères transportant leur bébé à califourchon sur les hanches et enveloppé de leur pagne noué sur la poitrine, enfants, tous munis de filets circulaires à main de faible dimension, se précipitent avec un concert de joyeuses clameurs dans l’élément vaseux (fîg. 9). L’heure fatale a sonné pour les petits poissons. Autour de la mare, les cavaliers poussent leur monture pour empêcher, dit-on, le retour des méchantes bêtes. Longtemps après la pêche, la fête se poursuit dans les tam-tams et les orgies.
- La nuit venue, des torches enflammées décrivent des arabesques au-dessus du fleuve ou se promènent à fleur d’eau. Ce sont encore des pêcheurs. Aumoyen de paniers en forme de tronc de cône (fig. 10), ouverts aux deux extrémités, ils recouvrent les poissons attirés par la lumière.
- Sur ces rivages, les produits de la pêche sont le plus souvent consommés à l’état frais. Et quel spectacle curieux, la nuit venue, que celui des pêcheurs groupés sur le sable, contant des légendes, tout près d’un grand feu de bois autour duquel grillent les poissons embrochés à des bâtons plantés perpendiculairement dans le sol.
- Cependant, quelle affreuse préparation est réservée aux indigènes des régions éloignées ! Après avoir laissé macérer nos bêtes en moyenne pendant deux jours dans l’eau chauffée par le soleil, les femmes les exposent par terre à ses rayons. Les chairs putréfiées se dessèchent plus ou moins. Mais, envahies par d’innombrables larves de diptères et ultérieurement par des parasites variés, elles sont en grande partie dévorées. Le reste n’est qu’un amas de substances d’une odeur repoussante et renfermant des toxines (fîg. 11).
- Nous avons, entre autres choses, montré à ces braves gens comment un salage très léger — nullement préjudiciable à leur bourse si modeste, bien au contraire — et une exposition sur des claies pouvait leur procurer un produit idéal.
- A notre retour, très reconnaissants, ils nous ont présenté des préparations souvent fort réussies. Nos expériences les avaient convaincus.
- M. le gouverneur Terrasson de Fougères qui, de grand cœur, s’est associé à notre œuvre, a aussitôt donné des instructions pour que dans leur intérêt, nos grands enfants, naturellement prompts à l’oubli et enclins à perpétuer les errements de leurs pères, soient soutenus et encouragés dans leur bonne volonté. Nous ne saurions trop lui en expri-mer'notre profonde gratitude.
- Après des semaines et des semaines, nous entrions dans la capitale du Sahara : Tombouctou était le terme de notre voyage.
- r*
- *
- Par la nuit étoilée du 14 au 15 juillet, à travers les zones désertiques, achevai, nous regagnâmes le Niger. Notre chaland et un deuxième destiné à des animaux, hôtes futurs du Jardin des Plantes, étaient au port.
- On repartit à l’aube.
- Mais après avoir franchi le lac Dehbo, l’aspect du Niger était méconnaissable, Les eaux s’étendaient bien loin sur la plaine. Et sous le ciel gris de l’hivernage, il fallait lutter contre le courant de plus en plus intense.
- Maintenant, la vie semblait avoir quitté ces lieux. Les oiseaux et les hommes avaient disparu. Finies aussi les grandes pêches d’antan ! Çà et là cepen-
- Fig. 8. — Bozos et Somonos pêchant dans une mare des rives du Niger. Véritable haie, ils poussent les poissons devant eux. Munis à chaque main d’un petit filet triangulaire en forme de poche, ils les capturent en rapprochant l’une de l’autre les oiwertures des engins (Cercle de Mopti).
- p.244 - vue 248/688
-
-
-
- LA PÊCHE SUR LES COTES DE LA GUINÉE FRANÇAISE ET SUR LE NIGER 245
- dant, quelques filets dérivants ; le long des bords du fleuve ou parmi les herbes, zones où le poisson se réfugie pour éviter un courant trop violent, des nasses de grandes dimensions sont immergées ; quelques lignes, des palancres ; le jour, parfois la nuit au clair de lune ou à la lueur de fanaux, des harponneurs, debout dans leurs pirogues, surveillent les ondes et capturent les grands poissons. Pour multiplier leurs chances, certains posent sur l’eau un curieux appeau dont le crissement, semblable à celui produit par le mouvement des rayons épineux de gros silures, attire ces derniers (fig. 12). Des filets triangulaires, en forme de poche, fixés à deux longs bois et placés à l’avant des pirogues sont maintenus entre deux eaux. C’est encore un procédé de pêche en surface. D’octobre à janvier ou février, ceux-ci serviront à attaquer les bancs pressés de « miris » et de « tinénis », petits clupéidés venus du lac Dehbo et dont les indigènes extraient une huile comestible.
- Enfin, quand les eaux d’inondation se retireront dans les marigots, ceux-ci seront coupés du Niger ou de ses affluents par des barrages variés. Les poissons, ne pouvant plus regagner les grandes artères, seront capturés en abondance.
- Peu à peu, l’époque des basses eaux se rapprochera, et le cycle de la pêche de recommencer.
- Mais nous voici de retour en Guinée. Notre mission a pris fin et le 1er septembre nous nous embarquons à destination de la France.
- *
- * *
- Conclusions. —De cet aperçu général de la pêche au Soudan et en Guinée, je voudrais qu’une idée pratique se dégageât.
- Si l’on veut obtenir d’un peuple le maximum de
- Fig. io. — Pêche aux paniers coniques dans une mare des rives du Niger. Au deuxième plan, un indigène retire par l’ouverture supérieure de l’engin un poisson emprisonné (Cercle de Kouroussa).
- Fig. 9. — Femmes pêchant en ligne, au moyen de filets circulaires à main, dans une mare des rives du Niger : « Fête de la mare » (Cercle de Kouroussa).
- rendement, il faut avant tout lui assurer une bonne alimentation.
- L’indigène consomme en proportion voulue des hydrates de carbone (riz, manioc, mil, etc.) et des graisses (huile de palme, d’arachides, etc.). Mais les matières albuminoïdes destinées à augmenter le tissu vivant pendant la croissance et à remplacer celui qui est en désintégrai ion perpétuelle dans l’organisme, lui font en partie défaut.
- C’est là une des nombreuses causes de la mortalité infantile, de l’état de misère physiologique assez fréquent parmi ces populations. Il est difficile de donner des chiffres à ce sujet. Cependant, on peut signaler le grandnombre de noirs déclarés impropres au service militaire. C’est ainsi que dans le cercle de Niafunké (Soudan) en 1922, sur 2247 hommes examinés, 45 seulement furent reconnus aptes. 11 est vrai que la majeure partie des naturels est ici constituée par des Peuhls, race assez chétive.
- Voilà pourquoi nous serions heureux que la consommation du poisson prit dans les colonies un large développement. De plus en plus, en effet, on s’accorde à reconnaître la valeur nutritive de celui-ci : d’une digestion facile, riche en phosphore et en vitamines, principes capables de donner à l’individu une vitalité particulière, c’est l’aliment azoté par excellence. Et nous avons précisément été frappé par les formes esthétiques, les membres particulièrement musclés et la constitution robuste de toutes les races de pêcheurs, gens qui se nourrissent du produit de leur pêche.
- Or, tous les indigènes sont friands de poisson. Malheureusement, dans l’intérieur de la Guinée, ils n’en reçoivent point. Au Soudan, celui qui leur parvient loin du Niger est pour une bonne part dévoré par les parasites.
- Cependant, dans l’Océan, aux embouchures des rivières guinéennes et dans le grand fleuve africain
- p.245 - vue 249/688
-
-
-
- 246
- L’ÉTAT MÉSOMORPHE
- Fig. ii. — Séchage des poissons putréfiés au soleil dans un camp de pécheurs du pfiger aux basses eaux Cercle de Mopli).
- les richesses ichlhyologiques sont considérables. Il s’agit de savoir en tirer parti.
- Sur les rives du Niger où les pêcheurs sont très nombreux, munis de moyens puissants etprivilégiés par la nature qui leur offre en abondance les plantes textiles nécessaires à la fabrication de leurs filets, la tâche sera aisée. Il suffira d’encourager les So-monos et les Bozos à travailler un peu plus régulièrement et surtout à préserver, selon nos conseils, leur poisson séché contre la destruction due aux parasistes.
- Pour obtenir le succès désiré, le concours de l’Administration sera suffisant. D’ailleurs, M. le Ministre des Colonies, intéressé par nps premiers résultats, encourage très sérieusement, à cette heure, l’effort général.
- En Guinée, toutefois, la tâche sera plus difficile. Cependant, la clé de voûte de l’édifice existe, pour ainsi dire, déjà. Nous trouvons en effet de petits groupements de pêcheurs de métier, utilisant quelques bons procédés. Ces groupements peuvent être considérés comme des noyaux autour desquels on développera la main-d’œuvre. Sans changer leurs principales méthodes, on leur fournira les moyens de fabriquer les filets nécessaires, car ici, le fil indigène manquant, leurs ressources ne leur permettent pas d'acheter en quantité suffisante le fil européen. Les frais seront relativement peu élevés. L’écoulement des poissons fumés s’effectuera aisément au moyen des cotres et de la voie ferrée. Mais pour créer et développer cette œuvre, un organisateur actif, patient, sérieux, est indispensable.
- Celui-ci trouvera auprès de M. le Gouverneur de la Guinée un appui dévoué et dans M. lé Pr Gruvel, qui, depuis de longues années s’occupe des pêches coloniales, un conseiller expérimenté et prudent.
- Jean Thomas,
- du laboratoire dus productions coloniales d'origine animale lMuséum d'histoire naturelle).
- Fig. 12. — Un curieux appeau sonore.
- Fait d'un os crânien de Silure, aux rugueuses aspérités, il flotte à la surface de l’eau. Le pêcheur tient le manche dont la cheville d’os gratte le crâne, à chaque mouvement de l’eau, en produisant un léger bruit qur attire les silures. De l’autre main, le pêcheur harponne le poisson.
- Un nouvel état de la matière.
- L’ÉTAT MÉSOMORPHE
- Lorsque vers 1889, 0. Lehmann attira l’attention pour la première fois sur les propriétés remarquables et inaccoutumées du benzoate de cholesté-* rine préparé récemment par Reinilzer, il n’hésita, pas à classer ce corps et de nombreux autres, poui; lesquels on constata ensuite les mêmes particularités, dans une catégorie de corps qu’il appela cristaux liquides. {
- L’antithèse était frappante, le nom fit fortune, et jusqu’aux travaux récents de G. Friedel et Grand-jean, fut admis par tous les savants.
- Rappelons d’abord brièvement quelles sont les propriétés de ces « cristaux liquides » que La Nature a étudiés en détail (*) à l’époque où les tra-1. La Nature, n° 1915, 10 janvier 1910.
- vaux de Lehmann Vorlânder, Schenck, etc., semblaient avoir légitimé entièrement la théorie de Lehmann. Celui-ci, comme il arrive de temps en . temps aux savants, n’hésitait pas à rapprocher les phénomènes observés de ceux qui se passent dans la nature, chez les êtres vivants, et à les prendre pour base d’une théorie de la vie. A la même époque d’ailleurs, pareille mésaventure arrivait également en France au professeur Stéphane Leduc au cours de ses recherches sur certains curieux précipités minéraux arborescents.
- Considérons par exemple l’azoxyanisol. C’est un solide jaune qui fond à 116° et donne un liquide trouble renfermant les « cristaux liquides ». Ce liquide trouble persiste jusqu’à 154°, température
- p.246 - vue 250/688
-
-
-
- 247
- L’ÉTAT MÉSOMORPHE
- au-dessus de laquelle on obtient une solution jaune claire. Par refroidissement, on repasse par les mêmes étals. Le liquide trouble possède des propriétés optiques extrêmement curieuses. Lorsqu’on l’observe au i microscope en lumière polarisée, la préparation ! rappelle les apparences que l’on obtient en plaçant dans le champ du microscope une série de cristaux j infiniment petits, mais orientés au hasard. Ces cris- j taux sont fortement biréfringents.
- Lorsque l’on amène deux des gouttes biréfringentes au contact, elles se fondent pour donner une goutte plus grosse de même forme. Certaines présentent l’apparence de filament, d’autres rappellent si fortement les cellules des préparations biologiques que Lehmann avait été conduit à les rapprocher des cellules vivantes, l’analogie étant encore rendue plus frappante par les phénomènes de division et d’accroissement que l’on observe. Ceci n’a rien d’étonnant, puisque la physiologie moderne démontre que les forces mises en jeu par les êtres vivants ne sont autres que les forces physico-chimiques qui interviennent dans le cas des préparations étudiées par Lehmann.
- Mais, ce qui était le plus frappant dans ces préparations, c’était la fluidité de ces apparences cristallines. Jusque-là, on ne connaissait que les solides pour pouvoir présenter un arrangement régulier des molécules aux sommets de réseaux de plans dirigés dans l’espace suivant la. théorie de Bravais. On avait au contraire sous les yeux des corps présentant les propriétés des cristaux, et en outre éminemment plastiques, capables d’être déformés par une action extérieure, puis de revenir spontanément à leur forme primitive.
- Ce qui caractérise les corps dont nous venons de
- Fig. 2. — Azoxybenzoate d’éthyle additionné d’une petite quantité d’azoxycinnamate d’éthyle pour augmenter la stabilité.
- Goutte à gradins obtenue sur un clivage frais de mica. Chaîne de groupes focaux le long des bords des gradins. (Lumière naturelle, gross. 80 diam.)
- Fig. /. — Azoxybenzoate d’éthyle (phase smectique).
- Plages obtenues par fusion des cristaux. Chaque plage cristalline a donné naissance à une plage homogène en son milieu, avec raccordement par groupes focaux très fins sur les bords (grossi 80 fois).
- décrire les propriétés, ce n’est pas, comme le pensait Lehmann, leur plus ou moins grande fluidité; ce sont, leurs structures particulières, d’un petit nombre de types toujours les mêmes. M. Friedel a mis en évidence que les corps signalés par Lehmann constituent deux fermes entièrement nouvelles de la matière, séparées sans aucune exception de la forme cristallisée et de la forme amorphe par des discontinuités, de la même façon que la forme cristallisée et la forme amorphe sont séparées par une discontinuité.
- En un mot, on ne connaissait que deux formes générales de la matière, forme cristallisée et forme amorphe, on en connaît maintenant, dans un nombre de corps à vrai dire relativement restreint et d’un type chimique très spécial, deux autres dont les domaines de stabilité s’intercalent, pour un même corps, entre celui du type cristallisé qui règne aux basses températures et celui du type amorphe qui appartient aux températures plus élevées. M. Friedel propose de donner à ces états le nom d'elats méso-morplies.
- D’autre part, il est nécessaire de pouvoir désigner séparément chacune des deux formes mésomorphes dont l’existence avait d’ailleurs été reconnue par Lehmann (fliessende krystallen, cristaux coulants et flussige krystallen, cristaux liquides), mais qu’il ne différenciait que par le degré de fluidité. Friedel propose les noms très vagues et très généraux de smeciiques (du grec : savon] pour les formes du.premier type dont les savons dans les conditions ordinaires sont des exemples typiques et de nématiques (du grec ; fil) pour celles du second type, à cause des discontinuités linéaires, contournées comme des fils, qui sont un de leurs caractères saillants.
- p.247 - vue 251/688
-
-
-
- 248
- L’ÉTAT MÉSOMORPHE
- Fig. 3 — Azoxybenzoate d’éthyle additionné d’une trace de colophane.
- (Verres traités par l’acide fluorhydrique, niçois croisés). Exemple de structure à coniques réalisant presque la structure dite polygonale ; c’est-à-dire ne comportant à peu près que des groupes focaux dont l’une des coniques est appliquée sur la surface (gross. 25 diam.).
- Puisque nous sommes, d’après M. FriedeJ, en présence d’un nouvel état de la matière, il est bon de rappeler les propriétés caractéristiques des deux états connus jusqu'ici, état cristallisé et état amorphe, afin de voir en quoi s’en différencient les états mésomorphes.
- Qu’est-ce que la matière cristallisée? À cette question on a répondu par bien des définitions dont la plus généralement admise est celle de Mallard : le cristal est un corps anisotrope et homogène. Cette définition est insuffisante, l’anisotropie, telle qu’on la constate surtout par la biréfringence, n’est pas propre à la matière cristallisée et on l’observe souvent dans la matière amorphe sous l’action de causes magnétiques, électriques, mécaniques surajoutées et parfois même spontanément.
- Quant à l’homogénéité, un fragment quelconque de matière est homogène ou non suivant la puissance et la délicatesse des moyens d’observation employés pour constater cette homogénéité, et il est toujours possible d’isoler une portion de n’importe quel corps assez petite pour que nos moyens d’investigation ne nous révèlent plus aucune différence sensible entre ses divers points.
- Lehmann avait proposé une autre définition encore moins satisfaisante. Pour lui, un cristal était un corps anisotrope susceptible de s’accroître. On voit immédiatement qu’à l’objection que nous avons signalée plus haut contre l’anisotropie, vient s’ajouter une autre plus grave dans le cas particulier : il faudrait considérer comme cristal la goutte d’eau qui s’accroît dans la vapeur!
- M. Friedel estime que l’on ne peut s’empêcher de mettre, à la base de la définition de la matière cristallisée, l’existence de ces propriétés spéciales, que l’on appelle, par abréviation, les propriétés vectorielles discontinues (c’est-à-dire variant avec la direction d’une manière discontinue).
- On en connaît jusqu’à présent de cinq sortes : 1° l’existence des faces planes révélant des minima discontinus de la constante capillaire, pour certaines directions de plans ; 2° les plans et les droites de clivage, révélant des minima discontinus de la cohésion, pour certaines directions de plans et droites ; 3° les plans et axes de macle ; 4° les plans et droites de glissement ; 5° les plans réflecteurs des rayons X.
- Toutes les directions de plans et de droites, ainsi mises en évidence, appartiennent à un même faisceau, régi par la loi d’tlaüy, ou, en d’autres termes, sont des plans réticulaires denses et des rangées denses d’un même réseau de parallélipipèdes. C’est sur l’existence de ces propriétés, et sur elle seulement, que l’on peut baser l’hypothèse de la structure périodique du cristal. Les propriétés continues, et notamment la biréfringence, n’y sont absolument pour rien. Si nous avons affaire à un fragment de matière homogène et anisotrope, par exemple biréfringent, dans lequel nous ne pouvons constater, ni des plans ou droites de clivage, ni des plans ou axes de macle, ni des plans ou droites de glissement, ni des plans réflecteurs des rayons X, ces
- Fig. 4. — Azoxybenzoate d’éthyle 'additionné d’une trace de colophane, entre verres traités par l’acide fluor -hydrique.
- Type de la structure polygonale. (Nicol analyseur sans polariseurs (gross. 60 diam.).
- p.248 - vue 252/688
-
-
-
- 249
- L’ÉTAT MÉSOMORPHE
- plans et droites étant régis par la loi d’Haüy, rien ne nous autorise à dire qu’il ait la structure périodique ; rien ne nous permet de le classer à côté de la matière cristallisée. Aussi M. Friedel propose-t-il la définition suivante :
- « Dans l’ordre des faits, la matière cristallisée est celle qui a des propriétés vectorielles discontinues régies par la loi d’Haüy.
- « Dans l’ordre des théories structurales, la matière cristallisée est celle qui a la structure périodique (ou réticulaire). Les deux choses sont indissolublement liées entre elles. »
- Pour la matière amorphe, on pouvait dire autrefois que toute matière qui n’est pas cristallisée est amorphe. Il n’en est plus de même depuis la découverte des corps mésomorphes. Le caractère fondamental de la matière amorphe et qui lui appartient un propre est l’isotropie pour toutes les propriétés. On est arrivé par suite à concevoir ces corps comme entièrement dépourvus de structure ; leurs molécules sont distribuées sans ordre et orientées de toutes les manières possibles. Le type du corps amorphe est le gaz de la théorie cinétique. »
- Voyons maintenant en quoi les états mésomorphes se distinguent des précédents, et quelles sont leurs caractéristiques.
- On peut dire d’une façon générale que les corps mésomorphes sont, comme la matière cristallisée, spontanément et toujours anisotropes quelles que soient les conditions de leur formation et que d’autre
- Fig. 6. — Azoxyphénètol additionné d’une trace de colophane pour stabiliser les plages à noyaux.
- Plages à noyaux, lumière naturelle. On distingue les 2 types de noyaux entiers, fixes et tournants, par la forme de leur ombre grise, circulaire pour les premiers, quadrangulaire à angles arrondis pour les seconds (gross. 80 diam).
- Fig. 5. — Bâtonnets.
- part, ils se rapprochent de la matière amorphe en ce que le faisceau des plans à propriétés vectorielles discontinu, régi par la loi d’Haüy, n’existe pas chez eux. C’est ainsi que si l’examen en lumière polarisée montre qu’ils sont biréfringents, l’examen par les rayons X, en vue de déterminer leur structure, montre qu’ils ne possèdent pas les systèmes des plans réfléchissants qui jouent, dans le cas des cristaux, le rôle de réseaux de diffraction. On voit donc que ces corps se distinguent nettement de tout ce que l’on connaissait jusqu’à présent.
- À l’exception de quelques corps comme les savons, la lécithine, le protagon dont on ne connaît pas la forme cristallisée, à la température ordinaire les corps mésomorphes sont cristallisés. En les chauffant, à une température bien définie T., en fonction de la pression, une transformation réversible discontinue se produit, comparable à ce que l’on observe dans la fusion ou les transformations allotropiques. On aperçoit toujours sous le microscope une limite absolument nette, sans aucune transition enlre la phase cristalline et la phase mésomorphe.
- Si l’on continue à chauffer, au-dessus d’une température T2 bien définie elle aussi, la phase mésomorphe disparaît, et on se trouve dans le cas ordinaire d’un liquide, c’est la phase amorphe.
- L’intervalle de température Tt T2 limite le domaine dans lequel les états mésomorphes peuvent exister.
- Gomme nous l’avons dit plus haut, M. Friedel distingue deux états mésomorphes différant entre eux par leur structure. Il nous reste à en donner les caractéristiques.
- L’état smectique peut, selon les cas, présenter diverses structures.
- 1° La structure peut être homogène; c’est par exemple le cas pour l’azoxybenzoate d’éthyle qui, chauffé lentement, montre au microscope de larges plages homogènes biréfringentes dont les limites sont celles des plages cristallisées initiales (fig. 1). Les plages sont toujours uniaxes et tous les corps sont optiquement positifs.
- Dans certains cas, lorsque la substance n’entre pas en contact avec le support, on forme une goutte sur un trou percé dans un support quelconque, on observe ce que Grandjean a appelé des « gouttes à gradins » (fig. 2). Elles ont une surface libre et
- p.249 - vue 253/688
-
-
-
- 250
- L’ÉTAT MESOMORPHE
- Fig. 7. — Même préparation que celle de la Jig. 6, mais vue entre niçois croisés.
- On reconnaît les mêmes noyaux, accompagnés cette fois de bandes noires qui les relient entre eux, et l’on distingue les noyaux entiers (4 branches) et les demi-noyaux (2 branches).
- plane composée de gradins plans exactement parallèles entre eux et qui réfléchissent la lumière à la façon des clivages dans une cassure de cristal, et la goutte se comporte comme homogène etuniaxe, avec son axe normal à la surface plane. Il semble donc que la structure de ces corps est telle que les molécules soient distribuées sur des plans équidistants ou plus généralement sur des surfaces équidistantes parallèles, perpendiculaires à l’axe optique.
- Nous avons alors quelque chosç qui rappelle les plans réticulaires des cristaux, mais tandis que dans le cristal, il existe tout un faisceau de tels plans régis par la loi de Ilaüy, il n’y en a qu’un ici. Lorsque l’on modifie la forme de la goutte, on constate que les plans parallèles glissent les uns sur les autres, ce sont des plans de glissement analogues à ceux des cristaux.
- Dans l’étude des pellicules de savon, J. Perrin et P.-Y. Wells ont trouvé qu’au cours de l’évaporation de la pellicule, il se forme des plages disposées en gradins et suggérant l’existence de surfaces parallèles dont les distances sont de l’ordre de grandeur des distances moléculaires. Il semble bien que nous soyons dans les deux cas en présence du même phénomène.
- 2° Structure à coniques focales. Lorsque l’on augmente la température, la fluidité de la préparation augmente et lorsqu’elle est suffisante, les plages disparaissent et sont remplacées par une structure nouvelle que Friedel a baptisée structure à coniques focales. La figure 5 montre une préparation d’azoxy-
- benzoate d’éthyle examinée entre niçois croisés et présentant nettement les séries de lignes noires, visibles d’ailleurs également en lumière naturelle, ayant toutes la forme de coniques (ellipses et branches d’hyperboles).
- Ces coniques sont toujours groupées par deux, une ellipse et une branche d’hyperbole, parfois elles se groupent pour donner à la préparation une structure polygonale, comme celle représentée figure 4.
- Une élude géométrique a permis de montrer que ces courbes constituent des lieux de discontinuité optique, c’est-à -dire qu’à leur voisinage l’orientation optique varie très rapidement, ce qui provoque la déviation des rayons lumineux passant près de ces lignes.
- 5° Structure en bâtonnets. — La phase smec-tique apparaissant par refroidissement de la phase amorphe ou se formant dans cette phase par sur-saturation se présente en petites masses ayant des formes spéciales et que l’on peut prendre, ainsi que l’a fait Lehmann, pour des cristaux si l’on n’en fait qu’un examen sommaire.
- Ce sont de curieux petits bâtonnets dont la forme générale est de révolution et qui sont ornés de renflements qui leur donnent la forme de balustres (fig. 5). Chacun de ces renflements est formé d’un collier de petites perles, de petites saillies parfaite-
- Fig. 8. — Cyanobenzalaminùcinnamate d’ample.
- Phase cholestérique, goutte très plate fondue sur talc, montrant les franges mobiles et les virgules dextres (gross. 35o diam.).
- p.250 - vue 254/688
-
-
-
- L’ÉTAT MÉSOMORPHE - -....... 251
- ment égales. Lorsque deux bâtonnets se rencontrent, ils se réunissent comme le feraient deux gouttes d’un liquide ordinaire, mais avant de fusionner, ils s’orientent mutuellement. Il est évident que la fluidité n’est pas la même dans le sens de l’axe du bâtonnet que dans le sens perpendiculaire, car la masse du petit bâtonnet qui vient se fondre dans le plus gros reste localisée au voisinage du point de réunion, ne s’écoulant que peu ou pas dans le sens longitudinal, se répartissant simplement avec une parfaite symétrie autour de l’axe.
- Les expériences ont démontré que ces bâtonnets ne sont pas des cristaux, mais comme leur forme est loin d’être sphérique, on est forcé d’en conclure que dans un corps smectique la constante capillaire au contact d’un milieu isotrope varie avec la direction. Or celte propriété, d’après la théorie de IJaüy et de Curie, appartient dans les cristaux aux plans réticulaires. Par suite, nous avons encore ici .une justification de l’hypothèse suggérée par les gouttes à gradins et l’étude des bulles de savon. On est ainsi conduit à l’idée de la distribution des molécules sur des surfaces parallèles équidistantes.
- Comme, d’autre part, tous les corps smectiques sont uniaxes et symétriques autour de la normale au plan structural, on est forcé d’admettre que dans chacun de ces plans, les molécules sont réparties au hasard et tournées de toutes les manières possibles, tout en ayant une de leurs directions commune et orientée normalement au plan. C’est-à-dire que, vu dans la direction de l’axe optique, un tel corps a, en quelque sorte, une structure moléculaire amorphe, tandis que vu dans une direction perpendiculaire il offre une direction unique de plans équidistants. Par là, les corps smectiques consti-luent bien un échelon entre les corps cristallisés et les corps amorphes.
- Ajoutons que MM. de Broglie et Friedel ont pu, par les phénomènes de diffraction des rayons X, vérifier expérimentalement l’existence de ces plans réticulaires.
- Nous allons maintenant dire quelques mots du deuxième type mésomorphe, que nous avons appelé l'état nématique. On peut distinguer deux classes différentes de ces corps. Les uns sont les corps néma-iiques proprement dits; les autres, dont les sels de cholestérine sont les plus importants, ont reçu le nom de corps choleslériques.
- Corps nématiques proprement dits. Ils semble qu’ils forment encore un intermédiaire entre l’état amorphe et l’état smectique; s’ils possèdent encore une biréfringence très forte, il est impossible d’y déceler aucune trace d’arrangement des molécules dans des plans parallèles.
- On peut observer, comme dans le cas des substances smectiques, l’existence de la structure homogène, mais si l’on observe les petites poussières en suspension dans la masse, on s’aperçoit qu’elles sont en mouvement continuel, parfois assez violent et cependant les propriétés optiques restent parfai-
- tement immobiles dans, chacune des plages. Les molécules du liquide, en passant de l’une à l’autre, prennent instantanément l’orientation correspondant à la plage dans laquelle elles pénètrent. Il n’y a rien de semblable dans le cas des corps smectiques pour lesquels un déplacement dans la masse amène un changement de structure. Comme dans les» corps smectiques, on observe des structures à fil et à noyau (fig. 6), mais ici les fils sont disposés absolument,au hasard. Lorsque l’on arrive à la phase nématique par un refroidissement du liquide, au lieu d’obtenir des bâtonnets comme pour les corps smectiques, on a des gouttes sensiblement sphériques, ce qui prouve que la constante capillaire est la même dans toutes les directions et qu’il n’y a aucune répartition régulière des molécules dans l’espace. Les rayons X conduisent d’ailleurs à la même conclusion.
- Enfin le champ magnétique et le champ électrique orientent les molécules des corps nématiques, sans doute parce qu’elles jouissent de tous leurs degrés de liberté, tandis qu’ils sont sans action sur les corps smectiques dont les molécules sont astreintes à se disposer d'une certaine façon dans l’espace.
- Corps choleslériques. Us possèdent des caractères qui les rapprochent à la fois des corps smectiques et des corps nématiques. L’un des plus connus de ces corps est le benzoate de cholestérine.
- Ces corps peuvent affecter deux structures très différentes : 1° la structure à coniques analogue à celle des corps smectiques, mais avec une différence fondamentale ; le signe optique est négatif au lieu d’être positif; 2° la structure à plans qui possède des caractères très curieux. Elle comporte tout d’abord des plages uniformes orientées normalement à l’axe optique et qui sont composées de strates d’égale épaisseur. En lumière naturelle, elles diffusent par réflexion de vives couleurs variables suivant l’incidence. Enfin le pouvoir rotatoire pour cette structure est extrêmement grand. La figure 8 représente une vue caractéristique d’une phase cholestérique.
- Les corps cholestériques ne sont qu’une forme spéciale des corps nématiques, et on peut suivre le j passage graduel de l’une à l’autre forme.
- Les travaux de Friedel que nous venons de résumer rapidement ont montré que les phénomènes découverts par Lehmann ont un intérêt infiniment plus considérable que celui qui pourrait s’attacher à l’existence de « cristaux liquides », c’est-à-dire de réseaux cristallins souples et déformables sans efforts internes. Ils mettent en évidence l’existence, entre l’état amorphe et l’état cristallisé de la matière, de deux stades intermédiaires possibles. Les molécules orientées au hasard dans les corps amorphes peuvent d’abord se disposer de façon à avoir toutes une direction commune (état nématique), leur répartition étant autrement absolument libre dan s l’espace. Puis elles peuvent, ayant cette direction commune, se reporter en outre sur des surfaces parallèles équidistantes (état smectique), leur disposition sur ces
- p.251 - vue 255/688
-
-
-
- 252 : . ::.' = LES INSECTES PARALYSEURS
- surfaces étant quelconques. Enfin si leur indépendance est encore restreinte, si, sur ces surfaces parallèles les molécules sont astreintes à occuper certaines positions déterminées et à s’orienter dans une direction définie, nous arrivons à l’état cristallisé. Ainsi, pour certains corps, nous pouvons observer,
- en faisant varier la température, la disparition graduelle des degrés de liberté des molécules.
- H. Vigneron.
- N. B. — Les clichés qui illustrent cet article sont empruntés à un mémoire important de M. Friedel public par les Annales de Physique.
- LES INSECTES PARALYSEURS
- La belle œuvre de Charles Ferton, le grand observateur moderne des insectes paralvseurs, vient d’être mise à la disposition de tous par la publication sous le titre : La Vie des Abeilles et des Guêpes, de ses œuvres choisies par Etienne Rabaud professeur et François Picard maître de conférences à la Faculté des Sciences de Paris.
- Déjà Bouvier, dans l’un de ses si utiles ouvrages dont j’aurai à parler plus loin, avait insisté sur l’importance des découvertes de Ferton. La connaissance de ces nombreux faits nouveaux doit être propagée.
- Il m’est arrivé d’entendre dire par des étrangers, principalement par des Américains, à peu près ce qui suit : « Chez vous, on en est encore à J. H. Fabre en ce qui touche le behaviour des insectes et pourlant vous avez des savants français qui ont fait faire beaucoup de progrès aces questions ». Le mot behaviour, qui correspond à comportement, embrasse à la fois les mœurs et les habitudes. Nous avons en effet d’excellents livres modernes sur ce sujet. D’abord, au point de vue tout à fait général, l’ouvrage fondamental de Georges Bohn : La Naissance de l’Intelligence (Flammarion), ensuite les deux livres si complets de Bouvier, La Vie psychique des Insectes (Flammarion) et Habitudes et Métamorphoses des Insectes (Flammarion). A ajouter ici un très utile opuscule tout récent, foit bien fait, de J. Anglas, Les Grandes Questions biologiques depuis Darwin jusqu'à nos jours, (Stock, colleclion la culture moderjie.)
- Pourquoi tout ce que de tels livres apprennent de nouveau est-il si peu connu du grand public lecteur, encore en retard de plusieurs lustres ? La pi incipale raison est pour moi la suivante : dans de tels livres, l’auteur neparle que peu de lui et de ses recherches personnelles; il expose les découvertes et les opinions d’un grand nombre de savants et de chercheurs et il présente cette foule de faits et d’idées de façon à laisser le lecteur se faire lui-même une opinion. Ainsi faisant, un tel auteur oblige le“lecteur à penser, à s’arrêter longuement pour méditer. Il en sera un peu de ces livres pour bien des gens, comme de la conversation du comte de Gobineau dont un jeune diplomate disait : « sa conversation est fatigante; elle vous force trop à penser ».
- Ce sont en effet des livres qui font penser, des lectures pour une élite. La masse des lecteurs veut être distraite de ses occupations habituelles, elle veut être récréée. Or, les Souvenirs entomologiques de J.-H. Fabre rempliront toujours à merveille cet office. L’attrait des descriptions chez Fabre est inimitable. Pour cela Fabre est unique ! Sa lecture est entraînante, c’est toujours un même homme qui parle, de ses insectes et de lui. II chante la vie des insectes et nous sommes sous le charme. Il n’y a qu’à écouter, nous n’avons pas besoin de penser.
- Les insectes paralvseurs sont des guêpes solitaires,
- Pompiles, Sphex, etc..., qui s’attaquent à une seule et même proie pour leur espèce, chenille ou araignée. Ayant piqué leur victime au moyen de leur aiguillon, ces guêpes collent sur elle leur œuf et la larve se développe sur la proie paralysée qui reste vivante. C’est ce que l’on appelle le (( festin larvaire ». Fabre ayant regardé de très près observe que les proies sont piquées en certains endroits précis où se situent les centres nerveux dont dépendent les mouvements des pattes. Une telle science, pareille à celle d’un savant chirurgien, l’émerveille. « Il ne peut y avoir de demi-science dans cet art », s’écrie-t-il! Dans la pratique de l’aiguillon « il n’y a que des maîtres, pas d’apprentis! » C’est ce qu’on appelle le procédé par affirmation. Mais quel est le point de départ de sa pensée? Nous le trouvons au début de son chapitre intitulé .« La Théorie de l’Instinct » (Sow-venirs entomologiques, 2° tome, p. 58. Delagrave). « Il faut, dit-il, aux larves des divers hyménoptères gi-boyeurs une proie immobile, qui ne mette pas en péril, par des mouvements défensifs, l’œuf délicat et puis le vermisseau fixé en l’un de ses points ». Ce passage est important, c’est une des bases de l’opinion de Fabre à propos de l’instinct. Remarquons le mot défensifs. Nous verrons plus loin pourquoi. La plupart des lecteurs admettent, sans plus, le raisonnement si plausible de ceiui que l’on a nommé à juste titre l’Homère des insectes.
- Voyons d’abord les faits avant de reprendre l’étude de cette pensée.
- Charles Ferton, ancien élève de l’Ecole polytechnique, officier d’artillerie, commence en 1882 par suivre Fabre, mais bientôt l’observaiiorj des faits l’en sépare.
- Il convient de lire à son propos, d’abord l’exposé succinct que donne Bouvier dans sa Vie psychique des Insectes ; on pourra prendre ensuite le livre de Ferton pour les détails. Bouvier nous dit :
- Un Pompile errant venait de frapper la grande arachnide, Nemesia badia : « Au bout de quelques minutes, observe Ferton, la paralysie a cessé, et, presque jusqu’à la fin du repas de la larve, la Némésie reste vivante.... J’en ai possédé plusieurs à demi dévorées par le Pompile, capables de courir dans la boîte où elles étaient enfermées! » Alors, que devient l’affirmation de Fabre ?
- Non, mais voit-on ces arachnides se promener à demi dévorées, au lieu de rester paralysées pour toute la durée du festin larvaire, comme elles devraient ! C’est de l’humour, de l’humour qui n’est pas loin de devenir macabre, mais c’est de l’humour! D’autres observateurs sceptiques interviennent à leur tour, M. et Mme Peck-ham, aux Etats-Unis. Ils mettent des araignées en observation : sur onze Epéirps piquées par une même variété de Pompile, 5 avaient été tuées tout de suite, 2 vécurent | 4 jours et les 5 autres de 5 à 40 jours. Et Fabre qui | nous enseignait : « il n’y a que des maîtres, pas d’ap-
- p.252 - vue 256/688
-
-
-
- 253
- LES INSECTES PARALYSEURS
- prends ? » Mais Ferton voit encore autre chose, il découvre un Pompilide qui donne les piqûres « au hasard dans toutes les parties du corps, de la bouche à l’extrémité de l’abdomen ! » Ces coups multiples tarissent le réservoir à venin sans paralyser toujours la victime, ajoute Bouvier. Ce pompile me parait être le descendant d’une toute jeune lignée de pompiles. Ainsi Ferton paraît bien avoir découvert le fait en train de naître. Mais il voit mieux encore. Eu Corse, il observe le Pompile mineur, un maître paralyseur comme les pompiles de Fabre ; celui-ci frappe bien ses victimes des deux coups de poignards observés par Fabre. Mais Ferton reconnaît la même espèce de pompile en Algérie et remarque que l’araignée portant l’œuf, immobile sous un peu de terre que le pompile a déposée sur elle, s’enfuir agilement si l’on touche à la terre ! Elle est donc indemne! Alors Ferton étudie de plus près l’attaque de l’insecte ailé et que voit-il ? « Je vis distinctement son abdomen s’enrouler autour de l’araignée comme pour la piquer », mais elle ne fut pas piquée, car on peut la faire fuir à nouveau. Cette même araignée bien vivante arriva à Bordeaux envoyée par Ferton au professeur Pérez. Ainsi donc ce pompile fait encore le geste, comme par habitude et on arrive enfin aux Pompilides qui semblent avoir perdu complètement l’habitude de piquer. En 1872, nous dit Bouvier, le zoologiste Karsch trouva une Lycose (Tarentula inquilina) très active qui portait un œuf sur le flanc ; il la mit en observation et reconnut bientôt qu’une larve était sortie de l’œuf pour se fixer au même point. Logée dans- un verre sur fond terreux, la Lycose creusa un terrier cylindrique, en rétrécit l’orifice avec de la soie et s’y tint enclose. Bientôt il n’en resta plus que des appendices, etc....
- Ainsi donc, en ce qui concerne les relations des insectes paralyseurs et de leurs victimes, Ferton en sait beaucoup plus que Fabre. Est-ce là une constatation de fait ou une opinion? Avec Fabre je ne vois que le point maximum d’une courbe. Si dans la trajectoire d’une goutte d’eau sortant d’un jet d’eau à axe vertical je ne puis observer que le sommet de la parabole décrite, si je ne suis pas averti qu’il y a peut-être autre chose, j’aurai l’impression fausse que la goutte d’eau ne bouge pas. A la lueur des observations de Ferton et de la psychologie comparée de Bouvier, je vois quelques points dans l’évolution d’une habitude.
- Quittons les faits et reprenons la pensée de Fabre. Il y a à cela un intéièt historique rétrospectif. Fabre est de son époque, l’époque des magisters. Dans le numéro du 8 décembre 1923, La Nature nous apprend que le professeur Moquin-Tandon « initia Fabre à la zoologie ». Or, Moquin Tandon est aujourd’hui surtout connu par l’histoire de l’escargot. Quelqu’un manifestant des doutes au sujet de la faculté de vision de ce gastéropode, Moquin-Tandon lui répondit : « Du moment que l’escargot a des yeux, c’est pour y voir! » — Magister dixitl — Evidemment, le sens commun le dit : les yeux sont faits pour voir, pas n’est besoin de recherches ! Mais un sceptique survint, le professeur Yung, de Genève, qui, par de nombreuses expériences reconnues comme probantes, démontra la cécité complète de l’escargot !
- Fabre nous disait donc : « Il faut aux larves une proie immobile, qui ne mette pas en péril, par des mouvements défensifs, l’œuf délicat, etc.... » Voilà bien sa prémisse : Il ne faut pas de mouvements défensifs, et il n’en faut pas pendant toute la durée du festin larvaire. Fabre ne remonte pas plus dans son raisonnement. Il part d’une idée préconçue : « 11 faut », affirme-t-il, Magister j
- dixii\ Il admet cela comme allant de soi. C’est évident, le sens commun le dit : Un homme ayant un ver rongeur dans le flanc emploierait ses mains pour l’arracher, un chien ses dents, un chat ses griffes, un oiseau son bec ! Donc l’araignée aussi se défendrait, elle a des pattes armées d’épines. Fabre reste dans un plan commun à l’homme et aux animaux supérieurs. Il ne se met pas dans le plan de l’araignée, pas plus qu’il ne se mettra dans le plan des fourmis, qui à sa surprise n’évitent pas les abîmes et les chutes, comme je l’ai fait voir autre part. (Voir V. Coknetz : Rémy de Gourmonl, J.-H. Fabre et les Fourmis dans Mercure de France du 15 août 1922.)
- La prémisse de Fabre, l’idée d’une défense de la part de la proie si elle n’était pas paralysée exactement et pour une durée fixée à l’avance, c’est là une idée de sens commun. Or le sens commun peut se tromper, Gobineau l’a déjà fait remarquer. Mais Fabre croit à sa prémisse, il ne possède pas le scepticisme envers soi-même. Quand on a une idée, il est toujours utile d’essayer de son contraire, pour voir. Le procédé par affirmation me paraît donc un procédé inférieur, mais cela c’est évidemment une affaire d’appréciation personnelle, d’opinion.
- Lorsque l’on n’observe qu’un seul genre de faits venant à l’appui d’une idée favorite, on est alors amené facilement à l’erreur par généralisation hâtive, c’est ce qui arrive à Fabre lorsqu’il affirme : « D’une part sont les Pompiles, champions toujours vainqueurs : d’autre part sont les Araignées, champions toujours vaincus ». Or, Fabre n’a vu qu’une manière d’attaquer de la part de l’insecte ailé : c’est lorsque l’arachnide se tient à l’orifice de son terrier. Le pompile paraît savoir qu’ainsi en attente et en garde à sa porte, l’araignée est dangereuse. Alors il la saisit habilement par une de ses pattes et la tire brusquement. Ainsi projetée hors de son terrier, l’araignée paraît comme stupéfaite, elle reste immobile et son ennemi la pique tout à son aise. Fabre est satisfait, il avait prédit que vouloir surprendre la Tarentule au fond de son repaire serait témérité fatale au Pompile (Souvenirs entomologiques, 2e tome, p. 210) : « Non, le Pom-pils n’entre pas chez l’Araignée, c’est évident. » Encore une idée préconçue, comme Ferton nous le fera comprendre plus loin. L’astuce du pompile et ce que Fabre appelle la « sotte audace » de l’araignée qui se tient au bord de son terrier lui font dire : « Il suffirait à cette dernière de rentrer dans son tube, que ne recule-t-elle au fond de sa forteresse où l’autre ne viendrait pas l’attaquer! » L’araignée, toujours victime, n’aurait jamais rien appris, alors que le pompile se serait avantageusement modifié dans le cours des siècles ? Cela est inadmissible pour Fabre, et il finit en disant : « Puisqu’il faut des Araignées aux Pompiles, de tout temps ceux-ci ont possédé leur patiente astuce et les autres leur sotte audace. » Cette phrase résume la philosophie scientifique de J.-H. Fabre. Avec lui l’histoire se termine ainsi : l’araignée est l’éternelle victime désignée par la Nature.
- Voyons maintenant Ferton. Ce dernier observe davantage. Il découvre que le pompile pénètre dans le terrier lorsque l’arachnide n’est pas tapie à l’entrée de son tube, fait que Fabre déclarait a priori comme inadmissible. L’insecte ailé pourchasse souterrainement son gibier qui tout à coup sort brusquement et s’enfuit prestement. Le pompile se précipite, mais il arrive souvent que l’araignée se cache autre part et en réchappe. Probablement que sans cela il n’y aurait plus beaucoup de ces araignées depuis longtemps. L’arachnide a la mémoire de l’espèce,
- p.253 - vue 257/688
-
-
-
- 254 = LA DISTILLATION DE LA HOUILLE A BASSE TEMPÉRATURE
- elle s’est enfuie déjà dans le passé des milliers de fois ainsi. Mieux que cela, elle a amélioré au cours des âges son moyen de défense par la fuite. C’est encore Ferton qui nous l’apprend, A une certaine époque de l’année, il arrive que l’araignée ménage une deuxième sortie à son terrier. Ainsi elle double ses cliances de salut par la fuite et complique la lâche du pompile. Mais ce dernier s’adapte aussi et Ferton nous décrit ses curieuses manœuvres.
- Comme le dit Ferlon, les habitudes de défense de l’araignée ont évolué parallèlement. Mais combien pauvres nous apparaissent les acquisitions de l’arachnide comparées à celles de son ennemi que Ferton nous a montré en pleine évolulion ! L’insecte ailé, habitant un vaste monde lumineux à trois dimensions, est riche en sensations et en aptitudes diverses, l’araignée dans son terrier n’a qu’un pauvre petit catalogue d’actes.
- Dans la mémoire de l’espèce, les variations nous apparaissent bien rares pour une vie d’homme. Les actes de nouveauté sont extraordinairement rares chez les insectes, dit Ferton. Je pense que si un cinématographe pouvait « prendre » quelques millénaires de la vie des insectes et nous les dérouler ensuite en une demi-heure, les modifications de la mémoire de l’espèce ne nous apparaîtraient plus si rares.
- « Et la suite de la belle histoire? » Voilà ce que me disent toujours ceux auxquels je parle des araignées paralysées. En général, Fabre ou Ferton, ça leur est bien égal ! Je suis obligé de leur faire remarquer en passant que la prémisse de Fabre disparaissant, avec tout ce
- qu’elle portait, un autre mérite de Ferlon c’est que la belle histoire continue. Pourquoi l’araignée, paralysée incomplètement pour un temps très court, ou pas piquée du tout, ne se défend-elle pas? Pourquoi chez les susdites IN’émésies encore capables de se promener à demi dévorées, jamais l’œuf ou la larve n'ont-ils été atteints ? La patiente en écarlait au contraire la patte armée d’épines comme d'vne blessure dangereuse (Ferton). Cela c’est une autre histoire. Il faudrait connaître la notion de sensibilité différentielle introduite par Loeb (1895) et si bien développée par Georges Bohn. Celte notion nous est encore inhabituelle aujourd’hui. Dans quelques lustres, tous les étudiants l’emploieront avec aisance. Mais il ne faudrait pas se figurer qu’on arrivera un jour à tout comprendre. La caractéristique de la vraie science, c’est que lorsqu’on abat un point d’interrogation, on en fait lever d’autres. Maeterlinck a dit très bien : «Il estbien rare qu’un mystère disparaisse; on ne fait généralement que le faire changer de place, mais il peut être très utile de Je faire changer déplacé ».
- Dans les lignes qui précèdent, je n’ai pu faire voir que d’une bien faible façon les progrès faits dans la connaissance des faits depuis l’époque de J.-H. Fabre. 11 y en a là néanmoins assez pour comprendre que de tels progrès sont dus à ün salutaire scepticisme. Il convient donc de rappeler les belles paroles de Claude Bernard citées récemment dans la Revue de Paris par Paul Heuzé : « Dans les sciences, la foi est une erreur et le scepticisme un progrès ».
- V. CORNETZ.
- Bibliothécaire de la Ville d’Alger.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février 1924.
- U action calorifique du rayonnement sur les métaux plongés dans des solutions de leurs sels. — D’après Bouty, le contact métal-liquide se comporte comme les soudures d’une pile thermo-éleclrique de grande sensibilité et, de la note de M. G. Athanasiu, on doit admettre que les forces électromotriceâ produites par la lumière sur les éléments divers que ce physicien a étudiés (Pt — PtCl* — Pt ; Cu — SO4 Cu — Cu ; Zn — SO4 Zn — Zn, etc.) s’expliquent par la superposition de deux effets dus, le premier à une altération chimique de la surface des
- électrodes, le second à l’énergie calorifique du rayonnement.
- La température d’ébullition du brome. — Les déterminations de MM. Bouzat et Leluan ont abouti au chiffre de 58°8, sous la pression atmosphérique normale et dans l’échelle du thermomètre à hydrogène (les erreurs d’expérience semblent inférieures à 0°1), nombre voisin de celui qu’avaient adopté Ramsay et Young (58°75).
- Pau» B.
- LA DISTILLATION DE LA HOUILLE A BASSE TEMPÉRATURE
- Il est devenu banal d’insister sur l’imporlance vitale que présente pour une nation moderne son ravitaillement en combustibles liquides et de rappeler qu’au cours de la guerre où les camions et les avions ont joué un si grand rôle « une goutte de pétrole était aussi précieuse qu’une goutte de sang ».
- Depuis l’armistice, chaque grande nation s’est efforcée d’assurer son approvisionnement à cet égard. Plusieurs voies ont été suivies. D’un côté on s’est attaché à étendre la domination sur les gisements de pétrole déjà connus et qui avaient tarit contribué
- de 1914 à 1918 à la victoire des alliés; d’un autre côté, on a cherché par des campagnes géologiques et des nombreux forages à découvrir des gisements nouveaux et l’on connaît les travaux entrepris en France près d’Ambérieu et de Clermont-Ferrand, dans les Pyrénées et tout dernièrement dans le département de l’Eure. Enfin, on a persévéré dans la voie qui avait permis aux puissances centrales de résister longuement, malgré le blocus sévère qui les isolait des gisements pétrolifères les plus puissants: la distillation de la houille et des dignités,
- p.254 - vue 258/688
-
-
-
- 255
- LA DISTILLATION DE LA HOUILLE A BASSE TEMPERATURE
- C’est des travaux entrepris tout récemment dans i celle matière que nous voulons parler ici. Les résul- ! tats obtenus sont encourageants. Bien que des ins- j tallations importantes aient déjà été construites, il ne semble pas qu’on puisse encore regarder la période des essais comme terminée. Mais le but visé est trop important pour qu’on puisse douter que les essais seront poursuivis avec persévérance et activité jusqu’à la mise au point industrielle.
- On sait que la distillation de la houille s’effectue normalement dans les batteries de fours à coke. Une description complète de ces installations a été donnée récemment dans La Nature (voir n° 2487, du 3 décembre 192 I ,les Fours à coke par M.Pierre Lemoine). L’opération avait pour but, à l’origine, la fabrication du coke métallurgique qui constitue le résidu solide de la distillation. Ce qui nous intéresse au contraire ici, ce sont les produits volatils et plus spécialement la partie de ces produits qui est liquide à la température ordinaire. On y distingue les huiles légères, les huiles lourdes et les goudrons qui s’extraient séparément des gaz qui distillent. Le goudron est lui-même redistillé et fournit des huiles lourdes et légères, des huiles de graissage et un produit solide, | le brai que nous n’envisagerons guère ici.
- La distillation d’une tonne de charbon dans les fours à coke permet de recueillir environ 3 p. 100 de goudron, 1 p. 100 d’huile lourde et 1 p. 100 d’huile légère. Signalons aussi 10 kg de hrai et 10 kg de sulfate d’ammoniaque, ce dernier provenant de l’ammoniaque qui existe à l’état gazeux dans les produits de la distillation. Le résidu non condensable est un gaz léger de pouvoir calorifique élevé (5500 calories par mètre cube environ) et composé principalement de méthane (40 p. 100) et d’hydrogène (45 p. 100).
- Si l’on eompare les poids des combustibles liquides recueillis (2 p. 100 à peine) à la teneur en matières volatiles des houilles distillées (25 p. 100 environ), on ne peut s’empêcher de considérer que l’opération envisagée comme source de combustibles liquides a un mauvais rendement. Aussi s’est-on vivement préoccupé, surtout depuis 3 ans, d’amé-, liorer à cet égard les résultats obtenus. À cet effet, on a résolu en particulier d’abaisser considérablement la température à laquelle on soumet la houille dans le four. On sait que, dans les fours 'a coke du type ordinaire, celte température dépasse mille degrés et, dans certains fours récents construits en briques de silice et dont l’usage s’est rapidement répandu aux Etats-Unis, le chauffage est plus vivement poussé encore. Or, les matières organiques résultant d’une décomposition pyrogénée résistent mal, comme toutes les matières organiques, à l’action d’une température élevée. Les produits de distillation des fours à coke sont donc essentiellement constitués parles composés organiques les plus stables. Le type de ceux-ci est le gaz méthane. Les carbures liquides propres à l’emploi dans les moteurs à combustion interne sont peu abondants, car leurs molécules sont
- plus complexes et parlant plus fragiles. On peut espérer qu’une distillation plus ménagée accroîtra leur quantité.
- Les essais qui se poursuivent actuellement limitent le chauffage aux environs de 500 degrés à 550 degrés. Quant à la durée de la distillation, elle est réduite à 2 ou 3 heures environ, alors que dans les fours à coke ordinaires, elle atteint couramment 24 et même 30 heures.
- Les dispositions mécaniques adoptées sont entièrement différentes de celles des fours à coke. Nous ne les décrirons pas en détail ici, car elles sont nombreuses et assez diverses comme il arrive dans toutes les périodes de mise au point. D’une manière générale, la distillation se produit clans de grands cylindres, où le charbon frais pénètre à une exirémité et progresse lentement en distillant jusqu’à l’autre extrémité. Le cylindre est chauffé extérieurement. Le charbon distillé contient encore une portion non négligeable de matières volatiles (de 5 à 15 p. 100 suivant les méthodes). On l’appelle demi-coke. Les gaz sortent aussi par une extrémité du cylindre.
- Quelques détails pratiques. — Pour faciliter la progression du charbon, le cylindre est tournant (vitesse de l’ordre de 1 tour par minute). De plus les parois intérieures sont munies d’une hélice perpendiculaire aux parois et qui agit un peu à la manière d’une vis d’Archimède. Le cylindre est métallique. Il est chauffé au rouge sombre et le feu doit être conduit avec prudence afin d’éviter les surchauffes locales du métal. En fait, les flammes n’atteignent le cylindre qu’indirectement après s’être écrasées sur une voûte réfractaire ou une chaudière. En général ce sont des brûleurs à gaz qui les produisent, alimentés par les gaz de la distillation même ou des gaz produits autrement (gazogènes, fours à coke ordinaires).
- Le charbon, avant son traitement dans le four tournant, est stocké dans des silos d’où il est amené au four par une trémie et une vis d’Archimède. Le demi-coke est éteint par un jet d’eau aussitôt qu’il est sorti du four. Il se présente le plus souvent sous forme de boulets ovoïdes de dimensions comparables à celles des boulets agglomérés que chacun connaît. Toutefois leur résistance mécanique est moindre. C’est un produit surtout beaucoup moins résistant que le coke métallurgique qu’on obtient dans les fours à coke ordinaires et dont la valeur marchande est considérable. Son utilisation commerciale est une des questions à préciser dans la mise au point des procédés de distillation à basse température. Il est d’ailleurs juste d’observer que les charbons à gaz que traitent ccs procédés sont normalement impropres à la fabrication d’un bon coke métallurgique.
- Venons-en maintenant à l’examen des produits volatils qui sont l’objet essentiel de l’opération. Les gaz contiennent des produits lourds qui se déposent les premiers lors du refroidissement qu’ils subissent naturellement dans les canalisations au sortir du four chauffé : ce sont les goudrons. Les sépara-
- p.255 - vue 259/688
-
-
-
- 256 = LA DISTILLATION DE LA HOUILLE A BASSE TEMPÉRATURE
- teurs de goudron recueillent environ 10 p. 100 du poids de la houille enfournée, donc environ 5/10 de la totalité des matières volatiles de la houille.
- Rappelons à ce propos que les fours à coke recueillent seulement, o p. 100 du poids de la houille sous forme de goudron, soit 5 fois moins. A cette différence de quantité s’associe une différence de qualité. Si l’on soumet les goudrons à une nouvelle distillation, on recueille une proportion d’huile de graissage plus grande que dans les goudrons de fours à coke et c’est un résultat précieux.
- Par contre, les goudrons de basse température offrent provisoirement deux inconvénients que la mise au point des procédés s’efforce de faire disparaître : la présence d’eau et de poussières.
- Les poussières proviennent du four tournant.
- vent calorifugé ou même chauffé extérieurement par les fumées qui viennent de servir au chauffage du four tournant et qui se rendent à la cheminée. Il est juste de dire que les résultats obtenus dans le dépoussiérage ne sont pas encore entièrement satisfaisants et l’on cite des goudrons qui, malgré la présence d’un dépoussiéreur, renferment un cinquième de leur poids de charbon fixe (').
- Les gaz débarrassés de leurs goudrons passent dans un laveur à huiles lourdes où ils déposent environ 2 p. 100 du poids du charbon enfourné, puis dans un laveur à huile légère où ils déposent 1,5 p. 100 et enfin dans un laveur à phénols où Fon en recueille environ 1 p. 100. Rappelons que les proportions correspondantes pour les fours à coke ordinaires sont 2 à 5 fois moindres.
- Fumée
- Usine
- d'épuration
- Vis d'Archimedê flA \ Moteur
- Extraction des J// poussières Semi-coke
- Brûleur
- Fig. i. — Schéma d’une installation pour distiller la houille à basse température.
- Le charbon, constamment brassé par la rotation, se brise et ses fragments, entraînés pttr le courant des gaz, se déposent avec les produits les plus lourds : les goudrons. Quand on redistille les goudrons, la poussière de charbon reste au fond de la cornue avec le résidu solide qui est le brai. Celui-ci sert de liant dans la confection des boulets et des briquettes. Or, son pouvoir liant ou agglomérant diminue beaucoup quand sa teneur en charbon solide croît. Le brai de basse température serait donc inutilisable si on n’évitait la condensation simultanée des poussières de charbon et du goudron. On s’efforce d’y parvenir en faisant précéder le dégoudronneur d’un dépoussiéreur. Ce dernier appareil est constitué par une grande caisse où la vitesse des gaz s’amortit, ce qui empêche les poussières d’être soutenues parle courant gazeux. On favorise encore le dépôt des poussières en faisant suivre aux gaz un trajet où les coudes abondent. Pour empêcher le goudron de se condenser dans le dépoussiéreur, on maintient celui-ci à une température supérieure au point d’ébullition des goudrons les plus lourds. La chaleur propre des gaz sortant du four ne suffit pas toujours à obtenir ce résultat. Aussi le dépoussiéreur est-il sou-
- Au sortir des laveurs, le gaz est employé au chauffage. C’est un produit nettement différent du gaz des fours à coke. II est plus dense et son pouvoir calorifique est beaucoup plus élevé : plus de 7000 calories contre 5500 pour le gaz des fours à coke. Sa composition n’est pas la même. La proportion des gaz simples et stables comme le méthane et l’hydrogène est moindre et on y rencontre des composés éthyléniques plus complexes, assez aisément liquéfiables et qui ne résisteraient pas aux températures élevées des fours à coke. Par contre, l’ammoniaque qui entre pour 2 p. 100 dans la composition volumétrique du gaz de coke est presque totalement absent, des gaz de basse température et il est pratiquement impossible de recueillir ses traces insignifiantes. C’est là un désavantage, car le sulfate d’ammoniaque est au point de vue commercial un sous-produit très rémunérateur de la fabrication du coke métallurgique et il vaut actuellement plus d’un franc le kg. X.
- i. Il s’attache à cette question un intérêt commercial considérable. car le brai constitue un sous-produit cher de la distillation. [Chaque tonne de charbon en produit 10 kg qui valent au cours actuel plus de 50 centimes le kg.
- Le Garant P. Massok. — Imprimerie Lahoüc, rue de Fleurus, 9, Pans.
- p.256 - vue 260/688
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2612 :.________________________— 26 AVRIL 1924.
- LES AMPLIFICATEURS A RÉSONANCE
- Depuis fort peu de temps, en réalité' depuis un an à peine, les amateurs français ont commencé à utiliser couramment des amplificateurs à résonance.
- La nécessité de réaliser des amplificateurs de bon rendement pour la réception des ondes courtes, et surtout l’obligation d’employer des systèmes très sélectifs pour éviter des « brouillages » de plus en plus gênants, ont ainsi amené beaucoup d’entre eux à abandonner, pour un temps, la liaison àhaute fréquence par résistances, qui, jusqu’alors, était le dispositif en faveur en France.
- Tous les amplificateurs employés actuellement étaient utilisés depuis longtemps par les amateurs anglais et surtout américains, qui ont toujours consacré leurs efforts à la réception des ondes courtes, émises par leurs nombreuses (trop nombreuses quelquefois) stations de « broadcasting » nationales. Il est donc évident que les étrangers ont encore sur nous, à ce point de vue, une certaine supériorité, mais qui sera vile abolie, si nombre d’amateurs français veulent bien consacrer quelques essais à l’étude de ces procédés d’amplification.
- Trop d’amateurs pourtant ont encore, semble-t-il, des idées assez vagues sur les différents systèmes à résonance, ce qui est assez compréhensible, vu la nouveauté relative des montages, et le manque de documents se rapportant à cette question, dans la plupart des manuels de T. S. F.
- Qu’appelle-t-on, en réalité, amplificateurs à résonance 7 Ce sont des amplificateurs dans lesquels la liaison entre la plaque d’une lampe et la grille de la lampe suivante se fait au moyen d’un ensemble oscillant, accordé suivant la longueur d’onde des signaux à recevoir.
- Notons d’ailleurs qu'il n existe pas de système d’amplification à haute fréquence ayant, sans modification, un rendement très satisfaisant sur une gamme étendue de longueurs d’onde ; de 150 m. à 1500 m. par exemple, ou de 1000 m. à 25 000 m. (Il y a, toutes proportions gardées, autant de diffé-
- Fig. 2. — Amplificateur B. F. R. à résonance musicale sur une seule note.
- 5<* Année. — 1*' Semestre.
- . *Sortie
- Fig. i. — Amplificateur à basse fréquence à résonance.
- rences entre la réception sur 150 m. et sur 1500 m., qu’entre la réception sur 1500 m. et sur 25000 m.).
- A ce point de vue, on pourrait dire que tous les amplificateurs actuels se comportent comme s’ils étaient à résonance plus ou moins atténuée. Les amplificateurs que l’on peut qualifier le plus justement du nom d’apériodiques (*) sont les amplificateurs à transformateurs à fer, et, avant tout, les amplificateurs à résistances.
- On peut construire aisément des amplificateurs à transformateurs à fer, de bon rendement entre 2000 m. et 15 000 m. de longueur d’onde, et des amplificateurs à résistances permettant des réceptions très satisfaisantes, même sur cadre, entre 2500 m. et 25 000 m. Mais, si l’on remplace les résistances sans selfs employées par des bobines de choc, la gamme des longueurs d’onde reçues se restreint singulièrement, et s’étend seulement, par exemple, de 400 m. à 3000 m.
- Les amplificateurs à résonance sont donc, faudrait-il préciser, des amplificateurs à résonance très marquée, dont on peut accorder à volonté les éléments de liaison. Leur principale qualité, avons-nous dit, est leur sélectivité, c’est-à-dire la facilité avec laquelle ils permettent l’élimination des émissions perturbatrices.
- On se rendra compte des propriétés remarquables de ces amplificateurs à ce sujet, en sachant que, par l’emploi de plusieurs étages, à haute fréquence, à transformateurs accordés, il est possible de réaliser des appareils permettant l’élimination d’émissions sur ondes courtes, dont les longueurs d’onde diffèrent seulement de quelques mètres en plus ou en moins de la longueur d’onde de l’émission à recevoir. Il est également possible, avec un bon amplificateur à résonance, d’entendre nettement des émissions sur ondes courtes, même si l’on se trouve à proximité d’un poste à arc très puissant. C’est ainsi que l’on peut arriver à entendre à Paris les radio-concerts anglais, même lorsque l’arc trop bruyant de la Tour Eiffel déverse sur les malheureux amateurs ses flots d’harmoniques.
- On donne le nom d’apériodique à un système très amorti qui n’a pas de période propre d’oscillation. Un pendule suspendu à un pivot très serré ne peut, par exemple, osciller à cause du frottement et revient simplement à sa position d équilibre.'
- 17. — 257
- p.257 - vue 261/688
-
-
-
- 258 LES AMPLIFICATEURS A RÉSONANCE
- Fig. 3. — Amplificateur B. F. R. à résonance musicale sur une note variable.
- On sait d’ailleurs trop rarement qu’il existe des amplificateurs à basse fréque nce à résonance, tout autant que des amplificateurs à haute fréquence à résonance. Ces amplificateurs comprennent des transformateurs à secondaires accordés par des condensateurs fixes ou variables (fig. 1).
- L’amplificateur BFR, par exemple, comprend trois étages à basse fréquence accordés sur une seule note (fréquence 1250) avec condensateurs fixes (fig. 2). Le BFR 4 à 2 lampes et à condensateurs variables permet l’amplification à basse fréquence sur toute note comprise entre 900 et 5000 vibrations doubles (fig. 5).
- De tels appareils rendent d’utiles services, particulièrement pour l’enregistrement automatique ; ils assurent une sélection satisiaisante et une bonne amplification, lorsqu’on les emploie à la suite d’amplificateurs à résonance à haute fréquence. Mais il est bien évident qu’ils ne peuvent servir que pour la réception d’émissions télégraphiques et non radio-téléphoniques, dont la fréquence d’oscillations détectées varie constamment. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il convient de shunter avec précaution, au moyen de capacités, les enroulements des transformateurs à basse fréquence ; on risque en effet de produfre des phénomènes de résonance, qui, en renforçant certaines notes à l’exclusion des autres, seraient cause de fâcheuses distorsions.
- Ce sont donc uniquement des procédés d’amplification à haute fréquence à résonance qîï’il convient d’étudier pour la réception des émissions radio-télé-phoniques. Quels sont d’ailleurs les systèmes de liaison accordés employés dans ces amplificateurs ? Ils sont au nombre de trois :
- Circuit oscillant accordé-capacité.
- Auto-transformateur accordé-capacité.
- Fig. 5. — Liaison impédance-capacité.
- Transformateur à primaire ou secondaire accordé (‘). (On peut même dire à la rigueur qu’un circuit oscillant est un auto-transformateur accordé de rapport 1 et considérer seulement deux types de liaisons.)
- Remarquons, dès à présent, que, dans la pratique, on n’emploie jamais plus de trois étages à haute fréquence à résonance ; généralement même, on se contente de deux ou même d’un seul étage, avant la détection. Les réglages deviennent, en effet, de plus en plus minutieux à mesure que le nombre d’étages à résonance augmente. La sélectivité devient certes ainsi de plus en plus marquée, mais il serait mauvais qu’elle croisse trop, car la recherche des émissions deviendrait parallèlement de plus en plus longue. De plus, lorsqu’on augmente le nombre des étages, les tendances à l’accrochage spontané deviennent aussi plus nettes ; on est obligé, même si l’on se contente de deux ou trois étages, d’employer des « tours de main » pour stabiliser l’appareil : réaction employée à l’inverse de l’action ordinaire, pour obtenir un effet amortissant ; mise à la terre d’un point bien
- Fig. 4. — Disposition orthogonale de deux inductances accordées.
- L'axe de l’inductance S2, inductance d’un circuit accordé ou enroulement d’un transformateur, est perpendiculaire à celui de S, en son milieu. Le coefficient d’induction mutuelle est alors minimum, puisque les lignes de force de S, ne traversent pas S2.
- choisi, par exempte, pôle négatif de la batterie de chauffage; emploi d’un potentiomètre de grille; inversion des connexions des transformateurs et disposition orthogonale des plans de leurs spires ; même disposition orthogonale de deux inductances accordées, dont l’une est perpendiculaire à l’autre en son milieu (fig. 4), lors de l’emploi de la liaison par « bouchon accordé », etc.
- Une autre remarque essentielle doit être notée par l’amateur. Pour obtenir un appareil à résonance donnant un très bon rendement, il ne faut pas craindre de le réaliser sous une forme un peu... encombrante. Combien de fois nous est-il arrivé de constater que des montages d’essai « sur table » fournissaient de remarquables résultats et que ces mêmes montages, transposés dans des boîtes en ébénisterie, ne permettaient plus que des auditions instables, irrégulières et médiocres. La cause de ce
- 1. On n’emploie presque jamais de transformateurs à primaire et secondaire accordés. Ce procédé est employé très rarement pour la réception des ondes très courtes ; dans ce cas, les deux enroulements sont très peu couplés, et le réglage est fort difficile.
- p.258 - vue 262/688
-
-
-
- 259
- LES AMPLIFICATEURS A RÉSONANCE
- mystère est simple : les éléments et les connexions du montage n’avaient les uns sur les autres, dans le premier cas, que peu d’action mutuelle, alors que dans le deuxième, resserrés à l’excès, ils produisaient trop facilement des effets d’induction et de capacité nuisibles. On peut donc dire, en général, qu’il est bon d’espacer d’au moins 10 cm. les lampes des étages à haute fréquence à résonance etde construire en conséquence la boite qui doit contenir l’amplificateur.
- On ne saurait trop s’élever, à ce propos, contre cette manie, on peut bien lui donner ce nom, professée par trop d’amateurs et qui consiste à vouloir réaliser de minuscules appareils comportant un grand nombre d’étages d’amplification, sans compter les dispositifs d’accord, de réaction, etc. f1).
- Certes, il serait désirable de pouvoir construire un amplificateur puissant, d’un volume aussi réduit que celui d’un récepteur téléphonique ordinaire ; mais,
- dans l’état actuel de laradiotechnique, on est obligé de déclarer nettement qu’une telle réalisation est encore du domaine de l’utopie.
- Quel système de réaction emploie-t-on avec ces appareils? Généralement, si l’on désire recevoir les émissions radio-télégraphiques, on utilise de préférence une hétérodyne séparée ; s’il s’agit de la réception de transmissions radio-téléphoniques, on emploie la réaction électro-magnétique.
- On peut, comme nous le verrons, soit ramener une partie des oscillations amplifiées sur l’entrée des courants de T. S. F., c’est-à-dire sur le circuit oscillant de la première grille, soit ramener ces oscillations sur un des circuits oscillants intermédiaires de l’amplificateur.
- Ce dernier procédé a l’avantage de supprimer la re-radiation dans l’antenne, si gênante pourles amateurs voisins. On peut encore obtenir l’effet de rétroaction pour la réception des ondes courtes, au moyen d’un variomètre intercalé dans le circuit de plaque de la lampe déteclrice, et permettant l’ac-
- 1. U est bien évident que nous ne voulons désigner que les appareils comprenant un grand nombre d'étages, et non les dispositifs de réception à une ou deux lampes faciles à_réaliscr sous un petit volume.
- Entrée 'V
- Fig. o. — Amplificateur à 3 étages IIF à résonance et i lampe délectrice.
- cord de ce circuit : deuxième procédé de réaction d’Armstrong.
- Remarquons aussi, que l’on peut réaliser des amplificateurs comportant un seul étage à résonance, suivi ou précédé d’autres étages apériodiques, à selfs de liaison ou à transformateurs. Les amplificateurs, ainsi montés, ne possèdent pas des qualités de sélectivité aussi accentuées ; mais, par contre, sont d’un réglage plus aisé.
- Après ces généralités, d’ailleurs nécessaires, donnons maintenant quelques indications sur les principes et la réalisation des amplificateurs à résonance.
- La liaison la plus simple, avons-nous dit, est la liaison circuit oscil-lant-capacité, qu’on appelle aussi plus techniquement : liaison impédance-capacité (fig. 5) . On sait, qu’en théo' rie, un circuit accordé sur une fréquence délerminée, représente une impédance infinie pour cette fréquence. Sous l’influence d’oscillations de même période que la période propre du cir cuit, il se crée une très forte tension aux bornes de ce circuit et les différences de potentiel de la plaque de la lampe sont transmises, par l’inter-
- Rhéostat
- 2.5/1000
- Sortit
- Fig. ~. — Schéma de l’amplificateur H F Ro.
- p.259 - vue 263/688
-
-
-
- 260
- LES AMPLIFICATEURS A RÉSONANCE
- _j_ Entrée
- Fig-, ç.
- Amplificateur comportant i étage FIF à résonance.
- S, = inductance de résonance en nid d'abeilles ou fond de panier. S4 = inductance de réaction couplée avec S, ou avec le circuit d’accord primaire ; elle peut être remplacée par un variomètre.
- médiairede la capacité; de liaison, à la grille de la Jampc suivante.
- Au contraire, pour des oscillations de longueurs d'onde différentes delà longueur propre du circuit, la tension recueillie aux bornes du circuit ne peut prendre une valeur importante, les oscillations d’une plaque ne peuvent être transmises à la grille suivante, d’où résulte la sélectivité très marquée du système.
- Dans ce genre d’amplificateur, les capacités de liaison s nt généralement de l’ordre de 1/10 000 de microfarad, les résistances de grille, qui ont pour but de fixer le potentiel de grille, sont de l’ordre de 1 à 4 mégohms.
- On n’emploie jamais plus de trois étages ainsi constitués ; les inductances des circuits de liaison sont, non seulement écartées les unes des autres d’au moins 10 cm. et disposées ortbogonalemenl, comme nous l’avons dit, mais encore elles doivent être éloignées ou disposées perpendiculairement à celles d’accord, afin qu’il ne puisse exister aucune induction mutuelle entre les circuits d’accord et ceux de résonance.
- Nous donnons à titre d’exemple (fig. 6) le schéma d’un tel amplificateur, comportant trois étages à haute fréquence et une lampe détentrice. Cet amplificateur ne comporte généralement pas de dispositif de rétroaction; d’ailleurs, il se produit à la résonance des phénomènes d’auto-accrochage, par accord du circuit de plaque ; il faut quelquefois modérer l’action de ces phénomènes en faisant agir les courants de T. S. F. sur l’extrémité positive du fila-
- Fig. ii.
- Couplage par lampe. Montage en dérivation.
- ment, et en réunissant à la terre l’extrémité négative de la batterie de chauffage (').
- Dans la pratique, on emploie plutôt, nous l’avons dit, deux étages à haute fréquence ou même un seul étageà haute fréquence avant la détection.
- Ainsi l’amplificateur HFRo, bien connu, comprend deux étages à haute fréquence, une lampe détectrice, et deux étages à basse fréquence, à transformateur à fer à circuit magnétique fermé (fig. 7 et 8).
- Les inductances de résonance, dans cet appareil, sont des bobinages cylindriques sur tubes très minces d’ébonite ; les deux inductances sont écartées, et placées orthogonalement, comme nous l’avons indiqué. Ces tubes ont environ 10 cm. de diamètre, et le bobinage peut être effectué à spires jointives, à l’aide de fil guipé coton de 4/10 à 6/10 de millimètre de diamètre.
- L’amplificateur HFRo permet la réception des
- + 80 v.
- Fig. m. — Liaison par autolransformaleur accordé de rapport 2.
- ondes de 250 m. à 5750 m. de longueur d’onde ; mais, pour les ondes courtes, il est préférable d’utiliser des lampes à cornes sur les étages à haute fréquence.
- Un.commutateur permet de mettre en circuit les inductances correspondant aux longueurs d’onde à recevoir. De plus, afin de faciliter le réglage de l’appareil, on peut mettre à volonté en action les condensateurs de résonance. On commence donc d’abord par régler le premier circuit oscillant, en laissant le deuxième apériodique, et on règle Je deuxième ensuite, en faisant agir le condensateur de résonance.
- Un commutateur permet encore de faire agir les courants de T. S. F. sur l’extrémité positive ou négative du filament, ce qui peut stabiliser l’appareil dans certains cas.
- Enfin, les cadrans de réglage des condensateurs sont doublés d’une plaque métallique, que l’on peut mettre à la terre, afin d’éviter l’influence du corps del’opérateur sur lesréglages. Pourlesondes courtes,
- 1. Il ett cependant parfaitement possible d’utiliser un dispositif de réaction électromagnétique avec cet appareil ; mais, s’il s’agit de recevoir les émissions radiotélégraphiques, l’emplo d’une hétérodyne séparée est bien préférable.
- p.260 - vue 264/688
-
-
-
- - LES AMPLIFICATEURS A RÉSONANCE
- 261
- il est d’ailleurs bon de régler les condensateurs à l’aide de manches isolants assez longs.
- Une autre réalisation très pratique consiste à employer un seul étage à résonance à circuit oscillant accordé, une lampe déteclrice, et 2 ou 5 étages à basse fréquence à transformateurs à fer (fig. 9). L’inductance du circuit oscillant peut être très simplement réalisée à l’aide d’une galette en fond de panier, ou d’une bobine en nid d’abeilles fractionnée. Il est cependant préférable d’utiliser des inductances interchangeables, suivant les longueurs d’onde.
- Un deuxième procédé de liaison à résonance réside, nous l’avons dit, dans l’utilisation d’un auto-transformateur accordé. Cet auto-transformateur a pour but d’élever la tension fournie par une plaque, avant de la transmettre à la grille de la lampe suivante de l’amplilicateur. Le rapport de cet auto-transformateur est généralement 2 à 3 (fig. 10) ; c’est dire que, le plus souvent, la prise de plaque agit au milieu de l’inductance.
- Remarquons que par l’emploi d'un auto-transfor-
- Amplificateur Détecteur B F
- Fig. i3. — Couplage par lampe. Détection par galène et amplification à basse fréquence.
- mateur, on peut réaliser ce qu’on appelle le couplage par lampe ; mode d’accord infiniment souple, et, en même temps, d’un rendement excellent, puisqu’il donne une amplification supplémentaire, procurant une syntonie très aiguë.
- Les courants de T. S. F., provenant d’un appareil d’accord, en dérivation ou en Tesla, agissent entre la grille et l’extrémité négative du filament d’une lampe; dans le circuit de plaque de celle lampe est intercalé un auto-transformateur accordé (fig. 11 et 12).
- Les oscillations amplifiées, recueillies aux bornes du circuit oscillant, peuvent être détectées au moyen d’un détecteur à galène et amplifiées ensuite à basse fréquence (fig. 13).
- Il est essentiel dans ces montages, nous l’avons déjà fait remarquer, que l’inductance d’accord ne soit pas couplée avec l’inductance de résonance. L’autre part, le couplage peut être modifié, soit en réglant le chauffage du filament de la lampe, soit en faisant varier la position du curseur ou de la manette à plots de l’auto-transformateur.
- Pour la recherche d’un poste, on rend d’abord le circuit oscillant apériodique, puisonfaitla recherche à l’aide des appareils d’accord, on parfait le réglage
- Sortie détecteur ou ampli-
- Fig. 12.
- Couplage par lampe. Montage en Tesla.
- en modifiant l’inductance du circuit oscillant et la capacité.
- Au début, on doit maintenir maximum le chauffage de la lampe et la valeur de l’inductance en service, le condensateur étant hors circuit.
- La modification de ces facteurs augmente la sélection.
- Notons encore que le détecteur à galène ne présente pas, dans cet emploi particulier, ses inconvénients bien connus : difficultés de recherche du point sensible, instabilité excessive. Les oscillations de T. S. F. sont déjà amplifiées à haute fréquence avant d’agir sur lui, le rendement est donc beaucoup meilleur, et l’on peut très facilement et très rapidement régler la position du chercheur sur le cristal.
- Le dispositif ne comporte pas de système de rétroaction, cependant l’amplification obtenue est très bonne pour les ondes courtes et moyennes, et la réception des émissions radiotéléphoniques particulièrement pure.
- Au lieu de détecter par galène, il est possible d’employer une ou plusieurs autres lampes amplificatrices à la suite de la première, et d’utiliser un détecteur à lampe (fig. 14).
- En pratique, on utilise rarement plus d’un étage à haute fréquence de ce système avant la détection (fig. 15, 16 et 17). L’inductance de réaction, placée dans le circuit de plaque de la déteclrice, est alors couplée avec l’inductance d’accord ou avec l’inductance de résonance. Il est bon, surtout pour la réception des ondes courtes, de placer un condensateur variable en dérivation sur cette inductance de réac-
- 4v —
- Entrée
- Fig. 14. — Amplificateur à-2 étages IIF à résonance et 1 lampe détectrice.
- p.261 - vue 265/688
-
-
-
- 262
- LES AMPLIFICATEURS A RÉSONANCE
- Entrée
- Fig. i5. — Schéma d'amplificateur comportant i étage à résonance à autotransformateur.
- S,, inductance de résonance; S.,, inductance de réaction. L’entrce des courants de T. S. F. se fait généralement au moyen du curseur d’un potentiomètre monté sur la batterie de chauffage.
- tion, ce qui permet de réaliser l’accord du circuit de plaque. On pourrait de même utiliser un vario-mètre dans le circuit de plaque.
- Le plus souvent, l’auto-transformateur est formé par une inductance cylindrique, à l’intérieur de laquelle se meut un rotor, formé par une galette en fond de panier par exemple, et constituant l’inductance de réaction.
- Un perfectionnement utile consiste à employer un potentiomètre, placé sur la batterie de chauffage, et à faire agir les courants de T. S. F. sur le curseur de ce potentiomètre au lieu de les faire agir directement sur le pôle négatif de la batterie de chauffage. Il sera ainsi possible de faire varier le potentiel de grille et de le rendre plus ou moins négatif ou positif; la tendance de l’amplificateur aux « accrochages spontanés » sera alors très réduite.
- Il est possible, nous l’avons fait remarquer, d’utiliser un seul étage à auto-transformateur accordé, suivi ou précédé de plusieurs autres étages à haute fréquence à liaison apériodique. L’amplificateur, représenté par la figure 17, comprend ainsi un
- Fig. i/. — Amplificateur à un étage HF à résonance suivi de 2 étages HF apériodiques et d’une lampe détectrice.
- A droite : un amplificateur de puissance. — Remarquer en haut de la ligure, le variomètre interchangeable dont le stator constitue l’autotransformateur, et le rotor l’inductance de réaction.
- étage à résonance, suivi de deux autres étages à haute fréquence à selfs de liaison, et d’une lampe détectrice. La réalisation d’un tel amplificateur par un amateur est d’ailleurs très délicate, mais les résultats obtenus sont excellents.
- Pour terminer cette étude, il nous reste enfin à décrire la liaison à haute fréquence par transformateurs accordés.
- Il est possible d’accorder soit le primaire, soit le secondaire de ces transformateurs, c’est-à-dire soit le circuit de grille, soit le circuit de plaque (fig. 18 et 19).
- Les enroulements employés sont de très faible résistance, à l’encontre de ceux des transformateurs apériodiques, et sont composés d’inductances accolées ou concentriques ; des nids d’abeilles, par exemple. Le rapport de ces transformateurs varie de 1 à 2 ; ils sont toujours évidemment à noyau d’air (1).
- Fig. 16. — Un amplificateur comportant / étage à résonance par autotransjormateur accordé.
- A gauche : la boite d’accord. — Sur le côté gauche de l’amplificateur, on voit l’inductance interchangeable, formant l’autotransformateur, avec laquelle on peut coupler une inductance de réaction mobile montée sur pivots.
- On peut assez facilement réaliser des amplificateurs à 2 ou 3 étages à transformateurs accordés (fig. 20). Les remarques précédentes s’appliquent encore pour ce modèle.
- Faisons seulement remarquer que des amplificateurs comportant deux ou même trois étages à haute fréquence par transformateurs accordés, peuvent être plus facilement réalisés par un amateur qu’on ne le croit généralement. Il suffit de disposer les éléments dans une très grande boîte ou de les laisser « sur table » en observant les précautions indiquées au début de cet article.
- D’ailleurs, il est également possible d’utiliser un étage à transformateur accordé, suivi d’autres étages à transformateurs apériodiques.
- « Quel type de liaison à résonance faut-il préférer? » peut se demander l’amateur hésitant devant les trois solutions possibles. 11 semble que, si Von désire un appareil simple, comportant un seul étage à haute fréquence, on doive adopter la liaison par
- 1. On peut également employer des transformateurs dont le couplage entre primaire c-t secondaire est variable, et qui sont appelés « vario-coupleurs ».
- p.262 - vue 266/688
-
-
-
- LES POLES VOYAGEURS
- 263
- Fig. 18.
- Liaison par transformateur à primaire accordé.
- Fig. lu.
- Liaison par transformateur à secondaire accordé.
- circuit oscillant accordé, si aisée à réaliser. L’emploi d’un auto-transformateur ou transformateur accordé ne procure pas une différence de rendement appréciable.
- Si Ton désire maintenant un appareil puissant et très sélectif, comportant plusieurs étages à haute fréquence à résonance, la liaison par transformateurs accordés paraît préférable, d’après nos essais personnels, et ceux de nos correspondants.
- Fig. 20.— Amplificateur à résonance à 2 étages à transformateurs accordés. Montage d'accord Testa.
- En résumé, appareil délicat à construire par suite du peu d’amortissement de ses circuits de liaison et de la facilité d’amorçage d’oscillations qui en découle, appareil délicat à régler, l’amplificateur à résonance possède au plus haut point les qualités correspondantes à ces inconvénients : excellent rendement pour toutes longueurs d’onde, pouvoir sélectif extrême.
- Nous avons vu qu’il suffisait d’observer quelques précautions de montage pour stabiliser ces dispositifs, et que le réglage, en somme, ne demandait qu’un peu d'habitude. Il semble donc, que l’amplificateur à résonance mérite bien la faveur actuelle dont il jouit, concurremment avec les systèmes à selfs, par exemple.
- Nous espérons, par cet article, avoir permis aux amateurs de discerner les différents systèmes employés, leurs montages, et leur fonctionnement.
- P. IL ‘IJIARDI.XQUER.
- LES PÔLES VOYAGEURS
- Parmi les mouvements qui animent notre globe, les plus importants sont ses déplacements incessants dans l’espace, dus à son double mouvement de translation et de rotation. Le premier est complexe. La Terre, entraînée dans le ciel, à la remorque du Soleil, vers la constellation d’Hercule, à la vitesse de 71 km par seconde, ce qui l’amène à parcourir dans ce voyage 2215 millions de km par an, décrit ensuite annuellement, sur son orbite autour de cet astre, 950 millions de km à cette vitesse non moins vertigineuse de 106000 km à l’heure qui peut faire rêver les plus ambitieux de nos aviateurs.
- Le second, plus simple, consiste dans ce tourbillonnement de notre planète, qui l’amène à tourner sur elle-même autour d’un axe idéal représenté par ce qu’on appelle « la ligne des pôles » ; ce nom de « pôles )) s’appliquant aux points où, dans le nord et le sud, cet axe central vient atteindre la surface du globe. Cette rotation diurne, s’effectue aussi avec une étonnante rapidité, on en aura une idée en apprenant qu’à Paris ce « mouvement de valse » nous
- emporte à la vitesse de 565 m. par seconde, ce qui fait du treize cents kilomètres à l’heure ; sans
- 0.30 0.20 O.IO 0.00 O.IO 0.20 0.30
- - 0.30
- 0.30 0.20 O.IO 0.00 O.IO
- 0.20 0.30
- Fig. 1. — Itinéraire du pôle Nord à la surface de l’hémisphère boréal {de icjoo à içio).
- p.263 - vue 267/688
-
-
-
- 264 :: :::... ——— LES POLES
- qu’on s’en doute du reste, en l’absence de points de repères qui pourraient en avertir.
- Tout cela s’effectue avec si grande régularité, que
- Fig. 2. — Le tétraèdre terrestre montrant l’opposition diamétrale de l’océan Glacial arctique avec le Continent antarctique.
- tous les phénomènes périodiques qui constituent « la vie du globe » : climats, saisons, alternance du jour et de la nuit, circulation atmosphérique et océanique..., en dérivent. A noter aussi que du mouvement de rotation de la Terre qui l’amène à décrire un tour complet en 24 heures, découle la détermination de l’unité du temps : « le jour » et de ses subdivisions : « les heures ». Mais il est juste d’ajouter que si notre globe persiste à se mouvoir avec une pareille régularité autour de la ligne de ses pôles, il faut qu’il y mette de la bonne volonté; car cette ligne, loin d’êire fixe comme on le croit généralement, est soumise — et c’est sur ce fait que nous désirons appeler l’attention — à des déplacements incessants. D’où pour ses points d’émergence à la surface du globe, c’est-à-dire les pôles terrestres, un pareil défaut de stabilité : loin de correspondre géographiquement à ce point central figuré sur les mappemondes au sommet des deux hémisphères, boréal et austral, ils subissent des divagations, lentes sans doute, mais incessantes. Cette « migration » des pôles terrestres, bien étudiée par les géodésiens et les astronomes, se traduit par « la fluctuation des latitudes ». Sa découverte, jointe à la détermination de ses effets, figure au nombre des plus importantes conquêtes de l’astro-géodésie moderne.
- En 1890, les observatoires de Berlin, de Potsdam et de Prague ayant constaté que les latitudes de ces villes, fréquemment mesurées par les astronomes du service méridien, subissaient*des variations semblant indiquer que le pôle nord s’était rapproché d’elles, l’association géodésique internationale, informée du fait, organisa des expériences pour le vérifier. Leur résultat fut décisif. Des mesures d’une grande précision, effectuées dans un grand nombre de stations convenablement choisies (six dans l’hémisphère boréal, quatre dans l’hémisphère austral), amenèrent la pleine confirmation de ce déplacement incessant des pôles terrestres. De plus, comme complé-
- VOYAGEURS .... ..... i.
- ment de cette constatation, les astronomes, en s’appliquant à mesurer l’amplitude de ce mouvement, ont reconnu qu’elle oscillait entre 6 et 18m., et que « dans le temps » il comportait une périodicité pour ainsi dire annuelle. Le retour du « pôle voyageur » à un meme méridien, ce qui correspond pour lui à parcourir un tour de spire, s’effectue en 430 jours, ce qui équivaut à une durée d’environ 14 mois. Dans ce trajet, le fait le plus curieux, c’est qu’au lieu de suivre un tracé régulier, c’est l’inverse qui se produit; on en verra la preuve dans la figure ci-jointe de l’itinéraire suivi parle pôle nord dans son désert glacé, pendant les années qui se sont écoulées entre 1900 et 1910. L’allure des courbes successives décrites montre, en effet, que c’est d’un mouvement en spirale qu’il s’agit. N’est-il pas vraiment merveilleux qu’on ait pu inscrire avec une telle précision le tracé suivi dans ses déplacements par un point en apparence aussi insaisissable qu’est le pôle terrestre ! Ce résultat n’a du reste pu être acquis qu’à l’aide de la collaboration d’observatoires nombreux situés dans les divers pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique. C’est un nouvel exemple des bons résultats qu’on peut attendre d’une pareille collaboration scientifique internationale.
- Quant à la cause du phénomène, elle reste encore obscure ; notamment en ce qui concerne sa périodicité. Etant donné que certaines lignes de rivages maritimes sont, en de nombreux points du globe,
- Pôle magnèh'que
- 1 2400 m
- <>
- wt
- La marche vers le pôle Sud.
- Fig. 3.
- p.264 - vue 268/688
-
-
-
- LES POLES VOYAGEURS — . 265
- soumises périodiquement à des soulèvements et à des affaissements successifs et que la période de ces oscillations est de 14 mois, par suite égale à celle maintenant connue des déplacements du pôle nord, on a pensé que ces derniers pouvaient être attribués à ces mouvements lents du sol qui déterminent les oscillations des rivages. D’autre part, après avoir constaté, aussi bien dans le Pacifique que dans la mer du Nord, qu’aux influences exercées par notre satellite « la Lune » sur les marées, sont dues les variations d’amplitude qu’elles présentent avec une pareille périodicité de 450 jours, les phénomènes d’attraction exercés sur la Terre par la petite compagne qui gravite autour d'elle, ont été aussi invoqués comme cause probable de ces mouvements des pôles terrestres.
- Quoi qu’il en soit, le fait indéniable c’est que ces pôles, dont la conquête a suscité de nombreuses et si grandes expéditions, loin d’être stables, sont doués d’une mobilité les rendant insaisissables. Aussi, quand le chef d’une de ces expéditions, après avoir atteint le but cherché, est parvenu à y planter le drapeau de son pays, peu de temps après le pôle, échappant à son conquérant, vient se placer sur un autre point de la surface glacée qui s’encercle. Ses écarts d’ailleurs ne sont pas grands, leur maximum d’extension ne dépassant guère, comme il a été dit plus haut, une vingtaine de mètres. Aussi en entourant sa position géographique d’une palissade carrée de 40 m. de côté, on pourra être certain que le « pôle vagabond » restera captif dans cette enceinte.
- Dans l’hémisphère boréal, c’est en pleine mer glacée que se font les déplacements du pôle nord. Un océan très profond (3850m. d’après les sondages du F ram) et qu’on sait de plus être couvert en son entier d’une épaisse nappe de glaces marines (le « Pack ») y étant devenu son sanctuaire inviolé, jusqu’au moment où le lieutenant Peary est parvenu le 9 avril 1909 à l’atteindre. Dans l’hémisphère austral, c’est l’inverse qui se produit, le pôle sud s’y présentant situé à une forte altitude sur de hautes
- Calotte glaciaire ( inlandsis)
- Toundras eh n„
- "yFr " Barre n grounds" Cp ‘oe rnagnehgue
- Fig. 4. — Situation du pôle magnétique boréal.
- terres glacées. Dans cette région, un vaste continent (11 millions de kilomètres carrés) oppose sa forte saillie au « relief en creux » de l’océan Glacial arctique; et le trait dominant de son orographie est représenté par un immense plateau étalant sa couverture glacée à des hauteurs de 2000 à 3000 m. ; on le remarque de plus dominé, sous le nom d’ « Alpes Australes », par de hautes rangées déchaînés montagneuses dressant, sur des milliers de kilomètres, leurs sommets aiguillés à des hauteurs de 6000 m. au-dessus des glaciers; et c’est dans ce milieu essentiellement continental que vient se placer le pôle sud. Malgré cela, au lieu de rester à poste fixe dans cette masse solide de l’Antarctique, lui aussi est soumis à des déplacements incessants. Mais l’amplitude de ses migrations, en l’absence de stations géodésiques installées sur le sol désertique de ces terres polaires du sud, n’a pas encore été l’objet de mesures précises, comme celles du pôle nord, restent inconnues. Aussi doit-on espérer que depuis sa découverte le 16 décembre 1911 par Roald Amund-sen, ensuite peu de temps après (17 janvier 1922) par Scott, la hantise de sa conquête, qui jusqu’alors avait été l’unique préoccupation des explorateurs, n’existant plus, les expéditions postérieures, en se limitant sur la côle à la recherche, parmi les terres qui dessinent en bordure de l’Antarctique ses pointes rocheuses,persisteront,dans leurs travaux complémentaires, à S’inquiéter surtout des questions relatives à la
- - Fig. 5. — La tente d’Am undsen au pôle Sud (11 décembre 1911).
- p.265 - vue 269/688
-
-
-
- LA LUTTE CONTRE LES CAMPAGNOLS
- 266
- physique du globe, qui restent encore nombreuses et des plus intéressantes à étudier dans cette région.
- Les pôles magnétiques. — Telles sont, par exemple celles qui ont trait au magnétisme terrestre. Le champ magnétique de la terre étant assimilable à celui d’un aimant qui serait placé dans son intérieur sur la ligne dite des « pôles magnétiques », c’est dans le voisinage de ces pôles que les manifestations de ce magnétisme peuvent le mieux être étudiées. Situés dans les régions polaires à grande distance des pôles géographiques, ils ont de commun avec eux l’absence de fixité; ce caractère est même pour eux plus accentué, les variations des éléments magnétiques s’effectuant plus rapidement, ainsi qu’avec un degré d’amplitude plus grand. Aussi la connaissance de ces variations est-elle d’une importance capitale pour les explorateurs et les marins. Quand, par suite de conditions atmosphériques défavorables, ils n’ont plus le moyen d’interroger les astres pour « faire le point », c’est-à-dire déduire de cette observation leur position, c’est l’emploi de la boussole qui leur permet de se diriger à l’aide de son aiguille aimantée. Or, dans ce cas, il est essentiel de connaître la valeur de la déclinaison, c’est-à-dire de l’écart entre le Nord vrai et le Nord magnétique indiqué par cette aiguille. Cette valeur est soumise, en effet, à de grandes variations aussi bien journalières, qu’annuelles et séculaires ; ces deux'dernières qui peuvent devenir très fortes sont alors en rapport avec les déplacements des pôles magnétiques. Ces points de convergence des éléments magnétiques, privés de stabilité, sont soumis comme les pôles géographiques à des changements de place accentués. En voici les meilleurs exemples. Dans l’Arctique, le pôle magnétique qui se trouve situé sur les terres canadiennes disposées en bordure de l’océan Glacial (fig. 3), s’est déplacé pendant les années comprises entre 1770 et 1880, de la latitude de 66° à la latitude de 71°;
- il s’est donc rapproché du pôle nord de 600 km. Actuellement, sa dernière position relevée en 1903 par Amundsen, à une latitude de 69°, sur la presqu’île Boolhia, montre qu’il s’en éloigne. Les mêmes « fluctuations » de position sont à signaler pour le pôle magnétique austral. Sa découverte en 1910 par Shackleton l’a situé, en bordure S. E. de l’Antarc-tique, par 72° de lattitude sur la terre Victoria, au-dessus du cap Adare, à 2400 m. d’altitude. Plus récemment des observations faites dans cette région qui, en offrant la voie d’accès la plus facile pour la pénétration dans l’Antarctique, est devenue le siège principal des expéditions britanniques, ont fait savoir que ce pôle, lui aussi, en se rapprochant delà grande barrière de Ross, s’était déplacé.
- D’où la généralisation du mouvement de ces pôles. En se joignant aux déplacements des pôles géographiques, tous deux figurent au nombre des plus intéressantes manifestations de ces forces physiques dont le jeu anime, sans relâche, notre globe depuis qu’il existe. C’est le cas surtout du magnétisme terrestre; d’autant plus que ses effets en s’associant à ceux des courants telluriques qu’on sait être dus aux phénomènes électriques qui se propagent dans les couches superficielles du sol (*), sont de ceux dont il y a lieu de tenir le plus grand compte dans les manifestations de l’énergie de notre planète. Ch. Vélaijn,
- Professeur honoraire à la Sorbonne.
- 1. La présence de ces courants électriques terrestres à faible profondeur, se traduit souvent, sous l’influence de leur force électro-motrice capable d’atteindre 1000 volts, par d^s « signaux parasites » qui déterminent de fortes perturbations sur les lignes télégraphiques, avec sonneries inusitées, accompagnées d’étincelles, dans les appareils récepteurs. Ce maximum d’activité tellurique coïncide alors avec des orages magnétiques inscrits, dans les boussoles, par l’affollement subit de leurs aiguilles, tandis que dans le ciel apparaissent les si remarquables phénomènes d’illumination des aurores 'polaires.
- LA LUTTE CONTRE LES CAMPAGNOLS
- L’agriculture paie un lourd tribut aux invasions de Campagnols, dont les ravages se chiffrent par millions de francs.
- La science a prêté son précieux concours pour l’étude-des moy.ens propres à enrayer ce fléau, et l’on sait aujourd’hui, après de laborieux essais poursuivis pendant bien des années, quels procédés peuvent être efficacement employés pour détruire ces rongeurs.
- La guerre a favorisé la multiplication des campagnols, des rats et des souris, réfugiés en de sûrs abris., dans les cantonnements où ils trouvaient ample nourriture par les détritus alimentaires qui y étaient abandonnés. Les terres laissées en friche ont assuré l’existence facile à ces rongeurs surtout dans les départements occupés : Nord, Aisne, Ardennes, Marne, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Vosges, Alsace. L’invasion s’est étendue dans la Haute-Marne, la Haute-Saône, la Côte-d’Or, l’Indre, en Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Seine-Inférieure, Gironde, Cal-
- vados, Charente, Charente-Inférieure, etc. La présence des Campagnols a été constatée dans plus de quarante-cinq départements français, et plus particulièrement dans les contrées à sol calcaire perméable, sec, où ces rongeurs peuvent creuser facilement leurs terriers.
- Parmi les contributions que les savants zoologistes et agronomes ont apportées pour rendre plus facile la lutte contre ces ennemis de nos récoltes, on doit signaler tout particulièrement les études et les instructions ayant un caractère de liante portée pratique que M. le D'Déribèiè-Desgardes, ancien élève de l’Institut Pasteur, a réunies dans un consciencieux et important mémoire à la suite de la mission dont il fut chargé parle Ministère de l’Agriculture, en 1920 et 1921, en vuede la destruction des Campagnols dans la Marne, les Ardennes, et la Meuse.
- Ce sont les données pratiques consignées dans le mémoire de M. le Dr Déribèrè-Desgardes que nous nous proposons de résumer dans cette note, afin de seconder les
- p.266 - vue 270/688
-
-
-
- LA LUTTE CONTRE LES CAMPAGNOLS - —...... 267
- efforts de ce savant dévoué, dans l’œuvre éminemment utile pour l’agriculture, et par conséquent pour le pays tout entier,qui doit aboutir à la généralisation des moyens de lutte.
- Un mot d’abord sur l’identité zoologique de ces prolifiques rongeurs.
- Caractères et moeurs des Campagnols. — Les Campagnols proprement dits — qu’il ne faut pas confondre avec les souris des champs ou mulots — appartiennent à la sous-famille des Microtinés ou Arvicolinés. Ils se distinguent des mulots en ce que leurs formes sont plus ramassées, talpoïdes, leur museau extrêmement court ; leurs oreilles plus ou moins cachées dans les poils, leur queue à poil ras, toujours plus courte que le corps, leurs molaires à couronne plane et non tuberculeuses, formées de prismes triangulaires.
- Il existe, en France, une trentaine d’espèces ou variétés de Campagnols, réparties en quatre genres : Evotomys, Microtus, Pityruys et Arvicola.
- L’espèce la plus répandue en France est le Campagnol des champs, (Microtus arvalis), souvent accompagné ou remplacé par le Campagnol agreste, (Microtus agrestis). Ces deux espèces sont des plus nuisibles par les ravages qu’elles commettent dans les champs, les bois, les vignes, détruisant tout sur leur passage, creusant la terre de mille trous, à tel point que la surface envahie ressemble parfois à une vaste écumoire.
- Un Campagnol adulte consomme environ 20 grammes de matière végétale par jour, soit plus de 7 kilogrammes par an ; mais son instinct destructeur qui le porte à gâcher une quantité de nourriture au moins égale à celle qu’il mange, fait qu’il détruit un poids de 14 à 15 kilogrammes de substances végétales ; les dégâts sont considérables surtout à la fin de l’été et au commencement de l’automne.
- Les Campagnols se reproduisent avec • une étonnante rapidité, et à peu près toute l’année, mais surtout de janvier à juin. La portée est de 20 jours, et une seule femelle peut avoir par an six portées de chacune quatre ou cinq petits, lesquels sont adultes à deux mois et peuvent se reproduire, de sorte qu’un couple initial peut donner de 200 à 500 et même jusqu’à 500 Campagnols dans l’année.
- Procédés de destruction. — Il résulte de la pratique expérimentale dont le processus est lumineusement exposé dans le mémoire de M. le Drd)éribèrè-Desgardes, que les procédés de destruction les plus efficaces sont : l’asphyxie par la chloropicrine ou l’acétylène, l’emploi du virus Danysz ou l’empoisonnement.
- En France, le procédé plus généralement préféré est l’emploi du virus parce que le virus est moins dangereux que le poison, mais il semblerait moins régulier et moins absolu. Lorsqu’il s’agit d’opérer sur de grandes étendues — des milliers d’hectares infectés — le virus est indiqué, tandis que le poison paraît préférable pour les étendues relativement faibles ouïes territoires inhabités.
- En principe, les procédés de destruction par asphyxie à l’aide de la chloropicrine ou de l’acétylène doivent donner des résultats satisfaisants, du moins l’emploi de la chloropicrine, car l’asphyxie par l’acétylène devrait être sérieusement étudiée et contrôlée ; 'mais, d’après M. le Dr Déri-bèrè-Desgardes, ces procédés seraient plus dispendieux que les précédents, et pas absolument au point.
- Quel que soit le procédé à employer, l’époque la plus favorable pour traiter les territoires envahis est la période, comprise entre les semailles d’automne et les semailles de printemps — du 15 octobre au 15 mars — etil est de
- nécessité absolue que tous les cultivateurs s’entendent, en se groupant en syndicats de défense pour traiter en même temps, dans le plus bref délai, tout le territoire d’une région infestée de Campagnols. On comprend toute | l’importance qui s’attache à la mise en œuvre des dispositions permettant de généraliser la lutte, car un traitement insuffisant serait fait en pure perte ; en outre, si on emploie le virus, on s’expose à ce que quelques couples, prenant une quantité trop faible d’appâts infectés, se vaccinent et deviennent rebelles à un traitement ultérieur par le même moyen.
- Pour faire usage de la chloropicrine, l’opérateur doit répandre celte substance chimique dans le sol ou au ras du sol, et de préférence par faible vent venant vers F opérateur et chassant les vapeurs derrière lui; au besoin, on se garantira à l’aide d’un masque protecteur.
- Lynstitut de Recherches agronomiques a indiqué les procédas de lutte auxquels on peut recourir (emploi du pain de baryte, des grains empoisonnés à l’acide arsénieux ou phosphure de zinc, ou du virus préparé par l’Institut Pasteur). Les préférences de l’Institut vont au virus, dont l’ingestion à dose infinitésimale suffit pour faire périr un Campagnol ou unmulot, en trois jours.
- Les poisons ne sont pas sans présenter de réels dangers pour les animaux domestiques et même pour l’homme. Le poison peut rester dans le sol ou être transporté par les animaux, et il n’est pas détruit ou il ne l’est qu’in-complètement. De plus, la préparation de ces appâts empoisonnés exige des soins minutieux qui ne sont pas à la portée des cultivateurs. C’est pourquoi P Administration de l’Agriculture recommande tout spécialement l’emploi des virus dont l’efficacité est certaine pourvu que l’on opère dans les conditions requises. Ce virus, constitué par une culture de microbes, sert à préparer des appâts virulents.
- Cette préparation exige des précautions très rigoureuses que seules peuvent prendre des personnes bien familiarisées avec la technique mierobiologique. Il faut une installation spéciale, des postes placés près des lieux d’utilisation.
- Pour réduire au minimum les aléas que peut présenter cette méthode de lutte par l’emploi des virus, l’Institut de Recherches agronomiques a confié à M. le Dr Déri-bèrè-Desgardes la mission de procéder, dans les départements atteints, à l’installation de ces postes d’appâts virulents, les frais de cette installation incombant aux agriculteurs qui en bénéficient et pouvant être supportés très aisément par la collectivité en ayant recours — comme nous le faisons remarquer plus haut — à la constitution de syndicats de défense prenant ces frais à leur charge.
- Le virus efficace contre les Campagnols, les mulots et les rats est le Bacille de Danysz de l’Institut Pasteur de Paris (Bacillus ralti Danisz) qui est, le plus souvent, un cocco-bacille à bouts arrondis, court ou ovoïde et assez gros, mais pouvant présenter assez fréquemment des formes nettement bacillaires allongées, jusqu’à être dix à vingt fois plus long que large, mobile, rappelant le Bacillus typhi (hominis) et le Bactérium coli commuais.
- Ce virus communique aux Campagnols une maladie caractérisée par une hypertrophie de la rate, la dégénérescence graisseuse du foie avec taches nécrotiques multiples dans cet organe, la tuméfaction des plaques de Payer, avec congestion générale de l’intestin, diarrhée et paralysie de l’arrière-train.
- Ce virus est inoffensif pour les animaux domestiques el pour l’homme.
- Pour le préparer, on infecte par injection un ou plusieurs Campagnols *en leur faisant consommer du pain
- p.267 - vue 271/688
-
-
-
- 268
- LA LUTTE CONTRE LES CAMPAGNOLS
- mprégné de culture bacillaire. La mort survient, généralement, au bout de deux ou trois jours. On l'ait alors, immédiatement- un prélèvement du sang du cœur avec toutes les précautions aseptiques usuelles, et à l’aide de quelques gouttes de ce sang on ensemence sur milieu approprié (gélose peptonée) ; au bout de quarante-huit heures, on l'ait une abondante émulsion de la culture, et c’est cette émulsion qui constitue le virus.
- L’appâta employer est l’avoine aplatie ou concassée que l’on imprègne de virus par plusieurs pelletages successifs dans la proportion de 1 litre de celui-ci pour 8 à 10 kilogrammes de grain. L’avoine ainsi traitée est distribuée dans les champs, à raison dé 8 à 10 kilogrammes à l’hectare ; on en dépose de petites pincées près des trous des Campagnols, sur ies traces de leur passage, aux endroits où ils ont rongé les plantes, en traitant toute la surface du champ, afin que les Campagnols n’aient aucun refuge et soient forcés de circuler sur le terrain parsemé des appâts contaminés.
- Un homme peut traiter 40 à 50 ares à l'heure. Le virus perdant de sa virulence à la longue, il faut l’employer absolument frais, dans un délai de quarante-huit heures au maximum après sa préparation, et faire l’épandage l’après-midi, car les Campagnols cherchent leur nourriture le soir et durant la nuit. La lumière et la chaleur peuvent avoir une action nuisible sur le virus. Il est utile de passer, la veille du traitement, une herse suivie d’un rouleau pour boucher les trous creusés par les rongeurs, ce qui permet de ne considérer comme habités que les trous que l’on trouve débouchés le lendemain; de cette façon, on se rend compte exactement de l’importance de l’invasion et on ne traite que les trous rouverts, d’où économie de temps et de virus. Par ce procédé de destruction, la mortalité atteint 85 à 95 pour 100 des sujets contaminés.
- Il faut une petite installation consistant en un laboratoire ambulant avec autoclave, étuve, etc., à établir dès les premiers jours d’octobre, pour la préparation du virus à employer vers le 15 ou au plus tard au commencement de novembre. x
- Le matériel du laboratoire comprend l’autoclave permettant de stériliser à la fois 25 à 50 brocs à lait de 15 à 20 litres; l’étuve à 57°, qui peut être un local convenablement choisi et chauffé nuit et jour à 50°-55°,
- ( t les accessoires nécessaires aux diverses manipulations, l’aplatisseur à avoine et les semoirs à main pour distribuer dans les champs le grain imprégné de virus. La direction du laboratoire exige le concours d’un bactériologiste au courant des méthodes générales de la microbiologie, capable de surveiller la préparation du bouillon de culture, et d’ensemencer le virus dans les conditions d’asepsie voulues.
- La constatation des résultats donnés par le traitement peut être faite après dix à quinze jours ; pratiquement, on trouve peu de cadavres : les Campagnols meurent dans leurs trous et sont, le plus souvent, dévorés par les survivants.
- On pense que ces derniers peuvent succomber à leur tour, sous l’effet de la contamination, en contractant la même maladie, mais on ne saurait l’aftirmer, la question étant encore à l’étude, sur ce point.
- Les récoltes sont sauvegardées dès l’instant que l’on ne constate plus la fréquentation des sentiei’s et des trous par les rongeurs. Mais — on ne saurait trop insister sur cette condition essentielle — pour obtenir un résultat cerlain, il est de toute nécessité que le traitement soit appliqué avec soin sur toute l’étendue du territoire
- envahi, sans en excepter la moindre parcelle. Dans certaines localités, les cultivateurs, comprenant cette nécessité absolue, et suivant le conseil donné par les Directeurs départementaux des Services agricoles, ont constitué des Syndicats de destruction des' Campagnols, organismes qu’il faut multiplier pour faciliter la généralisation de la lutte.
- Au cours des deux campagnes de destruction en 1920 et 1921, dans la Marne, la Haute-Marne et les Ardennes, sous la direction de M. le D' Déribèrè-Des-gardes, le traitement par le virus fut elfectué dans 94 communes ; 25 274 hectares furent traités, en employant 27 450 litres de virus.
- Les résultats furent très satisfaisants, surtout dans les localités où les cultivateurs surent s’entendre, s’organiser, et s’appliquer à suivre les directives qui leur étaient données.
- Dans la Meuse, la lutte fut engagée dans 54 communes ; 5007 hectares furent traités en employant 5085 litres de virus.
- Etant donné que le virus est à préférer lorsqu’il s'agit de traiter de grandes étendues de territoires infestés, et que l’organisation de la lutte par la constitution de Syndicats de défense en vue de l’installation de postes de préparation et d’épandage d’appâts rirulent, exige un certain temps, ne peut être l’œuvre d’un jour, il convient, en attendant la réalisation de l’organisation complète, de recourir à l’emploi d’appâts empoisonnés, lesquels sont d’ailleurs à conseiller pour opérer sur des surfaces relativement peu étendues ou sur des terrains éloignés des habitations.
- L’Institut de Recherches agronomiques préconise, dans ce cas, diverses formules d’appâts empoisonnés. Ces formules sont assez nombreuses.
- Celles qu’il y a lieu de retenir plus particulièrement sont les préparations au carbonate de baryte (pain de baryte), à l’acide arsénieux ou au phosphure de zinc.
- Le mémoire de M. le D' Déribèrè-Desgardes indique l’emploi du carbonate de baryte sous forme de pilules à 20 pour 100, ou de pain baryté expérimenté conjointement avec le virus, en 1919-1920, dans le Cambrésis, sous la direction de M. Boullanger, directeur de l’Institut Pasteur de Lille.
- Voici la formule de ce pain baryté, préparé spécialement pour cet usage :
- Farine de 2e qualité .... 00 grammes.
- Carbonate de baryte .... 20 —
- Eau et levure................Quantité suffisante.
- On fait cuire lentement, de manière à obtenir un pain dur et sec. Pour l’emploi, on le fait tremper dans du lait écrémé ou du petit-lait ou même de l’eau aromatisée ou sucrée.
- L’addition d’anis offre l’avantage d’attirer les Campagnols, les rats et les souris, et d’éloigner les chats et les chiens.
- On distribue dans les trous ce pain baryté, divisé en petits morceaux.
- Voici une autre formule préconisée par M. Malpeaux, Directeur de l’Ecole pratique d’Agricullure du Pas-de-Calais :
- Farine de 2° qualité .... 4 grammes.
- Carbonate de baryte .... 1 —
- Sucre.................. Quantité suffisante.
- Cette formule est analogue à la précédente, mais l'appât est sous forme de poudre sucrée au lieu d’être
- p.268 - vue 272/688
-
-
-
- 269
- A PROPOS DE LA CATASTROPHE D’AMALFl
- sous forme de pain. Avec 1 kg de carbonate de baryum, on peut traiter 3 à 4 hectares.
- L’acide arsénieux peut être employé sous forme d’appâts ou sous forme de pâte.
- L’appât se prépare selon la formule suivante :
- Avoine ou autre grain décortiqué ..........................10 kilogr.
- Mélasse......................... 1 —
- Acide arsénieux coloré ... 1 — 500
- Farine.......................... 0 — 500
- Fssence d’anis...............Quelques grammes.
- On a employé l’acide arsénieux sous forme de pâte arsenicale en opérant comme suit :
- Dans cette pâte, tremper de petits fétus de paille et les introduire ensuite dans les trous. Les Campagnols, en sortant et rentrant dans leurs terriers, se frottent en passant contre ces chaumes, imprègnent ainsi leurs poils, et en se léchant, ils s’empoisonnent.
- La pâte arsenicale se trouve dans le commerce. Il est de même ficile de se la procurer en préparant un mélange composé de 1 gr d’acide arsénieux dans 500 gr de graisse bouillante; ensuite, on étend cette pâte sur du pain ou sur des rondelles de carotte ou de betterave, que l’on distribue dans les trous, bouchés ensuite, mais en évitant de les' souiller de terre.
- Ces appâts ne doivent pas être préparés trop tôt avant le moment auquel on se propose de les employer.
- On a obtenu de bons résultats avec le phosphore et le phosphure de zinc, sous forme de pilules. En Italie, le Ministère de l’Agriculture a préconisé le phosphure de zinc.
- La pâte phosphorée, connue depuis longtemps, est au-si un appât efficace. On la trouve dans le commerce (« pâte bleue »); on peut la préparer en mélangeant 1 gr de phosphore blanc en bâton avec 500 gr de graisse
- bouillante. Le mode d’emploi est le même que celui de la pâte arsenicale.
- Quelles que soient les substances toxiques utilisées, et nous ne citons ici que. celles plus particulièrement préconisées par l’Institut de Recherches agronomiques — relevant du Ministère de l’Agriculture — on ne saurait trop recommander de prendre de minutieuses précautions dans la préparation et dans la distribution des appâts empoisonnés; afin d’éviter toute erreur, tout danger pour l’homme et les animaux domestiques, il faut que ces appâts soient colorés fortement et introduits directement dans les terriers des rongeurs ou dans de petits conduits, tels les tuyaux de drainage en poterie, de petit diamètre où seuls les rongeurs peuvent pénétrer; enfin, toutes mesures préservatrices s’imposent aux manipulateurs : se laver très soigneusement les mains et nettoyer de même les récipients ayant servi à la préparation et à l’épandage des appâts empoisonnés.
- Tels sont, à l’heure actuelle, les procédés de destruction que la science et la pratique expérimentale mettent à la disposition de l’agriculture pour lutter efficacement conlre les Campagnols et conjurer ainsi un des plus grands fléaux qui déciment nos récoltes. Les agriculteurs français devront un juste tribut de reconnaissance à M. le Br Déribèrè-Desgardes, qui en organisant la lutte dans plusieurs départements parmi les plus atteints, durant ces dernières années, leur a montré la voie à suivre pour triompher de ce fléau.
- Profitant du précieux concours de ce savant, doublé d’un technicien distingué, ils s’appliqueront à employer rationnellement les procédés de destruction indiqués, notamment par une organisation méthodique, généralisée en vue d’une action concertée et immédiate sur toute l’étendue des territoires envahis.
- Ihixr.i Bi.in.
- Lauréat de l'Académie d’AgrionlIure
- A PROPOS DE LA CATASTROPHE D’AMALFl
- Le danger des roches calcaires.
- Les éboulements qui viennent de ravager la côte italienne d’Amalfi, entre Salerne et Positano, paraissent dus à des causes multiples.
- On a parlé de secousses sismiques, fort vraisemblables dans cette région volcanique de Campanie. Des pluies diluviennes et des débordements de torrents ont dû aussi disloquer des masses rocheuses. . ,r
- Mais ce qu’il y a surtout lieu de retenir, c’est le détachement d’immenses quartiers de dolomies tria-siques et de falaises crétaciques fissurées, qui se sont abattues sur les malheureuses agglomérations accrochées au flanc du rivage. L’infiltration surabondante des eaux d’orage, parmi les crevasses naturelles de ces roches, fut certainement l’agent principal du sinistre. - -.......-
- Il est nécessaire de rappeler une fois de plus, à propos de ce désastre, que la trop grande audace des
- travaux artificiels, parmi les calcaires est pleine de dangers.
- Assurément,, il est une catégorie d’éboulements que rien ne permet de prévoir ou tout au moins de prévenir ; ce sont ceux qui résultent de glissements naturels d’assises rocheuses compactes, sur des lits argileux sous-jacents lentement délayés par les eaux: tels les classiques éboulements de Goldau (2 septembre 1806), et d’Elm (11 septembre 1881), en Suisse, etc., et probablement aussi celui qui vient de se produire à Monachil, près de Grenade (Andalousie) (Voir mon Nouveau Traité des Eaux Sou-terraines, p. 545) ; il en est d’autres que l’on a su empêcher par des précautions prises en temps utile : par exemple au rocher de Torméry, près Chambéry (Savoie), 22 mai 1913 (voir La Nature, du 7 juin 1915) ; au glissement de Fursil au val de Travers (Jura Suisse) en 1900, etc.
- p.269 - vue 273/688
-
-
-
- 270 ======= A PROPOS DE LA CATASTROPHE D’AMALFl
- Fig. i-
- Une vue d? Amalfi avant iRçq.
- Mais il y a des cas où des accidents sont principalement dus à un excès de hardiesse et à l’imprévoyance. Par exemple l’éboulement du 20 novembre 1907, qui fit 14 victimes pendant la construction de la nouvelle route des gorges du Loup (Alpes-Maritimes), et qui a été décrit ici même (n° du 12 août 1911).
- J’ai expliqué alors comment les ingénieurs et les entrepreneurs ne doivent pas demander aux terrains calcaires une cohésion et une sta^ bilité, dont ils sont dépourvus à cause de leur fissuration d’une part, et à cause des poches d’eau qui s’emmagasinent dans leurs crevasses d’autre part.
- Ma dernière visite aux. parages si éprouvés d’Amalfi remonte bien loin (mai 1905) ; mais j’étais, dès lors, très familiarisé avec les eaux souterraines du calcaire, qui est véritablement une « roche maligne ».
- Les Italiens pourraient à bon droit la dénommer mala roccia, car les écroulements naturels sont si fréquents dans ce pays, qu’on a créé pour eux un terme spécial, le mot « frane ».
- Or j’ai gardé note d’avoir été positivement terrifié par l’exagération des sectionnements et des surplombs, d’ailleurs magnifiquement pittoresques, de la route du littoral surtout entre Amalfi et Positano.
- Les figures ei-eontre font suffisamment voir comment les tranchées et
- évidements ont affaibli, inconsidérément, les bases et assises de falaises admirables, mais non moins friables que celles de notre pays de Gaux. En beaucoup trop d’endroits, on avait supprimé le « fruit » ou déclivité nécessaire des murailles. Et il n’était que trop clair que, sur bien des points, on avaitcompromis l’équilibre naturel des escarpements, en accroissant la raideur de leur profil. En outre, les nombreux torrents qui découpent cette côte, par des cluses étroites, devaient ajouter, au péril ainsi préparé celui de leurs crues terriblement violentes, qui contribuent à la démolition des ravines traversées; enfin, et exactement comme dans la gorge du Loup, il est certain que les fissures aquifères des roches étaient, depuis l’établissement de cette belle route, moins solidement contre-butées et que beaucoup d’entre elles ont été amenées ainsi h. éclater plus facilement.
- Déjà un désastre précédent s’était produit, à Amalfi même, le 2 décembre 1899, à travers le
- p.270 - vue 274/688
-
-
-
- A PROPOS DE LA CATASTROPHE D’AMALFl
- 271
- promontoire occidental de la plage; on avait d’abord creusé pour la route un tunnel, juste en dessous de l’excavation dite « grotte des Capucins » ; quoique peu profonde, celle-ci, en forme de porche élevé, créait un point faible dans la falaise, et c’est justement à la base de ce point, et au droit du tunnel, qu’on eut ensuite la témérité d’enraciner une jetée de port, dont les abords attaquèrent encore la base de l’escarpement.
- Ainsi ébranlée par deux travaux artificiels, toute la masse s’écroula donc à la date ci-dessus, sous l’effet des infiltrations, consécutives à de grandes pluies. Elle emporta la grotte et l’extrémité de l’hôtel voisin, ne faisant, par miracle, que 2 victimes. Cette fois-ci, malheureusement, leur nombre est terriblement plus considérable.
- Assurément, il serait purement cruel d’épiloguer ainsi après coup sur une catastrophe pareille. Mais il y a longtemps que j’ai donné sur les dangers des calcaires, en matière de
- Fig. 4. — Posil.vio.
- Fig. 3. — Amalfi.
- Effet de l'éboulement du 2 décembre 1899, causé par les travaux imprudents du port et des tunnels de la route. Au fond Vetica Minore qui vient d’être détruite fin mars 1924. (Cliché E.-A. Martel.
- travaux, publics, les avertissements nécessaires et cela m’autorise à les réitérer.
- D’abord, à propos de l’exploitation des masses de tuf, souvent poussées trop profondément (C. II. Ac. Sc., 9 mai 1898); puis, dans une autre note {ibidem, 25 septembre 1911, et dans l’article cité ci-dessus) sur la construction des routes et ouvrages d’art en terrains calcaires. Certes, il n’y avait pas une simple « prophétie de malheur », à demander aux ingénieurs et entrepreneurs d’ètre plus prudents dans les calcaires, à cause de leur fissuration et de leur hydrologie souterraine.
- Le nouveau cataclysme d’Amalfi oblige à rappeler que ces roches, pseudo-compactes, n’admettent que très difficilement la modification de leur assiette naturelle. Le moindre dérangement artificiel extérieur peut déclencher tôt ou tard, aussi bien un grand décollement de masses rocheuses, qu’un échappement subit d’eau souterraine après surcharge d’infiltrations.
- Ceci n’est vraiment pas inutile à évoquer de nouveau, à une époque où, de toutes parts, se multiplient notamment les établissements de retenue d’eau pour l’utilisation des forces hydrauliques naturelles (houille blanche, etc.)
- Il est permis d’affirmer, en la matière, qu’il existe réellement ce
- p.271 - vue 275/688
-
-
-
- 272
- A PROPOS DE LA CATASTROPHE D’AMALFl
- qu’on pourrait appeler « le péril des grands barrages ». L’Italie également en a subi la funèbre et récente expérience, par la rupture de celui du Gleno, à Dezzo, près Bergame (30 novembre-1er décembre 1925), qui fît, paraît-il, 700 victimes. Dans cette sorte de travaux encore, où l’on arrive à la limite des possibilités,on préparerait d’immenses désastres, si l'on voulait « trop forcer la nature ». J’ai noté jadis (G. R. Ac. Sc., 25 décembre 1912), comment le grand barrage Roosevelt (Arizona) avait,
- noms ne guérirait pas le mal, qui est, sinon fait, du moins préparé ; cela ouvrirait d’inutiles polémiques.
- Je dois remémorer cependant, à l'appui de ce nouvel appel à la circonspection, qu’à la fin d’octobre . dernier, de s chutes de pierres se sont produites dans la grotte du Mas d’Azil (Ariège), traversée par une route nationale et par une rivière, sur 410 m. de longueur. Le service compétent a du, pendant quelques jours, y interdire, la circulation pour prendre
- à peine rempli, amené le curieux déplacement, de l’amont à l’aval, de sources thermales, grâce à des fissures du sol ; et il me souvient qu’à mes remarques, les ingénieurs de l’ouvrage avaient répliqué : « Nous ne bâtissons point pour l’éternité, et toutes « les vallées d’aval sont inhabitées à plus de 100 km « de distance ». Cette américaine réponse est acceptable parmi les solitudes lointaines, limitrophes du Mexique ; mais, dans nos grands projets de France, dont certains dépassent toute prudence, il n’en saurait être de même et il faut une fois de plus proclamer combien les calcaires sont sournois.
- Il serait facile de citer chez nous plusieurs vallées, où des routes, actuellement très fréquentées, ont été exécutées en dépit de toute clairvoyance de ce chef : mais la divulgation de leurs
- les précautions rendues nécessaires, et notamment pour déloger d’autres blocs paraissant ébranlés dans cette percée du Plantaurel. (Dépêche de Toidouse, 28 octobre 1923.) D’ailleurs un autre travail s’impose ici, c’est le renforcement d’un pilier naturel, qui soutient la voûte de la caverne, et qui est dangereusement érodé par les crues de la rivière souterraine de l’Arize. (Voir Annales Hydrauliques agricoles, fasc. 40, 1911, p. 84.)
- Pour conclure donc, avec nos attristées sympathies envers les infortunés sinistrés d’Amalfi, indiquons une fois de plus aux entreprises de travaux publics, quelles qu'elles soient, à quelles traîtrises les exposent les roches « malignes » des calcaires et surtout des dolomies.
- E.-A. Martel.
- Le üérant : P. Masson. — Imprimum: Laiimie. 9, rue <le Flcurus,. à P,ni».
- p.272 - vue 276/688
-
-
-
- LA NATURE
- N° 2613
- 3 MAI 1924
- /
- v>#
- A&*,
- TFT
- ' v^:
- T
- 4^00^’
- LES SOLEILS GÉANTS(1)
- I
- Nous avons tous été fascinés par les géants, depuis notre enfance, quand nous étions charmés par l’Ogre et le Petit Poucet, jusqu’à l’époque plus récente, où nous admirions les exploits du lieutenant Warneford et de ses émules, dans leurs combats avec les Zeppelins géants.
- Je ne m’excuse pas d’avoir un peu raccourci mon titre, contre l’attente des astronomes : j’aurais pu choisir Etoiles géantes et étoiles naines ; mais les étoiles, nous le savons, sontdes soleils. Certes je m’occuperai des soleils nains, mais les véritables nains de la science sont les atomes minuscules, à l’autre extrémité de l’échelle — ou plutôt, même, les électrons dont ils se composent.
- La distance des étoiles et leurs dimensions absolues. — Comment mesurerons-nous le diamètre d’une étoile pour savoir si elle est géante ? Il faut connaître deux éléments : d’abord le diamètre apparent du disque et,ensuite, sa distance. Lucrèce(2) suivant Epicure, croyait que le Soleil était un petit corps. Ilconcluait ainsi sans avoir égard à sa distance, en basant son jugement sur les apparences.
- Maintenant, sans essayer de discerner si le Soleil
- 1. M. le Professeur Turner a bien voulu nous autoriser à traduire et adapter spécialement pour nos lecteurs de Im Nature, une conférence qu’il fît récemment devant un public anglais pour exposer les dernières conquêtes de la science dans le domaine des théories de l'évolution des étoiles. (H. G.)
- 2. « Nec nimio solis major rota nec minor ardor Esse potest, nostris quam sensibus esse videtur »
- Lucret., De Nat. Rer. v. 564-5.
- est du diamètre d’une assiette à soupe ou d’une pièce de deux sous, ou d’évaluer ses dimensions apparentes, nous remarquons qu’il paraît avoir le même diamètre que la Lune : selon le principe de Lucrèce, le Soleil et la Lune auraient les mêmes di-
- Fig. i. — Deux astres inégaux,- inégalement éloignés sous-tendenl des angles égaux.
- mensions. Cependant, nous savons que le Soleil est 400 Jàtis plus gros que la Lune, parce que sa distance estTOITmis plus grande. Nous avons mesuré la distance du Soleil et nous avons trouvé environ 150 000000 kilomètres ; pour la Lune, nous avons trouvé 380 000 kilomètres environ. Puisque les disques ont sensiblement même diamètre angulaire (à peu près la centième partie de la distance dans chaque caS), nous en concluons que le diamètre du Soleil doit être de 1400000 kilomètres environ, tandis que celui de la Lune est de 5600 kilomètres seulement, en nombres ronds.
- Ainsi, comparé à la Lune, le Soleil est un véritable géant, en dépit de l’égalité apparente des disques ; mais, pour le déceler, il a fallu mesurer leurs distances.
- Le Soleil et la Luné nous présentent de larges disques que nous pouvons examiner en détail, et l’étude de la surface du Soleil, au moyen du speclro-héliographe, nous donne de précieux renseignements sur la constitution des enveloppes gazeuses de cet astre.
- Mais, quand nous passons aux étoiles, nous ne voyons pas de disques. Si nous croyons en distinguer, c’est une illusion provenant des imperfections des instruments d’optique. Il semble donc superflu de nous inquiéter de leurs distances. Mark Twain avait été dangereusement ballotté aux chutes du Niagara et comme le médecin notait que 16 de ses blessures, seulement, étaient mortelles, « je n’ai aucun souci des autres », dit-il. De même nous pourrions soutenir que les étoiles n’ayant pas de disques perceptibles, nous ne devrions pas nous préoccuper de leurs distances.
- Telle ne fut pas cependant la ma-
- Fig. 2. — Dimensions comparées du Soleil, de la Terre, de la Lune.
- h. S
- Si
- 18. — 273.
- 52* Année — l'r Semestre*
- p.273 - vue 277/688
-
-
-
- 274 =---.... LES SOLEILS GÉANTS
- nière de voir des astronomes. Ils ont tenté de mesurer ces distances, et, bien que les difficultés fussent décourageantes, ils se sont altaqué à elles et les ont vaincues. Nous donnons ci-dessous un tableau résumant une portion sensible du labeur de toute la vie d'un astronome écossais distingué, Sir David Gill, de l’Observatoire du Cap de Bonne-Espe'rance. Ce tableau contient la fameuse a du. Centaure, la première étoile dont on ait mesuré la distance, détermination qui fut reprise à nouveau par un autre astronome écossais, Henderson, qui observait aussi au Cap de Bonne-Espérance.
- Parallaxes d’étoiles brillantes déterminées par Giu.,
- ÉTOILES Parallaxe. •J. 0) <V -s O *qj r ÉTOILES Parallaxe. Distance en années lumière.
- Sii’ius .... 0"57 9 [3 Cen taure . . . 0"05 100
- Canope.... 0,00 ? x Croix 0,05 04
- Pvigcl 0,00 ? L’Epi 0,00 9
- a Centaure . . . 0,75 4 x Poisson austral. 0,13 25
- a Eridan .... 0,04 80 jî Croix 0,00 9
- Sir David Gill avait coutume d’énümérer les difficultés de la détermination de celte distance ; il la comparait à la mesure du diamètre d’une pièce*de dix centimes à trois kilomètres ; et, nous nous rappelons ses protestations quand son recteur, un jour lui demanda : co comment un Ecossais peut-il se préoccuper d’une pièce de dix centimes à trois kilomètres de distance? »
- -xMais nous savons qu’e cette étoile est.la plus proche et, par conséquent, la plus facile de toutes. D’autres étoiles, par contre, parfois des plus brillantes, ne donnent aucun résultat, même à unpalientEcossais. Celles qui sont susceptibles de mesures nous indiquent qu’elles sont si loin que leur lumière met des années à nous parvenir: pour les unes, quelques années ; pour d’autres, des centaines d’années etdesmilliersd’annéesaumoins pour celles dont la mesure est infructueuse.
- . Nous commençons ainsi à avoir une certaine idée de.la distance des étoiles. La méthode utilisée dans ces déterminations est la méthode classique des mesures indirectes. Nous pouvons la figurer par les faisceaux lumineux de deux projecteurs braqués sur un Zeppelin. Connaissant la distance qui sépare ces derniers et les angles suivant lesquels sont dirigés leurs faisceaux lumineux, les observateurs peuvent construire un triangle qui leur donnera la hauteur du Zeppelin.
- Remplaçons maintenant les deux projecteurs par deux télescopes, l’un à l’une des extrémités d’un diamètre dé l’orbite terrestre et le second à l’autre extrémité ; ces télescopes ne seront pas en place simultanément, mais l’étoile attendra bien six mois, ou même davantage, pour nouspermettre d’effectuer je déplacement nécessaire.
- L’angle au Zeppelin ou parallaxe devient malheureusement très petit dans le cas des étoiles.II est égal au double de l’angle déterminé par la Terre et le Soleil tels qu’on les voit de l’étoile, soit à peu près le diamètre d’une pièce de dix centimes à 3 kilomètres de distance pour a du Centaure.
- L’iijuformité des masses des étoiles. — Dé l’étoile la plus proche, le Soleil et la Terre nous apparaîtraient comme une de ces étoiles doubles serrées dont nous connaissons beaucoup de spécimens dans l’univers ; toutefois notre terre minuscule serait probablement trop faible et invisible, même de cet astre si rapproché.
- Nous n’aurions pas de difficulté à voir le Soleil, mais comme son diamètre est seulementla centième partie de la distance de la Terre au Soleil, qui, elle-même, est devenue presque imperceptible, nous voyons facilement que son disque se serait évanoui, comme il advient du disque de toutes les étoiles, même dans nos télescopes les plus puissants.
- Puisque nous nous sommes supposés transportés sur a Centaure, d’où le Soleil et la Terre nous apparaissent comme une étoile double serrée, attardons-nous un peu et vérifions un fait connu. En observant assez longuement, nous verrons le couple se déplacer dans le ciel, tandis que la Terre tourne autour de son puissant compagnon. Le Soleil cependant va beaucoup plus posément : son orbite est sensiblement rectiligne, tandis que la Terre décrit une courbe sinueuse ou, plus exactement, une trajectoire en tire-bouchon. Si les masses des deux corps étaient sensiblement égales, leurs trajectoires seraient beaucoup plus similaires et toutes deux sinueuses.
- En observant de tels'mouvements (car nous pouvons étudier le mouvement des étoiles) nous en déduisons si l’une des composantes d’une étoile double est plus massive que l’autre, ou si elles sont à peu près égales. On trouve qu’il n’y a jamais une très grande disparité dans les masses des composantes. Ces masses sont étroitement semblables, comme celles des cailloux d’une plage.
- Rappel de la classification de Harvard des Spectres stellaires. — Mais ceci ne nous donne aucun renseignement concernant les diamètres de leurs petits disques. Ne me suis-je pas Irop avancé en disant qu’il n’y a de disque visible dans aucuneétoile ? Les nébuleuses nous montrent des disques sensibles : certes ce ne sont pas des étoiles, mais elles peuvent le devenir.
- Toutefois les principaux secrets livrés par les étoiles nous sont venus surtout, non de l’augmentation du diamètre des télescopes, mais de l’adjonction à ces derniers de nouveaux instruments auxiliaires tels que la plaque photographique, le spec-troscope et beaucoup d’autres. Les raies spectrales des étoiles nous révèlent la composition de ces astres ; elles permettent en conséquence d’en effectuer une classification ; elles nous indiquent leurs vitesses de déplacement, leur éclat absolu — ceci est une découverte récente surprenante — et nous pouvons en
- p.274 - vue 278/688
-
-
-
- LE SCAPHANDRE AUTONOME
- 275:
- déduire leur distance ; elles nous réservent sans doute d’autres surprises encore.
- Pour l’instant, occupons-nous principalement de la classification des étoiles. Dans le système de Harvard on a un certain nombre de classes désignées par les lettres majuscules :
- OliAFG^*1
- On sait (‘) que, si l’ordre n’est pas alphabétique, c’est par suite de révision d’idées antérieures, et en raison de la découverte d’une succession graduelle de types intermédiaires formant une suite à peu près continue. ^
- Une série d’étoiles rangées dans cet j\
- ordre pourrait donner une représen- / J
- tation de l’évolution d’une seule étoile, /j
- tout comme il serait possible d’étu- / j
- dier la croissance d’un arbre sur des / ;
- coupes du même bois à des âges di- /
- vers, exemple déjà donné autrefois - /
- *par Sir William Herschell. Mais /
- nous avons vu un arbre croître et /
- nous savons, d’autre part, qu’il pousse j
- du gland sur le jeune arbre et jus- /
- qu’au chêne géant, tandis que nous /
- n’avons pas eu le temps de voir évo- / luer une étoile, et nous ne savons pas si les transformations vont de B vers M ou de M vers B, bien que nous disposions d’un très grand nombre d’objets classés.
- La température des étoiles et leur évolution. — 11 est donc nécessaire maintenant de trouver, sipos-sible, le sens de l’évolution des étoiles : or nous avons acquis un renseignement important quand nous avons pu relier la classification spectrale et la température des étoiles, ou plutôt la température de leur surface, qui est tout ce que nous pouvons obtenir. L’extérieur d’une étoile est la partie de l’astre la plus froide, tout comme le bord d’une assiette de potage, ainsi que la plupart de nous l'ont reconnu par une vieille et souvent douloureuse expérience. Toutefois sa température est encore assez élevée.
- Nous pouvons l’estimer aussi d’après le spectre, non pas par l’examen de ses raies, mais d’après les intensités relatives de ses diverses parties, et l’extrémité O B À de la classification \ est certainement plus chaude que
- \ l’autre. A titre d’exemple nous pou-
- \ vons donner 15 000° pour B, 5000°
- \ pour G et 2500° pour M.
- Est-ce que ceci règle-la question ?
- \ Nous savons que tous les corps ont
- \ une tendance générale à se refroidir,
- ce qui donne la direction OB — MN,
- \ comme ordre de l’évolution. Mais on
- \ sait aussi que, sous l'influence de
- la gravitation, la température d’une \ étoile peut croître et, dans ce cas,
- \ l’évolution s’effectuerait en sens contraire. La première alternative, ce-\ pendant, s’imposait plus volontiers et C’est cette classification qui fut en / l \ quand, par exemple, le Professeur
- W. W. Campbell trouvait que les 'b vitesses des étoiles, également déterminées par le spectroscope, étaient plus faibles pour le type B que pour le type M, on donnait comme signification de ce fait que les étoiles en vieillissant se déplacent de plus en plus vite.
- 'Celle idée de la dissipation de la vie d’une étoile avec passage par les types O B... M était, en vérité, assez solidement établie : quand une révolution se produisit, et dans un prochain article nous en conterons l’histoire.
- II. II. TüRlMil!.
- Professeur à l’Université d’Oxford. i
- C:
- A '
- La
- grande partie l’œuvre de Miss Annie Cannon. J’ai entendu parler d’un homme qui sait adroitement redresser des baguettes de fusils: il donne un coup d’œil le long de la baguette, un coup de marteau et voilà ! elle est droite. Son salaire s’élève à 15 livres ster-lings par semaine. Miss Annie Cannon traite les spectres avec la même habileté, mais je crains (à en juger par le rapport du Conseil de l’Observatoire de Harvard) que celte grande habileté-ne soit pas aussi convenablement rétribuée (2).
- 1. La Nature, n° 2603, p. 123.
- 2. Nous n'apprendrons rien à nos lecteurs en leur disant que la . comparaison des salaires des ouvriers armuriers et des trai.tomenls des astronomes français ne serait pas avantageuse pour ces derniers. (H. G.)
- ~OrbV?‘e~~yêr~restre
- Fig. 3.
- parallaxe d’une étoile.
- (Traduit- cl adapté par II. Gkooili.eu, Astronome à l’Observatoire de Lyon.) ,
- LE SCAPHANDRE AUTONOME
- De tous temps, l’homme a été hanté paî l’idée d’explorer le sein des eaux. Il a d’abord pénétré dans l’humide élément sans appareil. Oii trouve actuellement, dans l’archipel des Tuamotou par exemple, des plongeurs extraordinaires qui des-f cendent jusqu’à 50 m. *de profondeur^ et qui ne
- prennent aucune des précautions que recommandent les médecins'. Les seuls préparatifs de l’indigène consistent à faite fonctionner fortement ses poumons-, par d’énergiques mouvements d’inspiralion et d’ex-piralioni Ensuite, il se laisse.choir au fond de l’eau, les pieds les.premiers, sans que ceux-ci soient munis
- p.275 - vue 279/688
-
-
-
- 276
- LE SCAPHANDRE AUTONOME
- (l'aucun poids. Il reste parfois deux minutes et demie avant .de reparaître à la surface.
- La lunette dont il se sert pour examiner les fonds où il doit rechercher l’huître perlière se compose de quatre planches longues de 40 à 45 cm, larges de 25 à 30, formant une chambre dont une des deux extrémités est pourvue d’un verre et l’autre est ouverte pour laisser pénétrer la tête de l’observateur. Il applique la partie vitrée à la surface de l’eau afin d’en effacer les rides ; la limpidité et la transpa-
- s yç
- rateur de travailler en dehors d’une zone bien restreinte. Il a fallu arriver jusque vers le milieu du xixe siècle pour voir les premiers essais de l’appareil dit (C Scaphandre b, imaginé par Rouquayrol, ingénieur des Mines et Denayrouze, lieutenant de vaisseau.
- Tout le monde en connaît le principe : l’air est fourni à l’opérateur par une pompe qui le refoule dans le casque en cuivre à l’aide d’un tuyau de caoulchouc. Pratiquement, on ne dépasse guère
- F/i?. i. — Le scaphandre autonome Fi%. 2. — Le même vu du côté gauche, Fig. 3.
- Boutan, vu de face. A gauche, hou- montrant le laveur, Vinjecteur, la bouteille d’air ; à droite, appareil règè- teille d'oxygène réunis en 'un seul appa- Le même vu de dos.
- nèrateur. reil porté en bandoulière.
- rence de l’eau étant sans égale, ce simple appareil suffit à faire découvrir les huîtres que l’indigène doit aller chercher.
- Il est bien évident qu’un pareil procédé d’exploration n’est possible que dans cette région du Pacifique ; les eaux n’ont pas partout la même transparence.
- La cloche à plongeur a été connue des Romains et des Grecs. Aristote en parle avec force détails. On en trouve trace également dans l’ouvrage de Sinclair « l’Ars Nova et Magna gravitatis et levitatis » à propos des moyens employés en 1588, 1665 et 1687 pour rechercher les épaves de 1’ «„ Invincible Armada ». Mais ce moyen ne permettait pas à l’opé-
- 40 à 45 m. de profondeur. Le plongeur est limité dans sa zone d’action par le « viscère » qui le relie à la surface. Il est obligé de communiquer par traction d’une corde avec ceux qui manœuvrent la pompe pour en régler le débit. Il était donc nécessaire de chercher à le rendre autonome, d’en faire un véritable excursionniste des profondeurs. A l’heure actuelle le procédé employé est au point. , L’appafreil autonome a été imaginé par M. Boutan.
- Le Scaphandre autonome Boutan (fig. J ) est en somme un appareil portatif qui permet de rester plusieurs heures sous l’eau sans l’emploi de la pompe et du tuyau habituel. Le plongeur circule et travaille librement au fond de l’eau. L’air vicié sor-
- p.276 - vue 280/688
-
-
-
- LE SCAPHANDRE AUTONOME
- — 277
- tant de ses poumons par le nez et la bouche, est ! automatiquement expiré dans le casque par l’appareil régénérateur qui le purifie complètement et le reconstitue à l’état d’air normal. L’air ainsi reconstitué est toujours automatiquement renvoyé dans le ! casque où le plongeur respire normalement par le nez et par la bouche à son gré, et cela sans aucune gêne.
- A mesure que le plongeur descend dans l’eau, le vêtement tend à plaquer contre le corps. 11 dispose d’un appareil complémentaire constitué par une bouteille-réservoir d’air comprimé avec détendeur approprié qui fournit la quantité d’air nécessaire pour redonner à l’air emprisonné dans le vêtement le volume habituel, soit automatiquement, soit par la manœuvre d’un bouton placé à portée de la main du plongeur. A la remontée, l’air en excès est évacué par la soupape ordinaire du casque qui est conservée comme dans les appareils à pompe. Le poids total des appareils est calculé de manière à remplacer les plombs, que l’on fixe sur la poitrine et le dos des scaphandriers ordinaires.
- L’équipement, en dehors du vêtement habituel et du casque en cuivre, comprend donc :
- a) Un appareil principal : le régénérateur; b) un appareil complémentaire constitué simplement par une bouteille d’air comprimé et son détendeur.
- Appareil principal régénérateur. — L’air est vicié par la respiration du plongeur. Le régénérateur se compose à cet effet : a) d’un laveur où l’air .vicié est purifié automatiquement au contact d’une solution concentrée de potasse caustique (ou de soude caustique) ; b) d’une bouteille d’oxygène pur avec son détendeur alimentant un injecteur spécial qui assure d’une façon continuelle la composition normale de l’air, la circulation de l’air vicié du
- casque au régénérateur et de l’air purifié et reconstitué du régénérateur au casque.
- La . solution de po- ' tasse caustique est contenue dans un cylindre A (fig. 5) et elle le remplit à peu près au tiers de sa hauteur. A l’intérieur de ce cylindre se trouve une sorte de double cage mobile formée de trois feuilles mobiles Cl5 C2, C3 enroulées et de trois cloisons transversales. Cette cage est portée par un petit arbre H qui traverse le laveur suivant son axe et tourne lentement sur soi-même, mouillant .ainsi sans cesse les la- 4 — L’appareil
- mes de cuivre dans la régénérateur principal. solution de potasse.
- L’air vicié arrive dans le centre de l’appareil par le tuyau fixe K (fig. 5) autour de l’arbre laveur, circule suivant le trajet indiqué par des flèches, à travers des fenêtres pratiquées dans les lames de cuivre et ressort de l’autre côté, mais également au centre du laveur par le tuyau fixe Kt. Ce a chicanage » a pour but de faire absorber tous les gaz délétères et l’acide carbonique par la solution alcaline concentrée mouillant sans cesse des surfaces relativement considérables.
- Le mouvement de rotation des cylindres inté-
- F K M
- Fig. 5. — Schéma d’ensemble.
- p.277 - vue 281/688
-
-
-
- 278
- LE SCAPHANDRE AUTONOME
- rieurs est o-btenu à l’aide d’un.mouvement d’horlogerie rudimentaire et robuste E que l’on peut remonter même sous l’eau, à l’aide de la manivelle pliante D qui apparaît sur la porte de devant de l’appareil.
- Un dispositif a été prévu pour parer à l’arrêt accidentel du mouvement d’horlogerie. A cet effet, l’arbre II portant la cage mobile du laveur se termine par une roue à rochet C au milieu de la porte arrière N. Le bouchon protecteur O placé dans le prolongement de cet arbre sur la porte N est disposé pour en'rainer l’arbre II par Te rochet actionnant la roue G, lorsqu’on tourne le bouchon Q dans un sens convenable sur son siège P. L’arbre peut d’ailleurs tourner ainsi, même si le mouvement d’horlogerie est bloqué, car la liaison entre la roue dentée montée sur cet arbre et le pignon d’entraînement de l’horlogerie est faite également par un rochet F.
- Bouteille d’oxygène et détendeur. — La bouteille d’oxygène V (fig. 5) en acier peut être chargée à la pression de 150 à 200 kg par centimètre carré. Elle est munie d’un robinet à pointeau X avec détendeur W. Le volume intérieur de la bouteille étant de trois litres, la quantité disponible évaluée à la pression atmosphérique est de 450 litres environ. Si cette charge était faite en oxygène pur, elle pourrait suffire à alimenter la respiration d’un homme pendant six: à huit heures.
- Cependant, dans le but de faciliter les réglages et de remplacer les petites pertes d’azote qui peuvent se produire, il est préférable de charger la bouteille avec' un mélange d’oxygène et d’azote.
- Le détendeur (fig. 7) se compose d’une soupape W qui s’ouvre sous l’effet du ressort Y1? auquel s’ajoute l’effet de la pression ambiante qui s’exerce sur la surface extérieure de la membrane Y2 soumise à la pression d’écoulement sur la face intérieure. Par conséquent, lorsqu’on règle le ressort Y à une tension déterminée, le détendeur assure à l’écoulement par le tube G une pression surpassant la pression ambiante d’une quantité fixe. Comme la pression dans le tube f en aval de l’injecteur est également celle qui règne dans le casque et la partie supérieure du vêtement souple du scaphandrier, il en résulte que l’écoulement par l’injecteur de l’oxygène (ou du mélange) se fait sous une différence de pression contante qui ne dépend que de la tension du ressort Yv
- Le scaphandrier modifie cette tension à volonté par l’intermédiaire du bouton de manœuvre Y dont la course est limitée par des butées qui sont elles-mêmes réglables.
- La pression ambiante est transmise à la membrane Y2 à travers l’ouverture Y3 et,la membrane
- A
- > /
- Fig. 6.
- Coupe à travers le cylindre laveur.
- souple Y.,, qui sépare de l’eau extérieure un liquide incompressible remplissant toute la cavité Y[.
- Dans ces conditions, la quantité horaire en poids d’oxygène, débitée par l’injecteur pour un réglage donné, varie très peu quand la pression ambiante varie, c’est-à-dire quand le plongeur s’enfonce plus ou moins sous l’eau.
- Il faut remarquer que pour les plongées très profondes, il est absolument nécessaire d’éviter de donner au scaphandrier une atmosphère trop riche en oxygène, car au delà d’une pression absolue de 1/2 à 5/4 d’atmosphère, l’oxygène devient toxique. Il est avantageux dans ce cas, de réduire dans l’air régénéré la proportion d’oxygène au-dessous de la teneur normale de l’air atmosphérique. On y arrive très facilement, soit en réduisant la teneur en oxygène du mélange comprimé dans les bouteilles, soit en modifiant légèrement le réglage du détendeur.
- Injectcur. — L’injecteur reçoit l’oxygène (ou le mélange) par le tube C (fig. 5) et l’air p irifié venant du laveur par le tube T ; il refoule l’air rechargé en oxygène par le tube f. Cet injecteur est formé d’une buse d et de trois cônes successifs e; il a été spécialement étudié pour provoquer un entrainement considérable de l’air circulant dans l’appareil.
- En raison de la faible résistance du circuit formé par le laveur et les tuyaux au passage de l’air, dès que le débit d’oxygène (ou du mélange) comprimé « atteint » 70 litres à l’heure (mesures faites à la pression atmosphérique), le volume entraîné dépasse sensiblement 2 mètres cubes et demiàl’heure, alors, que le volume de l’air respiré par le scaphandrier est au plus d’un mètre cube et demi dans le même temps.
- Le fonctionnement de l’appareil assure donc l’envoi automatique, par les tubes f et g vers le casque, d’une quantité surabondante d’air complètement régénéré : le filtre placé sous la buse d’injection (d) évite l’obstruction de l’injecteur par une poussière provenant de la bouteille.
- S’il se produit des surpressions accidentelles dans le tube G par exemple, une soupape de sûreté fonctionne. Le scaphandrier est alors prévenu par les bulles qu’elle laisse échapper du fonctionnement anormal de l’appareil. Le manomètre relié au tube G et soumis à la pression ambiante lui indique la pression relative sous laquelle l’injecteur est alimenté.
- Le laveur, l’injecteur, la bouteille d’oxygène et les tuyauteries les reliant, sont appareil de construction robuste que le scaphandrier porte en bandoulière par une bretelle et qui est relié au casque par les tuyaux R et g.
- Bouteille d’air. — Cette bouteille (fig. 5) est en général à 200 kg de pression par cm2 ; elle est munie d’un robinet et d’un détendeur semblable à celui de
- Fig.£. — Dispositif du détendeur,
- réunis en un seul
- p.278 - vue 282/688
-
-
-
- LES VIPERES DE FRANCE ~........ ' — 279
- la bouteille d’oxygène. Le scaphandrier l’utilise au moyen du bouton 1 ; ce bouton doit d’ailleurs être réglé.d’avance de manière que le détendeur s’ouvre de lui-même dès que la pression ambiante devient sensiblement supérieure à la pression d’air contenu dans le casque et le tube. Ce fait peut se produire, par exemple, en cas de descente brusque et involontaire du scaphandrier.
- Le scaphandrier est renseigné par un manomèlre porté par la bouteille sur la quantité d’air dont il dispose. Il porte la bouteille en bandoulière du côté opposé à l’appareil principal.
- Dans l’avenir, on peut prévoir qu’à l’aide de cet appareil, les profondeurs les plus grandes atteintes actuellement par les plongeurs munis de l’appareil ordinaire pourront être dépassées. En effet, l’un des principaux obstacles pour descendre à une grande profondeur est l’empoisonnement causé par l’oxygène. Or, l’appareil autonome permet de doser le mélange d’azote et d’oxygène avant la plongée selon les besoins. On règle donc ainsi la pression absolue de l’oxygène dans l’atmosphère limitée que respire le plongeur.
- F. C.
- Ingénieur E. S. E.
- LES VIPERES
- Trois espèces de Serpents composent la faune | ophidienne venimeuse de notre pays, ce sont : la Vipère Bérus, Ja Vipère aspic et la Viperaursini.-— C’est par erreur que la Vipère ammodyte a été mentionnée aunombre des Vipéridés de France.
- La Vipère bérus, Vipera bervs Daud., ou Pé-liade (fîg. 1 et 3), est quelquefois appelée Vipère à trois plaques parce qu’elle porte sur la tête trois écussons, souvent prolongés par deux autres plaques plus petites. Elle est aussi connue sous le nom vulgaire de Vipère grise. Sa coloration est très variable, mais toujours sombre ; gris brun pour les parties supérieures du corps, gris bleuâtre pour les inférieures, avec une touche de blanc jaunâtre sous la gorge. Une ligne presque noire, court en zigzag-tout le long de son dos. Le museau est droit. Les pupilles sont verticales. La taille de cette Vipère est de 0 m. 56 à 0 m. 60. C’est l’espèce qui a donné lieu aux plus regrettables confusions, car, à première vue, elle ressemble assez au Tropidonote vipérin.
- La Vipère aspic, Vipera aspis Linn. (fîg. 2 et 3), souvent dénommée Vipère rouge, est d’une détermination plus aisée. Sa tête est couverte de petites écailles ; cependant certains individus présentent des écailles plus grandes que les autres, sans toutefois rappeler les plaques céphaliques de la Vipère bérus. L’aspic a l’extrémité du museau retroussée, particularité qui le distingue de la Vipère bérus. Comme elle, il est habillé de teintes sombres, mais relevées fréquemment par des nuances rousses.
- Elle atteint de 0 m. 60 à 0 m. 66 de longueur totale, et parfois davantage. En général, les Ophidiens mâles sont plus petits que les femelles ; mais la Vipère aspic fait parfois exception à celte règle.
- Quant à la Vipera ursinii (fig. 5), au museau arrondi, elle a quelques plaques sur la tête, plus larges que les autres écailles,
- D’une manière générale, on peut dire que les Vipères se reconnaissent à la largeur de leur tête à la base, au cou très distinct, et à leurs formes plus ramassées que celles des autres Ophidiens. Elles sont plus grosses, presque cylindriques, avec une courte
- DE FRANCE
- queue pointue. Elles sont aussi plus lentes dans leurs mouvements.
- La Vipère bérus recherche les lieux boisés et rocailleux ; assez commune aux environs de Paris, on la trouve, notamment, dans la forêt de Montmorency.
- L’Aspic se plaît également dans les terrains pierreux ou broussailleux, dans les bois et dans les vignes, en tous endroits chauds et arides. 11 n’est pas rare dans la forêt de Fontainebleau.
- La Vipère ursinii n’habite que les Basses-Alpes et le Vaucluse. D’un caractère paisible, elle n’est pas redoutée comme le sont les espèces précédentes.
- Mous insistons sur le fait que les Vipères se tiennent dans les lieux arides ; elles ne s’approchent des eaux que pour aller boire. Cependant, au cours des étés particulièrement secs, il leur arrive de venir chercher un peu de fraîcheur dans les terrains cultivés.
- Il est très fréquent que les Vipères s'abritent dans les remblais et les tranchées des lignes de chemins de fer. Ainsi, dans la région biésoise, la voie tracée à mi-coteau sert de refuge à ces Reptiles, lesquels se hasardent parfois dans les jardins environnants et jusque dans les habitations.
- Les Vipères s’éloignent peu de leur retraite ; celle-ci consiste en un trou de rongeur, en une cavité de rocher, en un creux d’arbre. Chaque animal a fréquemment plusieurs domiciles. Parfois, les Vipéridés vivent en compagnie d’individus de même espèce ou d’espèce différente, telle que la Couleuvre vipérine. Parfois une réunion de Serpents s’enlacent pour se chauffer au soleil, et, sans doute, celte masse grouillante et sifflante, donna- t-elle naissance au mythe de la tête de Méduse, la plus terrifiante des gorgones...,.
- L’hibernation des Vipères est beaucoup moins longue qu’on ne le suppose communément. Dès le mois de février, si le soleil brille, ces Serpents sortent de leur trou pour se chauffer, en s’étendant tout auprès. Et en mars, s’accuse l’activité du Reptile, que la faim commence à tenailler ; de sa démarche un peu lourde, il s’aventure à la recherche
- p.279 - vue 283/688
-
-
-
- 280 — — LES VIPÈRES DE FRANCE
- Fig. 1. — Vipère bérus, d'après A. Millot.
- de quelque proie. C’est à celte époque que la morsure de la Vipère est particulièrement redoutable. Au sortir de l’engourdissement hivernal, se sentant peu agile, l’animal surpris se défendra et mordra, inoculant alors, à forte dose, son venin.
- Vers le 15 mars, les Vipères songent à s’accoupler. La pariade continue en avril et en mai.
- En juin les Vipéridés se cachent dans leur demeure pendant les heures de très forte chaleur, ou s’abritent sous l’herbe; mais quand la température se modère, ils sortent pour s’étendre sur les points découverts. S’il a plu, ils vont se sécher sur quelque élévation.
- A la fin d’août et en septembre, a lieu la naissance des petites Vipères. Les femelles fatiguées par la parturition chassent avec ardeur, et mangent de bel appétit ; quant aux mâles, ils deviennent très gras. Il ^est nécessaire, en effet, que les Ophidiens amassent des provisions de graisse, afin de pouvoir subir le jeûne hivernal.
- En octobre, si le temps est doux, les Vipères mangent encore. Mais déjà elles se préparent à hiverner.
- En novembre, par les belles journées, elles sortent de leur repaire pour se chauffer au soleil, mais sans s’éloigner. Elles ne prennent plus aucune nourriture.
- En décembre, il leur arrive encore parfois de sortir un peu. Mais eh janvier, elle restent cachées dans leur trou, plongées dans, un engourdissement qu’il ne faudrait pas croire très profond.
- Souvent, les Vipères hivernent en compagnie dans un creux d’arbre, dans une cavité de rocher. Pelotonnées les unes dans les autres, et presque immobiles, elles vivent de leur graisse en attendant le retour des beaux jours.
- Les Vipères sont vivipares ou plutôt ovovivipares. Leur nom Vipère vient du mot : « vivipare », déformé. Ces Ophidiens mettent au monde des petits vivants, ou; plus exactement, les œufs éclosent dans le sein de la mère, ou sont près d’éclore.
- M. Raymond Rollinat ayant mis" en cage une
- femelle Aspic de forte taille et prête à déposer ses petits, celle-ci, le 51 août, de midi à une heure et demie, eut deux petits vivants et un mort. Les petits naquirent dans leur enveloppe mince et transparente ; le jeune animal, replié plusieurs fois sur lui-même, s’agite et rompt sa prison. Il traîne, pendant un moment, ses enveloppes fœtales, qui sèchent, puis se détachent. A une heure cinquante minutes, la Vipère donne un quatrième petit, qui s’agite, bien vivant, dans son œuf.
- Les trois petits étaient vigoureux ; ils mordaient les objets qu’on leur tendait. Ils présentaient une coloration brun gris rayé de noir sur le dessus du corps avec le dessous blanc rosé et gris pâle. Une femelle, plus brune, mesurait unelongueurtota le de 185 millimètres! dont25 millimètres pourla queue. Un mâle mesurait 197 millimètres, dont 52 millimètres pour la queue. Le troisième, une femelle, avait 196 millimètres, dont 26 millimètres pour la queue; cette petite Vipère avait les parties supérieures d’ün brun roux.
- Ces trois Vipereaux possédaient bien le museau retroussé propre à leur espèce ; mais ils portaient sur la tête trois écailles plus grandes que les autres.
- La dent caduque n’existe jamais chez les jeunes Vipères, cequi prouve l’ancienneté de l’ovoviviparité delà Vipère, ancienneté que M. Raymond Rollinat a démontrée dans une communication intitulée : « Observations sur la tendance vers l’ovoviviparité chez quelques Sauriens et Ophidiens de la France centrale » (Mémoires de la Société Zoologique de France, 1904). Le savant naturaliste a reconnu que trois Reptiles de France, Je Lézard des Souches, la Couleuvre à collier et la Couleuvre Vipérine, tendent à devenir ovovivipares ; leurs descendants, selon l’avis deM. Rollinat, finiront par devenir ovovivipares dans quelques siècles.
- Donc, ohez la Vipère aspic, la dent caduque qui servait au jeune Serpent à fendre son œuf au temps où l’espèce était ovipare, devenue inutile, s’est atrophiée et demeure cachée sous la muqueuse buccale. A la place qu’elle devrait occuper, il ne se trouve plus qu’une petite protubérance, laquelle doit disparaître peu après la naissance de l’animal.
- Revenons à la Vipère aspic qui, en cage, vidait ses oviductes : un peu avant six heures du soir, elle mit au monde un cinquième petit. Le 10 septembre elle eut un petit, mort sous son enveloppe, et elle portait en elle un septième petit, mort également.
- Fig. 2. — Vipère aspic, d'après A. Millot.
- p.280 - vue 284/688
-
-
-
- LES VIPÈRES DE FRANCE
- 2S1
- Les. femelles captives ne donnent pas naissance à leurs petits en une seule journée.
- M. Rollinat tua la Vipère aspic dont nous venons de parler, le 20 septembre, afin de la disséquer. Pour cela, il la plaça dans un bocal dans lequel fut jeté du coton imbibé de chloroforme. Il n’est pas recommandable de tuer les Serpents en les décapitant, lorsqu’on les destine aux travaux de laboratoire, parce que le corps s’agite longtemps: ainsi, une Vipère s’agitait avec force quatre-vingt-se'ze heures après avoir été décapitée !
- La Vipère aspic donne naissance, chaque année, à un nombre de petits qui varie de quatre à dix.
- Contrairement à une croyance assez répandue, les Vipères ne s’occupent en aucune façon de leurs
- disproportionnées avec sa propre taille; ainsi en avril, M. Rollinat retira d’une Vipère aspic, longue de 21 centimètres, une femelle de Lézard des murailles ayant plus de 17 centimètres !
- Les adultes, pendant les mois d’avril, mai, juin, juillet et août, font une guerre sévère aux Rongeurs : Mulots, Campagnols, etc..., à tel point que ces Serpents, s’ils n’étaient pas venimeux, pourraient être considérés comme assez utiles. Malheureusement, ils s’attaquent aussi aux Oiseaux et détruisent beaucoup de nichées des espèces humicoles parmi lesquelles se rangent de précieux auxiliaires de l’Agriculture.
- L’appétit de la Vipère est considérable : M. René Martin vit un Aspic dévorer en deux heures les quatre
- Fig. 3. — De gauche à droite, têtes di Vipera bems, de Vipera a s pi s et de Vipera ursinii.
- (Daprès les figures parues dans la Revue d’histoire naturelle appliquée, n°s r et 2, de 1923, publiée par la « Société
- nationale d’Acclimatation de France ».)
- petits, qui doivent seuls se tirer d’affaire en cemonde. D’ailleurs, ils naissent avec une réserve de graisse qui leur permet, s’il le faut, d’attendre le printemps suivant pour commencer à prendre de la nourriture. Etdès leur naissance, ils sont en mesure de se défendre, puisque leur appareil à venin peut fonctionner, les crochets étant déjà très développés.
- Nous avons vu que les Vipères nouvellement nées mesurent dé 18 à 20. centimètres de longueur. Au printemps suivant, elles atteignent 22 centimètres. Mais la croissance est plus ou moins rapide. Tel sujet âgé d’un an mesure 50 centimètres, tandis qu’un autre du même âge n’en a que 23. A deux ans, l’Aspic atteint jusqu’à 55 centimètres.
- Quand le Vipereau a déchiré la fragile enveloppe qui le contenait, il va se cacher dans un trou, sous une pierre ou sous l’herbe. Il se chauffe au soleil et il se prépare à hiverner.
- Au printemps, sa première nourriture consiste en menus Lézards et en Mammifères naissants. A mesure qu’elle se développe, la jeune Vipère s’attaque à des proies plus fortes et, du reste, presque toujours
- ou cinq petits qui composaient lanichée d’un Bruant jaune !
- Le Lézard vert adulte se défend courageusement contre la Vipère et devient rarement sa proie. Le Lézard des murailfes, surtout dans son jeune âge, est une des victimes des Vipères qui, en cela, font encore œuvre nuisible, puisque les Lézards sont utiles au même titre que les Oiseaux insectivores.
- Les Vipères ne mangent ni Poissons, ni Batraciens ; les Serpents, pris pour des Vipères en train de chasser ces animaux, sont des Tropidonotes vipérins. Les Vipères ne se rendent guère au bord des eaux que pour se désaltérer, ainsi que nous l’avons dit. ^
- La pupille verticale des Vipères semble annoncer des habitudes nocturnes ou tout au moins crépusculaires. Cependant, ces Reptiles chassent en plein jour ; peut-être sont-ils plus actifs quand vient le soir, à l’heure où les Rongeurs sortent de leurs cachettes. Mais peut-être aussi, la structure des yeux des Vipères leur favorise-t-elle surtout l’explo-ration des terriers de Mulots et de Campagnols.
- p.281 - vue 285/688
-
-
-
- LES VIPERES DE FRANCE
- 282
- M. Rollinat a eu le courage d’étudier le caractère des Vipères. Toute bête qui se voit en captivité commence par se montrer méchante et cela se conçoit ; mais devant la rage d’un Aspic qui s’élance pour mordre, souffle et siffle en se jetant sur le treillage de sa cage, il y a de quoi reculer d’horreur. Pourtant, après quelques jours de vaine colère, l’animal se calme ; il s’étend et, la tête dressée, semble examiner ce qui se passe autour de lui. Alors, l’observateur peut l’examiner sans dégoût : « il admire « son costume, souvent fort beau; son extrême pro-« prêté, et cette tête qui l’effrayait au début, finit « par lui paraître belle dans sa force calme, et là « encore il se voit obligé d’admirer l’œuvre de la « Nature » (*).
- Certaines Vipères sont devenues fort douces dans les cages du savant erpétologue, au point que celui-ci commit souvent l’imprudence de prendre des objets qui se trouvaient à la portée des crochets des redoutables Reptiles, sans pourtant pousser la témérité jusqu’à offrir à ses élèves, du bout des doigts, une proie quelconque, Lézard ou Souris.
- Les Vipères ont certainement quelque intelligence, car dans les premiers mois de leur captivité elles refusent les proies volumineuses. N’ayant pas perdu l’espoir de recouvrer la liberté, elles ne veulent pas, sans doute, être gênées pour se glisser par l’étroite ouverture qu’elles souhaitent découvrir. Cela suppose du raisonnement ; mais la chose est admissible puisque nous avons vu, dans un précédent article(-), qu’une Couleuvre à collier, appartenant à M. Galien Mingaud, après s’être introduite dans une volière et avoir dévoré les Serins qu’elle contenait, rendit volontairement ses proies afin de pouvoir sortir de la cage. Enfin, la plupart des Ophidiens, en se voyant capturés, rendent les grosses proies qu’ils ont avalées.
- Les Vipères sont l’objet de l’exécration universelle, exécration que justifie leur dangereux venin, mais qui est un peu exagérée, car il y aurait plutôt lieu de s’étonner de la rareté des accidents causés par ces Serpents, très nombreux en France, et spécialement en Vendée, dans les Deux-Sèvres, le Maine-et-Loire, la Côte-d’Or et la Seine-et-Marne.
- La morsure venimeuse des Vipères est loin d’être toujours mortelle. Ainsi le prouve la statistique établie par M. le Dr Viaud-Grand-Marais, qui, après 321 cas de morsures de Vipère aspic, révèle 14 pour 100 de morts, dans les départements de la Vendée et de la Loire-Inférieure.
- Des statistique® suisses et allemandes donnèrent 7 pour 100 de morts après morsure de la Vipère bérus.
- Certes, le danger est réel, mais il n’est pas aussi effroyable qu’on l’imagine communément, et souvent, par des précautions, il pourrait être écarté.
- 1. Mœurs et reproduction de la Vipère Aspic, par R. RoL-ltSat,- Bulletin de la Société Nationale ci’Acclimatation, 1005.
- 2, Les Couleuvres de France, numéro du 25 août 1925 de
- La Nature.
- Les personnes mordues sont, généralement, des travailleurs des champs ou des bois, qui pour être plus à l’aise, en leur rude besogne, s’habillent 1rop légèrement et surtout demeurent pieds nus.
- Les paysans qui ont la mauvaise habitude de faire leur sieste n’imporle où, pendant les grandes chaleurs, s’exposent à sentir sur leur corps le contact d’un Serpent glissé sous leurs vêtements. Un geste brusque du dormeur, réveillé en sursaut, déterminera la morsure de l’animal, effrayé lui aussi. .
- D’autres fois, des paysannes rapportent une Vipère dans un fagot. Ou bien des enfants heurtent de la main uu Reptile en cueillant des violettes, des fraises ou des champignons.
- Dans les régions infestées par les Vipères, il est de toute nécessité de faire constamment attention où l’on marche et où l’on porte les mains. De plus, il faut se vêtir confortablement, se chausser et se guêtrer. Enfin, il est bon de détruire les broussailles aux abords des habitations.
- Les Vipères n’attaquent pas l’homme; mais s’il les surprend en les touchant par mégarde, elles répondent par une ou plusieurs morsures.
- Nous avons dit que les Vipères n’ont pas les formes effilées et gracieuses des Couleuvres. Pesantes et lentes, elles se savent terriblement armées et, si elles se croient en danger, elles attendent dans l’immobilité, prêtes à mordre.
- Que faire, lorsqu’on aperçoit tout près de soi une Vipère, sinon garder assez de sang-froid pour s’éloigner, avant d’avoir pu la heurter ou l’effrayer? La Vipère ne peut pas s’élancer à plus de 30 à 35 centimètres.
- Dans la lutte contre les Serpents venimeux, il y aurait le plus grand intérêt à favoriser leurs ennemis naturels : les Blaireaux et surtout les Hérissons ; le Circaète Jean le Blanc, les grands Échassiers, tels que la Cigogne; — les Corbeaux, les Chouettes, les Oiseaux de basse-cour mangent volontiers les jeunes sujets.
- Mais il faut insister sur les services rendus par le Hérisson, qui attaque toujours avec joie et succès les Vipères pour s’en régaler. Cet Insectivore ne paraît pas incommodé par le venin et ce « Milhri-date des bêtes » est le plus économique des chasseurs de Serpents puisqu’il ne réclame en retour qu’un peu de sollicitude. i
- Depuis longtemps, des primes ont été offertes aux chercheurs de Vipères; avant 1848, on donnait I franc par tête de Vipère détruite, puis la prime tomba de 50 à 25 centimes.
- La « Société Nationale d’Acclimatation de France », en 1859, se préoccupa d’organiser la lutte contre les Serpents de France. Une enquête fut pratiquée qui dévoila l’efficacité de la chasse aux Vipères pratiquée par des chercheurs que les primes encourageaient.
- En 4912, par exemple, dans le département de Seine-et-Marne, 20 468 Vipères ont été tuées par 900 chasseurs. -
- p.282 - vue 286/688
-
-
-
- ..... = LES VIPÈRES
- En Vendée, un prêtre, tout en vaquant à son ministère, a fourni pendant près de vingt-cinq ans, chaque année, à M. et Mme Phisalix, des centaines de Vipères destinées à leurs expériences. (Les Serpents venimeux, par Mme Marie Phisalix. Revue d’Histoire naturelle appliquée, publiée, par la « Société Nationale d’Acclimatation de France », nos 1 et 2 de 1925).
- Certains chasseurs peu scrupuleux, afin de bénéficier des primes sans courir aucun risque, ont parfois fait prendre par les employés chargés de les recevoir, des Couleuvres vipérines pour des vipères. Et, à ce propos, M Rollinat a rapporté l’amusante aventure d’un de ces chasseurs qui, furieux de voir découverte sa supercherie, eut la diabolique pensée de se venger en lâchant dans une salle de la mairie d’Argenton-sur-Creuse, une boîte entière de Tropi-donotes vipérins!...
- Quelques chasseurs prétendent capturer les Vipères en les saisissant brusquement à la nuque, procédé tout à fait dangereux; d’autres, immobilisent le Reptile au moyen d’une baguette et les prennent par l’extrémité de la queue que, malgré ses efforts, la bête ne peut atteindre en essayant de remonter sa tête jusque-là.
- M. Rollinat capture les Serpents au nœud coulant fait d’un morceau de fil noir solide, fixé à une longue perche à ligne. Four les Vipères, il a été extrêmement satisfait d’une pince courte, à parallélogramme, fixée à un long morceau de bois et qui se manœuvre par une ficelle passant par des anneaux. Cette pince permet de saisir une Vipère, même quand elle fuit devant celui qui la pourchasse.
- L’appareil à venin est formé, de chaque côté, par une glande très développée, placée en arrière de l’œil, qui sécrète le venin, et par un canal qui communique avec la base du crochet.
- Le crochet, long, un peu courbé, est creux et muni d’un canal destiné à déverser le venin dans la morsure. Ce crochet est fixé à un maxillaire mobile, situé à l'avant de la mâchoire supérieure.
- Les deux crochets à venin peuvent se briser; mais, en ce cas, le Serpent ne serait pas désarmé, car derrière chacun des crochets il en est deux, trois ou quatre autres, moins développés, prêts à les remplacer.
- Quand l’animal a la bouche fermée, les crochets sont couchés en arrière et dissimulés.
- Pour mordre, la Vipère ouvre la bouche toute grande, les maxillaires, en faisant bascule, dressent les crochets en avant. Les crochets sont actionnés par la volonté de l’animal. La contraction du muscle temporal agit sur la glande à venin « à la façon de la main comprimant une poire de caoutchouc ».
- Le venin est un poison du sang et des nerfs ; c’est un liquide transparent, un peu jaunâ're, sans odeur et sans saveur; mais qui ne tarde pas à faire sentir, dans la bouche, une âcreté intolérable. Il serait inoffensif, paraîfr-il, dans un tube digestif sain. Il
- DE FRANCE —-............. .....-..... — 283
- ne produit ses désastreux effets qu’en se mélangeant au sang.
- L’action du venin dépend des circonstances, de la quantité de venin versée dans la blessure, de la partie mordue, de la force de la victime, de la saison, de la température.
- La morsure, qui est douloureuse, assure-t-on, est suivie de gonflement de l’endroit atteint; une partie du corps peut se tuméfier et l’envenimation donne lieu à un ralentissement du pouls, à des syncopes, des sueurs froides, des vomissements, de la diarrhée, voire de la fièvre.
- Immédiatement après avoir été mordu, il faut s’efforcer d’arrêter la transmission du venin dans la circulation, en pratiquant, si possible, une ligature au-dessus du membre blessé, ligature faite d’un mouchoir roulé ou d’une bande de drap.
- On fera des incisions pour élargir la plaie et la faire saigner. Si l’on a la bouche parfaitement saine, on peut sucer la plaie, puis la laver à grande eau, ceci pour enlever le venin.
- Le D' Viaud-Grand-Marais, déjà cité, a préconisé la cautérisation au moyen d’un mélange, à parties égales, d’acide phénique et d’alcool. On a recommandé, également, l’usage d’une solution récente de chlorure de chaux à 1 gr. pour 60 gr. d’eau distillée, ou bien encore une solution de chlorure d’or pur à I gr. pour 100. M. Kauffmann est partisan d’injecter au moyen d’une seringue de Pravaz, profondément et au point mordu, quelques gouttes d’une solution aqueuse d’acide chromique à 1 pour 100; puis, on fait trois ou quatre injections semblables autour de la blessure.
- Si des soins ont été donnés immédiatement après la morsure, il n’y a pas à craindre de complications graves. Mais si le blessé n’a reçu aucun secours sur place, on devra frictionner légèrement les parties tuméfiées avec de l’huile d’olive; on enveloppera chaudement le malade et on lui fera prendre des boissons alcooliques, d,u thé, du café ; on lui donnera, s’il a de la fièvre, du sulfate de quinine. Des soins énergiques peuvent guérir la personne mordue ; mais il est des blessés qui ne parviennent à se rétablir, complètement qu’au bout de très longtemps.
- Aussi, dans les contrées où pullulent les Vipères, agirait-on sagement en ayant toujours une provision de sérum antivenimeux du Dr A. Galmette.
- Pour se procurer ce sérum, il suffit de le demander à l’Institut Pasteur (Service de Sérothérapie), 22, rue Uutot, Paris, XVe.
- On emploie le sérum du D1' Galmette « dans tous les cas de morsures de Vipères, chez l’homme et chez les animaux domestiques (Chiens de chasse, principalement). Il ny a pas de soin immédiat plus spécifiquement efficace ».
- Au moyen de la seringue de Roux, le sérum doit être injecté, dans le tissu cellulaire sous-cutané de l’abdomen, à la dose de 10 cm5. Il ne faut administrer au blessé ni ammoniaque, ni morphine, ni
- p.283 - vue 287/688
-
-
-
- 284 r-....... ......... LES VIPÈRES DE FRANCE
- éther. Cette formule convient à l’homme et aux animaux domestiques.
- Le sérum antivenimeux du D1' À. Calmette se conserve intact au moins cinq années.
- Dans les régions infestées par les Vipères, les médecins, les pharmaciens, les vétérinaires doivent avoir du sérum antivenimeux, et les personnes exposées à être mordues doivent en avoir chez elles, à leur disposition en cas d’accidents.
- Nous tenons à remercier ici M. le Dr A. Calmette pour avoir bien voulu nous donner les précisions ci-dessus énoncées sur l’emploi du précieux sérum antivenimeux dont il est l’inventeur.
- Il est bon de mettre en garde les personnes mordues contre la hâte de reprendre leurs habitudes, lorsqu’elles sont en convalescence, car la morsure peut occasionner des phlébites et des embolies. Il y a donc lieu de montrer une grande prudence à cet égard.
- Les animaux à circulation active sont très sensibles à l’action du venin. Les Bœufs et les Chevaux, les Anes, les Chèvres et les Moutons, peuvent mourir de la morsure d’une Vipère, tandis que le Sanglier et le Cochon l’attaquent et la mangent impunément. Les Chiens mordus ne succombent pas toujours. M. René Martin avait une Chienne qui tuait très adroitement les Vipères; une fois, elle fut mordue, ce qui la rendit malade pendant quatre jours, mais ne l’empêcha pas, ensuite, de reprendre sa chasse favorite.
- M. Rollinat sauva des chiens mordus en les traitant par les injections d’acide chromique citées plus haut.
- En somme, le venin des Vipères produit des effets variables et étranges chez les animaux.
- Le terrible pouvoir des Reptiles venimeux a de tous temps frappé l’imagination populaire. Tour à tour abhorré ou divinisé, le Serpent a toujours eu le don d’inspirer une crainte superstitieuse.
- La thérapeutique ancienne se flattait d’extraire de la Vipère des remèdes pour tous les maux : le vin, le bouillon, la graisse de Vipère, étaient ordonnés dans d’innombrables cas.
- Aux manipulations barbares perpétrées dans les officines des alchimistes, ont succédé les expériences faites par de véritables savants dans les laboratoires modernes.
- En 1781, Fontana, physiologiste italien, proclama que le venin de la Vipère réside dans sa salive et non pas dans un mystérieux pouvoir spiritueux.... En 1845, Lucien Bonaparte isola du venin de la Vipère une substance qu’il nomma « vipérine ».
- Enfin, au Muséum d’flistoire naturelle, MM. Cé-saire Phisalix et Gabriel Berlrand procédèrent à des expériences qui furent le point de départ de la sérothérapie antivenimeuse.
- En 1894, MM. Phisalix et Bertrand reconnurent que : « le venin de Vipère, dilué à 1/5000 dans l’eau, et chauffé en vase clos pendant 15 minutes à la température de 75°, perd ses propriétés toxiques, mais garde ses propriétés vaccinantes. »
- Le venin ainsi dilué et chauffé, étant inoculé à un Cobaye, à la dose de 0 milligr. 4, le préserve contre la même dose de venin non chauffé qui lui est inoculée 8 ou 10 jours après la vaccination.
- « Le sang de l’animal vacciné est devenu antivenimeux. Mélangé en proportions convenables avec une solution de venin, il en neutralise l’action toxique et, inoculé aux animaux mordus ou envenimés, il combat efficacement tous les symptômes généraux de l’envenimation : il est ainsi à la fois préventif et curatif contre l’action du venin de Vipère. »
- A la même époque, M. le Dr A. Calmette, à l’Institut Pasteur de Lille, se livrait, également, à des expériences sur le venin de Cobra capel; là, ce ne fut pas le chauffage, mais l'hypochlorite de chaux en solution, qui servit à transformer le venin en vaccin. Le sang des animaux, vaccinés devint préventif et curatif contre le venin du terrible Serpent de l’Inde.
- A M. A. Calmette revient l’honneur d’avoir appliqué à l’Homme la sérothérapie antivenimeuse, basée sur.ses travaux et sur ceux de MM. Phisalix et Berlrand. De la France, où elle a été créée, cette méthode de traitement s’est, aussitôt, propagée à l’étranger, pour le plus grand profit de l’Humanité.
- Mme Phisalix a démontré que « les venins, qui créent l’immunité contre leur propre action, sont également capahles de la créer contre d’autres venins analogues ou antagonistes, contre certaines toxines microbiennes et même contre le virus rabique. » Ainsi l’étude des venins est-elle riche en découvertes et nous réserve-t-elle d’importantes acquisitions.
- En ce qui concerne spécialement les Vipères, sachant qu’elles portent en elles-mêmes l’antidote du poison quelles inoculent, nous pouvons les considérer avec moins d’effroi, moins de haine aussi. Et nous sommes contraints de louer la nature qui, cette fois encore, a placé le remède si près du mal.
- A. Feuillée-Billot.
- p.284 - vue 288/688
-
-
-
- 285
- LE ROUANDA ET L’OUROUNDI
- Pendant la guerre, une convention anglo-belge avait partagé le Deutsch Ost Afrika en deux parties : le Rouanda, l’Ouroundi et le port de Kigoma, attribués à la Belgique et le reste donné à l’Angleterre.
- L’accord anglo-belge du 50 mai 1919, ratifié parle Traité de Versailles, retira du territoire placé sous mandat belge : Kigoma ainsi qu’une bande de terre, le Rouanda Oriental, située sur la rive gauche de la Kagera, pour l’attribuer à l’Angleterre. C’est par cet étroit couloir que doit passer le chemin de fer du Cap au Caire, lequel doit en principe ne traverser que des territoires britanniques. Celte délimitation avait le très grand tort de froisser le patriotisme très réel des habitants du Royaume féodal de Rouanda. Ils protestèrent.
- Néanmoins la convention du 13 mars 1921, ratifia le Traité de Versailles et dès le 20 mars, le port de Kigoma était remis aux Anglais ; les Belges n’y conservent qu’une concession de môme qu’à I)ar-ès-Salam, avec le libre usage du chemin de fer, qui relie ces deux ports.
- Cette convention fut enregistrée par la Société des Nations et le Rouanda Oriental remis aux Anglais le 51 décembre 1921. Le roi du Rouanda, Mousinga, en appela à la Société des Nations et celle-ci décida la restitution du Rouanda oriental au mandat belge. L’Angleterre s’inclina (septembre 1923) et le 51 décembre 1923 le Rouanda Oriental fut rendu à la Belgique.
- Qu’est-ce que le Rouanda? C’est un Etat féodal, ayant une organisation sociale analogue à celle de l’Ethiopie, que des Chamites ou Kouchites ont constitué en pays bantou.
- Trois peuples s’y superposent :
- 1° Les Ouatoasi, qui sont les conquérants et qui forment une féodalité avec un roi à sa tête ;
- 2° Les Ouahoutous, qui sont les vaincus de race bantoue.
- 5° Les Batouas, de race négrille, qui sont les aborigènes, que les Bantous ont trouvés en arrivant dans le pays et ont refoulés dans les forêts. Ils vivent en marge de l’organisation féodale.
- Le Rouanda a une superficie d’environ 50000 km2. Il est limité à l’ouest par le lac Kivou, au nord par la ligne de partage des eaux entre le Roulshourou et la Nyavaronga, au sud par l’Akanyarou et au sud-est par la
- Kagera.
- Il se divise en deux régions principales : à l’est, le Bas-Rouanda, steppe ondulée à climat sec, ayant de de 1500 à 1700 m. d’altitude ; à l’ouest, le Haut-Rouanda, pays de montagnes, ayant de 1700 m. à 5000 m., et de pâturages.
- Il s’y ajoute dans le nord-ouest une région volcanique avec des côtes allant jusqu’à -4500 m. (Mont lvarizimbi, 4506 m.).
- Le Rouanda est au premier chef up pays d’élevage : un million de bœufs et un nombre supérieur de moutons et de chèvres y prospèrent. On y cultive aussi des céréales (blé, sorgho), et des légumes (haricots).
- Les habitants ne sont pas groupés dans des villages, jruais dispersés dans des métairies. Le seul centre important est la capitale Nianza.
- La population est estimée à. 1500 000 habitants, dont 10 à 15 pour 100 de Ouatousi, 75 pour 100 de Ouahoutous, 10 pour 100 de Batouas.
- L’organisation politique et l’ethnographie de l’Ouroundi sont identiques à celles du Rouanda; lui aussi a été démembré, mais ses habitants n’ont pas protesté. Sa population est de 1 200 000 âmes ; sa capitale est Kitega.
- Ses frontières naturelles sont le Rouzizi, déversoir du lac Kivou dans le Tanganyka ; le Tanganyka, le Malagarazi, affluent de ce lac; les rivières Nyavarongo, Rouvouvou et Akanyarou.
- Il existe trois zones géographiques dans l’Ouroundi :
- 1° Une étroite plaine, tantôt sablonneuse et tantôt
- Nianzj
- Usuvi
- Kigoma
- Fig. i. — Le Rouanda et l’Ouroundi.
- Nouvelles frontières entre les possessions belges et anglaises,
- p.285 - vue 289/688
-
-
-
- 286 : -..-.-.- , —: ACADÉMIE DES SCIENCES
- marécageuse, le long du Rouzizi et du Tanganyka.
- 2° Une grande zone montagneuse, d’une altitude moyenne de 4800 m. qui recouvre presque tout le territoire, et où se trouvent des côtes de 2500 m. et 5000 m.
- 5° Une région de hauts plateaux, ayant de 1400 m. à 1500 ni., s’étageant en terrasses. C’est l’Ouroundi oriental ou Ouyagoma.
- C’est également un pays d’élevage.
- L’histoire delà délimitation du Rouanda comporte une moralité. Lorsque les frontières de l’Afrique Orientale
- allemande, du Congo belge et de l’Ouganda avaient été fixées, le Rouanda avait subi un premier démembrement. L’ile de Kouidjoui, les provinces de Moufoumbiro et de Kouisha en avaient été détachées.
- Malgré les réclamations du roi Mousinga, ces territoires ne lui ont pas été rendus. Cela tient à ce que la Société des Nations n’a fait guère que sanctionner le travail déjà fait par les diplomates anglais et belges et ratifier un accord virtuellement conclu.
- René le Conte.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février et mars 1924.
- Élection. — Dans la séance du 25 février, M. Maurice de Broglie a été élu Académicien libre, en remplacement de M. de Freycinet.
- La constitution minéralogique des bauxites. — Contrairement à l’hypothèse courante que les matériaux constituant les bauxites françaises sont amorphes, M. J. deLapparenl établit, sur des échantillons fournis par les gisements des Baux et de Villeveyrac, l’existence des minéraux formés in situ, comme l’hydrargillite (Al2O3, 5H20), la kaolinite (2SiO‘Al*Os 21DO), l’halloy-sile, à côté d’hématite (Fe203), de pœlhite (Fe-03, IOO) et de rutile (TiO-). L’élude des calcaires, au voisinage immédiat des bauxites, a montré à ce même géologue que la formation de la roche alumineuse n’a pas seulement lieu à l’époque aptienne, mais qu’elle s’est poursuivie jusqu’à la fin des temps crétacés.
- Le quotient respiratoire de la racine. — La note de M. Raoul Cerighelli confirme le principe établi par MM. Maquenne et Demoussy : la valeur du quotient respiratoire est sous la dépendance étroite de l’abondance et du mouvement des réserves dans l’organe de la plante qu’on étudie.
- Le traitement des séquelles de l'encéphalite épidémique. — Pour M. Levaclili, l’inoculation du virus cncc-phalitique vivant dans le canal rachidien des anciens encéphalitiques ne produit que des troubles passagers, sans aucune gravité, et le germe disparaît rapidement du liquide cérébro-spinal. 11 semble ainsi que la thérapie intrarachidienne détermine une amélioration incontestable des séquelles de l’encéphalite épidémique.
- La forme de l'azote la plus favorable aux plantes supérieures. — Une série d’essais, qui a porté sur quatre années, montre à MM. G. Tru Haut et N. Bez-sonoff, que les mélanges comportant de l’azote uréique présentent une supériorité sur les sels ammoniacaux, les azotates, la cyanamide calcique et même l’urée, employés seuls. Peu importe que le sol présente une réaction acide ou une, réaction alcaline; dans le premier cas, on peut (mploycr l’urée en présence de nitrate chilien ; dans le second cas, il vaut mieux l’associer au sulfate d’ammoniaque.
- Les frtmages à pâle pressée, —r La note de M. L. Mazé indique, au sujet du fromage du Cantal, les
- moyens de réaliser la pureté de la fermentation lactique qui en assure la maturation normale, en évitant tous les risques d’une fermentation putride.
- La dissémination des levures par les insectes. — Une expérience bien connue de Pasteur a définitivement établi que les levures n’existent pas sur le verjus et que, venues par la voie de l’air, elles apparaissent sur les grains au moment de la maturité. Les remarques de MM. E. Sergent et Rougebief montrent le rôle actif que jouent les drosophiles qui se nourrissent de levures. Us répandent celles-ci, avec leurs déjections, sur les pellicules des raisins mûrs et, dans le moût en fermentation, la pullulation des cellules fournit aux larves de drosophiles, issues des œufs pondus sur les pellicules, les plus grandes facilités pour leur développement.
- Les spectres d'ordre supérieur de l'argon, clu cryp-ton et du xénon. — MM. Bloch et G. Déjardin viennent d’appliquer à l’élude des gaz rares de l’air la méthode d’analyse des spectres d’étincelle, reposant sur l’emploi systématique de la décharge oscillante produite dans un tube sans électrodes au moyen d’un enroulement inducteur, selon le mode cle montage préconisé par Thomson. Les échantillons de gaz, fournis par le laboratoire du professeur Moureu, ont indiqué pour chacun des éléments étudiés, trois spectres d’étincelle d’ordres successifs, en plus du spectre rouge caractéristique de l’atome neutre.
- La sléréographie. — Pour représenter dans l’espace des objets microscopiques ou macroscopiques, on employait jusqu’ici soit la méthode de Born, soit le procédé de photosynthèse de Lumière, soit la méthode stéréoscopique de Dubreuil. Dans le môme but, M. II. Lutigneaux a imaginé de dessiner et de peindre, sur des lames de verre, les éléments spatiaux d’un objet à reproduire, et cela de telle façon que ces lames superposées figurent, dans l’espace; la reconstruction exacte de l’objet. Le procédé en question permet de reconstituer aussi des objets dont la' coupe au microtome est impossible.
- L'oxydation de l'acide urique. — M. L. Piaux a repris —- en présence de fer et de manganèse, ou de cuivre — l’étude de l’oxydation en liqueur alcaline. Ses résultats fendent à prouver que l’action d’un atome d'oxygène donne naissance à un corps intermédiaire, non spontanément oxydable, susceptible de fournir de l’allan-toïne en présence de l’acide acétique et conduisant, au contact d’acide urique, à l’ozonate.
- p.286 - vue 290/688
-
-
-
- UN CHRONOMÈTRE DE L’ÉROSION TORRENTIELLE :----....: 287
- La dessiccation des sols agricoles à l'air libre. — M, Lebedhmlzeff a poursuivi ses éludes à la station agronomique de Chatilovskaia (gouv. de Toula), de '1915 à 1918, et en a déduit que, pour b s terres noires (tcher-nozem), l’augmentation de rendement se produit quand l’humidité du sol est descendue à G pour 100, dans le cas des terres labourées, et à 14 pour 100 s’il s’agit de terres en friche.
- Coagulation et structure de l'œuf. — Poursuivant ses recherches sur la chute de tension superficielle des milieux colloïdaux, M. Jules Amar est porté à dire que la vie est une opération plus ou moins lente de coagulation protoplasmique, commençant dans l’œuf et s’accusant au cours de la vieillesse, sans qu’il y ait certitude absolue sur le caractère fatal de celle marche irréversible. Peut-être le phénomène physico-chimique peut-il être retardé par des agents coagulants, antagonistes des abaisseurs de la tension superficielle.
- Les antioxygènes. — MM. Moureu et Dufraisse ont fait porter leurs nouvelles expériences sur diverses aldéhydes, puis sur le styrolène, le sulfite de soude et l’huile de lin, les catalyseurs opposés à ces corps autooxydables étant l’iode ou l’un de ses dérivés (NaI, Fels, Clll5, etc.). Les résultats obtenus confirment les théories exposées par ces mêmes Savants dans des notes précédentes, sans qu’il soit encore possible de prévoir le sens des phénomènes de catalyse.
- Un nouveau réactif de l'oxyde de carbone. — On doit à M. Joannis d’avoir isolé le complexe S04Cu2, 2 CO, IP O (soluble dans l’eau et très facilement dissociable en sulfate S04Cu, en cuivre et en oxyde CO, et l’exisfence du composé S04Cu*, nC2IP a amené M. Damiens à penser que le sulfate cuivreux pourrait fournir un réactif sensible de l’oxyde de carbone. Si l’on met en effet 20 pour 100 d’oxyde cuivreux en suspension dans l’acide sulfur.que à 00°, le passage d’un mélange gazeux contenant de l’oxyde de carbone provoque la formation du composé S04Cu2, 2 CO — le réactif passant de la coloration rouge brun à une teinte jaune clair, en même temps que se dépose un précipité blanc qui, par chauffage, laisse dégager ensuite le gaz toxique absorbé.
- ,UN CHRONOMÈTRE DE L
- On sait quelle importance les géologues attribuent, avec raison, à toutes les constatations relatives aux phénomènes d’érosion par les rivières. Mais les observations précises; sur ce sujet, sont très difficiles et les faits d’enregistrement matériel demeurent encore assez rares. On les a beaucoup étudiés, en Suisse (J. Brunhes, M. Lugeon), en Italie, aux Etats-Unis (M. Davis, Spencer, Noble, etc., au Niagara et au Grand Cation du Colorado), —- en Algérie (Sou-leyre), etc. À diverses reprises (C. R. Àc. des Se.,
- 5 décembre 1888 — 5 mars 1906 — 18 juin 1906 — 4 mars 1907 — 22 juin 1908 — 19 octobre 1908, etc.; et « Nouveau. Traité des Eaux souterraines », ch. II, XVIII, XIX, etc.), j’ai signalé plusieurs exemples dùmenfconstatés de la rapidité de
- L'élude chimigue des vitraux de Saint-Remi.—-Celte : église de Reims possédait de magnifiques verrièressy slé- < manquement détruites par les artilleurs allemands ; quelques débris ont été soumis à l’analyse chimique : par M. Chesneau qui en a fait une élude comparative avec des échantillons provenant de la rose du portail occidental de la cathédrale et postérieurs environ d’un siècle. L’oxyde de cobalt est quatre fois plus abondant dans les verres bleus de Saint-Remi que dans ceux, de la cathédrale, mais on y trouve cinq fois moins d’oxvde de manganèse; pour les verres rouges, enfin, on s’aperçoit qu’d n’y a qu’une seule couche d’émail au: cuivre, à l’extérieur de la pâte blanche,pour les fragments/ fournis par la cathédrale, alors qu’on compte jusqu’à cinq strates colorés dans les verres de Saint-Remi.
- L'activité du testicule impubère chez les Gallinacés. — Pour mettre en évidence l’action harmonique du j testicule, avant la puberté, M. J. Benoit a choisi le coqj comme objet d’étude et pris la crête comme caractère) sexuel indicateur. 11 a utilisé des poulets de la race Leghorn et pratiqué sur eux des castrations uni- et bilatérales très précoces, pour comparer ensuite le développement de la crête à celui de l’organisme tout entier et décider si, de l’éclosion a la puberté, la croissance de la crête est isogonique ou hélérogonique. Certaines conclusions de M. J. Benoit sont en désaccord avec celles de Pézard et pour lui la crête du coq Leghorn constitue un caractère sexuel prépubéral— plus qu'un caractère secondaire — soumis à l’action endocrine du testicule pubère,
- La fabrication du Port Salut et du fromage de Hollande. — M. Mazé indique que les principales causes d’insuccès, sont l’acidité trop élevée du lait et l.a présence, à côté des ferments lactiques, de nombreuses espèces de microbes nuisibles. 11 y a donc fort intérêt à associer aux ferments de la crèmf et du beurre, ceux du gros lait de Bretagne qui rend la pâte épaisse et visqueuse, comme le microbe du o lang wei » recherché jadis par les producteurs hollandais.On doit diviser le caillé, pour obtenir un grain homogène,'et faire des fromages de 5 à 50 kg; enfin il est utile de renoncer au lavage et de le remplacer par des badigeonnages à l’huile de lin; dès que le taux d’humidité de la pâte a atteint son degré normal, soit 5o à 38 pour 100. > Paui B.
- ÉROSION TORRENTIELLE
- t
- l’érosion torrentielle,plus ou moins grande, suivant la nature des terrains. Et j’indiquais qu’il importerait d’établir des stations d’observation pour les altérations produites par les cours d’eau. (, (
- Aussi je crois opportun de signaler l’intéressante communication due à l’obligeance deM. L. Àuscher, vice-président du Touring-Glub, sur l’aménagement qui vient d etre réalisé, dans le massif de la Grande Chartreuse (voir le bel ouvrage de Henri Ferrand : « Les Montagnes de la Grande Chartreuse », in-4°, Grenoble, Gratier 1899) | voici en quoi il consiste*:
- Sur le Guiers Mort eh amont du Pont Saint-Bruno, entre le vieux pont Pareil ou Parantetlepic de l’Œillette, le T. C. F. a rendu accessible en 1922-1925 (sentier, escalier, plates-formes de point de vue) un pont
- p.287 - vue 291/688
-
-
-
- 288 — UN CHRONOMÈTRE DE L’ÉROSION TORRENTIELLE
- naturel, dont l’accès était fort difficile ; je n’avais pas pu le photographier, en 1899, en recherchant Une « grande perte » (inexistante) dont on avait parlé à mon collaborateur Henri Ferrand (v. Cavernes de la Grande Chartreuse et du Vercors, Ann. Soc. Tour. Dauph., p. 1899). Or, il existe là une importante manifestation d’érosion torrentielle au travail', une cascade du torrent entoure un pilier naturel de roc, qu’elle n’a pas encore abattu ; et ce pilier soutient à la fois des strates en place (quoique fort érodées par en dessous) et un énorme bloc basculé en travers du torrent.
- Enregistrant l’état des lieux en 1922, la photographie (Photo-Réal de Grenoble) a fixé un point de départ pour la chronométrie future du processus d’usure torrentielle ; celui-ci aboutira finalement à un écroulement complet ; il sera donc bon de prendre, tous les cinq ou dix ans, par exemple, de nouveaux clichés de ce .témoin fragmentaire d’un ancien tunnel souterrain, réduit à son dernier support.
- Les dispositions fort opportunes que vient de réaliser le Touring-Club me font d’autant plus regretter de ne pas posséder un document comparatif datant de 25 ans.
- Peut-être eùt-il été déjà intéressant à.examiner; en tout cas, je recommanderai de tenir bonne note de l’indication qui précède.
- En s’y conformant, on pourra réunir, sur ce point particulier, un enseignement non dépourvu d’uti-litc.
- E.-A. Mautel.
- Le Garant ; P. Massoh. — Imprimerie l.iHrut, rue de Fleuras, Q, Pans.
- p.288 - vue 292/688
-
-
-
- LA NATURE.
- 10 MAI 1924.
- — N° 2614
- CINÉMATOGRAPHIE RADIOGRAPHIQUE DU CŒUR DE L’HOMME {1)
- L’enregistrement cinématographique du fonctionnement de certains organes observés par les rayons X, et en particulier du cœur, présente un intérêt évident, mais n’a pu jusqu’ici être réalisé sur l’homme.
- Les radiographies directes, prises successivement, ne permettent pas, à cause des dimensions des pellicules à employer,’ d’obtenir un nombre suffisant d’images à la seconde. Chacune des pellicules devrait être présentée devant la région à examiner, immobilisée pendant la radiographie, puis éjectée, le tout en un seizième de seconde. L’inertie du matériel que l’on peut imaginer s’oppose à des vitesses intermittentes aussi grandes.
- D’autre part, la cinématographie d’images radioscopiques n’avait pu jusqu’ici être obtenue que sur des animaux de petite taille parce que l’intensité lumineuse de ces images est trop faible et médiocrement utilisée par les objectifs photographiques ordinaires.
- Les progrès de l'instrumentation radiologique nous ont permis de réaliser sur l’homme adulte des images cinématographiques du cœur à la vitesse de 16 à 18 par seconde en employant le même procédé fondamental qui nous a servi en 1911 pour réaliser la cinématographie radiographique des petits animaux. Dans cette méthode, on associe un écran fluorescent spécial et un objectif très perméable au rayonnement de l’écran et à très grande ouverture. L’écran, à base de tuugstate de calcium, donne une luminescence violette ; l’objectif, en quartz et uviol, a une ouverture de f. 1,55.
- La fabrication de l’écran choisi ayant été retardée, nous avons provisoirement utilisé des écrans à luminescence blanche au tungstate de cadmium. L’emploi de ces écrans nécessite des intensités de 150 à 500 milliampères pour obtenir un nombre suffisant de photographies par seconde. Le développement des films obtenus dans ces conditions a révélé des particularités intéressantes du fonctionnement du tube Coolidge employé et de l’excitation de l’écran fluorescent.
- Lorsque le tube est traversé par un courant de 250 milliampères sous une tension de 80 kilovolts, les cinq premières images montrent la cage thoracique et le cœur avec une bonne intensité photo-
- 1. Note présentée par M. J.-L. Breton à l’Académie des Sciences, le 17 mars 1924.
- graphique ; il se produit ensuite une baisse subite de cette intensité et les photographies suivantes sont à peine lisibles.
- Si l’on examine le tube après un fonctionnement de 1 à 2 secondes, on constate que la paroi interne du ballon de verre est métallisée et forme miroir ; l’anticathode est creusée et fondue avec projection de petites gouttelettes de métal. Sous l'effet d’une intensité qui dépasse 15000 watts, mesurée en tenant compte du coefficient 0,8 indiqué par Dauvillier, il se produit presque instantanément une volatilisation du métal; en un quart de seconde, le tube contient de la vapeur de tungstène et ne fonctionne plus comme un tube à pure émission électronique. Il paraît vraisemblable, d’autre part, que les électrons ne sont plus reçus par le métal de l’anticathode, mais par la couche gazeuse projetée en avant de l’anticathode par la volatilisation de celle-ci.
- La recherche de la tension optima à appliquer au tube pour le meilleur rendement de l’écran fluorescent est facilitée par l’examen du film cinématographique. Si l’on fait varier progressivement la tension, l’intensité restant la même, l’inspection du film montre quelle est la différence de potentiel pour laquelle la luminosité de l’écran a été excitée au mieux. Les modifications de tension portant entre 65 et 85 kilovolts ne modifient pas sensiblement l’éclat de l’écran fluorescent.
- Mais quand on alleint un potentiel explosif entre pointes de 24 cm, soit un peu plus de 100 000 volts, l’intensité lumineuse croît brusquement au point d’être environ doublée. .
- Or, cette tension répond à l’excitation du rayonnement K du tungstène, qui apparaît à 70 kilovolts, mais qui . ne devient intense qu’au-dessus de 90 kilovolts.
- Nous avons pu réaliser, malgré l’écran provisoire que nous employons, un film de 50 images en 5 secondes, qui, grâce à -ce que nous avons pu atteindre 100 000 volts, n’a exigé que 150 milliampères pour donner un résultat satisfaisant. Nous escomptons des résultats plus aisés à obtenir par des modifications importantes de l’écran et du tube, qui paraissent devoir rendre pratique l’obtention des résultats que nous présentons aujourd’hui.
- D,s CoMAXDOX ET LoMOjN. i 19. — 28-9
- Fig. t. — Une partie de la pellicule impressionnée.
- 52* Année. — 1" Semestre-
- p.289 - vue 293/688
-
-
-
- LES ÉCONOMIES DE COMBUSTIBLES DANS LES USINES
- Dans un précédent article je me suis efforcé de J montrer que les réserves de combustible du monde sont loin d’être inépuisables et que le problème de l’approvisionnement en combustible de la France, ! qui doit déjà importer le tiers de sa consommation, risque de devenir de plus en plus difficile dans l’avenir. Comme moyen de lutter contre ce péril j’indiquais, outre la captation de l’énergie des chutes d’eau, fleuves ou marées, outre l’emploi de combustibles de remplacement : bois, tourbe ou lignite, la diminution de consommation de charbon, pour une même production, par meilleure utilisation de ce charbon. J’affirmais que dans presque toutes les usines, une économie de 20 à 30 pour 100 est possible, sans transformation profonde. Je voudrais aujourd’hui justifier ce chiffre qui a peut-être paru exagéré, et indiquer par quelles méthodes on peut arriver à d’aussi utiles résultats.
- La première condition pour améliorer l’utilisation des combustibles dans une usine est de se rendre compte du fonctionnement des appareils de chauffage. Lorsqu’un directeur d’usine sait combien chacun de ses foyers consomme de charbon, quel est le rendement de chaque appareil; lorsqu’en môme temps il connaît la consommation minimum à laquelle on peut espérer arriver dans chaque cas, les mesures nécessaires pour réaliser des économies lui apparaissent plus clairement.
- Il faudra donc étudier, au point de vue utilisation des combustibles, chaque foyer, chaque machine, puis les groupes d’appareils et enfin l’ensemble de l’usine.
- L’étude d’un foyer doit comprendre deux stades : une série d’essais destinés à déterminer le réglage optimum à adopter aux diverses allures, ensuite le maintien du réglage optimum par le contrôle de certains éléments caractéristiques de la marche de l’appareil étudié.
- Je vais examiner successivement ces deux points,
- L’essai méthodique d’un appareil de chauffage industriel doit porter sur la durée complète d’une opération, lorsqu’il s’agit d’opérations de durées limitées, ou sur une période de temps suffisante, lorsqu’il s’agit d’un appareil à marche continue. Au cours des essais, on relève tous les éléments qui sont de nature à caractériser les conditions de marche et à permettre de se rendre compte de l’importance des pertes.
- La comparaison des résultats obtenus avec ceux d’appareils analogues permet de reconnaître les améliorations possibles. Pour effectuer cette comparaison, il est commode de présenter les essais sous forme de bilans thermiques.
- Le bilan thermique d’un appareil de chauffage industriel est le tableau des calories reçues d’une part, des calories perdues ou utilisées d’autre part.
- Le tableau 1, ci-dessous, représente le bilan thermique d’une chaudière :
- Tableau 1
- BILAN rapporté BILAN rapporté à J00 calories
- à L kg de combustible. disponibles clans le combustible.
- Calories disponibles dans te combus-
- tible. . 6.455 100
- Calories ' utilisées . ' Economiseur ..... )> 42b )) 6,6
- c Vaporisation. Surchauffe )) )> 3.801 64v » )) 58,9 9,9
- 1 par les imbrùlés dans les
- i cendres et mâchefers. )> 125 » 1,9
- Calories 1 par les fumées. . . .' . )) 1. 52 1) 16,4
- perdues J par rayonnement, eon-
- f duclibilité et causes ^ diverses ï> 408 » 6,5
- .1 6.455 6.455 100 100,0
- La détermination des éléments d’un bilan est relativement simple. Les calories disponibles dans le combustible sont données avec une grande précision, par l’obus calorimétrique de Mahler.
- Un compteur d’eau donne le poids d'eau introduit dans la chaudière et, par conséquent, le poids de vapeur produit. Il suffit alors de connaître la pression, la température de l’eau à l’alimentation, la température de la vapeur surchauffée pour déterminer, à l’aide de tables, le nombre de calories utilisées.
- Pour avoir la perte par imbrûlés dans les cendres et mâchefers, on détermine la teneur en carbone de ces résidus. Comme on connaît d’autre part la teneur en cendres du charbon et que toute la matière incombustible de ce charbon se retrouve dans les résidus, un raisonnement et un calcul simples permettent de déterminer le poids de résidus correspondant à 1 kilogramme de combustible. La chaleur de combustion du poids de carbone contenu dans ces résidus est la perte cherchée.
- On détermine de même le volume de fumée correspondant à 1 kilogramme de combustible en tenant compte du fait que le carbone du combustible (moins celui entraîné par les résidus) doit se retrouver dans les gaz provenant de la combustion. Une fois ce volume déterminé, la chaleur nécessaire à réchauffement de ce volume jusqu’à la température à laquelle s’échappent les fumées, constituera la perte par chaleur sensible. La perte par chaleur latente est d’autre part égalg à la chaleur de combustion des gaz imbrûlés.
- Les pertes par rayonnement, conductibilité ou autres, sont égales à la différence entre le nombre
- p.290 - vue 294/688
-
-
-
- LES ÉCONOMIES DE COMBUSTIBLES DANS LES USINES----- 291
- de calories disponibles et le nombre de calories perdues ou utilisées précédemment déterminées.
- Le tableau 2 représente un bilan plus complexe : c’est celui d’un four chauffé au gaz de gazogène avec simple récupération par l’air ;
- Tableau 2
- BILANS PARTIELS BILAN GÉNÉRAL j
- Gazogène :
- Chaleur disponible dans 1 kg de '
- combustible 6 685 » 6.685
- Chaleur latente des gaz .... » 3.600
- Chaleur sensible des gaz ... . » t .302
- Perte par rayonnement » 1.032 » 1.032
- Perle par imbrulés » 751 » 751
- 6.685 6 685
- Four proprement dit :
- Chaleur latente des gaz. ..... 3.6U0
- Chaleur sensible des gaz 1 502
- Chaleur apportée par l’air . . . . 1.397
- Chaleur emportée par les lumées . » 4 245
- Chaleur utilisée et chaleur perdue
- par rayonnement » 2.054
- 6.299 6.299
- Régénérateurs :
- Chaleur apportée par les humées
- sortant du four ........ 4.245 »
- Chaleur emportée par les fumées
- s’échappant de la cheminée . . . » 1.932 » 1.932
- Chaleur emportée par l’air dans le
- four )) 1.397
- Chaleur perdue par rayonnement . )) 916 » 916
- 4.245 4.245 6.685 6.685
- Dans ce tableau sont donnés d'une part les bilans partiels de chaque partie de l’installalion, gazogène, four proprement dit, régénérateurs, d’autre part le bilan général. L’avantage de ces bilans partiels est très grand ; ils permettent, lorsque le rendement d’un four n’est pas satisfai-
- Calories
- perdues
- Calories
- utilisées
- Rayonnement
- Fumées - chaleur sensible
- Imbrulés d'escarbilles
- Economiseur
- Vaporisation
- \
- l 5,2% Calories I perdues! Hayonnemeht ' ..f phaleur sensible
- 22,5% 1 khaleur latente [ Imbrulés
- 15,5% r Economiseur
- il
- n 8,0%
- Calories / utilisées' Vaporisation
- S8,8%
- Ü { < L 1
- Fig. 2. — Bilan comparatif de deux chaudières identiques, chauffées arec le même combustible et munies l’une (a) d’un foyer à grille mécanique non compartimentée, l’autre (b) d’un foyer à. grille compartimentée.
- I per rayonnement et causes Calories J diverses par imbrulés Hans perdues < les cendres
- ( parles fumées
- Sur-chauffeur
- Economiseur
- Calories utilisées \
- Vaporisation
- \
- Fig. i. — Bilan thermique d'une chaudière avant et après réglage de la combustion.
- sant, de voir quelle est la partie de l’installation qui fonctionne mal.
- Les figures 1, 2, 3, représentent, sous forme de diagrammes, les bilans thermiques de divers appareils et permettent de se rendre compte des grandes différences de fonctionnement entre des appareils analogues.
- La figure 1 montre l’économie qu’on a pu réaliser en améliorant le réglage de la combustion dans un foyer de chaudière : on voit qu’en conduisant mieux les feux, on a pu faire tomber les pertes par imbrûlés dans les cendres de 5 pour 100 à 5 p. 100, et les pertes par la chaleur des fumées de 20 à 11 pour 100; le rendement global a passé de 67 pour 100 à 78 pour 100 ce qui correspond à une économie de combustible de
- •—^— = 14,1 pour 100.
- Dans la figure 2, on voit combien, avec certains combustibles médiocres, il y a avantage à pouvoir, grâce à un compartimentage bien compris, régler la pression de l’air sous les différents points d’une grille mécanique. Le rendement passe de 56,8 à 75 pour 100, soit une économie de combustible de 24,2 pour 100.
- Enfin la figure 3 représente les bilans de divers fours de verrerie à bassin, chauffés au gaz de gazogène, avec récupération des chaleurs des fumées par réchauffage de l’air de combustion. Les fours étudiés n’étaient pas identiques et les combustibles employés ont varié ; le diagamme 2 en particulier a trait à une installation ou on brûlait du bois, d’où la faible perte par imbrûlés dans les cendres.
- On voit que, sur les calories disponibles dans le combustible, la fraction utilisée varie de 7,5 p. 100 à 17 pour 100, ce qui correspond, en passant du premier cas au second, à une économie de combustible de 57 pour 100!
- On conçoit facilement que l’examen détaillé du bilan thermique permette à un ingénieur expérimenté de voir comment il faut agir sur le réglage de l’appareil étudié, ou quelles modifications il convient d’apporter à cet appareil pour améliorer sa marche.
- p.291 - vue 295/688
-
-
-
- 292 ..... LES ÉCONOMIES DE COMBUSTIBLES DANS LES USINES
- Imbrulés
- Rayonnement du gazogène
- Calories
- perdues
- Rayonnement du laboratoire Rayonnement des regénérateurs
- Fumées
- V.,
- Calories utilisées
- Fig'. 3. — Bilans thermiques de divers fours de verrerie à bassin avec simple récupération sur l’air.
- Tout en cherchant à améliorer le bilan thermique des appareils, l’ingénieur de chauffage ne doit pas perdre de vue le but principal visé : la fabrication. Dans le cas de chaudières par exemple, il faut avant tout satisfaire aux besoins en vapeur de l’usine : pour cela il est souvent nécessaire d’adopter des allures pour lesquelles le rendement n’est pas le meilleur qu’on puisse obtenir. Dans le cas des fours, la question est encore beaucoup plus complexe : pour traiter certains produits, il faut opérer en atmosphère réductrice, ce qui amène à accepter des pertes par gaz imbrûlés que le bilan fait apparaître comme nuisibles.
- Le bilan thermique est, en somme, une manière claire et simple de représenter la marche d’un appareil de ehauffage ; en se basant sur les renseignements qu’il donne et sur les autres circonstances de chaque cas particulier, un ingénieur Lde chauffage expérimenté trouvera facilement les mesures à prendre pour améliorer le réglage d’un appareil et, après quelques tâtonnements, arrivera au réglage optimum avec un combustible déterminé.
- C’est aussi l’examen du bilan qui permettra de se rendre compte des modifications qu’il y aurait intérêt à apporter dans le choix du combustible. Trop souvent, on a tendance à employer le combustible dont le prix de revient est le moins cher ; or, ce n’est pas le prix de revient de l’unité de poids de combustible qu’il faut considérer, ni même le prix de revient de la calorie dans le combustible, mais bien le prix de revient de la calorie réellement utilisée. Si X est le prix du combustible, P son pouvoir calorifique et R le rendement, le prix de revient de la calorie réellement utilisée sera :
- C7 est ce que M. Damour a appelé la valeur d'usage du combustible.
- Lorsqu’on est arrivé par l’étude du bilan thermique à un bon réglage des appareils de chauffage, il reste à donner au personnel chargé de leur conduite des moyens simples de maintenir ce réglage. On y arrivera en munissant chaque appareil d’ins-
- truments de mesure indiquant ou enregistrant certaines données caractéristiques de la marche.
- Il suffit ensuite de donner au personnel comme consigne de manœuvrer de telle manière que ces données soient maintenues entre des valeurs déterminées.
- Les données que l’on peut facilement relever sur un appareil de chauffage industriel sont les suivantes :
- Dépressions en divers points du trajet des gaz ; température des gaz; composition des gaz; auxquelles il faut ajouter les observations relatives aux opérations effectuées : pression et température de la surchauffe dans le cas deschaudières, températures dans le laboratoire dans le cas des fours.
- Les instruments de mesure à employer varient suivant la nature et l’importance des appareils étudiés. Il suffira parfois de contrôler un ou deux éléments ; dans d’autres cas, il faudra les contrôler tous. On pourra adopter des instruments enregistreurs ou non enregistreurs. Les premiers sont en principe préférables puisqu’ils permettent de se rendre compte après coup de la marche d’un appareil pendant une période donnée; mais ils sont beaucoup plus coûteux et exigent un entretien soigné.
- Pour contrôler la marche d’une chaudière d’une manière complète, il faut mesurer les pressions au -dessus et au-dessous de la grille, déterminer les teneurs en anhydride carbonique et oxyde de carbone des fumées et leur température. Mais on a déjà un contrôle suffisant en mesurant la dépression au-dessus de la grille et la teneur en CO2 des fumées, ou même seulement cette dernière donnée.
- Dans le cas d’un four chauffé au gaz-de gazogène, il faudra, pour avoir un contrôle complet, faire l’analyse des gaz, mesurer leur température, mesurer les dépressions en divers points du four, déterminer les teneurs en anhydride carbonique et oxyde de carbone des fumées et leur température. On pourra souvent se contenter de déterminer la teneur .en CO2 des gaz et des fumées.
- Lorsqu’on est parvenu à régler au mieux chaque appareil de chauffage considéré séparément dans une usine, la tâche est loin d’être terminée. Il reste à étudier, au point de vue des économies de com-
- 0 10 15 20 25 30 35
- Kg/m2
- Fig. 4. — Variation du rendement d’une chaudière avec l’allure {s) foyer underfeed, (b) grille mécanique.
- p.292 - vue 296/688
-
-
-
- LES ÉCONOMIES DE COMBUSTIBLES DANS LES USINES ....: 293
- bustible, les groupes d’appareils et l’ensemble de l’usine. Les problèmes qui peuvent se poser sont très divers : quelques exemples donneront une idée de ceux que l’on rencontre.
- Le rendement d’une chaudière est maximum, avec un combustible donné, pour une certaine production de vapeur. Lorsqu’on s’écarte de cette allure, le rendement diminue plus ou moins rapidement, suivant le type de la chaudière. Les courbes des figures 4 et 5 donnent une idée de ces variations. Lorsque la demande de vapeur est variable, il y a intérêt à choisir non la chaudière qui présente le rendement le plus élevé, mais celle qui donne un bon rendement entre des limites suffisamment larges.
- Malheureusement, dans beaucoup d’usines, les besoins en vapeur sont si variables qu’il n’est pas possible d’avoir des chaudières conservant des rendements acceptables aux diverses allures nécessaires. Les centrales électriques, par exemple, ont à faire face à des « pointes » de courte durée, généralement à la tombée du jour, quand les besoins de l’éclairage s’ajoutent à ceux de force motrice, pointes pendant lesquelles elles doivent fournir une énergie double ou triple de l’énergie moyenne; pendant la nuit, au contraire, vers 2 heures du matin, la demande de courant devient presque nulle. La courbe de la figure 6 donne une idée de ces variations. De même, dans les industries où la vapeur est employée à la fabrication, on a souvent besoin, pendant une courte durée, d’une quantité de vapeur très forte. Pour faire face à ces situations, on a le choix entre diverses solutions : conserver toujours le même nombre de chaudières allumées, en les faisant marcher à une allure, tantôt plus forte, tantôt plus faible que l’allure économique, ou au contraire, allumer pour quelques heures des chaudières' supplémentaires, malgré les pertes inévitables à l’allumage et à l’extinction, ou pendant la marche en veilleuse.
- ' La solution la meilleure sera, en général, intermédiaire entre ces deux solutions extrêmes. Pour
- 40.000
- 0 _________——-----------------
- Heures 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
- Fig. 6.—- Graphique des puissances instantanées mesurées aux bornes des alternateurs de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité, le 22 janvier 1919.
- t: 80
- ç 40
- 0 JO 20 30 40 50
- Kg/m2
- Fiçr. 5. — Variation du rendement d’une chaudière avec l’allure (a) combustible peu cendreux, (b) combustible cendreux.
- la choisir en connaissance de cause, il faut avoir auparavant déterminé les variations de rendement avec l’allure, c’est-à-dire avoir dressé des courbes analogues à celles des figures 4 et 5 et les pertes dues à la mise en service de chaudières supplémentaires. Un nouveau procédé, qui paraît donner d’excellents résultats, a été appliqué depuis quelques années en Suède, d’où il s’est répandu en Allemagne; il consiste à accumuler la vapeur dans un appareil inventé par l’ingénieur suédois Ruth.
- A côté de ce problème de la variation de la demande de vapeur s’en pose un autre : souvent une même usine emploie la vapeur à la production de force motrice d’une part, à diverses fabrications ou au chauffage d’autre part. Pour la production de la force motrice, une pression élevée est avantageuse; pour les besoins de la fabrication ou le chauffage une pression faible convient. Là encore des solutions diverses peuvent être envisagées : en tout cas, les deux questions ne doivent pas être traitées indépendamment l’une de l’autre. La solution la plus économique consiste, en général, à utiliser la vapeur en « cascade », c’est-à-dire successivement pour la production de force motrice, puis à d’autres usages. En effet, lorsqu’on produit de la force motrice, une fraction seulement de la chaleur totale de la vapeur est transformée en travail mécanique. L’autre partie, qui est de beaucoup la plus importante èn quantité, ne fait que traverser la machine, s’y dégrade et est évacuée au niveau de température d’aval. Il saute aux yeux que l’utilisation de cette chaleur restante peut constituer une économie importante; mais elle est peu aisée, lorsque la température d’aval est trop basse, ce qui est le cas pour les machines perfectionnées. La solution consistera à employer des machines travaillant avec une contre-pression de 2 ou 3 kg, ou même plus si les applications particulières de la vapeur dans l’usine l’exigent. Cette marche à contre-pression se combine particulièrement bien avec l’installation d’accumulateurs Ruth. On voit par ces quelques indications combien est complexe l’étude de l’installation d’une usine dans laquelle la vapeur est utilisée à des usages divers.
- Dans le cas des fours, des problèmes analogues se posent. -
- Comme pour les chaudières, l’allure à laquelle est
- p.293 - vue 297/688
-
-
-
- LES ECONOMIES DE COMBUSTIBLES DANS LES USINES
- %94
- conduit un four a une grande importance au point de vue de l'économie de combustible : il faut s’efforcer de le conduire toujours à l’allure la plus favorable. C’est ainsi qu’un ingénieur de l’Office de Chauffe a pu faire réaliser 30 pour 100 d’cconomie sur la dépense d’un four à réchauffer sans rien changer au four lui-même ou à ses dispositifs de réglage, mais en faisant installer à côté de la poinçonneuse pour laquelle étaient réchauffées les pièces de fer, une deuxième poinçonneuse de manière à permettre de réchauffer deux fois plus de métal dans le même temps.
- Enfin, ici encore, il ne faudra pas étudier les fours indépendamment les uns des antres, mais voir s’il n’y a pas intérêt à installer une batterie unique de gazogène fournissant le gaz à tous les fours de l’usine, ou une centrale de pulvérisation distribuant lè charbon pulvérisé à tous les foyers de fours ou de chaudières.
- Dans les grandes usines métallurgiques, le problème est encore plus complexe : il y a intérêt à rapprocher les fours à coke, hauts fourneaux et aciéries ; brûler sous des chaudières du gaz de fours à coke à 4500 calories est bien moins avantageux que de l’envoyer aux fours Martin ; les grandes quantités de gaz pauvre sortant dés hauts fourneaux, dont une partie seulement peut être utilisée au chauffage du vent, trouvent une excellente utilisation dans les moteurs à gaz d’une centrale électrique fournissant le courant à tous les appareils d’utilisation de l’usine et notammenta ux laminoirs. Je ne puis ici qu’indiquer tous ces problèmes dont chacun demanderait, pour être traité à fond, un article entier, si ce n’est un volume.
- D’ailleurs nous abordons là des problèmes dont la solution nécessiterait la transformation des usinés existantes ou la construction d’usines nouvelles. La plupart du temps, la question à résoudre est moins vaste : améliorer l’utilisation du combustible dans une usine telle qu’elle existe, sans lui faire subir de transformation profonde. Même dans ce cadre limité, les résultats peuvent être très importants et se chiffrer par une diminution de consommation atteignant 20 ou 50 pour 100. Quelques exemples réels le prouveront. Je citerai d’abord des résultats obtenus par l’Office Central de Chauffe français.
- Dans une petite centrale électrique, l’instruction sur place du personnel chauffeur, sans aucune mo-dificàtion matérielle, fait diminuer de 13 pour 100 la dépense de charbon par kilowatt-heure produit. Des modifications matérielles faciles donneraient une économie supplémentaire au moins aussi forte. .
- Dans une blanchisserie, le seul calorifugeage des conduites de vapeur donne une énonomie de 10 pour 100. La meilleure conduite de la chauffe permet de doubler cette économie.
- Le réglage de la marche d’un four à recuire dont la température n’était pas suffisante permet de di-
- minuer de 24 à 48 heures la durée d’une opération et de diminuer de 60 pour 100 la dépense de charbon.
- Dans un four pour la fabrication de fonte malléable, un réglage meilleur fait baisser de 40 p. 100 la dépense en combustible.
- Il serait facile de multiplier ces exemples,mais il est intéressant d’indiquer aussi quelques résultats obtenus à l’étranger, en voici deux empruntés à un rapport officiel allemand (‘), et dus à l’intervention de l’Office de Chauffe des métallurgistes de Dusseldorf :
- Dans une usine on constate que la dépense en combustible des gazogènes est excessive; l’établissement d’un contrôle rigoureux de la marche de ces appareils donne une économie de 55 pour 100.
- Une autre usine arrive par une étude systématique à économiser 15 000 tonnes de vapeur, sur 60000 qu’elle dépensait antérieurement, soit une économie de 25 pour 100 rien que dans l’utilisation de la vapeur.
- Dans une mine on a pu, grâce à une surveillance approfondie, ramener la consommation de l’installation de 14 à 10 pour 100, de la production de la mine (soit 29p. 100 d’économie), et en même temps employer une plus forte proportion de mauvais charbon.
- Citerai-je encore les résultats obtenus en Angleterre par M. Brownlie qui déclarait dans une récente communication au Congrès du Chauffage Industriel que le rendement moyen des chaudières dans son pays était de 58 pour 100 alors qu’il devrait atteindre 75 pour 100, et évaluant à 20 pour 100 l’économie réalisable dans la seule production de la vapeur?
- Je crois en avoir assez dit pour convaincre le lecteur que l’estimation des économies possibles à 20 pour 100 ou 30 pour 100 de la consommation n’a rien d’excessif. : )
- Mais il convient d’ajouter que ces économies ne seront réalisées qu’à force de travail et de patience ; il faut que les industriels se convainquent tout d’abord quelles sont possibles et s’attaquent résolument à ce problème. Des organismes ont été créés à l'instigation des pouvoirs publics pour les aider dans cette voie : à l’Office Central de Chauffe ils trouvent des ingénieurs spécialistes qui examineront leurs installations et leur indiqueront les progrès réalisables ; à l’école de Chauffage industriel, créé par l’Office, ils pourront faire former leurs ingénieurs ou leurs contremaîtres.
- De grands progrès seront certainement accomplis dans ce domaine pendant les années prochaines. Il est de la plus haute importance pour l’aveuir industriel de la France qu’elle soit en tête de ce mouvement. Pierre Appei.l.
- 1. R jpport intitulé Forderung der pj'aktischen Wcirme-wirtschaft in der Industrie, publié par la Commission technique de l’Office des Charbons Allemands. Voir la traduction dans Chaleur et Industrie, mai et juin 1922.
- p.294 - vue 298/688
-
-
-
- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Etoiles filantes êt Bolides.
- .l’ai écrit ceci le 27 novembre. C’est une date où souvent le ciel se donne la coquetterie de s’illuminer et de nous fournir gratis un splendide feu d’artifice ; mais, cette année, vu la persistance du mauvais temps, il y a grande chance pour que nous soyons privés de ce spectacle. Ce n’est pas une
- verras des étoiles tomber en glissant sur le ciel, et laisser derrière elles, à travers les ombres de la. nuit., de longues traînées de blanche lumière. »
- 11 n’y a pour ainsi dire pas de nuit, encore une fois, où, avec un peu de patience, on ne puisse voir filer des étoiles, qui, chose bonne à noter, ne sont nulle-
- Fig. i. — La pluie d’étoiles filantes du 2~ Novembre i885.
- raison pour ne pas parler de ce remarquable phénomène.
- Il y a bien longtemps que les yeux des hommes s’en sont émerveillés, et il ne pouvait en être autrement, puisqu’il n’y a guère de belle nuit où l’on ne voie des traits de feu sillonner le ciel. Quand on a été témoin de Ja pluie d’étoiles du 27 novembre 1885, on s’étonne qu’aucun, parmi les poètes modernes, n’ait, à notre connaissance du moins, chanté ce prodige, et suivi l’exemple que Virgile, dans les Géorgiques, a donné à ses successeurs. Le poète latin fait des étoiles filantes un présage de vent, ce qui est douteux :
- (( Sæpe etiam stellas, vento impendente, videbis Prœcipiles cælo labi, noclisque per umbram Flanunarum longos a tergo albescere Iractus. »
- « Souvent aussi, quand le vent va s’élever, tu
- ment des étoiles a fixes » qui viendraient à semettre en mouvement pour s’éteindre quelques instants après. S’il en était ainsi, il y a longtemps que le ciel aurait perdu toute sa parure, car il n’y a guère que sept ou huit mille étoiles visibles a l'œil nu.
- Ces étoiles que l’on peut observer toutes lesnuils sont dites sporadiques. En comptant celles qui, invisibles sans le secours d’un instrument, n’en ont pas moins une existence réelle, c’est par millions qu’il faut les compter. — Ajoutons que leurs dimensions sont parfois prodigieuses, et que, le 28 janvier 1879, on a observé un bolide (un bolide n’est autre chose qu’une étoile filante remarquable par sa grosseur), dont le diamètre était quatre fois celui de la Lune.— Cette apparition a dû engendrer bien des commentaires. — Aussi, a-t-on, parfois, vu des bolides en plein jour. Ajoutonsque, le plus souvent, ilséclatent I et disparaissent en nous rappelant le bouquet d’un
- p.295 - vue 299/688
-
-
-
- 296
- ETOILES FILANTES ET BOLIDES
- Fig. 2. — Fragmentation de la comète de Biêla.
- Eu haut : la comète en 1846 (d’après Struve).
- En bas : la comète en i852 (d'après le P. Sscchi).
- feu d’artifice. Cette explosion est ordinairement suivie d'un bruit, parfois formidable, et qui répand la terreur partout où il est entendu.
- L’étude scientifique des étoiles filantes estrelativc-ment récente et ne remonte qu a la fin du xvmesièele. Ce furent deux étudiants de l’Université de Goet-tingue, Brande set Benzenberg, qui en prirent l’initiative. L’inattendu du phénomène rend très difficiles des déterminations précises, et l’on ne peut espérer obtenir que des limites entre lesquelles sont comprises les quantités que l’on désire connaître. Toutefois, les deux observateurs nous ont appris des choses intéressantes, notamment que les étoiles filantes ne sont pas, à beaucoup près, dans le voisinage de la surface de notre globe, mais en sont parfois éloignées de plusieurs centaines de kilomètres. Cela ne les empêche pas d’ailleurs de pénétrer dans notre atmosphère, qui est beaucoup plus étendue qu’on ne le croyait âu temps des deux observateurs allemands.
- Cependant, à la distance des étoiles filantes, à tous les points de vue, l’atmosphère diffère beaucoup de ce qu’elle est à la surface de la Terre, et c’est un fait important dont il faut bien tenir compte.
- Un des principaux résultats dé ces éludes, c’est que, au moment
- de leur apparition, les étoiles filantes sont plus élevées que lorsqu’elles s’éteignent, ce qui est sans doute une conséquence de l’attraction terrestre.
- Après Brandes et Benzenberg, les physiciens français Saigey et Coulvier-Gravier étudièrent les étoiles filantes. Ce dernier, qui avait été autorisé à s’installer au Palais du Luxembourg pour continuer plus facilement ses travaux, espérait en déduire, mais à tort, semble-t-il, une méthode pour arriver à prédire le temps ; mais ses études statistiques ont révélé des faits curieux. C’est ainsi que, en corrigeant les nombres trouvés de l’infiuence qu’ils subissent de la part de la Lune quand elle se trouve au-dessus de l’horizon, on voit que le nombre des étoiles filantes augmente du soir au matin, et qu’elles sont plus nombreuses de juillet en décembre que de janvier en juin.
- L’érudition peut rendre des services même aux sciences physiques. C’est ainsi que le sinologue Edouard Biot, fils de l’illustre physicien que nous aurons à citer plus tard, trouva dans les Annales du pays à l’étude duquel il avait consacré sa vie, la confirmation du dernier fait que nous venons d’énoncer.
- Mais, à côté des étoiles filantes sporadiques, il y a les étoiles filantes périodiques, que l’on aperçoit parfois dans le ciel, si nombreuses qu’on a grand’-peine à les compter à des dates régulières.
- C’est cequ’on appelle les essaims d’étoiles filantes, expression très bien choisie. Le plus célèbre de ces essaims, parce qu’il se manifeste à une époque où il est plus agréable d’être en plein air pendant la nuit, est celui du 10 août, jour de la Saint-Laurent, qui fut, comme on sait, grillé vif en l’an 258 après ,f.-C. Aussi, vovait-on jadis dans les étoiles filantes du 10 août la représentation des gouttes de graisse découlant du corps du martyr et s'enflammant au contact des charbons ardents.
- Mais, pour labeautédu phénomène, à cet essaim on peut en opposer d'autres, notamment ceux qui se produisent au mois de novembre dans les nuits du 11 au 12 et du 27 au 28.
- C’est en 1799 que la pluie du 11 novembre a été
- La Terre au point de croisement des orbites \ \ le 27 Mou
- 0rt>ihe de ,a Terre
- - Comment l’orbite de la comète de Bièla et des étoiles filantes du 2? Novembre rencontrent la terre.
- p.296 - vue 300/688
-
-
-
- 297
- ETOILES FILANTES ET BOLIDES
- observée pour la première fois, au moins par des savants. Alors, Humboldt, mtr d-r -f jBlffii"' 'TF; i
- sympathie, et son compagnon Bonpland se trouvaient à Cumana, dans le pays qui est maintenant la république de Vénézuela. Voici quelques lignes tirées de la relation du Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau-Continent du grand explorateur :
- « La nuit du 1.1 au 12 novembre était fraîche et de la plus grande beauté. Vers le matin, depuis deux heures et demie, on vit, à l’est, les météores lumineux les plus extraordinaires. M. Bonpland, qui s’étoit levé pour jouir du frais sous la galerie, les aperçut le premier. Des milliers de bolides et d’étoiles fdantes se succédèrent pendant quatre heures.... »
- « M. Bonpland rapporte que, dès le commencement du phénomène, il n’y avoit pas un espace du ciel égal en étendue à trois diamètres de la Lune, que l’on ne vît, à chaque instant, rempli de bolides et d’étoiles filantes. Les premiers étoient en plus petit nombre ; mais, comme on en voyoit de différente grandeur, il étoit impossible de fixer la limite entre ces deux classes de phénomènes. Tous ces météores laissoient des traces lumineuses de 8 à 10 degrés de longueur, comme c’est souvent le cas dans les régions équinoxiales. Plusieurs étoiles filantes avoient un noyau très distinct, grand comme le disque de Jupiter, et d’où partaient des étincelles d’une lueur extrêmement vive. Les bolides sembloient se briser comme par explosion ; mais, les plus gros d’un diamètre égal à une fois, et une fois un quart celui de la Lune, disparaissoient sans scintillement et laissoient derrière eux des bandes phosphorescentes (trabes) dont la largeur excédoit 15 à 20 mi-
- Fig. 5. — Le bloc de fer météorique trouvé à Caille (Alpes-Maritimes. Poids 5gi kg.
- (Collection du Muséum.)
- Fig.‘4. — Comment on représentait au XVIe siècle la chute d'une météorite. (Reproduction d’une gravure de l’époque.)
- nutes. La lumière de ces météores étoit blanche, et non rougeâtre, ce qui devoit être attribué sans doute au manque de vapeurs et à l’extrême transparence de l’air. C’est par la même cause que, sous les tropiques, les étoiles de première grandeur, en se levant, ont une lumière sensiblement plus blanche qu’en Europe. » ... . .
- Ce phénomène, qui fut également observé dans l’Ancien Continent, frappa vivement les habitants de Cumana, qui se souvinrent qu’une apparition analogue avait précédé les tremblements de terre désastreux de l’année 1766. — (Toutefois, c’était le 21 octobre que Cumana avait été détruite.) — Une nouvelle pluie d’étoiles filantes, très remarquable, s’étant encore produite le 12 novembre 1833, on en conclut que l’on devait compter sur une apparition semblable tous les trente-quatre ans (*), et on s’y attendit pour l’année 1867. — On vit, en effet, en 1866, 1867 et 1868, des pluies d’étoiles filantes ; mais, à partir de 1869, elles diminuèrent rapidement d’intensité.
- On s’est demandé pendant bien longtemps ce que sont les étoiles filantes, mais aujourd’hui on ne peut en douter, ce sont des phénomènes cosmiques, c’est-àrdire d’origine extra-terrestre.
- On le présumait depuis longtemps ; le fait que, dans une pluie d’étoiles filantes, elles semblent partir des environs d’un même point de la voûte céleste, qu’on appelle le radiant (2), le donnait à penser.
- 1. En 1832, l’essaim s’était déjà fait voir, et un jeune homme, destiné à une éclatante renommée, l’observa du haut de l’impériale d’une diligence. Il s’appelait Urbain Le Verrier.
- 2. Ain«i, on a les Perséides (10 août) dont le radiant se trouve dans la constellation de Persée ; de même, les Léo-nides (12 novembre). Le radiant des étoiles du 27 novembre se trouve dans Andromède. \IAnnuaire du Bureau des Longitudes indique 63 radiants distincts.
- p.297 - vue 301/688
-
-
-
- 298
- ÉTOILES FILANTES ET BOLIDES
- Il est maintenant prouvé que les étoiles filantes sont des fragmentsdecomètes qui sesont subdivisées en morceaux relativement très petits. Sur la question de cette rupture, on peut voir un mémoire que M. Picart, aujourd’hui directeur de l’observatoire de Bordeaux, a publié dans le cinquième volume des Anncües de cet établissement (1894).
- Il a été donné aux aslronomesdu dernier siècle d’observer directement un de ces phénomènes. La comète découverte par l’Autrichien Biéla en 1826 et dont la période est de 6,5 ans environ, quand on la revit en 1846, s'était divisée en deux fragments inégaux qui marchaient de conserve, et qui allaient d’ailleursen s’éloignant l’un de l’autre. En 1859 et 1865, on ne revit pas Ja comète, et on supposa que désormais, elle était tellement fractionnée qu’il n’y avait plus d’espoir de l’observer.
- Or, l’orbite de la comète de Biéla coupe l’orbite terrestre, et vers le 27 novembre 1872, les deux astres auraient dû être dans le voisinage immédiat l’un de l’autre. Précisément à cette date, une pluie d’étoiles des plus remarquables fut observée dans toute l’Europe comme en Amérique.
- Treize ans plus tard, jour pour jour, le 27 novembre 1885, on revit le même phénomène, non moins frappant, et ceux à qui il a été donné de l’observer ne l’oublierontjamais.
- On peut penser que la matière de la comète, divisée en fragments très petits, est répartie tout le long de son orbite, sans qu’il y ait homogénéité dans cette , répartition, en sorte que la densité de cette sorte de poussière astrale pourrait être plus grande en certains points qu’en d’autres.
- D’après ce qui précède, on devait s’attendre à revoir les Biélides en 1898 et en 1911, mais cette attente a été trompée. Serons-nous plus heureux en 1924? il serait bien téméraire de l’affirmer; mais, dans tous les cas, il importera que, cette année, lous ceux qui s’intéressent à la science du ciel sachent d’avance que, s’ils sont vigilants, ils ont des chances d’assister à un spectacle des plus impressionnants.
- A côté des étoiles filantes, il faut mentionner les aérolithes, dont l’existence a été bien longtemps contestée, tantil répugnait, même à de grands esprits, — Lavoisier, par exemple, — que des pierres pussent tomber du ciel. Plutôt que de l’admettre, on aimait mieux reléguer au rang des contes populaires des faits certifiés par des gensdignesdefoi,telsque Plutarque, qui nous apprend que, vers lé temps de ia naissance de Socrate, une pierre, deux fois grosse comme une meule de moulin, était tombée sur les bords de l’Ægos Potamos, en Thrace. Humboldt croyait qu’il ne serait pas impossible de retrouver cette pierre.
- De même, le 7 novembre 1492, à Ensisheim, en Alsace, une pierre tomba dans un champ de blé, et elle pesait 276 livres. Longtemps conservée dans l’église du pays, elle se voit maintenant au musée de
- Colmar, et, après qu’on en a distrait de nombreux échantillons, elle pèse encore 55 kilogrammes.
- Malgré ces faits, et bien d’autres, non moins authentiques, on ne voulait pas admettre les chutes de pierres, et, pour expliquer ce que les témoins assuraient avoir vu, on avait recours à des raisonnements extraordinaires.
- Le physicien allemand Chladni, qui s’est fait connaître par de belles découverles en acoustique, avait toutefois ébranlé les convictions par la publication, laite en 1794, d'un catalogue des chutes de pierres bien constatées ; mais, il fut donné à Biot, par une enquête très soignée qu’il fit sur la pluie de pierres arrivée à Laigle, petite ville du département de l’Orne, le 29 avril 1805, de dissiper les derniers doutes. Depuis, il est universellement reconnu que des masses de matière trop petites pour qu’on puisse les voir en temps ordinaire, véritables planètes en miniature, circulent dans l’espace, qu’elles peuvent pénétrer dans notre atmosphère, s’y enflammer par suite de la compression que leur énorme vitesse imprime à cette atmosphère, et, se trouvant à la température excessivement basse des espaces célestes, éclater, comme le bâton de soufre que l’on tient à la main, par suite de la différence excessive des températures de leursurface et deleur intérieur. Les étoiles filantes proprement dites semblent être essentiellement différentes des bolides. Que serions-nous devenus le 27 novembre 1885, si chacune de celles qu’on a vues pendant cette mémorable nuit nous avait lancé des pierres ?
- Quelques mots sur un des plus remarquables, parmi les derniers bolides dont on a pu observer la chute.
- Le 10 février 1896, vers 9 h. 50 du matin, le regr. Lté M. Bayet, directeur de l’observatoire de Bordeaux, entrant dans notre salle de travail, nous dit qu’il venait d’observer, en regardant vers le sud-ouest, l’explosion d’un bolide, sans doute très éloigné, car on n’entendit aucune détonation.
- Le lendemain, on apprit que cette explosion s’était faite au-dessus de la ville de Madrid et avait causé de grands dégâts. D’ailleurs, la panique avait, comme toujours, accru le mal. C’est ainsi que des ouvrières, travaillant dans une fabrique, s’étaient écrasées les unesles autresdansles escaliers poursortirplus vite; d’autres personnes s’étaient jetées par les fenêtres, etc. Pendant plusieurs semaines, la capitale espagnole fut dans les transes.
- Nous croyons en avoir assez dit pour faire comprendre tout l’intérêt que mérite l’étude des étoiles filantes et des bolides. Ces phénomènes ont beaucoup de choses à nous apprendre, mais ne nous les apprendront que bien lentement : — Multi transi-bunt, a dit le chancelier Bacon, etaugebilur scien-, tia.
- E. Doublet.
- Astronome- à l’Observatoire de Bordeaux.
- p.298 - vue 302/688
-
-
-
- 299
- COMMENT FAIRE BRULER DU SUCRE
- C’est une vieille expérience bien connue, avec laquelle on peut aisément amuser une société. Elle est bien facile à reproduire, mais beaucoup plus difficile à expliquer.
- Vous prenez un morceau de sucre, et vous demandez à un de vos auditeurs de le faire brûler, il allume une allumette et place un morceau de sucre dans la flamme ; le seul résultat est de produire un peu de caramel sur les bords. Mais le sucre ne brûle pas ; si l’on essaye une flamme plus énergique que celle de l'allumette, celle d’une lampe à gaz, à alcool, même celle d’un brûleur Bunsen, le résultat est le même, c’est-à-dire négatif. Vous assistez à ces vains efforts, en fumant placidement votre cigarette ou votre cigare, et lorsque votre partenaire s’avoue vaincu, vous prenez à votre tour le morceau de sucre rebelle. Négligemment vous laissez tomber à sa surface un peu de cendre de tabac; vous approchez alors une allumette enflammée; le sucre prend feu immédiatement.
- Comment expliquer cette expérience banale ? Ici commencent les difficultés. Un certain nombre d’études ont été faites sur ce sujet dans ces dernières années; notamment par lledvall. Il semble en résulter que la combustion du sucre est provoquée par un effet de catalyse, attribuable aux carbonates alcalins que la cendre de tabac contient toujours en quantité notable. Le catalyseur a pour effet d’abaisser considérablement la température à laquelle s’amorce la combustion du sucre. Les expériences de lledvall ont été faites d’une façon systématique qui les rend très instructives.
- Il chauffe du sucre de canne dans la flamme d’un Bunsen et il examine l’effet produit par l’addition de diverses substances étrangères. Le sucre pur brunit et fond.
- Les substances étudiées par lledvall se répartissent suivant leur effet, en trois catégories : la première comprend les corps qui ne modifient pas la façon dont le sucre se comporte dans la flamme.
- L’addition d’un corps de la seconde catégorie provoque l’inflammation du sucre qui décrépite en produisant des anneaux de fumée et en laissant finalement un peu de cendre grise.
- Avec les corps de la 5e catégorie, le sucre brûle avec flamme et produit encore des anneaux de fumée, mais laisse un résidu noir et poreux. L’intensité de la flamme, la forme et la quantité du résidu varient suivant les corps employés comme catalyseurs.
- A la première catégorie, celle des corps qui ne produisent aucun effet, appartiennent les substances suivantes : silice (SiO2), alumine anhydre (APO3), anhydride stannique (SnO2), oxyde de titane (TiO3), oxyde de bérylium (BeO), anhydride molybdique (MoO3), protoxyde de manganèse (MnO), oxyde de nickel (NiO), oxyde d’uranium (U3U7), anhydride arsénieux (As203), sesquioxyde de chrome (Cr203) ; oxyde de fer (Fe203), fer réduit, acide azotique, sulfate de baryum, carbonate d’ammoniaque, etc.
- A la deuxième catégorie appartiennent les oxydes des métaux alcalins, alcalino-terreux et des métaux lourds, sauf ceux qui sont cités plus haut.
- Ce sont les oxydes alcalins qui produisent la flamme la plus vigoureuse. L’argent, le cuivre, le platine, le zinc, le nickel réduit et le cobalt appartiennent également à la 2e catégorie. Parmi ces métaux, c’est le zinc qui donne la flamme la plus vive.
- Enfin à la 3e catégorie appartiennent les halogènes et les sels halogénés à l’exception du fluorure de calcium CaF2, l’anhydride phosphorique, l’àcide sulfurique, l'anhydride sulfureux, les sels alcalins et alcalino-terreux (sauf le sulfate d’ammoniique), le sulfate de cuivre et le sulfate de fer .
- Ainsi la banale expérience que tant de personnes ont si souvent répétée, sans y trouver matière à réflexions, reprise par un savant plus investigateur, donne lieu à un travail fertile -en résultats, et peut-être en applicatidns pratiques.
- LA STÉRÉOTOPOGRAPHIE ET SES RÉCENTS PROGRÈS
- Les paysages qui viennent se peindre sur la glace dépolie d’une chambre photographique sont des perspectives coniques possédant des propriétés géométriques parfaitement définies. Aussi, un officier du génie français, Laussedat, imagina, voilà plus de 70 ans, d’appliquer l’art de Daguerre aux levers des plans. Son originale méthode cartographique, qu’il baptisa alors du nom de mélrophotographie et que certains auteurs appellent également photo-grammétrie ou bien encore phototopographie, consiste à déterminer d’abord soit directement, soit à l’aide d’une triangulation, les positions et les alti-' tudes de deux stations établies sur l’emplacement à lever. Ensuite, de chacune des extrémités de cette droite choisie comme base, on prend deux photographies dudit terrain, de manière que les images des points à déterminer se trouvent sur chacune des vues.
- On se sert pour cela du photo théodolite inventé par le même savant et d’où dérivent les appareils similaires plus ou moins modifiés ou perfeclionnés, qu’utilisent les topographes d’aujourd’hui. Comme organes essentiels, cet instrument comprend une chambre noire, une lunette[et deux limbes gradués,’ l’un horizontal, l’autre vertical. Indépendamment de la prise des clichés, il permet de mesurer, sur le terrain, les angles horizontaux et les pentes nécessaires à la détermination des extrémités de la base ainsi que les points de contrôle employés pour la restitution ultérieure. En outre, un dispositif spécial de la chambre photographique enregistre automatiquement sur la plaque la ligne d’horizon et la verticale principale (intersection respective de cette dernière avec le plan horizontal et avec le plan vertical contenant l’axe optique de l’objectif).
- D’autre part, après avoir procédé à la prise des
- p.299 - vue 303/688
-
-
-
- 300 LA STÉRÉOTOPOGRAPH1E ET SES RÉCENTS PROGRÈS
- vues, au développement des clichés et au tirage des épreuves positives, le cartographe se livre, à tête reposée, au travail de la restitution. Tranquillement assis devant sa table de dessin, il mesure sur chacun des clichés Jes éléments nécessaires, puis au moyen de constructions graphiques ou de calculs très simples, il détermine la position et l’altitude des principaux points afin de pouvoir figurer, sur le papier, les détails planimétriques et tracer, par interpolation, les courbes de niveau.
- Malheureusement si ce procédé offre, entre autres
- points situés à diverses distances. D’autres causes secondaires interviennent dans la production du phénomène; en particulier, l’effort d’accommodation variable avec l’éloignement, le modelé dû aux ombres, la perspective, les changements de forme des objets quand l’œil se déplace, etc. Quelles que soient, du reste, les explications physiques et physiologiques adoptées, on conslate expérimentalement que notre rétine cesse de percevoir le relief quand l’angle de convergence des axes des yeux devient inférieur à une certaine limite, variable
- Fig. i. — Le stèréacomparateur.
- (Les clichés, mis sur les 2’porte-plaques, sont éclairés par des lampes électriques spéciales situées au-dessous
- de chacun d’eux.)
- avantages, celui d’une application commode aux régions montagneuses, il exige l’emploi de topographes experts sans compter la difficulté d'identification des points communs aux deux vues photographiques. Les images d’un même accident du terrain, prises de stations plus ou moins éloignées l’une de l’autre offrent, en effet, des dissemblances assez marquées pour rendre leur reconnaissance assez malaisée sur les plaques.
- Aussi, afin de remédier à cet inconvénient qui limite les applications de. la métrophôtographie, Pulfrieh imagina la sléréophotogrammétrie, basée sur la sensation du relief résultant de la vision binoculaire, sensation due principalement aux variations de l’angle des axes des yeux, quand l’observateur porte successivement son regard sur des
- selon les individus et qui, pour une personne possédant une vision normale, atteint environ 30 secondes sexagésimales. L’écartement des yeux d’un sujet oscille entre 55 mm et 75 mm, et plus il est considérable, plus la limite de perception du relief s’accroît; celle-ci atteint parfois 1500 m., mais en général, elle rie dépasse guère 500 mètres.
- Supposons maintenant qu’au lieu de regarder simplement un paysage, nous en prenions deux vues photographiques de chacune des extrémités d'une base beaucoup plus longue que l’écartement de nos yeux. Si nous examinons ces clichés photogram* métriques, au moyen d’un microscope binoculaire, le relief de l’ensemble se trouve augmenté dans la même proportion.
- Ces généralités vont faciliter l’intelligence des
- p.300 - vue 304/688
-
-
-
- Fig. 2. — Réglage des plaques sur le slèrèocomparateur.
- (En manœuvrant des manivelles, l’opératrice déplace les clichés ainsi que l’appareil stéréoscopique et pose, par suite, le repère ou mire mobile, sur un point quelconque au paysage.)
- Fig. 3. — Vue d’ensemble du stèrèoaulog raphe.
- (Le « reslituteur » assis devant l'appareil, examine les clichés au moyen du microscope binoculaire et actionne les manivelles qui commandent les déplacements du crayon traceur. L’opératrice de droite suit les mouvements de ce dernier sur la feuille
- de papier et procède aussitôt à la mise à l’encre.)
- p.301 - vue 305/688
-
-
-
- 302 : LA STÉRÉOTOPOGRAPH1E ET SES RÉCENTS PROGRÈS
- Fis;. 4 — Cliché de la région dit, Brévent-Chamonix pris au photothéodolite, en vue de sa restitution stéréoautographique.
- opérations que nécessite le lever d’un plan par la méthode sléréophotogrammélrique. Il faut, au préalable, reconnaître le terrain et construire les signaux nécessaires. On établit ensuite le canevas d’ensemble, les stations photogrammétriques et les points de contrôle. Un photothéodulite de haute précision sert à mesurer les bases cl à prendre les vues photogrammétriques. Il doit remplir un certain nombre de conditions théoriques (objectif parfait, verticalité de la plaque rigoureusement assurée, etc. ); il possède, en outre, un dispositif spécial enregistrant automatiquement la verticale principale et la ligne d’horizon. Ces deux droites, matérialisées sur les clichés, constituent deux axes auxquels on rapporte les coordonnées d’un point quelconque de l'image. D’autre part, des formules permettent de calculer, en fonction desdites coordonnées, les positions planimélriques et les altitudes des points correspondants du paysage.
- Les mesures s’effectuent au bureau à Laide du stéréocomparateur (fig. 1), qui se compose essentiellement d’un banc supportant deux, chariots, l'un mobile dans un sens longitudinal, l’autre dans une direction perpendiculaire. Ces mouvements s’obtiennent au moyen de vis et de manivellés. Le premier chariot reçoit les deux clichés négatifs disposés horizontalement dans le même plan et orientés de façon convenable. La plaque dé gauche reste fixe sur son support tandis qü’une vis micrométrique dite « vis des parallaxes » permet de déplacer longitudinalement la vue de gauche.
- D’autre part, sur le chariot transversal, se trouve monté un microscope binoculaire, sorte de stéréoscope très perfectionné, qui présente deux lunettes munies de réticules circulaires portant à leur partie inférieure un trait vertical. Quand l’opérateur place ses yeux aux deux oculaires convenablement écartés (fig. 2), il voit ces marques sous l’aspect d’une image stéréoscopique comparable à' une sorte de
- ballonnet suspendu dans l’espace. En manœuvrant les manivelles, il peut déplacer les clichés ainsi que le stéréoscope et par suite poser la mire mobile sur un point quelconque du paysage. Ce repère, selon la judicieuse comparaison de M. Paul Cor-bin, (( joue pour lui le rôle d’un porte-mire parfaitement intelligent, instantanément obéissant et pouvant se transporter en un clin d’œil sur les terrains les plus éloignés et les plus inaccessibles. » Grâce à deux échelles graduées munies de verniers et à une échelle avec tambour également graduée, on apprécie au centième de millimètre les divers déplacements imprimés aux ch’chés et au microscope dans les deux sens. En résumé, l’opérateur situe à volonté le repère mobile en un endroit quelconque de la vue stéréoscopique de la même façon que son aide topographe poserait sa mire sur le point correspondant d’un paysage et sans se soucier des pentes les plus fortes ou des rochers les plus abrupts. Il n’a pas besoin de s’inquiéter davantage de l’identification préalable des points du terrain, principale difficulté de la méthode photogrammétrique. 11 lui suffit d’examiner simultanément les deux clichés stéréoscopiques du paysage.
- Fig. 5 — Levé stéréoautographique d'une partie du terrain, vu sur la photographie (fig. j.).
- p.302 - vue 306/688
-
-
-
- 303
- LA STEREOTOPOGRAPHJE ET SES RECENTS PROGRÈS
- Cependant les praticiens délaissèrent peu à peu le procédé du O1' Pulfrich, qui nécessite de lentes et pénibles déterminations de points isolés. Aujourd’hui la sléréoautographie supprime tous ces inconvénients et tend à remplacer, de plus en plus, la méthode précédente. Deville au Canada et Thompson en Angleterre, exécutèrent les premiers essais stéréoautographiques que les recherches de l’autrichien d’Orel commencèrent à orienter dans une voie pratique, dès 1907. Toutefois, avec l’appareil primitif, réalisé alors par cet ingénieux topographe, si l’on obtenait déjà d’une façon automatique les coordonnées planimétri-ques de points isolés, il fallait encore en calculer les altitudes.
- Depuis cette époque, d’Orel ne cessa de perfectionner son stéréo autographe dont la Société française de stéréoautopc-graphie possède un exemplaire du plus récent modèle (fig. 5). Le com^ mandant Vavon, ex-chef des brigades de levés à grande échelle au Service géographique de l’Armée et actuellement directeur technique de cette firme parisienne, a bien voulu faire fonctionner, sous nos yeux, ce remarquable instrument (association merveilleuse du stéréocomparateur et d’un système de leviers liés aux chariots porte-plaques et au microscope binoculaire), affranchissant les opérateurs de tous calculs et tous dessins. Il fournit le tracé automatique et continu, sur le papier, des détails plani-métriques et des courbes de niveau quand on déplace les clichés stéréoscopiques et le microscope binoculaire, de façon que le repère mobile reste en contact sur les vues avec les éléments correspondants du paysage.
- Pour obtenir un tel résultat, pas besoin, du
- reste, que les clichés se trouvent dans un même plan vertical; on peut les prendre soit dans deux plans verticaux parallèles obliques par rapport à la base, soit dans deux plans verticaux faisant des angles différents avec le plan vertical qui contient la base. En rendant mobile la planche à dessin, portant le papier sur lequel s’effectue le report automatique de la carte, on pourra même restituer des clichés inclinés sur l’horizon.
- Sans entreprendre la description complète et encore moins la théorie du stéréoautographe — bien quelle repose sur des principes de géométrie élémentaire — regardons ses rouages accomplir avec une précision hors ligne une besogne semblant si compliquée a priori.
- Donc, après avoir pris avec un photothéodolite, aux deux extrémités d’une base, des vues du terrain à lever, on développe ces clichés (fig. 4), on reporte la position de la base à l’échelle du plan désiré sur la feuille supportée par la planchette à dessin du stéréoautographe que notre illustration (fig. 3) montre dans son ensemble. Le « restituteur » s’installe devant la solide table en fonte qui supporte le stéréo-comparateur, relié lui-même à tout un système de vis, de chariots, de barres et de leviers. Puis il dispose les clichés devant le microscope binoculaire qui lui servira à les examiner.
- Il voit alors le terrain avec un relief saisissant.
- Il aperçoit en même temps, comme suspendue dans l’espacé stéréoscopique, une marque noire, le repère mobile, qu’il peut poser sur un point quelconque dp paysage en agissant sur quatre manivelles. Il actionne deux de ces dernières à la main et les deux autres au pie! par l’intermédiaire
- Fig. 6. — Fragment d’un plan au 200e d’un terrain inaccessible et très accidenté, établi par le stéréoautographe, en vue d’un aménagement hydro-électrique.
- p.303 - vue 307/688
-
-
-
- 304
- LA STEREOTOPOGRAPH1E ET SES RECENTS PROGRÈS
- de plateaux. Les mouvements imprimés à ces manivelles permettent soit de déplacer longitudinalement l’ensemble des deux clichés, soit longitudinalement et transversalement le cliché de droite par rapport à celui de gauche, soit transversalement le microscope binoculaire. Finalement ces mouvements se transmettent, grâce à une série d'organes divers, à un crayon, qui se déplace au-dessus de la feuille de papier près de laquelle se tient, sur notre gravure, l’opératrice chargée d’y dessiner à l’encre les tracés.
- En définitive, l’observateur déplace à volonté la mire mobile et lui fait pour ainsi dire « toucher » tous les points du terrain.
- Pour restituer un plan après avoir réglé le sté-réocomparateur, les clichés et la feuille de papier, qui doivent remplir un certain nombre de conditions initiales, il agit sur les diverses manivelles, de façon à maintenir le repère au contact des détails pla-nimétriques. Le crayon trace automatiquement d’une manière continue leurs projections sur là feuille de dessin. Si l’on veut, d’autre part, dessiner une coiirbe de niveau (fig. 5), on commence par faire marquer au vernier de l’échelle des hauteurs, l’altitude de la courbe cherchée. Il suffit ensuite de maintenir constamment le repère mobile au contact du terrain sans loucher à la manivèlle qui commande les déplacements du vernier de l’échelle des hauteurs.
- La stéréoautogrammétrie possède donc de multiples avantages sur les autres méthodes topographiques employées jusqu’ici. D’abord le stéréoauto-graphe fournit des plans d’une richesse de mndelé
- inconnus précédemment. Comme la comparaison des gravures ci-contre représentant un même plan levé de la sorte (fig. 6) et par un procédé ordinaire (fig. 7) permet de s’en rendre compte, on peut, grâce à ce remarquable instrument, représenter les moindres accidents de terrain, les courbes de niveau n’étant plus obtenues après coup par interpolation , mais tracées immédiatement d’une manière
- continue avec une grande exactitude, sans la moindre erreur d’interprétation et d’une façon mathématique, quelle que soit la sinuosité des lignes.
- En second lieu, une équipe de photothéodolites exécute, sur le terrain, les opérations nécessaires beaucoup plus rapidement que les topographes utilisant les méthodes classiques.
- Au bureau, le travail de restitution s’opère également beaucoup plus vite et avec une précision bien plus grande que ne pouvaient le faire les dessinateurs d’autrefois.
- Aussi, selon l’avis autorisé du commandant Va-von, la stéréoau-tographie, combinée avec la topographie ordinaire soit pour l’établissement du canevas d’ensemble, soit pour le lever de certaines parties du terrain insaisissables par l’objectif, constitue « le procédé de l’avenir » ; car elle permet, à des spécialistes exercés, de réaliser automatiquement avec plus de précision, moins de peine et de dépenses, des plans d’une facture bien supérieure à celle des anciens levers obtenus point par point, à grand renfort d’observations instrumentales, de pénibles calculs et de fastidieux coups de crayon.
- Jacques Boyer.
- Fig. 7. — Fragment du même plan que celui de la figure 6, levé par lis procédés de topographie classique.
- (La comparaison des documents 6 et 7 permet de se rendre compte de la valeur respective des 2 méthodes.)
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiicre, 9, vue rie Fleurus, à Paris.
- p.304 - vue 308/688
-
-
-
- LA NATURE
- — N“ 2615
- 17 MAI 1924
- COMMENT ON FAIT UNE
- Le tennis a conquis le monde. Le nombre de ses adeptes, voire de ses fanatiques, augmente tous les jours. Ce jeu élégant devient égalitaire, nivelle les classes sociales : les Souverains s’affrontent sur les courts avec de simples bourgeois.
- Son arme et son âme, la raquette légère, coquette est, essentiellement, internationale, car les cinq parties du monde fournissent des éléments à sa fabrication : eadre en frêne de France, cordes en boyaux de moutons d’Australie, cœur en noyer d’Amérique, plaquettes de manche en okoumé de la Côte d’ivoire, vernis de quelque province reculée de l’Asie.
- Avant qu’elle ne soit prise par la main délicate et souple de quelque amateur, la raquette aura dù passer par une série d’autres mains, plus calleuses, certes, mais habiles et patientes, au cours des phases multiples de ses transformations. C’est à ces dernières que je vais vous faire assister.
- Ce sont : le cintrage, le séchage, le collage du cœur et de la fourrure, le rabotage et le toupillage,
- Fig. 2. — Collage du cœur A et de la fourrure BB.
- le collage du renfort, le finissage, le cordage, le vernissage et le a coup de tion » terminal.
- Le cintrage. — Une lame de frêne, de 1 m. 68 de long sur 18 mm de large et 28 mm d’épaisseur, le slick, débitée dans le sens du fil du bois, va former le cadre et le manche. Le stick est d’abord mis 2 à 5 heures dans une étuve à vapeur, portée à 80°. Humide et chaud, il est placé sur une table de fonte sur laquelle, commandée par une puissante vis de rappel, glisse une forme ovoïde en bois terminée par un manche (fig. 1).
- Dans son mouvement de progression, la forme, s’appuyant exactement sur le milieu, bien repéré, du stick, s’en coiffant, le pousse entre deux guides métalliques qui le plient et l’obligent à épouser ses contours, lui donnant peu à peu, sans effort apparent, l’aspect d’une immense épingle à cheveux. Puis, la forme continuant à progresser, deux com-
- i. Les gravures qui illustrent cet article sont, des Photos-Pallié Revue, obligeamment communiquées par la Maison Tunmev, dont nous avons visité les usines à'Levallois-Perret.
- RAQUETTE DE TENNIS "
- Fig. i —La forme K entraînée Par la vis de rappel du volant C, se coiffe du stick BB et l’oblige à épouser ses lignes. Quand la forme sera arrivée en F, une pression latérale sera exercée sur les deux branches du stick par les deux masses DD, commandées par une vis de rappel, actionnée par le volant E.
- presseurs, agissant sur chacune des branches de l’épingle, les forcent sur sa partie postérieure.
- Le cintrage est lerminé : Je stick, contourné, a dès maintenant l’aspect général de la raquette : un ovoïde terminé par deux branches parallèles, distantes de deux centimètres environ, qu’une griffe métallique fixe dans leur position.
- Les diverses parties de la raquette ont, chacune, leur nom : la partie supérieure de l’ovoïde est la tète, la partie inférieureest'Yépaule. Les deux tiges sont le manche. A la jonction du manche et de l’épaule se trouve le cteur.
- Séchage. — Cet embryon de raquette est alors envoyé au séchage, lequel débute par un passage de 2 à 3 jours dans une étuve sèche à 55°. Puis, le cadre est disposé sur une étagère où, durant des mois, il continuera à sécher à l’air libre. Pendant cette période, le bois est mis à l’épreuve : il résiste, travaille, claque, s’écaille, fait des « givelures » et ces défauts divers seront causes de rebuttage, de classage dans les diverses catégories.
- Collage du cœur et de la fourrure. — Le bois
- Fig. 3.— Collage au niveau du cœur A et de l’épaule BB du renfort CC.
- 20. - 505.
- 52* Ànné*
- 1*' S*m*atr»
- p.305 - vue 309/688
-
-
-
- 306 ..... COMMENT, ON*FAlT UNE RAQUETTE' DE TENNIS
- Fig. 4.— Les perforations pour le passage des cordes.
- bien sec, on enlève la griffe métallique qui n’est plus utile, les branches du manche ayant pris leur position définitive. À l’articulation de l’épaule et du manche, on colle une pièce de bois en noyer d’Amérique — ou quelquefois en sycomore — le cœur, dont la forme rappelle vaguement celle d’un Y aux angles arrondis. Entre les extrémités des tiges du manche et pour maintenir leur écartement, on colle une pièce de bois blanc, la fourrure. Après collage, les pièces sont fortement serrées par des presses métalliques (6g. 2). Le collage du cœur et de la fourrure constitue 1 ’axage de la raquette. Le milieu de la tète de la raquette a été déterminé au moment du cintrage. Un fil à plomb, parlant de ce point, doit passer exactement par le centre du cœur et de la fourrure, pour que la raquette soit bien équilibrée.
- Rabotage et toupillage. — A ce stade, notre raquette est encore quelque chose d’assez grossier et un tantinet informe. Le travail du menuisier va rapidement l’affiner. Elle est d’abord « nettoyée » à la dégauchisseuse, diminuée d’épaisseur, « toupil-
- Fig. 6. — Tensiomètre pour raquettes de tennis.
- lée » au niveau du cœur et de l’épaule. Ainsi nettoyée, son poids oscille entre 300 et 350 gr. : on voit, dès maintenant, dans quelle catégorie elle entrera : 15,5 ou 14, ces derniers chiffres désignent des onces — poids anglais — car le système métrique n’a pas encore pénétré dans le domaine de la raquette.
- Collage du renfort. — Sur le cœur et les épaules on colle le renfort, petite lame de frêne de 20 a 25 cm de longueur et de quelques millimètres d’épaisseur (fig. 5) qui sera, après séchage, bien toupillée pour que ses extrémités, de plus en plus amincies, se fondent en quelque sorte sur la face interne du cadre. Les rebords internes de ce dernier sont alors chanfreinés, les angles abattus ; la face externe est polie. Une longue vis traverse l’épaule et le cœur pour renforcer le collage de ces pièces.
- Travail de finition. — La raquetle, qui a com-
- Fig. 5. — Le cordage.
- plèlement changé d’aspect, est envoyée au travail de finition : c’est l’achèvement du manche, par collage sur chaque face, de plaquettes en bois d’okoumé ; ce sont : le perçage des trous pour le passage des cordes (fig. 4), l’entaillage des cannelures de la tête, le renforcement des épaules par des ligatures, faites avec de petites bandes de toile forte et fine, bien collées ; c’est le passage au blanc d’Espagne, pour masquer les porosités du bois et assurer une meilleure prise de la première couche de vernis ; c’est le cannelage du manche et la pose des cuirs.
- La raquette est de nouveau pesée : son poids détermine, à ce moment, sa catégorie, car le cordage est considéré comme un facteur invariable.
- Cordage. — Toutes les opérations précédentes ont été faites d’une façon mécanique, quasi-automatique.
- Le cordage est, de toutes les opérations, la plus délicate.
- Elle demande pas mal de force, mais combien plus d’habileté. Ce n’est pas tout que de tirer et de tendre une corde : il faut, sans cesse, savoir apprécier, au doigt, son degré de tension. Celle-ci doit être régulière. Si elle variait avec les cordes, des
- p.306 - vue 310/688
-
-
-
- LA PSEUDO-LUMINESCENCE DES POISSONS
- l
- déformations du cadre se produiraient très rapidement (fig. 5).
- Les cordes, comme celles des harpes et des violons, sont faites avec des boyaux de mouton : ceux d’Australie fournissent les meilleures. Avant leur mise en place, les cordes, dont le diamètre varie de 8/10 à 9/10 de mm., sont éprouvées à la traction et résislcnt à 90 kg. Elles ne sont pas soumises à pareille tension sur la raquette : celle-ci varie entre 20 et 22 kg et est contrôlée au moyen du tensiomètre (fig. 6).
- Il n’y a plus qu’à lui donner maintenant son a dernier coup de fion » : application des décalques et des marques, vernissage définitif du bois et des
- 307
- cordes, pour que la raquette soit prête à être mise sur le marché.
- Nous avons, longtemps, été tributaires de l’étran-. ger, pour l’achat de nos raquettes et, le snobisme aidant, nous le sommes trop encore. Nous avons pourtant, en France, une douzaine, au moins, de bonnes maisons, qui peuvent largement fournir à la consommation nationale de quclquè 200000 raquettes et même alimenter un commerce d’exporta-lion.
- Pourquoi ne pas utiliser uniquement les raquettes françaises ? Que le tennis ne contribue pas à la crise des changes !
- Pjerre-A. Matickon.
- LA PSEUDOLUMINESCENCE ET LE ROLE DU TAPIS CHEZ CERTAINS POISSONS
- On connaît beaucoup d’espèces de poissons qui produisent delà lumière. En général, ils habitent les grandes profondeurs où la lumière du jour n’existe plus, ou est lies affaiblie. Avec ces animaux photogènes on a confondu d’autres poissons qui n’émettent qu’une lumière d’emprunt. Ainsi, à propos des Trigles ou Grondins, on peut lire dans l’ouvrage de Brclim sur les crustacés et les poissons (l) le passage suivant : « lorsque la nuit, ils se meuvent dans les endroits où l’eau a peu de profondeur, ils émettent des lueurs phosphorescentes, tantôt sous forme de points, tantôt de bandes lumineuses » et, plus loin (p. 227), au sujet des Rougets volants Dactylo-pterus volitans Valenc., de la famille des Triglidés :
- « Lorsque les Hirondelles de mer sont confinées ainsique leurs ailes au milieu d’une nuit obscure, on les a vues briller d’une lumière phosphorique, semblable à celle dont resplendissent plusieurs autres poissons et à l’éclat que jettent pendant la nuit des pays méridionaux les insectes auxquels le vulgaire a donné le nom de Vers luisants ».
- Je n’ai lien pu constater de semblable chez des Grondins de diverses espèces, vivants ou fraîchement pêchés, pas plus que les pêcheurs que j’ai interrogés à ce sujet : Les Trigles ne sont pas des poissons phologènes ; mais l’erreur du naturaliste allemand s’explique par le fait suivant qu’il existe une espèce de Grondin, leïrigle lanterne Trigla lucerna G. Y., poisson qui doit être rare dans la région provençale, car Gourret, dans son livre sur les Pêcheries et tes poissons de Provence, n’en fait pas mention (2).
- Un jeune Trigle lanterne fut dernièrement capturé dans les eaux de la rade de Toulon et je le mis, bien vivant, dans un cristallisoir rempli d’eau de mer, qui fut aussitôt porté dans un cabinet noir, à l’obscurité complète. Je pe pus apercevoir alors aucune luminosité spontanée ou provoquée par des excitations diverses. Mais ayant transporté mon Trigle dans une pièce très faiblement éclairée par des fenêtres dont les persiennes étaient fermées, je constatai alors que, soit spontanément, soit après des excitations mécaniques, l’animal projetait des éclairs rapides, d’une belle nuance ver-
- 1. Les Merveilles de la Nature, trad. franc, par Sauvage et Kilnckel dTIeucelais, p. 220 et suiv., J.-B. Baillière, éditeur, Paris.
- 2. J.-B. Baillière, Paris, 1804.
- dâtre, à éclat fluorescent analogue à celui de la lumière que fabrique le Pyrophore des Antilles. Toutefois, celte lueur ne se montrait que lorsque le poisson avait la têle tournée du côté de la fenêtre. J’interposai alors un écran opaque enlre celle-ci et la fenêtre, et il me fut alors impossible de provoquer la lumière de cette prétendue lanterne vivante. De plus, je vis que les lueurs venaient exclusivement de l’œil et, le plus souvent, d’un côté seulement : j’en conclus qu’il s’agissait de lueurs de même nature que celles qui prennent naissance dans le tapis du fond de l’œil de certains animaux comme le Chat, le Phoque etc. (*) et qui peuvent être assez fortes parfois pour avoir, en se déplaçant avec l’animal, fait croire à des feux follets (2).
- Les Grondins peuvent d’ailleurs - être considérés comme des animaux crépusculaires, car ils se tiennent ordinairement au fond de l’eau sur lequel ils marchent avec des rayons de nageoires pectorales transformées en véritables pattes.
- L’inlermittence de la lueur du Trigle lanterne ne tient pas seulement à la position de la tête par rapport à la direction des rayons lumineux incidents : l’animal peut encore faire apparaître ou disparaître à volonté la pseudo-luminescence, soit par des mouvements du globe oculaire, soit plutôt par des déplacements produits par le ligament falciforme et la cloche, très développés chez les Grondins, modifiant la direction de l’axe du cristallin.
- Le fond de l’œil des poissons est ordinairement brillant et coloré, mais beaucoup d’auteurs semblent avoir confondu ce qui apparlient à la membrane.Jaryentéc et au tapis.
- Quelques-uns attribuent l’éclat du tapis dans la clarté crépusculaire à ce que la faible lumière incidente serait réfléchie au dehors après avoir été décomposée par la diffraction produite par de fins cristaux de guanine. On ne comprend pas pourquoi une faible quantité de lumière blanche pouri ait devenir plus éclairante en frappant le fond de l’œil parce qu’elle a été décomposée en ses élé-
- 1. J’ai signalé chez le Phoque un tapis modifiant la lumière d’une manière très remarquable (Rapports morphologiques et physiologiques de l’iris et de la cornée cl h z le Phoque, Ann. de la Hoc, Linn. de I yon, 1. II. LX11I, p. 1-4, 1916.
- 2. Raphaël Dibois, Feux follets physiologiques, L: R. À. I'. A. S., l'e partie, p. 298, 1897.
- p.307 - vue 311/688
-
-
-
- 308 -.-... ........; LE FORAGE DES PUITS ARTÉSIENS
- »
- ments. D’ailleurs, j’ai vainement cherché dans le tapis de Trigla lucerna et d’une espèce voisine Trigla hirundo Brunn, pourvue également d’un brillant tapis, les fins cristaux en question : ils n’existent pas davantage dans le tapis du Phoque. Dans la lumière polarisée, on voit briller seulement quelques parcelles amorphes, qui semblent provenir de la membrane argentée.
- Le tapis du Phoque et celui des Trigles possèdent cet éclat si chatoyant, si caractéristique aussi des lumières fluorescentes que l’on retrouve d’ailleurs dans les organes lumineux des Pyrophores et des Lucioles, où j’ai, le premier, signalé l’existence des fluorohiciferescéines : elles ont pour effet d’augmenter l’éclat de la lumière engendrée par la réaction luciférase-luciférine en excitant la luminosité de radiations peu ou pas éclairantes, lesquelles s’ajoutent aux autres, en les renforçant. D’après mes recherches, que je poursuis, malgré des moyens d’action de plus en plus réduits, c’est à un phénomène de ce genre que doit être attribuée la luminescence du tapis du ïrigle lanterne. Seulement, n’étant pas photogène, il ne peut pour cela utiliser que des radiations crépusculaires venues du dehors et trop faibles ou impuissantes à agir sur la rétine dans les conditions ordinaires de la vision. J’ai montré que la lumière physiologique n’exige de l’insecte lumineux qu’une dépense insignifiante en raison de son énorme rendement, lequel est presque de 100 pour 100. La lumière réfléchie par le tapis du Trigle lanterne ne doit rien coûter du tout à l’animal, car si, dans un organe phologène, la lumière naît d’une réaction de chimiluminescence, et que celle-ci soit même réversible, dans la lanterne du Trigle, il n’y a plus qu’une simple transformation d’ordre non chimique, mais purement physique d’un élément protéinique (rayons crépusculaires) emprunté à l’ambiance directement : c’est ce que l’on pourrait appeler un appareil de renforceinent optique.. Il existe plusieurs sortes
- de ces perfectionnements pour renforcer la lumière physiologique ; car, si l’on écrase le brillant organe lumineux d’un Pyrophore, par exemple, il ne donne plus qu’une clarté lunaire, comme celle de simples bactéries, bien que la réaction chimique fondamentale soit la même.
- C’est principalement de la connaissance de ces perfectionnements que dépend le succès pratique de la lumière froide artificielle par chimiluminescence copiée sur la lumière physiologique, qui est Y éclairage de l'avenir [La Nature, n° 260i).
- C’est une bien curieuse famille que celle des Grondins, appelés ainsi parce qu’ils produisent, à l’aide de leur ves>ie natatoire, dit-on, des sons qui semblent constituer un véritable langage aquatique. On a, en effet, utilisé des Grondins mâles captifs comme appels, pour attirer les femelies au moment du frai, époque à laquelle ces poissons sont particulièrement bavards et chanteurs, comme les oiseaux.
- Il en est qui grognent avec une telle énergie que les pêcheurs marseillais les ont qualifiés des noms vulgaires et irrévérencieux de « pétaires » et d’« estrangle belle mero ». Ces poissons, en faisant du bruit, ne se contentent pas d’humilier les autres qui sont « muets comme des Carpes ». Quelques Triglidés en volant, plongeant, naviguant sous l’eau et même parfois au-dessus, jouent aussi à l’hydravion et au sous-marin.
- Enfin, ils se promènent au fond de la mer sur leurs pattes dont l’extrémité constitue un organe de tact d’une exquise sensibilité, pour vaquer à leurs besoins, *qui doiventètre les mêmes que ceux des poissons des grandes profondeurs. Il y en a même qui déambulent, le soir, avec un fanal et quel fanal ! une lanterne qui ne dépense absolument rien, ce qui prouve bien qu'Homo sapiens a encore beaucoup de choses à envier aux bêtes.
- P1 IIAPiiAKc Durois.
- LE FORAGE DES PUITS ARTÉSIENS
- Un puits artésien est une fontaine jaillissante dont les eaux montent d'elles-mêmes des nappes souterraines à plusieurs mètres au-dessus de la surface du sol par l’intermédiaire de trous creusés à la sonde.
- La théorie du fonctionnement d’un puits artésien est simple.
- Si l’on imagine, en effet, une couche de sable perméable à l’eau qui soit comprise entre deux couches épaisses de terre imperméable, on aura une nappe aquifère. Si cette dernière était horizontale, il n’y aurait aucune raison pour que l’eau montât à la surface sans moyens mécaniques.
- Mais les couches stratifiées horizontalement à l’origine, et épaissies par les dépôts successifs qui ont recouvert à diverses époques la surface des continents, ont été soumises aux divers ébranlements de l’écorce terrestre. Il en est résulté que les couches successives se sont infléchies comme la surface du sol. Elles se sont aussi disloquées, principalement aux flancs des collines et sur les bords des hauts
- plateaux. Là, l’effort de soulèvement a produit un déchirement.
- Si ces couches peuvent se prolonger sans discontinuité, au-dessous d’une vallée entourée de montagnes, l’eau des pluies peut s’infiltrer, parles déchirures dont nous venons de parler, dans la couche de sable.
- Comme celle-ci se prolonge entre deux couches imperméables, la nappe est constituée.
- Il est évident que l’eau jaillira dès qu’on aura creusé un trou de sonde, car le principe des vases communicants s’applique dans toute sa rigueur.
- Le plus ancien puits artésien creusé en France remonte au xne siècle. Il était situé dans un ancien couvent de Chartreux dans l’Artois (d’où le nom d’artésien).
- Il y eut d’ailleurs des puits artésiens un peu partout en France au moyen âge.
- On trouve des puits artésiens remontant à plus de quatre mille ans dans les oasis de Thèbes. La profondeur n’était pas énorme ; à peine si elle atteignait
- p.308 - vue 312/688
-
-
-
- : ...: LE FORAGE DES PUITS ARTÉSIENS -.................. ' .....: .... 309
- 20 à 25 m. Mais on observe que les trous étaient tubes en briques ou en bois. D’ailleurs, s’ils avaient été ouverts en permanence, le pays aurait été bien vite inondé.
- Aussi les Egyptiens avaient prévu des « poires » en pierre, manœuvrables à l’aide d’anneaux en fer qui fermaient l'ouverture. Leur poids s’opposait à la pression considérable de la source. x0n connaît à peu près leur procédé de sondage. Il consistait en pièces de fer très lourdes manœuvrées par un câble passant sur une poulie. C’était une sorte de percussion simplifiée. Les détritus étaient retirés par le même câble (le puits avait 0 m 70 d’ouverture environ).
- Mais le pays des puits artésiens est le Sahara.
- D’après Shaw qui visita ces régions en 1727, on en trouve un peu partout avec des profondeurs allant jusqu’à 70 m.
- Bien entendu, ce sont encore les Chinois qui nous ont indiqué la voie à suivre.
- Ils se sont approchés des véritables dimensions du sondage; 13 à 15 cm environ d’ouverture.... et 900 m de profondeur !
- Quand on considère les parois polies d’un puits chinois, on reste confondu devant le soin avec lequel ils exécutaient leurs travaux. Ce simple fait peut faire préjuger du degré de civilisation de ce
- Fig. i. — Un puits artésien en Algérie.
- On aperçoit au centre la tarière dite « langue américaine.
- prit un temps considérable. Finalement, on trouva l’eau à 548 m de profondeur avec un débit de 300 litres à la minute. L’eau jaillit aussitôt à 38 m. 20 de hauteur. Ce puits est percé à travers des couches tertiaires et de la craie. Il pénètre jusqu’à une couche aquifère située dans les sables verts du Gault.
- Le puits de Passy fut creusé en 1835. Il donna lieu à des mécomptes sérieux. A mesure qu’on le forait, on y glissait des tubes en tôle. Lorsqu’on arriva à une profondeur de 57 m, les tubes furent écrasés. Vainement on essaya de les retirer. Il fallut se résigner à creuser tout autour un trou de 3 m de diamètre et de 55 m de profondeur. On recommença alors le forage qui atteignit 586 m. Le débit fut de 4000 litres à la minute. Il alimenta le grand lac du Bois de Boulogne.
- Le puits de la Chapelle exécuté par la maison Lippmann et achevé en 1890, est le plus grand de diamètre et le plus profond qu’on ait fait jusqu’à ce jour dans la région parisienne. La profondeur de ce forage est de 718 m et le diamètre de tubage de 1 m. 10. Cette colonne d’ascension de 1 m, 10 pesait à elle seule 430000 kg. L’exécution de ce travail avait nécessité la création d’un outillage tout à fait spécial, tant pour l’exécution du forage proprement dit que pour la mise en place des tubages. Ce puits est encore en service actuellement et alimente encore à 28° la piscine municipale située rue des Roses, près de la place Hébert à la Chapelle.
- En France, il faut arriver jusqu’en 1832 pour voir des puits profonds.
- 11 serait toutefois injuste de ne pas citer les « Discours admirables sur la nature des eaux et fontaine » de Bernard Palissy qui avait conçu un système de forage.
- Le creusage du puits de la place Breteuil à Paris (comblé depuis) a été effectué par la maison Mulot, et il a duré du 24 décembre 1833 au 26 février 1841. En 1835, on avait déjà atteint 400 m lorsque la cuiller d’extrémité tomba au fond du trou. On dut la retirer par morceaux, ce qui
- A A
- ( A \
- i V
- 1 5=5
- Fig. 2 à 5.
- De gauche à droite :
- 4*
- T7
- Trépan plat; trépan à téton; trépans à gouge; tarière ouverte.
- p.309 - vue 313/688
-
-
-
- 310
- LE FORAGE DES PUITS ARTÉSIENS
- f
- M
- î\
- Fig. 6 à io
- De gauche à droite :
- Tarière à mouche rubannée; langue américaine pour sables, cailloux,graviers,etc.]
- soupape à clapet; soupape à boulet; liges et allonges de sonde.
- Le puits de la Butte-aux-Cailles, terminé en 1925, a 582 m de profondeur et débite six millions de litres en 24 heures, il alimente la nouvelle piscine municipale récemment inaugurée.
- Tout récemment, on vient de terminer le puits d’Issy qui a 498 m de profondeur et qui débite 240 litres à la seconde. Il est entièrement « tubé ».
- Son ouverture a 56 cm et sa base 16 seulement. L’eau en sort à 28° C. Celte température est celle de la couche souterraine du bassin de Paris, puisque l’eau des puits de Breteuil, de Passy et de la Chapelle a exactement 28° C.
- Les procédés qui se sont le plus rapprochés de ceux qui sont employés à l’heure actuelle, sont vraisemblablement ceux des Chinois et des Egyptiens qui opéraient à l’aide de sondes. 11 est curieux de connaître les moyens rudimeutaires employés autrefois dans le Sahara. Là on creusait un trou rectangulaire de 5 à 4 m de côté. Quand la profondeur augmentait, le travailleur ou « meallun » était attaché à uu câble. Quand son outil livrait passage à l’eau, on le retirait le plus vite possible. Mais le plus souvent, le « meallun » était asphyxié. On comprend que, dans ces conditions, les volontaires auraient été peu nombreux. Mais la religion s’en mêlait. Les foreurs de puits artésiens faisaient partie d’une puissante confrérie sacrée.
- On peut dire que les procédés employés en France n’ont pas beaucoup varié depuis une quarantaine d’années. Nous allons examiner, d’une façon très sommaire, la disposition des sondes « à percussion » employées dans les sondages de moyenne profondeur.
- Appareils de sondage. — D’une manière géné-
- rale, les appareils de sondage se composent d’un certain nombre d’outils et de tiges qui se décomposent ainsi :
- 1° Outils de forage proprement dits et outils de curage ;
- 2° Tiges de sonie;
- 5° Outils et engins de manœuvre;
- 4° Tubes employés pour soutenir les terrains ébouleux ;
- 5° Outils de réparation.
- Outils de forage. — Dans les terrains durs, on emploie des outils à percussion. Ces outils seront à rotation dans les terrains tendres et lorsqu’il s’agit de faibles profondeurs.
- a) Les trépans ou burins sont des outils à percussion à lame en acier ou en fer aciéré. Ils comportent une tige de fer avec emmanchement tilelé permettant l’adaptation à l’extrémité inférieure de la sonde.
- Il y en a de plusieurs sortes : des trépans plats (fig. 2) ou à téton (fig. 3). Cette dernière disposition du trépan permet, dans les terrains durs, de forer un avant-trou. Le trépan plat enlèvera alors plus facilement la banquette circulaire de terrain autour du trou. D'ailleurs, cette disposition permet d’avoir un trépan à l’affûtage pendant que l’autre est au travail.
- Bien qu’on fasse tourner la sonde d’une fraction de tour, entre chaque percussion, on ne peut par-lois pas éviter, surtout dans les grands diamètres, les saillies à l’intérieur du trou (on les appelle des « cornes » en termes de métier).
- On fait alors usage du trépan à gouge (fig. 4) qui comporte d’ailleurs un renforcement pour donner du poids à l’outil et permettre l’attaque du terrain sur un secteur beaucoup plus important.
- Poulie fixe
- \ Levier
- iAxe de'' deviens
- Levier de débrayage
- et de frein
- Fig. il. — Treuil-chèvre destiné à la manœuvre de la sonde.
- p.310 - vue 314/688
-
-
-
- LE FORAGE DES PUITS ARTÉSIENS
- 311
- La manœuvre consiste à soulever la sonde et à la laisser retomber pour entailler les terrains. On peut évidemment soulever plus ou moins haut et plus ou moins souvent. Cela dépend essentiellement de la nature du terrain. Pour un terrain dur par exemple il faut augmenter la rapidité et diminuer la hauteur de chute.
- Après chaque chute, il y a lieu de faire tourner la sonde de f/6 ou 1/10 de tour, de manière à faire un trou cylindrique.
- b) Les tarières employées sont de trois sortes :
- 1° Les tarières ouvertes (fig. 5) qui affectent la forme d’un cylindre ouvert entre deux génératrices ; l’une de celles-ci limite une partie tranchante.
- Le talon à angle droit qu’on peut remarquer à la partie inférieure sert à retenir les terrains découpés par la rotation de l’outil.
- 2° Les tarières à mouche rubannée (fig. 6) dont la forme est un peu différente et qui conviennent pour la désagrégation des terrains plus durs;
- 3° Les langues américaines (fig. 7) qui sont prévues pour désagréger les graviers maigres ou les sables.
- Pour éviter l’éboulement du sable à l’intérieur du trou, on jette des boules argileuses qui sont ma-
- Manohe de manœuvre
- 'Hÿ 1
- Fig. 14. — Manche de manœuvre.
- laxées par l’outil et servent à mastiquer la surface intérieure.
- Outils de curage. — Les tarières à mouche font automatiquement le curage lorsqu’on les remonte. Mais il resté tout de même des détritus qu’il convient de retirer. On se sert pour cette opération de soupapes à clapet et de soupapes à boulet :
- 1° Les soupapes à clapet (fig. 8) comportent une frette coupante en acier qui sert de siège à un clapet dont elle porte la charrnière. Lorsqu’on descend l’appareil, le clapet, qui a été maintenu par une tige verticale qui joue le rôle de butoir, retombe sur son siège de lui-même. Pour assurer la bonne fermeture de ce clapet, il convient d’imprimer à l’ensemble une dizaine d’oscillations. On est ainsi assuré de remonter la soupape à clapet remplie de détritus. On a prévu un deuxième modèle qui porte le nom de « soupape à boulet » et qui est utilisé pour les sables. Le boulet repose sur une sorte de coquetier en fonte ou en acier fondu (fig. 9).
- Une bride ou une anse en fer plat limite la course du boulet qui joue le rôle de clapet.
- Tous les outils de forage ou de curage se vissent dans des « allonges », portant une douille filetée à une extrémité et une partie filetée à l’autre (fig. 10).
- Manœuvre. Suivant les profondeurs, on emploie un treuil à manivelles qui permet de soulever
- S à brides
- Anneau„ tournant
- Tête de sonde
- Fig. 12. — La chaîne, VS à brides et la tête de sonde.
- Pig. i3.
- Vues diverses du pied de bœuf.
- la sonde à la main et de la laisser retomber, ou bien un treuil chèvre (fig. 11). C’est ce dernier dispositif qui convient pour les profondeurs comprises entre 40 et 60 m. On commence d’abord par établir un planchéiage servant d’embase ou chantier, après avoir creusé un trou (fig. 11). C’est dans ce trou qu’on descend le trépan auquel se rattachent les allonges. Or celles-ci portent à la partie supérieure, un renflement qui sert à les retenir. A cet effet, la chaîne est fixée à un S à brides (fig. 12) qui s’attelle à un anneau permettant la rotation. Cet anneau fait partie d’une pièce appelée clef de relevée ou « pied de bœuf » (fig. 13). Si on engage celui-ci sous l’épaulement delà sonde, on soulève cette dernière à l’aide du treuil.
- Veut-on visser une nouvelle allonge ? On dispose sur le plancher une pièce à griffe dans la gorge de laquelle la partie cylindrique de la tige de sonde peut passer. Il s’ensuit que la sonde peut reposer par ses épaulements sur la pièce à griffes. On est en mesure de visser l’allonge. On peut alors disposer le « manche de manœuvre » (fig. 14). L’ensemble du dispositif, employé au-dessus de 60 m, est représenté figure 41. La sonde est suspendue à un levier dont l’axe de rotation est plus rapproché de l’extrémité avant pour équilibrer une partie du poids. En outre, on a ajouté un contrepoids. Le câble, qui d’autre part se fixe à la chaîne, passe dans une poulie fixe. Grâce à l’artifice du contrepoids, le « battage » ou trépan peut s’exécuter sans effort exagéré à l’aide du treuil qui peut fonctionner au « débrayage » par exemple. On soulève la sonde en tournant les manivelles et on la laisse retomber en débrayant à l’aide d’un levier.
- On peut ainsi par ce procédé atteindre des profondeurs considérables. 11 est curieux de ^
- constater que les per- Cdefs de retenue.
- p.311 - vue 315/688
-
-
-
- 312
- LE FORAGE DES PUITS ARTÉSIENS
- Fig 16. — Divers animaux retirés des puits artésiens d'Algérie : poissons, crabe, coquilles.
- fectionnements qui ont été introduits depuis cinquante ans sont assez minimes. Naturellement le battage est le plus souvent commandé par un moteur.
- est ainsi plus rapide et moins fatigant.
- Quelques résultats de sondages sahariens. — Nous citerons, comme exemple, les résultats d’un sondage effectué dans la province de l’Hodna à Metkaouak. Le forage du puits a permis de se rendre un compte exact de la nature du terrain. On constate que la plupart des couches sont constituées de diverses variétés de sables.
- A la profondeur de 140 m, on trouve encore du sable jaune avec de gros cailloux. Les couches d’argiles bleues ou rouges sont extrêmement minces par rapport aux couches de sables. Mais le fait le plus curieux réside dans la multiplicité des nappes d’eau souterraines. On ne compte pas moins de 8 nappes d’eau jaillissante. Quelques-unes sont d’un débit extrêmement faible. Il a fallu arriver à 140 m de profondeur pour obtenir 500 litres à la minute. On s’est garanti contre la montée de l’eau des nappes intermédiaires par un tubage approprié composé de tubes successifs dont le diamètre se rétrécit à mesure que la profondeur augmente.
- La vie souterraine. — On ne pensait pas qu’il existât des animaux vivants dans les nappes 'd’eau situées à de grandes profondeurs. Le forage des puits artésiens a permis de se rendre compte de la vie souterraine.
- Les puits artésiens d’Ourlana etdeMazer (Olzera) qui sont profonds de 70 m environ, et dont l’eau a une température de 27° centigrades, rejettent des coquilles et des poissons vivants. La figure 16 représente des poissons de la famille des Chromidés,.
- C’est un genre de poisson osseux, qui a comme caractéristiques essentielles des écailles cycloïdes et des épines dorsales nombreuses.
- Il est à noter que ces poissons vivent également en Palestine dans les divers Uacs de la
- région. Mais ceux des puits artésiens sont aveugles.
- La figure 16 représente encore un poisson de la famille des Cyprinodontidés. Ses caractéristiques sont une bouche petite, horizontale, un museau court, une seule rangée de dents. D’une manière générale, il vit dans les eaux saumâtres du Sahara.
- On trouve également des crustacés (4) et une série de petites coquilles (5, 6 et 7).
- Des expériences ont été faites pour vérifier si,
- Fig. i— Un puits artésien où Von voit nettement le dispositif de suspension et la « langue américaine »,
- p.312 - vue 316/688
-
-
-
- LES PILES PHOTO-ELECTRIQUES ET LEURS APPLICATIONS = 313
- comme le prétendent certains naturalistes, les crabes représentés par la figure 16 étaient des espèces ne pouvant vivre sous l’eau que deux ou trois jours au plus. On a enfermé des crabes dans des cages de fils de fer et on les a immergés à 1 m. 50 de profondeur. Nourris tous les quatre ou cinq jours de détritus introduits à travers le grillage, ils furent retirés en parfait état au bout du trente-cinquième jour.
- Il est donc certain que cette variété de crustacés vit dans l’eau souterraine, sans creuser de galerie
- pour se soustraire de temps à autre à l’action de l’eau.
- Quoi qu’il en soit, on a pu constater qu’il existait dans les nappes d’eau souterraines du Sahara en particulier, une quantité considérable de petits poissons du genre indiqué. M. Lippmann, l’ingénieur bien connu, spécialiste en sondages, qui a dirigé tant de travaux de ce genre, possède une collection très complète des poissons, crustacés, etc., qui jaillissaient des puits qu’il faisait forer.
- F. C.
- Ingénieur E. S. E
- LES PILES PHOTO-ÉLECTRIQUES ET LEURS APPLICATIONS
- I. L’effet photo-électrique. — La découverte des phénomènes photo-électriques a été faite par Hertz en 1887. Il observa que la lumière ultra-violette
- Faisceau lumineux..
- Mercure
- Fig. j. — Mesure de l’effet photo-électrique.
- émise par la décharge électrique éclatant entre les tiges d’un excitateur À facilite la décharge d’un excitateur voisin B. Hertz observa que c’était seulement l’action de la lumière ultra-violette de A sur l'électrode négalive de B qui provoquait la décharge électrique à travers B.
- L’année suivante, Ilallwachs démontra que certaines substances chargées négativement perdent leur charge quand elles sont éclairées par la lumière ultra-violette et que ces substances à l’état neutre acquièrent une charge positive sous Faction de la ! lumière ultra-violette.
- Ces expériences fondamentales ont ouvert la voie aux chercheurs et nous allons exposer rapidement les résultats de leurs travaux, dont une des conséquences a été la création d’une méthode de mesure des intensités lumineuses si sensible qu’elle est actuellement employée par les astronomes pour étudier les astres et leur variation d’éclat. Ainsi, d’un phénomène dont l’étude, bien que très intéressante car elle se rattache à celle des électrons et des quanta, semblait appartenir uniquement au domaine du laboratoire, est sortie une application pratique, limitée à l’astronomie aujourd’hui, peut-être uti-
- lisable demain dans d’autres branches de l’activité humaine, la transmission télégraphique des images et la vision à distance, par exemple.
- i en i0',3annpères
- Longueur d'onde em mg.
- Fig. 2. — Courbe représentant'l’effet photoélectrique normal en fonction de la longueur d’onde de la radiation incidente.
- Les travaux de Lenard, Thomson, Maxwell, etc., ont permis de reconnaître que les phénomènes découverts par Hertz et Hallwachs sont dus à des électrons expulsés par la lumière incidente, c’est-à-dire en d’autres termes, sont dus à l’émission de rayons cathodiques.
- Deux procédés d’étude distincts ont été mis en œuvre. Dans l’un, la surface du métal est éclairée dans un espace vide d’air et la charge positive quelle acquiert est mesurée par un électromètre (fig. 1).
- ! Dans la seconde méthode, la plaque métallique est placée en regard et à une petite distance d’une autre plaque reliée au sol par l’intermédiaire d’un galvanomètre qui mesure alors l’intensité du courant résultant du transport des électrons.
- Il est facile de mettre en évidence l’effet photoélectrique en projetant sur une plaque de zinc fraîchement polie au papier émeri et reliée au plateau d’un éleotroscope, la lumière d’un arc électrique concentré par une lentille de quartz. Si la plaque a été chargée négativement, dès qu’elle*est éclairée, on constate que les feuilles de l’électroscope retombent ; si au contraire elle a été chargée positivement la lumière reste sans effet.
- p.313 - vue 317/688
-
-
-
- 314 :-- LES PILES PHOTO-ELECTRIQUES ET LEURS APPLICATIONS
- i en lO-'3i
- 400 500 Xo-
- Longueur d'onde en my.
- Fig. 3. — Courbe représentant l’effet photoélectrique normal, l’effet sélectif et l’effet total.
- Cette expérience qualitative ne permet pas de faire des mesures, car d’autres actions (telles que l’ionisation de l’air par la lumière ultra-violette) interviennent. Au contraire, en utilisant un dispositif analogue à celui de la figure 4, on peut arriver à trouver les lois qui régissent l’effet photoélectrique.
- Le schéma de l’appareil est le suivant. Dans une ampoule À où l’on a fait le vide, du mercure (ou le métal à étudier) est disposé à la partie inférieure et constitue la cathode.
- Il est éclairé à travers une fenêtre F, en quartz dans certaines expériences. Un plateau P sert d’anode et capte les électrons émis par la cathode. Il est relié à une des paires de quadrants (4,3) d’un électromètre, dont l’autre paire de quadrants (2,4) est au sol. La cathode est également en relation avec le pôle positif d’une batterie d’accumulateurs dont l’autre pôle est relié au sol. Nous verrons le rôle de la différence de potentiel ainsi établie entre les deux électrodes et que l’on appelle potentiel accélérateur.
- Les lois que l’on peut mettre en évidence à l’aide de ce dispositif sont les suivantes :
- 4° Le nombre des électrons émis est proportionnel à la quantité d’énergie reçue, quelle que soit la longueur d’onde de la lumière incidente, ce qui permet l’application du phénomène photo-électrique à la mesure des intensités des sources lumineuses ;
- 2° La vitesse des électrons émis sous l’influence de la lumière augmente avec la fréquence de cette lumière.
- Pour la plupart des métaux, la courbe du courant photo-électrique en fonction de la longueur d’onde a l’allure représentée sur la figure 2 : il décroît très rapidement lorsque l’on utilise des longueurs d’ondes de plus en plus grandes et s’annule pour une longueur d’onde \0 caractéristique du métal étudié. Cette longueur d’onde /0 est située dans l’ultraviolet.
- Lorsque l’on opère avec les métaux alcalins, on constate que le phénomène se complique.
- A l’effet photo-électrique dont nous venons de
- parler, et qu’on appelle l’effet normal, se juxtapose un autre effet dit sélectif, qui a été étudier en particulier par Pohl et Pringsheim.
- On remarque que, dans un certain domaine de longueurs d’ondes, situé presque entièrement dans la partie visible, il existe une augmentation considérable du courant photo électrique. La valeur du courant passe par un maximum pour une certaine valeur lm qui est caractéristique du métal, tout comme a0. La courbe des courants est la somme de deux courbes, comme l’indique la figure 5.
- L’effet sélectif présente des propriétés particulières. Tandis que l’effet normal est indépendant de l’orientation du plan de polarisation de la lumière qui tombe sur le métal étudié (pour la même énergie lumineuse frappant les surfaces du métal), l'effet sélectif est au contraire extrêmement sensible à cette orientation et, pour une certaine valeur, peut même être annulé, ne laissant plus subsister que l’effet normal. On a trouvé qu’il faut pour que l’effet soit maximum, que la section principale du nicol, employé pour polariser la lumière, soit parallèle au plan d’incidence de la lumière. Plus généralement, il faut que le vecteur électrique du faisceau incident ait une composante normale à la surface du métal illuminé. Plus cette composante est grande, plus l’effet est intense (1).
- Telles sont les propriétés caractéristiques de l’effet photo-électrique. Nous allons maintenant voir comment on les a utilisées pour la préparation des piles photo-électriques sensibles.
- II. Les piles photo-électriques. — Une pile photoélectrique est constituée par une petite ampoule de verre ou de quartz dont les parois intérieures sont
- i. On sait, en effet, que dans la théorie électro-magnétique de la lumière on considère les vibrations lumineuses comme élant des courants électriques de déplacement oscillant rapidement dans l'éther ou dans la matière et donnant lieu à un champ magnétique semblable à celui que produisent les courants qui circulent dans les conducteurs. En d’autres termes, un rayon lumineux est défini en chaque point, par un vecteur représentant le champ électrique et un vecteur représentant le champ magnétique.
- Lumière à étudier
- Boite de protection
- Quartz piézoélectrique
- Fig. d- — Utilisation d’une pile photo-électrique.
- p.314 - vue 318/688
-
-
-
- : • -....' LES PILES PHOTO-ÉLECTRIQUES
- recouvertes d’un dépôt de potassium ou d’un autre métal, alcalin de préférence (grâce à l’importance de leur effet sélectif), relié à l'extérieur par un fil de platine formant cathode. Un anneau ou une grille métallique sert d’anode. Pour éviter que les deux électrodes ne soient en court-circuit, on les munit d’anneaux de garde mis au sol. L’ampoule est soit vidée complètement, soit remplie d’un gaz choisi sous une faible pression (de l’ordre du millimètre de mercure). Nous verrons pourquoi plus loin. Elle est enfermée dans une boîte métallique étanche à la lumière sauf une ouverture par laquelle on laisse entrer le faisceau de la source étudiée. Une résistance de sécurité sert a protéger la pile contre les courts-circuits et on mesure le courant photo-électrique par une méthode de zéro, en produisant un courant antagoniste obtenu èn chargeant progressivement de poids un quartz piézoélectrique de Curie (fig. 4). Connaissant la quantité d’électricité e que donne le quartz pour un poids de 1 kg pendant une seconde, la valeur du courant est immédiatement donnée par .
- ^___Pe
- ~~ T
- P étant le poids qui charge le quartz et l la durée de la mesure en secondes.
- Si ce courant est très faible, on remplace l’électromètre à quadrants servant à la mesure par un électromètre à corde qui est beaucoup plus sensible.
- Si au contraire l’énergie lumineuse est suffisante pour donner un courant intense, on peut simplement se servir d’un millivoltmètre.
- On augmente la sensibilité de la pile en traitant au cours de sa fabrication le métal déposé sur sa paroi par une décharge électrique de quelques secondes dans une atmosphère d’hydrogène sous une pression d’environ un millimètre de mercure, Elsler et Geitel, qui ont indiqué ce procédé, pensent qu'il doit se produire un hydrure, qui donne d’ailleurs une belle couleur violette à l’ampoule dans le cas du potassium.
- En l’absence du potentiel accélérateur, on n’observe lin courant que si la source lumineuse est très intense ; et si la cathode est isolée, ce courant
- Faisceau provenant de letoile
- Lunette vrseusa latérale
- Miroir mobile s trS‘>
- An/de "\FiM phot lé/ectriqui
- Plateaux du
- 3___condensateur
- -de l'é/ectrométr-à corde -Corde de lé/eciromète
- Fig. 6. — Principe du montaqe 'de la pile photoélectrique pour l’étude de l'èdat des étoiles.
- ET LEURS APPLICATIONS ---- 315
- Volts
- Fig. 5. — Courbe caractéristique d'une pile photo-électrique.
- s’arrête bientôt, car, en perdant des électrons, le métal prend une charge positive qui supprime l’émission. De plus il existe une force électromotrice positive de contact entre le potassium et le fil de platine servant d’électrode, qui agit dans le même sens.
- Si on applique une différence de potentiel négative de plus en plus grande, on arrive à conlre-balancer la force électromotrice de contact, le nombre des électrons émis atteint alors son maximum.
- Continuons à augmenter le potentiel accélérateur ; le nombre des électrons émis n’est pas modifié,; mais comme, sous l’action du champ qui règne maintenant dans l’ampoule ils ont leurs trajectoires dirigées dans la direction du champ, un plus grand nombre seront captés par l’anode et le courant photo-électrique continuera à augmenter jusqu’à un maximum qui sera atteint lorsque tous les électrons émis seront recueillis par l’anode. Dans les piles au potassium, ce courant de saturation est établi lorsque la cathode est portée à— 20 volts, et toute augmentation du potentiel accélérateur au delà de celte valeur ne correspond à aucun gain.
- Malgré toutes ces précautions, le courant photoélectrique est trop faible pour permettre des mesures de quelque précision lorsque la source lumineuse n’est pas très puissante. Aussi a-t-on été conduit à chercher les moyens de l’amplifier considérablement. Puisque nous disposons d’un llux d’électrons, insuffisant il est vrai, l’idée qui se présente immédiatement à l’esprit est d’utiliser les propriétés ionisantes de ces projectiles pour augmenter l’intensité du courant. On a donc utilisé l’ionisation par chocs.
- On introduit à cet effet dans l’ampoule un gaz neutre (argon, hélium, néon) très pur et sous faible pression. Dans ces conditions, les électrons qui au moment de leur émission n’ont pas une très grande vitesse, ne provoquent pas d’ionisation; mais, comme la pression du gaz est très petite à l’intérieur de l’ampoule, ils ne subissent pas de perte d’énergie en heurtant ses molécules. Ceux dont la vitesse est au contraire très grande, en entrant en collision avec les molécules, donnent deux ions de signe contraire. L’ion négatif est un nouvel électron libre (puisque le gaz est raréfié) et il continue son trajet vers l’anode en produisant de nouvelles ionisations.
