La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS (Ï924)
- France et Colonies : Un ac. .. 50 fr. I Union postale : Un an.. . . .
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- ET MS nœi MÎL^ÎRT HT^,
- CINQUANTE-DEUXIÈME ANNÉE 1924 — DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- LA NATURE. — N° 2622
- 5 JUILLET 1924.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES !
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE à
- VACANCES ET CURE DE SPORTS
- Voici qu’approche à grands pas l’époque des vacances scolaires. La détente nécessaire que les hygiénistes réclament pour nos enfants accablés par les travaux intellectuels va enfin pouvoir se produire. Elle aura lieu si l’on a soin de leur donner les moyens de prendre un peu de cet exercice qui leur a manqué pendant le reste de l’année.
- Les exigences "de la vie contemporaine exercent une pression de plus en plus forte sur les jeunes comme sur les vieux. Dans toutes les situations , l’énergie et l’habileté sont contre- balancées par une concurrence de plus en plus intense.
- Pour rendre les jeunes gens aptes à conserver ou à conquérir une place malgré l’intensité de cette concurrence, on les soumet à une discipline plus sévère que jadis, le mal est ainsi accru. Les pères qui se trouvent eux-mêmes souvent obligés de lutter énèrgiquement pour triompher de leurs concurrents et qui, tout en se dépensant dans ces conditions désavantageuses, ont à se maintenir dans un train de vie plus coûteux, sont, toute l’année, obligés de travailler du matin au soir, sans prendre d’exercice ni jouir de longues vacances.
- Les constitutions ébranlées par cette application continuelle qui confine au surmenage se transmettent aux enfants. Et ces enfants eux-mêmes, dont beaucoup ont une vitalité amoindrie, prédis-
- posés à succomber sous la pression à laquelle sont soumises leurs facultés, ont à suivre un cours d’études bien plus étendu que celui qui était prescrit aux enfants non encore affaiblis des générations
- précédentes.
- Lesconséquences désastreuses qui en résultent sont visibles de toutes parts. 11 n’est guère de collège où l’on ne signale des enfants ou des jeunes gens des deux sexes qui ont plus ou moins souffert de leurs études. Dans un cas, un séjour à la campagne a cté jugé nécessaire pour remettre en état un organisme débilité. Dans un autre, onobserve une anémie cérébrale chronique, qui dure déjà depuis des mois et menace de durer encore. Les adolescents obligés d’interrompre leurs études sont légion.
- Si des inconvénients d’une telle gravité sont si fréquents, combien doivent être plus nombreux les inconvénients plus faibles et moins évidents. Pour un cas où la maladie est patente, il y en a dix où le mal est à peine décelable et s’accroît lentement. On attribue le dérangement des fonctions à telle ou telle cause spéciale, à une faiblesse de constitution. Eu réalité, il est dû à l’excès de travail combiné à l’absence d’exercice.
- Les adolescents ne peuvent supporter ni autant de fatigue, ni autant de travail physique, ni autant de travail intellectuel que les adultes.
- Fig. x. — Foot-ball.
- Les deux joueurs ont tenté d’arrêter le ballon avec la tête : celui de gauche seul a réussi.
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- VACANCES ET CURE DE SPORTS
- Fig. 2. — Lutte gréco-romaine.
- En vérité, quand on examine les disciplines scolaires, on s’étonne, non pas qu’elles fassent tant de mal, mais plutôt qu’elles soient si bien supportées.
- Ce mépris relatif du bien-être physique, dù à la préoccupation exclusive de cultiver l’esprit, cet exercice prolongé du cerveau et ce manque d’exercice des muscles sont suivis non seulement de désordres dans‘les fondions vitales, mais de difformités. Voici ce que me disait récemmenf un médecin inspecteur des écoles : « Je visite fréquemment des établissements destinés aux jeunes filles. Il y a plus du tiers des élèves qui ont des déviations acquises de la colonne vertébrale par suite de mauvaises attitudes scolaires. » Il en est de même chez les garçons.
- Voici l’emploi résumé des vingt-quatre heures quotidiennes dans beaucoup d’établissements scolaires. Il s’agit de l’emploi du temps des internes : Au dortoir : neuf heures.
- En classe ou en étude : neuf heures et demie.
- Temps consacré aux trois repas : deux heures.
- Divers (arts d’agréments, visites, démarches) : une heure.
- Ainsi, il reste deux heures et demie pour la récréation proprement dite et pour les exercices physiques qui sont facultatifs et dont on se dispense souvent.
- Je ne parle pas de certaines classes, où l’on pré-.pare les élèves aux grands concours. Dans ce cas, non seulement l’on consacre aux livres le temps réservé aux exercices physiques, mais des élèves devancent l’heure du lever ou veillent pour étudier
- leurs leçons et sont même encouragés par leurs maîtres à le faire.
- Les matières sont si étendues, la compétition est si vive et les professeurs, dont l’autorité dépend de la façon dont les élèves auront réussi à l’examen, sont si pressants, qu’il n’est pas rare que ces jeunes gens soient amenés à consacrer douze ou treize heures au travail intellectuel. Ajoutez à ce temps celui du sommeil et celui des repas, et vous arriverez à un total de vingt-deux ou vingt-trois heures d’immobilité relative sur vingt-quatre. Le dommage causé au corps par ces pratiques est immense.
- Les jeunes gens, de même que les hommes fails, adonnés à l’étude trouvent dans l’exercice corporel une « occasion » de repos par le mécanisme de l’alternance des formes de travail. Celte alternance a
- Fig. 3. — Saut en hauteur, de pied ferme.
- une très grande importance. Faire succéder aux périodes de travail intellectuel des phases d’exercice physique est d’une bonne hygiène pour le travail. La substitution du mouvement musculaire au labeur intellectuel demeure le procédé de choix des travailleurs de la pensée désireux de se reposer.
- Mais ils choisiront des exercices faciles qui n’obligent pas les facultés intellectuelles à entrer en jeu. Ils éviteront tous ceux qui exigent une attention soutenue, dans lesquels l’intellectualité se dépense autant que les muscles. Pousser parallèlement à leurs dernières limites la culture de l’esprit et celle du corps, vouloir former, en même temps, des athlètes et des savants, est d’une déplorable hygiène.
- Ce faisant, on double l’usure et l’on rompt l’équilibre organique. Dans les établissements scolaires, la prudence commande de ne pas faire coïncider les périodes de labeur intellectuel intense avec des fatigues physiques.
- Au temps des vacances devrait toujours corres-
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- pondre une cure de sport. Pour la plupart des enfants, l'exercice quotidien devrait prendre la forme de jeux récréatifs quotidiens, faciles, bien connus des joueurs et n’exigeant que dans une faible mesure la surveillance de l’attention. A cette condition seulement, ils reposeront les élèves du travail intellectuel. Ils leur donneront, selon l’expression curieuse et imagée du maréchal Gallieni, un « bain de cerveau ».
- Les exercices qui utilisent les mouvements naturels du corps et auxquels les enfants se trouvent instinctivement portés auront nos préférences. Tous les enfants, du premier coup, sont capables d’y prendre part et d’en tirer profit. Celui qui ne sait pas très bien jouer perd là partie, mais gagne toujours les bénéfices hygiéniques du jeu. Celui qui court mal arrive le dernier au but, mais il n’a pas moins de profit que le premier, ayant accompli le même travail musculaire que lui.
- Que l’enfant exécute des exercicës qui sollicitent
- Fig. 6. — Saut en longueur avec élan.
- à la fois un grand nombre démuselés. Cette activité généralisée accélère le pouls et la respiration. Une plus grande quantité d’oxygène est introduite dans le sang; les fonctions de la nutrition en reçoivent un surcroît d’énergie; les résultats généraux de l’exercice se font sentir dans toutes les parties du corps vivant.
- Le but de l’éducation physique se confond, chez l’enfant, avec celui de l’hygiène. Il comporte bien moins le développement des muscles que la croissance régulière des organes et l’équilibre des fonctions.
- Les jeux qui sont plutôt des exercices de vitesse que de force, qui obligent l’enfant à des déplacements rapides, qui, même réduits à leur forme élémentaire, à la poursuite simple, par exemple, utilisent dans une large mesure les bras et les jambes du joueur, répondent à toutes les exigences de l’hygiène et à l’instinct de l’enfant.
- Leur stratégie est une bonne école de décision et de précision.
- La variété des mouvements, les changements d’attitude, les temps d’arrêt instantanés font travailler les muscles des jambes, des reins, du buste, des épaules et des bras.
- Fig. 5. — Lutte d'opposition, main à main.
- Le sens musculaire, les fonctions d’équilibre et les organes des sens sont affinés par les jeux. Toutes les puissances de coordination des mouvements sont mises en œuvre. Pour tout dire, les plus simples, les plus naturels, les plus attrayants de tous les exercices, les jeux, en un mot, apparaissent aussi comme les plus hygiéniques.
- Us agissent moins sur des groupes musculaires isolés que sur l’ensemble de l’organisme, dont toutes les parties paraissent s’associer au travail accompli. Les grandes fonctions, notamment la respiration et la circulation, sont activées. Les mouvements précipités du cœur et de la poitrine témoignent du retentissement des jeux sur toute l’économie.
- Ils mettent simultanément en action un grand nombre de muscles, de sorte qu’il y a, en vérité, beaucoup de travail accompli, mais, en même temps, limitation de l’effort imposé à chacun des muscles actionnés.
- Ces efforts sont bien répartis. Pour peu que les
- Fig. ~ —Course de fond : la foulée.
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- 4 ........: LE PROBLÈME DE LA SOUDURE
- joueurs "'soient surveillés, le surmenage n’est pas à craindre.
- Les jetfx font, pour ainsi dire, vibrer à l’unisson toutes les pièces de la machine humaine, intéressent tous les organes, sans exception, activent toutes les fonctions et retentissent même sur les actes les plus intimes de la nutrition.
- 11 convient de remarquer que certains jeux, tout en sollicitant l’action du corps, dans son ensemble, exigent cependant un effort plus spécial de tel ou tel groupe musculaire. C’est ainsi que le volley-ball et le baskett-ball, importés d’Amérique, font travailler particulièrement les muscles extérieurs des bras et du tronc. Cela aboutit à un redressement de la taille, quand ce mode de traitement est bien appliqué. .
- Les jeux représentent un ensemble de mouvements efficaces pour rendre nos enfants vigoureux. Il s’agit moins de cultiver les plus vigoureux pour en faire des athlètes que de ne pas abandonner la
- masse à toutes les misères qui résultent du défaut d’exercice.
- Le jeu est la forme d’activité physique la mieux adaptée à l’esprit d’émulation ainsi qu’aux aptitudes physiques de l’enfant. Il est à la fois attrayant et hygiénique.
- Il combine les mouvements simples avec les attitudes naturelles.
- L’urgence d’instituer un vaste système ^éducation physique et de jeux sportifs pour l’adolescence est évidente. Les nécessités budgétaires et les conditions des installations scolaires sont parfois des obstacles matériels.
- Le terrible esprit de routine et notre défiance instinctive pour toute innovation s’ajoutent encore aux causes précédentes pour retarder la réalisation d’une réforme si nécessaire. Mais, par la force des choses, elle viendra.
- I)1' Maurice Boigey.
- Sur l’adhérence des solides.
- LE PROBLÈME DE LA SOUDURE
- Si une plaque matérielle quelconque est cassée en deux sans émiettement, les deux sections s’emboîtent parfaitement l’une dans l’autre et devraient adhérer, reconstituant la plaque primitive. On sait qu’il n’en est rien. C’est que les deux faces que l’on cherche à mettre en contact intime sont toutesdeux recouvertes d’une pellicule d’air qui agit comme un coussin élastique et empêche leurs molécules devenir au contact.
- Si donc on opérait la fragmentation de la plaque dans le vide absolu, il devrait être possible de ressouder ensuite les deux morceaux sans qu’il soit possible de déceler l’opération. Malheureusement, le vide absolu est un mythe, mais on peut chercher à éliminer par un autre procédé la couche de gaz absorbée. Le chauffage est un de ces moyens ; plus la température est élevée, plus la couche d’air adhérente est faible et plus le solide devient malléable, permettant ainsi aux deux pièces à assembler d’avoir un plus grand nombre de points de contact.
- Tous les chimistes savent qu’il estfacilede souder deux baguettes de verre à une température très basse. On peut objecter que le verre étant un liquide surfondu, ce résultat n’est pas étonnant, les deux parties chauffées devenant partiellement fluides et se fondant mutuellement l’urie dans l’autre de la même façon que deux gouttes d’eau mises au contact donnent une goutte uni-
- que plus grosse. Mais si l’on opère avec le platine, cette critique ne peut plus être faite. On sait que, dans ce cas, pour souder deux surfaces propres, il suffit de les mettre en contact, de chauffer à une température très inférieure au point de fusion et de les battre légèrement avec un marteau.
- Cette nécessité d’avoir des surfaces en contact très propres explique pourquoi il faut nettoyer les surfaces que Ton désire souder ou braser.
- Si l’on prend deux lames de verre travaillées de façon qu’elles soient en contact optique, on peut les souder par pression et chauffage modéré, à une température inférieure de 50 à 00° à leur température de recuit.
- Lorsque Ton débile en feuilles un bloc de mica, il est possible de faire adhérer intimement deux lames fraîche-menl découpées parla simple pression du doigt. Il n’en est plus de mêmeaprès quelques minutes, car les surfaces se sont recouvertes d’humidité ou de graisse qui empêche leur contact ultérieur. Cette propriété des surfaces fraîches de mica est appliquée industriellement pour fabriquer des blocs de mica par compression de fragments.
- Les déchets de corne et d’écaille de torlue peuvent également être agglomérés par compressions énergiques à température peu élevée. H. Yigxero.n.
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- LES SIGNAUX DE CIRCULATION DANS LES RUES DE PARIS
- L’augmentation toujours croissante du nombre des voitures, surtout automobiles, qui circulent dans les rues de Paris a rendu nécessaire l’adoption de mesures appropriées pour éviter les encombrements et assurer une circulation normale. L’un des gros écueils de la circulation est la différence d’allure moyenne des divers véhiculés qui sillonnent nos rues. Il est évident qu’un tombereau, qu’une voiture à bras ou même qu’une simple voiture hippomobile provoquent parfois des embouteillages qui font pester de dépit les conducteurs de voitures plus rapides.
- Le jour où toute la traction sera devenue exclusivement mécanique, les diverses voitures pouvant adopter sensiblement la même allure, il est évident que l’écoulement normal du trafic pourra se faire d’une façon plus régulière. Quoi qu’il en soit, après différentes études dans les villes de l’étranger où la circulation n’est d’ailleurs pas meilleure qu’à Paris, quoi qu’on en dise, on a imaginé de disposer des signaux spéciaux aux croisements, des signaux d’interdiction de circulation pour les voies réservées à un sens unique.
- Les essais ont d’abord eu lieu en plaçant des agents de la brigade des voitures pour arrêter en temps voulu les véhicules, mais il est évident que pour les croisements, il est nécessaire de disposer ainsi d’un nombre important d’agents, y compris Souvent l’agent à cheval qui a fait sensation lors' de sa première présentation au public.
- Actuellement certains signaux lumineux sont en service. Ils donnent satisfaction et leur emploi se développe régulièrement. On s’achemine vers une organisation de la signalisation dans les rues qui rappelle à certains égards celle des chemins de fer. Examinons la manœuvre des différents signaux actuellement installés dans Paris.
- Signaux de carrefour. — Dans les croisements ou les carrefours, par exemple, le croisement du boulevard de Sébastopol-boulevard de Strasbourg et des grands boulevards, on dispose, sur chacune des
- quatre voies principales, des phares formant un signal visible pour tous les véhicules qui suivent la voie correspondante.
- Un poste de commande, monté sur un tableau, comprend les organes suivants : un commutateur tournant est muni d’une poignée de manœuvre. Ce commutateur ne peut tourner que dans un seul sens et il prend successivement six positions symétriques deux à deux. Un cliquet arrête la manivelle d’une façon automatique dans chacune de ses positions.
- Sur le tableau *on trouve, en outre, un interrupteur bipolaire général, avec son coupe-circuit et quatre interrupteurs unipolaires va-et-vient qui correspondent à chacun des phares.
- Supposons, dans le croisement que nous avons choisi, que nous manœuvrions le commutateur et que nous l’amenions à la première position : les deux phares de la première voie boulevard. Sébastopol-boulevard de Strasbourg sont allumés en rouge et par suite les voitures qui se présentent devant les phares doivent s’arrêter; au contraire, les deux phares de la voie perpendiculaire, c’est-à-dire des grands boulevards sont éteints et la circulation des voitures y est libre.
- Tournons le commutateur et amenons-le à la deuxième position. Ace moment, nous faisons fonctionner sur chacun des phares une sonnerie. Nous avertissons ainsi qu’un changement va se produire dans la circulation et nous passons à la troisième position. Les phares de la première voie Strasbourg-Sébastopol restent allumés, mais ceux de la deuxième voie s’allument également. On bloque ainsi toute circulation de façon à permettre l’écoulement des voitures engagées sur le carrefour.
- Lorsque la place est devenue libre, nous amenons le commutateur à la quatrième position pour éteindre les feux de la voie Strasbourg-Sébastopol et donner la voie libre aux voitures de ces artères. Au contraire, ceux des boulevards restent allumés et bloquent la circulation dans ce sens.
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- LES SIGNAUX DE CIRCULATION DANS LES RUES DE PARIS
- B^Sébâstopol
- Fig. 2. — Schéma de la circulation réglementée par phares dans un carrefour.
- À la cinquième et sixième positions, nous reproduisons les indications sonores et lumineuses de la deuxième et de la troisième position, mais sur les phares correspondants à ces plots et nous revenons à la première position, c’est-à-dire au point de départ. Le cycle est donc complet.
- Dans le cas où, par suite d’un accident survenu à l’une des voies, il devient nécessaire de bloquer pendant un certain temps cette voie, sans interrompre le fonctionnement normal des trois autres signaux, on manœuvre l’un des quatre interrupteurs parlicu-culiers correspondant à celle voie que l’on veut bloquer.
- Les appareils sont en service depuis un an : il y eut évidemment une période de tâtonnement et de mise au point, une accoutumance pour les cochers ^etles chauffeurs, mais ce dispositif fonctionne actuellement à la satisfaction de tous et il a permis de réduire de 4 à 2 le nombre des agents qui surveillent ce point particulièrement fréquenté.
- Prochainement des signaux de ce genre vont être installés à l’Opéra ; d’autres sont déjà placés au croisement de la rue de Rivoli et du boulevard de Sébastopol.
- Signaux d'interdiction de sens. — Pour faciliter la circulation générale dans la capitale, on a pensé qu’il était logique de réserver certainês voies de faible largeur et accompagnées d’une voie parallèle à peu de distance, à un sens absolument défini. 11 était donc utile de placer à la sortie de ces voies un signal permanent d’interdiction d’entrée. Après différents essais, le choix a porté sur un signal à feu clignotant qui arrête les véhicules se présentant à l’entrée de cette rue.
- C’est un coffre lumineux à feu fixe qui laisse apparaître blanc sur fond rouge l’expression « Sens interdit i>. Ce coffre est surmonté d’un petit phare rouge qui est muni d’une lampe puissante pouvant s’éteindre ou s’allumer successivement pour forcer l’attention des conducteurs de véhicules.
- Le principe fondamental du système est donc l’appareil qui assure alternativement l’allumage et l’extinction de la lampe. Ceci s’opère grâce à une minuterie d’un modèle particulier qui est placée dans le lût d’un lampadaire et qui est réglée afin de
- donner un allumage toutes les deux secondes environ. Ce système de minuterie est particulièrement intéressant et nous allons en donner une description succincte (fig. 4) :
- La minuterie aérodynamique S. Ë. R. I. utilise comme force motrice nécessaire à son fonctionnement le chauff age de l’air d’une boîte par une résistance dans laquelle circule le courant. La résistance B chauffé l’air qui se trouve dans la boite A et le déplace. L’air s’échappe par une soupape S et fait gonfler un soufflet de caoutchouc F. Ce soufflet commande un bras mobile C autour d’un axe X,. C’est ce bras qui porte un interrupteur à mercure RL II est muni également de pièces de contact G et K qui
- Fig. 3. — Signal d'interdiction à l’entrée d’une rue à circulation à sens unique. (Place Lafayette. Rue d’Hauteville.)
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- LES SIGNAUX DE CIRCULATION DANS LES RUES DE PARIS
- ont un rôle que nous allons examiner par la suite.
- Dès que le courant passe, l’air du réservoir se contracte et la soupape S se ferme. A ce moment, la soupape d’aspiration T s’ouvre de façon qu’une petite quantité d’air frais vienne remplacer l’air chaud qui a été évacué. Cet air chaud, qui se trouve dans le soufflet F, s’écoule par une fuite IJ que l’on peut régler avec un pointeau.
- Le dispositif a été imaginé au début pour des minuteries d’escalier. Dans ce cas, en pressant sur un bouton, on lance le courant dans le contact G et un premier basculage entraîne le levier K articulé à frottement doux en X2. Le levier produit un contact en H qui prolonge le premier contact G. Il cesse automatiquement lorsque, le basculage étant suffisant, le levier K vient toucher la butée E,.
- A partir de ce moment, l’action du bouton qui a fait marcher la minuterie ne se fait plus sentir jusqu’à ce que le soufflet soit dégonflé, en partie. Quelques instants après, l’interrupteur coupe le contact et le dispositif est prêt à recevoir une nouvelle pulsation. La durée de l’allumage est obtenue par le réglage du pointeau U.
- L’interrupteur à mercure M réalise avec le minimum d’efforts la coupure ou le rétablissement du courant (fig. 5). Au moyen du basculage, la rupture s’opère mercure sur mercure sans l’adjonction d’autre métal et elle se fait en atmosphère inerte et sèche pour' éviter toute oxydation. Cet interrupteur comprend deux capacités en acier.A et B de volumes différents qui se trouvent séparées par le diaphragme G isolant percé d’un trou. Deux flasques E et F servent au montage avec interposition d’isolants. Un ajutage .1 est disposé sur la capacité A pour introduire le mercure et le gaz inerte.
- En position normale, les deux parties de mercure M et N sont séparées par le diaphragme isolant. Dès que l’interrupteur s’incline vers la gauche, le mercure B s’écoule vers le mercure A et le contact s’établit. La manœuvre est inverse pour l’interruption en inclinant l’appareil vers la droite.
- Dans le cas où la minuterie doit assurer les feux
- posés en sens inverse et l’on supprime le contact G et le bras L. On a donc en réalité un appareil encore plus simple.
- L’un des interrupteurs estxe qu’on appelle l’inter-rupteur-pilote commandant le chauffage de la résis-
- Fig. 5. — Coupe de l’interrupteur à mercure.
- discontinus d’enseignes lumineuses pour la publicité nocturne, les allumages périodiques pour les signaux clignotants dont nous avons parlé au début, le basculeur C a deux interrupteurs à mercure dis-
- signctl d’interdiction.
- tance B et il peut d’ailleurs alimenter également un premier groupe de lampes. Le deuxième interrupteur alimente un groupe de lampes qui s’éteint quand le premier interrupteur allume et inversement. Le pointeau U sert également pour régler à volonté la durée de l’allumage.
- Ainsi, pour deux enseignes, on peut au moyen de deux interrupteurs allumer et éteindre alternativement deux groupes de lampes. Pour les signaux clignotants, destinés à commander la circulation en sens unique, le premier interrupteur à mercure ne fait qu’assurer l’alimentation de la résistance R çt seul le second commande l’allumage de la lampe du phare.
- C’est cette minuterie qui a permis de donner aux signaux clignotants la sécurité et la régularité de fonctionnement absolument indispensables. Il suffit uniquement de temps en temps de graisser par une goutte d’huile les axes de rotation. Il faut compter que les appareils destinés à être installés sur la voie publique sont en général manœuvrés par un personnel qui n’a pas de compétence technique ; il faut donc prévoir pour les divers organes des contacts robustes, sûrs et ne nécessitant pas d’entretien journalier.
- Le signal de sens interdit à feu clignotant qui a été installé le premier est situé place Lafayette au coin de la rue d’Hauleville. Il fonctionne depuis le 29 mai 1925 de 7 heures du matin |a 7 heures du soir et il donne ainsi 15000 allumages par jour. Depuis il n’a pas nécessité le moindre réglage.
- E. Weiss.
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- LES OISEAUX QUI CHANGENT DE MASQUE
- Les Macareux.
- Fig. r. — Fratercula arctica. avant la mue du bec, réduit au ij5c.
- Dessin de M. A. Chappellier.
- Les Macareux sont des Oiseaux de mer, de la famille des Alcidés, qui habitent les régions voisines du cercle arctique. Ils ne viennent à terre que pour y nicher, ou lorsque la tempête les y pousse malgré eux. (Par exemple, en 1875, M. Marmottan trouva au cap Ferret, près d’Arcacbon, des milliers de Macareux roulés par les vagues.)
- Chaque année, le mois d’avril ramène en France — et spécialement dans les îles de la Bretagne — de petites colonies de ces Palmipèdes venus pour se reproduire.
- Le Macareux moine, Fratercula arctica Lin. Mormon Fratercula Gould, est ainsi nommé parce que son plumage, noir et blanc, rappelle le costume des dominicains ; il a, en effet, le dessus de la tête, le cou et le dos, d’un noir brillant, tandis que son ventre est d’un blanc pur. Un gris clair teinte ses jolies.
- Les pattes, largement palmées, sans pouce, sont
- implantées, tout à fait à l’arrière du corps, ce qui donne, à cet Oiseau, quand il est à terre, une position presque verticale et, par suite, une allure de petit bonhomme. Il se pose bien d’aplomb sur le sol, les pattes écartées et tournées en dehors. Les pieds sont orangés, et cette note de couleur gaie réveille la sévérité de son habit (fig. 1).
- Mais ce qui rend le Macareux fort curieux, c’est son. bec, lequel lui a valu le nom populaire de a Perroquet de mer ». Ce bec, l’un des plus singuliers qui soient connus, est plus court que la tête de l’Oiseau, et aussi haut que long. Très comprimé latéralement, tranchant sur le dos, assez semblable à une lame de couteau, il a motivé le surnom de « Bec en rasoir » que les Anglais donnent au Macareux.
- A la saison des nids, le bec du Macareux s’orne de bourrelets et de plaques aux vives couleurs ; bleu-ardoisé vers la base, rouge à l’extrémité, orangé à l’angle, alors que les sillons sont blanchâtres, jaunâtres, gris ou rouges ; ce bec énorme et bariolé prend ainsi un aspect carnavalesque. La parure de noce s’étend, du reste, aux paupières elles-mêmes (fig. 2 et 5).
- Le§ bourrelets 11 les plaques qui, au printemps, s’ajoutent au bec des Macareux ne sont pas uniquement des ornements, mais surtout de solides pièces d’armures qui transforment le bec de l’Oiseau en une sorte de puissant outil destiné à creuser un nid profond.
- Puis, après la période de nidification, il se produit, chez le Macareux, une mue du bec : plaques et bourrelets colorés tombent, suivis par les ornements palpébraux (fig. 5).
- Pendant longtemps, ignorant cette particularité, les naturalistes ont cru que les Macareux au bec enluminé et ceux au bec réduit et terni par la mue, appartenaient à deux espèces différentes. C’estseule-ment en 1877, que M. le Dr Louis Bureau, directeur du Muséum d’Histoire naturelle de Nantes, reconnut qu’il s’agissait d’une seule et même espèce
- 1. Les figures 2 à 11 sont moitié de la grandeur réelle.
- Fig. 2. — Fratercula arctica J adulte au printemps ou pendant les. noces.
- Côtes de Bretagne,
- 6 juin 1876.
- Collection L. Bureau (').
- Fig. 3. — <? adulte en hiver
- ou après les noces.
- Cap Ferret, 4 mars 1873. Collection Marmottan.
- Fig.4.— Forme glacia-lis adulte, au printemps ou pendant les noces.
- Groenland. Voyage de S. A. I. le Prince Napoléon. Muséum de Paris.
- Fig. 5. — Fratercula corniculata adulte, au printemps ou pendant les noces.
- Détroit [de Behring. Muséum de Paris.
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- LES OISEAUX QUI CHANGENT DE MASQUE
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- Fig. 6. — Lunda cirrata adulte, au printemps ou pendant les noces.
- Ile Saint-Paul, mer du Kamtschatka. Muséum de Paris.
- Fig. T.
- Chimerina cornuta adulte, au printemps.
- Briti«h Muséum.
- Fig. 8. — Ombria psittacula ç adultp, au printemps.
- Ile Saint-Paul, mer du Kamtschatka, i36o (Muséum de Paris).
- de Macareux, tour à tour parée et privée de son décor nuptial. M. Le D' L. Bureau a consigné le résultat de ses très intéressantes observations dans deux mémoires sur la mue du bec des Oiseaux de la famille des Mormonidés (1877-1879).
- Dans la galerie de zoologie du Muséum d’His-toire naturelle de Paris, et notamment dans la belle collection Marmottan (Oiseaux d’Europe), on peut voir le Macareux arctique et se rendre compte qu’il est de taille moyenne (0 m. 50 environ). Les ailes sont courtes, la queue est presque nulle ; aussi ces Alcidés se servent-ils de leurs pattes comme gouvernail, ils les étendent en arrière, les écartent latéralement quand ils prennent leur vol ou quand ils exécutentun virage: au contraire,ilsfermentlenrs palmures et abaissent les pattes perpendiculairement à l’axe du corps, en vol à direction rectiligne.
- S’il vole assez bien, le Macareux nage encore mieux. Il rase la surface des vagues avec vélocité. Puis, avec une aisance extraordinaire, il plonge très profondément; parfois, il reparaît à une grande distance du point où il s’était enfoncé.
- Les particularités des moeurs de ces plongeurs, qui se tiennent constamment en haute mer, sont mal connues et, en ce qui concerne surtout la plongée, il reste beaucoup à observer.
- Chez le Macareux, on constate que la peau du bord des narines est nue. Ces narines, réduites à une fente horizontale, sont placées très bas sur la mandibule; elles sont, par surcroît, ferméespar une membrane, actionnée par des muscles spéciaux, organisation qui a pour but d’empêcher la pénétra-
- Fig. g. — Sitnorhynchus cristatellus adulte, au printemps.
- Mer des Kouriles, 1847. Muséum de Paris,
- hynchus Kamchati-cus adulte, au printemps.
- D’après Lèpèchin.
- lion de l’eau dans les narines, à la volonté de l’oiseau.
- On connaît plusieurs espèces de Macareux : d’abord, le Fratercula arclica qui fait l’objet de cet article; puis le Fratercula forme glacialis Leach, lequel 11e diffère du précédent que par de plus fortes dimensions (fig. 4). Il habite les régions septentrionales de l’Océan Atlantique.
- Le Fratercula corniculata Naumann, Gray, ainsi nommé à cause du croissant qui surmonte son œil, est de la taille du F. glacialis (fig. 5). Son habitat se limite aux régions septentrionales de l’Océan Pacifique.
- Le Lun dacirra ta Pallas, est encore de plus grandes dimensions que le corniculata ; comme ce dernier, il se.tient au nord du Pacifique. “Cirrat^’ signifie : aux cheveux bouclés, parce que cet oiseau porte une houppe de plumes de chaque côté de la têLe (fig. 6).
- M. L Bureau a proposé de réunir en une famille les Alcidés dont le bec subit des métamorphoses annuelles et de les appeler Mormonidés, de Mormon = Fratercula.
- Nous pensons intéresser nos lecteurs en leur citant quelques Oiseaux de cette famille, Oiseaux peu connus et d’aspect singulier.
- Voici le Chimerina cornuta Eschscholtz ex Pallas, dont le bec s’orne, au moment des noces, d’une protubérance cornée, jaune orangé, et d’un onglet corné à la mandibule inférieure (fig. 7).
- Voici Y Ombria psittacula Eschscholtz, dont le joli bec rouge vif s’orne au printemps d’une pièce cornée, en forme de fourche, emboîtant la base de la mandibule supérieure et la région nasale. Une gracieuse mèche blanche part du côté de l’œil et tranche sur le plumage noir de la tête (fig. 8).
- Ces Oiseaux habitent le nord du Pacifique; comme chaque soir, ils ont l’habitude de regagner la terre, ils annoncent aux marins le voisinage de celle-ci, lorsqu’ils s’abattent sur les navires.
- Plus paré encore est le Sim or~ hynchus cristatellus, dont le bec Fig. 11. se pare d’une cuirasse nasale,
- Le même d’une lamelle sous-nasale, d’une
- en cuirasse mentonnière et d’un dis-
- hiver. que corné. Ce bec est rouge à la
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- base et jaune à la pointe. Après la chute des ornements nuptiaux, le bec est brun rouge. La huppe noire et la mèche blanche ne tombent pas. Ce gentil Palmipède est également un habitant des régions septentrionales du Pacifique (fig. 9).
- Enfin, le Simorhynchus Kamtschaticus Schlegel ex Lepéehin, le plus paré de tous, porte une huppe frontale brune,, tandis que des plumes blanches, filamenteuses, ornent le lourdes yeux, le front, les joues, les oreilles, l’angle du bec.
- On le rencontre sur les côtes et dans les iles du nord du Pacifique. Le sujet présenté par Lepéehin devait être d’une exceptionnelle beauté (fig. 10).
- La figure 11 montre l’adulte en hiver, ayant le bec réduit et ayant perdu une partie des plumes ornementales.
- Nous avons emprunté les éléments et l’illustration de cette rapide nomenclature aux remarquables travaux de M. le Dl L. Bureau. Mais revenons au Fratercula arclica forme armoricana qui, seul, descend jusque sur les côtes de France.
- Le Macareux moine, ainsi que nous l’avons dit plus haut, vient nicher en Bretagne; on l’aurait vu également à Etretat ; mais il est très probable que les Sept-Iles, petit archipel des côtes du Nord, constituent la dernière station de nidification de ces Palmipèdes, en France.
- Autrefois, les Caleulos (ou Ca(culuts) — ainsi que les Bretons nomment les Macareux — dans ces îlots sauvages, pouvaient se multiplier en paix; mais depuis que la mode de voyager s’est généralisée et que les touristes ont exploré les moindres coins de nos provinces, il s’est malheureusement trouvé quelques chasseurs (?) excentriques qui se sont fait débarquer aux Sept-Iles pour le plaisir d’y massacrer par centaines les innocents et cdhfiants Macareux. Après quoi, ces vandales laissaient pourrir sur la grève lés cadavres de leurs victimes. Il était clair qu’un tel état de choses devait entraîner l’extermination des Macareux, et, dans la région, des protestations s’élevèrent en faveur de ces pauvres animaux, au nom de la science comme au nom de la plus élémentaire raison.
- La “ligue française pour la protection des oiseaux” venait d’être fondée (1912) lorsqu’elle prit en main la défense des Calculots, et tout de suite elle rencontra le meilleur accueil, dans sa mission, auprèsdu préfet des Côtes-du-Nord, M. Eug. Schmidt, qui édicta un arrêté sur la chasse, en date du 28 août 1912, dont l’art. 5 stipule que :
- «... Toutefois sont interdits en tous temps..* d’une façon absolue, la chasse, la destruction, le transport et la vente des Macareux ou Calculots, sur le rivage de la mer, ainsi que des îles et notamment dans l’île Rouzic, située en face de Perros-Guirec » .
- Et plus loin, le titre II, « Conservation des Oiseaux », rappelle que :
- « Sont interdits en tous temps, même lorsque la chasse est ouverte, la destruction, la capture, l’importation, l’exportation, le transport, le colportage,
- la mise en vente et l’achat des Oiseaux ci-après..
- Palmipèdes : les Macareux ».
- Le maire de Perros-Guirec s’offrit obligeamment à prendre les mesures nécessaires pour faire respecter les décisions du préfet des Côtes-du-Nord.
- Et de tous côtés les encouragements et les approbations vinrent à la L. P. 0. Des savants, tels que M. L. Bureau, des écrivains tel que M. Le Goffic, dos officiers de marine, etc..., appuyèrent la campagne menée pour les Calculots.
- Il n’y avait plus qu’à aller prendre surplace des dispositions complémentaires, et M. Albert Chappellier, fondateur et secrétaire de « La Ligue française pour la protection des Oiseaux », se rendit aux Sept-Iles, en mars 1915, pour poser une plaque dans l’île Rouzic.
- Les Sept-Iles, situées au large de Perros-Guirec, demeurent le vestige d’un rivage disparu. De l’est à l’ouest, s’alignent l’île Rouzic, Malban, Bono, l’île aux Moines, le Cerf, l’île Plate, les Costans. De nombreux rochers entourent et prolongent le petit archipel qui est toujours d’accès difficile et souvent même impraticable.
- L’île Rouzic, à une dizaine de kilomètres de Perros-Guirec, élève au-dessu-s des flots un mont de granit, arrondi, couvert de gazon. On n’y accède facilement que sur un point unique et c’est là, sur un rocher, au-dessus de la crique de débarquement, que M. A. Chappellier scella une grande plaque émaillée rappellant l’arrêté préfectoral qui protège les Macareux des Sept-Iles.
- Il faut savoir queles Sept-Iles dépendent du domaine militaire et sont affermées à un particulier, lequel a montré une réelle bonne grâce envers la Ligue.
- M. Chappellier ne s’est pas contenté de poser une plaque sur Rouzic, il en apposa de plus petites à Perros-rade, à Port-Blanc à Trestraou, Trestignel et Ploumanach. Partout, le dévoué secrétaire de la L. P. 0. trouva un chaleureux accueil, aussi bien auprès des autorités, du personnel enseignant, des habitants et des pêcheurs. Ces derniers, en particulier, « demandent aux chasseurs d’épargner les Oiseaux de mer qui sont pour eux de précieux indicateurs et des guides sûrs dans la bonne réussite de leur pêche quotidienne ».
- Ces diverses mesures ne tardèrent pas à porter leurs fruits. Dès 1915, les Macareux, n’étant plus persécutés, se reproduisirent en grand nombre, ainsi que le constata M. Magaud d’Aubusson, le regretté président de la L. P. 0., qui, à la fin de juin de l’année susdite, visita les Sept-Iles.
- M. Magaud d’Aubusson commença par explorer Rouzic qu’il escalada sous l’œil étonné des Calculots alignés sur les rochers. C’est sur les flancs sablonneux de l’île que s’établissent ces Alcidés, là seulement où ils peuvent creuser leurs nids. Ils y vivent en compagnie des Lapins qui habitent l’île, si bien que l’on crut à tort que l’Oiseau emprunte le terrier du Rongeur.
- C’est donc dans un trou percé dans le sol que le
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- Macareux dépose son œuf unique. Cet œuf est blanc gris tacheté de violacé. Deux œufs mesurés à Rouzic avaient 0 m. 055 sur 0 m. 041.
- Tantôt cet œuf repose sur le sol nu, tantôt sur un matelas formé d’algues et d’herbes.
- On ne sait pas exactement combien dure l’incubation : peut-être 35 ou 56 jours. Le petit demeurerait au nid sept semaines. Ces points de la biologie du Macareux, encore obscurs, mériteraient d’être fixés.
- A sa naissance, le petit ressemble à une boule de duvet, brune en dessus et blanche en dessous. Le bec est mince, les pattes sont d’un gris plombé. Quand il marche, il incline la tête et tient son corps horizontalement. Après l’avoir pris, quand on le relâche, il trottine vers son nid aussi vite qu’il peut. C’est dans le nid que s’opère toute la croissance, le petit ne le quitte que lorsqu’il est assez fort pour voler et aller à la mer.
- Les parents soignent leur enfant avec un grand dévouement.
- Tour à tour, le père et la mère ne cessent de plonger pour aller leur chercher de petits poissons, des Lançons,
- (.Ammodytes lanceola-tus) à plus de trente mètres de profondeur, et souvent à une distance considérable du nid : Collett, cité par Naumann, aurait vu des Macareux en chasse à 100 km des nids. Il arrive que les pêcheurs prennent .ces Oiseaux dans leurs fdets de fond. M. Magaud d’Aubusson fit photographier un jeune Macareux qu’il tint dans sa main (fig. 12). On voit par là combien le bec du petit Fratercula diffère de celui de ses parents.
- Quand' ils sont élevés, les jeunes Macareux se mêlent aux adultes et partent avec eux. Leur premier plumage est celui qu’ils conservent jusqu’au printemps suivant ; cependant le bec se développe peu à peu et les pieds prennent leur couleur orangée.
- Les Macareux qui arrivent aux Sept-Iles au mois d’avril, en repartent à la mi-août — parfois un peu plus tôt (en 1913, le 8 août, tous les Macareux étaient partis), parfois un peu plus tard, mais sans jamais dépasser l’avant-dernière semaine d août.
- Quand M. Magaud d’Aubusson quitta l’île Rouzic, il prit plaisir à regarder des légions de Calculots couvrant les rochers : ils dodelinaient de la tête et tournaient vers la mer leur bec phénoménal. En
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- leur robe blanche et noire, « on eût dit une multitude de petits moines curieux sortis de leur couvent pour nous voir partir (’). »
- Dans l’île Malban, les Calculots étaient presque aussi nombreux qu’à Rouzic; ils se montraient encore plus confiants. Sans souci des visiteurs, ils nourrissaient leurs petits.
- Ceux des Macareux qui élaient sur le sol prenaient tout à coup leur essor et se mettaient à tourner autour de l’île, jusqu’à ce que ce tourbillon d’Oiseaux se posât sur les eaux.
- M. Magaud d’Aubusson se rendit ensuite dans l’île Plate, puis dans l’île aux Moines, ainsi nommée parce qu’au moyen âge un couvent de Franciscains s’y était fondé. Si peu exigeants que fussent ces religieux, ils durent abandonner, en 1485, une île dans laquelle ils ne pouvaient plus subsister. Dans ces îles vivent diverses variétés d’Oiseaux, mais aucun Macareux.
- C’est dans l’île du Cerf, rocher désert, que s’abrite la troisième colonie de Macareux ,n lesquels peu nombreux d’ailleurs, ont été obligés de pondre dans les crevasses des rochersv M. ChappeUier rejoignit M. Magaud d’Aubusson et avec lui parcourut .les îles. Tous deux se rendirent compte de l’efficacité dès mesures de prolection, desquelles profitaient également des colonies d’autres Oiseaux de mer.
- Ensuite, la tragédie européenne se déroula, et ce ne fut que sept années après, en mai 1920, que MM. ChappeUier et P, Janet retournèrent visiter la réserve ornithologique des Sept-Iles. Ils eurent, du moins, la satisfaction de constater que les Calculots,* n’ayant pas souffert de la guerre, ont augmenté en nombre. A Rouzic, principalement, le sol est miné parles trous des Macareux.
- A Malbân, quoique moins nombreux, les Macareux nichent par centaines. Au Cerf, il n’y a qu’une faible colonie.
- Puis, au cours de l’été de 1922, M. Roger Re-boussin, l’artiste animalier bien connu, ainsi que M. Darblay et M. Plocq, explorèrent les rookeries bretonnes. Ils virent que la plaque protectrice, posée' sur l’île Rouzic, était encore en assez bon état et plu-
- 1. Bulletin de la Société nationale d'Acclimatation de France, novembre 1013.
- Fig. 12. — M. Magaud d’Aubusson, président de la li%ue pour la protection des oiseaux, tenant un petit macareux.
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- LES MICROSÉISMES
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- sieurs jours passés en observations leur permirent de s’assurer de la prospe'rité des colonies de Calculots. Ils estimèrent à trois milliers environ le nombre de ces Palmipèdes. Et il se confirma qu’un nombre considérable d’Oiseaux de mer et de terre profite de la protection accordée aux Macareux.
- M. R. Reboussin a relaté cette intéressante excursion dans les bulletins du Saint-Hubert Club de France (2e semestre de 1925) et il en donna communication à la L. P. 0.
- Enfin, dans les derniers jours Ru mois d’avril dernier, M. Adrien Legros, secrétaire aux réserves et refuges de la L. P. 0., est allé visiter les Sept-Iles pour y procéder au renouvellement des plaques et prendre différentes mesures de protection en fa-
- veur des Macareux. Le compte rendu de cette mission paraîtra dans un prochain bulletin delà L. P.O.
- En résumé, la première réserve ornithologique organisée en France sur l’initiative de la L. P. 0., prouve que toute tentative de ce genre peut donner le meilleur résultat. Il nous reste à souhaiter qu’un classement officiel de cette Réserve consacrera définitivement l’œuvre commencée et de laquelle elle assurera l’avenir. En attendant, les Macareux des Sept-Iles sont présentement sauvés de la destruction. Et quelques patients naturalistes pourront, en étudiant sur place ces curieux Oiseaux, mettre au point les détails de leur biologie qui demeurent incertains.
- A. Feuitxée-Biixot.
- de lit Ligue française pour la protection des Oiseaux.
- LES MICROSÉISMES
- L’immobilité de l’écorce de noire globe n’est qu’apparente, elle est troublée d’abord par les grandes secousses sismiques, dues à des ébranlements profonds du sous-sol et qui donnent lieu si souvent à de /terribles catastrophes; les appareils séismographiques permettent de les observer et de les caractériser; il y a aussi les minuscules ébranlements dus à des causes locales : passage de véhicules lourds, par exemple; ils impressionnent les 'séismographes placés dans le voisinage, mais ne se propagent qu’à trèë faible distance. Les séismographes modernes permettent d’observer une troisième catégorie d’ébranlements extrêmement fréquente ; ce sont de faibles frémissements du sol qui s’observent sur de très vastes étendues de territoires et qui, par leur période et l’aspect des diagrammes enregistrés, se distinguent très nettement des vibralions dues à un tremblement de terre, même très éloigné. Ce sont les microséismes. Leur origine est quelque peu mystérieuse. La plupart des savants qui s’en sont occupé sont d’accord pour attribuer le phénomène à une cause physique d’ordre atmosphérique; Zœppritz,par exemple, les expliquait par le brisement des vagues contre les côtes.
- Le R. P. Gherzi, de l’observatoire de Zi-Ka-Weï, près de Shang-IIaï, vient d’apporter à cette question une contribution nouvelle et importante (Notes de Sismologie de l’Observatoire de Zi-Ka-Weï, n° 5. Etude sur les mi-croséismes).
- 11 divise les microséismes en 4 classes.
- Dans la première classe, les microséismes sont caractérisés sur les diagrammes d’enregistrement par des groupes successifs d’oscillation affectant une forme asséz régulière, presque sinusoïdale, avec des périodes comprises entre 4 et 8 secondes.
- Le R. P. Gherzi attribue leur origine à des vents cyclo-niques, notamment aux typhons. La situation de l’Observatoire de Zi-Ka-Weï se prête particulièrement bien à la vérification de cette hypothèse; il est placé en effet dans une région où l’on peut suivre clairement et longuement la marche de ces centres cycloniques qui se forment dans le Pacifique et abordent le Continent par les côtes. On sait que l’Observatoire de Zi-Ka-Weï s’est fait une spécialité de l’observation des typhons, et que ses avertissements rendent les plus éclatants services à toute la navigation en Extrême-Orient.
- Pour le R. P. Gherzi, la simultanéité de l’inscription
- des microséismes de première classe et de la présence géographique d’un centre cyclonique est un fait acquis. L’approche ou l’éloignement du centre coïncident exactement avec l’augmentation ou la diminution de l’ampli-lude (parfois aussi de la période) de ces microséismes. 11 y a donc certainement une relation de cause à effet de l’un à l’autre. Mais comment peut se concevoir l’action physique par laquelle lé cyclone imprime ces vibralions à la croûte terrestre ? Pour l’expliquer, le R. P. Gherzi se livre à une analyse fort intéressante des phénomènes internes d’un typhon.
- Il monlre que le tourbillon atmosphérique lui-même est l’agent de compression, qu’il produit des varialions violentes et rythmiques de la pression sur la surface des mers, variations dont la période coïncide exactement avec celles qui s’enregistrent sur les diagrammes microséismiques, et qui sont fidèlement transmises à l’écorce terrestre à travers le liquide presque incompressible des Océans,
- Le tourbillon cyclonique, en cheminant sur la mer, transporte avec lui une «lentille d’eau » suivant l’expression des marins, qui est la cause directe des inondations parfois si désastreuses produites par le typhon quand il aborde une côte plate: eette masse d’eau, accumulée sur la surface de l’Océan, doit facilement compenser et même dépasser la diminution de poids causée par la diminution de pression atmosphérique du côté du centre cyclonique. Gette lentille, en effet, à en juger d’après la hauteur des raz de marée causés par les typhons, atteint facilement 5 m. et même beaucoup plus. On conçoit qu’une telle masse exerce sur le fond de l’Océan une compression notable. D’autre part, l’examen attentif, au moyen d’appareils enregistreurs, de la période des violentes rafales qui se manifestent, l’approche des centres cyloniques, a montré au R. P. Gherzi l’existence d’alternances de fureur et d’accalmie nettement espacées de 4 à 8 secondes en moyenne, comme les maxima enregistrés par les séismographes.
- L’hypothèse formulée par le R. P. Gherzi apparaît donc comme des plus plausibles. La lentille « d’eau » alternativement soulevée, puis retombant sous l’action du cyclone, agirait comme un formidable marteau qui fait frémir le fond marin sous ses coups réguliers. Et cette supposition est parfaitement d’accord avec les récits des marins pris dans un typhon. Ne disent-ils pas en effet
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- LA MESURE DES VITESSES A BORD DES NAVIRES
- que leur navire (et il s’agit parfois de grands paquebots modernes) est soulevé, et ensuite brusquement comme écrasé et cloué sur place par une main invisible?
- La deuxième classe de rnicroséismes du R. P. Gherzi se présente sous une forme bien caractéristique de dents de scie; ils sont assez réguliers; leur période est comprise entre 2 et 4, rarement 6 secondes, ils se distinguent très nettement de ceux qui sont dus aux typhons, par l’absence de maxima rythmés; le R. P. Gherzi croit pouvoir attribuer leur origine aux vents anticycloniques, c’est-à-dire aux vents issus de centres de hautes pressions, tels que ceux qu’on appelle sur les cotes de Chine : mousson d’hiver et mousson d’été. Mais sur ce point ses conclusions sont beaucoup moins nettes que dans le premier cas.
- Dans la troisième classe se rangent des microscismes d’allure très irrégulière, dont la période d’oscillation varie entre 12 et 15 secondes. Un des traits caractéristiques
- de ce genre de perturbations est la périodicité de leur apparition; on les voit déjà bien nettement dessinées en automne; et elles continuent à se montrer avec de courtes interruptions tout l’hiver jusqu’au printemps. L’agitation est la plus forte dans les mois les plus froids de l’année : décembre, janvier, février. Le phénomène a un caractère évidemment saisonnier et montre une périodicité annuelle bien déterminée. Le R. P. Gherz les attribue au froid.
- Enfin, dans une quatrième classe, il range des micro-séismes d’apparition assez rare, enregistrés exclusivement par le sismographe Galitzine et qui se manifestent par des perturbations à très longue période, parfois très régulière. Le R. P. Gherzi ne peut, à leur égard, formuler aucune explication.
- 11 suggère toutefois que l’on pourrait peut-être chercher une explication du côté des courants telluriques, eux-mèmes si mystéiieux et si mal connus encore.
- LA MESURE DES VITESSES A BORD DES NAVIRES
- La mesure de la vitesse à bord des navires a évidemment préoccupé les marins en tous temps. Aux époques lointaines où l’on ne connaissait pas encore les appareils les plus rudimentaires, le navigateur avait à sa disposition ia longueur connue de son navire.
- Il jetait tout simplement un flotteur à la mer et notait le temps qui s’écoulait entre son passage de l’avant à l’arrière. Il pouvait encore, en vue des côtes, déterminer deux positions successives sur la carte en prenant les relèvements de points connus. Enfin, il était possible d’ « observer » des astres en deux points très distants et d’obtenir une vitesse moyenne plus exacte.
- Le loch ordinaire. — L’obtention de la vitesse à tout moment devait tenter les chercheurs. Le premier appareil qui ait été construit, et qui était encore réglementaire jusqu’à ces derniers temps à bord des navires, fut le bateau de loch. 11 se composait essentiellement d’un morceau de bois plat, ayant la forme d’un triangle sphérique équilatéral de 0 m. 20 de côlé environ. La base contenait une charge de plomb de façon à maintenir l’appareil vertical. Une patte d’oie se fixait par ses trois branches aux trois sommets du triangle. L’une des trois branches comportait un dispositif tel qu’une série de secousses pouvait la détacher, de façon à rentrer le bateau de loch à bord en le faisant glisser à plat sur la surface de l’eau. En temps normal, le bateau de loch se tenait vertical, de façon à opposer à l’eau une résistance considérable.
- Les trois branches se réunissaient à un mince cordage qu’on appelait ligne de loch qui venait s’enrouler sur une sorte de dévidoir horizontal placé à bord. Cette ligne était graduée à partir d’un morceau d’étamine rouge appelée « houache », en nœuds, longueur que nous définirons plus loin. On se servait de l’appareil de la manière suivante : un
- marin élevait dans ses mains le dévidoir et on laissait filer le bateau de loch à la mer. Il se plaçait verticalement et on admettait que sa résistance à la marche était suffisante pour que la simple traction exercée par le déroulement ne lui communiquât qu’une vitesse insignifiante. Au moment où la « houache » passait au-dessus du couronnement de l’arrière, un autre marin « chavirait » le sablier de trente secondes. Comme on avait choisi pour le nœud une longueur telle, que le nombre de nœuds parcourus en 50 secondes soit le même que le nombre de milles parcourus à l’heure, on avait la vitesse par le procédé ci-dessus (un mille == 1852 m).
- 11 est évident, qu’aux vitesses dépassant 14 ou 15 nœuds, ce loch est inutilisable : l’entraînement du bateau de loch augmente, la ligne se rompt fréquemment ; enfin la vitesse angulaire du touret ne peut atteindre que difficilement cplle qui serait nécessaire. Aussi a-t-on imaginé de nombreux appareils pour remplacer le loch ordinaire.
- Le loch de pression. — On a pensé à utiliser la pression. Si l’on imagine un tube vertical coudé à sa partie inférieure et dont l’ouverture est tournée vers l’avant, on conçoit fort bien que durant la marche, la pression de l’eau se décompose en pression hydrostatique due à la profondeur d’immersion et en pression hydrodynamique, fonction de la vitesse. Pour séparer ces deux composantes, on n’a qu’à placer un second tube parallèle au premier, mais dont l’orifice est placé par le travers. La vitesse, n’intervenant plus, il donnera la pression hydrostatique. Il est évident qu’une table de correspondance déduite d’expériences donnera la vitesse. Mais on voit tout de suite le point faible du système. Par grands roulis ou grands tangages, la pression hydrostatique varie dans des proportions considérables. Un tel loch dit « loch de pression » est donc pratiquement inutilisable par mauvais temps.
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- Le moulinet. — Quelques inventeurs ont utilisé une hélice ou un moulinet pouvant tourner autour de leur axe et fixés à une remorque. La rotation est, en effet, fonction de la vitesse. On détermine encure expérimentalement la loi de correspondance, et la vitesse se déduit du nombre de tours mesurés. Celte mesure des tours peut se faire de manières très diverses. Le loch Massey, par exemple, comporte un enregistreur de tours ; il donne, par conséquent, le chemin parcouru.
- Dans les lochs Walker et Garland, employés sur certains navires de commerce, une corde transmet le mouvement à l’aiguille d’un cadran placé à bord. Enfin, dans le loch Fleuriais, les indications sont transmises électriquement. Ces appareils comme les lochs ordinaires deviennent défectueux à partir de 14 ou 15 nœuds.
- La base de vitesses. — Il existe évidemment un moyen qui en cours de navigation ne nécessite la présence d’aucun appareil. Au moment des essais de vitesse, le navire parcourt une base dite « base de vitesses » dont la direction est fixée par un alignement de deux points à terre très visibles. Les extrémités de la base sont déterminées par d’autres alignements très précis, coupant le précédent sous des angles voisins autant que possible de 90°. En parcourant ce « chemin », dont la longueur est déterminée par dis procédés géodésiques, on peut avoir la loi de correspondance entre le nombre de tours de l’hélice et la vitesse. On la matérialise sous la forme d’un tableau qui est toujours à la disposition de l’officier de quart. On comprend très bien qu’au bout d’un certain temps, la salissure de la coque (goémons, coquillages, etc.) fait varier la résistance à la marche et fausse, par conséquent, la loi de correspondance(1), Toutefois, ce procédé est pour ainsi dire « en réserve » à bord quand on n’a pas de moyen plus précis à sa disposition.
- Le loch à fil perdu. — Le commandant Guyon a imaginé, pour les grandes vitesses, un système dit « loch à jil perdu ». Il a été mis en essais par le service hydrographique de la Marine en 1897. Ce loch est basé sur le même procédé que le loch ordinaire que nous avons décrit au début de cet article, mais il n’en a pas les inconvénients. La ligne est ici une ficelle de peu de valeur, qui est abandonnée avec le bateau de loch, à chaque mesure, et qui est enroulée en pelotes de 400 mètres enfermées dans une boîte. La vitesse de déroulement ainsi permise est 1res grande. L’appareil comporte un compteur à tours qui enregistre le nombre de tours de la machine. Il permet donc de faire correspondre un espace parcouru mesuré par le fil à un certain nombre de tours d’hélice. On en déduit la loi de correspondance.
- Tous ces dispositifs sont défectueux. Il a fallu arriver jusqu’à ces dernières années pour mettre au point un système qui soit exempt des inconvénients
- 1. En outre la résistance dépend essentiellement de l’élut de fa mer.
- que nous venons de signaler. Grâce à l’ingéniosité du lieutenant de vaisseau Alfred Baule le problème de la vitesse est complètement résolu.
- Le loch à bulle d’air système Baule. — M. Baule, lieutenant de vaisseau en retraile, père de l’inventeur, avait essayé vers 1890 un loch à ailettes planes qui était dérivé du loch Fleuriais. A la suite de ses expériences, il expliqua une curieuse anomalie des lochs remorqués. Aux grandes vitesses, en effet, un inslrument parfaitement réglé et parfaitement taré peut accuser des variations de vitesse qui sont en sens inverse de celle du navire. On est évidemment tout de suite tenté de les attribuer aux remous de l’hélice, mais on constate que même si le loch est à 150 mètres de l’arrière du bâtiment, et s’il est écarté du sillage au moyen d’un espars placé en travers, le phénomène persiste.
- L’explication est la suivante : le navire entraîne avec lui des ondulations qui se propagent à la surface de la mer avec la même vitesse que lui. Le phénomène est en somme le même que celui constitué par une « houle uniforme » dont on connaît la loi de propagation. Si 2 L est la longueur d’onde (distance de deux crêtes consécutives), v la vitesse de propagation et g l’accélération de la pesanteur, on a la formule bien connue :
- Si l’on suppose que la vitesse du navire est 16 nœuds, soit 8 m. à la seconde, la formule précédente donne : 2L —45 mètres.
- Si la remorque du loch est trois fois plus longue que cette longueur d’onde, soit 5 X 45 — 129 m., on voit que si le navire est sur une crête, le loch sera également sur une crête (fig. 1, courbe pleine).
- Mais si, le navire étant toujours sur une crête et la longueur de la remorque n’ayant pas varié, on diminue la vitesse à 15 noeuds la longueur 2 L donnée par la formule (1) n’est plus que de 58 m. Or, 129 = 5 X o8 + 15. Par conséquent, le loch va être décalé par rapport au navire de trois longueurs d’onde, plus 15 m. Il se trouvera donc dans un creux (fig. 1, courbe pointillée).
- Mais dans la houle uniforme, les molécules, qui ont un mouvement circulaire, sont animées sur les crêtes d’une certaine vitesse ayant le même sens que la propagation et dans les creux d’une vitesse contraire. Il en résulte que, puisque le loch devrait fonctionner en eau calme, il aura à 10 nœuds une vitesse trop faible et à 15 nœuds une vitesse trop forte. En calculant les1 erreurs ainsi produites, ou conçoit parfaitement que le loch puisse indiquer une variation de vitesse inverse de celle du navire. On pourrait évidemment, comme le fit M. Baule, faire varier la longueur de la remorque de demi-longueurs d’onde de façon à compenser les erreurs, mais la méthode est trop compliquée.
- Evidemment, on tend de plus en plus à supprimer les lochs remorqués pour les raisons exposées
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- LA MESURE DES VITESSES A BORD DES NAVIRES
- plus haut; mais on emploie quelquefois des lochs à hélice portés sur la carène du navire ou des tubes de Pitot qui sont placés le long de la coque. Il est probable que les ondes dont il est question plus haut, ne se produisent pas uniquement dans le sillage et sur les flancs. Elles régnent en réalité tout autour de la carène du navire. Leur influence est donc certaine sur les lochs qui ne comportent qu’une unique prise d’eau.
- L’idée du lieutenant de vaisseau Baule a été de concevoir un système de loch à arrivées d’eau multiples, s’espaçant sur une certaine longueur, de manière à compenser automatiquement les effets dont il est question plus haut. Il a réalisé un perfectionnement du procédé très ancien qui consiste à mesurer l’éloignement d’un flotteur inerte abandonné 1 dans le sillage du navire. Mais son « flotteur » est ; singulièrement souple : c’est ici une bulle d’air qui est guidée dans un tube installé longitudinalement
- a) D’un tube et de ses prises d’eau ;
- b) D’un plot ;
- c) D’un tableau de chasse d’air avec compresseur ;
- d) D'un tableau de manoeuvre, portant le chruno-graphe indicateur de vitesse et le compteur de bulles.
- Le tube de loch. — Il est placé à l'intérieur du navire et sa longueur est d’environ 20 mètres. iSon diamèlre intérieur est de 20 mm. Lorsque le bâtiment est dans ses lignes d’eau, ce tube est horizontal.
- Il faut évidemment qu’il soit installé le plus au centre possible, de façon que ses extrémités ne sortent jamais de l’eau quel que soit le roulis ou le langage. «
- La communication avec la mèr se fait par des « buses » ou prises d’eau très allongées, garnies d’orifices multiples. Elles sont fixées sous la carène
- _________ Ondes entraînées à 16 nœuds
- _________Ondes entraînées à 15 nœuds (le loch vient enL).
- Fig. t. — L’ejfet du sillage du navire sur le loch entraîné.
- à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment. Ce tube est parcouru par le courant d’eau résultant de la marche du navire. En même temps que part la bulle qui se forme à l’avant du tube, un chrono-grapbe est mis en marche automatiquement. Lorsque la bulle passe sous un plot situé à l’extrémité arrière du tube, elle coupe le courant d’une pile, car elle isole momentanément ce plot de la mer.
- Cette rupture du courant arrête automatiquement le chronographe. Par conséquent, si l’on divise le parcours connu 'de la bulle par le temps ainsi mesuré, on obtient la vitesse de la bulle qui sera celle du navire. Pratiquement, il y aura un coefficient d’emploi de l’appareil.
- En graduant directement le cadran du chrono-graplie en vitesses du navire, on-sera dispensé de tout calcul. Ceci ne donne que la vitesse ; or on a besoin de totaliser la distance parcourue : M. Baule a organisé son appareil de façon qu’une bulle en passant sur le plot arrière déclenche la bulle suivante.
- • On a donc une succession de bulles dont le nombre, multiplié par un coefficient constant, donnera l’espace parcouru par le navire.
- La réalisation. — D’après ce que nous venons de dire, l’appareil se composera essentiellement
- /fin-, 2) :
- t11©- -v
- à proximité de la quille principale, parallèlement à l’axe du navire.
- Des robinets permettent d’isoler complètement le tube de la mer en cas de non-fonctionnement ou pour visite. Quant au plot, c’est un bloc de porcelaine avec pointe de platine qui vient affleurer la génératrice supérieure du tube près de son extrmité arrière.
- La pointe de platine isolée de la coque est en communication avec un pôle d’une batterie d’accumulateurs. L’autre pôle est relié à la coque par l’intermédiaire d’un relais spécial.
- La.pointe de platine est donc en contact a\ec l'eau sauf lorsqu’une bulle passe.
- Le tableau de chasse d’air. — Il faut évidemment alimenter l’appareil en air, et cela d'une manière automatique. Pour cela, on a prévu un tableau placé dans les fonds du navire à proximité de l’extrémité avant du tube.
- Ce tableau comporte une bouteille en acier d’une capacité d’un demi-litre environ qui possède deux soupapes : une de remplissage et une de chasse. Elles sont manceuvrées en même temps à distance par un électro-aimant qui ouvre la chasse, en fermant le remplissage. Au repos l’inverse se produit.
- Le compresseur qui est représenté sur la figure n’ést nécessaire que si le bord ne possède pas d’air
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- comprimé. Dans le cas contraire, il suffit de prévoir un détendeur ramenant la pression à 5 ou 4 kg par cm2. On a prévu un tuyau de chasse avec un clapet de non retour d’eau qui fait communiquer la bouteille avec l’extrémité avant du tube de loch.
- Le tableau de manœuvre. — On place généralement ce tableau sur la passerelle à portée de l’officier de quart, mais on peut parfaitement le placer ailleurs. Ce tableau qui est relié d’une part au tableau de chasse, de l’autre au plot comprend : un relais, un chronographe, un compleur de bulles et
- une première bulle. Le chronographe qui a été d’abord ramené à zéro, se met en marche. Quelques secondes après, son aiguille s’arrête et indique la vitesse mesurée. Il est évident qu’il y a intérêt, comme dans toutes les mesures, à prendre une moyenne. Cette précaution s’impose même par mauvais temps. Il suffit alors de laisser le loch débiter un certain nombre de bulles qu’on lira sur le compleur. Le chronographe qui totalise le temps de parcours permettra d’obtenir la vitesse en divisant le nombre de bulles par le temps correspondant et
- Tableau de manœuvre
- Chronographe
- Bouton de départ
- Electro de
- Interrupteur
- général
- Compteur de bulles
- Interrupteur -de chasse
- Electi o
- Servo-
- Moteur moteurN
- brique çompresseur(f=
- Soupape de chargement
- de ch
- Tableau de chasse’
- Clapet de retour d'eau
- sContact à 'peinte de platine
- Buse de sortie d'eau
- .Buse d'entrée d'eau
- Le tableau de manœuvre et le tableau de chasse du loch Baule.
- Fig. 2.
- un éleclro manoeuvrant ces deux derniers appareils.
- L’armature du relais, qui en temps normal est attirée, revient au repos sous l'effet du passage d’une bulle sous le plot. Il s’ensuit que le courant passe dans l’électro de manœuvre qui déclenche le fonctionnement du chronographe et du compteur de bulles.
- À l’aide du bouton de départ, on déclenche la première bulle.
- Le grand avantage de ce loch est qu’il peut comporter autant de répétiteurs qu’on veut. Il y en aura, par exemple, un chez le commandant, un sur la passerelle à proximité de l’officier de quart. Il pourra y en avoir également un dans la machine principale.
- Comment on emploie l'appareil. — En pressant sur le bouton du tableau de manœuvre, on déclenche
- en emp’ojant une table établie une fois pour toutes, au moment de l’étalonnage de l’appareil.
- L’appareil peut totaliser le parcours en fonctionnant d’une manière continue. Il suffit alors de compter le nombre de bulles émises qu’on multiplie par un coefficient constant, pour avoir le parcours en milles.
- Enfin, comme nous l’avons indiqué dans un article précédent, l’appareil est spécialement adapté au nautographe Baule.
- Essayé longuement sur le Chasseur « 80 », cet appareil a fonctionné correctement à toutes lès vitesses, même par fort roulis et tangage. Il permet aussi bien la mesure de vitesses très faibles (1 nœud) que celle de vitesses très élevées. Sa précision est de l’ordre de 1/200 de nœud, p q
- Ingénieur £. S. E.
- Le Itérant : P. Masson. — Imprimerie Lahere, 9. rue <ie Fleurus, à Parie.
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- LA NATURE — N° 2623
- 12 JUILLET 1924
- LA CÔTE EN PÉRIL
- I. Du Cap d’Antifer à la Somme
- Parmi les côtes du littoral français, soumises sans défense à l’attaque directe des flots, les falaises crayeuses de la Manche sont de beaucoup celles qui ont le plus à souffrir d’un pareil assaut. Sous l’influence de fortes marées et de vents d’ouest poussant les vagues contre le rivage, avec une violence extraordinaire, leur démolition incessante les amène à subir un recul de plus d’un mètre par an. Ce qui facilite aussi singulièrement ce travail d’érosion marine, c’est l’état fissuré de la craie, et surtout, dans ses affleurements sur la côte, la section de ses assises en tranches verticales, par un réseau de fentes entre-croisées. Ces dernières ayant pour effet, en multipliant les surfaces d’attaque, d’isoler sur le flanc raide des falaises des piliers ruiniformes, comme le sont si bien ceux aiguillés célèbres d’Étretat. Ces monolithes dressés en avant de la côte, sur la plate-forme littorale des basses mers, à l’état de témoins de son ancienne extension, donnent alors la mesure de ce qu’elle a perdu par érosion.
- Mais le plus souvent, ces cassures provoquent l’écroulement en masse des corniches demeurées en surplomb sur les rainures entaillées par les vagues au pied des falaises ; c’est de cette façon que se fait leur recul vers l’intérieur sous une forme abrupte. Si l’on tient compte ensuite que par les gros temps, les vagues de tempêtes, lancées à l’assaut des rivages avec une vitesse de 25 milles marins (45 kil.) à l’heure, dépensent leur énergie en efforts verticaux, capables d’exercer sur une hauteur de 10 à 15 mètres, une pression de 50 tonnes (30 000 kilog.) par mètre carré, et que leur puissance mécanique s’augmentant de toute la charge des matériaux (sables et galets) transportés, c’est de la projection d’une véritable mitraille pierreuse qu’il s’agit, on comprendra l’étendue de ses effets désastreux. L’histoire de cette côte est pleine du récit des catastrophes de ce genre (rupture des digues, destruction des travaux de défense édifiés pour protéger les ports contre les attaques du flot; dans les falaises, écroulement de masses énormes de craie, avec chute des villas
- Fig. i. — Démolition des falaises crayeu-ses par le haut (près d'Ètretat) sous Vinfluence des eaux pluviales.
- Au premier plan, basse falaise faite de blocs de craie éboulés.
- placées en belle-vue suria côte....) avec maximum d’intensité sur les côtes essentiellement ébouleuses de Dieppe et de Fécamp.
- Et ce n’est pas tout; les eaux pluviales interviennent à leur tour pour accentuer cette œuvre de destruction. En s’infiltrant dans les fentes de la craie, elles les élargissent, après dissolution de leurs parois, au point de déterminer le décollement dans le haut des falaises d’énormes tranches de roches suivant la verticale. D’où l’éboulement des parties ainsi disjointes et la formation, au pied de la côte, d’un amas de gros blocs, constituant, sous le nom de basse-falaise, une cuirasse qui la protège contre l’attaque directe des flots (fig. I). Mais ces effets ne sont que temporaires, quelques années suffisant pour que les vagues parviennent à débiter ce placage d’éboulis. C’est ce qui leur permet, après son déblaiement, de reprendre l’attaque directe de la falaise, jusqu’à ce que de nouveaux éboulements soient intervenus pour reconstituer à son pied un appareil de protection.
- Démolie de la sorte en haut par les eaux pluviales, tandis qu’à sa base la mer s’applique, par voie de sapement, à la faire écrouler, ses pertes sont incessantes, et finalement très fortes. D’après les mesures faites pour en évaluer l’importance, elles correspondent à la disparition annuelle d’une bande dont la largeur reste en moyenne comprise entre 20 et 25 centimètres, mais en subissant par places des variations notables. Sur les parties de la côte les plus exposées, cette ablation peut atteindre plus d’un mètre par an, tandis que dans d’autres elle se trouve enrayée ; circonstance qui se réalise toutes les fois qu’à son pied une épaisse cuirasse de galets vient la protéger. Ces derniers résultant de la réduction à cet état de cailloux roulés, des rognons de silex inclus dans la craie, qui après avoir longtemps
- 2. — 17,
- Fig. 2. — La saillie verticale des falaises du Trèport avec leur base cuirassée de galets.
- 52’ Année. — 2’ Semestre.
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- LA CÔTE
- Fig. 3. — Recul des falaises de Mers-les-Bains.
- cheminé en bordure du rivage du sud vers le nord, sous l’influence des cordons littoraux, finissent par être rejetés sur les plages et à s’y relever, sur la ligne du balancement des marées, sous la forme de cette longue série de digues désignées sous le nom de « cordon littoral f1) ». Aussitôt que ces levées de galets viennent, avec leurs crêtes dépassant de plusieurs mètres le niveau des hautes mers, s’adosser à la côte, elles constituent, pour sa défense contre la mer, un rempart protecteur des plus efficaces ; les vagues, au lieu de s’appliquer à le démolir, contribuent avec leurs apports incessants de nouveaux matériaux, à consolider l’édifice qu’elles ont construit.
- En Picardie, c'est au Tréport qu’on peut en trouver le meilleur exemple. Au débouché de l’estuaire de la Bresie, ses hautes falaises, dressées à pic sur plus de cent mètres sans rien perdre de leur verticalité, doivent de s’être maintenues depuis des siècles avec une pareille vigueur de formes (fig. 2) non seulement à la consolidation de la craie par le grand nombre de ses îlots de silex, mais à l’énorme accumulation des levées de galets qui les flanquent. Aussi depuis l’époque où YUterior portas des Commentaires de César s’y présentait à leur pied, sur l’emplacement où devait plus tard (1059) s’édifier le Tréport, rien, aussi bien comme hauteur que dans leur position, n’a été changé ; elles ne bougent pas. D’où, comme signe d’aneienneté, leurs teintes grises veinées de rouge, les phénomènes d’oxydation ayant eu à leur disposition tout le temps nécessaire pour leur faire perdre leur coloration blanche initiale.
- Inversement, sur la rive opposée de la Bresie, les falaises de Mers-les-Bains, privées à leur pied de galets, restent blanches et s’en vont au galop (fig. o). C’est la jetée ouest du Tréport qui devient la cause d’un pareil contraste. Poussée au loin vers le large afin d’éviter, en enrayant la marche des galets, l’obstruction du port, ils s’accumulent sur sa face sud et ne peuvent plus traverser la Bresie pour
- 1. On a calculé que les pertes en craie à silex par voie d’éboulement évaluées sur celte côte à 2 300 000 mètres cubes par an, depuis le Gap d’Antifer, jusqu’au Bourg-d’Ault, fournissent annuellement plus de 46 000 mètres cubes de galets. (Adrien Hügüet. La question des Bas-Chcunps de la Somme. Abbeville, 1014. p, 2.)
- EN PÉRIL ..........—........ ~ ...
- venir se déverser, comme autrefois, sur les plages qui s’étalent depuis Mers jusqu’au Bourg-d’Ault. Dès lors, cette côte, privée de digues défensives et sans cesse battue par les flots, est soumise àun recul des plus accentués. On en acquiert la preuve en voyant la plate-forme littorale se présenter couverte de blocs de craie éboulés (fig. 4), et surtout ses crêtes découpées par les valleuses; sous ce nom venant se placer des vallées suspendues à pentes raides, tronquées à vif par l’abrupt des falaises et qu’on sait avoir été creusées par des rivières anciennement tributaires d’un grand cours d’eau circulant sur l’emplacement de la Manche, suivant son axe, et aujourd’hui noyé depuis que l’ouverture du Pas-de-Calais a déterminé l’invasion de cette ancienne vallée par la mer du Nord.
- Ce recul de la côte, en se poursuivant jusqu’à Ault, s’accentue de plus en plus. Ce bourg, situé juste au point où, par suite de son rapprochement avec le rivage, l’attaque de cette falaise par la mer est des plus vives, en a beaucoup souffert (fig. 5). Le recul de la côte vers l’intérieur atteint 0 m. 70 par an. Toutes les villas qui s’étageaient sur les flancs de ses fortes échancrures sont écroulées. La tour fortifiée, dressée comme souvenir du passé, est menacée de subir le même sort. Les maisons du village, réfugiées avec quelques villas dans le fond d’une gorge creusée par une rivière parvenue à s’ouvrir cette brèche dans la falaise pour se déverser directement à la mer, sont les seules qui aient pu échapper à ce danger. Leur site, avec son couronnement de grands bois feuillus (Bois des Blingues) est gracieux, c’est ce qui fait du Bourg-d’Ault une station balnéaire fréquentée.
- Les Bas-champs de Cayeux. — A partir de ce point tout est changé dans la physionomie de la côte. La falaise crayeuse, qui depuis le cap d’Antifer jusque-là, n’avait cessé d’être battue par le flot et d’en subir les effets, continue à se poursuivre au N.-E. dans l’intérieur des terres, sans changer de direction, jusqu’à la baie de Somme à Saint-Valéry. Mais alors, privée dans ce nouveau trajet de son contact direct avec la mer, et livrée aux actions subaériennes, elle prend, sous cette influence, les formes molles doucement adoucies du modelé crayeux et se raccorde, sans la moindre rupture de
- Fig. 4. — Les vallées suspendues ( Valieuses) entre Mers et le Bourg-d’Ault.
- Au premier plan, plage couverte de blocs de craie à silex éboulés.
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- LA CÔTE EN PÉRIL
- Fig. 5. — La fin des falaises crayeuses du Bourg-d'Ault.
- pente, avec la plaine alluviale qui s’étale à son pied. Finalement elle s’affaiblit à ce point que rien dans le relief ne trahit plus sa présence quand on se rapproche de Saint-Valéry ; et c’est alors que vraiment la qualification de falaise morte peut bien lui être appliquée (fig. G).
- La côte actuelle, en se redressant presque à angle droit vers le Nord, devient plate et régularisée par un cordon littoral fait d’une longue série de digues de galets, groupées par faisceaux divergents, depuis Âult-Onival, jusqu’à la pointe du Hourdel. En arrière s’étend, sous le nom de Bas-Champs de Cayeux, une large bande triangulaire (5252 h.) de terrains mouillés, dont le dessèchement se fait, comme en Flandre, par des canaux (watler-yands) appropriés. C’est ce qui fait des Bas-Champs un pays essentiellement agricole, doué d’une grande fertilité, ainsi qu’à forte densité de population. En son milieu sur la plaine verdoyante qui s’étale en bordure de l’ancienne falaise crayeuse, Lanchères possède plus d’un millier d’habitants. En face Cayeux-sur-Mer, peuplé de laboureurs et de serruriers, en renferme plus de 4000 avec en plus une population flottante, s’augmentant tous les ans à mesure que sa station balnéaire et ses casinos se développent. Le contraste offert par le voisinage des champs cultivés avec la mer, des moissons avec les pêcheries, impressionne à ce point qu’un poète illustre, Victor Hugo (France et Belgique) n’a pas manqué, après sa visite, de le célébrer.
- Ce Pays-Bas, avec celui du Marquenterre qui lui succède dans le Nord (fig. 7), marque remplacement d’un ancien golfe où se déversaient la Somme, l’Authie et la Canche, et maintenant comblé en arrière de ses cordons littoraux par des alluvions
- Fig. 6. — Les Bas-Champs.
- fluvio-marines. Comme témoin de cet état ancien, subsiste d’ailleurs dans les Bas-Champs, sous le nom de « Hable d’Ault », une lagune qui, pendant longtemps après son barrage dans le nord par une digue transversale (fig. 6) édifiée de Sallenelle à Cayeux, est restée en communication avec la mer. Actuellement, isolée du domaine maritime par le cordon littoral, l’écoulement de ses eaux se fait au N.-E. dans la baie de Somme par deux canaux artificiels (courant du Hable, courant de -Lanchères, 12 km.) qui contribuent à rendre navigable la passe de Saint-Valéry.
- Celte bande de Pays-Bas logée ainsi dans une dépression que les eaux marines ont longtemps occupée, devient l’œuvre d’une conquête faite sur le domaine maritime par les atterrissements, mais chèrement disputée, car la Manche ne cesse de l’attaquer pour en reprendre possession. Dans ce cas c’est le cordon littoral fait, de digues de galets, que les vagues s’appliquent à démolir, en vue de le percer pour permettre aux eaux marines de pénétrer au loin dans l’intérieur. Circonstance d’autant plus facile, qu’après avoir franchi la brèche ainsi ouverte, elles rencontrent des terres plates rendues inondables par leur abaissement à plus de deux mètres (2 m. 70) au-dessous du niveau de la mer. Cette invasion marine peut prehdre alors le caractère d’une catastrophe à effets désastreux.
- Des casinos avec leurs grands hôtels détruits, le chemin des douaniers et de nombreuses villas tombés dans la mer, 400 000 francs de dom-- mages dans un seul village d’arrière-digue, un millier d’hectares de terres cultivées dévastés, tel a été le bilan de la violente tempête des 15 et 16 mars 1914.
- Ces faits, joints à ceux antérieurs non moins destructifs et trop souvent renouvelés, nécessitent l’emploi des moyens de défense ; voici ceux que l’Association des syndicats de cultivateurs du pays a cru devoir organiser. D’abord, des essais de renforcement de la base des digues en augmentant par des apports de galets leur degré de résistance; ensuite la construction en arrière du cordon littoral, de digues de soutien à 100 mètres de distance. Dans le premier de ces essais la protection n’a pu être obtenue qu’à l’aide du procédé dit des « Serpents de mer » inventé par cet ingénieur dont le nom, Decauville, est devenu si populaire. Il consiste, après avoir rempli de galets des cylindres treillagés
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- LA COTE EN PÉRIL
- en fil de fer galvanisé, à placer contre la digue ces gabions en séries horizontales, les unes au-dessus des autres (fîg. 8), dans les régions où la digue est le plus attaquée. Reliés par des fils de fer plus solides, ils constituent une cuirasse contre laquelle les vagues épuisent leurs efforts sans parvenir à l’ébranler. L’épreuve qu’elle a subie en mars 1914 a été concluante. Toutes lesdigues ainsi protégées ont résisté. Surla côte notamment, laferme dite des Galets (fig. 6) doit à cette influence d’avoir pu subsister. Les vagues déferlantes, en venant se heurter contre le placage de gabions appliqué contre la digue qui la protégeait, lançaient leurs gerbes par-dessus les toits sans lui faire subir d’autres dommages qu’une douche résultant de leur retombée en cascades dans la cour intérieure. Après cette preuve d’efficacité, l’emploi des « Serpents Decauvilîe » comme moyen de défense n’a pas manqué d'être généralisé.
- Quant à la construction de digues en arrière du cordon littoral, elle offre cet intérêt d’imposer un arrêt aux invasions marines, quand une brèche s’y est ouverte. Tel a été l’effet de celle qui sous le nom de Digne Mary a été édifiée dans le sud en 1824, en face de l’amincissement présenté par ce cordon quand se fait, à son début à Onival, sa substitution sur le rivage à la falaise crayeuse du Bourg-d’Àult.
- Après la disparition de cette amorce, c’est elle qui, directement battue par la mer, empêcha les flots de s’engouffrer dans cette ouverture pour venir envahir les terres basses de l’intérieur (Q. Antérieurement, dès le xvne siècle, l’intervention de ces digues s’est faite dans le nord de Cayeux pour boucher, sur le rivage, de fortes interruptions dans le cordon de galets causées par la mer. Telle a été la chaussée du Terralu-, ce nom, qui dans le patois local signifie « tiendras-tu », lui avait été donné en 1710 parce qu’on craignait qu’elle ne pût résister aux attaques du Ilot dont elle retenait les marées. Placée en contact direct avec la mer, cette situation la condamnait à être démolie. Aussi, après avoir subsisté une quarantaine d’années grâce aux efforts faits pour lui rendre ce que les vagues lui enlevaient dans les coups de vent, et mérité d’avoir été qualifiée d’Enclos de la Consolation par les possesseurs des champs qu’elle protégeait, finalement en 1754, la mer l’emporta. C’est du reste le sort qui déjà avait été réservé aux Chaussées du même ordre, Pont-de-Briques ( 1625), les Recousses (1699), Digue salée ( 1712), qu’on avait à tort édifiées trop près du rivage. Aussi plus récemment, après les dégâts commis par la violente tempête des 5 et 6 mars 1912, dégâts qui avaient mis les Cayolais dans l’obligation de contracter un emprunt de 25 000 francs pour réparer les dommages commis
- 1. Henri de Yarignï. La côte en péril des Bas-Champs de Cayeux et ses moyen_s de défense. Réveil d'Eu el du Tré-port, 1911 et 1912. — Cloez. Conférence sur la meme question faite à l’Ecole polytechnique et publiée dans le Groupe parisien de VX en 1909.
- dans leur commune (*), la nécessité, pour éviter le retour offensif de pareil désastres, de l’intervention d’une digue située non plus en avant, mais en arrière des levées côtières de galets, s’imposa; les Administrateurs du Syndicat des Cultivateurs des Bas-Champs, envoyèrent au Ministre de l’Agriculture une pétition en vue d’obtenir une subvention à ce sujet. La digue épaisse (12 mètres de base), projetée, en s’allongeant parallèlement au rivage, avec ses crêtes dressées à 4 mètres de haut, sur 6 km. à plus de 100 mètres en arrière du cordon littoral, devenait vraiment l’obstacle capable d’opposer aux invasions marines, après rupture du cordon par les vagues, une barrière infranchissable.
- Malheureusement les crédits demandés n’ayant pas été accordés, l’exécution de ce projet de défense, trop onéreuse (500 000 francs) pour que le Syndicat pût à lui seul la supporter, est restée en suspens.
- D’autre part les conditions d’existence des Bas-Champs étant intimement liées à ses levées de galets, à ce point que leur disparition entraînerait celle de ses villes côtières et la transformation de ses champs cultivés en marais salants, une demande pressante d’intervention de l’État pour enrayer la cause qui détermina l’affaiblissement de ces levées, a été faite. Cette cause réside tout entière dans l’exploitation intensive du galet de cette côte. Non seulement on en extrait tous les ans de grandes quantités en vue de leur utilisation comme matériaux de construction, d’empierrement pour les routes et de lest pour bateaux à voile, mais tous les ans leur exportation dans les pays d’outre-Mancbe, comme galet céramique pour la fabrication de la porcelaine et du, flint-glass, se chiffre par des milliers de tonnes. Avant la guerre elle atteignait annuellement de 98 à 9900 tonnes, tandis' que leur soutirage, pour emploi dans l’intérieur et le lest des bateaux, dépassait 26000 tonnes, soit au total un déficit annuel pour ces levées de 125 000 tonnes. Or ce prélèvement, qui n’a fait que s’accentuer, représente pour l’ensemble une perte énorme et des plus dangereuses ; car n’étant pas compensée par les apports annuels de galets qui ne sont guère évalués à plus de 100 000 tonnes par an, on peut déjà constater qu’à ce déficit est due l’impuissance des digues littorales, ainsi amincies, à résister au choc des vagues.
- D’où le recul de cette côte qui se fait, surtout depuis Onival jusqu’à Cayeux, avec une rapidité inquiétante, et là menace pour ces deux villes d’une destruction, sinon prochaine, au moins certaine, si rien n’est changé dans cet affaiblissement de leurs moyens de défense. Aussi est-il désirable que l’Etat, au lieu de persister à percevoir des droits de location du ramassage des galets dans cette exploi-
- 1. Notamment pour la remise en état de la Route Blanche, reliant Cayeux à Ault en arrière du cordon littoral, et qui avait été détruite.
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- tation rendue ainsi officielle, la réglemente sévèrement, avec interdiction d’exportation.
- Inversement les Bas-Champs, sur leur façade etalée en bordure de la baie de Somme, gagnent du terrain dans l’estuaire. Depuis que la rivière est parvenue, après régularisation de sa pente, à ce degré de stabilité qui lui permet de remblayer son lit avec des alluvions limoneuses, sur les bords envasés de l’estuaire une large zone de prairies mouillées (mollières), propice à l’élevage des moutons, s’est étendue en face de ses bancs sablonneux (fig. 6). La transformation ensuite de ces prés-salés en « mollières rencloses » après l’égouttage de leurs eaux dans un réseau de canaux d’assèchement, et la création de barrages destinés à les protéger contre les inondations, a fait que ces « terrains de renclotures affermis par le colmatage, sont devenus d’une grande fertilité, sans avoir besoin d’engrais. D’où un accroissement du domaine agricole des Bas-Champs aux dépens de la baie, sous l’influence du travail humain et d’autant plus profitable que ces terres nouvelles presque exemptes d’impôts sont soumises à un régime fiscal privilégié ( *).
- i. Voire même annulé dans le principe quand, pour la cession des parcelles de ces renclotures, on exigeait que leur prise de possession se fasse pour ainsi dire de suite, exactement dans un délai fixé par « le retour de la troisième marée qui suivait la vente « (Bouthors. Coutumes locales du baillage d’Amiens. Avant-propos, p. 12, 1820).
- Fig. 8. — Les serpents de mers.
- Cuirasse des gabions Decauville contre les digues de galets.
- ÜAuthU
- i}-A?icî.en.y Covcionj >£ ^ Terme deijj/e.fs.
- Sa feue (le
- Perspective schématique des côtes de la Manche et du Pas de Calais.
- Fig. 7.
- Le meilleur exemple en est offert par celles de Saint-Valéry.
- La qualification de « Sur Somme » appliquée à cet ancien port de la baie, à une époque où il était fréquenté par des navires de fort tonnage, n’est plus Justifiée. Depuis longtemps on n’en a plus vu sortir de flottes comparables à celle qui en 1066 s’en détacha, pour conduire Guillaume le Conquérant en Angleterre avec ses armées. Actuellement enserrée par ses Mollières (fig. 6), sa communication avec les passes de la Somme ne peut se faire qu’à l’aide d’un chenal de 14 km entretenu à grands frais dans les bancs de sables vaseux de la baie, et ce n’est qu’aux fortes marées que des bateaux de faible tirant d’eau peuvent temporairement y pénétrer. D’où ce fait aussi que |a ville basse doit maintenant sa prospérité à la mise en culture des terres nouvelles qui la bordent.
- (A suivre.) Ch. Yélain.
- Professeur honoraire de Géographie physique à la Sorbonne.
- LES TUYAUX EN CIMENT ARMÉ POUR CONDUITES D’EAU SOUS PRESSION
- La fabricàtion des tuyaux en béton armé est déjà vieille de plusieurs années. Le premier procédé employé a consisté à couler le béton entre un noyau et une enveloppe de tôle, placés horizontalement, l’armature étant placée d’avance entre les parois du moule ; ce procédé ne pouvait donner de bons résultats attendu que le béton offre trop peu de résistance à la compres-
- sion et à la traction. Vint ensuite la fabrication par damage du béton entre le noyau et l’enveloppe de tôle, le tout placé verticalement ; ce procédé, bien que meilleur que le précédent, et utilisé encore à l’heure actuelle par un certain nombre de fabricants, ne donne cependant pas complète satisfaction, du moins pour les conduites d’eaux forcées.
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- 22 LES TUYAUX EN CIMENT ARMÉ POUR CONDUITES D’EAU SOUS PRESSION
- Fig. i. — Vue d’un chantier de fabrication par centrifugation des tuyaux en béton armé Zublin.
- Au surplus, tous ces tuyaux ont cet inconvénient d’être très lourds et, comme on ne les fabrique qu’en longueur courante de 1 m, leur pose — si l’on veut obtenir un alignement correct — devient difficile et onéreuse en même temps qu’elle exige de nombreux joints, toujours en trop grand nombre dans une conduite d’eau. Enfin leur parois comme aussi leurs joints, même si ceux-ci sont recouverts de collets extérieurs en béton, ne sont pas toujours étanches malgré toute l’attention portée lors delà fabrication, et dans ce cas l’eau, sous l’inf[uence de la pression, traverse le ciment et vient se mettre en contact avec le métal de la tôle ou de l’armature. 11 arrive alors que le métal s’oxydant diminue peu à peu de résistance et en gonflant provoque l’éclatement ou le fendillement du ciment qui l’environne. Voilà la raison qui explique pourquoi bien des services techniques prohibent ces tuyaux dans les distributions publiques d’eaux potables.
- Cette même critique que de nombreuses installations prouvent fondée existe aussi bien pour les conduites armées établies dans les fouilles mêmes, atttendu qu’il est difficile, on le conçoit, d’exercer une surveillance rigoureuse des ouvriers exécutant pareils ouvrages.
- Bien des ingénieurs et aussi des entrepreneurs spécialisés dans le béton armé se sont préoccupés
- Fig. 3. — Voupe d’un tuyaic armé Zublin montrant l’emboîtement.
- de ces graves inconvénients et ont cherché à y remédier en employant par exemple d’autres méthodes de fabrication. Dans le procédé par centrifugation adopté depuis quelques années par la Société Ed. Zublin et Ciu de Strasbourg, et qui permet d'obtenir des tuyaux égalant, pour des pression allant jusqu’à six atmosphères, le tuyau métallique ordinaire, le béton est apporté au moyen d’une cuillère introduite dans un cylindre tournant horizontalement et ouvert aux deux extrémités.
- La cuillère est munie d’un dispositif spécial qui permet la répartition régulière du béton sur toute la longueur du cylindre. Par l’effet de la rotation de celui-ci et de la plasticité
- Fig. 2. — Une conduite en tuyaux armés Züblin de ~5o mm (pression d’eau de 3 atm. 1/2).
- du béton, il se forme sur la paroi intérieure du cylindre une couche uniforme et plus ou moins épaisse selon la quantité de béton introduite; quant à l’épaisseur de la paroi, elle est réglée par des bagues fixées aux extrémités du cylindre. Lorsque le béton a atteint l’épaisseur voulue, on arrête l’apport et le cylindre est soumis à une rotation de plus en plus rapide; on comprend dès lors que la force centrifuge centre l’armature placée dans le cylindre et donne au béton une densité et une homogénéité d’autant plus grande que la rotation est plus rapide, densité et homogénéité, et par conséquent résistance et imperméabilité que
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- LES TUYAUX EN CIMENT ARMÉ POUR CONDUITES D'EAU SOUS PRESSION 23
- l’on ne peut obtenir aussi grandes ni par pilonnage, ni par compression ou coulage, ces opérations n’étant jamais bien régulières.
- Un autre avantage de ce tuyau ainsi fabriqué réside dans le fait que son emboîtement est semblable à celui du tuyau en fonte (fig. 2).
- Comme pour ce dernier, le joint peut être fait au plomb ; on sait que ce genre de joint donne à une conduite une certaine élasticité ou flexibilité qui lui permet par suite de suivre, toutefois dans une certaine amplitude, les mouvements du terrain et de supporter, sans dom-
- Fig. 4.
- Fig. 5. — Échantillon de tuyau Billé montrant la disposition des génératrices et l’enroulement régulier des spires.
- mage, les dilatations et contractions dues à l’influence de la température.
- Pour les tuyaux ordinaires de moins de 6 atmosphères de pression (fig. o), le joint se fait plutôt au ciment lent avec une corde goudronnée matée au fond du manchon. Si cette conduite doit être exposée à des variations sensibles de température, il est préférable de remplacer le ciment par de l’asphalte pour manchon ou encore par du plomb maté. Enfin pour des conduites devant supporter une pression de plus de 6 atmosphères, les bouts mâle et femelle sont renforcés par des anneaux de fonte ou de tôle afin de pouvoir mater plus énergiquement le plomb sans pour cela craindre le risque d’une détérioration.
- Les tuyaux Zublin sont fabriqués en longueur de o m. 50 avec un diamètre variante 0 m. 10 à 1 m., une épaisseur de paroi de 0 m. 016 à 0 m. 060 et un poids par mètre courant allant de 17 kg à 480 kg.
- Quant au tuyau armé système Billé (fig. 4), il est constitué par un tube intérieur qui est, selon la nature des eaux à transporter, en mastic d’asphalte dur ou en béton asphaltique, et un tube extérieur
- Vue d'un tuyau armé Billé (4 m. de longueur, 0 m. 3o de diamètre intérieur).
- en ciment armé dans lequel sont noyées des génératrices et spires (fig. 5) très rapprochées, parfaitement concentriques, en acier à haute résistance.
- D’essais faits notamment au Conserva-j toire National des Arls et Métiers, il res-
- sort que l’action abrasive des sables sur la paroi intérieure en mastic d’asphalte siliceux ou en béton asphaltique de ce genre de tuyau est bien inférieure à celle exercée sur la paroi intérieure des tuyaux ordinaires en acier. Etant parfaitement lisse, il découle que la perte de charge est alors comparable à celle d’un tuyau neuf en acier soudé fraîchement goudronné. Enfin cette paroi intérieure en asphalte présente cet autre avantage d’être à l’abri des concrétions et tubercules ferrugineux des tuyaux métalliques ainsi que des queues de renard des tuyaux ordinaires en ciment aggloméré et d’isoler complètement le tube en ciment armé du contact de l’eau sous pression, laquelle ne peut ainsi s’infiltrer dans les pores du ciment et ne peut, par suite, venir oxyder l’armature du tube en ciment.
- Par leur frettage mécanique avec du fil ‘d’acier à haute résistance, ces tuyaux sont donc d’une parfaite solidité; le frettage est effectué, selon les
- Fig. 6. — Coupe schématique d’un tuyau Billé de moyen diamètre, muni de ses bagues et join ts préparés pour la pose.
- A, mastic d’asphalte ou béton asphaltique ; B, génératrices du tuyau; C~, morceaux de granit, porphyre, basalte, etc.; enfoncés chauds dans le mastic d’asphalte avant son refroidissement ; ü, directrices du tuyau en fil d’acier à haute résistance ; E, mortier de ciment; F, anneau en plomb comportant deux joints système Léon Billé ; G, Ailes en plomb du joint faisant corps avec l’anneau F; H, lames centrales en plomb faisant corps avec l’anneau F ; I, enduit d’asphalte ; K, anneau en tôle perforée ; L, mortier de ciment.
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- 24 = L’ÉTUDE DE LA PESANTEUR ET SES APPLICATIONS PRATIQUES
- pressions à supporter, en- plusieurs rangées rigoureusement concentriques, indéformables, ce qui permet d’envisager les plus hautes pressions(1500 m. de hauteur d’eau en service).
- Le ciment employé est du ciment fondu qui se distingue des ciments ordinaires par sa composition chimique et par sa fabrication. On sait aussi que tandis que les ciments artificiels n’atteignent qu’au bout de quelques mois une résistance qui peut être considérée comme voisine de la limite vers laquelle elle tend, au contraire le ciment fondu atteint en quelques jours des résistances remarquablement élevées. Il possède de plus une qualité non moins précieuse et tout aussi caractéristique : il est absolument indifférent à l’action des eaux sulfatées.
- Voici comment sont fabriqués, soit en usine, soit sur les lieux d’emploi, les tuyaux d’un diamètre allant de 0 m. 10 à 6 m. et même plus, et d’une longueur variant de 2 m. à 8 m. et même 10 m selon le diamètre du tuyau. On applique d’abord sur un mandrin extensible muni de bagues rainurées,
- entraîné par un moteur et tournant sur quatre galets à billes (ou sur un axe), une première couche de mastic ou de béton asphaltique très dur ; puis ensuite une deuxième couche de mastic un peu plus riche en bitume, dans laquelle on enfonce à demi des morceaux de pierre rugueux (fig. 6) et très chauds. On place les génératrices en acier dur à haute résistance, on mouille fortement les pierres enfoncées dans le mastic et pendant que le mandrin tourne, on applique et on lamine une couche de mortier de ciment fondu dont la surface est tournée rigoureusement concentrique. On laisse prendre quelques heures ce mortier, puis on enroule mécaniquement autour de ce noyau, au moyen d’une vis mère, une hélice continue en fil d’acier dur à haute résistance, dont les spire's sont forcément concentriques puisque le fil est enroulé sur un noyau tourné. On applique ensuite mécaniquement une seconde couche de mortier de ciment fondu qui est laminée parfaitement concentrique par-dessus le frettage en fil d’acier. M. Bousquet.
- L’ÉTUDE DE LA PESANTEUR ET SES APPLICATIONS PRATIQUES
- La pesanteur, cas particulier de l’attraction universelle, n’est pas, en général, traitée avec l’attention qu’elle mérite. Dans les cours de physi-
- corps dans le vide (loi des espaces, loi des vitesses) sont absolument inexactes.
- En effet, la pesanteur n’est pas constante en
- TT
- 7TT7
- Fig. i. — Modification de la direction de la pesanteur au voisinage d’une masse de grande densité, enfouie dans le sol.
- Fig. 2. — Principe de la balance de Cavendish.
- que, c’est à peine si l’on dit quelques mots de la variation de l’intensité de la pesanteur en fonction de la latitude et de l’altitude. Or, l’étude de la pesanteur révèle des particularités, des singularités extrêmement curieuses; elle montre que les conceptions simplistes de l’enseignement sont nettement insuffisantes ; enfin, comme récompenses de nos efforts dans la recherche de son exacte valeur, la pesanteur nous fournit des renseignements des plus précieux sur la constitution générale de la Terre et sur la composition de l’écorce superficielle. Nous voudrions dans cet article passer en revue nos connaissances actuelles sur la pesanteur à la surface du globe et exposer les applications pratiques qu’en ont faites les géologues et les prospecteurs de mines.
- Tout d’abord, la définition classique : « la pesanteur est une force constante en grandeur et en direction » et les lois bien connues de la chute des
- direction puisqu’elle est dirigée suivant ce qu’on appelle la verticale du lieu et que deux verticales voisines, même en l’absence des causes perturbatrices locales qui, comme nous le verrons, peuvent modifier considérablement sa direction, concourent au voisinage du centre de la Terre.
- Elle n’est pas non plus constante en grandeur, ainsi qu’une expérience très simple, réalisée pour la première fois par Von Jolly, permet de s’en rendre compte. Installons une balance sensible au premier étage d’une maison par exemple, et suspendons au-dessous de l’un de ses plateaux un fil métallique long et fin descendant à travers un trou du plancher jusqu’au rez-de-chaussée. Plaçons un poids de 1 kilogramme sur le plateau portant le fil et ramenons l’aiguille de la balance au zéro en mettant une tare dans l’autre plateau. Ensuite enlevons le poids du plateau et accrochons-le au bout du fil, soit
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- L’ÉTUDE DE LA PESANTEUR ET SES APPLICATIONS PRATIQUES ---- 25 .
- environ 3 mètres plus bas : on constate que l’équilibre est rompu et qu’il faut, pour le rétablir, augmenter la tare d’environ un milligramme. C’est qu’en effet le poids est maintenant plus près du centre de la Terre et se trouve ainsi attiré plus énergiquement par elle. Naturellement si l’on veut réaliser l’expérience qui est possible avec une
- 1
- balance de laboratoire sensible au -r- de milli-
- 10
- gramme lorsque la dénivellation n’est que de un à deux mètres seulement, il faut prendre des précautions spéciales contre les courants d’air, les diffé-rences de température, etc... Nous n’insistons pas sur cette technique très simple de laboratoire.
- Si l’on suppose que l’on reproduise l’expérience avec un poids de 10 kilogrammes placé d’abord au sommet de la Tour Eiffel, puis au niveau du sol, on constatera que la variation de poids entre les deux positions est d’environ un gramme. On comprend immédiatement, d’après ce que nous venons de dire, que les lois de la chute des corps telles qu’on les énonce en général ne sont qu’approchées ; on suppose que le mouvement est un mouvement uniformément accéléré, c’est-à-dire que la force agissant sur les corps est constante. Nous venons de voir très simplement que ce n’est pas exact et si on semble vérifier les lois de la chute des corps avec des appa-
- reils tels que ceux de Morin ou d’Àtwood généralement hauts de deux mètres, c’est par suite de l’imprécision des mesures et du manque de sensibilité des
- appareils. ^________
- L’étude de la pesanteur consiste en la détermination en chaque point de sa direction et de son
- intensité. Nous allons examiner rapidement ces deux
- problèmes. I ^
- La détermination de la direction de la
- pesanteur revient à ^
- celle de la verticale •
- double en chaque ®
- point de la Terre. Fig. 3. — I. Principe de la
- Comme cette verti- balance simple d’Eolvôs. —
- cale est normale à la TL PrinciPe de la double b*“ caie est normale a ta lanœ d,Eolvôs%
- surlace des eâux tranquilles, ou encore
- au plan tangent à la surface de la terre, on consi dère une surface idéale, à laquelle on donne le nom de géoïde, formée par le prolongement de la surface libre des océans sous les continents, et qui coupe normalement toutes les directions des lignes de pesanteur.
- Cette surface diffère de la surface géographique de la Terre, comprenant la surface libre des mers et des continents, et d’une autre surface dite surface géodésique qui est un ellipsoïde de révolution calculé de façon à concorder aussi exactement que possible avec la surface géographique. C’est à la détermination de ces trois surfaces, que se consacrent les géodésiens et les topographes.
- Nous ne nous étendrons pas sur la complexité du problème à résoudre ni sur les résultats, d’ailleurs très divergents, auxquels les mesures et les théories ont conduit. Signalons simplement que l’aplatissement de la Terre n’est pas très considérable,
- 1
- environ 299’
- et que les pôles ne s’en trouvent pas
- rapprochés du centre de la Terre de plus de 20 kilomètres par rapport à l’Equateur. Le rayon de l’Equateur terrestre est de 6 377,3 kilomètres et le rayon polaire est de 6 356,5 kilomètres. ' ,
- Par définition, la pesanteur est normale au géoïde, mais elle n’est pas normale à la surface physique de la Terre. En effet, les chaînes de montagne, par exemple, produisent une déviation de la verticale à leur voisinage, déviation qu’il est possible de calculer en déterminant la différence de latitude de deux stations d'abord par des mesures de triangulation effectives sur le terrain, puis par des mesures astronomiques. Au voisinage des continents, par suite de leur attraction, la surface
- Fig. 4. — La balance simple d’Eolvôs.
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- des mers se relève et, d’après certaines mesures, il | semble que ce relèvement soit très important, de j l’ordre de grandeur de plusieurs centaines de mètres.
- La variation de l’intensité de la pesanteur est plus régulière et Clairaut a pu traduire par une formule cette variation en fonction de la latitude. Cette formule est :
- ff — ffe (i +Ysin2/)
- g étant l’intensité de la pesanteur cherchée à la latitude /, ge la valeur de l’intensité à l'Equateur et 1
- y un coefficient égal à environ. On voit donc que
- la pesanteur croît de l’équateur au pôle proportionnellement au carré des sinus de la latitude. Au pôle, g a la valeur théorique 978,54, à l’équateur g atteint 985,23 et à la latitude de 45' = 980,65.
- Bien plus intéressantes que ces variations systématiques de la pesanteur sont les anomalies locales qui, en un lieu donné, en perturbent la direction et l’intensité et renseignent alors sur la constitution du sous-sol immédiatement voisin.
- Le problème de la localisation des gisements minéraux à l’intérieur de la Terre présente de nombreuses difficultés, et on a cherché à le résoudre par des méthodes très diverses, utilisant les propriétés physiques de ces minéraux : magnétiques, électriques, gravifiques. D’une manière générale les minerais intéressants ont une densité ou très grande ou très faible, de sorte qu’une méthode fondée sur la différence de densité entre les minerais et les terrains avoisinants peut avoir des chances de fournir des indications permettant de faciliter la localisation.
- Supposons, pour fixer les idées, le cas théorique d’un sous-sol de faible densité dans lequel se trouve enfouie une énorme masse pesante, de platine par exemple. Sous l’influence de cette masse souterraine, la pesanteur varie en intensité et en direction à peu près comme l’indique la figure 1.,
- Il y a une variation brusque des deux facteurs dans les régions A et B situées à l’aplomb des limites EE' du gisement ainsi que le montre le calcul ; inversement, si un observateur prospectant une région constate dans les caractéristiques de la pesanteur des variations analogues à celles que nous venons d’indiquer, la brusque variation de la pesanteur aux points A et B lui permet de fixer approximativement les extrémités E et E' d’une masse souterraine.
- Quand la pesanteur augmente ainsi brusquement d’intensité, on peut conclure à la présence d’un gisement de matières denses, minerais métalliques par exemple. Si au contraire elle diminue brusquement, c’est que sans doute dans le sous-sol se trouvent des terrains de faible densité, des roches poreuses par exemple, renfermant peut-être du pétrole ou du gaz naturel.
- Mais il ne faut pas oublier que dans tous les cas, !
- les variations de pesanteur constatées sont extrêmement faibles, de l’ordre du cent-millionième, même dans les circonstances les plus favorables. lien résulte qu’il faut un appareil de haute sensibilité pour les mettre en évidence. De plus, les conclusions que l’on peut tirer ne présentent pas une certitude absolue, car on peut expliquer les phénomènes constatés par une infinité d’hypothèses plausibles et il faut, pour conclure, s’appuyer sur d’autres considérations (examen géologique par exemple).
- Quoi qu’il en soit, les résultats auxquels est arrivé le baron Eotvôs, qui s’est consacré à ce genre de recherches, méritent une étude un peu détaillée.
- L’appareil dont il se sert est une modification de la « balance de Cavcndish » qui permit à ce savant de déterminer la densité de la Terre et que Joseph Bertrand appela sous une forme imagée la « balance à peser les Mondes ».
- Le principe de la méthode est très simple, la difficulté ne vient que de la petitesse des effets à mesurer. Au bout d’un fil de torsion extrêmement fin est suspendu un fléau très léger et très long (fig. 2) portant à ses extrémités deux petites masses métalliques. Si le sol au-dessus duquel on opère est parfaitement homogène, le champ de pesanteur est uniforme, et les petites masses situées aux extrémités du fléau sont soumises à des efforts de pesanteur rigoureusement égaux et parallèles. Le fléau restera donc, dans la cage de l’appareil, dans sa position du repos, sans aucune torsion du fil de suspension (position I).
- Si, au contraire, le sous-sol renferme une masse dont la densité est différente de celle des terrains environnants, la direction de la pesanteur n’est plus la même en tous les points de l’espace, même de l’espace restreint occupé par l’appareil ; les deux masses de la balance sont sollicitées par des forces d’intensité et de directions différentes et il en résulte un couple qui fait dévier le fléau (fig. 2 II) jusqu’à une nouvelle position d’équilibre dans laquelle ce couple est équilibré par le couple de torsion du fil de suspension. Le calcul montre que si l’on effectue trois observations dans trois directions différentes on peut en déduire la direction dans laquelle varie l’intensité de la pesanteur au point considéré. Si l’on effectue cinq observations, on peut en plus calculer l’importance relative de cette variation.
- Naturellement, la balance de Cavendish, sous la forme classique que nous avons décrite, n’est pas assez sensible pour pouvoir être utilisée. Le baron Eotvôs l’a modifiée en disposant l’une des masses pesantes à l’extrémité du fléau et l’autre au-dessous du fléau au bout d’un fil de 60 centimètres environ de longueur. Grâce à cette modification, on augmente considérablement la sensibilité (fig. 5).
- Afin de diminuer le nombre des opérations à chaque station, el dont chacune nécessite au moins 4 heure, Eotvôs, au lieu de placer une seule balance
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- L’ÉTUDE DE LA PESANTEUR ET SES APPLICATIONS PRATIQUES • 27
- dans la cage de son appareil, en dispose deux identiques, mais orientées à 180° l’une de l’autre (fig. Z II). De cette façon on fait deux lectures simultanément et il suffit alors de trois lectures doubles dans 3 azimuts différents pour avoir toutes les données nécessaires pour le calcul.
- Les figures 4 et 5 montrent une balance simple et une balance double d’Eotvos. La rolation des fléaux se mesure toujours par la méthode de Poggendorff, et s’effectue même automatiquement par enregistrement photographique. Afin même de simplifier encore les manœuvres, un mouvement d’horlogerie provoque automatiquement au bout d’un certain temps la rotation de l’appareil et son orientation dans un nouvel azimut.
- La hauteur totale de l’appareil, socle compris, est de 1 m. 75 ; les fléaux sont des tubes d’aluminium de 45 centimèties de long, les masses sont en or (pour éviter les effets magnétiques) et pèsent chacune 29 grammes ; leur distance mutuelle verticale est de 60 centimètres. Le fil de suspension est en platine iridié de 4 centièmes de millimètre de diamètre et 56 centimètres de longueur utile, soigneusement recuit et étudié pendant plusieurs années afin d’être assuré qu’il ne présentera plus de modifications de structure interne. La cage est constituée par deux enceintes en laiton de 2 à 4 millimètres d’épaisseur situées à environ 1 centimètre l’une de l’autre, ce qui assure une bonne protection contre les variations de température, les actions électriques et le rayonnement. La durée d’oscillation des fléaux est d’environ 700 secondes et les déviations mesurées, de l’ordre de la minute d’arc.
- L’appareil, tel que nous venons de le décrire, est d’une grande sensibilité, ainsi qu’il résulte des expériences qu’Eotvôs a résumées dans un rapport communiqué au Congrès de Physique de 1900.
- Eotvos commença par étudier le mont Saghegy, colline volcanique de Hongrie, ayant la forme d’jjn tronc de cône de 1600 m. de diamètre à la base, 200 m. de diamètre au sommet et 150 m. de haut.
- Elle est consti-
- Wat h I i n r
- ce
- 30
- 29
- des ba-tufs de variant à 2,9.
- Fig. 6. — Étude d'un gisement de potasse, au moyen de ta ba-lance-d’Eolvos.
- tuée par saltes et densité de 2,3
- Eotvos trouva que la pesanteur varie d’une façon considérable d’un point à l'autre ; en un certain endroit, il trouva même une variation de g si rapide qu’elle pouvait être mise en évidence avec une balance ordinaire. En pla-
- Fig. 5. — La balance double d’Eotvos.
- çant la balance en ce point, dans le sens de la variation de g, un poids de 1 kilogramme variait 1
- de de milligramme suivant qu’il était dans l’un
- ou l’autre plateau. L’explication de ces curieuses anomalies n’est d’ailleurs pas fournie par Eotvos.
- Dans d’autres expériences, il put constater que les caves existant sous son laboratoire étaient nettement décelées par son appareil. De même, plaçant sa balance à 100 mètres du Danube, il pouvait facilement suivre les mouvements de crue du fleuve. Les derniers modèles de balance ont, paraît-il, une sensibilité telle que, placés à 1 mètre du bord de la mer, ils permettraient d’enregistrer une variation de son niveau de 1 millimètre seulement.
- Nous terminerons en donnant les résultats d’une recherche d’un gisement de potasse d’après le prof. Schweyder. La figure 6 donne le résumé des constatations faites. Les flèches figurent la direction dans laquelle varie la pesanteur, et leur longueur est proportionnelle au gradient en chacun des points (D.
- Les premières observations furent faites au-dessus des limites connues du gisement (indiquées en traits pleins sur la figure). On voit que l’on enregistre un maximum très caractéristique lorsque l’on passe à l’aplomb de la limite du gisement. Il fut possible de déterminer par endroits la profondeur du gisement avec une approximation d’une cinquantaine de
- 1. Dire que le gradient de pesanteur dans une direction 55
- donnée est veut dire que, pour un déplacement
- de 1 centimètre dans cette direction, la pesanteur varie de 55
- 1.000.0U0'
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- 28
- LE MOTEUR MICHELL SANS BIELLES NI VILEBREQUIN
- mètres. D’autres renseignements peuvent également être tirés de l’étude approfondie des résultats. Par exemple, le fait que le gradient maximum de droite est inférieur à celui de gauche indique que le gisement va en s’enfonçant de la gauche vers la droite.
- Des résultats également intéressants ont été trouvés dans la prospection du pétrole. Celui-ci a tendance à s’accumuler vers la crête des anticlinaux et dans un certain nombre de cas la balance d’Eotvôs a permis de localiser exactement la crête
- souterraine de l’anticlinal autour de laquelle devaient se concentrer les recherches.
- Dans les exemples que nous venons de donner, on évite, grâce à la balance, le forage de sondages longs et coûteux ; aussi est-il à souhaiter qu’en France on apprenne à s’en servir et qu’on l’utilise pour la prospection de notre sous-sol et de celui de nos colonies dont les richesses sont à peine soupçonnées.
- H. Vigneron. .
- LE MOTEUR MICHELL SANS BIELLES NI VILEBREQUIN
- Le moteur à explosion le plus familier à la plupart d’entre nous est le moteur d’automobiles. Nous savons tous que la tendance moderne est d’y multiplier le nombre des cylindres; le plus souvent ceux-ci sont disposés en ligne : mais ce n’est pas la seule disposition possible et ce n’est même pas la meilleure quand on veut réaliser un moteur de grande puissance sous un faible volume.
- Aussi a-t-on vu apparaître , notamment en aviation, les moteurs à cylindres en V et les moteurs en étoile. On a cherché aussi, suivant une idée très séduisante, à placer les cylindres parallèles entre eux, de manière que l’ensemble rappelle la forme d’un barillet de revolver. Cette disposition doit surtout permettre de supprimer le vilebrequin, pièce compliquée, dont la difficulté d’exécution augmente avec le nombre des cylindres, dont l’équilibrage est toujours délicat ; mais la difficulté réside désormais dans la transformation de mouvement nécessaire pour assurer une rotation continue à l’arbre moteur.
- Certains dispositifs, comme celui de Laage, faisaient agir les pistons au moyen de cames mobiles qui se déplaçaient dans un chemin sinueux taillé dans un grand anneau relié au bâti du moteur. Ces cames transformaient le mouvement alternatif du piston en mouvement de rotation continu de l’arbre.
- Le rendement de systèmes aussi compliqués laisse fortement à désirer. Jusqu’ici tous les essais de moteurs à cylindres en revolver avaient échoué. C’est qu’il restait à trouver un mode de transmission du mouvement des pistons réduisant au minimum les résistances passives.
- Ce problème paraît avoir été résolu par un ingénieur australien, M. A. G. M. Michell. Cet ingénieur est universellement connu par ses paliers presque exclusivement employés par la marine anglaise
- depuis 1915 pour les butées des turbines, et imités par les principaux constructeurs de turbines (voir La Nature, n° 2428). M. Michell, inspiré par les études qu’il a faites sur la viscosité des fluides et la lubrification, a conçu un moyen original d’articulation de la tige des pistons avec l’organe produisant le mouvement rotatif continu. Il assure au moteur ainsi établi un rendement satisfaisant.
- L’inventeur a d’abord construit sur ce principe des compresseurs d’air. Ce sont des machines comportant huit cylindres disposés parallèlement à l’arbre du moteur. Ces cylindres sont disposés suivant une circonférence concentrique à l’arbre moteur en deux séries de quatre. A chaque cylindre d’une série, correspond dans l’autre série un cylindre placé dans le prolongement du premier. Chacun d’eux contient un piston, couplé par une entre toise avec le piston du cylindre opposé. Les cylindres sont maintenus par une pièce de culasse. On a ainsi, dans un compresseur à huit cylindres, quatre groupes de pistons disposés de même manière, l’admission et l’échappement de l’air étant obtenus au moyen de soupapes rotatives.
- Le système intéressant est la liaison entre l’arbre moteur et les pistons. Chaque piston est muni d’une rotule. Elle s’adapte sur un support sphérique concave fixé au piston, tandis que sa partie extérieure est plane et porte une palette à faces planes qui forme contact glissant sur la surface plane d’un disque oblique massif, qui tourne entre les deux groupes de cylindres ; ce disque est solidaire de l’arbre entraîneur et tourne avec lui. Grâce à son obliquité, le disque communique aux pistons, par l’intermédiaire de la rotule, les mouvements de va-et-vient longitudinaux par lesquels s’opère la compression. Mais il faut que le frottement soit réduit au minimum.
- Fig. i. — Schéma perspectif d’un moteur ou compresseur Michell montrant la disposition de 8 cylindres en 2 groupes de 4, parallèlement à l'arbre moteur, et de part et d’autre d’nm disque d’entraînement.
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- LE MOTEUR MICHELL SANS BIELLES NI VILEBREQUIN
- C’est ce que réalise la rotule avec sa palette plane qui s’oriente automatiquement. Il ne peut être question de laisser un contact à sec entre le disque et celle-ci : le frottement serait énorme. Il faut donc intercaler une couche d’huile entre ces deux organes, et cette couche, malgré des pressions considérables, doit se maintenir entre les deux surfaces par le seul fait de son adhérence et de sa viscosité. Nous voici donc à nouveau en face du problème posé dès 1886 par Reynolds dans ses études sur le frottement et résolu pratiquement pour la première fois par Michell dans ses paliers de butée,. Reynolds a montré que., pour que l’huile puisse dans ces conditions se maintenir entre deux plans, il faut qu’ils soient non pas parallèles l’un à l’autre, mais inclinés, autrement dit que la couche d’huile forme coin entre les deux surfaces. Le coefficient de frottement est alors 50 fois plus faible que dans le cas des lubrifications ordinaires.
- Grâce à la rotule qui peut pivoter librement sur son siège hémisphérique, la palette terminale prend d’elle-même l’orientation nécessaire pour réaliser les conditions de frottement de Reynolds, et le contact
- entre le piston et le disque entraîneur se trouve assuré par suite d’une façon parfaite. On peut exercer des pressions très élevées sur les surfaces de contact et réaliser de grandes vitesses sans risques d’é-chauffement ni de détérioration.
- Le moteur Michell est établi d’après le même principe que le compresseur. Les dispositions générales sont identiques. La seule différence est qu’ici ce sont les pistons qui entraînent le disque oblique et par suite provoquent la rotation de l’arbre solidaire de ce dernier.
- Les actions entre le disque et les deux rotules du piston double restent les mêmes à chaque moment, alors que les positions angulaires du disque et des glisseurs sont continuellement variables.
- Le disque tourne en principe à une vitesse uniforme et le mouvement des pistons est absolument le mouvement théorique dont la courbe en fonction du temps est une sinusoïde. Ges pistons se trouvant disposés symétriquement autour de l’arbre, il en résulte un équilibre dynamique parfait dans toutes les parties mobiles et le moteur fonctionne sans la moindre vibration, aussi bien qu'une turbine ou qu’un moteur électrique. On a en outre une économie de poids et d’encombrement.
- Fig. 2. —Montage de 2 pistons jumelés sur le disque.
- Le disque ayant une forme régulière peut être équilibré d’une façon parfaite. L’équilibrage peut être contrôlé comme s’il s’agissait du rotor d’un moteur ou de turbine. On économise aussi le volant du moteur, car le disque par lui-même a suffisamment d’inertie pour assurer une marche très uniforme avec le nombre de cylindres prévu.
- Généralement le dispositif à quatre cylindres doubles est celui qui a été adopté, mais on peut se contenter de trois cylindres. Le calcul montre qu’en donnant au disque une masse convenable, fonction de celle des pistons, on réalise toujours un équilibrage parfait.
- S’il s’agit de moteurs à grande puissance, on a intérêt à utiliser un plus grand nombre de cylindres. Actuellement, un moteur d’aviation Michell de 18 cylindres est en construction et des études sont en cours pour fabriquer des moteurs marins Diesel à 24 cylindres, susceptibles de fournir 2000 ch sur une seule tige et actionnant l’hélice sans engrenages réducteurs de vitesse.
- Un moteur d’automobile établi suivant ce principe a été installe' sur une voiture. Ce moteur de 4 litres donne 52 ch à 1200 tours; au frein, il a produit 64 ch à 2000 tours. Avec huit cylindres, on a 4 temps moteurs à intervalles égaux à chaque rotation.
- Les pistons sont en fonte d’aluminium et l’entre-toise qui les réunit est en acier fondu.
- Les palettes des rotules sont garnies de métal blanc antifriction et un tampon vissé qui s’adapte dans l’extrémité de l’entretoise donne le moyen d’ajuster les pièces par rapport aux disques. Un ressort feuil-
- Fig. 3. — Schéma montrant la liaison d’un piston et du disque.
- L’entrainement se fait par friction, au moyen d’une rotule dont la palette prend appui sur une couche d’huile et prend automatiquement l'angle nécessaire pour réduire le frottement au minimum.
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- Fig. 5. — Coupe d’un compresseur système Michell. i, 2, 3, arbre moteur; 4, disque oblique; 5, pistous jumelés; 6, cylindres; 8, plaquettes; 9, rotules; 10, entretoises.
- leté maintient les rotules au contact avec le bord du disque
- Chaque piston double complet a un poids total de 0 kg et le disque qui pèse 18 kg a 254 mm de diamètre et 52 mm d’épaisseur. Les deux faces du disque forment un angle de 22°,5 avec Taxe.
- Pour réaliser l’équilibrage dynamique, condition essentielle et caractéristique de l’appareil, il faut, nous l’avons dit, qu’il y ait une relation définie entre les masses des parties mobiles et la masse et les dimensions du disque. Cette condition est exprimée par une formule dans laquelle intervient la masse du piston, le rayon du disque, la distance entre l’axe du disque et celui d’un des pistons, ainsi que le nombre de ces derniers.
- Quant aux soupapes elles sont du type ordinaire ; elles débouchent directement dans les chambres de combustion; elles sont actionnées par deux arbres à
- Fig. 6. — Moteur Michell pour automobile.
- cames qui servent également à commander la pompe de circulation d’eau, le distributeur d’allumage et la pompe de graissage.
- Le graissage est abondant, comme dans tous les engins fonctionnant à grande vitesse. L’un des arbres à cames actionne deux pompes à huile à engrenages : la première agit comme pompe de vidange à l'extrémité inférieure de l’arbre et l’autre au contraire envoie l'huile aux parties supérieures.
- Elle puise le lubrifiant dans un réservoir extérieur placé dans une position convenable quelconque sur le moteur. L’huile est fournie à une pression de 4 kg par centimètre carré ; elle coule dans des tuyaux qui produisent des jets dirigés sur les coussinets et sur les paliers, aussi bien que sur la surface du disque.
- Pifpr. — Moteur Michell à soupapes rotatives.
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- COMMENT ON FAIT UNE COLLECTION D’ALGUES MARINES ----- 31
- Ouant aux pistons, ils se trouvent lubrifiés par giclage.
- Le moteur dont nous venons de parler a été construit par la « Crankless Engine Company » de Melbourne des constructeurs australiens auraient éprouvé des difficultés nombreuses pour obtenir les matériaux nécessaires et pour usiner les pièces s’il s’était agi d’un moteur ordinaire nécessitant un vilebrequin et des pièces compliquées. La simplicité du moteur Michell lui donne de grands avantages au point de vue de la fabrication, de sorte que les constructeurs ont pu le terminer avant le délai fixé.
- Depuis celte époque, la machine a fonctionné sans aucun accident.
- Le graphique 8 montre les résultats obtenus au laboratoire d’essais. En comparant la puissance fournie au frein et les résistances passives, on voit que le rendement mécanique est de 90 à 9o pour 100 sur une échelle considérable de vitesses.
- La vitesse du moteur est d’ailleurs limitée par les soupapes, si elles sont du type habituel. Aussi, pour permettre de réaliser des vitesses plus élevées, on construit actuellement un nouveau moteur avec soupapes du type rotatif. Ce moteur est à 10 cylindres accouplés et les soupapes rotatives peuvent être commandées par un mécanisme très simple et très compact qui s’adapte parfaitement bien à ce moteur sans arbre à manivelles.
- On pense réaliser ainsi des vitesses atteignant 5000 à 6000 tours avec un moteur qui fonctionnera d’une façon souple et silencieuse, aussi bien et même mieux que les autres moteurs d’automobiles aux vitesses actuellement employées.
- On peut donc augurer que le moteur Michell aussi bien que les autres appareils, compresseurs par exemple, utilisant le disque entraîneur oblique ont devant eux un brillant avenir.
- E. Weiss.
- 2200 2GOO tours par minute
- R PM
- Fig. 8. — Résultats Fessais au banc d’un moteur Michell 8 cylindres, alésage 84; course 77,5.
- COMMENT ON FAIT UNE COLLECTION D’ALGUES MARINES
- Pendant les vacances, au bord de la mer, on ne peut pas toujours prendre des bains, pêcher la crevette, jouer au tennis ou potiner. Ceux qui cherchent un divertissement un peu intellectuel et pas trop fatigant le trouvent en collectionnant les jolies algues qui abondent sur la plupart de nos plages; ils se font ainsi une agréable collection — beaucoup plus artistique qu’on le croirait a priori — ou, si la question scientifique ne les intéresse pas, peuvent se contenter d’orner leur papier à lettre ou leurs cartes postales; je sais, par de nombreux exemples, que celles-ci, par leur élégance et leur originalité, sont toujours accueillies avec joie par ceux auxquels on les envoie.
- Presque toutes les Algues marines sont, plus ou moins, cramponnées aux roches ; aussi les plus belles récoltes, sur les côtes rocheuses, se font-elles particu-lièremenlen Bretagne, dans le golfe de Gascogne et en de nombreux points de la Méditerranée. La plupart de ces Algues, un jour ou l’autre, sont arrachées par le Ilot, notamment au moment des tempêtes et rejetées sur les plages, où l’on n’a dès lors qu’à se baisser
- pour les récolter. Il ne faut cependant pas récolter ces Algues lorsqu’elles sont desséchées au soleil, mais seulement celles qui sont encore humides, fraîchement rejetées par le flot. Mais si l’on ne désire que de beaux échantillons, il ne faut pas se contenter de prendre ces « épaves », parfois un peu déchirées et décolorées : il convient d’aller chercher les plus belles espèces sur les rochers eux-mêmes, ce qui est très facile en explorant ceux qui découvrent en partie à marée basse, exploration qui n’a rien de .désagréable pendant les grandes vacances, en se mouillant les mollets.
- On rapporte les échantillons à la maison (ne prendre que celles qui ne sont pas trop coriaces, les filamenteuses particulièrement), soit dans un seau d’enfant, soit dans un mouchoir humide. Si on veut les collectionner , on les préparé, sait le jour même, soit le lendemain (car, si l’on attendait trop, elles pourriraient). Pour ce faire, on doit choisir de chaque espèce un échantillon bien coloré et pas trop volumineux (je ne parle que des Algues filamenteuses ou minces ; celles qui, comme les Fucus
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- et les Laminaires sont épaisses et charnues, se séchant à la manière des plantes habituelles des herbiers ordinaires, entre des feuilles de papier buvard) et les mettre à flotter dans une cuvette ou une assiette contenant soit de l’eau de mer, soit de l’eau douce (laquelle, cependant, est à éviter lorsque l’on aura reconnu que l’Algue y perd sa matière colorante). Quand l’échantillon est bien « épanoui », — ce qu’il fait instantanément et généralement de lui-même, — on glisse sous lui, dans l’eau même, une feuille de bon papier écolier découpée aux dimensions voulues (ou une carte postale ou une feuille de papier à lettre). Avec un bout d’allumette ou mieux, un pinceau, on étale l’échantillon du mieux que l’on peut, et on soulève lentement la feuille de papier jusqu’à ce que l’Algue y repose largement êt que l’on puisse la retirer entièrement de l’eau ; cette sortie ne va, d’ailleurs, pas toujours très bien et l’écoulement de l’eau entraîne, parfois, l’Algue dans une position que l’on n’a pas désirée ; quand cet accident fâcheux arrive, on n’a d’autre ressource que de replonger le tout dans l’eau et de recommencer l’opération jusqu’à l’obtention d’un bon résultat.
- A noter que le relèvement de la feuille de papier peut être grandement facilité par l’emploi d’une planchette de bois que l’on glisse sous elle (dansl’eau même) et qui, venant d’elle-même à la surface du liquide (la maintenir au préalable avec la main), la soulève bien horizontalement.
- La feuille de papier, portant l’Algue artistement étalée, est naturellement très humide. On commence par l’incliner fortement de manière à en faire écouler, le plus possible, l’eau qui l’imbibe, ce qui dure, quelques minutes.
- Ce résultat obtenu, on procède à l’empilement suivant : 1° Plusieurs feuilles de papier buvard (ou de ce papier « d’herbier » qui sert à faire sécher les plantes ordinaires) au moins aussi grandes quç la feuille portant l’Algue; 2° cette dernière feuille, encore très humide, et recouverte de l’échantillon placé sur sa face supérieure; 3° un morceau de toile ou de tel autre tissu analogue
- (calicot) f1) ; — par exemple un simple mouchoir de poche bien étalé, — placé de telle façon qu’il recouvre l’Algue entièrement ; 4° plusieurs feuilles de papier buvard analogue à celles du début (voir 1°) ; 5° un nouveau papier humide portant un autre échantillon; 6° une toile; 7° des feuilles de papier buvard; 8° un autre échantillon à préparer; 9° une toile; 10° des feuilles de papier buvard, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on soit au bout de sa récolte. A ce moment on recouvre la pile ainsi constituée d’une planchette, et, sur elle, on place un poids quelconque, par exemple un quartier de rocher, de vieux livres, une valise, etc. On laisse ainsi la chose en l’état pendant deux ou trois jours, puis on défait la pile (en commençant par le dessus) et on enlève les
- feuilles préparées avec leur Algue, mais sans en retirer la toile, qui y semble complètement collée. On refait alors une nouvelle pile, mais en se servant de papier buvard sec et en y interposant les feuilles de papier écolier avec leur Algue et leur toile. Sur le tout on met encore une planchette et un poids et on attend encore quelques jours. Ce temps passé, on défait, à nouveau, la pile et on enlève doucement les toiles (enles tirant, peu à peu, par l’un de leurs angles), et qui, dès lors, n'adhèrent plus aux Algues — ou à peine. Les Algues sont parfaitement sèches et comme incrustées dans le papier; on peut les conserver ainsi indéfiniment et en faire une belle collection.
- Ne pas manquer d’inscrire dans un coin du papier le lieu et la date de la récolte, ainsi que le nom de l’Algue (2)... si on le connaît, ce à quoi on arrive facilement en s’adressant à des spécialistes pas trop grincheux. Henri Coupin.
- 1. A défaut de toile ou de calicot on peut se servir d’une feuille de papier écolier préalablement frotté fortement avec une bougie (à la manière dont on s’y prend pour mettre du cosmétique) de telle façon qu’une de ses faces (celle qui doit être ensuite appliquée sur l’Algue), en soit complètement enduite (la eouebe de bougie empêchera l’adhérence entre l’Algue et le papier buvard). .Mais l’emploi de la toile est plus pratique. — 2. Ceux que la question des Algues marines et des Algues d’eau douce intéresserait particulièrement, trouveront de nombreux dessins, en noir, de ces curieux végétaux dans : H. Coüpin, Les Algues dit Globe, ouvrage qui n’a que le tort de coûter un peu cher (200 fr ) et d’être à peu près épuisé.
- Le Gerant : P. Masson — Imprimerie Lahibe, 9, rue de Fleurus, Paris.
- Fig. i. — Une algue rouge (Cystoclonium purpuraceus) étalée pour être conservée en collection.
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- LA NATURE. - N° 2624
- 19 JUILLET 1924.
- LA COTE EN PÉRIL
- II. Marquenterre. — Boulonnais maritime. — Littoral du Pas-de-Calais.
- Le Marquenterre. — En face de Saint-Valéry, sur la rive droite opposée de la baie où se tient Le Crotoy, la seconde bande de Pays-Bas, qui s’allonge, sous le nom de Marquenterre en bordure du Ponthieu, sur plus de 40 lun depuis Vouvion-en-Ponthieu jusqu’à Eta-ples, doit cette fois à son ensablement par les dunes sa physionomie. Elle rappelle celle des Landes de Gascogne (fig. 1); sa côte simplement échan-crée en son milieu par l’Àuthie, offre avec la régularité d'une ligne droite, la même orientation suivant la méridienne, c’est-à-direN.-S. Avec sa plaine alluviale étalée au pied d’une falaise morte, devenue la berge crayeuse du Ponthieu, c’est encore d’une terre conquise sur la mer qu’il s’agit et cela à une époque relative-mentrécente, car dix siècles à peine nous séparent du moment où sur l’emplacement du Marquenterre {mare in terra), une large baie se présentait, parsemée d’îles de craie battues par les flots. Rue, aujourd’hui riveraine de la Maye à 10 km de la mer, était un port de la côte tandis que les marées parvenaient à pousser des bateaux de fort tonnage jusqu’à Douriez, dansla vallée de l’Authie.
- Sur la Ganche, Montreuil-sur-Mer, aujourd’hui refoulée à 5 lieues de la Manche, méritait alors bien son nom en devenant le principal port de l’antique baie de Quëntovic (Quenlo vicensus sinus) qui se trouvait flanquée dans le Sud par les coteaux et les hauteurs boisées de Saint-Josse.
- Aujourd’hui les îlots crayeux ont disparu sous des accumulations de sables et de vases fluviomarines, et le sol définitivement conquis sur les estuaires conjugués de la Somme, de l’Authie et delà Canche, s’est affermi, par la superposition aux terres alluviales, d’une épaisse couverture de dunes.
- 52* Année - 2* Semestre-
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- Fig. /. — Le Marquenterre et. ses enveloppes.
- Edifiées par les vents venus de la mer, en une longue sériede chaînes parallèles au rivage quelles ont régularisé, leur rempart développé sur une épaisseur d’une dizaine de km devient pour les rivières issues de la craie, un obstacle que l’Authie seule a réussi, après avoir coupé en deux le plateau crayeux, à franchir. D’où leur arrêt dans le pays d’arrière-dunes, au sein d’une dépression longitudinale abaissée à 2 ou 3 mètres au-dessous du niveau de la mer et que ce stationnement des eaux avait rendue marécageuse et tourbeuse.
- Actuellement des rigoles d’assèchement assurent l’écoulement de ces eaux, les unes sous le nom de trinques dans la Canche, les autres représentées par les canaux de la Maye> dans la baie de Somme ; la transformation du Marais en polders du même ordre et aussi productifs que ceux de la Hollande, “est accomplie. C’est ce dont témoigne la forte extension prise sur ce bas-fond par les gr^s pâturages peuplés de bestiaux et les vastes plaines agricoles, pourvues chacune de fermes isolées.
- On remarque ensuite cette dépression limitée à l’Est par les restes d’un ancien eordon littoral appliqué contre la falaise crayeuse du Ponthieu, et dont les traces surtout bien visibles à Rue, à Conchil-le-Temple et à Yerton, montrent ses galets^de silex, couverts d’une patine blanche (cacho/ong),signe d’ancienneté, et surtout redressés verticalement.
- C’est l’indice certain que des mouvements du sol, en provoquant l’émersion de la région, ont contribué à sa formation. Dans son sous-sol aussi, l’enchevêtrement souvent réalisé de sables et de vases chargés de coquilles marines, avec des couches de graviers lluviatiles, apparaît comme témoignage des fréquentes variations subies par le
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- LA COTE EN PÉRIL
- Fig. 2. — Les dunes mortes de Berck, fixées far les oyats.
- Topographie confuse due aux. sautes de vent.
- rivage, jusqu'au moment, où par suite de l’ouverture du Pas de Calais, une forte avancée de la mer sur cette cote basse devenue plus stable, lui a permis d’y édifier, en avant du cordon littoral, de vastes plages de sables fins; tandis qu’en arrière cette digue fournissant aux rivières un point d'appui solide à leur travail d’alluvionnement, une épaisse nappe de limon est venue s’étaler à la surface. D’où la fertilité des plaines du Marquenterre qui s’étalent dans l’est, en bordure de la falaise morte.