- p.315 - vue 319/688
-
-
-
- 316
- LES PILES PHOTO-ELECTRIQUES ET LEURS APPLICATIONS
- Ayant ainsi construit une pile photo-électrique, pour déterminer sa valeur pratique, fonction de multiples facteurs (métaux ou alliages employés, pureté des corps, bonne forme de l’appareil, structure du dépôt sur les parois de l’ampoule, etc.), il faut déterminer ce que l’on appelle sa courbe caractéristique. Celle-ci est la courbe donnant l’intensité du courant en fonction du potentiel accélérateur appliqué lorsque la source lumineuse est invariable. Le potentiel accélérateur est en effet le seul facteur sur lequel nous puissions agir, une fois la pile construite.
- On trouve que les courbes caractéristiques ont toutes l’allure représentée sur la ligure 5 : augmentation rapide au début, puis palier plus ou moins étendu, ensuite augmentation de plus en plus rapide.
- La courbe se termine d’ailleurs pour une valeur du potentiel d’accélération qui provoque le passage de la décharge électrique dans l’ampoule.
- On s’arrête avant, de façon à ne pas détériorer l’appareil.
- Pour fixer les idées sur l’ordre de grandeur des courants sur lesquels on opère, ainsi que de h sensibilité de l’appareil, nous empruntons l’exemple suivant à M. Rougier, astronome à l’observatoire de Strasbourg qui a étudié particulièrement en détail ces piles.
- Avec un potentiel accélérateur de — 122 volts, un éclairement de 1 lux (1) sur une surface de 1 centimètre carré donne un courant de 4,5 X 10-11 ampères.
- C’est un courant extrêmement faible, bien qu’il soit déjà 300 fois plus fort que le courant dû à l’effet photo-électrique seul. Aussi actuellement cherche-t-on à l’amplifier encore par l’emploi de lampes à 3 électrodes, analogues à celles utilisées en tél& graphie sans fil. Les résultats sont encourageants et Meyer, Fank et Rosenberg sont arrivés à réaliser des amplifications de 15 000 à 100 000 dans des conditions qui permettent d’être sûr de la proportionnalité du Courant photo-électrique et du courant mesuré.
- Lorsque l’on ne veut pas employer ce système
- '1. Le lux est l’éclairement produit sur une surface de 1 mètre carré par une bougie décimale placée à un mètre.
- Fig. 7. — Vue de P appareil à pile photo-électrique installé à >’observatoire de Lick pouf l’étude de l’éclat des étoiles.
- d’amplification, encore trop incertain, on opère par la méthode dite d’accumulation des charges, à l’aide d’un électromètre à corde.
- Le principe de cet appareil est le suivant : entre les plateaux d’un condensateur se trouve tendu un fil de platine ou de quartz argenté de 2 à 5 millièmes de millimètre de diamètre. On établit une différence de potentiel connue entre les deux plateaux du condensateur, puis on relie le fil de quartz à la pile photo-électrique. Il se charge alors à un certain potentiel Y. Sous l’action du champ électrostatique qui règne entre les plateaux, il dévie et prend une nouvelle position d’équilibre que l’on observe avec un microscope. Par un tarage préalable de l’appareil, on peut déduire la valeur de V. Dans la pratique, les deux armatures chargées ont la forme de couteaux dont les arêtes se font face.
- La figure 6 montre l’ensemble du montage et la figure 7 la vue de l’appareil installé sur un équatorial d’observatoire.
- En effet, tout au moins jusqu’à l’heure actuelle, la plus importante application des piles photo-électriques a été la photométrie stellaire. Non que l’on cherche actuellement à dresser un catalogue photométrique des étoiles qui nous envoient un flux lumineux assez intense pour permettre des mesures, mais on a pu, grâce aux appareils dont nous venons d’exposer brièvement le prin cipe, étudier un certain nombre d’étoiles variables dont les fluctuations d’intensité lumineuse sont trop faibles pour pouvoir être observées par aucune autre méthode.
- On sait que certaines étoiles paraissent doubles lorsqu’on les examine à la lunette et, mettant à part les cas où il s’agit simplement d’un effet de perspective (deux étoiles très éloignées semblant se projeter au même point de la voûte céleste) on a pu constater qu’il s’agissait bien de deux soleils tournant l’un autour de l’autre (ou plutôt autour de leur centre de gravité commun) auxquels on a donné le nom d’astres binaires. Ce fait n’est pas rare, car on a trouvé qu’au moins la moitié des astres peuplant la voûte céleste sont constitués par des astres binaires. Beaucoup de ces astres nous apparaissent
- p.316 - vue 320/688
-
-
-
- CORRESPONDANCE
- 31?
- comme une seule étoile, même au plus fort grossissement, mais c’est ici qu’intervient la photométrie stellaire : tantôt l’un des astres est obscur et cache plus ou moins l’autre, produisant une diminution de luminosité au moment des éclipses (tel est le cas d’Algol) (Beta Persée), tantôt les deux astre sbrillants n’ont pas même éclat, et la luminosité de l’ensemble varie périodiquement (par exemple pour l’étoile Beta Lyre).
- En traçant la courbe de luminosité à l’aide de la pile photo-électrique, on peut déterminer la période de rotation du système. La figure 8 donne la courbe de lumière de l’étoile Beta Cephei dont la période est très voisine de quatre heures et demie.
- D’autre part, on sait que l’éclat apparent d’une étoile dépend à la fois de sa distance et de son éclat réel (ou magnitude absolue). Lorsque deux étoiles ont même éclat apparent, si nous connaissions leur éclat réel, on pourrait en déduire leur distance relative (un éclat réel 4 fois plus grand correspond à une distance 2 fois plus petite). Or il suffit de mesurer l’intensité relative de cerlaines raies spectrales pour arriver à déterminer l’éclat réel, et comme l’éclat apparent peut toujours être soigneusement mesuré, on a un moyen d’évaluer la distance d’une étoile en la rapportant à celle d’une étoile du même genre dont la parallaxe nous est déjà connue.
- Enfin, si nous rappelons que grâce à la méthode spectroscopique, il est possible de mesurer les vitesses radiales des étoiles doubles, on voit que l’on a un ensemble de renseignements qui permettent de contrôler les calculs des éléments de l’orbite des étoiles.
- On voit que les piles photo-électriques ont déjà rendu dè grands services à la science pure. Il est permis d’espérer qu’au point de vue pratique plus immédiat, lorsque leur technique sera mieux connue, elles auront aussi un vaste champ d’application. L’une de leurs propriétés, sur laquelle nous n’avons pas insisté, afin de ne pas surcharger notre exposé, est l’absence d’inertie du phénomène photoélectrique. E. Bloch a utilisé une pile de ce genre comme photophone et a constaté que des variations d’éclairement ne durant pas plus de 1 deux-millième de seconde étaient fidèlement enregistrées. Des expériences plus récentes ont montré qu’on peut encore descendre bien plus bas. Certains savants estiment que ces piles pourront un jour permettre d’enregistrer la voix humaine et le timbre des instruments de musique avec une perfection complète, que jamais ne permettront les procédés mécaniques du phonographe actuel. Les lecteurs de La Nature
- sont au courant des remarquables résultats auxquels M. Belin est arrivé pour la transmission des images à distance, en utilisant une autre propriété photoélectrique : la variation de résistance du sélénium sous l’influence de la lumière. Mais l’action n’est pas aussi instantanée dans son établissement et dans sa cessation que l’effet photo-électrique et l’inertie des systèmes électriques et mécaniques auxiliaires est aussi une difficulté qui ne peut être vaincue sans peine. Aussi croyons-nous que les applications de la photo-électricité auront une portée pratique considérable et que l’attention des chercheurs ne devrait pas se désintéresse,r de ce chapitre tout récent de la physique moderne.
- H. Y IGNEROX.
- i* A * 77 K
- .V, r •* Y.
- V i«h
- 8360
- Phase 0,00' 0,04 0,06 0,12 0.18
- Fig. 8.
- Courbe de luminosité de l’étoile p Cephei obtenue à l’aide de la pile photo-électrique de l’observatoire de Lick.
- «SA*
- CORRESPONDANCE
- Les grands avions marchands. — Nous avons reçu de la Société française Hispano-Suiza la lettre suivante :
- « Nous relevons dans le numéro de La ÎSature du 5 avril, sous la signature de M. Jean-Abel Lel'ranc, divers renseignements de nature à porter un préjudice considérable à notre Société et que nous espérons vous voudrez bien rectifier en publiant la présente lettre.
- Au sujet de l’utilisation par la maison Caudron, sur son C. 61, de moteurs Hispano-Suiza 180 ch, votre correspondant indique :
- « Ce moteur, créé pour la fragile et légère aviation de guerre où il fit merveille, a donné des mécomptes sérieux lorsque au lieu de lui demander 1 ou 2 heures de vol d’une seule traite, on lui demanda de fonctionner pendant 5 ou ü heures consécutives ».
- Votre correspondant, qui a cependant l’air d’être très
- au courant des choses d’aviation, ne devrait pas ignorer que même les moteurs de guerre et surtout ceux dont il est question ont fait durant les hostilités 55 essais de 50 heures et 2 essais de 100 heures consécutives, sous le Contrôle des Services de l’Armée.
- Dans une autre partie de son article, au sujet du concours de moteurs de 1925, il écrit :
- « L’avion Blériot quadrimoteur s’est fort bien comporté et s’il a été seulement classé troisième, c’est qu’il a perdu trois bonnes heures dans un changement de moteurs. Or c’est bien du côté des moteurs que réside le principal défaut de cet avion ; les quatre moteurs sont des 180 His-pano qui n’ont pas été conçus pour l’aviation marchande et ses durs services. »
- Il u’en est pas moins vrai que les 4 moteurs en question étaient des moteurs qui avaient fait la guerre, qu’ils
- p.317 - vue 321/688
-
-
-
- 318
- LES ILES FÆR-ŒR
- avaient été révisés plusieurs fois en dehors de nos ateliers pendant les hostilités, qu’ils avaient été acquis par la maison Blériot des stocks de liquidation de guerre, que les accidents qui en ont mis un hors de service sont dus uniquement à des questions d’accessoires, à des défectuosités de montage, indépendantes du moteur, et qu’ils ont, malgré tout, accompli le parcours imposé par le lèglement du concours, soit 3000 kilomètres.
- Enfin, votre correspondant qualifie d’admirable la course accomplie par le Farman quadrimoteur « Jabiru » classé premier ; mais, il oublie de dire (nous espérons que
- c’est un simple oubli) que l’avion Farman en question était, de même que l’avion Blériot, muni de 4 moteurs Hispano-Suiza 180 ‘ch, mais de fabrication récente, tels que la Société Française Ilispano-Suiza les fabrique maintenant.
- Nous pensons qu’il y a là seulement un oubli involontaire qu’il nous paraît cependant nécessaire de réparer, tant dans l’intérêt de la vérité, que dans celui de notre marque. Nous ajouterons que le choix de nos moteurs par ces deux maisons, nous semble de nature à justifier quelques qualités. »
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1924.
- L’action des rayons X sur le foie. — MM. Maubcrt, Jaloustre, Lemiy et Guilbert ont cherché à définir l’influence de ces radiations sur la catalase, en opérant sur des couches de liquide diastasique de 7 mm, dont la surface libre était à 28 cm. de l’anlicatbode d’une ampoule fonctionnant sous une intensité de 1,3 milliampère. Les résultats acquis, pour des expériences qui ont duré de 5 à 150 minutes, montrent que les rayons X exercent, sur la calalase du foie, une action paralysante qui s’accroît avec le temps et l’intensité de l’irradiation.
- Les algues symbiolvs chez les Convoluta roscoffensis et l’acide carbonique. — On sait que ce petit Turbellarié doit sa couleur verte aux Chlamydomonadinées unicellu-laires qu’il héberge en grand nombre. En saturant d’acide carbonique l'eau de mer où il évolue, l^Ime A. Drzewina et M. Georges Bolin ont constaté qu’il se débarrasse en peu de temps de toutes les cellules vertes pour prendre l’aspect d’une Planaire blanche, mouchetée de rouge.
- Les microsiphonées du sol.— D’après M. Guittonneau, ces microorganismes, dont le mycélium se divise au cours des dilutions lors des isolements bactériologiques, jouent un rôle en association symbiotique, avec les plantes des terres humiîères et, de plus, interviennent dans la plupart des grands phénomènes de la biologie des sois, notamment dans l’humitication.
- Sensibilisation par voie oculaire. — MM. Aug. Lumière et Henri Couturier ont tenté de créer l’état anaphylactique chez des cobayes, en instillant dans l’œil de chacun d’eux une goutte d’une solution d’ovalbumine à 10 pour 100. De ces essais, il résulte que, sans conduire à la complè’e régularité des effets que donne la sensibilisation (par injection sous-cutanée, la méthode permet de conférer l’état anaphylactique de façon certaine, mais à des degrés quelque peu variables, quand on passe d’un sujet à un autre.
- L’émanation du thorium dans les sources thermales. — Les dernières mesures de M. Lepape ont appliqué la méthode de l’activité induite à des eaux de stations pyrénéennes (Bagnères, Vernel-les-Bains, les Escaldes) ou de sources du Plateau Central (La Bourboule, Royat, Saint-Nectaire). Elles indiquent-que, à l’inverse du radium, le thorium n’existe pratiquement pas au griffon de la plupart des eaux thermales, quelle que soit la richesse en radio-thorium que présentent les sédiments traversés par elles.
- L’examen des beurres de cacao. — Le procédé signalé par M André Kœbler repose sur le trouble déterminé, dans une solution chloroformique titrée du produit à examiner, par addition d’acétylacélate d’éthyle. En opérant dans des conditions conslanles.de température, d’agitation et de litre, le volume d’éther acétylacélique qu’il faut ajouter, pour obtenir un trouble constant, est fonction de la pureté du beurre. Paul B.
- LES ILES FÆR-ŒR
- L’Illustration du 3 mai 11124 publie un article de J.-B. Charcot sur la croisière que cet explorateur a faite en 11)25 aux îles Fær-Œr, que nous appelons ordinairement en France îles Féroé.
- Cet archipel est une possession danoise qui se trouve à 500 km au nord-nord-ouest de l’Ecosse. Il comprend 22 îles ou îlots de basalte, aux pentes abruptes, déchiquetées par des détroits et des fjoids, et dont les montagnes oîfrent des altitudes moyennes de 000 m., avec points culminants de 790 m. et 767 m. dans l’ile de Strômô. Ces îles sont orientées N.-N.-W.-S.-S.-E. ; les plus importantes sont Slromô, Oslerô, SyderÔ, Sando, ’Waago, Myggenias, Kalso, Fugglo, Nolsd, Skuo. La superficie totale de l’archipel est de 1599 km2. Il repose sur
- le seuil sous-marin qui de l’Islande aux Iles Britanniques par Rockhall et les Shetland, sépare l’Allanlique de la mer de Nonvège.
- Le climat est océanique au premier chef, extrêmement pluvieux et brumeux. On compte- en moyenne par an 270 jours de neige et de pluie. Il y a peu de variations saisonnières : janvier -f- 5°, juillet + 11° à Thorshavn en moyenne.
- Les céréales ne poussent guère, par suite de l'insuffisance de l'insolation ; l’orge elle-même ne mûrit qu’une année sur trois. Par contre, les pâturages y sont toujours verts. Les arbres y réussissent, malgré une croissance lente, à condilion d’être préservés contre les vents du large par des murs, qui grandissent avec eux; les
- p.318 - vue 322/688
-
-
-
- LE LÉZARD A COLLERETTE
- pépinières d’arbres fruitiers s’y sont, développées depuis quelques années.
- Les habitants tirent le plus clair de leurs ressources de l’élevage des poules, de la capture des moutons sauvages, qui ont donné leur nom à l’archipel (Fær-Œr signifie îles des brebis), de la chasse aux oiseaux de mer et aux cétacés (globicéphales) et de la pêche à la morue. Les eiders de l’archipel, que l’on caplureàl’aide de filets placés au bout d’un long manche comme les filets à papillons, sont célèbres ; leur duvet et leurs plumes sont très appréciés. On extrait de l’huile des cétacés capturés et l’on construit des murs de clôture avec leurs tètes.
- La population comprend deux éléments : les indigènes ou Féringiens, venus au moyen âge de Nonvège, qui parlent un dialecte norske, apparenté à l’islandais ; des immigrés Sleswigois, venus après 1864 .'pour échapper à la domination prussienne. Elle comprenait 18 000 habitants au lor février 1911, 19 617 au 1" février 1916 et 21 364 au 1er février 1921. L’archipel est considéré comme une dépendance du royaume de Danemark; il envoie un député au Folkelhing ; une agitation en faveur de l’autonomie s’y est produite, au cours des dernières années. .
- L’état sanitaire des Féringiens est excellent et leur propreté est remarquable.
- L’instruction est très répandue dans les îles. L’alcool y est prohibé, comme en Norwège. Le confort est relativement grand. L’électricité a été mi-e partout, grâce
- 319
- à l’existence de nombreuses chutes d’eau. Le téléphone relie los moindres hameaux et deux postes de T. S. F. assurent les relations avec le continent. La station météorologique est particulièrement active.
- Les deux localités les plus importantes sont la capitale Thorshavn et Weslmanshavn situées toutes deux dans l’ile de Stromo. Elles rappellent — comme d’ailleurs les autres villages de l’archipel — les villages norwcgiens par leurs chalets de bois, peints en couleurs claires, avec toits en pentes. Mais leurs toits présentent des particularités remarquables : ils sont construits tantôt en tôles ondulées, où sèchent les morues, tantôt en planches recouvertes de gazon où picorent les poules. Les pêcheurs ont des petites barques à fond arrondi et sans quille, reposant sur l’eau en état d’équilibre instable et identiques aux dcikkars norwégiens.
- La croisière du Pourquoi Pas? aux îles Féroé n’a pas seulement ravivé les sentiments d’amitié de leurs habitants pour la France, grâce en partie aux dons de livres français apportés par le Dr Charcot au nom du Gouvernement de la République; elle réveille l’intérêt que les Français ont toujours eu pour ces si sympathiques insulaires. René Le Conte.
- P. S. — Le Dr Charcot part le 23 Mai de Cherbourg à bord du Pourquoi-Pas ? pour les îles Féroé. Il y conlinuern ses éludes sur les courants marins et sur la météorologie de | l’archipel. 11. L. C
- LE LÉZARD A COLLERETTE
- Il ne s’agit pas ici d’un de ces récits plus ou moins légendaires rapportés du centre de l’Afrique ou de l’intérieur de la Patagonie où des voyageurs auraient rencontré des diplodocus... en chair et en os, derniers survivants de leur gigantesque espèce!
- On se souviendra que des dépêches de Buenos-Ayres signalèrent, il y a deux ans, qu’une expédition scientifique s’apprêtait à partir vers une région inexplorée de l’extrême sud de l’Amérique Méridionale où des voyageurs avaient aperçu, dans un lac des Andes, un animal de taille colossale couvert d’ecailles.
- Deux années se sont écoulées sans que la presse argentine nous ait appris les résultats de l’expédition. Nous ne savons même pas au juste si elle est jamais partie !
- Non! Il s’agit ici d’observations scientifiques, et non plus d'élucubrations plus ou moins amusantes. Si le savant auteur de ces observations appuie sur elles une hypothèse, il le fait avec cette sage prudence qui caractérise l’homme de science.
- Nous rappellerons d’abord que la région des Montagnes Rocheuses fut considérée jusqu’à l’année dernière comme le principal domaine et comme le berceau probable des dinosaures, d’où ils se seraient progressivement répandus dans les autres parties du monde.
- La découverte (que nous avons relatée précédemment) de fossiles de dinosaures aux formes primitives dans le Désert de Gobi a corrigé partiel-
- lement celte théorie, en ce sens qu’on peut admettre désormais que le véritable berceau des dinosaures serait l’Asie Centrale,
- Il n’en est pas moins certain que celle région des Montagnes Rocheuses devint leur terre de prédilection, qu’ils s’y multiplièrent, et qu’ils y achevèrent leur évolution — jusqu’à la « catastrophe » finale qui anéantit leur genre vers la fin de la période secondaire, puisque l’on ne retrouve plus leurs fossiles à partir du Crétacé Supérieur.
- Nous ne retiendrons ici que ce fait : au pied des Montagnes Rocheuses, sur les plateaux du Wyoming, on exploite depuis une vingtaine d’années des gisements de fossiles, immenses cimetières où les dinosaures furent ensevelis par milliers, preuve matérielle et incontestable que ces sauriens y prospérèrent, voici quelques millions d’années.
- Or, dans cette même région, un savant d’une réputation universelle, M. Raymond L. Ditmars, l’un des directeurs de la New York Zoological Socieli), savant spécialisé dans l’étude des reptiles, a découvert et étudié un lézard de taille médiocre qui pourrait bien être un descendant direct des dinosaures.
- C’est le lézard à collerette, ainsi nommé à cause de la large collerette multicolore qu’il porte sur les épaules. Son corps aux proportions élégantes est moucheté de points brillants.
- M. Ditmars l’a rencontré dans le Désert de Mojave,
- ‘ région connue des chercheurs d’or californiens
- p.319 - vue 323/688
-
-
-
- 320
- LE LEZARD
- comme le « Pays de la Soif », et où la faune reptilienne est particulièrement abondante et variée. Dans une seule vallée, le savant a recueilli des spécimens de dix espèces de lézards, si différentes entre elles par leurs habitudes comme par leurs formes qu’il en est que les profanes prennent pour des crapauds, alors que d’autres ont des pattes si menues qu’on les prendrait pour des serpents.
- Le lézard à collerette présente une particularité absolument unique dans le monde des sauriens : il est plus 'bipède que quadrupède, et court beaucoup plus rapidement à deux pattes qu’à quatre.
- . En réalité, il prend la position debout dès qu’il lui faut fournir un effort de vitesse, soit en poursuivant sa proie, soit en fuyant devant un ennemi. Les pattes postérieures sont d’ailleurs beaucoup plus longues que les antérieures, et mériteraient d’être appelées jambes. . . .
- Les quatre photographies que nous reproduisons nous montrent comment procède la gracieuse créa-
- , COLLERETTE . 1 , -t..:.- : 1 " ' =
- Ces remarquables photographies ont été prises par notre ami, le Docteur Herbert Lang, dans un laboratoire de Y American Muséum ; mais M. Dit-mars, dans sa trop brève relation publiée par le Bulletin de la New York Zoological Society, expose qu’il vit fréquemment ces lézards courir debout dans le Désert de Mojave.
- On ne saurait mettre en doute que la plupart des dinosaures couraient de la même façon. Ils avaient, eux aussi, les pattes postérieures beaucoup plus longues que les antérieures (disproportion absente chez les formes massives, comme le Stegosaurus, qui étaient exclusivement quadrupèdes), et leur structure générale indique bien qu’ils conservaient la position debout en marchant, et surtout en courant.
- Nous connaissions cette habitude des grands sauriens avant même d’avoir découvert leur existence. En 1830, on trouva dans le Connecticut (Etats-Unis) une plaque de grès portant des empreintes de pattes gigantesques qui se présentaient par paires, non Dar
- Quelques allures du lézard à collerette.
- ture pour passer de la marche au galop. Ces instantanés sont l’œuvre patiente d’un savant de Y American Muséum of Natural History, de New-iork, le Docteur Herbert Lang, l’explorateur qui décrivit récemement les Pygmées de l’Afrique Centrale et qui observa Y okapi.
- Une première image montre le lézard marchant sur ses quatre pattes, la queue traînant sur le sol. Sur la deuxième, nous le voyons augmenter sa vitesse : les jambes développent toute leur envergure et jouent évidemment le rôle d’appareil moteur, les pattes étant réduites au rôle de points d’appui ; la queue ne traîne plus.
- Sur le troisième instantané, le coureur a pris la position debout ; la queue redressée sert maintenant de balancier ; tout le corps repose sur les jambes, et les pattes antérieures pendent sur le haut du ventre. Le petit animal court absolument comme un oiseau marcheur (autruche, ému, etc.).
- La vitesse s’accroît encore en une course qui, sur la quatrième photographie, nous apparaît désordonnée. La queue tend vers la verticale, le corps étant plus penché en avant; la jambe droite prise alors qu’elle touche le sol est très nette, mais la gauche est animée d’un mouvement si rapide qu’elle est confuse. Pour saisir sa position, il faut examiner l’ombre projetée : nous constatons ainsi que cette jambe gauche (ou plus exactement sa partie inférieure) passe un-peu au-dessus du corps, et qu’elle est vue entre la queue et l’échine.
- doubles paires, et que l’on attribua à des oiseaux de grande taille. Des pistes analogues furent découvertes bientôt près de Ilastings (Angleterre), puis en Belgique.
- Le mystère ne fut éclairci que quelques années plus tard, grâce à la découverte d’ossements fossiles dans une carrière du Connecticut : ces pistes étaient bien l’œuvre de reptiles bipèdes, qui marchaient debout, et sans que leur queue traînât sur le sol.
- Il est remarquable que le seul reptile moderne qui ait cette même habitude vive dans une région voisine de celle où l’on rencontre, comme nous l’avons dit, de véritables cimetières de dinosaures.
- Le lézard à collerette serait-il le descendant des grands sauriens de l’âge secondaire qui lui auraient légué cette faculté de la « course debout »? C’est une question que se pose M. Raymond L. Ditmars, mais qu’il se pose prudemment, sans vouloir répondre par l’affirmative avant d’avoir trouvé d’autres preuves.
- L’histoire naturelle nous offre d’autres cas de survivance encore plus impressionnants que celui du joli saurien du Désert de Mojave. Nous nous contenterons de citer le cas du tuatara (Sphenodon punctatus), ce petit lézard néo-zélandais qui forme à lui seul un ordre, et que son anatomie rattache directement aux formes reptiliennes primitives des terrains permiens, bien que ses signes extérieurs aient porté les premiers naturalistes à l’apparenter avec l’iguane. V. Forbin.
- Le Géranl ; P Misso». — Imprimerie Lahvbe. rue da Fleuras, 9 Pans.
- p.320 - vue 324/688
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2616
- 24 MAI 1924.
- LES ETINCELLES ErLES ECLAIRS “ NOIRS ”
- Nous, avons eu l’occasion, ici même (l), d’entretenir les lecteurs de cette Revue de la question des éclairs noirs. Un de nos correspondants, M. Léon Bois, professeur à Pélussin (Loire), vient de nous faire parvenir une intéressante photographie d’une machine de Wimshurst en action (fig. 1). Les boules d’éclatement entre les condensateurs ont été suffisamment écartées pour que l’étincelle jaillisse tantôt entre ces boules et tantôt entre les balais et les peignes- Lorsqu’on exami ne l’épreuve originale à la loupe, on s’aperçoit que l’une des étincelles (il y en a deux) entre les boules est, en réalité, en partie inversée sur les bords ; l’autre est blanche, mais les tronçons d’étincelles, entre les secteurs d’étain du plateau, sont indiscutablement « noirs ».
- On rapprochera avec intérêt cette photographie de celles du] colonel Plücker {La Nature, n° 2466).
- La cause de ces phénomènes d’inversion est connue aujourd’hui.
- Elle réside dans l’éclairement extrêm e-ment court du bromure d’argent par l’étincelle électrique, suivi d’une action lumineuse de faible intensité, mais de durée relativement longue. Ces phénomènes d’inversion sont désignés sous le nom d’« effet Clayden », du nom du savant anglais qui, le premier, reconnut les circonstances dans lesquelles ils se produisent.
- En effet, M. Hoffert d’abord, puis M. A.-W. Clayden (2) en ont fait une étude détaillée ; au début de leurs recherches, ils attribuèrent ce renversement de l’image à la surexposition. M. Clayden supposa d’abord que cette image « noire » était due à une sorte d’action cumulative résultant de la superposition d’actions lumineuses, et non pas de l’éclat individuel des éclairs. II fit, à l’époque de sa note (1889), une série d’expériences avec une machine de Wimshurst donnant 2 à 5 centimètres d’étincelle, et
- 1. La Nature, n° 2472, du 20 août 19*24.
- 2. Proceedings of ihe Physical Society of London, 1889.' p. 17(5 et 180.
- put reproduire les apparences observées sur ses clichés d’éclairs. Il concluait que les éclairs « noirs » n’ont pas d’existence objective, mais sont produits par l’exposition de la plaque à un ciel illuminé après le passage de l’éclair.
- Une autre hypothèse fut avancée par M. C.-V. Burton, à la Physical Society de Londres (1889) : ces images noires, révélées par les clichés photographiques, pourraient être dues à des éclairs faibles traversant la lumière des nuages brillamment éclairés et produisant un effet du même ordre que celui résultant du passage, à travers une flamme de gaz, des rayons d’une lampe brillante.
- C’est, si l’on veut, le phénomène du renversement des raies qui se produit chaque fois que les radiations émises par un gaz incandescent traversent une couche de ce gaz à une température plus basse.
- Mais il ne faut pas oublier que les nuages ne se comportent pas comme un gaz, et n’introduisent pas dans la lumière une absorption sélective particulière, qu’il serait bien facile d’ailleurs de mettre en évidence.
- M. W.-J.-S. Lockyer, le fils du grand savant anglais, sir Norman Lockyer, reprit la question et obtint de très belles photographies d’éclairs noirs, notamment lors de l’orage du 5 août 1899, de tragique mémoire (l), à Westgate-on-Sea (Angleterre). Il a donné, dans la revue -anglaise Nature (2) une discussion très complète de ces photographies ; il proposait d’entreprendre l’expérience suivante qui, selon lui, devait fournir la solution définitive de la question des éclairs noirs, c’est-à-dire de savoir s’ils ont une existence objective ou si l’on doit seulement les considérer comme le résultat d’un phénomène physique ou chimique, dû à la plaque sensible. Deux
- 1. C’esl au cours de ccl orage, qui occupa une clendue énorme de territoires, que se produisit le très grave accident de chemin de fer de Juvisy, par suite de dérangements de signaux consécutifs à des coups de vent de grande intensité.
- 2. Nature, n° 1653, vol. 60, 12 octobre 1899.
- 21.
- Fig. i. — Photographie d’une machine de Wimshurst
- en action (Cliché Léon Bois).
- Les boules sont écartées suffisamment pour que l’étincelle jaillisse tantôt entre ces boules, tantôt entre les balais et les peignes. Dans le premier cas, cette étincelle vient en blanc; dans le second, elle vient en noir (petits traits noirs sur le pourtour du plateau).
- 52e Année. — 1" Semestre-
- 321
- p.321 - vue 325/688
-
-
-
- 322 ========== LES ÉTINCELLES ET :
- appareils, identiques sipossible dans toutes leurs caractéristiques optiques, sont orientés dans la même direction, vers le point où les éclairs se produisent. Le premier est ouvert pendant 15 ou 20 minutes, et enregistre tous les éclairs qui jaillissent pendant ce temps. Le second, au contraire, est refermé après chaque éclair, et la plaque changée. Dans le cas du premier appareil, il y aura surexposition; dans le second, généralement, sous-exposition. Si un éclair est noir dans les deux cas, il y aura de fortes présomptions pour qu’il existe réellement. Si, au con- i traire, il est noir dans le premier appareil, blanc dans le second, on se trouvera indubitablement en présence d’un phénomène photographique.
- Nous ignorons si cette expérience a été faite sous celte forme.
- Comme M. Clayden, M. W.-J.-S. Lockyer a fait une série d’expériences en photographiant des étincelles électriques, mais produites cette fois par une bobine de Ruhmkorff, devant un fond plus ou moins lumineux. 11 a pu reproduire ainsi, d’une façon très satisfaisante, la plupart des apparences des éclairs enregistrés.
- Aussi, après avoir pensé tout d’abord que les éclairs noirs pouvaient, après tout, exister réellement, a-t-il été amené à conclure de ses expériences que ces éclairs noirs sont le résultat de diverses actions chimiques se passant au sein de la couche sensible.
- À quels phénomènes photographiques ou physiques convient-il de s’adresser pour expliquer ces éclairs « noirs » ?
- On a naturellement pensé à les rattacher aux phénomènes de noircissement, de continuation et d’inversion que l’on a reconnus dans la couche sensible (’). On sait que la courbe des impressions photographiques en fonction de l’énergie excitatrice part de zéro ; elle s’élève assez rapidement, atteint un maximum et redescend lentement vers zéro. Autrement dit, l’opacité de l’argent réduit est variable avec la durée d’excitation lumineuse. Elle passe assez rapidement par un maximum au delà duquel une action plus prolongée de la lumière ne donne plus une opacité plus grande, mais, au contraire, une densité moins forte. Avec une action lumineuse convenable, il peut y avoir annulation complète de l’action photographique, et, au développement, on obtient un phototype transparent (Janssen, Àbney, etc.).
- Voici donc une première explication des éclairs noirs. Mais elle s’évanouit lorsque l’on discute les clichés d’éclairs eux-mêmes où l’on trouve les contradictions les plus variées et les plus invraisemblables entre les aspects présentés et l’intensité « évidente » de-certains éclairs : par exemple, ramifications très faibles venues « noires » alors que l’éclair principal est blanc ; croisements d’éclairs blancs et d’éclairs « noirs » qui apparaissent blancs à ces points de croisement ; ou encore rencontre de deux éclairs « noirs » dont le point de croisement est blanc ; puis éclairs
- 1. Société française de Phi/sique, n° 220. Séance du 16 décembre 1004.
- LES ÉCLAIRS “ NOIRS ” ...
- blancs semblant passer devant un éclair noir ; ou éclairs noirs semblant passer devant un éclair blanc, etc.
- Une autre hypothèse a été proposée par M. Albert Senouque pour expliquer les éclairs noirs. Elle s’appuie sur la destruction partielle ou totale d’une impression photographique par les rayons rouges ou infra-rouges (travaux de A. Villard). On connaît l’expérience de Ed. Becquerel. Un papier sensible ordinaire (papier salé) est exposé sous un cliché i bien pur, par exemple sous un cliché en papier noir découpé, pendant un temps très court, 1/4 de seconde au Soleil. On expose ensuite ce papier à la lumière jaune. Les parties impressionnées noircissent, et la lumière jaune, en présence de l’excès d’azotate d’argent, a développé l’image. Mais si on remplace la lumière jaune par la lumière rouge ou mieux infra-rouge, l’image disparait au lieu de s’intensifier. L’action résultant du rouge extrême est telle cpïitne image visible peut être complètement effacée.
- Avec les plaques au gélatino-bromure d’argent, 'dans lesquelles toute trace d’azotate d’argent a été éliminée par lavage de l’émulsion sensible, on ne constate pas d’action développatrice de la lumière jaune, mais le rouge extrême et l’infra-rouge (raie A du spectre solaire et au-delà), détruisent complètement l’image, comme pour le papier.
- Ainsi on pourrait attribuer à un dévoilage de la plaque par des rayons infra-rouges émis par certains éclairs, les éclairs dits v noirs ».
- Nous avons encore signalé, comme cause possible de renversement de l’image, la lueur extrêmement interne, puis rapidement décroissante, qui suit la production de certains éclairs intenses, et qui a pour cause l’incandescence des gaz de l’air élevés à très haute température lors de la décharge (Q. Cette lueur change rapidement de couleur, passant du blanc éblouissant au rouge, et en un temps très court, et son action sur la plaque pourrait produire une inversion ou un « dévoilage ».
- La véritable cause de production de l’éclair « noir » a été indiquée par R.-W- Wood, du Physical Labora-tory of the Universily of Wisconsin (2). S’il n’a pu en indiquer la raison intime, qui semble une propriété naturelle du gélatino-bromure d’argent, les expériences qu’il a faites montrent bien qu’il s’agit là d’une action résultant du temps d'excitation de la surface sensible. Quand ce temps devient extrêmement court, l’image a une tendance à s’inverser.
- L’importance de la question vaut que nous résumions ici l’article de M. Wood.
- Il commence par rendre hommage aux travaux de M. Clayden, qui, dit-il, a expliqué les éclairs « noirs » (3), « mais il restait à expliquer son expli-
- 1. Voir La Nature n° 1(301 du .50 janvier 1904, p. 139 : « La forme et la structure de l’éclair », par E.m. Touciiet.
- 2. Nature, de Londres, n° 1570, vol. 61, p. 104-105, ! 50 novembre 1899.
- j 3. Par l’action lumineuse diffuse de longue durée survenant i après une action très courte d’un éclair intense.
- p.322 - vue 326/688
-
-
-
- LES ÉTINCELLES ET LES ÉCLAIRS “ NOIRS ” —.323
- cation ». Il a donc répété les expériences deM. Clay-den et a obtenu des étincelles noires sans aucune difficulté.
- Cependant, l’effet du renversement ne peut pas être obtenu par l’impression de l’image du filament d’une lampe à incandescence, suivie d’nn voile général de la plaque. Évidemment, dit M. Wood, il y a quelque chose dans la lumière de l’étincelle électrique qui est essentiel à la production du renversement.
- Le physicien américain a photographié sur une
- est renversée, à l'exception d’nn mince canal brillant au centre. Enfin, les images photographiées avec les plus pelitcs ouvertures du diaphragme sont toutes inversées.
- Ainsi donc, voici déjà une expérience qui prouve que le renversement n’est pas dû à la surexposition, puisque ce sont les étincelles les moins lumineuses (objectif très diaphragmé) qui sont renversées.
- Cette expérience explique pourquoi ce sont généralement les ramifications de l’éclair central qui sont « noircies », cet éclair central étant, le plus généra-
- Fig. 2. — Eclairs brillants et éclairs > noirs » photographiés par M. Ferdinand Ellermann, à l’Observatoire du Mont-Wilson, Californie (Etats-Unis) pendant l’orage du 3o juin-W juillet içi8.
- même plaque qu’il déplaçait après chaque exposition, une série d’images d’étincelles données par une grande bobine d’induction, avec une batterie de bouteilles de Leyde dans le circuit. Il s’est arrangé pour que les étincelles aient toutes la même intensité lumineuse ; mais, après chaque décharge, le diaphragme iris de l’objectif était fermé chaque lois un peu plus. Après l’exposition, la plaque a été voilée à la lumière' d’une bougie pendant une seconde ou deux, puis développée.
- I/examen de ce cliché montre que les bords des étincelles les plus brillantes, c’est-à-dire photographiées avec toute l’ouverture de l’objectif, sont renversés.
- Dans d’autres étincelles, l’image presque entière
- lement, blanc. On pourrait penser qu’il y a dans l’étincelle électrique quelque radiation particulière qui manque dans la lumière des autres sources de lumière et produit l’inversion. M. Wood a fait alors l’expérience suivante : il recouvre une plaque photo graphique sur sa moitié d’un papier^* noir et il éclaire la moitié libre à l’aide d’une petite étincelle électrique, à Ja distance de deux ou trois pieds. Une autre plaque semblable, protégée de la même manière, est éclairée un instant par la lumière d’une bougie et il a réglé les temps d’exposition, par une expérience préalable, de manière qu’au développement les intensités produites par l’étincelle et par la bougie soient les mêmes.
- Si ces deux plaques, avant développement, sont à
- p.323 - vue 327/688
-
-
-
- 324 ======= LES ÉTJNCELLES ET LES ÉCLAIRS “ NOIRS ”
- moitié recouvertes par un écran, à angle droit du premier, et exposées à la lumière d’une bougie pendant une seconde ou deux, puis développées, on constate que :
- 1° La partie de la première plaque qui a reçu la lumière de l’étincelle, plus celle de la bougie, n’est pas aussi noire que la partie de cette même plaque qui a reçu la lumière de la bougie seule.
- 2° La partie de la seconde plaque qui a reçu deux fois l’exposition de la bougie est plus noire que celle qui a reçu l’action une seule fois. Ainsi, la lumière de l’étincelle électrique n’agit pas de la même manière que celle de la bougie.
- En quoi doit-elle différer de celle-ci?
- Il semble logique de supposer que cette particularité tient à la nature des radiations de la lumière de l’étincelle. Pour s’en assurer, M. Wood place un prisme en avant de l’objectif de la chambre noire, de manière à disperser l'image de l’étincelle en un spectre. Il expose la plaque au spectre d’une seule étincelle, puis, au sortir de la chambre noire, la voile à la lumière d’une bougie et procède au développement. Si l’effet de renversement est dù à quelque radiation particulière, il semble qu’au développement celte radiation spéciale sera inversée. Or, il n’en a pas été ainsi, mais Je spectre entier paraît plus clair sur le négatif que le fond voilé.
- M. Wood, à la suite de ce résultat, fait l’expérience suivante : il expose unè plaque au spectre d’une étincelle, la voile légèrement comme précédemment, puis après ce voile expose, sur une place différente de la première, un autre spectre de l’étincelle.
- Au développement, il obtient le premier spectre plus clair que le fond voilé et le second spectre plus intense que ce fond.
- Il apparaît ainsi que : 111 l’effet de renversement ne dépend pas de la longueur d’onde ; 2U il dépend de l’ordre des actions photographiques (effet signalé par M. Glayden). C’est à cette phase de ses recherches que M. Wood a pensé que le temps peut intervenir dans le problème. La lumière de l’étincelle
- 1
- électrique a unè durée de l’ordre de ^de u 50000
- seconde, et il est alors permis de se demander si une brillante lumière d’une durée excessivement courte ne peut pas agir sur la plaque d’une manière différente d’une faible lumière agissant longtemps. En physicien avisé, M. Wood procède alors aux expériences brièvement résumées ici.
- Il imprime, sur la plaque, l’objectif étant ouvert en grand, l'image d’une seule étincelle. Puis il diaphragme l’objectif au 1/4 de sa première ouverture et, sur une autre partie de la plaque, super r pose 4 images d’étincelles, afin d’avoir la même exposition photographique totale dans les deux cas (pour obliger les images des étincelles successives à passer exactement sur la première image, il les fait jaillir dans un tube capillaire). Il voile alors la plaque à la lumière d’une bougie, comme précé-
- demment. Au développement, la décharge unique était renversée, alors que la décharge composée ne l’était pas. Il devient ainsi probable, avec une très forte évidence, que la durée d’illumination est le facteur principal du phénomène de l’inversion. M. Wood a déterminé autrefois la durée d’explosion du mélange oxygène-hydrogène et a trouvé pour
- cette durée de seconde. Il a donc photogra-
- phié la lueur d’explosion de plusieurs réservoirs de verre remplis de gaz électrolytique, mais il a trouvé que l’action sur la plaque sensible était la même que celle de la lumière ordinaire, étant dans l’impossibilité d’obtenir un renversement quelconque. La durée de l’explosion était-elle donc encore trop longue? Pour trancher cette question, et démontrer que le facteur temps était le seul en jeu, M. Wood a eu recours à une illumination indépendante de l’étincelle électrique* et d’une durée aussi courte. Il y est parvenu de la manière suivante : un disque de 0 m. 50 cle diamètre comporte une fenle radiale de 1 millimètre de largeur, près de sa périphérie. Ce disque est monté sur l’arbre d’un moteur électrique à grande vitesse. Une seconde fente d’égale largeur était disposée tout près du bord du disque, dans une position telle que les deux fentes étaient en coïncidence à chaque révolution. Cette seconde fente était ouverte dans Une glissière verticale où on laissait tomber la plaque sensible.
- Au moyen d’une grande lentille convexe de court foyer, on recevait l’image du cratère d’une lampe à arc puissante sur le point de coïncidence des fentes.
- L’intensité de l'illumination transmise à travers les fentes, lorsqu’elles étaient en coïncidence, était suffisante pour carboniser instantanément un papier.
- Le moteur étant mis en mouvement, une plaque était lâchée dans la glissière. Au développement, trois images de la fente apparurent, images non surexposées malgré la très grande rapidité de la plaque employée. En mesurant les distances entre les images de la fente et la distance verticale depuis le point de départ, il a été facile de calculer la vitesse de rotation du disque. Celle-ci a été trouvée de 60 rotations par seconde, la friction de l’air sur-ie disque empêchant une plus grande vitesse.
- La durée d’exposition est le temps mis par le bord de la fente pour traverser une distance égale à la largeur de celle-ci, soit J millimètre. Elle a été
- 1
- ' de seeonde, c’est-à-dire de l’ordre
- trouée,le 55000 de celle de l’étincelle.
- Il restait à faire l’expérience cruciale. Une seconde plaque étant abandonnée dans la glissière, comme la précédente, puis étant exposée à la lueur d’une bougie, « les images de la fente furent le plus magnifiquement renverse'es », sauf au centre où la lumière était trop intense.
- Il semble alors, dit M. Wood, que l’on est fondé à
- p.324 - vue 328/688
-
-
-
- LES ETINCELLES ET LES ÉCLAIRS“ NOIRS ”
- dire que l’action d’une lumière intense sur une plaque, pendant un très court intervalle de temps, diminue la sensibilité de cette plaque à la lumière. Ceci constitue, si l’on veut, un curieux contraste avec cette autre propriété connue que l’exposition à
- 325
- donc de conclure que la cause de l’éclair noir réside : 1° Dans l’éclairage de durée extrêmement courte de la plaque sensible ; 2° Dans le voile général apporté par les éclairs qui suivent le ou les premiers.
- A titre d’exemples, nous donnons ici (Pig. 2 et 5)
- Fig. 3. — Éclairs brillants et « noirs » photographiés par M. Ferdinand Ellerman à ï'Observatoire du Mont-Wilson, Californie (Etats-Unis) pendant l’orage du 3o juin-W juillet igi8.
- L’appareil est resté longtemps ouvert pour cumuler un grand nombre d’éclairs.
- une très faible lumière, pendant un temps très court, semble accroître la sensibilité, ce petit acompte de lumière permettant de franchir le « seuil de la sensibilité » à partir duquel la plaque fournira une trace d’image au développement. M. Wood a également fait des essais avec la lumière polarisée, mais n’a pu obtenir le phénomène de l’inversion.
- Les expériences de Clayden et de Wood permettent
- deux photographies/que nous devons à l’obligeance de M. Ferdinand Ellermann et qui ont été prises par lui à l’Observatoire du Mont-Wilson, lors de l’orage de la nuit du 30 juin au 1er juillet 1918.
- Dans la figure 2, on voit deux éclairs principaux, dont les côtés sont bordés de noir, et dont les ramifications se terminent par des extrémités noires. Un brouillard noir borde les éclairs principaux* Deux
- p.325 - vue 329/688
-
-
-
- 326 == LA DERIVE DU “ MAUD ° A TRAVERS L’OCEAN GLACIAL DE SIBÉRIE
- éclairs brillants sont visibles au milieu de la plaque, celui de gauche n’offre aucune ramification noire.
- La figure 5 montre cinq éclairs distincts : deux sont brillants sur leur longueur entière, deux commencent par être noirs, puis finissent blanc, mais sont bordés de marges noires ; tous ont des ramifications noires. L’illumination du brouillard, au bas, dans la plaine, a produit l’inver.'ion photographique et ce brouillard est noir.
- Ces données permettent d’expliquer les particularités de la figure 1. L’étincelle des condensateurs,
- jaillissant entre boules, est de durée relativement longue. C’est une décharge oscillante, brillante. L’étincelle jaillissant entre les secteurs a dû avoir une durée beaucoup plus courte, en raison de la rotation rapide des plateaux. Elle est moins lumineuse que la première. La lumière générale de la pièce a agi, après l’étincelle, à la manière de la lueur diffuse des éclairs pendant l’orage. Ce sont bien là, nettement, les conditions de production de l’effet Clayden.
- Em. Touchet.
- e#»s$.-5^3
- LA DÉRIVE DU “MAUD” A TRAVERS L’OCÉAN GLACIAL DE SIBÉRIE
- et le nouveau projet pour la traversée du bassin polaire en avion.
- Un destin tragique semble peser sur l’expédition d’Amundsen Après une longue série d’insuccès et de déboires qui auraient découragé des caractères moins bien trempés, voici maintenant que son navire, le Maud, se trouve dans une position singulièrement critique à l’est des îles de la Nouvelle Sibérie.
- Pour permettre au lecteur déjuger la situation, rappelons d’abord le but de l’entreprise et ses principales péripéties. Il y a six ans, en 1918, Âmundsen prenait la mer pour accomplir la traversée du bassin polaire, en utilisant comme propulseur le courant marin qui sillonne de part en part cet océan. Personne n’ignore que ce déplacement des eaux a été mis en évidence par la fameuse dérive des épaves de la Jeannette depuis les îles de la Nouvelle-Sibérie jusqu’à la côte sud-ouest du Grônland, et par le voyage non moins fameux de Nansen. Le courant en question naît, semble-t-il, dans la région située au nord du détroit de Bering ; de là il suit une direction nord-ouest vers le Pôle, puis, après avoir atteint les parages du sommet boréal de l’axe du monde, s’incurve vers le sud-ouest, pour longer la côte orientale du Grônland et se perdre finalement dans l’Atlantique nord, entraînant sur tout son parcours une partie de l’énorme masse de glaces flottantes qui recouvre le bassin arctique. Le Fram de Nansen était entré dans cette banquise en mouvement à l’ouest des îles de la Nouvelle-Sibérie, et en était sorti sous le méridien du Spitsberg. Afin d’accomplir une exploration plus complète de l’océan Glacial, Amundsen résolut de commencer sa dérive à l’est de ces mêmes îles de la Nouvelle-Sibérie et de la poursuivre jusqu’au Grônland oriental. A cet effet, parlant de Norvège, sur le Maud, il fit voile le long des côtes nord d’Europe et d’Asie. Une année où l’état des glaces est normal, six semaines, deux mois au plus auraient suffi pour atteindre par celte roule la zone du courant polaire; malheureusement, en 1918, les banquises abondaient dans l’océan de Sibérie, et, dès le 15 septembre, l’expédition se trouva bloquée près du cap Tchéliouskine,
- la saillie la plus septentrionale de l’ancien continent, par conséquent encore fort loin du but qu’elle s’était assigné dans cette première campagne. La saison de 1919 fut encore plus défavorable, si bien qu’après quelques jours seulement de navigation, le Maud fut condamné à un second hivernage sur la côte nord de Sibérie. Amundsen ne se découragea pas pour cela et en 1920, pour la troisième fois, il essaya d’atteindre le fameux courant.
- Cette nouvelle tentative n’obtint pas un meilleur résultat que les précédentes.
- Malgré ces échecs répétés, l’explorateur demeura inébranlable dans sa résolution. Il alla faire réparer à Seattle (côte ouest des États-Unis) son bateau avarié par les glaces et, en 1922, il reprenait le chemin du nord avec un programme singulièrement élargi, mais'encore plus aléatoire que son projet primitif. Franchissant le détroit de Bering, Amund-sen se proposait de gagner la pointe Barrow, le cap le plus septentrional de la côte nord de l’Alaska, d’y débarquer et d’attendre là des conditions favorables pour tenter la traversée du bassin arctique en avion, tandis que le Maud, confié au capitaine Wis-ting, un des héros du Pôle sud, essaierait de nouveau d’atteindre le courant et de se faire véhiculer à travers l’océan polaire par la lente dérive des eaux. Le célèbre explorateur voulait tenter contre le Pôle une manœuvre à double action, l’une par la voie de l’aérosphère, l’autre par celle de l’hydrosphère.
- La première a, comme on le sait, abouti à un échec complet, un vol d’essai ayant révélé des défectuosités irrémédiables dans le moteur de l’appareil employé. Le Maud, par contre, a réussi à pénétrer dans la banquise charriée par le courant polaire.
- Il y a seulement dix ans, une fois qu’une expédition était entrée dans le domaine des glaces, jusqu’à ce qu’elle en sortit le silence se faisait sur elle; souvent deux ans, parfois même trois ans se passaient dans l’ignorance complète des vicissitudes qui l’assaillaient. Aujourd’hui la situation a complètement changé ; maintenant, grâce à la T. S. F., un navire perdu au milieu des solitudes glacées demeure en
- p.326 - vue 330/688
-
-
-
- LA DÉRIVE DU “ MAUD ” A TRAVERS L’OCÉAN GLACIAL DE SIBÉRIE
- 327
- relation constante avec le monde extérieur. Possédant des appareils radiotélégraphiques assez puissants pour communiquer soit avec la station du Spitsberg, soit avec celle de Stavanger (Norvège méridionale), le Maud envoie chaque jour depuis son emprisonnement dans la banquise un bulletin météorologique à l’Institut de Kristiania ; il est même devenu une station du réseau circumpolaire d’observatoires organisé par le professeur BJerkenes ; enfin tous les deux ou trois mois, il expédie des messages faisant connaître la marche de l’expédition et les principaux événements qui se sont passés à bord.
- Un premier radio, lancé en décembre 1522, nous a appris qu’après avoir quitté la côte de l’Alaska le 28 juillet précédent, le Maud était parvenu onze jours plus tard en vue de l’ile Herald et que le 22 août, par 72°20' de latitude et 175°25' de longitude ouest, il avait enfin réussi à s’amarrer à la banquise propulsée par le fameux courant. Dans cette région, les eaux paraissent animées de mouvements tourbillonnaires. Ainsi au début, au lieu d’être entraîné vers le nord-ouest, comme les explorateurs l’escomptaient, le navire et le champ de glace dans lequel il se trouvait emprisonné furent ramenés dans le sud jusqu’au 72° de latitude. Après cette nouvelle déconvenue, la dérive se manifesta dans la direction désirée et le 14 décembre 1922 le capitaine du Maud avait la satisfaction d’arriver au 73°4' de latitude par 173° de longitude Est. En quatre mois, par l’effet simplement de la poussée des eaux, le navire avait parcouru 450 kilomètres dans le N. 60° 0. ; par jour sa vitesse de déplacement durant cette période a donc été en moyenne légèrement inférieure à 4 kilomètres.
- Pendant l’hiver 1922-1923, la translation du Maud et de la banquise à laquelle il est rivé a continué. Un radio expédié le 16 mars 1923 a fait connaître qu’à cette date le navire se trouvait par 74° 2' de latitude et 170° 20' de longitude Est. Durant la saison froide, la dérive a donc été encore plus lente qu’en été et en automne; du 17 décembre 1922 au 17 mars 1923, elle n’a pas dépassé 183 kilomètres en direction du N 54° 0, soit environ 2 kilomètres par jour !
- Après l’envoi de ce message, le silence s’est fait complètement. Comme chacun le sait, la lumière est peu favorable à la propagation des ondes; dans les zones polaires le soleil restant au-dessus de l’horizon pendant tout l’été, on n’a par suite reçu aucune dépêche des Norvégiens. Seulement le
- 5 décembre dernier un nouveau message a été recueilli. 11 annonce que du 17 mars au 6 septembre 1925, le Maud a continué à être entraîné vers le nord-ouest, mais toujours fort lentement. Le
- 6 septembre la latitude obtenue était : 76°16' par -165° de longitude Est. Après cela des brises de nord-ouest très fraîches ayant régné pendant une longue période, la banquise a été poussée dans le sud et en l’espace d’un mois le navire a été ramené avec elle à 100 milles (185 kilomètres) en arrière
- du point auquel il était parvenule 6 septembre. Au début de décembre il avait ainsi rétrogradé au 75°l()f de latitude par 159°50' de longitude Est. Les semaines suivantes, loin de se redresser vers le nord ainsi qu’on l’espérait, le Maud a été entraîné dans l’ouest. Un radio, en date du 17 décembre 1925, signale que le bateau gisait alors par 75°14' de latitude et 158°46' de longitude Est, par conséquent à 7400 m. au nord et à 21 kilomètres à l’ouest du pointqu’il occupait le 5 décembre.
- Si l’on jette un coup d’œil sur la carte ci-jointe, on se rend compte du danger auquel l’expédition se trouve exposée du fait du changement de direction de la dérive. Comme cette figure le montre, l’archipel de la Nouvelle-Sibérie et celui de De Long (îles Henriette, Jeannette, Bennett) forment une sorte de môle s’avançant à travers l’océan Glacial perpendiculairement à l’itinéraire que suivent les banquises sous la poussée du courant et des vents. Dès lors, entre les « champs » déjà accumulés contre ces terres et ceux qui arrivent constamment de l’est charriés par les eaux, se produisent d’effroyables collisions, ces redoutables pressions si tristement célèbres par les catastrophes qu’elles ont engendrées. Au cours de pareilles convulsions, combien de navires captifs dans les glaces ont été coulés, l’histoire de l’exploration polaire l’enseigne en récits dramatiques. Le message du 17 décembre dernier révèle le péril qui de ce chef menace l’expédition norvégienne. Tant qu’elles ont dérivé loin de toute terre, les glaces dans lesquelles le Maud est emprisonné sont demeurées calmes; le premier hiver que l’expédition a passé dans la banquise comme pendant l’été 1925, une seule fois elles ont été soumises à des pressions. En revanche, aussitôt qu’elles se sont rapprochées des îles de la Nouvelle-Sibérie, elles ont manifesté une dangereuse agitation, Le 28 et le 51 octobre derniers! le phénomène a revêtu une extrême violence ; tout autre bateau que le Maud, spécialement construit pour résister aux pressions des glaces, eût été mis à mal en pareille circonstance. Mais il est à craindre que si la dérive continue à porter vers l’archipel, ces paroxysmes n’acquièreqt une puissance de plus en plus grande et n’engendrent finalement une catastrophe.
- Au milieu de décembre, la position de l’expédition était donc déjà très préoccupante. Depuis, le danger s’est encore aggravé. Un radio parti du T1 février relate que la dérive continue à se manifester en direction ouest et que le navire se rapproche de plus en plus des massifs insulaires sibériens. A cette date, il se trouvait par 75° 13' de latitude et 156° 45' de longitude Est, soit à 1850 mètres plus au ! sud que le point observé le 17 décembre et à environ i 56 kilomètres plus dans l’ouest. Le Maud semble donc devoir être entraîné vers le bras de mer séparant l’archipel de la Nouvelle-Sibérie de celui de De Long. En traversant ce détroit, les glaces doivent être soumises à des compressions formidables, par ! suite singulièrement périlleuses pour un navire
- p.327 - vue 331/688
-
-
-
- 328 l-:.LA DÉRIVE DU “ MAUD ” A TRAVERS L’OCÉAN GLACIAL DE SIBÉRIE
- immobilisé dans leur masse. Mais franchiront-elles cette passe et ne demeureront-elles pas accumulées devant la banquise qui recouvre son embouchure? Nous sommes donc à la veille d’événements sensationnels et en même temps de révélations du plus haut intérêt concernant la circulation des eaux dans cette partie de l’océan Arctique.
- %
- * *
- L’été dernier, alors que la dérive s’opérait paisiblement, l’expédition s’est livrée à une expérience d’aviation particulièrement intéressante!
- Afin de pouvoir explorer les régions s’étendant de part et d’autre de la trajectoire suivie par le navire, Amundsen a embarqué sur le Maud un aviateur et un aéroplane, un Curtis-Oriole possédant un moteur de 180 ch et pouvant enlever deux personnes.
- À notre avis, l’emploi d’avions dans l’exploration arctique réserve de gros déboires. Lorsque l’on préconise ce moyen de locomotion pour franchir les masses énormes de glaces flottantes qui entourent le Pôle nord, on oublié toujours que les banquises ne forment pas une nappe unie, mais qu’elles sont un entassement de blocs rugueux, hérissé de protubérances et de chaînes de monticules engendrées par les pressions des glaçons les uns contre les autres. Sur un pareil terrain, à quels dangers un avion n’est-il pas exposé en cas d’atterrissage forcé? Et le péril n’est pas moindre s’il doit prendre son vol au milieu de ces amoncellements. A cet égard les essais faits l’an dernier par l’expédilion norvégienne sont démonstratifs.
- Ayant découvert un large « champ » relativement plat à un mille de leur navire, l’équipage du Maud l’aménagea en terrain de départ en abattant les saillies qui l’accidentaient. Au début de juin, le temps étant devenu clair, le pilote entreprit deux vols préparatoires. Ils furent très instructifs; en premier lieu ils permirent deconstaler qu’il est très diflicile, sinon impossible de s’orienter au-dessus de la banquise ; même en se tenant à une faible altitude on ne distingue rien qu’une immense blancheur, d’une uniformité absolue, dépourvue de toute espèce de point de repère; aussi bien, par mesure de prudence le pilote du Maud renonça à s’éloigner du navire, la seule tache apparente sur laquelle il put se guider au milieu de ce paysage lunaire. Ces vols permirent en outre de reconnaître que la masse de glace dans laquelle l’expédition se trouvait enfermée n’était qu’un entassement de blocs. Nulle part on n’y découvrit un espace plan de iOO mètres de long! Sur un pareil terrain,en cas de panne, c’était la catastrophe certaine !
- Après ces reconnaissances le pilote se préparait à entreprendre un vol de plus longue durée, lorsque brusquement une crevasse s’ouvrit à travers le champ d’aviation et le rendit inutilisable. Le Norvégien n’abandonna pas pour cela son projet ; sans désemparer, ses camarades se mirent au travail, et, au prix de pénibles terrassements, ils réussirent à
- aplanir un autre champ de glace dans le voisinage même du navire, si bien que le 22 juin un troisième départ fat décidé. Il ne fut pas précisément heureux. Au moment où l’appareil allait décoller, le train d’atterrissage rencontra une large flaque d’eau formée à la surface de la glace ; de ce fait sa vitesse de roulement se trouva amortie et l’avion ne pouvant s’enlever alla donner contre un monticule de glace, non sans dommages. Les avaries éprouvées dans cette collision purent heureusement être rapidement réparées avec les moyens du bord ; aussi bien le 16 juillet le pilote résolut de profiter d’un temps magnifique pour prendre l’air. Cette nouvelle reconnaissance fut désastreuse. Quelques instants après le départ, un raté se produisit et l’avion s’en alla tomber au milieu d’un monceau d’énormes blocs. Sous la violence du choc, le train d’atterrissage et une'des ailes furent brisés ; par un heureux hasard le pilote et l’observateur se tirèrent indemnes de l’aventure.
- Quoique cette expérience ne soit guère encourageante, Amundsen a résolu de poursuivre l’exécution de son projet de vol vers le Pôle nord. Dans un communiqué adressé à la presse norvégienne, l’explorateur annonce son intention de traverser l’été prochain le bassin arctique, par la voie des airs, du Spitsberg à la côte nord de l’Alaska en passant par le Pôle, Il compte donc suivre un itinéraire en sens contraire de celui qu’il avait l’intention de prendre l’an passé.
- Le service aéronautique de la marine des États-Unis prête son concours à cette audacieuse entreprise : par décision ministérielle, un des meilleurs aviateurs de la Hotte américaine, le lieutenant de vaisseau Ralph Davison a été mis à la disposition de l’expédition. D’autre part, désirant que l’Italie participe à ce raid audacieux, M. Mussolini a accordé à Amundsen la collaboration d’un des plus habiles pilotes de la péninsule, M. Antonio Locatelli. Le personnel de la mission est complété par trois aviateurs norvégiens.
- La construction des hydravions de l’expédition a été confiée à une firme allemande camouflée en société italienne, la Sociela Anonima Italiana di Costruzioni meccaniche, installée à Pisc. Celte usine fabrique des appareils du type Dornier-Wal. Les avions destinés à Amundsen, entièrement métalliques, seront munis d’un dispositif spécial leur permettant de prendre le départ sur la banquise même, ainsi que d’une hélice « réversible », si toutefois les expériences poursuivies avec ce propulseur donnent des résultats satisfaisants. Pouvant tourner alternativement dans les deux sens à la volonté du pilote, cette hélice permettrait d’arrêter l’hydravion pour ainsi dire à son premier contact avec la surface d’atterrissage ; par suite les risques d’accidents en prenant terre sur la banquise se trouveraient singulièrement diminués. Ajoutons que tous les hydravions employés porteront un poste de T. S. F.
- p.328 - vue 332/688
-
-
-
- LA DÉRIVE DU “ MAUD ” A TRAVERS L’OCÉAN GLACIAL DE SIBÉRIE
- S’il faut en croire les renseignements fournis par des journaux norvégiens, l’expédition embarquera sur un navire approprié à la navigation arctique. Partant de la côte occidentale du Spitsberg, elle pénétrera aussi loin que possible à travers la banquise qui s’étend dans le nord-ouest de cet archipel. Une fois que le navire se trouvera définitivement arrêté par les glaces, les hydravions seront débarqués pour prendre l’air à la première occasion favorable.
- D’après une communication émanant d'un des principaux membres de la future expédition, publiée par le Tidens Tegn de Kristiania (n° du 11 jan-
- 329
- voyage, ils jalonneront la direction à suivre depuis le navire en lançant par dessus bord des objets de couleur foncée. Ajoutons que la température ne constitue point, comme on est tenté de le croire, un obstacle à la réalisation de ce projet. A l’époque où Àmund-sen compte entreprendre son exploration, c’est-à-dire en été, le thermomètre ne descend guère en dessous de quelques degrés de froid dans les couches basses de l’atmosphère voisine de la banquise.
- Les frais d’une pareille entreprise sont naturellement élevés. Pour les couvrir, on annonce une opération qui ne manque pas d’originalité. Les gouver-
- Archipe/ de Lo U / Bennett O/.Henr
- ...... Route du "Maud avant de se
- Faire prendre dans la banquise
- iette
- I. Jeannette
- a—~ Dérive du "Maud"captif dans la banejuiae
- l Faddaye
- 1.11.24
- .16.111.23
- J4.Xil.22
- J /
- Fig. i. — La dérive du Maud à travers l'océan Glacial arctique.
- vier 102i), Amundsencompteréalisersonprogramme en deux temps.
- La première partie comprend le vol vers le Pôle. Lorsqu’ils auront atteint ce point, les avions se poseront sur la banquise et les explorateurs y installeront un dépôt d’essence, dont les premiers éléments seront fournis par leur stock disponible à ce moment. Après quoi ils feront par la voie de l’air la navette entre le Pôle et le navire jusqu’à ce que cet approvisionnement de carburant soit suffisant pour permettre à deux appareils de franchir la distance de 1200 milles (2220 kilomètres) séparant le Pôle de la côte nord de l’Alaska. Afin de pouvoir retrouver aisément le dépôt au milieu de l’uniformité blanche de la banquise, les pilotes emploieront la méthode du Petit Poucet ; pendant leur premier
- nements des Etats-Unis et de Norvège ont procédé à l’émission d’un timbre spécial et de cartes postales dont la vente est affectée à l’expédition. Ces cartes affranchies avec le timbre en question doivent être envoyées à Amundsen; chargées ensuite sur ses avions, elles accompliront la traversée du hassin polaire et seront ensuite retournées à leurs expéditeurs. On compte que le désir de posséder un morceau de carton ayant fait le voyage du Pôle assurera un grand succès à cette émission. Mais qui eût pu le croire ! Ce projet rencontre l'opposition des collectionneurs de timbres. La société philatéliste de Kris-tiania a voté une protestation contre l’opération envisagée. Sous toutes les latitudes nul n’est prophète en son pays.
- Charles Rarot.
- p.329 - vue 333/688
-
-
-
- 330
- LES TERRIERS DES ARAIGNEES
- Fig. i. — Coupe du terrier branchu, à deux ojer-cules, de Nemesia congener.
- D'après Moggridge.
- Bien connues &ont les toiles que tissent nos araignées communes : la Te'génaire (Tegenaria domes-
- Fig. 3. — Coupe dy. terrier branchu, à deux opircuhs, de Nemesia manderjernæ. L'après Moggridge.
- tica), à l’intérieur des maisons, des caves et des celliers; l’Epeire [Epeira diadema) dans les allées des jardins. Cependant, il faut se garder de conclure qu’il n’y a point d’araignées sans toile. Toute une catégorie de ces animaux préfèrent en effet les arts du terrassier et du maçon à celui du tisserand. Ce sont les araignées fouisseuses auxquelles une large place est réservée dans les nouvelles collections du Muséum qui dépendent de la chaire de M. le Professeur Ch. Gravier. Allez faire une visite aux galeries de Zoologie (2e étage) : vous y verrez non seulement les araignées elles-mêmes, mais encore leurs terriers en nature ou des photographies et des dessins de ces terriers.
- Cette collection (*) vient d’être organisée par M. L. Fage, assistant de Zoologie au Muséum. C’est une des plus riches du monde et aussi la plus importante au point de vue scientifique. En effet, la plupart des objets exposés, tant araignées elles-mêmes que produits de lgur industrie, proviennent de dons faits au Muséum par M. Eugène Simon, qui K
- est le savant le plus autorisé dans l’étude de ces animaux et celui qui les a le plus étudiés et pourchassés au cours de sa longue carrière.
- Plusieurs voyages d’explorations accomplis dans le midi de l’Europe et en Algérie de 1865 à 1884, au Venezuela de 1887 à 1888, à Suez, à Aden et
- aux îles Philippines de 1889 à 1890, à Ceylan en 1892, dans la colonie du Cap et au Transvaal l’année suivante, ont permis à M. Eugène Simon de recueillir les éléments de plusieurs travaux de grande envergure, tels que son Histoire naturelle des Araignées et ses Eludes arachnologiques, ce dernier titre commun à une série de trente-quatre mémoires parus dans les Annales de la Société ento-mologique de France, de 1875 à 1902.
- Quelle autre collection d’arachnides que celle de notre Muséum peut se llatter d’avoir servi à l’élaboration d’une telle œuvre7
- Fig. 2. — Extrémité d'un chèlicère de Mygale maçonne.
- C, crochet terminal ; D, dent de soie; R, râteau.
- *
- * *
- Les araignées fouisseuses ne constituent pas aux yeux des naturalistes un groupe zoologique unique. Elles appartiennent au contraire à des familles très différentes les unes des autres. La plupart d’entre elles sont des Mygales (famille des Aviculariidés). Mais les Lycoses, également fouisseuses, font partie
- 1. Vitrines couvertes de hachures, devant les n°” 7, 8 et 17 du plan de la collection de Crustacés. La Nature du 22 juillet 1022.
- p.330 - vue 334/688
-
-
-
- LES TERRIERS DES ARAIGNÉES ...... '. 331
- de la famille des Lycosidés, fort éloignée de la précédente. Nous en conclurons dès à présent que les instincts et les mœurs des araignées ne s’accordent pas nécessairement avec la forme de leur corps ni avec la structure de leurs organes.
- Ici d’ailleurs, où nous considérons les araignées exclusivement dans leur façon de creuser la terre et d’aménager leur demeure, peu importent la classification et les détails morphologiques qui servent à l’établir. Nous disposerons les araignées en une série à peu près continue, depuis celles qui ont les instincts fouisseurs les plus rudimentaires et sans doute les plus primitifs, jusqu’aux plus raffinées dans leur amour du confortable.
- I. Les terriers non maçonnés et temporaires des Lycoses. — On observe chez les Lycoses tous les passages entre l’existence errante et la vie sédentaire. « Les petites espèces du genre Lycosa, écrit E. Simon, se rencontrent dans les prairies et les bois, poursuivant leur proie à la course; les unes (L. nemoralis) ne construisent aucune retraite; d’autres (L. pulvcrulenta), à l’époque de la, ponte, se réfugient sous une pierre et s’entourent d’un petit rempart de terre; d’autres encore (L. fabrilis) creusent un abri peu profond souvent garni de fils ; celles qui vivent sur le sable meuble (L. perisa) garnissent leur demeure d’un petit fourreau soyeux, très flasque et agglulinatif dépassant plus ou moins la surface du sol. Les grosses espèces creusent un terrier d’habitation souvent profond..., dont l’orifice béant est"surmonté d’une petite muraille qui a été comparée à un bastion ».
- Il existe en Provence une assez commune araignée, la Lycose de Narbonne ou Tarentule (Lycosa narbonensis), qui a été l’objet de la part de Fabre d’une étude pleine d’intérêt (Souvenirs entomolo-giques, série 9). Les jeunes sont errantes pendant la plus grande partie de leur première année et ne creusent un gîte qu’à l’automne. C’est un simple trou cylindrique et*vertical, plus ou moins tortueux en raison des cailloux rencontrés et dont le calibre
- Fig. 5. — Positions d’ouverture et de fermeture de l’opercule intérieur hémisphérique du terrier de Cyr-tanchenius artifex.
- Fig 4. — Coupes schématiques des terriers de Rhyti-dicolus structpr (a) et de Leptolema cavicola (h).
- équivaut à celui d’un goulot de bouteille. Il n’est point maçonné, mais revêtu seulement d’un peu de soie dans sa partie supérieure. Parfois la Lycose ajoute un parapet et un léger couvercle à son domicile.
- Fabre a mis en évidence de. différentes manières l’action des circonstances — au sens étymologique de « ce qui entoure » — dans la confection du parapet et de l’opercule. Met-il à la disposition d’une Lycose des matériaux abondants (petites pierres, brins de laine, lanières de rafla, etc.), le parapet s’élève en un véritable donjon d’une paire de pouces, du haut duquel l’araignée guette sa proie. Si, au contraire, les matériaux sont rares, le parapet se réduit à un simple rebord qui n’attire guère l’attention. C’est ce qui arrive notamment en liberté, dans les maigres guarrigues provençales au sol caillouteux.
- Quant à l’opercule, la Lycose, abondamment fournie de petits objets légers, en construit parfois un, toujours rudimentaire et essentiellement temporaire, qu’elle démolit aussi vile quelle l’a façonné, sans aucune raison apparente.
- Cela montre toutefois à quel degré peut se modifier l’instinct des Lycoses; on peut considérer celles-ci comme placées à la base d’une série évolutive qui va nous conduire de proche en proche aux terriers les plus perfectionnés.
- If. Les terriers maçonnés, à un ou plusieurs opercules, des Mygales maçonnes. — Les Mygales possèdent à un bien plus haut degré que les Lycoses le talent du mineur; elles savent en outre maçonner. On réunit sous le nom de Mygales maçonnes les araignées de la grande famille des Aviculariidés qui, à l’aide de leurs pattes et: surtout de leurs chélicères1 pourvus d’un râteau, creusent un terrier déformé variable. Ce terrier consiste le plus souvent en un trou cylindrique dont les parois, enduites d’un mortier fait de terre et de sali ve, sont très lisses et t3pissées d’une fine toile blanche. Sa • partie supérieure est généralement fermée d’un opercule. Celui-ci est un réseau de soie agglomé-
- 1. Les ehéticères sont deux crochets acérés et venimeux situés en avant de la Louche. Ils tiennent lieu de l'antenne des insectes.
- D’après Simon.
- p.331 - vue 335/688
-
-
-
- 332 =_ . LES TERRIERS DES ARAIGNÉES
- Fig. 6. — Coupes du terrier de Galeosama Schreineri. D’après Hewitt.
- rant des particules terreuses; il est attaché par une charnière sur le côté le plus élevé de l'orifice, de telle sorte qu’il puisse retomber de son propre poids sur l’entrée du terrier qu’il maintient exactement clos. Sa lace interne est lisse, mais sa face extérieure offre le môme aspect, la même coloration, les mômes accidents que le sol voisin, dont il est très difficile de le distinguer au premier coup d’oeil.
- Au moment de la ponte, beaucoup de Mygales ferment complètement leur demeure en soudant l’opercule aux parois et déposent leur cocon, en forme de petit sac, près du fond du terrier. Les jeunes cohabitent longtemps avec leur mère.
- Avant de passer à la description plus spéciale des terriers de Mygales figurant dans la nouvelle collection du Muséum, quelques mots ne seront point inutiles sur la technique oie l’ouvrier et sur ses outils. Nous les emprunterons en partie à un jeune observateur anglais, Moggridgo, qui passa les derniers jours de sa trop brève existence sur la Côte d’Azur. *i Les pattes, dit-il, ne prennent point part au fouissage et les palpes peu ; ce sont les chéli-cères, avec leurs crochets, qui servent d’instruments principaux. Dès qu’un peu de terre a été détaché et réuni, l’araignée vient sur les bords du trou et y dépose une pleine bouchée de matériaux, écartant ses cliélicères et les agitant de haut en bas afin de rejeter la pelletée qui était maintenue entre les crochets et les organes buccaux. » Certaines espèces présentent une sorte de râteau sur l’arlicle basal des chélicères et des dents de scie qui forment pince avec le crochet terminal (fig. 2). E. Simon
- fait observer que des Mygales utilisent leurs pattes postérieures pour rejeter au dehors les fragments de terre ou les petits cailloux détachés par les chélicères.
- Ainsi la technique et les outils varient avec l’artisan. Il en est de même du terrier qui s’éloigne toujours plus ou moins de la demeure typique décrite précédemment et qui peut affecter les dispositions les plus diverses.
- Pour nous en tenir d’abord aux gîtes entièrement souterrains, ceux des Nemesia du littoral de la Méditerranée peuvent être choisis comme exemples. L’habitation d’une Nemesia est un trou simple ou bifurqué en Y. Dans ce dernier cas, une des branches supérieures est en cul-de-sac, tandis que l’autre s’ouvre au dehors et comporte un opercule. Très souvent, un second opercule sert à clore le fond du nid ou le branchement latéral, dernière retraite de l’animal attaqué. Il n’y a aucune relation constante entre le nombre des opercules et l’existence ou l’absence de bifurcation. Ainsi le terrier simple de Nemesia eleonora a deux opercules ; le terrier branchu de N. dubia n’en a qu’un; les terriers bifurques des N. congener et manderjernæ (fig. d et 3) en possèdent chacun deux ; un à l’extérieur et l’autre à l’intérieur, au niveau de la bifurcation.
- Moggridge a distingué deux sortes d'opercules : les uns (opercules en cachet) sont minces et reposent sur l’orifice sans y pénétrer; au contraire, les opercules en bouchon pénètrent toujours dans l'orifice du nid et assurent ainsi une fermeture hermé-
- Fig. 7. — Partie extérieure soyeuse du terrier de Leptolema elongata.
- D’après Simon.
- p.332 - vue 336/688
-
-
-
- LES TERRIERS DES ARAIGNEES -••• -. -.... 333
- tique. Il va sans dire qu’ils sont aussi plus épais et plus résistants; leur texture comporte des couches alternatives de terre et de soie. Le terrier simple du Nemesia eleonora, observé par Moggridge, a son opercule externe en cachet et son opercule interne en bouchon ; il en est de même dans le terrier bifurqué du Nemesia meridionalis. Ces deux exemples suffisent à établir qu’une même araignée connaît en général les deux procédés de fabrication et les emploie à tour de rôle suivant ses besoins.
- Trois espèces de Mygales maçonnes vont retenir maintenant notre attention à cause de l’aménagement aussi ingénieux qu’inattendu de leur demeure souterraine.
- Chez les Rhytidicolus slructor du Yénézuela, le terrier est divisé en plusieurs chambres spacieuses, séparées les unes des autres par des étranglements et fermées chacune par un clapet que l’araignée peut maintenir de l’intérieur (fig. 4 a). Ces chambres sont autant de retraites successives qui permettent à l’habitant de soutenir un siège.
- En Algérie, la Mygale connue sous le nom de Leptolema cavicola se protège de l’inondation par un dispositif de siphon (fig. 4 b). Son domicile comprend une première chambre très vaste et ouverte directement au dehors. C’est en quelque sorte le vestibule et le réservoir où l’eau s’accumule en temps de pluie. Le vrai terrier d’habitalion est un tube clos, de 20 à 50 centimètres de longueur, et communiquant par une voie latérale avec la partie supérieure de la chambre précédente. L’eau ne peut l’alleindre qu'après avoir rempli cette dernière, ce qui donne à l’araignée le temps de fuir.
- Il est assez difficile de faire comprendre en quoi consiste et comment fonctionne l’opercule intérieur du terrier de Gyrtauchenius arlifex, autre Mygale algérienne. C’est un opercule hémisphérique auquel s’adapte un tube de tissu élastique (fig. 5). Celui-ci donne passage à l’araignée quand l’opercule est droit. Mais quand, pour rfermer sa demeure, l’araignée tire à elle, la masse hémisphérique bascule autour d’une charnière et aplatit le tube contre
- Fig. q. — Femelle de Pholcus phalangioïde portant son paquet d'œufs dans ses chêlicèrcs.
- Fig. 8. — Partie extérieure du terrier de Gyrtauchenius Latastei.
- D'après Simon.
- la paroi. Supposons maintenant que cesse T effort de la Mygale, l’opercule revient automatiquement à sa position première, en raison de l’élasticité du tube.
- Un autre moyen de défense, que l’on pourrait qualifier d’anatomique, est offert par les Caleosoma et les Gyclocosmia, araignées qui font fi de l’opercule intérieur dont nous avons parlé jusqu’ici en plusieurs occasions. Leur abdomen se termine par une surface plane, circulaire et extrêmement dure. Or, leur terrier, fermé d’un opercule, se renllc en plusieurs chambres sucessives séparées par des rétrécissements ayant exactement le même diamètre que la partie postérieure du corps. Quand un ennemi a réussi à forcer l’opercule et à s’introduire dans la première chambre, l’araignée s’enfonce, la tête en avant, dans la seconde. Elle présente ainsi à l’agresseur sa carapace abdominale, véritable bouclier contre lequel ce dernier est impuissant (fig. 6).
- Se défendre est une nécessité de la vie; attaquer pour se procurer de la nourriture en est une autre. Nous avons dit déjà que les Lyeoses chassent à courre dans leur jeunesse et, de préférence, à l'affût quand elles ont creusé une habitation souterraine. Les Mygales maçonnes ne font guère autrement (et se tiennent immobiles, dans l’entre-bâillement de leur opercule, afin de guetter le criquet aux cuisses dodues ou d’autres proies objets de leur désir.
- D’après Erber, le Cyvtocarenum cunicularium, de File de Tinos (Grèce), joint à la patience du chasseur à l’affût la ruse du piégeur. Quand vient le soir, il maintient son opercule entr’ouvert en le
- p.333 - vue 337/688
-
-
-
- 334
- LES TERRIERS DES ARAIGNEES
- fixant aux objets voisins et tend au dehors une toile assez étendue pour arrêter les gros insectes. ,Le matin, la toile est détruite et l’opercule se referme pour abriter la lente digestion du dîneur nocturne.
- Ce sont là manifestement des mœurs intermédiaires entre celles des vraies araignées terricoles et celles des araignées à toile. Imaginons en effet que la nappe soyeuse d’un Cyrtocaremim s’étende en surface et devienne durable; que le terrier, de plus en plus rudimentaire,--se réduise d’autre part à une simple annexe de la partie aérienne; on se trouve bien près d’un étatdechoses que ne renierait point notre commune Tégénaire.
- III. Les terriers prolongés au dehors par un tube de soie. — . .
- Nous avons décrit précédemment la demeure, entièrement hypogée, du Leplolema cavicola d’Algérie.
- Or une autre espèce du même genre, L. elongaia, agrémente la sienne d’un entonnoir de soie blanche qui dépasse le sol de 10 à 15 cm et s’appuie, de droite et de gauçbè, sur les plantés environnantes (fig. 7).
- Les espèces du genre Cyrtau-chenius offrent la même variété d’architecture. Tandis que 0. arti-fex ne laisse saillir hors de terre aucune partie de son habitation,
- C. Latastei dresse verticalement dans l’air une colonne qui peut atteindre 10 cm de hauteur (fig. 8).
- Cette colonne est revêtue de débris de feuilles et de terre et se termine par un orifice relativement petit, fermé d’un opercule mince (opercule en cachet).
- Une araignée de France, qui n’appartient pas à la famille des Avi-culariidés, mais est proche parente des Mygales, YAlypus piceus, se distingue par sa construction qui est un fourreau de soie à demi enfoncé dans le sol (fig. 10) et entièrement clos. Aucun orifice ne peut livrer passage à ennemi d’aucune sorte. Il est vrai que l’araignée est sa propre prisonnière; mais que lui importe, puisqu’elle peut capturer ses proies à travers la paroi de sa loge qui se déchire d’un coup de griffe et se raccommode aussi vite.
- 1Y. Les habitations creusées dans l'écorce des arbres. — Quelques Mygales maçonnes 'sont arboricoles ; telles les Moggridgea de l’Afrique australe, les Myrtale de Madagascar et les /\seudidiops du continent américain (Cayenne).
- Le nid du Moggridgea Dyeri est creusé en arc de cercle dans l’écorce du chêne et possède un opercule à chacune de ses extrémités. Le tout est rendu invisible par un revêtement de débris d’écorce et de lichens. E. Simon fait remarquer que les chênes
- Fig. in. — Vue d'ensemble du tube clos de l’Atypus piceus.
- La partie inferieure et souterraine a été ouverte pour montrer l'habitant et son cocon.
- [Quercus pedonculatu), habitat exclusif de l’espèce considérée, ne furent introduits au Cap de Bonne-Espérance qu’au xvie siècle. Comme aucun autre arbre à écorce subéreuse n’existe dans la flore indigène de la colonie, il faut en conclure que l’on se trouve en présence d’une adaptation ne remontant pas à plus de 400 ans. L’origine de l’espèce M’. Dyeri doit être recherchée parmi les espèces du même genre, comme M. terricola, qui sont encore actuellement terricoles et se conforment aux procédés architecturaux ordinaires des Mygales maçonnes.
- Des remarques analogues pourraient sans doute être formulées à propos du Myrtale Perroti malgache et du Pseu-didiops apifex de Cayenne. Pourtant ces araignées ont perdu toute aptitude au fouissement. Elles ne creusent pas l’écorce, mais construisent de toutes pièces, à sa surface, une coque faite de soie et de débris qui s’harmonisent parfaitement avec l’entourage. La coque possède un opercule, dont la surface peut rester lisse et blanche, au point de simuler à s’y méprendre la fraîche section d’un rameau.
- *
- * %
- Ainsi nous sommes parvenus, à partir des Lycoses dont la demeure souterraine est temporaire et très impaifaite, jusqu’aux constructeurs de loges soyeuses et de coques d’écorce qui tendent à se soustraire de plus en plus au milièu souterrain.
- Le maximum de perfection du terrier est oflert par les véritables Mygales maçonnes qui savent à la fois creuser le sol, maçonner les parois de leur habitation et les tapisser de soie, se protéger enfin contre leurs ennemis au moyen d'opercules se fermant et s’ouvrant par les mécanismes les plus ingénieux.
- Si l’on compare le bien-être d’une Mygale, bien à l’abri pour exercer toutes les fonctions de son existence, y compris celles de la reproduction, à la situation précaire d’une araignée à toile (fig. 9), on est presque tenté de placer l’un et l’autre de ces deux animaux aux antipodes de la « civilisation » arachnidienne. Mais il faut se garder de conclure de la sorte.
- Rien ne preuve, en effet, qu’à un point de vue différent du nôtre, vivre sous terre soit un état inférieur à celui de la funambule éthérée qui danse en plein air sur son réseau de soie.]
- Léon Beutin. Agréné de l'Universilé.
- p.334 - vue 338/688
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de
- Les salmonidés du Maroc. — Les exemplaires pêchés dans L’oued Melloulou et dans raguclman Sidi Ali (à une altitude de 2250 m.) présentent des espèies à affinités nettement septentrionales et, pour M. Jacques Pellegrin, ils montrent l’importance des apports paléarctiques dans la constitution de la faune nord-africaine.
- Le traitement des résidus urbains. — A l’heure actuelle, la quantité de résidus atteint chaque jour 5000 tonnes dans le seul département de la Seine ; 500 sont livrées aux agriculteurs, comme engrais, et
- mars 1924.
- i
- 840 sont incinérées. De là une production de 220 tonnes de mâchefer dont la moitié est utilisée pour la fabrication de briques. A ce sujet, M. Bigot a remarqué qu’une oxydation complète par calcination à l’air, suivie d’un broyage et d’une séparation magnétique, donne une poudre gris clair, convenant à la fabrication d’agglomérés de ciment ou d’agglomérés de chaux de très bonne qualité, alors que les matériaux jusqu’ici fournis par le seul mâchefer d’hiver ne peuvent s’employer ni comme briques de parement, ni comme briques de cloisons.
- Paul B.
- UNE CAUSE DE PERTURBATION DES APPAREILS DE T. S. F.(1)
- Qui de vous, sansfilistes ou radiologues, se serait douté, il y a quelques mois encore, que les appareils à rayons X installés pour le traitement des malades peuvent gêner la réception des ondes hertziennes? En relatant ici un incident survenu dans un bâtiment de T Hôtel-Dieu, nous voulons indiquer le moyen de porter remède à celte situation. Noire exposé intéressera sans nul doute les amateurs de T. S. F. qui habitent le même immeuble qu’un médecin radiologiste ou une maison voisine d’un hôpital, ces amateurs étant, eux aussi, exposés aux mêmes mécomptes que la Préfecture de police.
- 11 y a quelques mois, celle-ci fit installer dans un de ses bureaux donnant sur la rue de la Cité un poste d’émission et de réception. A certains moments l’appareil fonctionnait à merveille; à d’autres, au contraire, un mauvais génie s’amusait à brouiller les communications et ce mauvais génie, nos plus fins limiers ne parvenaient pas à le découvrir. Enfin l’un d’eux, tel Sherlock Holmes, eut la bonne idée de.... perquisitionner à l’Hôtel-Dieu. Bien lui en prit, puisqu’il ne tardait pas à découvrir dans la vieille maison le responsable de tous les méfaits dont se plaignait M. Guichard, et ce responsable n’était autre que l’appareil de radiothérapie profonde installé dans le service de M. le professeur Hartmann.
- Cet appareil, marchant sous 200 000 volts et destiné au traitement des tumeurs cancéreuses, est représenté avant sa modification récente, sur la
- Antenne
- Détecteur Rue de la Cité Contrepoids
- Préfecture de Police
- Sp/ntermètre Conducteurs
- Ampoule a rayons K
- : Bobine
- Hôtel Dieu
- Fig. 2. — Schéma des installations de T. S. F. de la Préfecture et de radiothérapie de l’Hôtel-Dieu.
- Fig. r. — L’appareil de raiiolhèrapie profonde de l’Hôtel-Dieu qui perturbait 1rs réceptions du poste de T. S. F. de la Préfecture de Police; en S, le spinther-mètre, coupable du méfait.
- photographie ci- dessus. 11 suffira à nos lecteurs de savoir que cet appareil comporte un transformateur vertical qui n’est autre qu’une bobine de Ruhmkorff dont on envoie le courant secondaire aux bornes de l’ampoule à rayons X, enfermée elle-même dans une cuve à huile destinée à protéger malades et opérateurs contre un double danger (danger d’élec-trocution et danger de Èrûlure par les rayons X). Le spinthermèLre (mesureur d’étincelle) (fig. 1) permet de déterminer la différence de potentiel qui existe aux bornes de l’ampoule et d’en déduire, par la mesure en centimètres d’une longueur d’étincelle équivalente, le plus ou moins grand pouvoir de pénétration des rayons.
- La situation était schématiquement celle indiquée sur la figure 2 :
- L’Assistance publique, avertie des méfaits de son installation de l’Hôtel-Dieu, réunit sur place une commission dont fit partie M. le professeur Brôca, pour envisager les mesures à prendre. La Commis-
- 1. Les dessins de cette étude ont été exécutés par M. Duilui, ingénieur de l’Assistance publique.
- p.335 - vue 339/688
-
-
-
- 336 ;-- UNE CAUSE DE PERTURBATION DES RÉCEPTIONS DE T. S. F.
- Fig. 3. — Installation des connexions haute tension d’un appareil de
- radiothérapie en montage normal.
- B, bobine ; K, Kcnotron ; Ss' spinthermètre.
- sion fit des expériences; il lui importait de savoir exactement de quelle partie de l’appareil provenaient les malicieuses perturbations ; les techniciens s’aperçurent bien vite qu’elles avaient lieu précisément au moment où le spinthermètre fonctionnait.
- Ils en conclurent qu’il se produisait aux pointes de ce dernier des étincelles oscillantes vraisemblablement provoquées par la capacité de l’ampoule et des conducteurs en connexion avec le spinthermètre et que ces décharges oscillantes étaient perçues par le poste de T. S. F. de la Préfecture, qui ne réussissait pas à les éliminer. ,
- Que faire pour remédier à cet état de choses? On ne pouvait songer à substituer un autre appareil de mesure tel qu’un kilovoltmètre ou un électromètre au spinthermètre qui est un limiteur de tension et par suite un appareil de sécurité.
- M. le professeur Broea proposa alors deux solutions :
- 1° Il conseilla de mettre en série avec les branches du spinthermètre une grande résistance, en carbo-rundum par exemple. Si la décharge des condensateurs, en effet, est oscillante quand elle traverse des conducteurs métalliques gros et courts, elle devient continue lorsqu’elle parcourt des circuits de grande résistance électrique ; la résistance en carborundum eut modifié la nature de la décharge ;
- 2° M. le professeur Broca fit également remarquer qu’on pourrait arrêter les ondes hertziennes en plaçant dans une sorte de cage de Faraday, formant écran électrique, les conducteurs allant de la bobine au spinthermètre et à l’ampoule à rayons X, ces conducteurs constituant un centre d’émission.
- Un simple grillage (une cage à lapin, comme le disait dans un langage pittoresque M. Broca) aurait suffi pour constituer la cage de Faraday, ou encore, mais la solution eût été plus coûteuse, il suffisait de développer les parois de plomb du local
- renfermant l’appareil à 200 000 volts. Sur le plancher de ce local et sur la partie inférieure des murs, se trouvent déjà des revêtements en plomb de 6 millimètres d’épaisseur destinés à protéger les voisins contre le rayonnement de l’appareil. «Développez vos revêtements, disait le Dr Belot, le distingué radiologue, sur toute la hauteur de vos murs ; déve-loppez-les également sur votre plafond, réunissez l’ensemble à une terre franche et vous aurez une cage de Faraday parfaite. »
- La mesure était ingénieuse, mais eût été onéreuse par ces temps de
- vie chère. ..
- En conséquence l’Assistance publique, toujours soucieuse d’économiser le bien des pauvres, eut recours à la solution que voici :
- Les établissements Gaiffe-Gallot et Pilon, constructeurs de l’appareil de radiothérapie profonde de F Hôtel-Dieu, réalisèrent un dispositif basé sur la première proposition de M. le professeur Broca et qui consiste dans l’adjonction d’une résistance liquide de l’ordre d’un mégohm entre la branche fixe du spinthermètre et une des alimentations de l’ampoule en courant haute tension. Cette résistance que l’on voit en B sur la figure 4 est constituée par un tube rempli d’un mélange judicieux d’eau de source et d’eau distillée, cette dernière ayant une résistivité beaucoup plus grande que l’eau de source par suite de l’élimination des sels métalliques.
- L’ingéniosité de M. le professeur Broca et de ses collaborateurs avait vaincu la difficulté. Dès que la résistance liquide lut mise en place, l’étincelle, au lieu d’être nourrie, blanche et bruyante, devint grêle, violette, assourdie et le résultat cherché était enfin obtenu. Il n’y avait plus d’ondes parasites au poste de T. S. F. voisin et M. Guichard pouvait reprendre ses auditions.
- Edmoxd Campagnax.
- Fig. 4. — Modification du montage de l’appareil de radiothérapie pour éviter les perturbations hertziennes dans le voisinage.
- R, résistance liquide ; .4, tube de verre support.
- l.e itérant : P. Masson. — Imprimerie I.miore, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- p.336 - vue 340/688
-
-
-
- LA NATURE
- - N° 2617
- 31 MAI 1924
- LE PARC NATIONAL DES “ DIX MILLE FUMÉES ”
- Avec une prévoyance dont il convient de les louer, les Etats-Unis protègent, même pour un lointain avenir, les beautés et curiosités naturelles de leur immense territoire, en les englobant dans des « parcs nationaux » dont la superficie peut égaler celle de plusieurs de nos départements : c’est le cas du Yellowstone National Park.
- La plus récente de ces vastes « réserves » a une superficie approximative de 1700 milles carrés : elle entoure la région volcanique du Mont Ivatmaï,
- déshonoreraient le paysage. Et c’est là de la sagesse qui sait voir de loin !
- Bien que l’éruption de 1912 n’ait été observée par aucun témoin (les indigènes les plus rapprochés n’en perçurent que le fracas), les savants qui en ont étudié sur place les effets, sous la direction de M. le professeur Robert F. Griggs, de l’Université de l’Ohio, chef des trois expéditions organisées par la Société Nationale de Géographie de Washington, déclarent et prouvent que c’est l’une des plus
- Fig. i. — Ce qui reste du Mont Katmai : vue de profil du plus grand cratère du monde.
- avec la fameuse « Vallée des Dix Mille Fumées » découverte et baptisée en 1916 par l’expédition qu’avait constituée la National Géographie Societg pour étudier les effets et résultats de la formidable éruption qui s’était produite en juin 1912.
- Comme on le verra sur la carte (figure 3), cette région est située près du point de jonction de la presqu’île d’Alaska, contrée déserte, où rodent quelques petites bandes d’Aléoutes, et qui n’est pas de nature à attirer des colons. En outre, elle est éloignée des routes de la navigation.
- On peut donc se demander si la nécessité s’imposait d’y constituer un Parc National. A quoi nous répondrons que l’ensemble de merveilles que nous allons décrire est destiné à devenir un centre de tourisme, dès que les communications se seront améliorées, et que le Gouvernement Américain prendra ses précautions pour empêcher que des industriels viennent élever des « palaces » qui
- gigantesques explosions volcaniques qui se soient jamais produites sur notre globe.
- Dans la première des relations publiées par M. Griggs dans le National Géographie Magazine, le savant nous donne des chiffres et des comparaisons qui sont réellement impressionnants.
- La masse de cendres et autres déblais que l’explosions projeta en l’air est évaluée à 5 milles cubiques (soit 20,5 kilomètres cubes). Cette masse recouvrit un territoire grand comme l’Etat de Connecticut sur une épaisseur variant de 0 m. 25 à 5 m. et de petites quantités de cendres furent transportées à une distance de 1500 km.
- Si l’éruption s’était passée dans le Vésuve, Naples aurait été ensevelie sous 5 m. de cendres, et les rues* de Rome en auraient reçu une épaisseur de 30 centimètres. Le fracas de l’explosion aurait été perçu à Paris ; Bruxelles et Berlin auraient reçu une pluie de cendres ; des gaz délétères se seraient
- 22. — 337.
- 53* Ann6« — l" S»m«gtr»
- p.337 - vue 341/688
-
-
-
- 338 : .:...: LE PARC NATIONAL DES ‘ DIX MILLE FUMEES
- Fig. 2. — Un torrent sur les bords d’un volcan.
- répandus jusqu’en Norvège. Les victimes humaines se seraient comptées par milliers.
- Mais le cataclysme se contenta de bouleverser toute la topographie de la région et d’en exterminer la faune et la flore, sans causer la mort d’aucun homme. Nous l’avons dit : la région est inhabitée. L’agglomération la plus rapprochée est située à 160 km du volcan : c’est Kodiak, qui eut plusieurs milliers d’habitants à l’époque de la ruée vers les placers de l’Alaska, mais qui en compte moins de quatre cents.
- Nos lecteurs se feront une idée plus nette du mystère qui entoura l’éruption, quand nous aurons dit que M. Griggs ignorait encore son emplacement, lorsqu’il commença sa première expédition en 1915. Et c’est dire du même coup combien l’exploration de celte partie de l’Alaska étÿit incomplète, puisque, quatre années après la formidable explosion, on ne savait pas encore quel volcan l’avait produite !
- Au cours de cette expédition préparatoire, les explorateurs endurèrent des fatigues inouïes. Ils n’avaient pu se procurer ni porteurs ni guides, les indigènes du littoral refusant de s’aventurer dans les parages du redoutable volcan. Conséquemment, ils durent transporter sur leurs épaules provisions, armes, instruments et objets de couchage, et affronter, ainsi chargés, des escalades pénibles et la traversée de vastes étendues où ils enfonçaient jusqu’au genou dans la cendre gluante.
- Ils atteignirent enfin un point culminant d’où l’on apercevait la chaîne volcanique. 11 leur fut facile, d’après des descriptions rapportées par de
- rares explorateurs avant l’éruption de 1912, d’identifier certains pics, dont les' soinmets émettaient des panaches de fumée; mais ils eurent de la peine à reconnaître le Mont Katmai, auquel ces descriptions attribuaient trois pics, d’une altitude moyenne de 2250 m., qui ava:ent disparu, et qùe remplaçait une énorme concavité (fig. 1).
- Et, renonçant à pousser plus loin leur exploration, ils aboutirent à cette conclusion que le Mont Katmai avait été décapité par l’éruption, d’une'montagne dont la hauteur avait été réduite d'un tiers au moins.
- Une nouvelle expédition s’organisait l’année suivante. Cette fois, M. Griggs décidait un indigène, fameux chasseur d’ours, à suivre la mission comme guide et comme porteur. Après maintes aventures, les voyageurs atteignaient, à une altitude de 1672 m., le bord du cratère du Mont Katmai, mais sans pouvoir distinguer le fond de l'immense cavité en raison de l’épaisseur des fumées qui s’en échappaient.
- Ils commençaient l’ascension quelques jours plus tard, et constataient que le fond du cratère formait un lac de lave. Les vapeurs qui s’en échappaient arrêtaient les regards, et il leur fut impossible de se faire une idée des dimensions de la cavité. Une période de mauvais temps les contraignit à reprendre le chemin de la côte.
- Ce fut au retour, en empruntant un nouvel itinéraire, que M. Griggs découvrit la « Vallée des Dix Mille Fumées ». Des panaches de vapeur qui dépassaient une crête éloignée avaient attiré son attention. Malgré l'heure tardive, il escalada cette crête, et se trouva soudain devant un spectacle merveilleux (fig. 4).
- « Jamais je ne pourrai oublier, écrit le savant, les sensations que j’éprouvai, dès que mes regards plongèrent par dessus le promontoire. J’avais devant moi une immense vallée, si large que la montagne qui la bordait au loin n’était qu’une masse bleue.
- A perte de vue, des centaines et des milliers de
- OCEAN GLACIAL, OU NORD
- Le Mont Katmai.
- Fig. 3.
- p.338 - vue 342/688
-
-
-
- LE PARC NATIONAL DES “ DIX MILLE FUMÉES ’ .. - 339
- Fig. 4. — La va1 lie des Dix Mille Fumées.
- petits volcans vomissaient des torrents de fumée.
- « Dans le nombre, beaucoup projetaient des colonnes qui ne se dissolvaient dans l’air qu’à une hauteur de 300 à 400 m. La plupart étaient alignés en rangs réguliers. On aurait dit que toutes les machines à vapeur du monde s’étaient rassemblées dans celte vallée, et que leurs soupapes de sûreté fonctionnaient simultanément... »
- L’année suivante, M. le professeur Robert
- F. Griggs conduisait une troisième expédition, mieux équipée et outillée que les précédentes. En comptant celle de 191‘2, dirigée par M. George
- G. Martin, du Service géodésique des Etats-Unis (U. S. Geological Survey), c’était la quatrième expédition organisée et subventionnée par la National Géographie Society pour l’exploration et l’élude de cette région volcanique.
- Cette fois, profitant d’une saison plus favorable, les savants purent se pencher sur le cratère du Mont Ivatmaï et mesurer ses dimensions, qui en font le plus grand cratère en activité dans le monde entier.
- Son diamètre est de 5 milles (près de 5 km), et sa circonférence, de 8,4 milles (environ 14 km). La distance entre le point culminant de la margelle et la surface du lac qui remplit le fond est de 5700 pieds (soit 1124 m.), chiffres qui n’indiquent probablement que la moitié de la profondeur réelle, puisqu’il n’a pas été possible de mesurer celle du lac.
- La capacité de ce trou gigantesque seiaiL de 4,5 milliards de mètres cubes. Mais ce chiffre est très inférieur au volume des roches que l’éruption projeta en l’air, du-îant une période d'activité qui ne
- dura que 60 heur, s, car il faut tenir eomple de la partie du pic qui était située au-dessus du niveau de la margelle actuelle.
- D’après les calculs des savants, la masse éjectée et dispersée aurait été de 11 milliards de mètres cubes, soit 40 fois la quantité de terres (t de roches qu’il a fallu déplacer pour la construction du canal de Panama !
- Les mesures prises au cours de celte exploration relèguent au second rang le Kilauéa, le célèbre volcan hawaïen qui passait jusqu’alors pour le plus vaste du monde, son diamètre étant de 2,95 milles, et sa circonférence de 7,85 milles. L’écart est surtout remarquable pour la profondeur, celle du Kilauéa étant de 152 m., conlre les 1124 m. du Katmaï.
- Parmi les cratères éteints, il n’en est que deux dont les dimensions dépassent celles du Katmaï, sauf en profondeur : ce sont le Crater Lake, en Orégon, et le Haleakala, dans bile Hawaï. Mais ces
- p.339 - vue 343/688
-
-
-
- 340
- LE PARC NATIONAL DES “ DIX MILLE FUMEES ”
- deux cratères (le premier mesure 6,5 km sur 9,6 km) sont moins impressionnants que eelui du Katmaï en raison même de la profondeur de ce dernier, et ils ne sont pas entourés comme lui de constantes manifestations d’activité volcanique.
- La variété des phénomènes observés dans le voisinage du volcan est inconcevable. Nous ferons ici quelques emprunts directs à la relation de M. Griggs. Parlant du campement organisé sur la pente qui dominait la Vallée des Dix Mille Fumées, il écrit :
- « Nous avions choisi notre emplacement très près d’un banc de neige, et, bien que le bois manquât pour allumer un joyeux feu de bivouac, nous avions <t tout le confort du home ». À 50 pas derrière notre tente, nous disposions d’un réfrigérateur où se conservaient nos provisions périssables, et, juste devant nous, s’offrait une fumeroîe dans la fissure de laquelle nous descendions notre marmite (fig. 6).
- « Ce fourneau naturel nous donna pleine satisfaction.
- « Le récipient était entouré d’une atmosphère portée à la
- température de l'eau bouillante. Nous pouvions donc abandonner les marmites sans les surveiller : viande et légumes étaient toujours retrouvés cuits à point. Jamais de ragoût brûlé!
- « Nous étions tombés sur la fumeroîe débonnaire. D’autres, dans le voisinage, émettaient une chaleur si forte que le bout de la canne que l’on y plongeait se carbonisait presque instantanément.
- « La première nuit que nous passâmes dans la tente, nous fûmes étonnés en constatant que le sol était manifestement plus chaud que l’air. Nous y enfonçâmes un thermomètre à la profondeur de 6 pouces (15 em), et le mercure monta rapidement à l’indice de l’eau bouillante. Le fait était d’autant plus surprenant que le banc'Ûe neige ne s’était retiré de cet emplacement qu’à une date récente.
- « Et nous dûmes étendre nos couvertures sous nous pour obtenir un peu de fraîcheur!
- o Mais notre literie devint bientôt aussi chaude que le terrain. Par contre, l’air était très froid, tant à cause du voisinage du banc de neige que de l’altitude de 850 m, par 62° de latitude Nord. Ainsi, nous bouillions d’un côté, et gelions de l’autre!.
- « Après quelques heures, nous découvrîmes que
- Fig. 6. — La cuisine de l'expédition.
- le sol, en plus de sa chaleur, laissait filtrer d’invisibles vapeurs qui se condensaient dans la literie... »
- Parmi les phénomènes observés dans la région, la Falling Mountain (la Montagne-qui-Tombe) nous paraît mériter une description spéciale. M. Griggs note qu’il faudrait, pour décrire le phénomène, une collaboration entre la photographie et le phonographe.
- Formée de laves anciennes, cette montagne n’a pas de cratère ; mais les gaz brûlants qui filtrent sans arrêt à travers la roche la désagrègent,, et les débris roulent avec fracas au bas d’une pente longue de 700 à 800 m.
- Ils varient de grosseur, entre des pierres grosses comme le poing et des blocs pesant plusieurs
- quintaux ; la quantité qui tombe en l’espace d’une heure est considérable.
- Plusieurs blocs énormes (qui ont jusqu’à 170 m. de tour) indiquent, par leur position sur la couche de cendres accumulée dans la vallée, qu’ils ne roulèrent pas le long delà pente, mais bien qu’ils furent projetés d'un seuljetM. Griggs en déduit que
- cette montagne est un volcan sans cratère, centre d’une force explosive qui, en sympathie avec la formidable éruption du Katmaï, fut assez violente pour projeter ces gros blocs.
- Une montagne active (que M. Griggs a baptisée Noisy Mountain ou la montagne bruyante) existe sur un autre point de la région. Mais, à l’encontre de celle dont nous venons de parler, elle n’émet pas de jets de vapeur.
- En face de la Montagne-qui-Tombe, un autre phénomène retint longtemps l’attention des savants : ils lui donnèrent le nom de Novarupta. C’est la plus grande fissure que l’on ait jamais observée. En raison de ses dimensions et de son activité, on peut en dire que c’est l’un des plus grands volcans du monde, car le cratère circulaire qu’ont formé ses éjections a 1300 m. de diamètre.
- On suppose que ce « volcan-fissure » prit nais-sence à la même époque que la grande explosion du Katmaï. II ne naquit pas d’un volcan éteint, mais bien dans le fond d’une vallée aux terrains sédimen-taires, nettement séparée «le toute masse de roches ignées.. Durant une première période de grande activité, il projeta des quantités énormes de débris
- p.340 - vue 344/688
-
-
-
- LE PARC NATIONAL DES “ DIX MILLE FUMÉES ” - 341
- sur une aire de 16 H 8 km de diamètre, et sur une épaisseur qui dépasse souvent 20 m.
- L’activité explosive diminuant graduellement, les blocs de pierre ponce s’accumulèrent autour de la bouche, et formèrent le cratère circulaire dont nous parlions à l’instant. Puis, avec la cessation de cette activité, la lave prit une consistance pâteuse, et forma un énorme plug, ou bouchon, large de 400 m., et qui s’élève de 820 m. au-dessus du niveau du cratère.
- Il est probable que ce bouchon repose sur de la lave en fusion, comme semble l’indiquer la masse énorme de fumées qui s’élève constamment de Novarupta, tantôt sous la forme d’une colonne haute de 5000 à 5500 m., tantôt sous celle d’un rideau qui obscurcit le ciel sur une immense étendue.
- Abuserons -nous de l’attention de nos lecteurs en consacrant quelques lignes à un autre phénomène que décrit M. Griggs?
- Il l’a nommé le Great Mageik Boulder Flow.
- Mageik estle nom d’un volcan de la même chaîne, et l’expression pourrait être traduite ainsi : la grande coulée de rochers du Mageik. Le savant n’en parle qu’avec hésitation, en émettant la crainte qu’on le prenne pour un émule de Münchausen (baron de Crac), ce « prince des menteurs » ! Car il s’agit d’une masse de pierres et de terres, renfermant des rochers aussi gros que des maisons, qui s’écoula comme de l'eau dans la vallée !
- Nous regrettons que, parmi les photographies si obligeamment communiquées à La Nature par la National Géographie Society, il ne s’en trouve pas qui soient relatives à ce phénomène, comme celles qu’a publiées l’organe de cette société.
- L’une d’elles montre un quartier de roche près duquel un des explorateurs offre une échelle de comparaison, et dont les dimensions nous sont données par M. Griggs : 16 m. 50 de long. 7 m. de large, 7 m de hauteur. Ses surfaces se coupent à angles très nets, et l’on demeure confondu qu’il ait pu être transporté à des kilomètres de distance, car ses angles l’empêchaient certainement de rouler sur lui-même. Les blocs de la coulée qui atteignent 10 et 12 m. de longueur sont nombreux.
- Cette coulée provient d’une montagne voisine de deux volcans, le Mageik, qui existait avant la
- grande éruption, et le Martin, qui se forma à cette époque. Il apparaît certain que les explosions simultanées de ces deux volcans ébranlèrent si fortement et si intimement la montagne que toute sa façade se désagrégea, et que la masse de débris coula comme un torrent dans la vallée, qu’elle recouvrit d’une couche dont l’épaisseur doit être de 50 à 55 m.
- Par endroits, il dut se produire de véritables tourbillons, comme il arrive dans un fleuve torrentueux, alors que deux courants se heurtent. On remarque sur la coulée de nombreuses piles coniques, très régulières de formes tantôt isolées, tantôt disposées en chapelet, les matériaux lourds plus abondants à la base que sur les flancs, et qui
- doivent leur existence à un mouvement giratoire.
- M. Griggs ne nous donne pas leurs dimensions. Mais, d’après une photographie publiée par la National Géographie Magazine, et sur laquelle un homme figure la hauteur de la pile ne peut pas être inférieure à une dizaine de mètres.
- Nous croyons avoir suffisamment insisté sur ce fait que l’éruption de juin 1912 a bouleversé profondément la topographie d’une vaste région : elle détruisit plus ou moins complètement plusieurs montagnes, en fit surgir d’autres, combla des vallées, détourna le cours de plusieurs rivières. Il est bon de rappeler que le Katmaï, avant cette soudaine manifestation, était considéré comme un volcan éteint ; il n’occupait pas la moindre place dans les traditions et les légendes des indigènes.
- Il est possible que le réveil ait été précédé de quelques signes précurseurs (mugissements, tremblements de terre), qui, vu l’éloignement et l’extrême rareté des témoins possibles, ne furent pas enregistrés. Ce réveil fut anoncé inopinément par la première explosion (6 juin 1912), dont le fracas fut entendu à Juneau, distant de 1200 km., et par dessus la chaîne de l’Alaska, à Dawson et à Fairbanks.
- Rappelons en terminant que cette partie de l’Alaska est un des plus grands foyers d’activité . volcanique dans le monde. La chaîne qui la traverse compte une douzaine de volcans actifs ou intermittents, et l’on ne connaît pas le nombre de ceux qui continuent cette chaîne dans le long chapelet des îles Âléoutiennes. Y. Foiibin.
- Fig. 7. — Masse de neige recouverte de cendres par l’éruption et creusée à sa base de cavernes produites par fusion sous l'influence de sources chaudes.
- p.341 - vue 345/688
-
-
-
- UN MICROPHONE ULTRA-SENSIBLE
- La Société Westinghouse de Piltsburg met actuellement au point, un microphone d’un principe nouveau, dù au D' Philipps Thomas. Cet appareil est, dit-on, d’une extraordinaire sensibilité, il serait pour l’oreille ce que le microscope est pour l’œil et il révèle des sons et des bruits, qui jamais n’avaient pu, jusqu’ici, être perçus : par exemplecerlains bruits du cœur et du cerveau humains ou des bruits que perçoivent les insectes, mais que notre oreille est incapable de distinguer.
- Plusieurs naturalistes et entomologistes des Étals-Unis ont déjà étudié l’emploi du mierophonc Thomas ; ils déclarent que lorsque cet instrument sera parfaitement au point, il ouvrira aux éludes animales tout un vaste domaine, complètement inexploré; ils espèrent, avec son aide, démontrer l'existence de la voix chez certains animaux, notamment chez certains insectes qui, on le sait, ont entre eux des moyens de communication restés mystérieux pour l’homme.
- Quoi qu’il eu soit de ces espérances, peut-être
- excessives ou prématurées, voici le principe fort intéressant du microphone Thomas.
- Entre deux électrodes en cuivre fines et rapprochées A et B, on fait passer une décharge électrique dans l’air, sous un voltage élevé, de l’ordre de 0000 volts environ. Il se produit alors une décharge en effluve, de couleur pourpre. La colonne lumineuse positive qui entoure l’électrode positive A est extrêmement sensible aux vibrations sonores transmises dans l’air, celles ci provoquent comme un scintillement dans la lumière et donnent naissance à des variations dans le courant électrique qui circule dans 1 arc. Une 3° électrode C, percée en son centre d’un petit orifice entoure l’anode A ; et transmet à un amplificateur électronique D, les Varialions de courant produites dans l’arc.
- Un condensateur E, qui laisse passer les courants de fréquence sonore, empêche le courant continu de se rendre à la grille de l’amplificateur 1). L’amplificateur à son tour peut commander un téléphone ou un enregistreur mécanique. H. V.
- Fig. r. — Schéma du microphone Thomas.
- LA MARGARINE
- Les graisses animales sont fournies soit par des carnivores et des omnivores, ce sont les saindoux, soit par des ruminants, elles portent alors le nom de suifs. Elles sont formées principalement d’oléine, de stéarine et de palmitine.
- 'Ce sont des combinaisons de glycérine avec les acides gras (oléique, stéarique, palmitique), c’est-à-dire des glycérides, et leur fusibilité est en raison directe de leur teneur en oléine, celle-ci étant sensiblement plus fusible que la stéarine et la palmitine.
- Les saindoux, qui contiennent en proportions à p?u près égales de l’oléine et de la stéarine, ou même une proportion plus forte d’oléine, ont une consistance molle et pâteuse, tandis que les suifs, qui renferment une plus grande quantité d’acides solides (stéarique et palmitique) sont eux-mêmes solides.
- On désigne spécialement sous le nom de graisses alimentaires la margarine et l’oléo-margarine. Ce sont ces deux substances que nous allons étudier et qui sont préparées particulièrement à base de suif de bœuf préalablement fondu et raffiné.
- On extrait de celui-ci, par chauffage vers 25° C. et par pression, la plus grande partie de la stéarine qu’il contient. On obtient ainsi un produit fondant vers 53°, ayant un peu le goût du beurre et d’une couleur analogue à la sienne. C’est Yoléo-margarine ou oléo.
- La ressemblance de ce produit avec le beurre s’accentue, si l’on y ajoute de la crème ou du lait, < t on le désigne alors sous le nom de margarine oléo-lait ou simplement margarine.
- Mélange intime de matières grasses, de crème et de lait, la margarine apparaît donc comme un beurre reconstitué, un beurre synthétique, le beurre n’étant lui-même qu’un mélange de graisse et de lait, mais c’est un beurre dans lequel la matière grasse animale du lait est remplacée par une autre matière grasse animale de même nature et de même origine, l’oléo-margarine. Si cet e matière grasse est bien choisie et si son mélange avec le lait est bien intime, le produit obtenu sera très analogue au beurre et de goût identique.
- Il a été constaté expérimentalement, qu’une vache laitière privée de nourriture, prélevant sur ses réserves la quantité de graisse nécessaire, continue à produire un lait dont la richesse en beurre reste à peu près constante.
- C’est sur celte observation qu’est basée la fabrication de la margarine, qu’on prépare par émulsion à chaud, dans du lait, de matières grasses animales convenablement choisies, auxquelles on ajoute des huiles et dès graisses végétales.
- Les graisses animales sont constituées par les suifs frais des bœufs, provenant des abattoirs, extraits aussitôt après le dépouillement des animaux,
- p.342 - vue 346/688
-
-
-
- LA MARGARINE ...... 343
- sans l’emploi d’aucun conservateur d’aucune sorte.
- Les huiles végétales sont des huiles d’arachide en provenance du Sénégal et désignées sous le nom de « rufisque » ou « cayor rufisque. » Elles sont à peu près incolores, sans odeur, absolument neutres et possèdent un léger goût de noisette très agréable.
- Les graisses végétales sont des beurres de coco provenant du raffinage de l’huile extraite de l’amande de la noix de coco.
- Quant au lait, on utilise, en hiver, celui des traites du matin et du soir, tandis qu’en été, celui de la première seulement est employé de préférence.
- Apporté à l’usine par des camions automobiles (fig. 1) qui vont le prendre dans les fermes mêmes, de façon à l’avoir toujours parfaitement frais, une partie en est transformée en crème ou en beurre après pasteurisation.
- Les differents corps gras entrant dans la composition de la margarine (huiles d’arachide, oléo-margarine, beurre de coco), sont mélangés en proportions variables suivant les saisons et la température, afin de donnera la pâte de cette margarine la consistance et l’apparence de celle du beurre.
- Le lait et la crème subissent une préparation spéciale ayant pour but, comme dans la fabrication du beurre, de transformer le sucre de lait (lactose), en acide lactique et d’aider au développement de l’arome qui caractérise les bonnes margarines.
- Le mélange de matières grasses, de lait et de crème est vivement baratté, et l’on obtient une émulsion que l’on solidifie brusquement par le froid.
- La margarine ainsi formée est ensuite laminée, puis malaxée avant sa mise en pains pour l’expédition.
- Au cours de toutes les opérations que nous allons étudier, règne une propreté méticuleuse, qui seule permet d’éviter toute souillure des pâtes, susceptible d’en altérer la pureté et d’en compromettre la conservation.
- . La fabrication de la margarine comprend deux séries d’opérations distinctes : i 1° La préparation de la graisse ou oléo-margarine, ou oléo;
- 2° La fabrication de la margarine proprement dite.
- Préparation de l’oléo. — Des suifs provenant des abattoirs (suifs en « branches » ou en « rames ») on extrait par pression, sous l’action de la chaleur, en premier lieu, une graisse fusible appelée « oléo »,
- qui sert à préparer les meilleures margarines et, d’autre part, de la stéarine comestible, dont le point de fusion est 68° environ qui est utilisée dans la fabrication des Compound Lard (imitation du saindoux).
- Dès que les animaux sont abattus et dépouillés, leur graisse soigneusement choisie est enlevée et transportée rapidement à l’usine pour y être lavée, fondue et raffinée.
- Autrefois, les graisses étaient desséchées, aujourd’hui, le suif est utilisé immédiatement autant que possible, ou conservé dans de l’eau glacée.
- Extrêmement fermentescible, plus encore que le beurre lui-même, le suif doit être minutieusement nettoyé et débarrassé de toutes les parties contenant des traces de sang ou de déchets organiques susceptibles de provoquer ultérieurement des fermentations. Ce nettoyage s’effectue à l’eau très froide dont la température même s’oppose au développement des ferments.
- Le suif est ensuite découpé en très petits cubes, au moyen d’une machine constituée par deux cylindres tangents, dont l’un porte une série de lames qui pénètrent dans des rainures correspondantes de l’autre. A leur sortie de la découpeuse,, les cubes tombent aussitôt dans une rigole où ils sont pris dans un puissant courant d’eau froide et entraînés dans de grandes cuves remplies d’eau à très basse température (5 à 4° C. au maximum).
- Cette eau, que quelques traces de sang ayant résisté au lavage préliminaire des suifs peuvent encore souiller, est renouvelée autant de fois qu’il est nécessaire, jusqu’à ce qu’elle se maintienne absolument incolore et limpide.
- Après deux ou trois lavages, les cubes de suif sont devenus parfaitement blancs. On les laisse séjourner dans les cuves, dont le fond est pourvu d'une grille facilitant l’égouttage de l’eau ayant servi au lavage.
- Cependant, la matière grasse qui constitue le suif, est renfermée dans des cellules à parois résistantes qu’il importe de désagréger pour libérer la graisse, et d’éliminer totalement pour recueillir celle-ci à l’état de pureté.
- Après un égouttage suffisant, les graisses passent aux cylindres broyeurs. Ceux-ci sont constitués par deux paires de cylindres métalliques tangents superposés. Mais tandis que les cylindres supérieurs portent à leur surface de grosses aspérités en pointes
- Fig. i. — La fabrication de la margarine exige de grandes quantités de lait frais
- Le lait est amené chaque jour à l’usine par camions automobiles.
- p.343 - vue 347/688
-
-
-
- 344
- LA MARGARINE
- Fig. 2. — Traitement des graisses destinées à la fabrication de la margarine.
- Elles arrivent à la margarinerie en tonneaux. Au sortir des tonneaux elles sont découpées avec de grands sabres de bois, les morceaux sont jetés dans les bains-marie pour fusion.
- de diamants, les autres, inférieurs, sont munis de pointes semblables, mais plus petites et plus nombreuses. Ils tournent à des vitesses différentes les uns par rapport aux autres, de sorte que les graisses arrachées par les pointes, écrasées par les cylindres, sont complètement désagrégées.
- En sortant des broyeurs, les graisses arrivent aux boudineuses qui peuvent en traiter jusqu’à 1200 kg par heure.
- Les boudineuses sont constituées par un cylindre métallique horizontal à double paroi qui porte à l’une de ses extrémités une trémie d’alimentation, tandis que l’autre est fermée par un disque percé de nombreux trous de petit diamètre.
- Les graisses, introduites par la trémie, sont saisies par une vis d’Archimède tournant sur l’axe du cylindre qui les amène sur les lames de couteaux solidaires de cet axe et qui les hachent finement. Par l’action de la vis, les graisses ainsi hachées sont pressées fortement contre le disque perforé et sortent de l’appareil sous la forme d’une bouillie presque liquide, bien homogène.
- Un courant de vapeur d’eau circulant entre les doubles parois du cylindre, provoque une légère fusion des graisses, dont la résistance est ainsi considérablement diminuée, ce qui facilite le travail dans le cylindre.
- Il reste maintenant à séparer de cette bouillie de graisse les membranes qu’elle renferme et qui, réduites par les opérations précédentes en parcelles extrêmementfines, restent mélangées à la masse.
- En effet, de nature albuminoïde, par conséquent susceptibles de fermenter facilement, ces membranes constitueraient un sérieux obstacle à la bonne conservation de la marga-
- rine. Leur élimination est donc une nécessité absolue, mais elle est difficile et longue à réaliser de façon parfaite.
- La graisse sortant des boudineuses est envoyée dans des cuves à double paroi contenant de l’eau salée chauffée par circulation de vapeur à 70° C. environ.
- Un agitateur mécanique à pales brasse continuellement la matière qui fond peu à peu. Il se produit alors une séparation entre la graisse qui, plus légère, monte à la surface, et les membranes qui se déposent au fond de la cuve. Après un repos de quelques instants, pendant lequel la séparation s’est continuée, la graisse qui surnage et qui constitue le « premier jus » est reprise par des pompes qui l’envoient dans des bacs de repos où, maintenue pendant deux heures environ à l’état de fusion à une température rigoureusement constante, obtenue par un bain-marie, elle laisse déposer une nouvelle
- Fig. 3 — La laiterie.
- Dans cette salle s’effectuent la pasteurisation, l’écrémage, le refroidissement du lait et la transformation de la crème en beurre. A droite ; barattes. A gauche : appareil refroidisseur à ruissellement.
- p.344 - vue 348/688
-
-
-
- LA MARGARINE ....................- 345
- parlie des membranes qu’elle contient.
- Les graisses sont alors limpides, mais ne sont pas encore entièrement débarrassées de toutes les parcelles de membranes qui s’y trouvaient en suspension.
- On ne peut obtenir leur épuration définitive que par la force centrifuge.
- Les premiers ]us, à l’état liquide, sont introduits dans de grandes turbines de 1 m. 20 de diamètre tournant à une vitesse de 1800 tours par minute ; sous Faction de la force centrifuge engendrée par cette rotation rapide qui correspond à une vitesse tangentielle d’environ 70 m. par seconde, les plus fines particules membraneuses qui restaient dans les graisses, sont projetées à la périphérie de la turbine, et il ne reste à la centrale que de la graisse parfaitement pure, ne contenant plus aucun corps étranger pouvant nuire à sa conservation.
- Le premier jus, fusible vers 45° environ, qui a été extrait jusqu’à présent du suif en branches, est une graisse jaunâtre, de conservation facile à l’état de pureté, et formée de divers corps gras à points de fusion différents, dont seuls, les uns, fusibles vers 30°, sont utilisés pour la fabrication de la margarine, tandis que les autres, fondant seulement à température élevée, peuvent être employés pour la fabrication du Compound-lard (saindoux artificiel).
- Il importe donc de séparer ces deux groupes de constituants.
- Pour cela, les premiers jus sont, au sortir de la turbine, mis dans des bassins cylindriques en tôle étamée, appelés « cristallùoirs » pouvant contenir 100 kg de graisse, et abandonnés pendant un jour et demi environ (30 à 36 heures) dans une chambre
- Fig. 4. — Maturation des crèmes.
- dont la température est maintenue constante vers 30° C.
- Il se produit un travail mécanique de cristallisation des produits fusibles à haute température, au sein de ceux à bas point de fusion ; on sépare les premiers, formés en grande partie de stéarine, des seconds, qui renferment au contraire surtout de l’oléine.
- Cette séparation est achevée à la presse hydraulique. Après 24 heures de repos dans les cristal-lisoirs, les graisses sont disposées par petits paquets de 1 kg environ, sur des carrés de toile dont on replie les quatre coins, de façon à former des petits sacs, qu’on place ensuite les uns sur les autres sur le plateau de la presse hydraulique, en ayant soin de séparer chaque sac du suivant par une tôle d’acier étamé, préalablement chauffée vers 40°-45° C.
- On empile ainsi 100 à 125 sacs et on donne la pression qu’on amène progressivement jusqu’à 140-150 kg par centimètre carré.
- Sous l’effet de cette pression et de la chaleur dégagée par les plaques, la partie oléagineuse, la plus fusible des graisses, s’écoule des toiles sous la forme d’un liquide huileux que l’on recueille dans des cuves par des entonnoirs disposés à cet effet et que l’on refroidit pour le conserver en fûts; c’est l’oléo-margarine ou oléo.
- La partie dure restant dans les toiles est de la stéarine, que l’on dessèche par aération et qui est livrée aux industries spéciales qui l’utilisent.
- Fabrication de la'margarine. —
- Nous avons vu que la margarine, comme le beurre, est un mélange de matières grasses et de lait; mais les graisses et les huiles alimentaires que l’on emploie pour sa fabrication sont
- Fig. 5. — L’opération du mélange des matières constituant la margarine.
- Elle s’effectue dans les barattes qu’on aperçoit à l’arrière-plan, surélevées. L’émulsion,, au sortir des barattes, refroidie par un jet d’eau glacée, est reçue dans les rècipients|à fond percé du premier plan. Elle s’v solidifie et s’y égoutte.
- p.345 - vue 349/688
-
-
-
- 346
- LA MARGARINE
- très difficilement miscibles au lait qui doit servir à donner l’arome.
- La grosse difficulté résidera donc dans la réalisation de ce mélange qui doit être intime entre les constituants ; c’est la première série d’opérations que nous avons à étudier. Ensuite, une fois ce résultat obtenu, il faut éviter la dissociation des éléments, ce qui équivaudrait à la destruction du produit fabriqué."6
- Le mélange sera obtenu dans des mélangeurs ou barattes, dont les agitateurs puissants feront pénétrer les uns dans les autres les éléments sous.forme de gouttelettes infiniment petites. Il devra ensuite être immobilisé rapidement par congélation.
- Les graisses raffinées arrivent généralement à la margarinerie dans des tonneaux en bois qui sont défoncés et la graisse, découpée en morceaux, est envoyée dans des bains-marie
- (fig. %
- Là, elle est fondue doucement dans des cuves à double paroi munies in-térieurement d’agitateurs mécaniques.
- Outre le lait pur qu’on emploie tel quel après pasteurisation (fig. 5) pour
- préparer l’émulsion, on ajoute aux graisses de la crème obtenue à l’usine même, après un certain temps de maturation (fig. 4) qui développe l’acide lactique, et également- du beurre de première qualité que l’usine prépare aussi elle-même et qui améliorera considérablement la qualité de la margarine.
- Les diverses matières premières constitutives : oléo- margarine, lait, crème, beurre, huile et beurre de coco, sont soigneusement pesées, puis on introduit le lait, la crème, le beurre, et enfin l’oléo et les huiles et graisses végétales dans de grandes barattes maintenues à une température constante de 30° environ par chauffage de l’eau contenue dans la double paroi de ces barattes.
- Celles-ci sont de forme elliptique, munies d’agitateurs verticaux tournant en sens inverse l’un de l’autre, à une vitesse de 70 à 100 tours par minute (fig. 5).
- Ce barattage dure environ 1 heure, après quoi l’émulsion formée a l’aspect d’une sauce mayonnaise.
- Si, après le barattage, on laissait le refroidisse-
- Fig. 6. — Appareils à tambour pour refroUir et solidifier l’émulsion.
- La pâte est ensuite emportée sur un tapis roulant..
- ment de l’émulsion s’opérer lentement de lui-même, il se produirait, en peu de temps-, une séparation complète des parties constitutives: C’est ce qu’il faut éviter. On y parvient en refroidissant brusquement l’émulsion au sortir des barattes par un violent jet d’eau glacée sous pression.. La masse ainsi solidifiée est recueillie dans des récipients métalliques demi-cylindriques, horizontaux, dont la partie inférieure est percée de trous pour permettre l’écoulement de l’eau. Ces récipients sont montes sur des petits chariots qui en facilitent le déplacement (fig. 5).
- On peut également solidifier l’émulsion sortant des barattes en la conduisant à l’aide de gouttières à double paroi chauffées à l’eau, sur des tambours
- refroi (tisseurs.
- Ces appareils se composent d’une cuve demi-cylindrique recevant l’émulsion, dans laquelle tourne un long cylindre tourné, à surface dressée et polie (fig. 6).
- Celui-ci, dans sa rotation, se charge d’une certaine quantité de matière qu’il dépose par contact sur un second cylindre en tôle d’acier de 1 m. 80 de diamètre, à double enveloppe, dont la paroi est rigoureusement
- externe, épaisse de 12 mm, dressée et polie avec soin,
- L’intervalle en Ire les deux cylindres est très faible et n’excède pas une fraction de millimètre, de façon que la couche de matière déposée sur le second soit extrêmement mince et facile à solidifier entièrement. Legrand cylindre est refroidi, à — 15°C. environ, par circulation entre ses deux parois d’une saumure de chlorure de calcium. La mince couche de margarine déposée à sa surface s’y solidifie instantanément.
- Elle en est détachée, après une révolution à peu près complète par des couteaux ou « racloirs » que des ressorts puissants maintiennent appuyés sur le cylindre, sous forme de fins copeaux qui tombent sur une large couiroîe sans fin en tissu épais et sont entraînés vers les pétrins ou « tisseuses ».
- La congélation ainsi produite, immobilise la margarine dans sa structure, et le lait se trouve inclus dans la graisse solidifiée. Il faudra homogénéiser la pâte obtenue pour que le mélange devienne bien intime et définitif.
- p.346 - vue 350/688
-
-
-
- LA MARGARINE
- U7
- Dan s ce but, on fait subir à la margarine un pétrissage très énergique, qui, en agglomérant de façon parfaite les copeaux provenant du cylindre congeleur, et en faisant disparaître tous les grumeaux qui aura:ent pu se former, rend la pâte absolument homogène.
- La margarine venant du cylindre congeleur est déversée par la courroie sans fin entre deux gros cylindres horizontaux très rapprochés, où elle subit un premier écrasement ou laminage.
- De là, elle tombe à la partie inférieure d’une
- dirige dans une chambre spéciale appelée chambre de fermentation.
- Celle-ci, par des canalisations spéciales, est réchauffée l’hiver et refroidie l’été et maintenue ainsi à une température constante.
- Là, à la faveur de la basse température, toujours égale, il se produit une fermentation qui dure de 15 à 17 heures, suivant les saisons et qui développe l’arome de la margarine.
- Les appareils que nous venons de voir et qui servent au pétrissage de la margarine, sont appelés
- Fig. ~. — Grande salle de travail.
- La pâte y est malaxée, puis moulée en pains, empaquetée et emballée pour l’expédition.
- large goulolte demi-cylindrique, en bois, fortement inclinée, dans laquelle tourne une vis d’Archimède également en bois.
- Prise par cette vis, elle est élevée à la partie supérieure de la goulotte d’où elle tombe suc un deuxième jeu de cylindres lisseurs. Reprise par une seconde vis sans fin disposée comme la précédente, elle retombe sur un troisième et dernier jeu de cy'indres qui lui font subir un dernier lissage.
- Une troisième vis, identique aux précédentes, l'amène et la comprime dans une large tubulure à section rectangulaire d’où elle sort sous forme d’un gros pain continu.
- Elle est reçue alors dans des bacs demi-cylindriques en forme de cuves, montés sur roues, qu’on
- tisseuses. Us sont analogues à ceux employés dans la grande industrie beurrière. Afin d’éviter l’adhérence de la pâle, les goulottes et les vis d’Archimède sont entièrement en bois; en outre, chaque soir, après la fin du travail, ils sont abondamment lavés à l’eau chaude et saupoudrés de sel qui, peu à peu, pénétrant dans les cellules du bois, rend l’adhérence de la pâte absolument impossible.
- Au sortir de la chambre de fermentation, la margarine est faite. Cependant, malgré le broyage subi dans les lisscuses, elle contient encore de 17 à. 18 pour 100 d’humidité et de petit-lait qu’il est nécessaire d’enlever pour assurer sa parfaite conservation.
- La pâte est donc déposée, avec de larges pelles
- p.347 - vue 351/688
-
-
-
- 348 ....... ......... : LA MARGARINE
- de bois, sur les malaxeurs. Ceux-ci se composent d’une table, animée d’un mouvement de rotation autour d’un axe vertical, sur laquelle tourne un cylindre cannelé réglable. La table est légèrement inclinée du centre vers la périphérie, pour permettre l’écoulement du petit-lait dans une rigole circulaire de vidange afin d’assécher la pâte.
- Celle-ci, entraînée par la rotation de la table, passe sous le cylindre cannelé qui l’écrase, l’allonge et la déplace et en exprime toute l’humidité et tout le petit-lait quelle contenait encore et qui s’écoule à l’extérieur.
- Au cours de cette opération, qui dure quelques minutes seulement, la pâte est continuellement' retournée par une sorte de versoir en bois fixé au bâti de l’appareil, appelé « retourneur » et qui, lorsqu’il est abaissé, racle la pâte sur la table et la retourne exactement comme un soc de charrue retourne la terre.
- Après ce passage aux malaxeurs, la margarine est complètement terminée. Elle possède alors la structure, l’onctuosité et l’aspect du beurre naturel. Débarrassée de l’excédent d’humidilé et du petit-lait, il ne reste plus qu’à la mouler et à l’empaqueter après pesage.
- Le moule à margarine se compose d’une caisse rectangulaire partagée dans le sens de sa longueur par une paroi médiane verticale. Dans chacun des logements ainsi formés, tourne une vis sans fin horizontale qui saisit et comprime la margarine introduite par une trémie supérieure, et la fait sortir par deux orifices carrés, ayant les dimensions du pain à obtenir, sous la forme d’une barre ininterrompue.
- Cette barre est reçue sur une série de petits rouleaux. Devant les orifices de sortie, est disposé un cadre métallique dit « cadre coupeur » mobile autour d’une charnière longitudinale, sur lequel sont tendus transversalement des fils d’acier, équidistants, réglables, espacés de l’épaisseur d’un cube.
- A mesure que la barre de margarine sort de l’appareil, on abaisse et relève le cadre, qui, à chaque fois, découpe un nombre déterminé de cubes identiques.
- Ceux-ci du poids uniforme de 500 gr., sont repesés à la balance, pour que leur poids soit rigoureusement exact et constant, et emballés dans du papier sulfurisé, portant la marque du fabricant et l’indication « Margarine ».
- Les cubes ainsi enveloppés sont mis dans des caisses, fabriquées généralement à l’usine même, par des appareils mécaniques automatiques.
- Préparée pour la première fois par le chimiste Mège-Mourriès, la margarine, dont les procédés de fabrication, profitant de tous les progrès de la science dans presque tous ses domaines, se sont constamment améliorés pour atteindre aujourd’hui à la perfection, est un produit jaune pâle comme le beurre, à pâte douce et onctueuse comme lui, et possédant un parfum et un arôme identiques.
- C’est un aliment économique, excellent et sain, qu’il est difficile, lorsqu’il s’agit de la margarine de choix dont nous venons d’étudier la fabrication, de distinguer du beurre.
- Ces deux produits ont en effet sensiblement la même composition et la même constitution chimique. Toutefois le beurre renferme en plus grande quantité des substances qui n’existent dans la margarine qu’en infimes proportions : les glycérides des acides gras volatils (butyrique, caprilique, etc.). Mais c’est précisément à l’absence presque totale de ces corps que la margarine doit la propriété précieuse qu’elle possède : de rancir très difficilement.
- Renfermant environ 10 pour 400 d’humidité et 80 à 90 pour 100 de corps gras, elle est d’une digestibilité sensiblement égale à celle du beurre, parce que la plus grande partie de ces corps gras de constitution est formée d’oléine. La proportion d’humidité contenue dans le beurre est de 46 pour 400, on voit donc par là, que l’emploi de la margarine représente, en dehors de l’économie de prix, 4 pour 400 de matières nourrissantes de plus que le beurre.
- En outre, et ceci complète sa ressemblance avec le beurre, particulièrement au point de vue des emplois culinaires, on ajoute à la margarine, au cours de sa fabrication, une certaine quantité de lécithine, environ 5 kg par tonne de pâte.
- On sait que les lécithines sont des graisses phos-phorées et azotées ne renfermant ni soufre ni fer, et résultant de la combinaison de l’acide glycéro-phosphorique avec les acides gras et une base ammoniée, la choline. Extraites des jaunes d’œufs, d’aspect pâteux, jaunâtre, elles donnent à la margarine la propriété de roussir comme le beurre. Sans elles, celle-ci, sous l’action de la chaleur, en fondant, deviendrait liquide comme de l’huile.
- Etant donné l’emploi que l’on fait couramment des lécithines comme aliment reconstituant, sous un faible volume, il apparaît évident que leur addition à la margarine ne saurait être nuisible.
- Outre ses utilisations dans la cuisine courante, la margarine est extrêmement employée en pâtisserie et en biscuiterie, où elle présente, dans certains cas, quelques avantages sur le beurre, en dehors de la question du prix d’achat. En effet, dans la préparation des pâtes feuilletées, elle permet d’obtenir un feuilletage plus parfait et de meilleure apparence, car, sous l’action de la chaleur, elle pénètre mieux dans la pâte d’où la cuisson ne la fait pas exsuder.
- Si pendant longtemps la margarine a été considérée comme un produit malsain, susceptible d’être utilisé pour la falsification du beurre, cette opinion, que pouvaient contribuer à répandre les agissements de quelques rares commerçants peu scrupuleux, ainsi que la législation draconienne à laquelle ils avaient donné lieu, ne peut plus avoir, et, il faut le reconnaître, a de moins en moins cours actuellement.
- Jusqu’en 4914, des préventions regrettables ont
- p.348 - vue 352/688
-
-
-
- QUELQUES PROPRIÉTÉS DU SABLE MOUILLÉ
- 349
- éloigné le consommateur français de l’usage de la margarine, qu’on ne fabriquait guère que pour l’exportation.
- Cependant, au cours de la guerre, et pendant les années qui l’ont suivie, le manque de beurre et l’augmentation de son prix, ont conduit bien des gens à faire l’essai de ce beurre artificiel tant décrié. Il fut trouvé bon, avantageux, utilisable dans les mêmes emplois que le beurre naturel, et son usage s’est répandu rapidement dans toute la France, absorbant la majeure partie de la production du pays.
- En 1913, la France produisait environ 14 000 t. de margarine (dont 7000 étaient exportées), représentant une valeur de près de 26 millions de francs et un chiffre de capitaux investis dans la fabrication de 15 millions de francs.
- En 1918, la production a été très inférieure à celle des années précédentes, en raison du manque de matières premières oléagineuses (huile d’arachide et beurre de coco), la production de la margarine étant étroitement liée à nos cultures d’oléagineux coloniaux.
- Actuellement se fait sentir une reprise sérieuse.
- Les principales régions productrices de la France se répartissent comme suit :
- Seine................40 % de la production totale
- Seine-Inférieure 55 °/0 —
- Nord et Pas-de-Calais. 4 0 °/0 — —
- Bouches-du Rhône. .10% — —
- Gironde..................5 % — —
- Il est intéressant de jeter un coup d’œil sur la
- législation très spéciale relative à la margarine et qui se trouve exposée dans les lois des 16 avril 1897 et 25 juillet 1907.
- Ces textes spécifient en particulier que la quantité de beurre contenue dans la margarine mise en vente, que cette quantité provienne du barattage du lait ou de la crème avec l’oléo-margarine, ou qu’elle provienne d’une addition de beurre, ne doit pas excéder 10 pour 100.
- La margarine ainsi définie ne peut en aucun cas être additionnée de matières colorantes. Mais cette disposition vise exclusivement la coloration artificielle du produit par l’addition de matières étrangères à sa composition. Elle n’interdit pas toute coloration naturelle résultant de la combinaison des matières employées pour former la substance du produit.
- Les récipients quelconques renfermant de la margarine doivent porter en caractères apparents le mot Margarine.
- Dans le commerce de détail, la margarine doit être livrée sous la forme de pains cubiques portant le nom du produit sur une de leurs faces. Ces pains ne peuvent être détaillés.
- Pour clore cette étude, qu’il nous soit permis d’adresser nos bien vifs remerciements à MM. Motte et Cie, qui ont bien voulu nous faire visiter leur usine d’Yvetot de la margarine Astra et mettre gracieusement à notre disposition, les photographies qui^ illustrent ce texte ainsi qu’à MM. Georges Pellerin et Cie,fabricants à Malaunay, de la marque Primerose, à l’aimable entremise de qui nous devons cette faveur.
- Georges Gallois.
- QUELQUES PROPRIÉTÉS DU SABLE MOUILLÉ
- Le sable mouillé occupe un volume plus grand que le sable sec et a une densité inférieure. Ce résultat est assez inattendu ; i.1 semblerait, en effet, que l’eau doit remplir les interstices entre les grains de sable, s’y substituer à l’air et augmenter la densité de la masse. La chose cependant s’explique parfaitement : chaque grain de sable se recouvre d’une pellicule d’eau qui l’isole de ses voisins. Par suite, plus le sable est fin, plus il doit augmenter de volume quand on le mouille, puisqu’il offre, pour le même volume sec, une bien plus grande surface. C’est ce que l’expérience vérifie. On trouve également que le pourcentage d’eau qui donne le plus grand volume (correspondant au plus grand pourcentage des vides) est, suivant les sables, variable de 5 à 8 pour 100 en poids. Cette propriété doit être prise en considération lorsque l’on veut faire un ciment ou un béton de bonne qualité..
- Osborne Reynolds a décrit un certain nombre de propriétés curieuses du sable mouillé. Si un sac de caoutchouc est rempli de sable renfermant suffisamment d’eau pour qu’il se forme une mince pellicule humide sur la surface, si l’on presse sur le sac, la masse de sable se dilate et l’eau se trouve aspirée dans la masse. Tout le monde a observé ce phénomène, mais réalisé d’une autre façon. Lorsque, après la marée haute, on
- marche sur le sable d’une plage, le sable blan'cl..^, momentanément et semble se dessécher autour du pied.^1)5 L’explication est la suivante : le sable est rempli d’eau dont la surface, par suite de l’attraction capillaire, est la même que celle du sable. La pression du pied dilate le sable et comme l’eau ne suit pas le mouvement assez rapidement, son niveau est plus bas dans le sable dilaté que précédemment, par conséquent le sable apparaît sec jusqu’à ce que l’eau du sous-sol montant par capillarité ai’rive de nouveau à la surface du sable. Quand on lève le pied au contraire, le sable semble se mouiller beaucoup plus, parce qu’il jse contracte quand la pression que l’on exerçait sur lui cesse et l’excès d’eau qui avait afflué se trouve momentanément à la surface.
- Pour montrer les phénomènes dus à la dilatation du sable mouillé, Osborne Reynolds a fait les expériences suivantes. Reprenant le sac de caoutchouc qui lui avait servi dans les expériences précédentes, il le remplit de sable auquel il ajoute une quantité d’eau telle qu’elle soit plus que suffisante pour remplir les vides lorsque le sable est à sa densité maxima, mais insuffisant pour les combler lorsque le sable est sous la forme de densité minima, Nous devons tout d’abord expliquer ce qu’il faut entendre par ces mots.
- p.349 - vue 353/688
-
-
-
- 350 .. —_______ACADÉMIE DES SCIENCES
- Assimilons les grains de sable à de petites sphères. On peut supposer qu’elles sont empilées dans le sac au hasard, c’est-à-dire que les « rides » qui les séparent ont une valeur quelconque. Mais cette valeur est comprise entre deux limites faciles à calculer. Si les grains sphériques sont empilés de façon que chaque sphère soit superposée à la précédente, à la façon des grains d’un chapelet, ce que l’on appelle l’entassement cubique ou minimum, les vides atteignent 48 pour 100 environ du volume total. Si au contraire les grains sont empilés comme les boulets ronds dans les anciens parcs d’artillerie, chaque sphère reposant sur quatre sphères de la couche immédiatement inférieure, nous aurons réalisé oe que l’on appelle l’entassement hexagonal ou maximum et les vides dans ces conditions ne représentent plus que 20 pour 100 environ du volume total.
- Si nous plaçons le sac de caoutchouc ainsi rempli de sable humide sur une table, il prend, sous l’influence de l’élasticité du caoutchouc une forme sphérique; le sable se dispose de façon à réaliser l’entassement maximum, et il y a par suite une couche d’eau inutilisée qui se forme à sa surface. Le sac peut être pressé et déformé sans aucun effort tant qu’il reste un excès d’eau non absorbé par le sable. Si on suspend le sac entre deux planches verticales, on peut le presser et il change de forme jusqu’à un certain point. Après il n’est plus possible de continuer à le déformer. Si on l’abandonne à lui-même, il reprend automatiquement sa forme presque sphérique.
- Si au contraire on agite légèrement le sac pendant qu’on le presse, les grains de sable se disposent de façon à réaliser l’empilement maximum, et on peut continuer à déformer le sac jusqu’à le transformer en une galette plate. Tant que l’on exerce la pression, le sac est mou, mais si on supprime la pression, l'élasticité du caoutchouc tend à lui faite reprendre la forme sphérique. Ceci dilate le sable et provoque l’aspiration de l’excès d’eau par les pores. Sitôt qu’il n’y a plus d’excès d’eau, il ne se produit plus de changement de forme et le sac reste sous la forme de galette. Dans cet étal il présente de curieuses propriétés.
- Il cède immédiatement à toute pression exercée sur ses cotés, car l’effet de cette pression tend à contracter le sable; au contraire il est parfaitement rigide pour toute pression radiale, car elle tend à dilater encore plus le sable.
- En agitant le sac dans un moule, on peut lui faire prendre n’importe quelle forme; ensuite, en éliminant l’excès d’eau et fermant le sac, il devient parfaitement rigide et sa forme ne pourra être modifiée que si l’on déchire le sac. Puisque le sable est à son maximum de densité, on ne pourra modifier son état par agitation. Il est ainsi possible de préparer dans des sacs de caoutchouc extrêmement minces des briques formées d’un mélange d’eau et de sable, qui peuvent supporter sans se déformer des pressions analogues à celles qui s’exercent sur les briques ordinaires. 11. Vigneron.
- «SA*
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1924.
- Le vacuome des algues vertes adaptées à la vie aérienne. — Les chlorophvcées non aquatiques se. caractérisent, on le sait, par une grande résistance à la dessiccation. Ace sujet, M. de Puymaly indique que ces algues vertes, au lieu de contenir de vastes vacuoles très riches en eau, renferment en général un protoplasme très dense, dans lequel sont plongées de petites vacuoles sphériques où la métachromaline est abondante. Celle remarque explique la haute tension osmotique observée dans les cellules de ces plantes et leur permet de subsister pendant des périodes de dessiccation de longue durée.
- La recherche de l'alcool méthyiiquç. en présence d'alcool éthylique. — La note de MM. Ivling et Lassieur rèpnnd la réaction bien connue de Denigés qui utilise l’action, sur la liqueur de Schiff, de la formaldéhyde produite par oxydation permanganique du méthylène ; elle indique que les résultats ne sont acquis avec certitude que pour des doses d’alcool mélhvlique égales ou supérieures à 1 pour 100.
- L'abîme, du Mas-Raynal et la Sorgues d’Aveyron. — Une seconde visite au Larzac a permis à M. E.*A. Martel de constater certaines données de M. Crémieu qui permettront de régulariser les écarts de débrils de la Sorgues ; elles confirment l’inexistence des nappes d’eaux sous les plateaux calcaires et démontrent celle des confluences, des anastomoses et du régime torrentiel des courants matériels qu’il faut substituer aux nappes théoriques.
- La périodicité des orages. — Les observations de M. Jules-Gabriel ont été faites à l’observatoire de Sainte-Honorine-du-Fay, dans le Calvados. Leur auteur en déduit un parallélisme certain entre la périodicité des époques pluvieuses et celle des orages, au maximum de pluviosité correspondant un maximum de fréquence des manifestations électriques. Il semble enfin que la période minima actuelle persistera jusqu’en 1927 et que celle des plus violents orages s’étendra de 1930 à 1940.
- La fabrication des fromages a pâle cuite. — On peut, d’après M. Mazé, simplifier les méthodes actuelles, tout en évitant d’ailleurs de fréquents accidents, par l’emploi de la présure liquide et l’ensemencement du lait proprement cueilli, à l’aide d’un levain lactique préparé à la température de 45-50° avec du lait écrémé, bouilli, de préférence au sérum pasteurisé à 100°.
- Le vacuome des algues inférieures. — MM. P. A. et P. Dangeard ont fait porter leurs dernières éludes, sur les genres Gonium, Eudorina et Volvox, de la famille des Yolvocées, dont le vacuome présente d’étroiles analogies avec celui des Chlamydomonadinées. La conclusion de ces botanistes est qu’il est d’ores et déjà possible d’affirmer que, chez les plantes, l’existence d’un vacuome dans la cellule végétale est aussi constante que celle du noyauv
- Les mélanges deux à deux d'acide sulfurique, de
- p.350 - vue 354/688
-
-
-
- UNE TERMITIÈRE SINGULIÈRE
- 351
- notasse et de soude. — Les diagrammes construits par M. L.-J. Simon prouvent qu’on peut suivre, parla mesure de la viscosité du milieu, la neutralisation de l'acide sulfurique par les alcalis en solution aqueuse. A cet égard, le sodium reste à l’écart des autres métaux.
- Le produit de déshjdralation du kaolin. — Pour certains minéralogistes, on obtient (par chauffage entre -150 et 550°) un mélange mécauique d’alumine et de silice (Al203, 2 SiO2) ; pour d’autres, il s’agit d’un composé homogène, A.l2Siî07, qu’on peut considérer comme un anhydride. L’étude de MM. Agafonoff et Vernad-ky a porté sur un kaolin blanc d’Ain llirbar et elle confirme nettement l’existence de l’anhydride kaolinique, soluble dans les acides.
- Le nummulitique inférieur du Morbihan. — Pour M. Louis Dnngeard, il existe encore, au voisinage de Gàvre, une succession de calcaires à nummulites dont les plus anciens remanient au moins à l’Yprésien et fournissent une faune de Poruminileres, comparable à celle des gisements du Sud-Ouest ; ce fait permet un rapprochement intéressant entre les formations d’àge éonumrnulitique du Bassin de Paris et celles de l’Aquitaine.
- La dessiccation du sol. — Des cultures de millet, de sarrasin et d’avoine, au cours de 10 H) et de 1020, ont confirmé M. Lebediantzulï dans son opinion de l’heureuse action qu’exerce, sur la fertilité, la dessiccation temporaire des couches superficielles du sol, dans des conditions naturelles.
- Les migrations du thon sur les côtes atlantiques de
- l’Espagne méridionale. — L'étude en a été faite par une Commission disposant du transport Almiranle Lobo dans la zone comprise entre le Cap Saint-Vincent et Casablanca, d’une part, et le Cap de Gata et le fleuve Muluya d’autre part. Il apparaît, d’après M. O. de Buen, que le poisson reste presque foule l’année dispersé, s’alimentant avec une grande voracité et augmentant rapidement de poids, dans les endroits où sont plus abondants les sardines, les carangues et les anchois; enfin, les montées ou descentes de la température des eaux exerçant une grande influence sur le développement des glandes sexuelles, le thon demande, pour pondre, des eaux agitées,-à haute température et à haute salinité, et la zone de ponte ne saurait coïncider avec l’endroit où se développent les larves, à cause du courant atlantique qui traverse le détroit de Gibraltar.
- Une transformation du dormant. — On ne peut interpréter la biréfringence que présentent ses cristaux par le simple mimétisme, et il faut la considérer comme due à des déformations continues d’une substance, à l’origine isotrope; la transformation polymorphique, accompagnée d’un changement de volume, se serait, pour MM. Friedel et Ribuud, produite à 1885° et manifestée par l’éclatement et le bouleversement des plages biréfringentes.
- Les chaleurs spécifiques de l’air et la vitesse du son. — Faisant intervenir des corrections pour le degré d’humidité etla teneur en anhydride carbonique, M. Leduc donne pour C etc, entre 15 et 100°, les valeurs respec-iives 0,2405 et 0,1713, la vitesse du son étant, à 0,1 m. près, 351,5 m. Paul B.
- UNE TERMITIÈRE SINGULIÈRE
- Les insectes sociaux possèdent au plus haut degré de perfection l’art de construire leurs nids. Termites et fourmis rivalisent d’ardeur pour conquérir la palme dans cet art : tandis que les premier^ montrent plutôt un instinct très sûr et très rigide pour bâtir des habitations compliquées et parfaites, les deuxièmes sont capables d’adapter admirablement leurs demeures aux conditions variables d’un milieu accidenté. Aussi leurs nids sont-ils plus variés et moins parfaits que ceux des termites, dont les habitations frappent tantôt par leurs dimensions gigantesques et leur solidité à toute épreuve, tantôt par une construction compliquée et savante.
- Nous avons pu examiner, tout récemment, un exemple de l’architeclure des termites. Il s’agit des nids de YÂpicotermes occultas que les spécialistes appellent « l’as des architectes » parmi les termites. Ce termite a été trouvé au Congo belge par MM. Goossens et Luja. Les quelques rares exemplaires de leurs nids se trouvent au musée colonial de Tervueren et au Muséum d’histoire naturelle de Luxembourg. Ils ont fait l’objet de deux éludes intéressantes par MM. Desneux et Reichensperger. Nous avons pu apporter quelques renseignements nouveaux sur ces nids ; ce sera l’objet de celle petite note.
- Les nids de V Apico ter mes occultas sont souter-
- rains et logés à 50-G0 cm de profondeur dans un terrain sablonneux du Sankuru (Congo belge) où ils ont été trouvés par M. E. Luja. lis sont de forme sphérique ou ovoïde et d’un diamètre variant de 4 à 45 cm suivant l’âge. À l’extérieur on reconnait des protubérances rondes, disposées en bande qui couvrent en spirale toute la surface extérieure. L’intérieur de la termitière (fig. I) est un véritable chef-d’œuvre de l’architecture animale. Une série d’étages équidistants et soutenus par des piliers disposés en quinconce forme l’habitation intérieure, dont l’entrée et la sortie sont réunies dans une unique ouverture du sommet. La paroi extérieure, dont l épaisseur varie de 0,4 à 0,8 cm montre une construction singulière : elle est parcourue sur tout le pourtour par un canal en spirale, dont la section est circulaire et le diamètre de 1,5 millimètre. Ce canal porte vers l’extérieur de petits canalicules circulaires dont le diamètre ne dépasse guère 0,5 mm. Ces conduils aboutissent à la surface extérieure sous forme de pores situés au-dessous des protubérances. D’autre part, il existe des communications entre le canal et l’intérieur du nid par l'intermédiaire de petites fentes allongées cl arquées (lig. 2). Les canalicules et les fentes sont équidistants et se suivent avec une alternance rigoureuse,
- p.351 - vue 355/688
-
-
-
- 352 .:—- UNE TERMITIERE SINGULIÈRE
- Fig. i.
- Coupe à travers le nid de ^Apicotermes occultus.
- les premiers communiquant avec l’extérieur et le canal, les deuxièmes avec le canal et l’intérieur du nid, où elles aboutissent sur le pourtour de chaque étage.
- Quel est le rôle de ce système de communications? A priori on est tenté d’admettre qu’elles servent aux termites pour passer de l’intérieur à l’extérieur et vice versa. Il n’en est rien, car la section de tous ces canaux est inférieure au plus petit diamètre des termites. M. Desneux admet que le canal et ses communications bilatérales n’est rien d’autre qu’un ingénieux dispositif de ventilation. Cette explication est plausible, mais elle reste obscure dans bien des points essentiels. Il est, en effet, malaisé de comprendre le mécanisme de cette ventilation, qui doit, bien entendu, être conforme aux lois de la physique. Or, il n’y a que deux possibilités : ou bien l’air entre par les pores de la paroi extérieure et sort par l’ouverture principale, ou bien l’inverse a lieu. Considérons le premier cas, qui est le plus probable. Selon lui, il doit exister à l’intérieur du nid une certaine dépression créée par l’air chaud de l’habitation qui s’évacue par l’ouverture du sommet et de la galerie qui mène à la surface du sol. Cette galerie fait donc office de cheminée. L’air intoxiqué de l’intérieur est remplacé par de l’air frais qui vient du dehors et qui pénètre dans le nid par l’intermédiaire des pores, du canal et des fentes. Comme le nid se trouve maintenant enfoui à 30-60 cm de profondeur, le tirage provoqué par la cheminée doit vaincre les résistances qu’oppose au passage de l’air la couche de terrain sablonneux. Ceci me paraît impossible s’il n’existe pas de canaux ou de dispositifs spéciaux permettant un accès facile de l’air extérieur à la surface du nid.
- Une telle disposition existe-elle?M. Reichensperger a trouvé que les nids rapportés par M. Luja étaient entourés d’une couche de sable plus compact, à structure alvéolaire. Mais on ne signale pas l’existence de galeries à l’extérieur du nid.
- Je ne saurai donc admettre l’explication donnée par M. Desneux avant que de nouvelles observations nous aient apporté les éclaircissements indispensables.
- Afin d’élucider la composition chimique des nids de I’ Apicotermes, j’ai effectué une série d’analyses qui ont fourni des résultats inattendus. L’élément de construction des nids est le sable environnant qui est aggloméré, par les soins des termites, avec un ciment de nature organique. Ce mastic n’est rien d'autre que les excréments des termites, constitués par des matières cellulosiques et ligniques. J’ai pu démontrer leur nature humique par la potasse caustique. Voici, à titre d’exemple, le résultat d’une de
- mes quatre analyses :
- Humidité..................... 2.77 pour 100
- Matières organiques (ciment). . 14.51 —
- Silice.................. 75.27 —
- Oxyde de fer et alumine.... 4.50 —
- Chaux..................... 0.75 —
- Anhydride sulfurique...... 1.05 —
- Magnésie, oxydes alcalins non dosés.................... 5.55 —
- La composition du nid s’est révélée tellement constante que je fus amené à faire un plus grand nombre d’analyses, dont les résultats démontrent l’existence d’un instinct chimique remarquablement constant chez ce termite.
- Ainsi j’ai prouvé (*) que ces insectes prennent invariablement 5,5 parties de sable pour 1 partie de leur ciment particulier. Ce rapport est très constat et ne varie qu’entre les limites étroites de 5,29 et 5.80 pour une dizaine d’échantillons analysés ! 11 y a encore lieu de faire remarquer que les grains de sable sont très menus et si uniformes que l’on doit admettre une sélection de la part de ces merveilleux maçons.
- Et, certes, l’existence d’un instinct chimique si
- Fig. 2. — Coupe à travers le bord de la termitière.
- constant et si sûr n’est point la moindre des merveilles du petit termite insignifiant qu’est Y Apicotermes occultus.
- Robert Stumper.
- I. Vuir C. R. Académie des Sciences, 1925.
- p.352 - vue 356/688
-
-
-
- LA NATURE.
- N° 2618
- 7 JUIN 1924.
- LE MYSTERE DU COUCOU
- Dans un récent numéro de La Nature (n° 2572) un membre éminent de « La Ligue française pour la Protection des Oiseaux », Mme À. Feuillée-Billot, a passé en revue les diverses théories relatives à ce que l’on pourrait appeler le mystère du coucou.
- Il y aurait encore beaucoup à dire sur cet oiseau et il serait même heureux que l’on pût enregistrer tous les faits relevés au cours des observations auxquelles il donne lieu.
- Mais en ceci, il serait absolument nécessaire que le naturaliste ne présentât ses observations que sous une forme objective, sans tenir compte d’opinions personnelles. Une idée préconçue fausse généralement les conclusions que l’on pourrait tirer des remarques faites sur le vif.
- En ce qui concerne le coucou, puisque nous parlons de cet oiseau, la fable s’est déjà suffisamment mêlée à son histoire pour que l’on en complique pas davantage sa biologie.
- Il y a certes belle lurette que la vie de ce grimpeur serait connue à fond, si l’on s’était borné à l’observer, en usant des méthodes les plus simples.
- Beaucoup de faits devraient aussi être vérifiés. 11 est vrai que vérifier sans cesse et toujours prend beaucoup de temps et que les humbles naturalistes que nous sommes pour la plupart, ne peuvent guère distraire de leur temps pour parfaire leurs connaissances. Mais ceci est une raison de plus pour ne faire état qu’avec circonspection des observations qui permettent le doute, si léger que soit ce dernier.
- C’est avec le d.ésir que d’autres en usent ainsi avec moi que je me permets d’a jouter un petit cotn-plément à l’article intéressant dont nous sommes redevables à Mme Feuillée-Billot.
- Dirons-nous tout d’abord que la version qui veut que le coucou ne couve pas parce qu’il séjourne trop peu de temps dans nos régions est contraire aux faits. Les coucous ne nous quittent pas tous en août. On remarque encore la présence de nombre d’entre eux en septembre et on en a capturé en
- 52” Année. — 1*' Semestre-
- octobre. D’avril à septembre cet oiseau aurait donc parfaitement le temps d’élever sa nichée, beaucoup plus aisément que le martinet qui, revenu dans nos pays fin avril ou au début de mai, nous quitte dans les premiers jours d’août.
- 11 n’est pas non plus tout à fait exact que le coucou ne dépose son œuf que dans les nids des insectivores. On l’a vu assez fréquemment effectuer ce dépôt dans les nids des granivores : pinson, bouvreuil, verdier, bruant, linotte, sizerin,cini,etc. Il est vrai que l’on objectera ici que les jeunes de ces granivores sont principalement, tout au moins dans leur jeune âge, nourris d’insectes. Cependant un des plus fréquents nourriciers du jeune coucou, est l’ac-centeur-mouchet, Or on n’ignore pas que cet insectivore, grand amateur de semences et de baies, alimente souvent ses petits de graines fraîches. Ce serait aussi une erreur de croire que les coucous, jeunes ou vieux, sont exclusivement insectivores.
- Leur estomac renferme de temps à autre des matières végétales et au surplus cet oiseau est fort friand de baies et marque une préférence visible pour les myrtilles, ce qui en la saison se constate par la’ teinte des sous-caudales souillées par ses déjections fort colorées-
- II n’est pas non plus que les tout petits insectivores qui aient l’honneur, fort contestable d’ailleurs, d’élever la descendance des cuculidés. Les pies-griècbes, les loriots, les merles, les grives, les gros-becs, les cincles sont aussi des parents adoptifs fort attentionnés et qui cependant seraient de taille à se défendre contre le coucou si la fantaisie leur en prenait. Mais en ceci ne réside pas tout le mystère. Il est plus curieux que tous les petits oiseaux n’acceptent pas l’œuf .du coucou. Il s’en trouve de temps à autre qui expulsent le produit ovarien de leur exploiteur et on en relève parfois les débris sous leur nid.
- Notre ignorance de-la mentalité exacte de la gent ailée ne nous permet pas d’expliquer positivement pourquoi les perdreaux ne s’émeuvent pas de
- 2o - 555
- p.353 - vue 357/688
-
-
-
- 354
- LE MYSTERE DU COUCOU
- l’adjonction à leur ponte d’un œuf de coucou, la plupart du temps fort dissemblable de leurs propres œufs. Mais en l’occurence, il est peut-être intéressant de faire remarquer que l’œuf du coucou seul ne bénéficie pas de cette faveur. Les passereaux acceptent dans leur nid des œufs de toutes espèces de leurs pareils. Vous pouvez introduire un œuf jaunâtre de rouge-gorge dans un nid d’accenteur-mouchet, un œuf bleu d’accenteur dans un nid de bruant, un œuf azuré d’étourneau dans un niddemerle un œuf bleu sale, pointillé de brunâtre, de ce dernier volatile dans un nid de loriot, dont les œufs ont le fond blanc et généralement ces œufs sont acceptés par les couveuses.
- Généralement disons-nous, car comme nous le signalions ci-dessus, il est des oiselets qui se refusent obstinément à couver un œuf étranger et sans aucun scrupule le jettent par-dessus bord, fut-ce même un œuf de coucou.
- Ceci éclaire quelque peu le mystère et nous indique en tout cas que le coucou, sous peine de voir disparaître son espèce, doit user de certaines précautions en accomplissant le dépôt de son œuf. Y a-t-il possibilité d’interpréter rationnellement cette attitude dissemblable de deux oiseaux en présence de l’œuf du coucou, l’un le couvant comme s’il lui appartenait, l’autre l’expulsant
- résolument? Bien certainement et à notre très humble avis, l’hypothèse que les petits oiseaux deviennent les martyrs du coucou, par crainte ou sous l’empire d’une suggestion, ne doit pas être retenue.
- Vraisemblablement, pour qui a observé de près les’ oiseaux, le seul facteur qui intervienne en l’occurence est le caractère de l'oiseau choisi en qualité de nourricier.
- On sait que le caractère des oiseaux varie d’individu à individu, qu’il est des oiselets apathiques comme d’autres sont doués d’une énergie plutôt remarquable.
- Ceci est chose souvent constatée par les field-naturalistes et nous sommes bien certains que les ornithophiles que leur prédilection pousse à élever une espèce particulière d’oiseaux, ne nous démentiront pas. Les amateurs de rouges-gorges, de fau-
- vettes, de pinsons, de grives qui observent de près leurs pensionnaires, ont tous été à même de faire cette remarque.
- Le coucou sait-il, peut-il savoir, à quelle de ces catégories, oiseaux apathiques prêts à accepter son œut, ou oiseaux énergiques qui ne l’accepLeront pas, il s’adresse?
- 11 est possible, sans crainte de se tromper, de répondre affirmativement sur ce point. Si l’homme a pu faire des observations de ce genre, le coucou, obligatoirement observateur, a dû constater le fait.
- Fig. 2.
- Et c’est ce qui explique qu’en la majorité des cas,
- les dupes qu’il a choisies consentent à le seconder dans son œuvre de reproduction.
- Le gros rouge-gorge qui niche dans les talus, de teintes plus claires que son semblable, plus petit, au plumage plus serré, qui fréquente les bois, l’accenteur qui s’établit le long des routes, le pinson qui hante le verger et qui jamais n’accepte le combat que lui offre un de ses pareils et fuit toujours, sont des oiseaux apathiques, beaucoup plus que ceux de leur espèce passant leur existence, au temps de la reproduction en un cantonnement isolé qu’ils défendent énergiquement. Les pipits, les bruants, les fauvettes également dénoncent leur combativité par le choix de l’emplacement de leur nid.
- Celui-ci, de construction plus ou moins soignée, d’apparence plus ou moins négligée selon le caractère de son possesseur, doit être encore pour le coucou une indication palpable qui lui permet de sélectionner judicieusement ses dupes, tout comme l’endroit où le nid est établi peut encore guider ses préférences, orienter son choix.
- La manière d’être, le chant, les cris variés selon les circonstances, les attitudes des nourriciers éventuels de son rejeton lui sont aussi des indices sans doute'préchux qui ne lui échappent pas puisqu’ils ont frappé l’attention de l’homme.
- Pour quelques détails biologiques surpris au cours de longues observations, il doit en être cent autres que nous ignorons, mais dont le coucou, batteur d’estrade émérite, est instruit incontestablement et qui lui permettent de choisir pour ainsi
- Un coucou, agrippé au tronc d'un arbre comme un torcol.
- p.354 - vue 358/688
-
-
-
- —— .........' ...... LE MYSTÈRE
- dire, à coup sùr, la dupe qui assurera la continuation de sa lignée.
- Pour expliquer la facilité avec laquelle un passereau accepte l’œuf du coucou, on a souvent fait intervenir le mimétisme. Le coucou rechercherait un nid dont les œufs auraient une teinte sensiblement identique à la nuance du sien.
- Mais personne n’a montré en quoi cette précaution servirait au coucou. Ceux qui ont récolté des œufs de coucou savent qu’il place son œuf indifféremment dans tous les nids qui lui paraissent convenables. Très souvent, son gros œuf jaunâtre brochera parmi les œufs bleu d’azur de Taccenleur, parmi les petits œufs blancs pointillés de rougeâtre des pouillots, les œufs bigarrés des pipits et jamais lesdits oiseaux ne paraîtront le moins du monde troublés par la différence de teinte et de grosseur des œufs. Aussi le coucou n’a que faire de s’embarrasser de cette recherche du mimétisme.
- Que de temps à autre, il y ait plus ou moins analogie entre les œufs du nourricier et celui du coucou, cela peut évidemment se produire, les œufs de l’une et l’autre espèce ayant, naturellement, quelque similitude de coloris. Il pourrait en être ainsi pour certaines variétés d’œufs de rouge-gorge, de hoche-queue, de bruant....
- Que le coucou, pour arriver à cette similitude, fasse intervenir sa volonté est certes sans fondement.
- A peine 2 ou 5 pour 100 des œufs de coucou sont similaires, en tant que nuances, aux œufs des nourriciers. Mais, chose digne de remarque et sur laquelle il importe d’attirer l’attention, c’est que très souvent le prétendu œuf de coucou est tellement identique comme coloris à ceux du nourricier, qu'il est matériellement impossible qu'il ait été pondu par un autre oiseau que le nourricier lui-même.
- Ici le mystère est aisé à dévoiler. Il s’agit simplement d’œufs « géants » comme les volatiles domestiques en pondent, sans que l’on s’en étonne extraordinairement.
- On a souvent parlé d’une variété d’œufs de coucou qui seraient d’une belle teinte bleue et que
- Fig. 4. — Jeune coucou dans un nid de rouge-gorge.
- Fig. 3. — Un coucou chantant.
- l’oiseau réserverait spécialement aux nids d’accen-teur, de rouge-queue de muraille, de traquet-tarier, qui pondent des œufs de cette nuance. Cet œuf bleu de coucou est du reste un œuf très rare et cela n’est pas pour étonner, puisque vraisemblablement il n’existe pas. Si des femelles coucous pondaient des œufs bleus au lieu des œufs jaunâtres qui sont les leurs, on en découvrirait certes moins rarement et non seulement on les découvrirait dans des nids d’accenteurs, de rouges-queues, de traquets, mais encore dans les nids d’autres nourriciers : rouges-gorges, fauvettes, bruants, etc , ce qui n’a pas encore été constaté.
- Que diriez-vous si on vous assurait que les hirondelles pondent parfois des œufs bleus et les accen-teurs des œufs jaunâtres?
- Cependant, si les coucous pouvaient varier la couleur de leurs œufs, pourquoi les autres oiseaux, physiquement constitués de même façon, ne pourraient-ils faire de même?
- Pour le surplus, cet œuf bleu du coucou m’a fort l’air d’une invention allemande.
- Voici en effet quelque cinquante ans qu’un certain M. Pralle, de Hanovre, signala possèdent ne douzaine d’œufs bleus de coucou. Or ces œufs avaient été recueillis au cours de nombreuses années et dans une même région. La plupart avaient été découverts dans des nids du rouge-queue de muraille qui pond des œufs bleus. Rien d'impossible qu’ils provinssent d’une même femelle atteinte d’une affection ovarienne provoquant la production d’œufs géants. Les autres œufs avaient été recueillis dans des nids de verdier, de bouvreuil, de traquet tarier. Ils portaient cependant quelques mouchetures. Or les œufs de ces oiseaux sont à fond bleu, et plus ou moins mouchetés. Alors... une femelle coucou déterminée ne pond pas exclusivement, en général, car il y a de rares exceptions sur lesquelles la longueur du sujet ne me permet pas d’insister, dans les nids d’une même espèce. Et de ceci il est très facile de se rendre compte, car tous les œufs d’une même femelle coucou sont similaires comme teinte et sou-
- p.355 - vue 359/688
-
-
-
- 356
- LE MYSTÈRE DU COUCOU
- vent comme forme et se distinguent facilement des œufs d’une autre femelle.
- Que le coucou enlève un œuf du nid du nourricier avant d’y déposer le sien est encore une chose contestable. Le coucou ne dépose, en effet, que très rarement son œuf dans un nid de passereau dont la ponte normale est complète. Cela irait à l’encontre des vœux de la nature, car le coucou ne saurait pas deviner en cette alternative le degré d’incubation des œufs de sa victime et son jeune, venant à éclosion après les jeunes de sa dupe, risquerait souvent d’être étouffé, ce qui arrive quelquefois, lorsque le coucou trompé par les apparences pond dans un nid contenant un œuf anormal plus petit que la moyenne. L’observation des gardes ardennais à ce sujet est typique. Le coucou, vous diront-ils, sait compter jusqu’à trois, ce qui veut dire qu’il ne dépose pas souvent son œuf dans un nid contenant plus de trois œufs. En Ardennes en tout cas, les pontes de passereaux avec œufs de coucou sont de coutume complètes, en cours d’incubation. Si le coucou place son œuf dans un nid encore vide, ce qui n’est pas très rare, le passereau vient d’habitude y pondre son nombre d’œufs normal.
- Ajoutons qu’il n’y a aucune difficulté pour le coucou à déposer son œuf dans le nid de sa victime. Comme il l’y place, alors que la ponte n’est pas complète, le passereau ne se rend même pas compte du fait. L’incubation ne commençant que la ponte terminée, le coucou a tout loisir de faire son dépôt, en l’absence de la future couveuse, en promenade dès que l’œuf du jour est pondu.
- A quoi rimerait au reste cet enlèvement ? Vous pouvez dans le nid d’un oiseau « apathique » ajouter ou retirer des œufs sans que cela le trouble le moins du monde. Lors de la ponte, enlevez quotidiennement un œuf du nid d’un passereau, puis replacez à la fois les trois ou quatre œufs enlevés dans le nid, l’oiseau les couvera sans paraître éprouver la plus légère surprise.
- La femelle du coucou et aussi le mâle, à moins que la femelle n'émette un appel identique à celui de son compagnon, s’occupe de l’œuf déposé dans les nids des oiselets.
- C’est au reste facile à vérifier. Avez-vous remarqué qu’un coucou, lors de sa promenade quotidienne, au cours de laquelle il suit un itinéraire qui varie fort peu, affectionne de faire halte en un endroit déterminé? Inspectes; aussitôt les lieux et vous y découvrirez la plupart du temps un nid contenant l’œuf du cuculidé. Vos recherches n’ont-elles pas abouti ? Laissez passer un laps de temps suffisant pour que l’œuf soit éclos et revenez audit endroit. Vous avez alors grande chance, si vous êtes quelque peu patient et si le temps ne vous fait pas défaut, de découvrir le jeune coucou qui décèlera sa présence par les pépiements qu’il pousse inlassablement quand il a acquis une certaine taille. Les bûcherons, les forestiers, vous seront sous ce rapport, s’ils veulent s’en donner la peine, de pré-
- cieux indicateurs, leur présence continuelle dans les bois, les mettant à même d’observer le coucou et de déduire de l’audition de ses appels, les endroits qu’il fréquente le plus volontiers et où il semble stationner plus ou moins longtemps.
- Par qui les œufs ou jeunes des nourriciers sont-ils expulsés du nid? Par le jeune coucou, vous affirmera-t-on souvent.
- Rien n’est moins certain et des observations sérieuses indiquent clairement, oserons-nous dire, que cette besogne est accomplie par un des coucous adultes.
- II importe tout d’abord de bien remarquer que cette expulsion a lieu, le jour même de la naissance du jeune coucou. Ce n’est pas alors que l’oiselet a atteint la moitié de sa croissance qu’il procède à l’exécution de ses voisins de nid.
- Or, à sa naissance, le jeune coucou, flasque et inconsistant, est à peine gros comme l’extrémité du doigt majeur.
- Il gît au fond du nid, profond de 7 à 8 cm, nullement à l’étroit, ainsi qu’on semble parfois le supposer. Il est aveugle par-dessus le marché. Qui nous expliquera par quel extraordinaire mécanisme l’oiselet informe va, après avoir chargé sur son dos une de ses victimes qu’il y maintient, on ne nous a jamais expliqué de quelle façon', va désormais se bisser le long de la paroi presque à pic du nid et jeter son fardeau par-dessus bord, après avoir franchi une hauteur qui est 7 à 8 fois la sienne? Il ne peut guère compter sur ses pattes sans force de préhension aucune, guère plus sur son petit bec mou.
- Admettant même qu’il exécute ce tour de force, comment arrive-t-il à projeter ou loin l’œuf ou le jeune qu’il expulse? Il y a en effet lieu de remarquer que les jeunes ou œufs expulsés d’un nid, ne sont jamais dans l’immédiate proximité de celui-ci, ainsi qu’il en devrait être si le jeune coucou les laissait choir du bord du nid ; mais bien, sauf des exceptions très rares, à des distances atteignant parfois plus d’un mètre. Quelle est donc la eatapulte dont se sert le jeune coucou pour lancer ses victimes si loin du nid ? De plus il arrive fréquemment que l’on ne retrouve pas, aux abords du nid, la couvée ou la nichée entière du nourricier. On n’a pas encore signalé cependant que le jeune coucou dévorait ses frères ou les œufs dont ils auraient pu éclore. Coïncidence curieuse : on a parfois découvert, dans l’estomac des coucous adultes, des écales d’œufs de passereau ; les œufs ou jeunes transportés à distance, d’autres disparus! Ceci ne suggère-t-il pas l’intervention du coucou adulte?
- Dans une cavité profonde de 20, 25, 50 cm, un passereau : rouge-queue de muraille, hochequeue, a construit son nid. Un coucou vient y déposer un œuf. Ce n’est pas une exception telle que chacun de nous n’en ait au moins entendu parler. Or dès la naissance du petit cuculidé, la ponte ou les jeunes du nourricier disparaissent. Admettrez-vous
- p.356 - vue 360/688
-
-
-
- 357
- LES MICROBES DE L’AIR
- que le jeune coucou aveugle, sans consistance, sans force, ait par l'orifice de la cavité, parfois guère large, envoyé à l’extérieur les œufs ou jeunes qu’il avait à ses côtés. Il semble, sauf explication que nous n’apercevons pas, qu’il est malaisé de convenir qu’un jeune coucou ait pu lancer, sans y voir, des œufs oujdes jeunes par l’ouverture du creux où le passereau niche. Qu’il ait fait l’ascension de l’intérieur du creux, à pic, lisse souvent, nous semble encore moins plausilde.
- . Un rouge-gorge niche au fond d’un couloir, au-dessus d’un aqueduc. Il fait éclore un jeune coucou. Cinq œufs sont expulsés du nid qui se trouve à 50 cm de l’ouverture du couloir. Alors qu’il ne tient pas sur pattes, le jeune coucou aveugle aurait, cinq fois, dû accomplir aller et retour ce trajet.
- Il m’est arrivé une fois — il m’est pénible de tuer un oiseau que j’observe — de mettre à mort un coucou adulte venant visiter le nid d’un nourricier. Ni les œufs, ni les jeunes n’ont été expulsés par le jeune coucou, au moment de sa naissance.
- On a beaucoup critiqué une déclaration de M. Paul Bernard affirmant que c’était le nourricier lui-même qui expulsait sa progéniture. Mais, fait intéressant et sur lequel il convient d’insister, M. Paul Bernard a chaque fois, au cours de ses
- observations, aperçu le coucou adulte aux environs du nid du passereau, ce qu’il reconnaît avec une bonne foi et une probité scientifique auxquelles il i faut rendre hommage.
- Mais il y a plus et mieux. C’est la découverte, capitale à notre point de vue, d’un savant médecin belge, le D1' M. Mairlot.de Them-lès-Spa, un remarquable naturaliste, qui s’est fait un nom dans la science belge, qu’il s’agisse de botanique, d’entomologie ou d’ornithologie, et qui n’est pas un inconnu dans les milieux scientifiques français.
- Le D1' Mairlot, examinant de près des œufs de rouge-gorge ramassés aux abords du nid dans lequel se prélassait un jeune coucou, releva sur l’un d’eux la trace très nette de l’extrémité des mandibulès d’un oiseau. De par sa forme, cette marque ne pouvait être que celle du bec du coucou adulte.
- Mon attention ayant été attirée sur ce point par l’importante constatation du Dr Mairlot que l’on peut qualifier de sensationnelle, j’ai eu occasion depuis de faire à deux reprises, la même observation, étant en une circonstance accompagné d’un ami.
- Ceci pourrait inciter d’autres observateurs à examiner de près les œufs rejetés d’un nid contenant un jeune coucou. L. COOI'MAN.
- LES MICROBES DE L’AIR
- Bien avant toutes données scientifiques, l’imagination des anciens avait peuplé l’atmosphère d’éléments invisibles doués de vertus morbifiques. Thucydide, au sujet de la peste d’Athènes, parle, quatre siècles avant notre ère, d’un venin pestilentiel de l’air. Hippocrate, de même, nous a transmis une théorie des miasmes, admise à peu près sans changement jusqu’à une époque presque contemporaine Q).
- Dans l’esprit populaire, la présence de ceux-ci était étroitement liée à la notion de la puanteur; la disparition des odeurs constituait le critérium simple de la pureté de l’air. Aussi la pratique des feux purificateurs remonte à la plus haute antiquité. C’est pourquoi également, lorsque, plus tard, on reconnut le pouvoir désodorisant des fumées et parfums, on s'efforça de médicamenter l’air chaque fois qu’il était utile. On vit recommander dans ce but la combustion des baies de genièvre, du laurier, des sarments de vigne, des résines, etc.
- On sait que, pendant les périodes d’épidémie, les médecins portaient un masque à parfum (fig. 1) et que leurs consultations avaient lieu à l’abri d’un écran gazeux produit par la combustion de baies de genièvre sur un réchaud disposé à côté du lit du patient. La confession avait lieu suivant le même
- 1. Influences telluriques sur les causes du paludisme. E.-A. Martel. La Côie d’Azur russe, p. 533.
- protocole. Desgenettes, en 1799, au cours de l’expédition d’Egypte, utilisa les vapeurs produites par la projection du vinaigre sur des cailloux chauffés, préparation qui rappelle complètement celle de l’aldéhyde formique utilisant l’action catalytique d’un corps poreux.
- M. Trillat, auquel ces renseignements sont empruntés, a montré que les combustions incomplètes des baies et racines, riches en saccharose, étaient génératrices de polymères de l’aldéhyde formique, 100 gr. de sucre donnent, par leur combustion, 700 milligr. d’aldéhyde. Ainsi la vieille coutume de brûler du sucre sur une pelle chauffée se justifie entièrement.
- En 1884, après les découvertes pastoriennes, lors de l’épidémie de choléra qui sévit à Toulon, la municipalité fit brûler du goudron sur les places publiques (fig. 2) ; à l’heure actuelle nous faisons encore bouillir de l’eucalyptus dans la chambre de nos grippés.
- Nous verrons comment ces pratiques empiriques se rattachent, en réalité, aux conceptions les plus modernes de la science expérimentale.
- | C’est à Pasteur que l’on doit les premières connaissances qui aient été acquises sur la présènce et la densité relative des espèces existant dans l’air. Le génial savant opérait à l’aide de ballons à cols étirés et scellés contenant un bouillon stérile. On procédait
- p.357 - vue 361/688
-
-
-
- 358 ....... .. — LES MICROBES DE L’AIR
- à la rupture des effilures des vases sur les lieux à expérimenter, et c’est ainsi que dans la cour de l’Observatoire on put noter que sur 11 ballons ouverts, 1 ! furent contaminés; en pleine campagne, au pied du Jura, sur 20 ballons, 8 fermentèrent, et sur le même nombre à la Mer de Glace, il n’y eut qu’un seul vase ensemencé.
- Des techniques assez variées ont été proposées pour procéder au dénombrement des espèces microbiennes de l’air. Le procédé le plus simple consiste à faire barboter un volume d’air déterminé dans une petite quantité de liquide que l’on ensemence (méthode de Strauss et Wiïrtz). Un moyen mieux approprié pour parvenir à une récolte plus complète des éléments figurés de l’atmosphère est d’utiliser les propriétés de rétention qu’offrent les matières pulvérulentes à l'égard des germes. C’est ce que Miquel avait réalisé avec ses dispositifs utilisant le sucre ou le sulfate de soude.
- La remise en suspension des germes était obtenue par la solubilisation des supports. Ce savant a mesuré pendant de longues années le nombre des bactéries existant dans l’air du parc de Montsouris et dans une autre atmosphère prélevée place Saint-Gervais.
- Voici la moyenne saisonnière de la richesse en microorganismes, par mètre cube d’air, pour une période de 25 ans (1878-1905) :
- Montsouris Place Saint-Gervais
- Bactéries. Moisissures. Bactéries. Moisissures.
- (Printemps (mars-avril-mai' 270 170 > : 6 961 1 775
- Hiver (décembre-janvier-février) : 145 153 4 078 1 606
- Eté (juin-juillet-août) : 298 310 10 611 2 275
- Automne (seplembre-octobre-novembre) :
- 226 226 7 221 2 368
- Sartory et Langlais (*) ont fait un grand nombre d’observations sur l’atmosphère de la capitale et leurs constatations sont particulièrement intéressantes.
- Tous les chiffres cités se rapportent au mètre cube d’air. On relève ainsi :
- Place de la Madeleine :
- à 8 h. malin. . 545 bactéries au m3 d’air,
- à midi .... 9 600
- à 5 h. soir. . 20 800 — (circulation intense)
- Avenue du Bois de Boulogne (chiffres moyens) :
- 9 li. matin. 6 li. soir,
- Semaine................... 775 91 750
- — (après pluie) , . . ‘ 680 15 000
- — (grand vent) . . . 4 100 150 000
- Dimanche......................il 000 421 000
- Avenue de l’Opéra, alors que les chiffres moyens trouvés étaient de l’ordre de ceux enregistrés place de la Madeleine, la présence d’un chantier de démo-1. A. Sartory et M. Langlais. Poussières et Microbes de l'air.
- lition, non loin du point de prélèvement, portait la densité microbienne à 240 000 espèces au mètre cube d’air.
- Les rues des quartiers périphériques donnent des chi lires beaucoup plus bas :
- Rue d’Alésia ..... 550 \
- — de Tolbiac .... 517 ( (moyenne de
- — de la Glacière. . . 400 ( 10 analyses).
- — Sarrette............ 328 )
- La Tour Eiffel a fourni à ces auteurs l’occasion d’un véritable sondage en hauteur de l’atmosphèrë parisienne (moyenne de 10 analyses) :
- Au bas de la Tour .... 2217 bactéries.
- Au 1er étage................ 408 —
- Au 2e —.................... . 96 —
- Au 5e —................... 5 —
- Voici les microbes de la grande route :
- Route de Ville-d’Avray :
- La semaine : 190 à 260.
- Le dimanche, les automobiles se succédant : 740 000 à 910 000.
- Sartory et Langlais ont pratiqué des mesures dans l’atmosphère dominant une partie de route goudronnée et dans une autre dominant une portion non goudronnée. Les chiffres obtenus, avenue de Saint-Cloud (près du Lycée) pour des prises opérées en semaine, sont de l’ordre suivant :
- 4 heures soir.
- Partie goudronnée .... 72 000 à 600 000
- Partie non goudronnée . . 980 000 à 2 500 000
- Ces chilfres s’élèvent le dimanche jusqu’à 20 millions pour l’atmosphère surmontant la partie non goudronnée.
- Les sites désertiques, la forêt, la montagne, sont des réservoirs d’air pur.
- Forêt de Saint-Odile (Alsace) :
- En plein bois. Sur le chemin.
- 5 à 8 germes. 29 à 40 germes.
- Au plan des Aiguilles (Chamonix), on a noté 1 à 3 microbes; au Ballon d’Alsace, 5 à 12, à Berck-Plage, par temps couvert, 10 à 21; par journée ensoleillée, 2 à 8 (Sartory et Langlais).
- Levin filtrant 20 m3 d’air au Spitzberg n’a obtenu que quelques moisissure* ; Ekelhof, au Pôle Sud, a pu exposer pendant 5 heures des plaques Pétri dont plus de la moitié sont restées stériles, les autres ne contenant que quelques rares colonies.
- De l’ensemble de ces chiffres, nous dégagerons quelques remarques : il ri'est pas douteux que le, peuplement de l’atmosphère va croissant à mesure que le sol se dessèche. !En saison d’hiver, le sol humide essaime peu de germes dans Pair. L’insolation et la dessiccation atteignent leur maximum en été, mais ces causes de destruction des germes sont contre balancées par la mise en suspension des
- p.358 - vue 362/688
-
-
-
- LES MICROBES DE L’AIR —.-. -.::....— 559
- poussières, riches en germes, action qui trouve son i plus grand développement pendant la saison chaude.
- On voit également que le nombre des germes j croît avec la densité de la population, son agitation, ! et au contact des agglomérations, des centres sur- | peuplés et souillés. Les territoires fortement ven- : tilés et insolés, c’est-à-dire les points élevés, seront j pauvres en germes, alors que les zones basses confinées et assombries seront richement peuplées.
- Les causes qui vont régir les variations du peuplement dans les espaces clos sont toutes circonstancielles. Voici quelques chiffres dus à Sartory et Langlais : ( •
- Dans un grand magasin de nouveautés, jour d’ex-
- position, on relève dans le hall central plus de
- 4 millions de germes.
- Salon de l’Automobile : 2 h. 5 h.
- Jour de semaine 78 000 840 000
- Dimanche . 4 260 000 9 670 000
- Musée Parisien :
- Semaine 102 000 128 000
- Dimanche 572 000 1 120 000
- Salle de bal :
- A 19 h. 50, avant qu’on ait dansé. , . 6 000
- A 20 h. 45, commencement du bal . . . 209 000
- A 22 heures. ..... . 575 000
- A 25 h. 50 . . . , . . 720 000
- Les voitures du Métropolitain ont donné :
- Malin. Après-midi. Soir à 7 h.
- lre classe. . . . 1 900 5 000 56 000
- 2e classe. . . . 7 100 18 000 92 000
- L’intérieur d’un tramway Bastille-Montparnasse a fourni des chiffres allant de 1500 à 14 000 germes, et l’autobus Porte de Gentilly-Gare du Nord de 7 à 25 000..
- Si nous passons aux pratiques ménagères, nous verrons, avec ces auteurs, la densité microbienne varier comme suit, dans la cage de l’escalier d’une
- maison bourgeoise :
- Avant le balayage..................... 75.0
- Après 5 minutes de balayage à sec . . . 21.000
- Brossage du tapis depuis 5 minutes . . 95 000
- — — 10 minutes . . 410 000
- Le Dr Broequin-Lacombe a analysé la richesse microbienne de Pair de son laboratoire ;
- Avant pénétration. .... 162 germes au m3
- Une heure après pénétration. 1 240 —
- Après le balayage humide. . 2 228 —
- Après le balayage sec . . . 59 258 —
- Ces derniers chiffres affirment la supériorité du balayage à la serpillière humide sur le balayage à sec, et l’^n sait que le nettoyage par le vide assure des résultats beaucoup plus absolus encore.
- Sur la faveur dont jouissent les ventilateurs grands brasseurs d’air, notons, avec Sartory et Fillassier, que les instruments cïu type sans com-
- munication extérieure ne font que mettre en suspension les poussières et microbes des salles où ils fonctionnent. Voici la salle de 1400 m3 d’une grande t? verne et l’on y relève :
- A 8 h. soir, ventilateur arrêté .... 6 700
- A 9 h. soir, ventilateur mis en marche. 80 000 À 10 h. soir, ventilateur fonctionnant
- depuis 1 heure........................ 440 000
- Frois, puis Frois et Sartory ont examiné le rôle des poussières dans l’industrie. Ces auteurs ont mesuré la richesse en éléments organisés des poussières recueillies dans les ateliers de diverses industries (traitement des laines, des crins, blanchisseries, etc.). Dans une salle de triage de chiffons, on a pu numérer jusqu’à 26 millions de germes.
- Miquel a mesuré pendant cinq années la richesse microbienne de l’air d’un égout parisien situé sous la place Saint-Gervais. Les chiffres trouvés en égout (5800 en moyenne) ont été constamment inférieurs à ceux relevés à Pair libre sur la place Saint-Gervais où la moycnne.mensuelle ressort à 6975. Fait paradoxal, en apparence du moins, Pair des fosses d’aisances est très pauvre en germes.
- Miquel à l’hôpital de la Pitié, Frois et Sartory à celui de la Charité, ont pratiqué d’une façon suivie l’analyse bactériologique de Pair de differentes salles. Les chiffres obtenus, concordants, sont de l’ordre de grandeur ci-dessous :
- Moyennes saisonnières au mètre cube d’air :
- Hiver ........... 16 000
- Printemps ........... . il 500
- Été (juin, juillet, août) .... 5 000
- Automne............... 14 500
- Les trois mois à chiffres faibles sont ceux où la pièce s’aère par les fenêtres ouvertes. L’air de la salle gagne à cet échange ce que l’air du quartier y perd.
- Il a été souvent observé qu’un hôpital dispense autour de lui l’affection dont il offre le plus de cas hospitalisés, et c’est avec raison que l’on a préconisé leur éloignement des centres urbains.
- On a beaucoup invoqué à cet égard que la contagion devait s’exercer surtout par les rapports du personnel infirmier avec le voisinage, et à l'appui de cette opinion on a rappelé les expériences de Strauss sur la pauvreté de Pair expiré, montrant que sur 20 000 bactéries inspirées, il n’en est plus exhalé que 40 avec Pair expiré.
- Malgré cette grande activité de résorption développée par l’organisme, il n’est guère douteux que Pair joue un rôle important dans la contagion de certains exanthèmes (variole, rougeole, scarlatine).
- On connaît des cas de charbon pulmonaire observés chez des ouvriers manipulant les toisons laineuses et les peaux animales; enfin les travaux considérables sur la tuberculose ont montré surabondamment le rôle des poussières bacillifères dans la diffusion de cette affection.
- p.359 - vue 363/688
-
-
-
- 360 =rr--rrr LES MICROBES DE L’AIR
- Fig. i. — Habit des Médecins et antres personnes qui visitent les pestiférés. Il est du marocain du Levant, le masque a les yeux de cristal et un long nez rempli de parfums.
- Gravure extraite du Traité de la Peste par le D' manget - 1721.
- Voici d'ailleurs un cas non douteux de contage en masse de l’atmosphère allant porter l’épidémie loin du foyer d’origine.
- Londres utilise des hôpitaux flottants, ancrés dans l’estuaire de la Tamise, à 640 m. au large de la côte d’Essex. Ici les relations avec la terre sont nécessairement restreintes. Le Dr Tresh, lors des épidémies de variole de 189*2,
- 1895, 1901, remarqua que des cas se manifestaient à la côte de Purfleet (qui est sous le vent des bateaux) dès que ceux-ci recevaient leur contingent de malades. Pour la dernière épidémie, dans un rayon de 5/4 de mille des navires, 8,8 pour 100 de la population fut atteinte, mais la répartition en est fort édifiante : alors, en effet, qu’à la côte « sur le vent » les cas ne dépassaient pas 1 pour 100 de la population, ce chiffre s’élevait à 12 pour 100 à la côte « sous le vent )), celle de Purfleet, qui reçoit les vents dominants, venant de la direction des hôpitaux flottants.
- Jusqu’ici nous n’avons qu’énuméré en bloc les germes recueillis dans les atmosphères étudiées; les ten-
- tatives de spécification des espèces ont été assez rares; la plupart des germes identifiés sont des saprophytes; on y a reconnu cependant des microbes pathogènes tels que le pneumocoque, le streptocoque pyogène, le bacille diphtérique, le vibrion septique, etc.
- Nous n’avons pas non plus tenté de suivre le sort des microorganismes mis en suspension. C’est Brouardel qui, en 1887, paraît avoir été le premier à admettre que l’air humide pouvait transporter des germes pathogènes. F. Bordas, l’année suivante, dans un mémoire couronné par l’Académie de Médecine, établit dans sa conclusion une notion qui devait être très féconde : celle que l’air « chargé de vapeur d’eau à l’état vésiculaire » pouvait devenir le véhicule de germes microbiens. D’autres auteurs ont confirmé ce point de vue. M. Trillat a depuis approfondi la difficile et délicate étude de la vie microbienne en suspension à laquelle il a consacré de nombreuses expériences. Ses travaux ont jeté une vive lumière sur cette question si complexe. Nous résumerons brièvement son œuvre :
- L’air des lieux peuplés renferme en suspension des germes qui, pour les pathogènes, ont comme origine la projection de petites fractions de supports organiques détachés des foyers infectieux. La vitesse de l’air au passage de la glotte au moment d’une quinte de toux peut atteindre 25 m. à la seconde. Cet exemple d’intervention mécanique, indispensable pour la mise en atmosphère des germes, peut donc provoquer des expulsions importantes.
- Les microbes jouent dans l’air le rôle de noyau de condensation de l’humidité. Ces vésicules d’eau atteignent à peine 1/100 000° de millimètre cube. Elles sont facilement entraînées par les courants d’air, et l’on conçoit que la vie du microbe suspendu dans sa bulle minuscule sera dès lors extrêmement sensible aux conditions extérieures.
- M. Trillat, sous le nom de « gaz-aliments », a
- Fig. 2. — Les feux allumés à Toulon, pendant le choléra de 1884 D'après La Nature 19 juillet 1884.
- p.360 - vue 364/688
-
-
-
- 361
- LES MICROBES DE L'AIR
- étudié l’influence des matières gazeuses nourricières, que peuvent rencontrer ces particules dans l’atmosphère. L’ammoniaque, par exemple, à la dose du 1/5 millionième, s’est montrée favorisante; les alcaloïdes gazeux également, mais ceux-ci deviennent rapidement antiseptiques à des taux plus élevés. Ces actions ne sauraient étonner, car ces traces infinitésimales sont de l’ordre de grandeur des germes.
- Cet auteur a établi une propriété particulière des gouttelettes microbiennes, celle de pouvoir être localisées en des points singuliers, en particulier vers les zones ou surfaces refroidies. Il a pu, en s’inspirant de cette considération, réaliser expérimentalement des contagions à distance. La possibilité d’un contage volatil apparaît donc en dehors de tout mouvement d’air apparent.
- M. Trillat a montré également qu’une dépression brusque accélérait la chute des gouttelettes et que l’atmosphère d’étude s’en trouvait purifiée. Les variations de pression barométrique peuvent donc agir sur le mode de rassemblement des germes de l’air.
- Ces considérations permettent d’interpréter un certain nombre de faits rencontrés au cours de cet exposé. Nous y voyons d’abord la justification des pratiques anciennes des fumées médicamentées; aussi, l’explication de la pureté microbienne relative des atmosphères d’égouts, de fosses d’aisances, en se souvenant de la toxicité de certains gaz. A Marseille, au cours des grandes épidémies qui ont si souvent ravagé cette cité, n’est-on pas allé jusqu’à conseiller l’ouverture des cloaques pour en mieux faire dégager les gaz nauséabonds. Cette pratique empirique, comme tant d’autres, reposerait ainsi sur un fond justifié d’observations.
- Les dépressions barométriques qui provoquent la précipitation des vésicules microbiennes permettent aussi— c’est un fait bien connu — le dégagement des gaz-aliments emmagasinés par le sol.'Cette double action favorise le groupement et l’activité des microbes en suspension et nous constatons, en effet, que le lait caille plus vite, que les viandes et les bouillons s’altèrent plus rapidement, par les temps orageux qu’en période normale. Les relations entre les épi-
- Fig. 3. — Appareil démies et les facteurs mé-& téorologiques découlent na-
- ration en b; l’air pè- turellement de ces obser-nètre par la tubulure valions. Les germes vont a et abandonne ses donc rencontrer dansl’atmo-sphère un groupement va-liquéfiée. nable de facteurs, les uns
- Fig. 4. — Appareil d’expérience de MM. d’Arsonval, Bordas et Touplain
- pour la captation électrique des poussières.
- atténuant, d’autres exaltant l’activité microbienne, etM. Trillat voit dans ces procès superposés la possibilité d’expliquer l’extinction des épidémies, le réveil de saprophytes indifférents ainsi que les oscillations de virulence des germes qui font varier les maladies suivant son expression, « de la sporadicité la plus discrète aux explosions les plus violentes ».
- Les tentatives faites dans le but de lutter contre les poussières organisées ont été jusqu’ici peu nom* breuses.
- . Seule, à peu près, l’industrie s’est appliquée à réaliser, dans des buts techniques, des méthodes de purification des atmosphères. La nécessité, par exemple, de traiter l’air des chambres froides dans les usines frigorifiques s’impose de plus en plus. De même, on dépoussière l’air pour protéger les organes, les enroulements de fils des machines ventilées, aux fins de refroidissement (bobinages des générateurs et transformateurs électriques) et pour éviter les risques de court-circuit. Mais le plus souvent, c’est la récupération rémunératrice d’un produit pulvérulent qui a été envisagée.
- Un Français, Guittand, vers 1850, proposa d’utiliser l’électricité à la précipitation des poussières.
- Mais c’est en 1905, aux États-Unis, que Cotrell mit au point un procédé consistant à soumettre les particules en suspension à l’action d’un champ électrique agissant perpendiculairement à la direction du courant de poussière.
- Les récupérations obtenues sont considérables.
- p.361 - vue 365/688
-
-
-
- 362 ..... = LES MICROBES DE L’AIR
- Cilons, d’après E. Weiss, le cas d’une fabrique de ciment, établie en Californie où ce procédé permit de recueillir journellement 40 tonnes de poussières de ciment sur les 850 que représentait la produc-lion quotidienne de l’usine.
- Cette méthode a reçu, en Amérique, des applications extrêmement nombreuses en raison de la rigueur avec laquelle on y applique les règlements, qui vont jusqu’à exiger la fermeture des installations susceptibles de produire des fumées.
- Aux Etats-Unis, sur les lignes des chemins de fer souterrains, les tunnels sont parcourus la nuit par des voitures spécialement aménagées. Des jets d’air comprimés lancés à l’avant du véhicule soulèvent la poussière du ballast. L’atmosphère souillée est aspirée et purifiée par son passage dans un dispositif à précipitation, avant d’être restituée au souterrain.
- En France, ce sont les travaux de MM. d’Arsonval et Bordas, qui ont mis au point les conditions de fonctionnement de dispositifs susceptibles de capter électriquement les poussières et fumées.
- Ces auteurs, avec leur collaborateur, M. Touplain, se sont servis, comme élément captant, d’un tube métallique en cuivre de 0 m. 20 de diamètre et de 1 m. de longueur (iig. 4)..On fait ruisseler une mince couche d’eau de la partie supérieure du tube, le long de sa paroi interne. A l’intérieur du tube est tendu un fil axial lequel est porté à la tension négative de 25 à 50000 volts, le tube qui forme lui-même l’autre électrode étant relié à la terre. L’air aspiré traversait le tube captant à la vitesse de 2 m. à la seconde et l’on constatait sa stérilité absolue à la sortie de l’appareil.
- Un antiseptique peut être ajouté à l’eau de ruissellement entraînant les poussières et germes captés. On prévoit d’intéressantes applications de ces techniques pour l’hygiène des salles de chirürgie, de contagieux, les écoles, théâtres, tunnels du Métropolitain, etc. [*).
- Nous sommes revenus ainsi à des pures considérations d’hygiène. Il n’est pas douteux que celle-ci n’ait trouvé et ne trouve encore son bénéfice à de telles incursions dans le domaine industriel.
- *
- * *
- Arrivé au terme de notre exposé, nous pouvons dire que par une grande méconnaissance de la
- 1. M. Bruère signale une application de ce procédé dans une usine des environs de Nancy fabriquant du noir de fumée par combustion incomplète de la naphtaline. On put récupérer ainsi quotidiennement 500 kg de ce noir, de vente rémunératrice et si léger qu’il salissait tout—le linge en particulier à 1 km à la ronde.
- question, nous nous sommes peu préoccupés de nous protéger conlre les risques de contagion de l’atmosphère.
- Cependant nul d’entre nous ne peut se soustraire à l’inéluctable fonction physiologique qui fait passer dans nos poumons environ 9 m3 d’air par vingt-quatre heures.
- Il faut donc souhaiter que les recherches sur la vie microbienne, en suspension, se poursuivent, afin que le délicat mécanisme en soit mieux encore approfondi.
- Une des difficultés de cette étude a été l’impossibilité d’individualiser les molécules d’air. Ce problème ne semble pourtant pas insoluble et, de même qu’en hydrologie, on identifie les veines liquides par la fluorescéine, les poudres colorées, dont on pourrait recueillir les traces sur des écrans permettraient de multiplier les expériences sur la circulation des vésicules.
- Il faut aussi désirer hautement que les événements sanitaires recherchent de plus en plus leur liaison avec les facteurs météorologiques, ainsi que l’a tenté M. L. Besson dans ses remarquables éludes.
- Rappellerai-je que le pays, au cours de la terrible épreuve qu’il vient de traverser, a vu mettre en jeu des moyens de combat inconnus dans le passé.
- Après l’atroce lutte des gaz, est-il exagéré d’entrevoir la lutte microbienne où l’air vecteur, chargé de buées invisibles, anonymes, viendra porter la contagion, aussi bien parmi les combattants que parmi les populations désarmées?
- Il serait excessif de compter sur la conscience des hommes pour nous épargner ces horreurs nouvelles. Plus sage serait de se préparer à s’en défendre. Je ne voudrais pas cependant terminer sur une anticipation aussi pessimiste.
- La crainte du microbe ne doit pas nous rendre la vie insupportable. L’air, en somme, est beaucoup moins peuplé en germes que les autres éléments qui nous entourent, bien moins que les eaux, par exemple, cent mille fois moins que le sol. « Les lois naturelles nous protègent donc du côté où il nous est plus difficile de nous protéger nous-même », disait Duclaux, et le Maître que je cite à peu près de mémoire, ajoutait par ailleurs :
- « Le monde est vieux, et, comme nos aïeux, depuis des siècles, ont consommé beaucoup de microbes, s’ils étaient tous dangereux, nous serions bien malades et bien clairsemés. Or l’expérience monlre que le monde se peuple de plus en plus et que dans la vie des individus, la santé bienfaisante est la règle, et la maladie l’exception ».
- A. Güillerd,
- Sous-chef du Service de surveillance des Eaux d’alimentation de la Ville de Paris.
- p.362 - vue 366/688
-
-
-
- 3 63
- L’ABSORPTION DES GAZ PAR LE CHARBON
- Pourquoi faut-il souffler sur un foyer pour le ranimer?
- On sait que le charbon de bois a la singulière propriété d’absorber les gaz lorsqu’on le refroidit, et cette propriété est utilisée sur une grande échelle, soit pour obtenir un vide parfait dans les appareils, soit pour retirer certains éléments de mélanges gazeux, le charbon de bois retenant plus énergiquement certains gaz et ne les restituant que lorsque la température est relativement élevée. C’est ainsi que Storey et Levyis ont trouvé que môme à 200° dans le vide, il était difficile d’extraire du coke l’azote et l’acide carbonique qui avaient été absorbés à basse température.
- Dans d’autres expériences de Baker, sur du charbon de sang purifié, on trouve que l’oxygène absorbé était restitué à 100° sous la forme d’acide carbonique. Rhœd et Wherler, opérant dans des conditions différentes, sont aussi arrivés à la conclusion qu’il y a une réaction, même à basse température, entre le charbon de bois et l’oxygène et llulelt a pu mettre en é\idence la formation à la température ordinaire d’oxydes non volatiles.
- Malgré que le bois et le charbon servent à chauffer l’humanité depuis les temps les plus reculés, il y a donc
- encore un grand nombre de faits qui nous échappent.
- En particulier, pourquoi, lorsque l’on soulile de l’air avec un soufflet sur un feu de bois en train de mourir lentement, voit-on la flamme reprendre vive et claire bien que l’afflux brusque d’une grande quantité d’air froid devrait plutôt avoir pour conséquence de refroidir complètement les braises? Bacon a émis l'hypothèse que les braises mourantes sont recouvertes d’une pellicule d’acide caibonique qu’elles retiennent fortement et qui se trouve partiellement déchirée par le jet d’air du soufflet. Lorsque le feu flambe avec intensité, il est probable qu’il y a moins d’acide carbonique absorbé à cette température élevée et le tirage naturel est suffisant pour amener au foyer la quantité d’oxygène nécessaire à la combustion. Bien que cette hypothèse n’ait pu être vérifiée directement, elle est rendue assez vraisemblable par les expériences de Arnadt et Schraube qui ont trouvé que même au rouge, l’acide carbonique est absorbé par le charbon de bois plus fortement que l’oxyde de carbone et l’azote.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1924.
- La radioactivité des cellules vivantes. — Le nouveau dispositif imaginé par M. Albert Nodon évite tout contact direct de l’objet à étudier avec l’émulsion sensible et ses dernières expériences ont comparé un insecte vivant (Pæcicoloris) et une feuille verte avec un échantillon de sulfate de baryum-radium, dont l’activité était égale à celle de l’uranium. Il reste établi, des résultats obtenus, que la cellule vivante subit une désintégration atomique, analogue à celle des corps radioactifs.
- Un nouveau dispositif pour chauffage électrique dans le vide. — Il est dû à MM. Lebeau et Picon et consiste essentiellement,en un tube de charbon ou de métal réfractaire (molybdène ou tungstène), formant résistance et placé dans un ballon de verre Pyrex ou de quartz, refroidi par un vif courant d’eau s’étalant en surface. Le vide s’obtient par une pompe à vapeur de mercure, reliée à une pompe rotative à huile, à double effet, de Gaiffe. Déterminée à l’aide d’un pyromètre optique, à disparition de filament, du type Ilolborn Kurlbaum, la température peut s’élever a 2400° et s’évaluer à 25° près.
- L'azote solide et l'origine du spec tre auroral. — Les dernières expériences dé M. Vegard confirment son hypothèse sur la constitution des régions supérieures de l’atmosphère au-dessus de 90 km, et il est maintenant acquis que le spectre auroral typique est constitué par de l’azote cristallisé.
- Les résidus urbains. —Débarrassés', après séchage, des cendres fines par tamisage, ils sont capables de produire 1500 cal. par kg, et les mâchefers se prêtent à la fabrication, non seulement de briques silico-calcaires et d’agglomérés de chaux ou de ciment, mais aussi de verres acides pour les isolateurs électriques, de verres basi-
- ques, constituant d’excellents matériaux de pavages et de construction, enfin d’un ciment analogue au ciment de laitier. Tous ces produits, étudiés par M. Bigot, sont utilisables sur place.
- Les loups dans les fours à cuve. — La formation de ces gros blocs, solidifiés spontanément et qui entraînent souvent l’arrêt momentané du fourneau, n’est pas due, d’après M. B. Bogitch, à un simple refroidissement de la masse. Elle dépend, pour une grande part, de la teneur en soufre du métal.
- L’acide phocénique et l'acide valérianiqne. — Pour résoudre un problème posé par Lewkowitch qui soupçonnait Chevreul d’avoir défini acide phocénique, un mélange équimoléculaire d’acide butyrique et d’acide caproïque, M. Emile André a fait porter ses essais sur de l’huile de tête de Dauphin et de l’huile de lard de marsouin. 11 en conclut que les deux composés, acide phocénique et acide valérianique, sont identiques et que la propriété de la découverte appartient à Chevreul. Pentz, Grole et Tromsdorff n’ont fait que retrouver, dans la racine de valériane, le corps isolé en 1817 de l’huile de dauphin et en 1818 des baies du Viburnum opulus, par le chimiste français. • 1
- Le dosage volumétrique du carbone. — La nouvelle méthode imaginée par M. J.-F. Durand, présente le gros avantage de substituer à la combustion en présence de l’oxyde CuO, une simple oxydation à froid par l’anhydride permiinganique, suivie de la mesure de l’anhydride CO® dégagé. Des résultats particulièrement intéressants ont été fournis par les expériences faites sur des hydrocarbures et des composés. ternaires renfermant les éléments G, H et 0. Paui. B.
- p.363 - vue 367/688
-
-
-
- 364
- LES MACHINES A VAPEUR A TRÈS HAUTE PRESSION
- La nécessité de réaliser le rendement maximum dans les installations de force motrice provoque actuellement une évolution extrêmement importante et rapide dans le domaine de la machine à vapeur. Le rendement total d’une très bonne et très moderne installation à vapeur ne dépasse pas 10 pour 100; c’est-à-dire que des calories dégagées par la combustion du charbon, sur la grille, le dixième seulement est transformé en travail mécanique utile, le surplus est perdu. C’est, on le voit, un rendement très faible qui, cependant, n’est atteint que dans des usines de grande puissance, munies d’appareils perfectionnés. Les moteurs à explosion, et surtout les moteurs Diesel à combustion interne, donnent un rendement très supérieur. Ces derniers peuvent atteindre le rendement de 53 pour 100. Malheureusement, il a été jusqu’ici impossible, pour des raisons de construction, de produire par cylindre une puissance supérieure à 2000 chevaux.
- Aussi pour les installations de grande puissance, comme celles
- de la plupart des centrales modernes, où se trouvent concentrées des puissances qui atteignent et dépassent 200 000 chevaux, ne peut-on songer au moteur Diesel ; il exigerait une forêt de cylindres, d’un contrôle et d’une surveillance extrêmement délicats.
- La turbine à vapeur s’est, au contraire, révélée l’engin de choix. Les turbines de 15 000 à 50000 chevaux de puissance unitaire sont aujourd’hui machines courantes. La supercentrale de Genne-villiers en possède dont la puissance est de 45000 chevaux. Ces machines sont relativement peu coûteuses, elles sont peu encombrantes, de fonctionnement sûr, et silencieux ; leur mouvement rotatif continu s’allie parfaitement à celui des alternateurs, générateurs de courant électrique, quelles doivent entraîner. Aussi ne saurait-il être question de détrôner la turbine au profit du moteur Diesel. Quant aux turbines a gaz ou aux turbines à 2 fluides, comme la turbine Emmet dont un étage est à vapeur de mercure, elles ne sont encore, malgré les espérances que certains fondent sur elles, que des sujets d’études et d’expériences.
- L’heure de leur entrée dans le monde industriel n’a pas sonné.
- Pour obtenir la force motrice thermique à bon marché qu'exige impérieusement la civilisation moderne, il importe donc de perfectionner dans tous ses détails l’organisation de l’installation à vapeur, et surtout de celle à turbine.
- • De très grands progrès ont été réalisés déjà en ces dernières années, ils ont porté sur la construction de la turbine elle-même et sur le dessin de ses roues ; on a fait des machines de plus en plus rapides, et de moins en moins encombrantes. On a perfectionné le condenseur et tous ses accessoires ; on a cherché à tirer parti de toutes les calories perdues, celles du foyer notamment, par les économiseurs, les réchaufïèurs d’eau d’alimentation, les surchauffeurs de vapeur, les réchauffeurs d’air de combustion ; etc. On a cherché aussi à améliorer le cycle théorique de la vapeur agissant dans le s turbin es, en opérant des prélèvements de ‘ vapeur à divers
- étages pour réchauffer l’eau d’alimentation.
- Tous ces progrès ont été appliqués notamment dans la grande supercentrale de Gennevilliers (voir n° 2550) ; grâce à eux cette jeune et belle usine produit le courant électrique à un prix relativement bas. Néanmoins le rendement global reste aux environs du chiffre de 10 pour 100 indiqué plus haut.
- Si l’on considère l’ensemble d’une installation à vapeur, on s’aperçoit bien vite que c’est le foyer et la chaudière qui provoquent les pertes les plus importantes. La température du charbon brûlant sur la grille est de l’ordre de 1100° G. environ. Dans une machine thermique parfaite, en vertu du principe Carnot, le rendement ne dépend que des températures de la source chaude et de la source froide. Ici la source chaude étant le foyer à 1100°, la source froide un condenseur à 25° C., le rendement \ joo____________________25
- idéal serait de 4ÏôÜ^T273 ’ soit 78 Pour
- Malheureusement, en fait, la source chaude n’est pas le foyer, mais bien la chaudière, dont la température reste sensiblement constante, àune valeur fixée par le timbre. Ainsi, à la pression de 16 kg
- Fig. i. — Élévation, vue en bout et plan d’une turbine d'amont de 3ooo kilowatts à ico kg de pression construite par la société Brown-Boveri.
- p.364 - vue 368/688
-
-
-
- LES MACHINES A VAPEUR A TRÈS HAUTE PRESSION ;... 365
- par cm2, qui est une pression considérée encore aujourd’hui comme élevée, la température de la chaudière est de 200° seulement ; dans ces conditions, même en faisant décrire à la vapeur issue de cette chaudière un cycle idéal dans une machine parfaite, il serait impossible de transformer en travail plus de 40 pour 100 des calories qu’elle contient.
- Sans doute, on améliore quelque peu cette situation désavantageuse en surchauffant la vapeur ; la surchauffe de la vapeur a, en outre, l’avantage d’éviter les condensations qui se produisent fatale-
- étude qui ne saurait trouver sa place ici, confirme entièrement cette conclusion, mais élever la température de la chaudière signifie évidemment augmenter la pression de la vapeur ; depuis plusieurs années, les techniciens se sont engagés dans cette voie, d’abord très prudemment, par petits bonds ; puis en ces dernières années avec beaucoup plus d’audace. Il y a une vingtaine d’années, les pressions usuelles étaient de 5 à 10 kg par cm2, et il existe encore beaucoup de petites et moyennes installations qui fonctionnent ainsi.
- Mais les grandes centrales, pour qui la question
- Fig. 2. — Turbine Brown-Boveri à haute pression (ioo kg/cm2); turbine d'amont de ioooo kilowatts entraînant un alternateur à 3ooo tours.
- La turbine est à 4 corps : A, A2 A3 A4, traversés successivement par la vapeur. L’alternateur D est entrainè par l'intermèdiSire de 2 systèmes d’engrenages réducteurs B, C. Remarquer les dimensions extraordinairement réduites des turbines.
- ment avec la vapeur saturée sèche, au cours de sa détente dans la machine motrice. On pratique couramment des surchauffes de 150° et davantage. Mais c’est là, au point de vue théorique, un remède très imparfait. La thermodynamique montre que la transformation de la chaleur en travail mécanique s’opère avec le rendement maximum, lorsque les échanges de chaleur s’effectuent suivant des cycles réversibles.
- Or, de même que le passage de la chaleur entre un foyer à 1100° et une chaudière à 200° est une transformation irréversible, de même la surchauffe de la vapeur par les gaz chauds du foyer est irréversible et entraîne de grosses pertes de rendement.
- On conçoit donc qu’on se rapppochera des conditions idéales, en portant la température de la chaudière à une valeur aussi voisine que possible de celle du foyer. • ~ •
- L’étude thermodynamique serrée de cette question,
- d’économie est une question primordiale, ont poussé les constructeurs de chaudières à aborder des pressions beaucoup plus élevées ; on s’est fixé d’abord à 15 ou 16 kg. Puis à GenneviUiers, en 1922, on a franchi un nouveau bond qui a paru, à beaucoup, très hardi, pour une usine aussi importante ; on y a adopté des chaudières à 25 kg. Mais ce n’est encore qu’une modeste étape, à côté des pressions envisagées aujourd’hui. En Angleterre, et aux Etats-Unis, on a dressé des projets de centrales munies de chaudières à 30, 40 et 60 kg. Enfin il existe aujourd'hui des groupes, de puissance relativement modeste, c’est vrai, qui fonctionnent à la pression de 100 kg. Bien'mieux encore, M. Benson, en Angleterre, fait construire et étudie à Rugby, dans les ateliers Parsons, une turbine " alimentée avec de la vapeur qui provient d’une chaudière à 225 kg.
- L’eau y est portée au-dessus de son point cri-
- p.365 - vue 369/688
-
-
-
- 366
- LES MACHINES A VAPEUR A TRES HAUTE PRESSION
- tique (température critique : 574° C. piession critique 224,4 kg).
- De pareils chiffres auraient autrefois terrorisé tous les praticiens. Rappelons que dès 1897, de Laval, l’illustre ingénieur suédois, avait réalisé un groupe turbo-inoteur alimenté avec de la vapeur à 100 kg surchauffée à 350° G. (Voir La Nature n° 1271, 9 oct. 1897.) Il pouvait même pousser la pression jusqu’à 220 kg. L’éclairage électrique de l’Exposition de Stockholm en 1897 fut assuré par ces machines ; mais l’mitiative de De Laval était trop hardie pour l’époque; il ne fut pas suivi et sa remarquable tentative resta sans lendemain.
- L’opinion est aujourd’hui bien modifiée : la question de la vapeur à haute pression est à l’ordre du jour dans tous les pays. C’est ainsi qu’il y a quelques semaines, les ingénieurs allemands ont organisé une « semaine des hautes pressions » au cours de laquelle ont été examinés les principaux problèmes techniques qui se rattachent à cette question.
- Les avantages de la vapeur à haute pression sont très apparents et reconnus par tous aujourd’hui : ce sont ceux-là mêmes qu’exposait de Laval, voici plus de 30 ans, en 1894, d’une façon véritablement prophétique, lors d’une conférence à la Société des Ingénieurs civils de France : consommation réduite, installations légères et peu encombrantes, notamment tuyauteries de faibles diamètres. Signalons de suite que le rendement global, escompté pour les installations à 100 kg de pression, est de 20 pour 100; soit le double de celui des installations à 25 kg comme celles de l’usine de Gennevilliers. Cela représente une économie de combustible très considérable, et qui justifie tous les efforts. L’économie sur l'encombrement est également un facteur qui n’est pas à négliger.
- Mais la réalisation soulève manifestement des problèmes difficiles. On peut les classer en. deux catégories : la machine motrice d’une part, la chaudière d’autre part.
- La turbine. — Pour les machines à vapeur à [liston, il est difficile d’envisager l'emploi de vapeur à très hautes pressions et hautes températures; il n’en est pas de même pour la turbine. Plusieurs constructeurs réputés se sont attaqués au problème et paraissent l’avoir parfaitement résolu. La Société de Laval a mis en service dès 1922 à Gothembourg (Suède) une turbine de 600 ch alimentée avec delà vapeur à 50 kg.
- La Société Erste Brünner à Prague en construit également.
- Enfiu la Société Brown-Boveri de Baden (Suisse) construit des turbines de 3000, 1,0000 et 16 000 kilowatts alimentées avec de la vapeur à 100 kg. La Revue B. B. C. en donne une description détaillée. La température de la vapeur qui est fortement surchauffée s'élève jusqu’à 400° ou 500° C. (Le point d’ébullition de l’eau à la pres>ion de 100 kg est à 310° environ).
- Les turbines à haute pression de Brown-Boveri
- comportent deux parties bien distinctes : un élément d’amont ou turbine spécialement établie pour fonctionner avec de la vapeur à haute pression et forte surchauffe, un élément d’aval qui n’est pas autre chose qu’une turbine ordinaire, de construction normale et qui reçoit la vapeur partiellement détendue après travail dans le premier élément ; en somme l’ensemble comprend 2 turbines : une turbine d’amont à haute pression adjointe à une turbine ordinaire.
- La turbine d’amont peut comprendre un seul ou plusieurs cylindres parcourus l’un après l’autre par la vapeur : autrement dit plusieurs turbines à pression décroissante, placées en série. Il est à noter que l’on revient ainsi à un dispositif employé au début de l’apparition dvs turbines; pour éviter les rotors de trop grande longueur, on avait été conduit à exécuter en deux parties le cylindre des turbines.
- La vapeur sort du dernier cylindre haute pression détendue, à une pression de i 2 et 20 kg par cm2; elle est conduite alors à la turbine d’aval basse pression.
- Les éléments de la turbine à haute pression sont constitués par une ou deux roues montées en bout d’arbre; ce qui surprend le plus quand on examine une telle machine, ce sont ses dimensions extraordinairement réduites, eu égard à sa puissance. On s’en rendra compte en examinant les figures ci-contre extraites de la Revue B. B. C.
- Ces roues tournent à vitesse élevée et l’entrainement de la génératrice électrique se fait généralement par l’intermédiaire d’un système d’engrenages réducteur de vitesse. Quand la turbine est à 2 corps, ceux-ci sont montés symétriquement de part et d’autre de l’une des extrémités de l’arbre de la génératrice électrique. Si elle est à 4 corps, ceux-ci sont répartis en 2 groupes de deux à chacune des extrémités de l’arbre Enfin la turbine d’amont peut aussi être accouplée, par rinlcrmé-diaire d’un réducteur de vitesse, à l’arbre de la turbine qui lui fait suite. Dans ce cas, l’ensemble ne forme en réalité qu’une seule turbine commandant une seule génératrice électrique.
- Une des applications les plus intéressantes de ces turbines à haute pression parait devoir être leur adjonction à une installation existante à basse pression ; sans rien changer à la dépense de combustible, on gagne toute la puissance produite par la turbine haute pression. C’est donc une grande amélioration qui peut modifier de la façon la plus heureuse les conditions d’exploitation d’une usine.
- Pour en terminer avec le chapitre de la turbine, il faut noter que sa construction exige des malér-riaux de choix ; fort heureusement les progrès modernes de la métallurgie mettent à la disposition des constructeurs toute une gamme d’aciers capables d’offrir la résistance nécessaire, malgré les hautes températures, auxquelles ils sont soumis. Aussi les turbines Brown-Boveri à haute pression fonctionnent-
- p.366 - vue 370/688
-
-
-
- 367
- LES MACHINES A VAPEUR A TRES HAUTE PRESSION
- elles dans des conditions de sécurité au moins égales à celles des turbines usuelles.
- La chaudière. — L’exemple que nous venons d’étudier montre clairement que l’on peut considérer comme résolu le problème de la turbine haute pression; on construira, lorsque le besoin s’en fera
- la chaudière offre toujours une résistance suffisante pour assurer une pleine sécurité; mais il faut aussi que la transmission de la chaleur s’effectue dans de bonnes conditions, sous peine de réduire singulièrement le bénéfice espéré de l’emploi de ces pressions élevées. C’est un problème très difficile, et qui,
- Fig. 3. — Turbogroupe Brown-Boveri de làooo kilowatts.
- On voit ici un groupe de 2 turbines d'amont haute pression A, A. à grande vitesse, accouplé par l’engrenage B à l’arbre de la turbine d’aval C de construction ordinaire.
- sentir, des unités de grande puissance, aussi bien ([ue de petite ou moyenne puissance.
- Mais il faut les alimenter en vapeur. Nous voici donc en présence du problème de la chaudière : un récipient rempli d’eau à la pression de 100 kg, au sein d’un foyer, constitue évidemment un sérieux danger d’explosion, si la construction présente le moindre défaut. Il faut donc tout d’abord que ce danger soit absolument éliminé et que le métal de
- actuellement, ne semble résolu que pour des chaudières d’une puissance relativement faible. Les constructeurs de turbines sont en avance, à cet égard, sur les constructeurs de chaudières.
- Le problème de la chaudière à très haute pression a déjà été abordé et résolu, il y a fort longtemps, pour les petites unités, par de Laval et par Serpollet. Mais leurs solutions ne sont pas acceptables pour les besoins actuels de l’industrie.
- p.367 - vue 371/688
-
-
-
- 368 —--- LES MACHINES A VAPEUR A TRES HAUTE PRESSION
- Fig. 4.— Coupe d'une chaudière Blomquist fournissant de la vapeur à 100 kg.
- R, tube tournant ; S, grille; E, moteur électrique ;
- M, arrivée d’eau.
- Nous nous proposons ici de décrire le système fort ingénieux, imaginé par l’ingénieur suédois Blomquist et réalisé récemment par la Société Atmos de Stockholm ; cette Société a construit plusieurs chaudières à 100 kg qui semblent avoir été mises en service avec succès. Leur capacité, jusqu’ici, ne dépasse pas 8000 kg de vapeur à l’heure; ce qui, jusqu’à nouvel ordre, proscrit leur emploi général dans les grandes centrales; rappelons que les chaudières Stirling de Gennevilliers vaporisent chacune 60 000 kg de vapeur à l’heure.
- Le système Atmos repose sur les considérations suivantes ; tout le monde sait que la transmission de la chaleur d’un foyer à travers la paroi métallique d’une chaudière est incomparablement meilleure lorsque l’autre face du métal est baignée par l’eau liquide. Si pour une raison quelconque, l’eau cesse d’être en contact intime avec le métal, la transmission de la chaleur se heurte à une résistance énormément accrue, le rendement diminue; mais de [plus, et c’est un point particulièrement grave, avec les températures élevées ici en jeu, le métal
- est constamment appliquée contre la paroi, tandis que les bulles de vapeur sont forcées de s’en écarter rapidement; elles se rassemblent dans la partie centrale du tube, d’où la vapeur est extraite au moyen d’un tube central de petit diamètre.
- La densité de la vapeur à 100 kg est très élevée, aussi les bulles qui n’ont à traverser qu’une mince couche d’eau, arrivent lentement à la surface et crèvent sans projection de gouttelettes d’eau. On a ainsi de la vapeur bien sèche.
- La figure 4 représente la coupe verticale d’une chaudière évaporant 8000 kg de vapeur à l’heure. Elle contient 8 tubes tournants disposés en une rangée horizontale à la partie supérieure du four. Ces tubes sont en acier ; ils ont un diamètre extérieur de 0 m. 50, leur épaisseur est de 1,8 cm, la longueur exposée à la flamme est de 5 m. 40 environ. Ils traversent la maçonnerie et l’une de leurs extrémités est munie d’un dispositif à engrenages, qui permet d’imprimer à chacun d’eux, au moyen d’un moteur électrique de 8 ch une rotation de 330 tours par minute. L’eau d’alimentation arrive par celte extrémité, la vapeur sort par l’autre extrémité) des dispositifs ingénieux et efficaces assurent la parfaite étanchéité des tubes malgré la pression élevée qui y règne.
- L’eau doit être soigneusement épurée pour éviter tout dépôt de tartre à l’intérieur des tubes ; l’entartrage de ceux-ci serait en effet une cause de coups de feu et par suite un danger d’explosion. Leur disposition se prête du reste facilement aux nettoyages indispensables de temps à autre. Une chaudière de ce genre fonctionne avec succès depuis un certain temps à la raffinerie de sucre de Gothenburg.
- Par ce qui précède, on se rend compte que l’emploi de la vapeur à très haute pression est aujourd’hui envisagé sans timidité; la grande économie qui en résulte est un stimulant suffisant pour pousser ingénieurs et inventeurs à s’attaquer résolument au problème des grandes chaudières qui reste encore à résoudre; et l’on peut s’attendre, dans les années qui viennent, à assister à l’extension progressive et au développement des installations motrices à très hautes pressions.
- A. Tuoller.
- >eut être porté à une température ésistance mécanique diminue,’ le langer d’explosion apparaît.
- Il faut donc imaginer un dispositif [ui assure en toutes circonstances le ;ontact de l’eau et de la paroi du tube ït qui évacue la vapeur aussitôt for-née pour la remplacer par de l’eau ; ï’est ce qu’a réalisé M. Blomquist, au noyen de tubes animés d’un mouve-nent de rotation continu autour de eur axe longitudinal. L’eau est chauffée à l’intérieur de ces tubes : rrâce à la force centrifuge développée 3ar la rotation, une couche liquide
- excessive, sa
- entrée desu 'r sortie de vspeur
- Fig. 5. — Coupe d'un tube tournant de la chaudière Blomquist.
- A,-tube d'entrée d’eau; B, tube de sortie de vapeur; C, distributeur répar-tissant également l’eau, à son arrivée, sur toute la périphérie du tube; D, bandes d’acier servant à mettre rapidement l’eau en mouvement dès que l’on commence à faire tourner le tube.
- Le Gérant : P. Massov. — Imprimerie Lauvre, 9, rue de Fleuras, à Pans.
- p.368 - vue 372/688
-
-
-
- LA NATURE
- - N° 2619 : \% ............-:zi-iz= 14 JUIN 1924
- K < rWr
- LA CISTUDE D’EUROPE
- La Cistude d’Europe, Cisludo europæa (Duméril j et Bibron), est vulgairement appelée Tortue bourbeuse. Elle habite les marais et les étangs du sud-ouest, ceux, en particulier, de la Gironde, des Cha-rentes et de l’Indre ; elle n’est pas rare non plus en Pologne.
- On sait que les Chéloniens sont des Reptiles pourvus de paupières, de membres et d’une carapace. Ils ont la langue charnue. Les bords cornés et tranchants de leurs mâchoires leur tiennent lieu de dents.
- La carapace est la partie caractéristique de leur individu. Elle forme une véritable boîte osseuse dans laquelle est protégé le corps de l’animal. Les côtes et les vertèbres constituent le bouclier, tandis que le plastron est le développement du sternum.
- Cette carapace peut abiiler la tortue tout entière, puisque le reptile y rentre à volonté sa tête, son cou, ses membres et sa queue.
- La Cistude d’Europe présente une carapace ovale, à bouclier bombé et à plastron plat ou uu peu concave. Le plastron ferme incomplètement la carapace; il est attaché au bouclier par un cartilage, « mobile devant et derrière sur une même charnière transversale et moyenne, garnie de douze plaques » (Duméril et Bibron).
- Le bouclier a cinq écailles vertébrales, huit costales, et vingt-cinq marginales l’entourent. Le plastron a douze écailles. M. R. Bollinat a observé que le nombre des écailles n’est pas toujours conforme à la normale; les anomalies sont fréquentes : par exemple tel sujet porte six écailles costales sur un côté, un autre a vingt-sept marginales, etc.
- La Cistude d’Europe a le bouclier noirâtre, ou noir rougeâtre, ponctué ou strié de jaunâtre. Le plastron, jaune est marbré de brun. La tête, le cou, les membres, la queue, noirâtres, sont tachetés ou rayés de jaune pâle. L’iris, jaune pâle, est taché de roux ou de brun.
- La femelle est légèrement plus grande que le mâle; son bouclier est plus bombé, son plastron est plat; sa queue est plus courte et moins grosse. Le plastron est moins marqué de noir.
- Le cou de la Cistude est assez allongé; ses membres sont forts; les pattes ont cinq doigts, les pieds sont palmés et offrent cette particularité que les antérieurs ont cinq ongles, alors que les pieds postérieurs n’en ont que quatre, mais plus longs que les ongles des pieds antérieurs : les ongles sont noirs. La Cistude d’Europe atteint 0 m. 30 de longueur et même davantage. Voici des dimensions d’un sujet de grande taille, don nées par M. It. Rollinat.
- Tête et cou : 0m.093; queue: 0 m. 080 ; de l’extrémité postérieure du plastron à l’anus : 0 m. 019 ; longueur du bouclier : 0 m.175; largeur du bouclier : 0 m. 159.
- Ce sujet était une femelle qui pesait 950 grammes. (Vertébrés sauvages du département de l'Indre.)
- Autre signalement, cette fois d’un mâle très adulte : poids : 680 grammes; longueur du bouclier : 16 cm.; largeur du bouclier : 13 cm.; longueur du plastron : 44 cm. 5; largeur du plastron: 9cm. 5; tête et cou .8cm. (Observations sur quelques reptiles du département de l’Indre." Mœurs, reproduction et domestication de la Cistude d’Europe, par Raymond Rollinat, Mém. de la Société Zoologique de France).
- Les Cistudes vivent dans les eaux peu profondes ; pendant la belle saison, elles se reposent, aux heures ensoleillées, sur les pierres ou aux pieds des arbres de la rive, ou bien elles flottent à la surface de l’eau. La trop grande chaleur paraît les incommoder et dans ce cas elles se cachent sous les eaux et ne paraissent à la surface que pour respirer. S’il leur arrive d’être surprises ou effrayées, elles plongent dans la profondeur.
- Elles se nourrissent de Mollusques, de Vers,
- 24 569.
- Fig. i. — Cistudcs d’Europe venant manger dans la main de M. Raymond Rollinat.
- 57‘ Anné»
- p.369 - vue 373/688
-
-
-
- LA C1STUDE D’EUROPE
- 37 0
- Fis. 3. — La Cistude pond.
- Au moment de l’effort, elle rentre la fête dans sa carapace. Photo de M. R. Rollinat.
- d’insectes, de larves de Batraciens et parfois d’oeufs de Poissons et d’Alevins. Elles sont exclusivement carnivores. C'est pourquoi dans un parc, dans un jardin, elles rendent de réels services, en les débarrassant des Insectes et des Mollusques déprédateurs, sans jamais toucher aux Végétaux. Au contraire, la tortue grecque ne peut trouver place au potager à cause de son amour pour la salade et pour toute verdure tendre.
- M. R. Rollinat, depuis de longues années, élève des Cistudes et s’est livré à des observations extrêmement intéressantes sur ces Chéloniens, lesquels vivent dans un jardin clos et muni de bassins.
- Les tortues commencent à manger au commencement d’avril. Après le J5 de ce mois, le savant naturaliste jette, dans le bassin des adultes et dans celui du terrarium des jeunes, une nourriture composée de viande crue hachée (poumon, cœur, rate de veau et toutes sortes de chairs fraîches). Les Cistudes s’emparent des Insectes qui tombent à l’eau, et au cours de leurs promenades dans les allées du jardin, elles capturent des Limaces, des Escargots, des Lombrics,, etc. Si la proie est de grande taille, elle est emportée dans l’eau et au moyen de ses puissants ongles, la tortue la déchire afin de la consommer plus aisément.
- La Cistude aime fort le poisson, mais bien qu’agile dans l’eau, elle ne
- l’est pas suffisamment pour saisir un poisson, à moins que ce soit un sujet malade ou affaibli.
- En mai, juin et juillet, les tortues ont un vigoureux appétit. C’est à ce moment que M. R. Rollinat a apprivoisé ses élèves qui ont pris l’habitude de venir prendre dans ses mains les aliments qu’il leur offre : Poissons, viande crue, Blattes ou Escargots.
- Non seulement elle est inoffensive et ne cherche pas à saisir de son bec la main qui l’agace, mais la tortue est intelligente et douce. Elle manifeste du plaisir en voyant son maître, elle accourt vers lui, « frappant l’eau de ses pattes de devant, dilatant sa gorge, redressant sa tête, tournant sur elle-même et ayant l’air d’une tortue parfaitement heureuse ; c’est sa façon de faire la belle, de se montrer gracieuse et bonne bête. » Souvent, M. Rollinat s’étant assis à terre, au bord du bassin, a montré à ses élèves un plat de chair hachée : aussilôt, ;les amusantes bêtes venaient à leur maître, montaient sur ses jambes et prenaient dans ses mains ou dans le plat,le mets de choix qui leur était offert.
- Si le naturaliste va voir ses tortues sans rien leur apporter, elles sortent quand même de l’eau, montent à ses pieds et le regardent d’un air interrogateur. À cette prière muette, répond l’offrande de quelques escargots, acceptés avec joie. La figure 1,
- Fig. 3. — La Cistude ferme le trou daus lequel elle a pondu. Photo de M R. Rollinat.
- p.370 - vue 374/688
-
-
-
- LA CISTUDE D’EUROPE
- 371
- montre les Cisludes de M. Rollinat venant manger à sa main et dans le plat posé sur le sol.
- Pour obtenir de ses tortues cette aimable familiarité, il est nécessaire de combattre leur timidité naturelle dès le commencement de leur période d’activité. Des soins assidus les habituent à voir dans l'homme un ami. En été, il faut entretenir leur confiance par de fréquenles visites accompagnées de distribution de vivres.
- Pendant les grandes chaleuis, les tortues ont moins d’appétit. Au mois d’aout, elles sont très grasses et se nourrissent peu. À la fin de septembre, elles ne prennent plus aucune nourriture et jusqu’au printemps suivant, l’animal vivra sur sa réserve de graisse. Après qu’elle a passé la mauvaise saison dans l’engourdissement, la tortue ne se souvient plus des bienfaits de son maître : celui-ci est obligé de recommencer son éduca-
- tion à chaque printemps pour gagner à nouveau sa confiance.
- En septembre, les Cistudes songent à prendre leurs quartiers d’hiver. Dans sa‘propriété d’Argenton-sur-Greuse, c’est à cette époque que M. Rollinat fait placer le long du mur, à l’abri des vents froids, un tas de fumier de 1 m. de large sur 4 m. de long et 0 m. 70 de haut dont les petits côtés sont disposés en pente douce. Dans une autre partie du jardin, le long d’un mur également, des baquets remplis d’eau sont enfoncés au ras du sol; ces baquets peuvent être constitués par des fûts sciés par moitié.
- Aux premiers mauvais jours, les Cisludes se
- Fig. 4. — Trou de ponte ouvert par M. Rollinat afin de montrer l’éclosion.
- A l’aide d’une loupe, on peut voir une petite Cistude encore dans l’œui. Photo de M. R. Rollinat
- Fig. 5. — Les petits soitent du trou de pont '.
- Une petite Cistude est à l'orifice' de la galerie ouverte par la jeune tortue sortie la première.
- retirent dans le tas de fumier ou dans les petits bassins d’hivernage. Si l’automne est “doux, les tortues sortent de leur cachette pour retourner au grand bassin qu’elles quittent si la température se refroidit. Ce va-et-vient cesse en novembre; alors toutes les tortues s’installent pour passer l'hiver soit dans le fumier, soit dans les petits bassins.
- Celle qui préfère le fumier y entre la tête la première, y fait un jrouà l’aide de scs pattes, puis elle ferme l’entrée de sa demeure en ne laissant qu’une très petite ouverture ; par cette petite fenêtre ronde, la curieuse passera la tête aux jours de température clémente. Au contraire, par les froids rigoureux, la tortue s’enfonce profondément dans le fumier.
- Pour celles qui hivernent dans l’eau des petits bassins, par temps de forte gelée, il faut briser la glace afin que les Chéloniens aient de l’air. Rien qu’en hiver ces animaux aient une circulation et une respiration fort peu actives, ils ont cependant besoin d’air.
- Un grand nombre de tortues hivernant dans le fumier et même dans les bassins, ont les paupières collées pendant la période d’éngourdisement.
- Au plus fort de l’hiver même, les tortues ne sont pas totalement engourdies. Lorsqu’on les prend, elles sortent de leiir carapace leur tête, leur cou, leurs membres et leur queue.
- p.371 - vue 375/688
-
-
-
- 372
- LA C1STUDE D’EUROPE
- A la fin de l'hiver, quelques allées et venues se produisent, des lieux d’hivernage au bassin. En mars ou avril au plus tard, les tortues circulent et reprennent leur existence active.
- C’est généralement dans l’eau que s’accouplent les Cistudes. Et pendant l’accouplement il arrive souvent que ces bêtes se noient, tout au moins dans un bassin artificiel, comme celui que M. Rollinat a fait construire pour ses élèves. Le cadavre de la tortue noyée remonte à la surface ; en pareil cas ce cadavre est devenu pour le savant erpétologue une pièce d’anatomie dont la dissection a révélé de très intéressantes particularités:
- Parfois aussi, des tortues, plus qu’à demi asphyxiées, gisaient au fond du bassin : les bêtes mourantes, mises en cage, dans une atmosphère tiède, revenaient à la vie et au bout de quelques jours de repos pouvaient être reportées dans le jardin.
- La Cistude ne pond qu’une fois par année. Rarement a lieu une seconde ponte.
- C’est, le plus fréquemment, au mois de juin que les Cistudes effectuent leur ponte. Les femelles vont et viennent à la recherche d’un endroit propice pour y déposer leurs œufs. Elles ont soin d’emplir d’eau leurs vessies accessoires. Ces vessies ou poches cloa-cates, existent aussi, d’ailleurs, chez les mâles; mais elles sont plus développées chez les femelles. L’animal les emplit d’eau et les vide par le cloaque, à sa volonté. Ces sacs sont utilisés par la tortue pour descendre au fond de l’eau ou pour monter à la surface ; dans le premier cas elle les emplit de liquide, tandis que dans le second, elle les vide.
- Les sacs d’eau ont ceci de particulier que les femelles s’en servent dans leur travail quand elles creusent un abri pour leurs œufs.
- L’animal ayant trouvé une place, favorable, exposée au sud-est, gratte le sol de ses pattes, le creuse, l’aplanit en se tournant dans un cercle dont le diamètre égale celui de son corps. La tortue est plus à son aise si l’inclinaison du terrain lui permet d’avoir l’avant du corps un peu relevé ; alors elle fouille la terre de ses pattes postérieures et pour travailler plus facilement, elle fait couler l’eau de ses sacs et même son urine. Le sol est ainsi détrempé. Quand le trou est achevé, ce qui demande parfois plusieurs heures de peine si le terrain est difficile, la tortue se met en devoir de pondre. Au fur et à mesure que les œufs se présentent, elle a soin de les recevoir au moyen de ses pattes postérieures et de les ranger avec précaution dans le trou. Les œufs sont environ à 8 centimètres sous terre, ils sont au nombre de 4 à 16. Une fois la ponte terminée, la tortue recouvre l’ouverture du trou avec le déblai, qu’elle nivelle de ses membres et de son plastron. Ce laborieux ouvrage n’a pas été sans avoir fatigué la pauvre bête qui prend un moment de repos bien gagné. La première partie de sa construction lui a pris quelquefois plusieurs heures, la ponte s’opère rapidement; mais la fermeture du trou peut encore «demander deux heures. C’est pour une tortue une
- œuvre formidable. Avant de quitter pour toujours la place où elle a logé ses œufs, la bête la recouvre encore d’un peu de terre ou d’herbage.
- Les tortues pondent des œufs blancs ovales à coquille dure; leur longueur est de 51 à 59 millimètres et leur largeur de 20 à 22 millimètres. Lorsque l’été est chaud, les œufs pondus au commencement de juin peuvent éclore à la fin d’août.
- Par exemple, dans les couveuses de M. Rollinat, des petits sont nés quatre-vingt-cinq jours après la ponte qui avait eu lieu le 7 juin. D’autres sont nés quatre-vingt-trois, quatre-vingt-onze, quatre-vingt-treize jours après la ponte de juin.
- Pour réaliser ces observations, le savant erpétologue, ayant assisté à la ponte d’une tortue, place près du trou où sont les œufs un piquet portant une étiquette. Quand il suppose que les petits sont près de leur éclosion, il prend les œufs pour les porter dans une boîte spéciale, installée dans la partie la plus chaude du jardin, ou plus simplement, dans un pot. Ce pot d’éclosion ne peut contenir qu’une seule ponte; c’est un petit pot à boutures, en terre cuite, dont le fond est enlevé. Un trou de 15 centimètres est creusé dans la terre et au fond de ce trou, un morceau d’ardoise est posé horizontalement. Le pot est mis sur l’ardoise du côté de son grand diamètre. Par le fond enlevé les œufs sont introduits un à un dans le pot, qui est finalement fermé par un second morceau d’ardoise. Un peu de terre couvre le tout. Là, les petits naissaient fort bien.
- Quant aux pontes queM. Rollinat désirait conserver telles que les mères les avaient enterrées, elles étaient, à la fin du mois de septembre, cernées d’un entourage en bois, d’une douzaine de centimètres de hauteur, constituant un minuscule enclos de 40 centimètres de côtés. C’est dans ce parquet que les Cistudes nouvellement nées circulaient et un récipient plein d’eau était mis à leur disposition, récipient assez petit pour que les bestioles ne puissent pas s’y noyer. L’entourage de bois suffisait à les préserver contre les chats, lesquels ne se seraient pas fait faute de tuer les petites tortues en liberté dans la propriété.
- Les nouveau-nés portent à l’extrémité du museau un cône corné aigu, nommé cône caduc au moyen duquel la petite tortue perce la coque qui l’emprisonne. Ce cône caduc ne tombe qu’assez longtemps après la naissance.
- Une tortue nouvelle-née, vigoureuse, peut peser six ou sept grammes, et avoir un bouclier de 27 mil-limctres de longueur sur autant de largeur.
- La croissance des jeunes Cistudes est d’une extrême lenteur. Agées d’un an, elles ne pèsent que de 10 à 17 grammes; à deux ans, de 15 à 20 grammes, à trois ans de 22 à 26 grammes et le bouclier mesure 45 à 56 millimètres de longueur sur 42 à 49 de largeur.
- A cinq ans, le bouclier mesure 65 millimètres de longueur et 59 de largeur.
- p.372 - vue 376/688
-
-
-
- ========== LES MONTRES ET
- À six ans, le bouclier a 72 millimètres sur 62 tandis que le plastron a 64 millimètres de longueur sur 45 de largeur.
- Le bouclier est brun foncé, des rayons jaunes relèvent les vertébrales et les costales.
- La tête, le cou, les membres, les flancs, la queue sont piquetés de taches jaunes. Les tortues de cet âge pèsent 80 à 90 grammes.
- Ces mesures ont été prises sur des Cistudes élevées en terrarium, bien soignées et bien nourries. A l’état sauvage ces Chéloniens ne doivent pas se développer plus rapidement.
- A dix ans, la petite Cistude peut être conservée en terrarium, pour plus de sécurité, et même pendant quelques années encore, car malgré la solidité de sa carapace, le jeune animal courrait de grands dangers s’il circulait librement.
- Ce n’est que vers leur quinzième année que les mâles deviennent adultes. A dix-huit ou à vingt ans seulement les femelles peuvent effectuer leur première ponte.
- . Comme on le voit, de longues années sont nécessaires à la Cistude pour devenir adulte. El il est permis de penser que cette tortue peut parvenir à un âge très respectable. M. Rollinat pense quelle vit, peut-être, plus d’un siècle.
- Nous avons dit qu’en trois mois, les œufs de la Cistude arrivent à éclore. Mais, le petit animal qui Aient de naître ne sort pas de terre si la température est défavorable. Cachées dans le trou de ponte, les tortues attendent le retour du printemps pour percer le couloir qui leur permet de sortir à l’air libre.
- Parfois, la sortie est extrêmement difficile : certaines petites tortues creusent une galerie verticale qu’elles ne peuvent escalader qu’en se faisant, pour ainsi dire la courte échelle. S’il pleut, il est fréquent que la boue les recouvre et les aveugle ; après plusieurs jours de vains efforts, elles retombent au fond du trou pour y mourir. A l’état sauvage, beaucoup de jeunes tortues doivent périr de la sorte.
- La mue chez la Cistude n’est pas d’une étude facile. Les adultes ne font peau neuve que de la
- LES MONTRES E
- En résolvant avec élégance et rigueur le problème de la compensation des montres à la température, M. Ch.-Ed. Guillaume n’a pas seulement mis un terme heureux et définitif à cent cinquante ans de recherches infructueuses et d’inutile ingéniosité. Il a aussi permis aux chronométriers de s’atteler à d’autres problèmes longtemps négligés. Parmi ces problèmes, il en est deux qui paraissent de nature à retenir tout particulièrement l’attention des constructeurs et des régleurs : l’influence de la pression barométrique et celle des trépidations.
- Des deux il fut question au récent Congrès chrono-
- LA MONTAGNE ...................... 373
- partie engainante du cou. Peut-être la surface des écailles de la carapace se détache-t-elle à des intervalles fort éloignés. Les tortues de M. Rollinat, numérotées au fer rouge sur une des écailles postérieures du plastron, montrent à l’endroit de la brûlure une cicatrice recouverte d’une mince lame d’écaille.
- Les Cistudes sont douces et inoffensives. Il est extrêmement rare que les femelles se battent. Les mâles s’attaquent entre eux, par frénésie jalouse, à coups d’ongles et de mâchoires ; mais la lutte n’est pas toujours sanglante, tel ce combat singulier dont M. Rollinat fut le témoin dans une allée de son jardin : par un jour d’août sous une pluie battante, deux mâles s’administraient de grands coups de mâchoires, mais n’atteignaient jamais que le bord du bouclier,car chaque antagoniste rentrait vivement la tête dans la carapace pour parer les coups : la lutte conduite de cette manière fut de longue durée et sans résultats!...
- La capture d’une proie donne lieu parfois à des batailles. D’autre part, deux tortues qui s’efforcent de s’emparer d’une friandise en voulant la déchirer de leurs pattes de devant peuvent s’éborgner, involontairement, d’un coup de leurs ongles recourbés et acérés.
- Contre l’homme, la Cistude est absolument sans défense. C’est un animal attrayant à observer et d’autant plus curieux qu’il est le seul Chélonien qui habite nos régions.
- Autrefois, de grandes tortues ont vécu sur le sol de France, ainsi que le prouvent les ossements fossiles qui ont été retrouvés. La petite Cistude représente la dernière espèce de ces Reptiles qui se soit attardée sous notre climat.
- Antique et rare, la Cistude est digne d’attirer notre attention au point de vue scientifique. Par surcroît, elle est utile puisqu’elle détruit nombre d’insectes et de mollusques nuisibles aux cultures, et, comme telle, elle mérite d’être protégée.
- Alex. Feüjllée-Bii.lot,
- île la Société nationale il’Acclimaintion de France.
- LA MONTAGNE
- métrique tenu à Paris du 22 au 27 octobre dernier; mais surtout du premier et il ne sera peut-être pas inutile d’indiquer où il en est.
- C’est Georges Harvey qui paraît avoir le premier noté le phénomène de l'avance des chronomètres en montagne. Ses expériences ont été consignées en 1824 dans le premier volume de l'Edinburgh Journal of Science. Quatre ans après, le fameux horloger danois Jürgensen lisait à la Société royale des sciences de Copenhague un curieux Mémoire sur l’influence de l’air sur le régulateur des pendules astronomiques et des Montres à longitudes.
- p.373 - vue 377/688
-
-
-
- 374
- : LES MONTRES ET LA MONTAGNE
- Jürgensen, travaillant en collaboration avec Oersted, a d’abord constaté que la raréfaction de l’air déterminait une augmentation des arcs de vibration. Ses expériences faites sur trois de ses chronomèLres et deux du fameux horloger anglais Arnold, le furent sous la cloche de la machine pneumatique.
- Lorsque Jürgensen chercha à déterminer les effets sur la marche de ces augmentations d’arcs, il se trouva en présence d’une dis< ordance singulière des résultats. Ayant pris deux chronomètres d’Arnold et deux siens propres, il trouva de Y avance dans deux d’entre eux et du retard dans les deux autres. Les deux groupes comprenaient tous deux un chronomètre de chacun des constructeurs.
- Analysant ces résultats contradictoires, Jürgensen arrivait à cette conclusion que l’anomalie signalée par lui, prove nantdufait que ses chronomètres étaient réglés avec une avance aux petits arcs, pouvait être annulée pratiquement lorsque cette avance était de 5 à fl secondes en 24 heures, pour une diminution de 150°' dans les arcs de vibration.
- Remarquons en passant que Jürgensen emploie très justement dans son mémoire le terme de densité de l'air, au liéu de celui de pression dont on se sert couramment. C’est bien en effet la densité du milieu qui intervient dans le phénomène. Cette densité produit un double effet, ainsi que le faisait remarquer M. Guillaume dans une note à l’Académie des Sciences du 5 novembre 1905, à la suite de la communication d’expériences de M. Paul Ditisheim. L’effet principal est un retard dû à l’entraînement d’air par le balancier dont la masse est ainsi virtuellement augmentée. Ce retard augmente avec la densité.
- L’autre effet est une avance qui croît également avec la densité, et qui est due à la réduction de l’amplitude des oscillations sous l’influence de la résistance du milieu.
- L’effet total de la variation de la densité de l’air sur la marche des chronomètres est donc la résultante de ces deux effets contraires. Ainsi s’expliquent les divergences constatées par le sagace observateur et expérimentateur que fut Urbain Jürgensen. Ainsi sans doute se peuvent expliquer celles relevées au Mont Blanc par M. Jean Lecarme, chef du service de physique au Laboratoire d’essais du Conservatoire des
- Arts et Métiers, dont les expérimentations ont été communiquées au Congrès chronométrique.
- M. Lecarme a effectué ses études au Mont Blanc au cours de trois missions accomplies en 1921, 1922 et 1923. Les dernières sont particulièrement intéressantes parce que portant sur un nombre plus considérable de chronomètres que les autres. Dans cette expédition, M. Lecarme emportait un chronomètre de marine ordinaire servant de témoin et sept chronomètres Longines dont un avait déjà fait la campagne de l’année précédente.
- Voici le résumé des conclusions de l’auteur. On remarquera à leur sujet d'ux choses essentielles. D’abord l’étude de M. Lecarme a été entourée des plus grandes difficultés matériel b s. On ne travaille pas le long et au sommet du Mont Diane comme dans
- un laboratoire et devant la cloche d’une machine pneumatique, une étuve ou une glacière. A l’observatoire Vallot (3405 m.) on
- trouve encore quelque confort; mais au sommet de la montagne (4807 m.) il ne reste plus que le souvenir de l’Observatoire Janssen ! Il faut avoir l’amour de la science chevillé à lame pour se livrer dans de pareilles conditions à des travaux qui ressortissent en somme à la haute précision.
- Aussi, et c’est là notre seconde observation, M. Lecarme ne se targue-t-il pas d’avoir résolu la question qui l’occupait. 11 insiste au contraire pour que de nouvelles expériences soient exécutées, plus longues et avec un plus grand nombre d’instruments.
- Quoi qu’il en soit, il enregistre diverses remarques résultant de ses observations et déductions :
- 1° après un changement de marche au cours d'une ascension, un chronomètre ne reprend pas sa marche primitive;
- 2° la règle indiquant une correction de —1 seconde par 24 heures et 1000 mètres d’altitude paraît exagérée ;
- 5° les variations de marche constatées après le retour des instruments ayant subi une ascension ne se manifestent pas dans le même sens;
- 4° la déformation de marche semble être d’autant plus intense et plus prolongée que les instruments ont été plus haut ou sont restés plus longtemps à une altitude déterminée.
- Comme conséquence, M. Lecarme demande de nouvelles expérimentations en altitude.
- Fig. r. — L’observatoire de Keuchatü (48g m. a’altitude).
- p.374 - vue 378/688
-
-
-
- LES MONTRES ET LÀ’ MONTAGNE
- 375
- C’est l’évidence même ; étant donné surtout que les circonstances sont éminemment variables dans la réalité, alors que, au laboratoire, elles sont fortement simplifiées.
- C’est pour éviter au moins la plus grande partie des difficultés auxquelles s’est heurté M. Jean Le-carme, que M. Paul Ditisheim a fait l’été dernier des observations à Zermatt et au Gornergrat. Un compte rendu de ces observations à été donné par l’auteur à la Société helvétique dès Sciences naturelles qui a tenu en 1925 sa session anrïuelle à Zermatt. M. Paul Ditisheim est, si l’on peut parler
- était beaucoup plus important que celui des pièces mises à la disposition de M. Lecarme, — gêné par les difficultés' qui n’existent pas sur le parcours Zermatt-Gornergrat, desservi par une ligne fréquentée, et pourvue d’excellents hôtels — 20 chronomètres de marine et de bord et 10 montres de petit format constituaient une solide équipe, appelée à travailler sur une dénivellation totale de 2650 mètres à partir de Neuchâtel.
- Voici en quels termes M. Ditisheim a formulé ses conclusions dans sa commhnication à la Société helvétique : « Pour tous les chronomètres sans exception
- ainsi, un vieux professionnel de l’étude des pressions. Le 2 novembre 1905, il communiquait à l’Académie des Sciences, les résultats de sa première étude. Depuis lors il a fait quantité d’expériences soit aux altitudes, soit sous la cloehe pneumatique. Sauf erreur,c’est à lui que l’Observatoire de Neuchâtel doit d’avoir introduit dans l’observation des chronomètres une épreuve à la pression. Ses observations avaient eu lieu au niveau de la mer, à Greenwich (47 m.), à Paris (67 m.), à Neuchâtel (489 m.), à la Chaux-de-Fonds (1017 m.), et au sommet du Chasserai (1586m.). Celles de 1925 ont eu lieu à la gare de Zermatt (1620 m.), à l’Hôtel de Riffel-berg (2569 m.) et à la station du Gornergrat (5156 m.).
- Le nombre des chronomètres emportés par M. Ditisheim et son très habile régleur, M. W. Dubois,
- on constate que toute dépréssion barométrique correspondant à une altitude plus élevée se traduit par une avance dans la marche du chronomètre ». Une montre exactement réglée au niveau de la mer. avancera progressivement au fur et à mesure qu’on s’élève dans la montagne. Avec une montre d'homme du format habituel, cette avance se chiffre par 0,025 seconde par 24 heures et millimètre de mercure.
- Pour une petite montre de dame, l'avance a été reconnue trois fois plus forte que pour un chronomètre de poche de grand format. Elle a atteint 10 secondes par jour, pour une différence de pression voisine de 150 mm.
- Les graphiques 6 et 7 résument les observations dont il vient d’être parlé.
- Ces chiffres sont beaucoup plus élevés que ceux
- p.375 - vue 379/688
-
-
-
- 376
- LES MONTRES ET LA MONTAGNE
- obtenus par M. Lecarme. Un ne peut cependant pas dire que les deux résultats des deux expérimentateurs soient en opposition irréductible. Justement en effet, M. Ditisheim a entendu dégager le problème de toutes les circonstances difficiles qui ont compliqué les observations de M. Lecarme.
- A la suite de ses études au Gornergrat, et sur le conseil du professeur de Quervain, M. Ditisheim a étudié la marche d’un autre groupe de chronomètres comparativement dans l’air et dans l’hydrogène. L'avance est. plus de deux fois moindre dans
- 2000, de 455 à 4500 et de 406 à 5000. Au Mont Everest, où M. Lecarme nous annonce que des chronomètres du type de ceux qu’il a eus en main vont être prochainement observés, la pression sera de 260 mm seulement.
- Deux savants ont donné sur la question des perturbations apportées par la pression dans les marches des chronomètres, le résultat de très intéressantes études de laboratoire. Ce sont MM. Hé-rique, de l’Observatoire de Besançon, et Ja-querod, professeur de l’Université de Neuchâtel.
- Fig. 3. — Hôtel de Riÿelberg [aSôç m. d'altitude).
- Station d’altitude où ont etc effectuées des observations de chronomètres.
- l'hydrogène que dans l’air à la pression de 47 mm qui correspond à la densité du premier de ces gaz. M. Ditisheim fait remarquer que cette différence est très analogue à celle des coefficients de viscosité des deux gaz (1 à 2).
- Remarquons enfin, pour terminer, qu'aux très basses pressions dans l'air, de même que dans l'hydrogène, on a constaté des anomalies très fortes, des avances anormales attribuées à ce que les horlogers appellent rabattement de l’échappement.
- Afin de permettre au lecteur de se'rendre compte plus facilement de l’intérêt de ces recherches,disons que la pression atmosphérique, qui est de 760 mm de mercure au niveau de la mer, est de 714 à 500 mètres, de 769 à -1000, de 650 à 1500, de 592 cà
- M. Ilérique a examiné les marches de 586 chronomètres observés sous la cloche pneumatique entre 55 et 755 mm. de pression. Tous ces chronomètres sans exception avancèrent avec l’abaissement de la pression barométrique et les coefficients de variation se rapprochent très sensiblement de ceux indiqués dans la communication de M. Ditisheim, à l’Académie, en 1905.
- Quelle est exactement l’allure de la modification de marche imposée à un chronomètre par la pression barométrique? Les études de M. Jacquerod répondent précisément à cette question. Nous donnons un graphique établi d’après les indications données par le savant professeur neuchatelois au Congrès chronométrique. Les quaires courbes 1, 2, 5, 4 (fig. 6) correspondent aux marches de balanciers
- p.376 - vue 380/688
-
-
-
- LES MONTRES ET LA MONTAGNE
- 377
- ayant respectivement 19,5 mm., 17,7 mm., 15,5 mm. et 14,7 mm. La pression avarié de 10 à 1500 mm. On remarque l'incurvation très nette de toutes ces courbes. On voit aussi que Y influence <le la pression est d'autant plus grande que le balancier est plus petit f1). Chose curieuse, en poursuivant ses expériences jusqu’à une pression de 5040 mm. de mercure, M. Jaquerod a trouvé que l’incurvation s’atténue rapidement, la variation de marche devenant sensiblement linéaire. Chose encore plus curieuse peut-être, les balanciers de
- teur de l’Observatoire, où 144 pièces ont été observées et étudiées, a constaté qu’un certain nombre des appareils présentés portaient des traces d’aimantation. Ce n’était pas seulement les chronomètres à spiral d’acier, mais même ceux à spiral de palladium, dits antimagnétiques. Et le D1' Àrndt : conclut de cette observation qu’il « paraît nécessaire, : avant de commencer l’examen des marches des ; chronomètres, de s’assurer si tous les organes sont exempts de magnétisme ».
- Il est évident, en ce cas, que ce n’est pas lepalla-
- Fig. 4. — Goniergrai (3[26 m. d’altitude).
- La station la plus élevée où ont ôté effectuées les observations de M. Ditisheim.
- forme annulaire, sans vis de réglage qui compliquent la surface de révolution, sont aussi sensibles à l’action des pressions que les balanciers compensateurs.
- Ces diverses observations et remarques nous montrent que le problème de l'influence de la pression sur les marches des chronomètres et des montres n’est pas aussi simple qu’il en a l’air.
- Ajoutons à cela une action sur laquelle on n’a pas insisté jusqu’à présent, je crois, et qui peut et doit avoir influencé les observations de M. Jean Lecarme. C’est celle de l’électricité atmosphérique et du magnétisme terrestre.
- Dans l’important rapport qu’il vient de publier sur le Concours international de chonomètres de Neuchâtel (Concours Breguet), le D' Àrndt, direc-
- 1. La mémo conclusion ressort de l’examen des tableaux
- dressés par M. Paul Ditisheim et résumant les marches de ses chronomètres entre Neuchâtel et Gornergrat. Les pièces format Marine, de 60 millimètres et celles de dimensions 50 et même 49 millimètres donnent des lignes beaucoup moins inclinées que celles de 58 millimètres. Les chronomètres de 50 millimètres du graphique 7 ont une allure presque identique. On remarquera que des deux pièces de 45 millimètres, l’une se comporte à la façon de celles plus grandes et l’autre romme celles plus petites. Ceci prouve évidemment que le problème comporte encore certaines inconnues à préciser. Ces inconnues peuvent d’ailleurs être posées soit par le mécanisme lui-même, soit par les actions extérieures.
- Si l’on compare les lignes de marche données par M. Ditisheim et celle du graphique de M. Jaquerod, on ne peut guère tirer de conclusion relativement à leurs formes. Les lignes du premier viennent se loger dans celles du second entre 200 et 500 millimètres de pression, c’est-à-dire en un lieu où la courbure n’apparaît à peu près pas. Il y aurait lieu évidemment d’instituer des comparaisons systématiques, avec des pressions beaucoup plus vonines les unes des autres, aussi bien en altitude réelle que sous la cloche pneumatique, pour déceler les divergences,
- p.377 - vue 381/688
-
-
-
- 378
- LES MONTRES ET LA MONTAGNE
- teurs et dans les laboratoires.
- L’influence possible du magnétisme rémanent est d’autant plus vraisemblable que son action a déjà été mise en relief par l'éminent physicien Cornu, auquel le Congrès chronométrique de 1900 est redevable d’une importante communication sur ce sujet.'
- Par une analyse curieuse et subtile, Cornu arrive à cette conclusion que les arrêts reprochés aux montres aimantées, ne proviennent, en général, qu’indirectement du magnétisme subitement développé.
- Il les attribue à l’introduction de poussières magnétiques déterminant un coincement d’engrenages.
- Et il démontre qu'un chronomètre aimanté arrive parfaitement, au bout d’un certain temps, à une marche de régime, différente de sa marche primitive, mais aussi régulière (*).
- Fig. 5. — Installation pour l’étude de la marche des chronomètres dans Pair, sous densité variable, et dans l’hydrogène. (Ateliers P. Ditislieim.)
- 1. Celle conclusion se trouverait confirmés par une étude à laquelle s’est livrée tout récemment M Charles Volet, sur les
- A. Horloge astronomique étalon, sous densité constante. — B. Pendule à coïncidences (signal de l’observatoire). — C. Haut-parleur pour signaux T. S. F. — U. Compteur horaire â secondes. — F. Chronographe enregistrant les observations. — G. Appareil pour l’épreuve des chronomètres sous densités réduites ; l’installation pour ies observations aux pressions supérieures à celles de l’atmosphère ne figure pas sur le cliché. — H. Manomètre. — I. Appareil pour l’étude des marches dans l'hydrogène. —- K. Réservoir d’hydrogène. — L. Hydromètre. — M. Barographe.
- résultats du concours'chronométrique international de Neufcliâtel. M. Voleta reconnu, eu effet que, après les épreuves thermiques, les marches des chronomètres, pour une série identique d’expériences, ne s'emboîtent. pas exactement sur la courbe qu’elles avaient donnée auparavant. 11 y a
- dium du spiral qui est coupable, mais Y acier de la verge du balancier compensateur. Il est très possible que, en associant un balancier Guillaume avec un spiral palladium, on arrive à supprimer ces traces d’aimantation. Mais il convient de ne pas oublier que le spiral d’acier est supérieur au spiral palladium. Le succès, au concours dont je parle ici, d’un chronomètre muni d’un balancier non compensateur, mais simplement annulaire et monométallique, et d’un spiral en élinvar, permet d’espérer que la vraie solution est de ce côté. L’acier au nickel de l’élinvar, s’il n’est pas réfractaire à l’aimantation, a du moins l’avantage de ne pas la conserver.
- Les lecteurs de La Nature ont dans la mémoire l’article impressionnant consacré par M. Lecarme aux villégiatures scientifiques sur le Mont Blanc (n° 2622, 5 août 1922). On y dit que les phénomènes météorologiques sont d’une intensité terrible, particulièrement les phénomènes d’ordre électrique. Dans de pareilles conditions, il est très possible que les chronomètres expérimentés à l’Observatoire Yallot aient été impressionnés magnétiquement, peut-être d’une façon non encore constatée dans les observatoires ordinaires, chez les construc-
- €00 tooo 1500
- Pression en mm.
- Fig. 6. — Schéma d’un graphique obtenu par le Pr Jacquerod avec des chronomètres de dimensions différentes sous la cloche pneumatique, i, chronomètre avec balancier de 19,3 mm. de long. — 2, avec balancier de 17,7 mm. — 3, avec balancier de 15,3 mm. -4, avec balancier de 14,7 mm.
- p.378 - vue 382/688
-
-
-
- LES MONTRES ET LA MONTAGNE
- : 379
- Si nous voulions tirer une conclusion de ces diverses études, toutes conduites avec grand soin, il semble que ce serait la suivante :
- La pression détermine certainement une avance des chronomètres à mesure qu’elle diminue. Cette; ; avance est d’aidant plus forte que la montre est plus petite.
- La variation de la marche n’est peut-être pas
- exactement proportionnelle à celle de la pression, mais la courbure de la ligne représentative des accélérations de marche est très faible .pqur les différences d’altitude jusqu’ici bien étudiées. Il importerait, dans les expériences qui doivent avoir lieu dans l’avenir, de soustraire autant que possible les chronomètres à des causes de variation étrangères à la pression, et dont Tin-?
- N% 530
- Format 38 m/m
- Format 43
- N160090
- Format
- NI 46889
- /Vf£4980
- W? 83606
- /Vf 1014
- Format marine 60Jit
- . /Vf 1004 ^----- ,
- ObS.de La Chaux Neuchâtel de Fonda Attitude - 489 m 1015"'
- Rittelberg Gornergrat
- Zermatt
- (Gare)
- 1620"'
- 7- — Graphique des observations faites par M. Dilisheim à diverses altitudes.
- Il montre l’effet barométrique provoquant l’avance des montres avec l’altitude et la variation de cet eiï'et
- suivant le format de la montre.
- toujours un certain décalage. Ce décalage, signalé par M. Paul Dit'slieim, dans sa communication à la Société Suisse de Géophysique en 1903, peut être à la vérité, excessivement faible; mais il ne faut pas oublier que l'échelle des températures d’observation dans les établissements officiels est limilée à une quinzaine de degrés en dessus et au-dessous de la température ambiante.
- 11 est parfaitement admissible que le séjour dans le voisinage du Mont Blanc, séjour prolongé comparativement à celui des chronomètres à l’Observatoire, ait produit, .dans les appareils examinés par M. Leearme, un décalage permanent beaucoup plus sensible que ceux constatés par M. Volet. Si l’on réunit ensemble les deux causes : température el aîmanlalion, on arrivé à ccttfe conviction qu’il serait nécessaire d’instituer des expériences méthodiques et sérieuses, dans lesquelles on chercherait à isoler autant que possible les diverses causes capables d’inlluer sur les marches.
- fluence est de nature à fausser les résultats obtenus. Ces causes paraissent être principalement les variations de température et le magnétisme développé par les phénomènes météorologiques dont l’intensité est dans certains cas extrêmement grande.
- En attendant, nous rendrons hommage à l’énergie et à la ténacité de ces chercheurs et dé ces savants qui poursuivent avec obstination, parfois à travers les pires difficultés, la solution des problèmes nouveaux qui s’offrent à leur sagacité, dès qu’urr problème ancien vient de recevoir une solution paraissant définitive.
- Léocold REVEIlCHOm
- p.379 - vue 383/688
-
-
-
- LE PAYS DES ALAOUITES
- (A 670
- Palm y ne
- / «_ Voie ferrée
- ' ==: Rouie carrossable
- _____Pisie
- Dj. - Djebel = Moniagnes
- >Damas
- Fig. i. — Le territoire des Alaouites.
- Personne n’ignore en France les Libanais, amis de vieille date ; on y connaît moins les Alaouites entrés récemment dans l’orbe de notre politique par l’attribution k la France du mandat sur la Syrie et le Liban. Appelés encore Nosairis ou Ansariés, lés Alaouites habitent le territoire de la Syrie du Nord limité à l’Ouest par la mer, au Nord et à l’Est par le fleuve Oronte qui le sépare du Sandjak d’Alexan-drette et de l’Etat d’Alep, au Sud par la rivière Nahr-el-Kébir qui lui sert de frontière avec le Grand Liban. Il est constitué par le massif des monts Ansariés, bordé par la plaine littorale, la partie nord de la vallée d’Akar et la moitié occidentale, marécageuse, de la vallée de l’Oronle. Erigé en Etat, le pays des Alaouites compte aujourd’hui dans la confédération syrienne à laquelle se rattache plus ou moins l’Etat du Liban qui garde jalousement l’autonomie qu’il tient du traité de 1865.
- Lataquié est la capitale du nouvel Etat. C’est une coquette cité de 20000 âmes, bâtie près de la mer à peu près sur l’emplacement de l’ancienne Laodicée. Son port, ancien port phénicien, abrite de nombreuses goélettes qui trafiquent avec les côtes de Syrie et d’Anatolie et avec l’île de Chypre (fig. 5).
- Bien des civilisations sont inhumées sur ce territoire qui n’est, comme l’Egypte et la Palestine* qu’un immense sarcophage, et qui a appartenu successivement aux Phéniciens, aux Byzantins, aux
- Croisés et aux Musulmans ; aujourd’hui, il est pays de mandat français.
- Pline, qui vivait au premier siècle de notre ère, fait mention des Naze-rini. Slrabon parle des vignobles fameux couvrant les coteaux avoisinant Laodicée, il n’en existe plus aujourd’hui. Bien des groupes ethniques se sont succédé dans les monts Ansariés. Les Alaouites forment la majorité de la population de l’Etat auquel un recensement récent attribue 260000 âmes; ils habitent surtout la montagne où il se livrent à l’agriculture et à l’élevage. C’est une race vigoureuse, brachycéphale (E. Chantre), de taille au-dessus delà moyenne ; il n’est pas rare de trouver parmi eux des blonds aux yeux bleus. Les femmes sont parfois d’une grande beauté, malheureusement éphémère ; elles ne sont pas voilées et circulent librement. Les Alaouites n’occupent pas seulement le territoire qui porte leur nom, ils sont nombreux à Antioche, ont des colonies en Mésopotamie.
- De la religion des Alaouites, on connaît peu de choses. Antérieurement à Ibu-Nozaïr qui en fut le fonda leur à la fin du ixe siècle, ils pratiquaient les cultes syro-phéniciens (B. Dussaud). Les Alaouites sont disciples d’Ali, d’où leur nom ; ils n’ont pas d’édifices du culte, les femmes ne sont pas initiées. Il leur est interdit de manger du chameau, du lièvre, de l’anguille, du porc, et en général le sang des animaux. Ils pratiquent la circoncision et croient à la métempsychose. Leurs chefs religieux, les muftis, ont sur eux une grande autorité.
- Les Ansariés vivent groupés en villages dans des
- Fig. 2. — Terrasses de Lataquié, prises de la-terrasse de l’hôpital.
- p.380 - vue 384/688
-
-
-
- LE PAYS DES ALAOU1TES —.. • • — 381
- maisons rectangulaires en pierres sèches, parfois recouvertes de boue ou de pisé, pourvues d’une terrasse en terre battue, sur laquelle on voit en permanence le « rouleau compresseur » destiné à la. durcir et à la rendre imperméable à l’eau. En été beaucoup d’habitants construisent sur la terrasse une hutte où ils cherchent un refuge contre la chaleur. Une seule ouverture, la porte; le plafond, soutenu par des poutres de bois, est formé de branchages sur lesquels on maçonne la terrasse qui sert au séchage des grains (fig. 5 et 6).
- La maison possède une pièce unique occupée moitié par la famille, moitié par les animaux, sans aucune séparation. Ni plancher, ni carrelage, le sol battu, souvent un peu surélevé du côté réservé aux hommes. La vache, l’âne, les moutons, les chèvres, les poules et les pigeons vivent en parfaite communauté avec la .famille, les uns à terre, les autres perchés. Une telle vision évoque l’étable de Bethléem où le Christ à sa naissance fut réchauffé par l’haleine
- Fig. 4. — Le Bazar.
- de l'Ane et du bœuf. Le mobilier est des plus primitifs ; quelques nattes, un petit foyer en terre réfractaire, deux grandes jarres contenant l’une le blé, l’autre la farine à l’abri de l’humidité et des déprédations des rongeurs et des insectes. Il en est ainsi dans le Sandjack Nord de l’Etat chez les pauvfts gens de la montagne ; les gens à l’aise sont naturellement mieux pourvus. Dans le Sandjack Sud, plus riche, le bétail est souvent logé à part. De quelque rang social qu’ils soient, les Ansariés pratiquent l’hospitalité la plus large. Suivant leur importance, les villages possèdent un ou plusieurs fours pour la cuisson du pain en galette. Après chauffage des parois du four avec quelques branchages et formation de braise, la farine est étalée comme une crêpe bretonne sur un coussinet rond avec lequel on l’applique contre les parois du four auxquelles elle adhère très bien ; au bout d’une minute elle est retirée, aspergée de quelques gouttes d’eau et replacée quelques secondes au four ; elle est cuite,
- La plus grande partie du sol appartient à des propriétaires qui résident ordinairement dans les
- Fig. 3. — Le Port de Lataquié.
- villes et dont la richesse s’évalue par le nombre de villages qu’ils possèdent.
- On cultive, à l’aide de méthodes qui datent des temps bibliques, le blé, l’orge, le maïs, les légumineuses (fèves, haricots, pois chiches, lentilles), les plantes potagères. Les arbres fruitiers sont les mêmes que dans le reste de la Syrie : abricotier, pêcher, prunier, oranger, citronnier, grenadier, figuier et même bananier. La figue est l’objet d’une grande consommation; celles de rebut sont soumises à la distillation. L’olivier se voit partout ainsi que le mûrier ; la sériculture se développe surtout dans le Sandjack Sud.
- Le tabac, dit de Lataquié, est l’objet depuis longtemps d’une culture importante, il est connu de tous les marins qui fréquentent les Echelles du Levant. On l’exporte sur l’Angleterre, pourquoi ne viendrait-il pas en France concurrencer les divers tabacs d’Orient que nous achetons en livres si onéreuses à convertir en francs. Cette délivrance, si j’ose dire, ne va pas sans ebrysorrhagie ; après avoir perdu son sang au combat, la France perd son or à acheter à l’étranger des produits quelle pourrait avoir directement ; c’est la rançon de notre routine.
- Le colon est cultivé de longue date chez les Alaouites ; on pourrait lui consacrer des superficies importantes ; le ricin est spontané.
- Fig. 5. — Maison alaouite commune aux hommes et aux animaux.
- p.381 - vue 385/688
-
-
-
- 382 ___= LE PAYS
- Fig. 6. — Hutte d'été sur une terrasse.
- Los animaux domestiques sont les mêmes qu’en France, avec le chameau en plus et un Iroupeau d’ânes important pour les transports. La laune sauvage comprend le sanglier, la gazelle, le lièvre qui est commun, le perdreau, la caille, le râle, la grive, le merle, etc.... Les alouettes sont multitude. Le gibier d’eau est assez abondant. Le lièvre et la caille se chassent au faucon, suivant Fart antique.
- La forêt de pins et de chênes d’espèces diverses ne couvre plus de grands espaces, le Sandjack sud est particulièrement déboisé.
- Dans ce milieu animal et végétal dépourvu de grandes ressources, les Àlaouites, les Ismaïliés et les autres habitants de l'Etat mènent une existence qu’il est facile d’améliorer sans de grands efforts en
- Fig. 8. — Ruines d'un temple romain à Lataquiê.
- ALAOUITES
- big. “. — Un four à pain.
- perfectionnant la culture, l’élevage et les petites industries déjà existantes.
- La population des villages alaouiles est nombreuse; elle a été ces dernières années très éprouvée par la variole, contre laquelle j’ai réagi vivement. Contre la conjonctivite granuleuse, j’ai inauguré une organisation de cure à l’école. La culture del’homme, ne l’oublions pas, est à la base de toute agriculture et de toute industrie dont il est tête d’œuvre ou main-d’œuvre.
- Des monuments : temples, châteaux forts, rappellent au voyageur les conquérants qui se sont succédé sur le sol alaouite. La Syrie remémore à chaque pas aux Français l’histoire de leur race et des efforts qu’elle a déjà accomplis sur la terre syrienne.
- Fig. n — Castel blanc, çi Safila.
- p.382 - vue 386/688
-
-
-
- LA TOUR DE MAURIFOLET ET LA LOUBIÈRE DE PARDINES - 383
- L’Etat des Alaouites a eu la bonne fortune d’avoir à son origine un administrateur de marque, le général Billotte, dont l’action s'est portée dans tous les domaines : voies de communication, agriculture, commerce, urbanisme. Lataquié est embellie, percée de belles avenues, pourvue d’eau et d’élec-Iricilé. Cette activité bienfaisante a éveillé beaucoup de sympathie pour la France.
- Habitués à l’isolement au temps de l’administration ottomane, loin de laquelle ils vivaient comme des aigles dans leur aire, d’un psychisme simple et facilement réversible, les montagnards des Ansariés envient l’autonomie du Liban, dont le Djebel Ansarié est le prolongement naturel et n’adhèrent pas sans réserves à la confédération des Etats de Syrie.
- I)r Jean Legendre.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril 1924.
- La migration de l’inuline chez le Topinambour.
- — La noie de M. Lucien Daniel indique que le développement'des tubercules aériens se l'ail, dans le sol, conformément à la loi du niveau établie par Royer et que leurs réserves, émigrant d’un tubercule dans un autre, contribuent à la formalion d’organes de réserve pendant l’hiver.
- La séparation en deux phyllorhizes d'embryons dicotylés. — Des recherches d’ontogénie expérimentale ont amené M. André Dauphiné à cultiver séparément les deux parties de l’embryon d’un Dicolylédone, tel que le Lupin, le Chardon bénit et le Soleil. Il conclut de ses résultats que chacun des demi-embryons est, du point de vue morphologique, comparable à la première phyllorhize d’une plante unicotylée, la portion du massif central qui lui correspond étant située latéralement sur la face interne de la phylle pour se transformer progressivement en un bourgeon terminal.
- Un nouveau chromoyène retiré du marron d'Inde.
- — Mil. G. Bertrand et Mlle Y. Djoritch viennent d’ex-
- Iraife, de jeunes fruits d’tEscnlus liippocastanum L., l’esculélol qui, incolore quand il est pur, prend par oxydation une teinte jaune rougeâtre. 11 fond entre 275 et 280° et, ne présentant pas les caractères d’un glucoside, se comporte comme un phénol très sensible à l’action de la laccase.
- La construction des anciens violons italiens. —Pour M. Sigmund Stahl, qui a pu examiner avec attention des instruments signés Stradivarius, Magini ou Garneri, le secret des anciens luthiers consiste uniquement dans la forme particulière qu’ils donnaient à la surface courbe de la table et du fond.
- Le sulfure de picryle. — MM. Thomas, Bathiat et A. Génct étudient l’action, à chaud et à froid, de la potasse en solution alcoolique. Le dédoublement en picrate d’éthyle et en thiopiernte peut s’accompagner de la formation ultérieure d’alcool, de picrate et de suif-hydrate alcalin.
- Paul B.
- Deux curiosités auvergnates.
- LA TOUR DE MAURIFOLET ET LA LOUBIÈRE DE PARDINES
- L’Auvergne est une véritable Terre promise pour les savants. Géologues, botanistes, archéologues, naturalistes, etc., ne pourraient rencontrer dans; aucune contrée du monde autant de curiosités rassemblées dans un périmètre aussi restreint. Chaînes granitiques, puys volcaniques, lacs, gîtes fossilifères, sources minérales, dépôts houillers et glaciaires, flore des montagnes et de la plaine, magnifiques églises médiévales et ruines féodales se trouvent groupés comme par enchantement dans le seul département du Puy-de-Dôme.
- Nous voudrions faire connaître aux lecteurs de La Nature deux curiosités qui ont échappé à l’atten-lion des nombreux écrivains qui ont décrit les plus beaux sites d’Auvergne. Nous voulons parler de la Tour de Maurifolet et de la Loubière de Pardines, qui se trouvent l’une et l’autre à l’entrée de la vallée de la Couze-Pavin, à 4 kilomètres d’Issoire.
- La pyramide de Maurifolet, haute d’une trentaine
- de mètres et surmontée d’une tour du Moyen Age, est conslituéc par un conglomérat d’origine glaciaire où l’on rencontre, empâtée dans un véritable loess jaunâtre, la collection complète des roches de la vallée de la Couze-Pavin, jusqu’au Mont-Dore, où le glacier a pris naissance. L’épaisseur'de cette moraine est de 120 mètres. Elle est divisée en deux couches distinctes (1) par un lit de sable qui renferme une faune abondante (Tapiras, Rhinocéros elalus, Mcichairodus cullridens, Ursus, H gêna, etc.) Ces conglomérats forment le plaleau élevé de Perrier et de Pardines ; leur surface est protégée à l’ouest par une coulée de basalte post- glaciaire.
- La Tour de Maurifolet (Gg. 1) fut construite au Moyen Age sur le flanc longitudinal de la moraine, au sommet d’un bloc basaltique isolé qui formait éperon à l’intérieur de la vallée. Les eaux de ruis-
- 1. Il y a eu, en effet, deux périodes glaciaires en Auvergne La dernière est postérieure au miocène.
- p.383 - vue 387/688
-
-
-
- 384 ===== LA TOUR DE MAURJFOLET ET LA LOUB1ÈRE DE PARDINES
- Fig. j . — La Tour de Maurifolet.
- sellement ont désagrégé peu à peu le pourtour du rocher, mais n’ont pu détruire le conglomérat protégé par le bloc de rocher servant de base à la tour. Cette curieuse pyramide rappelle à s’y méprendre celles qui s’élèvent à Botzen, dans le. Tyrol et dans la baie Manitou, au Colorado et qui sont dues au même phénomène d’érosion.
- Pour arriver jusqu’à la tour, on est obligé actuellement de gravir « à quatre pattes » les nombreuses marches d’un escalier tournant creusé dans l’intérieur de la pyramide. Les célèbres grottes de Pcrrier, pour la plupart admirablement conservées, se trouvent à une centaine de mètres à l’est de la Tour de Maurifolet et sont creusées elles-mêmes dans le conglomérat glaciaire.
- *
- Le travail d’érosion, tout en édifiant de haut en bas la pyramide de Maurifolet, causa une véritable catastrophe au xvme siècle, en sapant le conglomérat
- Fig. 3. — La Loubière de Pardines, état actuel : hauteur : 32 m. ; longueur : 5o m.
- glaciaire au-dessous des roches basaltiques du plateau de Pardines.
- Le 25 juin 1735, pendant que les habitants se trouvaient heureusement réunis autour des feux de joie allumés sur le plateau qui domine le village, le jour de la fête de la Saint-Jean, une masse longitudinale de lave, évaluée à plusieurs millions de mètres cubes, se détachait subitement de la coulée et ensevelissait le quartier sud du village. Des blocs de plus de 2000 m3 roulèrent jusqu’au fond de la vallée où on les voit encore disséminés au milieu des vignes ou des vergers. Seule l’extrémité de la bande détachée resta su'r place dans une position inclinée; elle est séparée de la masse par une large et profonde brèche longue de soixante mètres.
- Les habitants appellent ce gouffre « La Loubière», mot qui signifie lieu frequente par les loups (fig. 5).
- Faille
- Fig. 2. — Coupe transversale du plateau de Pardines, expliquant la catastrophe de i?33.
- Cliché La Havane. — Clermont-Ferrand.
- Les savants donnèrent différentes explications de cette catastrophe. Les uns prétendirent que l’eau de ruissellement, en s’infiltrant dans les fissures de la coulée basaltique, avait désagrégé une couche d’argile sous-jacente et avait creusé ainsi un vide qui avait déterminé l’éboulement. Mais étant donné qu’il n’existe aucune trace d’argile dans l’épaisseur du plateau, on attribue communément la catastrophe à un simple travail d’érosion qui a excavé le conglomérat friable, le long de la falaise basaltique, pendant que l’eau de pluie tombant sur le plateau, s’y infiltrait et produisait des fentes verticales. Lorsque la bande de lave s’est trouvée par trop en saillie, l’éboulement s’est produit. C’est une curieuse répétition du phénomène qui se produit tous les jours sur les bords de la mer normande, avec cette seule différence, que l’excavation des falaises est due aux vagues, à marée haute, au lieu d’être produite par les eaux de ruissellement.
- J. Cl IATAING,
- Membre de l'Académie des Sciences.
- Belles-Lettres et Arts, de (’.lermuirt-Kerniiid.
- p.384 - vue 388/688
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2620
- 7%r~
- 21 JUIN 1924.
- L'EXPÉDITION DE FILIPPI AU CARACORUM (KARAKORAM)
- (1913-1914)
- Les premiers volumes de cette expédition mémorable viennent seulement de paraître. Et il est obligatoire de réparer, à ce sujet, la lacune de silence imposée par les événements de ces dix dernières années. I)u mois d’août 4 913 au mois de décembre 1914, M. F. de Filippi, le savant collaborateur de son altesse royale le duc des Abruzzes
- objet du précédent ouvrage de M. de Filippi lui-même sur l’expédition du duc des Abruzzes en 1909 (2 volumes, Bologne, 1912, voir La Nature, 8 novembre 1913). La nouvelle expédition devait donc compléter, vers l’est, celle de 1909. Ces parages avaient déjà été abordés, en 1861-1862, parlecolonel Godwin Austen, puis par le colonel Younghusband,
- Fig. i. — Le glacier Rimu et ses pyramides de glace plissées. Photo Antilli.
- au Saint-Elie, au Ruvenzori, au Karakoram, etc., a exécuté, avec le concours de nombreux collaborateurs, le Dr Abelti, le coram. Alessio, N. Marinelli, Dainelli, etc., une expédition scientifique considérable patronnée par S. M. le roi d’Italie et par diverses sociétés savantes, notamment la Royal Geographical Society de Londres. L’objet de cette expédition était de combler un vide de géographie et de physique du globe, au Nord de la partie occidentale du grand Himalaya, au point où le Kouen-lun se rattache au Karakoram, à l’ouest de la passe de Dapsang ou Dipsang qui conduit du petit Thibet (Leh) au Turkestan chinois (Yarkand). Ce champ de recherches se trouve à l’est du grand massif du Mont Godwin-Auslen, ou Dapsang, ou Chogori, ou Iv2 (8611 m.), le 2e sommet du monde après l’Everest,
- Conway, Dr Neve, Dr Longstaff, Bullock-Wofkmam (levé du glacier Siachem ou glacier Rose en 1911, par le comte Calciati), Eckenstein-Guillarmod, etc. Mais vers les sources de la rivière Schayok ou Schyok, affluent droit du haut Indus, on croyait encore, d’après les renseignements insuffisants de Johnson (en 1864-1866) qu’il n’existait que de petits glaciers. Or l’expédition de 1913-1914 en a dé couvert un considérable : lé Remo ou Rimu, qui paraît s’adosser vers l’ouest au Siachem (le plus grand glacier du monde en dehors des régions polaires) et au Balloro, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de la passe Karakoram. On n’en soupçonnait pas l’existence et il présente cette particularité curieuse d’alimenter deux rivières qui coulent en sens opposé l’une de l’autre: au nord, le Yarkand dont l’expé-
- 25 585
- 52’ Année. — 1" Semestre-
- p.385 - vue 389/688
-
-
-
- 386
- L’EXPÉDITION DE FJLlPPf AU CARACORUM (KARAKORAM)
- Fig. 2. — Les tours de granit de Scarmari. •Photo Dainelli.
- dilion a ainsi reconnu la véritable source, et au sud, le Schayok (Schyok), affluent de l’indus. Le glacier de Remo (Rimu) se termine par des pyramides de glace qui dépassent, par leur formidables dimensions, les plus grands séracs connus (fig. 1). On y voit comment la glace, par suite de sa plasticité, se comprime, à l’image des grands plissements géologiques, entre les gouttières de roches qui Rencaissent.
- Il y a là un argument formel contre le pouvoir excavateur, si discuté, des glaciers. Les moraines latérales sont gigantesques et retiennent de petits lacs (fig. 4).
- Les'hautes plaines du Dapsang ou Dipsang (5000 à 5600 m ), qui conduisent du sud au nord du partage des eaux- sont une des régions les plus désolées du. monde. Morphologiquement, elle apparaît comme très ancienne et très nivelée.
- Dans la région de Rupsciu et Tso-Morir.i, il existe un certain nombre de bassins fermés signalés dès 1872, par lès frères Schlagiritweit. L’expédition a vérifié qu’ils n’ont pas de déversoirs souterrains, leur substratum étant surtout argileux ; leur salinité démontre qu’ils se vident surtout par évaporation dans l'inter-
- valle des saisons pluvieuses. D’ailleurs, certains d?entre eux ont été jadis, d’après les terrasses visibles, de 21 m. plus élevés que de nos jours.
- Le premier volume paru [15 n'ov. 1922) est précisément consacré aux études glaciologiques (par Giotto Dainelli); il fait connaître toutes les caractéristiques des nouveaux glaciers rencontrés : plusieurs sont à cheval, comme le Rémo, sur la ligne de partage des eaux.
- Dans la vallée du premier affluent gauche du Yarkand, deux petits glaciers latéraux barrent encore le cours d’eau, comme le faisaient jadis, plusieurs glaciers des Alpes, notamment dansl’Œlz-Thal (Tirol)' . • ,~-f '.; ;;
- Le volume -des éludés glaciaires se termine par la description du pittoresque pays de Gashmir occupé, à l’époque quaternaire, par un très grand bassin lacustre. 1
- Comme Irait caractéristique et pittoresque des territoires étudiés, il faut noter la position curieuse dés couvents (gompas) abrités sous des excavations ou des grottes de conglomérats gigantesques, non sans analogie avec ceux du Montserrat catalan. Certains, comme le Lamayuru, sont même perchés aux sommets de murs à pic de ces conglomérats, tout à fait comme les Meteoras de Thessalie. Celui de Lamayuru est le plus • singulier de tous, au voisinage d’une vallée d’érosion formidablement dégradée (fig. 5).
- Dans la vallée du Saltoro (tributaire droit du Shyok) deux affluents latéraux, le Tsino et le Tagas, débouchent par de prodigieuses gorges entaillées (en Y) jusqu’au niveau même du sol principal.
- Les tours de granit de Scarmari (fig. 2 et 5) (val Candosj comptent parmi les plus acérés témoins de destruction de cette roche.
- Bref, comme dans les parties déjà étudiées de l’Himalaya et du Caracoram, les dimensions et les effets réalisés par les forces naturelles, à l’œuvre
- Fig. 3. — Autre vue des tours de Scarmari, Photo Dainelli. -
- p.386 - vue 390/688
-
-
-
- p.387 - vue 391/688
-
-
-
- 388 :... LES CONCEPTIONS HISTORIQUES DE M. CAMILLE JULL1AN
- dans les plus hautes montagnes du monde, se font voir à une échelle double ou triple de ce que nous montrent nos Alpes.
- L’expédition et la publication de M. de Filippi sont une magnifique contribution à la géographie générale.
- Elle a rattaché le réseau des staLions indiennes d’étude de la pesanteur (isostasie) à celui du Tur-kestan russe (à Tachkent).
- L’ouvrage portera le titre de « Relazioni scienti-fiçhe délia Spedizione italiana de Filippi nell’ Hima-
- laya, Caracorum, et Turkeslan Ginese (1913-14) » . Il comportera 13 volumes de résultats scientifiques (en souscription à 2500 lire, chez Zanichelli, à Bologne) plus 1 volume donnant le récit de l’expédition (200 lire), par M. de Filippi (vient de paraître ainsi que Tanthropo-géographie, par Dai-nelli) et la géodésie, par Àbelti |t Àlessio.)
- La publication est magnifiquement éditée et la carte générale au 1/250000 a été établie par 1’ « Istituto militare » italien.
- E.-A. Martel.
- LES CONCEPTIONS HISTORIQUES DE M. CAMILLE JULLIAN
- Récemment élu à l’Académie française, M. Camille Juilian, qui siège depuis longtemps déjà à l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres, est aujourd’hui une des personnalités les plus représentatives de la science historique en France, on peut même dire : le premier de nos historiens actuels. Ses théories, sa méthode, les idées générales qui dominent ses travaux méritent d’être connues de nos lecteurs.
- Nous avons eu, au cours du xix° siècle, plusieurs conceptions de l’histoire. Celle des romantiques, dont Michelet avec Augustin Thierry fut le plus brillant protagoniste, et qui alliait un subjectivisme passionné à un sentiment très vif de la vie — l’histoire-résurrection —s’opposait à l’histoire doctrinale, morale et philosophique d’un Guizot et d’un Thiers, qui tournait à la froide abstraction. Puis c’est le déterminisme de Taine, plus scientifique en apparence qu’en réalité, car dans le choix et la mise en valeur des « petits faits significatifs », les préférences et les préventions personnelles entrent pour une large part. Voici enfin l’histoire vraiment scientifique, qui s’efforce d’être à la fois documentaire et objective, se défendant contre le système et le parti pris : Fustel de Coulanges, Albert Sorel sont les plus célèbres représentants de cette nouvelle orientation, bien que Gabriel Monod, au point de vue de la méthode, ait réalisé le plus parfaitement les desiderata de l’école scientifique.
- De celte école, Camille Juilian fut l’élève. Il se soumit à sa discipline sévère. Mais il ne tarda pas à apporter dans ses travaux une marque très personnelle, qui allait lui permettre de renouveler complètement l'histoire de la Gaule.
- D’abord et avant tout, par l’extension de l’information. Pour reconstituer le passé, M. Camille Juilian a compris qu’il ne' suffisait pas de dépouiller les textes de première et de seconde main : inscriptions, chartes, actes, mémoires, témoignages de contemporains, „ travaux d’historiens. L’histoire doit chercher ses points d’appui ailleurs encore, et d’abord dans la géographie.
- L’importance du rôle accordé à la géographie est une des idées maîtresses de l’histories, qui la met en valeur dès le début de sa grande Histoire de la Gaule (') :
- « Faire l’histoire de la Gaule, c’est raconter et expliquer les changements qui se sont produits dans l’aspect du sol et dans la manière de vivre et de penser des habitants. Nous ne séparons pas de l’étude de l’humanité celle du terrain qui la nourrit. Le défrichement d’une
- grande forêt, le dessèchement d’un vaste marécage, ont presque autant d’importance, dans les destinées des sociétés, qu’une révolution politique ou qu’un chef-d’œuvre littéraire. 11 n’est pas moins utile de connaître la façon dont les populations ont partagé et cultivé la terre, que celle dont elles se sont converties à une religion nouvelle. La diffusion d’une culture, la construction d’une grande route, la formation d’une ville capitale, amènent des conséquences aussi durables qu’une guerre et qu’une loi. Un historien doit donc examiner les rapports de l’homme avec le sol qu’il habite, au même titre que les relations des hommes entre eux. »
- Voilà une véritable profession de foi qui peut rappeler la théorie de l’influence du milieu, chère à Taine, mais profondément modifiée par un commerce prolongé avec les faits, par un sens plus réaliste de la vie, alors que la conception de Taine relevait d’une abstraction a priori. Il ne s’agit plus d’un « milieu a vague, dont on a fait une synthèse prématurée avec quelques éléments plus ou moins apparents, mais de données concrètes, précises, des rapports entre les routes et les échanges commerciaux ou les invasions, entre l’état social et la culture des terres : en un mot, de la façon dont l’homme a tiré parti des possibilités que lui offrait la nature. C’est toute la nouvelle doctrine, si féconde, de la géographie humaine, mise au service de l’histoire. L’historien, comme le géographe, doit visiter et observer les lieux qu’il décrit.
- La géologie est enrôlée à son tour : comment s’en étonner, si l’on songe que la géographie ne peut plus se passer d’elle? Les leçons si pénétrantes que M. Juilian consacre depuis quelques années à la banlieue de Paris, modèle d’histoire géographique et de monographies locales, — le maître les prépare, avant ou après les visites sur place, avec la carte géologique sous les yeux. La nature et la disposition du terrain n’expliquent-elles pas remplacement des villages (et parfois telle étymologie), par exemple par la recherche des points d’eau ou le développement successif des défrichements autour des domaines ruraux, par le choix, d’abord des terrains légers plus faciles à cultiver, ensuite des sols plus rebelles _ ou plus ingrats?
- Dans le domaine du passé lointain qui est le sien propre, la recherche historique doit se ménager le plus grand nombre possible d’auxiliaires pour éclairer ses chemins. Avec M. Juilian, l’historien devient un véritable encyclopédiste : géographe, géologue, il doit devenir aussi archéologue et linguiste. A travers toute la France, de Paris à Bordeaux et à Marseille, d’Alésia à Issolu, il
- 1. T. I, p. 4.
- p.388 - vue 392/688
-
-
-
- LE N AUTOGRAPHE B AU LE r -.. — 389
- n’est pas de fouille que M. Jullian n’ait inspectée, examinée dans ses produits, jaugée dans ses répercussions historiques, avec une sûreté d’intuition augmentée d’année en année par l’expérience. 11 s’est initié à la langue gauloise, dont tout ce qu’a pu recueillir la science n’a plus de secret pour lui; il s’est penché sur les mystères de l’ibère et du ligure, ne désespérant pas de remonter plus haut encore. Par l’étude des religions de la Gaule, si importante dans les sociétés anciennes, il est devenu ethnographe.
- Sa documentation est considérable : il a surtout l’art de la mettre à profit. Il a su, par exemple, utiliser les historiens grecs pour reconstituer sur de nouvelles bases l’histoire primitive de la Gaule. Combien d’historiens de l’école contemporaine ont pu résister, surtout outre Rhin, au danger d’être noyés, eux et leur personnalité, sous l’avalanche des matériaux? Beaucoup ont cru y parer en restreignant leur documentation — autre et plus grand péril. M. Jullian a eu le rare mérite de digérer la formidable érudition allemande, de la clarifier, d’en dégager des idées générales, à la française. De son maître Albert Sorel, il a appris et perfectionné la méthode qui consiste, à l’aide de faits scientifiquement contrôlés et rigoureusement évalués, à dégager les états moraux collectifs ou individuels qui s'y révèlent. Ses synthèses ou hypothèses, parfois hardies, reposent sur un travail préparatoire de bénédictin : ce qui est le terme pour d’autres, n’est pour lui qu’une étape. Il est, il veut être un constructeur.
- Et voici un autre aspect, non moins important, de l’historien. Parti de la conception objective et documentaire, rigoureusement scientifique, M. Jullian est revenu à la conception vivante de l’histoire, à la résurrection. Et par là il s’apparente aux grands romantiques, dont la documentation était beaucoup plus approfondie que ne l’ont allégué leurs détracteurs, — Gabriel Monod l’a prouvé pour Michelet, — mais dont le défaut essentiel fut la partialité.
- Et par quelle voie y revient-il? Par la sympathie.
- Quand on parle de l’impartialité et de l’objectivité de l’histoire, il faut s’entendre. Certes on ne conçoit pas un véritable historien qui soit sciemment partial, qui altère les faits par erreurs volontaires, par omissions tendancieuses, par des hypothèses présentées comme certitudes. Mais l’objectivité sereine, celle qu’a réalisée un Gabriel
- Monod, est-elle nécessaire, est-elle possible, e>t-elle même souhaitable pour tous? Il y a des tempéraments qui ne donnent leur pleine mesure que s’ils sont échauffés par une certaine passion. M. Jullian est de ceux-là. Et son exemple nous montre qu’il est bon, qu’il est utile que les deux tendances soient représentées.
- Un vieil économiste assurait qu’il n’y a de bon travail que dans la joie. En voici un exemple. C’est avec une ferveur enthousiaste pour notre passé queM. Jullian s’est attelé à son énorme labeur, pour lequel lui fut créée, au Collège de France, la chaire, si bien désignée, des antiquités nationales.
- Dans la mêlée complexe des peuples, des événements et des hommes, il a ses préférences, ses antipathies ; son âme est dans un camp, — avec Vercingétorix contre César, — il ne s’en cache pas. Mais .il n’en reste pas moins impartial, en ce sens qu’il ne néglige jamais les arguments adverses, et s’il lui arrive d’accorder sa faveur à une hypothèse qui le sollicite, au lecteur, qui a les pièces en mains, il est loisible de conclure différemment.
- Certains estimeront peut-être que M. Jullian a quelque peu embelli les Gaulois, et que leur apport ethnique, intellectuel et moral dans les éléments qui constituent la France actuelle se réduit aujourd’hui à bien peu de chose. Mais ceci est une autre question. Et peut-on vraiment reprocher à un portraitiste d’avoir aimé, voire quelque peu flatté son modèle? Toujours est-il que le maître a sorti de la légende et de la brume ce grand peuple gaulois, si séduisant malgré ses défauts, intelligent, aimable, assimilateur: il l’a reconstitué à nos yeux sous tous les aspects de sa vie, de son caractère, de ses mœurs, il l’a campé en plein relief et en pleine lumière.
- Enfin cet historien est un écrivain, suivant la grande tradition française, renouvelée des Anciens. Il sait composer, il sait intéresser et émouvoir. Ses’ pages sur Alésia sont un drame d’Eschyle. Et, tandis que les innombrables notes d’érudition s’alignent, en rangs fins et serrés, tout au long des pages, le style du texte coule clair et bien frappé, élégant, facile, — cette facilité qui suppose un si long effort! — comme un de ces beaux fleuves de France, aimés de l’auteur, dont les eaux limpides et apaisées entre les larges rives ont oublié les bouillonnements pénibles de leurs torrents originaires.
- Albert Dauzat.
- H
- LE NAUTOGRAPHE BAULE
- Les méthodes de navigation. — Les méthodes de navigation actuellement en usage se résument à deux :
- à) La navigation astronomique.
- b) La navigation à l’estime.
- Dans la première, on observe les astres au moyen d’un sextant et on détermine par le calcul la longitude et la latitude du navire au moment de l’observation. La position obtenue s’appelle le « point observé ». Dans beaucoup de contrées où régnent le ciel couvert ou la brume, cette façon de procéder est évidemment impraticable.
- Dans la deuxième méthode, on part d’un point « observé », ou d’un point obtenu en vue des côtes
- par de simples relèvements,et on note très soigneusement les diverses routes du navire et ses diverses vitesses. On exécute alors sur la carte un graphique à main levée en portant bout à bout les diverses trajectoires du navire. Il est évident qu’un pareil procédé est employé faute de mieux, car il est peu précis. On ne peut avoir la prétention de connaître exactement tous les mouvements du navire — et même si on les connaissait, il serait impossible d’en tenir un compte exact par les procédés habituels. Il faut donc contrôler son point toutes les fois qu’on le peut. Au cours des dernières années, les moyens de contrôle ont été singulièrement augmentés. On peut dans certains parages avoir sa direction par
- p.389 - vue 393/688
-
-
-
- 390 =rr-........== LE NAUTOGRAPHE BAULE
- rapport à un poste radio-goniométrique, ou par les émissions de cloches sous-marines. Enfin, la présence de câbles directeurs est d’un très grand secours pour les entrées de port.
- Tous ces moyens ne sont utilisables que relativement près des côtes. Or, les erreurs de point estimé sont fréquentes et personne ne peut se vanter d’être près de les éviter. .L’histoire maritime fourmille de cas bien caractérisés, où la perte d’un navire a été la conséquence d’une « estime » inexacte. Il y avait donc là une lacune à combler.
- Le but de l'appareil Baule. — Le lieutenant de vaisseau Baule a fort ingénieusement résolu le problème en réalisant un appareil traceur de routes continu et automatique. C’est le timonier mécanique vigilant qui tient compte de tous les mouvements et qui les « intègre », pour employer un langage mathématique.
- Cette nouvelle méthode a l’avantage de fournir un graphique complet des positions successives des navires, document intéressant à tous les points de vue. Le navigateur voit la route se tracer à mesure qu’elle s’effectue réellement et sans aucun retard. Ceci est particulièrement précieux lorsqu’on franchit un passage dangereux. On sait, en effet, toute l’importance qu’il y a à connaître le plus vite possible la position exacte du navire pour assurer en temps voulu les changements de route afin d’éviter les hauts-fonds.
- Cette instantanéité du point automatique est surtout importante pour les bâtiments rapides. On conçoit, en effet, qu’en vue d’une côte, lorsqu’on porte successivement des relèvements de points déterminés, on n’agit pas au même instant pour les divers relèvements. Il s’ensuit que ces derniers ne se coupent pas au même point comme cela devrait être. D'ailleurs, au moment où on a obtenu la position sur la carte, le navire n’y est plus à cause du temps perdu à effectuer l’opération graphique. „ L’appareil Baule reproduit fidèlement le sillage du navire sur la mer, et le contrôle continu de la route et des allures suivies est assuré sans contestation possible. Il s’impose donc d’une manière absolue pour la navigation. Mais il est au moins aussi utile pour les manœuvres militaires. L’inscription automatique des positions successives du navire de la division ou de l’escadre sur la carte facilitera les évolutions de toutes sortes. On concevra sans difficulté que pour tenir son poste par rapport au bâtiment amiral, il faut varier souvent l’allure et le cap. Il s’ensuit que le problème de la position du navire devient extrêmement difficile.
- Depuis peu, les procédés de sondage par l’observation de l’écho d’une onde sonore ou ultra-sonore sur le fond se sont perfectionnés à un tel point que des bâtiments l’emploient d’une manière constante.
- L’ingénieur hydrographe Marti a mis au point un enregistreur continu de sondage par ultrasons qui permet d’obtenir un véritable profil du fond, car les .coups de sonde peuvent se succéder à
- intervalle de trois secondes. On conçoit que la combinaison des appareils Marti et Baule soit excessivement intéressante en cas de brume.
- Nous allons exposer le problème à résoudre et la solution préconisée par le lieutenant de vaisseau Baule, solution qui a reçu la sanction de la pratique.
- Le problème. — On conçoit, que les positions successives du navire sont déterminées à chaque instant par les variations des deux éléments de route : le cap et la vitesse. Or le cap est indiqué sur les bâtiments moderûes par le compas gyro-scopique dont l’emploi tend à se généraliser à bord de tous les bâtiments d’un certain tonnage(’). Il peut être transmis en un point quelconque par des répétiteurs actionnés par le compas.
- La vitesse du navire peut être connue au moyen du loch. Les lochs modernes sont pour la plupart constitués par une hélice, un moulinet ou une turbine et mu par l’eau, actionnant un contact électrique qui prévient l’observateur lorsque la partie tournante a effectué un certain nombre de rotations. Ce procédé n’était pas suffisamment rapide. Aussi, le lieutenant de vaisseau Baule a imaginé un loch automatique qu’il a appelé loch à bulle.
- Nous aurons l’occasion d’en parler plus longuement au cours d’un autre article, car sa description nous entraînerait trop loin. Dans l’ensemble, cet appareil se compose d’un réservoir comprimé à faible pression laissant échapper par une soupape une certaine quantité d’air dans un tube parcouru par un courant d’eau résultant de la marche du navire. L’eau arrive dans le tube et en sort par deux buses spéciales très allongées comportant des ajutages en forme de nid de pigeon, tournés vers l’avânt pour la buse avant et vers l’arrière pour la buse arrière.
- La bulle d’air en*arrivant sous un plot placé vers l’arrière, l’isole momentanément de la mer et coupe le courant d’une pile, un relais tombe et déclanche la bulle suivante. La succession des bulles est donc ininterrompue et leur nombre dans un temps déterminé est proportionnel à l’espace parcouru par le navire. Un chronographe permet la la mesure de l’intervalle du temps séparant deux bulles consécutives et donne par lecture directe la vitesse. Un compteur totalise l’espace parcouru en centièmes de mille et plusieurs répétiteurs placés en divers endroits du navire peuvent être commandés à distance. Pratiquement, cet appareil qui a longuement été essayé sur le chasseur « 86 » a permis des mesures précises à 2/100 de nœud près.
- On voit donc que le problème à résoudre est le suivant : reconstituer à chaque instant le cap et la vitesse pour avoir le point représentatif de la position
- Le traceur de routes. — C’est en 1915 que le lieutenant de vaisseau Baule commença ses recher-
- i. JF. Baule réalise en ce moment un relais spécial permettant de commander l’appareil au moyen d’un compas magnétique.
- p.390 - vue 394/688
-
-
-
- LE NAUTOGRAPHE BAULE
- 391
- Cap de Bregançot
- 6 \5HZ0
- O Sémaphore du Titan
- Rocher Mat des Médès
- ‘SatnapHePp de Porquerolles /* O Petit Sarramer
- Mat Port Cros
- Fig. /. — Parcours de 54 milles (/oo kilomètres) du croiseur Thionville tracé par l'appareil Baule.
- Si l’on corrige lé tracé en tenant compte1 du courant, Terreur de fermeture (1 mille 2) se réduit à 5o mètres,
- soit 1/2000 du parcours total.
- ches qui furent interrompues par la guerre. En 1917, il les reprit et réalisa un appareil traceur de routes double destiné à résoudre certains problèmes de tir. Il est évident qu’il résolvait a fortiori le problème du tracé de la route du tireur. Le principe qui va servir de base à l’appareil est le suivant : pour reconstituer la route suivie par le navire depuis son point de départ, il suffit, connaissant ce point, de tracer successivement des éléments rectilignes très petits, à des intervalles de temps suffisamment rapprochés pour que le polygone ainsi formé, pratiquement confondu avec sa courbe limite, reproduise la route suivie par le navire. Le cap et la vitesse étant tenus à jour alternativement à l ou 2 secondes d’intervalle, seront pratiquement toujours très voisins du cap et de la vitesse instantanée du navire.
- A °Q
- F HNn rH JT
- J .1 L
- p4—-— H
- m
- -a
- OMMMJLF
- !M
- Fig. 2. — Coupe du traceur de navigation, Baule.
- A, papier sur lequel se trace la carte ; B, cadre fixe ; C, punaises de fixation ; D, plateau en fer doux ; E, chariot coulissant porté par le plateau D ; F F' bras articulè^sur lequel coulisse le chariot E; G, électro-aimant pouvant immobiliser le chariot E sur le plateau D ; II', rouleaux-guides ; J, électro-aimant de vitesse; K, ressort antagoniste de Télectro J ; L, moteur asservi au compas et faisant tourner le bâti M et le plateau D ; M. Bâti ; N, électro de commande de la bille O ; O, bille encrée.
- On voit tout de suite le gros avantage de ce procédé au point de vue 'mécanique : il permet de se passer de différentiels, organes susceptibles de jeux et par conséquent imprécis.
- Il opère la recomposition immédiate des coordonnées du navire sous la forme où le compas ou le loch les donnent. D’ailleurs, le loch Baule a donné incontestablement les meilleurs résultats parmi les appareils similaires. Réduisant au minimum les masses mobiles, il évite leur entraînement accidentel au roulis et au tangage.
- L’appareil se présente sous l’aspect d’un meuble carré qui forme table à carte. Une bille d’acier enduite d’encre, se déplaçant sur la carte, constitue Yorgane traceur dont le mécanisme d’entraînement est placé sous la carte. Celle-ci se trouve donc entièrement dégagée et les opérations diverses de la navigation courante sont grandement facilitées.
- La carte À est tendue sur un cadre fixe B par un dispositif figuré par des punaises C (fig. 2). Sous la carte, et porté par un plateau de fer doux D, se déplace un chariot E qui coulisse le long d’un bras F articulé autour d’un pivot vertical F' solidaire de la partie fixe.
- Un électro G permet, par son adhérence magnétique, d’immobiliser le chariot E contre le plateau D.
- Ce plateau peut avoir un petit mouvement horizontal alternatif que facilitent les rouleaux —guides— L et L' à axe horizontal, portés par un bâti M qui vient coiffer un moyeu fixe vertical (figuré en pointillé) autour duquel il peut tourner.
- Le bâti M entraîne le plateau D
- p.391 - vue 395/688
-
-
-
- 392
- = LE NAUTOGRAPHE BAULE
- Fig. 3. — Vue du Nautographe. la carte enlevée
- dans ce mouvement de rotation. Le plateau peut donc avoir :
- 1° Un mouvement de translation alternative horizontale assuré par un électro-avaleur J, dit électro de vitesse, porté par le bâti M et dont l’armature est attelée directement au plateau D. La course d’aller s’effectue avec J excité, la course de retour avec le ressort antagoniste.
- 2° Un mouvement de rotation horizontale du plateau, assuré par un moteur L qui est asservi au compas et qui entraîne le bâti M par vis tangente et roue striée. La liaison entre la roue striée et le bâti M est élastique. Un frein, non figuré sur le croquis, peut immobiliser temporairement le bâti, tandis que le moteur L continue à faire tourner la roue striée. Quand le frein est relâché, la liaison élastique agit et le bâti M rattrape son retard.
- Le chariot E supporte un électro N qui attire à travers la carte la bille O enduite d’encre.
- Fonctionnement. — Supposons que l’on dispose d’un loch électrique émettant une impulsion de courant toutes les fois que le navire a, par exemple, franchi 1/100 de mille. Ces impulsions successives actionnent par un rochet le commutateur tournant du tableau de manœuvre.
- lre Phase. Trace' de l'élément rectiligne. — Pour une position du commutateur, le courant est établi :
- 1° Sur l’électro G qui rend l’organe traceur solidaire du plateau D ;
- 2° Sur le frein de cap qui immobilise le bâti M ;
- 3° Sur l’électro de vitesse J qui Fig. 4.
- entraîne le plateau et par suite le
- groupe traceur et la bille. Celle-ci suit exactement les déplacements de l’électro N et trace l’élément de route du navire qui correspond à 1 /200 de mille.
- 2e Phase. Mise au cap. — Le rochet tourne d’un cran après une nouvelle impulsion du loch. Les connexions suivantes sont alors établies :
- 1° Le courant est coupé sur l’élec-tro G, le bloc traceur soulevé par des ressorts jusque-là comprimés se décolle du plateau.
- 2° Les freins électro-magnétiques (non figurés) sont excités. Us immobilisent momentanément le bras F sur la circulaire fixe ainsi que le bloc traceur L sur le bras F.
- La bille est donc immobilisée.
- 3° Le courant est coupé sur le frein de cap et le bâti M, rappelé sous l’effet de l’élasticité de sa liaison avec le moteur L, se met au dernier cap indiqué par le compas.
- 4° Le courant est coupé sur l’électro de vitesse, et le ressort rappelle son armature au repos. Le plateau D est ramené dans une position telle qu’il est prêt de nouveau à effectuer une translation rectiligne suivant le nouveau cap.
- Dans le cas où il n’y a pas de loch, le commutateur est actionné par un chronomètre émettant des impulsions électriques toutes les trois secondes. On règle alors l’amplitude de l’électro J proportionnellement à l’espace parcouru par le navire pendant cet intervalle de temps.
- Les changements de vitesse sont appréciés d’après le nombre de tours des machines.
- if'1/
- êËSêÈ/êêÈëê
- -
- Ijii
- P5
- - Le Nautographe, la carte en place. Un aperçoit la bille traceuse.
- p.392 - vue 396/688
-
-
-
- PRECIPITATION DES POUSSIERES PAR LA CHALEUR
- 393
- Pour en tenir compte on agira sur lechelle du tracé.
- Changement d’échelles. — La course réglable de l’électro J permet de faire varier l’échelle du tracé.. On sait que les cartes marines sont établies suivant la projection dite de Mercator. Le parcours du navire est réduit suivant le changement en latitude. Le nautographe permet de tenir compte de ce fait en employant une gamme continue d’échelles. C’est d’ailleurs le seul traceur de route existant qui permette d’effectuer facilement cette correction.
- La répétition du tracé. — A bord d’un grand bâtiment, le commandant doit pouvoir être renseigné à chaque instant sur la position de son navire. Le nautographe Baule offre cette particularité très intéressante qu’il permet de répéter le tracé de la route en divers endroits du navire. Les positions successives rapportées au centre F' de rotation du bras F, seront déterminées à chaque instant si on mesure l’angle dont tourne ce bras et la distance du centre du chariot au centre F'.
- Le poste répétiteur se composera d’un cadre muni d’un bras Fj (fig. 5) orientable autour du pivot F't. Ce cadre est semblable géométriquement au cadre principal.
- Le bras est orienté par un moteur à impulsion Pt; le curseur à écrou G' est mu par la rotation de la vis Fj assurée par un deuxième moteur à impulsion
- P2. Il suffit d’ asservir les moteurs P, et P2 aux moteurs correspondants de l’appareil principal.
- La bille 0' suit donc rigoureusement les mouvements de la bille 0 de l’appareil principal.
- Les résultats. — Le tracé compliqué qui est représenté en figure I représente un parcours de 54 milles effectué au large des lies d’Hyères à boni du croiseur ex-allemand Thionville. On voit que l’erreur de fermeture se réduit à 50 mètres, soit 1 /2000 du parcours total après correction du courant.
- Il faut évidemment tenir compté du courant, celui-ci entraînant à la fois le navire et l’appareil ;
- mais dans les parages ou les courants
- Fig. 5. — Le répétiteur de tracé.
- sont importants, en Manche par exemple, ’ des cartes spéciales indiquent la force et la direction du courant à chaque heure de marée.
- D’ailleurs, un dispositif spécial a été prévu pour permettre de reporter automatiquement le tracé dans la direction du courant proportionnellement à sa durée et à sa vitesse.
- Il est à remarquer en outre qu’avec le Nautographe, on détermine plus rapidement le courant qu’avec aucun autre procédé puisque cette détermination exige de connaître très exactement le chemin parcouru à la surface de l’eau.
- Ces résultats montrent le parti qu’on peut tirer de cet instrument par brume, surtout en le conjuguant avec l’enregistreur continu de sondage système Marti. F. C
- •si*
- PRÉCIPITATION DES POUSSIERES PAR LA CHALEUR
- L’un des procédés les plus connus pour précipiter les poussières en suspension dans un gaz est le procédé Cottrell qui repose sur l’attraction des poussières chargées d’électricité par une tige portée à un très haut potentiel. Mais on peut employer d’autres moyens et dans les phénomènes de la vie quotidienne, on observe couramment le dépôt des poussières par la simple action de la chaleur : au-dessus des radiateurs par exemple. Le mécanisme de cette précipitation est intéressant et mérite d’être étudié en détail. . i
- Quand une particule trop grosse pour être animée du mouvement brownien est en suspension dans un gaz dont la température est rigoureusement uniforme, le bombardement auquel elle se trouve soumise de la part des molécules sera évidemment le même dans toutes les. directions et la particule restera en repos ou soumise simplement aux actions de la pesanteur. Si, au contraire, la température du gaz au voisinage de la particule n’est pas uniforme, si par exemple on y introduit une tige métallique portée au rouge, les molécules au voisinage de la tige vont être échauffées, c’est-à-dire, d’après ce que nous apprend la théorie cinétique, vont être animées de vi-
- tesses supérieures à celles qu’elles avaient précédemment et qu’ont encore les particules situées plus loin dans la masse gazeuse. 11 en résulte que le bombardement auquel est soumise une particule en suspension dans cette région du gaz ne sera plus symétrique et il est facile de voir qu’elle sera repoussée loin de la région chaude du gaz. En effet, les molécules provenant de cette zone ont une l’énergie supérieure à celle des autres molécules et leur action sera prédominante. Par conséquent, dans exemple considéré, la tige chauffée s’entourera d’une région d’air chaud ne renfermant plus de particules en suspension et formant un courant gazeux vers le haut. Inversement une tige froide donnera naissance à un courant d’air .dépourvu de poussière dirigé vers le bas. Dans ce cas, les particules se déposent sur la tige au fur et à mesure que le courant d’air chaud et chargé dé poussiérés s’écoule vers le bas. Ces observations on t été faites par Tyndall en 1870 et reprises ensuite par lord Rayleigh en 1882.
- Àilken a signalé un phénomène analogue qui se présente lorsque des particules solides existent dans des flammes : les particules se déposent plus facilement sur une surface froide que sur une surface chaude.
- p.393 - vue 397/688
-
-
-
- 394 .=TT-:.:.r.—ACADÉMIE DES SCIENCES
- Sir Oliver Lodge a également fait remarquer, vers 1885, que lorsque les pièces d'un appartement sont chauffées par un feu nu, c’est-à-dire par radiation directe, les murs et les meubles sont plus chauds que l’air de la pièce et par suite les poussières restent en suspension dans l’air.
- Si, au contraire, le chauffage a lieu par radiateur, c’est-à-dire par convexion, l’air, qui est alors l’élément de transport de la chaleur, est plus chaud que les murs et les meubles. Dans ce cas la poussière se déposera sur ceux-ci, au lieu de rester en suspension comme dans le cas précédent. Le dépôt sera plus prononcé sur les murs et les plafonds au voisinage des radiateurs, et principalement aux endroits où ces parois se trouvent refroidies par suite de l’existence de vides intérieurs, tuyaux, lambourdes, etc.... La même explication s’applique au noircissement des plafonds au-dessus des lampes à gaz ou à ^pétrole. Ce n’est pas, comme on peut le croire, la flamme qui « chàrbonne » et dépose de la suie sur les plafonds; c’est le courant d’air chaud ascendant produit par la lampe qui va déposer sur la surface froide, oui se trouve
- au-dessus de l’appareil, les poussières dont il est normalement chargé.
- Tolman a montré que la fumée de tabac, lorsqu’on la fait passer entre deux tubes concentriques dont les températures diffèrent de SO à 80 degrés, se dépose entièrement sur la surface froide. C’est le même phénomène que précédemment.
- La répulsion des poussières par les surfaces chaudes est encore accrue lorsque cette surface est celle d’un liquide qui s’évapore. C’est grâce à cette propriété que nos poumons ne sont pas recouverts d’une couche de poussière qui à la longue en boucherait tous les pores et provoquerait l’asphyxie lente. Nen seulement la température des poumons est supérieure à celle de l’air, mais encore il y a évaporation de vapeur d’eau à leur surface, et ces deux facteurs constituent les armes de défense de l’appareil respiratoire contre son obstruction par les millions de particules en suspension dans l’air qui y pénètrent à chaque inhalation.
- _ 11. Vigneron.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril 1924.
- La formation de l'Adriatique.— Jusqu’ici, on considérait la côte dalmate comme le type d’une côte en voie d’affaissement. Pour M. Jacques Bourcart, il y aurait lieu de faire intervenir une surrection très lente de tout le continent, dont les effets peuvent être masqués par ceux de l’érosion marine.
- Le dédoublement de la rutinc. — Ce glucoside jaune, signalé pour la première fois par Weiss, se décompose, comme l’a montré Schmidt, sous l’action des acides étendus à chaud, en quercitine, rhamnose et glucose. A l’aide du ferment retiré des graines du Rhamnus utilis, M. C. Charaux vient d’en obtenir un sucre nouveau, le rutinose, qui, très hygroscopique et se prenant en masse pâteuse, se ramollit vers 140° pour devenir liquide au voisinage de 190°. Il présente le phénomène de mutarotation et son hydrolyse, par les acides, le dédouble en rhamnose et en glucose.
- La circulation du bismuth dans l'organisme. — Depuis quelques années, ce métal entre dans la composition d’un grand nombre de médicaments et, des expériences de MM. Christiansen, G. Hevesy et S. Lomholt, il apparaît que son emploi demande les plus grandes précautions, car il se résorbe lentement et de façon irrégulière. Son élimination se fait surtout par l’urine.
- Le pouvoir antiseptique du bichromate de potasse ou de cuivre. — MM. Sartory ont opéré sur des cultures mycéliennes de cryptogames tels que Pénicillium glau-cum, Mucor racemosus et Rhizopus niger, et ils concluent à un pouvoir toxique du sel de cuivre supérieur à celui du sel de potassé qui provoque des modifications de
- structure beaucoup moins profondes, dans les tissus de ces champignons inférieurs.
- La dérive des continents. —' M. Ph. Negris s’élève contre la théorie de Wegener basée certainement sur des concordances très discutables entre la côte orientale de l’Amérique latine et la côte occidentale de l’Afrique, et le régime des glaces polaires pendant l’époque carbonifère. Sur ce dernier point, M. Negris reproche au géologue alle-uiand de ne pas tenir compte de l’arrivée, à ce moment et jusqu’aux côtes de la Sibérie, du Gulf Stream qui, lors de sa formation, pouvait s’étendre aussi loin, grâce à un niveau plus élevé.
- Un nouvel appareil de calcul. — Il est particulièrement difficile, on le conçoit, lorsqu’on dispose des tables à plusieurs entrées, actuellement en usage, de tracer des graphiques dans la carlingue d’un avion ou sur la passerelle d’nn bateau de faible tonnage. Cela a conduit M. Charles Lafon a mettre au point un appareil, sorte de combinateur grapho-mécanique marin, qui permet notamment de déterminer la roule et la vitesse d’un navire aperçu et, lors d’une manœuvre ou d’une action de guerre, de garder la preuve « écrite » de l’opération réalisée.
- Election. — Dans la séance du 7 avril, M. Serge Winogradsky a été élu Associé étranger, en remplacement de M. Van der Waals, décédé. Ses concurrents étaient MM. Kamerlingh Onnes et Torres Quevedo.
- Paul B.
- p.394 - vue 398/688
-
-
-
- Une source inépuisable d’énergie à bon marché :
- LE VENT
- Les réserves mondiales de combustibles, solides et liquides, s’épuisent rapidement et, quels que soient les espoirs, splendides mais lointains, que fait naître l’étude de la radio-activité de la matière, cette menace suspendue sur notre vie économique mérite l’attention de tout homme qui pense. Celte question doit particulièrement nous préoccuper, nous Français, qui n’avons pas su, comme notre voisine la Grande-Bretagne, nous assurer une part suffisante de terrains pétrolifères pour sauvegarder, à ce point de vue, même notre indépendance actuelle.
- On essaie de nous consoler en nous vantant l’incomparable richesse de la France en énergie hydraulique, en énumérant les millions de chevaux qui peuvent être, si nous le voulons, à notre disposition. En attendant, nous avons, au cours des onze premiers mois de l’année 1925, importé 28 millions de tonnes de charbon et dû débourser pour cela 5 milliards 500 millions de francs dont l’exportation a pesé terriblement sur notre change.
- C’est qu’une chute d’eau, comme une mine, comme une usine, n’est pas plus de la richesse que l’hydrogène n’est de l'eau. Elle n’en est que l’un des éléments constitutifs et elle ne vaut*qu’unie à d’autres éléments indispensables, en première ligne le capital. Faute de ces éléments, elle n’est qu’une ombre de richesse.
- Pourquoi le capital ne vient-il donc pas, actuellement, aux chutes d’eau, dans notre France si riche, alors que, par les prix élevés du combustible, le moment semble être particulièrement favorable? Ce ne peut être par ignorance : l’exploitation d’une centrale hydroélectrique n’est plus, depuis longtemps, une affaire nouvelle, pleine d’inconnu, une entreprise à faire reculer à coup sûr la masse de nos compatriotes peu amoureux du risque. Bien des industriels savent aujourd’hui calculer exactement ce que l’on peut attendre de la mise en valeur d’une chute d’eau. Et c’est, hélas, justement pourquoi ils se refusent à y employer leurs disponibilités. En un mot la plupart des chutes qui restent à utiliser se trouvent à la limite économique d’exploitation :
- ajs20_
- 0.250P I
- - SâVJl
- Fig. 2 — Dessin d'une pale de turbine aérienne expérimentée par l’auteur au Laboratoire Eiffel.
- Les résultats de l’essai de ce modèle sont donnés par le diagramme de la fig. 4.
- i —-
- Vf 7
- - - 7-
- s y &
- s/. v r & P ”"7
- - -,y J
- i
- \ t
- /
- j\ ;
- n
- /u ; : i - i' ~r: - 7 7 7 : X 7 :=
- 0 < 2 3 4 5 6 nnO (msj.
- V
- Fig. 1.— Résultats généraux des essais du Laboratoire Eiffel sur la puissance des moulins à vent.
- Les coefficients de puissance indiqués qui se rapportent à des kilogrammètres par seconde sont donnés en fonction du rapport de la vitesse périphérique du moulin à la vitesse . du vent. Les avantages du moulin ou turbine à 2 pales au point de vue puissance et vitesse de rotation apparais sent avec évidence.
- elles risquent de ne pas rémunérer suffisamment les capitaux engagés.
- Sans doute beaucoup d’entre elles, dans un Etat bien policé, devraient-elles être aménagées tout de même avec l’appui des organismes officiels. Les répercussions secondaires de ces augmentations de richesse sur la prospérité générale compenseraient, et au delà, les sacrifices consentis. Des tentatives ont élé faites dans ce sens, mais l’éducation civique de la nation est encore trop rudimentaire pour que le problème puisse de longtemps être résolu dans son ensemble.
- D’autres moyens encore ont été proposés : le carburant national, le gazogène au charbon de bois, l’utilisation des marées f... Efforts intéressants, certes, et dignes d’êlre encouragés. Toutes ces solutions malheureusement, outre les inconvénients particuliers, quelquefois très graves, qu’elles comportent, sont coûteuses. Et elles ne retarderont que de bien peu d’années l’échéance imminente.
- Faut-il donc nous abandonner à la fatalité? Ou nous contenter de cet espoir mystique qu’une invention prochaine nous apportera le salut? .
- Nous n?en sommes pas là, heureusement, et nous avons d’autres ressources. Il existe à notre portée un réservoir immense d’énergie à bon marché : il ne tient qu’à nous d’y puiser toute celle qui nous est nécessaire dans notre civilisation d’aujourd’hui et celle bien plüs abondante qui nous sera nécessaire dans notre civilisation, meilleure, de demain. Nous y trouverons aisément les kilowatts indispensables pour faire tourner nos usines, avancer nos trains, chauffer nos habitations et les fourneaux de nos cuisines aussi bien que nos fours métallurgiques, alimenter les usines électro-chimiques qui nous fourniront métaux et engrais.....Nous y trou-
- verons les éléments d’une prospérité plus grande»,
- p.395 - vue 399/688
-
-
-
- d’un peu plus de bien-être et, qui sait, d’un peu plus de bonheur.
- Lorsque nous élevons nos regards vers le ciel et que nous voyons accourir, puis s’enfuir, les lourdes nuées, sans cesse remplacées par d’autres, puis par d’autres, sans arrêt, des jours et des nuits, inlassablement, nous pouvons, en nous émerveillant, nous faire une idée de l’immense quantité de chevaux-vapeur qui passent là-haut, presque à notre portée, et qui s’en vont.... Or il est en notre pouvoir, moyennant un tout petit effort, d’en retenir, par la bride si l’on peut dire, des millions pour notre usage. Le vent, voilà l’intermédiaire merveilleux par lequel le soleil met à la disposition de l’homme un peu de son infinie puissance.
- Le vent, que nous avons utilisé si mal jusqu’à ce jour, dont nous refusons maintenant presque entièrement les services pour nos transports mari limes, alors que, si nous étions sages, les Océans seraient sillonnés partout de vaisseaux de plusieurs milliers détonnes, poussés, à peu de frais, dans toutes les directions, par des turbines aériennes. Le vent qui ne moud même plus notre grain, à qui nous nous bornons à demander d'élever quelques mètres cubes d’eau ou d’alimenter quelques rares lampes à incandescence, alors qu’il pourrait nous fournir des milliards de kilowatts-heure.
- Oh ! je sais bien pourquoi il en est ainsi, je connais les difficultés qui restent à vaincre, les objections que l’on peut opposer. Mais je sais surtout que toutes ces difficultés, toutes ces objections disparaissent comme des ombres devant la lumière de la technique moderne.
- Et ioi je supplie ceux qui me lisent de mettre un moment de côté leurs préjugés et leurs idées préconçues, d’oublier ce qu’ils ont lu et entendu, de suivre attentivement les explications simples que je vais donner : ils verront que, sans avoir recours à aucune invention nouvelle, en mettant à profit uniquement des résultats confirmés, en ne quittant jamais le terrain solide de la science de l’ingénieur, je vais pouvoir dessiner les grandes lignes d’un avant-projet dans lequel la part de l’imprévisible , sera infime et les chances de succès au moins aussi grandes que dans une foule d’entreprises où bien des hommes n’hésitent pas à engager leur avenir.
- Les turbines aériennes. — Pour transformer en énergie mécanique utilisable l’énergie cinétique du vent, l’organe aujourd’hui le mieux approprié — on n’en peut plus douter après les travaux de M. La-presle au laboratoire Eiffel —est la turbine aérienne à deux pales.
- A deux pales à cause des avantages suivants :
- 10 Plùs grande puissance ;
- 2° Plus grand rendement aérodynamique, c’est-à-dire moindre poussée;
- 3“ Plus grande vitesse de rotation, c’est-à-dire transmissions mécaniques de moindre poids;
- 4° Plus faible prix de revient.
- Le seul inconvénient, bien léger en l’occurence,
- VENT -----.................... ......................
- de cette turbine est son faible couple de démarrage. Nous verrons plus loin combien il est peu gênant et facile à annihiler.
- Les puissances que l’on peut obtenir de telles turbines atteignent, dans certaines conditions d’emploi aisées à réaliser, les valeurs déterminées par l’expression suivante :
- P = 0,000 267 a V3D2
- dans laquelle
- P est la puissance mécanique exprimée en chevaux,
- a est le rapport de la densité de l’air dont on utilise l’énergie cinétique à celle de l’air des laboratoires (15° C et 760 mm de mercure),
- Y est la vitesse du vent en met. sec.,
- D est le diamètre de la turbine en mètres.
- Sans doute cette expxession se rapporte à des essais de laboratoire sur des turbines de 0,80 m de diamètre au plus. Mais l’on sait qu’en aérodynamique les surprises sont souvent heureuses : pour des raisons qui tiennent à la viscosité de l’air, les résultats ont une tendance générale bien nette à s’améliorer lorsque l’on passe d’un petit à un grand modèle. Et c’est cette tendance en effet que nous avons pu constater pratiquement dans les essais du bateau le Bois-Rosé qui était muni d’une turbine à deux pales de 9^m. de diamètre. Le lamentable accident qui nous a privés de ce remarquable instrument de travail nous a malheureusement privés aussi de la possibilité de pousser nos mesures jusqu’au bout et d’en tirer des conclusions sans doute importantes. Il n’en est pas moins tout à fait encourageant d’avoir pu constater qu’une turbine de 9 m. de diamètre donnait, à très peu de chose près, en plus plutôt qu’en moins, la puissance que nous avions calculée par avance. Et il n’est pas du tout aventuré après cela d’appliquer les mêmes calculs à des turbines de 30 et 40 m. de diamètre.
- Car ce sont là des dimensions que nous pouvons . en toute sécurité — je montrerai plus loin pourquoi — envisager aujourd’hui, sans préjuger de ce que nous apportera demain.
- De telles turbines donneraient au sommet du Mout-Ventoux, à 1900 m. d’altitude, où la densité de l’air'n’est que les 83 pour 100 de celle du
- niveau de la mer : pour un venl turbina de turbine de
- de 50 m. D 40 m. D
- 6 m. s. 43 ch. 76.5 ch.
- 10 m. s. 200 ch. 356 ch.
- 14 m. s. 546 ch. 972 ch.
- 21 m. s. 1.840 ch. 3.275 ch.
- Or si l’on étudie les conditions météorologiques dans lesquelles s’est trouvé leVentoux durant l’année 1915, année pour laquelle nous possédons des données complètes, on constate qu’il y a eu
- 106 jours de vent d’environ 10 m/s.
- 63 — — 14 m/s.
- 50 — — 21 m/s.
- p.396 - vue 400/688
-
-
-
- LE VENT
- 397
- et, en ne faisant état que de ces 219 jours, on peut calculer aisément que la première turbine aurait pu fournir autant d’énergie que si sa puissance continue, pendant 565 jours de 24 heures, avait été de 400 ch.
- Dans les mêmes conditions une turbine de 40 m. de diamètre aurait pu fournir une puissance équivalente à une puissance continue de 710 ch.
- Avec 50 m. de diamètre nous passerions à une puissance de 1110 ch. environ.
- qui représente le carré de la vitesse périphérique.
- D’autre part il résulte des travaux exécutés au laboratoire Eiffel et cités plus haut que, pour qu’une turbine aérienne à deux pales fournisse le maximum de puissance compatible avec son diamètre, il est nécessaire que sa vitesse périphérique soit un peu inférieure à 6 fois la vitesse du vent. Si donc l’on prévoit des organes d’effacement agissant à partir de 25 m/s. de vitesse du vent, la vitesse périphérique des pales ne dépassera jamais 6 x 25 — 150 m/s.
- iX
- Fig. 3. — Aspect de Ici partie supérieure d’une unité turbo-génératrice à vent constituée
- suivant les vues de l’auteur.
- P, pylône de 27 m. de haut ; T, turbine à 2 pales de 5o m. de diamètre ; S, corps de faible résistance à l'avancement renfermant tout le mécanisme ; A, arbre d’accouplement ; G, génératrice électrique ; D, tableau de distri-
- bution ; C, chemin de roulement; p, p', pignons d’orientation ; v, volant d'orientation (en pratique l’orientation sera automatique) ; d, couronne dentelée d’orientation; H,tube central pour les connexions ; a, g, b, b', c, organes
- de connexions ; X X', axe de rotation de l’ensemble.
- Or, sur le Yentoux, il y a place pour un nombre considérable de pareilles unités...
- Etude des turbines aériennes au point de vue de la résistance des matériaux. — Mais de telles machines pourront-elles résister aux ellorts auxquels elles seront soumises? Telle est la première objection à laquelle je dois m’attendre et à laquelle je vais m’efforcer de répondre par avance.
- a) Efforts centrifuges. — Lorsqu’on étudie les efforts centrifuges qui s’exercent sur des pales d’hélices ou de turbines, on arrive bien vite à la constatation de ce fait remarquable que le facteur le plus important à considérer n’est pas le rayon R ou la vitesse angulaire m, mais le produit R2 w2
- Or, sans parler de celles obtenues par Rateauet Maurice Leblanc dans certaines applications, on peut signaler que la vitesse périphérique des hélices d’avions atteint couramment 300 m/s. Toutes choses égales d’ailleurs, les efforts centrifuges dans les turbines envisagées, et cela quel que soit leur diamètre, ne dépasseront donc pas le quart des efforts correspondants auxquels sont soumises les hélices d’aviation.
- Pour lever toute inquiétude à cet égard, on peut calculer directement le taux de travail à l’encastrement — supposé passant par l’axe de rotation — dû à la force centrifuge dans deux cas simples : pale cylindrique et pale conique.
- p.397 - vue 401/688
-
-
-
- 398 . "........... LE VENT
- Les résultats de ce calcul sont donnés par les deux expressions suivantes :
- o R2 o>2
- 2... j2 '
- dans lesquelles
- Tj et T2 sont les taux de travail correspondants aux deux cas considérés,
- o, la densité du matériau employé,
- (/, l’accélération de la pesanteur.
- On trouve ainsi pour de l’acier de 7,8 de densité T, = 10 kg/mm2 T2 = 1,6 kg/mm2
- Quel que soit le système de construction définitivement adopté, on pourra toujours faire en sorte que le taux dü travail réel dù aux efforts centrifuges soit compris entre ces deux valeurs, ce qui permet éventuellement, tout en conservant un coefficient de sécurité très élevé, d’adopter comme matériau l’acier forgeable et d’arriver ainsi à un prix de revient extrêmement bas.
- Les pales auront, il est vrai, à résister à d’autres efforts, en premier lieu aux efforts de flexion.
- b) Efforts de flexion. —Ces efforts proviennent de la poussée du vent et le moment correspondant atteint, de même que sur les hélices d’avions, une valeur considérable. Mais les conditions ici sont bien plus llivorables.
- En premier lieu il est possible de prolonger en avant l’axe de rotation et dehaubanner les pales.
- II y a encore beaucoup mieux. En aviation on dispose la fibre neutre de la pale de telle sorte que les efforts de flexion soient équilibrés par une composante de la force centrifuge. Malheureusement celte compensation n’est valable que pour une altitude donnée à causé de la (variation concomitante de la densité de l’air : l’action de la disposition judicieuse de la fibre neutre n’est donc qu’un palliatif. Or, pour les turbines envisagées, l’altitude est constante : la compensation pourra donc être, pratiquement, parfaite.
- c) Rigidité propre des pales. — Il faut, bien entendu, que les pales, au repos, et quelle que soit leur position, puissent supporter, sans s’affaisser et sans flamber, leur propre poids. Mais qui pourra conserver quelque inquiétude à cet égard s’il veut bien considérer qu’une pale, de 20 m. de long par exemple, pourra avoir une largeur moyenne de plus de 5 m. et une épaisseur, au tiers du bord d’attaque, de plus de 0,50 m2. Les moments d’inertie à envisager dans une telle poutre seront, on le voit, largement suffisants.
- Pylônes de suppoit. — Si', comme nous l’avons supposé plus haut, la turbine est munie d’organes d’effacement agissant à partir de 25 m/s de vitesse de vent, la puissance maxima recueillie, sur le Venloux, sera pour une unité de 40 m. de diamètre, d’environ 5500 ch. „
- La poussée, correspondante, pour un rendement
- aérodynamique de 50 pour 100, sera donc d’environ 35 tonnes. À ce chiffre il faut ajouter le fardage dù au pylône lui-même et, éventuellement, aux transmissions. Comme les dimensions des assises et des éléments constitutifs des pylônes ne sont pas limitées, il n’y a aucune difficulté spéciale à prévoir dans l’obtention de la résistance désirable.
- Transformation de l’énergie mécanique recueillie en énergie immédiatement utilisable. — Une fois assurée, dans des conditions de sécurité normales, -la transformation de l’énergie cinétique du vent en énergie mécanique — mécanique au sens industriel du mot — il faut procéder à une deuxième transformation de façon,à rendre cette énergie à la fois facile à distribuer et immédiatement utilisable : il faut la convertir en énergie électrique.
- Dans les tentatives faites jusqu’à ce jour dans cette voie, le moulin à vent commande toujours la dynamo par l’intermédiaire de transmissions (trains d’engrenages, arbres à joints de Cardan, câbles, courroies, etc...) Nous pourrions, certes, faire de même et les trains d’engrenages ainsi nécessaires seraient du même ordre que ceux employés pour les laminoirs, mais il vaudrait sans doute beaucoup mieux accoupler directement turbines et génératrices électriques, en enfermant celles-ci, avec leurs accessoires et leurs tableaux de distribution, dans des solides de faible résistance à l’avancement, mobiles, pour l’orientation de l’ensemble, autour d’un axe vertical.
- Les vitesses de rotation pour des vitesses de vent variant de iO m/sà25 m/s, seraient comprises entre 36,5 et 95 tours par minute pour la première turbine et 28,5 et 71,5 tours par minute pour la turbine de 40 m. de diamètre. Etant donné les puissances en jeu ces vitesses sont très admissibles.
- De plus, la présence de ces solides au droit du moyeu de la turbine faciliterait l’écoulement de l’air et augmenterait sans doute le rendement aérodynamique du système.
- Les marges de vitesses de fonctionnement signalées ci-dessus attirent l’attention sur l’une des difficultés qui ont le plus arrêté les ingénieurs dans leurs essais de l’utilisation de l’énergie cinétique du vent. La puissance produite par les turbines aériennes, si certaines conditions d’emploi sont maintenues, est en effet proportionnelle au cube de la vitesse du vent, c’est-à-dire qu’elle varie dans de larges limites. Nous allons étudier rapidement ces variations et voir comment l’on peut parer à leurs inconvénients.
- a) Variations instantanées. — Celles, de faible amplitude, qui se produisent continuellement. Il est évident que leur action résultante sur une unité de grande inertie et, à plus forte raison, sur plusieurs imités couplées, sera négligeable.
- b) Variations lentes. — Celles qui se produisent par exemple, d’un jour à l’autre. L’existence de ces variations exige soit que l’énergie soit utilisée par des industries à fonctionnement très souple, soit
- p.398 - vue 402/688
-
-
-
- LE VENT
- 399
- 0.020
- 0.015
- O.QIO
- mieux encore, qu’il y ait interconnexion avec d’autres sources d’énergie faisant l’appoint.
- Dans tous les cas, ces variations devront être suivies à la station réceptrice au moyen du couplage ou du découplage d’autant d’unités d’utilisation qu’il sera nécessaire. Comme l’énergie provenant du vent sera sans doute toujours la moins coûteuse et qu’il y aura avantage à lui donner 1& préférence toutes les fois que ce sera possible, une telle organisation s’imposera d’elle-même.
- c) Variations rapides. — Celles qui se produisent par exem- Pm(m/ka/àec)
- pie, de quart V3 D2
- d'heure en quart d’heure.
- Dans la plupart des petites installations existantes on utilise, pour absorber ces variations, l’accumulateur électrique.
- Mais l’accumulateur électrique, pour une installation de la puissance envisagée, présente toute une série d’inconvénients qui paraissent prohibitifs.
- Il n’en est pas de même de la chaudière électrique avec accumulateur de vapeur et l’on peut même concevoir une installation dans laquelle l’énergie mécanique puisée dans l'atmosphère, puis transformée
- en énergie électrique servirait tout entière à la production de vapeur d’eau sous pression au moyen de chaudières électriques à courant continu ou alternatif. Le maintien de la périodicité constante ne serait pas nécessaire, car dans les chaudières électriques à courant alternatif et à électrodes le facteur d§ puissance est très voisin de l’unité. Cette vapeur d'eau sous pression serait utilisée à son tour soit directement pour certaines industries (teintureries, sucreries, papeteries, etc.), soit retransformée en énergie électrique cette fois parfaitement domestiquée.
- L'affaire paierait sans aucun doute. On sait en -efïet que 4 kw-h utilisés dans une chaudière élec-
- 0.005
- 0.2
- 0.5
- Fig. 4. — Diagramme d’essai au Laboratoire Eiffel du modèle de turbine aerienne de la fig. 2.
- Les coefficients de puissance indiqués sur ce diagramme correspondent à des kilogrammètres par seconde (Pour passer aux coeficients correspondant à des chevaux, diviser par 75,)
- trique donnent environ autant de vapeur à la même pression que 1 kg de charbon à 7000 calories.
- L’unité de 40 m. de diamètre envisagée ci-dessus pourrait ainsi économiser par an huit à neuf cents tonnes de charbon, ce qui représente la rémunération d’un capital considérable.
- La chaudière électrique a fait de grands progrès ces dernières années et les revues techniques ont récemment donné la description d’une unité de 18 000 kw de puissance installée aux Etats-Unis, au Niagara, et qui donne toute satisfaction.. Des cons--1. tructeurs fran-
- çais ont d’ailleurs déjà obtenu dans cette voie des . résultats remarquables.
- Il n’est donc pas téméraire de compter ici sur une utilisation généralisée de ce transformateur d'énergie.
- Toutefois il sera presque certainement possible de n’employer la chaudière électrique que comme tampon et de verser directement à des réseaux en interconnexion une très grande par-? tie de l’énergie produite et convenablement transformée.
- Voici comment on peut concevoir l’ensemble des installations, ensemble que des
- nécessités pratiques — l’insuffisance de nos moyens d’action — obligeront sans doute à modifier singulièrement dans la plupart des cas.
- Avant-projet général. — La région du Venteux est une région privilégiée au point de vue qui nous occupe, mais il en existe certainement des milliers d’autres dans le monde tout aussi favorisées, en particulier au bord de la mer.
- Chacune de ces régions peut comprendre un certain nombre d’unités fournissant, par exemple, du courant continu et couplées en série. Chacune de ces unités est commandée d’un poste central qui peut à distance la coupler et la découpler. L’envoi d’un peu de courant dans l’induit de la génératrice
- m -0.1 î
- 4 0., \
- V.
- % =0A
- h/d = 0,< ve rs i itistc biiit 3
- A-
- % -Off
- b-i
- /
- /
- - A/ b=i 2
- 7.5
- 21
- nD
- p.399 - vue 403/688
-
-
-
- LE VENT
- 400
- suffira toujours pour provoquer le démarrage si la j poussée du vent n’est pas suffisante. L’orientation peut être soit automatique, soit commandée.
- Le transport de force se fera à la fois à tension et à intensité variables de façon à pouvoir suivre aisément les variations de puissance. La tension sera réglée par des régulateurs automatiques commandés par le vent.
- En un point bien choisi se trouvera la station transformatrice comprenant des groupes convertis-
- Conclusion. — Il est, bien entendu, impossible de donner ici tout le détail de l’appareillage à prévoir et de l’étude des machines électriques à adopter. J’en ai assez dit cependant, j’espère, pour montrer que l’effort technique de mise au point que demandera la résolution de ce problème paraît bien peu de chose en regard du résultat qui consiste à établir — en grande série, car les conditions seront partout comparables — avec un pylône de moins de 25 m.de hauteur et une turbine à deux pales, une machine
- «
- Un poste central P peut commander un nombre indéfini d’unités turbo-coliennes U. Les câbles de jonction a contiennent les fils pilotes et les lignes de commande servant "au couplage ou à la mise en court-circuit des unités, à orientation des turbines, etc.
- La ligne générale L, réunit toute l’énergie produite sous forme de courant continu à intensité et tension variables.
- Cette énergie, transportée par les lignes T, en un point convenablement choisi, est assez indisciplinée. Elle est transformée en énergie domestiquée, par exemple en courant triphasé à tension et périodicité constantes, au moyen des. groupes convertisseurs C, des chaudières électriques Ch,- de l’accumulateur de vapeur A et des groupes turbo-gènè-rateurs électriques G. Elle est ensuite recueillie sur les barres collectrices R et envoyée dans les circuits d’utilisation H.
- seurs, des chaudières électriques avec accumulateurs de vapeur et, s’il y a lieu, des groupes turbo-géné-rateurs. Les groupes convertisseurs et les chaudières devront être combinés de telle façon que la vitesse des moteurs à courant continu resté constante malgré d’assez grandes variations de tension. Des dispositifs de couplage et de découplage rapides seront prévus. Des régulateurs automatiques, commandés éventuellement par des fils pilotes, faciliteront les manoeuvres. L’énergie misé ainsi sous la forme de courant industriel à périodicité constante pourra être placée à la disposition des réseaux en interconnexion qui auront intérêt à l’absorber toute et à consacrer leurs autres centrales génératrices, hydrauliques et thermiques, à production plus coûteuse, uniquement à faire l’appoint.
- motrice capable de fournir dans l’année, à peu près gratuitement, 710x24x565 ch-h.
- Il serait prématuré de vouloir fixer dès maintenant le prix de revient de l’énergie ainsi obtenue, mais il n’est pas aventuré de penser que ce prix de revient sera si bas qu’il n’a été atteint que bien rarement jusqu’à ce jour dans les centrales hydroélectriques les plus favorisées.
- Comme les quantités qu’il sera possible de capter ainsi sont pratiquement illimitées, on peut dire que l’utilisation industrielle de l’énergie cinétique des vents sera, suivant toutes probabilités, un événement économique considérable, tel qu’il est aujourd’hui impossible d’en mesurer la portée.
- CoxsTAiVm../
- Le Gérant : P. Maslon. — Imprimerie Laiicre, 9, rue <le Fleurus, à Pari*.
- p.400 - vue 404/688
-
-
-
- LA NATURE
- N” 2621
- 28 JUIN 1924
- Une merveille en péril.
- LE BARRAGE DU CANON DE L’ARDÈCHE
- Avec les premiers jours chauds, le « vent du midi » nous a apporté une triste nouvelle.
- Il s’agitde la construction d’un barrage de 50 m.
- Pour di'Culer la chose de sang-froid, il est préférable de ne point désigner les auteurs du pro-ji t. Plusieurs journaux de la région intéressée
- Fig. i. — Le canon de VArdèche.
- de hauteur, et 220 m. de largeur au sommet, en amont d’Aiguèze, à Sauze, à l’issue des gorges de l’Ardèche, aux confins du département de ce nom et de celui du Gard. L’objectif est l’aménagement d’une force hydro-électrique au profit d’une très grande ville du littoral méditerranéen eide la région du sud-est de la France.
- S»*v*d*qt*'
- et les principales commissions et associations touristiques ont engagé la lui te. En nous y joignant, nous nous abstiendrons d’accumuler les termes vifs qui doivent stigmatiser l’entreprise conçue. En seul mot suffira : on veut tout simplement perpétrer un assassinai contre une succession de paysages, qui comptent, parmi les plus grandes merveilles naturelles non
- 20. - 401.
- p.401 - vue 405/688
-
-
-
- 402 r--' —..r—r. LE BARRAGE DU CANON DE L’ARDÈCHE
- seulement de la France, mais encore du monde entier. Car on submergerait ainsi, dans toute leur étendue, les 50 km du magnifique canon de l’Ardèche, et meme on noierait, sur près de moitié (') de sa hauteur (soit de 72 m. 40 à 86 m. 70), le célèbre et splendide pont d’Arc, sans rival en Europe, et dont les émules ne se retrouvent qu’aux plus lointainsdes déserts de l’Utah, aux Etats-Unis. Nous ne nous attarderons pas à développer, ni même à résumer ici, les sentiments d’indignation que cette conception a soulevés dans lejmblic etdansles revues compétentes. Depuis plus de 70 ans, les littérateurs, les artistes, les géologues et les géographes (avec de Malbos et le vicomte de Vogué en tête) ont vainement essayé d’attirer la foule des visiteurs dans ce surprenant couloir de l’Ardèche, si particulièrement poétique par sa solitude, par sa lumière vraiment orientale et par le cours capricieux de sa rivière, entre des falaises lilacées à pic de 150 à 500 m. de hauteur, où les méandres de la gorge multiplient les tableaux changeants à chaque détour, il est plus beau que le plus beau des paysages grecs !
- Nous en avons une dernière fois rappelé toute la splendeur au n° 2092 de La Nature (28 juin 1915). Donc nous n’insistons point sur ce côté pittoresque de la question posée. D’autres périodiques réussiront à émouvoir l’opinion publique. Expliquons plutôt le fait brutal, en présence duquel on se trouvera mis, si les protestations soulevées ne [se manifestent pas assez puissantes et aboutissent à un échec.
- Le barrage de Sauze veut utiliser la différence de niveau d’environ 45 m., que présente le cours de l’Ardèche jusqu’en amont du chef-lieu de canton de Vallon sur plus de 50 km d’étendue. Les arguments pour et contre ont été déjà âprement échangés, au cours de la lutte, qui entre actuellement clans une phase aiguë (1 2). Mais on n’a pas suffisamment mis en vedette
- 1. On a allégué que ta très belle grotte de Saint-Marcel d’Ardèclic, verrait son entrée submergée par le bief : sur ce point je ne me prononce pas. En 1892 j'ai évalué au baromètre la hauteur de cette entrée à 40 m. environ au-dessus de l’Ardcche (Les Abîmes, p. 80), mais en spécifiant qu’ici « il faudrait un nivellement de précision ». De même il y a contestation sur la hauteur de l’ouverture en « llèche » du Pont d’Arc, diversement appréciée entre 28 m. et 54 m. Là encore on doit vérifier si la cote du sommet de l’arcade est de 100 m. 70 ou 106 m. 70 ; la submersion n’en restera pas moins de « près de la moitié ».
- 2. La Commission départementale des Sites et Monuments naturels de l’Ardèche (loi du 21 avril 1906) s’est, prononcée contre le projet. La Société pour la Protection des Paysages de France vient d’émettre un vœu, très motivé, dans le même sens. Le Touring-Club et le Club Alpin français ne manqueront pas de se joindre à ces protestations.
- Mais, dans sa séance du 27 mai dernier, le Conseil général de l’Ardèche vient, pour la troisième fois, de donner un avis favorable au projet, avec trois voix opposantes et dix abstentions sur une trentaine de votants. D’autre part, nous croyons savoir que la Direction des Beaux-Arts, mise en éveil par un de ses hauts fonctionnaires, éminente personnalité littéraire, a tenté de poursuivre le « classement », eu vertu de la loi du 21 avril 1906, mais qu’elle se serait heurtée à l'opposition de deux communes intéressées !
- C’est la bataille dans toute son ardeur ! Qui l’emportera ?
- certaines erreurs techniques fondamentales et préjudicielles, qui suffisent, en dehors de toute autre considération, à faire condamner d’office le projet. Le canon de l’Ardèche est si étroit, si resserré, dans la majeure partie de ses défilés, que la retenue d’eau sera loin d’atteindre partout la largeur de 200 m. que l’on prévoit. Même’en admettant la moitié de ce chiffre (qui est par places réduit à 20 m.) et avec une profondeur moyenne de 20 m., on n’obtiendrait pas le cubé d’eau de 80 millions de mètres cubes annonce pour justifier la dépense (70 millions) et le massacre. D’un autre côté, toute la gorge est entailléedans des calcaires crétaciques très fissurés et peu solides, transpercés de cavernes qui sont les réceptacles de rivières souterraines anciennes et actuelles. Les eaux qui en débouchent, après les pluies, proviennent des pertes de rivières et des abîmes existant en grand nombre dans les plateaux au nord et au sud du canon. Depuis 40 ans, ces excavations ont été explorées à maintes reprises, par moi-même, par mon collaborateur G. Gaupillat et par nos continuateurs. On a ainsi acquis la preuve que tout le sous-sol de cette région est crevassé de la manière la plus intense; de telle sorte que l’on se trouve ici en présence d’une de ces régions où « le danger des roches calcaires » est au plus haut degré redoutable. Sur cette question, je ne pourrai que répéter ce que j’ai rappelé récemment ici même (n° 2612, 26 avril 1924), à propos de la catastrophe d’Amalfi et de la rupture du barrage de Dezzo. Les photographies ci-jointes montrent à quel degré sont crevassées les falaises del’Àrdèche. Non seulement il serait difficile d’asseoir le fond dubarrage et d’enraciner ses flancs solidement dans des roches pareilles; mais encore, lorsqu’après les pluies d’équinoxe, toutes les résurgences du fond de la vallée, noyées et mises en charge sous le niveau du bief, dégorgeront à l’intérieur de la retenue, elles provoqueront des érosions tourbillonnaires, des dislocations de roches, des affouillements, des mises en mouvement des matériaux de colmatage absolument désordonnées. Tous ces troubles, au sein du « remous », iront retentir contre l’ouvrage lui-même : les vannes de purge, surtout, seront rapidement bloquées, mises hors d’état de fonctionner, par les alluvions et remplissages entraînés. On a pénétré assez loin dans lès trop-pleins de nombreuses resurgences, sur les deux rives du fond de la gorge (l’Ecluse, Mayaguar, la Guigonne, Midroï, Rochemale, la Dragonnière, Ebbou, Fous-soubie, etc.) : accessibles en temps de sécheresse, leurs dispositifs intérieurs (siphonneménts, perforations, puits spirallformes, marmites de géants, etc.) ont prouvé qu’après les pluies d’équinoxe par exemple (fin mars et fin septembre) les eaux en jaillissent sous plusieurs atmosphères de pression.
- De ce chef seul, la masse d’eau, emmagasinée par le barrage, serait soumise à des agitations internes telles que leur choc ébranlerait l’ouvrage. En outre, i la rivière l’Ardèche est une des plus torrentielles ' de la France. Son étiage ordinaire est évalué à 6 ou
- p.402 - vue 406/688
-
-
-
- LE BARRAGE DU CANON DE L’ARDECHE
- 403
- Fig. 2. — Le pont d’Arc.
- Le trait indique le niveau auquel monterait l'eau après exécution des travaux projetés,
- 10 m3 seulementpar seconde, mais ses crues sont formidables. Celle du 10 au 11 septembre 1857 a donné jusqu’à 7900 m3 par seconde et fait écouler 552 millions de mètres cubes en 22 heures (v. ci-dessous) ; on n’a pas pu mesurer celles d’octobre 1827 et de 1890. L’énormité de ces flux d’eau est due à l’imperméabilité des roches volcaniques et granitiques des bassins supérieurs de l’Àrdècheet du Cliasse-zac, son principal et furieux affluent.
- On devine quels véritables coups de bélier ils produiraient contre un barrage de 50 m., surtout à la fin de septembre quand un été sec aura à peu près mis à vide la retenue !
- De telle sorte que, d’une part, en août et septembre, le débit de la rivière risquera d’être insuffisant pour alimenter le bief, tandis que, d’autre part, les pluies d’équinoxe provoqueront un excédent d’eau désastreux. Alors le pays, élargi en amont du canon (environs de Vallon, Salavas, Auriolles, Saint-Alban, etc.) commencera par êtresubmergé : puis, sous la pression croissante et combinée de la retenue elle-même et de ses résurgences submergées, le barrage ne manquera pas de céder tôt ou tard (en plus ou moins trente ans). Sur ce point, je ne crains pas d’être catégoriquement prophète : en considération des facteurs ci-dessus résumés, le barrage.de Sauze est voué à un écroulement rapide. Il faut avoir vu les effets des crues effroyables du canon du Tarn, au 12 septembre 1875 et aux 28-29 septembre 1900 (52 ponts emportés) pour connaître la puissance de destruction des rivières torrentielles enfer-
- mées dans de pareilles gorges. J’affirme de toutes mes forces, qu’un barrage de 50 m. à Sauze ne durera pas 50 ans; le jour du désastre, la trombe d’eau, de matériaux, de colmatages, de troncs d’arbres et de rocs entraînés emportera dans la catastrophe : Saint-Martin-d’Ardèche, Pont-Saint-Esprit, et toute la vallée du Rhône jusqu’en Avignon. On dépassera en victimes les 600 ou 700 morts du Gleno-Dezzo près Bergame (Italie, 50 novembre, 1er décembre 1925).
- Ceci, les auteurs du projet sont excusables de ne pas l’avoir prévu, dans l’ignorance où ils doivent être (*) des colères et des périls des torrents et des roches du calcaire. Du moins ils voudront bien accepter d’en être avisés par quelqu’un qui, depuis 42 ans, a voué sa vie, ses forces et ses ressources à l’étude des phénomènes et des dispositifs naturels auxquels on veut se heurter avec tant d’imprévoyance.
- D’ailleurs l’idée contre laquelle il faut mener le bon combat, n’est pas nouvelle : jadis on l’avait formulée, avec deux barrages en amont de: Iluoms et à 25 km en aval du Pont d’Arc. On voulait ainsi pouvoir arrêter 55 millions de mètres cubes lors des grandes crues (Dictionn. Joanne de la France, 1890, vocab. Ardèche,
- 1. Parce que les ouvrages où j’ai décrit ces formes et nos explorations [les Cérem ms, 1890 à 1908 et les Abîmes, 1894, chap. lit à VI), sont épuisés depuis près de vingt ans. Et parce qu’un fort important et instructif mémoire du Dr Paui. Ravmokd, sur les liivières souterraines de la Dragon-mère et de Midroï n’a été publié qu’à 500 exemplaires (et non dans le commerce), comme n" 10 (seplembre 1897) de Spelunca' (Mémoires de la Sociélé de spéléologie). Il n’est pas surprenant qu’on ne se soit pas trouvé mis en garde contre quelques-unes des considérations ci-dessus (V. encore un résumé dans Y Annuaire du Club Alpin français pour 1892). ;
- Fig'. 3. — Sous le pont d’Arc. fissuration des roches. (Cliché E.-A, Martel.)
- p.403 - vue 407/688
-
-
-
- 404 LE BARRAGE DU CANON DE L’ARDECHÇ
- p. 136). Ce n’était guère que la septième partie des 352 millions de mètres cubes qui passèrent sous le Pont d’Àrc, du 10 septembre 1857 midi, au 1 [ septembre 10 heures, en 22 heures (4400 m3 par seconde en moyenne). On renonça donc, devant la faiblesse de la correction à obtenir! Une crue de 6000 m3 seulement, limitée à 10 heures, donnerait déjà 216 millions de mètres cubes!
- Il faut encore ajouter ceci :
- Noyé dans 14 m. d’eau, le jambage gauche fort fissuré du Pont d’Arc serait exposé à un amincissement qui aboutirait à sa destruction : car, submergé par le bief, il se trouverait soumis à la fois à la corrosion (chimique) permanente et à l’érosion (mécanique) des crues temporaires. On sait combien ces deux actions naturel h s sont actives parmi les calcaires. Le grand canon de Yerdon a montré sur quelle échelle les crues emportent les plus énormes blocs : quand le Pont d’Arc s’écroulerait, quelle vague d’eau et quelle ruée de pierres jusqu’à l’extrémité du bief !
- Bornons-là nos objections hydro-géologiques : car il en est d’autres, non moins graves à faire valoir* d’ordre économique et industriel.
- Le Journal Officiel du 20 mai 1924 publie, dans les documents parlementaires de la Chambre (annexe n° 6965, séance du 15 janvier 1924, p. 124 à 133), un remarquable rapport de M. Chariot, député, sur les forces hydrauliques du cours de la Dordogne.
- Il est tellement suggestif, ce-rapport, que l’analyse s'en impose, à propos du sujet que nous traitons. D’autant plus que peu de lecteurs soumettent h l’examen ces suppléments du Journal Officiel. Parmi les idées générales, tout à fait ignorées du public, qu’il énonce, il en est qu’il faut citer textuellement, par exemple :
- « Il ne suffit pas de concéder des chutes d’eau « au hasard de la demande ou des intérêts d’une (( industrie privée, il faut surtout avoir un pro-« gramme d’écoulement de la production. Il ne « suffit pas de fabriquer, il faut vendre.... Il existe « des chutes, en partie concédées, dont les travaux « ont été à peu près suspendus, comme capables « d’une production supérieure à plus de 20 fois les « besoins régionaux ». 11 est certain que la France étant « le pays d’Europe le plus riche en houille « blanche (9 000 000 de chevaux hydrauliques) en
- « eaux moyennes », ne pouvait pas manquer d’être séduite pard’ulilisation de cette force pour diminuer l’importation du combustible étranger ». C’est pourquoi « dès le lendemain de l’Armistice, se dessina « l’équipement intensif de nos forces hydrauliques ». « De vastes projets s’ébauchèrent sur une puissance « formidable de 4 à 5 millions de ch ». C’est alors qu’intervint la loi du 16 octobre 1919 instituant le régime de la concession ou autorisation par l’Etat. Or, « de 1919 à 1925, 18 usines seulement ont été concédées, formant un ensemble de 241 000 ch » et d’autre part plusieurs travaux commencés (de 10 000 à 50000 ch chacun) furent ajournés à des temps meilleurs » : Cize Bolozon (Ain), Brommat (sur la Truyère), la Diège, Laval-de-Cère (Lot), Sisteron, Château-Arnous-sur-Du-rance, etc... « au total 125 à 130000 ch en ». Dans les Pyrénées, l’aménagement des chutes d’eau « oricn tées vers l’éleetro-métallurgie s’est considérablement ralentie ». Celles équipées par 'la Compagnie du Midi (Eget, Soulom-Pierre-fitle, Ossau, 140 000 ch vers 1926), après avoir éleclritîé les voies ferrées des trois quarts du réseau laisseront« d’im-« portantes disponibili-« tés, dont il faudra « trouver Déroulement « ailleurs que dans une « région déjà saturée ». Aux parages de Saint-Etienne, les sécheresses, en .1921 surtout, ont démontré que la houille blanche ne pouvait pas complètement remplacer la houille noire. Pour l’aménagement du Rhône (800000 ch d’après la loi du 26 mai 1921) « la compagnie nationale concessionnaire n’est pas encore définitivement constituée : on constate des appréhensions ».
- « Faut-il s’étonner que la réalité soit moins belle « que le rêve? Cela tient à bien des causes. D’abord le « prix élevé, 1500 frs par ch pour les usines seules ».
- — Les capitaux se placent mieux dans les emprunts d’Etat. — « Il ne suffit pas d’armer une chute d’eau, il faut encore écouler sa production » ; et si celle-là est à des centaines de kilomètres, il faut dépenser 2 ou 5 fois la valeur de la construction de l’usine.
- — Il en résulte que le prix de revient de l’unité de l’énergie thermique, avec du charbon à 80 francs (ou même 100 frs) la tonne, reste égal et devient même inférieur à celui du kw hydrique, c’est-à-dire « que l’énergie d’origine hydraulique transportée au loin revient aussi cher que l’énergie thermique labri-
- Fig. 4. — Canon de l'Ardèche. Calcaires lissurés. (Cliché E.-A. Martel.)
- p.404 - vue 408/688
-
-
-
- 405
- DE L’ANTIQUITÉ ET DES ORJG1NES DE LA SCIENCE
- quée sur place ». Certes ces conside'rations sont plutôt décevantes, mais elles montrent que le prix du transportée la force elles irrrégularités de débit sont des facteurs d’un caractère préjudiciable. Il surchargent d’un poids terrible les.considérations touristiques et surtout celles des risques géologiques d’exécution. Et on doit tenir pour très sages ces avertissements de M. Chariot que : « sauf cas exceptionnels, il ne faut « pas laisser s’équiper n’importe quelle chute « d’eau;.... à cause de leur régime irrégulier, il « faut faire une sélection sévère parmi les projets « en instance, et choisir ceux qui peuvent donner « un prix de revient minimum ». D’autant plus que certains auteurs de projets « se préoccupent « simplement de « produire l’éner-« gie électrique,
- « mais ne veulent,
- « sous aucun pré-« texte, en faire la « distribution, sente tant bien que les « aléas commer-« ciaux risquent « de compromettre « l’équilibre finan-« cier de l’affaire ».
- Autrement dit, il importe de ne
- pas laisser construire des usines coûteuses, qui risqueraient de ne servir à rien et de ruiner leurs bailleurs de fonds ; surtout quand les sociétés sont fondées sous le régime funeste de la loi du 2-4 juillet 1867, avec le redoutable appeau d’un premier appel de fonds limité au quart légal. Mais, sur ce point de droit, il est préférable de ne rien ajouter.
- Nous excéderions les limites permises d’un article et même d’une discussion.
- Contentons-nous de faire remarquer qu’il y a surabondance suffisante de forces hydryques pour qu’on laisse intacte la superbe mais redoutable Ardèche.
- On voit, par tout ce qui précède, que le projet du barrage de Sauze est véritablement mort-né, irrévocablement condamné, non pas seulement pour l’humble cause du pittoresque et du tourisme, mais aussi pour les raisons plus formelles de dangers techniques, de déboires économiques et de désastres matériels. Tout ceci devait être dit et mes longues et réitérées recherches parmi les calcaires de l’Ardèche depuis 1883 ne me permettaient pas de garder le silence dans la polémique engagée.
- Pour la sauvegarde des sites menacés il reste
- h e u r e u s ement à invoquer la loi du 16 octobre 1919: on ne peut disposer d’aucune énergie hydraulique sans une concession ou une auto-risalion de l’Etat. Et il appartient au Ministère des Travaux Publics de dresser en temps utile un contre-barrage victorieux à l’égard des usiniers de Sauze!
- E.-À. Martel.
- Collaborateur de la Carte géologique de Franco.
- Vice-président de la Société
- , pour la Protection des Paysages.
- Ancien agréé au Tribunal de Commerce de la Seine
- Malboi*
- 'Marcel
- Fig. 5. — Remontée du canon de l’Ardèche,
- DE L’ANTIQUITÉ ET DES
- Les fouilles dont la Vallée des Rois vient d’être le théâtre et les retentissantes discussions quelles ont provoquées ont ramené vers l’Egypte une attention et une curiosité qu’aucun' autre pays au monde peut-être ne saurait aussi bien justifier et ne mérite autant de retenir.
- Sur cette terre, en effet, où l’impassible sphinx dresse devant la pensée humaine son énigme indéchiffrée, que de secrets enfouis pendant des millénaires ont dormi et dorment encore, ailleurs que dans la sépulture violée des Pharaons.
- L’un des plus importants, l’un des plus étonnants est bien celui dont la première révélation nous vint il y a un peu plus d’un siècle, cet avancement scientifique des Egyptiens — tout au moins de la classe sacerdotale — si prodigieux qu’aujourd’hui, après des siècles de tâtonnements, d’efforts, de recherches, de travail incessant, nous parvenons à peine à découvrir tout ce qu’avaient découvert, tout ce que savaient du moins il y a quatre mille ans, les architectes qui bâtirent la pyramide de Chéops.
- Qu’est-elle, d’abord, cette grande Pyramide que l’anti-
- ORIGINES DE LA SCIENCE
- quité compta parmi les merveilles du monde? une tombe? mais aucun roi, jamais, n’a dormi du long sommeil de la mort dans l’auge de granit rouge, d’un poli merveilleux, que ne surmonte aucun couvercle et qui en occupe le centre. Qu’est-elle donc ? Cette question, nous nous la poserons avec plus d’insistance encore lorsque nous saurons qu’il n’est pas un détail dans ses proportions, dans son orientation, dans la densité même des matériaux qui la composent, qui ne soit l’expression évidemment voulue d’une vérité astronomique ou géodésique.
- Cela, Hérodote l’avait appris des prêtres de Sais. Mais ceux qui vinrent après lui traitèrent de fable et de roman sa documentation, à cet égard pourtant si précise. Et ce fut pendant l’expédition d’Egypte, lorsque la commission scientifique chargée de dresser la carte géographique exacte du pays prit pour base de ses opérations de triangulation la pyramide de Chéops qu’on s’aperçut tout d’abord et avec quelque étonnement que les diagonales prolongées de ce monument renfermaient très exactement le delta du Nil et que le méridien passant par son sommet divisait le Delta en deux secteurs rigoureusement égaux.
- p.405 - vue 409/688
-
-
-
- 406 L’ÉLECTRIFICATION DES LIGNES DE LA B AN LIEUE ÉTAT RIVE DROITE
- Mais ce n’était qu’un commencement. Lorsque furent calculés les rapports de longueur, de hauteur, de surface, de volume de la Pyramide, l’étonnement se changea en stupeur : successivement, les plus récentes, les plus rares conquêtes scientifiques que, pas à pas, bribe par bribe, courbée, peinant, luttant, l’Humanité a arrachées au mystère qui l’entoure, se réveillaient aux yeux émerveillés.
- Car que ne renferme-t-il pas ce monument prodigieux, depuis l’étalon de mesure le plus parfait, la coudée sacrée basée sur le rayon polaire, l’axe terrestre qui demeure invariable pendant des millions d’années, alors que notre unilé de grandeur linéaire, le mètre, calculée d’après le méridien terrestre, participe à son irrégularité, jusqu’au méridien idéal, celui qui traverse le plus de continents et le moins de mers et divise en deux parties égales les terres habitées, méridien qui n’est ni celui de Paris, ni celui de Greenwich que l’Angleterre toujours avide de suprématie lui a opposé, mais bien celui de la grande Pyramide. Nous y découvrons, en outre, le rapport de la circonférence au diamètre, et la durée de l’année ordinaire et de l’année bissextile que ni les Grecs ni les Romains n’avaient su évaluer. Que n’y voyons-nous pas encore, depuis la fixation du pôle céleste déterminé par l’orientation, jusqu’à la longueur du parcours de la Terre sur son orbite en vingt-quatre heures, jusqu’à la densité de la terre et à une unité de poids où l’on retrouve exactement la livre anglaise, pour aboutir enfin à la solution de ce qu’on a pu nommer le plus important problème astronomique, puisqu’il sert à fixer l’unité de mesure, celui dans lequel la moindre erreur affecterait tous les calculs de distance, jusqu’au calcul des masses, non seulement pour notre système solaire mais encore pour les astres les plus éloignés, jusqu’à la distance de la Terre au Soleil évaluée avec une approximation tiès supérieure à celle qui était obtenue dans ces toutes dernières années.
- Et il ne s’agit pas d’inscriptions hiéroglyphiques à sens plus ou moins cryptique et peut-être discutable : chaque dimension de l’édifice, chacune des mesures employées à sa construction est une division d’une mesure astronomique et géodésique. La hauteur de la Pyramide est le millionième de la distance de la Terre au Soleil exprimée
- en kilomètres. Pour obtenir la longueur du parcours de la Terre sur son orbite en un jour, il suffit de multiplier par cent milliards le pouce pyramidal.
- Encore une fois, qu’avons-nous découvert des lois fondamentales de l’astronomie ou des dimensions de notre planète qui ne fût exprimé sous nos yeux si nous avions su lire ?
- Mais l’énigme véritable, l'énigme toujours jalousement gardée par le sphinx, c’est l’origine, c’est la source de cette science que dans un livre du plus passionnant intérêt et de la plus impeccable documentation, le savant directeur de l’observatoire de Bourges, l’ahbé Moreux, a nommée la science mystérieuse des Pharaons.
- Des Pharaons? Non, mais vraisemblablement des collèges sacerdotaux égyptiens. Quels instruments ignorés, quels impossibles voyages leur avaient permis le calcul des espaces sidéraux, la mensuration de notre globe? Devant ce point d’interrogation, l’esprit s’effare en évaluant ce qu’il nous a fallu d’expéditions lointaines, d’entreprises gigantesques, d’efforts successifs et coordonnés pour obtenir ces mêmes résultats. Faut-il donc, avec Piazzi Smith, voir en ces prêtres « les gardiens d’une tradition remontant aux premiers âges, transmise sans doute au moyen d’enseignements oraux » et qu’ils ont voulu fixer et perpétuer en un monument impérissable pour les généralions futures?
- Mais cette tradition elle-même supposerait la préexistence d’une Humanité parvenue à un haut degré de civilisation et de culture et qui aurait disparu.
- Le mythe de Prométhée symboliserait-il une vérité éternelle? Quelles ruines subsisteront de nos monuments, de nos bibliothèques, de tout notre savoir actuel, après les guerres de complet anéantissement dont nous sommes menacés. L’homme, après chaque étincelle dérobée au feu divin, se verrait-il enchaîné au fond de l’abîme, puis condamné à recommencer la lente, la douloureuse escalade?
- Saluons du moins l’admirable persévérance avec laquelle, après chaque chute, sans se lasser, sans se décourager, Sisyphe éternel, il s’élance derechef vers la lumière, pou? tenter une nouvelle ascension vers le Progrès.
- Dr G.-Y. Lkghos.
- L’ÉLECTRIFICATION DES LIGNES DE LA BANLIEUE ÉTAT
- (RIVE DROITE)
- Le 27 avril dernier, les Chemins de fer de l’Etat ont mis en service les premiers trains électriques sur deux des lignes de banlieue partant de Paris-St-Lazare. La partie de la petite banlieue desservie par cette gare est des plus importantes : le nombre des voyageurs —on en compte plus de 28000 de 18h. 30 à 19 h. 30 :— le prouve surabondamment; aussi les grandes améliorations que l’on apporte actuellement aux lignes de chemins de fer qui la relient à Paris présentent-elles un intérêt de tout premier ordre. Ainsi que le veulent la logique et la tradition ferroviaire, nous examinerons ces améliorations au point de vue de la Voie, à celui de la Traction et enfin à celui de l’Exploitation.
- 1° Les Voies, —Les principales lignes de petite banlieue par tant de la garedeParis-St-Lazare forment trois groupes dits : de Versailles, de St-Germain et d’Argenteuil.
- Ces groupes constituent, à Paris-St-Lazare, autant de gares distinctes et ne communiquent entre eux que par des voies de service.
- Le groupe de Versailles est formé par la ligne de ce nom, qui reçoit, à St-Cloud celle de Marly et à Puteaux celle des Moulineaux ; le groupe d’Argenteuil est utilisé en outre, non seulement par les trains de grande banlieue, mais aussi par des trains de grand parcours entre Argenteuil et Bois-Colombes ;
- ! enfin le groupe de St-Germain qui est aujourd’hui
- p.406 - vue 410/688
-
-
-
- L’ÉLECTRIFICATION DES LIGNES DE LA BANLIEUE-ÉTAT RIVE DROITE 407
- absolument indépendant formait, jusqu’à ces derniers temps, entre Paris et Asnières, un tronc commun avec la ligne d’Argenteuil : quelques trains de Rueil et de St-Germain étaient d’ailleurs acheminés sur la gare St-Lazare, par les voies du groupe de Versailles. Il résultait de cet enchevêtrement qu’en fait, les trois lignes de petite banlieue étaient solidaires et que les retards se produisant sur l’une d’elles influaient de fâcheuse façon sur les deux
- la Folie; ces derniers ouvrages permettent aux trains de marchandises allant de Batignolles vers la Bretagne ou vice versa d’emprunter les voies du Havre entre Paris et la Garenne-Bezons; grâce à une vaste gare d’attente, ménagée entre la Folie et Puteaux, ces trains pourront être retenus jusqu’à ce qu’il soit possible de les acheminer sur leurs destinations respectives, sans qu’il risque d’en résulter aucun trouble pour le service des voyageurs. Dans quel-
- Maisons-Laffïti Champ de Cses
- Arqenteuil
- Achéres
- Argenteui
- Maisons-Laffite
- Colombes
- Les Vallée:
- S1, Germain Sport
- La Garenni
- S*" Germain. Gr^Cn
- ë\La Folie
- Glichy-Levallois
- Le Pecq
- StGermainfy
- i/XourbewjSffé
- Nanterre
- Le Vésinet f /
- TÎueil
- Chatou
- Puteaux
- Marly-le-Roi
- PARIS S* Lazare
- Suresnes
- S* Nom,
- (jr S i/nésn e s- Lo n gch am | Lés Coteaux *
- 'L'Etang-
- [Av.H.Martii
- la-Ville
- louveciennes
- Val d'Ori
- as Invalides x; ^hampde Mars
- PARIS
- Montparnasse
- Bougival
- StCloudft .
- t IjPont. de |S*Cloud
- Sèvres A P* de VL U Ville d'AvrayT Sèvres\\A
- JJ Bellevue *^§^2 f Ba^Meodor J Meudon-V.FIeury.^ ChavillefîG. /
- Garches
- Vaucresson'
- Chaville
- HD
- Viroflay
- LÉGENDE
- Versailles 0== RD.
- Versailles fe. RG
- L ignés de la petite banlieue
- Etat RD
- Viroflay Chaville-Vélizy
- Autres lignes desChde ferde l'Etat Lignes diverses
- Tersa i 11 es^Ch a n t i ers
- Fig. i. — Carte de Vélectrification de la Banlieue-Ëtat.
- autres. Enfin, les voies de la petite banlieue étaient empruntées par des trains de marchandises qui, en raison de leur allure très différente de celle des trains de voyageurs, gênaient beaucoup ces derniers.
- Les travaux que l’on vient d’achever rendent absolument indépendants les Irois groupes de voies 'de petite banlieue et permettent de les réserver exclusivement au service des voyageurs, tout au moins, dans les parties où elles sont sillonnées par des trains se succédant à bref intervalle.
- Les schémas 2 et 3 montrent que ces résultats ont été obtenus par la création d’un nouveau groupe de deux voies entre Paris et Asnières et par la construction des raccordements de Puteaux et de
- ques mois, les nouveaux raccordements de la Défense et de Bezons permettront aux trains de marchandises échangés entre Achères, Versailles-Matelots et les gares PV de la région parisienne (Bécon, Suresnes-Puteaux, Sèvres-St-Cloud, etc....) d’utiliser également cette gare d’attente. Le tronçon de la ligne de St-Germain compris entre la Garenne-Bezons et Bécon-les-Bruyères pourra ainsi être réservé à peu près exclusivement aux trains de petite banlieue; seule une section d’environ 800 m., située entre cette dernière gare et les Vallées, continuera à donner passage à quelques rares convois de marchandises en provenance ou à destination d’Argenteuil-Triage. Enfin, la ligne de Versailles sera doublée entre le
- p.407 - vue 411/688
-
-
-
- 408 L’ÉLECTRIFICATION DES LIGNES DE LA BANLIEUE-ÉTAT RIVE DROITE
- 7‘h a
- Colombes
- t Colombes
- lois-Colombes
- lois-Colombes
- .Asnières
- .Asnières
- latignolles
- .Batignolles
- Les Vallées,
- --Æ3 êco n
- J'fflBruyères
- »«”" LeSffe
- .es Vallée;
- Clichy*
- Levallois
- 3ont Cardinet
- La Garenne-Bezon;
- Pont5
- Cardinet
- ^La Garenne--Bezons
- ^Courbevoie
- PARIS 5lLazare
- Gare^ë
- d’attente de la Folie
- PARIS Sfc Lazare
- ''7RACCtDE la défense
- Fig. 2. — Les abords de la gare Saint-Lazare en 7920. Fig. 3.— Les abords de la gare Saint-Lazare en i<)24-
- Les lignes de petite banlieue forment 2 groupes entre Paris et Asnières, la ligne d’Argenteuil est cisaillée par celle de Poissy; les trains de marchandises circulant entre Versailles et Batignolles sont obligés d’emprunter les voies de banlieue.
- Les lignes de banlieue forment 3 groupes indépendants; les terminus de la première zone sur les lignes de Versailles et d’Argenteuil sont respectivement établis à Bécon et Bois-Colombes. Enfin aucun train de marchandises ne circule dans la première zone.
- raccordement de Bécon et St-C!oud et deux nouvelles voies parallèles aux anciennes, seront établies de Bois-Colombes à Argenteuil, et réservées exclusivement aux trains de petite banlieue.
- De même que la construction près d’Asnières du saut de mouton, permettant à la ligne d’Argenteuil de passer au-dessous de celle du Havre par Poissy, et que la démolition du tunnel des Batignolles, tous ces travaux s’effectuent sans que la circulation des Irains subisse aucune interruption. Les Chemins de 1er de l’Etat montrent, tant dans la conception que dans l’exécution, une maîtrise qui permet de bien augurer de l’avenir.
- IL La traction. — L’importance du trafic— avant la mise en circulation des rames électriques, il partait de Paris-St-Lazare vingt-deux trains de petite banlieue entre 18 h. 20 et 19 h. 20 — et l’exiguïté de la gare St-Lazare imposaient l’abandon de la locomotive à vapeur, en faveur de l’automotrice électrique. -
- Alors qu’avec la traction à vapeur, il faut, pour mettre un train qui vient d’arriver en mesure de repartir, procéder à une allée et venue de locomotives, le train d’automotrices, entré en gare St-Lazare, est prêt à retourner en banlieue dès que le machiniste, ayant quitté son poste de conduite, est parvenu à une cabine similaire se trouvant à l’autre extrémité de la rame. Toute circulation parasite de locomotives ou de véhicules en manoeuvre étant évitée, la capacité utile des voi'es de réception se trouve accrue dans une proportion telle qu’il devient possible de diminuer le nombre de voies affectées au service de banlieue, tout en augmentant considérablement le nombre des trains.
- L’un des caractères essentiels du service de banlieue est l’énorme variation que subit le mouvement des voyageurs dans le cours d’une même journée : très intense de 7 h. à 9 h., de 12 h. à 14 h. et de 18 h. à 19 h. 30, le mouvement est relativement faible en dehors de ces périodes» Il y a deux moyens
- d’assurer une bonne utilisation du matériel dans de telles conditions; on peut, pendant les périodes « creuses » soit diminuer le nombre des trains, soit réduire leur longueur. La première solution ne peut être utilisée qu’avec beaucoup de circonspection, en raison des inconvénients qu elle présente pour les voyageurs. La seconde est absolument impraticable avec la traction à vapeur, car il en résulterait de longues manœuvres] qui, en obstruant les voies paralyseraient la circulation aux abords de la gare de Paris-St-Lazare pendant qu’elles s’effectueraient. Nous verrons que l’emploi de trains d’automotrices permet de résoudre le problème le plus facilement du monde.
- Ce mode de traction présente donc des avantages évidents; par ailleurs, il ne le cède en rien à la traction à vapeur au point de vue purement économique : alors que le rendement thermique des meil-
- Fig. 4. — La bifurcation d’Asnières.
- 1.- Groupe de Versailles (II* groupe). — 2: Groupe de Saint-Germain (111°. groupe). — 3. Groupe d’Argenteuil (IV4 groupe). — 4. Groupe des grandes lignes (V et VI4 groupe) (le 4" groupe est celui d’Auteuil, qui ne va pas jusque Asnières)! '
- p.408 - vue 412/688
-
-
-
- L’ÉLECTRl FJ CATION DES LIGNES DE LA BANLIEUE-ÉTAT RIVE DROITE 409
- 2m95
- Djsxjs en axe des boggies 12"L46
- Longeur toiaîe 18m66
- Longeur totale lQm66
- Fig. 5 et 6. — Plan et élévation des nouvelles voitures.
- leures loeomolives atteint à peine 8 pour 100, il est courant de constater dans les turbo-générateurs des usines électriques un rendement de plus de 21 pour 100 qui, même après les pertes résultant des diverses transformations subies par la force produite, avant son emploi, permet à la traction électrique de conserver l’avantage.
- Les voitures utilisées sont de deux types ; l’automotrice proprement dite, véhicule de 2° classe dont une partie peut être réservée aux bagages ; la remorque, qui comporte un compartiment de 2e classe et celui de T° classe. Elles sont à couloir central; un dispositif électro-pneumatique permet de fermer et de bloquer simultanément les portes de toutes les voitures de l’un ou de l’autre côté du train. Une cabine de conduite est ménagée sur chaque véhicule ; accouplées par celles de leurs extrémités qui sont dépourvues de cabine de conduite, une automotrice et une remorque forment un élément de train réversible, offrant 61 places de lre classe et 266 places de 2e classe.
- Selon les nécessités du service, les trains peuvent être formés de un à quatre éléments semblables; ils ont ainsi une souplesse de composition qui permet de concilier les départs fréquents désirés par le public avec une bonne utilisation du matériel rouT lant. Grâce à l’attelage automatique Boirault, qui
- , permet de joindre ou de séparer les éléments sans pénétrer entre eux, les modifications se font avec la j plus grande facilité et sans aucun danger pour le : personnel.
- Les nouveaux véhicules diffèrent sensiblement de tout ce qui s’est fait jusqu’à ce jour ; alors que les voitures de chemins de fer sont généralement constituées par un simple châssis surmonté d’une « car rosserie », l’automotrice, comme la remorque, consiste essentiellement en une énorme poutre tubulaire dans laquelle prennent place les voyageurs. Ce mode de construction a permis d’établir des véhicules remarquablement robustes, tout en restant dans des limites acceptables quant au poids mort; et ainsi, les risques que pourraient courir les voyageurs du fait d’une collision se trouvent très réduits. L’automotrice atteint 56 tonnes alors que la remorque ne dépasse pas 57 tonnes; le fait que les automotrices mises en service en 1914 sur la ligne des Invalides à Versailles tarent 73 tonnes et n’offrent qu’un nombre de places bien inférieur montre qu’un progrès très intéressant a été réalisé.
- Les améliorations n’ont pas été moindres en ce qui concerne la partie électromécanique : les con-tacteurs, jadis disposés sous la voiture, sont maintenant placés dans la cabine de conduite de l’automotrice; ils sont ainsi parfaitement protégés contre les intempéries et la surveillance en est beaucoup plus facile.
- L’automotrice est montée sur des boggies 'a deux essieux, chaque essieu est muni d’un moteur de 121 kw, à transmission par engrenages; un élément de deux véhicules contenant 320 Voyageurs disposera ainsi de 484 kw, soit d’environ 4 kw par tonne, alors que dans un train à vapeur de banlieue on ne dépasse guère 2 kw 2, tou-
- p.409 - vue 413/688
-
-
-
- 41Ô L’ÉLECTRJFJCATJON DES LIGNES DE LA BANLIEUE-ÉTAT RIVE DROITE
- tes choses égales d’ailleurs. Cet excédent de puissance permet, grâce à l’excellente adhérence d’un train propulsé par 50 pour 100 des essieux, de démarrer rapidement et de gravir les rampes avec la plus grande facilité.
- L’équipement à unités multiples et à commande électro-pneumatique, employé sur ce matériel, est assez complexe ; il comporte tout un ensemble d’appareils, mus par l’air comprimé, qui assure automatiquement un groupement correct des moteurs de traction et des résistances de démarrage, aussi bien au moment du départ qu’en pleine marche.
- Le machiniste agit sur le contrôleur électro-pneumatique au moyen d’un contrôleur de commande
- des valves du mécanisme pneumatique de l’arbre à cames, les courants qui déterminent la mise en mouvement dudit arbre.
- Le relais d’accélération, le cylindre de contrôle et l’arbre à cames constituent un servo-moteur qui règle l’admission du courant dans les moteurs du véhicule, de façon 'a assurer automatiquement un démarrage correct et une marche normale en pleine vitesse.
- Le machiniste peut, en envoyant un courant dans une bobine spéciale adjointe aux relais d’accélération, faire tourner l’arbre à cames dans le sens voulu pour provoquer une augmentation de vitesse au cas où, en raison d’une rampe ou d’une surcharge, le I mécanisme automatique fonctionnerait difficilement
- Fig. 9. — Contrôleur de commande.
- 1. Manipulateur. 2. Axe de la manette de changement de marche. — 3. Levier d’avancement. — 4. Manette de j frein Westinghouse. — S. Frein de secours. — 6. Manomètre des freins. — 7. Enregistreur de vitesse i et de chemin parcouru.
- placé dans la cabine de conduite. Cet appareil comporte un manipulateur de commande du contrôleur automatique, une manette permettant de déterminer l’inversion du courant dans les inducteurs des moteurs, pour obtenir la marche arrière, et un levier d’avancement, grâce auquel il est permis, le cas échéant, d’échapper à l’automatisme.
- Le contrôleur électro-pneumatique se compose essentiellement : 1° d’une série de dix contacteurs commandés par] un arbre à cames ; 2° de deux interrupteurs de ligne; 5° d’un inverseur et 4° d’un relais d’accélération. Sauf le dernier, chacun de ces appareils est manœuvré par deux pistons pneumatiques montés sur la même tige et agissant au moyen d’une crémaillère et d’un pignon ; l’admission et l’échappement de l’air comprimé sont réglés par des valves à commande.électromagnétique.
- Un cjlindre de contrôle, construit en matière isolante, est solidaire de l’arbre à cames; sa surface présente des segments métalliques qui peuvent venir en contact avec des doigts fixes. Associé au relais d’accélération, ce cylindre envoie, dans les bobines
- Au moment du départ, le machiniste place son manipulateur de mise en marche au premier cran ; le train démarre, sous l’impulsion des groupes de moteurs qui travaillent en série, toutes les résistances nécessaires pour empêcher l’intensité du courant d’atteindre une valeur dangereuse étant dans le circuit. Dès que le manipulateur est placé au deuxième cran, le contrôleur électro-pneumatique se met en mouvement et élimine successivement les résistances, au fur et à mesure que la vitesse augmente. Le manipulateur étant amené au troisième cran,les moteurs se trouvent groupés en parallèle et des résistances sont de nouveau intercalées, afin de compenser la diminu tion de résistance qui s’est produite dans le circuit de puissance en raison du changement de groupement des moteurs; puis le contrôleur électro-pneumatique se met de nouveau en mouvement et élimine peu à peu les résistances. Le train atteint alors sa vitesse normale. Il suffit de ramener le manipulateur au zéro pour faire fonctionner aussitôt les interrupteurs de ligne qui coupent le courant dés moteurs,
- p.410 - vue 414/688
-
-
-
- L'ÉLECTRIFICATION DES LIGNES DE LA BANLIEUE-ÉTAT RIVE DROITE 411
- Fig. îo. — Contrôleur électro-pneumatique monté sur les nouvelles automotrices des chemins de fer de l’Etat.
- 1. Boîte des contrôleurs. — 2. Cames. — 3. Mécanisme pneumatique de l’arbre à cames. — 4. Valve à commande électro-pneumatique. — 5. Relais de surcharge (fait déclencher l’interrupteur de ligne lorsque le courant atteint une intensité trop forte) — 6. Kelais d’accélération*. — 7. Boîte des interrupteurs de ligne.
- Le machiniste commande simultanément tous les contrôleurs électropneumatiques que comporte le train en agissant sur les organes du contrôleur de manœuvre de l’une quelconque des cabines [de conduite. La ligne de commandes électriques qui parcourt le train d’une extrémité à l’autre comporte non seulement les fils nécessaires au fonctionnement simultané des contrôleurs électropneumatiques, mais aussi ceux qui mettent en action les appareils de chauffage, d’éclairage et de manœuvre des portes.
- Le frein est un Westinghouse à action rapide; un compresseur, mû par un moteur électrique, fournit l’air comprimé: nécessaire au fonctionnement de ce frein, du contrôleur électro-pneumatique et des appareils de fermeture et de blocage des portes.
- Le profil spécial adopté pour le troisième rail assure un contact parfait en toutes circonstances,
- Fig. il. — 'La sous-station d Asnières et ses corn-jnutdlriceide i5oo kilowatts (côté alternatif).
- A droite, les transformateurs électriques.
- les frotteurs des automotrices appuyant au-dessous de la bande d’acier, c’est-à-dire sur la partie qui se trouve à l’abri des intempéries. En raison du danger qu’il présente, ce rail est revêtu de plaques isolantes en basalte fondu, partout où le personnel est appelé à le franchir fréquemment ; là où il est interrompu, en raison de la présence d’aiguilles ou de croisements, l’extrémité libre est munie de plans inclinés destinés à permettre une prise de conlact suffisamment douce.
- L’électricité provient des usines établies spécialement au pont de Bezons et aux Moulineaux, qui alimentent diverses sous-stations, échelonnées le long des lignes, en courant alternatif de 15 000 volts.
- La première de ces centrales dispose d’une puissance de 20 000 kilowatts, la seconde peut produire 25 000 kilowatts ; mais on a prévu que cela ne serait pas toujours suffisant, et dès que le besoin s’en fera sentir, la puissance de chacune de ces usines pourra être élevée progressivement jusqu’à 80 000 kilowatts.
- Dans les sous-stations, le courant est envoyé en des transformateurs qui abaissent la tension à 460 volts; des commutatrices, mises en mouvement par ce courant alternatif, produisent le courant continu de 650 volts nécessaire aux automotrices. La sous-station d’Asnières, en particulier, comporte 4 commutatrices Schneider de 1500 kilowatts, et pourra en recevoir ultérieurement deux autres du même type. Les sous-stations’ travaillent en parallèle ; elles sont reliées aux secteurs électriques et ces derniers pourraient fournir du courant, en cas de défaillances momentanées des centrales des chemins de fer de l’État.
- III. L’Exploitation. —Les voyageurs des lignes de petite banlieue sont, pour la plupart, en provenance ou à destination de Paris; par suite, le
- p.411 - vue 415/688
-
-
-
- 412
- L’ÉLECTRIFICATION DES LIGNES DE LA BANLIEUE-ÉTAT RIVE DROITE
- Fig. 12.
- Profil du 3e rail.
- 1. Surface avec laquelle les frotteurs sont en contact.
- 2. Plaque de basalte recouvrant le rail là où le personnel est appelé à le franchir.
- Fig. i3. — Schéma simplifié de Véquipement électrique des nouvelles voitures de banlieue.
- IL,, IL2, Interrupteurs de ligne; i, a ... io, Contacteurs : ces organes sont, en réalité, placés dans le contrôleur CP.. — CP,*Contrôleur pneumatique. — M,, Contrôleur de manœuvre de l’automotrice. — M», Contrôleur de manœuvre de la remorque. — M,. Ms, Manipulateurs. — R, ... R*, Résistances. — IP, Interrupteur principal. — A, Relais d’accélération : provoque la rotation de l’arbre à cames. — S, Relais de surcharge ; provoque la rupture du circuit en IS,, ILS, lorsque l’intensité est trop forte. — T, Relais de tension : provoque la rupture du circuit en IL,, IL», lorsque le voltage descend au-dessous d’une certaine valeur. — L,, Ligne de commande du train. — L8, Lignes assurant la transmission des courants de commande émis par Mf ou M. au CP de l’élément automotrice-remorque. — I, II, III, IV, Moteurs.
- nombre en est d’autant plus réduit que l’on s’éloigne davantage de la capitale. Ce fait démontre qu’une exploitation rationnelle, réduisant au strict minimum les circulations inutiles, n’est possible que par la division des lignes intéressées en zones desservies par des trains spéciaux. Ces trains n’arrêtant pas dans les zones antérieures, les transports entre Paris et la banlieue seront plus rapides.
- Les lignes de Versailles et de Saint-Germain seront divisées en trois zones ; celle d’Argenteuil, beaucoup plus courte, n’en comportera que deux. La première zone comprend toutes les stations situées entre Paris-Saint-Lazare, Bécon-les-Bruyères et Bois-Colombes; la deuxième zone s’étend de ces deux dernières gares à Saint-Cloud, à Rueil ou à Argen-tcuil selon la ligne considérée ; le reste de la petite banlieue appartient à la troisième zone.
- Ce mode d’exploitation présente un inconvénient : il impose des changements de trains aux personnes se rendant d’une station intermédiaire d’une zone
- donnée à une gare d’une autre zone ; mais il convient de remarquer que les voyageurs effectuant de tels parcours sont en petit nombre et que l’intérêt général s’accommode parfaitement du système des zones.
- D’après de récentes statistiques, les voyageurs de la petite banlieue transportés pendant l’heure la plus chargée de la journée se répartissent ainsi : lre zone: 8500; 2e zone : 11500; 3ezone : 9000. L’augmentation annuelle moyenne depuis 1901 est de 2 pour 100.
- Le service de la petite banlieue qui occupe actuellement seize voies sur les vingt-sept que comporte la gare Saint-Lazare, n’en exigera plus que onze lorsque l’électrification sera achevée ; à ce moment, il sera possible d’expédier en une heure 44 trains et d’écouler ainsi un flot de 62 400 voyageurs.
- Si l’on remarque que les vingt-huit trains qui partent actuellement de Paris-Saint-Lazare entre 18 et 19 heures ne peuvent admettre normalement plus de 35800 voyageurs, on se rendra compte de
- Places offertes
- Voyageurs à transporter
- Nombre minimum de voitures par rame
- +100 6 800 6 800
- 10. 11
- 13 14
- 16 17 18 19 20 21 22 23 2+ 0.45
- 8 trains par heure 4=
- : 4- trains par heure
- Fig. 14— Diagramme indiquant.i i° la fréquence des trains électriques parlant de Saint-Lazare aux différentes heures de la journée; 20 le nombre minimum de voitures par train à tout instant; 3° l'effectif des voyageurs de la jre zone dans le srns le plus chargé, d'heure en heure; 4° le nombre de places offertes.
- p.412 - vue 416/688
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES . ~....: .-.-.= 413
- l’irnporlance de l'amélioration qui résultera de l'électrification.
- La première zone des lignes de Versailles et d’Ar-genteuil est maintenant desservie par des trains électriques qui se succèdent sur chacune d’elles de 30 en 30 minutes ; à certaines heures de la journée ces trains se suivent même de 15 en 15 minutes. L’horaire de la ligne de Bois Colombes étant décalé par rapport à celui de la ligne de Bécon-les-Bruyèrts, les gares du Pont Cardinet, de Clichy-Levallois et d’Asnières ont un train soit tous les quarts d’heure, soit toutes les 7 ou 8 minutes, suivant la période considérée. Les terminus de Bécon-les-Bruyères et de Bois-Colombes sont d’ailleurs desservis tout aussi bien que les autres stations de la première zone, car de nombreux trains à vapeur y arrêtent également. Ces derniers, entre lesquels s’insèrent les rames électriques, et dont aucun n’a été supprimé, sont maintenant directs entre Paris et Bécon-les-Bruyères ou Bois-Colombes. Les trains électriques formés de six véhicules, pouvant emporter, pendant les périodes chargées, 7800 voyageurs par heure, il en résulte un notable allègement des trains à vapeur. Le diagramme 14 permettra au lecteur de se rendre compte de la fréquence des trains électriques, de leur composition minimum et de l'effectif des voyageurs à transporter, sur la première zone, à toute heure de la journée.
- Est-ce à dire que le service de la petite banlieue va désormais fonctionner avec toute la régularité désirable? Il serait téméraire de l’affirmer : malgré la mise en service d’un nouveau groupe de deux voies, la situation est devenue plus délicate encore que par le passé. 11 y a, en effet, sur le groupe de Versailles, à l’heure la plus chargée, c’est-à-dire de 18 heures à 19 heures, douze départs et dix arrivées; sur ce nombre huit trains seulement sont élec-
- triques ; les autres sont à vapeur et nécessitent des manœuvres de locomotives. A un chiffre global de 22 trains, s’ajoutent donc 28 circulations parasites qui portent à 50 en une heure, soit à près d’un par minute, le nombre des mouvements, sur ce seul groupe, aux abords de la gare Saint-Lazare. Il est évident que dans ces conditions, la régularité du service reste à la merci du moindre incident.
- De l’état actuel des travaux, on peut préjuger qu’en 1925, il sera possible non seulement de mettre en service le second terminus de Bécon-les-Bruyères; mais aussi de supprimer complètement la traction à vapeur sur la ligne de Saint-Germain. On verra alors le nouveau système d’exploitation appliqué intégralement à un groupe de voies. En principe, le train pour Saint-Germain sera suivi d’un train pour Rueil auquel succédera une rame desservant la première zone : chacune des gares de la ligne de Saint-Germain pourra être desservie au moins une fois toutes les 15 minutes. Au retour, les trains se succéderont naturellement à la même fréquence, mais la rame de la 2e zone suivra celle de la lre zone au lieu de la précéder comme à l’aller. Ce n’est qu’à partir de ce moment que le public pourra juger en pleine connaissance de cause des avantages du nouveau système d’exploitation.
- L’électrification des autres lignes sera d’ailleurs poursuivie sans relâche; on escompte que les automotrices pourront atteindre Saint-Cloud au-cours de l’automne 1925 et Versailles au commencement de 1926. Ce n’est qu’en 1927, au plus tôt, que les trains électriques desserviront Colombes et Argenteuil, d’importants travaux devant au préalable être exé eu tés, en raison de la nécessité où l’on se trouve de doubler la ligne, au delà de Bois-Colombes et d’en foncer les voies en tranchée afin de supprimer les | passages à niveau.
- André Bourgaik.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1924.
- La bifurcation des feuilles par cohérence. — L’existence de deux sommets provient d’une dichotomie, d’une atrophie, d’une ramification ou d’une concrescence. Dans le dernier cas, le phénomène est facial, et les feuilles sont adhérentes, ou il est un marginal, et entraîne la cohérence. M. Paul Villemin a fait porter ses observations sur Impatiens Roi/lei, Phaseolus vulgaris, P h. multiflorus, Cornus mas, Viburnum lanlana et Lunana biennis ; il en déduit que, parmi les causes de bifurcation par cohérence, on doit admettre les variations phyliotaxiques liées au changement de diamètre des tiges, à la fasciation et à la torsion par étreinte.
- Un micromètre optique pour astrolabe à prisme. Autoenregislreur, le d spositif imaginé par M. René Bail- I
- laud supprime non seulement l’équation personnelle et l’équation de grandeur, comme l’appareil à fil entrai né des instruments méridiens, mais encore l’erreur d’observation, car ilpermet de réaliser plusieurs coïncidences successives.
- L'enregistrement des oscillations électromagnétiques. — Dû à M. Dufour, l’oscillographe cathodique installé dans les laboratoires de la rue Cuvier (P. C. N.) permet de préciser, avec une finesse de détails décroissante comme la durée envisagée, la forme de la variation en fonction du temps que subit une perturbation électromagnétique. Son domaine d’utilisation s’étend de la fréquence zéro à la fréquence d’un milliard par seconde.
- Paul B.
- p.413 - vue 417/688
-
-
-
- 414
- SUR LES PIQÛRES DE MOUSTIQUES
- Lorsque l’on plonge dans l’eau un certain nombre de corps tels que la gélatine, la silice colloïdale, l’agar-agar, etc..., on constate que ccs corps absorbent une grande quantité d’eau en augmentant J considérablement de volume. Cette propriété est d’ailleurs considérablement sensible à l’influence des corps qui sont dissous dans l’eau, principalement les acides, les bases et les sels, en un mol les électrolytes. C'est ainsi que dans le cas de la gélatine, de l’albumine, les solutions acides de faible concentration augmentent très fortement le gonflement et la quantité d’eau absorbée. Ceci est dû à la présence d’ions hydrogène, libres dans le liquide. D’autre part, l’addition d’alcalis ou de sels à ces solutions réduit le gonflement et diminue la quantité d’eau fixée, et même, si leur proportion est trop forte, la coagulation peut en résulter par suite de la présence d’une grande quantité d’anions hydroxyle OH.
- Les mêmes phénomènes s’observent dans les tissus vivants, et on les ulilbe en thérapeutique. C’est ainsi que l’œdème et la néphrite sont combat tus efficacement par les injections salines qui tendent à neutraliser Faction de gonflement provoquée par les acides foi mes dans les tissus malades.
- L’inflammation est un phénomène du même ordre. Si l’on pique une feuille de gélatine avec une aiguille trempée dans l’acide formique, en plaçant ensuite la feuille dans l’eau, elle se gonflera beaucoup plus aux endroits piqués, de la même façon que les tissus vivants se boursouflent autour du point de piqûre d’une guêpe ou d’un moustique. Le remède, injection d’un alcali dans la partie gonflée pour neutraliser l’acide, est le même dans les deux cas et agit suivant le même mécanisme.
- II. Yignkp.on.
- LE PASSAGE DE MERCURE SUR LE SOLEIL DES 7 ET 8 MAI 1924
- Nos lecteurs ont été tenus au courant, en temps utile, par 1 eBulletin astronomique (’), de la production de ce phénomène assez rare. Nous ne répéterons donc pas ici les heures des différentes phases calculées à l’avance,, et que l’on trouvera au « Bulletin » en question.
- On sait que les passages de Mercure et de Vénus devant le Soleil sont d’une grande importance au point de vue de la théorie des mouvements planétaires. En particulier la théorie de Mercure a souvent excité la sagacité des chercheurs et, si l’on peut dire, donné bien du mal aux calculateurs. La cause de l’accélération de 45" par siècle du mouvement du périhélie de son orbite a fait couler beaucoup d’encre et cette accélération — reconnue par Le Verrier, — et que la théorie récente de la Relativité semble éclairer d’un jour nouveau, reste encore un problème.
- Il y a donc un interet de premier ordre à déterminer, avec la plus grande précision possible, la position de cette petite planète, les passages devant le Soleil offrant une excellente occasion de vérifier l’exactitude des calculs. Les époques des passages de Mercure devant le Soleil sont régies par une assez curieuse périodicité. Si les plans des orbites de Mercure et de la Terre coïncidaient, on aubait évidemment un passage chaque fois que les deux planètes seraient en conjonction, suit tous les 116 jours. En effet, la révolution sidérale de Mercure est de 88 jours, celle de la Terre de 565 jours. En désignant par n le nombre de jours après lequel Mercure et,la Terre se retrouvent en ligne droite avec le Soleil on trouve (fig. I) que Mercure a parcouru les
- Yl
- — de son orbite, alors que la Terre n’en a parcouru
- i. La Nature, n° 2608 du 29 mars 1924.
- il
- que Mais Mercure pendant ce temps a parcouru
- une circonférence de plus que la Terre. On peut ainsi écrire
- n . ______ n
- 88 565
- d’où l’on trouve aisément n — 116 jours.
- L’orbite de Mercure est très inclinée sur le plan de l’orbite de la Terre; c’est même, parmi les grosses planètes, celle qui a la plus grande inclinaison: 7° 0'10",85. Il en résulte qu’à la plupart des conjonctions inférieures, — c’est ainsique l’on appelle les époques où la planète devrait passer entre le Soleil et la Terre, — elle passe en fait un peu au-dessus, ou un peu au-dessous, du Soleil, et les époques où elle passe effectivement devant lui sont relativement rares. Pour qu’il y ait passage, il faut que la planète soit près de l’un des nœuds de so,n orbite (points de croisement des orbites de Mercure et de la Terre). Cette circonstance (nœud voisin de la droite Terre-Soleil et planète en conjonction inférieure) se reproduit avec une curieuse périodicité de 15, 7, 10, 5, 10 et 5 ans. Les passages survenant après les périodes de 10 ans ont lieu généralement en mai, tous les autres en novembre.
- Voici les dates des passages de Mercure jusqu’à la fin du siècle actuel.
- 1924 mai 7 1927 novembre 8 1957 mai 10 1940 novembre 12 1 955 novembre 15 1960 novembre 6 1970 mai 9 1975 novembre 9 1986 novembre 12 1999 novembre 14
- 5 ans. 10 ans. 5 ans. 15 ans. 7 ans. 10 ans. 5 ans. 15 ans. 15 ans.
- p.414 - vue 418/688
-
-
-
- LE PASSAGE DE MERCURE SUR LE SOLEIL DES 7 ET 8 MAI 1924
- 415
- Voyons à présent les phénomènes que l’on peut observer lors d’un passage de Mercure. Cette planète a un diamètre apparent très petit : 12” dans les passages les plus favorables. Il ne faut donc pas chercher à la voir à l’œil nu — muni du classique verre noir — devant le Soleil. Avec une lunette, — et plus l’instrument sera puissant, mieux cela vaudra — Mercure apparaît comme un disque noir, parfaitement net et rond, beaucoup plus noir que les noyaux des taches solaires, qui, eux émettent une lumière propre et ne sont noirs que par contraste avec la photosphère si éclatante du Soleil.
- Les observations consisteront donc à noter, avec la plus grande précision possible, le moment du premier contact avec le Soleil, l’instant du second contact, c’est-à-dire quand la planète est entièrement engagée sur le Soleil, puis les contacts correspondants à la sortie.
- Ces observations, qui paraissent faciles, d’un corps noir, net et rond, sur un disque lumineux — le Soleil — sont en réalité très souvent perturbées par un phénomène optique dû à la diffraction et que l’on appelle « la goutte noire ». La planète, après l’entrée et avant la sortie, semble réunie au bord solaire par une sorte de ligament noir (voir figure 2), de sorte qu’il devient très difficile et même impossible d’apprécier exactement les contacts. Ce phénomène de la « goutte noire » est d’autant plus sensible que les objectifs sont de plus faible diamètre et de mauvaise qualité. Il disparait à peu près complètement avec des objectifs de grandes dimensions (au-dessus de 0 m 20).
- On a vu — ou cru voir-— pendant les passages de Mercure une auréole autour de la planète, auréole que l’on a attribuée à une atmosphère très importante réfractant la lumière solaire ; la qualité de l’ob-
- Fig. 2. — Le phénomène de la « Goutte Noire » se produisant à l’entrée et à la sortie de Mercure, entre la planète et le bord du soleil.
- jectif d’observation joue un rôle bien important dans la production de ce phénomène.
- On a vu aussi un point lumineux sur le disque de
- Fig. i. — Orbites de Mercure et de la Terre.
- Pendant le temps que la Terre met pour aller de T en T', Mercure a effectué le chemin MM'AMM' ; il a parcouru une circonférence entière de plus que la Terre.
- Mercure, que l’on a supposé être, un peu vite sans doute, un volcan en éruption. S’imagine-t-on la puissance de cette éruption pour être visible sur un dis -que de 12”, vu à travers un verre noir .très foncé, le tout noyé dans l’éclatante lumière solaire? La lueur de cette éruption devrait avoir un éclat intrinsèque comparable à celui de la photosphère, et devrait être visible avec la plus grande facilité lorsque la planète est à une certaine distance du Soleil. Ici, encore, il faut rechercher la cause de cette prétendue éruption dans la qualité optique des objectifs.
- *
- * *
- Le passage de Mercure du 7 mai dernier a pu être suivi par un grand nombre d’observateurs, et la Société astronomique de France a reçu un très grand nombre de descriptions. Le temps, en général, a été assez favorable, mais si l’atmosphère était transparente, elle était très agitée, et les images, en raison de la faible hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon, étaient très ondulantes dans la plupart des stations d’observation;
- Dans la parlie Est et Nord-Est de la France, un ciel couvert accompagné d’une violente pluie, a em pêché toute observation (Besançon, Strasbourg).
- Dans la région parisienne, il a fait beau, et grâce à cette circonstance nous pouvons reproduire ici plusieurs photographies prises par M. F. Quénisset, à l’Observatoire de M. Flammarion, à Juvisy (fig. o et 4). Les ondulations qui donnent un peu, au bord solaire, l’apparence d’une scie circulaire, sont dues à l’agitation atmosphérique. M. Quénisset a cependant choisi les meilleurs instants pendant lesquels les images étaient le moins agitées. On voit que ces images s’amélioraient au moment de la sortie de Mercure, le Soleil élantalorsplus élevé sur l’horizon (photographies prises à 5h56m 40s et oll57in20s). La figure 4 est un agrandissement considérable du
- p.415 - vue 419/688
-
-
-
- 416
- LE PASSAGE DE MERCURE SUR LE SOLEIL DES 7 ET 8 MAI 1924
- Fig. 3. — Divers aspects de Mercure devant le Soleil, le 8 mai 1024. Photographies prises parM. F. Quénissct.à l’Observatoire de M. Flammarion, à Juvisy, aux heures ci-après : 5 h. 10 m. i5 s. ; 5 h. 26 m. 10 s. ; 5 h. 36 m. _|o s. ; 5"h. 3- m. 20 si
- cliché pris à 5h oOm 40s ; il' montre d’une manière évidente le phénomène de la « goutte noire » et on la rapprochera avec intérêt du premier dessin de la figure 2. L’objectif pho-tographiqueutilisé par M. Qué-nisset aOm. 160 de diamètre.
- Un grand nombre d’observateurs, qui employaient des instruments de moyenne puissance, ont été gênés par ce phénomène du « ligament noir », qui en général a empêché la détermination du second contact intérieur, le ligament ayant jailli 15 à 20 secondes avant le contact réel.
- Par contre, un excellent observateur, M. Ch. Apoil, à Sèvres (Seine-et-Oise), écrit :
- « Le disque de Mercure,
- « très net et très noir, . a paru a bien circulaire; il ri y a pas eu d'apparence « de goutte noire. »
- : M. Apoil emploie un très bon objectif de 0 m. 225 de diamètre et il a pu, grâce à la dimension de cet objectif, noter les contacts avec une grande précision. Pour beaucoup d’observateurs, l’agitation des images a empêché de noter exactement le moment où Mercure a définitivement quitté le Soleil. L’incertitude a pu atteindre également de ce fait une vingtaine de secondes.
- Nous ne nous attarderons pas à donner ici le détail des nombreuses observations fai tes dans les observatoires : la plupart avaient pour but la détermination des contacts, ainsi que la recherché des particularités physiques (auréole autour de Mercure, pointbrillant sur son disque, visibilité de la planète en dehors du Soleil, projetée sur la couronne solaire, etc.).
- Signalons les belles photographies que nous communique le R. P. Rodés, S. J., directeurde l’Observatoire de l’Ebre, à Tortose (Espagne), photographies prises par le R. P. Joaquin Pericas. Leur grande netteté a surtout enregistré les multiples déformations du bord solaire, qui apparaît extrêmement ondulé.
- *
- * *
- En résumé, curieux et rare phénomène astronomique, se présentant, en France, en d’assez mauvaises conditions, puisque le passage était près de sa fin au lever du Soleil; le vent du Nord ou du Nord-Est a perturbé considérablement les images et, dans un grand nombre de stations, on a été gêné par le ciel plus ou moins couvert et par la pluie.
- . Malgré cela, le nombre clés observateurs a été très élevé, ce qui prouve l’intérêt que suscitent toujours les grands phénomènes astronomiques.
- lTouciikt.
- Fig. 4. — Mercure va quitter le disque solaire.
- Agrandissement du cliché pris à 5 h. .36 m. 40 s. par M. F. Quènisset à l’Observatoire de Juyisy. Cet agrandissement montre bien la déformation produite par le phénomène delà « goutte noire », la planète n’étant plus circulaire, mais semblant plus large aux endroits où elle est en contact avec le bord solaire.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie I.aiiliie, fl, rue de Fleurus, Paris.
- p.416 - vue 420/688
-
-
-
- LA NATURE
- CINQUANTE-DEUXIEME ANNÉE — 1924
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles : cire, 172.
- Abîme du Mas-Raynal, 350.
- Absorption des gaz par le charbon, 563.
- Académie des Sciences (Comptes rendus des séances), 30, 46, 62, 93, 109, 142, 172, 205, 220, 236, 254, 286, 518, 335, 550, 567, 585, 394, 413.
- Acétone : nouveau mode de préparation, 172.
- Acide carbonique : action sur Convo-lula, 318.
- Acides phocénique et valérianique, 363.
- Acide phtalonique : constitution, 221.
- Acides sulfonitrique et sulfonilreux : dosage, 46.
- Acide sulfurique, potasse et soude mélanges, 350.
- Acide urique : oxydation, 286.
- Adriatique : formation, 594.
- Afghanistan : climat, 173.
- Air : chaleur spécifique et vitesse du son, 351.
- Air : microbes, 357.
- Alaouites : pays, 380.
- Alcools hydro-aromatiques, 142.
- Alcool mélhylique : recherche, 350.
- Algérie : eaux minérales, 142.
- Algues symbiotes de Convoluta, 318.
- — vertes : vacuome, 350.
- Alliages nickel-chrome, 220.
- Aluminium : résistivité, 62.
- Amalfi : catastrophe, 269.
- Amplificateurs à résonance, 257.
- Anableps lelropht.huImus : œil, 189. Anémomètre à maximum simple, 124. Antioxygènes, 287.
- Antisepsie par les bicaibonates, 594.
- ! Araignées : terriers, 330.
- Ardèche : barrage, 401,
- Argon : spectre, 286.
- Aurores boréales, 85.
- Automobiles : Amédée Bollée, 143. Automobile à chai bon de bois, 94. Auvergne : curiosités, 383 Avion automatique, 39.
- Avions marchands, 317.
- — — nouveaux, 19S, 209.
- Avortement épizootique : microbe, 173. Azote : forme favorable aux plantes supérieures, 286.
- Azote solide et spectre auroral, 363.
- B
- Baluchithère, 1.
- Barrage de l’Ardèche, 401,
- Baulc : nautographe, 389.
- Bauxites : constitution minéralogique, 286.
- Beffroi haut-parleur, 143.
- Beurres de cacao : examen, 318. Bicaibonates : pouvoir antiseptique, 394. Bicyclettes à moteur, 138.
- Bismuth : circalalion dans l’organisme, 594.
- Blanc d’œuf : séparation des protéides, 173.
- Bolides et étoiles filantes, 295.
- Bollée et les premières automobiles, 143.
- Bouturage en milieu liquide s*érile, 62. Brome : température d’ébullition, 254.
- c
- Cacao : examen des beurres, 318.
- Calcul : nouvel appareil, 394. Campagnols : lutte, 267.
- Canon de l’Ardèché : barrage, 401. Carbone : dosage volumétrique, 363. Cartes géographiques : confection, 145. Catastrophe d’Amalfi, 269.
- Cellules vivantes : radioactivité, 565. Charbon, absorption des gaz, 363. Chauffage électrique dans le vide, 363. Cheval : sérothérapie de la gourme, 46. Chlore : composition de l’hydrate, 172. Chromogêne du marron d’Inde, 583. Cire d’abeilles, 172.
- • — d’abeilles : acides, 142.
- Cistude d’Europe, 369.
- Climat d’Afghanistan, 173.
- Coagulation et tension superficielle, 221. Cœur : cinématographie radiographique,
- 289.
- Cologne : bassin de lignite, 104. Combustibles : économies dans les usines,
- 290.
- — : problème, 12.
- Supplément au n“ 2621 de La Nature du 28 juin 1624.
- 27
- p.417 - vue 421/688
-
-
-
- 418 —................................=
- Condensation et évaporation : mécanisme, 69.
- Congrès national de l’étang, 195. Conjonctivite aiguë à bacilles de Wecks, 173.
- Continents : dérive, 594. |
- Convohtln : action de CO2, 318. j
- Cordages et ficelles : fabrication mo- :
- derne, 72, 87.
- Coucou : mystère. 333.
- Couleurs d’irisation, 14.
- Coutances : prétendue syènite, 173. Crustacés excentriques, 76.
- Crustacé parasite : évolution, 205. Grypton : spectre, 286.
- Cuivre : transport à l’état gazeux, 93. Curie : fondation, 17.
- D
- Dérive des continents, 59/.
- Désintégration cellulaire, 220. Dessiccation des sols, 287, 351.
- Déviation einsteinienne des rayons lumineux, 205.
- Diamants du Cap : inclusions, lit). Diamant : transformation, 351.
- Dilatation de l’eau, 236.
- Dinantien de la Creuse, 220.
- Distillation de la bouille à basse température, 254.
- 1
- j
- i
- E
- Eau : dilatation, 236.
- Eaux minérales d’Algérie, 142.
- Eaux-de-vie : vieillissement artificiel, 44.
- Éclairs noirs et étincelles, 321.
- Éclairage des lampes à vide par friction, 207.
- Eiffel (Gustave), 79.
- Électricité : artères de diffusion, 231.
- Électrification des lignes de la banlieue, 406.
- Électriques (Voitures), 53.
- Encéphalite épidémique : traitement des séquelles, 286.
- Érosion torrentielle : chronomètre, 287.
- Étang : Congrès national, 193.
- Étincelles et éclairs noirs, 321.
- Étoiles : analyse spectrale et évolution,
- 119.
- Étoiles : constitution des amas, 220.
- — filantes et bolides, 295.
- Évaporation et condensation : mécanisme, 69.
- Expertise optique des tableaux, lî.0,173.
- Explosions : nouvelle expérience de propagation du son, 43.
- Explosions : propagation lointaine des ondes, 177.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- F
- Eacr-Oer, 318.
- Feu : origine, 78.
- Feuilles : bifurcation par cohérence, 415. Ficelles et cordages : fabrication moderne, 72, 87.
- Filippi : expédition au Karakoram, 385. ^Foie : action des rayons A, 318.
- Forage des puits : méthode moderne, 190.
- Forage des puits artésiens, 508.
- • Fours à cuve : loups, 363.
- Fromages à pâte cuite : fabrication, 350.
- — à pâte pressée, 286.
- — de Port-Salut et de Hollande :
- fabrication, 287.
- G
- Galactose : détermination.
- Gallinacés : activité du testicule, 287. Gaz : absorption par le charbon, 563.
- — spontanés des sources thermales et séismes, 46.
- Gibbon à favoris'blancs, 137.
- Glace : dangers pour les patineurs, 173. Glaciation quaternaire dans le Haut-Atlas marocain, 175.
- Gourme du cheval : sérothérapie, 46. Graines : gonflement en milieu liquide, 93.
- Grand-Lieu : lac, 65.
- Guinée : pèche, 244.
- H
- Habitations rurales en France, 53. llistoi/e : conceptions de Camille Jullian, 388.
- llodna et M’Sila, 6.
- Houille : distillation à basse température, 251.
- Houille : gaz dégagés, 220.
- Hydrate de chlore : composition, 172.
- I
- Infra-rouge : rayons, 216.
- Insectes : dissémination des levures, 286.
- — paralyseurs, 252.
- Institut du Radium, 17.
- Insuline, 126.
- Inuline : migration chez les topinambours, 383.
- Iode de Laminaire, 221.
- Iodure mercuriquc jaune : transformation spontanée, 220.
- Irisation : couleurs, 14.
- J
- Japon : culture de la perle fine, 113. Jaune : sensation par mélange spectral, 220.
- Jullian : conceptions historiques, 388.
- K
- Kaolin : déshydratation, 351.
- Karakoram : expédition de Filippi, 585.
- L
- Lac de Grand-Lieu, 65.
- Lac de Tibériade, 161.
- Lactosérum : séparation des protéides,
- 220.
- Laminaire : iode, 221.
- Lampes électriques à effluves dans le néon, 92.
- lampes à incandescence : choix, 174.
- Lampe de poehe électro-magnétique commandée par le soufllc, 46.
- Lampes à vide : éclairage par friction, 207.
- Lavage du linge : machines, 160.
- — de la vaisselle : machines, 201.
- Levures : dissémination par les insectes, 286.
- Lézard à collerette, 319.
- Lignite : bassin de Cologne, 104.
- Limace agreste : développement, 172,
- Linge : machines à laver, 166.
- Loubière de Pardines, 383.
- Lumière froide des organismes, 129.
- M
- Machines à laver le linge, 166.
- — à laver la vaisselle, 201.
- — à vapeur à très haute pression, 561.
- Madagascar ' : essor de l’industrie minière, 97.
- Mammite de la chèvre, 220.
- Margarine, 342.
- Marron d’Inde : cliromogène, 585. Maud : dérive dans l’océan Glacial, 326. Maurifolet : tour, 383.
- Mécanique moderne : évolution, 3.
- Mer des Sargasses, 221.
- Mésomorphe (État), 246.
- Métal repoussé : renaissance, 81. Mercure : passage sur le Soleil, 411. Métallurgie de précision, 156.
- Michelson : précision de l’expérience, 142. Microbes de l’air, 357.
- Microbede l'avortement épizootique, 175. Micromètre optique pour astrolabe, 413. Micropalmer nouveau, 46.
- Microphone ultra-sensible, 342. Microphotographie : appareil simplifié, 62.
- p.418 - vue 422/688
-
-
-
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Microsiphonèes du sol, 518.
- Minéraux : détermination rapide, 62. Monométhylamine : préparation, 205. Montres et la montagne, 575. Moustiques : piqûres, 414.
- M'Sila et le Hodna, 6.
- Muscardine expérimentale des abeilles, 50.
- N
- Nautographe Baule, 589.
- Navire de guerre porte avions, 185. Néon : lampes électriques à effluves, 92. Niger : pèche, 241.
- Nummulitique inférieur du Morbihan, 551.
- O
- Océan Glacial : dérive du Maud, 326. Œil de Y Anableps, 189.
- Œuf : coagulation et structure, 287. Oiseaux migrateurs : retour, 107. Optique : expertise des tableaux, 150, 173.
- Orages : périodicité, 550,
- Osophone, 15.
- Ouroundi et Rouanda, 285.
- Oxyde de carbone : nouveau réactif, 287.
- P
- Parasites de la pyrale, 46.
- Parc national des « Dix mille fumées », 537.
- Pardines : loubière, 383.
- Particules à plusieurs spectres de bandes,
- 220.
- Patineurs : dangers de la glace, 173.
- Pays des Alaouites, 380.
- Pèche en Guinée et au Niger, 241.
- Pectines : composition, 93.
- Pèlerins observés à Concarneau, 205.
- Pendules qui marchent 1000 ans, MO.
- Perles fines : sa culture au Japon, 113.
- Phosphates alcalins insolubles, 205.
- Phyllorhyzes d’embryons décotylés, 383.
- Physique pure à l’Expo3ition de Physique, 132.
- Picryle : sulfure, 383.
- Piles photo-électriques, 313.
- Piqûres de moustiques, 414.
- Plantes : étude, 256.
- — : forme d’azote favorable, 286.
- Planètes : étude des surfaces, 93.
- Plantes dévoniennes de l’Ouadaï, 221.
- Pneumo-ventilatcur Jean-Camus Pikeltv. 141.
- Poissons : pseudoluminescence et tapis, 307.
- Pôles voyageurs, 263.
- Poussières : précipitation par la chaleur, 595.
- Précurseurs, 52.
- Préhistoire : plus vieilles statues du monde, 158,
- 1 Précipitation des poussières par la chaleur, 595.
- Protéides du blanc d'œuf : séparalion, 173.
- Puils artésien : forage, 308.
- Puits : méthode moderne de forage, 190. Pygmées de l’Afrique centrale, 225. Pyrale de la vigne : parasites, 46. Pyrèthre : principe insecticide, 109.
- — et savon pyrèthre, 30.
- Q
- Quaternaire : glaciation dans le Haut-Atlas marocain, 173.
- Quotient respiratoire de' la racine, 286.
- R
- Racine : quotient respiratoire, 286. Radiations : exploration du domaine, 60. Radioactivité des cellules, 363. Radiodiagnostic : emploi des gaz lourds, 62.
- Radiotélégraphie : ondes très courtes, 142.
- — et radiotéléphonie secrètes, 216. Radium : 25° anniversaire, 36.
- — : dosage dans les minerais, 95.
- — : institut, 17.
- Raquette de tennis : fabrication, 305. Rayons X : action sur le foie, 318. Rayonnement : action sur les métaux, 254.
- Réfractaires (substances), 172.
- Résidus urbains, 363.
- —' — : traitement, 335.
- Résistivité de l’aluminium, 62. Rhinocéros géant : le Baluchithère, 1. Roches éruptives de Toulon, 142. Rouanda et Ouroundi, 285.
- Rougeau de la vigne, 172.
- Rutine : dédoublement, 394.
- S
- Sable mouillé : propriétés, 349.
- Saint-Necta:rc : bassin hydrominéral, 221.
- Salmonidés du Maroc, 355.
- Sargasses : mer, 221.
- Savon pyrèthre, 50.
- Scaphandre autonome, 275.
- Science : antiquité et origines, 465.
- Séismes et gaz spontanés des sources thermales,, 46.
- Sensibilisation par voie oculaire, 318.
- Sérothérapie contre la gourme du cheval, 46.
- Sol : dessiccation, 287, 551.
- Soleils géants, 273.
- Son : propagation des fortes explosions, 43.
- Son : vitesse et chaleur spécifique de l’air, 351.
- Sorgues d’Aveyron, 350.
- Sources thermales : émanation du thorium, 418.
- ----- =: 419
- Sources thermales : gaz et résines, 46. Spectres de l’argon, du crypton et du xénon, 286.
- Spectre auroral et azote solide, 363.
- — des étoiles : évolution, 119. Sphyrène de la mer des Antilles, 47. Squales pèlerins observés à Concarneau, 205. „
- Stéréographie, 286.
- Stéréopholograpbie : récents progrès 299.
- Sucre : comment le faire brûler, 259. Sulfure de picryle, 583.
- Surface des liquides : propriétés, 102. Syénite prétendue de Coutances, 173.
- T
- Tableaux : expertise optique, 150, 173. Tanins synthétiques, 250.
- Tapis de l'œil des poissons, 367.
- T. S. F. : cause de perturbations des appareils, 555.
- — : direction des avions, 59.
- Tennis : comment on fait une raquette, 505.
- Tension superficielle et coagulation, 221. Termite de Sainlonge, 205.
- Termitière singulière, 351.
- Terriers des araignées, 550.
- Thon : migrations, 351.
- Thorium : émanation dans les sources thermales, 318.
- Tibériade : lac, 161.
- Topinambour: migration del’inuline, 583. Toulon : roches éruptives, 142.
- Tour de Maurifolet. 385.
- Tremblements de terre en France en 1922, 30.
- Trottoir roulant de la Ville de Paris, 49.
- V
- Vacuome des algues verLes, 350. Vaisselle : machines à laver, 201.
- Vent, source d'énergie, 595. Vieillissement artificiel des eaux-de-vie, 44.
- Vigne : parasites de la pyrale, 46.
- — : rougeau, 172.
- Aidons italiens anciens : construction, 383.
- Vipères de France, 279.
- Vitraux de Saint-Remi : éludé chimique, 287.
- Aoitures électriques, 35.
- X
- Xénon : spectre, 286.
- Y
- Yougoslavie : mission française, 24.
- p.419 - vue 423/688
-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Appell (Pierre). — Le problème des combustibles, 12. — Les économies de combustibles dans les usines, 290.
- B. (A.). — L’osophone, 15.
- B. (Paul). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 50, 46, 62, 93, 109, 142, 172, 205, 220, 256, 254, 286, 318, 335, 350, 363, 583, 594, 415.
- Barraü de Lorde (P.). — Les plus vieilles statues du monde. 158.
- Bertin (Léon). — Crustacés excentriques, 76. — Les terriers des araignées, 350.
- Blin (Henri). — La lutte contre les campagnols, 267.
- Bodiigain (André). — L’électrification des lignes de la ban-lieuc-État, 406.
- Boyer (Jacques). — L’institut du radium et la fondation Curie, 17. — La renaissance du métal repoussé, 87. — Des pendules qui marchent 1000 ans, 130. — Pneumo-ventilateur Jean Camus-Piketty, 141. — Nouvelles méthodes d’expertise optique des tableaux, 150. — Le congrès national de l’étang, 193. — Radiotélégraphie et radiotéléphonie secrètes, 216. — La stéréopliotographie et ses récents progrès, 299.
- C. (F.). — Le scaphandre autonome, 215. — Le forage des puits artésiens, 508. — Le naulograplic Raule, 389.
- Campag.vac (Edmond). — Une cause de perturbation des appareils de T. S. F., 535.
- Cardot (Henry) et Laugier (Henri). — L’éclairage des lampes à vide par friction, 207.
- Ciiataing (J.). — Deux curiosités auvergnates, 583.
- Comandon et Lomon (Drs). — Cinématographie radiographique du cœur de l’homme, 289.
- Constantin. — Le vent, 395.
- Coopman (L.). — Le mystère du coucou, 353.
- Cornetz (Y.). — Les insectes paralyseurs, 252.
- Dauzat (Albert). — Les anciens types d’habitation rurale en France, 53. — Les conceptions historiques de M. Camille Jullian, 588.
- Debeaupuis (M.). — Le gibbon à favoris blancs, 137.
- Dollfus (Robert Pii.). — La perle fine, 115.
- Doublet (L.). — Étoiles filantes et bolides, 295.
- Dubois (Raphaël). — Les organismes vivants produisent de la lumière fruide, 129. — La pseudoluminescence et le rôle du tapis chez certains poissons, 507.
- Durante (Dr G.). —Appareil simplifié de microphotographie, G2.
- Diiiow.'iu (G.). — L’origine du feu, 78.
- Efière. — La glace, sa constitution et ses dangers pour les patineurs, 175.
- Feuillée-Billot (A.). — Les vipères de France, 279. — La cistude d'Euiope, 369.
- Turbin (V.). •— La sphyrène de la mer des Antilles, 47. — Les pygmées de l’Afrique centrale, 225. — Le lézard à collerette, 319. — Le parc national des « dix mille fumées », 537.
- Gadeceau (E.). — Le lac de Grand-Lieu, 65.
- Gallois (Georges). — Fabrication moderne des cordages et ficelles, 72, 87. — La margarine, 542.
- Grouiller (H.). — L’analyse spectrale des étoiles et Rur évolution, 119.
- Guillerd (A.). — Les microbes de l’air, 557.
- Hémardinquer (P.). — L’avion automatique et sa direction par T. S. F., 59. — Les amplificateurs à résonance, 257.
- Hutin (Albert). — Les tanins synthétiques,'250.
- Joi.eaud (L.). — L’essor de l’industrie minière à Madagascar, 97.
- Landolt (Dr Marc). — L’œil de V Anableps letrophthalmus, 189.
- Larbaud (M.). — Comment on étudie les plantes, 236.
- Laugier (Henri). — Yoir II. Cardot.
- Le Conte (René). — L’Ouroundi et le Rouanda, 285. — Les îles Faer-(Er, 318.
- I efranc (Jean-Abel). — Nouveaux avions marchands, 196, 209.
- Legendre (Dr Jean). — Le pays des Alaouites, 380.
- Legros (Dr G.-Y.). — De l’antiquité et des origines de la science, 405.
- Lomon (Dr). — Yoir Comandon.
- M. (R.). —L’insuline, 126.
- Maréchal (H.). — Lampe de poche électromagnétique commandée par le souffle, 46.
- Martel (E.-A.). —A propos de la catastiophc d’Amalfi, 249. — Un chronomètre de l’érosion torrentielle, 287. — L’expédition de Filippi au Karakoram, 5S5. — Le barrage du canon de l’Ardèche, 401.
- Matignon (Pierrk-A.). — Comment on fait une raquette de tennis, 305.
- Maurain (Ch.). — La propagation lointaine des ondes des fortes explosions, 177.
- Mayet (Dr Lucien). — Un rhinocéros géant : le Baluchi-lhère,l.
- Mercanton (D'Paul-Louis) . —Anémomètre à maximum simple, 124.
- Mercier (Arm.). — Le retour des oiseaux migrateurs, 107.
- Merle (René). — Squales pèlerins observés à Concarneau, 205. — La mer des Sargasses, 221.
- Momtesquiou-Fesenzac (Jean de). — Une mission française en Yougoslavie, 24.
- Parcot (abbé L.), — Le lac de Tibériade, 161.
- Pawlowski (Auguste). — Les artères de diffusion de i’éleclri-cilc, 231.
- Pech(D‘' J.-L.). — Le choix des lampes électriques à incandescence, 174.
- Périssé (Richard). — Les bicyclettes à moteur, 138.
- Rabot (Charles). — La dérive du « Maud » à travers l’Océan Glacial, 526.
- Reverchon (Léopold). — Les (montres et la montagne, 573.
- S. (Ph.). —La bassin de lignite de Cologne, 104.
- Sauvaire-Jourdan (Commandant). — Le navire de guerre
- porte-avions, 185.
- Sounes (Henri). — M’Sila et le Ilodna, 6.
- Stumper (Robert). — Une termitière singulière, 351.
- T. (A.). — Lampes électriques à effluves dans le néon, 92. — Le beffroi haut-parleur, 143.
- Thomas (Jean) — La pêche en Guinée et au Niger, 241.
- Touciiet (Em.). — Etincelles et éclairs noirs, 521. — Le pas-sige de Mercure sur le Soleil des 7 et 8 mai 1924, 414.
- p.420 - vue 424/688
-
-
-
- = ...........................; LISTE DES
- Troller (A.). — Gustave Eilfel, 79. — Automobile à charbon de bois, 94. — Les machines à vapeur à très haute pression, 564.
- Turner (H.-II.). — Les soleils géants, 275.
- Turpain (A.). —Les grands précurseurs, 52.
- V. (R.). — Pyrèthre et savon pvrèthre,50. — Un microphone ultra-sensible, 542.
- Ye'lain (Ch.). — Les pôles voyageurs, 265.
- Vigneron (H.). — L’évolution de la méranique moderne, 5. — Les couleurs d’irisation, 14. — Le 25e anniversaire de la découverte du radium, 56. — L’exploration du domaine des radiations, 60. — Mécanisme de l’évaporation et de la condensation, 69. — Les aurores boréales, 85. — Propriétés dé la surface des liquides, 102. — La physique pure à
- AUTEURS =r:v - = 421
- l’exposition de physique, 152. — La métallurgie de précision, 156. — Méthode moderne de forage des puits, 190. — L’état mésomorphe, 246. — Les piles photo-électriqucs et leurs applications, 515. — Quelques propriétés du sable mouillé, 349. — L’absorption des gaz par le charbon, 365. — Précipitation des poussières par la chaleur, 393. — Sur les piqûres de moustiques, 414.
- Yillers (R.). — Le trottoir roulant de la Ville de Paris, 49.
- La confection des cartes géographiques, 145.
- Weiss (E.). — Les voilures électriques, 55. — Appareils à laver le linge, 166. — Machines à laver la vaisselle, 201 Willlemart (A.). — Vieillissement artificiel des eaux-de-vie, 44.
- X. — Distillation de la houille à basse température, 254
- p.421 - vue 425/688
-
-
-
- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paul B.), 30, 46, 62, 93, 109, 142, 172, 205, 220, 236, 254, 286, 318, 335, 550, 383. 594, 413.
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Pendules qui marchent 1000 ans (J. Boyer)...........110
- .L’analyse spectrale des étoiles et leur évolution
- (H. Grouiller)........................................119
- Les soleils géants (II.-II. Turner)......................273
- Étoiles filantes et bolides (E. Doculet).............. . 295
- Les montres et la montagne (L. Reverchon)................373
- De l’antiquité et des origines de la science (Dr G.-V. Legros)....................-,............................405
- Passage de Mercure sur le Soleil (E. Touchet)............414
- Nouveau micropalmer...................................... 46
- Étude des surfaces planétaires. ......................... 95
- Précision de l'expérience de Michelson................ . 142
- Déviation einsteinienne des rayons lumineux par te
- soleil...............................................205
- Constitution des amas d'étoiles..........................220
- Nouvel appareil de calcul................................394
- Micromètre optique pour astrolabe à prisme. . . . 413
- III. - SCIENCES PHYSIQUES, i. Physique.
- L’évolution de la mécanique moderne (H. Vigneron). . 3
- Les couleurs d’irisation (H. Vigneron).................... 14
- 25e anniversaire de la découverte du radium (II. Vigneron) ................................................. 36
- Les grands précurseurs (A. Turpain)..................... 52
- L’exploration du domaine des radiations (II. Vigneron). 60 Mécanisme de l’évaporation et de la condensation
- (H. Vigneron). ......................................... 69
- Propriétés de la surface des liquides (H. Vigneron) . . 102
- La physique pure à l’exposition de physique (H. Vigneron)............................................. 132
- Nouvelles méthodes d’expertise optique de? tableaux
- (J. Boyer). . . ........................................150
- La glace, sa constitution et ses dangers pour les patineurs (Effère)...........................................173
- Éclairage des lampes à vide par friction (U. Cardot et H. Laugier) . ........................................ . . 207
- L’état mésomorplie (11. Vigneron)....................246
- Les piles photo-électriques et leurs applications (II. Vigneron).............................................313
- Etincelles et éclairs noirs (E. Touchet).............521
- Quelques propriétés du sable mouillé (II. Vigneron) . . 349
- L’absorption des gaz par le charbon (II. Vigneron). . . 363
- Précipitation des poussières par la chaleur (II. Vigneron). 395
- Résistivité de l’aluminium.......................... 62
- Dosage du radium dans les minerais................... 93
- Application des méthodes optiques à l'examen des
- œuvres d’art.......................................173
- Particules qui émettent plusieurs spectres débandés. 220 Dilatation de Veau sous haute pression constante . 236
- Action calorifique du rayonnement sur les métaux. 254
- Température d’ébullition dti brome...................254
- Spectres d'ordre supérieur de l’argon, du crypton
- et du xénon........................................286
- Chaleurs spécifiques de l'air et vitesse du son . . . 351
- Nouveau dispositif de chauffage électrique dans le vide................................................365
- 2. Chimie.
- La métallurgie de précision (II. Vigneron). ..... 156
- Les tanins synthétiques (A. Butin)...................230
- Gomment faire brûler du sucre........................299
- Dosage des acides sulfonilriques et sulfonitreux. . 46
- Détermination rapide des minéraux................... 62
- Transport du cuivre à l’état gazeux................. 93
- Acides de la cire d’abeilles........................ 142
- Alcools hydro-aromatiques..................... . . 142
- Nouveau mode de préparation de l'acétone. .... 172
- Composition de l’hydrate de chlore...................172
- Cire d’abeilles......................................172
- Métaphosphates alcalins insolubles...................205
- Préparation de la monométhylamine....................205
- Pouvoir de transformation spontanée de l’iodure
- mercurique jaune.................................. 220
- Nature des gi-z dégagés par la houille...............220
- Alliages nickel-chrome. ............................ 220
- Constitution d.e l’acide phtalonique................ 221
- Oxydation de l’acide urique .........................286
- Antioxygènes ....................................... 287
- Nouveau réactif de l’oxyde de carbone................287
- Elude chimique des vitraux de Saint-Remi .... 287
- Recherche de l'alcool mélhylique en présence d'alcool éthylique..................................... 550
- Mélanges d’acide sulfurique, potasse et soude . . 350
- Déshydratation du kaolin ............................351
- Transformation du diamant .......................... 551
- Dosage volumétrique du carbone.......................365
- Acide phocénique et acide valérianique...............365
- Sulfure de picryle................................ . 383
- Dédoublement de la rutine..................: . . . 594
- p.422 - vue 426/688
-
-
-
- TABLE
- IV. — SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Nouvelle expérience relative à la propagation du son
- des fortes explosions............................
- Les aurores boréales (II. Yigneron)................
- L'essor de l’industrie minière à Madagascar (L. Joleaud).
- Bassin dé lignite de Cologne (Pu. S.)............
- La propagation lointaine des ondes des fortes explosions
- (Ch. Maurain)....................................
- Les pôles voyageurs (Ch. Vélain)...................
- Chronomètre de l’érosion torrentielle (E.-A. Martel). . Le barrage du canon de l’Ardéclie (E.-A. Martel). . .
- Tremblement de terre en France en 1922 ............
- Gaz spontanés des sources thermales et séismes . .
- Inclusions noires des diamants du Cap..............
- Eaux.-minérales d’Algérie..........................
- Roches éruptives des environs de Toulon ...........
- Glaciation quaternaire dans le Haut Allas marocain ...........................f . . .............
- Prétendue syénite de Coutances.....................
- Dinantien de la Creuse.............................
- Plantes dévoniennes et carbonifériennes de l’Ouadaï.
- Bassin hydrominéral de Saint-Nectaire..............
- Constitution minéralogique des bauxites ..... Émanation du thorium dans les sources thermales.
- Nummulitique inférieur du Morbihan.................
- Azote solide et origine du spectre auroral. . . . .
- Formation de l'Adriatique .... ...............
- Dérive des continents..............................
- 2. Météorologie.
- Anémomètre à maximum simple (P.-L. Mercanton) . . Climat de l'est de VAfghanistan .........
- Périodicité des orages.......................
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Un rhinocéros géant : le Baluchithère (Dr L. Mayet) . .
- Sphyrène de la mer des Antilles (Y. Forbix)........
- Crustacés excentriques (L. Bertin) . ..............
- Retour des oiseaux migrateurs (A. Mercier) . ...
- La perle fine (R.-P. Dollfus)......................
- Les organismes vivants produisent de la lumière froide
- (R. Dubois)......................................
- Le gibbon à favoris blancs (M. Debeaupoh)..........
- L’œil de VAnableps telrophlhalmus (D1 M. Landoi.t) .
- Le congrès national de l’étang (J. Boyer) .........
- Squales pèlerins observés à Concarneau (R. Merle). .
- La pêche en Guinée et au Niger (J. Thomas).........
- Les insectes paralyseurs (V. Cornetz)..............
- Lutte contre les campagnols (R. Eux)...............
- Les vipères de France (A. Feuillee-Billot).........
- Pseudoluminescenc : et rôle du tapis chez certains poissons (B. Dubois)...................................
- Le lézard à collerette (V. Forbin).................
- Les terriers des araignées (L. Bertin).............
- Une termitière singulière (R. Stumper).............
- Le mystère du coucou (L. Coupman). ................
- La cistude d’Europe (A. Feuillee-Billot)...........
- Muscardine expérimentale des abeilles..............
- Caractérisation du galactose et détermination des
- pectines. .......................................
- Développement de la limace agreste.............
- Séparation des proléides du blanc d'œuf............
- MATIÈRES zrz:r —j423
- Evolution d'un nouveau Crustacé parasite.........205
- Le termite de Sainlonge..........................205
- Séparation des proléides du lactosérum...........220
- Sensation du jaune obtenu par mélange spectral. . 220
- Mammüe chez la chèvre. ....................... . . 220
- Désintégration cellulaire........................220
- Coagulation et tension superficielle. ...........221
- Fromages à pâte pressée........................... 286 -
- Dissémination des levures par les insectes.........286
- Coagulation et structure de l’œuf..................287
- Activité du testicule impubère chez les Gallinacés . 287
- Fabrication du Port-Salut et du fromage de Hollande.............................................287
- Algues symbioles chez Convolula et acide carbonique. .......................................... 318
- Salmonidés du Maroc . .............................555
- Fabrication des fromages à pâte cuite..............558
- Migration du thon sur les côtes atlantiques d'Espagne....................................... . . 551
- Radioactivité des cellules vivantes..............— 563
- Circulation dû bismuth dans T organisme........... 591
- 4. Botanique-— Agriculture.
- Pyrèthre et savon pyrèthre (R. Y.)................. 50
- Yieillissement artificiel des eaux-de-vie (A. YYillemart). 44
- La mer des Sargasses (R. Merle)................... . 221
- Comment on étudie les plantes (M. Larbaud).........236
- Parasites de la pyrale de la vigne.............. 46
- Bouturage en milieu liquide stérile. .............. 62
- Gonflement des graines en milieu liquide........... 93
- Principe insecticide des fleurs de pyrèthre........109
- Rougeau de la vigne. ..............................172
- Iode de Laminaria llex caulis......................221
- Quotient respiratoire de la racine................ . 286
- Forme d’azote favorable aux plantes supérieures . 286
- Dessiccation des sols agricoles................... . 287
- Microsiphonées du sol.............................. 318
- Examen des beurres de cacao..........................318
- Vacuome des algues vertes........................... 550
- Dessiccation du sol.............................' . 551
- Migration de l'inuline chez le 7opinambour .... 583
- Séparation en 2 phyllorhizes d'embryons décotylés. 385
- Chromogène du marron d’Inde........................383
- Bifurcation des feuilles par cohérence.............413
- V. - GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- M’Sila et le Hodna (II. Sounes)...................... 6
- Mission française en Yougoslavie (I. de Mojitesquiou-
- Fesenzac)........................................... 24
- Les anciens types d’habitation rurale en France (A.
- Dauzat)............................................. 53
- Le lac de Grand-Lieu (E. Gadeceau)................... 65
- L’origine du feu (G. Dyboavski)...................... 78
- La confection des cartes géographiques (B. Yillersj. . 145
- Le lac de Tibériade (L. Paucot)......................161
- La catastiophe d’Amaifi (E.-A. Martel)....................269
- Le Rouanda et l’Ouroundi (R. Le Conte)....................285
- L'es Les Faer-Œr (R. Le Conte)............................319
- La dérive du « Maud » dans l’océan Glacial (C. Rabot). 326 Le parc national des « dix mille fumées » (Y. Forbin). 337
- Le pays des Alaouiles (Dr J. Lkgenure)....................380
- Deux curiosilés auvergnates (J. Ciiatai.ng).............. 585
- L’expédition de Filippi au Karakoram (E.-A. Martel). . 385
- Les conceptions historiques de M. Camille Julliau (A. Dauzat)...................................................388
- Lis pigmées de l'Afrique centrale (V. Forbin). . . . 225
- Abîme du Mas-Raynal cl Sorgues d’Aveyron .... 350
- DES
- 43
- 85
- 97
- 104
- 177
- 263
- 287
- 401'*
- 50
- 46
- 110
- 142
- 142
- 173
- 173
- 220 -
- 221
- 228—
- 286
- 318
- 551
- 363
- 594
- 394
- 124
- 173
- 350
- 1
- 47
- 76
- 107
- 113
- 129
- 137
- 189
- 193
- 205
- 241
- 252
- 267
- 279
- 307
- 519
- 330
- 551
- 553
- 369
- 30
- 93
- 172
- 173
- p.423 - vue 427/688
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- La reproduction des illustrations de “ La Nature ” est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2596. — 5 Janvier 1924.
- Supplément.
- INFORMATIONS
- T,*.. - .p.;'
- r
- ** 4#.. *•
- La perte du Dixmude. — Au moment où nous mettons sous presse, toute la France éprouve une cruelle anxiété ; on est depuis plusieurs jours sans nouvelles du grand dirigeable Dixmude parti de son centre de Cuers pour une croisière sur la Méditerranée et l’Afrique du Nord, pris dans la tempête et forcé de fuir devant elle sans pouvoir trouver de port d’atterrissage. Tout donne lieu de craindre que ce beau bâtiment aérien soit perdu ; ou espère toutefois que l’équipage aura réussi à trouver son salut, en atterrissant en quelque coin du continent africain, éloigné de toutes communications.
- Résumons tout d’abord les grandes lignes de ce voyage qui se termine si tragiquement; le Dixmude est parti le mardi 18 décembre à 6 heures de son centre de Cuers; il atteint Kairouan à i9h3o. Le mercredi 19, il passe à In-Salah à 161' 3o et remonte vers le Nord. Le jeudi ‘20, il apprend à ih 20 à l’ouest d’Ouargla que la tempête va sévir; il gagne la région de Biskra où il croise toute la nuit. Le vendredi 21, à partir de 2 heures du matin, il est en dérive à l’est de Biskra et pris en pleine tempête. La dernière communication reçue du Dixmude remonte au vendredi 21 décembre, 3 heures du matin, moment où il a accusé réception d’un télégramme de Sidi-Abdallah. L’intensité de son signal a permis d’inférer qu’il était alors à plus de 3oo km de Bizerte.
- Depuis ce moment, jusqu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, le 27 décembre, on n’a plus reçu aucune nouvelle du dirigeable, on ne l’a plus aperçu nulle part, et il ne reste pour ainsi dire aucun espoir que ce beau navire aérien ait pu échapper à une catastrophe. 11 avait à bord 5o personnes.
- Que faut-il conclure de ce malheureux événement? Le Dixmude, il y a quelques semaines, avait fait un raid merveilleux de 126 heures au-dessus de-la France et de l’Afrique; cette performance avait ouvert les yeux du public français sur les possibilités réservées aux grands navires aériens, plus légers que l’air. La catastrophe actuelle, venant après les nombreuses catastrophes éprouvées par les Zeppelin, avant, pendant et après la guerre, viendrait-elle jeter bas les espérances optimistes que beaucoup de bons esprits ont fondées sur le dirigeable ? Déjà la presse se fait l’écho des adversaires du dirigeable, et de tous côtés on réclame l’abandon de ce mode de navigation. Nous pensons que ce serait une décision fâcheuse et dangereuse pour l’avenir de notre pays.
- Un dirigeable est comparable à beaucoup d’égards à un grand paquebot ou à un grand navire de guerre. Que penserait-on-d’une Compagnie de navigation ou d’une marine qui lancerait sur l’Ôcéan un de ces grands bâtiments, avec la certitude qu’en cas de tempête, aucun port ne peut lui offrir un abri.
- C’est ce qui s’est passé, cependant, pour le Dixmude.
- Sur toute la côte de la Méditerranée, sur tout le Sud de la France et l’Afrique du Nord, il n’existe qu’un seul port, pour dirigeable, celui de Cuers. Cependant, depuis deux ans, des hangars livrés par l'Allemagne, attendent à Alger, Tunis, Casablanca, qu’on veuille bien se donner la peine de les remonter. Leurs charpentes se rouillent inutiles ; c’est là une négligence inexcusable. Nous renvoyons, à ce sujet, nos lecteurs, à l’excellent article si documenté que M. Otto a consacré à cette question dans notre dernier numéro.
- La catastrophe du Dixmude fait apparaître encore bien d’autres insuffisances d’organisation : manque de liaison entre la marine dont dépendait le dirigeable et l’Office National Météorologique qui l’eût averti de 1 arrivée imminente de la tempête; absence de postes radiogoniométriques qui eussent permis de suivre le
- trajet du dirigeable et deTrëpérer instantanément le point où ses moteurs se sont arrêtés.
- La navigation aérienne exige une organisation aussi méticuleuse et aussi prévoyante que la navigation de haute mer. Telle est la leçon essentielle qui nous paraît se dégager, de cette catastrophe.
- C’est une telle organisation qui permettra de tirer parti des magnifiques possibilités de transport qu’offrent les grands dirigeables. La perte du Dixmude ne prouve pas davantage contre les dirigeables que la perte du cuirassé France contre les grands navires de guerre, le naufrage du Titanic contre les grands transatlantiques, et les innombrables accidents d’aéroplanes contre l’avion et l’hydravion.
- Quelques emplois de la calebasse. — M. P. de Sor-nay vient d’étudier dans L’Agronomie coloniale cette cucurbitacée qu’on rencontre abondamment dans toutes -
- En haut : Calebasses à pipes. — Eu bas : Pipes terminées.
- (Photographies du Bureau of Plant Industry).
- les régions tropicales et dont tout le monde connaît les fruits séchés. C’est, pourrait-on dire, la grande sœur des coloquintes de nos jardins, aux fruits multicolores recherchés pour l’ornementation des maisons.
- La Calebasse (Lagenaria vulgaris), originaire de l’Inde, a été propagée dans toutes les régions chaudes et y présente aujourd’hui de multiples variétés. On la cultive sans peine, et même, dans beaucoup d’endroits elle est subspontanée. Elle donne d’énormes fruits composés d’une écorce dure, d’une chair sucrée et comes-
- 1
- p.424 - vue 428/688
-
-
-
- Wl
- INFORMATIONS
- tible et d’une pulpe spongieuse centrale contenant les pépins.
- Les habitants, européens et indigènes, consomment la chair cuite de diverses façons. Les graines sont riches en huile. Quant aux écorces, leurs emplois sont aussi variés que parfois inattendus.
- Déjà, les Romains, d'après Pline, s’en servaient, après les avoir séchées et vidées, comme bouteilles pour contenir le vin; à Madagascar, on en fait des assiettes; à l'ile Maurice on s’en sert pour conserver les semences de maïs et d’autres plantes; aux Comores, ce sont des pots à eau, à lait, à miel; les Cafres et les Malgaches en font des instruments de musique, soit à percussion, soit à cordes.
- La denière et la p’us rurieuse des utilisations est certainement la fabrication des pipes. Les Boers en eurent l’idée en employant une variété sud-africaine de forme appropriée. Après la guerre anglo-boër, la mode de fumer de telles pipes s’introduisit en Grande-Bretagne d’où elle gagna l’Allemagne et les Etats-Unis. Aujourd’hui, une industrie spéciale est née à laquelle le Bureau of Plant Industry du Département d’agriculture des Etats-Unis a consacré une monographie.
- La courbure naturelle du col du fruit est utilisée (fig. i ), mais on la modifie à volonté pour obtenir des formes plus régulières. Les gourdes récoltées, on coupe les cols qu’on nettoie, gratte et vide, et qu’on suspend dans une chambre sèche et fraîche, bien ventilée, de préférence au soleil. Après séchage, on les polit au blanc d’Espagne ou à la pierre ponce. Il ne reste plus qu’à y fixer un tuyau d ébonite au moyen d une bague et d’un peu de plâtre de Paris pour obtenir les produits commerciaux que représente le bas de la figure.
- L’hérédité des caractères acquis. — La grande querelle entre les lamarckiens ou les neo-lamarckiens et les darwiniens, entre les partisans de l'hérédité des caractères acquis et ceux de la survivance du plus apte n’est pas près d’être close. En tout cas, après quelques échecs assez durs, voici que les iiéo-lamarekiens enregistrent un succès retentissant. Ce n est pas moins que le physiologiste tusse au nom si universellement connu, Pavlov, l’un des plu* habiles expérimentateurs des temps modéra* s qui vient d apporter ce fait nouveau. Il en a donné communication au Congres international de Physiologie qui eut lieu à Edimbourg en juillet dernier. Le savant russe a recherché si les formes d’activité nerveuse les plus élevées, c’est-à-dire les acquisitions individuelles, étaient héréditaires. Pour trouver la j épouse à cette question, il a recherché les conditions dans lesquelles s’établit le « réflexe alimentaire » de séciétion des sucs digestifs chez des souris blanches en usant d’une sonnerie électrique comme signal associé à la présentation de la nourriture. Avec la première portée d’animaux, il fut nécessaire de répéter la combinaison : sonnerie-aliments 3oo fois avant que la sonnerie seule provoquât un réflexe bien établi. Chez la géné-) ation suivante, le réflexe fut formé après oo répétitions. A la troisième génération, 3o répétitions furent suffisantes. A la quatrième, il n’en fallut plus que 10 et 5 seulement à la cinquième génération. Etant donné les résultats acquis jusqu’ici, Pavlov croit qu il arrivera à avoir des souris blanches qui montreront le réflexe alimentaire ainsi dès leur naissance, par hérédité des caractères acquis artificiellement.
- Ces expériences doivent-elles nous faire espérer qu’un jour prochain, tel enfant viendra au monde en sachant jouer la sonate que sa mère avait mis de nombreuses années à s’inculquer ? Ce serait pourtant là un exemple d’hérédité d’acquisitions personnelles telle que l’entend Pavlov.
- Un fléau pour les hôpitaux. — Des fourmis, probablement originaires des Indes (Monomorium pharaonis L. Mayr), constituent pour certains hôpitaux d’outre-Rhin un véritable fléau, à en croire une communication intéressante de l’Institut Biologique du Reich. Cette fourmi, signalée déjà depuis le milieu du siècle dernier et qui est assez répandue, se précipite en bataillons serrés sur les vivres, particulièrement sur le sucre, les compotes, les gâteaux, les viandes fraîches. Elles sont gênantes dans les hôpitaux parce qu’elles affectionnent même des déjections humaines telles que le pus, le sang, les crachats qu’elles récoltent pour les entraîner avec
- elles dans leurs fourmilières, répandant ainsi les germes les plus nocifs. Elles s'attaquent même a des enfants malades et parfois à des adultes tuberculeux, pénétrant dans le nez, la bouche, les oreilles, les yeux. Elles ont été jusqu’à envahir les bouillons de culture d’un institut bactériologique, dévoré le cadavre d’un institut de pathologie. Elles sont très difficiles à combattre parce qu’elles font leur nid dans les fondations de bâtiments.
- Une autre espèce encore bien plus désagréable, qui n’était connue jusqu’ici en Allemagne que dans les serres chaudes, est une grande fourmi d’origine argentine ([ridomyrmex humilis Mayr) qui a occasionné des dégâts considérables dans les hôpitaux des régions méridionales des Etats-Unis et dont l’extension en Europe peut être également crainte si elle ne s’est pas déjà réalisée.
- Il est à souhaiter que des hôpitaux français ne soient pas envahis eux aus i par des hôtes maltaisants de ce genre, contre lesquels nous sommes si dépourvus de moyens d’action.
- Nouvelles de T. S. F.
- Le nouveau statut de la T. S. P. — Le texte du décret con< ernant la nouvelle réglementation de la T. S. F. en France vient enfin d’être publié dans le Journal Officiel.
- Comme nous l’avions indiqué, toute redevance est supprimée pour l’établissement des postes de réception d’amateurs, il n’est envoyé qu’une déclaration avec timbre de i franc.
- Les postes privés d’émission doivent faire l’objet d’une autorisation accordée par le sous-secrétaire d’Etat des P. T. T. après avis d’une Commission spéciale, composée de représentants des divers services publics et des groupements d’industriels et d’amateurs intéressés.
- Il est établi cinq catégories de postes auxquelles sont réservées des gammes distinctes de longueurs d onde et de puissance.
- Les postes d’essai et d’amateurs ne payeront qu’une taxe de contrôle de ioo francs et seront exempts de toute redevance p ur droit d’usage.
- Une organisation commerciale des postes de « bi oad-casting » sera établie. Les ressources obtenues serviront non seulement à couvrir les frais d’émission, mais encore à doter les hôpitaux, les écoles, les communes rurales, etc., des postes récepteurs qui leur permettront de participer à l’œuvre de diffusion radiophonique.
- Chargement d’horaires. — La station de La Haye, PC GG, ne transmet plus actuellement; seule la station des laboratoires Heussen PCUU (1070 m.) donne un concert le dimanche matin de 9 h 4° à 10 h. 4°-
- La station de Genève HBt a suspendu ses émissions, mais celle de Lausanne HB2 transmet toujours régulièrement sur 1100 m.
- En Espagne, le nouveau poste des P. T. T. à Madrid fait tous les soirs des essais entre iô heures et 17 heures, sur 400 m. à 700 m. de longueur d’onde.
- Le nouveau poste Radïola. — La puissance des émissions Radiola est actuellement assez faible et nombre d’amateur* déplorent avec raison les difficultés actuelles d’audition de ces émissions intéressantes.
- Assez prochainement sans doute, la mise en service d’un nouveau poste permettra une amélioration très importante. Un nouveau poste construit à Clichy pourra transmettre avec i5 kilowatts dans l'antenne au lieu de a kilowatts, ce qui permettra probablemnnt d’entendre les auditions en haut-parleur dans un rayon de i5oo km.
- Essais de communications radiotéléphoniques entre l’Amérique et la France. —Une communication radiotéléphonique transatlantique dans le sens Amérique-France a été tentée dans la nuit du 11 au 12 décembre, à -i h 5o du matin par les stations conjuguées de Newark-New-Jersey (W. O. B) et Schenectady (W. G. Y.), sur les longueurs d’onde de 40S m. et 38o m.
- On sé rappelle sans doute le succès des communications radiophoniques Amérique-Angleterre, qui ont eu lieu l’année dernière, et que nous avons décrite en détail.
- -Ng 2
- asv
- p.2x1 - vue 429/688
-
-
-
- <
- SCIENCE APPLIQUÉE
- >•--
- T. S. F.
- Boîte anti-parasites. — Parmi les bruits parasites qui viennent fâcheusement troubler l’audition des radio-concerts dans un amplificateur, une grande partie provient des étincelles de machines électriques ou d’interrupteurs, manœuvrés dans le voisinage.
- Les oscillations à haute fréquence qui en résultent, suivent les fils de distribution d’électricité; ces derniers agissent alors comme un système émetteur, c’est ce qui explique pourquoi, dans les postes à antenne surtout, et quelquefois dans les postes à cadre, on entend des bruits variés qui proviennent du démarrage d’un moteur, d’un ascenseur ou de craquements d'interrupteurs. Si l'on emploie un fil du secteur comme antenne, les bruits sont encore plus marqués. M. Barthélemy préconise comme remède le moyen suivant. On intercale dans les fils d’amenée du courant, dès la sortie du compteur, deux bobines de self-induction Sj et S2 (Gg, i) qui font office de bobines de choc et s’opposent à la propagation des oscillations de haute fréquence.
- Deux capacités et C2 dérivent au sol, ce qui peut avoir traversé les bobines de choc.
- Ce montage réalise, en réalité, une véritable coupure
- Compteur
- Fusible
- Réseau extérieur
- i CP
- Tuyau d'eau
- Distribution de l'appartement
- Fig. i. —- Schéma d’installation d’une boîte anti-parasites.
- pour la haute fréquence entre le secteur et la distribution intérieure.
- Lorsqu’on utilise le secteur comme antenne, il est bien évident que l’antenne est alors limitée aux fils intérieurs de l’appartement.
- Quand la distribution est souterraine, à Paris par exemple, cela n’a pas d’importance, mais si les fils du secteur étaient aériens on constaterait une importante diminution dans la réception; on a intérêt alors à placer l’appareil de récepfîon proprement dit aussi loin que possible du compteur. Le secteur agit alors plutôt à la façon d’un grand cadre d’une spire que d’une antenne.
- Le constructeur de cet appareil est la Maison Péri-caud, 85, boulevard Voltaire, à Paris.
- Une nouvelle intéressante pour les radio-concerts. — Un accord aurait été conclu, d’après l’Antenne, entre les fabricants français de lampes à vide et la Compagnie française de Radiophonie D’après cet accord, un prélèvement de 2 francs par- lampe serait effectué (sans augmentation du prix de vente des lampes) et ce prélèvement serait destiné à constituer un fonds spécial destiné au perfectionnement des programmes des radio-concerts.
- Si les sommes ainsi prélevées sont équitablement réparties entre les grands postes du « broadeasting » français, on ne saurait trop approuver une telle solution, de nature à satisfaire à la fois les artistes, les amateurs et les constructeurs d’appareils de T. S. F.
- Automobilisme
- Amortisseur d’automobile « Kirby ». — L’amortissement des secousses et des oscillations, des automobiles
- est un problème qui a déjà préoccupé un très grand nombre de chercheurs. Sa solution est avantageuse pour les automobiles qui sont ainsi soustraites aux chocs les plus durs, pour les pneumatiques que l’amor-
- II
- Fig. 2. — Détails de construction de l’amortisseur « Kirby ».
- tisseur soulage, pour la route qui s’use moins, pour les riverains qui subissent moins de trépidations et de bruit.
- La difficulté est de réaliser un amortissement optimum pour toutes les charges et toutes les allures.
- La plupart des amortisseurs existants consistent en ressorts très souples logés dans des gaines protectrices remplies de graisse; le travail absorbé à la compression y est dégagé lentement à la détente, mais aucun réglage n’est possible suivant la charge de la voiture et l’état de la route.
- Le nouvel appareil que nous allons décrire remplace à la détente l’écoulement de liquide par un frottement de parties solides.
- Cet amortisseur se compose essentiellement de trois pièces assemblées par un axe claveté, et pour la liaison de cet ensemble avec l’essieu ou le châssis, de l’articulation à rotules bien connue :
- La pièce A porte le bras de levier s’articulant à la rotule, les rampes r, la vis de réglage V ; la pièce B tournée en tronc de cône mâle t porte les rampes r' et la butée b.
- La pièce C, pièce support, est tournée en tronc de cône femelle T et porte l’axe a.
- ABC sont assemblés par l’axe a portant le passage j de la clavette p, la clavette s’appuyant par le ressort k
- Fig. 3. — Yue d’ensemble de l’appareil.
- sur le porte-clavette s. Entre la face supérieure de A et le porte-clavette s est interposée la rondelle Belle-ville m. Tous les organes travaillent dans la graisse consistante.
- L’appareil étant fixé au châssis et le bras étant relié à l’essieu ou réciproquement, le fonctionnement est le suivant : lors de la compression du (ressort, les rampes
- p.2x2 - vue 430/688
-
-
-
- SCIENCE, APPLIQUEE
- à pas rapide du boîtier A, cncasti'ées dans celle du cône B, l’entraînent dans leur mouvement de rotation qui est celui du boîtier A. La pression des cônes n’a pas varié, le freinage est nul. Lors de la décompression qui se traduit par un mouvement de rotation inverse du boîtier A, les rampes de celui-ci progressent sur celles de B sans les entraîner par suite de Vadhérence initiale des canes, supérieure à celles des rampes-, cette progression des rampes de A a pour effet de comprimer la rondelle Belleville M entre A et le porte-clavette s. Celte pression élastique se transmet aux parties coniques dont l adhérence croît très rapidement, et d’autant plus que la progression des rampes A par rapport aux rampes B est considérable. Il suffira évidemment de limiter plus ou moins cette progression pour obtenir l’adhérence cherchée.
- On obtiendra ce résultat en agissant sur la vis V, solidaire du boîtier A ; en la vissant plus ou moins on provoque plus ou moins tôt la rencontre de son extrémité avec la butée b solidaire du cône B. Cette rencontre provoque l’entraînement du cône B par le boîtier A, en même temps qu elle arrête la progression relative des rampes.
- La simple manœuvre de la vis V permet donc d’obtenir toute la gamme des freinages.
- L’appareil est simple et robuste et ne nécessite aucun entretien autre que le graissage. Il est indéréglable par suite du rattrapage automatique du jeu.
- Constructeurs : Société Kirby Smith, -]3, rue Laugier, Taris.
- La ventilation des automobiles fermées. —
- Qu’est-ce qu’une voilure fermée ? C’est une voiture à l’abri de tous les troubles atmosphériques, dans laquelle on doit pouvoir séjourner aussi longtemps que Ton veut, c’est-à-dire parcourir le nombre de kilomètres que Ion désire, sans avoir à subir ni bourdonnements, ni malaises, ni mal de mer.
- Or. quelles sont les causes déterminantes de ces troubles physiologiques ? Ce sont, d’une part, les émanations toxiques émises par les passagers eux-mêmes et, d’autre part, les émanations également toxiques émises parle mécanisme de la voiture.
- On peut à la rigueur concevoir une voiture tellement bien hermétique que ses passagers puissent être à l’abri de ces dernières émanations, mais celte perfection a une contre-partie immédiate, aussi désastreuse, sinon plus que la première : comment, va se faire l’expulsion de l’air usé; comment va se faire son remplacement par de l’air pur?
- A la rigueur, par le beau temps, on pourrait admettre qu’une ouverture pratiquée en un point judicieusement choisi puisse assurer ces échanges. Mais cela devient
- et contre-pressions. Au contraire, 1 aération par pression évite radicalement l’écueil de ces troubles, remous, et contre-pressions, puisque, obligatoirement, elle suppose le local pratiquement clos; or, pour faire pénétrer l’air extérieur dans un tel local, il faut vaincre la pression intérieure de ce local, et pour cela agir par pression.
- La solution d’un tel problème était déjà complexe, or s’il faut introduire de l’air dans l’intérieur de la voiture,
- Fig. 5. — Automobile munie du « Souffleur Clinnard ».
- il faut que cet air soit pur et absolument exempt de poussières ou de pluie. Et c’est là que le problème devient terriblement difficile, c’est ce qui explique que pendant si longtemps il ait été considéré comme inso-luble. _
- L’aération rationnelle et abondante des véhicules par pression a été très élégamment résolue par les Etablissements A. Chanard, avec le « Souffleur Cbanard » qui permet d’insuffler abondamment, et sans courants d’air, à l’intérieur des voitures, de l’air pur pris au-dessus de la toiture de la voiture et cela en éliminant automatiquement poussières et pluie.
- Un autre avantage de ce système est de s’opposer d’une façon radicale à 1 entrée des gaz du moteur, et notamment de l’oxyde de carbone dans 1 intérieur des voitures fermées.
- Cet appareil est tellement efficace que les Compagnies de chemins de fer l’ont adopté, notamment pour l’aération rationnelle de leur W. C. qui sont devenus, de ce fait, absolument inodores.
- Le fonctionnement du « souffleur Chanard » est excessivement simple : 2 troncs de cônes sont assembles par leur grande base, ne laissant entre eux qu une étroite
- échancrure, laquelle débouche dans une sphère munie d’une
- tubulure qui pénètre le plafond de la voiture. Lorsque le vent s’engouffre dans ce système d’ajutages, il y perd sa vitesse, ce qui a pour conséquence d’augmenter la pression à l’intérieur du système, laquelle pression se transmet directement à l’atmosphère de l’intérieur de la
- voiture. «.
- Des essais méticuleux ont été officiellement faits et ont donné les chiffres suivants :
- Vitesse de l’auto Débit
- <n kilomètres-heure en nD heure.
- 3o 40 5 o 60 80
- 34.5 4;,5
- 60.5
- 73.5 95.
- Fig. 4. — Le « Souffleur Chanard ».
- impossible par la pluie ou la poussière. Et c’est précisément en ces circonstances que le besoin d’air pur et frais se fait le plus impérieusement sentir.
- Sauf l’intervention d’un dispositif approprié, l’aération d’une voiture fermée est donc impossible.
- L’aération d’un local peut se faire de deux façons :
- i° Par dépression.
- 2® Par pression.
- Jusqu’à ces derniers mois, seuls, les essais par dépression ont été tentés sans succès. Et force a bien été de reconnaître que ce système d’aération n’est pas applicable à un véhicule soumis à de violents remous
- C’est-à-dire que l'atmosphère intérieure du véhicule est abondamment renouvelée.
- Mais, direz-vous, un tel flot d’air doit être désagréable ! Ces chiffres ne sont considérables qu’en apparence, car leur écoulement n’entraîne aucune sensation de vitesse et par conséquent de gêne, puisque, précisément, ils sont déversés dans un milieu en légère pression sur l’atmosphère extérieure.
- Désormais, votre conduite intérieure, limousine, coupé ou landaulet, seront à l’abri absolu de la poussière ou des maculatures de la pluie et votre délicate toilette n’aura pas à en souffrir.
- Les constructeurs du « Souffleur Chanard » sont les établissements A. Chanard, 256, avenue de Paris, à Rueil (magasins de vente 65, rue de Rome, Pàris).
- p.2x3 - vue 431/688
-
-
-
- *D
- VARIETES
- QSK.,
- LA GOMME LAQUE ET SES SUBSTITUTS EN ÉLECTROTECHNIQUE
- La gomme laque était, il y a quelques aimées, une des matières isolantes les plus employées dans la construction électrique. L’Inde, principal pays producteur, en exportait en 1913-1914 plus de 17 000 tonnes par an.
- Produit de la sécrétion d’un inspcte des Indes, le « Goccus laque », la gomme laque est constituée par une combinaison d acides gras et de résine. Ses caractéristiques sont les suivantes :
- Point de fusion ........................1200
- Chauffée elle se ramollit à.............. 65°
- Chiffre d’acides ........................ 57 à 63
- Indice de saponification.................224 à 227
- Humidité normale......................... 3 à 4 %
- Perméabilité sensible à l’eau et aux gaz . —
- La gomme laque dissoute dans l’alcool donne des vernis couramment employés par les électriciens. Les pellicules obtenues par 1 application de ces vernis ap ès séchage présentent une rigidité diélectrique de 55oo volts pour une épaisseur de nj io° de millimètre, mais ces enduits présentent le très gros inconvénient d’absorber l’humidité de l’air, humidité qui, sous l’influence du temps, décompose et désagrège les enduits avec mise en liberté de substances acides; aussi, au bout de peu de temps, les propriétés isolantes de ces enduits diminuent-elles considérablement.
- De cette altérabilité et du manque de résistance à la chaleur de,la gomme laque résultent de nombreux accidents constatés tôt ou tard dans les machines ou appareils électriques isolés par ce moyen.
- Néanmoins, sa facilité d’emploi et sa diffusion ancienne dans l’industrie électrique lui conservent encore des partisans.
- Depuis quelques années, les pays consommateurs d’isolânts se sont mis à fabriquer diverses résines synthétiques dont les éléments constituants sont des produits de distillation de la houille.
- Le groupe le plus important de ces résines est constitué par les combinaisons des divers phénols et dérivés (acide phénolsulfunique, ortho, méta, para- crésols al| ha et beta naphtol, pyrocatéchine, résorcine, hydroquinone, pyrogallol, etc.), avec une substance à fonction aidehy-dique telle que le formol et ses dérivés (trioxyméthylène, hexaméthylène-tétramine), l’aldéhyde éthylique, laldé-liyde crotonique, l’aldéhyde benzoïque, le furfurol, etc.
- On chauffe l’aldéhyde avec le dérivé phéuolé en présence ou non d’un catalyseur acide ou basique.
- On obtient ainsi des produits de condensation que l’on déshydrate et qui se présentent sous la forme de gommes visqueuses ou de solides fusibles, solubles à cet état dans les solvants organiques.
- Les enduits donnés par l’application de ces solutions se transforment généralement par chauffage en pell cules infusibles et insolubles, mais certains d entre eux subissent sans chauffage cette transformation à la température ordinaire.
- Dans chaque cas, si l’on modifie les conditions physiques des réactions telles que la durée, la température, etc., et, en outre, la proportion des éléments constituants (aldéhyde ou phénol), si, d’autre part, on fait varier la nature et la proportion du catalyseur dont l’intervention influe rigoureusement sur la qualité des produits obtenus, on voit que l’on peut obtenir une très grande diversité de gommes synthétiques.
- Ces gommes peuvent toutefois se présenter sous des aspects extérieurs identiques ou très voisins, et avoir des propriétés physiques : couleur, *odeur, consistance, etc., analogues, mais elles présentent au point de vue chimique des différences essentielles qui influent impérieusement sur leurs propriétés diélectriques et mécaniques, et qui expliquent leur très inégale valeur.
- L’expérience industrielle, toutefois, a montré que, parmi ces produits de synthèse, il en est qui, tout en étant d’un prix moins élevé que la gomme laque naturelle, ont des propriétés s’adaptant beaucoup mieux aux besoins de l’éiectrotechnique.
- Si, en effet, les premières résines synthétiques fournies au début sur le marché sont apparues d’abord d’un
- intérêt moindre que la gomme laque par suite de leur manque de souplesse, et d’une application plus difficile en raison de la nécessité de les chauffer, à ce jour les fabricants français produisent des vernis à base de gommes synthétiques (type Isolemail) qui s’appliquent à froid d’une façon tout a fait identique aux vernis à la gomme laque dont ils possèdent l’élasticité.
- Sans entrer dans les détails des propriétés isolantes des résines synthétiques qui varient d’ailleurs avec chaque type, nous donnons ci-dessous quelques caractéristiques de l’une d’elles.
- Avant transformation :
- Point de fusion.......................5o°
- Rigoureusement neutre.................
- Humidité normale, . ..................0,1 à o,3 °/0
- Perméabilité à l’eau et aux gaz....... Nulle.
- Après transformation rapide par chauffage à 400 ou plus lente à la température ordinaire :
- Infusible.
- Résistance à la chaleur jusqu’à 3oo°.
- Humidité et imperméabilité, les mêmes qu’avant transformation.
- Cette imperméabilité à l’eau qui est une propriété essentielle au point de vue de la conservation du pouroir isolant a pu être mesurée d’une manière précise par la méthode de la bille de hêtre.
- Cette méthode consiste à enduire une bille de hêtre de plusieurs couches superposées de vernis à la gomme laque, puis une autre bille de hêtre de plusieurs couches de vernis à base de gommes synthétiques dans les mêmes conditions que dans le premier cas.
- On obtient ainsi des revêtements sans fissure ni solution de continuité ; on laisse sécher, on pèse la bille, on l’immerge dans l'eau pendant 48 heures; on la retire, on l’essuie, et on la repèse; l’augmentation de poids permet de mesurer le degré d’imperméabilité des- deux revêtements. Les résultats ci-dessous ont éié obtenus :
- Nature Augmentation pour 100
- de du poids de v
- l’enduit. . la bille.
- Vernis à la gomme laque . . 2.72
- Vernis synthétique........... 0,21
- Ainsi, certaines gommes synthétiques sont dune imperméabilité à l’eau pratiquement totale, comparativement à celle de la gomme laque. Ces gommes possèdent des avantages considérables dont les principaux sont les suivants :
- Absolument neutres, elles ont au plus haut degré des propriétés hydrofuges et d’une façon durable et permanente.
- L’eau, agent destructeur de la plupart des isolants, n’a aucune prise sur ces^ matières ; aussi au bout de plusieurs années on constate que les bobinages isolés avec ces°gommes synthétiques ont gardé toutes leurs propriétés isolantes du début.
- D’autre part, ces enduits peuvent subir un échauffe-ment jusqu’à une température de 3oo° sans sp ramollir ni subir de détériorations, tandis que toute autre matière placée dans les mêmes conditions aurait été fondue, et aurait perdu ses qualités isolantes et protectrices. La rigidité électrostatique d’un enduit est de l’ordre de grandeur de 38 à 40000 volts par millimètre d’épaisseur.
- Les résultats obtenus depuis quelques années dans les diverses branches de l’industrie électrique par l’application de ces gommes synthétiques ont démontré les énormes progrès que la pratique si importante de l’isolation électrique peut réaliser.
- De même que les colorants de synthèse se sont substitués peu à peu aux colorants naturels dans l’industrie de la teinture qui a réalisé de ce fait un progrès considérable, les résines synthétiques isolantes se substituent actuellement de plus en plus dans l’industrie électrique aux résines naturelles. A. B.
- p.2x4 - vue 432/688
-
-
-
- JS2C'
- IgD
- HYGIENE ET SANTE
- OÊL,
- o^r
- LES INCONVÉNIENTS DES COSMÉTIQUES
- On ne compte plus les accidents légers ou graves qui ont été provoqués par l’usage de cosmétiques maladroitement employés. Les dermites, les eczémas consécutifs surtout à l’usage de teintures ou d épilatoires sont d’observations quotidiennes. Cependant on n’avait pas encore, semble-t-il, décrit des cas d’intoxication aussi prolongée que celui qui fait l’objet d’un travail de Alexander et Mendel (Deutsche Medizinische Wochenschrift, 3 août 19^3). Ces auteurs ont eu l’occasion d’observer une malade qui présentait des taches de rousseur et qui cherchait à les effacer avec une pom made contenant io pour ioo de précipité blanc (oxyde de mercure). Les formules de ce genre sont d’un usage extrêmement fréquent, car elles donnent de très bons résultats. Mais la malade en question exagérait. Elle se frottait consciencieusement les mains et le visage avec cette préparation matin et soir. Elle usait ainsi par jour
- en moyenne de 17 centig. de précipité blanc dont une certaine partie était résorbée. Or, à la dose de 1 ou 2 centig. par jour et pris à l’intérieur, ce médicament est déjà de nature à produire des effets assez marqués. Aussi notre imprudente ne tarda-t-elle pas à faire de l’intoxication mercurielle qui fut naturellement méconnue des médecins. Comment, en effet, avoir l’idée d’aller chercher à une maladie une cause aussi singulière ?
- On la soigna donc pendant des années pour toute autre chose (entérite, névrose vasculaire, etc.), jusqu’à ce que, enfin, on découvrit sinon le pot aux roses du moins le pot à précipité blanc. Fort heureusement aucune lésion grave n’était résultée de l’emploi de ce médicament, de sorte que la malade guérit assez vite et complètement, après avoir souffert pendant des années,
- Dr P.-E. M.
- 'ED
- BOITE AUX LETTRES
- asc
- ott
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nattir© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présen tant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches leplus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. P. B., à. Frescaty, Metz (Moselle). — i°Nous n’avons pas l’adresse que vous demandez. Vous pourriez probablement l’obtenir en écrivant à M. André Bodin, directeur du journal Bois et Résineux, à Bordeaux, 26, cours du Chapeau-Rouge.
- 20 Nous avons donné, dans La Nature, différents procédés récents de dessiccation et de vieillissement des bois (Voy. Recettes et Procédés utiles et Informations, en consultant les Tables des Matières).
- 3° Pour la dessiccation par Vélectricité, on empile les pièces de bois par couches successives, en les séparant au moyen d’un tissu métallique placé entre deux toiles grossières, imprégnées d’eau afin de faciliter le passage du courant. La hauteur totale des piles de bois peut varier de 1 m. à 1 m. 5o. Les tissus métalliques sont reliés alternativement à deux fils métalliques qui forment les deux électrodes par lesquels arrive le courant électrique. Toutes les couches de bois sont ainsi traversées par le courant. Suivant l’essence de bois, l’épaisseur des couches et le degré d’humidité, la force électro-motrice nécessaire pour faire circuler un courant de 5 à 6 ampères varie de 3o à 100 volts.
- Le traitement dure un à deux jours, suivant les qualités du bois. Il faut veiller à ce qu’il ne soit pas trop rapide, afin d’éviter que le bois ne se fende. Quand l’opération est terminée, on empile les bois au grand air pour en compléter la dessiccation.
- 4° En ce qui concerne les publications s’occupant des bois coloniaux, voyez Librairie Coloniale, Challamel, éditeur, Paris, 17, rue Jacob, 6e). Les journaux : Le Bois (Paris, faubourg Saint-Honoré), Bois et Résineux, indiqué ci-dessus, publient de temps à autre des études techniques, commerciales et économiques sur les bois coloniaux.
- M. J. G., à Bastia (Corseb — Pour documentation sur le tabac au point de vue agricole, voici les ouvrages qui traitent la question de culture et le traitement de la récolte par le producteur en vue de livraison aux manufactures de l’Etat : Culture du tabac, par de Baeker, 1 brochure; Le tabac. Culture et industrie, par Emile Bouant, 1 volume; Le tabac. Culture et fabrication, par Raymond Brunet, 1 volume; Le tabac. Etude botanique, culture, produits, dessiccation, conservation, commerce, par V.-P.-G. Demoor, 1 volume; Les plantes industrielles, par L. Brétignière, i vol.; Plantes industrielles, par Henri Hitier, 1 vol.; Le tabac, par de Coufevron, 1 brochure; Le tabac, par N. Duchesne (Guide du planteur et du consommateur), 1 vol.; Le ta-
- bac, par Hopffeld, 1 brochure; Cultures coloniales, Plantes industrielles, par Henri Jumelle, 1 volume; Le tabac, sa culture, préparation, production et consommation dans les divers pays, par L. Laurent, 1 volume; Les secrets de la culture du tabac (Traité pratique et réglementé, à l’usage des planteurs), par Lucien Fournier, 1 volume ; Le tabac de Cuba et les cigares de la Havane, par Paul Serre, 1 volume (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e). Articles sur le tabac, voir : La Nature, n° du i5 avril 19*2; Comment assurer la qualité de combustibilité des tabacs, par Henri Blin. Dans la revue L’Agriculture pratique des pays chauds (Challamel, éditeur, Paris, 17, rue Jacob, 6e), voir : Enquête relative à la production du tabac dans les colonies françaises (Garsault), n° 14; Le tabac en Séné-gambie-Niger (Yves Henry), n° 21 ; Le tabac dans l’Ivoi-lana (Fauchère), n° a3 ; Le tabac au Paraguay ( Ammann), n° 81 ; Fermentation des tabacs en feuilles (Filip), n° 96; Le tabac à Madagascar, n° 114 ; Essai de culture du tabac (Filip), n” ii5; Etat actuel de la culture du tabac à la Réunion (A. Hugot), n° 118.
- M. Claverie, à Vieillevigne. — i° Aucune préparation de. votre tonneau n’est nécessaire pour y emmagasiner une solution sulfurique à 1 pour 100, dans ces conditions l’acide n’attaque pas le bois. 2° Le silicate de potasse s’emploie tel qu on le trouve dans le commerce, c’est-à-dire à 3î0 Baumé.
- Cercle colonial, à Saïgon. — i" Le seul moyen d'empêcher les cigares de se piquer est de les tenir en un lieu très sec pour éviter le développement des moisissures. 2° La bouteille isolante tout acier dont vous parlez est d’origine américaine, c’est l Universal de Landers-Frary and Clark, brevet Stanley, usine à New-Britain, Connecticut, il n’en est pas actuellement fabriqué en France de ce genre, mais on en trouve en vente couramment.
- M. Pierre, à Fontainebleau. — Le chrome n’est employé comme matière tannante que pour les cuirs proprement dits et non pour les pelleteries ; celles-ci doivent être mégissées, c’est-à-dire traitées à l’alun et au sel marin pour conserver aux peaux leur souplesse, vous pouvez opérer ainsi pour les dépouilles de petits animaux. Gratter le côté chair, la peau étant encore fraîche ou ramollie par macération, avec une lame mousse pour enlever les restes de chair, puis immerger dans un bain dont la température ne dépasse pas 26°,
- composé de :
- Alun ordinaire............2000 gr.
- Sel marin.......... . . 600 —
- Eau de pluie............. 20 litres.
- laisser dans le bain deux à trois jours pour les peaux de lapins ou de lièvres, six à huit jours pour les peaux de renards ou de chèvres, puis fixer les peaux, poils en dessus, sur une planche au moyen de clous dits semences, laisser sécher à l’ombre. Lorsque les peaux
- p.2x5 - vue 433/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- sont presque sèches, les étirer dans tous les sens, eu les passant sur l’extrémité arrondie d’une planche fixée verticalement (palissounage de mégisserie), les battre côté chair avec une baguette de rotin. Enfin, pour leur conserver leur souplesse, enduire l’envers d’un mélange composé de :
- Glycérine.................. ioo gr.
- Eau ordinaire.............. 200 —
- M. Bertrand-Oser, à Nancy. — i° L’enduit suivant vous donnera très probablement satisfaction pour renoircir le cuir qui recouvre votre bureau :
- Prendre Gomme laque blonde. . grammes.
- Ammoniaque liquide. . 25 —
- Eau ordinaire..........1S0 —
- Faire digérer 24 heures pour gonfler la gomme laque, puis porter doucement à 1 ébullition en remplaçant à mesure l'eau qui s’évapore, cela jusqu’à dissoluiiou complète. D’autre part, faire une dissolution composée de :
- Noir oxydiamiue Sooo .... 20 gr.
- Alcool dénaturé pour vernis. . 2S0 c. c.
- Mélanger les deux mixtures fioides, abandonner au repos et décanter le liquide qui doit être exempt d’im puretés en suspension. Appliquer avec un pinceau doux et bien laisser sécher. 20 Pour enlever à votre étui d’aluminium son aspect brillant, le mieux est de le patiner en opérant ainsi : Etendre au pinceau sur le métal une couche d’huile d'olives ou de préférence d’huile de lin, chauffer sur un bec Bunsen; l’huile cuit et contracte avec l’aluminium une très grande adhérence. La couche de cette sorte de vernis devient d’abord mordorée, puis passe au noir absolu tiès uniforme. Au cours du chauffage qui doit être assez élevé, on peut si le noircissement paraît insuffisant passer de nouvelles couches d’huile jusqu’à ce que l’on ait obtenu le résultat cherché.
- T. S. P. — M. Jaumoulle, à Watermael (Belgique).
- — Nous vous remercions de votre intéressante communication au sujet de la réception à grande distance avec détecteur à galène et en ferons part à nos lecteurs.
- M. Jarson, à Antibes (Alpes-Maritimes). — Nous ne croyons pas que le poste Radiola de Nice transmette encore actuellement. Pour recevoir les ondes courtes d'un tel poste à une vingtaine de kilomètres sur cadre de 1 m., il vous aurait fallu un amplificateur à quatre lampes : 1 lampe H. F. à self ou à transformateur, 1 dé tectrice et 2 lampes B. F., ou 2 lampes H. F. à selfs ou à transformateurs, 1 détectrice et 1 B. F Réception très forte en haut-parleur; pour la réception au casque seulement, 3 lampes seraient suffisantes, ou même 2 lampes, si les conditions sont favorables.
- M. Petit, à Conflans-Sainte-Honorine (Seine-et-Oise).
- — 1° Vous ne nous indiquez pas si le courant éleetrique de 110 volts dont vous disposez provient d’une batterie d’accumulateurs ou d’une dynamo.
- Si le courant provient d une batterie d’accumulateurs, il peut servir, après avoir été ramené au voltage convenable. à fournir le courant de chauffage de filaments d’audions et la tension de plaques. On peut employer un rhéostat formé de lampes à incandescence, montées en parallèle s’il y a lieu, mais le montage que vous nous indiquez est inexact ; les lampes à incandescence formant rhéostat doivent évidemment être intercalées en série dans le circuit d’utilisation.
- Si, au contraire, le courant provient d’une dynamo, ce montage simple n’est pas applicable et il faut employer un des procédés décrits pour l’alimentation des amplificateurs à l’aide du courant continu d’un secteur; montage avec batterie « en tampon » par exemple.
- 20 II est bon d’employer un rhéostat séparé pour le chauffage des lampes B. F. et un autre rhéostat pour le chauffage des lampes H. F. On peut aussi régler séparément le chauffage de la lampe détectrice. On peut utiliser avec profit un rhéostat séparé pour chaque lampe, comme le font généralement les Américains, mais cette précaution n’est nullement indispensable; avec des montages à résistances ou à selfs pour les étages H. F., elle est même complètement inutile.
- 3° En observant les remarques indiquées plus haut à propos de l’emploi de votre courant de 110 volts, il est possible d'utiliser les mêmes rhéostats de chauffage qu’avec des accumulateurs ordinaires.
- M. Guy Montier, à Caen. — i° Le meilleur mode de protection des écouteurs téléphoniques consiste à em-
- ployer un transformateur de sortie rapport 1. Si le transformateur est bien construit, il ne doit y avoir aucune diminution d’intensité dans la réception.
- Vous pourrez trouver dans Le Poste de l’Amateur de T. S. F. ou la T. S. F. des Amateurs, de Duroquier, des renseignements sur les autres systèmes de protection des écouteurs et sur la manière de reconnaître la polarité des écouteurs.
- 20 Le courant alternatif redressé pâr une soupape électrolytique ne peut détériorer un accumulateur, même si le redressement est imparfait. La charge se fait simplement plus ou moins vite, ou plus ou moins complètement suivant le rendement de la soupape.
- 3° Nous ne comprenons pas bien votre cjuestion; on a l’habitude d'abaisser la tension au moyen d’un transformateur avant de redress r le courant alternatif au moyen d’une soupape éieclrolytique. L’établissement de ce transformateur dépend du voltage du secteur que vous n’indiquez pas, et aussi du montage de soupapes choisi.
- M. Radet, à Vertus (Marne). — i° L’emploi d’un rhéostat de chauffage pour lampes H. F. n’est pas indispensable, et il est même inutile avec des étages à liaisons par résistances, comme nous l’avons indiqué plus haut à M. Petit. Il est bien évident que ce même rhéostat devient, par contre, nécessaire si on utilise une batterie d’accumulateurs de 6 volts.
- 20 Les résistances selfiques servant à améliorer les conditions d’ « accrochage » dans un amplilicateur ne sont pas, à notre connaissance, en vente dans le commerce. L’introduction d’une inductance favorise le jeu de la rétroaction et l’amortissement produit par la résistance empêche « l’accrochage » d’être trop brutal.
- La construction d'une telle résistance est très facile à l’aide de fil de maillechort de 10/100 mm, isolé à la soie. Nous avons d’ailleurs déjà expliqué le montage et l’emploi de ces résistances. (Voir par exemple n° 2572 de La Nature).
- Un tel bobinage doit être réglé sur l’appareil et suivant les longueurs d’onde à recevoir. On peut avec profit utiliser un enroulement fractionné à l’aide d’une manette et de plots. Pour la réception des ondes courtes, on ne doit d’ailleurs plus utiliser cette inductance, mais seulement un enroulement en fil de cuivre.
- M. P. Déguilhem, à Monbahus (Lot-et-Garonne). — Les résultats obtenus avec un poste à galène proviennent avant tout de la qualité de l’antenne et de la prise de terre et du choix heureux du détecteur et de son cristal
- On peut, avec succès, employer un cristal à surface sensibilisée. Le détecteur le plus simple est encore le meilleur; par exemple avec levier à rotule. (Voir « Chronique de T. S. F., n° 2579.)
- Puisque vous désirez spécialement recevoir les émissions sur ondes courtes, votre antenne ne doit pas être d’une grande longueur; le chiffre d’une quarantaine de mètres, par exemple, peut servir de base d’installation.
- Il y a intérêt à utiliser pour l’accord des inductances en fond de panier ou en nids d’abeilles au lieu d’inductances cylindriques à curseurs.
- M. Gérard Rertin, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). — i° Les bulletins météorologiques de la Tour Eiffel émis en télégraphie sont maintenant envoyés en ondes entretenues sur 7300 m. de longueur d’onde et non plus en ondes amorties.
- 20 Pour monter plusieurs galettes en fond de panier constituant une inductance d’accord, on doit les placer avec un intervalle d’air entre chacune, de façon à éviter une trop grande self-capacité. De plus, la fin d’un enroulement (extérieur de la galette) doit être connectée au commencement de l’autre (intérieur de la galette).
- Si vous avez observé ces précautions, le phénomène relaté peut provenir soit de l’emploi de fil trop fin ou mal isolé, soit du trop grand rapprochement de cette inductance et de l’amplificateur, ce qui peut produire des couplages inductifs. (Nous pensons, bien entendu, que vous utilisez un condensateur variable à air en dérivation).
- M. Latour du Roch, au château du Roch (Dordogne). — Il est très facile d’ajouter une lampe ou deux lampes amplificatrices B. F. à transformateurs à une lampe détectrice à réaction Armstrong. Vous pouvez trouver des schémas de montage dans Le Poste de l Amateur de T. S. F. ou la T. S. F. des Amateurs, nouvelle édition. L’intensité de l’audition est accrue ainsi dans de grandes proportions.
- jsa1 7 ’SiV
- p.2x6 - vue 434/688
-
-
-
- Jteo
- 1so
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Comptes rendus du Congrès du chauffage industriel Tome II. i vol. 340 p., nombreuses figures. Editeur : Chaleur et Industrie, 5, rue Michel-Ange, Paris. Prix : 25 francs.
- Ce volume contient, comme le premier, un grand nombre de très intéressantes communications; elles portent sur la constitution du charbon, la fabrication des agglomérés, l’emploi du charbon pulvérisé, la carbonisation à basse température, les produits réfractaires, la chauffe au mazout dans la marine; les accumulateurs de vapeur.
- Agenda Dunod. Automobile. 1 vol. illustré, 55o-lxiv pages. Dunod, éditeur, Paris, 1923. Prix : 6 francs.
- Cet utile aide-mémoire contient, outre de nombreuses formules mathématiques et mécaniques usuelles et outre de nombreux tableaux de constantes, des notions de mécanique et de résistance des matériaux, des données sur les principaux matériaux utilisés dans l’automobile, des études sur les engrenages, les paliers, le moteur, la transmission, les freins, les essais et une note développée de M. Cour-tot sur la législation du travail.
- Distillerie agricole et industrielle, Eaux-de-vie de fruits. Rhums, par Eugène Boullanger, 3e édition revue et augmentée, t._ 1, 1 vol. in-16, 460 p., 5i fig. Encyclopédie agricole, Baillière et fils, Paris. Prix : 10 francs.
- Tandis que dans les deux premières éditions, l’industrie de la distillerie était décrite en un seul volume, deux lui ont été consacrés dans la présente édition.
- Le premier qui vient de paraître est divisé en cinq parties : un chapitre est consacré à la production et au commerce des alcools : on y a joint la description des nouvelles méthodes de fabrication de l’alcool aux dépens du bois et des lessives sulfitiques et l’étude des débouchés de l’alcool, notamment en ce qui concerne son emploi pour la production de la force motrice. La deuxième partie est consacrée à l’examen des propriétés et des usages de l’alcool et à l’alcoométrie. Dans la troisième, M. Boullanger étudie les diverses matières premières de la distillerie : betteraves, mélasses, matières amylacées, fruits, etc., au point de vue de leurs caractères, de leur composition chimique et de leur analyse. La quatrième partie comprend la préparation des moûts de betteraves, de mélasses, de topinambours, de fruits, de matières amylacées, la description du matériel employé pour cette préparation, l'étude et la comparaison des divers modes de travail, les méthodes d’analyse des moûts et des pulpes. La cinquième partie est consacrée à la fermentation de ces divers moûts et à la description de certains procédés spéciaux, tels que le procédé Amylo et les méthodes de fabrication de la levure pressée.
- C’est le guide technique le plus sûr pour les distillateurs.
- La T. S. F. expliquée, par H.-C. Yallier. i vol. 110 p., 53 fig. Chiron, éditeur. Paris, 1923. Prix : 3 francs.
- L’auteur, par des comparaisons simples, fait comprendre les principaux phénomènes électriques qui interviennent dans la télégraphie sans fil et il explique le rôle des principaux organes des postes.
- Les trucs de Vélectricien, par H. de Gr feigny, i vol. 192 p., 120 fig. Albin Michel, éditeur, Paris, 1923, Prix : 4 francs.
- Recueil des procédés pratiques, relatifs au montage, l’installation, l’entretien et la réparation des appareils électriques de tous genres.
- L’électricité au foyer, par R>-né Brocard, i vol. in-8, 180 p., 94 fig. « Science et Yie », Paris. Prix : 6 francs.
- Revue des applications domestiques de l’électricité : éclairage, chauffage, appareils de cuisine, lavage, ventilation, etc., toutes traitées du point de vue pratique.
- La prise du cliché etle choix de la composition, par Ch. Duvivier. i broch. in-8, 3o p., 40 fig. J. de Francion et Devaivre, Bruxelles.
- Pour reconnaître les fleurs, par l’abbé Th. Moreux, 2 vol. in-î2 : I. Flore simplifiée, 1 vol. 212 p., figures. IL Atlas de la Flore simplifiée, i5o planches. Gaston Doin, Paris. Prix : 8 francs chacun.
- Après avoir donné les notions indispensables à celui qui veut reconnaître les fleurs les plus communes, l’auteur indique les signes caractéristiques de chaque famille, puis par des tableaux les genres où il faut chercher la plante qu’on veut reconnaître. L’absence de tout terme technique dans la description des fleurs rend la tâche aisée.
- L’Atlas donne la figure de la plupart des plantes qui sont décrites dans le premier volume. Des tables, placées à la fin de chaque volume, permettent de retrouver instantanément les plantes cherchées.
- Entretiens dermatologiques, par le Dr R. Sabouraud, 2e vol., 1 vol. in-8, 272 p., fig., 16 pl. Masson et Cio, Paris. Prix : 20 francs.
- Nos lecteurs connaissent le premier volume par les conseils pour les soins de la chevelure qui en ont été extraits pour La Nature. Celui-ci est tout aussi intéressant. Œuvre du maître de 1 hôpital Saint-Louis, écrit avec clarté et non sans humour, il contient la substance de son enseignement et présente une série d’études sur les maladies de peau et celles du cuir chevelu : calvitie, pelade, psoriasis, etc., basées sur de très nombreuses observations personnelles.
- Petit dictionnaire de médecine. Termes médicaux. Expressions techniques, par le Dr E. Dabout, i vol. in-i6, 662 p. Baillière et fils, Paris. Prix : 20 francs ; relié 26 francs.
- L’auteur a défini la plupart des néologismes créés par la neurologie, la médecine mentale. Il s’est attaché à faire connaître les mots nouveaux employés en radiologie, bactériologie, physiologie et il a longuement décrit les syndromes, les signes, les réactions que le clinicien doit parfaitement connaître et qui résument souvent d’un mot toute une maladie.
- Bords du Rhin, Forêt-Noire et pays rhénans, collection des Guides illustrés, Paris, Hachette, 1923, in-18 cartonné, XLIII-348 p., 24 cartes, 17 plans, 56 gravures.
- Ce nouveau guide, refondu et mis à jour avec beaucoup de soin, est augmeuté de deux chapitres relatifs à la Sarre et à la Ruhr et d’un aperçu sur l’art en Rhénanie, de M. Marcel Aubert, conservateur au Musée du Louvre. Il englobe le pays de Bade, la rive suisse du Rhin de Constance à Bâle, et toute la Rhénanie, y compris Francfort et la Ruhr.
- Initiation comptable, par Albert Veyrencq et R. Séguin. 1 vol., i36 p. Durassié, éditeur. Paris, 1923. Prix broché : i5 francs.
- En 20 leçons, claires, pratiques, accessibles à tous, ce livre initie complètement son lecteur au mécanisme de la comptabilité d’une maison de commerce. Toutes les explications sont données sur des exemples concrets, avec l’indication complète des opérations à effectuer dans la pratique. Guide précieux pour tous ceux, et ils sont légion dans toutes les professions, qui ont besoin soit d’établir, soit de surveiller une comptabilité.
- 8 iÿr
- p.2x7 - vue 435/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2597
- 12 Janvier 1924
- INFORMATIONS
- >—
- La perte du « Dixtnude ». — C’est bien, comme tout le laissait pressentir, par une terrible catastrophe que s’est terminée la tragique croisière du Dixmude. Le 27 décembre, des pêcheurs siciliens ont découvert le cadavre du lieutenant de vaisseau du Plessis de Gre-nédan, commandant le dirigeable. Jusqu’ici aucun autre cadavre, aucun autre vestige, n’a pu être découvert. 11 est désormais certain que le Dixmude a péri corps et biens ; on suppose que le dirigeable a été détruit par un coup de foudre. Quelles que soient les circonstances qui ont marqué la fin dramatique du croiseur aérien, on imagine aisément à quelles épreuves a dû être soumis son héroïque équipage; la France tout entière pleure ces cinquante braves, tombés au champ d’honneur et prend part à l’angoisse de leurs familles. C’est pour la marine française une perte cruelle ; car les officiers et 1 équipage du Dixmude constituaient une véritable élite de navigateurs aériens qui avaient rendu et devaient rendre encore de précieux services à leur pays.
- 25e anniversaire de la découverte du radium. —
- On se rappelle que c’est le 26 décembre 1898 que M. et Mme Curie signalèrent à l’Académie des sciences l’existence du radium qu’ils venaient d’isoler des boues radioactives de Joachimsthal, en Bohême. Cette découverte, venant après les études sur la radioactivité de Becquerel, devait bouleverser nos conceptions de la matière et donner à la médecine un agent énergique de traitement du cancer.
- Pour fêter le 35° anniversaire de cette découverte sensationnelle, une grande cérémonie universitaire a eu lieu à la Sorbonne où M. le Président de la République a prononcé l’allocution suivante :
- « Peu de mois après la communication fameuse du 26 décembre 1898 à l’Académie des sciences, le ministre du Commerce, dans les attributions duquel rentrait alors l’enseignement technique, se rendait à l’école de physique et de chimie.
- « Jamais ne me sortira de la mémoire le souvenir de ma visite aux locaux misérables qu’illuminait le génie de Pierre Curie. A ses( côtés se tenait l’admirable compagne qui fut l’associée intime de sa pensée, de ses travaux et de ses découvertes.
- « Pierre Curie a disparu, prématurément, enlevé à la science et à l’humanité par un accident imbécile.
- « Mme Curie lui a survécu pour continuer et développer son œuvre. La France lui apporte aujourd’hui par ma voix l’expression de son admiration et de sa reconnaissance.
- « Le nom de Curie est désormais inséparable des résultats bienfaisants obtenus par l’application du radium à la thérapeutique. Il sera à jamais associé aux révélations que l'étude de la substance nouvelle permet déjà d’entrevoir sur la constitution ultime de la matière et de l’atome.
- « Interprètes fidèles du sentiment français, le Gouvernement de la République et le Parlement ont tenu à le concréter sous la forme de la récompense nationale qu’ils ont décidé d’offrir à Mme Curie.
- « Qu’elle la reçoive, avec l’hommage solennel que nous lui apportons aujourd’hui, comme le faible et sincère témoignage des sentiments universels d’enthousiasme, de respect et de gratitude qui lui font cortège. »
- Le Parlement a en effet voté, à titre de récompense nationale, une pension annuelle de 40 000 francs à Mme Curie, renouvelant un geste qu’il avait fait la dernière fois, en i883, pour Pasteur.
- Installation de laboratoires photographiques sur les dirigeables. — Le nouveau grand dirigeable américain ZR-1, à peu près terminé au centre d’aviation navale de Lakehurst (New-Jersey, Etats-Unis), vient d être muni d’un laboratoire photographique installé dans le couloir de quille qui court de bout en bout du dirigeable et où se trouvent répartis les approvisionnements, les logements de l’équipage, etc....
- Cette intéressante innovation va permettre de développer et de tirer les photos prises en cours de vol ainsi que
- les films et tout cela sera prêt à être [distribué, utilisé lorsque le ZR-1 atterrira. Dans le cas d’un vol prolongé de plusieurs jours, les photos peuvent être envoyées à terre, au moyen de parachutes, en passaut au-dessus des villes ou de points convenus à l’avance. C’est une véritable révolution dans l’art d’accélérer la publication des documents pris pendant les raids aériens et qui permettra au public de se rendre compte des vues prises du dirigeable quelques heures seulement après qu’elles ont été observées par les passagers de celui-ci.
- Les spectateurs d’un cinéma auront ainsi l’illusion presque immédiate qu’ils font un voyage en dirigeable dans les circonstances atmosphériques où ils sont en train de vivre.
- Il est à peine besoin d’indiquer les avantages militaires qui résulteront de cette installation en temps de guerre, par exemple pour l’éclairage d’une flotte à la mer. Un dirigeable passant au-dessus des formations ennemies à la mer, ou de fortifications, peut les photographier ou les filmer, au repos ou en mouvement et communiquer ces renseignements complets ^t prêts à être utilisés, quelques instants après, dès qu’il aura atteint une station à terre ou qu’un navire ami passera à portée. Le commandant du dirigeable lui-même pourra étudier, en plein vol, les détails des terrains survolés et transmettre des messages plus précis, par radio, à sa base, à terre ou en mer.
- L’hélium et les dirigeables. — Les Etats-Unis continuent activement leurs efforts pour adapter l’hélium au gonflement des dirigeables.
- Le Bureau of Mines vient, dit VAéronautique, d’établir pour le Service aéronautique de l’Armée un appareil sur wagons pour purifier et comprimer l’hélium. Ce poste comprend 2 wagons de 70 tonnes contenant l’un les moteurs électriques, l’autre les machines de réfrigération et de compression. Le générateur électrique est actionné par un moteur à essence de 120 ch. et éventuellement par un branchement à établir sur une ligne locale à courant alternatif.
- La purification se fait par passage du gaz sur du charbon à très basse température, qui acquiert alors une grande capacité d'absorption. L’hélium est ainsi débarrassé de l’azote, de l’oxygène et des autres gaz, sans être modifié lui-même. Après passage sur le charbon à — i5o°, l’hélium présente une pureté de 97 pour 100 au moins II est ensuite comprimé à forte pression et conservé dans des bouteilles d’acier.
- Dès maintenant, on estime aux Etats-Unis que les dirigeables à hélium seront moins coûteux comme entretien que ceux à hydrogène, les pertes étant beaucoup plus faibles avec 1 hélium.
- La production annuelle d’hélium dépasse actuellement '>5oooo m3 et les Etats-Unis peuvent déjà disposer de 5ooooo m3. La question de l’hélium, si sérieuse, est, comme on le voit, beaucoup plus développée et mise au point en Amérique qu’on ne le croit généralement.
- La production cotonnière de l’Inde. —- L industrie textile, dans l’Inde, a subi les effets, tantôt immédiats, tantôt indirects de la guerre, principalement par rapport à la production cotonnière américaine, le prix et la position du coton dans le monde étant fonction de la récolte américaine et des prix pratiqués en Amérique.
- D’après Itidian and Eastern Engineev, tandis que, dans l’Inde, la récolte a été assez satisfaisante en quantité, la récolte américaine est tombée brusquement au-dessous du niveau d’avant-guerre.
- Dans l'Inde, les -o millions d’acres (8200000 hectares), plantés en cotonniers, produisant environ 4 5ooooo balles de coton (soit 814 5oo tonnes), pourraient produire au moins 10 millions de balles (soit 1 810000 tonnes) par an.
- Pour obtenir cet accroissement de production, on y emploiera des graines et des méthodes américaines. Le sol qui, presque partout, est cultivé depuis des milliers d’années, sera amélioré, fertilisé par l’emploi des nitrates, du guano, des phosphates et par un système
- 3
- p.2x8 - vue 436/688
-
-
-
- LEÇONS CHEZ SOI
- PAR CORRESPONDANCE - SANS DÉPLACEMENT
- Vous pouvez profiter des leçons pratiques de l’EGOLE PIGIER: Commerce — Calcul rapide ~ Finance — 'Ecriture expédiée Calligraphie — Langues — Tenue des Livres — Sténo-Dactylo Correspondance commerciale — Droit — Dessin industriel Représentation — Publicité ~ Coupe — Couture, etc.
- DIPLOMES — EMPLOIS
- L’Ecole Pigier prépare, en outre, par correspondance, à tous Ses examens (Brevets, Baccalauréats) et aux
- carrières administratives,
- ECOLES PIGIER» 53, rue de Rivoli, Paris
- 19, boulevard Poissonnière — 5, rue Saint-Denis (Châtelet) — 147, rue de Rennes LEÇONS LE JOUR, LE SGSR OU *AR CORRESPONDANCE
- 73 années de succès — 11 Grands Prix — 45 Médailles d’Or — 67 Ecoles en Province Envoi gratuit du Programma et de la brochure ** Situations fl
- TRAVAUX DE COMPTABILITÉ : Organisation — Mise à jour — Véritication, etc.
- CHÂSSIS de COÜCH
- Renforcés Fer T ef Cornière,! de lm xim 3 travées. Prix ; *3 80
- de l"* xi.33 3 — — 14 95]
- de 1.30*1.33 4 — - 18 40 J
- Paillassons sulfatés, Cordes goudronnées, j Le mètre carré : 5 fr
- ’HIOLON, 16, Rue du Louvre, PARIS
- —° u E N< s
- Keg. C. r 2*0.778. B. •x»x«x<»X<<«x»..»x»x,x,x*x*x«x.x»x»:;«.;*x*»:<<»M-:«w;«i«rv.»»>:,y:.x*x«:«:«x*x«:»x*x*>x»”.'...*
- MICROGRAPHIE BACTÉRIOLOGIEï
- T. S. F.
- Achat et Vente d’Appareils et Accessoires Neufs et d'Occasion
- G. BOULET, 101, rue de Rennes, PARIS (6°)
- Spécialité de Microscopes d’occasion.
- WSWMMMttBe:
- Reg, C. t Seine *10.087.
- GLYPHOSCOPE
- JUMELLE STÉRÉOSCOPIQUE ~ 45X107'^^
- POUR LES
- débutants
- Jumelle stéréoscopique établie par la Maison du
- VÉRASCOPE RICHARD
- 10, RUE HALÉVY (Opéra) - PARIS Étant RÉVERSIBLE, il économise l’achat d’un stéréoscope LA MOINS CHÈRE des Jumelles stéréoscopiques
- Les vues du Glyphoscope et du Vérascope TAVIPUfilTr as voient, se projettent et se classent avec le g AAIHIU I £ Envot fr>lnco de la Noticc. |
- grands prix sté Ame des Et“ Jules RICHARD
- Membre du Jury HORS CON< OURS 25, rue Mélingue, Paris Reg. c. : Seine * *4.227]
- -ae ix fr
- N° a 597.
- p.2x9 - vue 437/688
-
-
-
- Borne Interroptenr C. F,
- Brevetée S. G. B. G.
- Art 2 L'Association a pour bot 1* De grouper le» Lagénletir»-Goa*eils en matière de propriété Industrielle qui réunissent les qualités requises d'honorabilité, de moralité et de capacité ; 2* de veiller au maintien de la considération et de ta dignité de la proiesaioo d'Ingénieur-Conseil en matière de propriété inHmtnfJt*.
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES
- ARMENGAUD Aine# & Ch. OONY
- 21, boulevard Poissonnière. Paris
- ARMENGAUD Jeune 23, boulevard de Strasbourg, Paris
- E. BERT U b & G de KERAVENANT * 7 boulevard Saint-Denis. Pans
- G. BLETRY O. * 2. boulevard de Strasbourg. Paris
- G. BOUJU + 8. boulevard Saint-Martin. Pans
- R. BRANDON . H BRANDON. G. SIMONNOT &. L. RINUY 59. rue de Provence. Pans
- A de CARSALADE + ♦ A P REGIN1BEAU ♦ 22. rue Cambon. Pans
- CASALONGA * -* 15. rue des Halles. Paris
- CHASSEVENT & H. CLERC 11. boulevard de Magenta, Pans
- P COULOMB 48. rue de Malte. Pans
- C. DANZER 20. rue Vignon. Paris
- Henri ELLUIN 42. bouiev Bonne-Nouvelle. Pans
- G. FAUGE M8. boulevard Voltaire, Paris
- J. FAYOLLET A P LOYER * ♦ 1*8. rue de Mogador. Paris
- GERMAIN 31. me de J Hôtel-de-Ville. Lyon
- F. HARLE & G. BRUNETON * ♦ 21, rue La Rochefoucauld. Pans
- H. JOSSE * & L. JOSSE * 17. bouiev de la Madeleine. Pari»—
- A LAVOIX * A L. MOSES 2. rue Blanèbc. Pans
- A. MONTEILHET * ♦ 90, boulevard Richard-Lenoir. Pans
- G. PROTTE * 58, boulevard de Strasbourg. Pans
- Ch. WEISMANN * u 84. rue d'Amsterdam, Pans
- L'Association ne se chargeant d'aucun travail. prière de s'adresser directement â ses membre?
- .................... .........................,________ Jimt,
- MARQUES <sc:,<>cac*c*c-^^
- Coupe et rétablit le courant;
- Empêche tout desserrage fortuit de fils ;
- S’impose sur tous les appareils récepteurs T. S. F., en permettant toutes les combinaisons de montage sans maniement de fils.
- Modèle cuivre...........La pièce. 1.60
- — Avec bouton ébonite.________— 1.85
- CHASTANG Frères Rue Pelleport, 442 bis
- TOURNEURS-DÉCOLLETEURS Tél. : ROÛ. 18-31 PARIS (XX*)
- Rcg* C. : Paris 42*026.
- Établissements Industriels
- de
- E.-C. et Alexandre GRAMMONT
- Capital social : 40 millions
- SIÈGE SOCIAL ET SERVICES COMMERCIAUX
- 10, Rue d’Uzès, PARIS (2e). Central 19-43, 21-85
- USINES A »
- Pont-de-Chéruy, Grémieu, La Plaine, Chavanoz (Isère), Lyon, etc.
- L
- AMPE
- FOTOS
- MONO-WATT
- ET
- DEMI-WATT
- 5)
- Robustesse
- Incomparable
- AGENCES à
- Paris — Lyon — Toulouse — Marseille — Grenoble Nantes — Bordeaux — Lille — Limoges Nancy — Alger
- N° uù.JS.f. du Registre du Tribunal de Commerce de la Seine.
- r
- Ho
- 9.f.
- UT - MECANIQUE - DUPONT * '
- pour soulever les malades et blessés Phlébites, Fractures, Paralysies, Escarres, Rhumatismes, Fièvres typhoïdes, Congestions, etc.
- Catalogue J tur demande
- 10, Rue Hautefeuille, PAR1S-6* Téléphone: GOBEUNS 18-67 et 40-9$ La Maison fondée en 1847
- fabrique TOUT ce qui concerne les Malades et Blessés :
- Fauteuils articulés - Voitures de promenades Transports en ambulances automobiles Orthopédie et Prothèse *
- Bandages • Ceintures Bas à varices, eu
- VOITURES D’ENFANTS LANDAUS - PLIANTS
- NOUVEAUX MODÈLES PERFECTIONNÉS Succursale à LYON. 6, Place Bellecour
- On
- CS
- .S
- *o
- CA
- ü
- bû
- G)
- DUPONT
- w'TiœTzmn BAG
- Une cuillerée d’eau froide pour obtenir 96 heures de chaleur.
- KIRBY* BEARD & C°
- PARIS
- 5, Rue Auber, 5
- Reg. C, T42.7J4
- p.2x10 - vue 438/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- cultural comprenant un assolement plus rationnel, notamment en y introduisant des cultures légumières.
- L’huile des graines de thé. — Les graines des diverses variétés de théier contiennent une matière grasse utilisée dans certaines régions par les indigènes pour leur alimentation.
- Le chimiste de la station expérimentale pour le thé à Buitenzorg, M. J. J. B. Deuss, vient de publier Une étude générale sur l'huile extraite de ces graines (Agronomie coloniale, juin 1923).
- Le véritable théier cultivé : Camellia theifeia GrifL, var. sinensis et var. Assamica, a donné à 1 auteur des graines contenant respectivement 3o à 35 pour ioo et 43 à 45 pour 100 d’huile.
- Des graines analysées par Hooper avaient la composition suivante :
- Huile 22,9 p
- Albumine 8,5
- Saponine 9>1
- Amidon 32,5
- Autres hydrocarbonées. *9>9
- Fibres 3,8
- Matières inorganiques . 3,3
- La présence de saponine pouvant passer dans l’huile, surtout si les graines sont pressurées à froid, fait penser que l’huile n’est pas comestible. En réalité, elle est presque toujours très peu riche en saponine. Cette substance toxique reste dans les tourteaux et lés rend, impropres à la consommation par le bétail,
- Les huiles examinées par M. Deuss lui ont accusé les caractères suivants :
- Huile îles graines.
- De thé de Chine.
- Poids spécifique . . . . Point de solidification . Indice de saponification.
- Indice d’iode............
- Indice de llubner. . .
- à 15° C. : 0,917 — 5° C.
- 195,5
- 88
- Le laboratoire le plus important est celui de Linhamm, qui contrôle la production des sept plus anciennes fabriques de ciment faisant partie du groupement Cementa.
- D’un rapport publié par le Bulletin de la Chambre de commerce française 'en Suède, nous extrayons les renseignements suivants, relatifs à la consommation et au commerce des ciments produits en Suède.
- La consommation totale de ciment, en Suède, était de i5oooo fûts en 1893, de 1 G5oooo fûts en 1917,
- • Le maximum delà production fut atteint en 1913, soit 2 3oo 000 fûts.
- Production. Valeur.
- Années. — —
- — tonnes. kronor.
- 1921 ......... 242.33i 19.000.000
- 1920 ......... 280.876 29.000.000
- La Suède exporte du ciment au Brésil, aux îles de la Sonde, aux Etats-Unis, en Argentine, soit 82000 tonnes d’une valeur de 3240000 Kronor, en 1922. Ses importations du Danemark et d’Esthonie se sont élevées à 20 800 tonnes valant 1 089 000 kronor. ,
- De janvier à juillet 1923, la Suède a importé environ 6 5oo tonnes de ciment contre 10 3oo tonnes durant la période correspondante de 1922.
- Depuis une trentaine d’années, la production du ciment en Suède a presque décuplé.
- 'Nouvelles de T. S. T.
- Communications radiotéléphoniques Etats-Unis-PranCe. — La transmission radiotéléphonique, que nous annoncions, entre les Etats-Unis et la France, a eu lieu avec succès. M. Paul Dupuy, directeur du Petit Parisien, a parlé de Nexv-York aux amateurs français. L’émission a eu lieu de 2 h. 35 à 2 h. 48 du matin, suivie d’un concert jusqu’à 4 heures. Nous serons reconnaissants à nos lecteurs de nous faire part de leurs résultats d’écoute.
- Huile De (lié De thé.
- dos graines. du Jupon. d’Assam.
- Poids spécifique .... à 20° C. : 0,911 à 15° C. : 0,920 Point de solidification . —12° C,
- Indice de saponification. 188,3 194
- Indice d’iode ..... 88,9 90,49
- Indice de llubner ... 91,5
- Les acides gras :
- Point de fusion . . . . . . 10— ii°C.
- indice de neutralisation . . ig5
- Poids moléculaire moyen. . 287,5
- Indice d’iode................... 9°>8
- L’auteur a ensuite soumis un échantillon d’huile de thé à l’hydrogénation par un courant d’hydrogène barbotant dans l'huile chauffée à iio-n5° G. et mélangée à du noir de platine. Cette hydrogénation lui a fourni
- une graisse solide, dont voici les caractères principaux :
- Point de fusion............. 35,5— 39° C.
- Indice de réfraction à 400 . 1.4379
- Indice d’iode............... 4*>7
- — de saponification. . 175,8
- Outre les graines que l’on peut récolter dans les plantations de théier cultivées pour leur feuille, il existe des graines récoltées en Chine, en Cochinchine, etc., sur l’espèce Camellia oleifera. Dans ces pays, il y a un marché important de ces graines de thé à huile.
- Communications transatlantiques d’amateurs. —
- M. Deloy, l’amateur bien connu, est, d’après le journal Y Antenne, en correspondance régulière avec des amateurs des Etats-Unis, la nuit de 2 h. 3o à 6 h. du matin. La longueur d’onde employée est de 109 m.
- M. Deloy emploie a lampes d’émission de 25o watts avec une tension de plaque de i5 000 volts.
- Le nouveau poste d’émission de Bruxelles. — Cette station a transmis pour la première fois le 24 novembre et travaille maintenant régulièrement chaque soir de 20 h. Jo à 21 h. 3o, sur une longueur d’onde de 410 m.
- Les appareils d’émission sont semblables à ceux de la station 2LO de Londres, ils ont été fournis par la Compagnie Marconi, mais installés par les ingénieurs belges de la « Société belge Radio-électrique ».
- Le « studio » de la station a été spécialement aménagé, il est situé au quatrième étage d’un immeuble.
- L’antenne prismatique est supportée par des pylônes, placés sur les toits de deux immeubles; sa hauteur est de 3o m. environ au-dessus du sol, sa longueur est d’une quarantaine de mètres. La prise de terre a été obtenue en connectant toutes les masses métalliques de l’immeuble : chauffage central, canalisations d’eau, etc ; une prise de terre séparée avec masse métallique enterrée a aussi été prévue.
- Les résultats obtenus sont très bons, ainsi que nous l’avons indiqué.
- L’industrie du ciment en Suède. — L’exploitation intensive des calcaires des îles de Gottland et d Oland, au large de la côte de Suède, a donné un grand développement à l’industrie cimentière suédoise, qui utilise les fours à mouvement giratoire, employés en Angleterre et aux Etats-Unis, et permettant d’augmenter très sensiblement la production et les qualités du ciment obtenu.
- Les essais et le contrôle du ciment de Portland sont liés de très près au développement de cette industrie.
- Nouvelle station à Rome. — Une station de broad-casting a été installée à Rome par la « Western Electric Italiana ». Cette station a été installée pour l’ingénieur Ranieri qui avait auparavant réalisé une exploitation par fils analogue au « théatrophone » français bien connu. La longueur d’onde de cette station est de 4&o m. Le dispositif employé est du type « Western Electric » avec lampes à filaments recouverts d’oxydes, comme pour la station de l’Ecole supérieure des P. T. T.
- La longueur totale de l’antenne en « L renversé » est 45 m. et sa hauteur d’environ 24 m.
- 10
- p.r9 - vue 439/688
-
-
-
- ><
- SCIENCE APPLIQUÉE
- rç P
- _ • «3 » ? « ^
- La réception sur cadre à très grande distance. — Nous avons maintes fois noté, en particulier dans des articles parus dans les n05 26^0 et 2572 de La Nature, les possibilités et les progrès de la réception des émissions radiotéléphoniques sur cadre.
- Dans le n“ 2572, nous indiquions déjà la possibilité d’audition d’émissions puissantes, comme celles de la Tour Eiffel, jusqu’à plus de 600 km, en haut-parleur, avec un appareil simple.
- Depuis ce moment, les perfectionnements dans la fabrication des postes récepteurs, l'habileté de plus en plus grande des amateurs à se servir de leurs appareils, ont encore amélioré ces résultats pourtant intéressants.
- Actuellement, il est courant de recevoir sur cadre à Paris, et en haut-parleur, les émissions allemandes, hollandaises et anglaises.
- Des appareils spéciaux, comme la superhétérodyne, donnent dans ce cas d’excellents résultats ; mais il n’est nullement besoin, pour les obtenir, d’utiliser un montage particulier.
- Tout amplificateur à résistances, comportant 2 ou 3 étages à haute fréquence, peut être utilisé pour la réception des émissions allemandes sur 4000 m. ou 2700 m. de longueur d’onde.
- Ces amplificateurs, à liaisons par résistances ne peuvent naturellement être utilisés pour la réception des ondes courtes, et on emploie alors simplement des étages à haute fréquence à selfs avec ou sans fer, ou à transformateurs apériodiques ou accordés.
- Ces résultats peuvent être obtenus, soit avec les émissions anglaises de 35o à 49^ m. de longueur d’onde, soit avec les émissions de La Haye.
- C’est dans toute la France maintenant qu’il est possible de recevoir en haut-parleur sur cadre les émissions du « broadcasting » parisien, témoin une récente expérience de la maison Montastier, à Marseille.
- Ce qui est beaucoup plus intéressant, c’est l’augmentation énorme de portée de la réception sur cadre, journellement constatée. En Belgique, en Suisse, en Espagne et même en Algérie ou en Tunisie, des centaines d’amateurs reçoivent maintenant sur cadre les émissions françaises et anglaises.
- Ce qui peut paraître à première vue assez curieux, c’est l'extrême facilité avec laquelle on perçoit les radio-concerts sur ondes courtes, et tout spécialement ceux des postes anglais.
- Souvent même, malgré la puissance moindre de ces postes et leur faible longueur d’onde, ils sont plus aisément entendus la nuit que la Tour Eiffel ou K œnigswü sterhausen.
- Donnons quelques exemples qui peuvent illustrer ces constatations.
- M. Juan Pardo, à Grenade (Espagne), à l’aide d’un appareil comprenant deux étages à haute fréquence à selfs à fer, un détecteur et 2 étages à basse fréquence, peut entendre en haut-parleur, sur cadre de 1 m. de côté, le poste de Londres et les autres stations anglaises au casque.
- Fait très intéressant : la réception sur antenne est presque impossible par suite d’une grande quantité de bruits parasites, alors que la réception sur cadre est excellente.
- M. O. (Radio-Revue), à Oran, reçoit sur cadre de t m. la Tour Eiffel, les postes anglais et les P. T. T. à l’aide d’un amplificateur à 2 lampes haute fréquence, suivies de deux étages basse fréquence.
- Radiola était entendu lorsque son émission était satisfaisante.
- M. Paul C., également à Oran, reçoit sur cadre tous les concerts anglais, les émissions des P. T. T. et de la Tour Eiffel.
- Enfin, à Hammam Bou-Hadjar, également dans le département d’Oran, des réceptions sur cadre en haut-parleur des postes précités ont été effectuées (essais communiqués par M. Dupont).
- Ces résultats sont simplement choisis entre beaucoup d’autres obtenus chaque jour, et il se dégage de ces constatations des conclusions essentielles. La réception sq.r cadre de? émissions radior-téléphonique? snr ondes
- courtes et moyennes est actuellement possible jusqu'à 1000 km environ en haut-parleur. La réception au casque est réalisée jusqu'à i5bo ou 2000 km., sans l’aide d’amplificateurs spéciaux.
- Les constructeurs d’appareils de T. S. F. se rendent d’ailleurs compte à présent, en majorité, de l’intérêt présenté par la réception sur cadre à grande distance, et presque tous les modèles exposés au Salon de la Physique et de la T. S. F. sont conçus pour fonctionner indifféremment sur cadre ou sur antenne.
- P. H l'iMAKDINQrjKR.
- Un nouvel amplificateur à résonance. — Les amateurs de T. S. F. reconnaissent de plus en plus, par
- Fig. 1. — Amplificateur « Radio-Seg « à 5 lampes, dont 3 HF.
- suite de la multiplication des postes émetteurs, la nécessité de montages sélectifs et c’est pourquoi les amplificateurs à résonance sont en faveur actuellement.
- L’amplificateur à résonance « Radio-Seg » comprend deux étages à haute fréquence par transformateurs accordés, un étage détecteur et deux étages à basse fréquence par transformateurs.
- Les transformateurs sont interchangeables, et, au moyen de trois jeux livrés avec l’appareil, il est pos-
- Fig. 2. —'Poste avec coffret.
- sible de recevoir les signaux de 35o m. à 3200 m. de longueur d’onde ; un système de réaction électro-magnétique commandé par un cadran gradué a également été prévu.
- Le dispositif d’accord primaire est contenu aussi dans la boîte de l’amplificateur et comprend un jeu de self-inductances en nid d’abeilles interchangeables et un condensateur variable à air pouvant être mis en parallèle ou en dérivation.
- On voit sur la figure 1 l’ensemble de l’amplificateur et du dispositif d’accord et sur la figure 2, l’appareil contenu dans un coffret servant au transport.
- Un amplificateur basé sur un montage analogue, mais comprenant un seul étage à haute fréquence, est également construit sous la même dénomination et sert à la réception des émission? provenant de stations moins
- p.r10 - vue 440/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- éloignées ; il peul être employé dans la région parisienne par exemple.
- Le constructeur de ces appareils est la maison Gaumont, 5y, rue Saint-Roch, Paris.
- Chauffage
- Radiateur à pétrole et à vapeur « le Sorcier ». —
- Depuis que le chauffage central est entré dans nos
- moeurs et que les radiateurs font partie intégrante du décor du home, l’idée est venue d’en mettre partout et d’en placer même sur les sources de chaleur mobiles que sont les résistances électriques et - lés poêles à pétrole.
- Quel avantage trouve-t-on à cela? Simplement que la surface de radiation située au bas de la pièce est considérablement augmentée d’une part, et d’autre part que les poussières de l’air ne se trouvent en contact qu’avec des parois à température insuffisante pour les brûler, en dégageant une odeur peu agréable.
- Voici un nouvel appareil de ce genre utilisant le pétrole : une ou deux lampes spéciales fixées sur le réservoir brûlent au-dessous d’une chaudière annulaire reliée directement à un radiateur à tubes de cuivre de grande surface. Un robinet de trop-plein et un clapet de sûreté complètent l’appareil.
- En i3 minutes, l’eau entre en ébullition et l’appareil fonctionne comme un radiateur quelconque . à vapeur d’eau.
- C’est un moyen de chauffage extemporané qui peut rendre service pour de courtes chauffes, ou, en d’autres termes, pour « bassiner » une pièce froide ou humide dans laquelle on voudrait séjourner un moment.
- Le radiateur « le Sorcier » est construit par l’inventeur, M. Lucien Brégeaut, 18-20, rue Volta, Paris, 3\
- Fig.
- Radiateur « Le Sorcier ».
- Automobilisme -.«#
- Procédé pour retirer une roue. — Lorsqu’il s’agit de retirer une roue de sa fusée, on éprouve des difficultés si l’on ne dispose pas d’outils spéciaux pour cet usage. Voici un dispositif de fortune qui donne satisfaction.
- On amène la voiture près d’une porte de façon que l’essieu où se trouve la roue à enlever se trouve placé dans l'axe de la porte, mais è une petite distance. On attache une corde solide à une barre de fer qui a une largeur plus grande que celle de la porte, de manière à être arrêtée par les deux montants Les extrémités de la corde qui entoure la barre de fer sont attachées à deux rais diamétraux de la roue. Lorsqu’on a démonté l’écrou et que la roue est disposée pour être enlevée, opération qui ne peut se faire que lorsque la roue est soulevée
- Fig. 4.
- '• Corde
- Dispositif pour retirer
- une roue.
- par le cric, on peut alors tourner à la main librement la roue qu’il s’agit d’enlever.
- En faisant cette opération, on oblige la corde à s’enrouler sur elle-même : cette opération raccourcit la longueur des deux brins et produit une tension puissante sur la roue, le point d’appui étant constitué par la barre de fer disposée entravers de la porte.
- La traction est alors suffisante à un moment donné pour arracher la roue de son logement, aussi bien que le ferait l’outil le mieux conditionné.
- Objets utiles
- Réparation dés tuyaux d’incendie. — Grâce à une matière imperméable et souple, susceplible de se fixer solidement à la surface des tuyaux en toile uniquement au moyen de la chaleur locale appliquée, et sans emploi •de dissolution, il devient possible de réparer n’importe quelle longueur du. tuyau d’une manière à la fois expéditive et efficace.
- ! Le tuyau à réparer doit tout d’abord se brancher sur une bouche d’incendie que l’on ouvrira de façon que la pression puisse permettre de marquer exactement et soigneusement toutes les fuites nécessitant réparation.
- Pour ce marquage, il vaut mieux se servir d’un crayon indélébile dont le tracé reste visible sur la toile humide.
- Ensuite, on laisse sécher le tuyau, puis on brosse soigneusement dans le voisinage des endroits à réparer ahn que la surface de la toile soit aussi propre que possible.
- On découpe une pièce de la matière spéciale en lui donnant les dimensions et la forme voulues afin de recouvrir parfaitement l’endroit défectueux présenté par le tuyau.
- La fixation de la pièce s’opère avec un fer spécial à chauffage automatique. On pose ce dernier sur la pièce durant quelques secondes, de manière à provoquer la ferme adhérence sur la toile du tuyau. Cela fait, on retire le fer et à l’aide d’un léger maillet en buis on frappe de petits coups sur toute la surface de la pièce, particulièrement sur les bords.
- Si les diverses opérations sont exécutées intelligemment, on doit obtenir une réparation qui durera aussi longtemps que le tuyau même.
- Comme on le voit, le nécessaire n’est pas compliqué : un gros fer « carreau » de type spécial formant boîtier, ayant une large surface portante et à la partie postérieure duquel est prévue une petite porte permettant de glisser à l’intérieur l’un des 2 réchauffeurs, l’inutilisé se trouvant sur le feu (foyer ordinaire, ou réchaud à gaz) ; un maillet à long manche en bois ; une brosse spéciale très dure. Le tout est enfermé dans une boîte en bois.
- Fort pratique et pas cher, le petit nécessaire peut rendre de signalés services aux corps de sapeurs-pompiers, aux usines et à tous autres établissements où l’on emploie des tuyaux de toile. Bien des tuyaux qu’avant on aurait mis au rebut, en raison des petites fuites occasionnées par l’usure, sont ainsi susceptibles de se remettre en parfait état, sans que les opérations demandées exigent une habileté professionnelle spéciale.
- Fabricant : Merry Weather and Sons Limited, Greenwich road, Londres (S. E. îo).
- -m 12
- p.2x11 - vue 441/688
-
-
-
- <
- VARIETES
- >
- L’ÉLECTRICITÉ DANS LE TRAITEMENT DES FOURRAGES
- Au moment où l’on parle beaucoup de « l’électrification » des exploitations agricoles, pour favoriser la production, la transformation ou l’utilisation des récoltes, tout en économisant la main-d’œuvre de plus en plus rare, il est intéressant de signaler une curieuse application de l’électricité pour la conservation des fourrages destinés au bétail.
- On sait que l’on a imaginé plusieurs dispositifs pour faciliter le fanage, la dessiccation de l’herbe fauchée, dans les régions où l’on ne peut toujours compter >ur les chauds rayons du soleil pour assurer d’une façon parfaite cette transformation. Ces dispositifs, qui sont mis en œuvre soit sur le champ même, soit sous des hangars, soit encore au fenil, ont surtout pour objet de diviser, d'aérer la matière, de la mettre à l’abri de l’humidité du sol, de la rosée de la nuit, ou de la pluie.
- Rappelons, ici, que le séchage artificiel peut être pratiqué au moyen de ventilateurs actionnés par le courant électtique.
- Mais, il y a quelques années, Th. Srhweilzer fit des expéiiences comportant l’application directe de l élec-tricité aux végétaux Si l’on fait passer un courant d’intensité suffisante dans des plantes qui viennent d’être coupées, réchauffement ohmique influe sur le développement bactérien,
- Le passage du fluide produisant une température pouvant atteindre 45° à bo°, ou favorise du coup la dessiccation. En outre, cette température peut nuire aux microbes divers qui avec les poussières, souillent toujours les herbes des champs.
- lie récentes expériences auraient encore montré que l’action du courant électrique a pour effet de conserver les matières protéiques des fourrages dans un état plus favorable pour leur assimilation par l’organisme animal. On sait que ces principes azotes ont le plus de valeur, au point de vue physiologique, or, ils se dégradent plus facilement quand on laisse I herbe sécher naturellement sur le pré.
- Mais à défaut d’une dessiccation complète, nécessaire pour assurer la bonne tenue des récoltes dans le fenil, on a cherché un autre procédé de conservation c’est l’ensilage employé, par conséquent, dans les pays où il est difficile de « faire les foins ».
- Il consiste à tasser la matière verte, au préalable divisée, coupée en morceaux, si besoin est, comme pour le maïs-fourrage, par exemple, épais et juteux, dans une fosse creusée en terre, ou en maçonnerie, ou encore, en. édifiant la meule sur le s<d, et même lep parois restant à l’air libre, puis de charger fortement le tout pour chasser l’air de la masse.
- Il naît dans ces silos des fermentations diverses, en même temps que le produit prend une teinte variée, ces transformations dépendant, non seulement de la composition du fourrage même, mais, principalement, de la température à laquelle on laisse arriver le milieu intérieur, température qui peut tuer les ferments figurés, ou les immobiliser.
- L’aliment acquiert ainsi, par exemple une légère odeur alcoolique, ou l’arome du miel, ou, encore, une saveur acide, toutes choses qui plaisent assez aux ruminants et qui excitent leur appétit. Mais il arrive aussi, parfois, qu il prend la saveur butyrique, quand ce n’est pas le goût de moisi.
- Si l'on atttnd pour tasser fortement le fourrage, que la température interne ait atteint 4<>° à 5o°, on laisse aiusi aux ferments acidifiants le temps d’agir, et l’on pratique alors ce que l’on appelle l’ensilage vert, ou acide.
- Si l’on ne met en silo que de l’herbe qui s’est déjà ressuyée sur le sol, puis qu’on laisse le tas monter jusqu’à 700, on pratique l’ensilage doux, ou ensilage
- brun, dans lequel la température plus élevée a tué les bactéries lactiques et butyriques. C’est précisément l’absence de réaction acide du milieu qui oblige de distribuer le produit aux animaux aussitôt extrait du silo, car il ne se conserverait pas.
- Ces modes de traitement des fourrages, pour l’alimentation d’hiver, par exemple, ne sont pas sans défaut il y a perte de substances alibiles ; les sucres, les matières amylacées, les principes albuminoïdes, subissent des modifications désavantageuses, le déficit total pouvant atteindre ib pour ioo. Malgré tout, ce sont des traiiemeuts intéressants, — quoique un peu délicats, parfois, aussi à appliquer, — pour les climats humides où, précisément, on élève généralement de nombreux bovins.
- Eh bien, ici encore on a cherché à mettre à contribution l’électricité. Ces temps derniers, il a été fait en Suisse, à Liebefeld, près de Berne, des expériences d’ensilage électrique.
- Le fourrage aussitôt fauché était découpé et introduit dans un récipient en ciment armé. La masse se trou'ait aiusi, entre deux électrodes, et servait de résistance au courant électrique triphasé, à 5oo volts et 5o périodes, qui le portait à la température de 5o°.
- Les Etablissements fédéraux d’essais de Liebefeld ont contrôlé les résultats, tant en ce qui concerne l’état du fourrage lui-même que la santé des vaches auxquelles il était distribué, et la qualité du lait et des produits dérivés que Ton obtt naît par cette alimentation.
- Il a été consla é que l’ensilage éfi ctrique p> ésente sur l’eusilage ordinaire l’avantage d’une dinuinaliou des frais de main-d'œuvre; de plus, il n’exige pas, comme l’autre procédé, des aptitudes spéciales de la part du personnel. L’avantage principal consiste dans une meilleure répartition du travail.
- Le fourrage conservé électriquement, tiré du silo entre le 27 décembre 1921 et le i5 janvier 1921 (le traitement avait eu lieu en automne 1921), avait des qualités analogues à celui produit ailleurs. Mais on remarqua qu’a"ssitôt qu’il n’était plus sous pression il se conservait moins que celui qui était ensilé par la méthode ordinaire. Il y avait aussi des différences plus marquées dans la couleur, l’odeur et la saveur des couches; l’aspect extérieur donnait une impression désagréable ; d’ailleurs, les vaches montraient plus ou moins d’empressement pour l’accepter, au moins certaines couches. Mais le poids vif et la santé des bêtes n’ont rien présenté d’anormal; il en fut de même de là sécrétion du lait, de sa qualité et de celle des produits dérivés.
- En général, et approximativem nt, 4 kg de fourrage ensilé électriquement correspondaient, au point de vue nutritif, à 2 kg de fourrage ensilé par la méthode ordinaire et à 1 kg de foin.
- Ces expériences ont montré aussi qu’actuellement le prix de revient de l’opération est assez élevé, l’énergie électi ique nécessaire pour traiter xoo kg de fourrage vert étant de 5,y kilowatts-heure; en outre, la dépense de première installation est grande également.
- On voit donc qu’à (ôté d avantages jéels, le procédé présente aussi de nombreux inconvénients, et, d’après le rapport même des Etablissements fédéraux, des recherches approfondies et des expériences très sérieuses sont nécessaires avant de pouvoir juger d’une façon définitive la valeur pratique de cette méthode.
- Depuis, M. H. Jenny, du Laboratoii e du Polytechni-cum de Zurich, a écrit : « En Suisse, on ne recommande pas l’introduction de l’électro-silo; le lait des vaches nourries avec de l’herbe traitée est infecté par le Bacil-lus butyricus, qui fait gonfler les gruyères.
- An ton in Rolet, Ingénieur-agronome.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Nouveau milieu de montage des préparations microscopiques. — Les Comptes rendus de la Société
- de Biologie publient une noie présentée par M. Virgil Nitzulescu, à |la réunion de Bucarest, qui signale un
- p.2x12 - vue 442/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES |
- Association des Travaux publics. — La combustion du soufre à l’air libre donne, en même temps que de l’anhydride sulfureux, de l’acide sulfurique; ce dernier étant très hygrométrique absorbe l’humidité de l’air. Il est donc très probable que les parties de votre parquet qui se mouillent présentent une réaction fortement acide ; il est facile de s’en assurer au papier de tournesol; s’il en est bien ainsi, un simple lavage à l’eau chargée de carbonate de soude (5 pour ioo) suffira pour faire disparaître l’hygroscopicité du parquet.
- M. Remgi, à B., Calvados. — Le peu de place dont nous disposons dans la Boîte aux Lettres ne nous permet pas de traiter complètement la question de l’utilisation des cadavres d’animaux ; vous trouverez tous renseignements à ce sujet dans les ouvrages suivants : Les déchets d’abattoirs et de boucherie, par Razous et Poher. Utilisation des débris d’animaux, par Lezé, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. Barret, à Yarigney, Haute-Saône. — i° Les points de congélation des mélanges d’eau et de glycérine sont les suivants :
- Glycérine. Point de congéla
- io p. ioo — 1°
- 20 — — 20 5
- 3o — — 6°
- 4o — —- 17° 5
- 5o — — 3i°
- 95 — — 35°
- En réalité, lorsque l’on refroidit un mélange d’eau et de 'glycérine, une portion de l’eau se solidifie et la partie restée liquide est une solution plus concentrée de glycérine. 20 L’alcool dénaturé est préparé en ajoutant à un hectol. d’alcool éthylique industriel i5 litres de méthylène, type Régie, et 5oo c. c. de benzine lourde. Le méthylène Régie est lui-même de l’alcool obtenu par distillation du bois et renfermaut environ :
- Alcool méthylique. ... 65 p. 100.
- Acétone...................20 à î5 p. 100.
- Matières étrangères. . . 10 à i5 p. 100.
- Eu égard à la complexité d’un pareil mélange, son point de congélation présente les plus grandes variations et nous ne saurions vous donner un chiffre ayant quelque valeur.
- M. Cousin, à Nîmes. — L’annonce de journal que vous nous communiquez est tout à fait insuffisante pour se rendre compte de la composition de la pierre artificielle dont il est question. Le fabricant n’en ayant pas vulgarisé la formule, nous regrettons de ne pouvoir vous la donner.
- M. Denoyelle, à Douai. — L’enduit qui recouvre les poêles de fonte est souvent à base de brai stéarique, de nature grasse par conséquent; il est donc de toute nécessité de passer préalablement au bain de soude caustique les pièces que vous voudriez nickeler, vous trouverez dans tous les traités de nickelage, les indications courantes pour le décapage alcalin.
- M. L. Rolland, à Lyon. —Pour éviter toute altération ultérieure de la gélatine des papiers photographiques, il vous suffira après fixage et lavage de passer en bain formolé à 1 ou 2 pour 100; vous pourrez ensuite les coller comme vous en avez l’intention, à notre avis, vous pourriez même, avec une sécurité encore plus grande, effectuer d’abord le collage avec une solution de gélatine blanche, puis formoler le tout par immersion dans le même bain après séchage.
- /. B., à Cublac.— On obtient à bon marché un mastic excellent pour obturer les fentes de parquet en prenant :
- Cire jaune................35o grammes.
- Résine en poudre .... 200 —
- Suif de mouton............. 5o —
- Incorporer au mélange fondu :
- Blanc d’Espagne, .... 4°° grammes.
- Ce mastic s’applique en le versant chaud dans les rainures préalablement nettoyées, on laisse durcir quelques heures, puis on râcle l’excédent d’abord avec une lame mousse, ensuite avec un morceau de verre cassé à forme arrondie. On peut approprier la teinte du mastic à celle du parquet en remplaçant tout ou partie du blanc d’Espagne par de l’ocre jaune ou rouge que l’on fonce par une pointe de noir de fumée.
- CRITERIUM “PORROi
- JUMELLE A PRISMES E X TR A L U MIN E U S E
- La Meilleure, la moins Chère]
- Catalogue franco X. ïvOL/LrXFR. » Constructeur 47, Rue Turblgo, PARIS (.3*)
- Reg. Comm. : Seine J36.273
- ....1111 1 ” èfi&tfytedSSTuwrst sttztSsrxgLs&r&pjx
- IE
- DANIEL SACIUC
- PARIS-55-64, rue Legendre, 55-64-PARIS
- Téléphone Wagram 0Z.S2 Reg. C. i Seiae JSJ.580
- Installations complètes d’Électricitè
- ÉCLAIRAGE DES CHATEAUX
- TRAVAUX TRÈS SOIGNÉS
- NOMBREUSES RÉFÉRENCES
- TTaison fondée en 1890 - "Médaillés d’Or
- LA PERFECTION; EN ‘PHOTOGRAPHIE
- LÉ NIL HELl6R ST"J”s,crUE
- LE CHRONOSCOPE PAP iïïî2X2J5È
- MÎIACRIS-BOUCHERcons'; 16 r.d« Vaugirard.Paris TéCFleu rws29-6 3 , ’ ; Notice sur demande
- Reg. C. : Seine 176.017.
- D. COP, 52, r. des Archives (4S). R. C.Seinetf3i.lSi Accessoires, Décolletage, Fils soie, émail, coton, Transform. H. et B. F., Piles, Accus, Ebonite, etc.
- TOUTES PIÈCES DETACHEES
- Baisse de prix - Tarif franco - Prix modérés En Magasin : Appareils de mesure, Moteurs, Dynamos,etc. Neufs et d'Occasion.
- Officiers Ministériel©
- ADJ0U Ch. Not. 29 Janvier 1924. MAISON A PARIS (18e).
- RDCDTL1C OC Cont. 119m40. Bev. 4215f.M. àp. 50.000 f. , DE, H I Ml, jD S’ad. SIe BRÉCHEUX, not., av. d’Italie, Paris.
- Petites Annonces
- réservées aux offres, demandes et échanges d’objets divers, aux offres et demandes d’emplois. Il n’y est
- inséré aucune annonce commerciale.
- Le prix de la ligne de 50 lettres ou signes est de 4 fr. (2 fr. 50 pour les abonnés qui devront Joindre la bande d’abonnement à la demande d’insertion).
- Les demandes doivent nous parvenir 10 jours avant la date d’apparition du Journal, accompagnées du mandat ou du chèque nécessaire.
- Occasions : Pode émetteur Maguna, 2Ü0 Ir. — Altéra, d avion, 150 fr. — Transi, émission, poids 4 kgs, 50 fr. — Ecrire : NATURE, n° 597
- p.2x13 - vue 443/688
-
-
-
- BOÎTE AUX LETTRES
- Mme Devaux.à Paris. — Votre insuccès provient très probablement de la matière colorante employée, car la soie se teint bien, même à basse température, avec le noir de naphiylamine, noir méthane, noir Victoria, dont on peut, si on le désire, corriger le reflet bleuté avec un peu de jaune acide, tel que l’azoflavine, le jaune naphtol, le jaune solide S (5 pour 100 environ de la matière colorante servant à teindre en noir). La teinture doit s’effectuer en bain rendu légèrement acide par l’acide acétique ou l’acide formique par exemple.
- Noir susindiqué .... 20 grammes.
- J aune....................... 1
- Eau bouillante.............1000 —
- Ac acétique ou formique. 20 —
- Après dissolution des composants étendre à 3o litres.
- Tenir compte de l’imprégnation possible des fibres par la cire, absorption due à la capillarité, qui empêcherait toute teinture.
- Mme Valdez, à Lisbonne. — Le fer affiné électro-lytiquement est en effet d’une remarquable pureté et ne contient en particulier que des quantités minimes de carbone, il présente une perméabilité magnétique dix fois plus grande que celle du fer ordinaire pour les faibles inductions et deux fois plus grande pour les fortes inductions; il est doué en outre d’une faible hystérésis, la perte par cent, cube pour une induction de 1S000 gauss étant de 1700 erg«, c est pourquoi l’emploi du fer éleclrolytique présente un très grand intérêt en vue de la construction du matériel électrique : dynamos, moteurs, alternateurs, transformateurs. L’opération consiste essentiellement dans l’électrolyse d’une solution d’un sel ferreux, chlorure ou sulfate en prenant comme électrodes, soit le fer, soit le carbone, différents procédés ont été préconisés, apportant quelques variantes au principe, par exemple ceux de Spragne, de Merck, de Burgess, de Maxhnovitch, d’Arzano, de Cooper-Cowles.
- Vous pouvez prendre comme type de bain celui du procédé Fischer, savoir :
- Chlorure ferreux.............4 5 parties
- Chlorure de calcium..........00 —
- Eau.................... - 75o —
- La température d’électrolyse est voisine de io5°, la densité de courant de 20 ampères par décimètre carré sous une tension qui ne dépasse pas un volt. On obtient par cette méthode, un fer à 99,986 de pureté, les matières étrangères, soufre et phosphore n’excédant pas 0,014 pour 100.
- 1° lé hystérésis est d’autant plus faible que le fer électrolytique contient moins de carbone d’après Houl-levigne, la présence du carbone serait surtout due à l’emploi d’une anode en fer contenant du carbone combiné, si le carbone est dans cette anode à l’état de graphite comme dans la fonte, il ne présente pas d’inconvénient. 3° Pour complément d’étude de la question, consultez les métallurgies électrolytiques par Levasseur, éditeur Dunod, 47» quai des Grands-Augustins.
- J. F., h Marseillan. — 1“ L‘acide sulfureux est surtout employé dans l’industrie à l’état gazeux, il joue le rôle de décolorant et d’antiseptique, la sucrerie en fait aujourd’hui une grande consommation. 2° Tous les marchands de produits chimiques vous fourniront des solutions d'acide sulfureux, par exemple, Pelliot, 24, place des Vosges. Pointet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois. 3° L'acide sulfureux dissous à 4°-5° Baume en touries de 60 kg, vaut actuellement o fr 45 Ie kilog.. pris à Paris, port et emballage en sus paiement à 3o jours. 4° H n’existe pas de doseurs spéciaux pour son emploi en vinification, le titrage de la solution après dilution convenable se fait au moyen d’une solution titrée d iode, en présence d’empois d’amidon, jusqu à coloration bleue persistante.
- Si l’on a employé une solation décinormale d’iode, soit à i2gr. 7 d’iode par litre, chaque cenlimètre cube de cette solution correspond à ogr. oo32 d’anhydride sulfureux SO-, par le calcul, on rapporte ensuite à la solution primitive. 5“ Nous vous rappelons que la limite extrême d’acide sulfureux total tolérée dans les vins est de o gr. 35o par litre. (Décret du 3 septembre 1907.)
- MASSON & C16, Éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- L. MICHAELIS
- MANUEL DE TECHNIQUES
- DE PHYSICO-CHIMIE
- ET SPÉCIALEMENT DE CHIMIE DES COLLOÏDES A L’USAGE DES MÉDECINS ET DES BIOLOGISTES
- Traduction d’après le texte de la 2° Édition.
- Par MM.
- H. CHABANIER
- Chef de Laboratoire
- à la Clinique des voies urinaires (Paris).
- et
- C. LOBO-ONELL
- Chef de Clinique des voies urinaires. (Santiago, Chili).
- Un volume de 206 pages, avec 40 ligures. .
- 12 ir
- Ce livre est une introduction à l’étude expérimentale de la physico-chimie, il a été mis au point progrès sivement d’année en année afin de constituer un enseignement avant tout pratique. s
- Ce n’est pas un livre de technique au sens propre du mot mais un choix d’exercices, de manipulations, qùj se recommandent par leur valeur très instructive. — L’auteur s’est étendu principalement sur les méthodes qui ne sont pas encore d’un usage courant, passant plus rapidement sur celles qui sont aujourd’hui classiques, il décrit les plus utiles, la manière pratique de les conduire et d’en exprimer les résultats.
- Ecg. C. : î 5.234.
- ^ x\i
- p.2x14 - vue 444/688
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- nouveau moyen de monter les préparations microscopiques non colorées et notamment les petits Arthropodes dans un.milieu très peu coûteux : le silicate de soude.
- M. Nitzulescu emploie le silicate de soude liquide épais, de densité i,3 à 1,4, dont l’indice de réfraction est voisin de 1,4. Ce liquide est bon marché; il est miscible avec l’eau et la soude si bien qu’on peut y plonger directement les Arthropodes, même éclaircis
- dans une solution de soude; il durcit très rapidement sans se rétracter; il ne cristallise jamais et ne fond pas aux températures d’été; il reste indéfiniment limpide.
- La seule précaution à prendre est d’éviter les bulles d’air qui ne s’enlèvent pas facilement.
- Ce nouveau milieu pourra rendre service , aux entomologistes poui conserver et étudier les petits insectes et arachnides fragiles.
- ><
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qnï parviennent an Service de la Boîte aux Lettres de La Nattir© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- P. T. 2342. — h'isolement des jonctions électriques s’effectue au moyen du Chatterton en bâtons vendu couramment pour cet usage, il suffit de chauffer légèrement la partie métallique, puis de promener le bâton à sa surface, la mixture en fondant dépose l’enduit isolant. Le Chatterton a la composition suivante :
- Goudron de Norvège . . 200 grammes
- Colophane ...... . 200 —
- Gutta-percha 600 —
- Faire fondre la résine en évitant l’inflammation, retirer du feu, y ajouter le goudron, puis peu à peu la gutta coupée en petits morceaux, rendre bien homogène, couler sur une plaque froide; après découpage, rouler en bâtons.
- M. Thomas, à Mulhouse. — i° Il n’est pas nécessaire que la solution de bicarbonate soit à un titre déterminé, la dose de 2 à 3 pour 100 suffit parfaitement. 20 Les accus de 4o AH doivent être chargés en 10 heures par un courant de 4 ampères, ceux-ci doivent être montés en série avec le groupe de lampes disposées en parallèle. Si on adopte des lampes à filaments de carbone à 2 watts par bougie, c’est-à-dire absorbants: 110 = 0.018 ampère par bougie, ou prendra par exemple 4 lampes de 5o bougies qui laisseront passer 3 ampères 6. Si on dispose de lampes monowatt ordinaires à 1 w\ par bougie ou 0,01 ampère par bougie, il faudra mettre 8 lampes en parallèle. Il y a intérêt pour la conservation de la batterie à la charger lentement sous un faible régime plutôt que rapidement à grande intensité.
- Au cas où votre installation le permettrait et si vous consommez suffisamment de courant pour vos besoins domestiques, il serait économique de brancher vos accumulateurs en série avec votre installation, à la sortie du compteur par exemple : les lampes de votre appartement remplissant leurs fonctions habituelles permettraient le rechargement de votre batterie sans consommation inutile de courant et sans qu’il en résulte aucune modification dans 1 éclairage de vos pièces.
- M. Chabalier, à Fontenay sous-Bois. — Pour teindre en rouge, orangé ou vert les feuillages, il suffit de les tremper dans une solution de couleur d’aniline, telle que vert d’iode, jaune de métanile, r^uge Bordeaux, violet de Paris dans l’alcool dénaturé. La proportion de colorant dépend uniquement de l’intensité de teinte que l’on veut réaliser.
- M. Picard, à Boom, Belgique. — i° La patine verte, dite vert antique du bronze, s’obtient au moyen d’une mixture composée de vinaigre, sel de cuisine, sel ammoniac et ammoniaque dans les proportions suivantes :
- Sel ammoniac............ 20 grammes.
- Sel de cuisine............. 20 —
- Ammoniaque liquide . . 20 —
- Vinaigre...................1000 c. c.
- Après dissolution on enduit la pièce du liquide ainsi préparée, en se servant d’un pinceau doux et opérant assez rapidement. Dès que le verdissage commence on cesse d’appliquer du liquide neuf et laisse le métal prendre la teinte convenable, à ce moment on passe un pinceau sec pour absorber l’excès de liquide, puis on attend 24 heures avant de donner une nouvelle couche, opération que l’on peut renoqyeler après un nouveau
- repos de 24 heures. Enfin pour terminer on frotte le bronze avec une brosse passée préalablement sur un morceau de cire. 20 La fabrication industrielle de Veau oxygénée s’effectue habituellement au moyen du bioxyde de baryum préalablement hydraté. Pour cela, on le mélange avec de l’eau après l’avoir finement pulvérisé et on laisse en contact pendant 3 ou 4 heures en agitant fréquemment. Cette bouillie épaisse est ensuite attaquée par l’acide fluorhydrique placé dans un vase doublé de plomb et maintenu vers io°, on agite le mélange pendant plusieurs heures et après avoir laissé déposer le fluorure de baryum on décante le liquide clair, qui doit être acide et qui tient en solution la plupart des impuretés du bioxyde de baryum ; on le sature par le bioxyde de baryum, il se décolore par suite de la précipitation des bases qu’il tenait en dissolution. On filtre rapidement et on additionne le liquide filtré d’une petite quantité d’acide su'furique pour éliminer la baryte ; on laisse déposer et on sépare la solution claire d’eau oxygénée. Les précipités sont lavés à l’eau et passés aux filtres-presses ; les eaux de lavage rentrent dans le travail : 3o kg de bioxyde de baryum traités ainsi par 12 kg d’acide fluorhydrique à 33 pour 100 en présence de 200 litres d’eau peuvent fournir environ 200 litres d’eau oxygénée.
- M. Bouty, à Paris. — i° L'essence de térébenthine grasse s’obtient en effet normalement par exposition à l’air, en vase ouvert, de l’essence de térébenthine, elle perd ainsi 70 à 80 pour 100 de son poids et est alors utilisée pour la peinture sur porcelaine en même temps que l’essence de lavande. On peut en faisant barboter de l’air dans l’essence de térébenthine activer la transformation en essence grasse, mais il faut toujours terminer à l’air libre. 20 Vous trouverez un grand nombre de maisons susceptibles de vous fournir des pièces en émaillé blanc pour peinture dans le centre porcelainier de la rue Paradis. A titre d’indication première, nous pouvons vous citer l’Agence céramique, 4, rue Paradis, le Comptoir de Paris, 5 bis, rue Martel.
- M. Couston, à Bordj, Algérie. — Nous avons répondu à votre demande dans le n“ 258g du 17 novembre 1923, page 158 de la Boîte aux Lettres, veuillez bien vous y reporter.
- M. Combe, à Meudon. — i° Le rebronzage d’une suspension nécessite son démontage, l’enlèvement du vernis par immersion dans un bain de soude caustique, puis le décapage en bain acide. Toutes ces opérations ne peuvent s’effectuer que dans des cuves de grandes dimensions dont ne dispose pas habituellement un amateur; nous ne vous engageons pas à entreprendre ce travail\ qu’il est préférable de confier à un spécialiste. 20 Pour nettoyer les cadres dorés, on commence par enlever toute la poussière logée dans les moulures au moyen d’un pinceau à soies un peu dures, puis on passe doucement une éponge imbibée d’alcool ou d’essence de térébenthine et ou laisse sécher sans essuyer. On peut ensuite, si on veut redonner du brillant, passer une flanelle humectée d’un mélange à parties égales d’eau et de blanc d’œuf.
- M. Capon, à Paris. — Très probablement Yacétate de cellulose assoupli par la triacétine serait susceptible de vous donner satisfaction et sa souplesse ne serait pas modifiée par l’acide acétique de la moutarde, la question serait à mettre au point par quelques essais, eu égard aux proportions relatives de ces deux éléments. Nous vous rappelons que leur solvant industriel est composé de tétrachloréthane 100 cent, cubes, alcool méthylique tq cent, oqbés.
- (Voip la suite p, xv et *vt,
- p.r15 - vue 445/688
-
-
-
- M. Perrissin-Pirasse, à Compiègne. — i° Pour les travaux à bon marché, on encolle les bois afin d’aller plus vite et d’économiser le vernis au tampon. Wapprêt consiste à donner sur les bois polis, une couche ou deux de colle de dextrine. La dextrine se dissout à 1 eau tiède, on étend la colle avec un pinceau ou une éponge, Cet encollage nourrit le bois et commence à remplir les pores; lorsqu’il est sec, on le passe très légèrement au papier de verre fin, ou à la ponce lavée sèche pour faire disparaître les petites rugosités produites par la colle. 20 Yous trouverez un exposé détaillé de 1 utilisation des débris de bois dans louvrage, Déchets et sous-produits industriels, par Razous, p. 179 à 211. Editeur Dunod, 47> quai des Grands-Augustins.
- Un paysan du Danube. — La gomme-laque est tout indiquée pour fixer les motifs dont vous parlez sur de la porcelaine, elle résiste très bien à l’humidité et au frottement, la seule condition capitale est de ne pas soumettre ultérieurement à l’application, à la chaleur. Comme technique, chauffer la porcelaine dans la cendre chaude, frotter l’endroit choisi avec un petit bâton de gomme-laque, laisser ensuite refroidir et enlever les bavures. Si plusieurs motifs doivent être appliqués sur la même pièce, les poser dans le même temps de chauffe et ne pas faire des opérations successives qui motiveraient des décollements.
- M. Noireau, à Paris. — i° Pour raviver la graduation sur verre des thermomètres, il suffit de passer sur la tige au moyen du doigt ou d’un tampon un peu de céruse broyée à l’huile, après séchage de quelques jours on enlève 1 excédent par frottement léger. Les traits ainsi obtenus sont blancs. Si on les désire noirs, une exposition aux vapeurs d’hydrogène sulfuré donne rapidement ce résultat. i° Le liquide le plus pratique pour empêcher la congélation dans les compteurs à gaz, est un mélange de 1 partie d’alcool dénaturé et de 4 parties d’eau, de manière à faire un volume total de 10 litres pour le compteur de 5 becs. 20 litres pour celui de 10 becs et 35 litres pour le compteur de 20 becs. Ij.a glycérine n’est pas à conseiller, car elle présente
- I inconvénient de retarder le mouvement des aubes à cause de sa viscosité. 3° Pour couper le verre, on commence par faire un trait à la lime à l’endroit où doit commencer la coupure, on applique à cet endroit l’extrémité d’une baguette de verre rougie au chalumeau, lorsqu’un claquement s’est fait entendre, on place la baguette rougie à nouveau, un peu en arrière de la fêlure et no procède ainsi de proche en proche jusqu’à ce que l’on ait fait le tour de l’objet. Un peu d’expérience est nécessaire pour conduire la cassure à son gré, mais on l’acquiert rapidement, on facilite du reste l’opéra’tion en traçant au préalable sur le verre un trait léger à 1 encre qu’on laisse sécher et qui sert de guide.
- T. S. P. — M. Pasquet, à Chalo-St-Mars (Seine-et-Oise). Les descentes d’antennes réalisées à travers une cheminée ne sont pas à recommander. Les résultats dépendent d’ailleurs évidemment de la construction de la cheminée. Il est toujours préférable d’avoir un fil de descente éloigné des murs et passant, par exemple, par la vitre d’une fenêtre.
- Il vaudrait mieux employer un cadre, surtout pour la réception des ondes courtes. Sinon vous pouvez" faire un essai avec le fil d’antenne en câble isolé à la gutta.
- II sera bon, sans doute, d’employer une prise de terre indépendante, ou simplement un contrepoids électrique, afin d’éliminer autant que possible les influences pex--turbatrices des fils de lumière, bien qu’à notre avis, ils soient peu gênants étant donnée leur position.
- M Laboulais, au Havre. —- Avec le dispositif super-hétérodyne il est bon d’utiliser un amplificateur pour ondes longues comportant au moins 3 ou 3 étages H. F. avant la détection.
- Yous pourrez trouver dans le Poste de VAmateur de T. S. F. des renseignements pour l’établissement du dispositif.
- Pour recevoir les longueurs d’onde moyennes il est évidemment nécessaire que vos circuits grandes-ondes soient accordés sur une très grande longueur d’onde, i5 000 ou 20000 m. par exemple. L’hétérodyne, qui produit les battements, doit aussi pouvoir émettre des ondes locales de longueurs d’onde correspondantes, de 200 m. à 3ooo m. en général.
- Yotre montage avec amplificateur à 4 étages H. F. à résistances et 1 étage à B. F. peut parfaitement convenir.
- Voici également la réponse à vos demandes adressées à Radio-Revue.
- i° Yous pouvez utiliser pour votre cadre petites ondes du fil 6/10 mm ou 8/10 mm, doublé ou triplé, ou du câble à brins isolés; on peut trouver au détail du câble de ce modèle à la maison Dubois, 211, boulevard Saint-Germain à Paris.
- 20 Yos résultats sont bons, étant donné que votre amplificateur grandes ondes ne comprend qu’un seul étage à H. F. Vous les améliorerez en employant votre amplificateur comportait plusieurs étages à résistances.
- 3° Pour recevoir les" ondes moyennes il suffit de changer les circuits oscillants et l’hétérodyne comme nous l’avons indiqué plus haut.
- Vous trouverez des détails sur la construction d’une hétérodyne pour ondes moyennes dans le Poste de VAmateur de T. S. F. ou dans le Manuel pratique de T. S. F. de Branger (Chiron, éditeur, é\o, rue de Seine, Paris).
- M. France de Tersant, à Cardiff (Grande-Bretagne).
- — Yous pouvez trouver dans le Poste de l Amateur de T. S. F. des schémas d'hétérodynes pour ondes courtes. ' Le système que vous nous indiquez ne peut nullement remplacer cet appareil.
- M. Ckarvohn. à Porl-sur-Saône (Haute-Saône). — Il nous semble qu’avec votre montage il est possible d’avoir de bonnes réceptions des P. T. T. et même des po>tes anglais; l’insuccès actuel doit provenir d’un accord d’antenne mal réalisé, et de circuits de couplage comportant des inductances beaucoup trop élevées. Veuillez nous indiquer, par un schéma exact, votre montage actuel afin que nous puissions vous guider efficacement.
- M. Dommange, à Gan (Basses-Pyrénées). — Pour obtenir de bonnes réceptions en haut-parleur sur cadre des ondes moyennes et des ondes courtes à 25o km de Paris il faut employer 2 ou 3 étages H. F., 1 détecteur et 2 BF. Les amplificateurs les plus simples sont les amplificateurs à selfs avec ou sans fer ; voici les adresses de quelques constructeurs :
- Etablissements Radio LL, 66, rue de l’Université, Paris.
- Etablissements G. M. R., 8, boulevard de Yaugirard, Paris.
- Etablissements Ducretet, ;5, rue Claude-Bernard, Paris.
- 20 Employez de préférence un cadre en tambour pour les ondes moyennes, et en spirale plate pour les ondes courtes. Diamètre de 1 m. à 2 m., 25 à 35 spires suivant les dimensions pour les ondes moyennes, 6 à "ïo spires pour les ondes courtes.
- Ces cadres sont très faciles à établir soi-même ; vous pouvez trouver des détails de construction dans le Poste de l’Amateur de T. S. F.
- Voici d’ailleurs l’adresse d’un constructeur spécialiste :
- Lagadec, 60, rue Baudricourt, Paris.
- L’Omnium Electric, à Nantes, — Etant données l’heure et la longueur d’onde des émissions radiotéléphoniques que vous avez entendues, celles-ci proviennent sans doute de postes américains, à moins qu’il ne se trouve des amateurs humoristes dans votre voisinage.
- Cette dernière éventualité est d’ailleurs très improbable, puisque vous avez constaté des phénomènes de « fading ».
- Vos résultats, étant donné l’appareil que vous utilisez sont donc intéressants et peuvent s’expliquer seulement par la position privilégiée de votre ville. Nous vous serions obligés de nous indiquer si vous avez pu obtenir à nouveau des résultats comparables.
- M. F. Turries, Le Lauzet (Basses-Alpes). — i° Nous ne croyons pas que normalement la réception sur galène des concerts de Fl et de Radiola soit possible à la distance à laquelle vous vous trouvez.
- 20 Le poste de Nice ne transmet plus actuellement-, le poste de Lyon est assez faible, croyons-nous.
- 3° Pour recevoir les radio-concerts sur ondes moyennes (Fl : 2600 m. S. F. R. : 1786 m.), vous, pouvez utiliser un amplificateur à résistances ou à selfs. Un montage d’accord en dérivation suffit pour débuter. Remarquez d’ailleurs que le poste de Lyomtransmet sous 470 m. (Voir horaire publié par La Nature.)
- j° Vous pouvez employer une antenne en parapluie. Auparavant, il vous sera loisible d essayer les résultats produits par une antenne unifilaire d’une centaine de mètres de longueur; il est bien difficile de donner des
- -«h 5 Wr
- p.r16 - vue 446/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- conseils a priori sans se rendre compte de la disposition des lieux, lorsque le poste de réception doit être installé au fond d’une vallée.
- 5° Le droit de statistique de 10 francs vient d’être supprimé; il suffit de faire une déclaration à l’administration des P. T. T.
- ><^D
- BIBLIOGRAPHIE
- Annuaire de la T. S. F. (iro année), publié sous le patro- I nage de la Société des Amis de la T. S. F. i vol. 1200 p., Chiron, éditeur, Paris, 1923. Prix : 3o fr.
- Yoici un ouvrage dont le besoin se faisait sentir d'une façon pressante et qui trouvera certainement un excellent accueil parmi les amateurs de T. S. F. chaque jour plus nombreux. On y trouve rassemblés une foule de renseignements nécessaires ou utiles, dont on aura une idée par l’énumération qui suit : une première partie reproduit les conventions internationales qui régissent les radiocommunications, résume les législations et réglementations particulières des principaux pays et donne un aperçu de l’organisation de la T. S. F. dans chacun d’eux. On y trouve également des détails sur les émissions publiques des divers postes de France. Vient ensuite la liste complète et alphabétique de tous les indicatifs d’appel enregistrés au bureau de Berne, puis un répertoire général de tous les postes de T. S. F. M. Malgorn a rédigé en 3ao pages un excellent formulaire de la T. S. F. qui résume les connaissances techniques indispensables à tout praticien. L’ouvrage comprend encore un lexique en 5 langues des termes de la T. S. F., la liste des Sociétés de T. S. F. en France et à l’étranger, un chapitre descriptif consacré aux grands postes, et un répertoire des fournisseurs de la T. S. F.
- Les ondes courtes (émission, réception, construction des appareils), par À. Clavier, 5° édition entièrement refondue. 1 vol. 96 p., 60 fig. Chiron. Paris, 1923.
- Les ondes courtes en T. S. F. sont celles dont la longueur ne dépasse pas 200 m. Elles sont actuellement réservées aux postes d’émission d’amateurs et ont donné lieu à des expériences et des montages extrêmement intéressants. L’excellente monographie de M. Clavier, refondue pour tenir compte des récents progrès apportés à la technique de ces ondes, contient sous une forme très claire et avec des détails très précis tous les renseignements qui peuvent être utile» à l'amateur.
- Appareils de mesure électriques, par M. Chirot, i vol., 33a p., 206 fig. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1923. Prix cartonné : 12 francs.
- Après un rappel des notions générales d’électricité, l’auteur décrit les principaux appareils de mesures électriques industrielles : galvanomètres, ampèremètres, voltmètres, électrodynamomètres, appareils enregistreurs, wattmèlres, transformateurs de mesure, compteurs, etc. Puis il montre comment on procède aux mesures de résistances, d’intensités, de différence de potentiel, de puissance, de capacité, de self, de flux, de perméabilité. Il termine par quelques indications sur la construction des appareils de mesure.
- Une science nouvelle. La science des vibrations atomiques, par Henri Mager, i vol. in-8, i5i p., 5o fig. Dunod, Paris. Prix : 16 francs.
- M. Henri Mager prétend avoir découvert une propriété des atomes, jusqu’ici insoupçonnée, d’être entourés, dans de certaines conditions, d’un champ de force de large dimension. Il décrit de singulières détections qu’il a réalisées grâce à la sensibilité propre à ces vibrations atomiques et il n’hésite pas à y voir des applications variées à la recherche des eaux souterraines et des gîtes miniers, à l’analyse physique, chimique et biologique, etc. Il ne reste à contrôler que la réalité de ces vibrations,
- Pour comprendre la mer, par J. Rouen, 256 p., 200 gravures et i3 planches. Hachette, Paris 1923. Prix relié : i5 francs.
- Un ouvrage sur la mer est nécessairement conçu de façon fort différente, suivant que l’auteur est un écrivain ou un géographe, un naturaliste ou ud marin. On comprend qu’un officier de marine ait accordé*la plus grande importance au point de vue naval, aux flottes militaires et marchandes, à l’organisation des ports et aussi à la météorologie maritime. Mais le côté géographique n’est pas négligé, non plus que la faune et la flore, marine et côtière; la pêche occupe une grande place. Les touristes comme la jeunesse scolaire trouveront réunies dans ce livre les notions pratiques et techniques sur la mer dont ils peuvent avoir besoin.
- Béchamp or Pastor? A lost Chapter in the History ot Biology, par E. Douglas Hume, i vol. in-8°, 296 p., i portrait. Simpkin, Marshall, Hamiiton, Kent and Co, London. Prix : relié 6 sh.
- Curieux livre dont on parle beaucoup en ce moment en Angleterre. L’auteur a entrepris de ruiner la réputation mondiale de Pasteur et de mettre en premier plan la figure d’un autre Français : Béchamp.
- Antoine Béchamp, professeur à la Faculté de Montpellier, puis à Strasbourg, et enfin doyen de la Faculté catholique de Médecine de Lille, a étudié les fermentations à la même époque que Pasteur; il s’est occupé notamment du vin, du lait, des maladies des vers à soie. Il vit dans les ferments une activité vivante de constituants cellulaires, les microzymas, bien plus qu’une action microbienne, premier épisode de l’opposition de la théorie de la spécificité microbienne et de celle de l’influence du milieu.
- Les faits précis apportés par l’auteur dans les premiers chapitres sont troublants ; ils montreraient l’antériorité des découvertes de Béchamp sur celles de Pasteur en ce qui concerne la génération spontanée et les maladies des vers à soie, et le silence de Pasteur à l’égard de son devancier. Les autres chapitres sur la rage, les vaccins et sérums, bien que contenant diverses vérités, rappellent trop les discussions passionnées qui s’élevèrent lors des découvertes de l’école pastorienne.
- L’ensemble forme un réquisitoire sévère, ardent, fort intéressant à lire parce qu’il tente de troubler nos croyances sur de nombreuses questions bactériologiques.
- Répertoire d'hygiène et de médecine sociales, par le Dr L.-H. Dejust. i vol. in-8, 233 p. Union des Syndicats médicaux de France, Paris. Prix : 10 francs.
- Inventaire méthodique et fort complet de toutes les ressources sociales dont disposent actuellement l’hygiène et la médecine ; lois, décrets et règlements d’une part, organisations de recherches, d’enseignement, de propagande, de lutte contre les maladies sociales et les épidémies d’autre part.
- Nos plantes médicinales de France, 2e série de 8 fiches en couleurs publiées par le Comité interministériel des plantes médicinales et à essences. Montaudou, Paris. Prix ; 1 franc.
- Chacune des 8 fiches, consacrées à la fougère mâle, au pin sylvestre, au peuplier noir, au tussilage, au pied-de-chat, au pissenlit, à l’ortie blanche, à l'adonis, présente au recto la plante et ses parties caractéristiques reproduites exactement en couleurs, au verso un texte renseignant sur l’habitat, les caractères botaniques, la récolte, le séchage, l’utilisation de l’espèce.
- p.2x15 - vue 447/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2598
- 19 Janvier 1924
- f$f/
- <
- INFORMAT! ON%
- __'
- \y>
- uioïyws!
- >
- Les inondations. — Le mois de décembre a été abondamment et uniformément pluvieux sur presque toute la France et en particulier sur le bassin de la Seine. La conséquence obligée de cette situation météorologique a été une série de crues de la plupart des cours d’eau. La plus grave a été celle de la Seine qui a, un instant, menacé de battre le record de 1910. La crue a commencé à Paris dans la dernière semaine de décembre et, dès le 28, elle atteignait la hauteur sérieuse de 4 m. 54 au pont de la Tournelle. A partir de cette date, la montée des eaux est rapide : le jeudi 3 janvier à midi on note 6 m. 5o au pont de la Tournelle ; le vendredi 4:6 m. 76; le samedi 5:6 m. 94 et enfin le dimanche 6, le maximum 7 m. 18; la Seine a commencé à baisser dans la nuit suivante.
- En 1910, la hauteur maxima observée le 29 janvier au pont de la Tournelle avait été de 8 m. 5o. La plus forte crue des temps modernes reste celle de 1G58, qui donna le 27 février 8 m. 81 au pont de la Tournelle.
- Comme en 1910, le maximum de la crue à Paris a été provoqué par l’arrivée simultanée des crues de la Marne et de la Haute Seine.
- On se souvient des immenses dégâts causés à Paris et dans sa banlieue par la crue de 1910: une vaste superficie de la ville recouverte par les eaux, les moyens de communication : chemins de fer, tramways, téléphones entièrement désorganisés ; l’électricité interrompue, etc. Les dégâts constatés en 1924 sont sérieux, mais n’atteignent pas, et de loin, fort heureusement, ceux de 1910. La banlieue, moins protégée que la capitale, a plus souffert. Mais, dans Paris, la crue de la Seine n’aurait eu cette année que des conséquences assez anodines, sans un accident survenu au mur de quai de la ligne des Invalides. Ce mur, en s’effondrant sur une longueur de 70 m., a ouvert aux eaux une vaste brèche par laquelle elles ont envahi la ligne du chemin de fer électrique de Versailles, et toute la gare du Champ-de-Mars, menaçant les quartiers bas de Grenelle.
- Le système de protection de la capitale qui, rap-pelons-Ie, est dû au grand ingénieur Belgrand, et qui a été complété sur certains points depuis 1910, conformément aux vues de son auteur, a donc fonctionné cette année d’une façon relativement satisfaisante. Mais Belgrand ne s’était jamais dissimulé que l’exhaussement des quais et la disposition rationnelle du réseau d’égouts, n’étaient que des palliatifs rigoureusement insuffisants en cas de très forte crue. Dès 1866, en collaboration avec M. Georges Lemoine, il préconisait la création de réservoirs d’arrêt construits dans les régions d’amont de la Seine et de ses affluents principaux ; on n’a exécuté que deux de ces réservoirs ; l’un sur l’Ar-mançon, l’autre sur la Cure. Le programme de Belgrand a été remis récemment à Tordre du jour par divers auteurs. Il exige aujourd’hui des dépenses énormes, probablement incompatibles avec les ressources du
- pays-
- La nouvelle comète Reid et la comète d’Arrest.
- — Nous avons fait part (n* 2095) de la découverte de la comète Reid (1923 b). La circulaire n° 3i du Bureau Central astronomique, à Copenhague, annonce, d’après l’Observatoire de Greenwich, que cette comète n’est autre que la comète périodique d’Arrest. La même circulaire contient le calcul d’une éphéméride pour le mois de décembre. La comète, de déclinaison assez australe,
- — - 25° 14/ le ior décembre, atteint —i8°6' le 29. La circulaire n° 3î contient l’éphéméride pour janvier 1924. A la fin de ce mois, la déclinaison n’ést plus que de
- — 9°4o/- La comète s’approche donc de l'hémisphère boréal.
- La comète périodique d’Arrest a été découverte en i85i. Elle fait partie du groupe des comètes qui ont leur aphélie vers l’orbite de Jupiter. Sa révolution autour du Soleil s’accomplit en 6,55 ans. Son éclat est généralement très faible. Lors de son retour de 1910, il était de la 140 grandeur.
- L’électrification du réseau P.-L.-M. — Nos lecteurs savent avec quelle activité sont poussés les travaux d’électrification des voies ferrées françaises, sur le
- réseau du Midi d’abord qui le premier s’est lancé à fond dans cette voie, puis sur l’Orléans. Le P.-L.-M., qui dessert la région de France la mieux dotée en énergie hydraulique, aborde à son tour l’électrification d’une partie de son reseau. Il a dresse un programme qui porte sur l’équipement de plusieurs milliers de kilomètres ; il vise d’une part la banlieue parisienne, d’autre part la région comprise entre Lyon et la Méditerranée, où l’on compte électrifier progressivement 3ooo km dé lignes et de ce chef réaliser une économie annuelle de 1 million de tonnes de houille. On électrifiera tout d’abord la ligue de Culoz-Modane, qui servira en quelque sorte de ligne d'expériences, puis la ligne Marseille-Vinti-mille sur la section Carnoules-Vintimille ainsi que les embranchements Cannes-Grasse et Nice-Breil.
- Le courant nécessaire à l’électrification de ces lignes sera fourni par des entreprises privées : politique différente de celle des deux autres réseaux qui se sont assuré la propriété des usines électriques destinées à alimenter leurs locomotives, différence qui s’explique sans doute par le fait que les meilleures chutes des Alpes sont depuis longtemps mises en valeur et qu’il est difficile aujourd’hui de trouver dans ces régions des mines de houille blanche disponibles.
- Le courant necessaire à la ligne Culoz-Modane sera fourni par les usines Paul Girod, situées sur l’Arly, le Doron de Beaufort et le Bonnant. La puissance moyenne disponible de ces établissements sera sous peu de 3oooo kilowatts et on compte la pousser jusqu’à 55ooo kilowatts, grâce à l’aménagement de lacs-réservoirs. Ces puissances suffiront largement pour assurer le service de la ligne Culoz-Modane qui au début n’exigera que 3o 000 000 de kilowatts-heure par an avec des pointes de puissance de i5 000 kilowatts au maximum.
- Le système de traction sera le courant- continu à i5oo volts, les usines génératrices fourniront du courant triphasé à 45 000 volts qui sera transformé en courant continu dans 8 sous-stations échelonnées le long de la ligne. Celle-ci mesure en tout 135 km de long.
- Le matériel pour l’équipement de cette ligne est déjà commandé et les premières locomotives feront leurs essais dès le printemps 1924.
- La section à électrifier sur la ligne Marseille-Vinti-mille aura 158 km de développement. L’énergie électrique lui sera fournie par la Société l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen qui possède, comme on le sait, un vaste réseau de distribution couvrant toute la Provence, alimenté par les chutes de la Durance et de la Tinée, elles-mêmes secondées par des usines thermiques. La ligne électrique absorbera par an environ 60 millions de kilowatts-heure avec des pointes de puissance de 20000 kilowatts au maximum.
- L’énergie électrique sera amenée aux sous-stations de transformation par un réseau spécial à très haute tension (120000 ou i5oooo volts en courants alternatifs). Neuf sous-stations transformeront ce courant en courant continu i5oo volts.
- Le développement du port de Cherbourg. — Cherbourg est un port d'escale pour les transatlantiques qui font le service entre les Etats-Unis et l’Europe, et son importance à cet égard augmente chaque année. Ainsi, en 1922, le mouvement des passagers s’est élevé à 124 000 personnes. Cherbourg doit cette situation avantageuse tout d’abord à sa position géographique, puis à sa rade et à l’abri que lui assure son immense digue, un des plus étonnants ouvrages du genre qui existent au monde. Longue de près de 4 km, large de 200 m. à la base et de 9 m. au sommet, elle a été, on le sait, commencée sous Louis XVI en 1783. L’illustre Meusnier, collaborateur de Lavoisier, inventeur du dirigeable, tue glorieusement comme général au siège de Mayence, y fit ses débuts d’ingénieur militaire. Cette digue, dont les travaux se continuèrent sous Napoléon Iar, la Restauration et Louis-Philippe, ne fut achevée qu’en 1858 sous Napoléon III. Elle assure aujourd’hui aux plus gigantesques transatlantiques l’abri nécessaire pour effectuer en toute sécurité l’embarquement et le débarquement de leurs passagers. Ces opérations s’effectuent actuellement par transbordement sur des bâtiments en service
- <iz>
- 3
- p.2x16 - vue 448/688
-
-
-
- LEÇONS CHEZ SOI
- PAR CORRESPONDANCE - SANS DÉPLACEMENT
- Vous pouvez profiter des leçons pratiques de i’ECOLE PIGIER : Commerce — Calcul rapide Finance — Ecriture expédiée Calligraphie — Langues — Tenue des Livres — Sténo-Dactylo Correspondance commerciale ~ Droit « Dessin industriel T\eprésentatwn — Publicité — Coupe — Couture, efc.
- DIPLOMES — EMPLOIS
- L’Ecole Pigier prépare, en outre, par correspondance, à tous les examens (Brevets, Baccalauréats) et aux carrières administratives.
- ECOLES PIGIER, 53, rue de Rivoli, PARIS
- 19, boulevard Poissonnière — 5, rue Saint-Denis (Châtelet) — 147, rue de Rennes LEÇONS LE JOUR, LE SOIR OU PAR CORRESPONDANCE
- 73 années de succès — 11 Grands Prix — 45 Médailles d’Or — 67 Ecoles en Province Envoi gratuit du Programme et de la brochure ** Situations fl
- 1RAVAUX DE COMPTABILITÉ : Organisation — Mise à jour — Vérification, etc.
- jPour devenir partait pianiste
- n GINAT DE pbano
- Cours 3111 fl 3 p»CORRESPONDANCE
- Enseigne tout ce que les leçons orales n’enseignent jamais. Donne son splendide, virtuosité, sûreté du jeu. — Permet d’étudier seul avec grand profit. — Rend facile tout ce qui semblait difficile. Cours SINAT d’HARMONIE, pour composer, nccomn»ftn.er. im-roviser. «=. Explique tout, fait tout comprendre : VIOLON, Solfège, CHaNT, MANDOLINE, par correspondance.
- Demander très intéressant Programme gratuit et franco. AVSINAT'l.Rue Jean-Bologne,Paris(i6').n/./lutauU 25*14.
- MACHINE A CALCULER
- DACTYLE
- (Fabrication française)
- Douze jVIoctèles
- différents
- MACHINES
- “MINIATURE ”
- FAIT TOUTES LES OPÉRATIONS
- Catalogues et Henseignements franco sur déniant/e
- DEJO UX Sc Cie, 4, rue Lafayette, PARIS
- R. C. Seine 73; 185.. Tel. : Central 23.71.
- le VERASCOPE RICHARD
- ou JUMELLE STEREOSCOPIQUE Brevetée S. G. H. G.
- est toujours la MERVEILLE PHOTOGRAPHIQUE
- il donne Ijimage vraie garantie superposable avec la nature comme grandeur et comme relief —v® Ç*est Iq docurrjérjt absolû enregistré
- " Pour les débutants en photographie | VOUACPADI^ Breveté Jumelle stéréoscopique à plaques 45x107 V3 La I rn v/ OvU C. S.G.D.G. U est le moins CHER les appareils stéréoscopiques
- TAXIPH.OTES à COURT FOYER sYS4*
- Modèle optique à DEUX FOYERS servant à volonté — Modèle mécanique _
- | 9 JJyJ’ Breveté Permet de faire 27 vues stéréoscopiques sur pellicules cinématographiques
- NOUVEAU !
- S. G. b. G
- en. bobines se chargeant en plein jour.
- VENTE AU DÉTAIL
- 4 0, Rue Halévy (Opéra) Envoi franc» des Koticea illustrée*.
- Étabr Jules RICHARD (S“A-)
- 25, Rue Mélinroe. PARIS !
- Reg. C. t Seine 174.227,.
- 48 XVII g*»
- N* a5g8.
- p.2x17 - vue 449/688
-
-
-
- lAccumulateur n est plus un souci
- grâce au
- Redresseur» CollecteurTournant
- L. ROSENGART
- BTJ S.G.D.O.
- 'V w
- Le seul qui. sur simple, prise de courant de lumière
- Recharge
- avec sécurité, facilement, économiquement.
- tous h Accumulateurs sur Courant alternatif.
- Redresse toutes tensions jusqu'à lOOO volts
- Notice gratuite sur demande 21. Av des Champs- Elysées. PAR IS élyseësh ssE eo
- mrnmmmfmftciièWDVP/m pans
- R. C. SEINE N° 96.054
- Vti? la description dans « La Nature » du 3i mars 1923.
- MASSON ET C1*, Éditeurs, bout, Saint-Germain, 120, PARIS.
- Les Recettes et Procédés utiles de “ La Nature ff
- Cinq volumes in-8, reliés toile.
- Chaque volume séparément... 6 fr.
- La Maison — L/’Atelier — Le Laboratoire La Campagne — L/es Sports
- -BAZAR D ÉLECTRICITÉ!
- 34, Boulevard Henri-IV, Paris — Tél. Arch. 34-12 Reg. C. » Seine J55.563.
- TÉLÉPHONIE & TÉLÉGRAPHIÉ SANS FIL
- Appareils et tontes Pièces détachées
- Envoi du Prix-courant contre 0 fr. 50
- LUMIÈRE (Appareillage et Lustrerie) SONNERIE, TÉLÉPHONE, APPAREILLAGE AUTO
- et toutes applications de l’électricité
- Catalogue général : 0 fr. 25
- LE CINEO
- MODÈLE 1923-1924 «=§® «=§» «sfe»
- LE MEILLEUR — LE MOINS CHER des CINÉMAS de Salon
- e csneo
- Se compose : 1° D’un projecteur à croix de Malte en acier dans un carter à bain d’huile, objectif foyer au choix, enrouleuse automatique à l’arrière ou à l’avant, bras supérieur avec réenrouleuse; 2° D’une lanterne tôle forte avec condensateur et cône, éclairage par lampe à incandescence 600 ou 1200 bougies fonctionnant directement sur courant 110 volts; 3° De deux bobines pour 400 mètres de film, prise de courant, interrupteur, fil, etc-Le tout monté sur un plateau chêne verni et enfermé dans un coffre en métal verni. L’appareil complet, prêt à fonctionner. . . . . . .Fr. &50. » Le même, fonctionnant avec moteur et rhéostat . . Fr. 800. * Demander Catalogue B.
- Établissements E. LAVAL, Constructeurs 10 et 10 bis, Boulevard Bonne-Nouvelle, PARIS Reg. C. : Paris 90.357.
- CLOTURE Grillagée
- V.
- PRIX 1 1-00 de Haut 2.75 , au > 1-20 — 3 30
- mètre ) 1-50 — 3 90
- courant/ 2-00 — 4 901
- Comprit lupoortt an ter, (fl d» fer, raldietenrt,grillage et (Il pw*Xtach,
- TH1QI.QN, Fab*, 16, Rue du Louvre, PARIS.
- ENVOI . FRANCO PU CATALOGU1 N» 5
- Reg. C. t 210.77 S B.
- T.S.F.
- 20 ù 40
- de remise
- 0
- VENTE DIRECTE du Fabricant à l’Amateur Notice IV franco ROLLEX. 18, Boulevard de la Bastille, PARIS
- m -i 1 ii mu" ‘i ni............................. un imh
- r,*'*WrlStrf«lt28«i
- NOTICE FRANCO
- LIVRAISON POUR TOUS PAYS
- Monobloc
- Le plus parfait des Appareils Stéréoscocopiques
- Les Plus Jolies Photographies
- en relief, noir et couleurs, sont obtenues avec
- MONOBLOC
- Appareils Ciné pour Amateurs
- 1 JMHJiEBElt G“, 31 .Boni. Salnt-Gcrmaln, PfiBIS
- Téléphone : GOBELINS 25-56. ______________Reg. C. : Seine 188,958.________
- m a vin
- p.2x18 - vue 450/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- appartmant aux diverses Compagnies qui utilisent l’escale de Cherbourg. Pour meure le porl de Cherbourg à la hauteur du tralie. toujours croissaut qui lui est assuré, des travaux ont èlé jugés nécessaires, et vont être incessamment entrepris; iis ont pour objet d'une part d étendre la gare mai itime Pt les voies fermées nécessaires pour la formation des trains transatlantiques, d’autre part d'offrir aux bâtiments transporteurs des facilités d’accostage en eau profonde par tous les temps.
- Les travaux mariâmes préwis à cet effet comportent la construction, à l’intérieur de la rade, d’une seconde rade de petites dimensions qui sera formée d’une part par la jetée du Homet déjà existante, d’autre part par une jetée nouvelle, dite des Flamands, longue de i i)6 m. Entre ces deux jetees existera une passe large de 5oo mètres.
- Ces travaux seront complétés par la création d’un môle pour l’accostage, avec une souille creusée à la cote —5 et des pieux en béton armé pour soutenir le dispositif d’accostage et de débarquement.
- Le coût des travaux maritimes s'élèvera à i5 millions.
- Les micas artificiels. — Depuis longtemps, les Allemands ont produit des agglomérés de déchets de feuilles de mica, avec de la gomme laque, en vue des applications ordinaires du mica.
- Ces agglomérés ont connu une grande vogue; en effet, les grandes plaques de mica sont très chères et réservées aux poêles à combustion lente.
- Au contraire, les plaques composites de mica et de gomme laque permettent 1 utilisation des déchets en vue de l’industrie électrique
- En France, il existe à notre connaissance plusieurs usines s’occupant de cet article :
- ' La General Electric C° de New-York a trouvé une maiiere i olanie, insoluble dans les huiles et dans l’eau et i|ue )5i ° C. ne détériorent pas.
- On condense de la glycérine et de l’anhydride phtalique (13r. augl. 2ü3 23^ du 8 novembre 192*), dit-on, en présence d’nn liant, composé de plaques de micas (déchets) Cene reaction se passerait en un milieu arè-touiq ie. Ou presse, sous une tempé'ature de 175° C. La polym' risatiou a lieu et l’acetone est éliminée par la chaleur. Ou moule les plaques obtenues à 260° C. et l’on complète la polymérisation à 3oo° C. On refroidit alors à la température ambiante en maintenant la pression. Albert Hutin.
- Utilisations industrielles de l’acacia. — Dans le Journal of the Royal Society of Arts, de Londres, M. K.-C. Sriuivasan (Consulting Glue Chemist, Depar tment of Industries, Madras) faut connaître les résultats de ses recherches expérimentales sur la teneur en tanin à l’opiimum de teu peraiur> d extraction, et les propriétés tannantes de i’ecorce d'Acacia decurrens, qui croît dans la partie méridionale de l'Inde britannique.
- Les analyses d’écorces sèches ont montié qu’elles peuvent supporter la comparaison avec la composition des extraits tannants produits dans d’autres pays. A l’optimum de température : 6o°, le rapport entre non taniu et tanin est le moins élevé et c’est à 6o° qu’on put extraire la plus grande quantité de tanin.
- La valeur de l’écorce carie avec 1 âge de l'arbre. Des écorces de branches d arbn s âgés de 1, 2, 3, 4 et 5 «ns ont donné respectivement, 18,07; 24,37; 26,97; 27,64; 39,07 pour 100 de taniu. Plus i’écorce est épaisse plus ëlle a de valeur pour la production de tanin.
- La gomme (exsudât) de Y Acacia decurrens a une valeur d’environ 1 livre sterling et 10 shillings, par hundredweight, soit, au pair, 74 fr. 5o le quintal.
- Des exp> riences ont monlré que les écorces épuisées peuvent fournir environ 3o pour 100 de bonne pulpe à papier, très feutrable, facile à blanchir jusqu'à une agréable couleur cendrée. Ces écorces épuisées contiennent 41,2 pour 100 de cellulose, la longueur des fibres élémentaires est r mm 2, mais elle est variable.
- Le bois d’acacia peut fournir environ 61 pour 100 de cellulose et 5o pour 100 de pâle utilisable pour la fabrication du carton.
- La cendre a, elle aussi, une grande valeur économique. Elle contient, pour 100:9,80 d humidité libre, 3,61 d’humidité combinée. 8,77 de carbonate de potassium, 3,10 de carbonate de sodium, 77,50 de carbonate de calcium et 4,60 de phosphate de calcium.
- Les cuirs factices américains. — L’utilisation du cuir factice, jadis as-ez restreinte aux Etais-Lnis par suite de la médiocrité des imitations de peau offertes au commerce, s’est généralisée, surtout depuis la fiu de la guerre, au point de figurer dans un graud nombre d’industries, notamment dans celles du vêlement et de la chaussux-e, daus celles de l’ameublement, des articles de voyage, de la reliure, de la papeterie, e'c., mais principalement peut-être dans celle de l’automobile.
- 11 existe différentes variétés de cuir factice américain dont l’ensemble, nous dit Y Exportateur américain, fait l’objet d’un vaste commerce tant intérieur que d’exportation (plus d’un million de dollars en 1922-1923 pour ce dernier commerce). Les procédés de fabrication, sans avoir subi des tr«tnsformaâons radicales, ont toutefois été soumis depuis quelques années à des améliorations successives effectuées au fur et à mesure des progrès scientifiques et industriels, et c est surtout dans la production de la variété toile-cuir ou moleskine que le résultat de ces améliorations est apparent.
- On désigne sous le nom de cuir factice, cuir comprimé, toile-cuir, carton-cuir, cuir artificiel, etc,, toutes les différentes variétés d’imitation ue cuir.
- L’aiticle cotumunénunt appelé cuir factice est formé de débris de cuir de toutes sortes réunis les uns aux autres par une colle imperméable à base de gélatine, que l’on comprime à la presse hydraulique et que Ion fait ensuite sécher à l’air libre ou à î’etuve. On peut également le fabriquer en faisant bouillir les débris de cuir véritable dans un autoclave avec leur poids d’eau, sous la pression de 3 atmo-phères, ce qui donne un magma que l’on soumet à l’action de la presse et du laminoir. Ce cuir factice est notamment utilisé dans la fabrication des pièces pour la chaussure (contreforts, semelles, etc.).
- Le cuir comprimé est constitué par des débris de cuir déchiquetés et mêlés à une substance agglu inante, irnperméatde etélasti |ue (dissolution dç coite forte additionnée de vernis gras], de manière à former une pâte bieu homogène. En comprimant cette pâte, on obtient des feuilles ou des objets de forme indétet miuee.
- Le carton-cuir se fabrique comme le carton ordinaire, mais à l'aide de colle imperméable. Les variétés sont le canon pour toitures, le carton pour semelles, tiges, remplissage, talons de chaussures, le carton pour pla-cages, garnitures de robinets, etc.
- Le cuir artificiel est forme de déchets de cuir qu’on plonge dans une colle à l’amidon de froment, à la gomme arabique et à 1 alun, puis que l'on place dans des moules rectangulaires et qu’on bat finalem< nt au marteau. On obtient de la sorte des plaques qui, après avoir été tiempees daus une solution de savon et de soude, sont soumises à l’action de la pression, ensuite mises à sécher. g|
- La toile-cuir, article qui ressemble Beaucoup au cuir véritable et qui se prête à une infinité d’usages, s’obtient en faisaut subir une induction mécanique à la moleskine, puis en poi çant la toile ainsi enduite. Cette première série d’opérations est suivie d’une seconde., d une troisième, et plus eucore selon les cas, de même nature que la première. La ioile-cuir est alors calandrée, graissée, quadrillée, chagrinée tout comme le cuir véritable. On fait avec la toile cuir des parquets de voitu es, des capotes, des rideaux de voitures, des coussins, des fauteuils, des vêtements de sport, vareuses, gilets, jambières, etc. On l’emploie aussi dans la reliure, pour la fabrication des sous-mains, des carnets, des portefeuilles, etc , ainsi que pour celle d articles de voyages tels que uacelles, sacs, valises, sacoches, etc.
- Au point de vue de la fabrication, la toile-cuir se distingue nettement de la toile cirée et de la toile caoutchoutée attendu qu’elle se compose essentiellement d’un tissu de coton spécial, très solide, ne se réiréci-i-ant pas, et couverte de moleskine que 1 on teint soigm use-meut et que Ion enduit de plusieurs couches superposées d’une préparation à base d’huile et de nitro-glycé-rine.
- Après avoir subi les opérations du cylindrage et du séchage, la toile est reprise et travaillée de même que l’on travaille le cuir naturel, dont elle prend parfaitement et l’apparence et même les qualités.
- Il faut reconnaître que cette dernière industrie a été perfectionnée d’une façon remarquable aux Etats-Unis.
- jgj 18
- p.r17 - vue 451/688
-
-
-
- <
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Chroniques de T. S. T. <r&
- Fig. i.
- Batterie de 3 piles au bichromate en série.
- Les piles en T. S. F. (suite). — Daus notre précédente chronique (n* 2594), nous avons étudié les principes des piles employées en T. S. F.
- Nous indiquerons maintenant, avec plus de détails, comment on peututiliser et construire les différents types de piles ; puis nous décrirons les principaux modèles en vente dans le commerce, et enfin nous donnerons quelques conseils sur leur choix et leur entretien.
- Nous entreprendrons notre chronique dans l’ordre déjà suivi dans la précédente, c’est donc la pile à liquides mélangés, ou pile au bichromate, que nous allons d’abord étudier.
- Cette pile est une pile à grand débit, d’un volume assez encombrant; bien que sa force électromotrice soit voisine de 2 volts, lorsqu’elle a peu servi, elle ne peut
- être utilisée pour former une batterie deplaques,et elle est théoriquement destinée au chauffage des filaments ou à la recharge d’accumulateurs. Sa résistance intérieure, nous l’avons dit, est très faible (de quelques centième s „. d’ohm), qualité pré-
- Flg: D?UX batteri,e?1de 3 Pjlfs «» cieuse dans ce cas.
- bichromate en parallèle, pour la re- __ ,
- charge d’un accumulateur de 4 volts, , e part, une
- pue bouteille d un litre peut débiter un ampere, et sa capacité est d environ 5o ampères-heure. Il semblerait donc, qu’avec deux ou trois éléments en série, il soit possible d’alimenter directement un amplificateur à deux lampes, ou de recharger un accumulateur de petite capacité (fig. 1); avec deux batteries de trois éléments en parallèle (fig. 2) il parait également aisé d’alimenter un amplificateur à 3 lampes (exigeant un débit d’environ 2 ampères) ou de rechargée rapidement une
- batterie d’accumulateurs de 4 volts de 20 à 3o ampères-heure de capacité.
- Mais cette source d’électricité présente de nombreux inconvénients ; d’abord et surtout,malgré l’action théoriquement parfaite du dépolarisant, la tension aux bornes ne se maintient pas constante; on serait donc obligé de faire varierfré-Fig. 3.-Construction d’une pile q«emment le ^niveau du V au bichromate. *mc dans le hqulde>. OU
- de régler à chaque ins-A, couvercle eu bois paraffiné; B, i„
- lames en charbon de.cornue; C, plaque tant la man?tte ? " h w' de zinc amalgamé ; D, borne d’utilisation stat en sérié, 81 Ion de-reliée aux lames de charbon; E, borne sirait alimenter directe-reliée à la plaque deziDc; F, tige de lai- me t filameT1ts df>s
- ton supportant le zinc et la glissière. les Biaments des
- audtons.
- De plus l’entretien de la pile est délicat, le liquide est assez rapidement hors d’usage, et doit être changé avec précautions, car, en raison même de son pouvoir acide et oxydant, il produit des taches indélébiles sur les tissus, le bois et des traces fort gênantes sur les mains de l’opérateur. Le zinc doit être relevé hors du liquide lorsque la pile n’est pas en service, car il serait attaqué par l’acide, même à circuit ouvert, pur suite justement 4e lu dépolarisetiou rapide qui
- empêche la formation d’une gaine d’hydrogène autour de l’électrode. Remarquons encore qu’il convient de nettoyer souvent la surface des charbons, sur laquelle viennent se déposer des cristaux grenats de sel de chrome insolubles.
- Pour les raisons énumérées, il convient d’utiliser rarement des piles au bichromate et, en tous cas, de préférence pour la recharge d’accumulateurs de petite capacité. Elles peuvent cependant rendre quelques ser-
- Fig. 4- — Batterie de 3 piles au bichromate.
- A, bouton de comman.le de la potence à glissière; B, points d’attache des tiges de soutien des zincs; C, tiges de soutien isolantes ; D, bornes d’utilisation. Les deux tiges de charbon sont réunies dans chaque pile.
- vices à la campagne et c’est pourquoi nous allons donner des détails sommaires sur leur réalisation.
- On trouve des éléments dans le commerce à des prix modiques, et d’ailleurs on peut facilement les construire soi-même à l’aide de pièces détachées. On prendra un vase de verre ou de porcelaine d’un volume de 1 litre environ, avec un couvercle en ébonite ou simplement en bois paraffiné. A ce couvercle, on fixera deux plaques verticales en charbon de cornue, plongeant dans l’électrolyte, et maintenues par deux mâchoires ou équerres en laiton (fig. 3).
- La plaque de zinc amalgamé, placée entre les deux lames de charbon, doit avoir environ 2 cm d’épaisseur; il est nécessaire qu’elle puisse plonger à volonté dans le liquide, et puisse en être retirée entièrement lorsque la pile n’est pas en service. Elle est portée le plus souvent par l’extrémité d’une tige en laiton coulissante. Si l’on a disposé plusieurs piles en batterie (fig. 4), on peut suspendre tous les zincs à une même potence à glissière. Il est ainsi possible de mettre à la fois tous les éléments en action. Dans ce cas, il est évident que les tiges de fixation des zincs sont isolantes, ou qu'en tous cas la potence est isolante.
- L’électrolyte employé dans la pile se compose de a5o grammes d’acide sulfurique et de 120 gr. de bichromate par litre d’eau. Il faut remplacer le liquide lorsqu’il est usé (il a alors pris une teinte vert-noirâtre) et également assez souvent changer la plaque de zinc.
- La pile Callaud au sulfate de cuivre est, nous l’avons dit, une pile à deux liquides, modification de la pile
- Accumulât çur 4- volts
- Fig. 5. — Une batterie de piles au sulfate de cuivre .pour la recharge d’un accumulateur de 4 volts.
- Daniell ; c’est également une pile à grand débit qui peut servir à la recharge d’accumulateurs ; sa force électromotrice est remarquablement constante, à l’inverse de celle de la pile au bichromate, et sa résistance intérieure est assez faible : de quelques dixièmes d’ohm à quelques ohms. Par contre, la tension aux bornes n’est que de 1 volt environ, aussi est-il nécessaire d’employer 6 éléments en série (fig. 5) pour charger une batterie de 4 volts ou de charger les deux éléments d’accumulateurs l’un après l’autre, au moyen de 3 ou 4 éléments de piles. Avec une batteriç de ces piles, on pourrait également alitpeotfîr 3 lampes prdjnsdreff a pb 3 heure» par jour,
- p.r18 - vue 452/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Dans la pile DanieU, l’uu des liquides était formé par de l’acide sulfurique, dans lequel plongeait l’électrode négative en zinc, et l'autre par une solution saturée de siilfate de cuivre dans laquelle plongeait une lame de
- cuivre formant l’électrode positive. Deux vases séparés contenaient lés liquides.
- Dans la pile Càllaud, les vases distincts sont supprimés, la séparation se fait uniquement par différence de densité, des cristaux de cuivre placés au fond du vase donnent une solution plus dense que celle contenant l’acide et qui. pratiquement, ne s’y mélange pas.
- La pile Callaud peut comporter elle-même des variantes ssspz nombreuses. M. Aubert a décrit dans le n° 3o de la T. S. F. Moderne un modèle de pile de ce genre assez facile à réaliser par un amateur, et d’un usage pratique.
- Dans ce modèle (fig. 61, l’électrode négative en zinc plonge dans une solution de sulfate de zinc et l’électrode positive en cuivre dans une solution de sulfate de cuivre qui, par suite de sa plus grande densité, reste au fond du vase.
- On peut grouper ces piles en batterie, comme les piles au bichromate ; tous les zincs sont fixés à une même po-
- Fig. 6. — Principe de la pile Callaud modifiée.
- A, électrode positive en cuivre; B, solution de sulfate de cuivre; C, tube isolant recouvrant la connexion positive ; D, électrode négative ; E, solution de siilfaté dé zinc.
- 30
- Fig. -, — Batterie de 6 éléments au sulfate de cuivre.
- tence, au début ils ne plongent que de quelques centimètres dans le liquide, on les descend au fur et à mesure de leur usure.
- Ou peut réaliser un élément de plusieurs façons différentes; voici les données recommandées par M. Aubert après expériences (fig. 8).
- On peut se servir d’un vase de pile Leclanché ; l’électrode positive est formée d’une spirale de cuivre qui, développée, a 3ocmX8cm ; cette spirale est découpée dans une feuille mince en cuivre rouge de 4/1 o mm d’épaisseur. A cette électrode est attaché, et non soudé, un gros fil isolé à la gutta, l'isolant dépasse le niveau du liquide d’une dizaine de centimètres.
- La spirale de zinc formant l’électrode négative doit être bien nettoyée et rapprochée à quelques millimètres de la
- spirale de cuivre; il Fig 84 - Pile au sulfaté de cuivre. fié faut pas qü^Ué
- 1, spirale de cuivre ; 2, spirale <lc zinc ; 5, fil baigne dans lé sul-il uilaçlie dû zinc; 4>solution de sulfate de zinc; faje (je cuivre et a. solution de sulfate de cuivre avec cristaux. , , ...
- 1 electrode positive
- dépasse d’ailleurs le niveau du sulfate de cuivre. On remplit au début, tout le vase d’une solution de sulfate de zinc à io° Baume, et l’on jette au fond quelques cristaux de sulfate de cuivre; au bout dé quelques minutes, la pile fonctionne, et il suffit de renouveler dé temps en temps le sulfate de cuivre. 11 ne faut jamais laisser la solution de sulfate
- de zinc devenir trop dense, car il se produirait alors des sels grimpants gênants.
- Cette pile, par sa simplicité et s^n rendement économique, peut reudre de bons services aux amateurs.
- La pile Hydra est également une pile à deux liquides, mais à deux vases séparés. Cette pile permet d’alimenter un poste à i lampes à l’aide de 3 éléments mis en série, ou de recharger une batterie d’accumulateurs de 4 volts.
- La force électromotrice fournie est remarquablement
- 14 16 22 26 30 34 38 42 4f
- Nombre d'heures de décharge
- Fig. 9- — Courbe de décharge d’une batlei’ie de piles Hydra,
- constante, comme le montre la courbe de décharge de la batterie (fig 9).