- Comme conséquence de l’extension des plages sableuses dans l’Ouest, apparaît surtout le rôle joué dans les formes du terrain par les dunes. Placées sous la dépendance de l’intensité du vent qui souflte de la mer, de l’amplitude du jeu des marées et de la provision plus ou moins grande de sables sur laquelle l’énergie des courants atmosphériques peut s’exercer, ces chaînes de collines mouvantes sont devenues, dans le relief du pays, prédominantes au point de servir à le caractériser, elles sont restées blanches, par suite mobiles, ou devenues noires quand les tiges sombres des oyats les recouvrent pour les fixer au point de les rendre mortes; les moindres détails du paysage en sont impressionnés (fig. 2) ; mais elles ne sont pas sans danger, leur marche en avant, rendue très rapide par la grande mobilité des sables créant une menace inquiétante d’envahissement. Sur le littoral, en deçà de cette jeune et très mondaine station de bains dont le nom Paris-Plage singe l’anglais, la pointe qui supporte les phares du Touquet s’est avancée en moins d’un siècle de plusieurs kilomètres dans l’estuaire de la Canche, en refoulant devant elle l’embouchure de la rivière vers le Nord.
- Telle est aussi la cause du retrait act uel, à plus de 5 km du rivage, du village maritime de Berck, les pêcheurs qui l’occupent ayant été obligés, en présence du danger d’ensablement, de venir se réfugier en arrière des dunes. On sait aussi que tous les ans, quand en fin de saison balnéaire les vents d’ouest soufflent avec violence, les sables de la plage ber-
- ckoise, relevés en talus contre les chalets, montent jusqu’aux balcons.
- Quant aux villages ensevelis dans l’intérieur, la destruction au xvie siècle de Rumbly, dans la plaine agricole qui fait face 'a Elaples, en offre le plus pénible exemple. Aussi la défense contre un pareil fléau s’est-elle imposée comme de première nécessité. Et c’est à l’application du procédé dit de « Brémontier », dont les Landes de Gascogne ont tiré un si grand profit, qu’est dû l’arrêt, dans les dunes du Marquenterre, d’une progression qui atteignait 20 à 25 mètres par an.
- Après une première fixation de leur sol mouvant par le réseau si ramifié des racines des oyats, l’intervention de plantes herbacées à racines également traçantes (Carex arenaria, Salix elggmus, Dian-thus du même nom) et d’arbustes fournissant dans les vallonnements intradunaires (lèdes) des garennes à lapins, a permis aux plantations de résineux (pins silvestres) d’achever avec leurs forêts cette œuvre de consolidation As sables. Telle la forêt bien connue de Cucq qui remplit de ses frais ombrages la principale lède du Touquet, au grand bénéfice des baigneurs de Paris-Plage. Outre cette fixation des dunes par la végétation, on arrête les sables sur le littoral en édifiant, sur des rangées de piquets en bordure du rivage, de petites dunes artificielles ( Barkhanes) destinées à absorber ceux que le vent balaye de la plage; les grandes chaînes ont pu, grâce à ces travaux, acquérir la stabilité qui leur permet de rester en place. Les seuls effets des sautes de vents consistent dans l’écroulement de leurs crêtes, et le remplissage de leurs sillons par les sables éboulés. D’où pour l’ensemble une topographie confuse se substituant à la régularité initiale des rides sableuses disposées en ondulations normales à la direction du vent (fig. 2).
- Tous ceux qui ont fréquenté les dunes de Berck, où ces caractères sont des plus marqués, ont pu faire la remarque et constater de plus que les modifications subies par la dune qui fait face à la mer consistent dans le découpage de son front en promontoires abrupts couronnés d’oyats et dans le creusement de sillons transversaux où s’engouffrent les vents (fig. o). D’où des formes d’érosion éolienne accidentées, révélant dans leurs découpures la structure de la dune, mais aussi rendant
- Fig. 3. — Formes d'érosion éoliennes sur le front des dunes littorales de Berck.
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- LA CÔTE EN PÉRIL
- à ses sables une mobilité qu’il convient de combattre pour éviter leur déplacement. On y parvient à l’aide de clayonnages que l’on dispose par rangées étagées sur les flancs de ces couloirs ; les éboule-ments de sables et leurs envolées sont ainsi enrayés.
- Ce dont Berck a eu le plus à souffrir, c’est de la façon dont l’Aulhie est venue décomper le littoral. Toutes les rivières des plateaux crayeux du N.-O. qui se déversent dans la Manche offrent, dans la traversée des terres conquises sur la mer, cette particularité de ronger leur rive droite qui s’escarpe, tandis que celle de gauche s’ensable et gagne du terrain. C’est précisément à l’extrémité de leur course, dans les estuaires, que ce contraste entre les deux rives est le plus accentué. Ainsi dans celui de l'Authie, la pointe saillante qui dans le Sud se dirige droit vers le Nord, avec sa couverture de dunes (d’où son nom de Pointe de la Dune blanche) (fig. 1) au point d’obstruer son entrée, s’y est avancée, en moins de 20 ans, de 600 mètres* et tout le terrain de renclotures qu’elle abrite a été conquis dans le même temps sur la baie; tandis qu’en face celle fortement excavée du Haut-Banc de Berck qui supporte l’hôpital maritime de la ville de Paris pour enfants tuberculeux a reculé de plus de 400 mètres. Du même coup disparaissait à ses côtes, sur la rive droite de la baie, la pointe de Groffiers, et de telle façon qu’une excavation profonde de 600 mètres marque actuellement son emplacement. Aussi pour que celle du Haut-Banc puisse échapper à une pareille destruction, une digue en enrochement la protège contre l’action du courant de jusant qui sort de la baie à grande vitesse (quatre nœuds). De plus, pour compléter ce moyen de défense, en arrière de cette digue, une longue rangée d’épis en fascinages, destinés à provoquer le déj ôt des sables, a eu pour effet la formation d’une plage balnéaire en avant de cette pointe; d’où le plein succès de ces travaux de protection.
- Dans le nord du Marquenterre, la longue baie, aujourd’hui si ensablée d’Etaples qui sert d’estuaire à la Canche, a subi aussi dans ses formes des changements qu’on ne peut passer sous silence.
- Fig. 5. — Le Cran Barbier. A son début sur le plateau.
- Fig. 4. — La forêt fossile de Wimereux.
- D’après une photographie prise à l’équinoxe d’automne 121 sept.) en 1912.
- A son entrée, sur la rive sud, les apports des sables ont allongé la pointe du Touquet d’une demi-douzaine de kilomètres à la vitesse de 20 à 25 mètres par an ; ils ont refoulé la rivière à sa rencontre, avec renvoi de son embouchure contre la rive gauche, où elle a rongé, conformément au principe précédemment énoncé, la pointe de Losnel ; à tel point que sur cette rive devenue concave par érosion, cet ancien saillant des dunes boulonnaises de Gamiers n’existe pour ainsi dire plus. Les formes de cet estuaire sont d’ailleurs si inconstantes à son entrée, et les déplacements de Ses bancs de sables à ce point incertains, que le phare à éclipses du Touquet signale aux navires, à 48 milles de distance, qu’il s’agit d’une baie meurtrière qu’on doit éviter. Nombreux sont ceux qui poussés par les vents et les courants s’y sont perdus.
- Et ce n’est pas tout: des mouvements du sol sont aussi intervenus pour déterminer des déplacements du niveau de la mer capables d’exercer sur les rivages des modifications notables. C’est le cas notamment de phénomènes de submersion» dont les grèves d’Etaples portent la trace sous la forme d’une forêt fossile, avec troncs encore debout, émergeant à marée basse.
- Le Boulonnais maritime. — La Canche s’introduit comme une ligne de séparation entre le Marquenterre et une seconde bande de terres basses de même nature qui flanquent le Boulonnais. Cette bande est divisée en deux parties (Dunes d’Har-delot dans le Sud, Dunes de Wimereux et d’Amble-teuse dans le Nord) par la saillie, au cap d’Alprech, de falaises rocheuses. La première qui s’allonge rectilignement dans le Sud, sur une quinzaine de km, depuis Etaples jusqu’à l’amorce de ces falaises à Equihen, n’est autre, avec ses rangées de chaînes dunaires parallèles au rivage, que le résultat d’une prolongation dans le Nord, des condiiions qui ont présidé à la formation du Marquenterre. Elle aussi *vient s’étaler au pied d’une falaise morte, mais cette ancienne côte, aujourd’hui en majeure partie ensevelie sous lts dunes, n’est visible qu’en deux points : le premier au début dans le Sud, s’escarpe
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- au Bel-Air près d’Etaples, dans le bourrelet crayeux i qui entoure le Boulonnais (fig. 1), le second, à sa lin dans le Nord, n’offre plus à Equinhen qu’un relief ! très affaibli dans les assises argilo-sableuses de l’infracrétacé et du jurassique qui viennent à l’affleurement sous la craie, dans le Bas-Boulonnais.
- On peut, du reste, bien se rendre compte de cette forte avancée des sables qui les a amenés, après avoir enseveli l’ancienne côte, à envahir le plateau d’Ecault et la forêt de Condette, en les voyant dès le début à Etaples monter à l’assaut du bourrelet crayeux, puis se relever à l’autre extrémité, au passage de la voie ferrée d’Amiens à Boulogne, en dunes qu’on s’étonne de voir reparaître à une pareille hauteur (64 mètres), après les avoir quittées au pied de la côte (10 mètres). On les retrouve du reste plus loin, non moins envahissantes, au col de Dannes (52 mètres) que cette voie franchit pour descendre vers Boulogne.
- Dans ces conditions, sur cette bande de pays plat, il ne peut plus être question d’arrière-dunes et de bas fonds tourbeux, sa dépression ayant été comblée par les sables. Aussi pour enrayer leur marche envahissante, de grands efforts ont été tentés ; avec succès d’ailleurs, car une bonne partie de ses dunes, celles de Camièrs, de Dannes et d’Hardelot, plantées de pins et couvertes de garennes dans leurs sillons, sont fixées. Ses grèves aussi ont nécessité de grands travaux de défense. Battues par une mer furieuse que soulèvent les vents d’ouest très violents sur cette côte en raison de son orientation normale à leur direction, elles sont exposées à des tempêtes de sables à effets désastreux. C’est ce qui les rend désertes, et provoque l’ensablement des petits ports situés au débouché des riviérettes qui les traversent et débouchent main-: tenant dans des lagunes littorales qu’elles tendent à combler.
- Telles sont aussi les caractéristiques delà seconde partie de cette bande qui s’étend en s’incurvant, dans le fond de la grande baied’Ambleteuse, depuis la pointe du fort de la Crèche jusqu’à Andreselle où se fait l’arrivée à la mer du bourrelet crayeux du Nord. Ce sont les dunes de Wimereux qui s’y alignent, et parmi les effets de leurs sables mouvants figure la disparition du port pour navires de fort tonnage créé en 1804 par Napoléon à l’embouchure de la rivière de Wimille, avec, du même coup, l’ensablement des maisons de Wimereux situées sur les deux rives de l'estuaire. Actuellement, grâce aux mesures de protection employées, de pareils désastres ne sont plus à craindre et la station balnéaire de Wimereux a pu se développer sans entraves au grand bénéfice des Boulonnais.
- D’autant mieux que les villas ont trouvé, pour s’établir, un terrain solide fourni à mi-coteau pa* une terrasse de galets. Celle-ci a été édifiée par les vagues à une hauteur cl’une douzaine de mètres à une époque relativement récente, où un affaisse-
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- ment du sol amenait la mer jusqu’à Wimereux (4).
- La date de cette submersion, contemporaine de celle où les eaux marines s’avançaient dans l’estuaire de la Somme jusqu’à Abbeville, a pu du reste être précisée. La plage de Wimereux laisse à découvert, aux fortes marées, les traces d’un ancien sol forestier d’où émergent en grand nombre des troncs d’arbres encore debout ; on a découvert sur ce sol des stations humaines avec foyers et haches en silex de l’âge de pierre polie, et l’on a pu reconnaître que l'affaissement avait dù se produire à cette époque (fig. 4).
- Sur ce littoral ourlé de dunes, le port d’Amble-teuse qui s’ouvrait très largement dans le fond d’une crique, à l’embouchure de la Slaok, a subi le même sort que celui de Wimereux. Comme traces de son existence, seules subsistent quelques restes de jetées en bois édifiées à son entrée ; et c’est cet ensablement qui fait maintenant de la plage d’Am-bleteuse la plus vaste de la région. C’en est aussi une des plus tranquilles, car elle est défendue contre les coups de mer par un haut fond sableux qui s’allonge parallèlement à la côte, en émergeant à marée basse sous le nom de Banc de la Bassnre de Baas.
- A Andreselles qui suit, la côte redevenue escarpée par le brusque sectionnement fait par la mer jusqu’au Blanc-Nez, du bourrelet crayeux du nord, offre cette particularité de présenter des falaises fortement articulées par une série de pointes saillantes (pointes d’Andreselles, aux Oies, de Rinden...) séparées par des sillons d’érosion qu’on qualifie de Crans dans le Boulonnais.
- Ces crans sont l’équivalent des valleuses de la Picardie, mais avec cette différence qu’au lieu de se présenter suspendus en haut de la falaise par suite de son recul, entaillés dans une côte qui ne bouge pas, ils ont pu s’approfondir au point d’être parvenus à déverser leurs eaux à la mer directement, sans la moindre rupture de pente. De plus, au lieu de s’encaisser dans une roche homogène comme l’était la craie en Picardie, la constitution des falaises comportant la superposition de gros bancs de grès durs mamelonnés sur des assises marneuses dépourvues de résistance, ces dernières, après leur déblaiement facile par les eaux d’infiltration descendues dans les fissures, ont déterminé l’écroulement de leur couverture gréseuse. Ecroulement d’ailleurs facilité par la division de ces bancs degrés en grosses boules juxtaposées (fig. 5).
- Et c’est ainsi, par voie d’effondrements successifs, que s’est fait de bas en haut, par suite régressive-ment, le creusement des « Crans », sous l’influence des eaux d’infiltration. D’où l’allure tortueuse de leurs gorges fortement excavées sur le plateau, leur terminaison fréquente en cul-de-sac (fig. 5) et la sortie de leurs eaux, au pied de la falaise, sous un amas de grosses boules de grès (fig. 6),
- 1. A. Briquet. Une formation littorale pléistocène à Wimereux. Ann. Soc. géolog. du îsord, 47, 1923, p. 107.
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- après leur descente en cascades dans le fond des criques.
- Ainsi s’explique aussi que dans les falaises, leurs parties saillantes, après le démantellement des corniches degrés demeurées en surplomb vers le haut, soient flanquées d’un éboulis de grosses boules (fig. 7), qui les protège contre l’attaque directe des flots ; d’où la persistance de ces pointes et les formes articulées de cette côte qui en résultent.
- Le littoral du Pas-de-Calais. — À partir de la forte saillie du cap Gris-Nez (51 m.), la côte redevenue basse subit un brusque changement de direction qui la fait virer d’abord droit vers l’est, puis prendre l’orientation N.-E. suivie par notre littoral, en face de la mer du Nord. Celte déviation coïncide pour cette côte avec la région où les effets de sa submersion sont les plus marqués; l’anse de Wissant, entre le Gris-Nez et le Blanc-Nez, en fournit la meilleure preuve. A 50 m. de sa plage, les marées d’équinoxe découvrent des tourbières devenues sous-marines et des forêts submergées; des traces d’occupation humaine y sont marquées par des puits creusés pour atteindre l’eau maintenue par la glaise sous-jacente à la tourbe. De plus, quand on vide ces puits, on y trouve, sous les sables de remplissage, avec des silex taillés, des ossements des mammifères (Mammouth, Rhinocéros, Cervidés...) qui fréquentaient ces parages aux temps préhistoriques. C’est ce qui fait aussi que la saillie verticale du Blanc-Nez est en recul de plus d’une lieue par rapport au point où elle s’avançait dans le détroit du Pas de Calais peu de temps après la rupture de l’isthme crayeux qui reliait la France et l’Angleterre sur son emplacement.
- Quant aux dégâts commis par les dunes, ils ont été terribles. La ville de Wissant, si prospère du temps de Charlemagne, a singulièrement perdu de sa grandeur primitive. La diminution progressive de l’avancée du Blanc-Nez ayant permis au flot montant de pousser ses sables sur la plage et de les livrer au vent, cette ville envahie par les dunes^en a subi les déplorables effets. En juin 1877, après une
- Fig. 7 — La pointe du Cran aux Œufs.
- A son pied: éboulis de grosses boules de grès.
- Fig. 6. — Le Cran Barbier.
- Sa sortie sous un entassement de grosses boules de grès, au pied de la falaise.
- destruction complète, en une seule nuit, d’une cinquantaine de maisons, les Wissantois durent s’enfuir au loin pour échapper à l’ensevelissement. Depuis lors, la ville a été reconstruite à grande distance de l’emplacement qu’elle occupait dans le principe.
- Son havre aussi, en majeure partie ensablé, est en pleine décadence. De petits bateaux de pêche peuvent seuls y avoir accès, tandis qu’au moyen âge son importance était encore si grande que les Anglais s’en emparèrent pour pouvoir envahir facilement notre territoire.
- Vers l’est, en dessous de Blanc-Nez, le rivage abaissé et de plus en plus sablonneux, offre à Sangatte les marques non moins expressives des déplacements qu’il a subis. Une plage soulevée, dessinant en arrière des dunes une terrasse adossée à une ancienne côte couverte d’éboulis crayeux, atteste qu’une émersion a mis la mer dans l’obligation d’abandonner le domaine qu’elle avait conquis. C’est ce qui a permis à la tourbe d’envahir la plaine maritime ainsi mise à découvert. Et ceci s’est passé à l’époque gallo-romaine ainsi qu’en témoignent les monnaies de cet âge rencontrées dans ees tourbières quand, depuis qu’elles sont devenues sous-marines après une nouvelle submersion de la région, elles découvrent à marée basse.
- Actuellement les galets, issus des éboulements du Blanc-Nez et charriés par les courants vers l’est, en venant se déposer en bordure des plages de cette côte, devenue si plate qu’elle découvre de plus de 500 m. à chaque marée, sont parvenus à la régulariser ; d’autant mieux que ce cordon donne aux dunes un point d’appui grâce auquel elles ont pu édifier, contre les invasions marines, un rempart d’une grande solidité. Constitué par une longue rangée de chaînes sableuses, s’ondulant parallèlement au rivage, sur une longueur de 2 à 5 km, ce rempart donne au littoral cette allure rectiligne qui se poursuit avec une remarquable continuité sur toute l’étendue de la côte basse des Flandres françaises et belgps. Comme conséquence aussi, la plaine fla-
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- mande, boueuse et gorgée d’eau, privée, en dehors de l’Yser, d’écoulement vers la mer, offre en arrière des dunes le spectacle de ses multiples rigoles et de ses canaux à écluses aménagés pour le vidage de fondrières que le défaut de pente transforme en marais. On sait quel rôle ces canaux ont joué pendant la guerre. Il suffit, en effet, de barrer les fossés et de fermer les écluses pour que leurs eaux refoulées s’étalent en nappe immense sur ce bas pays, en n’y laissant surnager que les sommets de ses buttes isolées et les toits des maisons submergées, ce qui le rend impraticable. C’est ce qui s’est passé en octobre 1914 pendant la bataille de l’Yser et l’inondation ainsi tendue a aidé à enrayer l’offensive dirigée par les barbares vers Calais.
- Ce fait d’ailleurs n’est pas nouveau. Toutes les fois que les villes de la côte ont été menacées d’une tentative d’envahissement, c’est à ce procédé qu’on a eu recours pour y échapper. Dunkerque, par exemple, en 1795, n’a pu résister aux attaques du duc d’York, qu’avec l’aide d’une pareille inondation. Ce dont cette ville a surtout souffert, c’est de son voisinage avec les dunes. Son nom qui signifie « Eglise des Dunes » provient de cette situation qu’on peut qualifier de fâcheuse, car la progression des dunes dunkerquoises procède par bonds effrayants
- dans les coups de vent ; lors de la tempête du 1er juin 1877, la majeure partie du village de Zuydcoote, situé dans sa banlieue, s’est trouvée ensevelië d’un seul coup par les sables, ainsi que son église.
- Il en a été de même, sur la côte, pour la tour qui sert de signal maritime à l’entrée de la rade, et qu’on a été obligé de dégager. Assurément, depuis que ces dunes sont fixées à leur poste d’entre-mer et marais par les oyats, cette progression est enrayée. Les brebis peuvent paisiblement brouter un gazon salé dans les sillons de ces dunes imprégnées à ce point d’eau de mer qu’on les qualifie de « Salines » ; leurs bas-fonds, mis en culture, sont bien jardinés, ce qui donne au paysage dunaire un caractère verdoyant; mais édifiées sur un sol incliné vers l’intérieur à ce point que c’est au pied de cette pente située loin du rivage, que se tient la plus basse cote (1 m. 20), de la région, les effets de la marche des sables sous le vent sont toujours à redouter.
- Aussi l’expression de « côte en péril » peut-elle être encore appliquée à cette fin de notre littoral dans le Nord, comme elle l’a été à son début dans le Sud à la région des Bas-Champs, pour les mêmes
- raisons. „
- Ch. Vèlaijv,
- Professeur honoraire de Géographie physique à la Sorbonne.
- LES SOLEILS GÉANTS
- II
- La découverte des étoiles géantes et des étoiles naines. — Une révolution dans les idées communément admises (*) sur l’évolution des étoiles se dessina, lors de l’arrivée à Cambridge, en 1904-1906, d’un jeune chercheur américain : Henry Norris Russell.
- Cette découverte est bien un peu à l’actif du professeur A. R. Hinks, qui fit beaucoup pour son brillant élève en le mettant sur la voie de la détermination photographique de la distance des étoiles, à l’aide d’instruments qu’il avait lui-même perfectionnés au prix de beaucoup de temps et d’efforts.
- Ce fut le premier élément de la découverte de Russell. La suite vint à son retour en Amérique où, à l’observatoire de Harvard — ce magasin dès documents astronomiques — il put relever les types spectraux de ses étoiles. En combinant ces derniers avec les mesures des distances (qui lui donnaient l'éclat absolu des étoiles), il trouva que les étoiles du type spectral M sé classaient selon deux groupes différents séparés par une lacune : l’un contenant des étoiles très brillantes, dites maintenant les géantes et l’autre des étoiles très faibles, les naines. 11 n’existait pas d’étoiles d’éclat intermédiaire.
- Ce fait se reproduisait, moins accentué, pour les étoiles des autres types spectraux, mais à mesure
- 1. Yoir La Nature, n° 2615, p. 275.
- que l’on avançait vers l’extrémité B de la classification, la lacune disparaissait graduellement, à peu près comme s’atténue l’écart des deux parties d’une échelle double quand on approche de son sommet. D’ailleurs le graphique représentant les résultats de Russell ressemble beaucoup à cette échelle, le sommet figurant les étoiles B avec les classes À, F, G, S, M, de part et d’autre dans l’ordre descendant et l’écart entre les deux parties de l’échelle correspondant aux différences en éclat absolu (fig. 1).
- Russell apporta ce graphique avec lui quand il vint au Congrès de l’Union Solaire à Bonn, en 1913. Il est triste de rappeler ces événements, car les relations les plus amicales paraissaient alors établies d’une manière permanente entre les diverses nations réunies. Nous nous souvenons avec un regret particulier d’une excursion sur un grand steamer, sur le Rhin; qui clôtura le congrès et hélas! ce. fut: aussi la fin de nos espoirs en une amitié durable, car avant qu’une année se fut écoulée, là grande guerre les avait détruits.
- C’est à son retour d’Allemagne, par l’Angleterre, que Russell nous montra son graphique en forme d’échelle, à la Société Astronomique Royale, et nous exposa ses vues sur l’évolution d’une étoile. Pour lui,la vie de l’étoile débutait au pied du bras gauche de l’échelle. Son ascension le long de l’échelle indi-
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- quait une croissance continue de sa température, tandis que son type spectral passait de M à B. En B, la croissance de la température cessait et au ljout d’un certain temps le refroidissement commençait, tandis que l’étoile descendait le bras droit de l’échelle en suivant un cycle de transformations spectrales inverses.
- Le seul point faible, dans ce développement, résidait dans le petit nombre des observations utilisées. Pour déterminer l’éclat absolu d’une étoile, il faut connaître sa distance. Or, il n’y a pas beaucoup d’ctoiles dont la distance puisse être mesurée facilement et, bien que Bussell en eût lui-même augmenté le nombre, celui-ci n’était pas encore très considérable. Pour trouver de nouvelles confirmations, il eut recours aux estimations indirectes des dL tances et spécialement à celles qui nous sont fournies par les amas d’étoiles. En ces dernières années, nous sommes devenus de plus en plus familiers avec la notion des relations qui existent entre les diverses étoiles des amas, au point de vue-surtout de l’analogie de leurs mouvements ; tout se passe comme dans les mouvements d’une nuée d’oiseaux migrateurs. Si nous admettons ces relations et si nous pouvons déterminer la distance de quelques-unes des étoiles d’un amas, nous connaîtrons implicitement la distance du restant des composantes de cet amas. Entre les mains expertes de Bussell, ce nouveau critérium fut mis à profit et vint confirmer ses conclusions.
- La vraisemblance philosophique de la double évolution de Russell. — Arrêtons-nous un instant, et réfléchissons à la vraisemblance de son hypothèse; n’est-il pas, après tout, beaucoup plus vraisemblable que la température d’une étoile croisse d’abord, pouF décroître ensuite, plutôt que le croître ou décroître indéfiniment? Maintenant
- Fig. 1. — Graphique en forme d'échelle double figurant l'évolution ascendante et descendante de H. N. Rus sel.
- que cette idée a été lancée, qu’elle rencontre une assez solide confirmation dans l’étude du ciel, et qu’il y a, en outre, comme nous le verrons plus loin, de forts arguments théoriques en sa faveur, nous nous étonnons qu’on ne l’ait pas tout naturellement adoptée plus tôt. Il est très curieux que les astronomes ne se soient pas ralliés depuis longtemps à cette explication ; il faut mettre à part, cependant, Sir Norman Loekyer qui, sur une base différente, proposa, il y a de nombreuses années déjà, une hypothèse analogue à celle de Russell.
- Puis-je donner une figuration sommaire, d’après notre vie commune, de l’erreur que commirent beaucoup d’entre nous? C’est comme si nous avions pris l’abondance des cheveux comme caractéristique de l’âge d’un homme. Au début de la vie, nous avons une faible quantité de cheveux ; celle-ci augmente avec l’âge jusqu’à un certain moment, puis elle commence à diminuer et le vieillard n’a souvent pas plus de cheveux qu’un nouveau-né. Nous pourrions figurer les sept époques de la vie de l’homme, de Shakespeare, d’après l’abondance des cheveux, par un graphique en forme d’c'chelle double analogue à celui de Russell; on placerait l’enfant au pied du bras gauche; on s’élèverait jusqu’à l’homme d’âge moyen, dont la quantité maxima des cheveux correspondrait à la température maxima des étoiles ; le vieillard prendrait place, enfin, au bas du bras droit, avec sa tête presque dénudée. Shakespeare nous fait encore souvenir, quand il parle « du retour vers le fausset de l’enfant », que la voix subit, comme les cheveux, des modifications, comportant une rétrogradation après le milieu de la vie. Pratiquement, nous confondions les étoiles bébés et les étoiles vieillards, jusqu’à ce que Russell nous eût signalé cette erreur. Et maintenant la distinction nous semble Irès ratu'relle.
- La méthode astrophysique d’Adams de détermination des parallaxes
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- Fig. 3. — Photographie de l’observatoire dit mont Wilson, actuellement dirige par W. S. Adams cl où s’effectuent en grand nombre les mesures de parallaxes spectroscopiques.
- stellaires. — Il y eut cependant quelque hésitation avant que les nouvelles idées fussent universellement acceptées, par suite principalement du défaut de bonnes mesures de distances, ce qui laissait la porte ouverte au scepticisme. Récemment une remarquable confirmation a été fournie par la découverte inattendue d’une méthode complètement nouvelle d’estimation des distances des étoiles, due à M. W. S. Adams, actuellement directeur de l’observatoire du Mont Wilson, en Californie.
- Le principe de cette découverte est le suivant : si nous avons deux étoiles, l’une d’éclat absolu très grand et l’autre faible, mais toutes deux du même type spectral, nous pouvons trouver deux raies de leur spectre qui ont respectivement, pour chaque étoile, des intensités relatives différentes. Désignons-les par À et B. Dans l’étoile brillante, A, par exemple, est plus intense que B et dans l’étoile faible, B sera plus intense que A. Remarquons, maintenant, que cette différence persistera si les étoiles s’éloignent de nous. En modifiant leurs distances, il peut arriver que l’étoile la plus brillante paraisse la plus faible, mais nous décélérons cette fausse apparence en notant simplement que la raie A, dans son spectre, est la plus intense, de sorte que si cette étoile nous paraît faible, c’est par suite de sa distance très grande. En fait, il nous est possible de déterminer celte distance d’après les intensités relatives des raies A et B, de sorte que Adams, en réalité, nous à fourni une nouvelle méthode d’estimation des distances stellaires. Cette méthode a l’avantage de donner beaucoup moins de
- peine que le vieux procédé de mesure de la parallaxe ; en effet, une fois le spectre de l’étoile photographié, il ne reste qu’un travail minime à effectuer, de sorte que, dès maintenant, Adams peut nous donner l’éclat absolu de centaines de nouvelles étoiles, et confirmer d’une manière éclatante les résultats de Russell dont la base était plutôt restreinte. A ma demande, Adams a bien voulu me communiquer spécialement le tableau ci-dessous de ses résultats et nos lecteurs apprécieront son amabilité.
- Répartition de 1047 étoiles étudiées par Adams suivant leur classe spectrale et leur éclat absolu.
- ECLATS ABSOLUS
- CLASSE
- + 12,0
- Vio/et Rouge
- Géante 1 1 \
- Naine i 1
- Fig. 4. — Différence d'aspect de deux raies convenablement choisies dans le spectre d’une étoile géante et dans celui d’une naine.
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- Dans ce tableau, les étoiles d’Adams sont classées par types spectraux et par éclats absolus. On a, en somme, une table à double entrée donnant, pour chaque classe spectrale moyenne, et pour chaque grandeur absolue, le nombre d’étoiles étudiées par Adams. Les classes spectrales sont celles de la classification de Harvard décrite dans La Nat lire, n° 2603, p. 123. Rappelons, en outre, qu’à la distance d’un parsec ou 3,3 années lumière, la grandeur absolue de notre Soleil serait +5,0, et qu’une étoile inférieure de n grandeurs absolues à une autre étoile serait (2,5)" plus brillante. En prenant comme unité l’éclat de notre soleil, l’éclat des étoiles de grandeurs absolues—2,0 et + 13,0aurait respectivement comme'valeur 610 et 0,00063. Le bras
- pression de radiation à l’intérieur de l’éloile, devait jouer un rôle important dans l’évolution de cette dernière.
- La pression de radiation (nous pourrions l’appeler pression de la lumière) est l’origine de la queue d’une comète. Quand une comète approche du Soleil, elle est soumise à un rayonnement lumineux ardent, qui, nous le savons, est susceptible de chasser au loin les très petites particules de la queue de la comète, à peu près comme quand nous soufflons la balle du blé. Sous l’influence de cette pression, de petites particules, analogues à de la poussière, qui peuvent exister dans la tête de la comète, sont chassées et forment la queue.
- Mais cette force n’existe pas seulement à la sur-
- Fig. 5. — Effet de la pression
- gauche de l’échelle est représenté par la seconde colonne principalement. Le bras droit, plus incliné, est très clairement figuré par les sept dernières colonnes. On remarque qu’il y a très peu de naines de la classé M, mais ceci résulte simplement de ce qu’elles sont plus difficiles à observer par suite de leur faiblesse d’éclat.
- Les travaux d’Eddington sur la pression de radiation. — Outre cette confirmation basée sur des faits d’observation, l’hypothèse de Russell a trouvé un nouvel appui dans un brillant travail théorique du professeur Eddington, qui s’est attaqué au problème mathématique de la vie d’une étoile. Eddington a considéré une masse de gaz tout d’abord simplement soumise à l’action de la gravitation. Elle se contracte et, par suite, sa température croît. Mais cette seule action hypothétique ne donne pas la solution du problème : elle conduit à des résultats impossibles. Certainement, quelque chose de différent de la- gravitation doit intervenir, et Eddington s’est trouvé conduit à supposer que la
- de radiation sur une comète.
- face du Soleil : elle prend naissance dans la totalité de son volume. Une particule à l’extérieur du Soleil reçoit certes la pression de radiation de toutes parts, mais cette pression sera, naturellement, plus intense du côté lé plus chaud, c’est-à-dire vers le centre du Soleil.
- Reprenant le problème de l’évolution stellaire en tenant compte de ce nouveau facteur, Eddington est arrivé*à des résultats en bon accord avec l’observation et, même, d’une concordance saisissante.
- On peut utiliser ce fait déjà noté (‘) que les masses des étoiles ne sont pas très différentes et prendre trois cas types : a) la masse de l’étoile est égale à celle de notre Soleil, b) elle est cinq fois plus grande et c) cinq fois plus petite. Dans ces trois cas étudiés en détail, Eddington a retrouvé les caractéristiques de ces étoiles.
- On peut dire sommairement que l’échelle est plus haute pour les étoiles de grandes masses, qui
- 1. La Nature n° 2613, p. 274.
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- LES ÉTINCELLES D’ACIER
- peuvent devenir de plus en plus chaudes, jusqu’à ce qu’elles aient atteint le type 0.
- Une étoile de masse moyenne, comme notre Soleil, s’arrête à une hauteur moins considérable : elle peut ne pas aller plus haut que le type F, ou A au plus, avant de commencer à descendre vers le bras droit de l’échelle, tandis qu’une étoile de faible masse peut ne pas dépasser le type K dans toute son évolution.
- Une des plus remarquables suggestions du travail d’Eddington donne la raison de l’étroite similitude des masses des étoiles. Il existe une certaine masse pour laquelle la pression de radiation, répulsive vers l’extérieur, équilibre à peu près la force de la gravitation attractive vers l’intérieur, et, il est clair que pour les étoiles de masse égale ou supérieure, une désagrégation doit se produire, tôt ou tard. Ceci donne évidemment une limite supérieure de la masse d’une étoile, et nous voyons facilement pourquoi il* n’y a pas d’étoiles de masse supérieure à celte limite.
- Mais quelle est la limite inférieure, et n’y a-t-il pas d’étoiles beaucoup plus petites? 11 y en a certainement, et nous vivons sur l’une d’elles : notre Terre est quelques milliers de fois plus petite. Mais ce n’est pas une étoile à proprement parler, car elle ne brille pas d’une lumière propre. Si, d’ailleurs, elle fut lumineuse, son éclat doit avoir été très faible et très éphémère. En fait, il peut y avoir beaucoup de ces petites étoiles, mais nous ne les voyons pas, et, par suite, nous n’en avons pas tenu compte quand nous avons dit que les masses des étoiles sont étroitement semblables.
- Je ne puis donner .une meilleure idée de la valeur de l’œuvre d’Eddington qu’en citant quelques mots d’une lettre que m’écrivit Russell pour répondre spécialement à une question relative à cet article.
- « Ce qui me paraît considérable, c’est le travail d’Eddington sur l’équilibre radiatif. On peut, sans réserve, proclamer son importance et dire, sans exagérer, que c’est la première théorie rationnelle de la constitution des étoiles. »
- L’histoire du Soleil. — En réalité, Eddington. nous a donné un premier essai de description de la vie d’une étoile de masse donnée. A titre d’illustration, considérons notre propre soleil. C’est, mainte-
- nant, une étoile naine, sur le bras droit (descendant) de l’échelle, de type spectral G, de température superficielle d’environ 5000° centigrades et*de grandeur absolue 5,1. Dans son passé, il fut, à unecer-taine époque, beaucoup plus chaud et de type F, et il n’est probablement jamais monté plus haut sur l’échelle de l’évolution. Auparavant, il était sur le bras ascendant, et il fut une époque où son type spectral était précisément le même que maintenant, mais sa grandeur absolue était voisine de zéro, inférieure de cinq grandeurs à son éclat actuel, ce qui veut dire que sa luminosité totale était 100 fois plus grande que maintenant, et, puisque sa surface était dans un état radiatif analogue, elle devait être 100 fois plus étendue. Le diamètre du soleil valait, par conséquent, 10 fois le diamètre actuel, 14000000 de km au lieu de de 1 400 000. Ce qu’était alors notre petite terre, nous pouvons à peine nous l’imaginer; mais en supposant que nous ayons eu la possibilité de voir le soleil comme nous le faisons actuellement, il aurait mis à peu près une heure pour se lever au lieu de quelques minutes, et, une fois levé, son disque aurait eu un diamètre dix fois plus grand : un soleil géant certes, et encore cette dilatation de 1 à 10 est certainement timide par comparaison avec les possibilités extrêmes.
- Nous avons, au début, évoqué le souvenir de l’Ogre et du Petit Poucet, mais nos développements nous ont plutôt conduit à l’Ogre et aux bottes de sept lieues. Nous nous sommes élevés vers un domaine immense, celui des soleils géants, non pas au moyen des bottes de sept lieues, mais grâce à de tremblotants rayons lumineux, une échelle qui n’est pas lancée de notre terre vers les cieux, mais qui nous est plutôt tendue par les géants eux-mêmes.
- Comme l’Ogre, nos géants, aussi, ont été attaqués, non pas par le Petit Poucet, mais surtout par un Américain. Toutefois nous avons le plaisir de noter que ses recherches ont débuté à Cambridge, où il fit ses études, et en fin décompté, c’est à Cambridge qu’est née cette brillante confirmation d’Eddington que Russel lui-même a appréciée avec tant de courtoisie.
- II. II. Turnfr.
- Professeur à l’Université d’OxforH. (iraduit et adapté par H. Grouiller, astronome à l'Observatoire de Lyon).
- . «sfi*
- LES ÉTINCELLES D’ACIER
- Dans les aciéries ou dans les laboratoires des usines, mettant en œuvre les différentes catégories d’aciers, de savants spécialistes doivent se livrer à des nombreux essais chimiques, mécaniques ou physiques, soit pour contrôler les minerais de fer, les fontes ou autres matériaux de fabrication, soit pour s’assurer dé la qualité des pièces terminées, soit pour découvrir les causes de malformations accidentelles.
- Pour les premiers genres d’épreuves, on emploie les procédés et l’outillage ordinaire de la chimie minérale. Pour les examens mécaniques et physiques, tantôt on utilise de puissantes machines de traction ou de compression, tantôt avec l’appareil de Brinell, on évalue la dureté des aciers ou, avec des moutons de Çharpy et de Guillery, par exemple, on éprouve au choc des barreaux entaillés, tandis que le microscope métallographique de Le Chatelier
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- Fig. i. — Appareil de meut âge'sous pression constante, système Pitois
- Les étincelles se détachent sur un fond noir quadrillé et on les photographie de très près.
- permet dê déceler la structure intime d’un échantillon en regardant simplement une de ses faces, traitée par certains réactifs, puis polie. Pour les aciers spéciaux, il faut effectuer, en outre, des recherches sur leurs propriétés magnétiques et électriques, qui varient selon leur composition et les traitements métallurgiques subis.
- On s’adresse, en ce cas, à plusieurs instruments de haute précision tels que le magnétomètre Chevenard, capable d’enregistrer photographiquement les variations thermiques de l’aimantation- ou le déflectoscope du docteur Charles Burrows, avec lequel on examine tout objet d’acier sans en distraire la moindre parcelle.
- L’essai rapide des aciers, au moyen de leurs étincelles de menlage, n’a pas la valeur scientifique des méthodes précédentes. C’est un moyen d’analyse qualitative rapide, que M. E. Pitois, ingénieur au service des fabrications de l’aéronautique, a récemment perfectionné, grâce a l’emploi de la photographie. Divers savants l’avaient d’ailleurs précédé dans cette voie. Dès 1804, entre autres, le général d’artillerie Jacques de Manson avait déjà noté que l’attaque d’un acier à la meule produit une gerbe d'étincelles variable selon sa composition. Puis, plus près de nous, l’Américain Albert Shore (1907), notre compatriote Pourcel et surtout Max Bermann de Budapest (1909), s’étaient efforcés d’établir les caractéristiques de ces feux d’artifices en miniature. Ce dernier technicien avait noté trois formes principales d’étincelles, selon les échantillons. Dans la première catégorie, il classait les filets lumineux très grêles que le grain
- incandescent trace parfois dans l’air. Il rangeait, dans la seconde, les rayons agrémentés par quelques rares explosions de petits projectiles échauffés tandis qu’il mettait dans la troisième les multiples éclatements des sphérules d’acier portées à très haute température. En outre, il distinguait parmi les gerbes, des couleurs différentes : rouges, jaunes ou blanches avec des nuances variées. Enfin Bermann expliqua les phénomènes de la façon suivante. En tournant, la meule divise, à l’extrême, les particules de la pièce qu’on lui présente et les porte à l’incandescence. Le carbone (qui avec le fer et les autres métaux, entre dans la composition très varia* ble des aciers) contribue à l’élévation de température des minuscules grains détachés dudit objet. Alors, pendant leur rapide voyage aérien* ces boules lilliputiennes s’oxydent, se liquéfient et, par suite des gaz pro* duits, elles se fragmentent à l’infini. Ces considérations théoriques concordent d’ailleurs avec les faits observés, puisque les aciers, renfermant une forte proportion de carbone, fournissent des gerbes d’étincelles plus courtes et plus nourries que les aciers doux.
- Afin de pouvoir apprécier chaque gerbe d’étincelles dans son ensemble, M. Pitois a commencé par réaliser un appareil de meidage (fig. 1 ) actionné par une petite dynamo. Grâce à un système de leviers équilibrés par des contrepoids réglables à volonté, les opérations s’effectuent à pression constante quel que: soit le poids de l’éprouvette elles conditions d’attaque restent identiques, abstraction faite de l’usure légère de la
- Fig. 2. — Meulage d’un acier dans une atmosphère d’oxygène.
- La gerbe est très brillante, à moins que l’acier expérimenté soit inoxydable à haute température.
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- A4 —...... .......LES ÉTINCELLES D’ACIER
- Fis;. 3. — Photographie d’une gerbe d’étincelles provenant d’acier extra-doux, obtenue par M. Pilois.
- Dans le médaillon sont dessinées les caractéristiques des étincelles d’après l'examen à la loupe des clichés négatifs.
- meule, négligeable en l’occurence. Les étincelles se détachent sur un fond noir dont le quadrillage sert de repère et on les photographie de très près avec un objectif ayant au moins f : 5,5 d’ouverture. Vu leur petitesse et leur vitesse de déplacement, pour pouvoir les caractériser et réaliser sur la plaque l’apparence de gerbe avec de nombreux rayons, il faut enregistrer successivement plusieurs poses instantanées sur un même cliché. On agrandit ultérieurement les images obtenues afin de les rendre plus facilement.lisibles.
- Quant à la largeur de la fente et à la vitesse de déclenchement de l’obturateur, on les règle par tâtonnements. D’autre part, le sagace ingénieur enferme son appareil dans une caisse vitrée étanche, qui lui permet d’opérer dans des atmosphères d’acide carbonique ou d’oxygène pur. Quatre robinets à ajutage servent à amener ou à évacuer les gaz fournis par des bouteilles en fonte dans lesquelles ils se trouvent comprimés. Au moyen de vis décommandé on conduit l’éprouvette à essayer jusqu’au contact de la meule en agissant sur des têtes molletées disposées à l’intérieur de la caisse. L’expérimentateur introduit l’échantillon en ouvrant la trappe s’il veut opérer dans l’air, ou bien il la met en place avant l’envoi des gaz, puis il rabat la fenêtre dont les bords feutrés assurent l’étanchéité de l’enceinte (fig. 2).
- De la sorte* on arrive à séparer, dans le meulage, réchauffement consécutif à l’arrachement mécanique, du phénomène d’oxydation. Confirmant et précisant les constatations incomplètes de ses devanciers, M. Pitois a vu qu’à l’air libre certains aciers (les aciers fondus au carbone ou les aciers à haute teneur en carbone et manganèse, par exemple) fournissent des gerbes d’étincelles très riches en éclatements brillants, tandis que dans une atmosphère carbonique, quelques rayons rouges très sombres subsistent seuls et sans la moindre explosion. En ce cas, réchauffement mécanique intervient, mais les particules d’acier, projetées aü milieu d’un gaz inerte, ne s’oxydent pas. Enfin le meulage dans l’oxygène donne des étincelles d’une éblouissante
- clarté avec la plupart des aciers, sauf ceux inoxydables à haute température.
- Ces généralités posées, voyons comment les gammes photographiques obtenues par M. Pitois fournissent une base précise à sa méthode d’essai aux étincelles.
- Ainsi que le prouve l’expérience, chaque nuance d’acier se différencie par l’apparence d’un éclatement plus ou moins nourri qui, dépendant seulement de la teneur en carbone, reste immuable pour un échantillon donné, en dépit des traitements de recuit, de trempe ou d’écrouissage. Grâce à la photographie, M. Pitois a pu fixer ces formes avec précision et il a bien voulu nous communiquer quelques-uns des documents typiques qu’il a obtenus avec son matériel optique à très haute luminosité ci-dessus décrit.
- Sur chacune des illustrations reproduites, on aperçoit, dans des médaillons circulaires, les traits caractéristiques des étincelles dessinés à la main après examen à la loupe des clichés négatifs correspondants. De la sorte, les praticiens, appelés à se servir de ces photographies, peuvent mieux se graver dans la mémoire l’allure générale des gerbes.
- Par exemple, pour les aciers au carbone, l’essai aux étincelles permet de distinguer les catégories suivantes : extra-doux, doux, doux mi-doux, mi-doux, mi-dur, dur, extra-dur, et d’apprécier à l’œil les variations qualitatives. Et même pour les aciers extra-durs, en comparant la longueur des gerbes avec celle d’un échantillon de composition connue, un technicien expert obtient des indications fort intéressantes en pratique, quand des ruptures prématurées empêchent d'effectuer des essais mécaniques de traction.
- Voici d’abord la longue et large gerbe jaune d’or d’un acier extra-doux (fig. 5). Ses rayons forment une succession de fuseaux très allongés et se renflent en certains endroits plus brillants que leresfe. En outre, si on regarde le cliché à la loupe, on y distingue de courtes barbes qui se détachent des renflements. Ces apparences s’expliquent de la façon suivante. Le meulage désagrège facilement les
- Fig. 4. — Étincelles d’acier doux trempant.
- Dans le médaillon est dessiné réclatement à 3 branches qui caractérise cette catégorie d’aciér.
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- aciers extra-doux et les trajectoires de leurs particules incandescentes s’entre-croisent en tombant.
- Dans les aciers plus carbures, on voit apparaître les éclatements en étoiles. Ce signe est très important, car il indique le point à partir duquel l’acier devient fragile par trempe sans revenu, et ne convient plus, ni comme acier de cémentation, ni comme pièce soudable. En particulier, dans les moteurs d’aviation, on constate souvent des fissures avec des tôles dites douces mais donnant des étoiles à la meule, alors qu’on évite pareil accident quand on emploie des tôles véritablement douces caractérisées par des rayons fourchus, munis de barbes sans éclatements en étoiles. De son côté, l’acie?' doux trempant, autrement dit l’acier donnant à l’état recuit la résistance de l’acier doux, mais dont la dureté s’accroît presque du double par la trempe vers 900-950°, est caractérisé aussi par une gerbe d’étoiles rares et surtout à 5 branches (fig. 4).
- Avec X acier demirdur, la gerbe se raccourcit et les éclatements se multiplient; en même temps, la couleur dorée pâlit tout en devenant plus brillante et les tiges s’amincissent en se ramifiant. Avec Vacier dur, les houpes d’éclatements s’épanouissent sous forme de minuscules boutons qui ressemblent à des Heurs. Quant à la gerbe des aciers extra-durs, (tels les aciers fondus pour outils) elle se reconnaît facilement malgré sa grande complexité. D’autant plus courte que l’échantillon est plus carburé, elle simule un brillant bouquet de feu d’artifice lilliputien aux fleurs lumineuses enchevêtrées. La photographie comme les dessins schématiques (fig. 5) ne rendent qu’imparfaitement la féerique beauté de ces minuscules explosions.
- De même, le meulage permet de distinguer la fonte blanche de la fonte grise. La gerbe de la première s’épanouit très vite, en éclatements dont la couleur, l’éclat et le foisonnement rappellent ceux des aciers durs et extra-durs. Au contraire, les rayons rectilignes rouge foncé de la seconde s’allongent, s’amincissent jusqu’à leur extrémité souvent recourbée tantôt en pointe, tantôt en bouton,
- Fig. 6. — Étincelles d’acier à forte teneur en nickel et carbone.
- On observe dans ce cas des traînées isolées et jaunâtres ainsi que des séries d’éclatements variés et successifs.
- Fig. 5. — Étincelles d'acier à outils fondu exlra-dur. La gerbe est d’autant plus courte que l’échantillon est plus carburé; elle simule un brillant feu d’artifice lilliputien, aux fleurs enchevêtrées, dont la photographie ne rend qu’imparfaitement la féerique beauté.
- mais dont la brillante luminosité tranche toujours sur la sombre tonalité du reste du faisceau. Aussi l’essai aux étincelles avant usinage d’objets en fonte grise est à recommander, car, delà sorte, on pourra éliminer les pièces de coulée qui présentent en surface la gerbe caractéristique de la fonte blanche sur la croûte de laquelle se seraient émoussés les outils du tour.
- D’autre part, pour les aciers spéciaux, M. Pitois a établi, par sa nouvelle méthode, de très intéressantes séries de photographies fixant les caractères principaux des constituants. On reconnaît, en particulier, sur ces documents, le silicium, le nickel, le chrome, le tungstène et le manganèse.
- Les aciers au silicium donnent une gerbe serrée et lumineuse, mais sans éclatements. Les rayons longs et pointus se recourbent brusquement vers leur extrémité et plus la teneur en carbone augmente, plus les petites boules extrêmes deviennent fourchues et brillantes. Dans les aciers au nickel, ce dernier métal joue, en quelque sorte, le rôle d’éteignoir pour ceux à faible teneur, que caractérise un fuseau formé de rayons discontinus et assez courts. Pour les aciers à forte teneur en nickel et carbone (fig. 6), on observe des traînées isolées et jaunâtres, ainsi que des séries d’éclatements variés successifs, mais en nombre restreint. Puis lorsque l’on arrive aux doses massives de nickel, la gerbe se réduit à un mince pinceau de petits rayons rougeâtres. D’autre part, les aciers au tungstène et au chrome-tungstène se différencient par des gerbes rouges dont les rayons inactiniques ne donnent aucune image sur la plaque photographique. Au contraire, la présence du manganèse exalte les particularités brillantes des aciers au carbone. L’éclatement en fleur prédomine ; la gerbe se montre d’une éblouissante blancheur. En particulier, avec les aciers à haute teneur en manganèse et carbone, on assiste à un original feu d’artifice; dans certains cas, on observe, tout autour de la meule, des étincelles très lumineuses (fig. 7). On y distingue les différentes variétés d’éclatement carac-
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- téristiques des aciers au carbone, renouvelés souvent plusieurs fois, sur le parcours du même rayon. Les dessins du médaillon de la même gravure schématisent la genèse de ces branches aux feuilles lancéolées et brillantes, aux blanches fleurs rondes et étincelantes. Quant à la gerbe du ferro-cérium, bien connue de tous les fumeurs qui utilisent les briquets, elle se compose d’une jolie explosion d’étincelles blanc d’argent très photogénique et par conséquent facilement photographiable.
- Enfin, M. Pitois, en coupant verticalement les gerbes de meulage avec une lame de verre ordinaire, a vu les particules métalliques incandescentes s’incruster .dans cette plaque. Puis, en examinant au microscope les incrustations ainsi produites, il a
- Fig. 7.
- Étincelles d’acier à haute teneur en carbone et manganèse.
- constaté qu’elles comprenaient des morceaux d’émeri extrêmement fins mêlés à des particules métalliques non moins ténues. Il chercha ensuite à séparer les éléments constitutifs afin d’essayer de différencier les variétés d’aciers moulés. Toutefois ces examens lui fournirent des résultats bien moins nets que les gerbes d’étincelles. Voici, par exemple, une incrustation d’acier doux (fig. 8), due à un faisceau de
- ACADÉMIE I
- Séances c
- La pluralité des mêlaphosphates alcalins insolubles. — M. Paul Pascal reconnaît quatre variétés réductibles l’une à l’autre des sels de Kurrol, faciles à reproduire, et sans relation directe avec le sel unique de Maddrell. le caractère colloïdal accompagne toujours la structure cristalline et disparait dans les sels amorphes préparés aux températures extrêmes.
- La-production d’ozone par les végétaux verts.— Tandis que les végétaux non chlorophylliens (moisissures, tubercules) n’offraient .que des résultats négatifs, M. Henri Coupin a obtenu, avec des végétaux à plantules, une production d’ozone qui semble indiquer que ce gaz est émis en même temps que l’oxygène et qu’il est une conséquence de l’assimilation chlorophyllienne.
- meulage coupé par une lame de verre au voisinage de sa naissance et grossi 60 fois environ. Son aspect montre qu’un certain nombre seulement de particules ont éclaté. Sur d’autres microphotographies, on observe qu’à l’origine de la gerbe, les parcelles se trouvent à l’état de copeaux, puis se liquéfient un peu plus loin sur la trajectoire, comme l’indiquent les éclaboussures. Les incrustations se révèlent d’ailleurs différentes, selon la nature des échantillons. Ainsi les copeaux des aciers rapides interceptés au passage, ne sauraient être confondus avec les pâtés de taches produits de la même manière par le ferro-cérium ou avec les éclaboussures surtout en étoile des aciers carburés ou encore avec les formes fréquemment annulaires
- Fig. 8.
- Incrustations dans le verre des étincelles provenant u meulage d’un acier doux (grossissement 60 environ).
- qu’affectent les gouttelettes fondues des aciers au carbone recueillies de la sorte. Toutefois, vu la complexité des phénomènes et des aspects observés, on n’arrive à distinguer qu’avec peine les traits caractéristiques de l’incrustation sur verre d’une gerbe d’étincelles dont l’enregistrement photographique constitue une méthode d’analyse beaucoup plus exacte. Jacques Boyer.
- :S SCIENCES
- mai 1924
- Un nouvel acétate basique de zinc. —Par distillation’ dé l’acétate, dans un vide très poussé, Mlle Robin et M. Auger obtiennent, sous la forme d’octaèdres transparents et fusibles à 250°, un sel basique Zn40 (Cil3. COO)°, soluble dans le chloroforme et le benzène, comparable à l’acétate G140 (CH3. COO)6 signalé par Urbain et Lacômbe. Et cela fournit un nouvel exemple des nombreuses analogies qui rapprochent les métaux Zn et Gl.
- La suppuration urinaire non microbienne. — Il semblait jusqu’ici qu’il y avait là un symptôme de la tuberculose rénale. De la note du Dr hazy, il est à retenir qu’on ne doit faire aucun diagnostic avant le contrôle de l’inoculation aux cobayes, et cela d’autant plus que l'évolution de la tuberculose 11’est pas rapide au
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- UN NOUVEAU SYSTÈME DE GOUVERNAIL
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- point de rendre dangereuse, pour le sujet, l’attente des quelques semaines nécessaires au développement du mal chez les animaux mis en observation.
- Le recuit et les propriétés magnétiques des tôles au silicium. —Pour ces matériaux employés dans la construction électrique, M. Cazaud a étudié les influences respectives de la température, des vitesses d’échauffement, de la nature de l’atmosphère, enfin de la durée du recuit sur la perméabilité magnétique, le coefficient et les pertes d’hystérésis, enfin la résistivité et les pertes Foucault.
- La coagulation du sang. — Après des essais qui ont porté sur du sang de lapin ou de grenouille, soumis à différents réactifs (éther, sels sodiques, alcool),M. Jules Amar établit une théorie de la coagulation, basée sur la rupture d’un équilibre physico-chimique entre l’eau, la fibrine et les globules, rupture accompagnée d’un phénomène diastasique.
- Les conditions de sécurité des barrages massifs. — M. Charles Rabut établit que la règle de Maurice Lévy,
- considérée comme coûteuse, gagne en sécurité lorsqu’on en précise les termes. Il y a en tout cas avantage, pour assurer.la sécurité de la face amont, à faire usage d’une armature métallique qui permet de réduire le massif au lieu de l’augmenter en épaisseur.
- La recherche de la mallase dans le malt. — En appliquant le procédé biochimique de caractérisation du glucose, qu’il a imaginé avec Bourquelot et dont le mode opératoire a été précisé en collaboration avec M. R. Arnold, M. Marc Bridel confirme les résultats annoncés en 1923 par le professeur Maquenne, sur la présence d’une diastase dans le macéré de malt.
- L’onde explosive de la Courtine. — M. Deslandres communique les résultats fournis, au soir du 15 mai dernier, par les appareils spéciaux qweM. Pérot a montés à l’observatoire de Meudon. Le microphone à papier enfumé, employé au repérage des canons par le son, a seul donné des résultats nets en indiquant le passage de deux ondes à huit dixièmes de seconde d’intervalle.
- Paul B.
- t*
- UN NOUVEAU SYSTÈME DE GOUVERNAIL
- Il a été procédé, il y a quelque temps, au bassin d’expériences nautiques, de Hambourg, à des démonstrations d’un appareil qui modifie, de la façon la plus intéressante et la plus avantageuse, le fonctionnement du gouvernail des navires.
- L’idée en est due à M. Anton Flettner.
- On sait quelles profondes modifications ont été apportées, depuis un demi-siècle, dans les dimensions, le tonnage, et surtout la vitesse des navires tant de guerre que de commerce.
- Pour faire évoluer convenablement ces masses énormes, il a fallu donner à leur gouvernail des surfaces de plus en plus importantes, comportant des réactions de plus en plus considérables de la part des filets d’éau qui les frappent. Par voie de conséquence, on a dû installer, pour mouvoir ces gouvernails agrandis et rendus très lourds en raison de la solidité qui leur est nécessaire, des appareils mécaniques de plus en plus nombreux, compliqués et par conséquent sujets à des dérangemenls dont les suites peuvent avoir l’importance qu’on imagine.
- L’idée est venue à un ingénieur allemand, M. Anton Flettner, qu’il serait possible d’obtenir à ce sujet une grande simplification.
- Et voici comment la Revue anglaise Shipbuilder nous présente la solution de ce problème.
- La partie arrière du safran du gouvernail A (fig. 3), est découpée de façon à contenir un petit gouvernail auxiliaire D qui reçoit son mouvement directement de l’appareil à gouverner comme je le montrerai plus loin.
- Et voici ce qui se passe (fig. 1.)
- Si le petit gouvernail D est amené de la position longitudinale 1 à la posilion oblique 2, la pression de l’eau Pj agit sur lui dans la direction indiquée par
- i la flèche. La force ainsi créée fait mouvoir le gouvernail principal et l’amène dans une certaine position (fig. 2) déterminée par l’équilibre entre les ! pressions P, et P2.
- Un autre mouvement du gouvernail D, par exemple en 3, provoquera un mouvement correspondant du grand gouvernail,
- La pression Pt, en raison du grand bras de levier sur lequel elle agit, est beaucoup plus faible que P2, surtout si le grand gouvernail est du type compensé, comme nous le supposons dans les figures.
- Par conséquent, la force qu’il est nécessaire d’employer pour faire mouvoir le gouvernail D est très petite, ce gouvernail pourrait d’ailleurs lui aussi être du système à compensation.
- En fait, on estime que la force à déployer pour faire évoluer un navire en se servant du petit gouvernail Flettner est seulement de 5 à 10 pour 100 de celle que nécessite le gouvernail ordinaire.
- Cet appareil supprime les servo-moteurs et autres engins à vapeur dont on se servait jusqu’ici pour les naxires d’un certain tonnage; un simple système de renvoi de mouvement à la main suffisant parfaitement pour faire tourner le petit gouvernail. On évite ainsi des frais d'installation assez élevés et les chances d’avaries correspondantes.
- Le vapeur Frigi.io, de la taille d’un chalutier, est muni depuis 2 ans d’un gouvernail Flettner qui a donné toute satisfaction. Un cargo de 8000 tonnes à moteur, en construction aux « Deutsche Werke », en sera muni et ne portera aucun autre appareil à gouverner que la simple roue à mains exigée par le petit gouvernail. Enfin, un assez grand nombre de péniches naviguant sur le Rhin, sont gréées avec ce nouvel appareil, qui leur est très utile pour fran-
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- Fig. i et 2. — Schémas montrant le fonctionnement du gouvernail système Plettner et le mode d’action
- du petit gouvernail auxiliaire D.
- chir les rapides dans lesquels l’opération de gouverner est particulièrement difficile et nécessite souvent la présence à la roue de deux ou trois hommes.
- Pour la navigation en rivière ou en- canaux, où la faiblesse du tirant d’eau nécessite une grande surface de gouvernail, M. Flettner a également construit des gouvernails à 3 safrans parallèles, le safran du milieu portant seul le petit appareil auxiliaire.
- Voici un exemple de l’installation qui peut être adoptée pour un gouvernail ordinaire (fig. 3.)
- L’axe B qui porte le gouvernail proprement dit A est creux. Il est guidé, à sa partie supérieure, par un roulement à billes P.
- Un axe secondaire xy passe dans l’évidement de l’arbre principal et repose sur un support pivot c pratiqué dans le métal même du grand gouvernail.
- La tige xy, par l’intermédiaire d’un système de renvoi de mouvements, à engrenages oui leviers, provoque les diverses orientations du petit gouvernail D découpé dans la partie arrière du grand safran.
- A sa partie supérieure, l’axe xy porte un secteur ou un tambour avec lequel on gouverne, directement ou par une simple corde ou un fil d’acier, les
- mouvements de l’appareil à gouverner de la passerelle.
- Le gouvernail Flettner présente en outre un avantage particulier lorsque le bâtiment marche en arrière, ou cule pour employer l’expression maritime traditionnelle. On sait que dans ces conditions, l’effet du gouvernail ordinaire se réduit à fort peu de chose, et qu’il a en outre à supporter, si la vitesse en arrière prend de l’importance, des pressions d’eau dangereuses pour sa solidité.
- Avec le gouvernail Flettner, voici ce qui se passe. Dès que le navire prend de la vitesse en arrière, le gouvernail principal que rien n’immobilise tourne sur son axe et vient se placer dans la position indiquée dans la figure 4. Et alors le petit gouvernail se présente relativement au sens de la marche en arrière, il agit exactement dans- les mêmes conditions que pour le cas de la marche en avant. L’action du grand gouvernail est donc assurée comme si le navire allait de l’avant. On voit l’intérêt du système dans ce cas.
- En outre du chalutier Frigido et des chalands du Rhin et du Danube, l’invention de M. Flettner a été appliquée par la ligne Hambourg-Amérique, au paquebot Odenwald à bord duquel elle donne d’excellents résultats. Cl Sauvaire Jourdan.
- Le Gérant : P. HPasson. — Imjinrrene Lauore. 9. tue de Fleuras, à Parip. %
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- LA NATURE - N* 2625
- 26 JUILLET 1924
- LES ALGUES MARINES UTILES
- La plus grande partie de nos côtes sont rocheuses et, par suite, couvertes d’Algues qui y demeurent cramponnées toute l’année ou, plus souvent, en sont arrachées par les vagues pour être rejetées sur la grève. Tous ceux qui passent leurs vacances au bord de la mer ont remarqué les amas énormes qu’elles forment parfois et regretté que l’on paraisse ne pas savoir tirer parti d’une quantité si considérable de matière végétale apportée par le flot, alors qu’on se donne tant de mal pour obtenir la moindre botte de foin. A la vérité, si les Algues marines ne sont pas d’une utilité vitale pour nous, elles ne sont pas, non plus, complètement inutilisées — loin de là — et, vraisemblablement, dans l’avenir, nous rendront encore plus de services.
- Pour jeter un coup d’œil sur l’utilisation des Algues marines et mettre un peu de clarté dans cette question, parfois un peu confuse, nous diviserons ces Algues, comme le font les Algologues, en leurs quatre groupes : 1° les Algues brunes; 2° les Algues rouges; 5° les Algues vertes; 4° les Algues bleues, groupes de très inégale valeur quant à leur utilisation, puisque le premier a, presque seul, un véritable intérêt f1).
- 1° Algues brunes. — Sur nos côtes bretonnes, qui sont les plus intéressantes au point de vue qui nous occupe dans cet article, on donne à l’ensemble des Algues marines le nom de goëmon et c’est sous cette dénomination qu’on les utilise. A cet égard, on distingue, quant à sa récolte, le goëmon épave, qui est rejeté, spontanément, par les vagues, et le goëmon de coupe, que l’on est obligé d’aller « cou-
- 1. On trouvera la Bibliographie et des détails circonstanciés dans : Sadvageau, Utilisation des Algues marines, Doin, édit., Paris, 1920,et P. Gloess, L es plantes marines. Leurs utilisations [Bull, de /’Inst, océanographique,' rii 550, Monaco, 1919). Pour les gravures faisant connaître leur structure et leurs organes reproducteurs, voir : II. Goupin, Les Algues du Globe, Paris, 1923.
- Fig. 2. — Fucus platycarpus.
- 52' Année. — 2” Semestre.
- Fig. i. — Fucus serratus en place sur une roche.
- per » sur les rochers où les Algues poussent (*).
- Le goëmon épave contient, bien entendu, toutes sortes d’Algues, mais celles qui y dominent sont les Algues brunes, qui, en séchant, deviennent noires (d’où le nom de goémon noir), et notamment les Fucus et les Ascophyllum, que tout le monde connaît... pour les chutes qu’ils provoquent lorsque les baigneurs imprudents essayent de marcher sur le tapis glissant qu’ils forment sur les rochers. Les Fucus sont formées de lanières planes, au toucher mucilagineux, au bord denté chez le Fucus serratus et non denté chez le Fucus plalicarpus et le Fucus vesiculosus, celui-ci pourvu de cloques remplies de gaz lui servant de flotteurs quand la mer monte; leurs organes reproducteurs, qui se forment surtout au printemps, se trouvent à l’extrémité des lanières, en continuité directe avec eux et marqués de petites bosses (conceptacles) s’ouvrant à la maturité. Chez les Ascophyllum, les lanières ne sont pas plates (sur la section transversale, elles sont ovalaires) et, de plus, les masses reproductrices, sont portées par de petits pédoncules à la manière de fruits encore ^ attachés à leurs branches. Toutes ces Algues sont attachées à leur base, par des sortes de racines, aux rochers; à la plupart des marées, elles « découvrent « à marée basse et, au contraire, sont complètement immergées à marée haute. A force de les battre, les vagues les détachent de leur support et les rejettent peu à peu sur la grève, où elles s’accumulent en amas considérables, surtout après une tempête et, plus particulièrement aux marées d'équinoxe ; elles sont entraînées surtout du côté, opposé aux vents dominants et se déposent « en épaves » surtout sur les côtes en pente douce. Sur la grève, ce goëmon reste frais pendant plusieurs jours, mais se dessèche si on le laisse en place, éventualité qui
- 1. On donne aussi au goëmon (lequel s écrit également goémon), le nom de varech, mais ce nom devrait plutôt être réservé à celui qui esl constitué par les zostkres dont nous parlerons à propos des Algues vertes bien que ce ne soient pas des Algues.
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- LES ALGUES MARINES UTILES
- Fig. 3. Fig.
- Ascophyllum nodosum. Himanthal
- est assez exceptionnelle, car, sur la plupart des côtes, les riverains le recueille et en font des « meules », où il se dessèche et qu’ils utilisent eux-mêmes ou vendent à d'autres personnes sachant en tirer parti; il est considéré comme appartenant à tout le monde et c’est par suite, pour le récolteur, tout bénéfice, à part les frais qu’entraîne le transport du goémon depuis le bord du flot jusqu’à une certaine distance dans l’intérieur des terres ; il n’a pour en bénéficier qu’à se conformer aux usages locaux et aux décrets des maires donnant à chacun le droit de récolte dans tel ou tel endroit.
- Dans quelques localités, au lieu de se contenter du goémon épave rejeté par le flot, on va à pied (pas tout à fait... sec) cueillir le goémon sur les roches mêmes — à marée descendante — et on le rapporte sur la terre ferme où on le dispose, comme le premier, en « meules » pour l’utiliser ultérieurement; c’est le goémon de coupe ou, plus exactement, le goémon de rive. Cette cueillette se fait environ deux fois par an, soit en « sectionnant » les Algues près de leur base, soit en les « arrachant », ce qui est peut-être mauvais — la chose n’est pas bien certaine — pour la végétation de l’année suivante. On ne voit pas bien quel avantage on peut avoir à préférer le goémon de coupe au goémon épave, à moins qu’on ne tienne à avoir une récolte plus régulière, moins sujette au hasard et, peut-être, par suite de l’augmentation de la main-d’œuvre nécessaire, à augmenter les prix de vente. Mais ce sont là des questions commerciales auxquelles les botanistes n’entendent rien....
- A l’arrière-saison, comme les meules de goémon risquent de ne pouvoir séeher, on l’utilise presque de suite après sa récolte. En été, on laisse les meules se dessécher et alors les « récolteurs » l’utilisent eux-mêmes — s’ils sont, en même temps, cultivateurs — ou les vendent à des cultivateurs. Ce
- Fig. 5.
- Cystosira fibrosa.
- lorea.
- goémon est, en effet, un excellent engrais riche en potasse que l’on répand à la surface du sol ou que l’on enfouit dans la terre; il a l’avantage sur le fumier de ferme de coûter moins cher — et même rien du tout pour les riverains — et de n’apporter avec lui ni graines de mauvaises herbes, ni insectes nuisibles, ni spores de champignons pouvant devenir dangereux en provoquant des maladies crvpto-gammes; il est particulièrement recommandable pour les légumes cultivés comme primeurs, comme il y en a tant en Bretagne, de même que pour les pommes de terre, le trèfle, les carottes, les betteraves fourragères, les panais, le blé, l’orge(1).
- On peut aussi l’employer comme engrais pour la vigne; il ne communique au raisin aucun mauvais goût, comme on l’a dit à tort, parait-il (mais la chose serait à examiner d’un peu plus près).
- Fig. 6. — Laminaria saccharina.
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- D’après Hendrick, outre des sulfates, de la chaux, de la magnésie, le goémon frais contiendrait 0,5 pour 100 d’azote, plus de 1 pour 100 de potasse et moins de 0,1 pour 100 d’acide phosphorique ; il suffit donc d’ajouter un peu de ce dernier pour qu’il devienne supérieur au fumier, sur lequel, d’autre part, il a l’avantage, en raison du chlorure de sodium qu’il contient, d’être hygrométrique et de maintenir ainsi l’humidité du sol.
- Le goémon est aussi utilisé, et cela depuis le xuie siècle, pour l’obtention de la soude (carbonate de soude) qui entre dans la fabrication du verre et du savon et sert également à nettoyer le linge et à mordancer les étoffes. Cette « soude de varech » s’obtient, simplement, par incinération, ce qui donne des cendres contenant à la fois de la potasse (2,94 pour 100 pour le Fucus vesiculosus), de la soude (4,25 pour 100) et des traces d’iode (0,054 pour 100). Cette industrie, très réputée autrefois pour la verrerie, est aujourd’hui presque abandonnée et ne s’est maintenue que çà et là, par exemple sur la côte du Conquet.
- Dans ce que nous venons de dire rentrent, non seulement les Fucus et les Ascophyllum qui en
- Fig. 8. — Gelidium corneum.
- constituent la partie principale, mais aussi d’autres Algues brunes, parfois non moins communes, notamment ÏUalydris siliquosa dont les flotteurs et les fructifications ressemblent à des siliques de Crucifères; l'Himanthalia lorea, formé de lanières épaisses, longues de plusieurs mètres et partant d’une masse charnue en forme de godet ou de toupie; le Chorda filum, semblable à une longue .ficelle et les Cyslosira munis de flotteurs.
- Le goémon de coupe ne comprend pas que le goëmon de rive, dont nous venons de parler, mais aussi le goëmon de fond, qui est surtout constitué par de grandes Algues brunes du genre Lami-naria, lesquelles sont représentées en France, surtout, par : le Laminaria saccharina formé d’une lame de 3 à 4 m. de large, comme godronnées sur les bords, partant d’un « stipe » cylindrique, de la grosseur du pouce, lequel est, par sa base, muni de
- Fig- 7- — Chondrus crispus.
- crampons attachés aux rochers (le nom de « saccharina » lui vient de ce qu'en séchant elle se couvre d’une poudre blanche sucrée) ; le Laminaria flexi-caulis et le Laminaria Cloustoni (ces deux Laminaires, autrefois, étaient réunis sous le nom de Laminaria digitata), qui ont aussi un stipe cylindrique, mais dont la lame au lieu d’être d’une seule pièce, comme la précédente Laminaire, est découpée en lanières rayonnantes de 1 à 3un. de long; le Saccho-riza bulbosa, dont la base fixatrice est volumineuse et couverte d’aspérités, Toutes ces Laminaires vivent dans des endroits qui ne découvrent pas, même aux grandes marées ; on ne peut guère aller les couper à pied et, pour y parvenir, il faut se servir de barques plates et se munir d’une longue serpette emmanchée au bout d’un bâton. Cette cueillette, assez pénible, ne peut se faire qu’à certaines dates fixées par les règlements et seulement par des pêcheurs ayant versé une certaine somme au fisc. C’est qu’en effet lesdites Laminaires ont une valeur appréciable, car elles servent à l’extraction de l’iode, substance qu’elles contiennent en quantité notable, tandis que les Fucus et genres voisins n’en ren-
- Fig. n. — Rhodymenia palmata
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- Fig. io. Fig. ii.
- Porphyra. Nitophyllum punctatum.
- ferment que des traces non exploitables. Les pêcheurs coupent les Laminaires au milieu de leur stipe, les accumulent dans leur bateau, puis les ramènent sur le rivage, où elles sont incinérées dans des « fours à iode », qui donnent une bouillie épaisse, laquelle est vendue à des industriels qui en isolent l’iode, si employé aujourd’hui et dont le prix ne fait qu’augmenter.
- Les Laminaires peuvent aussi servir à un autre emploi que l’extraction de l’iode. Leur stipe, desséché, devient dur comme de la corne et peut être travaillé pour faire (sous le nom de corne de cerf artificielle), des manches de couteau, des coupe-papiers, etc. ; de plus, comme il a la propriété de s’imbiber facilement d’eau et de se gonfler énormément, on peut se servir de ce stipe desséché pour dilater lentement certains orifices du corps humain, comme, par exemple, le col de l’utérus.
- Pendant la dernière guerre on s’est demandé si les Algues ne pourraient pas servir à l’alimentation, tout au moins à celle des animaux. Des naturalistes, Sauvageau, Lapicque, Paul Gloess, Adrian, etc., se sont attachés à résoudre cette question et ont obtenu des résultats assez satisfaisants. Nous ne citerons que l’une de ces expériences, exécutée sous la direction de M. Sauvageau, professeur de botanique à la Faculté des Sciences de Bordeaux, sur les chevaux du grand raffineur M. Barronnet-Frugès, qui, lui-même, est un ardent botaniste :
- Les Algues — des Fucus ou des Laminaires — étaient données aux chevaux après avoir été séchées, puis mises à macérer dans de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique. Mélangées avec de l’avoine, elles furent, d’abord, dédaignées par certains chevaux, puis acceptées et mangées, même avec plaisir; les premiers jours les débris d1 Algues sortirent intacts avec le crottin, puis disparurent, montrant ainsi qu’ils avaient été digérés. On arriva ainsi, peu à peu, à remplacer toute l’avoine par des Algues et cela n’empêcha pas les chevaux d’augmenter de poids et d’exécuter leur travail habituel (gros camionnage).
- La démonstration semble donc être faite que les Algues brunes sont susceptibles de servir à l’alimentation des chevaux ; mais la question, semble-t-il,
- gagnerait à être « creusée » d’un peu plus près, par des vétérinaires notamment. Vu leur composition chimique, il est bien évident que leur valeur alimentaire doit être assez faible et ne peut guère être considérée que comme « adjuvant » à celle d’autres aliments. Par ailleurs, dans certains pays du Nord, les Algues sont, paraît-il, parfois employées à l’alimentation des animaux, surtout par temps de disette, période où l’on voit parfois les vaches affamées brouter d’elles-mêmes les Algues croissant sur les rochers. Parmi ces Algues alimentaires, l’une d’elles, YAlaria esculenta, reconnaissable à la nervure qui parcourt sa lame, sert même, aux îles Féroé et en Islande, à l’alimentation de l’homme; chez nous, c’est une espèce trop rare pour être utilisée.
- Ajoutons enfin, que, des Algues brunes, on peut aussi, paraît-il, tirer des matières grasses et de l’alcool; mais je manque de renseignements sur la question.
- Bien que, dans cet article, nous ne nous occupions que des Algues françaises, nous ne pouvons nous empêcher de dire que, sur les côtes américaines, les Algues brunes sont au moins aussi abondantes que sur nos côtes et, comme il s’agit de l’Amérique, on ne s’étonnera pas que la plupart aient des dimensions... colossales (Macrocystis, etc.). On les cueille avec des appareils mécaniques, sortes de moissonneuses— ceux-ci ne pourraient servir chez nous en raison de la nature des côtes — puis on les utilise d’une manière sur laquelle nous manquons de précisions.
- 2° Algues rouges. — De toutes les Algues rouges de nos côtes, la plus employée — presque la seule, pourrait-on dire — est le Chondrus crispus, connue depuis très longtemps sous le nom de Carragaheen (autrefois on l’appelait Lichen Carragaheen parce que l’on croyait que c’était un Lichen). C’est une petite Algue guère plus grande que la paume de la main ou que la main elle-même, formée d’une lame rouge — parfois un peu verte — lobée (elle est très polymorphe) et portée par une partie étroite se fixant, a l’extrémité inférieure, aux rochers. Le
- Fig. 12 — Corallina officinalis.
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- Chondrus vit là où la mer découvre à marée basse; de mai à octobre, les riverains vont le cueillir à la main, puis l’étalent au soleil, où il se dessèche et blanchit (d’où le nom breton de « goémon blanc »). Un en fait un dessert, qu’en Bretagne on appelle « pain de goémon », en le faisant bouillir dans du lait additionné de sucre et de divers aromates; après l’ébullition, on l’enlève du mélange et on laisse refroidir le lait qui, dès lors, se prend en masse et, mangé, « fond dans la bouche » à la manière de la gelée des charcutiers ; ce dessert, assez agréable, n’a, par ailleurs, pas d’autre valeur nutritive que celle du lait lui-même que l’on a employé pour l’obtenir. Le Carragaheen, autrefois, servait plutôt aux emplois pharmaceutiques et sert peut-être encore au même usage, car on le voit, parfois, à la devanture des pharmaciens (1).
- Cette « gelée » doit être, chimiquement, très voisine de la gélose ou agar-agar (ces deux mots ne sont pas, d’ailleurs, rigoureusement synonymes) que l’on emploie en bactériologie et qui provient de
- Fig. 14. —• Plocamium coccineum.
- diverses algues rouges des côtes du Japon, notamment du genre Gelidium, qui existe aussi sur nos côtes, mais en trop petite quantité pour être exploitée. Au Japon, ce Gelidium (et, sans doute, d’autres espèces d’Àlgues rouges) sont mis à bouillir dans de l’eau, ce qui donne un liquide mucilagineux. Celui-ci, une fois desséché, est découpé en lanières, forme sous laquelle nous parvient Yagar-agar. Uagar, mis dans l’eau chaude, gonfle beaucoup et donne, par le refroidissement, une gelée très favorable, surtout lorsqu’elle est additionnée de principes nutritifs (peptone,etc.), pour la culture des bactéries et des moisissures.
- Sur nos côtes, on rencontre, parfois, abondamment, une Algue rouge, très polymorphe, le Rhody-menia palmata, que l’on peut manger (on le fait surtout en Islande) telle quelle (elle n’a guère de saveur) ou après avoir été lavée à l’eau douce, puis séchée ou mangée avec de l’huile ou du jus de citron
- 1. Ce même mucilage sert aussi à l’apprêt des tissus, à la clarification de la bière et du miel, ainsi que pour donner du corps au papier et aux chapeaux de paille ou de feutre.
- Fig. i3. — Lithothamnium calcareum, le Maërl.
- ou cuite avec du poivre, du vinaigre et du beurre (1). Ce n’est guère qu’une friandise (?) n’ayant, vraisemblablement, aucune valeur nutritive, pas plus que d'autres Algues rouges de nos côtes que l’on a recommandées au même point de vue, notamment les Laurencia, les Porphyra, les Dihea.
- Sous le nom de Mousse de Corse, on vendait autrefois, dans les officines, des Algues desséchées qui étaient ordonnées pour chasser les vers intestinaux; on ne les emploie plus guère aujourd’hui, je crois. Cette « Mousse », étudiée par les botanistes, a été reconnue être composée d’un grand nombre d’espèces d’Algues rouges, dont, particulièrement, YAlsidium Helmintkocorton, que l’on a considéré d’abord comme la partie anthelminthique du produit, puis qui a été déchu de son rôle parce que, dans certaines « Mousses de Corse », on ne l’y a pas retrouvé, ce qui, d’ailleurs ne les empêchait pas d’être efficaces (peut-être par persuasion...).
- Un autre médicament abandonné aujourd’hui est encore une Algue rouge, la Coralline, dont les rameaux sont recouverts d’une croûte calcaire et qui passait jadis pour avoir d’excellents effets sur notre santé; on a reconnu depuis quelle n’a pas plus de valeur que n’importe quel autre carbonate de chaux et,
- 1. Il paraît que les Écossais et les Islandais^ la chiquent après l’avoir lavée à l’eau douce,' puis séchée.
- Fig. i5. — Ulva lactuca.
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- tout au plus, un peu plus que celui que Ton trouve dans le sol (craie, etc.).
- Si, aujourd’hui, on laisse tranquillement, sur les rochers, les petites touffes un peu rosées des Coral-lines, par contre, on soumet à un rude traitement une autre Algue calcaire, le Lithothamnium calca-reum, dont les accumulations énormes en certains points constituent le Maërl. Celui-ci est constitué par les débris de l’Algue qui sont un peu rameux et presque tout entiers constitués par du carbonate de chaux compact. Là où l’on sait le Maërl abondant — notamment à l’embouchure des rivières — on le drague, à environ 25 m. de profondeur, et les cultivateurs bretons le répandent sur leurs terres pour les amender lorsqu’elles ne sont pas suffisamment calcaires par elles-mêmes, cas fréquent dans la péninsule armoricaine, composée surtout de roches siliceuses.
- Pour terminer ce qui a trait aux Algues rouges, il nous faut dire un mot d’une de leurs applications assez inattendue : la fabrication des cartes postales illustrées. Si ces Algues, au sortir de la mer, ont un aspect nullement artistique, il n’en est pas de même lorsqu’on les met à flotter dans l’eau, car, alors, elles montrent toute leur élégance et toute leur délicatesse. Il est possible, et, même très facile, de les « fixer » (*) dans cet état en glissant sous elle une feuille de papier que l’on soulève peu à peu, puis que l’on fait sécher ensuite suivant certaines règles. Si, au lieu d’une feuille de papier, on emploie une carte postale, celle-ci se trouve « illustrée » du coup par les Algues elles-mêmes, que certains papetiers savent disposer artistiquement pour en faire un ensemble harmonieux. Toutes les Algues rouges peuvent être utilisées à cet usage, mais on choisit généralement celles qui conservent le mieux leur
- 1. Voir La Nature, n° 2623.
- couleur rouge et leur délicatesse tout en s’incorporant intimement au carton de la carte postale ; parmi elles, se recommandent particulièrement les Nithophyllum, les Plocamium, les Delesseria, les Cysloclonium, les Ceramium, les Polysiphonia, toutes jolies Algues d’un beau rouge, auxquelles, d’ailleurs, il n’est, pas interdit d’ajouter certaines Algues vertes se prêtant tout aussi bien à cet exercice, comme, par exemple, les Ulva, les Ente-romorpha et les Cladophora.
- 5° Algues vertes. — Les Algues vertes du bord de la mer sont de peu d’utilité. Tout au plus peut-on citer les Ulva qui ressemblent un peu à des feuilles de laitue — d’où le nom de l’espèce la plus répandue, Y Ulva Lactuca — et que certaines personnes mangent en salade, soit seules, soit mélangées à de vraies feuilles de laitue; en réalité, ces Ulva n’ont aucune saveur et ne sont pour ainsi dire pas nourrissantes.
- Sur nombre de plages, on rencontre de véritables prairies sous-marines et d’autres plantes vertes, les Zostères (dans la Méditerranée, ils sont remplacés par des Posidonia), qui ne sont pas des Algues, mais des plantes à fleurs assez voisines des Graminées. Les feuilles de Zostères sont, souvent, arrachées par les vagues et viennent se mêler au Goémon (voir plus haut) ou constituent à elles seules (bassin d’Arcachon) des amas que font rouler les vagues (tous les baigneurs les connaissent) et qui, finissant par se sécher sur le sable, constituent le varech. Ce varech, frais, peut être utilisé, à la manière du goémon, pour servir d’engrais à la terre, mais on l’emploie plutôt sec, à faire des paillasses.
- 4° Algues bleues. — Les Algues bleues, d’ailleurs peu répandues et assez insignifiantes, ne sont d’aucun usage; elles n’intéressent que les collectionneurs, ces grands enfants. Henri Couhn.
- LES RÉVOLUTIONS DU GLOBE
- Il n’y a pas plus d’un siècle, le Dr Alexandre Bertrand s’efforçait encore de rester dans la tradition des grands encyclopédistes pour nous décrire, dans un style alerte, Les Révolutions du globe. Il s’agit bien d’un tableau d’ensemble largement brossé : idées cosmogoniques et hypothèses sur la formation de la croûte terrestre ; partie historique ; découvertes des animaux et des végétaux fossiles; bonne exposition de la théorie de Buffon et partie bibliographique assez complète ; masse interne et exposé d’une théorie de la chaleur du Globe d’après Fourier, avec données sur le refroidissement ; tremblements de terre et volcans ; écorce minérale, sol et sédiments ; atmosphè e ; masse des eaux, et sa diminution, d’après Lyell; abaissement du niveau de la Baltique ou de la baie de Baïa (Lyell) ; formation des vallées, glaciers.... l’ensemble est toujours frais et suggestif.
- Hélas ! dans la première moitié du xix® siècle, la Science devait marcher à pas de géant, faisant effondrer le rêve des connaissances encyclopédiques : au lieu de se borner aux idées générales sur les divers règnes de la
- nature, à des classifications systématiques, à un exposé en quelque sorte littéraire de nos acquisitions, elle accumule les faits d’observations, les cas particuliers, les anomalies, pour rendre de plus en plus malaisé tout effort de synthèse et de vue d’ensemble sur les phénomènes si variés et si complexes de la Nature.
- Joseph Bertrand voulut profiter de la situation presque unique qu’il sut acquérir, si jeune, dans le milieu scientifique pour tenir à jour l’ouvrage conçu par son père, et fit appel, pour des remarques, corrections et additions, à des savants distingués tels que les deux Sainte-Claire Deville, Delesse, Perrey, Dalimier, Martins. Avec toute sa série de notes, cette édition entièrement nouvelle est assurément du plus haut intérêt philosophique : on y voit les idées cosmogoniques d’Ampère, fort intéressantes pour l’action progressive attribuée à l’atmosphère, et en relation avec les travaux de Bron-gniart, les conséquences des variations de la teneur de l’air en acide carbonique ; l’exposé des travaux d’Arago et d’Elie de Beaumont; l’ancienneté relative des diffé-
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- LAVAGE ET CARBONISAGE DE LA LAINE —..—...— 55
- rentes chaînes de montagnes ; les diverses formations de sédiment, dont la position actuelle permet d’assigner l’époque relative des divers mouvements qui ont disloqué l’écorce terrestre; l’origine des êtres organisés, avec une critique de la théorie de Bremser ; une note intéressante de Martins sur la période glaciaire, tout un ensemble passionnant et qui manque un peu d’homogénéité, faute d’avoir été fondu dans un texte unique. Mais il y a plus ; cet ouvrage charmant, évocateur d’une génération qui se passionna pour la Science de la façon la plus désintéressée et crut y trouver rapidement la solution de toutes les énigmes, nous paraît aujourd’hui naïf et un peu puéril. Et c’est parce que le problème, en moins de cent ans, est devenu pour ainsi dire insoluble : qui donc, aujourd’hui, en dehors d’une brillante variation, oserait se risquer à une grande synthèse de tous les faits scientifiques qui concernent notre planète?
- Cependant, la difficulté des questions ne doit jamais conduire au découragement, mais bien plutôt inciter l’ingéniosité pour approcher de la vérité, serait-ce par quelque voie détournée. Les faits multiples sont là : nos mers ont été peuplées de coraux constructeurs analogues à ceux des mers tropicales,: évocateurs d’un climat beaucoup plus chaudpar contre, les vestiges importants des périodes glaciaires font penser à des époques plus rigoureuses que celle que nous traversons. Et si personne ne doute plus que nos pays aient éprouvé des modifications de climat, le mécanisme même de ces changements reste fort obscur : les uns, avec Constant PrévostetLyell, sont partisans d’une sorte d’évolution et se refusent à penser que le climat d’un pays quelconque puisse réellement demeurer semblable à lui-même, pour songer à une série ininterrompue de très lents changements climatériques ; d’autres imaginent de longues
- périodes uniformes, séparées par des changements subits ou rapides, et invoquent des cataclysmes (Cuvier) pour provoquer ces changements : depuis Arago, on a tendance à admettre que nos climats sont demeurés invariables depuis les temps historiques, ce qui ferait remonter assez loin le dernier cataclysme modificateur.
- Mais, que ce soit brusquement ou d’une façon progressive, peut-être même à travers des oscillations périodiques, notre climat est-il en voie de modification ? La question conserve tout son intérêt et toute son importance : elle passionne l’astronome comme le météorologiste, l’historien et le "géographe, surtout les naturalistes et en particulier les paléo-botanistes, les anthropologistes et même les médecins, les physiciens et les chimistes, les agronomes et les économistes : et si des variations dans le régime pluvieux, ou des déboisements, ont une répercussion sur la dépopulation comme on a pu le prétendre, c’est là matière à d’intéressantes recherches de démographie.
- La Science se complique de plus en plus et, à maintes reprises déjà, nous avons soutenu cette thèse que les travaux seraient presque toujours plus féconds si l’on développait suffisamment l’esprit d’association et de collaboration. L’effort de synthèse si intéressant tenté par Suess en ce qui concerne la géologie, qui oserait le faire à présent, seul, pour les Révolutions clu globe, en y comprenant les influences cosmiques très variées et les périodicités des phénomènes de l’atmosphère, avec les problèmes si difficiles de l’histoire géologique et de l’interprétation des restes d’un passé lointain ?
- La haute portée d’un tel problème mériterait que l’effort fût tenté en commun.
- Jean Mascart.
- Directeur de l'Observatoire de Lyon.
- LAVAGE ET CARBONISAGE DE LA LAINE
- Encore que le coton soit employé aujourd’hui universellement, et filé et tissé de manière à permettre la confection d’étoffes de toutes natures utilisées pour la lingerie et le vêtement, la laine, plus anciennement connue, n’a rien perdu de son importance, et ses usages multiples dans l’industrie du vêtement en font un article de première nécessité et d’un emploi universel.
- Sa production mondiale, avant la guerre, atteignait près de 1 \ 00 000 tonnes, provenant, pour un tiers environ, de la seule Australie.
- Bien qu’on donne plus communément le nom de laine à la toison du mouton, elle existe, en plus ou moins grande quantité, sur le corps de nombreux mammifères, mélangée plus ou moins à des poils soyeux appelés Jars ou poils jarreux.
- La vigogne, les lamas, et notamment l’alpaca ou alpaga, le yack, le chameau, la chèvre, donnent des laines aujourd’hui très employées, et tout le monde connaît les cachemires et les alpagas.
- La production de ces laines est cependant infime si on la compare à la production des laines de mouton. Celles-ci, d’ailleurs, sont de qualités très diverses, variant, en longueur, de 2 à 3 centimètres
- à 25 ou même 50 centimètres, et, en diamètre du brin, de 0 mm. 025 à 0 mm, 045, suivant les variétés.
- Dans les laces Mérinos sélectionnées avec soin, les poils jarreux ont presque totalement disparu, et les toisons sont d’une finesse incomparable, permettant l’obtention des plus beaux draps.
- À quelque variété qu’appartienne le mouton, sa toison est toujours enduite d’une matière grasse appelée suint, ou surge, dans laquelle Chevreul a constaté la présence de 29 corps différents, les uns, représentant à peu près 35 pour 100 du poids total, composés de matières solubles dans l’eau, sels alcalins où dominent les sels de polasse; les autres, insolubles dans l’eau, sont formés de matières grasses spéciales.
- Le suint, qui enduit chaque brin de laine de sa base à l’extrémité, constitue une sorte de bouclier qui, lorsqu’il est suffisamment abondant, se conserve bien dans la toison, la protège efficacement contre les intempéries, et, notamment, contre les alternatives de sécheresse et d’humidité qui diminuent la finesse et l’élasticité du brin. La pluie, la poussière, le sable entraînent une partie du
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- 56 =r.. LAVAGE ET CARBONISAGE DE LA LAINE
- Fig. i. — A leur arrivée à l'usine, les laines sont triées et mises dans des paniers.
- suint. Le sable, même, rend la laine sèche et cassante, et c’est la raison pour laquelle les toisons du midi, provenant d’animaux qui vont chaque année de la plaine à la montagne — moutons transhumants — et qui, au cours de ces déplacements, s’imprègnent surlesroutes de sable et de poussière, sont généralement moins estimées que les toisons du nord, où les animaux se déplacent moins et séjournent davantage dans les bergeries.
- Mais, si ce suint constitue pour la laine un enduit précieux tant que l’animal est vivant, il devient fort gênant lorsque cette toison doit être transformée en fils et en tissus. De plus, au cours de l’existence du mouton, il se charge d’une quantité d’impuretés, brins de paille provenant des litières, brins d’herbe, épines des haies, qui se mêlent à la toison et qu’il retient par sa viscosité. C’est pourquoi, généralement, la tonte des moutons est précédée d’un lavage à dos qui a pour but de débarrasser la toison de la plus grande partie de ce suint, opération qui peut faire perdre à cette toison jusqu’à 60 pour 100 de son poids, mais qui, néanmoins, augmente beaucoup sa valeur, les toisons lavées à dos étant plus recherchées que les toisons vendues en suint.
- Lavées ou non, les toisons, après la tonte, sont étendues sur une sorte de table, la base des poils en dessous, puis roulées après que les bords latéraux ont été repliés, et attachées avec une ficelle. Ces toisons sont ensuite assorties, suivant qu’elles proviennent demoutons, de brebis ayant porté et nourri, ou d’agneaux — les prix de ces diverses toisons n’étant pas les mêmes — et, enfin, livrées aux
- acheteurs. Mais, lors même qu’elles ont été lavées à dos, ces toisons doivent subir un certain nombre d’opérations de nettoyage avant d’être remises aux filatures. Les maisons qui se chargent de ces opérations sont fort peu nombreuses en France. Le Traité de Versailles, en nous rendant l’AIsace-Lorraine, nous a rendu en même temps l’un de ces établissements, et, si vous le voulez bien, nous vous conduirons, aujourd’hui, à l’Usine d’Epaillage chimique et lavoir de laines èt tissus de Bisch-willer (Bas-Rhin) où vous pourrez assister à ces différents travaux.
- Les toisons, dès leur arrivée à Fusine, sont soumises à un triage qui a pour but de les classer par qualités suivant finesse et longueur du brin, et propreté de la laine. On fait ainsi 5 à 6 catégories déposées dans des paniers.
- Ce travail s’opère dans un vaste hall placé à la partie supérieure de l’usine, sous les toits, ou ces paniers de laine sont emmagasinés, et d’où ils sont descendus au furet à mesure des besoins.
- De même que les cotons bruts arrivant en balles aux filatures, les toisons doivent être ouvertes, opération qui se pratique à l’aide d’une machine appelée « Loup » ou « Ouvreuse » et qui a pour but de démêler les toisons.
- Les laines prêtes pour le lavage sont toujours pesées avant cette opération, ce qui permet de se rendre compte de la déperdition au lavage. Elles sont ensuite déversées dans la machine à laver.
- Celle-ci, à Bîschwiller, est une machine à lavage continu, du type Léviathan. Elle comporte cinq bacs mesurant chacun 6 m. 80 sur 1 m. 80 de
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- Fig. 3. — Machine Leviathan employée pour le'Java rendis}! ai nés
- largeur, ce qui donne à chacune de ces machines, au nombre de trois à l’usine, des dimensions imposantes, environ 45 mètres pour l’ensemble, y compris l’étuve qui termine chacune d’elles. Chacun . des bacs est rempli d’une lessive à hase de savon et de carbonate de soude, à une température moyenne de 40° centigrades.
- La laine déversée dans le premier bac est prise par des râteaux qui la transportent et la font circuler dans le bain. A l’extrémité du bac, elle est soulevée par des fourches ammées d’un mouvement de rotation autour d’un axe perpendiculaire au sens du mouvement de la laine. Ces fourches la remettent à une presse, sur table continue transportant la laine entre les bacs. Elle y est pressée pour récupération du bain du premier bac, et est ensuite déversée dans le second bac.
- Elle est alors entraînée à nouveau par les râteaux qui la conduisent aux fourches. Celles-ci, à leur tour, la remettent à la presse, et elle continue ainsi son voyage de bac en bac, s’épurant et se débarrassant de son suint, jusqu’au dernier où elle est lavée et rendue définitivement propre.
- Elle passe alors sur une toile sans fin qui la transporte dans une étuve à 40-50° où elle est séchée. L’opération du lavage est alors terminée.
- Cette laine peut être ensuite remise aux filatures qui la transforment en fils susceptibles d’être tissés. Elle contient encore, cependant, de petits débris végétaux, pailles, épines des haies, quelquefois en brins minuscules, mais qui nuisent cependant à sa pureté. Aussi lui fait-on généralement subir une autre série d’opérations qui portent le nom d’é-
- paillage chimique ou, plutôt, de carbonisage.
- La laine, tout d’abord, est plongée dans un bac renfermant un bain froid d’acide sulfurique très dilué (‘). Elle y séjourne pendant une demi-heure environ, continuellement en mouvement pendant ce temps. Au sortir de ce- bain, elle n’a d'ailleurs, aucunement changé d’aspect.
- Cette laine passe ensuite à l’essoreuse ; puis, de là, dans la machine à carboniser où elle est soumise aune température d’environ 100°. Sous l’action de la chaleur; l’acide sulfurique transforme en une sorte de charbon la cellulose des matières végétales contenues dans la laine, d’où le nom de carbonisage donné à cette opération.
- Au sortir de cette machine, où la laine passe très lentement, il est facile de constater la présence de ces matières végétales qui forment autant de points noirs dans la laine très blanche, alors qu’elles étaient presque invisibles avant le carbonisage.
- Il faut, maintenant, éliminer ces impuretés. Bien que transformées par l’acide, elles n’en restent pas moins enchevêtrées au milieu des brins de laine, et la texture de ces brins, qui semblent constitués de tronçons emboîtés l’un dans l’autre, et munis de petits appendices semblables à des crochets, — ce qui donne à la laine la propriété de se feutrer — en rendrait l’extraction difficile. On y parvient, cependant, assez aisément, au moyen du batteur-broyeur.
- 1. Nous regrettons de ne pouvoir donner les compositions exactes de tous les bains employés pour ces divers travaux. Ces compositions constituent des secrets propres à chaque maison et qui ne peuvent être divulgués.
- Fig. 4. — Acidage : Laine en pièces préparées pour passer et passant dans un bain d’acide sulfurique dilué.
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- LAVAGE ET CARBONISAGE DE LA LAINE
- Fig. 5. — Carbonisage : Les pièces qui ont passé dans l'acide passent dans une étuve chauffée à ioo° où les matières végétales sont carbonisées.
- Cette machine se compose, en premier lieu, d’une série de cylindres, de petits diamètres, cannelés parallèlement à l’axe, entre lesquels circule la laine préalablement déposée sur une table, et qu’un ouvrier fait passer sur une toile sans fin qui alimente la machine.
- Les coussinets entre lesquels tournent les tourillons des axes de ces cylindres peuvent effectuer, de bas en haut, un mouvement limité par un puissant ressort qui permet cependant à ces axes de s’écarter l’un de l’autre lorsque vient à passer un paquet de laine un peu trop épais. Entre ces cylindres cannelés, les matières végétales carbonisées sont réduites en poussière. La laine tombe alors dans une sorte de tarare où elle est à la fois battue et soumise à l’action d’un puissant ventilateur. Celui-ci la débarrasse des matières végétales carbonisées par l’acide et broyées entre les cylindres cannelés, et elle sort de cette machine entièrement épurée et d’une blancheur immaculée.
- Le carbonisage de la laine elle-même se pratique surtout pour les laines qui doivent être teintes avant tissage.
- 11 arrive assez fréquemment que la laine est filée, puis tissée sans avoir, au préalable, été soumise au carbonisage, ce qui a toujours lieu pour les tissus qui doivent être teints en pièces, et qui sont soumis au carbonisage avant teinture. Dans ce cas les matières végétales qu’elle contient toujours en plus ou moins grande quantité sont mélangées au tissu et lui enlèvent de sa valeur.
- Ces draps en pièces, pour être débarrassés de ces matières étran-
- gères, subissent une préparation analogue à celle de la laine non filée. Les pièces cousues l’une au bout de l’autre passent tout d’abord, pendant une demi-heure environ, dans l’acide sulfurique dilué.
- Elles sont ensuite essorées, puis remises à la machine à carboniser, dans laquelle le tissu passe à une vitesse d’environ deux mètres à la minute.
- Laines en toison, ou tissus de laine, ne sauraient rester imprégnés de l'acide qui a servi au carbonisage, et qu’il faut maintenant éliminer.
- Cette opération a lieu dans un bain froid d.’eau contenant du carbonate de soude. Les tissus en pièces, fixés sur de grands tambours horizontaux, passent et repassent dans ce bain contenu dans une cuve placée à la partie inférieure. La laine en toison, entraînée par des râteaux, passe dans un bain ayant même composition.
- Ce bain de désacidage est évidemment suivi d’un lavage à l’eau pure, après lequel toisons et tissus, convenablement essorés, peuvent être remis aux usines qui leur feront subir les dernières préparations.
- L’usine de lavage et carbonisage de Bischwiller, anciens établissements E. Lix, est une vieille maison française qui, même sous la domination allemande, avait conservé une enseigne française, ce qui lui valut quelques ennuisk II convient d’autant plus de se réjouir de son retour au sein de la mère patrie que les établissements du même genre, nous l’avons dit, sont assez peu nombreux en France.
- Georges Larorvim.e.
- Fig. 6.
- Lavage : Les pièces venant du carbonisage sont lavées dans une dissolution de carbonate de soude.
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- . J.-H. FABRE ET PASTEUR
- Jusqu’au jour où je m’imaginai de célébrer son jubilé, j en 1910, dans l’espoir de révéler à la foule, qui l’igno- | rait, à la fois son nom et ses livres, Fabre, alors âgé de 87 ans, était encore presque inconnu de la plupart de ses contemporains en dehors des savants et d’une élite, et le préfet de Vaucluse, qui avait pu l’approcher, s’étonnait et en même temps s’affligeait de voir « un aussi grand esprit aussi peu répandu », car c’est à peine si, autour de lui, on savait son nom (*).
- Ce phénomène, pourtant, n’est pas spécial à Fabre, le véritable créateur de la Psychologie animale, et on l’a vu se produire à l’égard de Pasteur que beaucoup des contemporains de ses grandes découvertes ne semblaient pas moins totalement ignorer, jusqu’à des savants comme Pouchet qui, dans son livre paru en 1872 : L’univers, les infiniment grands et les infiniment petits où il rappelait toutes les merveilles révélées par le microscope, ne prononçait même pas le nom de celui qui déjà était en train de bouleverser la biologie toute entière (*).
- Mais il y a bien d’autres points de similitude entre ces deux vastes esprits et entre ces deux vies qui offrent à nos méditations un curieux et saisissant parallèle.
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- Fabre appartenait comme Pasteur à l’Université. Après avoir été instituteur primaire, puis professeur de sciences à Ajaccio et à Avignon, il se consacra tout entier, comme on sait, et avec une persévérante continuité jusqu’au seuil de la vieillesse, à écrire d’admirables livres d’initiation, où il s’est efforcé de rendre les sciences accessibles aux plus jeunes intelligences, où il a mis tout son profond savoir à en bien enseigner les éléments. Si dans l’ordre de la recherche scientifique il a réussi à nous intéresser à tant de phénomènes si passionnants, c’est grâce précisément à cette culture immense et à ce savoir presque encyclopédique qu’il était obligé d’entretenir, d’actualiser sans cesse par les nécessités qui lui étaient imposées de tenir ses livres d’enseignement au courant des programmes universitaires. Il avait donc, de ce fait, l’heureux privilège de pouvoir utiliser, en vue de ses études, toutes les connaissances qui peuvent s’y rattacher. De même Pasteur a fait ressortir, avec une force singulière, l’influence salutaire qu’apportent des rapprochements et des aperçus nouveaux et la haute vertu de l’enseignement qui « oblige à embrasser successivement dans leurs relations entre elles ou avec les autres sciences, toutes les parties de la science dont on s’occupe » (3). Tous deux n’étaient donc pas de ceux qui ne savent que leur spécialité, qui, ignorant tout en dehors de leur propre maison et de leurs travaux particuliers, se refusent à rien comprendre au delà de l’étroit canton où ils se sont installés.
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- Tous deux aussi étaient d’une profonde sensibilité. Sous une apparence concentrée, Pasteur ne pouvait supporter la vue d’un animal en expérience. Fabre, de son côté, raconte que, dans son enfance, la vue d’une blessure l’impressionnait au point de le faire tomber en syncope et s’il devait, pour ses expériences, bouleverser
- 1. Yoir Vie de Fabre, chez Delagrave, passim,
- 2. Yallery-Ràdot, Vie de Pasteur.
- 5. Vallery-Radot, Vie de Pasteur.
- les terriers de ses insectes, ou les mettre à la question, les tourmenter pour leur arracher leurs secrets, des scrupules le prenaient de les soumettre à de telles tribulations » j1). Après avoir pourvu à leurs besoins, content de ce qu’ils lui avaient révélé, ce n’est pas sans regrets et sans peine qu’il s’en séparait et qu’il les rendait « aux délices de la liberté ». Le beau soir où les grands-paons envahissent sa demeure, quand ils tourbillonnent autour de la lampe allumée et que les mains de ses enfants se tendent déjà pour s’en emparer : « Laissez, laissez, leur dit-il, soyons hospitaliers; ne troublons pas les pèlerins venus au tabernacle de lumière ».
- Tous deux enfin, après leurs deuils, ne trouvaient d’autre consolation que dans le travail et le mot qui clôt l’incomparable série des Souvenirs entomologiques était aussi un des mots favoris de Pasteur : Laboremus.
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- Dans l’immense épopée des Souvenirs entomologiques on aperçoit la vie tout entière et ses relations infinies. On y voit partout la ruse s’organiser pour triompher de la force. Aucun insecte ne subsiste qu’au détriment des autres. Partout, jusque chez les moindres, s’exercent une atroce activité, un savant brigandage, une extermination farouche que domine une vaste inconscience et dont le résultat final est le rétablissement de la balance. Et Fabre, ici, encore une fois, rejoint Pasteur qui, dans le monde des infiniment petits, nous fait voir les mêmes antagonismes, la même concurrence vitale, le même mouvement éternel de flux et de reflux, tourbillon de vie qui ne s’éteint que pour reparaître, tendant toujours vers un équilibre incessamment détruit. Et c’est grâce à ces balancements que l’intégrale de la vie reste partout et toujours à peu près identique à elle-même.
- Fabre nous montre, d’autre part, l’intime liaison des choses, l’universelle harmonie qui, si intimement, associe tous les êtres et aussi que, partout, autour de nous et dans le moindre objet, la poésie existe comme un feu caché si nous savons l’y découvrir. De même, l’harmonieux enchaînement qui préside à tout l’ensemble des admirables découvertes de Pasteur ne donne-t-il pas encore la sensation d’un véritable et vaste poème?
- Que d’autres points de ressemblance je pourrais établii entre ces deux grands maîtres de la Biologie contemporaine !
- Comment donc expliquer l’antipathie qui, de bonne heure, malgré lant d’affinités réciproques, s’établit entre eux ?
- Fabre était professeur au lycée d’Avignon quand Pasteur vint lui faire visite en 1865. L’illustre chimiste venait s’essayer à combattre le fléau inconnu qui dévastait les magnaneries et ruinait dans le Midi l’industrie de la soie. Comme il ignorait tout du sujet qu’il se proposait d’étudier, tout jusqu’à la constitution du cocon et l’évolution d’un ver à soie, il alla trouver Fabre, le seul universitaire qui s’occupât d’entomologie, afin de puiser dans son savoir spécial les élémentaires notions qui lui étaient indispensables.
- Ce dernier a raconté, dans une page émouvante{5), avec quelle incompréhension de « la misère en hal.'i noir », le grand savant promena ses regards sur soi
- 1. Souvenirs entomologiques, passim.
- 2. Souvenir entomologique, 9e série, cliap. XXIII
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- J.-H. FABRE
- pauvre intérieur. Pi’éoccupé d’un autre problème, celui de l’amélioration des vins par le chauffage, Pasteur lui demanda à brûle-pourpoint, à lui, infime prolétaire de la caste universitaire et qui ne buvait que de la piquette, de lui rnontrér sa cave. « Ma cave! Pourquoi pas mes tonneaux, mes bouteilles poudreuses, étiquetées suivant l’âge et le cru!... Mais Pasteur insistait. Alors, lui désignant du doigt, dans un coin de la cuisine, une chaise veuve de sa paille, et sur cette chaise une dame-jeanne d’une douzaine de litres : ma cave, la voilà, monsieur !... »
- Si le petit professeur demeura interdit par sa froideur, il ne fut pas moins choqué par son attitude. Il semble bien, à entendre parler Fabre Q), que Pasteur qui était son aîné d’une année seulement, le traita aussi avec une hauteur un peu méprisante. C’est d’un ton distant que le génial ignorant questionnait son humble collègue, lui intimait ses ordres, lui expliquait ses vues et ses plans et dans quel sens il entendait qu’il lui prêtât son aide.
- Faut-il donc nous résoudre à ne retrouver ici qu’un nouvel et déplorable exemple de cette mésestime traditionnelle et injustifiée dans laquelle les grands maîtres de la capitale ont tenu trop souvent les petits maîtres de la province, même les plus instruits, professeurs ou médecins. Néanmoins cela surprend de la part d’un esprit de l’envergure de Pasteur, qui, tant de fois, a exprimé le regret que des professeurs ayant le goût des recherches originales ne fussent pas mieux distingués et encouragés par les pouvoirs publics. Quoi qu’il en soit, on se doute un peu qu’il ne vit autre chose dans Fabre qu’un petit universitaire qui avait des prétentions à cette petite science qu’était encore alors l’Histoire naturelle ou l’Entomologie.
- Comment des relations de sympathie eussent-elles pu survivre à ce premier contact? Toujours est-il que Fabre, dont l’indépendance et la fierté étaient les marques principales du caractère, ne pardonna point, bien que cette visite dût laisser en lui une profonde empreinte. Pasteur qui venait pour éclaircir le mystère de la maladie des vers à soie et pour s’efforcer d’y apporter le remède, sans rien savoir de leur histoire et de leurs métamorphoses, restera pour lui un perpétuel exemple qui le prémunira désormais avec plus de force encore contre les idées préconçues et fortifiera ses doutes pour le savoir purement livresque.
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- En revanche, cet esprit d’élite avait aussi ses faiblesses qu’d partageait d’ailleurs avec tous les médecins et naturalistes d’alors, les uns et les autres ne pouvant se résoudre à admettre qu’un chimiste ignorant l'anatomie et la physiologie humaines, aussi bien que la morphologie des êtres organisés, se mêlât des choses de la médecine ou de l’histoire naturelle. Mais, de plus, sa secrète antipathie pour l’homme le poussera à devenir presque indifférent pour l’œuvre du savant. S’il ne cessera de se tenir, jusqu’à ses derniers jours, au courant de tous les progrès des sciences humaines, par une^ incroyable exception digne d’être comparée à celle de
- 1. Conversations de Sérignan.
- ET PASTEUR .............1...................:.:: —~-
- l’illustre Priestley qui persista à ignorer jusqu’à la fin de sa vie l’œuvre de Lavoisier dont il était pourtant le contemporain, la portée prodigieuse des découvertes pastoriennes lui demeurera toujours à peu près fermée. Plus tard, par exemple, quand il imaginera ses curieuses expériences sur l’action des virus cadavériques, il entreverra avec une admirable lucidité que l’intervention de cellules mortes dans l’édifice instable et si compliqué de la vie peut suffire pour y déterminer les plus graves ébranlements, au point d’amener la dissolution et la mort. Par contre, la microbiologie, celte science pourtant si positive et si vivante qui, appliquée aux insectes, les plus actifs propagateurs des levures et des microbes chez les êtres organisés, est susceptible de donner des éclaircies sur une infinité de problèmes, n’aura guère pour lui plus de signification et d’importance que celle d’une simple théorie. Et, comme le transformisme, il la regardera avec le même scepticisme, à telle enseigne que « les confins de l’invisible » ne lui inspireront que doutes ou méfiance. Notons que la petite vérole, dans son enfance, l’avait criblé, bien qu’il eût été vacciné et revacciné, ce qui ajoutait un élément de plus à son incrédulité.
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- Et pourtant jamais deux hommes n’étaient nés peut-être pour mieux s’entendre. Ils furent, certes, aussi aptes l’un et l’autre à exercer, avec une égale patience, leur admirable vision dans le vaste champ de la nature qu’à se critiquer sévèrement eux-mêmes pour ne jamais s’écarter de la stricte limite des faits, et ils furent, il est permis de le dire, également grands dans le domaine de l’invention, si différente qu’ait pu être leur fortune, tant il est vrai que la sublimité des découvertes, si géniales qu’elles puissent être, n’a d’autre mesure bien souvent que les conséquences immédiates qu’on en tire et l’importance pratique des résultats.
- Tous deux ont été les représentants les plus attitrés de la science française et ils en ont exprimé le mieux la vraie figure spirituelle et morale. Après 1870, ils eurent, l’un et l’autre, une égale antipathie pour tout ce qui était allemand. Tous deux étaient également imbus du plus ardent spiritualisme quoique ni l’un ni l’autre ne fissent profession d’aucune orthodoxie.
- La notion de la spécificité, qui sera le thème constant des Souvenirs cntomologiques, était aussi une des idées fondamentales de Pasteur qui n’admettait même pas que de simples cellules ou spores puissent se transformer les unes dans les autres et aux yeux de qui « les idées de transformation des espèces ne sont si facilement acceptées que parce qu’elles dispensent de l’expérimentation rigoureuse ».
- Et n’ont-ils pas été aussi deux émules, dignes d’être placés côte à côte dans le paradis des sages? Tous deux, l’un en soufflant sur l’hypothèse de la génération spontanée, l’autre en ruinant la théorie mécanique de l’origine des instincts, n’ont-ils pas remis au premier plan les grandes Forces inconnues et mystérieuses qui semblent devoir tenir [éternellement en suspens l’énigme profonde de la vie?
- Dr G.-V. Legros.
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- SUR LA TRANSPARENCE DES COQUILLES D’ŒUFS DE POULE
- et les modifications qu’elle subit avec le temps (l).
- La coquille de l’œuf de poule subit, avec le temps, des modificalions curieuses, qu’il est facile d’apprécier en examinant l’œuf placé devant une source de lumière intense telle, par exemple, qu’une lampe à filament métallique de 50 bougies.
- L’œuf qui vient d’ètre pondu possède une coquille d’aspect uniforme, fréquemment ornée d’une série de points sombres, qui cerrespondent à des granulations calcaires et dont la disposition et le nombre semblent assez constants pour tous les œufs d’une même poule.
- Dix à douze heures après la ponte, on voit apparaître sur le fond sombre de la coquille des taches claires plus ou moins étendues. Le lendemain du jour de la ponte, ces taches ont des bords nettement délimités; elles sont généralement plus fréquentes vers les pôles de l’œuf que sur la zone intermédiaire. Elles sont encore plus nettement visibles le surlendemain, mais à partir de ce moment, elles gardent le même aspect jusqu’à l’apparition des altérations visibles au mirage. La manifestation de ce phénomène permet de trier à coup sûr les œufs pondus le jour même et ceux de la veille ou des jours précédents, lorsque l’on a mélangé à l’avance des œufs récoltés à des dates différentes. De très grandes variations, en ce qui concerne le nombre, l’étendue relative, les dimensions et la disposition des taches claires, s’observent entre les œufs pondus par des poules différentes. Les œufs d’une même poule, par contre, se ressemblent ordinairement à ce point de vue d’une manière frappante.
- La présence de ces taches semble liée à des différences dans la structure de la coquille. Les taches sont totalement indépendantes des deux membranes albuminoïdes qui entourent l’albumine et la chambre à air. Certaines parties de la coquille paraissent avoir pour l’eau une avidité particulière, tandis que les autres évaporent rapidement après la ponte une partie de leur eau de constitution, et prennent une couleur plus sombre, sur laquelle les premières tranchent d’autant plus nettement que l’évaporation des secondes est plus achevée. Cette affirmation semble confirmée par les observations suivantes :
- 1. Note présentée par SI. Lindet à l’Académie des sciences, dans la séance du 16 iuin 1924.
- 1° L’œuf qui vient d’ètre pondu et, par conséquent, d’une transparence uniforme, conserve presque indéfiniment cette transparence si l’on a soin de le placer immédiatement dans une atmosphère saturée d’humidité ;
- 2° L’apparition des taches est plus rapide en été qu’en hiver. D’une manière générale, ces taches paraissent d’autant plus vite que la température extérieure est plus élevée et que le degré d’humidité relative de l’atmosphère est plus bas ;
- 5° Un fragment de la coquille d’un œuf de deux à trois jours, privé des substances albuminoïdes qui y adhèrent, par un séjour d’une à deux minutes dans l’acide chlorhydrique pur, suivi d’un grattage énergique, conserve les taches claires caractéristiques. Ces taches disparaissent ensuite si l’on porte le fragment en question une heure à l’étuve à 100°. Elles disparaissent au bout de 24 heures si l’on abandonne le fragment à la dessiccation spontanée dans l’atmosphère du laboratoire. Elles disparaissent au bout de 2 heures, si l’on maintient la coquille dans un exsiccateur à acide sulfurique sous un vide de 62 cm. de mercure ;
- 4° Un fragment de coquille, décapé de la manière précédemment indiquée et placé dans une atmosphère saturée, conserve indéfiniment ses taches claires ;
- 5° La transparence de la coquille ne paraît pas modifiée si on l’examine sous la cloche pneumatique. Cette expérience semble indiquer que la présence des taches n’est pas due à des bulles d’air interposées. Toutefois, lorsque les, taches claires ont perdu leur transparence, par suite du départ d’une partie de leur humidité, il ne nous a pas été possible de les faire revenir a leur état primitif, malgré les tentatives multiples de réhydratation que nous avons effectuées.
- Il ne faut pas confondre les taches claires dont il est question dans cette note avec les pores de l’œuf mis en évidence par MM. Baudrimonl, Martin Saint-Ange et Gayon. Au niveau de ces taches, en effet, la coquille conserve la même épaisseur que partout ailleurs, tandis qu’au niveau des pores, beaucoup plus uniformément répartis d’ailleurs que les taches, on constate la présence de fins canalicules faisant communiquer l’intérieur de l’œuf avec l’atmosphère extérieure.
- André Leroy.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de
- L’étouffage des cocons des vers à soie. — Pour cette | opération qui doit tuer la chrysalide sans nuire aux qualités du fil, on a eu recours jusqu’ici à l’action de la chaleur, sèche ou humide, qui peut avoir pour inconvénient de coaguler la matière protéique ou grès et de rendre le dévidage difficile. Le professeur Bertrand, poursuivant des essais depuis 1919, préconise l’action de la chloropicrine à la dose d’un gramme, par kg de cocons, a la température ordinaire. Une simple exposition à l’air enlève par la suite toute odeur, et les cocons traités ne diffèrent en rien des cocons frais.
- mai nj24.
- La perméabilité de la bakélite aux rayons infrarouges. — Pour remplacer le verre chargé d’oxyde de manganèse ou de cuivre qui a permis à M. Albert Char-bonneau la sélection de certaines de ces radiations, M. Georges Kimpfïin a eu l’idée de recourir aux résines synthétiques, fournies par l’action de l’aldéhyde formique sur le phénol. De ces' essais, il résulte que ces produits présentent une perméabilité très satisfaisante à l’infrarouge et qu’ils peuvent convenir, comme filtres, pour certaines applications de. cette région extrême du spectre.
- Paul B.
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- LES DÉCOUVERTES DE LA CAVERNE D’ISTURITZ (BASSES-PYRÉNÉES)
- Il y a 12 ans, avant que les fouilles que nous allons décrire fussent commencées, le pays basque n’avait pour ainsi dire rien donné au point de vue préhistorique.
- . On trouvera dans mon récent ouvrage (*) uu résumé complet de tout ce que l’on connaît de cette région et nous ne parlerons ici que du gisement principal, celui qui en somme résume tous les autres, de la caverne d’Isturitz située en plein cœur du pays basque.
- C’est à la limite des communes d’Isturitz et de Saint-Martin d’Ârberoue que s’ouvre, dans une belle colline de calcaire aptien, demi-reboisée, la célèbre cavité, qui a pris à tort le nom d’Isturitz, puisqu’elle est en réalité pour sa presque totalité sur la commune de Saint-Martin d’Àr-beroue.
- Elle est constituée par deux grandes et belles galeries de 125 m de long, réunies par des diverticules très accessibles, qui permettent aujourd’hui de passer facilement d’une salle dans l’autre.
- L’aspect inférieur est grandiose; une puissante stalagmite s’élève dans la salle Nord comme une immense statue de 8 m. de haut et partout les draperies et coulées stalagmitiques habillent les parois de motifs d’une grande richesse, qui sont disposés avec une sorte d’ordre architectural.
- C’est en 1913 que j’ai commencé les fouilles dans cette caverne, et certes, tout en espérant de belles découvertes, je ne m’attendais pas aux résultats obtenus.
- Pendant cette longue période de 12 années èt malgré les grandes difficultés de toutes sortes créées par la guerre, les fouilles ont pu être continuées, et aujourd’hui, grâce à cette très rare circonstance, nous sommes en présence d’un ensemble de résultats qui peut être considéré comme un des plus complets qui soient.
- 4. E. Passemard. Les stations paléolithiques du pays basque et leurs rapports avec les terrasses d’alluvions. Glioz Botlioi), Baronne, 1924.
- La couche archéologique reconnue jusqu’ici, car le fond de la caverne n’a pas encore été rencontré, atteint 6 m. 50, elle est comprise entre deux couches de stalagmites, dont la plus basse n’a pu encore être traversée. Elle nous a révélé une dizaine de couches, qui se divisent en 15 niveaux différents, tous riches, bien caractérisés par une faune, une industrie Ethique ou osseuse abondantes où se rencontrent des formes classiques et aussi de nouveaux documents de grande valeur, qui vont du moustiérien à la fin des temps paléolithiques.
- La première couche, rencontrée au-dessus de la
- stalagmite inférieure à 6 m. 50 de profondeur, est un limon brun assez pauvre jusqu’ici, mais dont nous ne pouvons pas dire grand’chose, car il a été peu exploré. Il nous a donné quelques ossements de ruminants et d’oiseaux en mauvais état et de rares silex de type moustiérien mais de taille réduite. Il faut attendre pour se prononcer que l’élargissement des fouilles permette d’explorer une plus grande surface pour pouvoir préciser un peu.
- Le niveau qui suit est une couche moustiérienne qui, par sa faune et son industrie, se trouve identique aux niveaux de base de Y abri Olha, que j’ai fouillé il y a quelques années et dont les rapports avec un stade alluvial de la rivière Nive nous permettent quelques résultats géologiques pleins d’intérêt. Notre niveau moustiérien d’Isturitz contient la même industrie, c’est-à-dire les racloirs, les pointes classiques, accompagnés* de ce qui en fait la particularité : de grands éclats pugiloïdes d’ophi-tes et de quartzite, etc., avec de jolis petits coups de poing de silex.
- J’ai déjà dit ailleurs sur cette industrie, et sur la faune tempérée à Rhinocéros Mercki, sans renne, tout ce que l’on pouvait en dire et nous n’insisterons pas.
- Au-dessus, nous trouvons un niveau moustiérien typique sans coups de poings et sans les grands éclats dont nous venons de parler, qui vers la
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- LES DÉCOUVERTES DE LA CAVERNE D’ISTURITZ (BASSES-PYRÉNÉES)
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- fin. présente une sorte de tendance vers des formes aurignaciennes frustes.
- La faune est froide et Rhinocéros Tichorhinus, Mammouth et Renne sont représentés.
- Subitement et sans hiatus apparent dans la succession des couches, l’Aurignacien typique apparaît. 11 y a là un fait qui mérite de retenir notre attention.
- Nous rencontrons, en effet, dès le début de cette période, toutes les formes typiques de l’Au-rignacien, qui sont déjà les prototypes de tout ce qui suivra, jusqu’à la fin des temps paléolithiques : lames, grattoirs, burins, bâton percé, spatules, pointes fendues sont nombreux et parfaits ; le cheval domine.
- L’Aurignacien évolue ensuite dans deux niveaux très riches où apparaissent la pointe de la Gravette et des formes peu con-nues jusqu’ici qui nous apportent des données nouvelle s.
- Puis, dans une couche mince, qui par d’autres côtés ne pourrait être différenciée que difficilement de la précédente et de la suivante au point de vue lithique, apparaît une première pointe solutréenne, mal ébauchée.
- Elle est accompagnée de grandes sagaies en os à un seul biseau, de type archaïque que l’on ne s’attendait guère à rencontrer sitôt.
- Le Magdalénien se développe au-dessus dans tout le reste du gisement, Comme injecté- à sa base de formes solutréennes qur voisinent avec de belles œuvres d’art.
- Nous voyons, dans cette série de niveaux excessivement riches, se développer toutes les formes déjà connues ailleurs du Magdalénien classique,
- Fig. 2.
- Roche centrale, sculptée de bas-reliefs.
- mais partout elles sont nombreuses et leur position soigneusement observée permet des précisions, qui pourront être utiles.
- C’est surtout en ce qui concerne l’industrie de l’os et des matières osseuses que ces résultats sont heureux, car au point de vue lithique on doit constater que, depuis l’Aurignacien typique, une évolution lente s’est manifestée, mais tellement peu sensible, qu’en l’absence de certaines formes osseuses, il est parfois impossible de' savoir exactement où l’on se trouve.
- Nous voyons se succéder les pointes de sagaies à un seul ' biseau, dites en « bec de flûte », celles à deux biseaux, puis vers la fin les pointes fourchues, si longtemps confonr-dues avec les pointes fendues aurignaciennes, accompagnées de harpons ronds en bois de renne à qneou deux rangées de barbe-lures.
- Tout un matériel compliqué d’objets en os et bois de renne accompagne chaque niveau : spatules, poinçons, aiguilles, baguettes rondes, demi-rondes, dont une entière nous a permis de montrer le mode curieux de fabrication par collage de deux moitiés, lissoirs, coins, etc., au milieu desquels de merveilleuses œuvres d’art se rencontrent à chaque pas.
- L’art mobilier est excessivement riche et mérite quelques mots.
- La sculpture en ronde bosse, si rare dans les autres gisements, y est, abondante et splendide.
- C’est qu’en effet les sculpteurs d’isturitz étaient privilégiés, ils pouvaient facilement se ravitailler en matière première en employant les roches tendres et joliment colorées des col-
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- LES DÉCOUVERTES DE LA CAVERNE D’ISTURITZ (BASSES-PYRÉNÉES)
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- lines cénomaniennes de l’autre côté de la vallée.
- Aussi voyons-nous la majeure partie de leurs productions taillées dans ces sortes de grès roses
- Fig. 3.
- Tête d’ours sur pierre bas-relief.
- ou jaune clair, et exécutées avec une maestria et un réalisme déconcertants.
- Puis la sculpture en bas-relief et la sculpture à contours découpés succèdent, bientôt suivies par la gravure à contours découpés et par la gravure simple.
- A la fin, lorsque apparaissent les derniers harpons, déjà taillés dans des bois de cerf, l’art régénère, la période azilienne est proche, mais malheureusement mal représentée dans notre caverne.
- L’art pariétal s’est révélé, sur une grosse roche centrale éclairée à l’époque par l’ouverture nord, sous forme de bas-reliefs taillés dans une vieille stalagmite, dont nous figurons ici les principaux.
- Dix-huit ont pu être reconnus, les uns parfaitement reconnaissables, facilement lisibles, et entiè-
- Fig. 5.
- Croupe de Bison sur pierre. Ronde bosse.
- rement de la main de l’artiste, d’autres plus frustes et dont la majeure partie est empruntée aux coulées naturelles de la stalagmite, adroitement adaptées en tenant compte du jeu des ombres et des lumières.
- En résumé, et pour ne pas fatiguer le lecteur de faits forcément incomplets dans un article aussi bref, nous voyons évoluer dans ce splendide gise^-ment, sans interruption, toutes les faunes et les industries, depuis le moustiérien jusqu’à la fin des temps paléolithiques.
- A ce point de vue et par sa richesse, il se place parmi les plus beaux.
- Les rapports avec l’abri Olha et par conséquent avec un stade alluvial de la Nive, nous permettent quelques hypothèses qui nè laissent pas d’être curieuses ; par exemple, la possibilité du prolongement de l’industrie moustiérienne dans le sud-ouest, après la dernière extension glaciaire et la persistance
- Fig. 4. — Petit félin envoûté. Ronde bosse sur bois de renne.
- de Rhinocéros Mercki, dans cette région certainement privilégiée, au point de vue climat, alors comme aujourd’hui.
- Nous constatons stratigraphiquement que l’Auri-gnacien est bien antérieur au Solutréen, que ce dernier est difficile à différencier, en l’absence des pointes de Solutré et que l’industrie à lames qui apparaît subitement avec l’Aurignacien typique, garde une étonnante homogénéité jusqu’à la fin du Magdalénien.
- Enfin pour terminer, nous saisissons le début de la période.
- Comme je l’ai dit ailleurs, les découvertes futures nous amèneront peut-être à modifier nos idées actuelles et rien ne serait plus naturel que de voir la continuation des fouilles nous apporter de nouveaux résultats; mais quoi qu’il arrive, nous avons essayé de recueillir des documents qui restent une base sérieuse de discussion.
- E. Passeiiabi).
- Docteur de l’Université de'Strasbourg.
- Le Gerant : P. Masson^ — Imprimerie Laiiu-be, 9, rue de Fleurus, Paris.
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- LA NATURE
- N° 2626
- 2 AOUT 1924
- LES PETITES PECHERIES DE NOS COTES
- On donne généralement le nom de Pêcheries aux régions de l’Océan où se pratique en grand telle ou telle pêche : les Bancs de Terre-Neuve, par exemple, d’où nous vient la morue. Mais nous voulons parler ici de ces établissements fixes de dimension modeste que l’on voit en certains points de nos côtes, mi-terriens, mi-maritimes (comme les gens eux-mêmes qui les possèdent), puisqu’on n’y récolte le poisson qu’à mer basse et à pied. Parmi les différentes occupations des habitants de notre littoral, la pêche, au moyen de ces engins spéciaux, est une des plus originales et des plus^pittoresques ; d’ordre familial plutôt qu’industriel, elle nous paraît digne d’intéresser nos lecteurs, à une époque où les conditions économiques contraignent la pêche maritime à devenir peu à peu une vaste industrie mécanique au même titre que les autres, le bateau une usine de pêche, le pêcheur un ouvrier d’industrie sur mer.
- Qu’est-ce donc qu’une Pêcherie de celle sorte? Tout simplement un grand piège à poissons installé à demeure sur le domaine public maritime de manière à y pêcher tout seul 1 Quelques-unes de ces véritables trappes aquatiques sont faites entièrement avec des filets tendus sur des perches, comme dans le Pas de Calais ; elles portent alors plus spécialement le nom de Parcs. Un illustré parisien parlait voilà quelque temps d’une installation de ce genre, d’ailleurs fort vaste, réalisée sur la côte américaine, en la donnant comme une ingénieuse et sensationnelle nouveauté ; ce n’était encore là que du vieux-neuf... retour d’outre-mer 1 Ailleurs, par exemple dans la région d’Oléron, les pêcheries sont constituées par un mur de pierre en demi-cercle et on les nomme Écluses ; ailleurs enfin, on les confectionne avec des branchages, système aussi simple qu’économique. Examinons en détail ces dernières, assez nombreuses sur le littoral du Cotentin.
- Tout rivage n’est pas propre à l’installation d’une pêcherie de branchages. La façon dont elle est faite et les conditions dans lesquelles elle doit fonctionner ‘veulent qu’on l’établisse dans ces grandes grèves
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- Fig. 2. — L’arrivée des pêcheurs en carriole. 52* Année. — 2* Semestre.
- Fig. i. — L’extrèmilè d’une petite pêcherie de branchages vue de l’extérieur
- d’une pente ni trop douce, ni trop rapide, où la mer se retire en vives-eaux à une distance considérable, comme il en existe surtout, dans la Manche. L’emplacement choisi, à 1 ou 2 km de la rive, est une dépression entre deux bancs sablonneux où il se produira toujours un peu de courant au moment du jusant. Quand l’endroit convenable a été trouvé, on plante dans le sable, à 1 m. de distance les uns des autres environ, de forls piquets en frêne, sur deux lignes d’à peu près 400 m. chacune, qui vont en se rapprochant de manière à dessiner un grand V dont l’ouverlure est tournée vers la côte. Afsez basa l’origine, ces piquets grandissent régulièrement pour atteindre parfois dans les 2 m. de hauteur au sommet de l'angle. Cela fait, le constructeur pique des branches verticales rapprochées entre les piquets, puis établit entie tous ces montants un clayonnage tressé avec de petites tiges d’aune et d'osier. A l’extrémité pointue de l’enceinte, ce clayonnage est fait avec soin et ne comporte pas d’aulres ouvertures que les vides minuscules entre les branches. Une rangée de cailloux empilés à la base consolide tout l’ensemble et retarde le départ de l’eau dans la pêcherie. Mais ce n’est pas tout. A l’intérieur de l’angle, sur une longueur de 5 à 6 m., on dresse un clayonnage transversal creusé au milieu en entonnoir, comme une ouverture de nasse ; cela forme la trappe proprement dite. Enfin, tout autour de celte trappe, on fiche sur le clayonnage des rameaux élevés qui doivent effrayer le poisson s’en retournant avec la marée et l’empêcher de gagner trop vite le large. Bien entendu, ces pêcheries de bois, exposées aux coups de mer, demandent de l’entretien ; les propriétaires les plus soigneux réussissent généralement le mieux. Mais les matériaux sont faciles à trouver.
- La disposition de l’engin étant connue, son fonctionnement se comprend de reste. Les bandes de poissons viennent avec le flot qui noie complètement la pêcherie et la recouvre d’une bonne hauteur d’eau, d’ailleurs variable avec les marées; quand ils
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- s’en retournent avec le jusant, ils donnent dans l’appareil largement ouvert à l’entrée ; le niveau baisse peu à peu et ils finissent par venir butter contre les parois qu’ils ne peuvent plus franchir. Mais il reste toujours près du sommet une large mare d’une petite profondeur, retenue par les pierres et les varechs entassés, où ils s’accumulent comme dans un vivier.
- Toutes les espèces qui fréquentent les parages sont donc susceptibles de se.faire prendre; et ce n’est pas un des moindres attraits de celte pêche que l’imprévu qu’elle vous réserve. J’ai vu un jour dans une de ces pêcheries cinq ou six Marsouins prisonniers; dans une autre, un Renard de mer (alopias vulpes), long de plus de 5 m., à la queue recourbée en faux, qui donna bien de la tablature à ceux qui s'en emparèrent ; il fallut au préalable employer le fusil! J’y ai vu des Anges de mer (squalina angélus), moitié squales et moitié raies, et des bandes entières de Chiens de mer.
- Dans nos pêcheries bas-normandes, les poissons les plus ordinairement capturés sont, suivant la saison, les Harengs à la fin de l’automne ; les Bars, au printemps et en été ;
- V Orphie, ce curieux exocetidé au bec de bécasse et aux arêtes vertes, dès les premiers beaux jours; le Maquereau, pendant les mois d’été; le Lieu ou Merlan jaune (dénommé souvent à tort colin); les Mulets, les Raies, les Tucauds ou Godes, les Labres-vieilles bariolés, les Poissons plats de tout genre.... C'est un somptueux spectacle, par une belle journée de soleil, que de voir ces poissons, et notamment les Maquereaux à la brillante livrée, évoluer librement dans la mare limpide de la pêcherie ; on se rend compte alors de leur vraie silhouette et de leurs véritables couleurs, parfois si riches, qui ont absolument disparu sur l’étal du marchand !
- Autour d’eux, passe une incessante coulée de bêtes minuscules, par milliers et milliers : le fretin d’espèces diverses, né sur la côte quelques mois plus tôt, qui s’entasse à l’intérieur de la trappe. Et puis on peut observer des centaines de Seiches qui nagent pas saccade^, leurs cellules pigmentaires donnant à leur peau des teintes changeantes, tandis qu’elles happent des crevettes avec leurs bras courts; quelquefois, une petite Pieuvre, qui s’entoure soudain d’un nuage d’encre ; des Araignées de mer et des Bernard-l' U ermite qui cherchent à se dissimuler à la base de l’enceinte sous une riche flore
- marine, une foule d’autres bestioles.... Un superbe aquarium quasi naturel !