- Chaque élément (fig. 10) est composé d’un vase extérieur carré, bakélisé, qui contient un anneau de zinc plongeant dans de l’eau salée à saturation; puis un vase poreux, rempli de liquide dépolarisant spécial, renferme un faisceau de lames rectangulaires de charbon formant l’électrode positive.
- Le dépolarisant peut être préparé suivant la formule
- suivante :
- Eau..............................7 lit.
- Acide sulfurique................ 1 lit.
- Acide chlorhydrique . . . . 1 lit.
- ou Bichromate de soude..............1 kg
- On verse d’abord l’acide sulfurique dans l’eau petit à petit, puis on ajoute le bichromate en remuant le mélange ; quand la dissolution est complète, on ajoute l acide chlorhydrique. L'eau salée, d’autre part, contient 3oo gr. de sel par litre d’eau.
- On peut aussi utiliser un sel spécial tout préparé qui sé dissout immédiatement.
- La pile peut servir environ 60 heures avec un débit d’un ampère; il faut ensuite remplacer le liquide et seulement le zinc au bout de plusieurs recharges.
- Parmi les piles à dépolarisant solide, les piles Leclanché au chlorure d ammonium, et les piles à Voxyde de cuivre, les premières à faible débit, les deuxièmes à grand débit, peuvent, nous l’avons dit, être utilisées en T. S. F. En fait, les piles du type Leclanché sont lés piles les plus employées actuellement pouf la tension de plaques. 0
- La force électromotrice de l’élément est voisine de
- Fig. 10. —4- Les éléments de la pile Hydra.
- i,5 volt; on-groupe généralement 3o éléments poür former une batterie de 4° volts en service.
- L’électrode positive, en charbon de cornue, est entourée d’un mélange à égal volume de bioxyde de manganèse en grains, et de charbon pulvérulent, de façon à favoriser la dépolarisation et à diminuer la résistance intérieure.
- L’électrolyte est une dissolution de chlorure d'ammonium à i5o gr, par litre; le liquide peut d’ailleurs être immobilisé, c'est-à-dire qu on l’additionne d’uue substance susceptible de le faire prendre en une masse compacte; la silice gélaàneuse peut servir par exemple.
- Bien que facile, la construction de cés petits éléments
- p.2x19 - vue 453/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- nP présente que peu d’intérêt, étant donnés les bas prix du commerce.
- On trouve des électrodes toutes préparées avec les
- du premier modèle permettent théoriquement le remplacement d’un élément défectueux.
- Les mérites de toutes ces batteries du commerce ne
- Fig. U. — Petits éléments Leclanché avec vases rectangulaires ou cylindriques.
- A, électrode positive ; B, électrode négative.
- vases en verre nécessaires (fig. i x). On place généralement une trentaine ou une soixantaine de ces éléments dans un coffret en bois, ce qui facilite leur transport (fig. iu). Ces batteries exigent un entretien assez minutieux;
- Fig. la. — Une batterie de piles placées dans un coffret en bois.
- en particulier il est bon de recouvrir les vases d’une couche de pétrole d’environ un centimètre de hauteur, afin d’éviter la formation de sels grimpants.
- Mais la majorité des amateurs préfèrent utiliser des
- Fig. i3. — Une batterie de piles Sessa.
- piles à liquides immobilLés du commerce (fig. 13) ; celles-ci sont présentées en batteries de 4o volts ou de 80 volts avec éléments apparents ou recouverts de cire. Il y a peut être un léger avantage de durée à utiliser des éléments recouverts de cire, bien que les batteries
- - Alimentation d’un amplificateur à 3 lampes par une batterie à oxyde de cuivre.
- Fig. i5. — Pile à oxyde de cuivre.
- peuvent différer que par le soin apporté à leur fabrication et toutes celles de bonnes marques sont équivalentes, citons les piles Slem, Mazda, Leclanché, Hydra-Gadot, etc., la principale qualité que l’on doit rechercher dans ces batteries est la faiblesse de la résistance intérieure.
- Quelques batteries, comme les piles Hellesens, présentent la particularité intéressante d être montées dans des boîtiers avec fiches de courant, ce qui permet de faire varier à volonté la tension nécessaire.
- D'autres, bien que de principe identique, sont montées avec des A, sac de toile de l’élec— éléments de formes différentes • lr?dè positive; B,cylindre en 1 <, \ , toile de cuivre ; C, poudre de
- les piles Sessa, par exemple peroxyde de cuivre : D, noyau (fig. i3), déjà décrites dans La de zinc amalgamé; Evolution Rature, et qui sont formées d’élé- accuse de potasse, meuts plats interchangeables.
- La pile à oxyde de cuivre maintenant, si elle n’a qu’une force electromotrice très constante de 0,8 volt environ par élément, peut débiter en régime normal environ i,5 ampère. En employant 6 éléments en série (fig. j4), il sera donc possible de charger assez rapidement une batterie d'accumulateurs de 4 volts, ou même d’alimenter un amplificateur à 2 ou 3 lampes (en intercalant un rhéostat de réglage).
- L’électrode négative de l’élément est un crayon de zinc amalgamé ; l’éleclrodé positive est un cylindre en toile de cuivre fine, contenu lui-même dans un sac de toile ; le sac est en outre rempli de peroxyde de cuivre en poudre. On place les deux électrodes dans un vase de verre ou de porcelaine, et
- l’on verse dans ce dernier une solution aqueuse de potasse à 25 gr. par litre de dissolution (fig i5 et 16).
- La fabrication d’une batterie de piles à oxyde de cuivré est très facile, et d’ailleurs il existe dans le commerce des pièces détachées, analogues à celles des piles de sonnerie, et des batteries entièrement montées (fig. lyj.
- Il nous resté enfin, pour terminer cètte longue, mais pourtant incomplète élude des piles, à décrire les différents modèles çle piles à dépolarisation par l’air.
- Nous avons déjà indiqué le principe de l'excëllënte
- pile Féry; cette dernière est construite en modèles différant par leurs débits, c’ést à dire par la surface des électrodes et la forme de l’élecirode positive (fig. 18).
- Fig. 16.—L’électrode positive de la pile à oxyde de cuivre.
- A, le cylindre en toile de cuivre ; 6, l’cléctrode envi loppiVé dü sii'c de toile ; G, tige de prisé dé courant.
- — Une batterie de piles à oxyde de cuivre.
- p.2x20 - vue 454/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de Lit Natur© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. 11 est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Erratum. — Les grands dirigeables rigides (n* 26^5, du 29 décembre 1923) : Une erreur d’impression s’est glissée dans le tableau de la page 410. Pour le plein d’essence du Dixmude, il faut lire, au lieu de 4a tonnes, 24 tonnes.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Lampe de poche électromagnétique commandée par le souffle : M. Lorin, 164» avenue de Sufïren, Paris.
- Réponses. — M. Blanchard, à Guingamp. — i° Un vernis à l’acétate de cellulose à 1 ou 2 pour 100 conviendra parfaitement pour protéger les objets métalliques, argent ou cuivre des émanations sulfureuses. 20 La maison Clément et Rivière, rue de la Cristallerie, à Pantin, s’occupe tout spécialement de la fabrication des vernis de ce genre.
- M. Marmion, à Asnières. — i° Une bonne préparation pour le nettoyage des objets nickelés est la suivante :
- Savon de Marseille. ... 25 grammes.
- Alcool dénaturé........ 5o —
- Eau distillée..........25o —
- Après dissolution ajouter :
- Ammoniaque liquide. . . 5o grammes.
- Tripoli fin........... 100 —
- Frotter d’abord avec un chiffon doux imbibé de la mixture, puis avec une peau de chamois sèche.
- 2“ Les articles ayant subi un polissage au gras peuvent être facilement dégraissés en les passant dans un bain bouillant de soude caustique à 5 pour 100, on rince ensuite soigneusement et sèche à la sciure.
- Arts et Métiers, à Aix. — Vous voulez très probable-
- ment parler du nickelage en noir qui est très souvent appliqué aujourd’hui, il se pratique ainsi :
- Les pièces sont d’abord nickelées comme d’habitude avec les précautions d’usage, puis on termine l’opéra-
- tion dans un bain composé de
- Sulfate double de nickel et d’ammonium. 60 gr.
- Ammoniaque . . •..........., ' • • • 5Q>~
- Hyposulfite de soude ......... 5o —
- Eau ordinaire.......................1000 —
- Ordinairement on fait usage d’un vieux bain de nickelage courant que l’on étend d’eàu et auquel on ajoute l’ammoniaque et l’hyposulfite. Les anodes sont en charbon, c’est pourquoi on peut supposer que le dépôt est un mélange de nickel et de carbone.
- T. S. F. — M. France de Tersant, à Cardiff (Angleterre). — Nous avons répondu à votre demande par la voie de la Boîte aux lettres.
- Vous pourrez trouver dans le Poste de l’Amateur de T. S. F. des schémas d’hétérodynes pour ondes courtes. Vous trouverez dans le même livre ou dans La Nature les détails de montage du dispositif super-hétérodyne.
- Avant votre amplificateur pour ondes longues, il est nécessaire de placer avant les deux circuits oscillants accordés une première lampe détectrice.
- Si le dispositif est bien monté, il possède une excellente sélectivité, bien supérieure à celle d’un montage à résonance, même à plusieurs étages.
- "M. P. Rubinrot, à Tours. — Nous ferons paraître prochainement un article sur les contrôleurs d'ondes et leur construction. Vous pouvez, dès à présent, trouver quelques renseignements sur cette question dans le n° 35 de la T. S. F. Moderne.
- M. Chalmin, à Nioro (Soudan Français). — Vous pourrez trouver dans la T. S. R. des Amateurs de Du-roquier ou dans le Poste de l’Amateur de T. S. R. d’Hémardinquer des renseignements nombreux sur les amplificateurs à résistances et leur construction.
- MASSON & C“, Éditeurs, 120, boulevard Saint-Qermain, Paris (VIe)
- UN OUVRAGE D’ACTUALITÉ
- PRÉPARATION MÉTÉOROLOGIQUE DES VOYAGES AÉRIENS
- Par J. ROUCH
- CAPITAINE DE CORVETTE, PROFESSEUR A L’ÉCOLE NAVALE
- Un volume de 60 pages, avec 18 ligures et diagrammes.. . G fr. net.
- Quelle préparation nécessite un grand voyage aérien? Quelles sont les conditions indispensables de sécurité (atmosphère, atterrissages, etc.) sans lesquelles il est dangereux de l’entreprendre? C’est ce que dit Fauteur.
- Les événements actuels donnent à cet ouvrage un intérêt poignant.
- DU MEME AUTEUR
- Manuel pratique de Météorologie. — 2,; édition. ........ 10 fr. net.
- Manuel d’Océanographie physique..........................................15 fr. net.
- m xxiu p.
- p.2x21 - vue 455/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- M. L. de la Bastide, à Chabatiais (Charente). — Yous trouverez prochainement dans La Nature une étude détaillée des montages à résonance. Comme vous le dites fort justement, il est de plus en plus nécessaire d’utiliser des montages très sélectifs afin d’éviter, autant que passible, les « brouillages » gênants.
- Nous ne connaissons pas d’articles français très détaillés sur les variomètres. Yous pourrez trouver des renseignements assez complets dans Radioélectricité .Un bon article sur le même sujet a été publié récemment par le Wireless World.
- Frère Flamien, à Montréal (Canada). — iüNous avons indiqué dans le n° 2572 de La Nature des schémas à'amplificateurs à selfs. Yous pourrez en trouver aussi dans Radioélectricité.
- 2® L’Onde Electrique est éditée parla librairie Chiron, 4o, rue de Seine, à Paris; prix de l’abonnement 3o fr. par an.
- 3° Nous ne voyons aucun inconvénient à grouper en série des piles sèches et humides pour la tension de plaque.
- 4° Yous pourrez trouver dans les Chroniques de T. S. F• de La Nature, dans le Poste de l’Amateur de T. S. F. d’Hémardinquer ou la T. S. F. des Amateurs de Duroquier, l’explication du terme « longueur d’onde
- M. Barthélémy, à Nancy. 1” Comme nous l’avons indiqué plus haut à M. de la Bastide, nous ferons paraître prochainement un article sur les montages à résonance
- 20 Pour réaliser le secondaire d’un Tesla 'devant servir à recevoir les P. T. T et les concerts anglais, vous pouvez prendre une inductance en nid d’abeilles de i5o à 200 microhenrys, soit 45 tours environ (diamètre extérieur 80 mm environ); pour Radiola et Fl, il faudra une inductance de 3ooo à 4000 microhenrys, comportant a5o tours environ.
- Le primaire dans le premier cas (avec l’antenne indiquée) peut comporter 3o tours, et dans le deuxième i5o tours.
- M. Staquet, à Bruxelles. — La capacité de vos batteries élant de 4° ampères-heure, le régime de charge doit être de 4 ampères ; le régime est le même lorsque chaque batterie est chargée séparément ou que toutes sont placées en série.
- Puisque vous disposez du courant no volts continu, il vous suffira de placer en résistance 4 lampes de 3a bougies (filament charbon), montées en parallèle, pour obtenir l’ampérage voulu.
- M. Pérou, à La Blanche (Loire-Inf.). — t° Yoici des adresses de maisons où vous pouvez trouver du fil de maillechort isolé à la soie pour constituer une résistance selfique d'accrochage pour réaction électrostatique.
- Maison Dubois « Au Pigeon voyageur », 211, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Le Fil isolé, 78, rue Lecourbe, Paris.
- M. B. F., à Dijon. — i° Le moyen le plus simple pour recharger une batterie d’accumulateurs au moyen d’un appareillage électrique d automobile consiste à placer la batterie en dérivation sur un nombre d’éléments correspondant de la batterie de démarrage.
- Si les accumulateurs de T. S. F. sont solidement construits, ils peuvent supporter sans inconvénients des transports assez longs en automobile.
- 2° Avec les lampes ordinaires de réception, il ne semble pas y avoir d’inconvénients à placer les filaments verticaux.
- 3° Le rendement serait certainement meilleur en réduisant la longueur de votre fil de descente qui semble d’ailleurs suivre un trajet très irrégulier, à condition, bien entendu, que l’isolement, soit toujours bien maintenu.
- 4° Yotre dispositif de réaction électromagnétique, permettant l’effet autodyne, suffit pour la réception des émissions radiotelégraphiques sur ondes entretenues.
- 5° Consultez les horaires de La Nature.
- M. Jacques Léger, à Rouen (Seine-Tnf.). — L'intensité maxima du courant qui parcourt le circuit antenne-terre du poste de la Tour Eiffel a été de 3i ampères.
- MASSON & Cie, Éditeurs, boulevard Saint-Germain, 120, Paris (VIe).
- Vient de paraître :
- G. BRUHAT
- Professeur à la Faculté des Sciences de l’Université de Lille.
- COURS D’ELECTRICITE
- à l’usage de l’Enseignement supérieur scientifique et technique
- Un volume de 712 pages avec 5'18 figures............................. - .... 55 fr.
- Ce livre .contient les connaissances scientifiques suffisantes e| nécessaires pour comprendre réellement le mécanisme des applications de la science à l’industrie.
- D’un niveau scientifique élevé que l’on ne trouve pas dans les cours de sciences appliquées, ce cours d’électricité que l’auteur a voulu également expérimental, permettra d’aborder avec fruit une étude d’électro-technique et familiarisera le lecteur avec la signification physique des lois fondamentales. ,
- Ces études théoriques solides bases de toute culture technique sont nécessaires à nos futurs ingénieurs qui accueilleront ce livre. Il aidera également ceux qui autrefois ont suivi cet enseignement à fixer leurs souvenirs, et ceux qui sont spécialisés depuis longtemps à renouveler leurs connaissances.
- ^ XXIV g*.
- p.2x22 - vue 456/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Ces piles, nous lavons dit, ont une force électromotrice de i volt 5, et leur débit reste très constant, si on leur demande, bien entendu, un travail proportionné à leur modèle (fig. 19).
- Des batteries de plaques, formées avec ces piles
- (fig. 20), et ayant une capacité de 4 A. H. ou de 18 A. H. sont d’un usage extrêmement commode. L’absence de sels grimpants rend leur entretien très facile, et il suffit de changer,, au bout d’un très long temps, le liquide, composé simplement d’une dissolution de chlorure
- L.
- 0-5 10 15 20 25
- Temps en heures
- Fig. 19- — Débit d’une batterie de piles Féry alimentant les plaques d’un amplificateur à 3 lampes.
- d’ammonium à a5o gr. par litre d’éau. Le zinc dure généralement plus d’un an; quant à l’électrode positive, elle est complètement inusable.
- L’intensité de courant en régime continu de ces éléments n’excède jamais i5o milliampères; c’est dire qu’il
- est impossible, avec ces piles, de chauffer directement des' filaments d’audions, ou même de recharger rapidement une batterie d’accumulateurs de 4 volts.
- Par contre, de telles batteries sont excellentes pour maintenir la charge d’accumulateurs déjà chargés une première fois. L’accumulateur, dans ce cas, sert de réservoir, et les piles le rechargent peu à peu, de même qu’un robinet d’eau coulant goutte à goutte remplit lentement un vase de grandes dimensions. La capacité totale des piles employées dans ce but peut être alors de 5o à io5 ampères-heure et l’on doit employer 3 éléments en série par accumulateur de 2 volts comme le montre la figure 21.
- Menfionntms epcpre la pile 4 P (fig. aa) basée sur le
- Fig.
- 20. — Une batterie de piles’Féry pour tension de plaques.
- même principe et terminons par la pile Dubois, également à dépolarisation par l’air (fig. s3).
- L’électrolyte est ici de l’eau acidulée par l’acide sulfurique (85o cm5 d’eau, i5o cm3 d’acide à 66° Baumé). L’électrode négative est une plaque de (zinc amalgamé,
- A ccu$
- Fig 21. — Maintien en charge d’un accumulateur de 2 volts au moyen de piles Féry.
- disposée verticalement dans un support en forme d’auge, au fond de laquelle est disposée, dans le sens de la longueur, une plaque métallique reliée à un fil isolé; une petite quantité de mercure placée dans ce support assure le contact de la plaque métallique avec le zinc et em-
- Fig. 22. — La pile À D à dépolarisation par l’air.
- pêche ce dernier de s’user à circuit ouvert. On peut également employer des zincs spéciaux sans mercure.
- L’électrode positive, qui ne plonge que de 3 cm dans l’électrolyte, est constituée par une boîte en celluloïd percée de trous pour le passage de l’air; cette boîte renferme l’électrode positive proprement dite (fig. 24), composée de cellules en argent pur recouvert d’un dépôt catalyseur, ou en charbon spécial. L’électrode proprement dite ne baigne pas dans l’électrolyte, une substance capillaire appropriée, plongeant en partie dans l’électrolyte, distribue celle-ci sur toule la surface des cellules de l’électrode.
- La dépolarisation s’effectue, comme dans la pile Féry, par la combinaison de l’hydrogène naissant à l’oxygène de l’air.
- La tension aux bornes de l’élément est de 1 volt 3, la capacité totale varie de 75 électrode positive; C, \ase en verre à 3oo ampères-heure, sui- remPu d’eau aciduléc-vant les modèles, et l’énergie disponible en 24 heures de 3 à 12 ampères-heure. Le débit en régime continu sur 0,8 à 0,9 volt varie de i5o à 600 milliampères.
- Une batterie de 6 éléments en série servira parfaitement à maintenir en charge une batterie d’accumulateurs de 4 volts ; on pourra ainsi, par exemple, utiliser facilement 2 heures par jour un amplificateur à ,8 lampe^ (cas maximum),
- Fig. 23. — La pile Dubois montée.
- A, électrode négative en zinc; B,
- p.r23 - vue 457/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Que faut-ii conclure de cette étude et à quels modèles de piles faut-il donner la préférence?
- Pour la tension de plaque des batteries de piles Le-clauché à liquide immi biiisé semblent les plus pratiques, ou des ba'leries de piles Féry, si l’on veut avoir une batterie durable, mais d’un prix d achat plus onéreux. Les piles fournissent aisément le débit de quelques milliampères nécessaires.
- Si l’on veut maintenant recharger rapidement une batterie d’accumulateurs, ou même essayer d’alimenter directement un amplificateur à une ou deux lampes, il est nécessaire d’avoir un débit voisin de i ampère et dans ce cas les piles au sulfate de cuivre, à l’oxyde de cuivre, ou la pile Hydra-Gadot semblent les meilleures.
- Enfin, si l’on se contente, et c’est préfér ble, de maintenir en charge une batlerie d’accumulateurs, les piles à depolarisation par l’air, type Féry ou Dubois, semblent incontestablement les plus pratiques, les plus durables et, en fait, aussi les plus économiques.
- Et les accumulateurs, dRa-t-on, lorsqu’on a la possibilité de les employer et de se passer complètement de piles, doit-on toujours les utiliser? A première vue, il semble que les piles, qui sont toujours plus délicates à manier et souvent plus encombrantes que les accumu-
- lateurs, doivent leur être toujours inférieures. En réalité, ces deux sources d’électricité ont chacune leurs
- |1 ! î : ( j Niveau del’ || I électrolyte
- Fond perforé
- T**\jNervere
- Niveau
- Boite celluloïd
- /jujef Plaque cuivre et mercure
- Fig. 24. — La pile Dubois : schéma de principe et détails des électrodes positive et négative.
- défauts. Nous les étudierons dans une prochaine chronique, après avoir indiqué quelques notions sur les accumulateurs employés en T. S. F.
- P. HÉMARDINQÜER.
- <
- BIBLIOGRAPHIE
- >«
- Manipulations de chimie colloïdale, par W. Ostwald. Traduit sur la 4° édition allemande par Edmond Vel-Liscm. 1 volume in-K carré, an pages, 21 fig., 1924 Editeurs Gauthier-Villars et Cie, Paris 1924. Prix: 10 fr.
- Le rôle de la chimie colloïdale dans les sciences les plus diverses va de jour en jour grandissant. Ses principes el ses méthodes sont appliqués dans presque toutes les sciences, en particulier eu physiologie, en biologie, en médecine, etc.
- Les débutants qui voudront s’initier à l’étude expérimentale des colloïdes trouveront dans ce traité un guide sûr écrit par un savant éminent.
- Les principes de la physique, par Norman Robert Campbell. Traduit et adapté par Mme et M. Pébellier. Préfacp par M Emile Borel. i vol. in-16, 198 pages. Félix Alcan, éditeur, Paris 1923. Prix : 8 francs.
- Le texte de ce livre est trompeur, l’auteur n’a pas cherché à exposer b s principes de la physique, mais il tente d’établir une critique des termes et des propositions exprimant ces principes C’est un essai de logique appliqué à la phy-ique, essai du reste assez souvent déconcertant, parfois sans dpute par la faute des traducteurs,
- La genèse des continents et des océans, par A. Wegener. Traduit sur la 3e édition allemande par M. Rei-chel. i vol. ibi p., 44 fig- A. Blanchard, éditeur, Paris, 19 j4. Prix : 12 francs.
- Nos lecteurs connaissent par le récent article de M. Joleaud les grandes lignes de la théorie aujourd’hui célèbre de Wegener sur la dérive des continents. L’Amérique était autrefois soudée à l’Europe et à l’Afrique; un beau jour ce continent s’est fendu suivant un méridien; une des deux parties s’en est allée à la dérive, flottant sur le magma plastique des couches profondes de la croûte terrestre. De même l’Australie et le Continent Antarctique se trouvaient autrefois soudés au sud de l’Afrique et de l’Amérique. Cette thèse, très séduisante à bien des égards, soulève sans doute de graves .objections qui ont été exposées ici même. Elle a soulevé en tout cas une intense curiosité dans le monde; il est donc fort intéressant pour le public français de pouvoir se reporter à l’ouvrage même dans lequel Wegener expose et défend sa théorie. C’est ce que permet aujourd’hui la traduction de M Reichel. Ajoutons que si le sujet de ce livre est intéressant par le caractère un peu romanesque et audacieux des idées, il est aussi d’une lecture facile
- et agréable qui lui fera trouver bon accueil auprès de tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de notre globe.
- Vévolution des étoiles, par Jea.n Bosleb (Recueil des Conférenrs. Rapports de documentation sur la physique). 1 vol. 104 p., 19 fig. Les Presses Universitaires de France, Parts, 1923. Prix : 10 francs.
- C’est un des plus passionnants chapitres de la science moderne que celui dont M. Bosler expose, l’état actuel. Son livre forme un résumé excellent des connaissances modernes sur la physique des étoiles et des séduisantes théories qui expliquent comment naissent, croissent, puis meurent les étoiles. Après avoir rappelé la classification des étoiles de N. Lockyer et de Russell il montre comment l’élude des spectres stellaires, interprétée à la lumière des récems travaux sur l’ionisation des gaz, conduit à soupçonner les formidables transformations atomiqm s qui se déroulent au sein des éioiles. Les spectres stellaires, grâce à la méthode de Adams, permettent aussi de déterminer les distances des étoiles et par là nous apportent de précieuses informations sur une foule d astres qui nous seraient autrement inaccessibles; à l’aide de diverses considérations on arrive même à fixer leur diamètre et leur densité; les divers renseignements rassemblés montrent que les étoiles sont en perpétuelle évolution ; d’abord géantes et à basse t rnpéra-ture, elles se contractent peu à peu en s'échauffant, puis deviennent des naines et se refroidissent, eu repassant en sens inverse par les étapes de température qu’elles ont parcourues pendant leur croissance. L’auteur montre ensuite par quels moyens on aborde le problème de l’état intérieur des étoiles et il termine en rappelant les diverses théories formulées pour expliquer l’origine de la chaleur des étoiles.
- Un problème national. L’électrification générale du territoire, par Ch. Boileau, i vol. illustré, 160 pages. Imprimerie J. Téqui, 3 bis, rue de la Sablière, Paris 1924. Prix ; 10 francs.
- Le développement et l’organisation rationnelle du réseau de distribution électrique qui couvre notre territoire de mailles de plus en plus serrées sont des questions à l’ordre du jour. Techniciens, financiers, législateurs s’en préoccupent, souvent de points de vue très divers. C’est le grand public qui reste, en définitive, l’arbitre dans les questions en suspens, puisque les décisions finales prises au Parlement le seront sous la poussée de 1 opinion publique. Il importe donc que celle-ci soit clairement renseignée sur
- p.r24 - vue 458/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- tous les points essentiels : tel est le but visé par 1 ouvrage de M. Boileau; l’auteur est un technicien averti et compétent, qui connaît bien et dans ses détails la question qu’il traite seulement dans ses grandes lignes. Il montre tout d’abord à quels chiffres s’établit en gros le prix de revient de l’énergie électrique suivant le mode de production ; il résume à grands traits la législation française et étrangère en ces matières. L’auteur aborde ensuite le problème du transport après la guerre, on a dressé un vaste programme d’électrification générale du territoire français, visant à l’utilisation maxima de nos ressources nationales en énergie ; ce programme prévoyait, outre les lignes réunissant les régions, l’utilisation aux stations génératrices des lignes d’interconnexion réunissant entre elles les stations génératrices, pour leur permettre de se prêter mutuellement secours. Ce programme séduisant, mais coûteux, est-il réalisable dans son ensemble ? M. Boileau n’est pas partisan de la solution de l’interconnexion ; il montre que le prix d’une ligne dépend avant tout de son utilisation, c’est-à-dire du nombre d’heures où elle est maintenue en service pendant un an. Les lignes d’interconnexion, à service intermittent par définition, seront des lignes très coûteuses. L’énergie transportée doit être distribuée; l’auteur expose les principales questions de réglementation, de tarifs qui se rattachent à ce problème , il conclut en demandant l’intervention de l’Etat dans le contrôle commercial des entreprises d’électricité. Mais est-il bien nécessaire de créer encore de nouveaux fonctionnaires ?
- History of Electric Light, by H. Schrœder. i brochure, 96 pages avec figures. (Publication de la Smithsonian Institution.) Washington 1923.
- Cette intéressante brochure a été rédigée pour présenter et commenter la collection d’objets historiques se rapportant à la lumière électrique qui est exposée au National Muséum des Etats-Unis. Elle contient un historique succinct de l’électricité et du magnétisme en général, puis un historique assez complet et irüpartial des inventions successives qui ont conduit l’éclairage électrique à la situation qu’il occupe aujourd’hui.
- Contribution à la théorie des moteurs à combustion interne, par M. Brutzkus. i vol. in-8, carré (23-14), 75 p., 6 fig. Gauthier-Villars, Paris, 1923. Prix : 8 francs.
- Ce livre contient une nouvelle théorie des moteurs à combustion interne. L’auteur détermine les conditions à remplir pour que la réaction de combustion puisse être complètement achevée dans le court délai de 0,04 seconde, qui est à notre disposition. L’investigation se fait à l’aide des lois des équilibres chimiques.
- Les résultats obtenus donnent uçe explication toute nouvelle de beaucoup de particularités de la combustion dans les moteurs.
- Les résultats des recherches de l’auteur permettent de déterminer a priori le degré de convenance d’un combustible quelconque et son mode d’emploi le plus avantageux dans les moteurs à combustion interne et même d’évaluer le rendement qu’il peut fournir.
- Ponts et combles métalliques, par T. Godard, i vol. in-8°, 664 p-, no fig., J.-B. Baillière et fils, Paris, 1923. Prix : broché 60 francs.
- Cet ouvrage est le développement du cours professé par l’auteur à l’Ecole des Ponts et Chaussées. Il est avant tout descriptif et pratique. Il établit tout d’abord une classification des ponts métalliques suivant le type des poutres employées et la nature des points d’appui, et il met en évidence les avantages et inconvénients de chaque système. l)e belles illustrations complètent cet intéressant chapitre. L’auteur expose ensuite sobrement les éléments du calcul des ponts métalliques, puis il étudie les matériaux employés, l’assemblage des charpentes, la composition des poutres, de l’ossature, de la couverture, des tabliers et des appareils d’appui des ponts métalliques ; il explique les calculs réglementaires ; enfin il montre comment se font le montage, le lancement et l’entretien des ponts et tire les enseignements
- de certaines catastrophes sensationnelles survenues en cours de montage. La fin de cet utile ouvrage est consacrée aux combles métalliques que l’auteur étudie suivant le même plan que les ponts : classification, avec un grand nombre d’exemples, étude des forces agissantes et de leurs effets, construction des divers éléments, calculs, montage et entretien.
- Jets-tubes et canaux, par H. Bouasse, i vol. 554 p., 284 fig. Delagrave, éditeur, Paris, igi3.
- Le savant professeur de Toulouse continue avec une ténacité et une activité admirables la publication de ses cours de mécanique, dans lesquels il s’efforce d’exposer, en vue des applications pratiques, les données précises accumulées par la science. Le présent volume est consacré à l’écoulement des fluides : liquides ou gaz; à ces phénomènes, fort complexes, se rattachent d’innombrables applications techniques. L’auteur étudie d'abord l’écoulement des liquides à travers un orifice ; il donne les formules théoriques classiques, mais en ayant bien soin de les confronter avec les faits expérimentaux qu’elles n’encadrent qu’assez grossièrement, et de montrer les hypothèses qui les rendent applicables. Il étudie ensuite le phénomène de l’écoulement lorsque la veine se résout en gouttes, puis les jets liquides, et il résume nombre d’importants travaux trop peu connus en France. Il aborde alors les problèmes classiques de l’hydraulique : déversoirs, roues hydrauliques, qu’il traite en physicien et non en technicien, puis l’écoulement dans les tuyaux de grand diamètre, notamment d’après les travaux de Reynolds et Darcy ; l’écoulement dans les canaux découverts et les rivières, enfin l’écoulement dans les tuyaux capillaires et les mesures de viscosité. La partie relative à l’hydraulique se termine par l’étude du mouvement varié dans les tuyaux; l’auteur examine à cette occasion les phénomènes de la circulation sanguine, puis le bélier hydraulique et enfin les coups de bélier. L’ouvrage se continue par l’étude de l’écoulement des gaz : mesure de la vitesse des courants gazeux, écoulements en parois minces, écoulement dans les conduites, viscosité des gaz, écoulement aux faibles pressions, diffusion, osmose.
- Ce bref aperçu ne donne qu’une idée bien incomplète de la somme de questions abordées dans cet ouvrage, et de l’érudition pleine de bon sens avec laquelle elles sont traitées. Comme d’habitude, le livre est précédé d’une préface satyrique consacrée à l’organisation actuelle de nos universités scientifiques.
- Contrôle du sport et de Véducation physique, par le Dr H. Diffrk, i vol. in-8, 189 p., 6 fig. Masson et Cie, Paris 1923. Prix : 9 francs.
- Le sport est la mode du jour, mais pratiqué sans direction, ni contrôle, il peut être dangereux et conduire au résultat inverse de ce qu’on en attend : la santé. Le médecin, le physiologiste ont donc leur place auprès des groupements sportifs ; ils doivent surveiller, guider l’entraînement et l’effort. Ce sont ces vérités, encore trop peu connues, que le Dr Diffre expose dans ce livre. Il demande l’examen médical avant tout exercice, pour éliminer ceux à qui l’effort doit être interdit, pendant l’éducation physique pour choisir les exercices les mieux appropriés au développement du sujet, au moment de l’effort et après pour empêcher le surmenage et l’épuisement.
- Plein de sages conseils expérimentés tels que ces vérités premières : l’éducation physique complète doit précéder le sport; il ne faut pas être l’homme d’un seul sport; l’éducation respiratoire est la base de tout effort, etc., ce livre sera un véritable mentor, non seulement pour les candidats à l’athlétisme et leurs parents, mais encore pour beaucoup dé médecins.
- Assurances (agenda Dunod), par P. Véro.v et F. Poua-cheïroux, 1 vol. 408 p. Dunod, éditeur, Paris, 1923.
- Les assurances tiennent une place considérable dans la vie pratique. Ce nouvel aide-mémoire résume les connaissances indispensables à cet égard. Assurances-accidents de tous genres, accidents du travail, incendies, assurances-vie. Il expose les principes sur lesquels elles reposent et fait connaître la législation et la jurisprudence qui s’y rapportent.
- p.2x23 - vue 459/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2599
- 26 Janvier 1924
- OC5 \
- INFORMATIONS
- >
- La tempête sur nos côtes. — Les journaux ont signalé les trop nombreux dégâts causés sur nos côtes océaniques’ dans la nuit du 8 au g janvier dernier par ce qu’on a appelé un « raz de marée ». De raz de marée, analogue à celui qui a récemment dévasté le Japon, il n’y en a, en vérité, pas eu, en ce sens que les stations sismologiques n’ont enregistré aucune secousse concomitante. D’ailleurs, notre littoral atlantique est particulièrement stable, contrairement à la côte japonaise, située sur une des grandes lignes de fractures de l’écorce terrestre.
- Mais un concours de circonstances coïncidant avec l’arrivée sur la côte bretonne d’une dépression barométrique intense et limitée a provoqué une tempête d’une violence rare.
- C’était la nouvelle lune le 6 janvier, et par conséquent période de grandes marées ; le 8, la mer devait atteindre à Brest la hauteur de 7 m. 70 à 5 heures du matin, marée la plus haute du trimestre après celle de l’équinoxe de printemps. Le baromètre descendit jusqu’à 529 mm à Brest, alors qu’on notait 740 en Belgique et à. Bordeaux; cette zone étroite de très basses pressions aborda le continent, accompagnée d’un très fort vent du sud-ouest. Tous les éléments d’un « coup de temps » étaient donc réunis : très hautes eaux, vent du large les poussant vers la côte et, par suite, mer démontée. La hauteur de marée fut dépassée en certains points de 70 cm ; l'eau envahit donc les quais et les maisons. Les vagues énormes, formées au large par le vent et poussées vers la terre, assaillirent le rivage et les ports.
- Les dégâts furent importants. Tandis que les côtes abritées et non orientées au sud-ouest s’en tiraient sans grands dommages, celles les plus exposées étaient battues par la tempête. Le maximum de violence semble avoir été atteint à Saint-Guénolé, à la pointe de Pen-march où la flottille de pêche est presque entièrement détruite; 80 barques furent éventrées, les engins, filets, canots, viviers brisés ou partis à la dérive. On signale aussi d’importants dégâts, notamment à Camaret, la Trinité, le Palais, la rade de Lorient, Saint-Nazaire où des blocs de granit d’une demi-tonne furent déplacés de plus de 100 m., les Sables-d’Olonne, la Rochelle, Royan, Arcachon, Bayonne.
- Des appels de secours par T. S. F. ont été entendus un peu partout et l’on ne connaît pas encore le nombre des navires, surpris au large, qui ont disparu ou subi des avaries graves.
- Encore une île volcanique ei^Extrême-Orient. — Après l’île volcanique surgie le 10 mars au large des côtes d’Annam, et disparue depuis peu, après le nouvel îlot apparu au large de Quinhon, voici qu’une nouvelle île volcanique vient de voir le jour à son tour, dans la région de Singapore, ainsi qu’en rend compte le radio suivant reçu à Saïgon le 9 novembre dernier :
- « Le capitaine du vapeur Jacox vient d’envoyer aux autorités anglaises un rapport sur la «naissance » d’une île phénomène à laquelle il déclare avoir assisté.
- Faisant dernièrement route vers Singapore, il remar-, qua une violente agitation sur la surface de la mer; une masse de couleur sombre, à flancs droits, d’une hauteur de 3oo m. environ, de 5 à 6 km. de longueur, venait de surgir.
- Il y avait des récifs sur toute la longueur et la mer charriait des matériaux de toutes sortes. On entendait de fréquentes explosions qui ont provoqué, pendant plus d’une heure, des grandes vagues à des intervalles d’une minute. ».
- Les coordonnées géographiques de l’île n’ont pas été précisées jusqu’ici. L’île aurait été cependant nommée officiellement Tagara.
- Ce baptême est vraisemblablement prématuré, les volcans insulaires, surtout sous les tropiques, n'ayant généralement qu’une existence éphémère.
- Les animaux de chasse et de pêche en janvier. — En janvier, on chasse particulièrement, le sanglier', le loup, le renard, le lièvre. Celui-ci, par forte gelée, se tient au bois, dans les halliers épais, et, en plaine,
- dans les herbes sèches, sur les pentes abritées des vents du Nord, ou, moins souvent, dans les fossés remplis de ronces. Les mâles voyagent beaucoup, en vue de leur pariade qui continue.
- C’est aussi le moment de la chasse à la sauvagine, que l’on a d’autant plus de chances de voir lorsque le thermomètre et le baromètre présentent plus de variations; suivant qu’il y a ou n'y a pas de glace, par exemple, le gibier d’eau s’en va ou revient plusieurs fois de suite au même endroit, ce qui donne d’autant plus d’occasions de le tirer. Profiter du brouillard pour tirer les oies sauvages, car, alors, elles hésitent à s’élever.
- Le lapin est au terrier, mais avec un bon furet on peut l’en déloger, à moins — ce qui arrive trop souvent — que le furet juge bon de rester lui-même dans le repaire....
- Par temps de neige, certains oiseaux de montagne descendent dans la plaine, ce qui donne l’occasion de faire connaissance avec eux, les bartavelles en particulier. On désigne, sous ce nom. les perdrix grecques, qui, normalement, habitent la Grèce, l’Italie, la Sicile, la Turquie, la Syrie, la Perse, le nord de l’Afrique, et que l’on est étonné de voir vivre aussi, en France, dans le Jura, les Alpes, les Pyrénées. La partie supérieure du corps de la bartavelle est cendré bleuâtre à la tête et au croupion, cendré à reflets rougeâtres sur le dos. Les joues, la gorge, le devant du cou sont d’un blanc pur, le tout encadré par une large bande noire Les rémiges sont brunes et bordées d’ocre. La poitrine, d’un gris ardoisé, passe au jaune roux sur l’abdomen. Le bec, le pourtour des yeux, les pattes sont rouges. Elle est vive, prudente et court très vite. Elle vole peu, mais son vol est léger et rapide. La bartavelle mange surtout des bourgeons et de jeunes pousses, sauf en hiver où elle se nourrit de baies de genévrier et d’aiguilles de sapin. Dans un nid établi dans une dépression du sol, elle pond de 14 à 16 œufs d’un blanc jaunâtre semé de taches brunâtres. Après 18 jours, les poussins éclosent; les parents les défendent avec courage. La chair est très délicate. Les bartavelles peuvent être apprivoisées. Tournefort rapporte avoir vu, près de Grasse, un homme conduire un troupeau de bartavelles, que l’on pouvait prendre dans les mains et caresser sans qu’elles songeassent à se sauver.
- Les corbeaux et les pies viennent jusque dans les villages et c’est le moment de se débarrasser de ces vilains oiseaux. Des habitations se rapprochent aussi les alouettes et les verdières qui n’ont pas émigré, et qui se réunissent en bandes.
- Continuation de la pariade des sangliers et commencement de celle de la loutre, du blaireau, de la martre, tous animaux nuisibles, dont, à ce moment, dans la neige, il est facile de relever les traces. C’est d’ailleurs un bon moment pour les tuer au fusil ou les prendre à l’aide de pièges, aussi bien les petits carnassiers que les renards. Le piégeur doit à ce moment visiter tous les matins les charniers en plaine et tendre des pièges à engrenages dans les buissons isolés ou dans les espaces dénudés.
- A moins d’être un pêcheur enragé et ayant l’âme chevillée au corps, la pêche en eau douce est presque impossible en janvier, tant il fait froid et tant est peu favorable le milieu aquatique, soit qu’il soit complètement gelé, soit, simplement, que des eaux de neige fondue viennent faire irruption dans les cours d’eau qu’elles ont vite fait de troubler. Par quelques belles journées on peut cependant prendre encore des gros chevesnes en se servant de boyaux de volailles, ainsi que des brochets et des perches, lesquels prennent le vif, mais dédaignent les vers de terre, surtout quand il fait très froid.
- Au bord de la mer, la température n’est pas plus clémente — loin de là — que dans l’intérieur des terres, ni pour les animaux marins, qui, pour la plupart, n’apprécient guère le froid, ni pour les pêcheurs côtiers, qui souvent préfèrent rester au coin du feu à vérifier leur arsenal. Les « enragés », cependant, peuvent, à pied, dans les grèves, faire de belles récoltes de divers coquillages, tels que les palourdes, les coques, les couteaux, voire d'huîtres, celles-ci particulièrement sur
- 2b
- 4
- p.2x24 - vue 460/688
-
-
-
- er Me C<
- Nos 8 et 1 I .couplés
- DIPLOME D’HONNEUR AU CONCOURS LÉPINE
- Reçoivent avec pureté ions h s Radio-Concei ts Américains, Anglais. P. T. Belges, FL, Radiol a, etc.
- Leur réglage C'-l a la parlée Sun enjant en suivant les indications de la notice que nous vous enverrons franco.
- Nombreuses Références Prix : 1235 francs
- Noire Poste pour ONDES COURTES
- 5 00 m. à 750 m. — Reinartz modifié
- Reçoit parfaitement sur n’importe quelle antenne Prix, seul : 335 IV. — Avec ses 'i Pi’ : 645 fr.
- Notre Cadre breveté Nos Réparations de Lampes
- COMPTOIR GÉNÉRAL de T. S. F., 11, r. Camt ronne
- PARIS (SV) — Tel. Ségur 76-38
- DANIEL SACKtC
- PARIS - 55-64, rue Legendre, 55-64 - PARIS
- Téléphone W an ram 03.521 Reg. C. » 5«îne 181.580
- Installations complètes d’Êlectricitè
- ÉCLAIRAGE DES CHATEAUX
- TRA VA UX TRÈS SOIGNÉS
- NOMBREUSES RÉFÉRÉ W CES
- Maison fondée en 1890 - Médailles d’Or
- EPURATION DES EAUX RESIDUAIRES
- S- Gén^ d’EpuraJion et d’Assainissemenl
- 28, Rue de Ghôleaudun , Parts.
- SEPTIQ-T.ANK
- Supprime Ocfeurs et Vic/d/ipej
- |eilri»TeI?ygO|!iaaWii si B.BEZAULT . bITgTg
- EAU
- ^jl EAU POTABlsE.FIÎrfFRATlON- STERILISATION 1 CLARIFICATION DES EAUX INDUSTRIELLES
- Reg» C. : Seine I9é.2S.
- Ce Nouveau Stéréospfdo
- 6 x 13
- modèle D
- Présis ’ Bobuste élégantj
- est monté
- Avec Objectifs :
- Ânastigmats Gaumont F : 6. . Fcs 525 — Trylor Roussel F : 6,3. — 525
- — Trianar Krauss F : 6,3 , — 635
- Notice et Catalogue franco sur demande.
- Société des
- ÉtabSisssrueijts éaûnjoijfe
- SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE 10.000.008 DE FRANCS 57-59, Rue Saint-Koch, Paris (I")
- Registre du Commerce : Seine n* 23. J 80
- Études
- cheg soi
- L’ECOLE UNIVERSELLE, la plus importante du monde, permet, grâce à ses cours par correspondance, de faire chez soi, dans le minimum de temps et avec le minimum de frais, des études complètes dans toutes les branches du savoir. Elle vous adressera gratuitement, sur demande, celles de ces brochures qui vous intéressent :
- Brochure N° 4002 ; Toutes les classes de l’enseignement primaire, Brevets, G. A. P., Proies» sorats.
- Brochure N° 4021 : Toutes les classes de l’enseignement secondaire, Baccalauréats, Licences (lettres, sciences, droit).
- Brochure N° 4033 : Toutes les grandes écoles spéciales.
- Brochure N° 4042 : Toutes les carrières admi nistratives,
- Brochure N° 4054 : Toutes les carrières de Fin dustrie et de l’Agriculture.
- Brochure v» 4061 : Toutes les carrières du Gommerce, de la Banque, de l’Industrie hôtelière.
- Brochure N° 4076 : Langues étrangères. Brochure N° 4089 : Orthographe et Rédaction.
- Ecole Universelle
- 59, Boul. Exelmans, Paris (16')
- XXV fr
- N" 2599.
- p.2x25 - vue 461/688
-
-
-
- isBBraaEEBnssæBOBHnBBffisaBnnaHBannnaasasBBMaHafflaHHBsaBasaEæaffC^HSKEsgaeEHQEjsacii;
- Pour les longues soirées d’hiver,
- Le cinéma chez soi sera dans chaque famille.
- L’appareil type C, nouvelle optique, pour projections de 1 m. de largeur........ 325 frs
- L’appareil type A............... 275 frs
- Films : 6 et 7 frs 20
- PLUS D'UN MILLIER DE FILMS
- constituent actuellement la Cinémathèque Pathé-Baby, cette merveilleuse encyclopédie vivante. Ils sont réunis en-un luxueux Catalogue illustré de près de 8o pages, adressé contre j fr. sur demande à
- “ PRESTO ”
- Maison BELLET 33, rue Vivienne, Paris-Bourse
- R.eg* Com. • Seine 31*696
- ABONNEZ-VOUS A
- PATHÉGAZETTE
- LOCATION DE FILMS
- tm sa
- Le DENTOL
- d* d* EAU, PATE g POUDRE, SAVON g
- est un dentifrice à la fois souverainement antiseptique g et doué du parfum le plus agréable. g
- Créé d’après les travaux de Pasteur, il raffermit les S gencives. En peu de jours il donne aux dents une blan- g cheur éclatante. Il purifie l’haleine et est particulièrement " recommandé aux fumeurs. Il laisse dans la bouche une g sensation de fraîcheur délicieuse et persistante. S
- B
- Le DENTOL se trouve dans toutes les bonnes maisons g vendant de la parfumerie et dans les pharmacies. 5
- a
- ta
- Depot general : g
- a
- E. VAILLANT et Cie, 19, rue Jacob, à Paris, g
- Reg. C : Seine 23.401.
- Société des
- ETABC DUCRETETI
- 75, rue Claude-Bernard - Paris
- Reg. C. 35.123
- —---«o—4—o«—•—
- Concours Lépine 1923 - GRAND PRIX
- Postes Récepteurs
- complets T. S. F.
- à -4 et à 6 lampes
- lispositits Spéciaux
- à grand rendement
- Syat. DUGRETET
- Breveté S. G. D. G.
- Réception parfaite de tous les
- RADIO
- CONCERTS
- HAUTj-PAlüEUR à PflVIItltOfl 0. IiflpOÏSlÇY
- Catalogues, Tarifs, Notices illustrées sur demande
- INDISPENSABLE PRATIQUE
- L’ETABLI DE MENAGE
- Breveté S. G. D. G. — Franco : 32 fr. 50
- vous permet d’exécuter tous travaux de menuiserie et serrurerie. S’adapte instantanément à toute table. Se case n'imperte où. N'est pas encombrant. Remplace l’ÉTABLX et l'ETAU
- Prospectus gratis à A. ONIGKEST tfc Fabricant Quartier des Ors, RQMANS-SUR-ISERE (Drôme)
- C. G. Chèques postaux : Lyon 6.29. Reg. C. : Romans n° 37.
- Voir ta description détaillée dans ce numéro.
- INVENTEURS
- lisez le
- ____________________1 Hannel-Gnidc
- envoyé gratis et franco par l'Ingénleur-Conseil BŒTTCHEB, 39, Boulevard Saint-Martin, Paris-
- SOCIÉTÉ D’OPTIQUE ET DE MECANIQUE
- DE HAUTE PRÉCISION
- (Anciens Etablissements l^aeonr-Bertlaiot)
- 125 à 133, Boulevard Davout, PARIS
- Reg. du Comm. : Seine 105.874
- Appareils
- et Objectifs photographiques « S. O. M.-BERTHIOT » Longues-vues et Jumelles à prismes “ S. O. M. ” Appareils de Sismologie Instruments d’Astronomie Appareils pour VArmée et la Marine :
- Télémètres - Périscopes, etc.
- NOTICES ET CATALOGUES SUR DESOTANOE
- -*6 XXVI
- p.2x26 - vue 462/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- les fonds qui découvrent aux marées de vives eaux dépassant le coefficient 100. Avec des dragues à filet métallique, on peut pêcher de belles coquilles Saint-Jacques. Le homard s’est retiré dans les eaux profondes et on' chercherait vainement à le capturer dans les rochers et les prairies marines, où il se plaît, quand il ne fait pas trop froid. Les crabes continuent leur vie philosophique dans les rochers, mais s’il gèle à pierre fendre, plusieurs meurent, non moins philosophiquement. En haute mer, on peut rencontrer des saumons, venant, des eaux douces ou y revenant, et se livrer à la grande pêche du hareng. Les maquereaux se retirent au fond des grands bassins marins, où ils attendent des jours meilleurs, mais où les chaluts savent encore aller les rappeler à la triste réalité. Les bars et les mulets se tiennent à peu de distance de la côte, mais les poissons plats ne peuvent guère se rencontrer que par des profondeurs de 40 m. Les merlans, les liens, les tacauds, habitués au froid, ne changent guère leur mode de vie et se laissent prendre, à peu de distance des côtes, à la ligne ou au filet. Les jeunes morues donnent aux cordes de grèves, du moins dans la Manche. Le labre-vieille ne quitte guère le pied des falaises, où, dans les bancs rocheux, on peut rencontrer quelques jeunes congres, tandis que les vieux ont gagné la haute mer. Les haliotides, vulgairement ormeaux, sont abondantes et savoureuses; plus il fait froid, plus elles se rapprochent de la côte. H. Cocpin.
- Les résines dam ma r. — Ces résines sont très employées dans l’industrie des vernis. La Revue des produits chimiques donne des indications sur leurs caractères, leurs variétés et leur mode d’utilisation industrielle.
- Il y a diverses espèces de résine, désignées sous le nom de « résine dammar ». Elles proviennent, principalement, des Indes Orientales et des Philippines. Ce sont des exsudations d’arbres très différents. Les véritables dam mars paraissent provenir de variétés du Dammar a (famille des Conifères) ; mais les dammars du commerce sont fournis surtout par diverses espèces de Shoreas, d’Jfopeas, de Drybalonops.
- Les arbres de l’espèce Dammara fournissent non pas des dammars, mais des résines dites Copal Manille et Copal lvauri, la première provenant probablement du Dammara orientalis, la deuxième du Dammara aus-tralis.
- Parmi les dammars du commerce, les qualités les plus pures sont le dammar de Batavia, qui est le plus apprécié; il se casse facilement entre les doigts et tombe en poussière blanche; le dammar Padang (blanc jaunâtre) ; le dammar de Singapour (blanc ou jaunâtre) et le dammar Pontlanac. Les dammars de Bornéo et de Sumatra sont des résines impures.
- Les diverses variétés de dammar sont plus ou moins dures et donnent lorsqu’elles sont broyées dans un mortier, des poudres plus ou moins adhérentes. Les points de fusion, dans les variétés pures, sont à ioo° C. environ; leur densité varie entre ioü5 et 1037; l’indice d’acide entre 20 et 35. Les variétés pures des dammars sont généralement solubles dans le benzène, le chloroforme, le tétrachlorure de carbone, l’essence de térébenthine, l’aniline, l’aldéhyde benzoïque, et en majeure partie solubles dans l’alcool éthylique, l’alcool méthy-lique et l’acétone.
- On aurait intérêt à développer, en France, le commerce des résines dammar, qui se prêtent à des utilisations avantageuses daus l’industrie des vernis.
- Nouvelles de T. S. T.
- Les transmissions transatlantiques d’amateurs. — Dans la nuit du 28 au 29 novembre, M. Léon Deloy est parvenu à correspondre pendant deux heures avec un autre poste d’amateur situé à Hartford (Connecticut). La distance entre les deux postes (on sait que celui de M. Deloy est situé à Nice) est de 5ooo km. La longueur d’onde employée était de 109 mètres.
- Un fait extrêmement intéressant, qui aurait été constaté par M, Deloy, est l’abseuce de phénomènes de « fading » sur cette longueur d’onde. Si une telle anomalie est confirmée, il en résulterait les plus heureuses
- conséquences pour le développement des transmissions sur ondes courtes.
- M. Deloy^ a d’ailleurs publié dans Y Onde électrique n° 23, en même temps que des notes intéressantes sur les amateurs américains, une étude remarquable sur les ondes de 100 m., qui sont actuellement employées pour 1 émission et la réception à si grandes distances.
- Il indique avoir pu obtenir la réception des émissions du poste de broadcasting de Pittsburg (Pennsylvanie). K D K A sur 100 m. de longueur d’onde, au moyen d’un moiùage simple.
- Dès avant le commencement des essais transatlantiques de 19x3, une liaison bilatérale régulière avait donc été établie par M. Deloy avec les amateurs américains. Ce résultat remarquable fait grand honneur à cet amateur distingué, « l’as » des amateurs français,
- comme l’appellent familièrement quelques journaux de T. S. F. u u j
- Nous tiendrons d’ailleurs nos lecteurs au courant des résultats des transmissions entrepi’ises à partir de la nuit du 21 au 22 décemhre 1923.
- Les stations de New-Brunswick (W II) à 21 heures (Greenwich) et de Marion (W S O) à 21 h. 3o (Greenwich) ont d’ailleurs transmis les résultats britanniques et français. La station radiotéléphonique de la Tour Eiffel a répété ces mêmes résultats pour les amateurs qui ne pouvaient, recevoir directement les émissions de W I I et W S O.
- Les stations 8 A E et 8 A G ont transmis à petite puissance à partir du 22 décembre les mardis, vendredis et samedis à o h. et o h. 10 des ondes étalonnées de 200 m. et de 180 m. afin de faciliter le réglage des appareils d’amateurs.
- Les émissions de Noël 1923. — A l’occasion de Noël, presque tous les postes radiophoniques européens ont transmis des radio-concerts spéciaux. Il était vraiment émouvant d’entendre successivement, parle simple jeu d’une manette d’accord, les vieux cantiques de la Nativité répandus aux quatre coins de l’Ether par des voix anglaises, belges, italiennes ou françaises, rendant audible, peut-on dire, la similitude des pensées de tant d’hommes en ce même moment.
- Les postes allemands ont aussi transmis des concerts spéciaux, d’ailleurs bons comme modulation, mais qui semblaient très imparfaits au point de vue artistique. Voici la liste de ces concerts, qui n’étaient pas indiqués dans les périodiques, ce qui peut intéresser certains de nos lecteurs de l’Est de la France :
- LP le 24/12/28. . 16 h. à 17 h. 3o — 2700 m.
- LP le 25/12/23. . 10 h. 5o à 11 h. 5o 2700 m.
- LP le 26/12/23. . 10 h. 5o à 11 h. 5o — 2700 m.
- LP le 1/1/ 24. . ... 10 h. 5o à 11 h. 5o— 2700 m.
- (Liste communiquée par M. Kleiber).
- En outre, des émissions sur 400 m. de longueur d’onde ont été faites par le poste des P. T. T.
- En général, tous les concerts de Kœnigswuslerhausen sont émis sur 2700 m. de longueur d’onde ; la deuxième longueur d’onde de 4°°° m- étant réservée à la transmission des cours de Bourse. *
- Une expérience radiophonique intéressante. —
- On sait qu’une liaison par fils téléphoniques a été éta-* blie entre les huit postes émetteurs cle la British Broadcasting C°, permettant la transmission simultanée d’un même programme par tous ces postes. Or, le dimanche 3o décembre 1923, une liaison par fils téléphoniques et microphones avait également été réalisée entre le poste de Londres et « l’auditorium » de la Compagnie française de Radiophonie (Radiola), situé boulevard Hauss-mann, à Paris. Ainsi le radio-concert donné dans cette salle était émis en même temps par le poste ordinaire Radiola, de Levallois, sur ij85 m., et par tous les postes anglais.
- Tous les amateurs français qui ont pu entendre les émissions anglaises ont pu également constater que les, paroles et la musique étaient remarquablement nettes malgré cette retransmission sur des lignes de plusieurs centaines de kilomètres.
- La liaison Londres-Paris avait été installée en moins de 24 heures par les ingénieurs de la Compagnie anglaise venus en France dans ce but.
- -as 26
- p.r25 - vue 463/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- g^s, T, 5.
- Poste universel de T. S. P. — Les amplificateurs à résistance sont d’un réglage facile et d’un bon rendement pour la réception des ondes au-dessus de i5oo m. environ. Ils ont également d’autres avantages, en particulier ils permettent une bonne réception des signaux faibles, et une élimination relative des parasites. Au-dessous de 1000 m. environ, au contraire, il est préférable d’employer des amplificateurs comportant des étages haute fréquence à résonance, qui procurent de bonnes réceptions et surtout une grande sélectivité. Il serait donc intéressant de combiner des appareils comportant à volonté les deux systèmes d’amplification. L’amplificateur, dont nous donnons la photographie ci-dessous, comprend i étage haute fréquence à liaison par résistances ou par auto-transformateur accordé.
- L’auto-transformateur est composé par la self en galette interchangeable que l’on aperçoit à gauche de l’appareil, et la résonance est effectuée par un condensateur variable avec manche isolant de grande longueur.
- Une boîte d’accord séparée, que l’on voit à gauche de la figure, comprend une inductance d’accord interchangeable et un condensateur variable à air, pouvant être placé en dérivation ou en série. Cette boîte contient en
- 'P
- * «
- Fig. i. -— Poste universel de T. S. F.
- même temps l’inductance de réaction qui est couplée avec l’inductance d’accord. Afin de faciliter le jeu de la réaction pour les ondes courtes, un petit condensateur variable, dont on aperçoit la manette sur le dessus de la boîte, est placé en dérivation sur l’inductance de réaction; on peut ainsi réaliser l’accord du circuit plaque.
- Le constructeur de cet appareil est M. Gody, quai des Marais, à Amboise.
- Chauffage
- Les radiateurs Giorno se composent essentiellement d’une carcasse métallique, ajourée à la base et au sommet, à l’intérieur de laquelle sont disposés les éléments chauffants. Ceux-ci soni constitués par des toiles résistantes superposées de telle façon que l’air, qui s’est introduit dans l’appareil dès la mise en circuit, s’échauffe
- Fig. 2. — Radiateur Giorno, à chauffage obscur.
- au fur et à mesure qu’il traverse leurs mailles et se diffuse dans la pièce en y maintenant une température3** x douce et régulière aussi longtemps que l’appareil reste sous tension.
- Une lampe témoin, montée à l’intérieur de l’appareil, à la base, sous les éléments chauffants et prise en dérivation sur ces derniers, en même temps qu’elle révèle si l’appareil est ou non sous tension, donne, par la transparence de ses reflets, une lueur de brasier des plus agréables à l’œil. Cette lampe enlevée, l’appareil redevient alors complètement obscur. Ceci a son importance pour le chauffage des chambres noires, cabinets de radiographie, etc.
- Constructeur : Compagnie générale de Travaux d’éclairage et de force, a3, rue Lamartine, Paris. x
- Tablettes chauffantes « Thermos et Tepida ». — Que de fois avons-nous vu des récipients juchés en un équilibre douteux sur des radiateurs, pour avoir un liquide chaud ? La tablette « Thermos » (fig. 3 a) résout d’une façon satisfaisante le problème et permet d’obtenir
- Radiateurs Giorno, à chauffage obscur. — En parcourant l’Exposition de Physique et de T. S. F., nous avons pu voir, en fonctionnement, le nouveau radiateur électrique à « chauffage obscur » qu’une grosse fabrique parisienne d’appareillage électrique exposait dans son stand, à côté d’applications fort intéressantes de chauffage électrique industriel.
- S’il est vrai qu’en cette matière, l’avenir paraît devoir appartenir aux appareils de chauffage électrique dits « par accumulation », cet avenir, dans certaines régions de France, est encore si éloigné qu’il faut bien, en attendant, faire usage d’appareils à chauffage immédiat.
- Parmi les appareils de cette catégorie offerts au public, celui-ci a retenu notre attention par les particularités intéressantes suivantes :
- Il ne comporte aucun organe ou corps de chauffe porté à l’incandescence; il a donc l’avantage d’éviter tout risque d’incendie ou de brûlure.
- Il est portatif et, bien que léger, d’une très grande solidité.
- Ses pièces constitutives ainsi que ses éléments chauffants sont facilement remplaçables.
- Enfin, ayant été soigneusement étudié, construit et contrôlé, il donne, dans l’état actuel de l’industrie du chauffage électrique, un rendement utile maximum.
- Fig. 3. — Tablettes chauffantes « Thermos » et « Tepida ».
- *
- de l’eau plus chaude qu’il ne faut pour la toilette et pour des boissons à une température plus que nécessaire. Véritable prolongement du radiateur, la vapeur ou l’eau chaude y circulent sur la totalité de sa surface tout comme dans le radiateur lui-même, portant son plateau à la même température.
- Elle peut par conséquent fournir aisément un liquide à 6o ou 65° au minimum, ce qui est pratiquement plus que suffisant. Ses dimensions permettent d’y placer une
- p.r26 - vue 464/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- bouilloire d’une contenance de 2 litres donnant par mélange avec de l’eau froide d’une cuvette de grandes dimensions une eau de 40 à. 45°.
- Entièrement en bronze, assurant la transmission calorifique la plus active, son dispositif permet de l’adapter facilement au radiateur, que celui-ci soit simple, double ou triple; sa forme, son encombrement et son aspect enfin permettent de l’employer dans une pièce même luxueuse.
- La faculté de chauffer non seulement de l’eau, mais une boisson quelconque, la rend utile alors même que l'immeuble possède un service de distribution d’eau chaude. Son utilisation est donc indiquée : pour les radiateurs d’hôpitaux, où, auxiliaire précieux du service, elle assurera des tisanes chaudes; pour les radiateurs de chambres d’hôtels, auxquelles elle donne à bon marché une plus-value incontestable; pour les radiateurs de cabinets de toilette, où elle s’impose; des chambres à coucher, surtout lorsqu’il y a des enfants au berceau ; enfin pour les radiateurs de bureaux, où l’on est souvent fort aise d’avoir de l’eau chaude pour le lavabo.
- La tablette « Tepida » convient particulièrement aux radiateurs qui ne laissent aucune place disponible à leur extrémité (fig. 2 b) ; par son système de fixation très simple et très rapide, elle fait corps avec n’importe quel radiateur, qu’il soit à éléments simples, doubles ou triples, tout comme si elle avait été construite spécialement pour lui. En cuivre massif, poli, griffe de fixation nickelée, elle présente un aspect propre et léger. Tout comme la précédente, elle peut supporter une bouilloire de 2 litres; le réchauffage est plus long, on le comprend, mais elle porte cependant l’eau à une bonne température.
- Constructeur : Comptoir des appareils de perfectionnement au chauffage central, 31, rue Boisnet, à Angers (Maine-et-Loire).
- »»> Objets utiles <««
- L’établi de ménage. — Les conditions actuelles de la vie obligent chacun à s’improviser, dans son intérieur, artisan de tous les corps de métier. Alors que l’industrie se spécialise à outrance, les particuliers sont obligés, d’une façon chaque jour plus pressante, de se rendre aptes à tous les travaux pratiques. Au surplus, ceux qui ont commencé à se plier à cette nécessité y prennent rapidement goût, et l’on voit se multiplier dans toutes les classes de la société les amateurs de travaux manuels. Parmi eux, certains deviennent rapidement des maîtres.
- Ce qui embarrasse le plus les débutants, au point de les paralyser parfois, c’est le choix des outils de travail. Il faut souvent, pour travailler commodément, des outils appropriés à ces besognes un peu spéciales que sont les travaux d’amateurs. On ne peut songer à installer dans un appartement modeste un atelier équipé
- Fig. 4. — L’établi de ménage fixéjsur une table. !
- comme celui d’un professionnel; la place manque et la dépense à consentir est trop forte.
- Pour faciliter l’activité des amateurs, la création d’un outillage à leur intention s’impose donc. C’est cette pensée qui a guidé M. Onigkeit, fabricant à Romans, et lui a inspiré la création de ce qu’il appelle l’établi de ménage; c’est une table-établi de menuiserie, mais qui n’a pas le poids et l’encombrement des établis classiques.
- Elle s’adapte sur n’importe quelle table solide; elle peut remplacer aussi l’étau; elle se démonte aisément et alors ne tient pas plus de place et n’est pas plus gênante qu’une planche à repasser.
- Fig. 5.
- L’établi de ménage démonté.
- Elle se compose d’un plateau de bois épais et dur de 1 m. de long, d’un étrier de serrage à 2 vis ; d’un 2“ étrier de serrage à 1 vis, d’une tôle de conduite et d’une vis de blocage.
- Les étriers, qui sont mobiles servent à fixer le plateau sur la table, et d’autre part à maintenir la pièce de bois à travailler.
- La vis de blocage est fixée à demeure à l’extrémité droite de l’établi, elfe sert à assurer le blocage de la pièce à travailler dans les conditions voulues, la fixation de celle-ci étant faite ensuite au moyen des étriers.
- Avec cet établi, on
- peut raboter à plat ou de champ, coller, scier, limer, découper, percer, etc.
- L’appareil est en vente chez M. Onigkeit, à Romans (Drôme). Prix franco : 32 fr. 5o.
- Briquet Papa. — Ce briquet est caractérisé par la fixation de toutes ses pièces par emboîtements, sans vis, ni ressorts, ni joints soudés et par la monture spéciale de la pièce en ferro-cérium.
- Il se compose d’un réservoir et d’un couvercle.
- Le réservoir comprend :
- a) Un tube cylindrique fermé à un bout par un procédé d’emboutissage spécial qui le renforce en même temps que ce bout a été rendu légèrement conique afin d’obtenir le frottement dur quand on ferme 1 appareil ;
- b) Le porte-mèche, pièce décolletée, dans le goulot duquel s’engage à force le frottoir muni de la mèche inusable en amiante.
- Le frottoir qui est la pièce manoeuvrière du briquet est en tôle d’acier, plié et cambré puis cémenté dans une préparation spéciale, trempé à froid et affûté.
- Le couvercle comprend un tube cylindrique ouvert aux deux bouts dans lequel est emboîté le porte-pierre qui est maintenu entre un rebord intérieur de ce couvercle et le culot de calage.
- C’est sur le couvercle qu’est fixée l’estampille.
- Cet assemblage constitue l’innovation de ce briquet.
- Le culot de calage a permis de se passer des filetages, des ressorts et de tout autre dispositif dits à queue d’aronde nécessitant sinon une main exercée, tout au moins un outillage spécial.
- Enfin la pierre pyrogène de ferrocérium que l’on trouve partout.
- Pour ouvrir ce briquet, on dévisse le réservoir, l’adhérence du couvercle sur la base conique cesse aussitôt. Pour fermer, il faut de même revisser et enfoncer modérément.
- Pour allumer, on frotte la pierre qui est au bout du couvercle soit en descendant celui-ci, soit en remontant le frottoir bien à plat, à l’angle variable suivant l’usure de la pierre; lorsqu’elle est neuve, presque à angle droit.
- Pour changer la pierre, à l’aide d’une tige plate aux deux bouts, la tête d'un clou, un crayon non taillé, on chasse la pierre dans le couvercle d’environ 2 cm, on enlève les débris de la vieille pierre avec une pointe quelconque, on met la nouvelle et on remonte le porte-pierre au bout du couvercle.
- Pour garnir d’essence, il suffit de tirer le porte-mèche comme un bouchon.
- Constructeur :
- Fabrique parisienne de nouveautés industrielles, 94, rue Saint-Lazare, Paris.
- Fig. <>. Briquet Fapa.
- p.2x27 - vue 465/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ><
- >«
- LA VOUTE CÉLESTE EN MARS J924 (l)
- La curiosité astronomique principale du mois de mars sera, sans contredit, la visibilité remarquable, sans être toutefois exceptionnelle, de la planète 'Vénus.
- Le brillant de cette planète, scintillant de mille feux au-dessus des crépuscules, donnera un charme particulier à nos soirées de printemps.
- Yénus était trouvée en conjonction supérieure avec le Soleil le io septembre dernier. Elle était, à ce moment, pour nous, derrière le Soleil. Entraînée par son mouvement, elle s’est écartée peu à peu de celui-ci (autour duquel elle tourne en sens inverse des aiguille^ d’une montre pour un observateur situé dans l’hémisphère nord). Elle arrivera à sa plus grande élongation du soir le 21 du mois prochain, à 45° 34' à l’Est du Soleil. A ce moment, son mouvement sera juste dirigé vers nous. Mais elle commencera à se rapprocher du Soleil — en apparence — et comme en même temps sa distance à la Terre diminuera, son éclat ira en augmentant jusqu’au 25 naai, où il atteindra son maximum. Puis, peu à peu, la phase s’accentuera, le croissant deviendra plus effilé, quoique le diamètre augmente rapidement, et le xer juillet Yénus sera en conjonction inférieure (sensiblement entre le Soleil et nous). Ensuite, elle deviendra étoile du matin.
- I. Soleil. — Le Soleil, en mars, s’élève rapidement vers l’hémisphère nord. Il traversera l’équateur céleste le 20 mars, à 911 ; cet instant est celui de l’équinoxe de printemps. A cette époque de l’année, les nuits et les jours ont la même durée.
- Avec l’accroissement de la déclinaison qui, de — 70 35' le xer, passe à + 4°9/ le 3i mars, la durée du jour éprouve une augmentation importante. De iot57m le icr, elle atteint i2h45m le -3i (durée de présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon).
- Nous donnons ci-dessous, comme nous le faisons chaque mois, le temps moyen à. midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Dnl.es. Heures du p; (l. in. Ci ssage ' Dal.es. Heures du passai; (L. m. Cir.).
- Mars 1er I2h 3ra 95 Mars 17 , nh59mios
- — 3 I 2h 2m 45“ — 19 iih 58m34s
- — 5 I2h 2m J95 — 21 1 ih 58"
- — 7 I2h 1" 5is 23 II1' 67“ 22s
- — 9 1 2h lm 2l“ — 25 1 ih 56“45s
- — 11 I21' Om 5os — 27 x 1h 56m 8S
- — i3 I2h O"’ i8s — 29 n* 55” 32*
- — i5 IIh 59“ 44R - 31 1 ih 54“ 55e
- Observations physiques. —Nous continuons ci-dessous le tableau des éléments permettant l’orientation des dessins et photographies du Soleil. La définition des termes P, B0, L0 a été donnée au « Bulletin astronomique » pour janvier 1924. Nous insistons pour que l’observation du Soleil soit continuée régulièrement chaque jour.
- Dates. P h*
- Mars Ier — aie,7 — 7°, 2 196°,6
- — 6 — 22®,9 - - 7°>3 i3o°,7
- — 11 — 23®,9 — 7°,2 64°, 8
- — 16 — 249,8 — 7°,i 358®,9
- — 21 — 25°,4 — 7°,o — 6®,8 293®, 0
- — 26 — 25°,9 227°,0
- — 3i — 26°,3 — 6°,5 i6i°,i
- Parallaxe et distance. — Yoici la valeur de ces élé-
- ments pour le mois de mars
- Dates. Parallaxe horizontale. Distance.
- Mars ier 8", 88 148 184 000 km
- —1 11 8",86 148 570 000 —
- — 21 8",83 148 978 000 —
- — 3i 8", 81 149 414 000 —
- Lumière zodiacale. Lueur anti-solaire. — Le mois de mars est par excellence celui de l’observation de la lumière zodiacale, le soir. La rechercher, dès la nuit complète, dans les constellations zodiacales. L’observation consistera notamment à dessiner le contour de la
- 1. Toutes les heures données dans ce Bulletin sont exprimées en temps légal, compté de o11 à 24h, à partir de minuit. On sait que ce temps légal n’est autre que le temps de Greenwich. Il est égal au temps moyen de Paris retardé de 9ra 2iB.
- lueur, repéré par rapport aux étoiles, à noter sa couleur, ses particularités. Une étude photométrique suivie serait d’une grande utilité scientifique. La lumière zodiacale est effacée dès que la Lune brille. On la recherchera, en mars, de préférence du ier au 5 et du 24 au 3i.
- La lueur anti-solaire brille au point du ciel exactement opposé au Soleil. Quand on dit « briller », c’est une façon de parler. Alors que la lumière zodiacale saute aux yeux les moins prévenus, il faut rechercher spécialement la lueur anti-solaire. On la recherchera le soir, vers minuit, près de 1 étoile p Lion du ier au 3 mars, puis vers l’étoile x Lion du 4 au 7 mars.
- La lueur anti-solaire est une sorte de « queue » de la Terre, analogue à une queue de comète vue par le bout. La pression de radiation due à la lumière solaire s’exerce sur les particules de la très haute atmosphère terrestre et les entraîne dans l’espace. Elles sont ainsi canalisées et nous réfléchissent une partie très faible de cette lnmière qui les chasse loin de la Terre.
- Eclipse de Soleil — Une éclipse partielle de Soleil, invisible à Paris, aura lieu le 5 mars.
- I. —- Commencement de l’éclipse générale. . i3h 55m II. — Plus grande phase de l’éclipse .... i5h44”'
- III. — Fin de l’éclipse générale.............. . 1711 33"’
- Le premier point de la Terre qui vei’ra l’éclipse, celui qui correspond à la phase I, est situé par :
- Longitude ouest de Greenwich = 131° 14'; latitude sud = 68° 14'.
- La plus grande phase de l’éclipse est visible en un point situé par 55° 47" Est et 720 2' Sud. C’est la phase IL
- La fin de l’éclipse (phase III) se produira pour un point de la Terre situé par x3° 5o' Est et 34° 36' Sud.
- La grandeur maxima de l’éclipse sera de o,58a, le diamètre du Soleil étant pris comme unité.
- L’éclipse sera visible du Sud de l’Océan Atlantique, de l’extrême Sud africain et des terres polaires australes.
- IL Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois de mars seront les suivantes :
- N. L. le 5, à i5h 58” P. L. le ai, à 4b3o“
- P. Q. le 13, à i6h 5oM D. Q. le 27, à 20h24m
- Age de la Lune, le i*r mars, à midi — 251,4 ; le 6 mars, à midi == oJ,8. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le xer ou le 6 et, pour une heure considérée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mars : le 14 = + 180 58* ; le 27=—190 1 '. On sait que ces époques sont celles de la plus faible ou de la plus grande élévation de la Lune sur l’horizon loi'squ’elle passe atf méridien de tous les points de la Terre.
- Apogée (plus grande distance à la Terre) de la Lune, le 11 mars, à 221'. Parallaxe =54' n". Distance
- = 4o4 700 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 23 mars, à i8h. Parallaxe =60'12". Distance = 364s5o km.
- Lumière cendrée. — A observer le soir, du 7 au 10 mars; le matin, à partir du 28.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 11 mars, occultation de,179 B Taureau (gr. 5,9). Immersion seule visible à 23h 19“.
- Le 24 mars, occultation de 190 B Balance (gr. 6,5). Emersion seule visible à 23h6m.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 21. Yoici pour quelques jours de mars les plus grandes marées du mois :
- Coefficient
- Dates. Marée du malin. Marée du jo
- Mars 20 Om,8g o’LgS
- — 21 lm,00 i“,o5
- — 2 a xm,o8 i”, 10
- — im,ii 1”, 10
- — 24 ira,o6 1m, 0 2
- — ü5 om,96 O b
- III. Planètes. - - Le tableau ci-après, établi au
- des données de i Annuaire astronomique JHammai pour 1924, contient les renseignements les plus imj tants pour rechercher et observer les principales ; nètés pendant le mois de mars 1924.
- m -* to-
- p.2x28 - vue 466/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- >
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil de microphotographie du Dr Durante, est construit par la maison Dusseris, 7, rue Cassette, Paris.
- Réponses. — M.. J. D., Varsovie. — i° Conservation des fruits et des légumes par l'acide sulfureux. — Il n’y a aucun inconvénient à employer l’acide sulfureux, procédé en usage depuis longtemps.
- Pour les fruits, voici comment on opère :
- Dans une bassine ou une casserole en nickel, assez grande, faire un sirop à raison de a5o gr. de sucre dans 400 gr. d’eau, pour 1 kg de fruits épluchés. Lorsque le sucre est fondu, et au moment où le sirop commence à entrer en ébullition, y verser les fruits et surveiller le premier bouillon.
- Prendre des flacons bipn propres et égouttés. Mettre sur une feuille de zinc ou une planchette des morceaux de soufre que l’on allume et couvre avec les flacons retournés dont l'intérieur reçoit ainsi les vapeurs sulfureuses jusqu’à opacité complète.
- Dès que les fruits Commencent à bouillir dans la bassine, prendre un flacon en l’entourant d’un linge pour ne pas se brûler, et le remplir de fruits et de jus bouillants jusqu’à 4 ou 5 cm du bord ; boucher provisoirement avec un tampon de linge; opérer de même avec les autres flacons et, quand tous sont remplis, boucher avec une vessie de porc, préalablement trempée un instant dans l’eau chaude pour la ramollir.
- Coiffer les flacons en mettant le côté intérieur de la vessie en dehors, puis, soulevant un coin de celle-ci, introduire dans le goulot, à l’aide d’une pince en bois ou de vieux ciseaux, un petit morceau de soufre enflam-
- mé, que l’on retire après quelques secondes; ligaturer ensuite à la ficelle, promptement, afin d’éviter l’échappement de gaz sulfureux. Placer les flacons dans un endroit sec et frais.
- La conservation est assurée ainsi pendant un an et même au delà. N’employer ni récipient, ni bouchage en métal.
- Pour les légumes verts il suffit de les traiter par les vapeurs sulfureuses, en vase clos; ils laissent échapper leur eau de végétation et sont comme cuits; on les met ensuite dans des pots en grès que l’on couvre d’un parchemin et conserve en cave. Opérer sur des substances végétales tendres, susceptibles de cuire promptement.
- C’est le procédé Braconnot, dont vous trouverez la description dans le Manuel des conserves alimentaires, par Henri Blin, 1 volume (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e).
- 20 Les bisulfites de soude et de chaux ne sont pas utilisés ; il faut s’en tenir à l’acide sulfureux gazeux.
- 3° Le ripolinage se fait au pinceau; c’est une peinture çt non un vernis.
- Les raccords peuvent se faire tout aussi bien qu’avec les autres peintures.
- M. R., avenue Maurice-Berteaux, Chatou (Seine-et-Oise). — L’éclairage artificiel des serres, pour suppléer à l’absence des rayons solaires, n’est pas à l'heure actuelle appliqué couramment en pratique. Nous n’avons pas connaissance des essais de ce genre qui auraient pu être faits en France ou à l’étranger. Pour être renseigné sur ce point, vous pourriez vous adresser plus particulièrement à M. A. Petit, professeur à l’Ecole nationale d’horticulture, à Versailles, et au Comité scientifique de la Société nationale d’Horticulture de France (Paris, 84, rue de Grenelle, 6e). Voyez aussi, pour recherche de documentation sur cette question : Revue horticole (Librairie agricole delà Maison rustique, Paris, 26, rue Jacob, 6e); M. Gustave Rivière, directeur de la Station agronomique de Seine-et-Oise ; M. Blanchard, directeur des Services agricoles de Seine-et-Oise, à Versailles.
- CAFETIÈRE
- DE TABLE
- “ KIRBY
- En verre allant au feu Pour faire un Café exquis
- KtlRBY, BEARD a C°
- PARIS - 5, R. Auber - PARIS
- R. C. J42.7J4.
- DEUX modèles:
- Bureau 65 fr. ,,0oo°°000°ooo00n
- Poche 35r0o°° 2
- AVEC LE CALCULATEUR A DISQUE MOBILE
- IL SUFFIT DUN SIMPLE MOUVEMENT DU DISQUE POUR OBTENIR USD’ •LUTION DE N’IMPORTE QUEL PROBLÈME —
- Demandez la brochure extrêmement, intéressante, avec reproductions des appareils : Prix:2trev timbres ou mandat, adressés à MM.
- HATHIEUeiLEFÊVRE
- CONSTRUCTEURS R. C. Seine «2.871
- mssst*<£irmn’2>*'
- „"xsr WRue Fénelon,Montrouge (seine)
- CHASSIS de COUCHE
- Renforcés Fer T et Cornière s delm xi™ ' 3 travées. Prix; 13,801 de lm xi,33 3 - — ^’9^I
- de 1.30-X1.33 4 - • - 18-40!
- Paillassons sulfatée, Cordes goudronnées, j Le mètre carré : a r«
- TH IO LO N, 16, Rue du Louvre, PARIS
- ENVOI FRANCO D«J CATALOGUE N« 5
- Reg. C. : 2J0./78 B.
- r
- «•
- PILES SÈCHES»
- (Qualité supérieure)
- ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES
- SOCIÉTÉ HEINZ
- 2, Rue Tronchet, Paris.
- Téléph. Central 42-54.
- Reg. C.
- Usine à Saint-Ouen (Seine). Paria 49.J5J.
- Officiers Ministériels
- AU.I0" Ch. NoI. Paris, 12 Février. MAISON A PARIS.
- 234-. Revenu NET. bail expirant Un 1934, 3.700 fr. M. à p. 50.000 lr. Prêt C. F. à cons. 4 0/0. S’adr. WATIN-AUGOUARE, not., 10,.rue Saint-Antoine.-
- R. $T-MARTIN
- IMMEUBLE U PDA? ft TI CD 18 G"” 568 m Dcv.42.416f.
- à PARIS n.linUlM I ItnM. à p. 350.000 fr. Adj. Ch. Not. 12févr. S’ad. WAT1N-AUG0UARÜ, not., 10, rue Saint-Antoine.
- Petites Annonces
- Occasions : Poste émetteur Maguna, 200 fr. — Allern. d avion, 150fr. — Transt. émission, poids 4kgs, 50 fr.— Ecrire : NATURE, n° 597.
- 49 XXXI &
- p.2x29 - vue 467/688
-
-
-
- %
- BOITE AUX LETTRES
- €
- M. L. Lacour, à Vayres (Gironde). — U électrisation des vins, surtout en vue de les pasteuriser, n’est pas une méthode employée couramment. Nous ne connaissons pas d’ouvrages ou articles traitant spécialement l’étude de cette question.
- Nous savons que l’idée première de l’électrisation des vins est due au Dr Scoutteten, qui observa que des vins touchés par la foudre avaient été améliorés et vieillis. Cette observation a été confirmée par les expériences de M. de Méritens et autres savants ou praticiens, qui ont reconnu que les vins électrisés à l’aide d’une dynamo sont améliorés dans le sens du vieillissement, que le développement des ferments et des maladies, peu avancé, y est enrayé, que le vin électrisé se conserve mieux que celui qui ne l’est pas.
- Ce traitement des vins est coûteux.
- Pour être documenté sur l’état actuel de la question, dans le sens qui vous intéresse, il conviendrait de vous adresser, dans votre département, à des spécialistes de l’œnologie. Voyez : Station œnologique de la Gironde, à Bordeaux; Frantz Malvezin, œnotechnicien, à Cau-déran. Nous vous indiquons également : l’Institut œnotechnique de France, à Neuilly-sur-Seine (Seine); Weinmann, chimiste-œnologue, à Epernay (Marne).
- M. Pellegrin, à Antibes. — i° Deux procédés sont employés pour fabriquer le linge lavable. Dans le premier, le linge empesé est simplement trempé dans une dissolution de nitrocellulose ou d’acétate de cellulose. Les faux-cols ou manchettes traités par la nitrocellulose en solution dans l’acétate d’amyle ou l’éther acétique présentent quelques fois l’inconvénient de jaunir à l’usage, cela est dû à une dénitration de la nitrocellulose, phénomène qui s’amorce sous l’action de la sueur; cet inconvénient ne se produit pas avec l’acétate de cellulose qui est utilisé en solution à 3 ou 4 pour ioo dans le tétrachloréthane additionné de xo pour ioo d’alcool méthylique ou éthylique. Parfois pour donner de l’opacité à l’enduit, on y incorpore de l'oxyde de zinc ou du lithopone. Dans le second procédé qui donne le linge dit américain, on insère le tissu entre deux feuilles de
- celluloïd blanc, assoupli par l’huile de ricin, après l’avoir imbibé d’alcool, on comprime ensuite fortement au moyen de presses à lames gaufrées. Le linge ainsi préparé au celluloïd peut être dangereux à cause de son inflammabilité. i° Pour débarrasser le linge de son enduit, il faut empfoyer le solvant correspondant à sa composition, d’après les indications précédentes. 3’ Jdemploi de l’acétate d’amyle était inutile pour votre essai de dissolution, puisqu’il s’agissait d’acétate de cellulose, l’acétone suffisait employé en proportion convenable.
- M. Milley, à Paris. —• D’après les indications que vous nous donnez, votre vêtement a dû être imperméabilisé à l'alumine, il conviendrait dônc pour bonne réussite que le traitement soit de même nature.
- Prendre : Alun concassé.................xooo gr.
- Eau chaude..................... 12 litres.
- Après dissolution ajouter la suivante :
- Cristaux de soude .... 5o gr.
- Eau chaude...................... 2 litres.
- Mélanger. Il se produit une effervescence quand le liquide n'est plus très chaud, ajouter cette autre solution :
- Acétate de plomb .... 1000 gr.
- Eau chaude...................... 8 litres.
- Agiter, il se forme un précipité blanc, laisser éclaircir 24 heures et décanter le liquide clair qui constitue le bain prêt à employer.
- Plonger dans ce bain froid, les objets à imperméabiliser, essorer modérément, mettre à sécher dans un séchoir à 5o°-6o°. Cette dernière opération est essentielle pour bien fixer l’alumine au besoin, si on ne dispose pas d’étuve se servir du fer à repasser.
- M. V. Viquiera, à Melilla. — i° Le moyen le plus pratique pour vous d’obtenir de la poudre d’ébonite est le râpage. Si vous disposez d’une fraise montée sur tour le travail sera plus facile. 20 La taille du verre et du cristal s’effectue avec des meules et des abrasifs de plus en plus fins, vous trouverez le matériel nécessaire à l’Outillage général, 52, rue Rodier, à Paris.
- ©-
- ^ |U*£deSSINER
- Savez-vous qu’il existe une méthode simple, pratique, vraiment moderne, par laquelle vous pouvez devenir rapidement une artiste originale. '
- Regardez les croquis ci-contre. Ce sont des croquis d’après nature faits par une jeune débutante. En appliquant les premiers principes de la Méthode A. B. C., notre élève a pu relever la banalité des sujets, et faire, en quelques coups de pinceau, de véritables interprétations personnelles et vivantes, non de froides copies.
- Déjà, le Cours A. B. C. de Dessin a formé une petite légion de dessinateurs enthousiastes, parmi lesquels il y a quelques artistes aux talents originaux de tendances modernes, capables de créer et de vendre des dessins de toutes sortes pour affiches, illustrations de livres et journaux, dessins de mode, caricatures, art décoratif, paysages, (leurs, etc.
- Un album luxueusement édité, comportant de nombreux croquis et dessins faits par nos élèves, a été spécialement préparé pour montrer les résultats qu’ils obtiennent, et donne tous les renseignements désirés.
- Demander cet album, envoyé franco.
- è-
- COURS A. B. C. DE DESSIN (Atelier 71)
- 252, Faubourg Saint-Honoré, PARIS (VS8Ie)
- XXXII
- p.2x30 - vue 468/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE MA.BS à Paris. HTl Méridien de Paris (*) à Paris. sion droite. son. apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 6" 27“ 2miq‘ I7h 39" 23" 3m — 6° 3' 32' x8'(o Verseau 6 )
- Soleil . . . i5 6 6 11 ^9 44 17 54 a3 40 — A 8 32 13,2 Verseau 1
- 25 5 45 11 56 45 18 9 0 '7 + 1 49 82 7,2 , Poissons
- r 5 6 15 11 IA 16 9 AA 7 — 13 55 5, 0 a Verseau t
- Mercure. . 15 6 10 11 39 17 8 2 3 i3 — 7 16 5,0 9 Verseau ; Inobservable.
- a5 5 57 I A 10 18 a3 0 3o + ^ 15 5,o e Poissons
- 5 7 4^. 14 3 A . 21 22 I 33 +10 18 15,8 r\ Poissons
- Vénus. . tj i5 ' .• 5 ! 7 AA 14 36 AI 5o A *7 + r4 58 * 16,8 a Bélier > Bien visible le soir.
- 7 5 ! ! 4i 1A ll 3 1 + *9 4 18,2 5 Bélier
- 5 A 51 6 56 11 0 l7 54 — 23 29 6,4 p. Sagittaire
- Mars. . . . ,5 A 40 6 44 10 47 18 A — 23 35 6,8 X Sagittaire ! a Sagittaire Le matin, avant le jour.
- 25 ‘A 27 6 3i 10 36 18 GO vr — 23 A 5 7,2
- Jupiter. . . i5 1 A A 5 34 9 45 17 i3 — 22 18 35,6 6 Ophiuchus Seconde partie de la nuit.
- Saturne . . i5 ' A l 3 A 22 7 4i i4 X — 9 27 16,8 x Vierge Presque toute la nuit.
- Uranus. . . 16 4 47 [ I a5 *7 3 23 J *7 — 5 25 3,2 9 Verseau Invisible.
- Neptune. . 15 ‘4 2 3 A I 40 4 00 9 AA + i5 40 2,6 7 Lion Presque toute la nuit.
- t. Cette colonne donne l’heur**, en temps de Greenwich, du passade au méridien de Paris.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 22 mars, à ioh. Il sera invisible tout ce mois-ci.
- Vénus brille magnifiquement le soir au couchant, et attire tous les regards par son éclat. Elle arrivera, le mois prochain, à sa plus grande élongation du Soleil. La phase de Vénus (portion éclairée du disque) sera de 0,682 le i5 mars. La plus petite lunette montrera la phase de Vénus.
- Mars entre dans la période des observations utiles. Son diamètre augmente et il est bien visible le matin avant l’arrivée du jour. Malheureusement, en F rance, il est bien bas surl’horizoa. Phase de mars, le i5 mars : o,885.
- Jupiter est surtout visible à la fin de la nuit ; le tableau ci-après contient l’énumération des principaux phénomènes présentés par le système des satellites. On peut suivre ces phénomènes avec de très petits instruments.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Mars Heure. Satel- lite. Phéno mène. DATE Mur s Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- A /h 4| 42"‘ III O.c. •9 2h 9", I P. c.
- A 5 3 £ I 1j . c. 19 3 4 I O.f.
- 3 a 41 I O.c. >9 4 19 I P.f.
- 3 3 54 I P. c. 20 r 4o I Em.
- 3 4 5o I 0. r. AO 2 46 III E. c.
- 4 3 a6 I Em. 20 4 59 III E. f.
- 5 4 0 II E c. 21 4 It) II O.c
- 6 A i3 III Em. 23 3 15 II Em.
- 7 3 58 II P.f. 26 A 48 I O.c.
- 10 4 34 I O.c. 26 4 O I P. C.
- x t I 5a I E. c. 26 4 58 I 0. f.
- 1 r 5 20 I Em. 27 ) 3 A I Em.
- IA A a6 I P. f. 3o 0 58 II E. c.
- i3 3 54 III Im. 3o 3 20 II E. f.'
- t4 t 41 II O.c. 3o 3 a3 II Im.
- 14 4 1 II 0. f. 3x ï 20 III P. c.
- 14 4 i3 II P. c. 3i 3 34 m p.f.
- x8 3 46 i. E. c.
- *
- On trouvera au précédent « Bulletin astronomique » (n° 25g5) la signification des abréviations de la quatrième colonne et l’énumération des diverses circonstances dans lesquelles lés phénomènes peuvent se produire.
- Saturne est visible à présent la plus grande partie de la nuit. Voici la valeur des éléments de l’anneau, à la
- date du 17 mars 192 I :
- Grand axe extérieur.........................
- Petit axe extérieur......................... -j- r 1//,71
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau. . ....................... -j-16° 8'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de Panneau, -j- 15" 9
- Une lunette de o“,o57 permet déjà de bien distinguer l’anneau de Saturne, une de om,oj5 laisse deviner l’anneau extérieur plus sombre. Une lunette de ora, 108 montre parfaitement cet anneau, avec la division de Gassini. C'est là l’instrument véritablement adapté au travail de l’amateur et avec lequel on peut faire d’utiles observations Uranus sera en conjonction avec le Soleil le 8 mars, il est donc invisible ce mois-ci.
- Neptune, par contre, dont l’opposition a eu lieu en février, peut être observé presque toute la nuit. On le trouvera au moyen de ses coordonnées célestes que voici :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Mars 5 g*1 2 3“ — i5° 35' 2", 6
- — i5 9h 22m — i5° 40' 2",6
- — 25 g'1 22™ — x5° 43' 2", 4
- Avec une bonne luuette, Neptune présente un tout petit disque. Eclat de la 8° grandeur environ.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 2o\ Mercure en conjonct. avec 1 Verseau (gr. 4,3)
- Le 4, à i2h, Mercure Le 5, à 20", Uranus Le 9, à 2h, Vénus Le 15, à 21', Mercure Le 18, à 4\ Neptune Le 28, à 6", Saturne Le 26, à i5\ Jupiter Le 28, à 9h, Mars
- à o° 3'S.
- — la Lune, à 20 33'S.
- — la Lune, à o° 4F N.
- — la Lune, à 5° 27'N.
- — Uranus, ài°2i'S.
- — la Lune, à t° 34'N. -— la Lune, à i° 49'S.
- — la Lune, à 4° 16' S.
- — la Lune, à 4° 24' S.
- Etoiles filantes. — Le 7 mars, étoiles filantes. Deux radiants, l’un par u33°—180, près de (3 Scorpion, l’autre par 244° + i5°, près de y Hercule.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol ((3 Per-sée), variable de la grandeur 2,3 à la grandeur 3,5 en 2J20h48m. Le i3 mars, à 23hii“; le 16, à 20bom.
- V. Constellations. — Pendant le mois de mars, la voûte céleste est particulièrement belle et lumineuse,-à l’ouest : les constellations d’hiver, si éclatantes, s’approchent de l’horizon où brillent plusieurs étoiles de ira grandeur : Sirius, Procyon, Capella, Aldébaran, puis Betelgeuse, Rigel, Castor et Pollux. Le ciel, à l’Est, voit monter les constellations du Printemps et seul, de ire grandeur, Arcturus paraît. Au méridien Régulus.
- Voici l’aspect des constellations le ier mars, à 21" ou le i5 à 20h.
- Au Zénith, ou plus exactement autour de lui : La Grande Ourse, les Gémeaux (Castor, amas, ô, Ç, y.) ; le Cocher (14, M, 37). — Au Nord : La Petite Ourse (Polaire) ; Céphée (ô, (3, y., 5) ; Cassiopée (vj, t). — A l’Est : Le Bouvier; la Vierge (y, nébuleuses); la Chevelure de Bérénice. — Au Sud : L’Hydre; le Corbeau; la Coupe; le Petit Chien. — A l’Ouest : Le Taureau (les Pléiades, a, 6, a, y., t, 9, X); le Bélier; Qrion (nébuleuses, X, ô, s, ü) ; la Baleine. Em. Touchet.
- p.r31 - vue 469/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- Espalion-Aveyron. — Bien qu’en principe le minium soit insoluble dans l’eau, comme il s’agit d’un produit industriel, on ne peut être sûr qu’il ne cédera pas à l’eau quelques sels de plomb solubles qui pourraient l’accompagner. Nous ne vous conseillons donc pas d'emmagasiner de l’eau destinée a la consommation dans un bac peint au minium. A notre avis, le mieux serait d’enlever l’ancienne peinture par brûlage et grattage soigné, puis de repeindre en se servant d’une peinture au blanc lixe (sulfate de baryte).
- M. de la Boulaye, à Martenay. — La colle en question est effectivement constituée par du silicate de soude et ne contient aucune colle organique, vous obtiendrez donc les mêmes résultats en vous servant du silicate de soude commercial de bonne fabrication.
- M. II. Fru gès, à Bordeaux. — Les matières tinctoriales employées autrefois avant la découverte des couleurs d’aniline étaient les suivantes : i° Matières minérales : l’hydrate de peroxyde de fer (nankin, chamois, aventurine), le chromate de plomb (jaune et orangé), 1 hydrate de chrome (vert), le bleu de Prusse, l’hydrate de manganèse (bistre). 20 Matières organiques végétales ou animales fixées pour la plupart avec intervention d un mordantjfer, alumine, chrome, étain) : la garance (base alizariiTe, purpurine) teinte rouge, la cochenille (carmin), l’orseille (rouge et violet), le quercitron (jaune), le campêche (violet et noir), le bois du Brésil (rouge), la gaude (jaune), la gaude, le fustet ou fustel (jaune), l’indigo (bleu).
- Réserve faite de l'alizarine et de l'indigo, ces matières colorantes ne présentaient pas une grande supériorité sur les couleurs d’aniline et n’en avaient ni la variété, ni la vivacité. Vous obtiendrez des résultats au moins équivalents avec les diamines solides, Jaune B, Benzo-orange S, Rouge F, Benzo-bleu B, Diazo-noir BHX, etc., ces couleurs ont l’avantage de se fixer directement sur la fibre de coton, de laine, de soie, sans intervention de mordant, d’où une grande simplicité comme mode d’emploi, bon marché et de bonne pénétration, elles conservent au tissu le. toucher, le brillant, la souplesse. Les proportions par kilogramme de fibre à teindre en intensité moyenne sont les suivantes :
- Eau non calcaire............... 20 litres
- Soude Solway................... 10 gr.
- Sulfate de soude............... 5o —
- Colorant. .................5 à 10-
- On monte le bain avec la moitié du colorant et on le porte aux environs de 4o° à 5o°, puis on y introduit le tissu, on élève progressivement la température jusqu’à l’ébullition. A ce moment on retire l’étoffe, ajoute au bain le reste du colorant et introduit à nouveau le tissu, on reporte à l’ébullition que l'on maintient à peu près une heure, on termine par un rinçage. Tenir compte que la teinte baisse en séchant, par suite la tenir au-dessus de l’effet désiré, pendant l’opération de teinture. Si la question vous intéresse, consultez les ouvrages suivants : Les couleurs, les matières colorantes et la teinture, par Pécheux. Les matières colorantes et la chimie de la teinture, par Tassart. Editeur Baillière, 10, rue Haute-feuille.
- M. Oddou, à Valence-sur-Rhône. — Pour la mise au point de questions industrielles, veuillez vous adresser au Bureau technique du mois scientifique, 8, rue Nouvelle, Paris, 90.
- M. le Dt Letang, à Lessart (Tienne). — D’après les renseignements qui nous ont été fournis, le nitol est actuellement fabriqué par la maison Gouin, 60, rue de Saussure.
- M. G. Berlin, à Nancy. — Il n’existe pas de composition d’électrodes pouvant travailler, dans les conditions que vous indiquez, d’une façon satisfaisante, les appareils du commerce sont constitués par des lampes en quartz qui chauffent par rayonnement.
- M. Cosles, h Paris. —r- Une bonne composition pour souder l'ébonite est la suivante :
- Faire fondre 100 gr. de colophane en évitant l’inflammation, puis y incorporer peu à peu 5o gr. de gutta-percha coupée eu menus morceaux. Le mastic ainsi obtenu est coulé en plaquettes; pour l’emploi, on le fait fondre et on enduit du liquide chaud les parties à réunir, on serre fortement, enlève les bavures et laisse refroidir quelques heures avant de mettre en service.
- M. Garin, à Lyon. — i° La dorure sur cuir s’effectue au moyen de blanc d’œuf étendu de trois fois son volume
- d’eau que l’on étend sur la partie à dorer, on applique avec un pinceau une feuille d’or, puis sur celle-ci un fer chaud portant en relief les lettres ou le motif à exécuter. L’albumine étant coagulée fixe l’or et il suffit d’un époussetage léger pour enlever les parties inutilisées. 20 Vous trouverez des ouvrages sur la question chez Berville, 25, rue de la Chaussée-d’Antin.
- M. Claverie, à Yieillevigne. — S’il s’agit d’acide sulfurique dans la proportion de 10 pour 100 du volume total, il serait préférable de protéger le bois. Pour cela, bien sécher le tonneau par exposition à l’air, après avoir enlevé l’un des fonds et enduire l’intérieur de paraffine fondue préalablement, le bois sera alors tout à fait à l’abri de l’action de l’acide.
- M. Sainmont, à Sonzay. — i° Ouvrages sur la reliure : Petit guide du relieur amateur, par Audran, de la Collection Guyot, 20, rue des Petits-Champs. Le relieur en tous genres, par Lenormand et Maigne, chez Mulot, éditeur, 12, rue Hautefeuille. 2° Fournisseurs de tous articles concernant la reliure : Simonin et Blanchard, 12, rue Fontaine-au-Roi. Bourgault, 7, rue Charlot-Lhermitte, 208, Faubourg Saint-Martin, Omnia, 94, rue d’Assas.
- 3i-2 Caen (Calvados). — 10 Pour dorer l’aluminium la méthode la plus sûre est de nickeler préalablement, puis de dorer ensuite ; vous trouverez dans tous les ouvrages de galvanoplastie les détails relatifs à ces opérations électrolytiques, nous vous rappelons seulement que pour obtenir une bonne adhérence du nickel sur l’aluminium il est indispensable, ainsi que l’ont indiqué Guillet et Gasnier, de décaper la surface au jet de sable, l’adhérence est d’autant plus grande que la pression de l’air employé au sablage est plus forte. Le sable doit être très propre, dépourvu de matières organiques et avoir une dimension de grains inférieure à deux dixièmes de millimètre. D’après la Revue de chimie industrielle, on pourrait remplacer le nickelage par un cuivrage résultant de l’immersion dans un bain composé de :
- Sulfate de cuivre............. 100 gr.
- Crème de tartre............... 70 —
- Carbonate de soude sec. . . 70 —
- Eau non calcaire..............3 à 5 litres
- Renforcer ensuite la couche de cuivre électrolyti-
- quement, puis dorer. 2° Les maisons suivantes sont susceptibles de vous fournir des articles moulés en celluloïd : Anel, 4'L rue Servan; Jacquet, 9, rue du Château-d’Eau; Jansen, 5 bis, rue des Rosiers; Compagnie Cellulite, 83, rue des Prairies. Couvert, 177, rue de Bagnolet.
- M. Beauquier, à Nîmes. — Le produit le plus économique en même temps que le plus efficace pour ignifuger les bois est le silicate de soude dont l’action peut être conjuguée avec celle de l’alumine en appliquant
- successivement les deux solutions :
- A Sulfate d’alumine............. 200 gr.
- Eau ordinaire................1000 cm3
- B Silicate de soude à 0/0. . ( 5oo gr. Eau ordinaire................. . 1000 cm3
- Les applications successives doivent se faire de préférence à chaud en ayant soin de laisser sécher chaque couche avant d’appliquer la suivante.
- M. Vidaud, à Paris. — Il n’y a pas de moyen pratique d’enlever la dorure prise dans la couverte de la porcelaine ; dans les conditions que vous-indiquez, cette marque ne doit donner que plus de valeur à l’objet en certifiant de son origine authentique.
- M. Capon, à Paris. — Nous avons répondu à votre demande dans un précédent numéro, en vous suggérant une solution possible, veuillez bien vous y reporter.
- M. Acker, à Logelbach (Haut-Rhin). — Nous avons parfaitement réussi dans une expérience personnelle à enrayer le développement des champignons sur des poutres en badigeonnant à plusieurs reprises avec une solution saturée de sulfate de cuivre du commerce (vitriol bleu). Dans le cas d’un plancher en contrebas et voisin décuries, la lutte sera probablement un peu plus difficile et nous ne pouvons que vous conseiller de compléter le traitement par une circulation d’air sec venant balayer la face inférieure dudit plancher, puisqu’il se trouve à une certaine distance du sol. Assurer en particulier 1 évacuation de l’eau de ruissellement du mur (côté ouest du croquis) afin que cette eau ne s’engage pas sous le plancher soit à l’état liquide, soit à l’état de vapeur par l’entrée d’air prévue.
- 31
- p.r32 - vue 470/688
-
-
-
- ><
- BÎBLÏ O GRAPHIE
- Jours d'Electricité, à l’usage de l’enseignement supérieur scientifique et technique, par G. Bruhat. i vol. 712 p., 518 fig. Masson, éditeur, Paris, 1924. Prix net : 55 francs.
- Le Cours d’Electricité que vient de publier ! M. Bruhat donne aux étudiants un excellent outil de préparation, soit aux études spéciales d’électrotechnique, soit aux études de haute physique théorique. M. Bruhat, avec raison, s’est préoccupé d’écrire, non pas un ouvrage technique comme il y en a beaucoup, j pour ne pas dire trop ; mais son ouvrage de physique générale donnant à son lecteur la culture scientifique générale indispensable pour aborder ultérieurement avec fruit des études spéciales. Il y a parfaitement j réussi; et son livre, dans la littérature pédagogique \ de l’électricité, comble avec succès une grave lacune qui existait entre les ouvrages élémentaires et les traités spéciaux d’électrotechnique. Ecrivant dans un but d’enseignement, l’auteur s’est refusé à rédiger un traité encyclopédique ; il a fait un choix parmi les innombrables questions physiques qui relèvent aujourd’hui de l’électricité, son choix a été dicté par le souci d’établir un ensemble dont les chapitres s’enchaînent logiquement, et qui comprenne tous les phénomènes jouant uu rôle dans l’industrie moderne. Dans son plan général, l’ouvrage de M. Bruhat suit le mode d’exposition classique tel que l’ont établi nos. grands professeurs d’électricité : les Joubert, les Mascart, les Potier et qui permet de coordonner rationnellement le maximum de faits utiles avec le minimum d’hypothèses ; de sobres préliminaires mathématiques comprenant les éléments de calcul Vbctoriel si précieux pour simplifier les exposés théoriques, puis le rappel de propriétés des champs newtoniens introduisant les notions et les théorèmes fondamentaux sur les potentiels et les flux ; puis l’étude de l’électrostatique et les conséquences de la loi de Coulomb, relative à l’attraction ou à la répulsion des masses électriques; ensuite l’étude du magnétisme, du champ magnétique et des feuillets magné-tiques, suivie de l’étude du courant continu et de ses lois essentielles : loi d’Ohm, lois de l’électrolyse, théorie des ions, piles électriques. Le courant étant ainsi une notion bien définie l’auteur expose les propriétés électromagnétiques des courants, puis les lois générales de l’induction, après avoir introduit la notion des courants, le déplacement dans les diélectriques. Il établit avec beaucoup de clarté les formules fondamentales relatives à la décharge d’un condensateur et à l’énergie d'un circuit, qui sont d’un usage constant dans toutes les applications. Un important chapitre est consacré aux mesures électriques. Gomme application des chapitres précédents, l’auteur étudie brièvement, mais très clairement, le courant alternatif, puis les oscillations électriques, et il aborde la théorie de Maxwell, qui aujourd’hui ne peut plus "être laissée de côté dans un ouvrage d’enseignement, puisqu’elle est à la base de la technique radioélectrique et que, d’autre part, elle résume en une synthèse admirable toutes les lois de I’électro-magnétisme^. L’ouvrage se continue par d’excellents chapitres qui constituent une introduction à l’étude des théories modernes : courant de connexion, mouvements d’une particule électrisée, notions sur l’électron et la théorie électronique de la matière, sur les phénomènes thermioniques, sur l’ionisation, sur les rayons cathodiques, les rayons positifs, les rayons X, la radioactivité et les théories de Rutherford et Bohr. Il se termine par quelques pages donnant des notions sommaires sur les principaux appareils industriels : dynamos, alternateurs, moteurs, transformateurs, appareils de T. S. F.
- Les divers aspects de la théorie de la relativité, par J. Villey, préface de M. Brillouin, i vol. in-8, 96 p. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1923. Prix : 7 fr. 5o.
- Cet ouvrage se compose de deux parties bien distinctes. La première est consacrée à l’analyse du célèbre livre de vulgarisation d’Einstein et de l’ouvrage d’Eddington sur la théorie générale de la relativité. Cette analyse critique permet à l’auteur de
- dégager les idées essentielles qui forment la trame de ces théories nouvelles. La seconde partie est un résumé dans ses grandes lignes du cours que professe au Collège de France, M. Langevin. Le public scientifique attend avec impatience depuis longtemps déjà la publication intégrale de ce-cours, remarquable par son enchaînement logique, sa clarté et sa profondeur. M. Langevin, qui a été par son enseignement l’inspirateur de toutes les publications de valeur faites en France sur la relativité, ne se décide pas, au grand regret du monde savant, à publier ses leçons. Le résumé de M. Yilley sera d’un grand secours pour tous ceux qui, désireux de pénétrer les mystères des théories relativistes, ne peuvent suivre cependant les cours oraux de M. Langevin.
- Radiogrammes météorologiques émis par les postes de la France, l’Afrique du Nord française et la Syrie. (Publication de l’Office national météorologique de France). 1 brochure, 5o pages Chiron, éditeur, Paris, 1923. Prix : 4 francs.
- Cette brochure, mise à jour au ior septembre 1923 contient tous les renseignements nécessaires pour déchiffrer les messages météorologiques. Elle contient également la liste des émissions avec leurs divers indicatifs.
- L’Atmosphère et la prévision du temps, par J. Rouch,
- 1 vol. in-16, 35 fig., Armand Colin, Paris, 1923. Prix broché : 5 francs.
- L’auteur indique d’abord les procédés d’observation utilisés en météorologie, puis les principaux résultats acquis jusqu’à ce jour en ce qui concerne les variations des conditions atmosphériques dans le temps et dans l’espace, et la distribution des éléments atmosphériques sur notre globe. Ayant ainsi résumé les données scientifiques actuelles sur lesquelles repose la météorologie, il montre comment on les utilise pour prévoir le, temps; prévision encore bien incertaine et à courte échéance, mais qui cependant, en attendant de nouveaux progrès, donne dès maintenant d’utiles résultats appréciés des marins, aviateurs, agriculteurs et touristes.
- Le dessin pour Vapprenti-forgeron, par J. Fouiiquet.
- 1 br. 64 p., 27 pl., L. Eyrolles, éditeur, Paris. Prix :
- 3 francs.
- Cette brochure contient des notions élémentaires de géométrie pratique, les éléments indispensables pour comprendre ou exécuter un croquis coté et de nombreux exemples de dessin de pièces usuelles dans la profession de forgeron.
- L’élève-électricien [moteurs), par G. Nerf. i vol. 381 p., 148 fig: L. Eyrolles, éditeur, Paris. Prix : 10 francs.
- Cet ouvrage est destiné aux élèves d’écoles professionnelles ; il explique très clairement les principes généraux, le fonctionnement et les propriétés des divers électromoteurs industriels ainsi que les usages de chacun d’eux. Chaque chapitre est accompagné d’un questionnaire et de nombreux exercices appropriés.
- llandbook of American Indian Languagcs, par Franz Boas, part. 2, i vol. in-8, qo3 p. Bureau of American Ethnology. Smithsonian Institution, Washington.
- Etude des langages des tribus Talcelma, Coos, Siuslawan et Chukehee.
- ’ÏÏlood Revenge, War and Victor y Feasts among the Jibaro Indians of Easlern Ecuador, par Rafael Karsten, i vol. in-8, 94 p. Bureau of American Ethnology. Smithsonian Institution, Washington.
- Guide médical des familles, par le Dr Boudard, i vol. in-16, 241 p. Editions médicales, Paris. Prix : 7 francs.
- Petit guide de médecine homéopathique, de puériculture et d’hygiène à l'usage des familles.
- p.2x31 - vue 471/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- Ug
- 18 U (MOUE!
- 4^
- IN FORMATION?" rw
- N° 2600 2 Février 1924
- L’aventure du dirigeable « Shenandoah ». —
- « Shenandoah » est le nom d’un grand dirigeable, type Zeppelin, appartenant à la marine militaire des Etats-Unis. C’est un frère de notre malheureux Dixmude. Il vient d’être victime d’un accident qui aurait pu avoir des conséquences tragiques, mais fort heureusement n’a pas eu de suites graves. En vue d’essais d’endurance, il avait été amarré à un mât spécialement érigé à cet effet à ïa station de Lakehurst. Il avait à bord un équipage d’une trentaine d’hommes. Le J6 janvier, dans la soirée, par une violente tempête, le dirigeable rompit ses attaches et vogua toute la nuit, en luttant contre le vent. A 3h 5o du matin, il pouvait regagner son hangar à Lakehurst, sans avaries graves, à l’exception d’une déchirure dans l’enveloppe et de légers dommages à l’avant.
- Le Shenandoah a 208 m. de long et cube 60 000 m3 ; il est actionné par 6 moteurs Pachard d’une puissance de 4oo ch. Il est gonflé à l’hélium. Il a été construit aux Etats-Unis sous la direction de la Société Zeppelin.
- L Amirauté américaine a formé le projet d’organiser pendant l’été 1924 une croisière aérienne, au-dessus des régions polaires, au moyen de ce dirigeable. Il s’agirait d’explorer et de cartographier au moyen de la photographie aérienne la région qui s étend entre l’Alaska et le Pôle Nord. Le dirigeable travaillerait en liaison avec 6 avions. Deux navires munis de mâts d’amarrage seraient envoyés dans le Nord avec les avions pour servir de bases de secours en cas de mauvais temps. Le rayon d’action du dirigeable est de 3ooo milles marins à la vitesse de 5o nœuds.
- L’anomalie magnétique de Koursk. — Koursk est une ville importante de la Russie centrale; elle donne son nom à un gouvernement de la Rassie. Ce territoire offre une particularité curieuse, révélée depuis 1872. L’aiguille magnétique éprouve en certains points des déviations brusques par rapport à sa position normale, et elle prend parfois une position nettement verticale, comme elle le ferait au pôle Nord. Ces anomalies ont fait l’objet de nombreuses études qui, poursuivies énergiquement par le Gouvernement soviétique, viennent d’aboutir à la découverte de nouveaux et importants gisements de fer, absolument inconnus jusqu’ici.
- M. Dlougatch, dans la Revue de métallurgié, donne sür cette découverte d’intéressantes précisions. Pendant 20 ans, l’étude des anomalies magnétiques du territoire de Koursk avait été poursuivie par M. Leist, professeur à l’Université de Moscou, sous les auspices des Zemst-vos de Koursk (Conseils généraux). Ce savant avait relevé 45oo points accusant des déviations de la boussole). Il quitta la Russie, en 1918, emportant tous ses documents et mourut à Nauheim, à la fin de l’année 1918. Le gouvernement soviétique entra en pourparlers avec les héritiers du savant pour acheter, moyennant une somme de 3ooooo roubles-or, tous les dessins, plans et études de M. Leist.
- Mais les héritiers réclamaient une somme beaucoup plus élevée, et la négociation échoua. Le gouvernement soviétique décida alors de reprendre méthodiquement l’étude magnétique du territoire de Koursk et il confia cette mission à M. Lazarieff, membre de l’Académie des Sciences de Russie, assisté de MM. Goutkine et Arkhanguelski, professeurs.
- Les recherches commencèrent dès l’été 1919; au bout de 18 mois de travaux assidus, toute la zone de l’anomalie était retrouvée, et l’expédition réussissait à localiser les endroits où cette anomalie atteint son maximum (Chtchigry et Novo-Oscol). A la fin de 1921, on procéda aux forages qui se continuent à l’heure actuelle ; les puits atteignent maintenant une profondeur de z3o m.
- Voici les résultats essentiels de ces recherches : les mesures magnétiques, faites en 10000 points, laissaient prévoir qu’une importante masse lourde et probablement très magnétique, s’étendait à partir du Gouvernement d’Oriol jusqu’à celui de Voroniège, en passant à travers celui de Koursk. La nature de cette masse est maintenant connue : elle consisté, partie en magnétites |
- quartzifères et partie en hématites rouges dont la teneur en fer est d’environ 40 pour 100 dans les parties superficielles se trouvant à 170 m. environ au-dessous du sol.
- Le minerai devient de plus en plus riche au fur et à mesure que la profondeur augmente. Sa structure est identique à celle du minerai de Krivoï-Rog.
- On ne peut encore, étant donné le petit nombre dèS forages effectués et leur faible profondeur, porter un ' jugement définitif sur l’importance et la valeur du gisement ainsi découvert. Le professeur Arkhanguelski suppose que la région de Koursk est analogue à celle de Krivoï-Rog; M. Lazarieff pense qu’on y trouvera des gisements de fer pur.
- Quoi qu’il en soit, étant donné que l’anomalie magnétique de Koursk dépasse en étendue et en intensité toutes celles que l’on connaît actuellement, y compris celle des gisements de magnétite de Suède, on est en droit de penser que les gisements qui viennent d’être repérés en Russie Centrale seront très importants. La région de Koursk, pourvue de bonnes voies ferrées, possédant des gisements de tourbe assez importants, et' située entre les deux bassins houillers de Moscou et du Donetz, paraît donc appelée à un avenir sidérurgique digne de considération.
- La sensation des mouvements verticaux en avion. — La revue Y Aéronautique résume comme il suit une intéressante étude de Noltenius, publiée par un journal aéronautique allemand :
- La position du corps dans l’espace est déterminée d’abord par la vue du sol, puis par la sensibilité profonde, tension des muscles (c’est ainsi que dans la maladie du tabes, les impulsions nerveuses ne parvenant plus au cerveau, le malade ne peut se tenir debout les yeux fermés), puis par la sensibilité superficielle, sensations de contact avec le sol (en reudànt la peau d’un sujet insensible par des injections et en le soustrayant à l’action de la pesanteur par immersion dans une solution saline, on a constaté qu’il perdait l’équilibre).
- L’oreille interne joue également un rôle des plus importants ; le liquide des canaux semi-circulaires agit, en cas de mouvement, sur les terminaisons nerveuses, dont leurs parois sont garnies. Dans l’oreille interne se trouve en outre l’otolithe, organe constitué par une cavité remplie de liquide où se trouvent deux plaques minuscules diversement orientées (trois chez l’oiseau et le poisson) soutenues par des petits nerfs : l’action du liquide sur lea plaques contribue à donner la sensation permettant de déterminer la position du corps dans l’espace. Ces plaques sont remplacées chez l’écrevisse par un petit corps calcaire, qui roule dans l’otocyste; en substituant à ce corps une particule de fer et soumettant l’écrevisse à l’action d’un aimant, on est parvenu à la faire nager sur le dos. L’otolithe a également pour rôle de doser avec le cervelet les impulsions nerveuses, qui excitent les nerfs pour rétablir l’équilibre. Il est probable que les canaux transmettent au cerveau les rotations et l’otolithe les accélérations du corps.
- Parmi celles-ci, les accélérations verticales sont seules désagréables. On ne les sent pas dans le glissement de Pavion si fréquent au cours d’un virage un peu penché, pas plus que dans certains vols piqués. C’est très probablement parce que, dans ces circonstances, prennent naissance des accélérations (centrifuges dans le cas des virages), dont l’effet sur l’otolithe est prépondérant par rapport à l’effet du changement d’accélération verticale. Le déplacement des plaques cristallines ne se fait pas dans la même direction que dans le cas du mouvement purement vertical, produit par exemple par un « trou d’air ». Dans un ordre d’idées analogue, on constate que le plongeon tête en avant est moins désagréable que pieds en avant, que la position couchée combat le mal de mer, et qu’une forte inclinaison de la tête en avant ou sur le côté évite les impressions pénibles ressenties dans un ascenseur à la descente.
- L’orientation verticale de l’axe de la tête est donc recommandée aux pilotes de planeurs pour apprécier au mieux les courants 'd’air verticaux.
- p.2x32 - vue 472/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- Production mondiale de l’aluminium. — La Géographie publie, d’après la Iievue d’Electrochimie et d’Electrométallurgie, les renseignements suivants sur la production, en tonnes, de l’aluminium dans le monde.
- Pays. Production en igi3-r/. Capacité actuelle de production
- Allemagne 800 4o.000
- Italie 94o 8.000
- Norvège 2.5oo 20.000
- Etats-Unis 40.600 n5.000
- Autriche (anc. monarchie). 4.000 T0.000
- Canada 6.85o i5.000
- Angleterre 8.000 14.000
- France 12.000 ‘iO . OOO
- Suisse 10.000 15.000
- Totaux . . . 8 3.690 •iby . 000
- On y voit que la France n’a pas développé cette in
- dustrie dans les mêmes proportions que la plupart des autres pays.
- Le tracé de la frontière Canada-Etats-Unis. — Le Ministère de l’Intérieur du Canada communique les renseignements suivants sur l’œuvre géodésique accomplie par la Commission des limites internationales pour fixer exactement, du Pacifique à l’Atlantique, la frontière entre ce pays et les Etats-Unis.
- Comme il n’existait pas de cartes assez précises pour qu’on put y tracer la frontière, il fallut en préparer, ce qui nécessita l'extension d’une zone de triangulation le long de la frontière, afin de déterminer la position géographique des bornes et de contrôler les données relatives à la topographie. La tâche comportait le mesurage précis des lignes de base. Il fallut effectuer des nivellements afin de déterminer les altitudes, et une zone d’une largeur d’un demi-mille à deux milles de l’un ou de l’autre côté de l’entière longueur de la frontière a été reportée avec précision sur la carte. En outre, à certains endroits, il fallut faire le sondage des nappes d’eau où passait la frontière.
- Depuis l’océan Arctique, la limite qui sépare le Canada des Etats-Unis suit, en direction sud, le 1410 méri-dten sur une distance de 646 milles, jusqu’au mont Saint-Elie ; de là, elle va parallèlement à la côte du Pacifique, mais à une certaine distance à 1’intérieur des terres, et suit la ligne médiane du canal Portland, soit une distance de 86a milles. Elle recommence ensuite à l’entrée du détroit de Juan de Fuca et traverse le continent, sur une distance de 3900 milles, pour se terminer à l’entrée de la baie Passamaquoddy, sur la côte de l’Atlantique, La première section transcontinentale suit le 49° parallèle depuis l’océan Pacifique jusqu’au lac des Bois et au lac Supérieur, soit une distance de 1668 milles ; la frontière suit ensuite la ligne médiane des grands lacs et du fleuve Saint-Laurent sur une distance de i25o milles; du Saint-Laurent à la baie de Fundy elle a une longueur de 775 milles. Dans l’Alaska, la frontière parcourt une distance de i5oo milles, dont 180 milles au-dessus de nappes d’eau; du Pacifique à l’Atlantique, sa longueur totale est de 3goo milles dont 2100 milles de nappes d’eau.
- Le travail entier a été effectué avec toute la précision que doit avoir une limite entre deux états souverains. Chaque pays paya la moitié du coût de l’arpentage. La frontière proprement dite a été marquée au moyen de bornes permanentes faites de ciment et de métal, et des repères permanents ont été placés aux stations de triangulation.
- Les travaux accomplis par cette Commission fournissent trois longues bases, mesurées avec précision et marquées de façon permanente, qui serviront à contrôler les arpentages futurs et à coordonner les levés déjà effectués.
- Les différentes sections de la frontière à travers le continent sont contrôlées par les lignes établies par les services des levés géodésiques du Canada et des Etats-Unis, auxquelles elles se raccordent.
- Enfin, la position géographique de toutes les bornes et de toutes les stations de triangulation a été déterminée.
- A propos du blaireau. — M. le marquis de Grassy, nous adresse, au sujet du blaireau, la note suivante :
- « Permettez-moi, à propos de votre intéressant article sur « le blaireau », paru dans La Nature, de vous rap-
- porter un fait dont je pense que peu de personnes ont été témoins.
- Vous avez pu remarquer, l’hiver, dans les environs des terriers où gîtent les blaireaux, des traînées de feuilles sèches, destinées à servir de litière à cet animal. Mais ce qu’on ignore généralement, c’est la manière dont les feuilles sont charriées.
- Or, un certain soir d’hiver, par un beau clair de lune, mon garde était sur un terrier, à l’affût d’un renard, quand soudain il entendit des grognements bizarres et vit, dans la lueur indécise de la lune, sous les branches, une masse confuse qui s’acheminait vers sa cachette. Assez intrigué... et légèrement ému par cette chose insolite, il lâcha un coup de fusil dans le tas, lequel tas sembla s’écrouler de toutes parts, tandis que deux blaireaux se sauvaient.
- S’étant appioché, il constata qu’il avait tiré sur un tas de feuilles que charriait entre ses pattes la femelle couchée sur le dos et remorquée par le mâle.
- Mon garde, homme sérieux, peut être cru sur parole. Je connaissais l’histoire du rat de La Fontaine... en voici une semblable. »
- On a de temps à autre signalé la réédition de l’histoire des rats de La Fontaine. Mais en ce qui concerne le blaireau, je dois avouer que jamais je n’avais entendu dire qu’il imitât ces rongeurs avisés.
- Je ne contesterai pas la possibilité du fait, bien que.,.. Mais on voit dans le bois des choses si étonnantes... à première vue, qu’en principe je ne m’élève jamais contre les observations qui me sont relatées, quitte à les expliquer d’autre manière que le narrateur.
- La Fontaine au reste appuyait parfois ses récits sur une observation ayant ou paraissant avoir quelque ionde-rnent. Que son explication fût rationnelle, c’est un point dont, au surplus, il ne s’embarrassait guère.
- Dans le monde des naturalistes, on ajoute peu de créance — et non sans raison — à 1 histoire du fabuliste montrant un bon vieux hibou qui engraissait des souris dans le creux d’un arbre, ayant à ses captives brisé une patte pour les empêcher de fuir. Or, il y a quelques années, inspectant avec un ami, M. Arthur Henvay, les garde-manger d’une chouette chevêche, — oiseau qui se constitue des réserves, ainsi que l’on sait — nous découvrîmes dans le creux d’un vieux saule toute une collection de grenouilles mortes, à l’exception d’une seule qui se traînait si misérablement qu’il nous vint à l’idée de l’examiner de près. Ce batracien avait une patte postérieure brisée. De là à nous souvenir de la fable, il ne fallut guère de temps. Or les grenouilles défuntes avaient pour la plupart également une cuisse fracturée.
- Peu enclins à croire au merveilleux, nous n’en conclûmes pas que cette mutilation était voloutaire et nous supposâmes que la chevêche avait une façon spéciale de s’emparer de son gibier qui provoquait généralement la fracture d’un membre de la victime. Une déformation des mandibules aurait d’autre part pu expliquer cette mutilatiou. Nous supposâmes cependant que La Fontaine devait vraisemblablement avoir eu connaissance d’une observation analogue à la nôtre. Somme toute, il n’y avait rien de nouveau sous le soleil.
- Que faut-il croire de l’observation qui nous est signalée relativement au blaireau? De coutume, tout comme le hérisson qui se constitue son home d’hiver, le blaireau récolte les feuilles mortes, les herbages qui lui serviront de litière, dans les environs de son logis. Il transporte les paquets d'herbes sèches dans sa gueule. Le plus souvent, lorsqu’il s’agit de feuilles, il les pousse devant lui, avec le museau, s’aidant des pattes, de la poitrine, d’où les traînées qui se constatent parfois aux abords du terrier.
- Le garde de notre aimable correspondant,a-t-il, dans l’obscurité, assisté à ce manège, ou s’est-il trouvé eu présence de deux jeunes blaireaux presque adultes, se jetant, l’un par dessus l’autre, en folâtrant comme de jeunes chiens, au milieu d’un tas de feuilles mortes. Les illusions sont fréquentes, la nuit, dans le bois....
- La question se pose en effet de savoir comment la femelle de ces blaireaux ingénieux (pourquoi pas le mâle ?) aurait maintenu entre les pattes la masse de feuilles qu’elle était censée transporter ? Les feuilles mortes ne forment, de coutume, pas une masse homogène. Et puis comment le mâle eût-il procédé à leur chargement:’ L. CooPMAN,
- p.2x33 - vue 473/688
-
-
-
- <
- SCIENCE APPLIQUÉE
- ><
- Chroniques de T. S. T.
- Les nouveautés en T. S. F. à l’Exposition de Physique et de T. S. F. — Nous aurons prochainement l’occasion de décrire dans La Nature l’évolution du « broadcasting » français depuis un an environ, les modifications d%ns les postes émetteurs, les desiderata des amateurs, et les progrès réalisés par la technique et l’industrie radioélec triques.
- Nous nous bornerons simplement ici à signaler à nos lecteurs quelques-unes des nouveautés qui peuvent les intéresser en tant qu amateurs de T. S F.; nous laisserons même de côté les appareils d'usage purement industriel, dont plusieurs sont pourtant très dignes d’une étude détaillée, mais que nous espérons décrire dans un autre article.
- L’organe essentiel des postes actuels est le tube à vide, c’est pourquoi, les nouveaux types d’audions présentés doivent tout d’abord retenir notre attention.
- A l’instar des Américains, les fabricants français ont réalisé des lampes à faible consommation et à rendement au moins normal; leur filament de tungstène est recouvert de sels rares qui augmentent l’émission électronique tout en fonctionnant à
- Fig. i. Fig. 2. Fig. 3.— Lampeg
- Lampe à faible Lampe à 2 grilles (a) pour fonctionne-consommation avec schéma de son culot; ment sur réseau Radio-Micro,. spécial (b). alternatif.
- lytiques spéciales; les établissements Radio L. L. présentent un appareil de ce modèle qui semble susceptible d’être adapté à n’importe quel amplificateur, ce qui est une particularité extrêmement importante.
- Peut-être d’ailleurs étudierons-nous en détail prochainement le problème de l’alimentation des amplificateurs
- Bpar le courant du secteur, continu ou alternatif, et les montages qui permettent de résoudre ce problème.
- Indiquons maintenant quelques modèles de postes récepteurs et émetteurs destinés aux amateurs, rappelons encore d’ailleurs que nous nous bornons à signaler quelques nouveautés, des descriptions plus complètes pouvant être trouvées dans les journaux de T. S. F.
- Le caractère commun à tous les appareils présentés dans cette Exposition est la grande précision de montage, garantie essentielle d’un long usage et d’un bon rendement. Presque tous les fabricants sont maintenant des spécialistes, pourvus d’un outillage perfectionné et de moyens suffisants pour la fabrication en série.
- D’autres caractères communs aux postes récepteurs des différentes marques sont l’adaptation générale à la réception des ondes courtes, l’emploi de systèmes d’accord réalisés au moyen d’inductances en galettes et se trouvant le plus souvent dans la boîte même de l’amplificateur, et enfin leur disposition permettant la réception sur cadre, même à grande distance.
- C’est pour cette dernière raison que de nombreux
- Fig. 4. — Trois modèles de cadres pivotants, disposés pour la réception des ondes courtes et des ondes moyennes, même à grande distance.
- température relativement basse (fig. i). Ces lampes ont des propriétés équivalentes à celles du fameux tube « U. V. 199 » de la General Electric C° dont la description a été donnée dans La Nature.
- Ne nécessitant qu’un courant de six centièmes d’ampère (plus de 10 fois moins qu’une lampe ordinaire type T M). ces nouveaux audions feront la joie de tous les isolés qui vont pouvoir facilement utiliser des piles à gros débit, ou même des citadins que la recharge d’un accumulateur de grande capacité effraie toujours, à tort ou à raison d’ailleurs, car on put admirer à l’Exposition toute une variété de chargeurs d’accumulateurs extrêmement simples et pratiques.
- Ces mêmes constructeurs ont réalisé des lampes à deux grilles (fig. 3) permettant un grand nombre de combinaisons de montage, que nous aurons l’occasion d’étudier ) Ne nécessitant qu’un faible courant de chauffage et une tension de plaque de 8 à ao volts seulement, elles ont déjà fourni aux amateurs français des résultats extrêmement intéressants.
- Enfin Y alimentation des amplificateurs par le courant alternatif redressé exige le plus souvent l’emploi de lampes à très gros filament, c’est pourquoi les fabricants exposent également (fig. 3) des modèles de ces lampes qui permettront à ce procédé de se généraliser.
- Pour répondre au désir d’un grand nombre d’amateurs qui veulent éviter à tout prix l’emploi des accumulateurs et même des piles, de nombreux modèles spéciaux d’amplificaleurs, signalons-le tout d’abord, ont été réalisés par les constructeurs.
- La plupart sont alimentés au moyen du courant alternatif du secteur, redressé par des valves pour* la tension de plaques ; sur ce principe sont construits les appareils Radiola, Péricaud, Ducretet, etc.... D’autres utilisent le courant redressé par des soupapes électro-
- Fig. 5. — Amplificateur Ducretet à selfs à 6 lampes.
- modèles de cadres sont également exposés : cadres de grand diamètre montés sur supports pivotants pour réceptions à grande distance, cadres démontables avec enroulements sur toile tissée isolante, ou bobinages en fils souples, cadres radiogoniométriques, cadres dissimulés dans des objets mobiliers : paravents, tableaux, etc. Nous pouvons seulement^ citer une des expositions
- p.2x34 - vue 474/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- les plus complètes présentée par la maison Lagadec tig. 4)- Outre des cadres démontables et des cadres de
- luxe, cette maison a 1 établi une série de
- cadres d’un modèle spécial servant à la fois à la réception des ondes moyennes et des ondes courtes à grande distance. Ces cadres sont réalisés suivant les principes que nous avons indiqués dans les « Chroniques de T. S. F. » Un bobinage en tambour sert pour la réception des ondes moyennes et un bobinage en spirale plane pour la réception des ondes courtes. Afind’éviier tout danger d'induction mutuelle , on peut mettre à la terre le bobinage en tambour, lorsqu’on désire utiliser l’enrou-lement par ondes courtes. Un système de combinateurs évi-tant « les bouts morts » complète ces cadres.
- Peu de constructeurs, en réalité, présentent des am-
- Fig. G.— Deux modèles d’amplificateurs à résonance, types Titus.
- Fig. 9. — Amplificateur à transformateurs apériodiques ("Merlaud et Poitrat).
- très sélectif, commence à être apprécié des amateurs français ; le plus souvent la liaison à résonance est réalisée par auto-transformateur ou circuit oscillant accordé.Les maisons
- Vitus el Radîo-In- . _____________________-..
- dustrie (fig. 6 et 7) présentent, par exemple, plusieurs modèles de ce type très bien étudiés à la fois comme conception technique et comme élégance extérieure ; ces appareils permettent sans aucune modificationune bonne réception des signaux de longueurs d’ondes,comprises entre 35o mètres et 4000 mètres au minimum.
- Les ateliers A G. E. B. ont aussi réalisé un poste de forme pupitre comprenant un étage à résonance, d’un emploi très pratique (fig. 8).
- La liaison des étages à H. F. se fait aussi par trans-formate u r s accordés dans quelques appareils très puissants et à sélectivité marquée, par exemple dans les amplificateurs Gaumont, déjà décrits récemment dans La Nature.
- Enfin, on peut remarquer aussi des amplificateurs à
- grand rendement comportant des étages Ii. F. à transformateurs apériodiques ; amplificateur Thomson-
- M,
- èTHÇsWd»- -J' SsH
- Fig. io.
- — Appareil superrégénérateur du Dr Titus.
- plificaieurs à résistances, malgré les qualités indéniables
- de ces appareils.
- Les modèles exposés sont d'ailleurs modifiés en vue de la réception .des ondes courtes suivant les principes de MM. Brillouin et Beauvais que nous avons indiqués dans La Nature.
- On a pu voir, au contraire, de irès nombreux modèles d’amplificateurs â selfs de liaison, avec ouîsans fer ; le poste Ducretet (fig. 5) forme piano, déjà bien connu et d’un emploi très pratique; le R H B 7 de la maison G. M. R,, appareil puissant destiné à la réception à grande distance; l'Audionette Radio L L, bien connue aussi, et de nombreux autres. L'amplificateur à résonance, de bon rendement et
- Fig S.
- Amplificateur à résonance A G E B.
- Figjn. — La superhétérodynette Radio L.’>L.
- Houston et Merlaud et Poitrat par exemple (fig. 9}. Des procédés de réception très spéciaux, comme la
- Fig. 12.— Eléments de Lransformatioiren superhétérodyne ; détecteur, boîte à circuits grandes ondes et étages JEfF pour grandes ondes.
- superhétérodyne et la super-réaction, commencent à être réalisés d’une façon commerciale. La « superhétérodynette » R.adio L. L. (fig. ix et 12), formée d’éléments facilement démontables, peut fournir aux amateurs de réceptions lointaines des auditions puissantes et sûres;
- -$| 36 UK
- p.2x35 - vue 475/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- le petit appareil superrégénérateur du Dr Titus permet-
- Fig. i3. — Blocs Electrons démontables.
- ficateurs transformables, comme les blocs « Electrons » (fig. 13).
- Pour terminer, indiquons que des postes d’émission pour amateurs sont maintenant couramment réalisés; le modèle le plus courant est le modèle 5o wattst alimen-
- Fig. i5. — Poste d’émission 5o watts Radio LL.
- tra d etudier efficacement les mystères de la découverte
- d’Armstrong et d’obtenir des résultats remarquables avec deux lampes seulement (fig. io).
- Citons encore quelques modèles bien conçus d’ampli-
- tation, des types G. M. R., Radio L. L., Radio-Industrie par exemple (fig. 14 et i5). Citons encore le curieux poste émetteur sur cadre, à ondes courtes dirigées, d’une portée de 2 5 km en téléphonie, de la Société française radioélectrique (fig. 16).
- Nous ne pouvons, faute de place, étudier ici les accessoires du poste, dont certains sont vraiment très pratiques et très ingénieux, ni même les h a ut-parleurs, éléments souvent essentiels pour le rendement d’un poste, mentionnons seulement les nouveaux modèles de haut-parleurs Lumière sans pavillon, fabriqués par Fig. 16. — Poste la maison Gaumont et d’un excellent émetteur radiotélé-rendement. phonique à ondes
- Nous pensons, dans cet article, courtes mgées. avoir donné à nos lecteurs quelques indications sur les appareils les plus intéressants exposés au Salon de la T. S. F., et espérons que cette étude, forcément incomplète, leur aura permis seulement de se rendre compte du réel mérite des appareils présentés.
- P. Hémardinquer.
- 4
- 1gq
- VARIETES
- cm
- ><
- LES POMMES D'API
- Historique. — La plus petite comme la plus jolie de nos pommes de table, l’Api rose, a, pendant longtemps, donné lieu à des contestations au sujet de son origine. Deux versions en ont été la cause.
- La première est due à un illustre agronome, Olivier de Serres qui, en 1600, sans orthographier le nom comme de nos jours, cite dans sôn Théâtre d’Agricul-ture et Mesnage des Champs, la Melle ou pomme Appie ainsi appelée de Claudius Appius qui, du Péloponèse l’apporta à Rome. Cet Appius Claudius Cœcus, censeur et consul, fut un des personnages les plus importants de Rome au ve siècle et c’est lui qui créa la voie Appienne. Pline lui attribue l’obtention des pommes Appiennes qui différaient surtout de notre Api par leur •odeur de coing.
- La seconde version est fournie par Merlet qui, dès 1667, s’exprimait ainsi dans son Abrégé des Bons Fruits. « La pomme d‘Apis est de deux sortes, le Gros et le Petit; l’une et l’autre ont beaucoup d’eau et n’ont point d’odèur comme les autres pommes, estant une pomme sauvage qui s’est trouvée dans la forest d'Apis, et qui se garde longtemps belle et bonne. » Puis, dans la troisième édition de cet ouvrage, en 1690, il compléta ce texte en écrivant que la forêt d’Apis est en Bretagne.
- André Leroy, l’érudit et très compétent pomologue, après avoir soumis ces deux versions à sa critique, a montré dans son excellent Dictionnaire pomologique
- l’erreur d’Olivier de Serres en s’appuyant sur l’autorité de Pline. Tenant pour justes les preuves qu’il en donne, je me range à son opinion et admets avec lui que l’origine de l’Api rose n est ni grecque ni romaine mais bretonne, quoiqu’il soit toujours impossible de dire exactement où se trouvait cette forêt. Je passerai, par suite, sous silence les commentaires de Daléchamp, Harduin, J. Baptista, Porta, etc., mais je relaterai que Le Lectier fut, en 1628, le premier pomologue qui, dans son Catalogue des arbres cultivés dans son verger, mentionna les pommes d’Api en ces termes : « Petit Apis et Gros Apis sont de garde ». Après avoir été orthographié Appie, Apis, Apie, le mot s’est écrit-définitivement Api.
- Appréciations françaises et étrangères. — L’Api rose a joui dès son apparition de la faveur du beau sexe qui d’ailleurs la lui conserve toujours. Jean de la Quintinye, parlant de cette pomme, a dit dans son Instruction pour les jardins fruitiers et potagers, en 1690 : « Elle est véritablement une Pomme de Demoiselle et de bonne compagnie... elle fait merveilleusement bien son personnage dans les assemblées d’hyver où elle n’apporte aucune odeur désagréable,... enfin, elle se fait estimer partout où elle se présente. »
- En Angleterre, le pomologue Worlidge, qui en p£\rla le premier à la fin du xvn° siècle, a confirmé cette opinion. Il relate que ce petit et ^charmant fruit est porté
- p.2x36 - vue 476/688
-
-
-
- VARIÉTÉS
- par les dames françaises (Madams of France) dans leurs poches parce qu'il ne cède aucuue odeur déplaisante Lister, dans son Journey io Paris, 1^1)8, va plus loin Après avoir écrit que la pomme d Api est servie dans les desserts plus comme ornement que comme aliment, il ajoute : « cette petite pomme plate très jolie, très rouge d’un côté, pâle ou blanche de l’antre peut, sur leurs toilettes, servir aux dames de modèle pour se farder. » D’ailleurs, en France, ne sont-elles pas nées de cette belle coloration, les expressions « visage de pommes d’Api », « joues de pommes d’Api », que l'on applique à un enfant ou à une personne dont le teint, le coloris ont la fraîcheur de la jeunesse?
- Aux Etits Unis, on ne 1 appelle ordinairement que Lady Apple Pomme de Dame.
- Variéiés. On nVn compie que *> l’Api (Petit), l’Api (Gros), l’Api d’Eté l’Api étoilé, l’Api noir.
- Api. (Syn. Api rose, Petit Api, de long bois). — Pomme très petite, globuleuse, plus large que haute. Peau fine, très mince, jaune pâle à complète maturité, presque entièrement recouverte de carmin à l’insolation. Chair blanche, très fine, croquante, juteuse, assez sucrée, un peu parfumée et acidulée, de bonne qualité. Maturité, janvier à mai. Pomme très estimée et recherchée pour le commerce et l’exportation.
- Api (gros). (Syn. Pomme Dieu, Vermillon, de Rose, etc ). Elle ne se distingue de la précédente que par son volume supérieur. Elle n’est pas autant répandue que l’Api rose, mais elle mérite bien la culture à cause de la beauté de ses fruits qui se conservent longtemps. Maturité février-avril
- Api d'été. (Syn. Cardinale d’Eté, Api rouge d’Eté) — Pomme moyenne ou a^sez grosse plate, parfois pentagonale Peau ouctueus , jaune clair, lavée en partie de rouge vif Chair blanche, assez ferme, sucrée, plutôt douce qu’acidulée, peu parlumée. Assez bonne qualité. Maturité d’août à septembre. Sa eu ture est peu répandue.
- Api étoilé. (Syn. Api à l’Etoile, Etoilée, Pentagone, etc.). — Pomme petite, mi-plate, très pentago-na e. Peau jaune citron, lavée de rouge carminé. Chair ferme, croquante, juteuse, acidulée, peu parfumée. Qualité assez bonne. Maturité février-avril. Elle est peu cultivée, mais elle constitue une pomme curieuse par sa forme.
- Api noir. (Syn. Calvare noire, de Pommier à fruit noir). —- Pomme petite, globuleuse, aplatie aux pôles. Peau mince, à fond jaune, largement recouverte d’un rouge sombre et même noirâtre. Chair blanc-verdâtre, fine et tendre, juteuse, sucrée, se rapprochant de celle de l’Api rose; qualité assez bonne. Maturité décembre-avril. Elle est peu cultivée, mais mérite de l’être davantage pour sa fertilité et le coloris de ses'fruits.
- Culture. — Il sera peut-être agréable à quelques maîlresses de maison possédant un jardin fruitier de savoir comment on peut obtenir ces pommes de luxe très colorées. Bien que tous les Apis puissent être cubivés l’Api rose doit l’être avant tous et dans une grande proportiou. Pour que ses fruits soient les plus beaux, il faut le conduire en cordon; comme ses fleurs nouent presque toutes et donnent lieu à des bouquets de S à 8 fruits, il importe de recourir assez tôt à leur éclaircissage dès qu’ils ont atteint le volume d’un petit pois et ne laisser qu’un à deux fruits par bouquet. Leur
- coloration est favorisée grâce à la longueur de leur pédoncule qui permet d’exposer successivement les deux faces. Il faut également effeuiller progressivement en août et septembre, mettre en sacs, mais à condition de retirer les fruits en temps utile et les cueillir le plus tard possible; ils sont tellement bien attachés qu’ils peuvent braver les grands vents de fin d’automne. André Leroy dit que, contrairement aux pommes et poires d’hiver, on les trouve bons à manger dès leur entrée au fruitier où souvent ils demeurent sains et non flétris jusqu’aux derniers jours de mai, supportant ainsi les plus fortes gelées. La culture en est très répandue dans la banlieue parisienne.
- Emplois, — L’Api rose, plus encore que les autres Apis, est toujours, comme il l’était déjà du temps de Jean de la Quintinye, « l’ornement de nos desserts », grâce aux rutilantes pyramides que, sur des tables bien servies, savent dresser avec leurs fruits ravissants les habiles maîtresses de maison. Mais quand, après les avoir laissé réjouir les yeux, on veut les faire savourer par le palais, il faut bien se garder de les peler, on doit se rappeler que, selon l’expression de l’auteur ci-dessus : « Cette pomme veut être mangée goulûment, sans façon, avec la peau toute entière ».
- J. BaptLta Porta parle d’une pomme de la famille des Apis dont la réputation était telle qu’elle avait donné naissance au proverbe ci-contre rapporté par le pomologue Robert Hogg dans son Fruit Manual :
- « Omne malum malum præter appiurn malum » que je traduis : Toute pomme est mauvaise excepté la pomme d’Api. L;e jeu de mot excessif sur malum, mal, avec malum, pomme, ne peut être rendu dans la traduction française.
- Commerce. Exportation. — Les Apis roses bien colorés appartiennent à la classe des fruits de luxe et comme tels sont, pour la vente, enveloppés dans du papier de soie en laissant à découvert le côté, le plus richement coloré, et emballés dans des caissettes sur deux ou trois rangs, les interstices étant remplis avec de l’ouate ou des frisons de papier. Lorsque les fruits sont parfaits, c’est-à-dire quand leur base est blanche tandis que l’œil et la partie supérieure sont fortement colorés, ils atteignent une valeur relativement considérable. Je tiens de M. L. Loiseau, le très compétent président de la Société d’Horticulture de Montreuil-sous-Bois, que les plus beaux de ces fruits, illustrés au moyen de reproductions photographiques et d'attributs, ont atteint depuis la guerre le prix excessif de 1 francs pièce dans les grands restaurants de luxe fréquentés par les étrangers.
- La plus grande vente est en France et à Paris; on en exporte, cependant, en Allemagne et en Angleterre. Les Anglais en sont très friands. On voit, paraît-il, à Londres, au cours de l’hiver, de jolies pommes d’Api rose entourées d’une couronne de papier aux teintes variées exposées à l'étalage des marchands fruitiers du marché de Covent Garden.
- Les Etats-Unis sont les plus grands fournisseurs de l’Angleterre et lui en expédient tous les ans de notables quantités, car l’Api rose y est cultivé sur une grande échelle sous le nom de Lady Apple, et, d’après les pomologues américains A.-J. et Charles Downing, il obtient sur le marché le plus haut prix des pommes de luxe. A. Tkcjelee.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- LA THÉRAPEUTIQUE DE CHOC
- De tout temps, l’idéal de ceux qui se chargèrent de soigner les malades fut de trouver à chaque affection un remède particulier. Quoi de plus logique, en effet, que d’user d’un procédé différent pour combattre des maladies différentes? A une espèce microbienne ou à une insuffisance fonctionnelle du foie, du cœur ou des reins, un remède spécifique ne doit-il pas logiquement correspondre ? Cette manière de concevoir nos possibilités d’action a donné, d’ailleurs, des fruits merveilleux. C’est à elle qu’on doit la quinine contre la malaria et cette découverte magnifique qu est le sérum de Roux si
- puissant contre la diphtérie. Elle nous a valu la vaccination contre la variole et contre la rage. C’est également en application de cette méthode qu’on a trouvé le 606 contre le tréponème de la syphilis et tout récemment le « 205 Bayer » contre le trypanosome de la maladie du sommeil. Et toutes ces brillantes découvertes ont conduit à oublier qu’il existe d’autres méthodes thérapeutiques.
- 11 y a quelque 20 ou 3o ans, il semblait en effet absurde aux yeux des chercheurs qui faisaient alors la science de vouloir cherche? & lutter contre une maladie
- p.2x37 - vue 477/688
-
-
-
- w
- HYGIENE ET SANTÉ
- par un médicament qui ne fût pas destiné à détruire sa cause elle-même. Cependant, cette cause n’est pas tout : la manière dont l’organisme réagit n’est pas moins importante puisque, une grippe qui évoluera presque inaperçue chez tel individu, en tuera un autçê en moins de 24 heures. Il doit donc théoriquement exister un moyen, sinon de guérir la maladie, du moins d’en diminuer la gravité, en rendant l’organisme plus résistant. C’est ce dont on s’est aperçu à force de chercher des vaccins ou des sérums spécifiques contre chacune des maladies microbiennes connues ou hypothétiques. On a vu que toutes ces substances, quels que soient les germes ayant servi à les préparer, avaient au fond et sauf rares exceptions des effets voisins. Si l’on traite une fièvre typhoïde par la vaccination d’autres microbes que le N bacille d’Eberth qui est le germe de cette maladie, on peut obtenir d’heureux résultats. Inversement, on obtient de bons effets dans des maladies dues à des germes variés, comme par exemple dans le rhumatisme chronique ou gonococcique en inoculant des bacilles d Eberth.
- On a obtenu des guérisons tout aussi remarquables avec des injections de lait, de peptone, de caséine, etc. Ce qui importe en cette affaire ce n’est pas tant la substance employée que le mode d’administration. Injectées sous la peau, dans les muscles ou dans les veines, ces substances sont, en effet, mises en contact directement avec les tissus et, de ce fait, déclenchent une réaction organique qui est toujours à peu près semblable à elle-même pourvu que les doses employées restent dans les mêmes limites.
- Quels sont exactement ces effets ? Ils sont parfois magiques. Tous les médecins qui ont utilisé ces procédés ont eu l’occasion de voir des fièvres typhoïdes ou des rhumatismes, des affections de la peau ou des yeux, guéris comme par un coup de baguette magique à la suite d’une injection de bacilles quelconques, de caséine, de lait, ou de telle autre préparation du même genre. En revanche, les échecs ou les demi-échecs sont nombreux; bien souvent la maladie n’est influencée qu’à peine. Dans l’ensemble, la méthode reste infiniment précieuse.
- Elle détermine dans l’organisme un véritable « choc ». Tout d'abord, il y a aggravation des symptômes, frisson, fièvre, exagération des douleurs, modification du côté du sang (crise hémoclasique). Puis, au bout de quelques heures, une amélioration se manifeste, le malade se rapproche de la guérison.
- L’action de ces médicaments présente donc deux périodes distinctes, analogues aux mouvements d’un pendule qui va dans un sens, puis revient à sa position initiale ou la dépasse. Toute la question est donc de ne pas aller trop loin dans un sens et de revenir aussi loin que possible dans celui de la guérison.
- D’une manière générale, on ne revient dans le sens de la guérison que proportionnellement à la distance parcourue dans le sens de l’aggravation de symptômes ; plus le « choc » a été fort, plus la guérison est assurée. Cette thérapeutique n’est donc applicable dans toute son intensité et ne donne ses plus brillants résultats qne chez des individus vigoureux et susceptibles de supporter un effort considérable, au début de la maladie, alors que l’organisme possède pres.que toutes ses réserves.
- Jusqu’ici, d’ailleurs, nous n’avons guère parlé que des modalités en quelque sorte brutales et dramatiques de cette thérapeutique, celles qui consistent à injecter par exemple 4° millions de bacilles de la fièvre typhoïde, 10 c. c. de lait ou de peptone à 10 pour 100 Mais il en est d’autres, comme on s’en est vite aperçu. Pour s’en rendre compte, il suffit d’examiner avec Weichardt ce qu’est la fatigue.
- Tout travail un peu intense détermine une fatigue, c’est-à-dire un certain degré de souffrance qui, par le repos, s’atténue et disparaît pour faire place à une sensation de bien-être suivie d’une augmentation de volume des muscles ou des.prganes (foie, rein), qui sont entrés en action. L’hypertrophie musculaire ou viscérale est, en effet, coustante après toute fatigue qui n’a pas dépassé certaines limites et qui n’a pas rendu les tissus malades. C’est là un fait d’observation constante. Or, dans l’exercice, dans la gymnastique ou dans tout fonctionnement, il se produit certains déchets que nous connaissons mal, mais qui sont assui’ément analogues aux albumines ou aux peptones que. nous, injectons,
- quand nous faisons de la thérapeutique de choc avec des bacilles d’Eberth ou avec de la peptone, et qui ont pour effet de produire d’abord toute une série de phénomènes réellement pathologiques : fièvre, douleur dans les membres et, enfin, pendant la seconde phase, au moment du retour du pendule, une stimulation des tissus qui sont entrés en action et de l’organisme en général. Partant de ce point de vue, Weichardt considère que tous ces procédés de thérapeutique non spécifique ou de thérapeutique de choc constituent, en dernière analyse, une stimulation de l’ensemble de l’organisme. On a pu d’ailleurs par ce procédé augmenter la sécrétion de toutes les glandes de l’organisme.
- Un phénomène très analogue à la fatigue se produit quand un excitant chimique ou physique réagit sur l'organisme de manière à rendre malade ou à détruire un certain nombre de cellules Ainsi, une brûlurë provoque de la fièvre et divers symptômes tout comme une injection de lait ou des bacilles d’Eberth. Un coup de soleil, une exposition prolongée aux rayons X ont un effet semblable. Il en est de même pour l’injection sous-cutanée des substances les plus diverses : les sels et particulièrement le chlorure de sodium, le sucre (glucose), les métaux colloïdaux, le soufre. L’injection sous-cutanée de sang ou de sérum du sang, provenant soit de la personne à qui cette injection est pratiquée, soit d’une autre personne, produisent les mêmes effets. Les ventouses scarifiées ou non qui déterminent un épanchement de sang sous la peau constituent un type intéressant de cette thérapeutique de choc qu’on était sur le point d’oublier. La saignée est, elle aussi, un remède de cette catégorie.
- La fatigue que détermine, au début, le changement d’air, une villégiature et une saison thermale, l'hydrothérapie, les bains, les douches sont du même ordre, les uns et les autres déterminent cette action en deux temps avec stimulation finale de l’organisme.
- La peau semble jouer un rôle prépondérant dans le mécanisme de ces phénomènes. Elle serait, semble-t-il, tout spécialement destinée à remplir vis-à-vis de l’organisme une fonction protectrice non pas seulement à l’égard des heurts extérieurs, mais encore à l’égard des microbes qui peuvent circuler dans le sang. Les' commères savent qu’une rougeole qui sort bien est généralement plus bénigne, plus vite guérie, et suivie d’une meilleure convalescence, qu’une rougeole qui sort mal. De même, la tuberculose ou la syphilis qui se manifestent par des lésions marquées de la peau semblent être moins graves pour les organes nobles (cerveau, poumons, etc.), que les autres. De même encore, chez les malades très affaiblis, les sinapismes et les ventôses prennent mal. On ne s’étonnera donc pas de voir Hoffmann qualifier la peau pour ces raisons et pour d’autres, dans lesquelles il serait trop long, d’entrer, de « tombeau de microbes ». Gela nous amène enfin à comprendre ce que les magnifiques découvertes du xixe siècle nous avait amenés à oublier un peu trop, à savoir l’action de tous les révulsifs et de tous les rubéfiants qu’on appliquait autrefois sur la peau, qu’on a tellement négligés dans ces dernières décades. Un sinapisme, un cataplasme, déterminent en petit une thérapeutique de choc et stimulent la peau en lui permettant de mieux remplir son rôle microbicide. Enfin, cette héliothérapie qui, depuis une douzaine d’années se développe si glorieusement, n’est pas autre chose qu’une sorte de révulsif qui stimule les propriétés de défense de la peau.
- Ainsi, comme l’a montré si magistralement Petersen (*), nous sommes amenés à faire la synthèse d’un vaste ensemble de procédés thérapeutiques qui, pour la plupart, furent employés depuis les temps les plus reculés et que des conceptions un peu étroites et un peu unilatérales menaçaient de nous faire oublier. En même temps, cette conception nouvelle nous permet de mieux nous rendre compte du mécanisme qui entre en jeu dans ces procédés nouveaux et si intéressants que constituent la vaccinothérapie ou certaines sérothérapies. Ces conceptions nouvelles ne doivent d’ailleurs pas nous faire oublier les admirables résultats obtenus par la thérapeutique dite spécifique qui restent ce qu’ils ont toujours été : une des gloires de l’esprit humain.
- Dr P.-E. Mokhardt.
- 1. Petersek. Protein therapy and non spécifie résistance. New-York, The Macmillan Comvany, 1922.
- p.2x38 - vue 478/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- L’Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1924. 1 vol. in-16 xn-6 8 p., avec 5 cartes célestes en couleurs, 3 cartes magnétiques de la France, 3 cartes de l'Afrique du Nord et 3 planches de spectres. Gauthier-Villars et C“, Paris, 1924* Prix broché : 6 francs.
- L’Annuaire des Longitudes pour 1924 est, comme ses devanciers, précieux par le nombre de documents qu il contient.
- Divisé en cinq chapitres principaux : Calendrier, Terre, Astronomie, Poids et Mesures, Données physiques et chimiques, l’Annuaire étudie les divers calendriers, fait connaître la position relative des astres, indique les mesures légales françaises et étrangères, le tonnage des navires, loptique, l’acoustique, la densité des minéraux et des pierres précieuses, l'analyse des alliages industriels et des éléments fertilisants, la composition moyenne des vins, bières, cidres, etc.
- L’Annuaire de 1924 publie en outre deux notices biographiques : Abraham Breguet, par Emile Picard, Louis Favé, par M, E. Fichot, et deux notices scientifiques : le problème de l’heure, son évolution et son état actuel, par G. Bigourdan ; les distances des étoiles, par M. M. Hamy, et une notice historique du même auteur : F oeuvre scientifique de Copernic.
- Cette petite encyclopédie d’un format commode, imprimée avec soin, aura sa place dans toutes les bibliothèques.
- Gyroscopes et projectiles, par H. Bouasse. i vol. in-8, 429 p., 251 fig. Delagrave, Paris. Prix : 27 fr.
- Après avoir rappelé comment se met en équation, dans le cas le plus général, le problème du mouvement d’un corps autour d’un point fixe, l’auteur étudie plus en détail le cas particulier du gyroscope, ou corps de révolution en mouvement rapide autour de son axe de révolution, et il traite à ce propos un grand nombre de problèmes utiles ou curieux en même temps qu’il indique de nombreuses expériences faciles k exécuter et très instructives ; parmi les exemples et applications ainsi développés, citons : la toupie, les effets gyroscopiques à bord des bateaux et des wagons de chemin de fer, l’axe flexible de Laval, les gyroscopes stabilisateurs, l’étude du mouvement de rotation de la Terre, la bicyclette, le pendule et le gyroscope de Foucault, le compas gyrosco-pique, etc. L’ouvrage se termine par l’étude de la résistance de l’air sur les projectiles, et par l’exposé rapide des problèmes essentiels de la balistique extérieure.
- On sait que tout ouvrage de M. Bouasse débute par une préface qui, en général, est un véritable pamphlet et ne va pas sans soulever quelque tempête parmi les personnes prises à partie. La préface de ce nouveau volume est consacrée à la défense des préfaces : M. Bouasse y invoque pour se justifier l’exemple de Pascal dans les Lettres provinciales et l’autorité du grand Arnaud, le Janséniste, puis il fonce avec verve contre l’enseignement obligatoire du latin.
- Le modeleur-mécanicien, par M. Dessoudes. 253 pages, 287 fig. L. Eyrolles, Paris. Prix : 8 francs.
- Le modeleur-mécanicien est l’ouvrier qui prépare les modèles en bois nécessaires pour l’exécution des moules de fonderie. Il lui faut des connaissances techniques précises et une grande habileté dans le travail du bois. L’ouvrage de M. Desbordes expose avec une grande clarté tous les éléments de ce métier difficile. 11 est composé suivant le plan commun à tous les ouvrages de 1 excellente collection technique ubliée par M. Eyrolles : notions générales sur les ois, description de l’outillage avec de nombreuses figures à l’appui; après quoi l’on passe à l’étude des procédés d’exécution et à l’examen détaillé, sur de nombreux exemples concrets, des principaux genres de travaux incombant à la profession.
- Traité pratique sur la construction du moteur à explosions par R. Bardin. i vol. in 8 br., 124 p., 61 fig. Desforges, éditeur, Paris, 1924• Prix 12 francs.
- Cet ouvrage expose la marche à suivre dans l’établissement d’un moteur, le calcul de tous les organes et la mise en fabrication. L’auteur indique les formules usuelles dans l’industrie et ajoute à chaque méthode de détermination un exemple numérique d’application et de nombreuses données pratiques concernant les moteurs d’automobiles, d’aviation et industriels.
- Le chef mécanicien-électricien. Tome IL Physique et Chimie pratique, par A. Blanc, i vol. in-8, 3o4 p., i65 fig. Desforges, Paris. Prix : 12 francs.
- Contient des notions élémentaires de physique (hydrostatique et chaleur) et de chimie.
- Les confins de la Science et de la Foi, par l’abbé Th. Moreux. i vol. in-16, 299 p. Gaston Doin, Paris. Prix : 7 francs.
- D’où venons-nous ? Le monde est-il éternel ou a-t-il commencé ? D’où vient l’homme ? Les grandes thèses de la liberté, de la Providence, du miracle, de la vie future, se concilient-elles avec les données de notre science actuelle ? Telles sont les questions qu’aborde l’auteur avec orthodoxie.
- Catalogue of published Bibliographies in Geology ( 1896-1920) compiled by, E. B. Matthews. 1 vol. 228 p., publié par The National Research Council of the National Academy of Sciences. Washington, ig23. Prix : 2 dollars 5o.
- Ce catalogue comprend l’indication de 3699 ouvrages ou publications relatives à la géologie, publiées de 1896 à 1920. C’est un utile instrument tde travail pour les géologues.
- Almanach du blé pour 1924. 1 broch. in-16, ia3 p., figures. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 1 franc.
- Série d’articles de propagande en faveur de l’augmentation du rendement du blé par les méthodes modernes plus productives et rémunératrices.
- Butterfly Lore, par H. Eltringham. i vol. in-16, 180 p., 5a fig., 1 pl. Clarendon Press, Oxford. Prix ; relié 4 sh. 6 d.
- Livre d’une lecture charmante consacré à l’histoire de la vie des papillons, leurs ancêtres, leurs pontes, les chenilles et les chrysalides, les sens et les mœurs, les déguisements, le mimétisme et le polymorphisme. L’auteur le dédie aux dames et c’est en effet un excellent livre populaire qui fait sentir tout le charme du sujet sans effrayer par une terminologie barbare.
- Guide lo the Whales, Porpoises and Dolphins (Order Cetacea) exhibited in tne Department of zoology, British Muséum, 2e édition, 1 vol. in-8, 48 p-, 3a fig. British Muséum, Londres. Prix : 1 sh.
- Les Cétacés : baleines, cachalots, dauphins, marsouins, etc., sont parmi les mammifères les plus intéressants du fait de leur vie aquatique. Ce guide les présente remarquablement, rappelant leurs caractères, leurs particularités anatomiques, décrivant les espèces et leurs habitats.
- Castelul Peles. Monografic istoricà, geograficà, turis-tich pitoreascà, descriptivà a castelelor regale din Sinaio, par Mihai Haret. i vol. in-8, 96 p., 40 fig., 5 plans et cartes. Cartea Româneascà, Bucarest. Prix : 8 francs.
- Nos lecteurs connaissent les descriptions géographiques de Roumanie que M. Michel Haret a données à La Nature. Voici une monographie modèle du château royal de Sinaia, souvent chanté par la reine Carmen Sylva, véritable guide du touriste dans cette magnifique résidence. De nombreuses illustrations moutnent son pittoresque et ses richesses.
- p.2x39 - vue 479/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N 2601
- 9 Février 1924
- INFORMATIONS
- Des laboratoires scientifiques en haute montagne. — Tous ceux qui, par goût ou par fonction, font des recherches scientifiques et s’intéressent en même temps à la montagne, ont éprouvé le désir de faire quelques études aux altitudes élevées. Il semble donc désirable qu’on multiplie les installations qui peuvent faciliter des recherches en montagne. Ce n’est pas dans l a Nature qu’il faut démontrer l’utilité de laboratoires tels que celui du Pic du Midi, du à la ténacité du général de Nansouty, celui du Mont-Blanc, oeuvre des Vallot qui fait honneur à la France. Faut-il rappeler l’observatoire où le savant astronome Janssen, malgré son grand âge, allait faire des mesures remarquables, et dire que ses installations, à 4807 m., ont à peu près disparu P (Voir dans La Nature du 27 septembre l’étude consacrée par le célèbre astronome M. Deslandres aux observatoires de montagne.)
- Avec l'intensification des études de météorologie et le développement des voyages aériens, il est évident que les recherches de physique du globe, de physiologie aux altitudes élevées deviennent de plus en plus utilitaires. Mais sans voir le côté utilitaire seulement de la science, on pourrait aisément justifier la création de stations scientifiques dans les hautes montagnes de France et spécialement au voisinage de centres intellectuels où sont réunis en grand nombre des maîtres et des élèves. J’ai préconisé, dans une note adressée au Club alpin français (La Montagne, juillet-octobre 1913), la création de stations, voire d’un véritable institut de recherches scientifiques, dans les montagnes voisines de Grenoble.
- L’expérience montre que les laboratoires existant sont en trop petit nombre ou qu’ils exigent des voyages spéciaux que la plupart des travailleurs hésitent à entreprendre. De plus, bien des hommes de science ne sont pas doublés d’alpinistes de premier ordre capables de se transporter souvent dans des lieux d’accès difficile.
- S’il existait à une altitude élevée une installation très accessible, capable de recevoir un certain nombre de travailleurs orientés dans les diverses disciplines de la science, il est bien probable qu’il en sortirait assez rapidement une foule de travaux dont certains seraient d’un intérêt suffisant pour justifier les sacrifices consentis.
- Plus de vie, plus d’originalité dans le& recherches en serait la conséquence, et en outre nos étudiants s’entraîneraient aux observations dans le monde réel : est-il permis de penser que le développement de ces études sur le terrain développerait chez certains travailleurs le goût des explorations scientifiques et des recherches scientifiques coloniales. Quand on connaît le dénûment où se débattent nos colonies par suite du manque de compétences scientifiques pour faire même la plus petite étude de climatologie ou de géologie par exemple, on peut songer à cette conséquence qui serait heureuse pour notre pays.
- Dans bien des domaines d’ailleurs, on trouverait à justifier les instituts scientifiques de montagne et ce n’est pas en quelques lignes qu’on peut envisager les programmes à réaliser. L. R.
- Insuffisance du chlorure de zinc comme conservant des bois injectés. — La Revue des Produits chimiques observe que le chlorure de zinc, quoique étant un des agents les plus efficaces de conservation du bois, ne confère pas à celui-ci une protection permanente. Deux causes s’opposent au maintien de son pouvoir de conservation.
- Une partie considérable du chlorure de zinc est retirée par l’eau de sorte que le reste ne suffit plus pour assurer la conservation du bois.
- En outre, des essais effectués aux Etat-Unis, par le Forest-Producls T.ahoratory, de Madison, ont démontré que l’eau entraîne aussi une décomposition du chlorure de zinc en lui enlevant du chlore.
- En épuisant à l’eau des blocs de bois imprégnés de chlorure de zinc, pendant un mois, on a trouvé une perte de 90 pour 100 de leur chlore et seulement de 70 pour 100 de zinc. Le départ du chlore explique la destruction des traverses de chemin de fer encore chargées d’une forte provision de zinc, car bien que le
- zinc soit le constituant toxique, il n’agit sur les moisissures que lorsqu’il est combiné avec un radical acide.
- Il est donc nécessaire de déterminer aussi bien le chlore que le zinc dans des bois usagés, si l’on veut connaître la teneur restante de l’élément préservatif. Même dans ce cas, cette détermination n’est qu’approximative, car le chlore se trouve, dans le bois, partiellement sous forme de chlorure basique insoluble, de composition inconnue.
- Ces observations fixent un point important pour la pratique, relativement à l’insuffisance de durée des bois traités par le chlorure de zinc.
- La farine de bois. — Dans le journal Bois et Résineux, de BordeaHx, M. Luciani-Delpech signale les expériences qui ont été faites récemment en vue d’utiliser la farine de bois, ou sciure de bois, dans l’alimentation de l’homme et des animaux domestiques.
- On sait que les plantes ligneuses contiennent, surtout en hiver, une certaine proportion de sucre, d’amidon et d’huile.
- En mars, on a constaté 28 pour 100 d amidon dans un orme âgé de 35 ans. A la même époque, un châtaignier contenait 22 pour 100 d’amidon. En mai, il n’y en avait plus que 19 pour 100. En octobre, le maximum était de 27 pour 100.
- Le hêtre, le chêne, l’érable, le peuplier et l’orme sont les essences feuillues qui contiennent la plus forte proportion de sucre.
- Le tilleul, le bouleau et les arbustes à bois tendre donnent de l’huile. Le bouleau, le tremble et certaines espèces d’érable fournissent une proportion élevée de substance nutritive.
- Les arbres contenant des essences amères doivent être éliminés, ainsi que tous les résineux, dont l’écorce contient beaucoup de tanin.
- Pour que l’aliment soit digestible, il faut extraire avec précaution les éléments nutritifs, réduire minutieusement le bois en poudre ou sciure extra-fine.
- La farine ainsi obtenue se mélange avantageusement avec un pourcentage de farine de seigle et de froment et elle peut entrer dans l’alimentation de l’homme. Cette farine de bois, même sans mélange, a donné de bons résultats dans l’alimentation du bétail et des chevaux, et rendu de réels services en temps de pénurie de fourrages.
- Les nombreuses expériences faites à l’étranger ont donné satisfaction.
- Le latex dans l’industrie du papier. — Le « latex » est le produit de l’arbre à caoutchouc, maintenu à l’état liquide par une addition d’ammoniaque. Il a l’apparence du lait, et contient 3o pour 100 de caoutchouc. Depuis un an, le « latex » est beaucoup demandé par l’industrie, et une grande partie de la production du caoutchouc est expédiée sous cette forme. Il est ainsi plus facilement mélangeable à d'autres produits. En 1920, les expéditions de « latex », de Sumatra, Ceylan et Malaisie se montaient à i35o tonnes. Cette année, l’importation de ces mêmes pays dépassera 67 3oo tonnes.
- On emploie le « latex » en Amérique et en Angleterre dans la fabrication du papier. On commence à s’en servir en France, et les résultats obtenus ont été intéressants. Le papier au « latex » est d’une qualité supérieure. Sa beauté parfaite le fait rechercher pour les belles publications et pour les gravures. Il a plus de résistance et de souplesse que le papier ordinaire, plus de durée aussi. Il se plie facilement et ne se froisse pas. L’emploi du « latex » dans la papeterie a donné les plus heureux résultats. Tous les genres de papier ont été améliorés par l’introduction du « latex » dans la pâte et ont donné des produits de première qualité. De plus, la fabrication, rendue plus facile par son emploi, permet une grande économie de temps, de combustible et de main-d’œuvre. Chaque papeterie, ayant sa manière de faire, doitx procéder par tâtonnements, varier les doses avant de travailler en grand afin de s’éviter des déboires.
- Voilà donc un nouvel emploi du « latex » qui en a déjà de si nombreux dans les industries classiques du caoutchouc et ses dérivés.
- 6
- p.2x40 - vue 480/688
-
-
-
- ?
- w
- ai
- o
- W
- A
- flQ
- n
- CO
- O
- r
- «
- îo
- :% > îj7 r*op-. r- -. - '
- rfSw^ -Tis^k «V* • *j ^‘‘f ’;?£=£“
- m«RÉv^’
- Wîiw§ 1
- • .... o ïv
- : • -, ffilpéié*
- ïï.-'-v
- «k* ^îrirpi®
- ;v, *&? *
- aMMMMLw»
- W$4p V ;';
- <e '?&$vt£pé&‘.
- *&<%%$ i
- mëiïAv&*
- p.2x41 - vue 481/688
-
-
-
- Établissements Industriels
- de
- E.-C. et Alexandre GRAMMONT
- Capital social : 40 millions
- SIÈGE SOCIAL ET SERVICES COMMERCIAUX
- 40, Rue d’Uzès, PARIS (2e). Central 19-43,21-85
- USINES A j
- Fpnt-de-Chéruy, Crémieu, La Plaine, Ghavanoz (Isère), Lyon, etc.
- Lampe FOTOS
- MONO-WATT
- ET
- DEMI-WATT
- JRobustesse Incomparable
- AGENCES à
- Paris — Lyon — Toulouse — Marseille — Grenoble Nantes — Bordeaux — Lille — Limoges Nancy — Alger
- N° iîô.354 du Registre du Tribunal de Commerce de la Seine.
- NOUVEAUTE
- Un
- En prise de vues.
- Emploie le film de
- perforation et format usuels
- Renseignements et démonstrations :
- Syndicat industriel du
- CINOSCOPE 15, Bd des Italiens
- PARIS (2e)
- Reg. C. î Seine 248.254
- CINOSCOPE
- L’appareil qui
- CINÉMATOGRAPHIE
- et
- PROJETTE
- En projection.
- Société des
- ETABL DUCRETET
- 75, rue Claude-Bernard - Paris
- Reg. C. 35.123
- >o—4—o<
- Concours Lépine 1923 - GRAND PRIX
- Postes QéGepteurs
- complets T. S. F. à 4 et à 6 lampes
- Dispositifs Spéciaux
- à grand rendement Syst. DUCRETET
- Breveté S. G. D. G.
- Réception parfaite de tous les
- RADIO
- CONCERTS
- HHUT.-MSltEUB à PftViliMN G. MKHOVSKY
- Catalogues, Tarif s, Notices illustrées sur demande
- CRESYL-JEYES
- SEtilt VÉEITflBltE
- Désinfectant, Antiseptique. Incomparable et d’un Effet certain contre les MALADIES CONTAGIEUSES DU BÉTAIL ET AUTRES Littérat. gratuite et franco, 35, rue des Francs-Bourgeois, Paris.
- Reg. C.': Seine 79.266.
- PILES SECHES
- (Qualité supérieure)
- ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES
- SOCIÉTÉ HEINZ
- 2, Rue Tronchet, Paris.
- V.
- Téléph. Central 42-54. Usine à Saint-Ouen (Seine). Reg. C. s Pari# 49.161.
- Borne Interrupteur G. F.
- Brevetée S. G. D. G.
- Coupe et rétablit le courant;
- Empêche tout desserrage fortuit de fils;
- S’impose sur tous les appareils récepteurs T. S. F., en permettant toutes les combinaisons de montage sans maniement de fils.
- Modèle cuivre...........La pièce.
- Avec bouton ébonite. —
- 1.60
- 1.85
- CHASTANG Frères RuePelleport, 142bis
- TOURNEURS-DÉCOLLETEURS Tél. : ROÛ. 18-31 PARIS (XX*) Reg. C. î Paris 42.026.
- 4g XLÏT g*.
- p.2x42 - vue 482/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- Sans doute l’avenir lui réserve-t-il encore de|nom-breuses et nouvelles applications.
- 11 y a aujourd’hui surproduction de caoutchouc dans le monde, malgré le développement des automobiles ; mais tout laisse prévoir que cette production aujourd’hui surabondante pourrait devenir dans un avenir prochain insuffisante à satisfaire aux besoins industriels.
- Le latex est employé depuis peu dans les vernis et sert à fabriquer une sorte de linoléum très solide : le « cellulatex ».
- Les animaux de chasse et de pêche en février. — En février on continue à chasser à courre les cerfs et les sangliers. Les premiers, vers la fin du mois, commencent à mettre bas leurs bois; les seconds se mettent, dans les blés verts, à « vermiller », c’est-à-dire à fouiller la terre de leur bouioir; on les chasse notamment dans le Barrois, la Champagne, la Bourgogne, les grands bois de l’Ouest et du Sud-Ouest.
- Le lapin se chasse à tir et au furet. C’est le moment où il devient le plus ardent à la pariade, bien que, toute l’année, il puisse se reproduire; en février il poursuit les lapines avec tant d’importunité qu’elles ne sortent plus et Se cachent dans leur terrier. Ceux qui possèdent des chasses devraient, durant ce mois, s’abstenir de tirer les lapins, car c’est le meilleur moyen d'en être privé dans les mois qui suivent et, parfois, pendant plusieurs années. Il est à noter cependant qu’en février on tue généralement trois fois plus de mâles que de femelles.
- Profiter du dégel ou d’un temps pkmeux pour chasser le gibier d'eau, car ce moment est très favorable.
- On chasse la bécassine dans les terrains à tourbe de la Picardie (notamment les tourbières de Dompierre et de Ponche, les environs d’Abbeville et de Noyelle, les environs de Lille et de Dunkerque), les fanges des Ardennes, les bordures d'étangs en Champagne (près de Troyes et de Pont-sur-Seine), dans la région la plus marécageuse de la Sologne, en Bresse (depuis la Saône jusqu’aux Dombes), les tourbières du Plateau Central (en particulier, dans la Corrèze, à Longérou), dans la Camargue, les marais de Saint-Guilles, de la Silve, d’Escamandre, les environs de Montpellier et toute la côte jusqu’à Perpignan (Villeneuve, Lattes, Grame-net, etc.).
- Les vents venant du Nord activent le passage des oiseaux migrateurs, tandis que ceux venant du Sud le ralentit et eügage les bandes à stationner.
- Les coqs de bruyère et les perdrix commencent à sentir les premières effluves amoureuses du printemps. De même, lorsque la température s’adoucit, pour les chats sauvages, les putois, les faisans, les renards, les loups ; ils rôdent beaucoup, se montrent moins prudents et il faut d’autant plus penser à les détruire que, peu de temps après, si on ne les occit pas, ils vont faire souche, au grand dommage des chasses et des poulaillers. C’est le moment de les piéger ou de leur faire manger des pilules empoisonnées, de même que le blaireau, la loutre et toutes les sortes de « bêtes puantes ».
- La pêche n’est pas encore très favorable parce que, même lorsque la température de l’air est clémente, l’eau reste froide et, dans tous les cas, car les jours sont encore assez courts, la récolte est peu copieuse.
- Le brochet approche de son frai et, à part les petites pièces — les brocketons — ne s’occupe guère des appâts vivants qu’on lui offre.
- Le ckevenne se prend au ver ou avec les appâts d’hiver (intestins de volailles, etc.).
- La perche se capture aisément, au poisson d’élain, au poisson vivant, au ver.
- L'ombre se laisse prendre aux mouches artificielles ; on peut aussi la pêcher, à fond, en amorçant au petit ver rouge.
- Les vandoises se prennent assez facilement, dans les remous, au ver rouge et au gros ver à tête noire.
- La pêche de la truite est ouverte depuis peu de temps.
- Tout cela ne fait pas une grosse récolte et le dicton a raison de dire que :
- Février est, de tous les mois,
- Le plus court et le moins courtois.
- Cette année, il est vrai, février a 29 jours et, peut-être, le dicton ne se réalisera-t-il pas....
- La pêche côtière est, en février, identique à ce qu’elle
- était en janvier. Celle des coquillages, des huîtres notamment, y est particulièrement recommandable.
- Continuation de la récolte des haliotides.
- H. Courra.
- Salon international de photographie. — L’Association belge de Photographie organise, à l’occasion du 5oe anniversaire de sa fondation, un Salon international d’Art photographique, qui aura lieu au Cercle Artistique de Bruxelles, du 12 au 27 avril 1924- Seules, les œuvres présentant un caractère artistique personnel pourront être exposées.
- S’adresser pour renseignements à M. P. Limbosch, secrétaire général, 5, avenue Louise, Bruxelles.
- Nouvelles de T. S. T.
- La radiotéléphonie a bord des paquebots. — Nous avons, dans un récent numéro, donné quelques indications à nos lecteurs sur les différents systèmes de haut-parleurs pour audition en public installés à l’Exposition de Physique et de T. S. F. du Grand Palais. Des systèmes du même genre sont maintenant établis sur la plupart des grands paquebots américains.
- Des haut-parleurs à grande puissance sont installés dans les différentes parties du navire, sur le pont, dans les salles à manger, les salons, les cabines, etc., et reproduisent tous un même radio-concert, ou les morceaux de musique joués par un orchestre local.
- La première installation de ce genre a été faite sur le Leviathan qui assure un service de luxe entre l’Amérique et l’Angleterre. Les appareils étaient du type Western Electric C°.
- Réception à Constantinople des émisssions radio-téléphoniques de la Tour Eiffel. — Un grand nombre de nos lecteurs de l’Europe Orientale nous ont souvent demandé quelques renseignements sur les possibilités de réception des émissions radiophoniques françaises dans leurs régions.
- Une très intéressante communication, publiée par l'Onde électrique de décembre 1928, donne le détail d’expériences de réception sur cadre effectuées à Constantinople. Lorsque les conditions atmosphériques étaient favorables, l’émission de 18 h. 10 était reçue très fortement et l’intensité de la voix suffisante pour une audition nette à 1 ou 2 m. des écouteurs.
- Le cadre utilisé avait 4 m. X 3 m. 5o et comprenait 16 spires espacées de 3 cm. L’amplificateur était un amplificateur à 6 étages, 4 étages à haute fréquence et 2 à basse fréquence, réaction électro-magnétique.
- La première communication transatlantique bilatérale entre postes d’amateurs. — M. Léon Deloy décrit dans le numéro de l’Onde électrique cité plus haut le poste d’émission qui lui a permis d’obtenir les résultats absolument remarquables que nous avons signalés à nos lecteurs, résultats dont l’importance est considérable.
- Deux lampes de a5o walts type SIF sont montées en parallèle ; leurs filaments sont alimentés en continu par une batterie d’accumulateurs; la tension de plaques est fournie par un transformateur Ferrix donnant trois mille à quatre mille volts au secondaire, en partant du secteur 110 volts, a5 périodes. Le manipulateur est dans le primaire de ce transformateur.
- L’antenne est constituée par un prisme horizontal de quatre fils d’une longueur de 10 m. Les diagonales du prisme ont 1 m.
- Le contrepoids est identique au prisme d’antenne mais plus long de quelques mètres ; il est placé presque sous l’antenne.
- M. Léon Deloy est en communication bilatérale quotidienne, depuis le 28 novembre 1923, avec M. F.-H. Schnell (1 MO), de Hartford (Connecticut).
- M. Pierre Louis (8 BC) a d’ailleurs pu également entrer en communication régulière avee le poste américain 1 MO de Hartfort.
- Le poste de M. Louis, situé à Orléans, comprend deux lampes E4 « Fotos » en parallèle, alimentées par une dynamo de 1.200 volts, la puissance alimentation est de xio watts; l’intensité dans l’antenne de 0,7 ampère, la longueur d’onde de 108 m. envion.
- p.r41 - vue 483/688
-
-
-
- ><
- SCIENCE APPLIQUÉE
- **> Microscopie
- Microscope stéréoscopique de Heimstàdt. —
- Divers constructeurs d’optique ont cherché à réaliser
- un microscope permettant la vision binoculaire et donnant un effet s té réo s copique, même aux forts grossissements où il devient nécessaire de ne pas diminuer la clarté de l’image et de ne pas nuire à sa netteté.
- La maison Reichert, de Vienne, vient de réaliser un microscope de ce genre qui nous paraît intéressant.
- L’effet stéréoscopique y est obtenu par l’interposition d’une lentille auxiliaire sur le parcours-des rayons. Cette lentille H (fig. i) prend l’image à sa formation dans l’objectif du microscope et la projette près de M où elle est observée à l’aide du microscope stéréoscopique supplémentaire P analogue au modèle de Greenough.
- Dans ce cas, la séparation des rayons lumineux que nécessite l’effet stéréoscopique n’a pas lieu dans le plan principal de l’objectif du microscope comme c’est le cas ordinairement, mais seulement derrière l’objectif O du microscope stéréoscopique supplémentaire; les spectres secondaires qui concourent à fournir une définition parfaite peuvent ainsi être utilisés entièrement et donnent les détails de l’objet, avec toute leur finesse, autant que le permet l’ouverture de l’objectif du microscope. Tous les inconvénients de l’observation monoculaire sont ainsi écartés : travail intense d’un seul œil et affaiblissement qui en résulte, contraction et fatigue des nerfs d’une moitié de la tête.
- Par contre, avec ün grossissement plus fort que ceux
- Fig. i. — Microscope stéréoscopique de Heimstàdt.
- Fig. 2. — Le microscope stéréoscopique monté sur pied
- obtenus dans les appareils stéréoscopiques habituels, on obtient cette sensation de relief très accusé qui permet de se rendre compte parfaitement de la forme de l’objet et de sa composition dans l’espace.
- En effet, bien souvent, avec le microscope monoculaire, il est indispensable de faire des études minutieuses et approfondies pour se figurer la forme de l’objet dans
- l’espace et encore en restant sujet à de nombreuses erreurs.
- Ce nouvel appareil à vision stéréoscopique peut être adapté à tous les microscopes dont le tube a un diamètre de a33 mm 'à son orifice (ce qui est la dimension généralement adoptée à présent par tous les grands constructeurs de microscopes). S’il n’en était pas ainsi il serait nécessaire d’employer une bague de raccord pour adapter le dispositif stéréoscopique.
- Le dispositif stéréoscopique peut aussi s’employer comme loupe stéréoscopique (vivoscope) jusqu’à un grossissement de 12 fois ou bien comme télescope double d’un grossissement de 2 fois et demie. On transforme le dispositif stéréoscopique en ces deux appareils en tirant le tube portant la lentille auxiliaire. Pour une certaine longueur l’instrument est mis au point à l’infini, c’est-à-dire sur des objets éloignés.
- A l’aide de la rallonge du tube on obtient que le plan de mise au point s’approche de plus en plus de l’appareil jusqu’à ce que la limite soit atteinte à une distance d’objet de 120 mm donnant un grossissement de T2 fois (se rapportant à la distance entre l’objet et les yeux). Lorsque le dispositif stéréoscopique est employé comme loupe, on peut le monter sur un pied simple (fig. 2) se déplaçant en tous sens.
- cf§TNS. Cinématographie
- Le Cinéo, Cinéma de famille. — On peut s’étonner que l’emploi de la projection animée ne soit pas plus
- Fig. 3. — Le Cinéo.
- répandu dans les familles où non seulement celle-ci serait une distraction agréable, mais où elle pourrait être un excellent moyen d’éducation pour les enfants.
- Ce contre sens s’explique par le fait que, jusqu’ici, il n’existe guère de projecteur sérieux, de construction irréprochable, et donnant une projection comparable à celle des salles de spectacle, tout en étant d’un prix abordable pour tous.
- Le Cinéo, modèle 1923-1924, nous paraît répondre complètement à tout ce que l’on peut demander d’un appareil destiné à être utilisé soit en famille, soit par des conférenciers, dans une école, un patronage, etc....
- Le projecteur construit en matériaux de choix, avec sa croix de Malte en acier trempé et rectifié, organe essentiel du mécanisme, enfermée dans un carter étanche à bain d’huile, ce qui réduit le bruit au minimum, est muni d’un dispositif de cadrage fixe permettant, par la manœuvre d’un levier, la mise en concordance rigoureuse de la fenêtre avec l’image, même pendant la projection, sans déplacement de la source lumineuse.
- L’éclairage est produit par une lampe à incandescence, de fabrication spéciale à miroir argenté, fonctionnant directement sur courant 110 volts et d’une puissance lumineuse de 600 bougies ou de 1200 bougies. La consommation est cependant très faible et ces lampes qui peuvent être employées sur n’importe quel compteur per-
- M 43 lifr
- p.r42 - vue 484/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- mettent d’obtenir un écran de 7 m2 parfaitement éclairé.
- L’enroulement du film est automatique et, d’autre part, le bras support de bobine permet, grâce à une démultiplication par engrenage, le réembobinage rapide pour une nouvelle projection.
- Cet appareil passant d’ailleurs tous les films du commerce de quélque marque qu’ils soient et employant des bobines dé 3oo ou 400 m. (grandeur maximum employée dans l'exploitation cinématographique) permet de revoir en famillé ou en société tel ou tel film vous ayant particulièrement charmé.
- L'appareil complet, fixé sur sa tablette en chêne verni, est enfermé dans un coffret et son poids total, en ordre de marche, est de 9 kg 5oo.
- Le même appareil peut fonctionner au moteur.
- Constructeur : Maison E, Laval, 10 et xo bis, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris.
- Objets utiles
- Nouveau classeur de correspondances et documents. — Constitué par un grand nombre de tirpirs légers en forme de pochettes, ce meuble classeur tient le milieu entre les classeurs horizontaux à tablettes et les classeurs verticaux ou américains ; il a l’avantage du classeur horizontal dont il a le volume réduit, mais les documents que l’on veut classer, consulter ou rechercher, se présentent dans la position verticale qui est, sans contredit, la phis cpmmpde pour le travail.
- Pour obtenir ce résultat, l’inventeur, M. R. Champly, a imaginé des tiroirs-pochettes, ayant à peu près la forme des petits appareils dits vide-poches que l’on accroche au mur.
- Chaque tiroir.-pochette coulisse sur deux petits rails
- tiroir /iorixon.ta.L.
- Fig. 4. — fie tiroir-pochette en position horizontale.
- et est, normalement, dans la position hprizpntale ; njais à bout de course, le tiroir bascule et reste açGfpehé dans la position verticale, de sorte que tous les dossiers
- tout ce qu’il contient, puis remis à sa place avec la plus grande facilité : le poids d’un tiroir-pochette est de 5oo gr. seulement.
- Les dossiers et documents étant conservés horizonta-
- Fig. 5. — Le tiroir-pochette en position verticale et la chemise en papier fort.
- lement ne se froissent pas ; ils ne se trouvent dans la position verticale que pendant le temps qu'on les consulte.
- Afin d’éviter la nécessité d’un répertoire, les tiroirs-pochettes sont en assez grand nombre pour que le classement soit très divisé : 25 ou 5o tiroirs, par exemple, dans un seul meuble. Dans chaque tiroir on met un certain nombre de çherjiisç? en papier fort pliées comme le montre la figure 5, de sorte que le nom du correspondant, ou la référence alphabétique, est inscrit à l’angie intérieur de la chemise, ce qui le met immédiatement en vue,
- La figure 6 fait voir le placement d’un dossier dans un tiroir-pochette ouvert et basculé dans la position verticale; la figure 7, la recherche et la consultation d’un document sans retirer le d,Q$s,ier du tiroir-, dans la
- Hg. 6. — Classement d’un dossier. Fjg. 7. — Consultation d’un document. Fig 8. — Le tiroir-pochette amovible.
- et documents qu’il contient se présentent à la vue et sous la main de l’opérateur (fig. 4).
- Il s’ensuit une grande facilité et rapidité de mettre à sa place un document, de le retrouver et de le consulter sans même retirer le dossier du tiroir-pochette.
- Celui-ci est ampvihle et peut être transporté avec
- figure 8, la dactylographe a décroché le tiroir et le transporte sur son bureau avec tout son contenu.
- Ces nouveaux meubles classeurs font réaliser une réelle économie de temps ; ils ont obtenu la médaille de vermeil au concours Lépine J 9 22 et sont construits par l’usine de menuiserie mécanique de Saint-Chéron (Seine-et-Oise).
- p.2x43 - vue 485/688
-
-
-
- VARIETES
- >
- LA PRÉHISTOIRE EN LITTÉRATURE
- L’engouement du public pour les études de préhistoire n’est pas spécial à la France. Il nous plaît de constater que l’une des rares œuvres françaises qui, durant ces six derniers mois, aient trouvé spontané--ment aux Etats-Unis un traducteur et un éditeur, soit Les Fiancées du Soleil (*), étude consacrée à nos lointains ancêtres de l’âge de pierre par notre collaborateur, M. Y. Forbin.
- Il ne nous paraît pas exagéré de dire de ce roman qu’il est d’un intérêt palpitant; dès les premières lignes, le lecteur se trouve plongé dans un milieu préhistorique si bien évoqué qu’il en est vivant.
- L’auteur a imaginé comme thème de cette reconstitution une intrigue à la fois puissante et touchante. Les Yavanas (Crô-Magnons), alors isolés dans le Sud-Ouest et le Centre de la France parmi des peuplades primitives dont les Groindis (Néanderthaliens), étaient si fiers de leur race que, pour lui conserver sa beauté physique, ils tuaient à leur naissance les enfants débiles ou contrefaits. L’un de ces débiles, Minati, fils d’un chef, fut sauvé jadis par le dévouement farouche de sa mère, Talamara, qui, fuyant des cavernes de la Seine avec le nouveau-né, erra de clan en clan pour être enfin adoptée par une tribu de la Dordogne. Par comparaison avec la taille gigantesque des Yavanas, le jeune homme est resté malingre: mais il est doué d’une vive intelligence. C’est un artisan habile, un inventeur, et il vient de découvrir le principe de l'arc.
- Une délégation du clan de la Seine vient implorer le secours du clan de la Dordogne pour repousser les incursions des Hannis, sauvages venus de l’Est-Loin-tain. Le chef des délégués est un nain monstrueux,
- i. Librairie A, Lemerre, Paris, 6 fr. 76.
- Kouah (le Crapaud), qui, lui aussi, échappa jadis à la Loi de la Race, grâce à une ruse maternelle. Il reconnaît Talamara, dont il fut le compagnon d’enfance, et veut la défendre quand les autres délégués réclament sa mort et celle de son fils, sous prétexte que leur violation de la Loi a irrité les dieux et attiré le malheur sur le clan. Au cours d’une scène réellement poignante, nous voyons le jeune inventeur donner en public une sanglante démonstration de son arc en tuant à distance le plus acharné de ses persécuteurs,
- 11 s’enfuit, devient dieu et roi chez les primitifs Groindis, et rêve de tirer vengeance des Yavanas en armant ces sauvages avec son arç. La mère, acçompa^ gnée de Kouah, finit par le retrouver. Le monstrueux nain, dont les pattes énormes ont étranglé des hyènes et des loups, le ramène à des idées plus saines en lui dépeignant le désespoir des Yavanas, qui ont compris enfin que l’homme qu’ils voulaient tuer est l’Elu des dieux, « celui qui sait lancer l’éclair ». Sa race, assaillie de toutes parts par des peuplades ennemies, l’appelle à son secours par la voix du nain monstrueux. Il cède, abandonne son peuple d’adorateurs, vient armer et organiser les hommes de sa race, les conduit à la victoire, trouve sa récompense dans la satisfaction du devoir accompli, mais aussi dans l’amour de Lila, fille du grand chef de la Dordogne.
- C’est là un rapide exposé, mais le lecteur trouvera dans Les Fiancées du Soleil des pages magistrales sur une chasse au mammouth, une évocation dramatique d’un jugement au fond d’une caverne, et bien d’autres scènes qui lui laisseront,.si nous en jugeons par nos propres impressions, un souvenir vivant de ce que pouvaient être nos ancêtres préhistoriques.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- LES PRÉPARATIONS DE LAIT AIGRI EN HYGIÈNE ALIMENTAIRE
- On sait la faveur dont jouissent, en divers pays, les préparations de lait aigri, comme le képhyr, le koumys, le leben, le gioddu, le mazun, le yogourfh, le babeurre, le petit-lait, etc.
- Autrefois, on attribuait l’action bienfaisante de ces aliments à l’état d’extrême division de la caséine, sinon à sa peptonisation partielle, qui en rend l’assimilation plus facile aux estomacs délicats.
- Aujourd’hui, c’est l’acide lactique qui prend la plus large part du mérite, ftletchnikoff a montré que l’agent le plus efficace en tout cela, c’est le microbe lactique luL même.
- Nul n’ignore plus aujourd’hui la place qu’occupent les êtres bactériens dans les fermentations de tout genre. Notre appareil digestif en héberge d’innombrables colonies, qui, si elles comptent des représentants bienfaisants, aidant à la digestion des aliments, peuvent en montrer aussi une foule de mauvais, qui accompagnent les scories de la digestion.
- Ces derniers amorcent des putréfactions intestinales qui élaborent des principes nuisibles au sang. En première ligne de ces fermentations, il faut citer la fermentation butyrique.
- Il s’agirait donc, en bonne hygiène alimentaire, d’atteindre ces perturbateurs de notre organisme, et, de les détruire. Cela nous ramène à notre acide lactique qui, en l’pçcurrenee, serait des plus efficaces. Les acides, en général, sont plus ou moins antiseptiques. Il suffit, en effet, de rappeler que l’on peut conserver les viandes dans du lait aigri et caillé ; que l’acide lactique est employé en distillerie pour prévenir les fermentations nuisibles des moûts ; que l’on conserve les cornichons et les produits analogues dans du vinaigre, etc. M. Jac-quemin a montré combien il serait plus avantageux et plus sain, pour cet usage, de remplacer l’acide acétique du vinaigre par l’acide lactique obtenu avec le sucre de lait (lactose).
- Dans cet ordre d’idées, ne va-t-on pas jusqu’à attribuer la robustesse, l'endurance à la fatigue, la résistance vitale, l’admirable longévité vraiment exceptionnelle observées dans certains pays, aux aliments acides, kwass, prostokwacha, varenetz, choucroute, betterave, lait aigri, que l’on y consomme.
- On se demandera, peut-être, comment on a été amené à reconnaître l’efficacité de l’acide lactique; tout simplement en soumettant les sujets d’expérience à une alimentation variée, comprenant, ou non, du lait aigri, et en examinant leurs urines; on a constaté qu'avec les ferments lactiques on ne trouve, dans ces dernières, que des doses très faibles d'éthers sulfo-conjugués, qui caractérisent les décompositions putrides.
- Le Dr Michel Cohendy a remarqué, en outre, que les matières fécales contiennent encore les bacilles lactiques absorbés avec l'aliment, longtemps après que l’on a cessé le régime particulier, ce qui explique que les éthers sulfo-conjugués restent en proportion minime longtemps après, aussi. On en conclut que l’emploi de l’acide lactique seul, qui est vite éliminé par les urines, ne saurait produire le même effet salutaire que les ferments figurés, lesquels se perpétuent dans l'intestin grâce aux matières sucrées qu’ils y rencontrent. Cependant, des auteurs comme Schmitz, Grundzach, Singer, prétendent que l’acide lactique a une action accentuée sur les putréfactions intestinales. D’ailleurs, ne l'administre-t-on pas dans certaines maladies, comme la diarrhée, l’entérite, le choléra asiatique, sans compter la dyspepsie, le diabète?
- (Test bien, conclura-t-on de tout cela, npus allons suivre le sage conseil de Metchnikoff, et nous administrer, incontinent, de copieuses doses de lait aigri, pour saturer notre tube digestif d’acide et de ferments bienfaisants, qui arrêtent la prolifération des microbes nuisibles. Nous préviendrons ainsi toute pollution du sang, puisque nous assurerons aussi une saine défécation.
- p.2x44 - vue 486/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L 'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. Boutan, à Courbevoie. — La plupart des papiers au bromure qui sont courants dans le commerce peuvent suppléer la marque dont vous parlez, la seule condition à observer est d’employer le révélateur indiqué par la notice qui est contenue dans la pochette. Quelques essais préàlables sont en outre nécessaires, car, ainsi que pour les plaques, on peut dire que le meilleur papier est celui dont on a l’habitude. Pour mémoire, nous vous citerons les marques : Bromid de Bauchet, i, rue Auber; Perfect du Photo-Hall, 5, rue Scribe; As de trèfle de Grieshaber, 27, rue du /(-Septembre; Sim de Simonot, 10, rue Perrée; Guilleminot, 6, xue Choron; Clairon, 57 bis, rue Montorgueil; Duveau, 112, rue des Aubépines, à. Colombes, etc.
- Mme Laplace, à Marseille. — La teinture a froid du coton par matières colorantes végétales ne vous donnera que des résultats désastreux; si vous voulez faire un essai adressez-vous plutôt aux couleurs diamines, mais vous n’aurez jamais l’uni et l’intensité d’une teinture au bouillon. Quant à la soie, la plupart des couleurs dérivées de la houille la teignent déjà à froid, s’il ne s’agit pas d’une teinte trop foncée. Voyez la réponse que nous avons faite à Mme Devaux, de Paris, à ce sujet dans un précédent numéro.
- M. E. de Britto, à Libourne. — Les formules suivantes vous donneront très probablement satisfaction :
- i° Colle pour étiquettes sur métal.
- Eau non calcaire.............1000 gr.
- Lessive de soude.............. 10 —
- Colophane en poudre ... 10 —
- Mélanger l'eau et la soude et y faire dissoudre la
- résine à l’ébullition, puis y verser, en remuant, un lait obtenu en délayant 20 gr. de fécule de pommes de terre dans environ 5o c. c. d’eau froide.
- 20 Colle pour cuir.
- Gutta percha............... i5 gr.
- Sulfure de carbone .... 100 c. c.
- Essence de térébenthine . . 100 c. c.
- Laisser la gutta se dissoudre dans le sulfure de carbone. (Employer un flacon fermant hermétiquement à cause de la volatilité du solvant et de son extrême inflammabilité). Lorsque tout est dissous, on ajoute l’essence de térébenthine, mélange intimement, puis abandonne au repos pour laisser se sédimenter les impuretés. Après quelques jours on décante le liquide clair qui est prêt pour l’usage.
- Cette colle peut servir également pour faire adhérer le caoutchouc au cuir. Condition essentielle : bien décaper les surfaces à réunir, les aviver au besoin en se servant de papier de verre.
- Diderot, à Paris. — 1° Le minium de fer est du sesquioxyde de fer plus ou moins pur résultant de la calcination des ocres, sa densité par suite variable est de 2,20 à 2,5o. Le minium de plomb est du plombate de plomb PbO2, 2 Pb O combinaison du bioxyde avec le protoxyde, sa nuance varie avec la quantité de bioxyde qu’il renferme, plus il y a de ce composé, plus la teinte est belle, sa densité est de 8,95. Les prix actuels sont : minium de fer en poudre et fûts de 200 kg, o fr. 75 le kilogramme; minium de plomb en fûts de 100 kg, 3 fr. 25 le kilogramme. Ces prix sont bien entendu majorés pour vente au détail.
- M. S. L., à. Murat. — La protection de l’é bonite contre l'action oxydante de l’air qui agit à la longue sur le soufre incorporé au caoutchouc peut être réalisée très facilement par l’application au pinceau d’un vernis à la gomme laque très léger pour éviter la formation de surépaisseurs. Voir à ce sujet notre information dans le n° 2592 du 8 décembre 1923, page 180.
- u
- bO
- O
- «
- Nouveau modèle articulé et confortable
- Catalogua J tjr demanda
- 10, Rue Hautefeuille, PARIS-6’
- Tâî'pliOM ; COBEUNS 18-67 et 40-95 La Maison fondée en 1847
- fabrique TOUT ce qui concerne les Malades et Blessés :
- Lits-mécaniques — Fauteuils roulants — Voitures Transports en ambulances automobiles Orthopédie et Prothèse Bandages - Ceintures
- Bas
- a rances, «te.
- VOITURES D’ENFANTS LANDAUS - PUANTS
- NOUVEAUX MODÈLES PERFECTIONNÉS Succursale à LYON, S, Place Betlecour
- DE HAUTE PRECISION
- (Anciens Établissements X-iaoonr-IBertbiiot)
- 125 à 133, Boulevard Davout, PARIS
- Reg. du Comffl. : Seine 105.874
- Appareils
- et Objectifs photographiques « S. O. M.-BERTHIQT ” Longues-vues et Jumelles à prismes “ S. O. M. ” Appareils de Sismologie Instruments d’Astronomie Appareils pour VArmée
- et la Marine ; v
- Télémètres - Périscopes, etc.
- NOTICES ET CATALOGUES SUR DEMANDE
- EPURATION DES EAUX RESIDUAIRES
- S- Gén- dïpuraîion et ^Assainissement
- 28, Rue de Châleaudun, Paris.
- SEPTIC-TANK
- Supprime Odeara et Vic/dnffes
- B .B E Z AU LT . bS S...G.P.G.
- ASEPT- EAU
- \ JS %j EAU POTABLE . FILTRATION - STERILISATION % } IM CLARIFICATION OES EAUX INDUSTRIELLES ]
- xlvh ut»
- Reg. C. : Seine 196.28.
- p.2x45 - vue 487/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- M. Brunet, à Nantes. — i* Le seul Moyen réellement scientifique de régénérer la benzine ayant servi au nettoyage est lâ distillation simple ou combinée avec une réciipéi'atiofl de la benzine encore contenue dans les étoffes, telle qu’elle se pratique avec les appareils Decosté, Bloche, Rambaud, Barbe, etc. Quand où veut se limiter à la séparation des maiières insolubles en suspension on peut faire usage de céntrifügeuses type Alfa Laval, par exemple* io, rue CharleS-V, Paris IVe, ou chercher à en provoquer la sédimentation; dans cet ordre d’idées, nous vous signalons le Lorcol de la Lubrifîcating Oil Recovery and G0* 65* York Terrasse à Londres, qui donne, paraît-il de très bons résultats* — 2° La plombagine introduite datis les générateurs dé vapeurs évité les incrustations par action mécanique én produisant une précipitation sous forme pulvérulente et non adhérente, nous avons sigùalé son emploi, à titré d’indication, mais nous considérons toujours que l’épuration préalable de l’eau par le carbonate de soude et la soude caustique est le seul moyen réellement efficace.
- 3° Peinture pour tableau noir.
- Huile dé lin j * . ..... . 200 grammes.
- Essence de térébenthine . . . a5o —
- Noir de fumée. ....... 3oo
- Ardoise pulvérisée. , . » . . xoo —=
- Emeri diamant en poudre . . 3o —
- Vernis gras. 60 —
- Siccatif liquide ....... 3o —1
- Broyer le noir, l’ardoise ét l’émeri, y ajouter l’huile de lin, l’essence, puis en dernier lieu le verüis gras et le siccatif, Etendre cette composition sur la planche, laisser séchêr au moins trois jours, donner une seconde couche et éventuellement une troisième si on le iuee convenable.
- M. Marchand,~.k Chelles, Seine-ét-Marne. — L'oaîy-chlorute de zinc qui se dépose sur les zincs de piles est en général, sous une forme concrétée, difficilement solubilisablè. Nous avons obtenu des résultats assez satisfaisants par immersion prolongée dans l’eau ammoniacale environ au dixième.
- M. d’Arlèux, à Paris. — I° D’après Jacobs (Industrie du caoutchouc, Béranger, i5, rue des Saints-Pères, éditeur), voici trois formules de vernis pour caoutchouc :
- a Pyrocopâl. ....... 2800
- Huile de lin cuite , . , , ï4*>o
- Essence à i5ô°. , . . . . 5goo b SücCin .......... 2800
- Huile de lin cuite ..... 1460
- Esseuce à i5o° . ..... 5qoô
- c Caoutchouc. ....... 33oo
- Essence à iau° ...... 6800
- Par combinaison de ces trois mélanges, on obtient : un vernis souple,
- ia -f- ib + 3c un vernis assez flexible.
- 2° Nous ne connaissons pas de publication spéciale sur lë protochlorure de soufre, voyez Dictionnaire de Wiirtz PS. page 1604,
- M. J. d'O., à Nantes. — Le Thermix est fabriqué par la Société lyonnaise dé réchauds catalytiques de Ca-lüirë, près Lyon, le représentant à Paris de celte Société est M, Pelletier, 38, rue du Château-d’Eau. Cette maison n’a pas vulgarisé son procédé, mais nous pensons qu’il rentre peut-être avec quelques variantes dans là préparation classique du noir dé platine qui consiste à dissoudre à chaud du chlorure platineux dans une lessive Concentrée de potasse, on verse peu à peu dans ]ft solution chaude de l’alcool, il sè produit une vive effervescence due à un dégagement d’acide carbonique assez abondant. Le platine se dépose sous forme d’une poudre noire, très ténùé que l’on séparé et fait bouillir successivement avec de l’alcool, de l’acide chlorhydrique, de la potasse et finalement avec beaucoup d’eau pour le débarrasser de tous corps étrangers. On peut chauffer le noir ainsi préparé au rouge sombre sans lui fairê perdre sa propriété catalytique, mais elle disparaît par chauffage au rouge vif, le platine prend alors un aspect métallique. On peut également obtenir le noir de platine par précipitation dix chlorure platinique au moyen du zinc, mais son activité est un peu moindre que celle dû noir obtenu par la méthode précédente.
- I MICROGRAPHIE - BACTÉRIOLOGIE I
- T. S. F. S
- | Achat et Vente d’Appareils et Accessoires | 1 Neufs et d ”Occasion |
- S C. BOULET, 101, rué dè Renüïï, PARIS (6e) (
- g Spécialité de Microscopes d’occasion. |
- $ Reg. C. : Seine 110.087. ‘il
- D. COP, 52, r. des Archives (4°), R. C. Seine n° 34.184 Accessoires, Décolletage, Fils soie, émail, coton, Transform. H et B. F., Piles, Accus, Ëbortite, etc.
- TOUTES PIÈCES DÉTACHÉES
- Baisse de prix - Tarif franco - Prix modérés | En Magasin : Appareils dé mesure, Moteurs, Dynamos,etc. Neufs et d’Occasîort.
- mmmmmmmmmmmmmÊmssmÊm
- LÀ élRFËCTIONIEN PHOTOGRAPHIE
- LÉ NIL MELI0RSTÉ6xl3PI,ui
- M.MACRIS-BOUCHERcons1’' I6.r.deVauqifard.Pant
- Reg- C. : Seine 176.017.
- Petites Annonces
- Machines statiques, Bobine Ruhmkorf de 55 cm d’étincelle, Microscope, Microtome, Balances, Accessoires divers de labor. — S’adresser 2, rue René-Panhard, Paris (15e).
- Ne faites déposer un brevet que pour une invention de valeur réelle mais dans ce cas. faites le nécessaire pour déposer
- un bon
- MMüWMaiWIWBg^8iB>
- brevet
- Entourez-vous du maximum de garanties en vous adressant à
- l’INSTITUT SCIENTIFIQUE ET INDUSTRIEL, 8 et 10, Rue Nouvelle, PARIS-9*
- Fondé én 1899, Paul RENAUD, Ing. E. P. G.
- ^ Pour bien comprendre Ce que nous entendons par ces mots, il est indispensable de demander les notices 9 UN BON BREVET * et* LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE 9 envoyées gracieusement^
- Reg. G. : Setne 46.918.
- p.2x46 - vue 488/688
-
-
-
- w
- HYGIENE ET SANTE
- )J£>
- Puisqu'on nous parle de képhyr assez facile à préparer, nous allons adopter cette panacée inattendue, et en faire notre breuvage quotidien.
- Hé! mais non, répondrons nous, car le képhyr et les autres préparations similaires ne sont pas ce qu’il y a de mieux en la matière, bien que M. Ravighi ait trouvé que le premier diminue la dose des éthers sulfo-conjugués.
- D’abord, la flore des grains de képhyr est très hétérogène ; elle compte de mauvais ferments à côté de bons : oïdium., fondas, levures. Or, il ne saurait être question ici d’introduire dans notre organisme des germes de fermentation butyrique ou acétique. Ensuite, les bactéries lactiques qui peuplent les grains de képhyr sont associées en symbiose avec des levures alcooliques qui, acclimatées dans l’intestin, vont même jusqu’à favoriser le bacille d’Eberth (fièvre typhoïde), ou celui du choléra asiatique. Bref, le professeur Hayem dit que le képhyr ne peut convenir aux personnes chez lesquelles les aliments séjournent trop dans l’estomac, parce qu’il continue à y fermenter.
- C’est donc au lait lui-même, qu’il faut avoir recours. On le stérilise d’abord vers n5°, ce qui n’est guère commode il est vrai; mais simplement bouilli, il ne contient plus que quelques spores de ferments butyriques ou de Bacillus subtilis. Le laisser ainsi s’aigrir spontanément serait commettre une hérésie hygiénique après ce que nous avons dit. Il faut, une fois refroidi, l’ensemencer de ferments lactiques purs, en quantité suffisante pour empêcher le développement des microbes non anéantis.
- Il y a, dit Metchnikoff, des bacilles lactiques qui conviennent mieux que d’autres. C’est ainsi que l’on a isolé du yogourth, lait aigri très en usage dans les régions balkaniques, le bacille bulgare, microbe trouvé également dans le leben. Comme il donne au lait un goût suiffeux, en décomposant les globules gras, il est utile, pour corriger ce défaut, de lui associer un autre ferment lactique.
- Quant aux personnes qui ne peuvent supporter le lait, elles doivent s’administrer directement la culture pure en question, à la condition, toutefois, de faire entrer dans leur alimentation des matières sucrées : confitures, sucre de lait, betteraves, e.tc., qui permettent aux êtres lactiques de fabriquer l’acide utile.
- L’industrie des cultures pures des ferments lactiques est née en Danemark, et se diffuse peu à peu chez nous, surtout en beurrerie.
- Malheureusement, ces produits sont souvént moins que purs. « J’en ai même rencontré, disait un jour un rapporteur dans un Congrès de Laiterie, qui ne renfermaient pas trace de ferments lactiques! »
- Et maintenant, au lecteur qui nous demanderait si, mettant à profit les données de Metchnikoff et se vouant au régime des ferments lactiques, il pourrait compter fêter dans n années son 180e anniversaire comme cetle quelque peu légendaire vieille du Caucasse, Thense Abalva, je lui donnerais à méditer, tout en digérant son acide lactique, le mot de notre regretté maître Duclaux : « C’est parce que la science n’est sûre de rien qu’elle avance toujours ! » Antonin Rolet,
- Ingénieur-agronome.
- JÈD
- lêSC
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Qflt.,
- Petite amélioration aux lanternes à acétylène. —
- L’emploi des lanternes à acétylène lutte contre celui de l’éclairage électrique, et spécialement pour les petits véhicules, il semble parfois plus intéressant d’utiliser l’acétylène pour alimenter les lanternes.
- Le gros inconvénient réside dans le nettoyage des générateurs, qui est un travail plus ou moins fastidieux .et souvent très sale.
- Voici un moyen pratique pour l’éviter. Au lieu de mettre le carburant immédiatement dans le réservoir, on le place par l’intermédiaire d’un petit sachet de toile, et c’est ce sachet ainsi garni de carbure qu’on loge dans le panier du générateur. Il faut prendre soin de bien ligaturer l’ouverture du sac ; une fois que le sachet est épuisé, et qu’il a produit son action complète, il suffit de jeter le sac réservoir, et la lanterne se trouve nettoyée.
- Le sac a d’ailleurs une action filtrante intéressante, car on peut constater que l’on obtient une lumière plus claire, et que la production de l’acétylène se trouve facilitée lorsqu’on emploie le dispositif que nous venons d’indiquer.
- Procédé de nettoyage d’un radiateur. — O» sait les inconvénients d’une circulation défectueuse dans un radiateur. Il est évident que le moindre dépôt dans les petits intervalles ménagés pour la circulation de l’eau rend cette circulation défectueuse, au grand dommage du refroidissement du moteur. Les impuretés dues à la nature de l’eau employée finissent par former des incrustations comme dans les chaudières à vapeur et il faut avoir soin de vérifier l’état des tubes de circulation et de les nettoyer si le besoin s’en fait sentir.
- Généralement on utilise des solutions acides dont il ne faut pas prolonger l’action outre mesure sous peine de faire pire que mieux et d’attaquer le métal. Une formule de solution acide a été imaginée par un fermier normand qui a visé naturellement à l’économie en cherchant à prendre les produits dont il pouvait disposer facilement.
- Il a utilisé du vinaigre de cidre qu’il verse dans le radiateur en le laissant séjourner un quart d’heure. A sa grande surprise et aussi à sa grande satisfaction, il constata que l’action du vinaigre avait donné des résul-
- tats merveilleux. En vidant le radiateur, il en sortit un liquide boueux très coloré qui prouvait quelle action bienfaisante le cidre de Normandie transformé en vinaigre avait produit sur la surface intérieure du radiateur.
- Un lavage abondant à l’eau ensuite et l’organe de refroidissement se trouvait prêt à affronter les températures les plus élevées du fonctionnement du moteur.
- Tuyauterie d’échappement pour un garage. —
- Dans un garage ou dans une cour encaissée, où l’on remise parfois une voiture automobile, il arrive, si l’on procède à des essais du moteur et à des mises au point, que les fumées d’échappement très lourdes provenant d’une mauvaise carburation ou d’un mauvais réglage rendent absolument inhabitable le local où se trouve la voiture.
- Il est donc intéressant d’imaginer une petite disposition qui donnera un appel d’air suffisant pour éviter que ces fumées désagréables et nuisibles même ne séjournent longtemps dans le garage.
- Yoici un petit dispositif qui n’est pas cher et qui est à la portée des capacités en mécànique du chauffeur le plus maladroit.
- Il consiste à employer des tuyaux de poêle ordinaires qui sont fixés sur le mur du garage et qui débouchent à l'extérieur comme une cheminée ordinaire. On recouvre les tuyaux d’un chapeau à la façon habituelle.
- A la partie inférieure, on prévoit pour terminer la tuyauterie deux coudes qui formeront ainsi un U que l’on peut orienter dans tous les sens. Cet U pourra être tourné autour d’un tube vertical, de façon à maintenir le tube horizontal au voisinage de la voiture.
- La petite partie droite peut s’orienter alors autour du deuxième coude et venir placer l’extrémité du tuyau juste en regard de la partie de l’échappement à l’arrière du véhicule.
- L’extrémité de la tuyauterie d’échappement peut rentrer dans le, tuyau, de sorte que, si le fonctionnement du moteur produit des fumées épaisses, tous ces gaz sont expédiés proprement dans la cheminée et se dégagent à l’extérieur. Il ne reste dans le garage aucune fumée mauvaise et l’on peut procéder alors sans danger à la mise au point du moteur en prenait tout le temps nécessaire.
- p.r47 - vue 489/688
-
-
-
- •I
- BOITE AUX LETTRES
- JE. P. S. d’Excideuil, Dordogne. — Pour le rebouchage des fentes de parquet, veuillez vous reporter aux indications que nous avons données à M. J.-B. de Gublac dans un précédent numéro.
- Châlet Fierloz, Ain. — Le goudron de bois est très soluble dans l’essence de térébenthine, il vous sera donc facile par une dilution convenable d’obtenir une teinte aussi claii e que vous pourrez le désirer pour l’imprégnation du bois en lui donnant une couleur agréable.
- /. C., à Briare. — La peinture laquée s’enlève très facilement comme les autres peintures par application de la potasse des peintres qui est en réalité une solution de soude caustique; l’huile de la peinture se trouve ainsi saponifiée ; après un contact plus ou moins prolongé, suivant l'ancienneté de l’enduit, il suffit de rincer à l’eau tiède pour mettre le bois à nu, en grattant au besoin légèrement (A. B. Pour l’emploi, il convient d’étendre d’eau la lessive de soude du commerce qui est à 36° Baumé, de façon à l'amener à 5° Baumé seulement).
- M. Dutertre, à Vitry-le-François. — Pour éviter que lé carbonyle ne vienne transsuder au travers de la peinture en produisant un effet désagréable, le moyen le plus simple consiste à donner sur le bois qui a été carbonylé, deux ou trois couches de vernis à la gomme laque, étendu légèrement par addition d’un quart d’alcool dénaturé. Avoir soin d’attendre qu’une couche soit parfaitement sèche avant d’appliquer la suivante. On peut également appliquer comme préparation la mixture
- suivante :
- ^Blanc minéral.............400 grammes.
- Vernis dit colle d’or. . . . 3oo — .
- Essence de térébenthine . . 200 —
- Siccatif liquide.......... 100 —
- Le vernis colle d’or est lui même constitué par
- Gomme Kauri............... 40 grammes.
- Huile de lin cuite.........100 —
- Essence de térébenthine . . 400 —
- Siccatif liquide ...... 36o —
- Il est préférable de l’acheter tout préparé dans le commerce, la préparation des vernis comportant toujours la connaissance de certains tours de main.
- M. Guitton, à Villefranche-sur-Saône. — Adoptez de préférence les couleurs diamines pour teindre de la sciure de bois, par exemple pour le rouge : l’écarlate 3B, le rouge solide F ; pour le jaune : le jaune d’or, le jaune solide B; enfin pour le bleu : le benzo bleu solide B, le bleu BX ou le bleu pur FF.
- Par kilogramme de sciure à teindre prendre :
- Soude Solvay............... a5 grammes.
- Sulfate de soude........... 100 —
- Colorant ci-dessus......... 25 —
- Dissoudre dans 20 litres d'eau, porter à l’ébullition et maintenir celle-ci environ une demi-heure. Au cas où vous éprouveriez quelque difficulté à vous procurer les colorants indiqués, vous pourriez, à défaut vous servir des teintures toutes préparées que l’on trouve aujourd’hui couramment chez les marchands de couleurs, sous les noms de Kabylines, Braun, etc., dont les éléments sont analogues.
- M. de Franqueville, à Contremoulins. — Les colles pour linoléum sont le plus souvent des solutions alcooliques de gomme laque ou copal, nous pensons que vous obtiendrez un résultat très voisin en faisant digérer dans un litre d’alcool dénaturé, environ 3oo gr. de colophane, ajouter ensuite peu à peu une quantité suffisante d’ocre rouge pour donner du corps.
- N. B. Suivant la pureté de la colophane employée, faire varier la quantité d’alcool pour obtenir la consistance convenable.
- M. Moreau, à Issoudun. — i° Vous pouvez prendre comme type des décapants neutres pour peintures la
- composition ci-dessous :
- Benzol commercial...............5oo c. c.
- Acétone........................ 5oo —
- Paraffine...................... 20 gr.
- Certains fabricants ajoutent à la préparation du sulfure de carbone ou de l’alcool méthylique, mais nous ne pensons pas que ces additions soient avantageuses quant au résultat et à la manipulation. 20 et 3° La composition des articles spécialisés dont vous parlez n’a pas été vulgarisée, il ne nous est donc pas possible de vous renseigner. 4° Les coricides à odeur d'éther sont des dissolutions d’acides salicylique et acétique dans le col-
- lodion, il vous sera facile d’obtenir un produit analogue
- en prenant :
- Acide salicylique.................. 20 gr.
- Acide acétique cristallisable... 2 —
- Essence de térébenthine .... 10 —
- Collodion élastique............. 1 So —
- Pour l’emploi, passer un peu du liquide tous les jours ou tous les deux jours sur le cor à détruire, mettre un cornplaster pour protéger contre le frottement de la chaussure. Au bout de 4 à 5 jours, prendre un grand bain de pieds, le cor se détache et tombe. 59 Vous trouverez tous renseignements dans l ouvrages, Les Positives pour projections chez Ch. Mendel, éditeur, 118 bis, rue d^Assas.
- François Meunier, à Levallois. — Après avoir vidé les tubes cintrés de la plus grande partie de la masse résineuse liquéfiée par chauffage, comme cela se pratique d’habitude en chaudronnerie, il vous sera très facile d'enlever le reste de la résine ainsi que la matière grasse en plongeant le tout dans un bain le plus chaud possible, bouillant si vous le pouvez, contenant 5 p. 100 de lessive de soude du commerce à 36° Baumé, un simple rinçage à l’eau tiède enlèvera ensuite les savons ainsi formés. Bien entendu, comme une certaine quantité de soude sera ainsi fixée, il faudra au bout de quelques opérations enrichir le bain ou le renouveler.
- M. L. Le T., Le Peux-Juillac-le-Coq (Charente). — i° La fabrication du papier avec les sarments de vigne est réalisée depuis une quinzaine d’années déjà; on n'en est donc plus à la période d’essais (Voyez La Nature, année 1904, tome I, n° du i3 mars, p. 226). les diverses études publiées dans Le Progrès agricole et viticole (Montpellier, 1, rue Albisson), par M. L. Chaptal, chef de travaux à l’Ecole nationale d’Àgriculture de Montpellier.
- On soumet les sarments à un traitement ayant pour effet d’éliminer les principes qui soudent et incrustent les fibres, pour isoler celles-ci à l’état de pureté, en faisant agir des agents chimiques, notamment l’eau régule employée à chaud, qui éliminent la vasculose, la pectose et la cutose, mais sont sans action sur la cellulose. On peut employer aussi la soude caustique sous pression, les bisulfites, à no0 environ, l’acide azotique, le chlore, les hypochlôrites en solutions étendues. C'est l’enchevêtrement des fibres isolées par une de ces méthodes qui constitue le papier. L’attaque doit se faire dans des digesteurs sur lesquels ]esacidesn’ontpas|d’effet.
- A l’usine Orioli, à Pontcharra, près Grenoble, où on fabrique du papier de sarment, on emploie des vases en grès, avec élévation de la température par barbo'tage de vapeur. Après attaque, on fait des lavages à l’eau chaude et à l’eau froide, dans un laveur Lespermont. La pâte, bien purifiée et égouttée, est introduite à nouveau dans la cuve d’attaque pour être traitée par un alcali à 5 pour 100, ce qui neutralise les traces d’acide. On procède à un nouveau lavage et ensuite désagrégation de la pâte dans un appareil quelconque (moulin raffineur, pile Orioli et surtout la machine Labrousse). Il ne reste alors qu’à presser la pâte obtenue et à la dessécher. Après lavage, celle-ci est de couleur brunâtre, facile à blanchir, elle a les caractères d’une pâte chimique de bois bien préparée. Le rendement en cellulose des sarments secs est de 3o pour 100 environ en pâte sèche ; celui des sarments frais est de 29,33 pour roo environ. On fabrique le papier avec 75 pour 100 de cellulose de sarment et a5 pour 100 de cellulose bisulfitique de bois de sapin.
- Voyez aux adresses suivantes : M. L. Chaptal, Ecole d’Agriculture de Montpellier: M F’avier, professeur à l’Ecole Française de Papeterie, à Grenoble; M. Vidal, professeur à l’Université de Grenoble, qui ont étudié la pâte à papier de sarment. Une Société pour exploiter cette fabrication s’est formée en 1912, sous les auspices de M. J. Gaisset, directeur du Syndicat agricole de Lézignan (Aude).
- a0 Ouvrages sur la fabrication du papier : Voyez La Nature, n° ïüqS, du 11 août 1923, l’article sur La Renaissance des pâtes à papier en France (page 87) ; Fabrication du papier, par Blanchet ; Fabrication du papier, par Cros et Bevan (Béranger, éditeur, Paris) ; Le papier, par Charpentier (Dunod, éditeur, Paris, 49, quai des Grands-Augustins, 6") ; Manuel pratique du fabricant de papiers, par L. Desmarest (Nolo, éditeur, Paris, 53 bis, quai des Grands-Augustins.)
- 'CÏLiF
- p.r48 - vue 490/688
-
-
-
- 3^0
- ><
- BIBLIOGRAPHIE
- L’Aviation, par Paul Painlevé, Emile Borel et Ch. Mau-rxin, nouvelle édition, revue et augmentée, i vol. in-16, 3o8 p., 48 fig- Nouvelle Collection scientifique, Félix Alcan, Paris. Prix : 10 francs.
- L’évolution prodigieusement rapide de la locomotion aérienne a amené des remaniements importants de cet ouvrage qui le rendent en grande partie nouveau.
- Les auteurs rappellent l’histoire de l’aviation, ce qu’on a observé du vol des oiseaux, les orthoptères, les hélicoptères, les cerfs-volants et planeurs pour arriver à l’aéroplane dont ils décrivent les types, les organes, puis étudient l’équilibre et la marche. Ils aboutissent à l’examen théorique et pratique des moteurs, du vol, de la stabilisation. L’ensemble forme un manuel précis, clair et complet de l’aviation.
- Annuaire de la houille blanche française (1923-1924), publié par A. Pawlowski, i vol. i55 p. Editeur : Revue générale d’électricité, Paris.
- Outre des notions sur chacune des Sociétés françaises qui exploitent la houille blanche, cet annuaire contient plusieurs études générales intéressantes; une note de M. Tochon sur les progrès des entreprises de production, de transport et de distribution en 1922; nous y relevons notamment que les usines mises en eau en 1922 représentent une puissance de 17 000 kilowatts environ et que les chantiers en activité portent sur l’équipement de 296 000 kilowatts. M. Pawlowski étudie l’électrification rurale, et décrit le laboratoire hydraulique de Beauvert.
- Théùrie de la combustion et utilisation des combustibles, j Tome II, par Léon Lesur. i vol. in-16, 2S0 p., 3i fig G. Doin, Paris, 1924. Prix : 10 francs. Franco, France 11 francs.
- Dans le tome Ier, l’auteur traitait la question au point de vue théorique.
- Le présent volume, au contraire, envisageant le côté pratique, donne sur les divers combustibles leurs propriétés, leur mode d’extraction et d’utilisation, des notions sommaires, mais néanmoins assez complètes pour intéresser les praticiens. Il donne en outre la description, avec des croquis, des principaux types de foyers industriels.
- Leçons de chimie agricole. Cours élémentaire, par Raoul Cerighelli. i vol. in-16, 36a p., 66 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : 12 francs.
- Bon exposé élémentaire des notions nécessaires à l’agriculteur : phénomènes chimiques de la végétation et de la germination, de l’air, du sol, des amendements et engrais, pour augmenter son rendement.
- Almanach-bréviaire du cultivateur pour 1924, par J. Simonot. 1 vol. 104 p., fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 1 fr. 5o.
- L hérédité chez la betterave cultivée, par Jacques Lé-vèque de Vilmorin, i vol. in-8, 160 p., 2 pl. et 100 fig. Gauthier-Villars et C‘°, Paris. Prix : 3o francs.
- A l’heure actuelle, la France consomme annuellement près de 800 000 tonnes de sucre de betterave. Pour augmenter sa richesse en sucre, accroître son poids et sa qualité, M. de Vilmorin a poursuivi de très intéressants travaux scientifiques et agricoles, qu’il relate dans ce livre.
- Les travaux méthodiques poursuivis de i85o à nos jours ont abouti à une sélection de races à hauts rendements que tous les producteurs de betteraves doivent connaître.
- Life. An Introduction to the Study of Biology, par sir A. E. Shipley. i vol. in-16, 204 p., 70 fig. Cambridge University Press. Prix : relié 6 sh.
- L’auteur dit qu’il a écrit ce livre pour le public qui ne prépare pas d’examens, pour faire penser; il y réussit remarquablement. D'une manière vivante, entremêlant les faits de citations de poètes, il définit la vie, le protoplasma, la cellule, explique la nutrition, les cycles du carbone, de l’oxygène, de l’azote porte du sul et de la sève des plantes, des nourritures et de la digestion des animaux, du mouvement. Un bon chapitre est consacré aux divers rythmes et l’ouvrage se termine par l’étude de la reproduction, si complexe chez les plantes.
- Sans indications d’auteurs, d’une manière légère et élégante, ce livre passe en revue un nombre considérable de faits, dont beaucoup ne sont guère cités dans les manuels ; il montre bien les rapports de l’être vivant avec le milieu et, chose curieuse, il ne dit pas un mot de£ théories de l’hérédité, si abondamment traitées d’habitude dans les livres de biologie.
- The Anatomy and Physiology of Capillaries, par August Krogh. i vol. in-8, 276 p., 5i fig. Yale University Press. Humphrey Milford, éditeur, Londres. Prix : relié i3 sh. 6 d.
- La fondation Silliman permet à l’Université de Yale d’inviter chaque année un savant étranger à faire un cours sur une question qu’il a particulièrement étudiée et de publier ses leçons. Yoici celles du professeur de Copenhague, qui traitent d’un sujet trop négligé dans les manuels, et cependant de grande imporlance. On y parle en détails du cœur, des artères et des veines qui ne sont que les vecteurs du sang, on ne dit presque rien des capillaires où se font les échanges entre le sang et les tissus. Ce livre est destiné à réparer cet oubli. L’ajiteur indique leur distribution et leur nombre (extraordinaire dans les muscles et les glandes), leur structure, leur innervation. Puis, en physiologiste, il montre leur contractilité, leurs réactions aux stimuli, le contrôle des hormones et les échanges dè substances qu’ils assurent, les troubles qu’ils présentent dans diverses maladies. Le tout forme un véritable traité, solidement basé sur l’expérimentation, qui ferme le cycle du sang dans l’organisme.
- Les contes de Perrault et les récits parallèles ; leurs origines (coutumes primitives et liturgies populaires), par P. Saintyves^ i vol. in-8°, 646 p., E. Nourry, Paris, Prix : 3o francs.
- Réédition soignée des célèbres contes, dont l’intérêt réside dans les commentaires de M. Saintyves qui rapproche de chaque histoire les versions nombreuses et variées qu’on en trouve dans les récits populaires des pays les plus différents. Quelle était l’origine de ces histoires merveilleuses, leur patrie première, leur genèse ?
- M. P. Saintyves montre, en ce qui concerne les onze récits de Perrault, que l’on ignore totalement leur patrie d’origine et qu’il y a bien des chances pour qu’elle demeure à jamais inconnue.
- Pourquoi les a-t-on inventés ? L’auteur rattache chaque conte aux coutumes et aux liturgies primitives; initiatiques ou saisonnières, auxquelles ils furent d’abord associés. Il a su renouer les liens qui attachaient Cendrillon aux pratiques du Carnaval, le petit Chaperon rouge aux usages de mai, et ainsi des autres.
- Cette recherche aboutit à la restitution d’une mentalité et d’une religion, mentalité et religion élémentaires. On pénètre du même coup sans effort et sans fatigue dans la psychologie des hommes qui créèrent ces récits mythiques et dans le temple à ciel ouvert de la religion des fées.
- Ce très important travail de préhistoire intellectuelle renouvelle ainsi l’étude des contes et s’impose aussi bien aux historiens delà littérature qu’aux ethnographes et aux psychologues.
- HMl 48
- p.2x47 - vue 491/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- ' ' N° 2602 f#I6 Février 1924
- r*;4-
- S&f
- Le système métrique en Russie. — Une lettre de la Chambre de Commerce russo-anglaise à la revue Décimal Educator, citée par notre confrère anglais Nature, annonce que le système métrique sera introduit officiellement en Russie le icr janvier 1927. Dès maintenant des dispositions sont prises pour l’acclimater graduellement; depuis le 10 mars 1923, la fabrication, la vente ou l’achat des anciens poids ou mesures est interdite.
- Depuis le ier janvier dernier, la vente du lait s’effectue obligatoirement en litres; de même la vente du thé dont la consommation est très grande en Russie va s’effectuer en mesures métriques. On arrivera ainsi à familiariser la population avec le système métrique. Les services officiels, douanes et autres doivent également dès maintenant faire usage du système métrique.
- Pile alcaline à dépolarisatîon par l’air. — M. L. Neu a réalisé une pile alcaline composée d’un pôle négatif en zinc baignant dans une solution concentrée de potasse, le pôle positif étant constitué par une lame de tôle de fer entourée de grains de charbon de cornue enfermés dans un sac de toile d'amiante. Ce sac dépasse le niveau du liquide suffisamment pour que la pile puisse largement « respirer » l’air ambiant. La force électromotrice est de 1 volt environ.
- La pile n’use pas en circuit ouvert, sa résistance intérieure est faible, le niveau du liquide se maintient automatiquement constant à cause du degré de concentration de la solution de potasse qui est tel que l’humidité de l’air est suffisante pour éviter toute évaporation.
- Lorsqu’on regarnit la pile, on lessive le sac d amiante à 1 esprit de sel et on le regarnit de grains neufs de charbon de cornue de façon à avoir toujours la porosité voulue de l’électrode positive.
- Un élément de 20 cm de hauteur et 12 cm de diamètre, débitant 5o milliampères, a fonctionné pendant 3oo jours, donnant 33o ampères-heure.
- La leucite italienne, engrais potassique riche et bon marché. — D’après le professeur Hinchley, qui a fait sur ce sujet une conférence au groupe londonien de la Society oE Chemical Industry, la consommation mondiale annuelle en potasse (évaluée en K3 O) serait de un million de tonnes.
- Or, la richesse en potasse de la leucite italienne serait évaluée à près de 9000 millions de tonnes. On conçoit par là l’importance pour l’Italie et les pays limitrophes de cette fortune énorme, gtàce à laquelle les Italiens pourraient se passer des gisements tant alsaciens que slassfurtiens. Mais encore faut-il que les pro-’ cédés d’extraction des divers éléments contenus dans la leucite soient rémunérateurs, et surtout que tous les sous-produits soient utilisés.
- En général, toutes les roches ignées qui constituent une partie, de la croûte terrestre contiennent dans les 3 pour 100 de potasse (K2 O), mais la leucite pure d’Italie contient 55 pour 100 de silice, a3 pour 100 d’alumine et 21 pour 100 de K2O.
- Cette roche abonde surtout dans le district de Rocca Monfina, voisin de 20 km de la côte, ce qui en rendrait le transport aux navires aisé et bon marché par telphé -rage.
- Voici le mode de traitement de la leucite : broyage et séparation électromagnétique grossiers. Puis, pulvérisation « au fin » porr les usages agricoles de la poudre, telle quelle.
- Le Dr Yoelcker, qui a fait des essais agrologiques des plus suivis de la leucite, sans aucune autre adjonction, prétend qu’elle vaut un engrais potassique soluble, à teneur en potasse égale d’ailleurs.
- En outre, la leucite constitue un désincrustant actif des eaux calcaires, bon marché, du genre zéolithe. On peut faire de l’alun de potasse avec la leucite, si l’on en croit le baron Blanc, administrateur de la « Société italienne de potasse». On arrive à dissoudre la leucite dans les acides courants, sans avoir l’ennui d’obtenir de la silice gélatineuse, phénomène indésirable, et qui a été la pierre d’achoppement de bien des procédés.
- L acide employé est l’acide sulfurique; la leucite est granulée et non pulvérisée. On obtient de l’aluu de potasse directement.
- Une usine de ce genre fonctionne actuellement à Pierre-Bénite, près de Lyon.
- Quatre tonnes de leucite donnent 6 tonnes d’alun.
- ) Un lit de leucite granulée est traite par les eaux mères d une opération précédenfe. On enrichit ces eaux mères avec de 1 acide sulfurique, sans remuer.
- Au bout de 2 heures, l’action devient énergique, la potasse est totalement dissoute, sans que le lit de leucite ait gonflé en quoi que ce soit.
- Il reste aussi un squelette de silice, ayant exactement la même forme et le même volume que le lit de leucite primitif. Les liqueurs s’échauffent d’elles-mêmes, à 900, la liqueur est saturée à 7o°-8o°.
- On décante et on refroidit à 200 ; tout cristallise. II reste peu ou pas de fer. Le produit peut être vendu comme techniquement exempt de fer.
- Ou.peut récupérer la silice résiduelle, pour en luire des silicates alcalins, comme il suit :
- On peut la faire passer entre des cylindres garnis de caoutchouc, la sécher par un courant d’air chaud; ainsi, la silice légère est enlevée par soufflage, et la gangue lourde ou inattaquée reste. Ceci nous étonne un peu.
- Cette silice présente la curieuse propriété de s’attaquer des plus facilement, par des lessives, même très diluées, d’alcalis caustiques. On ajoute à l’alcali chaud et agité cette silice par petites portions, en continuant d agiter. On filtre au filtre-presse et l’on a des solutions incolores de silicates alcalins propres pour la vente.
- Traitement chlorhydrique de la leucite. — A Gengio, dans le INord de la Savoie, le professeur Hinchley s’occupe d’un procédé nouveau intéressant tous les chimistes. Il s agit d obtenir pratiquement du chlorure de potassium pur et du chlorure d’aluminium hydraté pur.
- La réaction si ennuyeuse et aux manutentions si compliquées de l’acide chlorhydrique sur la leucite est ici considérablement simplifiée
- La leucite granulée (non pulvérisée) est placée dans un tour en poterie de faible hauteur ; l’acide chlorhydrique y circule continuellement (procédé baron Blanc et Félix Jourdan). Ou commence à faire circuler des eaux mères de la précédente opération, et l’acide chlorhydrique n est ajouté qu’eusuite. La température s’élève à 900 et les solutions refroidies cristallisent d’elles-mêmes, sans avoir besoin de charbon pour la concentration.
- Le chlorure de potassium obtenu .jaunâtre peut être ensuite blanchi ; tel est le cas de celui préparé à Pierre Bénite.
- , Le professeur Hinchley a également obtenu des solutions de chlorure d’aluminium avec les eaux-mères du précédent traitement, pouvant servir pour le mordaçage, et ce, à très bon marché. ’
- Il a aussi traité la leucite à 1 autoclave sous pression de 200 livres par pouce carré (i3 kg).
- Il obtient ainsi en lavant à la chaux caustique gS pour 100 de la potasse contenue dans la leucite à l’état de potasse caustique.
- Rien n’empêche même d’espérer que le chlorure d’aluminium hydraté ne pourra pas être converti en chlorure d aluminium anhydre, aux usages si nombreux en chimie organique, et dont la demande est intéressante.
- Albert Hutin.
- Le « créoske » pour l’injection des bois. — Le « créosite » n’est autre que de la créosote ordinaire dont on a rectifié la composition de façon très ingé-' uieuse, en supprimant ses défauts et en la rendant plus efficace pour imprégner les bois plus [économiquement et surtout plus rapidement.
- L’une des principales caractéristiques de cette invention, mise en application par le Syndicat « Le Créosotage universel », de Bruxelles, dans une usine créée à Mons, est 1 adaptation pratique de la créosote de tout pays producteur, sur une base uniforme et immuable, assurant, sous tous les climats, une parfaite conservation des bois. L’imprégnation se fait à froid, avec ou sans pression, par simple immersion horizontale de
- 49 ftfr
- p.2x48 - vue 492/688
-
-
-
- LEÇONS CHEZ SOI
- PAR CORRESPONDANCE - SANS DÉPLACEMENT
- Vous pouvez profiter des leçons pratiques de l’ECOLE PIGIER : Commerce — Calcul rapide — Finance — Ecriture expédiée Calligraphie — Langues — Tenue des Livres — Sténo-Dactylo Correspondance commerciale — Droit — Dessin industriel Représentation — Publicité — Coupe — Couture, etc.
- DIPLOMES — EMPLOIS
- L’Ecole Pigier prépare, en outre, par correspondance, à tous les examens (Brevets, Baccalauréats) et aux carrières administratives.
- ECOLES PIGIER., 53, rue de Rivoli, Paris
- 19, boulevard Poissonnière — 5, rue Saint-Denis (Châtelet) — 147, rue de Rennes
- LEÇONS LE JOUR, LE SOIR OU PAR CORRESPONDANCE
- 73 années de succès — 11 Grands Prix — 45 Médailles d’Or — 67 Ecoles en Province Envoi gratuit du Programme et de la brochure “ Situations ”
- TRAVAUX DE COMPTABILITÉ s Organisation — Mise à Jour — Vérification, etc.
- MÉCANICIENS. ÉLECTRICIENS
- utilise^ vos heures de loisir pour l’étude chez vous. Demandez gratuitement “ LA NOUVELLE VOIE V Institut Technique MARTIN, 95, conrs Yitton, à LYON.
- MACHINE A CALCULER
- DACTYLE
- (Fabrication française)
- Douze Modèles
- différents
- MACHINES
- “MINIATURE”
- FAIT TOUTES LES OPÉRATIONS
- Catalogues et Renseignements franco sur demande
- DEJOUX & Cie, 4, rue Lafayette, PARIS
- R. C. Seine 73. J85. Tel. : Central 23.71.
- NOUVELLE PETITE POMPE MULTICELLULAIRE
- ELECTRO-POMPE — A POULIES)
- Type centrifuge i 1.000 à 4.000 litres-îieure Elévation t de lO & 40 mètres Puissance s 0,5 à 1 Hp
- - ENCOMBREMENT................. 0-50C x 0*300
- POIDS........................ 30 KILOGR.
- VITESSE...................... 2.800 T./M.
- Prix du groupe, selon le courant, à partir de 7Ô0 francs {Même garantie que les modèles industriels).
- Pompes DAUBRON
- 57, Avenue de la République — PARIS
- 8
- XL1X &
- N* a6oa.
- p.2x49 - vue 493/688
-
-
-
- UNE RÉVOLUTION
- dans le Chauffage domestique
- par le
- Radiateur
- h
- LE SORCIER
- n
- BREVETÉ S. G. D. G.
- U *
- -H S
- .2 ,S
- TJ Rl 06
- 3
- a>
- JJ a
- ©
- V.
- 3 •
- 0) w
- Z O
- r5 j>
- 3
- O
- io © et)
- ”L u
- cr <u
- 3
- (S
- Æ
- U
- CA
- a
- © . a a
- fl) 3
- ri O
- ^ a © a
- lx
- CA
- CU
- T3
- U
- +3
- o
- Z
- eS
- J
- O
- D
- a
- Rf
- U
- MX
- <u
- '©
- CA
- CA
- <D
- U
- •a
- eS
- ©
- Jx
- cS
- a,
- a,
- es
- ©
- TJ
- a>
- •a
- c
- eS
- S
- <u
- TJ
- U
- 3
- CA
- Chauffant par la vapeur à basse tension sans tuyauteries, ni canalisations.
- L. BRÊGEAUT, invr-constr, 18-20, rue Volta, PARIS
- Reg. C. : Seine 254.920.
- Voir la description dans « La Nature » du i3 janvier /g24.
- 20 à 40 °lo
- de remise
- VENTE DIRECTE du Fabricant à l’Amateur
- Notice N franco
- ROLLEX, 18, Boulevard de la Bastille, PARIS
- T.S.F.
- MASSON ET O, Éditeurs, bout, Saint-Germain, 120, PARIS.
- Les Recettes et Procédés utiles de “ La Nature ff.
- Cinq volumes in-8, reliés toile.
- Chaque volume séparément.. 6 fr.
- La Maison. — L/Atelier — l/e Laboratoire La Campagne — Les Sports
- LE CINÉO }
- MODÈLE 1923-1924
- Le cmeo
- Se compose : 1° D’un projecteur à croix de Malte en acier dans un carter à bain d’huile, objectilToyer au choix, enrouleuse automatique à l’arrière ou à l’avant, bras supérieur avec réenrouieuse ; 2° D’une lanterne tôle forte avec condensateur et cône, éclairage par lampe à incandescence 600 ou 1200 bougies fonctionnant directement sur courant 110 volts ; 3“ De deux bobines pour 400 mètres de film, prise de courant,, interrupteur, fil, etc. Le tout monté sur un plateau chêne verni et enfermé dans un coffre en métal verni.
- L’appareil complet, prêt à fonctionner................Fr. 550. »
- Le même, fonctionnant avec moteur et rhéostat . . Fr. 800. « Demander Catalogue E.
- Établissements E. LAVAL, Constructeurs 10 at 10 bis, Boulevard Bonne-Nouvelle, PARIS Reg. C. s Paris 90.357.
- J
- CAFETIERE
- DE TABLE
- “ KIRBY
- En verre allant au feu Pour faire un Café exquis
- KIRBY, BEARD a C°
- PARIS - 5, R. Auber - PARIS
- R. C. 142.714.
- Devenez Ingénieur électricien, ou Dessi-nateur, Conducteur, Monteur, par études rapides chez vous.
- Lisez la brochure n° 12 envoyée gratis ei franco par
- Institut Normal Electrotechnique
- 40, Rue Denfert-Rochereau, PARIS
- N° 2.
- L &
- p.2x50 - vue 494/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- quelques heures. Il y a fixité parfaite et constante de l'antiseptique, maintien de la structure initiale des bois et possibilité de les manipuler et employer dès le lendemain de l’opération. On peut supprimer le vide et la pression en autoclave.
- Les auteurs du nouveau procédé font remarquer les comparaisons sûivantes : tandis que l’on emploie pour l’injection par vide ou pression et par mètre cube : i5o kg de créosote pour le sapin et le hêtre, 63 kg pour le chêne, par le « créosite », l’absorption naturelle à froid, sous la propre action du produit, des quantités suivantes, est garantie suffisante, la pénétration et la diffusion étant plus intenses : 60 kg par mètre cube de sapin, 40 kg pour le. hêtre, 3o kg pour le chêne, d’où il résulte que pour 100 tonnes de produit employé, on peut traiter, avec le « créosite », un volume de bois beaucoup plus considérable, comme l’indiquent les chiffres comparatifs ci-après :
- Sapin.
- Hêtre.
- Chêne
- Avec
- la
- créosote.
- Avec
- le.
- « créosite ».
- Différences en faveur du « créosite ».
- 666 m3 1666 m3 -f- 1000 m3
- 666 — î5oo — 4“ i834 —
- 161 — 3333 — -}- 1730 —
- L’utilisation des peaux de caïmans. — Chassons le caïman, tel est le conseil que donne à ses lecteurs l’Indépendant de Madagascar, qui préconise l’organisation commerciale de cette chasse. Le caïman est en effet bien répandu en pays malgache et les Sakalaves en pratiquent la chasse avec beaucoup d’habileté mais sans en tirer profit. Or, la peau de caïman est très recherchée pour la maroquinerie de luxe, pour sa résistance, sa tonalité, la bizarrerie et la régularité de ses dessins. Mais c’est surtout en Amérique qu’on se la procure ; il a même été tellement abattu de caïmans aux Etats-Unis qu’il est nécessaire d’en entreprendre l’élevage pour alimenter les usines. Elevage de longue durée : car l’animal ne se développe que lentement et ce n’est qu’à 4o ans qu’il atteint la longueur de 1 m. ^o. Il y aurait donc intérêt à industrialiser la chasse du caïman à Madagascar, et à fonder des usines pour la préparation des peaux et l’utilisation des sous-produits. Ceux-ci ont, en effet, une valeur qui n’est pas négligeable : la graisse de cet amphibie est abondante. Les œufs peuvent être également traités pour l’albumine qu’ils renferment.
- Les étrangers en Algérie. — Le recensement du 6 mars 1921 a donné pour l’ensemble de l’Algérie. — Territoires du Nord et Territoires du Sud réunis —-une population globale européenne civile de 602 659 Français ou naturalisés et de 188774 étrangers.
- Les étrangers se répartissaient ainsi :
- Anglo- Autres
- Italiens. Espagnols. Maltais. Européens.
- Département d’Alger . . . 15.622 42.973 1.088 2.036
- — d’Oran. . . . 4.601 09.405 114 2.258
- — de Constanline 16.546 1.686 5.017 1.026
- Territoires du Nord . . . ‘ 31.859 144.064’ 16.219' 6 118
- Territoires du Sud. ... 68 264 0 182
- Algérie............... 31.927 144.528 " 6.219 6.300
- Etant donné la date du recensement, les immigrants périodiques espagnols, et italiens, qui viennent chaque année passer la belle saison en Algérie pour les travaux en pleine air, n’étaient pas encore arrivés. Avant la guerre, on comptait chaque année en moyenne 20000 Espagnols et 5 à 6000 Italiens; depuis la guerre, ces chiffres ont dû certainement baisser. Il n’en reste pas moins que cette population flottante a échappé aü recensement.
- La délimitation de la frontière italo-autrichienne.
- — L’Illustration du 8 décembre 1923 publie un compte rendu des travaux de la Commission de délimitation de la frontière austro-italienne.
- La nouvelle frontière entre l’Italie et l’Autriche s’étend sur une longueur de 420 km entre la Suisse (Piz, ait. 35o3 m.) et la Yougô-Slavie (Monts Pec, cote i5ii). Elle suit la ligne de partage des eaux entre les bassins de l’Inn et de l’Adige, puis celle entre les bassins de la
- Drave et de l’Adige, puis de la Piave et du Tagliamento. Elle traverse successivement les Alpes Venastes, les Alpes Breonie, les Alpes Aurines, les Alpes Pusteres et les Alpes Carnickes. Son point le plus septentrional se irouve à la Vetta d’Italia (ancien Glockenkar, cote 2944). Pendant plus de 100 km, la frontière se trouve à plus de 3ooo m, d’altitude, ce qui explique les difficultés rencontrées par les commissaires italiens et autrichiens. Les travaux sur le terrain ont duré du début d’août 1920 au milieu d’octobre 1923.
- 3ooo bornes ont été posées pendant ce laps de temps, l’altitude la plus élevée se trouvant au sommet du Monte Pilastro (cote 3523). En outre, une carte au i/i5ooo a été dressée pour une bande de terrain de 2 km de largeur des deux côtés de la frontière, soit 840 km au total.
- La carte que publie VIllustration présente l’intérêt de donner les nouveaux noms italiens et les anciens noms allemands des principaux sommets. Elle a donc de ce fait un caractère éminemment pratique.
- La poste en Afghanistan. — Le royaume d’Afghanistan ne faisant pas encore partie de l’Union postale universelle, son organisation des P. T. T. est généralement inconnue. Le système postal est cependant ce qui a fait le plus de progrès dans le minimum de temps. Il y a quelques années, comme le rappelait M. Forbin dans ces colonnes (n° 2532), la poste se faisait par coureurs à pied, qui arrivaient plus ou moins heureusement à leur but.
- Maintenant, une organisation régulière permet aux lettres de venir de Kaboul à Paris en un mois. De Kaboul à la frontière indienne, le courrier est transporté par voitures en huit jours au plus. De Peshawar, où commence le chemin de fer anglais, deux jours suffisent aux lettres pour gagner Bombay d’où elles partent pour l’Europe.
- Dans l’intérieur, des courriers réguliers ont lieu entre Kaboul et les principaux centres de l’Afghanistan : Kandahar au sud, Hérat à l’ouest, Mazar-i-Chérif et Khanabad dans le Turkestan. En été, les courriers à cheval réalisent ce tour de force de mettre Hérat à quinze jours seulement de Kaboul.
- Toutes les lettres doivent être affranchies avec des timbres spéciaux, valables seulement dans l’intérieur de l’Afghanistan. Les lettres pour l’étranger doivent porter de plus des timbres du premier pays appartenant à l’U. P. U. qu’elles atteignent. Ainsi, une lettre destinée à la France doit porter, outre les timbres afghans, des timbres indiens. De même, les lettres arrivant de l’étranger doivent acquitter une surtaxe intérieure d’environ un franc par lettre ordinaire.
- En somme, la poste afghane réalise le maximum possible dans un pays où les communications sont particulièrement difficiles.
- Il est, par contre, beaucoup plus compliqué de recevoir des colis dits « postaux », pesant plusieurs kilogrammes. Il faut alors avoir recours à un commerçant ou à une agence de transports de l’Inde, qui chargera un chamelier de vous porter le colis. De longues semaines plus tard, la douane vous invite à retirer le colis de ses magasins après avoir rempli nombre de formalités.... Mais, comme dit Kipling, ceci est une autre histoire !
- Le télégraphe, d’installation récente, relie depuis quelques mois Kaboul aux Indes. Un poste de T. S. F. fonctionne également.
- L’organisation du téléphone, beaucoup plus compliquée, suit cependant son cours. La ligne de Kaboul aux Indes fonctionne régulièrement. D’autres lignes existent également entre Kaboul, Ghazni et Kandahar et Kaboul, Bamian et Mazar-i-Chérif. Des postes ont été installés dans les caravansérails, où ils peuvent être du plus grand secours, surtout en hiver, où la neige rend la circulation extrêmement difficile. Malheureusement, ces lignes risquent souvent d'être brisées par les avalanches et les torrents.
- On voit par ces quelques notes que le service des P. T. T. en Afghanistan fonctionne pour le mieux et que, malgré ses imperfections, il surprend agréablement les étrangers qui arrivent à Kaboul. Il reste un souhait à faire : c’est que plus tard, « insh’ Allah », l’amélioration de ces services permette des relations encore plus rapides avec les centres de l’intérieur.
- •H 60 tlfr-
- p.r49 - vue 495/688
-
-
-
- '<
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Photographie
- Fig.
- Lampe Union.
- Lampe Union pour atelier de photographie. — La
- photographie en atelier et les tirages d’épreuves d’agrandissements . exigent le plus souvent une source de lumière artificielle intense. L’éclair de magnésium, la lampe à arc, la lampe à vapeur de mercure répondent différemment à ce besoin. Le magnésium, très actinique, n’éclaire qu’un instant et produit une fumée abondante, l’arc n’est utilisable que dans un vaste atelier, la lampe à vapeur de mercure fatigue la vue. Dans beaucoup decas, la lampe à incandescence suffit, surtout avec les modèles puissants qui existent aujourd’hui.
- Les établissements Union viennent de réaliserun modèle de ce genre(fig i) qui répond à de nombreux besoins.
- La source lumineuse est constituée par deux lampes dépolies de 1000 watts pouvant donner par survoltage jusqu’à 5ooo bougies. Un rhéostat avec voltmètre fixé sur le pied permet de régler l'intensité. Les Lmpes sont placées devant un réflecteur à inclinaison variable, coulissant sur un trépied de façon à être placé à toute hauteur convenable jusqu’à 3 m. De cette façon, on peut donner à la source lumineuse toutes les directions et réaliser l’éclairage direct, latéral, arrière ou diffus (en éclairant le plafond, un écran blanc ou un diffuseur placé devant les lampes). La consommation maxima ne dépasse pas 18 ampères. Constructeurs : établissements Union, 6, rue du Conservatoire, Paris, 9').
- Le Cinoscope. — Bien des appareils existent déjà, destinés à l’amateur qui veut, prendre lui-même des vues
- animées et projeter des films dans sa maison. Mais peu réunissent autant d’avantages que le Cinoscope. Le même appareil assure, bien entendu, la prise de vues et la projection, suivant un mécanisme très'simple qui, expliqué dans un manuel, permet à tous d’opérer à coup sûr.
- Le Cinoscope est construit pour la pellicule de 35 mm à perforation universelle. Il se compose d’une boîte en aluminium fondu de 19 X r3 X 10 cm, renfermant tout le mécanisme; les bobines employées contiennent 3o m. de pellicule ; un compteur indique constamment le nombre de mètres déjà utilisés. L’objectif, remarquablement lumineux, permet d’opérer en plein air par tous les temps. L’appareil se pose, pour les prises de vues, sur un pied, de préférence à plate-forme panoramique permettant de suivre les sujets pendant leurs dépla-
- Fig. 2. — Le Cinoscope ouvert, monté pour prise de vues.
- cements. Pour la projection, il se fixe sur un pied-support portant deux bobines et une poulie pour le déroulement et l’enroulement du film; l’éclairage est alors obtenu par une lampe à incandescence munie d’un
- condensateur, le 'tout placé dans un porte-lampe qui se place à l’arrière de l’appareil.
- Le tout est très bien étudié pour simplifier le travail de l’amateur, de même que les accessoires : babi-neuses, cuves de développement, etc.
- L’appareil dans sa sacoche, les pieds, la|lampe à pro-
- Fig. 4- — ‘La boîte du Cinoscope.
- jection, les films peuvent tenir dans une boîte forme valise, pour lé transport.
- Le Cinoscope, i5, boulevard des Italiens, Paris.
- *»> Automobilisme
- L’inclinotnètre R. B. — Ce nouvel indicateur de pente, étudié spécialement pour être employé sur les véhicules automobiles, présente certaines dispositions originales qui le rendent essentiellement pratique.
- p.r50 - vue 496/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Les appareils indicateurs de pente, qu'ils soient dérivés du niveau du maçon fonctionnant par le déplacement d’une bulle d’air dans le liquide d’un tube de verre, ou qu’ils soient basés sur le principe du fil à plomb, ne peuvent en effet donner des indications précises lorsqu’ils sont montés sur des véhicules automobiles soumis à des cahots et des trépidations continuels.
- Afin de remédier à ces inconvénients, l’inclinomètre R. B. est constitué comme suit.
- Un volant à faible contrepoids emmagasinateur et régulateur d’énergie, monté sur des pivots d’horlogerie, porte sur l’un des côtés de sa jante une fine denture qui engrène avec un petit pignon conique à angle droit sur lequel est calé le cadran indicateur de pente.
- En raison de la forte masse du volant par rapport à celle du contrepoids, les déplacements ne sont plus des oscillations brusques, comme dans le cas d’un pendule ordinaire; les accélérations périodiques de sens contraire, dues aux cahots, se trouvent annulées par le facteur temps ; les déplacements sont doux et procurent la rotation lente du cadran dont les indications sont
- Fig. f>. — L’inclinomètre R. B.
- visibles dans la fenêtre du couvercle en regard de la flèche fixe.
- L’appareil ainsi décrit est complété par un dispositif correcteur ayant pour objet de rectifier les modifications de pente occasionnées par la flexion des ressorts sous une charge plus ou moins grande du véhicule.
- Un petit système de freinage réglé par une vis à bouton molleté permet d’immobiliser l’appareil, si on le désire.
- Nous ajouterons que cet indicateur de pente peut être monté sur tous les panneaux des voitures automobiles, quel que soit leur degré d’inclinaison. Il suffit, par un démontage élémentaire et prévu à cet effet, de caler le cadran indicateur à la position convenant à l’angle du panneau sur lequel est monté l’appareil.
- Constructeurs : Etablissements Juthy, 3i, rue Sébastopol, Lyon.
- Objets uîiîes
- Classeur « la Motabox ». — Par suite de l’importance chaque jour grandissante que prend la correspondance commerciale et la publicité directe par lettres ou circulaires, le bureau des hommes d’affaires, industriels et commerçants s’encombre de plus en plus de classeurs de tous genres; cela n’empêche pas qu’il soit difficile d’éviter le désordre causé par de multiples papiers qui s’amoncellent sur la table. Les casiers à correspondance n’ont de classeurs que le nom, car ils ne permettent de différencier les différents types de lettres d’après leur origine, que s’ils sont nombreux et par suite encombrants.
- La « Motabox », imaginée par M. P. Cayeux, réduit considérablement Ja place occupée par tous ces casiers. Elle se compose de 3 ou 4 cuvettes à correspondances, accrochées à une tige verticale supportée par le pied qui se fixe aisément et instantanément à n’importe quel bureau. La place que prend sur la table la « Motabox » se réduit à un cercle de 6 cm de rayon, celui du pied.
- Fig. 6. — Classeur « la Motabox ».
- Toutes les cuvettes se trouvent en effet en dehors du bureau qui reste entièrement libre pour une autre utilisation, l’encombrement se trouve donc réduit dans le cas d’une « Motabox » à l’emplacement du pied.
- Grâce à la vis de serrage supportée par la mâchoire et la plaquette folle qui se trouve à sa partie supérieure « la Motabox » n’abîme nullement le bureau sur lequel elle est adaptée. Ces cuvettes à correspondance peuvent pivoter autour de la tige verticale pour venir séparément se placer sur l’avant du bureau en même temps qu’elles se rapprochent de son centre, elles peuvent de n’importe quelle position être décrochées par une ma> nœuvre très simple. Rendues ainsi indépendantes elles peuvent être portées sur une autre table, fixées sur une autx*è Motabox ou posées en tout autre lieu. Ceci permet en une seconde de débarrasser un bureau de tous les papiers qui doivent aller au classement, le tri ayant
- Utilisation de « la Motabox ».
- Fig. 7.
- été fait, grâce aux corbeilles, à mesure que le chef lit les documents.
- Les cuvettes de la « Motabox » sont en chêne ou acajou véritable, munies d’un fond en contre-plaqué qui évite toute déformation. Les assemblages sont faits à recouvrement et le tout est verni au tampon. Les tiges sont nickelées et polies, le pied émaillé noir ; c’est donc un appareil soigné et fini que tous les industriels et hommes d’affaires peuvent fixer sur leur bureau.
- Vendeurs et constructeurs : Etablissements M.O.T. A., 3, rue des Mariniers, Paris, 14e,
- 52
- p.2x51 - vue 497/688
-
-
-
- ><
- VARIETES
- LA FIGUE DE BARBARIE
- Origine. — Sous le nom absolument impropre de Figue de Barbarie ou de Figue d’Inde, car il n’y a qu’une vague ressemblance avec la véritable figue, on désigne l’Oponce, fruit de l'Opuntia Ficus Indica (Mill), de la famille des Cactacées. Le nom de Cacte Raquette, que lui donna Couverchel, avait du moins le mérite de rappeler la famille à laquelle ce fruit appartient ainsi que l’aspect si caractéristique de ses tiges articulées, formées de segments aplatis et ovales désignés, à cause de leur forme, sous le nom de raquettes. Il lui accordait aussi l’épithète ou synonyme de Semelle du Pape, ce qui contribuait encore à confirmer ladite forme.
- Habitat et culture. — Le figuier de Barbarie appartient aux plantes d’aspects bizarres constituées en très grande partie par des amas de tissus cellulaires qui leur ont valu le nom de plantes grasses.
- Originaire du Mexique, il a été introduit dans la région méditerranéenne, d’abord en Espagne par des Espagnols, puis de là en Sicile, en Corse, en Algérie, au Maroc, en Tunisie et enfin en Provence. Il croît aussi abondamment qu’une plante sauvage dans le Nord de l’Afrique, surtout en Algérie, où ses nombreuses ramifications donnent naissance à des buissons ou parfois à des arbrisseaux pouvant atteindre de i m. 5o à 4 m. De là son emploi pour former des haies défensives autour des villages, des champs et des habitants. Et comme il ne craint pas les plus grandes sécheresses, ni les terrains secs, ni ceux qui sont humides, il est susceptible d’être cultivé dans un grand nombre de sols et même les plus arides qu’il peut contribuer à fertiliser.
- Il se multiplie d’ailleurs avec la plus grande facilité par graines et par boutures, en août et septembre.
- Il produit des fruits à l’âge de 4 à 5 ans, en moyenne, et il est en plein rapport à l’âge de 8 à io ans. Ses fleurs rougeâtres, de grandes dimensions, donnent naissance à des fruits de grosseur, forme et couleur assez différentes.
- Variétés. — 11 existe en Algérie deux variétés distinctes. L’une, à laquelle, d’après Moll, on donne le nom de figuier de chameau, a des fruits rouges, de la gros-seur d’un petit œuf de poule, couverts de piquants très durs, de i5 à ao mm, ainsi que les raquettes. C’est la variété dont on se sert pour les clôtures.
- L’autre, que les Arabes appellent, paraît-il, figuier des chrétiens, a des fruits d’une grosseur double, ou égalant souvent, en volume, celui d’un limon ordinaire. Ils sont aussi de meilleure qualité, et leurs feuilles plus développées, plus succulentes, ne possèdent que des piquants faibles et petits. C'est cette variété qu’on multiplie pour l’alimentation de l’homme par ses fruits et des animaux par ses rameaux coupés en tranches.
- Du Breuil dit qu’il en existe en Sicile plusieurs variétés recommandables par la qualité et la grosseur de leurs fruits.
- Alimentation humaine. — Les indigènes, beaucoup plus que les Européens, consomment, aussi bien à l’état frais qu’à l’état sec, des quantités considérables de ces fruits qui sont légèrement sucrés et rafraîchissants, en dépit de leurs piquants et de leurs nombreuses graines très désagréables au palais des Européens.
- Leur consommation demande, par suite, certaines précautions pour leur épluchage, car les aiguillons causeraient des blessures assez douloureuses sur les muqueuses des lèvres et de la bouche. Ces précautions consistent, d’après E. Sauvaige, à les priver, d’abord, de leurs aiguillons en les brassant dans l’eau, puis en les pelurant.
- C'est surtout en été et en automne qu’ils servent d’aliments rafraîchissants et sont vendus en grande quantité sur les marchés. Le même auteur conseille, quand on veut avoir des fruits plus rafraîchissants et moins sucrés, de les cueillir quand leur enveloppe est sur le point de se colorer.
- Au regard de l’alimentation, de Gasparin était peut-être un peu trop élogieux quand il a écrit : La figue d’Inde est la manne, la providence de la Sicile. Ce fruit est pour cette contrée ce qu’est la banane dans les pays équinoxiaux et l’arbre à pain dans les îles de l’Océanie.
- A Catane, on fait sécher la figue d’Inde et l’on en compose des masses compactes pour s’en nourrir en hiver. On en conserve de fraîches que l’on cueille avec un pelit morceau de la feuille qui les porte.
- La manière dont la présence du sucre a été découverte dans ces fruits est très originale, si l’on accepte la version qu’en donne F. Malepeyre. Elle vaut, à ce titre, d’être contée, mais je lui en laisse l’entière responsabilité.
- Le général Lamoricière, qui commandait en Algérie vers 1842, avait remarqué que les soldats mangeaient beaucoup de figues de Barbarie, fruit aussi sain qu’agréable, et que, peu soucieux de la santé publique, ils jetaient dans les rues et dans les coins des chambres les peaux épaisses dé ces figues qui, se corrompant facilement, exhalaient une odeur fétide. Il ordonna donc de les rassembler et de les déposer hors de la ville dans un endroit découvert où le soleil pût les dessécher promptement et en neutraliser les miasmes.
- L’ordre fut exécuté et bientôt des tas considérables se formèrent. À quelques jours de là, le général faisant une ronde remarqua que ces tas étaient recouverts d’une couche blanche. Ce fait lui parut extraordinaire. Il s’approcha et reconnut bientôt une efflorescence semblable à celle qu’on observe sur les terrains à salpêtre. Il en fit recueillir une certaine quantité, l’examina attentivement et aperçut une cristallisation blanohe et brillante que l’on reconnut plus tard pour être du sucre pur et cristallisé d’une manière admirable.
- Quoi qu’il en soit, il n’est pas douteux que la richesse saccharine de ces fruits permet de préparer avec eux une boisson agréable ainsi qu’une eau-de-vie qui ne l’est pas moins, dit-on, mais je n’ai pu en trouver le rendement.
- En outre du sucre et du mucilage, la figue de Barbarie contient un principe colorant en quantité notable. Converchel relate qu’on a proposé un prix, en Angleterre, à celui qui trouverait le moyen de fixer la belle couleur rouge pourpre du fruit de la raquette que l’on destinait à la fabrication du faux maroquin, mais que toutes les tentatives ont été infructueuses.
- Alimentation animale. — Le bétail est très friand des fruits, mais ce sont surtout les articles ou rameaux coupés en tranches de la variété sans épines ou presque inerme, Opuntia inermis, qui entrent dans sa nourriture. D’après M. Couput, 75 kg de raquettes mélangées avec un même poids de paille équivalent à 100 kg de bon foin.
- Commerce. — Les figues de Barbarie, qui jouent un grand rôle dans l'alimentation populaire en Algérie et en Tunisie, ne sont encore l’objet que d’un commerce peu important. Elles arrivent en automne aux Halles de Paris, en caissettes. Les maîtresses de maison désireuses de se rendre compte de leur saveur devront, en les achetant, donner la préférence aux plus rouges, aux plus fermes, nullement fendillées, dépourvues de toute odeur fadasse mais garnies de leurs petits aiguillons, et, par suite, rejeter celles qui sont rouges verdâtres ou décolorées ei visqueuses. La confiserie les emploie, et il n’est guère de boîte de fruits confits qui n’en contiennent quelques-unes.
- Autres espèces d’Opuntia. — Il en existe un certain nombre qui sont plus ou moins alimentaires. G. Capus et D. Bois relatent qu’il y a plusieurs espèces à’Opuntia et de Cereus cultivées pour leur fruits, souvent très appréciées et dont l’introduction mériterait d’être tentée dans nos possessions africaines.
- Parmi les autres je mentionnerai l’Opuntia cochenilli-fera qui est cultivé pour l’élevage industriel de la cochenille.
- D’autre part, on se préoccupe, paraît-il, de propager la figue de Barbarie dans lés colonies tropicales où elle peut rendre des services pendant les saisons ohaudes.
- Enfin, on compte plusieurs espèces purement décoratives qui ont été introduites dans nos jardins et nos serres, mais je ne retiendrai que l'Opuntia tomentosa, espèce arborescente, à fruits rouges, tomenteux, arrivant à maturité, dont, d’après E. Sauvaigo, un bel exemplaire de 5 à 6 m. se trouve à la villa Thuret, à Antibes. A. Truelle.
- p.2x52 - vue 498/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- M. J. Lefebvre, à Douai. — Aucune peinture ne tiendrait convenablement dans les conditions habituelles d’usage d’une baignoire, c’est-à-dire avec intervention d’alcalins. A notre avis, le mieux serait de faire repasser cette baignoire en usine, par exemple aux Emailleries de Noyon (Oise) qui sont spécialement outillées pour ce travail.
- M. Clémot, à Paris. — Pour faire disparaître les taches de graisse sur le papier, placer d’abord sous celui-ci, en regard de la tache, deux ou trois feuilles de buvard, puis délayer d’autre part dans un godet, juste au moment de l’emploi, un peu de terre à foulons dans quelques centimètres cubes de tétrachlorure de carbone de façon à obtenir une pâte semi-fluide. Appliquer cette pâte sur la tache, laisser sécher et secouer la poudre dans laquelle la graisse a passé par capillarité après dissolution. Répéter l’opération de la même manière jusqu’à obtention du résultat cherché.
- M. Fiereck, à Pont-de-Roide. — Il vous sera très difficile d’effectuer une réparation convenable sur baignoire émaillée ; si cependant le dommage étant de peu d’étendue vous vouliez tenter l’expérience, il faudrait opérer
- ainsi. Prendre :
- Débris de cristal pulvérisés. . . 12S gr.
- Carbonate de soude sec.......... 20 —
- Acide borique................... 12 —
- Bioxyde d’étain. . . ........... 12 —
- Pulvériser à nouveau l’ensemble et mélanger intimement; délayer la poudre dans un peu de silicate de soude, appliquer à l’endroit voulu, laisser bien sécher, puis amener à fusion au moyen d’une lampe à souder genre Paquelin. Ne pas chauffer trop brusquement pour ne pas faire craquer l’émail avoisinant. N. B. — Il sera bon de vous faire la main par quelques essais préalables sur une vieille casserole émaillée ordinaire.
- M. Tardy, à Pleteye. — TJ extraction de l'acide tartrique du tartre brut comporte les opérations suivantes : i° Transformation du bitartrate de potasse en tartrate de chaux par addition de craie ou de lait de chaux. 20 Séparation par filtration aux filtres-presses du tar-
- trate de chaux insoluble ainsi formé et lavage pour éliminer le carbonate de potasse resté'en solution. 3° Décomposition du tartrate de chaux par l’acide sulfurique qui libère ainsi l’acide tartrique. 4° Filtration dans des conditions analogues aux précédentes pour séparer le sulfate de chaux. 5° Evaporation de la solution filtrée qui contient l’acide tartrique pour l’amener à concentration convenable de cristallisation. Dans l’industrie, le matériel servant aux réactions est constitué par des bacs en bois doublés de plomb, le tartrate de plomb ainsi que le sulfate de plomb étant insolubles, il n’y a pas à craindre que l’acide tartrique ne contienne du plomb, s’il provient de solutions parfaitement limpides.
- M. Peillon, à Morat. — i° L’huile provenant de votre carter est une huile minérale, non siccative par conséquent, elle n’est donc pas susceptible d’emploi comme peinture, l’enduit resterait indéfiniment sous le même état qu’au moment de l’emploi. 20 Les scories fusibles que vous trouvez dans votre calorifère résultent de la combinaison de la silice des briques avec la chaux contenue dans les cendres du combustible ; le seul palliatif est de marcher à allure modérée pour éviter d’atteindre la température de fusion de la gangue, l’emploi de fines mouillées nous paraît devoir satisfaire à cette considération, dégriller aussi le plus souvent possible, pour que les escarbilles ne restent pas à proximité des briques.
- M. Geng, à Versailles. — i°Le travail de la corne, du celluloïd et de l’écaille s effectue après ramollissement dans la vapeur d’eau, la difficulté est d’avoir à sa disposition des conformateurs adaptés au cas particulier de l’objet à mouler, par exemple en vue d’un sertissage. L’amateur n’ayant sous la main que des moyens de fortune ne peut rivaliser avec les professionnels qui ont un outillage approprié. 20 Le recollage de l'écaille et de la corne se pratique avec une solution très concentrée de potasse caustique, celui du celluloïd en employant une colle préparée par dissolution de celluloïd (a5 à 3o gr.) dans un mélange de, 5o gr. d’acétone et 5o gr. d’acétate d’amyle. Ces réparations sont toujours délicates par suite des faibles surfaces de contactetprésententpeude solidité.
- POUR LA PHOTOGRAPHIE
- EN NOIR ET EN COULEURS
- TEMPS DE POSE EXACT
- Instantanément et sans calcul en visant directement le sujet,
- Par le PHOTOMÈTRE NORMAL
- à prismes <
- C, Ingénieur-Opticien
- . LJ ET Vj ET LM Rue de la Perlé, 3, PARIS
- OBJECTIFS POUR LA PHOTOGRAPHIE
- Reg. C. : Seine 12.131.
- Petites Annonces
- réservées aux offres, demandes et échanges d’objets divers, aux offres et demandes d’emplois. H. n’y est
- inséré aucune annonce commerciale.
- Le prix de la ligne de 50 lettres ou signes est de 4 fr. (2 fr. 50 pour les abonnés qui devront joindre la bande d'abonnement à ta demande d’insertion).
- Les demandes doivent nous parvenir 10 jours avant la date d’apparition du Journal, accompagnées du mandat ou du chèque nécessaire.
- Machines statiques, Bobine Ruhmkorf de 55 cm. d’étincelle,' Microscope, Microtome, Balances, Accessoires divers , de labor^.r-^r&'adrqs er 2, rue René-Panhard, Paris (13e-).
- Amplificateur .5 lampes HF.Péricaud, à réaction...........100 fr.
- Amplificateur de puissance'pour haut-parleur, type Vitus. 200 fr. Lesdeux à l’état de neuf. — On échangerait contre un ohmmètre. Ecrire Nature, n° 600.
- le VERASCOPE RICHARD
- NOUVEAU l
- L’liOMÊOS
- ou JUMELLE STEREOSCOPIQUE Brevetée S. G» D. G.
- est toujours la MERVEILLE PHOTOGRAPHIQUE
- il donne Ijimage vraie garantie superposable avec la nature comme grandeur et comme relief —Ç?est 1$ docutrjetit absolu enregistré
- Pour les débutants en photographie
- I r^BT"1 Breveté Jumelle stéréoscopique à plaques 45x107
- LE W3 Ll rH VUVV A SI S.G.D.G. U est le MOINS CHER des appareils stéréoscopiques
- TAXIPHOTES à COURT FOYER ÆTg.
- Modèle optique à DEUX FOYERS servant â volonté — Modèle méoanique -—
- Breveté Permet de faire 27 vues stéréoscopiques sur pellicules cinématographiques S. G. D. G. en bobines se chargeant en plein jour.
- VENTE AU DÉTAIL
- 10, Rue Halévy (Opéra) Knvoi fraueo des Notice* «
- SL» Etablta Jules RICHARD (StéAme)
- 25, Rue Mélingue, PARIS
- Reg. Ç. : Seing 174..227,
- p.2x53 - vue 499/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- €
- M. Truillé, à Paris, *— Dans les conditions que vous indiquez nous n’entrevoyons pas de solution pratique au problème posé, corpora non agunt nisi soluta, seule une élévation de température ferait exception à cette règle, mais elle n’est pas possible dans ce cas.
- Mme Smet, à Bruxelles. —* Pour teindre les peaux de petits animaux en brun foncé opérer ainsi :
- On commence par dégraisser la peau déjà tannée dans un bain tiède de carbonate de soude et de savon dont la température ne dépasse pas 25° à 3o°, on rince et prépare pendant ce temps les deux solutions suivantes :
- A. Paraphénylène diamiue . . . ioo gr.
- Alcool dénaturé......... 5oo —
- Eau de pluie. ....... 5oo —
- Dissoudre d’abord la paraphénylène diamhn l’alcool, ajouter l’eau ensuite.
- B. Bichromate de potasse ... 5o gr.
- Eau chaude.........., . 1000 —
- Les solutions A et B sont mélangées à parties égales juste au moment de l’emploi, le mélangé est appliqué au moyen d’une brosse douce sur le poil, la peau étant étendue sur une table poil en dessus.
- La teinte se développe peu à peu au contact de l’air et atteint toute sa valeur en une demi-heure environ, il ne reste plus qu’à rincer à l’éponge. Après séchage, ôn lustre le poil avec une brosse à peine graissée pai* un peu d’huile d'amandes douces.
- Mi Salmon, à Nancy —- Le bronzage des armes est toujours une opération astfez longue à effectuer. Si l’on veut que le dépôt soit adhérent et de bel effet, les mixtures employées habituellement sont les suivantes :
- A. Bichlorure de mercure............ 5o gr.
- Sel ammoniac ......... 5o gr,
- Eau distillée chaude ...... 1000 gr.
- Laisser reposer quelques jours et filtrer.
- B. Perchlorure de fer sirupeux, . . 60 gr.
- Sulfate de cuivre................ 20 gr.
- Acide azotique................. 25 c. c.
- Alcool .......................... 3o c. c.
- Eau distillée................. 1000 c. c.
- Dissoudre d’abord le sulfate de cuivre dans l’eau chaude, puis après refroidissement ajouter les autres éléments. Mélanger, laisser reposer également et filtrer.
- G. Perchlorure de fer sec.............. 3o gr.
- Perchlorure de fer sirupeux . . 10 c, c,
- Acide azotique....................... 5 c. c.
- Eau distillée......................1000 c. c.
- Les pièces à bronzer sont préalablement décapées par immersion pendant 20 minutes dans un bain bouillant de potasse ou soude caustique à 5 pour 100, on nettoie ensuite au blanc d’Espagne, puis on applique les mixtures patinantes en opérant ainsi :
- Avec une petite éponge on étend une couche de la solution A; au bout de 2 ou 3 heures, quand la couche est bien sèche, on l’enlève par grattebossage, on repasse une seconde couche qui est également grattebossée après séchage. Puis on enduit les pièces de cinq couches successives de la liqueur B en observant les mêmes précautions, le grattebossage ne devant être effectué qu’après séchage complet de 11 couche précédente, faute de quoi la patine déjà formée s’écaille et le métal reste blanc.
- C’.est alors qu’est appliquée la solution G d’abord trois fois avec intervalles de dessiccation et grattebossage; puis, une quatrième fois, 10 minutes après la précédente. On immerge ensuite les pièces pendant 10 à 20 minutes dans l’eau bouillante, au sortir du bain on frotte vivement la pièce refroidie avec un brunissoir en bois dur, on passe à nouveau trois couches de la préparation G toujours avec grattebossage, baigne une dernière fois dans l’eau bouillante, on essuie et on huile. #
- Cercle militaire de Périgueux. — Il n’est pas possible de reconstituer l’émail de votre carrelage. A notre avis, ce qui a le plus de chance de réussir est.de passer à plusieurs reprises des couches de silicate de soude du commerce à 3G° B en attendant que chaque couche ait séché avant d’appliquer la suivante. Pour terminer, appliquer sur les carreaux bien secs une encaustique à la cire et à l’essence de térébenthine.
- L’Eclairage des APPAREILS DE PROJECTION par lampe à incandescence, marque un progrès très sensible, à la condition expresse d’utiliser judicieusement cette source lumineuse idéale avec une optique appropriée.
- G. MASSIOT
- Successeur de RADIGUET et MASSIOT, Constructeurs
- 13 et 15, Boulevard des Filles-du-Calvaire, 13 et 15
- PARIS.
- s’est inspiré de cette vérité dans la réalisation de ses nouveaux appareils
- Les “Caméléons”
- spécialement établis pour la projection des DIAPOSITIVES et des AUTOCHROMES, et
- Les “ PRAGMATOSCOPES ”
- destinés à la projection des objets opaques, cartes postales, illustrations, etc.
- H» IAl
- p.2x54 - vue 500/688
-
-
-
- Jteo
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- ><
- Utilisation des vieux clous et de la vieille ferraille. — Avez-vous à effectuer la réparation ou la confection de seuils, dallages ou travaux similaires, très exposés aux chocs et à l’usure ?
- Incorporez dans le mélange de mortier de ciment employé, comme masse, de vieux clous, de la vieille ferraille ou des débris de fer ou d’acier inutilisables.
- Revêtez le tout d’un enduit de mortier de ciment approprié. Yous aurez ainsi constitué un bloc de ciment armé très résistant à l’usure et principalement aux chocs.
- Récupération de la mousse du lait en cours de traite. — Deux spécialistes, MM. Alaphilippe et Cou-doin, ont eu l’idée de rechercher quelle est la perte quantitative qui résulte de la formation de mousse au cours de la traite manuelle du lait. Ils ont établi, à la suite de multiples épreuves, que cette perte atteint le douzième de la récolte totale ; sur l’ensemble de la production laitière française, cela correspond à une perte considérable. En effet, les dernières statistiques officielles établissent que nous avions en France, en 1914, lors de l’agression allemande : 14808300 animaux de race bovine. A la fin de la guerre, nous en avions perdu *5ooooo. En 1923, le cheptel bovin français était remonté à i3 787000 têtes, ce qui indique de façon éloquente la ténacité et la volonté de nos agriculteurs. Mais la production laitière n’a pas suivi une progression aussi satisfaisante : nous récoltions, en igi3, i3 milliards de litres de lait ; nous n’en récoltons plus guère que 9 milliards de litres, et ce déficit explique, pour une large part, le prix très élevé du lait à l’heure présente.
- Or, si on considère, à la suite des travaux de MM. Alaphilippe et Coudoin, qu’un douzième environ de la récolte totale du lait en France est constitué par de la mousse, qui est perdue pour l’alimentation humaine, c’est à yÜooooooo de litres de lait par an qu’il faut évaluer cette perte.
- Mais le mal n’est pas sans remède.
- Lors de la traite à la main, il existe toujours, entre les trayons et le seau dans lequel le lait est recueilli, une distance de i5 à 3o et parfois 35 cm, selon la hauteur du liquide dans le récipient. Sous la pression vigou-reuse des doigts, le lait est projeté sur le fond du vase d’abord, puis sur la surface libre du liquide ; par cette projection même, il se forme une mousse abondante qui ne s’affaisse que partiellement. Cette mousse est constituée par un mélange de lait et d’air. Après la traite, on filtre, et il reste toujours, sur la couche filtrante, une quantité très appréciable d’un magma épais et mousseux que l’on donne aux porcs, ou que l’on mélange aux sous-produits de la laiterie ou plus simplement encore que l’on jette.
- L’analyse démontre qu’il contient cependant de nombreuses particules graisseuses en suspension mécanique et que le départ de ces particules appauvrit d’autant le lait dont il réduit la valeur alimentaire.
- MM. Alaphilippe et Coudoin ont imaginé un appareil très simple qui peut s’adapter sur un seau ordinaire, et qui empêche la formation de la mousse pendant la traite. Cet appareil, facile à construire, se compose d’un couvercle fermant le seau, à travers lequel passe un entonnoir, transversalement obturé par deux fillres en treillis métallique, mobiles, et d’un nettoyage très aisé. Le compagnon ou la trayeuse incline l’entonnoir, de façon à faire arriver le jet de lait directement sur le premier tamis en treillis métallique. Le liquide s’écoule en gouttelettes, traverse le treillis sans former de mousse, traverse encore l’autre tamis et arrive dans le seau à l’état liquide, sans mousse.
- C’est là un dispositif excessivement simple, que n’importe qui peut construire sans frais et dont le nettoyage ne comporte aucune difficulté. On ne saurait trop souhaiter le voir adopter dans toutes les exploitations laitières. Francis Marre.
- JfeD
- 1*0
- BOITE AUX LETTRES
- as?
- csk
- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige A. limiter strictement- les réponses aux lettres présentant un-caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — Jean JRossi, Béziers. — Pour Compagnies Gabon et Congo, s’adresser à l’Agence générale des Colonies (ancien Office colonial), galerie d’Orléans, Palais-Royal, Paris.
- Pour frères Boissière, leur écrire directement à Saint-Malo, en mentionnant sur l’adresse « concessionnaires des îles Kerguelen ».
- M. E. Fridel, Lunéville. — La composition rationnelle d’une poudre à faire pondre les poules se trouve réalisée par la formule suivante, qui donne de bons résultats : Carbonate de chaux ou craie (coquilles
- d’huîtres pulvérisées) . ........ 3o parties.
- Sel dénaturé...............................3o —
- Charbon de bois.......................... 30 -—
- Soufre sublimé. . ......................... 8 —
- Poudre de racine de gentiane............... 8 —
- Gingembre. ................................ 8 —
- Carbonate de fer.............. 5 —
- Salycilate de soude........................ 5 -—
- Mélanger après avoir soigneusement pulvérisé.
- Le carbonate de chaux est indispensable ; il constitue la coquille de l’œuf et contribue à l’alimentation minérale de la poule. Il y a, dans les coquilles d’huîtres, non seulement, du carbonate de chaux, mais aussi de la matière organique et des chlorures, bromures, iodures, etc., qui contribuent à maintenir les poules en bonne santé.
- Cette poudre n’a aucune influence sur le goût des œufs. On la distribue dans la pâtée du matin, à la dose d’une forte cuillerée à bouche pour dix poules. Toutes
- les trois semaines ou tous les mois, il est bon d’en suspendre l’emploi pendant quelques jours.
- La poudre ainsi composée a un effet réel sur la production des œufs, mais cet effet sera d’autant meilleur que l’on donnera aux poules une nourriture animalisée (rations dans lesquelles on fait intervenir une certaine proportion de viande boucanée ou de sang desséché, etc.).
- M. Louis Petitjean, place Bossuet, Dijon. — Pour faire périr un arbre sans Varracher, il faut recourir au procédé par empoisonnement, lequel a été employé bien des fois, avec succès, pour faire périr des arbres même très gros.
- Yoici la manière d’opérer : à l’aide d'une tarière, on perce, dans le tronc de l’arbre, ou dans la souche, quelques trous obliques, puis on remplit ces trous avec une solution concentrée d’une substance chimique très nocive qui, en se diffusant dans les canaux séveux, entraîne la mort de l’arbre sur pied. On réussit complètement avec une solution très concentrée d’arséniate de potasse. Une petite quantité de cette substance nocive suffit pour empoisonner un arbre. Les trous doivent atteindre jusqu au cœur de l’arbre.
- A défaut d’arséniate de potasse, on peut employer du sulfure de carbone, introduit dans un trou profond, pratiqué comme il est dit ci-dessus; ensuite, avoir soin déboucher le trou bien hermétiquement avec un bouchon de liège. Enter d’approcher tout corps en ignition pendant l’opération, afin de prévenir tout danger d’explosion que provoqueraient les vapeurs de sulfure de carbone. Employer une forte tarière et percer jusqu’au milieu des canaux séveux.
- M. Gautié, à Albi. — Nous ne connaissons pas la spécialité en question et la notice que vous nous communiquez ne donne aucune indication sur sa composition, il nous est, par suite, impossible d’émettre une opinion sur ça valeur.
- ( Voir lu suite pp. LV, LVI et 55.)
- p.r55 - vue 501/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- M. /., boulevard de Courcelles, Paris. — i° Nous ne connaissons pas la formule de composition du produit dont il s’agit, ni le nom du vendeur. Les produits de cette nature, vendus sous différents noms, sont, pour la plupart, à base d’huile de poisson.
- Nous ne voyons pas la nécessité de tremper vos jeunes plants ou arbres à planter. Pour les protéger contre la dent des lapins, il suffît d’en badigeonner le pied avec un mélange de 2 kg de chaux vive et quelques poignées de suie dans dix litres d’eau, ou avec du dégras, ou encore de la bouse de vache délayée dans de l’eau et à laquelle on ajoute dé l’aloès. 20 Yous pourriez essayer le produit dit lapinifuge (Floqüet, 16, boulevard de Chàteaudun, à Saint-Denis (Seine).
- M. Giraud, à La Ciotat. — L'eau de chaux constitue un réactif des plus pratiques pour déceler la présence de l’acide carbonique : il suffit de mettre quelques grammes de chaux éteinte avec de l’eau ordinaire dans un flacon* puis d’agiter vivement, on laisse reposer un jour ou deux et ôn décante le liquide limpide dans un verre très clair, on place le toüt dans l’endroit suspect ; s’il y a de l’acide carbonique, il se forme à la surface une pellicule de carbonate de chaux, puis le liquide se trouble. Quant à Y oxyde de carbone, lé réactif le plus simple est un oiseau, moineau par exemple qui est très sensible à l’action toxique de ce gaz ; d'abord perché sur un bâtonnet, s’il se trouve dans les conditions normales, il tombe bientôt sur le plancher dé la cage dès que la proportion d’oxyde de carbone atteint quelques millièmes.
- M. Praet, à Gand. — Pour être amenés sous une forme pulvérulente, les déchets de cuirs et produits animaux divers destinés à être employés comme engrais, sont chauffés en autoclaves avec une solution sulfurique à 5° Baumé. Après essorage et au besoin séchage partiel, la division en devient alors très facile par les moyens habituels en se servant des déchique-teurs et broyeurs courants.
- M. le 2>r Tara, à Paris. — i° Le recollage de l'ambre s’effectue au moyen d’une solution chaude et concentrée de potasse caustique, on attend d’abord qu’un léger ramollissement des parties mouillées soit sensible, puis on serre très fortement et laisse sécher. 20 La force d’un papier et son poids au mètre carré sont deux caractères indépendants ; la force dépend surtout dé la nature des fibres qui entrent dans la composition du papier, le poids est une conséquence de l’épaisseur et de la charge. Ces deux éléments peuvent être reliés par ce que l’on appelle la longueur dè^ rupture, c’est-à-dire la longueur qu'il faudrait donner à Une bande du papier considéré, pour qu’elle se rompe s dus'son propre poids. Cette caractéristique est indépendante de la largeur d’expérience, car si cette làrgeùr augmente ou diminue, lé poids agissant augmente ou diminue-, de la même manière. Un papier est d’autant meilleur que sa longueur de rupture est plus grande, cette détermination se fait avec une grande précision au moyen d’un dynamomètre dont le type est le Schopper, dérivé lui-même du Chevefy de fabrication toute française. , „ . -
- M. Pirodon, à Tipazà (Algérie). — Nous pensons que vous voulez parler du procédé Spencer Newberry .qui consistait, d’après l’auteur, à chauffer les phosphates bruts dans des conditions déterminées ppuj*,augmenter la solubilité de l’acide phosphorique qu’ils contenaient. Notre expérience personnelle sur des phosphates du Nord de la France nous a montré qu’une simple calcination modifiait peu cette assimilabilité ; quant à faire intervenir des éléments étrangers tels que sels alcalins susceptibles de réagir par double décomposition, comme l’indique complémentairement Newberry, cela demanderait une étude systématique et nous n’avons pas connaissance qu’elle ait été entreprise.
- M, I^remont, à Troissy (Marne). — ip Vous ne nous dites pas quelles sont les marques de phares auxquelles vous faites allusion, le mieux est de vous adresser au fabricant qui vous indiquera les caractéristiques de l’appareil qu’il construit. 20 Le caoutchouc se durcit avec le temps par transformation moléculaire, une fois le durcissement produit il n’y a malheureusement plus rien à faire. 3° A notre avis, il est préférable de rebuter ces batteries, le procédé dont vous parlez réussit quelquefois mais non sûrement.
- M. Schaettel, villa Montmorency (Paris). — Le manque de souplesse des peaux que vous avez tannées provient
- de ce que vous n’avez pas pratiqué le palissonnage, c’est-à-dire l’assouplissement mécanique qui est de règle en mégisserie. Pendant le séchage, il faut prendre la précaution de frotter souvent la peau pour empêcher le collage des fibrilles qui constituent le derme, puis, une fois la peau sèche, on l’assouplit en la frottant côté chair, les extrémités de la peau étant tenues à deux mains, sur la partie arrondie d’une planche fixée verticalement, on étire ainsi la peau en tout sens jusqu’à ce qu’elle ait acquis la souplesse désirée. On peut faciliter cette opération en saupoudrant la peau de talc et en frottant celle-ci entre les mains comme pour un savonnage, finalement on bat avec une baguette, on brosse et peigne les poils.
- G. L., à Padova (Italie). —On emploie le plus souvent pour le dépolissage du verre une mixture analogue à la suivante :
- Fluorure d’ammonium . . , . .100 gr.
- Sulfate d’ammonium . . . 1 . . 5 —
- Acide sulfurique à 66° B, . . . 10 —•
- Eau ordinaire................, . 100 —
- Dissoudre le fluorure et le sulfate d’ammonium dans l’eau, puis ajouter peu à peu en ramuant l’acide sulfurique, finalement épaissir par addition de sulfate de baryte de manière à obtenir une bouillie semi-fluide.
- Bien que l’acide fluorhydrique ainsi libéré soit dilué, on ne peut considérer ladite mixture comme inoffen-sive, elle doit au contraire être manipulée avec précautions.
- M. Chardin, à Pantin. -— La teinture de lacmoïde se prépare en faisant dissoudre 10 gr. de lacmoïde dans un litre d’alcool à 65° G. L., on obtient Une liqueur d’un beau bleu qui a la propriété de rougir par les acides ; les alcalis la ramènent au bleu. Elle convient très bien pour les titrages acidimétriques, car le virage du rouge au bleu présente une grande netteté, mais elle convient moins bien pour les titrages alcaliinétriques, le virage du bleu au rouge n’étant pas aussi franc. Cette liqueur doit être sensibilisée comme la teinture de tournesol, c’est-à-dire qu’après préparation on doit, par addition d’acide étendu ou de soude très faible, l’amener au point où une seule goutte d’acide ou d’alcali décinormal produit un virage au rouge ou au bleu.
- M. Enjouvin, à Marseille. — La production de bulles d’air pendant le remplissage de votre stylo provient de ce que durant l’aspirâtion le tube n’est pas constamment immergé dans l’encre, il vous suffira donc pour éviter cet inconvénient de plonger franchement dans le liquide l’extrémité dudit tube et de l’y maintenir jusqu’à ce que le réservoir soit plein.
- • Àieneo, Barcelone. — Ainsi que nous l’avons indiqué à plusieurs reprisés, pour raviver la graduation sur verre des thermomètres, il suffit de passer sur la tige au -moyen du doigt ou d’un tampon un peu de Céruse broyée à.l’huile. Après séchage de quelques jours on enlève l’excédent' par frottement léger. Les traits ainsi ob-tenus sont blancs; -si’ondps .désire noirs, une exposition aux vapeurs d’hydrogène sulfuré donne rapidement ce'résultat. •. , ;
- M. Nicolas’, à Paris. — Nous ne connaissons pas de produit possédant toutes les qualités que VOUS réclamez de lui et regrettons de ne pouvoir vous donner satisfaction.
- M. le DT MorenO, à Antioquia. — Les rouleaux d’imprimerie dont vous parlez sont obtenus en faisant macérer de la gélatine pendant 24 heures dans son poids d’eau froide, on liquéfie ensuite au bain-marie, puis on y ajoute un poids de glycérine égal à celui de la gélatine, on coule dans les moules appropriés et laisse refroidir. Après démoulage, lés rouleaux sont immergés dans Une solution aqueuse foi’molée à 5 pour 100 qui rend la gélatine insoluble. Si on désire une masse opaque, on ajoute à la composition avant moulage des produits inertes blancs ou colorés tels que kaolin, sulfate de baryte, ocré jaune ou rouge, etc.
- Ecole de la Louvière — Yous obtiendrez un bon nis élastique et transparent pour cuir en prenant : Acétate de cellulose ...... 75 gr.
- Triaeétinè......................... 8 —
- Tétrachloréthane...................900 cm3
- Alcool dénaturé à gô0.............100 —
- Laisser digérer jusqu’à dissolution en agitant quemment, décanter ensuite le liquide clair après repos suffisant.
- vér-
- fré-
- 65
- p.r56 - vue 502/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Leçons de mécanique rationnelle, par Fr. Bouny. Tome I (calcul vectoriel, cinématique, statique, potentiel), x vol., 600 p. Albert Blanchard, Paris et Leich à Mons, éditeurs. 1914- Prix : 5o francs.
- Ce livre est la reproduction du cours de mécanique rationnelle professé par M. Bouny à l’Ecole des mines de Mons. Il débute par un exposé des questions essentielles du calcul vectoriel, et par l’étude de cette géométrie spéciale dénommée cinématique. Il pose ensuite les postulats fondamentaux de la mécanique newtonienne, en s’inspirant des idées de Mach et Blondlot, et il aborde l’élude de la statique : conditions d’équilibre du point, des systèmes de points, des solides, des systèmes déformables, définition et calcul du travail, étude de la fonction potentielle.
- Eléments de la théorie des probabilités, par Em. Bohel, membre de l’Institut (3° édition), 1 vol. 226 p. J. Hermann, éditeur, Paris, 1924,
- Le calcul des probabilités est une des branches les plus attrayantes des mathématiques ; il peut s’aborder avec un simple bagage de connaissances élémentaires; il séduit et amuse par la finesse et la subtilité des raisonnements sur lesquels il s’appuie et il intéresse par les curieuses applications qu’il reçoit, par exemple en physique ou en économie politique. L’ouvrage élémentaire de M. Borel est un guide paifait pour ceux qui veulent s’initier à la théorie des probabilités ; l’auteur excelle à faire saisir l’esprit des méthodes employées et la portée des résultats obtenus.
- L’atomistique (exposé élémentaire), par B. Bavinck, traduit par A. Juliard, i vol. in-8, i5a [p., 42 fig-Gauthier Villars, éditeur. Paris, 1923. Prix : 12 francs.
- Sous la désignation d’atomistique, l’auteur comprend l’ensemble de faits qui ont conduit la science moderne aux conceptions actuelles sur la constitution discontinue et électrique de la matière. S’il est vrai que la conception atomique delà matière remonte aux plus anciens philosophes grecs, elle n’a par contre reçu ses premières preuves expérimentales que dans les travaux des chimistes élèves de Lavoisier; la découverte des lois de l’électrolyse, l’étude des rayons cathodiques ont ensuite démontré la constitution discontinue de l’électricité, et ces deux conceptions en se rejoignant à travers les travaux récents sur l’ionisation, la radioactivité, les spectres de rayons X, ont abouti à l’édifice moderne de la constitution électronique de la matière. M. Bavinck explique en un langage clair, accessible à tout lecteur cultivé, de quels matériaux se compose cet édifice et comment il a été élevé. Son livre est à la fois une excellente initiation aux théories modernes et un excellent précis.
- La photographie des couleurs, par J. Thovert, i vol. in-16, 3oo p., 93 fig. et 4-pl- Encyclopédie scientifique Gaston Doin, Paris. Prix : 16 francs.
- L’auteur décrit clairement et simplement les opérations relatives aux méthodes types de reproduction des couleurs : il expose les connaissances objectives sur la vision colorée et leur application dans l’utilisation de la technique photographique de reproduction des couleurs. L’autochrome Lumière tient, naturellement, la plus large place dans ce livre, puisqu’elle est le seul moyen universellement répandu et employé. C’est un guide utile aux professionnels comme aux amateurs.
- Comment se fait une épreuve d’exposition, par Ch. Duvi-vier, 1 vol. in-8, g8 p. J. de Francia, Paris.
- L’auteur indique les moyens pratiques les plus sûrs de modifier l’aspect de l’image lors de la prise du cliché, lors du tirage du négatif et du positif pour aboutir à la meilleure épreuve possible.
- La réparation des automobiles, par P. Maillard (Collection Baudry de Saunier), [1 vol. in-16 raisin, ^ 3oo p., 27 fig. Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 10 francs.
- Yoici un excellent petit livre, clair, bien ordonné, et qui est le fruit d'une grande expérience personnelle, L’auteur y étudie par quels moyens, et suivant quelles méthodes, doit s’effectuer la réparation d’une automobile : diagnostic des parties défectueuses, outillage et organisation de l’atelier de réparation, règles pour le démontage, le nettoyage, la réparation des pièces, étude détaillée de chaque organe, tels sont les principaux sujets traités. Cet ouvrage rendra de précieux services au mécanicien réparateur pour qui il constitue un parfait manuel, et au propriétaire de là voiture qui y trouvera les plus utiles conseils.
- Le blé dans le monde, par René Musset, i vol. in-8, 199 P-. .4 cartes, 3 graphiques. Berger-Levrault, Paris, Prix : 9 francs.
- Le blé, plante de civilisation européenne, se cultive aujourd’hui dans toutes les régions tempérées; sa consommation va croissant; c’est un produit dont la production et les échanges donnent lieu à un commerce des plus important. L’auteur étudie au moyen des données statistiques les pays producteurs, les consommateurs, les transports et les marchés et montre le rôle du blé dans la situation économique actuelle des différents pays.
- La vie des abeilles et des guêpes, par Ch. Ferton. Œuvres choisies, groupées et annotées, par E. Ra-baud et F. Picard. 1 vol. in-8, 376 p., 72 fig. Chiron, Paris. Prix : 20 francs.
- L’œuvre de Ferton n’est guère connue que des spécialistes de l’entomologie, et cependant elle mérite une bien plus large diffusion. C’est pourquoi MM. Ra-baud et Picard ont fait œuvre utile en rassemblant en un volume les plus importantes des nombreuses notes que l’auteur publia de 1896 à 1921, date de sa mort. Leur livre est un récit passionnant, aussi digne d’être lu que les œuvres de Fabre d’Avignon. Ferton, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, officier d’artillerie, fut conduit à s’occuper des hyménoptères par le hasard d’une garnison à Avignon où il put lire Fabre. Commandant à Bonifacio, il s’y livra de longues années à l’observation des insectes vivants dans leur milieu, complétant Fabre, le corrigeant à l’occasion, accumulant des faits observés avec une précision méticuleuse. Ses récits sont des modèles de clarté, de netteté, plus serrés et moins littéraires que ceux de Fabre, mais souvent plus exacts. Et ce livre passionnant rappelle la grande tradition des naturalistes observateurs : Huber, Lubbock, Dufour, Pérez. C’est une suite d’histoires passionnantes sur les instincts extraordinaires des abeilles et des guêpes.
- Le nettoiement de Paris, par L. Girard, i vol. in-8, 168 p., 60 fig. Encyclopédie industrielle et commerciale. Eyrolles, Paris. Prix : 10 francs.
- Conférences faites aux ingénieurs des travaux publics de la Ville de Paris dans lesquelles l’auteur fait connaître l’organisation technique et financière du service de nettoiement : enlèvement et évacuation des ordures ménagères; matériel et opérations de nettoiement des chaussées, caniveaux, trottoirs ; lutte contre la poussière, la neige, le verglas; cas des halles, marchés et abattoirs ; atelier de matériel et de réparations ; contrôle, situation financière.
- Nos impôts. Exposé simple, rapide et complet des impôts directs. 1 broch. in-8, 48 p., nombreux tableaux. Bulletin fiduciaire, Paris. Prix : 3 francs.
- Almanach Vermot 1924, 39° année. 1 vol. in-4, 400 p., nombreuses figures. 6, rue Duguay-Trouin, Paris. Prix : broché 4 fr- 7$; relié 7 fr. 5o.
- *49166
- p.2x55 - vue 503/688
-
-
-
- LA NATUI
- Supplément
- INFORMATIONS
- N» 2603
- 23 Février 1924
- Les stries de neige colorée et les poussières de l’atmosphère. — En observant les couches épaisses de neige qui se déposent sur les montagnes, on remarque fréquemment entre les lits correspondant aux diverses chutes de neige des lignes plus ou moins sombres qui marquent les intervalles de temps pendant lesquels des poussières se sont déposées sur la neige. Ce phénomène est banal s’il se rapporte à des chutes de neige qui ont lieu à des époques ou l’enneigement est faible et où par conséquent des poussières peuvent être amenées par le vent de points très voisins de celui où l'on fait l’observation. Mais lorsque en hiver, tout est blanc, les poussières doivent provenir de loin, leur observation est donc assez importante.
- Ainsi, des chutes de neige rouge ont été observées le 12 mars 1922 dans le Briançonnais, ces neiges étudiées par MM. Rémy et Pons ont été reconnues colorées par de la poussière d’ocre provenant des exploitations d’Apt (Vaucluse) soulevée par un vent tourbillonnaire et qui étaient venues se mélanger à un nuage de neige (distance d’Apt à Briançon : environ 200 km). Par la suite, l’étude des conditions météorologiques de ce moment a montré à M. Octave Mengel que ces poussières du 12 mars 1922 pouvaient parfaitement avoir une origine saharienne.
- Ces chutes de poussières fines de teinte rouge brique ou brun canelle se produisent surtout aux périodes des équinoxes et des vents cycloniques du printemps, de janvier à mai avec maximum en mars. La composition de ces poussières qui peuvent provenir des déserts africains, de l’Inde, peut-être de l’Amérique du Sud, est en général voisine de celle-ci :
- Silice-alumine............o,5oào,Go
- Carbonate de chaux . . . . 0.22 à o,3.1
- Oxyde de fer............. . 0,11 à o,o3
- M. Ernest Auchère a observé dans le Massif de Belledonne (Dauphiné) une petite falaise de neige durcie, comme il s’en montre au bord des torrents et des lacs alpestres (La Montagne, juillet-octobre 1923). Sur cette coupe naturelle, de 3 ou 4 m. de hauteur, delà couche de neige de tout un hiver, il a pu compter une soixantaine de stries sensiblement horizontales constituées par une série de minces lits de poussière rouge très ténue. L’examen des registres météorologiques a montré qu’au moins 57 chutes de neige s’étaient produites dans cette région. Comme le massif était entièrement enneigé, les poussières ne pouvaient avoir qu’une origine lointaine. Il y a donc eu des chutes de poussière dans l'intervalle des chutes de neige, et l’observation de M. Auchère prouve que ces chutes de poussière sont nombreuses.
- D’après une étude de M. Octave Mengel (La Montagne, décembre 1923), ces poussières peuvent être amenées des régions basses par des vents ascendants ou tourbillonnaires qui précèdent généralement les chutes de neige dans les pays montagneux.
- Résines synthétiques d’acétaldéhyde. — Les usines allemandes de Meister Lucius prétendent avoir réalisé en pratique et sur une grande échelle la condensation de l’acétaldéhyde ou de soh polymère la ^paraldéhyde avec les phénols. Jusqu’à ce jour, on avait beaucoup parlé de ces condensations, surtout pour la production des « prétanins » synthétiques (Syntan, Novo-tans, Cistan, Neradol, Corinol, etc.) tant en France qu’à l’étranger. Là où le formol était hors de prix, on pouvait obtenir ainsi des produits d’un prix abordable, disait-on.
- En effet, diverses usines françaises (Société d'Electro-Chimie, Compagnie d’Alais-La Camargue), en partant de l’acétylène, arrivent à la paraldéhyde (point d’ébullition 1210) et même, si on le veut, à l’acétaldéhyde pure (point d’ébullition ao°).
- La première est d’un transport aisé ; c’est un liquide qui se transforme, par chauffage avec des acides, en acétaldéhyde; la seconde ne supporte le transport, surtout en été, qu’à condition de prendre de grandes précautions.
- Les chemins de fer sont d’ailleurs très rigoureux sur ce point, ce qui se conçoit facilement pour un corps bouillant à 210, et par conséquent plus volatil que l’éther sulfurique qui ne bout qu’à 36°.
- Quoiqu’il en soit, l’avenir de l’acétaldéhyde paraît intéressant. Les usines de Darfo, Brescia (Italie) fabriquent de l’acétaldéhyde (procédés Baslini), à
- 7 lire le kilo.
- On y voit une concurrence possible au formol, vendu actuellement 8 francs le kilo et qui ne contient, lui, que 40 pour 100 de produit actif.
- On condense parties égales d’acétaldéhyde et de phénol vers 5o° en présence d’acide chlorhydrique. On obtient un produit résineux que l’on mélange à i2o0avec une colophane fusible à 5o/55°.
- Le mélange fondu est alors porté à 1900 au bain-marie. On obtient, suivant la couleur du phénol employé, une résine claire, d’une couleur variant du jaune brillant au brun. Elle est soluble dans l’huile de lin, l’alcool et la benzine et se ramollit vers ioo°.
- En particulier, le mélange du méta-crésol avec l’acétaldéhyde, suivi d’une condensation acide, si elle a lieu en présence de colophane de pin maritime, donne une résine rougeâtre soluble dans l’alcool, de l’acétone, divers hydrocarbures aromatiques, du chloroforme, des dérivés hydrogénés de la naphtaline.
- Ce qu’il y a de remarquable, dit-on, en ces sortes de produits, c’est leur solubilité dans l’huile de lin, qui les rend utilisables comme succédanés de copals, de belle qualité, ayant l’élasticité des beaux Madagascar et des Demerara « prima », leur haut point de ramollissément, leur brillant.