- On ne peut utiliser la pêcherie à n’importe quel moment. En morte-eau, elle reste noyée. La pêche a lieu seulement aux époques de grande marée, de jour et de nuit, pendant trois fois vingt-quatre heures à la suite de la nouvelle lune et de la pleine lune ; l’engin découvre alors soit suffisamment, soit entièrement. Hommes, femmes, enfants partent de chez eux en carriole, emportant, bêches, fourches, filets à main, une petite senne, des paniers, pour arriver sur les lieux à peu près à mi-marée retirante. Quand la mer a suffisamment baissé à l’intérieur, ils pénètrent dans la mare l’eau aux genoux, déploient leur senne en travers et se rapprochent lentement de la trappe en traînant le filet de manière à racler le fond ; ce barrage mobile refoule les poissons qui chercheraient à remonter la pêcherie en suivant les ruisselets ondulant sur le sable.
- Bientôt, la masse du butin est cernée dans un espace restreint et l’on plante la senne debout sur le sol au moyen de ses piquets. Sans tarder, les opérateurs saisissent leurs filets à main et se livrent à la poursuite la plus amusante parmi les poissons affolés qui leur passent et repassent autour des jambes, virent brusquement, fuient, bondissent à la surface, rusent de cent façons pour éviter les mailles meurtrières ; ainsi à l’étroit, ils n’ont pas grande chance d’échapper à leurs. poursuivants ! Quand la récolte est terminée et que le poisson a été mis dans les mannes, les pêcheurs s’occupent des grandes nasses rondes en osier posées dans quelque creux de sable à l’intérieur de la pêcherie : ils y trouvent souvent de beaux Bars dont la vente sera d'un bon rapport. Cependant, l’un d’entre eux débarrasse la trappe du varech que la mer y a toujours apporté, et, s’il y a des Seiches, en cueille quelques douzaines qui seront embrochées sur la pointe des piquets de clôture afin d’appâter l’engin pour le prochain flot ; enfin, un homme prend un panier, le plonge dans l’eau, le retire plein de fretin grouillant et court le verser dans les nasses pour les réamorcer en frais. Maintenant, tout e^t « paré », il n’y a plus qu’à remonter en voiture, à regagner la côte et à porter la marée aux marchés des environs, sinon, après emballage, à la gare voisine. A cette h.eure, la mer a lentement recouvert la pêcherie, apportant une nouvelle moisson. .. peut-être !
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- LES PETITES PECHERIES DE NOS COTES
- Si l’on considère d’une manière générale les établissements de pêche de nos «ôtes, les instruments utilisés, les procédés employés de nos jours pour capturer le poisson, on se rend vite compte qu’ils ont en somme fort peu évolué depuis les âges primitifs de l’humanité!
- Au fond, nous avons fait à cet égard bien peu de progrès.
- Les pêcheries, engins très simples et très rustiques, ont certainement une origine des plus anciennes.
- Mais de bonne heure l’autorité, de tel ou tel ordre, a dû réglementer leur installation sur un domaine qui n’appartenait pas à des particuliers.
- Ce serait sans doute une histoire intéressante à suivre.
- Aux temps modernes, les pêcheries furent d'.a-
- Fig. 4. — Amorçage des piquets au moyen de seiches.
- bord réservées entièrement aux inscrits maritimes.
- Ainsi, en ce qui concerne les Ecluses charen-# taises, Napoléon Ier les accorda en privilège aux marins retraités vieillis au service de l’Etat..
- A leur mort, le privilège passait à leurs descendants; si bien que l’on voit encore de nos jours plusieurs familles posséder des droits sur ces établissements et s’arranger pour y pêcher à tour de rôle au cours des marées de l’année. Quant à nos pêcheries de branchages, leur réglementation, répartie en de nombreux textes, est assez complexe; elle a été condensée et mise à jour en 1915. On tend d’ailleurs franchement à restreindre leur usage, car l’on estime qu’elles détruisent une trop grande quantité d’alevins.
- Dans l’état actuel de la législation, la situation est pratiquement la suivante : les pêcheries existantes sont maintenues, mais on n’a point
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- le droit d’en créer de nouvelles; faute d’entretien, leur suppression peut être proposée ; en cas de vacance, soit par décès, soit par abandon, toute personne peut demander la concession ; dans la pratique, si un membre de la famille de l’ancien concessionnaire en fait la demande, la pêcherie lui est concédée : ce cas écarte généralement toute autre compétition ; il est dû 0 fr. 20 par are de grève couverte au profit de l'Office scientifique et technique des Pêches maritimes et 0 fr. 75 par are à la Caisse des Invalides de la marine ou aux Domaines, les inscrits maritimes payant à la première, les autres aux seconds.
- Les pêcheries sont d’un rapport qui n’est nullement à dédaigner.
- Elles pêchent au hasard, c’est entendu, mais on y trouve toujours quelque chose, tantôt plus, tantôt
- Fig. 5. — Une nasse amorcée avec des petits poissons.
- moins ; et certains jours, c’est la grande aubaine : j’ai vu des pêcheries de la côte cotentinoise, dans1 la région d’Agon, Blainville, Gouville, notamment dans la saison de l’Orphie, rapporter à leur propriétaire pour 1200 francs de poisson en une seule marée de nuit.
- Si vous avez la bonne fortune de villégiaturer à la mer dans une contrée de pêcheries, ne manquez pas de les visiter souvent par les belles après-midi d’été : vous pourrez y prendre, vous spectateurs, dans des conditions d’observation très faciles, la meilleure leçon de choses en fait de biologie marine. Je vous recommanderai seulement réserve et discrétion à l’égard des richesses que peut contenir l’établissement — et de ne pas piétiner à l’intérieur : les propriétaires n’aiment pas ça !
- Lucien Jouenne.
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- NOUVELLES MACHINES A PELER LES POMMES DE TERRE
- Fig. i. — Machine Navarre à peler les pommes de lerre. Sortie automatique des tubercules.
- Dans les hôtels, collèges, hôpitaux, casernes et autres établissements qui, chaque jour, ont un assez grand nombre de personnes à nourrir, l’épluchage des légumes exige une main-d’œuvre importante. Aussi les inventeurs cherchent, depuis longtemps, à réaliser des appareils mécaniques pour exécuter rapidement ce fastidieux travail. En particulier, que de machines à peler les pommes de terre les constructeurs français ou étrangers n’ont-ils pas imaginées, au cours des dernières années, soit pour de simples ménagères, soit pour les aides de cuisine des restaurants modernes.
- Récemment encore, l’ingénieur Navarre a exposé, au Salon de la Gastronomie, divers modèles d’éplucheuses, qui pelant les pommes de terre par friction sur un tambour rugueux, semblent résoudre le problème d’une façon très pratique. Certains types de ces machines fonctionnent au moteur avec commande par courroie; mais la plus perfectionnée est actionnée par une petite dynamo faisant corps avec elle (fig. 1).
- Sa partie principale se compose d’un tambour,
- revêtu à son intérieur d’un enduit abrasif indestructible, boulonné sur un solide trépied. Un plateau recouvert également d’une couche abrasive et dont une coupole, en prise avec le moteur électrique, commande le mouvement, constitue le fond dudit tambour. A la partie supérieure de ce dernier, se trouve une ouverture par laquelle on introduit les légumes à peler tandis que par un autre orifice, ménagé sur son pourtour et obturé par une porte basculante, on les évacue après épluchage.
- Enfin une tuyauterie amène l’eau nécessaire au lavage des tubercules pendant leur râpage.
- Durant cette opération, les pommes de terre se trouvent entraînées par le plateau et projetées contre les parois du tambour qui leur enlèvent, petit à petit, une mince couche de peau. De leur côté, des palettes fixées sous le plateau raclent constamment le fond d’une cuvette dans laquelle tombent les déchets entraînés par un filet d’eau distribuée par une tetine.
- Grâce à la force centrifuge, l’évacuation des légumès se fait automatiquement par la porte munie d’un contrepoids et que l’ouvrier chargé de la manœuvre ouvre de temps en temps.
- Les nouvelles éplucheuses, dont plusieurs exemplaires sont depuis quelque temps en service dans des cuisines parisiennes, réduisent non seulement %les frais de main-d’œuvre, mais économisent la matière d’une façon très appréciable. Effectivement,' les pommes de terre pelées à la main donnent un déchet d’au moins 20 pour 100 alors qu’épluchées mécaniquement de la sorte, elles n’en produisent
- Fig. 2. — Poussoir à main.
- Les pommes de terre se.partagent'automatîquement en tranches.
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- LES POMMES DE TERRE
- =--- NOUVELLES MACHINES A PELER
- pas plus de 5 à 6 pour 100. Si bien qu’un régiment de la Capitale, grâce à la quantité de pommes de terre ainsi épargnée, a pu amortir en six mois la machine Navarre, dont il avait fait l’acquisition.
- Sans compter la suppression de la « corvée de patates », si ennuyeuse pour les soldats.
- D’autre part, l’économie de main-d’œuvre est énorme puisqu’un seul homme nettoie en o minutes de 5 à 20 kg de tubercules, suivant le modèle employé.
- Naturellement, comme tous lès appareils à éplucher les pommes de terre, si l’on désire une cuisine soignée, il faut compléter le travail des machines Navarre par un épluchage à la main (fig. 5).
- Quand on ne veut pas laisser subsister la moindre parcelle de peau on doit reprendre chaque tubercule pelé mécaniquement et enlever, avec une pointe de couteau, les yeux que le râpage n’a pu faire disparaître.
- Enfin la même maison construit de petits épluchoirs, basés sur le même principe mais avec tambour en tôle rugueuse ainsi que des poussoirs (fig. 2) et des découpeuses (fig. 4) pour cuisines bourgeoises ou pour restaurants.
- Fig. 4. — Dècoupeuse à mains pour cuisines bourgeoises ou pour restaurants.
- Fig. 3. — Enlèvement à la main des yeux de pommes de terre après leur pelage par la machine Navarre.
- Pendant cette opération, l’appareil pèle une autre charge de tubercules.
- Ces derniers outils complètent le travail des peleuses mécaniques. Dans les poussoirs, on met successivement chaque tubercule épluché devant une série de lames disposées en marches d’escalier. Le butoir qui maintient la pomme de terre est fixé perpendiculairement sur une glissière et force, grâce à la pression communiquée, le tubercule à passer, tour à tour, sous chacune des lames, de façon à se partager en tranches d’égale épaisseur. Avec les découpeuses, on sectionne, au contraire, les légumes en carrés longs. On place chaque pomme de terre sur une grille et on la coupe en l’appuyant fortement contre celle-ci au moyen d’un levier terminé par un plateau métallique à surface quadrillée. Des filières, de formes différentes et interchangeables, permettent de couper, en rondelles pour pommes sautées ou en quartiers pour pommes ragoût, les légumes présentés à l’appareil, qui porte le nom bien mérité de « Bonatout! » Quelques coups de levier suffisent à donner la forme voulue à des kilogrammes de pommes de terre qui n’ont plus à faire qu’un court séjour dans la poêle pour se transformer en « frites » soufflées et savoureuses ! Jacques Boyer.
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- LES ANIMAUX VOLANTS ARCHAÏQUES
- Considérations sur le mécanisme de leur vol.
- Fig. i. — Reconstitution de Rhamphorhynchus Gemmingi H. V. Meyer. Jurassique sup. Solnhofen (Bavière). (O. Abèl.)
- Trois grands groupes zoologiques actuels sont fondamentalement organisés pour la vie aérienne : les Insectes, les Oiseaux, les Chauves-Souris; de plus, un ordre de Reptiles disparus depuis la fin de l’ère secondaire, les Ptérosauriens, complète la série des êtres adaptés au vol.
- Les belles études de E. Marey, précisées et modifiées sur certains points par E. (Emichen, ont montré que tous les Insectes et tous les Oiseaux n’accomplissent pas en volant des efforts aussi considérables que l’on serait tenté de le croire au premier abord. Nombre de ces animaux utilisent largement les courants de remous, grâce auxquels ils retrouvent une grande partie de l’énergie qu’ils ont dépensée pour vaincre la résistance de l’air. Parmi ces courants, « l’onde de suite » leur assure particulièrement une impulsion récupératrice périodique, lors du brusque retournement des ailes qui, arrivées au maximum de leur progression en avant, se raidissent instantanément alors contre ce remous. Par instants, « l’onde de retour » acquiert même une intensité remarquable, favorisée par un très étroit rapprochement, au-dessus du corps, des ailes déployées en deux plans parallèles subverticaux.
- On peut se demander dans quelle mesure T utilisation des courants de remous était réalisée par les plus anciens animaux volants; nos conjectures, dans cet ordre de recherches, sont forcément limitées aux déductions fondées sur la seule étude anatomique de restes fossiles (M.
- Insectes archaïques. — Les Insectes les plus archaïques que nous connaissions, les Spilaptères, possédaient deux paires d’ailes mésothoraciqües et métathoraciques identiques de forme et de dimension, mobiles seulement dans un plan et incapables
- 1. Voy. L. Joleaud, Éléments de Paléontologie, 2 vol. de la Collection Armand Colin, 1923-1924.
- de se replier au repôs; le prélhorax portait de chaque côté une troisième aile rudimentaire, formée ‘d’une épaisse plaque chitineuse. Ces Insectes, qui vivaient à l'époque carbonifère, étaient de taille relativement grande et rappelaient déjà par diverses particularités les Éphémères actuels. Il semble donc bien que ces animaux ne pouvaient pas utiliser les courants de remous à la manière des nombreux Arthropodes volants actuels.
- D’autres Insectes, tout aussi anciens, mais un peu plus évolués semble-t-il, les Mégasécoptères, avaient des ailes légères aux nervures fortement arc-boutées, qui rappelaient encore celles des Spilaptères par leur disposition horizontale et leur similitude d’aspect.
- Les Protodonates, leurs contemporains, qui ont d’ailleurs continué à vivre jusqu’au début de 1ère secondaire, jusqu’au Trias, comptent parmi eux le géant du monde des Insectes, Meganeura Monyi, du Rouiller de Commentry, qui mesurait 0 m. 65 d’envergure. Ces animaux peuvent être envisagés comme servant de trait de liaison entre les Spilaptères et les Odonates actuels : leur corps de Libellule, terminé par un long abdomen, portait quatre ailes minces, membraneuses, semblables, mobiles, dans un seul plari et demeurant étendues au repos.
- Le type le mieux connu des Prohémiptères, le grand Eugeron du Permien, avait le port d’une Libellule à trompe de Punaise; ses ailes étaient étalées à plat perpendiculairement à la longueur du corps. Pas plus que les précédents, cet Insecte ne possédait donc un mécanisme d’ailes susceptible de récupérer l’onde de retour.
- L’ensemble des Spilaptères, des Mégasécoptères, des Protodonates et des Prohémiptères, constitue le groupe des Paléodictyoptères, qui sont apparentés aux Ephémères, aux Libellules, aux Punaises et aux Cigales (Orthonévroptères et Hémiptères).
- Fig. 2. —Reconstitution de Pterodactylus spec-tabilis H. V. Meyer. Jurassique sup. Solnhofen (Bavière). (O. Amer.)
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- LES ANIMAUX VOLANTS ARCHAÏQUES
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- Fig. 3. — Reconstitution de Pteranodon ingens Marsh. Crétacé sup. Kansas. (O. Abel.)
- Les Orthoptères sont eux-mêmes représentés, à l’ère primaire, par de nombreuses formes, qui se rattachent étroitement aux Paléodiclyo-ptères et ont été souvent envisagées comme des ordres spéciaux. Les plus primitifs d’entre eux, les Pro-torthoptères, prennent place entre les Paléodictyoptères et les Orthoptères actuels (Locustes, Acridiens,
- Phasmes) : apparus au Carbonifère, disparus au Permien, ils possédaient un corps relativement long et des ailes se repliant sur l’abdomen au repos. Chez d’autres Orthoptères carbonifères, les Problattoïdes, qui sont intermédiaires entre les Paléodictyoptères, les Protortlioptères et les Blattes, les ailes sont susceptibles de se ployer sur l’abdomen, les postérieures se distinguant des antérieures par le développement du lobe anal qui peut se plisser séparément. Ainsi les Orthoptères nous apparaissent comme les premiers Insectes dont l’aile ait acquis la possibilité de mouvements, non plus dans un seul plan, mais dans une infinité de plans autour de l’axe' du corps; nous voyons' donc des ailes absolument rigides devenir au cours de l’évolution des ailes susceptibles de se plier.
- Il est un fait qui, depuis longtemps, a frappé les entomologistes : c’est la forte taille des Insectes
- Fig. 4. — Archæopteryx Siemensi Dames. Jurassique sup. Solnhofen {Bavière). (G. Heilmann.)
- archaïques. Non seulement nous trouvons alors des types appartenant à des ordres complètement éteints et mesurant des dimensions considérables, comme Meganeura, mais même dans les groupes actuels, tels que les Blattes, nous avons affaire, aux temps primaires, à des Insectes beaucoup plus grands que leurs congénères vivants. En général, au contraire, on constate, au cours de l’évolution d’un phylum animal, une tendance à l’accroissement de taille; si des formes de faibles proportions subsistent bien souvent jusqu’à la fin de la vie d’un rameau phylé-tique, on ne constate cependant pas l’existence de types initiaux de grandes dimensions a aucun stade originel en zoologie.
- De plus, c’est une opinion, je crois unanime parmi les entomologistes, que les Insectes aptères ou Thysanoures, sont, dans la nature actuelle, les plus proches parents du type primitif de la classe. Or les plus anciens de nos Insectes fossiles se font au contraire remarquer par le grand développement de leurs ailes et cependant le faciès de ces animaux qui synthétisent dans leur anatomie des caractères que nous trouvons aujourd’hui disjoints dans le monde si complexe des Insectes, nous permet d’affirmer que nous nous trouvons bien en présence de formes à cachet archaïque.
- Évidemment nous sommes loin de connaître les espèces du début de l’évolution des Insectes. Cette classe apparaît brusquement tout à fait individualisée au début du Carbonifère, à l’époque où nous rencontrons ses premiers représentants. Mais nos connaissances sont rudimentaires en ce qui concerne les premiers Insectes; sept espèces seulement du Carbonifère inférieur, une centaine du Carbonifère moyen et plusieurs centaines du Carbonifère supérieur, ont été décrites, ces dernières grâce à la richesse exceptionnelle d’un seul gisement de nos pays,.celui de Commentry.
- Certainement si nous avions la possibilité de reconstituer par la paléontologie une histoire com-
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- plète des faunes entomologiques, nous verrions qu’à leur début, les Insectes n’avaient pas d’ailes, sans doute à une période géologique dont nous ne connaissons pas de dépôts continentaux, pas de formations capables de renfermer des restes d’organismes terrestres. Il ne faut pas oublier, en effet, que c’est seulement à partir du Dévonien qu’apparaissent, dans l’état actuel de la sciènce, des sédiments accumulés sur la terre ferme, et encore, dans les roches remontant à cette époque reculée, les traces fossiles sont-elles aussi rares que difficilement interprétables. Il n’en reste pas moins que les plus archaïques des Insectes fossiles, dont les empreintes soient parvenues jusqu’à nous, révèlent, pour la plupart, des formes de grande taille à ailes très développées, incapables d’utiliser les courants de remous.
- Reptiles volants (Plerosauriem). — La récupération de l’onde de retour, que ne réalisaient donc point les Insectes les plus archaïques, était-elle obtenue par les Reptiles volants, par les Ptérosauriens, dont le Ptérodactyle est le représentant le plus connu?
- Je ne le crois pas, car il eût fallu que puisse être réalisée, chez ces Vertébrés, une rigidité quasi absolue de l’aile susceptible de se placer brusquement dans un plan vertical. Or, les Ptérosauriens, s’ils rappelaient par leur forme générale nos Chauves-Souris, en différaient fondamentalement par les relations qui liaient leur squelette à la membrane alaire. Celle-ci était constituée par un repli membraneux qui s’étendait entre la jambe, les lianes et le membre antérieur, dont le cinquième doigt seul, se prolongeant sur une grande longueur, soutenait la majeure partie de l’aile. On sait, qu’au contraire, chez les Chéiroptères, la membrane est supportée par tous les doigts (sauf le pouce), entre lesquels elle s’est développée à la manière d’une longue et large palmure. La rigidité que confère à l’aile de la Chauve-Souris, cette armature osseuse formée par les phalanges, ne se retrouvait pas chez les Ptérodactyles dont l’aile immense devait être toujours plus ou moins flasque et par suite en quelque sorte le jouet, dans sa région marginale postérieure, des courants aériens.
- Nous ne connaissons pas plus l’histoire de la spécialisation des Ptérosauriens que celle des Insectes. Ces Reptiles apparaissent brusquement, pour le paléontologiste, au début de l’ère secondaire, au Trias, ils sont déjà alors parfaitement adaptés au vol. Nous les voyons devenir très fréquents vers la fin des temps jurassiques et atteindre leur taille maxima au déclin du Crétacé.
- Les plus archaïques d’entre eux, comme Rham-phorhynchus (fig. 1), possédaient un appendice caudale très développé; ces Ptérosauriens, qui sont signalés dès le Trias, ont vécu surtout au Lias, mais les plus grands et les derniers datent du déclin de la période Jurassique. Au contraire, les Ptérodactyles du Jurassique récent (fig. 2), dont l’envergure varie de 0 m. 25 à 1 m. 50, n’ont qu’une queue rudimentaire. Le plus fort et le plus jeune des Reptiles de ce groupe, Pleranodon du Crétacé supérieur (fig. 5), dont les deux ailes déployées mesuraient 8 m., avait une tête tout à fait remarquable par l’allongement en avant de ses prémaxillaires et de ses mandibu-laires, ainsi que par le développement en arrière d’une énorme crête pariétale, l’ensemble atteignant plus de 2 m. de longueur. De telles dimensions pour la région céphalique de ces animaux excluent en quelque sorte l’idée qu’il pouvait s’agir de bons voiliers : chez ceux-ci, en effet, se manifeste toujours une tendance assez accusée à la réduction de la tête et c’est certes bien là l’un des caractères qui confère le plus nettement aux Oiseaux leur physionomie si spéciale.
- Comme les Insectes archaïques, les Ptérosauriens ne devaient posséder qu’une aptitude au vol assez limitée. On pourrait même voir un argument en faveur de cette hypothèse dans l’adaptation arboricole indiquée par la morphologie générale d’un Ptérosaurien du Crétacé inférieur, Ornilhodes-mus, voisin des genres Ptérodactyle et Pteranodon.
- D’ailleurs, l’ampleur du mouvement des ailes paraît avoir été relativement faible pour ces Reptiles. Tandis que chez les Oiseaux et les Chéiroptères vivants, les muscles tenseurs viennent s’insérer sur le dernier segment de l’aile qu’ils contribuent ainsi à élargir lors de son déploiement maximum, chez les Ptérosauriens, ce muscle restait localisé dans une région où il ne pouvait déterminer de modification dans la direction de l’aile. Les mouvements du poignet auraient été très réduits chez ces Reptiles, dont la flexion du dernier segment de l’aile, encore possible au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne, paraît irréalisable entre les phalanges, si l’on s’en remet aux traits révélés par la morphologie osseuse.
- Oiseaux archaïques. — L’étude des Oiseaux archaïques conduit à des conclusions analogues à celles fournies par l’examen anatomique des Reptiles volants fossiles.
- On sait que les calcaires lithographiques du Jurassique supérieur de Solnhofen, en Bavière, ont présenté des empreintes, dans un remarquable état de conservation, d’un Oiseau profondément différent
- Fig. 5. — Reconstitution de la tête d’Archæopteryx Siemensi Dames. Jurassiquesup. Solnhofen {Bavière). (G. Heilmann.)
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- de tous ses congénères actuels : le genre Archæo-pteryx est devenu le type d’un groupe spécial, les Archéornithes, que l’on oppose à l’ensemble de tous les autres Oiseaux ou Néornithes. De la taille d’un fort Pigeon, Archæopteryx était muni d’ailes pourvues de rémiges et possédait une longue queue à vertèbres indépendantes portant chacune une paire de rectrices dont les plus développées se trouvaient à l’extrémité distale (fig. k et 5}.
- Depuis longtemps, l’avis des naturalistes est unanime sur le compte des facultés de déplacement dans les airs de l’Oiseau de Solnhofen : avec son envergure de 0 m. 50, Archæopteryx ne nous apparaît nullement comme un vrai voilier, mais bien plutôt comme un animal se déplaçant dans les airs entre des stations rapprochées, par simple extension en parachute de ses ailes. Les doigts de sa main, demeurés libres et armés de griffes, comme les doigts des Ptérosauriens, permettaient à l’animal de s’accrocher à des branches ou à des saillies rocheuses. On sait que, chez les Oiseaux actuels, les membres antérieurs, terminés par une partie rigide résultant de la soudure des trois métacarpiens, acquièrent une grande puissance, qui permet précisément à l’aile de s’appuyer, à la fin de sa course en avant, sur Fonde de retour.
- Dans les trois exemplaires d’Archæopteryx, découverts jusqu’à présent, les ailes sont toujours à demi étendues, comme si l’angle cubito-métacarpien avait eu son ouverture immobilisée sur l’animal
- Fig. p. — Squelette reconstitué de Ichthyornis Victor Marsh. Crétacé sup. Kansas. 1/2 gr. nat, (O.C. Marsh.)
- Fig. 6. — Reconstitution d’Hesperornis re,gratis Marsh. Crétacé sup. du Kansas. (G. Heilmann.) .
- vivant ; de plus la main aurait été incapable de se fléchir, comme elle le fait chez les Oiseaux actuels. Dans l’ouverture de l’angle compris entre la main et l’avant-bras devait être tendue une membrane rigide, sur laquelle s’implantaient les rémiges, au lieu que ces plumes, chez les Oiseaux actuels, arrivent au contact même de l’os du membre antérieur. De plus, l’aile n’aurait, suivant divers auteurs, pu se déployer que dans le plan de l’avant-bras.
- En tout cas, les côtes grêles et minces d’Archæopteryx ne constituaient certainement pas un cadre résistant comme celui formé par le thorax des Carinates actuels. La longue queue emplumée de l’Archéornithe, si elle maintenait l’animal en direction dans ses déplacements aériens, freinait singulièrement ceux-ci. Une bonne partie de la force vive de l’onde en retour devait se perdre du fait de la résistance offerte par cette queue, sans pouvoir être ensuite récupérée par les mouvements des ailes de l’animal.
- Les Oiseaux actuels ou Néornithes manifestent deux tendances très différentes dans leurs adaptations, qui ont conduit autrefois les zoologistes à en grouper les ordres en deux grandes subdivisions qu’ils ont opposées l’une à l’autre, les voiliers ou Carinates, les coureurs ou Katites. Il ne s’agirait pourtant pas, d’après les études récentes, de deux types d’évolution fondamentalement différents chez les Oiseaux actuels si l’on envisage la question au point de vue phylogénétique. De l’avis de la plupart des ornithologistes modernes, les anciens auteurs
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- auraient réuni artificiellement sous le nom de Ratites tous les Oiseaux adaptés secondairement à la vie sur le sol, sans se préoccuper de leur origine, profondément, différente pour chacune de leurs subdivisions; les Ratites constitueraient donc un groupe polyphylélique. D'ailleurs, certains Oiseaux redevenus terriens* restent néanmoins inséparables, au point de vue de la classification, de leurs ancêtres Carinates : l’exemple le plus frappant est sans doute celui du genre Didus, gigantesque Pigeon récemment exterminé à l’ile Maurice.
- Mais cette opposition morphologique adaptative des coureurs et des voiliers se retrouve à toutes les étapes de l’histoire évolutive des Oiseaux. Au Crétacé, cette classe est représentée par des Vertébrés presque aussi différents des formes actuelles que l’avait été Archæopleryx : les deux genres les mieux définis de la fin des temps secondaires sont l’un, Hesperornis (fig. 6), type des Odontolces, au sternum dépourvu de bréchet et‘ aux ailes tout à fait rudimentaires soutenues par un humérus long et grêle, l’autre, Ichthyornis (fig. 7), type des Odon-tormes, caractérisé par le grand développement de sa crête sternale, de sa ceinture scapulaire et surtout de ses ailes. Même dans les trois squelettes d’ Archæopteryx que nous connaissons aujourd’hui, B. Petro-nievics a cru reconnaître récemment des différences morphologiques suffisantes pour justifier l’établissement de deux coupures génériques parmi les Archéor-nites ; l’une., Archæopteryx, sensu stricto, évoluant dans la direction des Ratites, l’autre Archæornis, dans celles des Carinates. Tant par les caractères de
- LA TEMPÉRATURE A
- Au cours des dernières années, les géologues américains composant la grande institution nationale a Geological Survey » des États-Unis, ont profité de leurs larges disponibilités et des nombreux travaux de mines de l’Amérique pour faire directement des mesures de température dans les profondeurs du sol.
- Ils ont créé pour cela tout un outillage, tantôt indépendant et comprenant alors un treuil à câble, tantôt ajoutant seulement aux câbles des appareils de sondage les instruments thermométriques spéciaux.
- Le thermomètre, gradué, bien entendu, dans le système Fahrenheit, est contenu dans une forte enveloppe de cristal, entourée par une gaine d’acier solide et lourde suspendue à un ressort et terminée à l’autre bout par un second ressort de choc. Comme ce thermomètre est destiné à pénétrer dans le pétrole ou dans l’eau salée, il est utile qu’il soit très lourd. s
- Le thermomètre est toujours à maximum, et d’ordinaire on en accole deux ou trois à titre de contrôle : chacun d’eux est calé dans son enveloppe d’acier, percée de trous nombreux sur deux lignes
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- son bassin que par ceux de sa ceinture scapulaire, Archæopteryx, sensu stricto, serait, aux yeux du paléontologiste serbe, plus primitif que Archæornis.
- Conclusion. — Quoi qu’il en soit de cette hypothèse, le fait semble acquis que les Oiseaux n’ont nullement utilisé originellement les courants de retour dans leurs déplacements aériens, pas plus que les Ptérosauriens ou les Insectes. Pendant longtemps tous ces animaux ont eu leurs ailes disposées dans des plans rigidement horizontaux, comme c’est le cas pour les Insectes les plus archaïques, ou bien n’ont pas eu à leur disposition les moyens de conférer brusquement à leurs ailes, dans un plan vertical, une rigidité suffisante pour pouvoir s’appuyer sur l’onde de retour.
- Telle semble être du moins la conclusion à laquelle on peut s’arrêter aujourd’hui dans l’état si fragmentaire de notre documentation sur les animaux volants disparus au cours des temps géologiques. C’est que les êtres vivant dans l’air se présentent en général dans les conditions les plus défavorables à la fossilisation. Il a fallu des circonstances tout à fait exceptionnelles, comme celles qui ont présidé à la genèse des gisements du Houiller de Commentry, du Jurassique de Solnhofen ou du Crétacé supérieur du Kansas pour que fussent conservées quelques rares mailles des longues chaînes d’êtres qui ont conduit aux voiliers actuels (1). L. Joleaud,
- Maître de Conférences à la Sorbonne.
- 1. Les figures qui illustrent cet article sont empruntées à 0. Abel, Lebensbitder aus der Tierieell der Vorzeit, Gustav Fischer, éditeur, Iéna, 1022.
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- opposées pour pouvoir faire la lecture sans rien démonter.
- Les appareils thermométriques sont reliés au câble par une pièce spéciale à bourrelets élastiques qui évitent les chocs latéraux, et les manœuvres de remontée surtout doivent être effectuées avec grand soin pour que les index de maxima ne soient pas déplacés. Quand le thermomètre doit aller jusqu’au fond du trou, cette arrivée doit être surveillée de près pour éviter un accident faussant les mesures : on peut même adjoindre au système un courant électrique avec système de contact à la rencontre d’une résistance molle ou dure : une sonnerie marque alors l’arrivée. '
- Ce qui facilite un peu le travail des opérateurs, c’est la continuité de l’accroissement de la température avec la profondeur. Dans leurs études, ils n’ont jamais trouvé de zone de refroidissement, quoiqu’il y en ait peut-être en certaines contrées, sans que cela ait rien de bien étonnant : la rencontre d’une ^couche artésienne ayant son lieu le plus bas au point où la trouve le thermomètre pourrait être à température inférieure à la normale
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- LA TEMPÉRATURE A L’INTÉRIEUR DU GLOBE
- Fig. i.
- Thermomètre à maxima et sa boite à ouvertures pour lectures.
- Fig. 2. Thermomètre électrique à résistances.
- de ce niveau et par conséquent inférieure à celle d’un étage un peu plus élevé : il faut penser que le
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- Fig.-3. — Orifice du tube de sondage muni du treuil de curage et appareil de protection du thermomètre à maxima.
- cas est rare puisqu’il n’a pas été reconnu et signalé.
- Mais les accroissements constatés se montrent très variables d’un point à un autre, et même dans un grand puits de sondage, on trouve des différences un peu trop fortes pour les regarder comme des erreurs d’observation.
- Voici le tableau relevé dans un grand sondage en Virginie occidentale : on a pris la température de 500 en 500 pieds, depuis le sol où la température moyenne était de 55,5 degrés Fahrenheit jusqu’à 7500 pieds : le tableau est naturellement en mesures américaines, mais nous les avons transformées en mesures françaises à raison de 0m,505 par pied et
- de 1°C. pour jj (X—52) degré Fahrenheit (voir tableau ci-dessous).
- La moyenne donne 10 C. par 57 m. de profondeur, mais avec des variations allant du simple au double : ces inégalités tiennent certainement à des venues de pétrole ou d’eaux, à températures variées qui font des cours de liquides souterrains que traverse la colonne du sondage à diverses températures.
- Fig. 3.
- Cage de guidage du thermomètre dans le sondage.
- Profondeur. Centigrades. Différence par 500 pieds.
- 0 à 20 ni. 4,82 (152m,50)
- 152,5 7,27 5,45
- 505. 10,47 5,20
- 457,5 15,92 5,45
- 610 17,59 5,67
- 762,5 21,79 4,2
- 915 25,07 5,28
- 1067,5 28,27 5.2
- 1220 52,20 5,95
- 1572,5 56,05 5,85
- 1525 41,51 5,28
- 1567,5 47,98 6,67
- 1720 54,08 6,05
- 1872,5 60,41 6,55
- 2025 64,69 4,28
- 2177,5 2550 67,79 • .5,10
- Pour obtenir les températures jusqu’à 1500 m. environ, on a trouvé avantageux de se servir d’un thermomètre électrique à résistances, attaché à un câble composé d’un fort fil d’acier bien isolé et séparant deux fils de cuivre aplatis, le tout placé dans une gaine isolante : le poids dun pareil câble était de 55 kilogrammes par 100 mètres. On pouvait ainsi connaître à chaque niveau la température sans
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- remonter l’appareil. Mais quand la profondeur dépasse 1500 m. ce système est onéreux et on a trouvé avantage à ne se servir que du thermomètre à mercure à maximum, malgré le temps perdu que causent les mesurages, surtout quand on prend la précaution, assez inutile, de refroidir l’instrument après en avoir fait la lecture.
- Ce qu’il y a de plus intéressant dans les relevés, ce sont les grandes différences entre les localités étudiées : tandis que l’extrémité nord de la presqu’île du Michigan, refroidie sans doute par les eaux du lac Supérieur, a donné environ 1°C. pour 70 mètres de profondeur dans les grands puits des mines de cuivre, on a trouvé dans les régions sud du Michigan 1° C. pour 75 m. ; dans les terrains sis à l'ouest deWashington,lecoefficients’élèveà 4 ftC. pour 25 m. ; ils devient 1° pour moins de 20 m. dans la zone des geysers comme le Parc National, et dans les régions volcaniques de l’Idaho on a trouvé de G à 52 m. par degré centigrade : mais quand le sol ne présente aucune condition spéciale de voisinage, il semble que l’on puisse conserver comme normal le chiffre français ancien de 1°C. par 50 m. de profondeur. En Allemagne on a trouvé des variations beaucoup plus lentes dans le territoire de Stassfurt.
- Cette question géothermique ne manque pas de gravité pour les mineurs de l’avenir essayant de
- AURORES BORÉALES
- On sait depuis longtemps que les grandes manifestations des aurores boréales sont visibles, simultanément, en des lieux fort éloignés, et, à peu près constantes au voisinage du pôle magnétique : les manifestations amorales, aux basses latitudes, accompagnent les orages magnétiques : en 1875, Weyprechl s’est efforcé de mettre en évidence que les perturbations magnétiques sont d’autant plus fortes que les mouvements des rayons de l’aurore sont plus intenses et plus rapides, que les couleurs prismatiques se montrent avec plus d’éclat, tandis que les arcs immobiles et réguliers n’exercent presque aucune action sur l’aiguille aimantée.
- Mais comme les relations de l’activité solaire avec celles du magnétisme terrestre étaient déjà hors de doute, il était également naturel de rechercher un parallélisme entre le Soleil et le phénomène de l’aurore. Dès 4871, Tacchini signale la relation qui existe entre les aurores boréales et l’apparition, sur les bords du Soleil^ d'une certaine espèce de protubérances qui se composent, en général, d’une masse nuageuse étendue et déchiquetée (les dessins lui donnent une analogie frappante avec une masse de cirrus) d’où tombent vers le Soleil une série de traits lumineux : seulement, tandis que dans les pluies solaires ces traits sont perpendiculaires au bord du limbe et parallèles entre eux, ils sont ici inclinés et souvent entrelacés. Fritz établit peu après que les aurores boréales offrent une périodicité analogue à celle des taches : elles sont plus fréquentes aux époques de maxima, paraissant diminuer dans les minima et, en
- [T ACTIVITÉ SOLAIRE
- tirer parti des gisements épuisés en surface : elle gène beaucoup moins les sondages au pétrole que les mines exploitées par puits et galeries : cependant les sondages, sont rendus pénibles à 1500 m. par le ramollissement de l’acier des trépans et des tubes. Cette difficulté a failli arrêter déjà une des plus belles mines duBrésil, la mine d’or de Saint -John delRey. Quoique l’accroissement de température ne soit là que de 1° C. par 70 ou 75m., ily eutdenombreuses victimes et on n’arrivait plus à recruter d’ouvriers ni mineurs de profession, ni manoeuvres indigènes. Il a fallu se décider à dépenser un demi-miîlion de dollars pour installer des machines frigorifiques grâce auxquelles on a pu introduire de l’air dans ces mines à la température de 7 à 8°C. par une ventilation énergique qui a'permis de pousser les travaux à 2050 m. au-dessous de la surface, ce qui est le maximum de profondeur atteint par une mine ordinaire ; celle de Przibram en Bohême n’est pas encore à 2000 m. C’est aussi à 2000 m. au-dessous* des cols que passent les plus grands tunnels des Alpes : mais là la basse température de l’extérieur a permis de se dispenser delà réfrigération, à la condition d’envoyer aux fronts de taille un énorme volume d’air frais. Les fleurets de perforation ont seuls souffert de la température des roches qui a dépassé 60° C. au milieu du souterrain.
- Effère.
- ET ACTIVITÉ SOLAIRE
- février 1907 par exemple, la belle coïncidence de troubles magnétiques et d’aurores boréales magnifiques avec l’arrivée d’un groupe de taches sur le méridien solaire tourné vers nous montrait, une fois de plus, combien la Terre est sous la dépendance étroite de l’activité solaire.
- Ellis montre même qu’il existe dans la fréquence des perturbations et des aurores une période annuelle, avec un maximum aux équinoxes et un minimum aux solstices, phénomène étudié et interprété par Kaemtz, Loo-mis, N. et W. Lockyer, Cortie, etc... Or nous savons notamment, par les travaux de Cortie, que le phénomène est fort complexe et que, si les taches solaires ont une action provocatrice sur les orages magnétiques, elles n’en sont cependant pas la cause directe; de plus, l’agitation magnétique n’est pas simplement liée à la surface tachée et dépend surtout (Brazier) de la vitesse de variation des taches en nombre et en étendue. Puis le fait que la position de la Terre sur son orbite intervient montre l’action réciproque de la Terre sur le Soleil lui-même; enfin, on a noté d’importantes relations avec les facules, les protubérances, les traits noirs de l’atmosphère, ce qui confirme l’opinion de Deslandres, à savoir que l’explica-' tion complète du magnétisme terrestre ne saurait résulter que d’un enregistrement continu de toutes les manifestations de l’activité solaire.
- Les recherches statistiques sur une périodicité des phénomènes magnétiques et des aurores boréales, en rapport avec les taches, c’est-à-dire avec la durée de la
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- .::.. ..........: LE MAL DES
- rotation synodique solaire, ont été poursuivies par Terby, tandis que les études théoriques de ces relations sont attachées aux noms de Birkeland, Stormer, Yegard, Schuster, Krogness....
- Dans l’état de nos connaissances, peut-on, pour expliquer la répartition mensuelle des aurores boréales, leur attribuer une origine purement terrestre due principalement aux abaissements dépréssion (Stassano, 1902). Faut-il admettre, comme Zenger (1885), que l’action du Soleil est simultanée sur les orages électriques et magnétiques, -les tempêtes, les ondées, les explosions de grisou ?... Ce qui ferait de tous les phénomènes terrestres un faisceau de manifestations interdépendantes. Existe-t-il des relations entre le magnétisme terrestre et les chutes de neige, les variations des latitudes ? Alors que
- MONTAGNES :,, , — 77
- it
- les déplacements étranges du pôle ne sont minutieuse-’^ ment étudiés que depuis une trentaine d’années.
- Il semble qu’il y ait encore lieu d’étudier les grandes lois générales pour en préciser le mécanisme avant d’aborder, comme on l’a fait bien souvent, des répercussions particulières ou des coïncidences, peut-être remarquables, mais insuffisantes pour conclure (1).
- 1. Il n’y a pas de meilleurs guides que l’ouvrage de A. Angot sur les aurores boréales, et celui de E. Mascart sur le Magnétisme terrestre, pour se mettre au courant de l’ensemble de ces problèmes ; les quelques considérations ci-des-sus seront développées ailleurs, avec les références utiles, en nous plaçant plus spécialement au point de vue des variations de l’activité solaire et de ses périodicités possibles.
- Jean Mascart.
- Directeur de l'Observatoire de Lyon.
- LE MAL DES MONTAGNES
- La composition de la haute atmosphère et l’origine des matières organiques.
- L’expédition qui vient d’échouer une fois de plus dans sa tentative de conquête du plus haut sommet de la Terre, le mont Everest, a accompli, malgré tout, un bel exploit sportif, mais il est regrettable que les difficultés à vaincre n’aient pas permis de lui adjoindre le personnel et le matériel scientifique nécessaires pour effectuer des recherches précises sur la composition de la haute atmosphère. Il ne semble pas non plus que les aviateurs amoureux des records, comme Sadi Lecointe, aient été sollicités de faire aux hautes altitudes des prises de gaz qui auraient cependant un très grand intérêt.
- En effet, si l’on trouve dans tous les ouvrages techniques, des diagrammes donnant jusque vers 120 kilomètres (!) la composition de l’air, en fonction de ses éléments essentiels, azote, oxygène, argon, hydrogène, néon, hélium, acide carbonique, il faut remarquer que cette composition est donnée par application de lois purement physiques et qu’elle ne tient pas compte d’un facteur extrêmement important : l’action chimique des rayons solaires, qui est loin d’être négligeable,
- Déjà, au cours d’une ascension dans la région des neiges perpétuelles, on constata l’action intense du soleil à la fois sur la peau qu’il faut protéger contre les brûlures et sur les yeux que guette l’ophtalmie. La lumière solaire, qui aune action bienfaisante et curative dans les vallées, devient donc jin ennemi dangereux dans la région des glaciers parce que nous nous approchons de plus en plus de la zone des rayons ultra-violets de courte longueur d’onde qui détruisent la vie.
- Non seulement la peau est attaquée, mais de plus l’empoisonnement lent menace l’ascensionniste, non par suite de l’effet purement physique de «la diminution de la pression atmosphérique et de la quantité insuffisante d’oxygène aspirée à chaque inhalation, mais bien parce que l’air que l’on respire au voisinage des sommets des très hautes montagnes, Mont Blanc, Mont Rose, contient des quantités considérables de substances toxiques, en particulier : les oxydes de l’azote, l’ozone, l’eau oxygénée, le nitrite d’ammonium qui altèrent la composition du sang et peuvent provoquer chez certains sujets de graves maladies. Il est très probable que ce sont ces poisons qui provoquent, tout au moins partiellement, le mal des montagnes. D’après des expériences effectuées au sommet du Mont Rose (4600 mètres), dans
- un petit laboratoire de chimie qui y fut installé, les composés gazeux, oxyde d’azote et nitrite d’ammonium sont les produits de décomposition d’un composé extrêmement instable, le nitrosyle NOII dont la toxicité doit être analogue à celle de l’acide prussique, à en juger par sa grande affinité pour les aldéhydes et les sels de fer.
- Un chimiste italien, Ângeli, a étudié ce composé très en détail, et bien qu’il n’ait pu l’isoler soit libre, soit à l’état de sels alcalins, il a réussi à préparer une combinaison renfermant du nitrite de sodium et du sodium nitrosyle. C’est à partir de ce sel qu’il a pu étudier les propriétés de l’acide instable nitrosyle.
- C’est d’ailleurs un fait général que tous les composés, comme les nitrosyles, qui ont une importance considérable dans l’évolution de la matière, sont impossibles à isoler, par suite de leur grande activité chimique. La méthode générale que l’on emploie pour leur étude, cou -'siste à essayer de les capter, de les englober dans d’autres molécules chimiques moins instables. Angeli le premier constata que le nitrosyle réagit avec les aldéhydes et il peut ainsi obtenir l’acide formhydroxamique
- H ...
- r^NOH K OH
- Baley, au lieu d’employer la formaldéhyde, fit passer de l’acide carbonique à travers une solution aqueuse de nitrate de potasse. La solution, exposée à l’action de la lumière de l’arc au mercure, donne de l’acide formhydroxamique tandis qu’elle est parfaitement stable dans l’obscurité même après qu’on l’a chauffée. Finalement, si l’on expose aux radiations ultra-violettes une solution aqueuse d’acide carbonique dans laquelle on a fait circuler un courant d’air, on peut montrer, à l’aide de réactifs chimiques qu’il s’est formé un composé organique renfermant de l’azote. Par union de la formaldéhyde et du nitrosyle, il se forme tout
- d’abord l’alcool nilrosomélhylique ^j]/C\Q|jj et.on Peu
- logiquement en conclure que cet alcool est le premier stade de la combinaison photochimique de l’air, de l’eau et de l’acide carbonique.
- Cet alcool, extrêmement instable, est d’un bleu de cie intense et il se décompose spontanément soit pour donner l’acide forchhydroxamique, soit de l’alcool mélhylique et de l’ammoniaque. ,
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- 78 ACADEMIE DES SCIENCES
- Il est intéressant de signaler ici que l’alcool méthylique est un produit extrêmement utile pour les plantes qui les transforme en sucre et amidon, tandis que l'alcool éthylique agit comme ûn poison. C’est l’inverse qui se produit pour les êtres vivants et en particulier l’homme : l’alcool méthylique est un poison violent qui provoque d’abord la cécité, puis la mort en 2 ou 5 jours, l’alcool éthylique au contraire, tout au moins à doses moyennes, est assimilé par l’organisme.
- Stoklasa et Baly ont trouvé que l’acide carbonique dissous dans l’eau peut se transformer en formaldéhyde sous l’action de la lumière ultra-violette et même, en
- présence d’alcalis, en sucre. Si nous nous rappelons que, très vraisemblablement aux époques préhistoriques, l’activité solaire était plus intense qu’à l’heure actuelle, on comprend cette boutade d’un savant, affirmant qu’aux âges géologiques, il devait pleuvoir de l’eau sucrée. En tous les cas, la formation, sous l’action de l’énergie radiante, de sucre à partir de l’acide carbonique, celle de l’alcool nitrosométhylique à l’aide de nitrate de potasse, d’acide carbonique et d’eau, montrent comment, dans la nature, ont pu se former les composés organiques à partir des corps minéraux.
- II. VlGNEHON.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai et juin 1924.
- Elections. — Le mois de mai a été marqué par les élections de MM. Ed. Beecher Wilson, Johannès Schmidt et William Pope, en qualité de Correspondants, respectivement pour les sections d’anatomie et de chimie.
- Le jus cle viande crue, pur et sec dans le traitement de la tuberculose. — Une longue étude du professeur Richet montre que son ingestion a pour premiers effets une augmentation du poids corporel, un croit de la force musculaire, enfin la fixation d'azote et de phosphore. On arrive ainsi à la reconstruction rapide des tissus et à une amélioration progressive de l’état général.
- Un type nouveau de chlorile blanche. — M. J. Orcel signale aux minéralogistes des masses cristallines, donnant au microscope une structure sphérolilique remarquable, découvertes dans le massif de serpentine et de talc, à l’ouest de St-Colomban-des-Yillards, sur le revers est de la chaîne de Belledonne. Il s’agit là d’une chlorite, intermédiaire entre les prochlorites magnésiennes et la corundophyllite, et correspondant à un mélange, dans la proportion de 1 à 5, d’antigorite et d’amésite.
- La théorie de Wegener sur la dérive des continents. — Une nouvelle note de M. Ph. Négris établit.qu’aucune congruence ne saurait exister, sauf par le fait du hasard, entre les contours des rivages d’Amérique et d’Afrique. De plus,] dans l’hypothèse qui veut qu’a près la séparation les continents auraient llotté sur le magma fluide incandescent, existant sous l’écorce terrestre, comment admettre que la ligne de flottaison soit restée la même pour les rivages du Brésil et ceux du golfe de Guinée ? Au cours des âges, l’érosion et le diastrophisme seraient donc restés sans effet sur elle.
- Après ces critiques, il semble bien qne les affirmations de Wegener ne reposent sur aucune base et qu’elles ne sauraient retenir plus longtemps l’attention des géologues.
- Le Bartonien dans la région d’A jaccio. — M. Paul Thiéry reprend une communication de M. A. Joleaud, fondant la présence de ce strate sur un échinide que ce savant a cru fossile pour le rapporter à l’Echinocyamus subcaudalus, signalé à la Garoupe près d’Antibes. Il s’agit en réalité deVËchinocyamus pusillus Müller, vivant dans les eaux du golfe actuel d’Ajaccio, par 50 mètres de profondeur. Gela infirme la théorie de Hollande, sur
- l’avance du golfe nummulitique qui a pour littoral la région des îles Baléares.
- A propos de la méthémoglobine. — MM. Maurice Ni-cloux et Georges P’ontès signalent un nouveau mode de préparation de eu pigment, basé sur l’action, à la dose de 10 pour 100, d’alcool à 95° sur un égal volume de sang de bœuf. La transformation de l’oxyhémoglobino est totale, à 57°, au bout d’une semaine ; elle demande un mois et demi à la température ordinaire. Le sang, qui ne présente aucune odeur de putréfaction, passe progressivement du rouge vermeil à la teinte sépia et sa conservation est assurée pour plusieurs mois.
- La constante du radon. — Mme Curie et Sir Rutherford l’avaient évaluée à 5,85 jours, alors qu’eu 1921 Bothe et Leechnerindiquaient 5,81 j. Le dispositif expérimental imaginé par Mlle l. Curie et M. Chamié a permis quatre expériences dont les résultats concordent à 1 pour 1000 près et donnent, avec une précision au moins égale à 1 pour 2000, 5,825 jours.
- La cémentation du cuivre. — M. Thadée Peczalski a remarqué que ce métal, entouré d’un sel métallique et chauffé à une température inférieure aux points de fusion du cuivre et du sel, absorbe ce dernier, à la façon du fer cémenté par le carbone. Les expériences ont été faites avec des chlorures et des oxydes alcalins ou alca-lino-terreüx, les premiers abaissant la dureté du cuivre alors que les seconds l’augmentent.
- Un nouveau glucoside. — Les tubercules d’Orobanche Rapum Thuill ont fourni à MM. Bridel et Charaux un glucoside, l’orobanchine, qui, réductrice et fusible vers 160°, donne eomme produits de dédoublement cristallisés de l’ac. caféique, du glucose et du rhamnose.
- Le frottement de glissement. — En opérant avec fer surfer, laiton sur laiton, cuivre sur zinc, etc.,M. Fichter a remarqué que la valeur du coefficient de frottement diminue quand on augmente la perfection du polissage, pour atteindre un minimum (polissage critique) et croître ensuite très rapidement. Ces expériences pourraient servir de base à une théorie du frottement où l’on liendrait compte de l’attraction moléculaire qui explique la cohésion et même la diffusion entre les corps en contact.
- ! Paul B.
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- LE QUARTZ FONDU TRANSPARENT
- Sous le nom de quarlz fondu, on désigne un véritable verre de silice pure, obtenu en fondant au chalumeau, ou dans le four électrique du quartz, ou silice cristallisée, provenant de roches naturelles.
- Le verre de silice n’est pas un produit nouveau, et depuis longtemps, on en connaît et utilise les précieuses propriétés : coefficient de dilatation presque nul, insensibilité aux variations brusques de température, inaltérabilité par les réactifs chimiques.
- C’est un chimiste français, Gaudin en 1859, qui réalisa le premier la difficile fusion du quartz; le point de fusion de ce cristal est voisin, en effet, de 1750 degrés et avant d’atteindre cette température, le quartz se volatilise rapidement.
- Actuellement, on emploie beaucoup dans les laboratoires de chimie des objets divers, creusets, ballons, coupelles, en verre de silice. Le quartz fondu est remarquablement transparent aux rayons ultra-violets ; aussi l’em ploie-t-on pour construire . des tubes à vapeur de mercure, producteurs de ces rayons.
- Mais ce verre a un grave défaut, qui en limite l’emploi; il était jusqu’ici, sinon impossible, du moins très dificile de le produire exempt de bulles d’air occluses ; le quartz reste en effet pâteux jusqu’au moment de sa fusion, et l’air qui se trouve renfermé dans le cristal, ne peut se dégager ; les produits obtenus sont donc toujours imparfaitement transparents ; cet inconvénient est peu grave pour les applications chimiques; mais il n’en est pas de même pour toutes celles qui touchent à l’optique.
- MM. Berry, Miller et Devers, du Laboratoire de recherches de la General Electric C° à Lynn (États-Unis) viennent de réussir à fabriquer des pièces volumineuses de quartz fondu parfaitement transparent; cette substance a de remarquables qualités qui paraissent lui assurer de nombreux débouchés.
- Comme le quartz fondu connu jusqu’ici, elle a un coefficient de dilatation extrêmement faible : 58xl0~8; il est 17 fois moindre que celui du platine, 54 fois moindre que celui du cuivre; une tige de quartz de l m. de long ne s’allonge que de 6/10 de millimètre environ, pour une variation de température de 1000°. Les qualités essentielles du quartz fondu transparent sont ses qualités optiques ; sa transparence est en effet très supérieure à celle des meilleurs verres d’optique. Pour la lumière visible, il est près de 1,7 fois plus transparent que le meilleur verre d’optique; il est,.comme on sait, le seul verre transparent aux rayons ultra-violets ; cette transparence s’étend jusqu’à la radiation de longueur d’onde de 1850 Angstrôms.
- Une autre propriété intéressante est son grand pouvoir dispersif, supérieur à celui des verres d’optique; son indice de réfraction est de 1,459
- pour la raie D du spectre; ce pouvoir dispersif est en outre plus constant que celui du verre, à cause de la très faible influence des variations de température sur le quartz.
- Deux expériences aussi curieuses que démonstratives permettent de mettre en évidence ces deux qualités du quartz fondu transparent : transparence élevée et grande dispersion.
- Dans une tige cylindrique de ce quartz longue de 1 m., faisons pénétrer de la lumière en la faisant tomber normalement sur la section plane qui limite cette tige; la lumière chemine à l’intérieur du quartz et à l'autre extrémité il en sortira 95 p. 100 par la face opposée; même si la tige est recourbée, comme le montre la figure 2, les rayons lumineux ne peuvent s’échapper au dehors, par les parois latérales, que dans une très faible proportion, à causé de l’indice de réfraction élevé du quartz; s’ils viennent à rencontrer ces parois, ils y subissent en majeure partie la réflexion totale, et continuent à cheminer à l’intérieur de la tige, dont ils n’émergent que par la section de sortie.
- La simple lumière d’une allumette peut ainsi être transmise et rendue visible à l’extrémité d’un tube de 10 m. de long, qui en verre ordinaire serait, dans les mêmes conditions, absolument opaque. L’expérience est amusante ; elle peut aussi prêter a des applications intéressantes, comme celle d’introduire de la lumière dans un endroit inaccessible.
- On peut rendre la démonstralion plus saisissante encore en substituant aux rayons visibles des rayons calorifiques; on chauffe jusqu’à l’incandescence l’extrémité d’une tige de quartz transparent, longue de 5 m.; on peut, sans être incommodé* la Saisir à pleine main par son milieu (fig. 1). Mais ne vous avisez pas de poser le doigt sur l’autre extrémité de la tige, vous seriez cruellement brûlé.
- On peut, avec le quartz transparent, construire des prismes, des lentilles et des miroirs qui, outre leurs qualités optiques, ont l’avantage d’être presque insensibles aux variations de température : cette -précieuse propriété intervient encore pour faciliter la taille de ces pièces optiques ; on peut, en elfet, les travailler pendant qu’elles sont encore à l’état liquide, et les refroidir brusquement par immersion dans un bain d’eau froide, sans les fracturer.
- Le quartz fondu est une substance d’une parfaite élasticité; aussi a-t-on proposé de l’employer pour faire des diapasons, qui auraient sur les diapasons en acier, l’avantage de garder une période de vibration constante, quand la température change.
- Le quartz fondu a également une hystérésis beaucoup plus faible que le verre; aussi se prêterait-il d’une façon très intéressante à la construction des thermomètres, fonctionnant sur une grande
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- 80 .—r—r— LE QUARTZ FONDU TRANSPARENT
- Fig i. — Un tube de quartz chauffé à Vincandescence à l'une de ses extrémités peut être tenu à la main, sans crainte, par son milieu. Mais Vautre extrémité est brûlante.
- échelle de températures; les déplacements du zéro, si gênants dans les thermomètres de précision actuels, seraient éliminées.
- Voici maintenant quelques détails sur la fabrication du quartz fondu transparent. C’est une succession d’opérations délicates dont la mise au point a exigé de longues peines.
- On utilise comme matière première du cristal de roche de première qualité aussi pur et aussi clair que possible; par lavage aux acides, on fait disparaître la légère couche d’oxyde de fer qui, parfois, recouvre la surface du cristal; on élimine aussi les parties du cristal dans lesquelles apparaissent des bulles.
- On place les morceaux de quartz, aussi serrés que possible, dans un creuset de graphite, et l’on procède à une première fusion nu four électrique; on fait le vide dans le four en même temps qu’on chauffe de façon à atteindre, aussi rapidement que possible, le point de fusion ; l’opération dure 45 minutes et absorbe de G à 16 kilowatts-heure par kg de quartz fondu.
- On sait que la silice et le carbone réagissent aux hautes températures développées dans le four électrique/pour donner du oarborundum. Aussi les parois des creusets en graphite commericent-cllcs par se tapisser d’une couche de carborundum qui sert, du reste, d’enduit protecteur contre toute attaque ultérieure.
- La substance obtenue après la première fusion est déjà très claire; toutefois, elle contient encore des bulles, dont la majeure partie va disparaître au cours d’une seconde fusion à chaud; cette seconde opération est plutôt une sorte d’étirage; le quartz pâteux est coulé dans des espèces de fdières en graphite que l’on porte à haute température dans le four électrique; on exerce, au moyen d’un piston en graphite, une forte pression sur le quartz qui s’écoule, comme un Guide visqueux, à travers l’orifice du moule en graphite ; on obtient ainsi des tiges ou des tubes parfaitement clairs qui ne contiennent plus qu’un très petit nombre de bulles occluses.
- Pour obtenir de gros blocs de quartz fondu, on se sert d’un four d’un modèle spécial, dans lequel on peut à volonté soit faire le vide, soit maintenir des pressions élevées. On procède à une première fusion dans le vide', puis à une seconde fusion sous haute pression.
- Le quartz fondu transparent semble appelé à rendre de grands services dans les recherches scientifiques et dans nombre d’applications industrielles.
- Sa fabrication, si difficile à mettre au point, fait honneur à ces grands laboratoires de recherches de science pure qui sont actuellement le privilège et font la force de l’industrie des Ltats-Unis.
- R. V.
- Fig. 2. — Un tube de quartz éclairé à l'une de ses extrémités transmet presque intégralement la lumière à Vautre extrémité, qui se comporte comme un véritable foyer lumineux.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahcre, 9, rue de Fleurus, à Paris
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- LA NATURE - N° 2627
- 9 AOUT 1924
- LA SALUBRITÉ DES VILLES DE MOYENNE IMPORTANCE
- Poubelles et tombereaux à ordures.
- Au fur et à mesure que les agglomérations urbaines prennent de l’extension et que les préoccupations d’hygiène publique deviennent plus pressantes, le problème des ordures ménagères ou gadoues change d’aspect et se révèle de plus en
- on peut ajouter, d’une façon souvent aiguë devant les municipalités qui veulent évoluer et suivre les progrès.
- Celte manière de déposer une caisse d’ordures ouverte sur le bord du trottoir quand on ne se con-
- Fig . i.
- 1. Poubelle cylindrique à charnière. — 2. Poubelle à fermeture automatique, avec poignée à ressort. 3. Poubelle rectangulaire à fermelure*automatique. — 4 Poubelle type Morand-Cohade. — 5. Poubelle type Falque. — 6. Poubelle adoptée par la ville de Nancy.
- plus important, et même assez difficile pour certaines villes.
- Il était admis, cela n’est pas encore très vieux, que les ordures ménagères — qui sont les plus importantes des souillures de la voie publique — étaient faites pour être collectées n’importe comment après avoir été souvent déposées sur la chaussée, quand ce n’était sur le trottoir, puis transportées d’une façon quelconque par les boueux, soit aux dépotoirs, soit à même dans les champs afin de les utiliser comme engrais.
- Médecins et hygiénistes se sont peu à peu élevés contre ces procédés vraiment trop rudimentaires, dangereux pour la santé publique et la question de la collecte et du transport et aussi celle de la destination finale des gadoues s’est alors posée et se pose,
- tente pas de verser les ordures sur la chaussée, est des plus blâmables. La caisse métallique, de forme cylindrique et munie d’un couvercle, devrait être d’un usage courant. On connaît les multiples inconvénients de la caisse en bois non fermée : émanations parfois infectes et insupportables à certaines époques de l’année ; la facilité qu’ont les parois de s’imbiber ou de s’imprégner assez rapidement de matières organiques; la dispersion sur la voie publique, tout au pourtour du récipient, des ordures, détritus et débris de toute espèce qui y sont contenus et que chiens et chats s’empressent d’éparpiller et de répandre dans toutes les directions, de telle sorte qu’au moment de leur enlèvement, le boueux ou tombelier doit se livrer à un nouveau balayage de la chaussée. Et quel balayage?
- 6. — 81.
- 52’ Année. — 2’ Semestre.
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- 82 . : LA SALUBRITÉ DES VILLES DE MOYENNE IMPORTANCE
- Fig. 2. — Tombereau Meunier.
- Jusqu’ici, les caisses à ordures sont laissées, quant à leur constitution, à l’initiative de chaque habitant, et si certaines sont métalliques, beaucoup sont encore en bois. La salubrité publique exige que ces poubelles soient exclusivement métalliques et hermétiquement closes.
- A l’heure actuelle, il existe diverses formes de poubelles closes en service dans certaines villes de France et de l’étranger. Les unes sont des récipients ordinaires, cylindriques ou parallélépipédiques, avec couvercles à charnières ou à crochets se fermant avec un loquet ou encore avec couvercles pénétrant simplement dans la poubelle de quelques centimètres sous la pression ou non d’un ressort (ixé à l’anse de la poubelle (fig. 1, nos 1,2 et o). Les autres sont de formes plus compliquées, telles les boîtes à ordures Morand-Cohade (ancienne boîte Ochsner-Ritton), Falque, etc. (fig. 1, nos4et 5) dont les couvercles sont à rainures et qui sont disposées pour s’adapter à un système de toiture de tombereau à compartiments, en vue d’assurer le déversement de la poubelle dans le tombereau, sans communication à ce moment avec l’atmosphère. Ces derniers types, appliques dans un certain nombre de nos villes : Boulogne-sur-Mer, Vichy, Boulogne-sur-Seïne, Héricourt, Moüjlins, Yoiron, Lourdes, Bourg, Chatel-Guyon, Uzès, Arles-sur-Rhône, Ta-rascon, Montluçon, etc., sont un peu compliqués et délicats. De plus, leurs prix assez élevés font que les municipalités sont amenées à en faire gracieusement le service aux habitants, du moins pour le premier exemplaire.
- Nous pensons que la simple poubelle métallique, cylindrique et fermée, d’une contenance limitée, répond hygiéniquement et économiquement au problème dont la solution la plus rationnelle et la plus économique est recherchée par la (plupart dés villes. Ne comportant ni angles, ni encoignures,, les résidus de matières ne peuvent s’accumuler ni adhérer, et, par suite, il est plus aisé de la laver et de la désinfecter après emploi; quant au couvercle, il empêche aussi bien l’exhalaison des mauvaises odeurs que l’accès des mouches et des animaux de toutes sortes ; son prix modique la met à la portée de toutes les bourses; enfin, elle a cet autre avantage qu’elle n’impose pas l’emploi d’un tombereau spécial, et c’est cette manière de voir qui a été adoptée avec quelques petites variantes par la ville de Nancy, cependant grande ville (fig. 1, n° C).
- On comprend également aujourd’hui que la vidange et le transport aussi bien des poussières et boues que des ordures ménagères doivent s’opérer sans soulèvement de poussière. Les tombereaux ordinaires utilisés encore par bien des villes, présentent l’inconvénient, fort nuisible à la propreté des rues et à l’hygiène publique, que les résidus légers, papiers, cendres et poussières, sont enlevés par le vent et projetés sur les passants ; en outre, ces tombereaux étant très hauts rendent la vidange plus fatigante et moins propre. On a bien essayé des tombereaux très bas, faciles par conséquent à remplir, mais s'il est vrai qu’on peut recouvrir d’une bâche tous ces tombereaux quand ils sont pleins, il leur reste le défaut d’être complètement ouverts durant le travail.
- Depuis quelques années, des études étaient faites un peu partout en vue d’établir des tombereaux à gadoues qui soient réellement étanches, à caisses métalliques de préférence, faciles à nettoyer, couverts de façon à ne pas laisser retomber les ordures autour d’eux, enfin agencés de telle sorte que la vidange des poubelles se fît pour ainsi dire sous cloche, sans qu’il soit répandu de poussière dans l’atmosphère. Ces nouveaux tombereaux sont tous très bas, c’est-à-dire que la caisse est montée sur essieu coudé de manière que la plate-forme soit au plus à 1 m. 70 du sol; cette caisse est en tôle ou en bois doublé de tôle. La fermeture se fait de diverses façons :
- 1° Par une toiture cintrée en toile, absolument hermétique, le déversement intérieur s.’effectuant au moyen d’un transporteur, c’est-à-dire que la poubelle (d’une forme quelconque à la rigueur) posée sur un dispositif situé à l’arrière du tombereau est soulevée par un mécanisme analogue aux chaînes à godets et mis en mouvement par l’intermédiaire d’une manivelle. Par un mouvement inverse, le boueux ramène la poubelle à son point de départ.
- Le tombereau Meunier (fig. 2) utilisé par les villes de Lyon, Alger, Aix-les-Bains, etc., est basé sur un semblable agencement qui, on s’en rend aisément compte, exige une main-d’œuvre qui compense l’avantage du déchargement facile de la poubelle.
- 2° Par un certain nombre de panneaux à char-
- Fig. 3. — Camion à avant-train électrique Fraru.
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- LA SALUBRITE DES VILLES DE MOYENNE IMPORTANCE ——- 83
- nières ou à glissières. Au moment de la collecte, on tire un seul panneau, qui découvre une partie étroite de l’intérieur du tombereau. Une fois cette partie pleine, on referme ce panneau et on ouvre le panneau suivant. Le tombereau une fois plein,, on ferme le dernier panneau, et c’est ainsi que, complètement hermétique, il se dirige vers le dépôt ou l’usine de traitement.
- Ce genre de fermeture (fig. o) est celui adopté notamment par les villes de Paris et Le Havre pour leurs tombereaux automobiles. Il est simple et robuste, mais ne peut convenir pour des raisons budgétaires que pour les grandes agglomérations.
- 3° Par une toiture métallique à compartiments ; chaque compartiment s’ouvrant quand la poubelle fermée est placée renversée sur lui. C’est le principe des tombereaux Morand-Cohade, Falque, etc. (fig. 4 et 5). Dans ces tombereaux, la poubelle et le compartiment correspondant de la toiture sont fermés par des couvercles à glissières ou à coulisses. La poubelle fermée est soulevée, accrochée sur le bord de la caisse du tombereau, et renversée sur la toiture. Le boueux pousse ensuite la poubelle sur la toiture entre les rainures ménagées à cet effet; dans ce mouvement de glissement de la poubelle, le couvercle du compartiment est repoussé par la poubelle elle-même, découvrant ainsi son ouverture, et d’autre part, le couvercle rencontrant un arrêt, reste en place. La poubelle s’ouvre donc en même temps que le compartiment, et son contenu tombe à l’intérieur du tombereau sans qu’il y ait à ce moment communication avec l’air extérieur. Dans le mouvement inverse, le compartiment et la poubelle se referment.
- Théoriquement, cet agencement paraît bien conçu, mais en pratique on est en droit de le considérer comme délicat et incapable de résister longtemps à des manœuvres forcément un peu brutales. Les rainures risquent d’être aplaties assez vite, d’où non-fonctionnement de ,1a poubelle, laquelle peut elle aussi voir assez rapidement les siennes abîmées, d’où contestations avec les habitants qui sont responsables de leur entretien. En outre, lorsque des matières restent accrochées dans
- Fig. 5.---Tombereau Falque.
- Fig. 4. — Totnbereau Morand-Cohade.
- la poubelle, il est impossible d’en assurer la chute convenable, ce qui amène le boueux à retirer*en partie la poubelle et à la secouer; les ordures tombent alors sur la toiture du tombereau, à droite ou à gauche, quand elles ne tombent pas sur la voie publique.
- C’est d’ailleurs, nous le répétons, en raison de la délicatesse de ces dispositifs — poubelles et compartiments — que les villes de Paris, du Havre et Nancy, croyons-nous, ont hésité à les appliquer sur leurs nouveaux camions automobiles à gadoues.
- Il est certain que le dispositif à préférer doit être simple et robuste, et il ne semble pas qu’il faille rechercher les solutions dans les extrêmes. Un système permettant de déverser les gadoues dans une série d’ouvertures pas très grandes, même ouvertes, mais susceptibles d’être fermées pour le transport, à défaut de tout autre aussi simple, robuste et plus hermétique, doit être déclaré suffisant.
- Reste à examiner les dispositifs de déchargement de ces divers tombereaux. Ils sont au nombre de quatre. Le premier, le plus simple, consiste à faire basculer le tombereau par l’intermédiaire d’une crémaillère placée en avant de la caisse sur le châssis du tombereau et actionnée par un pignon denté à manivelle, ou encore par une potence à poulie et câble placée en avant de la caisse contre îe siège du conducteur (ce dernier agencement est reconnu moins commode que celui à crémaillère).
- Le second consiste à rendre le fond de la caisse du tombereau mobile au moyen de charnières, dispositif qui s’applique lorsqu’il s’agit de déverser les gadoues au-dessus de fosses ou de silos.
- Dans le troisième, la caisse est amovible, ce qui nécessite l’installation d’une grue ou d’un pont-roulant, c’est le cas lorsque les gadoues vont à des usines de broyage ou d’incinération.
- Le quatrième dispositif se trouve réalisé dans le tombereau Morand-Cohade, mais il peut être appliqué à tout véhicule dont l’arrière est, bien entendu, amovible. Dans le fond du tombereau contre la paroi avant, est placée une cloison mobile à laquelle une chaîne est fixée. Cette chaîne repose sur le fond du •tombereau et se termine par un anneau aboutissant à la cloison arrière. Le tombereau étant plein, on le décharge de la manière suivante. On enlève la paroi arrière, on accroche l’anneau de la chaîne à un crochet placé dans le mur de la fosse ou à un
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- 84 Abondance croissante des langoustines au sud de la Bretagne
- appui quelconque, et on fait avancer le tombereau. La fausse cloison avant, maintenue par la chaîne, sort de la caisse en poussant toute la charge d’ordures devant elle. Cette manoeuvre peut se pratiquer encore en laissant le tombereau immobile et en opérant une traction de la chaîne au moyen d’un treuil ou cabestan. Ce dispositif, s’il est ingénieux, demande toutefois une certaine main-d’œuvre.
- Comme poubelle, nous estimons que le type créé par la ville de, Nancy convient parfaitement, ” à tous les points de vue, à n’importe quelle agglomération urbaine.
- Remplie, elle ne devrait [pas peser plus de 20 kg afin qu’elle soit aisément maniable par le boueux. Elle serait, cela va sans dire, en-lierement métallique (tôle galvanisée, renforcée, par exemple) et de forme cylindrique, et aurait au plus un diamètre de 40 cm et une hauteur de 50 cm.
- Elle pourrait comporter quatre numéros de fabrication correspondant à des capacités de 15, 20, 50 et 40 litres. Elle serait munie d’un couvercle à anse ne pouvant être soulevé facilement par les chiens ni se séparer de la poubelle lors de son renversement accidentel sur le trottoir, ce qui s’obtiendrait par une pénétration du couvercle dans la poubelle d’au moins 0 m. 06 à 0 m. 08. Le fond serait muni d’une poignée afin de faciliter au boueux son soulèvement et son basculement dans la caisse du tombereau.
- Comme tombereau, nous sommes d’avis qu’il y aurait lieu de l’établir à caisse basse, en bois doublé de tôle, avec toiture comportant une série
- d’ouvertures — 4 ou 6 — s’obturant au moyen de volets à charnières. Son basculement s’opérerait par l’intermédiaire d’une crémaillère et c’est par un long crochet que l’on maintiendrait ouverte à ce moment la porte arrière établie également sur charnières.
- Sur le dessus de la toiture, soit en avant, soit à la partie arrière, serait placée une caisse amovible qui recevrait spécialement les tessons, débris de vaisselle,
- ' boîtesdeconserves,etc.,
- tous produits sans valeur agricole. Le déversement des poubelles dans le tombereau serait très simple et assez rapide. Un volet étant relevé, le boueux ayant au préalable enlevé le couvercle de. la poubelle placée sur le trottoir, prendrait celle-ci par une des poignées latérales et par la poignée du fond ; ainsi fait, après avoir élevé la poubelle au niveau delà plate-forme du tombereau, il la renverserait au-dessus du- compartiment ouvert. Comme il a été dit précédemment, les ouvertures n’étant pas très grandes et n’étant en service qu’au fur et à mesure du travail, on peut déclarer qu’il serait très peu répandu dépoussiéré lors du déversement de la poubelle. Et une fois plein, c’est hermétiquement clos que le tombereau circulerait en ville, rejoignant le dépôt (fig. 6 et 7).
- Une fois résolu, le problème de la collecte et du transport des ordures ménagères, se présente alors celui de leur utilisation, problème assez complexe et pour lequel maintes solutions sont proposées, nous nous proposons de l’examiner un de ces jours.
- M. Bousquet.
- Fig. 6 et 7. — Tombereau Ritton.
- ABONDANCE CROISSANTE DES LANGOUSTINES SUR LA CÔTE SUD DE BRETAGNE (1)
- Lors d’un séjour au Moratoire maritime de Concarneau, au printemps de cette année, nous remarquâmes M. L. Fage et moi, l’abondance extraordinaire des Langoustines (Nephrops norvegicus L.) à la criée aux poissons de ce port. •
- Chaque matin, les voiliers qui, en cette saison, pêchent au chalut à perche sur les fonds littoraux,
- 1; Communication présentée au Congrès de Liège de l’Association française pour l’avancement des sciences. t
- apportaient au marché des quantités considérables de Langoustines vivantes qu’ils transportaient à pleins sacs. Toutes les tables de la criée étaient couvertes de tas de ces Crustacés que les mareyeurs achetaient, emballaient dans des caisses de bois et expédiaient au chemin de fer. Quelques fabricants de conserves ont même entrepris industriellement de décortiquer ces animaux pour en extraire les masses musculaires abdominales qu’ils cuisent et
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- ABONDANCE CROISSANTE DES LANGOUSTINES AU SUD DE LA BRETAGNE 85
- placent dans des boîtes de fer-blanc soudées, puis stérilisées.
- En ce moment où les Crustacés de valeur, Langoustes et Homards, sont assez peu nombreux sur les côtes de Bretagne, cette récente affluence de Langoustines présenle un intérêt économique qui m’a engagé à rechercher la date d’origine de cette véritable invasion. Sans avoir réussi à en fixer exactement le début, j’ai pu recueillir un certain nombre de renseignements qu’il me paraît intéressant de signaler.
- Les Nephrops norvégiens sont connus des naturalistes depuis longtemps et ne constituent aucunement une curiosité zoologique, mais il y a loin des observations antérieures à la pullulation actuelle.
- En ce qui concerne la région de Concarneau, que je vise uniquement dans cette note, Giard avait noté en 1880, dans une liste manuscrite conservée au laboratoire, que le Nephrops est « assez commun, au printemps, dans les casiers de homards ou pris dans les filets ».
- La même année,
- Th. Barrois (*) l’estimait « assez rare par "20 à 30 m. sur les fonds de roches.
- La plupart des exemplaires que nous avons entre les mains, dit-il, provenaient des pêcheurs de homards. » En 1887, J. Bonnier(2) signalait que « ce beau Crustacé n’est pas rare à Concarneau, où les pêcheurs de Homards le prennent fréquemment dans leurs casiers, dans les fonds rocheux de 50 à 100 mètres. »
- Jusqu’au début de ce siècle, Nephrops norvégiens était certainement peu abondant sur les fonds de 50 à 100 m. fréquentés constamment par les chalutiers à voile de la région. Tous les pêcheurs que j’ai interrogés à ce sujet s’accordent à dire qu’ils n’en trouvaient jamais plus de quelques individus dans la poche de leur filet et qu’ils n’en rapportaient jamais à terre pour la vente.
- Les premières captures importantes semblent dater de 1906. Elles furent faites sur des fonds situés entre les Glénans et Groix par des pêcheurs du village de Névé, d’où le nom de « gars de Névé » donné localement au Nephrops qui n’avait pas encore reçu d’appellation sur cette côté.
- 1. Th. Barrois. Catalogue des Crustacés podophthal-maires et des Echinodermes recueillis à Concarneau durant les mois d’août-septembre 1880. 1 vol. in-8, Lille.
- 2. J. Bonnier. Catalogue des Crustacés malacostracés recueillis dans la baie de Concarneau. Bull. Scient. Nord. 2e série, t. X, 1887.
- En 1907, Coutière(1) signala pour la première fois des apports assez fréquents de Langoustines à La Rochelle, par les chalutiers à vapeur de ce port exploitant les fonds du golfe de Gascogne et d’autres plus rares à Boulogne, provenant de la mer du Nord.
- Les statistiques officielles ne permettent pas de suivre le développement de la pêche des Langoustines qu’elles englobent avec les Crabes sous le nom de Crustacés divers. Mais, à Concarneau, les arrivages durent rester très faibles jusqu’en 1914, d’après les souvenirs des pêcheurs.
- En 1917, Kerzoncuf, dans son livre sur les Pêches maritimes, ne mentionne pas encore les Nephrops parmi les espèces ayant une valeur commerciale.
- C’est seulement en 1922 que leur pêche fut
- mentionnée dans la région bretonne, par M. L. Bronkhorst, alors administrateur de la Marine à Douarnenez,dans une communication au Congrès des Pêches maritimes de Marseille (2). « Il y a 18 ou 20 ans, dit-il, la Langoustine était peu connue des consommateurs.
- Elle était d’ailleurs peu abondante et les chalutiers- qui, aujourd’hui, en pêchent 100 à 150 kg dans un trait de chalut, en ramenaient alors quelques poignées seulement. Aujourd’hui, la vente des Langoustines entre pour plus d’un quart dans le produit de la pêche des petits et moyens dragueurs. »
- M. Bronkhorst indique les ports de la côte sud qui pratiquent cette pêche : Le Guilvinec avec 40 bateaux, Concarneau avec 34, et surtout Port-Louis. En 1914, Guilvinec n’armait que 25 bateaux et Concarneau 10 pour cette pêche. Il signale qu’on pêche la Langoustine toute l’année, mais surtout de janvier à juin, sur les fonds mous, vaseux, dénommés « fonds gras » et dans les fonds rocailleux, par des profondeurs de 40 à 50 m., atteignant parfois 100 m. ; les fonds durs ou sableux ne lui conviennent pas. On la trouve au large de la pointe de Penmarc’h, dans la région des Glénans, entre Groix et Belle-Ile et surtout aux environs de Rochebonne.
- 1. II. Coutière. Les Crustacés comestibles des côtes de France. Bull. Sc. pharmacol., t. XIV, 1907, p. 642.
- 2. L. Bronkhorst. La pêche des Crustacés en Bretagne. Bull. trim. Enseign. prof, et techn. des Pêches mar., vol. xxviii, 1923, p. 30.
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- 86 .LES RADIOCOMMUNICATIONS PAR ONDES COURTES ET DIRIGÉES
- Depuis 1918, l’abondance croissante dès Langoustines dans la région de Concarneau, peut heureusement être suivie, grâce aiix renseignements recueillis par M. Mercier, administrateur de l’Inscription Maritime du: Quartier, que ,celui-ci a eu l’obligeance de me communiquer.
- Voici le tableau, -très intéressant; de ces arrivages :
- Langoustines apportées au Port de Concarneau.
- Années. Quantités pêchées eh kilogrammes. Valeur en francs.
- 1918 . . 2.Ü00 h. 500
- 1919 . . 5.225 10.745
- 1920 . . 9.596 25.800
- 1921 . . 25.794 75.741
- 1922 . . 33.489 , 71.267
- 1923 . . 49.355 103.018
- On y voit qu’en six ans, les quantités pêchées ont très régulièrement augmenté, dans la proportion de 1 à 17 ; les résultats de la pêche de cette année-ci indiqueront vraisemblablement un nouveau progrès.
- Comment expliquer cette affluence croissante des Langoustines? Les modes de capture n’ayant pas changé, les fonds où on les trouve étant exploités, de mémoire d’homme, par les.mêmes chalutiers, il ne peut être question d’une augmentation de rendement dé la pêche. Le fait de prendre aujourd’hui
- à pleins bateaux des Langoustines, là où l’on ne trouvait autrefois que quelques rares individus, ne peut être attribué qu’à un peuplement intense des fonds côtiers par ce Crustacé, dû à une invasion venant du large ou à une pullulation sur place.
- Actuellement, les chalutiers de Concarneau pêchent principalement au sud des Elocs, près de la pointe de Penmarc’h, au sud-ouest des Glénans vers le large, au sud et au sud-est de la Basse Jaune jusqu’à Groix, par des fonds de sable vaseux ou de vase allant de 60 à 100 m. Les pêcheurs y trouvent les Langoustines en masses denses qu’ils comparent à des fourmilières; les chaluts remontent souvent pleins de ces Crustacés, mais sans aucun des Poissons plats qu'on y recueillait jadis. Les seuls Poissons que j’ai observés quelquefois dans les chargements de Langoustines sont de petits individus de CycJo-pterus lumpus. Les captures sontles plus nombreuses à la fin de l’automne et en hiver, mais ceci peut «être dû à ce qü’un plus‘ grand nombre d’hommes et de bateaux pratiquent alors la pêche au chalut, qui se livrent l’été à celle de la sardine et du germon.
- Les Langoustines sont des animaux fragiles, s’altérant rapidement. Pour éviter le soleil et la chaleur, les chalutiers ont essayé de pêcher la nuit; mais, disent-ils, sauf quand la lune est très brillante et l’eau très claire, les chaluts remontent à peu près vides, traînés sur les mêmes fonds où ces Crustacés pullulent le jour. R. Legendre.
- LES RADIOCOMMUNICATIONS PAR ONDES COURTES ET DIRIGÉES
- Les expériences de M. Marconi.
- Tous les amateurs de T. S. F. savent l’importance prise en ces dernières années par les ondes courtes. Ces ondes de courte longueur sont celles qui ont été réservées aux amateurs, désireux de faire de l’émission. On pensait, en effet, sur la foi de théories du reste assez incertaines, que les ondes courtes ne pouvaient servir pratiquement pour les radiocommunications officielles, faute de portée. Mais un véritable coup de théâtre s’est produit récemment : les amateurs se sont servi de l’outil qu’on leur avait si généreusement concédé, parce qu’on le croyait sans valeur, et ils en ont tiré si bon parti que leurs communications ont pu franchir des distances records, moyennant une dépense d’énergie très faible. C’est ainsi qu’un amateur français, M. Deloy, dont le poste est à Nice, a pu, sur ondes courtes, se faire entendre aux Etats-Unis, et inversement les amateurs des Etats-Unis ont été à maintes reprises entendus par leurs confrères Français.
- De tels faits suffisent à justifier l’attrait qu’exercent maintenant les. ondes courtes sur les savants et les techniciens; en France d’importants travaux sont en cours notamment ceux de MM. David et Mesny.
- En Angleterre, M. Marconi, qui n’avait pas attendu les révélations de ces dernières années pour aborder.le sujet, lui a consacré d’importantes recherches qui ont abouti à des résultats pratiques de très grand intérêt.
- M. Marconi a abordé l’étude des ondes courtes dès le
- début des recherches qui l’ont amené à créer la *télé,-graphie sans fil, voici près de 30 ans. Les premières ondes hertziennes, celles que Hertz avait produites et qui avaient démontré l’existence des ondes électriques', étaient des ondes très courtes de quelques mètres de longueur d'onde. Marconi a tout 'd’abord cherché à utiliser les ondes du même ordre pour transmettre des signaux. Il y a renoncé, en raison de l’impossibilité de leur faire développer une puissance, suffisante; et aussi parce qu’il redoutait leur affaiblissement rapide de ces ondes. Mais pendant la guerre M. Marconi est revenu à ses premiers travaux, facilités par l’apparition récente des lampes et amplificateurs électroniques. Les ondes courtes offrent en effet un avantage qui leur ouvrait alors un vaste champ d’applicatiofi : on peut les diriger, au moyen de miroirs, tout comme les ondes c sonores. Pour que la chose soit possible, il faut que le rayon du miroir soit grand par rapport à la longueur d’onde Cette condition, manifestement irréalisable avec des ondes de plusieurs milliers de mètres de longueur d’onde, peut être satisfaite avec les ondes très courtes.
- M. Marconi, encouragé par les résultats obtenus au cours de ces premiers essais, a continué ses recherches, et il en a fait connaître récemment les conclusions et les applications pratiques.
- Les expériences ont été faites avec des ondes d’une
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- longueur de 100 mètres environ; elles s'effectuaient entre la station de Poldhu en Cornouailles et le yacht Eleltra de M. Marconi. On a constaté que les ondes courtes avaient, aussi bien de jour que de nuit, des portées bien supérieures à tout ce que l’on avait supposé. Les montagnes n’opposent pas, comme on le croyait, un obstacle bien grave à leur propagation ; enfin on a observé que la force des signaux reçus pendant le jour est, très exactement, inversement proportionnelle à la hauteur moyenne du Soleil au-dessus de l’horizon, dans la région comprise entre la station émeürice et la station réceptrice.
- Les appareils transmetteurs installés à Poldhu étaient formés de générateurs à lampes d’une puissance totale de 12 kilowatts; la puissance rayonnée était de 9 kilowatts pour 97-m. de longueur d’onde. En orientant les ondes au moyen d’un réflecteur parabolique, on constata au poste des îles du Cap Yert que la puissance reçue éqqi-valait à celle provenant d’une antenne ordinaire rayonnant 120 kilowatts.
- Le yacht Eleltra entreprit une croisière d’études en Méditerranée et en Atlantique • ,il entendit très distinctement la nuit surtout, mais également le jour, les messages sur ondes courtes de Poldhu aux points suivants : à Séville (1240 km. de Poldhu, malgré l’interposition de tous les massifs montagneux d’Espagne) ;. à Gilbraltar, à Tanger, à Casablanca (1550 km.), à Saint-Vincent (îles du Cap Yert) (4000 km.). En ce point, la réception le jour n était plus possible que pendant quelques heures après le lever du Soleil et quelques heures avant son coucher. Mais la réception de nuit continuait à être assez nette pour pouvoir s’effectuer même sans antenne. La puissance de ces signaux de nuit était évaluée à 80 ou '1.00 microvolts par mètre de longueur d’antenne ; et l’on n’observa aucun trouble provenant de parasites.
- On réduisit alors de 12 à 1 kilowatt la puissance d’émission de Poldhu ; les signaux reçus a Saint-Vincent restèrent assez puissants pour satisfaire plus -que largement à tous les besoins commerciaux. M. Marconi assure que la réception à Saint-Vincent de ces signaux de 1 kilowatt est très supérieure en puissance à celle que l’on observe à la station de Carnarvon, en Angleterre, pour les signaux des grands postes d’Europe ou des Etats-Unis. Ainsi, on peut, pendant la nuit et une partie du jour, faire fonctionner à plus de 4000 km de distance un service commercial de radiocommunication, avec un poste émetteur de 1 kilowatt seulement.
- Ces expériences ont été effectuées en avril et mail923.
- Elles ont été reprises en février 1924 avec des appareils perfectionnés.
- La puissance du poste transmetteur de Poldhu a été portée à 20 kilowatts; la réception a d’abord été étudiée à bord du paquebot Cedric au cours d’une double traversée de l’Atlantique, d’Angleterre à New-Yoïk et retour.
- Les expériences s’effectuèrent sans réflecteur : la puissance rayonnée était de 17 kilowatts, la longueur d’onde de 92 mètres. Voici les résultats : jusqu’à 2500 km, les signaux peuvent être reçus de jour, donc à plus forte raison la nuit ;à la, station américaine de Long lsland, les signaux reçus étaient très intenses, pour toute la période de temps pendant laquelle l’obscurité régnait sur tout l’Atlantique. L’intensité diminue, dès que le Soleil se lève sur l’Angleterre, et au fur et à mesure que sa hauteur moyenne au-dessus de l’horizon augmente.
- Autre constatation remarquable : les signaux de Poldhu ont été reçus jusqu’en Australie ; Sidney les ^distingue très bien de 5 heures à 9 heures de l’après-midi et de 6 h. 50 à 8 h. 30 du matin.
- A la suite de ce résultat inespéré. M. Marconi a décidé de tenter de communiquer par téléphonie sans fil entre l’Angleterre et d’Australie. A cet effet, la puissance du poste de Poldhu lut portée à 28 kilowatts : 18 pour les lampes génératrices principales, 8 pour les lampes modu-latrices, 2 pour des lampes de réglage destinées à maintenir invariable la longueur d’onde. Les premiers essais furent effectués avec succès le 30 mai dernier; sans réflecteur, les paroles prononcées à Poldhu furent clairement entendues aux Antipodes de ce point, à Sydney.
- L’emploi de réflecteurs améliore considérablement encore tes résultats obtenus à grande distance.
- Des expériences de ce genre ont été pratiquées, il y a quelques semaines, entre Poldhu et Buenos-Ayres (10000 kilomètres); les signaux émis étaient perçus avec force à Buenos-Ayres pendant plus de 10 heures chaque jour. Un service vient d’être organisé, sur ce principe, entre le posté français de Saint-Assise èt Buenos Ayres.
- Il est inutile, croyons-nous, d’insister sur l’importance pratique des résultats qui viennent d’être obtenus ; c’est une ère nouvelle qui s’ouvre pour les radiocommunications intermondiales.
- Mais les amateurs, qui ont tant fait pour mettre en évidence l’intérêt des ondes courtes, ont toutes raisons désormais de redouter de se voir évincés du domaine d’émission qui leur a été concédé, maintenant que la valeur commerciale en devient considérable. A. T.
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- Abrité dans une dépendance du Collège Sainte-Barbe, à deux pas du Panthéon, YInsliivt de Papyrologie est une annexe fort peu connue de la Faculté des Lettres de Paris. Néanmoins d’éminents égyptologues et hellénistes y poursuivent une besogne historique des plus utiles sous la savante direction de M. Pierre Jouguet. Dignes continuateurs des Champollion, des Mariette, des Letronne ou des Maspero, rivaux parfois heureux des Schliemann et des Flinders Petrie, ils cherchent à arracher leurs secrets aux monuments millénaires trouvés sur les rives du Nil. Ils fouillent jusqu’aux sarcophages
- des momies (fîg. 1) pour y découvrir des textes, des fragments d’auteurs ignorés, des comptes d’intendants ou de fonctionnaires, qui leur permettent de mieux connaître les contemporains des Pharaons!
- Mais avant de voir à l’œuvre ces habiles spécialistes, rappelons que les Anciens écrivaient sur un véritable « papier», confectionné au moyen d’une espèce de jonc nommé papyrus qui croissait jadis sur les bords du Nil. Au point de vue botanique, c’est une plante de la famille des Cypéracées dont la tige triangulaire, haute de 2 m. h 2 m. 50 et sans feuilles, se termine par une élégante ombrelle
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- en éventail, aux rayons ténus et légers. Durant longtemps, la ville d’Alexandrie approvisionna le monde antique de rouleaux de papyrus prêts à recevoir l’écriture. Pour les fabriquer, on découpait, avec une aiguille, la moelle de l’arbustè en lames très minces et aussi larges que possible. Puis on étendait ces bandes sur une table, en leur laissant toute leur longueur et en sectionnant seulement ce qui dépassait à chacune des extrémités. Sur la première feuille ainsi étalée, on en posait une autre en oroix ; on humectait les deux feuillets avec l’eau du Nil pour les joindre ensemble ou mieux, on les collait
- livre de son Histoire naturelle, on les plongeait souvent dans l’huile de cèdre pour les préserver de l’humidité et des insectes.
- D’ordinaire, le papyrus d’Égypte se vendait sous forme d’un rouleau ayant plus de 14 m. de longueur sur 20 à 25 cm de largeur et que les Romains appelaient volumen.
- Vers l’époque mérovingienne, on découpait aussi le papyrus en feuillets pour en constituer des cahiers auxquels des pages intercalaires de parchemin venaient donner parfois plus de solidité. En outre, jusqu’à la fin du xe siècle de notre ère, l’Égypte
- avec une mixture préparée avec de la fleur de farine bouillie dans de l’eau vinaigrée. Quand les fabricants égyptiens voulaient obtenir un produit de qualité supérieure, ils faisaient bouillir dans de l’eau une certaine quantité de pain levé tendre et ils filtraient la solution colloïdale ainsi réalisée qui, très légère, tenait peu de place entre les deux lanières végétales superposées. De toutes façons, une fois le papyrus collé, on l’amincissait en le battant au marteau, on le soumettait alors à un second collage et après l’avoir mis à la presse, pour le dérider, on le martelait derechef pour l’étendre tout en le rendant plus uni. Qn n’avait plus qu’à le laisser sécher au soleil. Parfois même, on le polissait encore avec de l’ivoire, une dent ou une coquille pour en aplanir les rugosités superficielles. Mais si l’on réalisait, de la sorte, des papyrus plus lisses, ils prenaient mal l’encre. Enfin, comme nous l’apprend Pline dans un
- monopolisa cette industrie ; puis, quand à cette époque le papyrus dut céder la place au papier de chiffon, on en fabriqua encore en Sicile pendant quelque temps, mais de qualité très inférieure.
- Munis de ces simples notions technico-archéolo-giques, nous pouvons maintenant visiter VJnstitut de Papyrologie et comprendre les opérations auxquelles se livrent les érudits qui y travaillent. Entre autres trésors exhumés des fouilles du Fayoum ou de diverses autres nécropoles égyptiennes, ils se chargent parfois d’éventrer les crocodiles savamment empaillés, afin d’y découvrir quelques rouleaux renfermant les ordonnances d’un Ramsès ou d’un Ptolémée sur lesquels on ne possédait jusqu’ici que de vagues renseignements. Mais d’ordinaire la tâche actuelle des papyrologues est plus ardue et ils n’atteignent pas sans peine l’objet de leur convoitise. Ces doctes « fossoyeurs » doivent souvent ouvrir
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- Fig. 2. — Déroulage des morceaux de papyrus retirés d'un masque ou d'un Plastron.
- un double cercueil avant de pouvoir s’emparer des masques et plastrons funéraires (fig. 7), qui recouvrent les momies égyptiennes, toujours embaumées avec art et entourées de bandelettes de la tête aux pieds (fig. 8).
- Une fois en possession d’un de ces cartonnages plus ou moins décorés, on le plbnge dans l’eau chaude, puis on pulvérise sur lui de l’acide acétique au moyen d’une de ces fioles à laver dites « pissettes » dont se servent les chimistes (fig. 6).
- C’est un ballon obturé par un bouchon de liège à travers lequel passent deux tubes de verre de diamètres différents; en soufflant par le plus grand de ces conduits, on peut faire écouler,
- Fig. 3. — M. le Professeur Pierre Jouguet, Directeur de l’Distitut de Papyrologie.
- par l’autre, le liquide acidulé, sous forme de jet très fin, sur toutes les parties du masque ou du plastron. Petit à petit, la couche de chaux et la colle se dissolvent. Il ne reste plus qu’à disposer sur une toile humide au fond d’une simple cuvette de photographie (fig. 2) les débris constitutifs du cartonnage ainsi traité.
- A ce moment, les bribes du papyrus, plus ou moins lacérés par les embaumeurs de jadis, plus ou moins déchiquetés par suite des opérations qu’ils viennent de subir, quittent ruisselantes le laboratoire de l’Institut de Papyrologie pour aller se ressuyer sur du papier buvard.
- Dès lors, la chimie, ayant terminé son rôle, doit céder la place à l’érudition. Égyptologues et hel-
- | lénistes font appel à toute leur science, à toute leur ingéniosité pour réunir ces lambeaux de papyrus millénaires, pour ressusciter ces vénérables « puzzles », couchés dans des tombeaux depuis Alexandre le Grand ou Cléopâtre! D’ailleurs, il faut manier de tels documents avec respect et délicatesse, sinon on les déchirerait vite. On saisit donc avec une pince de naturaliste, ces bouts de papyrus effrangés afin de les disposer côte à côte sur une large feuille de papier à dessin. Puis, une fois ajustés, on essaie de lire et de comprendre les phrases qui .y sont tracées. D’ordinaire, le déchiffrement (fig. 3) s’opère à deux. L’un des philologues armé d’un miroir éclaire le papyrus jauni par le temps, tandis que son collègue en examine l’écriture avec une loupe. Grâce à ces procédés de déroulage, de restauration et de déchiffrement des textes retirés des masques funéraires de momies, M. Pierre Jouguet et ses élèves, entre autres Jean Lesquier récemment décédé et M. Paul Collard, professeur au Lycée Pasteur de Neuilly, ont fait d’heureuses découvertes archéologiques. Ils ont
- Fig. 4. — Déchiffrement d’un papyrus reconstitué.
- (L’un des philologues, armé d’un miroir, éclaire le papyrus jauni par le temps tandis que son collègue en examine l’écriture à la loupe.)
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- verre (Institut de Papyrologie de Paris).
- Eu haut, à droite :
- Enlèvement dé la couche superficielle de chaux passée sur le plastron.
- (Une fois le plastron ramolli dans un bain d’eau chaude, on pulvérise sur lui de l’acide acétique, au moyen, d’une « pi s se lie de chimie.)
- En bas : :
- Plastron de momie égyptienne,pormé de plusieurs épaisseurs de papyrus et décoré superficiellement.
- trouvé, en particulier, des pièdes d’archives publiques ou privées, qui ont projeté quelque lumière sur les mœurs des Égyptiens pendant la période gréco-romaine.
- Enfin, après avoir déchiffré les papyrus, on les met entre deux verres qu’on maintient en collant un papier tout autour;; on peut alors les manipuler et les étudier sans crainte de les abîmer.
- A l’Institut de Papyrologie, on conserve .les textes ainsi encadrés dans une armoire ordinaire (fig. 5) dont chaque tablette porte des rainures destinées à les maintenir ver-r licalement en place, tels dés clichés photographiques dans les boîtes d’un disciple de Daguerre !
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- Fig. 8. — Une momie conservée au Musée de Gizèh et datant de 4800 avant J.-C.
- (Après avoir ouvert un double cercueil, enlevé masque et plastron, on voit la mômie apparaître entourée de bandelettes, au’on a déroulées en partie pour découvrir la tête et ie tronc.)
- Fiq. 0 — Fragments de /'Odyssée, découverts dans un plastron de momie du Fayoum {Égypte), (Ce papyrus date de l’an 225 environ avant l’ère chrétienne.)
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- 92 L’INDUSTRIE DU BEURRE D’ARACHIDE AUX ETATS-UNIS
- Parmi les joyaux de cette originale « bibliothèque » figure un des plus anciens manuscrits de YOdyssée actuellement connu (fig. 9). M. Jouguet et ses collaborateurs le retirèrent du plastron d’une momie, enterrée auFayoum, à 100km environ duCaire, vers l’an 225 avant Jésus-Christ. Malheureusement, le scribe en copiant l’impérissable chef-d’œuvre de la
- littérature grecque, a commis quelques erreurs de transcription et certains barbarismes qui attestent sa connaissance imparfaite des finesses de la langue d’Homère. Néanmoins ce vénérable document est une pièce fort précieuse pour la philologie classique!
- Jacques Boyer.
- L’INDUSTRIE DU BEURRE D’ARACHIDE AUX ÉTATS-UNIS
- Tout le monde connaît cette modeste légumineuse que les botanistes ont appelé Arachis hypogea, arachide souterraine, et que les Arabes ont popularisée aux terrasses de nos cafés sous le vocable pittoresque de « cacaouet-te ».
- Nous consommons cette graine exotique grillée et surtout nous l’utilisons en huile « surfine » pour nos salades, alors qu’aux Etats-Unis, où les graines de coton suffisent à la production d’huile, on retire de la graine d’arachide une pâte très nutritive appelée « beurre d’arachide » dont l’industrie a rapidement atteint un développement considérable.
- L’arachide affecte la forme bien connue d’un cylindre contourné, à bouts arrondis, avec affaissement médian assez accusé, correspondant à la zone de séparation des loges.
- Dans l’espèce africaine, celles-ci comme les graines, sont au nombre de deux, tandis que dans les deux variétés américaines, les arachides de la Virginie et les « Spanish » (Espagnoles) on compte presque toujours trois loges et trois graines.
- Comme les arachides de Virginie produisent un beurre un peu grossier et que les « Espagnoles » sont trop huileuses, on mélange ces deux qualités.
- D’une façon générale, les arachides destinées à la fabrication de ce produit parviennent tout écossées à l’usine. Le nettoyage et l’écossage se font dans les environs des fermes qui les cultivent, ceci pour éviter les frais de transport des cosses représentant 25 pour 100 du poids des fruits entiers, ainsi que
- la poussière et la saleté résultant de l’écossage, au grand détriment du produit fini.
- Aussitôt décortiquées, les graines sont expédiées
- à l’établissement qui les transforme en « beurre. »
- Ainsi qu’a bien voulu nous le dire M. Jabez Burne, de New-York, directeur de la plus importante usine de matériel pour la fabrication du beurre d’arachide, à qui nous devons également les photographies qui illustrent cet article, l’établissement modèle du genre se compose de deux étages disposés et arrangés en vue de la manutention économique des matières premières.
- Cette disposition permet à celles-ci de passer d’un atelier dans l’autre par leur propre poids, sans nécessiter de main-d’œuvre pour le transport d’un étage à l’autre.
- Quant à la fabrication, dont les différentes phases se succèdent et s’effectuent mécaniquement, elle s’opère de la façon suivante.
- Dès leur arrivée, les cacaouettes proprement dites sont élevées au deuxième étage par des monte-charge qui les déversent dans les trémies d’alimentation d’un certain nombre de fours rotatifs, pouvant contenir chacun un sac entier de fruits. Les trémies se vident automatiquement dans les cylindres des fours où se fait la première opération de la fabrication : la torréfaction.
- La torréfaction dure de 40 à 50 minutes sous une température oscillant entre 150 et 160°, obtenue par un moyen de chauffage quelconque, mais
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- L’INDUSTRIE DU BEURRE D’ARACHIDE AUX ÉTATS-UNIS 93
- Fig. 2. — Les rafraichissoirs.
- qui doit être réglable à volonté.
- Cette opération libère l’enveloppe protectrice des graines qu’elle débarrasse en même temps d’une certaine quantité d’huile.
- Dès que la torréfaction est à point, les fours, semblables à ceux dont on se sert pour le café, s’ouvrent automatiquement pour décharger leur contenu sur le double fond perforé des « rafraichissoirs », petits chariots métalliques, basculants, munis d’un bras flexible et montés sur roues, ce qui permet de les éloigner instantanément des torréfacteurs pour le refroidissement des arachides.
- Le refroidissement doit se faire brusquement et immédiatement après la torréfaction ; car, pour obtenir un beurre parfait il faut un produit uniforme. Ce refroidissement s’accomplit au moyen d’un ventilateur aspirateur qui agissant sur le double fond et les côtés, ces derniers également perforés, envoie un fort volume d’air à travers la masse pour le rejeter ensuite au dehors.
- Lorsque les graines sont suffisamment refroidies, on rabat le devant des rafraichissoirs qu’on fait basculer en même temps pour déverser leur contenu dans des trémies installées sur le parquet et communiquant, par l’intermédiaire d'un tuyau de décharge, avec les « décortiqueuses-dégermeuses ».
- Avant de décrire le travail de ces appareils, nous devons constater que les graines torréfiées sont enveloppées de pellicules et contiennent des germes ou radicules. Or, si l’on veut obtenir un beurre
- d’arachide de qualité supérieure, il est indispensable de supprimer les pellicules qui donnent une légère amertume au produit et le tachent de petits points rouges, ainsi que les radicules qui augmentent sa tendance à rancir.
- On enlève ces « deux indésirables » au moyen des décortiqueuses-dégermeuses qui comportent essentiellement un jeu de brosses tournant contre une plaque ondulée. Aussitôt enlevées les pellicules sont chassées dans un collecteur par un ventilateur faisant partie de chaque appareil.
- Au fur et à mesure que s’opère le décorticage, les arachides se divisent par moitiés et le mouvement des brosses enlève en même temps les germes ou radicules qui adhèrent à ces moitiés.
- Moitiés et germes glissent ensuite sur un crible; ceux-ci tombent à travers les perforations du crible au fondées appareils, tandis que celles-là s’évacuent sur les « nettoyeuses ».
- Signalons en passant qu’on vend les pellicules aux huileries qui en extraient l’huile, alors que les germes sont utilisés pour la nourriture du bétail.
- Les « nettoyeuses », comme leur nom l’indique, sont chargées d’enlever les impuretés d’origines très diverses se trouvant mélangées même aux meilleures sortes.
- A cet effet, on fait passer dans les appareils un courant d’air juste assez fort pour enlever les arachides, en laissant les matières plus lourdes qui tombent dans un réceptacle placé au-dessous de l’appareil.
- Et ce n’est pas tout.
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- L’INDUSTRIE DU BEURRE D’ARACHIDE AUX ÉTATS-UNIS
- Fig. 4. — Moulin ouvert, montrant la vis de broyage.
- Comme on veut obtenir un produit fini d’une pureté absolue et, que! les nettoyeusçs mécaniques ne sauraient éliminer.tous les déchets d’une manière absolument complète, des graines.tombent.de cet, appareil sur une table où passe un tablier trans-, porteur : c’e.çt la, table de triage.. -
- Le tablier avance à la vitesse voulue pour permettre aux .ouvrières d'enlever tous les détritus ainsi que les fèves>décolorées ou moisies.
- Au moment où le tablier tourne autour de la poulie de retour, les graines triées définitivement glissent par une chute de décharge métallique sur un élévateur à godets qui les transporte directement dans deux bennes contenant chacune une variété différente de cacaouettes.
- Jusqu’à présent on a traité les deux variétés séparément. Le mélange va se faire maintenant.
- A cet effet, chacune des deux bennes communique avec un mélangeur à convoyeur double qui transporte les deux sortes d’arachides pour les déverser directement et en même temps dans les trémies d’alimentation des moulins.
- Le travail de ces moulins est naturellement le plus important de la fabrication, car l’excellence du beurre dépend en^grande partie de la façon dont les arachides sont moulues.
- On préfère la forme granulaire
- très fine à celle de la pâte consistante et le but de cette opération est plutôt de séparer les cellules oléagineuses que de les écraser.
- On emploie, dans ce but, une forte vis rotative qui forme le centre de chaque appareil et chasse la masse écrasée à travers une paire de disques broyeurs, ajustables selon la finesse désirée, vers une goulotle d’où le beurre coule en un jet ininterrompu dans- les récipients, bocaux, jarres ou tonnelets. 1
- Comme le frottement des plaques des moulins occasionne une chaleur, considérable* il faut prendre un soin tout particulier pour, éviter réchauffement du beurre. On obtient ce résultat en maintenant la pâte sous pression pendant toute l’opération.
- Au cours du-broyage, on ajoute au mélange une petite quantité de sel, de 1 1/2 à o pour 100 du poids. Pour ce, faire-, les moulins sont lüunis de petites trémies auxiliaires qui leur fournissent le sel au fur-et à mesure de l’arrivée des arachides. Il est nécessaire que le sel soit uniformément réparti dans le beurre. .
- Dès que les récipients sont remplis, il faut les cacheter ; car, tout comme le beurre ordinaire, le beurre d’arachide rancit s’il est exposé à l’air. Dans les fabriques qui emploient des bocaux en verre, la fermeture s’opère dans une chambre pneumatique. On pose les cpuverçles et on place les bocaux sur des plateaux qui passent dans la chambre faisant le vide. .
- . Il eçt préférable de se servir de papier ou d’un composé quelconque pour cacheter les bocaux, car les bagues en caoutchouc sont facilement dissoutes par l’huile d’arachide. . , ,
- Telle est l’jndustrie du beurre d’arachide qui absorbe annuellement plus de 10 millions de boisseaux d’arachides. C’est que, regardé dans les débuts
- Fig. 5. — Le beurre sorlant des moulins.
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- de cette industrie plutôt comme une friandise, le beurre d’arachide est actuellement un article important de l’alimentation aux Etats-Unis.
- Du reste, il n’y a pas lieu de s’en étonner, car il s’agit là d’un aliment très sain possédant une grande valeur nutritive. Cette valeur nutritive
- est supérieure à celle du bifteck, car le beurre; d’arachide contient une fois et demie plus de protéine, trois fois plus de graisse, près de cinq fois plus de cendres et il possède trois fois plus de calories.
- L. Kuentz.
- L’IMPERMÉABILITÉ DES TOILES DE TENTES
- Lorsqu’un liquide « mouille » un solide, il forme à sa surface une pellicule continue qu’il retient énergiquement. Nous avons parlé de cette propriété à propos des expériences si intéressantes de M. Devaux (La Nature, n° 2602, 16 février 1924).
- Si l’on opère en présence de l’air, et c’est le cas le plus général, pour que le liquide mouille le solide, il faut qu’il déplace la couche d’air qui y adhère, ce qui n’est pas toujours facile, ainsi qu’on le sait par expérience lorsque l’on veut mouiller certaines poudres, comme le talc ou la poudre de lycopode.
- Si le solide a été recouvert d’un autre liquide, huile ou corps difficilement soluble dans l’eau, on constate des résultats très curieux. C’est ainsi que si l’on prend un tamis métallique à mailles très serrées dont on humecte les mailles avec de l’huile, l’air continue à passer librement au travers des trous, mais l’eau ne mouille plus les fils du tamis et par suite la tension superficielle s’oppose à ce qu’elle traverse le tamis. On peut ainsi transporter de l’eau dans un-tamis huilé, à condition naturellement qu’il ne soit pas trop rempli.
- De même, si l’on filtre à travers un tamis de 80 à 160 mailles au centimètre de l’essence contenant, de l’eau, celle-ci restera sur le tamis, tandis que l’essence le traversera. C’est pourquoi les automobilistes soigneux filtrent leurs essences dans un entonnoir muni d’une toile métallique très serrée, non pas comme on le croit à première vue pour retenir les particules solides, mais bien pour éliminer l’eau de leur carburant.
- Une application intéressante de ces propriétés est la fabrication des toiles imperméabilisées, toiles de tentes,; loden, etc., dont les fibres sont recouvertes d’huiles,: d’hydrocarbures, de cires ou de sels qui, bien que lais-; sant l’étoffe perméable à l’air, arrêtent l’eau jusqu’à un certain point.
- Tous ceux qui ont pratiqué le camping savent que là toile d’une tente, lorsqu’elle est touchée avecdëk mains,* de l’intérieur ou de l’extérieur, pendant un orage, laisse ensuite l’eau passer librement par toutes les surfaces touchées.
- En effet, lorsque la toile est touchée, elle est soit partiellement contractée, auquel cas l’air est chassé d’entre les pores et l’eau se met à les traverser lorsque la contraction cesse, sort au contraire distendue et alors l’eau passe au travers des trous ainsi agrandis.
- Dans les deux cas, l’air se trouve déplacé des mailles et l’eau le remplace.
- C’est pour la même raison que les tentes sur les bateaux fuient aux points où elles sont en contact avec un support, la vibration due au vent ou au mouvement du bateau remplaçant ici le contact de la main.
- Le cas inverse peut également être réalisé très facile-’ ment. Si l’on prend une feuille métallique, très fine, que ; l’on mouille avec soin, de façon à former.une pellicule d’eau dans les pores, cette pellicule est, si stable que l’on , peut se servir de la toile métallique comme d’une voile imperméable à l’air.
- II. YiumenON.
- LES ARBRES NAINS EN INDOCHINE
- Bien que les arbres nains que l’on importe en France depuis quelques années soient de « fabrication » japonaise, c’est à, la Chine que revient l’honneur, de cette, curieuse invention, remarque que l’on pourrait appliquer à, bien des « japonai-series », car les Nippons, qui furent toujours, et , qui sont restés de merveilleux copistes, commencèrent par emprunter leurs (( inventions ,» à la Chine, avant de puiser à mains ouvertes dans le trésor de ï’ÛcCident.
- Une autre remarque qui fatalement s’impose est que l’origine des arbres nains se perd dans la nuit
- des temps, comme tant d’autres inventions chinoises. „
- D’après certains auteurs Célestes, elle remonterait bien avant notre ère, et ses procédés restèrent secrets pendant de longs siècles, les empereurs d’abord, puis le§ grands seigneurs, s’étant réservés le monopole de la possession de ses produits.
- Cette coutume fut adoptée par le Japon, qui l’aggrava en interdisant pendant longtemps l’exportation des arbres nains. Les arboriculteurs ont conquis leur liberté dans ces deux pays; mais il
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- Fig. i.
- Une forêt en miniature dans une maison indochinoise.
- paraît que nous ne recevons en Europe que les produits de second choix, les beaux spécimens étant payés fort cher sur place.
- Nous avons nos collectionneurs d’orchidées, qui, devant la beauté ou la nouveauté d’une espèce ou d’une variété, n’hésitent pas à payer plusieurs milliers de francs. En Chine, en Indochine, au Japon, l’orchidée est remplacée par ces arbres nains que les grands seigneurs collectionnent avec amour, et qui les abritent le plus souvent dans des pavillons somptueux spécialement construits dans ce but.
- Il se tient, dans plusieurs villes de Chine et du Japon, des foires annuelles où les producteurs apportent de fort loin leurs plantes minuscules, et que fréquentent les gens riches, ainsi que les amateurs de situation modeste. Les prix varient considérablement selon l’espèce, l’âge et la forme du plant. Certaines essences ne se prêtent pas volontiers à ce rachitisme artificiel, et les exceptions sont des raretés que recherchent avidement les riches amateurs. Mais il est, dans ces foires, des arbres nains pour toutes les bourses, si bien que les familles les moins aisées peuvent en rapporter un souvenir qui ornera l’autel des jcss, ou dieux lares.
- L’une des essences les plus recherchées est le pin, dont la ramure se prête le mieux à des effets décoratifs. Les chênes nains, qui, dit-on, peuvent atteindre deux siècles, sont assez communs, et il en est de même des bambous. Les essences les plus rares sont les arbres fruitiers, auxquels les Chinois arrivent à faire produire des fruits microscopiques ; mais certaines espèces de pruniers refusent de se laisser traiter. L’câge moyen des arbres nains importés en Occident est de vingt-cinq ans; leur âge extrême est de cinquante ans. Mais, si nous en croyons les auteurs d’Extrême-Orient, leur exis-
- tence se prolonge dans leur pays d’origine, sans doute parce que l’on y conserve, comme nous l’avons dit, les exemplaires de choix, mais probablement aussi parce que l’on sait mieux les soigner.
- En Indochine, et plus particulièrement au Tonkin, où l’inlluence de la culture chinoise est restée très vivace, les arbres nains, qui sont importés de la Chine méridionale, comptent de nombreux fervents. Il n’est point de famille aisée qui n’en possède plusieurs spécimens, plantés généralement dans des vases de prix.
- Ils sont traités comme des êtres animés, nous allions dire comme des membres de la famille, et figurent à la place d’honneur dans les cérémonies célébrées à la mémoire des ancêtres. Quand le correspondant qui nous adresse le document ci-contre fut sollicité de photographier une riche famille tonkinoise, il la trouva groupée autour d’un arbre nain, placé entre la mère et les enfants.
- Le culte de cette végétation minuscule a engendré le jardin lilliputien, et aussi ce que nous appellerons le « paysage en réduction ». Sur une superficie d’un mètre carré, les spécialistes chinois et japonais savent faire surgir une forêt, une montagne boisée, des grottes dont les parois sont ornées de fougères et de mousses d’espèces variées, et toutes les plantes qui figurent dans ces paysages sont artificiellement atrophiées. Des pagodes, des maisons, des ponts, des statuettes, façonnés à la même échelle, sont disséminés dans la verdure ou sur les pentes des collines. V. Forbin.
- Fig. 2.
- Un arbre nain en Indochine.
- Le Gerant. : P. Masson — Imprimerie Laiiure, 9, rue de Fleurus, Paris.
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- LA NATURE —
- 16 AOÛT 1924
- « L’influence du Soleil sur ce monde, a écrit Kepler, influence incroyable et presque divine, d’où dérivent ici-bas tout mouvement et toute vie, tout ordre et tout ornement de la nature, est telle que plus on la considère et plus on la trouve merveilleuse. De là, pour le philosophe, l’obligation de mettre en œuvre toutes les ressources de son esprit, afin de s’élever à une théorie digne d’un pareil sujet. »
- Sans chercher à faire de théorie, les masses, de tout temps, avaient senti l’importance exceptionnelle du Soleil dans l’économie du monde, et n’avaient trouvé d’autre moyen de lui témoigner leur reconnaissance que d’en faire un dieu. Tous les peuples primitifs ont adoré les astres, et surtout le Soleil. Tel était le cas de nos pères, les Celtes, qui, sous le nom de Héol, en faisaient un des grands dieux de leur Panthéon.
- Remarquons la ressemblance de ce mot Iléol avec le nom du Soleil en grec, vjXcoç ; et ajoutons que, lorsque en 279 avant Jésus-Christ, une bande gauloise, après avoir emporté d’assaut le rocher de Delphes, que couronnait le plus riche sanctuaire de la Grèce, s’apprêtait à mettre celui-ci au pillage, les assaillants s’aperçurent que c’était à leur plus auguste divinité qu’ils s’en prenaient, ils se sentirent coupables d’un infâme sacrilège, et, un violent orage étant venu à éclater sur leurs têtes, ils y virent le signe, évident de la colère céleste et refluèrent en désordre dans leur camp. Ils purent néanmoins regagner la Gaule, et les dépouilles de la Grèce furent transportées à Toulouse.
- Même des religions plus épurées n’ont pu s’empêcher d’honorer le Soleil à leur manière : « In Sole jjosuit thronum Allissimus », dit l’Ecriture. Ajoutons que, s’il en était ainsi, le Très-Haut serait vraiment bien modeste, car il y a des étoiles qui, en fait, l’emportent de beaucoup sur notre Soleil par le volume et l’éclat lumineux. C’est leur éloignement qui, seul, fait que pour nous elles sont des astres d’une importance secondaire.
- Et qu’on ne croie pas que le culte du feu se rapporte à un passé tout à fait mort. Les feux delà Saint-Jean, qu’on voit briller tous les ans dans nos campagnes, aux environs du solstice d’été, sont un vestige évident de ce culte, survivant après dix-neuf siècles de christianisme.
- Les hommes de science, eux, durent se borner, pendant bien des siècles, à ne connaître du Soleil que ses mouvements, c’est-à-dire ceux de la Terre que, par un insurmontable instinct, nous attribuons au centre autourduquel nous nous déplaçons. Les travaux des Anciens, continués par Copernic, Galilée, Képler, nousfirent connaître le véritable système du monde, et grâce à Newton et à ses successeurs, cette connaissance, sans avoir atteint la perfection absolue, en approche beaucoup.
- Les mouvements des corps du système solaire , si compliqués qu’ils soient, sont sans doute l’objet de la branche du savoir humain où il y a le moins dé progrès à espérer.
- Une idée préconçue régna pendant bien des siècles, et fit obstacle à la marche en avant. On ne pouvait se résigner à comparer ce qui se passe dans notre « monde sublunaire » avec ce qui se produit dans le monde radieux des astres. Ici-bas, tout était grossier, périssable, là-haut tout était pur (7:ïïû-feu), immuable, éternel.
- Au commencement du xvne siècle, grâce à l’emploi du merveilleux instrument inventé par les opticiens hollandais et transformé par Galilée, on découvrit deux faits contraires à la vieille doctrine de l’immutabilité des cieux. *
- L’apparition d’une nouvelle étoile, qui s’était produite en 1572, n’était pas encore oubliée; ce phénomène avait causé une sensation profonde, à cause de l’éclat extraordinaire du nouvel astre, qui n’était pas inférieur à celui de cette planète Vénus, qui, en ce mement-ci (mai), resplendit dans le ciel avant même le coucher du Soleil. En 1604, une autre « Nova » apparut dans le Serpentaire et Képler, qui l’étudia, ne se montra jamais si hardi qu’en I écrivant, à son propos, que la matière céleste
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- Fig. i. Le Soleil.
- Tracé des zones où se forment les taches entre les parallèles, 40°, limites extrêmes, et 5° de part et d’autre de l’Équateur. Les zones grises entre io et i5° sont celles où les taches apparaissent les plus nombreuses.
- 52’ Année. — 2*'Semestre-
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- LE SOLEIL — JANSSEN
- était altérable : Coeli materiam esse alterabilern.
- Les lunettes firent découvrir les taches du Soleil, et ce fut un nouveau coup pour la vieille doctrine qui remontait à Aristote. Peu à peu, les idées changèrent, et l’on en vint à admettre que, dans l’Univers entier, la matière est essentiellement la même et que les phénomènes qu’elle manifeste sont soumis aux mêmes lois..
- L’observation des taches du Soleil ne tarda pas à nous révéler un fait important, c’est qu’il est animé d’un mouvement de rotation sur lui-même, dont la durée est d’environ 25,5 jours terrestres. On a pu fixer très approximativement l’inclinaison de l’équateur solaire sur notre écliptique, ainsi que le point où se coupent ces deux cercles de la sphère céleste. '
- Poursuivie avec une grande activité au xixe siècle, notamment par Schwabe, de Dessau, et Rudolf Wolf, de Zurich, l’observation des taches nous a fait voir qu’elles n’apparaissent que dans deux zones parallèles à l’équateur solaire et ne dépassant guère le 40e degré de latitude héliocentrique. Ce qui est non moins important, c’est que des taches situées à des distances différentes de l’équateur n’indiquent pas la même valeur pour la durée de rotation du Soleil. La surface de celui-ci, qu’on serait tenté a priori d’assimiler à un monstrueux boulet de canon chauffé au rouge blanc, n’est donc pas celle d’un corps solide.
- Enfin, il y a des étoiles variables, et notre Soleil en est une ; c’est ce que l’on a reconnu grâce à la statistique dressée par Schwabe et qui nous apprend que le nombre des taches va d’abord, à partir d'une certaine date,, en croissant, atteint un maximum, puis décroît jusqu’à ce qu’il arrive à un minimum à partir duquel l’accroissement recommence. R. Wolf a repris ce travail, et, tenant compte de la fraction de la surface solaire qui est obscure, il a trouvé que la durée de la période est d’environ 11,111 années.
- Sans doute, notre Soleil ne varie pas dans les mêmes limites que l’étoile Mira Ceti (la Merveilleuse de la Baleine), qui, à son maximum, est de la seconde grandeur, et, à son minimum, au-dessous de la douzième, et cela est fort heureux ; car il est clair qu’avec les variations de température qui s’ensuivraient pout- notre globe, notre espèce seraient bientôt anéantie. Mais le fait est curieux; et mérite d’être retenu.
- Ajoutons enfin, pour en finir avec les taches solaires, qu’il leur arrive d’atteindre de telles dimensions qu’elles sont parfaitement visibles à l’œil nu, quand le Soleil est voisin de l’horizon< Rien ne frappe davantage la jeunesse, et, pour notre part,' nous n’oublierons jamais que nous avons été témoin' de ce spectacle à une date que nous ne pouvons! préciser, mais qui appartient au mois de juillet 1872. : Après un demi-siècle écoulé, ce souvenir est très net dans notre mémoire
- Les opinions sur la structure du Soleil ont bien
- changé depuis 1850. Jusqu’à cette date environ, les astronomes admettaient les idées de Wilson et d’Herschel, qui peuvent se résumer ainsi : Le Soleil est formé d’un noyau obscur entouré par une enveloppe formée de nuages lumineux (photosphère). Entre les deux, on trouve une atmosphère à laquelle on peut attribuer toutes les propriétés que l’on veut, si bien que rien ne s’oppose à ce que le noyau central, protégé contre les excès de chaleur, soit habitable et habité. Si quelque accident vient à déchirer l’enveloppe lumineuse, ce noyau devient visible, et telle est l’origine des taches. Arago était partisan de cette théorie, et comme Renseignement est toujours un peu en retard sur la science qui se fait, aux jours lointains où nous apprenions les éléments de la Cosmographie, elle était encore exposée dans les livres classiques.
- Aujourd’hui, grâce à l’analyse spectrale, nous pensons tout autrement sur la constitution' du Soleil.
- Et d’abord, cette merveilleuse méthode nous a appris que dans cet astre, dont nous séparent 159 millions de km, on trouve beaucoup de substances terrestres, notamment des métaux, fer, plomb, calcium, nickel, argent, ajoutons de l’hydrogène, qui est un véritable métal. Les métalloïdes sont beaucoup plus rares. Par contre, l’or ne s’y rencontre pas, ce qui aurait singulièrement dérouté les alchimistes, eux qui faisaient du Soleil le symbole du « roi des métaux ».
- Aujourd’hui, voici comment on se représente la constitution de l’astre qui régit notre système planétaire : la photosphère enveloppe une masse énorme de substances diverses occupant un volume dont notre Terre ne ferait que la quatorze-cent-millième partie, mais dont la densité n’est pas très différente de celle de l’eau, en sorte que 550 000 Terres suffiraient pour faire équilibre au poids du Soleil. Quant à la température de cette masse, elle est très difficile à évaluer. Pouillet ne la faisait que de 1500 degrés centigrades, température que nous pouvons réaliser dans nos laboratoires. Secchi, par contre, l’évaluait à 40 millions de degrés, chose tout à fait incompréhensible pour nous. Il est d’ailleurs évident que cette température ne peut être la même en tous les points de la masse, et qu’à la surface extérieure, des causes de refroidissement évidentes doivent faire sentir leur effet.
- La photosphère doit son éclat éblouissant à des particules solides d’oxydes métalliques (magnésie, chaux). Refroidies par le rayonnement, ces particules retombent dans l’intérieur, où l’excès de chaleur les décompose et en même temps les vaporise. Elles reviennent alors a la surface, où elles reprennent leur état primitif, et contribuent ainsi à maintenir l’éclat de la surfaee extérieure.
- ‘ Mais le Soleil ne se termine pas à la photosphère. Au delà de celle-ci, existe une atmosphère très compliquée ou plutôt une série d’atmosphères successives : D’abord, une couche très mince, renfermant
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- beaucoup de métaux vaporisés, dite couche renversante, puis, vient la chromosphère, formée surtout d’hydrogène, mais d’où s’échappent des éruptions formidables de ce gaz, qui donnent des nuages écarlates que l’on voit surtout pendant les éclipses totales : ce sont les protubérances, formées d’hydrogène et de vapeurs de calcium.
- Au delà se trouve la couronne, relativement peu connue : Il semble qu’elle soit formée de gaz et de particules solides extrêmement rares.
- Elle présente des variations très nettes, en rapport avec la croissance et la décroissance des taches.
- Nos connaissances sur la nature du Soleil se sont donc beaucoup accrues depuis 1860, mais ce n’est rien encore, et dans quelques siècles, on en saura infiniment plus. Ce ne sont pas d’ailleurs des notions dont l’intérêt soit uniquement théorique et l’étude du Soleil nous a déjà donné des résultats pratiques d’une grande importance. Telle a été la découverte deV hélium. Une raie, constatée dans le spectre solaire par Janssen, ne put être attribuée à aucun corps terrestre connu : il fut admis qu’elle caractérisait un corps appartenant exclusivement au Soleil, et on lui donna un nom en rapport avec cette circonstance. Or, cet hélium, le chimiste anglais Ramsay a pu le tirer d’un minerai appelé clévéite ; d’autre part, un certain nombre de sources pétrolifères contiennent de l’hélium en dissolution, et l’on admet que ce gaz, qui, dans les couches inférieures de notre atmosphère, ne forme qu’un millionième du volume de celle-ci, se trouve, par contre, en abondance, dans ses régions élevées.
- A l’heure actuelle, aux États-Unis, on produit 250 000 mètres cubes (') d’hélium par an, si bien
- 1. On parle même de 50 000 mètres cultes par jour! C’est peut-être beaucoup, mais on y arrivera à coup sûr. Ce n’est qu’une question de temps, et, en Amérique, on peut compter qu’on n’attendra pas un jour de plus qu’il ne faudra..
- qu’on s’apprête, vu la très faible densité de ce gaz, qui est seulement double de celle de l’hydrogène, à s’en servir pour gonfler des ballons qui n’auront pas à craindre le triste sort du Dixmude, détruit par une décharge électrique, car l’hélium n’est pas combustible.
- Il faut espérer que, dans notre empire colonial, nous trouverons les moyens d’obtenir de l’hélium français, qui aura une immense utilité au point de vue de la défense nationale.
- Enfin, s’il faut une dernière raison pour prouver l’utilité pratique de l’étude du Soleil, nous dirons que les phénomènes qui se passent dans cet astre réagissent sur ceux de nôtre petite météorologie terrestre : par exemple, les phénomènes du magnétisme sont en relation certaine avec ce qui se passe dans le Soleil. Qu’une éruption se produise dans l’atmosphère de celui-ci, une perturbation magnétique aura lieu sur notre globe, etTes communications télégraphiques seront interrompues.
- Aussi, est-il probable qu’un jour viendra où des relations intimes existeront entre l’Office national météorologique et l’Observatoire d’astronomie physique de Meudbn.
- Et, pour terminer, nous allons retracer brièvement la carrière du fondateur de ce célèbre établissement.
- Pierre Jules-César Janssen était né à Paris le 22 février 1824. Il y a donc quelques semaines à peine, la date de son centenaire est arrivée, et c’est une raison de plus pour honorer sa mémoire.
- Ses parents, peu favorisés de la fortune, ne purent lui faire suivre le cours régulier des éludes classiques, et quand il eut atteint l’âge où il dut songer à se créer une situation, il entra dans une maison de banque ; mais, tout en s’acquittant consciencieusement de sa tâche journalière, il apprenait tout seul ce que l’on enseigne dans les collèges, si bien
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- qu’à l’âge de 24 ans, il était bachelier ès lettres. ,11 paraît avoir pris goût à l’étude du latin, car il aimait à citer Horace.
- Successivement, il prit ses autres grades, tout ,en demandant à l’enseignement privé les moyens de vivre. Il songea à l’étude de la médecine, mais ne donna pas suite à cette idée. Toutefois, sa thèse de doctorat ès sciences (1860), consacrée à l’étude de .l'absorption de la chaleur rayonnante dans les milieux de l'œil, est là pour prouver que ses études sur la physiologie ne lui avaient pas été tout à fait inutiles.
- Janssen, qui était boiteux, devait devenir un voyageur intrépide, dont les déplacements équivalent sans doute à plusieurs tours du monde. Aussi, raillant avec esprit son infirmité, se 'faisait-il parfois l’application du vers de La Fontaine :
- Volontiers gens boiteux haïssent le logis.
- Dès- 1857, on le voit accompagner au Pérou les frères Grandidier, dont il fut quelque temps le précepteur. Quelques années plus tard, il se rend à Constantinople.
- Ses travaux le font connaître, et il obtient en 1865 la chaire de physique de l’Ecole spéciale d’architecture, où il a pour collègue son ami Dehérain. Il garde cette chaire jusqu’en 1871. A cette époque, sa renommée est universelle, et il peut se consacrer uniquement à des travaux théoriques.
- Ses premières missions ne l’éloignent pas beaucoup, ce qui ne veut pas dire qu’elles n’aient pas donné des résultats d’une haute importance. C’est en Suisse et en Italie qu’il se rend tout d’abord et il s’efforce surtout de déterminer l’influence de l’atmosphère terrestre sur les phénomènes qu’il étudie, et de distinguer, parmi les raies du spectre, celles qui sont dues à la présence de cetle atmosphère. de celles qui appartiennent vraiment au Soleil. En s’élevant sur le Faulhorn, en septembre 1864, il voit nombre de raies disparaître successivement, à mesure qu’il se trouve à des altitudes de plus en plus grandes, et il leur attribue une origine terrestre. Du Faulhorn, il se rend sur les bords du Léman, et d’un bord .du lac à l’autre, il observe au spectroscope la flamme d’un bûcher de bois de sapin. Il y retrouve les raies atmosphériques, qui ne se présentent pas quand on examine de près cette même flamme. Cette contre-épreuve est de la plus haute importance.
- Le 48 août 1868, dans l’Inde et dans les contrées limitrophes, on devait voir une éclipse de Soleil des plus remarquables, car il se trouvait qu’alors que la Lune devait être aussi rapprochée de nous, ou à peu près, qu’il est possible; .le Soleil, par contre, devait être à son maximum d'éloignement. La durée de l’éclipse devait être exceptionnellement longue, et atteindre environ sept minutes pour le temps où le Soleil serait complètement invisible. La plupart de ces phénomènes ne donnent guère que 2 ou 5 minutes d’obscurité totale.
- Il fallait donc profiter de ces circonstances favorables pour étudier les parties du Soleil qui se trouvent au delà de la photosphère, autrement dit ses enveloppes atmosphériques. Les nations civilisées se firent un point d’honneur d’envoyer des missions scientifiques, à cette occasion, dans les contrées qui devaient être favorisées par un spectacle aussi rare, et deux de ces missions étaient françaises.
- L’une, formée d’astronomes de l’Observatoire de Paris (MM. Stéphan, Rayet, Tisserand), se rendit dans la presqu’île de Malacca, où elle sut tirer bon parti des circonstances favorables dans lesquelles se produisit l’éclipse.
- Janssen, délégué par le Bureau des Longitudes pour diriger une autre mission, choisit, pour établir son observatoire, une localité nommée Guntoor, qui se trouve dans l’Inde anglaise, dans la région orientale, mais à peu près à égale distance des montagnes et de la mer, ce qui donnait à espérer qu’on serait à la fois à l’abri des brumes de l’Océan et des nuages qui couronnent souvent les pics élevés. Son espoir ne fut pas trompé.
- Nous regrettons de ne pouvoir donner de détails sur le voyage de Janssen, voyage dont il a donné la relation dans un livre dont nous indiquerons le titré plus loin. Mais les résultats scientifiques des observations de l’astronome furent immenses. Ils montrèrent que les protubérances sont formées de gaz, qu’elles sont toutes de même nature, et, qu’au point de vue chimique, leur élément constituant est le gaz hydrogène (').
- De plus, Janssen conçut,pendantl’obscurité totale, la pensée que les raies protubérantielles pourraient être visibles en dehors des éclipses. La fin de la journée ne lui permit pas de s’en assurer, et il dut attendre au lendemain 19 pour vérifier son intuition. Depuis ce temps, on continue à observer les protubérances par la méthode qu’il a indiquée.
- Un astronome anglais, M. Lockyer, avait fait de son côté la même découverte et la lettre où il l’annonçait à l’Académie des Sciences arriva le même jour que celle de Janssen. Les deux astronomes reçurent une même récompense ; et l’Académie fit, en leur honneur, frapper une médaille où l’on voit, rapprochées l’une de l’autre, leurs deux effigies.
- Janssen était désormais connu de tout le monde savant, mais il ne devait pas s’en tenir là, et il lui était réservé de jouir d’une popularité légitime et universelle.
- Le 22 décembre 1870, une éclipse digne d’être étudiée devait être visible en Algérie..Le monde savant tout entier sentit qu’il serait déplorable que Janssen ne contribuât pas à son étude, et des 1. 11 serait injuste de ne pas dire que d'autres astronomes reconnurent le même fait le même jour, et, parmi ceux-ci, nous devons spécialement nommer M. Rayet, qui fut le premier directeur de l’Observatoire de Bordeaux. C’est même lui qui reconnut, dans le spectre des protubérances, le plus grand nombre de raies caractéristiques de l’hydrogène. •
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- LE SOLEIL
- savants étrangers intervinrent auprès de M. de Bismarck pour obtenir qu’il lui fût permis de sortir de Paris assiégé. Nous ne savons jusqu’à quel point les démarches furent poursuivies, et il est probable que le diplomate allemand, pour accorder l’autorisation demandée, aurait exigé de Janssen des engagements auxquels l’astronome n’aurait pu souscrire; en fait, quand il partit, il était chargé de faire des communications verbales à Gambetta.
- Le ballon le Voila partit de Paris le 2 décembre à 6 heures du matin ; à 11 heures, il atterrissait à l’embouchure de la Loire. De Nantes, Janssen se rendit à Tours, où il s’acquitta de sa mission politique, et où il vit M. Thiers qui, on le sait, portait un vif intérêt aux études scientifiques. Cela donne à penser que, dans les papiers du premier président de la République, il doit se trouver beaucoup de lettres de Janssen, de Le Verrier, etd’aulres savants, dont la publication pourrait êlre intéressante.
- Malheureusement, le 22 décembre, le temps fut très mauvais en Algérie, et le courageux voyage de Janssen n’eut qu’un résultat : l’astronome devint populaire, et cette popularité fut durable. Quand, bien des années plus tard, un monument fut élevé à la gloire des aéronautes qui avaient mis Paris en communication avec la province, ce fut Janssen qui présida la cérémonie.
- A cette époque, la France vaincue trouvait de l’argent pour défendre sa renommée scientifique. En décembre 1871, nous retrouvons Janssen dans l’IIindoustan, à Shoolor, dans les monts Neelgherry, où il observe une nouvelle éclipse totale. C’est alors qu’il admet l’existence d’une nouvelle atmosphère solaire, qu’il appelle la Couronne, mot généralement adopté depuis.
- Les passages de Vénus l’amènent, le premier au Japon, ce lui est l’occasion d’inventer le revolver photographique, le second à Oran, et, dans ces deux circonstances, il est favorisé par l’état du ciel. Il en est de même en J 885, où il se rend à l’île
- JANSSEN . ---: 101
- Fig. 4.
- La couronne vue pendant une éclipsé totale de Soleil.
- Caroline (à 200 lieues de Taïti) pour observer l’éclipse du G mai. Aux Sandwich, où il s’arrête pendant son voyage de retour en Europe, il étudie les flammes du volcan de Kilauea.
- Un voyage d’un autre ordre est celui qu’il fit en 1884 à Washington, où il représenta la France au Congrès qui devait étudier la question du choix d’un méridien unique. Sa proposition, de choisir un « méridien neutre », ne fut pas adoptée, mais il sut profiter de l’occasion pour travailler utilement à la propagation du système, métrique des poids et mesures, dont l’acceptation par tous les peuples civilisés, même anglo-saxons, n’est plus qu’une question de temps.
- Les années n’avaient point épuisé son ardeur, en mai 1900, en août 1905, il se rend encore en Espagne pour observer des éclipses totales de Soleil, Quand il fit cette dernière observation, il était plus qu’octogénaire.
- Il avait d'ailleurs été dignement récompensé de ses immenses labeurs : En 1873, il devint membre de l’Académie des Sciences, ainsi que du Bureau des Longitudes, à VAnnuaire duquel il a fourni beaucoup de notices pleines d’intérêt. Il était, quand il mourut, Commandeur de la Légion d’honneur.
- Mais, certainement, la plus belle récompense qu’on lui ait décernée, c’est la création de l’Observatoire de Meudon, qu’il dirigea jusqu’à son dernier jour. Déjà, M. Duruy avait songé à fonder un observatoire, consacré exclusivement à l’astrophysique, mais, après la désastreuse guerre de 1870, on revint à celte question, et on fit beaucoup plus que n’avait pu rêver M. Duruy : le château de Meudon, chef-d’œuvre de Mansart, avait été incendié, mais, par bonheur, les murailles encore solides, pouvaient être utilisées. On s’en servit pour le nouvel obser-
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- vatoire, et on les surmonta d’une coupole qui a 18 mètres de diamètre intérieur et qui abrite une double lunette, à la fois photographique et astronomique, ayant 16 mètres de distance focale.
- C’est un des plus beaux instruments qu’il y ait en Europe, et dans les mains de M. Deslandres, digne successeur de Janssen, il a servi à des éludes importantes sur les étoiles variables et la constitution de certaines nébuleuses.
- Nous ne donnerons pas d’autres détails sur cet observaloire, mais nous ne pouvons négliger de dire qu’on y a formé une collection de plusieurs milliers de clichés photographiques du Soleil, qu’on publiera sans doute un jour, mais dont on a déjà extrait un magnifique atlas.
- Nous ne parlerons que pour mémoire de la fondation de l’observatoire du Mont-Blanc, que créa Janssen avec l’aide de généreux amis de la science. Il s’y fit des travaux intéressants, mais cet obser vatoire, construit dans des conditions tout à fait anormales, n’éxiste plus maintenant, les intempéries l’ont dé-
- truit. Par bonheur, les études scientifiques ne sont pas impossibles au Mont-Blanc, grâce à la fondation, par M. Vallot, d’un observatoire, qui n’est pas au sommet de la montagne, mais qui, depuis trente ans, subsiste et rend de grands services.
- Janssen est mort le 23 décembre 1907. Sa dépouille mortelle repose au Père-Lachaise, non loin de celles de Jérôme de Lalande, de J.-B. Delambre, et de celui qui a été son véritable précurseur, François Àrago (1). E. Doublet.
- l.Nous n’avous pu nous étendre sur les travaux de Janssen autant que nous l’aurions voulu. Nous tenons toutefois a diré qu’en 1905 il publia, sous le litre de Lectures académiques, un volume des plus attachants, où l’on trouve, notamment, le récit de son voyage dans l’Inde en 1868. Ajoutons que l’astro'nome était intimement lié avec Gounod, auquel il donna des leçons d’astronomie que l'auteur de Faust écoutait avec le plus vif intérêt.
- Janssen avait eu le bonheur.de trouver dans son épouse une compagne de voyage et un secrétaire des plus intelligents. Mme Janssen est morte quelques années après son mari. Leur fille unique vient de les rejoindre tout récemment dans la tombe.
- LES SAUTERELLES-FEUILLES DE L’AMÉRIQUE TROPICALE (1)
- Beaucoup de Sauterelles ont simplement la teinte verte des feuilles, mais des groupes d’exception font infiniment mieux. Le premier prix est pour les Ptérochrozes, sur quoi, dans le Laboratoire et avec les précieux conseils de M. le profosseur Bouvier, au Muséum, nous appelons à nouveau l’attention depuis près de deux ans(2). Ces bêtes des Guyanes, du Brésil, et autres contrées tropicales de l’Amérique, élargissent l’élytre tout en donnant à ses nervures des trajets foliaires, et lui font copier subtilement la feuille verte, mourante, rougie, ou sèche, attaquée, tachée, moisie, échancrée de toutes façons. En outre, les genres riches peignent le dessous de cet élytre-feuille aux couleurs les plus vives et mettent sur l’aile postérieure de beaux ocelles, avec un décor complexe; le tout pour faire au vol joyau vivant, tandis que, posé, l’on est sordide. Mais l’esthétique raffinée des Ptérôchrozées supérieures, ainsi que l’importance biologiquement capitale du groupe entier, ne doivent pas faire négliger certains types qui, chez les Phanéroptérides cette fois, sortent du rang, pour doter leurs élytres, et ce que l’on aperçoit de leurs ailes, de simulacres fort curieux ; nous avons aujourd’hui en vue les deux espèces certaines du genre Pycnopalpa, connues l’une depuis cent ans, l’autre depuis hier, et une forme nouvelle que nous plaçons dans le genre
- 1. Les photographies qui accompagnent èèt article sont de H. Le Charles.
- 2. M. Gadeau de Kerville a parlé des Ptérochrozes dans |
- La Nature dès 1883, p. '376. Pour l’étude systématique i du groupe, que nous poursuivons encore, voir nos Notes récentes dans le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle. - - !
- Cœlophyllum. Des parents plus ou moins proches sont moins extraordinaires.
- Pycnopalpa bicordata Serville 1825 (fig. 1 à 4) tire son nom d’espèce d’un double cœur imprimé en creux sur le dessus du prolhorax, comme tissé d’une sorte de soie, et peint en vert, en brunâtre, en jaune indien, selon que l’élytre joue de son côté la feuille verte ou morte. Cette marque signalétique va de pair avec un mimétisme très minutieux, et à deux fins. D’abord on n’avait-pas remarqué que le corps paraît, suivant les individus, putréfié, ou moisi. Alors, il est logique que la nécrose simulée ait gagné la base des élytres; elle y aura mis des taches précises, semblant faire, au repos, partie intégrante du corps gâté, et savantes au point de se border extérieurement d’un ton plus sombre qui, se délavant sur le tissu eneore intact, y figure l’invâsion de l’altération cadavérique. Mais il faut savoir que, dans la réalité, l’attaque d’un Champignon provoque souvent sur les feuilles l’apparition d’une telle bordure; le sens en est donc double, et ces taches nuancées font le trait d’union entre la Sauterelle et son élytre-feuille. Par ailleurs, en effet, l’élytre doit sembler feuille, et feuille curieuse. Alors deux zones très spéciales miment des parties qu’une Chenille Tinéide aurait rongées. On découvre à chacune de ces plaques un bord pseudo-subérifié brun, par quoi la feuille est censée limiter le dommage, et des tractus internes bruns aussi, rouillés, simulant les restes de nervures secondaires à moitié détruites par la Chenille. Entre les tractus doit subsister la pseudo-cuticule foliaire: la décoloration et le brusque élargissement des aréoles d’élytrelui valent ici un aspect semi-vitreux. Obser-
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- Fig. i et 2.— Pycnopalpa bicordata Serville o*. Longueur d’èlytre : 26 mm. (Photo Le Charles.)
- vofis que la bordure brune est elle-même comprise entre deux lignes de fines aréoles plus sombres ; serait-ce uniquement pour faire très net, très dessiné?
- Chez ces bêtes destinées aux biologistes, il y a toujours à regarder. Ainsi le renflement initial des fémurs postérieurs se projette sur le corps et sur cette tache basale d'élytre qui mime là nécrose de concert avec le corps; eh bien, les fémurs sont peints, et jusque là seulement, au ton, soit pourri, soit moisi, du corps et de la tache, et ils n'oublient pas le liséré sombre; celui-ci les marque d’un trait léger, par le travers.
- Passons à la plaque rongée distale. Elle est en rapport avec une marge brunie, raccornie et comme ridée, de Félytre, et le bord de l’élylre est subconcave. Le dépassant de Pailë, peint aux couleurs de l’elytre, comme il se doit, a même bord brun et subconcave.
- Au repos, ces bords brunis se continuant, le tout mime une seule feuille qu’un Champignon aurait rongée. Rien là qui nous surprenne. Chez les Ptéro-chrozes en effet, quand l’aile, au repos, dépasse l’élvtre, elle manque rarement défaire saillir un lobe concave, d’aspect rongé, et comme le bord d’élytre, bruni à la pointe des nervures, s’échancre
- du même coup, l’ensemble joue une feuille unique, entaillée parce que gâtée.
- Tel est d’ailleurs l’attrait de cette simulation, méritoire puisqu’elle requiert la collaboration d’organes formés par deux segments de l’Insecte, qu’on la retrouve chez la grande Sauterelle Mécopodinée d’Afrique Acridoxena héwaniana, laquelle est feuille sèche, échancrée, par l’élytre et le dépassant d’aile, monstre épineux par les pattes et le prothorax ; les courts élytres de ce dragon ne visent d’ailleurs pas à cacher l’animal: c’est un faciès désertique qu’il prend là.
- Nous n’en avons pas fini chez Pycnopalpa bicordata avec le dépassant de l’aile. Notons-y une médiocre tache noirâtre. Observons que la membrane vitreuse de l’aile se montre un peu à découvert et vient buter contre la marque noire. Nous ne comprenons pas; 1 mais ce sont
- I choses qui dans
- "j l’espèce suivante
- prendront de l’œil, et s’expliqueront.
- Voici P. an-gustico rdata mihi (fig. 4 et 5), chez qui le double cœur est d’une autre forme et le prothorax, en selle, beaucoup plus élégant. Ici encore la bête, cette fois toute vernissée, feint la pourriture. Même, elle détaille. La tête, la selle du prothorax, semblent décolorées; le corps est ensuite
- Fig. 3. — Pycnopalpa bicordata d’aspect pourri (à gauche) et moisi. 22 mm. (Photo Le Charles.;
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- très foncé du thorax; mais soudain l’abdomen est brun clair.... Et voici que le prolongement marginal de la tache basale d’élytre est incolore et translucide. Pourquoi? Parce que ce prolongement s’applique au repos sur l’abdomen, et qu’il ne faudrait pas couper l’abdomen brun clair par une bande sombre, hors du schéma: la base même de la tache nécrosée d’élytre est en effet au ton foncé . du thorax, qu’elle continue. Les deux plaques rongées sont plus grandes, glauques et partiellement grises, sans bords pseudo-subérifiés ni tractus bruns; l’attaque est mimée autrement. A une plaque proximale plus grande que tout à l’heure,
- Fig. 4 et 5. — Pycuopalpa angustieordata Vignon
- correspondent des veines d’élytre modifiées : la plaque a été rendue libre de pousser jusqu’à l’axe foliaire, et elle a profité de l’invite. Mais à propos des veines d’élytre, notons ceci, qui d’une parta trait aux 2 espèces, et qui d’autre part lès distingue : l’une et l’autre espèce s’arrangent pour mettre les plaques dans des espaces ménagés entre les nervures importantes; à cette intention, P. bicordata supprime toute la fin de la nervure « cubitale » et, à la branche arrière de la « médiane », le classique rameau externe de la fourche ; P. angustieordata se contente d’affaiblir énormément ces mêmes veines^). Il faut conclure de tout cela, d’abord que l’idée mimétique influe jusque sur l’anatomie de l’élytre, ensuite que P. angustieordata ne descend pas de P. bicordata, encore qu’elle soit visi-
- 1; Nous ne les avons aperçues que sur les photographies beaucoup plus grandes que nature, faites en vue de cet article..
- blement plus évoluée. Revenons à notre espèce nouvelle. Au bord des plaques règne par places une matière nacrée, soulevant un peu la pseudo-cuticule, d’allure très intentionnelle, que nous ne savons pas interpréter. Mais voici qui est d’une évidence absolue : la plaque distale rassemble, dans le coin du bas, de pseudo-excréments d’un brun noir! Ainsi en agit la \raie Chenille de Nepticula plagicolella, qui creuse des mines en plaques dans les feuilles.
- La marge brunie, corrodée, de l’autre espèce est maintenant une simple tache grisâtre qui, sans ronger le bord, s’assombrit là où elle semble con-
- i*. Longueur d’élytre : 23 mm. (Photo Le Charles.)
- tinuer les excréments et agrandir en cela la plaque distale. Et la marge du dépassant d’aile? Elle est pareille. Mais que voyons-nous là? Le dépassant peint, lui aussi, des excréments; il les met lui aussi au plus bas d’une plaque rongée, qui lui est propre ; c’est que le médiocre point noirâtre de P. bicordata est ici bien plus gros, et qu’il a pris l’aspect voulu. Et c’est la petite région visible de la membrane vitreuse de l’aile qui fait ici zone mimée contre les excréments supplémentaires. La marge grisâtre du dépassant d’aile agrandit cette nouvelle plaque. Mais puisque les bords ne sont plus corrodés,, subconcaves, ils n’aident plus l’élytre et l’aile à mimer ensemble une même feuille, et l’aile paraît être le bout d’une autre feuille, placée dessous.
- Impossible vraiment d’aller plus loin dans la simulation; mais on peut partir sur d’autres pistes. Ainsi, voici Coelophyllum insigne mihi (fig. 6 et 7), isolé jusqu’ici dans le genre et sans rival connu de
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- nous. Son élytre mime excellemment quelque foliole bien \erte d’acacia. Là-dessus notre exemplaire mâle peint une exceptionnelle plaque rongée longue de plus de 2 cm, lobée très naturellement, toute bordée d’un liséré rouille qui passe au tissu normal par un court estompé jaunâtre. Ici la Chenille aura respecté les nervures fines, comme il arrive souvent; le réseau ultime se sera rouillé en un brun moins foncé que n’est le bord ; les- aréoles jaune pâle, peu transparentes, miment la cuticule en dessous de quoi aura été rongé le tissu tendre. Est-ce toujours cela que fait l’espèce? Non, car notre exemplaire femelle, unique aussi hélas, peint
- Fig. 6. — Coelophyllum insigne Vignon o*. Longueur d’éiytre : 38 mm. 5. (Photo Le Charles.)
- seulement deux taches ponctiformes, séparées, sur chaque élytre, avec une ou deux autres piqûres infimes ; les quatre points principaux sont de tailles un peu différentes et l’un d’eux commence à peine, à creuser son intérieur de tissu pseudo-cuticulaire. Qu’est-ce à dire? Pourquoi ces morsures discrètes, quand le voisin étalait quelque chose de si voyant?
- Nous le saurons, je crois, en nous rappelant que maintes Ptérochrozées peignent des taches pseudo-cryptogamiques à des stades qui peuvent différer d’un exemplaire à l’autre, voire de l’élytre droit au gauche : et que les choses sont alors si bien mises en série que le développement logique d’une tache en parait reconstitué. Nous pensons donc, que C. insigne n’est pas moins subtil que les Ptérochrozées, et que seule la rareté fâcheuse des spécimens envoyés en Europe nous prive encore des stades intermédiaires entre les piqûres débutantes et la grande plaque.
- Hypothèse d’autant plus plausible, semble-t-il, que la plaque du mâle est faite à gauche de deux attaques, dont une petite : voilà peut-être l’étape avant-dernière du chef-d’œuvre.
- Que penser de ce mimétisme pour grands musées ? Que le peuple sans nombre des espèces banales ignore ces malices, impunément. Que si le Lézard venait inspecter les pseudo-feuilles, il croquerait d’emblée le comédien : qui déborde ses élytres de partout. De telles minuties passent donc à côté de l’utile (Q. Il s’agit d’autre chose.
- Pourtant, l’aspect pourri du corps, cela doit servir? D’accord. Mais enfin, si l’automatique sélection
- Fig. 7* — Coelophyllum insigne Vignon Ç. Longueur d’éiytre : 42 tnm. 5. (Photo Le Charles.)
- darwinienne menait ici le jeu, tout le gibier Sauterelles serait devenu chose innommable depuis des millénaires. [Quant au raffinement des copies, c’est beaucoup du décor, au même titre, ou presuue, que le double cœur des Pycnopalpa., et que toute l’ornementation d’aile des Ptérochrozées riches : dans l’infraconscient et inaccessible réduit où opère le génie de l’espèce, la bête peut bien mettre son luxe à imiter.
- Voici d’ailleurs qui va guider notre jugement. Chez les Ptérochrozées toujours, des fins de genres et des genres actuels entiers tronquent, bossellent, défigurent à l’envi la pseudo-feuille, non sans garder comme un souvenir de famille les taches crypto-gamiques : si les fantaisistes allaient ici au rebours
- 1. Elles sont, comme aimait à dire Brünner de Wattemvyl à propos des Ptérochrozes, «hypertcliques » : visant par delà le but si, le but, c’est le profit.
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- LES RÉCENTES APPLICATIONS DU GAZ HYDROGÈNE
- de l’utile, ne conviendrait-il pas qu’ilsr fussent châtiés? Or ils font de l’évolution déformante sans nul dommage. ,
- Conclusion. Il y a des types: étudions-les, et comprenons au passage ce qui nous est interprétable.
- Nous voudrions saisir cette occasion pour remercier M. Patouillard, assistant au Laboratoire de Cryptogamie du Muséum, qui nous a renseigné si aimablement sur les maladies des feuilles et qui a bien voulu s’intéresse^ à nos bestioles mimétiques.
- P. VlGNON.
- LES RÉCENTES APPLICATIONS DU GAZ HYDROGÈNE
- En étudiant, au cours de l’année scolaire 1896-1897, les propriétés de l’acétylène dont la préparation était industrielle depuis 1893, par l’application des brevets Bullier à la fabrication du carbure de calcium, Henri Moissan constata que non seulement, au rouge, sombre, le gaz passant sur de la mousse de platine se dissociait suivant la formule prevue C2H2 =C2-|-H2, mais que, de plus, l’hydrogène libéré entraînait avec lui une forte proportion d’éthafie C 113 — CH3. Ce ne fut, à ses yeux, que prétexte à une expérience de cours et il laissa à M. Sabatier le soin d’étudier le mécanisme du phénomène chimique qu’il attribuait, pour parler le langage du-temps, à l’action de présence du métal. Comme son collaborateur l’abbé Senderens, le Professeur de la Faculté de Toulouse estima que le platine mis en œuvre ne se prêtait nullement à une condensation physique provoquant une élévation locale de la température, mais que, doué d’affinité pour l’acétylène ou ses composants, il aidait d’autant mieux à la séparation de ceux-ci que la formation de la molécule G2 H2 est d’ordre endothermique. — En juin 1897, M. Sabatier établissait ainsi qu’un courant d’éthylène C2H4 passant à 300° sur du cuivre ou du nickel donnait lieu à une vive incandescence qu’accompagnaient un dépôt volumineux de carbone et la formation d’é-thane. Le fait que le métal pouvait se prêter indéfiniment à la réaction C2 H4 -H— H2 = C2 H6 indiquait son aptitude toute spécialeJi fixer du gaz hydrogène et ce fut là l’origine d’une série de transformations qui ne devaient guère tarder à passér du laboratoire sur la scène industrielle. — Pour ne citer que les plus connues, M. Sabatier, aidé de ses élèves, réussit, dans les six premières années du siècle, à transformer le benzène C6 H6 en cyclohexane C6 H12, les oléfines CnH2u en carbures saturés CnH2n4'2, les nitriles R. CAz en amines R. AzH2, les aldéhydes R. CHO en alcools primaires R. CH2 OH, le phénol C6 Hs OH en cyclohexanol C6 ÏH'OII, le diphényle C12H10 en dicy-clohexyle, l’aniline C6HsAzH2 én cyclohexylamine tandis qu’il réalisait quelques essais heureux de synthèse des pétroles. Opérant, en effet, à 200° et en présence d’un excès d’hydrogène, il arrivait à briser la molécule C2 H2 en éléments CH, qui se transformaient en méthane CH4 ou en groupements CH2 et CH3, et recueillait par condensation un liquide analogue en beaucoup de points au pétrole de Pennsylvanie, riche, comme on le sait, en dérivés foriné-niques jusqu’au terme en C16 (hexadécane). Modifiant
- les conditions de l’expérience et faisant arriver l’acétylène seul au contact du nickel, ce même savant obtint ensuite un mélange rappelant le naphle de Bakou — les composés aromatiques formés au début s’hydrogénant pour donner des carbures cyclo-formén'iques ; élevant enfin la température au-dessus de 300° et stabilisant une partie des dérivés aromatiques, il recueillit un produit d’odeur empyreuma-tique, rappelant 'Yhuile de Galicie.
- Tous ces travaux ont été justement couronnés du prix Nobel et nous allons suivre, dans leurs détails, les deux principales industries auxquelles ils ont donné naissance, c’est-à-dire le. durcissement de certaines huiles et la fabrication des dérivés hydrogénés du phénol et de lanaphtaline. Nous terminerons en indiquant qu’une application assez récente de ce même gaz hydrogène — suivant un processus signalé par Marcelin Berthelot — donne à croire que, dans un avenir peut-être prochain, il sera possible de transformer la houille en un combustible liquide (berginisation.)
- Durcissement des huiles. — Depuis les travaux de Chevreul, de Braconnot et de Milly, pour ne citer que les plus anciens, on définit corps gras un éther-sel dont l’alcool est le triol glycérine, l’acide appartenant aux groupes en C16, C18, C20, C22 et même C28. — Or, parmi ces acides « gras » quelques-uns sont saturés (acides palmitique, stéarique, lau-rique, béhénique), mais le plus grand nombre, répondant à l'une des formules Cn H2n_202(ac. oléique, ac. ricinique), CnH2n-402 (ac. linoléique) CnH2n-602 (ac. linolénique) présente entre deux atomes de carbone une double liaison et de ce fait, non saturés, ces corps sont susceptibles de fixer de nouveaux atomes d’un élément monovalent tel que l’hydrogène.
- A titre d’exemples, citons l’acide oléique (liquide) se transformant en acide stéarique (solide) et l’acide érucique de l’huile de colza aboutissant à l’acide béhénique :
- C18H34O2h-H2 = C18H30 02 C22 R42 O2 -b II2 — C22 H44 O2
- Mais, tandis que les corps gras d’origine animale les plus connus (suif de bœuf ou de mouton, graisse d’os, saindoux, flambant) sont riches en éthers-sels des acides saturés qui en rendent l’application immédiate à la fabrication des bougies et se présentent solides à la température ordinaire, les huiles végétales (olive, arachide, sésame, coton, lin) et les huiles
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- de'poisson contiennent, à côté de la trioléine, les éthers d’acides à doubles liaisons (ac. linoléique, linolénique, hypogéique, érucique, clupanodonique). Or, ces derniers produits, parfois siccatifs, sont de beaucoup les plus abondants sur le marché mondial; leur solidification, leur « durcissement » par fixation d’hydrogène, présente ainsi une importance considérable.
- Les premiers travaux faits dans cet ordre d’idées par Petersen et Bœrhinger, qui employaient l’élec-trolyse, puis aux environs de 1900 par Charles Tissier et Brangier qui fixaient déjà l’hydrogène sous pression, n’étaient pas encore sortis de la période d’essais semi-industriels lorsque, mettant à profit les communications de MM. Sabatier et Senderens, Normann prit un brevet pour l'emploi du gaz hydrogène barbotant au travers de l’huile maintenue liquide et tenant en suspension un catalyseur approprié. Les savants français, rappelons-le ici, mettaient en présence du nickel un mélange gazeux. Puis on vit apparaître les méthodes de Paal, d’Erd-mann et Bedfort, de Testrup, de Leprince, de Barnitz, de C. Ellis, de Wilbusçhewitsch... pour ne citer que celles qui connurent quelque succès. Les différences qui les séparent l’une de l’autre portent, tant sur le choix du catalyseur que sur les dispositifs employés pour assurer son parfait contact avec les corps entrant en réaction.
- Tandis que Paal, Karl, Fokin et" Testrup préconisent le noir de palladium en solution colloïdale et Stika le chlorure palladieux, en montrant qu’à la dose de 1/100.000, le Palladium permet d’opérer le durcissement à 90° sous 2 atm, avec des rendements élevés, la majorité des inventeurs se rallie au nickel, soit qu’on provoque la réduction d’un des sels au sein même de l’huile (Erdmann et Bedfort, Müller, Ipatief, Wimmer), soit qu’on la réalise au préalable, pour mélanger ensuite, en une sorte d’émulsion, le catalyseur avec le corps gras (Barnitz, Wilbuschewitsch, C. Ellis), cette distinction étant exacte dans la mesure où le permet la lecture de brevets, le plus souvent volontairement obscurs.
- L’appareil de Testrup réalise le chauffage des matières premières par une série de serpentins, à vapeur et l’hydrogène agit sous une pression de 15 atm. Il comprend une série de réservoirs en batterie où l’huile chargée de palladium jaillit dans une atmosphère gazeuse et il semble qu’il demande une température supérieure à celle indiquée par
- Paal et ses élèves : 160° au lieu de 90" (fig. 1) .
- Dans la méthode Erdmann, l’organe essentiel comprend deux cylindres de même axe, l’un en métal, l’autre en terre réfractaire, recouvert de métal fraîchement réduit et chargé d’oxyde, le tout maintenu à 160°. La pulvérisation de l’huile est obtenue, dans des injecteurs, par l’hydrogène sous pression et le jet de fines gouttelettes vient se briser contre le tube central. Le catalyseur s’obtient, peul -on croire, par réduction incomplète du formiatc de nickel (H.COO)2Ni qui fournit un mélange Ni + Ni2 0 riche à 36 % de métal.
- Si nous considérons la méthode Barnitz, l’auteur insiste sur la préparation de la matière inerte : silice pulvérisée chargée de nickel. Pour l’obtenir, une solution de sulfate, S04Ni, dans l’eau tenant ensuspen-sion la terre d’infusoires, est traitée par une liqueur de carbonate alcalin ; la double décomposi -tion fournit le carbonate de nickel qu’on recueille. mêlé à la silice sur un filtre (SCP Ni H-CO3 Na2—_ CO3 Ni -f- SO4 Na2). Le magma est séché, finement broyé et soumis à l’action de l’hydrogène dans un four horizontal chauffé par une résistance.Les deux réactions CO3 Ni —CO2 + Ni O et NiO H- II* = H2 O H- Ni se font progressivement, la masse étant maintenue en mouvement par un arbre central muni de palettes.
- Dès sa sortie du cylindre, et en lui évitant le contact de l’air, le nickel est mélangé avec l’huile et le tout passe au « convertisseur », simple autoclave muni d’un serpentin et d’une tuyauterie qui permet, à l’aide d’une pompe latérale, de faire revenir à la partie supérieure de l’appareil et répandre en pluie le corps gras en traitement. Barnitz emploie 25 kg de catalyseur par tonne d’huile; le contact avec l’hydrogène dure de 3 à 4 heures et l’on opère à 180° sous une pression dé 7 à 8 kg (fig. 2).
- Dans le procédé C. Ellis, on utilise une chaudière conique à enveloppe de vapeur; l’hydrogène est constamment repris au sommet et renvoyé à la partie inférieure pour traverser la masse de.corps gras. L’opération terminée,’ on sépare, simplement par filtration sur une plaque poreuse, l’huile chaude du catalyseur qui sert à une nouvelle hydrogénation. 1 Quant à l’appareil Schlink il comprend, enfermée dans une caisse métallique étanche et maintenue à 160°, une sorte d’essoreuse dont les parois verticales présentent une série d’ouvertures recouvertes d’amiante palladié. L’appareil mis en mouvement,
- Huile
- Chargée
- c/e
- catalyseur
- Huile . dureté
- Fig. i. — Appareil de Testrup,
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- LES RECENTES APPLICATIONS DU GAZ HYDROGÈNE
- Mélange de •Silice
- Réaislance de chauffage
- Huile chargée /de Catalyseur
- Fig. 2. — Appareil Barnitz pour la préparation du catalyseur (Ni + NPO).
- l’émulsion, huile et hydrogène, amenée à la partie supérieure par un tube correspondant à l’axe, subit la pression du gaz (9 à 10 kg) et la. force centrifuge qui l’obligent à traverser les cloisons poreuses; mais celles-ci présentent une résistance notable et cette filtration demande un temps assez long pour permettre la réaction d’addition. Dans la caisse, l’huile « concrète » et l’hydrogène en excès se séparent (fig. 5 et 4).
- Pour la préparation du catalyseur, la méthode Wilbuschewitsch présente quelques analogies avec celle de Barnitz. On imprègne un « support » (pierre ponce ou talc) d’une solution d’azotate et on le laisse au contact d’une liqueur de carbonate sodique. On lave ensuite; on sèche pour réduire NiO à 500° et on triture la silice ainsi chargée de métal, avec un peu d’huile; l’émulsion, additionnée d’une nouvelle quantité de corps gras, s’envoie aux convertisseurs. Ceux-ci comprennent, là encore, une batterie d’autoclaves, où les produits subissent des sautes de température de 15 en 15°, pour arriver en une heure à 160° sous une charge de 9 à 10 atm. Suivant la nature des huiles, on met en action la batterie entière ou seulement quelques autoclaves, chacun de ceux-ci pouvant être laissé hors service à la façon des diffuseurs de sucrerie ou de distillerie. Leur fonctionnement offre une comparaison facile avec celui de ces appareils : l’huile va de l’un à l’autre, comme le jus sucré dans une suite de macé-rateurs; prise à la partie inférieure de l’un, elle est déversée en pluie très fine au sommet du suivant pour s’y trouver au contact de l’hydrogène qui suit un chemin inverse. L’opération terminée (on a pu la contrôler par une série de prises) l’huile toujours chargée de nickel (1 °/„) en est séparée au filtre presse (fig. 5).
- Sur la consommation de l’hydrogène, il est malaisé de fournir des chiffres précis. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont très supérieurs à ceux qu indique la théorie.
- Si l’on considère en effet, la réaction type, partant de l’acide oléique :
- C18h3*O2 H- H2 = C18fl36O2 '
- il suffirait de 221,4, soit 2 g. pour 282 g. d’acide, à peine 0,7 °/0. Or, d’après l’un des inventeurs que
- nous avons cités, Barnitz, la pratique demande, par tonne d’huile :
- Huile de soja ou maïs 100 à 112 me.
- » de coco 14 22 »
- » de lin 150 200 »
- )) d’olive 90 100 »
- » de poisson 114 140 »
- Pour l’obtention de l’hydrogène très pur, on a recours aux procédés d’électrolyse de l’eau (Renard, Schuckert, Pompeo Garuti) ou à la réduction de sa vapeur par le fer dans les appareils Messerschmidtt qui permettent à un générateur, chargé au début de 5 tonnes d’hématite et suivi de laveurs, de donner, par 24 heures, 5400 me. d’un gaz à 98,9 % H.
- On peut aussi employer le gaz à l’eau (COH-IP), en le soumettant à une purification sévère. Riche à 40 °/0 CO et 52 °/0 H, on le fait passer dans une série de scrubbers, à lait de chaux ou à solution de soude, avant de l’envoyer dans une colonne Claude, où sa température s’abaisse à —• 200° ; là l’oxyde de carbone se sépare de l’hydrogène qui déjà riche à 97 %, traverse des épurateurs à chaux sodée où sa teneur atteint 99,5. A la force motrice de l’usine on destine le gaz à 85 °/0 d’oxyde de carbone (CO), sorti de la colonne par un second ajutage.
- Quant à l’importance économique du durcissement des huiles, il est tel qu’il a permis le développement de puissantes usines en Norvège (usine de la Denofa et de la Vera à Friedrichsladt et à Sandel-ford, dont la capacité journalière est de 100 t.), en Angleterre (Lever, de Port Sunglich), en Hollande (EttsJurgens), en Autriche (Etts Centra, à Kriechwitz), en Allemagne (Brême, Hambourg, Cologne) et aux Etats-Unis (Hydrogenated Oïl, Southern Cotton Oil). En France, nous comptons deux installations, l une
- eu
- Plaque I Filtrante
- Vapeur
- Enveloppe
- de
- chauFFage
- Pompe de
- refoulement
- Fig. 3. — Chaudière conique de C. Ellts.
- Lors de l’évacuation de l’huile durcie, en C, la plaque filtrante est abaissée en B.
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- LES RÉCENTES APPLICATIONS DU GAZ HYDROGÈNE
- à Lyon (Soc. de Stéarinerie), l'autre à Marseille j (H. Fournier, dont le procédé demande, comme catalyseur, un mélange de nickel-métallique et de sous-oxyde, qu’on régénère par grillage et réduction, l'hydrogène étant préparé par électrolyse) ; leur production annuelle pourrait atteindre 10 000 t.
- Pour l’alimentation (margarine), il ne semble pas qu’on ait encore trouvé, aux huiles durcies, un débouché de quelque importance ailleurs qu’en Allemagne et aux États-Unis, bien qu’on puisse regarder comme absolument inoffensives les faibles quantités de nickel que retiennent de tels produits (à peine six millig. par kg). Pour les huiles demi-siccatives et susceptibles de rancir, on a eu d’heureux résultats, en les transformant en produits stables employés au graissage; mais c’est surtout dans l’industrie de la savonnerie qu’on s’est préoccupé de remplacer, en partie, le suif par les huiles concrètes, venues de matières premières malodorantes, comme les huiles de poisson riches en acides non saturés des groupes oléique et clupanodonique G22 H3’4 O2 (l’acide a été isolé par le chimiste japonais Mitsumaro Tsugimoto). C’est ainsi que l’huile de baleine, liquide à température ordinaire,' fournit, sous l’action de l’hydrogène, un corps solide, fusible à 47°5, dont les caractères (indice d’iode, ind. de saponification) le rapprochent étrangement du suif de bœuf, alors que l’huile de graine de coton aboutit à une masse molle, fondant à 38-39°. Aussi, depuis une quinzaine d’années, les savonniers allemands emploient-ils, sous les noms de Talgol et” de Candelilte, des produits d’hydrogénation fondant entre 35-37°, 4245° ou 48-52°, et permettant de réduire, dans la fabrication des pâtes de seconde qualité, la consommation d’huile de coco de 35 à 40 °/0
- Dérivés du phénol et de la naphtaline. — Tandis que se poursuivaient les travaux de laboratoire
- Hydrogène
- —Vapeur de
- chauffage
- Huile chargée
- Fig. 5. — Appareil Wilbuschewitsch.
- Le dernier autoclave de la batterie est en communication avec une turbine qui permet de séparer l’huile durcie du catalyseur-
- Emulsion u’huile
- et ct'hyc/rogène
- Hydrogène en excès ff
- Enceinte main tenue
- Huile durcie
- Poulie
- Fig. 4. — Appareil Schlinck.
- qui devaient aboutir au « durcissement » de certains corps gras, quelques savants, notamment W. Ipatief et M. Brochet, se préoccupaient d’appliquer les procédés d’hydrogénation aux dérivés de la série cyclique, pour la préparation de corps tels que le cyclohexanol GG H11 OH, que Baeyer avait isolé au départ de la quinite, sucre du groupe de l’inosite qui permet d’obtenir une série importante des dérivés du benzène. Mais alors que le savant russe opérait sous une pression de 100 atm., sans employer d’autre mode d’agitation qu’un déplacement lent du nickel sous l’influence d’un courant d’induction, M. Brochet remarquait qu’en renouvelant fréquemment les surfaces de contact l’hydrogénation du phénol (C6 II5 OH H-H6 — C6 H11 OH) peut se réaliser à 150° sous 760 mm. de mercure; ce qui a pour premier effet d’éviter des produits de pyrogénation. Il indiquait encore qu’en laissant le catalyseur se refroidir, lors de sa préparation, dans un courant de gaz carbonique, il cesse d’être pyrophorique et par suite se conserve sans difficulté.
- La fabrication du cyclohexanol devenait ainsi industrielle et, dans le procédé Brochet qui demande 0,5 °/0 de nickel — obtenu par décomposition du for-miate et réduction — imprégnant des grains de pierre ponce, on emploie le phénol neige et l’on peut opérer sans provoquer, au contact du métal, la décomposition d’une partie de cyclohexanol. en cyclohexanone. Il y a naturellement intérêt, si l’installation le permet, à opérer sous une charge de plusieurs kg, et les meilleurs rendements s’obtiennent à 150° sous 15 atm. Le produit est ensuite lavé à la soude étendue qui entraîne le phénol non transformé ; après décantation, l’huile qui surnage livre à la distillation, entre 160° et 161°, un liquide incolore, de densité 0,950 qui peut, dans un grand nombre de cas, remplacer l’alcool amylique, comme solvant.
- M. Brochet estime que pour 100 kg de produit marchand, on doit employer 100 kg de phénol et 75 me. d’hydrogène, en présence de 500 g. de catalyseur.
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- ,10 _____ les RECENTES APPLICATIONS DU GAZ HYDROGÈNE
- Les doubles liaisons du noyau benzénique se prêtant à la fixation d’atomes d’hydrogène, il était naturel qu’on essayât les réactions de Sabatier et Senderens sur la naphtaline C10H8 et les études si complètes de M. Leroux servirent de base scientifique aux procédés mis au point dans les usines allemandes, au cours delà guerre mondiale.
- Deux composés s’obtiennent industriellement : la tétraline, C10II12, et la décaline, Ci0H18, dont les emplois semblent jusqu’ici plus nombreux que ceux de V.hexaline, Cl0 H1*.
- Fondue à 180°, en présence de matières inertes comme la terre d’infusoirés, puis distillée, la naphtaline est soumise, entre 175 et 190% à l’action de l’hydrogène, sous une pression de 18 à 20 kg. D’après M. Lormand (*), le produit vendu sous le nom de Tétraline extra, par les firmes d’outre-Rhin, est un mélange des deux dérivés, tétrâ et déca, dont la séparation exigerait un traitement à l’acide sulfureux liquide qui ne dissout que le premier.
- De densité 0,978 et s’enflammant à 79°, ce liquide a un pouvoir calorifique de 11500 calories qui le rend intéressant comme carburant et c’est ainsi qu’en Allemagne on a préconisé successivement les deux mélanges :
- I II
- Benzol 35 % 50 «y,
- Alcool à 95° 53 » 25 »
- Tétraline 35 » - 25 »
- Remarquant par la suite que, douée en plus d’un grand pouvoir dissolvant vis-à-vis des résines et des gommes, la tétraline a tendance à absorber de l’oxygène (sa formule indique deux liaisons. éthy-léniques) comme l’essence de térébenthine, ce qui lui permet de jouer le rôle d’un siccatif, on a eu l’idée de l’utiliser dans la fabrication des laques, des peintures et des vernis à séchage lent où elle présente, sur le distillât de la gemme de pin, l’avantage d’avoir un point d’ébullition assez élevé.
- Enfin, l’industrie de la savonnerie s’est, elle aussi, intéressée aces nouveaux produits d’hydrogénation, car certains industriels assurent que l’hexaline, ajoutée à la graisse, permet un empâtage plus rapide pour les savons d’usage domestique, alors que dans la fabrication des produits pour le nettoyage des textiles, elle donne une émulsion dissolvant parfaitement lés résines.
- A l’heure actuelle, l’usine allemande de Roleben (Saxe) suffit à une production quotidienneté 100 t. de tétraline qui doit correspondre à une consommation de 35 à 40 000 me. d’hydrogène. Nous n’avons à lui opposer que l’installation qui fonctionne depuis deux ans à Antibes.
- Transformation du charbon de terre encombus-
- 1. Congrès des combustibles liquides. 1922,
- tibles liquides. — Ici, ilne s’agit encore que d’essais semi-industriels dont l’origine se retrouve dans un mémoire de Marcelin Berthelot qui avait réussi à transformer, avec un rendement de 60 à 65 °/0, •du charbon en produits liquides, par hydrogénation à l’aide de l’acide iodhydrique. Ces essais sont conduits dans une usine de Mannheim pour la mise au point des procédés Bergius.
- Le principe en est le suivant : à une pression de l’ordre de grandeur de 200 atm. et au voisinage de 450°, les hydrocarbures non saturés qui peuvent prendre naissance, comme dans le « cracking » des huiles minérales, se détruisent pour donner lieu à des dérivés forméniques ou naphténiques saturés et tout catalyseur devient inutile.
- L’installation d’essai a pour organe principal un autoclave à double paroi, d’une contenance de 5 me, 5; dans l’intervalle qui sépare les deux tôles d’acier peut circuler un courant d’azote à 450°, dont la pression équilibre celle de l'hydrogène agissant dans l’enceinte de réaction. Celle-ci est surmontée d’une sorte de réfrigérant ascendant qui permet un premier fractionnement. Les vapeurs traversent ensuite des échangeurs de température, des boîtes de détente, enfin des serpentins refroidis, où l’hydrogène se sépare de tous les hydrocarbures avant de rentrer dans un nouveau cycle d’opérations.
- Un tel appareil, dont tous les organes travaillent sous la pression indiquée plus haut, peut traiter 15 tonnes par jour et les principales expériences ont porté sur des huiles lourdes, même des asphaltes, dont l’un, fondant à 69°, donna à la « berginisation » d’après M. Mailhe :
- 20 % d’essence légère distillant avant 200
- 20 » d’huile moyenne » entre 200 et 300°
- 36 » d’huile lourde » au-dessous de 300°
- Des naphtes mexicains, chargés, de bitume, se sont transformés en un mélange à parties égales d’essences légères et d’huiles lampantes ; des goudrons de cokerie ont fourni des produits riches en naphtène; enfin des charbons gras, àlongue flamme, ont donné, après pulvérisation, à 400° sous 150 atm. et en présence de benzine, une huile fluide avec un rendement de 85 % (l).
- Pour marquer l’intérêt que présente la « berginisation », il suffit de rappeler simplement que les réserves connues d’huiles minérales seront épuisées avant l’an 2000, alors que le sous-sol gardera encore quelque 7000 milliards de tonnes de houille. Une partie de ce charbon pourrait devenir la source des diverses essences de pétrole, dont la consommation va chaque jour s’augmentant.
- Paul Bauo
- Chargé d’Enseignement à la Faculté des Sciences.
- \. Pour d'amples details, voir « Le Procédé Bergius » (A. Kling). Chimie et Industrie, juin 1924.
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- LA NAVIGATION SUR LE YANG-TSE
- Le Yang-tsé-Kiang (Fleuve bleu), dit aussi Ta-Kiang (grand fleuve) , est constitué par la réunion de plusieurs torrents tibétains, dont les sources sont à des distances de la mer, variant entre 5200 et 5300 km (<). Il porte successivement plusieurs noms : d’abord Mouroui-Oussou (eau sinueuse en mongol) ; puis Cham (nom tibétain) jusqu’à son entrée en Chine en aval de Touden-Gomba ; de là jusqu’à Ba-Tang : Di-Chou ; ensuite Kincha-Kiang jusqu’à Mi-Tien,, où se trouve son confluent avec le Ya-Long; enfin Yang-tsé-Kiang jusqu’à son embouchure principale au nord de Shang-Haï. Son estuaire large de près de 100 km, est séparé de la mer de Chine (Toung-Haï) par plusieurs îles d’alluvions, dont les plus importantes sont : Hi-TeïCha et Tioung-Ming.
- Ce fleuve, qui traverse successivement le Tibet et les provinces chinoises du Seu-Tchouan et du Youn-Nan, puis de nouveau le Seu-Tchouan. et ensuite le Hou-Pé, le An-Houi (jadis Ngan-IIoeï) et le Tché-Kiang, a un bassin d’une superficie de plus de 2 millions de kilomètres carrés, que peuplent 200 millions d’habitants. Il constitue une admirable voie de pénétration. Malheureusement, il n’est pas navigable sur toute la longueur de son parcours en Chine et aucune jonque ne peut s’y risquer dans sa section tibétaine.
- C’est un torrent de montagne, aux eaux tumultueuses, bondissant sur des rochers, jusqu’à Ta-Tsin-Kéou dans le Seu-Tchouan; à Ba-Tang même, il est encore à la cote 2500. De Ta-Tsin-Kéou à Ho-Meng-Tchang, il présente un bief de 430 km, accessible à la batellerie, malgré des rapides, qui sont susceptibles d’être aménagés. Un bief de 160 km sur le Ya-Long s’y rattache. En outre, une partie du Ngan-Ning-Ho, qui arrose le Kieng-Tchang ou pays des Lolos indépendants, est accessible aux barques chargées et facilement aménageable. Il serait aisé de prolonger le chemin de fer du Youn-Nan jusqu’à ce bief. Ce réseau navigable du haut fleuve, bien que connu depuis longtemps, n’a été exploré d’une manière rigoureusement scientifique que par la mission française Audemars-Polignac en 1910 et 1911.
- Yient ensuite une région de rapides, où aucune navigation n’est possible, mais qu’une ligne de chemin de fer pourrait relier au bief inférieur, acces-‘ sible à la navigation à vapeur.
- Ce dernier bief a une longueur de 2950 km, depuis les rapides de Tsen-Yao-Fan jusqu’à l’embouchure ; toutefois la navigation à vapeur ne dépasse guère Soui-Fou (on dit aussi Soui-Tchéou), qui est situé au confluent de la rivière Min, longue de 750 km et très abondante, soit à 2860 km de la mer. Ce bief se divise à son tour en deux parties : la première n’est utilisable que par des vapeurs fluviaux, construits spécialement en vue du passage
- 1. La Salouen, l’iiaouaddy et le Mékong prennent leur source dans la même région.
- des rapides ; la seconde est accessible aux navires de mer. C’est à I-Tchang, que l’on passe d’une section à l’autre et que les marchandises sont trans bordées.
- L’ouverture à la navigation à vapeur de la région comprise entre I-Tchang et le Seu-Tchouan est de date récente. Elle est due à la ténacité de l’Anglais Archibald Little et d’un Français, le R. P. Jésuite Chevalier; ce dernier dressa les premières cartes delà section entre I-Tchang et Tchoung-King en 1897-98.
- En 1899, les deux canonnières britanniques Woodcock et Woodlark reconnurent la section entre Soui-Fou et Tchoung-King. Enfin en 1910 la mission Audemars-Polignac explora et cartographia la section entre Tsen-Yao-Fan et Soui-Fou. L’exploitation commerciale a commencé en février 1898; le Lee-Chuan, ayant à bord M. Archibald Little, arriva à Tchoung-King le 9 mars, trois semaines après être parti d’I-Tchang. Ce n’est que depuis 1922 qu’il existe un navire, d’ailleurs français, capable de franchir tous les rapides sans êlre halé. A l’heure actuelle, 11 navires de plus de 1000 tonnes, 4 de 800 tonnes et 5 de 200 à 300 tonnes desservent la section entre I-Tchang et Soui-Fou; ils battent pavillon anglais, américain, français, japonais et chinois.
- Les ports les plus importants sont : Soui-Tchéou, débouché de la vallée du Min ; Tchoung-King, au confluent de la rivière Kia-Ling, métropole commerciale du Seu-Tchouan, Fou-Tchéou, bâtie au confluent du Kong-Tang-Ho,. Wan-Shien, centre de distribution des marchandises du Seu-Tchouan oriental. Les vapeurs mettent actuellement quatre jours pour franchir les 350 milles marins qui séparent Tchoung-King de I-Tchang. La première de ces villes est à 600 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer et la seconde à 134, ce qui donne une différence de niveau de 466 pieds et une pente de 1 pied 4 pouces par mille marin. Le niveau le plus bas des eaux est atteint en février ; le plus élevé l’est en juillet et août, grâce à la fonte des neiges du Tibet et des Alpes du Seu-Tchçuan. D’après le capitaine Bienaimé (*) « le niveau moyen des hautes eaux est de 25 pieds à Tchoung-King, 55 pieds à Wan-Shien, 70 pieds à Kwei-Fou et 32 pieds à I-Tchang », mais en temps de crue l’eau peut atteindre jusqu’à. 100 et même 200 pieds dans les gorges de Kwei-Fou. La vitesse du courant varie entre 2 et 4 nœuds en hiver, entre 5 et 8 en été. Les grandes crues durent 4 jours et leur flot parcourt en quarante-huit heures la distance entre Tchoung-King et I-Tchang.
- Passons maintenant à la section maritime. Longtemps les navires de mer se sont arrêtés à Han-Kéou, ils remontent aujourd’hui jusqu’à I-Tchang. . Région de plaines entre la mer et Tong-Ghi, puis ondulations boisées après Tong-Cho, à 100 milles
- 1. Mer et colonies (n° du juin 1924, p. 7, 2° colonne).
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- 112 .. . : LA NAVIGATION SUR LE YANG-TSÉ
- 'hanghai
- \Han-keou
- /- ichang
- Hang tchi
- Ÿo-tcheou
- Tchoung-king
- Bief des
- vapeurs fluviaux fSQO KM.
- I Bief de 1 I batellerie | 430 Km. \
- Bief maritime
- 1760 km.
- Fig. i. — Le cours du Yang-Tsè.
- en aval d'I-Tchang, enfin montagnes à partir de Sha-Si, voici ce que rencontre un navire, qui vient de Shang-Haï.
- Cette section maritime est reliée par le Canal Impérial aux vallées du Hoang-Ho (Fleuve jaune) et du Pai-Ho (Rivière Blanche) (*); ce canal, d’ailleurs mal entretenu, a une longueur totale de 1300 kil. entre Tien-Tsin et dans le An-Houi.
- Cette même section communique avec le Si-Kiang (Rivière de l'Ouest) par le lac Tôun-Ting, le Sian-Kiang — dérivé artificiellement en partie vers le sud — le canal de Seu-Ngen et le Tan-Kiang. Grâce à cette voie de communication, les jonques peuvent aller, sans rempre charge, de Canton à lo-Tchéou, port fluvial du Yang-Tsé.
- Cette section maritime est reliée à Pékin par la célèbre ligne de chemin de fer Pékin-IIankéou, qui traverse le centre de la Chine (provinces de Hou-Pé, Ho-Nan et Pé-Tchi-Li) et qui doit être prolongée sur Canton (provinces de Ilou-Pé,. Kiang-Si, IIou-Nan et Kouang-Toung).
- La section maritime présente des profondeurs variant entre 40 m. et 100 m,, tout au moins dans la partie inférieure, en aval de Nan-King. Malheureusement une barre, profonde de 5 m. seulement, rend difficile l’accès de l'embouchure principale. Aussi bien le port principal, celui de Shang-Haï, est-il situé sur un des bras secondaires du delta, à quelques kilomètres de la mer, la rivière de Wham-Poa.
- Nous ne décrirons pas davantage cette partie du cours du Yang-Tsé, parce qu’elle est de beaucoup la mieux connue et pour ne pas donner à ce travail des dimensions par trop
- 1. On dit aussi Pei-llo (Bivière du Nord).
- considérables. Nous rappellerons seulement que l’on y rencontre, en allant d’amont en aval, tout d’abord la triple ville de Han-Kéou, Han-Yang et Ou-Tchang, au confluent du Ilan-Kiang, Hou-Kou, Kiang-Ning (ou Nan-King) et Tching-Kiang. Le Han-Kiang, avec ses 2000 km, est le plus long des affluents du fleuve.
- Telle est cette magnifique voie de pénétration dans la Chine centrale; elle ne peut se comparer qu’au Nil, au Gange, au Mississipi et à l’Amazone par sa longueur et par son importance économique. Malheureusement, elle a un défaut primordial : elle est située en Chine, pays où l’anarchie est une tradition plusieurs fois millénaire. R. Le Conte.
- 'Fig. 2.
- Une jonque dans les défilés du Yang-Tsè.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie LAiinsF. 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- LA NATURE - N° 2629
- 23 AOÛT 1924
- LA PÂTE DE BOIS, SA FABRICATION ET SON UTILISATION
- On sait dans quelle proportion notre pays est tributaire de l’étranger pour la pâte de bois, principale matière première nécessaire à la fabrication du papier et du'carton.
- Avant la guerre, la consommation des pâtes chi-miques était d’environ 295 000 tonnes, dont 90 000 fabriquées en France et 205000 tonnes importées. La consommation des pâtes mécaniques était d’environ 350000 tonnes, dont 90 000 fabriquées en France et 260000 importées. La fabrication de ces 645000 tonnes de pâte nécessitait approxi-
- stères provenant des forêts françaises, nos fabriques de pâtes de bois employaient encore 500 000 stères environ de bois importés. Quant aux 2 autres millions de stères de bois utilisés pour la fabrication des papiers, ils étaient également importés, mais sous forme de pâtes chimiques ou mécaniques..
- Nos grands fournisseurs, avant la guerre, étaient les pays Scandinaves, l’Allemagne et l’Autriche. Ces deux derniers marchés nous furent évidemment fermés dès le début des hostilités, et les marchés Scandinaves s’étant montrés pendant quelques
- Fig. i.. — Râperie.
- Au pied des Vosges se blottit la première des usines Weibel,.la râperie, entourée de ses stocks de bois.
- mativement 2 000 000 de stères de bois pour les 295000 tonnes de cellulose, et environ 1 150000 stères pour les 350000 tonnes de pâte mécanique. On estime en effet, d’une manière générale, que le stère de rondins donne environ 309 kg de pâte mécanique et 180 kg de pâte chimique.
- La fabrication des pâtes mécaniques et chimiques consommées en France exigeait donc environ 3 000 000 de stères de bois. Sur les 35 à 40 millions de stères de bois d’essences diverses produits par la France, la papeterie française, avant la guerre, n’utilisait que 500000 stères environ. Il n’y avait donc pas lieu d’affirmer, comme on le faisait couramment, que l’industrie des pâtes à papier détruisait nos forêts, et était la grande coupable, la grande responsable des déboisements inconsidérés que chacun déplorait. Indépendamment de ces 500000
- semaines moins empressés, la situation fut très difficile pendant une assez longue période.
- Bien que cette situation, maintenant, se soit grandement améliorée, nos papeteries sont néanmoins toujours tributaires de l’étranger et les fabriques françaises de cellulose trouvent encore plus difficilement sur notre sol les bois qui leur sont nécessaires. Si, en effet, nombre d’essences peuvent être employées en papeterie, et fournir la cellulose utilisée — et nous citerons, d’après la Chimie .industrielle (Wagner, Fischer et Gauthier) le bouleau, qui donne 55,52 pour 100 de cellulose; le hêtre 45,47 ; le chêne 59,47 ; l’aulne 54,62 ; le tilleul 53,09; le châtaignier 52,64 : le sapin 53,27 ; le peuplier 62,77 ; le pin 56,99 ; le saule 55,72 — on emploie, surtout les résineux, et les bois tendres, comme le peuplier et l’aulne. Or, les résineux, du
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- Fig. 2. —. Enlèvement des nœuds.
- Cet enlèvement se fait à la hachette. L'écorçage peut se faire à la plane.
- fait de la guerre, sont devenus très rares en France si l’on excepte les pins des Landes (à rejeter comme trop résineux), et la papeterie française, à l’heure actuelle, se voit dans la nécessité d’importer plus que jamais pour faire face à ses besoins.
- En restituant à la France l’Alsace, le traité de Versailles a fort heureusement contribué à améliorer cette situation, en nous rendant les belles forêts des Vosges, ainsi que quelques usines préparant la pâte de bois.
- L’üne d’entre elles, située non loin de Colmar, à Kaysersberg, ‘ petite localité pittoresque, bâtie au pied des Vosges, arrosée par la Weiss, prépare exclusivement les pâtes mécaniques, et emploie elle-même toute sa production pour la fabrication du carton. C’est là, avec la bienveillante autorisation de MM. Weibel, propriétaires de cette vieille maison qui resta toujours française de cœur, même sous la domination allemande, que nous conduirons nos lecteurs.
- Mais, tout d’abord, qu’est-ce au juste que cette
- cellulose dont il est tant parlé dès qu’on s’occupe du papier? La cellulose n’est autre qu’un corps neutre, ayant pour formule C12. H20. O10, qui constitue le squelette solide des végétaux. Proche parente de la dextrine, du glucose et de l’amidon, elle se distingue des deux premières en ce qu’elle est insoluble dans l’eau, et du troisième en ce que l’iode ne la bleuit pas dans les conditions ordinaires. Insipide et inodore, de couleur blanche, elle est insoluble non seulement dans l’eau, mais encore dans l’alcool et l’éther. Suivant le bois employé, elle donne, dit Crollard, des fibres solides, dures ou demi-dures. On peut donc, avec le bois, fabriquer la plupart des papiers.
- Les usines Weibel, de Kaysersberg, sont divisées en trois groupes :
- 1° Râperie, 2° Cartonnerie, 5° Scieries, tous situés dans la vallée, sur la Weiss. Une canalisation
- Fig. 3. — Écorçage à la machine.
- Le rondin de bois, auquel est imprimé un mouvement hélicoïdal, peut être écorcé mécaniquement par un disque horizontal muni de lames.
- 'spéciale amène les eaux du petit torrent, successivement’, aux 5 turbines des usines Weibel produisant dans l’ensemble une force hydraulique de .2000 ch.
- Les bois employés sont surtout les résineux, sapin, pin, et également épicéa, et, parmi les bois tendres, le tremble et l’aulne. Les arbres, qui les donnent ne sont abattus qu’après l’âge de 50 ans et les bois qui arrivent à l’usine sont sciés à un mètre, sauf ceux qui proviennent de la Forêt Noire, livrés sciés à deux mètres. Les rondins destinés à la préparation de la pâte, mécanique doivent avoir au minimum 10 cm de diamètre, et 25 au maximum.
- La première opération que subissent les rondins est l’enlèvement
- Fig. 4. — Cuisson du bois.
- Les bois cuits à la vapeur dans unë ctuve avant écorçage, à une pression de 5 à 6 atmosphères, donnent une pâte de couleur marron due à la cuisson de la résine contenue dans le bois.
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- Fig. 5. — Écorçage des bois cuits.
- L’écorçage des bois cuits se pratique dans un tambour Wertheim, tournant sous une pluie d’eau amenée par une canalisation appelée pisseur.
- des nœuds. Ce travail se fait ordinairement à la main, à l’aide d’une serpe ou d’une hachette, F extrémité inférieure du rondin étant posée sur un billot bas, et l’extrémité supérieure tenue par l’ouvrier de la main gauche. Ces rondins passent ensuite à l’écorçage. Une sorte de tréteau massif, à quatre pieds, porte à sa partie supérieure une fourche de fer fixée non loin de l’une des extrémités, et, à l’autre extrémité, à un niveau moins élevé que le creux de la fourche, une solide pointe de fer, fixée sur un bâti résistant, et tournée du côté de cette fourche. Le rondin étant placé dans la fourche, l’ouvrier qui se tient du côté de la pointe, se saisit de l’extrémité du rondin, et lé tire fortement vers lui, de façon à faire pénétrer la pointe autant que possible au centre de cette extrémité. Il peut alors tourner a volonté le rondin dans la fourche pour écorcer une extrémité sur. tout son pourtour, puis opérer de même pour l’autre extrémité, après avoir retourné ce rondin.
- Mais cet écorçage peut encore être fait mécaniquement avec une rapidité beaucoup plus grande. Le rondin est disposé dans une sorte de robuste gouttière en métal, et son extrémité prise entre des disques métalliques munis de pointes qui, en tournant eux-mêmes, lui imprimeront un mouvement hélicoïdal. Au-dessus du rondin est disposé un plateau horizontal muni^de lames à la partie inférieure, qm présente de grandes analogies avec le plateau des coupe-racines. Tout étant-disposé ainsi, la machine est mise en mouvement à l’aide d’un levier à
- contrepoids. La gouttière métallique se soulève et applique le rondin contre le plateau, les disques métalliques donnent à ce rondin son mouvement de rotation combiné au mouvement de translation, cependant que le plateau horizontal se met à tourner avec rapidité, et, en moins de temps qu il n’en faut pour le dire, le rondin est écorcé et rejeté de l’autre côté delà machine. Un 3* procédé d’écorçage est l’écorçage à l’aide du tambour Wertheim, décrit plus bas, et qui n’est employé généralement que pour les rondins d’un diamètre inférieur à 10 cm.
- Très souvent, chez MM. Weibel, — ainsi d’ailleurs que dans la plupart des fabriques de pâte mécanique, —ces rondins sont soumis à upe cuisson à la vapeur avant tout traitement. Cette cuisson a lieu dans des étuves, à une pression de 5 à 6 atmosphères. L’opération dure de 4 à S heures, et 17 à 20 stères de bois peuvent être traités à la fois. Il a été reconnu que le bois cüit ainsi donne une pâte plus fibreuse et plus souple. D’autre part, la cuisson donne naturellement à ce bois une teinte marron, et les usines Weibel qui fabriquent exclusivement du carton, obtiennent ainsi, sans coloration, ces cartons de teinte cuir très employés pour la confection dé boîtés et de cartons d’emballage. La fabrication de ce carton-cuir est d’ailleurs une des grandes spécialités des usines Weibel, et est connu dans toute la France sous le nom de « Cuir des Vosges ».
- Les rondins étant soumis à la cuisson avant l’écorçage, il en résulte que l’écorce elle-même a subi cette cuisson à la vapeur. Ce traitement l’a évidem-
- Fig. 6. — Défîbreurs.
- Vue de deux des défîbreurs, à 4 cages chacun, pouvant réduire en bouillie, par jour, chacun 18 stères de bci$.
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- Fig. 7. — Salle de râperie.
- En haut et à gauche, les assortisseuses qui tamisent la bouillie venant des dèfîbreurs avant son passage au presse-pâte.
- ment rendue beaucoup plus molle et plus friable, et elle se détache si facilement qu’il n’est plus besoin d’employer la hachette ou la serpe. Il est alors fait usage, pour cet écorçage, du tambour Wertheim, cylindre d’environ 2 m. 50 de.longueur sur 2 m; 15 de diamètre, dont la périphérie est garnie de barres de fer en U, les deux extrémités recourbées étant placées à l’intérieur du tambour.
- Celui-cj est rempli de bois introduit par une porte pratiquée dans la périphérie. Celte porte refermée, le tambour est mis en mouvement, cependant qu’ùne canalisation placée à la partie supérieure déverse de l’eau à flots sur le tambour. Cette eau entraîne les débris d’écorce et 12 stères de bois cuit peuvent être ainsi écorcés à la fois en 3 à-4 heures.
- Qu’il ait été écorcé par l’un quelconque de ces trois procédés, le moment est venu de transformer ce bois en pâte. Préalablement sciés a 50 cm de longueur, et fendus si leur diamètre dépasse 25 cm, ces rondins sont apportés aux dèfîbreurs, pour y être réduits en pulpe par le procédé inventé en 1846 par Relier et perfectionné ensuite par Yoelter.
- Un défibreur se compose essentiellement d’une meule à axe horizontal qui peut être en ciment et sable mélangés ou en grès naturel. Les meules employées aux usines Weibel mesurent 1 m. 55 de diamètre sur 55 cm d’épaisseur. Chaque meule est placée au centre du défibreur sur le pourtour duquel sont disposées 4 ou 5 boîtes, de fonte, appelées « cages » ou « cabinets », dans lesquelles les bûches de bois sont introduites et plaeées parallèlement à l’axe de la
- meule. Le cabinet étant refermé, les bûches sont fortement pressées contre la meule par l’intermédiaire de sabots commandés par des pistons mus hydrauliquement. La pression varie de 3 à 4000 kg en moyenne, pour les pâtes ordinaires, à 6000 kg pour les pâtes fines.
- La meule tournant à 200 ou 250 tours à la minute peut râper de 15 à 18 stères par jour, avec une dépense d’environ 150 à 180 m5 d’eau à l’heure en moyenne. La chaleur dégagée par le travail ne tarderait pas, en effet, à enflammer le bois s’il ne baignait constamment dans l’eau. Cette eau, d’autre part, rend le râpage plus facile, et, enfin, elle est indispensable pour entraîner la fibre produite par ce râpage.
- Ces fibres, suivant le bois employé, la texture de la meule et la pression, peuvent mesurer de 2 à 3 dixièmes de mm à 1 à 3 mm de longueur. Entraînées par l’eau, aspirée elle-même par des pompes puissantes, elles sont élevées à la partie supérieure de la salle, où est alignée une batterie d’assortisseurs, tamis en forme de cylindres, avec mailles de 1 mm, 1 mm 1 /2, 2 mm et 3 mm. à l’intérieur desquels une aile tourne à la vitesse de 200 à 350 tours à la minute. La bouillie d’eau et de fibres est projetée contre les parois du tamis, que traversent les fibres assez fines pour franchir les mailles, cependant que les fibres trop grosses s’écoulent avec l’eau sur le côté, et sont envoyées aux raffineurs.
- Ceux-ci sont composés de 2 meules verticales, l’une dormante, l’autre tournante, entre lesquelles les fibres grossières sont écrasées comme les grains
- Fig. 8. — Raffineur.
- La pâte trop grosse pour être employée immédiatement passe entre le deux meules verticales du raffineur.
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- de blé entre les meules du moulin.
- La bouillie qui en sort est alors envoyée à nouveau aux assortisseurs, puis, après son passage à travers les mailles du tamis, aux presse-pâte, qui" vont la mettre en rouleaux, et qui ont quelque ressemblance avec les machines à papier, quoique d’une complication infiniment moins grande.
- La pâte, ou bouillie liquide, s’écoule dans une cuve étanche, dans laquelle tourne un cylindre muni d’un tamis de 60 à 70 mailles au cm2.
- L’eau qu’elle renferme s’échappe à travers les mailles du tamis et la pâte, qui est restée collée sur le tamis de la forme ronde, s’attache à un feutre sans fin, qui l’entraîne à travers la presse et l’amène à l’extrémité de la machine en un rouleau de 1 m. 50 de largeur, découpé automatiquement en 5 bandes enroulées de chacune 50 cm. ^
- Aux usines Weibel, ces rouleaux de pâte, transportés à la fabrique de carton, y passent dans des piles analogues à celles qui sont employées pour la fabrication du papier, et la pâte y est additionnée de diverses matières inertes qui ont pour but de lui donner plus de corps, telles que pâte chimique ou cellulose, vieux papiers meuletonnés, colle, sulfate d’alumine et couleurs si nécessaire. Cette pâte passe ensuite à la machine à carton à production continue que représente une de nos gravures, organisme d’une extrême complexité, qui diffère des machines ' à papier en ce que la partie humide consiste en plusieurs formes rondes, — dans l’usine Weibel au nombre de huit, — au lieu d’une table plate.
- Ces formes rondes ont pour but d’amener cha-
- Fig. q. — Presse-pâte.
- La pâte suffisamment fine, venant des assortisseuses situées au-dessus, passe au presse-pâte qui la livre en 3 rouleaux de 5o cm. de largeur.
- cune une couche de pâte, venant se placer l’une après l’autre sur un feutre en s’unissant très intimement sans addition de colle, rien que par la pression à l’état humide. C’est ainsi que ce système de fabrication permet de superposer des pâtes de qualités et teintes différentes et que l’on obtient des cartons dits bicolores et triplex, qui ont des couleurs différentes des deux côtés.
- Après avoir traversé les trois presses destinées à évacuer du carton autant d’eau que possible et à lui enlever la marque imprimée par les feutres, le carton passe à la sècherie qui se compose de52 cylindres sécheurs, chauffés à la vapeur, sur lesquels le carton se dessèche peu à peu, ensuite aux calandres satineuses, qui, sous une pression puissante, enlèvent au carton les rugosités, et finalement aux coupeuses, où la bande de carton est d’abord coupéè dans le sens de la longueur et ensuite dans celui de la largeur.
- Cette machine, d’une longueur de 90 mètres, donne une production journalière de 55000 kg.
- En raison de l’importance de son rendement, et du déficit causé dans la production par un arrêt accidentel de quelques heures, on conçoit sans peine de quels soins et de quelle attention est entourée cette admirable machine, dont la marche régulière fait vivre les 150ouvriers.et ouvrières qui l’alimentent, la conduisent ou manipulent les produits qu’elle donne.
- Fig. io. — Machine à carton à continu.
- Cette superbe machine de 90 mètres de longueur, peut donner 1200 à i5oo kg de carton à l’heure, selon la qualité fabriquée.
- Georges Lanorville.
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- Les Régions géographiques.
- LA MAURIENNE
- Configuration, aspects pittoresques, climat (1). — S’il est une région naturelle bien délimitée, c’est assurément la Maurienne. Peu de vallées de haute montagnes ont une ceinture de crêtes aussi continue et aussi puissante que le bassin de l’Arc, le premier grand affluent de la rive gauche de l’Isère.
- Le cours de la rivière forme un arc de cercle presque parfait, dont la convexité est orientée vers le sud et que termine seulement un crochet vers le confluent. Le débouché dans le couloir de l’Isère est d’ailleurs très étranglé, entre Aiguebelle et Cha-mousset, disposition depuis longtemps utilisée par la stratégie pour forti fier cette passe.
- Des massifs, qui comptent parmi les plus hauts des Alpes, encadrent ce bassin. Au nord ils se divisent en trois groupes principaux, séparés par des dépressions et d’importance inégale : le Mont de l’Arc vers l’ouest; au centre, les noyaux majeurs de Pé-clet-Polset, de la Va-noise et de la Grande Casse ; à Lest, la longue crête jalonnée par le Yallonet, le Méan Martin, le Pelaou Blanc, la Lenta. Le fossé qui culmine au col de la Madeleine (1984 m.) et la vallée de la Leisse s’allongent parallèlement entre les massifs. Ceux-ci comptent, au centre et à l’est, des sommets très élevés, dont beaucoup dépassent 5000 mètres, et dont les plus hauts sont la Grande Casse (3861 m.) et-la Dent Parrachée (3712 m.).
- 1. Mémento bibliographique.—Descriptions, guides : A. Dac-zat, Un mois dans les Alpes, chap. VI (Paris, Hachette, 1922) ; Guides bleus, Savoie (Paris, Hachette, éd. 1922). — Géographie, géologie: E. Haüg, Les régions naturelles des Alpes [Annales de Géographie, 1874); P. Mougin, Éludes glacio-logiques en Savoie (Paris, 1910et 1912), Les torrents de la Savoie (Grenoble, 1914). — Botanique : T. Perrier de la Bathie, Catalogue raisonné des plantes vasculaires de la Savoie (Chambéry, 1919). — Histoire: Fenouillet, Histoire de la Savoie (Moutiers, 1905). — Mœurs, folklore, dialectes, etc.: Léandre Vaillat, La Savoie (Paris, 1912) ; lI.Jou-lte, L’architecture montagnarde (La Montagne, 1914) ; Van Gennep, En Savoie du berceau à la tombe (Chambéry, 1916), Notes comparatives de folklore savoyard (Chambéry, 1921) ; Constantin et Désormaux, Dictionnaire savoyard (Annecy, 1902). — Littérature ; Van Gennep, La Savoie vue par les écrivains et les artistes (Paris, 1913) ; Henry Bordeaux, La maison morte (Paris,1922). — Industrie, économie politique : Fi Briot, Études sur l’économie alpestre (Nancy, 1896) et Nouvelles études (Paris, 1907) ; H. Cavaillès, La houille blanche en France (Paris, A. Colin, 1922).
- Fig. i. — La Grande Motte. (Cliché Broyer.)
- Au Sud, voici d’abord, vers l’ouest, le massif des Sept-Laux, orienté à peu près nord-sud ; puis,* au delà du col du Glandon (1951 m.), les Grandes Rousses dont l’axe s’infléchit vers le nord-est et l’est et se prolonge, au delà du Galibier, par la chaîne du Thabor. Une grande dislocation au Mont-Cenis, où s’ouvre le passage le glus bas de la chaîne cen-, traie (2091 m.), et'la crête reprend, plus raide et plus continue, vers le nord, pour se souder, en anneau escarpé qui contourne les sources de l’Arc, aux massifs de la rive droite. Les plus hauts pics sont légèrement inférieurs aux précédents : Grandes
- Rousses (3478 m.),
- Grand Mont-Cenis (3620 m.), Albaron (5662 m.), Giamarella (5676 m.), Levanna (3640 m.).
- Malgré leur allitude inférieure, les massifs de l’ouest, Mont de l’Arc et Monts des Laux, ont une importance géologique primordiale : ils constituent en effet deux chaînons brisés de l’arête centrale de nos Alpes, du grand soulèvement qui s’étend du Mont Blanc au Pelvoux : la structure de leurs roches — noyaux granitiques flanqués de micaschistes et de gneiss —- aussi bien que leur contexture géographique, ne saurait, sur ce point, laisser place à aucun doute. Les massifs les plus élevés de l’est, qui séparent les hautes vallées de l’Arc et de l’Isère et les bassins du Rhône et du Pô, appartiennent aux chaînes intra-alpines, taillées dans les. nappes sédimentaires de charriage, qui se sont enflées et brisées devant l’obstacle des massifs centraux : d’où l’aspect découpé des arêtes, pics et aiguilles, taillés ici à vif, presque entièrement dans des schistes.
- La Maurienne est le type des' hautes vallées « en auge » : long couloir, à fond étroit et à flancs escarpés ; peu ou point de vallées latérales. La seule qui compté au nord, celle de la Leisse, atteint à peine une longueur de quatre lieues ; pour être plus nombreuses, les vallées latérales du sud n’atteignent pas un développement supérieur. A noter enfin que la vallée centrale s’étrangle en plusieurs cluses correspondant à la brisure, par les eaux courantes, de chaînes orientées du N.-N.-E. au S.-S.-O., suivant la direction des soulèvements alpestres de la région. La basse Maurienne elle-même n’est qu’une immense
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- cluse, perpendiculaire à l’axe des soulèvements alpins, tandis que la haute Maurienne est une vallée longitudinale qui leur est parallèle. Les deux principaux verrous de barrage se trouvent un peu en aval et en amont de Modane, limitant les paliers successifs de la basse, de la moyenne et de la haute vallée.
- En Savoie, où sont représentés tous les aspects de la grande montagne, de la suprême majesté du haut Faucigny aux paysages plantureux et idylliques des lacs, la Maurienne est la région âpre et farouche. Elle joue le même rôle qu’en Suisse lé Valais (*), avec lequel elle présente une extraordinaire similitude, sur une échelle un peu réduite : mêmes configuration et orientation, même isolement entre une ceinture de hautes crêtes, même opposition entre le versant septentrional, abrupt, chaud et sec, et les pentes du sud, exposées plus ou moins au nord, creusées de vallons plus profonds, mieux arrosées, boisées et fraîches. Même archaïsme aussi, on le verra, dans les mœurs. " ,
- Parmi les beautés naturelles de la Maurienne, il faut citer d’abord les glaciers. Les deux plus vastes massifs glaciaires, formés de glaciers suspendus de vastes dimensions, comme ceux de Lans en Dauphiné et de l’Adamello au sud du Tyrol, sont, au nord de la région centrale, ceux de Chavière (ou de Péclet-Polset) et de la Vanoise. Plus à l’est, c’est une ceinture continue de glaciers qui entoure toute la haute Maurienne et vient finir aux abords du Mont-Cenis. Les glaciers du nord sont généralement orientés verslaTarentaise. Vers l’est, ils secreusenten coulées plus profondes. Un des plus beaux panoramas glaciaires s’observe, à l’est de Bonneval, du chalet-hôtel élevé par le Club alpin aux Evettes(2629 m.).
- De telles masses de neige alimentent toute l’année un ruissellement intense ; l’Arc et ses affluents font leur plein, hors des inondations provoquées par les, orages, en juillet quand la fonte atteint son maximum. Les cascades de la basse Maurienne ont été fort abîmées, voire supprimées par les installations industrielles; en amont de Modane, la cascade de Saint-Benoît, qui tombe en gerbe d’une centaine de
- \. Yoir La Nature du 26 août 1922.
- Fig. 3. — Le col de VIseran. (Cliché Broyer.)
- Fig. 2. — La Grande Casse. (Cliché Broyer.)
- mèlres du haut d’une entaille rocheuse, est la plus belle de la Maurienne, Tout le fond de la vallée de Bonneval n’est qu’un immense château d’eau. Les orages, par suite de l’escarpement des pentes, provoquent parfois des inondations subites d’une extrême violence, comme celles qui ravagèrent Modane-gare et les Fourneaux le 23 juillet 1906 et le 27 septembre 1920, et celle, toute récente (juillet 1924), qui détruisit la gare de Pontamafrey sous une avalanche de boue et de rocs. Dans la basse Maurienne, les cônes de déjection des affluents ont forcé l’Arc à s’étaler et l’ont encombré d’alluvions et de graviers,
- Pas de lacs dans cette région aux déclivités si abruptes, pas même de lacs d’altitude en dehors de quelques étangs minuscules (Savine, Evettes, etc.). Le lac du Mont-Cenis est sur le versant italien, les Sept Laux sur le versant dauphinois.
- Les gorges sont nombreuses, en premier lieu celles du Charmaix, près de Modane, surplombées par une pittoresque chapelle et celles de l’Esseillon, long canon rocheux et étroit ^qu’enjambe, frêle passerelle, un des nombreux « ponts du Diable de France. La profondeur, la sinuosité, la variété d’aspect des vallées latérales encaissées, bondissant de ressaut en replat, constituent un des caractères et un des charmes de la Maurienne.
- Il. n’existe encore de cols carrossables que dans les chaînes du sud: Glandon, qui débouche sur la vallée inférieure de la Romanche ; Galibier qui, par le Lautaret qu’il commande, amène d’une part sur la haute Romanche, de l’autre sur la Guisane et Briançon ; col du Mont-Cenis, entre Lanslebourg ei Suse, un des plus anciens passages pratiqués entre la France et l’Italie. La vue du Galibier, au sortir du tunnel percé pour la route sous le col, est splendide, au sud, sur le massif du Pelvoux. Quelques autres cols muletiers (de la Roue, du Fréjus, du Clapier, etc.), d’une altitude minima de 2500 m., relient en outre la Maurienne à la vallée de Suse;
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- Fig. 4. — La vallée de la Leisse, vue du col. (Cliché Broyer.)
- seul le Petit Mont-Cenis n’atteint que 2184 m. Plus à l’est, ce ne sont que des cols d’alpinistes, d’accès-difficile, vers les vallées piémontaises de la Stura et de l’Orco. Au nord-est, User an (2770 m.),qui doit être bientôt franchi par la route, sera le plus haut coi routier d’Europe, battant de quelques mètres le record actuel du Stelvio. G’est, à l’heure actuelle, le passage muletier le plus suivi entre la haute Taren-taise et la haute Maurienne. Très fréquenté aussi en été, le col de là Vanoise (2515 m.) entre Pra-lognan au nord, Termignon au sud. Les autres passages, sauf à l’extrême ouest (Madeleine, etc.), sont escarpés et peu suivis. Pendant 7 à 8 mois de l’année, presque tous ces passages (Mont-Cenis à part) sont impraticables, sauf aux skieurs, et la Mauriertne n’est reliée au reste du monde que par l’aval et par la voie ferrée de Paris à Turin.
- La végétation de la Maurienne, très nettement alpestre, varie considérablement suivant l’exposition et l’altitude. Les forêts, qui sont nombreuses, et dont la plus vaste est celle de l’Arc près de Lanslebourg, renferment surtout, à l’ouest, des arbres à feuilles caduques, chênes, charmes, hêtres ; au centre s’affirme l’opposition. entre les versants de la rive droite exposés au sud, d’aspect très méridional, couverts de brousses et de pins, et ceux qui leur font face, sur lesquels les sapinières dominent.
- Dans la haute vallée, le sapin l’emporte, et, aux plus hautes altitudes, le mélèze (surtout à l’est de Bramans ; il est plus abondant sur le versant ita-
- lien). La vigne prospère avec diverses autres cultures (arbres fruitiers, légumes, etc.), dans la basse Maurienne jusqu'aux environs de Saint-Michel ; en amont, on ne trouve plus guère que le seigle, qui couronne en quadrilatères irréguliers les replats capricieusement découpés sur les deux rives. L’élevage.des bovins, qui paissent l’été sur les alpages, est la principale ressource du pays.
- La flore alpestre est particulièrement riche aux abords des cols dé la Roue (sud de Modane), du Mont-Cenis et de Bonneval. Delà mi-juin à fin juillet, des montagnes et des cirques entiers sont couverts d’un tapis de fleurs diaprées, violettes alpines, boutons d’or des trolles orgueilleux, étoiles jaunes des arnicas, gentianes aux couleurs et au port si variés, touffes courtes des androsaces en bordure des ruisselets. Les principales raretés de la région sont la violette du Mont-Cenis {viola cenisia), le lis des Alpes (paradisium lilias-trum) et le panicaut des Alpes, dit « chardon bleu » {eryngium alpinum) près de Termignon. L’edelweiss abonde, d’une taille exceptionnelle, aux abords du col de la Pelouse (S.-E. de Modane). Près de Bramâns, on trouve assez fréquemment, en société, l’étrange et gracieux sabot de la Vierge (ou de Vénus) (cypri-peclium calceolus) et la grande ancolie bleue (aqvi-legia alpina). Par suite de la disposition des chaînes qui font barrage dans tous les sens, brisantles nuages sur leurs flancs, le climat de la Maurienne est le plus
- Fi<4. 5. — Le chalet d’F'utre-Dcux-Eaux. (Cliché Broyer.)
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- sec de toute la Savoie. Si les précipitations sont assez abondantes sur les sommets, la vallée, surtout moyenne, n’a guère que des pluies (ou neiges) hivernales et printanières. Les étés sont chauds, les hivers moyennement froids pour Taltilude.
- La principale caractéristique du climat est l’existence d’un curieux vent périodique, analogue à celui que nous avons signalé dans le Valais.
- Il s’élève l’été, par les jours ensoleillés (sauf par les temps orageux), dans la vallée moyenne, soufflant d’ouest en est, d’aval en amont, comme si un formidable appel d’air venait des sources de l’Arc. Il débute vers 9 heures du matin et ne tarde pas à souffler en rafale poussiéreuse très violente ; il diminue de force dès que le soleil baisse et s’arrête complètement à la tombée du jour. Géographiquement, il commence vers Saint-Jean, acquiert son maximum d’intensité aux environs de Modane, s’affaiblit vers Termignon, pour reprendre parfois, l’après-midi, en amont.Le courant, vrai fleuve aérien, n’a pas une grande épaisseur ; il suit le fond de la vallée ; dès qu’on s’élève sur les flancs, à 200 m. à peine, on ne le sent plus. 11 fait obstacle à la cul- . ture des arbres fruitiers dans la vallée moyenne.
- IL — Population, mœurs, caractère ; l’activité sociale; le tourisme — Les premiers habitants connus de la région étaient les Ligures: la tribu des Medulli occupait la Maurienne dès l’époque d'Han-nibal et encore au temps de César, et celle des Ceu-trones la Tarentaise. Les historiens anciens nous ont décrit ces populations comme très arriérées, vêtues de peaux de bêtes, laissant pousser leur barbe et leurs cheveux incultes, ce qui leur donnait l’aspect
- Fig. 7. — Sabots de la Vierge (Cypripedium calceolus). (Cliché Broyer.)
- Fig. 6. — Bonneval-sur-Arc.
- (Collection P.-L.-M. ; cliché Boulanger.)
- d’animaux sauvages. L’influence gauloise toucha à peine cette région, mais la romanisation la gagna peu à peu (1).
- Son histoire est obscure jusqu’au xie siècle. L’ouverture du col du Mont-Genis, où a, peut-être passé Hannibal (d’après M. Camille Jullian), mais que les Romains n’ont pas pratiqué, semble due à la monarchie carolingienne; Louis le Débonnaire établit un hospice près du lac ; Charles le Chauve meurt au pied du col, à Avrieux, en revenant d’Italie. Ce passage donnait une importance stratégique et commerciale à une région jusque-là isolée.
- D’après la tradition, la Maurienne serait le berceau de la dynastie de Savoie, qui descendrait de l’empereur Conrad par un légendaire Bérold. Il n’en est rien. Des recherches historiques récentes ont prouvé que la maison de Savoie a son foyer origi-ginaire dans la région de Chambéry et que la Maurienne, comme la Tarentaise, fut une petite république ecclésiastique formée autour de son évêché, jusqu’au jour où Humbert-aux-Blanches-Mains Tan nexa, au xie siècle, en se proclamant comte de Maurienne.Désormais l’histoire de la Maurienne se confond avec celle de la dynastie de Savoie, jusqu’au jour ' de l’annexion à la France. Le plus grand événement économique de la région fut, après la construction de la route du Mont-Cenis par Napoléon Ier 5(1805-1815), et avant l’aménagement delà houille blanche, l’ouverture de la voie ferrée de Chambéry à Turin par le percement du premier grand tunnel alpestre (1857-1870) (2). Toute la vie de la Maurienne converge autour du développement de cette route, —
- 1. Le palois savoyard, qui appartient au groupe franco-
- provençal, renferme quelques mots prélatins, peut-être ligures, très curieux, comme luge (que le français lui a pris), tome (fromage fabriqué sur l’alpage) et na.nl (torrent) que les Gaulois avaient sans ' cloute emprunté aux populations alpestres. •
- 2. Long cle 13 km environ, il est appelé à tort tunnel du Mont-Cenis, bien qu’il soit perce sous le Fréjus, reliant Modane à JJardonèclie.
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- chemin muletier, route, puis voie ferrée — qui, après l’avoir débloquée, est devenue son artère vitale.
- La population, dans l’ensemble, est demeurée très archaïque, surtout dans la haute vallée et les vallons latéraux (*). Elle a peu émigré (sauf dans la partie basse) jusqu’à nos jours, contrairement aux indigènes des autres parties de la Savoie et à ceux du- Dauphiné; nouvelle analogie avec le Valais. Depuis moins d’un siècle, une émigration intensive des hommes pendant l’hiver s’est développée dans la haute Maurienne, suivie plus tard, en certains points, d’une émigration temporaire ou définitive. Les constructions villageoises offrent, comme celles de la Tarentaise et du hautFaucigny, le type alpestre le plus primitif de France (1 2j, avec le toit (couvert de schistes) à deux pans et en faible pente. Les bergers passent l’été dans les chalets des alpages.
- Les agglomérations s’échelonnent dans la vallée centrale le long de l*Arc, jusqu’à Bonneval (1784 m.) qui compte, après quelques localités du hautQueyras et Val d’Isère, parmi les plus hauts villages de France (3). Trois vallées latérales seules, au sud-ouest (Villards, Arves, Valloires), ont des groupements sédentaires de quelque importance. Aucune ville à proprement parler : Saint-Jean, la métropole historique, n’est qu’un gros bourg qui n’atteint pas 4000 âmes, dépassé déjà par l’agglomération industrielle et commerçante de Modane, dont la gare a fait la métropole de la moyenne et de la haute Maurienne.
- On trouve ici les costumes féminins les plus variés et les mieux conservés de nos Alpes. Ils peuvent se classer en trois types. Dans la basse Maurienne (spécialement dans les vallées d’Arves et des Villards) règne un costume voyant et bariolé : coiffe blanche en éventail étalé, corsage de soie claire, tablier bleu étincelant, avec la croix et le cœur d’argent suspendus sur la poitrine par un collier de velours noir. De Modane' à Lanslebourg, c’est le contraste complet d’un costume sombre, avec une coiffe sévère en tulle noir, qu’égaie seul un large nœud rose vif sur la nuque, aux rubans flottants. Enfin en amont, à Bessans plus qu’à Bonneval, où les femmes montent à califourchon sur les mulets, souvent en croupe derrière le mari, la caractéristique est un haut bonnet marron ou orange, planté à l’arrière de la tête et dont lç fond plat déborde largement ; le costume masculin, avec l’habit à la française, jabot, culotte à boutons et bas blancs, peut se voir encore quelquefois aux fêtes.
- L’habitant de la Maurienne est travailleur, sobre, attaché à son pays et à ses coutumes. D’abord un
- 1. Signalons qu’à Bonneval, commune qui manque de forêts, les habitants font sécher les bouses de vaches pour les brûler l’hiver avec le bois, et qu’ils couchent tout l’hiver dans le« étables à côté du bétail.
- 2. Voir notre article du 2ft janvier 1924.
- 5. Son hameau de l’Ecot. (2040 m.) est même le village le plus élevé de France après Saint-Véran (Hautes-Àlpes ; 2050 m. au point culminant). C’est la sécheresse du climat, qui permet, comme dans le Quèyras et l’Engadine, un habitat exceptionnellement élevé.
- peu rude, il est hospitalier et loyal. Peu expansif, casanier, il n’est gagné que lentement aux idées de progrès. Ce sont des étrangers à la région qui sont venus y développer l’industriè.
- A ce rude pays, il ne faut pas demander de manifestations artistiques. Le seul monument qui vaille d’être signalé, la cathédrale de Saint-Jean, est un lourd et massif édifiée gothique de plusieurs époques, récemment restauré, à l’intérieur duquel on peut admirer un délicat ciborium d’albâtre et surtout de magnifiques boiseries du x\e siècle, oeuvre #d’un Genevois, Mochet ; des anciens mausolées il ne reste rien d’antérieur à la Pœnaissance. Le clo|tre, du xve siècle, est élégant.
- En dehors de cet édifice, on peut signaler les ruines féodales du château d’Epierre, le clocher roman de Lanslebourg, les peintures murales de l’église d’Avrieux et surtout celles de la chapelle de Lanslevillard, d’un réalisme maladroit pour l’époque (1518) mais fort curieux. Auxvne siècle, des artistes régionaux, de même que dans la vallée de Süse, ornèrent de nombreuses chapelles de naïves peintures murales. Les ruines romanes de l’église Saint-Pierre d’Exlravache, construite sur une grotte, paraissent être le plus ancien édifice religieux de Savoie, mais n’ont qu’un intérêt archéologique. Il ne faut pas oublier enfin l’Esseillon, où un ensemble pittoresque de forts anciens et de murs crénelés, sur une base rocheuse, ajoute à la beauté du paysage.
- . La basse, mais surtout la moyenne Maurienne est, avec les environs de Grenoble, la région de France où l’on a le plus tôt utilisé la « houille blanche ». Les installations électrodynamiques, dont les plus importantes sont placées aux environs de Saint-Jean et Saint-Michel, à Pontamafrey et à La Praz, utilisent au total une force d’environ 150 000 chevaux-vapeur, spécialement pour la fabrication de l’aluminium, des ferro-alliages et des carbures. Au point de vue pittoresque^ il n’y a pas de contrée française et alpestre qui ait été plus a'bîmée : de tous côtés, d’énormes tuyaux, substitués aux torrents desséchés, descendent de la montagne; fumée, poussières empuantissent les environs des usines et des gares.
- Cette révolution industrielle a profondément transformé l’aspect du pays ; le cachet architectonique des bourgs et villages touchés par l’industrialisme a presque entièrement disparu devant les constructions modernes; les ouvriers comptent une majorité d’étrangers, surtout des Italiens, de même que dans l’agglomération formée autour de la gare internationale de Modane, véritable quartier italien, animé par le passage des émigrants. t ) )
- Ce qui précède fait comprendre pourquoi le tourisme s’est peu développé en Maurienne. Modane, qui est un admirable centre d’excursions, est un lieu de séjour peu agréable, à cause du vent d’abord, et ensuite parce que rien n’a été fait pour attirer et retenir le touriste. Presque toute la vallée de l’Arc, en aval, est sacrifiée du fait des usines. Mais il reste
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- LA CH LOROPICR1NE ET L’ÉTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A" SOIE -.— 123
- de charmantes vallées latérales, paisibles et agrestes, où les amoureux de la montagne se donnent rendez-vous, notamment à Valloires, Saint-Colomban-des-Villards, le Glandon, etc. Il reste surtout la haute Maurienne, terre de prédilection des alpinistes et des grimpeurs, où Lanslebourg est la villégiature la plus agréable, Bonneval (avec les Evettes) le meilleur centre d’alpinisme, sans parler de charmants co.ns rustiques, comme Bramans, Termignon, Bes-sans. Plusieurs refuges et de nombreux sentiers muletiers ont été aménagés par le Club Alpin.
- La Boute des Alpes, avec son service estival, si apprécié, d’autos-^cars, met en relations, du Lau-taret parle Galibier, l’Oisanset la basse Maurienne. Dès que la route de l’Iseran sera construite, dans quelques années, elle reliera la haute Maurienne à la haute Tarentaise, en ouvrant une nouvelle voie d’accès et de circulation. En attendant, d’autres services d’autos desservent la route du Glandon (de Saint-Jean à Grenoble) et celle du Mont-Cenis, vers l’Italie, de Lanslebourg à Suse, par un des plus beaux passages de la chaîne. Albert Dauzat.
- LA CHLOROPICRINE ET L’ÉTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE
- M. le Professeur Gabriel Bertrand, de l’Institut Pasteur, poursuit depuis plusieurs années d’utiles recherches sur l’emploi de la chloropicrine comme insecticide. La chloropicrine ou nitrochloroforme a été largement employée pendant,la guerre comme gaz toxique. M. Gabriel’Bertrand, lui a trouvé des applications moins barbares. L’une d’elles, l’étouffage des cocons de vers à soie, peut même avoir d’importantes conséquences industrielles. Pour le montrer, nous allons résumer la remarquable étude que Fauteur vient de publier dans le \Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale.
- Lorsque le ver à soie, ou chenille, de bombix morï, a terminé son évolution, il construit son cocon. Ce travail lui demande trois ou quatre jours; trois autres jours lui sont nécessaires pour se transformer en,chrysa-lide. C’est à partir de ce moment que l’on peut récolter le cocons; en pratique ou attend davantage. Car tous les vers d’une même éducation n’évoluent pas rigoureusement ensemble : en fait, l’éducateur ne procède à la récolte que 10 ou 12 jours après le moment où les premiers vers se sont mis à l’œuvre.
- Il faut alors se hâter de traiter les cocons; sans cela les papillons venant à éclore perceraient leur coque et la soie ne pourrait plus être fdée. Le temps nécessaire à l’éclosion varie suivant la température ; quand celle-ci se maintient entre 27 et 50°, il ne dépasse guère une douzaine de jours à partir de la récolte.
- Il y aurait intérêt à fder les cocons pendant cet intervalle; on obtiendrait alors la plus belle soie et la plus facile à tirer. Mais, dans nos pays, il n!est pas possible de passer à la bassine, en un temps aussi court, tous les cocons d’une récolte. On est donc obligé de tuer les chrysalides, c’est ce qu’on appelle « l’étouffage des cocons ». . f
- La soie est formée de substances parentes de l’albumine, par suite assez altérables ; il a donc fallu imaginer des procédés assez doux, capables de tuer les chrysalides, sans nuire à la qualité de la soie.
- En pratique, malgré les nombreux systèmes essayés, on n’utilisé que deux procédés : l’étouffage par la chaleur sèche, et l’étouffage à la vapeur.
- Dans le premier système, on place les cocons dans des étuves portées à une température bien déterminée, et on les y laisse le temps juste suffisant pour provoquer la mort de la chrysalide par étouffement,et dessiccation.
- Dans le second système, on place les cocons dans des cribles ou paniers que l’on soumet à l’action de la vapeur d’eau bouillante.
- L’opéralion de l’étouffage est extrêmement délicate et comporte de très grands risques; aussi est-elle en général centralisée dans des établissements spécialisés qui rassemblent la récolte des petits éducateurs ; ceux-ci se trouvent dans l’obligation de vendre aussi vite que passible les cocons .récoltés et deviennent alors trop souvent la proie d’intermédiaires avides. En outre l’étouffage, pratiqué comme nous venons de le dire, ne laisse pas que d’entraîner une dépense de combustible qui, aux prix actuels, devient fort onéreuse.
- M. Gabriel Bertrand, au cours de ses recherches sur les-propriétés insecticides de la chloropicrine, a reconnu en celle-ci un agent insecticide très puissant, et de plus, dépourvu d’action coagulante à l’égard des matières protéiques. li a donc été naturellement amené à penser qu’elle pourrait fournir un moyen de tuer les chrysalides à l’intérieur de leur cocon, sans altérer la matière soyeuse. Il a entrepris aussitôt une série d’études et d’expériences qui sont un remarquable exemple d’application des méthodes scientifiques aux problèmes industriels pratiques.
- Il a commencé par étudier la structure du cocon, en vue de s’assurer de sa perméabilité aux vapeurs toxiques.
- « Quand on examine, dit-il, un cocon de ver à soie, on remarque d’abord que la coque est résistante, formée d’un feutrage extrêmement serré et qu’il est complètement insubmersible. Après l’avoir ouvert, on observe que la face intéiieure est lissé, comme vernissée. On peut alors penser que tous ces caractères conviennent parfaitement au rôle protecteur dévolu à la coque, et que peut-être des molécules de vapeur aussi grosses que celles de la chloropicrine doivent être facilement arrêtées. Mais, en étudiant la chose de plus près, on trouve, que non seulement la coque est assez perméable pour suffire aux échanges gazeux qui correspondent à la respiration de l’insecte, mais que sa perméabilité est telle que l’on peut souffler à travers un cocon en plaçant une de ses extrémités entre les lèvres, sans éprouver, pour ainsi dire, de résistance,
- « Ce fait surprenant tient à la structure très particulière de la coque. Le fil sécrété par le ver n’est pas enroulé en spires parallèles et soudées les unes contre les autres, ce qui. donnerait une enveloppe continue et et ne laissant plus passer les gaz que par diffusion. Il est façonné, comme l’a vu d’abord Duseigneur-Kléber, en petites boucles ou paquets en forme de 8, soudées les unes à côté des autres, de manière à donner une première enveloppe ajourée comme une gaze, et contre
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- 124 === LA CHLOROPICRINE ET L’ÉTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE
- laquelle le ver applique successivement une série d’enveloppes nouvelles, de constitution identique et seulement, au fiir et à mesure, un peu plus serrée....
- « Il en résulte 'que la coque est finement et régulière- • ment ajourée, qu’elle peut arrêter les poussières mécaniquement à la façon d’un crible, l’eau par suite des forces capillaires, mais qu’elle ne doit apporter presque aucune résistance au passage des gaz et des vapeurs. »
- Pour le vérifier, M. Gabriel Bertrand qui avait déjà constaté l'action toxique qu’exerce la chloropicrine sur un parent des vers à soie, la Livrée des arbres (Bombix nevstria L.j a substitué à la chrysalide de versa soie des larves de Livrée. Il ouvrait un cocon en découpant une calotte à son extrémité, remplaçait la chrysalide, par la larve de Livrée, puis refermait le cocon, en abaissant la calotte et en soudant les bords de la fente par un . filet de paraffine. Les cocons ainsi traités étaient suspendus pendant 10 minutes dans un flacon où l’on avait préalablement volatilisé une faible dose de chloropicrine, 0,01 gramme par litre. D’autres larves témoins étaient placées dans un petit nouet de gaze à 10 mailles par centimètre et traitées de la même façon.
- L’expérimentateur constate que toutes les larves, celles des cocons comme celles des nouets, étaient intoxiquées de la même façon, et malgré la faible dose de toxique, elles périrent toutes au bout d’un certain temps.
- La preuve était donc’ faite que la chloropicrine peut agir à travers le cocon.
- Il restait à déterminer les doses et les durées d’action nécessaires pour étouffer sûrement les chrysalides du ver à soie.
- Les premières expériences furent effectuées en 1919 sur deux lots de cocons provenant de deux élevages, l’un de l’Ardèche, l’autre du Yar. C’étaient des expériences | de laboratoire, leur but était de déterminer les concentrations toxiques, et pour chacune d’elles, la durée mi-nima d’action nécessaire. Une dose de 5 milligrammes de chloropicrine par litre d’atmosphère toxique était insuffisante, même après trois heures d’action; la dose de 10 milligrammes, insuffisante après une demi-heure d’action, tue les chrysalides au bout d’une heure.
- La dose dé 20 milligrammes les tue sûrement au bout d’une demi-heure ; la dose de 50 milligrammes produit une action complète en 10 minutes.'
- Signalons ici fine observation fort curieuse : quand l’action de la vapeur avait été insuffisante, on constatait, en allant de l’action la plus faible à la plus forte, depuis une éclosion partielle de papillons jusqu’à quelques sorties incomplètes. Les papillons issus de chrysalides mal étouffées avaient presque toujours les ailes plus ou moins atrophiées et déformées. Ceux qui provenaient de chrysalides ayant subi une action plus profonde, quoique insuffisante, étaient si faibles qu’ils arrivaient seulement à percer l’extrémité de. leurs cocons, sans pouvoir en sortir. Pour d’autres cocons encore plus touchés, le papillon mouillait et tachait l’extrémité du cocon vers laquelle il avait la bouche tournée, mais restait complètement enfermé.
- Çes expériences étaient exécutées à Paris sur des cocons expédiés par la poste, et par suite déjà assez avancés. Le savant expérimentateur a jugé indispensable de savoir si la sensibilité des chrysalides reste à peu près constante, ou si elle varie avec leur degré de maturation et dans ce cas quelle serait la grandeur de la variation.
- Il lui fallait aussi répéter les expériences sur des races
- diverses de cocons, et enfin voir comment les cocons doubles dont la coque est plus épaisse se comportent par rapport aux-cocons normaux. Tel fut l’objet d’une série d’expériences exécutées sur place en 1922 à la station séri-cicole de Draguignan. Des étouffages par la chaleur ont été exécutés en même temps sur des lots témoins, prélevés dans les mêmes élevages.
- Le résultat a été le suivant : à la dose de 20 milligrammes de chloropicrine par litre, toutes les chrysalides sont tuées en 1 heure, à une température voisine de 20°, même lorsqu’il s’agit de cocons doubles. Prali-qnement, cela représente une dépense de 1 gramme environ de substance toxique par kg de cocon. On voit immédiatement l’intérêt économique d’une telle méthode. Les résultats de l’étouffage étaient égaux, sinon supérieurs à ceux des méthodes usuelles.
- Autre point pratiquement fort important : les cocons exposés à l’air sur des claies après le traitement perdent presque aussitôt toute odeur de chloropicrine et se dessèchent ensuite très facilement. Des analyses chimiques précises ont montré, au surplus, qu’il ne reste plus alors la moindre trace de. chloropicrine dans le cocon.
- Peut-pn conclure maintenant? Pas encore. Il faut s’assurer que les cocons chloropicrinés donneront une soie de qualité au moins équivalente à celle des cocons traités par la chaleur ou la vapeur d’eau. A cet effet, les divers lots étouffés à Draguignan ont été envoyés, 5 mois après, au Laboratoire de la Condition des Soies à Lyon qui les a soumis aux essais ordinaires, destinés, comme l’on sait, à déterminer la valeur industrielle des cocons: essais de filalure, de titrage et de décreusage.
- D’autres essais ont été effectués l’année suivante en 1923 à la Condition des Soies de Lyon, à la station séricicole de Draguignan et au laboratoire industriel de la filature de MM. Introïmi et Soragna à Marseille.
- Des uns et des autres se dégagent les conclusions suivantes :
- L’étouffage à la chloropicrine est sans action sur l’enveloppe soyeuse. Après le traitement les cocons ont la même couleur et les mêmes qualités que les cocons frais. Ils se filent avec la même facilité. À ce point de vue, l’étouffage par le procédé deM. G. Bertrand est donc plus avantageux que ceux par la chaleur.
- Le rendement en soie grège des cocons étouffés par la chloropicrine est égal, parfois même supérieur, à celui des eocons étouffés par les procédés industriels. Les propriétés physiques (ténacité, élasticité) et les rendements au décreusage sont également les mêmes dans les deux cas.
- L’étouffage par le chloropicrine apparaît donc avec raison, à son inventeur, comme doué de toutes les qualités nécessaires à un procédé industriel. Il offre les avantages de la sécurité absolue dans l’étouffage, de la simplicité dans la mise en œuvre et de l’économie.
- Il se recommande de lui-même aux industriels qui pratiquent l’étouffage en grand. En outre, il peut être employé sans difficulté par les petits éducateurs qui. pourraient ainsi se libérer de leur servitude vis-à-vis de certains intermédiaires.
- Par là, on peut espérer, avec M. Gabriel Bertrand, qu’il influencera utilement l’expansion de la sériciculture. L'élevage des vers à soie est actuellement en effet une opération lucrative pour ceux qui la pratiquent et avantageuse en même temps pour le pays.
- « Il existe en bien des régions de la France et même aux environs de Paris, dit M. Bertrand, des restes de
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- plantations de mûriers qui pourraient servir d’amorces à de petites éducations, celles qui sont, les plus faciles à conduire et qui donnent à partir d’un certain poids de graines ou œufs de vers à soie, les meilleurs rendements. Mais l’éloignement de ces régions des grands centres sericicoles est un obstacle à la vente des cocons frais (qui, on se le rappelle, éclosent peu de jours après la récolte).
- On ne peut songer, raisonnablement, à créer des éducations particulières en de telles régions que si l’on dispose d’un procédé d’étouffage commode et sûr, n’ayant aucune action nocive sur la soie, n’exigeant enfin aucune installation compliquée ou coûteuse ». Ce sont précisément les qualités qui caractérisent le procédé à la chloropicrine.
- R. Yillers.
- LE RETOUR A L’ALCHIMIE
- La transformation du mercure en or.
- Le rêve séculaire des Alchimistes —- la transmutation des métaux en or — va-t-il finir par se réaliser pratiquement ?
- Les journaux allemands ne parlent en ce moment que de la découverte que deux savants : le P' Dr Miethe (J) de Berlin, et son collaborateur, le Dr Stammreich, vien • lient de réaliser (juillet 1924) par un prodigieux hasard, disent-ils eux-mêmes.
- La personnalité de ces savants donne un certain poids à des affirmations, qui ne manqueront pas de provoquer quelque scepticisme, et qui en tout cas exigeront une rigoureuse vérification.
- Partant de l’idée que le radium émane de substances à forts poids atomiques, les deux opérateurs supposèrent que de tels corps — même non radioactifs — pouvaient ne pas être très stables. Qu’adviendrait-il si l’on cherchait à dissocier des éléments pouvant se comparer à des substances radioactives? t •
- ils tentèrent leurs essais sur le mercure (nous verrons plus loin pourquoi ce corps fut choisi). Mais il fallait une source d’énergie puissante pour essayer d’en dissocier les. atomes, et ils utilisèrent le courant électrique, dans des appareils construits spécialement.
- Ceux-ci comportaient des tubes de quartz foqdu, capables de résister, aux hautes températures. A l’intérieur de tels tubes, ils disposèrent deux pôles de mercure chimiquement pur, entre lesquels ils firent jaillir un arc puissant, dé 400 à 2000 watts, sous une différence de potentiel de 170 volts. L’opération se poursuivit pendant plusieurs centaines d’heures.
- A un certain moment se manifesta un dégagement calorifique intense (1400° centigrades) ainsi qu’un effet lumineux éclatant, d’une blancheur incomparable et d’une puissance de 10 000 bougies.
- Quelque temps après, l’opération fut interrompue.
- 1. le P1 Dr Miethe est le Directeur du Laboratoire de Photochimie ainsi que de l’Observatoire photographique de l’École Supérieure Technique de Berlin-Charlottenburg.
- L’appareil fut démonté, et les deux savants constatèrent dans les résidus des parcelles d’or.
- Quelle pouvait être la cause de ce phénomène énigmatique ?
- Les poids atomiques du mercure (Hg — 201) et de l’or (Au = 197) sont assez voisins. Leur différence n’est que de 4 ; ce poids atomique est précisément celui de l’hélium. Cette décomposition avait été déjà soupçonnée, mais non constatée jusqu’alors.
- Malgré de longues et patientes recherches, malgré tous les soins apportés à la construction des appareils, l’hélium ne put jamais être recueilli. Sa faible; densité lui permet, en effet, de traverser tous les corps qui le contiennent —même le quartz incandescent et ce, dans un temps plus ou moins court.
- Il n’y avait donc pas lieu de trop s’étonner du résultat, quoique le fait soit assez prodigieux en lui-même, et pas encore bien expliqué scientifiquement.
- * C’est un pas dans l’aboutissement des rêves des alchimistes. Ce n’est qu’un pas... car la quantité d’or produite et le prix de revient ne sont pas encore en état de rentrer dans le cadre des opérations industrielles.
- En effet, dans les différents essais tentés, les quantités d’or recueillies ont toujours été de l’ordre de 1/100* à 1 /10° de milligramme. f1'
- Le procédé suivi ne permet pas jusqu’ici de le produire à un taux inférieur à 25000 000 de francs-or par kilogramme.
- Or, le cours mondial de l’or est de 15 000 fr. le kg actuellement.
- Cette réalisation est cependant appelée à stimuler d’autres recherches dans les laboratoires scientifiques modernes. Mais elle n’est pas pour le moment, et peut-être de longtemps, susceptible d’être appliquée industriellement.
- Cependant, les Magnats allemands n’ont pas hésité à former une Société pour s’intéresser à cette découverte, et la protéger* bien que les auteurs se soient empressés de prendre un brevet. G. R.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1924*
- Un nouveau type d’électromètre. —- L’appareil que M. B. Szilard soumet à l’Académie présente l’avantage de travailler sans aucun accessoire (consolé murale fixe, batterie de haute tension, éclairage) et de se manier aussi aisément qu’un ampèremètre. Il peut, non seulement servir aux mesures habituelles du laboratoire (courant d’ionisation, constante diélectrique, etc.), mais
- encore à l’exploration d’un champ électrique, à l’étude de l’électricité atmosphérique et à la détection de la chute de tension ou de la surcharge d’une ligne.
- Les chromites de Yougo-Slavie.— Dans les fentes et cavités que présentent ces minerais au voisinage d’Alchar et de Rojden, M. Fran Tucan signale des Kiim-
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- 126 = UNE INVASION DE CRABES DANS LA BAIE DE CONCARNEAU
- mereriles, sels complexes où dominent les aïumino-silieates et les chromo-silicates de magnésie; leur poids spécifique varie entre 2,59 et 2/67 et ils résistent longtemps à l’acide chlorhydrique concentre.
- L'action des formiales sur la croissance des plantes. — Les essais de M. Ch. Richet fils sur le blé (var. Noé) et l’orge (var. Chevalier) ont mis en œuvre les sels alcalins (H. COOK et H. COONa). 11 semble que ces sels n’agissent pas à la façon des engrais : ils permettent la germination d’un plus grand nombre de graines, mais ils n’augmentent pas le poids de chaque plante.
- Un nouveau mode de. préparation des camphols. — Reprenant une théorie de Bouchardat et de Lafont, M. Albin Hallter montre que dans l’action des acides téti ahalogénophtaliques sur les pinènes, il se produit des sels de bornyle, d’isobornyle et de fenchyle qui, par saponification, donnent des mélanges de ces derniers alcools, et ceux-ci, par oxydation, fournissent des camphres et des fénones droits ou gauches, suivant la nature du carbure lerpênique employé.
- Les alliages légers pour les moteurs a explosions. — L’augmentation de puissance massique qui a permis de réaliser le moteur d’aviation est due, pour une grande part, à l’emploi de pistons en aluminium ou d’alliages de ce métal que caractérisent, on le sait, sa grande légèreté spécifique et sa conductibilité thermique. Ou tend aujourd’hui à remplacer l’aluminium par le magnésium.' A ce sujet, M. P. Dumanois mesurant la quantité de chaleur introduite dans le cylindre, dans l’unité de temps, par le quotient de la puissance F (évaluée en chevaux), par Je. produit CxD, où C représente la course et D l’alésage (en décimètres), indique qu’avpc les méthodes actuelles de construction des moteurs, lorsque le coefficient ainsi déterminé— et qui précise, au total, la difficulté de refroidissement — atteint 16, il ne convient nullement d’employer un alliage ayant une conductibilité plus faible que celle de l’aluminium.
- Le spectre de bandes de l’azote. —Pour confirmer scs premières conclusions analogues à celles de Fonder et de Strutt, M. Duffieux s’est préoccupé d'opérer, à coup sûr, en1 présence d’atomes d’azote. Il a eü: recours, dans ce but, à la dissociation de composés —ÀzO et AzO2 — dont la molécule ne contient qu’un seul atome de l’élément Az. (
- Sur la formation directe des sels oxljhalogénés mer-curiques. — Les essais de M. Pélabon indiquent que le • chlorure, le bromure et Fiodure mercuriques peuvent s’unir directement à l’oxvde rouge et à l’oxyde jaune de mercuré, à sec ou en présence de l’eau. Dans ce dernier cas, on doit s’abstenir d’opérer dans des vases de verre qui, par l’alcali qu’ils cèdent, modifient l’équilibre.
- Relation entie le pouvoir fluorescent et la concentration. — M. Francis Perrin a fait porter ses mesures sur le bleu de méthylène, l’éosine et le phénanthrène, tandis que M» Azéma opérait sur l’uranine, la quinine et l’esculine. Il résulte de ces expériences que, le volume du corps dissous restant faible par rapport à celui de la solution, le pouvoir fluorescent doit décroître exponentiellement quand la concentration augmente.
- La décomposition des extraits chlorophylliens. — On définit ainsi l’ensemble des cires, graisses et résines qu’on obtient par traitement des plantes à l’alcool et le mélange comprend des éthers-sels, susceptibles de se décomposer en hydrocarbures forméniques et éthylé-niques et de se comporter comme des glycérides, vis-à-vis des chlorures et des oxydes déshydratants. M. Mailhe, opérant en présence de chlorure de magnésium sec, montre que ces extraits subissent ainsi une décomposition analogue aux huiles végétales et donnent des carbures d’hydrogène de même nature que ceux des pétroles naturels, avec une proportion notable de carburer éthyléniques.
- Le développement des bactéries du sol. — L( s nouvelles expériences de M. Chouchack confirment ses précédentes conclusions': les bactéries, étant des végétaux ' inférieurs, les doses croissantes d’engrais ajoutés au sol produisent, sur leur développement, une action.semblable à celle qu’elles exercent sur les végétaux supérieurs. Les rendements vont en augmentant d’abord avec les doses ajoutées et ils atteignent un maximum au delà duquel les éléments nutritifs en excès peuvent même devenir nuisibles.
- Un moyen de contrôle des eaux minérales. — Les mesures effectuées par MM. Ivopaczewski et M. Bem ont porté sur une trentaine de sources françaises. Variant entre 80 X 10~4 (Vichy, Vais) et lX'10-4 (Bagnoles de l’Orne), la conductibilité des eaux minérales fournit une méthode rapide et exacte, pour les identifier et les contrôler. , Paul B.
- UNE INVASION DE CRABES (POLYBIUS HENSLOWI LEÂCH) DANS EA BAIE DE CONCARNEAU
- On sait que les pêcheurs de sardines du golfe de Gascogne prennent au prihtempss,. très près de la côte, des poissons sexuellement mûrs qu’ils appellent sardines de dérive, puis, tout l’été, des poissons immatures dénommés par eux sardines, de rogue. La pêche de la sardine de dérive marque le début delà campagne ; elie se pratique pendant peu de temps, un mois environ,'et fait place à la pêche de la sardine de rogue. dès que celle-ci apparaît.
- Cette année, dans le quartier de Concarneau, la
- 1. Rôle présentée ù- la Société'zoologique de France.
- pêche de la sardine de dérive fut troublée par l’apparition d’un crabe nageur et vorace, dont les pêcheurs de la région ne se rappellent pas avoir déjà observé de tels méfaits ; ils le baptisent généralement « Crabe à sardines ».
- Vers le 15 mai dernier, les pêcheurs qui tendaient leurs filets à l’entrée de la baie de la Forêt, entre la pointe de Trévignôn et l’île de Penfret (archipel des Glénans) constatèrent un fait inhabituel et navrant pour eux ; les filets qu’ils remontaient à bord étaient tailladés, cisaillés, nombre de leurs mailles
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- UNE INVASION DE CRABES DANS LA BAIE DE CONCARNEAU = 127
- ouvertes ; les poissons qu’ils retenaient étaient à peu près invendables, mordillés, déchiquetés, surtout sur le dos et près de la queue, parfois dépouillés de leur peau et de leur chair Jusqu’à la colonne vertébrale. On trouvait en même temps accrochés aux filets de nombreux crabes que les pêcheurs estimèrent voisins des « Cerises » ou « Etrilles » (Portunus puber), mais mieux adaptés à la nage parleurs quatre paires de pattes transformées en rames. On voyait aussi de ces crabes dans la mer, nageant très activement à la surface ou entre deux eaux.
- Du 15 au 20 mai, ils pullulèrent entre Trévignon et Penfret, en telles quantités que souvent la moitié et parfois les trois quarts des sardines capturées étaient abîmées.
- Puis, les « Crabes à Sardines » pénétrèrent dans la baie, mais en se raréfiant, et l’on n’en observa que très peu au fond, près des villages de la Forêt et de Fouesnant.
- A la fin de mai, ils devinrent moins fréquents, leurs dégâts diminuèrent et, au début de juin, quand commença la pêche de la sardine de rogue, ils avaient disparu.
- Ces crabes étaient des Portuniens de l’espèce Poîybius Henslowi Leach, connue des naturalistes depuis un siècle, et les pêcheurs de- Concarneau avaient été témoins, à leur détriment, de l’arrivée à la côte d’un véritable essaim de cette espèce, habituellement pélagique et hôte du grand large.
- Les exemplaires que je me suis procurés sont tous des mâles, dont la carapace a de 4 à 5 cm de large. .
- Il m’a paru intéressant de noter cette observation et de la rapprocher de ce qu’on sait déjà des mœurs de ce Décapode, le meilleur nageur de tout, le groupe.
- Poîybius Henslowi a été décrit la première fois par Leach, d’après un individu trouvé par John Henslow dans le filet d’un pêcheur de harengs, sur la côte nord du Devon, en 1817. La même saison, Prideaux en avait recueilli dans des filets à sardines, au large de Bigbury Bay, sur la côte sud-ouest du même comté. d’Anglèterre. Leach avait également reçu des spécimens du Dr Goodall, provost d’Eton, qui en avait observé des quantités considérables sur la côte du Dorset opposée à l’île de Portland, parmi les rebuts des filets des pêcheurs et la collection de la Linnean Society en possédait un exemplaire pris au large de la côte d’Espagne par Sir Joseph Banks.
- En 1855, Bell ajouta à cette première liste de captures l’indication de trois exemplaires : un vu par lui à Hastings, un autre pris par Dixon à ÂVorthing et un troisième reçu de Couch, en Cornouailles. Couch avait observé l’animal vivant : « C’est, dit-il, plus qu’aucun autre, un crabe nageur; il vient à la surface des plus grandes profondeurs, à la poursuite de ses proies, parmi lesquelles sont lés poissons les plus actifs tels que le.maquereau et le lieu ; il pei'Ce leur peau avec ses fortes pinces,
- serrant sa victime terrifiée jusqu’à ce fqu’elle soit épuisée. Nous fûmes témoin, dit Couch, de celte curieuse méthode d’obtenir sa nourriture en été seulement, quand les pêcheurs prennent ensemble dans leurs filets les crabes et leurs victimes ; il est probable que par temps plus froid, ils restent au fond, en eau profonde; je ne les ai jamais vus apportés dans l’estomac des poissons. C’est surtout ou seulement les mâles qui chassent aclivement ; mais ils doivent aussi rester au repos, puisque j'ai vu des carapaces couvertes de petites Corallines. »
- Plus récemment, en avril 1910, le « Michael Sars » rencontra cette espèce à la limite du plateau continental, dans l’Atlantique, à l’entrée du détroit de Gibraltar : « En nous tenant à l’avant du bateau, disent Sir John Murray et Johan Hjort, nous vîmes des milliers de petits crabes pélagiques (Poîybius), parfois 50 en 5 minutes-. ».
- Les observations françaises ne manquent pas non plus.
- En juillet 1880, le Travailleur captura 9 exemplaires, presque tous mâles, dans un sondage par 573-1670 m.
- L’Hirondelle en prit en surface en 1885, 165 et à 240 m. en 1886. Le Prince Albert de Monaco, Jules de Guerne, J. Richard, ont fait le récit de la rencontre d’une bande au large de l’Espagne.
- « Le fait le plus remarquable, dit M. J. de Guerne, qu’il nous ait été donné d’observer au point de vue de l’abondance de certains crustacés est relatif au Poîybius Henslowi. Ce crabe nageur, de la famille des Portuniens, apparaît souvent à la surface de la mer, à une grande distance'de toute terre, en des parages où la profondeur atteint au moins 2000 m .* Nous en avions pêché une soixantaine le long du bord, au crépuscule, en faisant route vers l’Espagne. Quel ne fut pas notre étonnement, huit jours plus tard, en voyant le chalut revenir d’une profondenr de 240 m. absolument bondé de ces animaux. Le filet était crevé et les Poîybius, qui sont très agiles, avaient dû s’échapper en grand nombre pendant la montée de l’appareil, cette opération ayant duré près d’une heure. Nous eûmes la curiosité de les peser après avoir pris la moyenne du poids d’un individu; il en restait cinq mille. » Et le Prince de Monaco ajouté: « Ce crustacé brandit des pinces aussi aiguës que les griffes d’un chat et l’abus qu’il cri fait le rend odieux. Répandus sur le pont, se traînant partout, de l’avant à l’arrière, nos Poîybius s’accrochaient aux pieds nus des marins ou se suspendaient à leurs doigts » « qu’il pinçaient jusqu’au sang ».
- Depuis, la Princesse Alice en-a recueilli ûn exemplaire à Tétouan, seule capture qu’on ait signalée en Méditerranée. ,
- Enfin, en 1915, le Pourquoi-Pas ? en a rencontré au sud-ouest de la pointe des Baleines, par 40 m. de fond. Sur les côtes françaises, les Poîybius ont été observés à divers reprises. Milne-Edvvards signale
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- Fig. i. — Polybius Henslowi Leach.
- déjà que d’Orbigny l’a trouvé « sur nos côtes maritimes des départements de l’ouest » ; il lui donne pour habitat la Manche où il « paraît se tenir toujours à une distance considérable de la côte ». ]
- A Roscoff, Delage l’a signalé et Schlegel déclare qu’il existe assurément dans toute la Manche et, dit-il, « je suis convaincu que c’est par un fâcheux , hasard que je ne l’ai point vu ». À Concarneau, en ( 1887, Bonnier lui donne pour habitat « Roscoff, Concarneau, le Croisic, la Charente, la Gironde, le Cap Breton. Ce crabe, qui manque à la Méditerranée, n’est pas très rare à Concarneau, dans les dragages du large, depuis 20 jusqu’à 100 m. On le rencontre aussi nageant à la surface, très loin des côtes ». A Arcachon, Fischer l’a observé ; j en 1898, Bohn a noté que les Polybius parcourent en bandes au mois de septembre les eaux J de l’Océan, particulièrement à 20 m. de profor- | deur et à 5 milles de la côte, d’où les filets des \ bateaux les ramènent en quantités prodigieuses, ! et qu’ils pullulent sur des fonds vaseux d’où les dragues les ramènent en extrême abondance. Au début de l’hiver, en novembre en particulier, ils remontent par les passes dans le bassin jusqu’au Moul-leau et même jusqu’au banc de Bernett. En 1909, Drzewina a constaté sur un individu de la même station l’absence d’autotomie des pinces et des pattes, fait très rare chez les Décapodes.
- De ces diverses observations, il semble résulter que' Polybius üen-slowï est un crabe nageur, le mieux adapté de tous à la vie pélagique, capable de se déplacer loin des côtes, même au-dessus de grands fonds. On l’a vu le plus souvent à
- la surface ou tout proche. Peut-il également descendre en profondeur et vivre sur le fond, le fait-il à certaines périodes de son existence, ou bien les animaux pris à la drague et au chalut ont-ils été capturés pendant la remontée de l’engin, entre deux eaux, comme Milne-Edwards et Bouvier l’ont déjà supposé?
- On ne l’a rencontré qu’entre la côte sud de l’Angleterre et le détroit de Gibraltar, vers la limite du plateau continental et jusqu’auprès de terre, si bien que sa distribution géographique paraît très nettement limitée.
- Il serait essentiellement un hôte du Golfe de Gascogne et de la côte d’Espagne.
- Sa nage est rapide et sa voracité fort grande, puisqu’il s’attaque à des poissons agiles et beaucoup plus grands que lui. Fait à noter, ce sont principalement ou exclusivement des mâles qu’on a rencontrés.
- Il paraît vivre en bandes composées d’un nombre considérable de mâles et il semble que ce sont ces essaims qu’on observe parfois à la côte bien plutôt que des individus isolés.
- Lé flux les apporta, le reflux les remporte.
- Ce qui expliquerait les discordances des opinions sur sa fréquence ou sa rareté.
- II est possible que Bonnier ait déjà assisté à Concarneau à l’un de ces arrivages et que les constatations de Bohn à Arcachon s’expliquent de même. En tout ’fcas, l’observation du mois de] mai dernier dans la baie de la Forêt est en accord avec ce que nous savions déjà de cette intéressante espèce.
- B. Legendre.
- Fig. 2. — Sardines attaquées par le Polybius Iienslowi. Le Gerant : P. Masson— Imprimerie Laiu re, P, rue de Fleurus, Paris.
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- LA NATURE — N° 2630
- 30 AOUT 1924
- LA FLORE DES MARAIS TOURBEUX DE L’ERDRE, A NANTES
- La rivière d’Erdre, affluent de la Loire, où elle se jette à Nantes,, offre une charmante promenade aux touristes et fournit aux botanistes d’intéressants sujets d’observation.
- Elle s’élargit à mesure qu’on en remonte le cours
- large ceinture de grands roseaux : Phragmiles communia, Typha làtifolia, Glycerici spectabilis, laissant apercevoir, çà et là, une ombellifère vénéneuse : la Ciguë aquatique (Cicuta vivosa), tandis que se forment des îlots flottants de Scirpus lacustris,
- Fig. i-
- Le pont de la Tortière : paysage vu du pont.
- Fig. 2. — Ilot de Typha angusüfolia et Cicuta virosa. Autour, Trapa natans; îlots flottants de Glycéria aquatica. Au fond, Typha et massifs de châtaigniers.
- et semble une succession de lacs, tantôt s’étendant en une vaste nappe argentée, tantôt resserrée entre les coteaux. Ses fréquents détours qui tiennent sans cesse la curiosité en haleine plaisent, par là même, comme les petits sentiers tournants des bocages et la variété des constructions qui bordent le rivage ajoute aussi beaucoup de charme au paysage.
- En quittant la ville de Nantes, nous trouvons d’abord le Pont de la Tortière, pittoresque lieu de pêche et de baignade (fig. 1). De belles propriétés, des château* élégants se succèdent sur les rives, entre autres le château de la Gascherie (fig. 5) où René de Rohan reçut fastueusement, en 1537, cette sœur de François I'r, Marguerite de Valois, qui nous a laissé les fameux « Contes de la Reine de Navarre ».
- Au point de vue botanique, la rivière offre une
- Fig. 3. — Ilot flottant de Scirpus lacustris sur l'Erdre.
- et qu’un tapis d'Hydrocharis morsus Rance, de Polygonum natans, Limnanlhenum nymphoides, du beau Nénuphar : Nymphœa alba, s’avance jusque sous les roues du bateau, dont le mouvement fait tourbillonner et disparaître un instant les rosettes rouges et élégantes de la Màcre (Trapa natans), extrêmement abondante dans l’Erdre (fig. 2), et dont les fruits, nommés châtaignes d’eau, sont mangés, apprêtés par les restaurateurs de Sucé, et vendus au marché à Nantes. Au loin apparaissent des massifs de Châtaigniers (fig. 6). Contrairement à une opinion très répandue, la Màcre est annuelle et non vivace. Les Châtaigniers des rives de l’Erdre atteignent souvent des dimensions énormes et forment des groupes très pittoresques.
- En approchant de Sucé, terme de notre voyage, pour nous rendre au marais de Logné, la rivière
- Fig. 4. — L’embouchure du Cens, au Petit Port.
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- 62° Année- — 2” Semestre.
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- 130 — LA FLORE DES MARAIS TOURBEUX DE L’ERDRE, A NANTES
- devient de plus en plus pittoresque (fig. 7 et 8).
- Le naturaliste remarquera combien cette rivière est favorable à la-formation des tourbières : pente très faible, courant nul, lit plat, très large en certains endroits; fond formé de schistes cristallins recouverts de sable: aussi la plupartdes vallées latérales sont occupées par de petits marais tourbeux. De Lap-parent définit les tourbières comme des lieux humides ou marécageux dans lesquels s’accomplissent sous la protection de l’eau la décomposition lente de certaines matières végétales et leur transformation en un combustible nommé tourbe, tenant le milieu entre le règne organique et le règne minéral.
- Pour que la tourbe se forme, il faut, non seule-; ment qu’il s’établisse une végétation aquatique vigoureuse, mais que les plantes, continuant à se développer en hauteur, périssent par leur pied,
- Fig. 5. — Château de la Gascherie.
- constamment immergé sans que leur croissance soit aucunement affectée (’).
- Ces conditions sont remplies surtout par un genre de Mousse : le Sphagnum.
- Les marais tourbeux se divisent en deux groupes : les m au ai s plats (Loxv moor formation, de War-ming(2) et les marais bomiîés (High moor). Ceux-ci offrent en effet une surface qu’on a comparée à un verre de montre.
- Les petites tourbières des vallées de l’Erdre sont pour la plupart des tourbières bombées, et c’est de la flore de celles-ci que nous allons nous occuper. Les principales sont : La Verrière, Carquefon, Far, Naye, Logné ; ce sont des tourbières à Sphagnum,
- Le développement de ces Mousses exige à là fois, un climat humide, l’absence de fortes chaleurs et qne eau tout à fait limpide. Ces tourbières ne peuvent donc exister entre l’équateur et les limites 'des deux zones tempérées et, d’autre part, les eaux des régions à sol imperméable étant toujours plus ou moins chargées de limon, de telles contrées sont impropres à l’existence des tourbières.
- i 1. î)e Larparest, . Traité cle Géologie, ^ édition, p. 355.
- 2. Warming, OEcology of plants, traduction anglaise, Oxford 1909, p. 61 et suivantes....
- Les eaux de la tourbière bombée contrastent avec celles de la tourbière plate-par leur pauvreté en chaux. La tourbe formée est pauvre en azote, en potassium, phosphore, donc en tous corps nutritifs contenus dans le sol. La tourbière bombée est calci-phobe.
- C’est une erreur de croire que les Sphagnum puisent l’eau du sol. Le mouvement des eaux dans une tourbière à Sphagnum est essentiellement descendant : « Quand l’humidité existe, les Sphagnum « sont chargés, du sommet au milieu, d’eau capil-« laire. Les parties les plus vieilles étant converties « en tourbe, le sommet de la mousse s’allonge cons-« tamment et vigoureusement. Ainsi, une généra-« tion est fondée sur une autre : de cette manière « le marais à Sphagnum continue à croître en hau-« teur surface et périphérie aussi longtemps que
- Fig. 6. — Châtaigniers des rives de VErdre.
- « la pluie et la rosée suffisent. Le vent desséchant (( est directement hostile à ce type de végétation. « De celte manière il s’élève des masses de mousse « qui atteignent une taille souvent plus élevée au « centre qu’à la périphérie parce que l’eau, au « centre, a eu l’accès le plus prolongé (*). »
- Delà le nom de tourbière bombée ou haute tourbière (High Moor).
- Sur le sol libre formé par les Sphagnum, on voit quelques espèces qui se trouvent aussi dans les tourbières plates, mais la flore n’est pas aussi riche que dans celles-ci.
- Presque toutes les espèces sont pérennantes et les espèces à racines longuement rampantes à stolons, ou radicantes à la base sont spécialement abondantes : Elodes palus-tris ^ Tormentilla reptans ; Epilo-bium palustre et E. trigonum; Anagallis tenella; Triglochin palustre; ,J une us heterophyllus ; Rhyn-cospora fusca ; Eriophorum angustifoHum et E. gracile ; Car ex filiformis et C. arnpullacea ; Airopsis agrôstidea ; une Fougère : Polystichum Thelypteris.
- : Les espèces les plus caractéristiques sont : Drosera intermediaDrrotimdifolia; Vaccinium Oxycoc-, 1. Warmixg, toc. citi, p. 201.
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- cos ; Pin gui cula lusitamca ; Spiranthes estivalis ; Malaxis pain do sa ; Narthecium Ossifragum; Erio-phorum vaginalum; Car ex filiformis ; C a lama-gros lis lanceolala; Polystichum spinulosum.
- Les Droserci et Pingincula, capturent les insectes par les pores glutineux de leurs feuilles et sont ainsi considérés par certains botanistes comme carnivores. Warming émet l’hypothèse que leur fréquence dans les marais tourbeux est due à ce que ces plantes se procurent ainsi de l’azote.
- On y voit aussi un arbrisseau aromatique: leLau-reau (Ëyrica Gale, tig. 9), et un sous-arbrisseau : bruyère, Eriea ietralix.
- Sur les tourbières bombées ne peuvent vivre que les espèces qui peuvent suivre les Sphagnum dans , leur croissance, comme dans les dunes de sable le s j seules espèces qui peuvent réussir sont celles 1 capables de traverser le sable qui les recouvre. Ainsi les parties les plus basses des plantes sont graduellement surmontées par les Sphagnum et donnent naissance à la tourbe, ieurs restes deviennent
- Fig. 8. — L'Erdre, vue du Pont de Sucé. ,
- enterrés. La tourbe peut atteindre une épaisseur de 5 à 4 mètres et même 6 à 10 mètres dans l’Est de la Prusse.
- Des restes d’animaux et d’autres objets peuvent être enclos et conservés dans la tourbe. Les acides humiques préservent efficacement les corps organiques de la putréfaction; les eaux du marais contiennent peu ou pas de bactéries. Des portions de plantes, telles que feuilles et fruits et même d’êtres humains et d’animaux, peuvent être conservées pendant des milliers d’années dans l’eau du marais.
- La grande attraction qu’exercent sur les botanistes ces marais tourbeux de l’Erdre réside dans une petite orchidée, le Malaxis paludosa', grande rareté qu’on trouve à Logné, non sans difficulté.
- L’historique de la découverte de cette plante a déjà été racontée par moi dans le Monde' des Plantes, n° 55, du 1er janvier 1895, je crois devoir la reproduire ici.
- Le Malaxis paludosa n’est pas mentionné par les flores françaises de De Candolle (1815), Duby (1828), Loiseleur (1828). Cependant cette plante
- FÎS- 7- ~ Sucé, vu- de la Turbalière.
- avait été trouvée par M. llectot. Les échantillons qu’il avait recueillis restèrent dans son herbier parmi les inconnus, jusqu’au jour ou Llojd retrouva la plante en août 1836, à la même localité, « Baie de la Verrière ». Et lorsque Lloyd, au milieu de ses récoltes de commençant, la présenta à M llectot : c’est- mon orchidée de l’an huit! s’écria-t-il vivement.
- Grâce à la flore anglaise de Withering, Lloyd put reconnaître que cette petite orchidée était 1 e Malaxis paludosa. Depuis, Lloyd a retrouvé la plante dans le marais de Naye où je l’ai cueillie avec lui à mes débuts de botaniste, puis dans celui de Logné où j’ai conduit pour la récolter de nombreux botanistes, heureux lorsque nous réussissions à en trouver 5 ou 6 individus; feuM. de Coincy, le zélé mécène qui a, comme on sait, fondé un prix annuel à la Société botanique de France, que j’ai obtenu en 1907, vint à Nantes, en 1890, me prier de luifaire cueillir cette rareté; nous en récoMmes six échantillons.
- •L’abbé Delabande l’a récoltée dans le Morbihan aux marais de Yalory en Saint-Dolay et du Petit-Rocher en Théhillac où je l’ai revue moi-même en 1884, M. Desmars la signalait au lac Murin près Màsserac et M. G. de Lisle à l’étang du Loch en Grand-Auverné. Enfin, j’ai découvert, en 1886, une nouvelle station, dans un petit marais à Sphagnum
- Fig. g. - Touffe de Laureau (Myrica Gale).
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- LES ECLAIRS FULGURANTS
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- au pied de la tourd’Elven (Morbihan) et, plus tard, à Saint-Herbot (Finistère).
- Le Malaxispaludosa est fort difficile à apercevoir, grâce à sa petite taille et surtout à la livrée verte qu’il semble emprunter, par un curieux mimétisme, aux Sphagnum sur lesquels il vit.
- C’est une petite plante à tige très grêle supportant un^épi de très petites fleurs d’un vert jaunâtre, le tout d’une longueur de 8 à 10 centimètres à peine. « Pendant la fleuraison il se développe sur la tige, « à la base de la gaine de la feuille supérieure, « un bulbe qui sert à reproduire la plante, pour « l’année suivante tandis que celui qui a donné nais-« sance à la tige et qui est placé beaucoup au-
- « dessous du nouveau se 'dessèche et périt (1). » La plante suit ainsi, comme toutes celles de la tourbière bombée, révolution des Sphagnum.
- D’après lürschleger (Flore d'Alsace, p. 19), « le « sommet des feuilles est ordinairement garni de a très petites pustules bulbeuses qui rendent la « feuille âpre ou scabre au toucher. Ces bulbilles, « comme dans le Cardamine pratensis, peuvent se « développer en jeunes plantes pendant l’espace de « deux années et mulliplier l’espèce à l’infini, indér « pendamment de l’innovation par les bulbes « ovoïdes ancipités naissant à Faiselle des feuilles j. « limbaires. » Emile Gadeceau,
- 1. Lloyd, Flore de l'Ouest, 5e édition, Gadeceau p. 344.
- LES ÉCLAIRS FULGURANTS
- M. E. -Mathias a présenté, le 21 juillet dernier à l'Académie des Sciences, l'intéressante note que nous
- reproduisons ci-dessous in extenso.