- La question d’ailleurs intéresse beaucoup le monde des fabricants de matières premières pour vernis, puisque Novotny et Kendall prétendent avoir résolu le problème (Br. amér., 1 470 637, du 16 décembre 1923).
- Avant eux, là présence dans ces résines acétaldéhy-diques, de catalyseur acide, offrait de multiples inconvénients dans leur emploi.
- Novotny et Kendall mélangent 100 parties en poids de résine acétaldéhydique exempte de phénol libre (mais contenant encore 1/8 d’acide sulfurique libre) avec
- 8 parties de paraldéhyde. On chauffe à 126° dans un autoclave à double enveloppe. On ajoute la paraldéhyde en refroidissant et remuant.
- La réaction terminée, on neutralise par l’ammoniaque et on purifie la résine par distillation à la vapeur. On obtient ainsi un produit nouveau, tout différent, dit-on, de ce qu’on connaissait jusqu’alors.
- Celui-ci, sec est friable, pulvérisable comme la gomme laque et peut être chauffé sans se modifier. Cette résine reste fusible quoique chauffée, ce qui la différencie des produits du genre bakélite. Elle est constamment soluble dans les dissolvants habituels des résines (acétone, alcool).
- On peut l’incorporer aux mélanges du genre ivorine et connexes pour la mouler. Elle est beaucoup moins chère que les résines synthétiques formophénoliques, à base de formol.
- Elle peut servir pour boutons, articles électriques, disques de phonographe et toutes matières moulées.
- Les résidus, bavures de moules, pièces cassées, ébar-bages, etc., peuvent être refondus et remoulés.
- Elle est beaucoup moins chère que la gomme laque et même que les bons copals.
- En mélange avec des bourres de coton, des farines de bois, du noir de fumée, du papier déchiqueté, elle donne de bons résultats.
- Si on la mélange à 5 ou 10 pour 100 d’hexaméthylène-tétramius, on peut la mouler sous pression et obtenir des pièces intéressantes. Le moulage de ce dernier produit durerait à peine quelques minutes (Chemical and Metallurgical Engineering, 26 novembre 1923, p. 979).
- Albert Hutin.
- Le système métrique en Russie. — Nous avons signalé dans un récent numéro les premières mesures prises en Russie en vue de la diffusion du système métrique, proclamé dès le 14 septembre 1918 obligatoire en principe (voir l’article de M. Reverchon dans La Nature, n° 2491, 3i décembre 1921).
- M. Ch -Ed. Guillaume, dans la Revue générale d‘Electricité, résume d’une façon très intéressante les étapes par lesquelles a passé la législation métrologique en Russie.
- 8
- p.2x56 - vue 504/688
-
-
-
- LEÇONS CHEZ SOI
- PAR CORRESPONDANCE-SANS DÉPLACEMENT
- Vous pouvez profiter des leçons pratiques de i’&GOLE PIGIER : Commerce — Calcul rapide — Tinance — “Ecriture expédiée Calligraphie ~ Langues — Jent/e des Livres — Sténo-Dactylo Correspondance commerciale ~ Droit — Dessin {industriel a Représentation — “Publicité — Coupe — Couture, etc. /
- ' DIPLOMES —EMPLOIS ^ .
- L’Ecole Pigier prépare, en outre, par correspondance à lotis Ses examens (Brevets» Baccalauréats) et aux carrières administratives.
- ECOLES PIGIER, 53, rue de Rivoli, PARIS
- S9, boulevard Poissonnière — 5, rue Saint-Denis (Châtelet) — 147, rue de Rennes
- LEÇONS LE JOUR, LE SOIR OU PÂR CORRESPONDANCE
- 73 années de succès — 11 Grands Prix - 45 Médailles d*Or - 67 Ecoles en Province
- Envoi gratuit du Programme et de la brochure “ Situations ”
- TRAVAUX DE COMPTABILITÉ : Organisation — Mise àyjjouf V Vérification, etc.
- î
- PILES SECHES
- (Qualité supérieure)
- ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES
- SOCIÉTÉ HEINZ
- 2, Rue Tronchet, Paris.
- Téléph. Central 42-54. Ubias à Salnt-Ouen (Seiae). » V _________Reg, C, % Parte 49.tSt. _ y
- MÂ-SSON ET C*«, Éditeurs, bouî, Saint-Germain, J 20, PARIS.
- L©s Recettes et Procédés utiles de “ La Nature f-
- Cinq volumes in-8, reliés toile.
- Chaque volume séparément... 6 fr.
- L« Maison — L’Atelier — Le Laboratoire La Campagne ~ L>es ' Sports
- CRITERIUM “ PQRRO”
- JUMELLE A PRISMES . -EXTRA LUMINEUSE
- La Meilleure, la moins Chère
- Catalogue franco 'Xv LrOIvIÆER > Constructeur:
- 47, Rue Ttirbigo, PARIS (36) ,
- ,Rcg. Comm. s Seine t-36.275 .
- I-MICROGRAPHIE-— BACTÉRIOLOGIE 1
- 1: ::: : :T.;S. F.. -
- | ' Achat-, e* Vente d’Àppafeils et Accessoires I Neufs et d* Occasion •
- | G.. BOULET, 104, rue de Rennes, PARIS (8*|‘
- | . .Spécialité de Microscopes d’occasion.
- ;*•••• •; " ' ; - Rcg; C. : Seine 110.087. :
- D’EAU
- de v<4ume J Système FRAGER;
- » j&teîon disque ÉTOILE DP; à ^ston cylindrique équilibré
- ETOILE ST (Stella) ; de Vitesse 1 Turbine, sec ou humide,
- TE-TA.
- Compteurs d’eau chaude pour appartements.
- Modèle B pour courants continu et altèraatifÿ ^ Y O’K pour courant continu;
- ACT pour courants aller natifs.monoetpolyphasés.
- Appareils pour toutes mesures électriques.
- COMPAGNIE POUR LA FABRICATION DES COMPTEURS ET MATÉRIEL D’USINËS A GAZ
- 12, Place des États-Unla, à MONTROUGE (Seine) -----
- Soo. Anonyme Capital 36 000 000 de francs. — Télép. : Ségar 92-00,92-01,92-02. Adr. télég. G0MPTELOÏ-MONTROOfil
- Reg. C. : Sein* 89.827.
- ^ tvn *-
- N° 26o3.
- p.2x57 - vue 505/688
-
-
-
- NOUVEAUTE?^ Un
- L’appareil qui
- CINÉMATOGRAPHIE
- et
- PROJETTE
- En prise de vues.
- Emploie le film de
- perforation et format usuels
- Renseignements et démonstrations :
- Syndicat industriel du
- CINOSCOPE 15, Bd des Italiens
- PARIS (2“)
- Reg. C. : Seine 248.254
- En projection.
- Société des
- ETABC DUCRETET
- 75, rue Claude-Bernard - Paris
- Reg. C. 35.123 ---*0 —Oo----
- Concours Lépine 1923 - GRAND PRIX
- Postes Récepteurs
- complets T. S. F. à 4 et à 6 lampes
- Dispositifs Spéciaux
- à grand rendement Syst. DUCRETET Breveté S. G. D. G.
- Réception parfaite de tous les
- RADIO
- CONCERTS
- HAUTVPflRIiEUt! & PAVIIiüON G. IiJUÇfiOVSlÇŸ
- — Il n'en serait pas là, si ses parents lui avaient | appris à se servir du Dentol.
- B
- a
- ss
- T ncRï^rAï * eau, PATE : JLe lyüiN 1 WJL poudre, savon \
- est un dentifrice à la fois souverainement antiseptique et doué du parfum le plus agréable. S
- Créé d’après ies travaux de Pasteur, il raffermit les 5 gencives. En peu de jours il donne aux dents une blan- 5 cheur éclatante. Il purifie l’haleine et est particulièrement g recommandé aux fumeurs. Il laisse dans la bouche une | sensation de fraîcheur délicieuse et persistante. g
- B
- Le DENTOL se trouve dans toutes les bonnes maisons | vendant de la parfumerie et dans les pharmacies. S
- a
- Dépôt general : !
- 6
- E, VAILLANT et Gie, 19, rue Jacob, à Paris. |
- Reg. C. t Seine 23.40 1. g
- 29 RUE DEICLICHY (9”) Téiép. LOUVRE 53-24
- SUCCURSALE :
- 1 1 O Bvard SAINT-GERMAIN (g-) - GOBELtNS 61-66
- PARUS
- LE TUBE
- Catalogues, Tarifs, Notices illustrées sur demande
- EST INDISPENSABLE A TOUT
- " PATHÉ BABY ”
- IL AUGMENTE LA GRANDEUR DE PROJECTION DE 100 o/o A DISTANCE ÉGALE
- Il s’adapte Instantanément sur l’Appareil.
- Notice sur demande.
- Démonstrations permanentes.
- PRIX
- R. C. 150.540.
- 60
- fr.
- LVUl 'ft-
- p.2x58 - vue 506/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- Les poids et mesures de Russie furent "unifiés pour la première fois par un ukase du n octobre x835 qui fixait la valeur des unités de longueur et de masse. Celles-ci dérivaient en principe des unités britanniques : l’unité de longueur était la sagène de 7 pieds anglais, divisée en 3 arcbines chacune de 28 pouces ou verchoks : 5oo sagènes faisaient une verste. L’unité de masse était la livre normale représentée par un étalon en platine et sans rapport direct avec la livre anglaise. De plus, on créa un étalon russe autonome de la sagène, qui, pour la métrologie supérieure, rendait le système russe indépendant du système britannique.
- La loi du 4-6 juin 1899, entrée en vigueur le 1" janvier 1900, introduisit le système métrique à titre facultatif L’archine ou i/3 de sagène était déclarée égale à 0,711 300 m. (à 1 micron près) et la livre à 0,409 5i2 4x kg (à 1/100 de mmg. près).
- La loi prévoyait en outre la vérification des unités métriques dans 25 bureaux locaux. Les étalons métriques soumis au contrôle se sont chiffrés par centaines de mille. Le i3 février 1907, les mesures métriques furent rendues obligatoires pour la médecine militaire.
- A partir de 1910, un actif mouvement, parti de la Chambre centrale d«s poids et mesures faisait connaître les unités métriques aux classes cultivées et préparait leur acceptation générale.
- Le décret du 14 septembre 1918 fixait au xer janvier 1922 l’adoption des unités métriques dans les affaires gouvernementales, et l’interdiction de produire toutes autres mesures et tous autres poids que ceux représentant des unités métriques. Il fixait au 1" janvier 1924 l’adoption obligatoire et universelle de ces derniers.
- Mais, depuis, on a reconnu la nécessité de proroger les dates marquant les étapes de l’application du décret. La seule confection des poids nécessaires conduirait à utiliser 70000 tonnes de fonte. On a donc décidé d’introduire le système métrique dans les administrations, l’une après l’autre, et de réaliser la réforme par provinces. Dans les chemins de fer, on a commencé à poser des bornes kilométriques et à remplacer les pouds par des kilogrammes. De nombreuses bascules métriques ont été commandées à l’étranger. On a construit des séries de poids échantillons de nombreux types d’étalons de longueur, et l’on a pris toutes sortes de dispositions pour accélérer la vulgarisation du nouveau système.
- La Commission russe pour l’introduction du système métrique a arrêté les dates suivantes pour l’entrée en vigueur de la loi :
- ier janvier 1924, commerce en gros des textiles, huiles végétales et appareils élèctrotechniques; xer mars, tabac; i*r juin, cuir et levure; xer juillet, thé, café, chicorée, conserves et produits chimiques; i6' août, sel, sucre, farine, céréales et produits de meunerie. Ces dates sont applicables au commerce. Dans l’industrie, l’unité métrique pour toutes les marchandises nommées ci-dessus est entrée en vigueur le i01' janvier 1924.
- L’industrie électrique fait l’objet d’une mention spéciale ; bien que, au début, l’emploi des anciennes mesures y fût tolérée, il devenait, par contre, obligatoire de transformer en mètres et en kilogrammes les quantités de marchandises en vue de les porter sur les livres.
- Un groupement d’industriels et de commerçants français s’est beaucoup intéressé au mouvement et une mission, partie récemment pour la Russie, aidera aux réalisations.
- .'Nouvelles de T. 5. F.
- Les amateurs anglais.— On sait qu’en Angleterre,tous les amateurs de T. S. F. possédant un poste de réception doivent demander en principe une licence spéciale. Un journal quotidien annonce qu’à la date du 3r décembre, le nombre des licences délivrées était de 585 ooo.
- Nouveaux résultats de transmission transatlantique- — M.: Léon Deloy a obtenu, d’après le journal l’Antenne, de nouveaux résultats fort intéressants. Employant toujours une longueur d’onde de 108 m., il a pu se faire entendre sur la côte ouest des Etats-Unis, dans l’Etat de Washington. La portée est d’environ 9000 km et le parcours est presque entièrement sur
- terre; il comprend l’Angleterre, l’Irlande, l’Islande, le Groenland, la Terre de Baffin et l’extrême nord du Canada.
- Il est inutile d’insister sur l’intérêt d’un tel résultat, dont il convient encore une fois de féliciter M. Deloy.
- Les résultats des essais franco-britanniques. — Nous avons tenu nos lecteurs au courant de l’organisation des essais de communications franco-britanniques entre amateurs, qui ont précédé les essais transatlantiques de I923-I924-
- Le Dr Corret, président du Comité, nous a communiqué les résultats de ces essais; nous les publions ci-dessous avec indication du nombre des postes différents d’amateurs britanniques entendus, ainsi que les principales caractéristiques du collecteur d’ondes et des dispositifs de réception employés (D = détectrice).
- M. Burlet (René) (Reims) : 42 postes. Antenne prisme à 5 fils de 24m., hauteur i3 m. (D réaction, 1 BF).
- M. Fonteneau (Connerré) : 41 postes. Antennes à un fil de 5o m., ou prisme à 6 fils de 37 m. (1 HF résonance, D réaction, 1 BF).
- M. Germond (Orléans) : 38 postes. Antenne à 2 fils de 55 m.. en V, hauteur 10 m. (D réaction, 1 BF).
- M. Yvonnet (Thibie) : 21 postes. Antenne à 1 fil de 100 m., hauteur 8 m. (D réaction, 1 BF).
- M. Tellier (Le Bourget) : 19 postes. Antenne à 1 fil de 3o m. (D, 2 BF).
- M. Heude (Calais) : 18 postes. Antenne à 3 fils de 59 m., hauteur 8 m. (D. réaction, 1 BF).
- M. Clayeux (Moulins) : 17 postes. Antenne en T, prisme à 4 fil8 de 3n m., hauteur 10 m. (1 HF résonance. D réaction. 1 BF).
- M. Burlet (Roger) (Reims) : i5 postes. Antenne prisme à 5 fils de a5 m., hauteur i3 m. (D, r BF).
- M. Lasne (Paris) : i5 postes. Antenne intérieure à 9 fils de 4 ni. (1 HF résonance, D réaction, 2 BF, hétérodyne séparé).
- M. François (Paris) : 14 postes. Antenne à 1 fil de 12 m. (1 HF résonance, D réaction).
- M. Riss (Boulogne-sur-Mer) : 14 postes. Antenne en T, prisme à 5 fils de 16 m., hauteur 7 m. (Reinartz, D réaction, 2 B F).
- M._ Picavet (Parc Saint-Maur) : i3 postes. Antenne intérieure spirale à 4° spires (r HF résonance, D,
- 2 BF).
- M. Ausckitzky (Arcachon) : 12 postes. Antenne en T, prisme à 6 fils de 26 m., hauteur 18 à 20 m. (1 HF résonance, D à réaction, 1 BF).
- M. Claude (Paris) : 12 postes. Antenne à 2 fils de 38 m. (D, 1 BF).
- M. Longayrou (Alger) : 12 postes. Antenne à 2 fils de 45 m., en Y. (1 H F résonance, D réaction 1 BF).
- M. Benoit (Thiais) : 10 postes. Antenne à 2 fils de 35 m., hauteur 3 à 7 m. (Superhétérodyne à 5 lampes).
- M. Fleury (Paris) : 6 postes. Cadre à deux spires de
- 4 m. sur 2 m. (1 HF résonance, D, 1 BF).
- M. Gaudillal (Paris) : 5 postes. Antenne intérieure à x fil de 4 ni. (1 AF, i Flewelling, 1 BF).
- Dr Roussin (Montélimar) : 3 postes. Antenne prisme à
- 5 fils de 18 m., hauteur 25 m. (1 HF résonance, D réaction, x BF).
- M. Peugeot (Audincourt) : 2 postes. Antenne en prisme à 6 fils de 20 m., hauteur 20 à 3o m. (1 HF résonance, D réaction, x BF),
- Les résultats de ces essais sont fort intéressants et permettent de déduire des enseignements utiles pour la réception des ondes de 200 m. de longueur.
- On remarquera d’abord que la plupart des concui’-rents employaient des antennes extérieures assez longues, mais que plusieurs utilisaient des antennes intérieures, ou même des cadres qui leur ont permis de bonnes réceptions.
- La- majorité de ces amateurs avait adopté comme système de réception une lampe détectrice à réaction, suivie généralement d’un étage à basse fréquence, et précédée ou non d’un étage à résonance. Le Dr Corret pose à ce propos la question suivante : « Dans quelles proportions un étage d’amplification haute fréquence améliore-t-il la réception dans ce cas, et lorsqu’on reçoit sur antenne? Les avis sont partagés à ce sujet, et l’étude de ce problème serait fort utile. Nous précisons bien entendu qu’il s’agit uniquement de la réception des signaux au-dessous de 200 m. de longueur d’onde.
- p.r57 - vue 507/688
-
-
-
- ><
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mécanique
- Modifications à un étau. — On est souvent gêné pour fixer des pièces de formes spéciales entre les mors d’un étau, par exemple les pièces qui présentent des parties bombées, celles qui n’ont pas de formes parfai-,—„ --- —. tement rectangu
- Encoche en V
- n
- laires. On peut modifier simplement un é tau pour permettre la prise de ce genre de pièces en pratiquant dans le mors fixe un évidement ou rainure en Y ; ceci permettra de serrer facilement les pièces rondes, et cette modification rend possible l’utilisation de plusieurs étaux quand il s’agit de maintenir des pièces de très grandes longueurs.
- Enfin, la même modification pourra être apportée aux étaux qu’on monte sur les machines à percer ou à fraiser; on pourra travailler alors plus facilement de s pièces rondes, percer des trous de goupille, fraiser des rainures de clavettes, grâce au maintien solide des pièces à travailler.
- Ci
- Fig. i. — Etau modifié pour Je travail des pièces de formes spéciales.
- 'Electricité
- Petit condensateur variable. — Il est souvent utile d'employer un petit condensateur variable dans les montages de T. S. F. Ainsi, dans le montage d’une lampe détectrice, le réglage de ls capacité du condensateur shunté permet d’améliorer le rendement de la détection.
- De même, il est bon quelquefois de pouvoir faire varier la capacité des condensateurs de liaison dans les amplificateurs à résistances, à selfs, ou à résonance. Enfin, un petit condensateur variable peut servir de vernier, soit employé avec un autre condensateur variable, soit même avec une forte capacité fixe.
- Le petit appareil, représenté par la figure ci-dessous, semble pratique et d’un emploi facile. Il se compose d’un socle d’ébonite évidé, renfermant les armatures métalliques et le diélectrique ; l’une des armatures est fixée au fond du socle formant embase. L’armature
- Fig 2. — Petit condensateur variable.
- mobile, en métal souple, isolée de l’armature fixe par une lamelle de mica, peut se déplacer autour d’une de ses arêtes comme charnière, modifiant ainsi la capacité du condensateur, par interposition d’une lame d’air d’épaisseur variable. Ce réglage est obtenu par l’intermédiaire d’une plaquette d’ébonite, épousant la forme de la cavité, et qui peut coulisser verticalement, en entraînant dans son mouvement l’armature mobile.
- A cet effet, un écrou fileté, solidaire d'un bouton d’ébonite, est fixé sur le plateau mobile et tourne « fou » sur celui-ci. Une tige filetée, au fond du socle du condensateur, sert de guide à cet écrou, et deux cylindres de cuivre porte-bornes assurent le parallélisme du mouvement. Il suffit donc de tourner le bouton isolant de réglage (vu au milieu de la figure) soit dans un sens, soit dans l’autre, pour faire monter ou descendre le plateau mobile, et par conséquent aussi l’armature mobile.
- Une fois la capacité convenable obtenue, une vis de bloquage surmontant le bouton de réglage maintient celui-ci dans la position choisie.
- Constructeur : maisop Chabot, 43, rue Richer, Paris.
- Un nouveau système de douilles. — Tous ceux qui ont eu des réparations à exécuter sur les douilles de lampes à incandescence qu’ils emploient pour l’éclairage domestique savent qu’il faut des doigts très délicats pour réaliser les connexions à l’intérieur de la douille.
- Une fois qu’on a démonté la plaque et enlevé l’isolant de porcelaine, il faut dénuder les fils et les faire passer au travers de l’isolant pour les assujettir sous des bornes de serrage. Si l’on n’e-t pas très habile ou si l’on n’a pas suffisamment l’habitude de ce travail, les fils sont souvent dénudés d’une manière défectueuse, et il peut arriver qu’à l’intérieur de la douille une fois montée, les deux fils communiquent électriquement, ce qui, à l'allumage, détermine un court-circuit et fait fondre les plombs de 1 installation. FlS- 3- ~ La d.ouille nouveau
- Un nouveau système de s^s eme’
- douille facile à monter est
- celui que représente le croquis ci-dessus. L’isolant en porcelaine se compose de deux parties, l’une ayant la forme d’un isolant ordinaire, l’autre ayant l’aspect d’un tronc de cône percé d’un trou central pour le passage des fils et servant d’appui à la rondelle de bloquage qui est molletée sur sa surface extérieure.
- On dénude les fils à la manière ordinaire et on les passe dans l’isolant de protection de l’épaulement, ce passage est facile, car les trous sont largement prévus pour cela. Les fils sont ensuite serrés par les vis formant plot de conlact, et dès que cette opération est faite, on tourne l’isolant de manière que les fils de connexion viennent passer dans des encoches latérales qui ont été prévues pour cet usage. On obtient alors une fixation très solide, les vis qui ont été serrées à bloc font ressortir les fiches à ressort qui serviront à donner le courant, en prenant contact sur les plots du culot à baïonnette de la lampe.
- La partie tronconique est glissée le long des fils, de manière à venir au contact de la première partie de l’isolant; la rondelle supérieure de serrage de la doulile vient se fixer dans la partie filetée de cette douille; elle assujettit fortement la partie tronconique sur la partie principale de l’isolant. On obtient alors une douille dans laquelle les fils de connexion sont serrés d’une façon parfaite, et on peut tirer sur cette douille sans que les cordons conducteurs risquent de se desserrer des vis bornes.
- En effet, le crochet que forment ces cordons ens’appuyantdans les encoches latérales préparées résiste d’une façon parfaite à une tension exercée sur le cordon, même si les efforts sont importants ; à plus forte raison s’il ne s’agit que d’une douille destinée à une lampe suspendue, comme cela se présente fréquemment dans les ateliers ou les magasins.
- The Compression Starter et Swichtgear C° Lt, Penny Laire, Lancashire Hill, Stoekport.
- Jeux
- Un nouveau jeu le « Mah Joug « ou « Lung Chan ». — Depuis peu est apparu en France un nouveau jeu, fort séduisant par l’exotisme de ses pièces, la complexité de ses combinaisons, la noqyeauté de ses formes. Sou
- Isolant
- tronconique
- Vis de serrage des fils
- Fig 4. — Coupe de la douille.
- p.r58 - vue 508/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- nom n’est pas encore définitivement fixé : il semble que celui de « Mah Jong » qui veut dire <t je gagne » en chinois prédominera ici, mais d’autres appellent « Pung Chow » qui veut dire « je prends », ce que les Chinois désignent sous le nom de « Lung Chan » ou « bataille des Dragons ».
- A vrai dire, c’est un jeu très ancien, probablement même l'ancêtre de tous les jeux de dominos. C’était, paraît-il, un jeu exclusivement réservé à Ja famille impériale chinoise, et il a fallu une révolution et la république pour le révéler. Les Chinois l’ont adopté, surtout ceux des villes de la côte : Canton, Shanghaï, Macao, où le jeu est une passion. Des Américains l’y ont découvert et Font introduit en Californie, à San Francisco et Los Angeles. De là à New-York, il n’a fallu qu’un pas ou une saison, comme on voudra. Puis il gagna les transatlantiques, Londres et enfin l’Europe continentale. Son tour du monde est bien près d’être terminé. A Paris on a vu les premières boîtes de Mah Jong apparaître l’automne dernier, c’est encore aujourd’hui une nouveauté presque secrète, qui commence à faire fureur, autant que le bridge il y a vingt ans.
- C’est un jeu tentant à première vue, avec ses quatre murs en bois qui portent les noms des quatre points cardinaux et veulent représenter la muraille de Chine entourant le Céleste Empire; avec ses pions d’os ou d’ivoire doublés de bambou, d’une matière riche et précieuse, où sont gravés des caractères chinois mysté? rieux pour nous et dessinés des bambous, des cercles, des fleurs, de petites estampes, en couleurs bleues, rouges, noires, sans compter le coffret qui les loge, orné de caractères dorés.
- Ce jeu élégant est un jeu de chance, aux pièces nombreuses, qui réunit en un seul plusieurs jeux déjà connus de dominos et de cartes. Il comporte, outre les quatre murs dont nous avons parlé, des dés, des fiches d’os gravées de points qui servent à marquer, une boîte renfermant 4 jetons (fig. 6) et les pièces du jeu, les dominos, au nombre de 144 (fig- ?)•
- 4 séries de 9 bambous
- 4 séries de 9 caractères
- 4 séries de 9 cercles
- / dominos ordinaires.
- 4 vents d’est 4 vents du sud 4 vents d’ouest 4 vents du nord 4 dragons rouges 4 dragons verts 4 dragons blancs
- )
- I honneurs simples.
- honneurs supérieurs.
- , . > honneurs suprêmes.
- 4 saisons j r
- Le jeu se joue à 4; chaque joueur joue pour son compte; les règles du jeu, fort complexes, ne sauraient être indiquées ici. Nous nous contenterons d’esquisser la marche curieuse d’une partie.
- Les quatre chevalets de bois, les murs, étant placés sur la table, on tire au sort les places qu’on occupera au moyen de 4 jetons gravés ; l’est a l’avantage et devient le banquier de la partie, il tient les fiches d’os, joue le premier et gagne ou perd double des autres. Les dominos sont ensuite versés sur la table, figures en dessous, et mélangés. Chaque joueur en prend 36 et les dispose sur sa planchette où ils forment le « mur» à deux étages de deux rangées de 18 superposés. La « muraille de Chine » est construite, entourant le carré central vide. Les dés décident de celui qui commence à jouer, ou, en termes de jeu, du point du mur où se fera la brèche. Par cette brèche, chaque joueur prend son jeu : i3 dominos, qu’il range sur sa planchette comme des cartes par catégories. La partie commence. A tour de rôle, chaque joueur enlève un de ses dominos et en prend un autre, essayant de réaliser les séries les plus longues et les plus complètes : carrés, brelans, séquences, paires, selon des règles complexes où les saisons, les fleurs, les dragons et les vents interviennent. Le premier qui réussit est « Mah Jong ». A ce moment, on fait les comptes qui nécessitent une connaissance arithmétique sérieuse puisque l’heureux joueur peut atteindre plusieurs millions de points.
- Le « Mah Jong » commence à faire fureur dans les salons. Il le doit à son élégance, à sa complexité, à l’intérêt des combinaisons qu’il permet et aussi à son exotisme et à sa nouveauté. Il transporte les joueurs dans une atmosphère chinoise.
- On trouve des boîtes de ce jeu chinois chez MM. Kirby Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Fig. 7. — Les pièces du jeu.
- p.2x59 - vue 509/688
-
-
-
- ppiBum£Què&h~<
- V4 -v
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- >o
- LA VOUTE CÉLESTE EN AVRIL J924{1)
- Voici un mois qui, astronomiquement parlant, ne manquera pas d’intérêt. Tout d'abord, on pourra observer les planètes Mercure et Vénus, la première à sa plus grande élongation du matin le 17, la seconde, à sa plus grande élongation du soir le 21. Saturne sera en opposition le 19. Aldébaran sera occulté par la Lune le 8. La chute des étoiles filantes Lyrides aura lieu le 20. Ajoutons à ce programme déjà alléchant l’observation de la lumière zodiacale, de la lumière cendrée de la Lune, de nombreuses occultations d étoiles par la Lune, de conjonctions de planètes, de minima de l’étoile variable Algol, etc. Nos soirées et nos nuits, si nous le voulons, seront bien occupées.
- I. Soleil. — En avril, la déclinaison du Soleil passe de -|- 4° 33' le Ier à -j- i4°4b' le 3o. La durée de jour augmente, et de iah 49™ le ier elle atteint i4h'i9m le 3o, Ces d urées sont celles de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil passé au méridien de Paris :
- Dates. heures du passage Heures du passage
- (t. m. Gr.). Dates. (t. rn. Gr.).
- Avril icr 1ib 54”37” Avril 17 nb 5o“ r5s
- — 3 nh 54m 2S — 19 1ih4gm 48s
- — 5 1 ih 53m 27“ — 21 11h49“ 22s
- “ 7 1 lh 52m 52s -t- 23 1ih 48“ 58
- — 9 nh52mi9s — 25 1ih 48” 36s
- — ix i th5im46s — 27 nh48m i£s
- — 13 1 ih 51m i5s — *9 nh47“ 58s
- — j5 nh5om4f
- Observations physiques. — Nous donnons ci-après la suite des éphémérides pour l’observation physique du Soleil (voir « Bulletin astronomique « pour janvier 1924).
- Dates. P b Do
- Avril ter — 26°,28 — 6°,5i 298°,65
- — 6 — 26°, 41 — 6°, 21 2320,67
- — 11 — 26°,37 — 50,87 i66°,68
- — 16 — 26°,j3 — 5°, 4 8 ioo°,66
- — 21 — 250,72 — 5°,06 34°, 63
- — 26 25°, 1 2 — 4°,60 3280,57
- Parallaxe et distance. — Voici la valeur de ces élé-
- meuts pour le mois d’avril :
- Dates. Parallaxe horizontale. Distance.
- i5o o5o 000 km i5o 660 000 —
- Lumière zodiacale. — Mois excellent pour l’observation de la lumière zodiacale le soir. Il faut attendre la nuit complète pour la voir. On trouvera au dernier « Bulletin astronomique » les principaux renseignements pour faire cette observation. Les meilleures périodes, en avril, pour étudier la lumière zodiacale, seront celles du ier au 5 avril et du 26 au 3o, pendant lesquelles la Lune, au Dernier Quartier, n’éclairera pas le ciel à la tombée de la nuit.
- II. Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois d’avril seront les suivantes :
- N. L. le 4> à 7b 17* j P. L. le 19, à i4hn“
- P. Q. le 12, à uhi2“ I D. Q. le 26, à 4b28“
- Age de la Lune, le i*' avril, à midi = 261,9 ; le 4 = oJ,a, Pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le icr ou le 4 et» pour une heure considérée, ajouter 0^0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en avril : le 11 = -|- 1908' ; le 24 = —- 190 i3'. On sait que ces
- 1. Toutes les heures données dans ce Bulletin sont exprimées en temps légal, compté de ok à 24h, à partir de minuit. On sait que ce temps légal n’est autre que le temps de Greenwich. 11 est égal au temps de Paris retardé de 9ra 21*.
- Avril
- i5
- 3o
- 8",77 8",73
- époques sont celles de la plus petite ou de la plus grande élévation de la Lune sur l’horizon lorsqu’elle passe au méridien de tous les points de la Terre.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 8 avril, à i5h. Parallaxe =54' 4". Distance = 4o5 570 km.
- Périgée de la Lune le 20 avril, à 20*. Parallaxe = 6i'o". Distance =: 359 470 km.
- Lumière cendrée. — A observer, le soir, les 6 et 7 avril ; le matin, les 29 et 3p avril.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 8 avril, occultation de 275 B Taureau (gr. 6,5), de ioha8ra à aoh 35m.
- Le 8 avril, occultation de a Taureau (Aldébaran), (gpc I»i). de 2oh 58m à 2ib38“'. La Lune présentera un croissant intermédiaire entre la Nouvelle Lune et le Premier Quartier. Aldébaran disparaîtra derrière le bord obscur de la Lune (légèrement visible peut-être en raison de la lumière cendrée). L’étoile réapparaîtra au bord éclairé, entre la mer des Grises et le pôle Nord.
- Le 9 avril, occultation de n5 Taureau (gr. 5,3), de 2Ih 46™ a 22h 35“.
- Le 10 avril, occultation de 19 B Gémeaux (gr. 6,2), de 191' 39"’ à 201' 35m.
- Le i3 avril, occultation de 54 Cancer (gr. 6,3), de ai* 7“ à 2ih54nt.
- Le 14 avril, occultation de 18 Lion (gr. 5,8), de 2.3!> 7“ à a3h 57”.
- Le i5 avril, occultation de p Lion (gr. 3,8), de i8b56m à 1911 12“. Occultation de 49 Lion (gr. 5,7), de aob 19“ à
- 2I1’ 23.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune, du 18 au 23 avril. Voici le tableau de ces plus grandes marées (heure de la pleine mer) pour Brest :
- Marée du matin,
- Marée du soir.
- Dates. heures. Coefficient. heures. Coefficient.
- Avril 18 2h 56“ o“,9° x5h i6m °“»97
- — *9 3h 37“ i“,o3 i5h57“ xm,o8
- — 20 4h 18“ i“,i i i6h 39“ im,i3
- — 21 5b o”” 1 “, i3 i7h 2 r“ X“,I 1
- — 22 5h 44“ i“,o8 x8b 6“ o“,o3
- —=• 23 6h 28“ o“,g6 1811 52“ om,89
- Le phénomène du mascaret pourra être observé, en avril, aux lieux et heures qui suivent :
- Coefficient
- Dates. di a la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebee.
- Avril 19 i“,oS 19“33“ 20h 10“ 20b19“
- — 20 I”,II 7h 52“ 8b 29“ 8h 38”
- — 20 I“,ï3 20h X2“ 20h 49“ 20h 58“
- — 2 I I“,i3 8h32“ 9h 9“ 9b 18”
- — 2 t I m, I T 20h 53“ 21b 3om 2 ib 3qm
- — 22 im,o8 9" Ï7m 9h54" igh 3“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données contenues dans 1 Annuaire astronomique' Flammarion pour 1924, renferme les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois d’avril 1924.
- Mercure sera bien visible, en de bonnes conditions, vers le milieu du mois, après le coucher du Soleil. Sa plus grande élongation aura lieu le 17, à ob, à i9°4*' à l’Est du Soleil.
- Voici la grandeur stellaire et la phase de Mercure pendant le mois d’avril :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Avril 5 0 80 — 1,0
- — 10 0,62 — o,5
- — i5 0,44 -h 0.2
- — 20 0,28 -j- 0,8
- 25 o,i5 + x,5
- — 3o 0,06 + L2
- Une petite lunette montre Mercure avec des phases analogues à celles de la Lune.
- Vénus brille d’un éclat merveilleux le soir. Sa plus
- 61
- p.2x60 - vue 510/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- T. S. P. — M. R. Descorcier, à Pont-du-Château (Puy-de-Dôme).— Vous n’indiquez pas si vous désirez un appareil permettant la réception sur antenne ou sur cadre, au casque ou en haut-parleur .Vous pourrez trouver dans La Pratique radioélectrique des indications concernant le choix d’un poste suivant ces indications.
- Le prix de revient de l’installation varie suivant les aptitudes de l’amateur; celui-ci peut acheter ou construire ses appareils, il varie aussi suivant les conditions locales de l’installation, en particulier suivant la possibilité ou l’impossibilité d’utiliser le courant d’un secteur pour la recharge des accumulateurs de chauffage.
- M. R. J., à Tournai (Belgique). — i° Dans un détecteur à lampe, l’entrée des courants de T. S. F. a lieu entre la grille et l'extrémité positive du filament-, votre schéma n’est pas exact sur ce point.
- 2° Pour la construction de l’hétérodyne pour ondes courtes vous pouvez consulter les figures i65 et 166 du Poste de l’Amateur de T. S. F.
- 3° Les galettes de couplage entre l’hétérodyne et le circuit petites ondes peuvent être formées simplement de quelques spires de fil de cuivre (de 5 à io par exemple).
- M. J. Poussin, à Saint-Aubin-Epinay (Seine-Inférieure). — i" Nous croyons que l’appareil indiqué est d’une bonne construction, mais nous ne l’avons pas entendu fonctionner. C’est à vous qu’il appartient d’ailleurs de demander au constructeur toutes garanties sur son fonctionnement.
- a0 Vous n’indiquez pas la hauteur de votre antenne; elle nous semble cependant bien disposée ainsi que votre prise de terre.
- Il serait utile de vérifier la sensibilité de votre cristal de galène et surtout d’utiliser pour l’accord de votre antenne un condensateur variable à air, presque indispensable pour la réception des émissions radiotélépho-niques.
- M. S. Bériot, à Lille (Nord). — i° Aucune date précise n’est encore fixée pour la mise en service du nouveau poste Radiola.
- a0 Le service radiotélégraphique militaire est rattaché à l’arme du génie.
- 3° Vous pouvez vous adresser pour ces renseignements militaires au colonel commandant le 8e génie à Tours, et au bureau de recrutement de votre ville.
- M. France de Tersant, à Cardiff (Angleterre). — i° Vous pouvez trouver des schémas d’hétérodynes pour ondes courtes dans Le Poste de l'Amateur de T. S. F.
- 2° Un dispositif superhétérodyne peut seul vous permettre l’effet sélectif que vous désirez, étant donnée la proximité immédiate du poste émetteur dont vous désirez éliminer les émissions.
- 3° Comme circuits de couplage entre le détecteur et votre amplificateur (recevant déjà normalement les ondes courtes) vous pouvez utiliser deux circuits oscillants accordés sur 2000 à 4000 m., réalisés par exemple avec des galettes en nids d’abeilles et des condensateurs variables de i/ioooe de microfarad.
- M. Denise, à Cherbourg (Seine-Inférieure). — 1° Vous pourrez trouver dans La Pratique radioélectrique des détails sur les principes et l’utilisation des appareils de mesure utilisés en T. S. F.
- 2* Nous vous remercions de votre communication relative à la réception des ondes courtes à l’aide d’un amplificateur à résistances, et en ferons part à nos lecteurs.
- M. R. Moreau, à Dagny-Lambercy. — 1° La réception des émissions radiotélé graphiques de la Tour Eiffel est possible à la distance de Paris à laquelle vous vous trouvez. Mais la puissance du poste Radiola est actuellement trop faible pour permettre l’audition avec détecteur à galène seul à si grande distance.
- 20 Vous pouvez utiliser simplement un montage en dérivation ou en Oudin, avec de simples inductances en galettes et un condensateur variable à air. Détecteur à galène naturelle ou sensibilisée.
- 3° Nous ne connaissons pas l’emplacement disponible pour votre antenne ; deux fils de 80 à 100 m. donneraient sans doute de bons résultats. L’établissement d’une bonne prise de terre est non moins indispensable.
- TM BON AL DE COMMBRCE DE BELFORT
- Registre du Commerce *• 107.
- Groupes ÉLECTRO-POMPES "12-14"
- breveté s.g.d.g.
- DESCRIPTION
- COMPLÈTE
- SUR DEMANDE
- Le Groupe “12-U" préMute lu avaotages «contestables suivant» : Eaconbremeut réduit (dljpestttou munie) ; minimum d'entretien ; facilité de mise en marche;faible puissance absorbée; grande capacité de travail ; excellent rendement de la pompe ; nouvelle garniture de presse-étoupe, système ‘‘ Garlock'1.
- TYPE CONTINU 220 v.max. TRIPHASE 2S0 v.max. S0 pps.
- Hauteur d'élévation raanométri-que totale réalisable . . . . 25 0. 25 n.
- Diamètre des orifices d'aspiration et dé refoulement ... 25 *U 25 “/m
- Débit moyen en litres par heure 1208 1280
- Puissance du Moteur de commande, environ l ÊM 1/3 BP
- Iifoiitioi KJLTIONiLI coloniale de HifelIUl’ D» Classe 61 (Eleotrloltèl " GRAND RRÏX ”
- Dispositif de mise en marche et d’arrêt automatique par pression,
- >nc réservoir de 100 litres et accessoires. (Voir cliché cl-contre).
- Ce dispositif assort one réserve de AO litres d eau sous pression, («un le l’ea tatche constamment mondée et supprim* tout réservoir encombrant, ce&teu il
- balutre .
- JAPY
- FRÈRES a (T
- BEAUCOURT fferril de Belfeit» PARIS *-7, Ru do Cbâteae-d'Eai
- DE HAUTE PRÉCISION
- (.Anciens Etablissements Lacour-Bertbi ot)
- 125 à 133, Boulevard Davout, PARIS
- Reg. du Comm, : Seine 105.874
- Appareils et Objectifs photographiques “ S. O. M.-BERTHIOT ”
- Longues-vues à plusieurs grossissements Microscopes “ S. O. M.-KQRITSKA ” Appareils de Visée et de Géodésie Appareils de Sismologie - Instruments d’Astronomie Appareils four l’Armée et la Marine : Télémètres — Périscopes —Appareils de Visée, etc.
- NOTICES ET CATALOGUES SUR DEMANDE
- réfê LXlli ü-
- p.2x61 - vue 511/688
-
-
-
- %
- BOITE AUX LETTRES
- €
- Réponses; M. Demotllin, à Atiray. — Le moyen le plus pratique pour mettre les statuettes de plâtre à l’abri des intempéries est de les imprégner de paraffine. Pour cela* fairë dissoudre environ 5o gr. de paraffine dans un litre d’essencë pour âuto3; puis au moyen d’uh pinceau imprégner le plâtré de cette dissolution jusqu’à fcë que l’on constate que l’absorption ne se produit plus que difficilement ; eii ' allant jusqu’à là saturation et en Colorant très légèrement le liquide par Une trace dé jaune au stéarate on peut donner au* statuettes Un joli ton ivoire, le brillant étant donné après séchage parfait avec Un morceau de flanelle.
- M. Tzaüt-Peyron, à Gàissarguës (Gard). ;— Les proportions relatives des éléments que vous avez employés pour la préparation de la terpine sont bien celles données par Bertrand mais il faut toujours attendre un temps assez long, 4 à 6 semaines, avant que lès cristaux ne se forment. Nous attirons votre attention sur la nécessité dé placer le mélange dans un endroit frais et de ne se servir que d’une essence de térébenthine pure, celle que l’on trouve dans le commerce pouvant être constituée par un mélange ou un substitut.
- M. Svansirômi à Stockholm. — i° La formule suivante vous permettra de réaliser une bonhe teinture capillaire inoffensive. Prendre :
- Henné en poudre..............i5o gr.
- Noix de galles pulvérisée. . 100 —
- Fëüillés dè noyer............ 5o -—
- Couvrir d’alcool après avoir placé dans un flacon, bien boucher et laisser macérer 8 jours. Ensuite épuiser par l’éaü bouillante dans un entonnoir, de façon à obtenir un litre de liquide ; ajouter enfin :
- Glycérine..................20 gr.
- On peut parfumer à volonté par un demi-gramme de l’essence préférée, cette essence étant d’abord dissoute dans la glycérine;
- Cette teinture ne doit s’employer quë sur des cheveux préalablement dégraissés par une solution de carbonate de soude à 5 gr. par litre environ.
- 20 II est impossible d’obtenir une eau de Cologne avec l’eau seule, le plus faible degré alcoolique auquel on puisse descendre est 35° G. L. Voici, d'après Durville, comment on peut réaliser un produit de ce genre :
- Eau distillée....................5ooo c. c.
- Alcool à 95°.....................3ooo c. c.
- Essence de citfon déterpénée ... 10 gr.
- Essence de bergamotle déterpénée . 8 —
- ËSséncc de thym.................. 2 —
- Essence de romarin............... 2 —
- Essence de lavande............... 1 —
- Ether méthylcinnamiqne........... 2 —
- On fait dissoudre les essences dans l’alcool, puis on ajoute l’eau par petite quantité, le mélange devient laiteux, on ajoute 5o gr. de carbonate de magnésie, agite pour bien mélanger et laisse le vase ouvert quelques instants pour permettre à l’acide carbonique de s’échapper, on ferme alors le récipient et abandonne le mélange à lui-même pendant un mois. On filtre alors deux ou trois fois jusqu’à ce que l’on obtienne Uu produit limpide. Pour faciliter ce filtrage au clair, on peut ajouter sur le filtre un peu de poudre de talc.
- 3° Le nettoyage des mains après travaux d'atelier s’effectue très bien en les imprégnant à sec de vaseline avant de les savonner à l’eau tiède.
- M. Puget, à Alger. — Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner la marque de pâte à polycopier dont vous parlez ; d’après le titre nous supposons qu’il s’agit d’un produit analogue au suivant :
- Kaolin pulvérisé................3oo gr.
- Glycérine.......................ia5 —
- Sulfate de zinc.................. 3 —
- Sucre........................... 25 —
- Eau ordinaire................ . 5o —
- On mélange intimement le kaolin et le sulfate dé zinc, puis on introduit peu à peu dans la poudre l’eau dans laquelle on a fait dissoudre le sucre ; finalement, on incorpore à la masse la glycérine. Garnir ensuite les cadres à dimensions appropriées de la pâte obtenue.
- Société Anonyme
- des
- Hydroglisseurs D£ LAMBERT
- Capital î 600,00<|^*àncs
- 95, Boulevard dë la Seine, à NANTËËRE (Seine)Tèlêph. : 8-4 a, Nanterre
- Reg. C. i 9-205/IÎ.037.
- Fournisseur des Armées anglaise et française; des Marines américaine, française ët italienne; de l’Aéronautique coloniale; de la C‘* du Canal de Suez,etc. ; des Gouvernements ^e l’Indbchinê,de Madagascar,de l’Afrique occidentale française, des Missions en Argentine, Chine et Russie.
- Le bateau glisseur lournit la solution du difficile problème de la navigation dans les eaux peu profondes. Propulsé par une hélice aérienne, son tirant d’eau est de 0.20 à l’arrôt ; en vitesse il dévient pratiquement nul.
- Pouvant circuler en toutes saisons, ne craignant ni les herbes, ni les courants, grâce également à sa vitesse de 80 km à l’heure.
- L5Hydroglisseur de Lambert transformera la vie aux Colonies
- HYDROPORTEURS À HÉLICE AÉRIENNE : 10, 20 ET 50 TONNES
- Agent général : M. Maurice BIENAIMÉ, 9, Rue François-Gérard, PARIS (XVIe)
- ^ LXIV
- p.2x62 - vue 512/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : avril Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 5h 30m 1 ih 53“ 9' i8ù27" ih 0“ + 6°27' 3 2' 0" 0 Poissons
- Soleil . . .< 16 5 0 11 5o 3o 18 42 1 37 + 10 7 3i 55,2 Poissons ^ »
- 26 4 4i 11 48 26 18 57 2 i5 f i3 3i 3i 49,2 Bélier
- 6 5 44 12 48 19 53 1 56 + i3 12 6,0 0 Poissons ! Le soir, milieu du mois,
- Mercure. 16 5 27 i3 4 20 40 2 5o + *9 12 7)6 4 i Bélier ^ plus grande élongation
- x 26 5 a 12 46 20 3i 3 i3 -j- 20 36 10,0 Pléiades le 17.
- \ 6 6 48 14 47 22 46 3 54 -J- 23 1 20,2 Pléiades ) Merveilleuse le soir,
- Vénus. . . 6 38 14 5 -2 2I 6 4 39 |- 25 21 22,2 t Taureau > plus grande élongation
- 1 26 b 32 14 56 23 20 5 22 4- 26 44 24,8 P Taureau ) lé 21.
- \ 6 2 8 6 16 10 24 19 21 — 22 53 8,0 p Sagittaire )
- Mars. . . . 1 >6 1 5i 6 3 10 i5 «9 47 — 22 12 8,6 w Sagittaire Seconde par tie de la nuit.
- 26 i 3i 5 49 10 6 20 12 , 21 20 9)a p Capricorne
- Jupiter. . . 16 23 19 3 3o 7 43 17 16 — 22 20 39,2 \ Ophiuchus Seconde partie de la nuit.
- Saturne . . 16 18 45 0 8 5 3o i3 53 - 8 39 17,0 96 Vierge Toute la nuit. Opp. le 19.
- Uranus. . . i5 3 5a 9 33 i5 i3 23 23 — 4 47 3,2 (8 Verseau Invisible.
- Néptune. . 16 12 l5 19 33 2 5i 9 21 (- i5 48 3)4 7 Lion Première partiedelanuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- grande élongation aura lieu le ai avril, à 45° 34' à l’Est du Soleil.
- Voici, comme pour Mercure, la grandeur stellaire et la phase pendant le mois d’avril :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Avril 5 0,59 — 3,8
- — 10 0,57 — 3.9
- — i5 o,54 — 3,9
- — 20 0,52 — 4,0
- 25 0,49 — 4,0
- — 3o 0,46 — 4,o
- On cherchera à voir Vénus en plein jour. Son éclat est tel et sa déclinaison si élevée qu’elle doit être visible toute la journée, à l’œil nu.
- Nous conseillons à ceux de nos lecteurs possédant des instruments un peu puissants d’entreprendre l’étude photographique de Vénus. M. Quénisset, avec un objectif de om, 16 seulement, a pu déceler l’existence de taches à la surface de la planète.
- Mars devient de mieux en mieux visible, se levant avant 2h du matin. Son diamètre augmente rapidement. L’opposition, très favorable au point de vue de la faible distance de la Terre à Mars, aura lieu en août prochain. La planète sera en quadrature occidentale (à 900 à l’Ouest du Soleil), le i3 avril.
- Voici quelques données sur la présentation actuelle de la planète :
- Angle (te Latitude Angle de
- Dates, iiosition du position Eclat
- 0“ de l’axe. centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- Avril 16 ii°,7 -)- 5°,9 8",7 1,1 25g0,4 +0,4
- — 3o 6°,7 +a0»9' 9",7 J>3 356°,5 +0,1
- Les observations utiles de la surface vont pouvoir commencer.
- On a écrit beaucoup de choses inexactes sur la constitution de la planète, et notamment sur ses fameux « canaux ». L'Astronomie entreprend une série d’articles où les divers problèmes soulevés par les données de l’observation sont tour à tour examinés et mis au point d’après les observations faites au puissant objectif de om,83 de l’Observatoire de Meudon par M. E.-M. Anto-niadi.
- Jupiter se lève avant minuit, et devient bien visible, quoique très bas sur l’horizon de Paris. L’observation de cette planète est particulièrement intéressante. On peut la faire avec de petits instruments. Un grossissement de 40 fois seulement montre Jupiter avec un diamètre apparent semblable à celui de la Lune vue à l’œil nu.
- Les phénomènes présentés par les satellites sont du
- 4S
- plus grand intérêt à suivre : on assiste là aux évolutions d’un petit système solaire. En avril, à 2h 45m, on verra les 4 principaux satellites à gauche de la planète (image renversée) le ier; à droite le 14 et le 28.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Avril Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Avril Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 4h 4m I O.c. i5 3h 37“ II O.f.
- 3 2 1 I E.c. 18 0 58 III Em.
- 4 2 28 I P.f. 18 2 56 l O.c.
- 6 3 32 II E.c. 18 3 56 I P. c.
- 7 2 43 III O.f. 19 3 26 I Em.
- 8 3 *7 II P.f. 20 O 33 I P.f.
- 10 3 54 I E.c. 22 3 5o II O.c.
- I I 1 3 I O.c. 24 2 12 II Em.
- 1 r 2 7 I P.c. 25 0 52 III E.f.
- 11 3 i3 I O.f. 25 2 >4 III Im.
- 11 4 18 I P.f. 26 a 9 I E.c.
- 12 1 39 I Em. 27 0 9 I P. c.
- i4 4 25 III O.c. 27 i 28 I O.f.
- i5 1 16 II O.c. 27 2 20 I P. f.
- i5 3 21 II P.c.
- Saturne est visible toute la nuit, son opposition ayant lieu le 10, à 9h.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 18 avril :
- Grand axe extérieur ...................... 42",84
- Petit àxe extérieur........................... -j-n",46
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. -j-i5°3i'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... -fi5"a6
- Uranus, trop près du Soleil, est invisible ce mois-ci. Neptune est observable le soir, jusqu’après minuit. On le trouvera, à peu de distance de l’étoile 7 du Lion, à l’aide de sa position :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Avril 6 9b 21m + 15^47' 2" A
- — 16 911 2Im + i5° 48' 2", 4
- — 26 9h 20m + ,5° 49' 2" A
- — 3o 9h 20“ + i5°49' 2", 4
- Neptune présente l’éclat d’une étoile de 8“ grandeur.
- Une petite lunette d’environ om,o4 à om,o5 est nécessaire pour l’observer.
- >
- p.r63 - vue 513/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 14, à i3S Neptune Lé 19, à i3fi, Saturne Le aa, à 2Jupiter Le 25, à 2i\ Mars Le 39, à i4h, Uranus
- la Lune, à 5° 42' N. la Lune, à 8° 0.' N. la Lune, à i° 28' N. la Lune, à i°39' S. la Lune, à 4° 5' S. la Lune, à 3° 5o' S. la Lune, à i° 4' N.
- Le 2, à 6h, Uranus en conjonct. avec la Lune, à o° 5o' N. Le 5, à g*1, Mercure.
- Le 8, à 5*1, Vénus
- Etoiles filantes. — Du 16 au 3o avril, chute d'étoiles filantes. Radiant situé, par 206° d’ascension droite et -f- i3° de déclinaison, près de rj Bouvier.
- Du 19 au 22 avril, chute dés Lyrides. Radiant par 271° et +33°, près de 104 Hercule.
- Ce flux d'étoiles filantes est souvent très riche.
- Il a donné lieu parfois à de nombreuses chutes de météores.
- Cet essaim se rattache à la comèté ï dé 1861.
- Etoilés variablés. — Minima de l’étôile Algol (§ Per-sée), variable dé la grandeur 2,3 à là grandeur 3,5 en 7} 20h48“ : le 5 avril, à 2ih44,à; le 28, à 20h 17”.
- Etoile Polaire. — Heure du passage de l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates.
- Temps sidéral à
- Passage inférieur. midi moyen de Paris.
- Avril 10
- — i3
- — i3
- — 20
- — 3o
- oh 11“ 54‘ oh om 6‘ 23h 56“ ïos 2 3h 28“ 4os 22h49m2 4s
- Ih 13-43*, 6
- )>
- »
- ih 53“ 9%i 2h 32“ 34%7
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le i*r avril à 3ih, ou le i5 à 20*“, est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse ; le Lion ; le Dragon (au Nord-Est). 6
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée ; Cassiopée. '
- A l Est : Le Bouvier- la Chevelure; la Balancé; la Vierge.
- Au Sud : le Corbeau; l’Hydre; la Licorne ; le Petit Chien.
- A l Ouest : Les Gémeaux; Orion; le Taureau; les Pléiades.
- Au Sud-Ouest : Le Grand Chien.
- Em. Touchet.
- <!
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement leS réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Erratuin. — Le trottoir roulant de la Ville de Paris (n® 2599, 26 janvier, 19*4), page 51, 20 colonne, ligne 3. — Au lieu de système mixte à stabilité discontinue lire système mixte à stations discontinues.
- Communication. —* A prùpbs de chalets dlpèstres (n® 2599). — M. J. Joseph, dé Fribourg, nous écrit :
- « Les lecteurs de La Nature ont dû prendre connaissance, avec grand intérêt, de l’article que M. le professeur Dauzat a consacré aux « anciens types d’habitations rurales ». En parlant de nos chalets valaisans, construits sur pilotis, avec « champignons » de pierre, il dit ceci : « Cette disposition, à l’origine, devait avoir pour but de mettre la maison à l’abri du ruissellement des eaux, bien plutôt que des rongeurs ».
- Or cette explication se heurté au fait que plus d’un chalet, sur pilotis et champignons, est édifié presque au sommet de certaines pentes, aux lieux dits « En Crétaz », sûr la Crétaz, où le ruissellement des eaux ne se forme jamais. Au reste un de nos montagnards m’expliquait ainsi cet usage : « On a toujours monté nos chalets sur pilots dressés et pierres plates pour que le plancher ne pourrisse pas par l’humidité, et pour les protéger d’un tas de bestioles qui, sans cela, nous rongeraient tout ».
- Mais il y a quelque chose de plus frappant, dans ce domaine, et qui élargit singulièrement les horizons de notre préhistoire, en confirmant ce que nous savons par ailleurs.
- Dans son ouvrage : Histoire de Vhabitation humaine, page 36o, Violet-le-Duc nous apprend ceci : « Vous serez peut-être surpris si je vous dis que les chalets de montagnes de la Suisse sont exactement pareils aux chalets que l’on voit sur les rampes de THimalaya ét dans les vallées du Kachmÿr... ils sont construits, suivant les mêmes procédés, par dés tronçons d’ùtie même race, séparés depuis des siècles ». La gravure figurant à cette page montre, en effet, un de ces chalets asiatiques avec pilotis et champignons. ».
- T. S. — M. C. Moïse, à Hyères (Varj. — 1® Vôtre schéma est exact én principe, Vinductance éti nid d’abeilles, intercalée dans le circuit du cadre, n’est pas indispensable, mais ne peut être nuisible, au contraire.
- 2® Nous vous conseillons de placer une résistance sel-fiqué dans le circuit de plaqué de là quatrième lampe de votre amplificateur. (Voir n® 2572 de La Nature). Cette petite modification aura pour effet d’améliorer
- beaucoup là facilité de réglage de vôtre dispositif de réaction électrostatique.
- 3® Lés résistances de griilê doivent être reliées àu pôle positif dé la batterie dè chauflage ët bon au pôle négatif côndme vous l’àvez indiqué par erreur.
- M. P. Rubinrot, à Orléans. — Pour obtenir la tension plaque de 800 à 1000 volts nécessaire pour un petit poste d’émission radiotéléphonique, on peut utiliser les trois moyens suivants :
- i° Batterie d’accumulateurs ou dé piles. Ce procédé n’est pas pratique ; les piles sont coûteuses et rapidement hors de service, les batteries d’accumulateurs très gênantes et d'un entretien délicat.
- 2° Moteur* généralement actionné par le courant d’un secteur, et accouplé avec une génératrice (dynamo spéciale) fournissant le courant continu demandé. Un filtre est d’ailleurs nécessaire pour permettre d’éviter l’effet nuisible dés variations de tension* malgré tout inévitables.
- 3° Transformateur monté sur le secteur alternatif et fournissant une tension élevée en alternatif. On redresse cê courant au moyen de valves (généralement petites lampes d’émission dont on a relié plaque et grille par une connexion extérieure) et ôn atténue les ronflements gênants au moyen d’un circuit-filtre.
- Les deux dernières solutions ont chacune leurs partisans (si l’on possède, bien entendu, le courant alternatif d’un secteur). L’emploi d'une génératrice donne d’excellents résultats, mais c’est un instrument côuféux él assez fragile. L’utiiisàtion d’un courant redressé semble pratique et assez économique.
- Nous indiquerons prochainement dans La Nature les modèles les plus intéressants de postes d’émission pour amateurs.
- Vous pourrez trouver en attendant dès indications utiles dans la L. S. F. Moderne ou dans l’Antenne (articles de M. Gouraud).
- M. R. P., à Paris. — Le moyen ïe plus simple et le plus pratique d’utiliser un poste à Une lampe consiste à utiliser un montage en détêctrieè autodyûé. Il existe d’ailleurs des variantes de cé montage que vous pourrez trouver dans tout manuel de T. S. F. Une lampe de couplage, suivie d’un? détecteur à galène, donné aussi de bons résultats pour la réception des ondes courtes, et permet une bôime sélèction.
- Lorsqu’on exécuté dès essais de réception de postes puissants et rapprochés (à Paris par exemple) il est possible de éônstatér dés effets dé détection, sans l’àide d’un condensateur shunté dans le circuit dë grille d’une lampe utilisée en détectrice.
- Mais cé phénomène né provient qùé de conditions locales, et il est nécessaire, en général, de conserver le montage classique.
- (Foir la suite pp. LXIÏt et LXIV.)
- 6 3 &
- p.r64 - vue 514/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Ç0>t
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1924 (6o° année), par Camille Flammarion, i vol. 3io p., 114 fîg. E. Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 9 francs.
- L’Annuaire astronomique que publie depuis tant d’années le vénérable et éminent doyen de l’Astronomie française garde, comme son auteur, une perpétuelle jeunesse. Il est le guide précieux de tous les amateurs d’astronomie, et chaque année marque un nouveau progrès dans son exécution. Il contient l’annonce des principaux phénomènes célestes qui se produiront dans l’année ; on y trouve, en outre, d’utiles indications pratiques pour l’observation du soleil, des notes résumées sur les planètes, les étoiles filantes, les comètes, les étoiles, le magnétisme terrestre, un résumé des observations météorologiques dans la région parisienne depuis 1670, et une revue des progrès astronomiques de l’année 1923.
- L’oeuvre de Pasteur, pvir Chargés Richet, i vol. in-16, 119 p. Félix Alcan, Paris. Prix : 6 francs.
- Dans ses leçons professées à la Faculté de Médecine de Paris, l’auteur montre par quelles voies, ayant toujours sous les yeux le même but, Pasteur est arrivé à cette connaissance suprême qui lui a permis de résoudre des problèmes que de nombreuses générations n’avaient pu aborder. C’est donc un exemple pour tous de ce que peuvent la foi et l’enthousiasme joints au travail et à l’intelligence.
- Le réglage de la distribution des moteurs à explosion, par le commandant A. Etévé. i vol. 322 pages, 48 fig. Lanore et Ducrot, éditeurs, Paris 1923. Prix : i5 fr.
- Ce livre explique comment doit re pratiquer le réglage de la distribution des moteurs à explosion : problème fort important au point de vue pratique et qui intéresse à la fois le constructeur, le réparateur et l’usager, qu’il s’agisse d’automobile ou d’aviation. L’auteur expose d’une façon claire et méthodique les méthodes de réglage les plus précises, en expliquant avec soin le pourquoi des opérations à effectuer. L’exposé général est suivi d’applications spéciales à trois moteurs d’aviation : le Renault, l’Hispano-Suiza, et le Salmson.
- Manuel d’automobile, par E.-H Weiss, i vol. 3oo p., 244 fig- Garnier frères, éditeurs, Paris 1923. Prix : 9 francs.
- Cet ouvrage explique clairement, en langage simple et d’une façon très complète, comment sont constitués les divers organes d’une voiture automobile, ainsi que le rôle et le fonctionnement de chacun d’eux. L’auteur n’étudie que les dispositifs modernes, ceux que l’on peut rencontrer sur une voiture effectivement dans le commerce. Des chapitres spéciaux sont en outre consacrés à des nouveautés à l’ordre du jour : voitures électriques, voitures à gaz pauvre, moteurs à huile lourde, tracteurs agricoles, etc. Cet ouvrage bien conçu rendra de grands services à de très nombreux lecteurs.
- The Physiology of Muscular Exercise, par F. A. Bain-bridge. ae édition revue par G. Y. Anrep. 1 vol. in-8, 223 p., 2! fig. Monographs on Physiology. Longmans, Green and Co, Londres. Prix : relié 10 sh. 6 d.
- L’exercice musculaire, qu’il soit un travail ou un sport, représente une dépense physiologique d’énergie * qu’il faut connaître pour éviter les accidents du sur-’ ménagé. Cette excellente monographie envisage les diverses faces de ce problème : sources d’énergie disponibles et leur utilisation ; variations respiratoires et cardiaques ; consommation d’oxygène ; coordination des mouvements et entraînement; effort, fatigue et épuisement. Chaque chapitre est solidement documenté et le livre se termine par une bibliographie très complète.
- Le domaine extérieur de la France. Afrique équatoriale française, par Honoré Paulin, i vol. in-4, 101 p., ' cartes, fig. Encyclopédie industrielle et commerciale. Eyrolles, Paris.
- Bonne monographie où l’on trouve un résumé historique de la colonisation, la géographie physique, la géologie, la météorologie, l’ethnographie, la flore et la faune, les productions, le commerce de l’Afrique équatoriale française, tous les renseignements précis et mis à jour désirables.
- Les noms de lieu de la France fleur origine, leur signification, leurs transformations) résumé des conférence de toponomastique de A. Longnon, publié par P. Marschal et Léon Morot (3° fascicule), 1 br. 110 p. Edouard Champion, Paris, 1923. Prix : 12 francs.
- Nous avons déjà signalé l’apparition des deux premiers fascicules de cette savante et captivante publication, dans laquelle revit l’enseignement de Aug. Longnon, pieusement recueilli par ses élèves, et enrichi des résultats des recherches récentes. Le présent fascicule est consacré aux noms de lieu d’origine ecclésiastique ; ils sont classés en trois catégories : ceux empruntés aux établissements religieux et formés en tout ou partie de noms communs désignant ces établissements ; ceux, moins anciens, qui rappellent le souvenir des ordres religieux établis en France; enfin, les plus nombreux, ceux qui se rattachent aux diverses notions du culte chrétien : souvenirs de Terre Sainte, événements religieux, culte de la Divinité, et surtout culte des saints.
- L’asperge. Culture naturelle et artificielle, par F. Lesourd. 1 vol. in-16, i36 p., 46 fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- L’auteur examine la multiplication de l’asperge, la culture dans le jardin, la culture d’Argenteuil, la fumure, la culture hâtée, la culture forcée sur place, sur couche et au thermosiphon, la culture forcée en serres de l’asperge verte, la culture en plein champ, la vente des asperges, l’établissement d’un compte de culture, les prix de vente et les conserves. Son livre est un remaniement mis à jour du livre classique de Loisel.
- Pour les futures mamans, par le Dr L. Devraigne. 1 vol. in-16, 157 p., 133 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : 5 francs.
- D’une lecture facile, illustré abondamment, ce petit livre comprend en neuf leçons les notions élémentaires de puériculture qui doivent se graver dans l’esprit des fillettes.
- La peau. Sa beauté, son hygiène, sa médecine, par le Dr A. Plagniol. i vol. in-16, 255 p., Gaston Doin, Paris. Prix : 10 francs.
- Ce petit ouvrage est consacré à la dermatologie esthétique. Dans la iI# partie, l’auteur en un langage gai et vivant expose les pratiques de beauté et d’hygiène en usage chez les anciens et dans divers coins du globe. Dans la 2° partie, plutôt scientifique, est décrit tout ce qui a trait à la peau et au cuir chevelu, concernant leur hygiène, leurs anomalies et imperfections. Le traitement d’une foule d’ennuis qui assiègent notre
- . peau y est détaillé sous forme de consultations-formulaires qui rendront service.
- L’hygiène des hépatiques, par le Dr Roger Glénaud, 1 vol in-16, 3o2 p., 3a fig. L’expansion scientifique française, Paris. Prix cartonné : 12 francs.
- Livre à l’usage du public où l’au! eu.” explique simplement, clairement tout ce qu’il faut faire : le régime alimentaire, la gymnastique de chambre, la question des sangles et corsets, enfin la thérapeutique médicamenteuse et les cures hydrominérales.
- Le mouvement planétaire est pratiquement réalisable. Le rôle des satellites dans la gravitation universelle et le travail des forces d’action et de réaction, par A. Murat, i brochure, g4 pages Imprimerie Dunod, Saint-Etienne, 1923. Prix : 3 fr. 5o.
- p.2x63 - vue 515/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément,
- N° 2604 I r Mars 1924
- INFORMATIONS
- aast.
- ouf
- L’invention de la machine Gramme. — Le colonel Plücker nous adresse de Spa la communication suivante :
- « Dans son intéressant article « Les Précurseurs » paru dans le n° du 26 janvier de La Nature, l’auteur attribue à Pacinotti la première réalisation de la machine dynamo. Or, s’il est vrai que Pacinotti a, le premier, imaginé l’induit en forme d’anneau, il n’a pas inventé le principe dynamo-électrique, dont l’application est essentielle pour constituer une dynamo. Ce principe consiste à exciter les électro-aimants inducteurs par le courant même de la machine. Ce courant, qui est très faible au début de la rotation de l’induit, ainsi que le champ magnétique des inducteurs, renforce celui-ci, lequel à son tour renforce le courant, et ainsi de suite à mesure que la vitesse augmente.
- Dans l’appareil Pacinotti, l’électro-aimant inducteur devait être excité par des piles voltaïques.
- Le principe dynamo-électrique, qui semble paradoxal, a été trouvé presque simultanément par Werner Siemens à Berlin, Wheatstone à Londres et Gramme à Paris, vers 1867. Gramme a obtenu un brevet de cette invention daté du 26 février 1867. (Voir Alfred Niaudet, Machines électriques, 2° édition, p. 17, Paris, 1881, Baudry, éditeur.)
- Gramme est donc -bien l’inventeur de la première dynamo à courant continu : il a trouvé de lui-même l’induit en forme d’anneau et le moyen de l’utiliser pour transformer le travail mécanique en électricité, avec un rendement d’environ 90 pour too, ce qui explique son succès. » '
- Condensateurs pour sonneries. — Il est désirable, au point de vue sécurité, que les réseaux de sonneries ne soient pas en contact avec les canalisations électriques de lumière et on emploie à cet effet des transformateurs dont le primaire est relié au réseau lumière, alors que le secondaire, à très basse tension, dessert le réseau sonneries. Le primaire de ces transformateurs étant en permanence sous tension, il en résulte une consommation inutile constante de courant, qui est de plus sous forme de courant très déwatté. L’emploi des condensateurs à la place de transformateurs est beaucoup plus avantageux, car la consommation, en dehors des très courts moments de fonctionnement des sonneries, est rigoureusement nulle; de plus, ces condensateurs assurent un très bon isolement entre le réseau lumière et le réseau sonneries, le coût en est peu élevé et l’entretien nul.
- M. L. Neu a réalisé un dispositif fondé sur l’emploi des condensateurs qui permet d’actionner directement les sonneries par le courant alternatif de la ville sans nécessiter de passer par l’emploi des transformateurs abaisseurs de tension.
- Isolateurs métalliques. — Les services télégraphiques, téléphoniques et de distribution d’énergie électrique emploient pour leurs canalisations aériennes des cloches en porcelaine ou verre scellées sur des tiges en fer. Ces cloches présentent un certain nombre d’inconvénients.
- Leur valeur d’isolement, très bonne par temps sec, devient médiocre par les temps humides. Lorsqu’elles sont accidentellement soumises à des surtensions importantes, elles sont percées par l’étincelle et mises hors de service. Elles sont fragiles et susceptibles de se briser, soit pendant leur transport et leur pose, soit en service. Enfin, la porcelaine et le verre sont des substances instables qui se modifient, vieillissent, et perdent leurs qualités sous l’influence du temps et des variations de température.
- M. L. Neu a inventé un isolateur métallique constitué par une cloche en métal fixée sur la tige support par un scellement constitué par des substances choisies de façon à avoir une valeur d’isolement pratiquement indépendante de l’état hygrométrique de l’atmosphère. En cas de surtension l’étincelle jaillit entre le bord métallique de la cloche et la tige support et l’isolateur n’est pas abîmé. La cloche, en métal embouti, peut d’autre part supporter tous les chocs.
- Des essais comparatifs faits au laboratoire central d’Electricité ont montré que, tandis que les isolateurs Neu ayant une résistance d isolement de 5ooooo mégohms dans une atmosphère sèche conservaient cette même résistance dans une atmosphère très humide (degré hygrométrique 90), les isolateurs double cloche en porcelaine avaient une résistance passant de 5ooooo à 40 000 mégohms seulement
- Il en résulte que les cloches métalliques Neu assurent par temps humide un bien meilleur isolement, d’où des pertes considérablement moindres qu’avec les cloches ordinaires en porcelaine ou en verre.
- Un turbo-compresseur américain pour avions. — On sait que les moteurs d’avions pour hautes altitudes doivent être pourvus d’appareils permettant de comprimer l’air de combustion avant son admission dans le cylindre du moteur. Aux hautes altitudes, la pression atmosphérique tombe à des valeurs très faibles, et si l’on gardait le mode d’alimentation normal pour le moteur au soi, la puissance du moteur tomberait à un chiffre trop faible. M. Plateau a proposé et réalisé le premier un surcompresseur d’air, comprenant une turbine à gaz alimentée par les gaz d’échappement du moteur et commandant un compresseur centrifuge. Nos lecteurs savent que ces appareils ont été expérimentés avec succès. Le dispositif imaginé par M. Rateau a inspiré les ingénieurs américains qui, sur le même principe, ont réalisé des turbo-compresseurs grâce auxquels les avions des Etats-Unis ont pu conquérir pendant un certain temps les records d’altitude. La General Electric Review donne quelques détails sur la plus récente de ces machines construite par la General Electric C° de Shenectady. Elle est calculée pour alimenter le moteur à l’altitude de 10000 m. Le turbo-compresseur est monté à l’avant du moteur, immédiatement à l’arrière de l’hélice. Il pèse environ 70 kg, mais à l’altitude de 10000 m. il augmente de 280 chevaux la puissance du moteur. Il tourne normalement à 33 000 tours par minute; aux essais il a atteint la vitesse extraordinaire de 41000 tours par minute. C’est sans doute la plus grande vitesse de rotation qui ait jamais été atteinte dans une machine.
- Le nickelage noir, — De nombreuses formules ont été proposées pour réaliser un dépôt de « nickel noir » sur le cuivre et les autres métaux.. Ces revêtements en particulier sont très employés actuellement en lampis-terie pour donner au cuivre la patine fer forgé à la mode. Deux types de solutions sont employés couramment, les solutions de cyanure alcalin et les solutions de sulfocyanate neutre. Les premières sont difficiles à préparer et à conserver, tandis que la solution suivante donne de très bons résultats :
- Sulfate de nickel et d’ammoniaque, 60 gr. par litre.
- Sulfate de zinc.................. i,5 gr. par litre.
- Sulfocyanate de sodium. ..... i5 gr. par litre.
- Il est bon de garder en suspension un excès de carbonate de zinc qui assure la neutralité de la solution et la constance de sa teneur en zinc.
- Synthèse de l’alcool méthylique à partir de l’oxyde de carbone. — Cette synthèse, réalisée d’abord au laboratoire, est entrée depuis peu dans le domaine industriel. Nature, de Londres, signale qu’elle est mise en œuvre sur une grande échelle par la Badische Anilin und Soda Fabrik de Ludwigshafen
- La préparation s’effectue en mélangeant à haute pression et haute température l’hydrogène et l’oxyde de carboné en présence d’un catalyseur. C’est donc un procédé assez analogue à celui qui donne l’ammoniaque synthétique, par combinaison de l’hydrogène et de l’azote (procédé Haber). Les usines Leuna à Merseburg, succursale de la Badische, fabriquent actuellement assez d’alcool méthylique pour satisfaire à tous les besoins de l’Allemagne et sont même en mesure d’exporter. La fabrication de l’aldéhyde formique se rattache à cette synthèse de l’alcool méthylique. L’aldéhyde formique est aujourd’hui d’un très grand emploi dans la fabrica-
- 9
- p.2x64 - vue 516/688
-
-
-
- Études
- cheg soi
- L’ECOLE UNIVERSELLE, la plus importante du monde, permet, grâce à ses cours par correspondance, de faire chez soi, dans le minimum de temps et avec le minimum de frais, des études complètes dans toutes les branches du savoir. Elle vous adressera gratuitement, -sur demande, celles de ces brochures qui vous intéressent :
- Brochure N9 4002 : Toutes les classes de l’enseignement primaire, Brevets, G. A. P., Professorats.
- Brochure N* 4021 : Toutes les classes de l’enseignement secondaire, Baccalauréats, Licences (lettres, sciences, droit).
- Brochure N° 4033 : Toutes les grandes écoles spéciales.
- Brochure N9 4042 ; Toutes les carrières administratives,
- Brochure N° 4054 : Toutes les carrières de l’Industrie et de l’Agriculture.
- Brochure N9 4061 ; Toutes les carrières du Commerce, de la Banque, de l’Industrie hôtelière.
- Brochure N° 4076 ; Langues étrangères. Brochure N° 4089 : Orthographe et Rédaction.
- Ecole Universelle
- 59, Boni. Exelmans, Paris (16')
- Becliargez vos accus. Lindei
- qui est reconnu aujourd’hui comme le meilleur,
- Parce qu’il démarre sans lancement, Parce qu’il utilise les 2 demi-périodes, Parce qu’il disjoncte en s’arrêtant,
- Et, parce qu’il ne présente aucune usure, même au bout de 2 ans !
- Et. LEFÈBURE, Ing -C\ 64, r. St-André-des-Arts Paris (6*). R.C. : 18.764.
- BAZAR D ÉLECTRICITÉ
- 34, Boulevard Henri-IV, Paris — Tél. Arch. 34-72 Reg. C. i Seine 155,563.
- TÉLÉPHONIE &. TÉLÉGRAPHIÉ SANS PIL Appareils et toutes Pièces détachées
- Envoi du Prix-courant contre 0 fr. 50
- LUMIÈRE (Appareillage et Lustrerie) SONNERIE, TÉLÉPHONE, APPAREILLAGE AUTO
- et toutes applications de l’électricité wsmmsmumm Catalogue général : 0 fr. 25 vmmmsmmmm
- FERS A SOUDER D’ETABLI
- ET THERMO-CAUTÈRES POUR CHIRURGIE VÉTÉRINAIRE
- U
- ARCTURUS
- Fonctionnant sur tous les courants par l’Arc électrique en vase clos
- 9}
- CŒUILLE et Cie, 7, R. St-Sébastien, Paris (XIe)
- Téléphone : Roquette 87-ç4 Reg. C. t Seine 208.484.
- lAccumulateur n est plus un souci
- g race a u
- Redresseur. CollecteurTomwt
- L.ROSENGART
- BrJ S.G.D.Ù.
- Le seul qui. sur simple prise de courant de lumière
- Recharge
- avec sécurité, facilement, économiquement,
- tous ks Accumulateurs sur Courant alternatif.
- i s p g b
- Ifl
- |1|
- tëE i ||
- Redresse toutes tensions jusqu’à iOOO volts
- notice gratuite sur demande
- 21. Av des Champs-Elysées. PARIS ÉLY5ÉESM66E-6:
- R. C. SEINE! N° 96.054
- Vc h la description dans « La Nature » du 3i mars IÇ23.
- DERNIÈRE NOUVEAUTÉ
- du
- YERÀSCOPE
- “"-«RICHARD
- lHOMÉOS
- Breveté s. a. d. a.
- L’HOMEOS permet de faire 27 vues stéréoscopiques sur pellicules cinématographiques en bobines, se chargeant en plein jour.
- Maximum de vues — Minimum de poids
- POUR LES DÉBUTANTS
- Le glyphoscope
- a les avantages fondamentaux du Vérascope C’est LE MOINS CHER des appareils stéréoscopiques.
- Sa méflerdes imitations. — Exiger la marque authentique. ENVOI FRANCO OU CATAL08UE
- Etabl“ Jules RICHARD 2S-
- Exposition : 7, rue Lafayette. — Vente de positifs.
- Reg. C. t Seine *74.227.
- LXV fr
- N* 2604.
- p.2x65 - vue 517/688
-
-
-
- NOUVEAUTÉ
- Un
- GINOSGOPE
- L’appareil qui
- CINÉMATOGRAPHIE
- et
- PROJETTE
- En prise de vues.
- Emploie le film de
- perforation et format usuels
- Renseignements et démonstrations :
- Syndicat industriel du
- CINOSCOPE
- 15, Bd des Italiens PARIS (2’)
- Reg. C. î Seine 248.254
- En projection.
- T.S.F.
- VENTE DIRECTE
- du Fabricant a
- ROLLEX
- 18, Boul. de la Bastille
- PARIS
- Notice N franco
- DÉMONSTRATION PUBLIQUE DANS NOS ATELIERS
- tous les jours de 17 à 19 heures
- jPoup devenir* partait pianiste
- n QEftlAT DE PIANO
- Cours 3 B II R B par CORRESPONDANCE
- Enseigne tout ce que les leçons orales n'enseignent jamais. Donne son splendide, virtuosité, sûreté du jeu.— Permet d’étudier seul avec grand profit. — Rend facile tout ce qui semblait difficile. Cours SINAT d'HARMONIE* pour composer, accompngner, lm"roviser. =» Explique tout, fait tout comprendre : VIOLON, Solfège, CHaNT, MANDOLINE, par correspondance.
- Demander très intéressant Programme gratuit et franco.
- AV SINAT,l.RueJean-Boloana.PaH8(l6*).74/.vlufeu//26*l4.
- ÉLECTRICIENS...
- VERNISSEZ ET PROTÉGEZ
- VOS BOBINAGES DE MOTEURS, VOTRE APPAREILLAGE,
- VOS CANALISATIONS,
- au moyen de
- rISOLÉMAIL
- SUPER-GOMME-LA QUE SYNTHÉTIQUE
- RIGOUREUSEMENT IMPERMEABLE RÉSISTANTE A LA CHALEUR
- HAUTEMENT DIÉLECTRIQUE
- $TÉ DES LAQUES ET ISOLANTS
- 67, Chemin des 4-Maisons, 67
- LYON
- R. C. : Lyon B. 3605.
- INDISPENSABLE PRATIQUE
- L ETABLI DE MENAGE
- Breveté S. G* D. G. — Franco : 32 fr. 50
- vous permet d’exécuter tous travaux de menuiserie et serrurerie. S’adapte instantanément à toute table. Se case n’importe où. N'est pas encombrant. Remplace l’ÉTABLI et l’BTAU
- Prospectus gratis à A. ONIGKEIT # ^ Fabricant Quartier des Ors, HOMANS-SUR-ISERE (Drôme)
- C. C. Chèques postaux î Lyon 6,29. Reg. C. : Romans n° 87
- Voir la description détaillée dans ce numéro.
- MÉCANICIENS. ÉLECTRICIENS
- utilisez vos heures de loisir pour l’étude chez vous. Demandez gratuitement “ LA NOUVELLE VOIE ’’ Institut Technique MARTIN, 95, cours Vitton, à LYON.
- MPTEURS
- (•Mer i'm ÉTOILE BP
- D’EAU
- de Volume * Système FRAGER;
- ^ piston disque ÉTOILE DP; à piston cylindrique équilibré
- ETOILE ST (Stella) ; de Vitesse à Turbine, sec ou humide,
- TE-TA.
- Compteurs d’eau chaude pour appartements.
- D’ÉLECTRICITÉ
- Modèle B pour courants continu et alternatif ; O’K pour courant continu;
- ACT pour courants alternatifs, mono et polyphasés.
- Appareils pour toutes mesures électriques. '
- 0 COMPAGNIE POUR LA FABRICATION DES DOMPTEURS ET MATÉRIEL D’USINES A GAZ
- 12, Place des États-Unis, i MONTROUGE (Seine)
- Soo. Anonyme Capital 36 000 000 da franos. - Télép : Ségur 92-00,92-01,92-02. À*r. téiig. COMPTELUÏ-MONTHOUQÏ
- Reg. C. : Setne *9Jm.
- LXVf fr
- p.2x66 - vue 518/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- tion des résines artificielles et des tanins synthétiques. Sa synthèse directe est difficile, tandis que sa préparation est aisée à partir de l’alcool méthylique ; il suffit d’oxyder celui-ci en faisant passer sa vapeur sur du cuivre chauffé au rouge.
- Nouveaux gîtes de platine. — Jusqu’en ces derniers temps, le platine et les métaux de la famille du platine étaient le plus généralement extraits des sables alluvionnaires. Les alluvious enrichies pour or étaient triées magnétiquement, et, après élimination des oxydes de fer magnétique, on traitait les résidus pour en extraire le platine.
- C’est ainsi que 99 pour 100 du platine mondial provenaient de cette source. Or, dernièrement, dans le district de Waterberg (Transvaal), on a, pour ia première fois, trouvé le platine en 2 filons, parallèles de on’6o à 6 mètres d’épaisseur, et à mètres l’un de l’autre.
- Ces filons se continueraient, dit on, durant 3 km. On ajoute que le minerai est très riche, mais sans aucune autre indication de chiffres. Attendons-les donc, avant de nous prononcer définitivement.
- Avant la guerre (d’après Chemical Trade, 21 décembre 1923), la production annuelle mondiale du platine était de 176000 onces, dont 89 pour 100 venaient de Russie, 9 pour 100 de Colombie et 2 pour 100 des possessions anglaises.
- L’état politique dé la Russie a abaissé la production mondiale à 73 435 onces produites à raison de 47 1/2 pour 100 par la Russie, autant pour la Colombie et 5 pour 100 par l’Angleterre. Les possessions anglaises, à la même époque, n’avaient donné que 2822 onces.
- Le prix du platine a monté de 185 sh. l'once en 19x4, à 29 livres l'once actuellement, ce qui est fabuleux.
- Si, comme on le prétend, les champs du Transvaal paraissent devoir produire facilement 100000 onces par an, rien que pour débuter le platine reviendra à des prix moins prohibitifs.
- Or, le platine est la base de la fabrication de l’oléum (acide sulfurique fumant), par le procédé de contact; il sert à construire les appareils pour la concentration de l’acide sulfurique chimiquement pur employé dans une foule d’industries (brasseries, glucoseries, fécule-ries, etc.). Cette découverte peut donc avoir d'importantes répercussions. Albert Hutin.
- Le parasolier ou combo-combo. — Arbre de la côte occidentale d’Afrique, le parasolier (Musanga Smilhii R. Br.) est très répandu et il envahit souvent les espaces défrichés par les indigènes ou par l’incendie. On le rencontre depuis le niveau de la mer jusque vers 1000 m. d’altitude, aussi bien en terrain humide qu’en terrain sec. Son port est très spécial : les branches principales s’arrêtent à une hauteur déterminée, formant avec leurs feuilles un parasol à 20 ou 25 m. au-dessus de la terre.
- Le bois de cet arbre présente des qualités très spéciales. Extrêmement léger et tendre, il convient pour la papeterie. M. Chalot (Agronomie coloniale, novembre 1923) signale que sa légèreté le fait employer par les indigènes pour la confection des flotteurs de leurs filets de pêche, et d’après les essais en papeterie il est capable de donner un bon rendement en pâte sèche (5o pour 100).
- Voici quelques caractéristiques du bois de parasolier d’après les essais techniques faits par les méthodes du Conservatoire des Arts et Métiers et des laboratoires de l’Aéronautique. Ce bois a fait l’objet de mesures détaillées consignées par MM. Bertin et Bretonnet dans l’Agronomie coloniale (octobre 1923) et susceptibles d’intéresser au plus haut point les industriels du bois.
- Des mesures faites, il résulte que la densité de ce bois est seulement o,x5 à o,3 (on peut dire pratiquement la moitié de celle du sapin). Très tendre, il est moins dur que tous lés bois français. Naturellement, cette légèreté correspond à une faible résistance mécanique à la compression et à la flexion (moitié de celle du chêne).
- Ses usages possibles, outre la fabrication de la pâte à papier, seront ceux qui demandent de la légèreté : caisses, emballages, aéronautique. On envisage la possibilité de faire des panneaux en minces épaisseurs de parasolier contreplaqué ou mieux résinifié et polymérisé qui serviraient à la construction des dirigeables xigides : la résistance au choc du bois ainsi traité est eonsidé* râble.
- *> 'Nouvelles de T. S. T.
- Les premiers résultats des essais transatlantiques. — Le Dr Conet, président du Comité des essais transatlantiques, a bien voulu nous communiquer les premiers résultats des essais, transmis offn iellement par « l’American Radio Relay Leagne », dans une lettre du 9 janvier.
- Les indicatifs des stations européennes d’amateurs entendues en Amérique sont les suivants :
- Stations britanniques : 2NM, 2FQ, 2KF, 2SZ, 2OD, jKW, 2FN, 2IN, 2SH, 5AT, 5LC, 5PU, 5BV, 5KO, 5NN, 6NI, 6XX, 6YA.
- Stations françaises : 8AB, 8AE, 8BE, 8BF, 8CT, 8LY, 8ARA, 8AZ, 8BM, 8CD, 8CZ (probablement 8CS), 8JL, 8CZ.
- Stations hollandaises : PA9, PC1I, PA zéro DV, PA BI4, NA Ba. ‘
- Cette liste diffère légèrement de celle qui avait pu être constituée au moyen des télégrammes reçus d’Amérique et qui a été transmise le 14 janvier par le poste radiotéléphouique de la" Tour Eiffel. Elle diffère davantage de la liste publiée par quelques revues spéciales, d’après un journal quotidien, qui avait repro luit avec plusieurs erreurs la commuaicatiou radio-téléphonique de la Tour Eiffel.
- La réception des diverses stations mentionnées a été vérifiée au moyen des mots de code, sauf pour les stations qui n’étaient pas inscrites pour les essais.
- A la date du 9 janvier, la station française 8AB était, de toutes les stations européennes, celle dont la réception avait été signalée le plus fréquemment par les amateurs américains.
- Tous les résultats d’écoute n’étant pas encore parvenus à la A. R. R. L., quand elle a fait connaître ces résultats au Comité française des Essais transatlantiques, il est possible que la réception d’autres stations européennes soit mentionnée dans le compte rendu détaillé et définitif qui sera communiqué ultérieurement. C’est ainsi que, d’après des renseignements parvenus officieusement [via 8ÀB),il faudrait ajouter, notamment, à la liste ci-dessus la station britannique 2FU et la station française 8CF.
- Essais de transmission sur des longueurs d’onde de l’ordre de 100 m. au moyen d’une antenne spéciale.-— Les Annales des P. T. T. de janvier 1924 reproduisent un intéressant article déjà paru en juin i923 dans Procedings of the Jnstitute of Radio Engineers.
- Cet article donne la description détaillée d’expériences de transmission effectuées en ondes entretenues fractionnées (modulées) et en ondes radiotéléphoniques, sur une longueur d’onde de xo5 m.
- L’antenne, tout à fait spéciale, comportait 23 fils de 8/10 en cuivre montés en parallèle et distants de 7 cm 62 ; tous ces fils formaient un rectangle de 12 m. 20 ^>< 5 m. 5o, avec seulement une coupure de o m. 46- En somme l’émetteur d’onde avait la forme d’un cadre rectangulaire, mais avec une coupure.
- L’appareil émetteur proprement dit était relié au milieu de la base de cette antenne spéciale au moyen d’une bobine de couplage en bandes de laiton ; l’intensité dans l’antenne atteignait 4 ampères, 8, en employant 4 lampes de 5o watts.
- Outre de remarquables propriétés directives, cette antenne possédait le gros avantage de pouvoir être rendue très rigide, et par suite d’avoir une longueur d’onde propre presque invariable, même par grand vent.
- Le système récepteur fonctionnait sur cadre à une spire; il comprenait un étage à haute fréquence à résonance (self à noyau de fer),une lampe détectrice, et deux étages à basse fréquence.
- Nous ne pouvons donner ici le détail des expériences, mais les faits les plus intéressants semblent l’absence de « fading effect «"constatée sur les ondes de xoo m. et aussi le peu de différence existant entre la réception de jour et celle de nuit.
- On sait que des phénomènes analogues ont été reconnus par M. Deloy lôrs des essais transatlantiques. D’une manière générale, il semblerait donc que les ondes de ioô m. puissent être assimilées aux ondes de 600 m. quant à ces propriétés particulières.
- p.r65 - vue 519/688
-
-
-
- ><
- SCIENCE APPLIQUÉE
- »*> T. S. T.
- <v*
- Contrôleur d’ondes pour amateurs. — La multiplication des émissions sur ondes courtes, l’emploi de plus en plus grand des amplificateurs à résonance, l’augmen-
- tation du nombre des postes d’émission d’amateurs, rendent nécessaire l’usage des contrôleurs d’ondes.
- Mais il faut utiliser, avant tout, des modèles simples, permettant des lectures faciles, et dont cependant la précision soit suffisante pour des mesures courantes.
- Enfin, il est bon que ces appareils soient d’un prix
- Self eta/onée
- SetfN°?
- 7
- Fig. 2.
- Mesure d’une longueur d’onde.
- Fig. 3.
- Mesure d’une self.»
- bobine, et une capacité, suivant les méthodes connues (l’appareil est vu par-dessus).
- Constructeur : Matériel Ondia, La Madeleine, Boulogne-sur-Mer.
- v
- Radiogoniomètres. — Les radiogoniomètres sont dès appareils de plus en plus employés à bord des
- navires, des avions, et même dans les villes, pour déterminer la position des postes émetteurs cachés.
- Leur rôle en temps de guerre a été considérable, comme d’ailleurs l’ont montré les articles parus dans La Nature.
- A la récente exposition de T. S. F. plusieurs modèles de radiogoniomètres étaient représentés.
- Les uns (fig. 5 et 6) étaient destinés à des navires. Dans ce cas, le cadre servant au repérage est fixé sur
- suffisamment modique pour favoriser leur diffusion étendue.
- Le nouveau contrôleur d’ondes « Ondia » semble présenter ces qualités essentielles. Le circuit de mesure avec condensateur variable, et le circuit de choc avec son «buzzer » sont coutenis dans une petite boite en
- ébénisterie de dimensions restreintes, et toutes les parties électriques sont montées sur une plaquette d’ébonite. L’appareil peut servir à faire toutes les mesures courantes à la réception ou à l’émission. Pour ce dernier usage une petite ampoule à incandescence est également disposée sur la tablette supérieure de l’appareil.
- Les selfs de mesure sont amovibles, et permettent,
- „. .. ,, ... aven un jeu normal de trois
- Fig. —Mesured une capacité. , ,, J
- / r galettes interchangeables,
- les mesures pour des longueurs d’ondes de ioo m. à 35oo m.
- Des graphiques de références pour lectures rapides sont indiqués sur les selfs elles-mêmes, et des courbes d’étalonnage pour mesures de plus grande précision sont également établies.
- Le montage de l’appareil est d’ailleurs du type classique, déjà étudié dans les « Chroniques de T. S. F. », à (( excitation par choc » du circuit de mesure.
- La figure i représente l’ondemètre avec une self interchangeable; les figures i. 3, 4 la manière dont on mesure les longueurs d’onde à la réception, la self d’une
- le pont au moyen d’un pivot monté sur billes (fig. 5). L’axe du cadre traverse le pont, et son orientation est commandée au moyen d’un volant situé dans le poste placé au-dessous du pont.
- Avec ce cadre compensé on emploie un amplificateur à 4 lampes (fig. 7) permettant la réception des longueurs d’onde de 45o mm, à 3ooo m. Cet appareil comprend un étage à résonance par auto-transformateur, une
- p.r66 - vue 520/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- détectrice, et deux étages à basse fréquence à transformateurs. La réaction est faite sur le circuit de résonance.
- D’ailleurs, une petite antenne peut être couplée
- Fig. 7. — Scîiéma de l’amplificateur à 4 lampes
- avec le cadre pour la réception ordinaire des émissions radio téléphoniques ou radiotélégraphiques sous recherche radiogoniométrique.
- La figure 8 montre un radiogoniomètre portatif ; le
- Fig. 8, — Radiogoniomètre portatif.
- cadre orientable, compensé, est monté sur le dessus d’un petit meuble jcontenant l’amplificateur deréception avec ses accessoires.
- Enfin, il peut être intéressant d’utiliser avec ces appa-
- «m. Mécanique
- Petite machine à tailler les dents d’engrenages sur un étau-limeur. — On peut tailler sur un étau-limeur des dents d’engrenages, si l’on ne dispose pas de machines spéciales.
- Il faut d’abord forger un outil ayant la forme du creux de l’engrenage de façon que cet outil puisse travailler la
- Table de /'élan limeur
- Fig. 10. — Schéma de la machine à tailler les dents d’engrenages sur un étau-limeur.
- roue et exécuter finalement le profil demandé pour les deux dents voisines.
- Il s’agit de déplacer chaque fois la roue d’une quantité égale à la dent, et pour cela on peut utiliser une roue dentée qui servira de guide si elle porte un nombre égal de dents (ou multiple exact) au nombre de dents de la roue à tailler.
- Supposons, par exemple, que nous ayons à exécuter un pignon de i5 dents, nous choisissons une roue d’en-grénage, roue à cliquet ou roue ordinaire, ayant i5, 3o, 45 ou 60 dents et on fixe cette roue à l’extrémité d’un petit arbre que l’on soutient sur un bloc de métal ayant la forme d’un Y de monteur.
- La roue à tailler est placée à l'autre extrémité de l’arbre sous le chemin parcouru par l’outil de l’étau-limeur, et chaque fois qu’une encoche a été pratiquée dans la roue qu’on taille, on relève l’outil et on tourne la roue, qui sert de guide, de la quantité voulue pour exécuter la roue voisine. On la tourne d’une dent si la roue-guide en a i5, de deux si elle en a 3o, de 3 si elle en a 45 et ainsi de suite.
- Objets utiles
- *
- Appareil pour dégonfler les chambres à air. — On peut fabriquer facilement un petit outil susceptible de dégonfler les chambres à air, sans qu’il soit nécessaire d’appuyer constamment sur la valve pour permettre l’échappement de l’air.
- Cet outil est constitué par une bande de métal rigide percée de trous au centre et à ses extrémités. Les trous
- Fig- 9' — Amplificateur pour toutes longueurs d’onde.
- reils un amplificateur donnant un bon rendement pour toutes longueurs d’onde, l'amplificateur de la figure 9 est combiné dans ce but.
- Constructeur : Société d’Entreprises Electro-tech-piques, 35, rue du Général-Foy, Paris,
- Dispositif au repo:
- •' (avec vis).
- Au travail (avec vis tète cylindrique).
- Fig. 11. — Appareil pour dégonfler les chambres à air
- de l’extrémité ont un diamètre légèrement supérieur à celui de l’extrémité de la valve et dans le trou central, on fixe à demeure une vis, par exemple une vis laiton que l’on peut souder, dont on termine la pointe de façon qu’elle puisse appuyer et maintenir enfoncée la partie mobile de la valve qui commande l’obus d’obturation.
- ^|On coiffe la valve avec cet ustensile et l'élasticité des bandes de métal fait écarter les branches qui viennent s’arrêter dans les fonds de filets de la partie filetée extrême de la valve ; la vis joue dans cette position le rôle du doigt pour permettre le dégonflement.
- p.2x67 - vue 521/688
-
-
-
- Jfco
- 1*0
- VARIETES
- L'INDUSTRIE MODERNE DE L'EQUARRISSAGE
- L’industrie de l’équarrissage est, à juste titre, considérée comme insalubre au premier clief. Les clos ou chantiers, où elle s’exerce, sont soumis à l’observation d’une réglementation relativement sévère et qui, à l’époque où elle a été mise en vigueur, c’est-à-dire il y a près de 5o ans, témoignait, chez le législateur, d’un louable souci de protéger le voisinage contre les dangers d’infection résultant de la présence et du traitement des cadavres d’animaux.
- Malheureusement, à l’intérieur même des chantiers, les causes d’insalubrité ont longtemps persisté. En dehors de ceux qui se consacraient à cette profession, l’équarrissage n’intéressait personne. Privés des conseils des hygiénistes qui estimaient que leur rôle s'arrêtait aux portes des chantiers, des ingénieurs, des constructeurs d’appareils, dédaignés en un mot par tous les techniciens qui auraient dû être leurs guides, les équarrisseurs exerçaient leur industrie d’après les méthodes désuètes qui faisaient d’eux des voisins indésirables et les privaient d’une partie de leurs légitimes bénéfices. La plupart consacraient à l’élevage de la volaille les loisirs que leur laissaient l’extraction rudimentaire de la gélatine, à l’intention unique des fabricants de colle, et l’enfouissement ou l’incinération des déchets organiques trop abondants. Les plus soucieux de souscrire, dans les limites de leur clôture, aux prescriptions hygiéniques qui leur étaient recommandées, se donnaient la peine de traiter par l’acide sulfurique, en solution étendue, ou de cuire dans des marmites chauffées à l'air libre la viande des animaux morts et inutilisables pour l’alimentation qui leur étaient confiés. Celte opération était une source d’odeurs infectes et il n’était pas exceptionnel de constater la contamination des nappes d’eau souterraines par infiltration des liquides résiduaires, très riches en agents microbiens de toutes catégories provenant de chantiers d’équarrissage installés à proximité.
- Depuis quelques années, la double préoccupation de rendre plus efficaces les mesures prises dans l’intérêt de l’hygiène collective et d’utiliser d’une façon rationnelle une plus grande quantité de produits organiques mal employés a suscité l’application des techniques modernes à l’industrie de l’équarrissage. Il convient de remarquer que ce n’est pas en France que les progrès les plus notables ont été réalisés à cet égard. Pour quelques installations françaises où la mise en service d’un outillage perfectionné permettait, avant la guerre, de traiter les cadavres d’animaux dans de bonnes conditions de salubrité et avec un résultat commercial satisfaisant, il existait en Allemagne de nombreuses usines où l’on transformait journellement de io à 3o t. de matières premières, en vue de l’obtention de produits stérilisés, achetés par l’agriculture ou l’industrie comme engraisf aliment du bétail, éléments de la fabrication de savons, colle forte ou objets moulés en stuc ou en plâtre.
- Rôle de l’équarrisseur. — Matières premières et produits de leur transformation. — L’industrie de l’équarrissage a un domaine beaucoup plus étendu qu’on ne croit au premier abord; l’équarrisseur n’a pas seulement pour mission d’enlever sur la voie publique les animaux de trait, victimes d’accidents divers : il lui appartient aussi de s'occuper du bétail atteint de maladies épidémiques qu’il faut abattre et éliminer rapidement des troupeaux et des étables. D’autres produits organiques convergent encore vers son chantier; ce sont les déchets provenant des abattoirs, des boucheries, les os de toutes origines, les déchets de poissons (une usine des environs de Hambourg s’est spécialisée dans l’extraction, des corps gras contenus dans les déchets de poissons), les viandes avariées saisies sur les marchés comme insalubres et ne pouvant pas être assainies. L’évolution de l’abattoir vers l’usine complète, outillée de façon à utiliser sur place tous les produits de 1 aba-1age, limitera dans une certaine mesure les sources d’approvisionnement des clos d’équarrissage; mais les accidents et les maladies du bétail leur fourniront, pendant longtemps encore, une ample matière à employer avec profit, suivant les techniques nouvelles.
- Les principaux produits que l’exercice rationnel de
- l’équarrissage est susceptible de livrer à la consommation sont les suivants :
- i° La graisse, qui, de tout temps, a été d’un bon rapport. Les graisses impures, et généralement colorées, qui sortent des clos, sont vendues le plus souvent aux savonneries ; elles sont, bien entendu, raffinées et blanchies avant de servir à la fabrication du savon.
- a0 La gélatine qui, mélangée à certains produits absorbants, devient un engrais très apprécié à cause de sa teneur en potasse, en acide phosphorique et en azote. Rendue stérile et imputrescible par des procédés modernes, elle sert aussi à la fabrication de la colle. Ajoutée au plâtre ou au stuc elle participe enfin à la préparation d’un certain nombre d’objets moulés.
- 3° La viande desséchée et pulvérisée, connue aujourd’hui sous le nom de farine animale, a été d’abord uniquement employée comme engrais, alors qu’on avait des doutes sur la possibilité de la slériliser complètement. A la suite de plusieurs séries d’expérience, on l’utilise actuellement à l’alimentation des porcs, de la volaille et du poisson. En Allemagne, qu’il faut toujours citer quand on énumère les progrès de l’industrie de l’équarrissage, cette farina est très appréciée des éleveurs de porcs. Comme elle contient une forte proportion de sulfate de chaux, on la considère comme très favorable au développement des jeunes animaux.
- Les techniques d’extraction partielle. — Avant d’atteindre à la perfection qu’elle a acquise dans quelques usines d’installation toute récente, l'industrie du traitement des cadavres et des débris de cadavres d’animaux a passé par une phase d’améliorations qui n’étaient que partielles, en conséquence du fait que le chef d’entreprise se bornait à envisager un but restreint.
- Chaque étape marquait cependant un progrès, tant au point de vue de l’hygiène de la manutention que de la valeur marchande des produits obtenus; mais il s’agissait de méthodes dont on ne pouvait envisager la généralisation.
- Les dissolvauts de la graisse, tels que la benzine, le sulfure ou le tétrachlorure de carbone, l’éther de pétrole, ont été préconisés à deux fins, extraction et récupération des corps gras, dégraissage des os destinés à la fabrication de la colle et des engrais. Les appareils français Bataille, pour le lessivage des os par la benzine, ont donné de très bons résultats. L’usine de Hambourg, pour l’extraction des huiles contenues dans les déchets de poisson employait avec succès l’éther de pétrole avant les hostilités. La destruction et la stérilisation de la chair musculaire ont été réalisées par l’action de l’acide sulfurique concentré. Neutralisé par l’addition de phosphate tricalcique, le produit ainsi obtenu constituait un engrais d’excellente qualité. Mais toutes ces méthodes ne se proposaient pas l’utilisation aussi complète que possible des matières premières manutentionnées, et il fallait adopter un procédé qui ne sacrifiât ni la viande, ni la gélatine, ni la graisse, tout en réalisant les desiderata de l’hygiène et ceux-ci comprennent les points suivants :
- Destruction des microorganismes infectieux contenus daus les cadavres (notamment bactéridies charbonneuses) ; stérilisation totale des produits marchands obtenus par le travail de l’équarrisseur et des déchets liquides ou solides; traitement des cadavres d animaux morts de maladies transmissibles, sans intervention directe de la main-d’œuvre pour le dépeçage; séparation des matières premières septiques d'avec les produits achevés et désinfectés; suppression des odeurs incommodes pour le voisinage.
- Traitement des cadavres d’animaux par la vapeur sous pression. — En soumettant les cadavres d’animaux à l’action de la vapeur d’eau sous pression de 3 à 5 kg, en appareil clos, on obtient le résultat total souhaité. L’excellence du principe n’a pas été découverte hier, puisque « l’emploi des chaudières autoclaves pour la cuisson et la macération de la chair des animaux abattus » est recommandé aux équairisstuis par le décret du 14 mai 1875; mais la mise au point de vastes appareils bien conditionnés a été lente : les usines d’Aubervilliers, Limoges, Grenoble, Tours et Troyes sont actuellement dotées d’un outillage présentant toutes
- 69
- p.2x68 - vue 522/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- €
- M. le B' Burguet, à Montélimar. — A notre avis. l’usure des toiles de vos filtres-presses, provient plus de la fatigue du tissu par le serrage et la traction de la masse pâteuse sous pression, que de l’action corrosive de la rouille. Si, cependant, vous croyez qu’il en est bien ainsi, iBvous sera facile de vous débarrasser de cette rouille en faisant tremper les toiles pendant quelques heures dans une solution légère d’hydrosulfite de soude. L’hydrosulfite se prépare en faisant digérer à froid des rognures de zinc dans le bisulfite de soude du commerce étendu ensuite de 20 à fois son volume d’eau pour l’emploi. Bien rincer après disparition de la rouille.
- M. Capon, à Paris. — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2^97, page 14» de la « Boîte aux Lettres », veuillez bien vous y reporter. Le mélange plastique à base d’acétate de cellulose et iriacétine dont nous vous avons suggéré l’emploi éventuel pour votre distributeur de moutarde, nous paraît susceptible d’être appliqué soit sur toile, soit sur membranes animales, bien entendu des essais sont à effectuer ; mais à notre grand regret, nous ne pouvons nous occuper de mettre au point des procédés industriels en vue de brevets, notre « Boîle aux Lettres » étant réservée aux questions d’intérêt général, vous pourriez vous adresser au Bureau technique du mois scientifique et industriel 8, rue Nouvelle, qui se mettra à votre disposition pour la réalisation projetée.
- T. S. F. — M. Haïreddine, à Constantinople. — D’après de récentes informations, les émissions radiophoniques de la Tour Eiffel ont pu être reçues à Constantinople, même sur cadre. Il vous sera donc possible de les recevoir à l’aide d’une antenne.
- i° Vous pouvez employer une antenne en nappe ou en V, en fil de bronze télégraphique de 20/10 millimètre de diamètre, ou en câble, d’une longueur de 70 m. à loo.m, bien orientée et à la plus grande hauteur possible. Bien isolée, et supportée par des mâts spéciaux de préférence.
- Comme appareil d'accord employez un Tesla en galettes. Pour le choix de cet appareil vous pouvez consulter La Pratique Radioélectrique.
- 3° Enfin, comme appareil de réception proprement dit, utilisez un amplificateur comportant trois ou quatre étages à haute fréquence, et deux étages à basse fréquence à transformateurs à circuit magnétique fermé. Les étages à haute fréquence peuvent être à résistances ou à résonance.
- Le premier système est moins sélectif, mais il a l’avantage de pouvoir être beaucoup plus facilement réalisé par un amateur qui désire construire lui-même.
- Si vous utilisez la liaison par résistances, employez un dispositif de réaction électrostatique, sinon un dispositif électromagnétique.
- M. Lebègue, à Paris. — i° Nous ne voyons pas la raison pour laquelle vous n’employez pas deux transformateurs RF accordés pour réaliser vos deux étages à résonance, et nous vous conseillons d’employer un potentiomètre sur l’entrée de l’amplificateur, de façon à pouvoir faire varier le f otentiel de grille et à stabiliser l’appareil.
- 2° Pour réaliser les bobinages des transformateurs HF interchangeables pour la gamme i5o m.-5ooo m. de longueur d’onde, vous pouvez employez des bobines en nid d’abeilles comprenant 3o tours, 60 tours, a5o tours, 5oo tours.
- La bobine de réaction R devra en principe comporter un nombre de tours égal à 3/2 environ de celui des bobinages des transformateurs, mais il suffira, en pratique, d’utiliser seulement deux bobines interchangeables, par exemple de 60 tours et 25o tours.
- 3° Le secondaire S't du premier transformateur à haute fréquence doit‘être relié au pôle négatif delà batterie de chauffage et à la grille de la deuxième lampe.
- 4° 11 est bon d'utiliser trois rhéostats de chauffage séparés ou, en tout cas, un rhéostat séparé pour la lampe détectrice et un autre pour les deux étages à haute fréquence.
- La PerfectIon de la Photographie
- STÉRÉOSCOPIQUE
- ne petit être obtenue qu'avec
- “HEIDOSCOPE”
- ssanannn»BHnnHni
- L’appareil Stéréo-Réflex de précision 45x107 le pins perfectionné.
- PRÉCISION ABSOLUE Grâce à son Viseur Réflex '
- qui permet la mise au point des objets (même en mouvement) jusqu’au déclanchement de l'obturateur.
- LOUPE (grossissements) pour faciliter cette mise au point. OBTURATEUR à secteurs, de 1 au 1/000", pose en 1 ou 2 temps. MISE AU POINT, de l’infini jusqu’à 1/2 mèfre. DÉCENTREMENT en hauteur. — NIVEAU sur le rellex.
- Trouve rvrloui l’accueil qu’il mérite.
- En vente dans toutes les maisons spéciales d’articles photographiques.
- -Notice franco--
- v ÉTABLISSEMENTS BÉNEY Frères. PARIS-8” — 8, rixe de Duras — PARIS-80
- Reg. C. : Seine 19.055.
- POUR LA PHOTOGRAPHIE
- EN NOIR ET EN COULEURS
- TEMPS DE POSE EXACT
- Instantanément et sans calcul en visant directement le sujet,
- Par le PHOTOMÈTRE NORMAL
- à prismes
- El#\ ES, Ingénieur-Opticien
- . UCuOli Rue d® la Perle, 3, PARIS
- OBJECTIFS POUR LA PHOTOGRAPHIE
- Reg. C. s Seine 12.131.
- DANIEL SACKtC-
- PARIS - 55-64, rue Legendre, 55-64 - PARIS
- Téléphone Wagram 03.52 Reg. C. : Scfate 181380
- Installations complètes d’ÉlectricKè
- ÉCLAIRAGE DES CHATEAUX
- TRAVAUX TRÈS SOIGNÉS
- NOMBREUSES RÊFÊRENCB3
- Maison fondée en 1890 - Médailles d’Or
- -558 LXXI
- p.2x69 - vue 523/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- M. le lieutenant Deschepper, à Aix-La-Cbapelle. — i° Pour conserver un élément d’accumulateur au plomb en réserve, il suffit de le charger et de vider complètement le bac. On ne doit rincer qu’avec de l’eau distillée.
- %° Il n’y a, par contre, aucun moyen spécial de conservation des batteries de piles dites « sèches », dont nous avons donné la description dans nos « Chroniques de la T. S. F. ». La durée de conservation de ces batteries, maintenues dans un endroit sec, varie entre trois et quatre mois.
- M. P. Trottier, à Chaumes-en-Brie (Seine-et-Marne). — Nous vous remercions de votre intéressante communication sur un dispositif de recharge d’accumulateurs sur courant continu, nôus ferons connaître à nos lec-\ teurs ce procédé très pratique.
- M. R. Froger, à Chatellerault (Vienne). — r° Il nous semble que les accidents survenus à vos écouteurs et haut-parleurs ne sont pas normaux, et doivent provenir sans doute d’un défaut ou d’une détérioration du montage de l’amplificateur.
- Il faudrait vérifier ce montage, et d’ailleurs une précaution essentielle de protection des écouteurs consisterait à utiliser un transformateur de sortie de rapport x ; au lieu de connecter directement le récepteur dans le circuit-plaque de la dernière lampe à basse fréquence. Vous pourriez d’ailleurs trouver des détails à ce sujet dans La Pratique radioélectrique.
- i° Voici une adresse de maison s’occupant de bobinages, Maison Creston, n, rue d’Angoulême, Paris.
- M. L. C., à Monceau (Belgique). — Votre fil de 12/100 mm, isolé à la soie, peut parfaitement convenir pour la construction d'inductances de liaison pour amplificateurs. Nous avons déjà indiqué plusieurs fois dans la Boîte aux Lettres les constantes de ces bobinages, vous pouvez également les trouver dans La Pratique radioélectrique.
- M. Roux, à Marseille. — i° Vous pourriez fort bien recevoir sur cadre les émissions radiophoniques, mais il serait nécessaire d’employer deux ou trois étages à haute fréquence avec la détection. Le rendement des
- étages à l’ésonance est bon mais le réglage assez difficile si vous n’avez pas l’habitude de ce genre d’appareils. Vous pouvez utiliser plus facilement des étages haute fréquence à selfs de liaison avec ou sans fer. (Voir par exemple La Pratique radioélectrique).
- 2° Employez un cadre de x m de côté à^35 spires, ou de 2 m. à 20 spires pour les ondes moyennes. Un cadre de 1 m 5o X 2 m. comprenant 5 spires peut servir pour la réception des ondes coui’tes.
- 3° Un condensateur variable en dérivation suffit pour Vaccord de ce cadre ; un variomètre peut être cependant intercalé dans le circuit, entre le cadre et le condensateur évidemment.
- 4° Une anténne prismatique donne de très bons résul-tats, surtout pour les ondes courtes; une longueur d’une vingtaine de mètres serait suffisante.
- 5° Dans le cas que vous indiquez le variomètre sert pour réaliser un accord précis sans l’aide d’un condensateur variable.
- 6° Les remarques indiquées plus haut à propos de Vamplificateur sont toujours valables pour la réception sur antenne. Il suffirait seulement d’employer un seul étage à haute fréquence avant la détection, au lieu de deux ou trois. L’emploi d’un étage à résonance est encore plus recommandé cependant, par suite de la difficulté plus grande de syntonie.
- 70 II vaut beaucoup mieux mesurer les constantes d’un cadre que les calculer approximativement. Vous pouvez trouver dans La Pratique radioélectrique des détails à ce sujet. La formule que vous indiquez peut
- s’employer à la rigueur, à condition que le rapport jne
- soit pas trop grand. L’approximation proposée peut être faite pour avoir l’ordre de grandeur du coefficient de self-induction et non évidemment pour un calcul sérieux.
- Vous pouvez également consulter Les Mesures en haute fréquence, par H. Armagnat et Léon Brillouin (Chiron, éditeur), v.d devrait en tout cas être remplacé • par la valeur du périmètre d’une spire du cadre considéré.
- fiVIACHINE A CALCULER
- DACTYLE
- (Fabrication française)
- Douze Modèles
- différents
- MACHINES
- “MINIATURE”
- FAIT TOUTES LES OPÉRATIONS
- Catalogues et Renseignements franco sur demande
- DEJOUX & Cie, 4, rue Lafayette, PARIS
- R. C. Seine 73.185. Tel. : Central 23.71.
- CLOTURE Grillagée
- PRIX 1 1*00 de Haut 2 75
- au ) i-20 — 3 30
- fliètre ) 1*50 — 3 90
- .-•nurant r ?,*00 — 4 90 1
- Comprit tu p porta en fer, fit de fer, rtlditt6urt,grUlage et tll p*Mttaoh.
- YHSOL.ON, Fab‘, 16, Rue du Louvre, PARIS,
- ENVOI FRANCO OU CATALOGUE N° 5
- Reg. C. : 210.778 B.
- *
- *
- CRITERIUM “PORRO”
- JUMELLE .4 PRISMES E JC TR A LUMINEUSE
- La Meilleure, la moins Chère
- Catalogue franco X. LOLLIER, Constructeur 47, Rue Turbigo, PARIS (3°)
- Reg.Comm. s Seine 136.273
- Petites Annonces
- resemées aux offres, demandes et échanges d’objets divers, aux offres et demandes d’emplois. Il n'y est
- inséré aucune annonce commerciale.
- Le prix de la ligne de 50 lettres ou signes est de 4 /r. (2 fr. 50 pour les abonnés qui devront ioindre la bande d'abonnement à la demande d'insertion).
- Les demandes doivent nous parvenir 10 jours avant la date d’apparition du Journal, accompagnées du mandai ou du chèque nécessaire.
- Machines statiques. Bobine Ruhmkorf de 55 cm d’étincelle, Microscope. Microtome, Balances, Accessoires divers de Lbor. — Sadres-er 2, rue René-Panliard, Paris (13e).
- Amplificateur 3 lampes 11F Périeaud, à réaction.............100 fr.
- Amplificateur de puissance pour hautr-carleur, type Yitus. 200 fr. Les deux à l’état de neuf. — On échangerait contre un ohmmètre. Ecrire Rature, n° 600.
- /
- Radiola avec cadre complet p-mr ondes courtes et ondes moyenne.-. Etat neuf, 500 fr. — Ecrire Rature, n° 601.
- -$? LXXII
- p.2x70 - vue 524/688
-
-
-
- VARIÉTÉS
- les garanties désirables. Cet outillage vient généralement d’Allemagne, ou a été construit d’après les modèles allemands ; mais des modèles français sont à l’étude. Les machines les plus modernes servent à la fois à l’extraction et à la séparation des produits destinés à des usages agricoles ou industriels, à la dessiccation et à la pulvérisation de la viande, à la stérilisation de toutes les matières organiques, utilisables ou non, qui sont soumises à leur action. Elles ont enfin une capacité assez considérable pour qu’on puisse introduire dans l’extracteur, sans les débiter au préalable, les cadavres des gros animaux domestiques morts de maladies dangereuses pour le personnel.
- Un vaste autoclave cylindrique, à grand axe horizontal et mobile autour de cet axe, sert d’appareil d’extraction et de séchage. Il présente une ouverture assez large pour permettre l’introduction des cadavres non dépecés, et celle d’un tambour métallique, perforé, mobile lui-même dans l’intérieur de la première enveloppe et muni de malaxeurs à sa périphérie;
- Sous l’action de la vapeur à la pression de 4 kg, provenant d’une chaudière, les liquides extraits des cadavres s’écoulent dans un récipient où, par différence de densité, les graisses se séparent des bouillons gélatineux. Ceux-ci continuent leur route vers un évaporateur qui concentre la gélatine et renvoie les vapeurs dans l'autoclave sur son axe. Des dispositifs annexes assurent également la destruction des vapeurs et gaz qui se dégagent des graisses.
- En résumé, avec un appareil de cette nature, les graisses sont entièrement fondues; la gélatine est extraite des eaux, ces deux produits sont séparés de la viande et des os dégélatinisés, lesquels, après séchage, sont aisément réduits en farine. Sous linfluence de la vapeur sous pression, toute la vie microbienne est anéantie, jusques et y compris dans les eaux résiduaires. La main-d’œuvre, après introduction des cadavres dans l’autoclave, se réduit à la conduite des machines et à la manipulation des produits stériles. Ceux-ci sont évacués de la salle de traitement vers le hall de réception des matières brutes aseptiques. Les dimensions des autoclaves actuellement en service varient entre les contenances de 5oo à 25oo kg. Un appareil moyen peut transformer deux charges par jour, s'il est actionné par deux équipes travaillant chacune 8 heures.
- Résultats. — En comparant les chiffres déclarés par différentes usines de France, de Suisse et d’Allemagne, on peut considérer que le traitement intégral, par la vapeur sous pression, des cadavres d’animaux, donne,
- en produits principaux, les résultats moyens suivants : par rapport au poids total des matières brutes employées :
- Graisses..................... 8 p. ioo
- Gélatine..................... 7 p 100
- Farine .....'............... 17 p. 100
- Certains établissements français obtiennent même un rendement supérieur en farine et l’un d’eux accuse a5 pour 100 de ce produit, pour 7,5 de graisse et 5,5 de gélatine.
- Plusieurs analyses de la farine animale indiquent qu’en moyenne sa composition est la suivante :
- Substances albuminoïdes. . 5o à 60 p. 100 (soit 8 à 9 p. 100 d’azote).
- Graisse....................n p. 100
- Matières minérales .... 20 p. 100
- (dont 8,5 d’acide phosphorique).
- Il s’agit donc bien d’un produit possédant une réelle valeur, soit comme engrais, soit comme aliment du bétail.
- Il n’est guère besoin d’insister sur les avantages de la modernisation de l’industrie de l’équarrissage. L’industriel lui-même, en s’organisant de manière à récupérer la plus grande partie des éléments contenus dans les substances organiques qu’il traite, s’assure un bénéfice commercial infiniment supérieur" à celui qu’il peut retirer en s’en tenant aux anciennes méthodes.
- Au point de vue de l’hygiène collective, les profits sont encore plus intéressants : le chantier d’équarrissage cesse d’être un chantier autour duquel il est indispensable de créer un véritable cordon sanitaire, la contamination du voisinage par l’atmosphère ou des infiltrations souterraines n’est plus à redouter, les odeurs infectes s’atténuent et, fait plus important, le travail des ouvriers employés dans les usines modernes perd la majorité de ses caractères d’insalubrité; enfin, le transport et la mise en place des engrais deviennent exempts de dangers.
- Mais étant donnés les prix qu’atteignent actuellement les installations industrielles ne laissant rien à désirer, on ne saurait trop attirer l’attention des chefs d’entreprise sur la nécessité de prévoir un travail continu et important, leur assurant une production largement rémunératrice ; les débouchés ne leur manqueront pas.
- Francis Marre,
- Chimiste-expert près la Cour d’appel de Paris et les Tribunaux de la Seine.
- ’I&D
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- OSt...
- Mesure d’un grand diamètre au pied à coulisse. — Supposons que nous désirions connaître le diamètre d’une grosse conduite et que, pour cela, nous n’ayons à notre disposition qu’un simple pied à coulisse. Nous pourrons néanmoins déterminer avec une seule mesure, grâce à un calcul simple, le diamètre du tuyau.
- Ecartons les branches du pied à coulisse, de manière que la tige soit tangente au tuyau et que les deux becs touchent également la surface du tuyau. Nous mesurons ainsi une corde du cercle, dont la flèche est égale à la profondeur du pied, c'est-à-dire à la distance de la pointe des becs à la tige.
- Si la longueur de la corde, lue sur la graduation, est égale à L, le rayon cherché ^est l’hypoténuse d’un triangle rectangle ayant pour côtés de l’angle droit, d’une part, la demi-corde, d’autre part, la différence entre la flèche et le rayon, on a donc :
- R* = j +(R-*)8,
- ce qui donne finalement en développant et en éliminant R2
- 0 = ^ — aRfc+/i*.
- 4
- On en tire immédiatement la valeur de xR ou du diamètre cherché, soit :
- L*
- P = 2.Pi - -f h,
- f\h
- Ce procédé s’applique chaque fois que le diamètre du tuyau ou de la barre cylindrique se trouve être supérieur à deux fois la valeur de h. Il serait même possible de dresser un tableau, pour un pied à coulisse donné, ayant une valeur de h déterminée, afin de connaître la valeur du diamètre D par simple lecture de la longueur de la corde, lorsque la tige est tangente au cercle de diamètre D.
- Aflumoir fait avec une vieille lampe Pigeon. — Il est possible d’utiliser le corps d’une vieille lampe Pigeon, pour le faire servir à un allumoir au ferrocérium.
- Pour cela, on prépare une tige métallique montée sur un bouchon métallique venant coiffer le corps de la lampe. Cette tige est fendue pour permettre la fixation d’une mèche ordinaire de lampe à essence, qu’on pourra remplacer avantageusement par une cordelette d’amiante.
- L’extrémité du tube est préparée en biseau de manière à produire une gerbe d’étincelles en frottant sur l’alliage au ferro-cérium. Celui-ci sera constitué par une petite plaquette, que l’on pince dans une monture en queue d’aronde du genre de celles que l’on trouve sur certains briquets.
- La monture est fixée sur le corps de la lampe et ce dernier est monté sur une planchette, au moyen de deux brides en laiton qui le maintiennent en lç serrant sur la
- p.r71 - vue 525/688
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- plaquette. Quand le montage est terminé, on accroche l’ensemble dans la cuisine, à deux dons, comme on le ferait d’une vulgaire sonnette électrique.
- La garniture intérieure de là lampe Pigeon permet de placer une bonne provision d’essence dans l’allumoir et comme la quantité d’essence consommée à chaque allumage est infime, le fonctionnement est assuré pendant longtemps, sans qu’on ait à s’occuper d’autre chose que de surveiller le remplacement de l’alliage et l’on tâchera de l’user le plus régulièrement possible.
- La longueur du tube allumeur permet de s’en servir sans danger pour l’allumage des réchauds à gaz ou même des bûchettes du foyer de la cuisinière.
- Perfectionnement aux fiches de prise de courant. — Il est fréquent d’utiliser des prises de courant à deux broches pour l’alimentation d’appareils de chauffage et d’éclairage électrique. Lorsque l’appareil est débranché, tout en restant à proximité de la prise de courant pour une utilisation ultérieùre, le cordon souple traîne à terre, le bouchon à broches, généralement en porcelaine, risque de se casser. En tout cas le conducteur qui traîne à terre et se trouve avoir toujours une certaine longueur est des plus gênants.
- Pour éviter tous ces ennuis, il suffit de mettre un simple clou à crochet dans la paroi, immédiatement au-dessous de la prise de courant fixée au mur.
- Près du bouchon, on assujettit avec du gros cor-
- donnet un auneau de rideau. Par suite, quand on retire le bouchon de la prise de courant, il suffit de l’accrocher au clou par l’anneau que l’on a placé. Ainsi on trouve immédiatement, près de la prise, le bouchon quand on veut se servir à nouveau de l’appareil électrique.
- Charge des accus de T. S. P. sur une automobile. — La plupart des automobiles sont aujourd’hui munies de l'éclairage électrique et possèdent une batterie d’accumulateurs que charge la dynamo reliée au moteur de la voiture. Un conjoncteur-disjoncteur établit ou supprime les connexions quand cela est nécessaire.
- On peut se servir de cette installation pour recharger une batterie d’accumulateurs de T. S. F. Cette dernière comporte seulement deux éléments, alors que la batterie d’éclairage en comporte soit trois, soit six suivant que l’installation est à 6 ou 12 volts.
- On branchera donc la batterie d’accus de T. S. F. en dérivation aux bornes d’un groupe de deux éléments quelconques de la batterie de la voiture et comme généralement les capacités des éléments d’accumulateurs de voitures sont plus élevées, ce montage ne présente pas d’inconvénients.
- Si on le désire, au cours de la charge, on peut de temps en temps faire des permutations entre les éléments de la batterie de la voiture par rapport à ceux de T. S. F., pour qu’en moyenne ils se trouvent finalement soumis à un traitement identique.
- BOITE AUX LETTRES
- Q0L
- csat
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. L. C., à Valence (Drôme).— Conserves ménagères, Petits pois. — i° Entre les trois genres de conserve : au naturel, à l’étuvée, au beurre, le plus simple est le premier. En voici une recette. Introduisez les petits pois assortis de grosseur dans un flacon ou une bouteille à eau minérale, verre blanc, tassez-les bien en cognant le fond sur un torchon plié en plusieurs doubles, bouchez et stérilisez pendant deux heures au minimum pour les bouteilles d’un litre, si l’on se sert d’un bain-marie ordinaire. Laissez refroidir, cachetez après avoir ficelé les bouchons, conservez en lieu sombre et frais. On recommande aussi de juter avec un verre environ du
- bouillon suivant, par bouteille :
- Oignons blancs..............................5o gr.
- Laitue......................................5o —
- Thym et sarriette, un petit bouquet
- Eau....................................... io lit.
- a0 Conserves de. haricots verts. — Après les avoir effilés et assortis de grosseur, stérilisez-les au naturel comme les petits pois. 11 paraît préférable, cependant, de les blanchir auparavant pendant 4 minutes ou jusqu’à ce que le haricot fasse la boucle sans se casser.
- 3* Précautions à prendre. — Pour réussir il faut : ie que la stérilisation au bain-marie soit assez prolongée, que sa durée ne parte que du moment où un thermomètre plongé dans une bouteille pleine d’eau, à côté des autres flacons, indique ioo° ; 20 que les bouchons soient de première qualité, bien enfoncés et ligaturés avec du fil de fer, puis cachetés aussitôt secs; 3° conserver les bouteilles dans un endroit sombre et aussi frais que possible et de telle façon que le liquide mouille toujours le bouchon ; tyndalliser, c’est-à-dire appliquer trois chauffages de cinq minutes chacun au bain-marie à ioo° à 24 heures de distance l’un de l’autre, mais il est prudent de se servir alors de flacons pneumatiques ou à téton laissant l’air sortir du flacon pendant la stérilisation.
- MM. Paput, à Moulins, et Matignon, à Paris. — Les écrans pour projection qui doivent fonctionner par réflexion et non par transparence sont préalablement rendus opaques, afin d’éviter les pertes de lumière. Pour cela on colle à l’envers du tissu une feuille de papier
- blanc, laquelle sera ensuite recouverte d’une feuille de papier foncé. Sur le devant de l’écran on donne une couche de badigeon fait à chaud avec un litre d’eau, 5o gr. de gélatine et 3oo gr. de blanc de neige. Dans le cas où l’on veut métalliser la surface pour la rendre plus réfléchissante on prend un lait de chaux très dilué, contenant 10 gr. de chaux vive et on y délaye 3o gr. de caséine ordinaire; cela fait on incorpore à la masse visqueuse 20 gr. de blanc d’Espagne et 20 gr. d’aluminium en poudre très fine. Par badigeonnage au moyen de cette mixture, on obtient un blanc métallique mat diffusant très bien la lumière.
- M. A. Choisy, à Paris. — Vous trouverez des détails sur l’obtention des tissus batikés dans notre n° 2672 du 21 juillet 1923, page 21 des Variétés, où sont résumées les connaissances actuelles sur la question; voyez également dans le Larousse moderne, n° 187, septembre 1922, un article très documenté de M. Paul Zimmermann sur le même sujet.
- M. Brazier, à Laon. — Pour pouvoir peindre à l'aquarelle sur des coquillages il faut les dégraisser en les faisant bouillir pendant quelque temps dans une solution à 5 pour 100 environ de soude caustique (potasse des peintres étendue de dix fois son volume d’eau), mais vous n’obtiendrez le plus souvent que des couleurs mates, c’est pourquoi il est préférable d’employer des vernis colorés dont les teintes seront brillantes et transparentes.
- M. E. Rousseaux, à Beauvais. — i° La formule suivante d'encre à stylos vous donnera certainement satis-
- faction.
- Bleu de méthylène ..... 4 gr-
- Alun pulvérisé.................. 4 —
- Eau distillée..................5oo c. c.
- Alcool à g5°................ 20 —
- Faire dissoudre le bleu dans l’alcool, l’alun dans l’eau, mélanger et ajouter :
- Glycérine blanche.......... 25 c. c.
- 20 La réimperméabilisation de votre capote d’auto peut être réalisée facilement en badigeonnant l’étoffe avec une solution composée de :
- Vaseline blonde................ 10 gr.
- Lanoline anhydre. 10 gr.
- Essence pour autos.............5oo c. c.
- Tétrachlorure de carbone. . 5oô —
- Si vous désirez un enduit noir, faites dissoudre dans la mixture une quantité suffisante de noir au. stéarate,
- ( Voir la suite pp. LXXT et LXXIJ.)
- p.r72 - vue 526/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Procédés originaux ei constructions géométriques, par E. Fourrey. i vol. 14a p., 15x fig. Yuibert, éditeur, Paris, 1924.
- Ce livre de géométrie très élémentaire appartient à cette attrayante catégorie d’ouvrages que l’on désigne parfois sous le nom de récréations mathématiques. Ils ont le mérite, en piquant la curiosité, d’éveiller l’attention et la réflexion du lecteur sur des sujets qui, en général, ne les retiennent guère, précisément parce qu’ils sont trop familiers. Dans ce nouveau volume, ouvrage malheureusement posthume, M. Fourrey étudie d’abord ce qu’on pourrait appeler la géométrie de la règle : constructions qui peuvent s’effectuer à l’aide de la règle seule, constructions qui peuvent s’effectuer avec une règle fixe et un cercle fixe, avec une double règle, avec une règle etun transporteur de segments, avec la règle et l’équerre seule; dans le même esprit il aborde ensuite la géométrie du compas. Ces études n’ont pas seulement l’avantage de nous montrer sous un jour nouveau les rudiments dé la géométrie; les constructions auxquelles elles donnent lieu peuvent trouver d’utiles applications en arpentage et topographie. L’ouvrage se termine par une curieuse étude de la géométrie du pliage, féconde en constructions amusantes, comme celle des polygones ou des polyèdres réguliers, ou encore celle du pentagone régulier au moyen d’un nœud de cravate en papier.
- Chimie des colloïdes et applications industrielles, par L. Meunier, i vol. 336 p. J.-B. Baillière et fils, éditeurs. Paris, 1924. Prix broché : 3o francs.
- Les propriétés des colloïdes jouent un rôle essentiel dans un très grand nombre d’opérations pratiques et de préparations chimiques. Aussi importe-t-il qu’elles soient connues d’üu public aussi large que possible.
- Jusqu’ici les ouvrages élémentaires sur les colloïdes élaient bien rares en France, et ceux qui existent ne répondent guère aux préoccupations industrielles. Cette grave lacune est aujourd’hui comblée, grâce à l’excellent traité de M. Meunier. Il se divise en deux parties : la ira est consacrée à l’exposé élémentaire des propriétés fondamentales des substances colloïdales; c’est un véritable travail de vulgarisation : clair, bien ordonné, de lecture facile, accessible à tout lecteur d’instruction moyenne. La 2° partie passe rapidement en revue les industries qui mettent en œuvre les propriétés des colloïdes et résume les connaissances acquises sur les réactions complexes mises en jeu; ces industries sont fort nombreuses et la plupart sont de toute première importance au point de vue économique ; citons la préparation, le blanchiment, la teinture des fibres textiles animales ou végétales : 'laine, soie, cotop, lin, etc. ; le traitement des celluloses : fabrication du papier, de la soie artificielle, des poudres sans fumée, des celluloïd et des acéto-celluloses. M. Meunier, à la lumière de la chimie colloïdale, étudie les colorants artificiels et les théories de la teinture. Il passe ensuite en revue les plus importantes des protéines : albumines, gélatines, caséines, leurs propriétés et leurs applications. Il étudie de même lfes tanins, les procédés et la théorie du tannage; les savons et les émulsions de corps gras; le caoutchouc, la coagulation du latex et la vulcanisation; les argiles et les sols; il termine par une étude de la purification des eaux résiduaires et par des notions sur les diastases. C’est, on le voit, un ouvrage riche en idées et en renseignements précieux.
- Fabrication des engrais chimiques, par J. Fritsch, 2e édition, revue et mise à jour. 1 vol. in-8, 546 p., 79 fig. Amédée Legrand, Paris. Prix : 5o francs.
- Cet ouvrage traite de la fabrication des éngrais phosphatés, des engrais azotés et des engrais potassiques. L’étude des engrais phosphatés comprend la fabrication des superphosphates et des scories .de déphosphoration. L’auteur décrit les gisements mondiaux de phosphates et de phospho-guanos,.la solubilisation des phosphates bruts, la vidange mécanique
- de la cuve à superphosphate, le nouveau mode d’emmagasinage de ce dernier, l’épuration des gaz toxiques qui se dégagent de la cuve et leur utilisation pour la fabrication du fluosilicate de soude et de produits divers, les nombreux engrais nouveaux, etc. Dans la seconde partie,est décrite la fabrication des engrais azotés : sulfate d’ammoniaque, nitrate de soude, utilisation des matières organiques, récupération de l’azote des vinasses de distillerie. Un chapitre spécial est consacré à la synthèse de l’azote, à l’état actuel et à l’avenir de cette industrie. La troisième partie est consacrée à l’étude des sels de potasse et à la fabrication des engrais potassiques. L’ouvrage se termine par la description d’une centaine de brevets récents relatifs aux engrais des trois catégories.
- L’ouvrage est amplement documenté et clair. Une table analytique soigneusement étab'ie facilite les recherches et permet de trouver instantanément le sujet sur lequel on veut se documenter.
- Menuiserie, Serrurerie, Plomberie, Peinture et Vitrerie, par E. Aucàmus. 2e édition. Dunod, éditeur. Paris,
- 1924. Prix, relié : 3o francs.
- Les deux premières parties comprennent l’étude de la menuiserie et de la serrurerie de bâtiment : en regard d’un exposé précis du travail étudié et des détails qui sont indispensables à sa bonne exécution se^trouve placée une figure cotée où sont représentés les points délicats et intéressants. Bien souvent, pour un praticien, il suffira de lire une figure pour trouver le renseignement cherché
- Pour la plomberie, les questions usuelles telles que la pose des canalisations d’eau, de gaz, l’installation du système du tout à l’égout, sont très largement traitées. Enfin, le choix des matériaux, leur mode d’emploi et l’exécution des ouvrages de peinture et de vitrerie complètent cet ouvrage.
- Congrès de l’Eau (24-26 mai 1923), compte rendu des travaux. 1 brochure 228 p., 1 carte hors texte. Imprimerie Roumegous et Dehan, Montpellier, 1923.
- Le Congrès de l’Eau, tenu à Montpellier sous la présidence de M. Ch. Fiahault, a entendu d’intéressantes communications qui sont reproduites dans cette brochure.
- Signalons celles de M. Chaptal sur le régime des pluies à Montpellier, la statistique des inondations de l’Hérault par MM. Rouanet et Pons, une étude de M. Reverdy sur les reboisements dans 1 Hérault et la lutte contre l’inondation, une note de M. Castagne sur les sources minérales radioactives de l’Hérault, l’histoire des moulins à vent par le professeur Tur-rière, une?%avante étude du Dr Amans sur les moulins à vent à axe vertical, la statistique des sources dans le département de l’Hérault par MM. Pons et Rouanet.
- Report on the Danish Oceanographical Expéditions 1908-1910 to the Mcdiierranean and adjacent Seas, par Johs. Schmidt. Vol. VIII. 1 vol in-4 Andr. Fred. Host and Son, Copenhague. Prix : 3o sh.
- Nos lecteurs connaissent le Dr Johs. Schmidt par le compte rendu, paru dans le n” 2548, de son dernier voyage dans l’Atlantique et la Mer des Antilles, où il déchiffra définitivement le mystère de l’anguille. Précédemment, il avait dirigé à bord du Thor les expéditions de l’Institut Carlsberg, à travers l’Allan-tique et la Méditerranée, les plus importantes qui aient eu lieu dans cette dernière mer. Les résultats sont publiés depuis, à mesure, en une série de vo-„ lûmes dont le 70 paraît aujourd’hui. On y trouve trois mémoires de zoologie pure; une étude sur la mer des Sargasses, ses limites et sa végétation, qui apporte de nombreuses précisions sur cette immense région isolée des lignes de navigation; une évaluation du plankton de la Méditerranée comparé à celui de l’Atlantique; l’examen des jeunes anguilles des eaux douces du nord et du sud de l’Europe ; une étude des courants de la Méditerranée au moyen de bouteilles flottantes. Ce 7e volume est une nouvelle pierre apportée au monument océanographique élevé par le Dr Schmidt et le Danemark.
- p.2x71 - vue 527/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS'^
- U
- N° 2605 Mars 1924
- Haut-parleurs pour auditions en public. — Pendant l’Exposition de T. S. F., des haut-parleurs puissants avaient été installés, soit dans la nef du Grand Palais, soit sur le toit.
- Ces haut-parleurs permettaient l’audition à grande distance de concerts radiophonés, ou simplement de ceux d’un orchestre local.
- Ils avaient été établis par les établissements Gaumont,
- PÀ/S/3
- Place
- Concorde,
- Eapl, 400 des Invalides ~ 600
- lCt?^c/es“
- Députés
- la Société K française radioélectrique et le Matériel téléphonique (représentant la Western Electric C°).
- La parole a pu être entendue à plus de i km des pavillons et nous reproduisons, d’après un plan communiqué par le Matériel téléphonique, les emplacements où ont été entendues les transmissions, ce qui permettra de se rendre compte de la puissance des haut-parleurs employés. Les régions ombrées de la carte sont celles où l’audition était nette.
- Epave flottante. — Le 4 décembre 1923, le paquebot Saxonia de la Cunard Line, en route pour New-York, a rencontré un quatie mâts goélette abandonné, rouché sur le côté, les deux mâts de l’avant seuls debout. Ce navire, chargé de bois, fut visité par un officier du Saxonia et reconnu comme étant le Governor-Parr. La rencontre avait lieu par 43° 07' Nord et 56° 04' Ouest. La terre la plus rapprochée était Halifax à 860 milles. On ne pouvait songer à remorquer jusque-là le navire abandonné, qui paraissait sans avaries graves, et le Saxonia continua sa route.
- A son voyage de retour, qui le faisait passer dans les mêmes parages, le paquebot ne revit pas l’épave du Governor-Parr. Mais le 21 décembre, le vapeur Laconia la rencontra à nouveau par 420 18' Nord et(54° 19' Ouest.
- Il y a là un exemple nouveau de ces dangereuses épaves flottantes dont La Nature a parlé à plusieurs reprises en signalant les routes que les courants leur font suivre à travers l’Atlantique. Pour le Governor-Parr, on constate que du 4 au 21 décembre il a parcouru environ 65 milles, soit près de 4 milles par jour.
- La T. S. F. pour les embarcations de sauvetage des navires. — U Engineering propose de munir les embarcations des paquebots d’un ballon-saucisse de petite dimension qui pourrait s’élever à 60 m. environ et dont le câble servirait d’antenne pour un petit poste de T._S. F.
- Lesembarcations pourraient ainsi, en cas d’accident, signaler leur position et de plus le ballon serait apei’çu des navires circulant dans les parages, plus facilement que le canot lui-même. La saucisse aurait 3 m. 60 de long, 1 m. 20 de diamètre. Son poids avec le câble-antenne ne dépasserait pas 4 kg, et son encombrement celui d’un vêtement ciré. Il faudrait pour la gonfler 4 m3 de gaz que renfermerait un cylindre de 90 cm de
- long et a3 cm de diamètre facile à loger dans le fond du canot.
- L’annexion du pôle Nord par les Etats-Unis. — M. Denby secrétaire de la Marine, aux Etats-Unis, a informé la Chambre des représentants que l’expédition projetée au Pôle Nord par le dirigeable Shenandoah, assisté de navires de guerre et/d’avions, se rapporte à l’intention du Gouvernement d’annexer les terres avoisinant le Pôle au domaine des Etats-Unis, gp
- « Nous ne pouvons permettre, a-t-il dit, qu’une aire de plusieurs millions de milles carrés voisins des Etats-Unis tombe aux mains d’une autre Puissance. >
- « Si, cet été, nous ne réussissons pas à lever un plan photographique des régions du pôle Nord, la carte en sera dressée par une autre nation avant un an. »
- Le droit des Etats-Unis à annexer la région Arctique, repose sur le fait que, le 6 avril 1909, le pavillon américain a été planté au pôle par le contre-amiral Peary, à la suite de l'expédition entreprise l’année précédente sur le vapeur Roosevelt.
- On sait que l’Angleterre a déjà pratiquement annexé le pôle Sud. Le Canada, d’autre part, a des visées sur le pôle Nord et les régions arctiques.
- Ajoutons enfin que l’expédition du Shenandoah a été ajournée, il y a quelques jours, par ordre du Président Coolidge, décision qui a entraîné ladémissionde M. Denby.
- La propriété des régions arctiques va donc rester en suspens pendant quelque temps encore.
- Le décapage à la grenaille de fer. — L’emploi du jet de sable projeté par l’air comprimé est très répandu aujourd’hui dans l’industrie, pour le nettoyage ou le décapage rapide de divers objets. C’est, en effet, un procédé à grand rendement et économique qui s’adapte bien aux travaux en série. Mais il présente un inconvénient grave; il fait beaucoup de poussière; car le sable employé est généralement très fin et achève de se pulvériser par le choc. Cette fine poussière qui flotte dans l’atmosphère est très nocive; les grains minuscules qui la constituent ont des bords acérés, et, introduits dans les voies respiratoires, ils finissent par y produire des lésions qui prédisposent à de graves maladies, notamment à la tuberculose. Sans doute, ces travaux au jet de sable sont toujours effectués dans des locaux hermétiquement clos, pourvus d’une aspiration mécanique énergique. Les ouvriers qui les exécutent sont obligatoirement munis d’un casque respiratoire qui les isole de l’atmosphère ambiante. Mais dès que travail est terminé, ils s’empressent de se débarrasser de ce casque lourd et gênant, alors que les poussières continuent à flotter dans l’air. M. .Costes, dans le Bulletin de VAssociation des Industriels de Brarice contre les accidents du travail, signale un procédé encore trop peu connu, qui permet de supprimer le grave danger dout nous parlons plus haut. Il consiste à projeter, au lieu de sable fin, de la grenaille de fer. Cette grenaille se présente sous forme de minuscules particules arrondies et presque sphériques. Celles qu’on emploie pour le décapage ont de 1 à 3 dixièmes de millimètre de diamètre. M. Costes, a examiné le fonctionnement de ce système dans les ateliers de MM. Régnault et Desoubry, 6, rue de la Plaine, à Paris. Ces industriels ont accepté d’en montrer également le fonctionnement à toute personne que la question intéresse.
- Le grand avantage du procédé réside dans l’amélioration de l’hygiène de l’ouvrier. La grenaille ne produit pour ainsi dire pas de poussière ; celle qui pourrait se former serait d’ailleurs beaucoup moins nocive que celle du sable. Les impuretés enlevées sur les pièces sont facilement enlevées par la ventilation aspirante. Les locaux de travail rësten%*constammcnt propres.
- La qualité du travail effectué est aussi satisfaisante qu’avec le sable et le prix de revient serait même diminué. En effet, la grenaille de fer ne s’use pour ainsi dire pas, et ne se casse pas, malgré les chocs violents. Très dense, elle n’est pas enlevée par la ventilation aspirante. Elle peut servir presque indéfiniment, alors que le sable exige un renouvellement fréquent. A cette économie de matière s'ajoute la suppression des frais et
- 10
- p.2x72 - vue 528/688
-
-
-
- LEÇONS CHEZ SOI
- PAR CORRESPONDANCE - SANS DÉPLACEMENT
- Vous pouvez profiter des leçons pratiques de TKGOLE FICHER : Commerce »- Calcul rapide — Finance — "Ecriture expédiée Calligraphie ~~ Langues — Tenue des Livres — Sténo-Dactylo Correspondance commerciale — Droit — Dessin industriel T{eprésentahon — "Publicité — Coupe -- Couture, etc.
- DIPLOMES — EMPLOIS
- L’Ecole Pigier prépare, en outre, par correspondance, a tous l6S examens (Brevets» Baccalauréats) et aux carrières administratives.
- ECOLES PIGIER. 53. rue de Rivoli. Paris
- 19, boulevard Poissonnière — 5, rue Saint-Denis (Châtelet) — 147, rue de Rennes
- LEÇONS LE JOUR, LE SOIR OU PAR CORRESPONDANCE
- 73 années de succès — 11 Grands Prix — 45 Médailles d’Or — 67 Eèoles en Province
- Envoi gratuit du Programme et de la brochure ** Situations ”
- TRAVAUX DE 'COMPTABILITÉ s Organisation — Mise à jour — Vérification, etc.
- SUMMUM I
- pareils stêréoseMes nMues de luxe
- Les tins modernes du genre
- Notice 0.25
- Louis LEULLÏER» Constructr i, final d’Ansterlit*, Paris
- Reg. C. ; Seine 164.442.
- INVENTEURS.:^
- envoyé gratis et franco par l'Ingénleur-Conseil MTiCHEB, 39, Boulevard Saiaf-'Martlo, Paris*
- DEUX MODÈLES Bureau 65 fr. Poche 35f
- y
- breveté saaa
- “CALCULATEUR ADIS0UE MOBILE
- IL SUFFIT DUN SIMPLE MOUVEMENT DUDISQUE POUR OBTENIR LA SO-•LUTION DE N'MPORTE QUEL PROBLÈME —
- Demandez la liFOchiire extrêmement intéressante, avec reproductions des appareils: en timbres
- ou mandat, adressés à MM.
- MATHIEUetIEFÈVRE
- CONSTRUCTEURS R. c, Seins m.w
- 4,Rue Fénelon .Montrouge (seine)
- 8
- R. C, Belfort n» 107
- Groupes ÉLECTRO-POMPES “12-14”
- le Croupe “ 12-f 4 ’J présente les avantages incontestables suivants : Encombrement réduit (disposition murale); minimum d’entretien; facilité de mise en marche; faible puissance absorbée; grande capacité de travail; excellent rendemént de la pompe; nouvelle garniture de presse-étoupe, système " Garïock ”,
- P
- Breveté s. g. d. g.
- DESCRIPTION
- COMPLÈTE
- SUR DEMANDE
- TYPE
- Hauteur d’élévation manométn-que totale réalisable . . . .
- Diamètre des orifices d’aspiration des refoulements . . .
- Débit moyen par heure . .
- Puissance du Moteur de commande, environ..............
- CONTINU 220 f.max.
- 25III.
- 25
- 1/3 HP
- TRIPHASE 2G6 t.nial,
- 50 pps
- 251
- 25
- 1700
- 1/3 HP
- Exposition Nationale Coloniale te Marseille 1922
- Classe 61 (ÉLECTRICITÉ)
- 44
- Dispositif de mise en marclie ei d’arrêt automatique p^r pression,
- avec réservoir de IOO litres et accessoires ( Voir cliché ci-contre).. :
- Ce dispositif assure une réserve de- 40 litres d*eau sous; pression, donnant de l’eau fraîche constamment renouvelée! et supprime tout réservoir encombrant, douteux et ifiMùliré'.
- fl A DV FRERES*?
- y #4 f^. ¥ BlAUCOORt (Tsffit.-#MorU f il s t\.Jl . h I oan.H'Ilull
- -Ü LXXIII
- N® aôoà.
- p.2x73 - vue 529/688
-
-
-
- «BaiaaaHBaiKBianuftiannaaBaaBBMMBa'BiaaaiBvaaBvaVMaBHBMB
- Société des
- ETABL DUCRETETI
- 75, rue Claude-Bernard - Paris
- Reg. C. 35,123 ----o-O—$—0«-
- Concours Lépine 1923 - GRAND PRIX
- Postes Récepteurs
- complets T. S. F.
- à 4 et à 6 lampes
- Dispositifs Spéciaux
- à grand rendement
- Syst. DUCRETET
- Breveté S. G. D. G.
- Réception parfaite de tous les
- RADIO CONCERTS
- ptiXrPflilItEUil h PAVlItliQH G. ItfîKflOVSïÇY
- Catalogues, Tarifs, Notices illustrées sur demande
- *
- CHASSIS d e COUCHE
- Renforcés Fer T et Cornière ; de lm xi» ' 3 travées. Frtx : 13,80] de 1» xi.33 3 - - J*i9S|
- de 1.30^X1.33 4 - - 18 >40,'
- Paillassons sulfatés, Cordes goudronnée#. | Le mètre carré : B fr.
- THDOLON, 16, Rue du Louvre, PARIS
- ENVOI FRANCO DO CATALOOUE N* 5_
- •H
- Reg. G. t 210.778 B.
- *
- D. COP, 52, r. des Archives (4a). R. C. Seine n° 34.184 Accessoires, Décolletage, Fils soie, émail, coton, Transform. H. et B. F., Piles, Accus, Ebonite, etc.
- TOUTES PIÈCES DÉTACHÉES
- Baisse de prix - Tarif franco - Prix modérés I En Magasin : Appareils de mesure, Moteurs, Dynamos,etc. I Neufs et d'Occasion.
- Les pralinés ça fait tomber les doits. Non, ma vieille, pas avec du Dentol.
- Le DENTOL
- J* & EAU, PATE POUDRE, SAVON
- I
- j est un dentifrice à la fois souverainement antiseptique | et doué du parfum le plus agréable.
- I
- ! Créé d’après ies travaux de Pasteur, il raffermit les j gencives. En peu de jours il donne aux dents une blan-! cheur éclatante. Il purifie l’haleine et est particulièrement j recommandé aux fumeurs. Il laisse dans la bouche une ! sensation de fraîcheur délicieuse et persistante.
- B
- j Le DENTOL se trouve dans toutes les bonnes maisons » vendant de la parfumerie et dans les pharmacies.
- S
- \ Dépôt general :
- ! E. VAILLANT et Gie, 19, rue Jacob, à Paris.
- S -Reg. G. î Seine 23.401,
- If
- CAFETIERE
- DE TABLE
- KÏRBY
- En verre allant au feu Pour faire un Café exquis
- KIRBY, BEÂRD & C°
- PARIS - 5, R. Auber - PARIS
- R. C. 142.714.
- -r
- Appareils de Précision pour les Sciences et la Photographie
- Ëmile GUERIN * ® et Cle, lngr*-Con*t" (B'“S. G. D. G.)
- (Ancienne Maison LEROY, fondée en 1872)
- .F* A. IS — 109, Rue du. Bac, 109 — PARIS
- Nouveauté
- Reg.. G;:--Seine 149.003.
- Le Stéréo-Classeur LEROY
- Le moins volumineux
- et le mieux approprié au Classement, à l'Examen et à la Projection des Diapositives
- Demander la Notice.
- H» LXXIY
- p.2x74 - vue 530/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- ennuis engendrés par le nettoyage des chambres à poussières ou des laveurs, parle transport des énormes quantités de poussière, parles réclamations des voisins, etc.
- Les nouvelles mosaïques de Montmartre. — On
- vient d’achever dans le chœur de la Basilique de Montmartre la pose d’une mosaïque aussi remarquable par son envergure que par sou caractère artistique. Il s’agit, dit la Construction moderne, d’unévSœuvre unique en France et peut-être au monde par sa grandeur, sa richesse de ton et son exécution. Elle comporte en effet la pose de plus de i millions de cubes d’émail et d’or et sa surface est de 480 m3. La maquette et les cartons de la mosaïque ont été exécutés en 1911 sous la direction de Luc-Olivier Merson et de Henri-Marcel Magne. Les travaux, commencés en juillet 1913 et interrompus par la guerre en août 1914, alors que 110 m8 seulement étaient posés, furent repris en juillet 1921 et achevés le 3o avril 1923 sous la direction de MM. Hulot et Joubs qui succédèrent à MM. L.-O. Merson et Magne décédés. L’exécution fut assurée par l’atelier du maître mosaïste René Martin.
- Voici quelques détails sur l’exécution de cette belle œuvre : « Sans doute, dit notre confrère, une mosaïque d’émail, ce n'est dans son principe qu’une décoration faite au moyen de petits cubes de verre coloré retenus contre une surface solide de ciment. Mais on imagine facilement quelle habileté technique, quel goût et quelle conscience professionnelle sont nécessaires pour un revêtement dont la surface approche 5oo m3.
- 11 s’agit d’abord d’une surface lisse qu’il faudra « rustiquer » pour donner à la pierre un aspect inégal et rugueux, qui permettra à l’enduit de s’y fixer. Puis, ce sera le piquage de la voûte, les trous — il y en aura huit mille — les scellements, les agrafes tendues de fils de cuivre, toute une armature destinée à recevoir le ciment, dans lequel s’enfonceront les émaux.
- Opération très dure, d’une exécution pénible. Malgré le double plafond de bois blanc, on entendait les ciseaux d’acier, les vilebrequins électriques. C’était un bruit persévérant, continu, se mêlant à tout, nécessitant encore trois longs mois de gêne pour les offices, d’abnégation pour les prédicateurs, de patience pour les fidèles.
- Alors on noya dans une première couche de ciment toute cette armature de fils de cuivre, tout ce réseau métallique. Sur la couche brune et inégale, l’on marqua des points de repère, tout un langage mystérieux et chiffré, des lignes et des nombres, correspondant aux multiples parties de l’immense modèle à reproduire.
- Quand l’heure fut venue de fixer les cubes colorés, on mouilla soigneusement la portion de la surface à recouvrir, pour que la seconde couche d’enduit adhérât solidement.
- Enfin, l’on appliqua les innombrables cubes d’émail, portés par un support collé, et quand l’enduit armaturé fut sec, on détrempa le papier et la colle, pour dégager la surface de l’émail, et l’on vit apparaître, rayonnant, l’or des auréoles, le bleu du fond, le blanc des draperies et des vêtements. »
- Les animaux de chasse et de pêche en mars. — En mars, les lapines sont pleines, mais en ne chassant qu’à tir, au chien courant, on ne risque guère de dépeupler la chasse parce qu’elles restent au terrier ou s’y rendent à la première alerte. C’est l’insouciant Jeannot Lapin qui paie pour elles.
- Par pluie légère ou temps menaçant d’être pluvieux, avec vent du Sud ou du Sud-Est, on peut, à.la hutte, canarder le gibier d’eau, au moment de son passage de retour.
- Les bécasses se reproduisent, surtout par temps doux, sans vent. Il convient de ne pas se livrer à leur chasse, qui, d’ailleurs, est interdite, de. même que celle du coq de bruyère.
- Les alouettes remontent, en bandes nombreuses, vers le Nord ; on les chasse, particulièrement dans le Plateau Central, notamment dans les montagnes de la Corrèze.
- Les perdrix mâles nuisent à la réussite des couvées, il est légitime de les tuer, mais il faut avoir l’œil pour ne pas canarder aussi les femelles.
- Les faisans mâles, en pleine effervescence, s’agitent beaucoup et se laissent voir facilement; il convient de les respecter pour favoriser la multiplication de ce beau gibier. De même pour les coqs de bruyère, qui, d’ailleurs, deviennent de plus en plus rares et que l’on ne
- trouve plus que disséminés, dans le Jura, les Vosges, les Alpes de Savoie, l’Auvergne, les Pyrénées.
- Les cerfs refont leur tête; les chevreuils l’ont achevée.
- Les merles, les grives, les pies, les corneilles ont fait leur nid et commencent à y pondre.
- Les belettes et les putois sont en rut; il faut penser à les piéger, de même que les fouines ; pour les premières, les pièges doivent être placés sur terrain sec et à chaude exposition.
- Mettre des pièges à poteau au centre des plaines; ils détruiront nombre de rapaces, mangeurs de perdreaux et autres gibiers délectables.
- Mars est le grand mois du renouveau pour la pêche et, entre 10 heures et 16 heures, permet de copieuses captures, surtout par beau temps et lorsque, après une crue légère, le niveau des rivières vient à baisser.
- Après ces crues modérées, les carpes, les brèmes, les barbeaux . sortent, parfois, de leur repaire et mordent aux appâts vivants (asticots, vers, etc.), mais ne donnent rien avec les grains cuits.
- Les poissons, encore à demi endormis, ne fréquentent pas les parties rapides, mai6 recherchent, de préférence, le calme des régions profondes, des courants lents, des remous légers, des bords de rivières.
- C est le moment du frai de Y ombre commun et du brochet-, celui-ci mord peu au vif.
- La perche et la vandoise s’apprêtent à frayer et ont peu d'appétit.
- Avec des vers et des asticots, on capture des goujons, des ablettes,-des hotus.
- Le chevenne donne au ver, au vif, aux appâts d’hiver; la truite, à la mouche artificielle, aux asticots, aux vers, au vif; le saumon, aux leurres métalliques, aux crevettes, aux grosses mouches artificielles, leur appétit commence à reprendre, surtout lorsque les eaux se réchauffent.
- Sur les côtes, si la pêche aux poissons est encore faible, par contre, c’est, en mars, un mois excellent pour la récolte des coquillages, qui sont en parfait état, entre autres les coquilles Saint-Jacques et les huîtres, que l’on peut aller draguer sur certains bancs pour les revendre aux propriétaires de parcs, lesquels, dès lors, veillent à leur « engraissement ». Les crabes sont aussi très bons et augmentent en nombre et en qualité. A peu de distance, on peut pêcher les labres-vieilles, les tacauds, les mulets, surtout par les journées ensoleillées. Si la grande pêche au hareng est terminée, par contre, il n’est pas très difficile de capturer des merlans, des , lieus et des limandes, lesquelles ne sont jamais si bonnes... à manger. Au large, avec un filet dérivant, on pêche la sardine d'hiver et la sardine coureuse. A l’entrée des rivières, abondent les éperlans. Quant à la roussette, elle accroche ses œufs aux herbes sous-marines; il faut la laisser tranquille, d’autant plus qu’elle n’est guère suave à déguster. Ceux qui aiment les haliotides — à vrai dire, peu savoureuses — peuvent faire de belles récoltes sur les rochers bretons, et, quand ils les auront mangées, donner leurs coquilles à la nacre éblouissante à leurs amis et connaissances.
- H. Coupin.
- La population des îles Hawaï. — Les îles Hawaï ou Sandwich forment un territoire extérieur de la République des Etals-Uuis ; elles ne peuvent pas devenir Etat, d’après un amendement à la Constitution fédérale de igo5. Elles sont régies par une constitution spéciale du 16 avril 1900 et ont deux chambres élues, le Sénat pour 4 ans et la Chambre des Représentants pour a ans.
- Elles comprennent 8 îles et un grand nombre d’îlots, alignés du N.-W. au S.-E. sur une longueur de 900 km. La superficie totale est de 16750 km3, la population est passée de x 54 000 habitants en 1900 à 192000 en ig 10 et à 2559x2 au census du ier janvier 1920. Elles sont divisées en 5 comtés : Hawaï (île du même nom), Hono-loulou (île d’Oahou), Kalâwai (ile de Malokai et voisines), Kaouai (île du même nom et voisines), Maoui (ile du même nom), Les villes principales sont la capitale Honoloulou (83 237 habitants) et Hilo (io43i habitants).
- On comptait en 1920, 109274 Japonais (contre 61 000 en 1900) 4980 Coréens, 2io3x Philippins, 27002 Portugais (y compris 11 072 nés aux Hawaï et sujets américains) et 22723 Hawaïens de race pure. Ces derniers diminuent à chaque recensement; ils étaient i3oooo en i83o et 3oooo en 1900.
- p.r73 - vue 531/688
-
-
-
- />^ %\
- JSfC*
- /JSi
- %n S '
- Automobilisme
- La bride « C. C. ». — La bride G. C. est le complément du carburateur. Elle groupe cinq dispositifs en un seul et supprime beaucoup d’inconvénients.
- i® Quel ,’est l’automobiliste qui, l’hiver, n’a pas eu quelques difficultés pour mettre son moteur en jjroute. Ceci résulte, soit du manque de volatilité du carburant, lorsque le moteur est froid, soit d’une étincelle trop faible. Le conducteur est alors obligé de mettre de l’essence dans les purgeurs, ce qui, tout en facilitant la mise en route, est nuisible au moteur, noie les bougies, sèche l’huile des pistons, cylindres, et de plus est un facteur de grippage.
- Le plus souvent il noie également le carburateur d’où : perte de temps, d’essence et détérioration du moteur. >
- s La Bride C. C. remédie à cet inconvénient. Dans une. cavité circulaire a, au passage des gaz 3, se trouve une résistance électrique i noyée dans un isolant approprié 4. Sur la paroi de cette cavité se trouvent des ailettes 8 qui en augmentent la surface radiante. La résistance est portée à une certaine température grâce à un générateur quelconque : accumulateurs, dynamos, etc.... L’automobiliste pour mettre en route son moteur n’aura qu’à tourner le commutateur de la résistance qui sera donc portée au rouge et échauffera les molécules d’essence. Une fois échauffées, ces molécules s’enflammeront même avec une étincelle défectueuse ; ceci dure le temps de tourner la manivelle de départ. Le chauffeur arrêtera ensuite le chauffage devenu inutile.
- calamine sur les parois internes des cylindres et par contre-coup l’encrassement des bougies, soupapes, pistons, réchauffement, le cognage et l’auto-allumage qui sont, comme on le sait, provoqués par l’incandescence de la calamine. S’inspirant de ce principe, la Bride C. C., grâce à un raccord 16, reçoit la vapeur d’eau dufradia-
- Fig. 2. — Coupe de la bride « C. C. ».
- Pour les voitures munies d’un démarreur, la Bride G. C. sera utile également afin d’éviter de décharger les batteries d’accumulateurs.
- a° Lors de la compression dans le cylindre, une quantité de gaz carbures s’infiltrent dans le carter, plus ou moins suivant l’état des cylindres (ovalisation, rayures, usure des segments). Ces gaz, qui avec les vapeurs d’huile du carter sont évacués, constituent cependant un mélange d’une richesse exceptionnelle. Dans la Bride G. C., la commande de l’accélérateur fait fonctionner un poussoir 10 qui agit sur une bille xi faisant soupape. Elle met en communication le conduit 12 recueillant les gaz du carter 9 et le conduit des gaz carburës 3, ce qui permet le mélange de ces gaz, qui seront récupérés pour être renvoyés dans les cylindres. On conçoit que le volume du cylindre étant le même, la dépression sur le gicleur est moindre, d’où économie considérable sur la consommation d’essence.
- 3° La plupart des automobilistes n’ont pas été sans
- Fig. 1. — La bride « C. G. »,
- Y '
- remarquer qu’à la tombée de la nuit, en traversant une forêt, le moteur donnait subitement un rendement meilleur.
- Gette amélioration est due à la présence d’humidité dans l’air que le carburateur aspire et mélange aux molécules d’essence. Cette vapeur, sous l’étincelle d’allumage, se décompose en hydrogène-oxygène, ce qui facilite la combustion et surtout supprime les dépôts de
- teur et la dirige dans le conduit 12 qui récupère les gaz perdus du moteur de façon à être mélangés avec les gaz carbures dans la tubulure d’admission 3.
- 4° L’air aspiré autour du gicleur dans le carburateur est de moins en moins chargé de molécules d’essence, à mesure qu’il s’éloigne de son centre. Le fait d’avoir, dans la chambre de combustion, un mélange plus ou moins riche sera nuisible au bon rendement du moteur. On peut comparer l’explosion de ces gaz à une cartouche composée de deux poudres : l’une rapidement inflammable, l’autre lente. Si ces poudi’es sont parfaitement mélangées, le tout s’enflammera en même temps; mais si on met la plus rapide vers l’amorce et l’autre vers la partie supérieure, la première s’enflammera et rejettera la deuxième pendant sa détente, d’où perte de puissance.
- Afin de remédier à cet inconvénient, la Bride C. C. est munie d’une série d’ailettes 8 (déjà employées dans le premier dispositif comme radiantes) inclinées de façon à brasser les gaz carburés en leur imprimant un tourbillonnement continu. C’est là que viennent les gaz récupérés et la vapeur d’eau. Le mélange étant parfaitement homogène, la combustion sera complète, de meilleure reprise et une augmentation de puissance sera obtenue.
- 5° Lorsque le conducteur, pour ralentir sa voiture, ferme son accélérateur, une forte dépression s’exerce sur le gicleur de ralenti, seul orifice restant en communication par la tubulure du carburateur avec les cylindres. On conçoit qu’une certaine quantité d’essence s’écoule inutilisée. Dans la Bride C. G., la dépression agit sur une soupape 11 qui s’ouvre, et comme l’accélérateur au repos ramène le poussoir 10, celui-ci débouche une série de trous 17 dans le but de laisser passer l’air librement dans les cylindres par l’intermédiaire de la soupape 11. Dès que le moteur approche de son régime de ralentira dépression étant moins forte, la soupape se referme et la marche au ralenti se fait normalement. Comme on le voit, ce cas se renouvelant constamment, ce dispositif contribue à une gi’ande économie de carburant. -
- La pose de cet appareil est simple : il suffit de l’intercaler entre le carburateur (que l’on démonte) et le moteur. L’appareil épousant la forme dune bifide, son volume est très restreint.
- Prix de l’appareil avec chauffage : 75 francs, sans chauffage : 45 francs, 61, avenue de Ghevreuse, à Cla-mart (Seine),
- p.r74 - vue 532/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>> Cyclisme
- Patte César Gariji. — La construction de la bicyclette est maintenant parfaitement stabilisée, et les différents Salqns , dé 'l'Automobile, où la petite machine
- Fig. 3. Fig. 4. Fig. 5.
- Position de départ 2“ temps du montage Patte Garin complè-du montage. de la patte arrière. tement montée.
- démocratique se présente, nous montrent toujours ses lignes élégantes et sobres sans changement; ceci prouve que cette machine est complètement au point.
- Cependant chaque année on trouve des modifications de détails intéressantes. Le dernier Salon nous révèle une patte due à un ancien coureur, M. César Garin.
- Cette patte arrière est un véritable changement de vitesses pour bicyclette, Elle permet d’avoir 5 développements différents, c’est-à-dire de donner de 14 à 22 ou de 16 à 24 dents au pignon du moyeu sans qu’on soit obligé de dérégler la chaîne, en conservant toujours le même centrage à la roue et la même action du frein. La roue, lorsqu’elle est montée, rend donc possible le changement de vitesse de la façon suivante.
- * Voici la manière de l’utiliser : L’extrémité recourbée du verrou D est sortie de son plan et ramenée à l’arrière contre un épaulement d’une autre pièce B, Ce travail demande i/a seconde. On desserre les écrous à oreilles sans effort, car ces écrous n’ont pas besoin d être bloqués, on place la roue qui se trouve alors dans la position indiquée par la figure 3, enfin on tourne la roue comme dans une bicyclette ordinaire ou lorsqu’on a une roue libre à double denture, on fait sauter la chaîne d’une denture sur l’autre et l’on remet l’axe de la roue dans l’encoche. On prend ensuite la roue avec les écrous à oreilles et on tire en arrière jusqu’à ce que la chaîne soit tendue, la manœuvre totale demande au plus 7 à 8 secondes.
- Il n’est pas douteux qu’un petit organe de ce genre sera très apprécié des cyclistes, qui disposeront alors sur leur machine d’un changement de vitesses aussi satisfaisant pour leur service que la boîtl de vitesses sur la meilleure voiture automobile.
- Constructeur : E. Ducuing, 2, impasse Guéménée, Paris.
- sgcNi. Construction
- Matériaux de construction économiques : blocs de mâchefer et pisé, briques en terre comprimée. — Selon le procédé de l’ingénieur allemand Hecht, on mélangerait aussi intimement que possible soit du mâchefer, soit des cendres de coke (ou même tout autre produit poreux) avec des aiguilles de pin et de la terre grasse; après pétrissage, ce mélange mis dans des moules, serait simplement fortement comprimé à la main, puis mis à sécher à l’air. Le format ordinaire de ces agglomérés 0,15 X 0,20 X o,3o ou o,2oX o,aoXo,3o permettrait de hâter le travail de maçonnerie et le séchage des murs terminés. Deux ouvriers et un aide mouleraient en une journée de huit heures de 200 à aa5 de ces blocs équivalant ainsi à environ i3oo briques du format Bourgogne.
- Une fois secs, ces blocs deviendraient assez durs pour que l’on puisse les maçonner comme des briques ordinaires avec un mortier également économique attendu qu’il peut être constitué par une matière semblable à celle qui forme la masse proprement dite.
- D’après des essais effectués au laboratoire de Gross-Lichterfeld, la résistance moyenne de ces pierres arti-
- ficielles à la compression serait de 14 kg par centimètre carré pour des blocs de 4 semaines (des blocs plus âgés sont plus résistants).
- Cette résistance est donc bien inférieure à celle de la brique d’argile, mais comme,dans la plupart descas^l’é-f paisseur des murs est déterminée pour obtenir bien plus une protection contre le froid que pour résister à la compression due au poids, la résistance des agglomérés Hecht n’est pas compromise dans ces cas-là.
- C’est ainsi, nous dit la Réforme du bâtiment, que, pour les murs extérieurs portants, on emploierait une épaisseur de o m, 3o à o m. 4o pour une maison ne comptant qu’un rez-de-chaussée et la toiture, et o m. 40 à o m. 5o au rez-de-chaussée, si la maison doit avoir un étage, Les murs de séparation, non portants, peuvent n’avoir que o m. i5 d’épaisseur seulement.
- Les murs ainsi construits seraient insonores, secs et mauvais conducteurs de la chaleur; on les taillerait facilement et l'on conçoit que les clous ou les pattes nécessaires pour la pose des maçonneries s’y enfoncent sans difficultés.
- En ce qui concerne les briques eu terre comprimée, nous avons, ici même en 1920, examiné pour la reconstruction rapide et économique des maisons d habitation des régions libérées l’emploi de blocs en pisé comprimé. Tout récemment, l’Office national des Recherches et Inventions a effectué de nombreuses expériences sur cette question et réalisé la mise au point d’un procédé dû à MM. Waligorslcy et Carrière consistant à comprimer à 400 kg par centimètre carré de la terre prise sous la couche arable et contenant 5 à 8 pour 100 d’argile.
- On est ainsi parvenu à exécuter des briques crues de très bonne utilisation. La densité des matériaux serait voisine de 2, la résistance à la compression de 5o kg par cm2.
- La construction obtenue au moyen de ces Briques, revêtues d’un enduit protecteur, serait parfaitement à
- Fig. 6. — Petite maison d’habitation en briques de terre compxdmée, procédé Waligorski et Carrière.
- l’abri des dégradations majeures du fait des intempéries.
- Toutefois, d’après le Bulletin de l’Office, leur emploi devrait se limiter aux constructions de faible hauteur (fig. 6).
- En tout cas, ces briques sont fort économiques puisqu’elles ne demandent pas de cuisson et qu’elles sont fabriquées sur place ; elles sont donc tout indiquées pour des bâtiments agricoles, murs de clôtures, etc.
- p.2x75 - vue 533/688
-
-
-
- C*
- *3»
- #
- ..3SD
- VARIETES
- >
- PRODUCTION ET COMMERCE DES ORANGES ET DES MANDARINES PROVENÇALES ET ALGÉRIENNES ,
- Ces deux genres d’Agrumes sont cultivés sur une grande échelle et donnent lieu à un très important commerce dans plusieurs pays du globe où le climat leur est favorable, mais comme il m’est impossible d’en parler comme il convient dans le cadre de cet article, je me suis borné à la production et au commerce de ces fruits concernant la Provence et l’Algérie.
- I. Production. — Aire de culture. — Elle ne s’étend en France que sur six départements : les Alpes-Maritimes, la Corse, les Pyrénées-Orientales, le Var, l’Ardèche et la Dordogne, mais elle n’a quelque importance que dans les deux premiers. D(après la Notice sur le commerce des produits agricoles, publiée par le Ministère de l’Agriculture, les centres principaux sont dans les Alpes-Maritimes : Nice, Cagnes, Viliefranche, Beaulieu, Cannes, Eze, Câblé, Roquebrune, Antibes, Menton, Yallauris. Dans la Corse, la production des cédrats l’emporte de beaucoup sur celle des citrons et des oranges qui sont récoltés surtout dans l’arrondissement de Calvi, notamment dans les compatmes de Calvi, Ile Rousse, Algajola, Aregno et Lumio.
- En Algérie, la véritable région s’étend autour de Blidah qui compte 400 à 5oo hectares de culture. D’après A. de Mazières, dans le département d’Alger, la plupart des localités de la plaine de la Mitidja sont très agru-mifères et il y a compté plus de 2000 hectares.
- Oranges. — Variétés. — La variété la plus cultivée sur notre littoral méditerranéen est Y orange dite de Nice. C’est un fruit gros, à peau chagrinée, d’un beau jaune rougeâtre, à pulpe odorante, un peu acide. Elle a le précieux avantage de se conserver très bien et de résister aux plus longs transports.
- En Algérie où, grâce au Dr Trabut, l’on a introduit plusieurs variétés choisies parmi les meilleures de divers pays, correspondant aux trois époques de maturité, les plus répandues sont Yorange de Kabylie qui apparaît dans les premiers jours de novembre sur les marchés d’Alger, puis Yorange de Blidah sous laquelle on désigne les différentes races algériennes ayant pour origine probable les orangers des Beni-Salah. Cette orange est ronde, grosse et bien colorée; sa chair très juteuse, acidulée et parfumée.
- Création, frais, revenu. — A. de Mazières estime que les frais de création d’une orangerie, jusqu’après 4 ans où elle commence à fructifier, s’élèvent à 3700 francs environ pour une plantation de 204 pieds à l’hectare ; que, pour cette étendue, les frais annuels vont de 5oo à 600 francs ; qu’on peut se baser pour un entretien ordinaire sur une recette de 1200 à 25oo francs, somme susceptible de dépasser 3ooo francs dans les conditions les plus favorables.
- Pour Ch. Joly un hectare d’orangers produit à Blidah aooo francs en moyenne et demande environ 3oo fr. par an.
- Récolte. — Un oranger de production normale donne à l’âge de i5 ans de 800 à 2000 fruits; en Algérie, il y en a qui, à 25 ans, livrent jusqu’à 3ooo fruits.
- Les oranges doivent être récoltées quand elles sont complètement mûres parce qu’elles ont toutes leurs qualités et peu d’acidité. Comme elles ne mûrissent pas après la récolte, si on les cueille trop tôt elles restent acides. La récolte a lieu en trois fois, ce qui correspond aux trois époques de maturité : vers la fin d’octobre, en décembre et au printemps. Elle est faite avec le plus grand soin et, autant que possible, par des personnes qui y sont habituées, afin que les oranges arrivent aux consommateurs dans les meilleures conditions.
- Production. — D’après la Notice agricole de 1906, là production annuelle dans les Alpes-Maritimes était comme suit : Nice 9 millions, Cagnes 1 million, Cannes 400000, Antibes 200000, Yallauris 100000, en tout 10 700 000 oranges. Si l’on se reporte aux Statistiques agricoles annuelles, la production a varié dans les 10 dernières années, dans les Alpes-Maritimes de 2400 à 3a8g quintaux et dans la Corse de 25oo à io55o quintaux et la totalité, en y comprenant les quatre autres départements, a oscillé entre 6644 et 12 670 quintaux.
- Ces chiffres sont loin de ceux que donnent MM. G. Ca-
- pus et D. Bois qui attribuent aux deux départements' précités 40 000 quintaux, et à l’Algérie une récolte de 25oooo quintaux sur lesquels 53 000 sont expédiés en France.
- Prix. — Ils sont très variables, la moyenne chez le producteur était comprise entre 12 et 18 francs le mille, avant la guerre; sur pied, le prix varie de i5oo à 3ooo francs l’hectare. Dans les Statistiques officielles, le quintal valait de 4° 100 francs; depuis la guerre,
- il est monté à 110, i5o, 170 et même à 190 francs Les derniers prix cotes aux Halles de Paris sont 100 à i5o francs, selon qualité, les 100 kilogrammes.
- Mandarines. — Elles sont produites par le Citrus deliciosa. Tan; qui, bien implanté en Provence et en Algérie, tend dans la première à remplacer l’oranger. Les raisons de la préférence du public pour lës mandarines de la Provence sur celles de Malte, d’Espagne et même d’Algérie, tiennent à ce que leur peau est plus mince, plus adhérente au fruit, que leur saveur est relevée par une légère, et agréable acidité, que le nombre des pépins est moindre. Les mandarines d’Algérie sont aussi très estimées, notamment celles de Blidah.
- Récolte et rendement. — La récolte se fait comme celle de l’orange, dans quatre départements : Alpes-Maritimes, Corse, Yar et Vaucluse, mais les deux premiers sont seuls importants. Les principaux centres de production dans les Alpes-Maritimes sont : Nice 3 millions, Viliefranche 600000, Beaulieu 400000, etc., en tout 5 3ooooo mandarines. Dans la dernière période décennale, la production a oscillé entre 837 et 2200 quintaux et dans la Corse entre 900 et 5ooo quintaux, La production totale des 4 départements n’a pas dépassé 653o quintaux en 1921. Quant à celle de l’Algérie, elle doit être comprise dans les chiffres indiqués plus haut pour les oranges.
- Le rendement du mandarinier à partir de 8 ans est de 5oo à 700 fruits par arbre, et de 800 à i5oo quand il a atteint 12 à i5 ans; ce chiffre est dépassé dans les conditions les plus favorables.
- Prix. — 11 est plus élevé que celui des oranges, 40 à 60 francs le mille. Les Statistiques officielles cotaient, avant la guerre, le quintal entre 25 et 80 francs; depuis, ce prix s’est élevé à a5o en 1920 et même à 3oo en 1921. Récemment, aux Halles, les prix ont oscillé entre 180 à 25o francs les 100 kilogrammes, selon qualité,
- II. Commerce. —Expéditions..— Les oranges et les mandarines donnent lieu à un commerce assez important de la part surtout de l’Algérie. Les fruits récoltés, après avoir « ressué » pendant quelques jours, sont triés et calibrés en 4 à 5 catégories de grosseur, puis manipulés et emballés avec grand “soin, car ce sont des fruits délicats. ,
- En Algérie, les oranges sont emballées, de préférence, dans des caisses à claire-voie qui facilitent l’aération; elles en contiennent 240, 3i2 et 420 suivant leur calibre ; on les met aussi en barils de 100 kg. Les mandarines de luxe, soit de la Côte d’Azur, soit de l’Algérie, sont emballées spécialement. On les entoure de papier d’étain ou de soie portant la marque de l’expéditeur et on les place dans des caissettes de 3, 5, 10 kg, tandis que les fruits moyens sont expédiés dans des caisses de 5o à 420, bien serrés pour ne pas ballotter pendant le transport, après avoir été enveloppés et garnis, en dessus et en dessous, de frisons de bois ou de papier.
- Quand on fait des expéditions à longue distance, un des meilleurs moyens pour les maintenir en bon état est celui qui comporte l’emploi de la tourbe jaune de Hollande, comme l’a conseillé le Dr Schweinfurth après des essais probants.
- Importations. -— Notre production et celle de l’Algérie ne suffisent pas à notre consommation. Les statistiques montrent que, depuis la dernière décade, la part de l’Algérie a passé de 23 000 à 53 000 quintaux pour les oranges et de 33 000 à 72000 quintaux pour les mandarines.
- L’Espagne et l’Italie nous en expédient de grandes quantités, mais comme les susdites statistiques confondent les oranges avec les autres agrumes, et notam-
- 4Êh 77
- p.2x76 - vue 534/688
-
-
-
- %
- BOITE AUX LETTRES
- €
- Note additionnelle. — La Société d’Albret, 5, cours Saint-Louis, à Bordeaux, nous signale qu’elle est en mesure de fournir un nécessaire pour le dosage de l’acide sulfureux dans les vins, par la méthode que nous avons indiquée à M. J. F., à Marseillan, dans le n° 2597, PaSe XVI de la « Boîte aux Lettres » (oxydation de l'acide sulfureux par une liqueur titrée d’iode avec l’empois d’amidon comme indicateur). Bien qu’en principe, l’emploi d’une liqueur titrée normale ou déci-normale mesurée avec une burette gnduée en centimètres cubes et dixièmes, soit plus scientifique et générale, nous faisons connaître l’existence de ce petit matériel^ nos lecteurs, il évite quelques petits calculs,une simple multiplication par 4 donnant le résultat cherché.
- La Société d’Albret nous fait connaître, en outre, que la tolérance de o gr. 35o d’acide sulfureux total (Décret du 3 septembre 1907), a été portée à o gr. 45o par le décret du 19 août 1921, sur ces o gr. 4^0, o gr. mo au maximum pouvant être à l’état libre avec un écart admis de 10 pour 100 en plus. En aucun cas les bisulfites alcalins ne peuvent être employés à une dose supérieure à 20 gr. par hectolitre, soit o gr. 100 d’acide sulfureux par litre ainsi que nous l’avons mentionné dans notre n° 2591 du x01 décembre 1923. (Réponse à M. Delacroix, à Varsovie, page 169.)
- M. Bolla, à Bayon (Meurthe-et-Moselle). — Vous pouvez vous adresser pour l’analyse des produits en question au Laboratoire de la Station d'essais des cuirs, 54, rue de Bondy, qui est spécialisé dans ces sortes de travaux.
- Ecole normale de Draguignan. — Dans une certaine mesure, on peut réutiliser les vieilles pâtes à polycopier en opérant de la façon suivante : après avoir granulé la masse en la passant sur une râpe à fromage, on la met à digérer dans de l’alcool dénaturé, la majeure partie de la matière colorante passe en solution, on égoutte, laisse l’alcool s’évaporer, puis on redissout dans une quantité d’eau suffisante, au bain-marie, finalement on coule à nouveau dans les moules.
- M. de Letamendi, à Sèvres. — i* Le vernis-encaus-
- tique suivant vous donnera très probablement satisfac-
- tion sur parquets à cirer. Prendre :
- Cire d’abeilles.................. 90 gr.
- Essence de térébenthine. . . . 1000 c. c.
- Gomme laque en écailles ... 20 gr.
- Couper la cire en minces copeaux et mettre à digérer dans l’essence, avec la gomme-laque jusqu’à dissolution complète, appliquer au pinceau sur le parquet et laisser complètement sécher. Donner le brillant à la brosse et au chiffon de laine.
- Pour l’entretien frotter chaque matin avec une pièce de laine que l’on aura légèrement imbibé de pétrole quelques jours auparavant et qui servira ensuite régulièrement sans nouvelle addition, frotter toujours dans le sens des fibres du bois ; — 2" La vapeurm d’eau que Von observe à la surface de récipients placés froids sur un brûleur à gaz provient de la combustion dudit gaz constitué principalement par un mélange de formène CH4 et d’hydrogène.
- CH4 + 04 = 2H*0 + C02 H2 4- O — EDO
- On ne peut éviter la condensation de cette eau qu’en mettant dans le récipient de l’eau déjà chaude. En réalité ce qui paraît vous inquiéter est surtout le noircissement, il a pour cause d’abord un dépôt de carbone résultant d’une combustion incomplète, ensuite une sulfuration du nickel par les composés sulfurés contenus dans le gaz d’éclairage. Si la combustion peut être rendue complète par un réglage de l’arrivée d’air, il n’en est pas de même de la sulfuration presque impossible à éviter; — 3° Pour l’entretien des objets en nickel la composi-
- tion suivante convient bien :
- Savon de Marseille en copeaux . 25 gr.
- Alcool dénaturé.................... 5o —
- Eau distillée......................a5o —
- Après dissolution ajouter :
- Ammoniaque liquide................. 5o gr.
- Tripoli fin...................... 100 -—
- Frotter d’abord avec un chiffon doux imbibé de la mixture, puis avec une peau de chamois sèche.
- NOUVEAUTE
- En prise de vues
- Emploie le film de
- perforation'1 et format usuels
- wwj
- Renseignements et démonstrations :
- Syndicat industriel du
- CINOSCOPE
- 15, Bd des Italiens PARIS (2’)
- Reg. C. : Seine 248.254
- Un
- CINOSCOPE
- L’appareil qui
- CINÉMATOGRAPHIE
- et
- PROJETTE
- En projection
- I MICROGRAPHIE - BACTÉRIOLOGIE
- j T. S. F. |
- | Achat et Vente d’Appareils et Accessoire» 1 | Neufs et d ’Occasion |
- S G. BOULET, 101, rue de Rennes, PARIS (6*) 1
- | Spécialité de Microscopes d’occasion. |
- ;4 Reg. G. s Seine I J0.087. $
- Officiers ministériels
- VILLE DE PARIS. ADJ'1 par lot. Ch. des Nul. le 25 mars.
- 2TETDD AIMC R- lagepede, 38 a 42 (fac. réunioiù.
- I Eli fl Al lté Surf. 234 m. et 371 m M. à p. 300 fr. le m. Tonnain Due DflMC 99- Surf. 522 m. M. à prix : 500 fr. I C! 1 ai II fl de llUiVl E Ie m. S’adress. Etude feu Mahot de la Quérantonnajs et BONNIüL, not., 11, r. Auber.
- M A innil (3*) R. de BRETAGNE, 49. Vue sur Square. 191 A! OU 11 Oont. 573 m. Bev. 43.059 f. M. à p. 320.000 fr. ADJ. Ch. Not. 18 mars. MACIET, not., 62, boulevard Sébastopol.
- Petites Annonce®
- réservées aux offres, demandes et échanges d’objets divers, aux offres et demandes d’emplois. Il n’y est inséré aucune annonce commerciale.
- Le prix de la ligne de 5o lettres ou signes est de 4 fr. (2 fr. EO pour les abonnés qui devront joindre la bande d’abonnement à la demande d’insertion).
- Les demandes doivent nous parvenir io jours avant la date d'apparition du Journal, accompagnées du mandat ou du chèque nécessaire.
- Machines statiques, Bobine Ruhmkorf de 35 cm d’étincelle, Microscopej Microtome, Balances, Accessoires divers de kibor. — S adresser 2, rue René-Panhard, Paris (15e).
- Amplificateur 5 lampes HF Péricaud, à réaction.....100 fr.
- Amplificateur de puissance pour haut-parleur, type Yitus. 200 fr. Les deux à l’état de neuf. — On échangerait eontre un okmmètre. Ecrire Nature, n8 600.
- ^ LXX1X
- p.2x77 - vue 535/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- M. Baudin, à Cbedde (Haute-Savoie). — Les couleurs diamines qui portent aussi les noms de couleurs directes ou substantives conviennent très bien à la mise en couleur des peaux. Monter le bain avec :
- Eau non calcaire............... 20 litres.
- Cristaux de soude.............. 5o gr.
- Sulfate de.soude cristallisé . . 100 gr.
- Matière colorante.............. i5 à 20 gr.
- Après dissolution à chaud, laisser refroidir à 20°-25°, entrer la peau préalablement mouillée, remuer fréquemment et maintenir dans le bain jusqu’à coloration voulue, rincer ensuite soigneusement. — N.B. Ne pas dépasser la température de 3o° au-dessus de laquelle la peau serait altérée, tenir compte que la teinte paraît plus foncée à l’état humide qu’à l’état sec.
- A titre d’indication, si vous ne trouviez pas de couleurs directes dans votre région, la maison Pelliot, 24, place des Vosges, peut fournir Bleu direct BB, Jaune d’or 3R, Noir VN, Orangé 3R, Rouge direct Congo, Vert BN.
- Si la peau avait une tendance à durcir, diminuer la quantité de carbonate de soude, quelques essais sont du reste nécessaires pour la mise au point dans chaque cas.
- M. Wels, à El Alem (Tunisie). — Il ne peut être question de vitrifier sur place votre baignoire en ciment, à notre avis le mieux serait d’opérer ainsi : i° Poncer à la brique mouillée pour enlever le plus possible d’aspérités ; 20 Préparer une solution mère composée de :
- Caoutchouc pur para............... 3o gr.
- Sulfure de carbone................200 —
- Essence de térébenthine .... 200 —
- (Faire digérer le caoutchouc dans le sulfure de carbone jusqu’à dissolution complète et ne mettre l’essence qu’en dernier lieu.)
- Ajouter 20 gr. de cette solution à 1 kg de peinture ordinaire au blanc de zinc et donner au ciment un nombre de couches suffisant pour obtenir un bon revêtement.
- E. F., à Mexico. — L’intervention de la pression est inutile pour dissoudre le silicate de soude après prépa-
- ration par fusion, l’eau bouillante suffit, on obtient ainsi une lessive à 200 B qui constitue le type commercial, on peut pousser plus loin la concentration, mais il se dépose de la silice et le silicate restant en solution est beaucoup plus alcalin, ce qui le rend iinprôpre à certains emplois. En résumé, suivant la concentration on se trouve en présence de silicates différents et nôn du même produit à composition définie.
- M. Devillard, à Chalon-sur-Saône.—-Industriellement on blanchit les crins à l’eau oxygénée en opérant ainsi : i° Lavage des articles à blanchir dans un bain d’eau de savon alcalinisé par un peu de carbonate de soude (2 à 3 pour 100) ; — 20 Immersion dans un bain composé de :
- Eau oxygénée à 12 volumes. . 100 litres.
- Eau ordinaire..............100 —
- Ammoniaque liquide......... 75 gr.
- On laisse en contact 4 à 5 heures en remuant plusieurs fois pour changer les points de contact.
- Ce bain doit être dégourdi à 2O°-250 C et être tenu dans une pièce chaude afin qu’il conserve sa température.
- 3° Egouttage des crins sans rinçage et exposition à l’air pendant une heure ou deux, alors seulement on passe à l’eau claire. Pour les crins très colorés, on répète les opérations dans le même ordre.
- M. Pelissier, à Labastide, Tarn. — lu'hydrosulfite de soude parait tout indiqué pour enlever les taches a encre sur votre encrier en bronze. Nous vous rappelons que ce produit s’obtient très facilement en faisant digérer pendant 2 ou 3 jours des rognures de zinc (vieilles gouttières) dans le bisulfite de soude commercial que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs. Quelques essais préalables à la touche vous fixeront sur la dilution à donner à cette solution mère pour emploi convenable.
- M. Duhamel, à Nantes. —< Vous trouverez tous renseignements sur Vobtention du fer électrolytique par les procédés que nous avons signalés dans l’ouvrage : Les Métallurgies électrolytiques et leurs applications, par A. Levasseur, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- MASSON & C10, Éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- NOUVEAUTÉ
- T. S. F.
- LA PRATIQUE RADIOÉLECTRIQUE
- TOURS DE MAIN ET RECETTES
- PAR
- P. HÉMARDINQUER
- Un volume de 284 pages, avec 262 figures . . . ..... . . 9 lr.
- Ce livre n’est pas destiné 'à concurrencer les manuels de T. S. F. existants, mais il en est le complément indispensable. ..
- Comment choisir un poste deréception, le régler, le réparer, s’il y a lieu? Comment calculer ou mesurer les éléments d’un poste ? Quels sont les « tours de main » nécessaires à l’amateur qui veut construire lui-même ses appareils? Questions primordiales que se pose à chaque instant l’amateur de T. S. F.
- Conçu et écrit simplement, mais sous unevforme de haute vulgarisation, adoptée déjà dans les Recettes de La Nature : * Recettes de l’Atelier et du Laboratoire », cet ouvrage a été écrit par un amateur qui a. pu se rendre compte par lui-même des avantages des différents systèmes de réception et des difficultés que peuvent rencontrer les amateurs dans leurs montages ou leurs mises au point. Tous les problèmes devant être résolus par la bonne construction et le bon rendement des appareils sont donc traités dans ce livre.
- Reg. C. ; J5.234,
- LXXX g#-
- p.2x78 - vue 536/688
-
-
-
- VARIÉTÉS
- ment arec les citrons, il est à peu près impossible de démêler la part qui revient à ces deux pays. Ce qu’on peut dire, en s’appuyant sur les chiffres du Dr Trabut, c’est que la France, qui consomme chaque année 588 ooo quintaux de ces différents fruits représentant plus de 20 millions de francs, en importe 5oo ooo de l’Espagne, 20 ooo de l’Italie et 5i ooo de divers autres pays.
- Exportations. — Elles sont à peu près nulles, car, de tous ces fruits compris, elles n’ont pas atteint 5o ooo qx et à peine dépassé un million et demi de francs, mais il est possible, en ce qui concerne les mandarines, qu’elles arrivent à prendre quelque importance si la culture du mandarinier continue à progresser comme elle le fait en Provence et surtout en Algérie. A. Truelle. *.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- QÊtL
- '3^
- LE TRAVAIL MUSCULAIRE ET LA FATIGUE
- Le processus biochimique qui se développe au cours de tout travail musculaire est corollaire de la përte passagère de l’excitabilité du muscle, le muscle cessant de se contracter lorsque sa provision en glycogène disponible est épuisée.
- D’après, Morat, le cycle d’utilisation normale des substances énergétiques immédiatement mobilisables est le suivant : Le glycose du sang perd dans le muscle une molécule d’eau pour donner du glycogène.
- C0H12O6 — Ha0 = C6H10Os.
- Glycose Glycogène
- L’oxygène d’origine sanguine se fixe sur le pigment musculaire et brûle le glycogène selon l’équation :
- C6H10O3 -j- 6 02 = 6C02 + 5H20.
- Cette phase d’utilisation normale se modifie quand le surmenage musculaire n’est plus compensé par un apport suffisant de glycogène, c’est-à-dire quand la sensation de fatigue apparaît, et tend à croître vers l'état d’inexcitabilité qui répond à la fatigue absolue.
- Dans cette phase, la sensation de fatigue croît en même temps que la sensation douloureuse. Des prélèvements du sang montrent, dans la circulation veineuse particulièrement, une augmentation de la concentration du sang en ions H (acidification), ce qui révèle Je développement d’une fonction chimique anormale et acide due à la présence notable d’acide paralactique provenant de diverses combustions organiques ayant un caractère toxique croissant.
- Ces combustions organiques sont apparemment conditionnées par l’effort exagéré du système nerveux, qui tend à provoquer des réactions de compensation, aboutissant rapidement à la formation de déchets toxiques divers et dont l’action sur la cellule nerveuse contribue à restreindre de plus en plus l’irrigation sanguine normale des muscles.
- Même après la cessation de l’effort musculaire, les phénomènes s’accusent encore et persistent selon un coefficient individuel jusqu’à une limite qui marque l’arrêt de l’action chimique toxique. La circulation, reprenant son cours, provoque l’élimination des déchets et inaugure la phase de réparation jusqu’à reprise de l’état normal. Dans cette phase, la concentration en ions H dans le sang diminue, tandis que la concentration en ions OH tend vers le terme normal de l’alcalinité sanguine.
- Il apparaît donc, après l’analyse précédente, que la perte d’énergie musculaire, conséquence de la diminution de la quantité disponible du glycogène, est accélérée par les phénomènes bio-chimiques ayant un caractère toxique pour les cellules nerveuses et musculaires. Il apparaît aussi que le retour du muscle à sa puissance dynamique latente est conditionné par la cessation des combustions toxiques et par la rapidité d’éiimination
- des déchets, facteurs de l’inhibition de divers centres nerveux anormalement excités.
- L’expérience constate que le temps de récupération pour tel sujet est fonction d’un coefficient personnel qui peut être considéré comme un test de son coefficient d’auto-régulation.
- Il était donc intéressant de rechercher les conditions biologiques capables d’accroître la capacité d’autorégulation d’un sujet.
- Plusieurs points s’imposent à l’observation :
- i° La prédominance d’ions OH dans le sang est un fait caractéristique de l’état du repos ;
- 2° La concentration du sang en ions H s’accroît avec l’effort;
- 3° Si l’on suit au cours de l’établissement d’une courbe
- T , . , . . . CO2
- de fatigue les variations du quotient respiratoire
- on peut vérifier qu’en corrélation avec l’établissement de la courbe, ce quotient tend vers un maximum qui fléchit sensiblement en même temps que fléchit l’effort.
- L’état de fatigue provoque au contraire l'accroissement de la concentration du sang en ions H.
- Les combustions anormales au cours de l’état de fatigue ont un caractère toxique et provoquent une élévation de la température périphérique et centrale avec tendance croissante à la perspiration
- De ce fait, étant donnée la teneur notable en électrolytes de la sueur, la peau, dont la conductibilité moyenne est de iSo ohms, accroît sa conductibilité et permet le rayonnement exagéré vers l’extérieur du potentiel énergétique, qu’elle avait pour mission de contenir. Les phénomènes d’électrolyse normale des liquides cellulaires internes sont alors troublés et inversés, les ions H sont en prédominance.
- Dès lors il apparaît que le problème de la récupération de l’énergie musculaire trouve sa solution dans les moyens qui sont capables de modifier la conductibilité de la peau : dans l’espèce en la rendant plus résistante. Les phénomènes de déperdition du potentiel énergétique (exagération du rayonnement individuel) peuvent alors être remplacés par des phénomènes inverses (diminution du rayonnement individuel). On obtient ainsi des réactions électrolytiques favorables à la restauration d’une concentration compensatrice en ions OH qui tend à rétablir dans le sang la formule biochimique normale individuelle. L’expérience a prouvé que des solutions rendues très résistantes par la présence de divers composés diphénoliques et de certains cyclanols méthylé-niques peuvent produire ces phénomènes. L’application de ces solutions sur la peau suffit à augmenter les contractions musculaires diminuées par la fatigue. Il y a là un curieux phénomène susceptible, non seulement d’éclairer le mécanisme de la fatigue, mais peut-être aussi d’v remédier. _
- Drs Livet et Roger.
- BOITE AUX LETTRES
- ><
- AVIS. — L’abond&nce des demandes de rensei gnements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un iaractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — Cercle du Commerce et de l’Industrie, à Niort.—LesarticlesenLyonite(faux cols,manchettes,etc.) sont fabriqués par la maison Gagnol fils, dont l’usine et les bureaux sont à Lyon, io, rue Paul-Kruger, le représentant de cette marque est M. E. Michel, i3, rue d’Aboukir, Paris.
- (Voir la suite pp. LXXIX, LXXX et 79.)
- p.r79 - vue 537/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- M. L. Martin, à Bruxelles. — Les opérations pratiquées en ébénisterie pour donner au bois un beau poli, sont dans leur ordre de succession les suivantes : i’ Le passage au papier de verre qui a pour but de donner au bois une surface unie et le prépare au fonçage; on emploie généralement du n° o, on se sert d’un bloc de bois d’environ 8 à io cm de côté et 3 à 4 cm d’épaisseur dont lune des grandes faces doit être absolument plane et sans rugosités. La^feuille de papier de verre est placée sous le bloc, le verre en dehors, l’excédent de la feuille relevé sur les côtés du bloc de manière à 1 envelopper. Il faut toujours frotter perpendiculairement au fil du bois et non dans le sens des fibres, car avec les bois tendres on creuserait des rainures. On doit également éviter d arrondir les angles, pour cela il suffit de placer sur le côté de la pièce et à même hauteur un morceau de bois qui soutient le bloc au moment où il déborde. Cette première opération effectuée, on enlève la poussière d’abord avec un pinceau queue de morue, ensuite avec un chiffon à peine humide, puis on procède au ponçage ; — 2“ Le ponçage se fait avec de la poudre de silex broyée très fine que l’on délaye dans un mélange à parties égalés d’huile de lin et d’essence de térébenthine ; apres avoir frotté suffisamment, on s assure qu apres essuyage avec un chiffon, la surface est tout^à fait lisse; — 3° Le gomme-laquage qui suit est destiné à resserrer les pores du bois et à les boucher pour que le vernissage ultérieur ne fasse pas des taches. On emploie pour cela de la gomme-laque pure, blanche ou jaune dissoute dans l’alcool dénaturé, dans la proportion de 2Ôo gr. de gomme-laque par litre d'alcool. Après application, on laisse sécher la gomme-laque pendant 6 à 8 heures et passe au papier de verre n" o pour enlever les aspérités, cela sans appuyer beaucoup et sans rayer la gomme-laque, les feuilles ayant déjà servi conviennent très bien à cet usage; — 4° Le vernissage a lieu au pinceau dans une chambre dont la température est de 20° à 25°, exempte de poussières; on passe une couche dans le sens des veines. Quand le verni» est parfaitement sec, on ponce avec un tampon d’ouate et de la pierre ponce très fine désignée par la rubrique FF délayée dans un peu d’huile de lin; de temps à autre on essuie avec un tampon d’ouate pour juger du résultat; — 5° Polissage; pour terminer, on imbibe une poignée d ouate d’un mélange à parties égales d’huile de lin et d alcool, puis on frotte circulairement ; on obtient ainsi un brillant parfait, les dernières traces des divers produits employés étant enlevées avec une peau de chamois.
- Dans le cas de l’ébonite, pour polir celle-ci, on monte la piece sur le tour et on frotte avec un tampon imprégné de chaux de Vienne délayée dans l’huile de paraffine.
- M. Guillebaud, à Pantin. — i° On peut colorer les ampoules de lampes à incandescence en se servant d’un vernis ou celluloïd qu il est facile de préparer en faisant dissoudre des débris divers d’articles en celluloïd dans l’acétone et auquel on donne la teinte voulue par une couleur dérivée de la houille, telle que vert acide, vert naphtol, rose bengale, tartrazinc, etc. a0 Veuillez vous reporter pour la décoration des coquillages à notre réponse dans un précédent numéro (M. Brazier à Laon).
- M, Marcadier, à Nice. — A notre avis, le ciment même fluaté ne conviendrait pas pour le sol de votre cuisine, car, malgré sa dureté, il s’userait d’une façon irrégulière, surtout aux passages les plus fréquentés, la bonne solution est d’employer les carreaux de tei’re cuite, façon Beauvais, qui sont inusables et intachables à la graisse. Si cependant vous voulez essayer de la fluatation, l’adresse demandée est Teisset-Kessler, à Clermont- Ferrand.
- M. Dranet, à Paris. — Nous n’avons pas expérimenté la formule dont vous parlez, mais pensons qu’il serait préférable d’effectuer le délayage dans l’alcool (alcool dénaturé du commerce ou alcool à brûler), plutôt que dans l’eau.
- M. Stouky, à Renens, Suisse. — Nous ne connaissons pas de. brochure spéciale sur la fabrication des timbres en caoutchouc, cette fabrication ne présente du reste aucune difficulté et il suffit d’opérer ainsi : On compose d’abord sur un composteur ordinaire au moyen de caractères d’imprimerie, l’inscription que l’on désire obtenir. Après avoir vérifié qu’il n’y a pas d’erreur, on nettoie bien les caractères et on les frappe avec une brosse imprégnée d’huile, de façon à graisser légèrement.
- On prend alors un moulage de la manière suivante : le composteur est entouré d’une feuille de carton maintenue par une ficelle, ce qui constitue une sorte de cuvette dans laquelle on introduit du plâtre frais à modeler, gâché avec une quantité d’eau suffisante pour obtenir une pâte liquide, cette pâte doit être projetée avec force pour que le plâtre pénètre les détails. Après prise complète, on enlève le carton et laisse sécher quelques heures avant de séparer du type. Une fois le moule détaché, on place sur l’empreinte une feuille de caoutchouc que 1 on trouve toute préparée (mélange de gomme et de soufre non vulcanisé), puis on la maintient par serrage énergique au moyen d une ficelle et d’une planchette ayant à peu près la même forme que le moule. Le tout est alors placé, soit dans une étuve, soit de préférence dans un petit autoclave garni d’eau dont on élève la température à i3o°-i4o° G. Pendant cette opération, le caoutchouc se gonfle et épouse les détails du moule en même temps qu’il se vulcanise; au bout d’une heure ou deux, suivant la nature des pièces, on laisse refroidir, puis on colle le timbre obtenu sur une monture appropriée à l’aide de la solution courante de caoutchouc dans la benzine.
- M. Gorourt, à Pont-à-Calles, Belgique. — L’arbre de Saturne est constitué par des cristaux de plomb métallique sous forme d’arborisations, il est très facile de l’obtenir en plaçant un enchevêtrement de fils de zinc dans une solution d’acétate de plomb, le zinc déplace le plomb en produisant souvent des effets très curieux. L’arbre de Diane est un amalgame d’argent cristallisé en petites houppes brillantes et réunies comme si elles provenaient d une végétation, on le réalise en abandonnant pendant quelques jours du mercure dans une solution un peu concentrée de nitrate d’argent.
- «
- T. S. F. — M. E. Guillenet, à Tinchebray (Orne).—-L’émission au moyen de poste d’amateurs à étincelles, à ondes amorties, est défendue par les règlements, cette émission, par suite du jeu possible dans les postes récepteurs, gênerait considérablement les transmissions dans un grand rayon. Vous pourriez d’ailleurs réaliser très facilement un poste d’émission à lampes en ondes entretenues. Mais il serait nécessaire auparavant de demander à l’Administration des P. T. T. une autorisation.
- M. L., à Lussac-les-Châteaux (Tienne). — La Nature a récemment publié une description de la pile qui vous intéresse. Tous pouvez évidemment demander directement au constructeur les détails que vous indiquez.
- . II nous semble tout à fait impossible que vous puissiez composer avec ces piles une batterie capable d’alimenter régulièrement un moteur de 4 à 5 chevaux, par contre il nous paraît réalisable d’alimenter avec ces piles une dizaine de lampes à incandescence à filament métallique ; mais cette batterie devrait être formée d’un nombre assez élevé d’éléments, puisque chacun d’eux ne peut débiter que 140 watts-heure sous une'différence moyenne de potentiel de 0,7 volt.
- M. Pélissier, à Labastide. — Nous ne vous conseillons pas d’utiliser le courant d’un secteur alternatif à 110 volts pour alimenter votre amplificateur de puissance.
- Nous indiquerons d’ailleurs prochainement dans La Nature des moyens d’utilisation du courant alternatif qui vous permettront de faire des essais,
- Nt. P. Fornier, à Lyon (Rhône). — 1° Nous vous remercions de votre communication au sujet des montages à basse fréquence-, nous ferons connaître à nos lecteurs votre ingénieux procédé pratique.
- a0 Nous ne voyons nullement la raison pour laquelle vous ne pouvez entendre le poste de Lyon.
- Pouvez-vous recevoir les émissions de l’Ecole supérieure des P. T. T.? Nous serions très intéressés par des détails concernant l’emplacement de votre poste de réception.
- 3° Nous indiquerons prochainement dans La Nature les particularités de montage des amplificateurs à selfs de liaison. Les résistances de grille servent seulement à fixer le potentiel moyen de celle-ci; on peut quelquefois les supprimer pour la détection, surtout pour la réception des émissions assez fortes, mais il s’ensuit généralement des déformations des transmissions radio phoniques.
- Vous n’indiquez pas d’ailleurs si votre appareil est monté sur bois ou sur ébonite.
- p.r80 - vue 538/688
-
-
-
- ><r
- BIBLIOGRAPHIE
- La télégraphie sans fil. (Ses applications en temps de paix et pendant la guerre), par Julien Verdier, i vol. in-8 raisin (25><j6), 412 p., 70 fig. 58 photogr.. 4 tabl. et 2 cartes, Gauthier-Yillars et Cie, éditeurs, Paris, TQ24- Prix : 35 francs.
- Ce livre intéressera l’amateur sans-filiste et le grand public. Il explique les principales applications de la science radioélectrique et, de plus, il mentionne en détail tous les services qu’elle a rendus pendant la guerre.
- On y trouvera notamment tous les radiotélégrammes officiels de l’armistice, le mécanisme de toutes les liaisons existant entre les armées (T. P. S., liaisons radio-terrestres et radio-aériennes), il décrit la lutte dans le domaine hertzien (dialogue Tour Eiffel-Nauën), cite des spécimens de radios de propagande et montre l’emploi de la T. S. F. lors des raids de zeppelins et dans la guerre sous-marine. Il donne en outre la description complète de toutes les stations françaises de T. S. F. et expose l’organisation des réseaux radio-télégraphiques métropolitains, coloniaux et internationaux.
- Il contient finalement le code de l’amateur : historique et dernière réglementation de la T. S. F. en France.
- Album de plans de pose pour Vinstallation de la force par Vélectricité, par H. de Graffigny, i vol. in-8 de i44 P- et 33 plans hors texte. Gauthier-Villars et Cie, éditeurs, Paris, 1924- Prix : 7 francs.
- Le présent album est le quatrième et dernier d’une série de plans et projets d’installations concernant les applications de l’énergie électrique aux besoins de l’industrie.
- Les usages du courant continu sont d’abord passés en revue, puis les courants alternatifs à basse, puis à haute tension, avec et sans transformation, enfin les applications à la traction.
- Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale (numéro du Centenaire). 1 fascicule illustré, 365 p., publié par la Société d’Eucouragement, 44, rue de Rennes, Paris.
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a célébré en juin dernier sa 1226 année d’existence et le centiètaie anniversaire de sa déclaration d’utilité publique. La doyenne de nos sociétés techniques peut être justement fière de l’œuvre qu’elle a accomplie depuis sa fondation ; ses initiatives heureuses et les services qu’elle a rendus à l’industrie ne se comptent plus. Le volumineux numéro qu’elle vient de publier à l’occasion de son centenaire est d’un puissant intérêt et ajoute encore aux titres que la savante Société s’est acquis à la reconnaissance du pays. Il contient naturellement le compte rendu des solennités et des visites qui ont marqué les fêles de son jubilé. Mais la partie essentielle en est consacrée à l’œuvre grandiose de reconstruction accomplie par la France dans les régions saccagées avec une science sauvage, par les Allemands. Des conférences substantielles de MM. Lindet et Renouard mettent en lumière cette œuvre de reconstruction pour les industries agricoles et les industries textiles. Elles sont complétées par la publication partielle faite, par M, Boulanger, d’un document d’une importance capitale, à savoir l’ouvrage secret établi par les soins et par ordre du grand Etat-Major allemand en igrfi intitulé : L’industrie dans la France occupée. Ce travail est le résultat d’une enquête effectuée par 200 experts allemands dans plus de 4000 établisse-mets. Son but était d’établir le bilan des destructions déjà effectuées à cette époque, et de dresser le plan de celles qu’il conviendrait d’exécuter ultérieurement pour anéantir ou paralyser dans les régions occupées toute industrie capable de faire concurrence à l'industrie allemande, et pour assurer à celle-ci un débouché immense et certain, lors de la reconstruction Ce programme mûrement étudié a été, hélas, minutieusement exécuté. Les destructions, dont le poids
- pèse si lourdement aujourd’hui sur notre pays, ont été, on le voit, longuement préméditées et préparées, la plupart dans un but économique, mais nullement militaire.
- Ce document accablant n’a longtemps été connu en France que par un petit nombre d’initiés. La large publicité que lui donne la Société d’Encouragement, pour être tardive, n’en est pas moins opportune.
- Les insectes parasites de l’homme et des animaux domestiques, par E. Sécuy, i vol. in-16, 422 p., 463 fig. Encyclopédie pratique du naturaliste. Leche-valier, Paris, Prix relié : 3o francs.
- L’homme et les animaux sont attaqués par de nombreux insectes parasites qui provoquent non seulement de multiples incommodités, mais causent diverses maladies et de graves dommages. Pour lutter contre eux, il faut avant tout les connaître, savoir leurs mœurs et les moyens de les attaquer sûrement. Le livre de M. Séguy précise les caractères des insectes parasites les plus communs, donne les moyens de les distinguer, signale leurs hôtes et les ravages qu’ils produisent, indique les meilleurs moyens de destruction ou de préservation. Ainsi, ce livre s’adresse autant aux hygiénistes qu'aux éleveurs. On sera frappé du nombre considérable d’ennemis que l’homme et les animaux domestiques ont dans la classe des Insectes, nombre qui montre bien l’utilité d’un livre de zoologie appliquée tel que celui-ci.
- Bibliographie américaniste, par P. Rivet, i broch. in-8, 91p., extrait du Journal de la Société des América-nistes de Paris, rg23, 11, rue de Bufîon, Paris.
- On essaie, en France, depuis la guerre, de ne plus dépendre des Centralblati et des Jahresberichte édités en Allemagne pour être renseigné sur les travaux publiés dans les divers ordres de sciences. Chaque discipline essaie de créer une bibliographie : chimique, zoologique, physiologique, psychologique, botanique, géologique, géographique. La Société des América-nistes, dont le Dr Rivet est l’animateur, réalise le même effort en établissant la liste de tous les travaux parus en ces dernières années dans le monde entier, concernant le continent américain, sa géographie, son histoire. son ethnographie, etc. C’est un instrument de travail indispensable à ceux qui s’occupent du Nouveau Monde.
- Le tubage duodénal, ses applications cliniques, par M. Chirày et J. Lebon, i vol. in-18, 219 p., 24 fig., 2 pl. Collection de médecine et chirurgie pratiques. Masson et Cio, Paris. Prix : 12 francs.
- Récemment expérimenté, entrant à peine dans la pratique, le tubage duodénal est un remarquable moyen d’exploration des fonctions digestives. Il permet de franchir l’estomac et d’aller recueillir, au débouché dans l’intestin du foie et du pancréas, les liquides dont l’analyse renseignera sur l’activité de ces glandes qui règlent la digestion. Les auteurs décrivent l’instrumentation à employer, montrent par des radiographies la technique du tubage et, par une série d’analyses des produits qu’on obtient ainsi, •révèlent l’importance de cette nouvelle méthode.
- En marge du Codex. Notes d’histoire thérapeutique, par le Dr Henri Leclerc, i vol. in-16, 188 p., planches hors texte, Masson et Cic, Paris. Prix : 12 francs.
- Le Codex, révisé régulièrement par l’Académie de Médecine, voit disparaître peu à peu les vieilles formules de l’antique pharmacopée. Cependant, on y trouve encore, plus ou moins modifiés, de vieux remèdes qui survivent depuis plusieurs siècles. D’où viennent le laudanum et le vésicatoire, le baume tranquille et l’eau de mélisse, le sel de Seignette et la liqueur de van Swieten, la liqueur de Fowler et le vin diurétique, et tant d’autres qui survivent aux thérapeutiques passées? Le Dr Leclerc connaît bien leur origine et il la conte allègrement, en une série de chapitres bourrés d’histoires, pleins d’anecdotes, aussi attrayants pour l’histôrien de la médecine que pour le praticien curieux.
- p.2x79 - vue 539/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2606 15 Mars 1924
- INFORMATIONS
- La production et les débouchés du méthylène. —
- Le sous-produit le plus important, en quantité, de l’industrie de la carbonisation du bois, est le méthylène.
- Avant la guerre, les besoins des industries (dénaturation de l’alcool, fabrication du formaldéhyde, de l’acétate de méthyle, des vernis) excédaient largement la production nationale, et il fallait faire appel à l’importation pour près de 40000 hectolitres.
- La dose de méthylène dénaturant ayant été ramenée de 10 à 5 pour 100 d’alcool ne permet pas à l’industrie de la carbonisation d’écouler sa production actuelle de méthylène ; par ailleurs, on n’est pas encore revenu aux quantités d’alcool (5ooooo hectolitres environ) dénaturé avant la guerre.
- On a donc songé à profiter de la création d’un carburant à base d’alcool pour absorber la production de méthylène par la voie de la dénaturation.
- La Commission du carburant a proposé que la dose de dénaturant de l’alcool employé à tous^autres usages
- elle seule 291 167 quintaux métriques en 1920 (contre 594604 en igi3). Malheureusement les réserves des Territoires du Nord s'épuisent. Par contre, celles des Territoires du Sud et du Maroc sont intactes. Le crin végétal est utilisé pour la fabrication des cordages et des nattes.
- L’alfa ou sparte sert surtout à la fabrication de la pâte à papier, mais on l’utilise aussi (surtout en Espagne) pour la confection d’objets en sparterie et pour la vannerie. Les deux variétés les plus répandues en Algérie sont l’alfa blanc ou alfa fin et l’alfa vert; la tige du premier a de 40 à 5o cm de haut et un diamètre de 1 mm; l’alfa vert atteint jusqu’à 1 m. de haut avec un diamètre moyen de 2 mm. L’alfa blanc est plus résistant et moins commun que l’alfa vert.
- L’Algérie a exporté en 1920 : 538 148 quintaux d’alfa, contre 1 i36coo en 1913,
- Le chanvre de Guinée se rencontre dans l’A. O. F. ; son nom indigène est dâ. Le jute syrien, très abondant
- Fig. 1 et 2. — Deux aspects de la loupe d’orme provoquée par un obus.
- que le carburant national soit fixée, en principe, à une dose compatible avec la production de méthylène; que le méthylène restant soit utilisé pour la dénaturation de l’alcool incorporé au carburant national, à une dose révisable qui en assure l’écoulement : que soit constitué un stock de réserve de méthylène.
- L’adoption d’un carburant alcool-essence à dose massive d’alcool permettra de réaliser les mesures préconisées par la Commission et d’assurer ainsi à l’industrie de carbonisation du bois l’écoulement du méthylène.
- A propos des textiles à corderie. —DansJe numéro du 2 février dernier de La Nature, M. Georges Gallois a parlé d’un textile cultivé en France et de trois textiles : jute, sisal et chanvre de Manille, que notre pays fait venir de l’étranger. Il n’a pas parlé de certains textiles, que les colonies françaises fournissent déjà à la métropole et dont elles peuvent lui fournir des quantités encore plus considérables.
- Citons seulement le crin végétal et l’alfa, qui abondent dans l’Afrique du Nord; le chanvre de Guinée, le jute syrien ; le raphia et le paka de Madagascar.
- Le crin végétal est le produit du traitement mécanique des feuilles du palmier nain; l’Algérie eu a exporté à
- dans la région d’Alep et dans la vallée de l’Euphrate, est une espèce d’hibiscus, qui s’apparente au dà. Cette dernière plante pousse à l’état sauvage comme l’alfa et est appelée à un grand avenir.
- Madagascar a deux textiles à sparterie, doi.t l’un, le raphia, est déjà très connu en Europe ; son exportation a atteint 80 000 quintaux métriques en 1920. L’autre, le paka, a été très apprécié à 1 Exposition coloniale de Marseille, il se mélange très facilement avec le jute.
- Réaction d’un arbre à une blessure par obus. — M. Choquet, sous-inspecteur des jardins et plantations de la Société des Mines de Lens, nous envoie l’intéressante note ci-dessou*».
- « Dans une propriété que possède la Société des Mines de Lens à Hulluch, il y avait un orme ayant environ 10 m. de haut et 27 cm de diamètre.
- En septembre 1920, nous avons retrouvé cet arbre mort.
- Vraisemblablement en avril 1915 — peut-être après — il fut frappé en plein corps, à environ 4 m- du sol, par un obus anglais qui n’éclata pas. Nous citons cette date parce qu’elle sert à nous fixer approximativement sur la durée de temps, relativement court, pendant lequel se développa la hernie.
- p.2x80 - vue 540/688
-
-
-
- Études
- SOI
- L’ECOLE UNIVERSELLE* la plus importante du monde, permet, grâce à ses cours par correspondance, de faire chez soi, dans le minimum de temps et avec le minimum de frais, des études complètes dans toutes les branches du savoir. Elle vous adressera gratuitement, sur demande, celles de ces brochures qui vous intéressent :
- Brochure N* 4002 ; Toutes les classes de l’enseignement primaire, Brevets, C. A. P., Professorats.
- Brochure N* 4021 : Toutes les classes de l’enseignement secondaire, Baccalauréats, Licences (lettres, sciences, droit).
- Brochure N° 4033 : Toutes les grandes écoles spéciales.
- Brochure N9 4042 : Toutes les carrières administratives,
- Brochure N° 4054 : Toutes les carrières de l’Industrie et de l’Agriculture.
- Brochure N• 4061 : Toutes les carrières du Commerce, de la Banque, de l’Industrie hôtelière.
- Brochure N9 4076 : Langues étrangères. Brochure N9 4089 : Orthographe et Rédaction.
- Ecole Universelle
- 59, Boul. Exelmans, Paris (169)
- LsPLUS GR08 ENNUI nT.S.F- «
- Ce sont les accus. . . .
- qui coûtent cher et s’usent vite I
- Des centaines d'amateurs avisés, en modifiant leur poste suivant les nouveaux schémas fournis (haute ou basse iréquence), les ont déjii remplacés par un TP- "SP;f-f.T?.T~XT qui utilise le courant de lumièi e alternatif SANS JAMAIS S’USER I Ronflement imperceptible, parois non déformée, auditions musicales parfaites en haut-parleur.
- Sotice et références.-Audition s ù.17 heures chez Etienne Leféburk, ing.,64, Rue St-André-des-Artn, Paris,6*. Manuïactur* à VAl_ROSE, Nice (Alpes-Maritimes).
- ^ Keg, C. : 18.764. A
- | MASSON ET O®, Éditeurs, boui. Saint-Germain, {20, PARIS.
- ! Les Recettes et Procédés
- lut îles de 44 La Nature 9f
- I Cinq volumes in-8, reliés toile.
- | Chaque volume séparément. 6 fr.
- | La Maison — L’Atelier — La Laboratoire I La Campagne — Les Sports
- MACHINE A CALCULER
- DACTYLE
- (.Fabrication française)
- Douze ^Modèles
- différents
- MACHINES
- “MINIATURE/’
- FAIT TOUTES LES OPÉRATIONS
- Catalogues et Renseignements franco sur demande
- DEJOUX & Cie, 4, rue Lafayette, PARIS
- R. C. Seine 73.185. Téi. : Central 23.7t,
- BUBKaBHÈ
- MPTEURS
- itu
- iimi dp
- D’EAU
- de v«lurne t Système FRAGER;
- » piston disque ÉTOILE DP ; à piéton cylindrique équilibré
- ETOILE ST (Stella); de Vitesse à Turbine, sec ou humide,
- TE-TA.
- Compteurs à’eaa cheade pour appartements.
- D’ÉLECTRICITÉ
- Modèle B pour courants continu et alternatif; 0*K pour courant continu;
- ACT pour courants alternatifs, mono et polyphasés.
- Appareils pour toutes mesures électriques. J*/.,- :
- SMytni4,tt«*M*lM
- COMPAGNIE POUR LA FABRICATION DES COMPTEURS ET MATÉRIEL D’USINES A GAZ
- la, Place des États-Unis, à MONTROUQE (Seine) lira. Anonyme Capital 36 000 000 da Iranos. — Télép, :Ségar 92-00,92-01,93-02. Adr. téléa. COMPTAI,üX-M0!&fT«0Cr©I
- RSjj;.. C. : Seine 99.827.
- ; mm
- LXXXI tp-
- N° *6o6.
- p.2x81 - vue 541/688
-
-
-
- La Perfection de la Photographie
- STÉRÉOSCOPIQUE
- ne peut être obtenue qu’avec
- “HESPOSCOPE”
- L’appareil Stéréo-Réfiex de précision 45XÎ07 le plus perfectionné*
- PRÉCISION ABSOLUE Grâce à son Viseur Réflex
- qui permet la mise au point des objets (même en mouvement) jusqu’au déclanchement de l'obturateur.
- LOUPE (grossissement 5) pour faciliter cette mise au point, •s, de 1
- OBTURATEUR à secteurs,
- au 1/500’, pose en 1 ou 2 temps.
- , MISE AU POINT, de l’infini jusqu’à 1/2 mètre. DÉCENTREMENT en hauteur. — NIVEAU sur le relie*.
- Trouve partout l’accueil qu’il mérite.
- En vente dans toutes les maisons spéciales d’articles photographiques.
- ---Notice franco --------
- ÉTABLISSEMENTS BENEY Frères. PARIS-8* — 8, rue de Duras — PARIS-86
- ____ Reg. C. : Seine i 9,0 55.
- WÊÊBÊÊEBBÊÊBSBSSBBBBSBBÊEB
- I
- P
- a. S l
- MARQUE DÉPOSÉE
- | LES PELLICULES PHOTOGRAPHIQUES !
- PLAVIC
- I !
- [ANTI-HALO ORTHOCHROMATIQUES; j ET EXTRA-RAPIDES j
- | ont obtenu le \
- | GRAND PRIX
- j A V EXPOSITION INTERNATIONALE |
- ! DE LA PHOTOGRAPHIE EN 1923 j \ !
- '
- \Exigez-les de votre fournisseur !
- \ En vente dans toutes les bonnes maisons !
- COMPAGNIE INDUSTRIELLE DES FILMS |
- 287, Cours Gambetta, à LYON \
- DÉPÔT à PARIS : 42, Rue Etienne-Marcel fj
- R. C. Lyon B 23 62. jj
- LACCUMÜLATEUR N'EST PLUS UN SOUCI
- grâce a u
- Redresseur a Collecteur Tournant
- L. ROSENGART
- BrJ S.O.D.Û.
- Le seul qui. sur simple prise de courant de lumière
- Recharge
- avec sécurité, facilement, économiquement,
- tous k Accumulateurs sur Courantalternatif.
- i 1111
- m WüÉI
- li fà^li-iriin
- Redrésse toutes tensions jusqu'à IOOO volts
- Police gratuite sur demande
- 21. Àv. des Champs-Elysées _ PARIS élyséesh66e-6o
- iMMzq$sâ
- R. C. SEINE N° 96.054
- Viit la description dans « La Nature » du 3i mars ig23.
- ÉLECTRICIENS-
- VERNISSEZ ET PROTEGEZ
- VOS BOBINAGES DE MOTEURS, VOTRE APPAREILLAGE,
- VOS CANALISATIONS,
- au moyen de
- lISQLÉMAIL
- SUPER-GOMME-LA QUE SYNTHÉTIQUE
- RIGOUREUSEMENT IMPERMÉABLE
- RÉSISTANTE A LA CHALEUR
- HAUTEMENT DIÉLECTRIQUE
- $TÉ DES LAQUES ET ISOLANTS 67, Chemin des 4-IVIaisons, 67
- LYON
- ^ LXXXII
- p.2x82 - vue 542/688
-
-
-
- m
- INFORMATIONS
- Nous disons « en plein corps », parce que l’obus n’y est plus maintenant. Il dut en être ainsi au début, car alors comment expliquer qu’il ait pu rester fixé dans le tronc ?
- L’obus primitif a été enlevé et remplacé, aussi exactement. que possible, par un autre de même calibre, pour la: photographie. *
- Vue de dos, la hernie présente l’aspect d’une grosse loupe ronde, de 5o cm de diamètre (fig. i et 2).
- Vue de face, elle présente une cavité profonde au centre de laquelle 1 obus est ancré. La surface de cette cavité montre une succession de bourrelets concentriques, présentant l’aspect de vagues, dont l’amplitude va en augmentant au fur et à mesure qu’elle s’éloigne du centre.
- Nous ne devons pas nous trouver en présence d’un bourrelet cicatriciel. Quant à admettre qu’un obus ait frappé une loupe juste au centre, c’est peut-être possible, mais il nous semble que la blessure n’affecterait pas cette forme, et la forme que cette blessure a actuellement ne changerait pas notre manière de voir sur la suite du phénomène qui s’en suivit.
- Il semblerait que l’arbre a eu la perception qu’il était frappé par un corps lisse, donc « sortable », et que sans perdre un instant, tous ses efforts se sont concentrés pour le mettre dehors. Des cellules venant du corps même de l’arbre, des cellules d’une vitalité extrême, se sont multipliées en nombre considérable et très vite, par vagues, en prenant soin de ne pas enrober l’intrus, et toutes unissant leurs efforts pour le chasser.
- Avec le temps, l’arbre serait-il arrivé à se débarrasser du gêneur ?
- Nous voulons le croire.
- Quand nous avons retiré l’obus, il ne résista guère à nos efforts; le plus gros semblait fait. Nous avons regretté alors plus encore de. nous être trouvé en 1920 en présence d’un arbre mort, car nous aurions pu constater ainsi la fin du phénomène. Il se serait terminé, nous pouvons le supposer, par la formation d’une grosse loupe, de forme à peu près régulière et ne présentant plus avec le temps un aspect bien particulier. »
- Le reiîdement des marteaux. — On sait que lorsqu’un corps en frappe un autre, la quantité de mouvement de l’ensemble ne change pas par le choc. L’énergie cinétique totale est cependant plus faible après le choc. Plus le marteau employé est efficace, plus la perte doit être faible. Or, les expériences ont montré que les variations, d’un outil bien établi à un instrument bon marché, sont considérables. Un bon marteau ne perd que 2 à 3 pour T00 de son énergie, tandis qu’un article de qualité inférieure arrive à perdre jusqu’à 3o pour 100 de son énergie cinétique après le choc, d’où un rendement extrêmement mauvais dans ce dernier,cas.
- Perfectionnement des films. — Comme on sait, les films se déchirent assez souvent par leurs bords qui sont affaiblis par les perforations. Le Dr M. U. Schoop, de Zurich, le créateur du procédé bien connu de métallisation par projection, vient d’imaginer un moyen qui remédie à ce défaut. Il projette sur les parties affaiblies du film un léger revêtement métallique (par exemple, du cuivre ou de l’aluminium). Lés résultats obtenus sont des plus concluants et il à été démontré que la durée des films ainsi métallisés est prolongée considérablement et atteint 5 à 7 fois la durée normale. L’épaisseur de la couche métallique est, bien entendu, extrêmement faible, à savoir i/ioo ou 2/100 mm. Ce nouveau procédé paraît présenter pour l’industrie cinématographique un intérêt considérable.
- JHouvelîes de T. S. T. <st
- La nouvelle station Radiola. — Nous avons déjà indiqué plusieurs fois les travaux d’établissement d’une nouvelle station radiophonique Radiola à grande puissance à Clichy. On avait annoncé que la longueur d'onde de cette nouvelle station serait seulement de 160 m., ce qui aurait nécessité 3a transformation des appareils de réception actuels, établis pour la réception des stations de « broadcasting » de 3oo m, à 3ooo m. de longueur
- d’onde. Cette nouvelle est maintenant démentie, et un journal quotidien indique, comme probable, une longueur d’onde de 65o m. Nous ne savons si cette nouvelle est exacte, mais, dans ce cas, il est à craindre de graves difficultés de réception, puisqu’il faudrait éliminer alors toutes les nombreuses émissions perturbatrices sur les longueurs d’onde voisines de 600 m., en particulier les transmissions des bateaux et postés côtiers.
- L’organisation des émissions théâtrales radiophoniques. — Nous avons relaté les protestations élevées par les musiciens et les acteurs contre les émissions théâtrales radiophoniques, qui, à leur avis, leur causaient préjudice sans aucune compensation correspondante. Une association dite « des auditeurs de T. S. F. » vient de se fonder pour remédier à cette situation regrettable pour les amateurs de T. S. F., ef même pour les artistes.
- Le groupement a pour but de faire entendre par T. S. F. les œuvres les plus intéressantes données pâr les théâtres ou concerts de Paris. Ses membres verseùt une cotisation annuelle, dont le montant est destiné, d’une part à indemniser les artistes, d’autre part à subventionner les laboratoires dont les recherches s’appliquent au perfectionnement de la T. S. F.
- On ne peut que souhaiter la réussite de l’entreprise commencée par cette société; déjà plusieurs représentations théâtrales ont pu de nouveau être transmises par la station de l’Ecole supérieure des P. T. T.
- Les émissions étrangères. — Les longueurs d’onde des postes anglais ont été changées; actuellement ce sont les suivantes :
- _ Cardiff 5 WA .
- Londres 5 LO .
- Manchester 2 Z Y
- Newcastle 5 NO .
- Glasgow 5 SC .
- - Birmingham 5 IT. .
- Aberdeen 2 BD . .
- Parmi les transmissions les plus intéressantes pour les amateurs français, on peut noter les radio-dancings esécutés par le célèbre orchestre de l’hôtel Savoy. Ces émissions ont liêü le mardi, de 22 h. à 23 heures.
- Kœnigswusterhausen (LP) transmet toujours quotidiennement des cours de Bourse sur 4000 m. de longueur d’ondé ; mais ses radio-concerts sont désormais transmis sur 2800 m au lieu dé 2700 mètres.
- Les programmes de ces concerts sont d’ailleurs plus intéressants qu’autrefôis ; ils sont toujours transmis le dimanche de 10 h. 5o à 11 h. 5o, et lé soir en semaine vers 19 h. ou 20 h. (Il n’y a pas d’horaire fixe.)
- En outre, la station fait des essais d’émission sur 645 m. ; une série de concerts a été transmise dans ces conditions, du 11 au 16 février, de ig-h. 3o à 20 h. 3o, (Communiqué par M. Kleiber.)
- Essais d émission sur ondes très courtes. — M. le professeur Mesny décrit dans l’Onde Electrique de janvier 1924 de très intéressants essais de transmissions sur ondes très courtes, effectués au Laboratoire de la Radiotélégraphie militaire sous la direction du générai Ferrie.
- Ces expériences étaient faites en utilisant des longueurs d’onde de l’ordre du mètre (1 m. 80). Le dispositif récepteur comprenait un appareil à super-réaction à deux lampes, et le poste émetteur était monlé suivant un schéma symétrique spécial, mais fort simple.
- Des premiers essais ont été effectués en employant simplement deux bouts de fil de cuivre comme antenne à la réception et à l’émission. Dans ces conditions, en mettant seulement 80 milliampères dans l’antenne d’émission, des portées de 2 km ont pu être obtenues en radio-té léphonieA
- Des expériences de laboratoire très saisissantes ont d’ailleurs pu être réalisées pendant l’Exposition de Physique et de T. S F. à l’aide de l'émetteur. Grâce à la faible longueur des ondes employées, il était en effet facile de démontrer pratiquement à un nombreux auditoire quelques principes de la propagation des ondes hertziennes.
- 35o mètres. 36o —
- 375 —
- 400 —
- 420
- 475 —.
- 4g5 —
- p.r81 - vue 543/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- Mécanique <«*
- Excavateur automobile pour tranchées, système Legrand. — Chacun sait que depuis la guerre on se ressent grandement de la diminution de la main-d’œuvre, et que cette difficulté, à laquelle se heurtent, on peut dire, presque toutes nos industries, va encore se prolonger durant quelques années. On va donc, pendant celte période de reconstruction des régions dévastées et de la reprise économique des affaires dans le restant de notre pays, avoir à résoudre un gros et grave problème à la fois économique et social.
- Il nous paraît que la solution logique de ce problème consiste en un machinisme plus général, et, en ce qui concerne plus particulièrement les travaux publics et d’édilité envisagés dans cette note, c’est l'emploi de machines capables, sous certaines conditions, d’exécuter la besogne de plusieurs équipes de terrassiers. Au point de vue technique, il est d’ailleurs reconnu que les creusements de fouilles et tranchées, aussi bien dans un but militaire que civil (conduites d’eau et de gaz, égouts, drainages, etc.) est plus avantageusement opéré mécaniquement qu’à la main, et au point de vue économique il suffit de noter simplement, par exemple, qu’en ce moment les terrassiers de la région parisienne ne veulent point travailler à moins de 4 et 5 francs l’heure. t
- Avant la’ guerre, ces sortes de machines à excaver existaient plus particulièrement en Amérique et en Allemagne où elles étaient reconnues comme rendant de grands services. En France, il a fallu la guerre pour créer ce machinisme et les poilus peuvent notamment se rappeler l’excavateur Legrand employé sur certains points du front au creusement des tranchées.
- Cet excavateur, qui depuis a été perfectionné, se distingue des engins étrangers déjà connus par les avantages suivants : dimension réduite, légèreté, facilité de manoeuvre, rendement important, rapidité de montage et de déplacement, grande robustesse sous un petit volume, facilité d’adaptation à tous les travaux de terrassement en butte ou en fouille. Il est constitué (fig. i) par un chariot sur lequel pivote un châssis qui soutient lui-même une chaîne à godets et un transporteur d’évacuation.
- Le chariot, en acier coulé, possède deux roues motrices et deux roues directrices ; il peut être aménagé pour déplacement sur voies de o m. 60, i m. ou encore sur le sol. Le châssis, en longerons d’acier, pivote horizontalement au moyen d’un dispositif mécanique actionné à bras, à l’aide d’un volant de manœuvre. Quant à la chaîne excavatrice, animée d’un mouvement continu et disposée comme il est dit plus 'haut pour travail en butte ou en fouille, elle porte des godets en
- Fig. i. — Excavateur Legrand.
- acier, dont le bord, en forme de couteau, découpe le terrain sur toute la hauteur de la partie à excaver ; on peut lui adapter également des pioches pour l’attaque des terrains durs. Enfin les matériaux contenus dans les godets sont déchargés sur un transporteur incliné à tablier mécanique qui les déverse à son tour dans des wagonnets, tomberaux ou camions automobiles, suivant le cas. »
- L’excavateur universel Legrand peut être actionné par
- moteurs électriques ou par moteurs à essence. La commande électrique nécessite deux moteurs, le plus puissant actionnant à la fois la chaîne à godets et le transporteur, tandis que l’autre actionne le mouvement de translation de l’engin. Dans le cas de force motrice à essence, un seul moteur commande les trois mouvements par l’intermédiaire d’embrayages et de transmissions appropriés.
- Le débit varie évidemment suivant la nature des travaux que l’on effectue ; en général, le travail en fouille ou en butte donne un rendement horaire de 12 à 20 m3 selon la dureté du sol.
- Grâce donc à cet engin, il est possible d’équiper mécaniquement un chantier en
- I \ heures, résultat inconnu à ce jour avec les excavateurs existants, beaucoup trop encombrants et lourds, en raison de leur forme spéciale et de leur commande presque toujours faite par machine à vapeur.
- II peut s’employer pour exécuter des tranchées de om. 60 à 1 m. 60 de largeur et de profondeur variable, pouvant aller jusqu’à 3 m. 5o, et cela dans la plupart des terrains, excepté, bien entendu, le calcaire dur et le grès.
- Le personnel de manœuvre nécessaire pour assurer le travail est réduit au minimum ; il suffit, en effet, d’un mécanicien pour la conduite proprement dite de l’appareil et d’un ou deux hommes, pour effectuer les différentes opérations accessoires nécessitées par la marche de l’excavateur : fixation de la herse d’ancrage, graissage, surveillance de la chaîne à godets, dégagement des orifices d’évacuation des déblais en cas d’obstruction accidentelle de ceux-ci, etc.
- Son déplacement d’un chantier sur un autre est des plus aisés. Tout déplacement restreint peut être fait sans effectuer le démontage de la chaîne à godets, mais dans le cas d’un parcours important la chaîne et la partie inférieure du puisard très voisine du sol sont démontées et transportées sur une remorque quelconque.
- Trois grandeurs sont construites, dont les caractéristiques sont les suivantes :
- Le type A (fig. 1), monté sur châssis automobile de 4 tonnes, permet l’exécution de tranchées de o m. 60 de largeur sur 2 m. de profondeur; avancement horaire : 30 m. à 3o m. de tranchée.
- Le type B, 5 tonnes, tranchées de o m. 60 sur 3 m. de profondeur, avancement horaire : i5 m. 5o à 25 m. de tranchée.
- Le type C (fig. 2), châssis automobile de 7 tonnes, exécution de tranchées de 1 m. 20 de largeur sur 3 m. 5o de profondeur, avancement horaire : 8 m. à 12 m. de tranchée.
- Des élindes spéciales, s’adaptant sur les trois types ci-dessus permettent toutefois l’exécution de tranchées de toutes largeurs comprises entre o m. 60 et 1 m. 60.
- Constructeur : Société des Ateliers A. Moreau, 34, rue de Liège, Paris. M. B.
- Nouvelle pompe pour puits profonds. — Un des problèmes les plus difficiles à résoudre, qui se présente lorsqu’il s’agit de puiser l’eau dans des nappes souterraines à grande profondeur, est la commande mécanique de la pompe, lorsque l’on ne veut pas employer les appareils élévateurs à godets, à chaînes ou à entraînement par capillarité.
- La commande électrique par moteur placé dans les puits au voisinage du plan d’eau ou même dans la nappe liquide nécessite des moteurs tout à fait spéciaux, hermétiques, à graissage sous pression, coûteux et délicats.
- Br
- Fig, 2. —- Excavateur creusant une tranchée.
- p.r82 - vue 544/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Si le corps de pompe est actionné par des tringles ou des arbres allant de la surface au fond du puits, on se trouve en présence d’une installation considérable, d’un entretien continuel et difficile.
- Une solution particulièrement élégante est fournie par l’hydrop.ompe Mangin qui repose sur un principe nouveau. Au lieu d’actionner la pompe située à la partie inférieure du puits par des organes de transmission mobiles et métalliques, sa commande sera effectuée par une « tringle d’eau se déplaçant dans un petit tube ».
- Le schéma de la figure 3 permet de comprendre immédiatement comment ce résultat est atteint. L’appareil moteur, situé à la surface du sol, est constitué par une presse hydraulique spéciale sans clapets ni distributeurs et à double effet.
- Les deux cylindres de cette presse sont pleins d’eau et reliés par deux tubes D et N, également remplis d’eau, aux cylindres Ë et L de la pompe placée au fond du puits.
- Si l’on imprime au moyen du levier A un mouvement de-va^et-vient au piston double B de la presse, l’eau
- Niveau
- Tuvau de remontée
- Crépine
- d'aspiration
- Fig. 3. — Schéma de t’hydropompe Mangin
- dont l’ensemble est rempli viendra agir sur le piston double FM de la pompe qui prendra de ce fait le même mouvement alternatif que le levier À; et le piston G, agissant comme dans une pompe aspirante et foulante ordinaire provoquera l’élévation de l’eau dont la marche ascendante est indiquée par les flèches.
- Les avantages de ce dispositif sont assez nombreux, on peut les résumer ainsi : il n’y a aucun mécanisme en mouvement à l’intérieur du puits, donc pas de graissage ni d’entretien ; l’ensemble de l’installation occupe très peu de volume, peut être descendu sans précaution spéciale le long des parois du puits et simplement suspendu par un collier à sa partie supérieure, enfin l’installation est très simple.
- Ajoutons que l’on peut obtenir des débits allant jusqu’à 20 m3 à l’heure, ce qui est un très beau résultat si l'on considère le rendement des pompes alternatives à pistons.
- Constructeur : Pierre Mangin, 210, rue de Paris, Montargis.
- "Phonographe
- L’alternaphone L. Rosengart. — Dans les phonographes, le disque est toujours mis en mouvement au moyen d’un mécanisme dont le moteur est un ressort que l’on remonte pour chaque audition. Ce mécanisme comporte un jeu de rouages délicats, avec des régula-
- teurs qui ne sont pas toujours très satisfaisants, Il entraîne une sujétion fastidieuse, celle de remonter le ressort après chaque morceau.
- L’alternaphone Rosengart supprime tout ce mécanisme et tous ces ennuis, en assurant simplement l’en-
- Fig. /,. — L’alternaphone L. Rosengart
- traînement du disque au moyen d’un minuscule moteur électrique; son arbre est muni d’une tige garnie d’une petite poulie de friction; celle-ci prenant appui sur le bord extérieur du plateau recouvert de drap qui supporte le disque, lui communique un mouvement de rotation d’une vitesse parfaitement constante ; que l’on peut du reste régler, en rapprochant ou en éloignant la poulie de la circonférence extérieure du disque*
- Le réglage s’effectue au moyen d’un bouton à vis micrométrique.
- Le moteur fonctionne sur tous courants alternatifs de 42 à 90 périodes et se branche sur n’importe quelle prise de courant de lumière. ,
- Il est monté sur un socle spécial qui lui permet de s’adapter sur n’importe quelle caisse de phonographe.
- En vente aux Etablissements L. Rosengart, 21, avenue des Champs-Elysées, Paris.
- *> Objets utiles «c*
- Affûteur de couteaux. — Les nouveaux couteaux à lame inoxydable, dont l’emploi se répand de plus en plus, doivent leur propriété de ne pas rouiller à ce qu’ils sont en acier chromé. Mais de ce fait, leur affûtage est particulièrement difficile et les cuirs et pâtes ordinaires n’y suffisent pas.
- Yoici un modèle d’affûteur spécialement réalisé pour eux, mais qui, a fortiori, est également utilisable pour la coutellerie ordinairei’.
- Un pied en bois porte -une monture et une poignée nickelées, la poignée sert à tenir l’affûteur; la monture
- Fig. 5. — Affûteur de couteaux.
- sert d’axe à deux galets d’acier trempé très dur roulant librement. Quand on passe un couteau par la fente et qu’on tire à soi, en appuyant légèrement* le tranchant de la lame est serré entre les deux galets et poli par eux. L’affûtage obtenu est remarquable.
- L’affûteur de couteaux est vendu par la ipaispn JÇirby, Beard et Gie, 5, rue Aùberr Paris.
- p.2x83 - vue 545/688
-
-
-
- VARIETES
- ><
- LE RETOUR DES OISEAUX A LEUR LIEU D'ORIGINE
- Il est une constatation curieuse à faire en ce qui concerne les sciences en général et qui a pour conséquence, souvent, de retarder la découverte ou tout au moins la vulgarisation de telle ou telle vérité qui aurait dû frapper, s’imagine-t-on, aussitôt qu’elle est connue, les observateurs. C’est l’admission d’un fait qui, une fois énoncé, est repris sans contrôle, par les naturalistes notamment. Tout ce qui apparaît contraire à cette thèse une fois émise est aussitôt catalogué exception, ces exceptions fussent-elles finalement plus nombreuses que les faits sur lesquels est fondée une règle que l’on estime générale.
- De l’analyse des travaux de naturalistes hongrois, un collaborateur de La Nature tirait les mêmes conclusions que ceux-ci, à savoir : que les oiseaux migrateurs reviennent chaque printemps.en leur ancien séjour, pour s’y reproduire. Nous ignorons à quelle époque furent faites les observations desdits ornithologues, mais aujourd’hui il est péremptoirement démontré que rien n’est moins exact que cette assertion et que la règle générale en l’occurrence est que précisément sont des exceptions les oiseaux migrateurs et même sédentaires qui reviennent en leur habitat d’origine pour y nicher. Au reste, les expériences des naturalistes centraux, en dépit des conclusions qu’ils en tirent, montrent qu’il en est bien ainsi. Les exceptions qu’ils ont constatées par le baguage sont convaincantes. Seulement pénétrés de la conviction, puisée déjà dans les plus anciens ouvrages d'ornithologie, que les oiseaux migrateurs réintègrent au printemps leur cantonnement de l’année précédente, ils ont considéré que les prétendues exceptions étaient bien des exceptions et non la règle générale.
- En fait, dans un cantonnement déterminé, adéquat aux conditions d’existence d’une espèce, on retrouve, une année après l’autre, des représentants de cette espèce, mais il est rare qu’il s’agisse des individus qui y ont été précédemment observés. On revoit aux mêmes endroits des hirondelles, des étourneaux, des fauvettes, étant admis évidemment que l’aspect, la nature des lieux ne sont pas modifiés, naturellement ou artificiellement, mais -ce sont chaque année, pour la plupart, de nouveaux venus. Que l’on revoie des pinsons, des bruants, dans un cantonnement convenant à ces espèces, n’est pas surprenant, les volatiles sauvages recherchant, ce qui est rationnel, instinctivement des lieux qui conviennent à leur genre de vie. Que ce soient les mêmes oiseaux qui y vivaient antérieurement est une autre question. Des observateurs ayant constaté le retour dans une région d’oiseaux d une même espèce que ceux qu’ils y avaient vus précédeinment, en ont conclu qu’il s’agissait des mêmes individus. Bien que l’observation fût superficielle, ainsi que le démontrent les expériences faites ces dernières années, elle n’en a pas moins acquis force de loi, pourrait-on dire, d’autres remarques similaires tout aussi superficielles semblant la confirmer.
- C’est, croyons-nous, aux Etats-Unis, que les premières expériences suivies, destinées à élucider ce point, furent entreprises et un ornithologue de l’Ohio, M. S. Prentiss Baldwin notamment, consacra de nombreuses années à étudier la question. C’est ainsi, par exemple, que de 191.5 à 1920, il bagua i56 Troglodytes ÔEdon ædon, oiseaux communs dans ses propriétés et parmi lesquels se trouvaient des adultes et les jeunes constituant leurs familles et qui tous furent bagués au temps de la nidification.
- Au cours de ces cinq années, M. Baldwin constata très souvent que le mâle et la femelle d’un couple bagué se séparaient après une première nichée, l’un et l’autre s’accouplant pour la seconde ponte à un nouvel oiseau, de coutume non bagué et provenant donc vraisemblablement d’un autre cantonnement. Les deux nouveaux couples ainsi formés, le mâle primitif ayant fait choix d’une seconde femelle, sa compagne d’un nouvel époux, nichaient parfois fort près l’un de l’autre, en certaine occasion à moins de 3o m., sans qu’il parût se produire le moindre incident, les deux oiseaux de l’ancien couple semblant devenus complètement étrangers l’un à l’autre.
- Quelquefois, une première nichée ayant pris l’essor, il était constaté par M. Baldwin que, en même temps que les jeunes, les adultes disparaissaient du cantonnement,
- le mâle ou la femelle ne revenant, en l’un ou l’autre cas, que l’année suivante, sur les terres de l’observateur. De temps à autre, ce dernier retrouva accouplés deux oiseaux bagués, mais ayant auparavant fait partie de deux ménages différents. Dans la généralité des cas, les oiseaux changeaient non seulement de conjoint, mais aussi de nichoir.
- Exception curieuse à son sens, M. Baldwin nota que, dans un même, nichoir, un oiseau bagué éleva trois nichées ayant pour chacune d’elles un nouveau compagnon. Les observations firent relever en deux ou trois occasions que le couple demeura uni, mais alors un nouveau nichoir lui servait de logis.
- Il est surtout intéressant de noter,'ainsi que nous le signalions ci-dessus, qu’en beaucoup de cas, le nouveau compagnon de l’oiseau bagué était un volatile qui n’avait pas encore été signalé dans les environs de la ferme, ce qui indiquerait qu’il y avait de nombreuses allées et venues entre différents cantonnements et qu’en conséquence les oiseaux ne tenaient aucun compte de leur habitat d’origine.
- Constatation non moins importante : M. Baldwin ne revit au cours des cinq années d’observations qu'un seul des multiples jeunes qu’il avait bagués.
- D’autre part, M. G. de Burg, l’éminent secrétaire de la Commission fédérale ornithologique suisse, a également observé, de très près, sous ce rapport, de nombreux couples nidificateurs. Dans sa propriété d’Olten, en Suisse, séjournent quantité d'oiseaux, notamment des rouges-queues titys, des rouges-queues de muraille, des pinsons, des gobe-mouches, des mésanges, etc. Sans qu’il puisse subsister le moindre doute, il a constaté que de multiples mutations se produisent lors de l’accouplement qui a lieu avant la seconde nidification de l’année. Mâle et femelle, après avoir élevé leurs premiers jeunes, se séparent et s’accouplent soit à une femelle, soit à un mâle étranger. Un nouveau couple remplace également souvent les premiers nidificateurs dans un cantonnement déterminé.
- Les observations de M. G, de Burg ont notamment porté sur les rouges-queues. Ces expériences furent renouvelées plus récemment par des membres de la « Société ornithologique de l’Est de la Belgique ». Elles aboutirent à des résultats identiques en ce qui concerne des mésanges, des traquets bagués, des bruants jaunes, des cinis, dont la couleur du plumage, souvent différente d’un sujet à l’autre, est moins sujette à modification que le chant qui peut varier trop aisé-men1. Les couples et leurs familles bagués disparurent des lieux de nidification et n’y furent plus revus.
- En ce qui concerne les moineaux domestiques fréquemment atteints d’aberration portant sur une ou plusieurs plumes, il fut aussi observé qu’ils changeaient constamment de quartier, dans la ville.
- Semblent aussi confirmer toutes ces observations les martinets, qui, rarement victimes des hommes ou des bêtes,. n’augmentent pas en nombre dans les vieilles cités qui les abritent. La thèse voulant que les jeunes reviennent à leur lieu d'origine étant exacte, les colonies de martinets devraient s’accroître considérablement au cours des ans, ce qui n’est pas.
- Cette règle serait-elle une réalité pour certaines espèces'vivant réellement en colonie ? Peut-être, mais encore faudrait-il que l’observation fût vérifiée, ce qui n’est pas aisé. Baguer des hérons, des freux, par exemple, n’est pas facile, non plus que de les capturer à nouveau pour obtenir confirmation du retour supposé des adultes ou des jeunes, à leur habitat natal.
- Rien ne s’oppose à ce que des oiseaux de ces espèces découvrant, en cours de migration au printemps, un site favorable ài leur genre de vie, ne s’occupent pas d’une colonie précédente et prennent 9a place. La colonie dépossédée chercherait à son tour un endroit propice pour son installation, d’où la fondation de colonies là où précédemment il n’en existait pas. 4
- Ainsi s’expliquerait la disparition des habitants d’une colonie, diminuant sans cause apparente pour l’homme, alors que d’après la théorie du retour au lieu d origine elle devrait augmenter en nombre. Il se pourrait donc qu’une troupe moins nombreuse que celle qui, une
- p.2x84 - vue 546/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- M. S., à Bordeaux. — Le meilleur badigeon pour plafonds est celui au blanc gélatineux que vous pouvez préparer ainsi :
- Pâte de chaux éteinte . . io kg.
- Blanc d’Espagne............... i —
- Sel marin. ................... 5 —
- Gélatine ou colle blonde . 5 —
- Eau ordinaire................100 litres.
- Faire gonfler la colle forte en la mettant macérer dans une partie de l’eau (10 litres environ) pendant douze heures, liquéfier ensuite au bain-marie et ajouter successivement la chaux, le blanc d’Espagne et le sel, finalement étendre avec le reste de l’eau et ajouter une pointe d’outremer (bleu des blanchisseuses).
- Pour obtenir un bon résultat appliquer le badigeon encore tiède de préférence.
- N. B. Le plâtre ne permettrait nullement d’obtenir un résultat satisfaisant.
- Index Generalis. — La désodorisation des récipients ayant contenu du pétrole doit débuter par un remplissage complet avec débordement d’eau, de manière à chasser toutes les vapeurs et à laisser monter jusqu’à l’orifice toutes les gouttelettes de pétrole qui étaient à la surface intérieure du vase :
- Laisser reposer quelque temps pour permettre cette ascension.
- Cela fait, vider le récipient et y introduire une bouillie de chlorure de chaux (poudre de chlore du commerce, loo gr. par litre d’eau environ).
- Agiter vigoureusement, abandonner au repos quelques heures, rincer une première fois, puis introduire un léger lait de chaux destiné surtout à absorber le chlore résiduel, remuer à nouveau et laisser en contact.
- Après quelques heures, terminer l’opération par plusieurs rinçages en ayant toujours soin de remplir complètement jusqu’à ce que l’eau déborde. En observant les précautions indiquées, nous avons personnellement obtenu des résultats très satisfaisants.
- M.' L. Cochet, à Grimaud (Var). — Comme produit pouvant se mélanger au sol, en le cultivant, pour le désinfecter et détruire les œufs et les larves d'insectes, dans les jardins potagers, il y a la vaporite, produit qui joint à la propriété d’émettre de l’acide sulfhydrique au contact du sol humide, celle de dégager continuellement des vapeurs de corps insecticides de la série des carbures aromatiques. En outre, la vaporite stérilise, en quelque sorte, le sol des spores des maladies crypto-gamiques et des animalcules microscopiques (anguil-lules, vers, loches, limaces et petits mollusques). De décembre à mars, enfouir ioo à i3o gr. de vaporite par mètre carré, à 35 ou 4® cm de profondeur; au printemps, employer 5o à 8o gr. par mètre carré, à a5 cm de profondeur.
- On emploie également, pour la désinfection du sol, la sulgine.
- Vous trouverez ces produits, et les renseignements qui les concernent, aux Laboratoires Georges Truffaut, 90 bis, avenue de Paris,.à Versailles.
- M. Maurice Ponthieu, Le Vivier, à Vouvant (Vendée). — i° Pour vous procurer des reproducteurs, en vue de pratiquer l’élevage industriel des cobayes, vous pourriez vous adresser à M. Meslay, spécialiste en cuniculi-culture, à Sourdeval-la-Barre (Manche), en lui demandant des indications. Voyez, en outre, aux adresses suivantes : M. Silly Sber, à La Loupe (Eure-et-Loir), Domaine de La Part-Dieu, à Juilly (Seine-et-Marne). Vous obtiendrez sans doute aussi dès indications en vous adressant au secrétaire de la section de cuniculiculture de la Société centrale d’Aviculture de France, à Paris, 34, rue de Lille, 7'.
- Nous ne connaissons pas exactement le prix moyen auquel les laboratoires de physiologie paient, actuellement, les cobayes destinés à leurs études expérimentales, mais vous seriez renseigné sur ce point, croyons-nous, en écrivant à l’Institut Pasteur à Paris, rue Dutot, et, sous les auspices de notre collaborateur M. Henri Blin, à M. Prévôt, Directeur de lUnstilut Pasteur de Garches (Seine-et-Oise).
- "T
- NOTICE FRANCO LIVRAISON POUR TOUS PAYS
- Monobloc
- Le plus parfait des Appareils Stéréoscocopiques
- Les Plus Jolies Photographies
- en relief, noir et couleurs, sont obtenues avec
- MONOBLOC
- Appareils Ciné pour Amateurs
- JEHWiEREr t G“,31,lenl. Saint-Germain, PMU
- Téléphone : GOBEUNS 26-56.
- Reg. C. : Seine 188.958.
- MÉCANICIENS. ÉLECTRICIENS
- utilisez vos heures de loisir pour l’étude chez vous. Demandez: gratuitement “ LA NOUVELLE VOIE M Institut Technique'MARTIN, 95, cours Vitton, & LYON.
- CLOTURE Grillagée
- PRIX I 1-00 de Haut 2,75
- au ) 1-20 — 3 30 ,
- Qlètre j 1-50 — 3 90
- courant r *-00 — 4 90 |
- Compris supports sn fer, fil de fer, rsldisseurt,grillai* et fil p**lttoh.
- THIOLON, Fab‘, 16, Bue du Louvre, PARIS*
- ENVOI FRANCO OU CATALOGUK N» 5
- Reg. C. i 210.778 B.
- *
- -m lxxxvii
- p.2x85 - vue 547/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- C. 0. /., Saint-Sever. — Ouvrages sur Vémaillage : Manuel pratique de Vémaillage par métaux, par Mille-net; Y Emaillage de la fonte et de la tôle, par Grüu-wald. Ces deux livres sont édités chez Dunod, 92, rue Bonaparte, Paris.
- Gouzon, à Lyon. — Préparation du vinaigre de ménage. — On peut transformer en vinaigre les fonds de bouteilles ou de tonneaux de vin déjà un peu aigri, sans matériel spécial de fabrication, en opérant de la manière * suivante qui est très simple et donne de bons résultats :
- Prendre, pour un baril de 3o à 40 litres, deux litres de bon vinaigre rouge ou blanc, que l’on fait bouillir et verse ensuite dans le baril. Après avoir bondé solidement, rouler le baril dans tous les sens, de façon à bien imprégner d'acide acétique les parois internes de celui-ci. Après cette opération, remplir, à moitié, le baril de vin piqué ou même de vin de bon goût, et abandonner durant huit jours dans une pièce assez chaude. Ce laps de temps écoulé, faire bouillir deux autres litres de vinaigre, verser de même dans le baril, que l’on achève de remplir avec du vin, laisser au repos.
- Un mois après, le vinaigre est fait; on peut en tirer au baril, suivant les besoins du ménage, à condition de verser par la bonde autant de vin que l’on tire de vinaigre.
- Dans ce cas, il faut avoir à demeure, sur la bonde, un entonnoir en verre ffluni d’un long tube plongeant dans le liquide ; de celte façon, le vin que l’on verse arrive au fond du baril, et l’dn évite de rompre le « voile » ou « mère à vinaigre » qui s’est formé à" la surface du liquide et qui est constitué presque uniquement par des cellules de ferment acétique.
- Si, au bout d’un certain temps, lorsqu’on a tiré de grandes quantités de vinaigre, on constate que le liquide faiblit, il suffît, pour lui rendre ses qualités, de faire bouillir à nouveau deux litres de bon vinaigre et de les verser dans le baril.
- On peut même placer dans la cuisine le tonneau con-
- tenant le vin à transformer en vinaigre. Ce vin y trouvera la température favorable à la multiplication du ferment acétique.
- M. Henri Frances, Toulouse. — Régulateur de chauffage pour couveuse artificielle .— Il y li^jdu-sieurs systèmes de régulateurs de température pour les incubateurs. Yous ne dites pas quel est le mode de chauffage à adopter pour celui que vous vous proposez de construire. Il y a quatre catégories de régulateurs : i° les capsules; a0 les régulateurs à mercure et éther; 3° les bandes thermostatiques; 4° les régulateurs électriques.
- Le système à capsule métallique dilatable est, probablement, ce qui vous conviendrait le mieux; les capsules sont la base du fonctionnement de la plupart des régulateurs.
- Le liquide contenu dans la capsule est un mélange composé d’une partie d’alcool méthylique et trois parties d’éther en volume et supposés chimiquement purs. Introduire une vingtaine dè gouttes de ce mélange entre deux plaques carrées en cuivre très mince, de 5 cm de côté, dont on soude les bords afin d’avoir une capsule hermétiquement close. A la température de 4i°le liquide entre en ébullition, les deux parois de la capsule se distendent. Disposer la capsule à l’intérieur de la couveuse, sur une petite console ; sur la face supérieure de la capsule vient reposer une tige d’acier qui est soulevée lorsque la capsule se gonfle et qui agit alors sur un bras de levier, lequel soulève une plaque métallique ou registre ouvrant un orifice par lequel s’échappe l’air chaud de la couveuse. Le mélange revenant à l’état liquide lorsque la température intérieure de la couveuse s’est abaissée au-dessous de 410, les parois de la capsule s'affaissent, la tige reprend sa position primitive et l’orifice se referme. Pour que cet appareil soit sensible, il faut que le levier soit équilibré au moyen d’un contrepoids approprié. (Voyez dans La Nature, n° 2379, Science appliquée, p. i3q, l’article de notre collaborateur Henri Blin, sur les régulateurs de température pour incubateurs).
- DANIEL SACKtC
- PARIS - 55-64, rue Legendre, 55-64 - PARIS
- Téléphone Warrant 93.62 R«g. C. t Setae f 81.530
- Installations complètes d’Électricitè
- ÉCLAIRAGE DES CHATEAUX
- TRAVAUX TRÈS SOIGNÉS
- NOMBREUSES RÉFÉRENCBS
- Maison fondée en 1890-Médailles d'Or
- “ Officiers ministériels
- DE RAPPORT A PARIS
- Adj°* Gh.Not. 25 Mars 1924 Rev.àaug. Mises à Prix
- Rue d'ASSAS 58 et SS11» (ANGLE)f o„ . «.ù *nn (Un Appait. libre) et TERRAIN Cont.tot. 930»( 89,146ï1 .400.000 R. des G^-Degrés. S et Quai Montebelio, 7 1 ^.566 120.000
- Rue d’Assas,. 60 et 62. Cont. 190'" 6.974 100.000
- R. de Bièvres, 1 et QuaiTournelle, 67 (ANGLE) 6.940 80.000
- S’adr. à M" LESGUILLIER, not. 9, r. de Villersexel
- Petites Annonces
- Machinés statiques, Bobine Ruhmhorf de 35 cm d’étincelle, Microscopéj Microtome, Balances, Accessoires divers de labor. — S adresser 2, rue René-Panhard, Paris (13e).
- Groupe électrogéne astrr. continu 2 collecteurs 115X 25 volt 5.5x15 smp. Mot. essence 2 cv 5. BatUrio accus Tcder ttaliomi 120 AH 11 éléxn. Tableau charge et distrib. RhéosL amp. volt. ReducI. disjonct. Le tout état neuf, 3500 fr. — Ecrire PERNOT, Granges-la-Yille (Haute-Saônp).
- le VERASCOPE RICHARD
- bu JUMELLE STEREOSCOPIQUE Brevetée S. G. B. G#
- est toujours la MÈRVEILLE PHOTOGRAPHIQUE
- il donné l’image vraie garantie superposable avec la nature comme grandeur et comme relief
- —Ç^est le docunîeiyt absolu enregistré
- Pour les débutants en photographie I Af O LJ O D KJ? Breveté Jumelle stéréoscopique à plaques 46x407
- La | l* il fr C S.G.D.G. Il est le MOINS CHER des appareils stéréoscopiques
- TAXIPHOTES à COURT FOYER sJTfo.
- Modèle optique à DEUX FOYERS servant à volonté — Modèle méoanique _
- Breveté Permet de faire 27 vues stéréoscopiques sur pellicules cinématographiques S. G. D. G. en bobines se chargeant en plein jour.
- LE
- NOUVEAU !
- 1/HOMÉOS
- VENTE AU DÉTAIL
- 40, Rue Envoi franco des
- raaLgflSL- Établi Jules RICHARD (S“ Ame)2S-
- AU LXXXVlil gft»
- p.2x86 - vue 548/688
-
-
-
- VARIETES
- année, avait élu domicile à un endroit déterminé, remplaçât le fort contingent observé tout d’abord et qui s’en est allé chercher gîte ailleurs.
- Selon toute probabilité, c’est à un phénomène de mutation que l’on assiste encore en ce qui concerne les vanneaux, hôtes des régions quelque peu marécageuses de la Hollande.
- Chaque année, des centaines de ces oiseaux — ne conviendrait-il pas de dire des milliers — sont tirés et envoyés sur tous les marchés non seulement des villes néerlandaises, mais aussi, avant la montée du florin, des grandes villes de Belgique ; d’autre part, c’est par milliers aussi que les œufs de ces oiseaux arrivent sur les mêmes marchés.
- Il est peu vraisemblable que, au cours de la chasse,
- seuls des vanneaux migrateurs soient victimes du coup de fusil ou de canardière, et il est peu probable que les jeunes provenant des œufs que peuvent conserver les nidificateurs suffisent à combler les vides occasionnés dans les troupes de ces échassiers.
- Or, dans les régions où l’on se livre à l’exploitation de ces volatiles, on ne constate pas une diminution de ce gibier. Chaque année, nous assure-t-on, la chasse et l’enlèvement des œufs fournissent un chiffre peu variable de ces « produits ».
- Si l’on n’admet pas le remplacement par des éléments étrangers, trouvant en ces lieux un habitat propice et s’y fixant, au cours des migrations, comment expliquer que la population des nidificateurs ne varie guère ?
- L. Coopman.
- JSD
- -0D
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- osséT
- La protection des lainages et fourrures contre les mites. — M. Ch. Verax nous indique ci-dessous le procédé qu’il emploie depuis de longues années avec succès pour protéger lainages et fourrures contre les mites :
- « Je prends une solution de bichlorure de mercure à i gr. pour i litre d’eau ou même i/a gr., et avec une éponge imbibée de cette solution, je mouille la surface des vêtements et lainages que je veux préserver des mites. Pour les petits objets, gants, etc., je les trempe dans la solution et je les essore bien. Après séchage, aucune trace de ce traitement n’est visible. Pour les fourrures, même traitement. Et désormais les mites ny viendront plus.
- Bien plus, il semble que la présence de ces traces de bichlorure, peut-être son odeur qu’il nous est impossible de discerner, éloigne les mites, car des vêtements non traités rangés avec des vêtements traités n’ont pas été touchés ? *
- J’ai donné cette recette à un de mes amis qui se plaignait des dégâts des mites sur les descentes de lit de son administration, et depuis il est tranquille.
- Les murs des water-closets peints avec la peinture à l’eau lavable connue sous le nom de Fixalo, préparée avec cette solution de sublimé, ont fait périr les mouches qui s’y trouvaient.
- Depuis plusieurs années que j'emploie ce procédé, je n’ai encore observé aucun inconvénient. Je le soumets donc à votre appréciation et vos essais.
- Il est facile de se procurer le bichlorure de mercure, * qui, comme tous les photographes savent, est employé pour le renforcement des négatifs. Evidemment toutes , précautions d’usage et toute prudence doivent être observées dans sa manipulation, surtout à l’état sec. La trace qui imprègne les vêtements traités est bien faible pour faire craindre quoi que ce soit; sans aucune précaution, je dois dire que je n’ai jamais rien observé de fâcheux ».
- Pour se préserver de la piqûre des moustiques. — Un de nos abonnés de Tunis nous écrit :
- « J’ai employé et préconisé avec succès le mélange
- suivant :
- \ Huile d’olive......................3/4
- Essence de térébenthine .... 1/4
- Agiter fortement ce mélange et»en passer sur les parties exposées à la piqûre de ces insectes (à l’exception des yeux).
- A noter que certaines espèces de mouches, notamment la mouche de cheval, sont foudroyées au contact de l’huile d’olive, et que les nègres d’Afrique ont l’habitude d’oindre leur corps avec de l’huile (de palme ou autres) et ne paraissent pas être incommodés par les moustiques. »
- Pidibus (anti-moustiques) économiques. — Prenez de la paille ordinaire (humide de préférence, coupez-la par petits morceaux.
- Pour une chambre ordinaire de 4 X 4 m-> jetez-en une petite poignée sur une faible quantité de charbons ardents, mais ne dégageant plus de flamme.
- Fermez ensuite toutes les ouvertures. La fumée qui se dégagera endormira les moustiques pendant une dizaine d’heures.
- Pannes de phares d’automobile. — Lorsqu’on a une panne de phare, on peut remplacer la lampe défaillante par la lampe de secours que l’on doit toujours emporter dans la trousse. Il peut arriver aussi que la panne intéresse non seulement la lampe du phare, mais les connexions qui relient la lampe à la batterie.
- Que ce soit une coupure ou un court-circuit, il est à peu près inutile de vouloir effectuer une réparation la nuit et si l’on emploie la lampe de secours avec son cordonxsouple, il suffira de mettre son bouchon dans la prise de courant de secours.
- Si la lampe du phare est encore en bon état, on se contente de se servir du cordon souple à deux conducteurs de la lampe de secours et de relier les deux conducteurs au phare à la place des connexions défectueuses.
- Si le cordon souple est suffisamment long, on peut de cette manière alimenter les deux phares en branchant les lampes des phares en dérivation sur le cordon à deux conducteurs.
- Ces montages de fortune permettront de parer aux pannes d’éclairage et rendront service quand on se trouvera brusquement arrêté en pleine nuit, par suite d’une défectuosité dans le circuit d’alimentation des lampes des phares.
- Antidérapant pour volant de direction. — Quand le volant de direction ne comporte pas de stries, ce qui est fréquent sur les voiturettes et les cyclecars, on éprouve parfois des difficultés de manœuvre en raison du glissement du volant.
- On peut y remédier en garnissant le volant d’une série de clous à tête ronde, analogues à ceux que les tapissiers utilisent pour les garnitures des fauteuils ou de sièges rembourrés.
- Ces aspérités ne gênent en rien et ne blessent pas les mains; elles permettent d’avoir une prise plus énergique, ce qui est intéressant, car le glissement du volant peut avoir parfois des conséquences fâcheuses.
- Allume-cigare. — On peut agencer un allume-cigare dans un vieux récepteur téléphonique à manche.
- On enlève tout le système des aimants et des bobines et l’on connecte aux extrémités du câble souple à deux conducteurs que l’on fait pénétrer dans le boîtier, un fil fin de platine, identique à celui que l’on met dans les pastilles d’allume-cigare du commerce qui marchent normalement sur les batteries d’éclairage de voitures automobiles.
- Le fil de platine est placé tout à fait dans l’axe du boîtier, sur lequel on monte ensuite une rondelle métallique dont le trou a le même diamètre que celui du pavillon ébonite que l’on place en dérnier lieu.
- Le courant arrive dans le fil quand on manœuvre la pjédale du manche du récepteur ; le fil rougit et comme l4llumage se fait à l’intérieur du boîtier, on peut malgré le vent allumer facilement un cigare ou une cigarette.
- p.r87 - vue 549/688
-
-
-
- <
- BOITE AUX LETTRES
- >
- AyiS. — ii’abondance dès demandes de renseignements qui pai'viennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limitei’ strictement les i*éponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches je plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Erratum. —A propos du lac de Grandlieu (n° 2600). — M. Gadeceau nous signale une erreur d’impression dans son article. C’est, p. 68, le Scirpus lacustris et non le palustris qui forme les îlots du lac,
- Adresse des appareils décrits : Lessiveuse La Merveilleuse, A. Pollet, i55, avenue de Neuillÿ, Neuilly-sur-Sèine ; Lessiveuse B. R. C., Etablissements B. R. C., 67, boulevard de Charonne, Paris ; Machines Gyor, R. Guyot et Cie, 54, avenue Jean-Jaurès, à Paris; Machines Ducellier, Société des Etablissements Ducellier, u3, rue Alexandre-Dumas, à Paris; La Lessiboime, France-Belgique, 52, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, à Paris; Machine Airplane, La Maison Moderne, 48, rue Sainté-Anne, à Paris ; Machine Samo, J. Sado, constructeur à Parthenay (Deux-Sèvres); Machine Nec-plus-ultra, E. Bouchery, 172, faubourg Saint-Denis, à Paris; Machine Moriion, Kaufmann, 217, rue Saint-Honoré, à Paris; Machine Universal, Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris; Machine Thomson, Compagnie Thomson-Houston, 173, boulevard Haussmann, à Paris; Machine Aurore, Moutet, à Neminy (Rhône); Machines Laun-Dry-Ettè, Agence Américaine d’Arcis et d’Arcis, 38, avenue de l’Opéra, à Paris; Coues-laveurs, Cône-Presto, Agence Américaine (voir ci-dessus); Cône Limpet, La Maison Moderne (voir ci-dessus) ; Cône Le Laveur, Dubost, 41 bis, rue des Gros-Noyers, à Ermont (Séinè-(.1 Oise).
- Réponses. —M. Mocqueris, à Tunis.— Le ciment est ce qui convient le mieux pour le sol d’un garage d’automobiles, étant suffisamment lisse et cependant antidérapant.
- M. Consolât, à Paris. — Il existe de nombreuses marques de produits destinés à recouvrir les vitres de serres, pour empêcher la pénétration des rayons solaires ; nous vous citerons par exemple : L Ombrine qui se fait en blanc vert ou bleu, 9, rue du Congo, à Pantin, Seine; la Franca de Lefranc et Cie, 18, rue de Yalois ; le Stic de Bertin et Lapeyre, 33, rue de Longchamps, à Neuilly-sur-Seine. Yous pouvez aussi préparer vous-même une peinture très adhérente en
- prenant :
- Lithopone......................600 gr.
- Silicate de soude à 36° B. . 200 —
- Eau ordinaire..................200 —
- Teinter si on le désire avec une couleur minérale : outremer, ocre jaune ou rouge, vert Guignet, vert de Cassel et si besoin une pointe de noir de fumée. Pour l’usage étendre cette solution mère d une quantité d’eau suffisante pour emploi facile.
- M. Puig y Font, à Barcelone. — Une exposition du coion à la vapeur ne peut donner à celui-ci une coloration jaune analogue à la couleur naturelle du coton Jumel, il faut pour cela avoir recours à un mélange de matières colorantes, par exemple jaune naphtol et orangé IL Bien entendu, un coton ainsi teinté ne peut être vendu comme coton d’origine, sans qu’il y ait qualification de fraude.
- M. Barbàrin, à Seyne les Alpes. — i° Vous pouvez parfaitement ressouder le peigne de votre machine de Ramsden avec la soudure ordinaire, un peu de vernis bronze anglais appliqué ensuite donnera à la partie réparée l’aspect du laiton. 20 La condition essentielle de bon fonctionnement d’une machine de Ramsden est la parfaite sécheresse, donc conserver cet appareil en lieu sec; avant les expériences, frotter toutes les parties métalliques au chiffon de laine et en particulier le disque de verre avec un tampon imbibé d’alcool que l’on essuie ensuite.
- 3° La machine pneumatique peut parfaitement être mise en service sans être en relation avec le manomètre, ce dernier n’ayant comme rôle que de renseigner sur le vide produit. Si le robinet de mise en communication est verdegrisé, dévisser la petite vis placée en dessous et qui par l’intermédiaire d’une contreplaqué retient le
- boisseau, nettoyer alors toutes les parties souillées avec un mélange de rouge d’Angleterre et d’huile, graisser à l’huile minérale et remettre en place. 4° Les cuirs qui garnissent les pistons sont certainement desséchés, vous pourrez très probablement leur rendre une souplesse suffisante en les faisant tremper plusieurs jours dans l’huile de pied de bœuf chaude.
- Jean de Bigorre, à Paris. — i° Nous pensons que la cellophane conviendrait parfaitement dans le cas que vous indiquez pour emballer une poudre granulée un peu huileuse. La cellophane est constituée par une pellicule transparente de cellulose pure, résistante, souple, de texture homogène, sans fibres et sans pores, elle n’adhère pas aux doigts, est inexplosive, insoluble dans l’eau mêmë bouillante, inaltérable sous tous les climats, dans tous les milieux; sa conservation est indéfinie, elle est imperméable à l’air, aux corps gras, aux essences et conserve très bien l’arome des produits enveloppés, sans odeur et sans goût, elle est inoffensive et peut s’appliquer directement sur les aliments, élle ne fermente pas et ne moisit jamais. Si cet article peut vous donner satisfaction, vous le trouverez sous différentes formes de présentation, 58 bis, rue de la Chaussée-d’Antin.
- 2° Le meilleur moyen A'enlever lés taches produites par une huile minérale de graissage est de se servir de gazoline ou essence de pétrole très légère en imbibant d’abord la tache avec un tampon de coton hydrophile, puis frottant aussitôt avec une flanelle sèche. Répéter au besoin l’opération à quelques heures d’intervalle, de façon à attendre que par capillarité l’huile contenue dans l’épaisseur revienne à la surface de la pièce à nettoyer.
- M. Beauchard, à Malakoff. — Lapréparation du sang desséché s’effectue de la manière suivante : Le sang frais est mélangé dans des bassines en fer, avec un agent coagulant, perchlorure de fer, sulfate ferrique ou nitrososulfate de fer dont la dose est calculée pour faire agir 10 grammes de fer par litre de sang à coaguler. Lès caillots se séparent de suite du sérum, on les recueille à l’intérieur de cases en maçonnerie ou en bois fermées à la partie inférieure par une claie en bois que l’on garnit de branchages ou de fagots, de façon à constituer un filtre grossier. On dispose un certain nombre de ces cases les unes à côté des autres et on les remplit successivement, de sorte que la première est égouttée lorsqu’on a fini de remplir la dei'nière.
- On relève alors les caillots et les met sous forme marchande, soit par mélange avec un produit absorbant, tourbe, sciure de Rois, terreau, soit en les desséchant dans un torréfacteur, type Devau ou Rial, en utilisant de préférence les chaleurs perdues de l’usine. Le sang sec est enfin moulu, au moyen de meules verticales enfermées dans une gaine de bois ou de tôle pour éviter la dissémination des poussières dans l’atelier de broyage.
- Le produit obtenu contient de 10 à 14 pour xoo d’azote presque en totalité à l’état organique, o,5 à i,5o pour 100 d’acide phosphorique et 0,6 à 0,8 de potasse. Eu égard à sa décomposition rapide dans le sol. le sang desséché constitue un excellent engrais aussi efficace que le nitrate de soude.
- M. Pollet, à Chambéry. — Votre insuccès provient très probablement d’un traitement défectueux, voici comment il faut opérer pour assurer la conservation des cordages destinés à séjourner dans l’eau : On prépare une dissolution de sulfate de cuivre à 2 pour 100, puis on y plonge les cordes pendant 3 à 4 jours en ayant soin de remuer fréquemment de façon que le sulfate de cuivre pénètre jusqu’à l’âme, on laisse égoutter, puis sécher complètement.
- D’autre part on fait une dissolution de savon de Marseille à 5 pour xoo et on y introduit lés cordages séchés, le séjour doit être également prolongé, carie stéarate de cuivre qui se forme immédiatement à la surface ralentit la pénétration de ce nouveau liquide, ce n’est qu’au moment où une section de la corde montre que la teinte est uniforme qu’on peut considérer l’opération comme terminée. Si vous désirez parfaire le travail, vous pourrez après nouvelle dessiccation complète tremper dans un bain léger de goudron de Norvège étendu par de l’essence de térébenthine.
- ( Voir la suite pp. LXXXVll et LXXXVLH.)
- 87
- p.r88 - vue 550/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Pierre Curie, par Mme Curie. (Collection : Les grands hommes de France), i vol. ni pages. Payot, éditeur. Paris 1924. Prix : 5 francs.
- On a célébré récemment, avec éclat, le vingt-cinquième anniversaire de la découverte du radium et, à cette occasion, un hommage solennel a été rendu aux deux auteurs de cette découverte, M. et Mme Curie. Mais tout n’a pas été dit sur le grand savant que fut Pierre Curie, une des plus nobles et des plus originales figures de la science française. La biographie, que Mme Curie consacre à la mémoire de son mari, récit émouvant dans sa simplicité, vient à son heure combler les lacunes des éloges officiels. Pierre Curie était le fils d’un médecin de modeste fortune, mais de cœur généreux, et de haute intelligence; le futur savant reçut sa première instruction de son père seul; il ne s’assit jamais sur les bancs du lycée; c’est dans
- ^ le contact intime avec la nature et l’étude des sciences naturelles pratiquées en plein air qu’il puisa le goût de la recherche scientifique qui fut la passion dominante de sa vie. Pierre Curie a toujours gardé un souvenir reconnaissant (de ce mode d’éducation original, que plus tard il eût désiré voir s’introduire dans l’enseignement officiel. Préparateur de Desains en 1878, à 19 ans il fait, en collaboration avec son frère J. Curie, sa première découverte, celle des phénomènes piézoélectriques. Nommé en 1883 chef de travaux à l’Ecole de Physique et Chimie, quoique absorbé par l’organisation de cette nouvelle école, il publie des mémoires profonds sur la symétrie cristalline et sur la formation des cristaux. En i8g5, il achève, comme thèse de doctorat, un travail fondamental sur le magnétisme qui contient des découvertes de première importance.
- Une telle œuvre eût déjà suffi à la gloire d’un physicien. Cependant, Curie, peu soucieux du « faire-savoir », continuait à végéler, presque inconnu, dans une situation plus que modeste, et sans aucune facilité pour continuer ses travaux. C’est un étranger, lord Kelvin, qui le découvrit et le fit connaître à ses collègues français. En 1895, il est nommé professeur; cette même année il épouse Mme Curie, et en 1897 ils abordent de concert les recherches qui les conduisirent à la découverte et à la préparation du radium. Ces travaux, qui devaient jeter un tel éclat sur notre pays ont été poursuivis dans les conditions matérielles les plus pénibles, dans un hangar abandonné, sans aide et aux frais des deux savants. En juillet et décembre 1898, le polonium et le radium sont découverts ; le retentissement en est universel et déclenche un immense mouvement scientifique. Désormais Pierre Curie compte parmi les plus illustres physiciens français ; on crée pour lui une chaire à la Sorbonne, mais, ô ironie, sans laboratoire. Toute sa vie, ce grand « découvreur » aura souffert de la pénurie des moyens de recherches, et usé ses forces à des besognes subalternes d’enseignement, dont il s’acquittait du reste avec une rare conscience. Il refuse les honneurs; il renonce, de parti pris, à tirer aucun profit de la découverte du radium, désireux d’en voir l’industrie se développer librement; mais il réclame (en vain un laboratoire bien outillé.
- Titulaire du prix Nobel en 1902, il n’entre qu’en igo5 à l’Institut; on sait comment un accident de voiture vint interrompre, en 1906, sa brillante carrière, si bien remplie et qui donnait encore tant d’espérances.
- La biographie de Mme Curie ne se borne pas à nous faire connaître le savant, mais aussi l’homme, d’un cœur et d’une trempe morale exceptionnelles. Aussi n’est-il pas de lecture plus attachante, et qui donne plus à penser que celle de ce petit livre.
- Bibliographie des déterminants à plus de deux dimensions, par Maurice Lecat. i brochure, 16 pages, chez l’auteur. Louvain, 92, avenue des Alliés, 1924.
- Etude mécanique et usinage des machines électriques, par M. de Pistoxe. 1 vol. 83g pages, 802 fig. J.-B. Baillière et fils, éditeurs. [Encyclopédie d’Electricité industrielle). Paris 1924. Prix broché : 70 francs.
- Le sujet de cet ouvrage est l’étude mécanique des
- machines électriques rotatives industrielles, telle qu’elle est faite dans les bureaux de dessin et leur exécution dans les ateliers. C'est là un sujet qui, en France tout au moins, n’a été jusqu’ici que fort peu traité dans les livres. M. de Pistoye, directeur d’une de nos grandes Sociétés de constructions électriques et technicien réputé, était particulièrement désigné pour combler cette lacune; son livre, très complet et très au courant des travaux les plus modernes, rendra de précieux services à notre industrie. En voici le plan général : il analyse tout d’abord les efforts principaux qui agissent sur les machines électriques : attractions magnétiques, effets des courroies et de la force centrifuge ; il montre ensuite comment on étudie et calcule les différentes parties d’une machine électrique : arbres, paliers, inducteurs, induits, collecteurs, bagues, porte-balais, volants, etc. Il expose ensuite comment se fait l’usinage des machines électriques.
- Pour voyager en paquebot (Guide du passager), par J. Rouen. 1 vol. 336 pages, 43 fig. et 8 planches hors texte. Masson et Ci0, éditeurs. Paris 1923. Prix : 14 fr.
- Aux Français, plus nombreux qu’on ne le dit, qui voyagent et franchissent Ls mers, l’ouvrage du capitaine de corvette Rouch apporte un guide précieux, non seulement par les nombreux renseignements pratiques qu’il leur fournit, mais aussi par les claires et abondantes explications qu’il donne sur toutes les questions capables d’éveiller la curiosité d’un passager intelligent : phénomènes de l’Océan, animaux rencontrés en mer, fonctionnement général du navire, etc.
- La lecture de ce livre ne sera pas moins agréable pour les sédentaires ; elle leur donnera l’illusion des beaux voyages et éveillera leur intérêt pour les choses de la mer et de la marine, trop négligées en France.
- Le livre de M. Rouch débute par une description générale du paquebot, suivie de brèves notices sur les principaux ports de France et sur nos principales Compagnies de navigation et d’une étude générale sur l’état de notre marine marchande. Il donne ensuite les renseignement pratiques les plus nécessaires pour la préparation d’un voyage : billets, passeports, bagages, etc. Puis il nous dit comment est composé le personnel du navire, et les règlements auxquels le bâtiment est soumis. 11 nous fait ensuite visiter en détail la machinerie, explique comment le navire~ manœuvre et se dirige; il termine par des notions générales d’océanographie, de climatologie et d’hygiène navale.
- Les microbes pathogènes et l’organisme animal. Conceptions nouvelles sur la symbiose somato-parasitaire, par le Dr Henri Mandel, i vol. in-16, 71 p. Masson et C‘”, Paris. Prix : 5 francs.
- L’auteur estime que la maladie microbienne implique un équilibre, un accord entre l’hôte et le parasite. Si le malade réagissait énergiquement, la race microbienne pathogène disparaîtrait; si le microbe était vainqueur, c’en serait fait des hommes. Mais le corps humain crée de véritables abris : tubercules, tumeurs, anthrax, etc., où le microbe peut pulluler librement, à l’abri de tout danger et c’est cette sorte de symbiose qui explique la maladie et aussi l’action mystérieuse des vaccins et des sérums, détruisant l’abri où la souche microbienne se nourrit et se multiplie.
- Traitement externe des dermatoses. Notes de thérapeutique et de matière médicale, par le Dr Veyrières et R. Huerre, i vql. in-16, 236 p. Masson et Gu, Paris. Prix : 12 francs.
- Ce n’est pas [un traité de thérapeutique, mais une série de notes, de conseils, longuement expérimentés, sur de nombreuses médications dermatologiques où les auteurs, l’un médecin, l’autre pharmacien, indiquent avec précision comment il faut faire la toilette de la peau, prendre les bains, employer les poudres, crèmes, pâte, pommade, pétroles, utiliser les nombreuses préparations pharmaceutiques destinées à calmer les irritations, détruire les microbes, les insectes, les parasites.
- p.2x87 - vue 551/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément,
- ONS
- N* 2607 22 Mars 1924
- Nécrologie. — Jacques Loeb. — La biologie vient de perdre un de ses plus brillants adeptes. Jacques Loeb, né .en Allemagne en i859, après avoir étudié à Berlin, Munich, Strasbourg où il devint docteur en 1884, ne tarda pas à émigrer aux Etats-Unis où il fut professeur de physiologie à Chicago, de 189a à 1902, puis à 1 Université de Californie avant de devenir, en 1910, un des directeurs de l’Institut Rockefeller, à New York. Il fut élu membre correspondant de notre Académie des Sciences en 1914.
- M. Bouvierya rappelé son œuvre magistrale dans les termes suivants :
- « L Académie vient d’éprouver une grande perte •: Jacques Loeb, un des plus illustres parmi ses membres correspondants, est mort subitement, aux îles Bermudes, à l’âge de 64 ans, alors qu’il était en pleine activité scientifique et que les recherches de chimie physique poursuivies, dans ces dernières années, par ce biologiste faisaient l’admiration de beaucoup de chimistes de métier. Biologiste, physiologiste, chimiste, il était tout cela, et même psychologue. Mais tous ses travaux — et ils se chiffrent par centaines — sont dominés par l’idée du déterminisme physico-chimique des phénomènes de la vie : prévoir une réaction, s’en rendre maître, tel était le but principal de ses recherches.
- Dès le début de sa carrière scientifique, Loeb s’efforce de montrer 1 automatisme des actes des animaux et expose sa célèbre théorie des tropismes (1889), qu’il n’a cessé depuis d’étayer sur des faits toujours plus nombreux. Il reve ensuite d’ « imiter » dans tous ses détails, un phénomène « essentiellement vital », et c’est, en 1899, sa découverte la plus retentissante : la parthénogenèse artificielle, la fécondation chimique. Il passe plusieurs années à en perfectionner les méthodes, à en tirer, avec une ingéniosité et une profondeur de vues admirables, les conséquences pour la biologie générale, la physiologie, la pathologie. Que d’autres découvertes importantes, relatives au fonctionnement des centres nerveux, à la régénération chez les animaux et les plantes, aux actions antagonistes des sels dans l’organisme!... A Chicago, puis à Berkeley en Californie, enfin à 1 Institut Rockefeller de New-York, dont il dirigeait la section de physiologie, aux stations maritimes de Woods-Hole, des Bermudes, ce travailleur infatigable ne cessait de scruter la vie pour lui arracher ses secrets.
- Loeb a exercé une grande influence sur les jeunes générations par ses livres, dont la plupart sont traduits en français : la Dynamique des 'phénomènes de la vie, le plus riche peut-être en idées fécondes, la Conception mécanique de la vie, la Fécondation chimique, Forced movements, Tropisms and animal Conduct, the Orga-nism as a whole, Proteines- and Theovy of colloïdal Behavior... dont la traduction, remaniée par Loeb lui-même, va paraître incessamment dans la collection Borel. En 1918. Loeb a fondé le Journal of general Physiology ; dans les mémoires qu’il y publiait régulièrement sur les propriétés des colloïdes, il a donné toute la mesure de son génie. »
- L’Observatoire du Mont Blanc. — Nous avons rendu compte il y a peu de temps (n’ 2587) de la fondation d’un grand observatoire français au Salève.
- L Astronomie (février 1924) nous apporte quelques renseignements nouveaux concernant les stations rattachées au futur observatoire du Salève. Nos lecteurs connaissent le bel observatoire construit, il y a trente ans, sur l’arête des Bosses, au Mont Blanc, à l’altitude de 4347 m-i par M. Joseph Yallot. Des recherches importantes de physique du globe, de météorologie, d’astronomie et de physiologie y ont été faites. M. Vallot ayant dû renoncer personnellement aux ascensions, mais désirant assurer la continuité de son œuvre scientifique, a fait don récemment de son observatoire et de ses dépendances à la Fondation Dîna.
- Cette fondation possédera donc, en plus de l’observatoire du Salève, une station de haute altitude de tout premier ordre.
- La donation comprend, outre l’observatoire du Mont Blanc, le laboratoire de Chamonix et un terrain y attenant.
- M. Vallot restera, à vie, directeur de l’établissement qu’il a fondé et où il a effectué lui-même des recherches fort importantes. « C’est avec une satisfaction profonde, ajoute Y Astronomie, que nous publions ces importantes nouvelles ; grâce à l’initiative de MM. Vallot et Dina, la science française voit se développer ses moyens de travail. De tels exemples sont à méditer ».
- Les records d’aviation en î 923. — Les Ephémé-rides de VAéronautique publient un intéressant graphique des records du monde d’aviation. Nous y notons les points suivants : L’année 1923 a vu battre tous les records antérieurs. Le record d’altitude a été conquis par la France, avec l’altitude de 11 145 m. ; les autres records reviennent aux Etats-Unis : vitesse : 429,025 km à l’heure ; durée : 37 h. 5i m. i3 s. ; distance : 53oo km.
- En 1914 les records d’altitude, de vitesse et de distance étaient détenus par la France ; ils étaient respectivement de : 6120 m., 2o3 km 85o àl'heure, et 1021 km 2 ; le record de durée, détenu par l’Allemagne, était de 21 h. 48 m. 45 s.
- Une cause imprévue d’incendie. —M. J. Dybowski nous adresse l’intéressante communication qui suit :
- « C’était en février, par une de ces matinées froides, mais lumineuses, où malgré des abaissements nocturnes de 5 à 6° on sentait déjà l’ardeur plus grande des rayons solaires. Nous étions assis autour d’une table, l’heure du déjeuner étant venue, baignée largement d’ardents rayons. Nous en étions aux hors-d’œuvre; cependant soudain, nous sentons une forte odeur de brûlé, puis de suite une légère fumée s’élève de la table elle-même. Quelqu’un aurait-il déposé une cigarette allumée sur la nappe 2, Et chacun de chercher le point d’où partait le léger flocon de fumée.
- Le service comportait des carafes de forme sphérique. Sur 1 une d’elles le soleil dardait directement ses rayons à travers une fenêtre aux stores relevés. La carafe avait fait lent lle. La nappe avait déjà un point en ignition et le tapis étendu sous ce linge commençait à s’enflammer aussi.
- Il n’est pas douteùx que si personne ne s’était trouvé dans la salle, la nappe, le tapis, puis la table, auraient pris feu et un incendie aurait éclaté que l’on aurait pu imputer à la malveillance. »
- Un sous-produit intéressant de l’huile de camphre. — La distillation du hois et des feuilles du camphrier donne une huile, qui, par refroidissement, laisse encore déposer du camphre, susceptible d’être pressé et même de donner, par sublimation, du camphre de second jet.
- L’huile qui s’écoule contient du safrol dont les applications industrielles sont intéressantes puisqu’on en part pour effectuer la synthèse de l’héliotropine, base de parfums fort appréciés. Mais on n’enlève jamais à celte huile qu’une portion du safrol qu’elle contient.
- L’huile restante contient, outre le safrol, de l’a et du § pinène, camphène, limonène, fenchène, phellandrène, cinéol, dipentène, terpinéol, menthone, carvacrol, alcool cuminique, cadinène, bisabolène, acide caprylique.
- Comme ou le voit, elle est complexe.
- Elle contient de 10 à i5 pour 100 de safrol.
- On s’en sert pour nettoyer les caractères d’imprimerie, les pierres lithographiques, les cylindres encreurs.
- Dans la fabrication des savons mous, manufacturés avec des matières grasses à mauvaise odeur, ce produit sert à masquer celle-ci, car il a une odeur forte assez agréable, et coûte wbon marché, étant donné son pouvoir de parfum fort (6 francs le kilo).
- Il sert aussi à fluidifier les graisses à essence. On peut aussi en extraire du safrol.
- Ce produit est malheureusement assez rare et très demandé. J. B. P.
- La cire de « glycéria ». — Le Journal of Society of Chemical Industry du 3o décembre 1928 signale que l’« herbe à canne » (Qlyceria Ramigera) qui est une plante annuelle non cultivée, croissant dans la Nouvelle Galles du Sud et dans l’Etat de Victoria (Australie), possède une résistance merveilleuse aux intempéries. Elle est
- 12
- p.2x88 - vue 552/688
-
-
-
- ASSOCIATION FRANÇAISE DES
- INGÉNIEURS - CONSEILS
- En matière de Propriété industrielle
- FONDÉE tu I8&4
- EXTRAITS DES STATUTS
- Art 2 L'Association a poar bal . 1* De grouper lu lagéolearv-CoDttils eu matière de propriété industrielle qui réunissent les qualités requises d'honorabilité, de moralité et de capacité ; 2° de veiller au maintien de ta considération et de La dignité de la profession d'ingénieur-Conseil en matière de propriété industrielle.
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES
- ARMENÛAUD Aîné* «St Ch. OONY 21, boulevard Poissonnière. Pans
- ARfflENGAUD Jeune 23. boulevard de Strasbourg, Pans
- E. BERT U è <& Q. de KERAVENANT ♦ 7 boulevard Saint-Denis, Pans
- G. BLETRY O. * 2. boulevard de Strasbourg. Paris
- G BOUJU + 8. boulevard Saint-Martin. Pans
- R. BRANDON. M BRANDON. Q SIMONNOT A. L. RJNUY $9. rue de Provence. Parts
- A de CARSALADE * + & P REGIMBEAU ♦ 22, rue Cambon, fans
- CASALONGA * * 15. rue des Halles, Paris
- CHASSEVENT & H. CLERC U, boulevard de Magenta, Péris
- P COULOMB <t8, rue de Malte. Pans
- C DANZER 20. rue Vignon, Pans
- Henri ELLUIN 42. boulev Bonne-Nouvelle Pans
- G- FAUGE 118, boulevard Voltaire. Pans
- J, FAYOLLET «St P LOYER L8. rue de Mogador, Paris
- GERMAIN 31. rue de J'Hôtel-de-Ville. Lyon
- F. H A RLE & G. BRUNETON * * 21. nie La Rochefoucauld. Pans
- H. JOSSE * & L. JOSSE ♦ \7. boulev de la Madeleine. Pan»
- A LAVOIX * «St L. MOSES 2, rue Blanche. Pans
- A. MONTEILHET * * 90. boulevard Rtcbard-Lenoir. Pans
- G. PROYTE ♦ 58, boulevard de Strasbourg. Pans
- Ch. WEISMANN * u $4. me d'Amsterdam. Pans
- L'Association ne se chargeant d'aucun travail, prière de s'adresser directemen! a je* membres
- MARQUES p ^ KK m
- Borne Intemipteiir G. F.
- Brevetée S. G. D. G.
- * Coupe et rétablit le courant;
- Empêche tout desserrage fortuit de fils ;
- S’impose sur tous les appareils récepteurs T. S. F., en permettant toutes les combinaisons de montage sans maniement de fils.
- Modèle cuivre............La pièce. 1.60
- — Avec bouton ébonite.________—________1.85
- CHASTANG Frères Rue Pelleport, 142bis
- TOURNEURS-DÉCOLLETEURS Tél. : ROG. 18-31 PARIS (XX*)
- Reg* C. t Paris 42,026.
- 29 kuf. de OLICHY (9*) Télép. LOUVRE 53-24
- SUCCURSALE :
- 11 O Bvard SAINT-GERMAIN (S ) - GOBEUNS ,61-66
- PARIS 1 t
- ,'.V
- LE TUBE
- W
- EST INDISPENSABLE A TOUT
- PATHÉ BABY ”
- €C
- IL AUGMENTE LA GRANDEUR DE PROJECTION DE 100 » 0 A DISTANCE ÉGALE
- Il s'adapte instantanément sur l’Appareil.
- Notice sur demande.
- Démonstrations permanentes.
- PRIX
- R. C. 150.540,
- fr.
- CÂLCULMEUR ADISQUEMOBILE
- IL SUFFIT D’UN SIMPLE MOUVEMENT DU DISQUE POUR OBTENIR LA SOLUTION DE N'IMPORTE QUEL PROBLÈME _
- ® Demandez la brochure ex--trêmement intéressante, avec reproductions des appareils : fv'ixrZ^entimbres ou mandat, adressés à MM.
- ^ MATHIEUetLEFÈVRE
- °°Oocv, 9" " ' CONSTRUCTEURS R. C. Seine I32.81I
- «sr 4,Rue Fénelon,Montrouge (seine)
- KMlfcflU'Ui'l it'lVn n Inifcu
- MPTEU
- D’EAU ! D’ÉLECTRICITÉ
- Cmi’sbi Cm ÉTMM 9?
- de ï Système FRAGER;
- a plsloa disque ÉTOILE DP ; à ftstoo cylindrique équilibré
- ETOILE ST (Stella) ; de Vitesse à Turbine, sec ou humide,
- TE-TA.
- Compteurs d’ean chaude pour appartements.
- Modèle B pour courant» continu el alternatif; 0’K pour courant continu;
- ACT pour courant* aUsraatîi». mon© et polyphasés.
- VI
- $60
- Appareil» pour toutes mesures électriques.
- COMPAGNIE POUR LA FABRICATION DES COMPTEURS ET MATÉRIEL D’USINES A OAZ
- 13, Place d®« États-Uni», à MONTROUGE (Seine)
- tuoDTinf Capital 8ô 000 000 de troncs.— Tèlép Séijar 92*00,92*01,92-02. A.dr. télég GOMPTSLïïT IlONTROOftl
- Rea, C. *«.827.
- m LXXX1X {*
- N* -2607.
- p.2x89 - vue 553/688
-
-
-
- LEÇONS CHEZ SOI
- PAR CORRESPONDANCE - SANS DÉPLACEMENT
- Vous pouvez profiter des leçons pratiques de l’EGOLE PIGIER : Commerce — Calcul rapide — Finance — £criîure expédiée Calligraphie — tangues — Tenue des Livres — Sténo-Dactylo Correspondance commerciale — Droit — Dessin industriel Représentation — "Publicité — Coupe — Couture, etc.
- DIPLOMES — EMPLOIS
- J L’Ecole Pigier prépare, en outre, par correspondance, a t0U5 lë’S examens (Brevets, Baccalauréat») et aux carrières administratives»
- ECOLES PIGIER, 53, rue de Rivoli, PARIS
- 19, boulevard Poissonnière — 5, rue Saint-Déni s (Châtelet) — !47, rue de Rennes
- LEÇONS LE JOUR, LE SOIR OU PAR CORRESPONDANCE
- 73 années de succès — 11 Grands Prix — 45 Médailles d’Or — 67 Ecoles en Province
- Envoi gratuit du Programme et de la brochure 1‘ Situation.« ”
- TRAVAUX DE COMPTABILITÉ s Organisation — Mise à jour — Vérification, etc.
- APPAREILS et OPTIQUES PHOTOGRAPHIQUES
- “ PRESTO ”
- Fournitures Générales NOUVEAU PATHÉ-BABY Le Cinéma chez soi
- Envoi gratis du Catalogue' Général PRIX RÉDUITS ~
- 33, Rue Vivienne, 33 . iPARIS-BOURSE (2'J
- y R. C.Se,_e 31.696
- MASSON ET Ci®, Éditeurs, bouL Saint-Germain, >20, PARIS.
- Le» Recettes et Procédés utiles de “ La Nature
- t i
- Cinq volumes in-8, reliés lotie.
- Chaque volume séparément ...... 6 fr.
- La Maison — L/’Ateliar — L/a Laboiatoira L/a Campagne — Lee Sports
- — rr. sl ler
- D. COP, 52, r. des Archives {k*).R. C. Seine re° 3-4.184 Accessoires, Décolletage, Fils soie, émail, coton, Transform. H. et B. F., Piles, Accus, Ebonite, etc.
- TOUTES (PIÈCES DÉTACHÉES
- Baisse de prix - Tarif franco - Prix modérés En Magasin . Appareils de met ure, Moteurs, Dynamos,etc. _____ Neufs et d Occasion.
- Ne faites déposer un brevet que pour une invention de valeur réelle mais dans ce cas. faites le nécessaire pour déposer
- un bon brevet
- Entourez-vous du maximum de garanties en vous adressant û
- ITNSTITUT SCIENTIFIQUE ET INDUSTRIEL, 8 et 10, Rue Nouvelle, PARIS-9*
- Fondé en 1899, Paul RENAUD, Ing, E. P G,
- ^ Pour bien comprendre ce que nous entendons par ces mots, il est indispensable de demander les noticœ * UN BON BREVET * et B LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE envoyées gracieusement
- p.2x90 - vue 554/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- employée pour couvrir les habitations. Recourbée brutalement, elle laisse se détacher une cire, analogue à la cire du Japon obtenue par 1 ébullition des feuilles de certains palmiers. Elle fond à 82° et possède des analogies-avec la Carnauba.
- Voici quelques-unes des caractéristiques de cette cire :
- Indice d’acide...................54
- Point de fusion des acides obtenus 82°; d’où abondance probable d’acide cératique.
- Si l’on extrait la cire par épuisement de l’herbe sèche, à l’éther, on obtient un produit foncé, par suite de dissolution partielle de la chlorophylle. Cette cire foncée fond à 73°. Avec la cire de canne à sucre, la cire de cierge pascal (candellilia), la cire de glycéria pourrait intéresser le marché des corps gras bon marché. Mais on ne nous donne malheureusement aucune indication sur sa quotation, dans les ports australiens, ni aucune statistique de production. C’est regrettable.
- Albert Hutin,
- Le recensement du Brésil en 1920. — La République fédérale des Etats-Unis du Brésil se divise en 20 Etats, 1 district fédéral, 1 territoire. Sa population s’élevait au ier septembre 1920 à 3o635 6o5 habitants, savoir :
- Noms des
- subdivisions territoriales. Noms des capitales.
- District fédéral . . . 1.157.373 Rio-de-Janeiro. . 790.825
- Territoire de l’Acre . 92.379 Gruzeiro do sul . ?
- Alagoas 972.748 Maceio 74.166
- Amazonas 363.166 Manaos 75.704
- Dahia 5.534.465 Sào Salvador . . 283.442
- Céara 1.519.228 i’ortaleza .... 78.536
- Eqnrito Santo. . . . 467.528 Victoria 21.S66
- Goyaz 511.919 Goyaz 21.223
- Maranhào 874.337 Sào Luiz .... 52.929
- Matto Grosso .... 246.612 Cuyaba..... 33.678
- Minas Geraes .... 5.888.174 Bello Horizon te . 55.563
- Para 985.507 Belem 236.702
- Parahyba 961.106 Parahyba .... 52.990
- Parana 683 711 Curityba .... 78.986
- Pernambuco . . . 2.154 835 Recif'e . . . , • 238.843
- piauhy 609.005 Therezina.... 57.500
- Kio-de-.Taneiro • • 1.559.571 Niteherov. . . 86.238
- Rio Grande do No rte. 557.155 Natal 30.696
- Rio Grande do Sul . 2.182.715 Porto Alegre . . 179.265
- Santa Catharina. . . 608.745 Floi’ianopolis . . 41.385
- Sào l’an lo * 4.592.188 Sào Paulo.... 579.035
- Sergipe 477.064 Araeaju 37.440
- Au point de vue géographiq ue, on divise ordinaire-
- ment le Brésil en quatre régions :
- Centre : District fédéral, Etats de Rio-de-Janeiro,
- Sào Paulo, Espirito Santo, Minas Geraes.
- Sud : Parana, Santa Catharina, Rio Grande do Sul. Ouest : Territoire de l’Acre, Amazonas, Matto Grosso. Nord : les 11 autres Etats.
- Cette division correspond à des intérêts économiques et politiques différents.
- Découverte d’œufs de Dinosauriens en Mongolie.
- — La troisième mission scientifique envoyée, fin 1922, par Y American Muséum of Natural History, Y American Association et la Smithsonian Institution, vient de faire, en Mongolie, des découvertes paléontologiques extraordinaires et profondément inattendues.
- M. Roy Chapman Andrews, son directeur, a annoncé d’abord, de Pékin, le 24 septembre dernier, la trouvaille d’un vrai cimetière de Dinosauriens asiatiques, appartenant à des espèces jusqu’ici inconnues, et de taille encore supérieure à celle du Diplodocus.
- Cette découverte déjà très intéressante a été complétée encore par la mise à jour de véritables nids de Dinosauriens, avec 2 5 œufs fossiles. ,
- Cette dernière trouvaille jette un jour tout nouveau sur l’embryologie de ces grands disparus. Beaucoup de paléontologistes modernes croyaient, jusqu’ici, les Dinosauriens vivipares, par analogie avec les Ichtyosaures où la question, ne laissait plus aucun doute depuis la découverte, en Bavière et en Angleterre, de squelettes d’individus femelles portant de jeunes embryons dans une position caractéristique. Une telle généralisation ne doit donc plus être étendue aux Dinosauriens.
- Les savants américains Andrews, Osborn et Walter Granger ont extrait, en quelques mois, 72 crânes, 12 squelettes complets et a5 œufs.
- Ils ont conduit les travaux avec une méthode et des
- moyens tout américains. Pour arracher à la terre toutes ces trouvailles, on a utilisé, en effet, des perforatrices, 5 automobiles, 26 mécaniciens et ’jB chameaux
- Andrews, avec une grande partie des échantillons, est arrivé à New-York, le 11 décembre dernier, et s’est mis immédiatement à l’étude.
- IVe Conférence internationale de pédologie. — La pédologie est la science des sols qu’elle étudie aux points de vue mécanique, physique, chimique, bactériologique, dans leurs rapports avec la physiologie végétale et les cultures, l’hydraulique agricole et la cartographie. L Institut international d’agricuUure de Rome organise du 12 au 19 mai prochain une conférence sur la pédologie où seront examinées les multiples questions de cette nouvelle science actuellement à l’ordre du jour. Un grand nombre de communications sont déjà annoncées, des excursions en Italie centrale et dans le Trentin, à Naples et dans les Pouilles prévues. Il est intéressant que de nombreux Français prennent part à celte Conférence pour se mettre au courant des recherches entreprises depuis quelques années dans de nombreux pays et pour la plupart encore inconnues chez nous.
- Bourse d’études botaniques alpestres. — Le Tou-ring Club de France nous avise qu’en exécution de la libéralité qui lui a été faite par Mme la baronne de Blonay, une bourse de 2000 francs est mise chaque année à la disposition d’un naturaliste, membre du T. C. F., désireux de faire au Jardin alpin du Lautaret un séjour d’études biologiques ou systématiques, plus spécialement sur la flore alpine.
- Adresser les demandes au T. C F., 65, avenue de la Grande-Armée, Paris, 16e.
- Nouvelles de T. S, T.
- Essais transatlantiques de transmission radio-téléphonique. — L’organiste français Marcel Dupré, qui, déjà en 1923, avait tenté de se faire entendre de New-York par téléphonie sans fil est de nouveau en Amérique. Il a donné son premier récital sur le grand orgue de 1’ « auditorium » Wanamaker à New-York, le mardi 26 février, de 8 h. 3o à 10 heures du soir, heures de New-York, ce qui correspond à Paris à la nuit du 26 au 27 février entre une heure et 2 heures du matin. Le courant a été transmis par les stations W. J. Y. de New-York sur 4^5 m. et Schenectady W. G. Y. sur 38o m.
- Les amateurs français avaient été spécialement conviés à écouter ces émissions et à transmettre leurs observations au Comité institué pour recueillir les observations scientifiques des amateurs et présidé par M. Wadding-ton. 11 semble jusqu’à présent, qu’à Paris tout au moins, les auditions aient été fortement gênées par les parasites atmosphériques, les émissions des bateaux et postes côtiers en ondes amorties, et aussi, remarquons-le, par les dispositifs autodynes des amateurs qui émettent dans les antennes des radiations déplorables pour les voisins.
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant des résultats plus détaillés de ces essais, et nous leur serons reconnaissants d’autre part de nous informer de leurs propres résultats d’écoute.
- Réunions internationales d’amateurs de T. S. P-
- — M Hiram Maxim, président de l American Radio Relay League, est actuellement en Europe et doit venir à Paris au mois de mars. Le Comité intersociétaire de T. S. F. a décidé à cette occasion d’organiser un dîner et des réunions en l’honneur du président de la grande société d’amateurs américains. A ces réunions assisteront les amateurs étrangers les plus notoires, les dirigeants des sociétés françaises et des clubs de province. Une commission, présidé» par le Dr Corret, a été nommée; cette commission a pour mission d’étudier, de concert avec M. Maxim et les amateurs étrangers, la possibilité de constituer une ligue internationale d’amateurs de T. S. F., et, peut-être une langue/ tout au moins un code international. Cette commission étudiera également l’organisation éventuelle d’un congrès international d’amateurs de T. S. F., et les vœux que pourraient présenter les amateurs au sujet des modifications éventuelles à apporter à la réglementation de la T. S. F, dans les différents pays.
- p.r89 - vue 555/688
-
-
-
- ><
- SCIENCE APPLIQUÉE
- c^sss. Chroniques de T. S. F. 1
- Les accumulateurs de T. S. P. — Nous avons ! étudié, dans nos dernières chroniques, les piles utilisées en T. S. F. ; nous allons, aujourd’hui, indiquer les | principes des accumulateur employés. Puis, nous donnerons quelques indications sur leur réalisation pratique, j leur choix, leur entretien, et surtout leur charge. Enfin, j nous noterons les avantages comparés des accumula- j; teurs et des piles.
- Les accumulateurs, comme leur nom l’indique, ne i sont pas des générateurs d’électricité, mais seulement des réservoirs, qui restituent en partie l’énergie électrique qu’ils ont reçue; les deux phénomènes de mise en réserve et ensuite de rétrocession de l’énergie étant d’ailleurs accompagnés de modifications chimiques importantes du système. j
- On peut, sous une forme peu volumineuse, réaliser des accumulateurs capables de renfermer une quantité appréciable d’électricité et de fournir un débit relativement élevé; les accumulateurs sont donc utilisés à la fois pour le chauffage des filaments des lampes ordi-
- Galvanomètre
- Batterie de piles
- Fig. 1. — Principe de l’accumulateur.
- La manette M permet la charge du système en connectant le plot C; elle permet de se rendre compte de la décharge en connectant le plot D.
- acidulée par de l’acide sulfurique et dans lequel plongent deux lames de plomb A et B (fig. i). Faisons passer un courant électrique dans ce système au moyen, par exemple, de deux éléments de piles en série dans le circuit des lames de plomb ; la manette M est alors sur le plot C.
- L’électrode B reliée au pôle négatif de la batterie, se
- Source de courant contii
- utilisé
- Anode
- Décharge
- Charge
- Fig. 2.— Modifications chimiques de l’accumulateur au plomb.
- polarise (par dégagement de l’hydrogène qui forme une gaine gazeuse) et acquiert un potentiel inférieur à celui de l’électrode A.
- Au bout de quelques minutes, on supprime le courant en plaçant la manette A sur le plot D, on met les piles hors circuit et le système étudié en communication avec les bornes d’un galvanomètre. L’aiguille de ce dernier dévie alors, indiquant le passage d’un courant de même sens que celui fourni par la batterie, lorsqu’elle est connectée direc'ement au galvanomètre.
- On distingue les alvéoles remplis de matière active.
- naires ou à faible consommation et pour fournir la tension de plaques de ces audions.
- Il suffit, nous l’avons dit, pour la tension de plaques, d’avoir une source d’électricité débitant quelques milliampères ; pour le chauffage des audions ordinaires à filament de tUDgstène, il est nécessaire d’avoir un ampérage de 0,7 ampère environ par lampe Une petite batterie de voltage élevé, mais de faible capacité, sera donc, comme nous le verrons, destinée à fournir la tension de plaques; par contre, si l’amplificateur à alimenter comporte plusieurs étages contenant des audions ordinaires, on emploiera pour le chauffage des filaments tfhe batterie fournissant un voltage de 4 volts seulement, mais normalement sous un débit de plusieurs ampères.
- L’avènement pratique, désormais réalisé, des lampes à filaments spéciaux permettra d’utiliser de très petits accumulateurs. Un puissant amplificateur à huit lampes, monté avec des audions à faible consommation, exige, en effet, une source d’électricité plus minime qu’un seul étage détecteur à réaction comportant un audion, type T. M. ordinaire ! Nous indiquerons d’ailleurs plus loin comment on doit choisir un modèle d’accumulateur, suivant les types d’amplificateur et d’audion utilisés, et ce qu’on doit entendre par le terme capacité de l’accumulateur.
- Ceci posé, l’accumulateur employé à peu près uniquement par les amateurs est dit au plomb ; il existe un deuxième modèle pratique dit au ferro-nickel, que nous étudierons également, bien qu’il ne soit pas encore d’usage courant.
- Le fonctionnement des accumulateurs est basé sur le phénomène de polarisation des électrodes, que nous avons déjà indiqué dans nos dernières chroniques à propos des piles.
- Considérons un vase en verre, rempli d’eau distillée
- On déduit de cette expérience que le système formé par les deux lames de plomb baignant dans l’eau acidulée semble constituer une pile, après avoir été traversé par un courant. Les pôles négatif et positif de ce système sont les lames qui out servi d’élpctrodes négative et positive dans le phénomène d’électrolyse précédent.
- Le courant de décharge constaté traverse le système accumulateur en sens inverse du courant de charge initial; la polarisation est ainsi détruite peu à peu et le
- Source de
- _________ courent continu
- + 7 ----------
- Fig. 4. — Principe de la charge de l’accumulateur alcalin.
- courant cesse lorsque les deux lames sont revenues à l’état primitif.
- La charge et la décharge sont accompagnées de modifications chimiques des électrodes. Tout se passe au cours de la charge comme si l’eau du bain était seulement décomposée en ses éléments, oxygène et hydrogène (H2 O).
- L’oxygène naissant se porte sur l’anode et l’osyde plus ou moins profondément; la plaque de plomb prend alors un aspect brunâtre caractéristique. L’hydrogène se porte sur la cathode et la réduit superficiellement;
- Electrodes acier nickelé
- p.r90 - vue 556/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Fig. 5. — Plaques de l’accumulateur Edison.
- En arrière : plaque négative. En avant : plaque positive.
- elle devient alors de couleur noire et terne. Lors de la décharge on peut constater que les deux électrodes se sulfatent.
- En chargeant uuedeuxième fois, on constate que l’on
- revient à l’état antérieur, c’est-à-dire que sur l’anode le sulfate de plomb fait place à l’oxyde ; sur la cathode le plomb réduit remplace le sulfate, en même temps la concentration du liquide en acide augmente.
- Après chacune des premières charges, on peut s’apercevoir que la quantité d’électricité fournie pendant la décharge est plus considérable.
- A chaque opération, en effet, la transformation chimique atteint des parties plus profondes de l’anode et celle-ci devient poreuse à la suite des réactions successives. En renversant le sens de la charge on rend également la cathode poreuse. Par celte opération on forme les plaques de petits éléments d’accumulateurs, dont les électrodes sont en plomb pur, ces accumulateurs sont dits à formation naturelle (Planté).
- Comme nous le verrons, ces éléments ne sont employés que pour obtenir des batteries de plaques, et encore assez rarement. Pour les batteries de chauffage, et même le plus souvent de tension plaque, on emploie la formation artificielle.
- Les électrodes ne sont plus formées de plomb métallique, mais composées de façon à assurer immédiatement à l'accumulateur une capacité notable dès sa mise en service.
- Elles sont formées d'une armature, généralement en forme de grille, en métal résistant, peu attaquable par l’acide ; alliage de plomb et d’antimoine. Les alvéoles de l’armature sont garnis d’une pâte d’oxyde de plomb; protoxyde PbO ou lilharge pour les plaques négatives, minium Pb504 pour les plaques positives (fig. 3). Cette pâte constitue la matière active des électrodes, qui entre seule en réaction. Les plaques sont formées après un seul passage du
- Fig. 6. —, Elément de batterie Edison monté ' et sorti de sa cuve.
- courant qui réduit la cathode à l’état de plomb spongieux et transforme les pastilles du pôle positif en bioxyde, PbO®. <
- Les réactions chimiques qui accompagnent ensuite les charge et décharge sont assez mal connues; on a proposé d’admettfe lés réactions suivantes (G. Bruhat) :
- Décharge.
- Plaque négative. Pb®-f- S04:zr S04Pb®.
- Sulfate plombeux.
- Plaque positive. Pb®Os -f H2 = 2PbO2-)- H3.
- Oxyde puce.
- Charge.
- Cathode. . . . S04Pb®-|-H2 —SO4 H2 -f Pb2.
- Anode..........uPbO®+ S04 + H20 = S04H®
- + Pb203.
- Donnons maintenant quelques indications sur l’accumulateur alcalin. Comme son nom l’indique, cet accumulateur a un électrolyte formé d’une dissolution de potasse à 20 pour 100 dans un bac clos. L’électrode positive est, en principe, en nickel et l’électrode positive en fer, d’où également la dénomination à'accumulateur fer-nickel.
- En réalité, la matière active négative est composée d’un mélange de fer pur et de protoxyde de fer pulvérisé, la matière active positive est formée de nickel pur pulvérisé et de sesquioxyde de nickel.
- Pendant la charge, le sesquioxyde de nickel, Ni®O3 passe à l’état d’oxyde supérieur NiO®, et même NiO4; le protoxyde de fer est réduit à l’état métallique (fig. 4)-Le phénomène inverse se produit à la décharge.
- Les plaques positives sont formées de petits tubes en acier nickelé perforé, contenant la matière active;
- les plaques négatives sont formées de capsules en acier nickelé remplies du mélange ferreux (fig. 5). Le tout est comprimé à la presse hydraulique et les plaques solidement assemblées dans un bâti (fig fi).
- L’élément est contenu dans un bac d’acier laminé très mince, aux parois ondulées et contenant l’éJectro-lyte (fig. 7). Le bac est complètement clos et n’est muni que d’une ouverture pour le remplissage avec bouchon, et d’un clapet pour l’échappement des gaz.
- Il semble que l’électrolyte favorise seul la réaction et que les métaux n y prennent pas part, théoriquement sa composition et sa concentration restent donc invariables. D autre part, ses qualités de solidité et sa construction r'obuste entièrement mécanique et métallique confèrent à ce système des avantages certains sur lesquels nous reviendrons.
- On peut d’ailleurs avec ces accumulateurs constituer des batteries de chauffage, aussi bien' que des batterievs de plaques (fig. 8).
- Nous avons ainsi suffisamment indiqué les principes de fonctionnement des accumulateurs ; il nous restera à étudier dans une prochaine chronique les données pratiques concernant leur utilisation, leur entretien et leur choix. P. Hémardinquer.
- *> Automobilisme <«*
- Pour démonter une roue d’auto calée sur sa fusée. — Voici un procédé simple et pratique qui nous est communiqué par M. de Bony. Dévisser le chapeau en bronze, enlever les écrous et goupille ; placer ensuite une cale d’épaisseur convenable en bois dur ou en bronze, au fond du chapeau en bronze, et revisser ce chapeau avec une
- forte clé. Le fond du chapeau, prenant appui sur le bout de l’arbre par l’intermédiaire de la cale, décollera la roué sans choc.
- î Cale'
- p.2x91 - vue 557/688
-
-
-
- <
- VARIÉTÉS
- ><
- LE CASSAGE DES ŒUFS POUR LA CONSERVATION HORS COQUILLE
- Les œufs liquides, hors de leur coquille, sont éminemment altérables, et lorsqu’on doit les manipuler dans cet état pour les préparer à la conservation, il est nécessaire de prendre des mesures hygiéniques. Après une enquête faite aux Etats-Unis pour contrôler la teneur en bactéries de tels produits, on a donné aux industriels les indications suivantes.
- En attendant le cassage, il faut tenir les œufs dans un frigorifique entre o° et -j- i°. La chambre de mirage doit être entre io° et i3°, et celle de cassage entre i5° et i8° C-
- Il faut mirer tous les œufs avant de les casser, même au printemps, et stériliser tous les ustensiles à la température de ioo° durant i5 à 20 minutes. Les ouvriers doivent observer la plus grande propreté, et employer de petits essuie-mains en papier, qui ne serviront qu’une fois ; le torchon utilisé pour le nettoyage de la tanle ne servira qu’à cet usage; après, on l’enfermera dans un tiroir, et la journée de travail terminée on le lavera et le stérilisera.
- La lame du couteau employé pour casser les œufs doit être réglable, et l’instrument ne sera pas tenu au-dessus des tasses destinées à recevoir les œufs liquides. On mettra au-dessous du couteau un récipient pour recueillir les « coulures ». Les tasses en verre ne devront contenir que deux ou trois œufs; elles reposeront sur un treillis métallique ou autre dispositif analogue, empêchant les coulures de les souiller. S’il arrive qu’un œuf altéré soit cassé dans une tasse où il y a déjà un ou deux œufs de bonne qualité, il faut sacrifier ces derniers.
- Le blanc et le jaune sont moins contaminés, si l’on se sert de moyens mécaniques pour opérer leur séparation, que si l’on emploie la méthode ordinaire en s’aidant de la coquille ; si celle-ci n’est pas très propre, elle souille le contenu.
- Avec des soins de propreté convenables et un classement rigoureux des oeufs, on peut obtenir des produits contenant moins de 5 millions de bactéries par gramme, et un million de B. coli, et même moins. L’azote ammoniacal dépasse rarement 0,0024 pour 100 dans la matière fraîche, ou 0,0087 pour 100 dans la matière sèche. Dans ce dernier cas, il n’est pas un indice certain de la qualité de la marchandise, car il se volatilise d’une manière inégale pendant la dessiccation.
- Le nombre des microbes augmente, d’ailleurs, du , commencement du printemps au début de l’automne.
- On devra, lors du cassage, classer les œufs en deux groupes seulement : œufs propres à l’alimentation ; œufs destinés à la tannerie. Les œufs fêlés, transportés dans des récipients spéciaux de la chambre de mirage à la salle de cassage, et soigneusement classés, sont tout aussi utilisables que les œufs normaux n’ayant point subi de fêlure.
- Au cours du travail de classification (mirage et cas-sage), il faudrait écarter les œufs suivants : œufs gâtés, noirs, blancs; blancs et jaunes mélangés; à odeur putride ; à albumine verdâtre ; à jaune attaché à la coquille; commençant à se décomposer, moisis; à anneau de sang (l’embryon s’est développé* au point de présenter du sang), contenant du sang réparti dans la masse; à odeur anormale.
- Une installation moderne doit comprendre une chambre froide pour l’entreposage des œufs entiers ; une chambre pour le mirage, un atelier à température
- basse pour le cassage et la séparation du contenu des coquilles ; une chambre de lavage et de stérilisation des ustensiles employés pour les opérations de cassage et de séparation; une chambre frigorifique pour la congélation rapide des œufs liquides et l’entreposage des conserves.
- Il faut compter sur un personnel de 12 ouvriers casseurs pour un travail journalier de 120 caisses d’œufs, si la séparation des blancs et des jaunes est pratiquée, et de 180 caisses si les blancs et les jaunes ne sont pas séparés. Un ouvrier exercé, ou une ouvrière, peuvent .manipuler 12 à i5 caisses d’œufs par jour si les blancs et les jaunes restent ensemble, et 8 à 10 dans le cas contraire.
- Les chambres ou ateliers doivent avoir une température différente suivant leur destination : chambre d’entreposage des œufs entiers, o° à + 4°>4 C; chambre pour le mirage, io° à i3°; atelier de cassage, i5° à 180 ; chambre de stérilisation, température ordinaire ; chambre frigorifique — 120 à — 170.
- Toutes les salles doivent être convenablement revêtues d’une matière isolante. L’atelier de cassage et la chambre de stérilisation des ustensiles doivent recevoir de la lumière naturelle en abondance ; elles seront donc pourvues de fenêtres. Les murs et les plafonds de ces deux chambres seront plâtrés et peints en émail blanc ; le sol sera en ciment et muni de drains d'écoulement grillagés. Dans le mur de séparation de ces deux pièces, on aménagera une fenêtre à coulisse pour passer les ustensiles. Les œufs mirés sont portes à l’atelier de cassage dans des seaux en métal. Le matériel doit être construit en matériaux faciles à laver, et non oxydables.
- Les œufs liquides sont reçus dans des coupes de verre épais qui permettent de déceler plus facilement les œufs à rejeter. Elles doivent pouvoir contenir deux œufs à la fois, parfois on n’en met qu’un. On les place dans un réeipient spécial en métal muni d’un couteau amovible, sur lequel on casse les œufs Ce couteau repose dans des mortaises pratiquées sur deux montants fixés parallèlement sur deux côtés du récipient. Lorsque la séparation des blancs et des jaunes doit être faite, il est préférable d’exécuter cette opération par des moyens mécaniques hygiéniques. Les tables de travail doivent être recouvertes d’une matière , non absorbante, métal ou porcelaine. Une ouvrière exercée peut casser et vider 12 à 16 œufs par minute.
- M. Maurer Otto, directeur de la Station expérimentale du Kansas, a mis en évidence les dangers d’infection qui menacent les conserves de jaunes et de blancs séparés. La plupart des microbes vivent très bien dans ces substances et y prolifèrent. Par contre, le Bacillus sub-tilis, le B. Anthracis, le Proteus Zeukeri, notamment, sont rapidement détruits quand ils sont mis en contact avec la substance propre d’un œuf frais.
- On peut admettre que toute conserve d’œuf qui ne présente aucun signe manifeste de décomposition commençante est dépourvue de nocivité et inversement.
- L’industrie qui s’occupe de la conservation des œufs « séparés » doit bien laver la coquille II faut soumettre les œufs 2 heures à la température de 700, ce qui les dessèche légèrement. On réduit ainsi considérablement les risques d’infection. Cette température ne diminuerait pas la qualité commerciale des produits.
- Antonin Rolkt, Ingénieur-agronome.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- >
- Emploi de pellicules photographiques pour la conservation en herbier des dissections de fleurs.
- — Le Dr Maire vient de donner dans le Bulletin de la Société d’histoire naturelle de l’Afrique du Nord un procédé pratique pour corserver ces précieux échantillons de référence sur un support transparent qui permet leur examen sur les deux faces. Il a renoncé à l’emploi
- du mica pour cet usage ; la colle nécessaire à la fixation de la pièce, sous l’influence de sa rétraction, détachait de fines lamelles du mica et finalement la préparation était elle-même entièrement détachée. Le celluloïd ordinaire a l’inconvénient de ne pas adhérer à la gomme arabique, landis que la gélatine se fixe au contraire très bien aux pellicules de celluloïd.
- p.2x92 - vue 558/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- J. P., Cercle militaire, Nancy. — Les tuyaux de descente des lavabos sont le plus souvent obstrués par des démêlures de cheveux, le moyen le plus simple pour y remédier est de les dissoudre par la soude caustique (potassium des peintres) que l'on étend de trois à quatre fois son volume d’eau. Le liquide est porté à l’ébullilioD, puis versé immédiatement dans le tuyau en se servant d’un entonnoir et en prenant toutes précautions pour ne pas en répandre sur les mains ou sur les vêtements. Au bout de peu de temps, en général, le dégorgement s’effectue.
- M. Lemaire, à Erbisœul. — Vous obtiendrez une très bonne protection des bornes de piles et accumula-teurs avec le vernis suivant :
- Acéta'te de cellulose. ... 3o gr.
- Tétrachloréthane.............' 36o —
- Triacétine............... 3 —
- Alcool éthylique à 95° ... 4o —
- M. Àncibure, à Cambo. — Les produits anti-fuites pour chambres à air d'autos sont pour la plupart constitués par une substance gélatineuse en suspension dans la glycérine, cette substance est tantôt de la silice, tantôt de l’alumine ; on peut prendre comme type de formule :
- Silicate de soude........100 gr.
- Glycérine................3oo —
- Mélanger, puis ajouter peu à peu de l’acide chlorhydrique jusqu’à réaction très faiblement acide au papier de tournesol, diluer enfin la gelée obtenue dans 3oo gr. additionnels de glycérine.
- Dans le cas où l’alumine doit être substituée à la silice, on obtiendra facilement cette alumine gélatineuse en précipitant également, en présence de glycérine, une solution saturée de sulfate d’alunUne par l’ammoniaque jusqu’à réaction faiblement alcaline. TV. B. La facile solubilité de l’alumine dans un acide dilué, chlorhydrique ou sulfurique, vous permettra de discerner facilement à laquelle des deux catégories précédentes appartient la spécialité dont vous parlez et que nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner.
- M. le DT Tara, à Paris. — Gomme ouvrages courants sur la fabrication du papier, vous pourrez consulter : Le Papier, par Charpentier, chez Dunod, éditeur, 9a, rue Bonaparte. Manuel de fabrication de papiers, par Watt, éditeur, Gauthiers-Villars, 5^ bis, quai des Grands-Augustins. Plus scientifique : Fabrication du papier, par Cros et Bevan, éditeur Béranger, i5 rue des Saints-Pères Enfin, pour ce qui concerne la matière première la plus employée, voyez la partie pâtes de bois mécanique et pâtes de bois chimique dans l’ouvrage Le Bois, par Billon, éditeur, Albin Michel, rue Huyghens.
- M. Barthélemy, à Nancy. — F utilisation des huiles lourdes de pétrole comme combustible comporte un dispositif spécial de pulvérisation et injection d’air forcée que seul un constructeur pourrait vous établir. Eu égard à la quantité relativement minime de résidus dont vous devez disposer, nous ne prévoyons pas que l’emploi de ces résidus pour le chauffage puisse être avantageux.
- M. Jlausermann, à Sidi-Aggouch. — Voici quelques adresses de peintures à l'eau, lavables : Colle Palma, chez Bindschedler, 11, rue Blanche. Solo, chez Guittel, 1, cité Paradis. Lithochrome aux établissements Fiambaud, à Aubervilliers. La Mondiale, 4?> rue de la Jonquière. Euch'omine, 9, rue du Congo, à Aubervilliers. La plupart de ces produits sont à base de silicate de soude et adhèrent fort bien au ciment.
- M. J. btingre, à Lunéville. — Le mieux est de vous en tenir aux formules courantes de préparation des allumettes suédoises qui sont les suivantes :
- Pâte de 1 allumette.
- Chlorate de potasse........... 6a.5
- Sulfure d’antimoine............. a5.5
- ^ Colle forte..................... 12
- 100.0
- Pâte à frottoir : ^
- Phosphore rouge ................. 43.5
- Sulfure d’antimoine.......... 29
- Colle forte.................... 27.5
- 100.0
- Société Anonyme
- des
- Hydroglisseurs DE LAMBERT
- Capital : 600,000 francs
- 95, Boulevard de la Seine, à; NANTERRE (Seine) _ Télèph. ; 84 a, Nanterre
- ’ Reg. C. ; 9..205/11.037.
- Fournisseur des Armées anglaise et française; dès Marines américainè, française et italienne; de l’Aéronautique coloniale; de la C“ du Canal de Suez,etc. ; des Gouvernements de l’Indochine,de Madagascar,de FAfriquétoçcidentale française, des Missions en Argentine, Chine et Russie.
- 1er PRIX
- Jïïeetîng (te tffocaeo
- 1er PRIX
- lïïeetitig d’taefë
- Le bateau glisseur iournit ta solution du difficile problème de la navigation dans les eaux peu profondes. Propulsé par une hélice aérienne, son tirant d’eau est de 0.20 à l’arrêt ; en vitesse il devient pratiquement nul.
- Pouvant circuler en toutes saisons, ne craignant ni les herbes" ni les courants, grâce également à sa vitesse de 80 km à l’heure.
- L’Hydroglisseur de Lambert transformera la vie aux Colonies
- HYDROPORTEURS A HÉLICE AÉRIENNE : 10, 20 ET 50 TONNES
- Agent général : M. Maurice BÏENAIMÉ, 9, Rue François-Gérard, PARIS (XVIe)
- an—i;
- p.2x93 - vue 559/688
-
-
-
- m
- BOITE AUX LETTRES
- «
- bibliothèque des officiers, à Toulon. — Pour teindre en bleu les vêtements blancs de coton ou de toile, employer les couleurs diamines suivantes qui prennent directement sans mordançage : Benzo-bleu solide, Bleu BX gros bleu, Bleu pur FF.
- Le bain se composera, par kilog de coton à teindre, de :
- Eau ordinaire.................. 20 lit.
- Sulfate de soude .... 100 gr.
- Cristaux de soude. ... 5o —
- Colorant ci-dessus . . . i5à '20 gr.
- Faire tiédir, entrer l’étoffe à teindre préalablement mouillée et essorée, porter au bouillon 20 à 3o minutes. Egoutter et rincer à une ou deux eaux, pas plus.
- N. B. Afin d’avoir une teinte bien unie, ne mettre en teinture qu’un tissu parfaitement lessivé et exempt de toute souillure graisseuse. Dans le cas où on désirerait un ton kaki, remplacer l’un des bleus précités par Brun coton AZ (marron), Brun 3G (havane), Brun B (bistre), employés à-dose convenable suivant intensité cherchée.
- M. F. Vandesmet, Maceio, Brésil. — 1" A notre avis le moyen le plus sûr, pour préserver le ciment de vos murs de Vattaque par les jus sucrés, serait un enduisage à la paraffine. Il vous suffira pour cela de faire dissoudre de la paraffine brute dans de l’essence de pétrole et d’employer la solution, que vous pourrez colorer par une couleur au stéarate, dans les mêmes conditions qu’une peinture, la concentration à donner dépendra de la porosité de votre ciment, quelques essais préalables vous fixeront à ce sujet.— 20 D’après les recherches de MM. G. Bertrand, Brocq-Rousseau et Bassonville, la destruction des insectes par la chloropicrine est obtenue à la dose de 8 ou ro gr. par mètre cube.
- La chloropicrine est un liquide huileux incolore, très réfringent, de densité 1.685, qui irrite les muqueuses très fortement, elle peut être portée à i5o° sans se décomposer, mais sa vapeur surchauffée détone violemment.
- La chloropicrine est neutre aux papiers réactifs, elle est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, et l’éther,
- inattaquable par les acides forts même à l'ébullition. On obtient la chloropicrine facilement par le procédé d’Hoffmann qui consiste à délayer du chlorure de chaux dans l’eau froide et à ajouter doucement le dixième de son poids d’acide picrique également dissous dans l’eau. L’opération se fait dans une cornue tubulée; on refroidit au besoin, car la réaction est très vive. Lorsque l’on a terminé l’addition d’acide picrique, on chauffe et la chloropicrine distille. Le rendement est d’environ ii5 pour 100 de l’acide picrique employé. La chloropicrine s’emploie soit en fumigation par vaporisation du liquide dans l’espace clos, soit en pulvérisations d’une solution à 10 pour 100 dans l’alcool qui peut dans ce cas être lé vulgaire alcool à brûler. 3° La filtration de Veau au travers de pierres poreuses ne produit aucune épuration bactérienne, seules les matières en suspension sont retenues ; on obtient une eau limpide et rien de plus, sans aucune garantie de potabilité. Lorsque des filtres de ce genre sont colmatés, le meilleur moyen de détruire le sédiment constitué surtout par des algues est de remplir le récipient d’eau fortement chargée en permanganate de potasse, de façon que la coloration violette soit persistante même après quelques jours, les algues sont ainsi brûlées et il suffit après rinçage de remplir d’eau pure avec quelques morceaux de charbon de bois pour faire disparaître la teinte brune due à 1 oxyde de manganèse qui a pu se précipiter.
- M. M. Chevassus, à Septmoncel. — i° Le silicate de soude ou le silicate de potasse conviennent parfaitement pour assembler d’une façon durable deux plaques de verre. Avoir soin de placer le silicate sirupeux au centre de la première plaque et poser doucement la seconde bien parallèlement de façon que par son poids elle chasse progressivement le liquide vers les bords sans emprisonner de bulles d’air. Avec un peu d’expér rience vous pourrez facilement acquérir le tour de main. Serrer ensuite fortement et laisser sécher. i° La coloration de l’un de ces silicates s’obtiendra sans difficulté par le vert B diamine qui n’est pas modifié en milieu alcalin.
- DANIEL SACKtC
- PARIS - 55-64, rue Legendre, 55-64 - PARIS
- Téléphone Wsgram 03.52 Re*. G. * Seine J 8U580
- installations complètes d’Électricitè
- CRITERIUM “PORRO”
- JUMELLE A PRISMES EXTRA LU Ml N h USE
- La Meilleure, la moins Chère
- Catalogue franco X. LOLLIER, Constructeur 47, Rue Turbigo, PARIS (3e) Reg. Comm. : Seine 136-273
- ÉCLAIRAGE DES CHATEAUX
- TRAVAUX TRÈS SOIGNÉS
- W OMBREUSES RÊFÉIKNCSS
- Maison fondée en 1890 - Médailles d'Or
- INVENTEURS
- lisez le MannelGaidf
- envoyé gratis et franco par l'Ingénieur-Conseil ÜGETTCHER, 39, Boulevard Saint-Martin» Paris
- rP0UR LA PHOTOGRAPHIE^
- EN NOIR ET EN COULEURS
- TEMPS DE POSE EXACT
- Instantanément et sans calcul en visant directement le sujet,
- Par le PHOTOMÈTRE NORMAL
- à prismes
- ES, ft. H Ingénieur-Opticien
- . UETVjCr*^ Rue d» la Perle, 3. PARIS
- OBJECTIFS POUR LA PHOTOGRAPHIE
- Reg. C, t Seine t2,t3t.
- Petites Annonces
- réservées aux offres, demandes et échanges d’objets divers, aux offres et demandes d’emplois. Il n’y est inséré aucune annonce commerciale.
- Le prix de la ligne de 5o lettres ou signes est de 4 fr. (2 fr. 50 pour les abonnés qui devront joindre la bande d’abonnement à la demande d’insertion).
- Les demandes doivent nous parvenir io jours avant la date d'apparition du Journal, accompagnées du mandat ou du chèque nécessaire.
- Contact tournant Radiguet, 2500 fr. ; Etuve d’Arsonval, 250 fr. ; Etuve au pétrole, 250 fr. ; Installation R. X, 3500 fr. ; Microscope Leitz, obj.3-7, oc. 3, 400 fr. — S’adresser 2, r. René-Panhard, Paris, 13e.
- On cherche occaffon : Petit poste émetteur, 4 diffus., I ampl- de puiss. cour 4 diffus., ondemètre 200/400 mt.— Ecr. Nature, n° 605.
- Poste 4 lampes 2 HF 2 BF, construction trè9 roignée, avec lamoes, accus, haut-parleur, redresseur pour charge accus, 750fr. Reçoit tous concerts. — S1M0NNEAU, 2, rue Berthollet, 5e.
- XCYI
- p.2x94 - vue 560/688
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- On peut donc employer de vieilles pellicules photographiques rendues transparentes (hyposulfite de soude et, s’il y a lieu, ferricyanure de K), sur lesquelles la gomme prend très bien côté gélatine.
- Cette remarque paraît permettre encore de nombreuses autres applications des pellicules et surtout des films packs, qui n’ont pas tendance à s’enrouler.
- L. R.
- Crayons pour couper le verre. — Dans notre numéro du a2 janvier dernier, nous avons indiqué un moyen pour couper le verre, par une tige de verre préalablement rougie que l’on place sur un trait de lime pour amorcer la fêlure, puis en avant pour la continuer.
- Voici un autre procédé qui nous est communiqué par M. Dufour, de Paris.
- « J’ai eu, dit notre correspondant, l’occasion d’expérimenter il y a quelque temps les crayons de Berzelius pour couper le verre. Ce moyen m’a toujours donné entière satisfaction tant au point de vue de la rapidité qu’à delui de la facilité pour couper des verres épais.
- Je suis arrivé à couper une bouteille à bière en spirale d’un pas de i cm de distance, pouvant donner une élasticité de i cm sur la longueur.
- Voici la recette de ces crayons :
- Noir de fumée........... 180 grammes
- Gomme arabique............. 56 —
- Benjoin en poudre. ... 23 —
- Gomme adragante .... 23 —
- La laisser gonfler 24 heures dans un peu d’eau.
- On fait une pâte assez ferme, on façonne à la main en crayons (1 cm de diamètre) et on laisse sécher à l’ombre.
- Quand le crayon est sec, il reste incandescent, et il suffit de le souffler pour avoir la pointe assez chaude pour continuer la fente déterminée par le trait de lime. »
- Les végétations de l’aluminium. — L’aluminium au contact du mercure donne de curieuses végétations. (Voir La Nature, 1923, tome II, p. 207.)
- M. de Bony nous indique un procédé pour voir en projection pousser ces végétations d'alumine.
- Pour cela, prendre un fil d’aluminium de o mm. 5 de diamètre, le plonger dans un flacon de mercure après avoir fait au bout une section nette avec une pince coupante.
- Le fil est aussitôt placé entre deux lames de verre, serrées par des bracelets de caoutchouc et le tout est mis dans la lanterne à projection.
- On suit alors facilement la marche rapide du phénomène.
- Les efflorescences canalisées par les lames de verre se développent sensiblement dans un plan et peuvent être mises au point.
- Pour grimper facilement aux arbres et aux poteaux. — Il est quelquefois utile de grimper dans un arbre élevé, de monter à un poteau, quand cela ne serait que dans le but d’installer une antenne, par exemple. II est. inutile d’insister sur les difficultés de l’opération et pour la simplifier on peut agencer des appareils
- simples, inspirés des crampons qu’emploient les monteurs électriciens qui réparent les lignes aériennes.
- ^ On prend deux cordes solides de 2 cm de diamètre environ et de 2 m. de longueur. Cette dernière dimension peut d’ailleurs varier suivant la taille du grimpeur.
- Sur chaque corde, à une extrémité, on fixe un étrier que l’on peut construire facilement en passant la corde dans deux trous d’une planchette de chêne et l’extrémité de la corde se fixe ensuite à une petite distance de la planchette à la corde elle-même par une ligature solide en cordelette.
- A l’autre extrémité libre de la corde on fixe un crochet en forme d’S à boucle trè« légèrement ouverte.
- Pour se servir de l’appareil on entoure le tronc d’arbre ou le poteau avec la corde et on la passe dans l’œil de la boucle en métal. Si on place le pied sur l’étrier on tire sur la corde qui coince sur l’arbre, elle ne peut glisser et l’étrier constitue alors un point d’appui qui permet de placer le deuxième montage plus haut que le premier et ainsi de suite.
- Il est prudent de s’entourer d’une corde autour des reins pour se tenir à l’arbre et ne pas risquer de glisser et de perdre l’équilibre. On monte ainsi de proche en proche comme si l’on gravissait les marches d’un escalier.
- Pour descendre, on fait la manœuvre inverse, mais il est préférable de ne pas enlever la corde de l’arbre, on peut se contenter de desserrer le crochet et de laisser glisser la corde pour l’amener à la position inférieure. On ne prend pas d’apnui à ce moment sur l’étrier en question, mais tout le poids du corps repose sur l’autre.
- Nettoyage d’un tire-ligne. — Généralement, pour nettoyer les branches d’un tire-lignes, les dessinateurs utilisent un petit chiffon de toile qu’ils passent entre les branches.
- Il est pratique de prendre pour ce nettoyage une petite brosse, une vieille brosse à dents fera parfaite-l’affaire. On nettoie ainsi le tire-ligne sans le détériorer et on enlève toutes les saletés qui arrêtaient le fonctionnement.
- Nettoyage des rainures des tables de machines. — Les tables des machines-outils sont munies de rainures en forme de T, qui servent au passage des têtes de boulons destinés à fixer les brides des montages.
- Au cours du travail de la machine, il s’accumule des limailles et des saletés qu’il faut enlever de temps à autre.
- Pour ce nettoyage, on prend des brosses, même des petits pinceaux métalliques souples, mais il est presque impossible de passer dans les coins des rainures, où s’accumulent toujours des détritus de toute sorte.
- Pour opérer un nettoyage parfait on découpe dans une feuille de tôle un T qui a presque la section de la rainure et on fixe ce racloir sur une tige recourbée formant poignée.
- On promène la raclette dans toute la longueur de la mortaise, en l’appliquant, tantôt sur un côté, tantôt sur l’autre.
- Cet instrument est facile à construire et opère le nettoyage rapide et complet des rainures de la table.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements quj parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, eu général, répondu immédiatement
- Rectification. — L’oudemètrè Ondia décrit dans La Nature, est également en vente aux établissements « Radio-Amateurs », 461 rue Saint-André-des-Arts, Paris, et les nouveaux modèles permettent les mesures jusqu’à 80 mètres de longueur d’onde.
- Communications. — La leucite en Italie. — La Société Vulcania, g5, Via Torino, Rome, nous écrit :
- « Nous avons lu avec plaisir le résumé de la conférence faite par le Professeur Hinchey, à la Society of Chemical Industry, sur l’utilisation de la leucite commef engrais potassique, que vous avez publiée dans le numéro 2602 de votre journal du 16 février.
- Nous devons vous signaler que notre Société s’occupe depuis vingt aus de l’extraction de la leucite, et que ce minéral est utilisé en grand.
- Nous devons vous faire remarquer qu’en Italie, il y a beaucoup d’autres gisements plus riches et plus importants que celui de Roccamonfina. Maintenant nous sommes en train de faire une usine pour le traitement des leucites dans le but d’en tirer des sels potassiques suivant les brevets de M. Messerschnaitt. »
- p.r95 - vue 561/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- Le traitement des phosphates. — M. F. Verdier nous écrit :
- « Dans La Nature du 16 février 1924, Boîte aux Lettres, je lis la réponse faite à M. Piradon, à Zipaza (Algérie), au sujet du procédé Spencer Newbury pour le traitement des phosphates ; ayant eu à examiner des procédés analogues, je vous adresse mes conclusions résumées, au cas où elles pourraient vous intéresser :
- « Tous les procédés appliqués aux phosphates naturels, en vuejd’augmenter leur rapidité d’assimilation par les plantés, semblent, au fond, avoir pour résultat de les amener au maximum de finesse; la rapidité d’assimilation étant proportionnelle à cette finesse, aussi bien par les procédés chimiques que par des moyens mécaniques.
- Procédés chimiques. — Par les acides, le phosphate est attaqué par l’acide sulfurique qui le désagrège surtout en faisant répartir la chaux entre les acides phos-phorique et sulfurique pour former des phosphates solubles, qui du reste se détruisent peu à peu (rétrogradation).
- Par les alcalis : Procédé Stopani (tétraphosphate ) assez répandu en Italie : calcination en présence d’alcalis et ensuite extinction à l’eau, d’où désagrégation.
- Procédé Wolters à Magdebourg : calcination en présence de sels alcalins et extinction.
- Procédé Wilborg, Suède : calcination en présence de sels alcalins et extinction.
- Supraphosphate, perphosphate, etc.
- Procédé de Molon, il y a environ 5o ans : calcination simple et extinction.
- Ce dernier procédé applicable aux phosphates à excès de carbonate de chaux.
- Avec les procédés où il est employé des sels' alcalins, il y a lieu d'étudier pour chaque composition du phosphate naturel les réactions produites par l’action de i’acide silicique et celle des alcalis
- Procédés mécaniques. — L’assimilabilité est obtenue, pour certains phosphates, à un même degré qu’avec les autres procédés, par la simple division mécanique, sans chauffage, poussée à la grosseur ou plutôt la finesse de 0,1 p. à 0,01 ij..
- Correspondance. — M. G. R., Albate (Italie). — Cordons de pommiers d‘Api rose. — Votre désir d’être absolument certain de l’authenticité de cette sorte d’Api pour les plantations que vous voulez faire dans votre jardin fruitier n’est que trop légitime, car il en existe plusieurs autres variétés. Vous pouvez vous adresser en toute confiance aux deux grands pépiniéristes dont voici l’adresse : MM. Croux et fils, à Châtenay (Seine), Nom-blot Bruneau, à Bourg-la-Reine (Seine).
- Réponses. — M. Max Vidal, Kergoff, Plougastel-Daoulas (Finistère). — i° Pour documentation sur les procédés de conservation des œufs, en économie domestique, aussi bien que pour le commerce (conservation industrielle), vous trouverez, dans le Manuel des conserves alimentaires, par Henri Blin, x volume (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 60) des indications très complètes, au chapitre consacré à la conservation des œufs.
- 20 Sur l’élevage des principaux animaux de basse-cour, voici les ouvrages modernes donnant un enseignement pratique : Aviculture, par Çh. Voitellier, 1 vol. ; La Basse-cour, par C. Arnould, 1 vol.; La Basse-cour, par A. Ducloux, 1 vol. ; La Poule pratique, par E. Leroy, 1 vol.; Poules qui pondent, poules qui paient, par Ad.-J. Charon, 1 vol.; L'Aviculture pratique, par Pierre Méguin, 1 vol. ; Conseils pratiques sur Vincubation, l'élevage et Vengraissement, par J. Rodillon, t vol.: Sous-produits de la basse-cour et du clapier, par Mme Babet-Charton, 1 vol.; VIndustrie du canard, par H.-L. Alph. Blanchon, 1 vol'*; L’Elevage rationnel des oies, par Francis Marre, 1 vol.; Basse-cour, pigeons et lapins, par Mme Millet-Robinet, 1 vol. ; Pigeons, dindons, oies et canards, par Pelletan, 1 vol. ; La Basset-cour moderne, par J. Rodillon, 1 vol. ; Alimentation rationnelle des volailles, par W. Chenevard, 1 vol.; Hygiène et maladies des volailles, par le même, 1 vol. ; Guide pratique pour l’élevage du lapin, par le même, 1 vol. ; Lapins a fourrure, par Manin, 1 brochure (Librairie agricole, Paris, 16, rue Jacob, 6”).
- 3° Sur le lin et son industrialisation, voyez : Le Lin
- en France, par Berùard, 1 voi. ; Les Plantes industrielles, par Henri Hitier, 1 vol.; Les Plantes industrielles, par
- L. Brétignière, 1 vol. ; Plantes textiles, par Bonnetat,
- 1 vol. ; Les Plantes industrielles, par Gustave Heuzé, tome Ier, 1 vol. (Librairie agricole, précitée); Les textiles, par Charpentier, 1 vol. (Dunod, éditeur, Paris, 47, quai des Grands-Augustins, 6°).
- Abonné B, 261. — 1” En ce qui concerne la possibilité d’employer la sciure de bois, réduite en poudre ou farine, dans l’alimentation humaine, comme dans celle du bétail, nous ne voyons pas qu’il y ait ambiguïté dans le texte de l’information à laquelle vous faites allusion. En effet, il vous échappe, sans doute, que la sciure de bois doit être traitée suivant l’usage auquel elle est destinée. L’extraction préalable des éléments nutritifs (suci*es, amidou, huile), pour rendre la farine de bois digestible, est indiquée lorsqu’il s'agit de l’alimentation de l’homme, ces éléments peuvent alors être associés aux farines de céréales panifiables, tandis que la sciure de bois, finement moulue, peut, sans autre préparation spéciale, ni mélange avec d’autres farines, être consommée par le bétail. Nous croyons que le point essentiel se trouve ainsi bien éclairci, et que vous n’avez probablement pas pensé à la différenciation, cependant évidente, qu’il convient de faire suivant que l’on envisage la farine de bois utilisable dans l’alimentation humaine ou comme aliment pour le bétail ;
- 20 Documentation concernant la préparation des vins de liqueur, vins d’imitation, vins cuits : vous pourriez consulter les ouvxages suivants : Traité pratique de la préparation des vins de luxe, vins de liqueur, vins secs et doux, vins toniques et apéritifs, vins d'imitation, . mistelles, par Victor Sébastian, 1 vol. : Fart de faire les vins d’imitation, madère, malaga, vermouth, amers, liqueurs, par J.-F. Audibert, 1 vol.; Traité complet de la fabrication des liqueurs et des vins dits d'imitation, par A. Bedel, 1 vol. ; File de Madère et ses vins, par A. Smyth, 1 brochure; Oporto et ses vins, par A. Smyth,
- 1 brochure ; Vinification en los vinedos méridionales (Espagne, Portugal), par P. Pacottet, 1 vol.; Le vin concentré, par le Dr F. Garrigou, 1 vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°). Voyez aussi chez Coulet, éditeur, 5, Grand’Rue, Montpellier. L’Institut CËnotech-nique de France, à Neuilly-sur-Seine ( Directeur :
- M. L. Mathieu), est indiqué pour donner des renseignements sur les divers points qui vous intéressent.
- M. Léon Bois, à P élu s s in. — Nous publierons prochainement un article répondant à votre question concernant la photographie simultanée d’étincelles blanches et noires lors de la décharge d’une machine de Winshurst, étincelles blanches lorsqu’elles éclatent entre les boules; noires quand elles éclatent entre les balais et les peignes.,
- M. Delamarre, à Nice. — i° L’échantillon de farine que vous nous avez adressé est essentiellement constitué par des graines de légumineuses, lentilles, pois, fèves, avec, complémentairement, des céréales, avoine, orge, maïs Ces graines nous paraissent avoir subi l’opération du maltage avant moulure pour en accroître la digestibilité. 20 Voici deux adresses relatives à Vassèchement des murs : M. A, Colombo, à La Tour de Peilz, Vaud (Suisse). M. Knapen, rue de la Bienfaisance, Paris.
- M. Poulet, à Paris. — i° Il nous est très difficile de vous indiquer une solution convenable sans connaître la réalisation que vous avez en vue ; quelle que soit la substance employée il y aura toujours dégagement de vapeur, puisque l’eau doit intervenir et que la température dépasserait ioo°; quant à la forme pulvérulente, il vous sera facile de l’obtenir en broyant finement la chaux au préalable. 20 Comme calorifuge, appliquez sur la capsule métallique de votre appareil un mélange de silicate de soude et d’amiante, quelques essais vous feront connaître les proportions convenables qui peuvent varier suivant les conditions d’expérience.
- A. IV., à S. Meuse. — Les ciments dits métalliques qui servent à exécuter des raccords sur pierres de façades sont des oxychlorures de zinc ; on les obtient en délayant un mélange d’oxyde de zinc commercial et d’une matière inerte dans une solution de chlorure de zinc à 45° B. Comme exemple, l’une de ces poudres nous a donné à l’analyse :
- Oxyde de zinc impur ... 53.40 °/0
- Blanc d’Espagne...........46.60
- (Voir la suite pp. JCV, XCVL.)
- |fWl»
- p.r96 - vue 562/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- >
- Phénomènes séismiques et volcaniques au Guatémala (Etude sur l’origine des tremblements de terre, raz de marée et éruptions volcaniques), par J. Van de Putte.
- 1 V°L !43 p., 24 cartes et fig. Editeur : Vve Ferdinand Larcier, 26, rue des Minimes, Bruxelles, 1924.
- Le Guatémala compte parmi les régions du globe les plus fréquemment et sévèrement éprouvées par les tremblements de terre et les éruptions volcaniques, M. J. Van de Putte, qui a passé 4s ans de sa vie à Guatémala, a observé sur place des milliers de secousses sismiques; il a été témoin notamment du cataclysme de 1917 qui a détruit de fond en comble la capitale. Il a noté, soigneusement et scientifiquement, les caractères des phénomènes auxquels il a assisté. La première partie de son ouvrage, consàcrée à 1 historique des séismes et volcanismes du Guatémala de i56i à 1917, est, à partir de 1872, le résumé d’observations vécues et apporte aux sismologues des documents de première main, d une haute valeur. Dans la' seconde partie, l’auteur utilise les données qu’il a lui-même accumulées et en tire des vues nouvelles sur l’origine des tremblements de terre et des éruptions volcaniques et sur les réactions possibles entre la croûte terrestre et le magma interne. Il est d’accord avec la plupart des séismologues modernes pour attribuer les séismes à des effondrements de l’écorce terrestre. Mais il en précise l’origine, en l’attribuant à une sorte d’érosion souterraine, produite par les mouvements de circulation du magma fluide interne et s’exerçant sur ce qu’on pourrait? appeler l’envers de l’écorce terrestre.
- Les méthodes actuelles de la chimie, par P. Jolibois.
- 1 vol. in-16, 45 fig. Armand Colin, éditeur, Paris, 1924..
- Ce petit volume est, en réalité, un véritable résumé de chimie physique, mais présenté suivant un plan nouveau et fort original.
- Quels sont, dans leurs grandes lignes, les problèmes qui vont se poser à un chimiste se consacrant à la récherche, comment se présentent-ils, quelles méthodes générales la pratique et la théorie mettent-elles à la disposition du chercheur pour les résoudre?
- Telles sont les questions auxquelles répond l’intéressant. ouvrage de M. Jolibois; il indique d’abord quels sont les principaux facteurs des réactions et comment on les mesure ; puis il montre de quelles méthodes dispose le chimiste en présence d’un mélange complexe, pour en séparer et définir les constituants ; il fait ainsi comprendre comment s’introduisent et se précisent les notions fondamentales par lesquelles peuvent se caractériser ces espèces et comment on les détermine ; il passe ensuite à l’étude des phénomènes de solubilité, puis à la théorie des équilibres et des réactions chimiques examinée à la lumière des principes de la thermodynamique. Il termine par un coup d’œil sur la synthèse chimique. Cet exposé permet à l’auteur de passer en revue les principales techniques et théories qui interviennent en chimie expérimentale, et d’en montrer la fécondité. C’est une véritable initiation, très claire et très instructive, aux disciplines de la chimie moderne.
- Théorie générale sur les courants alternatifs (ier fascicule), par M. E. Piernet. i vol. in-8 (n5 x 16), 100 p., 60 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1924. Prix : 12 francs.
- Dans ce fascicule, est exposée une théorie générale des courants alternatifs d’une façon claire et détaillée qui la met aisément à la portée de toute personne ayant des connaissances élémentaires de mathématiques et de physique.
- Les questions traitées sout les suivantes : courants alternatifs sinusoïdaux, leurs équations générales ; courants polyphasés; méthodes de mesure, théorie des courants alternatifs non sinusoïdaux ; application de la méthode des imaginaires aux calculs de courants alternatifs; théorie des champs tournants.
- Pratique de la construction. Béton et mortier de ciment armés ou non armés, avec établissement rationnel des prix de revient, par F.-W. Taylor et Sandfort E. Thomson, traduit et adapté par M. Darras, 3* édition
- revue et corrigée. 1 vol. 16X 25 de xxm-724 p. avec i43 fig. Dunod, édieur, Paris, 1924. Prix broché : 52 francs.
- Ce travail est une adaptation française de deux ouvrages publiés par MM. Taylor et Thompson : Concrète, plain and reinforced (Le béton homogène et armé) et Concrète costs (Le prix de revient du béton).
- Le premier livre est un véritable traité pratique de la construction en béton et mortier de ciment, avec les formules et méthodes qui ont fait leurs preuves et de nombreux exemples. Le second est une application de la méthode Taylor à la construction en béton armé; il donne les temps passés pour chaque opération et permet d’arriver à un prix de revient établi sur des bases indiscutables.
- L assaut du Mont Everest, 1922, par le général Bbuce et d’autres membres de l’Expédition, traduit de l’anglais pa A. de Grucuy et E. Gaillard, i vol. in-4, 3oop., 36 photos hors-texte, 2 cartes. Dardel, éditeur, Chambéry. Prix : 3o francs.
- En 1922, une mission anglaise commandée par le général Bruce donna l’assaut au Mont Everest, le plus haut sommet du monde (8828 m.) ; elle utilisait la route du Thibet reconnue l’année précédente par la mission Howard Bury; après un long parcours sur les hauts plateaux du Thibet, à une altitude moyenne, égale ou supérieure à celle du mont Blanc, la mission installe au pied du massif à 5ooo m. d’altitude un camp de base, point terminus du transport par bête de somme : là sont rassemblées plus de i5oo caisses d’approvisionnements et d équipements de toutes sortes venus d’Angleterre. Puis échelonnés sur les pentes de la montagne, 3 camps intermédiaires, ravitaillés par porteurs, sont organisés; le plus élevé est à l’altitude de 6970 m. C’est de là que partent les alpinistes pour tenter d'atteindre le sommet : l’une des caravanes parvint à l’altitude de 8205 m. et dut reculer épuisée; une autre équipée d’appareils respiratoires à oxygène atteignit avec beaucoup moins de peine l’altitude de ’83oo m., et peu s’en fallut quelle ne parvint au sommet; mais le temps défavorable ne le permit pas. L’expédition de l’Everest, si elle n’a pas atteint son but, a néanmoins battu tous les records d’alpinisme, et réalisé un admirable effort sportif, dont le récit est d’une lecture passionnante. La mission n’avait pas de programme d observations scientifiques; mais les récits du général Bruce et de ses collaborateurs : Somerwell. Mallory, Finch, abondent en renseignements vécus, et du plus haut intérêt, sur les paysages et le climat des régions traversées, sur les conditions de la vie en atmosphère raréfiée, sur le caractère et les mœurs [des populations thibétaines.
- L’ouvrier agricole, par Pierre Régnier. .1 vol. in-16, 280 p. Bibliothèque sociale des métiers. G. Doin, Paris. Prix : 10 francs.
- Ce livre rappelle l’histoire de l’ouvrier agricole depuis les origines jusqu’à nos jours, puis traite de la situation actuelle de la main-d’œuvre agricole : dépopulation des campagnes, revendications, syndicats d’ouvriers agricoles, salaires, chômages, etc. Il étudie ce qui a été fait pour conjurer la crise de la main-d’œuvre et améliorer la situation des ouvriers agricoles : systèmes de culture, machinerie, embauchage, etc., et énumère les mesures nouvelles réclamées ou proposées.
- La pauvreté et ses cercles vicieux, par le Dr J.-B. Hurry, 2° édition anglaise, traduite, revue et augmentée par l’auteur. 1 vol. in-8°, 467 p., 7 planches. Presses universitaires de France. Prix : 20 francs,
- La misère et les divers autres troubles sociaux présentent une foule d’exemples de processus circulaires où causes et effets réagissent indéfiniment, empêchant l’individu pauvre d’échapper aux liens qui l’enserrent, aggravant sa situation. L’auteur examine, de ce même point de vue du cercle vicieux, les remèdes imaginés par la société : mesures législatives; secours libres; charité individuelle et discute leurs inégales efficacités.
- p.2x95 - vue 563/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N® 2608 29 Mars 1924
- Les taches du Soleil. — Nouvelles découvertes de M. G. Haie. Le cycle de 22 ans. — Les taches du. Soleil ont été découvertes en 1612 par Galilée et depuis cette date elles ont fait 1 objet d études assidues et de nombreuses hypothèses. Les progrès les plus importants acquis en ces dernières années sont dus à M. G. Haie, de l'observatoire du Mont-Wilson; il découvrit que les taches se comportent comme des aimants. A cette découverte, il vient d’en ajouter une autre relative au signe de la polarité des taches solaires et à la variation périodique de cette polarité. Un exposé complet de ses travaux vient d’être publié par la revue anglaise Nature.
- Pour faire comprendre en quoi consistent les curieuses propriétés que vient de révéler M. Haie, il est utile de rappeler brièvement ce que l’on sait des taches du soleil.
- Elles se manifeslent comme des taches obscures sur la surface brillante de l’astre du jour; leur taille est très variable ; il en est de minuscules, il en est d’énormes, bien plus vastes que la Terre; elles se localisent dans une zone de 400 de large de part et d’autre de l’équateur solaire; leur apparition est soudaine; puis elles disparaissent après avoir vécu quelques jours, quelques semaines ou quelques mois. Elles ne restent pas immobiles; elles tournent avec le soleil; mais leur vitesse angulaire est plus grande près de l’équateur qu’aux latitudes plus élevées. Leur nombre et leur surface totale varient périodiquement, suivant un cycle assez régulier de if ans. Au moment du maximum, on voit chaque jour de nombreuses taches; au moment du minimum les taches sont au contraire très rares et des semaines peuvent s’écouler sans que l’on en aperçoive une seule. La diminution du nombre des taches après le maximum est assez lente, tandis que leur augmentation, après le minimum, est très rapide.
- Le cycle des taches possède encore une autre caractéristique : les premières taches de chaque cycle nouveau apparaissent à des latitudes solaires relativement élevées, comprises entre i5° et 4o° ; mais au fur et à mesure que l’on avance dans le cycle, la latitude moyenne des taches diminue graduellement, et les dernières taches du cycle, après le minimum, sont localisées au voisinage de l’Equateur. On peut ainsi distinguer les éléments qui appartiennent à deux cycles différents.
- L’étude télescopique des taches a conduit les astronomes à voir en elles de vastes tourbillons de gaz incandescents. M. Haie, s’appuyant sur les travaux de J. J. Thomson, relatifs aux émissions de charges électriques qui accompagnent les corps gazeux portés à haute température, fit l’hypothèse que des particules électriques devaient se trouver dans ces tourbillons gazeux. Mais des particules électriques en mouvement se comportent comme des courants électriques et par suite créent des champs magnétiques. Zeemann venait précisément de montrer, en 1896, que si l’on place une vapeur lumineuse dans un champ magnétique puissant, les lignes qui composent son spectre se séparent en 3 composantes au moins, polarisées dans des directions distinctes qui varient avec l’angle que font entre elles la ligne de visée et les lignes de force.
- Or, l’étude des raies du fer dans le spectre des taches solaires révéla à M. Haie la séparation due au phénomène de Zeemann ; des milliers d’observations poursuivies pendant plusieurs années par M. Haie au Mont-Wilson démontrèrent que toutes les taches solaires contiennent des champs magnétiques et que l’intensité de ce champ augmente jusqu’à un certain maximum avec le diamètre de la tache.
- L’étude spectrographique des raies détriplées par le champ magnétique permet aussi de déterminer la direction de ce champ, autrement dit permet de déterminer la polarité des taches.
- L’étude systématique de la polarité des taches, poursuivie depuis 1908, a amené la découverte que nous signalions au début de cette note.
- Dès l’époque de Galilée, on avait observé que les taches ont tendance à s’associer par paires; formant des groupes bipolaires bien caractérisés; 60 pour 100
- environ des taches appartiennent à ce type. M. Haie, dès 1 origine de ses études, constata que les deux taches d un même groupe avaient et gardaient une polarité différente. Ainsi pour les taches bipolaires de l’hémisphère Nord, en 1908, la tache de tête (ou occidentale) représentait un pôle Sud ou négatif; la tache de queue (orientale) représentait un pôle Nord : dans l’hémisphère Sud, au contraire, la tache de tête est un pôle Nord, celle de queue un pôle Sud.
- Or, en décembre 1912, lors de l’apparition des taches dun nouveau cycle, on s’aperçut avec surprise que cette polarité qui s était maintenue depuis l’origine des observations était renversée brusquement. Désormais, les taches bipolaires de 1 hémisphère Nord montrèrent une polarité nord pour la tache de tête, une polarité sud pour la tache de queue; les taches de l’hémisphère sud montraient la polarité inverse.
- En juin 1922, les taches passent par un minimum et un nouveau cycle recommence; à nouveau l’on constate un brusque changement de polarité de toutes les taches qui apparaissent successivement. La loi paraît donc bien nette; elle montre que les polarités magnétiques des taches suivent un cycle qui n’est pas de 11 ans, mais de 22 à a3 ans.
- Les observations précédentes s’appliquent aux taches bipolaires. Mais toutes les taches solaires ne sont pas de ce type qui n englobe que 60 pour 100 environ des taches. La règle découverte par M. Haie s’applique-t-elle aux 40 pour too qui restent ?
- Cette question a amené M. Haie à une autre constatation fort intéressante. La plupart des taches non bipolaires appartiennent en réalité à un groupe bipolaire, mais dont l’un des constituants est invisible.
- 11 y a en effet des taches invisibles; M. Haie a découvert le moyen de les déceler, grâce à la spectroscopie, et d’en déterminer la polarité ; il a constaté que les règles de polarité, indiquées plus haut pour les groupes bipolaires ordinaires s appliquent rigoureusement aux groupes qui comprennent une seule tache visible et une tache invisible.
- 11 arrive, du reste, que la tache invisible se transforme en une tache visible, ou inversement qu’une tache visible d’un groupe bipolaire devienne invisible. Elle n en existe pas; moins, et la réglé de polarité est toujours respectée.
- C est donc bien une loi générale s’appliquant à la quasi totalité des taches qui a été découverte par M. G. Haie. L’explication du phénomène n’est sans doute pas aisée. Mais sa découverte est incontestablement de grande importance.
- La fabrication du pétrole au moyen des huiles végétales ou animales. —- M. Mailhe, le savant b en connu par ses beaux travaux sur la décomposition catalytique et l’hydrogénation des huiles et sur la synthèse des huiles lourdes, publie dans Chaleur et Industrie de nouveaux et très importants résultats. Ses précédents travaux lui ont inspire 1 idee de procéder à l’expérience suivante^ : il chauffe dans une marmite en cuivre 3oo gr. d’une huile végétale ou animale (colza, œillette, arachides, karité, requin, baleine, etc.) avec 3o gr. de chlorure de zinc fondu. Il obtient ainsi un liquide qu’il porte progressivement jusqu’à 460°. Il en retire par distillation : de l’éther de pétrole, de l’essence, du pétrole lampant, des huiles lourdes, des huiles lubrifiantes et des parties solides ressemblant comme aspect à de la vaseline. On conçoit aisément le parti pratique que l’on pourra tirer d’une réaction aussi simple pour obtenir des carburants au moyen de produits que notre sol ou uos colonies fournissent en abondance.
- M. Mailhe a analysé avec soin le mécanisme de cette réaction; il arrive aux conclusions suivantes : il se produit un triple • phénomène ; une déshydratation, un cracking, une condensation.
- La déshydratation dédouble le corps gras en acroléine et acide gras.
- Le cracking disloque l’acide gras de rang élevé en acides gras plus simples qui se scindent en anhydride carbonique, oxyde de carbone et carbures forméniques et élhyléniques, avec formation intermédiaire de cétones.
- -ssaroTlab.
- p.2x96 - vue 564/688
-
-
-
- LEÇONS CHEZ SOI
- * PAR CORRESPONDANCE - SANS DÉPLACEMENT
- Vous pouvez profiter des leçons pratiques de l'fcGOLE PIGIER : Commerce — Calcul rapide — Tinance — “Ecriture expédiée Calligraphie ~ Langues — Tenue des Livres — Sténo-Dactylo Correspondance commerciale — Dre// — Dessin industriel T{epré$entatwn — Publicité — Coupe ~ Coulure, etc.
- DIPLOMES — EMPLOIS
- L’Ecole Pigier prépare, en outre, par correspondance, a tous les examens (Brevets, Bacsalauréata) et aux carrières administratives.
- PIGIER., 53, rue de Rivoli, PARIS
- 19, boulevard Poissonnière — 5, rue Saint-Denis (Châtelet) — 147, rue de Rennes LEÇONS LE JOUR, LE SOIR OU PAR CORRESPONDANCE
- 73 années de succès — 11 Grands Prix — 45 Médailles d’Or — 67 Ecoles en Province
- Envoi gratuit du Programme et de la brochure “ Situations ”
- TRAVAUX DE COMPTABILITÉ s Organisation — Mise à jour - Vérification, etc.
- S. G. A., 44, rue du Louvre, PARIS
- •jji Nombreuses autres machines originales. •£>
- Petites Annonces
- On cherche d’occasion piano à queue ou d< mi-qneuc, bonne marque, à Paris de préférence. — Paire offre et prix à La Nature, n° lt. Contact tournant Radiguet, 2500 fr. ; Etuve d’Arsoirval, 250 fr. ; Etuve au pétiole, 250 fr. ; Installation R. X, 3500 fr. ; Microscope Leitz, obj. 3-7, oc. 5, 400 fr. — S’adresser 2, r. René-Panhard, Pari*, 13".
- Traductions scientifiques en langues européennes et orientales et recherches bibliogr. sur tous sujets par .-spécialistes éprouvés.— Rureau général de Traductions, 2, Square Desnoueties, Paris (15e). (Tél Ségur 80-45 )
- EPURATION DES EAUX RESIDUAIRES
- S- Gén^5 d'Epuraiion eî d'Assaimssement
- 28, Rue de Châleaudun, Paria.
- SEPTIC-TANK
- ... » Supprime Ûdeura et Vicfeng,eis_
- itlllft
- *’ :)sVST5? APPROUVE PAR ORDONNANCEïDESPOLieE; bè
- B.BEZAULT . bs s.g.d.g.I»
- ASEPT-EAU
- EAU POTABLE.FILTRATION. STERILISATION j CLARIFICATION DES EAUX INDUSTRIELLES)
- Rcg. C. : Seine 196.25.
- DERNIÈRE NOUVEAUTÉ
- du
- YERASCOPE
- RICHARD
- L’HOMÉOS “
- s. a. s. a.
- L’HOMEOS permet de faire 27 vues stéréoscopiques sur pellicules cinématographiques en bobines, se chargeant en plein jour.
- Maximum de vues — Minimum de poli»
- POUR LES DÉBUTANTS
- Le glyphoscope
- a les avantages fondamentaux du Vérasoope C’est LS MOINS CHER des appareils stéréoscopiques.
- Sa méfier des Imitations. — Exiger la marque authentique. ENVOI FRANCO DU CATALOGUE
- Etabl“ Jules RICHARD 2S-*-**«*
- Exposition : 7, rue Lafayatte. — Vente de poestipt.
- ' Ree. Ç. , Seine *7.4^7.
- 49 WII w
- N- 'j(K>8.
- p.2x97 - vue 565/688
-
-
-
- Monobloc
- Le plus parfait des Appareils Stéréoscocopiques
- Les Plus Jolies Photographies
- en relief, noir et couleurs, sont obtenues avec
- MONOBLOC
- Appareils Ciné pour Amateurs
- jehoret i 3i, mi. saiit-cemaii, mu
- Téléphone : GOBEUNS 25-56.
- Reg. C. s Sejne 188.9j>.§. •
- i
- lAccumulateur n est plus un souci
- grâce a u
- Redresseur a Collecteur Tournant
- L. ROSENGART
- BTJ S.0.0.G.
- le seul qui. sur simple prise de courent de lumière
- Recharge
- avec sécurité, facilement, économiquem ent,
- tousi® Accumulateurs
- sur
- Redresse toutes tensions '-'Jusqu'à 4000 volts
- Notice gratuite sur demande
- 21. Av des Champs-Elysées. PARI S élyIêIsm s6E-6o
- Publicité H, DUPIN - Péris
- R. C. SEINE N° 96.054
- Vt.it la description dans « La Nature » du 3i mars IÇ23.
- Esciiap vos ns -r Lisnet
- qui est reconnu aujourd’hui comme le meilleur,
- Parce qu’il démarre sans lancement,
- Parce qu’il utilise les 2 demi-périodes, Parce qu’il disjoncte en s’arrêtant,
- Et, parce qu’il ne présente aucune usure, même au bout de 2 ans !
- Et. LEFÉBURE, lngr- C', 64, r. St-André-des-Arts Paris (6'). R. C. : 18.764.
- Diplôn e (l'Honneur Gand 1913
- LA RAPIDE LIME
- s’adapte instantanément au x ÉTAUX Travaille avec précision l’Acier, le Fer, la Foule, le Bronze-el autres matières.
- PLUS DE LtIVIES! PLUS DE BURINS !
- Tout le monde Ajusteur-Mécanicien
- TARIF FRANCO
- JACQUOT ET TAVERDON
- 58-60, rue Régnault, PARIS (13”).
- Voir descr. dans La Nature, w° 1550. R. C. t0.349.
- DÂNÎELSÂCKiC
- PARIS - 55-64, rue Legendre, 55-64 - PARIS
- Téléphone Wa&rom 03.53 C. i 5*ü*t itt&ZC
- Installations complètes d’Êiectricitè
- ÉCLAIRAGE DES CHATEAUX
- TRAVAUX TRÈS SOIGNÉS
- NOMBREUSES RÉff’ÊRKHfCBS
- Maison fondée en 1890-Médailles d'Or
- CtaptMT Tua
- Éroill B?
- D’EAU
- de Volume i Système FRAGER. ; a piston disque ÉTOILE DP ; à piston cylindrique équilibré
- ETOILE ST (SteHa); de Vitesse à Turbine» sec ou humide,
- TE-TA.
- Comptears d’eoa chasde pour appartements.
- D’ÉLECTRICITÉ
- Modèle B pour courants continu et altern&tü; O’K pour courant continu;
- ACT pour courants alternat lia, mono et polyphasés.
- Appareils pour toutes mesures électriques.
- er
- COMPAGNIE POUR LA FABRICATION DES OOIHPTEURS ET KSATÉRHEL D’USINES A @A£
- lfl, piaso des États-Unis, i MONTROUGE (Saine)
- Sm. Anonyme Capital S6 000 000 de Iranos.- Télép. : Ségar 92-00, 92-0B, 92-02. Adr. télAg. GOttPFSLUX-MQNTS;OU$S
- R««. C. : S*ln* Î9.S27.
- Ug, C. : folo« 39
- d® XGVIJl Wr
- p.2x98 - vue 566/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- Enfin la condensation ou la polymérisation d’une partie des carbures éthyléniques produits par le cracking a lieu au contact du chlorure de zinc.
- Le chlorure de zinc n’est pas le seul corps capable de réaliser cette condensation : les chlorures de calcium, baryum, sodium, magnésium, la chaux, la baryte produisent la même réaction.
- M. Mailhe a étudié en détail la décomposition de l’huile d’arachides chauffée avec du chlorure de magnésium anhydre; il obtient ainsi un produit liquide représentant 66 pour 100 du poids de l’huile traitée. Ce produit, soumis à la distillation fractionnée, donne de l’éther de pétrole, de l’essence de pétrole bouillant au-dessous de i5o° et d’un pouvoir calorifique supérieur de 10818 calories par kilog., du pétrole lampant distillant de i5o° à 1800 et d’un pouvoir calorifique de 10961 calories, des huiles lourdes et de la vaseline.
- Influence de l’iode sur la production de la betterave à sucre. — Les recherches les plus récentes, faites en vue de déterminer l’influence de la composition des sols sur le développement de la betterave à sucre, ont signalé à l’attention des cultivateurs betteraviers, le rôle, encore peu connu, de l’iode.
- C’est ainsi que d’après une communication de la Feuille d’informations du Bureau d’études économiques et agricoles, les recherches de l’agronome tchèque Stoklasa ont déterminé la présence, dans certaines terres, de petites quantités d’iode, que les plantes s’assimilent non seulement par leurs racines, mais aussi par leurs feuilles.
- Toutefois, les plantes réagissent très différemment à l’iode, suivant la famille à laquelle elles appartiennent. La betterave à sucre continue à vivre dans des solutions d’iodure de potassium dont la concentration tue les graminées et les légumineuses.
- De nouveaux essais au laboratoire et en plein champ out montré l’influence favorable de l’iode. C’est ainsi qu’en ajoutant un peu moins de a kg d’iode par hectare (exactement 1 kg 720), à une fumure composée de 400 kg de nitrate de soude, 400 kg de superphosphate et 80 kg de chlorure de potassium, le rendement à l’hectare de la betterave à sucre a été de 41 3oo kg, alors que sans iode, il n’était que de 33 200 kg.
- Extraction de la résine des copeaux de pin. — Le traitement des copeaux de pin, pour en extraire la résiue, fait l’objet d’un brevet récent, par lequel l’auteur M. René Fabre, réalise l’opération d’une façon très simple.
- Les copeaux sont placés dans des digesteurs spéciaux où l’on fait passer un courant de dissolvant incombustible, comme la triéline, qui, par suite, ne présente aucun danger d’incendie. Ce dissolvant extrait la totalité de la résine contenue dans le bois, après un passage variant de trois à cinq heures, suivant la teneur en résine.
- Le dissolvant est alors à son tour évaporé dans un appareil distillateur et va se condenser, à travers un condenseur et un refroidisseur, dans un bassin de dépôt, laissant dans l'appareil distillateur la résine brute, analogue à celle produite par le gemmage. Pour obtenir la térébenthine, on distille cette résine suivant les procédés ordinaires. ^
- Le bois dérésiné a toutes les propriétés nécessaires pour être employé dans la fabrication du papier.
- Il donne une pâte à papier blanche et sans points noirs.
- Par ce procédé, on peut utiliser les souches de pins et tous les copeaux qui se perdent.
- Le matériel d’extraction comprend : un extracteur, un distillateur, un réfrigérant et le bassin de dépôt, le tout tenant à peu près la même place qu’un appareil à distiller les résines. Comme chaudière, on emploie un appareil timbré à 5 ou 6 kg et de 25 à 3o m* de surface de chauffe.
- L’installation doit se faire là où l’on peut disposer de l’eau en quantité suffisante pour alimenter les réfrigérants.
- 'fc
- L’écorçage des bois par la vapeur. —Des expériences ont été faites, ces temps derniers, aux usines Delhommeau, à Cléré (Indre-et-Loire), sur un procédé qui établit pour ainsi dire automatiquement le moment de l’écorçage au moyen de la vapeur. Ces expériences
- ont démontré que l’on peut, économiquement, et en toutes saisons, obtenir l’écorce à un prix de revient inférieur à celui de l’écorçage par la méthode ordinaire.
- On a soumis à l’étuvage, pendant une heure, des rondins ayant trois ou quatre mois d’abatage, d’autres de deux mois et d’autres de coupe récente.
- L’écorce, pelée très facilement, est lisse, propre, le bois pelé est blanc et sans fibres d’écorces adhérentes.
- L’extraction se fait très rapidement. L’appareillage se compose, en principe, d’une cuve en bois épais pouvant contenir environ 1 m5 1/2 de rondins. Après une heure de traitement à la vapeur (étuvage), les bois fraîchement abattus se pèlent avec une extrême facilité. Pour obtenir le même^résultat avec des bois de coupe plus éloignée, il est nécessaire de prolonger l’opération de 1 heure à 1 heure et demie, selon le degré de siccité du bois.
- L’analyse d’une écorce obtenue par ce procédé a donné :
- Matières tannantes absorbées. . . 12,4
- Solubles non tanins.............. 10,3
- Insolubles....................... 675 7
- Eau.............................. 9,6
- 100,0
- D’autres analyses ont donné de 11 à 14 pour 100.
- Un appareil spécial placé sur la cuve indique le degré d’étuvage nécessaire à l’écorçage.
- L'écorce, sous l’influence de la vapeur, se gonfle, se distend et, par suite de la mauvaise conductibilité du bois, elle se dégage de son support naturel. L’écorce obtenue par ce procédé sèche très rapidement. Le sous-produit, dit « bois pelard », est de vente très rémunératrice, en raison de sa rareté.
- Le blé au Canada. — La Canadian-Gazette annonce que la récolte de 1923 a battu tous les records et les chiffres qu’elle tire des statistiques du Canadian Pacific Railway frappent l’imagination. Du ior septembre, début delà moisson, au 12 décembre, clôture de la navigation, il a été chargé 116232 wagons, qui, s’ils avaient été accrochés en un seul train, auraient donné à celui-ci une longueur de 1410 ^km. Les trains ont été expédiés en moyenne toutes les 5o minutes jour et nuit de Winnipeg à Fort William pendant cette période. Le train le plus long avait ia5 wagons, soit un peu moins de 1600 m. de longueur. Il circula de Shoughton à Aricola dans le Saskatchevan, et transportait i85ooo boisseaux de grain.
- Le blé chargé dans la région desservie par ce réseau avec ses 200 millions de boisseaux dépasse de 40 millions de boisseaux la quantité chargée pendant la même période de 1922.
- On conçoit que pour satisfaire à un tel trafic dans un temps limité, l’Administration du G, P. R. doive augmenter ses moyens d’actfon; de fait, elle a fait des améliorations dans 24 gares et a dépensé 12 millions de dollars en achat de matériel neuf comprenant : 36 locomotives puissantes Pacific et Mikado dont nous voyons des spécimens sur le P.-L.-M., i5 wagons à bagages en acier, 12 wagons-poste, i5 wagons de première classe, 6 salons-cafés et 6 salons-buffets. Quant aux wagons à marchandises, ils forment un total imposant : 25o wagons glacières pour matières alimentaires, 3oo plates-formes de 40 tonnes, 3oo wagons à charbon de 75 tonnes, 5o citernes à pétrole de 4f>4 hectolitres (nos wagons foudres et Wagons réservoirs sont de i5o hectolitres).
- Les écoles françaises au Maroc. — France-Islam, dans son numéro de février 1924, publie un article sur la langue française au Maroc. Nous en extrayons la statistique suivante sur la population scolaire des écoles françaises du protectorat :
- 19:2 19*4 Mars 1922.
- Français .... 145 1.927 7.147
- Italiens 54 682 2.159
- Espagnols . . . 47 1.41 2 3.482
- Européens divers 31 124 435
- Juifs 2 328 3.392 8.585
- Musulmans . . . 210 2.3go 5.004
- 2.810 9-9^7 26.812
- Le3 « Européens divers » sont en majorité Anglais et Grecs.
- p.r97 - vue 567/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- Filtre permettant l’utilisation du courant continu d’un secteur pour l’alimentation des amplificateurs. — Nous aurons sans doute prochainement l’occasion d’étudier en détail le problème de l’alimentation des amplificateurs sur le courant d’un secteur.
- Indiquons, dès à présent, que la solution de ce problème est relativement facile, lorsque, bien entendu, le courant fourni a une tension constante.
- Il suffit, pour obtenir le courant de chauffage, de réduire le voltage à l’aide d’ampoules à incandescence à filaments de charbon, montées en parallèle, et intercalées dans le circuit; il faut autant de lampes de a5 bougies en parallèle que l’amplificateur compte d’audions type ordinaire, montés aussi en parallèle. Il faut également placer en tampon un accumulateur de 4 volts, de très faible capacité, mais servant à éviter une surtension aux filaments des audions et les variations d’intensité.
- Pour éviter les perturbations fâcheuses produites par les collecteurs des moteurs, et tous les courants à haute fréquence qui se propagent le long des lignes, il est de
- .1 Accumulateur 'l en tampon
- Fig. i. — Circuit-filtre « Radionett ».
- C et G', condensateurs île 0,5 jd7 pouvant résister à une tension de 500 volts; C,, condensateur de 2 microfarads ; li, lampes à filaments de cliarbQn de la tension du réseau (110 v. ou 22o v.).
- plus nécessaire d’utiliser des circuits-filtres pour l’ali-mentatiomplaques.
- Le circuit-filtre « Radionett » (inventé par M^Joignet) est d’un montage immédiat; le schéma des connexions est d’ailleurs indiqué par la figure i ; on remarquera que l’on utilise pour le branchement du filtre la chute de tension produite par la lampe à incandescence.
- 11 faut noter, en outre, que, dans le cas d’utilisation d’une antenne, il est essentiel, pour éviter des courts-circuits désastreux, de débrancher le fil de prise de terre habituel, et d’intercaler des condensateurs G et C’ de o,5 microfarad, comme il est également indiqué sur le schéma. Un seul condensateur pourrait d’ailleurs suffire à la rigueur.
- Constructeur : Maison Lefébure, 64, i'ue Saint-André-des-Arts, Paris (6e).
- pour faire descendre le caractère et obtenir l’impression désirée.
- Ce cadran-caractères qui s’abaisse par la pression se relève automatiquement; il fait corps avec un bâti, lequel, au moyen de petites dents, coulisse sur la réglette plate servant ainsi de chariot crémaillère.
- Il est indispensable que le dessinateur puisse frapper exactement à l’endroit voulu, le caractère (lettre ou
- Dispositif de frappe de la Yirotyp pour dessinateurs.
- chiffre) nécessaire, que ce soit sur une ligne quelconque, à 1 intersection de deux lignes ou encore sur un point quelconque. Pour arriver à ce résultat, des repères fixes, d’un emploi facile, ont été établis sur la réglette métallique de sorte que, immédiatement, on peut écrire à l’endroit choisi sans erreur possible.
- Les caractères typographiques, un peu plus forts que ceux des machines ordinaires, viennent très nets sur le calque, et les bleus obtenus donnent l’aspect d’avoir été imprimés et non écrits.
- L’encrage se fait au moyen de petits rouleaux de gélatine qui irübibent les caractères à chaque mo ave ment du cadran, d’où parfaite régularité dans l’impression.
- Enfin, par l’intermédiaire d’un support spécial, la machine peut faire corps sur le té tout en coulissant librement. Pouvant écrire sur n’importe quoi et dans n’importe uelle direction, même sur plan incliné, tout
- Dessin
- Fig. 3. — Machine nvec réglette graduée et support à coulisse pour té.
- La machine à écrire « Virotyp » pour dessinateurs. — On sait que dans un dessin, la calligraphie des légendes et des titres comme aussi l’inscription des cotes prennent un temps précieux et sont l’objet, si l’on se hâte trop, d’erreurs toujours possibles par suite de chiffres mal faits.
- La petite machine à écrire si connue « Yirotyp » a été modifiée pour pouvoir obvier à ces divers inconvénients. Elle se compose de deux parties distinctes : i° une réglette plate, graduée et repérée, munie à chacune de ses extrémités d’un pied formant support; 20 un disque porte-caractères.
- A l’intérieur de ce disque sont placés : l’alphabet complet, les chiffres et les signes principaux ( -j-, —, —r etc.) et quelques lettres grecques. Ces caractères sont libres dans une alvéole circulaire compartimentée.
- Pour écrire, il suffit d’amener une des deux aiguilles sur la lettre, chiffre ou signe que l’on désire obtenir." De cette façon, la lettre se présente dans une encoche centrale et il n’y a plus qu’à appuyer sur un petit levier
- en gardant une fixité et une rigidité absolues, cet appareil est donc appelé à rendre des services dans un bureau de dessins.
- Société la Yirolyp, 3o, rue Richelieu, Paris.
- c#jss. Physique
- Régulateur automatique de température. — La
- Cambridge and Paul Instrument C0 a réalisé un régulateur automatique de température dont le principe est nouveau et qui peut être employé dans tous les cas où la température est mesurable par des moyens électriques.
- L’organe essentiel du régulateur est un galvanomètre à lecture directe muni d’une échelle graduée. Au-dessus de la partie inférieure de l’échelle se trouve un index « avertisseur » que l’on peut déplacer à l’aide d’un bouton et fixer en regard de la température que l’on désire maintenir constante. Cet index porte à son
- p.r98 - vue 568/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- extrémité une minuscule spirale chauffée constamment par un courant électrique.
- .D’autre part, sur l’extrémité de l’aiguille mobile du ''galvanomètre est monté un très petit couple thermoélectrique. Lorsque la température s’élève, l’aiguille du galvanomètre se déplace et lorsqu’elle vient en regard de l’index chauffeur, la force électromotrice produite
- par la chaleur dans la soudure de l’aiguille fait actionner un relai dont le courant secondaire est utilisé pour opérer directement ©u par l’intermédiaire d’un second relai plus puissant un disjoncteur, un servomoteur, une soupape à gaz ou à vapeur, en un mot tout mécanisme de com -mande automatique.
- L’avantage de ce dispositif est qu’il n’y a aucun contact entre l’aiguille du galvanomètre et l’index avertisseur, ce qui supprime tous .l’introduisent les contacts électriques dans les appa rêils.
- Les relais intermédiaires employés en conjonction avec, le régulateur sont de plusieurs types ; nous en décrirons deux particulièrement ingénieux.
- Le relai dit « à boules » est extrêmement simple et d’une construction très robuste. Il est représenté sur la figure 4- Une ampoule sphérique en verre A, dans laquelle sont scellées l’une au-dessus de l’autre deux électrodes de platine D et E, repose sur le noyau vertical d’un électro-aimant B. L’ampoule renferme une certaine quantité de mercure sur lequel flotte une boule de fer creux. Le niveau du mercure est normalement situé entre les deux électrodes ; mais, dès que le courant traverse les enroulements de l’électroaimant, la boule de fer, subitement attirée, s’enfonce dans le mercure et fait monter le niveau de celui-ci jusqu’à ce que l’électrode supérieure soit complètement immergée et mise, par conséquent, en communication électrique avec l’électrode inférieure, fermant ainsi le circuit dans lequel peut passer sans inconvénient un courant de plusieurs ampères sous iio volts.
- Dans certains cas, il est nécessaire de réaliser les
- Fig. 4- — Relai « à boules ». les ennuis et les incertitudes
- changements thermiques avec une grande rapidité ; par exemple, dans certains procédés dé traitement thermique du caoutchouc, on doit simultanément fermer
- l’arrivée de vapeur et ouvrir l’arrivée d’eau de refroidissement. On peut alors utiliser un relai analogue à celui représenté sur la figure 5. Son fonctionnement est le suivant : 3 fils de platine, i, s, 3, sont scellés dans un tube de verre T renfermant du mercure M. En position normale, le tube est disposé de telle façon que les électrodes 2 et 3 sont mises en communication par le mercure, ce qui ferme le circuit commandant par exemple l’arrivée d’eau froide. Sitôt que la température s’élève à une certaine valeur, le solénoïde S entre en action et provoque le basculement du tube T ; le mercure se déplace à l’intérieur et vient alors fermer le circuit i-2 qui actionne la fermeture de la valve de vapeur et rompant le circuit 2-3, ce qui provoque l’arrivée de l’eau de refroidissement.
- La précision de ces appareils est telle que lorsque 1 on se sert, comme élément therrnométrique, d’une canne, pyrométrique, on peut régler la température jusqu à 8oo° à o,3 pour ioo près; lorsque l’on opère jusque vers x4oo°, dans la région des hautes tempéra-
- Fig. 5. — Relai à bascule.
- ture, l’erreur ne dépasse pas encore i pour ioo, ce qui, au point de vue pratique, est amplement suffisant.
- Constructeur : Cambridge and Paul Instrument Gy, 198, rue Saint-Jacques, Paris.
- *?> Cyclisme
- Système de transmission pour magnétos d’éclairage pour cycles. — Tout le monde connaît ces petites magnétos destinées à l’éclairage des bicyclettes et dont la vente se propage de plus en plus, à mesure que ces appareils se perfectionnent.
- On sait également que le mouvement de ces magnétos est obtenu au moyen d’un galet frottant sur le pneu de la roue du vélo; la magnéto est suspendue à un axe qui permet au galet de suivre les irrégularités du pneu.
- Or, il existe un autre système tout à fait original et complètement différent des galets employés jusqu’ici; dans ce système la magnéto est complètement fixe et porte une poulie au bout de son arbre ; d’autre part, sur les rayons de la roue du vélo, sont fixés, au moyen de vis, de petits crochets en acier (un crochet tous les deux rayons, soit neuf crochets en tout).
- En outre, le câble élastique passe sur tous ces cro-
- Fig. 6. — Système~de transmission pour magnétos d’éclairage pour cycles.
- chets et est fermé sur lui-même au moyen d’anneaux détachables à la main.
- Pour mettre l’appareil en mouvement, le câble élastique est soulevé avec le doigt et placé dans la gorge de la poulie de la magnéto. Dans ces conditions, la roue, en tournant, entraîne la magnéto et l’ensemble des crochets joue le rôle d’une grande poulie de multiplication.
- Pour débrayer, il suffit de faire retomber le câble élaslique en dehors de la poulie, celui-ci retombe sur les crochets de la roue, sans entraîner la magnéto.
- On voit que ce système est complètement indépendant de la jante et du pneu de la roue et, par suite, de la poussière, de la boue, de la neige et le fonctionnement est extrêmement doux et régulier.
- Cette transmission jouit en outre de la propriété d’un développement variable; il suffit, en effet, de rapprocher les crochets du centre de la roue pour obtenir une diminution correspondante à la multiplication.
- Comme nous l’avons dit, ce câble peut se retirer instantanément en décrochant les anneaux. Le réflecteur de l’appareil peut, en outre, s’orienter et se retirer à la main, ainsi que la magnéto, au moyen d un simple boulon, la patte restant en place.
- Cet appareil donne une lumière puissante, même à petite vitesse.
- D’après les essais faits longuement et la mise en pratique d’un grand nombre d’exemplaires, cette transmission absolument spéciale a fait ses preuves d’une façon complète.
- Constructeur : H. Davenas, 20, rue Cellerier, Dijon.
- -%|ioo l»
- p.2x99 - vue 569/688
-
-
-
- MJ
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI Î924 (*)
- Le phénomène astronomique le plus important du mois de mai est, sans contredit, le passage de la planète Mercure devant le Soleil, le 8. (Voir plus loin.)
- À noter la visibilité exceptionnelle de Vénus, puis le début des observations utiles de Mars, dont le diamètre augmente chaque jour.
- Jupiter devient aussi de mieux eu mieux visible. A la fin du mois, on pourra rechercher Mercure.
- Voilà de quoi occuper utilement nos soirée* et nos nuits.
- I. Soleil. — Le Soleil continue son ascension dans l’hémisphère nord. Sa déclinaison, qui est de -f- i5°5' le ier mai, atteint -j-2i°55' le 3i. La durée du jour augmente en même temps que la déclinaison. De i4k3a“ le Ier, elle est de i5t4gm le3i. Ges durées sont celles de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon.
- Le tableau ci-après contient le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l'heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Dates.
- Heures du passage (t. m. Gr.).
- Mai Ier 1 ih 47m 4 G
- — 3 1 ih 47” 28*
- — 5 1 ih 47“ 17S
- —, . 7 11h 47“ 7S
- — 9 nh47“ os
- — 11 1 ih 46“ 55s
- — 13 1 ih 46“ 535
- — i5 1 ih 46“ 52s
- — 17 ix"46“54s
- — *9 1 ih 46“ 58s
- — 21 nh47m 5“
- — 23 Iih47“ï3
- — 25 nh47m24s
- — 27 nh47”36s
- — 29 1 ih 47” 5 P
- — 31 nh48“ 75
- N
- Age de la Lune, le i°r mai, à midi = 271,2 ; le 4 = oJ,5. On sait que pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le i0* ou le 4 et» pour une heure considérée, ajouter 0^417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mai : le 8 := + 190 20' ; le 21= — 190 25'. Ces dates sont celles de la plus faible et de la plus grande élévation de la Lune au-dessus de l’horizon de tous les points de la Terre, lorsqu’elle passe au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 6 mai, à 2h. Parallaxe = SV5q". Distance
- — 406 55o km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 19 mai, à 5k. Parallaxe —
- = 357 o5o km.
- Lumière cendrée. — A observer 8 mai ; le matin, du 27 au 3t mai.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — occultation de / Gémeaux (gr. 5,3), de i9h32
- Le 16, occultation de 46 Vierge (gr. 6,1), de oh i4m à ih 1 i“. — Oc-
- 6i'25". Distance le soir, du 5 au Le 9 mai.
- ' à *9k 4?1-
- La connaissance du temps moyen àm^divrai est fort utile lorsque l’on veut placer un appareil dans le plan méridien. L’ombre du fil à plomb sur le sol à l’heure indiquée donne exactement la direction du méridien.
- Observations physiques. — Voici la mérides pour l’observation physique
- cultation de 5g8 B Vierge (gr. 6,1 ) de 23h 9m à oh 20m du 17.
- Le 20, occultation de 29 Ophiu-chus (gr. 6,4), de ok Sg” à riài”.
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune, du 17 au 22 mai.
- Voici le tableau de ces plus grandes marées (heure de la pleine" mer) pour Brest :
- Fig. 1.— Trajectoire apparente de la planète Mercure en avant du Soleil lors du passage du 8 mai 1924.
- (Image droite vue dans une lunette ne renversant pas les objets.)
- Dates.
- Mai 17
- — 18
- — *9
- — 20
- — 21
- — 22
- Marée du matin. Heures. Coefficient.
- 2h23“ 3h 9“ 3h55“ 4h4o“ 5h29m 6h 17“
- *,89
- !,oo
- ‘»°7
- ’>°9
- \o4
- ‘,95
- Marée du soir. Heuiea. Coefficient.
- t4h46”
- i5b3in
- i6h17”
- ‘7h 4”
- i7h 52n
- i8h42u
- om,95
- i“,o4
- im,09
- im,07
- im,oo
- o“,88
- suite des du Soleil
- éphé-
- voir,
- Le phénomène du mascaret pourra être observé, dans les lieux et aux heures qui suivent :
- pour la définition des termes P, B0, L0, le « Bulletin
- astronomique Dates.
- Mai 5
- — 10
- — 15 20
- -- 2 3
- — 3o
- pou^ janvier P
- — 23°,42
- — 2 2°, 29
- — 20° 99
- — 19°, 52
- — 170,90
- — 160,14
- I9'i4)
- — 30,62 --3°,08 —- 2°,5e
- — i°,94
- — i°,35
- — o°,75
- 580,85 352°,74
- 286°,61 220°,47 I 540.32 88°,16
- Parallaxe et distance. — ments pour le mois de mai
- Dates. Parallaxe horizontale.
- Mai ~
- Voici la valeur de ces élé-
- i5
- 3o
- .70
- ,68
- Distance.
- i5i 180 000 km i5i 600 000 —
- Lumière zodiacale. — Par suite de la longueur des jours, la lumière zodiacale est moins facilement observable le soir. On peut encore la rechercher, surtout au début du mois, au moment de la Nouvelle Lune.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de mai, seront les suivantes :
- N. L. le 3, à 23“ 0“ I P. L. le 18, à 2ih52“
- P. Q. le 12, à 2h 14"
- à 21
- D. Q. le 25, à 14h4^m
- 1. Toutes les heures données dans ce Bulletin sont exprimées en temps legal, compté de oh à 24h, à partir de minuit. C’est le temps de Greenwich. Vheure d'été entrant en vigueur le 29 mars, il y aura lieu d’ajouter à partir de cette date une heure à toutes les heures mentionnées ici.
- Coefficient
- Dates. de la marée. Quillobeuf. ViÜequier. Caudebec.
- Mai 18 l“,o4 lQh 10“ 19“47” 1gh 56“
- — *9 l“,07 7h 3i“ 8h gm 8h 17“
- — l9 l“,09 igK 5i“ 20h 28“ - 20h37“
- — 20 l“,09 8h i3“ 8h 5<>“ 8h 5g“
- 20 l“,07 20h 36“ 2lh l3” 21h 2 2 “
- — 21 i“,o4 9h im 9h 38“ 9h 4;”
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1924, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de mai 1924.
- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 8 mai, à 2h. Il s’écartera du Soleil et sera visible le soir, à la fin du mois (sa plus grande élongation ayant lieu le 4 du mois prochain.
- Mercure passera devant le Soleil le 8 mai. Ce passage sera visible, en partie, à Paris. Voici les phases de ce phénomène, pour le centre de la Terre, d’après la Connaissance des Temps :
- Premier contact extérieur, le 7, à . . . 2ih44n
- Premier contact intérieur, le 7, à . . . 2ih 47”
- Plus courte distance des centres du Soleil et de Mercure (i'a4",9), le 8. à ih4in Dernier contact intérieur, le 8, à . . f 51’ 35”
- Dernier contact extérieur, le fi, à. . . 5h 38n
- 4
- 4P
- 27»
- 4 G 4C
- On voit que pour un observateur qui ferait situé au centre de la Terre, le passage entier durerait q* 54“ 37*. Ce passage sera visible de l’Amérique du Nord, de la moitié Nord-Ouest de l’Amérique du Sud, de l’Europe,
- ^1101 te-
- p.2x100 - vue 570/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- M. Cardonnet, à Rogny (Yonne). — Pour changer la couleur de votre voiturette il faut opérer ainsi : i° Enlever toutes saletés par un bon lavage à l’eau de la carrosserie et du châssis, laisser sécher, puis passer à l’essence de térébenthine ou à l’essence minérale pour débarrasser des taches graisseuses. Prendre ensuite de l’eau chaude contenant en solution 5 gr. de carbonate de soude par litre et, au moyen d’un tampon de feutre saupoudré de pierre ponce très fine, poncer pour mettre à nu l’ancienne couleur qui servira ainsi de couche d’apprêt mate sans qu’il soit nécessaire de l’enlever. Ne poncer qu’environ i m2 à la fois et jamais à sec. Laver à l’eau froide pour élirbiner la pierre ponce, sécher à la peau de chamois.
- 2° Repiquer les éraflures par touches de vernis à polir, attendre le séchage complet, puis mastiquer les lissuies avec un mélange de :
- Blanc de zinc.................y5o gr.
- Ocre jaune.................... 5o —
- .Vernis à polir................200 —
- 3° Le mastic étant bien durci, rouler un morceau de papier de verre n° 1 sur une plaquette dejbois et frotter les endroits mastiqués jusqu'à disparition des surépaisseurs. Eponger à l’eau froide, essuyer à la peau de chamois de façon à ne laisser aucune trace de poussière.
- 4° Appliquer une première couche de couleur au ton désiré, cette couleur est constituée par :
- Couleur broyée à l’essence . . 35o gr.
- Essence de térébenthine pure. 475 —
- Vernis à polir....................i5o —
- Siccatif.......................... 25 —
- Celte première couche étant bien sèche, la frotter légèrement au papier de verre, laver, sécher comme précédemment et donner une seconde couche.
- 5° Etendre la couche de glacis composée de :
- Couleur broyée à l’essence . 7 a5o gr. Vernis à polir..................750 —
- 6° Après durcissement complet, terminer par une couche de vernis supe^fin à caisse, laisser sécher, polir au chiffon de laine.
- Le commerce livre actuellement des peintures laquées qui, après exécution du travail préparatoire toujours indispensable, permettent de réduire à deux les^opéra-tions énumérées aux paragraphes4°, 5° et 6°. A titre d’indication nous vous signalons par exemple le Robbialac, 42, rue de Sèvres, à Boulogne-sur-Seine, qui donne de très brillants résultats,
- M. Iwanstrom, à Stockholm. — x° Les teintures capillaires à Vacide pyrogallique et aux sels métalliques sont maintenues limpides par addition d’une trace d’acide, vous pouvez prendre comme type la formule suivante :
- Acide pyrogallique . . 2 gr*
- Chlorure de cuivre . . 5 —
- Eau distillée..........200 —
- Acide nitrique......... 5 gouttes.
- L’application d’acide pyrogallique d’une façon continue peut ne pas être sans inconvénient, c’est pourquoi nous vous conseillons de vous en tenir à la formule au henné que nous vous avons donnée dans le n0 a6o3 du 23 février 1924- 20 Vous obtiendrez une liqueur de table analogue à la chartreuse en prenant :
- Semences d’angélique . . 12 gr.
- » de cardamome. 2 —
- » de coriandre. . 35 —
- Racines d’angélique. . . 3 —
- Fleurs d’arnica. .... i,5 —
- Sommités d’hysope ... 12 —
- Feuilles de mélisse ... 25 —
- Canelle de Ceylan. ... 1,5 —
- Genepi. ........ 12 —
- Clous de girofle .... i,5 —
- Macis.................. a5 —
- Thym................. o,5 —
- Alcool à 900...........65oo cm3
- Faire digérer pendant 8 jours, ajouter ensuite un sirop fait à froid avec :
- Sucre blanc . . . . . i5oo gr.
- Eau distillée . . m ... 55oo cm5
- Laisser digérer à nouveau 8 jours après avoir coloré
- INVENTEURS !
- no déposez pas vos BREVETS sans avoir consulté la brochure : « Un peu de lumière sur le brevet d invention •
- (gratis et franco)
- par : WINTHER-HANSEN, Ingénieur-Conseil
- 35, rue de la Lune, Paris (2-)
- CRITERIUM “PORRO ”
- JUMELLE A PRISMES EXTRA LUMINEUSE
- La Meilleure, la moins Chère
- Catalogue franco X., LOLLIER, Constructeur
- 47, Rue Turbigo, PARIS (3") Reg. Comm. i Seine Ï36.273
- OBJECTIFS
- F/3,5 F/4,5 F/6,3 F/6,8
- Envoi sur demande orna? Étts HERMA GIS, 29, rue du Louvre, delanotice N 1924 franco.
- •48 un m-
- p.2x101 - vue 571/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- en vert par un peu de safran et carmin d’indigo, ajouter une cuillerée de lait pour faciliter la clarification, filtrer au papier et mettre en bouteilles. Attendre pour consommer trois à quatre mois, la préparation fraîche ne présentant pas le moelleux qu’elle acquiert avec le temps. 3° Nous ne connaissons pas l’élixir dont vous parlez.
- M. Genin, à Béziers. — La formule de Ëellet vous permettra de préparer un papier tue-fnouches sans composés arsenicaux ou mercuriels.
- Faire macérer 5oo gr. de copeaux de quassier (quassia amara des pharmaciens) dans un demi-litre d’eau, porter à l’ébullition et ajouter au liquide exprimé i5 gr. de mélasse. On fait évaporer sur feu doux de manière à concentrer le liquide au quart du volume primitif. Après refroidissement, on ajoute io cm5 d’alcool et on imbibe de la mixture des feuilles de papier buvard.
- M. Vilain-Scherr, à Epinal. — La dorure des encadrements s’effectue ainsi : On commence par préparer le bois en lui donnant plusieurs couches d’une peinture composée de blanc d’Espagne et de colle de peaux, après l’application de chaque couche, quand elle est bien sèche, on la ponce sans user le blanc et on rebouche les trous si cela est néoessaire, avec la même préparation un peu plus épaisse. Gela fait on procède à la dorure proprement dite qui se pratique, soit à la détrempe, soit à la mixtion : i° Dorure à la détrempe. Cette dorure qui ne peut résister à l’eau est réservée à l’intérieur.
- On passe sur les objets à dorer une couche composée de : 16 parties d’ocre jaune et 2 parties de sanguine, le tout détrempé dans une solution légère chaude de colle de peaux. Ce jaune étant sec on frotte avec un linge et on applique la feuille d’or après avoir mouillé la place. Pour cela les feuilles d’or sont mises sur un petit coussin plat, formé d’une peau mince tendue sur une planchette avec un peu de coton cardé entre deux. On coupe les feuilles à là dimension que l’on désire avec un couteau à lame mince et on enlève les morceaux que l’on veut appliquer avec un pinceau plat à poils
- longs et doux que l’on passe légèrement sur la joue que l’on a frottée d’un peu de graisse.
- La feuille étant posée on l’étend, en soufflant doucement dessus et au moyen d’un pinceau non graissé.
- Quand l’or est à peu près sec, on brunit les parties qui doivent être brillantes au moyen d’un brunissoir d’acier ou d’une pierre à brunir et on passé une légère couche de colle sur les parties qu’on veut laisser mates. La dorure étant finie, si on veut lui donner plus d’éclat on y passe une couche de vermeil qui se compose de :
- Gomme gutte................. 10 gr.
- Vermillon................... 10 —
- Sang dragon.................. 5 —
- Carbonate de potasse ... 20 —
- Gomme arabique.............. 20 —
- Eau distillée...............3oo —
- Le tout bouilli et passé au tamis fin.
- 20 Dorure à la mixtion ou dorure à l’huile : on applique au pinceau sur les parties à dorer l’une des préparations suivantes dont la dessiccation est plus ou moins rapide :
- Mixtion à dorer 2 heures.
- Huile de lin ordinaire. ... 33 gr.
- i) cuite...... 7 —
- Essence de térébenthine. . . i3 —
- Siccatif pour équipages . . . 47 —
- Mixtion à dorer 20 heures.
- Huile de lin ordinaire 3o gr .
- » cuite............ 8 —
- Essence de térébenthine. . . 62 —
- C’est sur ce mordant à peu près sec, mais encore collant, qu’on applique les feuilles d’or. Lorsque tout l’or est posé, on promène légèrement dessus un pinceau doux pour unir et enlever l’excès d’or qui va reboucher au passage les parties où il fait défaut; on rebouche avec des débris d’or les parties qui en manquent, c’est ce que l’on appelle ramender. Cette sorte de dorure est plus solide que celle à la détrempe, mais elle a moins de brillant, c’est pourquoi on termine souvent en appliquant une couche très mince d’un vernis blanc.
- POSTES COMPLETS
- POUR TOUTES LONGUEURS DONDES
- 4, 5, 6*7
- LAMPES
- ONDEMÈTRES HETERODYNES
- PIECES DETACHEES
- CONDENSATEURS VARIABLES
- Afnem.adémufMp&cctttoù ouàvemter ÉMISSION - RÉCEPTION Dg/olu^ 28 FrHxrvc/p
- BPBINES'CORONNA" SELFS ^TRANSFORMATEURS
- HAUTE FRÉQUENCE Pour réception dei50ol5 00ÔM 19 k 41 Prancf
- LAMPE “ TELA~
- 18 Pr&ncp
- Catalogue, complet envoyé Franco contre. 1 Francis
- TRANSFORMATEUR H.F
- ETABLISSEMENTS GEORG -MONTA3TIER-ROUGE 8B*R6 de Vaugir&rdl RaRiS
- «tC. *W*/**M#*
- Condensateur
- Appareils Stéréoscopiques Métalliques de Luxe
- Les Nouveaux Modèles J 9"24 font l’admiraliun des connaisseurs !
- Notice, 0 fr. 25 — Catalogue artistique, 1 l'i\
- Louis LEULLIER R-CSe”l,é4-4«
- 1, Quai d’âusterlitz, Paris (13°) Tèléph. : Gobelins 47-6.3
- p.2x102 - vue 572/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : MAI Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- I 6 4h *4“ n6 47mi2“ i9h 11“ 2k 53m 4- 16e32' 3i'44U Bélier
- Soleil . . . 16 4 10 11 46 53 19 25 3 32 + 196 3i 40,8 Bélier £
- 26 3 59 11 47 3o *9 37 4 12 + 21 8 3i 37,2 Taureau
- 6 4 28 11 56 I9 25 3 2 + 17 4i 11,8 5 Taureau
- Mercure. . 16 3 5i 10 59 18 7 2 43 + i3 5a 11,8 1 Baleine t Le matin, à la fin du mois.
- , 26 3 23 1 0 23 1 7 a3 2 46 + 12 16 10,0 A Baleine '
- t 6 6 29 14 56 23 23 6 2 + 27 il 28,0 p. Gémeaux
- Vénus. . . \ 16 6' 26 14 5i 23 i5 6 36 + 26 48 32,2 s Gémeaux J Splendide le soir.
- .< 26 ô 20 14 37 22 54 7 2 -f 25 46 37)6 ô Gémeaux ' Plus grand éclat le 29.
- 6 1 10 5 33 9 ^7 20 36 — 20 I9 10,2 0 Capricorne
- Mars. . . .' 1 16 0 48 5 17 9 46 20 69 — 19 i3 11,0 0 Capricorne? Seconde moitié de la nuit.
- 26 0 24 4 59 9 34 21 21 — 18 6 12,2 y Capricorne’
- Jupiter. . . 16 21 11 I 23 . 5 35 17 6 — 22 10 42,0 % Ophiuchus Seconde moitié de la nuit.
- Saturne . . 16 16 32 21 58 3 24 i3 44 — 7 54 16,8 m Vierge Toute la nuit.
- Uranus. . . i5 2 4 7 47 i3 39 23 27 4 31 3,4 cp Verseau Le matin, avant le jour.
- Néptune. . 16 1017 17 35 0 53 9 21 + i5 48 2,4 <\> Lion Dès l’arrivée de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- de l’Afrique (sauf la partie occidentale) et de la moitié occidentale de l’Asie. ''
- A Paris, le Soleil se lèvera à 4h2im, et, à ce moment, on pourra voir Mercure projeté sur le disque, non loin du limbe Ouest-Sud-Ouest, comme une très petite tache noire et ronde, de 12" de diamètre. S’il y a des taches sur le Soleil, on sera frappé de voir que Mercure est beaucoup plus noir que les noyaux de ces taches, ces noyaux émettent une lumière propre et nous semblent noirs, en temps ordinaire, par contraste.
- Les seuls contacts visibles à Paris seront donc :
- Dernier contact intérieur, le 8, à. . . . 511 36m 205 Dernier contact extérieur, le 8, à. . . . 5h37m20s
- La figure 1 indique la trajectoire parcourue par Mercure devant le Soleil.
- Les passages de Mercure sur le Soleil se reproduisent à des intervalles réguliers de i3, 7, ro, 3, 10 et 3 ans, aux époques où la combinaison des durées de révolution de cette planète et de la Terre les amène l’une et l’autre près de la ligne d’intersection des deux plans des orbites, ou ligne des nœuds. Voici les dates de quelques passages récents ou futurs de Mercure devant le Soleil pendant le xx' siècle.
- 12 Novembre 1907
- 6 Novembre 1914
- 7 Mai 1924 . . .
- 8 Novembre 1927
- 10 Mai 1937 . . .
- 12 Novembre 1940
- 13 Novembre 1 g53
- • | 7 ans
- ( 1o ans ' | 3 ans ^ 10 ans . | 3 ans ^ 13 ans
- On pourra voir Mercure devant le Soleil à l’aide d’une petite lunette. Les observations pourront être faites soit directement (ne pas omettre les bonnettes à verre noir), soit par projection sur un écran.
- Nous continuons ci-dëssous le tableau de la grandeur stellaire et de la phase de Mercure en mai :
- Dates. Mai 5 Disque illuminé. 0,01 Grandeur stellaire. + 3,i
- — 10 0,01 ' + 3,i
- — i5 o,o5 + 2,4
- — 20 0,12 +
- — 25 0,20 + 1 >4
- — 3o 0,29 + 1,0
- Vénus brille toujours d’un merveilleux éclat le soir, dès le coucher du Soleil.
- Son éclat augmente et atteindra son maximum le 29 mai.
- Le tableau suivant contient les mêmes éléments que
- pour Mercure :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Mai 5 0,42 — 4.0
- — 10 0,39 — 4,i
- — 15 °,35 — 4,2
- — 20 0,32 — 4,2
- — 2 5 0,37 — 4,2
- — 3o 0,23 — 4,2
- Si l’on remarque que chaque grandeur stellaire correspond à 2,5 fois l’éclat de la grandeur au-dessous, on
- voit que Vénus sera environ 2,5 fois supérieure à line étoile de ire grandeur en mai, c’est-à-dire éclairera autant que 98 étoiles de iro grandeur. On ne s’étonnera plus alors qu’elle porte ombre et éclaire un peu le paysage.
- Mars devient visible en de très bonnes conditions, quoique un peu bas sur l’horizon, et l’on doit dès à présent entreprendre des observations suivies.
- Pour l’orientation des dessins, et pour mieux identifier avec un planisphère l’image vue au télescope, nous donnons quelques renseignements sur la présentation actuelle de cette planète :
- Angle de Latitude Angle de
- Dates, position du position Éclat
- 0h de l’axe. centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- Mai 16 1 °, 2 — o°,8 11".2 i",5 253°,9 —0,2
- — 3o 356°,7 —4°;1 12",7 i",3 a52°,4 —0,6
- Il est utile de connaître les moments des passages du méridien zéro de Mars au méridien central (ce méridien zéro correspond à la Baie fourchue du méridien ou Sinus Sabams).
- Les voici :
- Dates. Passage. Dates. Passage.
- Mai 2 Oh IOm,5 Mai 18 ioh 45m,o
- — 4 Ih 29ra,9 — 20 I 2h 4m, l
- — 6 2h 99"’,3 — 22 i3ha3m,3
- — 8 4h 8m,6 — 24 14h 42’”, 4
- — 10 5h 28m,o — 26 i6h im,4
- — 11 6h47"’,2 — 38 171' 20m,4
- — i4 8h 6m,5 — 3o i8h39m,3
- — 16 9h 25ra,8
- Rappelons que pour faite des observations utiles de Mars, un instrument puissant est nécessaire.
- Jupiter se lève vers 2ih. 11 est assez bas sur l’horizon. Une petite lunette suffit pour voir et suivre les curieux phénomènes présentés par les satellites dans leur mou-
- 102 jjjfé-
- p.r103 - vue 573/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- vement autour de la planète. Ces phénomènes sont réunis dans le tableau ci-dessous :
- Phénomènes du Système des Satellites de Jfupiter.
- DATE Mai Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I oh 33“ II E.c.
- 2 2 3o III E.c.
- 2 2 3 33 II P. f.
- 3 4 3 I E.c.
- 4 1 11 I O.c.
- 4 ï 55 I P.c.
- 4 3 2 2 I O.f.
- 4 4 6 I P.f.
- 5 1 26 I Em.
- 8 3 9 II E.c.
- 10 0 38 II O.f.
- 10 X 5i II P.f.
- 11 3 5 I O.c,
- 11 3 41 I P. c.
- 12 0 25 I E.c.
- 12 3 11 l Em.
- 12 a3 44 I 0. f.
- i3 O i8 I P.f.
- i3 0 5o III P.f.
- *7 0 49 II O.c
- 17 1 47 II P. C.
- DATE Mai Heure. Satel-, lite. Phéno- mène.
- 17 3” 12ra II O.f.
- 18 22 >7 II Em.
- 19 2 18 I E.c.
- 19 2 3 27 I O.c.
- *9 23 5~i . I P.c.
- 20 0 T4 III O.c.
- 20 1 38 I O.f.
- 20 I 56 III P. c.
- 20 2 2 I P.f.
- 20 -t 36 III O.f.
- 20 23 2 r I Em.
- 24 3 2 3 II O.c.
- 26 0 33 II Em.
- 27 I 21 I O.c.
- 37 I 36 I P.c.
- 27 3 33 I O.f.
- 27 22 4i I E.c.
- 28 1 5 I Em.
- 38 i2 I O.f.
- 28 2 2 i3 I P. f.
- Saturne est encore visible toute la nuit, son opposition ayant eu lieu le mois dernier.
- Yoici les éléments de l'anneau à la daté du 12 mai :
- Grand axé extérieur.......................... 48",4g
- Petit axe extérieur.......................... + 10", 7 5
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau...................................
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ........................................ 4-i 5° 49
- - Titan, le plus brillant dés satellites de Saturne, pourra être recherché lors de ses élongations.
- Elongation
- + ï4ô4o'
- Dates, Orientale. Occidentale
- Mai 5 4L5
- — 13 3h,i
- — 21 — 2h jO
- — 2g oh,9 —
- Uranus est visible à la fin de la nuit, à peu de distance de l’étoile 9 Verseau.
- Neptune se couché un peu après minuit. On le recherchera au moyen de sa position et d’une bonne carte céleste.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Mai 6 gh 2Im j50 gb 21m + i5° 48' gh 3ira + i5° 45' 2",4
- — 16 2",4
- — 26 2",4
- 3o gh23“ + ï5° 44' 2+4
- Neptune sera en quadrature orientale avec le Soleil le 8 mai.
- IV. Phcnomenes divers.
- Conjonctions
- Lé 4> à 8b, Mercure en conjonct. avec la Lune, à 6° i3' N.
- Le 8, à ïh, Vénus Le 11, à 2o*, Neptune Le 16, à 20h, Saturne Le 20, à 4Jupiter Le 24, à 8", Mars Le 26, à 2 ib, Uranus Le 3i, à io\ Mercure
- la Luné, à 70 56' N. la Luné, à i° i3' N. la Luné* à 1° 40’ S. la Lune, à 40 3' S. la Lune, à 3° 25' S. la Lune, à iD à3' N. la Lune, à i° i5' N.
- Du V
- au 6 mai, chute des Aqua-v) Verseau. Météores
- Etoiles filantes
- rides, étoiles filantes radiant de rapides avec traînées.
- Le 22 mai, étoiles filantes, radiant près de a Couronne.
- Etoile Polaire. — Heure du passage de l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates. Avril 1 o
- --- 30
- — 3o
- Passage inférieur.
- 23
- 2I1
- IO1
- 13o' 51 ’
- 1 io‘
- 57’
- l46‘
- Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- 3h 1261 o‘,2 3b 5im 25s,8 4h 3o“5is,3,
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le i*r mai, vers a3h ouïe i5 mai vers 22h, est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse; le Bouvier; les Chiens de Chasse; la Chevelure de Bérénice.
- Au Nord : La Petite Ourse; la Girafe; Céphée; Cassiopée; Le Cygne (aü Nord-Est).
- A l’Est : Le Sagittaire ; le Scorpion ; l’Aigle ; la Lyre ; Hercule; la Couronne; Ophiuchus (au Sud-Est).
- Au Sud : La Vierge; la Balance; le Corbeau.
- A l’Ouest : Lé Lion; le Cancer; les Gémeaux; le Cocher (au Nord-Ouest).
- Em. Tovchet.
- ^WA
- BOITE AUX LETTRES
- Q0L
- avis. — L’abondancè des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresse des appareils décrits. — Système laveur Guye. P. A. Guye, g. avenue de Madrid, à Neuilly-sur-„ Seine.
- Machiné à main. Akliebolaget Diskmakin, 3, Mahüs-lorgsgalan à Stockholm.
- Machine Crescent. L. Bertolini, 47> boulevard Beaumarchais.
- Machine Thomson. Compagnie Thomson-Houston, 173, boulevard Haussmatm.
- Machine à porte-vaisselle fixe. La Maison Moderne, 48, rue Sainte-Anne.
- Machine Lemercier. Lemércier frère, 18, rue Roger-Bacon.
- Machine « La Centrifuge », 3x, rue de Bourgogne, Paris.
- Réponses. — M. Uzé, à Youssé (Vienne). — 1“ La solution de silicate de soude commercial à 36° B convient parfaitement pour recoller le verre, serrer forte-
- ment et bien laisser sécher pendant plusieurs jours avant d’enlever les ligatures.
- 20 La formule suivante de pâte à fourneaux, que nous avons expérimentée nous a donné un excelleht résultat pour l’entretien des poêles de fonte et cuisinières :
- Cire jaune ..;.... i5 gr.
- Essence de térébenthine . . 100 —
- Mine de plomb......ia5 —
- Noir de fumée...... 3o
- Liquéfier le mélange de ciré e.l d’essence au bain-marie en prenant toutes précautions contre l’inflammation, laisser un peu refroidir, ajouter la mine de plomb, puis le noir de fumée en remuant constamment jusqu’à refroidissement complet pour qu’il ne se produise pas de séparation. <
- 3° Un bon procédé dé conservation des œufs consiste à utiliser la solution commerciale de silicate de potasse, on y trempe ies œufs,, puis on les met à sécher sur une feuille de papier,-sans qu'ils se touchent. Cette précaution est indispensable pour éviter la soudure des coquilles entre elles. Quand la surface est bien sèche, c’est-à-dire que les pores de ces coquilles ont été bouchés hermétiquement, on range les œufs dans des caisses que Ton conserve en lieu frais et sec.
- (Voir la suite pp. CIII et CIV.)
- p.r104 - vue 574/688
-
-
-
- <
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- La Pratique radioélectrique (Tours de main et Recettes), par P. Hémàrdinquer. i vol. 284 p., 2Ô2 lig. Masson et Cie, éditeurs, Paris, 192 b Prix : 9 francs.
- Nos lecteurs ont pu apprécier la compétence et la clarté qu’apporte l’auteur de cet ouvrage dans l’exposé des questions de T. S. F. Ce nouveau volume n’est pas un traité d’ensemble, mais un recueil de conseils pratiques, de procédés de montage, de recettes et même de tours de main, destiné à donner des réponses précises aux diverses questions que se pose l’amateur aux prises avec la mise au point de son installation. Les lecteurs de La Nature ont été les inspirateurs de cet utile volume ; car c'est leur correspondance, fort abondante, qui en a dicté le plan à l’auteur. Il expose d’abord les considérations qui doivent intervenir dans le choix d’un poste et il donne un tableau des portées de réception auxquelles peuvent prétendre les différents types de poste ; il le complète par un tableau memento des principaux montages. Il étudie ensuite les facteurs de bon rendement d’un poste, l’entrètien et les remèdes aux pannes ; puis les zones de silence, les fading effect et les parasites. Il montre comment on calcule et mesure les éléments d’un poste. Il termine par l’exposé de nombreuses recettes, de différents tours de main et la description de certains appareils curieux et originaux.
- La Mécanique pratique. Guide du mécanicien, par Eugène De.ionc. Revue et corrigée par M. G. Codron. 6e édition augmentée,*par René Champly. 1 vol. in-16 broché, p., 755 fig. Desforges, éditeur, Paris, 1 g24- Prix : 20 francs.
- Petit dictionnaire de mécanique, expliquant les principaux termes techniques en usage dans la pratique et donnant une abondante documentation sur les divers travaux et opérations du ressort de la mécanique pratique.
- Le Moteur électrique vulgarisé, par René Champly. i vol. in-16 broché, vin-160 p., 111 fig. Desforges, éditeur, Paris, 1924. Prix : 5 francs.
- Recueil de conseils pour le choix, le montage, le fonctionnement et la réparation des moteurs électriques, auxquels s’ajoutent quelques noiions théoriques élémentaires.
- Réflexions sur l’utilisation future tdes énergies naturelles, par Maxime Vincent, i vol. 80 p. Fischbacher, éditeur, Paris, 1924.
- L’auteur recherche dans la nature toutes les énergies utilisables et laissées sans emploi : variations de vitesse du vent, vagues, variation de la pression atmosphérique, différences de température du jour et de la nuit pour utiliser la chaleur solaire, sources thermales, courants marins, etc., et il propose diverses solutions pour les utiliser. Malheureusement, les idées émises ne sont que fort peu approfondies.
- Hématologie clinique, par J. Rieux, i vol. in-8, 761 p., 16 fig., 16 pl. en couleurs. Gaston Doin, Paris. Prix : 70 francs.
- La France possède aujourd’hui deux traités d’hématologie qui se complètent et qui seront tous deux rapidement classiques dans le monde entier. Celui de Jolly, paru l’an dernier, était surtout un travail d’histologiste et de physiologiste ; celui de Rieux est plus particulièrement celui d’un clinicien. Le professeur du Val-de-Grâce y décrit ce qu’il faut savoir de technique pour étudier le sang, « cette mer éternellement mouvante qui baigne tous les tissus et fait leur unité biologique ». Puis, il rappelle la composition du sang normal, son mode de formation, ses éléments cellulaires (globules rouges et blancs). Ceci fait, il examine longuement les variations du sang dans les états pathologiques, d’abord analytiquement : globules rouges, globules blaucs, globulins, sérum, masse du sang, organes hématopoiétiques ; puis synthétiquement, maladie par maladie ; leucémies, anémies, hémorragies, et paludisme. Il termine par la technique précise de la
- transfusion sanguine, aujourd’hui devenue de pratique courante. 16 planches en couleurs résument parfaitement les divers aspects du sang qui intéressent le clinicien.
- La tuberculose rénale chronique, parle Dr F. Cathelin.
- 1 vol. in-16, 242 p. Flammarion, Paris. Prix :
- 7 fr. 5o.
- Grosse question d’actualité, qui domine de beaucoup par sa fréquence les affections qu’on rencontre ordinairement dans les services des voies urinaires. M. Cathelin effleure ce qui a trait à l’anatomie pathologique et à la pathogénie, puis s’étend longuement sur le diagnostic et le traitement, rendant service aux médecins-praticiens qui pourront ainsi sûrement, sans les ressources du laboratoire, poser un diagnostic précoce et décider du traitement.
- Les parasites de l’homme et de l’habitation, parle Dr P. Chavigny, i vol. in-16, 407 p., a5 fig. Gaston* Doin, Paris. Prix : 10 francs.
- Histoire vulgarisée des mœurs des parasites, aboutissant à la description des moyens de lutte efficaces.
- A Bibliography of Eugénies, par Samuel J. Holmes.
- 1 vol. in-8, 514 p. University of California Press, Berkeley. Prix : 5 dollars.
- Liste très complète des travaux publiés sur l’eugénique humaine, classés par chapitres relatifs à l'hérédité des diverses maladies et malformations : épilepsie, folie, surdité, tuberculose, etc., à la sélection des divers caractères, au mélange des races, etc. Elément de travail indispensable à tous ceux qui s’occupent d’hygiène sociale, de médecine, de criminologie, etc.
- La psychologie du commandement, par le lieutenant colonel Mayer, i vol. 248 p. E. Flammarion, éditeur, Paris, 1924 (Collection Gustave Lebon). Prix : 7 fr. 5o.
- L’auteur cherche à analyser les ressorts de l’âme sur lesquels le chef militaire peut agir, chez ses subordonnés, pour en obtenir l’obéissanee et la disci-^ pline ; il analyse les moyens à mettre en œuvre à cet effet. L’auteur montre avec raison l’importance de la méditation -théorique pour la préparation morale comme pour la préparation technique de l’officier à son rôle en temps de guerre; mais il est dommage que son livre, très théorique, ne s’appuie que sur une documentation vécue bien, incomplète. Les officiers et les combattants de la grande guerre ne se reconnaîtront qu’avec peine dans le portrait rudimentaire et par trop schématique que l’auteur a dessiné d’eux, non d’après nature, mais d’après un petit nombre de témoignages qui ne sont peut-être même pas de première main.
- L’année psychologique, 23° année (1922), par PIenri Piéron, I vol. in-18, 644 p- Bibliothèque de Philosophie contemporaine, Félix Alcan, Paris, Prix : 4° francs.
- La 23° Année psychologique apporte, comme les volumes précédents, d’une part, des études d’un caractère expérimental ; d’autre part, une documentation très complète sur les travaux intéressant la psychologie, publiés en 1922.
- Dans les analyses et les revues critiques, il est rendu compte de près de 760 travaux de psychologie générale et comparée, de psychologie pédagogique et industrielle, de psychophysiologique et de psychotechnique, d’anatomo-physiologie nerveuse et de psychopathologie, de psychosociologie et de méta-psychie. Il y a là un recueil unique par la richesse et la variété de la documentation qu’il fournit.
- Une bibliographie des principaux périodiques allemands, pendant les années de guerre, comble une regrettable lacune, en fournissant l’indication des travaux publiés en Allemagne dans cette période d’interruption complète des échanges intellectuels.
- p.2x103 - vue 575/688
-
-
-
- '*jp -< v' k> HL \ X
- jkj
- LA NATURE
- Supplément.
- Le tour du monde en avion. — Une escadrille de 4 avions américains vient d’entreprendre le tour du monde. Les appareils, partis de Washington, doivent incessamment prendre leur envol du port de Seattle sur le Pacifique. Les avions ont été construits par la « Douglas Aircraft G0 » et sont équipés de moteurs Liberty.
- Le trajet prévu est le suivant : longer la côte du Canada et de l’Alaska, survoler les îles Aléoutiennes et gagner l’archipel japonais, puis les côtes de Chine, l’Indo-Chine et le Siam, traverser les Indes et le golfe Persique, la Turquie, l’Europe centrale et parvenir au nord de l’Angleterre; de là, continuant sa route par les îles Feroe, l’expédition atteindra l’Islande, puis le Groenland, et enfin reviendra au-dessus du continent américain par le Labrador, d’où elle regagnera son point de départ. Cet itinéraire doit en principe éviter à l’expédition de rencontrer la saison des pluies aux Etats-Unis et aux Indes et assurer son passage à travers l’Islande et le Groenland pendant les mois d’été. Le parcours total sera de 47000 km; 67 étapes sont prévues. Les trois plus longues seront entre les îles Aléoutiennes et les îles Kourilles au nord du Japon, entre les îles Feroe et l’Islande, et entre l’Islande et le Groenland. La plus longue est d’environ 1200 km.
- D’autre part, un avion anglais est parti le 24 mars de Southarapton, pour tenter, lui aussi, le tour du . monde, mais en sens inverse des Américains. C’est un match sensationnel qui va se disputer entre les deux équipes anglo-saxonnes. L’avion anglais, monté par 3 aviateurs éprouvés, est un Vickers spécialement construit en vue de cette grande randonnée ; il peut faire 140 km à l’heure.'JJn appareil de rechange est expédié à Vancouver, des moteurs de rechange à Tokio, et Montréal. L’itinéraire anglais est assez voisin de celui de l’expédition portugaise.
- Les aviateurs portugais Cabrai et Gago Coutinho, déjà célèbres par leur traversée de l’Atlantique de Lisbonne à Rio-de-Janeiro, se proposent également de tenter le tour du monde. Ils utiliseront des monoplans Fokker à ailes épaisses, munis de trains d’atterrissage pouvant être remplacés par des flotteurs. Ils partiront de Lisbonne, gagneront les Indes, puis le Japon, franchiront le Pacifique par les îles Aléoutiennes, traverseront le Canada jusqu’à Terre-Neuve, puis de là l'Atlantique jusqu’à Lisbonne en passant par les Açores. Six appareils capables de faire 175 km à l’heure en moyenne ont été commandés pour cette expédition.
- Le système métrique en Extrême-Orient. — Le système métrique a accompli en ces dernières années des progrès décisifs. La Russie l’a définitivement adopté. Il prend pied également dans les plus importants des pays d’Extrême-Orient. M. Ch.-Ed. Guillaume donne à ce sujet les renseignements suivants dans la Revue générale d’Electricité : au Japon, le système métrique est légal depuis la loi du 23 mars 189T qui fixe, en fonction des unités métriques, les valeurs du shaku et du kwan, unités légales de la longueur et de la masse. Ces unités anciennes, malgré cette transformation, ont fini par céder du terrain devant les unités métriques et une loi du a5 mars 1921 a enfin rendu obligatoire l’emploi du système métrique ; les unités fondamentales sont le mètre et le kilogramme-masse internationaux. Un décret, qui n’est pas encore rendu, mais ne saurait tarder, doit fixer la date de mise en vigueur de cette loi.
- La Chine a commencé en 1908 la réforme de son système de mesures; elle a commencé par unifier les diverses unités disparates en usage dans l’Empire Céleste ; dans cette première réforme, une place importante était déjà faite au système métrique en ce sens que l’unité de longueur, le tchê, était régularisé à 32 cm exactement et que ses subdivisions étaient décimales. Le 3t mars 1914 est promulgué un décret dont l’article premier déclare que les poids et mesures chinois ont pour prototype le mètre et le kilogramme en platine institués par la Conférence internationale des Poids et Mesures.
- Deux systèmes de poids et mesures sont autorisés : le système international reposant sur le mètre et le kilogramme, et le système du pied du Service des Travaux Publics et de la Balance du Trésor, qui définit le pied, égal à 3'/ cm et le tael égal à 0,37301 kg. Le
- N" 2609 5 Avril 1924
- système métrique a donc dès maintenant en Chine une prépondérance métrologique certaine. Il est depuis le ier janvier 1921 obligatoire dans les chemins de fer.
- Au Siam, le système métrique a été introduit partiellement en 1889 dans certains départements de l’Est. En 1897, ^es unités siamoises légales de longueurs, capacité et masse sont définies à partir des unités métriques. Enfin le 17 décembre 1923, une loi déclare que les unités fondamentales de longueur et de masse sont le mètre et le kilogramme internationaux; à titre transitoire, elle donne la définition en unités métriques des unités locales adaptées à des mesures métriques, et dont l’usage pourra être conservé.
- « La réforme globale en Extrême-Orient qui dotera du système métrique 5oo millions d’humains est, dès maintenant, virtuellement accomplie. »
- Ajoutons que le système métrique est en outre en usage dans l’Indo-Chine française et dans les possessions hollandaises.
- Les apports des rivières dans les océans. — Voici quelques nombres cités par M. Vernadsky dans une intéressante étude sur la chimie de la mer (Revue générale des Sciences, 3o janvier 1924).
- Les rivières apportent annuellement en dissolution à l’Océan :
- CO2 96,i3X ïo7 tonnes.
- so* . . 33,20 — —
- Cl . . 15,54 — —
- Br . . . — — _
- NO3 2,46 — —
- Na 25,84 — —
- K 5,8o — —
- Ca 55,77 — —
- Mg 9,33 — —
- (Fe)2 O3. . . 7,52 — —
- SiO*. . . . 3i,92 — —
- Ce total de 2 X !09 tonnes métriques de substances dissoutes est apporté dans 2,78 x1e13 t. d’eau. Ces évaluations issues des travaux de J. Murray et de F. Clarke ne tiennent pas compte des matières organiques. En réalité, il y a dans le résidu de l’eau des rivières 11 pour 100 de matières organiques. Certains fleuves comme ceux de l’Amérique du Sud contiennent une quantité très élevée d'éléments organiques. La rivière Uruguay en contient 59,9 pour 100 dans son résidu salin,la Plata, 49,59pour iooetl’Amazone|i5,o3pour 100.
- Cette matière organique est un produit de la vie, elle sera encore accaparée dans l’océan par la matière vivante, son rôle dans la vie des êtres qui habitent la mer est très important.
- Une station océanographique à l’île de la Réunion. — M. le professeur Gruvel, du Muséum, a récemment chargé un ingénieur agronome, ancien élève de l'Institut océanographique de Paris, M. Marcel Rigotard, d’établir un poste d’observations à l’île de la Réunion.
- M. M. Rigotard avait été frappé de l'insuffisance des ressources de l’île en aliments carnés et de l’importance des achats de poissons secs, de viandes salées et conservées, ainsi que de bovidés vivants faits par la colonie. La pêche locale est tellement rudimentaire qu’elle ne produit que i5o t. de poissons contre 600 t. achetées à l’extérieur.
- Dans ces conditions, un essai d’intensification de la pêche s’impose, et pour commencer, la création d’une station océanographique, base de tout progrès en cette matière. L’auteur du programme d’études qui est déjà en partie réalisé a voulu pour débuter limiter les recherches aux suivantes : 1” Noter les dates d'apparition et de disparition des principales espèces de poissons comestibles; 2* Vérifier, dans la mesure du possible, si, après la disparition des espèces en surface, on les retrouve en profondeur; 3° Rechercher les époques et les lieux de ponte des poissons; 4° Etablir des statistiques diverses ; 5° Chaque semaine, prendre la température de l’eau de la mer, en surface, au large. Plus tard, lorsque le matériel sera complété, on prendra la température en profondeur. En outre des échantillons d’eau sont prélevés sur lesquels on dose le résidu salin, le chlore, on| mesure la densité. L’étude du plancton sera envisagée dans l’avenir, lorsqu’un spécialiste pourra
- >4
- p.2x104 - vue 576/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- en être chargé. Des collections de poissons et de crus-tacées sont envoyées au Muséum.
- De semblables stations d’observations océanographiques. même très sommaires, peuvent être envisagées dans nombre de situations analogues à celle de 1 île de la Réunion et elles contribueraient à développer les pêcheries coloniales d'une nation qui achète énormément de poissons à l’étranger.
- Le cuirassé américain « Colorado ». — Ce cuirassé qui, il y a peu de temps, passa quelques jours à Cherbourg, a été lancé en Octobre 193I. C’est actuellement le plus moderne des cuirassés américains. Il appartient à une série de 4 bâtiments qui comprend déjà le Maryland, lancé en 1921, le West Virginia en voie d’achèvement et le Washington, dont la construction a été arrêtée en vertu des accords de la Conférence de Washington et qui a été démoli.
- Le Colorado offre de nombreuses particularités intéressantes que nous résumons d’après les renseignements publiés par le Bureau technique du Bulletin Veritas. Sa longueur totale est de 190 m. 10; sa largeur extrême 29 m. 60, son tirant d’eau moyen 9 m. 3o); son déplacement moyen : 3a 600 tonnes. Son équipage comprend i332 personnes.
- Son armement principal est constitué par 8 canons de 4oü mm (45 calibres) pesant io5 tonnes, et tirant avec la vitesse initiale de 853 m. un projectile de g53 kg. La portée extrême avec un angle de pointage de 3o° est de 29 260 m. Ils sont groupés par deux sous tourelles cuirassées : 2 tourelles superposées à l’avant ; 2 autres semblables à l’arrière. Les tourelles sont manceuvrées électriquement. A l’arrière de chacune d’elles se trouve un poste de commandement qui comprend tous les appareils pour la conduite du tir non seulement de la tourelle même, mais encore des trois autres tourelles. Autrement dit, chaque tourelle peut diriger le tir de tout l’armement du navire, au cas où le poste central serait mis hor s de service.
- La vitesse de tir peut atteindre un coup en 45 secondes.
- L’artillerie légère est placée sur le pont supérieur dans une batterie fermée, mais non protégée. Elle comprend ia canons de 127 mm (5i calibres) à tir rapide, tirant un projectile de 22 kg 7 à la vitesse initiale de 960 m.; la vitesse du tir est de u coups à la minute; ilya, en outre, dans la superstructure,8 canons de 76 mm pour le tir contre avions, et à l’avant sur chaque bord un tube lance-torpille de 5 53 mm.
- La protection contre les torpilles est assurée par le développement du cloisonnement intérieur le long des parois : 3 cloisons longitudinales sont installées à o m. 90 l’une de l’autre entre le bord extérieur et la cloison intérieure et les espaces ainsi formés sont divisés par des cloisons transversales. Un certain nombre des compartiments ainsi formés sont utilisés comme soutes à pétrole. La coque proprement dite est elle-même compartimentée.
- Le cuirassement est caractérisé par la suppression des cuirasses minces. On a cherché à concentrer la protection sur les parties essentielles, à savoir la flottaison à la partie centrale, et les tourelles. Les extrémités du bâtiment et l’artillerie légère ne sont pas cuirassées. La cuirasse principale est épaisse de 406 mm à la flottaison; elle va en diminuant d’épaisseur de haut en bas et n’est plus que de 2o3 mm à sa partie inférieure. Elle a une hauteur de 4 ni. 87 dont 1 m. 98 au-dessous de la flottaison. Elle est complétée par un pont cuirassé de 88 mm d’épaisseur doublé par un pont d’éclatement plus léger. Le pont cuirassé recouvre à l’arrière les appareils à gouverner.
- Les cheminées, les panneaux de ventilation des chambres de chauffe et des machines sont entourés d’une cuirasse épaisse jusqu’au niveau du pont des gaillards.
- La partie fixe des tourelles est cuirassée à 342 mm ; la partie mobile avant à 4^7 mm, les côtés à 254 mm, l’arrière à 228 mm, le toit à 127 mm; le blockhaus et son tube sont cuirassés à 406 mm.
- Le Colorado est, comme on le sait;, à propulsion électrique. Une batterie de 8 chaudières à vapeur à tubes d’eau alimente deux turbines à vapeur, développant chacune 16000 chevaux à 2075 tours. Chacune d’elles entraîne un alternateur. Le courant produit actionne 4 moteurs d’induction entraînant directement les arbres d’hélice. Ces moteurs sont triphasés, à
- 24 pôles, et tournent normalement à 170 tours par minute en développant 7000 chevaux. Ils sont disposés pour fonctionner aussi avec >6 pôles, et tourner seulement à 118 tours en ne développant que 2125 chevaux. La chauffe se fait au pétrole.
- Les animaux de chasse et de pêche en avril. — En avril, on continue à chasser le lapin, sans avoir à craindre sa disparition car, heureusement, pour les chasseurs, il est très prolifique; les lapines restent, d’ailleurs, encore cachées en lieu siir.
- Dans le Midi, lorsque les décrets locaux le permettent, on capture Y ortolan de passage; les endroits les plus favorisés à ce point de vue sont la Gascogne et le Languedoc, principalement les environs de Toulouse.
- Les chevaliers passent par vent d’Est.
- Les bécasses de passage stationnent par vent du Sud (surtout à la nouvelle lune), mais circulent activement par vent du Nord ou du Nord-Ouest. Leur « croûle » est mauvais par grand vent, tandis qu’elle est active par temps doux, calme, couvert, même si le temps est pluvieux. Elles passent dans les grands fonds par temps doux, mais volent très haut par temps froid et clair. Surtout à la passée du soir, elles sont nombreuses.
- Les mâles des perdrix et des faisans, de même qu’en mars, sont en effervescence.
- Les gélinottes reviennent à leurs cantonnements d’été et s’y apparient. Il faut leur laisser le temps de se reproduire; ce n’est que plus tard qu’on pourra les chasser, notamment dans le Jura, les Vosges, les Ardennes, la Haute-Saône, la Drôme, les Hautes-Alpes, et aussi, mais beaucoup moins abondamment, dans les Pyrénées.
- Les renardes et les blairettes ont des petits, de même que les loutres.
- Les biches et les chevrettes vont faonner.
- Les grives et les merles ont terminé leur ponte. Les perdrix et les faisans la commencent. La plupart des oiseaux font leur nid.
- Le piégeur doit penser à la destruction des rapaces-, soit à la hutte — avec un grand-duc artificiel — soit en visitant les grands arbres où ils habitent. Encercler la demeure des blaireaux et leur tendre des pièges. Enfumer les terriers des renards. Entretenir des jardinets pour capturer des putois. Déplacer les assommoirs et remettre en état les sentiers qui y conduisent.
- La pêche est en grande partie fermée, sauf pour les saumons et les truites. Pour ces dernières, l’époque est excellente, car elles sont affamées et se prennent à tous les appâts, même les plus grossiers, en particulier les mouches artificielles.
- Ceux qui ont des étangs particuliers peuvent pêcher des anguilles, des brochets, des carpes, des gardons, des perches, des tanches, soit, pour les voraces, avec de petits poissons vivants, soit, pour les autres, avec des insectes, des larves, des asticots, des vers.
- Sur nos côtes, c’est la fin de la saison favorable à la récolte des coquillages. Pour les huîtres, les « mois sans r » vont arriver et il va falloir les laisser tranquilles. Pour la pêche des poissons, par contre, c’est le réveil général. Ceux qui s’étaient retirés au large ou dans les grandes profondeurs quittent leurs quartiers d’hivernage pour se rapprocher des côtes, du moins lorsque la température moyenne devient favorable. Quelques-uns y viennent déposer leurs œufs et il conviendrait de les respecter, mais allez donc expliquer cela à un pêcheur côtier! Parmi les poissons qui frayent en avril, on peut citer la raie, le merlan, la roussette, la vieille, le tacaud, la brème, Vorphie, Yalose-finte, Yéperlan, Ces deux derniers se pêchent abondamment au filet dans les estuaires des cours d’eau, où ils deviennent de plus en plus nombreux. Le merlan, la vieille, la brème, le tacaud montrent plus d’activité. Les jeunes morues montent vers le Nord. Au filet et à la ligne à traîner, on fait de copieuses récoltes d’orphies, qui arrivent en troupe sur les grèves. Le maquereau apparaît, mais petit et maigre à faire pitié. A la senne et au carrelet, nulle difficulté à capturer les athérines qui affluent. Le mulet est toujours là et bon à cueillir dans les baies et les anses. Les turbots, les limandes, les soles, les plies, les fiels commencent à se montrer sur nos plages de sable fin. N’oublions pas les crabes, qui pullulent dans les algues et les rochers, ainsi que les poulpes et les homards qui montent vers les bancs rocheux bordant le littoral. H. Coupin.
- 106
- p.2x105 - vue 577/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- &CCtfl\GÇW& 'S'&Sfc
- Le Gratte-ciel. — L’appareil que représente notre photographie et que ses constructeurs ont baptisé Gratte-ciel est destiné à remplacer les moufles, cordages et cordes à nœuds dans les échafaudages. Il peut être également utilisé comme appareil de levage.
- C’est un treuil perfectionné. Entièrement métallique, son encombrement est mil et son poids minime. Il réunit le maximum de puissance et de sécurité avec le minimum d’effort à produire.
- Son fonctionnement est la simplicité même.-Il comporte un câble métallique que l’on fixe aisément et l’appareil proprement dit actionné par une manivelle entraînant avec lui une nacelle ou un plateau, suivant les travaux à effectuer. L’ouvrier placé sur cette nacelle ou sur ce plateau, en faisant manœuvrer la manivelle, se hisse lui-même ou se descend le long du câble.
- Dans le bâtiment, il arrive chaque jour des accidents et trop souvent mortels. Imprudence parfois ou mauvaise manœuvre, mais aussi il faut accuser fréquemment l’état défectueux des cordages. Le chanvre, sous l’influence des intempéries, de la chaux et des acides, a perdu sa résistance et son élasticité. Sous la pression d’un choc ou d’un poids, les cordages se rompent et les ouvriers sont précipités dans le vide.
- Avec le Gratte-ciel rien de semblable n’est à craindre.
- Son câble métallique peut supporter 3 tonnes.
- Sa manœuvre est souple et facile ; un enfant actionnerait la manivelle. De plus il ne demande pas d’entretien.
- Le Gratte-ciel muni de sa nacelle remplace la corde à nœuds, primitive, dangereuse et incommode. Dans la nacelle l’ouvrier est complètement libre de ses mouvements n’étant attaché en aucun point de l'appareil oru de la nacelle. Il peut, en outre, prendre avec lui ses outils, des matériaux et même un aide.
- Le Gratte-ciel inventé par M. S. Faure est construit par les Etablissements Pourret frères, ai, rue du Mont-Thabor, Paris.
- Appareil comparateur par projection. — L’industriel a, à chaque instant, besoin de vérifier le travail effectué par ses ateliers de mécanique, de s’assurer que les profils d’engrenages, les filetages des vis, le dressage des pièces, etc., restent bien dans les limites de tolérance admises pour un
- Le comparateur Massiot se compose essentiellement d’un bâti métallique rigide supportant un banc sur lequel peuvent se déplacer un projecteur de lumière, muni d’un système optique à diaphragme, et un chariot
- Fit
- Le Gratte-ciel expérimenté à la Tour Eiffel.
- Fig. 2. — Le comparateur Massiot.
- fonctionnement correct. L’examen à la loupe est lent et fatigant et il est évidemment plus simple de regarder à l’œil nu une projection agrandie des objets. C’est ce que réalise le comparateur que vient de réaliser M. Massiot.
- vertical affectant la forme d’une croix portant des rai-{ nures servant à boulonner des axes destinés à recevoir des engrenages isolés ou en prise (fig. 2).
- Le banc se termine vers l’avant par une pièce en forme de queue d’aronde dans laquelle on peut introduire rapidement des supports d’objectifs appropriés au contrôle qu’on veut effectuer.
- Pour la vérification des profils d’engrenages ou des fraises, on emploie généralement deux objectifs de foyer différent qu'on peut substituer l’un à l’autre par simple basculage de la pièce qui les supporte.
- Pour la vérification des filetages, on remplace le système optique donnant un champ éclairé d’environ 80 mm, par un système de champ plus réduit, environ 40 mm., On enlève le porte-objectif et l’on coulisse à la placé un microcomparateur (fig. 3).
- Cet appareil se compose essentiellement d’un plateau mobile, autour de son axe vertical sur lequel on peut disposer des pièces en Y ou des berceaux destinés à recevoir les tarauds, tiges filetées, etc..., à examiner.
- Le plateau est lui-même mobile en hauteur pour régler la position suivant le diamètre des filetages.
- En regard de ce support se trouve un microscope de projection avec réglage de mise au point par crémaillère et vis micrométrique.
- L’étude des profils peut être complétée dans certains cas par l’étude des surfaces; dans ce cas, un dispositif spécial attenant à l’objectif mêmé ou indépendant de l’objectif, mais solidaire du bâti de l’appareil, éclaire fortement la surface considérée, de sorte que la pièce
- p.2x106 - vue 578/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- se trouve éclairée directement et par réflexion. Cette disposition particulière permet de définir d’une façon très précise les contours qui pourraient donner des images avec irisation sur les bords et étudier également les entrées et'sorties d’engrenages, dans le cas d’engrenages en hélice.
- La projection des profils est reçue sur un écran par-
- Fig. 3. — L’appareil monté en microcomparateur.
- faitement plan et placé perpendiculairement à l’axe optique de l’appareil. L’écran et son support peuvent être installés économiquement par les services de contrôle eux-mêmes, ainsi que les traces et tolérances admises par les constructeurs suivant la nature des pièces soumises au contrôle par projection.
- Constructeur : M. G Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris 3e.
- soulever quand elles bourrent et les débourrer à la main. C’est encore un travail fatigant et superflu.
- La « herse rationnelle )) a été étudiée pour donner un hersage aussi rationnel que possible.
- D’abord elle est montée sur 2 roues et se conduit assis. Toujours prête pour le travail, il suffît d’atteler et de partir. Une simple manœuvre d’un levier de commande à portée du siège la met en action. L’homme n’ayant pas à marcher ne se fatigue pas, il fait plus de travail et le travail est mieux fait.
- Le jeu de dents est établi sur des leviers articulés séparément qui montent et descendent suivant les modulations du terrain.
- Les dents portent aussi bien dans un creux de rail, dans un pas de cheval que sur un ados. Le hersage est uniforme. La façon dont les dents sont disposées ne permet pas à 2 dents de passer à la même place, le hersage est excessivement serré, les sillons passent à 3 cm l un de l’autre.
- Pour dégorger les dents, il suffit de donner un coup de levier, tout le système bascule et le débourrage est obtenu instantanément.
- Cette herse donne des résultats excellents pour le hersage des céréales au printemps (son travail est comparable à celui de la bineuse), pour l’ameublissement des labours, pour le hersage des semailles, des plantes sarclées, pour les prairies, pour l’entretien des allées de parcs et jardins, etc. Montée sur roues, son déplacement est immédiat et sa traction en travail insignifiante.
- Elle est construite en toutes dimensions, pour tous usages, à traction animale et humaine, par l’inventeur. M. G. Gefîroy, à Faverolles (E.-et-L.).
- Objets utiles
- Brosse à parquets « La Grenade ». — On s’ingénie de toutes parts à simplifier les travaux domestiques.
- *> Agriculture
- Nouvelle herse rationnelle à leviers et -dents mobiles. — Le hersage est en culture une opération de très grande utilité; mais, pour qu’il produise tous ses effets, il faut qu’il soit bien fait.
- Avec lès herses ordinaires traînées sur le sol, le hersage est imparfait. Le bâti rigide ne permet pas à toutes ;les dents de porter également. La herse saute, cahote et se soulève ; des dents entrent trop profondément et d’autres pas du tout, plusieurs dents passent dans le
- Fig. r.— Herse rationnelle à leviers et dents mobiles.
- même sillon et les espaces restent sans être travaillés. Les sillons des dents, en outre, sont trop écartés. Entre ces sillons, la croûte n’est pas désagrégée et les herbes en voie d’évolution ne sont pas détruites. Les pas de chevaux, les creux de rails ne sont pas atteints. Et puis le maniement des herses n’est pas pratique. Il faut les démonter pour les transporter sur un traîneau spécial et les monter chaque fois aux champs. C’est une perte de temps inutile. Il faut les suivre à pied, arrêter pour les
- FL
- Brosse à parquets « Lu Grenade
- C'est une nécessité de la vie moderne. Il faut bien l’avouer, l’outillage ménager est resté longtemps, en France tout au moins, bien primitif, et les travaux du ménage absorbent un temps précieux, que ce soit celui de la maîtresse de maison forcée de se tirer d’affaire elle-même, ou celui de ses serviteurs très chèrement payés.
- Un vaste domaine est donc ouvert aujourd’hui à l’activité des inventeurs et les créations nouvelles, plus ou moins heureuses, s’y multiplient. En voici une, fort ingénieuse et pratique, dans sa simplicité.
- C’est une brosse à parquets que son inventeur a baptisée « La Grenade ».
- L’appareil se compose d’un manche terminé par une lourde sphère en fonte, et d’une brosse munie d’une alvéole. On pose simplement la sphère dans l’alvéole ; «la pesanteur seule assure la liaison entre le manche qui pèse 8 kg 5oo et la brosse.
- Grâce au poids de la sphère, la brosse est parfaitement appliquée contre le parquet; et l’effort à faire pour frotter est réduit au minimum. Rien de plus simple aussi que de passer de l’emploi de la brosse dure pour nettoyer à celui de la brosse en laine pour faire briller. Il suffit (de disposer d’un jeu de deux brosses.
- Le même manche à grenade sert pour l’une ou pour l’autre.
- L’inventeur et fabricant est M. A. Meinvielle, 3o, rue Saint-Denis, Paris, En vente dans tous les grands magasins. Prix : 45 francs avec 2 brosses.
- p.2x107 - vue 579/688
-
-
-
- • t/1
- <
- VARIETES
- LA PLUS PETITE COLONIE FRANÇAISE : L’ILE CLIPPERTON
- Il existe dans la partie orientale de l’Océan Pacifique des îlots peu connus et même des dangers inconnus ou douteux que, de temps à autre, un navire de commerce passant dans ces parages signale par une latitude et une longitude souvent erronées et que l’explorateur ne retrouve plus. Parfois l’ombre projetée sur la mer par un nuage passant devant le soleil fait croire à la présence d’un récif alors qu’il n’y a rien. Tous les marins au long cours ont éprouvé cette sensation. D’autre part, il est vrai, qu’on a trouvé des sondes, au milieu d’abîmes sans fond ou rencontré un atoll ou tin rocher très petit dans de vastes étendues liquides désertes. Et, le croirait-on ? des nations ont failli se brouiller pour la jouissance d’un récif de quelques centaines de mètres de diamètre.
- Témoin l’île Clipperton qui fut cause, avant la guerre, d'un différend entre la France et le Mexique, ces deux nations en revendiquaient la possession, alors qu’en réalité elle était habitée par des citoyens des Etats-Unis, véritables bénéficiaires de cette île perdue et, sans doute, spectateurs indifférents, sinon amusés, du litige franco-mexicain.
- Il est évident que l’objet ne vaut pas la peine d’une brouille entre deux nations amies. Toutefois, il y a la une question de principe et la France étant, de par les usages admis, propriétaire de l’île Clipperton n’avait pâs le droit de s’en désintéresser.
- Qu’est-ce donc que cette fameuse île Clipperton ?
- C’est un îlot de corail situé à 670 milles marins au S. 53° O. d’Acapulco, bas, dangereux, de 2 milles de diamètre environ, presque entièrement occupé par une lagune, comme le montre le plan ci-joint. Peu de navigateurs peuvent se vanter de l’avoir vu.
- Au milieu de la lagune, il y a un rocher dont nous reproduisons ici le croquis. Il peut être* par beau temps, aperçu à 12 ou 15 milles ; mais par temps couvert on ne distingue l’île elle-même que de très près, et les
- Coat de Kerveguin, envoyé spécial, en prit possession, officiellement, au nom de la France.
- En 1894, une Compagnie américaine, l’Océan Phosphate C’, de San Francisco, y envoya des ouvriers pour
- recueillir le guano, seul produit de cette terre désolée. Leur ravitaillement mensuel avait lieu par des goélettes qui établirent un corps-mort, pour leur usage, devant la pointe N.-E. de l’atoll, en face de la maison construite par la Compagnie et du mât de pavillon.
- Le Mexique qui en revendique, de son côté, la possession, y fit construire une petite tour à l’extrémité S.-E. de l’île et y allume un feu à 26 m. au-dessus de la mer dont les caractéristiques sauf changement récent étaient: Feublanc, à un groupe de 4 occultations. Hauteur : 26 m.
- Le capitaine de vaisseau Fort a visité l’île en 1897.
- En voici la description. Entièrement privée de végétation, bordée d’une basse ceinture de corail ayant l’apparence de sable et dont la largeur varie entre un quart de mille et quelques mètres et la hauteur entre 1 m. 5o et 2 m. 40, telle se montre l’île Clipperton. L’intérieur est occupé par une vaste lagune presque ronde, dont la profondeur varie entre quelques centimètres et 102 m.
- La mer brise durement et continuellement sur le récif et parfois couvre toute l’île. Les deux embouchures de la lagune, l’une au N.-E. et l’autre au S.-E. sont, complètement fermées, actuellement. L’eau de la lagune est douce, provenant de la pluie, et pendant la saison sèche, de décembre à mai, elle est fortement ammoniacale.
- Dans la partie N.-E. -de la lagune, on trouve cinq petites îles appelées : les îles Egg en raison de la grande quantité d’œufs qu’y déposent d’innombrables oiseaux de mer.
- La quantité de guano recueillie par la Compagnie
- 'Mât de Pavillon « 37 64 .Point de
- a B. Mer
- Echelle t en Milles marins
- Plan de l’île Clipperton.
- Jifftte
- /
- llilibi
- Plus grande longueur du nocher
- vu au Al.ys.E. à T mille '/3
- «fit
- Plus petite largeur
- vue à fW.</2.N à 1 mille ^
- Rocher de File Clipperton vu du large.
- brisants de la côte Est ne sont pas assez forts pour qu’un bâtiment puisse être averti, à temps, d’avoir à changer de route.
- Cette île a été découverte en 1705 par Clipperton, compagnon de Dampier, qui avait quitté ce dernier sur la côte de l’Amérique du Sud pour se rendre aux Indes.
- Le 3i mars i858, le Conseil des Ministres de France décida de l’annexer. Le 17 novembre x858, le navire français Amiral, capitaine Détaillé, y aborda et M. Le
- américaine des îles du Pacifique se monte à environ 200 tonnes par an*
- L’eau potable est obtenue par un appareil distillatoire qui peut fournir 90 litres par jour.
- Le rocher de la partie S.-E. de l’île qui a 19 m. de haut est situé par io°i7' N. et in°33' Ouest. La déclinaison était de 6°a2' N.-E. en 1902 (elle croît de t minute par an).
- Marées. — D’après les renseignements hydrogra-
- ^>1 . ™ lua.
- p.2x108 - vue 580/688
-
-
-
- VARIETES
- phiques recueillis, la mer marne de i m. 80 en moyenne, à l’île Clipperton. Les courants de marée portent duN.-O. au S.-O. Les marées sont, d’ailleurs, très irrégulières et grandement influencées par les vents.
- Fonds. — A i mille de l’île on n’a pas trouvé de fond avec 274 m. de ligne de sonde dehors. Sur la côte Nord de l’île, près du mouillage, on trouve 33 à 35 m. d’eau à l’extrémité du récif et no m. à moins de 1/4 de mille.
- Mouillage, — On mouille au côté N.-E. de l’île, par 36 à 80 m. en tenant le mât de pavillon de la Station au S. 170 E., le fond est de corail, en pente, mais la tenue bonne. Il faut néanmoins être prêt à appareiller dès que se lèvent les vents du N. à l'E.-N.-S. qui sont fréquents.
- Débarquement. — Le point d’accostage le plus sûr
- pour les canots se trouve près d’un arbre mort, sur la côte, à 1/4 de mille dans le Sud-Est du mouillage et immédiatement à l’Est des quelques huttes qui servent d’abri aux hommes et de dépôt pour le guano. C’est dans cette partie que les brisants sur le récif ont leur plus petite largeur. Néanmoins le débarquement est souvent difficile et parfois impossible pendant une semaine.
- Même par beau temps, l’île Clipperton constitue un point dangereux dont il ne faut approcher qu’avec précaution. En somme elle n’a rien de séduisant. Mais comme elle est portée sur nos cartes comme colonie française et qu’il est peu commode de la visiter, nos lecteurs nous sauront gré de la leur avoir fait connaître sous son véritable jour.
- Commandant E. Choupaut.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- ><
- Nettoyage de la poussière entre les lames d’un condensateur variable. — On est souvent embarrassé pour procéder à cette opération qui est pourtant utile, tout au moins pour les condensateurs non protégés par un boîtier ou un coffre.
- On prend une petite longueur du ruban de laiton qui sert pour les connexions rigides. A une extrémité, on perce au drille un trou de 3 mm environ. On enfile dans ce trou un gros fil de coton ou un brin dë coton enlevé à la classique lampe à alcool en verre des laboratoires ; les 2 bouts du brin retombent sur l’autre extrémité du ruban.
- On tient entre les doigts cette extrémité ainsi que les 2 brins, et on passe ce petit balai entre les lames du condensateur qui, bien entendu, a été préalablement mis au zéro.
- Peinture sur béton ou sur ciment. — On n’ignore pas que les peintures ordinaires ne s’appliquent pas bien sur le béton, et qu’il faut préparer les surfaces avant de les appliquer. M. Julin, ingénieur, conseille dans le Bulletin de VEnseignement technique ce qui suit :
- Il faut badigeonner la surface cimentée avec un produit imperméabilisateur, ordinairement à base de goudron, d’huile de lin ou de paraffine, ou avec une peinture composée d’huile siccative et de sulfate de baryte.
- Pour les intérieurs, les deux procédés suivants auraient donné de bons résultats :
- i° Emploi du résinate de chaux, procédé assez répandu.
- 20 Enduire la surface cimentée de deux couches successives avec une solution à i5° Baumé de silicate de soude. L’effet serait maximum avec des bydrofluosilicates de zinc, de magnésie ou d’aluminium, sels qui se combinent avec la chaux du ciment en formant des combinaisons calciques absolument insolubles et qui permettent d’appliquer ensuite n’importe quelles peintures.
- Procédé pour apprécier la qualité du cuir. —
- Voici, d’après la Revue de l’Ameublement, comment on doit procéder. Sur la face non rugueuse du cuir, on découpe, à l’aide d’un canif ou d’un tranchet, une mince lamelle dont l’épaisseur ne doit pas dépasser un millimètre.
- On verse alors, dans un petit récipient non métallique, le contenu d’un verre à liqueur de fort vinaigre de vin, puis on y plonge la lamelle de cuir et on couvre le récipient afin d’éviter l’évaporation du liquide.
- Si le cuir est de bonne qualité, s’il a été bien préparé et tanné, il ne doit pas se gonfler ni se désagréger et ne doit prendre qu’une teinte plus foncée, après plusieurs mois de séjour dans le vinaigre.
- Par contre, si le cuir n’a pas été bien préparé, bien pénétré par le tanin, ses fibres se détachent et gonflent au point qu’en quelques jours, au plus tard quelques semaines, il se trouve transformé en une masse gélatineuse.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Erratum — A propos de l’insuline (n° 26o3), p. 126. — Au lieu de « dont le nombre des molécules d’hydrogène est double à celui des molécules d’eau », lire « est double de celui des molécules d’oxygène (O) ».
- Communication. — A propos de l'oscillateur thermoélastique. — Le Dr P.-L. Mercanton, de Lausanne, nous adresse l’intéressante communication qui suit :
- « Le numéro du 8 mars de La Nature donne, par la plume de M. Vigneron, la description d’une expérience qui doit démontrer les propriétés remarquables de l’alliage modulvar, celle de l’oscillateur thermo-élastique. J’ai le regret de ne pouvoir partager l’opinion des inventeurs du petit appareil sur la signification de son fonctionnement : il manifesterait, suivant eux, l’augmentation du module d’élasticité du métal échauffé par le courant électrique quand la spire, en s’allongeant, a
- établi le contact, et sa diminution quand, par rupture de celui-ci, le courant cesse de circuler!
- « Que ces Messieurs prennent une telle hélice d’un métal élastique quelconque, cuivre, laiton, voire aluminium écroui, et ils constateront exactement le même effet. Leur dispositif n’est autre que la spire de Roget, décrite dès 1835 dans maint ouvrage de physique et dont Margot, de Genève, a fait, voici tantôt quarante ans, un interrupteur pour grosses bobines de Ruhmkorfï, dont maint laboratoire suisse se sert encore avec avantage. Le fonctionnement s’explique tout simplement par l’attraction bien connue des conducteurs parallèles parcourus par des courants de même sens. Leur passage force l’hélice à se rétracter et l’on accroît cet effet en plaçant un noyau de fer doux dans le vide de l’hélice. C’est cette contraction qui interrompt le courant, que la détente rétablit dans la seconde demi-période oscillatoire.
- « J’ai d’ailleurs réalisé et décrit en 1909 (*) un phos-phoroscope simple à étincelle basé sur ce principe : la rupture du courant primaire par le jeu de la spire de Roget fait partir l’étincelle, au secondaire d’une bobine
- 1. Actes de la Société helvétique des Sciences naturelles, Lausanne, 1909, Pkysikalische Zeitschrift, n° 1226, 1910.
- p.2x109 - vue 581/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- d induction, éclairant le corps étudié, tandis qu’un écran solidaire de la spire masque ledit corps et l'étincelle aux yeux de l’observateur. L'instant d'après, le corps démasqué peut, être aperçu par sa phosphorescence seule, oi 1 on s arrange pour que la spire interrompe fréquemment le courant, on peut déceler de très courtes phosphorescences.
- (( Je ne, conteste d’ailleurs pas la possibilité théorique du fonctionnement thermo-élastique d’une spire de modulvar, , mais 1 oscillateur ne sera démonstratif qu apres élimination de l’effet électromagnétique qui suffit à lui seul à actionner l'hélice. *
- Réponses — M. Vaultier, à Paris. — 1° Le vert-de-qui se forme sur les pièces de cuivre sous l’influence de,l humidité est constitué par de l’hydrocarbonate de cuivre, il vous sera facile de le faire disparaître par immersion dans 1 eau acidulée par l’acide sulfurique, bien rincer ensuite à l’eau pure et sécher dans la sciure de bois chaude, a0 Pour faire disparailre les taches de moisissures qui se sont développées sur le papier, faire d abord tremper la feuille dans de l’eau pure, puis la relever au moyen d’une plaque de verre de manière à ne pas provoquer de déchirures. Verser alors sur le papier ainsi soutenu un mélange à parties égales d’eau oxygénée et d’eau ordinaire, additionné de quelques gouttes d ammoniaque. Laisser en contact environ une heure en maintenant humide par la même solution. Quand les taches ont disparu, rincer sous un robinet toujours sur la feuille de verre, laisser sécher à demi et mettre sous presse entre deux buvards neufs.
- /. C., à Bois-Colombes. — La formule suivante vous donnera satisfaction pour préparer une encre verte à stylos :
- Vert brillant................... 4 gr.
- Alun pulvérisé. . .... 4 ___
- Alcool à g5°..........• . . JO c c.
- Eau distillée................. 500 ___
- Faire dissoudre le vert dans l’alcool, l’alun dans l’eau-, mélanger et ajouter.
- Glycérine blanche............gr.
- N employer qu après filtration pour éviter les obstructions.
- M. Phisqueu, à Armentières. — i° Vous pourrez vous procurer du tungstène à la Maison Chenal et Douilhet, rue de la Sorbonne, à Paris. a" Le nickelage au trempé, c est-à-dire sans intervention électrolytique, ne peut être réalisé que sur les métaux susceptibles de déplacer le nickel de ses solutions, soit pour les métaux courants, le zinc, le fer et 1 aluminium. En général, c est le zinc que 1 on fait intervenir en opérant de la façon suivante,: 1“ Nettoyer la surface de l’objet à nickeler dans 1 eau acidulée par l’acide sulfurique, rincer à 1 eau pure. 20 Constituer le bain par mélange de une partie de chlorure de zinc commercial à 45° B et de deux parties d une solution saturée à froid de sulfate de nickel ammoniacal. 3° Porter le liquide à l’ébullition et y plonger les objets à nickeler en les soutenant par un crochet de zinc, laisser environ une demi-heure dans le bain à 1 ébullition, laver à grande eau, sécher et frotter au chiffon de laine.
- M. P. F., à Solre-le-Château (Nord). — Procédés pour détruire les lapins. — Le procédé auquel vous faites allusion consiste a communiquer aux lapins une maladie contagieuse au moyen d’un virus. Pour être renseigné à ce sujet, vous pourriez vous adresser à 1 Institut Pasteur de Lille et à la Direction des Services agricoles du département du Nord, à Lille. Il faut d’abord prendre connaissance de l’arrêté préfectoral et, s’il y a lieu, demander autorisation de destruction.
- A défaut de virus, on peut recourir au furetage à la bourse de fil tanné en opérant sans bruit; poser les bourses la nuit sur les terriers, faire une battue le matin avec un bon chien (fox-terrier) ; les lapins se bourscnt en rentrant dans leurs terriers. Piocher les terriers à l’entrée après y avoir introduit de vieux chiffons imprégnés de sulfure de carbone. On prend aussi beaucoup de lapins en établissant un terrier artificiel composé d’une huitaine de conduits répartis en forme d étoile aboutissant à un cuveau en bois. Une simple trappe permet l’entrée des lapins, mais ils n’en peuvent sortir. Chaque matin on lève le couvercle du cuveau et on capture les lapins. Pour amorcer, mettre dans les conduits du fumier de lapine domestique enfeu.
- Dans l’emploi du sulfure de carbone, avoir soin d’éviter de fumer ou d’approcher un corps quelconque en ignition, car le sulfure de carbone se volatilise très vite et prend feu comme l’éther.
- Les pièges à palette posés le soir et relevés le matin donnent de bons résultats. Voici des adresses de maisons vendant les pièges à lapins : Aurouze, Paris, 8, rue des Halles, 1"; Saillard, Paris, 87, rue des Petits-Champs, 2e.
- T. S. F. — M. Paul Barellat, à Annemasse (Haute-Savoie). — i° Le schéma à.'amplificateur à selfs à fer que vous nous avez communiqué est exact, mais il est tout à fait inutile d’employer un montage d’accord en Tesla pour la réception sur cadre. Il suffit, pour l’accord, d’utiliser un condensateur variable de 1/1000 microfarad en parallèle, comme nous l’avons expliqué plusieurs fois dans les Chroniques de T. S. F.
- Il est possible, si l’on désire une sélection parfaite, d’employer un système d’accord Tesla sur cadre, mais alors le montage n’est pas conforme à celui que vous indiquez, et le condensateur d’accord est évidemment placé en série dans le circuit oscillant primaire (Voir Chroniques de T. S. F. ou un manuel de T. S. F.).
- 20 Nous vous conseillons donc, si vous êtes débutant en T. S. F., d’employer un montage d'accord simple et également de commencer par essayer d’utiliser seulement deux étages à basse fréquence. Il est assez délicat d’obtenir un amplificateur comportant trois étages à basse fréquence, de fonctionnement stable. Il est plus facile d’établir un étage de superamplification avec batteries séparées.
- 3° Les condensateurs de liaison de l’amplificateur ont une capacité de 1/10.000 de microfarad, les résistances de grille sont de l’ordre de 3 à 4 mégohms.
- Les selfs à fer sont cylindriques, et sont bobinées en fil de 1/10 mm de diamètre, isolé à la soie. On emploie deux selfs interchangeables, l’une pour la réception des émissions de 3oo m. à 1200 m. de longueur d’onde l’autre servant à couvrir la gamme, 1200 m., 3ooo m! Longueur de la carcasse environ 60 mm, diamètre intérieur 17 à 18 mm, 12 sections comprenant au total 35o tours et 1000 tours environ.
- Vous trouverez les constantes des transformateurs à basse fréquence dans tout manuel de T. S. F., par exemple dans la T. S. F. des Amateurs de Duroquier.
- Il nous est impossible de donner dans* la c Boîte aux lettres » des indications longues et détaillées sur de3 sujets particuliers et personnels. Etant donné le nombre toujours croissant des demandes, il en résulterait un grave préjudice pour nos autres correspondants.
- Hf. Burillon, à Souzy-la-Briche (Seine-et-Oise). _____
- Nous ayons donné quelques indications sur les piles à deux liquides dans nos « Chroniques de T. S. F. ». La pile que vous indiquez, est fabriquée actuellement, croyons-nous, par les établissements Radio-Union, 3’ rue de Chaillot, à Paris, auxquels vous pourriez vous adresser pour obtenir des explications complémentaires.
- M. Troussier, à Noirmoutier (Vendée). — i° Les lampes à faible consommation actuelles (à filaments recouverts d’oxydes), type « Radio-Micro » par exemple, sont d’un excellent rendement, au moins égal à celui des audions ordinaires, type T. M. Elles permettent l’emploi des piles, lorsqu’on ne peut disposer du courant d’un secteur pour la recharge des accumulateurs.
- En employant les mêmes piles que vous nous indiquez, et des lampes à faible consommation, vous pourriez utiliser votre amplificateur, sans nouvelle recharge des piles, pendant une durée théoriquement dix fois plus longue, soit 40 jours au lieu de 4 jours.
- 20 Dans tout appareil de réception, on entend dans les récepteurs des bruits plus ou moins accentués provenant des parasites atmosphériques. Mais il est pos-sibk que le « crissement » que vous entendez provienne aussi de la détérioration des piles de tension de plaques, ou des variations de valeur d’une résistance des étages à haute fréquence (Voir, par exemple, la Pratique radioélectrique).
- 3° Vous auriez intérêt à employer comme descente d’antenne à travers votre appartement du câble isolé à la gutta, mais nous ne pensons pas que ce défaut d’isolement puisse être cause des « grésillements » entendus.
- p.2x110 - vue 582/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Smithsonian Mathematical Formulée and Tables of Elliptic Functions, par E.-P. Adams et Col. R.-L. Hip-pisley. i vol. 314 pages, publié par la Smithsonian Institution. Washington 1922.
- La grande société scientifique américaine, la Smithsonian Institution, s'est donné comme devise : « pour l’augmentation et la diffusion du savoir parmi les hommes ». Parmi ses moyens d’action les plus puissants, sont ses publications célèbres dans le monde entier. Le présent volume contient une liste des principales formules d algèbre, trigonométrie, géométrie, analyse et calcul différentiel qui peuvent être utiles à quiconque se sert des mathématiques comme d’un outil. Il se termine par une table numérique des fonctions elliptiques.
- Science, technique et industries photographiques, (tome III j9^3). 1 vol. illustré. Paul Montel, éditeur, Paris, 35, boulevard Saint-Jacques.
- Cette publication, dirigée avec une grande compétence par MM. Montel et Clerc, contient de très intéressants mémoires ainsi qu’une foule de renseignements et informations sur les questions scientifiques ou techniques à l’ordre du jour en photographie et cinématographie. On y trouve notamment la traduction de nombreuses études étrangères.
- An Introduction to Oceanography, with spécial Refe-rence to Geography and Geophysics , par James John-stone. 1 vol. in-8, 35i p., 64 fig. Hodder and Stoughton Ld, London, éditeurs de PUniversity Press of Liverpool. Prix : relié i5 sh.
- L’Université de Liverpool est un actif centre d’études de la mer, avec sa chaire d’océanographie et son laboratoire* de pêches du Lancashire qu’Herd-mann et Johnstone illustrent de leurs beaux travaux. Ce dernier vient de réunir son enseignement d’océanographie physique en un volume remarquablement clair où l’on trouve l’essentiel de cette science, tout à fait à jour. Il y traite de l’origine des océans, de leurs profondeurs, du fond de la mer, des côtes, de la physique et de la chimie de l'eau, des marées, des courants et termine par les déplacements des océans que révèle la paléontologie. Le tout est illustre de cartes schématiques très simples qui permettent de comprendre aisément les phénomènes dont on parle et forme un manuel excellent, utile non seulement aux océanographes, mais aussi aux géographes, aux géologues et aux biologistes.
- The Chemical Basis of Growth and Senescence, (par T. Brailsford Robertson, i vol. in-8, 389 p., 45 fig. Collection des Monographs on experimental Biology. J.-B. Lippincott C°, London. Prix : relié 12 sh. 6 d.
- Essai d’interprétation des phénomènes de croissance et de sénescence basé sur divers processus chimiques du développement, interprétés d’une manière un peu schématique, mais fort intéressante. L’auteur rappelle les phénomènes physiques connus de la croissance chez l’homme, les animaux, les plantes, les organismes unicellulaires ; il en énumère les particularités : substances et catalyseurs nécessaires ^facteurs retardant ou arrêtant le développement; différenciation et cancer ; influences de certaines substances définies ; il en trouve une explication partielle par les réactions monomoléculaires autocatalytiques dans lesquelles il voit la forme maîtresse des réactions du protoplasma. Cette interprétation, quelque peu mécaniste et trop unilatérale, ouvre en tous cas de nombreux sujets de discussion. L’importante bibliographie qui termine le volume, un peu trop exclusivement américaine et allemande, rendra service à ceux qu’intéressent les grands,problèmes biologiques abordés ici.
- Thysanoures, Dermaptères et Orthoptères, France et faune européenne : Anatomie générale, classification
- et tableaux de détermination. Tome I, par C. Houl-bert 1 vol. in- 16, 38a p., 87 fig. et 9 pl. Encyclopédie scientifique, Doin, Paris, Prixcartoné toile : 16 francs.
- L’ouvrage de M. le professeur Houlbert comprendra deux volumes : le tome I est consacré à deux ordres d’insectes ; les Thysanoures et les Dermaptères que l’on pourrait qualifier d’orthoptères inférieurs. En ce qui concerne les Thysanoures, les espèces françaises sont encore très mal connues et l’auteur essaie de rendre plus facile l’étude de cet ordre trop négligé. Il examine leur morphologie externe, leurs fonctions de nutrition et de relation, leur reproduction et indique la classification des espèces.
- Phytothérapie, Médicaments végétaux, par MM. Adrien Pic et S. Bonnamour. Bibliothèque de thérapeutique. 1 vol. in-8, 638 p. 209, fig. J.-B. Baillière et fils, Paris. Prix : 32 francs.
- Chaque plante est étudiée proportionnellement à son importance, et si les chapitres sur la digitale, la belladone, l’opium, le quinquina, etc., ont reçu tous les développements nécessaires, on trouve, sur la plupart des plantes conseillées en thérapeutique, notamment sur les simples jadis recommandées, des notions suffisantes. Les auteurs examinent pour chacune son origine, la composition de ses principes actifs, leur action physiologique et leur action thérapeutique ainsi que la manière de les prescrire. La classification botanique adoptée met en lumière les analogies des plantes de même famille et un index alphabétique permet de les trouver aisément.
- Manuel des pavages, carrelages., mosaïque, par G. Dau-bray. i vol. in-18, 373 p., 146 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris 1924. Prix : 12 francs.
- Ce manuel est consacré à la description et aux procédés de fabrication des différents matériaux de pavage, de carrelages et revêtements céramiques de tous genres. Il indique en outre comment on étudie leur qualité, comment se pratique leur pose, et les soins à prendre pour leur entretien.
- Les coins secrets du cœur, par H.-C. Wells, traduit de l’anglais par M. Butts. i vol. 3o6 p. Payot, éditeur, Paris 1924. Prix : 7 fr. 5o.
- Les théories de la psychanalyse de Freud, quoique fort discutables, sont à la mode en Europe, et ont inspiré, en ces dernières années, plusieurs pièces de théâtre ou romans. Le célèbre romancier anglais Wells a sacrifié lui aussi au dieu du jour. Sa nouvelle œuvre est en somme une longue dissertation dialoguée sur la psychanalyse ; un grand industriel, homme autoritaire, violent, et en même temps idéaliste passionné, est atteint de troubles nerveux; il consulte un psychanalyste et sa confession nous révèle le conflit incessant et parfois dramatique entre les instincts secrets qui mènent l’homme à son insu et ses efforts ardents vers l’idéal qui représente aux yeux de Wells la perfection morale ; idéal au surplus quelque peu matérialiste. La volonté finit par triompher de l’instinct.
- Les Ressources du travail intellectuel en France, par E. Tassy et P. Leris (supplément 1921-1923). 1 brochure in-8 carré de X-100 pages. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1924. Prix : 8 francs.
- L’ouvragede MM. E. Tassy et P. Leris est le répertoire des instruments dont dispose le travail intellectuel en France : enseignements, sociétés savantes, groupements divers, laboratoires, bibliothèques, périodiques, etc. Il rend les plus grands services et a rapidement conquis la faveur du public cultivé. Le présent supplément vient ajouter à l’édition originelle un grand nombre de très utiles renseignements.
- p.2x111 - vue 583/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2610 12 Avril 1924
- Nécrologie. — Le comte de Chardonnet. — L’inventeur de la soie artificielle, le comte Louis-Marie-Hilaire Bernigaud de Chardonnet, est mort le 12 mars dernier à l’âge de 85 ans. M. Bigourdan, à l’Académie des Sciences, a résumé dans les termes suivants la carrière de ce grand inventeur.
- « Né à Besançon le Ier mars 1839, il appartenait à cette Franche-Comté qui a donné à la France le plus illustre peut-être de ses savants, le grand bienfaiteur de l’humanité, Louis Pasteur, dont le monde entier vient de célébrer le centenaire. Et ce fut pour M. de Chardonnet une grande joie de revenir dans sa ville natale représenter notre Académie aux fêtes données par la grande cité bisontine à l’occasion de ce centenaire.
- Entré à l’Ecole Polytechnique en 1859, notre futur confrère en sortit dans le corps des Ponts et Chaussées. Après avoir fait quelques voyages à l’étranger, il épousa en i865 Mlle de Ruolz, nièce de l’inventeur de ce nom, et peu après il donna sa démission d’ingénieur, pour étudier, dans son laboratoire particulier, diverses questions de science pure et appliquée.
- Son œuvre capitale, c’est l’invention de la soie artificielle qui porte son nom. La mise au point de sa fabrication lui a demandé plus de 3o années de recherches pour choisir la meilleure matière première, qui est une solution de coton nitré, le moyen de la filer, de la dénitrer après filage, de la mouliner, etc. Guidé par sa perspicacité innée, il a su observer la nature, et s’inspirer de ses procédés, toujours merveilleux. Ainsi, il avait vu que le liquide avec lequel le ver à soie constitue son fil se solidifie instantanément dès qu’il est projeté à l’air; et il reconnut que cette solidification est due au contact d’un second liquide, sécrété en même temps par le Bombyx. De là, le procédé de filage artificiel créé par M. de Chardonnet, et qui consiste à faire jaillir, par une très petite ouverture, un mince filet de collodion dans un liquide coagulant.
- Je ne puis insister sur la fécondité des procédés qu’il a mis en œuvre, mais j’aime à constater qu’il a créé de toutes pièces une industrie nouvelle, aujourd’hui répandue partout, et qui occupe des milliers d’ouvriers. En outre elle fait circuler des capitaux énormes; mais, suivant une loi trop souvent vérifiée, la fortune de l’inventeur n’en a guère bénéficié.
- La création de soies artficielles concurrentes, obtenues avec des matières premières moins onéreuses, comme la pâte de bois, fut pour M. de Chardonnet l’occasion de récupérer de coûteux dissolvants, comme l’alcool et l’éther, qu’exige son procédé. Et cette nouvelle invention, après avoir soulagé sa propre fabrication, a passé dans d’autres industries dont elle augmente de même le rendement économique.
- La fabrication de la soie artificielle n’a pas absorbé M. de Chardonnet tout entier; diverses questions de physique et de physiologie ont aussi exercé son ingéniosité toujours en éveil. A titre d’exemple, je citerai ses recherches sur l’œil des oiseaux, qui lui ont permis d’expliquer des faits bien curieux. Ainsi il a montré que si le coq est hypnotisé devant un point brillant, c’est qu’il se rend volontairement et automatiquement aveugle; et que si l’aigle paraît regarder le soleil en face, c’est qu’il ne le voit pas.
- Il y aurait lieu de rappeler aussi, entre bien d’autres travaux, l’invention d’un actinographe spécial, des recherches sur l’absorption des rayons ultraviolets par les milieux de l’œil, par les verres d’optique, par les liquides qui circulent dans les végétaux, ainsi que ses travaux sur l’aérostation, etc. Mais ce qui précède suffit à montrer la grande place que M. de Chardonnet a occupée dans la Science et dans l’Industrie. »
- Nouvelle notation du cheval-vapeur : ch. — Au cours de l’année dernière, la Chambre Syndicale de l’Industrie des moteurs à gaz, à pétrole et des gazogènes avait décidé d’adopter dorénavant les lettres C. Y. pour la désignation abrégée de l’unité de puissance appelée cheval-vapeur, en remplacement des lettres H. P. d’origine anglaise. Mais le choix des initiales C. Y. se heurte à de sérieuses objections. Tout d'abord la lettre C qui s’articule, suivant les cas, de trois façons différentes,
- laisse fort à désirer comme initiale. En fait, la véritable initiale de cheval n’est pas c, mais ch. D’autre part, on fait généralement abstraction, dans le langage courant, du mot « vapeur » qui, très déplacé quand il s’agit d’un moteur à combustion interne, hydraulique ou éolien, est complètement inutile dans tous les autres cas. Quand on parle d’un moteur de 100 chevaux, il ne peut venir à l’idée de personne qu’il puisse s’agir de chevaux en chair et en os. Enfin, les capitales C. Y. ne s’harmonisent pas mieux que les capitales H. P., avec les symboles adoptés et préconisés par le Bureau international des poids et mesures et d’où sont exclus, non seulement les lettres capitales, mais encore les points en tant qu’ils ne sont employés que comme des signes abréviatifs. En fait, C. Y. n’est qu’une imitation servile de H. P. On pourrait ajouter que les initiales C. Y. se prêtent mal à une désignation correcte de l’unité de travail que constitue le cheval-heure ; C. Y. H. serait, en effet, d’une lecture plutôt difficile.
- Aussi, après une étude approfondie de la question et après avoir pris l’avis particulièrement autorisé de MM. Guillaume, directeur du Bureau international de poids et mesures, et Blondin, directeur de la Revue générale d’Electricité, la Société des Ingénieurs civils de France vient de décider l’emploi exclusif de ch-h pour la désignation du cheval-heure. Ces symboles n’étant pas des abréviations ne devront ni prendre la marque du pluriel, ni être suivis d’un signe abréviatif. On écrira donc 5o ch, de même qu’on écrit 5o cm ou 5o kg.
- II n’y a là, d’ailleurs, de la part de la Société des Ingénieurs civils, aucune innovation, le ch étant depuis longtemps employé, dans les conditions qui viennent d’être définies par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, la Revue générale des Chemins de fer, .la Revue générale d'Electricité, la Technique Moderne, et, généralement, par les administrations soucieuses de la correction typographique de leurs publications.
- L’aviation pendant le tremblement de terre du Japon. — Le commandant Têtu, attaché militaire à l’Ambassade de France à Tokio, donne à Y Aéronautique, un émouvant récit où il relate le rôle admirable rempli par l’aviation militaire japonaise, au cours de la terrible catastrophe du Ier septembre 1923. ®
- Trois aérodromes militaires sont aux environs de Tokyo. Le cataclysme s’est produit, comme on sait, à midi. En deux minutes, il détruit de fond en comble une des plus riches contrées du monde. Les aérodromes fort heureusement sont épargnés. Leur personnel et leur matériel sont immédiatement .mobilisés. Vers 4 heures, l’aviation est prête à servir et le plus utile des services de liaison s’improvise.
- « Une première tâche s’impose, dit le commandant Têtu : rendre compte du désastre aussi exactement que possible. Et c’est à quoi tous s’occupèrent dès le premier moment, observant l’incendie, reconnaissant les routes, les ponts coupés, prenant des photographies, lâche énorme et féconde qui devait servir non seulement à renseigner sur l’étendue de la catastrophe,mais aussi à préparer, dès le premier jour, les moyens de réparer le désastre et de relier les contrées dévastées au reste du pays.
- Malheureusement la nuit vint bientôt interrompre le travail. Mais le lendemain, après que, pendant toute la nuit, on a travaillé à mettre au point les avions et à protéger le matériel contre les dégâts des secousses terribles qui continuent, dès le matin les missions de liaisons avec le reste du pays commencent. Car c’est l’avion qui reste le seul moyen de liaison rapide. C’est donc lui qui va porter partout la nouvelle du cataclysme, les renseignements qui apaiseront les incertitudes poignantes ; c’est lui qui va faire arriver les vivres, les troupes qui assureront l’ordre, celles qui combattront le fléau, les ouvriers qui répareront les communications, c’est lui qui va porter les proclamations, les ordres; c’est lui qui va permettre au Gouvernement de gouverner ; c’est lui, peut-être, qui va sauver le pays d’un fléau plus terrible et plus triste que celui sous lequel il chancelle : l’anarchie et la révolution.
- Et tout ce labeur admirable s’effectuait au milieu des périls les plus inouïs. La montagne de fumées et de
- i5
- <îîD»
- p.2x112 - vue 584/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- flammes s’élevait dans le ciel à des hauteurs incroyables et les avions qui la survolaient rentraient noirs de fumée. Les remous montant de cet enfer rendaient la conduite de l’avion horriblement difficile. Lisez d’ailleurs cette simple phrase, extraite d’un rapport officiel sur l'emploi de l’aviation pendant la catastrophe :
- « Les aviateurs ont bravé la mort au cours de leurs vols au-dessus de Tokyo; le courant d’air chaud soulevait irrésistiblement l appareil et rendait impuissant le gouvernail de profondeur. » Et aucun ne songeait à l’horreur d’une panne qui l’aurait jeté dans les flammes. »
- Le cheptel danois. — On sait que le Danemark est en quelque sorte une vaste ferme modèle pour l’élevage et que le beurre, les œufs et le Tard constituent les principaux articles de son commerce d’exportation.
- D’après un recensement effectué en juillet 1923, et dont le Danish Foreign Office Journal fournit ies principaux élément!, le Danemark possède actuellement un cheptel de plus de 2 millions et demi de bêtes à cornes (en nombre rond a 537 393 ), en augmentation de 12000 unités par rapport à 1922. L’accroissement du nombre des vaches laitières est particulièrement remarquable, il s’élève à 38 000 têtes environ, soit 3 pour 100, tandis que l’effectif des taureaux et des bœufs a diminué de 4° 000. Ajoutons que le cheptel bovin n’a pas encore atteint le total de 1914* et demeure en perte de 5,6 pour 100 par rapport à cette date.
- Le nombre des porcs a par contre augmenté depuis 1914, 2 565 000 contre 2497000 dans l’ancien Danemark; si à ce nombre ou ajoute le troupeau existant dans le Slesvig désannexé en 1919, on arrive en 1923 à un total respectable de 2 853 000 porcs pour l’ensemble du royaume.
- Sur les rives du Sund et des Belts, comme en France, l’élevage du mouton est en régression marquée. La comparaison entr e le troupeau ovin de 1914 et celui de 1928, en ne tenant pas compte de la portion du Slesvig rentrée dans la mère patrie, accuse une diminution de 160000 têtes, 355 000 têtes en iga3 contre 5i5 000,? 9 ans auparavant.
- Les poulaillers danois possèdent actuellement une population beaucoup plus nombreuse qu’avant la guerre. Alors qu’en 1914» elle ne dépassait pas i5,i millions, elle s'élève aujourd’hui à 19,1 millions, soit une augmentation de 26,5 pour 100. Ces nombres s’appliquent seulement au royaume de Danemark dans les limites qu’il avait en 1914 ; si on leur ajoute l’effectif des volailles afférant’ à la partie du Slesvig désannexé en 1919, on arrive pour l’ensemble du pays à un total de 20 millions.
- Signalons que depuis le ior janvier 1924,1e ministère des Affaires Etrangères du Danemark, en vue de développer les relations économiques entre les pays de langue française et le Danemark, publie sous le titre de Revue commerciale danoise une notice trimestrielle renseignant sur la vie commerciale et économique du Danemaik et de l’Islande. Charles Rabot.
- Les laines marocaines. — Bien que ces laines, en raison des conditions dans lesquelles se reproduisent le6 troupeaux, ne puissent pas concurrencer' les laines des grands pays de production, elles sont toutefois acceptées sur les divers marchés européens; attendu qu’elles sont meilleures que celles d'Algérie et de Tunisie, parce qu’elles sont moins dures et moins chargées de sable.
- Comme le fait remarquer judicieusement la revue espagnole Cataluha Textil, il est malaisé d’en connaître la production, car une grande partie reste dans le pays pour la fabrication des tapis, des vêtements et d’objets de literie, cependant on peut s’en rendre compte d’après le nombre de têtes de moutons. Or, on estime celles-ci à environ 6*7 000 000 et on sait qu’une toison pèse en moyenne 1 kg 800.
- Généralement, ces laines sont expédiées en suint. Les indigènes ne font le lavage des laines dans les cours d’eau ou dans la mer, que pour les quantités qu’ils emploient personnellement.
- La population dut territoire de la Sarre. — Le Bulletin de la Statistique générale de la France fait connaître les résultats de recensement du 6 avril 1923 dans le territoire de la Sarre : la population domiciliée s’élève à 713 100 habitants; la superficie du pays est de 188r km9; la densité de la population atteint donc 379 habitants par kmâ.
- ."Nouvelles de T. S. F.
- Un nouveau poste émetteur radiotéléphonique. — M. Dupuy, sénateur, directeur du Petit Parisien, vient de faire installer un puissant poste émetteur radio-téléphonique, destiné à permettre des transmissions régulières. Ce poste émet, jusqu’à présent, sur 34o m. de longueur d’onde, et sa modulation semble excellente.
- Nouvelles communications transatlantiques. —
- M. Pierre Louis, l’amateur bien connu, a réussi à se faire entendre en téléphonie par des amateurs américains sur 70 m. de longueur d’onde; de son côté, M. Deloy a pu être entendu régulièrement sur 75 m. de longueur d’onde (en télégraphie). La puissance employée par M. Deloy était de 980 watts.
- On comprend toute l’importance de ces résultats, puisqu’ils démontrent la possibilité de communiquer à grandes distances avec des ondes de longueurs de plus en plus courtes, soit en téléphonie, soit en télégraphie.
- Emissions d’essais. — Kœnigswusterhausen émet maintenant sur 476 m. à 9 lu, 9 h. 15, 11 h. i5, 11 h. 55, 13 lu o5, i3 h. i5, i5 h. 3o, 17 h., 18 h. 3o, 19 h. 3o. Le dimanche 17 lu, 18 lu, ig h. 3o et 20 h. 3o.
- Il semble que la modulation soit actuellement assez défectueuse (communiqué par M. Kleiber).
- Un Congrès international d’amateurs de T. S. F. — Nous avons indiqué, en son temps, qu’une réception avait été organisée en l’honneur de M. Maxim, président de l’American Radio Relay League, par le Comité intersociétaire de T. S. F., délégué des trois grandes sociétés françaises de T. S. F.
- Outre les amateurs français les plus notoires, de nombreux délégués étrangers assistaient à cette réception. Avant de se séparer, les délégués ont voté la convention provisoire suivante, premier document international de la T. S. F. d’amateurs, dont la simple lecture permet de juger toute la réelle importance.
- « Des amateurs de T. S. F. de Belgique, d’Espagne, des Etats-Unis d’Amérique, de France, de Grande-Bretagne, du Grand-Duché de Luxembourg, d’Italie et de Suisse, réunis ou représentés à Paris le la mars 1924 pour étudier avec M. Hiram Percy Maxim, président de l’American Radio Relay League, l’opportunité d’une organisation internationale de la T. S. F. d’Amateurs, ont été unanimes à reconnaître cette opportunité.
- Sous bénéfice de ratification ultérieure pour ceux d’entre eux qui n’avaient pas à cet effet reçu mandat de leur Société nationale, ils ont désigné pour étudier les modalités de réalisation d’une telle organisation :
- Pour la Belgique : M. Henrotay.
- Pour l’Espagne : M. Elias Balta.
- Pour les Etats-Unis d’Amérique : M. Hiram P. Maxim.
- Pour la France ; M. le D' Corret.
- Pour la Grande-Bretagne : M. G. Marcuse.
- Pour le Grand Duché du Luxembourg : M. de Groot.
- Pour l’Italie : M. Giulio Salom.
- Pour la Suisse : M. Cauderey.
- Le Danemark, qui n’avait pas encore de représentant, devait en outre être informé par M. le Dr Corret, des dispositions qui seraient prises de concert avec M. Maxim.
- Les Amateurs, ainsi désignés, ou leurs Représentants, se sont réunis le 14 mars 1924 à l’exception de M. G. Marcuse, qui n’avait pu prolonger son séjour à Paris,
- Le Comité, ainsi constitué, a pris le nom de « Comité provisoire pour l’organisation d’une Union internationale d’Amateurs de T, S, F. » et a élu comme président : M. Hiram P. Maxim et comme secrétaire : M. le Dr Corret.
- Il a été d’avis, après étude préalable d’un projet établi par l’American Radio Relay League, que la fondation définitive d’un groupement international d’Amateurs de T. S. F. soit soumise aux délibérations d'un Congrès international qui serait convoqué à Paris aux vacances de Pâques 1925.
- Le nom d’ « Union internationale des Amateurs de T. S. F. » lui a paru devoir être lé meilleur à attribuer pour ce groupement. »
- Après la réception, M. Maxim est parti pour l’Angleterre où il devait également assister à un déjeuner offert par les sociétés anglaises de T. S. F.
- p.2x113 - vue 585/688
-
-
-
- <
- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> 'Electricité
- Le survolteur Ferrix. — Les réseaux de distribution qui amènent le courant électrique aux lampes de nos appartements ne jouissent pas toujours, tant s’en faut, de la fixité de voltage nécessaire pour le bon fonctionnement des lampes.
- Dans les réseaux surchargés, qui sont peut-être actuellement la majorité, en raison du développement rapide des installations électriques, les canalisations et les transformateurs ne peuvent arriver à maintenir la tension normale pendant les heures de forte demande. Ainsi, aux heures de pointe, il arrive que la tension qui devrait être de 120 volts par exemple, ne dépasse pas 90, tandis qu’après la pointe, elle remonte bien au delà de 120 volts, parfois jusqu’à i5o volts. Ainsi aux heures où l’on a le plus besoin de lumière, la tension est insuffisante et les lampes éclairent mal. Par contre, dans la nuit, les appareils en fonctionnement sont soumis à des tensions trop élevées et se détériorent.
- Cette situation paradoxale est désavantageuse aussi
- Fusible 5/10 - 8/)0 protégeant le primaire de l'Æuto-transformateur
- un avantage ; par exemple dans un magasin où on laisse allumées un certain nombre de lampes de garde ; si un court-circuit se produit pendant la nuit, la self-inductance de l’appareil en limite immédiatement l’intensité et empêche tout accident.
- On peut du reste, si on le veut, réaliser un dévoltage fixe. Il suffît d’intervertir les 2 fils « réseau » et « installation » du schéma ci contre, manœuvre qui s’effectuera par exemple au moyen d’un commutateur bipolaire adjoint à l’installation.
- La présence du survolteur permet de réaliser de notables économies dans le courant d’éclairage. Les lampes modernes monowatt et demi-watt ne donnent leur bon rendement que sous la tension pour laquelle elles ont été établies. Le rendement diminue très vite quand la tension baisse, et pour réaliser un éclairage convenable sur un réseau à tension variable, on est amené à multiplier inutilement le nombre des lampes tout en augmentant très notablement la consommation de courant.
- Le survolteur Ferrix s’établit suivant 3 modèles correspondant aux calibres usuels des compteurs : 5 ampères, 10 ampères, 20 ampères.
- Il est en vente chez Lefébure, 64, rue Saint-André-des-Arts, Paris.
- Réseau
- Réseau
- Installation '
- Auto-Transformateur
- Repos et dé voltage variable
- Commutateur donnant s rr voltajgé ou dévoltage
- Fig. 1. — Schéma d’installation d’un survolteur Ferrix.
- bien pour la Compagnie distributrice de courant que pour le client.
- Le survolteur Ferrix y apporte un remède.
- Cet appareil permet d’augmenter la tension du courant un peu au-dessus de la normale au moment où une vive clarté est à désirer, de l’abaisser au contraire, pendant la nuit, par exemple, pour éviter le survoltage.
- C'est un autotransformateur branché sur le circuit d’amenée du courant aussitôt après le compteur, conformément au schéma ci-contre.
- 11 offre plusieurs plots permettant de mettre en circuit un nombre plus ou moins grand de spires de l’auto-transformateur et par suite de réaliser toute une gamme de surtensions ou de sous-tensions, réglable à volonté.
- Ces plots portent les indications voulues, pour que la manœuvre à effectuer avec la manette du commutateur qui les met en circuit soit extrêmement simple.
- Si la tension du courant baisse le soir, par exemple, on met le commutateur de droite sur le plot 10 pour 100, ensuite le commutateur de gauche sur le plot de survoltage. La tension fournie par le réseau est alors survoltée de 10 pour 100. Si c’e^t insuffisant pour avoir une belle lumière, on passe au plot 20 pour 100 et au besoin au plot 3o pour 100. Quand la tension remonte, on fait l’inverse.
- Pour la nuit, on laissera le commutateur de droite sur le plot 20 pour 100 ou 3o pour 100, mais on placera celui de gauche sur le plot de repos et de dé voltage. La tension du réseau sera alors abaissée par l’appareil. De plus, elle baissera à mesure que des lampes seront éclairées dans ces conditions. C’est dans bien des cas
- Brique électrique C. M. — Cette brique, qui s’inspire du principe si connu de la brique ordinaire que l’on utilise depuis longtemps comme accumulateur de chaleur, se compose d’une mtaière spéciale isolante à
- Fig, 2. — Brique électrique C. M.
- grandes propriétés calorifiques. Des résistances inoxydables sont noyées dans la masse et font corps avec elle, de telle sorte qu’il suffît de placer la brique sur le courant durant un certain laps de temps; on emmagasine un nombre de calories suffisant pour que, le courant coupé, on obtienne un dégagement de chaleur utilisable pendant fort longtemps.
- Elle peut fort commodément servir de chauffe-plats comme aussi de" chauffe-lits, attendu qu’elle se démonte facilement de son armature nickelée en tirant les deux boutons de chaque côté.
- Cette brique a figuré au récent Salon des appareils ménagers et y a obtenu une médaille d’or.
- Constructeur : Comptoir de la Madeleine, x3, rue Saint-Florentin, Paris.
- ^ Travaux Publics
- Chaussées en macadam goudronné système Aeberli. — A côté de la voie ferrée, la route a reconquis ces dernières années toute son ancienne importance et cela grâce à la circulation toujours de plus en plus intense des automobiles et des poids lourds. Mais il en découle forcément que le mode de construction employé jusqu’ici pour les chaussées des voies publiques doit naturellement être abandonné pour faire place à d'autres procédés devant tenir compte de cette lourde et intense circulation. A cet égard, les études et les essais faits dans tous les pays par les services voyers sont des plus intéressants ; il suffit encore de lire le compte rendu du Congrès de la Route qui s’est tenu cette année en Espagne, à Séville.
- Il faut toutefois reconnaître qu’en plus des routes qui ont à peine un fond solide, beaucoup d’autres établies cependant avec empierrement au macadam présentent de nombreux défauts dont la suppression s’impose et ne serait-ce qu’au seul point de vue de l’hygiène, il y a Heu avant tout d’entreprendre une lutte énergique contre la
- p.2x114 - vue 586/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- poussière qui devient vraiment une calamité publique.
- Ce sont non seulement les champs, les propriétés privées situées en bordure de nos chaussées qui ont à souffrir de la poussière, mais bien plus encore l’homme et les animaux qui sont appelés à circuler et qui sont de cette façon continuellement exposés à l'influence nuisible de ce fléau qu’est la poussière des chaussées des voies urbaines ou rurales.
- Un autre point important à examiner à côté de la construction des voies publiques, c’est aussi l’entretien qui peut atteindre des sommes considérables surtout dans les agglomérations importantes. Par conséquent, améliorer la valeur des voies publiques au point de vue hygiénique tout en cherchant à réduire le coût de la -construction et de l’entretien, tel est le problème qu’il appartient aux ingénieurs-voyers de résoudre le plus tôt possible et au mieux des intérêts en cause.
- Pour empêcher la poussière de se former, ou pour la faire disparaître, on a depuis longtemps déjà essayé de nombreuses combinaisons chimiques : arrosage avec des huiles, émulsions de sels ou d’alcalis, etc. Ces procédés encore que chers n’ont donné aucun résultat vraiment pratique, aussi sont-ils à l’heure actuelle quasiment abandonnés, leur action étant, en effet, de trop
- spécial, chaque caillou est enduit d’une couche régulière de goudron. La matière ainsi préparée est ensuite amoncelée en forme de pyramides recouvertes de sable fin de façon à la mettre à l’abri de l’air et de l’eau. Dans ces pyramides (fig. 3) laissées à elles-mêmes durant 4 à iu semaines, il se produit comme une sorte de fermentation qui a pour but de transformer certaines parties du goudron en une substance collante et résineuse qui constitue un excellent liant.
- Cette fermentation du gravier au goudron une fois terminée, la construction de la chaussée s’opère de la même manière qu’une voie au macadam ordinaire, avec un rouleau compresseur, mais, bien entendu, sans arrosage d’eau. La chaussée ainsi faite est en-uite saupoudrée de sable propre et livrée à la circulation dès que la couche supérieure, est dure. Quelques semaines après ces travaux, l’empierrement ainsi obtenu doit être encore soumis à un goudronnage superficiel afin de boucher tous les interstices et imperméabiliser le revêtement à la façon de l’asphalle.
- Le macadam Aeberli qui est parfaitement étanche, insonore et exempt de poussière, a l’aspect des surfaces asphaltées et n’est pas glissant, donc sans danger pour les hommes et les animaux. Cette dernière qualité rend possible son emploi pour les voies publiques présentant jusqu’à 5 pour ioo de pente. La surface, complètement étanche comme il est dit et expliqué plus haut, peut être lavée à grande eau au moyen d’hydrants ou de lances, ce qui présente un gros avantage hygiénique. Il n’a enfin aucune action nuisible sur la végétation, attendu que c’est un produit qui ne coule pas en dehors de la chaussée.
- Il a aussi le grand avantage d'être peu coûteux et de se recommander non seulement pour les routes et rues, mais aussi pour les trottoirs, places, promenades, cours, quais de gares, préaux d’écoles, etc.
- Avantageusement répandu en Suisse et notamment utilisé par les services des travaux des villes de Berne, Zurich, Bâle, Lucerne, Soleure, Coire, Saint-Gall, etc., son emploi en a été fait en Allemagne particulièrement à Leipzig, Chemnitz, Munich, Erfust, etc., en Italie, à Milan, et même avant la guerre en France sur la route nationale n° 83 de Versailles à Paris.
- M. Bousquet.
- peu de durée, sans parler des dangers que parfois leur nature chimique peut occasionner.
- Le goudron, par contre, prend depuis quelque temps une importance toujours plus grande dans cette lutte anti-poussiéreuse comme aussi dans la construction des chaussées elles-mêmes. Toutefois il faut reconnaître que lorsqu’il est utilisé en couche mince à la surface seulement, sa durée est assez courte, et qu’en couche épaisse, il rend la marche très pénible, désagréable, pendant la période des chaleurs.
- Tous autres sont les résultats obtenus par le goudronnage interne, autrement dit l’empierrement par lg.maca-dam au goudron. Plusieurs années d’expérience et en différents pays permettent d’affirmer notamment que pour la route de circulation moyenne, le macadam au goudron est actuellement le meilleur empierrement à employer. Dans le goudronnage interne, il y a lieu de distinguer deux façons de procéder, soit que l’on utilise le goudron de gaz d’éclairage, qui est meilleur marché, soit que l’on emploie le goudron distillé (et d’autres produits), plus coûteux sans avoir d’aulres avantages sur le premier.
- C’est ainsi que le système Aeberli utilise le goudron de gaz ordinaire. D’origine suisse, il a par devers lui neuf ans d’expérience. La fabrication du macadam Aeberli au goudron s’effectue de la manière suivante : le gravier employé ordinairement dans la construction des chaussées et dont la grosseur varie de o m. oo5 à o m o45 doit être avant tout débarrassé de toute trace d’humidité. Dans ce but, il est placé dans un tambour spécial chauffé et dans lequel on fait passer en outre un courant d’àir chaud.
- Après avoir été légèrement refroidi, le gravier est ensuite introduit dans un deuxième tambour faisant partie de la machine à goudronner. Là, par un dispositif
- *_> Objets utiles <«*
- Meubles démontables, système D. — Ce système, primé au concours Lépine, est une combinaison d’éléments interchangeables permettant à chacun de concevoir tel meuble à sa guise, de le monter en quelques minutes, enfin de le transformer à volonté.
- Ces éléments comportent essentiellement des tablettes, des montants et des panneaux pleins ou à grille (fig. 1). Les montants, munis d’une vis métallique, se superposent à l’infini, serrant les tablettes entre leurs extrémités ; la hauteur du meuble est pour ainsi d re illimitée comme aussi sa longueur, attendu que tablettes et mon-
- Fig. 4- — Meuble démontable, système D.
- tants existent en différentes dimensions commercialement courantes. Des b^ttis-porte permettent de clore complètement le meuble; des pieds sur lesquels repose ce dernier et des boules formant écrou de fixation complètent les éléments précédents.
- Ces éléments système D ont des applications multiples : étagères, rayons, bibliothèques, etc., et chacun peut avec eux combiner les meubles les plus variés selon ses goûts et l’emplacement dont il dispose.
- Constructeur : Le meuble démontable, 131, rue La-fayette, Paris.
- p.2x115 - vue 587/688
-
-
-
- iV>&
- V-
- c*
- as
- SB.
- >
- <
- A A
- VARIETES
- ><
- ^ÎSSùB#
- L'INDUSTRIE DE DISTILLATION DU BOIS DE PIN
- Lesproduits chimiques que l’on peut extraire du bois de pin sont nombreux. L’industrie landaise, fidèle aux traditions d’un lointain passé, n’avait vu, jusqu'en ces derniers temps, dans le pin maritime, qu’une source féconde de gemme, d’essence de térébenthine et de résine (1).
- Les persévérantes recherches de savants chimistes ont démontré que l’essence, les brais et les colophanes ne sont pas les seuls produits que l’on peut obtenir de l’exploitation des pineraies de Gascogne.
- Une industrie nouvelle, appelée à un brillant avenir : la distillation du bois de pin, met en pleine valeur cette essence résineuse, précieuse entre toutes, par sa richesse en produits chimiques variés, d'une grande importance au point de vue industriel.
- En France, l’idée de pratiquer la distillation du bois de pin ne s’est révélée que lorsque, la guerre(entraînant la rupture des rapports commerciaux avec l’Allemagne, on a dû se rendre compte que notre pays était tributaire de celle-ci pour des produits chimiques de première nécessité et aussi pour de nombreuses sortes de produits pharmaceutiques.
- On estime que la distillation du bois, particulièrement du bois de pin maritime, permet de compenser, dans une large mesure, cette infériorité de notre industrie chimique nationale.
- L’immense forêt de Gascogne, qui couvre plus d’un million d'hectares, de Soulac à Bayonne et de l’Océan à Nérac, produit des milliers de tonnes de bois dont l’industrie de la distillation peut tirer des dérivés chimiques représentant d’importantes richesses.
- La distillation du bois n’a été réalisée que depuis une époque relativement récente, et d'abord dans des pays où existent d’immenses massifs forestiers : Prusse orientale, Russie, Etats-Unis, Canada. Elle est pratiquée en France depuis quelque cinquante ans; une quinzaine d’usines se sont créées dans la Côte d’Or, le Cher, la Nièvre, la Haute-Marne, la Meuse, mais ces usines ne traitent que des bois durs (chêne, hêtre).
- Depuis 1920, fonctionne en Gironde, à Castelnau-de-Médoc, la première usine française distillant des résineux, le pin principalement, et utilisant les déchets de bois. Elle traite, annuellement, 10000 tonnes de bois.
- L’expérience a démontré . que l’on peut, en traitant par la carbonisation en vase clos des quantités de bois autres que les déchets, faire vivre une industrie nou-velle et d’un très grand intérêt, une industrie maîtresse de son marché, pouvant fixer les prix de ses produits en ne tenant compte que d’éléments absolument normaux et bénéficiant de débouchés en quelque sorte illimités, non seulement en France, mais aussi en Angleterre, Belgique, Espagne, Italie, pays qui apprécient supérieurement les goudrons, l’alcool méthylique, l’acétone, les phénols, etc., de provenance française.
- Les souches et les racines du pin sont les parties de l'arbre les plus riches en produits chimiques. L’outillage approprié permet de fabriquer les produits suivants : acétate de chaux, acétate de soude, acétone, méthylène, essence de térébenthine, huile de pin, phénols, goudron végétal, formaldéhyde, terpine, brai, créosote et charbon de bois épuré. On peut récupérer l’essence de térébenthine par la carbonisation, sans recourir à la distillation de la gemme et, en même temps, obtenir un goudron identique au goudron de Norvège. C’est aussi par la carbonisation du bois que l’on peut obtenir, en grandes quantités, l’alcool méthylique, produit chimique très précieux.
- I. La carbonisation. — Les bois destinés au chauffage et à la distillation sont empilés dans des hangars, puis fendus et coupés sur une longueur de 5o cm, à l’aide de scies mécaniques. On emploie tous les bois secondaires (redos de traverses, croûtes, délignages, poteaux de raines, racines, souches, branchages de pin, restes de bois incendiés). Les bois sont empilés dans des paniers cylindriques en tôle, qui roulent sur des voies Decau-ville, et sont conduits, à l’aide de ponts roulants, dans une batterie de dix cornues chauffées à 45o? par des sciures, des écorces et des déchets de pin.
- La carbonisation dure douze heures; le charbon ainsi
- 1. Voyez : l’Industrie résinière. La Nature, n° du 17 juin 191(8,
- obtenu est conduit dans des étoufîoirs cylindriques. Chaque cornue donne le quart de son poids d’un charbon de bois très pur et bien cuit.
- Il y a intérêt à carboniser des bois de coupe récente, riches en résine et à diriger la vapeur de l’eau que contenait le bois dans un réfrigérant où elle se condense sous forme d’eau chargée d’huiles brutes de térébenthine, obtenues par entraînement. De ces huiles brutes, préalablement séparées de l’eau sur laquelle surnagent, l’essence est extraite par distillation. La vaporisation de l’eau contenue dans le bois se fait à une température inférieure à celle qui est nécessaire à la carbonisation. Quand l’acide commence à apparaître, on isole, par un jeu de vannes, le réfrigérant des eaux térébenthineuses et on dirige les vapeurs vers la série des appareils de condensation de l’acide pyroligneux.
- D’après M. Paul Ragot, spécialiste de l’industrie de carbonisation des bois, la cornue fixe, munie de deux tuyaux de dégagement, est la seule qui soit pratiquement utilisable pour la carbonisation, des bois à feuilles aciculaires.
- La capacité de ces cornues est très variable, mais dépasse rarement 20 m3, dont i5 sont seulement employés, en raison de l’emplacement occupé par les wagonnets; le diamètre maximum est de 2 m. et la longueur de 7 m. à 7 m. 5o.
- Le liquide recueilli lors de la seconde phase de carbonisation doit être décanté très soigneusement, car l’obtention d’un acétate de chaux de titre commercial dépend, en grande partie, des soins apportés à celte décantation. Le distillât, mis en repos dans des cuves en bois, se sépare en deux couches dont l’une, l’inférieure, est l’acide pyroligneux, tandis que l’autre est formée d’un mélange de goudron et d’huile de pin. La clarification du produit brut exige un temps relativement long et un matériel de cuverie approprié pour le dépôt des eaux térébenthineuses, la décantation des huiles de pin, etc.
- L’acide pyroligneux, séparé du mélange de goudron et d’huile, est traité ensuite dans un appareil dit « des trois chaudières », avec lequel on obtient l’acétate de chaux ayant la qualité marchande la plus grande. La concentration de ce dernier produit se fait dans des chaudières à double enveloppe, chauffées à la vapeur. La pâte, placée sur des wagonnets à plateaux, est séchée dans une étuve utilisant la chaleur perdue des fours de carbonisation.
- IL La distillation. — La distillation produit deux sortes de gaz : les uns, incondensables (gaz d’éclairage, ou gaz de bois) sont recueillis et renvoyés par des brûleurs, sous les fours, pour chauffer les cornues, puis les gaz condensables, qui passent dans des réfrigérants où ils se transforment en un liquide, le pyroligneux brut, lequel, recueilli dans des bassins, est pompé dans des cuves en bois, où se fait une décantation.
- Le goudron va au fond de la cuve, et il reste au-dessus, le pyroligneux et les huiles légères.
- Le goudron, soutiré des cuves, est. distillé dans un alambic, on a ainsi le « goudron des Landes » et l’huile de pin ou « Pinoléine », dont on extrait, par un traitement à la soude, le phénol et la créosote.
- Une nouvelle distillation donne l’huile de pin blanche, qui remplace l’essence de térébenthine dans la fabrication des vernis et des encaustiques.
- Le pyroligneux passe ensuite dans une série d’alambics. Les vapeurB vont barbotter dans deux laits de chaux, où elles abandonnent les acides acétique, formique, etc. Au contact de la chaux, il se forme de l’acétate de chaux, ç>n recueille ensuite l’alcool méthylique en passant les flegmes alcooliques dans un autre alambic pour une nouvelle distillation qui concentre cet alcool méthylique, recueilli ensuite dans des fûts. La rectification des flegmes alcooliques se fait au moyen d’un appareil à colonnes, dont le débit est faible en raison du rendement qui, pour 5o stères de "bois, n’est guère que de ia5 à i5o litres par jour, suivant l’estimation donnée par M. Paul Ragot.
- On fabrique le méthylène-régie pour la dénaturation des alcools.
- Le mélange goudronneux séparé de l’acide pyroligneux
- p.2x116 - vue 588/688
-
-
-
- VARIÉTÉS
- et composé principalement de goudron, d’huile de pin et d’eau, est distillé dans un alambic en cuivre chauffé par un serpentin et muni d’un barboteur pour injection de vapeur directe. Cette opération vise un double but : l’obtention d’un goudron déshydraté et l’entraînement, par la vapeur d eau, des huiles légères contenues dans le mélange. Celui-ci est tout d’abord porté à une température suffisante pour commencer la distillation. L’injection de vapeur directe destinée à faciliter l’entraînement de l’huile de pin ne doit se faire que durant un temps assez court pour éviter une condensation d’eau puisque, finalement, le résidu restant dans la chaudière doit être du goudron totalement déshydraté.
- Le produit de condensation est dirigé dans un récipient du type vase florentin qui en effectue la séparation en eau et en huile brute de pin qui, pour être débarrassée de sa forte odeur et de sa coloration, et rendue utilisable, doit subir une purification chimique et une nouvelle distillation. On la désodorise par l’un ou l’autre des agents chimiques suivants : chaux vive, carbonate de soude, soude caustique, acide sulfurique, etc.
- L’acétate de chaux liquide est conduit dans des bacs où, par évaporation lente et dissolution, on obtient l’acétate de chaux solide, livré au commerce ou traité de nouveau pour la fabrication de l’acétone. Le grillage de l’acétate de chaux, suivi de plusieurs rectifications, donne l’acétone.
- L’industrie de la distillation du bois de pin est très productive. En la réduisant à son opération primitive, la carbonisation du bois en vase clos, on constate que 4 tonnes de bois de pin courant, à 35 francs la tonne, soit 140 francs donnent, après distillation, une tonne de charbon valant, au minimum, 180 francs. Ainsi, la matière première se trouve déjà payée avec un appréciable bénéfice.
- Les rendements varient avec la richesse du bois, la puissance des appareils de réfrigération, la méthode employée et l’installation générale de l’usine. M. Paul Ragot observe qu’une usine traitant, en pleine marche, jusqu’à 60 stères de bois par jour, peut produire, par stère de bois, 3o à 40 kg de goudron, soit au total, environ 2000 kilogrammes.
- III. Utilisations industrielles des produits de la distillation du bois de pin. — Le charbon de bois, mis en pochettes de 5 et 10 litres, est employé non seulement aux usages domestiques, mais encore à la fabrication du sulfure de carbone et du carbure de calcium. Avec ses débris, on fait des agglomérés.
- L’alcool méthylique entre dans la fabrication des vernis et sert de dénaturant pour les autres alcools, avec un mélange d’alcool neutre.
- Employé pur, à 98 pour 100, on l’utilise dans la pasteurisation des vins, mais après sa transformation en formol.
- Le goudron végétal est employé en corderie, dans les fabriques de bâches et pour le calfatage des navires. Il y aurait intérêt à en faire usage pour la conservation des bois, car le goudron de pin fluide convient mieux pour cet usage que les huiles lourdes de goudron de houille (carbolinéum, etc.).
- En outre, ce goudron a une valeur marchande représentant un pourcentage élevé dans la totalisation des recettes.
- Les essences vives de pin entrent dans la fabrication des peintures sous-marines, des cirages et des cires industrielles.
- On sait que l’acétone est un puissant dissolvant utilisé dans la fabrication du celluloïd, de l’acétylène dissous et des poudres.
- Les phénates et les créosotes servent à faire des désinfectants remplaçant, avec avantage, ceux actuellement en usage.
- La créosote de pin est utilisée en médecine, sous forme de sirops et de pastilles, dans le traitement des maladies des voies respiratoires et notamment de la tuberculose.
- L’industrie de la distillation du bois de pin qui vient, si heureusement, compléter l’industrie de la carbonisation, en développant la production de ses dérivés chimiques, ouvre à l’exploitation de la forêt de Gascogne et des pineraies landaises, en particulier, une ère nouvelle, riche de brillantes perspectives, justifiant le vieux dicton landais : « Qui a pin a pain. »
- Henri Blin.
- IffO
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présen tant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Correspondance. — Le] latex et la crêpe. — Suite à l’article paru dans le n° 2601 de ce journal et pour répondre aux questions posées.
- Il n’y a pas de maisons françaises utilisant le latex dans les vernis pour cuirs, papiers, tissus.
- Il y a beaucoup de dissolvants : benzol, toluène, alcool, mais pour avoir les proportions et composition de ces nouveaux vernis, il faudrait en faire venir des Etats-Unis.
- On peut se procurer du latex aux Produits EYA, 5, rue du Centenaire, Montreuil-sous-Bois.
- Ce produit peut être livré en bouteille, il est liquide, a l’aspect du lait; il renferme environ 60 pour 100 d’eau et 5 pour 100 d’ammoniaque. Le prix varie avec le change, mais même actuellement il doit être inférieur à 10 francs le litre.
- Nous avons omis de signaler que le latex peut être utilisé pour la conservation des œufs qu’on n’a qu’à plonger dans le liquide et à laisser sécher à l’air, la coquille est alors revêtue d’une mince couche de caoutchouc la rendant imperméable.
- Il paraît que lé brevet « cellulatex * comprend aussi à côté du linoléum l’utilisation du latex pour l’imperméabilisation des tissus, entre autres on arrive à faire une dissolution souple sur un tissu de bonneterie souple, à imperméabiliser la semelle ou le bas entier.
- Avec le « cellulatex » on a dit qu’on arrive à faire
- aussi très économiquement des joints à eau et à vapeur et des courroies.
- Et tout cas le latex semble avoir de très grands débouchés et sa consommation ira en grandissant en France comme ailleurs.
- Le crêpe est produit par le latex coagulé par la chaleur et la fumée. On l’utilise depuis peu comme semelle à chaussures, il est possible d’en trouver aussi, 5, rue du Centenaire, Montreuil-sous-Bois.
- Réponses. — M. Beaucamps, à Grenoble. — Vous pourrez écrire sur ébonite en traçant les inscriptions avec un pinceau fin en vous servant de la mixture suivante :
- Caoutchouc pur Para .... 3 gr.
- Tétrachlorure de carbone . . 65 cm5
- Benzine......................35 —
- Après dissolution ajouter quantité suffisante de blanc d’Espagne pulvérisé pour donner une consistance convenable tout en maintenant une fluidité suffisante.
- JY. B. On peut remplacer le blanc d’Espagne par du minium si l’on désire une inscription en rouge.'
- M. Da Silva, à Lisbonne. — L’huile de ricin médicinale, pour être de bonne présentation, doit être obtenue par extraction à froid. Le procédé Faguer donne en particulier ,de très bons résultats, il est fondé sur la propriété que possède cette huile de se dissoudre complètement dans l’alcool. On délaie à froid un kilogramme de pâte de graines privées de leur enveloppe corticale dans 2 5o cm5 d’alcool à 900, puis on introduit le mélange dans un sac en coutil et soumet à la pression. Le liquide ainsi extrait est distillé dans une cornue au bain-marie vers 8o°, l’alcool est ainsi récupéré et on obtient environ 600 gr, d’une huile incolore, transpa-
- Wr
- p.2x117 - vue 589/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- »
- rente, épaisse, d’un goût à peine sensible et d’odeur nulle.
- M. Michoud, rue Molière, Grenoble.— x° Préparation de la colle pour la clarification dès vins blancs : On emploie surtout, pour cet usage, la colle de poisson ou ichthyocolle, que l’on trouve couramment dans le commerce. Cette colle, faite avec la membrane interne de la vessie natatoire de plusieurs espèces d’esturgeons, agit par la gélatine qu’elle contient. Voici comment on la prépare pour le collage des vins blancs : Pour faire 3 litres de colle, prendre 8 gr. de colle dé poisson très blanche et très transparente, la battre afin de pouvoir l’effeuiller plus facilement, déchirer ces feuilles en morceaux aussi petits que possible, les mettre dans un vase en terre verni'séë, avec un décilitre de vin blanc, de manière qu’ils baignent dans le liquide. Au bout de 7 à 8 heures, la colle ayant absorbé le vin, on en remet une égale quantité. Après 24 heures d’infusion, la colle forme gelée, on y ajoute 3 décilitres d’eau tiède, puis on la pétrit dans les mains pour écraser les petits môr-ceaux, ensuite on la passe dans un linge propre, en ayant soin de bien presser pour en séparer la liqueur. Reprendre alors cette colle sur le linge et la battre avec quelques brins de balai pendant environ Un quart d’heure, en y ajoutant à mesure du vin blanc jusqu'à concurrence de 3 litres. Lorsque la colle est refroidie, on la met dans des bouteilles que l’on a soin de bien boucher et que l’on range à la cave en attendant le moment de s’en servir. Celte colle se conservé plusieurs mois sans s’altérer; mais si le vin blanc employé est faible, il faut y ajouter un décilitre d’eau-de-vie pour en assurer la bonne conservation.
- Pour coller une barrique bordelaise de vin blanc, après en avoir retiré 6 ou 7 litres, prendre un peu moins d’un litre de la colle ainsi préparée, la mélanger avec un litre de vin retiré du fût, verser le tout, fouetter le vin énergiquement, pendant deux ou trois minutés, faire le plein et boucher le fût très légèrement si le vin est nouveau et susceptible d’entrer en fermentation, hermétiquement dans le cas contraire.
- a0 Documentation sur l'œnologie et tes maladies des vins : Vinification, par Pacottet, 1 vol. ; Vinification, par L. Mathieu, i vol. ; Le vin et l'art dé là vinification, par Y. Cambon, i vol. ; Le vin, procédés modernes de préparation, par B. Chancrin; Comment devons-nous faire notre vin, par G. Foex, 1 vol. ; Comment s'obtient le bon vin, Manuel jdu vinificateur, par E.-J. Maumené, i vol.; Manuel pratiqué de vinification, parL. Roügier, 1 vol. ; Procédés modernes dë vinification, par P. Coste-Floret, 3 vol. ; Le matériel vinicole et les soins à donner aux vins, par Raymond BrUnet, i vol. ; Les maladies des vins et leurs traitements, parle même, 1 vol. ; Traité des maladies des vins, par L. Semichon, 1 vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°).
- M. E. Pondéraux, à Montpellier. — i°La description sommaire que vous nous donnez de Y insecte qui attaque vos cognassiers et autres arbres fruitiers ne nous permettant pas de déterminer à distance la nature dudit insecte, nous pensons qu’il s’agit probablement de la larve du cossus gâte-bois (Cossus ligniperda) qui cause au cognassier et au poirier des dégâts analogues à ceux que vous constatez. Si tel est le cas, il n’y a que la lutte directe qui puisse préserver les jeunes arbres que vous voulez planter. Il faut chercher à extraire les larves avec un fil de fer recuit lorsque les galeries ne sont pas encore profondes, pour injecter dans ceë galeries de la benzine ou du brome; boucher ensuite l’ouverture très soigneusement. Rechercher, enlever les cocons qui sont à la base de l’arbre, dans les loges creusées sous l’écôrce.
- Nous donnons ces indications sous réserve d’un examen en vue de l’identification de l’insecte. YoUs pourriez, dans ce but, vous adresser à la Station entomolo-gique de Montpellier (voyez à l’Ecole d’Agriculture) ou à l’Insectarium de Menton (Alpes-Maritimes).
- 20 Engrais pour œillets : Dans le Midi et pour la culture en pleine terre, on arrose, deux semaines après la plantation, avec du purin léger en ayant soin de n’en pas verser sur les feuilles. Un mois après la plantation, on arrose avec de la vidange non additionnée d’eau, à raison dé 1 litre pour trois pieds d’œillet. Dès que les chaleurs arrivent, on additionne chaque litre de vidange d’à peu près 3 litres d’eau.
- A défaut des engrais susdits, on emploie une fumure minérale ainsi composée, pour un are, et appliquée en trois fois : au début d’août, au début d’octobre et en décembre, indépendamment du fumier : superphosphate 5 kg; sulfate de potasse 3 kg; nitrate de soude 2 kg.
- Pour les œillets en pots, arroser avec un liquide nutritif obtenu en mélangeant à 1 litre d’eâu ordinaire 10 cm3 d’une solution mère renfermant, par litre : phosphaté de potasse, 32 gr. ; phosphate d’ammoniaque, 12 gr. ; nitrate de potasse, 14 gr. ; nitrate d’ammoniaque, 42 gr. Arroser jusqu’à refus.
- 3° Les éléments minéraux qui doivent dôminèr dans la fumure sont l’acide phosphorique êt la potasse qui donnent de la rigidité aux tiges, les rendent plus fermes, plus lourdes, plus vigoureuses et même plus longues et influent sur les dimensions des corolles, le coloris et le parfum de la fleur.
- M. Gemain, à Bayonne. — 1° Préparation de la conserve d’anchois. — Choisir des anchois très petits, récemment préparés, blancs à l’extérieur, vermeils en dedans, à chair ferme, dos arrondis afin de ne pas confondre avec des sardines sans arêtes, anchoisées. Enlever la tête, le fiel et le6 intestins et ranger les poissons par lits alternant avec une couche de sel, soit dans des pots de terre, soit dans des barils, dits barrots et demi-barrots, selon leurs dimensions. Les récipients# étant pleins, on y met le couvercle, percé d’un trou au milieu.
- Par cet orifice, on verse une saumure ou dissolution de sel marin, assez concentrée pour qu’un œuf du jour y surnage, puis on expose les récipients au soleil, eu laissant l’orifice ouvert mais en plaçant simplement sur celui-ci une brique. La chaleur solaire détermine une sorte de fermentation qui confit les poissons et en assure la conservation. La brique s’oppose à l’évaporation trop rapide de la saumure et à ce qu’elle soit affaiblie par l’eau de pluie. Lorsque la fermentation est jugée suffisante, on ferme le trou des pots ou des barils avec un bouchon, et ceux-ci peuvent être expédiés aux maisons de vente.
- 20 Nous n’avons pas la formule de composition, ni le mode dë préparation dé la sauce anglaise dite « Worcestershire sauce ». Si, parmi nos lecteurs, quelqu’un nous transmettait des indications sûres, précises, nous nous ferions un plaisir de vous en donner communication.
- T. S. P. — M. Thomas, à Rambervillers (Vosges). — i° Les lampes à faible consommation se montent comme les lampes ordinaires, leur rendement est au moins égal à celui de ces dernières. Il faut seulement prendre la précaution d’utiliser un rhéostat plus résistant (20 à 3o ohms).
- Comme nous l’avons expliqué dans les « Chroniques de T. S. F. », vous pouvez utiliser une batterie de piles pour chauffer directement les filaments de ces lampes. Yous pouvez employer des piles au chlorure d’ammonium, à deüx liquides, genre Guéraud, ou à dépolarisation par l’air. Elles doivent pouvoir fournir un débit de 200 milliampères environ. Le nombre des élév ments en série à utiliser varie avec le type de pile' choisi, il sera dë 5 ou 6 pour les types à dépolarisation par l'air.
- 20 Là longueur d’onde propre de votre antenne doit être d’environ 700 m. (Yous n’indiquez pas sa hauteur au-dessus du sol) ; vous pouvez en déduire quelles sont les longueurs d’onde propres des inductances d’accord à employer (condensateur d’accord en parallèle) pour recevoir les émissions de Radiolâ et de la Tour Eiffel.
- 3* Un condensateur variable à diélectrique mica a l’inconvénient d introduire dans les circuits un amortissement beaUcoup plus considérable que celui causé par un condensateur à air; on ne doit donc employer un condensateur du premier modèle que dans des cas .très particuliers ou, à la rigueur, pour réaliser un poste de réception très simple et à bon marché.
- 4° Comme capacités de liaison dans un amplificateur à haute fréquence à résistances, vous pouvez utiliser
- des capacités de de microfarad.
- r 1.000
- 5° Yous pouvez trouver des détails sur la soudure à la résine dans La Pratique radioélectrique ou Les Recettes de l’Atelier.
- ^ 119 .MK
- p.2x118 - vue 590/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Report on radiation and the quantum, theory, by J.-H. Jeans (20 édition). 1 vol. 86 pages. Editeur : Fleetway Press, 3 Dane Street W. C. I. Londres 1934.
- La notion de quantum joue, depuis une dizaine d’années, un rôle fondamental dans le développement de la physique moderne. Elle a été, dès 1911, exposée sous sa forme la plus générale par Poincaré de la façon suivante : « un système physique ne peut prendre qu’un nombre fini d’états distincts ; il saute de l’un à l’autre de ces états sana passer par une série continue d’états intermédiaires. » On sait l’admirable parti que Niels Bohra tiré de cette idée pour expliquer les spectres de ligne des éléments. La notion du quantum est en contradiction avec le développement logique de la mécanique newtonienne et lorsqu’on suit l’exposé des travaux modernes on éprouve souvent des diffi-“cultés à saisir le moment où l’auteur passe de l’une à l’autre des théories, et dans quelle mesure des raisonnements qui s’appuient tantôt sur l’une, tantôt sur l’autre sont justifiés. Pour s’y reconnaître, il est indispensable de connaître à fond la genèse de la théorie des quanta, les faits sur lesquels elle s’appuie, et l’enchaînement des idées qui ont présidé à leur développement. C’est à ce besoin que répond le remarquable rapport de l’éminent savant anglais, M. Jeans. C’est un des exposés les plus lucides et les plus complets qui aient été publiés jusqu’ici sur cette difficile et importante question. Il montre d’abord mathématiquement comment l’application de la mécanique et des théories cinétiques classiques au problème du rayonnement d’une matière formée d’atomes ou d’électrons aboutit à des formules en contradiction avec l’expérience. Il rappelle comment Planck a été amené à formuler en T902 la théorie des quanta pour expliquer les formules expérimentales du rayonnement du corps noir, et il montre, toujours mathématiquement, que ces formules exigent nécessairement les discontinuités de la théorie des quanta.
- Quittant le problème du corps noir qui a donné naissance à cette théorie, il passe en revue les autres domaines physiques qui se sont montrés soumis à la loi du quantum, et il résume les travaux essentiels qui y ont été effectués : spectres de lignes des éléments et leur explication au moyen de la constitution de l’atome à orbites électroniques circulaires imaginée par Bohr ; effet photoélectrique, chaleur spécifique des solides ; il expose aussi la théorie de la structure fine des spectres des rayons X de Som-merfeld, généralisation de la théorie de Bohr, et le principe de correspondance de Bohr.
- Lorsqu’on pousse k l’extrême le développement logique de la théorie des quanta, on rencontre, tout comme avec les théories classiques, des contradictions avec l’expérience. M. Jeans les met en évidenee et indique dans quelle voie on peut, actuellement, trouver la réconciliation et le point de jonction de ces deux groupes de théories qui, chacun, expliquent une partie, mais une partie seulement, des faits connus.!
- L’ouvrage de M. Jeans fait fréquemment appel aux raisonnements mathématiques d’ordre élevé; mais son exposé permet au lecteur, insuffisamment initié à ces spéculations, de suivre néanmoins très aisément l’enchaînement des idées qui est toujours mis en relief avec une remarquable clarté.
- JL’Analysis Situs et la géométrie algébrique, par S. Lefschetz. 1 vol in-8 (a5 X >6) de x54 p. avec fig., Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1924. Prix : 20 fxancs.
- Monographie relative à un chapitre relativement nouveau des hautes mathématiques et auquel l’auteur a apporté une importante contribution personnelle.
- &
- Les plantes^médicinales de Bretagne, par L. Daniel, 1 broch. in-16, 64 p.; 67 fig. L’Office national des Matières premières, 12, avenue du Maine, Paris i5*. Prix : 1 franc..
- Une soixantaine de plantes sont décrites et classées en un calendrier, suivant leur époque de récolte, avec un soin minutieux et d’utiles détails. M. Daniel a indiqué pour chacune d’elles le mode de cueillette, de préparation et de séchage. En outre, quelques
- lignes renseignent sur les vertus thérapeutiques et parfois le mode d’emploi de l’espèce étudiée.
- Animal Nutrition, par T.-B. Wood, i vol. in-16, 226 p., University Tutorial Press. London. Prix cartonné ; 4 sh. 6 d.
- Le professeur Wood, de l’Ecole d’Agriculture de Cambridge, est un des maîtres de la science agricole en Grande-Bretagne. Il représenta son pays pendant la guerre à la Commission scientifique interalliée du Ravitaillement. Dans un premier livre, The Chemistry of Crop Production, devenu classique, il enseigna les principes de la culture du sol; aujourd’hui il apprend aux agriculteurs ceux de la nourriture du bétail. Question fort importante économiquement et bien mal connue, même dans ses principes. M Wood passe en revue les catégories chimiques des aliments, puis les aliments eux-mêmes, tels qu’on les donne : grains, racines, tourteaux, etc. Il établit le bilan nutritif pour les porcs, les boeufs, les veaux, les vaches laitières, les chevaux et montre par des exemples comment doivent être calculées les rations, physiologiquement et moné-tairement, pour obtenir les meilleurs rendements. II abandonne les formules de Wolf, Kellner, etc., pour en proposer de nouvelles plus souples et plus rationnelles dont l’emploi se généralisera certainement. Cette œuvre d’enseignement, personnelle, comble une lacune, particulièrement sensible en France, pour l’élevage économique des animaux de ferme.
- Le problème de Vanaphylaxie, par Auguste Lumière,
- 1 vol. in-8, 241 p., 4b fig- dont 22 en couleurs hors texte, Gaston Doin, Paris. Prix cartonné : 3o francs.
- On connaît bien l'anaphylaxie, découverte en 1902 par Portier et Richet : un animal ayant reçu en injection une petite dose d’une substance albuminoïde étrangère à son organisme devient particulièrement sensible à cette substance et meurt ou présente des accidents graves quand on lui en injecte une seconde fois. M. Lumière a repris l’étude de ces phénomènes; il décrit leurs aspects, leur mécanisme et en donne une explication neuve, fort simple et très générale : tous ces accidents sont dus à la floculation des colloïdes de l’organisme. Il le prouve par de nombreuses expériences, des photographies autochromes d’animaux et de tissus, qui emportent la conviction. Si bien qu’un phénomène biologique complexe et obscur se rattache maintenant à un mécanisme physico-chimique dont on entrevoit la généralité et le rôle capital.
- Le Myre de Vilers-Duchesne-Gallieni (quarante années de l’histoire de Madagascar, 1800-1920), par G. Gran-didier. 1 vol. 2§4 p-, 2 cartes et 3 portraits hors texte. Editeur, Société d’Edilions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 1924. Prix : 24 francs.
- En moins de 4° ans> la France a transformé de fond en comble la grande île de l’Océan Indien, pour le plus grand bien de la mère-patrie et des indigènes. Ceux-ci ont témoigné d’une façon éclatante, pendant la grande guerre, leur reconnaissance en fournissant un contingent de volontaires de plus de 40 000 hommes qui se distinguèrent sur les champs de bataille. C’est l’histoire de cette étonnante transformation que résume M. Grandidier en un livre nourri de faits et de documents précis. Le Myre de Yilers, diplomate, sut préparer les voies à notre intervention; celle-ci se produisit en 1895, après de longues années d’hésitations, de tergiversations et de négociations malheureuses avec le faible, mais perfide gouvernement Mé-rina. Le général Duchesne, à la tête de i5 000 hommes, arrive à Tananarive, en partant de Majunga : promenade militaire, rendue hélas meurtrière, non par la résistance de l’armée Mérina, mais par le climat et l’insuffisance d’organisation dans l’expédition. Notre protectorat est alors établi; mais aussitôt survient la dangereuse révolte des Fahavalos ; la France décide alors l’annexion; Gallieni arrive enfin et en quelques mois l’île est pacifiée, puis organisée; sa prospérité se développe rapidement. M. Grandidier analyse avec soin le mécanisme administratif de cette belle oeuvre qui porte aujourd’hui tous ses fruits.
- p.2x119 - vue 591/688
-
-
-
- v«&8?Mk NATURE
- Ç-
- CT
- <$n*pplément.
- Ç*
- 2p_
- ^>1
- /g/
- -----La décomposition des atomes bombardés par des
- particules a. — La découverte de la radioactivité a démontré clairement que l’atome des chimistes est, malgré son nom qui signifie indécomposable, un édifice complexe et nullement immuable. Les corps radioactifs nous montrent des atomes se décomposant spontanément ; et c’est aujourd’hui une notion universellementadmise que celle de l'architecture complexe de l’atome, faite d’électrons gravitant autour d’un noyau positif, qui est lui-même une agglomération d’électrons et de noyaux d’hydrogène ou d’hélium. Un grand pas a été effectué dans cette voie grâce aux travaux de Rutherford, dont La Nature a donné un exposé dans son numéro 25î4 du 19 août 1923. Ce savant a bombardé au moyen des particules a provenant du radium, un certain nombre de corps. Il s’est entouré des précautions nécessaires pour éliminer l’influence des impuretés d’hydrogène que pourrait contenir le tube où sont effectuées ces expériences- Il a constaté ainsi que le bore, l’azote, le fluor, le sodium, l’aluminium et le phosphore bombardés par les rayons a émettent eux-mêmes des atomes d’hydrogène, provenant de l’explosion d’atomes heurtés par les projectiles a. Ces belles expériences ont été continuées grâce à une modification du dispositif original et de nouveaux résultats ont été acquis. Sir E. Rutherford et M. J. Chadwick en rendent compte dans un récent numéro de la revue anglaise Nature.
- Rappelons le principe des premières expériences de sir Ernest Rutherford. Les particules a émises par un corps radioactif donné ont dans le milieu ambiant, l’air dans l’espèce, une portée bien déterminée et que l’on peut mesurer ; au delà de cette portée elles sont absorbées, et les scintillations qu’elles provoquent sur un écran phosphorescent cessent quand on éloigne l’écran au delà de cette distance. Cependant, dans certains corps comme l’azote, on observe dans ces conditions quelques scintillations, en apparence accidentelles, au delà de la portée normale des particules a. Sir Ernest Rutherford a montré que ces scintillations spéciales provenaient de noyaux d’hydrogène, expulsés par l’explosion d’atomes d’azote heurtés par des particules a. C’était là une première désintégration artificielle d’un élément. Le savant anglais a montré aussi que lorsqu’une particule a heurte directement un noyau d’hydrogène, élément indécomposable celui-là, il lui communique une portée bien déterminée.
- Avec les particules a du radium C, le parcours de l’hydrogène ainsi propulsé ne peut dépasser 3o centimètres. Donc tous les noyaux d’hydrogène dont on observera la présence à une distance du corps bombardé plus grande que 3o centimètres ne pourront provenir d’hydrogène préexistant ; ce seront nécessairement des débris d’atome explosé, projetés au loin.
- C’est sur ce principe que reposaient les investigations de l’illustre savant faites sur les corps rappelés plus haut.
- Mais on voit de suite qu’échappe à cette méthode tout atome dont les éclats d’hydrogène, après explosion, auraient une portée moindre que 3o centimètres.
- Le nouveau procédé d’examen de MM. Rutherford et Chadwick permet de déceler avec certitude la désintégration d’un élément, dont les débris n’ont qu’une portée beaucoup plus petite, qui peut descendre jusqu’à 7 centimètres (celle des rayons a du radium C dans l’air). Ce procédé repose sur l’hypothèse, extrêmement vraisemblable, que les particules de désintégration sont projetées dans toutes les directions autour de celle du faisceau des rayons a incidents. On sait que ceux-ci, au contraire, • sont projetés suivant une trajectoire rectiligne par le corps radioactif qui les émet.
- On fait donc tomber sur la substance à étudier un faisceau puissant de rayons a; et les particules libérées par ce choc sont observées sur des écrans phosphorescents dans une direction perpendiculaire à celle du faisceau bombardeur. Des écrans sont disposés pour empêcher toute particule a de venir frapper l’écran phosphorescent.
- Dans ces conditions toute scintillation observée ne peut être attribuée qu’à des noyaux d’hydrogène projetés par l’explosion.
- N« 2611
- 19 Avril 1924
- Les impuretés d’hydrogène présentes dans la substance étudiée sont sans effet; car elles doivent être projetées dans la direction du faisceau incident. Les savants anglais se sont du reste assurés directement qu’il en est bien ainsi ; ils ont soumis au bombardement un écran de cire de paraffine, et n’ont observé aucune scintillation sur l’écran phosphorescent au sulfure de zinc.
- Cette méthode nouvelle permet d’étudier aussi bien des gaz que des solides.
- En voici les résultats : '
- Outre les corps précédemment étudiés : bore, azote, fluor, sodium, aluminium, phosphore qui projettent des particules d’hydrogène de portée maxima comprise entre 40 et 90 centimètres, les corps suivants donnent également des projections d’hydrogène, de portée supérieure à 7 centimètres : néon, magnésium, silicium, soufre, chlore, argon, potassium. Ils apparaissent donc comme des composés d'hydrogène. Le nombre de particules émises par ces éléments est faible en comparaison de celui que donne l’aluminium. Il est de 3 à 20 fois moindre. Les autres éléments légers : hydrogène, hélium, lithium, carbone, oxygène ne donnent, dans les conditions de l'expérience, aucun effet appi’éciable. Parmi les éléments lourds, le nickel, le cuivre, le zinc, le sélénium, le krypton, le molybdène, le palladium, l’argent, l’étain, le xénon, l’or et l’uranium ne donnent également, aucun effet. Divers éléments lourds donnent des projections d’hydrogène, mais les auteurs ne sont pas encore en mesure de décider si le phénomène n'est pas dû aux impuretés, en particulier à l’azote que ces corps peuvent contenir.
- Transport d’énergie électrique de Norvège en Suède et au Danemark. — Grâce à l’abondance de ses chutes d’eau, la Norvège dispose en ce moment de plus de houille blanche qu’elle n’en peut consommer. Par contre, le Danemark est à peu près dépourvu de cette précieuse source d’énergie. Aussi, l’exportation du surplus du premier pays vers le second servirait-elle les intérêts de tous.
- Cette question, nous dit La Vie technique et industrielle, a été agitée à maintes reprises entre les deux Etats, au cours de pourparlers auxquels la Suède a également pris part, les câbles qui transporteraient l’énergie devant emprunter son territoire.
- La Commission interscandinave chargée d’étudier cette affaire se trouve en présence de trois projets : le premier prévoit la traversée du Skagerrack, par un câble sous-marin, qui amènerait sous la tension de 200 000 volts du courant continu produit par les chutes de lvviken et d’Araa, au voisinage de la partie sud du littoral norvégien.
- Dans la seconde hypothèse, le câble emprunterait le territoire suédois jusqu’à Helsingborg où il deviendrait sous-marin pour traverser le Sund ; l’énergie transportée serait recueillie très probablement aux puissantes chutes de Nore, actuellement en cours d’équipement.
- Enfin, la troisième solution prévoit également la traversée du territoire suédois par l’intermédiaire d’un câble aérien transportant du courant alternatif à 1.32 000 volts; comme on le voit ce projet ne paraît différer beaucoup du précédent.
- On pense que la décision finale de la Commission interscandinave ne peut 8e faire attendre plus longtemps.
- Nouvelle méthode d’extraction des parfums des fleurs. — La technique de l’extraction des parfums végétaux a fait des progrès très remarquables.
- Récemment, M. Lindet, professeur à l’Institut national agronomique, a fait connaître à l’Académie d’Agri-culture de France les résultats des recherches poursuivies par M. Fondard, directeur départemental des Services agricoles des Bouches-du-Rhône, et M. Oddo, en vue de perfectionner le procédé d’extraction des huiles essentielles contenues dàns les plantes florales.
- Lors de ces recherches et études faites aux usines Lautier, à Grasse, MM. F'ondard et Oddo ont constaté que si l’on triture les pétales de roses ou de jasmin avant de les faire digérer dans l’éther de pétrole, et mieux encore, si, après les avoir triturés, on les
- Jfë 121 ^
- 16
- p.2x120 - vue 592/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- presse, pour présenter au solvant le tourteau de fleurs écrasées au lieu des fleurs entières, on obtient, après évaporation de l’éther de pétrole, un rendement d’huile essentielle, supérieur d’un tiers environ, sans que le parfum de la rose en soit altéré.
- En outre, si l’on remplace, dans l’enfleurage, la graisse ou l’huile par du charbon de bois pulvérisé, le parfum de la fleur est absorbé, Pt l’éther de pétrole, mis au contact du charbon de bois, donne, avec un rendement de 20 pour 100 supérieur, le parfum du jasmin.
- Ces résultats rendent extrêmement intéressante la nouvelle méthode, qui est d’une remarquable simplicité.
- La lutte contre un parasite du cotonnier. — Un charançon, l’Anthonome du cotonnier (Anthonomus Grandis), cause aux Etats-Inis des ravages de plus en plus considérables dans les plantations de coton.
- La « National Association of Manufacturera » de New York, à l’obligeance de laquelle nous devons les renseignements que nous donnons ici, déclare qu il y a aujourd hui 85 pour ioo de la surface cultivée en coton aux Etats-Unis qui est infestée par le Boll Weevd, nom donné par les Américains à l’Anthonome du cotonnier. On estime à plus de 3oo millions de dollars la perle qui découle directement des ravages causés par cet insecte ravageur.
- Le seul poison recommandé par le Ministère de lAgriculture des Etats-Unis pour la lutte contre le Boll Weevil est l'arséniate de chaux.
- I <i dernier, près de 5 pour 100 (exactement 4,4 pour 100) des 38 000000 d’acres (i5 200000 hectares) cultivés eu coton ont été « pulvérisés » avec ce produit et 31000000 de livres (soit 14061 tonnes) d’arséniate de chaux ont été vendues aux planteurs.*
- Le Secrétaire de la « National Association of Manufacturera » estime que l’on emploiera le double de cette quantité au cours de la présente année.
- Les experts esliment que 20 pour 100 de la surface totale peuvent être traités de façon utile : il ne paraît pas nécessaire d’appliquer l’arséniate de chaux à des champs qui ne produisent pas normalement une récolte moyenne. De la bonne graine, des engrais riches et une cullure très soignée autorisent seuls des frais de traitement appliqués à une récolte qui en vaille Ja peine.
- C’est l’Etat de Géorgie qui a, l’an dernier, employé la plus grande quantité d’arséniate de chaux : 18 p. 100 de la 'surface cultivée en coton de cet Etat ont été « pulvérisés ». 11 est probable que cette année, 25 p. roo de la surface seront soumis au régime de l’insecticide.
- II y a plusieurs importantes usines fabriquant l’arsé-niate de chaux aux Etats-Unis.
- Le Gouvernement surveille étroitement cette fabrication et exige des analyses chimiques conformes au type standardisé.
- Le produit doit avoir un bon pouvoir adhésif et couvrant. Convenablement appliqué, il résiste longtemps à l’humidité.
- La quantité d’arséniate de chaux vendue au ior juillet 1924 atteindra le maximum de 38000 t., dont 18000 t. fabriquées aux Etats-Unis et 10000 t. venant des usines étrangères.
- La demande principale a lieu d’avril à juin, car la pulvérisation commence en juin et dure jusqu en août, selon les districts.
- Des aéroplanes ont été employés avec succès pour la pulvérisation dans les grandes plaines de cultures où l’atterrissage peut se faire en toute sécurité.
- Citons la « Cart-machine » qui est un appareil à deux roues conduit par un homme et deux mules. Cet appareil peut traiter trois ou quatre rangées de plants à la fois, et 40 hectares (îoo acres) de plantation par jour.
- La « One-mule machine » ne nécessite qu’une mule, comme son nom l’indique, et peut traiter deux ou trois rangées à la fois.
- Il existe encore une espèce de mitrailleuse portée à dos de mulet et maniée par le conducteur : elle peut traiter deux rangées de plants à la fois.
- Enfin, un fusil à main très portatif ne peut traiter qu’une rangée, mais on ne le conseille pas pour des étendues supérieures à 25 acres (10 hectares).
- La plus grande partie de l’acide arsénieux nécessaire aux usines américaines est importée aux Etats-Unis. Il provient de l’Afrique du Sud, de l’Australie, de Grèce, d’Espagne, du Portugal et (de France. Dans tous ces
- pays on l’obtient par le traitement du mispickel (sulfure d'arsenic).
- Mais, l’usage de l’arsenic pour le lavage du bétail en Afrique du Sud et en Australie réduit l’exportation de ces pays. D’autre part, l’Amérique du Sud est devenue consommateur de ce produit.
- Aussi, la demande d’acide arséuieux en France a fait monter le prix sans interruption de 3oo francs la tonne avant la guerre à plus de 6000 francs aujourd’hui!
- La main-d’œuvre étrangère en France en 1923. — Le Journal Officiel vient de publier les renseignements suivants, recueillis par le Ministère du Travail, sur le mouvement de l’immigration et de l’émigration de la main-d’œuvre étrangère en France en 193,3.
- A liée lé s à
- .Nationalités der' ouvriers iimiii"rès. l’iiulusl rie. ra,"ricullure. sortis de France.
- Belges 25.107 8.8o5 3.832
- Espagnols 7.515 28.980 11.2o3
- Italiens io3.oi.3 9.462 39.383
- Portugais. . . . 7-976 3.791 4.002
- Polonais 31.447 23.226 61
- Tchécoslovaques. . 1.265 3. o65 ))
- Poisses 3.344 2 77
- Divers 4 586 I.aQF ..343
- Totaux . 184.255 78.621 59.951
- Le nombre des ouvriers émigrés s’est donc élevé au total à 262877 en 192T contre 180000 en 1922, 101 800 ont été placés dans les régions libérées. L’excédent des immigrants sur les émigrants est, pour 1923, de 202 926, contre i3oooo en 1922.
- Cette immigration est due en grande partie à l’activité renaissante de l’industrie française. Elle augmente notre population et peut fournir, par naturalisations, un remède partiel à notre insuffisante natalité.
- La guérison de la lèpre par les morsures de cobra les piqûres d’abeilles, — M. P. Vigne, dans la Revue d’Hygiène, signale un procédé original pour guérir la lèpre, ou tout au moins pour améliorer l’état du malade. Il consiste à faire piquer le patient par des abeilles.
- Voici comment M. Vigne a été amené à pratiquer ce traitement : il savait, par un missionnaire, que dans certains pays les lépreux recherchent les morsures des serpents venimeux, en particulier du cobra, et que certains d'entre eux en avaient tiré une amélioration certaine. SL les lépreux recherchent le cobra, par contre le cobra n’aime pas les lépreux, et c’est avec une certaine difficulté que ces malades arrivent à se faire mordre. Au Brésil, il existe des « Curatores » qui pratiquent également ce mode de traitement. On pourrait même, en faisant manger ces serpents venimeux par de gros serpents non venimeux, communiquer au sérum de ces derniers des qualités thérapeutiques antivenimeuses.
- Or, les travaux de Mme Phisalix ont montré que le venin des abeilles présente des propriétés analogues à celles des venins de cobra. D’où l’idée du Dr Vigne : faire piquer les lépreux par des abeilles. Deux malades ont été ainsi traités à Marseille, où subsiste en permanence un foyer de lèpre alimenté par les émigrants. L’un de ces malades, un Espagnol, tondeur de chiens, a reçu 3g35 piqûres ; l’autre, originaire de La Réunion, en a reçu 2601, à raison de 3o par jour au début, pour finir par 120. Les deux patients ont été nettement améliorés; le second paraît même en état de guérison presque complète.
- Concours d’aviatioïa de Belgique. — L’Aéro-Club de Belgique organise, au mois de juin prochain, deux concours internationaux d’aviation. Le premier, qui aura lieu les 16 et 17 juin, est consacré aux appareils à faible puissance, mono-et biplaces ; il comprendra une épreuve de qualification sur le parcours Bruxelles-Bierset, une épreuve de décollage et une d’atterrissage. Le second, qui suivra les ar et 22 juin, est réservé aux avions de tourisme, sans limitation de puissance ; il tient compte de l’encombrement, de la lenteur d’atterrisage et de la vitesse de dc'collagé et est doté d’une coupe-challenge donnée par le roi Albert.
- S’adresser, pour .renseignements, à l’Aéro-Club de Belgique, 73, avenue Louise, Bruxelles.
- 4)è]J2S
- p.2x121 - vue 593/688
-
-
-
- jto
- 700
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Chroniques de T. S. T. <*«&>
- Les accumulateurs de T. S. P. (suite) (*). — Nous avons étudié dans notre dernière chronique les principes des accumulateurs employés en T. S. F. ; nous allons maintenant indiquer leurs réalisations pratiques, et donner quelques notions numériques sur leurs propriétés.
- Nous avons suffisamment noté antérieurement les détails de construction de Vaccumulateur alcalin dit fer-nickel, donnons seulement encore quelques compléments numériques.
- Après charge complète, la force électro-motrice de l’élément atteint 1,7 volt ; mais elle tombe d’elle-même à j,5 volt. Pendant la décharge, la force électro-motrice descend rapidement à i,4 volt, puis décroît lentement jusqu’à i,a volt. Pratiquement, la décharge doit être arrêtée à o.gvolt. Il est donc nécessaire, pour le chauffage des filaments des audions, de grouper«,les éléments par trois en série.
- L’élément alcalin peut être déchargé jusqu’à zéro et rester longtemps sans être rechargé sanstinconvénient ; il peut même être mis en court-circuit sans grand danger, alors qu’un élément au plomb deviendrait complètement inutilisable dans les mêmes conditions.
- Gomme nous l’avons fait déjà remarquer, l’accumulateur fer-nickel, par suite de sa construction entièrement métallique, est très robuste et résiste bien aux chocs et trépidations de toutes sortes.
- Mais ce système a deux inconvénients graves qui en empêchent la diffusion; ce sont le rendement en énergie inférieur à 6o pour ioo, et surtout son prix de revient très élevé, bien supérieur à celui de l’accumulateur au plomb.
- Signalons, à ce propos, qu’on distingue le rendement en électricité et le rendement en énergie d’un accumulateur.
- Le rendement en électricité est le rapport — de la
- quantité d’électricité rendue pendant la décharge, à la quantité d’électricité absorbée pendant la charge, ce rendement peut atteindre, par exemple, 90pour 100 avec les accumulateurs au plomb.
- Mais il faut considérer plutôt le rendement total en énergie, car il se produit toujours une chute de la force électromotrice pendant la décharge; un accumulateur au plomb se déchargeant normalement sur une tension de 2 volts exigera pour la charge un générateur d’électricité ayant une force électromotrice d’au moins 2,5 volts. Si l’on appelle é et e les forces électromotrices pendant la charge et la décharge, le rendement en énergie est donné, avec les notations pré-
- e'q'
- cédentes, par l’expression ——< et,
- comme e' est toujours inférieur à e, le rendement total en énergie est toujours inférieur aussi au rendement en quantité d’électricité. Dans de bonnes conditions, le rendement en énergie atteint 70 pour joo à 75 pour 100 avec les accumulateurs au plomb.
- Mais ce n’est pas, en réalité, la différence, même appréciable, de rendement qui empêche l’élément alcalin, malgré ses immenses avantages, d’être employé par les amateurs, c’est plutôt, disions-nous, son prix de revient très élevé. Malgré la perfection de la fabrication, réalisée dans les usines américaines et françaises, il n’est pas encore à prévoir, malheureusement, étant donné le cours des métaux, que ce système excellent puisse remplacer dans les postes des amateurs de T. S. F. l’ancien modèle au plomb.
- Les accumulateurs alcalins ne sont donc employés actuellement que pour des usages industriels particu-
- 1. Voir le n8 2607 du 22 mars 1924.
- liers et, en I\ S. F. dans^les grands postes de réception
- Etudions maintenant en détail les accumulateurs au plomb, qui sont en réalité les seuls employés par les amateurs.
- Les batteries utilisées pour le chauffage des filaments sont formées par une série de lames de plomb toujours k formation artificielle, séparées par des cales isolantes. Les lames de rangpaircom-muniquent ensemble , et aussi toutes les lames de rang impair.
- On peut ainsi obtenir une grande surface d’électrodes sous un faible volume.
- Les lames sont plongées dans l’eau acidulée contenue dans un bac en verre, en celluloïd ou en ébonite (ou matière moulée) (fig. 1 et 2).
- Les accumulateurs de T. S F., devant être facilement transportables, ont des bacs en celluloïl ou en ébonite, et non en verre trop fragile. Les bacs en celluloïd permettent une inspection facile de l’état des plaques, mais ils sont moins robustes et moins maniables pour le transport que les bacs en matière moulée.
- Les batteries utilisées pour la tension des plaques ont souvent au contraire des lames à formation naturelle. Celles-ci peuvent être placées dans de petits bacs en celluloïd, comme les éléments de chauffage, ou dans des tubes de verre en forme d’éprouvettes (fig. 3 et 4) ; dans ce dernier cas, les lames sont facilement démontables et peuvent être aisément remplacées ou nettoyées.
- Ces batteries, devant seulement fournir un débit de quelques milliampères, tous ces éléments sont fort petits, et une batterie de 80 volts, comportant 40 éléments en série, n’a qu’un volume extérieur très restreint.
- Notons maintenant quelques données numériques sur les batteries au plomb. Pendant la charge d’abord, la force électromotrice d’un élément atteint très vite 2,1 volts, puis monte plus lentement à 2,2 volts et enfin très rapidement à 2,5 volts. À ce moment, il se produit un fort dégagement de bulles de gaz (H2 et O) et la charge est terminée. A ce moment aussi, comme nous l’avons dit, la solution est concentrée au maximum en acide sulfurique (fig. 5).
- Pendant la décharge, la force électromolrice tombe vite à 2 volts et reste longtemps voisine de cette valeur. On ne doit jamais pousser la décharge au delà de i,8 volt (fig. 5 et 6).
- On ne doit jamais laisser d’ailleurs une batterie déchargée; les plaques se sulfatent en effet dans ce cas, c’est-à-dire que les plaques positives (brunes) et les plaques négatives (grises) se recouvrent d’un dépôt blanchâtre caractéristique, de sulfate de plomb qui rend peu à peu l’élément inutilisable.
- La résistance intérieure des accumulateurs est toujours très"faible; pour des éléments en bon état, elle est de l’ordre de 0,01 ou 0,001 ohm seulement. Elle s’élève normalement pendant la décharge, à mesure que la concentration de l'acide diminue, et peut augmenter aussi anormalement si l’accumulateur est sulfaté. C'est ce qui explique pourquoi des accumulateurs détériorés et sulfatés peuvent produii’e des effets extrêmement nuisibles au bon fonctionnement d’un amplificateur ; la résistance intérieure élevée, et d’ailleurs variable des éléments, est cause en effet de liaisons inopportunes qui produisent des sifflements et des grésillements désagréables dans les récepteurs.
- La capacité d’un accumulateur est la quantité d’électricité qu’il peut donner ; elle se définit d’ailleurs de la manière suivante :
- Fig. 1. —Elément d’accumulateur de chauffage en bac celluloïd.
- Fig. 2. — Batteries de chauffage avec bacs en matière moulée.
- Fig. 3. — Batteries de plaques avec éléments en bacs celluloïd.
- Fig. 4. — Batlen'es de plaques à lames démontables montées dans des tubes de verre.
- -itâ 123
- p.2x122 - vue 594/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- La capacité est le produit du nombre d'ampères, débités de façon continue par l’accumulateur par le nombre d’heures pendant lequel ce débit est maintenu ; la capacité se mesure donc en ampères-heure. Un accumulateur de 20 ampères-heure peut fournir un débit de a ampères pendant 10 heures consécutives, la décharge étant arrêtée lorsque la tension aux bornes est de 1,7 volt.
- Les accumulateurs ordinaires au plomb ne doivent
- c 2.3
- S 2.2
- 0 1 2 3 4 6 6 7 8 9
- Duree de le charge en fleures
- Fig. 5. — Courbe representative.de la charge d’un élément au plomb (non de'chargé complètement et ayant encore une tension comprise enlre j,8 et 2 volts).
- La courbe en pointillé représente le commencement de la décharge.
- des tondeuses qui permettent d’exécuter le travail d’une façon beaucoup plus régulière et plus rapide que ai l’on utilisait la faucille ou la faux.
- On connaît le principe des appareils consistant à faire tourner des couteaux tondant l’herbe très régulièrement.
- On a eu l’idée en Amérique d’appliquer le moteur automobile à ce système mécanique; il est nécessaire de revenir ensuite pour mettre l’herbe en tas, pour l’enlever avec des brouettes. La nouvelle machine indiquée sur notre gravure représente le dernier cri de la tondeuse automobile pour pelouses. Elle évite des manutentions, car elle ramasse automatiquement l’herbe au fur et à mesure que celle-ci est coupée ; pour cela un coffre se trouve placé devant l’appareil et les couteaux qui tournent à une très grande vitesse projettent l’herbe qui se trouve automatiquement emmagasinée.
- La machine est munie d’un petit moteur à essence qui porte à la partie supérieure des réservoirs d’essence et d huile. Le silencieux se trouve agencé de manière que les gaz d’échappement soient envoyés sur le côté pour ne pas gêner l’opérateur. La machine avance automatiquement sous l’impulsion du moteur, grâce à des rouleaux cannelés qui sont situés au centre. Ces rouleaux
- pas débiter un courant d’ampérage supérieur au dixième de leur capacité; ainsi un accumulateur de 20 ampères-heure ne devra pas débiter plus de 2 ampères. La capacité d’un élément est égale, d’autre part, en général à autant de dizaines d’ampères-heure que ses plaques ont de décimètres carrés de surface.
- Malgré tous les soins apportés à l’entretien des accumulateurs, leur durée est assez limitée, leur capacité diminue, en effet, peu à peu, par suite surtout de la transformation de la matière active des plaques négatives, dont les porosités sont obstruées par des cristaux de plomb. Ce phénomène serait, à la rigueur, évitable, mais il se produit toujours au bout d’un certain temps; une chute de la matière autour des plaques positives et la sulfatation est difficile à éviter à la longue. (Malgré cela un bon élément peut servir plusieurs années.)
- Les éléments se déchargent toujours en circuit ouvert, lorsqu’ils ne sont pas utilisés et abandonnés au repos. L’acide attaque les électrodes si l’on ne prend soin d’effectuer une recharge régulière. Il est alors préférable de vider le liquide des bacs, de rincer avec de l’eau distillée les électrodes et le bac lui-même. On peut ensuite conserver l’élément dans l’air sec ou dans l’eau distillée.
- Peut-on construire soi-même des accumulateurs avec des éléments de fortune ? La réponse à cette question semble bien évidente ; l’amateur ne saurait prétendre réaliser des éléments de grande capacité avec lames à formations artificielles, il peut simplement monter facilement lui-même de petites batteries de plaques à lames découvertes en plomb à formation Planté, ou de petites batteries « tampon » de très faible capacité.
- Nous aurons d’ailleurs l'occasion d'étudier dans nos chroniques la fabrication de ces petites batteries.
- Volts
- heures
- Fig. h — Courbe de décharge d’un élément au plomb ; décharge arrêtée à 1,8 voit.
- Nous pensons ainsi avoir doüné quelques précisions pratiques et numériques utiles sur les éléments alcalins et au plomb, utilisés eu T. S. F. ; dans une prochaine chronique, nous indiquerons les règles qui doivent présider au choix et à l’entretien des accumulateurs, avant d’aborder la question de leur charge.
- P. Hémakdinquer.
- **> Agriculture
- Tondeuse automobile pour pelouses. — L’entretien des pelouses des parcs d’une certaine importance exige
- Fig. 1. — Aspect de la tondeuse tutornobile, le coffre enlevé.
- cannelés comportent des accouplements différentiels afin de permettre à la machine de décrire des courbes suivant des angles très aigus.
- Le différentiel est à pignon droit, et il se trouve établi entre les rouleaux propulseurs. Avec un jeu de manettes, on peut commander l’alimentation du moteur et le dispositif de freinage.
- Les couteaux, situés à l’avant, sont commandés par une chaîne à partir de l’arbre du moteur. Un pignon tendeur de chaîne assure à volonté l’embrayage ou le débrayage des couteaux.
- Naturellement, on rencontre sur cette petite automobile tout l’équipement qui se trouve sur les meilleurs châssis. La manivelle de mise en marehe peut être manœuvrée sur le côté et dans la position de travail on la place sur un support. Le bâti est constitué de deux flasques en tôle sur lesquelles on monte d'une part les brancards de manœuvre, d'autre paît l’armature qui supporte le coffre.
- Des rouleaux de petit diamètre permettent à l’herbe coupée de se diriger dans le coffre et de ne pas retomber sur le terrain. De temps à autre, lorsque le coffre est suffisamment rempli, il suffit de le déconnecter et de le vider sur place. On obtient ainsi des tas d’herbes de dis-tsnoe en distance; il est plus facile de les manutentionner ensuite que si l’on employait des tondeuses sans appareil de ramassage.
- La manœuvre d’une petite machine de ce genre est absolument sans inconvénient, car elle se borne uniquement à assurer la direction ; la conduite du moteur n’exige que la manipulation de quelques manettes.**
- p.2x123 - vue 595/688
-
-
-
- i jr t V£’
- /
- US*
- si'JtMfM'
- :* \
- w.~
- 0 0
- VARIETES
- ><
- ,-,V
- PRODUCTION ET COMMERCE DES FRAISES
- De toutes les sortes de fruits que mûrit notre riche terre de France, les fraises sont les premières qui, au début de l’année, embellissent et embaument nos tables en nous fournissant des desserts aussi abondants que parfumés. Gultirées k profusion dans tous les jardins potagers, elles donnent lieu à une intense culture commerciale sur des espaces nommés fraiseraies, dont l’étendue varie selon les régions.
- I. Production. — Principales régions. — Elles sont au nombre de huit : Région de Carpentras, R. d’Hyères, R. de Montauban, R. de la Vallée du Lot, R. de Lyon, R. de Plougastel-Daoulas, R. d’Angers et de Saumur, R. de la banlieue parisienne, auxquelles on peut ajouter, maintenant, celle de Metz.
- Les Statistiques agricoles annuelles qui n’indiquaient que 16 départements fraisiericoles en citent depuis quelques années 70, parmi lesquels je ne relaterai que les 10 accusant la plus grande production, par quantités ascendantes : Aveyron 1040 à 1190 quintaux; Hérault 1200-1250; Maine-et-Loire 1000-2190; Lot i23o-2060; Bouches-du-Rhône 1870-1910; Seine-Inférieure 3ooo; Seine-et-Oise 5660-6930; Finistère 4600-9500; Vaucluse g34o-i343o; Moselle 836o-i4aoo.
- D’après ces chiffres, les quatre derniers départements l’emportent de beaucoup sur les autres, mais je suis étonné de constater que le Var, qui est cité par plusieurs auteurs comme un bon producteur, ne figure dans lesdites statistiques que pour 220 à 280 quintaux, en 1919 et 1920, et pour o en 1921! La Notice sur le commerce des produits agricoles indique pour 1902 une exportation de 2987 qx de la région d’Hyères et de 33o6 qx pour tout le département du Var. M. Sauvaigo, dans son livre Cultures sur le Littoral de la Méditerranée, rapporte, en 1913, que Paris seul reçoit, chaque année, d’Hyères 5oo à 800000 kg de fraises. A quoi attribuer cette extraordinaire différence d’évaluation ?
- Principales variétés cultivées. — Leur choix dépend beaucoup : 1“ du genre de culture suivi par les fraisi-cuheurs : culture forcée, culture hâtive, culture ordinaire; 20 du volume des fruits qu’on peut classer comme suit. Variétés à petits fruits : fraise des bois améliorée, comme primeur ; fraise des Alpes améliorée, cultivée sur une grande échelle près de Toulon; fraise de Gaillon, Janus améliorée. Variétés à gras fruits : Noble, Marguerite Lebreton, Docteur Morère, Général Chanzy sont les plus propres au forçage. Héricart de Thury, Milner, Maÿ Queen, Jucunda, Victoria, Pax-ton, etc., se trouvent dans toutes les fraiseraies commerciales; Sulpiee Barbe, très cultivée dans le Rhône, Crémone dans le Maine-et-Loire, Alphonse XIII, etc., intéressent davantage la culture; hâtive et ordinaire.
- Durée de la culture. — Bien que variable, on la fixe habituellement à 3 ans quand on recherche le maximum de rendement. J. Vercier dit qu’il ne faut conserver les fraisiers que 2 ans i/a dans le même terrain pour obtenir deux pleines récoltes ^ou 3 ans pour en retirer trois, i
- Récolte et rendement. — La récolte doit avoir lieu aux heures les plus fraîches de la journée : le matin ou le soir. Les fraises destinées à la vente ou à la consommation immédiates sur place sont cueillies complètement mûres et 2 à 3 jours avant leur maturité quand elles doivent voyager.
- Le rendement est également très variable. J. Vercier l'estime par are entre 80 à 120 kg pour les fraisiers à petits fruits vigoureux; entre 120 à 140 kg pour les fraisiers à gros fruits fertiles; entre 60 et 100 kg pour les fraisiers à gros fruits remontants.
- IL Commerce. — Il est à envisager sous deux points de vue, selon qu’il s’agit des fraises de culture forcée et hâtive ou de fraises de saison. Les modes d’expédition et d’emballage sont différents et réclament les plus grands soins, car ce sont des fruits très délicats et périssables.
- Modes d’emballage et d'expédition. — Les fraises de serre et de culture hâ'ive sont enveloppées d’ouate, une par une, en petites boîtes de 6 à 24 selon la grosseur et peuvent ainsi voyager sans aucun inconvénient. Les grosses fraises hâtives du Midi s’expédient en boite de 20 fraises extra ou 3o belles, 42 moyennes constituent
- un envoi inférieur. Chaque fruit est enveloppé dans du coton entre deux lits de cette matière, de sorte qu’elles peuvent subir de longs transports en très bon état. Avant la guerre, on en expédiait ainsi plusieurs milliers de kilogrammes en Russie. On utilise aussi des caissettes et des plateaux pouvant en contenir i5, 18, 21, jusqu’à 45.
- Les envois des petites fraises des bois améliorées de la région hyéraise ont lieu pour le pays dans de petits pots allongés, en grès rouge, surmontés d’uiie pyramide de fruits et coiffés d’un cornet de papier; ils renferment un litre de fruits. Pour les longues expéditions, on emploie des paniers peu profonds munis d’un couvercle, dont la contenance est d’une livre ou d’un kilogramme. On les place par groupes de 10, 20 ou 3o dans des cageots.
- Les fraises de pleine terre ou de saison sont emballées dans différents genres de paniers, notamment des fleins en osier contenant suivant leurs dimensions et les variétés de 3 à 8 kg. Ces fleins sont garnis d’abord d’une légère couche de fibre de bois, puis d’un papier de soie, on y met ensuite les fraises en plusieurs lits et par-dessus de l’ouate et parfois une feuille de papier glacé. Finalement, les fleins sont alors placés par 4 ou 6 dans un cageot.
- Epoques d’arrivages aux Halles de Paris. — D’après l’ingénieux graphique imaginé par le Service agricole de la Compagnie des chemins de fer du P.-L.-M., les premières époques d'arrivages se,succèdent sensiblement dans l’ordre suivant : fraises de serre fin février; d’Hyères fin mars; de châssis, de Carpentras, début d’avril; de Montauban, de Saumur, Hérirart du Midi, milieu de mai; de Paris plein air, Héricart de Paris, 4 saisons Paris, 4 saisons Rouen. Orléans début de juin; de Bretagne 10 juin; de Metz fin juin.
- Prix. — Il faut distinguer entre les prix : i° des fraises de primeur et de celles de pleine saison ; 2* d’avant et d’après guerre. Les fraises de serre ont été cotées, citte année, en février, 20 à 34 francs la petite boîte de 8 à 28 fruits, aux Halles de Paris. Les fraises de culture hâtive ont été payées, l’an dernier : les fraises de Carpentras 1600 fr. les 100 kg, fin avril et 65o à 1000 fr. en mai; celles d’Hyères de i5 à 35 fr. la corbeille. Plus tard, en juin-juillet, les prix ont été les suivants aux 100 kg : l’Héricart 5oo à 600, la Paxton 25o à 4oo, les fraises de Saumur tt du Lot 45o à 5oo fr. A Lyon, où il se traitait chaque jour 5o à 80 tonnes de fraises, surtout pour la Suisse, les prix pratiqués en juillet étaient pour les variétés Sulpiee 175 à 3oo, Moiteaux et Noble i5o à 100, puis en août 55 et 60 francs les 100 kg.
- Avant la guerre, les statistiques officielles poitaient les prix du quintal métrique des fraises de pleine saison entre 5o et 140 fr. ; mais ils sont montés après la guerre jusqu’à 1000 francs.
- Le tonnage des fraises expédiées à Paris s’est élevé dans la dernière décade pour la Compagnie d’Orléans entre 1600 et 1700 tonnes annuellement, et il a atteint, sur le réseau de la Compagnie P.-L.-M., 1922 tonnes en 1923.
- Exportations. — Elles ont lieu en Angleterre, en Allemagne, en Suisse et en Russie, mais elles n’intéressent guère que les deux premiers pays où nous sommes très concurrencés par la Hollande. Je ne parlerai ici que de 1 Angleterre.
- Nos statistiques officielles ne donnent que très incomplètement et pour peu d’années le chiffre de nos exportations dans ce pays, et l’on ne peut en avoir quelque idée qu’en les consultant avec celles des douanes anglaises relatées par M. E. Poher. On trouve, côté français, que de 1900 à 1908, la somme globale a varié de 2 170000 fr. en 1900; à r 156 000 fr. en 1908, et que, côté anglais, le poids total a oscillé entre 46 136 quintaux anglais en 1900 et 36 183 en 1909, ce qui indique une diminution assez sensible qui se traduit., d’ailleurs aussi pour la Hollande. Ce fait est dû très probablement à ce que la culture des fraises a subi une progression notable dans les îles anglo-normandes et le comté de Kent.
- La plus grande paitie de ces exportations est faite
- U 125 HP
- p.2x124 - vue 596/688
-
-
-
- VARIETES
- par les fraisiculteurs du Syndicat de Plougastel-Daoulas.
- M. Tacussel, chargé d’une mission d’Etudes en Angleterre du ier au 8 juillet 1923, a publié un intéressant rapport sur Y Exportation des produits de Provence en Angleterre, et il a donné de précieux renseignements pratiqués sur les principaux fruits exportables. Voici ceux qui concernent les fraises.
- Variétés. — Milner, du a5 avril au i5 mai; Alphonse XIII, du 10 mai au 3o mai; Ladette, du 10 mai
- au 8 juin. Ces variétés excellentes sont résistantes au transport.
- Expédition. — En colis perdus et par quatre réunis en cageots de 10 kilogrammes.
- Débouchés. — Hull par Boulogne, trafic scindé; Londres par Boulogne, trafic direct. Il y a grand intérêt à expédier en mai et en juin, car les fraises manquent à cette époque sur les marchés de Hull et de Londres. A. Truelle.
- 1pd
- HYGIENE ET SANTÉ
- osr
- cssÉ
- LA PRÉVENTION ET L'HYGIÈNE DES MALADIES DU CŒUR
- Parmi les nombreuses catégories de maladies du cœur, il en existe qui sont particulièrement intéressantes à toutes sortes de points de vue. Ce sont les affections valvulaires. Les valvules qui séparent les ventricules de l’aorte ou les oreillettes des ventricules sont chargées, on le sait, d’empêcher le sang de refluer et de revenir en arrière, tout comme une soupape empêche l’eau ou la vapeur de sortir du corps de pompe par le mauvais côté. Mais ces valvules peuvent être déformées par la maladie et alors elles s’ajustent mal l’une à l’autre. Elles peuvent même être tellement déformées qu’elles obstruent partiellement l’orifice et alors on a, à côté de 1’ « insuffisance » un « rétrécissement ». Ce groupe d’affeclions était considéré jusqu’ici comme l’un de ces nombreux fléaux qui affligent l’humanité et contre lesquels il n’y a pas grand’chose à faire, sinon à souffrir en silence. Cette manière philosophique d’envisager les choses est un peu excessive. En réalité, nous pouvons agir efficacement : d’abord pour prévenir ces maladies et c’est là une chose que le grand public ignore trop, comme nous l’allons voir.
- Pour comprendre comment notre action est possible, il faut savoir que la plus grande partie des affections valvulaires dont il est question ici sont dues au rhumatisme articulaire aigu de l’enfance. Le germe de cette maladie, encore inconnu, frappe, comme chacun le sait, les articulations, les fait gonfler et rougir en les rendant douloureuses ; en même temps il atteint les valvules du cœur qu’il déforme d’une façon plus ou moins appréciable, surtout quand il survient chez des enfants de moins de 12 à 14 ans. Chez les gens plus âgés, le cœur résiste mieux ou, peut-être, s’agit-il d’une maladie différente.
- Quoi qu’il en soit cette affection qui s’observe avec une fréquence encore assez considérable dans tous les pays exerce ses ravages surtout en Angleterre. Les médecins anglais, en effet, revendiquent — sans fierté d’ailleurs ! — la gloire d’appartenir au pays du rhumatisme articulaire à type infantile, c’est-à-dire celui qui provoque le plus souvent des maladies du cœur.
- En tout cas ce sont les médecins anglais et notamment Poynton (i) qui nous ont appris que les logis surpeuplés, sans air ni lumière, les slums, sont la grande cause de cette maladie. Dans la clientèle riche on ne l’observe guère. Elle est, par contre, fréquente dans la clientèle peu fortunée des hôpitaux. On remarque également que cette maladie aurait une tendance à diminuer de fréquence comme la tuberculose et d’autres maladies qui reculent au fur et à mesure que le bien-être social s’accentue et progresse. Il n’en est pas moins vrai qu’elle fait encore des ravages trop considérables en Angleterre comme dans tous les pays civilisés. Si nous n’avons malheureusement pas de chiffres bien significatifs pour la France, nous savons par contre qu’en Amérique, l’examen des hommes qui eut lieu en vue de la guerre montra que près de 4 pour 100 d’entre eux étaient atteints de ces affections cardiaques qu’une hygiène bien entendue aurait pu prévenir. De même, près de 2 pour 100 des écoliers de New York ont des affections du cœur.
- Est-ce l’absence de lumière et d’air, est-ce la mauvaise alimentation, est-ce la promiscuité qui agit le plus pour favoriser l’éclosion du rhumatisme articulaire aigu dans les taudis des grandes villes? On ne saurait le dire. Mais on sait en revanche que certains soins ont
- 1. Poynton, The prévention of heart diseases. B rit. Med. Journal. 2 juin 1923.
- une puissante action pour empêcher le rhumatisme de s’aggraver et de frapper irrémédiablement le cœur.
- Parmi ces soins figure en première ligne le repos le plus complet. Un enfant atteint de rhumatisme et qui ne garde pas le lit de la manière la plus stricte a toute chance de faire une affection grave du cœur. Inversement, le repos prévient les complication» presque à coup sûr. On s’explique aisément ce fait en se représentant que celle des deux moitiés du cœur qui travaille le moins, celle qui a pour tâche d’envoyer le sang jusqu’aux poumons, le « eœur droit », n’est presque jamais atteinte par le rhumatisme. Au contraire, le « cœur gauche », celui dont les parois sont les plus musculeuses, qui envoie le sang jusqu’aux plus lointaines extrémités, est pratiquement le seul qui soit atteint par le rhumatisme articulaire aigu. Il suffirait donc en théorie de réduire le travail de cette moitié du cœur en immobilisant le corps. On arriverait ainsi à la faire échapper aux atteintes du germe de la maladie aussi souvent que la moitié gauche, c’est-à-dire presque toujours. Ce sont des considérations de ce genre qui ont amené Raven à prescrire aux petits rhumatisants, pour-peu que leur cœur ait été atteint, plusieurs années de repos complet.
- De plus, nous possédons dans l’acide salicylique et ses dérivés, salicylate de soude, aspirine, un puissant moyen d’action à condition qu’il soit administré par le médecin, à fortes doses et d’une manière très précoce. Nous sommes donc remarquablement armés dans la lutte contre cette terrible maladie. Mais c’est là précisément une chose qu’on ignore trop dans les populations ouvrières des quartiers pauvres. C’est contre cette ignorance qui, si elle n’est pas la cause directe du mal, est du moins la cause de ses terribles conséquences que les médecins anglais et particulièrement Poynton voudraient lutter en répandant des tracts qui fassent connaître ce qu’est le rhumatisme et comment les parents peuvent agir contre lui en faisant soigner leur enfant assez tôt et assez longtemps, soit à l’hôpital, soit par leur médecin. *
- Ce qu’on vient de voir au sujet du rhumatisme articulaire est vrai aussi d’une autre maladie, la chorée, qui est, pour le moins, cousine germaine du rhumatisme et qui frappe aussi souvent le cœur. Les signes prémonitoires de cette maladie que chacun doit connaître pour ne pas risquer de faire soigner tardivement un enfant qu’elle aurait frappé sont : une modification du caractère, de l’irritabilité, des rêves ayant trait à l’école et aux matières d’enseignement et enfîn, quand la maladie commence, des mouvements involontaires sans saccades ni secousses. La prévention de cette affection et de ses séquelles repose naturellement sur les mêmes principes que celle du rhumatisme articulaire aigu.
- Il ne suffit d’ailleurs pas, en matière de rhumatisme aigu ou de chorée, de soigner un enfant précocement, il faut aussi le soigner longtemps. Certains auteurs vont * jusqu’à recommander, après une atteinte même légère du cœur, plusieurs années de repos au lit et peut-être que cette exigence n’a rien d’excessif.
- Enfin, lorsque le mal est fait, il faudra choisir une carrière, et c’est là un point particulièrement délicat à l’égard duquel les parents et l’intéressé lui-même devront s’entourer naturellement de conseils médicaux sérieux.
- Les médecins américains, frappés par le nombre considérable de cardiaques qu'ils ont trouvés, ont cherché à organiser des œuvres en vue, comme le dit
- p.2x125 - vue 597/688
-
-
-
- HYGIENE ET SANTE
- Brusch, d’ « administrer » à ces invalides du cœur un changement de profession comme on administre de la quinine à des malheureux atteints de malaria. Ils ont également organisé des homes pour recevoir les cardiaques et il semble que ce soit la vie à la campagne qui ait donné à tous les points de vue les meilleurs résultats pour cette catégorie de malades.
- Parmi les exercices qui sont prescrits aux cardiaques dans ces homes, on remarque non sans étonnement la danse dont le rythme particulièrement entraînant aurait une action remarquable, sans d’ailleurs déterminer d*e fatigue.
- Si l’on danse beaucoup en France, on n’en est cependant pas encore à élever la danse à la hauteur d’un médicament cardiaque, pas plus qu’on n’y crée des homes ou des hôpitaux pour cette catégorie si intéressante de malades. Mais il est à espérer qu’on aura tout avantage à suivre les conseils de Poynton et à faire connaître le plus possible au grand public cette notion fondamentale, que les douleurs rhumatismales exigent chez les enfants un repos complet, l’administration par le médecin de fortes doses de salicylate, faute de quoi de graves conséquences peuvent résulter de cette maladie. Dr P.-E. Morhahdt.
- <
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- >
- Pour teindre le marbre. — Voici, d’après Scien-tific American, les procédés et solution à l’aide desquels on peut teindre le marbre : 1° en noir, solution de nitrate d'argent ; i° en vert, dissolution de vert-de-gris appliquée chaude ; 3° en rouge, dissolution de carmin également appliquée à chaud ; 4° en jaune, piment dissous dans de l’ammoniaque ; 5° en bleu, sulfate de cuivre ; f>‘ en pourpre, solution de fuchsine (Magenta).
- Afin de préparer ses pores et aussi les rendre propres à absorber la matière colorante, il y a lieu de chauffer au préalable le marbre.
- Il paraît qu’avec ces couleurs, on peut faire sur le marbre de très jolis dessins.
- Vernis antirouille translucide. — Voici d’après un brevet français, des données sur ce vernis dont une simple application, faite à l’aide d’un pinceau et à froid, sur des surfaces métalliques, protège celle-ci contre les effets de la rouille. De la colophane et de la litharge sont dissoutes dans un mélange de tétrachlorure de carbone et de pétrole; l’essence de pétrole, la benzine ou l’alcool peuvent être employés à la place de pétrole comme dissolvant.
- Exemple : dans un mélange de 5 à 6 parties de tétrachlorure de carbone avec 6o à 70 parties de pétrole, on fait dissoudre à froid 20 à 3o parties de colophane et, après complète dissolution de cette dernière, on ajoute une partie de litharge.
- Ce vernis s’enlève très facilement en frotttant les surfaces enduites avec un chiffon imbibé de pétrole.
- Pour boucher les fentes des parmiets. — Quelles que soient la qualité et la sécheresse du Bois employé pour le3 lames de parquet, celûi-ci finit toujours par jouer à cause des variations d’humidité du local. Des fentes se produisent entre les lames, parfois si larges que les
- lames voisines se disjoignent complètement. Ces défauts du parquet de bois sont encore plus fréquents et plus étendus dans les constructions récentes, faites depuis la guerre, étant donné la pénurie de bois bien sec.
- Chaque fente du parquet est un nid à poussières. Quels que soient les soins du ménage, peu à peu elle se remplit de toutes les balayures qui y tombent, qui s’y entassent... et n’y restent pas. Par temps sec, des poussières s’en détachent, d’autant mieux que la maison est plus soumise aux vibrations de là rue. Et c’est là une source de pollution et de saleté permanentes. Quoi qu’on fasse, les meubles, les armoires, les tableaux se couvrent rapidement d’une couche grise qui se dépose partout, même dans les poumons des habitants.
- Qu’on bouche les fentes, et la poussière, jusqu’alors invincible, disparaît comme par enchantement.
- Les mastics à parquet doivent être assez fluides, au moment de l’emploi, pour bien pénétrer dans toutes les fissures; ils doivent sécher rapidement; ils doivent ensuite faire corps avec le bois et notamment résister, sans craqueler à la marche et surtout aux encausticages.
- La Nature a déjà donné des formules de produits à base de résine et de craie qu’on fait fondre avant emploi et qui durcissent par refroidissement. Nous y ajouterons aujourd’hui un produit élastique, qui se vend tout préparé et qu’on peut utiliser à froid. L’opération est ainsi simplifiée.
- Les fentes sont grattées et vidées, puis lavées à l’eau de cristaux tiède. Après séchage, on verse le produit, on le fait bien pénétrer au moyen d’une lame de couteau et on enlève ce qui dépasse et les bavures avec un couteau gras. Après 48 heures, le mastic est assez sec pour qu’on puise encaustiquer.
- Ce produit est le « xilol », en vente au Laboratoire de pratique sanitaire, 152, rue de Rennes, Paris 6e.
- « .
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatenaer.î.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Tondeuse automobile pour pelouses : Dennis Brothers Ltd, constructeur, à Guildford (Angleterre).
- Réponses. — M. Delaon. — i° A propos des cultures d’orchidées : M. Bultel, chef des cultures de M. le baron Edmond de Rotschild, château d’Armainvilliers, près Gretz (Seine-et-Marne) ; M. Yacherot, horticulteur à Boissy-Saint-'Léger (Seine-et-Oise) ; M. Julien Potin, 9, boulevard Richard-Wallace, Neuilly-Saint-James (Seine).
- 2° Ouvrage sur la sélection de l’hybridation : Bla-ringhem, Le perfectionnement des plantes, Flammarion, éditeur, Paris (renferme la bibliographie du sujet).
- 3° Ouvrages anglais relatifs aux hybrides d’orchidées :
- Robert Allen Rolfe and Charles Chamberlain Hurst, The Orchid Stud book, an énumération of Hybrid Orchids of artificial origin Kew, Frank Leslie and C°, 12, Lawn Crescent; Sauciers. List of Orchid Hybrids, 19x5, Saint-Àlbans, Angleterre.
- M. E. G., à Bayonne.— T Vous trouvei-ex une bonne étude sur la carburation et les carburateurs dans l’ouvrage : le Moteur d’Automobile, par H. Petit-Dunod, éditeur, 92, rue Bonaparte, Paris
- 20 Sur les émulsions, consultez les ouvrages : Les Colloïdes et leurs applications, par Meunier. J.-B. Baillière, éditeur, rue Hautefeuille, Paris ; Les Colloïdes, par H. Vigneron. Chiron, éditeur, rue de Seine, Paris.
- M. Avdis, à Salonique. — Le polissage du marbre s’effectue en employant des abrasifs déplus en plus fins, On commence par le grès, puis fait succéder à celui-ci la ponce pulvérisée et la potée d’éiain. Pour terminer on place sur le tampon de la raclui'e de plomb. Après lavage et séchage, on applique une couche tx’ès légère d’encaustique à la térébenthine.
- (Voir la suite pp. CAA VIL et CAXVIIL.)
- -:#T5rk.
- p.2x126 - vue 598/688
-
-
-
- ><
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Le calcul des probabilités à la portée de tous, par Frk-chet et Halbwachs. x vol. 17,5 X i3,5 de 297 pages. Dunod, éditeur, Paris, 1934. Prix : broché 18 francs.
- Ce nouvel ouvrage sur le calcul des probabilités est remarquable tout d’abord par la simplicité et le caractère élémentaire de l’appareil mathématique qu’il met en jeu. Son étude est abordable à tout lecteur pourvu du simple bagage d’un bachelier; elle le conduit cependant à toutes les notions utiles dans la pratique : assurances et statistiques par exemple. Le livre n’est pas moins remarquable par l’esprit philosophique qui l’a inspiré. Pour les auteurs, les postulats sur lesquels repose le calcul des probabilités, sont des données expérimentales, et ainsi on échappe aux paradoxes ou aux contradictions qui semblent contenus danB ces mots en apparence inconciliables : « les lois du hasard ».
- La structure des cristaux déterminée au moyen des rayons X, par Cu. Maucüin. x vol. 182 p., i2Ô fig. (Recueil des Conférences, Rapports). Editeur, Les Presses Universitaires de France, Paris, 1924. Prix : 20 francs.
- L’expérience fondamentale de Laue, mettant en évidence la diffraction des rayons X à travers les cristaux, a fourni un moyen précieux pour l’investigation de la structure interne des cristaux. Un chapitre important de la science en est issu et a pris en ces dernières années de rapides développements que M. Mauguin expose avec une clarté et une conscience remarquables. Il résume tout d’abord ce que la cristallographie classique nous a appris sur le sujet, puis il donne la théorie complète de l’expérience de Laue, théorie qui, delà forme d’un spectre de rayons X permet de déduire la constitution du réseau cristallin qui lui a donné naissance; il décrit les méthodes, employées pour pratiquer la spectrographie par rayons X, et il expose avec méthode les résultats actuellement acquis, grâce aux analyses des structures cristallines. Une bibliographie abondante complète utilement ce précieux travail de mise au point.
- La Radioactivité, par le Dr Loisel. i vol. 173 p., 3i fig. A. Quillet, éditeur, Paris.
- Voici un très bon ouvrage de vulgarisation, ou plutôt un traité élémentaire qui facilitera aux débutants, et aux lecteurs aimant la culture générale, l’accès de cette branche nouvelle et passionnante de la science.
- Après un bref historique, l’auteur expose les faits fondamentaux, à savoir l’émission de trois espèces de radiations par les corps radioactifs, il montre comment on les mesure; puis il étudie les différentes familles radioactives aujourd’hui connues ; et met en évidence la filiation des corps qui les composent.
- Il montre quelle lumière jettent ces faits sur la constitution de l’atome, et comment ils viennent se grouper harmonieusement avec d’autres données de la physique dans les belles synthèses de Rutherford, Soddy et Bohr. L’ouvrage se termine par un très, intéressant chapitre sur les corps radioactifs dans la nature. L’écueil des ouvrages trop élémentaires est de sacrifier l’exactitude à la clarté apparente de l’exposé. L’auteur ne l’a pas toujours évité; c’est ainsi qu’il expose incidemment la théorie de l’atome de Bohr d’une façon qui la défigui’e et la rend incompréhensible. Il eût mieux valu la passer sous silence.
- Second Report of Committee on contact catalysis, by W. D. Bancroft. 1 vol. 14? p- (publication du National Research Council). Washington. D. C. Prix : o,5o dollar.
- L’auteur de ce rapport passe en revue les plus récents travaux ayant trait à la catalyse par contact : il examine d’abord les travaux relatifs aux propriétés des catalyseurs et à leurs relations avec le pouvoir absorbant de ceux-ci, puis le mécanisme des oxydations catalytiques et à ce propos les moyens de protection contre l’oxyde de carbone, il passe ensuite aux propriétés catalytiques spécifiques de certaines substances et leurs applications à diverses réactions ;
- il résume les travaux de ces dernières années sur les hydrogénations catalytiques, sur les poisons des catar lyseurs, etc. Ce travail abonde en renseignements précieux.
- Rapport sur les essais contrôlés de véhicules électriques et à accumulateurs organisés par l’Union des Syndicats d'Electricité. 1 brochure, 56 p., 62 fig., publié
- * par l’Union des Syndicats d’Electricité, a5, boulevard Malesherbes, Paris.
- Ce rapport qui résume les résultats des essais organisés en septembre-octobre 1923 expose l’état actuel de la traction électrique par accumulateurs. Il décrit les véhicules qui ont été soumis aux essais et les résultats observés. Ceux-ci sont fort intéressants et montrent que les véhicules à accumulateurs, judicieusement employés offrent dans beaucoup de cas une solution économique du problème des transports. Et ils ont l’avantage de consommer l’électricité, produit national, au lieu d’essence, produit inafporté.
- I,es armes nécessaires dans une flotte, par le capitaine de corvette Ven. i brochure, 72 p. Editeur, Société d’Editions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 1924. Prix : 3 fr. 5o.
- Les armes nécessaires à une flotte sont : cuirassés, croiseurs de bataille et croiseurs légers, torpilleurs et contre-torpilleurs, sous-marins et chasseurs de sous-marins, avions et navires porte-avions, dirigeables, éclaireurs, mouilleurs et dragueurs de mines, etc. L’auteur étudie le rôle de chacune de ces armes dans leur état actuel, et il conclut que s’il est vrai que les armes nouvelles : avions et sous-marins, joueront dans un conflit futur un rôle de première importance, il n’en est pas moins vrai que l’élément primordial d’une flotte de guerre reste, aujourd’hui comme hier, le cuirassé d’escadre, capable de donner des coups et d’en recevoir.
- Manuel de ferblanterie, zinguerie, cuivrerie et tôlerie, par H. Cuinat, i vol. 295 p,, 259 fig. J -B. Baillière, éditeur, Paris, 1914- Prix : 12 francs.
- Ce volume contient les éléments de géométrie nécessaires à l’artisan du métal, des notions pratiques sur les métaux,la description de l’outillage et l’étude, à titre d’exemple, d’un certain nombre de travaux.
- Souvenirs entomologiques, par J.-H. Fabre. Edition définitive illustrée, g° série. 1 vol. in-8, 400 p., 16 pl. hors texte, et nombreuses figures dans le texte. Dela-grave, Paris. Prix : broché 20 francs, relié 40 francs.
- Suite des merveilleuses histoires du grand entomologiste de Sérignan, où l’on trouve le récit des mœurs des Araignées, des Scorpions, admirablement contées et richement illustrées. Tout le monde connaît déjà la famille de la Lycose, la toile des Araignées, les amours du Scorpion languedocien, mais on voudra les relire et les conserver dans ce beau texte, cette riche édition.
- Comment diagnostiquer les aptitudes chez les écoliers, par le Dr En. Claparède, i vol in-16, 3oo p., Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 8 francs.
- Après avoir défini F « aptitude » comme contenant les trois idées de rendement, de différenciation individuelle et de disposition naturelle, l’auteur passe en revue les diverses sortes de tests, tests professionnels et tests psychologiques, tests d’âge et tests d’aptitude, et il indique la façon d’élaborer et d’étalonner un test, de confectionner un profil psychologique, etc. Cette partie méthodologique est suivie d’une partie purement pratique dans laquelle on trouvera une série de tests, avec les barêmes permettant de s’en servir pour le diagnostic. A (propos de l’intelligence « intégrale », qu’il oppose à l’intelligence « globale », M. Claparède expose des considérations originales sur la nature de l’intelligence, sur sa technique, et sur ses deux grandes formes, la compréhension et l’invention.
- p.2x127 - vue 599/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2612 26 Avril 1924
- Nécrologie. — M. Alfred Angot. — M. Angot, né en 1849, es*; mort le 16 mars 1954- Ancien élève de l’Ecole Normale supérieure, docteur es sciences, il fut attaché dès 1878 au Bureau central météorologique qui venait d’être fondé. Il en devint directeur en 1908, succédant à Mascart. Toute la carrière de M. Angot a été consacrée à la météorologie qui lui doit des travaux importants, notamment un excellent Traité de météorologie, et de nombreuses études climatologiques, portant surtout sur le climat de la France.
- Académiciens sans état-civil. — Un rédacteur de la revue VHorloger a fait de curieuses découvertes dans l’Annuaire que publie chaque année l’Académie des Sciences, et qui contient la liste des académiciens d’au-jourd hui et d’autrefois.
- « Qui pourrait eroire, dit-il, que l’Académie des Sciences, où l’on devrait retrouver la précision si elle venait à se perdre dans le monde, eut un correspondant dont on ignore le nom? C’est cependant la vérité. Ouvrez le petit volume dont il est ici question, à la page 290. Vous y trouverez mention d’un certain Sourlet, qui peut-être s’appelait Sonolet, et pour d’autres se
- 3o m., atteignant 36 m. dans la partie centrale. A la suite d’un concours ouvert entre les constructeurs, le choix du Conseil général s’est arrêté sur le projet de M. Freyssinet, présenté par l’entreprise Limousin. M. Freyssinet est l’auteur de nombreux ouvrages en béton armé, déjà célèbres : le pont de Yilleneuve-sur-Lot, le pont de Saint-Pierre du Yauvray, les hangars à dirigeables d’Orly.
- Nous empruntons au Génie Civil les détails suivants sur le nouveau viaduc qui aura, comme le montre notre figure, un aspect réellement majestueux. Il comportera trois grands arcs identiques entièrement en béton armé prenant appui sur deux piles en rivière et surmontés d’un double tablier; le tablier supérieur porte la route ; le tablier inférieur la voie ferrée. L’ouvrage est prolongé de chaque côté par deux viaducs d’accès, distincts pour le chemin de fer et pour la route, de i3o m. environ. La longueur totale de l’ouvrage est supérieure à 880 m. La distance entre axes des piles aux points d’appui des culées est voisine de 190 mètres.
- Chacun des arcs qui constituent l’ossature du pont est, en réalité, formé dejdeux arcs parallèles tubulaires à section rectangulaire dont l’écartement est un peu supé-
- nommait Tourletl Le registre de l'Institut porte en face de son nom la mention : mort en l’an VIII. D’après M. Alfred Potiquet, il aurait, au contraire, vécu jusqu’en 1836 ! Saluons au passage cet académicien inconnu et demandons pour lui sous la coupole une plaque spéciale !
- Sourlet n’est d’ailleurs pas le seul qui ait été enterré par VAcadémie avant sa mort] Son contemporain — il était né en 1745 — Pierre-Bernard Palassou, un revenant de l’ancienne Académie, nommé correspondant de la nouvelle en i8o3, fut remplacé, comme décédé, le 5 février 182 r, par d’Aubuilson de Voisins. Lorsque les académiciens reconnurent leur erreur, les choses s’arrangèrent pour le mieux. Palassou fut réintégré sur les listes le 12 mars 1821. Il ne conserva pas mauvais souvenir de l’incident macabre qui fait de lui un des personnages les plus curieux du monde académique. Il attendit en effet encore neuf ans pour mourir, réellement cette fois, en i83o, au bel âge de quatre-vingt-cinq ans.
- Quant à d’Aubuisson de Voisins, on décida qu’il remplirait la première place de correspondant qui viendrait à vaquer. Il n’attendit que dix-huit mois, et siégea vingt ans ! »
- Le viaduc en béton armé dePîougastel.— Le Conseil général du Finistère a décidé la construction d’un viaduc sur l’estuaire de l’Elorn, qui débouche dans la rade de Brest, entre Brest et Plougastel-Daoulas, L’estuaire à franchir est large de 700 m. ; l’ouvrage qui doit supporter la chaussée d’un chemin de grande communication et ultérieurement un chemin de fer à voie normale était en outre assujetti à réserver une passe navigable de 70 m., avec une hauteur minimum de
- rieur au gabarit transversal de la voie. Ces deux arcs sont reliés, au niveau de leur intrados et de leur extrados commun, par deux liourdis prolongeant les semelles inférieures et supérieures des arcs, mais moins épais. L’aspect extérieur est donc celui d’un arc creux unique.
- Le tablier consiste en une sorte de tube à section rectangulaire dont les deux parois verticales ajourées sont formées par des poutres en treillis soutenant l’ensemble : la paroi inférieure est formée par le hourdis sous ballast de la voie ferrée ; la paroi supérieure, par un hourdis supportant la chaussée, le trottoir et les parapets. Les dimensions extérieures de ce tube sont uniformes et établies pour respecter le gabarit des chemins de fer, soit 4 m. 5o de large sur 5 m. 27 de haut. Pour la partie supérieure, la largeur libre est de 8 m. entre parapets :6 m. pour la chaussée et 1 m. pounfe. chaque trottoir. Cette largeur est portée à 9 m. 3o danl^ la région de la clé.
- Ce système de double tablier, outre ses avantages pratiques pour la circulation, a le mérite de donner à la partie supérieure du pont un aspect robuste en harmonie avec les proportions générales de l’ouvrage. De plus, ce système donne une poutre très rigide, capable de se porter sur de grandes longueurs, ce qui permet de réduire au minimum le nombre des supports verticaux.
- Les culées sont constituées par un simple épanouissement des arcs, encastré dans le rocher.
- La principale difficulté de réalisation de l’ouvrage provient des circonstances locales qui interdisent, pour l’établissement du cintre, l’emploi de points d'appui intermédiaires entre les piles et culées. Celte difficulté sera résolue, comme pour les hangars d’Orly, par l’emploi d’un cintre retroussé qui franchira d’un seul jet l’espace libre entre les retombées des voûtes.
- p.2x128 - vue 600/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- Ce viaduc remarquable battra le record de portée des ponts en béton armé qui appartenait jusqu’ici au pont de Saint-Pierre-du-Vauvray. Celui-ci ne comporte qu’un seul arc de i32 m. de portée.
- Le viaduc de l’Elorn absorbera, pour sa construction, 20000 m3 de béton, et 1200 tonnes d’acier. Son prix s’élèvera à 11 millions environ.
- Les autodromes delà région parisienne. — L’industrie automobile française souffre depuis longtemps d’une grave lacune d’organisation : elle n’a pas de piste fixe pour l'essai de ses voitures ; celui-ci est effectué sur route, dans des conditions très défectueuses, en même temps que dangereuses pour les piétons et les voitures circulant normalement. Le besoin d’un autodrome, pour les mêmes raisons, se fait sentir pour l’organisation des grandes épreuves sportives. Cette lacune sera bientôt comblée pour la région parisienne tout au moins. L’Automobile Club de France prépare dans la forêt de Montmorency, sur le domaine de la chasse, la construction d’un autodrome comportant une piste de plus de io km. D’autre part, un autre autodrome est en voie d’achèvement à Montlhéry.
- Organisation administrative de la République fédérale des Soviets. — La République fédérale des Soviets comprend 28 républiques; elle a pour capitale Moscou.
- Ces 28 républiques sont les suivantes :
- Capitales.
- République russe......................Moscou.
- République soviétique de Carélie. . Pétrozavoosk. République de la Russie Blanche. . . Minsk.
- — socialiste ukrainienne . Kharkof.
- — des Tatars de Crimée . . Simféropol.
- — des Montagnards du Cau-
- case. . ,.................Vladikavkasz.
- — de Daghestan............ Malcatch-Kala.
- — de Ivabarda.
- — de Circassie.
- — d’Abkhazie.
- — de Géorgie..............Tiflis.
- d’Arménie. ..... Erivan.
- d’Azerbaidjian...........Bakou.
- — socialiste des Allemands
- de la Volga............Prokovsk.
- des Tatars de Kazan . . . Kazan.
- — Kalmouks.
- — Bachkirs.
- Zirènes.....................Oust-Syssdek.
- Votiaks.
- Tchouvaches.
- Mordves.
- Bouriato-Mongole, de Ivirghistan.
- — de Turkestan...........Tachkend.
- — de Khiva ...............Khiva,
- — de Boukhara.............Boukhara.
- Pays autonome des Yakoutes..........Yakoutsk.
- République de l’Extrême-Orient . . . Khabarovsk.
- Il faut ajouter à cette liste le territoire autonome d’Adjarie, chef-lieu Batoum, en Géorgie, et celui de Nakhitchévan, qui relève à la fois de l’Arménie et de l’Azerbaidjian. Tous deux sont habités par des musulmans.
- Signalons la disparition des républiques d’Arkhangelsk, du Don, du Kouban, du Téreck, d’Astrakhan, d’Orenbourg et de Sibérie, qui avaient apparu en 1917-1918.
- Les frontières de la République fédérale des Soviets ont été fixées par les accords suivants :
- Traité de Dorpat avec l’Esthonie, 2 février 1920.
- — de Dorpat avec la Finlande, 4 octobre 1920.
- — de Riga avec la Lettonie, 11 août 1920.
- — de Riga avec la Pologne, 18 mars 1921.
- — de Kars avec la Turquie, 26 mars 1921.
- — Moscou avec la Perse, 26 février 1921.
- Mentionnons aussi une convention avec l’Afghanistan, auquel a été accordée une légère rectification de frontières. La Russie nouvelle n’est plus en difficultés qu’avec un seul de ses voisins : la Chine, au sujet de la Mongolie extérieure, et avec le Japon à propos du nord de Sakhaline.
- Un fait caractérisant le retour de la sécurité est l’arrivée en Ukraine de descendants d’émigrants : Doukhobores, Malacanes, Cosaques de Nékrassof, partis au temps des tsars.
- L’influence russe en Mongolie vient de se manifester d’une manière frappante: le pays des Soyates s’est organisé en une république appelée République de Tannoul-Touvil avec Krasni pour capitale.
- Production et utilisations du lait. — L’Office de renseignements agricoles, du Ministère de l’Agriculture, a fait une enquête sur la production du lait de vaches, en France, et sur les diverses utilisations du lait.
- Les résultats de cette enquête font connaître que, pour l’année 1913, la production du lait était de 128.072.800 hectol., y compris les trois départements récupérés d’Alsace et Lorraine, tandis qu’elle s’abaissait à io6.5o3.55o hectol. en 1921, mais se relevait à 113.276.970 hectol. en 1922 et à 117.038.120 hectol. en ig23.
- Pour cette dernière année, la diminution, par rapport à l'année igi3, n'a plus été que de ii.o34-68o hectol., soit 8.6 pour 100.
- Ce résultat est dû à la reconstitution progressive du troupeau laitier et aux améliorations en élevage, car cette proportion est supérieure à celle de l’augmentation du cheptel, indiquée par les recensements annuels du bétail.
- En ce qui concerne les utilisations du lait, elles se répartissent ainsi qu’il suit :
- En 1915 En 1923 Hectolitres Hectolitres
- Alimentation des veaux. . . 28.986.430 25.536.83o
- Fabrication du beurre. . . 43.36g.180 38.972.540
- Fabrication des fromages. . i4.589.43o 22.330.270
- Totaux. . . . 86,945.040 86.83g.640
- En déduisant de la production totale les chiffres indiqués ci-dessus, on constate que la quantité de lait absorbée en nature par la consommation humaine, tant dans les exploitations agricoles que par le commerce du lait en nature, était approximativement, de 41.127.700 hectol. en 1913 et de 30.198.180 hectol.
- en 1923.
- Ainsi, la consommation humaine avait à sa disposition, en 1918, 32,i pour 100 de la production totale ; [elle n’en avait plus que 25,8 pour 100 en 1923. H. B.
- <$jTNà. Nouvelles de T. S. T,
- Le nouveau poste Radiola.—Le samedi 29 mars 1924 a eu lieu un grand concert de T. S F. pour l’inauguration du nouveau poste d’émission Radiola de Clichy. Le programme de ce radio-concert de gala, qui a duré de 22 heures à o h. i5 (heure d’hiver), avait été organisé par le journal Le Matin, et de nombreuses vedettes artistiques ou musicales y avaient apporté leur concours. La longueur d’onde était de 1780 m. et la puissance de i5 kilowatts, dit-on. La modulation a été fort satisfaisante et il semble que des réceptions à grande distance aient pu être effectuées facilement. Les amateurs de T. S. F., ceux de province surtout, souhaiteront que de telles émissions se renouvellent et deviennent régulières dans un avenir prochain.
- Changements d’horaires. — En raison du retour à l’heure d’été, les horaires des postes de broadcasting ont été également modifiés.
- Les émissions de Radiola et de la station de l’Ecole supérieure des P. T. T. auront lieu à l’heure d’élé, mais sans changement sur les horaires indiqués pour les auditeurs français.
- Les émissions radiophoniques de la Tour Eiffel sont modifiées de la façon suivante :
- 7 h. 4o, 12 h. 15, 20 h. 23 h. 10, prévisions météorologiques; 12 h. cours du poisson; i5 h. 45 et 17 h. 3o cours financiers et commerciaux; 18 h. i5 radio-concert; 21 h. radio-concert, le mercredi et le dimanche.