- 1. L’éclair fulgurant est l’air rendu incandescent par le passage d’une décharge électrique naturelle. Nous admettrons, conformément aux conclusions de Norinder, que ces décharges ne sont pas oscillantes.
- Pour simplifier, nous imaginerons l’éclair sous la lorme d’un cylindre circulaire xle longueur l et de rayon r. Si l’on calcule la surface de refroidissement de l’unité de masse du fluide incandescent, on la trouve extrêmementgrande. La durée-de l’éclair est insignifiante ; le refroidissement de l’air est presque immédiat et la plupart des éclairs fulgurants s’éteignent aussitôt. Quand l’éclair a son siège à une altitude élevée, là crû l’air est fortement ionisé, l’incandescence de l’air est faible, du moins si la quantité d’électricité qui passe n’est pas excessive, et la durée de l’illumination est petite. •
- Supposons l’altitude moindre et la décharge plus forte. L’air est plus résistant, la quantité d’électricité plus grande ; l’échauffement de l’air est beaucoup plus considérable ; il en résulte que son refroidissement est plus lent et peut durer une seconde ou deux. Cela rappelle la lueur qui'persiste quelque temps après le passage d’une belle étoile filante. ‘
- Supposons maintenant une décharge violente qui se fasse à une altitude. encore plus basse ; le rayon r du canal de l’éclair a encore augmenté ; comme la résistance spécifique de l’air est aussi plus grande, il s’ensuit que la température de l’air incandescent est plus élevée que précédemment. Dès lors le refroidissement de l’air incandescent est plus lent et Ja tension superficielle dont s’enveloppe doute masse fluide agit pour rendre sa surfaceminima. Si l’on se rappelle que l’éclair, en tant que veine fluide s’écoulant dans l’air, présente une série de ventres et de nœuds équidistants, on prévoit que le refroidissement, plus rapide aux noeuds;, laissera les régions ventrales se détacher d’elles et prendre la. forme de sphéroïdes incandescents distribués à des distances égales sur la trajectoire de l’éclair, quelle que soit d’ailleurs la forme de celle-ci. C’est l’explication des éclairs en chapelet donnée par G. Planté, à cela près que ce physicien distingué n’avait pas = vu le rôle essentiel joué par la ténsion superficielle.
- 2,„ Supposons maintenant une décharge encore plus violente se produisant cette fois tout près de la surface du sol, là où l’air est très peu conducteur, vers '100 m. d’altitude par exemple. Nous supposerons une différence de potentiel très élevée et une quantité" d’électricité énorme-, c'est-à-dire des conditions rarement réalisées, Nous obtiendrons un éclair fulgurant très court parce que la variation de potentiel par mètre d’altitude est très grande, mais de section relativement grande.
- Dès lors, la masse d’air incandescente affecte la forme grossière d’un cylindre de plusieurs décamètres de long et d’un diamètre de plusieurs centimètres, il est blanc, éblouissant à l’origine. C’est un tel éclair qu’a vu, le 21 mai dernier, à Bitschwiller (Haut-Rhin) M. IvœchlinQ). Or, le reste de l’éclair s’est mis a tomber, s’est épaissi en ralentissant sa descente et est devenu jaune, puis' rouge feu. Traduisons le phénomène, avec la notion de la tension superficielle : la masse d’air incandescente, sous l’influence de la tension superficielle qui l’emprisonne comme une enveloppe élastique, s’est rétractée, augmentant le diamètre du fluide et diminuant sa longueur, jusqu’à ce que, la surface devenant minima, le fluide affectât la forme sphérique. Pendant ce temps, la masse incandescente se refroidissait lentement par une surface de plus en plus petite comparée à l’unité de masse. Aussi le reste d’éclair est-il passé du blanc au jaune, et du jaune au rouge.
- En même temps, la vitesse de la chute se ralentissait jusqu’à devenir sensiblement nulle, pour deux raisons : 1° le frottement contre l’air se faisait par une section droite qui allait constamment en croissant ; 2° le poids de l’air déplacé par le reste d’éclair allait constamment en augmentant.
- Malgré le refroidissement de la surface, on doit supposer que la majeure partie du fluide intérieur est toujours incandescente, par suite, que la diminution du volume du fluide pendant le temps de sa chute est faible-ou négligeable.
- On voit nettement, par ce qui précède, que dans l’éclair en boule il n’y a rien d’autre que les gaz ordinaires de l’air.
- 5. On peut aller plus loin dans l’explication de ses particularités. Supposons, pour fixer les idées, un éclair
- 1. La Nature, ü° 2623, 12 juillet 1924, Supplément.
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- LES ÉMISSIONS RADIOPHONIQUES EN AUTOMOBILE Ôti EN YACHT —= 133
- en boule rouge sombre, à peu de mètres du sol. Il tombe très lentement; il pèse donc plus que l’air déplacé.
- Admettons 54C° = 2x 273° pour sa température centigrade, et supposons que cette température soit la même en tous les points du fluide. Si celui-ci est de
- l’air ordinaire, sa densité est \ de celle de l’air extérieur. 6
- Ce n’est donc pas possible puisque l’éclair, en boule tombe.
- Généralisons l’hypothèse de M. Thornton en admettant que les deux constituants-de l’air O2 et Àz- sont transformés intégralement dans leurs ozones respectifs O3 et Az5, et négligeons les autres gaz de l’air. Cela veut dire que, en prenant pour unité la densité de l’air extérieur, la densité de l’éclair en boule est
- 2^32
- On voit' que celle hypothèse n'explique nullement la chute de l'éclair en boule. .
- Faisons de nouveau le raisonnement précédent au moment où, la décharge électrique ayant cessé, le fluide incandescent commenee à tendre vers sa surface libre minima sous l’influence de sa tension superficielle. C’est à ce moment que l’homogénéité de la température en tous les points de la masse est-le plus près d’être vraie. Or nous sommes à la température dublanc, plus ou moins éblouissant, vers 5 x273 = 1365° ou plus ! Admettons cette température ; la densité du fluide incandescent 1
- par rapport-à l’air est et cependant le fluide tombe!
- Il faut donc admettre que, sous l’influence de la haute température produite, des produits de condensation endothermiques de l’oxygène et de l’azote, encore inconnus, se sont formés, expliquant ainsi la densité du fluide incandescent.
- Pour retrouver la densité 1 à la température centigrade de 1365°, il faudrait admettre l’existence des corps endothermiques O12 et Az12, six fois plus condensés que l’oxygène et l’azote et donnant- une densité voisine de 1 au fluide incandescent lorsqu’il est dans l’air un peu raréfié qui supporte le nuage orageux. On conçoit, dès lors, que le reste d’éclair tombe en prenant spontanément la forme sphérique tout en ralentissant sa chute de plus en plus. *
- 4. De nombreuses descriptions d’éclairs en boule indiquent que celui-ci tombe en laissant derrière lui une gerbe d’étincelles. D’où viennent celles-ci?
- Les corps endothermiques dont nous avons dû admettre l’existence ne peuvent plus exister à basse température ; dès lors, au fur et à mesure que la surface incandescente se refroidit, les molécules des corps endothermiques qui s'échappent de cette surface se décomposent en abandminant sous forme de chaleur l’énergie énorme qu'elles ont absorbée pour se former, et les gaz O2 et Az2 reparaissent, mais à l’état incandescent ; c’est l’explication des étincelles qui accompagnent la chute de l’éclair en boule.
- Pendant ce temps, la masse entière de l’éclair sphérique s’est refroidie, et à un certain moment, tel un obus qui éclate, les corps endothermiques situés dans sa masse se décomposent tous à la fois en libérant une quantité d’énergie énorme et en produisant parfois une détonation comparable à celle de plusieurs pièces d’artillerie. L’air, se refroidissant brusquement, conserve un reste d’énergie et se transforme partiellement en ozone, ce qui explique l’odeur sui generis consécutive à l’explosion de l’éclair en boule.
- On voit donc que l’introduction de la notion de tension superficielle permet de se rendre compte très simplement des circonstances dans lesquelles disparaissent les éclairs fulgurants. E. Mathias.
- LA RÉCEPTION DES ÉMISSIONS RADIOPHONIQUES EN AUTOMOBILE
- OU EN YACHT
- La période des vacances permet aux amateurs de T. S. F. possédant une automobile ou un petit yacht la séalisation d’intéressants essais de réception au cours de leurs longues excursions. En étudiant les variations des intensités de ces réceptions, suivant la saison, les heures et les lieux, il leur sera possible de déduire de ces expériences d’utiles enseignements.
- Des articles sur cette question ont d’ailleurs déjà paru dans quelques revues françaises de T. S. F., mais ils étaient basés, pour la plupart, sur des résultats d’essais effectués en Angleterre ou en Amérique, et leurs conclusions ne peuvent exactement s’appliquer aux conditions de la réception en France. Nous voulons seulement, dans cet article, donner quelques indications précises, d’après des expériences personnelles, sur la manière de réaliser des postes récepteurs transportables en automobile ou en yacht, pour moyennes et grandes distances, dans les meilleures conditions possibles.
- Mais quelles sont., avant tout, les émissions que
- l’on peut entendre en France au cours de ces expériences? Parmi les transmissions sur'ondes moyennes, celles du poste Radio-Paris (Radiola) sont, sans contredit, les meilleures actuellement ; à grande distance, on les perçoit avec une netteté et une intensité remarquables, supérieures même à la puissance d’audition obtenue en écoutant les radio-concerts de la Tour Eiffel. Il sera également possible, mais moins aisé, de recevoir les émissions des postes allemands de Koenigswüsterhausen et d’Eberswalde ; cette réception sera naturellement plus facile dans le nord et l’est de la France, en Alsace et en Lorraine. ..
- Comme ces essais auront lieu le plus souvent pendant le jour, la réception des radio-concerts sur ondes courtes demandera plus de précautions, étant donné l'affaiblissement dû, on le sait, aux rayons solaires. La station de l’Ecole supérieure des P. T. T. transmet d’ailleurs rarement durant l’après-midi. Les émissions du broadcasting anglais seront facilement perçues le long des côtes de la mer du
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- J34 --- LES ÉMISSIONS RADIOPHONIQUES EN AUTOMOBILE OU EN YACHT
- Détectrice BF
- — 4 v
- Fig. i. — Schéma d'une lampe dètectriœ à réaction, suivie d’un étage à basse fréquence.
- R, R',, rhéostats de chauffage; R2, résistances de 3'à 4 mégohms; C0 i/iooo M F; C2, o,o5/ipoo M F; C3 etC4, 2/iooo à 4/,iooo M F; 4 L, Ls. bobines d’accord et de réduction.
- Nord, de la Manche, ou de l’Océan Atlantique, et les touristes, qui visiteront les Vosges ou les plaines d’Alsace, pourront entendre aisément les transmissions allemandes sur ondes courtes qui commencent à devenir nombreuses.
- ' La nuit, par contre, l’audition de ces émissions, sur ondes courtes, devient chose beaucoup plus aisée ; transmissions anglaises, allemandes et même américaines sont reçues plus facilement. On remarque cependant que la portée des radio-concerts français des P. T. T. et du Petit Parisien est assez irrégulière, surtout lorsqu’on emploie un collecteur d’ondes de fortune. Il n’en reste pas moins vrai que de beaux résultats pourront récompenser l’amateur passionné qui n’aura pas hésité à passer dans la campagne ou sur mer une parlie^d’une belle nuit d’été ou d’automne.
- Enfin, les amateurs privilégiés qui savent lire au son pourront réaliser d’intéressantes expériences sur la réception des ondes très courtes émises maintenant par la Tour Eiffel.
- Geoi posé, examinons les détails de l’appareil récepteur que l’on pourra utiliser, appareil d’ailleurs identique pour la réception en automobile et en yacht. A moins d’être destiné à des expériences dans Paris ou la banlieue, cet appareil devra néces-
- sairement comporter des étages d’amplification à lampes. Il faut donc un amplificateur simple, robuste, de réglage facile, de petit volume, et très sensible pour les réceptions à grande distance.
- Il faut un appareil simple et robuste pour pouvoir supporter sans inconvénients les trépidations et les poussières de la route sur une automobile, ou les vapeurs d’huile et les embruns de la mer sur un petit yacht ; on doit choisir un appareil de petit volume par suite du peu de place disponible, et de réglage facile, parce qu’on a généralement un temps très Court à consacrer à ces expériences, et qu’il est nécessaire d’abréger le montage du poste et la recherche des émissions.llfautenûnun poste sensible parce
- Fig. 2. — Un poste portatif simple disposé dans une petite valise. Le poste comprend une lampe délectrice à réaction, suivie d’un étape à basse fréquence.
- 1, bobine d’accord en nid d’abeilles; 2, bobine de réaction mobile; 3, condensateur d’accord; 4, rhéostat-de chauffage; 5, varfomètre d’accord ; 6, cadre se trouvant dans le couvercle de la valise (mais il est bien préférable d’utiliser un cadre séparé). .
- qu’on dispose, en général, d’un collecteur d’ondes très médiocre, et que, dans ces conditions,-la réception des émissions radiophoniques à grande distance exige l’emploi de plusieurs étages d’amplification à haute fréquence avant la détection.
- A proximité du poste émetteur, on peut cependant se contenter d’utiliser une lampe détectrice à réaction, suivie d’un étage à basse fréquence (fig. 1), La réaction est obtenue au moyen d’une bobine L2, couplée avec une autre bobine Lj placée dans le circuit du cadre, ou servant de bobine d’accord pour la réception sur antenne. Lorsqu’on désire recevoir les émissions sur ondes courtes, on utilise le variomètre de réaction V, qui peut être mis en
- BF
- Entrée
- =t= R
- Fig. 3. — Amplificateur comprenant deux étages à haute fréquence à selfs à noyau de fer mobile, une lampe détectrice et deux étages à basse fréquence à transformateurs.
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- LES EMISSIONS RADIOPHONIQUES EN AUTOMOBILE OU EN YACHT — 135
- court circuit au moyen de la manette Mt. Le transformateur à basse fre'quence sera de rapport 5 ou o, et une pile P de 2 à 4 volts sera intercalée dans le circuit de grille de la deuxième lampe pour augmenter l’amplification en rendant le potentiel de ’ grille légèrement négatif.
- Les éléments du poste peuvent d’ailleurs aisément être montés dans une petite boîte portative, comme le montre la figure 2. On pourrait même placer un petit cadre dans le couvercle de la boîte, mais il vaut mieux utiliser un cadre séparé.
- Pour les moyennes et grandes distances, il’faut employer, nous l’avons dit, deux étages à haute fréquence avant la* détection, et faire’ suivre la lampe détectrice d’un ou deux étages à basse fréquence, soit au total quatre ou cinq lampes.
- Pour avoir un appareil de réglage facile, on n’emploiera pas pour la haute fréquence deux étages à résonance ; on peut utiliser un étage à résonance et «un étage apériodique, ou deux étages apériodiques, ou encore, excellente solution, deux étages semi-apériodiques, à bobinages de liaison ou à transformateurs. Les amplificateurs à résistances sont généralement trop fragiles, sensibles aux intempéries, et reçoivent assez mal les ondes courtes. Nous avons déjà entretenu nos lecteurs de la construction de ces appareils en général, notons seulement que nous avons employé avec succès dans nos expériences personnelles un amplificateur comportant deux étages à haute fréquence avec bobinages de liaison à noyau de fer mobile (fig. 5).
- Cet amplificateur pourra être disposé également
- Fig. 5. — M.‘ Arfnstrong et sa super-hétérodyne portative. (Photo Radio-News.)
- Fig. 4. — Un poste portatif à 4 lampes (modèle de M. Franc), .
- . Dans la partie inferieure de la boîte se trouve l'amplificateur proprement dit avec, le condensateur d’accord et le dispositif de réaction, dans la partie supérieure sont montés le haut-parleur à diffuseur, les piles de chauffage, et de tension-plaque. On voit à gauche et en bas un cadre'tissé sur toile replié.
- dans une petite boîte portative bien fermée qui mettra tous les organes fragiles relativement à l’abri des chocs (fig. 4). Dans cette boîte seront également contenus les écouteurs téléphoniques ou le haut-parleur.
- Au lieu d’utiliser ces appareils de réception simples, les amateurs avertis pourront tenter des essais intéressants de réceplion sur ondes courtes à l’aide d’un poste à super-réaction, très puissant avec une ou deux lampes seulement.'
- Un dispositif superhétérodyne, dont nous avons maintes fois étudié les remarquables propriétés, permet mieux encore d’excellentes et régulières réceptions.
- Ce dispositif peut également être établi au moyen d’éléments démontables ou dans une valise portative (fig. 5), et son réglage facile, en même temps que sa puissance inégalable, en font un appareil de choix pour ces expériences.
- Quels générateurs d’électricité convient-il maintenant d’employer pour l’alimentation de ces quatre ou cinq audions? La batterie de plaques sera simplement une batterie de piles sèches ; quant à la batterie de chauffage, elle fera formée le plus souvent par la batterie de démarrage et d’éclairage du moteur. Cette" batterie est de 6 volts ou de 12 volts, et l’on connectera simplement l’amplificateur au moyen d’une prise de courant de baladeuse ; en série, pour ramener le voltage à la valeur de 4 volts nécessaire, on utilisera un rhéostat de 1 ohm dans le premier cas et de 5 ohms dans le
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- 136 ~-- LES EMISSIONS RADIOPHONIQUES EN AUTOMOBILE OU EN YACHT
- Fig\ 6. — Cadre démontable avec carcasse en noyer de i m. à 2 m. 5o de diamètre et toile métallique tissée. {Modèle Radio-Industrie.)
- deuxième. Il est donc parfaitement inutile d’utiliser des lampes à faible consommation coûteuses et assez fragiles ; ce n’est uniquement que sur les petits yachts, non pourvus d’une batterie d’accumulateurs, que cet emploi pourrait devenir utile. 11 sera bon d’ailleurs, si possible, de suspendre les supports de lampes sur des lanières en caoutchouc, de manière à amortir les trépidations, funestes pour la durée des filaments.
- Examinons enfin la question très délicate du collecteur d’ôndes à employer. Qu’on soit en automobile ou en bateau, un cadre pliant pourra d’abord être toujours utilisé. Toutes ces expériences en automobile se feront d’ailleurs lorsque le véhicule sera arrêté, et non lorsqu’il est en marche; dans ce dernier cas, l’audition serait très malaisée par suite des bruits de la route (trépidations,échappement,etc.) et de tous les parasites produits dans l’amplificateur par la magnéto, Ja dynamo de l’équipement électrique, etc.... Ce cadre pliant pour ondes moyennes ou ondes courtes pourra d’abord comporter
- Vers le châssis ou la l carrosserie métal-- lique de la voiture .
- < - i • 1 Condensateur
- I"","1 d'arrêt
- •yj~ Fers / ! amplificateur *
- lut// enfoncé dans fa « terre humide
- Fig. 8. — Dispositif de réception utilisant la masse métallique de l’automobile.
- P, primaire apériodique; S, secondaire accordé .sur la longueur d’onde des émissions à recevoir au moyen du condensateur variable C de i/ioooMF;M, commutateur à plots permettant de choisir la fraction désirée du primaire.
- un enroulement en câbles à brins de cuivre isolés ou non, tressés avec de la toile isolante (fig. 6). Cet enroulement sera tendu sur une carcasse démontable en hêtre ou en noyer.
- Il est plus simple de se contenter d’un cadre en spirale plate, enroulé sur deux croisillons légers de Tm. 50 X 2 m environ, assemblés par des vis et facilement démontables. L’enroulement de 6 à 8 spires est fait avec du câble à brins isolés de préférence. Un tel cadre est excellent pour la réception des ondes courtes ; il est évidemment d’un très mauvais rendement pour la réception des ondes moyennes, puisqu’on est obligé, pour réaliser l’accord, de mettre en série dans de circuit du condensateur un bobinage d’accord d’un assez grand coefficient de self-induction ; néanmoins, en employant un des appareils sensibles que nous avons indiqués, l’expérience montré, qu’à plus de 400 kilomètres de Paris, les émissions de Radio-Paris
- Fig. 7 — Cadre léger, démontable, en spirale plate.
- Les deux croisillons sont en hêtre ou en noyer et ont 1 m. 5o et 2 m. de longueur. L’enroulement comprend 6 à 8 spires écartées de 3o mm. en fil doublé ou en câble.
- sont encore reçues en haut-parleur ; ce qui semble bien prouver qu’avec un tel jcadre, la réception est possible au casque dans toute la France (fig. 7).
- Nous ne pouvons conseiller d’employer une antenne pour la réception en automobile; ne mentionnons même pas les antennes tendues sur le toit de la voiture, moyen peu efficace, incommode, disgracieux et même impraticable, car il est impossible à appliquer sur une voiture de luxe. Il est également impossible de transporter des mâts assez hauts pour réaliser la pose d’une antenne séparée suffisante. De tels mâts, même démontables, seraient toujours trop lourds^et d’un volume trop grand.
- Mais il est une autre solution fort simple et qui semble la meilleure ; elle consiste à utiliser comme collecteur d'ondes la masse métallique même de l'automobile. Les voitures modernes comportent généralement une carrosserie en tôle, et toute eette masse est assez bien isolée par iin temps sec, grâce
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- L’ORGANISATION DE LA FLOTTE DE GUERRE DES ÉTATS-UNIS = 137
- aux pneumatiques. Quant à la prise de terre, on la réalise en-enfonçant dans la terre humide un outil métallique quelconque assez ,long, un démonte-pneus, par exemple. A
- Avec ces moyens, les plus simples qui soient, puisqu’ils n’exigent le transport d’aucun accessoire spécial, nous avons pu obtenir en haut-parleur à plus de 400"kilomètres de Paris de bonnes auditions des émissions de Radio-Paris et des postes anglais, toujours avec un amplificateur à cinq lampes. L’audition au casque dans toute la France est donc certainement possible. *
- Le chauffage des filaments étant réalisé au moyen de la batterie de chauffage de l’automobile,, et cette même batterie étant réunie à la masse métallique de la voiture par son pôle positif ou négatif (suivant les équipements électriques], il est nécessaire d’utiliser un condensateur d’arrêt (fig. 8) pour éviter tout court-circuit. On emploiera comme dispositif d’accord un Tesla à primaire apériodique du genre du « Collector » que nous avons (iécrit dans La Nature ; le primaire non accordé se compose de quelques spires, couplées d’une façon assez Serrée avec le secondaire, accordé sur la longueur d’onde des émissions à recevoir. '
- Notons maintenant quelques indications sur la réalisation d’un collecteur d’ondes sur un petit yacht. Sur un canot sans mâts, on emploiera nécessairement un cadre; si le canot comporte un seul mât, on pourra utiliser une antenne en forme de V, le fd étant attaché à l’avant et à l’arrière du bateau, et en haut du mât. Enfin, si le bateau comporte deux mâts, on tendra entre ceux-ci une petite antenne prismatique.
- Si la coque est métallique, la prise de terre, ou plutôt prise de mer, sera réalisée en reliant le poste à la masse métallique du bateau, masse, en contact avec la mer ; si la coque est en bois, le fil de prise de terre sera relié à une plaque en zinc ou en cuivre fixée à l’extérieur de l’embarcation; en dessous évidemment de la ligne de flottaison.
- Comme nous l’avons montré, un dispositif de réception des émissions radiophoniques en automobile ou en yacht est toujours très facilè à réaliser, et nous espérons que ces quelques explications suffiront aux amateurs de T. S. F. pour tenter d’intéressantes expériences, qui leur permettront, durant leurs vacances, de ne pas abandonner leur distraction favorite, tout en obtenant des résultats féconds. P. Hémardinqüer.
- L’ORGANISATION DE LA FLOTTE DE GUERRE DES ÉTATS-UNIS
- Une certaine agitation règne, depuis quelque temps, dans les milieuxi maritimes américains. De sensationnelles déclarations sur la valeur réelle de
- à nos lecteurs un aperçu de la constitution et de l’organisation de cette flotte.
- En fait, il n’y a guère plus de 20 ans que les
- Fig. i. — Les Cuirassés de la classe « Massachusetts » de 43.200 tonneaux portant 12 pièces de-406 mm., 16 pièces de i5a mm., équipage 1700 hommes, vitesse a3 nœuds.
- La construction dè ces navires a été arrêtée, conformément aux accords de Washington.
- (Figure reproduite d’après Scientiflc American.)
- la flotte et son état actuel de préparation et d’efficacité sont venues accentuer cet état de trouble et le propager dans l’opinion publique, qu’il a trouvée déjà alarmée par la tension des rapports entre les Etats-Unis et le Japon.
- Dans ces conditions,il nous a paru utile de donner
- Etats-Unis ont éprouvé le besoin de se donner une force navale importante. Jusque-là ils se sentaient suffisamment protégés contre les agressions par leur isolement entre deux Océans immenses. Comme de plus ils n’envisageaient aucun agrandissement territorial en pays lointains, ils pensaient
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- 138 == L’ORGANISATION DE LA FLOTTE DE GUERRE DES ÉTATS-UNIS
- Mât en treillis
- Mât en treillis
- iCheminées
- Fig. 2. — Schéma des 3 cuirassés du type Colorado montrant la disposition de l’artillerie.
- pouvoir faire l’économie d’une marine de guerre coûteuse et qui leur paraissait inutile.
- Nous n’insisterons pas sur les motifs qui ont amené le gouvernement américain à changer à ce sujet sa manière» de voir. Aussi bien il est facile à chacun de se documenter et s’éclairer sur cette question en écoutant les bruits venus du Pacifique.
- L’ouverture du canal de Panama, permettant de faire passer une flotte, en peu de temps, de la côte du Pacifique à celle de l’Atlantique ou inversement, est venue aussi apporter un élément stratégique important dans la situai ion navale des Etats-Unis.
- Cependant la marine américaine s’était déjà accrue, antérieurement à la création du canal, d’un nombre important d’unités de tous les types. Mais c’est seulement au commencement de 1913 qu’il a paru nécessaire au gouvernement de donner .une organisation stable et définitive à cette flotte devenue considérable, et jusqu’alors répartie un peu au petit bonheur.
- Une décision du Président en a fixé comme il suit ce statut :
- Les forces navales sont désormais groupées sous la dénomination de flotte des Etats-Unis
- Elle comprend : 1° Une flotte de bataille où figurent 3 divisions de 4 cuirassés chacune, et un cuirassé hors rang portant le pavillon du commandant en chef, 45 destroyers, une importante force aérienne, et le grand navire porte-avion Langley, dont il a été question dans un article du n° 2607.
- 2° Une flotte d’éclairage avec 7 cuirassés, 42 destroyers, de nombreux avions avec 2 porte-avions, un
- train de 12 navires de ravitaillement et de réparations ; 1
- 5° Une force des bases de la flotte chargée de l’installation et de la défense des bases comprenant surtout des navires poseurs déminés et un train de 13 navires de réparations et de ravitaillement ;
- 4° Une force de contrôle, composée également de mouilleurs de mines et ayant pour mission d’assurer le contrôle dés mers et des bases une fois conquises.
- Les quatre forces ainsi définies constituent l’ossature de l’organisation navale américaine. On y trouve encore cependant et en plus des groupements de navires, sans caractère permanent.
- Ce sont actuellement : la flotte asiatique composée de tous les navires détachés dans les mers d’Extrême-Orient, croiseurs et canonnières des côtes ,.et des. r fleuves de Chine, une division de 4 mouilleurs de mines, 19 destroyers, I l sous-marins, etc., l’escadre des forces d’Europe, qui comprend., un croiseur le Wyoming et 8 destroyers.
- Les forces énumérées ci-dessus forment un total de 18 cuirassés, 9 croiseurs et 103 destroyers. En plus des 11 sous-marins incorporés à la flotte des mers d’Asie, il y en a un certain nombre d’autres, mais dont les points de stationnement ne sont pas indiqués.
- Finalement, en tenant compte des unités en réserve, en réparation et non incorporées dans les différentes flottes,"d’après les renseignements officiels la flotte des Etats-Unis compte actuellement, 21 cuirassés modernes de tonnages allant de 20 000 à 32 600 tonnes. Ces 21 bâliments portent 64 ca-
- ptg, 3, — Schéma des cuirassés du type Colorado montrant la disposition des cuirasses.
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- L’ORGANISATION DE LA FLOTTE DE GUERRE DES ÉTATS-UNIS
- nons de 505 mm, 124 de 556 mm, 52 de 406 mm, auxquels il faut ajouter 506 pièces de 127 mm; 9 croiseurs cuirassés de 15 à 15 000 tonnes, ayant tous 20 ans d’existence sont à peine à citer.
- Trois porte-avions figurent ou figureront prochainement dans les rangs de la flotte des Etats-Unis. Deux d’entre eux seront gigantesques, ayant chacun un déplacement de 45 000 tonnes.
- Nous relevons seulement 6 croiseurs de 7500 tonnes (Classe Oklahoma) de 55,7 nœuds de vitesses En revanche la flotte américaine est extrêmement
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- actuellement les plus puissants navires de combat à flot du monde entier. La seule critique qu’on leur adresse est qu’ils manquent un peu de protection horizontale. La bataille du Jutland a démontré le danger de l’obus de gros calibre tiré à grande distance, arrivant sur les ponts des bâtiments sous un angle de chute considérable. Il eût, peut-être, été judicieux de saoritier, dans les 5 cuirassés en question, quelque peu de la protection des flancs qui est très forte, pour améliorer celle des surfaces horizontales. Notons en passant que si les conventions de Was-
- Fig. 4. — Le Cuirassé américain Colorado.
- riche en destroyers. On en compte en effet 506 dont 250 environ donnent la vitesse de 55 nœuds. La liste officielle porte encore 117 sous-marins dont le tonnage passe de 450 tonnes (en immersion) pour les plus anciens (1915) à 2000 tonnes pour les plus récents (sous-marins d’escadre en construction).
- Enfin un vote récent du Parlement a autorisé la mise en chantiers immédiate de 8 croiseura nouveaux de 10000 tonnes.
- Parmi les unités de combat, il faut citer particulièrement la magnifique division que composent les 5’Capital Ships du type Colorado, Maryland, West-Virginia de 52 000 tonnes récemment mis en service. Une très bonne déscription du Colorado a été donnée dans le n° du 5 avril 1924 de La Nature; nous n’y reviendrons pas. Ces 5 bâtiments sont
- hington n’étaient venues s’y opposer, la marine américaine aurait mis en service 6 cuirassés de 45000 tonnes et 6 croiseurs de bataille. Ces derniers auraient eu des machines de 180 000 chevaux soit 6 fois plus puissantes que celles des Colorado. Notre figure 1 représente le projet d’un de ces énormes navires..
- Notons encore qu’après les Colorado, aucun cuirassé, toujours en observation des accords de Washington, ne sera plus mis en construction aux Etats-Unis jusqu’à l’expiration de cette convention.
- Certes, l’impression qui doit se dégager de l’exposé que nous venons de faire est celle d’une force énorme, bien que réduite encore dans une forte proportion par les accords de Washington. En effet, si ces accords n’étaient pas intervenus, nous
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- LA DÉFENSE DE L’ARDÈGHE ET LE TOURING-CLUB DE FRANGE
- aurions eu à ajouter à l’impressionnant tableau ci-dessus : encore 6 cuirassés de 43200 tonnes armés 'de 12 canons de 406 mm, et 6 croiseurs de bataille de même tonnage armés de 8 pièces de 406 mm. Ces 12 unités étaient en chantiers et leur construction a été arrêtée.
- Mais dans son état actuel, la flotte des Etats-Unis, si puissante qu’elle apparaisse dans les statistiques, est l’objet de vives critiques de la part des experts les plus compétents. L’ün d’eux, M. William B. Shea-rer, qui fut longtemps conseiller technique au Navy Department de Washington, démontre que la flotte américaine est très inférieure en nombre et en armement aux flottes anglaise et japonaise, et que le rapport 5, 5, 3, admis à la conférence de Washington, les Etats-Unis représentant 5, est maintenant ramené à 5, 3, 1, le 1 étant le partage des Etats-Unis, et cela par leur seule faute. En ce qui concerne les cuirassés, dit-il, l’artillerie de 5 d’entre eux seulement a des portées égales à celles des bâtiments similaires anglais, 19 sont nettement inférieurs, tous les cuirassés anglais sont supérieurs en vitesses. ^
- L’amiral Coontz, commandant en chef de la flotte américaine, dont les assertions prennent une valeur
- particulière du fait des responsabilités qui pèsent sur ses épaules, .est non moins affirmatif que M. Shearer. Il déclare que la flotte de combat a été incapable, aux dernières grandes manœuvres, de soutenir une vitesse de plus de 10 nœuds ; 13 cuirassé ont besoin d’urgentes et importantes répara-, lions.
- Pour les sous-marins américains, l’amiral Coontz affirme qu’ils ont été les plus mauvais spécimens de tous les navires ayant participé à ces manœuvres. Us manquent de^ vitesse et ne peuvent rendre de services de guerre que par un hasard qui les placera en bonne situation.
- Ces déclarations, déjà bien impressionnantes, reçoivent une confirmation officielle du nouveau secrétaire d’Etat à fa marine, M. Wilbur, qui a fait approuver, par la commission compétente de la Chambre des représentants, des projets destinés à renforcer nettement les parties faibles de la flotte et à porter remède à une situation qu’il serait cependant exagéré de considérer comme critique.
- Nous voilà loin néanmoins des idées généreuses, mais vraisemblablement utopiques qui tendaient au désarmement général, idées nées, rappelons-le, aux Etats-Unis mêmes. Cl Sauvaire Jourdan.
- LA DÉFENSE DE L’ARDÈCHE ET LE TOURING-CLUB DE FRANCE
- Nos lecteurs n'ont pas oublié l'article dans lequel M. E.-À. Martel, le 28 juin dernier, signalait le péril que font courir certains projets aux canons de l’Ardèche,, une des merveilles naturelles de la France. Ils apprendront avec plaisir que la puissante association du Touring-Club de France a entrepris, avec énergie et en temps utile, la défense de ce joyau.
- La lettre suivante que nous adresse le Comité des Sites et Monuments du Touring-Club témoigne de l’effort fait par notre puissante société de tourisme,
- « Dans son remarquable article sur le barrage du canon de l’Ardèche, votre éminent collaborateur, M. E.-A. Martel, qui est d’ailleurs également de nos conseillers et amis, écrit, au sujet des campagnes menées contre le projet :
- « Le Touring-Club de France et le Club Alpin français ne manqueront pas de se joindre à ces protestations. » .
- M. E.-A. Martel a raison de compter sur le Touring-Club. Mais il importe que vos lecteurs sachent que nous sommes intervenus depuis le mois de mai 1923 et en juillet de cette même année 1923, dans des conditions
- sur lesquelles l’attention du public mérite d’être appelée.
- Nous avons en effet, par une lettre du 3 juillet, signalé à M. Millerand, président de la République, avant son départ pour l’Ardèche, les dangers qui menaçaient le Canon de l’Ardèche, et notamment le Pont d’Arc. Après un exposé de l’affaire, nous insistions sur un des points qui préoccupent le plus, et à juste titre, i. Ed.-A. Martel, en écrivant ceci: « Il faudrait donc se préoccuper du résultat des crues, et de la stagnation du courant en ce point de l’Ardèche, ainsi que des aléas dont ia'prévi-sion s’impose lorsque l’entreprise doit entraîner le bouleversement de ce qui a été travaillé durant des siècles par les éléments naturels. L’avis de personnes qui ont particulièrement étudié la formation géologique de la région dont il s’agit nous amène notamment à penser qu’une surélévation artificielle du plan d’eau, dans un sol essentiellement calcaire et raviné, creusé de toutes parts, peut entraîner tôt où tard des infiltrations dont les conséquences seraient extrêmement graves ».
- Nous n’avons pas cessé depuis de défendre les gorges de l’Ardèche et nous venons de demander le classement — comme monument naturel ou comme monument historique — du Pont d’Arc.
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- SUR LES TACHES SOLAIRES
- Malgré l'importance que présente T activité solaire pour les phénomènes physiques du globe terrestre, on n’a pas encore réussi à interpréter, d’une façon simple, les nombreuses observations faites jusqu’ici sur le Soleil et, en particulier, à expliquer la formation des taches, qui constituent la marque la plus visible des variations de l’activité solaire.
- Bien plus, les observations récentes, particulièrement celles de Haie, ont paru rendre le ^problème encore plus complexe. Toutefois j’ai pu montrer dans une Note publiée récemment (*) que le problème des taches solaires pouvait être simplifié, au -moins en ce qui concerne les taches doubles de signes opposés, en considérant, dans chaque couple, une des taches comme simple produit de la tache principale.
- Cherchant ensuite, parmi les faits acquis sur les taches solaires, ceux qui pouvaient nous aider à pénétrer le secret de leur origine, j’ai été amené à m’occuper de la variation des taches en latitude (loi de Spôrer). On . représente d’ordinaire cette loi comme c’est indiqué sur la figure 1 par les traits continus ; ces traits présentent des sauts à chaque minimum, ce qui est contraire au vieil adage que la Nature ne fait pas de sauts.
- Après tâtonnements, quoique la chose me paraisse maintenant toute simple, j’ai trouvé que la loi de Sporer pouvait être représentée, d’une façon plus naturelle, comme c’est indiqué sur la figure 2 ; il suffit de faire tourner cette figure de gauche à
- Fig. 2.
- Représentation graphique de la loi de Spôrer.
- droite pour voir la variation des taches en latitude, dans les deux hémisphères. A l’époque d’un minimum, nous voyons, près de l’équateur, les taches de la période qui finit et, dans les latitudes
- 1. Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 178. 1924, p. 1565.
- moyennes, les premières taches de la nouvelle période. Ensuite les taches près de l’équateur disparaissent, tandis que celles des latitudes moyennes descendent de plus en plus bas.; quand elles arri-
- 18 55 la 60 10 65 18 70 18 75 . V6 80
- L. 30e 26° 22° v W. 100 50 0
- \ s s: \ \ s H s \
- 18“ 14° 10° / -, 4 ( \ *4..
- Fig. i. — Graphique montrant la variation de la latitude moyenne des taches solaires entre les années ï855 et 1880.
- ..... Courbe de fréquence des taches (nombres de
- Wolf W.).
- ----- Latitude moyenne L des taches.
- vent, à la fin de la période, au voisinage de l’équateur, des taches d’une nouvelle période apparaissent dans les latitudes moyennes.t
- Lès périodes empiètent l’une sur l’autre, ce qui . rend difficile la détermination de leur longueur.
- La figure 2 né fait que traduire sous formé graphique les résultats des observations, mais sa forme est très instructive : elle représente sur le Soleil les lignes d’action de deux spires d’hélice, qui apparentent le Soleil et son entourage aux nébuleuses spirales, qu’on voit par milliers dans les profondeurs de l’espace céleste.
- Les deux spires se font face l’une à l’autre avec leurs parties élargies, le long de l’équateur solaire; elles présentent ensemble la forme d’une immense lentille, qui rappelle l’aspect de la lumière zodiacale.
- On peut se représenter les taches solaires comme des traces de passage, à travers la photosphère, de vapeurs incandescentes provenant de l’intérieur du Soleil. Ces vapeurs sont attirées au dehors par les masses condensées en certains points delà nébuleuse résiduelle, qui entoure le Soleil et s’étend * au delà de l’orbite terrestre.
- Les variations de l’étendue des taches, d’une période à l’autre, s’expliquent par le déplacement des masses dans la nébuleuse. Les différences entre les deux hémisphères proviennent d’une distribution inégale des masses dans les deux spires d’hélice.
- Une tache n’est qu’un témoin d’une action locale, qui peut être éteinte depuis longtemps.
- Joseph Lévine,
- Auteur de l’Atlas Météorologique de Paris.
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- LA VISION COLOREE
- L’emploi des lunettes à verres colorés pour diminuer la fatigue des yeux résultant de la trop grande intensité lumineuse de la lumière solaire pendant l’été permet de faire quelques observations intéressantes.
- Si l’on examine un paysage par un jour clair à travers un verre jaune ou vert, il paraît beaucoup plus éclatant et plus net. C’est qu’em effet, par un temps clair, le paysage est éclairé non seulement par la lumière directe provenant du soleil, mais également par la lumière dif-. fusée par l’atmosphère et qui est bleutée. Les expé-riences ont montré que suivant les conditions du ciel et l’état de l’atmosphère, la proportion de lumière diffusée tombant sur une surface horizontale serait de 16 à 40 p. 100 de la lumière totale reçue, Or le verre coloré des lunettes élimine la lumière diffuse du ciel dans toutes les ombres, car ces ombres doivent leur « transparence )) à la lumière bleue, tout en laissant presque
- inaffectée la lumière solaire réfléchie directement ; parce que le blanc ne constitue qu’une faible partie de la luminosité de cette dernière. Par suite les ombres sont approfondies et les contrastes partout augmentés, produisant ainsi un effet d’cclaircinent plus intense. C’est l’inverse qui se produit si l’on regarde à travers un verre bleu.
- Tandis que la diminution de clarté par l’absorption due à un verre jaune peut produire l’apparence d’une clarté ^renforcée, inversement, l’addition de lumière peut donner la sensàtion de clarté diminuée. Si par exemple on ajoute un éclairage diffus peu élevé dans une pièce éclairée par des lampes placées assez haut et envoyant Une lumière directe, la sensation produite sera celle d’une diminution de clarté par suite de l’altération des ombres et de la décroissance générale des contrastes.
- U. Vigneron.
- ACADEMIE DES SCIENCES’
- Séances de juin et juillet 1924.
- A propos de Valuminium industriel. — M. L. Guillc t montre que les propriétés mécaniques et la résistivité de ce métal sont modifiées parla vitesse de refroidissement, du moins pour les faibles teneurs en silicium (0,10 à 0,9 pour 100). La ténacité peut croître de 40 pour 100 et les allongements diminuer de 50 pour 100. A la dose de 0/20 Si, la résistivité croît au maximum de 10 p. 100.
- Betterave sucrière et betterave fourragère. — Pour M. H. Colin, ce n’est pas dans les feuilles qu’il faut chercher les caractères essentiels qui distinguent une variété sucrière d’une variété fourragère, mais bien dans la souche elle-même, dans sa structure, dans la manière dont elle utilise les sucres venus des feuilles, et dans la capacité de résistance aux pressions intérieures résultant de l’accumulation du saccharose.
- La nature des hémolysines hétérologues. — M. Muter-milch a été amené à soumettre à une étude sérologique approfondie un mouton dont les hématies se sont montrées insensibles aux hémolysines normales, contenues habituellement dans les sérums humains. Des diverses constatations faites, l’auteur conclut que les hématies d’un animal de cette espèce contiennent toujours la même quantité de récepteurs pour les anticorps artificiels homologues, tandis que la quantité de récepteurs pour les anticorps normaux varie d’un individu à l’autre et qu’on peut même admettre leur absence. Enfin, les hémolysines hétérologues de Forssmann se comporteraient, à l’égard des globules de mouton, comme les hémolysines normales.
- Un mode de différenciation des eaux sulfureuses. — MM. Desgrez, Bierry et" Lescœur ont étudié des eaux de Challes, d’Allevard, d’Uriage, de Caulerets et de Luchon, pour en déterminer le P", et constaté qu’on peut établir entre elles un mode de classification, basé sur une simple détermination d’acidité ionique. Tandis que pour les eaux alpestres, le PH varie entre 8 et 9,4, il est voisin de 7 pour les sources pyrénéennes.
- Le pouvoir absorbant des pulpes végétales. — Les expériences de M. J. Kffront ont porté sur la pulpe de navets et, des observations faites, on est amené à conclure que, dans la cellule végétale, la membrane contribue tant au maintien de la réaction du milieu favorable qu’à la coordination du travail des catalyseurs. Ce travail varie avec l’absorption intermittente soit de la substance active, soit du coferment, soit des éléments qui gênent l’action des enzymes.
- Le paramagnétisme indépendant de la température. — Cette forme de paramagnétisme — dont les éléments, à l’état solide, fournissent de nombreux exemples — n’a encore reçu aueune explication satisfaisante. Pour jeter les bases d’une théorie, M. Pierre Weiss et Mlle Collet ont comparé la marche des deux paramagnétismes, variable et constant, dans la famille du système qui va de l’argon au cuivre. Le parallélisme des courbes obtenues rend acceptables les deux hypothèses suivantes : a) les substances à paramagnétisme constant possèdent, à nombre d’électrons égal, les mêmes moments atomiques que les ions; b) les coefficients d’aimantation sont proportionnels aiix moments.
- La toxicité des sels de cuivre. — Ayant remarqué l’action différente de ce métal, suivant qu’il est absorbé à jeun ou pendant les repas, M. J. Eliront revient sur le pouvoir absorbant que tous les légumes possèdent pour les sels. Pour le cuivre, comme pour le plomb, il faut voir en eux des antidotes naturels et cela explique que, dans l’alimentation normale, les faibles doses .de ces produits vénéneux ingérés ne causent aucun trouble grave.
- Les moteurs d’aviation à haute compression. M.Dumanois rappelle que M. Midgeley a mis au point un procédé de fabrication’ qui, pour un faible supplément de prix, permet de rendre l’essence antidélonante; dans cés conditions, on peut prévoir une compression volumé-trique/le 9 au lieu de 5, ce qui multiplie la pression
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- UNE ÉRUPTION VOLCANIQUE AU PARC NATIONAL D’HAWAII - 143
- d’explosion par 1,9 et le rendement thermique par 1,23. En même temps qu’on augmente de G pour 100 la vitesse à l’altitude d’utilisation, on limite la fatigue du moteur au sol. La consommation d’essence est réduite et l’on peut .admettre des altitudes voisines de 12 000 m., en combinant avec la surcompression indiquée le turbo-Rateau.
- L'emploi des lampes à plusieurs électrodes en éleclro-métrie. - M. Lejay donne les résultats fournis par trois séries d’expériences tendant à la simplification de l’appareil qu’il a imaginé pour l’enregfelrement du gradient électrique de l’atmosphère, par action directe sur les électrodes de la lampe des capsules de radium prises habituellement comme collecteurs.
- . La fixation de l’oxyde de carbone par le sulfate cuivreux. — La note de M. Damiens indique une méthode qui doit permettre la séparation de l’hydrogène et de l’oxyde CO qui constituent le gaz à l’eau. On pourrait y voir encore un procédé applicable à l’extraction de l’azote des fumées, en permettant d’en isoler le gaz CO après élimination, s’il y a lieu, de l’anhydride carbonique et de la vapeur d’eau.
- La teneur des mélasses en raffinose. — M. Emile Saillard établit quelques formules pour l’application de la méthode Clerget aux mélanges de saccharose et de raf-
- finose, et il montre que ce dernier sucre se forme surtout dans le champ pendant l’arrière saison ou dans les silos, lors de la conservation des betteraves.
- L’assimilation des sels ammoniacaux par les champignons microscopiques. — M. D. Bach a choisi comme sel le chlorhydrate et comme type YAspergillus repens De Bary. La mesure de PIt lui a indiqué que sur les milieux habituels, AzIDCl est un mauvais aliment pour les cellules qui ne "peuvent supporter une forte concentration des ions II et toute cause capable de retarder celle-ci augmente sa valeur nutritive. Quant à l’acidité du milieu, elle est due uniquement à la mise en liberté de HCl.
- Élection. — Dans la séance du 23 juin, M. de Toni a été élu Correspondant pour la section de Botanique en remplacement de M. Warming.
- La luminescence des gaz solidifiés. — L’étude de M. L. Vegard porte sur les propriétés de la lumière émise par les gaz cristallisés, en relation avec des phénomènes cosmiques. Elle montre que ni l’argon, ni l’oxygène, ni l’ammoniac, ni l’oxyde azoteux ne donnent un effet lumineux comparable à celui de l’azote solide au-dessous de 35°, 5 K qu’on peut seul appliquer à l’aurore boréale. Paul B.
- UNE ÉRUPTION VOLCANIQUE AU PARC NATIONAL D’HAWAII
- Le 18 mai dernier, à 9 heures du soir, pendant que ,des touristes assemblés à l’hôtel du Parc National d’Hawaii se préparaient à descendre dans le cratère refroidi du lî i -lauea, pour admirer . au bord même de la « soupape de sûreté » les bouillonnements de la lave en fusion, des grondements souterrains se firent entendre, quelques violentes secousses ébranlèrent le sol et un nuage de fumée s’échappa du « pit ».
- C’était le réveil du volcan, après 150 années de sommeil.
- Les jours suivants, le panache de fumée se maintenait avec des variations d’intensité, alternant avec des explosions, des secousses sismiques et des projections de pierres et de boue liquide; en même temps, des vapeurs d’eau chaude se dégageaient des failles environnantes.
- D’après les estimations officielles, la cheminée, qui mesurait environ 400 mètres de diamètre, aurait doublé ses dimensions.
- Au moment de l’éruption, deux soldats américains qui se trouvaient au bord du cratère disparurent; plus tard, un voyageur fut atteint mortellement par un éclat de roche.
- Ce furent les seules victimes. Les dégâts matériels furent nuis ; le vent soufflant du Nord-Est, écartait du Volcano Hôtel et de la route, la fumée et les projectiles.
- Cependant, la publicité toute américaine faite ce réveil du volcan dans les journaux d’Hawaii et d’Amérique et l’attirance du danger qu’aime tout bon Américain ne peuvent qu’amener à l’île d’Hawaii un surcroît de visiteurs.
- Les lecteurs de La Nature se souviennent sans doute de deux études parues ici même sur Hawaii en 1908 et 1919 et l'organisation d’un parc national leur est suffisamment connue.
- Les îles Hawaii constituent le seul groupe important d’îles tropicales du Pacifique Nord entre le Japon
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- Fig. 2. — Le panache de fumée (22 Mai 1924).
- et l’Amérique.; c’est d’ailleurs à celte situation qu’elles doivent une bonne partie de leur prospérité. L’œuvre admirable accomplie par les Américains pour l’assainissement du pays, le charme de la nature et naguère de la race hawaiienne actuellement submergée, la douceur du climat et la facilité des communications ont attiré les touristes et fixé les colons, au point qu’actuellement, il serait difficile de trouver dans Oahu, l’île principale, 10 hectares d’un tenant de terrain cultivable.
- Honolulu, la capitale de l’archipel, est à la fois un centre d’affaires, un port parfaitement aménagé et un lieu de résidence exquis, une véritable cité-jardin dont la flore rappelle de très près celle de Saigon avec un climat beaucoup plus agréable. Le point qui gênerait le plus un colonial français, c’est la pénurie et le prix élevé de la domesticité ; plus habitué chez lui à cet inconvénient, l’Américain s’y fait plus volontiers.
- Mais l’île d’Oahu, devenue plus cosmopolite et plus civilisée que ses voisines n’est pas la plus intéressante. Dans les deux îles Maui et Hawaii, le gouvernement américain a créé, en 1916, une réserve pour la protection de la flore des centres volcaniques. Hawaii, la plus grande du groupe, mesure 17 000 km2, plus de la moitié de la superficie de la Belgique et contient 4 grands volcans, dont deux : le Mauna Kea et le Mauna Loa avec 4254
- et 4145 m. d’altitude, sont les sommets les plus élevés du Pacifique. C’est aux flancs de ce dernier que s’est formé comme cône accessoire le Kilauea qui ne dépasse pas 1500 m. d’altitude. On y accède par Kilo qui, avec ses 12 000 habitants, est le second centre de l’Archipel. Elle est reliée par un service régulier bihebdomadaire avec Honolulu à 190 miles et communique directement avec San Francisco et Los Angeles ; située au pied du Kilauea, à une distance de 51 miles, -une bonne route au milieu des plantations de canne à sucre et plus haut à travers la forêt de fougères arborescentes relie la ville au cratère. Aux abords du cratère, la végétation devient plus maigre et moins variée (elle était couverte, lors de notre visite, de boue et de poussière.) sur un sol tiède et sonnant creux, en somme, une mince croûte de lave durcie par " où passe de la vapeur d’eau
- (fig-3)- ; ' f
- L’activité volcanique d’Hawaii est permanente et les pentes du Mauna Loa sont sillonnées de traînées
- Fig. 3. — La vapeur d’eau Réchappant des failles tout autour du volcan.
- de lave plus ou moins importantes qui remontent à plusieurs années d’intervalle jusqu’à 1840. Le réveil du Kilauea n’est qu’un incident dans l’histoire du Mauna Loa, qui lui-même n’est qu’un point dans le grand foyer volcano-sismique dont les soubresauts passent de l’Alaska à Java et du Japon au Pérou.
- Politiquement, la position géographique des îles Hawaii les expose à d’autres secousses.
- Elles sont le poste avancé de l’organisation militaire et navale des États-Unis dans le Pacifique.
- Une garnison de 25000 hommes, un corps d’aviation de 10000 hommes à la station de Pearl Harbour montrent que le pacifisme américain s’appuie sur des arguments solides et qu’aux Hawaii « le char de l’Élat navigue sur un volcan ».
- E. L.
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- LA NATURE — N° 2631 -.' ' .. ' ' - ... 6 SEPTEMBRE 1924
- LES ALGUES MICROSCOPIQUES D’EAU DOUCE
- Les algues d’eau douce, qui depuis bien longtemps ne faisaient plus chez nous l’objet d’une étude approfondie, semblent depuis quelques années intéresser plus vivement nos savants.
- Une Revue Algolo gigue s’est d’ailleurs fondée sur l’initiative et sous la direction de MM. Allorgeet Hamel, qui centralise et publie les recherches faites en France et à l’étranger.
- Nous allons essayer de donner, en quelques lignes, un aperçu de tout l’intérêt que présente l’étude de ces organismes.
- Les algues d’eau douce se développent avec une extrême facilité dans tous les endroits où l'eau séjourne d’une façon permanente : bassins, fontaines, ruisseaux des villes, flaques d’eau, mares, tourbières, étangs, rivières, etc. Nous avons même vu apparaître des protococcales dans une bouteille de laboratoire contenant de l’eau de source et cette culture, entretenue depuis plus de cinq années par de simples additions d’eau pure, continue à procréer.
- Nous en avons vu cet hiver se développer sur le bois d’une fenêtre que les pluies incessantes maintenaient humide.
- Certaines de ces algues, les filamenteuses, se fixent sur les pierres, les racines, les morceaux de bois immergés ; d’autres, les espèces planktoniques, flottent librement dans l’eau. La majeure partie se
- Fig. 2. — Algues filamenteuses et diatomées vues à un faible grossissement.
- 5Q‘ Année — 2‘ Semestre,
- paradis » des algues d'eau douce. La Bonne Mare, dans la forêt de Rambouillet.
- développe sur les plantes aquatiques ou même simplement sur la vase sans y adhérer. D’une manière générale, la flore des eaux stagnantes est beaucoup plus riche que celle des eaux courantes. Certaines mares de la région de Rambouillet ont fourni plusieurs centaines d’organismes différents en quelques prises; huit ou dix au plus.
- On devra donc, pour étudier une mare ou un cours d’tau, tenir compte de toutes ces remarques, explorer à la fois les racines, les pierres et la masse même de l’eau.
- Sur les pierres et les racines on récoltera surtout les filamenteuses et les diatomées ; on lavera les plantes aquatiques, principalement les sphaignes et les nymphaea pour en extraire les algues unicellu-laires. On traînera à très faible profondeur ou même à la surface de l’eau, un filet à mailles très fines (soie à bluter) pour récolter le planktôn qui contiendra probablement certaines diatomées, desmidiées, protoccocales et, par surcroît, une forte proportion de petits animaux : infusoires, rotifères, crustacés. La conservation de ce matériel, s’il ne peut être examiné frais, sera assurée par l’addition de quelques gouttes de formol à l’eau des tubes qui le contiennent.
- L’examen des organismes peut se faire directement dans l’eau formolée, mais il. est préférable de les monter à la gélatine glycérine entre lame et lamelle. Les couleurs des algues s’altèrent ainsi beaucoup moins avec le temps et les éléments ne sont nullement déformés. Il va sans dire que tous les éléments de. la cellule : noyau, protoplasme, membrane, peuvent être colorés en suivant la technique habituelle. Un grand nombre d’algues d’eau douce : desmidiées, protococcales, tétrasporales,
- 10 — 145.
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- Fig. 3. — Article de Batrachospérmum.
- Ces algues vivent dans les eaux claires à courant rapide; elles forment au fond des ruisseaux de grosses masses dont l’aspect rappelle celui des blocs de marbre noir.
- sont entourées d’une gaine de gélatine, invisible dans l’eau ou la glycérine' et très difficilement colo-rable par les procédés courants. On aura donc avantage à observer certaines récoltes dans l’encre de Chine ou mieux par le procédé à la nigrosine préconisé par M. G. Deflandre (’).
- 1. Bulletin de la Société Botanique de France (4e série, t. XXIII), 1025.
- Fig. 4. — Desmidiée : Micrasterias rotata en voie de division; la jeune cellule n’a pas encore atteint son entier développement. Grandeur réelle : 0 mm. 25.
- L’examen des algues d’eau douce peut se faire avec des grossissements variant de 50 pour les filamenteuses à 2000 diamètres et plus pour les englènes, les trachelomonas et les diatomées. Un grossissement de 600 diamètres est cependant très suffisant pour la plupart des cas.
- Les algues qui se présenteront le plus souvent à l’observateur appartiennent aux espèces suivantes :
- a) Algues filamenteuses : composées de cellules régulières cylindriques, soudées par leurs extrémités et formant des rubans qui peuvent atteindre plusieurs décimètres de longueur.
- Chaque cellule contient un noyau et un chroma -tophore coloré en vert par la chlorophylle. Ce chro-matophore est parfois enroulé en spirale comme dans les spirogyra.
- Les filamenteuses les plus communes sont les Zygnema, les OEdogonium, les Spirogyra, etc.
- b) Desmidiées : algues unicellulaires formées d’une enveloppe cellulosique résistante ornée de jolies dentelures, d’épines et de perles disposées en rangées géométriques et régulières. Cette enveloppe contient un chromatophore d’un beau vert foncé. Les formes les plus élégantes sont : les Micrasterias, les Cosmarium, les Enastrum, les Stauraslrum.
- La reproduction des desmidiées est très intéressante à étudier.
- c) Protococcales : espèces plus petites qu’on a-classées longtemps avec les desmidiées. Elles renferment de très jolies cellules surtout les Cénobiées :j Pediaslrium, Scenedesmus, etc.
- d) Les flagellées : celles-ci peuvent être facilement; confondues, par un débutant, avec des infusoires..;
- Elles sont en effet pourvues d’un ou de plusieurs1 prolongements protoplasmiques très fins appelés flagelles, qu’elles agitent à la manière d’un foûet Cette espèce de rame leur permet de se mouvoir; dans le liquide avec une certaine rapidité. On est; souvent même obligé de les déposer dans un liquide-visqueux — gomme arabique ou glycérine -— pour] ralentir leurs mouvements et pouvoir les étudier.; Elles sont parfois recouvertes de fines épines ou de très jolies spirales de perles. A ce groupe appartiennent les Trachelomonas, les Englènes, les lepo~{ cinclis, les phacus, les péridiniens, etc. ^ ^
- "è)~Avec les diatomées, nous entrons dans la catégorie des Phéophycées, ou algues brunes. Les diatomées sont des algues unicellulaires à formes rigou-
- Fig. 5, 6 et 7. — Protococcales : Pediastrium boryanum, o mm. 06; Scenedesmus. opoliensis(i) et Scenedesmus quadricauda(2), omm. 04: Tetraëdron gracile.
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- LES NOUVEAUX MOTEURS D’AVIATION ---- 147
- reusement géométriques. L’enveloppe de la cellule est constituée par deux valves de silice, qui s’emboîtent l’une dans l’autre. Cette cellule contient les chromalophores qui sont d’un brun verdâtre. La surface des valves est recouverte de fines sculptures, perles et stries dont la délicatesse est telle, qu’elle permet, pour certains individus au moins, d’éprouver les plus puissants objectifs à immersion.
- Telles sont les algues d’eau douce que l’on rencontrera le plus fréquemment. Leur étude ne présente pas seulement un intérêt artistique et systématique: la connaissance précise de leurs conditions de vie et surtout de leur association avec certains cryptogames ou phanérogames, permet de
- ses extrémités. Grandeur réelle : o mm. 025.
- tirer des conclusions précieuses lorsqu’on se propose d’utiliser les eaux à des usages domestiques ou industriels. M. Lebèvre.
- Fig. g. — Dialomée : Gomphonema geminatum. Remarquer la délicatesse et la régularité des rangées de perles sur cet organisme dont la plus grande dimension est inférieure au i/io mm.
- «Si*
- LES NOUVEAUX MOTEURS D’AVIATION
- I.^Le problème du moteur d’avion. — Nous avons souvent au cours d’articles antérieurs comparé le moteur d’un avion au cœur d’un organisme humain; si, en effet, le moteur s’arrête, l’avion devient passif, il doit céder aussitôt aux lois de la pesanteur et son pilote ne peut plus que chercher au plus tôt un terrain propice pour son atterrissage.
- Nous ne voulons pas ici parler des planeurs, appelés communément « avions sans moteurs », car ceux-ci, sans aucune force motrice, peuvent bien voler, il est vrai, mais seulement grâce à l’habile utilisation de vents spéciaux ; nous n’envisageons que le cas plus normal et aussi plus pratique, de l’avion de transport lourdement charpenté et lourdement chargé de fret, qui cherche à atteindre au plus vite un but déterminé par avance quelle que soit la direction des vents; à celui-là, il faut de la force motrice, il en faut même encore beaucoup trop, car malheureusement il en gaspille.
- Devant les résultats pratiques obtenus depuis ces dernières années par les compagnies de navigation aérienne, nous devons constater que de très sérieux progrès caractérisent l’évolution des moteurs d’avions depuis deux ou trois ans.
- A dire vrai, ce progrès ne provient pas tant du
- perfectionnement théorique des formules de moteurs, mais bien plutôt d’un important et systématique effort de mise au point des modèles déjà existants.
- Les résultats obtenus ne sont peut-être pas beaucoup plus brillants, mais au lieu d’être des performances un peu exceptionnelles et précaires, ils sont devenus normaux.
- Faut-il s’étonner que les formules de moteur n’aient pas été plus sensiblement modifiées Un nouveau type de moteur ne se crée pas en quelques mois, comme à la rigueur on peut le faire pour un avion; il faut plusieurs années, environ trois ou quatre, pour concevoir, étudier et construire et il faut ajouter à ce délai quelques milliers d’heures de fonctionnement très surveillé pour atteindre à une mise au point qui ne sera du reste jamais définitive.
- L’industrie du moteur d’avion doit donc fournir, pour tout progrès fondamental, un effort considérable et soutenu pendant plusieurs années avant d’en récolter les premiers bénéfices; il faut pour en amortir les lourds frais, que les industriels qui consentent à les engager puissent compter par la suite non seulement sur d’assez fortes commandes, mais aussi sur des commandes s’étendant réguliè-
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- rement sur un espace de temps assez long pour que le matériel industriel mis en œuvre puisse subir un amortissement commercial.
- Or que se passe-t-il actuellement? Le seul gros client de l’industrie des moteurs d’avions est l’armée. Les compagnies de navigation aériennes ne commandent pas plus de cinquante moteurs au total par an ; les services militaires passent fort malheureusement leurs commandes par saccades, condition bien fâcheuse pour une industrie aussi délicate et exigeant autant d’études que celle du moteur d’avion : l’armée constitue soudain d’énormes stocks et les commandes doivent être livrées en hâte, puis des années s’écoulent sans aucune commande, plongeant les bureaux d’études dans le marasme et la désorganisation !
- Cependant en cette année 1924 doit avoir lieu un grand concours de’moteurs nouveaux, organisé sur l’initiative du général Duval au nom du Comité de propagande de l’Aéronautique. Ce concours est doté de 2 000 000 de francs de prix ; son importance révèle que c’est bien du développement rationnel des moteurs que dépend la plus ou moins grande rapidité de l’essor de l’Aviation marchande.
- Les constructeurs ont été sérieusement stimulés et quatorze moteurs de 400 à 500 ch ont été inscrits ; certains ont déjà terminé leurs épreuves préliminaires et vont entamer sous peu les grands essais comportant une marche consécutive de 200 heures. Parmi eux nous ne trouverons aucune formule révolutionnaire; les moteurs présentés sont classiques et visent plutôt à obtenir une grande endurance que des performances de haut rendement; c’est là une bonne formule.
- Il s’en i fallut de peu qu’au début de cette année d’énormes commandes n’aient été passées à l’industrie sans que l’armée ait consenti à attendre les résultats du concours de 1924.
- Ilétait assez difficile, il y a quelques années, d’apprécier la véritable valeur des moteurs français, il n’en est plus de même aujourd’hui. Les longues et sérieuses expériences faites par les compagnies de navigation aérienne depuis deux ou trois ans, ont jeté une lumière éclatante sur cette question et il faut avouer que la situation ne s’est pas révélée excessivement brillante.
- Tant que nos moteurs étaient montés sur les seuls avions militaires, il était en effet très difficile de pouvoir juger pratiquement de leur valeur, car ces avions, par suite des nécessités budgétaires, volent peu ; ils volent de plus sans charge, et très peu d’heures à la fois. Enfin l’aviation militaire n’ayant pas l’obsédant souci du prix de revient, ne prête pas toute l’attention désirable à la durée en service de son matériel.
- Notre fonction, pendant les deux dernières années de la guerre, d’officier adjoint technique au commandant d’un grand parc d’armée, chargé de contrôler jusqu’à 25 escadrilles, nous a permis de faire
- d’effarantes constatations sur la disproportion effective qui existait à l’état permanent entre le nombre d’avions mis en ligne et le nombre d’avions réelle-i ment disponibles pour voler; déjà en 1917 et 1918 , aussi discrètement qu’il était nécessaire, eu égard aux circonstances, nous attirions l’attention des lecteurs de La Nature sur l’avantage tactique qu’assurait à l’aviation allemande la possibilité d’utiliser constamment la presque totalité de ses avions mis en ligne et cela à cause principalement de la robustesse et de l’endurance de ses lourds moteurs.
- Or l’Aviation marchande, elle, demande à son matériel volant une utilisation autrement intensive ; elle veut des moteurs robustes, durant longtemps en service ; des statistiques impitoyables sont tenues et contrôlées, toutes les causes de défaillances sont examinées soigneusement et des remèdes y sont aussitôt apportés ou au moins étudiés.
- L’aviation marchande demande couramment à ses moteurs des vols consécutifs de 5 ou 6 heures, voire de 7 heures (Belgrade-Bucarest de nuit par vent contraire), souvent enfin les avions commerciaux doivent fournir 300 heures de vol en trois mois et ce. dernier chiffre n’est-il encore que la moitié de ce qu’il devrait être.
- De pareils efforts exigent des moteurs parfaitement au point, notamment en ce qui concerne le graissage, le refroidissement, la tenue des soupapes, etc.
- Aussi lorsqu’en 1920 et 1921 l’aviation marchande aborda l’exploitation régulière de véritables lignes commerciales, comportant des sections de 500 à 600 km à parcourir tous les jours et d’un seul vol, ce fut un véritable désastre, et, nous-pouvons bien l’avouer maintenant que la crise est passée, ceux qui avaient le plus de foi dans l’avenir de la navigation aérienne marchande eurent alors des moments de doute.
- Sur certains avions marchands utilisant les mêmes moteurs que ceux qui équipent depuis 1918 nos avions de bombardement de nuit, les moteurs ne pouvaient guère, si on leur demandait leur puissance normale, tourner plus de 25 à 30 heures sans retourner à l’atelier pour une révision complète; d’autres moteurs, ceux par exemple que l’armée-tient en réserve de guerre pour équiper les avions de corps d’armée ou de reconnaissance, ne pouvaient durer que de 35 à 40 heures ; quant aux moteurs de chasse, mieux vaut ne pas parler du nombre de leurs pannes et de leur fragilité!
- C’est alors que l’Aviation marchande commença à manifester les précieux services qu’elle devait rendre à la technique aérienne, grâce à l’intensité et à la régularité de son trafic, grâce à la tenue de statistiques strictes et raisonnées, grâce enfin aux études scientifiques des défaillances décelées. Et maintenant, en 1924, nous pouvons, constater par exemple que les deux types de moteurs auxquels nous faisions allusion quelques lignes plus haut, peuvent tourner, dans les dures conditions de l’Aviation marchande, les premiers 50 et 60 heures au lieu
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- de 50 et les seconds 80 et 90 heures au lieu de 40 et cela sans subir de révision. Le progrès d’utilisation de ces moteurs dépasse donc 100 °/0 d’amélioration en quatre ans et ne cesse de croître.
- Progrès relatif d’ailleurs, car il existe à l’étranger des moteurs qui seraient plus robustes, le Poils Royce anglais dépasserait en service, sans révision, 140 à 150 heures lorsqu’il est utilisé, il estvrai, sur de petits itinéraires; les Allemands ont des moteurs que nous accusons d’être lourds, mais qui tourneraient, si l’on en croit leurs statistiques, jusqu’à 200 heures sans révision, tels par exemple les 500 ch Maybach.
- mêmes moteurs sur les mêmes parcours, la proportion des pannes de moteur est tombée à 2,8 °/0 : soit un progrès de 50 °/n en une seule année. La plupart des pannes de 1925 ont été causées par des ruptures de soupapes après 70 et 80 heures de marche ; de nouvelles soupapes ont été montées sur ces moteurs en 1924, les-résultats précédents seront donc encore améliorés.
- Il est d’ailleurs à remarquer, que sur les sections de 500 à 600 km telles que Prague-Varsovie ou Belgrade-Bucarest, le pourcentage de pannes de moteur atteint 10 °/0 des voyages, chiffre sensible-
- Fig. i. — Vue comparée d’un rnoteu* d’aviation de 3oo ch Renault et d'un moteur Diesel-Renault de 3ooch.
- En dehors de la question de l’endurance même, il est une autre question importante; celle de la sécurité de fonctionnement, ce que les Anglais désignent par le terme de « reliability » ; cet élément s’est aussi amélioré considérablement dans les moteurs français qui ont subi l’épreuve de l’Aviation marchande. 11 est facile d'ailleurs de s’en rendre compte par l’examen des statistiques de .la compagnie aérienne qui exploite le réseau Paris-Varsovie et Paris-Constantinople; le nombre des kilomètres parcourus en 1925 sur ce réseau s’élève à 1 500 000, soit plus de 52 fois le tour de la Terre.
- Sur l’ensemble de ce réseau les voyages interrompus par suite de pannes de moteurs s’élevaient en 1922 à 5,9 6/0; cette proportion déjà considérablement en progrès sur celle de 1921, s’est améliorée encore en 1925; avec les mêmes avions et les
- ment plus mauvais que celui de la moyenne, alors que sur de courtes sections de 500 à 400 km, telles que Prague-Vienne ou Vienne-Budapest le pourcentage de panne tombe à 1 %, c’est-à-dire presque nul.
- Enfin sur la section Strasbourg-Prague dont le parcours traverse entièrement toute l’Allemagne du Sud, le pourcentage moyen, prévu au début de l’année 1925 lorsque les Allemands interdirent le passage aux avions français, avait été fixé à 20 % d’atterrissages forcés y compris les pannes de moteur et les pannes de mauvais temps; ce pourcentage élevé tenait compte de la longueur exceptionnelle de l’étape (600 km) à. parcourir d’un seul vol et des difficultés spéciales provenant des deux massifs montagneux des monts de Bohême et de la Forêt Noire à franchir sans les renseignements de protection météorologique que les Allemants refusaient.
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- Or, durant l’année 1925, sur 650 avions français qui traversèrent ainsi l’Allemagne, 12 seulement furent forcés- d’y atterrir dont 10 par suite de pannes de moteur : au total le pourcentage fut de 1,8 %, chiffre inespéré et dû £n grande partie aux améliorations apportées aux moteurs,
- , Ce résultat fut tellement brillant que les Allemands, pendant de longs mois n’ayant pas saisi un .seul de nos avions* prétendirent que nous utilisions un type de moteur très perfectionné et nouvellement créé ; il n’en était rien puisqu’il s’agissait tout simplement du 400 ch Lorraine-Diétrich et seules des méthodes spéciales de révision avaient permis, aveccertains perfectionnements, de dépasser largement les prévisions les plus optimistes.
- A l’heure où nous écrivons ces lignes, en Août 1924, ces résultats sont encore et de beaucoup dépassés, puisque sur cette même section plus de 500 a-vions ont traversé l’Allemagne entière,; sans qu’un seul y ait atterri ; notons, pour mieux apprécier le succès obtenu, que la distance ainsi survolée est égale à celle qui sépare Paris de Brest ou d’Amsterdam. Nous voyons donc qu’avec le temps, l’Aviation marchande permet, grâce aux enseignements pratiques qu’elle apporte, de rattraper, dans une certaine mesure, le retard dont souffre notre technique en cette matière.
- Il y a lieu d’ailleurs, d’espérer que les deux maux signalés précédemment, et qui ont pesé si lourdement sur l’industrie des moteurs, iront en s’atténuant. D’une part les moteurs fabriqués actuellement le sont en petites séries et avec des aciers sévèrement sélectionnés, ce qui était loin d’être le cas des moteurs fabriqués pendant la guerre ; d’autre part, une nouvelle politique de l’aviation militaire permettra de distribuer les nouvelles commandes à
- l’industrie dans des conditions telles qu’aucune marque ne se trouve éliminée par principe sous prétexte que ses types de moteurs ne correspondent pas aux types des stocks1 de guerre : le grand concours de cette année étant une épreuve publique, les questions de personne seront éliminées.
- II. Les nouveaux moteurs. — Les diverses formules. — Le refroidissement par l’air. — En ce moment il n’existe en service en France dans les compagnies de Navigation aérienne que des moteurs
- datant de la , guerre tels les * 400 ch Lorraine-
- Diétrich; 500 ch Renault; 250 ch Salmson et 180 et 500 ch Ilis-pano-Suiza. Les Anglais n’utilisent que le 560 ch Rolls Royce et le 240 ch Sid-deley Puma ; les Allemands les 185 ch BMW et 500 ch May-bach ; les Américains les 400 ch Liberty.
- Cependant depuis la guerre, il est né un assez grand nombre de nouveaux moteurs ; mais ceux-ci ne sont pas encore entrés dans l’usage public, soit qu’ils aient poursuivi leur mise au point jusqu’à maintenant, soit que trop d’entre eux aient été conçus plutôt en vue de brillantes performances militaires. Le premier moteur français conçu spécialement en vue de l’endurance fut le nouveau 500 ch.Salmson ; il faillit être abandonné bien qu’il ait gagné le Grand Prix des avions en 1922, parce que l’armée lui préféra d’autres moteurs de puissance analogue, mais plus légers.
- L’aviation marchande veillait cependant et ayant à équiper les nouveaux gros avions trimoteurs destinés au service de nuit Paris-Prague, elle adopta des 500 ch Salmson ; le premier d’entre eux vient de subir un essai de 150 heures sans aucune révision sur un avion marchand entre Paris et Strasbourg ; c’est un véritable progrès.
- Fig. 2. — Moteur 400 ch Bristol-Jupiter.
- Type de moteur puissant à refroidissement par air (4 soupapes par cylindre, 3 carburateurs, 2 magnétos. Poids total en ordre de marche : 33o kg.
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- Uh grand nombre de ces nouveaux moteurs sont de formules classiques pour l’aviation, tels les 12 ou 16 cylindres en Y; d’autres sont plus originaux et manifestent une sérieuse recherche vers la légèreté, non pas en allégeant outre mesure des organes déjà très fragiles, mais en diminuant les dimensions des éléments qui ne concourent pas directement à la création de la puissance.
- Par exemple les moteurs en étoile, qui semblaient nvoir été rejetés dans les oubliettes du passé par la grande faveur des moteurs en V de la fin de la guerre, reparaissent à nouveau et en grand nombre; plusieurs types de nouveaux moteurs en W ou en X viennent d’ap-paraitre toujours dans le but de diminuer le poids et les dimensions des organes passifs (carters) ou des organes de transformation (vilebrequin).
- Les différents moteurs récents dont nous venons de signaler l’apparition se répartissent delà façon indiquée dans le tableau ci-dessous) :
- Nous y voyons que les plus nombreux des moteurs modernes relèvent encore de la formule courante des moteurs en Y ; par contre les formules en X ou en U n’ont encore donné de résultats probants que dans deux cas ; la première avec le 1000 ch Napier et la seconde avec le 600 ch Breguet; aucun type de moteur moderne ne relève de la formule en I si chère aux Allemands, à l’exception toutefois d’un moteur de 100 ch cons-
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- truit par Junkers pour équiper un avion d’ccole.
- Après les moteurs en V, les plus nombreux sont les moteurs en étoile, puis les moteurs en W. Cette répartition des nouveaux moteurs se comprend aisément si l’on considère les avantages et les inconvénients des diverses formules en présence.
- Les moteurs en I, les plus simples de conception, puisqu’ils dérivent directement des moteurs d’automobile, ont été d’une réalisation assez aisée tant qu’il ne s’est agi que de puissances inférieures à
- 500 ch ; tous les moteurs allemands de guerre appartenaient à cette famille.
- Cette formule est cependant peu avantageuse en ce qui concerne le poids ; il est difficile de comparer à ce point de vue deux types de moteurs sans faire intervenir les éléments de robustesse ; cependant notons qu’un 260 ch Mercé-dès en I pèse 426 kg et qu’un 260 ch Salmson en étoile, du nouveau modèle (250 heures au banc) ne pèse que 250 kg; la différence est énorme.
- Les essais tentés par les Allemands vers la fin de la guerre pour réaliser des moteurs de 600 ch en I n’ont pas été couronnés de succès, malgré l’indéniable maîtrise que possédaient leurs bureaux d’études en celte matière ; on peut donc penser que pour le moment cette formule en I n’est pas favorable pour l’obtention des grandes puissances, cela est fâcheux, car la simplicité de ces moteurs est séduisante.
- Fig. 3. — Moteur 450 ch Panhard et Levassor.
- Première réalisation d’un moteur puissant sans soupapes. La distribution s’effectue dans chaque cylindre par 2 fourreaux concentriques.
- En V. En W. En X. En étoile eau. En étoile air.
- 700 Fiat I. 600 Farman F. ' 1000 Napier G.-B. 550 Salmson F. 400 Bristol . G.-B.
- 650 Wright U.-S. 500 Ilispano F. 300 Salmson F. 560 Siddeley G.-B.
- 600 Renault F. 450 Lorraine F. 260 Salmson F. 220 Wright U.-S.
- 600 Peugeot F. 450 Napier G.-B. 200 Salmson F.
- 600 Panhard F. 400 Farman F. , 180 Siddeley G.-B.
- 600 Rolls-Royce G.-B. En U. 100 Bristol G.-B.
- 500 Hispano F. 150 Salmson F.
- 420 Maybach G. 500 Breguet F.
- 500 Ilispano F.
- 200 Wright U.-S.
- 800 Sunbeam G.-B.
- F., France ; G.-B. f Grande-Bretagne ; G., Allemagne; I., Italie; U.-S., États-Unis.
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- Nous avonsexpliqué autrefois (La Nature, n° 2520) que le stade supérieur à la formule en I était l’acco-lement en Y de-deux moteurs en I; cette formule permet d’économiser sur le poids des éléments passifs des moteurs (carters, pompes à eau, à huile, refroidissement, vilebrequin etc..), en rendant ceux-ci communs aux deux groupes accolés ; dans cette voie, qui fut la doctrine française pendant la guerre, les constructeurs sont allés avec le plus grand succès jusqu’à 700 ch (Fiat) et même 800 ch (Sun-beam) et les types de moteur en V de 400 à 600 ch sont très nombreux, ainsi que nous l’avons vu plus haut.
- Mais les moteurs en V de 600 à 800 ch deviennent, malgré tout, si lourds et si encombrants que les constructeurs ont été amenés à étudier, non plus l’accolement de deux, mais bien de trois moteurs en I, afin d’obtenir la formule en W. Ces trois moteurs accolés actionnent tous trois le même vilebrequin, sont montés sur le même carter et possèdent des quantités d’organes communs qui, bien que renforcés, sont loin de peser trois fois le poids des mêmes organes pour un seul moteur. Outre le gain en poids ainsi réalisé, l’encombrement est réduit.
- Enfin dans la même voie, certains constructeurs ont groupé quatre moteurs en I autour du même carter et du même vilebrequin pour obtenir la formule eu X.
- Nous ne connaissons qu’un seul moteur en N tout à fait au point, c’est le Napier « Cub » réservé par l’Amirauté Anglaise pour l’équipement des avions de bombardement de jour ; de cé fait on connaît peu de caractéristiques de ce moteur.
- Nos lecteurs savent déjà que la recherche de la
- légèreté avait conduit aux moteurs en étoile à cylindres rayonnants. Ces moteurs de conception ancienne, puisque fixes ou rotatifs, ce sont eux qui avec les Anzani et les Gnome ont soutenu les premiers vols de l’aviation adolescente. Avec eux le gain de poids mort des éléments passifs ou de transformation (carter, vilebrequin) est encore plus important qu’avec les formules en Y, en W ou en X. Et si pendant quelques années, en France, cette formule s’est
- éclipsée, nous devons constater q u'indiscutablement c’est celle qui jouit à nouveau de la plus grande faveur.
- L’industrie françaiseest d’ailleurs représentée dans ce réveil par l’une des plus anciennes usines de moteurs en étoile, les usines Salni-son dont les moteurs de 150 ch en étoile étaient au début de la guerre les plus puissants moteurs en service ; depuis, toute une série de moteurs de la même famille ont été créés : les 150, 220, 250, 260, 500 et 550 ch.
- C’est toutefois en Angleterre que la formule en étoile a eu le plus de succès ; sans doute les Anglais, peu satisfaits des moteurs de chasse en Y, trop peu résistants, ont-ils demandé aux constructeurs d’étudier des moteurs légers, mais solides; ainsi furent créés fatalement des moteurs en étoile à refroidissement par air ; c’était logique et il est regrettable que chez nous ce problème ait été trop négligé.
- Le refroidissement par air paraissait irréalisable, il y a quelques années, pour les moteurs dépassant 200 ch; il est cependant réalisé aujourd’hui par les Anglais pour des moteurs dépassant 400 ch.
- Le refroidissement des moteurs par l’eau est l’une des sources les plus fréquentes de pannes et de détérioration : fuites des radiateurs et des canalisa-
- Fig. 4. — Moteur 25o ch Salrason.
- Le plus puissant moteur de conception française à refroidissement par air. Poids complet en ordre de marche : 240 kg.
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- tions d’eau, desserrages des joints, gel, grippages et fuites des pompes à eau, rouille des chemises qui entourent les cylindres; à ces inconvénients s’ajoutent la vulnérabilité des moteurs aux balles ennemies ou aux éclats d’obus, qui causent des fuites fatales et encore le poids de l’eau, des tuyauteries, du radiateur et de ses volets, etc...
- Au total, pour son seul refroidissement par l’eau, un moteur de 400 ch Lorraine enlève 100 kg de poids mort, alors que les ailettes du 400 ch Bristol refroidi par l’air ne pèsent que quelques kilos. A fonctionnement égal, on voit que le moteur à refroidissement par air présente une supériorité manifeste.
- Ajoutons enfin que les opérations de changement de moteur sont très simplifiées quand il n’y a pas à s’occuper des tuyauteries, des raccords et du remplissage du radiateur.
- Aussi tous les nouveaux avions militaires anglais de chasse et de corps d’armée sont-ils équipés maintenant avec des moteurs en étoile à refroidissement par air ; seuls les avions de longue reconnaissance et de bombardement, qui nécessitent des moteurs de 450 ch et au-dessus, sont équipés avec des moteurs refroidis par l’eau.
- 111. Quelques nouveaux moteurs. —Le Farman,
- 600 ch; le Lorraine, 450 ch; les Salaison; le Brislol-Jupiter. — Nos lecteurs sont trop au courant des caractéristiques courantes des moteurs d’aviation pour que nous les leur décrivions; nous nous contenterons de leur signaler les nouveautés déjà consacrées par des essais concluants.
- Nous allons en particulier examiner le 600 ch. Farman de conception très moderne; nous ne voulons pas dire que ce moteur est le meilleur des moteurs actuellement existants, sa création est encore trop récente pour porter un jugement défi-
- «M
- Fig 5. — Moteur 480 ch Breguet.
- Type de moteur en U avec 2 vilebrequins. 16 cylindres, chaque groupe de 8 cylindres 225 ch peut fonctionner indépendamment de l’autre, 4 magnétos, 4 carburateurs, 1 dcmul-tiplicateur.
- Fig. 6. — Vue arrière du moteur Farman, 600 ch.
- Type de moteur de conception très moderne en W. 18 cylindres en 3 rangées de 6„ démultiplicateur, 6 carburateurs, 2 magnétos, allumage à courant continu, démarreur électrique, démarreur à manivelle, génératrice électrique, alternateur de T. S. F., etc. Poids en ordre de marche : 900 kg.
- nitif; il possède cependant de nombreuses caractéristiques très intéressantes.
- Ce moteur a été conçu par un constructeur d’avions qui, excédé de voir sans cesse l’efficacité de ses avions entravée par l’insuffisante résistance des moteurs, a voulu profiter de l’expérience acquise dans la construction de luxueuses automobiles, pour créer des moteurs d’avions réellement capables de fonctionner sans défaillances dans l’aviation marchande.
- Gés hardis et grands raids qui sillonnent depuis quelques mois les * *' " divers continents sont bien révéla-
- teurs de l’état de choses actuel.
- Tout le monde s’émerveille de l’endurance du moteur de Pelletier d’Oisy, celle-ci est d’ailleurs remarquable, toutefois nous ne devons pas oublier que Pelletier a dû changer ce moteur après quelque 75 heures de fonctionnement !
- Farman a donc voulu créer un moteur pourvu de tous les perfectionnements désirables. Il a adopté la formule en W, avec 18 cylindres répartis en 3 rangées de 6 actionnant le même vilebrequin. Tous lès organes ont été largement calculés pour, assurer un service sans révision d’au moins 200 hqures, peut-être même plus.
- Cette résistance et ce perfectionnement des organes ont entraîné une
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- assez sérieuse augmentation du poids du moteur qui atteint 750 kg sans eau ni huile, ni sans les accessoires dont nous allons parler. Farman est persuadé que les usagers de l’aviation n’hésiteront pas à passer sur cet inconvénient du poids s’ils sont certains d’avoir un moteur endurant ; cela est d’ailleurs tout à fait vraisemblable.
- Les cylindres sont groupés par deux et facilement démontables ; ils portent 5 trous de bougies chacun et 4 soupapes, celles-ci sont commandées par tiges et culbuteurs et non par arbre à cames supérieurs. L’allumage est double et se fait,-d’une part, au moyen de 2 magnétos qui allument une bougie, par cylindre et, d’autre part, au moyen d’un dispositif à courant continu comprenant une batterie d’accumulateurs, une bobine de transformation et 2 distributeurs Delco. Cejlouble allumage donne le maximum de sécurité.
- . Le graissage sous pression par pompes comporte des nouveautés heureuses comme,parexem-ple, la faculté de visiter les filtres d’épuration pendant la marche du moteur, ou une pompe spéciale qui envoie l’huile chaude se refroidir dans un radiateur, etc.
- Le démarrage d’un moteur aussi puissant ne peut s’elfcctuer par les méthodes habituelles et le constructeur a prévu un système de lancement analogue à celui qui fonctionne si parfaitement sur des millions d’automobiles, c’est-à-dire un moteur électrique qui engrène sur le vilebrequin et est alimenté en courant par la batterie de l’avion.
- Le courant électrique nécessaire pour recharger la batterie d’accumulateurs provient d’une génératrice commandée par le vilebrequin du moteur, sa puissance est de 1200 watts; la batterie est de 24 volts et de 40 ampères-heure.
- A cette génératrice électrique se trouve couplé un alternateur à haute fréquence destiné à alimenter le poste de T. S. F. de l’avion et qui est donc actionné par le vilebrequin du moteur.
- Lorsqu’il est nécessaire d’utiliser le poste de T. S. F. et que le moteur ne fonctionne pas, on peut débrayer la génératrice du vilebrequin et on la fait fonctionner en moteur en l’alimentant par la batterie de l’avion, elle entraîne alors l’alter-
- nateur à-haute fréquence et le poste de T. S. F. peut fonctionner.
- Ce moteur étant destiné à des avions puissants dont la vitesse est généralement inférieure à 160 km à l’heure, il y a donc intérêt à ce que l’hélice soit démultipliée par rapport au moteur, c’est pourquoi à l’avant du carter on peut monter un dispositif de réduction qui permet à l’hélice de tourner, suivant le diamètre respectif des engrenages, à la moitié ou à 1/1,75 à 1/1,50, etc., du nombre de tours du moteurs.
- Le poids total du 600 ch atteint varie entre 750 kg et 850 kg suivant que sont montés les différents dispositifs examinés ci-dessus.
- À ce poids il y a lieu d’ajouter plus de 150 kg pour l’eau de refroidissement, pour l’huile, pour
- le radiateur,pour l’hélice, soit au total presque 1000 kg.
- Farman construit également un moteur de 400 ch de construction analogue au 600 ch, mais avec seulement 12 cylindres, disposés en 3 rangées de 4 ; ce 400 ch est équipé avec les mêmes dispositifs ; 4 de ces moteurs sont montés sur le gros avion de bombardement de nuit lancé récemment par Farman.
- Les usines Lorraine-Dietrich ont sorti pour le concours un 450 ch 12 cylindres en W, fort intéressant, mais sans nouveautés. On y retrouve toutes les heureuses caractéristiques du 400 ch Lorraine actuel.
- Parmi enfin la famille des moteurs en étoile, nous remarquerons deux classes bien distinctes ; l’une demande le refroidissement du moteur au système habituel de l’eau et du radiateur tandis que l’autre le demande simplement à l’air ou plus exactement au vent relatif produit par l’avancement de l’avion.
- Alapremière classe, appartiennent les trois nouveaux moteurs Salmson 260, 300 et 550 ch. Les deux 260 et 550 sont parents l’un de l’autre, puisque le 550 ch est le doublement du 260; ces deux moteurs sont particulièrement légers et ont donné d’excellents résultats au cours des essais poursuivis devant le Service Technique; l’un, le 260 ch, vient de fonctionner au banc à sa puissance nominale, durant 250 heures sans avarie, c’est la première fois qu’un pareil résultat est obtenu en France.
- Fig. 7• — Vue avant du moteur 6oo ch Farman.
- Remarquer les magnétos, l’allumage à courant continu, la pompe à eau, les dispositifs de contrôle de graissage.
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- Fig. 8. — Vilebrequin de moteur en W. (Farman, 18 cylindres, 600 ch.) Remarquer l’attelage des 3 bielles, les bielles maîtresses en I, les 2 bielles secondaires en tubes.
- Quant au nouveau 300 ch Salmson, son apparence générale est celle du 260 ch, il s’en distingue cependant par le calcul de ses différents éléments, étudiés non plus seulement pour l’obtention d’un haut rendement massique, mais surtout pour la longue endurance; un de ces moteurs vient de fonctionner 152 heures sur un avion commercial de Paris-Strasbourg sans autre intervention que le changement de la magnéto, le changement de quelques bougies et une soudure aune chemise d’eau; au démontage, ce moteur n’a montré aucune trace de fatigue.
- Plus nombreux sont maintenant les moteurs à refroidissement par Pair; le plus caractéristique d’entre eux est le 400 ch Bristol « Jupiter », 9 cylindres en étoile. Chaque cylindre fournit une puissance de 45 ch, ce qui exige une explosion motrice ; riche, en calories le système de refroidissement a donc fort à faire, d’autant plus qu’en l’espèce il n’est assuré que par le courant d’air produit par l’hélice ajouté au vent relatif créé par l’avancement
- Fig. 0. — Système démulliplicateur du moteur Farmaïi 600 ch.
- Le vilebrequin tourne 2 lois plus vite que le moyeu de l’hèlice, système à satellites différentiels, poids : q5 kg.
- de l’avion. Ce moteur conçu en Angleterre y a été accueilli avec un tel succès qu’une grande usine française en a acquis la licence et le fabrique maintenant à Paris.
- Les usines Salmson ont étudié et réalisé 2 moteurs en étoile refroidis par l’air, un 150 ch et un 240 ch. Ce dernier moteur n’est qu’une transformation du 260 ch signalé plus haut ; il est actuellement en cours d’essais et équipait à 4 exemplaires l’avion quadrimoteur Blériot classé second dans le concours des avions de transport. L’ind ustrie anglaise, nous l’avons vu, a lancé un 180 ch Siddeley « Lynx » en étoile à refroidissement par l’air, puis aussi le 360 ch Siddeley « Jaguar » formé de deux « Lynx » accolés. L’Amérique a lancé un 220 ch Wright similaire.
- Les constructeurs français n’ont pas été, comme les Anglais, orientés vers le refroidissement par l’air ; ceux même qui étudiaient ce type de moteur ont failli être découragés par l’indifférence des services de l’armée et nous en sommes réduits à constater que, dans le prochain concours des avions de chasse, la grande majorité des concurrents ont adopté le moteur anglais construit maintenant en France.
- D’ici peu une berline Blériot équipée avec un moteur 400 ch « Jupiter », donc à refroidissement par l’air, va être mise en service intensif d’essai sur la ligne Paris-Strasbourg: nous aurons ainsi une base commune pour comparer le fonctionnement des deux formules.
- IV. Les moteurs et l’exploitation commerciale des lignes aériennes. — Nous allons maintenant donner quelques chiffres précisant l’intérêt qui s’attache pour l’avenir del’aviation marchande au développement de la technique des moteurs.
- Nous prendrons pour exemple le moteur 400 ch Lorraine-Dietrich, dont 150 unités sont en service sur la ligne de Paris à Constantinople et dont un exemplaire permit à Pelletier d’Oisy de réaliser son admirable raid ; c’est à notre avis le moteur français qui est actuellement le plus au point. Dans notrë exemple, il propulse entre les capitales
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- de l’Europe centrale des avions berlines Spad 46 enlevant 4 passagers ou 400 kg de messageries à la vitesse moyenne de 170 km à l’heure.
- Le prix d’achat actuel d’un tel moteur est d’environ 70000 francs, non compris les nombreux accessoires indispensables, tels que radiateur, hélice, etc.
- Cet élément financier du prix d’achat ne prend réellement de valeur qu’en le rapprochant de la durée d’utilisation du moteur.
- Si nous considérons comme durée normale d’un moteur la durée pendant laquelle on n’aura pas eu à changer de pièces pour une valeur totale dépassant 25 pour 100 de la valeur d’achat du moteur,
- ce chiffre était déjà porté à 80 heures; les premiers résultats de 1924 semblent indiquer que le cap des 100 heures sans révision sera désormais facilement franchi.
- Nous tenons à préciser que ces durées de marche ne sont encore obtenues que dans les seuls ateliers d’une Compagnie qui. a créé dans ce but une organisation spéciale; ce sont donc des chiffres exceptionnels, mais qui, cependant, sont des moyennes sur cette ligne. (Les chiffres extrêmes sont : 120 à 150 heures.)
- Or, les frais nets, c’est-à-dire sans frais généraux qu’entraîne chaque révision sont les suivants, toujours pour les moteurs considérés :
- Fig. io. — Le système démultiplicateur du moteur Farman 6oo ch, démonté.
- A, couronne mobile entraînée par le vilebrequin ; B, pignons satellites montés sur la croix de l’arbre de l’hclice ; C, arbre
- de l’hélice; D, couronne fixe encastrée dans le carter E,
- nous pouvons déclarer que les moteurs considérés ici durent environ 300 heures, ce qui réprésenle, ne l’oublions pas, 50000 km.
- Donc, pour calculer la valeur d’amortissement du prix d’achat sur cette période, nous devrions logiquement ajouter les 25 pour 100 prévus pour la fourniture des pièces ci-dessus prévue.
- Mais il faudrait se garder de considérer ce chiffre comme correspondant aux chiffres similaires pour l’amortissement d’un matériel industriel ordinaire, car cet élément financier est modifié et très sérieusement, par un nouvel élément très spécial à l’aviation, à savoir : les réparations.
- En effet, toutes les pièces d’un moteur ont été tellement allégées et calculées juste qu’il ne peut tourner à sa puissance nominale sans nécessiter de très fréquentes révisions; et il s’agit ici de révisions très sérieuses qui ne peuvent être exécutées que dans des ateliers très bien outillés et par une main-d’œuvre très experte.
- Par exemple, pour les moteurs considérés, de pareilles révisions devaient, en 1921, se faire toutes les 35 ou 40 heures de marche; en 1923,
- 1° Démontage du moteur de l’avion avant révision et remontage
- après révision.............. 250 fr.
- 2° Révision: main-d’œuvre . . . 2100 —
- 5° Révision : fournitures .... 4 000 —
- 4° Essais au banc........... 860 —
- Soit un total d’environ........ 7 210 fr.
- Il s’agit ici d’un moteur à 12 cylindres en V; il est certain que les frais de démontage, remontage et révision sont bien moindres pour un moteur en étoile; en nous basant, par exemple, sur les résultats notés pour le 300 ch Salmson en étoile, nous pouvons conclure que la révision d’un moteur de 400 ch en étoile réaliserait une économie de 40 pour 100 sur celle d’un moteur en V ou en W. Cet avantage tient àla plus grande amovibilité du moteur en étoile et aux facilités particulières de révision dont il jouit.
- Pour en revenir à notre exemple, nous voyons qu’en réalité pour connaître la valeur par km de l’amortissement d’un moteur de ce genre, il faut ajouter à son prix d’achat la valeur totale des dépenses entraînées par les révisions successives
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- CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DE LA C1STUDE D’EUROPE
- pendant les 500 heures de marche, y compris les 20 pour 100 de pièces remplacées.
- On arrive malheureusement à des chiffres très élevés ; si en effet nous admettons 4 révisions pour 500 heures à 170 km à l’heure, nous trouvons une valeur d’amortissement réelle de 2 francs par kilomètre.
- N’oublions toutefois pas que ce moteur amorti en 500 heures (50 000 km) jouit encore d’une valeur considérable au delà de cette limite arbitraire que nous avons choisie pour fixer un terme à l’importance des réparations. Il est encore un élément très intéressant à considérer, c’est celui de la consommation de combustible ; le 400 ch Lorraine absorbe 90 litres d’essence par heure, soit une dépense de 0 fr. 80 par km.
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- La consommation d’huile de ricin de graissage est de 8 litres par heure, soit, au taux de 5 francs le litre, une dépense de 0 fr. 20 par km.
- Au total, les dépenses concernant les moteurs : amortissement, entretien, réparations et consommation, représentent, à elles seules, les 50 pour 100 des dépenses d’une exploitation aérienne.
- Il faut tendre maintenant, aussi bien pour l’aviation militaire que marchande, vers le moteur qui durera 1000 heures en parcourant 200 000 km sans avoir à supporter de changement dé pièces importantes, avec au plus 4 révisions ; en ce qui le concerne, l’industrie automobile a déjà résolu pareil problème.
- Jean-Abel Lefranc. '
- CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
- Mme Feuillée-Billot a publié dans La Nature (n° 2619) une élude de la Cistude d’Europe qui est un rappel des travaux antérieurs de M. Rollinat. Postérieurement, une Note rectificative s’est inspirée du travail en préparation de M. le Dr J. Pellegrin. Nous avons pu nous-même pendant une quinzaine d’années étudier cette tortue dans le Sud-Ouest de la France, et d’une façon générale nos observations ont concordé avec celles qu’a publiées M. Rollinat. Mais nous avons tenu à mettre en relief des divergences notables. Elles n’indiquent vraisemblablement pas des sous-espèces ou variétés; seulement que le type « sud-ouest », plus voisin de la mer, paraîtrait plus évolué que le type « centre ».
- Mme Feuillée-Billot, dans sa note rectificative de juin, a voulu préciser l’habitat de la Cistude en France. Pour les Landes, nous lisons : « seulement les environs de Dax ». En réalité, l’aire de dispersion est beaucoup plus considérable et il n’y a pas, comme il était à supposer, de solution de continuité des Basses-Pyrénées à la Vendée. On trouve la cistude sur toute l’étendue de la côte, parfois très près de la mer, à moins de 2 km, pourvu que l’eau soit douce. Une zone très riche englobe Arcachon. Les grands étangs de Cazeaux, Sanguinède, le canal et l’étang de Biscarosse, Hourtin..., les mares herbeuses croupissant entre les dunes sous les pins de La Teste deBuch et du Courneau, au-dessus de l’alios durci, et surtout les énormes étendues de joncs qui encerclent les étangs précités sont particulièrement favorables à la multiplication de ces chéloniens.
- Nous avons capturé des adultes dans ces joncs, flottant à la surface de l’eau, dont le niveau oscille entre 0 m. 50 et 1 m.; sur les.dunes, après les pluies, pendant les changements de cantonnement ; nous avons eu également les jeunes, par deux ou trois, dans l’étang même de Cazeaux, mais sous quelques centimètres d’eau seulement, au voisinage des bancs de sable où avait eu lieu la ponte (à noter que la profondeur de l’étang peut descendre au-dessous de 20 m.).
- Pour la Gironde, la tortue s’aidant du fleuve, a remonté à une distance énorme de la mer.
- Pour la Charente-Inl'érieure, la zone intéressante continue à côtoyer la mer à une dizaine de kilomètres : marais de Rochefort, Soubise, Saint-Agnant, Brouage. La cistude est capturée assez fréquemment dans les
- DE LA CISTUDE D’EUROPE
- (( Acheneaux » qui se déversent dans le canal de Ma-rennes au moyen des tambours à tanches et à gardons. Nous avons noté, en 1912, une curieuse capture d’adulte à la ligne amorcée d’une façon spéciale : « la Yermée », pelote de lombrics enfilés bout à bout sur un long cordon de laine pour la pèche de l’anguille.
- La Cistude ne semble pas dépasser la zone des marais de Marans et nous ne l’avons pas trouvée en Vendée dans les marais de l’Aiguillon-sur-Mer et de Luçon, pas plus que nos collègues, MM. Seguin-Jard et Plocq, infatigables chercheurs.
- Pour les habitudes de ranimai, il y a des divergences curieuses entre les sujets du Sud-Ouest et ceux du Centre étudiés par M. Rollinat. A terre, nos sujets n’ont jamais accepté une proie offerte; obstinément, l’animal rentre dans sa carapace et la bouchée déposée devant son nez est abandonnée. Mais dès que la Cistude est à l’eau dans son bassin, son attitude change; elle reproduit la mimique décrite : gonfle la gorge, la tête hors de l’eau, patauge, virevolte, suit tous les mouvements de son maître et vient prendre sans une hésitation dans la main le ver, le poisson, le petit oiseau offerts — toujours aussi le doigt quand il est présenté seul — mais sans dommage, et à la suite d’une confusion que l’on peut pardonner à un reptile ! Nous considérons aussi que l’absorption de fraises très rouges, alors que l’animal chassait après la pluie dans le jardin potager, résultait d’une confusion avec de la chair sanguinolente.
- Lorsqu’une proie très grosse est partiellement avalée, puis refuse de progresser, son expulsion est obtenue avec une particulière vivacité, l’ongle du pouce intervenant sur le côté de la bouche comme crochet-harpon ! Lorsque la proie est longue et lisse (anguille), la Cistude opère comme les serpents; elle avale tant qu’elle peut; le reste dépasse et au fur et'1 à mesure de la digestion progresse par saccades lentes.
- Mme Feuillée-Billot relate qu’après l’hibernation, la Cistude doit être à nouveau apprivoisée, ce qui indiquerait l’absence totale de mémoire. Ceci nous a d’autant, plus étonné que les phénomènes de mémoire nous ont paru très nets dans nos sujets du Sud-Ouest, ce qui d’ailleurs ne faisait que confirmer des observations précédentes sur d’autres reptiles, et tout particulièrement le lézard gris de murailles. En Charente-Inférieure, un
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- lézard gris avait été apprivoisé en liberté de la façon suivante : quand l’animal s’enfuyait dans son trou, une mouche lui était présentée, au bout de quelques secondes, enfilée à l’extrémité d’un long brin de paille, l’observateur s’effaçant le plus possible. Progressivement, là longueur de la paille était diminuée; puis la mouche était présentée au bout des doigts. L’observateur se plaçait ensuite bien en vue et recommençait ces opérations. Au bout de quelques jours, la main gauche était placée horizontalement, les doigts touchant le mur par leur extrémité au-dessous de l’ouverture du trou ; une mouche était offerte de la droite, de façon à attirer le lézard sur l’autre main qui était alors écartée doucement du mur. La mouche était mangée et l’animal ne manifestait de l’appréhension qu’au bout d’un certain temps. Il fallait alors lui permettre de regagner le mur. Quand le lézard voyait s’approcher son pourvoyeur, son flanc battait, sa tète fine suivait tous ses mouvements et aucune crainte ne se manifestait plus. Mais l’approche de toute autre personne le faisait s’enfuir.
- Or, après hibernation, les mêmes phénomènes furent observés sans réapprentissage. Nous avons trouvé une mémoire identique dans la Cislude du Sud-Ouest. Ce qui
- a pu masquer le phénomène, à notre avis, pour d’autres observateurs, c’est qu’au moment où l’animal retourne à l’eau pour la première fois, la température est encore insuffisante pour lui donner toute sa vivacité. Son appétit du reste à ce moment est à peu près nul, et il ne saurait avoir que la reconnaissance du ventre ! Il semblerait du reste extraordinaire que la Cistude ne se souvint pas du pourvoyeur, alors qu’au sortir de terre, sans une hésitation, elle se dirige vers le petit ponceau qui seul lui permet l’accès d’un bassin situé à une quinzaine de mètres de là, où elle a l’habitude de recevoir sa nourriture et seulement en cet endroit....
- En ce qui concerne la mue de Ja Cistude, il nous a été donné de l’observer, mais seulement à la suite d’un accident qui en provoqua le déclanchement. Elle fut, du reste, d’une extrême lenteur, au point qu’au bout de 5 ans le renouvellement total ne s’était effectué que pour deux écailles vertébrales et partiellement pour trois écailles costales (celles-ci restant recouvertes à leur partie inférieure par l’ancienne carapace). Il faut donc compter sur une dizaine d’années au minimum pour une mue complète. G. Guérin,
- Membre de la Société Ornithologique de France.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1924.
- L'emploi du plomb tétraéthyle. '— Par réaction du I sel PbCl4 sur l’iodure d’élhylmagnésium, suivie d’une distillation dans le vide, MM. P. Jolibois et G. Normand ont obtenu ce composé qui, vers 400°, subit une décomposition pyrogénée, accompagnée, d’une abondante production de plomb très divisé. Ce dernier fait confirme l’opinion de T. Midgeley pour l’emploi du plomb tétraéthyle dans les mélanges carburants où il permet d’augmenter la compression des moteurs, en réduisant les risques d’explosion spontanée par auto-allumage.
- Les propriétés thermodynamiques de l’eau. —- La note de M. A. Lartigue traduit, par un diagramme, les applications numériques que fournissent l’eau liquide, sa vapeur saturante et la glace, par applicalion du mode de représentation de Fresnel.
- La prise du plâtre. — Elle est accompagnée de phénomènes thermiques que M. Chassevent résume en une série de courbes données par les mesures des dégagements de chaleur dus à l’hydratalion, soit du sulfate anhydre préparé à 200°, en fonction du poids de matière et du temps, soit de ce même sel obtenu à diverses
- températures, soit encore du semi-hydrate S04Ga, ^U20.
- La composition des laves et la température de la pyrosphère. — On a remarqué que la lave est tantôt
- acide et d’une composition analogue à celle du graphite, tantôt basique et basaltique. Cette anomalie s’explique si l’on admet que les roches granitiques ou gneissiques, ont été formées après coup, au-dessus de la première couche ferromagnésienne de la lithosphère. M. Negris, à ce sujet, revient sur l’impossibilité, pour les continents, d’exister enfoncés dans le magma incandescent et fluide de la pyrosphère^ comme le suppose la théorie de la dérive due à Wegener.
- Les vitesses de segmentation de l'œuf d’Oursin. — Pour vérifier les données de Morgan et de Brachet, M. Boris Ephrussi a fait des expériences de fécondation sur des œufs de Paracentrotus lividus LK et il admet que la différence entre les éléments sexuels de la Grenouille et de l’Oursin est justement, dans la liaison de facteurs internes avec l’un ou l’autre des deux gamètes.
- Le'dosage de l’oxyde de carbone. — MM. P. Lebeau et Ch. Bedel constatent que l’addition de fi-naphtol au réactif signalé par M. Damiens présente l’avantage de substituer à une suspension d’oxyde Cu20 dans l’acide sulfurique une solution dont l’emploi s’envisage facilement dans les appareils servant à l’analyse des gaz. Le pouvoir absorbant restant sensiblement constant, le composé cuivreux oxycarboné parait relativement stable.
- Paul B.
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- ÉTUDE DE LA STRUCTURE DES CORPS SOLIDES AU MOYEN DES RAYONS X
- Il y a un siècle environ, pour interpréter les lois géométriques de la cristallographie, Bravais avait suggéré une hypothèse célèbre, dite hypothèse delà structure réticulaire. Il admettait que, dans un cristal, la matière n’est pas répartie de façon continue, mais concentrée en des points isolés, régulièrement disposés dans l’espace, auxquels il donnait le nom de nœuds ou points nodaux.
- Si cette hypothèse est exacte, il doit dans tout cristal exister des familles de plans parallèles et équidistants, appelés plans réticulaires, qui contiennent une infinité de points nodaux. La matière est uniformément répartie à la surface de ces plans, dont la distance et la position relative dépendent de la nature du système cristallin. On démontre en outre que les faces d’un cristal sont des plans réticulaires. Si donc un rayon lumineux vient frapper un cristal, une partie de la lumière incidente se réfléchit sur la face d’entrée, le reste pénètre à l’intérieur, rencontre les plans réticulaires successifs, une nouvelle réflexion se produisant sur chacun d’eux. On obtient à la sortie une série de rayons parallèles qui peuvent interférer : le cristal constitue ce que l’on nomme un réseau optique par réflexion (fig. 1).
- Avec la lumière ordinaire, aucun phénomène optique ne se manifeste dans ces conditions. On démontre, en effet, que pour qu’il y ait interférence, il faut que la distance des plans réticulaires soit de l’ordre de grandeur de la longueur d’onde de la lumière incidente, ce qui n’a pas lieu pour les rayons visibles. 11 n’en est pas de même pour les rayons dont les longueurs d’onde' sont beaucoup plus faibles. Aussi Laue a-t-il réussi en 1912 à obtenir de véritables spectres de diffraction en recevant sur une plaque photographique des rayons de
- Fig. 2. — Diagramme d’un cristal cubique {figure de Laue). — Blende.
- AB, face d’entrée du cristal; P, P2P3, plans réticulaires; SI, rayon incident; I R, I R„ I R,, IR3, rayons réfléchis parallèles entre eux.
- Roentgen préalablement réfléchis sur un corps cristallisé.
- On peut dire que l’expérience de Laue marque une date fondamentale dans l’histoire du développement des sciences physiques. Tout d’abord elle a permis de faire de la spectrographie au moyen des rayons X, comme depuis longtemps déjà on faisait de la spectrographie au moyen de la lumière visible. Les résultats obtenus dans cet ordre d’idées par Mo-seleyet par M. de Broglie ont été considérables, aussi bien au point de vue spéculatif pur que dans le domaine de l’analyse spectrale. Les travaux; de ces savants ont fait déjà dans ce journal l’objet d’un article détaillé : mais en même temps un physicien Anglais, Sir William Bràgg, tirait de l’expérience de Laue des conséquences d’un tout autre ordre que je voudrais sommairement exposer ici.
- Si un réseau optique reçoit un faisceau monochromatique divergent, la lumière après diffraction ne se propage que dans un nombre limité de directions : on peut établir une relation algébrique entre les angles qui définissent ces directions dans l’espace, la distance des plans du réseau et la longueur d’onde de la lumière incidente. En d’autres termes, une mesure d’angle permet d’exprimer la distance des plans du réseau en fonction de la longueur d’onde de la lumière employée. Or j’ai mentionné déjà que les distances et les positions des plans réticulaires variaient avec le système cristallin : on conçoit donc qu’il puisse y avoir là le point de départ d’une méthode permettant de déterminer la structure d’un cristal. L’exposé complet du procédé suppose des développements mathématiques où je ne saurais m’engager ici : il semble suffisant d’ailleurs de com-
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- 160 ÉTUDE DE LA STRUCTURE DES CORPS SOLIDES AU MOYEN DES RAYONS X
- Fig. 3. — Diagramme d’un cristal quadratique (Cassétériie).
- parer les radiogrammes d’un cristal cubique (fig. 2) et d’un cristal quadratique (fig. 5).
- Les premières expériences de Sir William Bragg datent de 1914. Des recherches poursuivies par la suite en ont pleinement confirmé et développé les résultats. Il y a donc là au point de vue théorique une éclatante confirmation des hypothèses de Bravais : mais il y a là aussi une méthode d’investigation nouvelle, applicable dans des conditions et jusqu’à des limites inaccessibles aux procédés de la cristallographie classique. Ce n’est plus seulement la position, c’est la nature même des particules matérielles disposées aux nœuds du réseau cristallin que l’on sait maintenant déterminer ; l’interprétation des radiogrammes permet en effet de reconnaître s’il s’agit d’ions, d’atomes ou de groupements d’atomes.
- Enfin, dans ces dernières aimées, la méthode de Bragg a été appliquée à l’étude des métaux et des alliages. Des résultats particulièrement remarquables ont été obtenus dans le cas du fer. Ce métal cesse d’être magnétique à 774 degrés (point de Curie). M. Le Chatelier a montré d’autre, part, par l’étude de la dilatation, qu’une transformation brusque se produit à 900 degrés, et l’on a désigné parles lettres a, p et y les variétés stables à température ordinaire, entre 774 et 900 degrés, et au-dessus de 900 degrés. Certains auteurs admettaient au-dessus de 1400 degrés l’existence d’une variété nouvelle désignée par la lettre 8. Enfin les propriétés du fer a et du fer (3, autres que le magnétisme, ne manifestent au point de Curie aucune [discontinuité : il n’était donc pas certain que [l’on fût en présence de deux états allotropiques différents. Ces questions ont. été élucidées grâce aux travaux de Ilull et de Westgren qui ont déterminé à diverses températures la structure du fer par les spectrogrammes de rayons X. La méthode employée, imaginée par Hull, différait quelque peu de la méthode de Bragg et permettait d’opérer sur des cristaux, dont les dimensions ne dépassaient pas le centième de millimètre. Il a été établi que le fer a et le fer (3 ont exactement la même structure (cube centré). Au-dessus de 900 degrés, le cube centré est remplacé par le cube à face centrée : enfin à 1400 degrés on revient au
- cube centré. L’existence du fer 8 se trouve ainsi confirmée.
- Il ç’y a guère plus de trente ans que l’on sait, grâce aux travaux de MM. Le Chatelier, Charpy, Osmond, etc., déterminer la constitution des alliages métalliques. Pour y parvenir, il a fallu instituer des techniques nouvelles (analyse thermique, métallographie, etc), les méthodes ordinaires de la chimie étant inapplicables en l’objet. Mais il est indispensable de contrôler les uns par les autres les résultats obtenus par ces divers procédés. Les méthodes de Bragg et de Hull sont venues apporter là un élément nouveau, et, dans un certain nombre de eas, ont permis d’élucider des points restés incertains : tout constituant d’un alliage (métal pur, solution solide ou composé défini) se manifeste en effet par une forme cristalline propre qui apparaît- sur les radiogrammes. Ce principe a déjà reçu un grand nombre d’applications dans l’étude des alliages de cuivre et de nickel, de fer et de nickel, et plus récemment des laitons.
- On admettait depuis longtemps que les produits métallurgiques étaient constitués par une infinité de petits cristaux orientés dans toutes les directions : ceci encore a été confirmé par l’étude des radiogrammes qui ont montré, en outre, que les fibres textiles avaient une structure analogue. On peut enfin , grâce à la méthode de Hull, distinguer un fil métallique recuit d’un fil étiré : l’étirage dirigé en effet parallèlement à la direction de l’effort, les axes des cristaux primitivement orientés en tous sens.
- Comme les hommes, les découvertes ont leurs destinées. Il est des œuvres remarquables qui restent presque indéfiniment inconnues de la masse parce que les conséquences tangibles en sont trop lointaines ou trop indirectes. 11 en est d’autres au contraire dont les applications pratiques sont presque immédiates : ce fut le cas de la découverte de Boentgen dont il serait superflu de rappeler le rôle dans les sciences médicales. Voici maintenant que les travaux de Bragg vont fournir aux ingénieurs, pour l’étude des matériaux, des procédés d’une sensibilité et d’une rigueur inespérées, dont il paraît légitime d’attendre les plus importants résultats.
- R. d’Oiiceau.
- Fig. 4. — Diagrammes de cristaux pulvérisés d'après Hull.
- Le Gerant : I1. Masson — Imprimerie I.aiiure, 9, rue de Fleurus, Taris.
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- I. Configuration, aspects pittoresques, climat (1). — Parmi les pays gracieux dont la mosaïque variée compose l’ancienne Ile de France, le Valois est l’un des plus intéressants, tant pour le géographe qui reconnaît en lui une région naturelle bien délimitée, que pour le touriste en quête de pittoresque, l’artiste, l’archéologue amoureux du passé et des beautés architecturales .
- Ce n’est pas à dire que les limites du Valois soient partout très nettes : il ne peut en être ainsi dans un pays de plaine,» ou, plus exactement, de pénéplaine. Mais celui-ci se distingue nettement, dans son ensemble, de ses voisins.
- Vers l’ouest, l’Oise forme une barrière qui a séparé pendant de longs siècles les populations, les organismes politiques et sociaux. Géographiquement, les deux rives de l’Oise ne sont pas moins différentes l’une de l’autre : les couloirs
- Miîjient.o bibliographique. 1— Descriptions, guides, etc. : Ardouin-Dcmazet, Voyage en France, t. 42 (Paris, Berger-Levraut I) ; André Hallays, Autour de Paris (Paris, Perrin); Guides bleus, Environs de Paris (Paris, Hachette, éd. 1921). Archéologie, art : Marcel Aubert, Sentis (Paris, Laurens) ; G. Maçon, Chantilly et le musée Coudé (Paris, Laurens). Littérature : Ge'uard de Nerval, Les filles du jeu (Paris, Calmann Lévy). . •
- N° 2032. — 15 septembre 1924.
- rectilignes et parallèles de la Thelle et du Beauvai-sis, pauvres en forêts, s’opposent nettement aux vallées sinueuses et aux massifs boisés du Valois, qui contraste plus encore, au sud, avec la plaine de France, horizontale et nue, vaste terre à céréales et à betteraves, s’arrêtant brusquement, pour céder la place aux vallonnements et aux mamelons
- à la hauteur de Luzarches.
- Le cours inférieur de l’Aisne, autre grand fossé, borne le Valois vers le nord. Les limites sont moins précises, au nord-ést vers le Sois-sonnais, à l’est vers le Tarde-nois et le Mul-tien, dont la configuration et la physionomie se rapprochent davantage de celles du Valois. La dépression de la Savières et de l’Ourcq supérieur n’est une ligne de démarcation ni géographique, ni même historique, puisque le Valois a débordé au delà de la Ferté-Milon jusqu’aux alentours de Passy-en-Valois. •
- Les caractéristiques géographiques du Valois, ce sont son orographie mamelonnée, l’abondance des eaux courantes et des étangs, enfin la présence de nombreuses forêts.
- Au point de vue géologique, la région forme le nord-est du bassin tertiaire parisien, qui, près du
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- Fig. 2. — l.e château et l'étang de Pierre fonds.
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- Fig. 3. — Portail de la cathédrale de Senlis.
- rebord de la cuvette, est affecté de nombreux plissements. La nature du terrain est assez variée: calcaire parfois, sablonneux par endroits, il offre souvent un sous-sol argileux favorable à la formation de nappes d’eau.
- Renflements et accidents de terrains se groupent en petits massifs dont le plus élevé est celui de Yil-lers-Cotterets, où se trouve le point culminant de l’Ile-de-France, Laonnais à part (221 m.); ceux qui entourent Senlis ne sont pas moins caractéristiques. Petites rivières et ruisseaux abondants serpentent, d’un cours capricieux, au long des plis, entre les rides : la majeure partie s’oriente vers l’ouest pour se déverser dans l’Oise ; un certain nombre, à l’est, alimentent l’Ourcq naissant, quelques autres, au nord, l’Aisne.
- Le Valois est la partie de l'Ile-de-France qui, avec l’Yveline, renferme le plus d’étangs. Le groupe le plus nombreux s’échelonne au nord de Senlis, avec les étangs de Gommelle, de Mortefontaine, de Chàalis et d’Ermenonville (sans compter Chantilly) ; puis voici, au sud-est de Compiègne, les étangs de Pierrefonds; enfin un petit groupe dans la forêt de Villers-Cotterets.
- Les forêts du Valois, conservées jadis, comme toutes celles de l’Ile-de-France, pour les chasses seigneuriales et royales, comptent parmi les plus importantes de la région parisienne. Elles sont groupées en deux grands massifs : le premier, qui forme un vaste demi-cercle vers l’ouest autour de Senlis, comprend les forêts d’Halaüe, de Chantilly (avec ses annexes du Lys, de Coye, d’Orry, etc.) et d’Ermenonville ; le second au nord-est est constitué par les deux grandes forêts presque contiguës de Compiègne et de Yillers-Cotterets, la première couronnant un plateau rehaussé de quelques buttes,
- la seconde plus accidentée dans son ensemble. Les principales essences sont le chêne, puis le hêtre, ensuite le bouleau (vers l’est), le charme; le pin (à Ermenonville) est plus rare.
- Les beaux paysages ne manquent pas dans cette région. Ceux des étangs de Commelle, de Mortefontaine, de Pierrefonds, auxquels les ouvrages de l’homme ont ajouté un nouveau charme, sont classiques. Le désert d’Ermenonville, aux sables parsemés de buttes de grès, offre des sites sauvages rappelant certains aspects de la forêt de Fontainebleau, dont le sol a le même caractère géologique ; les rochers et les sables, ombragés de pins et piquetés de genévriers, avec de vastes étendues de genêts et de bruyères, se terminent par une crête d’où l’on domine les étangs et la vallée fraîche de la Launette. Les bords de l’Oise, qui ont inspiré tant de peintres depuis Daubigny, sont fort agréables au sud de Creil.
- C’est ici qu’on trouve peut-être l’expression la plus parfaite du paysage de la « douce France », aux lignes harmonieuses, aux tons fins, sans violences ni ressauts : belles fermes et clochers élégants des villages, jolis coins ombreux au bord des ruisseaux et des étangs, perspective de collines boisées que couronne par endroits une ruine féodale.
- Le climat est celui de l’Ile-de-France, doux, tempéré, plutôt humide surtout au printemps, avec une note de fraîcheur, due moins à la latitude qu’aux forêts et aux eaux, et plus accentuée que dans les autres pays de la région parisienne. Les cultures sont assez variées, sans aucune spécialisation comparable à celle des betteraves pour le Laonnais ou des céréales pour la JBeauce, La vigne, qu’on a cultivée, plus au nord, à Laon jusque vers la fin du xtxe siècle, fait ici totalement défaut.
- II. Histoire, populations ; l’art; l'activité sociale.
- — À l’époque gauloise, la région du Yalois était habitée par de petites peuplades qui dépendaient de la grande tribu des Suessiones et dont la. principale était celle des Silvanecte», à laquelle Senlis doit son nom. Au moyen âge, Senlis resta la métropole religieuse, tandis que Yez (en latin Vadum), puisCrépy en fut le chef-lieu politique et militaire. La première de ces deux localités a donné son nom au pays : Payas Vadensis, puis, par altération , Vallensis, d’où Valois.
- Fig. 4. — Restes de l’abbaye de Royaumont.
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- Le comté de Valois, qui vécut toujours un peu en marge de l’Ile-de-France, fut, à partir du xme siècle, érigé à plusieurs reprises en apanage en faveur de diverses branches de la famille royale. Philippe le Hardi le donna à son fils Charles, père de Philippe de Valois, dont l’accession au trône de France fut le point de départ de la guerre de Cent Ans. Charles VI en fit un duché pour son frère Louis, dont le petit-fils devint à son tour roi de France, sous le nom de Louis XII. Erigé en duché-pairie par Louis XIV en faveur de son frère Philippe, le Valois resta un apanage pour la famille d’Orléans jusqu’à la Révolution.
- Sous ses divers princes, le Valois mena une vie tranquille et fut généralement épargné par les guerres, en dehors de la guerre de Cent Ans. De nos jours, en revanche, il souffrit de la double invasion allemande de 1914, au cours de laquelle un quartier de Senlis fut incendié, et surtout de 1918 qui se brisa sur son poui tour nord-est : la forêt de Villers-Cotterets, comme les forêts de Laigue et de Matz au nord de Compiègne, fut utilisée comme glacis de défense. Par bonheur, peu de monuments de valeur ont été mutilés, sauf à Longpont; mais les dégâts matériels dans la région de Villers-Cotterets, sans compter les effets des bombardements par avions à Compiègne, ont été considérables.
- La population du Valois offre les caractères généraux de celle de l’Ile-de-France : active, travailleuse, d’esprit ouvert, cachant beaucoup de bon sens, voire de finesse et de malice sous un abord réservé.
- Au point de vue linguistique, le Valois forme l’extrême avancée, vers le nord, du français propre ou francien en face du picard qui commence avec le Beauvaisis et le Soissonnais, et qui fait déjà sentir ici son influence dans le vocabulaire.
- Le Valois est le pays des belles, fermes et des grands domaines. Surtout vers le Soissonnais, les fermes présentent souvent un caractère architectural intéressant, avec de belles portes charretières, de
- Fig. 6. — Église de Taille fontaine : clocher dentelé. (Cl. Broyer.)
- Fig 5. — Église de Retheuil : clocher roman. \ (Cl. Broyer.)
- hauts murs d’enceinte et des tourelles d’angle qui évoquent de loin l’aspect d’un manoir.
- Par suite des facilités de chasse, puis des agréments de séjour, les domaines seigneuriaux ont toujours été nombreux. Le parc de Chantilly fut dessiné par Le:Nôtre, pour le grand Coudé; celui de Compiègne, aménagé aussi à la française, date de Louis XV et fut remanié sous Napoléon Ier. En regard, Ermenonville est le premier exemple, en France, du jardin paysager anglais, influencé par le sentimentalisme philosophique de Jean Jacques Rousseau (dont le marquis de Girardin, propriétaire du domaine et théoricien improvisé de l’art des jardins, était un admirateur) et'repose lui-même dans File des Peupliers; le parc de Mortefontaine fut conçu dans le même goût.
- Il n’est guère de région en France qui renferme plus de richesses archéologiques et artistiques sur un si petit espace. Comme ensemble, il faut mettre hors de pair Senlis, un des bijoux de l’Ile-de-France : cette petite ville, cristallisée aux alentours de la Renaissance, est celle des environs de Paris qui, avec Provins, a le mieux conservé son cachet archaïque et qui renferme le plus de souvenirs esthétiques du moyen âge. Crépy, moins riche, présente le type encore intéressant d’une petite cité du xvme siècle, avec ses portes de ville décoratives.
- Toutes les époques sont représentées dans le Valois par des monuments ou des ruines remarquables. La contrée fut habitée anciennement, comme en témoignent d’importants mégalithes, entre autres l’allée couverte de la Pierre Turquoise dans la forêt de Carnelle et le cromlech, dit Parc-au-Loup, du bois de Cuise, à l’est de la forêt de Compiègne.
- Les ruines romaines offrent, Paris à part, un ensemble unique dans l’Ile-de-France. A lui seul Senlis possède des fragments bien conservés de remparts gallo-romains, et des arènes très pittoresques que le climat humide a vêtues d’herbes et d’arbustes. Les abords de la forêt de Compiègne ne sont pas moins riches : au sud, les fouilles de Champlieu, sur l’emplacement présumé du Ratu-macos des Silvanectes, ont mis à jour les débris d’un
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- Fig. y. — Ruines de l’abbaye de Long pont, avant la guerre. (Cl. Broyer.)
- théâtre, d’un temple, de bains, un cimetière et d’autres édifices dont les dimensions et le caractère artistique attestent l’importance de la cité. Sur la hauteur du mont Berny, on a retrouvé les vestiges d’un oppidum gallo-romain. Enfin, près de Chantilly, un camp romain a été mis à jour au nord de Gouvieux.
- L’architecture religieuse romane, assez pauvre dans l’Ile-de-France où la plupart des églises furent refaites lors de l’épanouissement de l’art gothique, a laissé ici, en dehors de Saint-Waast-Je-Longmont, quelques beaux clochers : celui de Retheuil, aux' fenêtres géminées, ceux d’Orrouy et de Pontpoint. De la période de transition datent Saint-Frambourg de Senlis et le déambulatoire de Morienval, célèbre par les controverses archéologiques qu’il a suscitées.
- L’art gothique, enfant de l’Ile-de-France, qui eut son berceau dans là vallée de l’Oise, est si riche qu’on ne peut citer que les œuvres les plus marquantes. L’église de Saint-Leu d’Esserent est, avec Morienval et la cathédrale de Noyon, saccagée par la guerre, la première en date des églises gothiques françaises. Le chef-d'œuvre de la région est la cathédrale de Senlis, d’une architecture élégante, dont le portail est fort beau et le grand clocher, une merveille de légèreté et de grâce. Taillefontaine présente un type achevé de flèche dentelée. Les ruines de Saint-Thomas, à Senlis, et surtout Saint-Jean-des-Bois, attestent un style assez archaïsant. Saint-Pierre, de Senlis, aménagé aujourd’hui en marché, est d’une période un peu plus récente. Composites, les églises de Creil et de Verberie, Notre-Dame de la Ferté-Milon et Saint-Jacques de Compiègne offrent encore d’intéressants ensembles et surtout de beaux morceaux, notamment le clocher de Saint-Jacques. La Renaissance l’emporte à Saint-Antoine de Compiègne, dont le portail flamboyant
- est très caractéristique ; elle triomphe définitivement à l’église de Saint-Pierre de Castres (dans la forêt de Compiègne), aux ruines de laquelle la nature a ajouté un nouvel élément de pittoresque.
- Le Valois fut aussi la terre de prédilection des abbayes, xlvec Morienval, déjà cité, c’est Royaumont, dont le réfectoire a été attribué à Pierre^de Monte-reau; c’est Châalis, dont l’église cistercienne, aujourd’hui en ruines, fut encore une des premières créations gothiques ; ce sont les ruines charmantes de l’abbaye de la Victoire près de Senlis, celles de l’abbaye de Longpont, que les obus allemands de 1918 ont un peu plus démolie, mais n’ont pu arriver à raser.
- L’architecture militaire féodale de la dernière période a laissé ici quelques-unes de ses œuvres maîtresses. À la fin du xive siècle, Louis d’Orléans, prince ambitieux, fastueux et ami des arts, fit construire ou réédifier les magnifiques châteaux forts de Pierrefonds, la Ferté-Milon et Montépilloy. Du dernier il reste des ruines majestueuses. Inachevé, celui de La Ferté a gardé sa superbe façade à quatre tours, dont la porte est ornée d’un célèbre bas-relief représentant le Couronnement de la Vierge. Démoli, Pierrefonds a été complètement reconstruit sur ses fondations, et peut-être dans un style trop influencé par la Renaissance, par Viollet-le-Duc : en tout cas, le paysage du château, déjà patiné depuis près d’un siècle, dominant le village dans un cadre boisé et reflété dans les eaux glauques de l’étang, est un des plus jolis de l’Ile-de-France. La porte fortifiée de Longpont a été malheureusement mutilée en 1918 par le bombardement.
- La Renaissante n’est pas restée inactive. Elle a élevé à ses débuts le gracieux hôtel de ville de Compiègne, dont le beffroi accuse l’influence du Nord, et un peu .plus tard, devenue toute classique, avec Jean Bullant, le château de Chantilly pour Anne de Montmorency, avec Philibert Delorme pour François Ier celui de Villers-Cotterets, dont les sculptures de l’escalier et de la chapelle n’ont pas la réputation qu’elles méritent.
- Lacune peut-être unique dans l’Ile-de-Ferane : le
- Fig. 8. — Porte fortifiée de Longpont, avant la guerre. (Cl. Broyer.)
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- siècle de Louis XIV n’est, autant dire, pas représenté. Par contre, le xvme siècle a laissé le palais de Compiègne, œuvre sévère et un peu froide de Gabriel, mais admirablement conçue comme aménagement intérieur, pour la somptuosité et la décoration des appartements qui hébergèrent tant de souverains, français ou invités, de Louis XV aux Napoléons et à Nicolas II.
- Cette brève revue du passé artistique serait trop incomplète si l’on n’y joignait les musées installés à notre époque dans trois édifices historiques de la région : les œuvres d’art de toute époque, spécialement des tableaux, réunis par le duc d’Aumale à Chantilly et légués avec le domaine à l’Institut; le musée de peinture et le musée lapidaire médiéval de Châalis, légués aussi à l’Institut par un amateur éclairé ; enfin celui du château de Compiègne qui offre surtout une magnifique collection de tapisseries et des souvenirs napoléoniens.
- Le Valois est un pays essentiellement forestier et agricole. L’industrie n’est guère représentée que par l’agglomération de Creil, on se trouvent des
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- forges importantes, à côté d’un nœud ferroviaire de premier ordre. Le principal centre commercial est Compiègne. La batellerie est active sur l’Oise. Le bois des forêts donne lieu à un trafic important. L’élevage des chevaux et les courses ont fait de Chantilly, avec et avant Maisons-Laffitte, le premier centre français du sport hippique.
- La région possède deux sources thermales : celle de Pierrefonds, sulfureuse, est utilisée dans un établissement; celle de Gouvieux, dite de Chantilly, ne sert qu’en boissons.
- Le tourisme bénéficie dans le Valois d’un grand nombre de villégiatures agréables et parfaitement installées. Compiègne est un séjour aristocratique, où l’on jouit de tout le confort, ainsi qu’à Chantilly. Senlis est recherché par les archéologues et les amoureux du passé ; c’est en outre un bon centre d’excursions. Pierrefonds et Vieux-Moulin, plus agrestes, sont fort agréables l’été. A l’est enfin, Villers-Cotterets et La Ferté-Milon ont des environs pittoresques et variés.
- , Aubert Dauzat.
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- L’artisanat d’autrefois. —- Le monde se renouvelle beaucoup plus qu’il n’innove. C’est ainsi qu’à notre époque tend à se reconstituer l’artisanat, qui avait fait la fortune de la France pré-révolutionnaire. L’artisanat fut, en effet, très florissant sous l’ancien régime. La petite industrie était alors la règle. Le patron travaillait seul, ou avec quelques compagnons, dans son atelier, que desservaient un ou plusieurs apprentis, véritables enfants de la maison. Le personnel, d’ailleurs limité, formait une famille dans toute l’acception du terme. La nécessité de passer de l’apprentissage au compagnonnage, et de celui-ci à la maîtrise restreignait le nombre des ateliers et assurait la pérennité de l’artisanat.
- La loi du. 2 mars 1791 détruisait radicalement l’édifice séculaire. Sous prétexte de liberté et de justice, elle brisa le moule, tuant dans son principe l’artisanat, et paralysant l’apprentissage. Fn
- fait, le capital seul.eut le loisir de pouvoir fabriquer. Mais, comme tout s’enchaîne* dans le domaine économique, on ne devait pas tarder à constater la
- faute commise.
- Les économistes comme La Rochefoucauld-Liancourt, Owen, les Koechlin, s’imaginaient volontiers — et à tort — que la grande industrie pourrait maintenir le caractère patriarcal'de l’atelier disparu. Le Play se trompa également lorsqu’il conçut sa formule, toute biblique, du patron « père des ouvriers. » L’usine moderne devait s’opposer à l’atelier. Préoccupée naturellement de gagner de l’argent à ses actionnaires, elle devait se désintéresser de plus en plus de l’individu, et se détourner de l’apprentissage, qui représentait plus volontiers pour elle une cause de dépenses.
- La renaissance de l’artisanat et ses raisons. —.
- Cependant, tout excès appelle fatalement une réac-
- et de la Loire.
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- tion. Au lendemain de la grande guerre, l’arlisanat devait renaître généralement sous la pression des circonstances. 11 n’est pas malaisé de discerner les raisons de cette résurrection. La corporation de l’ancien temps constituait essentiellement un organisme d'intérêts collectifs, tandis que l’industrie nouvelle a fait prédominer, pendant un siècle, l’intérêt individuel. D’un autre côté, la notion du droit à, dans bien des cas, obnubilé celle des devoirs, sur laquelle repose l’équilibre d’une société solide. Précisément, les événements ont démontré la nécessité et de la notion des devoirs et de la primauté de l’intérêt collectif. En conséquence, il était logique de songer à faire revivre un système répondant à ces exigences.
- En second lieu, comme le proclamait récemment à la tribune du Sénat M. Guminal, « l’artisan a marqué dans la pierre, le bois, la terre et les métaux, le caractère indélébile du vrai génie national », tandis que la .grande industrie a tendu à faire disparaître l’originalité de ce génie français. L’histoire de la faïencerie, et de l’ébénisterie nous en fournit l’irrécusable témoignage. Si certains industriels, comme Daum ou Gallé, à Nancy, ont réussi à perpétuer, à cet égard, les grandes traditions du passé, c’est justement en reprenant les méthodes artisanales.
- Il importe aussi de considérer que la grande industrie a provoqué le dépeuplement progressif des campagnes et l’encombrement des villes, déploré par les hygiénistes. Par ailleurs, la concentration industrielle tend à éloigner la production du marché de la consommation. Il n’est pas admissible que la grande industrie puisse s’engager dans la voie de la vente au détail, pour laquelle elle n’est pas outillée, et alors que l’intégration généralisée a surtout visé la compression des prix de revient et la concentration des efforts.
- . Certaines fabrications ne sauraient, en outre, participer à la grande industrie sans voir leur prospérité menacée. Tel est le cas pour la tournerie, la coutellerie, certaines fabrications textiles. Mais, parallèlement, l’industrie concentrée ne saurait exploiter des ressources locales limitées. La mise en œuvre des résines, du bois, de divers minéraux appartient plutôt à l’artisanat.
- Enfin, pour ne pas multiplier indéfiniment les causes de renaissance de ce dernier, il convient de constater que l’atelier familial seul permet de rénover l’apprentissage indispensable. On avait supposé que l’enseignement professionnel pourvoirait à l’insuffisance actuelle des apprentis. Il faut reconnaître quç les espoirs que l’on avait fondés sur ce remède ont été quelque peu déçus. L’instruction donnée est apparue plus théorique ' que pratique. L’école apprend avant tout des principes.
- De toutes ces considérations il découle que l’artisanat est plus que jamais nécessaire.
- L’artisanat auxiliaire de la grande industrie. — Pour s’élever contre le renouveau, d’aucuns ont pu
- prétendre que l’Artisanat était l’ennemi de la grande industrie. Tout au contraire, on doit le regarder comme son plus précieux auxiliaire.
- En effet, la grande industrie a besoin de se décongestionner en vue de s’assurer le complément de main-d’œuvre qui lui fait défaut, de trouver du logement à un personnel renforcé, et d’éviter les lourds sacrifices financiers qu’impose l’édification d’habitalions nouvelles.
- Obligée de resserrer ses prix de revient, la grande industrie a un singulier avantage à faire travailler à façon à la campagne. La leçon fournie par la ruban-nerie stéphanoise est tout à fait topique à ce sujet. L’installation de nombreux métiers dans la montagne de la Loire et de la Haute-Loire a largement facilité la réduction du coût des rubans. Sur le terrain social, cette formule est également efficace, car en faisant de l’ouvrier un petit patron, elle le rapproche de celui qui l’emploie, elle réconcilie capital et travail.
- Peut-être, dans cet ordre d’idées, aucun système n’est-il plus favorable à un resserrement des classes.
- Il faut, d’autre côté, ne pas oublier que la diffusion du machinisme implique l’existence de nombreux ateliers de réparations. Le succès de l’automobile a été longtemps retardé par l’obligation de recourir au constructeur lui-même, lorsqu’il s’agissait de remplacer une pièce. On ne saurait, à la vérité, envisager le développement de la motoculture, ni l’électrification rurale sans le concours de l’artisanat, qui seul peut procéder à des réparations rapides.
- Notons que ces artisans sont naturellement des clients réguliers de la grande industrie. Mécaniciens, coutelliers, serruriers, taillandiers, font vivre la métallurgie, le rétameur l’industrie du plomb, l’horloger la cuivrerie, le peintre l’industrie chimique.
- Il serait donc injuste de proclamer l’antinomie de la grande production et de l’artisanat, et, d’ailleurs, le maintien du canut lyonnais n’a nullement entravé l’évolution de la soierie.
- Les industries artisanales. — Les industries artisanales en pleine vitalité, et fort antérieures à notre temps, sont beaucoup plus nombreuses que l’opinion nç le suppose. Il faut, toutefois, distinguer le petit patron, opérant avec quelques aides et l’ouvrier patron. A cette dernière catégorie appartiennent le lapidaire du Haut Jura, le tourneur de buis de la montagne jurassique, le lunettier de Morez, voire le canut de la Croix-Rousse, à Lyon, le tulliste de Caudry, le tisseur de Lavelanet.
- Beaucoup plus nombreux encore sont les petits patrons façonniers. On les rencontre à Oyonnax, dans l’Ain, où avec trois ou quatre compagnons ils manipulent le celluloïd dans des locaux loués à court terme; à Saint-Étienne, où les uns préparent des limes, d’autres fabriquent des pièces de bicyclettes ou des éléments d’armes, oertains : des rouages de métiers; à Cluses (Haute-Savoie) où ils exécutent
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- lu g. 2. — Atelier d’artisan : petite métallurgie au Chambon {Loire).
- des parties de montres; dans maint bourg de la campagne beaujolaise où ils transforment la soie. A Thiers et à Nogent-en-Bassigny, la coutellerie présente un faciès nettement artisanal. La nacrerie de Méru, dans l’Oise, la serrurerie du Yimeu, dans la Somme, sont pratiquées dans de petits ateliers, aussi bien que la poêlerie séculaire de Villedieu, dans la Manche. Nous ne saurions oublier que l’exploitation nationale de la tourbe et de la majorité de nos carrières, l’extraction du kaolin sont l’œuvre, en général, d’artisans, comme l’horticulture d’ordinaire, et la plupart des industries locales utilisant les produits agricoles.
- La preuve est faite que l’artisanat constitue un rouage précieux dans l’économie d’un peuple. Les services qu’il a rendus dans le passé, ceux qu’on peut en attendre dans l’avenir justifient, évidemment, la résurrection de l’atelier familial là où il a disparu et l’institution en 1925 d’une puissante Confédération des artisans, qui créera les liens nécessaires entre des travailleurs très disséminés et orientant très diversement leur activité. '
- L’avenir de l’artisanat. — Si l’artisanat n’existait pas, il faudrait le créer. En fait, il ne s’agit présentement que d’étendre son rayon d’action. Une circonstance particulière favorise cette expansion : la diffusion rationnelle de l’électricité. L’in-dustie moderne a besoin de produire vite et à bon marché. Or, le charbon est cher en France. Par bonheur, l’électricité, et spécialement l’électricité d’origine hydraulique, peut suppléer à cette carence du combustible; d’où la multiplication du petit moteur, l’outil par excellence de Partisan. Sa dé-
- pense est faible. Avant la guerre, la rubannerie de la Loire payait 10 fr. 50 par mois pour la marche d’un métier. A Lyon, la dépense journalière atteignait 0 fr. 60, à Lavelanet environ 0 fr. 85.
- L’emploi du petit moteur électrique a sensiblement contribué, en ces derniers temps, à l’ouverture d’ateliers familiaux. On lui doit, en particulier, l’installation de nombreux foyers industriels à Roanne, et, plus encore, le prodigieux développement. de la bonneterie de l’Aube. Depuis deux ans, des centaines d’appartements troyens ont ainsi reçu des métiers familiaux.
- Il faut, toutefois, reconnaître que la généralisation de l’artisanat rencontre un obstacle qu’il conviendrait de tourner. L’artisan manque, d’ordinaire, de fonds de roulement. Il lui faut emprunter. Or, son crédit est modeste en raison de la médiocrité des garanties matérielles qu’il peut présenter.
- Force a donc été de constituer une caisse de prêts aux artisans, avec l’aide de l’État et la garantie de la collectivité. En Allemagne, où la formidable concentration de l’industrie n’a pas empêché , la renaissance de l’artisapat, la protection de celui-ci a été méthodiquement entreprise. Nous devons nous inspirer largement de son exemple.
- Par ailleurs, il siéra de former scientifiquement des artisans. Le département de la Haute-Garonne est entré d,ans cette voie en instituant une section spéciale à l’École de métiers de Gourdon-Polignae.
- Il semble, à cet égard, que les initiatives ne doivent pas faire défaut, et il faut s’en féliciter dans l’intérêt supérieur de la France.
- Auguste Pawlowski. .
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- SCIENCE ET... PÊCHE A LA LIGNE
- Pour la plupart des « profanes », la pêche à la ligne n’évoque guère que la vision d’un doux maniaque, trempant du fil dans l’eau avec une patience inlassable et sans espoir.
- La pêche est cependant une distraction intéressante, nous ne craignons pas de souligner le mot, et nous espérons, à la fois apporter quelques conseils utiles à ceux de nos lecteurs qui la pratiquent, et convaincre les autres que le bon sens, l’adresse, voire un peu de science, peuvent y trouver leur emploi, ajoutant ainsi à ce sain délassement de plein air, une véritable récréation intellectuelle et scientifique.
- Actuellement, le plus grand nombre parmi les pêcheurs, ne la pratiquent qu’empiriquement. Ceux qui réussissent le mieux doivent leurs succès â l’intuition et à l’adresse, mais infime est le nombre de ceux qui savent la cause scientifique du succès ou de l’insuccès.
- Pourquoi cet état de choses ?
- La raison principale en est qu’à la pêche, on s’adresse à des êtres vivant dans un milieu dont l'exploration n’est guère accessible, qu’en partie, aux savants spécialistes. Les poissons sont très différents des animaux vivant dans l’atmosphère. Les propriétés physiques de leur milieu sont totalement différentes de celles du nôtre. Les sens des poissons, utilisant ces propriétés, sont donc également différents des nôtres, qui utilisent celles de l’air.
- Il .ne faut donc pas, quand on raisonne sur les poissons, raisonner comme sur les êtres aériens.
- C’est cependant ce que font presque tous les pêcheurs. Delà des traditions complètement erronées,
- La pêche possède son erreur type ; la voici :
- Prenez un pêcheur au hasard, parmi les as naturellement, et posez-lui cette question :
- Quelle doit être la qualité fondamentale d’une bonne ligne flottante?
- Vous avez mille chances contre une pour qu’il vous réponde : l'invisibilité.
- Car la pêche est un art de ruse. Pour, tromper le poisson, il ne faut pas qu’il perçoive la présence de la ligne. Ceci est exact ; mais le pêcheur l’interprète à sa façon, il se met implicitement à la place du poisson, voit la ligne, et en conclut que c’est la seule façon, également pour le poisson, de la percevoir. Mais il se trompe et nous allons voir pourquoi.
- La vue. — Rappelons d’abord la structure optique de l’œil humain : entre la cornée et le cristallin nous voyons la « chambre d’accommodation », lentille à courbure variable, contenant un liquide dont l’indice de réfraction est égal à 1,35; c’est Vindice de réfraction de l'eau.
- Le cristallin, seconde lentille complétant le « système optique » de l’œil, est formé d’une substance organique d’indice 1,41.
- Dans l’air, milieu dont l’indice de réfraction est
- égal à 1, et auquel il est adapté, ce système optique est excellent. L’homme a une vision nette, facilement accommodable aux distances, et dans notre atmosphère transparente, la portée de sa vue est à peu près illimitée.
- Mais quel services pourrait rendre une telle combinaison optique dans l'eaul
- Pour le savoir, il nous faut tenir compte de la propriété optique fondamentale de cet. autre milieu ; la réfrangibilité. Son indice de réfraction est égal à 1,33 ; le même que celui du liquide de la « chambre d’accommodation » de l’œil.
- Ainsi : les rayons lumineux se propageant dans l’eau, traversent, sans être réfractés, la première lentille de l’œil humain. De ce fait aucune accommodation aux distances n'y est possible.
- Reste donc un œil dont le système optique se réduit au seul cristallin d’indice 1,41.
- Dans l’air, le rapport de l’indice du milieu à 1,41
- celui du cristallin est égal à ——1,41. Dans 1 41
- l’eau ce rapport devient = 1,06, donc beau-
- coup trop faible pour donner une image sur une rétine placée à une distance acceptable de ce cristallin dont il faudrait ramener « la distance focale » à une longueur appropriée aux dimensions d’un œil normal.
- Ainsi un œil humain ne peut accommoder dans l’eau ; de plus, ce qui reste d’utilisable de son optique, a une « distance focale » beaucoup trop « longue ». Il faut donc que le poisson ait une optique différente.
- La première condition,l’accommodation, est en effet obtenue par un moyén tout autre. Au lieu de la lentille additionnelle à courbure variable des êtres aériens, l’œil du poisson est doté d’un ligament contractile, qui éloigne ou approche le cristallin de la rétine.
- Reste la question du cristallin. Deux solutions se présentent : ou le constituer d’une matière d’indice tel qu’il soit, par rapport à 1,33, comme 1,41 est à 1, ou augmenter sa « courbure ».
- Mais la Nature, pourtant si riche en ressources, ne peut, .parmi les substances organiques animales, trouver de substances transparentes d’indice élevé; elle a donc dû recourir au seul moyen possible : elle a augmenté la courbure du cristallin des poissons. Elle a dû même tellement l’accentuer que cette courbure atteint le maximum possible; le cristallin des poissons est sphérique.
- Dès lors, nous pouvons établir une comparaison motivée entre les propriétés de l’œil humain et de l’œil du Poisson.
- Comme nous l’avons dit, l’œil de l’homme permet une vue nette, pratiquement illimitée dans une atmosphère transparente.
- Le poisson, dans un milieu à transparence très
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- limitée déjà, a, comme seule pièce optique, un cristallin sphérique qui ne petit donner une image nette. M. le professeur Louis fRoule (') dit à ce sujet:
- « ... Ces animaux (les poissons) perçoivent les formes des objets, mais confusément, et à la condition que ces derniers soient proches de l’œil. Ils sont myopes, en somme, et ne distinguent pas avec netteté les contours des objets, ni les superpositions de plans. Ils paraissent regarder, mais en réalité, ils voient mal et discernent à peine. »
- Ces conclusions d’un maître de l’ichthyologie, d’accord entièrement avec celles provenant de
- points de la question (4), continuer notre examen et passer à :
- L’ouïe. — « Comparons » ici encore : le siège de l’ouïe chez l’homme'' comprend trois parties distinctes : l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne ou centres nerveux: canaux semi-circulaires, limaçon.
- Chez les poissons, l'oreille interne existe seule.
- Quelques-uns ont voulu voir là une imperfection du sens de l’ouïe, l’organe leur semblant incomplet. Un court examen des propriétés physiques des milieux, nous montre que l’argument
- Fig. i. — Quelques lignes.
- I. Ligne brutale en eau calme. — II. Ligne brutale en eau agitée par des vagues. — III. Ligne sensible.
- IV. Ligne sensible à 2 flotteurs.
- l’analyse physique, nous permettent d’affirmer que le pouvoir séparateur de l’œil des poissons est insuffisant pour leur permettre de distinguer des lignes flottantes telles que les construisent actuellement, non seulement les pêcheurs raffinés, mais même des pêcheurs assez ordinaires.
- Mais si les lignes flottantes sont plus que suffisam-. ment invisibles, elles présentent par contre d’autres défauts considérables, qui révèlent leur présence aux poissons par d’autres sens que celui de la vue, sens beaucoup plus importants et cependant beaucoup plus ignorés.
- Nous allons donc, ,pour passer en revue tous les
- 1. Traité raisonné de la Pisciculture et des Pêches. Louis Roule, professeur au Muséum. (Baillière et fils éditeurs.)
- tiré de ces différences anatomiques, est sans valeur.
- Les êtres vivant dans l’air sont constitués en moyenne d’une matière ayant une densité environ mille fois plus forte que celle de. ce gaz. Leur « substance » n’est donc que très difficilement entraînée par les mouvements vibratoires de ce milieu si léger, sauf toutefois quand elle se trouve disposée en couche mince, telle une légère membrane.
- C’est le cas du tympan et des osselets, système léger et très mobile qui vibre sous l’influence des
- 1. Cette question a fait l’objet de deux présentations à la Société d’Acclimatation de France, insérées au Bulletin d’His-toire naturelle appliquée, noa 6-1922; 10 et 11-1925. Elle est développée, dans Méthode nouvelle de Pêche. (Hachette, éditeur.)
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- vibrations sonores concentrées par le pavillon, et canalisées par le conduit auditif. Ce « système » est donc un intermédiaire transmettant les vibrations de l’air aux centres nerveux.
- Les poissons, vivant dans l’eau, sont constitués d’une matière qui a là même densité que ce milieu, dans lequel par conséquent ils ne forment aucune solution de continuité. Leur substance participe entièrement aux vibrations qui s’y propagent. Dès lors, pavillon, oreille moyenne et externe, toujours formés de substances de même densité que l’eau, ne joueraient aucun rôle, ni de transmission ni d’amplification, tout se passerait comme s’il n’y avait que de l’eau à leur place. Leur présence serait d’autant plus inutile que les centres nerveux auditifs des poissons, participant eux-mêmes aux vibrations du milieu ambiant comme le corps entier de l’animal, sont toujours atteints par ces vibrations.
- Il n’y a donc aucune raison de croire qué les poissons ne puissent entendre aussi bien que leurs « frères supérieurs ». Il est même possible qu’ils entendent mieux, car leurs centres nerveux sont directement accessibles aux ondes sonores sans avoir besoin du secours intermédiaire de l’oreille moyenne ; or tout intermédiaire, physique ou mécanique, diminue le rendement énergétique.
- Quant à ce qui est du psychisme sensitif de l’audition, nous ne pouvons affirmer qu’il soit le même pour le poisson que pour les êtres aériens ; toutefois deux raisons nous permettent de le supposer : 1° Les centres nerveux récepteurs sont assez semblables chez les deux sortes d’êtres ; 2° Les propriétés transmissives des milieux, air et eau, sont différentes au point de vue de la vitesse de propagation du son, mais ce qui constitue un son, une note pour mieux nous exprimer, est caractérisé par la fréquence, ou nombre de vibrations par seconde ; la vitesse de propagation n’a aucune influence sur la fréquence.
- Mais en dehors des vibrations sonores, caractérisées par une périodicité, il est d’autres sortes de vibrations non périodiques, ondes de pression de toutes formes qui, tottt en mettant en jeu des quantités d’énergie non négligeables, ne sont pas perçues par nos sens, ouïe ou toucher; ce dernier sens permettant cependant quelquefois de les percevoir quand elles se manifestent avec assez d’énergie ; tel est le cas d’un courant d’air, d’une vague, etc.
- Ce sens de la perception des vibrations autres que le son, et que nous ne possédons pas, les poissons le possèdent. Il a pour siège les organes de la ligne latérale.
- Il n’y a pas d’exemple d’un sens mieux adapté aux propriétés mécaniques d’un milieu.
- Ne le possédant pas nous-mêmes, nous ne pouvons faire de suppositions sur les sensations qu’il fait éprouver aux poissons, mais ce que nous pouvons affirmer, c’est que sa portée utile de perception est considérablement supérieure à celle de la vue, même dans les eaux les plus limpides.
- Beaucoup de personnes, surtout des pêcheurs, ont certainement remarqué la « ligne latérale » des poissons sans y attacher aucune attention spéciale, la prenant sans doute pour un ornement, une pigmentation quelconque sans importance. Chez quel-’ ques espèces, les cyprins par exemple, elle est si peu apparente qu’il faut la chercher pour voir la série de petits points noirs qui la signalent extérieurement.
- La plus suggestive des définitions que nous pourrions donner du rôle sensitif de ces organes, serait de les présenter comme une sorte d'extériorisation du toucher à distance par l’intermédiaire de l’eau; quelque chose comme la sensation que nous éprouvons quand, tenant à la main une longue baguette, l’autre extrémité de cette dernière frôle un léger obstacle. Si léger que soit ce frôlement, la main en est avertie; cependant quel sens grossier que notre toucher, comparé à ces organes spéciaux dont chacun a peut-être une sensibilité du même ordre que celle de notre tympan.
- Les sensations dominantes des poissons sont donc celles causées par les mouvements de tout ce qui est susceptible de se mouvoir dans leur milieu, y compris ce milieu lui-même, ces sensations sont d’ordre vibratoire: son, ondes de pression.
- Ainsi, alors que la vue des poissons est un sens de valeur négligeable et que la perception des vibrations est beaucoup plus développée, les pêcheurs ne se préoccupent généralement que de la visibilité de leurs lignes, alors qu’au contraire ils ne tiennent compte ni de leur équilibrage ni des mouvements vibratoires auxquels elles sont soumises pendant la pêche.
- Le toucher. — Un sens dont il est également très important pour le pêcheur de tenir compte, est celui du .toucher. Mais le poisson possède-t-il ce sens, du moins comme nous l’entendons, c’est-à-dire doué de réactions sensorielles identiques à celles de notre propre toucher?
- Il semble bien que non : les écailles ainsi que le mucilage dont son corps est couvert, ne semblent pas permettre une « sensation de contact » direct, comme celle que nous éprouvons grâce à nos terminaisons nerveuses de l’épiderme.
- Si donc un sens du toucher, en tant que sens distinct, existe chez les poissons, il se révèle certainement beaucoup plus par une sorte de « réaction de déplacement », que par la sensation de contact propre au toucher de l’homme. Il ne faut pas oublier en effet que dans l’eau, la plus infime action de contact sur un corps flottant librement, suffit à le déplacer. Ainsi quand un poisson « tire » sur une ligne flottante ordinaire, la résistance quelle oppose à sa-libre évolution, et la vibration que pro-, duit le frottement dans l’eau, se révèlent à ses sens spéciaux avec une intensité dépassant de beaucoup ce que l’on pourrait soupçonner, quelque faibles que soient en réalité ces deux manifestations mécaniques.
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- Le goût et l’odorat. — Ces deux sens, séparés chez les êtres aériens, n’en forment qu’un seul chez les poissons : ï ol fado-gustation. Il a pour siège des cellules sensitives semblables à celles des vertébrés supérieurs et que l’on nomme a bourgeons de goût », ou « boutons dégoût ». Ces organes, au lieu d’être localisés seulement dans la bouche comme chez les « aériens », sont disséminés aussi sur les lèvres, les barbillons quand il y en a, les côtés de la tête et du corps ; et l’on en rencontre jusque sur la naissance des nageoires.
- Les poissons ne possèdent pas d’organes de l’odorat tel que nous le concevons ; ce dernier sens implique une diffusion gazeuse de particules odorantes qui, même si elles pouvaient également diffuser dans l’eau, ne pourraient y produire une sensation analogue à celle que nous apprécions en tant qu’odeur. En effet il est facile de se rendre compte qu’un être humain, entièrement plongé dans l’eau, ne peut faire usage de son odorat pour « sentir » un parfum mêlé à cette eau; il ne pourrait que goûter et non flairer.
- Or le goût et l’odeur sont choses essentiellement différentes. C’est par simple hasard que certains produits gastronomiques joignent une odeur agréable, mettons « appétissante », à un goût délectable. Il en est d’autres, qui, succulents, sentent franchement mauvais. D’autre part certains parfums suaves n’incitent à aucune envie de les déguster.
- Il est une pratique chère à quelques pêcheurs. Elle consiste à parfumer les amorces destinées à attirer le poisson. Ils sont persuadés qu’une amorce, parce qu’ils l’ont parfumée à leur goût, « plaira énormément » à la gent aquatique. Combien cette pratique est peu d’accord avec le bon sens ! D’abord le poisson ne peut apprécier ce parfum, en tant que parfum. Ensuite, qu’est-ce qui nous permet d’affirmer que, parce qu’un parfum nous plaît, les poissons aimeront qu’on en mette dans leur nourriture?
- A mes débuts de pêcheur, j’ai essayé des quantités de « recettes » de substances soi-disant merveilleuses. Cependant je n’ai encore rien vu qui vaille une amorce naturelle, proprement préparée, et employée en quantité très modérée.
- Un principe important devrait toujours être observé par les pêcheurs, c’est le suivant :
- Quand après un amorçage modéré, au bout d’une demi-heure environ, le poisson n’a pas « répondu », ce n’est pas à l’amorce qu’il faut s’en prendre, mais à la ligue, qu’il faut sensibiliser davantage; il faut la perfectionner jusqu’à résultat, s’il doit y en avoir un ; car il peut arriver, malgré tout, que le poisson ne veuille nullement « mordre ».
- Les causes qui peuvent empêcher le poisson de « mordre », sont multiples, mais il en est une qui domine toutes les autres, c’est la satiété de nourriture.
- En été, dans nos rivières, la nourriture principale du poisson est fournie par les masses énormes d’éphémères qui essaiment la nuit pour retomber
- sur l’eau, y pondre, et y mourir pendant que leurs œufs, coulant à fond, vont donner naissance à de nouvelles larves. Ce phénomène zoologique, bien connu des pêcheurs avertis sous le nom suggestif de « manne », met en jeu des quantités de substance alimentaire dont il est difficile de se faire une idée, quand on n’a pas assisté à la chute tourbillonnante de ces essaims d’insectes blancs, qui donnent l'impression bizarre d’une tourmente de neige pendant une chaude nuit d’été.
- Sur la surface dps eaux, littéralement couverte de cette nuée lloconneuse, tous les poissons se précipitent pour s’en repaître, et la vie du cours d’eau est tout entière concentrée sur cette surface, bouillonnante d’êtres acharnés à une trépidante curée.
- C’est la distribution de cette nourriture estivale qui règle, « en gros » la disposition du poisson à mordre, et cette distribution elle-même dépend des conditions météorologiques de la saison.
- Le propre du fin pêcheur est de réussir de bonnes pêches dans le cas le plus difficile où un résultat peut être obtenu.
- Or, avec les lignes sensibles, on recule la limite du succès beaucoup plus loin qu’avec les meilleures lignes basées sur l’invisibilité, ou lignes « brutales » que nous appellerons ainsi par opposition à celles construites selon notre principe.
- Les lignes. — Quelles doivent être les propriétés d’une ligne flottante dont on veut soustraire la présence aux sens des poissons?
- En ce qui concerne la vue, la question est résolue, à la fois par la finesse des matériaux employés par la bonne moyenne des pêcheurs, et par la très mauvaise optique des yeux des poissons.
- Avec les organes de la ligne latérale la question devient plus difficile, vu leur extrême sensibilité, mais on arrive au résultat cherché en construisant la ligne de manière à supprimer les vibrations auxquelles sont toujours soumises les lignes ordinaires.
- Pour le toucher, il suffit que la ligne n’oppose aucune résistance mécanique à l’entraînement de l’amorce saisie par le poisson.
- Bien entendu, des lignes flottantes réalisant ces, conditions ne se trouvent pas dans le commerce, il faut que le pêcheur les construise lui-même. C’est d’ailleurs ce que font tous ceux qui sont seulement quelque peu expérimentés.
- Avant d’entrer dans le détail de la construction de notre ligne sensible, nous croyons utile d’exposer les défauts de « tenue » à l’eau, des lignes ordinaires , basées sur l’invisibilité seule, et que nous avons appelées lignes brutales.
- Supposons une de ces lignes suivant le courant, en eau calme (fig. 1 a). Elle suit ce courant sans secousses, ne vibre pas. Son flotteur F émerge un peu, la ligne est verticale (en principe), ses plombs forment un lest assez compact p, et un petit plomb, dit « cendrée » achève de faire decendre l’empile portant l'hameçon.
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- Un poisson mord (fig. 1 b) : au moment où l’empile entraînée se tend, il se produit un petit choc dû à l’inertie du lest compact/?. Si le poisson est en défiance il rejette immédiatement l’amorce. Si le pêcheur a vu la « touche », il « ferre » à vide : première mise en éveil du poisson.
- Si ce dernier persiste à a tirer », la résistance de llottabilité du flotteur entre en jeu d’autant plus énergiquement qu’il émerge davantage. De plus cette persistance du poisson fait vibrer toute la ligne de bas en haut, ce qu’il perçoit certainement. Avant ce moment, le pêcheur l’a du reste « ferré » la plupart du temps ; sans quoi, si affamé que fût l’animal, il s’empresserait de fuir.
- Pour prendre du poisson dans ces conditions particulièrement favorables des eaux, il faut donc que le pêcheur ait l’œil aux aguets et soit toujours prêt à ferrer « du tac au tac ».
- Si l’eau se trouve agitée à la surface, comme c’est presque toujours le cas, soit par le vent ou le sillage des bateaux, la ligne brutale ne peut plus surprendre le poisson; car c’est alors que ses défauts propres se manifestent dans toute leur plénitude.
- En effet, supposons notre ligne.(fig. 2 a) avec* son flotteur au sommet d’une vague; l’excédent de flottabilité le fait monter à ce sommet, et toute la ligne est remontée d’autant.
- La vague passée, un « creux » succède ; le flotteur descend très vite (fig. 2 b); le lest descend aussi, mais moins vite, vu la résistance de frottement du milieu. De ce fait,'la ligne se détend ;
- « mollit » comme disent les marins.
- A la seconde vague, seconde remontée du flotteur au sommet, brusque tension de la ligne entre plomb et flotteur, et ainsi de suite à chacun des creux et sommets des vagues qui suivent.
- Une ligne qui joue ainsi « de la guitare » devant les poissons, n’a aucune chance d’échapper a la perception de leurs sens spéciaux, et si des pêcheurs arrivent quelquefois à en prendre dans de telles conditions, c’est que ces poissons se trouvent dans un état de famine suffisant pour annihiler chez eux toute prudence et toute crainte du danger; mais cela n’arrive que rarement.
- Comment supprimer le défaut fondamental d’une telle ligne?
- Nous y arrivons par le même moyen qui permet de supprimer la résistance dont nous avons parlé ; mais pour plus de clarté, nous allons examiner quelles sont les différentes modalités de cette résistance que peut opposer une ligne à la traction sous l’effort du poisson qui a saisi l’amorce. .*
- Ces modalités sont de trois sortes :
- 1° Résistance de flottabilité; qui se mesure par l’excédent de lest qu’il faudrait ajouter pour obtenir l’immersion totale du flotteur.
- 2° Résistance de frottement, due à l’adhérence de l’eau sur toute la longueur de la ligne.
- 3° Résistance d'inertie, dépendant de la masse,
- i ou, si l’on préfère, du poids de la ligne complète.
- La résistance de flottabilité s’annule tout simplement en ajoutant au lest la quantité de plomb nécessaire pour que le flotteur soit entièrement immergé, et que la ligne soit en équilibre tel, que la moindre adjonction de lest suffise à la faire couler.
- Pour réduire à son minimum la résistance de frottement, il faut que toute la partie immergée de la ligne soit aussi fine, et surtout aussi lisse que possible. Il est donc nécessaire de proscrire dans sa confection tout ce qui est lien textile, même le « catgut », dont les irrégularités, la .texture « grenue », augmentent notablement la surface d’adhérence avec l’eau, et constituent une sorte de « frein » au déplacement. Les matières à employer sont donc les « crins de Florence » dits « racines », les crins japonais, les précieux crins de cheval chers aux grands amateurs, et peut-être ces fils d’acier spécial, extrêmement fins et souples, qu’une industrie étudie en ce moment afin d’en rendre l’emploi pratique.
- La résistance d’inertie est naturellement d’autant . moindre que la ligne entière est plus légère* En réduisant la -résistance de frottement, on est donc amené à réduire corrélativement la résistance d’inertie ; car, moins une ligne « frotte » pour descendre en position de pêche, plus elle descend vite pour un même poids de lest. Par conséquent, pour la vitesse nécessaire donnée en un cas déterminé, plus on gagne sur le « facteur frottement », moins il est nécessaire de « mettre du poids ».
- Supposons maintenant une ligne flottante dont toutes les modalités de résistance soient réduites au minimum possible. Il reste encore un perfectionnement à ajouter, sans lequel le reste perdrait une grande partie de sa valeur; c’est la manière de répartir le lest.
- Dans la ligne brutale, le lest est rassemblé en masse, et son inertie totale oppose une résistance formant choc à la tension de l’empile (fig. 1 b), ce qui, même avec la ligne équilibrée, laisse subsister un défaut capital.
- Nous remédions à ce défaut en divisant notre lest. Par exemple, nous employons de tout petits plombs, dits « cendrée ». On fixe le premier à 25 cm de l’hameçon, le second à 15 cm au-dessus, le troisième à 10 cm, le quatrième à 5 cm, puis, quelques-uns de 4 en 4 cm, de 3 en 5 cm, etc... jusqu’à ce qu’on ait son lest complet, et qu'une seule « cendrée » de plus suffise à faire couler le flotteur. Bien entendu, les plombs les plus éloignés de l’hameçon peuvent être un peu plus forts | que les premiers, surtout si l’on pêche en eau profonde exigeant un fort lest. Ceci est une affaire de doigté personnel du pêcheur, qui doit s’adapter aux circonstances.
- Voyons maintenant quelle est la. tenue d’une semblable ligne en eau calme (fig. 3 a).
- I Un poisson saisit l’amorce (fig. 3 b) ; au lieu du
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- choc produit en (fig. 1 b), il n’éprouve pour commencer que la résistance du premier petit plomb à déplacer, puis, ensuite, et progressivement, du 2e, du 3e, etc.
- Mais notre flottabilité étant réglée à un plomb près, le flotteur coule bien avant que les plombs suivants aient à produire un effet de résistance, car le flotteur suit docilement au moindre effort.
- Toute l'habileté du pêcheur consiste donc à construire sa ligne de manière à réduire cet effort à un minimum inférieur à celui qui est encore susceptible d’affecter le toucher du poisson.
- Quant à la danse du flotteur, et de toute la ligne, elle est atténuée du fait que, ce flotteur étant en équilibre de flottabilité avec le reste, il n’est plus remonté au sommet des vagues et reste au niveau des creux.
- Dans les cas de trop grande agitation de la surface des eaux, il peut encore subsister une vibration due au frottement alternatif de haut en bas et de bas en haut, de l’eau sur le flotteur. Ce dernier tend à suivre ce mouvement, non plus par excès de flottabilité comme dans les lignes brutales, mais du fait de son adhérence avec le milieu.
- Un pêcheur de mes amis, M. Chirot, propriétaire à Yernon, a trouvé le moyen de réduire à presque rien ce dernier défaut.
- Il surleste son flotteur de manière à le faire franchement couler, puis, pour le maintenir à la profondeur voulue, 20 ou 30 cm, pour atteindre une couché inférieure de l’eau où l’agitation superficielle soit suffisamment atténuée, il ajoute tout simplement au-dessus du flotteur un second flotteur additionnel, mais ce second, extrêmement petit, occupe à la surface la place qu’aurait occupée le premier en eau calme (fig. 4).
- Il est dès lors facile de comprendre que l’action due au frottement de va-et-vient vertical de la surface, est d’autant plus réduite que la surface d’adhérence du flotteur supplémentaire est plus petite par rapport à celle du gros flotteur principal, ce dernier formant même amortisseur des mouvements imprimés au petit.
- Avec ce dernier perfectionnement, convenablement réalisé, on arrive encore à prendre du poisson, même avec une eau très agitée en surface, alors qu’avec les lignes brutales, il y a longtemps qu’il n’y a plus possibilité de prendre quoi que ce soit.
- Toutefois, il ne faut pas être absolu; des lignes brutales (pas trop naturellement), peuvent faire d’excellentes pêches quand le poisson est bien disposé.
- Mais 'l’est-il toujours? Ou même seulement souvent?
- Malheureusement non ! Nous avons vu que le facteur principal de cette disposition est la facilité plus ou moins grande qu’il éprouve à se ravitailler en nourriture. Plus il a faim, moins il est nécessaire de « raffiner » sur la sensibilité de la ligne.
- Ainsi, quand le poisson mord goulûment à toute ligne, la meilleure est celle qui « travaille » le plus
- vite.-* Une ligne très fine, fragile et légère, descendant un peu lentement en position de pêche, demanderait plus de temps pour être manœuvrée, plus de ménagements pour amener le poisson pri-, qu’une autre plus robuste, plus chargée, « descendant » vite,, et permettant d’amener « d’autorité » le poisson. On aurait donc un meilleur rendement avec cette dernière en semblable cas, puisque, les poissons y mordant aussi bien, cette ligne forte permettrait « d’enlever » un plus grand nombre de poissons dans un même temps.
- D’ailleurs, la disposition du poisson peut changer au cours d’une même journée; il suffit, par exemple, que la pluie, ou le vent, fassent tomber à l’eau une quantité suffisante d’insectes habitant les arbres des berges, pour détourner son attention vers une nourriture plus facile, moins suspecte en tout cas.
- C’est dans l’observation de choses de ce genre, et même de bien d’autres, que réside cette sorte de prescience, propre au fin pêcheur, et qui l’incite à faire « ce qu’il faut » pour réussir. #
- Ce « ce qu’il faut », est en l’occurrence, affiner, sensibiliser ses engins au degré nécessaire en chaque circonstance. Ce « sentiment de la-pêche » est peut-être la chose la plus difficile à acquérir, car il dépasse le raisonnement pour entrer dans la catégorie des qualités instinctives. Un grand pêcheur ne peqt être qu’un homme ayant Je sens des choses de la Nature. Ce sens se perfectionne par l’habitude, mais ne se crée pas là où il manque.
- Néanmoins, le savoir peut y suppléer en partie, et le pêcheur qui ne sait exactement le degré de sensibilité nécessaire à employer, peut toujours espérer un honorable succès en employant la sensibilité la plus grande, là où elle ne serait peut-être pas nécessaire, en vertu de. cet adage : qui peut le plus, peut le moins.
- Pour les pêcheurs non habitués à notre méthode, la ligne « sensible » cause quelques déceptions au début. Son] emploi est en effet très différent de celui des lignes brutales ; on voit beaucoup moins bien le flotteur, qui est souvent entre deux eaux. Bref, on commence par être assez désorienté.
- Puis il y a la touche ! La touche si chère au « fort ferreur »! La touche... n’existe pas dans,les lignes sensibles ! !
- Nous dirons même que le meilleur critérium du degré de perfection d’une ligne sensible, est le fait "que le poisson l’emporte sans produire la petite touche saccadée classique.
- Qu’est-ce en effet que la « touche classique » ?
- C’est le résultat d’une secousse que le poisson donne à l’amorce pour la détacher du lien qu’il sent la retenir.
- Quand la ligne est assez sensible, il ne sent pas l’amorce retenue, et continue à évoluer normalement, en entraînant la ligne avec lui sans s’en rendre compte, et par conséquent sans secousses. Alors notre pêcheur voit le flotteur descendre lentement, la ligne semble être arrêtée par le frottement
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- 174 ~LE CHANGEMENT DE VITESSE ÉLECTRIQUE “ COTAL”
- sur le fond ; il tire un peu pour remonter son Jtlot-teur, et sent... un poisson qu’il n’avait pas vu mordre !
- Il nous faut donc ici une manipulation toute différente de l’ancienne; on ne ferre plus sur la touche, mais simplement quand on s’aperçoit que la ligne est entraînée. Le pêcheur, habitué avec la ligne brutale à ferrer du tac au tac, n’a plus besoin ici de se presser. Il est même amusant, pour un pêcheur bien habitué à l’emploi de notre système,
- de dire à un compagnon de pêche « ancien modèle » : voyez, j’ai un poisson à ma ligne. Sur quoi l’interpellé s’écrie : ferrez vite! Oh, j’ai le temps; tenez: une, deux, trois, et le voilà ! Etonnement de l’ami ; on lui explique ; avec le temps, l’exemple, la constatation des résultats obtenus, il finit par s’intéresser et comprendre. Finalement le procédé nouveau compte un adepte de plus.
- L. Matout.
- Assistant au Muséum.
- LE CHANGEMENT DE VITESSE ÉLECTRIQUE “ COTAL ”
- Le bon lonctionnement et le parfait entretien du changement de vitesse dans une voiture est une garantie de sa conduite facile. Le passage d’une vitesse à une autre est malgré tout délicat et ce n’est qu’avec uue grande pratique que l’on peut acquérir la virtuosité nécessaire, afm de ne pas faire grincer par trop les dents des engrenages.
- Si nous examinons le fonctionnement des changements de vitesse habituellement employés, nous constatons que, même avec une manoeuvre parfaitement conduite, il se produit inévitablement un temps d’arrêt au moment du passage des vitesses. Si le conducteur est sûr- de lui et s’il actionne le levier de changement de vitesse au moment précis, ce temps d’arrêt est très réduit, mais il existe quand même pendant le temps où le moteur se trouve isolé du mécanisme. Fatalement, la voiture perd un peu de son élan.
- On constate ce fait fréquemment dans une rampe : quand on passe de la prise directe à la vitesse immédiatement inférieure, il arrive que le temps d’arrêt dont nous venons de parler a un effet parfois suffisant pour qu’on se trouve forcé de descendre encore d’un échelon dans la gamme des vitesses, une fois que les balladeurs se trouvent placés sur la vitesse voulue.
- Un changement de vitesse qui permet le passage rapide d’une vitesse à une autre, avec une suppression du temps d’arrêt ou du moins avec le temps d’arrêt minimum, donnera toute satisfaction, si par contre il n’exige pas une trop grande virtuosité de la part du conducteur, afm que son emploi puisse être accessible au plus grand nombre.
- Le changement de vitesse idéal est donc celui où la commande peut se faire sans effort et sans grande précision pour l’appréciation des vitesses, au moment du passage d’une vitesse à une autre.
- Avecdes trains d’engrenages épicycloïdaux toujours en prise, ces conditions se trouvent en partie résolues, car on évite l’action souvent brutale du balla-deur, qui bute fréquemment contre les dents des engrenages. Les systèmes à satellites, très employés sur certaines voitures américaines et notamment sur les Ford, contribuent pour beaucoup à la facilité de conduite de ces voitures.
- Une boîte de vitesse à commande électrique, réalisée par un ingénieur, M. Cotai, assure une automaticité de manœuvre plus grande encore, grâce à la rapidité de transmission et d’action du courant électrique.
- Sur la figure schématique de cet appareil, on distingue quatre pignons planétaires, qui ont le même axe que les arbres moteur et récepteur.
- Le premier pignon à gauche est solidaire de l’arbre à entraîner et les trois autres pignons sont solidaires de manchons superposés les uns aux autres. Ces manchons entourent l’arbre à entraîner et peuvent tourner indépendamment autour de leur axe.
- Sur chacun des manchons est fixé un plateau en acier doux (il se voit à droite dans le schéma) qui fait partie de l’armature d’un électro-aimant annulaire. Les trois électro-aimants ainsi constitués sont concentriques au carter et peuvent recevoir de légers déplacements suivant leur axe; des vis de réglage, montées dans des colonnettes, donnent la possibilité de régler, de l’extérieur, l’entrefer de chaque électro et de son armature.
- Le plateau du milieu peut recevoir un léger déplacement et se trouver rappelé en arrière par des ressorts, de façon à servir d’armature pour l’électro, qui se trouve à gauche de lui sur le schéma, et qui s’appelle électro tournant.
- La distribution du courant à l’électro voulu se fait au moyen d’un frotteur, qui est commandé, à partir du volant de direction, par un système de renvois et de leviers actionné par une'manette de changement de vitesse. Le courant électrique, qui provient de la batterie d’accumulateurs de 12 volts en service sur la voiture, est amené à une borne qui communique avec le frotteur, lequel suivant sa position alimente tel ou tel électro. L’électro tournant est alimenté par le dernier plot duquel part un câble isolé, aboutissant-à un balai qui frotte sur une bague collectrice, reliée elle-même au bobinage par un conducteur rayonnant.
- Trois séries de pignons satellites, solidaires entre eux et tournant sur des axes montés dans un tambour, engrènent avec les pignons planétaires. Le tambour porte des boulons qui forment tocs de tour
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- LE CHANGEMENT DE VITESSE ELECTRIQUE “ COTAL ”
- et le font entraîner un disque plat, jouant le rôle de l’organe actif d’un embrayage à plateau, car il se trouve interposé entre le volant du moteur et le plateau de pression qu’actionne la pédale du mécanisme de commande d’embrayage.
- Le passage d’une vitesse à une autre se fait en amenant le frotteur à la position voulue, sans modifier la position de la pédale d’accélérateur, ni la position de la pédale de débrayage. Etant donné qu’on obtient avec les électro-aimants un entraînement très progressif, on part du repos avec toute la dou-
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- Troisième vitesse. — On pousse le frotteur à fond, ce qui alimente l’électro tournant, lequel immobilise le plateau central. On rend ainsi solidaires les deux pignons planétaires ; tout mouvement relatif entre les engrenages est impossible. L’ensemble tourne donc d’un bloc à la vitesse du moteur : c’est la prise directe.
- Marche arrière.— Lorsque le frotteur est arrêté sur le premier plot, on envoie le courant dans l’électro de plus grand diamètre, ce qui immobilise le plateau correspondant et le planétaire de droite.
- Fig. i. ,
- Vue du changement de vitesse Cotai, le tampon de visite du carter enlevé.
- ceur désirable et on peut très bien ne jamais se servir du débrayage.
- Voici le détail du fonctionnement de l’appareil :
- A Tarrêt. — Aucun électro n’est excité, que le . mécanisme soit embrayé ou non. Le tambour n’en-traine pas l’arbre du mécanisme.
- Première vitesse. — Le frotteur est actionné et arrêté sur le deuxième plot (cas du schéma) ; l’éleetro du milieu, à droite, est excité, ce qui immobilise le plateau correspondant, ainsi que l’avant-dernier pignon planétaire à droite. L’arbre du mécanisme tourne à une vitesse réduite clans le sens marche avant.
- Deuxième vitesse. — On pousse le frotteur sur le troisième plot, ce qui alimente l’électro de droite (le plus petit). On immobilise le premier planétaire à gauche et on obtient une vitesse inférieure à celle de l’arbre du moteur, mais plus grande que la vitesse précédente.
- L’arbre du mécanisme tourne à une vitesse réduite, en sens inverse de l’arbre moteur.
- Vitesse de secours. — En cas de panne de courant, comme aucun électro ne peut être excité, on peut, de l’extérieur, au moyen d’une vis que l’on manœuvre, immobiliser l’électro choisi avec son plateau correspondant, grâce à des goupilles de solidarisation. Cette opération se fait à l’arrêt; on met ensuite le moteur en marche et on embraye.
- Suivant la vitesse en prise, la consommation d’énergie est variable, elle va généralement de 5 à 8 watts. Elle est plus faible en prise directe. Pendant cette période de fonctionnement, tout l’ensemble du mécanisme vient faire appoint de sa masse au volant du moteur et contribue à augmenter le pouvoir régulateur. Ainsi on peut, en prise directe, entraîner momentanément la voiture à vitesse réduite, en évitant dès lors le passage trop fréquent aux vitesses inférieures.
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- 176 .... LE CHANGEMENT DE VITESSE ÉLECTRIQUE “ COTAL ”
- Le graissage du mécanisme est assuré par l’huile qui remplit le carter.
- On voit donc que la manœuvre des vitesses se fait avec une seule manette, le passage est instantané, sans temps d’arrêt et sans déplacements de dents d’engrenages.
- La manette est placée devant un secteur fixé ou non au volant de direction, sa manœuvre se fait
- diate à la vitesse qui correspond au profil de la descente parcourue.
- Le véhicule automobile jouit alors du maximum de souplesse, et de confort, la marche est silencieuse, même si le conducteur n’est pas très familier avec le passage des vitesses et avec la manœuvre de l’embrayage. La conduite de la voiture est donc grandement simplifiée et l’actionnement des organes
- Fig. 2. — Dispositif schématique du changement de vitesse Cotai.
- sans précaution et l’on peut adapter à chaque instant le mécanisme à la route parcourue et aux efforts demandés au. moteur. Chaque électro est établi et calculé pour l’effort tangentiel qu’il doit assurer, un seul électro se trouvant excité pour une vitesse déterminée.
- L'appareil Cotai contribue à simplifier encore la voiture moderne, qui a déjà perdu beaucoup d’organes apparents des conceptions primitives ; il permet de supprimer le levier des vitesses et de le remplacer par une manette; il élimine au besoin l’embrayage mécanique. Il rend agréable le freinage par le moteur, car il facilite la mise immé-
- de manœuvre demande une moins grande dépense de force, une attention moins soutenue.
- Un changement de vitesse de ce genre s’applique par conséquent d’une façon merveilleuse, en particulier sur des voitures devant être conduites par des mains féminines. On peut d’ailleurs se rendre compte que le nombre de ces véhicules : voitures légères, petites Citroën, Renault 6 ch, petites Mathis ou même voitures véritables et puissantes, où l’on voit une femme au volant, s’augmente constamment de jour en jour. Constatons aussi que le pourcentage d’accidents ne suit aucunement cette charmante progression. E. Weiss.
- Le Gérant : P. Massok. — Imprimerie Laiiure, 9, rue dé Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE — N6 2633 ......... — - —.—- 20 SEPTEMBRE 1924
- -LES MULETTES PERLIÈRES DES EAUX DOUCES
- Une perle fine pailletée d’or.
- Fig. i. — Un campement de pêcheurs de perles du Mississipi.
- Les perles fines marines naturelles ont fait parler beaucoup d’elles dans ces temps derniers, Surtout à cause de la concurrence qui leur a été suscitée par l’importation considérable des perles factices Japonaises. Les polémiques relatives à cette question ont détourné l’attention des coquillages perliers ou nacriers des eaux douces. Leur renommée a pourtant été grande, principalement dans l’antiqùité, puisqu’on est allé jusqu’à prétendre que Jules César avait entrepris la conquête de la Grande Bretagne parce que ce pays produisait des perles lort appréciées des Romains. De Soto rapporte qu’en Amérique, avant l’arrivée des Espagnols, les indigènes de la Floride étaient littéralement couverts de perles pêchées dans les rivières. C’est par monceaux qu’on en a retrouvées, malheureusement fort altérées, dans les monuments étranges des habitants primitifs désignés sous le nom de Mounts Biiilders.
- Puis, pendant des siècles, ces perles sont restées sans intérêt pour les nouveaux occupants, préoccupés par des besoins plus' pressants que celui du luxe et delà parure. On a raconté qu’un Français passant, il y a quelques années, dans un village, vit des enfants qui jouaient avec de singulières billes, qu’il acheta à vil prix pour les porter à un joaillier de New-York. Bientôt après, éclatait sur les bords du Mississipi et de l’Ohio la fameuse- « pearl feaver », la fièvre des perles. Elle n’est pas sans analogie avec la fièvre de l’or qui avait, avec tant d’intensité, sévi dans une autre partie de ce même pays : la popula-
- tion de villages entiers abandonna la culture pour la pêche des moules perlières.
- Malgré les ravages causés par cette pêche intensive, on aurait encore l’année dernière (*) retiré des eaux de Mississipi, de Black River et deWhite River dans l’Arkansas des perles d’une valeur totale de 15 millions de dollars. Pour remédier à l’épuisement des ressources naturelles, le gouvernement encourage sérieusement l’acclimatation des précieux coquillages perliers et nacriers de diverses provenances : en conséquence, des parcs de culture ont été installés sur une étendue de 550 milles le long du Mississipi. Les perles les plus précieuses ont été trouvées dans Black River : l’une d’elles, pesant 105 grains, fut vendue 25000 dollars et une autre de 68 grains atteignit le prix de 15 000 dollars.
- Les perles américaines sont recherchées surtout à cause de leurs brillantes couleurs, de la grande variété et de la délicatesse de leurs nuances qui permettent d’en faire des parures originales d’une grande richesse et du plus bel effet. La nacre des moules perlières américaine est très appréciée pour les besoins de diverses industries.
- Les perles des Mulettes ou moules des eaux douces d’Europe sont parfois colorées en rouge ; elles peuvent être brunes, azurées ou pourprées, mais elles n’ont de valeur commerciale que si elles sont parfaitement blanches, pourvues d’un joli orient et d’une belle eau. wSous ce rapport, elles peuvent quelquefois rivaliser avec les perles marines*’ de belle qualité et ne sont pas, quoiqu’on en ait dit, plus sujettes à mourir que ces dernières. En général, elles leur sont inférieures, surtout par la taille maxima qu’elles peuvent at-
- 1. Y. Le xx." Siècle,-Bruxelles, 24 février 1924.
- 62' Année. — Q' Semestre-
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- LES MULETTES PERLIERES DES EAUX DOUCES
- Fig. 3. — a) Valves d’Unio sinuata montrant le sillon stigmatique perlier; b) Coquilles d’Unio sinuata trépanées pour en extraire des boutons de nacre; c) Perles de PUnio sinuata et boutons de sa nacre.
- teindre: Elles ont été l’objet d’un commerce important, principalement en Saxe, en Bavière, où la pêche des mulettes perlières a été sévèrement réglementée : on a même pratiqué l’élevage ainsi que dans le Luxembourg. En France, il y a un quart de siècle, on avait même essayé la production forcée des perles dans la Vidange, aux rives si pittoresques, qui se jette dans l’Ailier.
- Les Mulettes perlières appartiennent, presque exclusivement, aux deux genres Margarilana et Unio. Ce dernier renferme un grand nombre d’espèces, difficiles à fixer, parce que perlifères dans certaines localités, elles cessent de l’être dans d’autres. On en trouve dans les régions les plus diverses de l’Europe : l’Angleterre, l’Ecosse, l’Allemagne, la Pologne en ont fourni beaucoup et de fort belles au commerce. La plus parfaite que j’aie vue venait d’Arkangel et avait été pêchée dans un des affluents de la Dwina ou dans les lacs de cette région. En France, on a signalé IpM.présence dans plusieurs-départements : l’Ailier, le Cantal, la Charente, la Charente-Inférieure, les Côtes-du-Nord, la Dordogne, le Finistère, l’Ille-et-Vilaine, la Haute-Loire, la Lozère, Meurthe-et-Moselle, le Morbihan, l’Oise, le Puy-de-Dôme, la Vienne, lés Vosges.
- Dans ce dernier, les perles de la Vologne onpjoui d’une grande réputation en beauté. Celles de la Charente-Inférieure fournies par Unio Sinuata, quoique blanches, étaient moins estimées, d’un moins bel orient. La pêche de ces coquillages avait surtout pour but d’alimenter les fabriques de boutons de la région. Mais depuis* longtemps l’industrie française est devenue malheureusement tributaire de l’étranger pour la nacre, comme elle l’est, en ce moment, pour les perles factices japonaises, alors que nos possessions océaniennes de Taïti, de la Nouvelle-Calédonie, et Madagascar produisent en abondance de la nacre et des perles fines naturelles. La production de ces dernières aurait pu être considérablement accrue si, au lieu de combattre mes efforts, dans la crainte d’une surproduction, ont les avait plus efficacement secondés. Qu’il me soit permis de rappeler incidemment que j’ai, le 19 octobre 1905, apporté à Paris des mères-perles, des pintadines ou huîtres perlières marines vivantes : Elles venaient des côtes, de Provence où je les avais cultivées et elles renfermaient chacune une ou plusieurs petites perles fines d’un orient irréprochable, obtenues par production naturelle forcée, intensive, dans les conditions où prennent naissance les perles du Mytilus Gallo-provincialis parasitées par le Melacercaria (gymnopliallus) Duboisi B. Dolfus. Mes perles restaient malheureusement petites dans nos eaux relativement fraîches, mais il est très vraisemblable qu’il en eût été autrement, s'il m’avait été permis d’expérimenter dans des eaux plus chaudes. C’eût été le meilleur moyen pour éviter l’exportation considérable de notre franc au Japon en échange de perles factices. D’ailleurs rien n’eût empêché de pratiquer concurremment le genre d’industrie des japonais.
- Comme je l’ai montré ('), celle-ci n’a-été, au début, que le perfectionnement du procédé imaginé, dit-
- 1. V. Contribution à l'étude des perles fines, de la Nacre et des animaux qui 'les produisent. Chez J.-B. Baillière et fils, Paris, 1909.
- Fig. 4. — Coquilles de l’Anodonte géante de Chine renfermant des perles factices et de petites figurines de Bouddha recouvertes de nacre.
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- LES MULETTES PERLIÈRES DES EAUX DOUCES
- on, il y a plus de deux mille ans par les Chinois, consistant à introduire, entre la coquille et la membrane coquillière, des boulettes d’argile durcie ou de nacre que l’on retire quand elles ont été recouvertes d’une couche suffisante de nacre sécrétée par le manteau. Quant au nouveau procédé de la greffe épithéliale, il a été manifestement inspiré par nos recherches sur la formation du sac-perlier, sa nature et son fonctionnement (*). Le procédé de la greffe exige cinq années pour obtenir une perle marchande et a le grave inconvénient d’exiger des manipulations délicates, que l’on éviterait par le procédé naturel, dontj’ai montré les résultat s expérimentaux, en 1903.
- Il n’est pas hors de propos de rappeler que c’est un coquillage perlier des eaux douces, i’Anodonte géante Dipsas plicatus, dont se servent les Chinois, précurseurs des Japonais, pour l’obten!ion des perles factices. C’est aussi un coquillage perlier des eaux douces, Anodonta Cygnea qui a été pour de Filippi le point de départ de la théorie parasitaire de la mar-garitose ou maladie de la perle, pressentie dès 1558 par Rondelet qui la comparaît à la ladrerie du porc.
- C’est dans le domaine royal de Racconigi, près de Turin, que de Filippi avait fait des recherches que je désirais continuer. Le Roi, intéressé par la découverte du savant italien, me fit l’insigne honneur de se faire le 19 septembre 1901 mon collaborateur. Une Anodonte, ouverte par moi devant la très gracieuse Reine Hélène, ne renfermait pas moins de 25 jolies petites perles diversement colorées, irrégulières, mais présentant seulement une valeur scientifique (2).
- 1. Y. Loc. cit.
- 2. Nota. Les parasites, provoquant par leur ènkysterri ent calvaire la-formation de perles, sont de plusieurs natures ; ce sont le plus ordinairement des larves de vers: dans certains cas., on ne trouve, même par fois chez les Ano-doutes, aù centre du noyau de la perle, que delà substance amorphe sans trace d’organisation.
- Fig. à. — Pintadine ou mère-perle cultivée sur la côte de Provence. Au-dessous, première perle fine marine naturelle française extraite de la mère-perle ci-dessus.
- Fig. 5. — Anodonte perlière du Domaine- Royal de Racconigi près de Turin.
- Les moules d’eaux douces ont donc contribué pour une large part avec les. moules marines (*) à la connaissance de la margaritose, dont l’étude, d’ailleurs, n’est pas encore achevée et présente, sous certains rapports, un intérêt biologique considérable, puisque c’est aussi par son procédé d’enkyslement calcaire que l’organisme humain parvient parfois à triompher du terrible microbe de la tuberculose (?).
- Le commerce des perles d’eaux douces, jadis assez prospère en Europe, a presque complètement disparu, en grande partie, par suite de la pêche intensive des mulettes non réglementée, en France surtout. Vers 1904, en une seule année, il a été pêché dans la Lozère 30 000 mulettes destinées à la pisciculture et à l’élevage des canards, vendues à raison de 15 francs le mille. L’Unio sinuata, pêché dans la Charente et l’Adour pour la fabrication des boutons, a presque complètement disparu. Autre part la dépopulation a été causée par la pollution des eaux due aux usines installées sur le cours d’eau, par le chlorure de chaux et la dynamite employés par les braconniers pour la pêche des truites. Lés'écrevisses ont, en beaucoup d’endroits, subi le sort des mulettes. Malgré la concurrence des perles américaines et des perles factices marines, on peut se demander s’il n’y aurait pas avantagea entreprendre l’acclimatation de certaines espèces de mulettes américaines dans plusieurs de nos fleuves et de nos lacs faciles à protéger contre les causes ordinaires de dévastation, aussi bien pour la nacre que pour la perle. On pourrait même y tenter la production naturelle intensive,
- 1. Y. Loc. cit.
- 2. V. C. R. de la Séance du 10 décembre 1923.
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- 180 FABRICATION DES ALLUMETTES DANS LES MANUFACTURES DE L'ÉTAT
- ou même la production factice des perles avec des chances de succès.
- Au cours de mes recherches sur les perles des eaux douces du Plateau central, dans la région de la Margeride, j’ai eu l’occasion de faire une curieuse observation, qui a fait l’objet d’une note récente à l’Académie des Sciences (1).
- Dans un des nombreux cours d’eau qui finalement vont se jeter dans l’Ailier, j’ai pêché une mulette présentant le sillon transversal stigmatique indiquant ordinairement la présence d’une perle. Effectivement, en l'ouvrant, je vis quelle renfermait dans une des lèvres du manteau près du bord marginal de la coquille, à l’extrémité du sillon stigmatique, une perle ovoïde, d’un assez bel orient et de couleur légèrement pourprée. Elle pesait 0,40 centigrammes et son plus grand diamètre était de 0,007 millimètres.
- En l’examinant à la loupe on pouvait constater vers sa partie moyenne l’existence d’un point très brillant de couleur jaune donnant l’impression d’une paillette d’or. Cette paillette était solidement fixée
- Fig. 7-
- Pêcheurs de Mulet tes nacrières et perlières dans la Charente.
- s’assurer qu’il s’agissait bien d’une paillette d’or, il fallut l’extraire. Cette opération fut pratiquée par M. Ravaud, orfèvre, expert en perles et Président du Tribunal de Commerce de Toulon, qui constata que c’était bien réellement une paillette d’or. Pour se fixer dans la perle, il avait fallu, de toute nécessité, qu’elle traversât le sac perlier, par un mécanisme que nous ignorons, mais qui a du être facilité parla situation de la perle sur le bord marginal d’un des feuillets du manteau. Quant à l’origine de la paillette d’or,
- Fig. 8. — Unio montrant à la partie inférieure du manteau, à gauche, une perle enfermée dans son sac perlier.
- au fond d’un petit sillon oblique intéressant les premières couches concentriques de la perle. Pour
- 1. Y. Raphaël Dubois : Sur le traitement de la tuberculose par les 'înicroorgauismss marins. C. R. de l’Ac. des Sciences, Séance du 17 mars 1913 et ibid. Sur un microcoquc des concrétions calcaires d’origine tuberculeuse, Séance du 21 avril 1913.
- elle n’a rien de surprenant, car le ruisseau où vivait cette mulelte aurifère était encaissé entre deux rives, l’une formée de basalte et l’autre de granit et l’on sait que les sables d’érosion du plateau central ont été exploités, principalement [par les .Gaulois et par les Romains, pour la récolte de l’or.
- PlAHIAIiL DlJliOIS.
- LA FABRICATION DES ALLUMETTES DANS LES MANUFACTURES
- DE L’ÉTAT FRANÇAIS
- La dernière Chambre des Députés avait, on s’en souvient, voté la suppression du monopole des allumettes. Mais celui-ci, un moment défunt, est revenu à la vie et la nouvelle Chambre s’est empressée de défaire, sur ce point, l’œuvre pour-
- tant bien timide de la précédente législature. Le moment est donc favorable pour visiter nos vieilles manufactures nationales, qui succédèrent aux établissements créés en 1872 par une société anonyme adjudicataire du monopole des allumettes
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- FABRICATION DES ALLUMETTES DANS LES MANUFACTURES DE L'ÉTAT 181
- chimiques en France et qu’administre depuis 1890 une direction du ministère des finances (*).
- Actuellement, l’Etat français vend 7 catégories d’allumettes :
- 1° Les allumettes soufrées au sesquisulfure de phosphore (grande et petite section) ;
- 2° Les allumettes soufrées amorphes ;
- 3° Les allumettes paraffinées dites suédoises ;
- 4° Les allumettes-tisons;
- 5° Les allumettes connues sous le nom de Naïades ;
- 6° Les allumettes dites Jupiter ;
- 7° Les allumettes en cire appelées communément Bougies.
- Elles se fabriquent dans six manufactures nationales situées à Aix, à Aubervilliers (avec une succursale à Pantin), à Bègles, à Marseille, à Saintines et à Trélazé. Chacune de ces usines possède à peu près sa spécialité. •
- Ainsi dans la scierie du petit village de Sain-lines qui se dresse sur la lisière de la forêt de Compiègne, on transforme surtout les troncs d’arbres en petits bouts de bois dont on enduit ultérieurement l’une des extrémités de soufre et de diverses compositions chimiques dans les autres, usines, mais on y fabrique aussi des Suédoises et des Tisons dont la majeure partie vient cependant d’Aubervilliers. Les Naïades et les Jupiter sortent exclusivement de cette dernière manufacture tandis
- 1. Voir Les nouvelles machines à allumettes, La Nature, n° 1645 (5 décembre 1904), 1-2 et notre article La guerre nous privera-t-elle d’allumettes ? La Nature, m 2285 (14 • juillet 1917), 24-8.
- Fvg. 2. — Les trancheusesi-
- Ces jsortes [de massicots sont munis de couteaux, qui s'abaissent et se relèvent tour à tour, rognant d’un seul coup les piles de feuilles ligneuses.
- Fig. i. — Atelier de déroulage à la Manufacture * nationale d’Aubervilliers
- Les billes de bois, serrées entre les mâchoires des dérouleuses, se transforment en un long ruban ayant l’épaisseur des futures tiges d’allumettes.
- que les allumeLtes bougies se font uniquement à Marseille.
- Examinons maintenant les opératious successives qui permettent de transformer un tronc d’arbre en tiges d’allumettes chimiques (soufrées au phosphore, soufrées amorphes, paraffinées dites suédoises, Tisons ou Naïades). Nous verrons plus loin que la préparation du support en bois des Jupiter s’effectue de façon un peu différente.
- A défaut du tremble de Russie, que nos manufactures ne peuvent plus se procurer, elles débitent des peupliers/ On commence par écorcer mécaniquement les troncs, puis on les scie en morceaux longs de 80 cm à 1 m. 20. On met ensuite ces billes entre les mâchoires des dérouleuses (fig. 1) qui les partagent en un long ruban ayant l’épaisseur de la future tige d’allumette. La pièce de bois, fixée par ses deux extrémités, tourne assez lentement entraînée par la machine. Au cours de cette rotation elle rencontre l’arête d’une lame tranchante qui, parallèle (à son axe, enlève sur sa circonférence un copeau continu. L’ouvrier arrête la dérouleuse quand il arrive au cœur de la bûche, trop cassant pour les manipulations ultérieures.
- Après quoi les rubans de bois sont empilés, les uns sur les autres, sur des tables, puis poussés sous des tmn-cheuses (fig. 2). Ces sortes de massicots sont munis de couteaux* qui, disposés en croix, s’abaissent et se relèvent tour à tour, rognant d’un seul coup les piles de feuilles ligneuses qu’on leur présente. Au sortir des trancheuses les rubans débités en tiges de longueur, de largeur et
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- 182 FABRICATION DES ALLUMETTES DANS LES MANUFACTURES DE L’ÉTAT
- jtl’épaisseur voulues, tombent dans des caisses à fond grillagé. Mais pour pouvoir déroulerJes billes convenablement, il faut que le bois ait été abattu depuis peu et que par conséquent ses fibres renferment de l’humidité, aussi les petits bâtonnets sortent-ils des drancheuses mouillés et mêlés à des déchets. On doit ;donc les sécher, puis les nettoyer. Les ouvriers jportent.les caisses remplies de tiges dans des étuves i(fig. 5) où elles se ressuient. Une fois sèches, les tiges sont déversées en tas sur le plancher de la salle et poussées à la fourche vers des goulottes inclinées, qui les amènent à l’étage inférieur dans l’atelier des éyaliseuses (tig. 4). Là, elles passent successivement dans des sortes de blutoirs et de tamis mécaniques à trépidation qui, après les avoir débarrassées des déchets de sciure, les alignent sur des plateaux. Des ouvrières s’emparent alors des tiges qu’elles rangent dans des caisses pour les porter aux machines Cahen-Sevène (fîg. 5) dont les remarquables rouages transforment automatiquement les minuscules baguettes de peuplier ou de bouleau en allumettes soufrées (au sesquisulfure de phosphore et amorphes), paraffinées (suédoises et naïades) et les emboîtent même.
- Nous insisterons peu sur cette « allumettière mécanique » qui n’a subi que des perfectionnements de détail depuis son invention. Contentons-nous d’en rappeler le fonctionnement.
- Une ouvrière qu’on aperçoit sur notre photographie (fig. 5) entre les deux premières travées du bâti de la machine, alimente le monstre de tiges de bois blanc, tandis qu’un homme veille à ce que le soufre et la pâte phosphorée ne manquent pas dans les chaudières. Enfin, à l’autre extrémité' de la machine, une seconde femme met les boîtes dans une sorte d’entonnoir ; une de ses compagnes, assise en face d’elle, recevra tout à l'heure ces boîtes toutes garnies d’allumettes et n’aura plus qu’à les empiler dans une grande caisse ayant deux côtés ouverts et qu’on dirigera vers l’atelier de gratinage. Une série de plaquettes d'acier, larges de 5 cm., longues de 1 m. 20 et dans lesquelles se trouvent percées cinq rangées de trous équidistants, constituent l’organe essentiel, appelé « presse », qui supporte les allumettes durant le cours de leurs pérégrinations. Une chaîne Galle sans fin, dont l’entraînement ' par des cliquetis assure et régularise la marche, relie entre elles l’ensemble des plaquettes. Chaque rangée comporte 110 trous qui fournissent à volonté une boîte de 100 allumettes ou deux de 50. L’expérience a montré effectivement la nécessité d’ajouter quelques orifices supplémentaires afin de remplacer les manquants; Les trous sont circulaires et d’un diamètre (2 mm) sensiblement égal au côté du carré formé par la section d’une allumette. En sorte que-les. petites tiges s’encastrent solidement dans les trous.
- Ceci posé, voyons la presse en action. Sous les trépidations imprimées à la machine, les petits bâtonnets tombent dans les rainures ménagées dans
- une table horizontale en fonte, dont les expulse, à chaque seconde, une rangée correspondante de poinçons destinés à lës amener dans un chariot-transporteur. Cette pièce se compose d’une tablette de fonte, animée d’un mouvement de va-et-vient, et dans laquelle se trouvent creusées 110 rainures disposées en face de celles précédemment signalées. Quand le chariot garni de tiges s’avance horizontalement vers la presse verticale, un couteau se relève à l’arrière des rigoles et empêche Jes morceaux de bois de rèculer. Comme la largeur de la tablette métallique est inférieure à la longueur des tiges, celles-ci débordent en avant et lorsqu’elles rencontrent les orifices de la presse, elles s’y enfoncent et y restent fixées, lors du recul du chariot. Toutefois, la pression élevée que nécessite cet enfoncement occasionnerait des ruptures si une pièce de fonte horizontale en arasant le haut des rainures ne s’opposait à la flexion.
- Assistons maintenant au soufrage et au chimicage des bâtonnets. Ils plongent d’abord par leur extrémité libre soit dans un bain de paraffine, soit dans une solution de soufre. Un rouleau trempeur, garni de pâte par sa rotation dans un réservoir, les attend ensuite. Elles sèchent pendant le parcours qui les amène au dégarnissage. Pour obtenir l’expulsion des allumettes engagées ’ dans les trous de la presse, il s’agissait de faire pénétrer avec précision dans ces minuscules orifices autant de poinçons expulseurs mesurant à peine 2 mm de longueur. MM. Cahen et Sevène sont arrivés à résoudre le problème en munissant le banc des poinçons dégarnisseurs de ressorls très flexibles qui lui permettent de suivre la plaquette dans son mouvement, comme le ferait la main d’une- personne. L’adaptation se produit alors sans le moindre heurt. Les allumettes tombent par groupes de cinq dans les alvéoles d’où les expulse un jeu de pistons qui les pousse dans les boîtes. Celles-ci ouvertes mécaniquement pour les recevoir, se remplissent en passant devant le garnissage et se referment aussi d’une manière automatique. Le machinisme, effectue donc toutes les opérations jusqu’à l’emboîtage, La main humaine intervient seulement pour fournir les matières premières à la machine qui, servie par trois ouvriers ou ouvrières, produit en huit heures de marche environ 40 000 boîtes de 50 allumettes.
- D’une façon générale, toutes les pâtes phospho-rées ou non, se préparent dans un laboratoire spécial. Les éléments en sont pesés et dosés soigneusement et on les malaxe dans des broyeurs automatiques que des ouvriers surveillent.
- Après les allumettes ordinaires et suédoises, passons à la fabrication des Tisons. Des hommes commencent par aligner les tiges de bois dans un « bateau » ou forme carrée qu’ils disposent à la partie supérieure d’une presse spéciale destinée à les classer et à les isoler dans un cadre de fer. Ces châssis, chargés de bâtonnets régulièrement espacés,
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- DANS LES MANUFACTURES DE L’ÉTAT 183
- Fig. 3. — Étuves de séchage des tiges d’allumettes.
- Au sortir des étuves, les tiges séchées sont déversées en tas sur le plancher de la salle et poussées à la fourche vers des goulottes inclinées qui les amènent aux égaliseuses sises à l’étage inférieur.
- FABRICATION DES ALLUMETTES
- arrivent alors au chimicage. D’autre part, un ouvrier étend au préalable la pâte chloratée de manière uniforme sur une plaque métallique chauffée. Puis il appuie sur cette dernière l’extrémité des tiges qui garnissent les châssis et il doit donner un coup de main très précis de façon à obtenir un bouton d'inflammation assez gros. Après quoi il met chacun des châssis garnis d’allumettes sur des chariots de fer qu’un de ses compagnons roule jusqu’aux étuves où leur séchage s’opère sous la double action d’une énergique ventilation et d’un chauffage à circulation de vapeur. Des séchoirs, les allumettes-tisons passent à un second trempage, puis après une nouvelle dessiccation, elles arrivent à l’atelier d’emboîtage. Là, des ouvrières, assises devant une table, disposent verticalement à côté d’elles les châssis-presse garnis, et après les avoir desserrés, elles enlèvent d’un seul coup, entre le pouce et l’index, les allumettes d’une rangée, les disposent en petits tas sur la table et les mettent ensuite dans les boîtes. Cette manipulation ne peut s’exécuter à la machine, vu l’inflammabilité des Tisons. *
- Quant aux Naïades, de fabrication récente et encore peu répandues, elles diffèrent seulement des allumettes chimiques ordinaires suédoises par la composition de leur pâte, qui leur permet de supporter l’humidité sans inconvénients. A la manufacture de Pantin, la préparation de cette pâte s’effectue en deux temps. On commence d’abord par broyer ensemble du chlorate, de la résorcine et de la lessive de soude, puis, d’autre part, du
- bioxyde de manganèse, du phosphore et du formol. On réunit ensuite ces deux mélanges, finement pulvérisés et après trituration à la spatule, le magma s’emploie suivant les procédés ordinaires. Les allumettes confectionnées avec la pâte ainsi réalisée et que la Régie vend sous le nom de Naïades prennent sans difficulté, même après un assez long séjour dans l’eau douce ou l’eau de mer. 11 suffit d’essuyer les tiges avant usage ou simplement de les laisser sécher à l’air. Enfin l’ingénieur René Dubrisay, qui a inventé les Naïades, a également découvert un frottoir insensible à l’action de. l’humidité; il a pris, pour substance agglutinante de la pâte, une solution de silicate de soude qu’il incorpore à la composition de phosphore amorphe des gratins ordinaires.
- Mais les boîtes, pour les allumettes amorphes et paraffinées doivent porter sur leurs parois latérales une pâte contre laquelle on frottera l’extrémité de l’allumette, pour en provoquer l’inflammation. Il faut donc procéder au gralinage, comme disent les techniciens. Pour cette opération, on dispose les boîtes sur une machine dont les trois rubans d’acier vont leur servir de rails. Une ouvrière pousse les files de boîtes sous des rouleaux qui les font avancer, petit à petit, sous les brosses rotatives disposées les unes au-dessus, les autres au-dessous de cette espèce de chemin de fer. Les côtés des boîtes s’enduisent alors de pâte phosphorée. Elles pénètrent ensuite automatiquement dans un couloir chauffé où elles se sèchent et arrivent finalement devant les tables des
- Fig. 4. — Égalisage et mise en plateaux des tiges.
- Les bâtonnets passent successivement dans des blutoirs et des tamis mécaniques à trépidations qui les alignent sur des plateaux ; des ouvrières rangent ensuite ces tiges dans des caisses:
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- empaqueteuses, qui les emballent au fur et à mesure.
- Les Jupiter, ou petites allumettes plates en pochettes, se fabriquent au moyen d’une très ingénieuse machine que M. l’ingénieur Chasseigne a mise au point et qui fonctionne depuis plusieurs années à la manufacture nationale d’Aubervilliers.
- Sans décrire cette merveilleuse fée méoanique dans tous ses détails, regardons-la effectuer sa besogne avec une impeccable précision. La vue longitudinale (fig. 6) et la photographie (6g. 7) vont
- qui la transforment en une série de peignes rectangulaires.
- Après ce découpage, le transporteur H amène les plaquettes dentelées jusqu’à l’appareil de chimi-cage B composé de deux parties symétriques, sises de chaque côté desdits peignes de bois et constituées chacune par un rouleau cannelé baignant dans une cuvette remplie de pâte chimique maintenue en fusion à l’aide d’un bain-marie. Grâce à un système compliqué de griffes à mouvements alternatifs d’abaissement, de'relèvement, d’avance et de recul,
- Fig. 5. — Machine Cahen-Sevène pour fabriquer les allumettes chimiques ordinaires. Vue montrant les opérations de garnissage, soufrage et chimicage mécaniques.
- faciliter nos explications. Les divers organes de la machine, montés sur un même socle par l’intermédiaire de divers bâtis, reçoivent leur mouvement d’un même arbre principal Y, que commande le moteur 0 par l’intermédiaire des poulies P et P'“, de la roue à vis sans fin Q et des engrenages R.
- D’autre part, dans des ateliers- voisins, des dérouleuses spéciales préparent des . bandes de bois minces de la largeur voulue, puis des hommes s’en emparent pour les teindre en rouge. Ensuite ils laissent sécher ces longs rubans ligneux' et les mettent en presse, de façon qu’ils restent bien plans. Ils portent alors ces bandes, enroulées en bobines et enduites de paraffine, à l’ouvrière qui se tient à une des extrémités de la machine. La bande s’engage en A entre les deux parties d’un outil de. fendage, puis entre une cisaille et sa côntre-lame,
- chaque cuvette, fixée sur un chariot mobile, se rapproche et s’éloigne tour à tour de la plaquette d’allumettes dont les pointés se garnissent d’une certaine quantité de pâte au moment de leur passage dans les rainures que le cylindre cannelé vient leur présenter successivement.
- Après le chimicage de leurs dents, le transporteur H pousse les peignes entre les pinces d’une chaîne sans fin C, qui les monte dans un couloir vertical où elles se sèchent et qui les redescend vers le côté opposé de la machine. A sa sortie de l’étuve de dessiccation, la plaquette d’allumettes se trouve prête pour Yempochetage.
- . Examinons à présent les divers mécanismes qui vont effectuer cette opération. Pendant que la plaquette de bois chemine tout en se découpant, en se dentelant et en se garnissant de pâte chimique à sa
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- Fig. 6. — Coupe longitudinale de la machine Chasseigne à fabriquer les nouvelles allumettes
- dites “ Jupiter '
- A, outil de fendage ; B, appareil de chimicage ; C, chaîne sans fin ; E, encodeur ; F, organes de fermeture ; II, transporteur; O, moteur ; P, P' poulies; Q, roue à vis sans fin; R, engrenage; T, bobine de carton; Y Y, arbre principal.
- pointe, le ruban de carton préalablement imprimé, gratiné, perforé, découpé et bobiné en T sur la machine se déroule, par mouvements intermittents, sur divers eyîindres et des galets de renvoi, puis il passe sous un appareil encolleur E dont la mollette, plongeant en partie dans un bassin de colle, dépose sur . le carton un mince filet de liquide aggluti-nant.
- Après encollage, la bande passe sous une cisaille qui la débite en feuilles dont la largeur égale celle des plaquettes dentelées qu’elle doit ènvelopper. Des cames, des talons et un piston s’associent pour plier successivement chacune des feuilles, insérer
- entre elles les plaquettes d’allumettes, puis les guider sur le bâti des organes de fermeture F. Les pochettes complètement garnies d’allumettes, sont amenées alors dans un couloir en arc de cercle qui les déverse petit à petit, en colonnes compactes, sur une table. Une ouvrière n’a enfin qu’à prendre ces minuscules calepins pour les grouper par paquets de 100. Une des machines Chasseigne confectionne environ 15 000 boîtes de Jupiter par jour et trois femmes suffisent pour en assurer la marche.
- Quant à la fabrication des allumettes-bougies, résumons-la en peu de mots. Des rouets mécaniques assemblent entre eux un certain nombre de fils de coton, en une longue cordelette de plusieurs kilomètres, qu’on habille ensuite en la faisant passer dans des cuves chaudes pleines de stéarine. On ajoute à celle-ci des quantités convenables de gomme et d’alun, pour donner au mélange la consistance et la blancheur nécessaires.
- L’enrobement s’effectue en quatre phases, chaque bain revêtant le cordon d’une couche de plus en plus épaisse, qu’on égalise en le forçant à passer dans des filières successives.
- Le passage à travers la dernière de celles-ci est suivi d’une douche d’eau froide, destinée à polir la stéarine.
- Ensuite, pour débiter le petit câble en tiges de quelques centimètres, on utilise à la manufacture de Marseille* la machine Muzard, qui travaille 100 cordons à la fois. Ouidés parallèlement entre deux rouleaux, tous
- Fig- 7- — Une des machines Chasseigne à fabriquer les allumettes Jupiter ”, installée à la manufacture de Panlin-Aubervilliers (côté de l’arrivée des pochettes garnies).
- Les pochettes,garnies d’allumettes “ Jupiter”, sont amenées dans un couloir en arc-de cercle, qui les déverse en colonnes compactes sur une table et l’ouvrière, assise à droite,fprend ces minuscules calepins pour les grouper par paquets dé ioo. .
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- ces brins avancent d’une manière discontinue devant le tranchant d’une lame qui les coupe d’un seul coup.
- Les tiges tombent alors sur une plaque de bois, laquelle descend automatiquement dans un châssis-presse vertical, tandis, qu’une autre plaque vient se superposer à la première, et ainsi de suite jusqu’à remplissage complet dudit châssis.
- On ferme alors ce dernier de façon à réaliser un serrage suffisant pour maintenir les tiges en presse. Enfin, le trempage des allumettes-bougies s’opère ultérieurement, à la main, d’une manière à peu près analogue à celui des tisons.
- Peu avant la guerre, M. Carvallo, directeur de la manufacture de Marseille, a apporté d’utiles perfectionnements à l’appareil Muzard, pour faciliter la mise en presses. Entre autres modifications, dans la nouvelle machine, l’introduction de la plaquette garnie d’allumettes s’obtient à l’aide d’une paire de petites mains animées d’un mouvement qui rappelle celui de l’instrument servant à vérifier les paquets de tabac scaferlati. En outre, grâce à des galets qui roulent sur un rail en fer porté par le bâti, les chariots porte-plaquettes s’enlèvent sans difficulté et étant parfaitement équilibrés, se manœuvrent aisément à bras à la montée comme à la’ descente.
- Terminons cette courte étude par quelques considérations économiques. Voici d’abord les derniers chiffres relatifs à la fabrication des différentes sortes d’allumettes.
- Le personnel ouvrier de nos six manufactures
- nationales comprend actuellement 548 hommes et i 273 femmes. Mais malgré la haute valeur technique des ingénieurs qui les dirigent, le matériel démodé ou usé de plusieurs d’entre elles et la mauvaise gestion étatiste y rendent le prix de revient des allumettes beaucoup plus cher que celui des catégories correspondantes importées de Suède ou du Japon.
- Leur vente a pourtant rapporté à l’Etat français un bénéfice net de 72 millions de francs en 1922, d’après les chiffres fournis au Sénat par le Ministre des Finances.
- Voici, pour conclure, la statistique détaillée de l’année 1923. Jacques Boyer.
- Statistique des allumettes fabriquées par les six manufactures de l’État français en 1923.
- Allumettes soufrées ausesquisul-fure . de
- phosphore.
- Allumettes soufrées amorphe?.
- Allumettes
- paraffinées.
- ! Grande section (en paquets de 500) .... — (en boîtes-cou-
- lisse par 100). Petite section (en paquets de 500) .... — (en boîtes-cou-
- lisse par 50).
- \ Boîtes-coulisse (de 50) . . . } Portefeuille................
- ( Swe7ftnses(enpaquefsde500).
- \ En boîtes de 250............
- ( — de 60..................
- Allumettes Naïades.....................
- Allumettes Jupiter.......................
- Allumettes Tison . ....................
- Allumettes ( Dites 5 minutes...........
- en cire. ( En boîtes tabatières . . .
- 5.798.500.000 10.119.500.000 3.871.650.000
- 4.914.600.000
- 2.926.275.000
- 15.091.530.000
- 34.000.000 174.250.000 9.120.Q00 155.525.000 136.472.000 6Î8.560.000 7.096.000 204.352.000
- LA NOTION DE TEMPS ET LA PHYSIQUE
- Les théories de la relativité ont soulevé en ces derniers temps bien des discussions souvent passionnées, et fait couler beaucoup d'encre. En dépit, ou peut-être par suite de Vabondance des qmblica-tions faites sur ce sujet, les esprits éclairés, mais non spécialistes, attirés par une question dont ils sentent toute l'importance philosophique et scientifique, restent quelque peu interdits et désorientés, en présence de doctrines dont les points de départ et d'arrivée leur paraissent fort obscurs.
- Un mathématicien éminent belge M. Ch. de La Vallée Poussin, de l'Académie Royale de Belgique, dans un discours prononcé récemment devant celte Académie et intitulé « Le temps et la relativité restreinte )ï a dégagé, avec une admirable clarté, l'essence même de la théorie de la relativité restreinte; M. Ch. de La Vallée Poussin a bien voulu nous autoriser à publier ici ce discours. Nous lui en exprimons notice reconnaissance. Nos lecteurs en trouveront ci-dessous la première partie consacrée à l’analyse de la notion de temps.
- 4. — Appréciations divergentes sur la Relativité.
- Peu d’hommes assurément, parmi ceux qui s’adonnent aux sciences abstraites, ont eu la singulière fortune d’entendre autant de bruit s’élever autour de leur nom que le professeur Albert Einstein. C’est qu’Einstein, physicien et mathématicien d’une profonde originalité, est le principal auteur de laihéorie de la Relativité.
- D’après ses admirateurs passionnés, cette théorie apporte dans notre connaissance de l’Univers une révolution plus considérable que celle réalisée par Newton ; elle ramène au même principe toutes les théories physiques, celles de la lumière, de l’électro-magnétisme et de la gravitation : ainsi elle parfait la science dans une unité définitive. Avec le principe d’équivalence, elle jette sur la nature des choses et sur les chemins ouverts au progrès dès perspectives si vastes et si merveilleuses que l’esprit qui les entrevoit pour la première fois en est ébloui et comme confondu.
- Par contre, les adversaires des einsteiniens ne Il peuvent cacher leur défiance, sinon leur indignation.
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- Certains métaphysiciens s’émeuvent et interviennent sans bienveillance. Ils veulent bien accorder aux doctrines mathématiques d’Einstein le tribut d’admiration dédaigneuse que l’on doit aux choses que l’on rie comprend point, mais ils protestent véhémentement contre l'introduction de la mathématique, a science inférieure », dans le domaine inviolable de la philosophie. Ils prennent la défense du bon sens outragé; ils réclament contre des paradoxes qui méconnaissent, à ce qu’ils prétendent; les principes les plus évidents du sens commun, ou nient les résultats les mieux confirmés par l’expérience de chaque jour.
- Est-il vrai, demandent-ils, que l’espace et le temps ne puissent se distinguer l’un de l’autre et que, seul, leur amalgame connu sous le nom barbare et minkowskien d'espace-temps ait une existence réelle? Est-il vrai que le boulet de Jules Verne lancé à travers le monde étoilé garde son hôte de la vieillesse? Est-il vrai qu’un message suffisamment pressé arrive avant de partir, ou qu’un simple coup d’œil jeté dans les archives de quelque monde lointain nous y fasse lire le récit déjà poudreux de notre avenir?
- Que faut-il répondre à ces questions étranges? Faudra-t-il crier au miracle ou au scandale? Quel jugement porterons-nous sur la Relativité?
- Disons-le tout de suite : L’œuvre d’Einstein s’impose à l’admiration; mais pour mériter de tels éloges, il lui manque cependant la consécration éclatante et séculaire que le temps a accordée à l’œuvre de Newton. La théorie de la relativité générale, qui est l’œuvre propre d’Einstein, se range parmi les constructions les plus séduisantes de l’esprit par son admirable cohésion logique et l'étendue de la synthèse qu’elle réalise. La plupart des mathématiciens des deux mondes en sont d’accord, mais il n’y a que les véritables méthématiciens qui soient à même d’en juger.
- C’est pourquoi nous ne parlerons pas .de la relativité générale; aussi bien, parmi les énigmes qui intriguent le public, il n’en est pas une seule qui ait été soulevée par les travaux propres d’Einstein. Elles ont leur origine dans l’expérience, en particulier dans celle de Morley-MichelsonQ), et dans les travaux de l’illustre physicien hollandais Hendrik Antoon Lorentz(2). Ces travaux remontent à la tin du siècle dernier et au début du siècle actuel, et les énigmes qu’ils soulèvent ont été discutées, depuis vingt ans, par Henri Poincaré, dans des articles célèbres réunis en volumes et devenus classiques (5).
- t. A.-A. Miciielson and E.-W. Morley, The American Journal of Sciences and Arts [3], .34 (1887), p. 533. —' Phüosophical Magazine. London. Edinburgh and Dublin [5], 24 (1887), p. 449. Ces expériences sont décrites dans tous les ouvrages sur la Relativité.
- 2. Antoon Lorentz, Electromagnelic phenomena in a System m ovin g with any velocily smaller than that of lig'.it. [Proceedings Ac. Sc. of Amsterdam, 6 (1904), p. 609.]
- 3. La Science et l'Hypothèse ; Science et Méthode. Bibliothèque de Philosophie scientifique. Paris, Ernest Flammarion. Relire dans ce dernier volume le chapitre sur la mesure du temps.
- À cetle époque, Einstein n’avait encore rien publié sur la Relativité. Il avait déjà, dit-on, beaucoup d’idées; mais s’il faut en croire son vieux maître Hurwitz, professeur à Y École fédérale de Zurich, elb s ne valaient pas toutes celle du principe de la relativité (').
- Il ne sera donc pas beaucoup parlé d’Einstein dans ce discours. Mon ambition est plus modeste et je m’en tiendrai à la Relativité restreinte, qui ne doit à Einstein que la forme définitive sous laquelle nous en parlerons (2). Je voudrais vous montrer que cetle théorie relève de l’expérience et non du bon sens que l’on invoque contre elle ; qu’elle touche beaucoup moins à la métaphysique qu’on ne le prétend parfois. Elle n’y confine guère qu’en posant la question suivante : que faut-il entendre par la simultanéité de deux événements qui ont lieu sur des théâtres différents? Suivant que cette simultanéité est un absolu (accessible bien entendu au physicien) ou qu’elle dépend.d’une convention, il y a un temps cosmique absolu ou il n’y en a pas. Dans le premier cas, la théorie de la relativité est indéfendable; dans le second, on peut admettre des temps multiples et il n’y a pas d’objection de principe contre cette théorie.
- Pour éclaircir cette question, il convient, pour commencer, de passer en revue les données intuitives concernant le temps, l’espace et la simultanéité. Nous rencontrerons un certain nombre de principes primordiaux qu’aucune théorie ne peut heurter sans se condamner d’avance. Revenant alors à la Relativité et aux questions d’apparence paradoxale que nous venons de poser, il sera facile de faire le départ entre celles qui sont absurdes a priori et celles qui peuvent s’interpréter raisonnablement.
- 2. — Trois notions différentes du temps.
- Qu’est-ce que le temps ?
- Nous n’essaierons pas de le définir. Certains philosophes ont proposé des formules plus ou moins, heureuses et qui contiennent une part de vérité, mais ces formules ne nous serviraient de rien : elles n’apportent aucun éclaircissement à la question litigieuse de la simultanéité des événements.
- D’ailleurs nous n’étudions pas le temps en métaphysicien, mais en physicien ; nous nous plaçons à un point de vue empirique, désireux seulement de dégager de l’idée de temps ce qu’elle renferme d’intelligible pour le mathématicien et d’utilisable pour l’observateur.
- Notre analyse sera forcément fort incomplète. Notre représentation du temps est liée à des phénomènes infiniment variés, les uns physiques, les autres physiologiques ; elle dépend à la fois de la nature de la sensation et de celle de l’entendement. Je serai obligé de choisir, de séparer ce qui n’est
- 1. Cité par M. Du Pasquier, Le principe de Relativité et les théories d'Einstein. Paris, Octave Doin, 1922, p.xn.
- 2. Le mémoire 'fondamental d’EiNSTEiN, Sur l’électrodynamique des corps en mouvement (où se trouve l’exposé systématique de la Relativité restreinte) est de 1905.
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- jamais complètement désuni, de schématiser, donc de mutiler les divers aspects de la notion qui nous intéresse. Ce sont là des inconvénients qu’il n’y a pas moyen d’éviter.
- Je vais étudier trois temps différents et nettement distincts :
- Le temps psychologique que je vis et que je perçois directement dans ma conscience ;
- ~ Le temps physique que je trouve dans les choses ;
- Le temps mathématique, pure abstraction, que j’introduis dans mes formules et sur lequel beaucoup de personnes raisonnent sans le savoir.
- Ces trois temps se différencient au point de vue logique, mais ils se complètent pour former la notion intégrale et commune du temps.
- 5. — Le temps psychologique.
- Des trois concepts précédents, le premier dans l’ordre de la connaissance est celui du temps psychologique. Sans lui, je n’aurais pas l’idée des autres. Ma perception du temps psychologique, c’est-à-dire du temps vécu et conscient (*), se fait dans ma conscience elle-même, qui me révèle les changements éprouvés par le moi. C’est par cette sorte d’introspection que j’arrive aux concepts de présent, de passé et d’avenir.
- Tant que mon attention est attachée à un même ensemble d’objets, sensations, idées..., et que je ne remarque pas de changement dans mon état de conscience, je dis que cet état de conscience est présent. Cet état, qui peut, dans certains cas de concentration cérébrale, avoir une fixité surprenante, est ce que j’appelle le présent. Mais cet état est instable : j’aperçois soudain que j’ai changé, que je suis devenu autre chose. Je m’eii aperçois parce que ma mémoire oppose l’image du présent disparu à un nouveau présent, qui a pris sa place, et le présent évanoui n’est plus qu’un souvenir. Ce souvenir se superpose à tous les autres déjà classés dans ma mémoire, pour constituer le dernier anneau d’une chaîne que j’appelle le passé. Cette chaîne plus ou moins longue m’apparaît dans une sorte de perspective que j’appelle la durée et je ne trouve, par conséquent, de durée que dans la chaîne des souvenirs (-). Si la durée se réduisait à des souvenirs isolés, elle serait discrète, tandis que nous lui prêtons les caractères d’un continu physique. Pourquoi? Pour des raisons multiples et un peu obscures : parce que tel est le caractère des sensations dont le pouvoir persiste et qui passent sans solution de continuité d’un chaînon à l’autre (3) ; parce que des
- 1. Ce sont les termes de M. Bergson, Durée et Simultanéité. Biblioth. de Philos, contemp. Paris, Alcan. — Nous n’acceptons point les thèses de cet ouvrage concernant la Relativité.
- 2. L’impression de recul qui se lie au sentiment de là durée provient, pour une part, de l’association d images motrices ou spatiales. Mais cette association n’a rien d’essentiel.
- 3. On affirme souvent que la continuité du temps est inséparable de celle de l’espace. Je ne le crois'pas. La continuité n’est pas le privilège exclusif des sensations musculaires et visuelles aux frais desquelles nous construisons notre repré-
- états de conscience, qui étaient indivis dans le présent, se dédoublent, se desagrègent et deviennent multiples dans le souvenir; parce que des souvenirs perdus se réveillent, à l’occasion, entre d’autres souvenirs, comme si la chaîne du passé pouvait être indéfiniment subdivisée. Telle nous apparaît la durée consciente.
- La considération de la chaîne du passé fait naître en nous l’idée de Xavenir. Nous concevons que la chaîne se prolonge au delà du dernier anneau réalisé, et ce sont ces anneaux possibles qui constituent l’avenir.
- Nous remarquons dans le passé des événements périodiquement renouvelés : des jours et des nuits, des heures fixes qui ramènent les mêmes occupations, les mêmes habitudes ou les mêmes besoins. Ces événements périodiques jalonnent la route du passé, la divisent en cases, où d’autres événements, ceux-ci fortuits et sans loi, viennent prendre place. Une induction bien naturelle nous fait prévoir le retour des mêmes jalons dans l’avenir et nous construisons ainsi un cadre dont les cellules sont encore vides de réalités, mais que nous remplissons à l’avance de nos projets, de nos appréhensions ou de nos espoirs. Pour beaucoup, le cadre ainsi construit est la figure même du temps (1 2).
- Comme on le voit, aucune de ces notions intuitives ne fait appel à celle de l’espace. Un homme supposé aveugle et incapable de tout mouvement depuis sa naissance peut les acquérir sans avoir cependant aucune représentation ni du mouvement ni de l’espace. J’en conclus que l'idée psychologique et intuitive du temps est complètement distincte de celle de l'espace.
- En définitive, et ceci est l’essentiel, dans le temps psychologique, on découvre trois élément? qui sont absolument indispensables à son intelligibilité :
- 1° Un substratum permanent : le moi;
- 2° Une forme changeante ou évolutive : l’état de conscience;
- 3° Un phénomène d'hérédité : dans chaque^état de conscience, l’empreinte, suivant un ordre déterminé, des états antérieurs : c’est la chaîne des souvenirs.
- Ce phénomène d’hérédité assure Xirréversibilité du temps et nous donne la certitude que l’ordre des événements vécus ne sera jamais inverti.
- 4. — Le temps physique. Est-il universel?
- Le temps psychologique est propre à chaque conscience individuelle. Si les diverses consciences étaient fermées les unes aux autres, il y aurait autant de temps différents que de consciences. Mais il n’en
- sentation de l’espace. Les autres sensations sont continues aussi, et l’audition d’une sonate de Beethoven me donne aussi bien le sentiment de la continuité du temps que la contemplation de la baguette du chef d’orchestre.
- 1. C’est même à cause de cela que les personnes peu réfléchies donnent au temps une existence en dehors des choses, ou même une sorte de préexistence sur elles. Il est clair cependant que le temps ne se trouve que dans le mode d'existence des êtres qui évoluent.
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- est pas ainsi : les consciences interfèrent entre elles I et avec le monde extérieur. De là vient que nous I voulons juxtaposer tous les temps conscients et les fusionner en un temps unique et universel qui embrasserait non seulement tous les phénomènes de conscience, mais aussi tous ceux du monde extérieur.
- Nous y réussissons d’ailleurs d’uné manière très. suffisante au point de vue pratique. Ce temps commun à nous et aux choses, c’est le temps des choses ou le temps physique.
- Je vais tâcher de reconnaître par quel chemin je passe de mon temps intérieur à la conception de ce temps extérieur qui englobe le mien.
- Je perçois lé monde extérieur avec mes sens et je me fais une représentation, extrêmement partielle sans doute, mais suffisamment précise, des phénomènes qui se produisent en dehors de moi. Cette image changeante prend place parmi mes souvenirs et se déroule dans mon propre temps psychologique. Maintenant cette apparence temporelle de ma représentation des choses a-t-elle une valeur objective?
- Autrement dit, le temps existe-t-il seulement en moi, ou bien se trouve-t-il aussi dans les choses? C’est toute la question de l’objectivité du temps.
- Pour que l’on puisse affirmer que les choses évoluent dans un temps propre, il faut y retrouver les trois éléments constitutifs de la notion du temps : matière persistante, évolution, hérédité. Si ces trois éléments- se retrouvent dans les choses, il est possible de reconstituer l’histoire d’événements qu’aucune conscience n’a jamais perçus. Or, qui donc peut vraiment douter qu’ils s’y trouvent?
- Les géologues assurément n’en doutent point lorsqu’ils nous racontent l’histoire de l’écorce terrestre. Cette écorce est une matière persistante, dont l’évolution se fait par bouleversements successifs, et chaque bouleversement porte l’hérédité de tous ceux qui l’ont précédé. Si la . chronologie de ces événements successifs ne s’est inscrite dans aucune conscience humaine, le géologue n’en est pas moins convaincu de sa parfaite objectivité.
- Pour le géologue, comme pour le physicien, mais pour d’autres raisons, la question la-plus délicate-est celle de fixer la simultanéité des phénomènes observés dans des régions différentes.
- C’est que, en effet, la chronologie des choses soulève une difficulté que l’on ne rencontre pas dans le temps psychologique. La matière dont il s’agit de faire l’histoire est répandue dans tout l’Univers, et chaque parcelle de cette matière a peut-être son histoire propre. De même-qu’il était question d’enfermer toutes les consciences dans un seul et même temps, on peut aussi se demander si l’his-
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- I toire de tous les corps répandus dans l’espace se I déroule dans un seul et même temps.
- Si la réponse est affirmative, on pourra concevoir une sorte de conscience suprême qui classerait tout dans son temps comme nous classons dans le nôtre le peu de choses que nous observons. On pourra dire, dans ce cas, qu’il existe, pour l’Univers, un temps unique et universel ou encore un temps absolu. Les mots : avant, aprèsj simultanément prendront alors un sens absolu : c’est la thèse de Newton.
- Mais la réponse est douteuse et il parait mên^e très probable qu’elle est négative.
- Pour qu’il y ait un temps physique absolu, il faut que la chronologie des événements soit imposée par des conditions physiques décisives. S’il n’y a, généralement, aucune difficulté à ranger dans l’ordre chronologique les événements qui affectent un même corps, la question est beaucoup plus difficile, peut-être même insoluble, si les événements affectent des corps très éloignés les uns des autres.
- En effet, d’après le sens que nous donnons à la succession, on ne peut affirmer l’antériorité absolue d’un événement A sur un événement B produit dans un autre corps, que si l’apparition de B comporte, sous n’importe quelle forme d’ailleurs, une hérédité provenant de A, donc une action de nature quelconque de l’événement A sur l’événement B.
- Pour que ce principe d’hérédité, le seul dont le physicien dispose, suffise à fixer, d’une manière absolue, la chronologie commune à deux corps différents, et cela avec une précision allant jusqu’à définir la simultanéité, il faut que l’influence exercée à distance par deux corps l’un sur. l’autre soit, ou puisse être, instantanée. Admettre cette instantanéité, c’est admettre Y action à distance. L’action à distance, c’est-à-dire la transmission instantanée d’une causalité ou d’un déterminisme physique quelconque, est une conception qui a toujours répugné aux esprits philosophiques. Pas de temps absolu sans action à distance : voilà une constatation qui nous met singulièrement en défiance vis-à-vis de la réalité d’un temps universel et absolu (‘J. Cette notion de distance intervenant ici m’amène nécessairement à parler de l’espace.
- {A suivre.) Ch. de La Vallée Poüssix,
- Membre de l’Académie Royale de Belgique.
- 1. La répulsion instinctive pour l'aclion à distance est déjà une preuve que la représentation psychologique de l’espace ne peut entièrement s’affranchir de celle du temps et que l’idée de distance est inséparable de celle d’un temps nécessaire pour la parcourir.
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- LE DOCK FLOTTANT DE SOUTHAMPTON
- Le port anglais de Southampton possède aujourd’hui un dock flottant de 60 000 tonnes qui est probablement le plus grand engin du genre existant au monde. On sait quel est le rôle d’un dock flottant : il doit servir aux réparations et révisions auxquelles tous les navires doivent périodiquement se soumettre. Les dimensions des navires, paquebots à voyageurs ou simples cargos, n’ont cessé de suivre une progression continue; les ouvrages des ports doivent obligatoirement suivre la même progression. Le plus souvent, les réparations s'effectuent dans des formes de radoub en maçonnerie, fosses gigantesques, en relation avec le port par
- thampton a décidé de doter son port du dock flottant dont nous allons donner une brève description.
- Un dock flottant n’est autre chose qu’un énorme ponton plat, muni de deux grands murs verticaux. La face supérieure du ponton est le plancher sur lequel on fera reposer le navire à radouber par l’intermédiaire de ces blocs de bois que les marins appellent tins et savates. La coque du ponton est, naturellement, creuse et séparée en caissons par des cloisons étanches. Quand ces caissons sont vides, le ponton flotte; si on les remplit d’eau, le dock s’immerge progressivement. Quand l’immersion est réalisée, on introduit le navire dans le dock; on
- Chambre des vannes
- *5a//e de.s» moteurs
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- Fig. i. — Vue en bout du dock flottant.
- des portes d’écluses. Le navire à réparer pénètre dans la forme remplie d’eau; on ferme alors les portes et l’on vide la forme ; le navire est mis à sec et l’on procède aux travaux nécessaires. Il existe peu de formes de radoub capables de recevoir les grands navires modernes; ôn- comprend aisément que la construction d’un tel ouvrage est fort coûteuse et surtout exige beaucoup de temps; lorsqu’il est terminé, il arrive souvent qu’il soit bien près de ne plus satisfaire aux exigences des nouveaux bâtiments.
- Notre port du Havre vient de mettre en service une forme de radoub de ce type, longue de 512 m. et qui a été commencée avant la guerre. Elle peut recevoir les plus grands bateaux actuellement existant et dont la longueur est de 290 m.
- Le port de Southampton, qui sur la Manche fait face au Havre et est la tête de nombreuses lignes de navigation; possède 6 formes de radoub, maïs la plus grande n’a que 270 m. de long. Les grands transatlantiques du type Majeslic ne peuvent donc y pénétrer.
- C’est pour remédier à cette lacune que Sou-
- vide alors, au moyen de pompes puissantes, l’eau des caissons; le dock remonte peu à peu en soulevant le navire, et son plancher est mis hors d’eau; le navire est alors à sec.
- La construction d’un dock flottant peut être plus rapide et moins coûteuse que celle d’une forme de radoub. Encore faut-il que le port dispose d’un emplacement apte à recevoir le dock et à en permettre la manœuvre. A Southampton, avant d’installer le nouveau dock, il a fallu procéder au préalable à d’importants travaux d’approfondissement à l’intérieur du port et donner à la fouille une profondeur de 22 m. 55 au-dessous des hautes eaux.
- Le dock flottant de Southampton peut soulever un navire pesant 60 000 tonnes; il mesure 292 m. 60 de long; 51 m. 80 de largeur extérieure, 59 m. 85 de largeur intérieure utile. II pèse lui-même plus de 18000 tofines. La coque est formée de 7 tronçons boulonnés les uns aux autres.
- Les murs latéraux du dock forment chacun à leur extrémité supérieure une longue plate-forme munie de tous les engins de levage nécessaires au radoubage. De larges trottoirs en porte-à-faux facili-
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- Fig. 2. — Le dock flottant à son arrivée dans la rade de Southamplon. (Photo Roi.) •
- (Photo Forbin.)
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- Fig. 4. —Le plancher du dock avec ses savates et ses tins. (Photo Forbin.)
- tentles mouvements des ouvriers et les manœuvres. Pour ramener à la flottaison le dock immergé, il faut vider la coque remplie d’eau. Cette opération, qui doit se faire assez rapidement (en 4 heures pour un bâtiment de 52 500 tonnes) exige une puissante machinerie. A cet effet, chacun des 7 tronçons qui forment la coque est desservi par 2 pompes, une sur chaque côté du bâtiment. Pour les 5 tronçons centraux, ces pompes sont chacune actionnées par un moteur de 115 chevaux; les tronçons terminaux, un peu moins volumineux, ont des pompes de 85 chevaux. Au total, près de 2000 chevaux sont mis en œuvre pour le levage du dock.
- Par contre, pour le remplissage de la coque, il suffit d’ouvrir les vannes ; chaque tronçon en possède deux, une de chaque côté.
- La vidange, comme le remplissage du dock sont des opérations délicates ; il est indispensable qu’elles s’effectuent à la même vitesse pour chaque tronçon de la coque; sinon la charpente de celle-ci se trouverait soumise à des efforts dissymétriques qui compromettraient sa solidité, et de plus le bâtiment qu’elle supporte pourrait prendre une bande dangereuse. Pour assurer la régularité et le contrôle de la manœuvre, celle-ci est confiée à un opérateur unique, installé dans une chambre spéciale, dile chambre des vannes, placée sur le pont supérieur et reliée par téléphone à la salle des moteurs et à celle des tableaux électriques.
- L’opérateur a devant lui deux tables de 6 m. de long, qui constituent un modèle en réduction du dock et qui lui permettent de suivre continuellement, par la vue, grâce à des indicateurs, la variation du niveau de l’eau dans chaque tronçon; ainsi que le niveau d’affleurement de l’eau entre les murs du dock, et la bande du bâtiment.
- Chaque compartiment de la table porte des interrupteurs électriques commandant respectivement les pompes et les vannes du tronçon correspondant du dock.
- Le centrage du navire à l’intérieur du dock est assuré, aussitôt après son entrée dans la forme, au moyen de 4 paires de bras horizontaux à commande mécanique, qui se déplacent horizontalement et amènent exactement le navire dans l’axe du dock.
- Des contacts électriques, disposés sur le plancher de la forme entre les tins qui supportent le bâtiment, permettent à l’opérateur de s’assurer si le centrage est bien réalisé, , et dans le cas contraire lui donnent les. indications nécessaires pour rectifier, au moyen des bras mécaniques, la position du navire.
- Le dock est maintenu en place dans le port au moyen de poutres d’amarrage et de chaînes fixées à des estacades spécialement construites à cet effet.
- R. Vixlers.
- Fig. 5. — La salle des vannes où s’effectue, sous le contrôle d’ün opérateur unique, la-'commande de toutes les manœuvres du dock.
- (Photo Forbin.)
- Le Gerant : P. Masson- — Imprimerie Laihjre, 9, rue de Fleuras, Paris.
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- LA NATURE - N° 2634
- 27 SEPTEMBRE
- LE CHARBON
- Les différentes méthodes
- Le charbon de bois avait été jusqu’à ces derniers temps traité comme un parent pauvre, probablement en raison de son emploi limité en général aux usages domestiques et de son abondance sur le marché.... Son adaptation parfaite à la production du gaz pauvre pour moteurs de camions vient de faire sortir ce combustible de l’ombre : on a reconnu enfin que ce charbon était un précieux auxiliaire de l’industrie, parce qu’il était le seul « carburant » vraiment « national » !
- Le charbon de bois est, en effet, un carbone presque pur ; sa teneur en cendres est très faible (0,4 à 4 pour 100) et il donne autant ou plus de calories que la bonne houille (7000 calories par kg). Sa facilité de combuslion lui permet une association rapide, avec l’oxygène de l’air; il produit alors un corps très riche en calories appelé oxyde de carbone (dit gaz pauvre) pouvant remplacer l’essence et les autres hydrocarbures employés par les moteurs à combustion interne.
- Les nombreuses expériences faites soit par les fabricants de gazogènes, soit par le ministère de l’Agriculture, lors des concours agricoles, ont démontré que les gazogènes à charbon de bois fonctionnent en donnant pleine satisfaction. Et, pour employer un terme de comparaison entre les combustibles, il nous suffira de dire que le litre d’essence est actuellement remplacé par 1 kg 500 de charbon de bois pour produire le meme travail de traction ; ce qui équivaut à écrire que 1 fr. 60 est remplacé par 0 fr. 60. N’est-ce pas la meilleure preuve de-l’excellence du charbon de bois?
- Sa fabrication en usines. — Le charbon de bois est un combustible vieux comme le monde, il fut employé bien avant la houille pour la cuisson des poteries, la fabrication des armes et des ustensiles, ainsi que le démontrent de nombreux échantillons des fouilles opérées dans les cités Egyptiennes. Les méthodes de fabrication de l’antiquité étaient à peu près les mêmes que celles de nos cuiseurs actuels : les charbonniers empilaient des rondins dé
- fabrication.
- . Fig. 2. — Four de 3 stères en vision.
- Fig. i. — Four de 3 stères en çJiargeiïïSîTt^,
- bois dans des meules, ou les plaçaient dans des excavations en forme de tunnel et les carbonisaient à « l’étouffée ».
- Ce fut seulement vers le milieu du xvne siècle que l’on sut apporter quelque perfectionnemènt aux meules ordinaires. A ce moment Glauber commença à récupérer des sous-produits et reconnut l’acide pyroligneux. Plus tard, cette industrie de la carbonisation prit de l’extension et l’on put isoler « l’esprit de bois », le « vinaigre de bois » et « l’acétone ».
- Philippe Lebon, au commencement du siècle dernier, fit connaître la composition exacte des gaz de la distillation et attira l’attention sur la source de lumière possible au moyen de sa fameuse « thermolampe » — laquelle ne put lutter avec le gaz d’éclairage préparé avec la houille. — Les efforts des chimistes arrivèrent à créer, vers 1870, des appareils spéciaux adaptés à la carbonisation en vase clos, en vue de la récupération des produits, si variés, contenus dans la distillation de la carbonisation. Actuellement, de nombreuses usines traitent le bois, et ce n’est pas trop s’avancer que d’affirmer que le charbon de bois, qui autrefois était le produit principal de ces usines, est devenu un sous-produit — intéressant certes — mais de valeur moindre que les nombreux et riches corps extraits des pyroligneux distillés du bois.
- De ce fait, dans quelques années, tout massif forestier pouvant fournir au moins 15000 stères de bois annuellement (une usine qui ne traite pas au moins cette quantité n’est pas viable) sera muni d’une usine de carbonisation avec cornues et appareils de récupération.
- 11 faut cependant rappeler ici qu’avant tout devis d'une telle usine il y a eu lieu de prévoir, en raison des difficultés ultérieures de fabrication, la proximité d’une quantité très importante d’eaü pour réfrigérer les tuyauteries et colonnes de distillation (environ 200 m3 par jour, au minimum). En effet, les gaz sortant des cornues, au moment où ils sont le plus riches, sont à une température variant de
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- 52* Année — 2* Semestre,
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- LE CHARBON DE BOIS
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- 400° à 700° : on peut dès lors se rendre compte, à l’avancé, de la quantité d’eau nécessaire au refroidissement de 10 à 12000 kg de ces .gaz, en tablant sur un traitement de 50 stères par 24 heures.
- Il faudra de plus, et surtout, s’assurer un approvisionnement facile en bois, en établissant l’usine près de forêts denses, munies de bonnes routes, ou pouvant être desservies par des voies ferrées dans un rayon de 50 km environ de ladite usine!
- Carbonisation sur le parterre des coupes. — La carbonisation sur les lieux mêmes de la production a lieu dans tous les cas où les coupés sont trop réduites difficilement accessibles, ou trop distantes des gares ou des usines. Bien que cette façon d’opérer oblige le carbonisateur à envoyer aux quatre vents une quantité de sous-produits précieux, il a été contraint, jusqu’à ce jour, d’employer ce procédé rudimentaire dit : « en meules de forêts ». Aucun système pratique de récupération, c’est-à-dire laissant un bénéfice réel, n’a pu être convenablement adapté à la carbonisation des petites coupes forestières. Les procédés en usage jusqu’ici pour la récupération ont donné des produits chimiques souvent impurs, dé vente difficile ; ils ont nécessité, dansla plupart des cas, des appareils lourds, coûteux,peu mobiles, et les résultats financiers de ces exploitations n’ont pas été, dit-on, très encourageants,
- Des fours mobiles. — Dans ces conditions, il était absolument nécessaire de créer, pour ces petites exploitations, une autre méthode de carbonisation, en employant des appareils simples, facilement mobiles sans être démontés, d’entretien nul et pouvant être conduits par de simples manœuvres. Après quinze années d’emploi de ces appareils, dans ses usines, un industriel,; M. Delhommeau, à Cléré (Indre-et-Loire), vient de mettre sur le marché quatre types de fours brevetés, de 5, 5, 7 et 15 stères correspondant aux différents emplois du commerce des bois., _ . ,
- Un four mobile se compose essentiellement d’une cuve conique en tôle forte, à doubles parois, le bord inférieur est muni de tubes d’air, ou « évents » destinés à assurer, aux points utiles, le dosage d’air nécessaire à la carbonisation — sans combustion — des ligneux mis dans l’appareil. Le four est fermé par un dôme s’emboîtant dans la double paroi ; ce dôme est muni à sa périphérie d’orifices fermés par un couvercle servant à l’évacuation des fumées.
- Les photographies ci-contre montrent deux appareils, types 3 et 7 stères soit en marche, soit en chargement.
- Le bois coupé à 0 m 80 de longueur maximum est empilé verticalement dans l’appareil en ménageant
- un canal au centre de la meule ainsi formée. C’est au fond de ce canal que sera placé le foyer de départ amorçant la carbonisation. Après cet allumage, les évents inférieurs sont réglés ainsi que les orifices du dôme de manière que la température intérieure suive, selon le temps de marche, le graphique-type remis à l’acheteur au moment de la livraison de l’appareil. Un. pyromètre électrique indique à tout instant cette température. Un manœuvre quelconque peut ainsi faire la carbonisation sans apprentissage ; il suffit, d’ailleurs, pour régler la marche du four, de faire varier 3 ou 4 fois les obturateurs des évents pendant la cuisson pour obtenir la température voulue. Les fumées fournissent également, par leur couleur ou leur plus ou moins grande activité, des indications précieuses sur l’allure de la carbonisation.
- Lorsque la carbonisation est achevée, les obturateurs et les couvercles sont clos, et, 15 à 20 heures après, on peut extraire le charbon produit, par la porte ad hoc:
- La supériorité de ce procédé sur celui des meules de forêts consiste surtout dans les avantages suivants :
- 1° Ces appareils fonctionnent ! parfaitement par la pluie, le vent ou la sécheresse, et avec le même rendement ;
- 2° Des femmes conduisent fort bien ces fours ; deux femmes peuvent utiliser 4 appareils ;
- 3° Ces fours, carbonisent également des relèves de scierie, des rondins de chêne, peuplier, pin, etc. ; même des bourrées en mélange (à la condition que ces dernières soient très serrées et de longueur réduite) ;
- 4° Le sens de la marche de la carbonisation est tel dans ces appareils qu’il ne peut rester de fumerons ou incuits en fin de carbonisation, après la chasse d’air finale ;
- 5° Enfin,' ces appareils ont un rendement de 25 à 30 pour 100 supérieur à celui des anciennes meules des forêts. Des usagers ont obtenu 120 kg de charbon par stère de chêne pelard.
- Des anciennes meules de forêt. — Les meules de forêt sont dressées sur un terrain bien nivelé. Le bois y est empilé en serrant les rondins le plus possible, verticalement, avec une légère pente vers l’axe de la meule. Le tout est recouvert de feuilles mortes, gazon, etc., et ensuite revêtu de terre légère. La meule terminée a la forme d’une coupole (fig. 3.) On met le feu en B, au moyen de charbon allumé jeté par l’ouverture A. La cuisson s’opère progressivement du centre à la périphérie ; le mate-telas de feuilles ou de gazon ainsi que la terre se tassent au fur et à mesure de la carbonisation. Après sa cuisson, le charbon est « étouffé » et
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- LA NOTION DE TEMPS ET LA PHYSIQUE
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- refroidi automatiquement sous ce chapeau de terre, bien tassé à cet effet, au moyen du dos d’une pelle.
- Cette mélhode de carbonisation — très économique à première vue — est absolument défectueuse pour les raisons suivantes :
- 1° La cuisson ne peut se faire que dans une saison convenable : par un temps de pluie, le manteau j de terre des meules se détrempe, et le rendement peut devenir nul. Par grand vent, la meule poreuse « se défonce », la garniture laisse passer Pair et ce dernier brûle le charbon en formation; d’où : perte de combustible.
- 2° Il faut des spécialistes bien au courant de leur métier pour obtenir un rendement normal. Une meule en plein feu subit a tout instant les influences dh sol, de la température diurne et nocturne, des intempéries; un charbonnier novice obtient peu de
- parois, bien clos par conséquent, est facile à établir à première vue. La cuisson en fours étanches, munis d’un appareil vigilant indiquant la marche de la température, est un gros progrès dans l’art de carboniser en forêts.
- Il y a lieu de s’en féliciter en pensant qu’un jour ce progrès servira utilement la production du « carburant national » et évitera ainsi l’exode de notre pauvre or vers les contrées, trop fortunées, de la production de l’essence et des autres hydrocarbures.
- Nous souhaitons, en terminant, que les pouvoirs publics portent tous leurs efforts vers la réalisation des économies qu’apporteraient le développement de la fabrication, et l’utilisation du « carburant national » aussi merveilleux qu’abondant, qui s’appelle le charbon de bois.
- Fig. 5, — Batterie de'fours fixes dans les usines Delhommeau.
- Fig.'4.
- Four de 7 stères en cuisson.
- charbon en regard de beaucoup de fumerons et de cendres.
- 3° Enfin ces meules nécessitent une surveillance continuelle, la nuit comme le jour ; il arrive souvent que le matelas de terre « se perce » ; l’orifice ainsi formé devient une cheminée par ou « tire » le feu de la meule ; si l’on ne remédie pas à cet inconvénient à bref délai, le charbon brûle par cette cheminée.
- La comparaison entre cette dernière méthode, et le procédé nouveau de cuisson en fours à doubles
- N. D. R. — Nous apprenons qu’une exposition forestière a eu lieu le 24 courant à Selommes (Loir-et-Cher) sous les auspices de M. Jagerschmidt inspecteur des eaux et forêts à Blois, ayant pour but de faire connaître tous les avantages récupérés par l’utilisation des produits forestiers — et en particulier du charbon de bois — au moyen des appareils divers exposés. — Nous sommes heureux de féliciter tout particulièrement M. Jagerschmidt de son heureuse initiative; nous en espérons les meilleurs résultats.
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- LA NOTION DE TEMPS ET LA PHYSIQUE (Suite) |l)
- 5. — Privilège du contact. Il existe un temps universel, mais dans un sens restreint.
- Au premier stade de notre intuition spatiale, nous jious prenons comme centre du milieu qui nous entoure, et c’est relativement à nous-mêmes que nous localisons les objets qui s’y trouvent. Localiser un objet, comme le dit excellemment Henri Poincaré, c’est se figurer les mouvements qu’il faut 1. Voir La Nature, n° 2653.
- faire pour toucher cet objet. Les divers poinls de l’espace intuitif sont donc définis par les mouvements qui les repèrent. On reconnaît là une première ébauche de l’espace galiléen, non moins relatif, dont les points sont repérés, d’une manière analogue, au moyen de leurs coordonnées métriques par rapport à trois axes rectangulaires. Mais les principes requis par l’intuition primitive sont antérieurs à toute spéculation métrique et sont invio-
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- labiés. Un corps est là où on le touche; cette maxime du bon sens n’est qu’une définition. Deux Corps sont en dehors l'un de l’autre s’il faut nécessairement un mouvement pour passer du contact de l’un à celui de l’autre. Cette distinction aussi est antérieure à tout essai de mesure et elle exprime un fait de situation qui est d’une autre nature que la distinction entre deux instants différents de l’existence d’un même corps. Concluons : Le temps et la géométrie de situation sont irréductibles l'un à l'autre. Aucune théorie, si savante soit-elle, ne nous fera jamais admettre le contraire, et l’on peut être assuré qu’elle ne le tentera même pas.
- Non seulement le toucher localise les phénomènes dans l’espace, mais il les localise aussi dans le temps : je juge invinciblement qu’un corps impénétrable agit sur moi au même instant que je le touche. Je distingue, en effet, dans cette prise de contact, trois actes dont la succession s’impose : ma volonté de toucher, la réaction de l’objet, la sensation que j’ai de cette réaction. Le premier et le dernier des trois actes sont conscients et enserrent la réaction du corps avec une telle précision que les trois actes entrent à la fois dans mon présent psychologique. J’en conclus que l’action et la réaction au contact sont simultanées et que l’objet existe et agit sur moi à l’instant même de ma perception.
- ' Tel est le privilège du contact. Il nous met en relation avec l’objet d’une manière immédiate sous le double rapport de l’espace et du temps. Le physicien ne pourrait renoncer à cette certitude sans s’interdire toute manipulation d’appareil et rendre impossible toute interprétation d’expérience.
- D’après cela, il n’y a donc aucune difficulté à faire cadrer dans un seul et même temps tous les phénomènes qui nous sont révélés au contact, puisqu’ils viennent d’eux-mêmes se classer à leur place dans notre temps psychologique.
- En sera-t-il de même pour les phénomènes qui se déroulent hors de la portée de nos mains?
- Oui encore, grâce aux couleurs qui viennent frapper nos yeux, mais sous certaines réserves.
- Si nous nous, bornons aux phénomènes qui ne se produisent pas trop loin de nous, ceux, par exemple, qui affectent notre globe, il est encore vrai de dire que ces phénomènes se produisent à l'instant où nous les voyons, à condition de prendre le mot instant dans son sens psychologique. La radiation lumineuse est, en effet, si rapide que la durée du trajet échappe à toute appréciation de notre sensibilité, et nous pouvons encore raisonner dans ce cas comme dans celui du contact. Si exigeants soient-ils, lë physicien et l’astronome sont bien obligés d’admettre cette conclusion quand ils font des lectures sur leurs appareils, que ce soit dans un laboratoire ou sous une coupole.
- Nous admettrons donc que tous les phénomènes terrestres s’écoulent dans un temps unique et universel qui se juxtapose exactement à notre temps psychologique. Ce sera vrai, en particulier, pour tous
- les phénomènes de la vie sociale, les seuls, après tout, qui intéressent le sens commun. On peut être bien tranquille, la Relativité ne se dressera pas en ennemie contre l’heure civile et universelle de Greenwich.
- Mais il ne faudra pas oublier que cette conclusion ne s’étend pas aux phénomènes célestes, ni même aux phénomènes terrestres s’ils sont soumis à des procédés de discrimination plus subtils que nos sens. C’est pour ces phénomènes-là, tout à fait étrangers à l’expérience vulgaire, que la théorie nouvelle a été créée. Avant d’y venir, arrêtons-nous encore sur la mesure du temps et sur celle des longueurs.
- 6. — La mesure du temps. Le chronomètre universel.
- Le temps, psychologique ou physique, ou plus exactement sa durée, peut varier, mais cette grandeur n’est pas mesurable au sens strict ou mathématique du mot, parce qu’elle ne peut se décomposer en parties égales, c’est-à-dire superposables. On ne peut, en effet, transporter une partie de durée dans le temps comme on transporte une règle dans l’espace. Pour mesurer le temps, il est commode de le spatialiser. A cet effet, on substitue d’une manière univoque des intervalles d’espace à des intervalles de temps, et la mesure des premiers à celle des seconds. A priori, tout point mobile sur sa trajectoire peut constituer ce que l’on appelle une horloge et fixer la correspondance. A chaque instant correspond une position du mobile, et k chaque intervalle de temps un arc déterminé de la trajectoire : la longueur de cet arc mesure, par définition, l’intervalle de temps.
- Cependant on se laisse guider dans le choix de l’horloge par un opportunisme judicieux.' La meilleure horloge, c’est la plus commode, et, pour le savant, c’est celle qui conduit à l’expression la plus simple des lois de la nature. L’astronome pense atteindre ce résultat en considérant la rotation de la Terre comme uniforme. Son horloge est naturelle ; elle a pour cadran le ciel étoilé et pour aiguille la lunette méridienne.
- Les physiciens acceptent, pour leur usage, la mesure astronomique du temps, mais ce n’est pas une acceptation de principe. Ils veulent bien que la Terre soit une excellente horloge pour ses habitants, mais ils refusent d’y reconnaître une horloge universelle.
- Les physiciens ont remarqué que les corps vibrants sont aussi des horloges naturelles. Ils ont observé que la vibration d’un corps élastique, tel un ressort, a toujours la même durée ou la même période, pourvu que le corps soit soustrait à toute action étrangère. C’est sur ce principe qu’ils construisent leurs chronomètres.
- Les périodes des vibrateurs sont donc toujours dans le même rapport entre elles et avec la seconde de temps des astronomes quand on expérimente sur la/ Tëîre. Mais qu’arriverait-il si tous ces vibrateurs
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- LA NOTION DE TEMPS ET LA PHYSIQUE =— ——: 197
- étaient emportés dans un laboratoire animé d’une translation uniforme et rapide dans l’espace?
- Eh bien ! d’après les physiciens relativistes, les vibrateurs resteraient d’accord entre eux et se brouilleraient avec la rotation de la Terre, dont les indications deviendraient d’ailleurs énigmatiques (1). Donc, disent les physiciens, la Terre en giration n’est qu’une horloge locale et le véritable chronomètre universel, c’est le vibrateur. Les horloges des physiciens seront donc toujours, par hypothèse, des compteurs de vibrations (2).
- 7. — Les étalons de longueur et de temps,
- La mesure des longueurs, dont j’ai aussi à dire un mot, est fondée sur les propriétés des corps solides. L’unité de longueur, le mètre, est définie par un étalon en platine déposé au pavillon de Bre-teuil. On peut supposer ce mètre partagé en parties égales et superposables; mais, comme ce corps est formé de molécules et d’atomes isolés, le partage ne peut être poursuivi indéfiniment : il s’arrête nécessairement à l’échelle moléculaire. A cette échelle, il n’y a plus de corps solide, donc plus de procédé direct de mesure et même plus de géométrie physique, puisque la géométrie physique ce sont précisément les propriétés métriques des corps solides.
- Le mètre n’est pas un étalon sans défaut : il est sujet à des variations dues à la température, à la pression et aux incessantes transformations moléculaires. D’autre part, si cet étalon était perdu, comme il est défini par sa seule individualité, il n’y aurait aucun moyen de le reconstituer. Les physiciens ont donc cherché un étalon dépourvu de ces inconvénients et ils ont cru le trouver dans la longueur d’onde lumineuse. Bien entendu, il faut fixer une couleur bien déterminée, par exemple le rouge de la vapeur de cadmium, qui se détermine aussi par la raie correspondante du spectre. Cet étalon nouveau peut être rattaché au mètre par la mesure des franges d’interférence, et c’est une grandeur extrêmement petite, quoique considérable par rapport aux distances moléculaires. Parmi les radiations visibles, il en est de l’ordre du cent-millième de millimètre et les distances moléculaires sont encore cent fois plus petites.
- L’étalon de temps, c’est la seconde des astronomes. Il présente des inconvénients analogues à ceux du mètre, car la constance de la rotation de la Terre sur elle-même n’est pas, même au point de vue de la mécanique ordinaire, un dogme absolu. De même que l’on a proposé de prendre upe longueur d’onde lumineuse pour étalon de longueur, on a proposé d’en prendre la période pour étalon
- 1. Par suite de l’incertitude sur la synchronisation des événements ‘entre le laboratoire et la Terre.
- 2. Un physicien, armé de son chronomètre comptent' de vibrations, pourrait, à la rigueur, se passer de la spatialisation du temps et se contenter d’un temps nombrable, mais le mathématicien en a besoin s’il veut définir la mesure d’un temps continu.
- de temps. Ainsi seraient rattachées aux propriétés de la lumière les deux étalons de longueur et de temps. Il est bien remarquable que ces suggestions aient été faites sans aucun souci de relativité et nous aurons à en reparler plus tard.
- 8. — La subdivision de l’espace et du temps physiques. Jusqu’où est-elle possible?
- Nous ignorons jusqu’où peut se poursuivre la subdivision physique des longueurs et des temps, mais elle ne peut se poursuivre à l’infini avec les moyens dont nous disposons, et il est possible qu’elle ait un terme infranchissable imposé par la nature même des choses.
- Il semble ressortir, en effet, des travaux les plus profonds sur l’électricité et la thermodynamique, que l’atomicité soit une des lois fondamentales de la nature. Elle est admise depuis longtemps pour la matière elle-même ; l’électricité a aussi son atome, qui est l’électron, et il semble maintenant que l’atomicité règne aussi dans le domaine de l’action.
- L’action se mesure par le produit d’une énergie par un temps, et la quantité minimum d’action serait le quantum. La théorie des quanta créée par le Dr Max Planck, il y a peu d’années, fait de rapides progrès, et si elle est exacte, la continuité disparaîtrait de la nature. L’évolution de l’Univers se ferait par pulsations consécutives : entre deux états distincts, il y aurait un minimum de différence possible : tout jusqu’au temps lui-même serait réduit en atomes et il n’y aurait plus rien que de nombrable dans le monde (d). Mais ces théories sont encore bien hasardeuses et il serait prématuré de vouloir y appuyer des conclusions. Le seul fait de leur existence cependant méritait déjà d’être signalé.
- Il est à peine besoin de le dire, les quantités de l’ordre de la période lumineuse tombent infiniment au-dessous des plus petites durées accessibles à nos sens, et même à nos instruments enregistreurs les plus parfaits. La durée psychologique n’est divisible que jusqu’à une limite bientôt atteinte, car toute perception consciente exige une durée relativement grande si on la compare à celle que les appareils enregistreurs peuvent encore mesurer. D’après Charles Richet (2),da durée la plus courte que nous puissions percevoir et apprécier ne dépasse pas le dixième de seconde (3). M. Émile Borel(4) a eii la
- 1. Un relativiste bien connu, Eddington, a imaginé un procédé d’évaluation du quantum, et l’extrême petitesse du nombre trouvé laisse bien loin derrière elle celle des nombres indiqués jusqu’ici. La valeur du quantum serait, d’après lui, de 10-115 erg-seconde. Nous laissons à Eddington l’entière responsabilité de son résultat. (Espace, Tempe et Gravitation. Paris, 1921, p. 168.)
- 2. Acad, des Sciences de Paris, décembre 1921.
- 5. Comment la sensation, qui paraît continue, peut-elle se partager en fractions indivisibles? C’est un phénomène bien déconcertant au point de vue logique II faut que la sensation nue comporte une part essentielle d’indétermination et laisse place à un complément de détermination purement psychologique, mais cela reste bien obscur. Aussi, depuis longtemps, les mathématiciens ont-ils renoncé à fonder leurs principes sur le sable mouvant du continu physique.
- 4. L’Espace et le Temps. Paris, Alcan, p. 115.
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- curiosité de comparer cette durée à celle de la vibration lumineuse. Un simple calcul montre qu’il y a autant de Vibrations lumineuses dans une seconde que de secondes dans les millions d’années des époques disparues dont les géologues nous racontent l’histoireS’il existait un être assez subtil pour percevoir la durée; d’une vibration lumineuse comme nous saisissons le dixième de seconde, la durée d’une seconde lui paraîtrait aussi démesurément longue que nous paraissent à nous les périodes géologiques.
- Les considérations précédentes permettent de préciser le sens, un peu relatif, que nous donnons aux termes d’instant et de simultanéité.
- L'inslant psychologique est la position assignée dans le temps psychologique à un phénomène dans lequel la conscience ne perçoit aucune durée. Deux phénomènes que la conscience ne peut séparer par une durée perçue sont simultanés au point de vue psychologique.
- Winslant physique n’a point de durée enregistrable par les appareils de laboratoire, et il peut être beaucoup plus précis que l’instant psychologique. La simultanéité acquiert donc, au point de vue physique, une précision correspondante.
- L’instant et la simultanéité, au sms mathématique, sont de pures abstractions, mais ont une précision absolue. Comme l’espace et le temps mathématiques dont nous allons nous occuper maintenant, ce sont des constructions artificielles de l’esprit.
- 9. — L’espace et le temps des mathématiciens.
- La géométrie physique est une science expérimentale. Elle en a les caractères d’approximation et d’imperfection. Elle nous suffit pratiquement pour mesurer les grandeurs à notre échelle, mais elle ignore ce qui se passe dans l’infiniment petit comme dans l’infiniment grand. Cette sdence ne peut satisfaire le mathématicien épris de rigueur et de précision, car elle ne donne point prise à ses raisonnements inflexibles. Le mathématicien pur prétend ne relever que de lui-même. 11 se construit, pour son usage personnel, une géométrie idéale et substitue le temps mathématique à la mesure du temps physique.
- Pour construire la géométrie, la matière qu’il crée de toutes pièces et qu’il façonne à sa fantaisie,;
- eri le continu mathématique, qui n’est plus qu’zm continuum de nombres purs, soumis, par définition, à tous les principes de la théorie des limites. Avec ce continuum il construit un schéma, dont l’existence est purement logique et dans lequel les propriétés plus ou moins grossières des solide^ naturels se vérifient exactement par hypothèse. C’est sur ce schéma, ou cét espace abstrait, qu’il construit ses démonstrations subtiles et ses théories raffinées.
- Il en va de même avec le temps. De même que le physicien spatialise son temps par la considération d’un point matériel mobile, le géomètre définit la mesure du temps mathématique par celle de l’arc décrit par un point idéal dans l’espace abstrait ; il définit l’instant sans étendue par une position du point, ce qui donne, en même temps, à la simultanéité son sens limite d’une précision absolue.
- Les théories ainsi construites sont d’une rigoureuse logique, mais leur valeur objective n’est pas garantie. Le mathématicien peut poursuivre les conséquences de ses hypothèses avec une rigueur absolue jusque dans l’infiniment grand et dans l’infini-ment petit, mais il sait, mieux que personne, que ces conclusions ne s’imposent pas à la Nature. Elles proviennent d’une extrapolation qui s’écarte à l’infini du domaine expérimental : elles peuvent donc s’écarter tout autant de la réalité.
- On reproche parfois au mathématicien d’avoir une foi aveuglé dans ses formules. C’est peut-être le reproche qu’il mérite le moins. Est-ce vraiment lui qui a une foi métaphysique inébranlable dans la valeur objective des constructions euclidiennes? Il sait trop bien comment elles sont faites, puisqu’il les a fabriquées lui-même, et il est prêt à les remplacer par d’autres peut-être meilleures. En tout cas, ce n’est pas ici qu’il faut le dire, dans cette Académie illustrée par Joseph de Tilly — de Tilly, le continuateur de Gauss, l’émule de Riemann dans ses recherches de géométrie abstraite, le précurseur incontestable de la Relativité, même générale, par le rôle qu’il donne à la distance comme élément primordial de ses constructions.
- Ch. df, la Vallée Poussin,
- Membre Je l’Académie Hoyale do Belgique.
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- Aux magnifiques collections de Crabes dont nous avons déjà entretenu l s lecteurs de La Nature (nos des 22juillet 1922, 25 novembre 1922, 6 janvier 1923 et 2 février 1924), M. le professeur Ch. Gravier vient d'adjoindre quelques vitrines renfermant des Cirripèdes. Etant donnée la structure aberrante de ces crustacés, nous croyons rendre service aux visiteurs en leur présentant ici quelques notions d’anatomie des
- Anatifes et des Balanes qu’on peut observer en abondance au bord de la mer.
- Les Cirripèdes sont les Crustacés les plus extraordinaires que l’on connaisse. Tout est paradoxal dans leur existence et contraire, semble-t-il, aux prévisions du naturaliste. C’est que la fixation et le parasitisme les ont déformés au point de les rendre à peu près méconnaissables. Cuvier lui-même, le fondateur de l’anatomie comparée, les plaçait
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- parmi les Mollusques. Il a fallu rien moins que les travaux accumulés de Thomson (1830), de Bur-meister (1834), de Goodsir (1843), de Bâte (1851); de Darwin (1851-1853) et, plus récemment, de Hook (1883), de Groom (1894) et de Gruvel (1905) pour établir, d’une façon définitive, leur place dans la classification et leurs affinités zoologiques. Les deux ouvrages fondamentaux qui nous ont fourni, renseignements et figures sont : Monograph of Cirripedia de Darwin (1851-1853) et Monographie des Cirripèdes ou The'costrcicés de Gruvel (1905).
- Les Cirripèdes ne sont point animaux rares. D’immenses surfaces de rochers, sur nos côtes bretonnes, sont couvertes de Balanes (fig. 1); Ailleurs, comme à Quiberon, pullulent les Anatifes. Beaucoup de Crabes, regardés par la face ventrale, présentent une sorte de grosse tumeur à la limite de l’abdomen et du thorax : cette tumeur est un Cirripède parasite auquel sa forme de sac a valu le nom de Sacculine.
- Balanes, Anatifes, Sacculines sont les Cirripèdes les plus communs. Mais il en existe beaucoup d’autres espèces dans toutes les mers du globe,
- Fig. 2. — Schémas réprésentant tes principaux Cirripèdes pédonculés des côtes de France.
- A, Lepas (Anatife) ; B, Scalpellum ; C, Pollicipes; (Pouce-pied).
- depuis les plus froides jusqu’aux plus chaudes, et à toutes les profondeurs.