- Le ior et le i5 de chaque mois, les radio-concerts seront terminés à 19 h. pour permettre les émissions d’ondes étalonnées de 19 h. à 19 h. i5.
- Pour les horaires étrangers, il faudra toujours se rappeler que l’heure légale française est décalée d’une heure et rétablir la concordance exacte suivant les pays où sont situés les postes d’émission.
- «Gag*
- p.2x129 - vue 601/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE E3NP JUIN Î924(1)
- Au point de vue astronomique, le mois de juin sera favorisé par la visibilité de presque toutes les planètes principales. Mercure sera à sa plus grande élongation du matin, le 4; Vénus en fin croissant sera encore visible au début du mois ; Mars deviendra observable en d’excellentes conditions; Jupiter sera en opposition le 6 ; Saturne pourra être suivi jusqu’après i heure du matin; enfin Uranus se lèvera vers minuit; seul Neptune sera pratiquement invisible.
- Notons une occultation d’Aldébaran (a Taureau) le 29 juin. Phénomène visible en plein jour, mais en de mauvaises conditions, près de l’horizon occidental.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en juin, atteint sa valeur maximum. Elle était de +22°3' le inr, atteint -f 23° 27’ le 21 et se trouve réduite à J- a3° 1 T le 3o. Le solstice d’été arrivera le 21 juin, à i7h. Cette date marque l’époque des plus longs jours et l’on sait qu’à Paris même la nuit n'est pas complète, l’aurore étant, en quelque sorte, réunie au crépuscule.
- La durée du jour — ou plus exactement la durée de présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon — est de i5h 5o“ le C, de 16h 7™ le 21 et de i6h 4m le 3o.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre de Soleil passe au méridien de Paris.
- Dates. Heures lu pn ssage Heures llll lassape
- (t. n 1. Gr ) Dates (t. n. G
- Juiu ior Hh 48“ ifi* Juin 17 II1' 5 im 185
- — 3 nh 48“ 35s — 19 llh 5iM 44s
- — 5 1 ih 48” 55* — 21 Ilh 52m 10”
- __ 7 uh 49m 17* ' — 23 IIb 52“ 36”
- — 9 ilh 49“ 4os — 25 IIh 53“ OIs
- — 11 nh 5o“ 4S — 27 I lh 53“ 27”
- — 13 1 ih 5om 2.8s — 29 ' I.h 53“ 5 ts
- — i5 nh 5om 53s
- Observations physiques. — Nous continuons ci-dessous les éphémérides pour l’observation physique du Soleil (voir le « Bulletin astronomique » pour janvier 1924).
- Dates. P Lo
- Juin 4 — i4°,25 — o°, 14 2i°,99
- — 9 12°,24 + o°,46 315°, 81
- -- 14 — io°,i4 -j- i°>o6 249°,63
- — !9 — 7° 97 + i°,65 i83°,44
- — 24 — 50,75 + 2°, 23 1170,26
- — 29 — 030,48 + 2®, 80 5t°,07
- Parallaxe et distance. — ments pour le mois de juin ; Voici la valeur de ces c
- Dates. Parallaxe horizontale. Distance.
- Ju'H r 4 8", 66 151 870 000 km
- — 2 9 8",66 IÔ2 oio 000
- Lumière zodiacale. — En raison de la grande longueur des jours, il n’est pas possible d’observer la lumière zodiacale pendant ce mois.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de juin, seront les suivantes :
- N. L. le 2, à i4h34m j P. L. le 17, à 4h41m P. Q. le 10, à 13h 37“ | D. Q. le 24, à 2*16“
- Age de la Lune, le ior juin, à midi = 28J,5 ; le 3 juin = oJ,9. Pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou le 3 et, pour une heure considérée, d’ajouter oj,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juin : le 4 = + 190 3o'; le 18 — — i9°3i'. Ces dates sont celles de la plus grande et de la plus petite hauteur de la Lune au-dessus de tous les points de la Terre, lorsqu’elle passe au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 2 juin, à 6h. Parallaxe = 53' 56". Distance = 406 570 km.
- 1. Toutes les heures données dans ce Bulletin sont exprimées en temps légal, compté de oh à 24b, à partir de minuit. C’est le temps de Greenwich. Pendant la période d’opplicution de VIteurc d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le 16 juin, à 15h. Parallaxe = 6T 19"- Distance = 357 620 km.
- Apogée de la Lune, le 3o juin) à 1 ih. Parallaxe = 54' o". Distance = 406 070 km.
- Lumière cendrée. — L’observation de la lumière cendrée de la Lune peut être faite toute l’année, généralement avant le premier quartier ou après le dernier. La lumière cendrée est le reflet, sur la Lune, de l’éclairement produit par la Terre, c’est le « clair de Terre » sur la Lune. Ce phénomène peut être facilement photographié. Avec une pose convenable, et des plaques anti-halo, on obtient la partie de la Lune dans l’ombre, avec tous les détails de la topographie lunaire. M. Qué-nisset, dont on connaît la grande habileté en photographie céleste, nous apprend qu’il a réussi, à l’Observatoire de Juvisy, à enregistrer la lumière cendrée jusqu’à la veille de la Pleine Lune. On peut donc dire que cette lumière est constamment décelable. Si l’on songe au fin croissant sous lequel la Terre paraît aux « sélénites » un jour avant l’époque de la Pleine Lune, on se rend compte que, pour enregistrer cette faible lueur cendrée au voisinage immédiat de la partie éclairée, il y a là une véritable difficulté photographique, et l’on doit féliciter M. Quénisset de ce beau résultat.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 12 juin, occultation de y Vierge (gr. 2,9). Immersion seule visible à oh 48“*.
- Le 12 juin, occultation de Z Vierge (gr. 4,8), de 23h38m à oh 121,1 le i3.
- Le si juin, occultation de 44 Capricorne (gr. 6,0), de oh 20m à ih 3om.
- Le 25 juin, occultation de 26 Baleine (gru_.fi,0). Emersion seule visible à oh 45m.
- Le 29 juin, occultation de a Taureau (Aldébaran) (gr- V1) de ioh24mà i6h24m. On remarquera que cette occultation se produira en plein jour, mais près de l’horizon occidental.
- On pourra essayer de la suivre avec une petite lunette.
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 17 juin. Voici le tableau de ces plus grandes marées (heure de la pleine mer) pour Brest ;
- Dates.
- Marée du mntin heures. Goel’licient.
- Marée du «oir. Heures. eoel'ficierK..
- Juin 16 2h 46“ °ra>94 t5h I 2*
- — 1- 3h 36“ l“,OI i6h 0 t
- — 18 b 4 26* im,o3 i6h 51
- — *9 5h 16” 1 “,ot t7h 42
- — 20 g h 06“ o“,95 i8h 3o
- 0”,98 im,o>
- im,o3
- °m-99
- om,90
- L’amplitude de ces marées n’étant pas très grande, le phénomène du mascaret ne se produira pas en juin.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1924, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de juin 1924.
- Mercure sera le 4 juio, à o\ à sa plus grande élongation du matin, à a-fV à l’Ouest du Soleil. On pourra le rechercher du ier au 10 juin. Sa déclinaison boréale
- étant assez favorables. élevée, les conditions d’observation seront
- Voici le tableau de la grandeur stellaire et de la phase de Mercure pour le mois de juin : Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juin 4 0,39 -L 0,7
- — 9 0.49 + °»4
- — 14 0,60 - 0,0
- — «9 0.7.3 — o,5
- — 24 o,85 — 1,0
- — 29 o,g5 . — i,5
- Vénus, qui illumine si brillamment nos soirées depuis le début de l’année, va disparaître à la fin du mois, se trouvant en conjonction inférieure avec le Soleil le ier juillet. On pourra encore l’observer au début du mois de juin, sous l’aspect d’un croissant effilé, de grand diamètre. La plus petite lunette et même une bonne jumelle suffiront pour montrer ce croissant.
- p.2x130 - vue 602/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Àscen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à au à sion et VISIBILITÉ
- JUIN Pari s. Méridien de Paris (*) Paris. droite. son. apparent. étoile voisine.
- i 5 3k 5im , ,h 48“55‘ i9b 47“ 4h 53“ -\- 22® 33' 3i' 3/U8 Taureau \
- Soleil . . . i5 3 48 I I 5o 53 19 54 5 34 + *3 *9 3i 3-2,4 T aureau f »
- a5 3 5o II 53 1 19 56 6 16 -f- 23 24 3i 3i ,2 Gémeaux \
- H ^ 3 3 10 12 ll 22 3 I 2 -f 14 4 8,0 5 Taureau , Le matin, au début du mois.
- Mercure. . l *5 , 2 5 2 3 52 4 10 11 24 1 17 18 56 57 4 5 2 l5 -(- 18 22 21 36 6,6 5,6 y Taureau / C Taureau
- \ 5 6 4 14 11 22 *9 7 16 + 24 *9 44,2 ô Gémeaux Admirable au début
- Vénus. . . i ,5 5 3 i i3 3o 2 1 27 7 14 4- 22 38 5i,4 o Gémeaux > du mois.
- 21 1 i 47 12 33 20 18 6 56 -j- 20 49 57,0 X Gémeaux ' Invisible à la fin.
- [ 5 23 59 4 40 9 21 2 I 4i — 17 1 l3,2 ô Capricorne
- Mars. . . . j 15 2 3 32 4 18 9 4 2 I &9 _ 16 4 t 4 j 8 0 CapricornetSeconde partie de la nuit.
- 25 23 4 3 54 8 44 22 *4 — 15 18 16,4 1 Capricorne
- Jupiter. . . i5 18 5o 23 5 3 J9 l6 5o — 21 49 42,6 a 4 Ophiuchus Toute la nuit.
- Saturne . . i5 14 27 T9 55 I 23 i3 39 — 7 31 l6,2 m Vierge Presque toute la nuit.
- Uranus. . . 16 0 0 5 44 11 27 23 3o — 4 6 3,4 9 Verseau Vers la fin de la nuit.
- Neptune. . 15 8 22 i5 39 22 56 9 23 15 38 2,4 7 Lion Invisible.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Nous continuons le tableau de la phase et de la gram deur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stell
- Juin 4 0,18 — 4d
- — 9 o,i3 — 4,0
- — i4 0,09 — 3,9
- — >9 o,o5 — 3,6
- — 24 0,02 — 3,3
- — 2 9 0,00 — 2,2
- On voit, d’après ce tableau, que le croissant devient de plus en plus étroit à la lin de juin, en même temps que l'éclat diminue très rapidement.
- Mars se lève à présent avant minuit. Son diamètre augmente chaque jour, il convient donc de l’observer régulièrement.
- Pour l’orientation des dessins et l’identifieation des détails vus au télescope avec un planisphère, le tableau ci-dessous sera très utile. (D’après VAmerican Ephe-meris).
- Angle de Latitude Aude de
- Dates, position du position Eclat
- 0h de l’axe. centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- Juin i5 35»°,3 — 7°,8 14",9 1 ",7 a5i°,6 — 1,0
- — 29 349°,3 —ii°,0 17",a i",6 t»52°,o —i,3
- Yoici les heures du passage du méridien o° de Mars au méridien central. On sait que le méridien zéro de Mars correspond à la haie fourchue du Méridien ou Sinus Sabæus.
- Dates. Passage. Date l’ass âge.
- Juin 1" i9h 58”, 1 J nia *7 5^ 46'" ,9
- — 3 2 ih i6m,g — »9 7" 4” 9
- — 5 2 21’ 35”,ô — ,21 8h 22“ 9
- — 7 a3h 54”,2 — 23 9h 40"’ 7
- — 9 o” 33”, 5 — 25 IOh 58” ,3
- — 11 i11 52m.O — 27 I2h i5“ ,8
- — i3 3h iom,4 — 29 i3h 33” ,2
- — 15 4h 28”,7
- Un bon instrument est indispensable pour effectuer des observations utiles de Mars.
- Jupiter sera en opposition le 6 juin. Il est donc visible toute la nuit. Le tableau ci-après indique les principaux phénomènes présentés par les satellites dans leur révolution autour de la géante planète. Une petite lunette est suffisante pour suivre ces phérouènes si intéressants.
- Saturne est encore bien visible. Voici les éléments de
- l’anneau à la date du i3 juin :
- Grand axe extérieur ..................... . 4°"»90
- Petit axe extérieur........................ +10", 02
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’auneau........... +i4°ii'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l'anneau ...................................... -j-160 12'
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Juin Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE J uin Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 Oh 14“ II E.c. 12 ih 5o” I O.f.
- 2 2 49 II Em. 12 20 47 I Im.
- 3 3 i5 I O.c. X 2 23 8 I E.f.
- 3 3 20 I P. c. 14 1 36 III Im.
- 3 21 38 II O.f. i7 23 5o II P.c.
- 3 21 43 II P.f. 18 0 23 11 0. c.
- 4 0 34 I E.c. 18 2 11 II P.f.
- 4 2 48 I Em. 19 X 14 I P.c.
- 4 21 44 I O.c. 19 K 33 I O.c.
- 4 21 46 I P. c. >9 22 3i I Im.
- 4 23 56 l O.f. 20 I 2 I E. f.
- 4 23 57 I P. f. 20 21 52 I P.f.
- 5 i I 14 I E.f. 20 22 i3 I O.f.
- 6 *2 20 III Ira. 24 20 39 III P.f.
- 7 0 46 III E.f. 24 22 33 III O.f.
- 9 2 42 II Im. 26 20 a3 11 Im
- 10 i 1 36 II P.c. 26 23 48 II E.f.
- 10 2 t 49 II O.c. 27 0 16 I Im.
- 10 23 57 II P.f. 27 2 I 25 1 P. c.
- 1 r 0 12 II O.f. 27 2 I 56 I 0. c.
- 11 2 ai I Im. 27 23 37 I P.f.
- 11 a3 3o I P.c. 28 O 8 I O.f.
- 1 I 23 38 I O.c. 28 2 I 25 I E.f.
- 12 1 4> I P.f.
- Voici les dates des élongations de Titan, le plus brillant des satellites de Saturne :
- Élongation
- Dates. Orientale. Occidentale.
- Juin 5 “ 1 00
- — i3 1 0 c*
- — 21 22h,2
- — 29- 2l\5 —
- Uranus, dans le Verseau, est visible à la lin de la nuit. On pourra le trouver au moyen de sa position donnée au tableau des planètes. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 12 juin.
- Neptune est invisible, plongé dans le rayonnement solaire.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 5, à i5h, Vénus en conjonct. avec la Lune, à 5° 6'N.
- Le 8, à 3h, Neptune Lei3,à 4h, Saturne Le 16, à 9h, Jupiter Le 21, à 15h, Mars Le 23, à 5h, Uranus
- la Lune, à o° 56' N. la Lune, à »0 54' N. la Lune, à 4° 1i' S. la Lune, à 3°37' S. la Lune, à x° 38'N,
- *1 132jgfr
- p.2x131 - vue 603/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Etoiles filantes. — Il n’y a pas d'essaim important à signaler en juin.
- Etoiles variables. — Minimum de l’étoile variable Algol (p Persée), 28 juin, à ik22m.
- Etoile Polaire. — Heure du passage de l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates.
- Juin q
- — 19
- — 2 9
- Passage______
- Inférieur. Supérieur.
- 20h i 1“ 36‘ —
- ig1133“ 27* —
- i8h54“i9* 6h 56m 27"
- Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- 5h 10“ i6‘,9 5“ 49“ 4»*,5 6h 29“ 8‘,o
- Y. Constellations. — L’aspect du ciel le i*r juin, vers 2ih, estle suivant (les lettres entre parenthèses indiquent les principales curiosités célestes visibles avec un petit instrument) :
- Au Zénith : La Grande Ourse (Mizar et Alcor, a3 h, a, 57) ; le Bouvier (e, u, Ç, l\\ i, ô) ; les Chiens de Chasse (le Cœur de Charles) ; la Chevelure.
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire) ; la Girafe (P. xii. a3o) ; Céphée (ô, (3, x, £, p) ; Cassiopée (r), s, a, H. vi. 3o); Le Cygne (p, 0, g, 61*).
- A l’Est: Le Sagittaire; le Scorpion («, v, p, ç, Anta-res) ; l’Aigle (n, i5 h, ii, 23, M. 11) ; la Lyre (e, Ç, v), Yéga) ; Hercule (a, x, p, , ô, M. 13) ; la Couronne boréale (ç, a); Ophiuchus (36 A, 70, 67, p, 3g, M. 14).
- Au Sud . La Yierge (y, 54, 17, nébuleuses) ; la Balance (ô, a, p, P. xiv. 112); le Corbeau.
- A l’Ouest : Le Lion j[y, 54) ; le Cancer (la Crèche, i, Ç, fi, M. 67); les Gémeaux (Castor et Pollux).
- Au Nord-Est : Le Cocher (Capella).
- Em. Touchet.
- K0O
- HYGIENE ET SANTE
- OtfL
- LE LAIT DE CHÈVRE DANS L'ALIMENTATION DES ENFANTS
- Beaucoup de voix plus ou moins autorisées préconisent le lait de chèvre dans l’alimentation des enfants. Ce lait, en effet, a des avantages évidents, particulièrement à la campagne : Il est plus facile de se procurer une chèvre qu’une vache et par conséquent de donner à l’enfant du lait fraîchement trait, voire de faire directement téter le pis de l’animal, ce qui supprime toute cause de pollution du lait. De plus, la chèvre est relativement réfractaire à la tuberculose. Mais ces avantages sont-ils sans inconvénients ?
- Déjà, il y a deux ans, Stoeltzner avait parlé d’anémie du lait de chèvre. Cette question a été reprise récemment avec beaucoup d’ampleur à la clinique de l’Université de Groningue, par le Dr Brouwer. Ce pédiatre a observé 5 enfants de 5 à 9 mois qui furent alimentés exclusivement au lait de chèvre à partir du quatrième mois au plus tard. Ces enfants présentaient tous une forme d’anémie d’un type spécial, caractérisée par le fait que les globules du sang se régénèrent avec rapidité,
- vraisemblablement pour lutter contre les poisons qui les détruisent très vite, au fur et à mesure qu’ils se produisent. A la suite de l’observation de ces 5 cas, le Dr Brouwer a recherché dans les archives de la clinique et parmi les autres malades comment d’une manière générale les jeunes enfants se comportent à l’égard du lait de chèvre et il a trouvé que sur 20 enfants qui furent admis de 1914 à 1920 pour anémies de ce type spécial il y en avait 14 qui avaient consommé du lait de chèvre pendant plus ou moins longtemps. Inversement, pendantle même temps sur 92 enfants atteints de n’importe quelle maladie, il n’y en avait absolument qu’un seul qui ait consommé du lait de chèvre en proportions appréciables. Il y a là, on ne peut se le dissimuler, un faisceau de preuves extrêmement impressionnant. On fera donc bien de suivre les conseils judicieux du Dr Brouwer et de ne pas donner du lait de chèvre aux nourissons avant 4 ou 5 mois et de ne pas le donner seul. Dr P.-E. M.
- <
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Argenture du verre. — Dans les expériences d'op- i tique, on a fréquemment besoiu d’argenter soi-même une plaque de verre ou une lentille pour en former un miroir. Le procédé le plus simple, le plus économique et le plus rapide, est celui au nitrate d’argent ammoniacal et formol qui n’exige qu’un seul bain, mais il nécessite certaines précautions que M. A. Cotton vient de préciser dans la Revue d'Optique.
- Nous lui empruntons les indications suivantes :
- On prend de l’eau distillée dont on s’assure qu’elle ne donne pas de précipité avec le nitrate d’argent et qu’elle est bien neutre au toprnesol. On pèse 15 grammes de nitrate d’argent cristallisé qu’on met dans un flacon d’un litre, avec bouchon à l’émeri, que l’on remplit incomplètement avec de l’eau distillée. Après dissolution, on ajoute de l’ammoniaque pure du commerce jusqu’à disparition du précipité brun qui se forme au début. On peut aller rapidement au commencement, mais il faut à la fin ajouter l’ammoniaque goutte à goutte. Il est bon, pour éviter une perte de temps, de connaître à peu près le volume d’ammoniaque à employer, qui dépend de sa concentration. L’ammoniaque concentrée du commerce est généralement à 220 Baumé ; pour un litre de nitrate d’argent à 1,5 pour 100 il en faudra .environ 17 cm3. On en mettra un peu moins et on ajoutera ensuite goutte à goutte avec précaution ce qu’il faut pour redissoudre exactement le précipité. Lorsque celui ci disparaît, on complète le volume à un litre, on bouche , et on note sur l'étiquette du flacon la température de la solution.
- On essaie immédiatement ce bain dans une cuvette de
- porcelaine préalablement nettoyée à l’acide azotique, puis à l’ammoniaque et abondamment lavée. Pour cela, on verse dans la cuvette, au moyen d’un flacon compte-gouttes, i3 gouttes de formol commercial, puis i5 cm3 de la solution de nitrate d’argent ammoniacal ; on agite et l’on suit les progrès de la réduction.
- Si la quantité de formol est convenable, il ne se forme aucun précipité lors du mélange, mais au bout de quelques secondes la liqueur devient rose violacé en prenant l'aspect typique d’une solution colloïdale. Puis brusquement, les parois apparaissent recouvertes d’un enduit qui devient successivement rose violet, bleu, gris de fer et prend enfin l’éclat métallique sur toute la surface mouillée. La réduction qui dure environ une minute est terminée quand le liquide contient des grumeaux bien nets.
- S’il y a manque de formol, le liquide devient gris ou jaunâtre et a l’aspect boueux. Les parois ne s’argentent pas.
- S’il y a excès de formol, la réduction se fait beaucoup plus vite. L'argenture ne prend pas l’aspect métallique, ou, en tout cas, la couche métallique disparaît sous le frottement du doigt lavé à l'eau ammoniacale.
- La quantité de formol à employer étant ainsi déterminée, on prépare les pièces de verre à argenter.
- Le verre est frotté avec un tampon d’ouate imbibé d’acide nitrique tenu par une pince, rinsé, frotté de même à l’ammoniaque, lavé à grande eau, puis à l’eau distillée et laissé dans l’eau distillée à l’abri des poussières.
- p.2x132 - vue 604/688
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- S’il s’agit de réargenter un miroir terni, on peut le décaper par un mélange de permanganate de potasse et d’acide sulfurique concentré, puis par l’eau régale, et enfin par la potasse en solution, avant de le nettoyer.
- Le verre est naturellement manipulé avec des pinces et non avec les doigts qui le graisseraient.
- L’argenture proprement dite se fera de la manière suivante : dans un vase gradué propre on met le volume du bain d’argenture reconnu nécessaire. Dans un autre vase propre, on verse, en les comptant, le nombre de gouttes correspondant de formol, calculé d’après l’essai préalable sur i5 cm5. On verse le bain d’argent sur le formol, puis on reverse le tout dans le premier vase ; aussitôt après, sans perdre de temps, on jette le contenu ainsi bien mélangé sur la pièce à argenter.
- L’argenture se fera alors régulièrement et vite, à condition que la température soit convenable, c’est-à-dire qu’elle soit celle à laquelle a été préparé le bain, ou Un peu plus.
- Le dépôt d’argent & une épaisseur d’environ 5o milli-microns. On peut le renforcer en répétant une ou plusieurs fois l’opération, à condition d’arrêter chacune d’elles, sauf la dernière, avant apparition du voile jaunâtre.
- On laisse sécher ; le dépôt devient plus dur et on peut passer au polissage. On frotte la surface argentée avec une peau de chamois disposée en un tampon rembourré de coton cardé, ou plus exactement on la foule pour augmenter l’adhérence. Puis on prend un deuxième tampon, identique au premier, mais chargé de rouge d’Angleterre fin et bien lavé ; on le promène légèrement en rond sur toutes les parties de la surface, en insistant particulièrement sur les bords, qui ont toujours une tendance à rester en retaPd. Peu à peu l’argent recouvre
- sa blancheur et contracte un poli qui reproduit celui de la surface sur laquelle il repose. C’est le poli du verre dans sa perfection, rehaussé par l’intensité de l’éclat métallique. Quand le miroitage des objets ombrés donne un reflet d’un beau noir, on s’arrête ; l’opération est terminée.
- Application de la méthode Hoyberg à l’analyse de la matière grasse dans le lait. — M. André M. Leroy, chef des travaux de zootechnie à l’Institut national agronomique, a signalé récemment, à l’Académie d’Agricul-ture, l’emploi de la méthode Hoyberg pour doser la matière grasse dans le lait.
- Cette méthode est basée sur l’emploi d’une liqueur alcaline et d’une liqueur alcoolique. Elle utilise des tubes comparables, par leur forme, aux tubes de Gerber.
- L’originalité de la méthode Hoyberg consiste dans la possibilité de se passer d’une centrifugeuse. La montée de la matière grasse, sous la forme d’une colonne dont la longueur permet de déduire la teneur en matière grasse du lait à analyser, s’effectue par gravitation à la suite de séjours au bain-marie, d’une durée totale d’environ vingt minutes.
- Ce procédé n’exige qu'un matériel restreint.
- Les analyses de lait peuvent se faire à l’étable même ou, de préférence, sur la table de la cuisine delà ferme. M. André M. Leroy estime que cette méthode est à recommander particulièrement aux Syndicats de Contrôle laitier et beurrier. Plusieurs groupements de contrôle laitier l’utilisent et les vérifications faites au Laboratoire de Zootechnie de l’Institut national agronomique ont montré que les résultats obtenus par l’emploi simultané de la méthode Gerber et de la méthode Hoyberg sont absolument comparables. H. B.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui ij parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature I oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présen- I tant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une | bande d’abonnement. 11 est rappelé qu’en raison des recherches [ le plus sou vent nécessaires et du nombre des correspondances, j il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. JR., à Bergerac. — i® La patine de l’étain s’effectue au moyen d’une solution de chlorure d’antimoine dans l’acide chlorhydrique, étendue de dix fois sou volume d’eau ; l’antimoine étant déplacé par l’étain, il se produit une coloration brune plus ou moins accentuée suivant la concentration en chlorure d’antimoine de la solution. Pour terminer on rince, essuie et frotte avec un tampon légèrement huilé, Pour patiner le cuivre en vert antique, on fait dissoudre dans un litre de vinaigre
- fort :
- Sel de cuisine....................... i5 gr.
- Chlorhydrate d’ammoniaque . . i5 —>
- Après dissolution, on ajoute :
- Alcali volatil....................... i5 gr.
- La composition est appliquée rapidement au pinceau sans repasser, on laisse sécher jusqu’au lendemain et recommence l'opération une seconde fois, puis une troisième à ai heures d’intervalle si cela est nécessaire. On termine par un brossage à sec avec une brosse passée préalablement sur un morceau de cire%3° Patine en tons chauds du cuivre. .
- Préparer les deux solutions :
- A Hyposulfife de soude, 120 grammes.
- Eau ordinaire .... 1000 cent, cubes.
- B Sulfate de cuivre. . . a5 grammes.
- Acétate de cuivre . . io —
- Areéniate de soude. . o,5 —
- Mélanger les deux solutions, porter à la température de 8o° et y introduire les objets préalablement décapés à l’acide nitrique. On voit la pièce passer successivement par les teintes orangé, rouge clair, puis rouge sang, dès que le ton désiré est obtenu, on enlève rapidement, rince et sèche à la sciure de bois. N. B. Pour que la teinte soit bien uniforme, il est indispensable d’agiter le bain pendant le temps de la réaction.
- A. D., à Montmoreau. — Si les os de votre collection se recouvrent de moisissures, c’est qu’ils sont encore chargés de matières organiques, le mieux est de les soumettre au traitement général suivant des os bruts. Après avoir dépouillé les os de leur chair, on les fait bouillir dans de l’eau pure pendant 6 à 8 heures, on retire les os du bain gélatineux, puis les fait bouillir à nouveau pendant a heures dans une eau contenant ao grammes de carbonate de potasse par litre ou mieux encore ao cm5 de potasse caustique à 36° B. (Potassium des peintres), on lave à l’eau tiède, ensuite à l’eau froide et laisse sécher. Pour blanchir les os, on les trempe pendant quelques heures dans une bouillie contenant 5o gr. par litre de chlorure de chaux (poudre de chlore), on rince abondamment et fait sécher à nouveau. Cette dernière opération peut être répétée jusqu’à résultat satisfaisant, un certain brillant peut enfin être donné à la préparation en trempant l’os dans une dissolution de paraffine dans l’essence, à 5o gr. par litre; après évaporation du solvant, on polit avec une flanelle bien propre, l’objet est ainsi à l'abri de toute altération ultérieure.
- L. S., rue Anatole-de-la-Forge. — Voici deux formules également bonnes de fixatifs pour crayon, à employer au pulvérisateur :
- A B
- Gomme laque blanche. . 5 gr. 5 gr.
- Résine copal............ i —
- Térébenthine de Venise . 5 gr.
- Alcool à 95°............90 c. c. 90 c. c.
- M. Barbarin, à Deyne-les-Alpes. — 1” Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2606 du i5 mars 1924, page 87 de la Boîte aux Lettres et vous prions de vous y reporter. 2* Le perçage du verre se pratique facilement en se servait d’une pointe carrée imbibée d’essence de térébenthine. Pour ne pas claquer la plaque, avoir soin de prendre celle-ci entre deux lames de bois dans lesquelles on a percé un trou pour donner passage à l’outil et le soutenir. Avoir soin en outre d’attaquer successivement les deux faces de la plaque à percer en n’allant que jusqu’à moitié de l’épaisseur, car c’est au
- p.2x133 - vue 605/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- moment où l’outil refoule la dernière portion de verre que l’éclatement se produit
- M. Coalla y Suarez, à Oviedo. — Ouvrages à consulter sur la fabrication du chocolat : Confiseur-chocolatier, par Cardelli et Lionnet-Clémandot, Editeur Mulo, ia, rue Hautefeuille. Fabrication du chocolat, par Zipperer. Editeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères. Confiserie et chocolalei'ie de la Bibliothèque professionnelle René Dhommée. Editeur Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- M Capon, à Paris. — La cellophane étant un produit breveté, le mieux pour obtenir des détails sur sa fabrication est de vous' adresser à l’Office des brevets, 26 bis, rue de Pétrograd, Paris, 8°. Les salles de communications de brevets sont ouvertes de 11 h. à 16 h.
- M. Aubertin, à Reims. — i* Vous trouverez les produits, tels que soufre sublimé, gentiane, gingembre, carbonate de fer, salicylate de soude, etc., chez tous les droguistes, par exemple : Pointet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois; Pelliot, 24, place des Vosges. Quant aux coquilles d’huîtres, rien de plus facile que de demander à une écaillière de vous les mettre de côté ; après passage dans le foyer de votre cuisinière, ces coquilles se pulvériseront facilement. 20 Un peu de pétrole ajouté au goudron de gaz lui donnera la fluidité convenable pour le goudronnage de votre toiture en carton. A notre avis, vous feriez bien d’incorporer de l’asphalte ou du bitume pour rendre le produit moins liquéfiable sous l'influence des rayons solaires.
- Cercle de l'Union, à Limoges. — La condition essentielle pour une encre à stylos est de ne pas contenir de matières en suspension, or les encres au fer sont constituées par un tannate ou un gallate de fer en suspension dans une solution de gomme.
- Il faut donc, pour les encres à stylos, s’en tenir aux colorants solubles représentés pratiquement par les couleurs dites d’aniline. Dans le cas d’une encre noire, par exemple, remplacer le bleu de méthylène de la formule que nous avons donnée, soit par le noir basique BT, soit préférablement par les noirs G ou P 2184 réservés spécialement à cette fabrication. Si vous désirez un noir bleu vous pouvez associer le bleu de méthylène à l’un des noirs ci-dessus, dans les proportions convenables pour obtenir la teinte désirée.
- M. Zanatta, à Bahia. — 1” Une bonne formule de pâte dentifrice est la suivante :
- Prendre :
- Carbonate de chaux précipité. . 100 gr.
- Gomme adragante pulvérisée. . o gr. 25
- Après mélange, ajouter quantité suffisante de glycé-rolé d’amidon pour obtenir une pâte ferme et colorer en rose par du carmin au bitartrate.
- Le glycérolé s’obtient lui-même en prenant :
- Amidon de riz............ 10 grammes.
- Eau distillée de roses . . 20 —
- Glycérine neutre......... 120 —
- On triture l’amidon avec l’eau de roses, ajoute la glycérine et chauffe graduellement en remuant constamment jusqu’à prise en gelée.
- Quant au carmin au bitartrate, il se prépare ainsi :
- Cochenille pulvérisée. . . 10 grammes.
- Alun pulvérisé.............. 2,5
- Crème de tartre. . . . . 2,5
- Eau distillée.............. i5o grammes.
- On porte l’eau à l’ébullition, on ajoute la cochenille, puis, au bout de 5 à 6 minutes, l’alun et la crème de tartre ; on mélange à l’aide d’un agitateur et laisse refroidir. On obtient ainsi une couleur très brillante qui permet de réaliser toutes les teintes entre le rose pâle et le rouge foncé.
- 2° Pour préparer une colle de poissons liquide, faire dissoudre xoo gr. de colle de poissons ordinaire dans ia5 gr. d’acide acétique. D’autre part, faire gonfler pendant quelques heures 20 gr. de gélatine dans 1 x5 gr. d’eau, puis liquéfier au bain-marie. Finalement mélanger les deux solutions.
- M. Scheer, à Epinal. — L’emploi de cuves en ciment pour la photographie ne nous semble guère pratique, par suite de leur peu de maniabilité. Si cependant vous désirez les employer, il vous sera facile de rendre le ciment inattaquable en le badigeonnant à plusieurs reprises, jusqu’à saturation avec une dissolution à 10 pour 100 de paraffine dans l’essence de pétrole. Pour
- les pièces de petites dimensions, les plonger tout simplement dans la paraffine fondue.
- M. Le DT Fructus. à Saint-Tropez. — Les pièces moulées en charbon de cornues s’obtiennent ainsi :
- Faire un mélange intime de produits suivants pulvérisés :
- Houille grasse...........1000 grammes.
- Charbon de cornues. . . 2000 -—
- Porter ce mélange au rouge dans un creuset de terre bien fermé par un couvercle, jusqu’à cessation complète de dégagement de gaz combustibles, laisser refroidir et ajouter à la masse une quantité suffisante de mélasse pour constituer une pâte ferme, comprimer alors celle-ci dans des moules, le plus fortement possible, finalement porter au rouge en vase clos, que l’on n’ouvrira qu’après refroidissement complet.
- M. Monguillon, à Vire. — i° Il est de toute évidence que les plateaux de votre machine de Wimshurst ne doivent pas se toucher. S’il s’agit bien d’une machine à secteurs métalliques elle doit s’amorcer d’elle-même pendant la rotation: mais si la machine dont vous disposez est du type Bonetti sans secteurs métalliques, il faut, pour qu’elle fournisse de l’électricité, frotter sur l’un des plateaux pendant qu’ils tournent, le doigt bien sec, ou encore mieux enduit d’or mussif (bisulfure d’étain), a0 Nous ne voyons pas d’autre emploi de votre graisse de cuisson qu’un emploi alimentaire. 3° Une analyse d’un produit de ce genre, probablement très complexe, coûterait au moins quelques centaines de francs; nous sommes à votre disposition pour vous indiquer un laboratoire, si cette recherche en vaut la peine.
- M.P. Vieusseux, à Florence. — Les peaux d'anguilles, de murènes, etc., demandent pour être conservées une préparation spéciale qui est la suivante :
- On laisse tremper pendant 10 à 12 jours dans de l’eau contenant un peu de sulfate de zinc, la peau ainsi bien amollie et raclée est lavée, puis plongée pendant environ une journée dans un bain composé de :
- Eau ordinaire.............. 1000 cm5
- Borax........................ 10 gr,
- Acide borique................ 20 —
- Acide tartrique............. 25 —
- Sulfate d’alumine............ 5o —
- On laisse égoutter et immerge dans un bain composé de :
- Phosphate de zinc .... 25 gr.
- Benzoate d’aluminium. . . a5 —
- Glycérine.................... 5o —
- Alcool....................... 20 cm*
- Eau ordinaire.............. 1000 —
- Après quelque temps de séjour on égoutte et laisse doucement sécher à l’ombre, en assouplissant par étirage sur une planche à arêtes arrondies, mise de champ (palissonnage) ; finalement on brosse pour enlever toute efflorescence.
- M. Laponyade, à Saint-Martin-de-Ré. — Pour nettoyer votre argenterie brunie par sulfuration, préparer d’abord une solution saturée d’hyposulfite de soude dans l’eau. Délayer ensuite un peu de blanc d’Espagne au moyen de ce liquide de manière à former une pâte dont on imprègne un tampon de toile fine, frotter plus ou moins longtemps suivant l’épaisseur de la couche de sulfure d’argent, rincer à l’eau claire et essuyer avec une peau de chamois.
- D. E. N., Àngoulême. — Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner le produit dont vous parlez, veuillez nous en soumettre un échantillon et nous espérons alors pouvoir vous renseigner.
- E. /.., à Montevideo. — Nous pensons que vous voulez parler la la pâte à copier à l’argile qui se prépare ainsi :
- Prendre : Argile sèche..............600 gr.
- Eau ordinaire"......... 100 —
- Sucre................... 5o —
- Glycérine............... 25 —
- Faire dissoudre le sucre dans l’eau, incorporer progressivement à l’argile en malaxant, ajouter finalement la glycérine et garnir les cadres en fer-blanc de la pâte obtenue. N. B. Par argile sèche il faut entendre de l’argile séchée à l’air et non au four, la cuisson lui faisant perdre ses qualités plastiques.
- ( Voir la suite pp. CXXXV, CXXXVI,)
- 135
- p.2x134 - vue 606/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- >•
- Eléments de paléontologie, par L. Joleaud. T. II : La Vie aux temps tertiaires et quaternaires, i vol, in-16, 2i5 p , 4o fig. (Collection Armand Collin), Paris. Prix relié : 6 francs ; broché : 5 francs.
- M. Joleaud qui, dans le tome I, avait entamé l’histoire géologique de l’évolution, l’achève dans le tome II en étudiant les milieux des temps tertiaires et quaternaires, les groupes d’êtres les plus caractéristiques de ces époques et termine en montrant l’humanité à son aurore et les étapes de ses civilisations.
- Le tout forme un remarquable exposé de l’état actuel de la paléontologie et des problèmes passionnants qu’elle étudie, notamment la liaison étroite entre les variations du milieu physique et les transformations des êtres vivants.
- Origine des grands reliefs terrestres. Essai de géomorphisme rationnel et expérimental, par Ch. Gorceix. j vol. in-8, 176 p., 18 fig., 25 photos. Lechevalier, Paris. Prix : 20 francs.
- Pour comprendre et expliquer l’équilibre de l’écorce terrestre, la formation des terres et des mers, les plissements de la surface qui ont soulevé les montagnes, l’auteur a fait de nombreuses expériences de compressions et de plissements qu’il relate dans la 3e partie de ce livre et justifie par des photographies. Auparavant, il explique le mécanisme de ces phénomènes, non plus à partir de la théorie de la contraction du globe de Lapiace, mais au moyen de la théorie cosmologique de M. Belot, que nos lecteurs connaissent bien. Il y ajoute, pour justifier les périodes de plissements et les variations de climat qu’on connaît aux temps géologiques, l’hypothèse de la rupture d’anneaux satellites qui se serait répétée trois fois. L’ouvrage est fort intéressant comme effort de synthèse et montre bien l’insuffisance des théories classiques pour expliquer l’évolution du globe ; il en apporte de nouvelles, ingénieuses, qui seront certainement l’objet d’ardentes discussions.
- Le pétrole en France, par M. Lecomte-Denis, i vol., 168 p., 10 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1924. Prix : 6 francs.
- L’auteur est persuadé que le sous-sol de la France contient du pétrole en abondance, et qu’il importe dès maintenant d’en entreprendre l’exploitation rationnelle. Son livre est donc à la fois un guide du prospecteur du pétrole, et un inventaire des régions de France que l’on est en droit de regarder comme pétrolifères. 11 commence par résumer ce que l’on sait de la géologie du pétrole, et donne de brefs et pratiques aperçus sur les techniques de prospection et d’exploitation. Puis il passe en revue les régions où se révèlent soit des gisements de pétrole exploités comme à Pechelbronn, soit des indices de gisements : comme dans le Jura, le Massif Central, les Pyrénées et le Gard ; il en décrit à grands traits la structure géologique et donne un clair tableau des connaissances déjà acquises sur le sous-sol en ces points, ainsi que les résultats de£ quelques sondages entrepris en ces dernières années. Il termine par l’exposé de la nouvelle législation minière, réglée par le décret du 9 septembre 1919 et la loi du 16 décembre 1922 qui concerne la recherche du pétrole et constitue une innovation libérale.
- Appareils et installations [téléphoniques, par E. Rey-naud-Bonin. 1 vol. 487 pages, 291 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris 1924. Prix broché : 5o francs.
- Comme l’auteur le rappelle dans sa préface, les installations téléphoniques représentent le plus complexe et le plus délicat de tous les services publics. Le fonctionnement et le perfectionnement des services téléphoniques mettent en jeu une technique très spéciale et très savante, qui malheureusement n’a pas été l’objet d’une attention suffisante en France où les techniciens du téléphone sont bien peu nombreux. Le traité d’ensemble de M. Reynaud-Bonin aidera à remédier à cette situation défavorable. Clair et méthodique, s’attachant surtout à dégager les
- principes essentiels, sans trop entrer dans les détails vite rebutants, il facilitera aux ingénieurs leur initiation à l’art du téléphone. Après un bref historique, l’auteur décrit successivement les divers éléments de l’installation téléphonique moderne dans l’ordre suivant : téléphone, microphone, piles et magnétos, sonneries et condensateurs, postes d’abonnés, bureaux centraux à service manuel, leurs organes élémentaires, les meubles commutateurs et les entrées de lignes ; il étudie ensuite l’organisation des services urbains et interurbains, puis l’installation de l’abonné, celle des cabines publiques, et diverses installations spéciales; enfin il étudie l’organisation des systèmes de téléphonie automatique. Toute cette première partie de l’ouvrage est purement descriptive. Une seconde partie est consacrée à l’étude théorique du courant et des appareils téléphoniques : théorie du récepteur d’après Poincaré, Wagner et Kennelly, théorie du microphone, étude des lignes, adaptation des appareils aux lignes, bobines Pupin, câbles Krarup, théorie de l’amplificateur électronique appliqué au téléphone, étude sommaire de la téléphonie multiple à haute fréquence.
- Réception des signaux horaires, renseignements météorologiques, sismologiques, etc., transmis par les postes de T. S. F. de la Tour Eiffel, Lyon, Bordeaux, publiés par le Bureau des Longitudes, i vol. in-8 raisin (25 X 16) de 226 pages. Gauthier-Yillars et C'°, éditeurs, Paris 1924- Prix : 27 francs.
- L’ouvrage que le Bureau des Longitudes vient de faire paraître donne des indications précieuses sur les méthodes et appareils de réception qui intéressent directement les savants, les marins, les aviateurs et tous les météorologistes; il fournit en outre des renseignements détaillés sur l’organisation des signaux horaires et leur utilisation, pour la distribution de l’heure, le réglage des pendules et chronomètres, la détermination des différences de longitudes, la diffusion des renseignements météorologiques, sismologiques, etc.
- La T. S. F. pratique (télégraphie, téléphonie), par E. Coustet, 1 vol. 240 p., 154 fig. Hachette, éditeur, Paris. Prix : 12 francs.
- M. Coustet résume tout d’abord, avec beaucoup de clarté et d’agrément, les connaissances nécessaires pour comprendre en gros le mécanisme des ondes radioélectriques; il étudie ensuite les organes d’un poste récepteur, explique leur rôle, et donne des indications pratiques pour leur montage. Il passe en revue les principaux perfectionnements créés en ces dernières années. Ce clair exposé est à la portée de tous et facilitera notamment aux débutants leur apprentissage d’amateur.
- Manuel de maçonnerie, par M. Cabiac. i vol. in-18, 208 p., 221 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris 1924. Prix : 12 francs.
- Ce volume renferme quelques notions pratiques de géométrie, une étude sommaire des matériaux et de l’outillage utilisés en maçonnerie, et la description des travaux essentiels incombant au maçon : types divers de maçonneries, fondations, caves, corps de bâtiment, escaliers, ravalement, échafaudages et étalements. Il se termine par des notions de résistance des matériaux et de métré.
- Manuel du cycliste et du motocycliste, parE.-FI. Weiss, 1 vol. 36o p., 192 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris 1924. Prix : 12 francs.
- L’auteur décrit les organes de la bicyclette et de la motocyclette; il indique quel est leur rôle, comment on les monte, comment on les entretient et • comment on les répare. Il étudie également le side-car et le cycle-car et donne un grand nombre de recettes et procédés qui rendront grands services à tous ceux qui pratiquent ces différents genres de locomotion.
- p.2x135 - vue 607/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2613 3 Mai 1924
- L’émission électronique sous l’action du champ électrique. — Tous les amateurs de T. S, F., aujourd’hui familiarisés arec la lampe à émission thermionique, savent que le fonctionnement de ce merveilleux appareil repose sur les électrons émis par un filament métallique chauffé, et aspirés dans un champ électrique créé par la plaque. Le chauffage du filament, à une température plus ou moins élevée suivant la nature de sa substance, est indispensable pour réaliser l’émission électronique ; celle-ci apparaît comme une véritable évaporation d’électrons par la surface du filament. On s’est souvent demandé s’il serait possible de réaliser à froid l’émission électronique ; on a cherché, par d'autres moyens que la chaleur, à arracher au métal les électrons qu’il contient ; on a notamment expérimenté l’action de champs'électriques intenses. Les expériences jusqu’ici n’avaient donné que des résultats négatifs. Elles ont été reprises récemment par M. Millikan, le savant américain bien connu, et son élève Eyring. Ces deux physiciens ont constaté que dans un champ électrique de noo.ooo volts, on peut expulser, à froid, hors d'un métal, un nombre mesurable d’électrons.
- La transformation de l’énergie luminquse en énergie électrique par les cristaux. — Un physicien américain, M. Geiger, de l’Université du Michigan, a récemment découvert un effet remarquable de la lumière sur les cristaux. On connaît déjà les modifications de la conductibilité électrique, provoquées par la lumière sur les cristaux de certains corps comme le sélénium, M. Geiger avait entrepris à ce point de vue l’étude de l’argentite, sulfure d’argent cristallisé.
- Il constata que la conductibilité de ce corps est modifiée par la lumière ; mais de plus il observa qu’à l’intérieur du cristal illuminé se développe une force électromotrice. Le cristal transforme l’énergie lumineuse en énergie électrique. L’effet, du reste, est très faible : une source lumineuse de 6oo bougies à i m du cristal y fait naître une force électromotrice de o,oi3 volt seulement.
- Le système métrique en Perse. — Nous avons signalé récemment les progrès accomplis par le système métrique en Asie : le Japon, la Chine, le Siam, la Sibérie sont virtuellement convertis au système métrique. La Perse à son tour suit le mouvement. L'Engineering annonce que le Conseil des Ministres vient d’approuver un projet de loi entraînant l’adoption générale dans le pays du système métrique.
- «f*
- Le port de Strasbourg. — Le Parlement vient d’accorder l’autonomie au port rhénan de Strasbourg et d’autoriser l’exécution de travaux d’agrandissement dont le montant dépassera 246 millions dont 168490000 fr. pour les travaux du port proprement dit et 78 35o 000 fr, pour les voies ferrées.
- Le programme comporte l’exécution d’un bassin de jonction à niveau constant, de 6 nouvelles darses, et d’un canal de circulation avec entrée directe sur le Rhin, du prolongement vers l’amont de la régularisation du Rhin en vue de l’accès de cette entrée, d’un bassin à pétrole, d’une gare de triage, et des voies ferrées de service nécessaires à l’exploitation du port. L’exécution se fera en plusieurs étapes; les travaux de la première étape évalués à 100 millions seront exécutés aux frais de l’Etat; le surplus aux frais du port.
- Ainsi le port de Strasbourg, créé de toutes pièces par les Alsaciens, au cours de la domination allemande, sans aucune aide, et contre l’opposition sourde, mais tenace et constante des conquérants, va pouvoir, sous le régime français, amplifier le merveilleux développement qu il avait pris malgré les circonstances adverses qui ont présidé à sa naissance. Le port de Strasbourg a été inauguré en 1892; c’était alors un port créé sur le canal de jonction reliant le canal du Rhône au Rhin à celui de la Marne au Rhin. En 1901, il se complétait par un port sur le Rhin. En igi3, son trafic atteignait a millions de tonnes; la guerre naturellement a réduit son activité; mais en i9aa le trafic atteignait à nouveau
- le chiffre de 1913. Lorsque le programme qui vient d’être voté sera exécuté, le port de Strasbourg pourra assurer un trafic de 10 millions de tonnes.
- Le Pont de Sydney. — L’un des plus grands ponts du monde sera celui de Sydney (Australie), destiné à franchir le port et à réunir la ville à son faubourg de Nortb-Sydney. Ce pont sera un pont métallique en arc, il mesurera 1149 m. 10 de longueur totale, et l’arc principal qui franchit d’un Feul jet le bras de mer aura une ouverture de 5o2 m. 90. Ce sçra le plus grand pont du monde, celui de New-York n’a que 3oo m. d’ouverture. Les ponts du Forth (5i8 m) et de Québec (547 119) ont seuls une portée supérieure. Ce sont du reste des ponts en cantilever. !
- Utilisation du charbon de bois pour produire le gaz pauvre. — Les forêts de France produisent 18 millions de m5 de bois de feu. La production des menus bois est supérieure à la consommation. Or, actuellement, le charbon de bois trouvant une utilisation nouvelle et considérable dans la fabrication du gaz paiivre servant de combustible dans les moteurs à explosions, il y aurait là, d’après une récente communication faite par M. Lafosse à l’Académie d’Agriculture, un débouché très important pour les menus bois de nos forêts.
- Un chimiste alsacien, M. Imbert, a imaginé un procédé permettant d’actionner directement, par le gaz pauvre du charbon de bois, les moleurs à explosions des tracteurs agricoles et même des voitures de tourisme. Ce procédé consiste en l’emploi d’un appareillage très simple, une boîte fixée à l’arrière du véhicule. Cette boîte est de dimensions restreintes et ne pèse que 5 kg ; elle supprime l’emploi de carburateurs. La mise en marche se fait en moins de deux minutes, et le danger d’incendie ou d’asphyxie n’existe pour ainsi dire pas.
- L’application de ce procédé est bien de nature à retenir l’attention des propriétaires forestiers, car elle doit offrir un mode d’utilisation fort intéressante des menus bois et donner au commerce de ces sous-produits forestiers et du charbon de bois une considérable activité.
- D’après M. Lafosse, les forêts françaises peuvent fournir 10 millions dç m3 de menus bois pour la carbonisation, soit i3 millions de quintaux de charbon de bois, et l’on a la possibilité de développer l’emploi des fours portatifs pour la carbonisation du bois en forêt.
- La production normale des forêts peut suffire à la consommation de charbon de bois, Je rapport entre les besoins et les possibilités étant de 1 à 2.
- Les industries de transport, d’une part, et l’industrie forestière, d’autre part, ont donc tout à gagner à cetfe nouvelle utilisation du charbon de bois.
- La transformation des bois mous en bois durs. —
- D’après le identifie American, à qui nous empruntons ces détails, il serait possible de transformer en bois dur — véritables « pierres de bois * — des bois tendres. La méthode est hollandaise, donne, paraît il, de bons résultats et serait destinée à amener une révolution dans la question des bois durs, dont on connaît la rareté et les prix élevés.
- Quand on examine, à un faible grossissement de loupe, une coupe transversale de bois commun, de bois tendre, prêt à être utilisé par la menuiserie, on y distingue, entre les faisceaux de fibres, des cavités de dimensions variables, corre pondant aux sections des divers canaux nourriciers et des espaces intercellulaires. Ces cavités sont d’autant moins nombreuses, par rapport à la quantité de .fibre*, que la densité du bois est plus grande; et dans les bois durs, comme l’ébène, le teck, l’acajou, on en voit très peu. De là est venue l’idée qu’en comprimant les bois t< ndres, en faisant disparaître les cavités susmentionnées, on modifierait et leur densité et leurs propriétés.
- Les essais semblent avoir été couronnés de succès. Un tronc entier d’arbre est placé dans un autoclave, à parois très résistantes, pour pouvoir supporter une pression de 3oo atmosphères. Pour assurer une répartition régulière de la pression, sur toute la surface du
- p.2x136 - vue 608/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- tronc, préalablement dépouillé de son écorce, on utilise l’asphalte. L’eau qui fut essayée ne donnait pas de bons résultats. Elle infiltrait profondément les alvéoles du bois et empêchait la compression de se faire. L’asphalte, au contraire, ne pénètre que très légèrement, à la périphérie du tronc et assure uae pression égale sur l’ensemble. La pression est combinée avec une température de ioou. L’opération dure environ 5 heures et le volume du tronc d’arbre est réduit de moitié environ.
- Le bois utilisé ne doit être ni trop vert, ni trop sec: trop vert, il pourrait, sous l’action de la haute température, éclater par places; trop sec, il risque, sorti de l’étuve et exposé à l’humidité, de gonfler et de travailler tout de suite.
- L’opération demande un certain nombre de tours de mains, pour éviter par exemple la formation, sous laction des hautes températures, de caramel qui donne au bois des teintes trop foncées.
- L'opération terminée, on enlève la légère couche périphér ique de bois infiltrée d’asphalte et on le débite en plaucht s. Le bois ainsi traité est remarquable par ses belles veinures et aussi par sa propriété d’acquérir un très beau poli. Jusqu’ici, cette « pierpe de bois » est particulièrement utilisée pour faire des cannes, des crosses de hockey ou de golf.
- Mais on prévoit, déjà, quelle concurrence il pourra faire, surtout pour l'industrie du meuble incrusté, aux bois durs naturels. IhviiRE A. Matignon.
- Le massif du Mont Olympe. — Les cimes les plus élevées du Mont Olympe sont restées terra incognita jusqu’au début du xxe siècle. Le point culminant du massif n’a éié découvert et gravi qu’en 19r3 par deux Genevois, MM. Baud Bovy et Boissonnas, qui ont raconté cette ascension dans La Grèce Immortelle. Le Service géographique de l’armée grecque vient d’en dresser une carte au 20000”. Nous en extrayons les cotes suivantes :
- Pic Mitka (Vénizélos) ....
- — Stefan (Trône de Zeus). .
- — Skolion..................
- — Skala............
- — Palimanastri ....
- — Agbios Ilias (St Elie) . .
- — ’l’oumba (Jacques-Philippe)
- — Kristaki.................
- a.918 m. 3.910 — 2.905 — 2.866 — 2.815 — 2.787 — 2.786 — 2.704 —
- La carte autrichienne au 200 ooo° ne valait rien; elle donnait des altitudes trop faibles de 1000 mètres.
- Le massif de l’Olympe est moins élevé qu’on ne le croyait; il est dépassé par le Rilo (Mont Mouss Alla, 2945 m.) et par le Char Dagh (Mont Loubotrin, 3o5o m.) et égalé par les montagnes de l’Albanie septentrionale (Mont Ivoritnik, 2910 m.). Il n’est pas le point le plus haut des Balkans.
- Les animaux de chasse et de pêche en mai. —
- C’est le moment, en mai, de chasser le chevalier cul-blanc, dit bécasseau. Celui-ci, de même que le chevalier guignetle, se rencontre, particulièrement, sur les côteo de la Manche, ainsi que sur les bords de la Loire et de ses principaux affluents.
- Lorsque cela est permis dans la localité, on capture des ortolans. Ces oiseaux passent surtout par vents du Nord ou du Nord-Est; maie la meilleure récolte a lieu lorsque le temps menace de changer, car c’est alors qu’ils stationnent et se laissent plus facilement tirer.
- C’est la période de ponte et de couvaison pour l'alouette, la perdrix grise, la perdrix rouge. Si les pluies sont par trop persistantes, les couvées de perdreaux et de faisandeaux risquent d’être compromises Des pluivs modérées, coupées de beau temps, ne sont pas à redouter et sont même favorables en éloignant les bêles puantes des poussins des perdrix et des faisans, de même que des jeunes levrauts. La grande sécheresse favorise, au contraire, les visités de ces vilaines bêtes, qui pullulent dans les champs; les jeunes perdreaux qui échappent à leur dent tombent dans les crevasses des terres fortes et y périssent.
- ht s cailles mâles (oa les appelait autrefois des cailles t erleè), dès leur anivée, donnent avec empressement à l’appeau ou à la chanterelle et l’on pourrait en prendre de grandes quantités au filet si la chasse n’en était pas interdite. La couvaison des femelles ne commence qu’à la fin de mars, de même que celle des canepetières.
- Les renardeaux et les blaireautins commencent à être actifs et, de concert avec leurs parents, détruisent les œufs des oiseaux nichant sur le sol, les levrauts, les lapereaux; le mâle et la femelle chassent plutôt de nuit. Pour capturer la nichée, il faut surtout chercher à tuer les parents, car si l’un des renardeaux est pris au piège, le père et la mère emportent au loin les autres petits.
- Les chevreuils reviennent dans leurs cantonnements d’été.
- Le piégeur doit surveiller attentivement ses trappes, qui, normalement, doivent donner beaucoup de belettes et d'hermines ; si elles ne prennent rien, cela veut dire qu’il faut les déplacer.
- Les rapaces sont si occupés à nourrir leurs petits qu’il est inutile de chercher à les tuer en faisant appel à leur haine pottr le grand-duc, même artificiel.
- Visiter souvent les sentiers d’assommoirs, car l’on aura, trop souvent, l’occasion d’y rencontrer des lapereaux capturés par ces engins automatiques et qu’il faudra remettre en liberté.
- Mai continuant à être le mois du frai pour beaucoup de poissons, la pêche de ceux-ci est interdite; on ne peut guère s’y livrer — et encore serait-il préférable que l’on s’en abstint — que dans les étangs privés : on prend les moins voraces avec des insectes, des larves, des asticots, des vers, et les autres avec le vif.
- Dans certaines eaux, on a le droit de pêcher — la récolte est particulièrement abondante par temps lourd — les ombres, qui se laissent prendre avec des mouches; les saumons, avec lesquels les gros vers et les leuvres métalliques ne donnent guère de résultats; les truites, qui se jettent avidement sur la grande éphémère jaune, dite « mouche de mai », les vers, les asticots, les libellules, etc., de même que sur les mouches artificielles.
- La pêche marine commence à battre son plein, surtout lorsque la saison est tiède. Au pied des falaises rocheuses, excellentes récoltes des poissons de rochers au pater-noster. Sur les bancs rocheux, tendre des cordes pour les congres qui viennent des profondeurs. Avec de petits hameçons en surface, pêcher le mulet. Pour le bar, c’est le commencement de la pêche à la ligne flottante du bord, laquelle, d’ailleurs, ne donnera son plein rendement que que plus tard pour les autres poissons. Bons résultats avec les traînes et aux cordes de fond sur le sable. Dans les estuaires, continuation de copieuses récoltes d’éperlans et d’aZoses feintes. La ligne à traîner donne des orphies en veux-tu, en voilà. Les jeunes barbues et les poissons plats (turbots, limandes, flets, plies, soles) deviennent de plus en plus nombreux sur les grèves et entrent même dans les embouchures des fleuves, de même que le mulet. Le maquereau a meilleure mine que le mois précédent; rempli d’œufs ou de laitance, il se prend aux lignes traînantes. Les lignes flottantes et à lancer ménagent d’excellentes captures de bars, qui s’approchent dans les ports et près du littoral. Aux grandes marées, avec une bonne pelle et... de bons bras, on rapportera de pleins sacs A'équilles. Avec des filets de fond à grandes mailles, on commence à capturer quelques raies.
- Citons enfin les Araignées de mer, dites, pour cela, « crabes de mai », dont c'est le meilleur mois de récolte, pour la plus grande joie des gourmets dont certains les préfèrent à la plus sympathique langouste et au plus somptueux « cardinal des mers », même « à l’américaine ». C est en mai qu’apparaissent, sur nos côtes, les femelles, dont le nombre, dès lors, va aller toujours croissant. Les meilleurs moments pour leur récolte sont les premières marées qui suivent les mortes eaux, tandis que les grandes marées les entraînent plutôt vers le large. H. Coupin.
- Commission de standardisation. — La Commission permanente de standardisation du Ministère du Commerce soumet à l’enquête publique les projets de normalisation suivants :
- Cahiers des charges pour la fourniture des barres rondes à rivets.
- Cahiers des charges pour la fourniture des barres brutes de laminage pour boulons, vis, tirefonds.
- Symboles électriques.
- Normalisation des grès.
- Normalisation du matériel de constructions navales ; hublots fixes et hublots mobiles.
- p.2x137 - vue 609/688
-
-
-
- JÙÔ
- MJ
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Chroniques de T. S. T.
- ÎS
- Les accumulateurs en T. S. F. (suite) ('). — Nous avons étudié, dans notre dernière chronique, la réalisation pratique des accumulateurs alcalins et au plomb, et indiqué quelques données numériques sur leurs propriétés, nous allons maintenant donner quelques règles qui doivent présider à leur choix et à leur entretien.
- Tout d’abord, que doit-on préférer lorsque le choix est possible, c’est-à-dire lorsqu’on utilise des audions à faible consommation? doit-on employer des accumulateurs ou des piles à forte capacité?
- Si l’amateur ne dispose pas, pour la recharge de ses éléments, du courant d’un secteur, le chauffage par piles est précieux et, en choisissant le type de ces piles, peut n’être que d’un prix de revient modique. Dans ce cas, il semble que I on puisse donc accorder la préférence à ce mode de chauffage. Cependant, si l’on emploie un amplificateur comportant un grand nombre de lampes, il est quelquefois bon de ne pas chauffer directement les filaments, mais d’utiliser le courant de la batterie de piles pour charger un petit accumulateur, qui servira de réservoir d’énergie. On chargera l’accumulateur pendant les heures où l’on ne se sert pas de l’amplificateur, et, lorsqu’on veut mettre ce dernier en fonctionnement, on pourra disposer d’un débit de courant beaucoup plus élévé qu’avec la seule batterie de piles, connectée directement.
- Dans le cas, maintenant, où l’on peut disposer du courant continu ou alternatif d’un secteur pour la recharge des accumulateurs, il semble que leur adoption puisse être toujours conseillée, même si les audions employés sont à faible consommation. Il est alors possible d’utiliser un accumulateur de très faible capacité, permettant cependant de très nombreuses heures d’écoute; les recharges nécessaires sont alors peu fréquentes, et l’entretien des éléments, comme leur prix d’achat, réduit au minimum.
- Quant à la batterie de tension de plaques nécessaire, elle ne doit débiter, nous l’avons dit, que quelques milliampères, et de petits blocs de piles peu encombrants peuvent être employés à cet usage. Ces piles, lorsqu’elles sont de bonne qualité, permettent un assez long usage (3 à 4 mois au minimum) sans beaucoup d’entretien, et leur prix d’achat est modique. Nous avons d’ailleurs étudié, dans une récente chronique, les différents modèles de ces piles et, en particulier, les piles dites « sèches » qui permettent un transport facile, et n’exigent aucun entretien. L’usage des piles doit donc être nettement préconisé au débutant et à tout amateur qui veut consacrer à l’entretien de son poste le minimum de temps.
- L’amateur plus averti pourra indifféremment choisir une batterie de piles ou une batterie d’accumulateurs pour la tension de plaques. La batterie d’accumulateurs a l’avantage d’avoir une très faible résistance intérieure, et de pouvoir être utilisée plusieurs années, à condition d’être très bien entretenue, et d’être rechargée très fréquemment; car elle se décharge d’elle-même à circuit ouvert. Si l’amateur se décide à acheter cette bat-terié, la dépense totale pendant une année est un peu supérieure à celle nécessitée par une batterie de piles; si, au contraire, il a pu la construire lui-même, la dépense est un peu inférieure; mais, en somme, l’écart est très minime dans les deux cas, et seules les préférences personnelles de l’amateur peuvent lui dicter son choix entre ces deux générateurs d’électricité.
- Nous avons étudié, dans une récente chronique, les différentes formes sous lesquelles les batteries de chauffage ou de tension étaient réalisées. Il semble préférable, avons-nous écrit, de choisir des batteries de chauffage avec plaques renfermées dans des bacs en matière moulée, et des batteries de tension à plaques facilement démontables; quant aux modèles de plaques en eux-mêmes, tous les modèles de bonnes marques semblent à peu près équivalents ; il nous paraît, donc inutile de revenir encore ici sur cette question du choix de l’accumulateur.
- Nous avons d’ailleurs déjà indiqué aussi que la capacité de l’accumulateur choisi était en rapport avec le nombre et le type de lampes de réception utilisées, et rappelé les chiffres correspondants.
- t. Voir les nuï du 22 mars et du 19 avril 1924.
- Mais, dira-t-on, il existe actuellement des procédés satisfaisants, sinon parfaits, permettant d’utiliser directement le courant d’un secteur continu ou alternatif, sans l’aide d’aucune batterie d’accumulateurs, et l’usage de ces derniers se restreindra chaque jour davantage.
- La question de l’alimentation directe des audions par le courant du secteur a certes été soigneusement étudiée, depuis fort longtemps déjà, et de nombreux expérimentateurs ont proposé d’ingénieuses et habiles solutions que nous indiquerons prochainement dans un article de La Nature, mais il est bien évident que toutes les solutions proposées apportent nécessairement une nouvelle complication, soit dans le montage des appareils récepteurs, soit dans leur réglage, et que l’élément accessoire permettant l’utilisàtion du courant continu ou alternatif peut encore devenir une source accessoire de troubles ou d’arrêt de l’audition. On ne peut donc conseiller encore au débutant d’utiliser, dès l’abord, un poste de réception fonctionnant sans accumulateurs, ni piles. D’ailleurs presque tous les postes récepteurs ordinaires peuvent, ou pourront être transformés pour l’emploi du courant continu ou alternatif, et le débutant pourra, danB la suite, supprimer ses accumulateurs et ses piles et employer, après modifications convenables, le courant d’un secteur.
- Pourquoi, d’antre part, a-t-on toujours, en France surtout, déploré l’usage nécessaire des accumulateurs ? c’est que la masse du public ignore, ou veut ignorer, l’entretien le plus élémentaire indispensable pour l’utilisation et la conservation d’une batterie. Cet entretien est pourtant fort simple, et, maintenant, étant donné l’emploi de plus en plus général des lampes à faible consommation, le temps à consacrer à ce petit travail deviendra également de plus en plus restreint.
- La première précaution essentielle à observer pour le bon entretien des accumulateurs consiste à les recharger souvent, et à ne jamais les laisser à l’état de décharge. Un élément déchargé se sulfate, en effet, très rapidement, et devient inutilisable.
- Il faut se rappeler que les accumulateurs se déchargent toujours à circuit ouvert, et même sans être utilisés ; il convient donc de vérifier souvent le voltage des éléments (en service, avec voltmètre en dérivation), et l’on doit recharger la batterie lorsque le voltage est descendu à 1,8 volt ou.1,7 volt par élément. La recharge doit toujours être effectuée soigneusement; et nous indiquerons d’ailleurs dans notre prochaine chronique les moyens et la manière de l’effectuer.
- On doit souvent, d’autre part, vérifier le niveau du liquide (eau distillée, acide sulfurique purifié) contenu dans les bacs, et s’assurer que ce liquide affleure au niveau supérieur des plaques. Pour rétablir la quantité voulue, on ajoute de l’eau distillée, s’il en est besoin. L’eau acidulée comprend d’ailleurs trois parties d’eau distillée pour une partie d’acide (.1 litre acide pour 3 litres iî5 d’eau). Ce liquide devra avoir, nous l’avons dit, une densité minima de 26° Baumé. On pourra se rendre compte de cette densité au moyen d’un aréomètre ou au moyen d’un petit appareil spécial en verre, évitant de verser le liquide de l’accumulateur dans une éprouvette séparée. Ce petit appareil peut être formé simplement d’une éprouvette, avec une poire en caoutchouc permettant d’aspirer le liquide à l’intérieur de l’ampoule. L’ampoule contient, soit un petit aréomètre gradué, soit plusieurs petites sphères de densités et de couleurs différentes; suivant la sphère qui flotte au niveau du liquide on peut déduire la densité de celui-ci.
- On doit évidemment éviter toute cause de court-circuit extérieur ou intérieur entre les électrodes, et faire subir aux éléments le moins de chocs possible. On tiendra toujours les bornes de connexion très propres, et on les enduira d’une légère couche de vaseline.
- Normalement, il doit se trouver du sulfate sur les plaques négatives, comme nous l’avons dit, mais pas sur les plaques positives. Cependant, si l’accumulateur n’a pas été bien entretenu, ou si on lui a fait fournir un débit exagéré (supérieur au dixième de sa capacité) il peut se former du sulfate sur les plaques positives et une quantité trop grande de ce sel sur les plaques négatives.
- Les plaques négatives deviennent alors blanchâtres, les plaques positives brun clair, la résistance intérieure augmente, la densité du liquide diminue, et.., la capa-
- p.2x138 - vue 610/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- cité aussi, pour des causes déjà expliquées. A défaut d'un démontage et d’un nettoyage complet des plaques, on peut obtenir une disparition à peu près complète d’une sulfatation peu profonde à l’aide du procédé simple suivant. On rince soigneusement la batterie avec de l’eau distillée, on la remplit avec de l’eau faiblement acidulée, et on la charge très longtemps, mais à faible ampérage. Après disparition du sulfate, on remplace le liquide peu acidulé par le liquide ordinaire.
- En dehors de ce procédé assez long, on peut plus rapidement obtenir un résultat en introduisant dans les bacs une solution de soude, après lavage à l’eau distillée et vidage complet de la solution acide (La Pratique Radioélectrique). Lorsque les plaques positives ont pris une teinte chocolat, on retire la solution de soude, et on la remplace par l’électrolyte ordinaire.
- On peut également utiliser une réaction secondaire ; par exemple former avec l’eau acidulée faiblement un élément sulfate de plomb-zinc. Les deux électrodes de celte pile de fortune sont constituées par les plaques sulfatées et par un tube de zinc analogue à celui des piles au chlorure d’ammonium (Leclanché). On met ces électrodes en court-circuit par une connexion extérieure, et les réactions produites permettent une désulfatation lente des électrodes.
- Il peut arriver que l’on n’ait pas à utiliser une batterie d’accumulateurs pendant un certain temps ; il y a intérêt, dans ce cas, à ne pas laisser les plaques baigner dans l’électrolyte acide ordinaire. On peut donc vider le liquide, laver soigneusement le bac et les lames à l’eau distillée, et, après séchage, conserver simplement l’élément dans un endroit sec. On peut aussi maintenir le bac rempli d’eau distillée. Ce n’est qu’après un temps fort long que des composés pouvant donner naissance à du sulfale se produiraient, et la couche superficielle résultante disparaîtrait, le plus souvent, après quelques charges. Pour éviter tout inconvénient on a quelquefois préconisé de conserver les plaques dans une solution de sulfate neutre de soude (S04Na8), mais il ne semble pas que cette complication soit bien nécessaire.
- Nous pensons avoir donné dans cette chronique la plupart des indications utiles pour le choix et l’entretien des accumulateurs, mais il nous reste encore à étudier dans un prochain article la question importante de la charge des éléments. P. Hémardixquer.
- **> Construction <r&
- Brique double américaine — Le profil de cette brique en argile cuite qui équivaut au volume de deux briques ordinaires a été étudié rationnellement au double point
- CLEF
- DE PRISE
- (il GO LE D' Étanchéité
- D'AGREGATION
- CELLULE O'AlR '
- i 45 :
- r—- .
- Espace <+entr4i D'AIR ,
- 875___
- PAROI EXTÉR
- U___875 _
- 'PAROI INTER
- Fig. i. — Détails de la brique double américaine.
- de vue de la résistance à la compression et à la transmission de 1 humidité et des changements de température.
- Ses avantages sont : économie de poids, 35,à 4o pour ioo, et par suite économie de transport; économie de temps et de main-d’œuvre dans la construction, environ 5o pour ioo, c’est-à-dire qu’alors qu’un ouvrier et un mai œuvre posent en moyenne par jour i m3 5oo de maçonnerie de briques ordinaires, ils peuvent en poser en moyenne 3 ms ooo eü briques doubles.
- Ainsi que le montre la figure r, cette brique comporte à sa partie supérieure deux rigoles destinées à recevoir le mortier de pose; non seulement il n’est pas nécessaire de recouvrir de mortier la totalité de cette surface comme c’est le cas de la maçonnerie de briques ordi-
- BRiQuE TtS
- Pleine ordinair^^I'IUT:
- R 'QuE double
- AME R. iC aine
- Fig. 2. — Utilisation de la brique double américaine.
- Laires, mais il est au contraire recommandé de ne pas couvrir la partie médiane.
- Cette première économie de mortier se double de celle-ci résultant de la suppression d’un joint vertical, mais ce n’est pas seulement pour économiser le mortier que ce type de brique comporte ces deux rigoles, c’est surtout dans un but d’étanchéité complète. En effet, en supposant que l'humidité extérieure pénètre dans la première cellule d’air et tende à traverser la matière cuite, sa gravité l’entraînera vers le joint horizontal de mortier. Grâce à la rigole remplie de mortier cette humidité descendra dans la rigole au lieu de suivre par capillarité la couche horizontale de mortier qui forme le joint. En admettant que cette humidité persiste et continue son chemin vers l’intérieur, elle devra traverser à nouveau l’argile cuite, pour venir finalement se résorber dans la cavité ménagée au centre de la brique.
- O a comprend que l’ensemble des trois cellules d’air et des cinq cloisons inégales qui les encadrent forme, grâce aux deux joints de mortier entièrement séparés l’un de l’autre, un élément de construction permettant d’obtenir l’équivalent de deux murs ventilés chacun intérieurement et séparés par une succession de cellules superposées et suffisamment réduites pour empêcher la transmission de l’air entre les deux parois; cette succession de cellules supprime l’inconvénient de l’espace d’air de grand volume séparant deux murs reliés seulement, soit par des tenons, soit par des fiches et entre lesquels le refroidissement de la couche d’air se produit trop facilement, ce qui amène les condensations intérieures que l’on constate parfois avec les murs en agglomérés creux de ciment. ’
- A la partie inférieure de,la brique double américaine, deux rainures sont ménagées afin d’assurer l’agrégation avec le mortier de pose. On peut donc résumer tous les avantages de ce nouveau matériau en disant que par sa structure, sa forme, son poids et ses dimensions, il assure une construction rapide, solide, saine et économique.
- Grâce à ses dimensions, il se combine sans difficulté pour les refends, les angles et des tableaux avec la brique ordinaire. Une brique ordinaire toutes les deux assises suffit pour former la liaison d’un refend de, o m. 22 (fig. 2). Pour les murs de o m. 33, la liaison est parfaite en alternant à chaque assise un rang de briques ordinaires et un rang de briques doubles.
- L’emploi des briques ordinaires pour la façon des angles n’est, après tout, pas nécessaire pour donner une plus grande solidité, mais uniquement par raison esthétique, autrement dit pour ne pas laisser visibles les orifices de la brique double américaine, comme cela se produisait avec la brique creuse ordinaire.
- Fabricant : La Brique double américaine, 82, rue Saint-Lazare, Paris.
- p.2x139 - vue 611/688
-
-
-
- 'V-,
- ><
- / A
- VARIETES
- >«
- c^T ji
- LE SECHAGE MENAGER DES CERISES
- La 'rëïoîte des cerises est parfois si abondante que les différents'emplois habituels pour la consommation ne parviennent pas à l’absorber complètement, et-comme il n'est guère facile aux maîtresses de maison de les transformer en kirsch, car la distillation exige des formalités assez délicates à remplir, il n'y a plus qu’à recourir au séchage ménager qui permet d’utiliser rationnellement cet excédent. Toutefois, pour retirer de ces fruits le meilleur parti, il ne faut y soumettre que des variétés convenables : les guignes noires, molles et aqueuses conserveraieD* peu de chair, les guignes claires tourneraient facilement et présenteraient une couleur terne et jaune. Il importe, avant tout, que les fruits possèdent une chair ferme, et voici les variétés qui ont été préférées jusqu’ici.
- Variétés. — Les meilleures appartiennent aux cerises aigres et à petit noyau, notamment aux giiottes. i° Griottes : Grosse Morelle, Griotte du Nord, Griotte du Portugal, comme sortes françaises; Gr. de Frauen-dorfî, Gr. de Kleparow, Gr, d’Otheim, Gr. de Welser, comme sortes étrangères ; i° le Bigarreau noir hâtif ou Cerise d’Espagne; 3° Guignes i Guigne noire ancienne, Guigne de Tartarie, Grosse Guigne luisante, l’Aigle noir ; 4° Cerhcs' : de Montmorency, Cerise commune, etc.
- Séchage, — Préparation des fruits. — Les cerises doivent être bien mûres et très propres. On les dessèche presque toujours entières et avec leurs queues. Cependant, on peut enlever ces dernières ainsi que leurs noyaux à la main ou mieux, en ce qui concerne les pierres, avec un dénoyauteur ou chasse-noyau. Dans ce traitement, il sort, d’après A. Rolet, g3 pour îoo de jus qu’il faut avoir soin de recueillir pour le transformer à la manière ordinaire, en sirop ou en gelée.
- D’autre part, on obtient, par kilogramme de griottes 90 à 100 gr. de noyaux et 55 à 65 gr. de queues de. cerises qui perdent la moitié de leur poils pendant la dessiccation. Mais ces deux sous-produits dont on peut tirer parti pour la pharmacie et la confiserie ne compensent pas la diminution de la valeur marchande des cerises dénoyautées, qui n’ont pas une aussi belle apparence, ni autant de qualité que les cerises desséchées entières.
- Procédés de séchage. — Il en existe trois généraux qui ont pour base : i° la chaleur artificielle seule; 20 la chaleur solaire seule.; 3° les chaleurs artificielle et solaire combinées.
- i° Chaleur artificielle. — Elle comprend l’emploi du four de boulanger et surtout d’appareils spéciaux nommés évaporateurs ou séchoirs; mais comme il ne s’agit ici que (Fun" séchage ménager, le procédé le plus recommandable pour toutes les régions de la France et le seul vraiment applicable en dehors du Midi est l’emploi des petits appareils construits spécialement pour la dessiccation ménagère, et dont les meilleurs types français sont ceux de Yermorel, Tritschler, etc.
- Les premiers se rattachent aux appareils verticaux; ils comportent un foyer pour la production de l’air chaud surmonté par l’evaporateur proprement dit contenant les claies. Ils sont de dimensions telles qu'ils peuvent être placés, en dehors de leur fourneau particulier, sur tout fourneau de cuisine où leur installation est relativement facile. L’appareil se compose uniquement d’une caisse en tôle supportant, selon les modèles, 6 à 10 claies que l’on peut soulever aisément au moyen d’un levier, et dont les parois forment la surface de chauffe qui varie de o m2 43 à 1 ni2 a5. Le système de leviers est combiné pour permettre au besoin de soulever tout ou partie de la pile de claies, de sorte que l’on peut sortir facilement la claie que l’on désire. L’air chaud de la caisse s’élève entre les claies et produit le séchage.
- On dispose les fruits côte à côte sur les claies, la queue en l’air, et on introduit celles-ci dans la partie la plus élevée de l’appareil. Le courant d’air chaud doit avoir une température moyenne de 8q° à 85° et ne pas dépasser cette dernière au moment de son introduction dans la chambre de séchage. Il est prudent, cependant,
- que la température du début ne soit pas trop forte, car la peau des fruits éclaterait et laisserait couler le jus.
- La durée de séchage des cerises entières est de 5 à 6 heures environ, celle des cerises dénoyautées est moindre. La dessiccation des fruits est complète quand ils sont complètement ridés, élastiques et onctueux, sans s’écraser sous la pression des doigts.
- Rendement. — En France, les rares livres qui traitent du séchage des fruits estiment que 100 kg de cerises fraîches donnent environ 38 kg de cerises sèches ; mais, comme on ne cite aucun nom d’expérimentateur, cela permet de supposer que les auteurs se sont entrecopiés. Il en est tout autrement en Allemagne, car j'ai relevé les quantités suivantes selon les auteurs et selon que les. cerises ont été séchées entières ou dénoyautées. Cerises entières : 12 kg 5oo (B. L. Kiihn); 18 kg (H. Semler, Karl Bach, Fr. Lucas, W. Briichner); 25 à 26 kg (Dr J. Kochs); 28 kg (Jaeger). Cerises dénoyautées : 16 kg (Otto Laemmerhirt) ; 16 kg u5 (El. Jacobsen). Ces grands écarts dans le rendement sont dus certainement à la nature des cerises soumises à la dessiccation. *
- .2° Chaleur solaire. — Ce procédé n’est vraiment pratique et ne donne des résultats satisfaisants que dans le Midi de la France ou dans des pays très ensoleillés. Yoici comment on opère.
- On étale les fruits préparés sur des claies en roseaux ou en osier, ou encore sur des plateaux en bois. On a soin qu’ils ne se touchent pas trop et qu’au début la face pédonculaire ou ventrale soit exposée au soleil en dessus, de même que la partie ouverte des fruits dénoyautés, pour que le jus s’épaississe assez vite et ne coule pas sur le grillage de la claie. Lorsqu’ils sont à moitié secs, on les retourne de temps en temps pour exposer successivement chaque face au soleil et on les recouvre d’une mousseline grossière ou d’une toile légère pour empêcher les attaques des insectes, surtout celles des guêpes. La nuit venue, pour éviter l’action de l’humidité, on rentre les claies sous un hangar ouvert ou dans un endroit aéré. Dans les régions où elle est moins à craindre, on superpose les claies qu’on recouvre de paillassons.
- En raison de leur volume et de leur position, tous les fruits ne sont pas également secs, aussi doit-on enlever au fur et à mesure ceux qui le sont, ce qu’on reconnaît, avec un peu d’habitude, à la vue, à la consistance qui se rapproche de celle du cnir et au toucher qui doit présenter une ceHa'ine rigidité.
- 3° Au soleil et à Vévaporateur. — Il arrive assez”sou-vent que l’état atmosphérique de la région ne permet pas de dessécher complètement les fruits de sorte~que l’humidité qu’ils retiennent les prédispose à diverses altérations et à l’envahissement des moisissures, il est alors indispensable de terminer la dessiccation en recourant à la chaleur de l’évaporateur ou encore à celle d’un four de boulanger.
- Conservation.— Lorsque les cerises viennent d’être séchées, elles sont rigides, dures et parfois cassantes. Pour les rendre souples, on les soumet au ressuage, c’est-à-dire qu’on les étend, selon leur quantité, sur des planches ou dans un endroit très sec, largement aéré où l’air ne pénètre qu’à travers des toiles légères ou de fitîes gazes tendues sur les ouvertures' pour empêcher l’entrée des insectes. On les y laisse, se refroidir, absorber un peu de l’air ambiant, pour redevenir malléables sans détriment pour l’ensemble de leurs qualités propres. Ce délai comprend souvent 3 à 4 jours, bien qu’il soit subordonné à l’état de siccilé des fruits et de l’atmosphère.
- On les conserve alors, selon leur quantité, dans des caisses, des coffres, des tonneaux pourvus de couvercles fermant bien, ou mieux d’une toile métallique tendue sur des cadres en bois, mais soigneusement tapissée de gaze fine permettant une aération à l’abri des insectes. Cependant, dans les ménages où la quantité est peu élevée, on peut les conserver dans des boîtes en fer- blanc ou dans de grands bocaux en verre appelés « conserves »
- -#141 ftj»
- p.2x140 - vue 612/688
-
-
-
- VARIETES
- fermant hermétiquement. Il est à peine besoin de recommander que tous ces récipients doivent être placés dans un endroit très sec, très aéré, indemne de moisissures et de toute odeur forte; en outre, qu’un minutieux examen des fruits ait lieu fréquemment.
- Mode d'emploi. — On lave d’abord les cerises pour enlever les poussières, les œufs d’insectes et les petites,, impuretés qui peuvent se trouver à leur surface, et comme elles résultent de fruits ayant perdu par le séchage les 3/4 de leur eau de végétation, on la leur restitue en les faisant tremper dans trois fois leur poids d’eau potable durant 24 heures. On les fait cuire ensuite pendant le temps nécessaire qui varie, selon [les fruits, de 1 à 2 heures et on y ajoute la quantité de sucre jugée indispensable, laquelle est également sujette à
- variation, en raison surtout de l’acidité des fruits.
- Dans l’industrie on compte que 2 kg de fruits secs (surtout les abricots et les pêches) trempés dans 5 litres d’eau avec adjonction de 6 kg de sucre donnent 11 kg de confiture de bonne qualité.
- En Allemagne, on prépare une Soupe de cerises sèches comme suit : On lave 1 kg de cerises dans de l’eau tiède, puis on les réduit en petits fragments dans un mortier. On les met dans une casserole avec 2 litres d’eau, on les fait cuire lentement une heure et demie et on les passe à travers une passoire. On ajoute à la mixture un peu de sucre, de préférence du sucre candi blanc, de la cannelle et un zeste de citron, on porte de nouveau à l’ébullition et on lie avec un peu de fécule de pommes de terre. A. Truelle.
- 'Igq
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- agc
- C5À
- Nettoyage des vieilles gravures. — Dans la revue Les Travaux de l'Amateur, M. André Fleury indique comment procéder pour nettoyer les vieilles gravures : ' *
- Cette opération demande beaucoup de précautions et d’attention ; il ne faut pas s’aviser de vouloir nettoyer des gravures modernes par les procédés ci-dessous indiqués.
- Matériel. — 11 faut disposer de "deux cuvettes, 1 une contenant la solution de blanchiment, l’autre contenant l’eau de lavage. On emploie avec succès des cuvettes photographiques.
- Pour les gravures de grands formats, on peut faire soi-même les cuves nécessaires en opérant de la sorte :
- Prendre quatre planches de même largeur dont deux sont plus longues que les autres. Les réunir avee des vis de façon à former un cadre profond. On cloue à l’intérieur et au fond de ce cadre une baguette de bois de 2 ou 3 cm d’épaisseur.
- On se procure un verre double d’un demi-centimètre plus petit en longueur et en largeur que le cadre. On pose la feuille de verre sur les baguettes du fond, puis on tasse de l'étoupe entre le verre et le bois, puis au-dessus de cette étoupe on coule de la glu marine ainsi que dans les quatre angles du cadre. On obtient une cuvette de grandes dimensions et relativement peu coûteuse.
- Mode opératoire. — Dans le fond de la cuvette disposer deux réglettes qui formeront tasseaux et supporteront une feuille de vene de dimensions appropriées, poser l’envers de la gravure sur le verre et verser la solution de blanchiment dont la composition sera donnée quelques lignes plus loin.
- Ne pas toucher l’estampe, mais la surveiller attentivement pendant son immersion. Si une tache tardait à disparaître, il faudrait la frotter très légèrement avec un tampon de ouate. Quand l’opération du blanchiment est terminée, sortir la gravure du bain, en se servant du support de verre, la passer dans une solution vinaigrée au 10° et la rincer abondamment sur les deux faces. Pendautque l’on soulève l’estampe pour en laver le dos, bien faire attention de ne pas déchirer le papier ramolli et détrempé par l’eau. Faire sécher à l’ombre sur une feuille de papier buvard blanc. Avant que le séchage soit complet, poser une seconde feuille de buvard incolore sur la gravure pour éviter qu’elle ne se gondole et disposer le tout sous une presse à copier, le valet de notre établi ou une pile de livres pesants.
- Solution de blanchiment. — On peut employer deux solutions différentes :
- A) Nettoyage à Vhypochlorite. — Chacun sait que l’hypochlorite de sodium n’est autre chose que de l’eau de Javel encore appelée parfois liqueur de Labar-raque.
- L’eau de Javel du commerce peut ne pas convenir à l’utilisation que nous envisageons, car le produit des droguistes et des marchands de couleurs est quelquefois coloré en jaune ou en rouge et cette coloration peut être
- préjudiciable à la réussite de notre travail de restauration. Aussi vaut-il mieux préparer nous-mêmes cetle eau de Javel de la façon suivante :
- . ^ Chlorure de chaux................. 10 gr.
- j* Eau...............................400 —
- g ( Cristaux de soude................. 10 gr.
- / Eau................................100 —
- Dissoudre les deux préparations, les mélanger et les filtrer pour séparer le précipité de carbonate calcique qui s'est produit.
- Prendre la moitié du liquide obtenu, l’étendre de quatre fois son volume d’eau.
- Il vaut mieux employer une solution trop diluée que trop concentrée. Au cas où le blanchiment se ferait trop lentement, il serait ainsi possible de renforcer le bain avec une partie du liquide mis en réserve. La durée de l’immersion, suivant l’état de la gravure et le degré de concentration du bain, varie de quelques minutes à deux heures environ. Il ne faudrait pas laisser plus de trois heures la gravure dans un bain, car à la longue l’encre d’imprimerie pourrait peut-être se décomposer.
- B) Nettoyage à Veau oxygénée. — Cette solution est peut-être d’un emploi plus facile que la précédente, car on trouve dans toutes les pharmacies de campagne ce précieux antiseptique. Cette méthode convient particulièrement bien pour les gravures « piquées » de taches jainàtres.
- Le bain se compose d’une partie en volume d’eau oxygénée à laquelle on ajoute deux parties d’eau pure et quelques gouttes d’ammoniaque (20 au maximum pour un litre de préparation).
- Le mode opératoire est le même que celui indiqué ci-dessus, mais on doit supprimer le passage intermédiaire à l’eau vinaigrée précédant les lavages à l’eau.
- Pour obtenir de grands cristaux limpides de sel. — On sait que le chlorure de sodium cristallise dans le système cubique et qu’on pèut observer aisément des trémies parmi les cristaux de sel marin qu’on trouve dans le commerce. Mais ces cristaux sont toujours assez petits. MM. W.-E. Gibbs et W. Clayton viennent d’indiquer dans une lettre à Nature, de Londres, le moyen très simple d’obtenir de grands cristaux parfaitement transparents.
- Pour cela, on ajoute à la saumure [saturée maintenue à 75° dans un vase de silice 0,1 pour 100 d’acide sulfurique et 0,1 pour 100 d’azotate de plomb. En 12 heures, il se forme des cubes limpides de chlorurej.de sodium atteignant 6 mm de côté. On peut choisir les plus beaux de ces cristaux, les faire croître lentement dans la liqueur mère et réaliser ainsi des cristaux de 3 cm de côté. Les cristaux formés renferment 0,27 pour 1000 de plomb.
- Leurs propriétés optiques, leurs indices de réfraction les rapprochent des blocs de sel gemme.
- Il y a là un moyen très simple d’obtenir de grands cristaux cubiques pour diverses recherches de physique et pour l’enseignement.
- p.2x141 - vue 613/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de'La Nature oblige à limiter strictement les réponses a"x lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — A. F., à Roye. — Pratiquement il est bien difficile de faire disparaüt e l’humidité d’une habitation non construite sur caves, l’eau provenant beaucoup plus de l’ascension par capillarité des réserves contenues dans le sol que de l’arrosage des façades par les pluies. G*>pcndant d’e » cellcnts résultats ont été obtenus dans ces dernières an. ées c-n p'açant dans 1 é[ aisseur dt s murs des sort s de drains en terre poreuse, qui, convenablement inclinés, évacuent l’eau au dehors, et assurent une circulation d’air, te qui, au bout de peu de temps, produit un assérhement très marqué. Personnellement nous avons constaté il y a quelques mois une amélioration de ce genre dans de très vieux murs et ne saurions que vous engager à tenter l’essai, car l'installation est peu coûteuse. A titre d indication nous pouvons vous indiquer comme fonctionnant sur ces données le procédé Knapen sur lequel vous aurez tous renseignements à la Sociéié des Ingénieurs civils, rue Blanche, et le procédé Colombo, à La Tour de Peilz, Yaud (Suisse).
- A. E. C. 1924- — >° Traités pratiques d’électricité médicale : Lermoyez, Notions pratiques d'électricité à l’usage des médecins ; H. Guilleminot, Guide pour l’emploi de l’électricité en médecine, Masson, éditeur. — F Constructeurs d’appareils électriques médicaux : Gaiiïe, Galot et Pilon, 23, rue Gasimir-Périer ; Lézy, 17, rue Maurice-Mayer; Massiot, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire, etc. — 3° Nous ne voyons pas de remède à ce défaut.
- M. S. Saugy, Rougemont (Suisse). — Soins à donner aux palmiers d’appartement. — i° Les palmiers ont besoin de fréquents arrosages, ils absorbent beaucoup d’eau ; il faut restituer celle-ci au compost, en proportion de cette absorption, seringuer fréquemment le feuillage avec de l’eau à la température du local. En été, répéter ces seringages trois fois par jour : le matin à 8 et à 10 ou 11 heures, le soir à 5 ou à 6 heures, lorsque le soleil ne donne pas trop directement dans l’appartement ; employer de l’eau très pure, de préférence de l’eau de pluie. Comme engrais, user modérément de purin très étendu d’eau, ou de poudre d’os, ou de guano de poisson, à ajouter au compost (terre du pot) ; entretenir toujours la fraîcheur du compost, afin que les palmiers ne restent jamais privés d’humidité.
- Si le compost ne nourrit plus les racines et si le pourtour de la motte dépotée forme un réseau enchevêtré de racines plus ou moins jaunes, séchées, ou s’il y a au fond du pot une calotte de racines enroulées, il faut rempoter en pot aussi petit que possible, l’activité de végétation ne se produisant que lorsque les racines sont au contact des parois du pot, dont la porosité laisse parvenir l’air jusqu’à elles.
- Dans une trop grande masse de terre, les racines manquent d’air, se développent mal et la plante souffre. Employer comme compost un mélange de terreau de feuilles friable et de terre franche avec un peu de terre de bruyère; au besoin, supprimer les racines les plus sèches et rempoter avec précaution pour ne pas endommager les autres. Le compost doit être d'autant plus léger et perméable que le palmier est plus petit; employer pour les grands de la terre de jardin en mélange avec du terreau de feuilles bien décomposé. Assurer le drainage en posant les pots sur un support creux, couper une partie des racines en excès, quand celles-ci forment un réseau épais autour des parois ou sortent par l’orifice du fond. En principe, ne pas rempoter souvent, mais si le palmier a tendance à se soulever au-dessus de la terre, il faut en rempotant retrancher les racines les plus âgées du fond pour diminuer la hauteur de la motte et rechausser avec le compost les racines du haut jusqu’au niveau du collet en évitant d’endommager les grosses racines principales; employer de s pots assez profonds et de forme allongée.
- Mettre les palmiers dehors pendant quelques instants, par température de io° au minimum et pluie douce. En temps de gelée, éloigner les palmiers des fenêtres pen-
- dant la nuit, éviter surtout le brusque changement de température et les courants d’air, mais renouveler l’air chaque fois que la température extérieure le permet. Une température moyenne de io° est celle qui convient le mieux aux palmiers d’appartement.
- F Formules d’engrais : mélanger à 1 litre d’eau ordinaire 10 cm5 d’une solution contenant, par litre : phosphate de potasse 3i gr., phosphate d’ammoniaque 12 gr., nitrate de potasse 14 gr., nitrate d’ammoniaque 4-2 gr.
- Arroser jusqu’à refus.
- M. le M. de R., à Marigot (Martinique). — L’extrait de latex de 1 ’llevea brasiliensis se fait par saignage des arbres; il y a divers modes d’incision : pour les pratiquer on emploie des instruments appropriés à cette opération; il y a aussi divers procédés de coagulation du latex. Les détails que comportent les manipulations en vue d’obtenir le lalex de 1 Ilevea brasiliensis employé en papeterie, nécessitant un développement que ne permet pas le cadre de la « Boîte aux Lettres », il y ‘'aurait lieu de consulter les ouvrages spéciaux dans lesquels cette question est traitée : Culture du caoutchouc du Para (Ilevea brasiliensis), le chapitre consacré au latex, par G. Mathieu; Culture de l’Hevea, par P.-J.-S. Cramer, et les documents publiés dans la revue L’Agriculture pratique des pays chauds (librairie coloniale Challamel, Paris, 17, rue Jacob, 6”). Il conviendrait aussi de consulter, sur place, l’agent de culture ou la Direction de l’Agriculture, plus complètement au courant de ce qui se fait dans le pays même.
- M. Sacher, à Chalon-sur-Saône. — iu Objectifs astronomiques d’occasion : M. Maurice Ballot, 7, rue Sueer Paris (6°).
- a0 Vous trouverez des notions de photographie astronomique dans l’ouvrage : Astronomie, Géodésie, Photo-grammétrie, de Gélion Towne (G. Thomas, éditeur, 44, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris (6e). Voir également : Comment observer les astres, par L. Rudaux (Librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, Paris, 6e).
- 3° Veuillez préciser cette question.
- T. S. F. — M. Morand, à Paris. — i° Vous pourrez trouver des mandrins pour la fabrication des inductances en nid d’abeilles aux adresses suivantes :
- Radio-Lafayette, 35, rue Lafayelte, Paris.
- Radio Amateurs, 46, rue Saint-André-des-Arts, à Paris.
- 2° Vous pouvez, croyons-nous, vous procurer des résines comme enduits pour enroulements de selfs à la maison Chabot, 43, rue Richer, à Paris.
- 3° Il nous est impossible de donner à nouveau dans la Boîte aux lettres la description détaillée de la construction des inductances en fond de panier ou duola-tèrales. Vous pouvez trouver cette description dans un manuel de T. S. F. quelconque, dans Radio-Revue ou Radio-électricité.
- 4° Nous indiquerons prochainement dans La Nature les différents montages Flewelling et super-régénérateurs.
- M. Rohmen-Leblanc, à Liège (Belgique). — Nous vous remercions de votre communication intéressante relative à la réception des ondes courtes avec amplificateur II. F. à résistances; nous ferons counaître vos résultats à nos lecteurs. Il serait fort curieux de constater quelle est réellement l’amplification procurée parles étages à haute fréquence à résistances, en essayant successivement, sur la même atténué, une lampe détectrice à réaction précédée d’un, de deux étages, et de trois étages à haute fréquence de ce modèle.
- Les amplificateurs à liaison par résistances ont certes de très grandes qualités de simplicité, que nous avons notées plusieurs fois, et leur abandon complet au profit des montages à résonance, quel que soit le cas envisagé, n’est pas à recommander.
- M. Trannoy, à Levallôis-Perret. — i° Nous ne connaissons pas d’autres systèmes industriels anti-para-sites à part ceux que vous indiquez : systèmes de Bellescize, Lévy et Marrec. Ce dernier modèle a été décrit dans le Wireless World et nous aurons sans doute l’occasion de le décrire taussi dans La Nature. Il existe cependant encore un système S. I. F. très intéressant à résonance musicale, dont nous avons donné la description dans La Nature.
- p.2x142 - vue 614/688
-
-
-
- =•<
- BIBLIOGRAPHIE
- Durées physiques indépendantes des dimensions spatiales, par Michel Petrovitch, i broch., 28 p., A. Blanchard, éditeur, Paris, 1924- Prix : 4 francs.
- La définition du temps, qui intervient dans toutes les équations de la physique et de la mécanique, se heurte à de très grandes difficultés, et même à de graves cercles vicieux, qui ont été aperçus par les créateurs de la mécanique moderne, Newton et d'Alembert notamment, oubliés par leurs successeurs et remis en évidence par les promoteurs des théories relativistes. Ceux-ci nient même la possibilité de définir et de mesurer un temps universel; il n’y aurait que des temps propres à chaque système en mouvement. M. Petrovitch, reprenant une idée de Lippmann, rappelle que la résistivité électrique d’une substance, exprimée en unités électromagnétiques est une fonction du temps seulement, et est indépendante des unités de longueur et de masse. 11 voit dans ce fait un moyen d’exprimer la durée indépendamment des dimensions spatiales, et un moyen de définir un temps réellement universel.
- Compte rendu du 3° Congrès de chimie industrielle. — La Société de Chimie Industrielle de France va publier les comptes rendus in extenso du 3* Congrès de Chimie industrielle, qui a eu lieu à Paris du 21 au 26 oc-\ tobre 1923.
- On y trouvera le texte de toutes les conférences et communications présentées au Congrès et relatives aux rubriques suivantes :
- Chimie analytique, outillage de l’usine, eaux, combustibles solides, combustibles liquides, métallurgie, électrométaliurgie, industries chimiques, électrochimie, matières colorantes, teintures et impressions, chaux, ciments, verrerie, céramique. Produits photographiques et pharmaceutiques, essences, parfums naturels et synthétiques, matières grasses, savons, bougies, glycérines, cellulose et papier; matières plastiques, textiles artificiels, extraits tinctoriaux et tannants, industries de la tannerie et annexes. Industries de la fermentation, distillerie, sucrerie^ féculerie, agriculture, sols, utilisation des engrais, organisation économique, hygiène, législation.
- Ces comptes rendus compteront environ 1000 pages de texte. Le prix de l’exemplaire a été fixé à 5o francs. On peut souscrire dès maintenant au siège de la Société de Chimie industrielle, 49, rue des Mathurins, Paris.
- L’aviation et la séciuité française, par le capitaine René Fonc.k, i vol. in-16, avec 1 portrait de l’auteur. Editeur, Bossard, Paris, 1924. Prix : 7 fr. 5o.
- Nul, mieux que le célèbre aviateur de chasse, vainqueur en tant de combats pendant la guerre, n’était qualifié pour étudier le problème de l’armée aérienne. Le capitaine Fonck étudie d’abord en raccourci la situation actuelle de la France; il démontre que notre pays est impérieusement tenu d’organiser |dès maintenant une défensive à grand rendement, et il voit dans l’aviation le moyen providentiel qui lui permettra d’assurer cette défensive d’une façon efficace. Mais il faut, pour . cela, établir notre armée de l’air sur des bases solides. L’auteur montre le rôle immense de l’armée aérienne dans la guerre future, il en établit en quelque sorte la doctrine stratégique et tactique; il va même jusqu’à affirmer la prééminence de cette arme sur toutes les autres. Il montre que les leçons de la guerre n’ont pas été jusqu'ici suffisamment précisées, et que nous n’avons pas encore fait l’effort nécessaire pour mettre notre aviation à la hauteur de toutes les éventualités. Il préconise l’organisation d’une armée aérienne autonome, régie par un ministère spécial. Cette dispersion de la défense nationale paraîtra bien périlleuse à tous ceux qui'connaissent les dangers mortels des cloisons étanches dans les organisations du temps de paix. Mais à côté de cette conclusion discutable, le livre du capitaine Fonck contient une foule de suggestions précieuses, dictées par une grande expérience, et en tout cas son patriotique cri d’alarme, trop justifié, doit être entendu et médité.
- -$fï
- Traité complet de T. S_. F., par J. Morel, i vol., 3o8 p., 160 fig., Garnier, frères, éditeurs, Paris, 1924. Prix : 9 francs.
- Ce petit traité élémentaire, de lecture facile, aidera les amateurs à bien comprendre les phénomènes qu’ils utilisent chaque jour, et leur sera un guide utile pour le montage de leurs appareils. Il débute pir l’exposé des notions fondamentales d’électricité, et par une étude succincte des oscillations électriques, et par celle des phénomènes de couplage. Puis il montre sommairement comment se pratique l’émission, et il étudie ensuite avec plus de détails les divers organes et montages de réception.
- Les grands travaux, par L. Fournier (Bibliothèque des merveilles), 1 vol., 190 p., 121 fig. dans le texte, 3o planches hors texte, Hachette, éditeur. Paris Prix : 6 fr. 75.
- L’auteur passe en revue les plus “ saillants des grands travaux qui, dans les temps modernes ont modifié la face du monde, il décrit les principaux chefs-d’œuvre de l’art de l’ingénieur-constructeur : les grands ponts, les canaux de Suez, Panama, Kiel, Marseille-Rhône, les grands barrages, les ports, les tunnels, les métropolitains, les édifices géants. C’est un récit de lecture agréable, agrémenté de très belles photographies.
- Les eaux et les bois, par Henri Lafosse, i vol. in-16, i43 p., Collection La Renaissance agricole, Payot, Paris. Prix : 6 francs. ^
- Sous une forme condensée mais complète, ce petit ouvrage donne d’utiles et intéressants renseignements sur l’importance de la conservation des eaux et le rôle économique des massifs boisés. Il étudie l’irrigation et le drainage, le rôle des forêts dans l’humidification du sol et montre les rapports intimes des deux questions.
- Poules qui pondent, poules qui paient, 3e édition, méthodes d’aviculture anglo-américaines, par Ad.-J. Chahon, i vol. in-16, a36 p., 63 fig. à la Librairie Agricole de la Maison rustique Paris. Paris : 9 francs.
- L’éclatant succès de cet ouvrage résulte de ce qu’il , permet de faire des bénéfices très appréciables avec des pondeuses. En Angleterre et en Amérique, des milliers d’éleveurs obtiennent de tels résultats, possibles également en France si l’on ulilise les méthodes modernes, mises au point, par les stations expérimentales de l’Etat américain. Ces méthodes sont d’ailleurs très simples et sont clairement et simplement exposées dans cet excellent livre de vulgarisation.
- Pathologie du sympathique. Esquisse d’anatomo-physio-pathologie clinique, par M. Laignel-Lavastine, 1 vol. in-8, vm-1.080 p., io3 fig. Félix Alcan, Paris. Prix cartonné : 80 francs.
- La pathologie du sympathique éclaire une foule de problèmes cliniques restés jtisqu’ici sans réponse et qu’on commence seulement à étudier.
- Dans cette importante monographie, qui synthétise près d’un quart de siècle de recherches personnelles et .d’étude critique de la question, 1 auteur a eu pour idée directrice d'intégrer les éléments pathologiques * fournis par la clinique dans les cadres établis par l’anatomie et la physiologie du sympathique; il a pu ainsi décrire et grouper des types cliniques, en déceler les lésions, en étudier le mécanisme. Ses nombreux travaux, échelonnés sur une longue série d’années et dispersés dans divers recueils, se trouvent ainsi réunis. Si l’on parcourt ce gros volume, on constate tout de suite l’importance et l’originalité de l’œuvre en même temps que l’érudition de l’auteur. Anatomistes, physiologistes, expérimentateurs et cliniciens y trouveront l’explication de nombreux états morbides situés pour la plupart aux confins de la neurologie.
- 44
- p.2x143 - vue 615/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N° 2614 10 Mai 1924
- Nécrologie : le prince Roland Bonaparte. — Le prince Roland Bonaparte, petit-fils de Lucien Bonaparte, est mort le 14 avril 1924, à l’âge de 65 ans. Il fut à la fois un savant distingué et un bienfaiteur éclairé de la science. A ce titre il joua un grand rôle dans l’histoire de la science moderne française. Nous extrayons de l’éloge prononcé par M. Bigourdan, à l’Académie des Sciences, les passages suivants qui résument très nettement l’utile carrière du prince Bonaparte.
- « Je rappellerai ses recherches variées d’histoire naturelle : anthropologie, glaciologie, etc., la géographie lui doit beaucoup aussi, et il avait été élu président de l’Union géographique internationale. Mais c’est avant tout la botanique qui eut sa préférence ; il a rassemblé un herbier considérable de plantes de toutes les parties du monde et étudié spécialement les fougères, principalement celles de nos colonies : Indo-Chine, Madagascar, Nouvelle-Calédonie, Afrique occidentale et Afrique équatoriale.
- Toutefois, et surtout, il restera par excellence le mécène éclairé qui a servi à la fois la science et la gloire de la France.
- Les arts ne le laissèrent pas indifférent, et tous nos confrères connaissent les œuvres qu’il avait réunies dans le magnifique et accueillant hôtel, de l’avenue d’Iéna. Mais là, ce qui reflétait surtout l’amour de l’étude du maître, c’est la magnifique bibliothèque qu’il y avait établie, qu’il enrichissait sans cesse, et qu’il ouvrait généreusement aux travailleurs.
- Il a subventionné bien des voyageurs, et leur a permis ainsi de rassembler de nombreux matériaux d’études pour lui-même et pour notre Muséum d’Histoire naturelle.
- Le Prince savait aussi que, plus que jamais, la voie des découvertes demeure subordonnée à la possession de ressources qui trop souvent font défaut aux chercheurs. Aussi avait-il, presque aussitôt après que l’Académie lui eut ouvert ses portes, comblé une lacune en créant le fonds Bonaparte, consacré spécialement, suivant son expression,' à la science à faire ; et il avait voulu associer l’Académie à cette œuvre, en la chargeant de choisir les travaux qui doivent en bénéficier.
- Cette fondation est la plus connue de celles qu’il a faites, mais il a apporté l’appui le plus généreux à bien d’autres créations comme l’Observatoire du Mont Blanc, la Station zoologique de Banyuls, etc.
- Parmi les témoignages d’intérêt qu’il a donnés à la Science, je tiens à rappeler spécialement celui par lequel il a rendu possible l’achèvement de la mesure de la méridienne de l’Equateur. Revendiquée par notre Académie comme un héritage de nos devanciers du xvme siècle, cette entreprise, où l’avantage de la Science et l’honneur du Pays étaient engagés , allait être interrompue faute de moyens, après 4 ans d’efforts, lorsque le Prince offrit la somme considérable qui permit son achèvement.
- Dans bien d’autres occasions, le plus souvent ignorées, le prince Bonaparte a tantôt corrigé les rigueurs du sort pour des savants malheureux, tantôt aidé à l’achèvement d’œuvres qui sans lui auraient été compromises. Aussi a-t-il ajouté un nouveau fleuron à un nom illustre entre les plus illustres. »
- Nouvelle comète Reid (1924 a). — D’après un télégramme du Bureau central astronomique de Copenhague, en date du ier avril, la première comète de l’année a été découverte le 3o mars dernier, à l’observatoire du Cap, par M. Reid. La position de ce nouvel astre, pour 6h7™7 (t. m. de Greenwich), était :
- Ascension droite = 44°34'5// = 2h58m2G8 ;
- Déclinaison australe — — 33°38'i6".
- D’après la circulaire n° 39, du Bureau de Copenhague, MM. J. Johannsen et B. Sromgrén ont calculé une éphé-méride dont nous extrayons seulement quelques positions :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- 1924 mai 4 4l,4»m4;5 — »6°25'
- — 8 4**51m 1s — «4049' , —13018'
- 12 5b Ora20s
- — 16 5h 9m2is I I°52'
- — 20 5hi7“'56s — 1 o°31'
- — 24 5‘,26miô' — 9°i5'
- — 28 5h34mi8/ — 80 4'
- juin iur 5h4n- 8S — 6056'
- Oq voit que la nouvelle comète s’élève assez rapidement dans notre ciel, traversant les constellations de l’Eridan et d Orion.
- Dans les dépêches, l’éclat de cette comète n’a pas été spécifié, ce qui est évidemment une lacune regrettable.
- Le sauvetage d’un trésor. — Le iS janvier 1917, le vapeur Laurentic, de la White Star Line, était coulé par un sous-marin allemand au large de Lough-Swilly au nord de la côte irlandaise.
- Le navire rapportait des Etats-Unis, pour le compte du Trésor britannique, un chargement particulièrement intéressant, composé de 3a 11 barres d’or valant environ 5 millions de livres sterling.
- Le fond est, sur le point du naufrage, de 4a m Or 36 m. sont en général considérés comme la limite à laquelle les travaux sous-marins peuvent être exécutés sans danger par les scaphandriers. De plus les courants de marée sont très violents dans ces parages. Le sauvetage .de l’important trésor enfoui dans les flancs du Laurentic se présentait donc comme une opération hasardeuse.
- L’amirauté anglaise résolut néanmoins de la tenter, et, trois semaines après la catastrophe, un petit navire agencé pour ce genre de travaux arrivait sur le point où elle s’était produite avec 5 plongeurs choisis. On localisa l’épave sans grandes difficultés, et les premières explorations de la coque permirent aux scaphandriers de se rendre compte que la soute où l’or était logé se trouvait à une profondeur supérieure aux prévisions. En outre il y avait à déblayer une énorme quantité de débris de tous genres avant de pouvoir l’atteindre. y'
- On se mit cependant à l'ouvrage, l’enjeu valait d’affronter de plus grosses difficultés, et, au cours de sept années consécutives, un navire spécialement organisé pour les opérations de sauvetage, Le llacer, vint, au printemps, travailler sur l’épave du Laurentic dont la position dans une mer absolument ouverte aux vents du nord-ouest très violents rendait impossibles toutes opérations pendant la mauvaise saison.
- Chaque année on arracha ainsi à l’épave une portion plus ou moins importante de sa précieuse cargaison. Au cours des deux premiers étés, les scaphandriers remontèrent 857 barres d’or. Pendant les étés de 1920 et 1921 les travaux furent entravés par le mauvais temps et 5a barres seulement remontèrent au jour. On fit beaucoup mieux en 192a et 19123, question d’entraînement sans doute et de chance aussi, et on retira 1148 barres. Il reste donc seulement 154 barres d’or dans la soute du Laurentic, et le commandant du vapeur de sauvetage, qui vient de quitter Portsmouth pour Lough-Swilly, compte en avoir fini cet été avec une opération dont le succès est, on le voit, des plus intéressants à tous points de vue. Après quoi, le Laurentic dormira en paix sous les flots de l’océan Atlantique.
- Chose à noter, ce travail important et difficile accompli par l’équipe de sauvetage du Racer n’aura entraîné aucun accident, et coûté seulement 2 1/2 pour 100 du trésor ainsi récupéré.
- La cause de l’explosion d’Oppau. — On n’a pas oublié l’explosion du 21 septembre 1921, qui détruisit l’usine d’Oppau où la Badische Aniîin uad Soda Fabrik G0 fabrique, suivant le procédé Haber, l’ammoniaque synthétique. Près de 600 personnes périrent dans cette catastrophe, et les dégâts matériels furent considérables dans l’usine ainsi que dans les localités environnantes. L’explosion avait pris naissance dans un silo contenant 4^00 tonnes de sel double de suKate d’ammonium, nitrate d’ammonium. Ce produit, employé comme engrais, inspirait une telle sécurité que l’on n’hésitait pas, pour extraire du silo le sel destiné à la vente, à l’y pulvériser au moyen d’explosifs.
- La cause de la catastrophe est apparue dès l’origine comme très mystérieuse. Une Commission d’enquête fut instituée en Allemagne ; en Angleterre, indépendamment des enquêteurs allemands, le Department of Industrial and Scientific Researeh entreprit, dans l'intention de dissiper le mystère, une série d’investigations approfondies sur le sel d’Oppau, ses propriétés, ses aptitudes à la déflagration 'sous l’influence de divers explosifs.
- ^ H5 g*.
- '9
- p.2x144 - vue 616/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- Les résultats de ces recherches viennent d’être rendus publics. Ils peuvent se résumer comme il suit : le sel d’Oppau est bien un sel double, c’est-à-dire une individualité chimique bien définie et non un simple mélange. Ce corps est très stable, et tous les essais entrepris à la station expérimentale de Woohvich, pour le faire détoner, ont éehoué; et cependant on a essayé pour amorcer une explosion tous les explosifs connus, notamment ceux qui étaient normalement employés à Oppau, dans les conditions rappelées au début de cette note.
- Devant ces résultats, la Commission anglaise se montre très perplexe ; et suivant le résumé de sir Richard Threlfall se trouve pour conclure en présence de trois improbabilités :
- i° En dépit des expériences de Woolwich, et des expériences allemandes, le sel double sulfate-nitrate d’ammonium serait capable de détoner partiellement dans les conditions d’emmagasinage des silos d’Oppau;
- 2° Par suite de négligence, ou d’accidents, il aurait existé, dans le silo, de larges poches de nitrate d’ammoniaque, sel explosif, non mélangé avec du sulfate ou mélangé à ce dernier en proportions insuffisantes;
- 3° Une certaine quantité d explosifs puissants : 5o à ioo tonnes, aurait été dissimulée à dessein dans le silo d’Oppau. Cette troisième hypothèse avait, dès le début, paru à beaucoup la plus vraisemblable, étant donné que l’usine d’Oppau se trouvait dans la zone occupée parles alliés. Cependant, du rapport de la Commission d’enquête allemande, il semble résulter que c’est au contraire la seconde hypothèse qui est la plus probable.
- A l’origine, le sel doublé d’Oppau se fabriquait en mélangeant les solutions saturées des deux sels; c’était là une méthode sure, mais à laquelle on substitua, peu de temps avant l’explosion, une méthode plus expéditive : le nitrate solide était répandu sur un tapis transporteur et le sulfate lui était simplement ajouté à la main. On conçoit le danger de cette méthode expéditive qui permet la formation de poches de nitrate d’ammonium pur. Celui-ci n’est par lui-même qu’un assez faible explosif, mais il peut devenir violent sous de forts bourrages.
- Au surplus, d’après les travaux de la Commission allemande, il y a toujours danger de séparation progressive des deux constituants du mélange, surtout lorsque les sels sont mélangés en poudres fines, provenant de la précipitation des solutions diluées à températures élevées, 140 à i5o° C.
- Ces différentes conclusions sont à retenir pour le jour prochain où l'industrie des produits ammoniacaux synthétiques aura pris en France le développement réclamé par notre agriculture. On notera surtout qu’il est absolument nécessaire à l’avenir d’interdire tout travail aux explosifs dans une masse de sel double nitrate-sulfate d’ammonium.
- Le cancer et le goudronnage des routes. — Deux savants japonais, Yamaghiwa et Itchikawa, sont arrivés dans ces dernières années à déterminer le cancer chez les souris en leur badigeonnant une certaine étendue de peau avec du goudron ou des dérivés du goudron. Cette méthode nouvelle constitue, au point de vue expérimental, un progrès vraiment remarquable sur les méthodes connues jusqu’ici et particulièrement sur la méthode de la transplantation qui, elle, ne correspond pas aux données du problème, tel qu’il se pose chez 1 homme.
- -Quoi qu’il en soit, ce nouveau procédé a amené à se demander si les poussières des routes goudronnées ne seraient pas en cause dans l’augmentation des cancers qu’on remarque depuis plusieurs années ? Cette manière de voir ne serait pas fondée, d’après le Dr Oltra-mare, le savant professeur de dermatologie de l’Université, de Genève, pour qui : « le goudronnage des routes ne présente aucun danger pour la cancérisation, pas plus qu’un mouchoir parfumé d'eau de Cologne ne peut causer d»s cas d'ivresse. La poussière est infiniment plus pernicieuse que le goudron dont nous devons user largement sur nos routes. »
- Ce n’est assurément pas par crainte du cancer qu’on a si malheureusement cessé dans une si grande proportion de goudronner les grandes routes. Espérons cependant qu’une crainte illégitime de ce procédé n’empêchera pas d’en user de nouveau sur une grande échelle dès que l’état des finances le permettra.
- Les prix Barés pour 1923. — On se souvient que M. Jean Barés a institué en faveur de l’Office National des Recherches scientifiques et industrielles et des inventions une rente annuelle de i5ooo francs destinée à être répartie chaque année entre quatre inventeurs français pères d’aü moins tiois enfants.
- Voici la liste des lauréats pour 1923.
- Le premier prix (toooo francs) a été attribué à M. Joly, ingénieur, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, auteur de toute uüe série de travaux remarquables, créateur de nombreux appareils de mesuré qui rendent à la science et à l’industrie les services les plus précieux. Il convient de signaler tout particulièrement ses appareils type électrodynamomètre fonctionnant sur shünts qui sont actuellefnent en usage dans de nombreux laboratoires. Pendant la guerre, M. Joly S’eSt occupé de l’étude de divers matériels dé télémétrie et de repérage par le son. On lui doit également un chronomètre pour la mesure des vitesses initiales adopté par les services de l’armée, à la fin de la guerre.
- Ajoutons que M. Joly étant père de 10 enfants remplit, et au delà, les conditions de famille imposées par le donateur.
- C’est également à un père de dix enfants, M. Gour-don, qu’a été décerné le second prix (2500 francs). Les inventions de M. Gourdon ont trait à de nouvelles applications de l’électro-aimant qUe l'inventeur a notamment utilisé pour les sonneries de cloches. Il a également conçu UU appareil — l’électro-iisseur — qui, apportant aux métiers à tisser une simplification très heüretise, rendra sans doüte des services considérables à l’industrie française.
- M. Berger, professeur à l’Institut dés Jeunes Aveugles, aveugle lui-même, père de trois enfants, a obtenu le troisième prix (i5oo francs) pour sa machine à écrire lé Braille, la première de ce genre construite en France. Le caractère de l’invention, sa réalisation remarquable, la Sympathie qui entoure Ceux dans l’intérêt dé qui elle a été conçue justifient amplement la récompense accordée à M. Berger.
- Enfin le quatrième pri* (1000 francs) a été attribué à M. Gautreau, père de sept enfants, créateur d’une série d’appareils ménagèrs révélant l’esprit lè plus ingénieux et créateur d’une machine à agrafer le fil de fer susceptible de simplifier et de rendre moins coûteuse la construction des Ustensiles de ménage.
- Expériences relatives à la propagation du son et aux effets des fortes explosions. — Des explosions portant chacune sur 10 tonnes d’explosif auront lieu par les soins des Services militaires aux dates suivantes (heure légale) :
- 1, e explosion, le jeudi i5 mai 1924, à 19 h. 3o m.
- ’ie — le vendredi 23 mai 1924, à 20 heures.
- 3S — le dimanche a5 mai 1924, à 9 heures.
- au camp de La Courtine, à 22 km Nord-Nord-Est
- d’Ussel, à environ 45°44',8 de latitude et o° 5',5 de longitude Ouest par rapport au méridien de Paris, en vué de l’étude dé la propagation du son.
- Les personnes qui voudront bien collaborer à ces expériences (*) sont priées d’envoyer les réponses au questionnaire ci-dessous, sans affranchir, à l’adresse suivante : M. le Ministre de l’Instruction publique, Institut de Physique du Globe, 176, rue de l’Université, Paris, 70.
- Pour chaque explosion : 1. Lieu où vous avez écouté ?
- 2. Avez-vous entendu l’explosion? 3. Heure d’audition {Heure, minute, seconde.) 4* Comment déterminiez-vous l’heure? 5. De quelle direction venait le son, en direction horizontale et en hauteur ? 6. Intensité du sdn ?
- 7. Caractère du son {unique, ré doublé, roulement, etc.) ?
- 8. Circonstances météorologiques (direction et vitesse du vent, état du ciel, direction des nuages, température?) 9. Autres remarques ?
- G. BlGOUïtDAÎJ,
- Président. de l’Académie des Sciences, Président du t’.omité d’Organisation des Expériences.
- 1. Voir dans La Nature, n° 2607 du 22 mars, l’étude de M. Ch. Maurain, directeur de l’Institut de Physique du Globe de l’Université de Paris, sur les conditions d’observation.
- p.2x145 - vue 617/688
-
-
-
- 'Economie domestique <**$,.
- L’adoucissement des eaux calcaires dans les habitations par le procédé « Permo ». — Presque toutes les eaux sont calcaires, aussi bien celles distribuées à Paris et dans les grandes villes que celles provenant de sources ou de puits à la campagne; on dit qu’elles sont dures.
- Pouvoir chez soi décalcariser l’eau, c’est-à-dire l’adoucir, est donc un progrès aussi important que celui de pouvoir la stériliser. Ce progrès est actuellement réalisé d’une façon aussi élégante que pratique pour les habitations, par le nouveau procédé par simple filtration « Permo ».
- Le procédé « Permo » utilise, en effet, un simple filtre de dimensions quelconques, analogue comme forme et identique comme fonctionnement aux filtres ordinaires à grands débits employés pour la clarification de l’eau. Une matière minérale filtrante spéciale, le « Permo », complètement insoluble dans l’eau, garnit l’appareil et possède la propriété remarquable de fixer, et par conséquent de retirer entièrement de l’eau, par simple contact avec elle, les sels de chaux et de magnésie qu’elle tient en dissolution et qui causent sa dureté de telle sorte que l’eau ainsi filtrée, quelle que soit sa dureté initiale, devient absolument aussi douce que l’eau de pluie ou l’eau distillée, sans avoir perdu aucune de ses qualités primitives de saveur, limpidité' fraîcheur, etc.
- D’ailleurs, la matière filtrante « Permo » dure indéfiniment et n’est pas à remplacer ; il suffit d’entretenir périodiquement son activité en la régénérant au moyeu de sel de cuisine ordinaire, opération très facile et qui demande à peine quelques minutes.
- La difficulté de l’eau calcaire à mousser par le savon, son action irritante sur les peaux délicates la rendent peu propre à la toilette et au bain. Elle est lourde et indigeste, ralentit la cuisson des aliments, rend difficile le lavage du linge, etc. Enfin, elle entartre chaudières, ustensiles et canalisations d’eau chaude, provoquant l’usure rapide des appareils, leur entretien onéreux ét une consommation exagérée de charbon, de soude et de savon.
- Avec un filtre adoucisseur d’eau « Permo », on peut obtenir chez soi, d’une façon continuelle et indéfinie, par simple filtration de l’eau calcaire de la canalisation, une eau absolument aussi douce que l’eau de pluie ou l’eau distillée moussant abondamment par le savon, ne laissant plus aucun dépôt à l’ébullition et idéale pour la boisson, la toilette, la cuisine, le bain, le lavage du linge et tous les usages domestiques.
- Le petit modèle mural représenté par la figure i se place sur un évier, une toilette, un lavabo; il existe également un grand modèle vertical reposant sur le sol, établi en toutes dimensions et pouvant adoucir l’eau de toute la maison
- Constructeurs : Etablissements Philips et Pain, i, rùe Taitbout, Paris.
- Appareil à encaustiquer automatiquement les parquets. — L’ancienne méthode : poser l’encaustique à la main, est longue, très fatigante. Il est impossible, quelque précaution qu’on prenne, de ne pas salir mains et vêtements.
- L’appareil à encaustiquer automatiquement les parquets, imaginé par M. Vattebault, permet de faire cette pénible besogne avec propreté et sanB fatigue, puisqu’il n’y a qu’un mouvement de va-et-vient à exécuter avec le manche.
- Il économise le temps, l’argent, la main-d’œuvre, car il faut à peine un quart d’heure où il fallait au moins deux heures et de plus il supprime tout danger d’incendie, l’encaustique étant hermétiquement enfermée dans le réservoir.
- L’appareil comprend un réservoir métallique a, contenant l'encaustique liquide, qui est fixé par deux colliers
- Le « Permo »
- sur deux fers plais bt et b2 courbés en u, dont les branches renversées sont vissées sur deux planches cx et e2 séparées par un intervalle. La face inférieure de ces planches est recouverte par un tampon de feutre c3 et c4 destiné à glisser sur le parquet. Dans l’intervalle qui sépare les deux bandes de feutre et parallèlement
- Y ftf.....
- b A t
- f/;- — H r rais c*
- , : -e*
- Fig.
- L’appareil à encaustiquer vu de face et de profil.
- à celles-ci se trouve un tuyau percé de trous qui communique par un coude et un robinet e avec le réservoir à encaustique. Le tuyau est terminé par un bouchon à vis pour faciliter son nettoyage.
- Un troisième fer plat situé sous le réservoir à encaustique et vissé également sur les deux planches porte une douille bi de préférence à rotule, destiné à recevoir le manche de l’appareil.
- Lorsqu’on ouvre le robinet, l’encaustique contenue dans le réservoir descend dans le tuyau et par les trous percés sous ce dernier s’écoule sur le parquet. En poussant et en tirant l’appareil à l’aide du manche, l’encaustique qui sort des trous du tuyau est étendue sur le sol par les bandes de feutre.
- L'inventeur est M. Yatfebault, 16, rue Berlier, Dijon.
- *?>
- Ch tujfage
- <1*
- Chauffage central au gaz, par chaudière intérieure A. M- — Cette chaudière, tout en cuivre rouge plombé (fig. 3), par conséquent inoxydable, est d’un encombrement réduit qui permet de la placer facilement dans l’intérieur d’une cheminée. Elle fonctionne par tirage renversé, mais grâce à un dispositif spécial on n’a ni
- Fig. 3. — L’Intensive AM dans une cheminée,
- retour de flamme ni condensation des produits de la combustion. '
- Ceci est, en effet, obtenu par un Giffard central (fig. 4) aspirant les gaz chauds qui circulent, par marche inversée, dans un triple faisceau tubulaire. De plus, à la partie haute de la chaudière, on aspire un volume d’air supplémentaire suffisamment important pour supporter la condensation. On obtient alors un tirage parfait et une bonne ventilation de l’appartement.
- p.2x146 - vue 618/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Le cuivre rouge, permettant des échanges thermiques bien supérieurs à la fonte, on a dès lors une mise en
- route très rapide et fort active.
- Des injecteurs réglables pour l’admission du gaz aux brûleurs, permettent dadapter l’appareil selon la pression du gaz de chaquë ville.
- Avec a m" de gaz à l heure pour la pre -mière heure et i m3 pour les 7 heures suivantes, on est arrivé à chauffer un apparte -ment de 6 pièces, de 5o ms, ce qui représente une dépense moyenne horaire de o fr. 62 environ (le gaz étant à o fr. 55 le mètre cube).
- Bien entendu, cette dépense varie suivant la nature des parois et aussi selon les différences de. température extérieure et intérieure.
- Très souvent, cette chaudière est complétée par un appareil de sécurité ayant pour but d’éviter tout accident lorsque, par une cause accidentelle, le gaz vien-drait à manquer, cause d’ailleurs rare parce qu elle ne pourrait provenir que d’un collage de la soupape du compteur à gaz, si celui-ci est insuffisant.
- La figure 5 représente une coupe schématique de cet appareil de sécurité basé uniquement sur la pesanteur.
- Comme on le remarque, il ne comporte aucun ressort, embrayage ni siphon.
- Une simple tige est reliée à une membrane et à deux tubes pivotants dans lesquels roulent deux billes d‘a-cier; le tout est maintenu en position d’équilibre par la pression même du gaz.
- Si la force vient à manquer, il y a rupture d’équilibre; l’dbt'uration- se produit etl’ap-, • - pareil ne peut-être
- réamorcé qu’à la main. — Constructeur : Grouard frères, 6, rue Morand, Paris, XIe.
- Fig. 4. — Coupe de la chaudière A. M.
- A, mlmission d’air supplémentaire pour éviter la condensation; B,'brûleurs ; C,v, cloisons supérieures obligeant les gaz chauds à redescendre: Ci, cloisons inférieures obligeant les gaz chauds à remonter; T, tuyau d’alimentation du gaz; E, évacuation des gaz brûlés; E, foyer; G, sortie du Giifard ; M, cône de mélange des gaz brûlés et de l’air supplémentaire; Il, régulateur de débit système A. M.
- 'Fi'g, 5.—Coupe de l’appareil - de sécurité A. M. „
- •Ayahrhée du.gaz ; S, sortie du gaz; M, .membrane ; 0, obturateur du gaz; T. tige de coinjnaudej;yC,\.cyhndres basculants;- B, billes jd’açi.érg <B, bouton mol-lete~E, ron,deilfis'pp.nf-é4->ûlibrei’ l’appa-
- JŸfCCClïllCJUC
- Ferme-porte automatique « Sans bruit ». — Cet appareil (fig. G) pneumatique est certainement le plus simple qui ait été fabriqué à ce jour. De plus, bien qu’établi en cuivre nickelé, son prix est minime, comparé à celui des appareils de fabrication étrangère.
- Ses dimensions très réduites font qu’on peut le placer dans tons les endroits comme aussi dans les plus luxueux. Il fonctionne sans bruit, progressivement et avec une douceur incomparable; il ne craint pas la gelée, ne renfermant aucun liquide. Le mécanisme interne, peu compliqué, ne demande aucun entretien. Toutes les pièces sont interchangeables, cg qui constitue un gros avaulàge en cas d’accident.
- Il permet l’utilisation de n’importe quel genre de serrure; toutefois, pour assurer la fermeture .idéale sans bruit et avec le minimum de fatigue pour l’appareil, il est recommandé de munir la serrure d’une gâche automatique. Egalement, il permet d’obtenir une fermeture plus ou moins brusque, suivant les besoins, grâce à un dispositif spécial facilement réglable.
- Il est construit selon deux types ; l’un, pouvant actionner des portes soit d’intérieur (appartements, bureaux, ateliers, cafés, etc ), soit d’extérieur ordinaires, autrement dit des portes depuis 5o jusqu’à i5o kg; l’autre, des portes d’extérieur lourdes et extra-lourdes, dépassant i5o kg. Voici comment on le place et comment il fonctionne. La flèche et le bouton C de la clef de cet appareil doivent être dirigés du côté des charnières. Le corps A doit être fixé sur la porte avec 4 vis à une distance de 18 à 20 mm des paumelles à l’axe dudit appareil.
- Le bras de levier I doit passer librement au-dessus de la porte afin d’éviter tout frottement au moment de l’ouverture et de la fermeture de celle-ci.
- La tige de commande T ne doit pas être perpendiculaire à la porte; il faut lui donner une déviation de
- 2 à 3 cm du côté de la serrure. Pour obtenir cette déviation, de même: que pour donner plus ou moins de longueur à la tige T, il suffit de tourner la chape qui se trouve sur la tige filetée. En dévissant cette chape, on a une longueur plus grande, tandis qu’en la vissant on diminue la longueur.
- Pour le régler, on dévisse complètement la vis V. La porte étant fermée, veiller à ce que le ressort soit tout à fait détendu, ouvrir la )porte eh la tenant d’une main, faire fonctionner le bouton C vers la serrure jusqu’à ce que le reliquat tombe automatiquement dans son logement. On laisse ensuite la porte battre. Répéter celte opération en serrant le ressort par une dent à la fois jusqu’à ce que la tension obtenue soit suffisante pour fermer complètement la porte*
- C’est seulement en procédant ainsi progressivement à l’essai de la porte que la tension voulue peut être obtenue. Si la porte touche seulement la serrure et que la tension du ressort actionné par le bouton C soit considérée suffisante, compléter la fermeture de la porte en agissant sur 1 axe creux de la tige T.
- Pour obtenir ensuite un arrêt brusque à quelques centimètres de la serrure et un départ progressif, visser la vis ronde V. En vissant, le départ se fait lentement tandis qu’en dévissant, le départ devient plus rapide.
- Pour obtenir la porte ouverte, en équerre, il y a lieu d’ouviir celle-ci à angle droit et la^isser, sans la brusquer, à cette position; pour la fcrmèr ensuite, il suffit de la pousser légèrement.
- Cet appareil qui a été l’objet d’une médaille de vermeil au Concours Lépine est fabriqué par M. H, Mitanchet, de Lyon; dépôt à Paris, 8, rue de Lancry.
- p.2x147 - vue 619/688
-
-
-
- VARIÉTÉS
- A
- &\
- REFERMENTATION ET PASTEURISATION DES VINS
- / /
- (Sf
- ^4r^y &r--
- Il n’est pas rare que les vins jeunes éprouvent, pendant la saison chaude, un léger mpuvement de fermentation : c’est un accident qui, d’ailleurs, se produit surtout quand on a récolté des raisins trop mûrs et quand la première fermentation, demeurée incomplète, a laissé? aù vin un goût légèrement sucré. Il est surtout à craindre pour les vins qui ont été sucrés à la cuve, quand le sucre ajouté au moût ne l’a pas été dans des proportions convenables : une partie seulement s'en invertit alors, et est atteinte par la fermentation alcoolique ; le reste subsiste intact, et c’est lui qui refermente quand surviennent les beaux jours.
- Donc, deux causes à la refermentation accidentelle : excès de degré saccharique ou sucrage effectué de façon malhabile : elles sont, du reste, bien près de se confondre au point de vue théorique, et ont toutes deux pour corollaire une trop faible acidité du moût. La fermentation normale de la vendange ne s’effectue, en effet, dans les conditions optima qu’autant qu’elle a lieu en milieu acide. La première chose à faire au moment du début de la vinification est donc de doser l’acidité du moût, et, quand elle est trouvée insuffisante, de l’accroître par l’addition — très licite — d’une quantité convenable d’acide tartrique.
- Quand le viticulteur a négligé de prendre cette précaution, et quand, par suite, if a vinifié un peu à l’aveuglette, il s’expose à divers accidents, parmi lesquels la refermenlation intempestive est, sinon le plus grave, du moins l’un des plus fréquents. Il est sage, de sa part, d’en empêcher la possibilité.
- Il existe pour cela un moyen efficace, pasteuriser le vin, de façon à détruire tous les germes vivants qu’il contient et à le maintenir dans un état de repos biochimique absolu et permanent. La chaleur est, en effet, de tous les agents physiques et chimiques qui ont été successivement préconisés et expérimentés, le seul dont l’action soit réellement décisive et assure la destruction intégrale de toutes les bactéries, de tous les microgermes.
- C’est à Appert que revient l’honneur d’avoir, le premier, eu l’idée d’appliquer le chauffage à la conservation des vins. Mais les travaux industriels qu’il a poursuivis ont porté sur l’ensemble des produits alimentaires et son nom reste attaché bien plus à la fabrication des conserves de légumes, de viande, ou de poisson, qu’au traitement des vins.
- Après lui, Gervais.puis Vergnette-Lamotte étudièrent la question ; mais Pasteur, seul, a la gloire indiscutée d’avoir scientifiquement établi la méthode de stérilisation par la chaleur employée en œnologie, et d’en avoir fixé toute la technique. Il résuma ses.travaux à ce sujet dans une importante communication qu’il fit à l’Académie des Sciences, le 29 juillet 187a.
- Depuis, des appareils de pasteurisation sans nombre ont été construits : leurs détails d’exécution matérielle diffèrent plus ou moins, mais leur principe est identique, et l'on peut dire que Pasteur a mis définitivement au point le procédé qui porte son nom.
- Théoriquement, et pour se mettre à l’abri de tous les accidents possibles, il faudrait pasteuriser tous les vins ; mais c’est une pratique qui ne peut pas être absolument généralisée, à cause de l’impossibilité où se trouvent, notamment, les petits producteurs, de louer, et surtout d’acheter l’outillage nécessaire. On peut donc, à la rigueur, se résoudre à ne conseiller la pasteurisation que pour les vins dont la tenue est douteuse.
- Le traitement doit toujours être double : filtration à l’abri de l’air d’abord, pasteurisation- proprement dite ensuite. -
- La filtration, qui constitue la première opération, demande à être faite dans des conditions et avec des soins qu’il est impossible de décrire en peu de mots. Quant à la pasteurisation, une question primordiale se pose à son sujet : à quelle température doit-elle être effectuée? Les avis sont partagés à ce propos.
- Pasteur, à l’origine, éhauffait à -|-j5°. « Peu à peu dit-il, je me suis assuré qu’on pouvait descendre à -f- 5o° et même un peu au-dessous ». Appert exigeait -f- 700; Houdard, -j- 65°; Vergnette-Lamotte, -J- 45° en général et -j- 5o° au plus. Sans vouloir résumer ni même indi-
- quer sommairement tous les travaux effectués sur cette importante question, on peut dire qu’à l’heure actuelle les œnologues sont à peu près d’accord pour affirmer que la température de chauffage ne doit pas être toujours uniforme, mais varier suivant les vins, suivant leur titre alcoolique et suivant les ferments de maladie qu’ils contiennent. Les vins titrant moins de 90 d’alcool doivent être portés à des températures légèrement plus élevées que les vins de titre alcoolique supérieur. Mais, par prudence, on peut dire qu’en chauffant à + 85, on est sûr de stériliser totalement tous les vins, et qu’en chauffant à + 75 on a les plus grandes chances d’obtenir un résultat parfait.
- La durée du chauffage doit être tx'ès faible. Malgré les opinions divergentes qui ont été émises, l’avis de Pasteur peut être regardé comme exact : « 11 suffit que le vin atteigne le degré voulu de température, ne fût-ce que pendant une minute seulement ».
- D’autre part, il ne faut pas pasteuriser trop tôt, c’est-à-dire qu’il ne faut pas le faire avant la fin de la fermentation alcoolique, pour ne pas risquer d'empêcher la transformation en alcool d'une partie du sucre que contiennent les moûts ; exception doit être faite toutefois pour le cas où Ton constate un début de piqûre à la cuve; Il faut alors agir sans retard et avec énergie, sous peine de s’exposer à d’irrémédiables accidents.
- Les pasteurisateurs les plus généralement employés aujourd’hui sont les appareils à marche continue, grâce auxquels on obtient un travail régulier, tout en réduisant à lçur minimum les dépenses nécessaires de main-d'œuvre et les difficultés de manutention. Ils sont chauffés à feu nu, ou, mieux, par une circulation de vapeur à basse pression qui assure un meilleur réglage de la température et doone, par suite, des résultats beaucoup plus satisfaisants.
- Les systèmes et les types d’appareils qui existent dans le commerce sont très nombreux : il n’est pas possible de les décrire ici, ni possible non plus de faire un choix entre eux. Le seul conseil qui puisse être formulé ést de donner la préférence à ceux qui, tout en assurant une pasteurisation parfaite, ont la moindre complexité mécanique.
- Une bonne pasteurisation ne peut être obtenue qu’à la condition expresse de se conformer à des règles simples qui peuvent être groupées en trois rubriques et présentées ainsi d’une façon précise :
- 1° Opérer sur des vins limpides, avoir un appareil absolument propre et des vaisseaux stérilisés par l’eau bouillante pour opérer les transvasements et les enfûtages postérieurs à l’opération. Se munir, pour les fûts, de boudes et de linges stérilisés par ébullition prolongée ;
- a0 Chauffer au degré voulu, ni au-dessus, ni au-dessous, sans à-coups et avec douceur;
- 3* Ne pas détruire tout le bénéfice de l’opération en mêlant après elle du vin non pasteurisé au vin pasteurisé : ne pas mouiller, par exemple, les fûts avec autre chose que du vin stérilisé. Opérer strictement à l’abri de l’air.
- En observant ces règles, on est assuré d’obtenir des résultats parfaits, et certain d’avoir des yins de tenue parfaite,
- Mais, pour bien faire, la pasteurisation appliquée aux vins qui refermentent doit être ' suivie d’un dosage du sucre libre, mettant en évidence la teneur en principes sucrés fermentescibles que le vin tient en solution. Si l’on a fait une pasteurisation complète et si Ton est BÛr de l’inertie totale du vin produit, on peut, jusqu’à un. certain point, considérer que le sucre restant a assouplit » le bouquet et lui donne du moelleux. C’est, en tout cas, une théorie que d’excellents œnologues ont formulée, et dont ils ont fourni des raisons très acceptables, mais elle n’en est pas moins un peu hasardeuse, et je ne crois, pour ma part, ni qu'il faille l’admettre sans réserves, ni qu’il soit prudent d’en faire la base de sa conduite.
- Il paraît beaucoup plus sage de détruire ce sucre par une seconde fermentation, faite d’une façon scientifique, et rationnellement dirigée. Pour cela, on ensemencé le vin stérile avec des levures sélectionnées, dont le travail
- .#1 ms gjÉ-
- p.2x148 - vue 620/688
-
-
-
- VARIÉTÉS
- biochimique portera son activité sur le sucre libre et le dédoublera intégralement en acide carbonique et alcool, suivant le processus classique et bien connu. Mais c’est là une opération délicate, qui ne peut pas être faite à la légère et qui demande l'intervention de techniciens expérimentés. Dans l’immense majorité des cas, et notamment dans les petites exploitations vinicoles, le traitement de la refermentation accidentelle doit être plus simple.
- Il consistera essentiellement à empêcher, ou au moins à arrêter la fermentation, qui imprimerait à la masse une série de mouvements capables de la troubler, en faisant remonter à la surface les lies et les dépôts précipités au fond. Les collages les plus soigneusement faits sont inefficaces : ils sont, de plus, dangereux, parce qu’ils introduisent presque toujours dans le vin des substances étrangères pouvant prendre part à des fermentations secondaires, et, par suite, donner naissance à des goûts anormaux.
- La seule conduite est de soutirer, de filtrer au papier, à la cellulose, ou mieux encore à la porcelaine, et d’enfûter en tonneaux très fortement méchés.
- Surtout, il faut se garder d'employer les antiferments du commerce. Les meilleurs d’entre eux ne valent rien : nombre de falsifications décelées par l’analyse et déférées aux tribunaux correctionnels n’ont pas d’autre origine que l'addition faite au vin d’un anliferment contenant de l’acide borique, de l’abrastol, de l’acide sali-cylique ou des fluorures. Il est toujours dangereux de s’en servir, et les viticulteurs ne doivent pas oublier qu’en le faisant ils encourent toujours les risques d’une répression, à laquelle il est parfois bien difficile d’échapper, même en arguant d’une bonne foi malaisée à établir.
- Le traitement des refermentations accidentelles du vin se résume donc ainsi :
- En première ligne, filtration, pasteurisation, ensemencement avec des levures sélectionnées et fermentation intégrale du sucre en excès.
- En seconde ligne, soutirage, filtration, puis enfûtage en tonneaux méchés.
- Jamais et sous aucun prétexte, aucune addition d'antiferment. Francis Maure.
- Chimiste-expert près la Cour d’appel de Paris et. les Tribunaux de la Seine.
- K0J
- HYGIENE ET SANTE
- or
- POURQUOI MEURT-ON
- C'est un fait que beaucoup de crises maladives surviennent la nuit et qu’on meurt beaucoup plus s ravent la nuit que le jour. Watson et Finlayson de Glasgow ont trouvé, en étudiant 14.000 décès, que le maximum d’entre eux survenaient entre 5 et 6 heures du matin. Pour Schneider qui a étudié 58.000 décès, la mort sur-.vient le plus souvent entre 4 et 7 heures du matin. Bien souvent, ces crises morbides nocturnes sont dues à un état de contraction anormale des vaisseaux, associé à une élévation de la pression du sang. Ce sont, comme le remarque Mac William dans un remarquable travail consacré à cette question, des hémorragies diverses, des attaques d’angine de poitrine, etc. Cependant si l’on étudie la pression du sang au eours du sommeil, on constate, et tous les auteurs sont d’accord sur ce point, un abaissement marqué de cette pression, surtout pendant les premières heures de la nuit où le sommeil est plus profond. Il y a là une contradiction qui paraît diffi-
- PENDANT LA NUIT ?
- elle à expliquer. Mais en réalité, comme le montre Mac William, cette contradiction n’est qu’apparente. Pendant la nuit, en effet, on rêve et les rêves sont d’autant plus pénibles qu’on est plus malade. Ils augmentent la pression du sang. Le savant professeur de l’Université d’Aberdeen a, en effet, montré que l’ascension d’une vingtaine de marches a des effets moins marqués sur la pression et sur l’accélération du pouls qu’un rêve désagréable ou angoissant. Ainsi, la nuit n’est pas toujours le moment de repos qu’on imagine d’ordinaire : elle est parfois troublée par des rêves qui sont l’équivalent d’un véritable travail physique. On verra dans les ingénieuses recherches de Mac William la raison pour laquelle le marché pharmaceutique s’enrichit tous les jours en hypnotiques nouveaux dont l’utilité vraie, s’ils suppriment les rêves angoissants, sèrait beaucoup plus grande qu’on ne l’a cru jusqu’à aujourd’hui.
- Dr P.-E. M.
- jteo
- BOITE AUX LETTRES
- COL
- osA
- AVIS. — L 'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. U est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Société française de Stêréotopographie, 85, rue Lauriston, Paris.
- Réponses. — Dr J. Filliol, à Argentât (Corrèze). — Nous n’avons pas connaissance qu’il ait été publié, dans des revues françaises, des articles consacrés spécialement à des études relatives à l’influence dp Y iode sur les plantes.
- Dans la note publiée précédemment (La Nature, n° 2608, du 29 mars 1924), il n’a été relaté que des résultats obtenus par l’agronome tchèque, professeur Stoklasa, principalement en ce qui concerne l’influence de l’iode sur la betterave à sucre. La susdite note a été rédigée d'après une communication faite par la Feuille d'informations du Bureau d’Etudes économiques et .agricoles (Paris, 12, rue de Miromesnil, 8e), à laquelle vous pourriez vous adresser pour plus amples renseignements, si possible. C’est là, du reste, une question encore peu. étudiée en France. Consultez le Directeur des Services agricoles de la Corrèze, à Tulle.
- M. G. A. Mas Llinas, Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). — Vous trouverez du soufre mouillable pour le traitement simultané contre le mildiou et contre Yoïdium de la vigne, aux adresses suivantes : Eugène Germain, chimiste-agronome, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) (Soufronol); Raffineries de soufre réunies, 1, place de la Bourse, à Marseille; Adolphe GouinetCie, 118, Grand-Chemin-de-Toulon, à Marseille; et plus particulièrement pour les polysulfures alcalins, de même que pour le soufre mouillable, en vous adressant à M. J. B. Castelli, Service commercial agricole, 82, boulevard Garibaldi, à Marseille.
- M. Ch. Cornu, à Vaison (Vaucluse). — Bibliographie concernant la culture et le commerce de Vimmortelle. Voyez Les plantes industrielles, tome IV (paragraphe sur l’immortelle d’Orient), 1 volume par Gustave Heuzé, (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°). Journal d'Agriculture pratique, numéro du 14 novembre 1907. (Production et vente des immortelles, même librairie). La documentation la plus importante sur ce sujet est éparse dans divers articles publiés dans Le Réveil agricole (Marseille, i5, quai du Canal); voir les fascicules suivants dudit journal : année 1901, n° 443 du 29 septembre, n* 444» du 6 octobre (culture); 1908, n° 796, du 28 juin, n° 797, du 12 juillet (culture); 1914» u* 1104, du 3ï mai (culture); 1918, n° i3ia, du 16 juin, n° i3i5, du
- p.2x149 - vue 621/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- i'4 juillet (chenille de l’immortelle); 1920, n° 1416, du 20 juin, n° 1420, du 18 juillet, n° i43o du 26 septembre ; 1921, n" i456 du 27 mars (culture); 1923, n° 1873, du 24 juin, n° du 22 juillet (marché des immortelles) ;
- Bulletin de V Office des Renseignements agricoles du Ministère de l’Agriculture, fascicule du numéro d’août 1907. Nous vous ayons envoyé le n° 2482, du 29 octobre 1921 de La Nature.
- À noire avis, le meilleur moyen de vous initier complètement sur la culture et le commerce serait de visiter plusieurs centres de production, dans le département du Yar où l’immortelle est cultivée, notamment dans les localités ci-après : Bandol (principal centre de production), Ollioules, Sanary, La Seyne, Saint-Cyr, Le Bausset, La Giotat et Cassis, et sur le littoral de Toulon à Nice. Yoyez aussi à l’adresse suivante : M. Perrohe, président du Syndicat des Producteurs de la Fleur d’immortelle, Le Castellet (Yar).
- M. E. Dupraz, à Côur-sur-Lausanne (Suisse). — Yoici Une nomenclature d’ouvrages parmi lesquels vous pourriez faite choir selon le but que vous vous proposez : Le vétérinaire populaire ou Traité pratique des principales maladies des animaux domestiques, par J.-E. Gombault, 1 volume ;Za médecine vétérinaire à la fermé, par G. Moussu, 1 vol.; Hygiène et maladies du bétail, par P. Cagny et R. Gduin, 1 vol. ; Manuel du vétérinaire à l’usagè des fermiers et des propriétaires d'animaux domestiques, pat P. Canal, 1 vol. ; L'art de conserver la santé des animaux dans les campagnes. Médecine vétérinaire domestique, par S.-M. Fontan,
- 1 vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6S, et pour le livre de P. Canal, voir Librairie L. Mulo, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6”).
- M. Fr. A., à Hendaye (Basses-Pyrénées). — i° Pour Vappareillage à employer à la fabrication de la limonade, par toutes quantités, voyez Etablissements J. Guyot et Cie, Paris, 4 rue Claude-Decaen, 12°. D’autre part, vous pourriez, pour renseignements Circonstanciés et autres indications de maisons construisant de petits appareils, vous adresser à M. A. Piard, chimiste, auteur du Manuel pratique du Fabricant de boissons gazeuses, 7, rue Piérre-Dupont, à Lyon.
- i° Comme recette simple de fabrication de limonade, voyez si celle-ci peut vous suffire : pour préparer un litre de limonade, prendre 10 gr. d’acide tartrique, 40 gr. de sucre et 3 gouttes d’essence de citron. On prépare de la limonade sèche avec 5oo gr. de sucre et 16 gr. d’acide citrique, que l’on mêle bien ensemble au moyen du mortier et du pilon ; on peut renfermer en boîte cette limonade sèche. Une cuillerée à café de cette poudre dans un verre d’eau donné une boisson agréable, supérieure aux limonades gazeuses du comxperce.
- En tout cas, si vous désiriez vous initier au mode de fabrication industrielle, vous pourriez vous adresser à M. A. Piard et consulter le Manuel du Limonadier, par Chryssochoïdès, x volume (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6°).
- M. M. Roux, à Marseille. — i° Yoici des adresses de fabricants d’articles de pêche (cannes, etc.) : Gruelle, Paris, 75, rue du Temple, 3°; Perrot, Paris, 32, quai de Béthune, 4° ! -Am Pêcheur Breton, Paris, 3o, rue des Mathurins, 8e ; Wyers, frèrës, inventeurs-fabricants, Paris, 3o, quai du Louvre, icr; Yung, Paris, 6, rue de Bigorre, 14°; L. Tiberghien, 220, boulevard Gambetta, à Roubaix (Nord) ; Théo de Deken, Paris, 5, rue Etienne-Marcel, 2e; G. Fiant, Paris, 11, rue Béranger; Mori-céau, Paris, 28, qüai du Louvre, 1"; Guyonnèt, Paris, 78, rue d’Anjou, 8e; Au Pêcheur Hardi, Paris, 73, rue de Lyon, 12e ; Al’Ancre d’or, Paris, 32, rue de Turbigo, 3e ; Balp, cours Yictor-Hugo, à Saint-Etienne (Loire).
- 20 Ouvrages publiés en France, sur la pêche en eau douce : Nouveau manuel pratique de la pêche, par G. Lanorville, 1 vol. ; La Pêche et les poissons> par Henri de la Blanchère, 1 vol. ; La Pêche et lès poissons d’eau douce, par Robert Willate des Prugnes, 1 vol. ; La Pêche du poisson blanc, par le même, 1 vol. ; La Pêche moderne (encyclopédie du pêcheur, par Albert Petit, Cunisset-Carnot, Joüsset de Bellesme et le Dr Joyeux-Laffuie, 1 vol. ; La Pêche au lancer, par Ryvez ; La pêche à la truite au devon, par Renoir et Ryvez, 1 vol; La Pêche, par Gunisset-Carnot, 1 vol.; La Pêche en eau douce, par le même, 1 vol. ; La Petite pêche et la grande pêche, par le même, 1 vol. ; L’Ecole du pêcheur, par P. Guyonnèt, 1 vol. ; JPêches usuelles,
- par G. Elie Berthet, 1 vol. ; La Pêche de la truite à la mouche, par G. Aflalo, 1 vol. ; Précis de la pêche à la mouche sèche, par Halford, 1 vol.; Là Pêche et les poissons des eaux douces, par A. Locard, 1 vol. ; Te Registre du pêcheur, 1 vol., par E. de Lissingen; J.a Pêche à la mouche, par le même, 1 vol.; Le Livre du pêcheur, par Fish-Hook. t vol.; La Pêche, par Fieuri-gand, 1 brochure ; Manuel du pêcheur praticien, par L. Jaillant, 1 vol. ; Le Pêcheur à la mouche artificielle. par Ch. de Massas, 1 vol. ; Traité de pêche, par René et Liersel, 1 vol. ; La Pêche mise à la portée de tous, par Edmond Renoir, 1 vol.; La Pêche pratique en eau douce, par Reymond, 1 vol.; L’Ami du pêcheur, par Poitevin (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, b°) ; Manuel du pêcheur, par G. Paulin, 1 vol. (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e); Pêcheur à la ligne (brochure Larousse), Pêcheur aux engins (brochure Larousse) ; Nouveau traité de pêche à la ligne, par Wendelen, 1 vol. ; Le Parfait pêcheur à la ligne, par de Riols, 1 vol. (Librairie de Chasse et Pêche, Bruxelles, 72, rue de la Concorde).
- T. S. P. — M. Oscar Wirz, à La Chaux-de-Fonds. — Nous avons été très intéressé par la description de vos expériences de réception sur cadre. Le moteur électrique fonctionnant à 4b m. de votre poste de réception doit être très gênant, certes, même en utilisant un cadre. Malheureusement il n’existe guère de moyens utilisables en radiotéléphonie pour éviter les bruits désagréables qu’il produit et le trouble des auditions. Lé seul moyen, que voüs indiqüez d'ailleurs, consisterait à l’enfermer dans unë boîte métallique fermée et reliée au sol, si votre poste dé réception et l’opérateur lui-même sont bien isolés. Ce procédé doit permettre Une amélioration sensible de l’audition et nous serons heureux de connaître les résultats que vous obtiendrez.
- M. Doury, à Saoula (Algérie). — x° Les stations dont les indicatifs commencent par UP sont des postes italiens, et celles dont les indicatifs commencent par UD des bateaux français; mais il faudrait nous indiquer également la troisième lettre de l’indicatif pour les déterminer exactement.
- FFU est l’indicatif d’Ouessant, FFG celui de Boni-facio, BVYV^ celui de Gibraltar, ICR celui de Capo Sperone Radio, FFW celui de Bizerte, FAPB celui d’un bateau de guerre, dont nous ignorons le nom.
- 20 QRU ? signifie « avez-vous quelque chose pour moi ? »
- QRN? « Les atmosphériques sont-ils trop gênants. »
- 1 QRM ? « Etes-vous troublé ?»
- O K. Tout va bien.
- QTC ? « Avez-vous quelque chose à transmettre ? »
- M. Vollei à Saint-Denis-lés-Rebaîs (Seine-et-Marne). — i° Il est possible que vous ayez entendu des émissions provenant des postes de broadcasting anglais. Plusieurs amateurs de la région parisienne nous ont déjà signalé des réceptions du même genre, effectuées avec des appareils analogues au vôtre et simple détecteur à galènè. L’indication exacte de la longueur d’onde des émissions reçues et des détails'plus précis,permettraient de vous renseigner sûrement à ce sujet.
- 20 Le tube audion U.V 199 n’est pas encore en vente en France, mais il est probable que céla ne tardera plus guère, croyons-nous.
- M, le Dr Decaux, à Lisieux (Calvados). — 1° Vous trouverez dans la Pratique Radioélectrique dés détails sur la soudure à la résine.
- 20 On peut constituer un circuit filtre destiné à accroître la sélectivité d’un poste de réception,au moyen d’une inductance, en nid d’abeilles par exemple, èt d’un condensateur variable à air. Le circuit oscillant ainsi formé *est réglé sur la longueur d’onde à recevoir, et il est simplement couplé par induction avec l’inductance primaire de l’appareil de réception ordinaire.
- On peut aussi régler ce circuit sur la longueur d’onde du poste que l’on veut éliminer, et le placer en série entre l’àütenne et l’entrée du poste.
- Bibliothèque communale 'de Monaco. — Nouis publier rons très prochainement üUë étude complète sur Valimentation des amplificateurs par le courant alternatif d’un secteur.
- Vous pourrez trouver des accessoires pour ces montages à la maison Lefébure, 64, rue Saint-André-des-Arts, à Paris.
- p.2x150 - vue 622/688
-
-
-
- •<
- BIBLIOGRAPHIE
- Bibliographie de. la relativité, suivie d’un appendice sur les déterminants à plus de deux dimensions, le calcul des variations, les séries trigonométriques et l’agéo-tropisme, par Maurice Lecat. i vol., 36o p. Maurice Lamertin, 56. rue Goudenberg, Bruxelles, 1924.
- La théorie de la relativité a provoqué l’éclosion d’une énorme littérature; l’auteur de cette bibliographie qui représente un labeur considérable n’a certainement laissé de côté aucun travail important, car il mentionne 3^75 travaux de 1175 auteurs différents, se répartissant entre ai langues : mémoires originaux, ouvrages de vulgarisation, articles de revues et de journaux. Il a dépouillé 3go périodiques ; il a établi une double liste ; l’une par ordre alphabétique d’auteurs ; l’autre par ordre chronologique. Ce consciencieux recueil apporte une utile contribution à l’histoire d’une des plus curieuses périodes de la science moderne.
- Statique et résistance des matériaux, par P. Montel. 1 vol., 275 p., 38 fig. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1924. Prix, 3o francs.
- Ce livre reproduit lé courts professé par l’auteur à l’Ecole des Beaux-Arts. Sous une forme aussi claire qu’élégante, il donne les éléments de la statique, 1 essentiel de la statique graphique, et de la résistance des matériaux. L’étude de cet excellent ouvrage n’exige que des connaissances élémentaires, et met son lecteur à même d’aborder tous les problèmes pratiques qui se posent quotidiennement à l’architecte ou au constructeur.
- Précis de métallo graphie microscopique et de macro -graphie, par MM. L. Guillet et A. Poktevjn (a0 édition). 1 vol. 340 p., 565 fig., Dunod, éditeur. Paris, 1924. Prix : 65 francs.
- La métallographie microscopique est la science de l’examen au microscope des produits métallurgiques au préalable polis et. attaqués par un réactif convenable. La macrographié est la science de l’examen des produits métallurgiques, sans microscope, après polissage assez grossier et attaque. Elles révèlent la constitution intime des produits étudiés et permettent de prévoir leurs propriétés mécaniques et physiques ; nées des travaux de Sorby, Osmond et Werth, Le Chatelier, elles ont rendu et rendent quotidiennement d’éminents services à l’industrie métallurgique, à qui elles ont fourni d’indispensables outils d’études. La connaissance de ces deux sciences est indispensable à l’ingénieur constructeur et au métallurgiste. Le précis, aujourd’hui classique, de MM. Guillet et Por-tevin, permet d’en aborder aisément l’étude. Il débute par un sobre exposé de la technique de la métallo-graphie microscopique ; puis il rappelle les notions de chimie physique nécessaires pour l’étude théorique des alliages, et les déductions que l’on en tire au sujet des propriétés de ces derniers et de leurs transformations : il définit ce qu’est le diagramme d’un alliage ; il montre les relations qui existent entre la microstructure et le diagramme. Les auteurs résument ensuite les différents essais mécaniques que l’on fait subir aux métaux; puis ils étudient les traitements mécaniques et thermiques et les modifications intimes qu’ils font subir aux corps ainsi traités.
- L’application de la métallographie aux aciers et*aux fontes est actuellement le chapitre le plus important de cette science nouvelle. C’est aussi celui qui est traité avec le plus d’ampleur dans ce précis. Les autres métaux et alliages industriels sont égâlement étudiés. L’ouvrage se termine par un exposé plus succinct de la technique macrographique et de ses applications.
- Utilisation des vernis isolants dans Vindustrie électrique, par R. Van Muyden, i .vol., 126 p., 4° fig- Albin Michel, éditeur. Paris, 1924. Prix : 7 fr. 5o.
- Les vernis isolants jouent un très grand rôle dans la construction de toutes les machines et appareils électriques. Ces dernières années ont été marquées par l’apparition de vernis nouveaux à bases de gommes synthétiques, qui ont des propriétés remar-
- quables. La France, avant la guerre, n’avait pas tiré tout le parti qui convenait de ces produits nouveaux; pendant la guerre, nos techniciens se sont mis à l’œuvre pour regagner le terrain perdu. Et aujourd’hui les nouvelles méthodes d’isolation, d’imprégnation, sont pratiquées de plus en plus.
- L’ouvrage de M. Van Muyden apporte de précieux renseignements sur la fabrication, la constitution et les propriétés de ces produits, notamment les isol-émails; ainsi que sur leur mode d’emploi. Cette étude, appuyée sur l’expérienee personnelle de l’auteur, ne peut manquer d’être fort utile à tous les constructeurs électriciens.
- Manuel de blanchiment, teinture, chimie tinctoriale, par Ch. Liénakd-Fieret, i vol. 400 p., 56 fig. J.-B. Baillière et fils, éditeurs. Paris, 1924. Prix : 16 francs.
- Ce livre débute par un bon résumé de chimie tinctoriale où sont étudiés les différents produits employés pour le blanchiment et la teinture. L’auteur consacre ensuite un chapitre à l’eau ; celle-ci joue en effet en teinture un rôle essentiel et sa pureté est un facteur important du [succès ; les principaux systèmes pratiques d’épuration sont décrits, ainsi que les méthodes d’analyse des eaux. Puis, nous passons à l’étude de la laine, de la soie et du coton ; l’auteur résume les principales phases des traitements industriels qui les transforment en produits commercieux, en développant surtout, pour chacun d’eux, la question des apprêts et de la teinture. ,
- U organisation du travail dans les exploitations forestières et dans les scieries mécaniques, par P. Razous, 1 br. i5,5X^3 de 80 p., 27 fig., Dunod, éditeur, Paris, 1924. Prix : 6 francs.
- L’auteur fait d’abord un rapide inventaire des richesses française et mondiale en bois sur pied ; puis il passe en revue les principaux progrès récemment réalisés dans les exploitations forestières et dans les scieries mécaniques, ainsi que les moyens de tirer parti des sous-produits de l’exploitation forestière.
- Les incertitudes de l’heure présente, par Gustave Le Bon, i vol. a3o p., Ernest Flammarion, éditeur, Paris, 1924. Prix: 6 fr. 5o.
- M. Gustave Le Bon scrute, en philosophe et psychologue, les agitations politiques, économiques, sociales de l’heure présente. Il le fait sous forme de courtes réflexions, bien frappées, mais le plus souvent d’une saveur quelque peu amère. 11 est difficile d’analyseë en quelques lignes cet ouvrage qui condense une grande somme de science et de pensée originale, mais qui prête à bien des discussions, et dont les conclusions heurtent, en plusieurs chapitres, les convictions religieuses les plus respectables. Notons que l’auteur s’attache surtout à démontrer que dans l’évolution des peuples et des civilisations, les forces rationnelles sont toujours dominées par les forces affectives et mystiques.
- Les effluves et les ^arcs (Poèmes), par Camille Andry, 1 vol., 100 p., Chiberre, éditeur, Paris, 1922. Prix : 4 francs.
- Petits poèmes électriques et scientifiques, par Henri Allorge, i vol. in-»6. Perrin, éditeur, Paris, 1924^ Prix : 10 francs.
- Les merveilles de la civilisation moderne ont bien rarement inspiré les poètes ; ceux-ci s’intéressent peu à la science, moins encore à l’industrie et connaissent fort mal l’une et l’autre. Ce sera, sans doute, un sujet d’étonnement pour les historiens de l’avenir de ne découvrir dans la littérature de notre temps qu’un reflet si faible et si imprécis de l’effort des savants 'et des ingénieurs, rénovateurs de notre monde.
- Deux poètes viennent de s’essayer courageusement à combler cette lacune. Ils ne craignent pas d’exercer leur lyrisme sur un sujet en apparence bien ingrat ; leurs poèmes, agréables, ingénieux, parfois pleins de souffle, seront lus avec plaisir. On y verra que les plus humbles outils : les piles, la dynamo, le compteur, même la prise de courant, peuvent inspirer au poète qui les comprend de beaux accents et de beaux vers.
- p.2x151 - vue 623/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- O
- Z* ® /
- ' ,A- ~S , 'V\ )
- >^o
- INFORMATIONS
- ><
- N’ 2615
- 17 Mai 1924
- De Paris à Calcutta en avion. — Les raides aériens autour du monde, que nous avons signalés dans un précédent numéro, se poursuivent avec des fortunes diverses. Mais un nouveau champion est, tout à coup, entré en lice, et s’est mis en vedette par une performance qui fait l’admiration du monde entier et marque une date dans l’histoire des grands voyages aériens. Le capitaine Pelletier d'Oisy, de l’Aéronautique française, accompagné du sergent mécanicien Besin, a réussi à accomplir en il jours le trajet de Paris à Calcutta, à bord d un avion de série, un biplan Breguet, muni d’un moteur Lorraine de 4°° chevaux, sans autres moyens de réparation que ceux du bord. Ce trajet représente une distance de io ioo km, franchis en 8 étapes :
- Voici en résumé l histoire de ce raid magnifique qui doit se continuer, par l’Indo-Chine et la Chine, jusqu’au
- Japon :
- 24 avril : étape Paris-Bucarest.....2000 km
- 25 avril : — Bacarest-Alep.........1600 —
- 26 avril : — Alep-Bagdad............. 800 —
- 27 avril : — Bagdad-Bouchir .... 900 —
- 18 avril : — Bouchir-Bender-Abbas . 700 —
- * 29 avril : — Bender-Abbas-Ivarachi . i45o —
- A ce moment, les audacieux aviateurs, en 6 jours de vol, sans incidents, ont atteint la frontière occidentale des Indes. Trois jours d’arrêt à Karachi, pour la révision méticuleuse du moteur et de l’appareil; puis ils reprennent leur vol pour traverser les Indes en deux étapes :
- 5 mai : Ivarachi-Agra..................i3oo km
- Un jour d’arrêt à Agra pour réparer l’entoilage éprouvé par les chaleurs torrides subies au cours de cette étape.
- 6 mai : Agra-Calcutta..................i35o km
- L’entoilage est à- nouveau éprouvé.
- Les aviateurs s’arrêtent à Calcutta pour réparer et prendre un repos bien gagné avant de continuer leur vol vers l’Est. Quelle que soit l’issue ultérieure du raid, ce vol triompha], exécuté si simplement et avec des moyens si réduits, démontre d’une façon éclatante, outre le mérite du pilote et du mécanicien, la possibilité des grands voyages et des liaisons intercontinentales rapides par l’avion.
- L’aviateur anglais, le major Mac-Laren, qui tente le tour du monde, a été jusqu’ici moins heureux que son émule français; parti un mois plus tôt, le a5 mars, de Southampton, il est immobilisé par une panne de moteur à Parlus, à 464 km à l’est de Karachi où il doit attendre un nouveau moteur.
- Le premier circuit fermé de I kilomètre en hélicoptère.. — Le 4 mai 1924, a été réalisé le premier vol d’hélicoptère en circuit fermé de 1 km. Cette performance a été accomplie à Valentigney, par M. Ochmi-chen, à bord de l’hélicoptère qu’il étudie depuis près de 3 ans en collaboration avec la Société Peugeot. Le circuit parcouru mesure un peu plus de 1 km, il a été effectué en 7 m. 40 s. à une altitude qui est toujours restée supérieure à 1 m. et qui par moments a atteint 3 m. L’an dernier, l’hélicoptère Ochmichen, et celui de Pescara ont pu effectuer quelques vols en ligne droite.
- ' On voit qu un nouvel et important progrès vient d’être réalisé.
- L’aviation contre les insectes nuisibles. — La
- Nature a déjà signalé les essais tentés aux Etats-Unis pour faire concourir l’aviation à la lutte contre les insectes nuisibles. Elle a relaté les expériences faites à Troy (voir n* 253i, 7 oct. 1922), au cours desquelles les pépinières dévastées par le sphinx du catalpa ont été complètement débarrassées de leurs hôtes indésirables, grâce à des projections d’arséniate de soude effectuées du haut d’un avion.
- Le succès de cette première tentative a encouragé le Département de l’Agriculture des Etats-Unis à déve-
- lopper les applications de la méthode et à envisager la protection des plantations cotonnières par ce moyen. Les plantations de coton représentent pour les Etats-Unis une immense richesse; mais chaque année une grande partie en est détruite par des parasites qui constituent un véritable fléau national; au premier rang de ceux-ci figure le célèbre beol weevill, qui est actuellement le principal agent de la baisse ou de la hausse du prix du coton dans le monde; il y a aussi le ver de la feuille du coton iJlabama Argillacea Hübn), moins dangereux, néanmoins fort redoutable lui aussi. C’est contre ce dernier qu’ont porté les premiers efforts du bureau d’Entomologie des Etats-Unis. Le problème était différent de celui qui fut résolu à Troy en 1922; les plantations de coton ne se présentent pas comme les pépinières de Catalpa de Troy et la question se posait de savoir si le poison projeté du haut de l’aéroplane adhérerait convenablement aux feuilles de l’arbuste.
- Pour lutter contre les parasites qui attaquent le coton, aussi bien le ver de la feuille que le boll weewill, on emploie des machines qui sont de véritables canons projetant de la poudre d’arséniate de chaux. Mais, pour que le traitement soit efficace, il faut de minutieuses précautions. Il faut choisir surlout une heure favorable, où il n’y ait pas la moindre brise dans l’air, sinon la poussière insecticide se dissipe dans l’air sms effet utile, il faut aussi qu’il n’y ait pas d’humidité sur les feuilles du cotonnier. L’opération se fait, en général aux premières heures du crépuscule et se continue le lendemain aux premières heures de l’aube. Elle est difficile et coûteuse.
- Les expériences du Bureau Entomologique ont été faites au moyen d’un avion Curtiss, de l’armée américaine, équipé avec un distributeur automatique de poussière insecticide. Les plantations choisies étaient celles de Tallulah, dans le delta du Mississipi; le ver de la feuille y avait fait son apparition avec une intensité imprévue.
- Les expériences ont été très concluantes; on s’est aperçu que le nuage projeté du haut de l’avion, volant à faible hauteur (10 à i5 m.), se rabattait avec force sur les feuilles des cotonniers; cet effet heureux est attribué au violent courant d’air créé par l’hélice et par le déplacement de (l’avion. L’aéroplane n’a pas besoin, comme la machine terrestre, de choisir lemoment de sou intervention. Son action paraît efficace à toute heure de la journée. Elle est au surplus beaucoup plus rapide et plus complète. Les vers ont été complètement exterminés.
- On envisage maintenant l’emploi de la méthode contre le boli weewill; mais celui-ci ne séjournant pas sur les feuille, les expériences faites jusqu’ici ne permettent pas encore de conclure à l’efficacité de la lutte par l’avion ; on espère cependant qu’elle se montrera aussi efficace.
- La protection des champs cotonniers au moyen de l’avion soulève évidemment des problèmes d’organisation collective délicats. Mais l’enjeu est si important qu’il est certain que des efforts énergiques vont être laits dans ce sens avec l’aide des pouvoirs publics.
- Déplacement de constructions en Belgique. — Il y a 3 ans environ, on décidait de déplacer en son entier la petite gare du Dam, à Anvers. Ce tour de force, peu courant en Europe, ayant parfaitement réussi, l’ingénieur et les entrepreneurs chargés de ce travail vont tenter une prouesse de ce même genre à Bocholt. Dans ce coquet village du Limbourg belge, l’agrandissement de l’église va avoir pour conséquence le déplacement forcé de la tour, qui sera alors transportée à environ une dizaine de mètres de l’endroit où elle se trouve actuellement. Or, cette tour, à peu près six fois centenaire, mesure 40 m. de hauteur sur 10 m. de côté; son poids est évalué à 3ooo tonnes.
- M. Weiss, ingénieur de l’Ecole Polytechnique de Philadelphie, est installé à Bocholt depuis quelque temps afin de tracer les plans et diriger les travaux préliminaires de ce colossal projet, dont la technique toute particulière ne s’apprend pas à l’école.
- -tfTïir».
- 20
- p.2x152 - vue 624/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- Rappelons à nos lecteurs que le premier ingénieur qui a entrepris de semblables travaux est un américain, Pullmann, dont le nom est porté par une ville de rillinois.
- Le liège comprimé dans l’industrie du bâtiment. — En France, le liège mâle a été longtemps délaissé comme étant sans valeur marchande.
- Le principal centre mondial de la production du liège femelle est dans le Lot-et-Garonne et le Yar, siège de l’industrie qui alimente le monde entier.
- Les 400 ooo à âooooo hectares de chêne-liège exploitables au Maroc seraient mis en valeur par Tutilisation des lièges mâles, notamment par l’industrie des agglomérés de liège, pratiquée déjà en Allemagne et en Suisse, et indépendamment de la fabrication du linoléum et de l’emploi en chapellerie, dans la fabrication des chaussures et dans l’industrie frigorifique.
- - La préparation en panneaux du liège aggloméré permet d’adapter ces panneaux ou plaques mobiles à une ossature de métal, de ciment ou de bois, et de substituer le liège au moellon et à la brique dans la construction.
- Dans Bois et Résineux, M. Longemer signale les avantages de cette nouvelle utilisation du liège aggloméré : allégement et simplification de la construction recevant extérieurement un simple revêtement de plâtre ou de ciment comme entre les cloisonnements intérieurs ; préservation du froid et de la chaleur. Le liège étant moulé comme une pierre artificielle, l’élégance du bâtiment n’est pas sacrifiée. Quant aux dangers d’incendie, le liège aggloméré étint ininflammable, c’est là encore un avantage notable. Les Sociétés d’assurances suisses ne font aucune différence entre ce mode de construction et celui que l’on emploie ordinairement.
- La nouvelle industrie du liège aggloméré en vue de cette utilisation devrait êîre créée en Gironde, à proximité des lieux de débarquement du liège et en vue de l’emploi des déchets de la bouchonnerie néracoise, concurremment avec les lièges en provenance du Maroc.
- Peut-être parviendrait-on ainsi à parer à l’insuffisance de la main-d’œuvre du bâtiment à utiliser une ressource coloniale abondante et à remédier rapidement sans dépenses excessives à la crise du logement. H. B.
- Les Esquimaux de l’Alaska. — Les populations indigènes de l’Alaska sont restées assez mal connues jusqu’à ces dernières années. Elles se divisent en deux
- groupes :
- i° Hyperboréens :
- Esquimaux....................18.000
- Aléoutes................... u. 000
- 30.000
- a0 Indiens Peaux-Rouges :
- Àthabascans ou Tinnés . . . 3.6oo/
- Thinklitts................... 7.5oo
- 11.100
- Les Esquimaux se divisent en deux groupes : Grands et Petits. Leur nom signifie mangeurs de chair crue; c’est un sobriquet que leur ont donné les Indiens. Eux-mêmes s’appellent Innoïts (hommes). Ils parlent tous à peu de chose près la même langue.
- Les Grands Esquimaux (1 m. 73 de taille moyenne chez les hommes) s'appellent Tchiglitt (singulier Tchig-lerk). Ils se divisent en trois groupes : Kragmalivit (ou Tchizaréni), Kragmalit, Taréorkmoutés, qui habitent la côte septentrionale entre le cap Bathurst et l’embouchure du Mackensie. On peut y rattacher les Oünalig-moutés, qui habitent l’île Saint-Michel dans la mer de Béhring et les Kaniahnouiés de l’île de Kadiak.
- Les Petits Esquimaux sont beaucoup plus nombreux et divisés en d’innombrables tribus ; on peut les diviser en plusieurs groupes, d’après leur habitat : golfé de Kotzébue, îles dè la mer de Béhring, gdlfe de Norton, Bas-Youkon, détroit Etolin, baie de Kuskokwim, baie de Bristol, Océan Pacifique. 1
- Tous ces Esquimaux ont pour totem le castor : quelques-uns se sont convertis à la religion russe orthodoxe et parlent russe (Ounaligmoutés),
- A côté de ces deux groupes principaux, uti troisième groupe : les Eïquimaüx de Sibérie, plus prognathes et plus clinocéphales, habitentplusieurs îles de Ja mer de Béhriüg.
- Chez tous les Esquimaux, la peau est naturellement blanche, mais elle devient gris olivâtre clair avec l’âge, comme chez les Japonâis. Cette race présente de grandes analogies avec les Mongols et avec la race paléolithique européenne de Chancelade.
- Certaines tribus esquimaudes se sont métissées avec les Indiens et ces métis présentent des caractères négroïdes assez inattendus (Ingaliks). Une tribu, les Kaniakmoutés, se dénomme elle-même Aléoutiks, ce qui laisse supposer une certaine parenté avec les Aléoutes. (D’après Etienne Ri guet. Les Esquimaux de l'Alaska. Librairie littéraire et scientifique, Paris 1921 et igî3.)
- Matériaux pour l’étude des calamités. — Ce titre est celui d’un périodique nouveau dont la création a été décidée d’un commun accord par la Société de Géographie de Genève, le Comité International de la Croix-Rouge et la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge.
- La création de ce périodiqüe scientifique est étroitement liée au projet d’ « Atlas mondial de distribution géographique des calamités », dont le Comité international de la Croix-Rouge s’est fait le promoteur à la suite de la suggestion de M. le sénateur Ciraolo, président de la Croix-Rouge italienne.
- Dans une étude parue en 192,3'(1 ), M. Raoul Mon-tandon, répondant à un vœu du Comité international, attirait î’attention du monde savant sur la nécessité de déterminer aussi exactement que possible la répartition géographique des grandes catastrophes, des grands malheurs publics, et l’intérêt que présenterait pour la science un document de cettë nature.
- Dans un mémoire plus récent (a), M. Montandon, revenant sur la question, s’est efforcé de mettre en évidence : 1* les raisons qui militent en faveur d’une étude méthodique et universelle de ce que l’on pourrait appeler : La géographie des calamités-, 2° les moyens et les méthodes qui semblent devoir être préconisés pour la réalisation pratique dti projet.
- L’œuvre envisagée exigera une collaboration mondiale, car chaque calamité devra donner lieu à une enquête internationale, qui portera aussi bien sur les événements passés que sur ceux du présent et, malheureusement aussi, de l’avenir.
- Il s’agira de rechercher, pour chaque région du globe, les traces de catastrophes d’ordre très divers, d’en fixer le retour accidentel ou périodique, d’en déterminer l’amplitude et l'intensité, de lés localiser enfin sür la mappemonde.
- Pour arriver à une véritable collaboration internationale de tous les organismes et de tous lès spécialistes intéressés travaillant au même but, pour réndre possible le travail de centralisation et de coordination, il a paru indispensable de créer un périodique scientifique ad hoc, d’où la création des Matériaux pour l'étude des calamités.
- Les initiateurs de cette revue font dès maintenant appel à tous les corps savants et à toutes les bonnes volontés individuelles pour collaborer à l’utile documentation qu’elle se propose de rassembler.
- Peut-ori vivre sans intestin grêle ? — Le nombre de malades à qui on à enlevé l’estomac est déjà considérable. Ceux à qui on enlève le gros intestin, en applications plus ou moins directes dès théories de Metsch-nikow sur la nocivité de cet organe, est probablement encore plus grand. Mais jusqu’ici on ne s’était guère attaqué à l’intestin grêle qu’on croyait indispensable et oii recommandait de ne jamais en enlever plus des a/3, soit 3 m. au maximum. Cependant un chirurgien, le Dr Doerfler, à enlevé chez un maladë, 5 m. 80 d’intestin grêle. Les deux bouts restants, le supérieur et l'inférieur, suturés l’un à l’autre formaient un total de 24 cm. Or, le malade qui a sübi cette mutilation vraiment considérable est bien portant dépuis 6 ans et son régime alimentaire est normal!
- 11 n’y a pourtant pas lieu de supposer que la résection d’une proportion aussi importante de l’intestin grêle entre bientôt dans la pratique chirurgicale de tous les jours.
- 1. A propos du projet Ciraolo. Une carte mondiale de distribution géographique des calamités, {Rerue Internationale de la Croix-Rouge, avril 1923, p. 271-344.)
- 2. La géographie des calamités. (Ce mémoire paraîtra dans le premier fascicule des Matériaux.)
- p.2x153 - vue 625/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Physique ‘S'C&J
- Nouvel analyseur physique des gaz de combustion. — L’importance du contrôle de la teneur en acide carbonique des gaz de combustion est maintenant si universellement reconnue qu’il n’est pas nécessaire d’insister sur son intérêt pratique. On a souvent démontré qu’en réglant convenablement les registres qui admettent l’air dans un foyer et en obturant toutes les fissures des carneaux entre le foyer et la cheminée, on peut réaliser une économie de charbon de io à i5 pour 100.
- Le pourcentage des pertes de chaleur dans les carneaux dépend non seulement du pourcentage d’acide carbonique présent dans les gaz, mais aussi des températures de ces gaz, de sorte que, pour obtenir les meilleurs résultats, il faut mesurer la température des gaz de combustion en outre du pourcentage d’acide carbonique. Ces mesures doivent être faites dans les carneaux avant le registre et aussi, dans certains cas, au delà de l’économiseur, de façon que toute fuite d’air soit décelée. Jusqu’à présent il avait été nécessaire d’employer deux instruments séparés; mais en utilisant le nouvel appa-
- Filtre à suie
- Mesureur d’acide carbonique
- a Indicat. de i courant f3y~j£pi
- Fig. i. — Le montage de l’appareil.
- reil Cambridge, doseur d’acide carbonique et pyromètre combinés, il est possible de mesurer la température et le pourcentage d’acide carbonique en un ou plusieurs points sur un indicateur pour guider le chauffeur, ou sur un enregisteur installé par exemple dans le bureau de l'ingénieur.
- La caractéristique nouvelle de cet appareil est que la teneur en acide carbonique est déterminée par une méthode purement électrique qui supprime les réactifs chimiques et les pièces en verres délicates. Il permet d’opérer un dosage continu et de plus, bien que les organes sensibles soient très proches du carneau, l’indicateur ou l’enregistreur peuvent être à une distance considérable. Enfin, les résultats sont précis à i pour 100 près, sont indépendants de la vitesse d’écoulement des gaz et la seule dépense d’entretien se réduit à la îecharge d’un accumulateur.
- Une installation comprend un mesureur d’acide carbonique fixé sur le tuyau communiquant avec le carneau, un filtre à série, un aspirateur et un accumulateur de 2 volts. La figure i donne le schéma d’ensemble de l’installation. Dans la figure 2 on trouvera le schéma des connexions électriques.
- La méthode employée pour les dosages de l’acide carbonique a été imaginée primitivement parle DrG.-A. Shakespear de l’Université de Birmingham pour mesurer la pureté des gaz. Elle a été par exemple utilisée pour déceler les mélanges explosifs au voisinage 'des générateurs d’hydrogène, pour reconnaître les pertes
- Idg- 2.—Schémadu fonctionnement électrique de l’appareil.
- A, ampèremètre: U,' résistance de rc-slage du courant dan? le pont : li, résistance. du réglape de la sensibilité du puni; G, 1), branches du pont en mnuyaimie; b, 11,, cellules renfermant les iils de platine , G, galvanomètre.
- d hydrogène ou d’hélium à travers les parois des ballons, etc. Son principe est le suivant :
- Deux fils de platine identiques sont enfermés dans deux cellules séparées E, et E2 creusées dans un bloc métallique, chacun des fils de platine formant une des branches d’un pont de Wheastone dont les deux autrës branches G et D sont constituées par des fils de manganèse.Un courant électrique parcourt le pont, échauffant les fils de platine en particulier, qui perdent leur chaleur par conduction à travers les parois des cellules.
- Si ces deux cellules contiennent des gaz dont la conductibilité thermique est différente, le refroissement des fils de platine ne sera pas égal dans E, et dans Es et par suite une différence de température se créera entre les deux fils, déséquilibrant le pont, ce qui se traduira par le passage d’un courant au travers du galvanomètre G.
- L’intensité de ce courant dépend de la différence de conductibilité des deux gaz. Par construction, les variations de température des gaz affectent également les deux branches du pont. Si, par conséquent, la cellule E, contient un gaz pur et la cellule Eâ le meme gaz additionné d un autre constituant, la déviation du galvanomètre fournira une indication sur la quantité du second gaz présent, et même la mesure de cette teneur par un tarage préalable de l’appareil.
- La différence de conductibilité entre l’air et l’acide carbonique permet d’appliquer cette méthode au dosage de 1 acide carbonique dans les gaz des foyers. Ces gaz sont constitués principalement par de l’azote et de l’acide carbonique additionnés de petites quantités d'oxygène, de vapeur d’eau, d’hydrogène, de méthane et d’oxyde de carbone. Gomme les conductibilités thermiques de l’oxyde de carbone, de l’oxygène et de l’azote sont très voisines, leur variation dans le mélange n’influe pas sur le résultat. Les résidus d’hydrogène et de méthane sont toujours très petits et l’influence de la vapeur d’eau peut être éliminée en maintenant saturés les gaz dans les deux cellules. En pratique, une des cellules est remplie d air saturé de vapeur d’eau et l’autre est remplie par le gaz à analyser. Dans les conditions dans lesquelles
- on se place, la différence de "conductibilité dépend uniquement de la teneur en acide carbonique. t
- Un appareil portatif représenté sur la figure 3 permet de faire des essais rapides pour une installation de chaufferie quelconque. Remarquons qu’en même temps, on mesure la température à l’aide d’pn couple thermo»
- p.2x154 - vue 626/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- «
- électrique que nous n’avons pas décrit et qui se trouve également dans l’appareil portatif. Une importante application de cet instrument est la détermination du pourcentage de chaleur qui s’échappe par la cheminée. Pour arriver à ce résultat il faut connaître d’abord l’excès d’air (qui est donné par le pourcentage d’acide carbonique) et la différence de température entre l’air
- . AT
- ambiant et les gaz à la base de la cheminée. Si — est
- cette différence et G le pourcentage en acide carbonique, la perte de chaleur H, en pourcent est donnée approximativement par :
- On voit donc tout l’intérêt que présente l’appareil que vous venons de décrire pour la conduite rationnelle des chaufferies, la comparaison des économiseurs et des foyers et la résolution au mieux des industriels de ce grave problème de l’heure actuelle : la meilleure utilisation des combustibles.
- Constructeur : Cambridge and Paul Instrument C°, 198, rue Saint-Jacques, Paris. II. Vignekon.
- ÿ>:> Automobilisme ^
- Le filtre à essence « Tecalemit ». — Généralement, on utilise pour filtrer l’essence une toile métallique plus ou moins fine que l’on place dans un entonnoir. Le même dispositif est placé dans un poinU de la conduite d’alimentation du carburateur. Un système intéressant
- est celui du filtre Tecalemit qui se trouve disposé dans une cuve de cristal, par conséquent parfaitement visible.
- La matière filtrante est la peau de chamois qui est très supérieure au tissu métallique, incapable d’arrêter les impuretés fines et surtout Peau. La peau de chamois, au contraire, oppose un obstacle absolument infranchissable à tout ce qui n’est pas essence.
- Pour éviter que l’essence ne puisse également être retenue par la partie filtrante, la peau de chamois utilisée a une grande surface, de sorte que sous une pression de a5 cm le débit peut atteindre (io litres à l’heure. C’est évidemment plus que suffisant pour l’alimentation du moteur d’une voilure.
- Ces appareils sont établis suivant trois modèles différents de façon à pouvoir être installés soit sur le tablier, soit sous le capot, soit sur le carburateur.
- Le fonctionnement de tous les types est identique. L’essence impure arrive et suit le chemin A1, Aa et A3. Elle s’écoule dans la cuve, remonte à travers la peau de chamois C qui se trouve soutenue par une monture D. L’essence filtrée est évacuée par les trous E dans un canal qui communique avec la tubulure de sortie. Quant aux impuretés, il suffit de dévisser de temps en temps le bouchon G placé à la. base de l’appareil.
- Fig. 6. — Coupe du filtre carburateur.
- Lorsque le filtre est placé sur le tablier, il filtre l’essence avant qu’elle n’arrive à l’ouverture. De même, le filtre placé sous le capot fonctionne dans les mêmes conditions. L’arrivée d’essence se fait alors par la partie supérieure. Lorsque le modèle carburateur est employé, on le monte sur la cuve à niveau constant. Il a des dimensions faibles et pour lui assurer un débit important, la peau de chamois a une forme particulière en accordéon de façon à intéresser une grande surface filtrante.
- Etablissement Tecalemit, 18, rue Brunei, Paris.
- *> Cyclisme
- L’arrache-clou E. P. pour bicyclette. — Rien de plus désagréable pour un cycliste que la rencontre d’un clou sur sa route. S’il se fixe tant soit peu sur le pneumatique, la crevaison est presque certaine au bout de quelques tours de roue. Mais ou peut éviter cet ennui, en arrachant le clou avant qu’il n’ait eu le temps de s’enfoncer à fond et de faire son œuvre destructrice. C’est ce que font beaucoup de cyclistes au moyen d'un simple fil de fer tendu entre les montants de la roue : procédé primitif et nuisible à l’enveloppe.
- L’arrache-clou IL P. est un petit appareil très simple, qui remplit ce rôle préventif d’une façon très rationnelle.
- Il est formé de deux pièces rivées. L’une verticale, ajourée, épouse la forme du pneu; l’autre épousant aussi la forme du pneu, est formée de dents incurvées qui lui donnent l’aspect d’un peigne. Ces dents sont rigides; entre deux dents voisines est ménagé un écar-
- Fig. 7. — L’arrachc-clou F. P.
- tement suffisant pour que la tige d’un clou puisse s’y engager. L’appareil se monte sur les montants du cadre par deux colliers, sur lesquels il est fixé au moyen de deux petits boulons serrés sur un goujou fileté et qui s’engagent dans des attaches. Les colliers sont indépendants de l’arrache-clou. Grâce au système d’attache, on peut démonter l’arrache-clou sans toucher aux colliers.
- Lorsqu’un pneumatique ramasse un clou, c’est que celui-ci est debout sur la route, la pointe en l’air, il a donc forcément une lête. U commence par s’engager faiblement dans l’enveloppe, mais au bout d’un demi-tour de roue, il arrive en face de l’arrache-clou et rencontre la pièce en forme de peigne. Grâce à la forme incurvée des dents, il s’engage toujours, en vertu de la vitesse acquise, dans la rainure qui sépare deux dents et, maintenu par sa tête plus large que la tige, est forcé de suivre l’incurvation de cette rainure; il subit ainsi un mouvement ascensionnel qui l’arrache dupneumatique.
- Un pneumatique peut aussi ramasser des objets sans tête : graviers, silex, qui ne peuvent s’engager entre les dents du peigne. Mais ils se heurtent alors à la pièce verticale arrière et sont rejetés au loin. Cette pièce verticale étant ajourée, la boue ne peut s’y accumuler.
- Cet appareil a l’avantage d’extraire les clous sans déchirer le pneumatique; en outre, n’étant pas en contact avec celui-ci, on n’a pas à redouter les frottements, générateurs de poussière et d’usure.
- L’arrache-clou E. P., imaginé par M. Megret, est cons-1 truit par la Société Paineau-Epin, 21, avenue d’Autoigné, l Cbàtellerault (Vienne). Prix : 4 francs.
- p.2x155 - vue 627/688
-
-
-
- Hiffl
- t '
- e,
- <
- VARIÉTÉS
- ><
- LES BOIS RÉSINEUX DANS L'INDUSTRIE DE LA PATE A PAPIER
- La « Quinzaine du bois », qui réunit à Lyon de nombreux techniciens spécialisés dans les diverses industries du bois, a été féconde en observations de haute portée pratique. L’importance de l’utilisation du bois par l’industrie papetière y a été étudiée très sérieusement, notamment eu égard aux ressources dont cette industrie peut disposer.
- Nous avons suivi avec un vif intérêt la conférence très instructive que fît, sur l’utilisation des bois résineux en papeterie, M. Vidai, professeur à l’Ecole française de Papeterie de Grenoble. C’est là une question toute nouvelle et d’autant plus intéressante que si les fabricants de papiers n’ont employé jusqu’à présent qu’un petit nombre d’essences — une dizaine à peine, en Europe — c’est qu’ils n’ont pas été renseignés sur la possibilité de tirer parti de bois autres que les bois blancs, tendres et légers.
- Le choix d’espèces nouvelles est devenu une nécessité non seulement pour l’extension de l’industrie papetière, mais même pour permettre à cette industrie de vivre.
- L’Ecole française de Papeterie de Grenoble, outillée en vue des recherches spéciales qu’exige la technique de la fabrication du papier, a déjà contribué largement à Pétude des ressources auxquelles les industriels peuvent puiser pour accroître leurs approvisionnements en matière première.
- Le groupe formé par les bois résineux présente, au point de vue de l'utilisation de ces bois en papeterie, les caractéristiques suivantes :
- Les bois résineux se distinguent par leur nature fibreuse. Les pâtes qu’ils donnent sont formées de fibres très longues, .atteignant 3 à 4 mm, grosses, fortes, résistantes et qui, en raison de ces caractères, conviennent aux usages les plus variés. Ce sont ces fibres qui peuvent remplacer le chiffon de la façon la plus complète.
- En effet, les pâtes des résineux se distinguent par leur grande ténacité qui les rend propres à la fabrication des papiers forts, et qui permet de les associer comme support à des matières inférieures comme la pâte mécanique et les vieux papiers. C’est ainsi que la plupart des papiers communs ne tiennent que grâce à la faible proportion de cellulose de sapin qui leur constitue une ténue mais solide charpente.
- Ces pâtes de résineux supportent parfaitement le raffinage. Grâce à leur dureté et à leur longueur, elles peuvent, sans inconvénient, subir une trituration intensive et prolongée, ce qui permet d’obtenir des sortes très diverses : emballages ordinaires, papiers fins d’écriture et d’impression, pelures, papiers-cristal transparents, etc.
- Par lessivage au bisulfite on obtient des pâtes écrues si peu colorées que, pour de nombreux usages, on peut les utiliser telles quelles, sans blanchiment, ce qui permet de réaliser une notable économie, par l’emploi des pâtes chimiques de résineux.
- La pâte mécanique donne le papier-journal. Les diverses sortes de pâtes de bois sont fournies, en France, par l’Epicea, le Sapin et le Pin.
- L’Epicea ou Sapin de Norvège (Abies excelsa ou Picea excelsa) est l'arbre qui convient le mieux. Il est peu résineux, peu coloré, tendre, homogène et facile à traiter. Les rondins de papeterie ont de io à 20 cm de diamètre, ils proviennent d’arbres jeunes. Le bois des arbres âgés est plus dur et plus coloré ; il n’est pas à recommander.
- La végétation en futaie dense est celle qui convient le mieux pour les bois destinés à la papeterie. Les arbres étant serrés deviennent très hauts, très élancés, ne se ramifient guère, il n’y a que peu de nœuds et par conséquent la perte est réduite au minimum.
- Les bois du Nord sont particulièrement estimés ; ils proviennent de forêts spécialement aménagées en vue d’alimenter la papeterie, forêts coupées très jeunes, vers trente-cinq ans environ. Les épicéas de la Laponie conviennent particulièrement bien à la fabrication de la pâte mécanique. Une râperie importante, créée depuis la guerre, en Laponie Finnoise, à Aavasaksa —presque exactement sous le cercle polaire — produit une pâte mécanique, blauche, dite « Ivoire », exportée surtout en
- Angleterre. Il conviendrait de rechercher si l’épicéa provenant des plus hautes altitudes en France a des qualités analogues à celles de l’épicéa de l’extrême nord.
- Le Sapin argenté ou des Vosges (Abies pectinata) fournit un bois un peu dur et plus coloré que celui de l’épicéa, il est moins homogène que ce dernier. Le Sapin provenant du Jura ou des Vosges est préférable à celui des Alpes et des Pyrénées. La résine est localisée dans l’écorce et ne se trouve pas dans le bois, si ce n’est dans les vieux troncs, lesquels d’ailleurs ne sont pas utilisables en papeterie.
- Le bois de sapin donne une pâte pratiquement identique à celle de l’épicéa.
- Le bois de pin est plus rougeâtre et plus résineux que le bois de sapin ; il est plus dense, plus fibreux, plus difficile à traiter, mais on en obtient une cellulose très résistante.
- En Europe, jusqu’à présent, on n’a employé que le Pin sylvestre (Pinus sylvestris) ou Pin d’Ecosse, dont la teneur en résine est relativement faible. Mais le bois de pin, à cause de sa résine et de sa coloration, nq convient pas pour la fabrication de la pâte mécanique ordinaire. Par contre, on l’emploie en grandes quantités pour la fabrication de la pâte brune mécanique destinée' à la cartonnerie. Ses fibres résistantes et longues le rendent propre à la fabrication des papiers de force, dits <c Krafts », obtenus par un lessivage au sulfite.
- La France importe de Norvège, de Suède et de Finlande, de fortes quantités de pâte Kraft et de papier Kraft, dont il y aurait grand intérêt à développer la fabrication dans notre pays. Les meilleurs Krafts sont à base exclusive de pin, mais même en Scandinavie on y incorpore souvent de la pâte d’épicéa.
- On peut blanchir la cellulose de pin aussi parfaitement que celle du sapin en la lessivant plus fortement. On en consomme beaucoup en France et plus encore en Angleterre. La base principale et souvent unique de la plupart des papiers fins ou demi-fins d’origine britannique consiste en un mélange de cellulose de pin sylvestre et de cellulose d’alfa, fabrication pratiquée surtout en Ecosse.
- Il faut employer en papeterie les jeunes p‘ins, sans oublier, toutefois, que la longueur des fibres croît avec l’âge et n’atteint son maximum que vers la trentième ou même la quarantième année, après quoi elje reste stationnaire.
- Le Pin maritime (Pinus pinasier ou mariiima) abonde en France, mais sa haute teneur en résine en a empêché, jusqu’à présent, l’utilisation en papeterie. Cependant, il y a tout fieu d’espérer que l’on pourra bientôt en tirer parti dans cette industrie, grâce au procédé industriel, imaginé récemment par M. Michel Jaîîard. Ce même procédé pourra s’appliquer, à quelques variantes près, à d’autres espèces de pins restées inexploitées, notamment au Pin noir d’Autriche, dont il existe en France d’importants peuplements.
- Le Mélèze (Larix europœa) est parfois utilisé en Autriche. Son bois est dur, fortement coloré et assez résineux. La longueur des fibres est bien inférieure à celle des fibres du sapin et du pin. Ce bois n’est pas utilisable en papeterie.
- Le Cèdre de l’Atla| marocain {Cedrus atlantica) a été essayé par M. le professeur Vidal au Laboratoire dé l’Ecole française de Papeterie de Grenoble. Il a donné une pâte très fibreuse, à fibres longues et tenaces, se rapprochant de celle du pin et qui conviendrait aux mêmes usages. Mais ce bois est dur, coloré ep, quant à présent, on n’est pas encore fixé sur les conditions dans lesquelles pourrait être réalisé son traitement industriel.
- Au Canada et aux Etats-Unis, l’industrie papetièie met en œuvre les espèces résineuses suivantes :
- Les sapins : l’épinetle blanche (Abies eoncolor), l’épi-nptte rouge (Picea rubens), le sapin élevé -{Abies grandis).
- Les pins : Pin Weymouth (Pinus strobus) principalement, et en quantité moindre ; Pin Lblully (Pinus tæda) et Pin à larges feuilles (Pinus palustris).
- Le Pseudotsuga ou Sapin de Douglas (Pseudoisuga
- p.2x156 - vue 628/688
-
-
-
- VARIETES
- €
- Douglasii); le cèdre à encens (Librocedrus decurrens) ; le mélèze d’Amérique (Larix americana); le Hemloclc (Tsuga canadensis).
- Le marché de Rouen reçoit une certaine quantité de ces pâtes américaines et canadiennes. Elles ne sont pas étiquetées rigoureusement. M. le professeur Vidal observe que la détermination précise en est extrêmement difficile, souvent impossible, même en procédant à l’examen microscopique et en prenant pour guide
- l’importante étude due à un spécialiste distingué, M. Henri Surface : Paper pulp from various forest Woods (Department of Agriculture, Washington, 1912).
- Les études scientifiques et techniques menées avec une persévérante activité à l’Ecole française de Papeterie de Grenoble, par M. le professeur Vidal, montrent toute l’importance des ressources que notre industrie pape-tière doit trouver dans l’utilisation des bois résineux.
- Henri Bi.tn.
- <
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- NATALITÉ ET MORTALITÉ COMPARÉES EN FRANCE DEPUIS CENT DIX-SEPT ANS ( ')
- Dans une précédente étude (*) j’ai montré que la mortalité par maladies infectieuses avait considérablement diminué depuis trente-cinq ans Grâce aux mesures préventives de toute sorte qui résultent des découvertes pastoriennes, nous parvenons à sauvegarder chaque année une moyenne de 90 000 vies humaines. Mais si nos services de protection de la santé publique étaient convenablement organisés,, et si le chiffre moyen des décès annuels s’abaissait en France au même niveau qu’en Suisse, aux Pays-Bas, en Danemark, en Suède et
- sances par mille habitants est resté notablement supérieur à celui des décès, les chiffres tendent à se rapprocher depuis 1855. A partir de 1890, les deux courbes s’entremêlent et, de 1914 à 1919, celle des naissances fait une chute qui ne peut nous inspirer que d’amères réflexions.
- 11 nous faut en conclure que la guerre nous a coûté non seulement 1 5oo 000 morts, mais aussi un déficit de. 1 56o 000 naissances!
- Un relèvement subit, constaté en 1920, pouvait nous
- 30
- 2a
- 10
- 0
- en Norvège, c’est 180000 vies humaines que nous pour-rions épargner et nous réaliserions ainsi une économie nette de 9 milliards par an.
- Malheureusement, pour que cette économie soit possible, il faudrait que la population française restât voisine de 4o millions d’âmes. Or, depuis 1806, c'est-à-dire depuis qu’il existe des statistiques exactes des naissances et des décès dans notre pays — donc depuis cent dix-sept ans — la natalité n’a cessé de décroître avec une navrante régularité.
- La courbe ci-après, établie d’après les documents officiels par M. Moine, statisticien de notre Comité national de défense contre la tuberculose, nous en apporte la cruelle démonstration.
- Cette courbe montre que si, pendant toute la première moitié du dernier siècle, le nombre des nais-
- 1. Communication faite à l’Académie de Médecine le 25 mars 1924
- 3. Voir ha Nature, n0 2069, 3o juin 1923,
- donner quelque espoir. Cette année-là, au lieu de 9,5 naissances pour 1000 habitants, chiffre de 1916, on en put compter 21,3. Mais en 1921 on n’enregistrait déjà plus que 20,7'naissances et, en 1922, 19,4, soit, pour cette dernière année, un déficit de 74000 naissances sur 1920 ! - •
- On voit qu’au cours de cette longue période qui s’étend de 1806 à 1922, les guerres et les grandes épidémies, particulièrement celles de variole, de choléra, de grippe, qui ont frappé l’ensemble de la population française, ont pesé lourdement sur les statistiques des décès et des naissances. Elles se traduisent sur notre courbe par des flèches plus ou moins ascendantes de la ligne qui indique les morts, et par des flèches descendantes pour les naissances.
- J’ai pensé qu’au moment où la France se recueille en vue d’élections prochaines, il était nécessaire de placer cette courbe sous les yeux des membres de notre Académie qui soot le mieux qualifiés pour la porter à la
- p.2x157 - vue 629/688
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- connaissance des autorités officielles et du public, avec la grande et douloureuse leçon qui s’en dégage.
- Que sera notre nation dans un siècle si le nombre annuel des naissances continue à décroître suivant le même rythme et si nous ne faisons pas un plus grand effort pour économiser les morts évitables !
- Il est plus que temps d’y réfléchir et d’imposer à ceux qui s’offrent à nous pour être, demain, nos mandataires au Parlement, une politique de protection de la natalité et de la santé publique.
- On s’occupe avec raison de réaliser toutes les économies possibles, mais qu’on se garde d’en faire qui risqueraient d’amoindrir la valeur de notre capital
- humain. Il est, ne l’oublions pas, notre unique source de richesse. C’est en lui que réside notre seule chance de vivre comme nation. Nous ne pouvons espérer le sauvegarder et l’accroître que par le développement de la médecine préventive et des organisations d’hygiène.
- J’exprime donc le vœu — et je souhaite que l’Académie tout entière veuille bien s’y associer pour qu’il soit transmis à M. le Ministre de l’Hygiène — que soient immédiatement mises à l’étude et votées dans le plus bref délai les lois protectrices de la natalité française et la refonte de la loi du i5 février 1902 sur la santé publique. Dr A. Calmette,
- Sous-Directeur de l’Institut Pasteur.
- Jtec
- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. Magnard, à Hossigor. — La chaussée en macadam goudronné, système Aeberli, est appliquée en Suisse, son pays d’origine, par la Société suisse de construction de routes S. A., 22, Petit-Chêne, Lausanne. Toutes notices vous seront envoyées par cette dernière.
- Nous croyons devoir vous signaler qu’il existe en France des sociétés ou entreprises s’occupant de l’asphaltage ou du goudronnage des routes par des dispositifs à peu près semblables, notamment :
- Société anonyme pour la construction et l’entretien des. routes, 1, rue Jules-Lefèbre, Paris, 9e; La Trinidad, Société d’entreprise d’asphaltage de routes, 12, rue de la Tour-des-Dames, Paris, 9e; Société des routes à liants, 3, rue Thérèse, Paris, T:r.
- M. de Souza-Brazil, à Rio-de-Janeiro. — Galalite. Sur ce sujet, voyez l’article suivant : Utilisation d’un sous-produit du lait. Les matières plastiques à base de caséine par X. Laffargue, dans La Nature n’ 2431, 6 novembre 1920.
- T. S. F. — M. J. Hubert-Hugoud, à Nogent-en-Bassigny (Haute-Marne). — i° Nous vous remercions de vos intéressantes communications sur l’emploi des piles de tension de plaques, et sur un nouveau modèle de condensateur variable simple, à vernier. Nous ferons connaître à nos lecteurs ces dispositifs pratiques.
- Nous BOmmes parfaitement d’accord avec vous, et pensons également que l'emploi de plusieurs rhéostats de chauffage dans un amplificateur peut parfois améliorer sensiblement l’audition.
- 20 Nous regrettons de ne pouvoir vous indiquer l’identité du poste allemand qui trouble vos émissions; d’une part, vous ne donnez pas sa longueur d’onde, d’autre part, nous ne l’avons jamais entendu personnellement, et aucun de nos correspondants ne nous a encore signalé cette nouvelle transmission.
- Les postes que vous entendez doivent être des postes locaux; nous pourrons vous les désigner si vous nous indiquez avec précision leur longueur d’onde exacte ou leurs indicatifs.
- En employant un étage à haute fréquence à résonance (couplage par lampe) avant votre détectrice, vous pourriez accroître le pouvoir sélectif de votre poste.
- 3“ Le poste Radiola va en effet avoir maintenant des émissions régulières et à grande puissance, mais sa longueur d’onde restera toujours voisine de l'jSo m., et l’on ne prévoit pas actuellement des émissions sur ondes très courtes.
- M. Turquin, à Toulis (Aisne). — L’affaiblissement progressif que vous constatez lors de vos réceptions nous semble provenir de vos accumulateurs. Il est possible que ceux-ci accusent bien un voltage de 4 volts au repos, mais il serait nécessaire de faire une deuxième mesure lorsque votre amplificateur est en fonctionnement et que les lampes sont allumées. Il arrive souvent aussi que des batteries de piles aient encore un voltage
- suffisant et que pourtant plusieurs de leurs éléments soient détériorés et empêchent le bon fonctionnement de l’amplificateur.
- Le premier remède à essayer consisterait donc d'abord à faire un essai avec une autre batterie d’accumulateurs en bon état, d’autant plus que le débit exigé par vos cinq lampes est relativement grand et doit dépasser 3 ampères.
- M. Berjot, à Lion-sur-Mer (Calvados). — La largeur que vous nous indiquez pour votre cadre ne semble pas suffisante; une largeur d’environ 1 mètre semble un minimum.
- 11 vaudrait mieux employer du fil isolé au coton ou à la soie, mais il est possible d’utiliser du fil à l’émail, doublé ou triplé, pour le bobinage. Un écartement de 3o mm entre les spires convient bien.
- Il vous suffira, pour l’accord, de monter un condensateur variable en dérivation. Le fractionnement du bobinage est inutile pour recevoir la gamme 3oo m. 600 m., par exemple.
- M. H. H., à Neuilly. — Vous n’indiquez pas le type de liaison à haute fréquence de votre amplificateur, mais nous pensons que la première lampe à haute fréquence est à liaison par résistances avec possibilité d’introduction d’un variomètre dans le circuit de plaque pour la réception des ondes courtes. ^
- 11 vaudrait certainement mieux utiliser un appareil destiné spécialement à la réception des ondes courtes, bien que le vôtre puisse servir, mais nécessite un réglage plus difficile. Employez un cadre en spirale plate de 2 m. X 2 m., comportant 4 spires écartées de 3o mm avec condensateur variable en dérivation.
- M. Charles Hanappe, à La Hestre (Belgique). _________
- i° Gomme nous l’avons déjà indiqué, il n’est pas question actuellement d’un changement important dans la longueur d’onde du nouveau poste « Radiola ».
- 20 Le « montage Flewelling » permet à la fois d’employer une lampe en détectrice ordinaire à réaction, mais avec un meilleur rendement, ou de réaliser un dispositif superrégénérateur* comme nous l’avons déjà expliqué. Nous étudierons prochainement dans La Nature ses différentes caractéristiques.
- 3° On peut fort bien recevoir les signaux aux environs de 200 m. de longueur d’onde avec une lampe à haute fréquence montée en résonance (tuned anode) suivie d’une lampe détectrice. Le condensateur en dérivation aux bornes de l’inductancc de résonance doit avoir une capacité maxima de o,5o/j.oooe de microfarad. L’inductance peut d’ailleurs être formée par une galette en nid d’abeilles d’une trentaine de spires (suivant la marque) ou par un variomètre.
- On obtient un effet de rétroaction électromagnétique, soit par une galette de valeur à peu près équivalente, couplée avec l’inductance dé réaction, soit au moyen d’un variomètre intercalé dans le circuit de plaque.
- 4° Votre antenne nous semble trop longue pour recevoir les ondes de 100 m. de longueur d’onde, bien que votre montage puisse, comme on l’a souvent remarqué, fonctionner comme un montage avec antenne désaccordée. Nous vous conseillons donc d’en réduire la longueur pour cette réception spéciale, ce qui d’ailleurs ne diminuera sans doute pas beaucoup l’intensité de réception des autres émissions.
- p.2x158 - vue 630/688
-
-
-
- ,<®o
- BIBLIOGRAPHIE
- QSf,
- Lectures de mécanique (La mécanique enseignée par les auteurs originaux), par E. Jouguet. 2 vol. in-8 avec 14 notes et additions (nouvelle édition), impartie : La naissance de la mécanique, i vol de vm-206 p., 85 fig. Prix : i5 francs. a° partie : L’organisation de la mécanique, i vol. de vm-284 p., 3i fig. Prix : 20 francs. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1924.
- La mécanique classique, telle qu’elle est universellement enseignée aujourd’hui, se présente à nous comme une science entièrement déductive. Elle s’établit sur un certain nombre d’axiomes et de postulats, d’où l’on tire ensuite par le raisonnement et le calcul toute une chaîne de conséquences. D’éclatants succès, notamment dans le domaine astronomique, ont prouvé quel puissant instrument de découverte est la mécanique ainsi bâtie, et l'on s’est même un instant flatté de l’espoir que tous les phénomènes physiques se plieraient'à ses lois. A plus forte raison devait-on considérer la mécanique rationnelle comme un outil, essentiel à l’ingénieur pour le calcul des machines. Aussi, depuis le début du xixe siècle, sous l’impulsion des grands rénovateurs scientifiques de notre époque révolutionnaire, elle est placée à la base de tous les enseignements scientifiques et techniques supérieurs. Son caractère déductif présente d’évidents avantages pédagogiques ; le nécessaire et harmonieux enchaînement des conséquences qui découlent des principes séduit de suite l’esprit de l’élève tout en facilitant la tâche du maître. Mais ces avantages sont payés d’inconvénients assez graves. Pour beaucoup d’esprits qui n’ont pas été entraînés à voir le fond des choses, la mécanique rationnelle devient un masque mathématique qui cache les phénomènes réels, et elle conduit alors à de graves erreurs. C’est qu'au fond, toute son essence physique est condensée dans les principes et postulats qui forment son point de départ. A les poser, comme on le fait, d’une façon abstraite au début de la science, on laisse un certain trouble dans l’esprit qui n’aperçoit pas les éléments complexes dont celle-ci est faite.
- Pour combler cette lacune, pour bien saisir le sens de la mécanique si nécessaire à tous ceux qui ont à tirer pratiquement parti de cette science, pour être aussi en mesure d’apprécier ce chef-d’œuvre de l'esprit humain, la voie la plus sûre et la plus féconde est d’en suivre, à travers les siècles, la lente et pénible formation dans les œuvres des maîtres qui l’ont peu à peu créée. C’est ce que permet de faire, très aisément, l’excellent ouvrage de M. Jouguet, publié pour la première fois en 1909 et qui vient d’être réédité avec d’importantes additions. Ce n’est pas, comme on pourrait le croire d’après le titre, une simple collection d’extraits d’œuvres illustres, mais bien une véritable et vivante histoire de la mécanique, depuis Archimède jusqu’à nos jours; l’auteur s’attache surtout à bien dégager l’origine et le sens des notions fondamentales de la mécanique moderne. Il nous montre que le rôle primordial et essentiel est toujours joué par l’observation et l’expérience.
- Les citations originales sont nombreuses, et toujours assez étendues pour permettre de pénétrer la pensée de leurs auteurs; M. Jouguet nous procure ainsi le plaisir de lire d’admirables pages de Galilée, Newton, Dalembert, Lagrange, Fourier, Poinsot, Poincaré, etc.; dont il nous'facilite la compréhension par des notes nombreuses, savantes, et pénétrantes. Mais pour laisser ainsi le plus souvent la parole aux créateurs mêmes de la mécanique, M. Jouguet n’en a pas moins fait, lui-même, une œuvre personnelle et originale. Car toutes ces lectures et citations s’enchaînent sans le moindre décousu, reliées les unes aux autres par les réflexions profondes de l’auteur. Il nous fait, pour ainsi dire, assister à la construction du majestueux édifice, il nous en fait juger la qualité des matériaux, et nous apprend à en comprendre et admirer l’architecture. La nouvelle édition de cet ouvrage aura, sans nul doute, le même succès mérité que la première.
- The quantum theory, par E.-P. Adams (2e édition). 1 vol. 110 pages, publié par the National Research Council
- of the National Academy of Sciences, Washington, 19^3. Prix : i,5 dollar.
- L auteur montre d’abord comment la mécanique classique est mise en échec par les lois du rayonnement et explique comment s’introduit l’hypothèse des quanta. Il expose les développements qu’a pris cette théorie dans divers domaines : chaleurs spécifiques des solides, théorie cinétique du gaz, raies spectrales et théories de Bohr, phénomènes photoélectriques, rayons N, magnétisme.
- Méthodes modernes de fabrication des cuirs et peaux et industries connexes, par le Dr Allen Rogers, traduit par G. Marmiesse. 1 vol. iu-8 de xm 608 pages, i34fig. Gauthiers-Villars et Cio, éditeurs, Paris, 1024. Prix : 55 francs.
- Comme toutes les autres industries, celle du cuir a dû adopter des méthodes nouvelles plus scientifiques pour améliorer la qualité du produit fini, augmenter les rendements et diminuer le coût de production.
- Ce sont ces méthodes modernes que le Dr Rogers expose dans son ouvrage.
- Envisageant uniquement le point de vue pratique, cette étude ne contient que des procédés ayant fait leurs preuves, fourni des résultats positifs et appliqués actuellement dans les premières usines américaines.
- C’est dans cet esprit que l’auteur étudie successivement la trempe, dépliage, le picklage, les différents procédés de tannage, la teinture, le vernis, le cor-joyage, le finissage, le traitement des peaux à laine et à fourrures, la préparation des matières tannantes, végétales ou synthétiques, l’élimination des résidus de tannerie.
- Les stations paléolithiques du pays basque et leurs relations avec les terrasses d’alluvions, par E. Passk-mard. i vol. in-7, 218 p., 127 fig., 9 planches 1 carte. JBodiou, imprimeur, Bayonne.
- .Cet ouvrage est un modèle de monographie de préhistoire. L’auteur a parcouru longuement toute la vallée de la Nive et y a repéré une série de dépôts alluviaux en terrasses à 15-17, 25-34, 4o-57, 80-95 et 142 m. aù-dessus du cours actuel. Il a fouillé ces diverses terrasses et y a trouvé des restes de toutes les époques paléolithiques, notamment dans l’abri Olha et dans la caverne d’Isturitz, depuis les pointes fendues de l’aurignacien jusqu’aux gravures et aux dessins du magdalénien. Cette suite remarquable de documents permet de créer un nouvel étage antérieur au chelléen : le chalossien. On trouve dans l’ouvrage de M. Passemard la description et la figuration des importants matériaux qu’il a recueillis : silex de formes diverses selon les terrasses, gravures sur os, coquilles de mollusques, ossements de vertébrés et notamment d’oiseaux. Le tout forme un ensemble remarquable pour l’étude de la préhistoire de cette région de la P’rance, qui complète et précise nombre de données générales sur le quaternaire.
- Un novateur ; Claude Sigaud et la mojphologie humaine, par J. Jacquin et L. Chatellier. i vol. in-8, 183 p., 1 portrait. Gojard, 23, rue du Terrage, Paris. Prix : 12 francs.
- Sigaud est un médecin de Lyon, un clinicien qui observa beaucoup ses malades et chercha l’explication de la pathologie dans la morphologie humaine. On lui doit notamment la caractérisation des types humains : musculaire, cérébral, respiratoire, digestif. Ce livre fait revivre cette figure originale de praticien, mort il y a 3 ans, et rassemble ses principales idées.
- Déconstipation. Cure radicale de la stase intestinale par régime et soins spéciaux, par Phusis. i vol. in-8, 94 p. Editions Phos, Paris. Prix : 6 fr.
- L’auteur a réuni dans ce petit livre tous les moyens connus de traitement et donne sur chacun d’eux son opinion personnelle. Il termine par un plan de cure qui est surtout une question de régime et de bon sens.
- p.2x159 - vue 631/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- No 1616 24 Mai 1924
- Le raid de Pelletier Doisy. — jLeTapitâïne Pelletier Doisy a continué avec succès l’admirable voyage aérien dont nous avons résumé les étapes dans notre dernier numéro. Le 9 mai, après un séjour à Calcutta, nécessaire pour réparer l’entoilage de l’avion, à nouveau endommagé, il effectue l’étape Calcutta - Rangoon (i25o km), rendue très pénible par la chaleur excessive, le 10 mai Rangoon-Bangkok (600 km), le 11 mai Bangkok-Saigon (800 km). Une journée d’arrêt à Saigon. Le 11 mai, étape Saigon-Hanoï (i3ookm). A l’heure actuelle, le courageux pilote a parcouru 14 000 km à la vitesse moyenne horaire de 190 km. Il est à noter que l’aviateur anglais Mac Laren, qui a pu reprendre son vol et le j4 mai a atteint Allahabad, a été obligé de remplacer deux fois son moteur.
- Le tour du monde en avion des aviateurs américains. — L’expédition aérienne américaine qui a entrepris le tour du monde a été de longs jours immobilisée à l’extrémité de la Péninsule d’Alaska, par une violente tempête. Le chef de l’expédition, le major Martin et son mécanicien le sergent Harvey avaient disparu le 3o avril; jusqu’au n mai on fut sans nouvelles des deux aviateurs; on les considéra comme perdus, lorsque fort heureusement on apprit leur arrivée à Port-Moller sur la côte d’Or de la péninsule d’Alaska. Les deux hommes sont sains et saufs, mais ont essuyé de dramatiques aventures. Le 3o avril, une demi-heure après avoir quitté la localité de Chignik, l’avion en plein brouillard s’écrasa dans les rochers; les aviateurs n’eurent aucun mal, mais l'appareil était détruit. Le major Martin et le sergent Harvey durent passer une première nuit dans le fuselage de l'avion délruit, en brûlant les débris de l’appareil pour se protéger du froid. Le lendemain ils repartirent à pied, vers Port-Moller, à travers des solitudes couvertes de neige, d’une épaisseur de 1 mètre par endroit. Après 7 terribles jours de marche, sans vivres et sans feu, ils atteignirent enfin, épuisés de faim et de fatigue, une cabane de trappeur où ils trouvèrent le salut. Ils s’y reposèrent 3 jours et le n mai regagnèrent Port-Moller.
- Le reste de l’expédition aérienne continue sa marche vers l’Ouest et va tenter la difficile traversée du nord du Pacifique.
- La remise à l’Ecole des Mines de l’ancien Atlas des concessions de la Sarre. — L’Ecole des Mines de Paris vient de recevoir une relique émouvante ; c’est Y Atlas des concessions du terrain houiller de la Sarre, établi en 1812 par des ingénieurs français, remis à la Prusse en 1815 et qui après plus, d’un siècle d’exil dans les archivés prussiennes rentre enfin en France. Cette œuvre magistrale fut exécutée en deux ans par Beau-mier et Calmelet, sous la direction de J.-B. Guillot-Duhamel. Les plans.devaient servir de base à la répartition des concessions que rendait néçessaire l’exploitation de plus en plus active du bassin. Ils furent présentés à Napoléon, à Saçrebrück, le n mai 1812. Ils forment un album comprenant 66 cartes et constituent un inventaire complet des richesss du bassin, connues à cette époque. Après les traités de i8r5, qui cédaient à la Prusse les mines de la Sarre, ces documents furent impérieusement réclamés par le gouvernement de Berlin. Un jeune et courageux ingénieur Th. de Gargan, ténia en vain de le soustraire à l’ennemi en le confiant à une vieille famille française, la famille Yilleroy, établie près de Sarrelouis; il fallut céder aux exigences du gouvernement prussien. Les plans retrouvés dans les archives des mines de la Sarre ont été remis solennellement à l’Ecole des Mines, qui en forma les auteurs.
- La composition de la haute atmosphère révélée par la lumière de l’aurore polaire. — Les recherches du physicien norvégien Stôrmer ont montré que l’aurore polaire se produit surtout entre les altitudes de 100 à 5oo km. Nous n’avons évidemment aucun moyen direct d’investigation à de pareilles distances du sol. On admettait, jusqu’ici, qu’à ces altitudes ne pouvaient subsister que des traces des constituants les plus légers de l’atmosphère : hydrogène, hélium. Certains savants
- admettaient aussi l’existence dans ces hautes régions d’un gaz inconnu, le géocoronium, auxquels ils attribuaient notamment la raie verte observée dans le spectre des aurores polaires, raie qui jusqu’ici n’avait pu être identifiée avec celle d’aucun élément connu.
- Le mystère qui enveloppe à la fois la composition de la haute atmosphère et la nature de la lumière de l’aurore polaire semble devoir être dissipé par les récents travaux d’un autre savant norvégien, le Dr Végard.
- .Celui-ci, l’an dernier, a réussi à identifier 3o raies du spectre de l’aurore polaire avec les raies de l’azote. Il vient, en outre, de démontrer tout récemment que la raie verte de l’aurore est également imputable à l’azote. Ses premières investigations révélaient au Dr Yégard la présence de l’azote à des altitudes où doit régner une température très basse.
- Il pensa aussitôt que ce corps devait s’y trouver à l’état solide, sous forme de petits cristaux, chargés électriquement et transportés à de grandes hauteurs par le champ électrostatique terrestre. La théorie de Birkeland, qui explique l’aurore polaire au moyen d’un bombardement de l’atmosphère terrestre par des électrons venus du Soleil, suggéra au physicien suédois l’idée de rechercher la raie verte dans le spectre de phosphorescence cathodique de l’azote solide. L’expérience tentée à Leyde au Laboratoire de Ivammerlingh Onnes a eu un plein succès. Pour une vitesse suffisante des rayons cathodiques tombant sur une couche d’azote solide à la température de l’hydrogène liquide, on observe une belle phosphorescence dont le spectre est précisément celui de l’aurore polaire.
- MM. Bauer et Danjon, qui résument ces travaux dans VAstronomie, ajoutent : « les aurores polaires se produisent à des altitudes qui varient de 100 à 700 km avec un maximum vers 120 ou i3o km. C'est donc entre ces limites qu’existerait la poussière d’azote. Il conviendra de rapprocher de ces résultats les observations de lueurs crépusculaires qui ont permis à M. Esclangon de situer vers i3o km une couche diffusant la lumière du Soleil. D’autre part, nous avons constaté à l’Observatoire Yallot au Mont Blanc, en 1922, l’existence d’une couche absorbante pour la lumière du Soleil vers i5o km. Enfin, la propagation des ondes de T. S. F. le long de la Terre est attribuée, par Heaviside, à l’existence d’une couche conductrice située à peu près au même niveau. »
- Un groupe hydroélectrique colossal. — La Niagara Salts Power Company vient de mettre en service une turbine de 84 000 HP couplée à une dynamo de 65 000 kilowatt*. La turbine reçoit l’eau sous une hauteur de 64 m. et n’en consomme pas plus que les sept turbines de 5ooo HP qu’elle remplace tandis qu’elle donne deux fois autant de courant. La dynamo pèse ySo tonnes.
- Le Bois de Boulogne. — Périodiquement, on signale l’état maladif de la végétation de ce bois parisien. Avant la guerre, on avait étudié les effets désastreux du goudronnage des routes sur les arbres en bordure. Aujourd’hui, M. Hickel revient, dans les Comptes rendus de l’Académie d’Agriculture, sur « la grande misère du Bois de Boulogne a.
- Ce bois, propriété de la Yille de Paris, couvre près de 900 hectares, il comprend trois catégories de plantes : des pelouses; des taÿllis de chênes, restes de la forêt primitive du Rouvray ; des plantations en parc anglais autour des lacs et au Pré Catelan.
- Les pelouses, surtout près des fortifirati'na, ne sont dignes de ce nom que pendant une période très courte de l’année; la verdure disparaît rapidement dès le printemps. Les taillis ne sont guère plus prospères; les arbres y meurent et ne sont remplacés ni naturellement, ni artificiellement.
- M. Hickel attribue cet état déplorable à ce qu’il appelle pittoresquement « la surcharge du pâturage )). De même que des bovidés entassés transforment un parc en véritable terre de labour, de même, les promeneurs parisiens devenus de plus en plus nombreux, piétinant les pelouses, déjeunant sur l’herbe, détruisent l’herbe et les massifs.
- p.2x160 - vue 632/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- La preuve en est que dans les parties mieux surveillées et fréquentées par un public plus élégant, comme les environs des lacs et Bagatelle, les pelouses, arbres et arbustes sont dans un état satisfaisant; les plantations réussissent, n’étant ni abîmées, ni détruites.
- De plus, le sous-bois est envahi par des orties, des ronces, toutes sortes de mauvaises plantes, en raison des détritus laissés par les promeneurs.
- Il y a plusieurs moyens, dit M. H’ckel, pour- remédier à cet état. « Le premier qui vient à l’esprit consiste à traiter le Bois de Boulogne de la même manière que le Parc Monceau, le Jardin du Luxembourg, le Jardin des Tuileries, en décrétant que les allées sont seules accessibles au public. Formuler ce remède est certainement aller à l’encontre de son adoption; pour faire respecter cette prescription, il faudrait une armée dépassant certainement en importance celle dont dispose le Gouverneur militaire de Paris.
- l;n autre moyen consiste dans la reconstitution, dans la mesure la plus large possible, du couvert qui ferait disparaître tous les végétaux désagréables, en comblant les espaces vides. On restaurerait ainsi l’ancienne forêt. Ce second moyen n’est possible à employer qu’à la condition de soustraire la forêt au passage du public, pendant un nombre d’années à déterminer, en tenant compte de l’âge et de la dimension des plants qui seraient mis eu place.
- La question est fort complexe et mérite d’être étudiée.
- Les piqûres d’abeilles en thérapeutique. — On écrirait, sans doute, une bien longue histoire en racontant toutes les tentatives qui ont été faites pour utiliser les piqûres d’abeilles comme médicament. En tout cas, avant la guerre, plusieurs auteurs, notamment Terc et puis plus tard Langer, se sont occupés d’étudier les effets des piqûres d’abeilles sur le rhumatisme articulaire aigu chez l’adulte ou chez l’enfant. A ce moment, d’ailleurs, chose assez curieuse à noter, les Allemands étaient très amateurs du miel qu’on trouve dans les Landes et qui, particularité encore assez rare, est récolté suivant les anciennes méthodes. II contient par suite passablement d’abeilles. Quelle était la raison de cette préférence singulière? On ne le sait pas exactement. Mais peut-être avait-elle un rapport avec ces tentatives thérapeutiques, puisque Langer n’utilisait pas les piqûres d’abeilles elles-mêmes, mais des dissolutions étendues de venin. Quoi qu’il en soit, ces tentatives paraissent actuellement abandonnées.
- Voici cependant que de nouvelles recherches de ce genre sont reprises par le professeur Boinet (Marseille Médical, a5 octobre et s5 novembre 1923) qui vient de faire des communications sur des cas de lèpre et de lupus (tuberculose de la peau) améliorés par des piqûres d’abeille. Le professeur Boinet utilise pour cette thérapeutique les bons offices d’un apiculteur, M. Lautal, qui s’est chargé d’administrer à un de ses malades jusqu’à 1000 piqûres en un mois. Il faut ajouter à cela qu’au bout de 2600 piqûres, ce malade a refusé de bénéficier davantage des effets du venin d’abeille. Cette thérapeutique, évidemment, ne doit pas être’très agréable malgré l’accoutumance qui s’établit. Cependant les résultats auraient été assez satisfaisants, car il s’agit là de deux maladies sur lesquelles nous n’avons guère de moyen d’action.
- Comme le remarque à ce sujet le professeur Boinet, nous sommes encore fort ignorants sur la nature du venin d’abeille. L’acide formique dont le venin est riche était considéré autrefois comme la substance active, celle qui, après une piqûre d’abeille, provoque la douleur, la rougeur et le gonflement. Mais Mme Phisalix, dans son beau livre sur les animaux venimeux et les venins, fait justice de cette conception. Elle a montré que l’agent actif est une substance encore inconnue, assez voisine de ces alcaloïdes végétaux qui sont si précieux en médecine. Espérons que des recherches chimiques et cliniques ultérieures nous permettront de découvrir dans cette substance un complément de valeur à notre arsenal thérapeutique et finiront par confirmer les intéressantes constatations du professeur Boinet et de ses prédécesseurs. Dr P -E. M.
- Les acacias à écorces tannifères. — La tannerie française apprécie les qualités des tans de chêne et de châtaignier. Mais ces essences devenant de plus en plus
- rares en France, on est obligé de s’adresser aux colonies françaises ou à l’étranger.
- Dans ces conditions, il est utile d’observer que l’écorce d’acacia satisfait pleinement aux exigences de la tannerie. Il existe une variété : l'Acacia decurrens mollissima, cultivé industriellement au Natal; l’Angleterre exporte en France l’écorce ou l’extrait sec provenant de cette essence.
- L’A’cacia decurrens mollissima pourrait être cultivé dans plusieurs de nos colonies ; il y serait rémunérateur et libérerait notre pays des coûteuses importations d’écorce ou d’extrait sec. Pour réussir cette culture, il faut un sol argileux, non calcaire, ayant au moins 5o cm de profondeur, un climat au moins tempéré, sans gelées, et une hauteur de pluies de 5o cm au minimum. Un peu d’altitude et quelques brouillards sont particulièrement favorables à la croissance rapide de cette variété d’acacia et à la haute teneur de son écorce en tannin.
- Dans de telles conditions, on estime qu’au bout de 7 à 8 ans de semis sur place, il est possible de récolter, par hectare, au minimum, 7 tonnes d’écoice sèche d’une valeur de 75 francs par 100 kg, et 20 tonnes de troncs de 3o cm à 1 m, de diamètre au-dessus du sol, troncs fournissant un bois de qualité moyenne.
- La tannerie française aurait intérêt à faire procéder à des essais culturaux de cet acacia à tannin. H. B.
- Les races dans l’Indo-Chine française. — D’après le recensement de 1921, la population de l’Indo-Chine française s’élevait à 19108733 habitants, dont 17052 Européens et 19 071 681 indigènes ou assimilés.
- Les principales races indigènes étaient les Annamites, les Cambodgiens, les Malayo-Polynésiens, les Laotiens, les Mois, les Chinois.
- Annamites : i3 947 236 Cambodgiens : 2 320 213
- Minh-Huings : 73088 (métis d’Annamites et de Chi-
- nois en Cochinchine)
- Chinois 558 695 (y compris 206 718 pour
- Kouang-T chéou- W an).
- Divers : 2i«i449
- 19 001 681
- Parmi les indigènes sont classés les étrangers de race non européenne : Arabes, Birmans/Malais, Siamois, Japonais, Hindous, Chinois, etc.
- Les indigènes de races diverses peuvent être divisés en : Mois, de race indonésienne; Thaïs, de race tibéto-birmane ; Malayo-Polynésiens ; Mans, Lolos, Méos. Les Mois à eux seuls dépassent 700000; les Thaïs sont plus de 1000000; les Malayo-Polynésiens (Chaîna et Mois assimilés), plus de i5oooo. Les Mans, Yaos, Lolos et Méos appartiennent aux races préchinoises du sud de la Chine (plus de 110 000).
- La plus ancienne figuration des lunettes. — La
- Revue d’Optique signale, d’après le professeur d’ophtalmologie Giuseppe Albertotti, un portrait, d’ailleurs bien connu, du cardinal Hugues de Provence, peint à fresque en i35a par Thomas de Modène sur les murs de l’église Saint-Nicolas de Trévise, où le personnage porte des binocles nettement reconnaissables.
- On connaissait déjà un portrait de saint Paul muni de lunettes dans une lettre ornée d’un manuscrit daté de j38o et conservé à la Bibliothèque Nationale, signalé pour la première fois en 1923 par le Dr A. Bourgeois.
- Dans ces deux figurations, presque contemporaines, le binocle est formé de deux verres ronds portés chacun par une tige qui s’articule sur une vis commune placée à la racine du nez. Comme les portraits sont ceux de vieillards, il est certain que les verres sont convexes, et d’ailleurs ce sont les seuls qu’on sut tailler pendant longtemps.
- Fondation Ella Sachs Plotz pour les recherches médicales. — Un comité s’est formé pour distribuer chaque année les fonds provenant de la fondation créée en mémoire de Ella Sachs Plotz, de New York, pour encourager les recherches scientifiques utiles à l’humanité. Ces recherches doivent porter sur des problèmes de médecine et de chirurgie ou y être applicables. La rente annuelle à distribuer est actuellement de 10 000 dollars. S’adresser pour renseignements au D1 Francis W. Peabody, Boston City Hospital, Boston, Mass. U. S. A.
- p.2x161 - vue 633/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- ctü Physique
- Bloc à séries de températures constantes. — L’éi ude d’un très grand nombre de phénomènes physiques, chimiques, biologiques, tant au laboratoire que dans l’industrie, nécessite des expériences à températures variées, afin de déterminer l’influence de ce facteur. Quand il s’agit de fermentations diastasiques ou microbiennes, il est nécessaire d’opérer simultanément aux diverses températures choisies si l’on veut pouvoir comparer valablement les résultats.
- Les thermostats qu’on emploie généralement dans ce cas sont coûteux, encombrants, lents à régler et ne fournissent chacun qu’une température, si bien que le nombre d’appareils dont dispose chaque laboratoire est toujours limité.
- Les platines chauffantes de Malassez, de Radais, de Gatin assurent bien une série de températures décroissantes, mais elles ne transmettent la chaleur que par un plan et n’offrent de ce fait aucune constance.
- MM. H. Cardot, H. Laugier et R. Legendre viennent de réaliser, avec le concours de l’Office National des Recherches et Inventions, un dispositif très simple qui donne une échelle quelconque de dix températures constantes et remplace par conséquent dix étuves ordinaires. Il répond à de multiples besoins et a sa place marquée dans tous Ips laboratoires.
- L'appareil qu’ils ont imaginé est basé sur le principe suivant : si l’on réalise deux sources à températures constantes et inégales et qu’on les réunisse par un corps bon conducteur, un flux continu et régulier de chaleur parcourra celui-ci à travers sa masse, si bien que chacun de ses points sera à une 'température constante, d’autant plus froide qu’il sera plus loin de la source chaude. Entre deux points fixes, l’écart constant de température sera une fraction déterminée de l’écart de température maintenu entre les deux sources.
- La source chaude pourra être, suivant la température maxima qu’on désire, un bain de matière en fusion, uu bain de liquide à l’ébullition, un bain liquide à température réglée, ou encore une résistance électrique à régulateur, ou toute autre source débitant de la chaleur sous température constante.
- De même, la source froide par où s’élimineront les calories transportées à travers le bloc sera constituée soit par un écoulement de liquide à température constante, soit par un bain partiellement fondu ou bouillant, etc.
- Le bloc formant pont entre les deux sources sera d'un métal à haute conductibilité : cuivre ou aluminium, par exemple. Sa forme sera étudiée pour éviter les fuites de chaleur par ses faces latérales et, mieux, il sera calorifuge partout, sauf à ses extrémités en contact avec les sources.
- Les modèles courants (fig. i) sont en aluminium, dont la conductibilité calorifique n’est que moitié de celle du
- Fig. i. — Bloc à séries à températures constnntes de MM. Cardot, Laugier et Legendre
- cuivre, mais dont la chaleur spécifique est plus que double, et dont le point de fusion est à 6a5°, à cause de sa légèreté, de son prix et de la facilité de le mouler. Ils ont la forme d’une barre quadrangulaire prismatique dans toute la partie utilisée pour les expériences, continuée à chaque extrémité par deux parties courbées à angle droit qui sont plongées chacune dans une des deux sources, la chaude et la froide. Le tout a l’aspect d’un pont massif. Une feuille d’amiante fixée par des brides enveloppe la partie plane.
- La face supérieure du bloc est creusée d’une série de dix cavités convenablement espacées, permettant de loger, suivant leur taille et leur forme, des tubes à essais, des flacons ou tous autres vases où se produira le phénomène dont on cherche l’optimum de température.
- Fig. — Une série de 10 tubes de culture a une levure sortant de l'appareil et montrant la croissance différente ô chaque température.
- La source chaude étant à ioo° et la froide à i5°, on peut disposer d’une échelle de dix températures constantes allant de 28° à 78° par écarts successifs de 5°. Si la source chaude est portée à 6o°, la froide étant maintenue à iS°, l’échelle des températures constantes n’est plus que de ai0,5 à 44°» Par écarts successifs de a°,5.
- En diminuant l’écart de température entre les deux sources, on peut augmenter la sensibilité de l’appareil autant qu’on le désire.
- La constance de température en chaque point est telle qu’aucun thermostat ne peut la réaliser, puisque les petites variations qui se produisent accidentellement à l’une des sources (par inertie du régulateur, par exemple) se trouvent réparties dans toute la masse et n’agissent que très faiblement en un point donné.
- Les utilisations d’un tel appareil peuvent être si nombreuses que nous ne saurions les énumérer toutes. Il permet de déterminer le point de fusion ou d’ébullition de nombreux corps; pour les alliages fusibles à basse température, il fournit des données plus fines que le bloc de Maquenne; pour les corps gras, il permet une plus grande précision dans la détermination de leur point de fusion. On entrevoit son emploi pour la recherche de l’inflammabilité des pétroles.
- En chimie, les réactions varient de vitesse avec la température; le bloc de MM. Cardot, Laugier et Legendre permet d’opérer simultanément à dix températures différentes et de déterminer ainsi rapidement l'optimum d’un phénomène donné.
- Il en est de même pour l'action des diastases et pour les cultures microbiennes (fig. a), d’un emploi si fréquent aujourd’hui dans lés industries biologiques; pour celles-ci, il fournit rapidement, au laboratoire, l’indication de la température à laquelle doit être conduite l’opération réelle.
- Constructeurs : MM. Stiassnie frères, 204, boulevard Raspail, Paris.
- *?> Automobilisme <ï*
- Lame de ressort incassable pour automobiles. —
- La fatigue imposée aux ressorts d’automobiles est incessante et considérable, surtout dans l’état actuel des routes, qui mettent les suspensions des voitures à dure épreuve. En fait, la panne de ressorts est classique et doit toujours être prévue; elle n’en est pas moins fort désagréable et dangereuse. En admettant qu’on ait eu la précaution d’emporter une lame de rechange, ensore faut-il la remplacer sous le soleil ou sous la pluie, et la besogne n’est pas des plus propres. Mais, une ruptu e brusque en vitesse est toujours l’accident gravé et
- «I 163 f*
- p.2x162 - vue 634/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- imprévisible, si brusque est la. rupture des lames plates ordinaires.
- Toute amélioration du facteur sécurité par garantie de non rupture répond donc à une nécessité.
- Le Peplam est une lame de ressort de construction
- Fig. 3. - L es ressorts « Pépia
- i. Lame maîtresse pour ressort droit; 2. Lame maîtresse pour demi-ressort.
- A, élément cylindrique; H. G. mils; I), emplacement du boulon réunissant 1rs lames; 11, F, brides.
- toute nouvelle qui, mise à la place delà maîtresse lame, donne la sécurité recherchée. Le Peplam est composé de fils d’acier indépendants et juxtaposés. Cette disposition lui confère la faculté de travailler aussi souplement à l'effort-flexion, que les lames plates supportent assez bien lorsqu il n’est pas brutal, qu’à l’effort torsion, qu’elles ne subissent jamais sans dommage, crevasse ou rupture. Alors que les lames plates sont livrées fatiguées d’avance, affaiblies par les trous de passage des boulons, les fils d’acier de la nouvelle lame demeurent inlacts, les passages étant ménagés par la courbure des fils.
- Chacun sait que, s’il est aisé de rompre un fétu de paille, il est impossible d’en briser un faisceau : c’est l’histoire et la démonstration du Peplam. L’union de ses éléments indépendants lui confère une résistance telle qu’un choc qui briserait net une bonne lame plate ordinaire est sans effet sur le Peplam qui, au contraire, absorbe le choc et fait fonction d’amortisseur. y
- A noter qu’en remplaçant, en plus de la lame maîtresse, la troisième lame par un Peplam, ou obtient une souplesse telle qu’il n’est pas exagéré de la comparer à celle obtenue par un excellent amortisseur parfaitement réglé.
- Enfin, la question de lubrification des ressorts qui est capitale, si difficile à réaliser, s’obtient mécaniquement par le principe de construction du Peplam. Il est évident que la graisse reste emprisonnée entre les spires des fils d’acier, sans laminage possible.
- Pour qui connaît le travail rebutant de graissage des lames plates, le Peplam, à ce point de vue seul, paraîtra une trouvaille.
- En vente aux Etablissements Phillips et Pain, 1, rue Taitbout, Paris, 9“.
- Objets utiles
- Ventilateur * Éventail ». — Quelle que soit la saison, il n’est pas indifférent pour nous d’être environné d’une atmosphère calme ou bien en mouvement.
- Le déplacement de l’air autour de notre corp'S accroît énormément la transmission directe de chaleur et l’évaporation à la surface de la peau. Aux temps chauds, l’évaporation devient même le seul moyen de déperdition de chaleur qui reste efficace, c’est pourquoi une température élevée n’est bien supportée que s’il y a « de l’air », c’est-à-dire de l’air en mouvement.
- On a une illustration de ce fait, par l’exemple bien connu de la « gargoulette » ou « alcarazas », vase
- poreux contenant de l’eau, qui, placé dans de l’air en mouvement, se refroidit et conserve une différence de température notable avec l’air ambiant, du fait de l’évaporation active sur ses parois.
- Le moyen le plus commun d’agiter l’air d’une enceinte est d’y installer un ventilateur électrique qui brasse l’air, au moins dans certaines directions. Mais, le courant d’air ainsi produit n’atteint pas toutes les parties de la salle ; de plus, il souffle constamment dans le même sens et provoque sur le corps un refroidissement localisé à un seul côté qui ne tarde pas à devenir désagréable.
- On a cherché à y remédier en faisant tourner le ventilateur autour de sou axe de façon à balayer circulaire-ment l’atmosphère.
- L’ « Eventail » imaginé par M. Lallemand, de Marseille, brasse plus complètement et plus doucement l’air.
- Un appareil « Eventail », déflecteur distributeur d’air à mouvement automatique, est constitué par deux ou plusieurs lames ou ailes, parallèles, recevant l’air par leur grand côté, suivant un angle et présentant une courbure progressive entre le bord d’entrée et le bord de sortie d’air. L’inclinaison varie d’un bout à l’autre des ailes.
- Ces lames sont reliées par un cadre mobile autour d’un axe parallèle à la direction générale du courant d’air, et l’ensemble est en équilibre indifférent autour de cet axe.
- Dès que l’air traverse l’appareil avec une certaine vitesse, il est dévié par les lames courbes, et la réaction, dissymétrique, à cause de la différence d’inclinaison, fait tourner l ensemble avec une certaine vitesse variable suivant la dissymétrie entre les extrémités des ailes. Ainsi l’air est projeté successivement vers toutes les directions suivant les génératrices d’un cône.
- Si l’on se place devant le même jet d’air, sans « Eventail »> et une fois muni de cet appareil, on constate que :
- Avec l’Eventail, la surface sur laquelle est ressentie le mouvement de l’air est bien plus grande que sans l appareil : en chaque point de cette surface, le mouvement est devenu irrégulier en vitesse et en direction, créant ainsi à la place du jet d’air primitif, une brise, coupée, variée, dont certaines personnes sont positivement enthousiastes, dès qu’il fait chaud.
- L’encombrement est minime, et peut se ramener à celui d un disque de quelques, centimètres d’épaisseur. Le fonctionnement est automatique, et a lieu sans consommation appréciable de force mqtrice, l’usure est insignifiante, vu la faible vitesse.
- La forme courbe des ailes, évitant tout choc au pas-
- fig- -1 • — « Eventail », brevetés, et. d. g., à mouvement automatique, sur un ventilateur.'
- sage de l’air, le rendement aérodynamique est d’autre part très élevé.
- Ces appareils se font en cuivre nickelé, en aluminium, et en matière transparente ou translucide ininflammable, dont l’aspect est agréable, le prix en restant cependant très modique.
- L’ « Eventail » est construit par son inventeur, M. Lallemand, 71, cours Pierre Puget, Marseille,
- h». 164 a*-
- p.2x163 - vue 635/688
-
-
-
- vt....
- 1m
- a *
- VARIETES
- sr
- 3^*
- LE LAIT BLEU
- si
- W
- 11 arrive parfois que le lait conservé en vue de l’écrémage subit une altération, qui se caractérise à l’œil par une modification profonde dans l’aspect de sa surface libre : la crème qui le surnage perd son éclat ivoirin, et se couvre de maculatures, d une couleur plus ou moins jaunâtre, qui virent rapidement au bleu vif. Le plus souvent, il se forme, autour des bords du récipient, une sorte de couronne discontinue, dont la couleur est nettement celle du bleu de Prusse ; les taches se diffusent peu à peu et, au bout de 40 à 60 heures de séjour à Pair, elles peuvent, par leur réunion, donner une impression de marbrure rappelant celle du savon de Marseille, ou même faire supposer au premier abord que le lait a été saupoudré avec une poussière d’indigo à grains de grosseurs diverses. Les points colorés peuvent demeurer isolés, ou gagner, au contraire, de proche en proche, et devenir confluents ; l’envahissement est alors complet et toute la surface de la crème se trouve bienlôt recouverte d’une pellicule bleue uniforme.
- Cette maladie du lait est connue de longue date ; elle a exercé la sagacité de nombreux chercheurs, depuis que Fuchs a établi, en 1841, qu’elle ne devait être rapportée, ni à la mauvaise santé des vaches, ni à la qualité défectueuse des aliments qui leur sont donnés ; elle est uniquement le résultat de l’activité anormale d’un microgerme, auquel Ehrenberg a donné le nom de Bacillus cyanogenus, et dont Gessard a décrit l’évolution avec les détails les plus circonstanciés.
- Le bleu n’apparaît qu’autant que le lait a subi un début de fermentation acide : le Bacillus cyanogenus peut vivre cependant et se développer dans un milieu alcalin ou neutre ; mais les colonies qu’il y forme ont généralement une teinte d’un gris sale, dont le virage au bleu ne se fait qu’autant que le liquide qui les contient est légèrement acidifié. La teinte, d’ailleurs, ne devient jamais, dans ces conditions, aussi nette, ni aussi vive que dans le lait spontanément coloré : cette notion d’observation constante prouve bien que l’acidité initiale du milieu est aussi nécessaire à la production du phénomène morbide qu’il l’est à sa seule' manifestation.
- D’autre part, un excès d’acidité paralyse la fonction chromogène du bacille : il en retarde et peut même en empêcher l’apparition. En d’autres termes, le lait ne bleuit pas si son acidité dépasse une certaine limite. Aussi, certains spécialistes, et Reiset notamment, ont-ils pu enrayer la dissémination de la maladie du bleu, en additionnant tout le la t recueilli dans une laiterie contaminée de 5o cenlig. d'acide acétique cristallisable. Quand le milieu où le microbe cultivé a une teneur en acide inférieure à cette teneur nocive, le bleu peut apparaître, mais avec une intensité toujours faible : il est, de plus, assez souvent fugace, car le bacille, au cours de son évolution, prend au lait certains de ses éléments et lui en restitue d’autres, suivant, un mécanisme biologique qui a pour conséquence d’alcaliniser le milieu et d’en détruire assez vite l’acidité.
- La condition nécessaire pour que la maladie du bleu se produise et donne une coloration intense et franche à la fois, est que le microgerme pathogène puisse trouver accidentellement, pour y cultiver, un milieu d’une acidité suffisante, mais non excessive, et que cette acidité croisse peu à peu, sans arriver pourtant à dépasser une limite maxiinà, de façon que le bacille ne soit pas paralysé dans ses fonctions vitales, comme il le serait, d’ailleurs, à la limite minima, et si le milieu se neutralisait sous l’influence même du processus biologique considéré.
- Il était indispensable d’expliquer avec précision les seules conditions dans lesquelles peut se développer le bleu du lait, et, si pour y parvenir exactement, il a fallu employer certains termes très techniques, nos lecteurs voudront bien excuser ce que ces termes ont de rébarbatif: Aussi bien, ont-ils cessé d’étonner et de surprendre, maintenant que partout, et jusque dans les campagnes les plus reculées, la doctrine de Pasteur a pénétré, triomphante, féconde et indiscutée.
- Ce qui a été dit plus haut indique, en somme, dans quels cas le bleu peut envahir un lait : il faut, pour que le microbe pathogène trouve le milieu de culture appro-
- prié à ses exigences organiques, que le lait ensemencé par lui ait une réaction acide, et que son acidité croisse peu à peu, sans devenir pourtant excessive. C’est une nécessité qui se trouve être satisfaite à merveille dans le cas de la fermentation lactique, ou, plus justement, dans celui du développement simultané, au sein du lait, du bacille cyanogène et d’un ferment lactique quelconque; ce cas est celui d’une association microbienne et, jusqu’à un certain point même, d’une symbiose; aussi conçoit-on sans peine combien délicates et relativement rares ne peuvent manquer d’être ces conditions optima de réalisation.
- Il en résulte que, dans la pratique, la maladie du bleu, au moins dans ses formes classiques et complètes, est assez peu fréquente, ce qui ne veut pas dire qu'il ne s’en manifeste pas souvent des formes frustes, contre le danger desquelles l’attention doit être attirée.
- Toutes les fois qu’un lait, accidentellement ensemencé de bacille cyanogène, subit la fermentation lactique, mais que pour une cause ou pour une autre, l’une des deux formes microbiennes qui évoluent en lui, prend, par rapport à l’autre, un développement anormal, elle devient prédominante, et la conséquence obligée de eette véritable rupture d’équilibre est un malaise vital atteignant le bacille du bleu et diminuant sa fonction chromogène; c’est dire comment il se fait que tant de laits soient atteints, sans que le diagnostic de leur envahissement soit facile à établir et à poser. Le producteur habile et soigneux s’aperçoit bien que la crème qui surnage son lait n’a pas sa belle couleur ivoirine et nacrée : des plaques grisâtres ou de teinte plus ou moins sale se manifestent à sa surface libre, et, par places, le bleu s’établit; il peut n’avoir qu’une présence fugace, ou même être disposé en îlots trop petits pour pouvoir être aperçus; dans tous les cas, l’ensemencement par Bacillus cyanogenus est rarement soupçonné et jamais affirmé d’une façon formelle.
- La maladie, cependant, peut être décelée, grâce à uni artifice ingénieux dont plusieurs beurriers ont adopté et même systématisé l’emploi. Il consiste à forcer le bacille cyanogène à produire lui-même l’acide nécessaire pour amener le bleuissement Pour cela, il suffit d’ajouter au lait une matière neutre qui soit plus facilement attaquable par le microbe que ne l’est le lactose. M. Gessard a proposé dans ce but d’employer le glucose, dont la destruction biologique met un acide en liberté et fait par suite apparaître le bleu. Mais Duclaux a signalé que des résultats plus certains sont obtenus en ajoutant, en même temps que le glucose, du lactate de soude ou du lactate d’ammoniaque : l’acide produit par l’action du bacille sur le glucose attaque alors le sel organique et libère un peu d’acide lactique, qui joue dans le phénomène le rôle de l’aliment chromogène par excellence : il permet l’obtention des teintes bleues les plus foncées, et, dans cet ordre d’idées, n’a comme rival que l’acide succinique qui, cependant, est plus difficilement utilisable que lui dans la pratique.
- Cette réaction est, on le voit, facile à produire : elle est d’une utilité évidente, puisqu’elle permet de diagno-ser à coup sûr la maladie bleue du lait.
- Ce diagnostic est nécessaire, car la maladie est évitable : il est en même temps utile, car l’envahissement du lait par le bacille cyanogène peut être la cause de pertes importantes pour les laiteries et les beurreries. On conçoit mal, en effet, si l’on s’en tient au seul aspect extérieur des produits, comment pourraient être mis en vente du lait, du beurre et du fromage bizarrement teintés en bleu. Mais l’altération d’aspect s’accompagne toujours d’une altération du goût, et d’une modification dans la teneur élémentaire en principes utiles. On peut dire, par suite, que les produits de laiterie atteints de la maladie du bleu sont inutilisables au point de vue commercial.
- Fort heureusèment, le mal n’est pas sans remède. Comme traitement préventif, la plus grande propreté est indispensable ; non pas seulement cette propreté banale qui admet comme suffisant le simple rinçage à l’eau, mais une propreté plus réelle, et qu’on pourrait appeler bactériologique. Lavage soigneusement fait des instruments et des récipients au moyen d’eau bouillante, puis stéri-
- 105 Ü*
- p.2x164 - vue 636/688
-
-
-
- VARIETES
- lisation à 8o° au moins, effectuée au moyen de vapeur d’eau, soufrage des locaux, aération parfaite, toutes ces mesures, qui constituent dans leur ensemble le travail aseptique du lait, suffisent, quand elles sont prises avec rigueur, pour éviter l’apparition de la maladie.
- Mais si, pour une cause ou pour une autre, l’invasion de celle-ci n’a pu être empêchée, il ne reste qu’un remède : la pasteurisation du lait contaminé. Tous les autres traitements qui ont été successivement proposés par divers spécialistes sont sans effet utile, parce qu’il faut ajouter au lait, pour détruire le bacille cyanogène, des
- doses excessives d’acide acétique ou des quantités exagérées de bicarbonate de soude, si l’on veut créer un milieu rebelle à la prolifération du microgerme nuisible.
- La pasteurisation est donc le traitement de choix et la propreté bactériologique la plus grande le seul moyen préventif certainement efficace.
- Fraiscis Marre,
- Cliimiste-expfirl près la Cour d'Appe! rie Paris, Secrétaire de la Société nationale d'encouragement à l'Industrie laitière.
- 'IgD
- HYGIENE ET SANTE
- >
- SOINS DES YEUX DU NOUVEAU-NÉ
- La Presse médicale publie chaque semaine des notes de médecine pratique, rédigées par les spécialistes les plus compétents, qui constituent un répertoire des plus utiles pour les médecins. Les renseignements qu’on y trouve peuvent bien souvent être avantageusement connus de tous, tels ceux que vient de donner le Dr Terson sur les soins à appliquer aux nouveau-nés pour les préserver de la cécité.
- Bien des gens portent encore sur l’œil des taies qui datent de leur naissance et qu’on aurait pu éviter par des soins appropriés. Le nouveau-né a droit, dit le Dr Terson, à une désinfection oculaire simple, rapide, efficace, sans danger.
- Il suffit pour cela de préparer les objets suivants : deux récipients (casseroles d’aluminium, etc.) contenant, chacun, 7 à 8 boulettes d’ouate hydrophile longuement bouillies et restées tièdes; un savon de toilette, sinon au lusoforme où à l’hermophényl ; de l’alcool à 900; une , fin centigr. \
- solution de nitrate d argent a 1 pour 100 ----------- >
- ° V 10 gr. /
- en flacon brun. La solution prophylactique du promoteur Crédé était à i/5o, inutilement caustique, nécessitant une neutralisation par l’eau salée, provoquant une conjonctivite « chimique » de plusieurs jours. Elle a cependant empêché bien des conjonctivites purulentes. La solution de nitrate à 1 pour 100, suffisante, pourra, à la rigueur, être préparée par le pharmacien, dans le flacon noir banal, mise avec un compte-gouttes propre (qui, si on le lave avec de l’eau non distillée, précipite et rend illusoire le nitrate). Il est préférable d’avoir — et tout praticien devrait en être muni — soit des ampoules de verre brun contenant la solution, soit, ce qui évite mieux la « casse », les éclats, l’excès de l’instillation, la perte du liquide, un flacon compte-gouttes brun, de forme arrosoir, se trouvant dans le commerce (Clin, Martinet), et qui, une fois soigneusement ouvert, se recoiffe d’une calotte de verre et reste presque indéfiniment utilisable et transportable.
- On lave les yeux de l’enfant, aussitôt né. en les savonnant légèrement, une minute environ, avec un tampon d’ouate, puis les rinçant et les essuyant avec d’autres
- tampons bouillis. Ensuite, en tirant sur la paupière inférieure, on instille deux ou trois gouttes de la solution de nitrate d’argent à 1 pour 100. On malaxe légèrement les paupières pour que le liquide mouille partout. Deux heures après, on bassine les yeux à l’eau bouillie presque froide pour calmer la légère irritation qui a pu se produire.
- Bien entendu, ce traitement doit être fait par le médecin, après désinfection complète des mains à l’eau de savon, puis à l’alcool.
- C’est là le moyen de choix, qui, seul, évite sûrement la conjonctivite, trop souvent cause de la perte définitive de la vue, quand elle n’est pas immédiatement et convenablement traitée.
- Il est à employer, à l’exclusion du crayon de nitrate d’argent, même mitigé, très dangereux pour la cornée, faute lourde -, du sublimé, faute moins lourde, mais dont les irrigations ont cependant entraîné de véritables escarres cornéennes ; des solutions très fortes de nitrate, non seulement i/5o, mais i/3o et même i/ao (recommandée récemment encore par le chroniqueur médical d’un grand journal politique).
- Eviter aussi ce qui a l’air de faire quelque chose et qui est peu efficace (eau boriquée, jus de citron, etc.), comme les statistiques comparatives l’ont prouvé.
- Seul l’argyrol (1/10) peut être comparé au nitrate, mais ce dernier garde une action préventive supérieure et reste sans inconvénients à 1 pour 100.
- Enfin, le Dr Terson propose à juste titre de remplacer les recommandations insuffisantes actuellement inscrites sur les livrets de mariage (lavages à l’eau bouillie, etc.), par un conseil plus précis qu’on remettrait, à la mairie, à la personne qui vient déclarer la naissance, sous forme de bulletin : « Consulter immédiatement, pour éviter la cécité, si les yeux de l’enfant ne s’ouvrent pas, sont rouges ou gonflés, et coulent. » Cette formule, dans sa trivialité très compréhensible, empêcherait plus d’un désastre, de même que la prophylaxie indiquée ci-dessus fait de la conjonctivite purulente une maladie presque toujours évitable, qui, d’ailleurs, prise à temps et correctement traitée, guérit complètement aujourd’hui.
- R. M.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches leplus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communications. — A propos de l'oscillateur thermo-élastique. — Nous avons reçu de la Société anonyme Fourchambault et Decazeville l’intéressante communication qui suit :
- « Nous avons lu avec intérêt la communication de M. le Dr P.-L. Mercanton, de Lausanne, parue dans le
- numéro de La Nature du 5 avril, à propos de notre oscillateur thermo-élastique. (Voir l’article : « La Métallurgie de précision », par H. Vigneron, n° a6o5, 8 mars 19-24)-
- Permettez-nous d’emprunter votre « Boîte aux Lettres » pour donner à M, le Dr Mercanton les apaisements qu il souhaite au dernier paragraphe de sa communication.
- Il n’y a pas seulement possibilité théorique du fonctionnement thermo-élastique d’une spire de modulvar, mais le fonctionnement de l’oscillateur a pour cause essentielle l’anomalie d’élasticité de notre alliage modulvar, ainsi que nous allons le montrer.
- Dans l’appareil qui figurait à l’Exposition de la
- p.2x165 - vue 637/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- Société française de Physique (stand de la Société Com-mentry-Fourchambault et Decazeville), l’hélice de suspension est enroulée sur un diamètre de 4 mm seulement, et le courant d’alimentation est voisin de 0,1 ampère. La résistivité du modulvar étant élevé (p = y4 mi-crohms/cm), un courant de cet ordre, circulant dans un fil de 0,4 mm de diamètre, suffit à provoquer des changements de température capables d’affecter le module de l’alliage. Mais l’attraction électrodynamique entre spires est très faible et tout à fait insuffisante pour assurer la marche de l’oscillateur.
- Pour le vérifier, il suffit d’équiper l’appareil avec une hélice en Elinvar, alliage dont le module élastique est sensiblement indépendant de la température. Non seulement l’appareil ainsi modifié ne peut osciller en partant du repos, mais, une fois lancé, il s’arrête en peu de temps : l’énergie d’origine électrodynamique ne suffit donc pas à entretenir le mouvement, c’est-à-dire à compenser les frottements : frottement contre le ressort de contact, frottement interne du fil de suspension, frottement contre l’air.
- Au contraire, l’oscillateur fonctionne parfaitement si le ressort de modulvar, au lieu d’être enroulé en hélice, est replié en zig-zag plan : l’attraction électrodynamique étant supprimée, cette expérience montre que les variations de rigidité du ressort (corrélatives des variations de température dues aux interruptions de courant) suffisent à entretenir le mouvement.
- Les expériences suivantes étayent ces conclusions.
- Remplaçons le modulvar de l’hélice par un ferro-nickel de même résistivité, mais dépourvu d'anomalie thermoélastique. Dès que le courant circule, le ressort s’allonge, car l’élévation de température l’affaiblit. L’oscillateur à contact inférieur ne peut donc fonctionner. Mais disposons le contact à la partie supérieure de la masse oscillante, de façon que celle-ci en s’abaissant interrompe le courant : l’appareil se met à osciller. Dans cette disposition, les deux actions électrodynamique et thermoélastique agissent dans des sens opposés : le fonctionnement de l'oscillateur démontre que le premier phénomène est bien moins intense que l'autre.
- En résumé, l’oscillateur thermoélastique n’est pas assimilable à l’hélice de Roget. Dans cet appareil, l’hélice doit avoir un grand diamètre et le métal qui le constitue doit être très conducteur ~ (cuivre, aluminium, etc.), pour que l’affaissement thermoélastique du ressort soit négligeable devant l’attraction électrodynamique des spires.
- Notre oscillateur réalise des conditions opposées. Si nous avons adopté le dispositif à contact inférieur, ce n’est pas pour utiliser l’attractioD électrodynamique, mais seulement pour tirer parti des propriétés remarquables du Modulvar. En effet, non seulement le module de cet alliage s'accroît quand la température s’élève (alors que le module de tous les métaux et alliages normaux varié en sens inverse de la température), mais le coefficient de cette variation est plus grand en valeur absolue que celui de tous les aciers. »
- Correspondance. — A propos des Pygmées (n° 2610). — M. le Dr Rivet, assistant au Muséum, nous fait observer que les très remarquables recherches de l’American Muséum of Natural History sur les Pygmées ont été précédées d’une étude de Starr, parue dans les Proceedings of the Davenport University, en 1914, et surtout des admirables travaux du regretté Dr Poutrin, publiés dans Y Anthropologie en 1910 et 19x1, qui font autorité. Le Dr Poutrin qui avait exploré fructueusement l’Afrique équatoriale est malheureusement mort à la fin de la guerre.
- Réponses. —T. S. F. — M. A. O. G., à Ganges (Hérault). — 1° Vous pouvez trouver des données pour la construction des bobinages de liaison pour amplificateurs dans La Pratique Radio-électrique.
- a0 Yous pouvez employer un étage à basse fréquence à transformateur et deux étages à résistances. Les constantes peuvent être les suivantes : condensateur de liaison 6/1.000° de microfarad; résistance de plaque, 60 000 ohms ; résistance de grille, 1 mégohm. La déformation serait moins grande, mais l’amplification sans doute inférieure.
- 3° Dans un amplificateur à résonance on réalise plus aisément un dispositif de réaction électromagnétique.
- Pour avoir un réglage très progressif, on peut, avec profit, utiliser un variocoupleur, dont le « stator » forme l’induction de résonance, et le « rotor » le bobinage de réaction.
- M. G. Veno, à Altkirch. — 1' La communication que vous nous avez adressée au sujet des prévisions météorologiques de la Tour Eiffel est fort intéressante. Il conviendrait cependant, de préférence, que vous vous adressiez directement à l’Office National Météorologique, 172, rue de l’Université, à Paris, qui vous répondrait certainement avec plus d’autorité que nous.
- 20 L’Alsace-Lorraine est rattachée à la région du Nord-Est pour les bulletins météorologiques.
- M. le DT Leborq, à Lessart (Yienne). — Yous pourrez trouver dans La Pratique Radioélectrique des détails sur les dimensions à donner aux eadres de réception. Un cadre de 2 m. X 2 m. comportant 20 spires convient bien pour la réception de Fl et de Radiola; un cadre de 2 m. X 2 m. en spirale plate de 4 à 5 spires peut être utilisé pour la réception des ondes courtes.
- L’emploi du cadre vous permettra une sélection meilleure. Sur antenne, vous pouvez employer un conden-sateixr en série, ou plutôt monter un dispositif d’accord en Te sla.
- M. Hubert Hugoud, à Nogent-en-Bassigny (Haute-Marne). — Nous vous remercions de votre intéressante suggestion sur l’étude des communications radiotélé-graphiques maritimes. Cette question est, en effet, fort intéressante et nous l’étudierons prochainement dans La Nature.
- M. du Chelas, à Paris. — i° On peut utiliser un système d’accord en dérivation avec le montage Flewelling, et l’inductance de réaction doit avoir une valeur assez importante, mais pas trop exagérée, afin de permettre un réglage progressif. La prise de terre est facultative. On doit mettre un condensateur de 2/1.000e à 3/x.ooo de microfarad en dérivation sur l’écouteur téléphonique.
- Les effets du montage peuvent d’ailleurs èti’e doubles. On peut l’employer en simple détecteur à 'réaction, mais avec des résultats un peu améliorés, et alors le réglage est facile, soit en super-régénérateur, et l’amplification est de beaucoup supérieure. Mais, dans ce dernier cas, le réglage devient fort difficile, et surtout il est presque impossible d’éliminer le sifflement caractéristique du dispositif super-régénérateur.
- 20 Nous aurons prochainement l’occasion d’étudier dans La •Nature tous les montages du même genre ; ils permettent une très forte amplification avec une ou deux lampes et un nombre minimum d’éléments, les connexions à réaliser sont fort simples. Malheureusement, leur mise au point, et surtout leur réglage, sont toujours difficiles, et l’on arrive rarement à pouvoir obtenir une audition agréable sans sifflements gênants.
- M. R. Froger, à Chàtellerault (Vienne). — Nous avons répondu à votre demande, relative à la réparation d’écouteurs téléphoniques, par la voie de la « Boîte aux Lettres. »
- M. J. Snœck, à Tournai. — Je pense que les détails de votre montage sont exacts. Pour des raisons assez faciles à comprendre, et que nous expliquerons sans doute prochainement encore, le dispositif superhétérodyne permet surtout des résultats intéressants lorsque le nombre de lampes à haute fréquence de l’amplificateur pour grandes ondes est de deux au minimum, et lorsque cet amplificateur est construit en vue de la réception des ondes longues. Nous vous conseillons donc d’augmenter le nombre d’étages à haute fréquence de votre amplificateur à résistances, et, si possible, d’utiliser des condensateurs de liaison d’une capacité un peu plus grande, 0,2/1000 par exemple. Nous serons heureux d’être mis au courant des résultats que vous obtiendrez.
- M. B. B., & Barcelone (Espagne). — Le réglage d’un poste super-régénérateur est fort difficile, même en utilisant le modèle le plus simple. Mais, si l’on veut faire suivre ce poste d’un amplificateur à basse fréquence à plusieurs lampes en parallèle, et, en outre, recevoir sur antenne, la complication devient encore plus grande et il y aurait intérêt à recommencer vos essais sur cadre et sans aucune lampe à basse fréquence. La difficulté de réglage est encore appréciable, si l’on veut essayer d’éliminer le sifflement caractéristique du système. Nous serons très intéressé par la communication des résultats que vous aurez pu obtenir.
- p.2x166 - vue 638/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- L’origine dualiste des mondes et la structure de notre univers, par Emile Belot. 2 vol., 216 pages, 5o fig. Payot, éditeur. Paris 1924. Prix : 20 francs.
- Le problème de l’origine des mondes a été l’objet de recherches de M. E, Belot depuis igo3. Quittant les voies tracées par Laplace qui aboutissent à des cosmogonies monistes, il a repris en cosmogonie la méthode de recherche qui a si bien réussi à Képler et Newton pour édifier l’astronomie moderne. C’est ainsi qu’après avoir trouvé empiriquement trois lois nouvelles du système solaire (lois des distances, des rotations directes et des inclinaisons d’axes), M. E. Belot a pu, en cherchant leur interprétation théorique, fonder la cosmogonie dualiste et tourbillonnaire qui assigne pour origine du système solaire la rencontre d’une nébuleuse et d’une étoile gazeuse géante (Nova protosolaire). Dans ce choc cosmique, le protosoleil émet par son équateur des nappes planétaires.
- Sous sa forme primitive, cette hypothèse dualiste avait été résumée par son auteur en 1911 dans son Essai de Cosmogonie tourbillonnaire. Il l’avait appliquée à la recherche de la formation de la Terre dans son livre de 1918 : Origine des formes de la Terre.
- Dans le nouvel ouvrage qu’il vient de publier, M. E. Belot perfectionne sa théorie primitive en la complétant par l’exposé de la loi des masses dans le système solaire. Elle résulte de l’action de la pression de radiation dans la nébuleuse primitive qui explique aussi la formation des petites planètes. Le mode de condensation de l’ellipsoïde protosolaire très aplati explique la formation .et la circulation des taches (lois de Carrington et de Spôrer). La pulsation du protosoleil, rapide à l’origine comme celle des Novae, s’amortit en produisant la période undécennale du Soleil. L’émission polaire des filets cométaires rend compte des particularités des comètes.
- Dans le chapitre de la cosmogonie planétaire sont résumées les recherches précédentes de l’auteur sur la distribution des continents et des mers résultant pour la Terre de la chute du déluge primitif sur l’Antarctide, conséquence de la translation à travers la nébuleuse du noyau terrestre dans la direction Nord de son axe. Les mouvements orogéniques discontinus sont dus à la précipitation des zones satellitaires existant à l’origine au-dessous de la Lune.
- Les satellites virtuels de Jupiter et de Saturne expliquent les bandes s'ombres ou brillantes de ces planètes.
- M. Belot étend ensuite l’application des principes de la cosmogonie dualiste à l’Univers sidéral en donnant une théorie nouvelle de la formation des étoiles doubles, multiples, des amas globulaires et des nébuleuses planétaires : en assimilant la Voie lactée à une nébuleuse spirale, il précise les courants stellaires et les groupes d’étoiles dont elle se compose
- En résumé la cosmogonie dualiste de M. Belot diffère des cosmogonies antérieures par les caractéristiques suivantes :
- Elle place à l’origine du système solaire (et de tout système cosmique) deux corps gazeux (étoile géante gazeuse et nébuleuse), qui se rencontrent en un choc cosmique analogue à celui d’une Nova.
- Pour la première fois, au lieu d’études fractionnées partant de postulats, elle applique en cosmogonie la méthode inductive qui a réussi à fonder l’astronomie moderne, il y a deux siècles, et qui remonte de lois empiriques à Une théorie explicative.
- Elle prévoit en nombres les éléments des astres non encore découverts et elle a réussi à prévoir d’avance des phénomènes découverts ultérieurement, par exemple :
- i° Le fait que la phase de Nova est générale pour les étoiles;
- 20 Le fait prévu en 1911 que Saturne aurait, comme Jupiter, une famille de petites planètes (la première trouvée en 1920);
- 3* Le fait prévu en 1909 que les spires des spirales étaient des trajectoires de matière en mouvement centrifuge, vérifié par Van Maanen de 1916 à 1922 ;
- 4° Le fait prévu en igo5 que les satellites extrêmes
- d’un système auraient un mouvement rétrograde (VIII de Jupiter trouvé en 1908 et IX trouvé en r914);
- 5° Le fait prévu dès 1901 que l’hélice devait être une trajectoire cosmique (nébuleuses en hélice NCC 6543 et 7292 photographiées par Curtiss en 1921);
- 6° Le fait que l’architecture de la Terre était centrée sur son axe en raison de son mouvement dans la Nébuleuse; et en effet, M. Belot a démontré la loi des antipodes et les lois de la répartition des continents et des mers comme conséquence du déluge austral primitif,
- Les Edifier-, physico-chimiques, par le Dr Achalme. Tome III. « La Molécule minérale ». 1 vol. in-8, 35o p , 433 fig. Payot, Paris. Prix : 20 francs.
- Le 3e volume des Edifices physico-chimiques est d’une conception absolument différente des deux volumes précédents.
- Dans ceux-ci, l’auteur exposait des hypothèses sur la structuré de la matière tant au point de vue de la composition et de la forme des atomes dont il donnait des modèles rationnels que de la structure des molécules, fondée sur l’existence des électrons inter-' atomiques. -
- Dans la Molécule minérale, ce n’est plus le raisonnement, ce sont les faits qui parlent. Groupant d’une manière originale les différentes espèces moléculaires, qui constituent la chimie minérale, M. Achalme montre combien l’étude de leur préparation et de leurs propriétés devient facile et attrayante par le maniement de ses modèles et l’application de ses théories.
- C’est une nouvelle chimie, vraiment vivante, qui s’adresse à la fois aux yeux et à l’esprit. De nombreuses figures représentent les molécules minérales ; leur aspect harmonieux ne nuit en rien à leur précision et concourt à leur vraisemblance.
- Aussi ce mode de représentation et d’enseignement grave profondément, sous forme objective, les caractères et les rapports des espèces minérales. Il faut ainsi comprendre une science que, trop souvent, on se contente d’apprendre.
- La vie humaine (Etudes morphologiques). 2• fasc. : Développement, Croissance, par le Dr Léon Mac-Auliffe. 1 vol. in-4. 226 pages, 74 pl.
- L’auteur a rassemblé un grand nombre de documents précis sur le développement de la forme humaine, de la naissance à l’àge adulte, montrant les phénomènes de la croissance sous toutes leurs formes. De nombreuses photographies et des tableaux numériques complètent cet important exposé. $
- Protoplasmic^ Action and Nervous Action, par Ralph S. Ljllie. 1 vol. in-8, 4*7 P- University of Chicago Science Sériés. University of Chicago Press. Prix : cartonné 3 dollars.
- L’auteur, groupant un très grand nombre de recherches récentes, cherche à présenter la vie comme un ensemble de phénomènes physico-chimiques. Il rappelle l’organisation cellulaire et les caractères généraux des organismes vivants, puis traite le protoplasma comme un système physique, montrant l’importance des phénomènes de surface : tension superficielle, perméabilité, osmose. Il signale l’action particulière des sels inorganiques et des lipoïdes et étudie le rôle de la catalyse et des phénomènes électriques dans les mécanismes chimiques de la matière vivante. Ceci le conduit à examiner la propriété la plus caractéristique de la vie : la stimulation et la transmission de l’excitation qu’il examine spécialement dans les nerfs où elle est le plus développée et le mieux connue. Il en cherche l’explication dans les théories physico-chimiques et aboutit à l’hypothèse d'un système polyphasique à couches minces où se produiraient les phénomènes physiologiques. C’est un essai intéressant d’interprétation moderne des phénomènes vitaux où l’on trouvera nombre d’idées nouvelles.
- p.2x167 - vue 639/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- ><
- ï S
- c3
- i
- %----ô
- ,'A,.
- INFORMATIONS»
- \ \ U
- N° 2617 31 Mai 1924
- ><
- Les canaux du Canada. — Le Canada occupe une surface immense dont le réseau hydrographique est très développé. Il est donc naturel que les transports par eau y soient nombreux et actifs et représentent un tonnage très important. Les canaux y sont nécessaires pour surmonter les obstacles naturels rencontrés sur les voies navigables qui donnent aux navires transatlantiques accès à des régions situées au cœur même du continent.
- Le bulletin des Ressources naturelles du Gouvernement canadien donne sur ces voies navigables et leur trafic d’intéressants renseignements que nous résumons ici.
- Le réseau de voies navigables administré par le Gouvernement fédéral comprend :
- 1. L’artère principale, c’est-à-dire la voie du Saint-Laurent et des Grands-Lacs, entre Montréal et le lac Supérieur, 1214 milles.
- 2. Le système de canaux, secondaires qui embrasse :
- a) La voie qui va de Montréal à Kingston, par les rivières Ottawa et Rideau (canaux Carillon, Greuville et Rideau), 2S2 milles.
- b) La voie de la .rivière Richelieu, depuis son confluent avec le Saint-Laurent jusqu’au lac Champlain (canal Chambly). La distance de Montréal à la frontière en suivant cette voie navigable est de 127 milles.
- c) . La voie du canal de Trent qui relie le lac Ontario à la Baie Géorgienne, dont 204 milles sont complétés et 3a milles en voie de construction ; les embranchements ont une longueur de 53 milles, ce qui fait un total de 289 milles.
- d) Ecluses uniques et chenaux de communication : écluse Saint-Andrews (Manitoba), canal Saint-Peters Cap-Breton) et canal Murray (comté du Prince-Edouard, Ontario).
- Sur les 1214 milles de voies navigables entre Montréal et le lac Supérieur, les canaux proprement dits comptent pour 74 milles. Ce sont les plus importants canaux du pays : Lachine, Soulanges, Cornwall, Farran’s Point, Rapide Plat, Galops, Welland et Sault Sainte-Marie. Le niveau normal des eaux du lac Supérieur est plus élevé de 553 1/4 pieds que celui du port de Montréal et 48 écluses permettent de racheter cette différence de niveau.
- Les premiers canaux du Canada furent construits près des rapides du Saint-Laurent et de l’Ottawa pour éviter aux voyageurs d’autrefois de fatigants « portages ». Les canaux de Coteau du Lac et Split Rock furent ouverts en 1780. Les écluses avaient 20 pieds de longueur, 6 pieds de largeur et deux pieds d’eau. En 1802, une écluse fut construite par une Compagnie de traite — la North West Compagny — à l'endroit où se trouve le canal actuel du Sault Sainte-Marie. Cette écluse avait 38 pieds 8 pouces de longueur, 8 pieds 9 pouces de largeur, et 9 pieds d’eau. Le canal Lachine, en amont de Montréal, d’une longueur de 8 1/2 milles et pourvu d’écluses de 108 pieds de longueur, avec 4 pieds 6 pouces d’eau, fut ouvert à la navigation en 1824 et le canal Welland, entre les lacs Ontario et Erié, en 1813; ce dernier avait toutefois des écluses plus longues de deux pieds, et une profondeur d’eau de 8 pieds 6 pouces.
- Les divers canaux ont été agrandis à plusieurs reprise^ depuis 1840, afin de satisfaire aux besoins toujours croissants de la navigation et de faciliter le développement du pays.
- Le canal Welland, qui date de 1833, a été reconstruit en deux fois : en 1845 et en 1882. Le grand canal de Welland, actuellement en voie de construction, aura des écluses de 800 pieds de longueur et de 80 pieds de largeur, avec 3o pieds d’eau sur les buses, mais pour le présent les biefs ne seront dragués qu’à une profondeur de a5 pieds. Le nombre d’écluses sera réduit de 26 à 7. La hauteur de l’escarpement est rachetée par une double série d’écluses, ce qui permettra un trafic ininterrompu dans les deux directions. La manœuvre des trois écluses ne prendra que 8 minutes, et les bateaux pourront passer d’un bief à l’autre en vingt minutes. Le passage du lac Ontario au lac Erié ou vice versa se fera en 8 heures, alors qu’il nécessite présentement de i5 à 18 heures.
- Le canal du Sault Sainte-Marie, dont la construction
- commença en 1888 et se termina en 1895, a une écluse de 900 pieds de longueur, et de 60 pieds de largeur, avec 20 pieds 3 pouces d'eau. La profondeur minimum de l’eau entre Montréal et le lac Supérieur est de 14 pieds; la longueur minimum des écluses est de 270 pieds et leur largeur minimum de pieds.
- Le volume du trafic sur ces canaux donne une idée de leur importance. Ce sont les canaux du Sault Sainte-Marie qui éclusent le plus fort tonnage. Il y en a plusieurs en cet endroit; l’un, dont il a déjà été fait mention, appartient au Canada, les autres aux Etats-Unis. Le trafic global de tous ces canaux s’est élevé en 1922 à plus de G6000000 de tonnes de marchandises, surtout du charbon, du minerai de fer et du grain,;>et il est à not.er que sur le total de 275000000 de boisseaux de grain éclusé en 1922, 227000000 venaient du Canada. Bien que les conditions soient naturellement tout à fait différentes, il n’est pas sans intérêt de comparer ce trafic avec celui d’autres grands canaux du monde.
- Les plus récentes statistiques donnent les chiffres-suivants :
- Canal de Manchester, 4273 544 tonnes.
- Canal de Panama, 10884910 tonnes.
- Canal de Suez, 17574657 tonnes.
- Canaux du Sault Sainte-Marie, 66000000 tonnes.
- Les trois premiers de ces canaux fonctionnent durant toute l’année, tandis que ceux du Sault Sainte-Marie ne sont ouverts que pendant la saison de navigation. On aura quelque idée des progrès de la navigation sur les Grands Lacs si l’on songe qu’en 1894 les plus gros bateaux qui les sillonnaient portaient une cargaison maximum de trois ou quatre mille tonnes. Les vaisseaux qui fréquentent aujourd’hui ces parages peuvent porter jusqu’à quatorze mille tonnes.
- Les exportations de bois de la Côte d’ivoire. — Parmi les richesses dont l’exploitation méthodique peut contribuer grandement à la prospérité de notre colonie de la Côte d’ivoire, les forêts se placent au premier rang, surtout en ce qui concerne les bois d ébénlsterie.
- Durant Tannée 1923, les exportations de bois ont atteint les chiffres suivants : 92 987 stères de bois d’ébé-nisterie (acajou), 11 088 stères d’autres bois.
- D’après la valeur moyenne des bois à Grand-Bassam,. ces exportations représentent un chiffre d’alïaires de plus de 60 millions de francs, alors que les exportations des produits importants de la Côte d’ivoire s’élèvent, pour la même période, à environ 10 millions de francs pour les amandes de palme, 7 millions 1/2 pour les cacaos, i3 millions pour.les huiles de palme.
- Les chiffres ci-dessous montrent — exception faite pour la période 1 9:4-1919 — la progression constante des exportations de bois de la Côte d’ivoire depuis igo5.
- Mètres cubes.
- iç)05 .
- 1906 .
- 1907 .
- 1908 .
- 19°9 •
- 1910 .
- 1911 .
- 1912 .
- 13.741 i5.016 28.651
- 25.781 24.607 21.205 36.634 45.907
- 1913
- I9>4
- igi5
- 1916
- 1917
- 1918 i9J9
- 1920
- 1921
- 1922
- 1923
- 65.618 61.i52 27.488 i2.5i3 1 g.565 36.36i 3 4.961 64.084 71 920 86.780 104.075
- Les exportations sur l’étranger (Etats-Unis, Angleterre, Allemagne, etc.) ont été dans la proportion de 60 pour 100 en 1920, 63 pour 100 en 1921, 67 pour 100 en 1922 et 63 pour 100 en 1923.
- La résurrection du bison américain. — Depuis I quelque 25 ans, le bison américain était considéré
- 22
- 169 sfê-
- p.2x168 - vue 640/688
-
-
-
- LEÇONS CHEZ SOI
- FAR 'CORRESPONDANCE - SANS DÉPLACEMENT
- Vous pouvez profiter des leçons pratiques de l’fcCOLE PIGÎEE : Commerce -- Calcul rapide — Tiuance — ‘Ecriture expédiée' Calligraphie ~ Langues — Tenue des Livres — Sténo-Dactylo Correspondance commerciale — Droit -- Dessin industriel Représentation — Publicité — Coupe ~ Couture » efe.
- DIPLOMES — EMPLOIS
- L’Ecole Pigier prépare, en outre, par correspondance, a tous l€S examens (Brevetas Baccalaurêati) et aux carrières administratives,
- ECOLES PIGIER., 53, rue de Rivoli, Paris
- 19, boulevard Poissonnière — 5, rue Saint-Denis (Châtelet) — 147, rue de Rennes LEÇONS LE JOUR, LE SOIR OU PAR CORRESPONDANCE
- 73 années de succès — 11 Grands Prix —» 45 Médailles d’Or — 67 Ecoles en Provinice
- Envoi gratuit du Programme et de la brochure “ Situations ’*
- TRAVAUX DE COMPTABILITÉ ! Organisation — Mise à jour - Vérification, etc.
- £7
- IPour devenir parfait pianiste
- COWS SINATpa?CORtëSPMMl£l
- Enseigne tout ce que les leçons orales n’enseignent.jamais. Donne son splendide,
- virtuosité, sûreté du jeu. — Permet d’étudier seul avec grand profit. — Rend facile tout ce qui semblait difficile. Cours SINAT d’HARMOftSIEi pour composer, sccompngner, improviser. =• Explique tout, lait tout comprendre : VIOLON, Solfège, CHANT, MANDOLINE, par correspondance.
- Demander très intéressant Programme gratuit et franco. A.V.S!PMT,l,RueJean-Boîûone,Paris{iP).r<!/.4üfau(ï26-14.
- Fosse Septique
- à Caisse siphoïde
- DEVREZ
- 146, Boulevard de la Tranchée, TOURS
- Reg. C. : Tours J 4-91.
- SUPPRESSION DES VIDANGES, (SOUCHES, MAUVAISES ODEURS | FILTRE BACTÉRIEN NON COLMATABLE Plus de 10 000 Installations en service
- Système approuvé par le Conseil d’Hygiène de la Seine j
- Certificat de Vérification de la Préfecture de Police
- CRITERIUM “ PORRO ”
- JUMELLE A PRISMES EXTRA LUMINEUSE
- La Meilleure, la moins Ghère
- Catalogue franco Jft, L>Q3LlvIER., Constructeur
- 47, Rue Turbigo, PARIS (3*) Reg. Comm. t Seine J 36.273
- Société des
- ETABE’ DUCRETET
- 75, rue Claude-Bernard - Paris
- Reg. C. 35. J 23
- Concours Lépine 1923 - GRAND PRIX
- Postes Heoepteurs
- complets T. S. F. à 4 et à 6 lampes
- Dispositifs Spéciaux
- à grand rendement Syst. DUCRETET
- Breveté S. G. D. G.
- Réception parfaite de tous les
- RADIO
- CONCERTS
- pUT.-PfltüEUS à MVIIdtQ» G. MlÇflOltSIÇY
- Catalogues,Tarifst Notices illustrées sur demande
- 49 mix ».
- N* aô»7
- p.2x169 - vue 641/688
-
-
-
- QaMHaaaeeiSBaaBaftaEsamaanBHesBBHBBBHnaBBaBeiacBaBssBaaiSEsaaBKegaBBB
- — Les pralinés ça fait tomber les dénis.
- — Non, ma vieille, pas avec du Dentol.
- Le dentol
- j* Jt EAU, PATE tE L^-ClIN I UL POUDRE, SAVON
- est un dentifrice à la fois souverainement antiseptique et doué du parfum le plus agréable.
- Créé d’après les travaux de Pasteur, il raffermit les gencives. En peu de jours il donne aux dents une blancheur éclatante. Il purifie l’haleine et est particulièrement recommandé aux fumeurs. Il laisse dans la bouche une sensation de fraîcheur délicieuse et persistante.
- Le DENTOL se trouve dans toutes les bonnes maisons vendant de la parfumerie et dans les pharmacies.
- Dépôt general :
- E. VAILLANT et Cie, 49, rue Jacob, à Paris.
- Reg. C. : Seine 23.40J.
- INVENTEURS
- Usez le
- Manuel’Guià
- envoyé gratis et franco par l'Ingénueur-Conseii fifETTCfBB 39, Boulevard Salnt^Martln, Parl'*-
- |D. COP, 52, r. des Archives (4”).— K. C Seine, n° 34.184.
- Accessoires, Décolletage, Fil soie, émail, colon, Transformateurs H. et B. F., Appareils de mesure, etc.
- Toutes Pièces Détachées
- Tarif franco — Prix très modérés
- ÈBONITE - Piles - ACCUS
- mm
- fi—rô 00
- m V —— 00,
- B. C. Belfort n° 107
- Groupes ÉLECTRO - POMPES '12-14”
- Le Groupe “ 12-14 " présente les avantages incontestables suivants: Encombrement réduit 'disposition murale); minimum d’entretien; facilité de mise en marche; faible puissance absorbée; grande capacité de travail; excellent rendemént de la pompe; nouvelle garniture de presse-ctoupe, système “ Garloclc
- P
- Brèvelë s. <j. d. r/.
- DESCRIPTION
- COMPLÈTE
- SUR DEMANDE
- TYPE CONTINU 220 v,mai. TRIPHASE 2îi(J t.mai, pps
- Hauteur d’élévation manométn-que totale réalisable .... 25 m. 25 m
- Diamètre des orifices d’aspiration des refoulements . . . 25 m/m 25 "7,n
- Débit moyen eu litres par heure 1200 1200
- Puissance du Moteur de commande, environ 1/3 HP 1/3 HP
- Exposition Nationale Coloniale âe Marseille 1922 Classe tit (ÉLECTRICITÉ) 44 ”
- Dispositif de mise en marché et d’arrêt automatique par pression,
- avec réservoir de IOO litres et accessoires (Voir cliché ci-contre).
- Ce dispositif assure une réserve de 40 litres d’eau sous pression, donnant de l’eau fraîche constamment renouvelée et supprime tout réservoir encombrant, coûteux et insalubre.
- I A DVfrëres&c
- il JWL |—r J BEAUCOURT (Tcrrit. de Belfort)
- ap m m m paqiç /i.h Onn <ln PIiÔIqq T a tl
- Voici venir la chaleur!
- Pour avo'r de l'air
- changeant et agréable, f c'est
- “EVENTAIL’
- qu'il vous faut.
- ____— S'adapte star les ventilateurs —_
- “ lA'EVTAIL ” (breveté France cl Etranger), déflecteur d'air à mouvement automatique, distribue l'air sur une large surface, donne une brise coupée, variée,... hygiénique. INAPPRÉCIABLE POUR L’É ÎÉ
- l/appareil, cuivre nickelé, franco dans luul.e la Franco :
- P' vonlilal. do ûl) cm. 45 Ir.
- — do 2o cm. 42 fr. Conl.ro romli 1 fr. nO en sus.
- En vente :
- Chez les Électriciens cl. aux.
- Appareils “ Éventail’
- 47, Rue Fort-Notre-D_ me MARSEILLE
- Des dé/xisi/.aires et agents sont acceptés en. France et. a Félrauger.
- f c 'eM
- jUu4 Quelle pJutfofjftufirùçA
- Essayez avec un Cinoscope qui met le Cinématographe à la portée do tons, vous aurez drs images animées de vos parents, amis, souvenirs de voyages et d’excursions.un album vivant !
- Le Cinoscope faisant la prise de vues et la projection, employant le film de perforation et de format usuels, vous pourrez projeter quand il vous plaira non seulement cct album vivant, votre œuvre, mais tous les films du marché mondial.
- Renseignements et Démonstrations : 45, Boulevard des Italiens et 30, rue de Grammont (2°)
- R. C. Seine 248.254.
- 48 CLXX fr
- p.2x170 - vue 642/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- comme une espèce animale en voie d’extinction totale. Après avoir longtemps vécu en liberté dans un vaste habitat, comprenant la majeure partie des Etats-Unis et du Canada, il n’a pu résister à l’invasion de la civilisation européenne; impitoyablement traqué par les chasseurs, refoulé par les incendies de forêts, par la diminution des espaces libres, il a disparu petit à petit. Le Gouvernement américain a pris des mesures pour sauver quelques exemplaires de la race, maintenus en semi-captivité dans les parcs nationaux, ou dans des enclos privés. Mais ces individus, captifs ou à demi domestiqués, donnent des signes manifestes de déchéance. Le bison sauvage semblait éteint à tout, jamais. Fort heureusement, quelques troupeaux, fuyant devant l’homme blanc, ont émigré jusque dans les contrées désertes et subarctiques du Nord du Canada, dans le district de Mackenzie, et dans le nord de la province d’Alberta. Le Gouvernement du Canada a pris des mesures efficaces pour leur protection, et ces survivants ont désormais trouvé une retraite où ils peuvent paisiblement croître et multiplier.
- M. Kitto, ingénieur du Service des Ressources naturelles du Ministère de l’intérieur à Ottawa, est allé observer ces bisons, et rend compte de sa mission dans un récent numéro du Geographical Magazine.
- Il estime qu’il existe actuellement, dans ces parages, environ 2000 bisons de l’espèce Bison americanus ; leur taille, leur vigueur, leur vitalité paraissent au moins égales à celles des plus beaux exemplaires observés autrefois, à l’époque où le bison prospérait dans les grandes prairies des Etats-Unis. La seule différence est la couleur qui paraît un peu plus foncée. M. Ivitto a même aperçu des individus de taille exceptionnelle, et il conclut que la race a dû se fortifier par son séjour dans le nord. Il a constaté également la présence de nombreux jeunes, et il en déduit que le troupeau est en voie de sérieux accroissement. Du reste, la chasse en est sévèrement interdite, et le seul ennemi du bison dans cette contrée est le loup, qui ne s’attaque qu’aux individus isolés et ne fait pas de trop graves ravages.
- Nouvelles de T. S. T.
- Les haut-parleurs et la propagande électorale.
- • Des haut-parleurs puissants, connectés à des appa-
- reils radiotéléphoniques, ou commandés directement par fils, au moyen de microphones et d’amplificateurs, viennent d’être employés en France et en Allemagne lors des récentes élections par les candidats à la députation, qui exposaient ainsi plus facilement leurs programmes politiques à un auditoire nombreux. On a pu voir par exemple, à Paris, des hauts-parleurs du genre télémégaphones, à bobine vibrante mobile montée dans le champ d’un électro-aimant, avec grand pavillon droit, fixés sur le toit d’une automobile dans laquelle se trouvait le candidat, comme le montre la figure ci-dessus.
- Une entente entre les constructeurs français d’appareils radiophoniques. — On sait que des divergences assez profondes, relatives à des questions de brevets, séparaient une partie des fabricants français d’appareils radiophoniques d’un syndicat, dit « national », formé par la Société française radioélectrique. Récemment, un arrangement est intervenu entre ces construc-
- teurs et le syndicat adverse, mettant heureusement fin à cette longue querelle. Les amateurs ne peuvent qu’approuver cette conclusion, puisque, grâce à elle, il est entendu que tous les constructeurs français, groupés en un syndicat professionnel unique, subventionneront les émissions de la Compagnie française de Radiophonie (Radiola) suivant un chiffre forfaitaire en rapport avec l’importance de chaque maison. Non seulement les émissions pourront ainsi être régulières et puissantes, mais des stations-relais vont être créées pour assurer une réception facile en province.
- Le nouveau poste Radio-Paris. — Le nouveau poste Radiola de Clichy de la Compagnie française de Radiophonie est désormais, on le sait, en fonctionnement régulier et ses émissions ont pu être entendues dans l’Europe entière, en Russie, en Syrie, dans l’Afrique du Nord et même à New-York et dans l’Afrique du Sud. Cependant, par suite de l’alimentation actuelle à l’aide de courant alternatif redressé à 25 périodes au lieu de 5o, fréquence normale, le rendement n’est pas encore maximum et sera prochainement amélioré.
- Radioélectricité du a5 avril 1924 donne quelques détails sur les divers éléments de cette station. L antenne est soutenue par deux pylônes métalliques de 100 m. de haut espacés de 126 m. ; elle est en forme de T et composée de quatre fils parallèles écartés de 3 m. environ les uns des autres ; chaque fil est isolé à ses extrémités par deux bâtons de porcelaine.
- Le courant continu à basse tension destiné au chauffage des filaments des lampes d’émission est fourni par une batterie d’accumulateurs de 20 volts, de 1B00 ampères-heure de capacité. Cette batterie est rechargée au moyen d’un moteur alimenté parle courant du secteur et actionnant une dynamo génératrice à courant continu.
- Le courant de plaque des lampes est fourni par trois ensembles de redressement, de 6 kilowatts chacun, alimentés en triphasé. Chaque valve (un ensemble redresseur en compte 6) peut supporter une tension de i5ooo volts.
- Le poste d’émission à grande puissance proprement dit comprend une seule lampe oscillatrice du type 25 kilowatts à circulation d’eau. La modulation, d’un système tout à fait spécial, est très énergique, l’énergie modulée est quatorze fois plus grande que l'énergie modulée par l’ancien poste de Levallois. Le système employé, qui sert à moduler l’énergie de la grosse lampe, au moyen des courants musicaux amplifiés provenant de l’auditorium, est le système du « modulateur magnétique » basé sur le principe des multiplicateurs de préquence perfectionnés par M. Latour.
- La station est reliée par fils spéciaux à l’auditorium du boulevard Haussmanu, déjà employé pour la station de Levallois. D’ailleurs, l’ancien poste d’émission qui se trouvait à Levallois a été démonté et transporté à Clichy, où il servira de poste de secours.
- Nouvelles émissions — Le poste d’emission de Rome (Centocelles) ICD donne des émissions radiotélé-phoniques sur 1800 m. de longueur d'onde avec une puissance de 6 kilowatts. Ses heures d’émLsion sont i5 heures et iy h. 3o (TMG).
- Kœnigswüsterhausen et Eberswalde continuent leurs émissions régulières sur ondes moyennes (4000 m., 2800 m., 2600 m.). Des concerts spéciaux sous 2800 m. ont même été transmis à l'occasion des fêtes de Pâques. De plus, la première station effectue souvent des essais sur 475 m.
- De nouveaux postes transmettant sur ondes courtes sont également entrés en fonctionnement en Allemagne. L’un de ces postes est situé à Berlin et appartient à l’administration des P. T. T.; la longueur d'onde employée est de 4oo m. ; il émet le soir à partir de 18 h. 3o ou de 19 h. 3o à 22 heures, et appelle de la façon suivante : « Hier ist der Rundfunksender der Reichstelegraphenverwaltung Berlin ».
- Un autre poste est situé à Francfort et émet également entre 18 h. 3o et 22 heures sur 450 m. Enfin un troisième poste analogue a été installé à Munich. Seule la modulation du poste de Berlin paraît actuellement satisfaisante (Renseignements communiqués par M. E. Kleifer).
- De nouvelles stations vont être également installées en Angleterre, le poste de broadeasting de Belfast (2BE) vient d’être autorisé. Sa puissance sera de 1 kw 1/2 et sa longueur d’onde de 435 m. et la grande station de a5 kilowatts de Londres va être mise en construction incessamment (d’après la TSF moderne).
- «Ü8 170 8Sh
- p.r169 - vue 643/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET !924(’)
- Les mois de vacances sont des mois d’étoiles filantes ! Il est certain qu’il y a, en août notamment, le célèbre essaim des Perséides qui donne lieu à de nombreux météores. Mais s’il y a tant d’étoiles filantes pendant les vacances, c’est aussi que la douceur de la température invite à flâner tard le soir en plein air, ce qui offre une occasion exceptionnelle pour les voir. Profitons donc des prochaines vacances pour observer et photographier les étoiles filantes. Tous les appareils conviennent, à condition qu’ils soient munis d’objectifs très lumineux.
- Tous les objectifs de grande ouverture relative peuvent être employés. Diriger les appareils vers le ciel dans la région où l’on aura vu quelques météores, ouvrir l’objectif et attendre. On pourra laisser l’objectif ouvert pendant très longtemps. Les éto'les décriront des arcs d’ellipses sur la plaque. Noter l’heure du début et de la fin de la pose et l’heure où l’on voit les météores traverser la région photographiée.
- Les appareils devront être montés sur un pied avec tête à rotule, ou mieux, comme le fait M. Sykora, sur un bâti spécial, à inclinaison variable (fig. i). Utiliser les plaques les plus rapides. Si plusieurs observateurs s'entendent, ils pourront disposer leurs appareils dans des directions différentes, de manière à couvrir une grande étendue du ciel. Les chances de photographier des étoiles filantes seront ainsi accrues+ -
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil diminue et la durée des jours aussi Au début du mois, la déclinaison du Soleil est de + 23°7' le i0', elle tombe à -|- i 8° 17' le 31. Le jour à 16113m le Ier et il n’a plus que le 3i (ces durées étant celles de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon). La durée réelle du jour est donc plus grande puisqu'elle doit être augmentée du temps mis par le rayon solaire pour se lever ou se coucher, et surtout du crépuscule civil, qui est de 4* minutes à la latitude de Paris en juillet.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges parfaitement réglées, lorsque le centre, du Soleil passe au méridien de Paris.
- Dates. Heures du passage (t. m. Gr.). Dates. Heures du passage (t. m. Gr.).
- Juillet 1 °r 1 ih 54m i5s Juillet l7 1 ih 56m 355
- — 3 1 ih 54“ 385 — 19 111' 56“ 44“
- 5 1 ih 55“ os — 21 iih 56m 5is
- 7 1 ih 55“ i' s — 23 111' 56“ 56s
- 9 1 ih 55m 3,,s — 2 5 1 ih 56m 585
- 11 1 ih 55m 5(is — 27 1ih56“ 09
- i3 1 ih 56m 11s — 29 11h 56™ 56s
- — 15 1 ih 56™ 24' — 3i nh5n“ 5‘V
- Parallaxe et distance. — Voici la valeur de ces éléments pour le mois de juillet :
- Dates. Parallaxe horizontale. Distance.
- Juillet 14 8",66 151 960000 km
- — 29 8", 67 x 51 780000 —
- Lumière zodiacale. — En raison de la grande longueur des jours, il n’est guère possible d’observer la lumière zodiacale pendant ce mois.
- Eclipse partielle de Soleil. — Une petite éclipse partielle de Soleil se produira le 3i juillet. Elle sera invisible à Paris. La grandeur maxima de l’éclipse sera de 0,192, le diamètre du Soleil étant égal à un. Elle se produira à 19+7™ 8, dans le lieu dont les coordonnées sont : longitude Ouest (de Paris) =149° 18'; latitude Sud = 70° i3'.
- L’éclipse sera visible au Sud de l’Océan Pacifique et dans les terres polaires du Sud. Elle aura bien peu d’observateurs.
- II. Lune. — Yoici les phases de la Lune pour le mois de juillet :
- N. L. le 2, à 5h 35ra P. Q. le 9, à 2ih 46“
- P. L. le 16, à 1ih49m D. Q. le a3, à i6h36m
- Age de la Lune, le ier juillet, à midi = 281,9; Ie 2. =oJ,3. Pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 2 et pour une heure considérée, d’ajouter 0+417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet : le 2 = -(- 19° î 2' ; le 15 = — 190 31 ' ; le 29 = 4-19° 3o'. On sait que ces dales sont celles de la plus grande et de la plus faible hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon de tous les points de la Terre, lorsqu’elle passe au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 14 juillet, à 22h. Parallaxe = 6o'48". Distance = 360 860 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 27 juillet, à oh. Parallaxe = 54' 6". Distance = 4°5 320 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 4 juillet, occultation de o1 Cancer’(gr. 5,1 ), de 19''38“ à aoh34”.
- Le 12, occultation de 49 Balance (gr. 5,4), de aih55m à 22h 36“.
- Le i3, occultation de 29 Ophiuchus (gr. 6,4), de 2ih 3o“ à 2 a1' 43™.
- Marées, Mascaret. —Los plus fortes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune vers le 16 juillet. Yoici le tableau de ces plus grandes marées (heure de la pleine mer) pour Brest :
- Fig. 1. — Appareil pour la photographie des étojles filantes, employé par M. J. Sykora.
- Chambre ordinaire avec objectif de grande ouverture, fixée sur support à inclinaison variable.
- L’ombre projetée sur le sol par un fil à plomb, juste à ces heures, indique exactement la direction du méri-dien.
- Observations physiques. — Actuellement, le Soleil est en période de minimum. Raison de plus pour l’observer, car la fixation de la date de ce minimum est importante. Nous continuons ci-après les éphémérides pour l’observation physique du Soleil (voir le « Bulletin astronomique » pour janvier).
- Dates. P L0
- Juillet 4 — i°, 20 + 30,34 3 44°-9°
- ; 9 + >°,o7 + 3o,86 2780,72
- i4 + 30,32 + 4°, 36 212°,55
- — '9 4- 50.54 + 4°, 82 146°, 39
- — 24 + 7°>69 + 50,26 800,24
- — 29 + 9°,78 + 50,66 140,10
- 1. Les heures données en ce Bulletin sont exprimées en temps moyen légal, compté de oh à 244 à partir de minuit, c’est-à-dire en temps de Greenwich, Pendant la période
- Dates Marée du matin. Heures. Goel'licient. Marée du soir. Heures. Coefficient.
- Juillet 16 3+5“ om,94 i5h5i“ °m>97
- — l’- 4h 16“ on>9 i6h4t“ im,oo
- — in 5h 5“ i“,oo 17h 29“ °m»99
- — *9 5h5i“ o1”, 97 i8hi4m o“,g3
- On voit que l’amplitude de ces marees est assez faible
- et par suite, le phénomène du mascaret ne se produira que très faiblement en juillet.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1924, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de juillet 1924.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil,
- d’application de Vheure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici.
- 2. Yoir L’Astronomie, février 1924 ; « La photographie des étoiles filantes, par J. Sykora,
- p.r170 - vue 644/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à au Méridien de Paris (*) à sion et VISIBILITÉ
- JUILLET Paris. Paris. droite. son. apparent. étoile voisine.
- , 5 3” 55“ 1U 55“ 0' i9h 54“ 6h 57“ -j- 22® 48' 3i' 3i"2 Gémeaux
- Soleil . . . 15 4 4 11 5 G *9 48 7 38 + 21 3 2 31 3 1,2 Gémeaux »
- 25 4 j 6 11 56 58 >9 37 8 18 + 19 40 3i 3a,4 Cancer
- 5 3 48 11 54 20 I 6 56 + 24 10 5,0 e Gémeaux
- Mercure. . 15 4 57 12 44 20 32 8 2 6 + . 7 5,2 y Cancer Inobservable.
- , ‘2 5 6 I i3 ll 20 33' 9 38 + *5. 25 5,6 Lion
- Yénus. . . ! 4 ar> 3 2 2 5 0 58 '7 11 10 9 27 28 44 *9 O O 4 58 12 6 6 6 32 11 5 + 19 + 17 + 17 15 59 32 60.4 53.4 46.4 y Gémeaux 69 Orion 69 Orion Le matin, à la fin du mois.
- 5 22 33 3 26 8 l8 22 26 — 14 5i 18,0 t Yerseau \
- Mars. . . i 15 2 2 2 2 54 7 47 2 2 34 — 14 46 !9>8 t Verseau Presque toute la nuit.
- ' 2 5 r2 I 27 2 18 7 9 22 38 — i5 5 21,8 ô Yerseau
- Jupiter. . . i5 iG 38 2 0 54 I 10 16 37 — 21 3i 40,8 w Scorpion Première moitié de là nuit.
- Saturne . . i5 1 ‘2 3o 17 57 2 3 24 i3 39 — 7 4o i5,4 m Vierge Le soir.
- Uranus. . . 16 2 i ‘1 3 45 9 2 9 23 3o — 4 9 3,4 <p Yerseau Seconde partie de la nuit.
- Neptune. . 15 6 29 13 44 ‘2 I 0 9 26 + 0 22 2 >4 7 Lion Inobservable.
- i. Cette colonne donne L'heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- le 5 juillet, à 181'. Il sera inobservable pendant tout le mois.
- Nous continuons néanmoins le tableau de la phase et de l’éclat stellaire, faisant suite à celui du mois dernier :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juillet 4 0,99 — 1,8
- — 9 0,98 — i,5
- — O 0,93 — 1,0“
- — *9 0,86 — 0,6
- — 24 0,80 — o,3
- — 29 0,73 0,0
- Vénus, qui parait si brillamment nos soirées depuis plusieurs mois, sera en conjonction inférieure avec le Soleil, le Ier juillet, à nh. Elle deviendra ensuite étoile du matin, et on pourra la revoir, à la fin du mois, avant le lever du Soleil.
- En raison de son brillant éclat, on peut rechercher Yénus au moment de sa conjonction inférieure et la suivre très près du Sjleil. On l’a ainsi vue, parfois, sous la forme d’un très mince croissant lumineux, de plus de i8oü d’amplitude. Pour faire cette observation, il faut un ciel très pur, et observer le plus haut possible au-dessus de l’horizon, c’est-à-dire eu plein jour. Une monture équatoriale est ainsi nécessaire pour trouver la brillante planète perdue dans les rayons solaires.
- Nous continuons ci-dessous le tableau de^a phase et de la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- 4 0,01 — 3,o
- 9 o,o3 -3,4
- i4 0,06 -3,7
- >9 0,10 -3,9
- 24 0, i5 — 4.i
- 29 0,20 — 4,2
- Mars est admirablement placé pour les observations et les vrais aréophiles ne perdront plus une soirée de beau temps. Rappelons que pour faire des observations utiles de Mars, il faut un grand instrument. Mais, heureusement pour l’amateur du ciel, on peut, avec des instruments moyens, voir déjà beaucoup de détails sur ce monde voisin. Pour l’orientation des dessins et l’identification des détails avec un planisphère, le tableau oi-après, extrait de Y American Ephemeris, sera particulièrement utile :
- Angle de Latitude Angle de
- Dates. position du position Eclat
- — de l’axe. centre. Diamètre. Phase^de Ja phase, stellaire.