- Les Cirripèdes sont donc excessivement répandus et s’offrent partout au regard. Or ils sont extrêmement peu connus du public, dont ils n’attirent pas l’attention à cause de leur immobilité. Les Balanes paraissent être à mer basse de simples rugosités des parois rocheuses. On s’égratigne les mains et les pieds à leur contact sans songer à les examiner d’un peu près. Dites-vous bien d’ailleurs que les Cirripèdes, comme tous les êtres vivants, doivent être observés dans leur milieu naturel : non à sec, sur un rocher découvert par le reflux, mais dans l’eau.
- Détachez un morceau de rocher couvert de Balanes et mettëz-le dans une cuvette d’eau de mer ; puis regardez attentivement. Vous verrez les Balanes s’entr’ouvrir comme des fleurs et de petits organes — disons des pattes ou cirres — battre l’eau sans arrêt. Ainsi les Balanes déterminent et dirigent vers elles un courant d’eau qui les nourrit et leur permet de respirer.
- Pour acquérir une idée de la structure des Cirripèdes, nous choisirons par exemple un Anatife (fig. 2, A) qui est la forme la plus simple.
- Par analogie avec une fleur, nous dirons qu’un Anatife se compose d’un pédoncule, supportant un renflement terminal ou capitule, composé lui-même de pièces au nombre de cinq qui tiennent lieu de sépales et de pétales. Mais ces pièces sont calcaires et n’ont pas une disposition en symétrie rayonnée : l’une est en avant (carène), les quatre autres latéralement, deux en haut (terga) et deux en bas (scuta).
- Cette disposition et ce nombre des pièces calcaires du capitule, caractérisent le véritable Anatife ou Lepas anatifera de Linné. D’autres espèces très
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- Fig. 3. — Schéma représentant une Balane. c, carène; r, rostre ; s, scuta ; t, terga.
- communes en France possèdent davantage de plaques. Ainsi le Scalpellum vulgare (fîg. 2, B) a 14 plaques capitulaires au lieu de 5. Quant au Pouce-pied (Pollicipes cornucopia), il a 18 plaques capitulaires et son pédoncule même est revêtu de petites plaques en forme d’écailles ou d’épines (fig. 2, C).
- Arrivons maintenant aux Balanes. A l’inverse des Cirripèdes pédoncules, celles-ci n’ont pas de pédoncule. Leur capitule est collé directement au rocher. Ce sont les culs-de-jatte parmi les Cirripèdes. On distingue dans leur carapace une muraille formée de six pans et un opercule ou couvercle mobile (fig. 3).
- Il existe trois espèces de Balanes communes sur les côtes de France r: Balanus balanoïdes, Balanus tintinnabulum et Chthamalus stellatus. Toute la patience du naturaliste est nécessaire pour les distinguer. Les vraies Balanes (Balanus) n’ont qu’une seule pièce de la muraille, le rostre, qui recouvre par ses deux bords les pièces calcaires voisines (fig. 4). Au contraire les Chthamalus ont deux pièces latérales répondant à cette condition (fig. 4).
- Voici un petit tableau qui permet de déterminer les Cirripèdes les plus communs des côtes françaises.
- -f- Un pédoncule (Cirripèdes pédoncules).
- O Pédoncule nu et lisse.
- = Capitule recouvert en partie seulement de 3 à 5 plaques calcaires.
- Conchoderma auritum et C. virgatum.
- == Capitule recouvert en totalité de 5 plaques calcaires (carène, scuta et terga).
- Fig. 5. — Coupe schématique dans une Balane.
- 0, Cirres aux pattes ; G, glandes génitales ; K, cœur ; M, muraille ; S, scutum ; T, tergum ; TD, tube digestif.
- Lepas anatifera (Anatife).
- © Pédoncule recouvert de petites plaques en forme d’écailles ou d’épines. 5
- • Capitule présentant au plus 14 plaques. t Scalpellum vulgare.
- » Capitule ayant au moins 18 plaques.
- Pollicipes cornucopia (Pouce-pied).
- H- Pas de pédoncule (Cirripèdes sessiles). .
- X Une seule pièce de la muraille recouvre par ses deux bords les pièces voisines.
- Balanus balanoïdes et B. tintinnabulum.
- X Deux pièces de la muraille sont entièrement recouvrantes.
- Chthamalus stellatus.
- Quelques mots sur l’anatomie des Cirripèdes nous seront nécessaires pour comprendre les phénomènes si curieux de leur reproduction.
- Soit une Balane sectionnée de haut en bas (fig. 5). On voit, autour, la muraille (M) qui délimite avec l’opercule (S. T.) la cavité parfaitement close où se
- Fig. 4. — Diagrammes représentant les pièces de la mura>ille dans les genres Balanus et Chthamalus.
- trouve contenu l’animal. Nous avons dit que l’opercule peut s’entre-bâiller dans l’eau pour les besoins de la respiration et de l’alimentation. Le corps de la Balane est suspendu sur un côté de sa loge d’habitation et ressemble d’aspect à une de ces lampes romaines que l’on suspendait à la muraille. Le cœur (K), le tube digestif (T. D.) et les glandes génitales (G.) sont les principaux organes “internes. Notons qu’il y a deux glandes génitales : un testicule (Gt) et un ovaire (G2). Les Cirripèdes sont par conséquent hermaphrodites, c’est-à-dire à la fois mâles et femelles, ce qui ne signifie point, comme nous le verrons, qu’ils puissent se reproduire sans accouplement.
- Pour achever de décrire sommairement la Balane, ajoutons qu’il existe une demi-douzaine de paires de pattes ou cirres bifurquées et un pénis.
- Comment se reproduisent les Cirripèdes ? Il n’est pas de question qui ait suscité plus de légendes et de récits fantaisistes. A témoin les deux figures (fig. 6 et 7) qui ont été photographiées d’après le grand ouvrage d’Ornithologie (Histoire des Oiseaux) en 3 volumes dû au savant naturaliste Aldrovande (1522-1605). On y voit un arbre, apparemment un olivier, dont les branches supportent des Anatifes. Au-dessous de l’arbre se trouvent de jeunes canards qui nagent sur une pièce d’eau. La légende de la
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- figure et le contexte expliquent à satiété que les Anatifes sont les fruits d’un arbre et qu’ils se transforment en Oies bernaches. D’ailleurs la seconde figure (fig. 7) expose les étapes successives de cette transformation. Les vieux noms spécifiques imaginés au xvme siècle par Linné : Lepas anatifera, L. ansifera rappellent aussi le même phénomène, car Anas et Amer sont les noms latins du canard.
- Amusons-nous de telles légendes, mais comprenons aussi de quelle façon nos pères y avaient été conduits. Faire naître les Anatifes sur des arbres n’était pas une sottise et une marque d’inintelligence à une époque où l’on ne savait rien de l’anatomie de ces animaux. Il est de fait que les Anatifes ressemblent à des végétaux par leur forme extérieure et qu’ils sont fixés comme les plantes. Bien souvent les populations maritimes sont appelées à voir des épaves ou des bois flottants couverts d’Anatifes. Enfin, regardés sous un certain angle (fig. 7), les Anatifes ont figure de très jeunes canetons.
- Si la légende des Anatifes était pour le moins curieuse, la réalité de leur reproduction, telle que l’ont observée des savants comme Darwin et Gruvel, ne l’est pas moins.
- Dans la règle, les Cirripèdes sont hermaphrodites. Pourtant il est très rare que les Cirripèdes se reproduisent isolément. Le plus souvent ils s’accouplent entre proches voisins sans cependant se détacher de leur support.
- Dans les genres Scalpellum et Alcippe — pour ne citer que ces deux sortes de Cirripèdes — existent, en outre, des petits mâles supplémentaires dont l’anatomie est des plus simplifiées.
- Les mâles nains ou complémentaires se fixent à la paroi intérieure de la carapace des grands individus. Quelquefois ces derniers se simplifient à leur tour et deviennent exclusivement femelles. C’est ce qui arrive en particulier chez le Scalpellum velu-tinum des grandes profondeurs de l’Atlantique. Dans ce cas, il n’y a plus en présence que des grandes femelles fixées au sol et des mâles nains fixés à demeure sur ces femelles. La séparation des
- Fig. 7- — Transformation d’unAnaiife en Oie bernache.
- Fig. 6. — Oies bernaches nageant sous un arbre dont les fruits sont des Anatifes.
- D’après Aldrovande.
- sexes s’effectue de la sorte et se substitue à l'hermaphroditisme.
- Que les Cirripèdes soient simplement fixés au sol ou parasites sur d’autres animaux (Sacculine), les œufs sont toujours conservés par la mère jusqu’à l’éclosion des jeunes. En d’autres termes, les Cirripèdes sont vivipares.
- Les jeunes ont au sortir de l’œuf une forme très spéciale et caractéristique de la plupart des crustacés. Celte forme est le Nauplius (fig. 8, N) reconnaissable à ses appendices au nombre de trois paires : des antennes simples (al), des antennes bifurquées et natatoires (a 2), des mandibules (m). Sur le front., entre les premières antennes, un œil de Cyclope est en relation directe avec le cerveau rudimentaire de la petite larve. Enfin le Nauplius des Cirripèdes possède deux cornes. 11 a un quart de millimètre de longueur.
- Plus tard le Nauplius devient Cypris (fig. 8, C).
- :. Fig. 8. — Développement réel d’un Anatife.
- D’après Aldrovande.
- N, Nauplius ; C, Cypris ; D, jeune Lepas.
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- 202 SUR L’ORIGINE DE CERTAINES COLORATIONS NATURELLES
- Sa taille est devenue de quatre à huit fois plus grande (1 — 2 mm). Il a une carapace bivalve, des antennes et des pattes.
- Au bout d’un certain temps de vie libre, la larve Cypris sé fixe par ses antennes et se redresse (fig. 8, D). Toute sa région frontale s’allonge et devient le pédoncule du jeune Anatife. Le reste du corps, toujours recouvert par la carapace bivalve, devient le capitule. La carapace se mue en pièces calcaires ou, plus exactement, tombe et fait place au rostre, à la carène, au scuta et au terga de l’adulte.
- Sans entrer dans plus de détails embryogéniques, au peut se rendre compte que les Cirripèdes ne deviennent différents des autres crustacés qu’à
- partir de la fixation de la larve Cypris. Avant cela, ce sont des crustacés comme tous les autres. Par exemple, la larve Cypris est très analogue à un petit crustacé du même nom que l’on rencontre dans nos eaux douces et dans la mer.
- Conclure à un rapport de cause à effet entre la fixation et la structure sui generis des Cirripèdes est ainsi parfaitement justifié. D’autant plus que les Cirripèdes parasites (type : Sacculine), vivant dans des conditions encore plus déterminées, sont aussi modifiés dans une p’us large mesure et davantage éloignés du type primitif des Crustacés.
- Léon Bertin.
- Agrégé de l’Université.
- SUR L’ORIGINE DE CERTAINES COLORATIONS NATURELLES
- La nature nous offre une gamme infiniment variée de couleurs que l’on admire aussi bien dans le règne minéral que dans les plantes et les animaux. Si certaines sont dues à l’existence d’un pigment coloré, il s’en faut de beaucoup que ce soit toujours le cas et même, on peut dire que les plus jolies teintes, les plus délicates ne sont pas produites par un composé chimique plus ou moins complexe. A ce point de vue, les chimistes ont surpassé la Nature en créant les innombrables matières colorantes organiques. Mais là oîi nous sommes impuissants et où la Nature prend sa revanche, c’est dans l’obtention, par des procédés uniquement physiques, des colorations les plus variées. Nous voudrions dans cet article dire quelques mots des couleurs dues à la structure physique et non à l’existence de pigments colores.
- Nous en avons déjà étudié des exemples en rendant compte de la conférence de Lord Rayleigh : la nacre, les perles, l’opale, les scarabées doivent leurs richesses de teintes à la structure lamellaire plus ou moins irrégulière de leur masse.
- Commençons par la réflexion de la lumière par une matière pulvérisée. On observe, si l’on opère en lumière blanche, que la surface qui renvoie la lumière donne la sensation de blanc. Un bloc de glace n’est pas blanc parce qu’il ne diffuse pas la lumière, mais si on le pulvérise en très petits morceaux, ou encore si on considère da neige, la lumière est diffusée et nous disons que la neige est blanche.
- Cet exemple est bien connu de tous, mais son explication est valable pour d’autres phénomènes auxquels on pourrait ne pas songer à l’appliquer. C’est ainsi que lorsque Ton pulvérise les cristaux de sulfate de cuivre qui sont d’un bleu magnifique, on obtient une poudre qui est blanche. La raison est que la lumière qui traverse les petits cristaux ne se colore pas sensiblement et que d’autre part la lumière diffusée donne l’impression de blanc comme dans le cas de la neige.
- Lorsque Ton précipite l’argent par le courant électrique (argenture), le dépôt n’a pas une surface lisse comme celle d’un miroir; il est constitué par une infinité de petits cristaux qui dispersent la lumière dans toutes les directions. En conséquence, le dépôt d’argent apparaît blanc, et ne prend la teinte caractéristique qu’après polissage.
- Le -mécanisme est encore le même dans bien d’autres cas, en apparence totalement différents. Dans aucune
- fleur blanche et probablement aussi dans les cheveux blancs, il n’y a de pigment blanc. Le lis doit sa blancheur immaculée à la présence dans ses tissus d’innombrables bulles d’air qui provoquent la diffusion de la lumière. Il en est de même pour les cheveux blancs. Ceux-ci ne sont pas dus à la disparition du pigment originel et à son remplacement par un pigment blanc. Ils ont pour origine l’existence d’une quantité de petites bulles d’air dans le capillaire des cheveux. Si cette explication nous satisfait au point de vue physique, elle ne nous renseigne pas sur le côté physiologique et encore moins sur la thérapeutique à suivre. Pourquoi des soucis ou des peines provoquent-t-ils là formation de bulles d’air dans les cheveux, et comment se produit cette formation, sont des questions encore non résolues.
- L’éparpillement de la lumière par les poudres ou par’ les feuilles de papier est dû à la différence d’indice de réfraction entre l’air et les particules solides. Par suite, si on remplace l’air par un liquide ayant sensiblement le même indice de réfraction que les particules solides, celles-ci cesseront d’être blanches et deviendront plus ou moins transparentes. Un exemple bien connu est celui du papier qui, lorsqu’il est recouvert d’huile, devient translucide. De même si la poudre blanche de sulfate de cuivre était immergée dans un liquide ayant le même indice de réfraction que les cristaux, ceux-ci apparaîtraient de nouveau colorés en bleu.
- Un cas plus curieux et moins connu a été observé par Krukenberger. Certains flamants ont une coloration rose beaucoup plus intense que celle d’autres individus de la même espèce. La raison en est la présence dans les plumes de ces oiseaux d’une petite quantité d’huile qui rend les plumes plus translucides et par suite intensifie la coloration rouge.
- La diffusion de la lumière dans les exemples précédents avait pour résultat de donner la sensation de blanc.
- Il n’en est pas toujours ainsi, et le même mécanisme rend compte d’un certain nombre d’autres colorations.
- On sait que le bleu du ciel est produit, non par l’exis- • tence d’un gaz coloré en bleu dans l’atmosphère, mais à la diffusion de la lumière solaire par les fines particules en suspension dans l’air et par les molécules d’air elles-mêmes, ainsi que l’ont montré en particulier les recherches de Lord Rayleigh. D'une façon générale, lorsque Ton a dans un milieu liquide, solide ou gazeux des particules très fines en suspension et qu’on éclaire en lu-
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- LA TURBINE A COMBUSTION INTERNE
- mière blanche, les radiations bleues sont beaucoup plus intensivement diffractées que les radiations rouges et par suite la masse apparaît roüge en lumière transmise et bleue en lumière réfléchie. C’est pourquoi au lever et au coucher du soleil, le ciel vu par lumière transmise apparaît rouge, tandis qu’il est bleu lorsqu’il est éclairé par la lumière réfléchie.
- La même expérience est réalisée très simplement dans les phénomènes de la vie courante : la fumée do tabac est bleue lorsqu’elle est vue par réflexion et rouge lorsqu’on l’examine contre une source lumineuse. Le lait écrémé est nettement bleu par réflexion et rouge par transmission.
- Si, sur un fond noir, on dépose une substance translucide renfermant un grand nombre de particules diffrac-tantes, la lumière réfléchie paraîtra bleue. Si cette expérience est assez difficile à effectuer au laboratoire, elle se trouve par contre abondamment réalisée dans la nature. Les plumes des oiseaux tels que geais, merles, pies, etc., qui ont un reflet bleu ne renferment pas de pigment de cette couleur, mais la substance carnée est remplie d’une infinité de petites bulles d’air qui diffusent la lumière bleue, et transmettent la lumière rouge; un pigment noir, fonctionnant comme le fond noir de l’expérience précédente, intensifie les effets observés.
- La même explication rend compte de la couleur des yeux. Tyndall a montré dans son volume « Le Ciel » qu’il n’y avait pas de pigment bleu dans les yeux de cette teinte. De même que pour le bleu du ciel, la fumée de tabac ou le lait écrémé, c’est la diffusion de la lumière par un milieu trouble rempli de petites particules en suspension qui provoque le phénomène. Comme le fond de l’iris est tapissé par une substance renfermant un pigment noir, l'uvea (qui fait défaut aux albinos chez lesquels on voit le rouge du sang des faisceaux sanguins qui irriguent l’iris), lorsque les particules en suspension sont extrêmement petites, la lumière réfléchie est bleue. Plus les particules sont grosses, plus la couleur s’écarte du bleu, pour finalement donner les yeux noirs.
- C'est probablement pour cette raison que les nouveau-
- nés ont très fréquemment des yeux blèus, car les particules sont extrêmement petites. Elles tendent,à grossir avec l’âge et comme d’autre part il existe dans l’iris un pigment brun-jaune qui se développe progressivement, la combinaison de ces deux facteurs donne les yeux verts, noisettes, bruns et noirs, à partir des yeux bleus, tandis que l’inverse ne se produit, jamais.
- La couleur de la mer et des lacs varie également suivant la -dimension et le nombre des particules en suspension. Lorsqu’il n’v en a que peu, l’eau apparaît bleue ou indigo; quand le nombre augmente elle semble verte. Lorsque la quantité de matière en suspension est encore plus grande, la coloration est jaune ou brune.
- En fait, à grande profondeur et loin des côtes, la mer est bleue, tandis qu’elle est nettement verte près des côtes. Les bulles d’air qui se forment à la crête des vagues agissent comme les parlicules en suspension, et, sur une mer d’un bleu indigo, donnent des vagues dont les crêtes sont vertes.
- La présence de carbonate de chaux en suspension donne au lac de Constance sa coloration verte, tandis que le lac de Genève qui renferme beaucoup moins de particules, est bleu. LeGulf Stream est de même bleu parce qu’il contient moins d’acide carbonique, donc moins de carbonate de chaux par suite de sa température plus élevée.
- Au laboratoire même il est possible de réaliser ces apparences et, suivant la dimension des granules, on obtient par exemple des colloïdes d’or qui, en lumière transmise, sont rouge, violet ou bleu et du platine colloïdal dont la couleur peut être bleue, verte, jaune, rouge ou brune. Le phénomène se complique d’ailleurs un peu par suite des propriétés optiques spéciales des métaux, en particulier de la réflexion sélective.
- On pourrait multiplier les exemples à l’infini; ceux que nous avons donnés suffisent pour montrer que d-ans la nature un grand nombre des couleurs sont dues non à des pigments ou à des matières colorées spécifiques, mais bien à la structure des milieux que l’on observe.
- IL Vignehon.
- LA TURBINE A COMBUSTION INTERNE
- Où en est sa réalisation pratique.
- L’évolution de la mécanique, depuis le début de ce siècle, a été marquée par le développement des moteurs à combustion interne, réunissant dans une même machine la production d’énergie calorifique et sa transformation en énergie cinétique. Parallèlement, la machine à vapeur à pistons faisait place à la turbine à vapeur, d’un poids moindre à puissance égale, se prêtant mieux à l’entraînement des machines tournant à grande vitesse ; les constructeurs ont cherché à réaliser le même progrès sur les moteurs à combustion interne ; ils ont cherché à adapter la turbine aux fluides qui actionnent ces moteurs, à créer la turbine à combustion interne.
- *
- * *
- La turbine à combustion interne se conçoit avec e cycle suivant : introduction séparée du combus-
- tible et de l’air, éventuellement plus ou moins comprimés, dans une chambre spéciale — combustion dans celte chambre, — admission par des tuyères sur les aubages de la turbine avec travail des gaz produits dans la combustion, soit à pression constante, soit à volume constant — enfin évacuation des gaz.
- La théorie montre qu’il y a seulement deux types susceptibles de donner un rendement convenable :
- 1° Turbine à pression constante, brûlant des liquides injectés par pulvérisateurs. L’air carburant y sera d’abord comprimé isothermiquement à 10 kg au moins. La chàleur d’échappement sera employée^ chauffer l’air comprimé dans la mesure tolérable pour les matériaux de la machine.
- 2° Turbine à volume constant (ou à explosion), brûlant des gaz ou même du liquide. Le fluide
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- moteur y sera d’abord comprimé isothermiquement à 2 ou 4 kg ; la chaleur d’échappement sera récupérée par une chaudière fournissant la vapeur à une turbine à vapeur entraînant le turbo-compres-seur ; l’eau d’alimentation de la chaudière sera prise sur les enveloppes de refroidissement de la machine.
- Les deux types ont été réalisés, le premier par Armengaud, le second par Holzwarth.
- La réalisation d’une turbine à combustion interne suivant l’un de ces deux types est intéressante à poursuivre si la nouvelle machine parvient à réaliser un rendement thermique global (rapport de l’énergie disponible sur l’arbre à l’énergie calorifique contenue dans le fluide moteur), voisin de 27 pour 100, ce qui est le rendement des moteurs alternatifs actuels.
- On gagnera sur le moteur alternatif une utilisation plus complète de la détente des gaz ; ceux-ci peuvent sortir de la turbine avec une pression de 0 kg 1, tandis qu’on ne peut pas exagérer la longueur des cylindres d’un moteur alternatif pour dépasser 2 kg. Mais si la fraction utilisée de l’énergie du fluide moteur peut être plus grande dans la turbine que dans la machine alternative, elle y est utilisée avec un moindre rendement ; en outre, la compression, obtenue obligatoirement avec un turbo-compresseur, se fait avec un rendement moindre qu’avec les pistons de la machine alternative.
- Même si la turbine à combustion interne n’atteint pas le rendement des moteurs alternatifs, ceux-ci devront lui faire une place à cause de ses avantages particuliers, de même que la turbine à vapeur s’est imposée au début par des avantages de construction plus que par son rendement. On pourra construire de plus grosses unités, alors que le maximum possible du diamètre des alésages limite la puissance des moteurs alternatifs ; tournant plus vite, le poids par cheval pourra être moindre que celui de 200 à 240 kg des moteurs à gaz alternatifs, les fondations moins importantes et le prix moindre que pour ceux-ci (1800 francs le kilowatt).
- Mais on n’arrivera à assurer une durée suffisante à la turbine à combustion interne qu’en vainquant de très grosses difficultés techniques de construction.
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- La plus grosse est d’assurer la protection des aubages et de la roue contre le flux périodique de chaleur; particulièrement, il faut protéger les arêtes des ailettes contre la fusion, tout en admettant une température du gaz de 800° à 900° dans l’ailetage.
- Le refroidissement par injection intérieure d’eau s’est montré inapplicable. La solution actuelle
- consiste à refroidir rapidement et périodiquement l’ailetage par une insufflation d’air frais; de plus, on arrondit les arêtes d’attaque des ailettes de façon à diminuer la pénétration dans le métal des variations de température ; le refroidissement par balayage d’air fait perdre environ 16 pour 100 de la puissance totale, mais il n’y a pas moyen de l’éviter.
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- La première turbine à combustion interne, la turbine Armengaud, a été construite en 1905, par la Société des Turbo-Moteurs. C’était une turbine à pression constante, marchant au pétrole. Le pétrole était pulvérisé dans de l’air comprimé à 5 kg, et allumé par un fil de platine incandescent ; les produits de là combustion étaient lancés par 55 tuyères sur les ailettes d’une roue Curtis de 950 mm de diamètre, et faisaient tourner celle-ci à 4250 tours par minute. Un turbo-compresseur Rateau de 400 ch, monté sur l’arbre, comprimait l’air comburant. Le refroidissement des ailettes se faisait par l’injection d’eau ; les corrosions, qui en résultaient, amenaient ,assez vite la mise hors service de la machine. Le rendement était très faihle.
- Des essais se sont poursuivis depuis, dans la voie ouverte par Armengaud, en Amérique et en France. Nous ne nous y étendrons pas, notre but étant surtout de faire connaître les essais dans une voie différente, poursuivis en Allemagne par Holzwarth.
- La turbine Holzwarth est une turbine à explosion, c’est-à-dire qu’elle fonctionne suivant un cycle à volume constant, Holzwarth en construisit d’abord une à pétrole, en 1908, marchant sans compression. En 1910, il construisit à Mannheim un modèle vertical à gaz de 100 kw. De 1914 à 1923, devenu directeur des usines Thyssen de Mulheim (Ruhr), il a réalisé successivement une turbine horizontale de 500 kw, qui a tourné avec succès, une de 5000 kw, actuellement en cours d’essais, et il en projette une de 10000 kw. La machine de 500 kw est une turbine à huile lourde, marchant à 5000 tours par minute. Celle de 5000 kw est une turbine à gaz de haut fourneau, marchant à 1000 tours par minute, avec une compression de 3 kg 5 ; celle de 10000 kw tournera à 1500 tours-minute et marchera également au gaz.
- Nous donnerons une idée de la forme actuelle de la conception de Holzwarth en décrivant le modèle de 5000 kw.
- La turbine de 5000 kw comprend essentiellement 8 chambres d’explosion avec 8 tuyères fonctionnant à tour de rôle, et une roue à action, analogue à celle d’une turbine à vapeur, avec ailetage double et redresseur intermédiaire.
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- LA TURBINE A COMBUSTION INTERNE
- Le gaz et l’air, comprimés à 3 kg 3, sont introduits dans une chambre d’explosion (2/10 de seconde), puis allumés par magnéto haute tension. La pression monte dans la chambre à 14-15 kg et la température à 1700°. Aussitôt, une soupape d’échappement s’ouvre et laisse les gaz s’écouler dans la tuyère et frapper la roue à la vitesse de 1200 m. par seconde et à la température de 1200°.
- L’échappement dure 1/10 à 2/10 de seconde, pendant lesquels la roue a fait 4 ou 5 tours, et la pression dans la turbine descend au voisinage de la pression atmosphérique.
- A ce moment, se produit le balayage par de l’air frais sous la pression de 1 kg 3 pendant une seconde, puis une nouvelle charge de la même chambre d’explosion.
- Pendant le balayage et la charge d’une chambre,
- chambres d’explosion et l’ailetage de la turbine.
- Les 8 chambres d’explosion sont en fonte, leur forme est analogue à celle de cylindres horizontaux, d’un volume de 1 m3 3 avec 2 m. 20 de long et Om. 80 de diamètre. Chacune porte 5 bougies alimentées par 3 fortes magnétos à haute tension. Elles sont à double enveloppe, avec circulation d’eaü employée pour l’alimentation de la chaudière ; elles sont munies de soupapes de sûreté. Chaque chambre porte trois autres soupapes pour l’introduction de l’air de balayage, de l’air comburant et du gaz combustible; elles sont commandées au moyen d’huile sous pression par un distributeur rotatif mû électriquement, à vitesse variable et réglable. Au fond de chaque chambre, enfin, se trouve la soupape d’admission aux tuyères, particulièrement soignée pour rester étanche à l’allu-
- Fig. i. — La turbine à gaz Holzwarth.
- qui durent 1,2 à 1,3 seconde, les sept autres chambres ont successivement fourni leur échappement, travaillant toutes à tour de rôle. L’allure normale est de 40 à 50 explosions par chambre et par minute, et de 1000 tours à la minute.
- Une machine auxiliaire est disposée près de la turbine; elle comprend 3 compresseurs pour l’air comburant, le gaz combustible, l’air de balayage, disposés sur le même arbre et entraînés par une seule turbine à vapeiir; celle-ci est alimentée par une chaudière timbrée à 12 kg, que chauffent les gaz d’échappement en s’y refroidissant de 450° à 115°; l’eau vaporisée dans la chaudière est prise aux enveloppes de refroidissement des turbo-com-presseurs et des chambres d’explosion. La machine auxiliaire absorbe 800 à 1000 ch, c’est-à-dire 1/7 à 1/10 de la puissance disponible dans la turbine à gaz.
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- Les parties les plus intéressantes de la machine, au point de vue de la construction, sont les
- mage et offrir ensuite à l’explosion une grande section de passage.
- Les ailettes sont la partie la plus délicate de la machine. Elles sont fabriquées isolément à la forge par matriçage, puis réunies entre elles par forgeagé au moyen d’une chape annulaire qui forme un anneau de garde solidaire de la roue. Le pied est saisi dans son logement sur la couronne de la roue par un filetage; il porte en outre un évidement triangulaire dans lequel une clavette est introduite à force. Les arêtes sont très arrondies. Le métal des ailettes est un acier tout à fait spécial, obtenu au four électrique ; sa limite d’élasticité, de 33 à 42 kg par millimètre carré à la température ordinaire, est encore de 19 à 20 kg à 480°; sa résistance à la rupture, de 43 kg par millimètre carré à la température ordiuaire, est encore de 26 kg à 480°. Ces ailettes ainsi construites ont déjà résisté victorieusement, dans la machine de 500 kw, au régime de haute température à laquelle elles travaillent, grâce au refroidissement par balayage d’air et à l’arrondi des arêtes.
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- Le poids total de la machine, turbine, chaudière et turbo-compresseurs, est de 475 tonnes, soit 90 kg par kw.; celui de la turbine seule est de 40 kg.
- Le prix, par kw installé, serait les 2/3 de celui d’une installation de moteur alternatif; d’autre part le prix des fondations et des bâtiments serait deux fois moins fort.
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- Holzwarth était arrivé, avec son modèle vertical de 1000 kw, à un rendement global de 13 pour 100, encore insuffisant. Le compte rendu d’essais de cette machine, effectués en décembre 1919 sous le contrôle du Directeur des chemins de fer allemands, a été publié dans le journal du Verein der Deut-scher Ingenieuren (1920, page 197).
- On arrivera à beaucoup mieux avec le modèle de 5000 kw qui vient de commencer ses essais; les moyens de corriger les défauts du modèle de 1000 kw sont connus. On escompte une consommation par kw de 3 m3 5 de gaz de haut fourneau à 1000 calories et un rendément de 28 pour 100.
- Le rendement ne variera pas sensiblement quand la charge diminuera; les chambres d’explosion travaillent, en effet, indépendamment l’une de l’autre ; diminuer la charge revient à arrêter quelques chambres et le rendement ne diminuera pas plus que dans une turbine à vapeur à injection partielle.
- * . •
- Il semble donc que la solution Holzwarth ait des chances d’aboutir finalement à un résultat pratique. On ne peut pas douter, d’ailleurs, que les ateliers Thyssen, spécialistes et premiers fabricants de moteurs à gaz, ne se soient engagés dans la construction de grosses turbines Holzwarth qu’avec la conviction qu’ils ep retireraient des avantages sérieux. Quelle que soit l’issue des tentatives pour vaincre les dernières difficultés techniques et améliorer le rendement, l’effort méritait d’être signalé et on en suivra les péripéties avec intérêt.
- A. Stouvenot P. Ti\oy.
- Ingénieur en chef des mines. Ingénieur du Génie maritime.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1924.
- La tautomérie de l’ésérinc. — Les dernières expériences de MM. Max et Michel Polonovski confirment l’hypothèse qu’ils ont récemment émise sur l’éséré-tholmétine, considérée par eux comme une pseudo-hase à hydroxyle aldolique. .
- Le vol des albatros. — L’étude de M. Pierre Idrac a été faite, l’hiver dernier, à bord d’ün navire argentin, puis d’un baleinier, dans les parages de la Géorgie du Sud. Elle indique déjà que la finesse appxmimative de ces oiseaux est du même ordre que celle des grands vautours d’Afrique, mais qu’elle correspond, à une vitesse plus grande, puisque voisine de 20 m. par seconde.
- Les dépressions secondaires de la mer Adriatique. — M. Filippo Eredia met en évidence les conditions favorables à leur formation, c’est-à-dire un cyclone très marqué sur la Russie septentrionale et deux zones de pression élevée s’étendant, l’une sur les Iles-Britanniques, l’autre sur la mer du Levant ; ces anticyclones jouent dans la marche des dépressions un rôle dominant.
- Le parfum de la vanille. — Les recherches dé M. A. Goris indiquent que les fruits du vanillier renferment trois glucosides : la glucovanilline isolée, l’alcool glucovanillique caractérisé par son produit de dédoublement, l’alcool vanillique, enfin un glucoside, encore à isoler et qui, par scission, fournit un éther à odeur agréable. Il est à croire que c’est le second composé qui donne naissance à la glucovanilline, puis à la vanillinè. ‘
- La neutralisation dè l’acide sulfurique dans le sol. — L’emploi de solution à 12 pour 400 en volume se généralise pour la destruction des mauvaises herbes, dans les champs de céréales. A ce sujet, M. Ch. Briouj met en valeur la nécessité du marnage et du chaulage préalable, dans le cas des terrains décalcifiés dont la concentration en ions hydrogène ne tarde pas à augmen-tér au point de devenir rapidement nuisible à toute végétation.
- La puissance de la machine à piston. — M. Tournier indique une formule qui. permet d’avoir une donnée précise sur la tenue économique de la machine et qui fait intervenir le débit de vapeur, la chute adiabatique de chaleur du kilog. de vapeur, la pression actuelle au condenseur, la perte sèche de vapeur, enfin cette constante qu’est le rendement maximum de la machine étudiée. • 1
- Les sources thermales de Madagascar et de La Réunion. — Le professeur Moureu soumet à l’Académie les résultats fournis par l’analyse des sources du bassin hydrothermal d’Antsirane et des localités de Cilaos, dé Hellbourg et de Mafate, au cours de la mission qui lui fut confiée en juillet 1923.
- Le sulfure de carbone et les rayons ultra-violets. — Revenant sur les travaux de Pauer, Flalow, Martens et Hulburt, MM. Bruhat et Pauthenier ont déterminé la courbe des indices d’extinction à l’intérieur et au voisinage de la bande X = 322 mji, en examinant les radiations monochromatiques fournies par les diverses raies d’une lampe à mercure Cooper-IIéwitt en quartz.
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- CINÉMATOGRAPHIE DES FORMULES DES RÉACTIONS CHIMIQUES
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- La chaleur dégagée par les corps radioactifs. — M. D. Yovanovitch présente à l’Académie un appareil, basé sur la méthode de compensation en rapportant les mesures à un étalon de radium, pour évaluer la chaleur libérée par les substances radioactives, au cours de leurs transformations.
- L’essenCe concrète d’iris. — L’étude de MM. Langlais et Goby a indiqué, dans ce produit, la présence de six acides gras saturés; a. caprylique, a. pélargonique, a. caprique, a. undécylique, a. laurique, a. tridécylique, dont trois à nombre d’atomes de carbone impair (C9, G11, C13) n’ont pas encore été signalés dans les produits naturels.
- La décomposition de la cire animale. — En présence de chlorure de magnésium sec, M. Mailhe vient de constater que la cire d’abeilles conduit entre 60 et 550°, à un mélange de carbures d’hydrogène, analogues à ceux de l’essence minérale et du pétrole.
- Les sondages des Abatilles, près_ d’Arcachon.— Ils ont. permis, d’après M. Pierre Vie.nnot, d’avoir une coupe synthétique des strates tertiaires du bassin d’Aquitaine, au voisinage de l’Océan. C’est ainsi que dans la fosse aturienne de Biarritz, l’Eocène est marneux et balhyal, l’Oligocène gréseux et néritique; vers Bordeaux, on rencontre les bords du golfe tertiaire, présentant des intercalations d’eau douce; enfin, à Arcachon, il y a continuité de sédimentation marine, néritique, de l’Eocène inférieur à l’Hélvétien.
- La potasse et l’acide lmmique. — Contrairement à ce qu’avaient indiqué Berthelet et André, la fixation de la base sur l’acide humique tient à une absorption et non à des combinaisons définies, et M. André Charriou montre en outre que la mobilisation de la potasse par la chaux lient au déplacement, sur l’acide humide, de la potasse par la chaux dissoute dans les eaux contenant de l’acide carbonique.
- Paul B.
- CINÉMATOGRAPHIE DES FORMULES DES RÉACTIONS CHIMIQUES
- Recherches et* Inventions, la revue de l’Office national du même nom, signale une intéressante initiative prise par M. Fourneau de l’Institut Pasteur : l’emploi du cinématographe pour expliquer les transformations des formules correspondant aux réactions chimiques d’un corps complexe.
- M. Fourneau étudie actuellement une substance trypanocide d’origine allemande, le « 205 Bayer », laquelle a suscité dans les milieux médicaux une curiosité intense, en partie justifiée du reste, et entretenue, d’une part, en ne distribuant ce produit qu’à un nombre très restreint de spécialistes qui devaient prendre l’engagement d’honneur de n’en donner à personne, et, d’autre part, en conservant secrète la composition du médicament.
- Il s’agit d’une substance douée d’un pouvoir trypanocide considérable sur les petits animaux de laboratoire, car iP suffit de 1/16 de millig. pour guérir définitivement une souris de 20 gr. infectée par le Trypanosoma brucei, alors que 10 millig. n’ont pour ainsi dire pas d’action toxique. L’indice chimiothérapeutique est donc de 160.
- Jamais, encore, on n’avait observé un écart pareil entre la dose curative et la dose tolérée.
- Les essais qui ont été faits sur les grands animaux et sur l’homme n’ont pas entièrement répondu à ce qu’on pouvait attendre des expériences de laboratoire ; du moins, le médicament ne semble être actif que dans un nombre restreint de trypanosomiases. Il s’agit là d’une spécificité médicamenteuse d’un degré élevé qui n’avait pas été signalée jusqu’à présent, et qui rappelle celle des antitoxines.
- Pour guérir un bœuf nagané, par exemple, il faut injecter des doses considérables, presque toxiques. Sur l’homme, le 205 n’agit pas beaucoup
- mieux que l’atoxyl et l’émétique. Par. contre, dans le traitement des infections dues au Trypanosoma congolense, qui sévit particulièrement au Congo belge, l’action est tout à fait remarquable et il suffit d’une injection de quelques grammes pour guérir l’animal.
- Le produit est particulièrement spécifique. Il est aussi d’une efficacité prolongée, puisqu’au laboratoire, des souris ayant reçu 1/4 ou même 1/10 de millig. de « 205 » sont réfractaires à une infection par le Trypanosoma Brucei pendant plus d’un mois.
- Malheureusement, ce médicament provoque chez l’homme des néphrites de longue durée, apparaissant parfois longtemps après la fin du traitement.
- Quoi qu’il en soit de son avenir thérapeutique, ce produit présente l’intérêt de ne contenir ni arsenic, ni antimoine, ni bismuth, ni mercure, de ne pas être une matière colorante et de sortir ainsi des voies de recherches où l’on s’était engagé jusqu’ici.
- Il était donc intéressant de connaître sa composition chimique restée secrète. M. Fourneair s’y est appliqué et a abouti à ceci : le 205 est vraisemblablement l’urée symétrique du métaaminobenzoyl métaamine paraméthylbenzoyl 1 amino 4, 6, 8 naphtalène trisulfonate de sodium, dont la formule est représentée sur la figure 1.
- Un joli nom, n’est-ce pas?
- Non seulement M. Fourneau a analysé ce corps, mais il en a fait la synthèse ; il a obtenu, avec le concours de ses élèves, M.,vet Mme Tréfouël* et M. Jean Vallée, un produit»ayant lés’ mêmes effets que celui de Bayer.
- Bestait à expliquer et à faire comprendre les mécanismes des réactions chimiques qui permettent
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- CINÉMATOGRAPHIE DES FORMULES DES RÉACTIONS CHIMIQUES
- Fig. i. — La formule du «2o5 » ou.« 3oç » au cinématographe.
- d’aboutir à des corps aussi complexes. Là, le cinématographe est, comme toujours et partout, un admirable moyen d’enseignement’.
- Dans le laboratoire de cinématographie de l’Office national de Bellevue, avec le concours du Dr Co-mandon, M. Fourneau et ses collaborateurs réalisèrent des dessins animés de formules chimiques qu’on filma.
- Les images projetées d’après ces prises de vues montrent diverses réactions de la chimie organique au moyen de formules dont les noyaux changent brusquement, se disloquent, s’accrochent, et l’on comprend ainsi aisément la suite des opérations par lesquelles on arrive à la synthèse des corps complexes.
- C’est la première fois qu’un film cinématographique est pris dans ce but et il n’est pas douteux qu’il sera suivi de beaucoup d’autres, tant l’enseignement de la chimie, et surtout de la chimie organique pourrait en profiter.
- La première partie du film montre comment est constitué le « 205 », ou tout au moins la substance désignée par le chiffre 309.
- Les images projetées schématisent bien quelques réactions de la chimie organique : une nitration, la réduction d’üne fonction nitrée par l’hydrogène naissant (fig. 2), des condensations, etc., etc.
- On peut remarquer l’énormité de la formule. Il
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- Fig. 3. — Un produit voisin, mais plus toxique.
- s’agit là, en effet, d’une substance d’un poids moléculaire très élevé (1400 environ), très supérieur à celui des médicaments les plus compliqués.
- Par certains côtés, le 309 se rapproche des albumines. C’est, en effet, un assemblage d’acides aminés; il n’est donc pas surprenant qu’il ait une certaine affinité pour le protoplasme.
- La seconde partie du film montre comment les moindres changements d’ordre chimique, par exemple le déplacement d’un groupe méthyle ou l’enlèvement de ce groupe, le changement de positions, amènent des perturbations dans l’indice chimiothérapeutique (fig. 1 et 3).
- Cet indice, désigné par la lettre 1, n’est pas autre chose que le rapport qui existe entre la dose curative ramenée à l’unité el la dose tolérée : il est de 160 pour le 309 (ou 205). Par conséquent, tandis que 1 millig. de 309 suffit pour guérir un animal
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- Fig. 2. — La réduction d’une fonction nitrée par l’hydrogène naissant.
- trypanosomé, on peut injecter au même animal 160 millig. sans le tuer. Cet indice est figuré au bas des formules (fig. 1 et 3).
- Du reste, le développement .de la formule du 309 par le cinématographe, ainsi que les modifications qui sont apportées à cette formule, sont accompagnés de légendes qui expliquent les principales opérations chimiques effectuées et qui permettent, par conséquent, de dispenser le projeteur de tout autre commentaire pendant le déroulement du film, si toutefois les légendes répondent bien à leur objet.
- Par ce procédé, il devient possible de saisir facilement le processus suivi par la réaction, les symboles chimiques se détachant des .groupements pour se rattacher à d’autres, à la manière des éléments d’un dessin animé de cinématographe. Nul doute que la généralisation de cette méthode conduise à faciliter grandement devant un auditoire l’explication du mécanisme des réactions chimiques les plus complexes. .R. M.
- Le Gérant : P. Massok. — Imprimerie Lahure, 9 rue de Fleuras, à Taris
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- LA NATURE. — N° 2635.
- 4 OCTOBRE 1924
- CE BALLON LIBRE ET L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
- I. L’électricité atmosphérique par temps normal. — Lès questions qui se rapportent au champ électrique de la Terre et de l’atmosphère sont encore si obscures, malgré les travaux effectués dans ces dernières années, qu’il peut sembler téméraire de rechercher avec quelque rigueur comment s’y comporte un ballon libre1 ordinaire, système dont la forme, les dispositions d’ensemble et les matériaux peuvent varier à l’infini. ,,
- Assemblage de corps isolants et de corps bons conducteurs de l'électricité, le ballon peut, suivant les conditions atmosphériques, être assimilé tantôt à un mauvais conducteur, tantôt à un,bon conducteur électrique. D’autre part, le milieu dans lequel il flotte peut être, suivant l’état de^l’atinosphère et son ionisation, plus ou moins isolant.
- Ces simples remarques montrent combien le problème est ardu, envisagé au seul point de vue de la physique. Mais il se rattache aussi étroitement à la météorologie puisque les nuages, la brume, les courants ascendants jouent un rôle essentiel dans la formation du champ électrique terrestre, et cette dualité le complique encore.
- Cependant, malgré ces complications, peut-être même à cause d’elles, la question qui s’est mise d’elle-même à l’ordre du jour dans ces derniers temps est d’un intérêt tel, qu’un exposé même imparfait semble avoir son utilité. A défaut de solution, il montrera au' moins les difficultés du problème. Nous essaierons de rendre cet exposé très élémentaire et aussi clair qu’il est possible en pareille matière. .
- Avant d’examiner comment le ballon se comporte dans le champ électrique terrestre, il est nécessaire de rappeler, en quelques mots, les principales particularités de ce champ soit à l’état normal, c’est-à-dire par beau temps, soit à l’état troublé, lorsque in? terviennent les précipitations et les orages.
- Disons tout de suite que si le champ électrique de la Terre a été étudié en des stations assez nombreuses dans ces 50 dernières années, il l’a été surtout à terre, à l’aide des observations faites au niveau du sol et dans quelques observatoires de
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- Fig. 2. — Chdmp statique terrestre formé par ta charge négative de la Terre et l’électricité positive de l'atmosphère.
- (Les flèches indiquent la direction du champ.)
- Fig. i. -r- Diminution du champ électrique terrestre avec l’altitude.
- montagne. Les ascensions en ballon libre qui semblent particulièrement indiquées sont rares.
- Depuis l’ascension de Biot et -Gay-Lussac, le 20 août 1804, qui avait pour but l’étude des déviations de l’aiguille aimantée, et que l’on peut comprendre dans la catégorie qui nous intéresse, nous comptons jusqu’en 1903 ascensions ayant en vue l’observation dés phénomènes électriques. En tenant compte de quelques oublis de notre part, nous pouvons admettre un total de 50 ascensions en 100 ans. C’est un nombre d’autant plus modeste qu’il réunifies ascensions faites dans l’Europe entière. Et cependant, c’est grâce à 'ces ascensions que nousf avons pu rectifier les erreurs fondamentales que l’on avait faites en déduisant des seuls résultats obtenus au niveau du sol le champ électrique en altitude.
- La Terre est chargée d’électricité. Elle l’est quelquefois fortement. En été, au sommet des montagnes, sans qu’un orage soit à proximité, il n’est pas rare de voir les pointes métalliques et tous les objets bons conducteurs en communication avec le sol [émettre des effluves analogues à ceux qui s’échappent des corps très fortement électrisés. Ce fait montre que la Terre est chargée d’ électricité. Si l’on élève assez haut, à l’aide d’un cerf-volant, un fil métallique communiquant avec le sol, et si l’on insère dans le circuit un galvanomètre très sensible, on comtate que le courant se dirige généralement du cerf-volant vers la Terre. On doit donc considérer la Terre comme chargée normalement d’électricité négative.
- D’où vient cette charge? A-t-elle été communiquée à la Terre à son origine et conservée par suite de son isolement dans l’espace? Est-elle dissipée, puis renouvelée constamment par une sorte de bombardement corpusculaire provenant du soleil ou des régions interplanétaires? Est-elle apportée par une radiation très pénétrante transportant avec elle.des
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- 52" Année.
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- LE BALLON LIBRE ET L'ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
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- particules électrisées négatives? Nous n’en savons rien.
- Admettons le fait. Puisque la Terre est chargée d’électricité négative, une quantité d’électricité positive égale à l’unité placée à une certaine hauteur se dirigera vers le sol. Le champ électrique, c’est-à-dire la force qui sollicite cette massé électrique, est donc dirigé vers le bas. Variable suivant les circonstances locales, et probablement suivant la latitude, on peut regarder ce champ comme ayant une valeur comprise entre 100 et 200 volts par mètre. Ces limites s’entendent du champ normal, c’est-à-dire mesuré au niveau du sol et en plaine, sans •précipitations et sans orage.
- Irrégulier dans la couche atmosphérique de 0 à 1500 m, par suite des brumes et des poussières qui s’y trouvent à l’état permanent, le champ diminue ensuite nettement à mesure qu’on s’élève, et ce résultat, définitivement établi par les ascensions en ballon de Le Cadet en 1892-1897, est un des plus importants que l’électricité, atmosphérique ait obtenus dans ces dernières années.
- Au cours de sa dernière ascension, le 11 septembre 1897, ce savant observait à l’altitude de 4150 m un champ , de 11,2 volts .par mètre, tandis que la valeur au niveau dû sol, au même moment, était,de 150 volts.
- Le 11 mai 1905, Gerdien obtenait 2,9 volts à 5760 m, et le 50 août de la même année 7,9 volts à 6030 m.
- . Tirons tout de suite la conséquence de ce fait. Si la surface de la Terre était seule, chargée d’électricité, le champ électrique de l’atmosphère serait sensiblement constant (*) jusqu’à une assez grande hauteur, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par des .considérations élémentaires. Puisque l’expérience indique une décroissance rapide, il faut admettre qu’il se trouve, entre le niveau dü sol et l’altitude la plus élevée atteinte dans les ascensions que nous venons de rappeler, de l’électricité positive qui agit en sens contraire de la charge négative de la Terre pour diminuer la valeur du champ.
- Cet affaiblissement du champ électrique à mesure qu’on s’élève nous conduit ainsi à l’existence de masses d’électricité positive libres, répandues dans l’air.
- Mais, d’après ce que nous savons des phénomènes d’ionisation de l’atmosphère, nous devons considérer celle-ci comme parsemée de particules électrisées ou ions des deux signes, constamment produits
- 1. En réalité il* diminuerait, mais.insensiblement dans la région qui nous intéresse.
- sous l’effet des radiations émanées de la Terre et des espaces cosmiques. Il est donc naturel d’admettre que ces masses positives, dont l’existence est démontrée par la seule observation du champ électrique, représentent un excès du nombre des ions positifs sur le membre des ions négatifs présents dans l’air.
- C’est bien ce que l’on constate lorsqu’on compte par des moyens appropriés le nombre des ions des deux signes. On trouve normalement un excès d’ions positifs.
- Nous devons en définitive nous représenter de la façon suivante le champ électrique terrestre, tout au moins jusqu’aux altitudes (relativement très faibles) que nous avons explorées.
- La surface de la Terre est chargée d’électricité négative avec une densité égale en moyenne à 4 unités (électrostatiques) par m2.
- Puis, disséminés dans l’atmosphère, produits -à tout instant, et se recombinant sans cesse, des ions des deux signes, avec un excès d’ions positifs, tel, que dans une colonne de un m2 de section et dè 6000 m de hauteur, la quantité d’électricité positive en excès est sensiblement égale à 3 unités!
- Faisons deux parts des ions positifs, l’une qui est égale au nombre des ions négatifs' et les annule électriquement, et le reste qui est libre et existe,1 on peut dire, indépendamment du temps. La partie qui est libre ou en excès constitue avec la charge négative de la Terre le Champ statique de l’atmosphère,, et, dans ce champ, les ions des deux signes ^qui sont maintenant en quantités égales, se meuvent, les ions positifs vers le bas, dans le sens du champ, les ions négatifs vers le haut, en sens inverse du champ. Cette, double, migration, qui s’effectue sous la forme d’un véritable courant, forme en quelque sorte le champ dynamique normal dé l’atmosphère.
- Une difficulté se présente. Comment peut-il y avoir un excès d’ions positifs, puisque toute cause ionisante produit des quantités d’électricité des deux signes rigoureusement égales? Il est nécessaire que cet excès positif ait son équivalent quelque part eu électricité négative. Or, si nous rapprochons les deux nombres précédents, charge négative dé la Terre, charge positive en excès contenue dans les 6000 premiers mètres de hauteur, nous constatons que ces deux nombres sont peu différents.
- Si, au lieu de nous arrêter aux 6000 premiers mètres, nous nous élevions à des altitudes plus grandes, nous trouverions pour l’électricité positive
- Fig. 3. — Champ dynamique terrestre. — Véritable courant électrique formé par les ions, des 2 signes dans le champ terrestre.
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- LE BALLON LIBRE ET L’ELECTRICITE ATMOSPHÉRIQUE —........- 211
- libre de l’atmosphère un nombre encore plus voisin de cëlui qui représente la charge négative de la Terre.
- Il n’est donc pas impossible que la charge de 1a Terre représente précisément, èn quantité négative, l’équivalent de la charge positive libre de l’atmosphère et, si nous considérons le champ dans son ensemble, nous pouvons l’assimiler à celui qui est produit par une couche double d’électricité, c’est-à-dire par deux strates d’électricité égaux et de signes contraires, dont l’un, le négatif, est confondu avec la surface dé la Terre et dont l’autre, le positif, s’étale jusqu’à une certaine hauteur dans l’atmosphère.
- La séparation de l’électricité en ces deux strates serait produite par une radiation spéciale très pénér trante, différente de celles qui causent l’ionisation ordinaire de l’air, et qui entraînerait avec elle les particules négatives jusqu’à la surface de la Terre.
- Examiné sous cet aspect, le cycle électrique de l’atmosphère se déroule ainsi. Par l’effet de la radiation pénétrante et de la séparation des deux électricités qu’elle occasionne, il se forme normalement dans l’atmosphère un champ électrique qui est celui que nous mesurons. En même temps l’air est ionisé par d’autres radiations (radiation solaire ultra-vio-lette, rayonnement des matières radioactives, rayonnements encore inconnus) et devient conducteur à la manière des gaz ionisés. Le. champ tend donc à s’annuler et il n’est entretenu que par l’action constante de la radiation très pénétrante.
- II. La brume et les nuages dans le champ électrique normal. — Sauf aux très hautes altitudes — et encore les exceptions ne sont pas rares — il faut considérer que l’atmosphère renferme en suspension un nombre considérable de particules solides ou liquides : grains de poussières, cendres volcaniques, matières cosmiques captées par notre champ de gravitation, gouttes d’eau microscopiques, cristaux déglacé, et qu’à toutes altitudes elle est parsemée d’atomes ou de molécules électrisés des deux signes qui constituent les ions.
- Ces particules solides ou liquides captent les ions par diffusion de ces derniers. Certaines, bonnes con-
- Fig. 5. — La mer de nuages en dessous de Vobser-. vatôire du Pic du Midi. Champ électrique in lense produit par le voisinage des nuages.
- Fig. 4. — Électrisation des nuages, de la brume et du brouillard dans le champ électrique terrestre par le courant d’ions.
- ductrices de l’électricité, ou ayant un grand pouvoir inducteur, en attirent peut-être plus que les autres, par suite des' charges développées, par influence. Toutes s’électrisent.
- Laissons de côté les particules solides et bornons-nous à examiner l’effet produit sur les gouttelettes liquides par l’ionisation de l’atmosphère. Ces gouttelettes sont chargées d’électricité pour deux raisons, d’abord parce que la vapeur d’eau se condense plus aisément sur les ions que sur les atomes à l’état neutre, et, parce que même à l’état neutre une gouttelette d’eau attire par sa seule induction une particule électrisée voisine.
- Toutefois, puisqu’il existe normalement dans l’atmosphère des ions des deux signes, il semble qu’il n’y ait aucun motif pour que, après avoir capté un ion d’un certain signe, un ion.positif par exemple, la goutte d’eau n’attire pas un ion de l’autre signe et revienne à l’état neutre. Il est même probable que ce cas est normal; Mais il existe une certaine quantité d’ions positifs en excès. D’autre part la surface de la. Terre est chargée d’électricité négative. Pour ces motifs seuls — et nous allons voir ‘qu’il y en a d’autres —- il est à présumer qu’une goutte d’eau en suspension dans Pair pourra être finalement chargée d’électricité, positive, et qu’une goutte d’eau entraînée par un courant ascendant à partir de la surface terrestre pourra être momentanément chargée d’électricité négative.
- Voici une autre cause d’électrisation.
- Nous avons vu que par l’effet du champ électrique terrestre et de l’ionisation, il existait dans l’atmosphère un véritable courant électrique vertical, transportant des ions positifs vers le bas, vers la surface de la Terre, et des ions négatifs vers le haut. Sur le trajet de ce courant, interposons une bande nuageuse formée de gouttes d’eau, bande nuageuse que nous supposerons pour plus de simplicité, horizontale et à bords parallèles. -Sa présence, troublera d’abord fort peu le champ électrique, mais elle agira comme un véritable filtre qui arrêtera au passage une grande partie des ions.
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- Les ions positifs seront arrêtés à la partie supérieure, et les ions négatifs à la partie inférieure. Transportée au loin, prenant par suite des courants atmosphériques'toutes les formes possibles, séparée en plusieurs tronçons, cette masse pourra former de véritables nuages dont l’état électrique sera des plus variés. .
- Si, au lieu d’un banc nuageux isolé dans l’espace, nous supposons qu’il s'agisse d’un banc de nuage reposant sur le sol — c’est alors du brouillard — seule sa partie supérieure sera chargée d’électricité positive.
- Ainsi un nuage, par le simple jeu du champ électrique de l’atmosphère et de l’ionisation, se charge d’électricité. Il est inutile de dire qu’il faut abandonner l’idée admise autrefois d’après laquelle le nuage est un corps bon conducteur de l’électricité. Le nuage renferme, il est vrai, des particules conductrices, sous former de gouttes d’eau, mais l’air qui. les sépare est un excellent isolant, et le volume occupé par. l’eau liquide est, dans un nuage, tout à fait insignitiant comparé au volume de l’air. On doit plutôt considérer les nuages comme des corps isolanl s dans lesquels sont disséminées de petites sphères conductrices (c’est le type du diélectrique uniformément polarisé), et cette conception est fondamentale si l’on veut se faire une idée juste du nuage en électricité atmosphérique.
- Si le nuage était un corps bon conducteur, il se neutraliserait immédiatement lorsqu’il entrerait en contact avec un nuage chargé d’une électricité contraire, .11 n’en est rien. Un nuage garde longtemps la charge qui lui a été communiquée.
- Considérons en effet un nuage uniquement chargé d’électricité positive à sa surface. Par suite des mouvements internes de la masse nuageuse, les particules liquides superficielles pénètrent à l’intérieur, et on peut dire que, là, elles sont à l’abri d’une décharge ultérieure rapide. Le nuage pourra flotter dans l’air, entouré d’ions des deux signes. Les ions négatifs pourront peut-être J annuler assez vite les charges positives des gouttes d’eau de la superficie, mais ils ne pénètrent (c’est un fait d’expérience remarquable) qu’en fort petit nombre à l’intérieur, et ce n’est qu’à la longue,' par suite des mêmes mouvements qui ont mélangé toute la masse, que les gouttelettes reviendront à la surlace où elles seront neutralisées.
- Au surplus, si un nuage était un corps conducteur, il n’y. aurait pas de champ électrique à l’intérieur, et l’expérience des ascensions aéronautiques, démontre nettement le contraire.
- Ce que nous venons de dire des nuages s’applique entièrement à la brume. Que celle-ci soit formée de particules solides ou liquides, elle s’étale généralement en nappes horizontales, qui reposent d’abord sur le sol, et sont entraînées ensuite dans l’atmosphère par le jeu des courants ascendants. Ces nappes se chargent d’électricité de la même manière que les bancs de nuages ou de brouillard dont nous venons de parler.
- L’observateur qui fait des mesures d’électricité atmosphérique en ballon est parfois étonné de constater que ses appareils donnent tout à coup et sans, motif apparent des indications capricieuses. Aucun nuage n’est visible..!. C’est un banc de brume qui est la cause de ce trouble, et si cette nappe est trop peu dense pour être distinguée en regardant verticalement vers le haut ou vers le bas, on la verra ordinairement se profiler à l’horizon en une mince ligne roussâtre à l’altitude où l’on se trouve. -
- C’est donc au voisinage des nuages ou des bancs de brume, et à leur intérieur, que, par temps ordinaire, on trouvera les champs électriques importants. Par temps ordinaire nous entendons une situation atmosphérique sans précipitations et sans orage.
- Par des observations faites au niveau du sol, on constate le même elfet et l’on peut déterminer le signe de l’électricité qui domine dans la masse nuageuse.
- Si la Terre est chargée d’électricité négative, comme cela a lieu à l’état normal, un nuage positif ou un banc de brume positif passant dans le voisinage augmente le Champ éleotrique, et, si l’on se sert d’un électroscope ordinaire, on voit les feuilles diverger davantage au moment du passage du nuage. Au contraire, si lé nuage ou la brume, est chargé négativement, le champ diminue. Il peut d’ailleurs changer de signe et devenir négatif avec des valeurs absolues considérables.
- Nous citerons seulement deux faits d’observation se rapportant l’un au brouillard ou au nuage, l’autre à la brume.
- A l’Observatoire du sommet du Pic du Midi, à 2860 m d’altitude, M. Marchand constaté que. le brouillard renforce généralement le champ dans des proportions considérables.
- Dans ce cas, c’est-à-dire lorsque le brouillard arrive à l’altitude du Pic du Midi, comme dans ceux où l’Observatoire est enveloppé de nuages, on trouve toujours des valeurs très élevées au champ élec -trique, et il en est encore ainsi lorsque la mer de nuages est un peu plus basse que le Pic (à 2800, 2750, ou même 2700) et n’envoie pas des vapeurs visibles sur les terrains de l’Observatoire.
- La seconde observation se rapporte à la brume. .
- A l’Observatoire géophysique de Gôttingen, lorsque la brume qui s’est déposée pendant la nuit sur les plaines commence à s’élever, l’électromètre qui donnait des indications très faibles marque rapidement des champs positifs de plus en plus élevés, et le maximum se produit peu de temps après que la brume a atteint la hauteur à laquelle est placé l’appareil. Le champ reste d’ailleurs, pendant toute la journée, notablement plus fort qu’il n’était lorsque l’atmosphère était claire et pure de toutes poussières.
- Ces quelques indications montrent que les nuages, mêmé par beau temps, sont normalement chargés d’électricité et peuvent donner lieu à des champs intenses. Ces champs sont-ils dangereux? Il semble
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- : LES EXPLOSIONS DE RÉSERVOIRS A OXYGÈNE ===== 213
- que cela doit être l’exception, mais il est difficile de re'pondre d’une manière catégorique. Ceux qui ont effectué des mesures d’électricité en ballon par beau temps n’avaient généralement en vue que l’étude du champ terrestre en dehors de toutes causes de trouble. Les nuages étaient donc pour eux une gêne qu’ils cherchaient à éviter, et les appareils employés, avec une échelle de mesures très limitée, ne pouvaient donner des indications précises.
- On voit donc, notées dans les relations de ces ascensions, des indications comme celle-ci : des lambeaux de nuages pénètrent dans la nacelle, l’ap-
- pareil s’agite violemment ; ou encore, champ intense, champ très intense au bord d’un banc de brume, champ dépassant telle valeur et négatif, etc... La perturbation est notée avec son signe, mais n’est généralement pas mesurée.
- Il y a là une lacune importante. L’électrisation des nuages et de la brume étant aujourd’hui bien démontrée, même en dehors des phénomènes orageux, il est intéressant que des observations suivies soient'faites pour en déterminer le signe et la grandeur.
- (A suivre.) • A. Bai.dit.
- LES EXPLOSIONS DE RÉSERVOIRS A OXYGÈNE
- Les industries d’utilisation de l’oxygène se sont développées d’une manière considérable au cours de ces . dernières années, particulièrement en Amérique où l’on ne compte pas moins d’un million de réservoirs en usage, il est bien évident que lorsque ce gaz est utilisé sous pression, la moindre matière combustible mise en contact avec lui, peut occasionner une explosion. Généralement le réservoir se fragmente en morceaux très petits; parfois il peut brûler exactement comme une feuille de celluloïd. .
- Au début de son emploi, l’oxygène a donné lieu à beaucoup de mécomptes. Dans un réservoir propre, complètement exempt d’huile, ce gaz pourrait être sans danger. On a cependant remarqué qu’il peut se combiner . dans certaines conditions avec le caoutchouc et la fibre.
- Pratiquemen t, la principale cause des explosions semble être l’huile. Des recherches très méthodiques ont été effectuées en Amérique sur l’initiative du Dr Charles E. Munroe, président du comité des recherches sur les explosions. *
- La Commission nommée dans ce but se préoccupa tout d’abord de produire des explosions dans un laboratoire. Comme on pensait que le cas de compression soudaine avait évidemment pour résultat immédiat une explosion, on écarta ce cas.- La température de l’huile fut maintenue au-dessous de 60° C et on accrut graduellement la pression du gaz. Bien que les huiles essayées fussent de nature très différente, on ne parvint pas à produire de déflagration. Il était donc bien évident qu’à basse température, la compression lente n’amenait pas d’avaries.
- En réchauffant le réservoir et en amenant l’huile à dépasser 100°, on constata que l’explosion se produisait à 120°. Elle avait bien les caractéristiques des explosions habituelles : fragmentation très menue et pression pouvant atteindre 1800 kg par cm2 (ce qui est de l’ordre de la pression dans un canon au moment du départ du coup).
- Cette constatation expliquait la cause immédiate du phénomène ou tout au moins une des causes. Il restait à chercher comment l’huile pouvait atteindre la température de 120° C, alors que ddns les conditions ordinaires, on ne constate aucune température anormale des parois dû réservoir,;
- Or, l’huile peut s’échauffer par suite de causes, qui n’influencent nullement les parois des réservoirs. Si, par exemple, il existera la soupape une fuite lente, le filet d’oxygène peut produire sur la pellicule d’huile immédiatement en contact avec lui un effet de frottement très marqué qui engendre de la chaleur. D’autre part, en cas d’ouverture brusque de la soupape, il y sa compres-
- sion soudaine de l’oxygène en contact immédiat avec le jet de gaz. Il semble qu’il se*prodùise un véritable choc dû au fait que le gaz n’est pas infiniment élastique. Dans ces deux cas, il y a dégagement de chaleur et élévation de la température de l’huile,
- On ne peut avoir aucune idée du phénomène à l’ex té-' rieur, puisqu’il s’agit d’élévation de température presque instantanée et que l’huile est mauvaise conductrice de'la chaleur lorsqu’elle est sous forme de pellicule.
- Dans la plupart de.s explosions, on constate que le phénomène suit l’ouverture d’une valve. Il est possible qu’il y ait parfois des particules très ténues de matières combustibles dans le jet d’oxygène. Ce fait, joint à l’élévation de température qui résulte de la détente brusque de l’oxygène, expliquerait l’inflammation. En Amérique, on a fait des essais pour déterminer, les conditions d’entrainement de matière combustible. Ôn a constaté que l’oxygène pouvait r ntraîner à l’intérieur du réservoir des particules d’huile ou de substances organiques lorsqu’on ne prenait pas de précautions.
- En créant une fuite imperceptible de la grandeur de celle qui résulterait de la présence d’un trou de pointé d’aiguille, on a constaté la présence d’une forte charge électrostatique qui peut faciliter l’inflammation. Enfin, il peut se former de l’ozone qui facilite beaucoup l’igni-tion.
- Les Américains ont édicté quelques précautions pour l’ulilisation de leurs réservoirs d’oxygène. Il convient de n’utiliser que des réservoirs qui soient éprouvés à la pression réglementaire. On doit y faire séjourner préalablement du gaz et analyser le contenu. 11 y a lieu d’écarter les cylindres qui ont déjà contenu du gaz combustible. Il faut bien veiller à ce qu’il ne reste aucune trace d’huile, ou de matières organiques. Une extrême propreté est de rigueur.
- 11 faut éviter de manier les cylindres avec brutalité et de lés exposer à une chaleur ou un froid excessifs. Ces circonstances occasionnent en effet* des dilatations et des retraits préjudiciables à là résistance mécanique. Dans la construction des cylindres, il faut éviter la fibre, le cuir, le caoutchouc dont la combinaison avec l’oxygène est dangereuse et peut se produire à n’importe quel moment.
- Pour la détermination complète de ces précautions, il conviendrait de faire de nombreuses expériences. En particulier, il faudrait étudier des conditions d’inflammation des métaux, les effets des garnitures, l’effet de l’hümidilé. Il y a là toute une série d’études à faire pour diminuer les risques d’explosion. F. C,
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- LES CAMIONS A GAZ PAUVRE
- L’utilisation du gaz pauvre pour l’alimentation des moteurs automobiles a déjà fait l’objet de toute une* série d’articles dans La Nature. Les différents types de gazogènes de la première heure ont revêtu actuellement des formes plus pratiques encore ; ils sont employés couramment dans l’industrie.
- La question . des gazogènes pour les camions automobiles et même pour les voitures de tourisme, a fait de très grands progrès, en ï’espace de peu d’années. Les appareils ont été soumis à des essais, ils ont participé à des concours qui ont été soigneusement suivis et contrôlés.
- La variété des modèles est importante. On trouve à l’heure actuelle environ 17 constructeurs qui ont résolu le prohlème d’une façon plus ou moins heureuse et il nous a semblé intéressant de présenter la question dans son ensemble, de décrire les appareils principaux qui sont actuellement en service sur beaucoup de véhicules industriels.
- C’est la difficulté des transports, l’augmentation du cours des changes qui a poussé l’industrie à s’affranchir le plus possible de l’importation de l’essence pour alimenter les moteurs à explosion. Il est évident que si l’on peut substituer à l’essence, dont le prix du litre est environ deux francs, un combustible bon marché comme le charbon de bois dont le kilogramme coûte 0 fr. 50 ou 0 fr.40 et remplace par exemple un litre d’essence, on réalise une économie très importante sur l’alimentation du moteur. ^
- Cependant cette économie n’est pas tout ; il faut tenir compte également (ainsi que l’a fait remarquer M. Auclair dans son rapport si complet et si précis sur le Concours des camions à gazogènes de 1923 dans Recherches et Inventions) du total des frais d’exploitation du camion, dont 60 pour 100 environ représentent l’amortissement èf l’entretien, le salaire du conducteur, les frais de garage, etc.
- Malgré tout, si l’on ne considère que la question éconoiûie, le gazogène présente des avantages discutables, d’autant plus que lès huiles lourdes pourront lutter peut-être dans un avenir prochain contre le charbon de bois.
- Mais là question est d’un intérêt plus général; c’est qu’en effet le camion à gaz pauvre utilise un combustible quë l’on peut qualifier vraiment de national.
- Les carburants liquides quels qu’ils soient, aussi bien les huiles lourdes que les huiles végétales, celles-ci d’origine surtout coloniale, peuvent
- manquer en France en cas de conflit ou nécessiter des approvisionnements difficiles; l’alcool est d’un prix élevé par rapport à l’essence et de plus ce liquide est indispensable pour la fabrication des explosifs. La carbonisation de la houille, même développée, ne pourrait pas suffire à approvisionner tous les tracteurs et les camions en carburants.
- Au contraire, si l’on envisage les disponibilités de la France en bois, on trouve que notre pays est suffisamment riche en forêts pour assurer le fonctionnement de tous les véhicules dont nous aurions besoin. Le rapport de M. Cornu-Thénard à la Commission inter-ministérielle d’utilisation des combustibles a donné des chiffres suffisamment éloquents à ce sujet.
- Avant la guerre, la consommation du bois de chauffage annuelle était de 12 millions de tonnes, mais le pays a une capacité normale de production beaucoup plus grande, car ce chiffre peut être accru • de 75 pour 100 environ. Les réserves qui se sont constituées permettent de prévoir un approvisionnement supplémentaire de 20 millions de tonnes.
- Enfin à la production des 10 millions d’hectares de forêts qui fournissent en moyenne 3 tonnes de bois chacun et. deux" tonnes de bois de chauffage, peut s’ajouter celle des terrains incultes reboisés qui, une fois en rendement normal, donneront un supplément annuel de 9 millions de tonnes.
- Toutes ces ressources ne sont pas utilisées, car la production actuelle de charbon de bois atteint seulement 150000 tonnes par an ; elle pourrait être portée facilement à 400000. 11 y a donc là une ressource intéressante ; elle a d’ailleurs été envisagée avant la fin de la guerre pour l’équipement des camions à gaz pauvre.
- A ce moment les premiers essais furent exécutés sous l’impulsion de M. Breton, directeur de l’Office National des Recherches et des Inventions, et un appareil de la Société Gazes fit, à l’époque, le parcours Paris-Rouen. La Société des Moteurs à Gaz et d’industrie Mécanique équipa, peu après l’armistice, une plate-forme de char d’assaut Schneider pour le travail en forêt. Et ces essais montrèrent la voie à suivre, ils ont eu l’heureuse conséquence de provoquer l’éclosion d’une quantité de modèles de gazogènes pour camions dont pous enregistrons aujourd’hui les résultats-encourageants. '
- Examinons quelques-uns des modèles de gazogènes les plus répandus à l’heure actuelle.
- Tout d’abord l’appareil deh Société Française de
- Fig. /.
- Gazogène de la Société Française de Vierzon.
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- LES CAMIONS A GAZ PAUVRE
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- Matériel Agricole et Industriel de Vierzon dérive d’un gazogène pour installation fixe, établi par la même Société et destiné à marcher au bois.
- Ce gazogène (fig. 1) comporte un générateur constitu<fpar une enveloppe en tôle d’assez grande hauteur. A la partie supérieure se trouve le magasin à combustible, volumineux en raison de l’alimentation au moyen d’un mélange de bois et de charbon de bois que l’on introduit par une porte de chargement. Une cheminée est prévue à la partie supérieure et elle peut être obturée plus ou- moins par un volet que l’on manœuvre au moyen d’une tringle.
- A la partie inférieure, un second cylindre en tôle est revêtu d’un garnissage réfractaire et sur toute sa hauteur se trouvent percées des tuyères qui donnent accès à l’air dans le foyer. L’air est admis dans la base de l’appareil par une ouverture réglable. Avant d’être distribué par les tuyères d’admission, il est réchauffé par une circulation entre les deux enveloppes de tôle. Une grille et un cendrier terminent l’appareil.
- Le gaz produit s’échappe par une canalisation qui prend naissance dans le cendrier. Cette canalisation varie suivant les dimensions des châssis : elle est généralement formée de faisceaux de tubes et comporte en principe line chaïnbre de dépoussiérage et deux faisceaux de tubes parallèles qui communiquent par une chambre commune. Le deuxième faisceau-aboutit à une chambre d’épuration où se trouve un filtre, constitué par un amas de copeaux métalliques.
- - Le gaz arrive finalement à un robinet à trois voies qui permet d’effectuer le mélange avec l’air. On peut fonctionner tantôt avec le gaz pauvre, tantôt avec de l’essence grâce à un réservoir d’essence et à un carburateur.
- La circulation des gaz est assurée par deux ventilateurs; l’un souffle l’air extérieur dans la chambre avant le cendrier et sert pour l’allumage, l’autre ventilateur aspire après la chambre d’épuration pour envoyer lè gaz au moteur et vider la canalisation des gaz à la mise en route. On peut évidem-
- Géneratéur .
- Epurateur• Carburateur
- .. Jrernje_dp.çharge_mt j Mélangeur j
- Chaudière j Ji t f - i' LJ x 1 rmw 1 4-
- Fig. 3.
- rd
- Gazogène Autogaz.
- Fig. 2. — Gazogène Etia'.
- ment remplacer les ventilateurs par un appareil unique, avec des jeux convenables de tuyauteries et de robinets.
- Le gazogène Etia fonctionne au charbon de bois avec injection de vapeur, mais il peut utiliser des agglomérés dé charbon de bois dont le pouvoir calorifique serait plus élevé (fig. 2).
- C’est une transformation très heureuse du gazogène Parker. Celui-ci comportait un générateur dont la partie supérieure constituait une réserve et la partie inférieure formait le foyer. Il convenait surtout pour l’anthraoite plutôt que pour le charbon de bois. Le gazogène Etia est beaucoup mieux étudié et le magasin supérieur est suffisamment volumineux pour permettre la marche plusieurs heures sans surchauffe et il comporte une trémie de chargement.
- Le cendrier du générateur supporte tout l’appareil. C’est une sorte de caisson circulaire qui sert au départ des gaz. A l’intérieur il est fermé par un double cône perforé. Au-dessus, un creuset garni de plombagine armée, qui l’isole de l’air, constitue lè foyer. Il est entouré de tôle qui laisse un passage pour l’arrivée de l’air'de la combustion . A la partie inférieure sont prévus une grille et un cendrier. La grille est oscillante et tournante; elle .est montée sur un pivot qui tourne dans l’eau.
- Les gaz produits sont envoyés dans un appareil dépoussiéreur qui récupère la chaleur et dans un épurateur étudié spécialement en vue de la légèreté. Ces appareils sont formés de deux corps cylindriques en tôle enfermés l’un dans l’autre. Le gaz descend dans l’espace annulaire entre les deux appareils ; il traverse la. partie inférieure en -montant et se dirige dans le tube qui se rend au laveur épurateur. L’air comburant passe, dans un faisceau de tubes qui traverse le récupérateur de chaleur.
- Le laveur est formé d’un lit de cailloux placés sur des tôles perforées ou sur une grille spéciale.
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- LES CAMIONS A GAZ PAUVRE
- moteur
- carburateur
- Générateur
- Fig. g.. — Gazogène G. P. A.
- L’air de l’épurateur recouvre ces tôles et le gaz est obligé de traverser le tout en montant. Par les tôles perforées, il se trouve divisé en fines bulles, ce qui assure un bon lavage et l’eau entraînée est abandonnée sur le lit dé cailloux.
- Ce gazogène fonctionne au moyen de vapeur d’eau que l’on additionne à l’air admis dans le générateur. La vapeur d’eau est fournie par une petite chaudière qui fait corps avec le dépoussié-reur. L’eau est évaporée par la chaleur provenant de la récupération et la chaudière est alimentée en eau par un pointeau qui laisse couler le liquide goutte à goutte. S’il est nécessaire d’avoir unequan*. tité de vapeur plus grande, un pointeau spécial introduit l’eau directement dans le cendrier. Le gazogène est soufflé au moyen cl’un ventilateur placé sur l’arrivée d’air au récupérateur.
- Le gazogène Autogaz fonctionne par aspiration. C’est un appareil très simple, peu encombrant, d’un prix de construction réduit, l’un des plus originaux, et des plus intéressants (fig. 3).
- Le foyer se trouve contenu dans une sorte de caisse prismatique qui comporte à la partie basse un garnissage réfractaire. L’air qui sert à la combustion est chargé de vapeur au moyen d’une chaudière, placée à côté du générateur ; elle se trouve traversée par le tuyau de départ des gaz qui assurent ainsi la production de la vapeur.
- Le foyer est surmonté d’une trémie à combustible, ' celui-ci descend en constituant une surface d’ébou-lement. C’est par cette surface que le gaz s’échappe pour se rendre dans, le tuyau de départ. L’accès de F air dans la chaudière est réalisé par une sorte de tube aplati, dont l’une, des parois constitue la surface supérieure du foyer.
- chaudière traversée, ainsi qu'on a dit, par le tuyau des gaz chauds, comporte également un second tuyau qui débouche au-dessus du niveau de l’eau et qui amène sous le foyer l’air comburant et la vapeur.
- L’épuration est obtenue dans deux appareils, qui peuvent être placés sous la carrosserie, contre le châssis.
- L’épurateur est constitué par un corps cylindrique divisé en deux par-
- ties dans le sens de sa longueur. Il comprend un corps cylindrique intérieur. L’un des compartiments contient l’eau dont le niveau est un peu plus haut que l’ouverture du corps intérieur. L’autre compartiment contient de l’huile.
- Ainsi le gaz commence par se laver dans de l’eau, des bouchons de liège qui surnagent; sur le liquide empêchent son entraînement.
- Le gaz se transvase, il barbote dans l’eau*, cé qui assure son lavage, puis dans l’huile ou le pétrole.
- Pour la misé en marche de l’appareil, on lance le moteur à l’essence au moyen d’un mélangeur spécial qui aspire dans le gazogène. Ceci a pour effet d’éviter la combustion de sorte que l’on peut fonctionner rapidement au gaz.
- Le mélangeur, s’intercalant entre le carburateur et le moteur, permet de réaliser les trois cas suivants :
- 1° Marche à l’essence pour allumage du gazogène, déplacements dans l’atelier ou marche à pleine puissance';
- 2° Marche au gaz avec réglage d’air ;
- 3° Marche mixte, gaz essence.
- Autrement dit, la manœuvre d’un seul et même levier permet de partir au quart de tour à l’essence et. d’utiliser, la succion du moteür pour allumer le gazogène, supprimant ainsi la ventilation.
- Le gazogène G. P. A . est du même genre que le gazogène Gazes, mais il offre une plus grande facilité de montage sur les camions. Tous les éléments ont en généial une forme de caisson prismatique. On y trouve un gazogène qui comprend le. magasin à combustible avec sa trémie, le coffre du gazogène et le foyer avec garnissage réfractaire, la grille et le cendrier (fig. 4).
- Le gaz se dégage à la partie haute dans un collecteur qui est formé par la paroi et par une cloison en forme d’entonnoir placé au-dessus de la cuve. Le gaz est envoyé ensuite dans un dépoussiéreur-récupérateur, caisse rectangulaire disposée à côté du gazogène.
- Filtre ^ '
- Scrubber
- Combustible
- Fig. 5. — Gazogène Lion
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- Le tube descendant est entouré d’une petite chaudière, qui assure la production de vapeur, laquelle est envoyée dans le compartiment supérieur dé la caisse.où arrive également l’air pour la combustion. Le tuyau coudé amène l’air au cendrier. Il est réchauffé, car il traverse la partie basse de la caisse, où il est entouré par les gaz chauds.
- Le gaz produit est envoyé ensuite aux épurateurs par l’intermédiaire d’une tuyauterie qui forme réfrigérant. Les épurateurs contiennent . des anneaux de métal supportés par une tôle perforée, arrosés par un léger filet d’eau fourni par un pointeau goutte à goutte. Le gaz se dégage dans le liquide où il barbote. Un siphon évacue le liquide en excès.
- . Ensuite le gaz traverse le deuxième épurateur qui comporte également une série d’anneaux métalliques arrosés d’huile. Finalement la filtration se complète dans un panier métallique et le gaz se rend au carburateur par l’intermédiaire d’un robinet qui permet d’assurer le fonctionnement à l’essence pour la mise en marche.
- Pour l’allumage, un ventilateur souffle dans le cendrier, et une -petite cheminée assure à ce moment le bon fonctionnement.
- Le gazogène Lion (fig. 5) est un appareil qui ne comprend qu’un générateur et qu’un épurateur. Le générateur comporte un. magasin à la partie supérieure, avec trémie. Le combustible est séparé du foyer par une cloison conique. Comme dans le gazo-
- Fig. 7. — Camion Renault de 20 ch à gazogène.
- A, gazogèneB, rèchauffeur d’air; C,.ventilateurD,..dépoussièreur E, scrubber; E, épurateur centrifuge ; .G, filtre à gaz; H, régénérateur d'huile.
- gène G. P. A., un diaphragme assure la fermeture de cette cloison. Le foyer est revêtu d’un garnissage réfractaire et le.combustible repose sur une pièce solidaire de l’enveloppe formant sole.
- Une cheminée à ailettes, entoure le foyer. L’air comburant s’introduisant à l’intérieur de l’enveloppe en deux pièces de la chaudière, se réchauffe au contact des parois du foyer et se charge de vapeur. L’eau est distribuée par un pointeau sur les ailettes.
- Le gaz produit échauffe le combustible qui se trouve dans la cloison conique, puis arrive dans un appareil qui comporte un ventilateur pour Fallu -mage et un robinet permettant diverses combinaisons : aspiration dans le gazogène et refoulement des gaz dans la cheminée pour l’allumage ou bien fonctionnement normal faisant communiquer le gazogène avec l’épurateur.
- Ce dernier appareil est un cylindre de tôle, dont la base est Un réservoir d’eau où le gaz barbote.
- L’appareil d’épuration est formé de diaphragmes en tôle où se trouvent des copeaux d’aluminium. Finalement le gaz qui sort de l’épurateur se rend à une lanterne de mélange.
- ' Le gazogène Imbert a été minutieusement décrit tout dernièrement dans La Nature. Aussi nous né ferons que le mentionner et résumer sa description.
- Ce gazogène se compose d’un réservoir spécial, qui contient l’approvisionnement de charbon et qui se trouve en communication avec le gazogène proprement dit ; le tout est fermé par un couvercle.
- Le. charbon de bois se trouve contenu dans une caisse en tôle mince. La tuyère amène l’air extérieur et, ’ en face, à 50 centimètres environ, est disposée une grille au travers de laquelle se produit l’aspiration dù moteur. •
- Le charbon est allumé à l’extrémité de la tuyère et la combustion se propage. On a donc un foyer de
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- dimensions très réduites où la température est très, élevée. Le gaz pauvre se trouve débarrassé du goudron, ce qui assure une certaine pureté permettant l’emploi facile dans le moteur. A sa. sortie le gaz passe dans des chambres de refroidissement, puis de là dans une boîte formant épurateur où il se débarrasse des poussières et finalement on l’envoie dans un épurateur à huile.
- Enfin nous terminerons cette longue énumération par le gazogène Renault (fig, 6). M. Louis Renault a cherché depuis longtemps à résoudre le problème et il a trouvé des combinaisons intéressantes dans son appareil le plus récent. En voici la description :
- Le gazogène proprement dit se compose de trois parties : le foyer, la boîte d’aspiration des gaz et le réservoir de combustible.
- Le foyer est amovible ; il est constitué par une cuve en tôle, réunie à la boîte par quatre boulons à charnières. Celte cuve est garnie à l’intérieur de huit éléments de briques réfractaires, dont les extrémités sont en forme de coins, de façon que le serrage des boulons de fixation provoque le coincement des briques entre elles et assure l’étanchéité du foyer sans aucun mortier, celui-ci étant remplacé, entre chaque brique, par une feuille de carton d’amiante.
- Le foyer ainsi réalisé est très facilement démontable et son entretien peut être confié au premier chauffeur venu.
- En dessous du foyer se trouve une grille en acier coulé, pouvant osciller sur trois supports, ce qui permet le décrassage rapide en cas de besoin.
- Enfin, la partie inférieure du foyer porte la tubulure d’arrivée d’air chaud et se termine par une trappe
- démontable, de façon à pouvoir faire tomber la grille et vider le gazogène. . La boite d’aspiration forme la partie centrale, elle est en acier coulé et porte une bride qui la réunit aux longerons du châssis.
- Cette boîte constitue un espace annulaire, communiquant avec le dessus du foyer par une série de petits trous,, et portant à sa partie supérieure la tubulure de sortie des gaz. Dans l’intérieur de cette capacité, se trouve une petite chaudière qui produit la quantité de vapeur nécessaire à la marche du gazogène. Cette chaudière est munie d’une sortie de vapeur, d’une amenée d’eau et d’un trop-plein terminé par un purgeur automatique.
- Le réservoir de combustible qui surmonte le gazogène est simplement formé par une tôle cylindrique portant à sa partie supérieure un clapet de chargement et un couvercle, ce qui permet d’opérer le chargement du gazogène sans arrêter le moteur.
- Le réchauffeur d’air est constitué par un cylindre extérieur horizontal renfermant le faisceau tubulaire. Sur le fond arrière de ce cylindre est fixé le ventilateur de mise en route, dont l’ouïe sert de prise d’air frais, tandis que, sur le fond avant, est fixée la tubulure de sortie d’air chaud.
- Un système de cloisons intérieures force les gaz chauds à lécher les tubes du faisceau et à céder leur chaleur à l’air frais qui est aspiré pendant la marche du moteur. Le mélange de vapeur et d’air chaud se fait par une tuyauterie, qui est située dans la partie verticale du tuyau allant au cendrier, de façon à former un mélange bien homogène d’air et de vapeur.
- A la suite du réchauffeur se trouvent les différents appareils d’épuration du gaz. Cette épuration
- Fig. 9. — Camion Berliet.
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- se fait par étapes successives dans quatre appareils ayant chacun un rôle spécial.
- Le dépoussiéreur est constitué par une capacité cylindrique portant iine entrée et une sortie de gaz, séparées par un empilage de toiles métalliques très fines, qui servent à la fois de chicanes eu de tamis pour retenir une grande partie des poussières entraînées. Une porte, placée à 1’avant de l’appareil, permet la sortie très facile des toiles dont le nettoyage est pratiqué en les secouant légèrement.
- Le scrubher est formé par un cylindre vertical en tôle mince, dans lequel sont placés trois paniers renfermant des spires en fil ou de la paille de fer. Ces spires sont trempées au préalable dans de l’huile et offrent une grande surface totale. Il en résulte que le gaz, qui arrive par la partie inferieure, monte verticalement dans l’appareil, en déposant les poussières sur les spires. Une trappe ménagée dans le bas permet de faire le nettoyage de l’appareillage quotidiennement et le couverde supérieur, facilement amovible, permet de visiter l’état des spires à intervalles plus ou moins réguliers, suivant la teneur en poussières du charbon- employé. Cette visite, en général, se fait tous les huit jours.
- L’épurateur centrifuge se compose [d’une capacité cylindrique renfermant une turbine à ailettes commandée par le moteur. Les gaz, arrivent-dans la turbine par son centre, ils sont amenés sur la surface périphérique où ils acquièrent une grande vitesse circonférentielle, ce qui a pour effet de projeter toutes les matières étrangères, même les plus fines, sur la paroi intérieure. Ces matières sont emmenées par la pulvérisation d’un petit filet d’eau, qui arrive également sur la surface périphé-
- Fig. io. — Camion Delahaye (gazogène Etia).
- rique de la turbine ; elles sortent de- l’appareil en passant par un dispositif à joint hydraulique.
- L’injection d'eau produit aussi un rafraîchissement des gaz et une précipitation des matières goudronneuses qui pourraient s’y trouver. Pour sortir de l’appareil, les gaz sont obligés de revenir au centre, c’est-à-dire dans un endfoit où ne peuvent accéder que les parties, les moins denses.
- A la sortie de l’épurateur centrifuge, les gaz passent dans un filtre, dont le but est de retenir les petites gouttelettes d’eau qui ont pu être entraînées lors de leur passage dans l’épurateur. Ce filtre, qui est constitué par une capacité renfermant des spires ou de la paille de fer, est, suivant les cas, soit constitué par un organe indépendant, soit par une capacité /formant boîte de sortis des gaz de l’épurateur centrifuge.
- Le mélangeur est composé d’une tuyère centrale d’arrivée des gaz et d’une lanterne extérieure de réglage d’arrivée d’air. Cette lanterne est ma-nœuvrée du tablier par le conducteur.
- Malgré toutes les précautions qui sont prises pour l’épuration des gaz, ceux-ci entraînent toujours quelques poussières, qui pénètrent dans le moteur. Une partie de ces poussières est emmenée par l’échappement, mais le reste se mélange à l’huile de graissage en passant entre les segments et les cylindres."Le mélange je ces particules charbonneuses à l’huile lui communique un pouvoir d’usure très grand.
- Pour éviter complètement celte usure, les moteurs lienault, alimentés par gazogène, sont munis du régénérateur d’huile dont voici la description :
- Cet appareil qui est le complément indispensable, du groupe gazogène-moteur est constitué par ùn bol
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- tournant à grande vitesse (4000 à • 5000 tours par minute). Au centre arrive l’huile de graissage, refoulée par la pompe, qui est canalisée par des cloisons vers la partie périphérique du bal, où la vitesse circonférentielle est très grande. Il en résulte que toutes les matières étrangères plus denses (particules de charbon, poussières atmosphériques, produits d’usure)*, sont projetées sur la surface périphérique intérieure du bol, où elles restent.
- L’huile épurée sort par des canaux situés dans le couvercle.et prenant naissance près du centre, c’est-à-dire à un endroit où, en raison de là force centrifuge, il ne peut se trouver de matières lourdes.
- Le bol, qui est renfermé dans un carter en aluminium, est commandé directement par le moteur et l’appareil n’exige aucune surveillance particulière. Son nettoyage se fait à intervalles réguliers, suivant l’état de pureté des gaz et, en général, tous les huit jours. Pour cela, il suffit ' de démonter la partie inférieure du carter en desserrant un seul écrou.
- Après toute cette série de descriptions, le lecteur pourra se demander quels obtenus par tous
- Car Liberty avec remorque.
- sont les résultats pratiques les modèles que nous avons examinés. Au début, il se présentait des difficultés qui paraissaient presque insurmontables : d’abord • la réduction de puissance du moteur à essence, lorsqu’il est alimenté au moyen de gaz pauvre,, ensuite l’encrassement des organes, en particulier des bougies et des cylindres traversés par du gaz plus ou moins pur.
- Evidemment, la théorie montre qu’en accroissant la compression dans le cylindre, la réduction de puissance n’est pas aussi importante qu’on pourrait le craindre et les difficultés pour réaliser cette augmentation de compression sont loin d’être insurmontables, "surtout aujourd’hui où l’on a tendance à réaliser un taux de compression élevé dans les moteurs automobiles. - ;
- L’épuration des gaz est actuellement à peu près parfaite, sans nécessiter des appareils encombrants sur les camions. Le lavage par barbotage dans les liquides, la filtration sur des colonnes d’épuration, l’action des turbines, tous ces procédés permettent d’obtenir un gaz suffisamment pur . v
- L’huile* de graissage qui est soumise à une circulation aï-tendance à sé charger d’impuretés, car elle peut entraîner des particules minérales ou char-
- bonneuses. Aussi on peut considérer l’emploi d’un régénérateur d’huile monté sur la circulation d’huile du moteur comme un grand progrès.
- La récupération de la chaleur des gaz sortant du gazogène permet d’envisager une température élevée, de sorte que l’on obtient une teneur importante en hydrogène et les économies de chaleur qui résultent de la récupération rendent possible et économique le fonctionnement à haute température.
- La mise en route et l’allumage n’offrent plus de difficultés, étant donné les progrès réalisés dans les appareils de lancement des moteurs. D’ailleurs, de nombreux camions, plus de 900, équipés avec gazogènes sont actuellement employés dans l’industrie.
- Spécialement avec les. appareils Autogaz, où l’installation est simple, il y a environ deux ans
- un camion de quatre tonnes était équipé avec un appareil qui pesait 550 kg. Un car Liberty avec gazogène disposé sur le car, ainsi que la provision de charbon, transporte une remorque et la charge utile est de trois tonnes.
- Ce car fonctionne au Maroc
- et il effectue le transport régulier de Casablanca à Marrakech (fig. 12). L’inscription arabe que l’on voit sur le camion signifie : « Transport de Casablanca à Marrakech, par la grâce de Dieu ». Une camionnette 18 ch fonctionne depuis l’année dernière à Madagascar et accomplit un parcours régulier avec de nombreux arrêts sur une distance de 50 km.
- Si l’on passe maintenant aux voitures automobiles, nous trouvons une démonstration pratique faite avec une Chenard-Walcker 15 ch de série montée avec Autogaz qui a effectué le trajet Paris-Rouen, alimentée en charbon de bois, à une vitesse de 75 km à l'heure maximum, ce qui représente une vitesse moyenne de 40 km à l’heure, sans aucun ennui, lien résulte une économie considérable qui peut se chiffrer sur le trajet Paris-Kouen à 50 francs environ.
- Plus récemment encore, les essais réalisés avec le gazogène Imbert sur une voiture Berliet sont encore présents à la mémoire.
- Malgré tout, il ne faut guère envisager maintenant la traction avec gazogène sur les voitures de tourisme, où la consommation d’essence n’est pas toujours considérée avec tout l’intérêt voulu par le conducteur de la voiture. Le camion, au contraire, est une exploitation commerciale et on a intérêt à
- Fig. il.
- Gazogène Autogaz en service au Maroc.
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- diminuer sa consommation. Si cela peut se faire sans modifier profondément la construction du châssis, il est évident que la question est d’un grand intérêt pour les industriels.
- Les derniers résultats pratiques obtenus lors du dernier Concours de gazogènes qui a eu lieu l’année dernière, ceux que l’on ne manquera pas de
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- constater, avec les progrès inévitables réalisés sur les précédents, dans le concours qui doit, avoir lieu cette année, laissent espe'rer un développement important dans l’emploi du gaz pauvre pour l’alimentation des moteurs automobiles sur les véhicules industriels.
- E. Weiss.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet et d’août 1924.
- Le dosage pondéral de la cyanamide. — La note de MM. Fosse, ILigène et IL Dubois indique qu’il est facile d’obtenir, une transformation intégrale de la cyanamide en urée, pour ramener son dosage à la pesée d’urée dixanthylée, obtenue par action du xanthydrol.
- Autoxydation et action antioxygène. — La nouvelle rote de MM. Moureu, Dufraisse et Badoche in«iste sur les propriétés catalytiques remarquables que présentent le soufre et ses dérivés. Les expériences ont porté sur l’ald. benzoïque, l’acroléine, le styrolène, l’essence de térébenthine, l’huile de lin et le sulfite de sodium, mais les résultats obtenus sont notablement plus complexes que dans le cas des phénols et des composés iodés.
- Les palmiers de Madagascar. — M. Henri Jumelle montre la confusion qu’ont faite certains botanistes entre Chrysalidocarpus decipiens et Neodypsis basi-longus, palmiers très voisins qui ne se distinguent que par leurs graines : l’albumen est homogène dans le premier, ruminé dans le second. Il décrit enfin tous les caractères d’une autre Arécée du centre de l’ile, Neodypsis Baronii, qu’on avait, sur les indications de Beccari, placée au voisinage de Chrysalidocarpus lutescens.
- Les détecteurs a contact solide.—Pour M. J. Cayrel, la force pressante qui, pour une f. é. m. alternative d’amplitude donnée, correspond au courant détecté maximum, est fonction de l’impédance du circuit associé au détecteur; enfin, elle doit être telle que la résistance moyenne de ce détecteur soit du même ordre de grandeur que cette impédance. Si bien qu’une faible force
- pressante correspond à un circuit d’impédance élevée, une force de valeur élevée à un circuit de faible impédance ; la résistance du contact détecteur est, on le sait, inversement proportionnelle à la force pressante.
- La grasserie du ver à soie. — Celte maladie se caractérise, du point de vue anatomo-pathologique, par une altération de la chromatine,, dans le noyau des cellules adipeuses, hypodermiques, trachéales et sanguines. M. Paillot, qui a montré en 1913 qu’elle est transmissible par inoculation, indique maintenant que, d’évolution relativement lente, elle est contagieuse au même titre que les maladies microbiennes ordinaires 'et que le virus s’attaque au ver à soie à tous ses stades de développement : chenille, chrysalide ou papillon.
- Une nouvelle synthèse de l'acide oxalique. — Reprenant la réaction réversible CO -+- C03K2 = (COOK)®, MM. C. Matignon et C. Faurholt établissent les conditions de température et de pression qui la rendraient possibl è dans l’industrie, l’oxyde de carbone étant fourni à bon compte par le gaz à l’eau.
- Un nouveau type de fer météorique. — M. Lacroix étudie un échantillon d’un fer d’origine extra-terrestre qui a été trouvé, dans le désert de l’Adrar, au sud-ouest de Chinguetli et à l’ouest d’Aouinet JVCher. Dans les parties silicatés, le métal est accompagné de pyrrhotite et, sur certains" points, il existe un peu de schreibersite. En se fiant aux indications de l’administrateur Ripert qui a découvert le bloc métallique, on peut-voir là la plus importante des météorites connues, puisque son volume doit être voisin de 160 000 m5. Paul B. ’
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- Au Muséum d’histoire naturelle de Paris, les galeries de zoologie semblent rajeunies, car l’on vient de procéder à leur grande toilette ; et pour ne parler que delà salle Marmottan, où sont réunis les Oiseaux d’Europe, étiquetés de neuf, une impression agréable y est éprouvée par le visiteur.
- Quand on entre dans la salle Marmotlan, le premier spectacle qui s’offre à vos yeux, c’est un groupe de belles Spatules,“si fidèlement préparées qu’on s’attend à les voir marcher ou s’envoler à votre ap-
- proche. On peut examiner à l’aise ces Oiseaux qui, dans la nature, sont extrêmement défiants.
- On sait que les Plataléens ont pour caractères distinctifs un bec droit, aplati, à extrémité dilatée en forme de spatule. Ce bec a plus de 12 cm de longueur, il est beaucoup plus long que la tête de l’oiseau et plus long que le tarse. Flexible, plus large que haut, il est un peu courbé et crochu à la pointe. La mandibule supérieure est cannelée transversalement en dessus.
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- Fig. i. — Bec de Spatule, d’après M. Paria.
- Dans un sillon élroit qui se prolonge jusqu’au bout du bec, s’ouvrent les narines, elliptiques, rapprochées. L’œil est petit.
- La face et'la gorgé sont nues. La jambe est nue en grande partie. Les doigts sont palmés, le pouce est un peu surélevé.
- L’aile grande, aiguë, atteint sensiblement l’extrémité de la queue, laquelle est courte et carrée.
- La parure de noce comprend un panache d’ornement, sorte de chignon, composé de longues plumes.
- Chez ces Échassiers, l’aspect du mâle diffère à peine de celui de la femelle. Le plumage varié un peu avpc l’âge. Les jeunes sont assez dissemblables des adultes.
- Les Plataléens ont des habitudes aquatiques ; ils vivent de Vers, d’insectes et de Poissons; ils construisent un gros nid dans les broussailles, dans les roseaux ou sur un arbre. Les poussins sont nidi-coles.
- Les Spatules sont des Oiseaux migrateurs; elles vivent en société. Elles habitent l’ancien et le nouveau continents et quoique- présentant quelque différence ’de structure selon leur patrie d’origine, toutes les Spatules ont à peu près le même genre de vie.
- Cette petite famille, voisine des Ibidés, si nettement caractérisée par la forme singulière du bec en spatule, n’est représentée dans nos régions que par une seule espèce : la Spatule blanche.
- LaPlatalea leucorodiaLinné (ouP.nivea Cuvier) a le becfendujusqu’en avant de l’œil seulement (fig. 1 ). Le bec est noir, rayé transversalement de jaune ; l’extrémité élargie en spatule est jaune et bordée de brun. Les parties dénudées de la face et de la gorge sont jaùne-orangé. Le plumage est entièrement blanc, sauf la poitrine qui porte une large tache jaune — s’étendant jusque sur le haut du dos; le lorum, région comprise entre l’œil et. la base du bec, est également teinté de jaune;’ enfin, la huppe est parfois colorée en jaune-roux. Cette gracieuse
- aigrette est formée par les plumes de l’occiput, longues et fines, qui tombent sur la nuque.
- L’œil a l’iris rougé. Les tarses sont noirs.
- Le cou puissant et moyennement long supporte une petite tête, au crâne bombé. Le corps est assez gros.
- Dans l’ensemble, la Spatule blanche est un fort bel Oiseau, de 0 m. 75 de hauteur, 0 m. 82 à 0 m. 85 de longueur. Elle peut atteindre 1 m. 43 d’envergure.
- La femelle est un peu moins grande que le mâle et sa huppe est moins longue.
- Le jeune Oiseau est blanc, il n’a pas de plastron jaune à la poitrine, ni de huppe. Le rachis et l’extrémité des grandes rémiges sont brunâtres.
- Les Spatules blanches vivent en colonie aux bords des eaux; elles demeurent toujours en société, même au moment de la nidification. Sans beaucoup d’art, elles édifient des nids grossiers, au moyen de brindilles, de tiges de roseaux et de feuilles sèches. Elles aiment à s’établir sur un arbre, qui abrite alors autant de nids que possible; à défaut d’arbre, elles nichent dans les roseaux (fig. 2).
- Chaque nid reçoit 2, 3 ou 4 œufs, ovales, mesurant 0 m. 640 à 0 m. 071 de longueur, sur 0 m. 043 à 0 m. 048 de largeur. La coquille, épaisse, est blanche, tachetée de gris ou de. jaune (fig. 3).
- Le mâle et la femelle couvent alternativement et, de concert, élèvent les petits. Le poussin est habillé d’un duvet laineux blanc ; il a les parties nues de la face jaune, les pattes également jaunes. Dès qu’ils sont sortis du nid, ils sont conduits au bord de ï’eau; ils restent longtemps avec leurs parents, voyagent avec eux, prennent le même quartier d’hiver, et, selon certains naturalistes, ils reviendraient avec les adultes au pays de la nicbaison et ne se réuniraient en bandes, à leur tour, qu’à l’âge
- Fig. 2. — Spatule et son nid.
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- de'trois ans, alors qu’ils sont capables de se reproduire.
- Nous verrons plus loin que cette affirmation peut être discutée. '
- Les Spatules ' fréquentent le bord des marais et des lacs plutôt que les côtes maritimes; sur les rives vaseuses, elles entrent dans l’eau jusqu’à mi-jambes et de leur spatule elles fouillent l’eau pour saisir adroitement le menu Poisson, les Batraciens, les Insectes et les petits Mollusques dont se compose leur nourriture.
- Ces élégants Echassiers vont et viennent, à pas comptés, d’une démarche noble etmesuréë. Us volent
- ver sans inconvénient au milieu d’autres Oiseaux.
- Le même naturaliste a vu un grand nombre de ces Echassiers au bord des lacs d’Egypte et il a remarqué que les Spatules du lac Mensaleh, réveillées par un lumineux clair de lune, se mettaient en chasse à onze heures du soir.
- La Spatule blanche se rencontre dans une grande partie de l’Europe, notamment en Hollarfde, où elle fait des séjours réguliers, dans , les provinces danubiennes, dans le sud de la Russie.
- En France, elle passe au printemps et à l’automne. Elle fait de brèves haltes sur les marais et les étangs, surtout sur ceux qui avoisinent les côtes
- Fig. 3. — Nid et œufs dans les roseaux. V'h n
- admirablement, planent et tracent des cercles dans les airs. Quand ils émigrent, ils avancent sur une seule ligne, de front, le cou tendu, le battement des ailes rapide et précipité.
- On prête aux Spatules une vue des meilleures, une ouïe fine et un toucher développé, car le bec est un bon organe de tact. Leur cri est faible et rare.
- ‘ La Spatule blanche est très sauvage dans les endroits où sont chassés les Oiseaux de rivage; elle est surtout prudente et intelligente. Elle est intéressante, comme tous les animaux sociables., Dans les colonies de Spatules, l’harmonie règne parfaitement, paraît-il. Brehm rapporte avoir vu deux Spatules se rendre les menus services que dicte une bonne amitié; par exemple : se lisser mutuellement les plumes, du cou....
- Les jeunes Spatules peuvent s’habituer à la captivité, et s’attacher à leur maître. Brehm dit encore que leur naturel paisible permet de les conser-
- ouest et nord. Elle a été signalée sur les étangs de la Brenne et aussi sur ceux de la Sologne.
- La Spatule blanche vit aussi dans le nord et dans l’est de l’Afrique, dans l’ouest et le centre de l’Asie; pour hiverner elle va jusqu’aux Indes. Peut-être la trouve-t-on,dans l’Amérique du Nord.
- En Europe, elle niche dans le nord et particulièrement en Hollande où elle jouit d’une absolue protection. En effet, la Société de protection des oiseaux hollandaise est extrêmement puissante. De sa propre initiative et sans l’aide du gouvèrnement, elle est parvenue à créer d’importantes réserves, et, pour mieux'dire, les seules réserves qui puissent rivaliser avec celles d’Amérique.
- La Société, constituée par actions, achète de vastes propriétés qu’elle transforme en réserves d’Oiseaux. Ce système d’actions au rapport minime (2 pour 100) permet à la Société de devenir, avec le temps, propriétaire des réserves qu’elle s’efforce, d’ailleurs,
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- Fig. 4. — Colonie des Spatules de Naarden.
- de rendre productives par la vente des roseaux, par la location de fermes, et aussi, après le départ des petits Oiseaux, par la location delà chasse et de la pêche.
- Le bon état financier de la Société l’autorise à organiser une surveillance sévère dans les réserves; ainsi, cinquante gardes sont pris, au moment de la nidification, pour veiller spécialement à la tranquillité des hôtes ailés.
- Les réserves hollandaises sont situées notamment dans file de Texel, et sur le lac de Naarden.
- M. Mangin, directeur du Muséum de Paris, a visité, l’année dernière, les réserves néerlandaises, sous la conduite de M. Ad. Burdet, à qui nous devons les beaux clichés qui illustrent cet article.
- M. Mangin a rendu compte de son excursion au cours de la séance de la « 'Société nationale d’Accli-matation de France » du 19 novembre 1923. Sa communication a été illustrée par de nombreux clichés de M. Ad. Burdet. Entre autres vues des paradis d’Oiseaux en Hollande, nous avons pu admirer des familles de Spatules blanches. Dans Pile de Texel, les Spatules s’établissent au nord et au sud de cette réserve.
- Dans les roselières de Naarden, une centaine de Spatules viennent nicher, non loin des Hérons et des Grèbes aux nids flottants. M. Mangin, en explorant une partie du lac, lequel mesure 700 hectares, chemina à travers les curieuses petites voies pratiquées entre les roseaux et aperçut quelques Spatules. Celles-ci, dérangées, s’enfuirent en décrivant dans le ciel des orbes étranges.
- Tous les ans, les Spatules reviennent au lieu de la nidification; mais elles demeurent au nombre d’une centaine seulement. Pourquoi ce nombre ne s’accroît-il pas? Que deviennent les jeunes après la migration? Telles sont les questions posées par M. Mangin et qui vont à l’encontre des allégations citées plus haut.
- Il appartiendra, sans doute, à quelque patient ornithologiste d’éclaircir cette énigme de la biologie des Spatules.
- Les figures 4 et 5 représentent la colonie des Spatules de Naarden et montrent les nids dans les roseaux.
- A Naarden vivent également cent cinquante à deux cents espèces d’oiseaux : Echassiers, Palmipèdes, Passereaux, etc.
- Les réserves, de Hollande, nombreuses et étendues, ont une superficie totale de 2675 hectares et ont une valeur de 1 014000 florins (1 florin vaut 6 ou 7 francs).
- De tels chiffres font rêver le secrétaire de la « Ligue française pour la protection des oiseaux» !... La seule réserve française est celle des Sept-îles (Q, dont nous avons parié dans ces colonnes et s’il est vrai que la question des refuges d’Oiseaux intéresse de nombreux propriétaires, il est malheureusement trop exact que le grand public, en général, demeure indifférent à la cause des Oiseaux comme à celle de tous les animaux. .
- Cependant, la Hollande, en nous offrant le spectacle de ses magnifiques réserves, nous prouve ce qu’il est possible de réaliser en ce sens, grâce à l’initiative d’une société solidement organisée, et surtout grâce au concours des particuliers qui s'efforcent de la soutenir moralement et matériellement.
- A. Feuillée-Billot, ,
- de la « Société K1” d’Accliir.atulion de France ».
- 1. Voir « Les Oiseaux qui changent de masque », dans le n° 2622 de La Nature.
- Fig. 5. — Colonie des Spatules de Naarden.
- Le Gerant : P. Masson- — Imprimerie Laiiure, 9, rue de Fleurus, Paris.
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- Il OCTOBRE 1924
- LA NATURE — N° 2636
- LE BALLON LIBRE ET L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE (1)
- III. Le ballon libre dans le champ électrique normal. — Par le terme de « ballon » nous entendons le ballon libre ordinaire, de forme à peu près sphérique, construit en étoffe et flottant dans l’air sans attache avec le sol.
- Quelle est la nature, au point de vue conductibilité électrique, des matériaux qui le composent? Il semble que si l’on a attaché autrefois une grande importance à n’employer que des matériaux isolants ou tout au moins mauvais conducteurs : soie pour l’enveloppe, caoutchouc pour les ressorts de soupape, chanvre pour les cordages, bois, fibre, caoutchouc pour les soupapes, os, ivoire ou fibre pour les boulons, etc.., on se soit assez peu préoccupé, par la suite, de cette homogénéité. Là plu-
- n’avoir pu électriser par frottement un échantillon du tissu de coton avec lequel était fabriqué le ballon, et constate qu’un électroscope chargé, mis au contact d’une telle étoffe, est immédiatement ramené à l’état neutre.
- Linke considère comme une chose exceptionnelle qu’un ballon confectionné avec une pareille étoffe puisse être isolait, et pense que cetle éventualité ne peut être admise qu’en cas de sécheresse extraordinaire de l’air. En ce qui concerne les accessoires, cordages supportant la nacelle, osier tressé de la nacelle, le même auteur s’est assuré, au cours de ses ascensions, qu’ils étaient conducteurs de l’électricité même dans les couches les plus sèches et il conclut que le ballon ordinaire doit
- Vv
- Fig. i.
- Sphère isolante dans un champ ' électrique uniforme.
- Fig. 2.
- Sphère imparfaitement isolante dans le même champ.
- Fig. 3. — Sphère conductrice dans le même champ.
- La densité de la charge est proportionnelle à l’épaisseur du trait. La direction du champ est indiquée par la flèche.
- part des ballons libres renferment, à côté de matériaux isolants ou mauvais conducteurs, des accessoires métalliques, tels que des ressorts à boudin en acier pour soupapes, des instruments de bord, des réservoirs d’oxygène pour la respiration à haute altitude, sans parler d’engins de manœuvre tels que l’ancre d’atterrissage. Certains ballons sont même rendus systématiquement bons conducteurs de l’électricité à leur surface, soit par un bronzage métallique, soit par un enduit au chlorure de calcium qui, absorbant l’humidité de l’air, détruit automatiquement la siccité de l’enveloppé favorable à son isolement électrique.
- Il existe donc en fait, au point de vue électrique, toutes sortes de combinaisons et l’homogénéité est l’exception. On peut cependant se demander ce que vaut, au point de vue isolement, le ballon ordinaire normal constitué par une enveloppe en tissu de coton, un filet à cordages de chanvre, et une nacelle en osier. Nous citerons seulement les quelques expériences faites par Linke, un des observateurs qui a consacré à l’étude du champ électrique de l’atmosphère le plus grand nombre d’ascensions, et que la question préoccupait en raison delà validité même des mesures qu’il effectuait. Cet auteur assure
- 1. Voir La Nature n° 2635.
- être considéré comme un conducteur au point de vue électrostatique.
- Comme il faut prévoir tous les cas possibles, même ceux où l’atmosphère est d’une sécheresse exceptionnelle, ce qui n’est pas rare dans les couches élevées, il est bon de ne pas admettre une telle règle comme absolue, et, si l’on veut étudier la manière dont se comporte un ballon dans le champ électrique, il semble logique de faire les trois hypothèses : ballon bon conducteur, mauvais conducteur, c’est-à-dire isolant, et enfin semi-conducteur.
- Les lois élémentaires de l’électricité statique permettent de calculer (au moins théoriquement) l’effet produit par un champ électrique sur un corps à l’état neutre appartenant à l’une des 3 catégories ci-dessus. Nous rappellerons simplement les résultats auxquels on arrive dans le cas d’un champ uniforme et d’un corps non chargé d’électricité ayant la forme d’une sphère.
- Les q figures ci-dessus sont particulièrement instructives. La figure 1 montre l’effet produit par un champ électrique uniforme (représenté par des lignes équidistantes) sur une sphère absolument isolante et pleine, dont le pouvoir inducteur serait égal à celui du vide. Evidemment le champ n’est troublé en rien. Les surfaces de niveau du poten
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- '2* Année- — 2* Semestre-
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- tiel, représentées ici par des lignes droites, passent au travers comme si le corps n’existait pas.
- La figure 2 est établie dans le cas d’un champ uniforme et d’une sphère pleine non parfaitement isolante, c’est-à-dire ayant un certain pouvoir inducteur (ébonite, gutta; caoutchouc, etc.). Le champ, à l’intérieur de cette sphère, n’est plus égal à sa valeur primitive, comme dans le cas de l’isolant parfait. 11 est affaibli. Les lignes de niveau sont plus écartées que dans le champ extérieur.
- La figure 5 représente enfin une sphère conductrice dans un champ uniforme, sphère pleine ou creuse. Ce corps prend le potentiel moyen du champ, c’est-à-dire le potentiel de la surface qui, avant son introduction, passait par le point ou est actuellement le centre. Nous avons figuré eette surface en trait grossi; elle aboutit à la sphère et l’enveloppe entièrement. Du part et d’autre, les surfaces de niveau sont fortement déviées, et elles se resserrent au-dessus et au-dessous, à la verticale du centre. Le champ électrique dont la grandeur est mesurée, comme on le sait, par la distance des surfaces de niveau, est donc augmenté en ces endroits.
- Ainsi les 3 sphères, isolante, semi-isolante, conductrice, se rangent dans cet ordre par le trouble qu’elles occasionnent dans le champ préalablement uniforme.
- Nous avons supposé que la sphère conductrice était à l’état neutre, c’est-à-dire ne renfermait d’autre électricité que celle développée par influence. Si elle est chargée d’électricité, le champ est encore renforcé. Chargée d’électricité négative, le champ devient plus considérable au-dessus. C’est ce que représente la figure 4. Une sphère positive, placée dans le champ uniforme, renforcerait au contraire le cbamp au-dessous d’elle.
- Nous venons de parler de sphère chargée dans le champ électrique. Ceci nous amène à nous poser la question : un ballon ordinaire peut-il se charger d’électricité par temps normal, c’est-à-dire en l’absence de toutes précipitations ? Les faits répondent par l’affirmative. Le ballon libre, dans l’atmosphère, peut s’électriser et même s’électriser fortement. Nous rapporterons tout à l’heure un exemple tiré d’une observation personnelle.
- On a donné de l’électrisation des ballons de nombreuses explications, et il faut bien constater cependant que nous sommes encore fort peu avancés en celte question. Tout d’abord, au départ, le ballon, étant le plus souvent conducteur de l’électricité au point de vue statique, emporte une certaine quantité d’électricité négative empruntée à la charge superficielle de la Terre.
- Nous ne pouvons savoir s’il gardera longtemps cette électricité ; mais, flottant dans l’air ou ,se trouvent des particules électrisées des deux signes, avec un excès de particules positives, il est probable que la charge négative sera bientôt neutralisée et que le ballon deviendra positif.
- D’un autre côté, le jet de lest, solide ou liquide,
- agit à la façon d’un égaliseur de potentiel, et contribue à charger le ballon d’électricité.
- Dans le champ électrique ordinaire de la Terre où une sphère conductrice se charge par influence d’électricité positive dans le bas et d’électricité négative dans le haut, un égaliseur de potentiel, placé au pôle inférieur, annule toute la charge électrique positive, et la sphère reste chargée d’électricité négative. Le champ prend alors l’aspect représenté figure 4.
- Il est utile de présenter ici une remarque au sujet du lest employé. Tous les observateurs qui ont fait des mesures d’électricité en ballon libre, sont d’accord pour reconnaître que le jet du lest de sable électrise le ballon, mais ils attribuent invariablement à cette électricité le signe positif, tandis que si le jet du sable opérait comme un égaliseur de potentiel, le signe dépendrait du sens du ohamp, et serait négatif dans le cas du champ terrestre normal.
- Ebert qui, le premier, croyons-nous, a signalé cette particularité, l’explique par un phénomène analogue à l’électrisation de frottement (probablement frottement des particules de sable sur l’air) et estime que la charge produite sur le ballon peut être très élevée.
- Il est possible encore, que, par suite de la plus grande mobilité des ions négatifs et de leur plus grande vitesse de diffusion, ceux-ci soient entraînés par le sable en plus grand nombre que les positifs, auquel cas le ballon, entouré d’une atmosphère d’ions positifs, se chargerait positivement.
- Quelle que soit la cause du phénomène il faut le regarder comme bien établi et faire une distinction entre le lest liquide (eau, alcool) et le lest de sable. Les deux contribuent à donner au ballon, au moment de la manœuvre, une charge électrique, mais le signe peut ne pas être le même.
- On serait encore en droit de se demander si le frottement du filet du ballon sur l’enveloppe ne contribue pas à développer une certaine quantité d’électricité, mais nous avons vu, qu’avec les tissus de coton ordinaire, l’électrisation par frottement était peu à craindre.
- Peut-être pourrait-on invoquer, parmi les causes d’électrisation, les radiations solaires ultra-violettes qui agissent surtout aux grandes altitudes, et peuvent électriser le ballon de la même manière qu’elles électrisent certains corps, par exemple les aiguilles de glace des cirrus.
- Enfin, pour ne négliger aucune cause, il faut envisager le cas où le ballon pénètre dans un nuage ou dans un banc de brume électrisé. Par le seul contact du ballon avec les particules électrisées du nuage ou de la brume, il emporte une certaine quantité d’électricité.
- Nous ne savons si l’attention a été appelée sur un point qui nous semble particulièrement important.’»
- Si l’enveloppe du ballon pouvait être considérée
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- comme un corps bon conducteur dans toute sa masse, aucune charge électrique n’existerait sur la paroi interne. C’est une conséquence des lois de l’électrostatique.
- Mais il n’en est pas ainsi. L’enveloppe d’un ballon est faite généralement de tissus de coton en une ou deux épaisseurs enduites de caoutchouc. On peut donc avoir, au point de vue électrique, plusieurs combinaisons. En voici une. Le tissu est sec à l’extérieur et isolant, tandis que la paroi interne est devenue conductrice par suite de l’humidité du gaz déposée sur cette paroi. Des ce moment cette surface interne peut s’électriser (par exemple au moment du jet du lest) d’autant plus qu’elle est reliée à la nacelle par les cordes de manœuvre (corde de soupape, corde du panneau de déchirure).
- Le ballon peut donc se charger d’électricité à l’intérieur. Bien plus, il peut, gardant cette charge interne et s’électrisant ensuite à l’extérieur, devenir un véritable condensateur avec tous les dangers que présentent deux masses électriques puissantes et prêtes à se recombiner.
- Ayant passé en revue les divers modes d’électrisation du ballon, examinons rapidement les cas où le ballon, par temps normal, peut rencontrer un champ électrique intense.
- Trois situations sont à prévoir : au voisinage ou à l’intérieur d’un nuage, au voisinage du sommet d’une montagne, à l’atterrissage dans un endroit quelconque.
- Par temps normal, c’est-àrdire en l’absence de phénomènes orageux très nets, un nuage renferme des charges électriques. Sans doute il est rare que le champ devienne assez intense pour provoquer une étincelle (il fa ut environ 50 000 volts par centimètre), mais l’état orageux de l’atmosphère n’est pas toujours indiqué par des manifestations évidentes telles que la formation des cumulo-nimbus ou nuages d’orage. Par temps douteux il est donc prudent de
- Fi5. — Installation d’un égaliseur de potentiel à eau ou à alcool sur un ballon ordinaire.
- a) Réservoir du liquide, en tissu caoutchouté, attaché au cercle de suspente; b) Ajutage fin réalisant l’èpàrpillement du liquide en de nombreuses petites gouttes.
- Fig. 4. — Sphère conductrice chargée négativement dans un champ électrique uniforme.
- La flèche indique la direction du champ. L’épaisseur du trait est proportionnelle à la densité de la charge.
- considérer les nuages comme suspects, à moins que l’aéronaute n’ait des indications à ce sujet, comme pourrait lui en donner un petit électroscope placé à côté des autres instruments de bord et relié à une prise de potentiel au radium.
- Le ballon, dans un champ intense, se trouve dans une situation d’autant plus dangereuse que la force électrique a sa plus grande valeur aux pôles du ballon, précisément à l’un des endroits où se trouve la soupape.
- Le ballon très sec à l’extérieur, et humide à l’intérieur, peut se charger d’électricité sur sa paroi interne. Pénétrant ensuite dans un nuage chargé d’une électricité contraire, des phénomènes de condensation électrique dont nous avons parlé tout à l’heure interviennent qui peuvent provoquer une étincelle à l’endroit de la soupape, c'esl-à-dire sur le trajet d’un gaz la plupart du temps inflammable.
- Ün phénomène analogue est susceptible de se produire lorsqu’un ballon passe dans le voisinage du sommet d’une montagne, ou d’une façon générale, en un point où le champ électrique a une valeur considérable.
- En plaine, on admet que par beau temps le champ électrique a une valeur moyenne de 100 à 200 volts par mètre. Or, pour ne citer qu’un exemple, au sommet du Pic du Midi à 2860 m d’altitude, le champ normal est égal à 1550 volts par mètre. Et ce nombre qui ne représente qu’une valeur moyenne peut devenir quadruple ou quintuple, même en l’absence de manifestations orageuses.
- Dans une ascension en pays de montagnes, un ballon libre peut être amené — par le simple jeu des courants ascendants et descendants de l’atmosphère — à frôler un sommet ou le rebord d’un plateau abrupt. Si, à ce moment, son guide-rope est développé, il peut se charger instantanément sur sa paroi externe d’une forte quantité d’électricité et celle-ci suffire à provoquer une étincelle par recoin-binaison avec une charge de signe contraire restée isolée sur le ballon en n’importe quel endroit, ou même localisée à son intérieur, comme nous l’avons expliqué.
- Cette recombinaison des deux électricités, l’une
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- maintenue sur le ballon et isolée, l’autre fournie par le nuage, la brume ou la surface de la Terre semble jouer le principal rôle dans les phénomènes d'inflammation qui se produisent sans cause apparente, en partieulier dans les accidents observés à l’atterissage.
- Peut-être n’est-il pas inutile d’en rapporter un exemple dont nous avons été nous-même le témoin.
- Quelques instants après avoir atterri en septembre 1907, près de Mimizan dans les Landes, le ballon « Yille-de-Bruxelles » Q) avec lequel nous étions parti, la veille au soir, de Bruxelles, prend feu instantanément. L’enveloppe était allongée sur le sol et déjà un peu ramassée sur elle-même en un long fuseau, la soupape et lé cercle d’appendice enlevés. Il ne restait plus à l’intérieur qu’une petite quantité de gaz puisque le panneau de déchirure avait été tiré. Tout à coup une flamme jaillit et parcourt le ballon d’une extrémité à l’autre et l’enveloppe est en feu.
- Cet accident n’a pu être causé que par la recombinaison d’une charge électrique restée isolée sur le Ballon fil faisait très sec et le sol était recouvert d’aiguilles de sapin) ou localisée peut-être à l’intérieur, avec la charge électrique de la Terre. Si nous supposons qu’une charge, pouvant d’ailleurs être assez faible, soit distribuée à l’intérieur d’un ballon lorsque celui-ci est gonflé et à peu près sphérique, la densité atteindra une valeur considérable lorsque le ballon dégonflé et à terre est ramassé sur lui-même (comme dans le cas actuel), puisque la même quantité d’électricité est alors répartie sur une surface beaucoup plus petite. La mise au sol d’une pareille charge peut entraîner une étincelle et enflammer le gaz.
- Est-il possible d'éviter ces charges qui, non seulement troublent les mesures d’électricité atmosphérique en ballon, et en dénaturent le sens, mais peuvent devenir dangereuses. On a cherché à résoudre la question par l’usage des égaliseurs de potentiel. »
- Une sphère conductrice à; l’état neutre placée dans un champ électrique uniforme se met d’elle-même au potentiel moyen du champ (fig. 5). Dans la moitié inférieure la charge électrique est positive (le champ étant supposé dirigé vers le bas), dans la moitié supérieure elle est négative et les deux charges sont égales. C’est l’électrisation par influence. Si, par un procédé quelconque, par exemple au moyen d’un égaliseur de potentiel, nous conservons à cette sphère ce potentiel moyen, une charge supplémentaire quelconque communiquée au ballon ne se maintiendra pas. Celui-ci reviendra à l’état neutre, portant ses deux charges égales et de signes contraires. ^
- Par ce procédé, nous éliminons les charges que le ballon peut prendre sous l’effet des causes accidentelles telles que le passage dans un nuage électrisé,
- 1. Piloté par l’excellent aéronaute belge L. de Brouckère.
- le jet de lest de sable, etc., pour ne conserver que la cbarge due à l’électricité par influence.
- Si l’égaliseur de potentiel fonctionne au pôle inférieur du ballon, la densité est nulle en ce point et le ballon se charge -d’électricité négative (fig. 4). Son potentiel est celui de l’air au voisinage du pôle inférieur. Si l’appareil fonctionne au pôle supérieur, c’est-à-dire vers la soupape, la densité électrique devient nulle en ce point et le ballon se charge d’électricité positive (toujours dans l’hypothèse du champ terrestre normal). Son potentiel est celui de l’air au voisinage de la soupape.
- De toutes façons, l’état électrique du ballon n’est plus en quelque sorte arbitraire. Il dépend du champ dans lequel il flotte et la densité électrique maximum est directement proportionnelle à ce champ.
- Généralement, pour des raisons de commodité, on fixe l’égaliseur de potentiel à la nacelle, sur son rebord ou à sa partie inférieure (fig. 5). De cette manière le ballon se met au potentiel de la nacelle et celle-ci très sensiblement au potentiel de la couche d’air qui l’entoure.
- Si le ballon descend avec une lenteur suffisante, le ballon tout entier est à un potentiel très voisin de celui de' la Terre au moment de l’atterrissage et tout danger d’inflammation est écarté.
- En théorie le procédé ne laisse rien à désirer, à une condition essentielle toutefois, c’est que toutes les parties du ballon soient parfaitement reliées entre elles au point de vue électrique, c’est-à-dire que le ballon soit assimilable à un corps conducteur.
- La conductibilité des enveloppes, au moins sur leur partie externe, a été tentée de plusieurs manières, soit par bronzage métallique, soit par mouillage par le chlorure de calcium. Mais il faudrait, nous l’avons fait remarquer, que l’enveloppe soit aussi conductrice dans la masse, ce qui n’est pas le cas. Et le ballon, quoique conducteur à l’extérieur, peut s’électriser à l’intérieur à la façon d’un condensateur sphérique.
- En outre la parfaite conductibilité d’une enveloppe n’est pas sans inconvénient. L’égaliseur peut fonctionner mal ou trop lentement. Au voisinage d’un nuage très fortement électrisé, le potentiel du ballon différera alors de celui des couches d’air voisines et le champ renforcé par la présence d’un corps bon conducteur pourra devenir plus intense que si le ballon était fait d’une matière isolante ou demi-isolante. Et dans le cas où une étincelle s’amorcerait, la quantité d’électricité répandue sur la surface de l’enveloppe se déplacerait instantanément et en masse en donnant au courant une intensité plus grande.
- Pour ces raisons et d’autres qu’il serait trop long d’exposer, on comprend que la question de l’emploi d’un égaliseur de potentiel ne soit pas aussi simple qu’elle semble au premier abord et que les avis puissent être partagés.
- {A suivre.) Albert Baldit.
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- A PROPOS DE LA FIÈVRE APHTEUSE
- La fièvre aphteuse a été, dans ces dernières années, l’objet de travaux importants et de progrès réels que vient de couronner la découverte toute récente du germe de celte maladie par Frosch et Dahmen. C’est là un événement assez important pour qu’il vaille la peine de rappeler brièvement les notions que nous possédons sur cette maladie qui, par les dégâts qu’elle provoque particulièrement chez les bovins, est une cause de pertes sévères pour l’agriculture.
- Cette maladie, on le sait, est caractérisée par une évolution très rapide qui n’excède pas 8 ou 10 jours. On observe tout d’abord des symptômes généraux, puis une éruption vésiculeuse autour de la bouche, sur la langue, sur la peau mince qui borde les sabots et sur les mamelles. La production de lait diminue du tiers ou de la moitié. La mortalité n’est pas très élevée ; en général elle ne dépasse guère 2 pour 1000. Mais, dans certaines épidémies particulièrement sévères, elle peut atteindre jusqu’à 50 et 60 pour 100. La mortalité n’est d’ailleurs pas la seule conséquence économiquement grave qu’entraîne la maladie. Elle provoque souvent des .paralysies ou des boiteries définitives.
- Nos connaissances théoriques sur cette maladie étaient jusqu’ici assez rares. La raison en était qu’on n’était arrivé ni à transmettre la maladie à de petits animaux de laboratoire, ni à en cultiver le germe qu’on né pouvait d’ailleurs pas déceler au microscope. Mais, premier progrès, depuis 4 ans. environ, divers. auteurs sont arrivés à transmettre, avec certitude, la fièvre: aphteuse aux cobayes. On a pu ainsi se rendre compte que le germe de certaines épidémies est, plus facilement que d’autres, transmis à ces animaux. C’est ce qui confirme les idées de .'Vallée pour qui il n’y aurait pas une seule fièvre aphteuse, mais un grand nombre de maladies très voisines quoique assez différentes les unes des autres pour que le fait d’avoir été atteint par l’une ne confère pas d’immunité contre les autres. ;
- L’expérimentation sur les animaux a appris, en outre, que l’immunité conférée par la maladie est de très courte durée. Ainsi se trouve expliquée la possibilité, pour un animal, d’ètre infecté deux ou trois lois dans le cours de la même année. En tout cas, on n’a jamais vu, d’après Gins, d’immunité dépasser 587 jours, même après une infection très sévère.
- Un autre progrès extrêmement important, que l’expérimentation sur les animaux a permis de réaliser, est relatif au mode d’infèclion. On croyait encore, il y a une vingtaine d’années, que le contenu des aphtes ou pustules était seul contagieux. En réalité, le lait, la salive, l’urine le sont également. On s’explique ainsi qu’aujourd’hui le seul procédé pour empêcher de passer la maladie d’un troupeau à un autre, consiste à interdire aux animaux de sortir de l’étable en temps d’épidémie.
- On a été également amené à se demander si, dans quelques cas, il n’existerait pas des bêtes qui, avec toutes les apparences de la santé, seraient cependant des porteurs de germes, capables, par conséquent, de disséminer la maladie avec leur salive ou leur urine. Mais, jusqu’ici, l'expérimentation n’a pas apporlé la preuve for»
- melle de ce fait qui, cependant, est dans les choses vraisemblables et qui, s’il était vérifié, permettrait d’entamer une lutte efficace contre la maladie.
- La fièvre aphteuse ne doit pas être confondue avec ce qu’on appelle la stomatite aphteuse de l’homme. Cette petite éruption vésiculeuse de la bouche est, en effet, spéciale à l’homme. Cependant, à diverses reprises, on a pu observer d’une façon très nette une véritable fièvre aphteuse chez l’homme. Ce fut le cas d’un expérimentateur, Pape, qui, en manipulant un tube . plein d’un liquide provenant d’une pustule de fièvre aphteuse animale, la brisa et se blessa la main. U en résulta, après quelques jours, un peu de fièvre et de la rougeur des mains et des pieds, suivies de guérison rapide.
- La dernière découverte faite, qui a été . publiée le 7 avril 1924 à la Société berlinoise de microbiologie, est celle du germe de la maladie. Cette découverte est la • conséquence d’une découverte due à un savant français : M. d’JIérelles. M. d’IIérelles a réussi, en effet, à mettre en évidence, dans certaines circonstances, une substance qu’on désigne sous le nom de bactériophage ou de lysine et qui possède le pouvoir de dissoudre les microbes. Partant de cette idée, Frosch et Dahmen ont pensé que le bactériophage devait être présent dans le liquide contenu dans les aphtes et ont cherché à s’en débarrasser. Us y sont arrivés par des cultures très.compliquées sur milieu solide suivies de dilution en milieu salin, puis de centrifugation de plusieurs heures à 5000 tours par minute. Le germe peut être ainsi conservé intact et observé. U mesure 1/10 de micron et peut être photographié assez bien à l’aide de rayons ultra-violets, technique nouvelle* inaugurée par Frosch et qui parait ouvrir de vastes perspectives en microbiologie.
- La découverte de ce germe va-t-elle apporter de nouveaux procédés de lutte contre la maladie? On ne saurait encore le dire. Nous pouvons cependant constater ceci, c’est que toutes les recherches, si intéressantes au point de Arue théorique, faites dans ce domaine n’ont pas encore eu pour résultat de nous donner un moyen efficace, pratiquement utilisable, contre la maladie. On a essayé des injections de sang d’animaux convalescents oü de sérums antitoxiques. Ces procédés sont efficaces quand on expérimente, mais en fait peu utilisables, parce que la moindre épidémie exige le maniement de sang ou de sérum par litres, c’est-à-dire un travail matériel énorme en même temps que fort délicat pour un résultat de peu de durée, l’immunité donnée par ces procédés étant toujours moindre que celle que donne la maladie et qui est d’ordinaire, assez brève. .Ori a également essayé des sels solubles de bismuth qui auraient de bons résultats. Il semble'à Gins que ce soit, en-effet, des agents chimiques qu’on puisse attendre les résultats pratiques les plus intéressants. Ainsi, jusqu’ici, on n'a guère comme moyen de défense que l’isolement des animaux en cas d’épidémie, y ; , _ , •
- La fièvre aphteuse est donc un domaine qui réserve encore de bien belles découvertes aux chercheurs. Souhaitons qu’ils ne nous les fassent pas trop attendre.
- Dr P.-E. M.
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- LE PASSAGE DU NORD-OUEST PAR TERRE
- Une très importante exploration, particulièrement féconde en résultats ethnographiques, vient de se terminer dans l’Amérique boréale.
- En 1921, accompagné de quatre spécialistes, le voyageur danois Knud Rasmussen, qui s’est fait connaître par de remarquables expéditions dans le Grônland septentrional, s’établissait sur une des îles de la côte nord-ouest de la baie d’IIudson, située par 65° 54' de latitude nord et 85° 50' de longitude ouest. Il se proposait d’étudier les Eskimos de cette région, ainsi que les vestiges de populations disparues que renferment ces terres glacées, puis une fois cette enquête terminée, de gagner par terre le détroit de Bering en suivant les rivages de l’Océan Arctique. Possédant à fond la langue grônlan-daise, Rasmussen voulait rechercher les affinités linguistiques existant entre les Eskimos du Grônland et ceux dispersés sur les bords du bassin polaire et recueillir des informations précises sur les migrations de ces hyper-boréens.
- Avec succès le chef de la mission danoise accomplit la première partie de son programme, durant l’hiver 1921-1922 et pendant le printemps de 1922. Rayonnant de leur base. d’opérations, vers le sud comme vers le nord, ses collaborateurs et lui poussèrent leurs investigations d’un côté jusqu’au lac Yathkied, dans le sud et à la rivière Ivazan, de l’autre, jusqu’à la terre de Baffin, dans le nord.
- Dans la première de ces deux régions, les explorateurs eurent la bonne fortune de rencontrer des Eskimos qui n’avaient point encore été en relation avec des blancs. L’expédition à la terre de Baffin donna également d’excellents résultats, notamment au point de vue géo-' graphique. Cette île, une des plus étendues du globe, est restée inconnue dans sa plus grande étendue ; aussi bien les levers rapportés par les explorateurs danois permettront-ils de préciser les contours de cette terre polaire.