- Juillet i5 34;°,3 — i4°,5 20".a i",3 a54°,2 —1,8
- — 3i 347°,1 —ï7°,6 a3"i, o",7 260°,5 —2,3
- Yoici les heures du passage du méridien zéro (oc) de Mars par le centre du disque. Ce méridien zéro de Mars
- est celui de la Baie fourchue du Méridien ou Sinus Sabæus. En remarquant que la planète Mars tourne à raison de o°,24 par minute et de i4°,62 par heure, on pourra, au moyen du tableau suivant, connaître exactement la partie du disque tournée vers la Terre au moment de l’observation.
- Date S. l'a ssngr Date S. !' ISSilflO.
- Juillet I er 14“ 5o“ ,4 Juillet *7 • o1’ 23“,3
- — 0 0 16h y m ,4 — >9 ih 38“,8
- — 5 1711 24"’ A — 21 211 54m,i
- — 7 i8h 40™ ,9 — 23 4h 9” A
- — 9 i9h 57” ,4 — 25 511 a3m, 9
- —„ 11 ai11 i3,n — 27 6" 38“,5
- — i3 2 211 29“ ,6 — 29 _li 7 52“, 8
- — i5 2 3" 45"’ .5 — 31 9" G“,9
- Si l’on veut connaître d’avancé les modifications probables de la surface de Mars au cours de la prochaine opposition, on consultera avec fruit une éphéméride que vient de publier M. E.-M. Antoniadi, dans VAstronomie de mai 1924, éphéméride basée sur l’ensemble des observations depuis un grand nombre d’années.
- Jupiter, dont l’opposition a eu lieu au début du mois dernier, est encore visible en d’excellentes conditions. On en profitera pour suivre les si curieuses évolutions de ses quatre principaux satellites, que nous résumons dans le tableau ci-après. La plus petite lunette suffit pour voir ces phénomènes.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Juillet Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Juillet Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 2Ih 44“ III P. c. i3 21h 36“ I P.f.
- 2 O 2 III p.f. i3 22 27 I O.f.
- 2 O 5 III O.c 19 20 5o III Em.
- 3 2 2 4> II Im. 19 22 8 11 P.c.
- 4 a 3 11 I P. c. >9 2 2 11 III E. c.
- 4 23 51 I O.c. 19 2 3 58 11 O.c.
- 5 20 27 I Im. 20 2 I i3 I P. c.
- 5 2 I i3 II O.f. 20 2 2 10 I 0. c.
- 5 23 20 I E.f. 20 23 24 I P.f.
- 6 20' 3a I O.f. 21 21 0 II E.f.
- 12 20 43 III E. f. 2 r 21 37 I E.f.
- 12 2 I 23 II O.c. 26 22 1 III Im.
- I 2 22 10 II P.f. 27 23 2 I P. c.
- I 36 22 14 I Im. 28 20 17 I Im.
- I 2 23 47 II O.f. »9 »0 46 I 0. f.
- i3 20 i5 1 O.c.
- p.2x171 - vue 645/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Saturne est visible dès l’arrivée de la nuit. Voici les
- éléments de l’anneau à la date du 15 juillet :
- Grand axe extérieur . . ................... 38r', 78
- Petit axe extérieur........................ -f- 9",60
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. -f-i402O
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... +i6°34
- On pourra rechercher Titan, le plus brillant des satellites, au moment de ses élongations :
- Élongation
- Dates. Orientale. Occidentale
- Juillet 7 — 2°h,9
- — 15 20h,4
- — a3 — 20h,0
- — 31 CO —
- Uranus est surtout visible après minuit. On le trouvera au moyen de sa position donnée plus haut au tableau des planètes.
- Neptune est inobservable.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le ior, à aoh, Mercure en conjonct. avec la Lune, à 40 43' N. Le 2, à 3b, Vénus — — la Lune, à o° 6'N.
- Le 3, à 6h, Mercure Le 5, à iob, Neptune Le 10, à 1 ih, Saturne Le i3, à 1411, Jupiter Le 19, à i3h, Mars Le 20, à i3h, Uranus Le 23, à 2111, Mercure Le 28, à 19^, Vénus
- Vénus, à 4° 407 N. la Lune, à o° 43' N. la Lune, à 20 1 2' S. la Lune, à 40 27' S. la Lune, à 40 447 S. la Lune, à i° 46' N. Neptune, à i° 10' N. la Lune, à i° 45' S.
- Etoiles filantes. — Du 23 au 25 juillet, étoiles filantes. Radiant près de (3 Persée.
- Du 25 au 28 juillet, radiant près de 1 Pégase.
- Du 26 au 29 juillet, radiant près de ô Poisson Austral.
- Le 27 juillet, radiant près de ô Andromède.
- Du 25 au 3o juillet, radiant près de ô Verseau : Aqua-rides.
- Du 27 juillet au 4 août, radiant près de (3 Triangle.
- Le 3i juillet, radiant près a Cygne.
- On doit signaler, vers le 8 juillet, le début de la chute des Perséides. Radiant initial vers 0 Cassiopée.
- Etoiles variables. — Minimum de l'étoile variable Algol (p Persée). Le 18 juillet, à 3h3m; le 20, à 23h5i,n.
- Etoile Polaire. — Heures du passage de l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- Halo:
- Passage supérieur.
- Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- Juillet 9 — 19
- 29
- 6“ 17“ 8S 511 38m is 4h 58ra 53’
- 7h 8m 33s,6
- 7b 47m 59*,2 8b 27” 24%7
- V. Constellations. — L’aspect du ciel le i‘r juillet, à 21b, est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; Hercule; le Bouvier.
- Au Nord : La Petite Ourse: Cassiopée; le Cocher et Capella à l’horizon.
- A l’Est : Le Dauphin; la Flèche: la Lyre; l’Aigle; le Cygne; le Capricorne; le Sagittaire (au Sud-Est).
- Au Sud : La Couronne; le Serpent; Ophiuchus ; la Balance ; le Scorpion
- A l’Ouest : La Grande Ourse; les Chiens de chasse; la Chevelure; le Lion; la Vierge. Em. Touchet.
- 1*0
- HYGIENE ET SANTÉ
- OÊL
- ess;
- L'ASPERGE ET L'HYGIÈNE
- Les anciens consommaient, sous le nom d’asperges {asparàgi), les jeunes tiges comestibles d'un certain nombre de végétaux. On réserve aujourd’hui nette dénomination aux diverses variétés de VAsparagus officina-lis, plante monocotylédonée, originaire cF’Asie, mais parfaitement acclimatée en Europe, dont les caractères essentiels sont ceux des Liliacées, et dont la culture, notamment dans la région parisienne, a atteint un très grand degré de perfection. La partie comestible de i’asperge est la jeune tige ou turion, que l’on utilise, soit en branches, soit en pointes, c’est-à-dire réduite au bourgeon terminal, et qui peut être accommodée de multiples façons.
- Propriétés de l’asperge. — L’asperge n’est pas seulement employée à l’alimentation; les turions et les radicules contiennent un principe essentiel cristallisable, l’asparagine, résine âcre et visqueuse, dont les propriétés ont été exploitées en thérapeutique. Indépendamment de l’asparagine, l’asperge renferme des sels minéraux, qui sont principalement l’acétate et le phosphate de potasse. Avec les racines d’ache, de fenouil, de persil et de petit houx, les radicules sèches d’asperge constituent les « cinq espèces » diurétiques ou apéritives. On prépare, avec ces substances, le sirop des cinq racines, et, de plus, la tisane de raeine sèche d’asperge, l’extrait de racine fraîche pilée ou le sirop de pointes d’asperges sont des préparations officinales inscrites au Codex, auxquelles les médecins ont encore parfois recours.
- Action de l’asperge sur la circulation. —- En dehors de ses vertus apéritives (attribuées à l’amertume des espèces non cultivées et qui sont très discutables) l’asperge possède une action combinée moins hypothétique sur la circulation et sur le rein. Son rôle vis-à-vis du cœur est comparable à celui de la digitale; mais.il est beaucoup moins marqué. Comme la digitale, elle modère et régularise le rythme cardiaque, sans irriter les voies digestives, et certains praticiens l’ont appelée la digitale des enfants. D’autre part, elle augmente la sécrétion urinaire.
- Son influence sur la diurèse se manifeste d’une manière évidente pour les gens les moins avertis, par
- l’odeur caractéristique qui se dégage de l’urine au bout d’un temps très court après l’ingestion (moins d’une heure dans quelques cas). On ne sait encore exactement à quoi attribuer cette particularité. L’asparagine n’en serait pas la cause, puisque Rabuteau n’a constaté aucune odeur dans ses propres urines plusieurs heures après avoir absorbé, dans 100 gr. d’eau, 2 gr. de cette substance.
- Pour ne rien omettre des indications thérapeutiques de l’asperge, faut-il rappeler, à titre de curiosité, que vers 1860, un médecin grec a considéré l’asperge comme un remède contre la rage ? Les malades du docteur Chairétès n’ont pas guéri, mais, traités par l’asperge, leur mort fut plus douce. A une époque où l’on signale un peu partout la recrudescence de la rage canine, ce n’est pas sans hésitation que nous mentionnons cette tentative thérapeutique tombée dans un juste oubli, et qui, mal interprétée, risquerait d’éloigner les patients de l'inoculation pastorienne.
- L’asperge est-elle dangereuse? — Si l’asperge est un aliment agréable et possède en outre, à des doses et sous des formes pharmaceutiques nettement déterminées, certains effets thérapeutiques, son ingestion est-elle toujours exempte de dangers ? Le public éprouve, à l'égard de l’asperge, une certaine méfiance et la classe volontiers parmi les mets qu’il faut p'oscrire du régime des personnes qui ne sont pas en état de parfaite santé. Quelques observations médicales ont contribué à entretenir cet état d’esprit : il ne faut n'en exagérer.
- A un moment donné, on a considéré l’asperge comme susceptible de favoriser les rechutes du rhumatisme articulaire aigu; mais chez les rhumatisants, les rechutes sont fréquentes, et, dans les cas où l’ingestion d’asperges a pu être incriminée, il s’est vraisemblablement agi d’une coïncidence. Ce qui paraît mieux démontré, c’est que, parfois, l’iulluence excitatrice de l’asperge sur l’appareil urinaire entraîne des conséquences regrettables. Si l’asperge est diurétique, c’est-à-dire si elle augmente la quantité de l’urine excrétée par le rein, elle détermine, dans cette urine, des modifications irritatives pour la vessie et pour l’urèthre; l’odeur très spéciale à laquelle nous avons déjà fait
- p.2x172 - vue 646/688
-
-
-
- »
- BOITE AUX LETTRES
- T. S. F. — M. Foutrier, à Paris. — Aucun des montages que vous indiquez pour un amplificateur à basse fréquence n’est exact. Consultez un manuel de T. S. F. : La Pratique radioélectrique ou La T. S. F. des Amateurs.
- M. Georges Marrel, à Rive-de-Giers (Loire). — L’introduction d’une capacité en série dans votre antenne ne doit pas, à notre avis, diminuer sensiblement le rendement. Il n’y aurait pas inconvénient à augmenter sa longueur eu gardant le condensateur en série. Généralement l’accrochage est irrégulier dans un appareil Reinartz, lorsque l’antenne est trop longue ou a une capacité trop grande. Il serait possible de supprimer un fil de votre antenne qui en possède trois parallèles.
- M. le capitaine Fauchon, à Abidjan (Côte-d’Ivoire). •— i° Vous pourriez améliorer votre réception en employant des nouvelles lampes à faible consommation;
- 2° Votre amplificateur étant destiné à la réception des signaux émis sur grande longueur d’onde ne peut vous permettre l’essai d'audition des signaux horaires de la Tour Eiffel. Il faudrait utiliser des étages à haute fréquence, à résistance, à transformateurs semi-apériodiques ou à résonance, spécialement construits, et un cadre fractionné ou une antenne avec dispositif d’accord en Tesla. (Voir par exemple La Pratique radioélectrique) ;
- 3° Voici des adresses de constructeurs d’appareils de ce genre pour grandes distances :
- Société française radioélectrique, 79, boulevard Hauss-mann, Paris. — Société indépendante de T. S. F., 66, rue La Boëtie, à Paris. — Etablissements Radio LL, 66, rue de l’Université à Paris;
- 4° Nous ne pensons pas qu’il vous soit possible de recevoir les émissions radiotéléphoniques françaises, malgré la puissance des appareils de réception utilisés ;
- 5° Nous ne connaissons d’autre moyen qu’un système microphonique pour noter les coïncidences entre les battements envoyés par les postes et ceux de votre chronomètre. Des contacts électriques seraient évidemment préférables.
- M. Gerseil, à Melun (Seine-et-Marne). — i° Vous avez tout à fait raison de signaler la particularité inexacte relative aux accumulateurs, nous vous en remercions, et cette erreur a du reste été rectifiée dans la deuxième édition du livre ;
- 2° Le poste de réception que vous nous indiquez doit donner d’excellents résultats s’il est bien monté ;
- 3“ Les transformateurs que vous désignez ont un noyau de fer droit, c’est-à-dire que leur circuit magnétique n’est pas fermé. Néanmoins, les auditions qu’ils permettent d’obtenir peuvent être satisfaisantes;
- 4° Le mode d’accord que vous indiquez est excellent. Il est seulement bien évident que, si l’amplificateur employé comprend un dispositif de réaction indépendant, la troisième inductance de réaction montée sur la boîte devient inutile.
- M. P. L., à Montel de Gélar (Puy-de-Dôme). — i° Les lampes à faible consommation actuelles sont pratiques et permettent d’obtenir des résultats au moins aussi bons qu'avec des lampes ordinaires. Il faut seulement prendre 3a précaution d’uliliser un rhéostat de chauffage plus résistant (une vingtaine d’ohms);
- 20 On peut alimenter directement ces lampes avec des piles au chlorure d’ammonium, Guéraud, etc. (Voir les chroniques de La Nature « Les piles en T. S. F. »). ou mieux utiliser ces piles pour charger un petit accumulateur. Ce dernier moyen vous permettrait d’employer aussi des lampes ordinaires.
- Utilisez dans ce cas des piles à dépolarisation par l’air type Dubois ou Féry;
- 3° Avec un cadre de 2 m., la réception des émissions radiotéléphoniques est à peu près assurée si votre amplificateur est bien monté. (Voir I.a Pratique radioélectrique, par exemple.) L’emploi d’une deuxième lampe à haute fréquence avant la détection permettrait l’emploi du haut-parleur ;
- 4° Voici des adresses de constructeurs de lampes à faible consommation :
- Lampes « Métal », 56, rue La Boëtie, Paris, — La « Radiotechnique »,yj3, avenue de Friedland, Paris.
- m
- BENEDICTINE
- iSz grranc!<s fiqueur française J
- N
- PILES SECHES
- (Qualité supérieur»)
- ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES
- SOCIÉTÉ HEINZ
- 2, Itao Troaekat, Parle.
- V
- TéMyfc. Castrai 42-54. Uslae à Sai»t-Ouca ÇSeim*. Rtg. C. t Paria 49.161.
- MASSON ET Os Éditeurs, boul. Salnt-G«rmaln, 120, PARIS.
- Les Recettes et Procédés utiles de “ La Nature ff
- Cinq volumes in-8, reliés toile.
- Chaque volume séparément... 6 fr.
- La Maison — L’Âtelisr — Le Laboratoire La Campagne — Les Sports
- POUR LES DÉBUTANTS
- GLYPHOSCOPE
- JUMELLE STÉRÉOSCOPIQUE
- 45 X fl 07
- Jumelle stéréoscopique établie par la Maison du
- VÊRASCOPE RICHARD
- 40, RUE HALÉVY (Opéra) - PARES Étant RÉVERSIBLE, il économise l’achat dun stéréoscope LA MOINS CHÈRE des Jumelles stéréoscopiques
- TAXIPHOTE
- Les vues du Glyphoscope et du Vérascope se volent, se projettent et se classent avec le
- Envoi franco de la Notice.
- GRANDS PRIX ln ternationales
- Liège 4905 Membre du Jury
- HORS CONCOURS
- Sté Ame des Etts Jules RICHARD
- 25, rue Mélingue, Paris Rcg.c. : Seine m.227
- CI XXV &
- p.2x173 - vue 647/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- M. Samson, à Tilloy-les-Conty (Somme). — Nous vous remei'cious de votre intéressante communication relative à la réception des concerts américains et aux perfectionnements de montage des amplificateurs à résonance, à circuit oscillant accordé (tuned anode). Nous ferons connaître vos résultats à nos lecteurs, et nous leur indiquerons également vos réceptions sur antennes désaccordées.
- M. Massot, à Saint-Meen-le-Grand (Ille-et-Yilaine). — Nous pensons que vous désirez connaître la fabrication d’un diffuseur en papier ou carton pour remplacer le pavillon d’un haut-parleur. Yous pourrez trouver de nombreux détails sur cette construction dans la Revue La T. S. F. Moderney n° 44-
- M. A. Brugneaux, à Cartigny (Somme). Nous étudierons prochainement dans La Nature les montages les plus récents permettant d’utiliser directement le courant alternatif du secteur pour l’alimentation des audions d’un amplificateur.
- M. le DT Legras, à Cherbourg. — 1” Pour régler la tension de plaques, vous pourrez utiliser un potentiomètre d’environ 3ooo à 4000 ohms de résistance. {La Pratique radioélectrique, page 233) ;
- 2e Les fréquencemètres utilisés pour mesurer la fréquence des courants alternatifs ordinaires comprennent généralement une série d’anches vibrantes, dont chacune entre en vibration pour une, fréquence différente et usuelle. Il est ainsi facile de se rendre compte immédiatement quelle est la fréquence du courant qui traverse ces anches placées dans un champ magnétique. Veuillez d’ailleurs nous indiquer à quel but vous destinez ce fréquencemètre.
- M. Piriou, à Paris. — Il vaut mieux utiliser comme antenne soit un fil de canalisation électrique, si vous en avez un, soit, de préférence, une petite antenne extérieure disposée sur votre balcon. Une antenne en nappe à deux fils de ro m., aussi éloignée que possible de la balustrade métallique, conviendrait bien. Mais il est alors inutile de conserver un condensateur fixe en série dans le primaire de votre Tesla.
- DE HAUTE PRÉCISION
- (Anciens Établissements Xjaconr-Bertiiiot)
- 125 à 133, Boulevard Davout, PARIS
- Reg. du Comm. : Seine 105.874
- Appareils et Objectifs photographiques “ S. O. M.-BERTHIOT ”
- Longues-vues à plusieurs grossissements _ Microscopes ** S. O. M.-KQRlTSKA ” Appareils de Visée et de Géodésie Appareils de Sismologie - Instruments d’Astronomie Appareils pour VArmée et la Marine : Télémètres — Périscopes—Appareils de Visée, etc.
- NOTICES ET CATALOGUES SUR DEMANDE
- M. le D'' Roussin, à Montélimar. —Votre intéressante communication relative à dés essais d'émissions sur ondes courtes va bientôt paraître, et nous ferons la rectification que vous indiquez.
- M. le professeur Giorgi, à Locarno (Suisse). — Nous regrettons de ne pouvoir vous indiquer l’adre-se que vous nous demandez, ne connaissant pas la maison dont il s’agit.
- M. Lufialla, à Adana (Turquie d’Asie). — La récep-lion nous semble possible avec un dispositif superhétérodyne. Une antenne en nappe à deux ou trois fils pourrait convenir, ou mieux une antenne en prisme. (Voir par exemple La Pratique radioélectrique.) Employez au maximum, après la première détectrice, 4 étages à haute fréquence à résistances (dont le dernier autodétecteur) et a étages à basse fréquence à transformateurs. Il est presque impossible pour un amateur d’utiliser un plus grand nombre d’étages et le résultat ne serait pas meilleur.
- On peut faire précéder la première détectrice d’un ou deux étages à haute fréquence,
- M. le Br Mestral, à Lausanne (Suisse). — i° Vos résultats de réception sur cadre sont intéressants, et nous vous remercions de nous les avoir communiqués ;
- Vous pouvez diminuer la longueur totale des spires de votre cadre pour ondes courtes, une longueur de 4o m, est suffisante.
- D’un autre côté, si vos étages à haute fréquence sont à liaison par résistance, l’amplification est meilleure pour la réception des émissions de 49^ m. de longueur d’onde que pour la réception des émissions sur 35o m. ;
- 3° Un ondemètre ne peut servir de boîte d’accord. A la rigueur l’inverse est possible, et un Tesla avec secondaire étalonné permet quelques indications. Mais il est encore préférable d’utiliser un ondemètre séparé. .La marque que vous indiquez est excellente ;
- 4° Vous pourriez remplacer votre fil de cadre 8/io de millimètre simple par du fil doublé ou triplé. L’adoption de câble à brins divisés permettrait de bons résultats, mais l’amélioralion ne serait pas extrêmement sensible.
- La Borne “ INDEX ”
- Brevetée S. G. D. G. Evite toutes les erreurs. Elle est élégante et indique clairement le circuit auquel elle est reliée. El e se fait avec bouton molleté en laiton ou ébonite polie, vernie ou nickelée.
- Avec LE MORSOPHONE
- X E morsophonola
- brevetés S. G. D. G. déposés. On apprend à lire au son en quelques heures. Indispensable aux W Jeunes gens pour passer avec succès
- l’examen militaire de Lecteur au son. Nombreuses attestations. Références dans le Monde entier.
- Médaille de Vermeil. Concours Lépine 1913.
- LA BOITE DE L’AMATEUR déposée. Contient tout ce qui est nécessaire à l’Amateur pour construire ses appareils : vis, rondelles, écrous, plots, pièces détachées pour condensateurs, etc., etc.
- ENVOI r™ contre 0.7S en timbres-poste des notices donnant tous renseignu sur la Borne Index, la description du Morso-phone et Morsopkonolaet la comp°”des diffumod"1' de Boîtes de l'Amateur. Oh BCHM1D, Place de la Gare BAR LE bDC. r—r- Reg. C. : Bar-le-Duc i359.
- Petites Annonces
- réservées aux offres, demandes et échanges d’objets divers, aux offres et demandes d’emplois. Il n'y est inséré aucune annonce commerciale.
- Le prix de la ligne de 5o lettres ou signes est de A fr. [2 fr. 50 poiir les abonnés qui devront joindre la bande d’abonnement à la demande d’insertion).
- Les demandes doivent nous parvenir io jours avant la date d'apparition du Journal, acconwagnées du mandat ou du chèque nécessaire.
- Instruments scientifiques d’occasion, à vendre, à acheter ou échanger, chez LOIîEAU, 2, rue Itené-Panharil, Paris (15'').
- Jeune homme, 27 ans, bonne instruction, éducation parfaite, connaissances commerciale''et agricnb s, recherche emploi aux colonies, Maroc, Tunisie., elc., gérance ou bonne représentation, —r Ecrire au Journal, n° 608.
- -g CLXXVI »
- p.2x174 - vue 648/688
-
-
-
- w
- HYGIÈNE ET SANTE
- TA
- allusion est la manifestation la plus commune de cette action irritante. Peu importe au consommateur dont les organes d’excrétion sont irréprochables. Sans insister sur ce point* qu’il nous suffise d’indiquer qu’il est prudent de s’abstenir de manger des asperges dans les circonstances où il faut aussi s’abstenir de boire delabière.
- En dehors de cette contre-indication très particulière, et qui s’étend à tous ceux qui souffrent d’une infection chronique des voies urinaires terminales, l’asperge n’est guère dangereuse. Tout au plus doit-on observer quelques précautions vis-à-vis des vieillards atteints d’artério-sclérose, dont le muscle cardiaque est en mauvais état, et pour qui, au point de vue thérapeutique, l’administration de la digitale serait nuisible. Enfin l’asperge est généralement inscrite par les puériculteurs sur la liste des aliments qu’il est recommandé aux nourrices de ne pas consommer, parce que les principes odorants de ces aliments sont susceptibles de passer dans le lait et de rebuter le nourrisson.
- À ces réserves près, l’asperge peut être considérée comme un aliment aussi sain qu’il est savoureux; elle fait donc, à très juste titre, pendant la saison propice, partie du régime alimentaire des sujets en bonne santé ; et au moment de la convalescence des maladies aiguës, c’est un mets tout à fait indiqué pour la période de transition qui précède le retour au régime normal. L’asperge excite l’appétit, elle est de facile digestibilité et certains médecins vont jusqu’à la recommander spécialement aux malades atteints d’affections organiques du cœur qui relèvent d’une crise aiguë d’hydropisie. A ce moment, ses propriétés diurétiques ont, en effet, les meilleures raisons d’entrer en jeu, pour le plus grand bénéfice dn patient.
- Assaisonnement — Toutefois les personnes astreintes à un régime alimentaire surveillé ne sauraient être indifférentes à la question d’assaisonnement. L’état des organes digestifs doit régler la nature de celui-ci et faire rejeter tantôt la sauce blanche, et tantôt la sauce à l’huile et au vinaigre. Dans les circonstances où les œufs sont autorisés, l’omelette aux pointes d’asperges est une préparation culinaire très recommandable aux estomacs délicats.
- Pour profiter des propriétés de l’asperge sans avoir à souffrir des inconvénients d’un assaisonnement inopportun, on peut aussi consommer le potage à l’asperge, suivant la recette des paysans de Saintonge, et en laissant les pointes dans le potage.
- Les Saintongeois utilisent même à cette fin les
- asperges de vignes, non cultivées, plus amères et plus aromatiques que les asperges de jardin, mais moins tendres. L’action apéritive et diurétique de ces asperges sauvages est certainement supérieure à celle des turions plus ou moins forcés que nous consommons d’ordinaire.
- On s’est beaucoup préoccupé de l’odeur fétide que dégage l’urine après l’ingestion des asperges. Cette odeur est un des principaux motifs de la suspicion dans laquelle l’asperge est tenue au point de vue de l’hygiène alimentaire; elle n’a cependant en soi aucune importance et, si l’on parvenait à la faire disparaître, on n’obtiendrait probablement pas du même coup la suppression de l’action irritative sur les voies urinaires.
- On a pendant longtemps attribué à l’essence de térébenthine un pouvoir désodorisant spécifique à l’endroit des éléments de l’asperge ayant une influence sur l’urine. C’est encore là une notion à reviser. L’essence de térébenthine communique à l'urine une odeur de violette masquant en général les odeurs désagréables des produits d’excrétion; elle a d’autre part une action antiseptique certaine, qui ralentit et suspend même les fermentations. Mais son rôle s’arrête là, et il ne semble pas que la disparition d’un caractère extérieur entraîne des conséquences plus importantes.
- En résumé, l’asperge est un végétal qui satisfait, à de rares exceptions près, aux exigences de l’hygiène alimentaire, et qui n’est contre-indiquée que dans un petit nombre de cas ; elle possède par ailleurs une action régulatrice sur la circulation et sur la diurèse, qui l’a fait utiliser dans la thérapeutique, et dont les consommateurs peuvent bénéficier, en incorporant l’asperge à leur régime alimentaire normal.
- Le principal inconvénient de l’asperge est d’irriter les voies urinaires de quelques malades atteints d’infection de ces organes; mais si l’odeur désagréable qui se dégage de l’urine à la suite de l’absorption de ce légume est un des signes extérieurs de son action sur les sécrétions, il ne s’ensuit pas que la disparition de cette odeur doive supprimer tout danger à cet égard.
- Dire d’un aliment qu’il est généralement sain, d’assimilation facile, et que l’organisme peut même, à la rigueur, tirer profit des propriétés de certains de ses éléments constituants, n’implique pas que cet aliment possède une haute valeur nutritive. Or, la valeur nutritive de l’asperge est assez faible, mais c’est là une autre question. Francs Marre,
- Chimiste expert près la Cour d’appel de l’avis et les Tribunaux de la Seine.
- <
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui j parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M F.,k Chenu, Sarthe. — Pour empêcher les vrillettes de poursuivre la destruction de vos meubles anciens, il faut introduire dans les trous, au moyeu d’une petite seringue, quelques gouttes d’une solution de sublimé ainsi constituée :
- Bichlorure de mercure. . 5 grammes.
- Sel de cuisine............ 5 —
- Eau bouillante............100 —
- Après dissolution, colorer par une trace de violet de Paris, pour éviter toute confusion, le sublimé étant un poison violent.
- Le liquide ayant été absorbé et le bois étant bien sec, reboucher les trous avec la composition suivante :
- Cire jaune................35o grammes.
- Résine en poudre .... aoo —
- Suif....................... 5o —"
- Fondre à douce chaleur, rendre homogène et incorporer :
- Blanc d’Espagne pulvérisé. 4oo grammes. Suivant la couleur du meuble, teinter le mélange par addition d’une petite quantité d’ocre jaune ou rouge,
- nuancée par une pointe de noir de fumée. Au moment de l’emploi, ramollir en chauffant légèrement.
- M. Gianola, à Thonon. — Le perçage industriel des lames de verre ou de cristal s’effectue au moyeu de n’importe quel système de machine à forer utilisée dans les ateliers de mécanique, mais le foret est remplacé par un tube en cuivre de diamètre correspondant à celui du trou à percer. La glace est posée bien à plat sur deux ou trois épaisseurs de drap et pendant toute la durée de l’opération on remplit le tube d’un mélange d’eau et d’émeri fin. Dans ces conditions la vitesse de rotation de l’outil n’a qu’une importance secondaire, et influe seulement sur la rapidité du travail. Ce procédé que l’on emploie de préférence dans l’industrie présente le grand avantage de réduire au minimum les probabilités de rupture de la glace, cependant, on peut se servir, mais avec de plus grands risques, d’outils d’acier trempés très durs en les portant au rouge et en les enfonçant aussitôt dans un morceau de plomb. Pour les raisons précédentes, cette méthode n’est guère appliquée que pour le perçage de petits trous. Comme liquide favorisant la morsure de l’outil, on se sert dans ce cas d’essence de térébenthine camphrée ou mieux encore, ainsi que l’a indiqué M. Denigès, de la composi-
- tion ci-dessous :
- Benzine..................... 100 c. c.
- Camphre..................... 10 gr.
- Huile d’a mandes deuçç , . . , 3o c. ç.
- 40M74Jafr
- p.r175 - vue 649/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- Avoir soin de ne pas pousser, d’abord plus loin que sur la moitié de l’épaisseur, puis retourner ensuite la plaque et l’attaquer sur l’autre face, on évite ainsi le bris ou tout au moins l’éclatement qui se produirait au moment où l’oulil passerait de l’autre côté.
- M. Richard, à Paris. — On réussit généralement à débarrasser le zinc de piles Leclancké du dépôt d’oxychlorure de zinc en utilisant la propriété des sels de zinc d’être solubles dans 1 ammoniaque. Pour cela, après avoir bien lavé les zincs et les avoir débarrassés au couteau de la majeure partie des concrétions, on les plonge dans l’eau ammoniacale au dixième et on les y laisse séjourner jusqu’à ce que la croûte ait disparu. Finalement on rince à l’eau pure.
- M. G. Hess, au Havre — Actuellement, la plupart des extincteurs d’incendie sont basés sur les mêmes principes et nous ne saurions recommander une maison plutôt qu’une autre ; vous trouverez dans le Bottin, pages 1808 à 1816, toute une liste d’appareils parmi lesquels il vous sera facile de choisir.
- M. P. B., à Péronne. — i° Le Cod liver oil ne figure pas dans les notes explicatives du tarif des Douanes, parmi les spécialités étrangères dont l’importation est interdite.
- 2“ Le produit désigné sous le nom de Méta est la métaldéhyde dont la formule est C6H1203, elle résulte de la polymérisation de trois molécules d’aldéhyde éthylique ou éthanal C2H40. La métaldéhyde se sublime sans fondre vers 1200 et libère par dépolymérisation de l’aldéhyde susceptible de brûler sans fumée en dégageant de la chaleur, ce qui l’a fait lancer sous forme de comprimés très maniables par la Société du Méta, y, rue de Milan, pour remplacer les lampes à alcool de voyage; il suffît en effet d’allumer une tablette pour avoir une source de chaleur immédiatement utilisable pour bouilloire, fer à friser, etc. La légère odeur que l’on constate pendant la combustion est due à un peu d’aldéhyde non brûlée qui est sans inconvénient. (Voir l’article Le charbon blanc, La Nature, n" 2540, 9 déc. 1922.)
- M. Castex, à Prades, Pyrénées-Orientales. — Vous éviterez le collage des robinets à gaz en opérant de la manière suivante : Enlever la vis de serrage qui se trouve à la partie inférieure et après avoir retiré la contre-plaque nettoyer soigneusement avec un chiffon doux, imbibé d’essence minérale, toutes les parties frottantes, puis, avant de remettre en place, graisser avec la mixture ci-dessous rendue homogène par fusion :
- Paraffine . .............. 5o grammes.
- Vaseline................ 5o —
- Graphite impalpable. . . 5 —
- M. Legrand, à Paris. — Si l’encre s’étale, cela tient à ce que votre papier est mal encollé, peut-être pas du tout, le mieux est de passer préalablement ce papier dans une solution tiède de gélatine à 1 pour 100, puis de laisser sécher avant de le placer sur le tambour de l’enregistreur. Quant à la fluidité de l’encre elle peut être modifiée à volonté, la proportion de glycérine pouvant être portée à /\o pour 100 dans les encres ayant cette destination.
- M. Labat, à Lisbonne. — La formule qui suit vous donnera très probablement satisfaction pour préparer un brillant pour métaux :
- Eau non calcaire...................100 gr.
- Savon de Marseille en copeaux . 20 —
- Alcali volatil..................... 10 —
- Tripoli............................ 5o -
- Faire dissoudre au bain-marie, le savon dans l'eau, laisser refroidir et ajouter progressivement le tripoli de façon à avoir une pâte homogène, enfin en dernier lieu l’alcali volatil. Parfumer, si on le désire, par quelques gouttes d’essence de mirbane qui masquent l’odeur de l’ammoniaque.
- M. Lange, à Louvain, Belgique. — La fabrication de la margarine consiste essentiellement à émulsionner un corps gras dans du petit lait, puis à écrémer ce lait artificiel pour obtenir par barattage une sorte de beurre. Il s’agit donc en réalité d’opérations mécaniques qui ne peuvent être effectuées qu’en usine, il ne faut donc pas songer à une solution du genre de celle que vous aviez en vue.
- M. LLoudebine, à Gonnord. — i° La classification des métaux est analogue à celle des métalloïdes et basée comme cette dernière sur la valence, mais les combinaisons que forment les métaux avec l’hydrogène étant
- rares et peu stables, on a recours pour établir la valence d’un métal au nombre d’atomes de chlore qui s’unissent à un atome du métal. C’est ainsi que le potassium, l’argent, etc., qui fixent un atome de chlore, sont monovalents, le calcium, le plomb fixant deux atomes de chlore sont divalents.. Cette classification ne présente d’inconvénients que si le métal forme avec le chlore plusieurs combinaisons définies, il y a alors incertitude sur sa valence, mais ce n’est pas le cas de l’argent. Malgré ses imperfections, ce système est celui qui respecte le mieux les analogies chimiques, c’est pourquoi il est généralement préféré.
- 20 La notion de zéro absolu ne provient pas de la considération d’une échelle thermométrique basée sur la dilatation d’un corps quel qu’il soit ; cette notion n’aurait alors aucun sens physique, comme vous 1 avez très bien aperçu.
- C’est une notion qui dérive d’un principe fondamental de la thermodynamique, le principe de Carnot; celui-ci est, au fond, l’expression de l’impossibilité du mouvement perpétuel. S’il n’existait pas une limite dans l’échelle des basses températures, autrement dit si l’on pouvait toujours réaliser une température plus basse qu’une température donnée quelconque, le mouvement perpétuel serait possible, car l’on pourrait transformer de la chaleur en travail avec un rendement égal à 1. On démontre en thermodynamique que si l’on fait fonctionner une machine thermique idéale suivant un
- cycle de Carnot, le rappoit ~ entre la quantité de chaleur Q empruntée à la source chaude, et celle Qs restituée à la source froide ne dépend pas de la nature du corps qui décrit le cycle, et ne dépend que des températures de la source froide et delà source chaude. Partant de là, on arrive à définir la température absolue des corps, c’est-à-dire une température qui' n’est liée aü choix d’aucun corps thermométrique. Son zéro est nécessairement le zéro absolu; si l’on pose que la température de la glace fondante sera 273, en degrés absolus, convention parfaitement arbitraire, mais commode, l’échelle des températures absolues coïncide avec celle du thermomètre à gaz augmentée de 273. C’est ce qui fait dire que le zéro absolu est à—273° C. Cette expression n’est pas très correcte, il est seulement correct de dire que le zéro centigrade est à -[- 27 "° absolus.
- M. Lepissier, à Tunis. — Le lusoforme est une combinaison de savon et de formol renfermant environ 20 pour ico de ce dernier, c’est un liquide légèrement teinté en jaune, faiblement alcalin, soluble dans l’eau. D’après Cerbelaud. le lusoforme ala com position suivante : Oxyméthyallylesulfocarbamide . 10 gr.
- Solution de formol à 40 p. too . 5oo —
- Savon noir...................... 5o —
- Glycérine.......................200 —
- Eau distillée...................25o —
- Teinture de safran.............. 2 —
- On dissout à chaud le savon noir dans le mélange d’eau et de glycérine, puis on ajoute après refroidissement les autres substances, on agite et filtre sur papier.
- Le lusoforme est antiseptique et désinfectant, il est employé en chirurgie, en gynécologie pour les pansements en solution à 1 pour 100 et pour la stérilisation des instruments ou la désinEcction des linges en solutions à 3 pour 100. .
- Un abonné, à Lisbonne. — La destruction de la reliure de vos livres doit être attribuable à YAttagenus pellio qui, à l'état dTnsecte parfait, a 5 mm de long sur 2 de largeur. Son corps est renflé au-dessus, noir ou brun foncé avec un petit point blanc, quelquefois deux sur chaque élytre. Il se voit au printemps en mars-avril, la femelle pond ses œufs dans les fourrures, les vêtements ou les tapis, les larves sont d’un brun roux, elles ont le corps couvert de poils roussâtres et portent à leur extrémité postérieure un faisceau de soies aussi longues que le corps, elles rongent les péaux, les tapisseries et même les objets en corne. La lutte doit consister en un battage fréquent des objets à préserver, une exposition renouvelée à l’air et surtout au soleil, ce qui met én fuite les larves qui cherchent le calme et l’obscurité. Quelques vaporisations de teinture de py-rèthre (macération de poudre de pyrèthre dans l’alcool, à 10 pour 100) complètent l’opération.
- (Foir la suite pp. CLXXV, CLXXVI.)
- «ÉTÏ76 B-
- p.r176 - vue 650/688
-
-
-
- ><
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Capillarité. Phénomènes superficiels, par H. Bouasse. i vol. 438 p., 282 fig. Delagrave, éditeur, Paris, 1924.
- Les ouvrages du savant professeur de l’Université de Toulouse se suivent avec une rapidité surprenante, sans que leur intérêt diminue; chacun d’eux représente une somme énorme de documentation et un puissant effort d’exposition méthodique. L’ensemble actuellement réalisé prend figure d'une véritable encyclopédie de la physique. Dans ce nouveau volume, l'auteur débute par l’étude théorique de la tension des membranes souples, qui lui sert d’introduction à l’étude de la capillarité. Il expose les propriétés générales des lames liquides minces et fait l’étude détaillée, expérimentale et théorique des bulles de sUvon, et des systèmes laminaires de Plateau; viennent ensuite l’étude de l’ascension et de la dépression capillaires des liquides dans les tubes, celle des gouttes, complétée par un intéressant chapitre sur la caléfaction, enfin celle de l’influence de la température et de la tension électrique sur la capillarité. La théorie de la capillarité ne convient qu’aux liquides parfaitement purs, dont la surface est rigoureusement propre. Dès que les couches superficielles étudiées deviennent très minces, le rôle des impuretés devient très important, et l’on voit apparaître toute une catégorie de phénomènes superficiels qui font l’objet de la 2e partie de l’ouvrage de M. Bouasse : extension des pellicules d’huile à la surface d’un autre liquide, adsorption, émulsions. Gomme d’usage dans les ouvrages de M. Bouasse, celui-ci débute par un petit pamphlet intitulé : science et professorat.
- Résines et térébenthines. Les industries dérivées, par M. Yèzes et G. Dupont, i yoI. grand in-8, 656 pages, n3 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1924. Prix : 60 francs.
- La France est, après les Etats-Unis, le plus important producteur de térébenlhiue et colophane, produits dérivés des résines extraites surtout du pin des Landes. Longtemps, cette industrie est restée chez nous très primitive, se bornant à fournir les produits bruts. Ceux-ci étaient traités ensuite à l’étranger. Grâce aux efforts, notamment des savants chimistes de la Faculté de Bordeaux, et surtout des deux auteurs du présent ouvrage, cette situation s’est modifiée. Les térébenthines et autres produits, provenant du traitement des résines, ont été étudiés scientifiquement, au laboratoire, ainsi que les techniques de traitement. Les connaissances ainsi acquises ont été vulgarisées dans les milieux intéressés; aussi notre industrie résinière est-elle en voie de progrès. L’ouvrage de M. Yezès et Dupont, qui rassemble, dans un exposé très clair, l’essentiel de l’enseignement de l’Institut technique du Pin de Bordeaux, contribuera puissamment à accélérer cette heureuse évolution. Le livre débute par une étude rapide des principales résines naturelles, utilisées commercialement. Puis il aborde l’étude des térébenthines; il montre comment la région des Landes a été transformée par les plantations de pins, et il décrit l’exploitation de ces forêts pour la récolte de la résine ; il décrit également l’exploitation pratiquée aux Etat^-Unis. Le traitement industriel de la térébenthine brute est ensuite étudié en détail; les différents procédés en usage sont décrits et comparés. Puis nous abordons l’étude des essences de térébenthine, leurs propriétés distinctives, leur constitution chimique, les méthodes d’analyse. La colophane est étudiée dans le même esprit et fait l’objet d’un important chapitre. Cette partie de l’ouvrage se termine par un aperçu statistique sur le commerce des produits résineux. La dernière partie du livre est consacrée aux industries dérivées des résines : distillation des colophanes et brais pour produire les huiles de résines, industrie encore trop peu pratiquée en France, et qui fournit des produits lubrifiants, des graisses consistantes, des huiles d’ensimage, des huiles solubles pour le travail des métaux aux machines-outils, des , antiseptiques, des poix, etc. Un autre produit dérivé important est le noir de résine ou noir de fumée, employé dans la fabrication des encres d’imprimerie
- notamment. Les savons de résine, les résinâtes et les éthers de résines ont également de nombreuses applications et font l’objet d’un intéressant chapitre.
- Construisez donc vous-mêmes votre poste de téléphonie sans fil, par l’abbé Th. Moreux. i vol. in-16, 180 p., 69 fig. G Doin, éditeur, Paris, 1924. Prix : 6 francs.
- Sous forme d’une causerie familière, l’auteur initie un lecteur, supposé complètement ignorant, aux rudiments de l’électricité, aux mystères des ondes hertziennes et à la construction d’un poste récepteur simple.
- Les barrages de grande hauteur résistant par leur propre poids (Circulaire du 19 octobre 1923 du Ministère des Travaux publics). 1 brochure 48 pages. Léon Eyrolles, éditeur, Paris, 1928. Prix : 2 fr. 5o.
- Cette circulaire fait connaître la méthode arrêtée par le Conseil général des Ponts et Chaussées pour i’étude et l’exécution des barrages réservoirs de grande hauteur. Elle s’inspire de l’expérience acquise en ces dernières années dans ce genre de travaux, notamment dans les grands barrages américains, dont le plus audacieux, celui de Avrowrock, mesure 107 m. de haut.
- IJ allumage des moteurs d'automobiles, par G. Saur et À. Martinot de Cokdoux. i vol. 12 X! ï8 de vi-120 p., avec 1 planche, 35 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1924. Prix : 6 fr. 5o.
- Cet ouvrage donne des indications claires, précises et complètes sur les divers systèmes d’allumage des moteurs d’automobiles.
- La magnéto, haute tension la plus répandue, fait l’objet d’une étude spécialement détaillée. L’auteur étudie ensuite l’allumage par magnéto à basse tension et rupteurs, l’allumage par accumulateurs, l’allumage Ford, enfin l’allumage à haute tension (Delco).
- Faune de France. L. Pycnogonides, par E.-L. Bouvier.
- 1 vol. in-8, 71 p., 61 fig. Lechevalier, Paris, Prix :
- 8 francs.
- Les Pycnogonides sont de très curieux Articulés , qu’on rencontre dans toute la zone marine littorale, habituellement parmi les Polypes. Leur forme les rapproche des Araignées; leurs mouvements lents, leurs longues pattes grêles leur donnent un aspect tout spécial. Ils ont été fort peu étudiés en France. M. Bouvier, dans le cadre de la Faune de France, en donne une remarquable monographie. Il étudie leurs formes, leur anatomie, leur développement, leurs habitudes, discute leurs affinités, établit leur classification et leur distribution géographique, puis décrit chaque espèce en indiquant ses caractères distinctifs et son habitat. Le tout forme un intéressant chapitre de zoologie qui suscilera de nouvelles recherches.
- Histoire et Conséquences pratiques de la découverte des Vitamines, par Casimir Funic (avec la coopération de Raoul Lecoq). 1 vol. in-8, 88 pages. Yigot frères, Paris. Prix : 4 francs.
- Le rôle de premier plan joué par Funk dans la découverte des vitamines explique l’intérêt particulier qui s’attache à l’histoire faite par lui de cette découverte qui a révolutionné la science de la nutrition. Yient ensuite l’étude succincte de chacune des vitamines et des avitaminoses correspondantes : béribéri, scorbut, xérophtalmie, rachitisme et pellagre. Un important chapitre est consacré aux applications à la vie pratique des travaux sur les vitamines. On y trouvera d’utiles conseils sur le choix des aliments et leur teneur en vitamines; sur le régime de la femme,, de l’enfant et du convalescent; sur les rapporls qui unissent l’alimentation et les problèmes de la fécondité, de la dentition, des maladies infectieuses, du cancer, du diabète, etc. Ce petit livre, très clairement pensé, peut être lu par tous.
- p.2x175 - vue 651/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2618 7 Juin 1924
- INFORMAT] ON S
- Service des messages télautographiques, système Ed Belin. — Un nouveau service de correspondances télégraphiques par messages télautographiques, du système Ed Belin, bien connu de nos lecteurs, a été inauguré le ier janvier 1924 par l’Administration française des P. T. T.
- Ce service qui fonctionnait depuis cette date entre Pa ris-I.yon, Paris-Strasbourg, et vice versa, a été étendu au trafic direct Lyon-Strasbourg, et vice versa, depuis le 101 avril.
- Les « Messages télautographiques » permettent aux destinataires de recevoir la reproduction fidèle et intégrale des caractères ou dessins tracés à la plume sur la formule d’envoi.
- Aucune restriction n’est imposée et l’on accepte tout aussi bien au guichet télégraphique les textes composés en caractère d’écriture ordinaire que ceux écrits en sténographie, en une langue quelconque, telle que l’arabe, le. japonais, l’espéranto, etc., que les dessins industriels, croquis, etc.
- On a donc, dès maintenant, le moyen de correspondre télaùtographiquement avec la même certitude d’être compris qu’en employant la correspondance ordinaire par lettres. C’est un avantage précieux, qui grâce au caractère d’authenticité indiscutable du document télautogra-phique remis au destinataire lui permet l’exécution immédiate des ordres qui lui ont été transmis, sans qu’il soit nécessaire pour lui d’attendre une confirmation par lettre.
- La préparation du message exige quelques opérations particulières; tout d’abord, une encre spéciale, qu’il faut saupoudrer immédiatement avec une poudre spéciale; puis on sèche, au moyen d’un réchauffeur, en promenant lentement, d’un mouvement de va-et-vient, le document sur l’appareil, jusqu’à ce que le texte offre à la vue et au toucher l’aspect d’un relief émaillé. Les opérations peuvent se faire dans les bureaux télégraphiques, où cet outillage est mis à la disposition du public Mais, dans beaucoup de cas, il y a avantage à établir le document chez soi à tête reposée et se procurer les accessoires nécessaires. Ainsi à Paris le télau-togramme peut être acheminé au Central Télégraphique par pneumatique. On vend des tubes en carton spécial pour ce mode de transport.
- Installation de stations de T. S. P. au Gronland.
- — Les Chambres danoises viennent de voter les crédits nécessaires à l’érection de quatre stations de T. S. F. au Gronland. Une sera érigée à Angmagsalik, sur la côte orientale, à hauteur de l’Islande, et les trois autres sur la côte occidentale, à Julianehaab, Godthaab et à Godhavn, cette dernière dans lîle Disco. La station de Julianehaab sera munie d’installations assez puissantes pour pouvoir communiquer avec Reykjavik et les Faeroër. L’érection d’un poste à Angmagsalik est particulièrement intéressante au point de vue météorologique, Situé sur les bords du détroit de Danemark, par suite sur la trajectoire des cyclones qui cheminent vers le nord-est, il permettra de suivre plus complètement la marche de ces dépressions, des stations de T. S. F. existant déjà en Islande et à Jan Mayen. Cette partie de l’océan se trouve donc suffisamment encadrée de postes d’avertissement. Charles Rabot.
- Les soies artificielles. — L’industrie de la soie artificielle, d’invention française, puisqu’elle a été créée à l’origine par le comte Hilaire de Chardonnet, a pris en ces dernières années un développement intense ; la production mondiale de 1922 n’était pas inférieure à 3ocoo tonnes ; les Etats-Unis tiennent de loin la tête avec une production de 10 645 tonnes; viennent ensuite l’Allemagne avec 47-5o tonnes, l’Angleterre avec 35oo tonnes, puis la France, la Belgique, l’Italie, chacun de ces pays avec une production à peu près égale de 2800 tonnes; en 1923, les chiffres ci-dessus ont encore notablement augmenté et l’Italie surtout aurait considérablement progressé.
- Il existe actuellement de nombreux procédés pour fabriquer la soie artificielle ; ils viennent de faire l’objet d’une étude détaillée de M. Grand-Mougin dans le Génie civil.
- Le procédé le plus ancien, aujourd’hui en voie de disparition, le procédé Chardonnet donne les soies à la nitrocellulose. La cellulose soumise à l’action du mélange sulfonitrique se transforme au bout de 4 à 6 heures en cellulose tétranitrée qu’on lave à grande eau et que l’on passe à la presse pour enlever l’acide en excès. L’hydrate de nitrocellulose ainsi obtenu est dissous dans un mélange à parties égales d’alcool et d’éther. Cette solution, au préalable filtrée, est ensuite filée à travers des tubes capillaires de o, 1 à 0,2 nam., sous 5o kg de pression ; les' fils ainsi produits coagulent à l’air libre, et on laisse sécher à la température de 45° pour enlever toute trace de dissolvant. Celle soie est malheureusement instable, telles certaines poudres à la nitrocellulose, et elle est excessivement inflammable. Il faut la dénitrer par des sulfhydrates alcalins; on a alors un fil d’hydrate de cellulose pure, qui peut être teint directement par les colorants basiques.
- Un autre procédé qui tombe également en désuétude est celui dé la soie euproammoniacale. On dissout la cellulose dans la liqueur cuproammoniacale ou liqueur du Schweitzer après mercérisation par une solution alcaline. Puis la dissolution est filée dans l’acide sulfurique concentré qui retient le cuivre et l’ammoniaque. On lave à l’eau additionnée de formiate d’ammoniaque pour éliminer les dernières traces d’acide.
- Les deux procédés qui se disputent aujourd'hui le marché sont ceux de la soie à la viscose, et de la soie à Vacétate de cellulose.
- Le premier est actuellement le plus répandu, son avantage principal est de n’employer que des matières premières à bon marché. On [ art de la cellulose de la pâte à papier; onia traite par le sulfure de carbone et la soude; on obtient ainsi un xanthate de cellulose, soluble dans l’alcali dilué. La solution est filée dans un bain coagulant composé d’une solution de sulfate d’ammoniaque acide qui donne un fil d’hydrate de cellulose. Les soies viscose se teignent à peu Drès comme le colon.
- La soie à Vacétate de cellulose s obtL nt en dissolvant l’acétate de cellulose dans l’acide formique et en filant dans un bain coagulant. Cette soie a l'avantage d être moins sensible à l’humidité que la soie viscose qui perd une grande partie de sa résistance quand elle est mouillée. La soie à l’acétate est imperméable et se mouille difficilement; par contre, elle est plus difficile à teindre.
- La lutte contre les campagnols en 1923-1924. — Les ravages des campagnols ayant recommencé de façon vraiment inquiétante en 1923, l'Institut des Recherches Agronomiques du Ministère de l’Agriculture a demandé à l’Institut Pasteur si cet établissement ne pourrait pas détacher d’un de ses services uu praticien capable d’entreprendre la lutte. L’Institut Pasteur répondit au Ministère en lui signalant les travaux antérieurs du Dr Déri-béré-Desgardes sur cette question et celui-ci a été chargé en octobre iga'J d’entreprendre une nouvelle campagne. Il a successivement visité les départements qui lui étaient signalés par le Ministère, installant là où la chose était nécessaire et possible des laboratoires de fabrication du virus sur place, visitant et encourageant les centres existants, se mettant à la disposition des Directeurs des Services agricoles pour tous renseignements complémentaires, Vingt départements ont été signalés en 19 a 3 ; onze seulement pendant les premiers mois de 1924, en y comptant ceux qui, signalés antérieurement, étaient encore envahis au début de l’année; sur ce nombre, il n’y avait que deux départements dans lesquels la présence des campagnols n’avait pas été portée à la connaissance du Ministère en 1923.
- Le Dr Déribéré-Desgardes en a visité la plupart, se contentant pour les autres de se mettre en relations épistolaires avec les directeurs de Services agricoles. En effet, parfois une visite n’était pas nécessaire et une simple lettre pouvait suffire à donner les indications nécessaires. Divers services furent installés, entre autres à Rouen; un grand nombre, dus soit à 1 initiative privée,, comme à Etampes par exemple, soit aux directeurs des Services agricoles, tels qu’à Caen, Chàlons — où M. Lebrun, profitant de l’expérience acquise en 1920-1921, a
- ^ 177 g*.
- 23
- p.2x176 - vue 652/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- monté une excellente installation — Nancy, Metz, etc., furent successivement visités d’octobre à janvier. A cette époque l’invasion commença à être enrayée par les pluies continuelles et le froid ; néanmoins on signala çà et là quelques apparitions nouvelles, notamment en Gironde et en Loir-et-Cher. Fin février, des questionnaires furent adressés à tous les directeurs des services agricoles des départements qui avaient été signalés comme envahis en 1923-19341 soit en tout une vingtaine, afin de se rendre compte des résultats obtenus. Ils sont satisfaisants dans l’ensemble, mais ils font ressortir une fois de plus la nécessité : 1° d’utiliser le virus absolument frais; 20 de traiter tout, le territoire sans exception, même les friches, les terres incultes, talus de routes, de canaux, de chemins de fer, etc., ainsi que cela a toujours été recommandé et même exigé par tous les expérimentateurs. Il importe donc de faire l’éducation du public à ce sujet (voir La Nature, n* 2612).
- Les animaux de chasse et de pêche en juin. — En juin, il faut surtout réserver ses coups de fusil aux oiseaux de rapines qui détruisent beaucoup de gibier et font des déprédations importantes dans les champs et les fermes, en particulier : Y aigle fauve, dans les Alpes; Vaigle criard, dans le Midi ; l'aigle à queue barrée, en Provence; l’aigle botté, dans le Sud et le Centre; le gypaète, dans les Pyrénées; le balbuzard, dans les étangs et les lacs; le Jean-le-blanc et le pygargue, dans les régions très boisées (où il est de passage) ; le grand-duc, dans les massifs montagneux ; la buse et le buzard, un peu partout, de même que l'autour, le milan, le faucon, qui, cependant, sont moins communs ; l’épervier, le hobereau, Yémérillon, que l’on peut rencontrer n’importe où.
- Détruire tous ces oiseaux individuellement et bouleverser leurs nichées, qui sont une menace pour l’avenir.
- Quoique n’appartenant pas à l’ordre des Rapaces, comme ceux que je viens de nommer, il ne faut pas faire grâce à : la pie, grande destructrice d’oeufs, et de poussins, de perdrix et d’halbrans; le geai, pillard des nids d’oiseaux dans les bois de chênes ou de hêtres, surtout lorsque ces essences sont mélangées de résineux ; la pie-grièche, qui, cependant mérite 1 indulgence, car si elle se laisse tenter par les petites cailles et les petits oiseaux, elle détruit, par contre, aussi de nombreuses mouches nuisibles, les taons, en particulier.
- Expérimenter aussi la justesse de son fusil en tirant — si l’on peut — sur un loup, qui s’attaque au gibier et aux animaux domestiques; un renard et un blaireau, qui mangent beaucoup de levrauts et de lapereaux et se gavent de nombreux fruits mûrs, de raisin en particulier; le chat sauvage, que l’on peut encore tuer, bien qu’il se fasse de plus en plus rare, dans les Alpes, le Jura, les Pyrénées, Maine-et-Loire, la Sarthe, Seine-et-Marne, l’Yonne, la Côte-d’Or (en juin, il quitte les terriers de renard et de blaireau, où il a passé l’hiver pour se réfugier dans les arbres creux, où il dépose ses petits); la fouine, qui, en ce moment, quitte les tas de fagots et les greniers abandonnés pour aller dans les vergers et les bois voisins. Ces dernières sont très excitées lorsque le temps est lourd et c’est le moment de les affûter, car, à la nuit tombante, elles sortent de leur repaire et se jouent sans aucune prudence.
- A noter encore, qu’en juin, dans les taillis situés hors des grands bois, se tiennent les chevrettes avec leurs faons et les laies avec leurs marcassins.
- A part quelques carpes, quelques tanches, quelques goujons, qui vont pondre encore pendant plusieurs mois, tous les poissons ont maintenant frayé et l’ouverture de la pêche est fixée vers le milieu du mois. Le pêcheur peut s'en donner à cœur joie et, si les ombres et les saumons sont trop peu abondants pour qu’il s’en occupe spécialement, il peut compter sur une bonne récolte de chevennes, de vandoises, de hotus, d’ides, de gardons, de roiengles, qui, tous, ne résistent pas à des appâts constitués par des vers, des asticots, des insectes divers; des barbeaux, qui se prennent à fond, surtout quand on a amorcé l’endroit choisi avec du tourteau de chènevis ; les brèmes, qui donnent au blé cuit, à l’asticot, au petit ver; les perches, qui ne sont guère actives que le matin et le soir; les brochets, qui se prennent au vif; les carpes qui, au fond, mordent aux cubes de pommes de terre cuites; les truites, qui réclament (?) de petites mouches.
- Juin serait le paradis du pêcheur côtier siles grandes marées n’y étaient si faibles ; mais on peut cependant fêter la joie du renouveau, surtout la nuit, moment où la pêche est la meilleure, avec, pour ainsi dire, tous les poissons et aux animaux comestibles de nos côtes. A pied, on peut livrer bataille, avec presque certitude de remporter la victoire, aux crabes, homards, congres, qui se cachent dans les rochers, et aux lançons, qui se cachent dans le^ sable. Quant à la pêche aux engins, elle donne de beaux mulets dans les anses et les embouchures; des bars et des lieus dans les ports; des maquereaux, des merlans, des orphies, à peu de distance du littoral; des raies, des turbots, des limandes, des plies, des soles, sur le sahle des plages; des brèmes, des vieilles, des gades sur les plateaux rocheux sous-marins, etc.
- On constate la disparition presque complète des Araignées de mer mâles, tandis que les femelles quittent leur cantonnement habituel pour gagner les fonds vaseux des estuaires, où elles remontent de plus en plus jusqu’à l’endroit où elles font leur ponte et effectuent leur mue annuelle.
- Avec ces lignes — pas de pêche — se termine cette série de petits articles que j’avais commencés au mois de juillet dernier et dont le cycle recommence sans que, jusqu’à nouvel ordre, il n’y ait rien à y ajouter ni à y retrancher.
- Je m’excuse auprès des animaux d’avoir, peut-être, contribué à leur destruction, mais j’ai bon espoir que nombre de lecteurs se sont contentés de les observer au lieu de les massacrer, ce qui, d’ailleurs, est mon cas et me vaudra, je l’espère, l’indulgence de nos amies les bêtes. H. Coupin.
- Concours de véhicules électriques à accumulateurs. — L’Union des Syndicats de l’Electricité, qui a organisé en septembre 1923 des essais contrôlés de véhicules électriques à accumulateurs, prépare pour le mois de septembre prochain une nouvelle série d’expériences.
- Ce groupement s’est assuré, comme l’an dernier, le concours de l’Office National des Recherches et des Inventions, de la Commission Technique de l’Automobile Club de France et du Laboratoire Central d’Electricité.
- De plus, le Ministère de la Guerre apporte sa collaboration officielle.
- Le règlement prévoit 7 catégories de véhicules, les limites de chaque catégorie encadrant un type bien déterminé et usuel de voitures ou de camions ; exemple : voitures, type 5oo kg; camions, type 2 tonnes; camions, type 3 tonnes.
- L’objet dps essais est de déterminer pour chaque véhicule :
- i° L’énergie électrique consommée par le véhicule pendant chaque parcours :
- a) Par tonne kilomètre utile.
- b) Par tonne kilomètre totale.
- %° L’énergie prise à la station de charge pendant la durée totale des essais et l’énergie consommée par la voiture pendant la même période.
- 3‘ La vitesse commerciale relative à chaque parcours.
- Ces expériences font donc intervenir un facteur qui n’avait pu être déterminé en 1923 ; le rendement des batteries d’accumulateurs.
- De plus, un article spécialement consacré aux batteries prévoit que celles-ci devront être de l’un des modèles courants fabriqués en vue de la vente. Ce même article donne à chaque participant la faculté de produire le contrat de garantie délivré par le constructeur de ces batteries, contrat dont les principales stipulations seront publiées dans le rapport que l’Union des Syndicats de l’Electricité établira sur les essais.
- La charge des accumulateurs aura lieu à l’Office National des Recherches et des Inventions, et les véhicules électriques parcourront les mêmes itinéraires que l’an dernier, soit : environ 90 km pour les voitures et camionnettes légères, pour les grosses camionnettes, 60 et 5o pour les camions.
- Enfin, des essais spéciaux en palier et en rampe seront imposés à tous les véhicules à leurs différentes vitesses de régime.
- Les demandes d’inscription seront reçues jusqu’au i5 juin au siège de l’Union des Syndicats de l’Electricité, »5, boulevard Malesherbes, Paris.
- p.2x177 - vue 653/688
-
-
-
- <
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- Le Turn-Auto. — Les opérations que l’on doit exécuter dans les garages ou les ateliers sous les voilures automobiles sont toujours pénibles, car si l’on ne possède pas de fosse, on est obligé de se glisser sous le châssis et de travailler dans une position très incommode. Une fosse élimine un peu ces inconvénients, mais malgré tout l’ouvrier n’est guère à l’aise, beaucoup moins en tout cas que lorsqu’il se trouve sur le plancher de l’atelier. La lumière est insuffisante et il est obligé de tenir les mains au-dessus de la tête.
- Au contraire, si l’on peut soulever la voiture et l’incliner sous n’importe quel aBgle, on peut alors travailler aussi bien qu’à l’étau, dans une position naturelle, avec une lumière favorable. Toutes les parties de la voiture peuvent alors être, revues à fond périodiquement, convenablement graissées et l’on prolonge ainsi la durée du châssis.
- Un appareil original qui répond à ce besoin est le Turn-Auto. C’est un berceau entièrement en acier sur lequel la voiture roule par ses propres moyens ou sur lequel on peut lamenrr au moyen d’un treuil qui fait partie de l’appareil. Au moyen de mors spéciaux, on fixe par quelques tours de manivelle le châssis solidement sur les coulisses et avec une simple manivelle à main, la voiture peut être couchée sur son axe.
- L’opération complète : soulèvement de la voiture, fixation, rotation dans n’importe quelle position peut être accomplie en moins de quaire minutes. Grâce à un vérin que Ton place, soit à l’avant, soit à l’arrière, on peut enlever les roues, les ressorts, les axes ou toute autre pièce. L’appareil est soutenu par une base large et il tourne entre deux supports, de sorte que le centre de gravité ne puisse jamais se trouver en dehors de ce der ier. La transmission à vis hélicoïdale avec arrêt automatique retient la voiture dans la position voulue et évite toute fausse manœuvre. On peut d’ailleurs enlever facilement la manivelle qui commande le mécanisme.
- Les coulisses où reposent les roues sont en forme d’U et les mors qui retiennent le châssis sont les seuls points de contact qui existent. Rien ne touche à la carrosserie qui ne peut donc se détériorer.
- L’appareil est combiné pour tourner indifféremment à droite ou à gauche de sorte que l’on peut maintenir les bouchons de réservoirs d’essence, du radiateur et le reniflard du carter dans une position élevée.
- Le treuil qui tire la voiture sur le berceau est un simple tambour actionné par une roue Tlentée et un cran à levier. En moins de deux minutes, on peut amener ainsi en position la voiture la plus lourde.
- L’appareil de rotation est constitué par un pignon denté qui agit sur des trous pratiqués dans la partie antérieure du dispositif d’inclinaison. Ce pignon est fixé solidement à un arbre muni d’un crochet à vis sans fin, lequel est commandé à son tour par une vis à arrêt
- Fig i.— Le « Turn-Auto ».
- automatique actionnée par manivelle. La douceur du roulement est si grande qu’un enfant peut sans grand effort faire tourner la voiture la plus lourde en moins d’une minute.
- Le vérin double qui soulève la voiture lorsqu’il faut déplacer les roues, les ressorts ou les essieux, est formé de deux vis verticales avec manœuvre à cric. Ces vis glissent sur une traverse robuste qui se déplace sur les poulisses en U où repose la voiture.
- On peut ainsi appliquer ce vérin en n’importe quel point du châssis.
- On peut donc très simplement procéder à une vérification périodique de la voiture par en dessous et Ton remédie ainsi à de nombreux inconvénients.
- Les opérations sous le châssis sont trop souvent hâti-
- Fig. a.— Utilisation du « Turn-Auto ».
- vement laites en raison de l’incommodité du travail. Avec l’appareil que nous venons de décrire, on pourra contrôler le bon état du métal, des boulons ou des rivets de fixation disposés à la partie inférieure de la voiture. On évite ainsi les vibrations, on empêche la rouille et Ton n’a plus un bruit de ferraille désagréable, sans préjudice d’autres dommages lorsque la voiture roule.
- Un appareil de cette sorte rend donc de grands services aux garages et aux ateliers de réparations et également aux propriétaires de voitures. L’économie "de temps, suivant le genre de travail accompli, peut aller de 5o à 90 pour 100, car ou peut accéder à toutes les parties situées au-dessous de la voiture, parties qui sont généralement le plus sujet à s’abîmer. L’ouvrier fait usage des deux mains, il n’a pas en effet à soutenir une lampe. Il exécute un meilleur travail plus rapidement et plus économiquement. L’ouvrier qui travaille d’une façon commode est évidemment plus satisfait, il se fali gue moins et, tout en augmentant son gain, il donne un meilleur rendement à l’atelier où il se trouve.
- Enfin le propriétaire d’une voiture pourra mieux se rendre compte de l’état de son châssis, il lui sera plus facile de contrôler un travail et d’en surveiller l’exécution. D’ailleurs, en un an et demi, depuis que le premier appareii a paru, 80000 environ ont été vendus aux Etats-Unis. C’est l’outillage le plus parfait et le plus moderne concernant la réparation et l’entretien des châssis de voitures, d’autant mieux qu’il peut s’adapter à n’importe quel type de voiture, à la longueur près, car il est établi suivant deux modèles : l'un de 4 m. 10 de long, l’autre de 4 m- 60.
- Felber et fils, 71, avenue des Champs-Elysées, Taris.
- Nouvelles lampes électriques pour projecteurs d’automobiles. — Pour le bon fonctionnement d’un projecteur d’automobile, il faut d’abord que la lampe ait un filament convenablement poussé, ait un vide parfait ou une atmosphère absolument inerte. Ces conditions sont remplies très couramment par de nombreux fabricants. Il laut encore que la lampe, ou plutôt son filament lumineux, soit correctement placé par rapport au miroir réflecteur. Le filament doit en effet se trouver exactement au foyer du miroir, ce qui exige un réglage de la position de la lampe et de sa hauteur.
- Les dispositifs de réglage habituels permettent seulement de déplacer la lampe d’arrière en avant. Il faut donc que la lampe soit construite de façon que le filament soit sur Taxe du culot et convenablement orienté par rappoit aux ergots de fixation dont le culot est muni.
- Les lampes habituellement employées, allemandes
- HUIT79
- p.2x178 - vue 654/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- très souvent, satisfaisaient assez médiocrement à ces deux conditions; mais, chacune étant scellée sur un culot de hauteur choisie, la distance entre le filament et les organes de fixation était assez régulière pour que l’on puisse se dispenser de régler le projecteur chaque fois que l’on changeait la lampe.
- Un ingénieur français, M. Marsat, obtient un réglage beaucoup plus parfait eu utilisant la propriété géométrique suivante :
- Une sphère peut, à l’intérieur d’un cylindre de même diamètre, occuper un nombre infini de positions; le centre de la sphère étant seul astreint à la condition d’être sur l’axe du cylindre.
- L’ampoule imaginée par M. Marsat est sellée sur une pièce de forme sphérique qui entre à frottement doux dans une autre pièce cylindrique, analogue au culot habituel des lampes d’automobiles.
- Cette pièce cylindrique se place dans une douille spéciale faisant corps avec un banc muni de dispositifs de visée. L’ouvrière déplace l’ampoule jusqu’à ce que le filament coïncide rigoureusement avec les repères du dispositif de visée. A ce moment, elle soude ensemble les deux pièces du culot; un dernier regard pour s’assurer que le filament est bien à la position correcte et
- Fig. 3.
- Fig. 3. — Lampe ordinaire : le filament a une position défectueuse.
- Fig.- 4. — Même ampoule munie d’une douille Marsat : le filament a, alors, une position correcte.
- 1, ampoule; 2, filament; 5, pièce spliéiique; i, culot; 5, repère; G, ergot.
- la lampe retirée de la douille spéciale n’a plus qu’à recevoir le finissage habituel pour être livrée au client.
- Aucun tâtonnement au moment de la mise en place; un repère gravé dans le culot indique l’ergot de la douille qui doit "être mis en haut pour que le filament soit parallèle à la route; sitôt la lampe placée, le projecteur donne un faisceau correct, qu’il s’agisse de l’un des nouveaux appareils non réglables que construisent les principaux constructeurs ou d’un projecteur ancien modèle, muui d’un dispositif de réglage qui a été réglé, une fois pour toutes, pour l’emploi des nouvelles lampes et ensuite bloqué.
- Cette invention tend ainsi à supprimer les inconvénients des appareils mal réglés, ce qui est un réel progrès.
- Le lecteur remarquera certainement qu’il est plus logique de faire exécuter le réglage par un ouvrier spécialement entraîné, disposant du matériel convenable et réglant chaque jour un millier de lampes que de le confier aux chauffeurs qui, au contraire sont, bien souvent, dans les plus mauvaises conditions pour le faire correctement.
- Les lampes Marsat sont construites par les Etablissements Lévy et Monnier, 11, rue Torricelli, Paris.
- Objets utiles
- L’Attache-Corde rapide. — Lorsqu’on veut lier des fardeaux et divers objets avec une corde pour les transporter ou les maintenir solidement en place ou sur un véhicule, il faut faire un nœud à la corde et de telle façon qu’elle ne se relâche ni ne se dénoue. Si la corde porte un nœud et est mouillée, le liage est difficile, on perd du temps et l’opération-devient pénible quand on a les mains engourdies par le froid.
- Le petit outil, très simple, consistant en un crochet solide, léger, en fonte malléable, poli, représenté ci-contre, simplifie beaucoup l’opération du liage des far-
- Fig. 5. —- L’attache-corde rapide.
- deaux, paquets, fagots, bagages, etc. On attache rapidement, solidement, sans difficultés, même si la corde est mouillée et sans faire de nœud.
- Voici comment on emploie Y Attache-corde- rapide : fixer la corde au trou par un nœud (si la corde est trop petite, faire une ganse que l’on passe par-dessous, dans le trou, et qui embrasse le crochet). Prendre la corde (sur laquelle est placé l’objet à attacher), la passer dans le crochet par-dessous — tirer énergiquement — tourner la corde dans le crochet superposé et la faire passer sous la queue du crochet, en la tirarît fortement vers soi (fig. 5, 1).
- Dès que la corde est serrée au crochet principal, la tourner dans le crochet superposé et faire un demi-nœud entourant la queue du crochet; bien tirer la corde. Pour plus de solidité, on peut faire passer une fois encore, en retournant la corde dans le crochet superposé, et faire un demi-nœud dont on entoure la queue du crochet (1).
- La corde que l’on tient à la main doit être bien serrée au erochet principal, la prendre au-dessus de la main et la tirer jusqu’à l’extrémité en la tenant dans le crochet superposé; ensuite, appuyer, sur la corde qui est dans ce crochet, la partie que l’on tient à la main, entourer la queue du crochet et tirer la corde. Pour délacer, il suffit de doubler la corde ou de prendre l’extrémilé, la passer sous la corde, entre barrière du crochet superposé et le trou central, tirer en l’air et la corde se trouve délacée (3).
- L’inventeur de ce petit outil, dont la dimension peut varier selon le diamètre de la corde, est M. Louis Jauffret, fabricant, à Brignoles (Var), 11, rue Docteur-Barbarroux. H. B.
- Lampe parfumante. — Voici une lampe à incandescence (que l’inventeur a baptisée (( Voltaflore ») qui est pourvue de deux alvéoles contenant une matière spéciale perméable, dans laquelle on fait absorber, à l’aide d’un compte-gouttes, un peu d’essence spéciale.
- La lampe peut être disposée sur la douille quelconque d’un appareil d’éclairage et aussitôt 1 aPumago, elle dégage des effluves odorants. Il suffit pour parfumer une pièce, pendant une heure environ, de verser trois goultes d’essence dans chacun des alvéoles préparés sur la lampe et l’on peut utiliser cette lampe dans toutes les positions.
- La lampe est normalement conçue pour marcher sur no volts; son intensité lumineuse est de 10 bougies. Bien entendu, on peut varier à volonté 1 essence employée suivant le parfum préféré.
- Compagnie française des Perles électriques Weiss-mann, 218, faubourg Saint-Honoré, Paris.
- Fig. G. — La « Voltaflore ».
- p.2x179 - vue 655/688
-
-
-
- <S£>
- VARIETES
- PRODUCTION ET COMMERCE DES ABRICOTS FRAIS
- Entre nos arbres à fruits à noyau, l’abricotier est celui qui occupe le dernier rang au regard de la production, Ce résultat est dû à sa floraison très précoce, à la grande susceptibilité de ses fleurs et même de ses jeunes fruits, sous les néfastes influences qu’exercent sur eux les gelées printanières et les brusques changements de température, lorsque l’exposition est mauvaise, les abris incomplets ou inexistants. Bien que sa culture soit, pour ces raisons, très loin d’avoir le développement qu’il serait si utile qu’elle possédât pour remplir la. place que ses fruits délicieux méritent dans notre alimentation, elle est, cependant, assez répandue dans les régions dont les climats lui sont favorables.
- I. Production. — Principales régions. — Les plus importantes plantations commerciales d’abricotiers existent dans la vallée du Rhône sur la rive droite du fleuve, la Provence, le Roussillon, l’Auvergne, le Bordelais, la Touraine, la vallée de la Seine entre Poissy et Meulau, la banlieue parisienne, etc.
- Principales variétés. — La Société nationale d’Horti-culture de France, dans son livre : Les meilleurs fruits au début du xixe siècle, recommande les variétés suivantes : Abricot commun, A. Desfarges, A. Liabaud, A. Luizet, A. Pêche, A. précoce de Boulbon, A. précoce de Monplaisir, A. précoce Espéren, A. Royal, A. sucré de Holub.
- Au point de vue commercial les cinq variétés les plus cultivées, selon les régions, sont, par ordre d’importance décroissante : i° Y Abricot commun, mûr en juillet, et sa sous-variété Gros Blanc, qui, dans les environs de Clermont-Ferrand et de Riom, sert à préparer les pâtes très renommées de Clermont; a0 YAbricot Luizet, mûr en juillet, très répandu non seulement dans le Lyonnais et le Dauphiné, mais aussi en Provence où il est même préféré, à certains égards, à la grande sorte locale, Blanc rosé Poman. Ils sont tous deux très recherchés parmi les sortes les plus employées pour la fabrication de la pulpe et même pour l’exportation, à cause de la fermeté de leur chair; 3° T Abricot royal, mûr fin juillet et commencement d’août, bien spécial pour les desserts et les gelées. Les plus beaux fruits sont exportés en Angleterre ; 4° Y Abricot-pêche mûr en août et septembre; très estimé pour toutes les préparations ménagères; 5° l’^-v bricot précoce du Boulbon, mûr au début de juillet, recherché pour sa précocité et la qualité de sa chair.
- J’omets, à dessein, en dehors des Blancs et des Muscats, une douzaine de sortes locales employées tant pour la fabrication de la pulpe que pour le séchage.
- Périodes de production et rendement.— L’abricotier, qui ne produit guère que tous les deux ans, rapporte un peu dès la troisième ou quatrième année après la plantation, mais en France sa récolte n’a de réel intérêt qu’à partir de 8 à io ans, parce qu’elle peut s’élever à ioo kg dans les bonnes années. Baltet relate même qu’à Barbentane des abricotiers en buissons évasés ont porté jusqu’à 3oo kg de fruits. Toutefois, dans le Midi, on peut compter sur une production moyenne bisannuelle de 5o kilogrammes.
- Le rendement varie selon les variétés, l’âge des arbres, le climat, mais en s’appuyant sur ce que l’abricotier est planté, dans la région abricotière du Vaucluse, généralement à 6 m. au carré, ce qui donne 277 arbres à l’hectare, M. H. Latière, estimant la production moyenne à 5okg par arbre, tous lesdeux ans, arrive au chiffre de i3 800 kg, environ, pour cette superficie.
- Production. A. Par département. — Pour en donner une idée approchée, autant, toutefois, qu’on peut se fier aux chiffres officiels, voici, en me basant sur ceux donnés dans les trois dernières statistiques publiées par le Ministère de l’Agriculture, en 1919, 1910 et 1921, les quantités annuelles maxima atteintes dans l’une ou l’autre de ces trois années par les départements ci-contre, que l’on peut considérer comme les plus riches en plantations commerciales. Vaucluse 19 160 quintaux métriques, Pyrénées-Orientales 10600, Bouches du-Rhôae 6 i5o, Rhône 2 ôgo, Maine-et-Loire 2000. L’Ardèche, l’Aveyron, la Drôme, le Gard, l’Isère, la Loire, la Seine-et-Oise, oscillent entre 1000 et 1760 qx ; quant au Puy-de Dôme, il ne figure que pour 54o qx, au maximum, en 1920.
- B. Pour toute la France. — L’examen de la production totale depuis 1908 jusqu’à 1921, période durant laquelle elle a été relevée, montre que les récoltes ont été très irrégulières puisque leurs termes extrêmes ont varié entre 14 53a qx, en 1913 et 133 5qo qx en 1909, soit un écart dans la proportion de 1 à 9. Cette grande irrégularité dans la production rapproche les abricots des fruits à cidre qui détiennent le record sur ce point, au plus grand dommage de l’industrie cidricole.
- Prix du quintal métrique. — Avant la guerre, les prix moyens par département ont varié de i5 à 200 fr., et depuis entre 60 et 45o fr. ; pour l’ensemble de tous les départements, avant la guerre, de 21 à 109 fr., et depuis de 46 à 237 francs.
- Valeur de la récolte totale annuelle. — Elle suit les écarts qui existent entre les différentes productions annuelles et les prix du quintal. C’est ainsi que pour la période 1908-1921, elle a pour termes extrêmes
- 1 597 83o et 10 3o3 400 francs.
- II. Commerce. — Cueillette. — Elle est assez délicate, car l’abricot cueilli trop mûr a une chair pâteuse et sans finesse; cueilli trop tôt, la chair est ferme, parfois acidulée, à peine parfumée. Toutefois, si, pour la consommation immédiate, la cueillette doit se faire à complète maturité, pour la vente il est indispensable qu’elle la précède de 3 à 5 jours pour les fruits destinés à l’exportation en raison de la distance à parcourir.
- On la juge opportune lorsque l’abricot a pris une teinte rougeâtre ou jaunâtre et qu’il dégage un léger parfum. Elle commence dans le Midi en juin pour nos variétés les plus hâtives, Hâtif du Clos, Précoce de Boulbon, Précoce de Monplaisir, etc. On y procède le matin ou par un temps couvert pour éviter la chaleur qui est préjudiciable. On enlève le fruit à la main plutôt qu’avec le cueille-fruits, car il faut se garder de toute meurtrissure qui rend le fruit invendable et le prédispose à la pourriture.
- Expéditions. Emballages. — Ils varient selon la qualité, l’époque d’expédition, la destination des abricots, mais ils doivent toujours être très soignés à cause de la délicatesse de ces fruits, surtout quand il s’agit de primeurs qu’on envoie par boîtes et caissettes garnies d’ouate ou de frisons de papier, en ayant soin de bien mettre en évidence la plus belle face de l’abricot. Un peu plus tard, on emploie des corbeilles carrées de 5 ou
- 10 kg. En pleine saison, on se sert de banastes, billots, paniers en dos de tortue, etc., contenant 10 à 12 kg, garnis trop souvent de lits en paille de seigle.
- Arrivages aux Halles de Paris. — Nos abricots du Midi apparaissent vers la mi-juin précédés par ceux de l’Espagne et de l’Algérie, viennent ensuite en juillet ceux de la région des Pyrénées, de Lyon, de la Garonne, de la Touraine, de la banlieue parisienne, etc. Toutefois,
- 11 en arrive du Cap en janvier; ils ont valu cette année
- 2 à 3 fr. pièce. L’an dernier, ceux du pays, en pleine saison, ont atteint jusqu’à 400 fr , en premier choix, les 100 kg, mais pour la confiserie leur prix est descendu entre 100 et 80 fr. Le réseau de la Compagnie du P.-L.-M. en a transporté, en 1923, 3615 tonnes en grande vitesse.
- Exportations. — Les principaux pays où nous exportons nos meilleures variétés sont l’Angleterre et l'Allemagne où nous sommes concurrencés par l’Espagne, l’Italie et l’Autriche, mais comme les statistiques officielles mélangent, en ce qui concerne l’Angleterre, les abricots et les pêches, et pour l’Allemagne les abricots, pêches et prunes, il est absolument impossible de démêler la part qui revient aux a-bricots seuls; dans tous les cas, elle est inférieure de beaucoup à celles des deux autres genres de fruits.
- Comme notre meilleure cliente est l’Angleterre, voici, d’après le récent rapport de M. A. Tacussel, les conseils à suivre concernant les exportations d’abricots de la Provence.
- Les autres régions pourront également en faire leur profit.
- « Variétés. — Le Blanc rosé ou Pomant fait prime, mais on peut expédier à Londres toutes les variétés cultivées dans la vallée du Rhône.
- Emballages. — En vrac, de préférence en seaves en
- p.2x180 - vue 656/688
-
-
-
- VARIÉTÉS
- osier ou en billots de 10 kg, colis perdu; classer les fruits par grosseur et bien remplir les emballages.
- Concurrence. — Elle ne peut venir que de l’Espagne. L’Angleter re ne produit pas d abricots et les variétés italiennes arrivent en mauvais état parce que moins dures. L'Italie, avant la guerre, expédiait de grandes quantités de pulpe ». *
- La production des abricots est absolument insuffisante en France et l’on ne saurait trop conseiller de développer la culture de l’abricotier dans tous les endroits où elle
- est susceptible d’être entreprise avec succès, car lorsque les fruits seront produits en abondance, la fabrication de la pulpe, comme cela a lieu dans les coopératives de Caromb (Vaucluse) et de Roquevaire (Bouches-du-Rhône), ainsi que la dessiccation, en absorberont facilement l’excédent, et diminueront dans une proportion notable les cargaisons d’abricots secs que nous envoie, depuis plusieurs années, la Californie qui a su acclimater plusieurs de nos meilleures variétés.
- A. Truelle.
- JfcD
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Mode de fixation des étiquettes sur les bocaux de collections. — Mlle F. Coupin vient de publier dans le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle une note sur cette question qui intéresse tous les musées, tous les collectionneurs de pièces en bocaux.
- De multiples essais ont été faits aux galeries d’anatomie comparée du Muséum pour rendre les étiquettes inséparables des objets qu’elles désignent. On avait fini par adopter le procédé suivant : une paillette de verre portant le numéro de la pièce gravé au diamant était placée au fond du bocal, le même numéro était peint à l’extérieur de ce dernier, et une étiquette de carton désignant la préparation était placée au-devant, sur un petit support métallique dont une partie glissée sous le bocal était retenue par le poids de celui-ci.
- Ce procédé, semble, à première vue, présenter toutes garanties. Mais, en fait, les trépidations finissent fréquemment par déplacer peu à peu les étiquettes qui se trouvent ainsi occuper des positions telles qu’elles ne sont plus lisibles ; en outre, des interversions d’étiquettes peuvent se faire au cours des déplacements nécessités par les nettoyages; le numéro peint sur le bocal peut, d’autre part, s’effacer à la longue ; enfin, la paillette gravée au diamant a souvent, dans le bocal, une position qui la rend difficile à déchiffrer ; pour toutes ces raisons, des erreurs peuvent se produire qu’il faut un long temps pour corriger.
- On aurait pu penser à peindre, comme d’ailleurs cela s’était fait autrefois, la désignation de la préparation sur le bocal mais, outre que cela constitue un travail très long et délicat, cette peinture peut aussi disparaître.
- On aurait également pu songer à graver au diamant le numéro sur le bocal lui-même, mais ce procédé expose à de très graves erreurs lorsqu’il devient indispensable d’utiliser un bocal autrement qu’on ne l’avait fait tout d’abord. On ne saurait, non plus, vouloir coller extérieurement une étiquette dont la lisibilité deviendrait à peu près nulle à la longue et que l’humidité finirait par détacher; de plus, la forme cylindroïde de la plupart des bocaux est aussi un obstacle à 1a. lisibilité des étiquettes collées.
- * Mlle Coupin préconise le procédé suivant : les étiquettes qui sont de forme rectangulaire sont percées, sur leurs petits bords, de deux trous qui se font face et dans lesquels on fixe des oeillets choisis, pour les galeries d’Àuatomie comparée, et afin qu’ils s’harmonisent avec la teinte même des étiquettes, en cuivre émaillé gris.
- Par ces œillets on fait passer, derrière l’étiquette, un fil dç cuivre dont on fixe par torsion les extrémités sur la face du bocal opposée à la préparation. Le fil de cuivre qui paraît le meilleur pour cet usage est un fil de 6/10 mm de diamètre, émaillé noir, ce qui le rend inattaquable; ce fil se trouve d’ailleurs très facilement partout où l'on vend des accessoires de télégraphie sans
- fil.
- La rigidité du carton et la malléabilité du fil font que l’étiquette reste plane et, par conséquent, lisible même sur un bocal cylindrique. Ce procédé peut s’appliquer à tous les cas. On peut, en effet, suivant la position que la pièce occupe dans son contenant, placer l’étiquette soit en bas, soit au milieu, soit en haut; de toutes façons elle est inséparable du bocal; il est préférable, malgré cela, de conserver la paillette gravée.
- Au Collège des Chirurgiens, à Londres, on utilise un procédé voisin de celui-ci ; l’étiquette est fixée à l’aide d’une petite chaînette, mais l’étiquette pendante et la chaînette elle-même cachent une partie de la préparation ; le mode de fixation que propose Mlle Coupin paraît donc préférable.
- Mise au point photographique sur verre bleu. — Bien que peu connue des amateurs, la mise au point sur verre bleu est cependant celle qui donne les renseignements les plus exacts, parce qu’elle fait perdre à l’image le brillant qui attire avant tout.
- La Photo pour tous donne la recette suivante pour ceux qui voudraient préparer un verre bleu et l’essayer.
- On prend une plaque qu’on impressionne à la lumière d’une lampe pendant 5 à io secondes.
- On la développe jusqu’à ce qu’elle soit légèrement grise, on la fixe, on la rince et on la passe dans un bain de sublimé à 5 pour ioo où elle blanchit.
- On la lave à grande eau et on la plonge quelques minutes dans une cuvette contenant une solution étendue de bleu d’indigo ordinaire.
- La plaque ainsi préparée est moins transparente qu’un verre dépoli ordinaire, mais montre mieux la valeur exacte de l’objet qu’on veut protographier.
- Contre les incendies de forêts. — Voici une mesure qui n’est certainement pas sans efficacité, si l’on songe que la majeure partie des incendies de forêts sont dus à l’imprudence, ou a quelques minutes d’inattention de personnes normalement très bien intentionnées à cet égard.
- La Nederlandsche Heidemaatschappij distribue pour les écoles, les gares des régions intéressées, une affiche en couleur où on lit :
- « Veuillez tous aider à prévenir les incendies de forêts. Par les incendies forestiers, des milliers de florins se perdent annuellement et plusieurs beaux sites sont détruits.
- Propriétaires de bois. — Enlevez le bois sec de vos forêts, faites des coupe-feu, plantez des arbres feuillus dans les endroits dangereux.
- Ouvriers. — Soyez prudents en faisant du feu ou en fumant; aidez à éteindre les incendies. En agissant promptement, on sauve beaucoup.
- Mécaniciens. — Pensez au danger d’incendie le long des bruyères et des bois; prenez soin que les installations de vos locomotives, pour empêcher la fuite de feu et d’étincelles, soient en ordre. Ne jetez pas d’objets brûlants ou ardents ; faites vos feux avec précaution.
- Promeneurs. — Soyez prudents avec les allumettes, les fonds de pipé et les bouts de cigare.
- Parents. — Prenez garde que vos enfants n’aient pas d’allumettes.
- Enfants. — Ne faites pas de feux, ne jouez pas avec des allumettes.
- Nous croyons d’autant plus volontiers à l'efficacité de cette propagande pour la protection contre les incendies de forêts, que les communications faites au Congrès international d’agriculture (Paris, 1923) par des personnalités des différentes nations s’accordent à attribuer la cause des incendies à l’ignorance et à l’imprévoyance de la population. L U-
- p.2x181 - vue 657/688
-
-
-
- •<
- BOITE AUX LETTRES
- QS£.,
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de Ltl Ncltur© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérèt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. 11 est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être', en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Messages télautographiques (voir Informations). Les accessoires nécessaires sont eh vente chez Kirby, Beard et Cle, 5, rue Auber, Paris.
- Errata et addenda. — A propos de La lutte contre les campagnols (n# 2612, 26 avril 1924), page 267. iro colonne, ligne 19. Au lieu de : Pityruys, lire Pitymys.
- Page 268, colonne 1 après le ier alinéa, qui se termine avec la ligne 8, ajouter :
- Autrefois cette émulsion était livrée directement : mais à la suite de certains échecs, soit de la multiplicité des demandes, elle sert maintenant de semence pour une culture à préparer extemporanément dans un laboratoire provisoire installé sur place. L’Institut Pasteur délivre cette émulsion dénommée « Yirus contagieux pour la destruction des campagnols » en ampoules de 20 cm3 environ, fermées à la lampe, contenant une dose pour 20 litres de liquide. Le contenu d’une ampoule est ensemencé au laboratoire, avec toutes les précautions usuelles dans 20 litres d’eau dé son (son 400 gr. ; sel 100 gr. ; eau 20 litres) préalablement stérilisée à l’autoclave à 1 i5°-i2o° pendant une 1 h. 1/2; l’ensemencement se fait après refroidissement à 35° environ, le milieu est mis en chambre chaude à 35°, à peu près, pendant 36-48 heures, puis livré aux cultivateurs. C’est cette dernière culture qui constitue à proprement parler et pratiquement le viruè qui sera mélangé à l’avoine aplatie.
- L’appât à employer..., etc.
- Mêmes page et colonne, ligne 20, lire :
- Un homme peut traiter au moins \o à 5o hectares à l’heure..., etc.
- Ibid. Ligne 27, lire : utile de passer, quelques jours avant le traitement, une herse..., etc.
- Communications. Indicatifs des postes de T. S. F. — M. G. Chabannes, de la station radio de Bouscat-Bordeaux, nous écrit :
- « Je me permets de vous adresser quelques précisions relativement à une de vos informations parue dans la «Boîte aux lettres », de la Nature n° 2614 du 10 mai 1924, rubrique T. S. F., page i5i, réponse à M. Dourv, à Saoula (Algérie).
- bS L’indicatif FAPB n’est point, comme vous l’indiquez, l’indicatif d’un navire de guerre.
- C’était l’indicatif du dirigeable Dixmude, de la marine française, dont ci-dessous quelques caractéristiques : émission S. F. R., 1200 étincelles par seconde, excitation par choc, longueur d’ondes : 600 et 800 m. Portée normale : 100 milles nautiques.
- EADDM.est l’indicatif du dirigeable marine Méditerranée.
- Caractéristiques : S. F. R., ondes entretenues, valve 600 et 900 m. de longueur d’onde.
- j5o milles nautiques de portée normale.
- BYW indicatif de Gibraltar Rock (et non B Y W, comme imprimé).
- Si M. Doury désire des renseignements supplémentaires je me mets à sa dispositionpourles lui fournir. »
- Réponses. — M. A. D., Carvin. — Machines à fabriquer les valais de sorgho : J.-A. Hochett and Co, 233, South First Street, Brooklyn N.-Y., Etats-Unis. Des installations modernes existent en France, notamment aux environs de Toulouse; vous pourriez vous renseigner à leur .sujet auprès de la Direction départementale des services agricoles, Préfecture delà Haute-Garonne, à Toulouse ou auprès de la Chambre de commerce de cette ville.
- M-, le Dx Dantrelle, à Charleville. —- L’adresse à laquelle vous faites allusion, concernant un fournisseur d’instruments d'optique d’occasion, est très probablement la suivante : M. Ballot, 7, rue Suger, Paris (6°). Vous y trouverez plus spécialement des instruments astronomiques et des microscopes.
- M. Il Moutié, Paris. — Pour la vision en relief sur un écran, il faut y projeter un anaglyphe et l’observer avec un lorgnon spécial bicolore ; x° Lanternes permettant la projection en relief des vues stéréoscopiques ordinaires. Etablissements Gaumont, 57, rue Saint-Roch, Paris ; 20 Lorgnons bicolores comportant une gélatine vert-bleu et une gélatine rouge orangé. M. Grumbach, 19, faubourg Saint-Denis, Paris; 3"Pour la projection des ombres en relief, on utilise deux sources lumineuses intenses, devant chacune desquelles on plaee un écran coloré (vert bleu et rouge orangé). Les ombres sont reçues sur un éeran translucide et sont vues par transparence. On les observe avec les lorgnons mentionnés plus haut. Le choix judicieux des écrans colorés est un facteur important de réussite. Comme sources de lumière, on peut employer deux arcs ou encore deux lampes électriques intenses à foyer ramassé.
- M. Legard, à Grezels, — Construction d'un pluviomètre. — Procurez-vous, ou faites fabriquer par un ferblantier, un entonnoir bien régulier, de 22 cm, 5 de diamètre (ce qui correspond à une ouverture de 4 dm*, nécessaire pour recueillir une quantité d’eau permettant une bonne appréciation). L’estimation de la quantité d’eau recueillie dans un récipient quelconque, bouteille ou bocal, se fait très facilement par une pesée, à l’aide d’une simple balance (le récipient doit être naturellement taré); dans ces conditions un poids de 400 gr. d’eau correspond à une hauleur de pluie de 1 cm ; 200 gr. à o cm, 5 ; 40 gr. à 1 mm ; 20 gr. à o mm, 5 et 4 gr. 1 /10 de millimètre, ce qui est une estimation très suffisante. Une bouteille pharmaceutique, ou une éprouvette, graduées, utilisées en guise de récipient, permettent d’apprécier directement ces valeurs, dont les chiffres intermédiaires sont faciles à établir à l’aide des proportions ci-dessus. En somme la seule difficulté réside dans la possibilité de se procurer un bon entonnoir.
- M. Félix Gillet, à Villers-Allerand (Marne). — Le passage des chauves-souris nous paraît être, effectivement, une migration qui, sous nos climats, se produit normalement à l’époque que vous indiquez. La chauve-souris ne s’adaptant pas à tous les milieux, invariablement, et vivant plutôt isolément, la disparition que vous constatez, après quelques jours, n’est probablement que temporaire; les chauves-souris doivent se disperser dans le voisinage du lieu où vous les trouvez momentanément, en nombre d’ailleurs très variable, chaque année.
- SL la question vous intéressait de particulière façon, vous pourriez avoir des indications précises, concernant les moeurs des chauves-souris, en vous adressant à M. le professeur Trouessart, au Muséum d’Histoire naturelle, à Paris, rue Cuvier.
- M, Charles Rossel, à La Tronche (Isère). — Yoici les revues françaises s’occupant spécialement d’apiculture :
- L'Apiculteur (Bulletin mensuel de la Société centrale d’apiculture, Paris, 28, rue Serpente, 6e); La Gazette apicole de France, directeur : Ed. Alphandéry, à Mont-favet (Vaucluse). Avant la guerre, il existait d’autres organes apicoles; bon nombre de Sociétés d’apiculture avaient un bulletin, notamment : Bulletin de la Société d’Apiculture de l’Ain, à Bourg ; Bulletin de la Société d’Apiculture d’Avesnes (Nord) ; Bulletin de la Société d’Apiculture de Bar-leDuc, Bulletin de la Société d’Apiculture de l’Est, à Nancy, Bulletin de la Société d'Apiculture de Reims. Les difficultés résultant de la situation économique ont empêché la réapparition de nombreuses revues spécialement apicoles. Vous pouvez, en outre, vous renseigner en vous adressant à la Société centrale d’apiculture, indiquée ci-dessus, et, sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Blin, à M. Lassalle, directeur de l’Ecole supérieure d’Apiculture de Paris, 20, avenue Félicien-Cholet, à Charenton (Seine).
- M. de R. du Ch., rue Friant, Paris. — Nous n’avons pas de renseignements spéciaux sur la vente des oignons desséchés, tels qu’ils furent offerts en 1920, dans les baraques Vilgrain. Si vous ne trouviez pas ce produit dans quelques-unes des grandes maisons de comestibles, sur la place de Paris, vous pourriez vous renseigner au Syndicat de l’Epicerie française (Paris, 3i, rue du ReDard, 4°)- Voyez aussi au journal L’Epicier, Bourse du Commerce, Paris, et à la revue L’Industrie française de la conserve (Paris, u5, rue Lauriston, 160).
- HirÎ83l>'
- p.2x182 - vue 658/688
-
-
-
- ><
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Précis de Chimie physique, par H. Vigneron. i vol. 4o8 p.,. 120 fig. Masson et Cis, éditeurs, Paris, 1924. Prix : 3o francs.
- Cet ouvrage a pour but principal d’exposer, en les groupant dans un ensemble logiquement coordonné, les questions essentielles actuellement à l’ordre du jour dans la physique moderne. Ces questions ont trait à la constitution de la matière, par là elles établissent un trait d’union entre la chimie et la physique, et effacent chaque jour davantage les frontières qui séparaient autrefois ces deux sciences. M. Vigneron rappelle d’abord les preuves de la réalité des molécules et les principes de la théorie cinétique des gaz; puis il aborde l’étude des différents élats de la matière : gazeux, liquide, cristallisé, colloïdal, en mettant en évidence les progrès accomplis en ces dernières années dans ces différents domaines; puis il arrive à l’électron, montre comment on a reconnu en lui l’un des constituants fondamentaux de tous les atomes, et comment la radiochimie, les rayons X, la théorie des quanta ont conduit aux conceptions modernes sur la structure de l’atome. Cette première partie se groupe en quelque sorte autour de la théorie cinétique. Mais la thermodynamique établit également une liaison profonde et féconde entre la chimie et la physique; c’est le sujet de la u° partie de ce livre, où, après un rappel des éléments de la thermodynamique, sont étudiées la pression osmotique des solutions, la solidification des mélanges binaires, la règle des phases, les propriétés générales des solutions, la loi d’action de masses, la cinétique chimique, la théorie dçs ions et la thermochimie. L’ensemble de l’ouvrage est d’une lecture attrayante et aisée.
- Manuel de meunerie. La mouture du blé par cylindres et son outillage moderne, par A. Bolquin. i vol. in-18, 3oi p., ar8 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1924. Prix : 12 francs.
- Ce manuel décrif les traitements que subit le grain dans une minoterie, ainsi que les divers appareils
- , employés dans les installations modernes.
- La goutte d'eau. Culture intensive de la vigne dans le Bas-Languedoc, par E. Maroger. 2e édition, 1 vol in-8, 428 p., 26 pl. Société générale d’imprimerie et d’édition, Paris, et chez l’auteur, 2, rue Voltaire, Nîmes.
- L’intérêt de cet ouvrage est prouvé par son succès, puisque voici sa 2e édition. Le litre indique bien la méthode que préconise l’auteur : à savoir qu’il ne faut pas traiter la vigne comme les plantes herbacées ordinairement cultivées, mais bien tenir compte de ce qu’elle est un végétal ligneux d’une grande longévité, susceptible d’un énorme développement par sa pousse rapide et ses vrilles innombrables. Pour en obtenir le maximum de rendement dans la région méditerranéenne, il faut lui donner de l’eau qu’on emmagasine dans le sol et qu’on y garde par des façons superficielles fréquentes, lui donner de l’air en la conduisant sur fils de fer et en nettoyant les interlignes ; ceci fait, on peut pratiquer la taille à longs bois d’un an qui augmente considérablement la production. Les photographies montrent les résultats remarquables qu’obtient M. Maroger de ce procédé de culture intensif.
- The Marine Plankton, par James Johnstone, Andrew Scott et Herbert C. Chadwick. i vol. in-8, 194 p., 20 pl. et 6 graphiques. University Press of Liverpool! Hodder and StoughtoU, Led, éditeurs, Londres. Prix cartonné toile : 12 sh. 6 d.
- Depuis 1907, sous l’impulsion de sir W. A. Herd-man, l’Université de Liverpool pratique à sa station de Port Erin, dans l’île de Man, une étude intensive des êtres vivants flottant dans l’eau de mer. Dix ou douze fois par jour, pendant des années, des pêches
- au filet fin ont été faites et leurs captures recueillies et dénombrées. On a ainsi recueilli un matériel considérable, permettant une connaissance précise du plankton qui peuple la mer et y sert de nourriture aux gros animaux. Les questions soulevées par cette étude sont nombreuses et importantes, et cependant il n’existait encore, pour guider les naturalistes, que le manuel allemand de Steuer, beaucoup moins complet que celui-ci. Les auteurs décrivent et figurent les types adultes et larvaires qu’on rencontre le plus souvent, indiquent les variations saisonnières qu’ils éprouvent, le cycle annuel de leur succession, puis ils examinent les grands problèmes biologiques qui y sont liés : conditions physico-chimiques du milieu, intensité de la vie dans l’eau de mer, ressources de nourriture qu’elle procure. Ils terminent par l’étude des engins de capture employés et la discussion de la valeur statistique de leurs prises. Le tout forme un excellent manuel, documenté et personnel, à recommander aux biologistes marins.
- L’hérédité, par E. Guyénot. r vol. in-i 6, 463 p., 47 fig. Encyclopédie scientifique. Gaston Doin, Paris. Prix : relié 18 francs.
- Les phénomènes d’hérédité, si mystérieux dans leur essence, forment un des chapitres les plus étudiés de la biologie générale. L’auteur expose et interprète les lois de la génétique et en dégage les rapports avec le problème plus général de l’hérédité.
- L’hérédité comprend l’étude de tout ce qu’un homme tient de ses parents : taille, longévité, vigueur, ‘.particularités physiques, immunités naturelles, aptitudes psychiques, tares pathologiques. L’étude de l’hérédité des maladies, des monstruosités, de leurs modes de transmission suivant les types « dominants », « récessifs » et « sex-linked » est l’objet d’un long chapitre consacré à l’hérédité normale et pathologique chez l’homme; l’hérédité du cancer y est aussi envisagée d’après les données expérimentales; un chapitre particulièrement suggestif est relatif à la question du déterminisme du sexe qui se présente aussi comme un problème d’hérédité.
- La conclusion de l’auteur a une haute portée philosophique ; il montre que l’hérédité s’oppose à la variation, à l’évolution et que la vie est remarquablement stable.
- Conseils aux nerveux et à leur entourage, par le Dr H. Feuillade. i vol. in-16, 276 p. Bibliothèque des connaissances médicales. Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- De même qu'il est besoin d’une hygiène physique pour augmenter la résislance organique, de même il est besoin d’une hygiène psychique pour développer la résistance du cerveau.
- L’auteur décrit les différentes formes de nervosisme et donne des directives pour le modifier. Il insiste sur le rôle de l’entourage des nerveux dans l’évolution de certains états maladifs. Il montre que les tares mentales peuvent être - combattues avec succès ; l’essentiel est de chercher à les atténuer dès la plus tendre enfance. A l’occasion du traitement, en même temps qu’il expose les méthodes pratiques à employer dans la cure des malades, l’auteur donne des conseils sur le genre d’éducation qui convient aux enfants en général, et particulièrement à ceux qui présentent un tempérament nerveux.
- Le Mah Jongg et comment on y joue. 1 brochure in-8, 22 p., illustrée. Kirby Beard et Cie, Paris. Prix : afr. 5o.
- La Nature a décrit récemment (n° 2608) ce jeu chinois qui fait fureur actuellement. Ses règles assez complexes, la manière si intéressante d’y jouer n’avaient pas encore été expliquées en français. Cette brochure bien présentée fixe les lois en la matière et donne envie d’apprendre le mah jongg.
- <iij>
- f
- p.2x183 - vue 659/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATION
- N° 2619 14 Juin 1924
- L’avion de Pelletier d’Oisy. — Le capitaine Pelletier d’Oisy a réussi le magnifique tour de force de voler de Paris à Hanoï, Shanghaï, Pékin etla Corée. Le trajet Paris-Hanoï a été effectué sur le même avion, sans autres réparations que celles que permettaient les moyens du bord. A Hanoï, le moteur a été changé. On sait qu’un accident d’atterrissage a provoqué la destruction de l’appareil à l’arrivée à Shanghaï. Le courageux pilote a continué son voyage sur un avion prêté par le gouvernement chinois.
- Cette étonnante randonnée fait le plus grand honneur aux qualités du pilote et de son mécanicien. Elle fait honneur également à l’appareil qui a permis d’effectuer presque d’une seule traite le trajet Paris-Hanoï, par étapes de i5ookm à la vitesse moyenne de 390 à l’heure.
- M. L. Breguet, constructeur de cet avion, a communiqué à l’Académie des Sciences les renseignements suivants sur ses caractéristiques.
- « L’avion portait une quantité de combustible suffisante pour franchir, d’un seul vol, environ 2400 km par vent nul. La surface des ailes était de 5o ms.
- Le poids, non chargé et les réservoirs
- vides, était de........................1200 kg
- Le poids du pilote équipé ...... 100 —
- Le poids du passager, des provisions, du matériel de rechange, des armes
- et des munitions...................... 45o —
- La charge de combustible, réservoirs pleins :
- Essence.................................. 65o —
- Huile. . ...................... . . . 85
- Poids total ..............2485 —
- De nos chiffres, corroborés par ceux communiqués dq Karachi par Pelletier d Oisy dans sa lettre au colonel de Goys, il résulte que la consommation horaire d’essence aurait été, en moyenne, de 74 litres pour un réglage riche du carburateur, et que la consommation horaire d’huile peut être estimée entre 5 1. 5 et 6 litres.
- La vitesse moyenne de l’avion ayant été voisine de 190 km par heure, c'est en fin de compte une consommation moyenne de 3o kg de combustible aux 100 km qui a été réalisée (3g litres d’essence, 2 1. 7 d’huile).
- Dans ces conditions, les réservoirs n’ayant pas été complètement remplis, le poids total de l’appareil ayant été en général, au départ, de 2400 kg, c’est, pour des étapes de i34o km, une consommation de combustible de 4o5 kg, sur laquelle il est légitime de tabler.
- Si l’on note que le rendement de l’hélice est de l’ordre de 75 pour 100, que la consommation spécifique horaire d’essence et d’huile pour le réglage du carburateur employé n’a pu être inférieure à o kg 280, que le coefficient de correction dû au vent pour une vitesse de vent da 7 m. par seconde, tantôt debout, tantôt arrière, suivant les étapes, peut être estimé à 0,98, l’application de la formule donnant le rayon d’action d’un avion en air calme permet de calculer la résistance relative tang 9. de l’avion.
- Cette formule, en effet, est la suivante :
- r.=
- m tang9 Pl7~Pe
- dans laquelle :
- p est le rendement du propulseur,
- m la consommation spécifique horaire du -moteur en essence et huile.
- Tang 9 la résistance relative correspondant au régime de vol adopté.
- P0 le poids total de l’avion chargé au début de l’étape.
- P0 le poids de combustible dépensé.
- 1 un facteur de correction dû au vent.
- En remplaçant L par i35o km et les autres termes par les valeurs indiquées, on voit que seule tang 9 est bien l’inconnue et qu’en effectuant le calcul on trouve tang 9 =: 0,097 pour le régime de vol adopté. Cette résistance relative de 0,097 peut être considérée comme particulièrement faible si l’on note qu’elle est obtenue pour une portance de 0,824.
- (Le calcul de cette portance résulte dé la connaissance de l’altitude de vol, de la température de l’air, de la
- vitesse aérodynamique réalisée et de la charge moyenne au mètre carré sur les ailes de l’appareil.)
- En effet, la résistance relative minimum, que l’on appelle en général finesse, est obtenue pour des portances de l’ordre de o,55 et pour lesquelles on aurait trouvé une finesse de l’ordre de 0,09 et une vitesse de seulement 145 km à l’heure.
- A titre de comparaison, et pour juger du progrès réalisé, nous signalons que les bons avions actuellement en service sur la ligne Paris-Bucarest de la Compagnie franco-roumaine de Navigation aerienne, munis du même moteur Lorraine que l’avion de Pelletier d’Oisy, ont, d’après les statistiques, une consommation aux 100 km de 40 kg en chiffres ronds, et ceci pour des vitesses moyennes de 161 km à l’heure, réalisées sur des étapes ne dépassant pas 5oo km avec des charges marchandes de 310 à 35o kg.
- Il est ainsi permis d’affirmer, sans diminuer ni le mérite exceptionnel du pilote, ni celui de la sûreté de marche du moteur utilisé, que ce sont les qualités aérodynamiques de notre avion, liées à une construction particulièrement légère' bien que robuste, réduisant autant que possible les poids morts, qui ont permis au lieutenant Pelletier d’Oisy de porter normalement ses étapes à i5oo’km et parfois même davantage, et cela sans surcharger son appareil et sans demander à son moteur sa pleine puissance.
- On peut en effet tirer des chiffres que nous avons donnés dans cette note que la puissance réclamée en moyenne au moteur n’était que de 200 ch, alors que sa nominale est de 400 ch. Ce faible régime de puissance a permis à Pelletier d’Oisy de ménager constamment son moteur en lui évitant des fatigues excessives.
- Il y a lieu également de mentionner que ce sont ces mêmes qualités aérodynamiques qui ont permis (malgré ce régime de puissance modérée) de maintenir une vitesse moyenne de vol élevée, et cela tout en emportant une charge marchande encore appréciable, puisqu’elle s’est trouvée être de l’ordre de 45o kg.
- Si nous avons donné tous ces détails, dit en terminant M. Breguet, c’est qu’ils marquent dès aujourd’hui une étape importante vers les progrès qui permettront bientôt l’exploitation des grandes lignes aériennes intercontinentales, progrès dont la réalisation implique au premier chef la possibilité d'accomplissement de longues étapes. »
- Les automobiles et le tremblement de terre du Japon. — L’automobilisme s’est beaucoup développé au Japon en ces dernières années. Malheureusement, au Japon comme en Europe, la voirie des grandes villes n’a pu s’adapter à l’accroissement de ce mode de locomotion, il en est résulté des conséquences tragiques lors du grand tremblement de terre de l’an dernier qui détruisit Tokio et Yokohama. D’après M. Jaggar, directeur de l’Observatoire vulcanologique des Iles Hawaï, lorsque la catastrophe se produisit, à midi, les rues étaient encombrées d’automobiles en mouvement ou en stationnement. Comme la plupart de ces rues étaient fort étroites, les débris des automobiles y formèrent immédiatement de véritables barricades, qui s’opposèrent à la fuite des habitants au moment de la panique et empêchèrent le passage des pompes à incendie; de plus les réservoirs d’essence des voitures et les nombreuses stations de ravitaillement en essence se transformèrent en autant^de foyers d’incendie.
- Le Dr Jaggar estime que cette congestion, par les automobiles, des rues des deux grandes cités japonaises, contribua autant que le tremblement de terre proprement dit aux hécatombes sans précédents qui accompagnèrent le cataclysme.
- L’emploi du charbon pulvérisé dans les grandes centrales électriques. — Nous avons déjà étudié dans cette Revue le développement de l’emploi du charbon pulvérisé dans les chaudières à vapeur. Les avantages en sont considérables : on peut ainsi brûler des charbons de qualités inférieures aussi bien que de qualités supérieures; en outre on peut réaliser des températures de combustion plus élevées qu’avec le mode usuel de coin-
- p.2x184 - vue 660/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- bustion; enfin le travail de la chaufferie est simplifié et se rapproche de celui d’une chaufferie alimentée par combustibles liquides; cette simplification est acquise, il est vrai, au prix d’une installation supplémentaire de pulvérisation qui est assez compliquée et délicate. Les premières grandes chaufferies équipées au charbon pulvérisé en France ont été réalisées dans les mines de charbon, notamment à Bruay et à Anzin, pour l’équipe-ment des centrales électriques.
- Elles vont prochainement faire leur apparition dans la région parisienne. La grande centrale de Gennevilliers, appartenant à l’Union d’électricité, en plein fonctionnement depuis moins d’un an, est obligée dès maintenant de prévoir de nouvelles extensions. Les nouvelles chaudières seront équipées au charbon pulvérisé ; elles auront une très grande souplesse, avantage précieux pour une centrale électrique; elles pourront aux heures de pointes vaporiser pendant deux heures près de 80 pour 100 de vapeur en sus de la production normale. Il est à noter aussi que ces nouvelles chaudières seront à pression plus élevée que celles actuellement en service : 3i kg au lieu de 25 kg. Ce dernier chiffre constituait cependant un record pour des chaudières de la dimension de celles de Gennevilliers au moment de leur mise en service. Il est aujourd’hui dépassé par la centrale de Newcastle en Angleterre qui est à 31 kg 6, et parla grande centrale de 480000 chevaux en construction à Chicago, dont les chaudières seront à 38 kgr 7.
- Exportation du charbon américain ën Europe. —
- En 1924. annoncent les Commerce Reports, les Etats-Unis ont exporté en Europe 2 391 254 tonnes de charbon, soit plus de la moitié de leur exportation totale en combustible minéral. Leur principal client a été la France; l’an dernier, nous avons acquis de l’autre côté de l’Atlantique pas moins de 842000 t. de charbon Dans cette statistique, la secondé place est occupée par l’Italie avec 585 000 t. ; ensuite viennent les Pays-Bas (378900 t.), l’Allemagne (335 5oo t.), la Belgique (81 5oo t.). Notons à titre de curiosité le débarquement de 8800 t. de charbon américain en Angleterre.
- Chaules Rabot.
- Le matériel roulant des chemins de fer allemands. — Bien que l’Allemagne ait dû remettre aux Alliés environ 7400 locomotives et 98000 wagons de marchandises, elle possède aujourd’hui un matériel roulant notablement plus considérable qu’en igi3. Le tableau suivant, publié par les Commerce Reports de Washington, estji cet égard instructif :
- Locomotives et voitures
- motrices.............
- Wagons de voyageurs. . Fourgons à bagages. . . Wagons de marchandises.
- 1913 1920 1921
- 28.104 3i .528 3r.070
- 62 247 64.420 66.754
- 17.037 17.207 20.741
- 655.139 659.371 700.577
- Engrais de sauterelles sèches. — Le Bulletin de Renseignements de l’Institut international d'Agriculture signale, d’après le South African Journal of Industries, qu’on a entrepris à Johannesbourg une industrie qui se propose de transformer les sauterelles en poudres alimentaires pour les bovins et la volaille. On se borne actuellement à les transformer en engrais. La matière première est fournie par les agriculteurs, auxquels on offre 2 shillings par sac de sauterelles sèches livré à la gare de chemin de fer la plus voisine. La nouvelle poudre de sauterelles a montré à l’analyse la composition suivante : eau, 5 pour 100; cendres 22; silice 19; substances protéiques (azotées) 49.87; extrait éthéré 18; fer et aluminium 1; chaux 0,2; anhydride phospho-rique 1 ; potasse 0,72 ; magnésie, traces ; cellulose, 3,5.
- C’est là une utilisation intéressante, susceptible d’encourager les agriculteurs à entreprendre la lutte contre les acridiens.
- Importations de fruits et légumes en Angleterre. — La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée a organisé un service de propa^ gande agricole qui renseigne par des brochures fort bien faites les usagers du réseau. La 23* brochure qui vient de paraître traite de l’exportation des fruits et des légumes frais sur l’Angleterre et contient de précieux renseignements sur la manière d’expédier, les emballages, les habitudes du commerce anglais, etc. Nous
- n’en retiendrons que les données générales suivantes : le Gouvernement anglais estime — et ce chiffre paraît un minimum — que le commerce des fruits et légumes frais représente actuellement un mouvement d’affaires annuel de 100 millions de livres sterling, dont 40 à 5o pour la production intérieure et,0o à 60 pour l’importation.
- D’après les statistiques de 1921, les plus récentes, la France fournit environ 16 pour 100 des importations anglaises, ce qui est fort intéressant pour nous, mais pourrait être largement augmenté, si l’on en juge par le tableau suivant :
- Importations anglaises (en tonnes anglaises de 1016 kg.)
- Part
- Produits de France totales de la France
- Abricots 1.700 1.753 97 %
- Amandes 100 10.i3o 1 —
- Cassis 1.900 3.660 52 —
- Cerises 4.400 5.620 78 —
- Fraises .... 1.000 3.700 27 —
- Groseilles .... 0. ,2 1.717
- Noix 11.000 37.894 29 —
- Pêches 73 280 26 —
- Poires 8.000 38.600 20 —
- Pommes 4.000 199.75° . 2
- Prunes 4.000 6.65o 60 —
- Raisins 0 28.220 0 —
- Tomates 3.000 113.800 2
- Pommes de terre . 58.ooo 147•3oo 40 —
- 97- ' 599,274 it> —
- Recherches expérimentales sur les migrations des baleines. — Les baleines ou plus exactement les balænoptères accomplissent de très longues migrations. D’aucuns affirment qu’ils parcourent de bout en bout les mers du globe. Pour obtenir des précisions à ce sujet, une expédition océanographique organisée par le gouvernement norvégien et dirigée par le Dr Johan Hjort va cet été entreprendre une très curieuse expérience. Cette expédition qui opérera autour de Jan Mayen et au large de la côte est du Grônland « marquera » tous les balænoptères qu’elle rencontrera, en leur enfonçant une flèche numérotée dans la couche de lard superficielle. Une mission scientifique anglaise doit accomplir la même opération dans l’Océan antarctique. Un très grand nombre de balænoptères vont donc être munis d'une pièce d’identité; aussi bien, lorsque les baleiniers en harponneront, on pourra savoir de quelle région proviennent les exemplaires capturés et quel déplacement ils ont effectué depuis la date à laquelle ils ont été marqués. Les expériences du même genre effectuées par le naturaliste danois Jolis. Schmidt sur la morue, le carrelet et d’autres poissons montrent les intéressants résultats que cette méthode permet d’obtenir.
- Charles Rabot.
- L’immigration japonaise dans l’Empire américain. — Le vote par le Sénat américain d’un bill interdisant l’immigration japonaise sur le territoire national Nies Etats-Unis et le vote par le Parlement de Californie de mesures interdisant aux Japonais de devenir propriétaires fonciers dans cet Etat, ont déterminé une tension des rapports entre les Etats-Unis et le Japon.
- La signature du bill parle présidentCoolidge a encore aggravé la situation.
- Or, on comptait en 1920 environ a3o 000 Japonais
- dans l’Empire américain :
- Territoire national . . . . . . m.oio
- Hawaï. .................. 117.047
- Alaska........................ 3i2
- Porto-Rico. 8
- Samoa, Guam, lies Vierges . ,
- Panama. Mémoire.
- Philippines (1918) . . . . . . 1.612
- Depuis 1920, plusieurs milliers de Japonais ont été obligés de partir de Californie.
- Notons que l’immigration japonaise sur le territoire national des Etats-Unis est de date récente. Voici les chiffres des derniers recensements :
- 1870 . 55 1900. . 24.326
- 1880 . 148 1910. . 72.157
- 1890 . . 2.039 1920. . 111.010
- p.2x185 - vue 661/688
-
-
-
- <
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- <«8
- La poulie « Dem » autodémarreuse. — Cette poulie permet de remplacer les moteurs bobinés triphasés par les moteurs à cage d’écureuil, beaucoup plus simples et plus robustes, mais qui ont un couple très faible au démarrage.
- La poulie à entraîner par le moteur, montée folle sur l’arbre de ce moteur, est supportée par les deux paliers P. P. Cette poulie folle est creuse, la chambre intérieure est constituée par deux surfaces coniques de révolution S et S', réunies par un espace annulaire C. Dans cette chambre sont logés six blocs B, qui viennent s’appliquer exactement sur les surfaces coniques précédentes (fig. i).
- Ces blocs sont entraînés dans une rotation autour de l’arbre par un moyeu à ailettes R, solidaire de l’arbre du moteur, à l'aide, de broches a parallèles à l’axe longitudinal et traversant lesdits blocs de part en part. La chambre intérieure contient de l’huile jusqu’à un certain niveau N.
- Au repos, les blocs supérieurs, sollicités par la gravité, abandonnent le contact des surfaces S S' ; les blocs inférieurs baignent dans l’huile.
- Fonctionnement. — Dès l’application de l’énergie motrice, le moteur démarre à vide, puis, so^s l’effet de
- la force centrifuge, l’huile de graissage se met en anneau dans la chambre C; les blocs viennent coller contre les surfaces SS' ; la poulie est entraînée lentement jusqu’à ce que, par l'essorage complet de l’huile, les parties frottantes soient privées de lubrifiant, et que l’entraînement se produise sans glissement. Cet état se maintient pendant toute la durée du travail.
- Si on ouvre l’interrupteur, le moteur ralentit, l’huile de la chambre annulaire se répand sur les blocs aussitôt que la vitesse est tombée au-dessous d’une certaine valeur, et le débrayage est prêt pour un nouveau démarrage.
- La poulie « Dem » permet donc de démarrer le moteur à vide, puis de le charger progressivement, sans à-coups de puissance, jusqu’à la charge totale, par une simple manœuvre de fermeture de circuit.
- Cette poulie qui forme limiteur d’effort est toute, indiquée pour les moteurs à couples irréguliers, comme1 les broyeurs concasseurs, machines à bois, pour les moteurs placés près de matières inflamables et pulvérulentes, pour les moteurs devant mettre en mouvement des masses importantes, pour les essoreuses, les ventilateurs, les grosses pompes, pour les commandes à distance.
- En cas de panne du moteur, elle se débraye automatiquement, de sorte qu’au retour du courant, le moteur démarre à vide, au grand avantage de l’usine génératrice, des fusibles et de l’induit du moteur.
- Constructeur : « La Poulie Dem », 44, rue de Lisbonne, Paris.
- c{§ov$, Industrie
- Suppression des corrosions par un dispositif soê-cial de dégazage chimique des eaux d’alimentation des chaudières. Dans les usines thermiques où l’eau d’alimentation est très pure et où il ne se dépose pas sur les tôles et sur les tubes des chaudières une mince pellicule de calcaire protectrice, l’eau exerce assez souvent une action corrosive qui conduit à des destructions de matières; ces corrosions, quelles soient
- locales ou généralisées, présentent un égal danger.
- La protection du métal par des enduits plus ou moins fragiles, et dont l’efficacité dépend des conditions d’application, n’est qu’un palliatif de courte durée, et en réalité la suppression totale des corrosions n’est possible que par la suppression même de leurs causes.
- A l’heure actuelle, pour un observateur averti, l’aspect extérieur même des corrosions ne laisse aucun doute
- Fig. 2. — Bâche ù dégazage (type S). Coupe longitudinale.
- en ce qui concerne la détermination de leur origine, et les corrosions dues à l’action d’un dissolvant, tel qu’un acide, donnent des cicatrices à surface étendue, régulières et rarement profondes. Au contraire, celles dues à l’action de l’oxygène dissous dans l’eau se présentent sous forme de piquages; les tôles et les tubes, même les plus épais, respectés sur toute leur surface, présentent des trous de très faible diamètre, parfois traversant complètement le.métal.
- Les corrosions dues à l’action dissolvante sont beaucoup plus rares, et pour éliminer celles qui sont dues à l’action des acides, par exemple, il suffit de neutraliser l’eau, parfois même de la rendre alcaline pour éviter la dissociation, en composants acides, produite par l’action de l’eau en ébullition.
- Il est plus difficile d’enlever à l’eau l’oxygène qui s’y trouve en solution, attendu qu’il existe, à l’heurè actuelle, peu de matières susceptibles de fixer l’oxygène rapidement et sans grands frais. De nombreuses recherches faites sur ce point et notamment en partant du fer comme réducteur, la Société l’Union thermique a pu établir un dégazage chimique consistant en l’utilisation d’abord d’un fer particulièrement oxydable et d’une autre matière également oxydable suffisamment divisée et présentant le maximum de surface d’oxydation pour le minimum d’encombrement, enfin par un dispositif de renversement du courant dans les appareils de chauffe, ce qui permet de réactiver la matière oxydable.
- Cette réactivation s’explique de la façon suivante : soit que le dégazage s’opère dans la bâche d’alimentation, soit qu’il s’effectue dans un appareil cylindrique distinct, l’épaisseur de la matière oxydable est telle que, pour un sens donné de circulation depuis l’entrée de l’eau jusqu’à la sorLie de l’appareil, la matière oxydable n’est attaquée que jusqu’à la moitié du trajet de l’eau, et ceci durant un temps déterminé.
- Dans cette première partie du trajet, la matière oxydable se rouille, le fer se recouvrant d’un enduit adhérent d’hydrate ferrique rouge; l’eau,dégazé* sort sans plus agir sur la seconde partie. Au bout d’ui temps fixé, on inverse le sens do la circulation de l’eau e l’oxygène de l’eau est alors retenu dans la seconde parti alors que la matière oxydable n’est plus balayée dans li première que par une eau dépourvue d’oxygène. Ej outre, il se produit dans cette première partie ce fai que le fer n’étant plus en milieu oxydant donne alor lieu à une réduction de rouille passant à l’état de sous oxyde ; l’hydrate ferrique rouge qui recouvrait la matièr oxydable est réduit par le fer sous-jacent en hydrat ferreux' noir, peu adhérent, qui çst entraîné en grand
- Fig. 3. — Coupe transversale.
- p.2x186 - vue 662/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- partie par le courant d’eau, remettant à nu le fer avec une mince pellicule noire d’hydrate ferreux dans des conditions particulièrement bonnes d’oxydabilité.
- L’opération se poursuit ainsi jusqu’à épuisement de la matière oxydable, qu’il y a lieu par conséquent de
- Plan.
- remplacer tous les 8 à 10 mois selon les conditions où l’on se trouve.
- Au contraire des tôles et des tubes des chaudières qui doivent être d’un métal résistant bien à l’oxydation, la matière oxydable doit être d’un métal particulièrement oxydable. La consommation de paille de fer utilisée à cet effet dépend évidemment de la teneur en oxygène de l’eau à dégazer. L’eau portée à l’ébullition perdant environ les u/î de l’oxygène qu’elle renferme, la quantité de matière oxydable est dans ce cas fort minime; un mètre cube d’eau à la température de 900 et ayant une teneur normale eu oxygène consomme environ 1 gr. de matière oxydable dans l’appareil de dégazage combiué V Union thermique. Quant à l’encombrement de la matière oxydable, il est insignifiant : 1 m3 pèse 180 kg et a un encombrement de u3 litres, la densité étant 7,8.
- Les figures a, 3 et 4 représentent schématiquement le type de bâche à dégazer le plus couramment employé. La matière oxydable (r) est disposée sur une tôle perforée, la bâche est cloisonnée dans le sens de la largeur par des chicaues (2) disposées de manière à obliger le liquide entrant en ( 1) et sortant en (4) à parcourir une trajectoire sinueuse et à traverser plusieurs fois la couche de matière oxydable. Un filtre à silex (5) retient les impuretés amenées par l'eau à 1 entrée et la rouille entraînée à la sortie.
- Un dispositif approprié de tuyauteries et de vannes permet de renverser alternativement le courant, l’eau entrant dans un sens par la vanne (6), les vannes (7) et (8) étant fermées et sortant par la vanne (9), et dans l’autre sens par la vanne (7) pour sortir par la vanne0(8), les vannes (♦>) et (9) étant fermées. La rouille qui se détache se dépose dans le fond de la bâche d’où elle est purgée, lors des nettoyages, par les orifices de vidange (îoj.
- La quantité de matière oxydable est calculée de telle sorte que l’inversion du courant se fasse toutes les -*4 heures. La bâche est étanche et le trop-plein (11) est à joint hydraulique; il se raccorde extérieurement, comme on le voit, au collecteur de vidaDge (12). Le brassage de la matière oxydable se fait par l’intermédiaire d’un jet de vapeur provenant de la tuyauterie (i3) au loldnet d’admission ( 14)• La température dans la bâche est contrôlée par un thermomètre à toluène .(1 5.) et la hauteur de l’eau par le niveau (16) Enfin un robinet (17) permet de faire des prises d’échantillons d’eau pour le contrôle du dégazage.
- Dans les usines où l’eau, retour des condenseurs par surface, est mélangée à l’eau d’appoint avant envoi aux chaudières, il esj; plus avantageux de disposer dans la bâche à dégazage une nourrice, ce qui permet de recevoir de* eaux et des purges de diverses provenances, et éventuellement de réchauffer le mélange par des vapeurs d’échappement si l’on en dispose; ce réchauffage peut être effectué au moyen d’un éjecto-condenseur, ru par nn serpentin dans le cas où la vapeur est chargée d’huile. Egalement dans les usines thermiques dont la marche ne doit comporter aucun arrêt, il est nécessaire de prévoir une cloison verticale médiane formant ainsi deux
- compartiments de dégazage, ce troisième type de bâche comporte comme le précédent une nourrice.
- Pour nettoyer la matière oxydable et la débarrasser _ de la rouille qui la colmaterait, il suffit d’envoyer par la tuyauterie prévue à cet effet de la vapeur à la pression de la chaudière pendant une durée de 2 à 3 secondes. Cette vapeur provoque un brassage de la matière oxydable, de manière à faire tomber dans le fond de la bâche les particules d’hydrate ferreux qui sont retenues et dont une trop grande accumulation provoquerait des pertes de charge et une activité inégale de la couche désoxydante. Le nettoyage s’opère toutes le*s 24 heures, c’est-à-dire au moment de l’inversion du sens du courant. On profite d’une période d’arrêt pour vidanger le ou les compartiments par les bouchons de vidange disposés dans le fond de chacun d’eux.
- Le remplacement de la matière oxydable se fait en moyenne, avons-nous dit, tous les 8 à 10 mois. Il s’opère de la façon suivante : le trou d’homme (10 kg de poids) étant soulevé, un manoeuvre pénètre dags la bâche préalablement vidée et sort par ce même trou ce qui reste de matière oxydable rouillée au moyen d’une fourche ou autre ustensile; les particules trop petites sont évacuées par les bouchons de vidange.
- Pendant les périodes d’arrêt, le niveau de l’eau dans la bâche doit être maintenu à une hauteur telle que la matière oxydable reste submergée, de cette façon si le trou d’homme et le trop-plein sont en place avec leur fermeture hydraulique, la matière oxydable peut se conserver indéfiniment dans l’eau sans s’oxyder durant toute la durée de l’arrêt.
- Constructeur : Société de l’Union Thermique, Bou-logne-sur-Seine.
- V> Objets utiles
- Prise de courant instantanée. —: On a souvent besoin de brancher rapidement sur les conducteurs d’une installation électrique existante un appareil électrique quelconque : lampe balladeuse, sonnerie, etc.
- L’opération est moins simple qu’elle ne le paraît au premier abord ; il y a la solution de l’appareil à fil souple terminé par un bouchon ou une mâchoire, mais il faut disposer d’une prise de courant disponible, ce qui 11’est pas toujours le cas. Il faut alors se résoudre à faire des raccords, et pour cela dénuder les fils, ce qui est fort désagréable, et laisse une détérioration permanente.
- La pince P.A.M. permetde résoudre le problème sans rien abîmer à l’installation existante, et instantanément. L’appareil a en gros l’apparence d’une pince de blanchisseuse ; on la garnit, au préalable, des fils électriques destinés à ali-menterl’appareil mobile ; ainsi équipé, il suffit de faire mordre la pince en un point quelconque sur les cordons d’un fil à 2 conducteurs, de l'installation fixe, la prise de courant est réalisée.
- La pince est construite en substance isolante moulée ; les 2 branches principales, constituées comme celles d’une pince de blanchisseuse portent chacune à leur extrémité 1 picot métallique, destiné à pénétrer à travers l’isolant du cordon pour prendre le contact; ces u picots sont reliés respectivement aux fils électriques que l’on monte au préalable sur la pince. Entre les 2 branches principales de Ja pince est fixé un bloc central isolant, formant arrêioir, et terminé par une tête arrondie.
- Pour employer la pince, on introduit cette tête entre les deux cordons qui composent le fil électrique en ayant soin de faire mordre les picots dans les cordons, L’appareil fonctionne.
- La pince P. A. M. est eu vente chez Rodrigue, 7, rue d’Odessa, Paris,
- Fig. 5.— La pince P. A. M.
- p.2x187 - vue 663/688
-
-
-
- O .
- r
- ><
- VARIETES
- ><
- LA CULTURE DU COTON AU QUEENSLAND
- L’esprit de l’homme de la rue est confondu quand il examine les modifications survenues dans l’existence des peuples dans le temps si court qui nous sépare de la fin du XVIIIe siècle. Période si courte, en effet, que les sexagénaires, curieux du passé, ont appris de leurs parents le dédain et le mépris qui accueillirent les premières lingeries de coton, et maintenant la concurrence s’exerce autour de cette matière, comme elle s’exerce autour du pétrole, du caoutchouc, de l’huile de palme et de la pâte de bois, matières sinon inconnues, du moins passant absolument inaperçues jusqu’à la fin de la première moitié du xix° siècle.
- Le coton! matière sur laquelle vivent des millions d’Anglais et d’Américains et aussi bien d’autres nationaux tributaires de ceux-là. Jusqu’au commencement de ce siècle et depuis son introduction dans l’économie domestique, l’Amérique détenait le quasi monopole de sa production, mais l’Angleterre désireuse d’avoir sa liberté entière fit un effort considérable pour produire en Egypte un coton supérieur permettant d’obtenir des filés propres au tissage des toiles les plus belles. Le Lancashire s’acquit dans l’industrie des cotonnades la première place et développa ses filatures et ses tissages sans interruption. Les Américains de leur côté ne restaient pas inactifs, ayant à la fois la matière première et le débouché des produits manufacturés, ils cherchèrent à garder l’une et l’autre en faisant la part minime à leurs concurrents. Ceux-ci ne s’attardèrent pas à récriminer et tâchèrent d’obtenir du colon des diverses contrées de l’immense empire sur lequel, de même que jadis sur celui de l’Espagne, le soleil ne se couche pas. Diverses associations se fondèrent entre les consommateurs pour provoquer des essais de culture dans tous les pays où les conditions géologiques et climatériques semblent assurer le succès.
- Le ii mars dernier, le Premier ministre du Queensland, M. E.-G. Théodore, était l’hôte de la Chambre de Commerce de Manchester et, à l’issue du déjeuner qui lui était offert, il fit l’historique du développement de la culture du coton dans cet Etat du grand Dominion austral. C’est en vue d’intéresser les lecteurs de La Nature aux efforts que fait la Société française d’Etudes pour la production du coton dans l’Afrique occidentale que je vais résumer sa conférence.
- La colonie du Queensland (Australie) fut fondée en i8a5, on y découvrit de l’or en 1851• et sa population qui n’était que de 5o ooo habitants s’accrut de 25oooo immigrants en un an. Elle fut d’abord rattachée au New South Wales sous le nom de district de More-ton Bay (James Cook avait atterri à Moreton Bay en 1770), elle fut érigée en colonie indépendante, avec Brisbane pour capitale en 1859. Cette ville s’élève sur l’emplacement d’un pénitencier qui y avait été établi en 1823. La relégation des convïcts y cessa en 1839 et le pays fut ouvert aux colons libres en 184»-
- Situé au nord-est de l’Australie, le Queensland a une superficie de plus de 1 730 000 km2, c’est-à-dire plus de troil fois celle de la France (536 000 km2), il a 38oo km de côtes et à l’est un récif de corail appelé Great Bar-rier, de 1900 km, borde une mer intérieure navigable.
- En agricullure, comme en toute autre industrie, les prix élevés des produits stimulent l’activité^des producteurs et les mêmes causes produisent les mêmes ^effets. Lors de la guerre de Sécession, les hauts prix atteints par le coton incitèrent les fermiers australiens à le cultiver, ils en produisirent un peu, mais abandonnèrent sa culture en faveur de l’élevage, et le coton disparut comme récolte jusqu’en 1920. A ce moment, les très hauts cours du coton attirèrent l’attention des propriétaires. Le Gouvernement du Queensland se mit en relation avec l’Association anglaise pour la culture du coton, dont le siège est Manchester, et en reçut un encouragement qui le décida à lancer de nouveau cette culture. Le coton n’avait jamais été produit en Australie que par des arbrisseaux persistants disséminés çà et là. Le secrétaire de l’Association convint, avec le Premier Ministre, d’assurer le prix de 1 shilling 6 d. par livre pour un colon de bonne qualité exempt de maladie et provenant dune plante annuelle. L'Association stipula que l'offre était valable pour cinq ans, sous la réserve
- que la perte qu’elle entraînerait pour l’Association n’excéderait pas 10000 livres sterling. Le crédit fut épuisé en un an et la garantie de d’Association prit fin, mais elle avait eu un effet salutaire, car elle avait permis au Gouvernement de donner aux planteurs australiens une prime de 5 1/2 d. par livre de coton de semence, qui les poussa à produire du coton. L’attribution de la prime a continué jusqu’à l’année dernière, et sera continuée en décroissant jusqu’en 1926; après quoi, elle cessera.
- La garantie avait pour seul but de permettre aux fermiers d’étudier une culture nouvelle pour eux et de se rendre compte des avantages de cette nouvelle industrie. Elle l’atteignit. Le Gouvernement du Queensland dépensa 5o 000 livres sterling pour recevoir le coton des planteurs, l’éplucher, le mettre en balles et l’expédier à Liverpool.
- Outre les subsides de l’Association anglaise, le Gouvernement du Queensland obtint l’appui de la Corporation impériale de culture de coton, organisme semi-gouvernemental soutenu par le budget qui, sans fournir des fonds, lui vint cependant en aide de façon efficace, en lui procurant la collaboration d’un expert éminent en la matière, le colonel Evans, ancien directeur de l’Agriculture au Bengale qui avait acquis une grande expérience de la culture du colon en Egypte et en Mésopotamie. Cet ingénieur a maintenant la charge de tout ce qui a trait à cette culture au Queensland. La Corporation procura aussi un entomologiste, il étudie les maladies et les méfaits dus aux insectes qui pourraient nuire à cette nouvelle industrie ; elle donne enfin des conseils en vue de l’établissement de laboratoires, etc.
- En 1921 se manifesta une nouvelle forme d'assistance. Les commerçants australiens, prévoyant les avantages que pouvait trouver le pays dans le développement de la transformation du coton fondèrent l’Association austraiasknne pour la culture du coton, ayant pour but la création d’usines d’égrenage, de moulins à huile et d'atelieis de préparation du coton. Le Gouvernement s’entendit avec cette Société pour prendre toute sa production sous la condition qu’elle établirait les usines et ateliers nécessaires et assurerait le transport du coton dans des ports désignés. Cette Association réunit un capital d’environ un million de livres sterling ; à sa demande une délégation d’industriels anglais vint visiter le Queensland et les autres Etats d’Australie, cette visite fit un bien immense en renouvelant la confiance des planteurs dans la nouvelle cultu e.
- Et voici le résultat de tous ces efforts. En 191g, il y avait 3o hectares en coton au Queensland, la progression a été la suivante :
- Superficie cultivée (lotou
- Années. en colon. produit.
- __ __ s __
- 1920 . 67 hect. 16.800 kg
- 1921 . 794 hect. 427.200 kg
- 1922 . 3.281 hect. 1.725.200 kg
- I92J . 11.34o hect. 5.175.600 kg
- 1924 . 43.740 hect. 22.700.000 kgi
- Dans la même période, la valeur de la récolte aura passé de 800 £ à 1 o5o 000 £. En 1922, il y avait 1600 planteurs, en 1924 il y en a 9200.
- Le Gouvernement du Queensland ’ considère que le résultat atteint à ce jour n’est qu’un simple indice et que la culture du coton y doit prendre une tout autre ampleur. C’est qu’en effet la contrée où elle est praticable jouit de pluie en été et ensuite d’une saison sèche de plusieurs semainès, favorable à la cueillette. 6000000 d’hectares sont dans cette situation; na,turèlle-ment les planteurs n’y feront pas exclusivement du coton, mais ils pourront en faire beaucoup parce que cette culture est facile et rémunératrice. En 1922, le rendement moyen fut de 721 kg par hectare ensemencé, mais le rendement effectif fut de 1000 kg- par hectare récolté, c’est-à-dire que les planteurs ne récoltèrent pas tout le coton provenant de la semence épandue.
- Beaucoup de fermiers, faisant précédemment de l’élevage, ont mis en coton 2, 4 ou 5 hectares!; or ces fermiers occupent 2 millions d'hectares et, s'ils prennent 1. Estimé d’après lu superficie ensemencée.
- p.2x188 - vue 664/688
-
-
-
- VARIÉTÉS
- fermement confiance dans leur nouvelle production, nul doute qu’ils ne délaissent promptement partie de leurs autres occupations actuelles : élevage, fruiterie, etc., pour s’adonner davantage à une culture facile. En effet, 4 hectares en coton rapportent autant que 4° hectares en céréales et le revenu est immédiat. Une famille peut cultiver elle-même 5, io ou i5 hectares, sans avoir besoin, ou très peu, 'de main-d’œuvre étrangère parce que la récolte se fait dans la saison sèche qui dure 12 semaines pendant lesquelles la récolte n’a rien à craindre.
- Pour qu’il atteigne des prix élevés, le eoton doit avoir une fibre longue et être exempt de maladies pouvant compromettre sa conservation. Le Gouvernement du Queensland a donc prescrit l’arrachage du coton remontant, pour avoir exclusivement du coton annuel de Durango et, afin d’assurer la semence nécessaire, il cultive lui-même, dans ses propres champs, cette espèce sur 3ooo hectares. 11 entretient des ingénieurs agronomes venus des Etats-Unis et des moniteurs chargés les uns
- et les autres d’instruire les planteurs des meilleures méthodes à suivre.
- Mais là, comme dans nos colonies, les colons font défaut, plus peut être en Australie que chez nous, parce que ce pays a pour devise « l’Australie aux Blancs » et qu’il n’y veut tolérer aucune atténuation, pas plus en faveur des jaunes que des bruns ou des noirs. Aussi les gouvernements des divers Etats australiens font-ils un pressant appel et des offres très alléchantes aux chômeurs anglais, démobilisés ou autres, qui pourraient trouver dans ces pays, bénis de la nature, les facilités d’existence qui leur manquent en Angleterre. Il semble toutefois que cet appel trouve peu d’écho.
- En faisant connaître l’effort des colonies anglaises et la collaboration qu’elles trouvent chez les industriels de la mère-patrie, mon désir est de secouer l’apathie de nos industriels qui, trop souvent, se bornent à acheter à leurs concurrents les matières premières qu’avec un peu de courage et d’énergie ils pourraient obtenir de nos immenses possessions coloniales. F. Charles.
- JfeD
- IgO
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- osl.
- Pour reconnaître les falsifications de la poudre de savon. — Vraiment, les fraudeurs ne respectent plus rien et l’appât du gain est si fort pour eux qu’ils ne négligent aucun bénéfice, même le plus minime. Tant qulils se sont attaqués au vin, au pain, aux aliments en général et aux médicaments, on s est justement indigné parce qu’ils mettaient en péril la santé publique : n’a-t-on pas le droit de sourire en pensant que, même la poudre de savon dont le sexe laid se sert pour la barbe, est fréquemment falsifiée. On y découvre, à l’examen microscopique et chimique, les substances les plus hétéroclites, du talc ou de la poudre de plâtre qui ne sont que gênantes et inutiles, mais aussi parfois des sels de - plomb qui sont nettement toxiques, ou des traces de sels de cuivre qui accroissent la blancheur mais irritent en même temps la peau. Il est donc prudent de ne se servir que de poudres de savon préparées par des maisons honnêtes; mais comme celles-ci ne sont pas très nombreuses, et, d’autre part, vendent souvent leurs produits assez cher, l’infortuné consommateur n’a guère que deux partis à.prendre : laisser pousser à son menton et à ses joues une barbe hirsute de moujick, ou vérifier toujours la valeur intrinsèque de ses achats.
- Pour cela, voici un moyen qui n’est pas d’une force
- chimique transcendentale, mais qui n’en donne pas moins d’utiles indications et qu’à ce titre il est bon d’employer. Il a le double avantage d’être à la portée de tout le monde et de n’exiger qu’un outillage extrêmement restreint.
- On commence par acheter chez un pharmacien quelconque un tube à essais, en verre, qui coûte 25 à 4o centimes ; on se procure une lampe à alcool ordinaire et on se munit d’alcool et d’acide acétique : de la bonne eau-de-vie et du vinaigre de bonne qualité suffisent d’ailleurs amplement. ^On commence par mélanger quinze parties de vinaigre à quinze parties d’alcool ; puis on met dans le tube à essai i5 gr. environ du mélange et i gr. de la poudre à savon à vérifier. On agite et on chauffe doucement le tube, en le plaçant dans la flamme de la lampe à alcool et en prenant bien soin de le faire constamment rouler entre les doigts, de manière que la chaleur en atteigne également toutes les parties.
- Le savon pur se dissout intégralement et le liquide reste absolument clair : si, au contraire, la poudre de savon est adultérée, les impuretés se précipitent au fond du tube, des bulles de gaz se dégagent et les matières grasses montent à la surface.
- 11 n’y a plus alors qu’à refuser le produit impur... et à ne pas féliciter le fournisseur. Francis Marre.
- <
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. L. Graffe, à Neuilly-sur-Seine. Nous n’entrevoyons pas d’autre solution au problème posé qu’une compression préalable du gaz en ovules, genre Sparklel, qui libéreront par perforation au moment voulu et instantanément le volume de gaz désiré.
- Mme Belbeoch, à Kermone. — î* Vous pourrez distinguer les ferro-manganèses des ferro-siliciums sans analyses chimiques par les caractéristiques suivantes : Les ferro-manganèses ne peuvent être ni forés, ni taillés ; au contraire, les ferro-siliciums peuvent être assez facilement percés à la mèche. i° Nous ne vous engageons pas à entreprendre d’utiliser votre caoutchouc brut en feuilles pour préparation d’articles manufacturés ; ces fabrications demandent un matériel spécial, le mieux serait de le céder à un fabricant. 3° Les laitiers dont tous nous parle?; sopt trop pauvres en acide phospho-
- rique pour avoir des propriétés fertilisantes, seul le manganèse pourrait être pris en considération, mais bien que des essais aient été faits dans ce sens, son efficacité n’est pas encore démontrée. 4° D’après M. Hardy, directeur de l’Ecole d’Horticulture, un bon moyen de détruire les limaces consiste à enduire des feuilles de choux de beurre rance ou de graisse, on place ces feuilles vers le soir dans le jardin à 8 ou io m. de distance les unes des autres. Le lendemain matin, elles sont couvertes de limaces que l’on tue facilement en les faisant tomber dans un seau contenant du pétrole.
- Association des Etudiants, à Bordeaux. — i° La composition suivante que nous avons expérimentée donne de très bons résultats pour l’argenture'despetites pièces, nous vous recommandons seulement de prendre toutes précautions dans les manipulations, l’un des composants étant un poison violent :
- Blanc d’Espagne. .... i5o grammes. Cyanure de potassium . . 4o — Nitrate d’argent........ 20 —
- Broyer le mélange et conserver en flacons bien éli-quetés. Pour l’emploi, délayer la poudre dans un peu
- Üii90
- p.2x189 - vue 665/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- d’eau et frotter avec la pâte obtenue l’objet à argenter préalablement bien nettoyé, a0 Pour ce qui concerne le nickelage, veuillez vous reporter à notre réponse précédente (M. Thisquen, à Armentières, n° 26095, 5 avril 1934, page 3 de la « Boîte aux Lettres »).
- Cercle des militaires, à Frescaty, Moselle. — i° Analyses du chimiste métallurgique, par Cadet et Rodicq, éditeur Dunod, 9a, rue Bonaparte. 2° Manuel de filature, par Dantzer, éditeur Gauthier-Villars, 53 his, quai des Grands-Augustins. Aide-Mémoire de l'Industrie textile, par de Prat, éditeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères. 3° Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur la fabrication des parquets en sciure agglomérée. 4° Les sculptures moulées sont obtenues par le mélange suivant :
- Blanc d’Espagne.........700 grammes.
- Plâtre de Paris.........200 — ^
- Pâte de vieux papiers . . 100 —
- Colle forte ....... 10 —
- La colle forte ayant été préalablement gonflée dans l’eau froide, puis dissoute au bain-marie, on y ajoute successivement la pâte de papier, le blanc d’Espagne et seulement en dernier lieu le plâtre, on coule en moules, comprime fortement, démoule après prise et laisse sécher. 5" Les allume-feux sont simplement des briquettes obtenues par compression à chaud d’un mélange de sciure et de résine. 6° Vous trouverez des transmissions flexibles aux adresses qui suivent : Fruchard, 27, rue Villiers de l’Isle-Adam. Ritter Sbeim, 117, boulevard Voltaire. Doyen, 38, quai de Jemmapes. Burton, 68, rue des Marais. Genteur, 122, avenue Philippe-Auguste.
- 1 M. îallemant, à Paris. — x° Les grumeaux que vous rencontrez dans votre peinture proviennent de l’oxydation à l’air de l’huile, ce qui a toujours lieu quand cette peinture est conservée quelque temps après sa préparation. 11 vous sera facile d’éviter l’inconvénient qu’ils présentent en prenant la précaution de passer la peinture au travers d’une fine toile métallique avant de l’employer, précaution que prennent du reste les peintres en bâtiments. 20 Tous les quincailliers bien assortis tiennent le fil de fer ètamé. 3° Vous trouverez tout spécialement des scies à ruban chez Grosbois, 10, rue de la Croix-Faubert, 11". Vous pouvez également vous adresser aux maisons suivantes fournissant l’outillage d’amateurs : Tiersot, 61, rue des Petits-Champs; Guiliermin, 3g, rue de la Gare-de-Reuilly ; l’Outillerie moderne, 140, boulevard Pereire. 4° Le vernissage au tampon s’effectue ainsi : une pelote de laine ou de coton est enfermée dans un morceau de toile bien propre, puis on l’asperge de vernis au tampon qui est une solution de gomme laque dans l’alcool, on promène alors le tampon à la surface du bois préalablement bien poli au papier de verre ; l’opération de vernissage est assez longue et demande un certain doigté; lorsque le tampon commence à être assez dur à mener, par suite de 1 évaporation de l’alcool, on dépose dessus une goutte d’huile de lin, pas plus, pour le faire glisser plus facilement. Petit à petit les pores se remplissent et le brillant commence à apparaître ; on peut obtenir ce remplissage plus rapidement en mettant sur le tampon une poudre impalpable de sulfate de baryte, de blanc d’Espagne ou de ponce lavée, mais le travail le plus soigné est réalisé par le vernis à la gomme laque employé seul. Quand on juge que le brillant est suffisant, on donne le coup de fini ou clair en remplaçant la toile du tampon par une nouvelle que l’on arrose d’alcool fin et pur, on promène légèrement ce tampon en tous sens jusqu’à ce que le voile ait disparu, le travail n’est bien terminé qu’au moment où la partie à vernir est devenue comme une glace.
- Société d'Emulation, à Bourg. — i° La colle suivante est habituellement employée pour recoller les touches de pianos.
- Colle de Flandre.......... 20 grammes.
- Eau ordinaire. ..... 100 —
- Gomme mastic............... 5 —
- Alcool à 9&0.............. i5 —
- Oxyde de zinc.............. 3 —
- Mélanger l’oxyde de zinc avec la colle préalablement dissoute dans l’eau, ajouter ensuite le mastic dissous d’autre part dans l’alcool.
- 2° Pour enlever l’odeur des bouteilles ayant contenu de Veau de Cologne, passer d’abord à plusieurs x-eprises,
- en égouttant bien à chaque fois, de l’alcool dénaturé qui a pour mission de dissoudre les gouttelettes d’essences encore adhérentes aux parois (quelques centimètres cubes seulement sont nécessaires à chaque opération). Rincer alors à l’eau pure en observant la précaution de remplir totalement la bouteille de manière que l’air contenu à l’intérieur soit expulsé et qu’il y ait débordement de l’eau. Si vous avez bien suivi ces prescriptions toute odeur doit avoir disparu.
- Ecole des Francs-Bourgeois, à Paris. — i° Une bonne formule pour renoircir les tableaux noirs est la sui-
- vante : ,
- Prendre :
- Huile de lin................aoo gr.
- Essence de térébenthine .... a5o —
- Noir de fumée...............3oo —
- Ardoise pulvérisée..........100 —
- Emeri diamant en poudre. ... 3o —
- Vernis gras. . ................... 60 —
- Siccatif liquide............ 3o —
- Broyer ensemble le noir, l’nrdoise et l’émeri, y ajouter l’huile de lin, l’essence, puis en dernier lieu le vernis gras et le siccatif.
- Etendre cette composition sur la planche, laisser sécher au moins trois jours, donner une deuxième couche et éventuellement une troisième, si on le juge convenable.
- 20 Le rebouchage se fait au mastic de vitrier, teinté de préférence, pour qu’il reste moins apparent; il est
- composé de :
- Blanc d’Espagne pulvérisé . . . 260 gr.
- Huile de lin................. 100 —
- On commence par enduii’e toutes les fissures d’une couche de peinture ordinaire, avec une brosse dure de façon à faire pénétrer cette peinture dans les fentes qui se trouveront ainsi imbibées d'huile, puis on rebouche en opérant ainsi : après avoir préalablement réchauffé le mastic en le roulant entre les deux mains, on le garde dans la main gauche et avec le couteau à mastiquer on prend ce mas lie par petites quantités que l’on fait pénétrer dans les fissures en appuyant énergiquement et faisant glisser, soit de haut en bas, soit de gauche à droite suivant la nécessité. Le rebouchage doit être bien suivi, en commençant toujours par la partie supérieure, quand ce travail est terminé, il est bon de donner sur l’ensemble une couche de peinture qui égalise et favorise le raccordement du mastiquage avec les parties voisines.
- J. L. C. G E., Lille. — L’aspect visqueux que prennent les éponges de toilette après quelque temps d’usage est dû à l’action de l’alcali caustique que contiennent toujours les savons, même lorsqu’ils sont dits neutralisés^ Cet alcali agit sur la matière organique, la gonfle et la gélifie, ainsi que cela a lieu du reste pour Ja plupart des substances animales, peau, ongles, etc. Le citron neutralise l’alcalinité et remet simplement les choses en l’état, tout acide peut être employé à la condition qu il soit suffisamment dilué pour ne pas attaquer l’éponge. Une solution contenant par exemple 20 cm5 d’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique) par litre d’eau convient parfaitement, nous en avons maintes fois fait l’expérience. On y laisse séjourner l’éponge une heure ou deux en la pressant à plusieurs reprises ; on rince à l’eau claire, toujours en malaxant, et l’éponge reprend ses qualités primitives.
- M. le Dr Servas, à Bourg. — Les matières colorantes dérivées de la houille que l’on emploie ordinairement pour la teinture sont effectivement insolubles dans la paraffine. Pour coloi-er celle-ci, il faut avoir recours ' aux couleurs préparées d’une façon spéciale, désignées sous le nom de couleurs aux stéarates; vous trouverez ces couleurs chez la plupart des marchands de produits chimiques et en particulier chez Grangé, 54., î-ue des Francs-Bourgeois. Pelliot, 24, place des Vosges.
- Cercle des Officiers, de Bordeaux. — i° La note à laquelle vous faites allusion, n° 2492 du 7 janvier 1922, a paru non dans la Boîte aux Lettres, mais dans les Informations, page 3 : il s’agit d’un renseignement d’origine étrangère que nous avons reproduit et non d’une rédaction d’un de nos collaborateurs ; nous pensons du reste, jusqu’à preuve du contraire, que le mélange indiqué est peu justifié. 2° La matière calcaire dont il est fait mention dans la formule de mortier expérimentée par M. Gnelle est simplement le cran ou craie de carrière.
- p.2x190 - vue 666/688
-
-
-
- ><
- BIBLIOGRAPHIE
- <00.
- ><
- cw
- Cours de calcul graphique des surfaces, par M. Pred-humeau. i vol. p-, io5 fig., i planche hors texte. Editeur, Ecole spéciale des Travaux publics. Paris, 19^3. Prix : 12 fr. 5o.
- Ce cours étudie les divers procédés autres que le calcul numérique permettant l’évaluation des aires : tout d’abord les constructions graphiques là l’aide de la règle et du compas, puis les procédés nomogra-phiques ou par abaques, dont l’auteur expose très clairement la théorie et dont il donne plusieurs applications intéressant les travaux publics, enfin les appareils mécaniques planimètres et intégraphes.
- Les combustibles liquides et le problème du carburant national, par M. Aubert, i vol. de xv-368 p., 60 fig. (Encyclopédie Léauté). Gauthier-Villars et C‘e, et Masson et Cic, éditeurs, Paris, 1924. Prix : 24 francs.
- L’importance du rôle joue par les combustibles liquides dans l’économie moderne justifie la publication d’un ouvrage qui leur soit spécialement consacré. Il importe, en effet, que les consommateurs de plus en plus nombreux, soient parfaitement éclairés sur la nature, les propriétés, et le mode d’emploi de ces combustibles.
- L’ouvrage, très clair et très documenté, de M.^ Aubert, sera pour eux ce guide éclairé. 11 débuté, par l’étude des caractéristiques mécaniques, moléculaires, optiques et thermodynamiques des combustibles liquides ; cette partie comprend les procédés d’analyse et de détermination des constantes essentielles., elle contient aussi de nombreux et précieux renseignements numériques. Elle est suivie dune étude très poussée de la combustion. Après ces -chapitres généraux, l’auteur étudie d’une façon plus particulière les pétroles et les produits qui en dérivent, puis les essences de cracking, les benzols, les huiles de houille et de schiste, enfin l’alcool et le carburant national.
- Fonction commerciale des usines métallurgiques, par J. Carlioz. 1 vol. grand in-8, 455 pages. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1924. Prix broehé : 45 francs.
- L’expression fonction commerciale comprend, au sens que lui donne l’auteur, les services d’achats et de ventes d’une entreprise. Il étudie les uns et les autres d’une façon méthodique, pour le cas d. une entreprise de grosse sidérurgie. Les achats principaux comprennent surtout les minerais de fer, les phosphates, la castme, la chaux, les fontes, les ferro-alliages, les produits réfractaires et les combustibles. L’auteur résume le rôle que jouent ces divers produits dans la fabrication, en étudie les marchés, donne tous renseignements utiles sur leur production, leur consommation mondiale, leur pureté commerciale, leur transport et les conditions à imposer aux fournisseurs. Il étudie ensuite dans le meme esprit la vente des produits fabriqués ; il résume les qualités et emplois principaux des divers produits de la sidérurgie, les. essais usuels pratiqués à la réception, les sous-produits, l’organisation des magasins et des comptoirs de vente.
- Manipulations de Chimie analytique appliquée. Ana-, lyses des produits pharmaceutiques, chimiques et galéniques et des matières alimentaires. Analyses biologiques et toxicologiques, par M. François, a0 édition revue et augmentée. 1 vol. in-8, 3o8 p., 18 fig. Le François, Paris. Prix : 22 francs.
- Get ouvrage, connu des chimistes depuis i9°9> après avoir remis en mémoire quelques manipulations de physique constamment utilisées en chimie, et initié à la préparation des liqueurs titrées, développe successivement l'analyse des médicaments chimiques et galéniques, l’analyse des matières alimentaires, les analyses biologiques et toxicologiques.
- Aux manipulations concernant l’analyse des médicaments, il a été ajouté des méthodes pour l’essai de l’alcool camphré, de la teinture d’iode iodurée, des
- tablettes de chlorate de potasse, pour le dosage de l’acide tartrique, du mercure par le zinc en limaille, etc.
- Les analyses biologiques ont reçu également des additions importantes.
- Enfin, il a été ajouté un certain nombre de tableaux qui rendent l’ouvrage plus commode et un appendice portant sur la caractérisation des principaux produits organiques utilisés en pharmacie.
- Guide pratique d’analyses de Chimie biologique pour l'urine, le sang, le suc gastrique, les matières fécales, etc., par René Clogne, >e édition. 1 vol. in-16, 282 p., 36 fig. Le François, Paris. Prix : 14 francs.
- La pratique de toutes les analyses d’urine, de sang, etc., au point de vue de la chimie biologique, est traitée dans ce livre sur un plan uniforme et très pratique. Pour chaque dosage, l’auteur a choisi les méthodes les plus récentes qu’il expose dans l’ordre suivant :
- i° Principe; 20 matériel nécessaire; 3° réactifs nécessaires; 4° techniques.
- Les derniers chapitres, nouvellement ajoutés, traitent de l’analyse chimique des eaux et de la recherche des médicaments dans les urines.
- Les Echinodermes des mers d’Europe. Tome 1, par le Dr René Koehler. i vol. in-16, 370 p., 9 planches doubles, hors texte. Encyclopédie scientifique. Doin, Paris. Prix cartonné : 16 fr. 5o.
- Il n’a jamais été publié d'ouvrage d’ensemble sur la faune des Echinodermes des mers d’Europe et les zoologistes non spécialisés dans l’étude de ces animaux sont souvent très embarrassés pour faire une détermination et même parfois trouver la description d’une espèce donnée : ils sont obligés de recourir à des travaux isolés, éparpillés dans de nombreuses revues remontant souvent à une époque assez ancienne et ne fournissant le plus fréquemment que des descriptions insuffisantes accompagnées, quand elles le sont, de dessins plus insuffisants encore.
- L’ouvrage de M. Ivoehler est un livre de faunistique et il est essentiellement descriptif. Il comprend l’étude détaillée de toutes les espèces, au nombre de a5o environ, qui vivent sur les côtes d’Europe et qui s’étendent jusqu’à la limite du plateau continental, plus les espèces abyssales les plus caractéristiques.
- Les Echinodermes d'Europe formeront deux volumes dont le tome I qui vient de paraître est consacré aux Astéries et aux Ophiures. Le tome II renfermera les Echinides, les Holothuries et les Crinoïdes.
- Revue algologique, par P. Allorge et G. Hamel. Revue
- ' trimestrielle in-8, avec dessins et planches. Laboratoire de Cryptogamie du Muséum, 63, rue de Buffon, Paris. Prix : 25 francs.
- Il n’existait pas jusqu’ici de revue spécialement consacrée aux algues, malgré l'importance et l’intérêt de ce groupe végétal. Cette lacune est maintenant comblée, grâce à deux jeunes savants pleins d’ardeur. Le premier numéro qui vient de paraître donne une excellente impression de la valeur du nouveau périodique. M, Flahault y évoque les fondateurs de l’algo-logie : Thuret et Bornet; trois études y sont consa-
- ' crées à la flore algologique de l’Afrique équatoriale française, à une algue nouvelle sur les côtes de Bretagne et de Normandie, au phytoplancton des lacs anglais. Une bibliographie très complète et très bien analysée fait connaître tous les travaux récents.
- Mandan and Hidatsa Music, par Fbances Densmore. 1 vol. in-8, 192 p., 6 fig., 19 planches.
- Excavations in tke Chaîna Valley, New Mexico, par J. A. Jeancon. i vol. in-8, 80 p., 66 planches. Bulletins noS 80 et 81 du Bureau of American Ethnology. Smithsonian Institution,'Washington.
- p.2x191 - vue 667/688
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2620 21 Juin 1924
- INFORMATIONS
- Le raid de Pelletier-Doisy : de France au Japon en avion. — Le lieutenant Pelletier-Doisy et son mécanicien Bésin viennent d’achever leur magnifique randonnée aérienne en atteignant Tokio le 9 juin. Cet exploit mémorable marque une date importante dans l’histoire de l’aviation. C’est en effet le premier voyage transcontinental accompli à l’aide de l’avion. Il nous parait donc utile de résumer ici les étapes de ce parcours de plus
- de 20000 km.
- 24 avril Paris-Bucarest 2000 km 11 heures.
- 2a avril Bucarest-Alep i33o km 8 —
- 26 avril Alep-Baerdad 800 km 9 —
- 27 avril Bagdad-Boucbir 900 km 9 —
- 28 avril Bouchir Bander-Abbas 700 km 3 h 3o.
- 29 avril Beuder-Abbas-Karachi 1 :i5o km 7 h. 15.
- 3o avril 1 et 2 mai. Réparations légères, révision du
- moteur et repos.
- 3 mai Karachi-Agra i3oo km 7 heures.
- 4 mai Réparations de l’entoilage.
- 5 mai Agra-Calculta i35o km 6 h. 3o.
- 6, 7, 8 mai. Réparations de l’en toilage,
- 9 mai Calcutta-Rangoon 13oo km 6 h. 3<>
- 10 mai Rangoon Bangkok 600 km 3 heures
- 11 mai Bangkok-Saïgon - 800 km 8 —
- 1 2 mai Repos.
- 13 mai Suïgon-Hanoï x3qo km 7 h. 20
- Du r 4 au 18 mai. Séjour à Hanoï, remplacement du
- moteur.
- 18 mai Hanoï-Canton 1000 km 7b. 1 5.
- 20 mai Canton-Shangaï 1400 km. y heures.
- A Shangaï l’avion B^eguet employé depuis Paris est détruit par ua accident d’atterrissage ; la distance parcourue est alors de 1 fi o3o km franchie en o3 h. aode vol, à la moyenne formidable de 171 km à l’heure, et avec une régu’arité dont témoigne l’impressionnant tableau ci-dessus.
- Les 4000 kilomètres qui séparent Shangaï de Tokio, par Pékin, Moukden et la Corée, ont ensuite été parcourus à petites étapes, sur un avion Breguet de modèle ancien, prêté par l’armée chinoise. x
- Observations de la planète Vénus. — M. Bidaut de l’Isle nous écrit : « Au cours de la deuxième quinzaine d’avril, l’observation de Vénus fut particulièrement intéressante.
- J’ai pu faire admirer à plusieurs personnes l’ombre portée par la brillante planète §ur une muraille claire. La lumière émise me permit, le 26 avril, vers 22 heures (heure légale), déliré l’heure à ma montre, de distinguer les sous-titres d’articles de journaux. Quant aux lignes d’imprimerie plus petites, on pouvait en discerner les traces sur le papier.
- Pour la recherche des taches solaires, je me sers d’une lunette de mm munie d’un écran de carton blanc engagé dans le tube de l’oculaire. Cette lunette n’est destinée qu’à voir s’il y a des taches, que j’obseï ve alors avec un instrument plus puissant. En centrant l’ombre du corps de la lunette sur le carton, on a l’appareil correctement braqué sur le soleil. Ce réglage est très facile aussi pour la lune. J’essayai d’en faire autant pour Vénus en me servant de l’ombre qu elle portait. Je pus constater que celle-ci était suffisamment visible sur mon carlon pour me permettre de distinguer même les vis du chercheur, et je parvins à plusieurs reprises à centrer correctement la lunette par ce procédé.
- Enfin le soir du lendemain, vers 22 h. x5 (heure légale), j’eus le spectacle assez rare, je crois, d’une couronne magnifique entourant Vénus à une distance de 9 à xo degrés. Après une journée d’ôndées, par vent violent O. N. O. soufflant en bourrasques, le ciel se montra, le soir, chargé de lambeaux de nimbus rapides, réservant des espaces vides qui laissaient apercevoir une couche uniforme de cirrus) élevés d’apparence laiteuse, que perçaient légèrement les étoiles les plus brillantes. Dans la direction de Vénus, les nuages étaient vivement éclairés sur leurs bords, comme il arrive souvent lorsque la Lune se trouve derrière un système nuageux non homogène. Tout à coup, la lumière s’accrut dans la direction de la planète, le voile de cirrus sembla se
- déchirer et Vénus, « mangeant les nuages », apparut, éclatante, quoique légèrement voilée par la gaze laiteuse des vapeurs élevées. Puis un cercle lumineux très net, de i°3o' de largeur environ, se forma, à une distance d’environ g à 10 degrés autour de la planète, formant f une couronne complète et d’un aspect vraiment féerique.
- Fig. 1. — Couronne autour de Vénus de 9-à io° de rayon et de 1° 3o' de large, observée le 26 avril 1924.
- Le phénomène dura une vingtaine de secondes environ, mais les nuages rapides ne tardèrent pas à recouvrir cette splendide apparition, et tout retomba dans Ja nuit. »
- Production mondiale de l’argent. — Le Mexique reste toujours le gros fournisseur d’argent du monde. Sa production en 1923 est, en milliers d’onces, de fin (31 gr. 1) : 90 000 environ; c’est sa plus fdïte production depuis 12 ans au moins (eniqii 79000 milliers seulement).
- Les Etats-Unis, ensuite, figurent pour 65 000, le Canada 17000, le reste du monde 40000, soit au total 2X2 000 milliers d’onces ou 65 932 kilogrammes.
- Cette production est presque arrivée au nombre de 226000 milliers d’onces (—70 286 kg) qui est celle de 1911, année record dans la production de l’argent.
- Les cours de l’argent qui étaient tout spécialement élevés en 1920 et 1921 n’ont pas été maintenus et l’avenir du marché paraît obscur, selon une opinion de spécialistes citée par Y Economiste français.
- Voici les cours de l’once en 1920, 1921, 1922 et 192 >, cours moyen à Londres en pence : 61 1/2, 36 7/8, 34 7/6, 3x i5/i6.
- L’alcool isopropylique comme succédané de l’alcool éthylique. — M. H.-C. Fuller, de l’Institut des Rechei’ches Industrielles, a publié dans le numéro du 17 septembre 1923 du Chemical and Metallurgicai Engineering une étude intéressante sur les pi'opriétés et les usages commerciaux possibles de l’alcool isopropylique.
- Grant et Johns (American Journal of Pharmacy, '912, vol. 94, p. 418) ont prouvé que l’alcool isopropylique pouvait être employé impunément auxjieu et place de l’alcool éthylique, pour le lavage des plaies, les frictions sur la peau et sur le cuir chevelu. Ils en ont fait des . lotions employées pour les gerçures des mains, puis après l’asage de la peau, pour les linimenls ; des savons liquides et des antiseptiques pour la bouche et la gorge, pour le nettoyage des petites blessures, pour
- p.2x192 - vue 668/688
-
-
-
- INFORMATIONS |
- sécher la peau des mains, quand elle est gonflée par l’eau chaude ou les liquides alcalins.
- Dans une expérience poussée à l’extrême, 5 expérimentateurs volontaires portèrent des bandages ruisselants d’alcool isopropylique, sur l’avant-bras, de 3 à 7 heures durant 5 jours, soit en moyenne 21 heures totales pour chaque homme. On ne put observer aucun effet toxique.
- J. Pahl (Biochemische Zeitschrift 1921, t. 127, p.. 67-71) conclut d’essais faits sur des chiens et des lapins que de petites doses d’alcool isopropylique dans le corps sont facilement oxydées, et que, même donné en petites doses, durant une longue période, ce produit n’entraîne pas de diminution de la croissance de ces animaux.
- Boruttau ( Deutsche Medizinische Wochenschrift, 1921, t. 47, p. 747-748) conclut à des effets identiques à ceux de l’alcool vinique, soit par la bouche, soit par la voie sous-cutanée. Et cela en dilution convenable et durant des périodes prolongées.
- Le fait tangible est que l’on peut employer l’alcool isopropylique pour des liniments, des embrocations, des mixtures pour le massage et les frictions, des eaux dentifrices, des toniques pour le cuir chevelu, des shampooings et des eaux de toilette.
- . Il n’a aucun effet délétère sur la vue; il peut servir à nettoyer et aseptiser les éponges, soit de caoutchouc, soit ordinaires.
- Il ressemble comme effet à l’acétone, en laquelle il se transforme par oxydation.
- Il serait plus actif comme germicide que l’alcool éthylique : des essais faits sur des bacilles typhiques l’ont prouvé.
- La Pharmacopée américaine l’admet actuellement en mélange avec la gaultheria, l’eucalyptus, la térébenthine, la coriandre, le thymol, le menthol, le phénol, le crésol, l’a,cide borique, le chlorure d’ammonium, les benzoates, les borates, les carbonates alcalins.
- Des pâtés dentifrices savonneuses, à base de myrrhe, d’essences de cassis, de girofle et colorées au campêche, à la cochenille, à l’acide rosolique et à l’orange de méthyle, sont additionnées d’alcool isopropylique.
- Dans les pâtes pour massage, on l’associe au camphre, au thymol, au menthol, à l’eucalyptol, pour stimuler et refroidir la peau et les muscles.
- Dans les lotions toniques pour exciter le cuir chevelu, c’est un bon dissolvant de la résorcine, de la quinine et de l’acide salicylique, sans oublier les extraits de jaborandi, de sauge, les essences de lavande, de romarin et de bergamote.
- Il est actuellement employé en grand dans la préparation des eaux de Cologne bon marché et, quand il est bien rectifié, les eaux de toilette qui en contiennent ne le cèdent en rien’à celles qui sont à base d’alcool éthylique C'est un déshydratant énergique et un excellent agent de constriction, agissant comme l’alcool éthylique fort. Dans les laboratoires pathologiques, il sert à déshydrater les tissus, stériliser les instruments, dissoudre les taches, conserver les échantillons.
- A. Hutin.
- Passage d’un crabe de la mer Rouge à la Méditerranée. — M. H. Munro Fox vient d’adresser à Nature ses observations relatives à la traversée du canal de Suez par un crabe nageur, Neptunus pelagicus. On sait que le canal de Suez a été ouvert en 1869 et on a déjà noté son peuplement par quelques animaux et quelques plantes marines.
- Neptunus pelagicus est un assez gros crabe, pêché pour la nourriture en Egypte, si bien que ses déplacements ne peuvent guère passer inaperçus, son habitat est dans la mer Rouge. En 1882, on ne le connaissait pas dans le canal qu’il envahit entre 1889 et 1893, pour atteindre Port-Saïd en 1898. En 188g, il était encore inconnu à la sortie sud du petit Lac Amer, à 29 km de Suez, où il abonde actuellement. En 1893, il était devenu fréquent à Kabret, à la jonction du petit et du grand Lac Amer, et on le trouva pour la première fois à Tous-soum, à 75 km de Suez. En 189S, il arriva à Port-Saïd, à 162 km de Suez, et quatre ans plus tard il pullulait dans ce port : il avait donc mis au moins cinq ans à traverser le canal. Depuis, il a envahi la Méditerranée : on le pêche communément à Alexandrie, à 260 km à l’ouest de Suez, et on le vend sur le marché de Haïfa, à 3iS km dans le nord. Il est encore inconnu à Beyrouth,
- mais vers l’ouest il a été rencontré à Mersa Matruh, à 260 km à l’ouest d’Alexandrie.
- C’est là une observation, intéressante par sa précision, d’une migration et d’un mélange de faunes causés indirectement ’par l’homme.
- Nouvelles de T. S. F.
- La radiotéléphonie et l’influence française à l’étranger. — Le correspondant de Londres du journal Le Temps indique l’influence heureuse pour l’étude de la langue française exercée en Angleterre par les émissions radiotéléphoniques. Des cours de français ont été émis régulièrement par les stations de broad-casting, et les amateurs anglais désirent entreprendre cette étude pour comprendre les émissions françaises qu’ils reçoivent régulièrement.
- On pourrait ajouter qu’en France la réciproque est vraie et que l’étude de la langue anglaise fait de nombreux progrès depuis le commencement des émissions du broadeasting anglais. Les amateurs français désirent de même se perfectionner dans cette étude pour saisir le sens des communications radiophonées ou pour pouvoir lire les nombreuses revues techniques anglaises. La T. S. F. tend de plus en plus à devenir un moyen de rapprochement à la fois matériel et spirituel entre les nations.
- La réception des émissions radiophoniques à l’aide d’un fil du secteur électrique. — De nombreux amateurs de province pourraient employer comme antenne de fortune un fil du secteur électrique généralement aérien. Mais on ne peut, le plus souvent, donner d’indications précises sur les résultats qu’une telle antenne permet d’obtenir, ces résultats dépendant de conditions très complexes.
- Le journal Radioélectricité (98 bis, boulevard Hauss-mann, Paris) ouvre une enquête dotée de prix pour déterminer, autant que possible, les conditions d’une réception suffisante à petite et à grande distance. Cette enquête sera sans doute fort intéressante, et utile pour un grand nombre d’amateurs que seule, jusqu’à présent, une expérience personnelle, souvent assez longue, pouvait éclairer sur ce problème.
- Inauguration de la station Radio-Paris. — La station Radio-Paris de Clichy, dont nous avons donné la description dans un de nos derniers numéros, a été inaugurée officiellement le 16 mai 1924. Au cours d’ün banquet qui a suivi cette cérémonie, M. Girardeau, président du Syndicat professionnel des Industries Radioélectriques, a annoncé que le Syndicat désirait collaborer avec les organisations provinciales, pour l’établissement de postes de diffusion régionaux. C’est là, en effet, une question importante et du plus grand intérêt actuellement.
- Nouveaux essais sur ondes courtes. — Le poste de Kœnigswusterhausen (LP) fait actuellement des essais sur 680 m. de longueur d’onde. Du 19 au 2S mai 1924, il a transmis de 20 h. 3o à 21 h. 3o (Communication de M. Kleiber).
- Les émissions en ondes amorties et les transmissions radiophoniques. — La réception des radio-concerts est très souvent troublée par les émissions des bateaux ou des postes côtiers dans les régions du littoral, alors que dans d’autres -régions, encore moins favorisées, elle est troublée par les transmissions des postes à arc.
- Les émissions radiotélégraphiques des services publics peuvent rarement être modifiées, mais il arrive aussi quelquefois qu’une solution aisée à réaliser, et efficace, puisse être proposée pour donner satisfaction aux amateurs, tout en n’entravant aucunement le trafic officiel.
- La Chambre syndicale radio-électrique de Marseille a pris l’initiative de former ùn groupement qui se donne pour but de rechercher toutes les améliorations possibles dans ce sens. M. Derocles, 32, rue Neuve, à Marseille, qui coordonne les efforts des clubs, prie les amateurs que cette question intéresse de bien vouloir se mettre en rapport avec lui.
- p.2x193 - vue 669/688
-
-
-
- <
- SCIENCE APPLIQUÉE
- t. s. r.
- Quelques essais intéressants d’émission et de réception sur ondes courtes. —Nous avons déjà plusieurs fois signalé les merveilleux résultats obtenus par MM. Deloy, Pierre Louis et leurs émules, au moyen d’émissions sur des longueurs d’onde de l’ordre de ioo m. Un de nos lecteurs, amateur distingué, M. le Dr Roussin, de Montélimar, a bien voulu nous communiquer quelques détails sur la portée de ses transmissions personnelles, portée tout à fait remarquable vu la faible intensité mise en jeu. Voici d’ailleurs le texte intégral de cette communication.
- « i° Le 7 février, au premier appel général tenté après baisse de ma longueur d’onde aux environs de ioo m. (intensité-antenne de o,a dixièmes d’ampère), j’entre en liaison immédiate avec 8 EB, il me fait savoir que mes signaux sont assez forts (coefficient d’audibilité r 6). La distance qui nous sépare est de a55 kilomètres ;
- î° Le 8 février, autre appel général, même longueur d’onde, même intensité-antenne d’environ 0,2 dixièmes; un amateur à Amiens (Somme), à 63o kilomètres, me fait savoir qu'il a entendu ces signaux forts, très nettement lisibles. (Une liaison bilatérale avec 8 GE avec un dixième seulement dans mon antenne, quelques jours plus tard, m’a appris que mes signaux étaient forts dans cette ville, sur une seule lampe détectrice) ;
- 3° Le i5 février, nouvel appel général, même longueur d’onde, intensité-antenne de 0,2 dixièmes. Un amateur de Genève à 210 1cm m’annonce une excellente réception avec une lampe détectrice.
- Ce même appel du i5 février est entendu également à Mulhouse (Haut-Rhin) à 4*° km, faiblement, mais parfaitement audible avec une seule lampe détectrice. En ajoutant une lampe basse-fréquence, il est entendu à plusieurs centimètres des écouteurs.
- 4° Le ui février, nouvelle demande de ma part de résultats d’écoute, toujours sur longueur d’onde d’environ ioo m., cette fois intensité de 0.12 centièmes d'amp ère-antenne. Le poste d’amateur 8 OH, à Wiesbaden (Rhénanie), à 68o kilomètres, a l’amabilité de me faire savoir qu’il m’a reçu d’une façon parfaite malgré de nombreux parasites et brouillages, avec un Reinartz et une lampe basse fréquence, il m’attribue un coefficient d’audibilité r 7, il entend ces signaux à 10 cm des écouteurs ;
- 5° Le 20 février enfin, la veille, j’entreprenais cette fois avec l’amateur précité de Genève un essai projeté. Me recevant très bien le i5 sur une seule lamp • détectrice, il m’avait demandé de réduire ma puissance démission de moitié; mais un accident me privant
- «
- Fig. 1. — Le poste émetteur 8 EK.
- d’une de mes deux lampes d’émission, et mon ampèremètre thermique n’accusant plus qu’un dixième d’ampère, je n’ai pas osé diminuer la puissance de peur de n’être plus entendu et je le lui annonçais. (Je n’avais pas encore le 20 résultat d’Amiens.) Il me rend compte de cet essai : il a tout compris ; haut parleur possible sur deux lampes; réception très nette sans antenne (antenne à terre), avec une bobine de 7 cm de diamètre, (formant cadre minuscule, sans doute), Il me demandé
- de diminuer l’énergie des deux tiers lors du prochain essai, espérant me recevoir encore sûrement; mais pour continuer ces essais je suis obligé de me munir d’un ampèremètre thermique au centième d’ampère, celui que je possède actuellement n’étant plus suffisamment précis pour cela.
- Où s’arrêtera-t-on et sera-t-on obligé un jour d'avoir un milliatn -pèremètre pour mesurer l’intensité dans l’antenne ? »
- Comme le fait remarquer M. le Dr Roussin, beaucoup d’amateurs qui transmettent régulièrement sur ondes courtes, le Dr Gorret, entre autres, ont, dès à présent, adopté des milliampère-mètres thermiques pour mesurer l’intensité dans l’antenne. D’ailleurs. Fig- — Mmtage du poste d émission, dans ce cas, les indications de 1 ampèremètre ou du milliampèremètre n’ont plus qu une valeur toute relative, et les portées obtenues dépendent, avant tout, des constantes de l’antenne employée.
- Les résultats indiqués, dont il convient de féliciter M. Roussin, prouvent encore une fois, combien il est facile d’obtenir des portées considérables avec de faibles puissances à l’aide des ondes courtes, et combien il est désirable que tous les amateurs vraiment sérieux et qui désirent contribuer efficacement à l’étude de ces procédés d’émissions installent un poste émetteur. Il y a encore beaucoup d’essais et il y aura sans doute encore pendant longtemps beaucoup d’essais à faire avant de déterminer tous les phénomènes qui se produisent dans la propagation des ondes courtes à grande distance. C’est déjà la coopération des amateurs qui a permis de se rendre compte que cette propagation était possible, c’est elle encore qui permettra de déterminer tous les avantages de ce mode de transmission et de fixer la technique exacte de ces procédés qui, peut être, seront les procédés industriels uniques de l’avenir.
- Mais qu’on nous permette ici de faire une digression; de même que tous les amateurs sérieux doivent coopérer aux études scientifiques des physiciens, en installant de nombreux postes récepteurs, de même ils doivent observer une discipline rigoureuse dans l’intérêt de tous. Dans un pays relativement peu étendu comme la France, de nombreux émetteurs travaillant en même temps sur des longueurs d ondes voisines arrivent vite, en effet, à se gêner mutuellement et à empêcher toute étude utile. La nécessité d’une réglementation à la fois libérale et précise apparaît donc de plus en plus, comme elle est apparue depuis longtemps aux Etats-Unis.
- Moyennant cette seule restriction, que les amateurs déj i autorisés à transmettre ont acceptée dans 1 intérêt commun, la coopération de plus en plus étroite des amateurs et des techniciens permettra d’élucider peu à peu les problèmes relatifs aux phénomènes de propagation des ondes courtes.
- Un nombre déjà important d’amateurs fait aussi des émissions radiotéléphoniques d’essai, en émettant tantôt en télégraphie, tantôt en téléphonie. Un de ces amateurs bien connu, M. Lemouîy, a bien voulu nous communiquer la description de son poste 8 EK, dont la photographie 1 indique les détails.
- M. Lemouzy utilise, comme presque tous les amateurs qui transmettent, un contrepoids électrique composé d’une deuxième antenne située en dessous de la première. Le dispositif de montage employé, qui lui est personnel, permet à celle-ci d’osciller sur sa longueur d'onde propre (fig. 2).
- La lampe d’émission employée généralement est une lampe à cornes du type dit E 4.
- Le chauffage du filament est assuré par une fiatteriç
- Antenne
- p.2x194 - vue 670/688
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- d'accumulateurs de 6 volts, et la tension de plaque de 1000 volts également au moyen d’une batterie d’accumulateurs.
- L’inductance d’antenne Lj, celle de grille L2,et celle de plaque L3 sont toutes trois formées par des bobinages dits
- « Gabiona », parce que leur forme, comme on peut le voir surlafigure i, ressemble à celle des gabions employés dans les forteresses. L, comprend 3o spires, L2 25 spires, L3 spires. La capacité du condensateur variable C, est de o. 6/1000 \if, celle de C2 de r/1000 g/, celle de C- de o G / / 000 de microfarad.
- Le schéma 1 représente le poste équipé pour une transmission radiotélégrapbique avec son manipulateur M, mais M. Lemouzy qui a réussi à se faire entendre en télégraphie en Amérique lors des essais transatlantiques fait aussi des essais d’émission radiotéléphonique. Les procédés de modulation employés sont très variés, la modulation par la grille a donné de bons résultats.
- La longueur d’onde actuelle varie aux environs de 3oo m. Avec des puissances très réduites, sa portée s’est révélée considérable. Ainsi, avec une puissance de 35 watts, il a été entendu en haut parleur dans le Nord de la France, la Belgique et le Luxembourg.
- Un montage du même genre peut être employé dans un poste récepteur avec une inductance d’autenne L, de 3o spires et une inductance de grille de a5 spires Deux condensateurs C1 et C2 de o,5o/iôoo u.[ et de 0,75/1000 de u/permettent d’assurer l’accord et la réaction sur la gamme 90 m -38o m. (fig. 3).
- M. Lemouzy transmet d’ailleurs aussi sur 110 m. et a l’intention de fai re des essais sur ondes plus courtes encore.
- On voit, par ces quelques descriptions d’appareils et d’expériences, que l’activité des amateurs français augmente chaque jour et nous serons très heureux de publier tous les résultats intéressants d’émissions sur ondes courtes dont nos licteurs nous enverront une description précise. P. HÊMA.KDINQUER.
- Nouveau dispositif pour la réception avec antennes de fortune. — Ou sait qu’il est toujours difficile d’accorder une antenne de fortune, telle que ligne téléphonique, canalisation de gaz, fil d’un secteur électrique, balcon métallique, fil de sonnerie, ou même antenne intérieure de forme irrégulière. De plus, il est toujours nécessaire de prendre certaines précautions pour éviter des courts-circuits possibles et des bruits parasites provenant des canalisations. Cependant, les antennes de fortune ont toujours la faveur des amateurs qui n’ont pas la possibilité d’installer une antenne et ne peuvent se résoudre à employer un bon cadre; le petit dispositif que nous allons décrire est donc susceptible de rendre de grands services.
- Il est basé sur le principe des antennes désaccordées; l’antenne de fortune et la prise de terre sont connectées aux deux extrémités d’un enroulement primaire, simplement composé de quelques spires, avec en série
- /
- Fig.
- Schéma
- du dispositif Collector.
- P, primaire désaccordé avec prises I. 2. 3, i. — (!,, coud casa leur u'arrèl. — S. secondaire avec prises 5'. —S,; in-
- ductance d'accord. — r.,, condensateur d’accord. — B, et lî2. bornes reliées ail poste récepteur.
- dans le circuit un petit condensateur d’arrêt pour éviter tout danger de court-circuit (fig. 4). Le secondaire est relié aux appareils de réception, et il doit être accordé sur la longueur d’onde à recevoir au moyen d’une petite inductance d’accord et d’un condensateur variable, qui, généralement, se trouvent d’ailleurs déjà montés dans le poste de réception. »
- L’appareil dénommé « Collector y> est placé dans une petite boîte en bakélite avec bornes et fiches permettant de le relier à l’antenne et la terre ainsi qu’auxappareils de réception (fig. 5). Son installation est immédiate sur tous les postes, et sa manœuvre est extrêmement simple. On n’a pas à régler le primaire, en effet, puis- dans sa Loi le de bakélite.
- qu’il suffît de choisir une des
- bornes de prises d’antenne une fois pour toutes, il faut simplement régler le secondaire, et l’accord est aussi facile que sur cadre.
- Constructeur : Maisou Serf, 14, rue Henner, Paris, 9*.
- Pont de Wheatstone pour amateurs.— Nous avons fait souvent remarquer l’intérêt qu’avait tout amateur de T. S. F. à posséder quelques instruments courants
- de mesure. Parmi ceux-ci, un des plus utiles est un pont de Wheatstone employé pour mesurer les résistances de toutes sortes qui servent à l’installation d’un poste : rhéostats, résistances de grille, résistances de plaque, résistances d’audimètres, etc. On sait qu’il existe des ponts à réglage par curseurs, dits « ponts à corde » et des ponts à réglage par fiches. Le deuxième
- PILE X
- r no 100
- VvVWVWWv
- 1 10 100 1000 -J/WV'KaacKwvVVV'
- 10 20 2 0 5
- WvIwI/Wÿv’
- 500 1000 moto
- /WVW\Kwv'
- — Montage du pont. X résistance à mesurer.
- modèle est le plus précis et le plus sûr, mais il est généralement d’un prix très élevé. Le modèle que représente la figure 6, spécialement destiné aux travaux d’amateurs, tout en conservant les qualités fondamentales des modèles de laboratoires, peut, à moins de frais, permettre des mesures suffisamment précises. Son montage, indiqué par la figure 7, est d’ailleurs tout à fait classique. Constructeur : Le Téléphone sans fil, 84, rue des Entrepreneurs, Paris,
- jg»
- p.2x195 - vue 671/688
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- .JfeD
- 1bo
- LES TEINTURES DE CHEVEUX
- M. le D. Sabouraud vient de publier dans la Presse I Médicale une étude magistrale sur cette question, aussi mal connue des mortels éprouvant le besoin de changer la couleur de leurs cheveux que de la plupart des médecins qu’ils peuvent consulter à ce sujet.
- Il nous semble utile de reproduire ici les parties essentielles de cette consultation du maître de l’hôpital Saint-Louis.
- I. Décoloration. — On a jadis employé les bases caustiques et quelquefois encore on se sert de lotions à l’ammoniaque pour donner un reflet doré aux chevelures brunes, mais ces produits rendent, quelques mois après l’application, les cheveux cassants et de ce fait la chevelure se raccourcit. Aujourd’hui, on utilise surtout l’eau oxygénée. On s’en sert pure à des degrés variables de concentration ou de dilution. L’eau oxygénée du commerce à ta volumes est la plus fréquemment usitée. On l’applique à l’ouate ou à l’éponge sur des cheveux d’abord savonnés, pour que la décoloration soit bien égale. Suivant qu’on insiste plus ou moins, on ramène des cheveux bruns à la teinte acajou, ensuite à la teinte blonde, jaune paille. Jamais on n’arrive au blanc pur, blanc d’argent qu’aucune teinture ou déteinture ne peut donner.
- Dans le langage des fabricants de lotions, l’eau oxygénée devient fréquemment « fluide d’or », « eau des fées », « eau blonde », « lotion ozonisée », etc. Beaucoup moins nuisible que les bases caustiques et l’ammoniaque, elle rend cependant les cheveux plus fragiles et les feutre, surtout à leur extrémité, d’une manière insolite qui révèle le traitement.
- Les extraits de camomille allemande ne sont eux aussi que de l'eau oxygénée teinte et déguisée. La décoction de camomille, “souvent préconisée comme inoffensive, n’a pas de pouvoir tinctorial ou décolorant.
- « Parce que l’eau oxygénée discrètement employée est peu nuisible, dit le Dr Sabouraud, il n'en faudrait pas conclure à l’innocuité d'une pratique de coiffeur souvent usitée par eux et déplorable. Sous prétexte de teindre plus également une chevelure mélangée de cheveux noirs et de cheveux blancs, certains commencent par les décolorer entièrement avant de les teindre. Daûs ce cas èt quelle que soit la teinture employée ensuite, il y a bien des chances pour qu’une multitude de cheveux se rompent spontanément une semaine après l’opération et le résultat d'une telle malfaçon peut être un vrai désastre. »
- II. Teintures. — Très variées, elles peuvent se ramener à quatre types : les teintures végétales, les teintures métalliques, les rastiks, les teintures aux couleurs d’aniline.
- Les colorants végétaux, employés pour la teinture des cheveux, sont très peu nombreux. On n’en emploie qre deux : le henné et l’indigo. Le henné est un arbrisseau d’Orient dont les feuilles séchées et broyées donnent une poudre jaunâtre. Celle-ci délayée dans l’eau chaude et appliquée en cataplasme sur les cher veux les colore en roux éclatant. L’intensité de la teinte dépend de la couleur primitive des cheveux et de la durée d’application, mais elle est toujours dans la gamme rouge. Il n’est pas de hennés bruns ou noirs et seuls certains coiffeurs ont pu faire du mot henné le synonyme de teinture quelconque.
- « La caractéristique des cheveux légèrement teints au henné, dit le Dr Sabouraud, est qu’ils y gagnent un reflet doré qu’avec le henné on n’évite jamais. En certains cas, l’effet est joli, non pas toujours. On doit éviter le henné aux cheveux blond cendré, ils y perdraient. Des cheveux bruns y gagnent de faire à contre-jour, dans le soleil, une auréole dorée autour de la tête. Beaucoup de mesure est à observer en ceci, en tous les cas. Légèrement appliqué, le henné peut s'employer pur; appliqué plus longuement, il est rare qu’il fasse bien à cause de la teinte rutilante qu’il donnera. »
- En Perse, on y ajoute couramment de la poudre d’indigo, obtenue en faisant rouir les racines de cette plante. Séchée et broyée, elle se présente comme une poudre verdâtre que les teinturiers appellent henné vert, par opposition au henné jaune, le vrai henné.
- Le mélange d’un peu d’indigo au henné donne un brun roux très beau tirant vers le noir quand la proportion d’indigo augmente. Mais c’est une teinture lente et difficile, exigeant du coiffeur une certaine habileté et de plus, en France, on ne trouve guère de poudre d’indigo qu’on remplace trop souvent par des sels métalliques.
- En tous cas, le henné et ses mélanges ne peuvent donner les teintes blond paille, blond cendré, châtain clair, châtain mat.
- Les teintures métalliques sont à base de plomb, de cuivre, de cadmium ou d’argent.
- Peu à peu, dit le D Sabouraud, on a éliminé toutes les teintures à base de plomb pour éviter le saturnisme, ou n'en trouve plus guère dans le commerce, mais les teintures à base de sels de cuivre sont encore fréquentes et ne donnent lieu à aucune intoxication. A peine causeraient-elles quelques maux de tête quand la proportion de cuivre y dépasse 10 pour ioo et une telle proportion n’est jamais nécessaire.
- Parmi les teintures à base de sels métalliques, mentionnons celles qui remplacent le cuivre ou le plomb par le cadmium. Le sulfure de cadmium est de couleur orangée, teinte assez rare. Mais le sel métallique le plus employé désormais, celui qu’on retrouve dans toutes ou presque toutes les teintures allant du blond cendré au noir, est le nitrate d’argent. On l emploie en. solution aqueuse ammoniacale, par exemple :
- Eau- distillée ....... ioo
- Nitrate d’argent........... 3
- Ammoniaque liquide. ... 9
- dont le virage-fixage est obtenu par une solution de sulfure de sodium faible. (Les taches de nitrate d’argent sur la peau sont enlevées de suite avec une solution d’hyposulfite de soude.)
- Les rastiks, fort employés en Asie Mineure et en Arabie, sont des teintures mi-végétales et mi-métalliques, obtenues en grillant ensemble des noix de galle et des pyrites de cuivre. Le produit broyé, appliqué en cataplasme, donne une teinte brun foncé. On remplace parfois le rast.ik par de l’acide pyrogallique et on le mélange au henné pour en faire des soi-disant hennés bruns ou noirs.
- La couleur d’aniline la plus fréquemment employée est le chlorhydrate de paraphénylène-diamine que les coiffeurs appellent en raccourci « para ». La solution employée est brune et ressemble à du jus de pruneaux. Le réactif fixateur est l’eau oxygénée. La fortune de ce produit un peu dangereux tient à ce qu’il est d’une application extrêmement facile et que, même entre les mains d’apprentis, il donne des teintures très réussies, très rapides, sans moirures et sans inégalités, d’un beau brun, à reflets chauds, sans rousseurs.
- Mais il est cause d’un certain nombre d’accidents, il est vrai plus dramatiques que graves. Le Dr Sabouraud signale que ces accidents dépendent, non de la qualité de la teinture, mais de la sensibilité particulière du sujet. Une peau qui ne réagit pas à la première application de « para » peut être traitée sans crainte d’une manière contiuue ; une autre qui, dès la première teinture, présente autour du cuir chevelu, sur le cou, les joues, les oreilles, de l’œdème, des phlyctènes, doit renoncer définitivement à ce produit, sous peine d’accidents nouveaux à chaque application.
- Ceci suggère au Dr Sabouraud les réflexions suivantes :
- « Les chimistes disent que si on prenait la précaution de savonner soigneusement la tête, aussitôt la teinture sèche, on ne verrait jamais d’accident. C’est une opinion qu’au moins tous les teinturiers devraient connaître. Mais cela suffirait-il ?
- Il me semblerait encore bien plus utile de faire sur chaque sujet nouveau un essai préalable de cette teinture sur une toute petite surface de la nuque par exemple, et, sous un prétexte quelconque, deux ou trois jours jours avant la teinture. Car si l’essai avait donné lieu à uue réaction de voisinage si minime qu’elle fût, ou devrait s’abstenir absolument de tout emploi ultérieur du même produit.
- p.2x196 - vue 672/688
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTE
- Même avec la para, les accidents de teinture sont rares. Ainsi des professionnels ont-ils pu l’appliquer cent fois avant de rencontrer le cas malheureux qui leur fera une affaire judiciaire. Et même alors, ils ne comprendront rien à ce qui arrive. N’ont-ils pas teint cent personnes avec la même teinture, d’autres avec la même bouteille et sans accident P L'accident ne dépend donc pas d’eux.... Et cela est vraisemblable, quoiqu’ils en soient cause. »
- Et le maître de Saint-Louis conclut philosophiquement que, la teinture des cheveux étant pour beaucoup
- de femmes une nécessité de coquetterie ou de situation sociale, le médecin pourra, dans beaucoup de cas, par ses conseils, leur éviter des aventures dommageables, allant de la couleur invraisemblable de,la chevelure, en passant par la brisure des cheveux qui raccourcit de plus en plus leur longueur, jusqu’aux éruptions cutanées dues aux lotions mal composées.
- Il nous semble que ses conseils pourraient être avantageusement connus également des coiffeurs et de leurs clients, et c’est pour ces derniers que nous les reproduisons ici. R- M.
- ’1®q
- BOITE AUX LETTRES
- Q0>
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent ou Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Uest rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — Réunion des Officiers de Besançon. — U obtention des épreuves dites au charbon comporte les opérations types suivantes :
- On prépare d’abord la mixture colorée en prenant :
- Gélatine blanche.............................. 20 gr.
- Pigment coloré (noir de fumée, sanguine, etc.). 5 à 10 — Eau distillée................................ 100 —
- Après avoir laissé la gélatine se gonfler dans l’eau, on la dissout au bain-marie et ajoute, en remuant constamment, le pigment coloré.
- Le papier support est placé à plat sur une plaque de verre et on l’encadre de quatre régletteB faisant une saillie de 1 à 2 mm, puis on verse à la surface par un coin la mixtion précédente encore chaude et on incline doucement de façon à recouvrir tout le papier en déversant l’excédent s’il y a lieu. Quand la répartition est bien uniforme, on pose horizontalement et laisse bien refroidir avant d’enlever les réglettes; enfin on suspend à. une corde avec une épingle de blanchisseuse pour sécher. Ainsi préparé, le papier enduit se conserve sans altération dans un lieu sec. La sensibilisation se
- fait dans un bain composé de :
- Bichromate de potasse . . 3 grammes.
- Alcali volatil........... . 1 —
- Eau distillée..............100 —
- Ce bain ne doit être préparé qu’au moment de l’emploi, on y immerge complètement le papier, aussitôt qu’après s’être recroquevillé, il redevient plat, on le retire et l’applique sur une plaque de verre en chassant les bulles d’air au moyen d’une raclette de caoutchouc, ensuite on le relève et fait sécher dans l’obscurité, les opérations précédentes peuvent se faire en plein jour.
- Le papier ainsi préparé est exposé à la lumière du jour sous le cliché que l’on veut reproduire. Le temps de pose s’apprécie habituellement par comparaison avec le noircissement d’un papier à l’argent exposé également sous un autre cliché. Lorsqu’on juge la pose suffisante on retire le papier dans la chambre noire et on le plonge dans l’eau froide, une fois bien imbibé on applique le côté gélatiné sur une plaque de verre préalablement enduite d’un mélange de :
- Cire blanche.............. 10 grammes.
- Benzine................... 100 cent, cubes.
- On chasse les bulles d’air au moyen du rouleau de caoutchouc, on pose à plat et charge d’un poids de 1 à 2 kg, au bout d’un quart d’heure l’adhérence est suffisante pour effectuer le développement, qui se fait en plongeant le papier et son support dans de l’eau à 6o°-^o° C. Quand on s’aperçoit que le pigment commence à se dégager des bords de l'épreuve, on soulève avec précaution le papier en balançant la cuvette, l’image reste fixée au verre, on en termine le dépeuillement en élevant au besoin, sans excès, la température de l’eau, enfin on rince abondamment à l’eau froide et durcit la gélatine par immersion dans un bain contenant
- Alun ordinaire............ 5 grammes.
- Pau distillée ...... ïoo —
- Pour reporter l’image sur papier, on prend le papier dit double transfert du commerce que l'on plonge dans la solution suivante :
- Alun de chrome.............. grammes.
- Eau distillée...............100
- Le papier bien imbibé est appliqué sur l’image obtenue précédemment, les bulles d’air sont chassées au rouleau et on laisse sécher. Une fois sèche, l’épreuve se détache d’elle-même du verre, elle est prête à être collée sur carton. Pour plus de détails, consulter les ouvrages suivants : Photographie au charbon, par Gaillard. Le procédé à la gomme bichromatée. La photographie au charbon simplifiée. La photo-gomme. La photocollographie pour tous. Ces ouvrages sont édités par la librairie Mendel, 118 bis, rue d’Assas.
- M. Godefroy, à Noisiel. — Le seul enduit que vous puissiez employer comme vernis ignifuge pour le bois est le silicate de soude, soit seul, soit additionné de pigments si vous le désirez coloré. Il faut opérer ainsi : i° Donner une première couche de silicate non teinté à 220 Baumé. 20 Appliquer une seconde couche avec une solution à 24° B. teintée à la nuance voulue avec des terres colorées, oxyde de zinc, outremer, ocre rouge ou jaune. 3a Terminer par une couche comme ci-dessus, mais obtenue avec une solution à 26° B. Chaque couche doit être parfaitement sèche avant l’application de la suivante.
- M. Duquesne, à Garvin. — Nous avons obtenu un excellent résultat en employant le thymol pour éloigner les fourmis d’un buffet de cuisine, cela en pulvérisant simplement sur les planches et les parois une solulion à 1 pour 100 de thymol dans l’alcool pur. Le thym étant un condiment courant, l’odeur résiduelle ne présente aucun inconvénient pour les aliments qui peuvent être entreposés dans un garde-manger ainsi traité.
- Dr S. J'ustman, à Lodz (Pologne). — Nous ne pouvons discerner, à distance, la cause de non-floraison de votre azalée (Azalea) depuis deux années. Vous ne dites pas si la plante dont il s’agit est en pleine terre ou eu pot. Le terrain qui convient aux azalées est la terre de bruyère, marécageuse, de première qualité, et l’exposition mi-ombragée. Nous n’avons pas d’indication sur Ja nature do la terre, ni sur la façon dont votre plante est entretenue. Nous ne pourrions donc émettre un avis et donner un conseil qu'en raisonnant par hypothèse. La plante exposée à l’éclairage dont vous parlez se trouverait-dans une situation défectueuse pouvant c ntrarier la floraison; il conviendrait alors de la changer de milieu. Au cas où la terre serait appauvrie, il y aurait lieu d’essayer, pour restituer les éléments nécessaires à la plante, l’emploi d’un liquide nutritif préparé en mélangeant à 1 litre d’eau ordinaire 10 cm3 d’une solution mère renfermant par litre :
- Phosphate de potasse .... 32 gr.
- Phosphate d’ammoniaque . . 12 —
- Nitrate de potasse.............14 —
- Nitrate d’ammoniaque. .... 42 —
- Cette solution nutritive a donné de bons résultats sur les azalées.
- Cercle méconnais, à Mâcon. -— Les appâts pour attirer le poisson sont constitués non par des poudres, mais par des pâtes ayant pour base la mie de pain ou l’équivalent. Prendre de la mie'de pain tendre, la pétrir dans la main jusqu’à ce qu’elle ait la consistance voulue pour
- p.2x197 - vue 673/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- 2 cuillerées, io gr.
- io —
- 2 —-I O ---
- 10 gouttes
- 35 gr.
- 35 —
- 35 —
- 5oo —
- gr.
- convient
- tenir sur l’hameçon ; colorer avec un peu d’ocre ou de vermillon, ou mieux, par deux ou trois jaunes d’œufs, selon la grosseur du morceau de mie ; l’œuf donne plus d’adhérence à la pâte, qui tient mieux sur l’hameçon, et la colore assez pour la rendre apparente.
- Faire tremper du pain de ehènevis et prendre une quantité égale de pain tendre que l’on pétrit avec trois jaunes d’œufs, le tout pour former une boule du volume d’une grosse orange. Après avoir étendu cette pâte, ajouter :
- Miel blanc. . . . . .
- Anis pulvérisé ....
- Coriandre pulvérisée .
- Huile essentielle d’anis Huile d’amandes douces
- Pétrir à nouveau la pâte avec ce mélange jusqu’à agglutination complète et assez homogène pour tenir sur l’hameçon.
- Tenir cet appât en lieu frais.
- Autre composition à ajouter aux pâtes :
- Huile essentielle d’anis. . . 6 gr.
- Huile de coriandre............. j. —
- Essence de roses . .
- Coriandre pulvérisée.
- Anis pulvérisé.................. 35
- Huile d’amandes douces Alcool ........
- Après macération, ajouter :
- Manne........................... 5o
- Miel blanc...................... 6o
- Cette composition, comme la précédente, pour la pêche de tous les poissons mordant aux farineux, notamment pour la carpe.
- M. A. B., à Cormatin (Saône-et-Loire). — i° La composition du produit dont il s’agit n’est pas indiquée par la firme qui en a la vente. Ce produit est, probablement, à base de cyanures; i° Tous les produits chimiques employés pour détruire les mauvaises herbes sont d’un prix relativement élevé lorsqu’on doit en employer sur de grandes étendues de terrain. Vous pourriez faire l’essai du produit, liquide ou cristallisé, vendu sous le nom d'Herbivore, par les Etablissements Loyer (Paris, 2, rue de Tournon, 6e). Ce produit, réellement actif, s'emploie liquide, à la dose de 2 litres dans ioo litres d’eau, ou cristallisé, à la dose de 2 kg 5oo; dans ce dernier cas, bien remuer afin de faire dissoudre les cristaux; répandre cette solution sur les herbes à détruire, à raison de 1 lit. a5o par mètre carré, soit ia5o litres par 1000 mètres carrés. Opérer sur un terrain très humide, par exemple après une pluie ", si le sol est sec, avoir soin de l’arroser copieusement, répandre ensuite la solution destructive, qui atteint les plantes jusqu'à leurs racines. L’humidité est nécessaire pour que le produit agisse. Une légère pluie survenant pendant ou après le traitement ne nuit en rien à celui-ci.
- Autres produits : le Mortkerbe, détruit aussi les herbes des allées, cours, tennis, etc. Il est mis en vente par le Comptoir parisien d’engrais et de produits chimiques (Paris, 22, rue du Faubourg du Temple, n°). L'Herbicide Occysol, à raison de 1 kg (poudre) dans 100 litres d’eau, désherbe 100 m2 (Société des Laboratoires chimiques, i, quai. Javel, Grenoble). Voir aussi les laboratoires Truffaut, à Versailles.
- R. à M. Colas, de Uragamet. — Il est possible de construire soi-même une fosse septique, c’est-à-dire d’établir une installation avec 2 compartiments et 1 puisard dénitrificateur, séparé, si l’on est en dehors de toute agglomération. Malgré tout, ce problème est scientifique et il est plus économique -et plus sûr au point de vue de l’hygiène et de la fabrication même de la fosse de s’adresser à un constructeur spécialiste dont le système est agréé par la Préfecture de Police. Refuser les autres.
- La Nature a parlé jadis des fosses septiques. Vous retrouverez toutes adresses, notamment :
- Paris : L. Gaultier, 77, boulevard Haussmann.
- Frey, 1, rue Abel.
- A. Girard, i5, rue Saint-Vincent.
- Société d épuration et d’assainissement, 28, rue Chàteaudun.
- Tours : Devrez, 146, avenue de la Tranchée.
- Saint-Arnaud (Cher), Compagnie d’épuration, Auroy, ingénieur.
- M. Froger, à Chatellerault. — Ne pourrait-on connaître
- Tarn- au public établi par la municipalité. Il nous paraît que cette pression de 3 kg devrait pouvoir être supportée par les canalisations publiques et les branchements extérieurs si les premières ne sont pas trop âgées et en fonte à joints au plomb et les seconds en plomb de forte épaisseur. Par qui a été fait le branchement extérieur? La permission de voirie comporte-t-elle la force du tuyau ?
- Ne connaissant pas le contrat de concession ou d’exploitation, il ne nous est pas possible de dire si la Société exploitante est responsable de cette augmentation de pression et ainsi doit prendre à sa charge toutes les transformations des abonnés.
- Il nous semble plutôt que c’est à la ville à prendre des dispositions pour ne pas occasionner des dégâts aux consommateurs des quartiers bas en posant en un ou plusieurs points voulus du réseau des appareils que l’architecte-voyer doit parfaitement connaître (ou la Société concessionnaire elle-même).
- Il existe parfaitement des réducteurs de pression et, comme vous le dites, leur emploi serait moins onéreux que le remplacement de la tuyauterie. Mais je pose la question : quelle est l’épaisseur du branchement extérieur, sa nature (fonte, plomb, etc.) et qui l’a posé ?
- Cette question a-t-elle été portée devant la municipalité ?
- Mme B. L., à Fontenay-le-Comte (Vendée). — La Direction des Services agricoles du département de la Vendée, à La Roche-sur-Yon (Préfecture), et le professeur spécial d’agriculture de votre arrondissement, à Fontenay-le-Comte, nous paraissent tout indiqués pour vous renseigner sur les méthodes spéciales de culture du blé qui vous intéressent.
- En tout cas, nous vous ferons remarquer que la culture du blé en lignes est. pratiquée, depuis longtemps en France, dans diverses régions, par des agriculteurs progressistes. Depuis plusieurs années, il est question de la méthode, dite de néoculture, consistant en semis à grands espacements et à l’ameublissement du sol par des façons nombreuses (binages) pour permettre au blé de croître vigoureusement, même en temps de sécheresse.
- Voyez les ouvrages suivants : Les Nouvelles méthodes de culture, par P. Diffloth, 1 volume; La culture rémunératrice du blé, par le Dr Emile Rey, 1 volume (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°).
- Sur les nouvelles méthodes employées en Allemagne, vous pourriez être renseigné en vous adressant à M. Maupas, par l’entremise de la librairie indiquée ci-dessus.
- M. Ch., à Alger. — Voici les adresses de pépiniéristes du midi de la France, où vous pourrez vous procurer des plants d’abricotiers et autres arbres fruitiers : Eugène Revest fils, pépinières du Pont-d’Aran, à Bandol (Var) ; Jacques Laplanche, à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône); Elie Séguenot, pépiniériste à Bourg-Argental (Loire). Pour les abricotiers, vous pourriez aussi demander des adresses àM. le DrTrabut, chef du Service botanique de l’Algérie, à Alger. Il a publié diverses études sur cette essence fruitière et sa culture en Algérie.
- En d’autres régions que le Midi, on peut trouver aussi des plants de bonnes variétés acclimatées. Voici des adresses de pépiniéristes : Levasseur, à Angers ; Barbier, Gauguin, à Orléans; F. Delaunay, à Angers; Charles Détriché, à Angers; E* Turbat, à Orléans; Paul Lécolier, à La-Celle-Saint-Cloud (Seine-et-Oise) ; Croux, à Chatenay (Seine) ; Nomblot-Bruneau, à Bourg-la-Reine (Seine) ; P. Tricaud, pépinières du Limousin, à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne).
- M. G. L., à Sierclc (Moselle). — Il y a, dans la famille des Polygonum, de nombreuses espèces et variétés. La description trop sommaire que vous nous donnez de la plante d’ornement dont les racines envahissent les pelouses de votre jardin ne permet pas de déterminer exactement la nature de cette plante. Il s’agit, probablement, du Polygonum sacchalinense (Polygonum ou Persicaire de Sakhalin), plante non comestible, et qui, jadis, a été préconisée comme fourrage, comme la con-soude rugueuse du Caucase, et dont on ne peut guère envisager l’utilisation pratique que comme plante ornementale. En tout cas, ce Polygonum bien que non alimentaire pour l’homme ne présente pas de caractère de vénénosité, puisqu'il peut être consommé par le bétail.
- p.2x198 - vue 674/688
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Le mécanicien pratique, par L. Faron. i vol. petit in-ifi, 126 p., 114 fig. Hachette, Paris. Prix : 6 fr. 5o.
- Ce volume enseigne de façon pratique les travaux dont la connaissance est indispensable à un mécanicien qui aime son métier et y veut exceller. De plus, il donne quelques aperçus succincts sur les métaux et leurs propriétés, sur les divers traitements thermiques à leur faire subir, enfin quelques notions très simples de mécanique.
- Technique et pratique des moteurs à huile lourde à injection directe (semi-Diesel), par Y. Le Gallou. i vol. de 208 p., 113 fig. Dunod, éditeur, Paris, 192/e Prix broché : 34 fr. 5o.
- L’auteur divise les moteurs à huile lourde en deux classes :
- i° Ceux qui utilisent l’injection par soupape commandée, ou moteurs à injection progressive.
- 2° Ceux qui utilisent l’injection par soupape automatique, ou moteurs à injection directe.
- Ce livre qui traite particulièrement et au point de vue pratique des moteurs à injection directe, marins et fixes, montre que le remplacement, par une soupape automatique, de la soupape d’injection commandée, constitue une simplification présentant quelques avantages, qui sont surtout à considérer pour les petits moteurs.
- Manuel du bronze d'art. Ciselure et gravure, par G. HamjM. i vol. 276 p., 162 fig. J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1924. Prix cartonné : 12 francs.
- Ce manuel destiné aux artisans et aux amateurs résume la technique du bronze d’arL; il débute par des notions sommaires sur le dessin, la composition, le modelage, les styles. Puis il aborde la technique proprement dite : matières premières employées, outillage, fonte des bronzes d’art, ciselure; il contient aussi un chapitre sur la gravure et un chapitre sur le repoussage des métaux.
- Cet ouvrage contient beaucoup de renseignements intéressants; l’auteur est plein d’enthousiasme pour son sujet; mais il s’exprime en une langue bien singulière, qui offense trop souvent les règles les plus élémentaires de la grammaire et de la syntaxe. Et c’est fort regrettable dans un livre qui vise à guider les jeunes artisans. Pour bien leur enseigner leur métier, il faut d’abord leur parler français, sinon avec élégance, au moins correctement.
- The Physiology of Photosynthesis, par sir Jagadis Cuunder Bosi:. i vol. in-8, 287 p., 60 fig. Longmans, Green and Co. Londres. Prix relié : 16 sh.
- La photosynthèse ou assimilation chlorophyllienne est un des grands phénomènes biologiques qui règlent la composition de l’atmosphère; c’est aussi un des mécanismes de la vie à la fois les plus simples et les plus généraux. Sa connaissance précise est encore fort incomplète. Sir .1. C. Bose qui a déjà étudié avec succès, grâce à des méthodes extraordinairement sensibles, l’irritabilité, les mouvements, la croissance des plantes, aborde maintenant ce problème. II a imaginé un moyen d’enregistrer automatiquement les quantités de gaz échangées par la plante avec le milieu et il a pu ainsi* déterminer l’action des facteurs qui agissent sur la chlorophylle : lumière, température, oxygène, acide carbonique, anesthésiques, poisons, excitations électriques, rythmes diurnes et saisonniers. Il apporte ici une masse de documents nouveaux qui fixent les conditions externes du phénomène et précisent nos connaissances biologiques ; c est un grand pas vers l’explication définitive de la synthèse des éléments organiques à partir des substances minérales.
- Les Protéines, par Jacques Louis. Traduit par H. Mouton. 1 vol. in-i6,,243 p., 52 fig. Nouvelle Collection scientifique. Félix Alcan, Paris. Prix : 10 francs.
- On sait l’importance attachée depuis longtemps en chimie biologique à l’étude des protéines ou matières albuminoïdes qui paraissent constituer la partie essentielle de la matière vivante. Aussi, de nombreux travaux ont-ils cherché à rendre compte de la compo-
- sition chimique et des réactions de ces substances. Une connaissance jadis insuffisante des lois de la chimie physique, et depuis, une méconnaissance de leur importance dans le cas considéré, devait, d’après Loeb, rendre incorrectes les conclusions tirées de ces travaux.
- Les protéines, corps amphotères, obéissent en réalité aux lois ordinaires de la chimie. Celles-ci suffisent à expliquer la manière dont elles se comportent en solution en présence des électrolytes. Il n’y a pas lieu d’assimiler, comme on l'a fait fréquemment, les protéines à des corps solides en particules fines dont la mise en suspension dans l’eau ou la précipitation dépendent de la formation autour de chaque particule d’une couche double d'ions de signe opposé. Les colloïdes ne forment donc plus un groupe à part, opposé chimiquement aux cristalloïdes. Cette découverte, la dernière à laquelle Loeb se consacra avant sa mort récente, est exposée par lui avec une clarté passionnée et entraînante.
- The Birds of Portugal, par William C. Tait, i vol. in-8, 260 p., 1 carte, 10 planches. H. F. and G. Witherby, Londres. Prix relié : 18 sh.
- La faune des oiseaux du Portugal est parmi les plus intéressantes, parce qu’un grand nombre d’oiseaux venant du nord et de l’est, traversent ce pays au cours de leurs déplacements saisonniers. L’auteur esquisse d’abord la géographie physique du pays, puis aborde la question des migrations à laquelle il apporte une intéressante contribution. Il signale ensuite toutes les espèces observées, environ 3oo, avec leurs lieux et leurs dates de séjour. L’ouvrage se termine par un index bibliographique régional et une longue liste de captures d’oiseaux bagués, importante pour l'étude ' des migrations.
- L’hypertension artérielle, par les Drs Camille Liais et André Finot. i vol. in-16, 247 p., a3 fig. Flammarion, Paris. Prix : 8 francs.
- Malgré sa limpidité, son absence de termes techniques qui en rendent la lecture accessible au grand public, ce livre est la généralisation d’un grand nombre d’observations recueillies avec le plus grand soin par les auteurs eux-mêmes, et, à côté de maintes données précises et pratiques de clinique et de thérapeutique, il renferme des aperçus originaux sur les causes et le mécanisme de l’hypertension. Il débute par un intéressant historique de la circulation, et par un bref rappel des points fondamentaux de la physiologie cardio-vasculaire. Il expose aussi avec netteté la technique sphygmomanométrique et les grandes règles simples qui sont les jalons indispensables pour l’interprétation des chiffres fournis par les sphygmo-manomètres.
- Index Generalis. Année 1923-24, par R. Montessus de Ballore. i vol. in-iG, i5t2 p. Editions Spès, 17, rue Soufflot, Paris. Prix : 60 francs.
- Avant la guerre, les Allemands publiaient Minerva, partout consultée et cependant très partiale. Depuis quatre ans, YIndex generalis remplace Minerva, avec une documentation plus complète et une neutralité plus parfaite. On y trouve la liste des grandes écoles, universités, académies, archives, bibliothèques, instituts scientifiques, jardins botaniques et zoologiques, musées, observatoires, sociétés savantes du monde entier. Grâce à la formidable besogne de documentation effectuée par M. Montessus de Ballore, l’ouvrage, rédigé en 6 langues selon les pays d’où les renseignements proviennent, fournit selon un ordre méthodique les noms de 70000 intellectuels, 1100 écoles, 1100 sociétés savantes, 33oo bibliothèques, qSo instituts scientifiques, 344 observatoires, a5 académies, etc. Des tables permettent de trouver rapidement la documentation désirée, tenue scrupuleusement à jour.
- Complet, clair et pratique, YIndex generalis est l’instrument de travail indispensable à tous : érudits, savants, curieux de l’organisation scientifique et intellectuelle du monde entier. Il a maintenant fait ses preuves et doit se trouver dans toutes les bibliothèques.
- p.2x199 - vue 675/688
-
-
-
- LA NATUR
- Supplément.
- N° 2621 28 Juin S924
- INFORMATIONS
- Production du zinc. — La production mondiale du zinc avait passé de 625400 tonnes en 1904 à 997 900 t. en 1913. Les Etats-Unis avaient produit 165 85o t. en 1904 et 3ao 283 en 1913, l’Allemagne respectivement 191 000 et 283 000 t. Le prix moyen de la tonne à Londres était 22, ï4? 3.
- v En igî3, les Etats-Unis ont produit 487000 t. contre 3?4 000 en 1922. Encore faut-il noter que l’augmentation des frais a fait fermer l’exploitation des gisements à faible teneur. La principale région productrice est la région de Joplin, puis viennent les Etats du centre, rOklahoma, les Etats de l’ouest.
- En Allemagne, la production du zinc a décliné. En Belgique elle a augmenté de 33 000 t. Telles sont les principales des données publiées par Y Economiste français (fév. 1924).
- Production mondiale du cuivre. — Voici, d’après une étude de M Edouard Payen (Economiste français, i5 mars 1924), quelle a été la production en milliers de tonnes des principaux pays.
- Les Etats-Unis restent le producteur principal (environ 5o pour 100). L’Amérique du Sud a triplé sa production d’avant-guerre. L’Afrique l’a plus que doublée. Une diminution très nette de la production australienne qui ne produit que le tiers d’avant-guerre et une diminution au Mexique, au Canada et en Europe peuvent être constatées.
- Milliers de tonnes. 1913 1920 1921 1922 1923
- Etats-Unis 548 5.6o 218 468 6fio
- Mexique 5 ( 40 11 18 37
- Canada 35 3 7 22 34 26
- Amérique du Sud . . 70 142 io3 142 194
- Espagne Autres pays euro- 38 24 3o 26 j G
- péens .* . 68 27 32 42 44
- Australie 47 24 *9 18 xi
- Afrique ” 20 3* 4i 48 5s
- Asie 65 66 51 55 St
- Divers 28 13 11 18 8
- Totaux 970 965 53~9 869 1.115
- La production de la soie artificielle. — Les progrès réalisés dans la fabrication de la soie artificielle (soie de Chardonnet au nitrate de cellulose, soie à l’acétate de cellulose, soie au cuivre, soie au viscose) sont mis en évidence par les récentes statistiques concernant le développement de cette industrie en Europe et aux Etats-Unis.
- Voici, d’après le Bulletin des Soies et Soieries, les quantités de soie artificielle produites pendant l’année 1922 :
- Kilogrammes.
- Allemagne.................... 4 -756.000
- France ...................... 4•077•000
- Belgique............. 3.397.000
- Suisse............... 2.718.000
- Italie............... 2.718.000
- Angleterre........... 2.o38.ooo
- Etats-Unis........... 10.645.000
- Total .... 3o. 349.000
- On estime qu’à l’heure actuelle, la quantité en poids
- de soies végétales artificielles produites est supérieure à celle de la soie naturelle (soie du Bombyx mori), et que de ce fait résulte une sérieuse perturbation sur le marché de cette dernière, supplantée par la soie artificielle dans certaines industries, comme celle de la broderie.
- De grandes fabriques de soie artificielle, auxquelles sont consacrées des millions de dollars, ont été créées, et d’autres vont se construire aux Etats-Unis, à Philadelphie, en Pennsylvanie, en Virginie, à New-Jersey, au Canada.
- On constate les mêmes progrès en Angleterre et en Europe continentale. Le développement n’est pas moins rapide en France. On estime que, dans un avenir prochain, notre pays pourra se classer immédiatement après les Etats-Unis pour la production de la soie artificielle.
- En Italie, cette industrie, créée en 1909, retarde le progrès de l’industrie de la soie naturelle; elle affecte également, dans une certaine mesure, l’industrie du coton et celle de la laine.
- La production de la soie artificielle, en Italie, est de 12000 à i5ooo kg par jour ouvrable; 14200 ouvriers, environ, y sont employés.
- Le total des importations, pendant les neuf premiers mois de 1923, a atteint 404 413 kg. Le total des exportations, durant la même période, a atteint 1 270016 k°\, contre g3 000 kg en 1918.
- La Suisse a importé en 1923 les 37 pour too de la production de soie artificielle italienne, les Etats-Unis pour 100, l’Espagne 16 pour too.
- Le désastre causé par le tremblement de terre, au Japon, a eu pour conséquence de stimuler la demande de soie artificielle, en raison de l’élévation du prix des soies brutes. n. B.
- Influence des radiations électriques sur la floraison et la germination. — Des expériences fort intéressantes ont été effectuées à Henderson, près de New-York, en vue de déterminer l’influence que les radiations peuvent exercer sur la floraison des plantes d'agrément et sur la germination des semences.
- Des horticulteurs ont réussi, parait-il, à faire fleurir des lys, vingt-sept jours avant la date normale, ce qui constituerait un véritable record.
- Les fleurs ainsi obtenues sont placées dans des caveaux et soumises à la lumière produite par des ampoules électriques, dont on change la couleur toutes les trois heures. Les lys ainsi fleuris prennent une couleur bleuâtre très recherchée, mais ils se fanent et se flétrissent deux jours après leur apparition à la lumière du jour.
- D’autre part, on a constaté que des semences exposées aux radiations électriques germent trois fois plus vite qu’en plein soleil. Les espèces qui paraissent le plus sensibles à ce traitement sont les semences de haricots verts, de carottes, de concombres, de laitues et de radis.
- C’est là une nouvelle ressource offerte à l’électro-culture. II. B.
- Une classification des primates. — L’anatomiste allemand Heinrich Klaatsch a signalé, il y a déjà une vingtaine d’années, que les primates se divisent en deux phyllums, caractérisés par l’ossature. Les primates occidentaux (guenons ou cercopithèques, chimpanzés, gorilles proprement dits, Homo Neanderthalensis, etc.) ont les os incurvés et renflés au milieu. Les primates orientaux (macaques, semnopithèques, hylabates ou gibbons, orangs-outangs, Homo sapiens, etc.) ont les os allongés, plats et minces. Les premiers sont appelés également gorilloïdes et les seconds orangoïdes. Les premiers sont originaires d’Afrique et d’Europe, les seconds d’Asie. Cet essai de classification étant encore peu connu en France, nous avons pensé qu’il était bon de le faire connaître des lecteurs de La Nature. Il fournit un excellent critérium des rapports entre les différentes familles de primates. C’est ainsi que l’Homo Rhodesiensis ne peut pas être un Néanderthal évolué, puisqu’il est orangoïde. De même, l’anthropoïde, connu sous le nom erroné de gorille oriental, n’est pas un gorille, puisque c’est un orangoïdé. Rappelons qu’il existe trois variétés actuellement connues de gorilles orientaux (G. beringei, G. graneri, G. mikenensis). Cet anthropoïde est venu d’Asie en Afrique tout comme le magot, qui est un macaque, 17/onto Rhodesiensis et l’Homo sapiens ; il présente au point de vue craniolo-gique quelques analogies avec Y Homo Rhodesiensis.
- Ajoutons que 17/omo Capensis fossile, récemment découvert dans l’Afrique du Sud, fait transition att double point de vfie craniologique et cérébral entre Y Homo Rhodesiensis et YHomo Sapiens.
- L’homme a-t-il pu habiter la Bretagne avant l’introduction des métaux? — Cette question a été examinée par M. L. Franchet dans la Revue anthropologique (janv.-févr. 1924). D’après ses observations sur l’habitabilité de certaines régions de là Bretagne et sur ce fait que la culture du blé est inséparable de la civi-
- p.2x200 - vue 676/688
-
-
-
- INFORMATIONS
- lisation néolithique, le problème serait celui-ci : la culture du blé pouvait-elle être pratiquée dans la presqu’île armoricaine ?
- Or, dans les régions envisagées — l’Ar-mor — les terrains sont d’origine telle qu’ils sont dépourvus de calcaire, essentiellement siliceux et que la flore naturelle est composée par les ajoncs, les bruyères, les digitales, la fougère grand aigle. M. Franchet rappelle encore le faible développement du squelette des animaux dans l’Ar-mor. Pour quelques situations particulières, il y a bien des lentilles calcaires qui ont donné des sols fertiles, mais en petit nombre et ce n’est guère que le littoral avec ses débris d’algues et de coquilles qui paraît avoir été habitable par un peuple agriculteur.
- Une remarque précieuse est celle-ci : toutes les stations ayant fourni un néolithique ancien caractérisé sont toujours situées en pays calcaire. L’auteur pense que c’est non seulement la présence du silex, mais encore la possibilité de faire des cultures qui en est la ra;son. Le chaulage des terres n’aurait pas été connu au néolithique.
- Les herses et les charrues gravées sur les dolmens de Dol Merch (dit Table des Marchands) et sur la pierre de Mané-Er-H' Roëk, les signes sculptés sur le support ogival du dolmen et qui ressemblent à des épis, les socs du Musée de Carnac, donnent toute vraisemblance à l’hypothèse que l’agriculture était pratiquée à l’âge du bronze. Il serait donc vraisemblable d’admettre que le chaulage des terres daterait de cette époque.
- En somme, la composition chimique des terres arables avait à l’époque préhistorique aussi bien qu’aujourd’hui une importance très sérieuse pour la répartition des populations et en confrontant les observations de la préhistoire avec celle des agronomes, on doit obtenir plus d’un éclaircissement à des problèmes de géographie humaine. L. R.
- La Nigéria. — L’histoire de la colonie anglaise de Nigeria est assez compliquée. Au mois d’août 1861, le village de Lagos était acheté au roi du Bénin et rattaché en 1866, ainsi que la Gold Coast, à Sierra Leone. En janvier 1886, la colonie et protectorat du Lagos était constituée; puis, en mai 1893, lè protectorat de la Côte du Niger était formé. Entre temps se fondait, en 1882, àLondres, la National African Co, qui se transformait en Compagnie à charte (charte du 10 juillet 1886) sous le nom de Moral Niger Chartered Company. En 1899, cette Compagnie rétrocédait ses droits souverains à la Couronne. Le ier janvier 1900, ses possessions étaient divisées en deux protectorats : la Nigéria du Nord et la Nigéria du Sud ; la Côte du Niger était annexée à ce dernier. En février 1906, le Lagos était réuni à la Nigéria du Sud. Enfin le icr janvier 1914, les deux Nigérias étaient réunies en une seule Colony and Protectorate of Nigeria, avec pour capitale Lagos.
- En 1951, sa superficie et sa population étaient de : Provinces du Nord. 825.000 km2 9.998.314 hab.
- Provinces du Sud . 17.3.800 — 8.371.459 —
- 948.800 18.369.773
- Il convient d’y rattacher la partie du Cameroun, pla-cée sous mandat anglais en 1920, soit 80000 km8 et 261 669 hab. La capitale du Cameroun anglais est Bpuéa.
- Le delta du Niger est extrêmement peuplé pour un territoire africain (6g hab. au kms).
- Les principales villes sont :
- Lagos. .... . . . 99.690 hab
- Ibadan .... . . . 238.094 —
- Ogbomesho. 84.860
- Ilorin . . . 83.66g —
- Iwo . . . 83.588 —
- Oshogbo . . . . . . 5i.4i8 —
- Kano 49.938
- La population se compose : i° de Foulanis (de race peulh), d’Arabes Kountas, de Kanouris dàbs le Nord et dans la partie du Cameroun, attenante au Tchad, toutes populations musulmanes, en partie nomades; 20 de nègres soudanais ou nigritiens, dont les plus connus sont les Haoussas, musulmans, commerçants et guerriers ; 3° de nègres guinéens fétichistes dans le Lagos; 4° de nègres bantous dans l’est de la colonie et au Cameroun.
- Les musulmans ont â eux seuls 31000 écoles avec 267 56o élèves.
- Les populations de Madagascar. — D’après le recensement de 1921, la population de Madagascar et dépendances s'élevait à 3 363 351 âmes, savoir :
- Européens . ....................... 17.666
- Indigènes sujets français. . . . 3.336.334
- Indigènes sujets étrangers . . . 7.87g
- Métis........................ .1,472
- 3.303.35i
- Les Européens se décomposaient en i5 20i Français et 2465 étrangers. Parmi les étrangers, on comptait i6g5 Anglo-Mauriciens, 343 Grecs, i5g Norvégiens, 101 Italiens, 5a Suisses, 49 Américains, etc.
- Les indigènes sujets français sont formés par le mélange de trois races principales : Malais (qui prédominent chez les Mérinas, ou Hovas, ou Houves et chez les Betsiléos), nègres dolichocéphales (Sakalaves), nègres brachycéphales (Baras), lisse décomposent comme suit:
- Hovas ..... 89'î-993 Comoriens . . 118.704
- Betsiléos, . . . 470.927 Mahafalys. . . 96.079
- Betsimisarakas. 4o4-969 Antanosy . . . 65.58g
- Antaisakas. . . 185.114 Sihanakas . . . 57.462
- Baras . . . . . 171.377 Makoas .... 48.714
- Sakalaves . . . i65.739 Rezonazanos... 3o.399
- Antandroys. . , 162.682 Saint-Marfens . 11.399
- Tanalas . . . , 156.747 Antakaranas. . 977
- Tsimihétys. . . 15 4 -35o Divers .... 3.8o3
- Antaimoros. . . 136.313
- Total 3.336.3^7
- Les peuplades du nord de l’île (Antakaranas, Tsi-mihetys) et de l’est (Betsimisarakas) ont eu une infusion de sang arabe et hindou ; on trouve parmi elles des musulmans, qui relèvent des khalifes de Mascate et de Zanzibar. »
- Parmi les indigènes sujets étrangers, on distingue :
- Sujets anglais......................... 781
- Africains divers...................... 227
- Hindous............................5-914
- Chinois.............................. 957
- 7-«79
- Les Hindous sont ordinairement musulmans ; ce sont des immigrants permanents établis à demeure. Les Chinois sont au contraire des immigrants temporaires (809 hommes, 29 femmes, 1x9 enfants).
- Le goudron de bouleau. — Ce goudron, préparé en Russie et connu sous le nom de Dagget, donne un phénol possédant une odeur particulière, dite « odeur de cuir de Russie », employé dans Pindustrie du cuir et auquel les cuirs russes doivent leur renommée.
- Le district de Kostroma a été longtemps le plus gros producteur de goudron de bouleau. En mai, quand l’arbre est en pleine sève, on enlève l’écorce extérieure blanche, sans toucher à l’écorce rougeâtre sous-jacente.
- En décembre, les écorces sont transportées aux fours de distillatiou (simples caisses quadrangulaires, en tôle, mises en communication avec un tonneau en bois où se produit la condensation). Le four de distillation comprend une batterie de i5 à 20 caisses.
- Pour la marche de la distillation, on chauffe très modérément, puis on élève graduellement la température. La distillation dure 24 heures environ.
- Le liquide obtenu est brunâtre ou vert brunâtre, à saveur amère, non officinal. Soumis à la distillation fractionnée, il donne une huile légère dit « huile russe », renfermant du phénol particulier — mentionné ci-dessus — et du térébène.
- Les dernières portions bouillant entre 200° et 3oo° offrent des effets de diçhroïsme remarquable ; elles sont d’un beau rouge par transmission et d’un vert foncé par réflexion.
- Le goudron de bouleau est souvent adultéré par mélange avec le goudron des conifères ayant les mêmes propriétés physiologiques et les mêmes principes actifs. Il y a là une fraude évidente, car le prix du goudron de bouleau est bien plus élevé que celui des conifères, considéré commue un succédané du premier. On fait une addition de goudron de conifères au goudron de bouleau, mais non une addition de ce dernier au goudron j de bois.
- p.2x201 - vue 677/688
-
-
-
- ><
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ><
- LA VOUTE CÉLESTE EN AOUT Ï924-(1)
- Le mois d’août 1924 est particulièrement riche en phénomènes astronomiques, comme on le verra en parcourant ce « Bulletin ». Signalons toutefois, dès à présent, l’éclipse totale de Lune du 14; la chute des Per-séides du 9 au 11 ; le plus grand éclat de Vénus le 3 ; l’occultation d’Aldébaran le a3; la visibilité exceptionnelle de la planète Mars, en opposition le j3; la conjonction de la Lune et de Vénus, le 26.
- Amis du ciel, vos vacances seront bien occupées ce mois-ci !
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en août, diminue rapidement. Elle était de -|- i80a' le ior, elle tombe à -j-803g' le3i. Les jours diminuent de longueur avec une rapidité du même ordre et leur durée — présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon — passe de 151’ 3m le ior à i3h 27” le 3 !.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai. Lorsqu’une horloge bien réglée indique une des heures figurant dans ce tableau, le Soleil, au même moment, est au méridien de Paris. Il est facile, par une simple interpolation, d’avoir l’heure du passage pour les jours intermédiaires.
- Heures du passage
- Daln. (t. m. Gr. )•
- Août i“r 1ih 56“ 49"
- — 3 1ih 56“ 4i“
- — 5 1ih 56” 3o5
- — 7 1ib 56“ *?'
- — 9 1ih 56“ '2h
- — 11 ii1’55“ 44s
- — 13 1111 53” H*
- — i5 nh 55” V
- — *7 111’ 54” 3-/
- — 19 1 ih 54” K.*
- — 21 11"55” 42”
- — 23 11"53“ 1 v
- — 2 5 1 ih 52” 4os
- — 27 xih 5a” 6‘
- — 29 11h 51 ” 3v
- — 3i 1 ih 5o” 5Ss
- L’ombre du fil à plomb, ou de l’arête d’un mur bien vertical, à l’une des heures ci-dessus, donne la direction exacte du méridien.
- Observations physiques. — L’apparition de taches solaires à des latitudes élevées semble indiquer que le minimum solaire est passé, mais
- ce n’est pas encore certain. Ceci doit engager les observateurs à poursuivre assidûment les études solaires.
- Voici la suite des éphémérides pour l’observation physique du Soleil (voir le pour janvier 1924)-
- Fig. t. — Aspect de 1 Eclipse de Lune du 1 d iioût 1924, montrant les contacts de la Lune avec le cône .d’ombre delà Terre, à l’entrée et à la sortie. La direction de la flèche est celle du Pôle céleste Nord.
- Commencement de l’éclipse générale............6h5o”,3
- Plus grande phase..............................8h 22™,6
- Fin de l’éclipse générale.....................g11 55”,o
- Grandeur maxima de l’éclipse, le diamètre du
- Soleil étant égal h un.......................0,425
- Cette éclipse sera visible du Groenland, des régions polaires boréales, du Nord de l’Europe et de toute la partie boréale de l’Asie et dix Japon.
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune pour le mois d’août :
- D. Q. le 8, à I D' Q- le 22, à ghio”
- P. L. le x4, à 20b 19” j N. L. le 3o, à 8h 3^m
- Age de la Lune, le 1" août, à midi = 01,7 ; le 3o = ol, 1.
- On sait que pour obtenir l’âge de la Lune à une autre
- date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le i'r ou le 3o. Pour une heure considérée, on ajoutera oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plu-- grandes déclinaisons de la Lune en août : le n — -j- 190 a S' ; le 2 5=—i90 99'. A ces dates, la Lune sera à la plus grande ou à la plus faible hauteur au-dessus de l’horizon de tous les points de l’hémisphère nord terrestre, quand elle passera au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 11 août, à aoh. Diamètre = 32' 44/- Parallaxe
- = 60'o". Distance =365 47° km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 23 août, à i8h. Diamètre = 29' 35". Parallaxe = 54' 12". Distance = 4°4 45o km, Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 6 août, occultation de 88 Vierge (gr. 6,5), de 19*' 15” à 1 g'1 59”.
- Le 8, occultation de 190 B Balance (gr. 6,5), de 22h 9” à 22h 46”.
- Le 12, occultation de 29 Sagittaire (gr. 5,3), de oh i6m à ih i5“V — Occultation de f Sagittaire (gr. 5,1 ), de 2 t‘‘ 37” à 23h 16”.
- Le 13, occultation de 57 Sagittaire (gr. 6,0), de oh 53“ à ih 28
- Bulletin astronomique
- »
- Dates. P h ho
- Août 3 • -f- 1 i°>78 + 6°, 02 3o7°,g8
- — 8 -j- 13°, 69 + 6°,33 241°,86
- — i3 + i5°,49 -j- 6°,61 175°,76
- — 18 -j— 170 r 8 + 6°, 83 i°9°,67
- — i3 + i8°,75 + 7°,01 43°,60
- — 28 -j- 2o°, 17 + 7°»I4 337°, 54
- Demi-diamètre, parallaxe et distance . — Voici la
- valeur de ces éléments pour deux dates du mois d août :
- Dates. Demi-diamètre Parallaxe horizontale. Distance.
- Août i3 i5'48".9i i5'51",77 8",69 1 5i 43o 000 km
- — 28 8",71 1 5o 980 000 —
- Lumière zodiacale. — On pourra essayer de la rechercher le matin, mais avec peu de chances de succès, en raison de l’arrivée de l’aurore.
- Eclipse partielle de Soleil. —; Une éclipse partielle de Soleil, invisible à Paris, se produira le 3o août. En voici les circonstances :
- 1. Toutes les heures mentionnées dans ce Bulletin sont données en temps légal (temps moyen de Greenwich) compté de.o11 à 24h, à partir de minuit. Pendant la période d’application de l'heure d’été, ajoutep 1 heure à toutes les heures indiquées ici.
- Le 14, occultation de 44 Capricorne (gr. 6,0), de 201' 18™ à 2ih6” et de 45 Capricorne (gr. 5,8), de soh 37'" àaih23”. Ces deüx occultations se pro luisent pendant l éclipse de Lune dont il est question ci-après.
- Le 17, occultation de 54 B Baleine (gr. 6,3), de 2ih23“ à aah17”.
- Le 22) occultation de 71 Taureau (gr. 6,4). Emersion seule visible à 23b 28“. — Occultation de Taureau (gr. 3,6), de a3h43“ à oh4i,n le 23. — Occultation de Taureau (gr. 4,2), de 23l'46"' a oh 38'“, le 23.
- Le 23, occultation d’Aldébaran, a Taureau (gr. 1,1). de 4110“ à 5h 2m. Il fera jour au moment de la sortie d’Aldébaran. Beau phénomène visible avec de petits instruments.
- Eclipse totale de Lune du 14 août (fîg. 1). — Cette éclipse sera visible seulement en partie de Paris, mais ce sera la partie la plus intéressante, comme on le voit dans le tableau ci-dessous :
- Entrée de la Lune dans la pénombre............i7h32m
- Entrée dans l’ombre........................... i8h 3i“
- Lever de la Lune à Paris...................... igh 3“
- Coucher du Soleil à Paris................... . igh 7“
- Commencement de l’éclipse totale .............19'1 3oni
- Milieu de l’éclipse...........................2oh ao’"
- Fin de l’éclipse totale................ 2ih iom
- Sortie de l’ombre............ 2ah g™
- Sortie de la pénombre.........................a3K 8“
- Grandeur de l’éclipse = r ,661, le diamètre de la Lune étant égal à un.
- Nous ayons vu plus haut qu’il y aura deux occultations pendant cette éclipse.
- Il y a (e plus grand intérêt à noter l'aspect de 1»
- p.2x202 - vue 678/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Lune lorsqu’elle sera complètement éclipsée. (Yoir à ce propos l’article que nous avons publié, ici même, sur l’éclipse de Lune du 16 octobre 1921, n° 2486 du 26 novembre 1921). On pourra noter l’aspect de la Lune éclipsée d après les coefficients suivants : 0 = éclipse très sombre, Lune à peu près invisible, surtout au milieu de la totalité; 1 =r éclipse sombre, grise du brunâtre; 1 =. éclipse rouge sombre ou roussâtre; 3 = éclipse rouge brique, ombre souvent bordée d’une zone grise ou jaune assez claire ; 4 = éclipse rouge cuivre ou orange très claire ; zone extérieure très lumineuse, bleuâtre.
- Nos lecteurs seront bien inspirés de porter leur attention sur ce point particulier de l’éclat de la Lune éclipsée et de transmettre leurs observations à La Nature, qui les signalera.
- Marées, Mascaret. — Les (plus grandes marées du mois d’août, d’amplitude assez faible, se produiront au moment de la Pleine Lune du 14. Voici le tableau de ces
- plus grandes marées heure de la pleine mer) pour
- Brest : Marée (lu matin. Marée du soir.
- Dates. Heures. l'.oeflicienl. Heure?. Coefficient.
- Août i4 3h 17“ o“,90 i5h 42“ ora,95
- — 15 4h 6“ 9 8 i6h28m im,oo
- — 16 4h 5o“ i“,ot 17b 1 1i’LbO
- — j- 5h32B om 99 t7h5i"1 o“,c()
- — 18 6h io,ü om.g‘î 181' 28'“ o“,8g
- Le phénomène du mascaret, en raisoh dé l’amplitude
- assez faible d es marées n’est pas annoncé pour âoût.
- Vénus brille à présent d’un éclat magnifique dans le ciel du matin.
- Son plus grand éclat se produira le 3 août, comme on le voit dans le tableau suivant, analogue à celui que nous donnons pour Mercure.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Août 3 0,2-4 — 4,2
- — 8 0,28 — 4,2
- — i3 0,32 4,2
- — 18 0,36 — 4,2
- 23 0,40 — 4,1
- — 28 o,43 — 4,i
- Mars est dans sa meilleüre période d’observation, se trouvant en opposition avec le Soleil, le 23 août,
- à i7h.
- Pour l’orientation des dessins et l’identification des détails visibles avec un plaüisphëre, le tableau ci-dessôus, extrait de Y American Ephemeris, sera particulièrement utile :
- Angle de Latitude Angle de
- Dates. position du position Eclat
- (Minuit) de l’axe. centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- Août 16 348°,7 —20°,2 24".9 o",i 287°,7 —2,6
- — 3b 35d°,8 —220,6 24",8 o", 1 ' 33°,2 —2,6
- Voici lés bëtti'es du passage du méridien zéro (o°) de Mars par le fcéntre du disque.
- Si l’on tiënt compte que Mars tourne à raison de o°,24 pab minuté et de i4°,62 par heure, on pourra,
- Dates : Le ver Passage Coucher Àscen - Déclinai- Diamètré Constellation
- ASTRE Jaoüt à Paris.' au Méridien de Paris à Paris. sion droite. son apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- ! 6 4h 3 2“ nh 56“ ‘24* i9h 3! Im 9h 5m + 16® 43' 3 if 36'! b Cancer
- Soleil . . . 16 4 45 11 5 4 4p «9 3 9 44 -f- 13 45 3 i 38 ; 4 Lion »
- 26 5 0 11 5a 23 18 45 10 20 -f- îb 26 3i 43(2 Lion
- . 6 6 58 13 36 20 i3 ib 44 + 7 39 ëi 4 p Lion Le soir,
- Mercure. . .6 7 24 1 3 34 19 45 f I XX + 1 48 7(6 j Lion , plus grande élopgation
- f x& 1 7 X 1 i3 i4 *9 7 1 i 42 — 2 5 9i<5 -q Vierg;e le 1 5.
- Vénus . . . t 6 1 *6 ; 26 I I 1 42 *5 16 Q 8 8 11 56 49 î6 i6 16 40 X I 6 6 7 r7 4» 12 + i| -j-18 4-18 5o 1 ë 25 38i4 33,0 28,8 v Gémeaux À Gémeaux ) X Gémeaux , Magnifique le matin, plus grand éclat le 3.
- Mars. . . . 6 1 16 26 20 20 Mi 4> 0 [ 5 I d m3 28 4i 51 6 5 4 >4 22 28 22 2 a 22 38 35 27 — i5 — 15 — 16 5 59 57 21.8 23.8 24.8 tVerseau v Verseau ( 1 Verseau Toute la nuit, ! en opposition le 23.
- Jupiter. . . 16 i4 3o 18 46 2 3 X l6 35 X 1 32 37,4 10 Scorpion Le soir, avant minuit.
- Saturne . . 16 io 33 i5 57 X I 21 i3 45 — 8 23 14,6 m Vierge Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . i5 20 X 1 40 7 27 23 27 — 4 27 3,6 tp Verseau Presque tonte la nuit.
- Neptune. . — ..... 16 4 33 l I 47 !9 I 9 3i 4- i5 1 2)4 7 Lion Inobservable.
- 1. Cette côlonné donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le tablëàu ci-dessus, établi à l’aide des données publiées par Y Annuaire astronomique Flarh-mariôn pour 1924, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètës.
- Mercure sera visible dti 10 au 20 août environ, sa plus graüdë élongation du sbîr se produisant le i5 août, à 27° 22' à l’Est du Soleil. Cette élongation est la plus grande de l'année, la plus petite étant celle du 27 septembre prochain, à 17° 5o' seulement à l’Oûest du Soleil. Ces dilîerences dans les élongations proviennent de l’ellipticité considérable de l’orbite. En raison de la déclinaison assez éltvée de Mercure vers le i5 août, la visibilité de celte planète sera assez facile.
- Voici le laire : tableau de la phase et de la grandeur stel-
- Dates. - Disque illuminé. Grandëüf stellaire.
- Août 3 067 -j- 0,2
- — 8 b 60 + 0,4
- — i3 0,54 -f- o,5
- — 18 0,46 4- 0,6
- — 28 0,36 4-o,8
- — 28 0,26 -j- 1,1
- au moyën du tableau suivant, connaître la partie du disque tournée vers la Terre au moment de l’observation.
- Dates. Mil ?S-igc . Utiles. Passage.
- Août X 10" 20m,8 00 0 2 O1’ 5'",2
- — 4 ns 34,4 20 21" i.7'u,8
- — 6 I21' 47'", 9 —— 2 2 221' 3 ,, 2
- — 8 14h 1 “, 1 - 24 2 ih 4 2,n. 7
- — 10 1 5h I4'",2 26 o'1 i8"’,y
- — 1 2 161' 27™, 2 — 28 ]h 3im,4
- — 14 17h 40“,O — 3o 4 » , y
- — 16 i8h 52™,6
- Pour les modifications probables de la suiface de Mars, voir ce que nous avons dit àu dernier « Bulletin Astronomique » (u° 2617, p. 172).
- Jupiter est encore très" bien placé pour les observations, dès l’arrivée de la nuit. Nous continuons ci-contre le tableau des phénomènes si curieux présentés par les satellites de Jupiter.
- Saturne est encore un peu visible, dès l’arrivée de la nuit,
- p.2x203 - vue 679/688
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Août Hexire. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Août Heure. Satel- litè. Phéno- mène.
- 4 2Ib 27“ II îm. i3 2Ih 5om I fE.f.
- 4 21 6 I lin. 20 20 18 I Im.
- 5 20 29 I O.c. 20 21 5 II P.c.
- 5 21 3a I P.f. 21 l9 45 I P.f.
- 5 12 4* 1 O.f. 2 l 21 1 I O.f.
- 6 ICJ 55 I E.f. 2 2 20 51 II E.f.
- 6 20 0 Ht O.c. 24 20 44 III E. f.
- 6 20 49 11 O.f. 28 19 27 1 P. c.
- 6 2 2 34 ni 0. f. 28 20 44 I 0. c.
- 12 21 1 a i P.c. 2 9 20 8 r E.f.
- i3 20 59 11 O.c. 29 20 5o 11 Em.
- 20 11 P.f. *9 2 i I n E.c.
- i3 21 34 ni P.f. 3i •9 26 in Em.
- Voici les éléments de l'anneau à la date du 16 août :
- Grand are extérieur . . . ......... 36", 83
- Petit axe extérieur........................ 9'',58
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. -f-i5° 5'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... 416° 56'
- Elongation orientale de Titan, le 16 août, à i9h5. üranus sera en opppsition le mois prochain. On le trouvera à l’aide d’un très petit instrument, et de ta position, que voici : ^
- Dates
- Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Août 5 a3h 28“
- — 15 a3h 27“
- — a5 a3h 25“
- — 4° 26' 3",6
- — 4® 2i 3",6
- — 4° 36' 3'', 6
- Neptune sera en conjonction avec le Soleil le i3 août. Il est inobservable.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le xer, à i8h, Neptune en conjonct. avec la Liine, à o° 35' N. Le a, à 2 ih, Mercure — — là Lune, à o° 55' S.’
- Le 3, à 9b, Mercure
- Le 6, à i.8h, Saturne Le 9, à 20h, Jupiter Le i5, à i8‘4 Mars
- p Lion (gr. 4,0), à o° 2' S. là Lune, à 20 29' S. la Lune, à 4° 38' S. la Luné, à 6° 8' S.
- Le î6, à 2ih, Uranus en conjonct. avec la Lune, ài°44'N. Le 26, à ii\Vénus — — la Lune, à o° 5o'S.
- Le 29, à 3\ Neptune — — la Lune, à o° 3o' N.
- Le 31, à i5\ Mercure — — la Lune, à 70 35'S.
- Observer surtout la belle conjonciion du 26, le matin, à l’aube, spectacle magnifique.
- Etoiles filantes. — Le mois d’août est particulièrement favorisé au point de vue des étoiles filantes. L’essaim le pluè riche est celui des Perséides, surtout actif du 9 au 11 août. Le tableau ci-dessous, extrait de l’Annuaire du Bureau des Longitudes, donne les principaux radiants actifs pendant .ee mois.
- Epoques. Ascens. droit e. Déclinaison.
- i°r au 4 août 29» + 36°
- 7-11 — 293° 4 54°
- 7-12 — 292° 4 70°
- 8-9 — 5° 4 55°
- 9-11 — 44° 4- 56°
- 9-14 — 9° — >9°
- ia-i3 — 345° 4 5o°
- 12-16 — 64 + 48°
- 20 et 25 — 6» + ii°
- 21 aü 23 — 2C) L° 4 6ob
- 23-3i — 282° 4 4i°
- 25-3o —- 287° 4 65°
- Etoiles variables. — Minima de
- Algol (p Persée) : le 10 août, à ih 3 im ;
- le 3o, à 3h 1 im.
- Observer avec assiduité < a Baleine (M
- minimum doit se produire vers le 21
- chain. »
- Etoile Polaire . — Voici i les heures
- l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates. Passage suf >ériiiur. à i
- Août 8 4h 19“ 44*
- — 18 3“ 4om 35!
- — 28 3h im 25‘
- Étoile voisine, p Triknglë.
- r Cygne.
- 5 Dragon, a Cassiopée. ï] Persée. j3 Baleine,
- 3 08 4 Bradlëy. p. Persée. y Pégase.
- 0 Dragon. a Lyre.
- q Dragon, l’étoile variable le 12, à 2 2h 2om :
- septembre pro-
- Temps sidéral
- 6n
- 4fil
- 5os,3 i5*,8 41\3
- V. Constellations. — L’aSpect de la voûte célèste le i6r août, à ai1’, est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; la Lyre, Hercule.
- Au NoPd : La Petite Ourse; Cassiopée; Andromède. Le Cocher est à l’horizon riord.
- À l’Est : Le Cygne ; l’Aigle ; le Dauphin ; Pégase ; le Verseau; les Poissons.
- Au Sùd : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l'Ouest : La Couronne; le Bouvier; la Grande Ourse. Èm. Touchet.
- IgD
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Qflt..
- LA CULTURE DES TISSUS ANIMAUX
- Oii Se souvient qu’il y à une quinzaine d'années déjà, plusieurs physiologistes, Hàrrison, Burbows, Carrél, etc., sont arrivés à cultiver des cellules isolées provenant d’Organismes hautement différenciés (*). C’était là une conquête considérable de la sbifence. Cependant cette découverte n'était qu’utt premier pas ; elle satisfaisait plus l’imàginatidn qu’ëllë n’apportait de résultats réellement tangibles. Peu à peu, leS précisions soht arriVéës, les conditions qui favorisent la croissance des tissus ainsi cultivés Ont été progressivement caractérisées. On utilisait primitivement le procédé siiivant : du sérüm sàfiguin non coagulé est ensemence avec un fragment dix ccèùr d’un embryon de poulet. Pëu à peu, le sérum coagule et dans l’intérieur de cette massë gélatineuse les cellules se multiplient. Dans le fragment initial, on trOùVe à la fois des cellules musculaires ët contractiles et des cellules conjonctivës banales Servant simplement de soutien aux cellules müsctjlàirës. Tandis que ces dëbhières, trôjp hautement différenciées, ifieüreht rapidement lës cëllulés conjonctives au contraire se muliipilient et prolifèrent.
- Actuellement, Carrèl possède des cultures vieilles de 11 ans provenant, chose curieuse, d’animaux (poulets) qui n’auraient certainement pas atteint cet Age.
- 1. Voir R. Lkgexdke. Lu survie des organes et la « culture » des tissus vivants. La Nature n” ao58, 2 novembre 1912, p. 35g.
- Mais le sérum du sang, à lui seul, permet aux cellules conjonctives simplement dë se multiplier on de se survivre mais non dë s’accroître ët d’augmenter leur poids total, c’est-à-dire de vitré.
- PÔiir que cës cèlluleà se développent rëellemëiit, il faut ajouter à ce sérum dés substances qui sont fournies par lé suc qu’on extrait d’üîi èmbryon d'animal quelconque : ëouris, cobayes, lapins, etc. Ce suc contient, én effët, ün quelquë chosé sans quoi ne se créë pas de noüvéau protoplasma, et que Carrel a baptisé dix nom de iréphone (*).
- Quels sont, dans l’organisme, lës éléments qtxi soüt chargés de fabriquer cës substances sans lesquelles il n'y a pas d’assimilation vraie et d'accroissement i* Il semblé que ce soient les lymphoçÿtës, espèce spéciale de globules blancs, càractérisée surtout par là grosseiir et j>àr la fbrnie des noyaux, il y a longtemps, d ailleurs, qtxë les études dé pathologie générale avaient montré le rôle capital que joueüt les lymphocytes soit aü cours de la crfiissance, soft au cbürs de la maladie. Il s’agirait là en somme dë cellules à typé jeune où embryonnaire et qui serviraient de « transforèbaieur » pour cexHainès
- 1. The Journal of experimental Medicintu Vol. .38; nu .5, • 923 ; Journal of lhe American Medical Association, 2O janvier 1924, et Mcdizinischc Klinik, nü8 1 et 13, 1924.
- qfêlÔF]^
- p.2x204 - vue 680/688
-
-
-
- #
- HYGIENE ET SANTE
- substances alimentaires nécessaires au bon fonctionnement et surtout à l’augmentation de l’organisme. Ces notions nouvelles sont de nature à nous ouvrir de féconds aperçus en matière de physiologie normale ou pathologique et peut-être même de médecine pratique. On en aura une idée par les faits suivants.
- Si une plaie cutanée est pratiquée d’une manière tout à fait aseptique, et si elle est complètement débarrassée de tous débris de tissus ou de sang coagulé, elle guérira plus lentement que si elle est exposée à des irritants légers. Ces irritants ont, en effet, pour propriété de faire affluer les lymphocytes qui produisent des tréphones qui à leur tour obligent les cellules formant le fond de la plaie à se multiplier et par conséquent accélèrent la cicatrisation.
- Mais ce n’est pas tout. Comme nous l’avons vu, Carrel n’est arrivé à cultiver que des cellules conjonctives, c’est-à-dire le tissu le plus banal, servant en somme, de soutien aux cellules nobles qui, elles, ont des fonctions bien spécialisées. Il était donc tout naturel qu’on cherchât à cultiver d’autres types de tissus. Mais ces tentatives se sont montrées hérissées de difficultés. Il fallait trouver un moyen de prélever sur un embryon minuscule des cellules d’une race pure susceptibles de survivre, C’est ce que Fisher, puis Erdmann (*) ont réalisé dès 1922. Ces auteurs ont utilisé poiir cela les traces minuscules de cellules épi»
- i. Erdmann, Gewebezüchtung. Die Umschau, n" V\ i923.
- théliales de l'iris qui restent adhérentes au cristallin lorsqu’on extrait celui-ci. Les cellules du cristallin meurent très vite tandis que celles de l’iris restent seules à se multiplier. On se trouve donc en présence d’une culture pure. Mais, tandis que dans l’organisme vivant, les cellules épithéliales prennent d’ordinaire des dispositions fort caractéristiques, dans les cultures pures elles constituent un amas informe. Entre ces deux modalités d’existence, il y a des différences qui rappellent, en quelque mesure, celles qui distinguent l’état cristallin et l’état amorphe d’un même corps chimique.
- Si, par contre, on introduit dans la culture de cellules épithéliales une certaine proportion de tissu conjonctif, on assiste à un phénomène caractéristique. Les deux types de cellules réagissent l’un sur l’autre et on les voit en quelque sorte reprendre leurs fonctions respectives. Si le tissu conjonctif est en proportion faible et qu’il soit dominé par le tissu épithélial, celui-ci tend à envelopper comme l’épiderme, qui est un tissu épithélial, enveloppe le reste du corps. Au contraire, si le tissu conjonctif est surabondant, c’est lui qui enveloppe. On se trouve alors en présence d’aspects qui caractérisent les glandes telles que les parotides ou le pancréas qui sont enveloppées par du tissu conjonctif et qui sont, elles aussi, un tissu épithélial.
- Telles sont les notions récemment apportées par les culiures de tissus. Leur intérêt n’a pas besoin d’être souligné. Dr P.-E. M.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige, à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. 11 est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et dù nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. Marius Cousin, à Nîmes. — Le mpde de fumure (fumier artificiel) que vous vous proposez d’adopter pour fertiliser des terres de garrigues, en montagne, inaccessibles aux véhicules, serait assez compliqué et relativement dispendieux. Le procédé, en tout cas, ne nous paraît pas de nature à vous assurer l’obtention d’un engrais riche; en outre, il n’est guère possible d’indiquer a priori la nature et la proportion d’engrais chimiques à ajouter, puisqu’on n’e&t pas fixé sur la valeur fertilisante, au moins approximative, des diverses substances entrant dans la composition de ce compost ou fumier artificiel. En pareil cas, le mode de fumure le plus rationnel serait la sidération, c’est-à-dire l’emploi d’engrais verts constitués au moyen de semis de plantes qui, ensuite, seraient enfouis sur plâce par la charrue. Aux engrais verts sont associés des engrais chimiques.
- Un semis de vesces, fait en août, fournira l’humus et l’azote. Semer, par exemple', 170 kg de graines de vesces* par hectare, les enterrer par un labour quelconque; compléter la fumure par un apport de 3oo kg de superphosphate à 14 pour 100 et 5oo kg de sylvi-nite à 16 pour 100/à l’hectare; répandre ces engrais à la volée, en janvier-février et les enfouir par un bon labour. Ne répandre la sylvinite que juste avant l’enfouissement des vesces, et non en cours de végétatidh de celles-ci, qui exercent leur action fertilisante en juin, juillet et jusqu’en, août.
- En procédant de cette façon, on donne aux terres une fumure complète.
- M. Hubert Vitalis, à Lodève (Hérault). — Pour vous procurer les ouvrages sur Les noms des fleurs, 1 vol., par M. Gaston Bonnier, ainsi que l’ouvrage sur L’olivier et l’huile d’olives, 1 volume, par M. Bonnet, voyez Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e. Pour le second de ces ouvrages, on peut s’adresser également à la Librairie Coulet, 5, Grand’Rue, à Montpellier, et au besoin se renseigner auprès de M. L. Bonnet, directeur du Service de l’Oléiculture, à Marseille, ainsi qu’à la Revue de Voléiculture, Paris, 71, rue de la Procession, i5“.
- M. Allouchery, à Fauquembergues (Pas-de-Calais). — i° Pour examiner des collections de différentes variétés d’arbres fruitiers, sur pied, à l'époque de la fructification, vous auriez toutes facilités, croyons-nous, de visiter, sur autorisation de la direction, les collections de l’Ecole nationale d’Horticulture, à Versailles, celles du Muséum d’Histoire naturelle, à Paris, et de l’Ecole d'Arboriculture de la Ville de Paris, avenue Daumesnil, à Saint-Mandé. D’autre part, vous pouvez vous renseigner au siège de la Société nationale d’Horticulture (Paris, 84, rue de Grenelle, 70) et à la Revue horticole (Paris, 26, rue Jacob, 6*).
- 2“ L’émulsion de pétrole à employer en pulvérisations contre les pucerons sur les arbres et arbustes fruitiers, se prépare de la manière suivante :
- Savon noir.................. 2 kg
- Carbonate de soude ... 2 —
- Pétrole.................... 1 litre
- Eau....................... 100 —
- Faire dissoudre le carbonate de soude et le savon
- noir dans l’eau tiède et, après refroidissement, ajouter le pétrole en agitant le mélange. Faire les pulvérisations de préférence le soir pour éviter une trop grande évaporation du liquide et en opérant de bas en haut, de manière à atteindre la face inférieure des feuilles.
- Indépendamment du pétrole, on peut appliquer à trois ou quatre reprises, à quelques jours d intervalle, des pulvérisations avec un mélange ainsi préparé : Faire dissoudre 20 gr. d’acide pbénique dans 1 litre d’eau, ajouter 4° litres d’eau au début de la végétation, 20 litres seulement lorsque la croissance des feuilles est terminée.
- 3° L’emploi du coaltar comme cicatrisant des arbres fruitiers, pour badigeonner les surfaces de branches coupées, ne peut être sans inconvénient que s’il s’agit d’arbres âgés, et si l’on opère durant l’hiver, c’est-à-dire pendant le repos de la sève.
- Le coaltar lute les pores ouverts du bois et les conserve intacts jusqu’à ce que l’écorce recouvre complètement la plaie. Appliqué au moment où la sève travaille, il entre plus facilement dans l’écorce et, se propageant dans toute l’épaisseur des tissus, il empoisonne la sève ascendante et descendante.
- Les arbres à écorce tendre sont plus sensibles à l’action du coaltar qui, sur les vieux arbres, ne peut traverser complètement la forte épaisseur d’écorce pour arriver jusqu’à l’aubier.
- Sur les jeunes çirbres mieujf vaiit, à notre »vis,
- p.2x205 - vue 681/688
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- s’abstenir, car même s’il est appliqué pendant le repos de la sève, sur des sujets plantés depuis plusieurs années, il retarde plutôt leur croissance.
- Commandant B., à Paris. •— Malgré nos recherches, nous n’avons pu trouver de recette concernant la préparation d’une encre périssable ; à notre connaissance aucune formule de ce genre n’a été publiée et cela est compréhensible si l’on envisage les inconvénients très graves qui pourraient résulter de la vulgarisation de son emploi. Les grands fabricants d’encres tels qu’An-toine, 38, rue d’Hautpoul, 19e; Paillard, 17, passage Saint-Sébastien, nG; Lorilleux, 16, rue Suger; Maurin, 4, rue des Haudriettes, ont au contraire dirigé leurs efforts vers l’obtention d’encres indélébiles et nous ne croyons pas qu’ils aient fait de préparations pouvant répondre à votre désir ; cependant il vous sera facile de vous en assurer dans ces maisons spécialisées, aux adresses ci-dessus.
- M. Cambrelin, à Bruges. — 1” Pour désobstruer le brûleur de votre réchaud il vous suffira de le dévisser" et le mettre à tremper dans l’essence minérale; après séchage, le brosser énergiquement avec une brosse propre, puis épingler les ouvertures, si besoin est, avec une tige métallique fine. 20 Le polissage du marbre est surtout une question de patience, car il faut employer progressivement des abrasifs de plus en plus fins en commençant par le grès et lui faisant succéder de la potée d’étain, finalement on se sert de raclures de plomb qui donnent le poli et on encaustique.
- M. Rozès, à Mirande. — Pour enlever les souillures que présentent les statues de plâtre, souillures résultant des contacts et de la poussière, on commence par nettoyer le mieux possible à la brosse sèche, puis on applique une bouillie épaisse d’amidon et d’eau préparée à froid. On laisse sécher lentement, on voit alors les écailles se détacher d’elles-mêmes, entraînant la crasse qui est à la surface. Un léger brossage avec une brosse non usagée termine l’opération. Si un premier essai ne donnait qu’un résultat insuffisant, il pourrait être répété sans inconvénient. Dans le cas que vous indiquez, nous croyons bien que la statue a reçu une patine à la terre de Cassel, il conviendrait alors de la laver à l’eau légèrement alcalinisée à l’ammoniaque. Faire toujours un petit essai sur une partie cachée ou peu apparente avant d’entreprendre le travail en grand.
- M. Scheidegger, à Londres. — Notre laboratoire ne s’occupe que d’analyses d’intérêt général et non de travaux particuliers; mais nous pouvons, si la question en vaut la peine, vous mettre en relation avec un spécialiste pour effectuer l’analyse de votre pâte dentifrice.
- M. Goguel, à Paris. — Toute peinture, quelle qu’elle soit, aura pour effet de rendre rigide la toile de votre tente-, le mieux serait de la faire teindre en la confiant à un teinturier, à moins que vous ne veuillez essayer d’un vernis à l’acétate de cellulose; la maison Clément et Rivière, rue de la Cristallerie, à Pantin, vous fixera exactement à ce sujet, sur les aptitudes des produits qu'ils fabriquent pour des emplois de ce genre.
- M. Lefebvre, à Natal Norte (Brésil). — i° Ouvrages sur la galvanoplastie : Manuel de galvanoplastie, par Brunei, éditeur Gauthier-Villars, 53 bis, quai des Grands-Augustins ; Les Métallurgies électrolytiques, par Levasseur, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. s° L’utilisation de vos goudrons dépend surtout des conditions locales justifiant des débouchés éventuels ; fabrication d’agglomérés combustibles, protection des bois, liquides antiseptiques; vous seul pouvez juger sur place de ces emplois.
- A. IV., à S., Meuse. — Les « micas » des capotes d’autos sont en réalité constitués par des feuilles de celluloïd ; pour les nettoyer, commencer par enlever à l’eau toute poussière et grains de sable, laisser sécher, puis passer un pinceau doux imbibé d’acétone. Ne pas se servir d’un chiffon qui produirait un effet de gondolage. Après évaporation de l’acétone, polir au chiffon de laine.
- M. Clément, au Valdahon (Doubs). — L’explosion des tubes à oxygène comprimé dans les conditions dont vous nous parlez est très probablement due au phénomène suivant : Foxygène sortant sous pression par un orifice très étroit acquiert une très grande vitesse ; il entraîne l’huile à la façon d’un pulvérisateur, le mélange détonant se trouve ainsi constitué puisqu’il y a côte à côte le combustible très divisé et le comburant. Quant à l’inflam-
- mation, elle peut résulter soit de l’élévation de température due au frottement, soit de l’intervention d'un corps voisin en ignition, pipe ou cigarette, soit d’une électrisation due à la projection d’un gaz chargé de gouttelettes liquides.
- M. Cuffaut, La Croix-au-Bailly (Somme). — i° Vous trouverez tous alliages en fils pour résistances chauffantes dans les maisons suivantes : Driver Harris, 1, rue Taitbout; Hortsmann, 54, rue Saint-Maur, n*; Plancher, q3, rue Oberkampf. 20 Aucune colle ne vous permettrait de fixer vos plaquettes de cuivre sur de la tôle à cause de l’inégalité des coefficients de dilatation des trois éléments en présence, le mieux est de vous servir de rivets.
- M. Nicolaïde, à Bucarest. — i° On peut préparer un
- bon savon économique en opérant ainsi :
- Prendre :
- Suif de bœuf.....................5 kg
- Huile de palme................... 1 —
- Résine en poudre......... ... '2 —
- Lessive de soude caustique a 2 B. 7 —
- Faire fondre les corps gras à douce chaleur, y verser leur poids de soude caustique, faire bouillir quelque temps, ajouter le complément de la lessive, puis la résine par petites portions^ Cuire jusqu’au moment où la masse devient fluide et transparente. Couler dans des formes et brasser jusqu’à consistance pâteuse, puis laisser refroidir, a0 La préparation de l’acide stéarique et de la glycérine ne sont pas du domaine de l’amateur, une installation industrielle étant indispensable. Vous trouverez tous les détails de ces fabrications dans l’ouvrage : Les corps gras industriels de Sillon, éditeur Albin Michel, rue Huyghens. 3“ Comme ouvrage sur les savons, nous pouvons vous indiquer : Fabrication des savons, par Ersham, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- M. À Bourg, à La Châtre.- — D’après les renseignements qui nous ont été fournis, le liquide employé dans les extincteurs dont vous parlez serait le tétrachlorure de carbone.
- M. Noguès, à Bagnères-de-Bigorre. — Vous pourrez vous procurer de Y éther de pétrole par petite quantité chez Chenal et Douilhet, 11, rue de la Sorbonne et par quantité importante chez Pelliot, 24, place des Vosges.
- M. Degals, à Puyoo (Basses-Pyrénées). _____La condi-
- tion capitale pour conserver le parfum dans les papiers parfumés est d’ajouter une résine qui joue le rôle de fixateur et empêche ainsi l’évaporation. Le plus souvent on se sert des teintures suivantes employées seules ou mélangées : teintures de gomme laque, de benjoin, de tolu, de styrax, de mastic, de myrrhe, d’encens, de lab-danum, de musc, de civette; on leur ajoute alors le parfum synthétique qui doit être la dominante : Nérolï, Ivanol, Musc artificiel, Terpinéol, Coumarine, Vanilline, Bromelia, etc.
- M. Duverger, à Cambrai. — Les conserves dites de thon sont en réalité préparées en Bretagne avec le germon, espèce plus délicate et de taille moindre que le thon ordinaire pêché dans la Méditerranée. La préparation est assez simple : les poissons coupés en tronçons sont cuits au court-bouillon avec beaucoup d’aromates, puis séchés. Le séchage doit être poussé très loin et se faire lentement. 11 se pratique généralement à l’ombre sous des hangars-, mais cette opération et la cuisson'qui la précède sont avantageusement remplacées par la cuisson à la vapeur qui laisse moins d’eau dans le poisson et par le séchage méthodique à l’étuve. Quel que soit le moyen employé, les tronçons privés de leur eau et des arêtes sont placés dans des boîtes que l’on remplit d’huile d’olives, soude au dehors pour empêcher le contact de la soudure et de l’huile. Enfin on stérilise à l’autoclave. Bien que toutes ces opérations puissent être réalisées dans les conditions habituelles des conserves ménagères, par exemple en stérilisant au bain-marie au lieu de servir d’un autoclave, nous croyons qu’il vous sera difficile de réussir sans éprouver quelques mécomptes.
- M. Risler, à Paris. — Vous trouverez du graphite ultra-fin dans les maisons suivantes : Comptoir commercial de Madagascar, r43, faubourg Poissonnière; Etablissements Lefebvre, 94, rue La Fayette; Goursat et Mouscadel, 208, boulevard Voltaire; Wanner, 67, avenue de la République; Le Graphite français, y3, rue du Bac; Compagnie coloniale de Madagascar, 43, rue de la Chaussée-d’Antiu ; Comptoirs coloniaux Chiris, 8, rue Nouvelle.
- 207
- p.2x206 - vue 682/688
-
-
-
- Jfeo
- ipo
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Notes de sismologie, principaux sismogrammes (janvier-juin 1923), par le R. P. E. Gherzi. S. J. (Observatoire de Zi-Ka-Wei). 1 broch. 8 p., 6 planches. Imprimerie de la Mission catholique Zi-Ka-Wei. Chang-Haï, 1923.
- Le premier semestre 192! a été témoin d'une grande activité sismique en Extrême-Orient, préludant sans doute à la terrible catastrophe, qui en septembre détruisit Tokio et Yokohama. Le R. P. Gherzi réunit et commente les principaux sismogrammes relevés pendant cette période à l’Observatoire de Zi-Ka-Wei.
- Physikalische Chernie der Zelle und der Gesvebe, par le LP Ru dolf Hôher. 5° édition revisée, 2“ partie, 545-906 p., 26 fig. Wilhelm Engelmann, Leipzig. Prix : 12 goldmarks.
- Nous aivons signalé l’an dernier la publication de la 5e édition, entièrement revue, mise à jour et augmentée, de cet ouvrage fondamental pour tous ceux qui s’occupent de la cellule vivante, à quelque point de vue que ce soit. Le livre de Hôber est maintenant en 2 volumes dont le dernjer vient de paraître. Celui-ci traite de l’adsorption, de l’action des électrolytes sur les cellules et les tissus, des phénomènes électriques de polarisation, de la résorption et de la sécrétion, de la chimie physique des échanges et de l’énergétique cellulaire. Le tout forme un exposé complet, au courant des théories modernes, de tous les phénomènes de la matière vivante, et nous ne pouvons mieux en dire que d’exprimer à nouveau le désir de le voir traduit en français, pour qu’il oriente dans les nouvelles voies de la chimie physique les recherches des biologistes de notre langue.
- Le Pétrole. 1 brochure illustrée, 160 p., publiée par la Vie Technique et Industrielle. Paris, 1924- Prix : 8 francs.
- La Vie Technique et Industrielle consacre un intéressant et abondant numéro au pétrole, problème d’actualité. On y trouvera une intéressante étude du commandant Pellé-Desforges sur la géographie du pétrole, une autre de M. Finaton sur la géologie du pétrole, et sur les indices de gisements de pétrole relevés en France, des articles de MM. Paulin, Finaton, de la Forge sur la technique des recherches et de l’exploitation du pétrole. M. de Chambrier décrit le raffinage, et M. Mailhe la préparation du pétrole à l’aide d’huiles végétales ou animales. Plusieurs articles sont consacrés au transport du pétrole : pipelines, bateaux-citernes, wagons-réservoirs, réservoirs fixes, etc. ; puis aux applications du pétrole : moteurs de tous genres, chaudières, huile de graissage, etc.
- Les moteurs à combustion Diesel et semi-Diesel, par René Bardin. i vol. in-8 broché de 110 p. Desforges, éditeur, Paris, 1924. Prix : i5 francs.
- L’auteur traite d’abord du moteur Diesel : étude théorique du cycle Diesel, principe et fonctionnement du moteur à 2 temps et à 4 temps, description des organes et étude dynamique, moteurs marins, modes de lancement. Puis vient la mise au point et le réglage du moteur, la détermination de la puissance effective, la conduite et l’entretien, ainsi que les causes de mauvais fonctionnement.
- Ensuite est étudié de façon analogue le semi-Diesel ordinaire, et le semi-Diesel léger pour l’automobile et l’aviation. Enfin, l’auteur indique la marche à suivre pour la détermination des caractéristiques principales d’un semi-Diesel et d’un Diesel, en vue de l’établissement d’un avant-projet. Des tableaux indiquant les caractéristiques générales des moteurs existants terminent le livre.
- Le Forgeron, par Y. Ranchoux. i vol. 27.3 p., 329 fig. Léon Eyrolles, éditeur, Paris. Prix : 10 francs.
- Ce petit livre, fort bien composé et rédigé, donne les notions indispensables pour comprendre le travail de forge et décrit très simplement, mais avec beaucoup de précision les différentes opérations, et les travaux les plus importants qui relèvent de l’art du forgeron. Les engins mécaniques de forgeage font l’objet d’un chapitre accompagné de dessins très
- clairs. L’ouvrage se termine par un aperçu sur le matriçage et une note sur la règle à calcul.
- La faune de la France. En tableaux synoptiques illustrés, par Rémy Pvkriek. Fascicule 10. Vertébrés. Poissons, par Léon Bektin. Batraciens, Reptiles, Oiseaux, Mammifères. 1 vol. in-8, 212 p., 679 fig. Delagrave, Paris. Prix cartonné : 12 francs.
- Les animaux de France sont beaucoup plus nombreux que les plantes mais, seules, les espèces rares ont été laissées de côté, de telle sorte que cette Faune permet de déterminer toutes les espèces qu’on aura l’occasion de rencontrer. A propos de chacune, on a donné des indications biologiques très succinctes, mais qui doivent retenir l’attention.
- Ce fascicule, relatif aux Vertébrés, intéresse un très grand nombre de lecteurs : chasseurs, pêcheurs, tous ceux qui participent à la vie des champs y trouveront le moyen de parvenir aisément à connaître le nom des oiseaux, des poissons et des autres Vertébrés qu’ils sont appelés à rencontrer.
- The Littérature of the Charadriiformes, par George C. Low. 1 vol. in-8, 220 p. H. F. et G. Witherby, Londres. Prix relié : 12 sh. 6 d. .
- Les Charadriiformes sont un ordre d’oiseaux qui comprend les outardes, les bécasses, les pluviers et autres échassiers. Depuis le catalogue de Sharpe, en 1896, aucune bibliographie n’avait été faite des animaux de ce groupe. La liste des genres, espèces et sous-espèces publiée ici, suivie de la liste de tous les travaux anatomiques et biologiques publiés dans ces 3o dernières années, rendra service à tous les naturalistes qui observent et étudient ces oiseaux.
- Elevage intensif des veaux et des porcs (20 édition), par André Gouin et Pierre Andouard. i vol. in-16, 160 p. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Pour produire avantageusement de la chair, il faut produire vite et à bon compte. Or, de nombreuses erreurs sont fréquemment commises dans l’élevage des veaux et des porcs, qui rendent cette opération extrêmement onéreuse, alors qu’elle devrait être lucrative et laisser même, dans la plupart des cas, de beaux bénéfices.
- L’ouvrage étudie en détail l’élevage des veaux, l'utilisation du lait écrémé, de la farine de viande, du manioc, des déchets d’industrie, etc., les animaux propres à l’élevage intensif, l’alimentation des porcs, des bêtes laitières et quelques directives pour l’engraissement des bovins.
- Plusieurs considérations théoriques sont aussi discutées et notamment celle de la fameuse valeur « amidon » qui a fait couler tant d’encre.
- Vivarium and Aquarium Keeping for Amateurs. A practical Guide to the Hobby, par A. E. Hodge.
- 1 vol. in-8, 128 p., 28 fig., 5 pl. Witherby, éditeur, Londres. Prix relié : 5 sh.
- La mode se répand partout des terrariums et des aquariums, pour la conservation et l’observation in vivo, les premiers des reptiles et batraciens, les seconds des poissons. Mais les conseils pratiques pour l’entretien de ces cages et de ces cuves sont encore peu connus et encore moins les renseignements sur chacune des espèces qu’on y peut enfermer et élever. L’auteur, avec une grande expérience personnelle, décrit les types d’installations à réaliser et fournit pour chaque espèce de précieuses données sur le mode de vie et la nourriture; son livre est un bon guide pour les amateurs, apprentis zoologistes.
- Ecrits et Paroles. Une année de législature, t. II, par le Dr C. Chauveau, sénateur. 1 vol. in-16, 3o2 p. Baillière, Paris.
- Recueil d’articles et de discours sur diverses questions agricoles d’actualité, lelles que les incendies de forêts, l’électrification des campagnes, la taxation des farines, les coopératives agricoles, les syndicats d’élevage hippique, le lait, etc., traitées avec savoir et sagesse.
- <0$ 208
- p.2x207 - vue 683/688
-
-
-
- acfc?
- LA NATURE
- CINQUANTE-DEUXIEME ANNÉE — 1924
- PREMIER SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE ET SANTÉ
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- I. - INFORMATIONS.
- Abeilles : piqûres en thérapeutique ........... U?-*
- Acacias à écorces tanilères.................................. 162
- Acacia : utilisations industrielles............................ 48
- Académiciens sans élat civil...........,.....................129
- Afghanistan : poste........................................... 50
- Alaska : esquimaux........................................... 154
- Alcool isopropylique........................................ 103
- — : mélhylique : synthèse.................................. 65
- Algérie : étrangers........................................... 50
- Allemagne : matériel de chemin de fer........................186
- Alpes : bourse d’études botaniques............................ 90
- Angleterre : importations de fruits et légumes................186
- Angot : nécrologie........................................... 129
- Animaux de pêche et de chasse. . . 25, 42, 74, 106, 158, 178
- Anthonome du cotonnier : lutte....................k • • • 122
- Arbre : réaction à une blessure par obus..................... 81
- Argent : production mondiale..................................193
- Atmosphère : composition révélée par l’aurore polaire . . • 161
- — : neige colorée et poussières......................... 57
- Atomes : décomposition........................................121
- Aurore polaire et composition de la haute atmosphère . . . 161
- Autodromes parisiens......................................... 180
- Automobiles et tremblement de terre du Japon..................185
- Autriche-Italie : frontière................................... 50
- Aviation : concours de Belgique............................ . 122
- — contre les insectes nuisibles.........................155
- — pendant le tremblement de terre du Japon..............115
- — : raid Pelletier d’Oisy.......................161, 193
- — : records............................................. 89
- Avion : de Paris au Japon.............................153, 193
- — de Pelletier d’Oisy................................ 185
- — sensation des mouvements verticaux.................... 33
- — : tour du monde.......................... 105, 161
- — : turbo-compresseur américain......................... 65
- Baleines : migrations.........................................186
- Belgique : concours d’aviation................................122
- Betterave : action de l’iode.................................. 98
- Bison américain : résurrection................................169
- Blaireau..................................................... 34
- Blé au Canada................................................. 98
- Bois de Boulogne..............................................161
- — de la Côte d’I^oire...................................169
- — : écorçage parla vapeur............................... 98
- — : farine.............................................. 41
- — injectés : insuffisance du chlorure de zinc........... 41
- . — mous : transformation en bois durs. . .................137
- Bonaparte (Prince Roland) : nécrologie........................145
- Botanique alpestre : bourse d’études.......................... 90
- Bouleau : goudron.............................................202
- Brésil : recensement..........................•..............190
- Bretagne : peuplement avant les métaux....................... 201
- Bruxelles : poste de T. S. F............................... 10
- Caïmans : utilisation des peaux............................ 50
- Calamités : matériaux d’étude.................................151
- Calebasse : emplois............................................ 1
- Campagnols : lutte en 1922-1923 .................... 177
- Camphre : sous-produit........................................ 89
- Canada : blé.................................................. 98
- — : canaux..............................................169
- Canada-États-Unis : tracé de la frontière.................. 34
- Canaux du Canada..............................................169
- Cancer et goudronnage des routes..............................146
- Charbon américain : exportation en Europe..................186
- — de bois pour gaz pauvre............................137
- — pulvérisé dans les centrales électriques ..........185
- Chardonnet (de) : nécrologie..................................113
- Chasse : animaux............... 25, 42, 74, 106, 138, 178
- Chemins de fer allemands : matériel roulant................186
- Cheptel danois................................................114
- Cherbourg : développement du port............................. 17
- Cheval-vapeur : nouvelle notation ............................115
- Ciment : industrie en Suède. ................................. 10
- ’ Cire de glycéria............................................ 89
- Combo-combo................................................... 66
- Comète Reid 1924 a............................................145
- Comètes Reid et d’Arrest...................................... 17
- Commission de standardisation.................................138
- Concours d’aviation de Belgique...............................122
- — de véhicules électriques..............................178
- Condensateurs pour sonneries.................................. 65
- Conférence internationale de pédologie....................... 90
- Congrès international d’amateurs de T. S. F...................114
- Constantinople : réception de radiotéléphonie de la Tour E ffel. 42
- Constructions : déplacement en Belgique..................... 153
- Corderie : textiles.......................................... 81
- Côte d’ivoire : bois..........................................169
- Coton : production de l’Inde. ................................ 9
- Cotonnier : lutte contre un parasite ............ 122
- Crabe : passage de la Mer Rouge en Méditerranée............ 194
- Créosite pour l’injection des bois............................ 49
- Cuirs factices américains..................................... 18
- Cuirassé américain Colorado.................................. 106
- Cuivre : production mondiale..................................201
- Dammar....................................................... 26
- Danemark : cheptel............................................114
- Décapage à la grenaille de fer................................ 73
- Déplacement de constructions en Belgique.................... 153
- Dinosauriens : découverte d’œufs en Mongolie.................. 90
- Dirigeable Dirmude : perte............................1, 9
- — et hélium.............................................. 9
- Dirigeables : installations de laboratoires photographiques . . 9
- Dirigeable Slienandoah........................................ 33
- Supplément au u° 2621 de La Nature du 28 juin 1924
- 209
- 37
- p.2x208 - vue 684/688
-
-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Üt
- Ecoles françaises au Maroc...................................... 98
- Écorçage des bois par la vapeur.............................. 98
- Electrification du P.-L.-M...................................... 17
- Electrons : émission sous l’action du champ électrique . . . 137
- Energie lumineuse : transformation en énergie électrique. . 137
- Engrais de sauterelles sèches.................................. 186
- Epave flottante. ............................................... 73
- Esquimaux de l’Alaska...........................................154
- États-Unis-Canada : tracé de la frontière.................... 34
- États-Unis : immigration japonaise.............................186
- Étrangers en Algérie........................................ 50
- Explosion d’Oppau : cause....................... .... 145
- Explosions : propagation du son................................146
- Extrême-Orient : système métrique..............................105
- Farine de bois................................................. 41
- Films : perfectionnement....................................... 82
- Floraison : influence de l’électricité.........................201
- Fondation Elis Sachs Plotz.....................................162
- Fourmis, fléau des hôpitaux...............•.................. 2
- France : main-d’œuvre étrangère.............................. 122
- Frontière Canada-États-Unis : tracé............................ 34
- Fruits : importations en Angleterre............................186
- Gaz pauvre par charbon de bois..................,............137
- Germination : influence de l'électricité.......................201
- Glycéria : cire............................................... 89
- Goudron de bouleau.............................................202
- Goudronnage des routes et cancer...............................146
- Grônland : stations de T. S. F...............................177
- Haut-parleurs pour auditions en public.......................... 73
- llawaï : population............................................ 71
- Hélicoptère : premier circuit fermé de 1 km..................153
- Hélium et dirigeables........................................... 9
- Hérédité des caractères acquis. . ........................... 2
- Huile de camphre : sous-produit................................ 89
- Huile des graines de thé....................................... 10
- Hydroélectrique : groupe colossal..............................161
- Ile volcanique nouvelle........................................ 25
- Incendie : cause imprévue...................................... 89
- Inde : production cotonnière.................................... 9
- Indo=-Chine : races........................................... 162
- Inondations................................................... 17
- Insectes nuisibles : aviation..................................155
- Iode : action sur la betterave............ ................. . 98
- Isolateurs métalliques......................................... 65
- Italie-Autriche : frontière. .................................. 50
- Japon : aviation pendant le tremblement de terre.............113
- — : tremblement de terre et automobiles..................185
- Japonais : immigration aux États-Unis..........................186
- Koursk : anomalie magnétique....................• . . . 33
- Laboratoires en haute montagne ................................ 41
- Laines marocaines..............................................114
- Lait : production et utilisations..............................150
- Latex dans l’industrie du papier............................... 41
- Légumes : importations en Angleterre...........................186
- Lèpre : guérison par morsure de cobra et piqûres d’abeilles. 122
- Leucite italienne, engrais bon marché......................... 49
- Liège comprimé dans le bâtiment................................154
- Lœb : nécrologie............................................... 89
- Machine Gramme : invention..................................... 65
- Madagascar : popuhtions........................................202
- Magnétisme : anomalie de Koursk................................ 33
- Main-d’œuvre étrangère en France...............................122
- Maroc : écoles françaises , . ............................... 98
- — : laines...............................................114
- Marteaux : rendement........................................... 82
- Méthylène : production et débouchés............................ 81
- Micas .artificiels............................................. 18
- Migrations des baleines..............................,. . . 186
- Mont Diane : observatoire..................................... 89
- — Olympe. ...............................................138
- Montagnes : laboratoires scientifiques......................... 41
- Mo=aïques de Montmartre........................................ 74
- Nécrologie : Angot........................................... . 129
- — : le prince Roland Bonaparte...........................145
- — de Chardonnet..........................................113
- — : Jacques Lœb.......................................... 89
- Neige colorée et poussières de l’atmosphère . ............... 57
- Nigeria...................................................... 202
- Observatoire du Mont Blanc. . . ............................... 89
- Océans : apport des rivières.................................. 105
- OEufs de Dinosauriens : découverte en Mongolie................. 90
- Olympe : massif. ..............................................138
- Oppau : cause de l’explosion...................................145
- Oxyde de carbone : synthèse de l’alcool méthylique............. 65
- P.-L.-M. : électrification..................................... 17
- Paquebots : radiotéléphonie.................................... 42
- Parasolier.................................................... p(;
- Parfums des fleurs : nouvelle méthode d’extraction..........121
- Particules a : décomposition des atomes.....................121
- Peaux de caïmans : utilisation.............................. 50
- Pêche : animaux..................... 25, 42, 74, 106, 158, 178
- Pédologie : conférence internationale.......................... 90
- Perse : système métrique..................................... 157
- Pétrole : fabrication par huiles . ......................... 97
- Photographie : salon international............................. 42
- Pile alcaline à dépolarbalion par l’air..................... 49
- Pin : résine des copeaux.................................... 98
- Piqûres d’abeilles en thérapeutique............................162
- Platiue : nouveaux gîtes..................................... 66
- Plougastel : viaduc............................................129
- Pôle nord : annexion par les États-Unis..................... 73
- Pont de Sydney...........................•..................157
- Population des llawaï.......................................... 74
- — de Madagascar .................................... 202
- — de la Sarre.........................................114
- Port de Cherbourg : développement.............................. 17
- — de Strasbourg.................... ....................J 37
- Poste en Afganhistan........................................ 50
- Poussières de l’atmosphère et nûge colorée.................. 57
- Primates : classification......................................201
- Prix Barés pour 1925.......................................... 140
- Propagation du son : expérience........................... 146
- Races d’Indochine........................................ . 162
- Radiophonie : émissions théâtrales............................. 82
- Radium : 25° anniversaire de la découverte...................... 9
- Résines d’acétaldéhyde......................................... 57
- Résine des copeaux de pin...................................... 98
- Résines dammar................................................. 26
- Réunion : station océanographique..............................105
- Rivières : apports des océans................................ 105
- Rome : poste de T. S. F.............................._ . . 10
- Routes : goudronnage et cancer.................................146
- Russie : organisation administrative ........................130
- — : système métrique................................ 49, 57
- Sarre : ancien atlas des concessions.......................... 161
- — : population.............................................114
- Sauterelles sèches : engrais...................................186
- Sauvetage : T. S. F............................................ 75
- — d’un trésor..............................................145
- Sensation des mouvements verticaux en avion.................... 53
- Soies artificielles............................................177
- — „ : production................................201
- Soleil : taches................................................ 97
- Son : expériences de propagation...............................146
- Sonneries : condensateurs...................................... 65
- Soviets : organisation administrative . .......................150
- Standardisation............................................... 158
- Strasbourg : port. . ..................................... . 137
- Suède : industrie du ciment. .................................. 10
- Sydney : pont..................................................137
- Système métrique en Extrême-Orient. ...........................105
- — en Perse..............................................157
- — en Russie..........................................49, 57
- Taches du soleil............................................ 97
- Tanins des acacias............................................ 162
- Télautographie système Belin...................................177
- T. S. F. : amateurs anglais.................................... 58
- — à bord des paquebots..................................... 42
- — : changement d’horaires..................................150
- — : communications entre l’Amérique et la France, 2, 10,
- 26, 42, 58 ........................... . . . 66
- T. S. F. : Congrès international d’amateurs....................114
- — pour embarcations de sauvetage........................... 75
- — : émissions d’essais................................... 111
- — : émissions étrangères................................... 82
- — : émissions de Noël 1923 ................................ 26
- — : émissions nouvelles................................. 170
- — : émission en ondes amorties.............................194
- — : émission sur ondes très courtes. . *.................. 82
- — : entente des constructeurs français.................... 170
- — : essais sur ondes courtes.............................. 194
- — : essais transatlantiques..........................90, 114
- — : expérience intéressante ............................... 26
- — au Grônland..............................................177
- — : hauts-parleurs et campagne électorale..................170
- — : horaires nouveaux....................................... 2
- — : influence française à l’étranger.......................194
- — : ondes de 100 mètres.................................' 66
- p.2x209 - vue 685/688
-
-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- T. S. F. : poste de Bruxelles................................ 10
- — : nouveau poste émetteur............................114
- — : nouveau poste Radio-Paris....................170, 191
- — : nouveau poste Radio'a..................... 2, 130
- — : poste de Rome................................ . , 10
- — : réception par til du secteur..................... . 191
- — : réunions internationales d’amateurs.................. 90
- — : nouvelle station Radiola............................ 82
- — : statut................................................ 2
- Tempête sur nos côtes ....................................... 25
- Textiles à corderie........................................... 81
- Thé : huile des graines...............................
- Transport d’énergie électrique de Norvège au Danemark Tremblement de terre du Japon et automobiles. . . .
- Tremblement de terre du Japon : aviation..............
- Trésor : sauvetage....................................
- Turbo-compresseur pour avion..........................
- Véhicules électriques : concours......................
- Vénus : observation...................................
- Viaduc de Plougastel......... ........................
- Zinc : production mondiale.........................
- 10
- 121
- 185
- 113
- 145
- 65
- 178
- 193
- T29
- 201
- II. — SCIENCE APPLIQUEE.
- Affûteur de couteaux................................... . 84
- Alternaphone Rosengart......................................... 84
- Amortisseur d’automobile Kirhv.................................. 3
- Amplificateur à résonance...................................... 11
- Analyseur physique des gaz de combustion.......................155
- Arrache-clou pour bicyclette...................................150
- Attache-corde rapide...........................................180
- Automobile : amortisseur Kirby.................................. 3
- — : lame de ressort incassable ..........................163
- — ' : ventilation......................................... 4
- Bicyclette : arrachc-elou......................................150
- Bloc à séries de températures constantes.......................163
- Bride CC...................................................... 75
- Brique double américaine.......................................140
- — électrique G. M........................................115
- Briquet Fapa.................................................. 28
- Brosse à parquets « La Grenade »...............................108
- Chambres à air : appareil de dégonflement...................... 68
- Chaudière à gaz AM.............................................147
- Chauffage central au gaz AM................................... 147
- Chaussées goudronnées Aeberli..................................115
- Cinéo, cinéma de famille....................................... 45
- Cinoscope...................................................... 51
- Classeur de correspondances et documcnls....................... 44
- — Motabox. . ............................................ 52
- Comparateur par projection.....................................107
- Condensateur variable.......................................... 59
- Contrôleur d'ondes pour amateurs............................... 07
- Corrosions : suppression par dégazage..........................187
- Cycles : magnétos d’éclairage..................................100
- Dégazage des eaux d’alimentation des chaudières................187
- Démontage d une roue d’auto.................................... 92
- Dessinateurs : machine à écrire Virotvp........................ 99
- Douilles nouvelles............................................. 59
- Eaux : adoucissement par le permo..............................147
- Encausticage automatique des parquets ........................ 147
- Engrenages : petite machine à tailler.......................... 68
- Essence : filtre Tecalcmit . . 150
- Etabli de ménage............................................... 28
- Etau j!: modifications......................................... 59
- Excavateur Legrand............................................. 83
- Ferme-porte automatique « Sans bruit»..........................148
- Filtre à essence Tccalemit.....................................156
- Gaz de combustion : analyseur physique.........................155
- Gratte-ciel.................................................. 10;
- Herse rationnelle..............................................10g
- Inclinomètre R. B.............................................. 51
- Lame de ressort incassable.....................................163
- Lampes électriques d’auto......................................179
- Lampe parfumante.............................................. 180
- Lampe Union . ................................................. 5j
- Machine à écrire Virotyp pour dessinateurs.................. 99
- Magnéto d’éclairage pour cycle................................ 100
- Mah-Jong....................................................... 59
- Matériaux de construction économique. . .................... 76
- Meubles démontables système D..................................116
- Microscope stéréoscopique de IIeimstai.lt..................... 45.
- Parquets : appareils à encaustiquer.......................... 147
- Patte César Garin.............................................. 70
- Pelouses : tondeuse automobile.................................124
- Permo : adoucissement des eaux................................ 147
- Photographie : lampe Union. . .............................. 51
- Pompe pour puits profonds...................................... 83
- Pont de Wheatstonc pour amateurs..............................-]Ç0
- Poulie « Dem » aulodémarreuse..................................187
- Prise de courant instantanée...................................188
- Projecteurs d’automobiles : lampes élecLriques.................179
- Radiateurs Giorno à chauffage obscur........................... 27
- Radiateur à pétrole et à vapeur « le Sorcier ».............. 12
- Radiogoniomètres .............................................. 97
- Régulateur de température...................................... 99
- Ressort : lame incassable..................................... 163
- Roue d’auto : pour l’enlcvfr. . ............................ 12
- Survolteur Ferrix................................................
- Tablettes chauffantes « Thermis » et « Thepida »............ 27
- T. S. F. : amplificateur à résonance........................... 44
- — : antennes de forLune..................................190
- — : boîte antiparasites................................... 3
- — : contrôleur d’ondes.................................. 97
- — : essais sur ondes courtes............... .... 195
- — : filtre pour courant de secteur.................... 99
- — : nouveautés de l’exposition de physique............ 35
- — : pont de Wheatstonc pour amateurs.....................196
- — : poste universel...................................... 27
- — : réception sur cadre à grande distance................ 11
- Températures constantes : bloc à séries........................103
- Température : régulateur automatique........................... 99
- Tondeuse automobile pour pelouses..............................124
- Transmission pour magnéto d’éclairage de cycle................10(1
- Turn-auto..................................................... 479
- Tuyaux d’incendie : réparation................................. 42
- Ventilateur Éventail...........................................494
- Ventilation des automobiles..................................... 4
- III. - VARIÉTÉS.
- La gomme laque et ses substiluts en électrotechnique (A. B.). 5
- L’électricité dans le traitement des fourrages (A. Rolet). . . 13
- Les pommes d’api (A. Truelle)................................. 37
- La préhistoire en littérature................................... 45
- La figue de Barbarie (A. Truelle)............................. 53
- L’industrie moderne de lequarrissage (F. Marre)............. 69
- Production et commerce do9 oranges et des mandarines (A. Truelle)....................................................... 77
- Le retour des oiseaux à leur lieu d’origine (L. Coopmah). , . 85
- Le cassage des œufs pour la conservation hors coquille (\. Rolet)................................................. , 93
- La plus petite colonie française : File Clipperfon (C1 E. Guou-
- ).PADr)'.- • • ; ;................................................
- L’industrie de distillation du bois de pin (H. Blin).........117
- Production et commerce des fraises (A. Truelle)..............125
- Le séchage ménager des cerises (A. Truelle)..................144
- Refermentation et pasteurisation des vins (F, Marre) .... 149
- Les bois résineux dans l’industrie de la pâte à papier (H.
- Bu;N)....................................................' ’ 157
- Le lait bleu (F. Marre)............................................
- Production et commerce des abricots frais (A. Truelle). . . 181
- La culture du coton au Queensland (F. Charles)................189
- p.2x210 - vue 686/688
-
-
-
- TABLE DU SUPPLEMENT
- IV. — HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Inconvénients des cosmétiques (Dr l’.-E. M.)................... 6
- La thérapeutique de c'ioc (U1 P.-E Moriiaudt).................. 38
- Les préparations de lait aigri en hygiène alimentaire (A. Roi.et;. 45 [je travail musculaire et la l'aligue (l)'s Livet et Roger). . . 78 La prévention et l’hygiène des maladies du cœur (I)r P.-E.
- Mor,hardi').................................................126
- Le lait de chèvre dans l’alimentation des enfants (IV P.-E. M.). 133
- Pourquoi meurt-on pendant la nuit? (IV P.-E. M.)............150
- Natalité et mortalité comparées en France depuis 117 ans
- (IV A. Cai.mktte)........................................158
- Soin des yeux du nouveau-né (U. M.).........................166
- L’asperge et l’hygiène (F. Marre)...........................175
- Les teintures de cheveux (Pi. 11.)..........................197
- La culture des tissus animaux (IV P.-E. M.).................205
- V. - RECETTES ET PROCEDES UTILES.
- Accus : charge sur automobile................................. 71
- Allume-cigare.............................................. 86.
- Allumoir fait d’une lampe Pigeon........................... 70
- Aluminium : végétations.................................... 94
- Antidérapant pour volant de direction...................... 86
- Argenture du verre.........................................155
- Béton : peinture...........................................110
- Bocaux : fixation des étiquettes..............................182
- Ciment : peinture.............................................110
- Clous : utilisation........................................... 54
- Condensateur : nettoyage......................................110
- Crayons pour couper le verre.................................. 94
- Cristaux limpides de sel......................................142
- Cuir : pour apprécier la qualité........................... 110
- Diamètre : mesure au pied à coulisse.......................... 70
- Etiquettes des bocaux : fixation..............................182
- Fentes des parquets : bouchage................................127
- Ferraille utilisation......................................... 51
- Fiches de prise de courant : perfectionnement................ 71
- Fidibus économiques........................................... 86
- Forêts : contre les incendies.................................182
- Fourrures : contre les mites.................................. 86
- Garage : tuyauterie d’échappement............................. 46
- Gravures : nettoyage..........................................142
- Grimper aux arbres et poteaux................................. 94
- Herbier : emploi dé pellicules photographiques................ 95
- Incendies de forets...........................................182
- Lainages : contre les mites.................................. 86 J
- Lait : analyse de la matière grasse .........................154
- — : récupération de la moiuse...................... 54
- Lanternes à acétylène : amélioration......................... 46
- Marbre : teinture...............................................127
- Microscope : milieu de montage des préparations.............. 15
- Mise au point photographique sur verre bleu..................182
- Mites : protection des fourrures et lainages................. 86
- Mousse du lait : récupération................................... 54
- Moustiques : préservation des piqûres........................... 86
- Nettoyage des gravures......................................... 142
- Nettoyage d’un radiateur........................................ 46
- Parquets : bouchage des fentes..................................127
- Peinture sur béton au ciment....................................110
- Phares d’automobile : pannes.................................... 86
- Photographie : mise au point sur verre bleu..................182
- Pied à coulisse : mesure d’un diamètre....................... 70
- Poussière entre les lames d’un condensateur : nettoyage . . 110
- Préparations microscopiques : milieu de montage.............. 15
- Radiateur : nettoyage........................................... 46
- Rainures des machines : nettoyage............................... 94
- Savon : falsifications de la poudre.............................190
- Tire-ligne : nettoyage.......................................... 94
- Tuyauterie d’échappement pour garage............................ 46
- Végétations de l’aluminium...................................... 94
- Vernis antirouille translucide..................................127
- Verre : argenture...............................................155
- — : crayons pour couper.................................. 94
- VI. — DIVERS
- Bulletin astronomique (Em. TodchetV 21, 61, 101, 131, 171, Chroniques de T. S. F. (P. Hémardinquer) :
- Les piles en T. S. F......................................
- 205 I
- i
- 19 I
- Les nouveautés de l’Exposition de Physique................. 35
- I.es accumulateurs de T. S. F...................91, 123, 159
- TABLE Dl
- IMENT
- FIN Dl
- Masson. — Imprimerie Lahure, rire de Fleurus, 9, Paris.
- Le Gérant :
- p.2x211 - vue 687/688
-
-
-
- 424 —...............= TABLE DES
- VI. - HYGIÈNE. - MÉDECINE.
- L'institut du radium et la fondation Curie (J. Boyer) 17
- L’insuline (R. M.)...................................126
- Pneumo-ventilateur Jean Camus-Piketty (J. Boyeb) . . 141
- Les microbes de l’air (À. Guillard)..................557
- Sur les piqûres de moustiques (H. Vigneron)..........414
- Sérothérapie contre la gourme du cheval .... 46
- Emploi des gaz lourds en radiodiagnoshc.............. 62
- Microbe de l’avortement épizootique....................173
- Conjonctivite aiguë à bacilles de Weeks..............173
- Traitement des séquelles de l’encéphalite épidémique .................................................286
- Action des rayons X sur le foie........................318
- Sensibilisation par voie oculaire................... 318
- Traitement des résidus urbain».......................335
- Résidus urbains......................................363
- Pouvoir antiseptique de bicarbonates.................39 i
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Le problème des combustibles (P. Appell)............. 12
- Fabrication moderne des cordages et ficelles (G. Gallois).
- 72..........................;..................... 87
- La renaissance du métal repoussé (J. Boyer).......... 81
- Appareils à laver le linge (E.-II. Weiss)..............166
- Machines à laver la vaisselle (E. Weiss)..............201
- Distillation de la houille à basse température (X).. . . 254
- Les économies de combustibles dans les usines (P. Ap-
- pell)...............................................290
- Comment on fait une raquette de tennis (Matignon) . 305
- La margarine (G. Gallois)............................. 342
- Les machines à vapeur à très haute pression (A. Trol-
- ler)................................................361
- Le vent (Constantin)...................................395
- Substances réfractaires .............................. 172
- Loups dans les fours à cuve............................563
- Construction des anciens violons italiens '............385
- 2. Photographie.
- Appareil simplifié de microphotographie (J. Durante) . 62
- Cinématographie radiographique du cœur de l'homme (Drs Comando.n et Lomon)...............................289
- MATIÈRES
- La stéréophotographie et ses récents progrès (J. Boyer) 299 Stéréographie.............................................2C6
- 3. Electricité.
- L’Osophone (A. B)......................................... 15
- Lampe de poche électro-magnétique commandée par le
- souffle (H. Maréchal).................................. 46
- Lampes électriques à effluves dans le néon (A. T.) . . 92
- Le beffroi haut-parleur (A. T.)...........................143
- Le choix des lampes électriques à incandescence
- (Dr J.-E. Pech)........................................174
- Radiotélégraphie et radiotéléphonie secrètes (J. Boyer) 216 Les artères de diffusion d’électricité (A. Pawlowski) . , 231
- Amplificateurs à résonance (P. Hémardinqder)..............257
- Cause de perturbation des appareils de T. S. F. (E. Cam-
- pagnac)............................................... 335
- Un miciophone ultra-sensible (R. V.)......................342
- Ondes très courtes en radiotélégraphie....................142
- Enregistrement des oscillations électromagnétiques. 415
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Gustave Eiffel (A. Trolleh)............................... 79
- Méthode moderne de foraga des puits (H. Vigneron). . 190
- Le scaphandre autonome (F, C.)............................275
- Le forage des puits artésiens (F. C.).....................308
- 5. Transports.
- Les voilures électriques (E. Weiss)....................... 33
- Le trottoir roulant de la Ville de Paris (R. Villers) . . 49
- Automobile à charbon de bois (A. Troll™]............ 93
- Les bicyclettes à moteur (R. Périsse).....................15ô
- Electrilication des lignes de la banlieue État (A. Bour-
- gain)................................................. 406
- Amédée Hollée et les premières automobiles .... 113
- 6. Aviation et aéronautique.
- L’avion automatique et sa direction par T. S. F. (P.’IIéjiar-
- dinquer)....................................... 39
- Nouveaux avions marchands (J.-A. Lefranc) . . 196, 209
- Les grands avions marchands....................317
- 7. Marine.
- Le navire de guerre porte-avions (Commandant Sauvaire-
- Jourdan)..........................................185
- Le nauldgraphe Baule (F.-C.)........................589
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Pans.
- p.2x212 - vue 688/688
-
-