- Signalons, que depuis plusieurs années le Canada a pris possession des rivages nord-ouest delà baie d’IIudson. Un détachement delà « police montée », qui, soit dit en passant, circule surtout en traîneaux, est stationné sur les bords de Yinlet Chesterfield, afin de maintenir l’ordre parmi les Eskimos établis dans ces parages. Les indigènes de la côte nord de l’Amérique boréale ne sont nullement pacifiques, comme on le croit bien à tort, et ne se font pas faute d'altaquer les voyageurs à l’occasion. En 1910, ils
- ont ainsi assassiné deux explorateurs américains sur les rives de Yinlet Bathurst; en 1913, deux missionnaires catholiques dans le golfe du Couronnement (Coronation Gulf) et tout récemment un autre blanc non loin de Yinlet Chesterfield. Ajoutons qu’une mission catholique a été installée sur les bords de ce dernier fjord et que des postes de la Compagnie de la baie d’Hudson sont échelonnés sur la côte ouest de cette mer intérieure à des distances variant de 7fi0 à lUOO kilomètres.
- Même dans cette région perdue, qui aurait pu le croire, la vie chère règne au grand délriment de la bourse des explorateurs. La Compagnie de la baie d’Hudson donnant aux Eskimos qu’elle engage comme chasseurs., une solde mensuelle de 25 dollars, soit au change actuel un salaire journalier de 15 francs, et la nourriture en plus, ces indigènes demandent des prix extravagants pour servir un voyageur comme guides ou comme conducteurs de chiens, ou lorsqu’il désire acheter de leurs ustensiles de ménage pour sa collection ethnographique.
- En avril 1923, la mission danoise ayant achevé ses travaux autour de la baie d’IIudson, se sépara. La plupart de ses membres prirent la roule d’Europe, une fuis que la débâcle se fut produite, tandis que Rasmussen s’acheminait vers l’ouest, vers le détroit de Bering.
- Un télégramme parvenu récemment à Copenhague 'annonce le succès de cette expédition singulièrement audacieuse. Le détroit de Bellot, l’embouchure de la rivière Back, la terre du Roi Guillaume, la terre Yictoria, enfin le delta du Mackenzie et la pointe Barrow marquent les principales étapes de ce long voyage accompli sur des traîneaux tirés par des chiens. En un mot, Rasmussen a effectué par terre, le Passage du nord-ouest; il est passé de l’Atlantique dans le bassin du Pacifique en suivant les rives de l’Océan Glacial. Au cours de cette longue randonnée, l’explorateur a étudié attentivement les différents clans d’Eskimos éparpillés dans ces immenses solitudes; il a pu ainsi constater que la plus étroite parenté linguistique et ethnographique existe non seulement entre ces tribus, mais encore entre elles et les habitants du Grônland. La preuve la plus probante à cet égard, c’est que la langue grônlandaise est comprise facilement par tous les Eskimos du Canada septentrional.
- Aux dernières .nouvelles, Rasmussen se trouvait dans le Kotzebue Sound sur les bords du détroit de Bering.
- Charles Rabot.
- LA BAIE D’ALONG, PERLE DE L’INDOCHINE
- Notre belle colonie indochinoise tend de plus en plus à devenir ce que le jargon moderne appelle un « centre touristique ». Elle y est aidée autant par ses sites merveilleux que par l’imposante beauté de ses monuments, autant par l’aménité de ses habitants que par leur vie nationale que n’a point contaminée le cosmopolitisme.
- Il apparaît, à en juger par de récentes statis-liques, que le flot anglo-saxon du tourisme se détourne de la Chine, où la guerre civile et le banditisme régnent désormais à l’état endémique, ainsi que des Indes Britanniques, où le réveil du fanatisme met en péril la vie des étrangers.
- Un voyageur de nationalité anglaise, que je rencontrai ces jours derniers, et qui venait de passer trois mois au Tonkin et en Annam avec sa femme et sa belle-sœur, m’exprima sur ce sujet son étonnement admiratif; il avait pu circuler à l’intérieur de la colonie avec ses compagnes sans se charger d’autre armement... qu’un couteau de poche!
- Il lui arriva de confier à un fonctionnaire qu'il désirait visiter une tribu de « sauvages » dans des montagnes relativement voisines de Hanoï, et de lui demander une escorte armée, ainsi qu’il l’avait fait déjà dans certains districts de l’Inde. Le fonctionnaire lui affirma qu’il ne courrait aucun danger.
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- Et, de fait, sans autre compagnon qu’un guide indigène, qui lui servait d’interprète, le voyageur put séjourner trois jours chez ces prétendus sauvages, et ne rapporta de cette excursion que des souvenirs agréables.
- « Aux Indes, conclut-il, j’aurais été assassiné je ne sais combien de fois, ou tout au moins capturé par des bandits et rançonné! »
- Les voyageurs étrangers sont devenus si nombreux en Indochine, depuis quelques années, que Hanoï possède désormais une Revue de Tourisme qui condense à leur intention de nombreux renseignements utiles.
- Et cet ensemble de faits est tout à l’honneur des fonctionnaires intelligents et dévoués qui président aux destinées de notre empire indochinois où ils ont su répandre l’influence et l’amour de notre culture.
- Parmi les beautés naturelles qui attirent les touristes dans cette merveilleuse contrée, il faut accorder le premier rang à la baie d’Along, que l’on appellerait plus exactement Ha-long, en adoptant l’orthographe annamite.
- Les écrivains contemporains qui l’ont visitée lui ont consacré des descriptions enthousiastes; ils avaient eu des devanciers, car les relations des vieux voyageurs chinois nous offrent de nombreux passages qui vantent la beauté grandiose du site.
- Le Guide Madrolle nous fournit de très intéressants renseignements sur la baie, que les caries annamites appelaient jadis Luc-hai (ou Mer Bleue), mais qui a repris son nom populaire de Ha-long, en raison d’une curieuse légende qui a cours parmi les Annamites, et qui paraît avoir impressionné plus d’un Européen!
- Voici déjà quelques années, que les échos de la
- Fig. i. — Un temple souterrain.
- presse quotidienne ont perdu la douce habitude de nous parler de ce fameux « serpent de mer » que tant de navigateurs apercevaient périodiquement. On se souviendra que les derniers qui décrivirent le monstre préhistorique furent d’accord sur un point : ils l’avaient rencontré dans la Baie d’Along.
- Or, depuis un temps immémorial, Annamites et Chinois du Sud croient à l’existence d’un « dragon de mer », ou hai-long, qui descendit jadis du ciel pour venir diriger les courants marins et réglementer les marées. 11 fut tenté par l’aspect chaotique de la baie, et la choisit pour sa résidence hivernale.
- D’après la mythologie imaginée dans le Sud de la Chine, le Dragon remonte au ciel vers l’équinoxe du printemps, et regagne sa retraite sous-marine vers l’équinoxe d’automne. Et c’est en quittant ou en réintégrant ses cavernes aquatiques qu’il produit les marées.
- Décrivant le monstre, les vieux auteurs chinois assurent * que c’est un poisson à forme d’anguille, long de « quelques centaines de mètres ». On prétend qu’il existe réellement dans ces parages de gigantesques anguilles, que les indigènes, qui en auraient déjà capturées, appellent hai-is'ieou.
- Est-ce de ces fables qu’est née la légende du serpent de mer? Nous préférons avouêr notre incompétence !
- Quoi qu’il en soit, les habitants du Tonkin et de l’Annam paraissent avoir toujours été sensibles à la beauté de la baie, que leurs rois considérèrent de bonne heure comme l’un des joyaux de leur royaume. Les annales annamites exposent qu’un de ces [souverains, le roi Lê-Thanh-tôn, la visita en 1469, et l’honora
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- Fig. 3. — Les découpures des côtes.
- d’une poésie, dont nous emprunterons la traduction à M. Vissière :
- « Des cimes élevées se dressent en foule dans la mer comme autant de joyaux.
- Sommets bleuâtres constellant l’échiquier des flots.
- Poissons et sel, abondants comme le sable, offrent au peuple un gain rapide. •
- Mais les champs manquent aux moissons. Faible revenu pour l’État.
- Les vagues vont heurter la paroi des montagnes et bouillonnent à leur pied.
- Des plantes traversent leurs murs de pierre, et circulent dans leurs crevasses.... »
- Curieux assemblage d’élans poétiques et de regrets sordides! L’excellent souverain veut bien chanter la beauté du site, mais non sans déplorer qu’elle ne puisse faire entrer un liard dans le trésor public! S’il eût vécu à notre époque, nul doute qu’il n’eût établi des tourniquets aux portes d’entrée de la merveille !
- Le même auteur, M. Vissière, traduit dans le Guide Madrolle une description, due à un voyageur chinois du xvne siècle, et que pourrait signer sans hésiter un écrivain moderne. Nous en emprunterons un autre a M. J. Auvray, qui a séjourné longtemps dans la région, en regrettant de rie pouvoir la transcrire intégralement : !
- « Imaginez, subitement engloutie par un cataclysme, une chaîne de montagnes dont seules émergeraient, au-dessus des eaux apaisées, les cimes les plus hautes déchiquetées par la foudre, et les aiguilles géantes, et les1 dents et tables des sommets.
- « C'est au milieu de tout cela que vous naviguez, entre des murailles à pic, tantôblisses et polies par le temps, tantôt fouillées comme par le ciseau d’un sculpteur capricieux ; ici s’arrondissent les voûtes en plein cintre; là, s’élance une ogive. Plus loin, c’est un tunnel dont l’orifice de sortie fait là-bas un point étincelant. Puis, voici des grottes aux stalactites menaçantes....
- « Ailleurs, c’est un lac au fond d’un cratère; un
- tortueux couloir y conduit, que l’on ne soupçonne plus dès qu'on se trouve au milieu du cirque. Sous les feux du soleil tropical, les jeux d’ombre et de lumière formés sur la surface de l’eau par ce semis de roches composent un spectacle changeant qui défie toute description.
- « Au soleil couchant, c’est un incendie qui s’allume et fait de ce chaos gigantesque un décor de féerie au moment de l’apothéose. Mais le spectacle est plus impressionnant encore si vous le contemplez au clair de lune, quand dorment les oiseaux de mer, seuls hôtes de ces rochers, et que s'est établi le grand silence.
- « Alors, c’est quelque chose de fantomatique et d’irréel ; vous glissez entre les architectures les plus invraisemblables : châteaux forts sur des pics chevelus, comme Gustave Doré en créait dans ses illustrations fantastiques, cathédrales vertigineuses, obélisques-orgueilleux, tours penchées, prêtes à vous écraser....
- « La seule note discordante est donnée par ceux que les circonstances obligent à séjourner quelque temps dans un des innombrables méandres que laissent entre leurs bords sinueux les mille îles de l’archipel. C’est qu’en effet vous vous sentez presque étouffé par les parois de pierre qui vous enserrent de toutes parts. Vous êtes comme au fond d’un gouffre dont vous n’apercevez ni l’entrée, ni l’issue, une fois que vous y avez pénétré. On se demande comment on sortira de cette impasse dont la porte a dû se refermer sur vous dès que vous l’aurez franchie! Il y a là une sensation pénible à laquelle peu de personnes échappent.... »
- Cette sensation avait été partagée par le voyageur chinois auquel nous avons fait allusion, car il note dans ses relations : . .
- a Chaque fois que nous arrivions dans un lieu où les montagnes envahissaient l’espace et où la mer se rétrécissait, je me demandais si la roule n’allait pas nous être fermée, et s’il nous serait possible de passer. .
- A la longue, cependant, un nouvel horizon se
- Fig. 4. —‘La végétation des falaises.
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- Fig. 5. — Un-chenal dans la baie.
- présentait à nous. De telles illusions se produisaient cent fois en un jour.... «
- Le même voyageur note que ces montagnes ont une apparence qui déroute l’imagination, et qu’elles offrent l’aspect d’animaux sauvages, ou' de farouches guerriers couverts d’armures. Cette impression doit être générale, car les indigènes ont donné aux rochers des noms qui évoquent ces bizarres ressemblances. Les hydrographes français ont observé la même pratique, et vous lirez sur les cartes détaillées de la baie des désignations parmi lesquelles nous citerons : l’île du Crapaud, les Marionnettes, la Coupole, la Croix, les Deux Cirques.
- Comme on le verra sur les photographies dont l’Agence économique de l’Indochine nous a permis d’offrir la primeur à nos lecteurs, ces énormes pans de roches, même lorsqu’ils ont pour façades des parois taillées à pic, sont rarement dénudés. Ils
- sont recouverts d’une végétation vivace presqûe entièrement composée de plantes spéciales à l’archipel.
- « La famille entière des saxifrages semble s’être donné rendez-vous sur ce champ de pierre », dit l’auteur du Guide déjà cité. Des lianes et des arbustes aux racines rugueuses et nues, qui se fraient un passage à travers les anfractuosités de la roche, atteignent souvent les dimensions de véritables arbres.
- Ces débris de montagnes sont de formation calcaire. ; on leur assigne pour âge l’étage ouralien (fin de l’ère primaire). La roche, qui renferme de curieux coquillages, est généralement dure et compacte, à cassure conchoïdale. Le plus souvent, elle se désagrège par clivages verticaux. Mais la présence de la dolomie dans*certaines sections a donné naissance, sous l’action de l’eau de pluie et des marées, à de vastes excavations en forme de grottes ou de tunnels.
- L’archipel fut primitivement habité par des peuplades que les Annamites ont refoulées dans l’intérieur de la terre ferme, et dont on rencontre les survivants à quelque distance du littoral. Des colonies de mineurs et de pêcheurs chinois se sont fondées sur plusieurs points. C’est sur le rivage septentrional de la baie que se trouvent les charbonnages de Hon-gai, exploités depuis 1888 par une Compagnie française, et qui produisirent 500000 tonnes durant l’année qui précéda la guerre. ,
- Les touristes qui veulent admirer
- big* 6. — Dans une, des grottes.
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- la merveille parient généralement du port de Ilong-gai à bord d’une chaloupe à vapeur- On leur conseille de se munir de lampes à acétylène et de feux de Bengale pour visiter plus commodément les grottes. Nous exposerons l’itinéraire obligatoire pour les touristes qui ne disposent que d’une journée.
- Le trajet de llon-gai à la Grotte des Merveilles demande une demi-heure, et la visite de la grotte, une heure. En 50 minutes, on gagne Vile de la Surprise, que l’on peut parcourir en 50 minutes. En un quart d’heure, la chaloupe atteint le Cirque, où les touristes peuvent se promener pendant 30 minutes. Et le voyage de retour à Hon-gai prend environ une heure. Pendant les journées de fête, une Compagnie fluviale de Haï-Phong organise des excursions dans la baie.
- La grotte de l’Ile des Merveilles est une profonde excavation où donne accès un escalier de 90 marches taillées dans la roche. Elle comporte trois immenses salles, dont les voûtes sembleraient soutenues par les piliers qu’ont édifiés les sécrétions calcaires. Tous les voyageurs s’accordent à dire que les parois, lorsqu’elles sont éclairées par une lumière vive, sont de véritables décors de féerie.
- Reprenant sa route, la chaloupe passe devant les Marionnettes, rochers où les familiers du Théâtre Guignol retrouvent les silhouettes de Polichinelle et du Commissaire. Puis, par un pittoresque dédale de rochers étrangement découpés, on atteint le mouillage des navires de guerre, devant l’Ile de la Noix, avant d’accoster à l’Ile de la Surprise. Gravissant un escalier d’une centaine de marches, le touriste descend dans une caverne en contre-bas, suit un couloir étroit et tortueux, et se trouve dans une vaste grotte, qu’éclaire une large baie percée dans
- le rocher. En passant par cette fenêtre naturelle, on peut regagner le rivage. Mais le Guide Madrolle nous prévient que la descente est pénible.
- Le bateau cherche maintenant son chemin dans le labyrinthe des îlots et des récifs pour gagner la partie Nord de l’île, où les touristes aperçoivent à fleur d’eau une excavation en arc surbaissé. Et c’est réellement une surprise pour eux que d’apprendre que ce trou se continue en tunnel, un tunnel assez spacieux pour recevoir les barques des pêcheurs chinois qui viennent s’y réfugier dès que le vent souffle en tempête.
- A marée basse, la chaloupe à vapeur s’engage dans le tunnel, qui la conduit au Cirque, vaste cuvette que l’on prendrait pour un cratère, avec ses parois verticales, qui renvoient les appels des visiteurs en une longue suite d’échos retentissants.
- Souvent, l’itinéraire est allongé par la visite du Tunnel de Câm-pha, qui demande un supplément de 4 à 5 heures. C’est une cavité longue de près d’un kilomètre, creusée dans la masse calcaire du littoral par la collaboration de la marée et d’un ruisseau, qui, élargissant une crevasse, en a fait son lit. A marée haute, on peut naviguer sous cette voûte aux décors superbes. La traversée à la rame demande une heure.
- Nous n’avons pas eu la prétention de donner ici ùne description digne de la Raie d’Àlong « cette extraordinaire merveille naturelle dont on chercherait en vain l’équivalent ailleurs dans le monde » , ainsi que le proclame un auteur. L’affluence toujours grandissante des touristes nous est garant que cet enthousiasme est amplement justifié.
- V. Forbin.
- RAVINEMENTS DE L’ARGILE
- L’argile est le type classique de la roche imperméable. On sait, en effet, qu’une mince couche d’argile suffit pour arrêter l’eau qui vient de traverser des couches perméables telles que sables, calcaires, et qu’elle détermine un niveau de sources vraies, sources parfois faibles mais nombreuses et d’un débit régulier ne tarissant pour ainsi dire jamais.
- Il n’est pas moins exact que l’argile se laisse travailler par les eaux courantes qui tracent à sa surface, lorsque celle-ci n’est plus protégée, de profonds sillons qui se creusent sans cesse, séparés parfois par de vives arêtes ; on voit alors une infinité de lits qui dissèquent la roche et où les précipitations aqueuses forment autant de petits torrents. Vienne un fort orage, elles pentes argileuses ou les buttes isolées se couvrent de profondes rigoles ramifiées à l’infini, gagnant toujours dans le sens de la hauteur. De là, un aspect très spécial pour ce mode d’érosion violent.
- Un très bel exemple de ces ravinements nous est offert dans la Haute-Marne. Il est situé à 6 km en aval de Saint-Dizier. Là, les Côtes-Noires bordent la concavité d’une boucle de la Marne (rive gauche), formant au milieu du-coteau- boisé une tache dénudée, de couleur cendrée plutôt que noire, couronnée par une bande de terre végétale rougeâtre, cette dernière peu épaisse. Malheureusement, l’accès est à peu près inabordable par le bas et serait même dangereux quand les eaux sont hautes; mais,grâce à la roule de Moëslains à Laneuville.qui escalade le plateau, on peut avoir une vue d’ensemble; du rebord de la falaise élevée d’une quarantaine de mètres au-dessus de la rivière, on domine toute la côte d’où se détachent quatre ou cinq grandes lames verticales, minces et absolument à pic, dont le pied baigne dans les eaux vertes de la Marne (fig. 1). Ce sont les argiles du Gault, superposées aux sables verts, qui sont ici ravinées. Le précipice qu’on a directement au-dessous de soi est impres-
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- RAVINEMENTS DE L’ARGILE . - . — : 235
- sionnant, tandis que la vue s’étend au loin vers Saint-Bizier et le grand massif forestier de Trois-Fontaines. On peut signaler, en passant, combien l’imperméabilité de l'argile est importante ici. C’est elle, en effet, qui formant un toit imperméable, empêche l’eau emmagasinée dans les sables verts, de remonter, et c’est grâce à cette pression, plus encore qu’au principe des vases communicants, que la nappe arrivant vers le centre du bassin parisien (à près de 600 m. au-dessous du niveau de la Seine) devient jaillissante comme aux puits artésiens de Grenelle, de Passy, de la Butte-aux-Cailles et de la raffinerie Say, profonds respectivement de 548 m., 586 m., 582 m. et 580 m. Le puits de la place Hébert, par suite d’un renflement considérable delà craie impossible à prévoir et de l’accroissement d’épaisseur de la plupart des étages géologiques en cette région de Paris, ne devait rencontrer les sables verts aquifères qu’à 718 m. de profondeur, soit 670 m. au-dessous du niveau de la mer !
- Quoi qu’il en soit, le site des Côtes-Noires, dont la carte postale illustrée ne s’est pas encore emparée, mérite d’être connu et visité ; ici, rien n’en dépare le caractère sauvage tandis que tout près, au bord même du canal de Saint-Dizier à Wassy, ces argiles albiennes sont exploitées. Les Côtes-Noires de Moëlains sont tout à fait comparables aux falaises bien connues d’Auberville près Houlgate (Calvados) où l’argile d’un âge bien plus ancien '
- Fig. 2. — La. 'crête corallienne à Latrecey {Haute-Marne), prés de la ferme du Pressoir. — Marnes oxfor-diennes. — Couronnement de calcaire marneux raura-cien. Le coteau est élevé de ?o m. à Ho m. au-dessus des champs.
- Fig. i. — Les Côtes-Noires, à Moëslains, près de Saint-Dizier. — Argiles du Gault.
- (étage oxfordien) présente aussi ces ravinements et ces crêtes dressées.
- A l’autre extrémité de ce même département de la Haute-Marne, près du village de Latrecey qui eut son heure de prospérité par ses mines de fer fort riches (oolithes ferrugineuses, mine grise), de nombreux ravinements occupent! aussi les pentes dans les marnes de l’Oxfordien. Mais ce n’est plus le pittoresque de Moëslains et la figure 2, prise d’un peu loin, montre bien ces séries de coulées claires si désagréables à l’œil qu’offrent les marnes striées par les eaux sauvages. Même aspect sur les coteaux voisins de Créancey, de la ferme du Pressoir ou à la Butte isolée du Mont. On remarquera que le ravinement commence au-dessous du rebord du coteau couronné de calcaire rauracien et s’arrête là où la perméabilité du sol est suffisante pour permettre l’absorption de l’eau. Cette régulière ligne de hauteurs, qui protège Latrecey, Créancey, le Pressoir... et dont le Mont est une butte détachée, fait partie de la longue crête concentrique corallienne allant de Nuils-sous-Ravières à Dun, en Lorraine, en passant par Châtillon-sur-Seine, Chaumont et Neufchâteau.
- Ces deux exemples ne montrent que trop les effets désastreux du ruissellement et il semble que ce soit sur l’argile qu’il atteint son maximum d’intensité. Il pleut du reste beaucoup à Moëslains comme à Latrecey, puisqu’on note de 750 à 800 mm de pluie* dans la première localité et plus de 800 dans la seconde (*). Arrivé à un tel état de ruine*
- 1. Cartes pluviométriques in Chantriot : La Champagne, p. 487 et J. Laurent : Reims en 1907, p. 88.
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- la restauration du sol est à peu près impossible ; le seul moyen de prévenir ou d’atténuer ces ravinements est toujours — comme partout — le reboisement. . .
- L’eau n’est pas seule à attaquer les argiles. Le vent — et surtout les sables chassés par le vent — sculptent aussi la surface des buttes argileuses; les sillons n’ont plus alors la même direction. Ils ne se
- creusent plus dans un plan vertical, mais prennent sous la friction des sables, une direction parallèle aux vents, par conséquent horizontale ou légèrement oblique. Pour présenter de tels exemples d’érosion éolienne, il faudrait cette fois les aller chercher ati Maroc, dans le sud algérien ou même en Amérique.
- Dr L.-J. Moreau.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’août 1924.
- 1 La constitution de l'acide phtalon-ique. — M. Cornillot étudie les composés qui résultent de sa combinaison avec Faniline, notamment l’acide phtalonanilique et le dianilide 'phtalonique déjà signalés par G. Perkin et Kuroda. Dans les réactions mises en œuvre, l’acide phtalonaniliqueréagit de plus souvent sous forme oxylactonique ; quelquefois ^cependant il semble prendre la forme cétonique.
- Le Haut Guir et la Moyenne Molouya. — La note de 'M. Savournin signale de nombreux faits géologiques, jusqu’ici mal connus des praticiens, pour cette partie du Maroc occupé. C’est ainsi qu’elle indique le Lias moyen, pour le dôme plateau de Bou Dahar, le Balhonien, au plateau de Hassi el Khadra, le Paléozoïque, dans le Haut Guir, enfin le Crétacé pour toute la rive droite de la Moyenne Molouya avec le Cénomanien inférieur au Foum el Msenn.
- Feuilles vertes et feuilles chlorotiques. —- MM. Colin et A. Grandsire ont fait porter leurs analyses sur des
- feuilles à'Æsculus Hippocastanum, pour y doser les hydrates de carbone (composition du mélange des sucres réducteurs), les glucosides, les matières grasses et les matières pectiques.
- Les propriétés antiseptiques du houblon. — Du travail de M. I. Stolern, il ressort que ce pouvoir bactéricide dépend de la concentration en ions hydrogène du milieu de culture et que l’augmentation, dans des limites acceptables, de l’acidité réelle de la bière peut permettre une réduction de la dose de houblon, matière première de prix élevé.
- La pasteurisation du lait. — Pour MM. H. Stassano et A. Rollet, le chauffage à l’air libre fait perdre au lait une grande partie de son acide carbonique, en fonction d’ailleurs du degré de température atteint. Il y aurait donc un gros intérêt, pour garder au lait toute sa valeur alimentaire, à le chauffer en circuit fermé.
- Paul B.
- L’UTILISATION DES GAZ DE FOURS A COKE
- Depuis une douzaine d’années, la différence qui sépare les cokeries des usines à gaz tend à disparaître et le type des nouvelles installations à monter pour la carbonisation de la houille est fourni par la cokerie gazière, utilisant les fours munis des multiples appareils nécessaires à la récupération totale des sous-produits, pour les livrer à la consommation sous la forme de sulfate d’ammonium, de benzols et de goudrons riches en phénols et en naphtaline. Il est à remarquer, à ce sujet, que les récents travaux de M. G-. Charpy, sur le pilonnage et le traitement thermique à température bien déterminée, ont montré la possibilité d’employer à las préparation du coke métallurgique des charbons jusqu’ici qugés impropres et que, l’usage des becs à incandescence — genre A lier — se répandant chaque ; jour davantage, les usines à gaz qui alimentent les grosses agglomérations ont de moins en moins à fournir un produit de pouvoir éclairant très élevé; pour elles, le débeirâolage ne comporte que des avantages. Enfin, dans la marche des fours à coke (Otto, Koppers, Simon-
- Carvès, Still), on applique le principe de. la régénération de la chaleur, en dirigeant les flammes perdues sur des empilages de briques d’une longueur de 30 à 35 m. et de fonctionnement analogue à celui des récupérateurs Cowper d’un haut fourneau ; les calories ainsi emmagasinées sont prises par le courant d’air, envoyé dans le carneau où débouche la canalisation du gaz de chauffage. On réduit ainsi, dans une notable proportion, la consommation de combustible et, même en tenant compte de l’alimentation des moteurs actionnant les divers services, on se trouve devant un excédent de gaz qui peut atteindre 50 pour 100 de la production. Il y a là, au total, un sous-produit qu’on ne saurait négliger aujourd’hui . et nous allons indiquer quelques emplois qui ont retenu l’attention des-spécialistes. _ ’
- Éclairage des villes. — Voici vingt ans que la question a été résolue, en France, à Montceau-les-Mines, mais c’est en Westphalie et en Prusse rhénane qu’elle a pris toute son importance car, dès
- 1913, les seules cokeries de la Ruhr laissaient, par
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- L’UTILISATION DES GAZ DE FOURS A COKE
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- Départ des gaz
- Conduite du gaz de chauffage
- journée de travail, près de 5 millions de mètres cubes d’un gaz donnant à l’analyse :
- Oxyde de carbone. . . 5 à 7
- Acide carbonique. . . 2-3
- Azote................. . 4-5 —
- Hydrogène................ 50- 55 —
- Méthane ...... 20 - 25 —
- Carbures d’hydrogène. .5-8 —
- C’est, à quelques unités près, la composition d’un « gaz Lebon » de qualité moyenne et, à Barmen, une conduite de 50 km relie des gazomètres aux fours de la Thyssensche Gewerkschaft, de Ham-born, où l’on carbonise des fines à 12 pour 100 d’humidité et à 20-22 pour 100 de matières volatiles. Chaque unité traite là clix tonnes, dans des chambres d’une longueur de 10 m. pour une hauteur de 2 m. 40, la charge étant répandue sur une épaisseur de 30 à 35 cm.
- Par un simple jeu de vannes, chaque four peut communiquer avec deux barillets différents, car le pouvoir calorifique des gaz obtenus - ne se maintient pas au voisinage de 5000 calories, pendant toute la durée d’une opération. Au début, l’ouverture pratiquée dans la voûte donne passage à un mélange très riche en air et en vapeur d’eau et l’on admet que, pour avoir un gaz propre à l’éclairage des villes, il faut en faire la prise entre la troisième et la dix-huitième heure de la carbonisation; le reste du temps, on branche la canalisation sur le second barillet pour les gaz, dits de chauffage, donnant de 3300 à 3500 calories au mètre cube.
- En admettant un rendement de 290 m3 à la tonne, qui laisse 700-kg d’un coke très dur, le fractionnement s'établit ainsi à Hamborn, pour une température de 1100° en fin de distillation :
- A) 120 m3, à purifier pour l’éclairage;
- B) 140 m3, pour le chauffage des fours;
- C) 30 m3, pour les moteurs à explosion.
- Il est de toute évidence que la partie du gaz (A) envoyé à Barmen subit, au préalable, une épuration physique et chimique qui tend à lui enlever, non seulement l’ammoniaque et les goudrons qui constituent une première source de bénéfices pour la cokerie, mais encore l’hydrogène sulfuré et les cyanures. On tolère 2 gr. d’ammoniaque par 100 m3 et 40 gr. de naphtaline. Comme dans une usine à gaz, le système d’épuration comprend une
- Ouvertures de chargement
- efroldissement
- Fig. i. —.Four C.-Still pour la carbonisation de la houille. ' (Coupe par l’axe.)
- série de réfrigérants, de condenseurs à chicane et à choc, des scrubbers à huile pour les goudrons, des laveurs pour les benzols, enfin des caisses à oxyde ou à sulfate ferreux pour retenir sur un « mélange », genre Laming, Deicke ou Lux, l’acide sulfhydrique et les composés du cyanogène. Au sortir de ces appareils, le gaz est envoyé aux compresseurs qui le lancent dans la canalisation de distribution, sous une pression de 3 m. d’eau.
- La station d’Hâmborn peut ainsi produire chaque année 30 millions de mètres cubes, chiffre voisin de celui que les puits Victoria destinent à la ville d’Essen qui en est éloignée de 3 km. Un exemple analogue nous serait fourni par les villes de Liège et de Mons qui reçoivent respectivement les gaz des fours à coke d’Hoboken et dé Bray-Maurage. Dans
- ces dernières usines, le rendement de chaque tonne atteint pour les gaz 280-290 m3, dont
- 110-110 sont destinés à l’éclairage, avec 770 kg de coke, 25 de goudrons et 11’ de sulfate d’ammonium à 21 pour 100 Azote Fabrication de l'acide azotique. — Dans toute combustion complète, en présence de l’air atmosphérique, on sait que l’oxyde AzO prend naissance, en quantité d’autant plus grande que la température est plus élevée, puisqu’il s’agit d’un composé endothermique :
- Az-1-0 = AzO — 21 cal. ' ,
- M. Hœusser a été ainsi conduit à chercher un combustible gazeux d’un faible prix de revient et les essais faits dans lès installations de la Stickstoff Industrie Gesellschaft ont porté sur des gaz de hauts fourneaux à 900 calories ; l’excédent des gaz de cokerie pourrait s’employer, pour le même but, avec un rendement possible de 180 à 190 gr. d’acide AzO3II par mètre cube. Tel qu’il fut monté a Ilayange, l’appareillage du procédé Hœusser comprenait une bombe à parois très épaisses, d’une capacité de 100 1. et recevant, de trois compresseurs différents, l’air, le gaz à brûler et l’oxygène maintenus à 300° sous une pression de 5 atm. L’explosion une fois produite, un quatrième compresseur balayait le mélange (AzO,CO2,Az...,) par une soupape d’échappement, pour maintenir, avec un refroidissement rapide dans une série de tubes, la teneur en oxyde AzO, tandis que la chaleur récupérée s’employait à l’élévation de température des gaz prêts à entrer en réaction. L’allumage se fai-
- ia/erie parcourue, par l'air avant d'entrer dans le régénérateur .
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- 238 ===== L’UTILISATION DES GAZ DE FOURS A COKE
- sant à 1750°, pour une addition d’oxygène de 30 pour 100, on estimait qu’à la sortie de la bombe, la quantité d’oxyde à transformer en peroxyde AzO2—à envoyer dans les tours d’absorption (2AzO2 -+- I120'= AzO3H H- Az02H et 5Az02II = AzO3H H-2 AzO -f-H20)— atteignait 14 g. par mètre cube. En produisant 15 explosions par minute et en consommant, par 24 heures, 50000 m3 fournis par une batterie de 40 fours à coke, 6 bombes de 5001. permettraient, avec un rendement moyen de 190 g. par m3, la production de 5000 t. d’acide commercial à 40°, par année de travail.
- Comme le procédé Bender pour l’utilisation des gaz naturels qui, riches à 95-98 pour 100 de méthane, s’échappent du sol dans certaines régions de la Roumanie (Kissarmas) ou de la Pensylvanie (Pitts-burg), la méthode Hœusser n’a pas dépassé la période d’essais; mais, dans l’hypothèse de conditions économiques assez particulières (oxygène à bas prix, exemple d’une cokerie très éloignée de toute agglomération importante), elle peut être susceptible de quelque développement industriel.
- Extraction de l'hydrogène.. — Les multiples applications de ce gaz (Cf. La Nature, n° 2628) ont, depuis une vingtaine d’années, ramené l’attention des inventeurs sur la réaction classique, signalée dès 1781 par Lavoisier : décomposition de l’eau parle fer, au rouge (3Fe-b 4H2 O — FesO -b 4H2 H- 08 cal. ).
- Si simple qu’en paraisse le principe, de toutes les méthodes, successivement préconisées par Schœfer et Noding, il semble que celle de Messerschmitt soit la seule à permettre une marche régulière.
- Qu’on imagine, comprise dans l’espace annulaire qui sépare deux colonnes, — l’une continue et constituant la paroi du four, l’autre remplie de briques réfractaires et permettant une circulation facile des gaz, — qu’on imagine une charge d’hématite chauffée, sur laquelle on envoie un mélange d’air et de gaz à l’eau. Une partie de celui-ci (CO, H2, CIL1) brûle en amenant l’oxyde .à 800-850°, en même temps que se produisent des phénomènes de réduction (Fe203= 2FeO-t-O, d’où FeO + H2 — H20-hFe et CO-f- Fe = FeO-f- CO2). Le rapide passage d’un courant de vapeur d’eau surchauffée, à 3 atm. chasse les nouveaux gaz, en abaissant la température de la masse réductrice désormais propre à recevoir, entre 600 et 650°, l’eau qui, dans la troisième période du cycle, libère son hydrogène.
- La marche devient dès lors continue, chaqué cycle comprenant les quatre opérations : chauffage et réduction (2 Fe O -h [CO-f-FJ2] = 2Fe -f-CO2 -t-H20, soit une durée de 20 min.) — rinçage à la vapeur (20 à 30 sec.) — réduction de Veau injectée (8 min.) et aération pour achever de brûler le carbone et le soufre qui ont pu se déposer sur le fer.
- A la sortie du générateur, le gaz est refroidi à 80-90° dans une tour de lavage où il se débarrasse
- de la majeure partie des acides CO2 et H2S entraînés, dont les dernières traces restent dans des caisses remplies de chaux et d’oxyde ferrique. Les seules impuretés qui peuvent souiller le produit envoyé aux pompes de compression comprennent de l’oxyde de carbone et du méthane, si bien qu’un appareil chargé de 5000 à 3500 kg' d’hématite fournit, par 24 heures, de 5200 à 5400 m3 d’un gaz riche à 98,9 pour 100 d’hydrogène.
- Dans la pratique, on se heurte aux plus grosses difficultés dès qu’il s’agit de réduire l’oxyde métallique; l’opération doit être rapide, ce qui non seulement demande un excès de gaz à l’eau, toujours coûteux à produire, car le rendement thermique des gazogènes atteint à peine 50 pour 100, mais cause encore une déperdition considérable de calories, puisque les gaz non employés sortent de l’appareil à 750-800°. 11 faut ainsi réaliser deux conditions qui s’opposent : une réduction aussi prompte que possible, avec une perte réduite de calories.
- En rappelant que le gaz de fours à coke contient de 50 à 55 pour 100 d’hydrogène et que les installations modernes sont munies de régénérateurs, on conçoit l’immense intérêt qu’il y aurait à brancher la colonne contenant l’oxyde ferrique sur le trajet des gaz débarrassés de tous les sous-produits et ramenés à 800°. L’excédent, revenant au courant général, on supprimerait de cette façon l’appareillage nécessaire à la production du gaz à l’eau, tout en élevant le pouvoir calorifique des gaz résiduaires, puisqu’on n’utiliserait à la réduction que les produits du mélange initial donnant 5000 cal. au mètre cube, alors que le méthane en fournit 9000.
- Deux dispositifs peuvent être prévus (*) suivant qu’on place l’appareil générateur d'hydrogène sur le passage même des gaz brûlés sous la sole du four — ce qui se produirait en l’absence de tout gazogène producteur de gaz réducteur — ou, à l’extérieur des régénérateurs.
- Dans le premier cas (fig. 5), les robinets b et c étant puverts, a et d fermés, le gaz initial, allégé de l’arpmoniaque, des benzols et des goudrons, arrive au coljecteur et de là au ventilateur qui l’envoie aux réchauffeurs précédant la colonne; la réduction faite, le mélange gazeux est distribué aux brûleurs. On ferme ensuite b et c pour ouvrir a et d ; la vapeur d’eau surchauffée vient au contact du fer réduit et l’hydrogène à purifier se dégage en d, le collecteur qui précède e permettant de né destiner au chauffage qu’une fraction déterminée des gaz et d’en réserver la majeure partie à l’éclairage.
- Dans le second cas, le seul examen de la figure 4 montre qu’il est facile d’employer à la réduction de l’oxyde ferrique un gaz préparé spécialement, mais qu’on ne bénéficie alors que du courant calorifique, à l’aide du réchauffeur.
- 1. Voir, pour plus de détails, l’excellent ouvrage sur les Applications des gaz industriels, dû à la collaboration de MM. Gougnard, Vernier, Lefebvre et Oliva, directeur et ingénieurs de la Société l’Oxhydrique française (pages 22 et suiv.). . ‘
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- On peut même envisager (fig. 5) la récupération des chaleurs perdues par le coke, sorti .rouge des fours de carbonisation. Pour cela, on le recueille dans un étouffoir, surmonté de la colonne génératrice d’hydrogène ; il est ainsi parcouru par les gaz réducteurs, puis par le serpentin amenant la vapeur d’eau à décomposer. Pour 1 mètre cube d’hydrogène, on prélève à peine 1000 cal., quantité insignifiante, puisque une tonne de coke venant des chambres peut en libérer 500 000.
- Quelles applications doit trouver, sur les lieux mêmes de production, le gaz hydrogène ainsi récupéré? Malgré leur développement dans une usine de quelque importance, la soudure et le découpage autogènes n’en consommant qu’une quantité limitée, la synthèse de l’ammoniaque par le procédé Claude se présente à l’esprit; car, indépendamment d’un rendement beaucoup plus élevé, celte méthode a, sur celle d’Haber, la supériorité de pouvoir être mise en œuvre dans de petites unités.
- Voici d’ailleurs les résultats acquis, depuis un an, par l’installation d’essais à lacokerie de Béthune. À la sortie des appareils de débenzolage, les gaz riches à 52-55 pour 100 d’hydrogène sont comprimés a 25 atm., avant dépasser dans de nouveaux laveurs à huile lourde et de se décarbonater au contact d’un lait de chaux. Un « séparateur » retient l’eau et l’éthylène C2H4 dont nous indiquerons plus loin l’emploi et, par un nouveau fractionnement, l’hydrogène à peu près pur est recueilli dans, un gazomètre, alors qu’un mélange riche en méthane retourne à la batterie, pour le chauffage des fours, car son pouvoir calorifique dépasse 6000 cal.
- Le prix de revient de l’hydrogène est si faible qu’on peut en utiliser une partie à l’obtention de l’azote atmosphérique : 112 -h (O-+-4Az) = H20 -f-2Az2. Hypercomprimé à 1000 atm., le mélange 5H-bÀz traverse un « purificateur » ou « protecteur » qui précède les tubes de catalyse; à 550°
- Gaz initial (H.Co.CH*HlS >
- Mélange de Laming
- fecolte des sous produit
- Four a
- Vers ta cheminée
- Vapeur ' d'eau
- içhauFfer
- Brûleurs
- /^ Cornue chargée
- Ventilateur
- réglable
- \ J Rechauffeurs
- Récupérateur de chaleur
- Récupération de . l’hydrogène, l’appareil
- Fig. 3.
- réducteur étant placé sur le trajet des gaz briilés.
- Sortie des, gaz y
- Sortie des gaz
- \_____A rrj_ vée
- —-] de~'apeur
- Arrivée_ de vapeur
- Paroi
- réfractaire
- Hématite ou fer
- Gazai‘eau
- Vapeur
- Fig. 2. — Appareil Messersch/nitt pour la prépara-
- tion industrielle de l'Hydrogène par réduction de la vapeur d’eau.
- La marche des gaz est indiquée par la flèche-->- dans
- la période de chauffage et de réduction, par la flèche dans la période de production.
- sous l’action du fer réduit, l’oxyde de carbone entraîné se transforme en méthane qui ne gêne en rien les opérations à venir (CO H- 3 H2 = CH1 —t— H2 0).
- Le gaz initial contenant 50 pour 100 d’hydrogène, voici les chiffres que M. Georges Claude a soumis à l’Académie des Sciences (*) :
- Gaz traité........... 850 m3 à l’heure.
- Hydrogène obtenu . 425 m3 à 1,6 pour 100 CO.
- Ammon. produit. . 150 kg dont 140 liquéfié.
- Puissance dépensée. 5,06 k\v.-h. par kg d’ÀzH3.
- Sur ce dernier chiffre, M. Claude admet que la synthèse proprement dite demande 1,5 kw-heure, le reste étant pris par le chauffage des tubes, la décarbonatation et le débenzolage. En remplaçant le procédé physico-chimique mis en œuvre pour débarrasser les gaz de l’anhydride CO2 par une méthode purement chimique, il estime que la dépense de5,06kw-h.parkg d’ammoniaque peutêtre abaissée à 2 kw-h'. (2)
- Extraction de l'éthylène, — Pour les carbures d’hydrogène autres que le méthane, la teneur que nous avons indiquée (5 à 8 pour 100) est la moyenne dans les cokeries allemandes ou belges. A la Skinnin-grove Iron Co, on atteint5-7 pour 100 pour le seul éthylène et ce gaz se prête, on le sait, aux deux réactions qui tendent à la production de Yalcool éthylique. C2 IP 4- SCP fl2 = C2 II3 SCP H C2H5S04H-h H20 = SO1 II2-b Cil3. CH2OH.
- 1. G. Ci.aüde. C. R. de l’Académie des Sciences, 5 février 1923.
- 2. Tout récemment, M. Georges Claude a fixé le chiffre 2,5, en indiquant que, dans un délai assez bref, les usines de Mon-tereau et de Béthune donneront respectivement 5 et 3 t. d’ammoniaque par jour, les installations en cours à Aniclie, à Saint-Etienne, à Ougrée-Marihaye et à La Felguera étant prévues pour
- | un total quotidien de 150 tonnes.
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- L’UTILISATION DES GAZ DE FOURS A COKE
- 240
- Gaz initial
- Collecteui
- sous-produits
- Brûleurs
- -, Hydrogène
- chenpir
- d’eau
- Régénérateurs de chaleur
- Fig. 4. — Récupération de l’hydrogène,, la colonne d’oxyde de fer étant placée de façon à pouvoir employer, avec les gaz du four à coke, un autre réducteur, comme le gaz à l’eau.
- La première réaction est d’ordre catalytique et se réalise en présence d’un sel de fer, de cobalt, de èuivre, de vanadium, ou simplement de silice.
- A la Skinningrove Iron Co, on recueille les sept dixièmes des gaz de cokerie et Ton estime que, par tonne de charbon distillée, on obtient -de 9 à 10litres d’alcool « proof spirit ».
- Les fours sont suivis d’un échangeur de température, puis d’une série d’appareils pour la récolte des sous-produits. Une colonne à garnissage, arrosée d’acide sulfurique, sert à la dessiccation des gaz qui reviennent à l’échangeur pour s’y échauffer, avant de traverser les absorbeurs, dont le dernier reçoit de l’acide à 95 pour 100 SCPIl2, tenant en suspension de la silice. Chargé de sulfate C2 IF SCPII, après contact de o minutes avec, les gaz, cet acide s’envoie à la colonne, où se produit la saponification de l’éther-sel, l’alcool étant dirigé vers un rectifica-teur, tandis que l’acide libéré passe aux appareils de concentration qui ramènent son titre à 95 p. 100 pour une opération ultérieure.
- La méthode présente une particularité. Les dernières opérations du cycle produisent toujours un dégagement d’anhydride sulfureux, malgré le . soin qu’on prend notamment de maintenir les absorbeurs a 70°; ce gaz est dirigé sur les épurateurs où le mélange sorti des barillets qui surmontent les fours se débarrasse de l’hydrogène sulfuré. Il donne lieu a un abondant dépôt de soufre qui peut être employé à la fabrication d’acide SCO II2 pur (S02+fPS = IP0-t-5S).
- Notons enfin qu’on évalue à 1 kg la quantité de vitriol nécessaire au traitement de 200 m3 de gaz.
- Telles sont, à l’heure actuelle, les principales solutions proposées pour l’utilisation des gaz de fours à coke, où la température varie entre 1000 et 1100°. Mais de nouvelles méthodes de carbonisation ont fait, ces dernières années, l’objet de nombreuses recherches, tant en Allemagne (J. Pintchs, A. G. für Brénnstoffvergasung) qu’en, Angleterre (Fuel Research Bord). Bans les procédés, dits du « Car-
- bocoal » et de la « Coalite », pour la fabrication du goudron « primaire » et du « semi-coke », on opère entre 500 et 600°; la composition des gaz obtenus offre une teneur plus élevée en hydrocarbures saturés (44 à 46 pour 100) et l’on doit signaler, à ce sujet, les dernières recherches du professeur Lebeau, qui ont porté sur des charbons de provenances les plus diverses (Courrières, bassins de Durham et du Yorkshire, Bruay, Sarre, etc.).
- A la tonne, les chiffres extrêmes pour le dégagement total ont été 276 et 330 m3 avant 1000°, mais ce qu’il importe de remarquer, c’est l’influence de la température sur la production des constituants du mélange. On peut résumer ainsi les résultats acquis par le savant français (*) :
- Temp. de Dégagem. 0/0 maximum des'gaz
- formation, maximum. extraits.
- Hydrogène. . . . 400° 71üu 91 (St-François),
- Oxyde de carbone. 400° 700-800°, 39,85 (Joséphine).
- Méthane............... 400° 600° 61,57 (Altenwald).
- Éthylène .... — 500° 2,89 (Joséphine).
- Anhyd. carbonique. 100° 600° 11,83 (Griesborn).
- Éthane et propane. — 500° 10,88 (Altenwald).
- Hydrog. sulfuré. . — — 3,94 (Griesborn).
- Les puits Saint-François et Joséphine dépendent des mines de Courrières; Altenwald et Griesborn appartiennent au bassin de là Sarre.
- II semble ainsi qu’en opérant la carbonisation à „ ce basse température », le volume total des gaz extraits et la teneur en hydrogène doivent être d’autant plus grands que les charbons sont moins riches eri matières volatiles. M. Lebeau a obtenu 15 kg d’hydrogène par tonne de houille, alors que des anthracites d’Alais et du Pays de Galles lui ont donné une moyenne de 25 kg. 1 ,
- Par une nouvelle application du fractionnement thermique des mélanges gazeux fournis par la carbonisation du charbon de terre, ces chiffres serviront à juger, dans chaque cas particulier, de l’emploi à chercher pour le gaz en excédent, devenu ainsi une source de bénéfices, au même titre que l’ammoniaque, les benzols et les goudrons, ' Paul Baud.
- Chargé (l’Enseignement à la Faculté'des Sciences.
- 1. P. Lebeau. C. R. de l’Académie des Sciences. T. -178, n° 4 (21 janvier 1924).
- Récolte des
- sous produits
- Collecteur
- y'Vapeur f d'eau
- Vers la cheminée
- Coke au rouge
- Brûleurs
- 'Régénérateurs
- Fig. 5. — Dispositif permettant de récupérer les chaleur s perdues par le coke, au sortir des fours dé carbonisation.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuiie, 9, rue de Fleurus, à Pans.
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- LA NATURE - N” 2637
- .18 OCTOBRE 1924
- LE BALLON LIBRE ET L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE (1)
- IV. L’électricité atmosphérique par temps troublé. Les précipitations et les orages. —
- Puisque les nuages ou plutôt les gouttes d’eau qui les composent renferment normalement des charges électriques, il est à prévoir que la pluie doit être électrisée. C’est ce que l’on constate, en effet, en recevant les gouttes de pluie dans un récipient isolé relié à un électromètre quelconque. On observe également que la neige, la grêle, le grésil, en un mot toutes les précipitations portent avec elles des charges électriques.
- Inversement, du fait que la pluie est électrisée, on pourrait conclure que les nuages le sont d’ordinaire.
- Afin de donner une idée des charges que transporte la pluie, le plus simple est de les comparer avec celles que l’on rencontre à la surface de la Terre ou dans l’atmosphère lorsqu’il ne pleut pas.
- Par temps normal, la charge superficielle de la terre est négative et égale à
- 4 unités (électrostatiques) par mètre carré. En outre, dans une colonne d’air de 1 m2 de section et de 6000 m. d’élévation reposant sur le sol, la charge libre (excès des charges des ions positifs sur les charges des ions négatifs) est positive et égale en chiffres ronds à 3 unités.
- Si cette quantité était uniformément répartie dans toute la hauteur, elle correspondrait à 0,0005 unités
- par mètre cube.. Mais en réalité, la répartition n’est pas uniforme; la densité est plus grande en bas qu’en haut, de telle sorte que la charge positive par mètre cube est voisine de 0,01 unité
- dans les couches inférieures de l’atmosphère. On doit considérer cette électricité comme attachée aux molécules gazeuses ou aux ions de l’atmosphère.
- 1. Voir nos 2655 et 2636.
- Nous signalons au lecteur désireux d’approfondir l'élude de l’électricité atmosphérique, le traité A’Electricité atmosphérique de B. Chau veau (G1. Doin, êd.), le savant spécialiste de ces questions; la Physique du Globe,Maurain (à. Colin, éd.), dans laquelle un chapitre est réservé à l’électricité terrestre : enfin, le Traité d'électricité atmosphérique et tellurique, actuellement sous presse, par Mathias, Maurain, Bokgier, Loisel, Bosler et C* Mesny.
- 2. Extrait de l’ouvrage de Clarke, Clouds, Londres 1920.
- Or, quand il pleut, outre la charge positive propre des ions de l’air, l’unité de volume renferme la charge répartie sur les gouttes de pluie. Les nombres qui représentent cette dernière sont très variables et dépendent à la fois de la nature de la pluie, de la grosseur des gouttes et du nombre des gouttes. Toutefois, pour fixer les idées, on peut admettre que, lorsqu’il pleut, on trouve dans un mètre cube d’air, attachée aux gouttes, une quantité d’électricité de l’ordre de
- 0,01 à 1 unité (électrostatique), cette charge pouvant augmenter jusqu’à 10 unités pendant les pluies orageuses, et même dépasser ce nombre.
- Le fait à retenir est donc le suivant. Si les quantités d’électricité que la pluie apporte avec elle sont parfois du même ordre de grandeur que celles que l’on rencontre dans l’air, on en trouve dans certains cas d’incomparablement plus grandes (1000 fois plus grandes au moins).
- Et si les faibles charges des précipitations peuvent s’expliquer simplement par la présence des ions de l’atmosphère ou par l’électrisation normale des nuages et de la brume, il n’en est plus de même pour les charges intenses des pluies orageuses.
- L’explication de ces dernières fait intervenir un phénomène nouveau lié au développement du nuage orageux, le cumqlo-nimbus des météorologistes.
- Nous expliquerons sommairement, d’après Simpson, le mécanisme de la formation des champs électriques orageux dont l’importance au point de vue de l’Aéronautique n’est pas douteuse.
- Les figures 1 et 2 montrent la forme type du nuage d’orage. Entouré d’une série de volutes puissantes accumulées les unes sur les autres et pouvant atteindre une grande altitude, il est surmonté d’une partie tout à fait caractéristique, ressemblant à un éventail déployé ou à une enclume. Les volutes énormes témoignent de la quantité considérable de vapeur d’eau humide qui s’est rassemblée autour du nuage, et la partie en éventail, véritable jet d’eau alimenté par la masse d’eau environnante, montre la puissance du mouvement ascendant qui peut s’y développer. La hauteur du nuage, comptée de la base au sommet, peut dépasser 4000 m. Elle atteint parfois 5 et 6000 mètres.
- Emportées par le courant ascendant, les gouttes
- 16 r- 241
- IHg. i. — Nuage orageux type du Cumulo-Nimbus des météorologistes. On distingue nettement la partie en éventail ou en enclume (3).
- 62* Année — 2* Semestre
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- LE BALLON LIBRE ET L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
- 242 =
- d'eau déjà formées grossissent rapidement, alimentées par la vapeur d’eau qui se condense et par d’autres gouttes voisines qui s’unissent entre elles. Mais le mouvement ascendant ne garde pas dans toute l’épaisseur du nuage la même intensité. Il se ralentit à partir d’une certaine hauteur et sa vitesse verticale n’est bientôt plus suffisante pour soutenir les grosses gouttes. Seules, les gouttes plus petites continuent à progresser vers le haut.
- En tombant, les gouttes les plus grosses pénètrent dans l’espace où le mouvement ascendant de l’air est violent. Elles se brisent pour la plupart. Certaines continuent néanmoins à descendre et atteignent la surface de la Terre. Les autres sont reprises, emportées vers le haut, et la même évolution se poursuit, les gouttes les plus grosses s’accumulant vers le bas du nuage ou tombant sur la Terre, les plus petites se réunissant vers le sommet.
- Au moment du brisement des gouttes, intervient le phénomène particulier qui leur donne leur électrisation.
- On avait constaté depuis longtemps que les mesures d’électricité atmosphérique étaient troublées dans le voisinage des chutes d’eau ou des cascades, mais le fait était resté sans explication. C’est en reproduisant ce phénomène en petit dans le laboratoire et en provoquant l’éparpillement artificiel des gouttes d’eau que le physicien Lenard a découvert qu’une goutte d’eau en se brisant sur un plateau métallique se charge d’électricité positive, tandis que l’air devient négatif. Ce résultat peut être complété par une observation importante de Lord Kelvin, à savoir que l’air ayant barboté dans une masse d’eau, en sort chargé d’électricité négative, tandis que l’eau est positive. Ce fait est en quelque sorte la contre-partie du premier.
- Revenons au nuage orageux-. Lorsqu’une goutte d’eau se brise en retombant vers la partie inférieure du nuage, les gouttes résultantes se chargent d’électricité positive, tandis que les ions négatifs libérés sont aussitôt captés par les gouttelettes du nuage fort nombreuses comparativement aux gouttes déjà constituées. Nous avons ainsi un mélange dégouttes d’eau positives et de gouttelettes incomparablement plus petites chargées négativement.
- L’ensemble des gouttes positives et des gouttelettes nuageuses négatives est repris par le courant ascendant.. Par suite de leur faible masse, les gouttelettes négatives vont pour la plupart vers le sommet du nuage, alors que les gouttes positives ayant déjà un diamètre relativement grand, retombent à un moment donné et se brisent de nouveau dans les mêmes conditions que la première fois en libérant encore des ions négatifs et en prenant ainsi une nouvelle charge électrique.
- On comprend qu’un tel mécanisme, fonctionnant pendant uti temps suffisant, arrive à séparer des quantités d’électricité considérables et à faire naître un champ très intense. D’après ce processus, il se
- constitue dans le nuage deux zones distinctes, en bas une zone d’électricité positive, en haut, une zone d’électricité négative plus étendue.
- La pluie du début de l’orage, celle qui est formée de gouttes d’eau passant au travers du courant ascendant, doit donc être positive. Au contraire, la pluie de la fin de l’orage ou de l’arrière du nuage, pluie plus douce et plus tranquille doit être en majeure partie négative. C’est ce que l’on a constaté à maintes reprises.
- Figurons dans un nuage orageux les deux zones positive et négative. D’après cette disposition (voir fig. 5), il semble que le champ doit être le plus intense au milieu du nuage dans la partie située entre la zone positive et la zone négative.
- Ce serait vrai si le nuage orageux avait une faible épaisseur. Mais ce nuage atteint et dépasse souvent 3 et 4000 m., hauteur comptée entre sa base et son sommet. L’écartement des deux plages d’électricité de signes contraires est donc relativement grand, et c’est plutôt auprès d’une de ces zones, en particulier au-dessous du nuage, entre sa base et la terre que le champ électrique est généralement le plus intense et donne lieu à la plupart des phénomènes de décharges atmosphériques.
- Lorsque le temps est orageux, on aperçoit parfois un certain nombre de nuages de cette catégorie. Si plusieurs de ces nuages se trouvent placés non loin les uns des autres, ils peuvent donner lieu à des éclairs horizontaux ou inclinés jaillissant entre deux nuages chargés de signes contraires. Dans un nuage, les éclairs peuvent encore se produire, comme on l’observe parfois entre la partie positive et la partie négative.
- II est impossible d’assigner au champ électrique une valeur précise dans le voisinage d’un nuage orageux. Déjà, à la surface de la Terre, lorsque le temps est sous la dépendance d’un orage, les déviations des appareils enregistreurs indiquent des différences de potentiel de plusieurs milliers de volts par mètre, et, sous le nuage lui-même, elles peuvent atteindre 20 à 50000 volts par mètre.
- Quelque considérables que soient ces valeurs, elles ne suffiraient pas à expliquer les décharges qui se produisent sous forme d’éclairs entre deux points éloignés de un ou plusieurs kilomètres, puisque le champ nécessaire pour vaincre la résistance de l’air et provoquer Teftluve est de 30 000 volts environ par centimètre.
- Si l’on appliquait brutalement à l’atmosphère le résultat des expériences de laboratoire, il faudrait que sur une distance de plusieurs kilomètres existât un champ de 50 000 volts au moins par centimètre. On arriverait à des différences de potentiel inconcevables, et l’on a calculé que si elles se réalisaient, la force électrique mise en jeu suffirait pour retarder ou accélérer d’une manière très nette la vitesse de chute des gouttes de pluie pendant les orages, fait que l’on n’a jamais observé.
- Il semble donc que le mécanisme de l’éclair est
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- différent. Lorsqu’un nuage orageux est en action, c’est-à dire lorsque le mouvement ascendant est formé, il existe sous le nuage une zone de pluie atteignant généralement le sol, mais pouvant s’évaporer en chemin et rester ainsi à une certaine hauteur au-dessus du niveau de la Terre. Même en l’absence de pluie, l’air est parsemé en cet endroit de gouttelettes très fines auxquelles s’ajoutent les poussières enlevées au sol par les mouvements tourbillonnaires. Par suite du champ électrique déjà intense, il existe sous le nuage une région où
- nuage orageux peut favoriser la formation de l’éclair ou créer une branche latérale.
- Le fait suivant servira d’exemple à cet égard. Vers 1906, pendant un tir contre la grêle effectué en Bourgogne au moyen de canons para grêles ordinaires lançant un tore gazeux, un canonnier a été trouvé mort près de la baraque qui abritait ses munitions et celles-ci explosées. On attribua tout d’abord l’accident à la déflagration fortuite de la poudre, mais un examen plus attentif des choses a fait admettre une toute autre cause; le tir du canon
- Fig. 2. — Deux slades du développement d’un nuage orageux.
- Cun ulo-nimbus orageux avec cliarr,pignon ; le io octobre 1910 ; à gauche : à i5 h. 20 ; à droite à i5 h. 22. (Photos F. Qucnisset, de l’Observatoire Flammarion, àjuvisy.)
- les surfaces de niveau sont très resserrées. Qu’il vienne à se produire, par suite de l’agglomération des poussières ou d’une série de gouttes de pluie très rapprochées, une sorte de sillon vertical conducteur, les surfaces de niveau sont déviées (fig. 4) et se rapprochent encore comme il arrive dans le cas d’une sphère conductrice placée dans un champ uniforme. La valeur du champ peut alors dépasser la valeur critique et l’effluve se produire au bas de ce sillon. Cet effluve indique que l’air est devenu conducteur. Le sillon est donc augmenté de longueur, d’où déviation plus grande des surfaces de niveau, et ainsi de suite. A partir de ce moment, l’éclair se nourrit pour ainsi dire de lui-même et prend l’aspect de la décharge disruptive.
- Cet aperçu montre pourquoi une partie de l’atmosphère rendue conductrice dans le voisinage d’un
- paragrêle aurait provoqué la chute de la foudre et fait exploser les munitions. Dans ce cas, on doit supposer que les gaz chauds lancés par le canon, fortement ionisés, ont formé une sorte de colonne conductrice analogue au sillon vertical que nous envisagions tout à l’heure, et servi d’amorce à un éclair.
- V. Le ballon dans le champ orageux. — L’examen de la position d’un ballon dans un cliamp orageux semble supeillu au premier abord, car l’aéronaule doit toujours faire en sorte d’éviter l’orage.
- Le ballon se trouve un peü dans la situation d’un navire vis-à-vis d’un typhon. Le bâtiment doit chercher avant tout à l’éviter, car, entraîné dans son rayon d’action, la meilleure mar œuvre peut lui être fatale.
- Néanmoins, il y a des degrés dans l’orage. Un
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- ballon peut se trouver en l’air par temps orageux et ne subir aucun dommage ; l’expérience de tous les jours le démontre suffisamment.
- Par temps orageux, les météorologistes désignent généralement celui où l’on voit se former de divers côtés des cumulo-nimbus, au développement régulier et lent (fig. 1). Les nuages restent immobiles ou ne sont entraînés qu’à faible vitesse par les courants atmosphériques Pendant ce temps, des crépitements sont perçus aux écouteurs de T. S. F.
- Dès que le tonnerre se fait entendre, l’orage, au point de vue météorologique, est déclaré.
- Si l’orage se développe suivant une ligne d’une étendue plus ou moins grande et se déplace rapidement avec un front bien marqué, on a affaire au grain orageux, météore des plus dangereux à tous points de vue.
- ’ Il est certain que si, par temps simplement orageux, le ballon peut trouver n’importe où dans le voisinage du sol des champs électriques intenses et dangereux, il semble à première vue beaucoup plus en sécurité en l’air. Ceci peut être considéré comme vrai à la condition que le ballon soit éloigné de tous nuages, aussi bien horizontalement que verticalement, et sauf circonstances spéciales.
- C’est ce que l’on constate le plus souvent. Les ballons libres se sont maintes fois trouvés en l’air par temps simplement orageux ou avec orage lointain sans éprouver aucun accident. Fixer une distance du nuage à laquelle commence le danger est impossible. Un raisonnement simple indiquerait comme distance horizontale minimum une distance égale à la hauteur de la base du nuage au-dessus du sol, mais il n’y a rien d’absolu et prescrire une règle serait imprudent.
- Il pourrait arriver par exemple qu’un banc de brüme, une traînée presque invisible de fumée ou de poussières existât entre le nuage et le ballon même éloigné du nuage et qu’il se foripât ainsi une sorte de trait conducteur que l’éclair emprunterait pour aboutir au sol ou à un autre nuage. L’hypothèse est sans doute peu probable, mais nos connaissances sur le champ électrique par temps troublé sont si incertaines encore que les situations les moins probables peuvent être envisagées.
- Dans le voisinage immédiat du nuage orageux, que l’orage soit ou ne soit pas encore déclaré, tout est danger.
- Danger des précipitations. — Le ballon peut recevoir la pluie, la neige ou la grêle et conserver sur son enveloppe une partie non négligeable de ces précipitations. Celles-ci sont très fortement chargées d’électricité pendant les orages. L’électrisation qu’elles donnent au ballon peut provoquer une étincelle par recombinaison avec l'électricité contraire localisée dans le nuage.
- Danger provenant des charges antérieurement portées par le ballon. — Le ballon, en temps ordinaire, est généralement électrisé. S’il a manœuvré et'jeté du lest dans un champ électrique intense,
- la charge peut être considérable. En présence d’une électricité contraire du nuage orageux, une étincelle peut éclater.
- Danger des charges intérieures du ballon. — Nous avons montré que le ballon pouvait dans certains^ cas s’électriser sur sa paroi interne devenue momentanément conductrice. Si la face extérieure de l’enveloppe" se charge d’électricité de signe contraire, comme cela peut arriver dans le voisinage du nuage orageux, le ballon devient un énorme condensateur et une étincelle peut jaillir aux endroits où les deux armatures sont voisines (par exemple, vers la soupape ou vers l’appendice).
- Danger de l'éclair- lui-même. — D’après la théorie de l’éclair que nous avons exposée, on comprend que le ballon placé près d’un nuage d’orage ou entre ce nuage et la Terre favorise la production de l’éclair, puisqu’il renforce par sa seule présence le champ électrique. Il peut donc constituer une amorce pour l’éclair. 11 peut aussi favqriser de la même manière une branche latérale d’éclair se raccordant au tronc principal, et le danger est 1 même.
- Danger du voisinage de l'éclair. — Même si le ballon ne se trouve pas sur le trajet d’un éclair ou d’un de ses embranchements, le voisinage de l’éclair peut occasionner un abaissement brusque et formidable du potentiel tout autour du ballon et créer un champ dangereux avec production d’étincelles.
- Danger du voisinage du sol. — Près du sol, par temps orageux, nous avons montré que le danger est déjà grand. Sous le nuage, il est de tnême nature que dans les environs du nuage. Si le guide-rope traîne à terre et que l’enveloppe soit mouillée, le ballon est dans la situation d’un ballon captif. Il réalise un énorme paratonnerre et le danger est évident.
- Près du sol, mais sans toucher le sol de son guide-rope, le ballon mouillé peut favoriser encore la formation' d’un éclair en renforçant le champ dans un endroit déjà menacé (resserrement des lignes de niveau et par suite augmentation du champ par un corps conducteur).
- Danger d'un mouvement ascensionnel sous le nuage. — Par cette manœuvre, le ballon produit dans l’air un sillon de gaz qui peut être meilleur conducteur que l’air et constituer une sorte de gaine conductrice pour la décharge atmosphérique.
- Danger de l'hydrogène à proximité d'un nuage orageux. — Tous les gaz n’offrent pas la même résistance au passage de l’étincelle. L’air est moyennement résistant et l’hydrogène moins résistant. Si nous prenons comme unité la résistance de l’hydrogène, celle de l’air est égale à 2 en chiffres ronds.
- Donc, la présence d’une certaine quantité d’hydrogène échappée d’un ballon dans le voisinage d’un nuage d’orage peut abaisser le champ critique et provoquer une étincelle ou amorcer un éclair.
- Puisque le danger, au voisinage d’un nuage orageux, paraît aussi considérable, il semble que la
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- Fig- 3. — Figure schématique du nuage orageux montrant les deux plages d’électricité : positive en bas, négative en haut, et les pluies électrisées ; positive à Pavant, négative à l’arrière.
- première précaution à prendre est d’éviter à tout prix ce voisinage.
- Dans le cas des situations orageuses ordinaires, correspondant à ce quun appelle communément les orages de chaleur, où les nuages évoluent et se développent lentement, l’aéronaute a une certaine marge de temps pour manœuvrer.
- Le cas des grains’orageux renferme plus de danger, car Forage peut arriver rapidement et gagner le ballon de vitesse. En outre, les nuages du grain orageux forment souvent un front à peu près continu que le ballon évitera difficilement à moins (peut-être) qu’il ne se trouve à une grande altitude.
- Il est donc de la plus grande importance de surveiller l’horizon, et, si par temps douteuXj orienté ou non vers l’orage, le ciel prend au loin l’aspect menaçant caractéristique du grain, cette teinte plombée qu’il suffit d’avoir remarquée pour la reconnaître au plus petit indice, il faut manœuvrer sans retard.
- Il ne nous appartient pas de conseiller une manœuvre quelconque, ni de décider s’il vaut mieux atterrir que monter à une haute altitude. Les circonstances interviendront sans doute. Mais si la montée est décidée, opération très délicate lorsqu’un grain ou un orage approche, il faut être certain qu’elle sera terminée à temps et qu’elle s’opérera loin des nuages, et non sous les nuages, toute masse
- nuageuse devant êlre regardée comme suspecte par temps d’orage.
- Il semble, d’après cet exposé sommaire, qu’un ballon ne puisse qu’exceptionnellement sortir indemne du voisinage immédiat d’un nuage orageux et cependant les ballons qui se sont trouvés engagés dans une situation semblable n’ont pas tous été, loin de là, atteints par la foudre.
- Bien plus, il est arrivé que des ballons ont été lancés intentionnellement dans des nuages d’orage, à seule fin de les faire exploser et qu’ils ont résisté à l’épreuve.
- Ces curieuses expériences que nous rappellerons ici pour terminer, ont été faites par M. Violle, le savant physicien, qui voulait se rendre compte de cette manière si la détonation d’un mélange explosif au sein d’un nuage orageux pouvait arrêter la formation de la grêle. Au lieu de faire exploser le ballon artificiellement au moyen d’un détonateur quelconque qui aurait pu agir avec plus ou moins de retard, il semblait naturel de provoquer une étincelle entre le nuage orageux et le ballon.
- Aucune précaution n’avait été négligée pour réussir. Les ballons en caoutchouc étaient gonflés avec de l’air et de l'hydrogène, afin de constituer un mélange détonant, et des feuilles d’étain étaient collées sur leur face externe pour les rendre conducteurs. M. Yiolle reconnaît que ses tentatives pour provoquer une explosion par la foudre furent vaines.
- Ce n’est pas pour atténuer la défiance que l’on doit avoir des nuages d’orage que nous avons cité ce fait, mais pour montrer que les phénomènes d’électricité orageuse sont complexes et encore mal connus. ,, Nous rappelions au début de ces notes combien était faible le nombre des. ascensions en ballon consacrées à l’étude du champ électrique de l’atmosphère.
- Fig. 4. — Resserrement des lignes de niveau électrique sous le nuage orageux et amorce d’un éclair (a).
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- Il est naturel d’admettre qu’avec les moyens accrus dont dispose aujourd’hui la science aerienne, soit à l’aide des ballons-sonde, soit à l’aide des ballons libres, des ballons captifs et des avions, il soit possible d’aborder avec plus d’avantages cette difficile étude. Ses résultats serviront à la fois le
- développement de la physique de l’atmosphère et la pratique de l’aviation et de l’aérostation. Les lignes qui précèdent ont suffisamment montré de combien d’obscurités sont encore parsemées nos connaissances en cette matière.
- Albert Baldit.
- La plante la plus rare de la flore française.
- LE NARCISSE DES GLÉNANS
- 11 existe sur le territoire de la France continentale (nous laissons de côté la Corse où l’on connaît un assez grand nombre de plantes spéciales très localisées) 10 ou 15 espèces végétales extrêmement rares, vivant seulement en une ou quelques localités voisines où elles sont représentées par un petit nombre d’exemplaires.
- Depuis qu’on les connaît, elles se maintiennent heureusement, soit par leurs graines, soit par les organes souterrains, mais elles ne semblent guère s’étendre. Il est même probable que quelques-unes finiront par s’éteindre.
- Parmi ces plantes, les unes constituent ce que l’on nomme des espèces endémiques, c’est-à-dire des espèces extrêmement localisées, ne vivant le plus souvent qu’en un seul point du globe. Pour la plupart des naturalistes, ces plantes endémiques sont de vieilles espèces en voie d’extinction qui ont occupé autrefois une aire plus grande quand les conditions climatiques ou biologiques leur étaient plus favorables. Pour AVillis (Age et Area), au contraire, les endémiques sont des espèces récemment apparues qui n’ont pas encore eu le temps de se disséminer à de grandes distances. Nous pensons pour notre part qu’il existe des paléo-endémiques et des néo-endémiques (l).
- Appartiennent à la première catégorie, les espèces * très stables et isolées aujourd’hui de toute forme voisine, autrement dit les espèces linnéennes endémiques.
- Au contraire les espèces jordaniennes endémiques sont pour la plupart des néo-endémiques. Elles sont entrain de se séparer du stirpe qui leur a donné naissance; par suite de leur isolement (sur une montagne, dans une ile, etc.), elles s’adaptent au milieu spécial où elles sont localisées et comme il n’y a pas en ce point d’apport de formes voisines pouvant provoquer des croisements, il se produit par isolement et sélection naturelle une forme nouvelle, une espèce jordanienne légèrement distincte de celle qui leur a donné naissance. Mais le nombre de ces petites espèces est illimité et qu’elles soient endémiques ou non, elles n’intéressent que les botanistes.
- 1. Chevalier Abg. L’œuvre d’Alexn Jordan et la notion actuelle d’espèce en systématique. Revue de botanique appliquée, III, 1923, p. 441 et suiv.
- Un des plus beaux exemples d’espèce paléo-endémique très localisée que l’on puisse citer est celui de YAlyssum pyrenaicum Lapeyrouse, superbe plante à grandes fleurs blanches qui n’est connue que sur les flancs inaccessibles du rocher calcaire appelé « le soler » à la Font-de-Camps, dans les Pyrénées orientales, localité unique au monde.
- Il existe une seconde catégorie de plantes très rares en France. Ce sont les espèces très disséminées à la surface du globe, dont Faire est disjointe, qui ne se trouvent qu’en une ou deux localités en France, mais qui peuvent être communes en d’autres régions. C’est le cas par exemple du Thesium mon-taniim Ehrh. connue seulement au Mont Mulacier et au Mont Yiso sur notre frontière, mais qui est répandu sur les montagnes de l’Europe cen'rale.
- Le Narcisse des Glénans peut être rangé dans l’une ou l’autre catégorie. Il a été longtemps considéré comme une espèce endémique des mieux caractérisées et une des plantes les plus rares de la flore d’Europe, localisée au petit archipel breton. Il est distinct de tous les Narcisses français au point de constituer une section à part. Cependant depuis 1886, plusieurs botanistes ont montré qu’il présentait de très grandes analogies avec certaines formes de i’ouest de l’Espagne et du Portugal, formes dont l’ensemble forme le groupe de l’espèce linnéenne dénommée Narcissus Iriandrus L.
- Il s’identifie même presque complètement avec une race connue aux environs de Porto ainsi qu’à la Corogne. En tenant compte de ses affinités et des derniers travaux systématiques, je l’ai nommé Narcissus Iriandrus L. var. N. Loiseleurii Rouy.
- Il constitue probablement l’espèce la plus rare de la flore française, une des plantes les plus ornementales de notre pays, enfin une de celles qui sont les plus intéressantes par leur histoire, par leur habitat, par leur polymorphisme floral et leur biologie.
- Histoire. — Le Narcisse des Glénans fut découvert en 1805, par un pharmacien de Quimper, Bon-nemaison, connu par ses recherches sur la flore du Finistère. Deux célèbres botanistes de l’époque: A.-P. de Candolle d’une part, Loiseleur-Deslong-champs d’autre part décrivent la même année (1807) comme narcisse des Glénans, une plante horticole à fleurs jaune-soufre, le Narcissus calathinns L. qui
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- n’a probablement jamais existé dans l’archipel breton. C’est ce même narcisse qui fut aussi tout d’abord dessiné par Redouté; enfin quelques années plus tard (1810) la vraie plante des Glénans était décrite par Loiseleur-Deslongchamps sous le nom de Nar-cissus reflexus. Mais depuis 1804, il existait déjà un Narcissus reflexus décrit par Brotero et découvert au Portugal. La plante bretonne et la plante lusitanienne sont du reste très voisines. En 1814, Redouté publia enfin un dessin d’une exactitude parfaite du vrai narcisse des Glénans et de Candolle le décrivit sous le nom de Narcissus calathinus var. B.
- Ces confusions du début, qui ne furent jamais rectifiées par leurs auteurs, produisirent un imbroglio dans les flores de l’époque; elles devaient amener par la suite des méprises tout à fait regrettables. C’est ainsi qu’en 1912, G. Rouy dans sa Flore de France pourtant si précieuse, à tant d’égards, signalait encore aux Glénans non pas un narcisse, mais trois sous-espèces distinctes, qu’il désigne sous les noms de JY. Capax, N. pulchellus, et N. Loiseleurii, ce dernier nom synonyme de N. reflexus Lois, (non Brotero) correspondant seul à la plante qui existe réellement dans l’archipel.
- Cependant, au cours du xixe siècle, de nombreux botanistes s’étaient rendus aux Glénans pour y observer en place la célèbre plante : Lloyd, l’auteur de la Flore de l'Ouest ; J. Gay, le colonel Debooz ; Hénon, un amateur de narcisses de Lyon ; Blanchard, jardinier en chef de la Marine à Brest ; Bureau, professeur au Muséum, etc.
- Hénon, Crié, Em. Gadeceau, Rouy ont consacré des notes intéressantes à la plante dont nous nous occupons, mais sans faire la lumière complète à son sujet.
- Description de la plante. — Afin d’étudier la plante dans le milieu où elle vit, nous nous sommes rendu aux Glénans le 25.avril dernier (1). Le narcisse était alors en pleine floraison et dans l’île Saint-Nicolas, sur une superficie de près de quatre hectares, ses fleurs émaillaient les champs retournés à l’état de jachère. On constate qu’il se différencie de toutes les espèces indigènes par ses feuilles filiformes canàli-culées, par son scape fistuleux portant à l’extrémité une ou (deux fleurs penchées, d’un blanc presque pur et complètement inodores.
- La fleur a une forme spéciale : les lobes du périanthe au lieu d’être étalés en roue sont rabattus en arrière (d’où le nom de reflexus). La couronne ’a la forme d’un godet plus ou moins évasé de même longueur que les lobes et crénelé sur les bords et elle renferme dans son intérieur les 6 étamines disposées sur deux verticiiles et le style.
- D’après la longueur des organes sexuels, on distingue 5 formes de fleurs : les unes (fleurs brevi-stylées) ont le style court, caché dans le tube de la fleur et les étamines plus ou moins longues le dépas-
- 1. Sur la géographie des Glénans, voir Legendre. Un archipel inconnu : les Glénans, La Nature, 28 juin 1913, p. 68-71. i
- sant toutes; d’autres (fleurs longistylées) ont un verticille d’étamines caché dans le tube, mais leur style est allongé ; enfin Crié a observé des fleurs dans lesquelles le verticille staminal inférieur a disparu. Il n’y a plus qn’un long style et 3 longues étamines, d’ou le nom de triandrus donné par Linné au type des montagnes d’Espagne qui présente fréquemment ce caractère.
- On sait que le polymorphisme floral destiné à faciliter la fécondation croisée par les insectes est fréquent dans la famille des Amaryllidées, mais dans aucune autre espèce il n’est aussi accentué. Aussi la plante est-elle d’une très grande fertilité. Alors que la plupart des plantes à bulbes se multiplient par des caieux, petits oignons qui apparaissent comme des bourgeons contre la bulbe-mère, et dans ce cas les plantes produisent rarement des graines, le Narcisse des Glénans ne donne pas de caieux, mais il fournit de bonnes graines en abondance.
- La maturité des capsules s’opère du 25 mai au 10 juin : chacune renferme de 30 à 75 grains d’un beau noir chagrin. Sous l’action du soleil, la capsule s’ouvre brusquement par 3 fentes et les graines du haut sont ainsi expulsées à une assez grande distance. Les fourmis et d’autres petits animaux se chargent de les enterrer et de les transporter à des distances plus ou moins grandes de la plante mère. C’est ainsi que le narcisse des Glénans peut s’étendre et qu’après avoir été sur le point de disparaître il y a une trentaine d’années, il couvre aujourd’hui une surface assez étendue par suite de l’abandon des cultures à l’île Saint-Nicolas ; mais d’un jour à l’autre il peut disparaître.
- C’est que notre plante a un ennemi redoutable dans l’homme. En labourant, en faisant pâturer le bétail, en faisant sécher des varechs à la surface du sol, il peut l’empêcher de se reproduire. Enfin depuis un siècle quelques horticulteurs et il faut le dire, aussi quelques naturalistes, ont arraché les bulbes de cette plante rarissime par dizaines de mille afin d’en essayer la culture dans leurs jardins.
- Le narcisse en culture. — Ces essais de culture ont rarement réussi. Un horticulteur de Quimper, qui avait acclimaté cette plante dans son jardin et en faisait commerce, disait qu’il vendait les oignons, mais non le secret pour leur fournir un habitat favorable. Moins réservé, le jardinier en chef du jardin de la Marine, Blanchard, qui fut un botaniste breton distingué, a fait connaître dans la Revue horticole de 1877 les procédés de culture qu’il employait et qui lui réussissaient parfaitement. Il est bon d’élever les plantes de semis et de les conserver une partie du temps sous bâche. Les bulbes donnent des fleurs seulement quatre ans après le semis. Les plantes fleurissent ensuite trois ans de suite; la huitième année elles commencent à décliner et la mort survient peu de temps après. Ajoutons que lé Narcissus triandrus et ses hybrides ainsi que de I nombreuses variations horticoles de ce groupe et
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- notamment dés formes presque semblables an narcisse des Glénans sont cultivés depuis longtemps en Espagne-ainsi que chez quelques collectionneurs. Ces plantes étaient encore très à la mode vers 1850.
- Depuis trente ans, le Narcissus Loiseleiirii est seulement recherché par quelques hotanisles et il en est quelques-uns qui n’hésitent pas à faire le voyage à l’archipel des Glénans pour s’en procurer.
- Origine et conservation de l’espèce, souvent demandé si le Narcisse des Glénans était spontané ou s’il avait été introduit du fait de l’homme à une époque plus ou moins éloignée. Des arguments peuvent être donnés en faveur de l’une et l’autre hypothèse. La plante a l’apparence d’une ‘ plante indigène : les bancs sableux couverts d’humus, revêtes d’un tapis herbeux, sont sa station de prédilection ; sous le climat des Glénans elle se multiplie bien et la rapidité avec laquelle elle a envahi les champs abandonnés en est la preuve; ce serait une station relique.
- C’est une espèce atlan-. tique et il existe divers exemples de ces plantes à aire disjointe, spontanées depuis au moins la lin du quaternaire à la fois en Espagne et dans le sous-secteur ligéro-armoricain. Plusieurs de ces espèces occidentales ont une aire bien disjointe et leur présence, spécialement dans les îles, peut s’expliquer par l’isolement des llores insulaires comme l’a établi À; R. Wallace (Island Life, 2e éd., London, 1895). ,
- C’est en outre une: espèce pure ou plutôt un jordanon, d’allure paléo-endémique et l’on sait que, l’homme,, cultive surtout des néoformes hybrides dont la descendance est souvent variable même quand la plante retourne à .Pétât sau-vage. i ;
- Par contre, d’autres faits militent en faveur d’une introduction ancienne. La plupart des espèces de Narcisses ont été cultivées depuis les temps les plus reculés; certaines formes, répandues à l’Ouest de la
- péninsule Ibérique, l’ont été certainement (Q et Fort sait que depuis l’époque phénicienne et peut-être avant, des rapports constants ont existé par la mer, entre les côtes d’Espagne et les îles bretonnes (inmlæ veneiicæ de Pline). Le Narcissus reflexus a donc pu être apporté involontairement d’Espagne ou même être planté comme l’a été le Smyrnium olu-satrum abondamment cultivé à l’époque romaine et jusqu’au moyen âge et qui s’est naturalisé à l’île
- Saint-Nicolas où il est ;] commun près des ruines d’habitations. Le Narcisse se serait répandu d’abord aux alentours des maisons et ensuite dans les jachères et les prés de l’archipel. On sait que divers Narcisses des herbages de l’Ouest (N. pœticus, N. incom-parabilis, N. biflorvs) ont une origine analogue.Quoi qu’il en soit, le Narcissus Loiseleurii est bien autochtone aux Glénans aujourd’hui.
- Sans y être rare actuellement, il peut d’un jour à l’autre disparaître si des travaux d’agriculture sont effectués dans les 3 îlots où il existe. Aussi nous proposons que des mesures soient prises pour en assurer la conservation. L’île des Cigognes si-.tuée dans le centre de l’archipel, concédée par la Marine au Laboratoire maritime de Concarneau (dépendant du Collège de France), pour y faire des études maritimes et où il n’existe que quelques ares de terre cultivable, pourrait devenir, si l’on y acclimatait le Narcisse, le dernier asile où l’espèce serait conservée. On empêcherait ainsi l’extinction de la flore de France, de la très intéressante espèce végétale dont nous venons de tracer l’histoire.
- Dans sa séance de mai 1924, la Société Botanique de France a émis un vœu dans ce sens.
- Aug. Cuevmier,
- : explorateur, directeur de laboratoire à
- , l’Ecole des Hautes-Etudes.
- j. La plupart de ces plantes renferment un alcaloïde toxique, la ' lÿeoriuc, il est possible qu’elles aient été cultivées à , l’époque préhistorique par les pêcheurs pour narcotiser le poisson...
- On s est
- Fig. /. — Le Narcisse des Glénans : plante entière, fleurs, capsules, graines.
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- La Terre • -- - .’ - ri.
- Distance moyenne 384335 Km. / , _ te Lune
- Lig. i- — La Terre et la Lune avec leurs proportions exactes de dimensions et de distance.
- La Science en famille.
- LA LUNE
- Depuis qu’il y a des hommes, ils se sont attachés à j l’étude des phénomènes célestes, et les premiers astronomes ont été, à ce qu’il semble, des bergers, que leur vie solitaire et relativement oisive, qui se passe en plein air, la nuit comme le jour, a tout naturellement amenés à la contemplation des astres, à noter leurs dépla- • cements relatifs, leurs variations d’éclat. Sous le plus beau ciel du monde, il y a des milliers d’années, les pâtres chaldéens apprirent peu à peu â distinguer les planètes.des étoiles, à remarquer que Vénus (l’étoile du Berger), toujours située dans le voisinage du Soleil, tantôt se couche après l’astre du jour 'et tantôt le précède à son lever, à acquérir une certaine connaissance des mouvements du Soleil sur la sphère céleste, connaissance très grossière, assurément, mais qu’il serait à souhaiter que tout le monde possédât aujourd’hui,
- Toutefois, le principal objet auquel ils s’attachèrent, ce fut la Lune, dont le mouvement rapide et compliqué,' les phases (1) qui lui donnent de-jour en jour un aspect différent et dont l’explication, si simple pourtant* a exigé des efforts prolongés pendant un temps bien long,
- 1. L’observation des phases nous conduit tout naturellement à remarquer cette lumière .cendrée qui nous permet de distinguer la partie de la surface lunaire qui ne reçoit pas directement la lumière du Soleil. Ce sont les rayons lumineux, ayant rencontré la surface de la Terre et réfléchis par clic, qui causent ce phénomène. Il est utile de faire remarquer aux jeunes gens que cette explication est due à Léonard de Vinci à qui la gloire d’être un grand artiste ne suffisait pas, et qui était en même temps un véritable savant et un ingénieur de premier ordre. Cela contredit un peu l’idée que, de nos jours, on se fait trop souvent de ce que doit être un « artiste ».
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- Fig. 2. — Explication schématique des phases de la Lune.
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- devaient exciter leur curiosité à un degré exceptionnel.
- Ils savaient calculer les éclipses de Lune et la théorie dont ils faisaient usage à ce propos ne différait pas essentiellement de la nôtre. Peut-être ont-ils connu la période de 18 ans et 11 jours, dite Savon, qui ramène les éclipses de Lune et de Soleil à peu près dans le même ordre, mais cela est douteux".
- Ils donnaient une bien singulière explication des phases de la Lune ; ils supposaient que cet astre est un disque rond et plat, qui se présente à nous selon des inclinaisons diverses aux différents jours d’une lunaison. Ainsi, si nous ne voyons pas la Lune quand elle est nouvelle, c’est qu’elle se présente à nous par le trnncnant;
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- Admirable page, malheureusement déparée par une grosse inexactitude ; assurément, ni Pline, ni aucun autre Romain, n’a jamais vu la Lune au nord, attendu que la déclinaison moxima de notre satellite est environ 28°. L’auteur de l’Histoire naturelle, grand écrivain et aussi érudit qu’on pouvait l’être de son temps, n’était pas un- esprit doué d’exactitude; son contemporain Sénèque, qui eut le malheur d’être chargé de l’éducation de Néron, lui était, à cet égard, bien supérieur.
- Si, laissant de côté les lointains habitants de la Chaldée, nous en venons aux Grecs, nos véritables ancêtres intellectuels, nous verrons qu’Hipparqué, le plus grand des astronomes de l’Antiquité, s’est beaucoup occupé de la
- Fig'. 3. — Explication de la lumière cendrée de la Lune.
- au contraire, quand elle est pleine, c’est que nous la voyons « normalement ». Mais, dans cette hypothèse, on ne s’explique pas la figure du croissant. *
- Personne n’a mieux exprimé que Pline la complication des phénomènes que nous présente la Lune.
- « Le plus admirable de tous, écrit-il dans son Histoire naturelle (traduction Littré), c’est l’astre qui est le plus familier aux habitants de la Terre, celui que la nature a créé pour remédier aux ténèbres, la Lune. Elle a mis à la torture, par sa révolution compliquée, l’esprit de ceux qui la contemplaient et qui s’indignaient d’ignorer le plus l’astre le plus voisin. Croissant toujours ou décroissant, lantôt recourbée en arc, tantôt divisée par moitié, tantôt arrondie en orbe lumineux; pleine de taches, puis brillant d’un éclat subit; immense dans la plénitude de son disque et tout à coup disparaissant, tantôt veillant toute la nuit, tantôt paresseuse et aidant, pendant une partie de la journée, la lumière du Soleil, s’éclipsant et cependant visible dans l’éclipse; puis invisible à-la fin du mois sans être toutefois éclipsée. Ce.n’est pas tout, tantôt elle s’abaisse, et tantôt elle s’élève, sans uniformité même en cela; car parfois elle touche au ciel, parfois aux montagnes, parfois au haut dans le nord, parfois au bas dans le midi. Le premier qui reconnut ces différents mouvements fut Endymion, et aussi dit-on qu’il en fut épris. »
- théorie de la Lune, dont il a cherché à déterminer la parallaxe, autrement dit, l’angle sous lequel, du centre de la Lune, on verrait le rayon de la Terre. Cette parallaxe doit être connue si l’on veut faire d’avance le calcul des éclipses de Soleil, et, renversant le problème, c’est de l’observation de ces éclipses que l’illustre astronome a déduit la distance qui nous sépare de notre satellite. La valeur qu’il trouva pour la valeur moyenne de la parallaxe lunaire, 57', ne diffère pas beaucoup de la vérité. Ajoutons, pour n’y plus revenir, qu’au xvin0 siècle, deux astronomes français, Lalande et La Caille, observant, le premier à Berlin, le second au Cap de Bonne-Espérance, ont déterminé cette parallaxe avec toute la rigueur que l’on pouvait espérer.
- Hipparque réussit à obtenir la période des principales inégalités de la Lune avec une précision admirable. Ses travaux furent continués par Ptolémée qui a notablement fait progresser la théorie de la Lune et découvert de nouvelles inégalités.
- Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce point, et nous nous bornerons à dire que la théorie de la Lune a exigé des efforts prodigieux des géomètres, depuis Newton jusqu’à Delaunay, Tisserand et Radau pour porter cette théorie à l’état satisfaisant où elle se trouve aujourd’hui, bien que tout désaccord entre la théorie et les observations n’ait pas disparu........
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- Nous ne pouvons, on le conçoit, en dire davantage sur une théorie qui suppose l’emploi de la plus haute analyse. Nous signalerons toutefois un travail remarquable où l’auteur a su ne pas faire usage de cette analyse; c’est la thèse dans laquelle M. Lespiault, qui a, pendant bien des années et avec le plus grand éclat, enseigné l’Astronomie et la Mécanique rationnelle à la Faculté des
- vation de la Lune, combinée avec les nombres inscrits dans les « Tables » calculées par les astronomes, qui a permis aux navigateurs de déterminer leur position sur la surface des mers. Mais, aujourd’hui, pour trouver la longitude, on a recours à d’autres procédés. Peut-être, un jour, reviendrons-nous sur cette question.
- Le phénomène que nous venons de rappeler, à savoir
- Fig. 4. — La. Terre vue de la Lune.
- Dans le ciel tout noir et criblé d'étoiles en plein jour, par suite de l’absence d’atmosphère, la Terre apparaît comme un globe énorme au-dessus du paysage violemment éclairé par une lumière brutale.
- Sciences de Bordeaux, sans avoir recours à des calculs pénibles, mais au contraire à une représentation géométrique simple, a pu démontrer l’égalité rigoureuse des moyens mouvements de rotation de la Lune sur son axe et de sa révolution autour de la Terre, égalité qui est la cause de ce fait bien connu que la Lune nous montre toujours la même face, que de ses habitants, si on lui en suppose, il y en a une moitié qui voit constamment la Terre, tandis que l’autre ne la voit jamais.
- Ces immenses travaux n’ont pas été sans donner des résultats pratiques. Pendant bien longtemps, c’est l’obser-
- que, des deux faces de la Lune, il n’y en a qu’une qui soit jamais visible pour nous, fait que, pour les hypothétiques Lunariens, les phénomènes célestes apparents sont beaucoup plus compliqués qu’ils ne le sont pour nous. Un Lunarien verrait la sphère céleste tourner autour de lui en un temps qui serait 27 de nos jours terrestres augmentés de 7b 54m 11*. Il voit la Terre, comme une Lune immense, dont la surface apparente est 14 fois ce qu’est pour nous celle de notre satellite, et cette Lune offre des phases complémentaires de celles de la nôtre. Ainsi,* quand nous avons nouvelle Lune, les Lunariens ont
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- Fig. 5. — La Lune vue au télescope.
- Aspëct des mers ou grandes plaines grises (Merdes Pluies), des chaînes de montagnes (Apennins) et de quelques vastes ci rques à fond plat. (Photographie prise à l’Observatoire du Mont-Wilson.)
- « pleine Terre » et inversement. De même pour toutes les autres phases.
- Pour le Lünarien, c’est la Terre qui semble tourner autour de la Lune ; car, de même que nous, il a une tendance invincible à se croire immobile et à attribuer aux autres astres les mouvements dont il est lui-même animé. Aussi, le Lünarien croit-il que c’est le Soleil qui tourne autour de lui en un an, car il le voit tantôt noyer, dans son éclatante lumière, certaines étoiles, et tantôt certaines autres. Mais ce Soleil, il est exposé à la chaleur de ses rayons pendant près de 15 jours consécutifs, ce qui doit amener des températures que nous ne pourrions supporter. Par contre, la nuit, en un point quelconque de la surface de la Lune, dure 15 jours, et le rayonnement de la chaleur vers les espaces célestes ne peut faire autrement que d’amener un froid dont nous ne pouvons nous faire une idée. La vie, à la surface de la Lune, serait tout à fait impossible pour des êtres semblables à nous.
- Quelques années après la mort de Kepler, ses héritiers publièrent un ouvrage posthume de l’illustre astrpnome, le Somnium Iiepleri (1634). Dans ce livre, l’auteur suppose qu’un Islandais, faisant partie du personnel de l’Observatoire d’Uranibourg, ayant pu obtenir de retourner dans son pays malgré le mauvais vouloir de Tycho-Brahé, y retrouve une sorcière dont il est le fils, et que celle-ci le met en rapport avec un magicien revenant de la Lune, qui explique à ses interlocuteurs ce que sont
- lès phénomènes astronomiques pour les habitants de notre satellite, qu’il appelle Lévanie.
- Le Somnium Kepleri mériterait d’être traduit en français et publié (J).
- Il n’y a pas, disons-nous, d’habitants dans la Lune, cela n’empêche pas le public de vouloir absolument qu’il y en ait, et même qu’ils ne soient pas trop différents de nous. Il n’y a pas d’astronome qui n’ait été, à ce propos, accablé de questions plus ou moins saugrenues.
- 1. Un homme qui est une des principales gloires de la science française,, l’astronome La Caille, dans ses Leçons d’Astronomie, suppose, au • contraire, un observateur placé au centre du Soleil, sans que l’éclat de la lumière de celui-ci rempê.che de voir les astres, et il cherche quelle serait l’idée que ce « Solarien » se ferait des phénomènes astronomiques Il est clair que pour cet observateur, ces phénomènes seraient beaucoup plus simples que pour nous, et que, du premier coup d’œil, il saurait ce qu’est le système du monde.
- Remparts
- Fig. 6. — Coupe exacte d’un grand cirque lunaire d’une centaine de kilomètres de diamètre.
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- Fig. 7. — La Lune vue au télescope.
- Structure d'une région très accidentée avec cirques greffés les uns sur les autres. L éclairage oblique fait ressortir nettement le.modelé, les pics centraux des cirques et leur profondeur plus considérable que celle du sol avoisinant. (Photo prise à l’Observatoire de Paris par MM. Loéwy et Puiseux.)
- Pour y mettre fin, la meilleure réponse est de dire que les instruments modernes ne nous permettent pas de voir, sur la Lune, un objet qui serait de la grandeur du corps d’un homme. On a parlé beaucoup, en 1900, de (( la Lune à un mètre ». Ce serait déjà très joli de la yoir à 100 kilomètres.
- C’est à peu près la distance qui sépare Lyon du Mont-Blanc ; or, quand le 31 juillet 1844, Bravais, Martins et Le Pileur firent leur célèbre ascension du Mont-Blanc, au sommet duquel ils passèrent trois jours, il fut impossible de les voir de Lyon avec les meilleures lunettes. On serait peut-être plus heureux maintenant qu’il y a un
- Fig. 8. — Grands cirques lunaires à fond plat et à. piton central.
- Celui du bas, Ptolèmée, a 160 km de diamètre.
- observatoire, pourvu de grands instruments, à Saiut-Genis-Laval.
- Venons-en à ce que nous pouvons savoir sur la surface de la Lune.
- Galilée, dans son Sid&reus Nuntius (1610), publia, entre autres travaux, ses observations sur les taches de la Lune, sur ses cavités et les montagnes qui les engendrent. Il détermina la hauteur de quelques-unes de ces montagnes, qu’il estime de quatre milles italiens. De nos jours, on évalue en mesures modernes, à 8200 in. la hauteur d’une montagne lunaire, qu’on appelle le mont Leibnitz. Les pics les plus élevés de l’Ilimalaya n’atteignent pas 9000 m.; par conséquent, la Lune, dont le rayon dépasse à peine le quart du rayon terrestre, est beaucoup plus montueuse que la Terre.
- Elle ne l’est d’ailleurs pas en toutes ses parties. On a donné le nom de mers à d’immenses plaines que nous présente sa surface, mais c’est à tort ; car, il n’est pas besoin de faire usage d’un instrument bien puissant pour reconnaître des cavités, à la surface de ces prétendues mers, ce qui prouve bien' que cette surface n’est pas liquide.
- On a longtemps cru qu’il y avait des volcans sur la Lune, et même des volcans encore enflammés d’où proviendraient ces aérolithes qui viennent parfois heurter notre sol. Mais le nom de volcans ne convient pas si bien que celui de cirques à ces immenses bassins-qui ont parfois 200 km de diamètre, et même davantage. Notons qu’au milieu de ces cirques s’élève souvent un piton conique ou une masse montagneuse à plusieurs sommets. Ce massif central ne s’élève presque jamais à la même hauteur que les bords du cirque.
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- L’ombre des montagnes est très remarquable. Dans les cirques, on verra toujours qu’une moitié du bassin est éclairée, tandis que l'ombre couvre l’autre moitié. De même que sur la Terre, les sommets des montagnes reçoivent la lumière du Soleil avant les bas-fonds, et, avec une lunette, on distingue parfaitement, du côté de la Lune opposé au Soleil, des points lumineux à quelque distance du corps de l’astre, auquel on les voit se réunir, si l’observateur est doué d’un peu de patience. Ce sont les points culminants des montagnes lunaires.
- En résumé, la Lune offre l’aspect général d’un monstrueux caillou, ou, si’Ton préfère, pour mieux préciser, d’une pierre-ponce gigantesque. -Elle ne donne nullement l'impression d’un pays agréable à habiter, et notrè Terre, dont nous nous plaignons si souvent, ingrats que nous sommes, vaut assurément beaucoup mieux.
- La surface de la Lune n’en est pas moins très intéressante à étudier. Aussi, et depuis longtemps, a-t-on dressé de nombreuses cartes de la partie de la Lune qui nous est vbible. Galilée lui-même avait ébauché ce travail.
- Un cosmographe du roi d’Espagne, un Flamand, nommé Langrcn, publia, vers le milieu du xvn° siècle, une Selenographia Langreniana, ouvrage considérable qui ne fut pas achevé. Deux Jésuiles italiens, les P. P. Gri-maldi et Riccioli s’occupèrent beaucoup de la surface lunaire, -et ce sont les noms qu’ils ont proposés que portent, en général, les points remarquables de cette surface. Us ont fait une large part à leurs confrères de la Compagnie de Jésus et ne se ' sont pas oubliés eux-mêmes. Une Commission internationale s’occupait, il y a quelques années, de reviser cette nomenclature.
- En 1647, le grand agronome polonais (et non allemand) ïïévélius, de Danlzick, publia sa Selenographia, seu Lunae descriptio. Pour éviter les récriminations, il n’avait point donné de noms d’hommes aux objets qu’on voit dans la Lune, et il transporta dans notre satellite nos mers et nos montagnes.
- Citons une carte, de 12 pieds de diamètre et restée manuscrite, qu’on doit à Philippe de la Ilire.Cette carte est conservée à la Bibliothèque Sainte-Geneviève. En 1679, Cassini I présenta à l’Académie des Sciences une autre carte, fruit de huit années d’observations, qui avait 20 pouces de diamètre. Le cuivre de celte carte a malheureusement été détruit par suite de l’incurie administrative. En 1785, Cassini IV en publia une réduction, ayant environ 18 cm de diamètre, et qu’il est relativement facile de se procurer.
- Plus près de nous, on peut citer la carte qu’un Saxon, nommé Lohrmann, fit dessiner de 1821 à 1856, mais dont l’édition définitive, due à Julius Schmidt, ne parut qu’en 1878, et celle qu’on doit à Wilhelm Beer (frère de Meyerbeer, dont le vrai nom était Meyer Beer. Meyer, en allemand, signifie agriculteur, et nous avons en France des gens dont le prénom est Àgricol). Beer, riche banquier israélite, avait fondé un observatoire où il travaillait avec son astronome, qui s’appelait Mâdler. Leur carte fut le fruit- de 600 nuits de travail.
- Mais tout cela n’est rien à côté du merveilleux Atlas photographique de la Lune, dû aux veilles de MM. Lœwy et Puiseux, de l’Observatoire de Paris. Malheureusement, son format le rend incommode, et, à cause de son prix, tout le monde ne peut le posséder. Par bonheur, M. Le Morvan, astronome attaché au même établissement, a publié une réduction de ce grand Atlas, formée de 48 planches ayant 49 cm de haut sur 58 de large, et d’un prix relativement modique. Ajoutons qu’il n’est guère de livre de cosmographie élémentaire où Ton ne trouve une carte de la Lune, suffisante pour une première étude.
- Quant aux instruments, si Ton est obligé de regarder au prix, nous dirons qu’il est quelquefois possible, avec un peu de chance, de trouver chez un brocanteur une lunette ou un télescope, parfois excellents, et offerts bien au-dessous de leur valeur véritable.
- Et puis, le mieux est peut-être de se servir soi-même, et à l’exemple de M. Moye, professeur à la Faculté de Montpellier, — astronome des plus habiles et des plus actifs, — de se fabriquer une lunette avec laquelle on pûurra étudier la topographie lunaire et observer bien d’autres merveilles célestes, comme les satellites de Jupiter, l’anneau de Saturne, etc. Avec une lentille biconvexe d’environ un mètre de foyer, une lentille biconcave de myope, de foyer aussi court qu’il Ta pu trouver, deux tubes portant l’un l’objectif, l’autre l’oculaire, celui-ci pouvant entrer dans le premier, obtenu tout simplement en roulant du papier noir sur une canne (les lentilles étant collées aux extrémités des tubes avec du mastic de vitrier), M. Moye est arrivé à se fabriquer une lunette de Galilée grossissant environ 10 fois. A la vérité, cette lunette n'est pas achromatique; mais, pour l’obtenir, M. Moye à dépensé... deunez combien , moins de 2 francs !
- E. Doublet,
- Astronome à l’Observatoire de bordeaux.
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- Le Grand-Désert n’est pas dans toute son étendue complètement déshérité. Sans doute, le Sahara occiden-1. Les Teviiloires du Sud de l’Algérie (rapport au Gouverneur Général de l’Algérie) lre partie. « Ce qu’ils sont. Pourqu- i ils ont clé créés. » 2e partie. L’œuvre accomplie (Ie1, janvier 1905, 51 décembre 1921). Carbonnel, Alger 1922. — RenE Bazin. Charles de Foucauld• Plan. Paris 1921. — Deutsche Rundschau : « Tripolitanien und der Krieg » 1911 (Jahrgang, 1912; pages 122-134). — Giacodrt de Martino ; Tripoli; Cirence Car tagine 2il dizione. Bologna 1912.— Esplorazione commerciale (anno 1912, pages 321-524). — Roberto Michels. L’imperialismo italiano. Sociela editrica 1 ibraria, Milano 1914, etc.. '
- tal, en cours d’assécliemcnt, n’a de valeur que pour les, oasis de son pourtour; sans doute le Sahara sud-orien-, tal restera toujours très pauvre, à cause de son isolement. Par contre le Sahara algéro-tunisien n’est pas complètement dépourvu de valeur; il est en effet relativement riche en eau et en moyens de communications. 11 en est de même du Sahara nord-oriental ou tripolitain, où les oasis et les régions irrigables atteignent une extension inconnue ailleurs. Quant au Sahara central, il a, en dehors de sa valeur de passage, d'incontestables possibilités d’avenir. Mais, ne nous y trompons pas, même ces régions relativement favorisées resteront tou-
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- jours pauvres; elles ne seront jamais riches que par comparaison avec des contrées entièrement déshéritées.
- Quelle que soit la partie du Grand-Désert envisagée, deux types de terrains surtout présentent de l’intérêt au point de vue agricole : l’oasis et le pâturage. C’est dans-les oasis que sont cultivés les dattiers, dont le fruit constitue la principale nourriture des Sahariens tant sédentaires que nomades, les arbres fruitiers, les céréales et les légumes.
- Il y a des oasis dans les dépressions sablonneuses où l’eau vient à la surface du sol. Il existe plusieurs types d’oasis ; les oasis d’oueds, échelonnées le long du cours d’une de ces rivières, ordinairement souterraines, mais avec parfois des sections de cours à l’air libre, et dont le lit à découvert n’est complètement rempli qu’à l’époque des crues ; les oasis de puits, tantôt ordinaires, tantôt artésiens, qui alimentent des nappes d’eau souterraines immobiles; les oasis de sources, très rares; les oasis de foggaras, ou canalisations souterraines, qui vont chercher l’eau d’une nappe ou d’une source à une certaine distance et la répandent à l’aide de puits, de norias ou machines élévatoires et de séguias, canaux de surface. La noria et la séguia se rencontrent aussi d’ailleurs dans les oasis d’oueds et dans les oasis de puits.
- Les arrems des Touaregs sont des jardins, des oasis en miniature. Mentionnons enfin les bahariats, zones d’épandage des oueds en temps de crue. Les plus importantes sont celles de l’Oued Guir. « Avec un système de canalisations et de barrages appropriés, il y aurait là de magnifiques cultures, mais il faudrait de gros capitaux ». Pour le moment ces zones « sont très mal utilisées par les indigènes » (1 ).
- 11 existe également plusieurs espèces de pâturages : la daïa, située dans une dépression toujours humide, où le bétail trouve toute l’année sa nourriture; les pâturages d’erg et d'o-ued,-qui sont saisonniers; le pâturage de plateau, comme on en trouve au Iloggar, notamment sur l’Àsekrem, au pied de lTlaman. L’art du berger nomade consiste à faire voyager ses troupeaux dans les terrains de parcours, où il est sûr de pouvoir toujours les nourrir et les abreuver. Chaque tribu , a ordinairement ses terrains de parcours nettement délimités ; mais parfois il existe des pâturages communs à plusieurs. Le rôle essentiel des ofticiers français, dans les Territoires du Sud algérien par exemple, consiste à concilier les droits et les prétentions des divers intéressés, pour qui cette question est une question de vie ou de mort, d’autant plus qu’elle, se double de la question du ravitaillement en eau pour les hommes. On connaît le cas de tribus mortes de soif, après avoir vu périr leurs troupeaux, et des guerres inexpiables ont' eu pour but la possession de pâturages et de points d’eau.
- Après cet exposé d’ensemble sur les conditions agricoles du Grand-Désert, nous allons étudier les Territoires du Sud algérien et la Tripolitaine, c’est-à-dire les deux régions, qui paraissent avoir le plus de chances de se développer.
- Les Territoires du Sud algérien sont particulièrement bien connus. Ils ont fait l’objet en 1922 d’un rapport du gouverneur général de l’Algérie, dit rapport Boulogne, où nous avons puisé les principaux éléments de cette étude.
- Leur principale richesse est le dattier. 7 054 254 dat-
- 1. Lettre personnelle du capitaine Itessot, chet d’annexe de Beni-Abbès, en date du 18 septembre 1923.
- tiers payaient h lez mat (impôt par pied d’arbre en plein rapport) en 1921. Ils étaient partagés entre plusieurs groupes d’oasis, dont les plus importants sont : à l’est, le groupe oued Ighargharoued-Rhir-oued Mya, qui s’échelonne du nord au sud de Biskra à Ouargla; le cordon Djelfa-Laghoued-Mzab; enfin la rue des palmiers, qui s’étend sur une longueur de 800 km, du Figuig à In-Salah et occupe les vallées de l’Oued Zousfana et de l’Oued Saoura. Malheureusement ces oasis sont pauvres; par contre, celles du Gourara et du Tidikelt, qui constituent deux embranchements de la rue des palmiers (que l’on nous pardonne cette image) sont d’une incon-teslable richesse.
- Dans le premier groupe, prédominent les oasis d’oueds et de puits artésiens; dans le second, ce sont les puits ordinaires, à norias, les khetavas, qui, disséminés dans la chebka (région de collines sablonneuses, striées de vallées perpendiculaires entre elles), vont chercher l’eau à 60 m. de profondeur; enfin, dans le troisième groupe on trouve surtout des oasis d’oueds avec de rares oasis de sources.
- Le dattier a besoin d’un climat très chaud et très sec, mais avec irrigation abondante : la tête dans le feu, le pied dans l’eau, dit un proverbe arabe. Mais il est rus-, tique et s’accommode de terrains gypseux et salés, ainsi que d'eaux saumâtres. Sauf pour quelques variétés hâtives, que l’on cueille à partir du milieu de juillet, la récolte de ses fruits a lieu entre le 15 septembre et la fin d’octobre. Les variétés de dattes les plus répandues sont : la ghars, à gros fruit juteux, mou et sucré; la degla beula, grande et sèche; la kantichi, petite, sèche et sucrée, la deglet nour, enfin, à fruit fin et transparent, juteux et sucré. Cette dernière variété est spéciale à l’Algérie et à la Tunisie; les Territoires du Sud produisent en moyenne 150 0Û0 quintaux de dattes deglet nour par an, dont les deux tiers sont exportés.
- En 1921, sur 1 171 000 quintaux de dattes produits, 105 490 ont été exportés par Philippeville ; plus de 100000 quintaux étaient des deglet nour, provenant du chapelet d’oasis oriental, le seul qui exporte et dont la production ne soit pas absorbée par la consommation locale.
- Après les dattiers viennent les autres arbres fruitiers (orangers, citronniers, grenadiers, figuiers, amandiers et même oliviers), les céréales (62 000 quintaux de blé, 155 000 quintaux d’orge en 1921, sans parler du mil cultivé surtout au Iloggar) et les légumes de toutes sortes. Notons que les oasis appartiennent aux nomades, dont les sédentaires ne sont que les fermiers ou les esclaves.
- Les nomades font eux-mêmes de l’élevage, les principaux terrains de parcours sont ceux des Oulad-Sidi* Gheik, des Larba, des Rehamna, des Oulad Naïl et des Chaamba. Voici les chiffres des animaux assujettis à l’impôt (zekkat) pour l’exercice 1920 :
- Moutons : 1.957.962 (au-dessus de 6 mois).
- Bœufs : 27.152 (au-dessus de 1 an).
- Chameaux : 115.467 (au-dessus de 1 an).
- Chèvres : 614.245
- Les chevaux (6000 en 1918), les mulets (1500 en 1918), les ânes (56 000 en 1918) ne paient pas l’impôt.
- La sécheresse et les épizooties de 1920 et de 1921 ont porté un coup terrible à l’élevage : de 25 à 54 pour 100 des animaux, selon les espèces, ont péri.
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- L’excellente production des céréales et des dattes n’a fait qu’atténuer légèrement ce désastre.
- Le Mzab, aux oasis artificielles alimentées par 3000 -puits (khetavas), a un régime quelque'peu à part. Il n’y a pas plu depuis février 1914 jusqu’à juin 1921 et sa nappe d’eau souterraine, n’étant plus entretenue par les infiltrations des oueds, avait baissé dans des proportions inquiétantes.
- Au point de vue minier, les Territoires du Sud ont un certain avenir. De récentes missions, notamment celle de M. Killian, ont découvert de nombreux gites miniers dans le Tassili des Azdjers et au Iloggar; des terrains houillers s’étendent entre le Djebel Mezarif et Béni Abbés. Mais jusqu’à présent, seule la houille de Kénadza et les nitrates de Sba et de Guerrara (*) au Gourara sont exploités; encore les derniers ne pourraient-ils guère alimenter que la région. Mentionnons enfin le sel de plusieurs sebkhas, notamment celle de Tim-moudi.
- Les échanges entre les territoires du Sud de l’Algérie s’élevaient, pour autant que les statistiques peuvent les saisir à :
- Importations Exportations
- francs
- 1920 145.500.000
- 1921 123.400.000
- francs
- 70.120.000 215.620.000
- 63.150.000 186.550.000
- mais ces statistiques sont très incomplètes :
- A l’importation figurent des produits alimentaires, des cotonnades et des produits manufacturés divers; à l’exportation, on trouve des dattes, des moutons, de l’alfa, des laines et des peaux brutes.
- Nous sommes beaucoup moins bien renseignés au sujet de la Tripolitaine.
- Le gouvernement général de Tripolitaine est tout entier saharien; il s’étend entre la Méditerranée au nord, la Tunisie (Ras Agir) au nord-ouest, . l’Algérie, l’Afrique Occidentale française, l’Afrique Equatoriale française à l’oued au sud et la Cyrénaïque (Gasr al Moukhtar) à l’est. Sa superficie est d’environ 900 000 kq; la plus grande partie de cet immense territoire est encore insoumise.
- On y distingue quatre zones plus particulièrement aptes à la culture* : le cordon des oasis à puits du littoral, la Djefara, qui s’allonge de Zouara à Misourata, la région des llauts-Plateaux (Djebel Gharian, Djebel Nefoussa, etc.) ; les Montagnes Noires, le Fezzan enfin.
- Dans la Djefara, la propriété est morcelée à l’infini : sept dixièmes d’hectare par bien-fonds en moyenne, dans les oasis de Tripoli, Tadjourah, Gargarech et Gourdji ; la plus grande propriété, eelle des Carnmanli à Chara el Bey, a une superficie de 4 hectares 9/10.
- Chaque propriété, a son puits, qui fonctionne comme ceux du Mzab, c’est-à-dire ave'c une corde, un chemin de halage et une outre. La seule différence avec le Mzab, c’est que l’animal moteur est ici ordinairement une vache. Bien que de nouvelles oasis puissent être créées, l’immigrant agricole italien n’a qu’un débouché très faible dans la colonie : 80 à 100000 hectares de terres
- 1. C’est ce Guerrara près duquel s’élève le bordj,.dont La Nature a reproduit la photographie aérienne (n° du 2 juin 1923, p. 340) et non pas le Guerrara du Mzab.
- cultivables seulement pourraient être mis dès maintenant à sa disposition, et encore presque uniquement dans la région des Hauts Plateaux.
- Les oasis des Montagnes Noires et celles du Fezzan sont avant tout des oasis de sources. Elles couvriraient en tout une superficie de 7500 kq de terres cultivées. Les plus importantes sont celles de Mourzouk, Galroun, Tedjéri, Tummo, Tekertiba, Ederi et Souila.
- Quant à Rhat, Rhadamès et lvoufra, leur importance économique est très faible; elles n’ont guère de valeur, les deux premières que comme centres de routes de caravanes et la dernière comme chef-lieu religieux et politique de la secte des Sénoussi.
- Telle est la conclusion à laquelle ont abouti les derniers voyageurs, qui ont pu visiter ces oasis.
- La Tripolitaine a de l’avenir comme pays exportateur d’orge, de sparte, de poisson, de dattes, dé fruits et de raisins de table. Dès maintenant, elle exporte du sparte en Angleterre, du poisson conservé (thon) et des éponges en Italie.
- L’élevage y donne déjà des résultats intéressants, puisqu’en 1922 l’Italie y a acheté plus de 3500 quintaux de peaux.
- Des phosphates ont été découverts en Tripolitaine et en Cyrénaïque ; du soufre existe en Tripolitaine.
- La Tripolitaine, dont la conquête n’est pas terminée, n’a encore qu’un commerce peu important. Elle est obligée d’acheter plus qu’elle ne vend. Yoici les chiffres de son commerce depuis 1918 en millions de lires.
- 1918 1919 1920 1921 1922
- Importations . . 60 ' 78 111 116 92
- Exportations . . 4 5 14 17 14
- 64 85 125 153 106
- Dans cette revue d’ensemble des ressources du Sahara nous avons laissé de côté certains produits naturels, que l’on trouve un peu partout : peaux de bêles Éiuvages, cornes d’antilopes et de gazelles, plumes d’autruches, crin végétal. C’est que, sauf peut-être ce dernier, ils ne sont pas assez importants pour alimenter un mouvement d’échanges vraiment sérieux. Nous n’avons pas- parlé davantage des riches dépôts denalron de l’Emmi Koussi, parce qu’ils sont d’un accès trop difficile pour pouvoir jamais être exploités. Somme toute* le Grand-Désert ne sera jamais intéressant au point de vue agricole, sauf dans certains coins très délimités. Il est plus favorisé pour ce qui est de l’élevage. Sa valeur la plus sérieuse conriste dans ses routes ; quant aux mines, c’csi l’inconnu. Bref, on peut appliquer à l’ensemble du Sahara ce que le rapport Boulogne dit des Territoires du Sud : « Il peut être considéré au point de vue çommercial comme un pays incapable de se suffire à lui-même ».
- René Le Conte.
- P.-S. Le désert arabique, qui s'étend entre la vallée du Nil et la Mer Rouge, est plus favorisée que le Sahara au double point de vue minier et maritime. Il a d’abondants gisements de pétrole (Ilourgada : 178 284 t. met. en 1921 ) et de phosphates tricalciques à 45 pour 100 (Sufaga) ; on y trouve aussi de l’or et du manganèse. Les ports de llour-gada, Safaga, Ivosséir, Aben Zenima et Djemsa vivent de l’exportation de ces produits miniers..
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laihjre, 9 rue de Fleurus, à Paris
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- LA NATURE. — N° 2<S38.
- 25 OCTOBRE 1924
- LE LABORATOIRE PASTEUR DE KINDIA (GUINÉE FRANÇAISE)(1)
- L’utilisation des singes en médecine expérimentale.
- Les travailleurs de laboratoire ont tiré tout le parti qu’ils ont pu des animaux domestiques ou sauvages de nos pays pour l’étude des maladies qui leur étaient transmissibles. Il ne semble pas qu’on doive désormais attendre de grands progrès de l’emploi de ces mêmes animaux lorsqu’il s’agit d’étudier la lèpre par exemple, ou les fièvres éruptives (rougeole, scarlatine, typhus exanthématique) ou encore la fièvre jaune, la grippe, le trachome, et
- d’élevage de ces singes à côté d’un laboratoire, permettant à la fois d’en réunir un nombre plus ou moins grand, de sélectionner ceux qui sont en état de supporter le voyage en Europe, et d’utiliser les autres sur place au mieux des intérêts de la Science.
- Beaucoup d’investigations, en particulier celles qui doivent avoir pour objet la vaccination prévenu tive contre la tuberculose, contre la syphilis ou contre la pneumonie, l’inoculabilité et la prévention
- Fig. i. — Plan des installations de l’Institut Pasteur de Kindia.
- certaines maladies des tropiques telles que le Pian, le Goundou, les Leishmanioses et les Trypanosomiases humaines. Toutes ces maladies, et beaucoup d’autres, ne sont inoculables qu’aux singes, et quelques-unes des plus redoutables pour l’homme paraissent n’être transmissibles qu’aux singes les plus voisins de notre espèce, aux chimpanzés.
- Il est donc indispensable, puisque nous ne pouvons pas songer à expérimenter sur l’homme, de nous procurer de grandes quantités de singes. Nous devons, par suite, envisager la nécessité de créer ici même, à proximité immédiate de nos laboratoires, des installations spe'cialement conçues pour assurer leur conservation prolongée dans des condi-v tions hygiéniques irréprochables. Mais nous devons aussi, et avant tout, organiser, dans celle de nos colonies qui nous paraît le mieux appropriée à cet effet, un centre de recrutement, ôu, si possible,
- ' 1. Causerie faite à la Société de Pathologie exotique.
- des cancers ou de la lèpre, exigent un temps très long, le plus souvent plusieurs années, avant qu’on puisse être fixé sur la valeur pratique de telle ou telle méthode. Il faut aussi, pour chaque série d’expériences, pouvoir disposer de témoins en nombre suffisant, qui soient maintenus soigneusement isolés et qui puissent être soustraits aux causes accidentelles de maladies ou de mort, auxquelles il leur est si difficile d’échapper lorsqu’ils sont transportés loin de leur pays d’origine.
- Il n’y a par conséquent pas d’autre alternative que de renoncer à l’étude de ces questions de si capitale importance pour l’avenir de l’humanité, ou de s’engager résolument dans la seule voie qui puisse nous fournir les solutions désirées.
- En présence de ce dilemme, l’Institut Pasteur ne pouvait pas rester dans 1 indécision.
- Il avait déjà, il y a dix ans, formé le projet d’éta-| blir un centre d’études biologiques et d’élevage de
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- 52” Année. — 2" Semestre.
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- singes dans l’une des îles de Loos, près deConakry, sur la côte de Guinée. Des pourparlers, engagés avec le Gouvernement général de l’Afrique Occidentale française, étaient sur le point d’aboutir lorsque éclata la grande guerre. Ils furent repris dès que les circonstances le permirent, et, grâce à la clairvoyante volonté des Gouverneurs généraux, MM. Merlin et Carde, ainsi que du Gouverneur de la Guinée, M. Poiret, nous sommes aujourd’hui en possession d’un vaste domaine à Béko, à 4 km de Kindia, entre deux cours d’eau formant presqu’île, dans une région boisée et fertile, toute proche de la grande forêt que peuplent de nombreuses familles de chimpanzés et beaucoup d’autres espèces de singes. L’endroit, choisi par M. le Gouverneur Poiret, est facilement accessible en automobile par la route de Kindia à Télimélé. Il est à l’altitude d’environ 1200 m., dans une contrée particulièrement salubre, où le paludisme est rare et où la trypanosomiase humaine ne paraît pas exister. Le bétail y est abondant et l’on y trouve toutes les ressources désirables en produits alimentaires et en main-d’œuvre.
- Nous y construisons un laboratoire, avec les dépendances envisagées comme le plus immédiatement indispensables : habitation du directeur, logement pour des missionnaires scientifiques, logement pour un aide européen ainsi que pour plusieurs aides indigènes avec leurs familles, parcs et infirmeries pour grands et pour petits singes, château d’eau, etc.... (fig. 1).
- Les constructions essentielles furent achevées au | printemps de cette année; et, d’ores et déjà, le ! laboratoire fonctionne sous la direction d’un des nôtres, M. le vétérinaire-major de lre classe Wilbert, qui s’y trouve depuis plusieurs mois et que nous avons chargé de préparer sur place les vaccins et les sérums contre les maladies épizootiques qui font de grands ravages dans les troupeaux guinéens (infection charbonneuse, péripneumonie, peste bovine). Nous espérons que, dès la fin de 1924, il sera possible d’y entreprendre quelques-unes des recherches qui font partie de notre programme, et aussi d’y concentrer des singes qui nous seront expédiés une ou deux fois par an, en convois accompagnés, afin qu’ils souffrent le moins possible du voyage, qu’ils soient convenablement alimentés en route et qu’ils nous parviennent ainsi dans les meilleures conditions.
- Les espèces de singes qu’il nous sera possible de recevoir, ou sur lesquelles portera l’expérimentation au centre de recherches de Kindia, sont très suffisamment nombreuses et variées.
- La plus importante est représentée par les Chimpanzés. Il en existe dans toute la forêt équatoriale, depuis la Guinée jusqu’à l’Angola et on peut, grâce au complaisant appui des administrations locales, s’en procurer assez facilement à peu de frais. L’An-thropopithecus troglodytes est le plus commun. 11 est caractérisé par la couleur chair foncée de la /'
- face, des oreilles et des mains, par sa chevelure noire, ses favoris longs et brousailleux, ses doigts et orteils nus. L'Anihropopithecus calvus ou Tségo, plus communément rencontré au Cameroun et au Congo, a la peau noire et nue sur la face, les oreilles et les mains. Le dessus de sa tête est à peu près chauve, et ses lèvres sont épaisses, proéminentes.
- L’un et l’autre se nourrissent surtout de fruits, mais ils ne dédaignent pas la viande, et ils mangent volontiers de petits oiseaux, et même des pigeons qu’ils dévorent avec toutes leurs plumes.
- Les chimpanzés vivent généralement en familles ou en petits groupes. Ils saccagent les plantations de bananiers, de canne à sucre et d’arachides, voisines des villages indigènes. Les dégâts qu’ils font sont si considérables qu’on s’efforce de les détruire en organisant des battues. C’est au çours de celles-ci qu’on parvient souvent à capturer des jeunes qui s’apprivoisent aisément. Déjà après quelques jours on peut les laisser en liberté surveillée. Ils s’attachent très vite à ceux qui leur donnent des soins et se comportent comme des enfants.
- Le chimpanzé adulte n’est pas maniable, tant est puissante sa force musculaire. Il est pratiquement impossible de le capturer vivant et de le conserver en captivité. Aussi, les exemplaires de ces animaux qu’on a pu voir en Europe dans les ménageries, les cirques ou dans les jardins zoologiques, étaient-ils tous très jeunes, rarement âgés de plus de six à sept ans, et il est fort difficile de les conserver. Ils succombent rapidement dans nos climats. Le plus souvent ils meurent de pneumonie.
- Lorsqu’il sera possible de les élever dans leur pays d’origine, en leur fournissant les aliments qu’ils ont l’habitude de trouver dans leurs forêts, surtout si l’on prend soin de les vacciner contre le pneumocoque et de les protéger contre les sources de contagion accidentelle, il est probable qu’on pourra les conduire jusqu’à l’âge adulte en état de domesticité. Il sera alors extrêmement intéressant d’observer leur développement intellectuel. Peut-être une éducation méthodiquement conduite, inspirée des procédés pédagogiques modernes, nous apprendra-t-elle que l’intelligence du chimpanzé est très perfectible. II y a là de quoi tenter les zoologistes et les philosophes, particulièrement ceux qui s’occupent de psychologie expérimentale, et le centre de recherches biologiques de Kindia leur offrira un merveilleux champ d’études que nous serons heureux de mettre à leur disposition, comme aussi à celle des physiologistes qui, au lieu d’utiliser, comme le fait actuellement le Dr„ Voronof, les glandes des chimpanzés mâles au rajeunissement des hommes prématurément vieillis, seront peut-être tentés de s’enquérir des phénomènes que produirait l’expérience inverse, consistant à greffer au chimpanzé, pour sa revanche, des glandes humaines!
- Les autres espèces de singes que nous pouvons
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- espérer nous procurer en assez grand nombre pour répondre à tous nos besoins sont :
- 1° Les Galagos, seuls Lémuriens d’Afrique, à longue queue le plus souvent enroulée autour du cou ou du corps, excellents sauteurs, arboricoles, nocturnes, se nourrissant de fruits, d’insectes, d’œufs et d’oiseaux. L’Afrique occidentale en possède plusieurs espèces, surtout le Galago senegalensis et le G. Demidofi. Ce dernier a les dimensions et la couleur du rat. Il peut replier ses oreilles en arrière et les froncer drôlement. On l’apprivoise sans difficultés.
- 2° Les Babouins, dont les genres les plus com-
- en pointe; sa queue courte, droite, ronde, couverte de poils rudes; son pelage brun, long et fin, ses mains et ses pieds rouge pourpre.
- Le Papio sphynx, commun au Sénégal et dans le bassin du Niger, a le museau conique, plus long que la lèvre supérieure, la face, les oreilles, les mains et les pieds nus; ses favoris broussailleux, dirigés en arrière, couvrent presque ses oreilles carrées. Sa queue est plus courte que le corps; la croupe et les callosités sont de couleur chair.
- Tous les Babouins sont féroces, criards, effrontés, sauvages et peu maniables à cause de leur
- Fig. 2.— Vue panoramique {côté N.-O.) de l’Institut Pasteur de Kindia: ses annexes, son village d'employés.
- muns sont les Papions, à face de chien tronquée, aux membres antérieurs et postérieurs à peu près également longs, aux callosités ischiales généralement volumineuses. Ce sont des arboricoles. Ils se nourrissent de fruits, d’insectes et de lézards qu’ils cherchent sous les pierres. Le Papio maimon ou Mandrill est particulièrement remarquable par sa face à rides bleues et à taches pourpres, sa barbe jaune citron, ses callosités rouge violacé, son pelage noirâtre. Il vit en bandes qui causent une grande terreur aux indigènes. Il ravage tout et enlève même les agneaux qu’il éventre pour boire le lait que renferme leur estomac. Il jette des pierres sur ceux qui le poursuivent et se laisse difficilement approcher.
- Le Drill (Papio leucophœus) moins robuste et plus grêle, n’a que deux rides sur la face, de chaque côté de laquelle se dressent des touffes épaisses de favoris blancs, grisâtres. Ses oreilles sont nues et
- force musculaire. Mais ils sont très intelligents.
- 5° Les Gercopithëques, heureusement beaucoup plus nombreux et faciles à apprivoiser, caractérisés par leur tête ronde, au museau court, leur corps grêle, mais musclé; leurs longs membres postérieurs et leur longue queue. Ils ont d’énormes bajoues, des favoris et une barbe, une fourrure épaisse et douce, de couleur souvent brillante, grise, verte, rouge ou presque blanche. Leurs mains sont élancées, fines, avec des doigts unis par une membrane à la base. Ils vivent dans les forêts, sur les arbres, en bandes nombreuses. Ils sont très agiles, bruyants, vorpiës et destructeurs. Ils font beaucoup d’amusantes'.grimaces ; ils se nourrissent de fruits, de grains, de miel et d’œufs d’oiseaux dont ils sont très friands. Oh les apprivoise facilement quand ils sont jeunes. Il eh existe au moins quarante espèces, répandues dans toute l’Afrique équatoriale, de
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- l’Atlantique à l’Océan Indien. Les plus habituellement offertes sont les Callitriches et les Patas.
- Les Callitriches (Cercopilhecus caUilrichus) ont, sur les côtés de la tête, un bouquet dense de poils longs ramenés en arrière. La face, les oreilles, les mains et les pieds noirs, la fourrure jaune verdâtre, rayée de larges barres jaunes et de barres noires plus étroites. L’extrémité de la queue porte une longue houppe jaune.
- Les Patas (G. ruber) ont la tête large, le nez aplati, de grands favoris épais, étalés sur les joues et rejetés en arrière, la fourrure de couleur fauve comme celle du renard, sauf sur les épaules, la poitrine, les flancs et l’extrémité de la queue, où elle est grise ou d’un gris-blanc.
- Tous les Cercopithèques vivent bien en captivité et se laissent facilement apprivoiser; mais, en vieillissant, leur caractère devient capricieux.
- Ils se nourrissent de fruits, et, bien que grimpant avec agilité sur les arbres, ils restent volontiers sur le sol.
- L’élevage des singes, particulièrement celui des Chimpanzés, est un art qu’il faut apprendre et qui présente de multiples difficultés. C’est une erreur de croire qu’il faut les enfermer dans des cages et dans des pièces surchauffées. Ils se portent beaucoup mieux à l’air libre, même dans nos climats, à condition qu’ils aient toujours la possibilité de se réfugier dans un petit réduit convenablement chauffé jour et nuit, surtout en hiver; qu’ils ne soient pas exposés à être mouillés par la pluie, et qu’ils aient de l’eau propre, autant que possible courante, à leur disposition.
- À l’Institut Pasteur de,Kindia, les chimpanzés auront chacun leur petite maison, bâtie sur pilotis, à quelque distance du sol, pour la nuit. Ils y demeureront attachés par une ceinture à une chaîne suffisamment longue. Le jour, ils jouiront de la plus grande liberté surveillée. On les promènera en les tenant par la main, comme des enfants. Des femmes indigènes leur serviront de nurses, présideront à leurs jeux, à leur éducation et à leurs repas.
- Les autres singes seront également gardés en plein air sous une palmeraie, mais toujours reliés, par une chaîne de deux à trois mètres de longueur, à un anneau glissant le long d’un fût de bois, au
- sommet duquel se trouvera leur maisonnette-abri.
- À Paris, lorsqu’il sera possible d’installer, pour les laboratoires de recherches de notre Institut Pasteur, un « pavillon de singes », nous nous garderons d’imiter l’architecture des « palais » ou des « rotondes » de nos jardins zoologiques, fût-ce celles, pourtant fort admirées, des Zoos de Londres et de Sydney d’Australie. Nous tâcherons de l’aménager de telle sorte que chaque singe puisse rester la plus grande partie' du temps en plein air, sous un vaste hangar vitré pour que le soleil y pénètre et que la pluie en soit écartée. Chacun y aura sa petite cabane de bois lavable, dont une paroi sera chauffée par une circulation d’eau chaude et dont la porte sera fermée chaque nuit ; sa petite cour de récréation, grillagée par-dessus, vitrée sur les côtés,
- pour le préserver autant que possible des poussières du sol, des contagions de voisinage et du contact des hommes; sa petite fontaine d’eau courante, enfin, où il pourra boire et se baigner.
- Puissions-nous, dans l’intérêt de nos recherches, — puissent aussi nos malheureux singes actuellement emprisonnés dans des cages étroites et malsaines, ne point’ attendre trop longtemps la réalisation de ce rêve de confort moderne !
- Mais, si la salubrité du logement est de capitale importance, les soins apportés au choix et à la préparation des aliments ne le sont pas moins, et il serait fort nécessaire qu’à l’Institut Pasteur de Paris, comme au centre d’élevage de Kindia, un personnel spécialement éduqué en soit chargé. Dans les laboratoires, on ignore presque toujours que les différentes espèces de singes n’ont pas les mêmes besoins alimentaires, et qu’il importe de fournir à chaque animal une ration de substances convenablement variées.
- Les jeunes chimpanzés, dans les premières semaines qui suivent leur capture, ne doivent être nourris qu’au biberon, ou à la cuiller, avec du lait stérilisé, coupé d’une décoction de céréales toujours fraîchement préparée en faisant bouillir longtemps et à petit feu une cuillerée de blé, d’orge et d’avoine dans un demi-litre d’eau.
- Il faut ajouter au lait un peu de jus d’orange ou d’ananas. Peu à peu, on habitue l’animal à manger
- Fig. 3. — Institut Pasteur de Kindia. '— Deux chimpanzés femelles : la jeune, donne à Vautre, âgée, le baiser filial.
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- une banane, puis du riz blanc sucré, des biscuits, un peu de viande suite de poulet, et à boire du thé léger sucré.
- C’est une erreur de nourrir les singes exclusivement avec du riz cuit, dn pain et des fruits, comme on le fait trop souvent. Il est indispensable de leur donner une petite quantité de viande cuite ou d’œufs bien frais, dont ils raffolent. Leur régime doit en outre comprendre à la fois des fruits sucrés et des fruits oléagineux (arachides, noix, noisettes), du gruau d’avoine ou d’orge, ou du riz à l’eau ou au lait, du pain et du sucre ou du miel.
- Les petits- singes Cercopithèques (Callitriches, Macaques, Mangabeys, Patas) n’ont pas besoin de viande, ni d’œufs, mais il faut leur donner chaque jour du riz cuit au lait sucré, des fruits sucrés et oléagineux (bananes, oranges, pommes, arachides, noix, etc...) et du pain.
- La quantité d’aliments donnée à chaque repas doit être juste suffisante pour éviter le gaspillage. Le nombre de repas doit être au moins de trois par jour (7 à 8 h., Tl h., 16 h.) pour les petits singes; de quatre pour les chimpanzés (7-8 h., 10 h., -12 h., 16
- Les singes en captivité sont fréquemment atteints de maladies intestinales ou pulmonaires. La dysen-tërie, l’helminthiase, et surtout la pneumonie, causent parmi eux de grands ravages. Ils s’infectent aussi avec une déplorable facilité de tuberculose
- Fig. 5. — Institut Pasteur de Kindia. Le Mangabey (Cercocebus fuliginosus).
- Fig. 4. — Institut Pasteur de Kindia. Singe pleureur (Cercopithecus Patas).
- lorsqu’ils sont exposés à la contagion, cé qui arrive fatalement, par exemple dans les ménageries où le public a libre accès, ou bien lorsqu’ils sont soignés par un cracheur de bacilles. Au centre d’élevage de Kindia, on écartera résolument du service des singes tout indigène réagissant à la tuberculine.
- L’isolement individuel de tout animal atteint de diarrhée doit être une règle absolue.
- L’expérimentation sur les ' singes nécessite un certain nombre de précautions particulières qu’il importe de ne pas négliger. La plus importante consiste à déterminer tout d’abord la température normale de chaque sujet, avec un thermomètre individuel. Cette température sera régulièrement prise deux fois par jour dans le rectum. Elle diffère notablement suivant les espèces. Les Rhésus de l’Inde ont une température normale voisine de 40° ; celle des Cercopithèques oscille entre 58 et 59°. Celle des Chimpanzés, de 57 à 58°. La courbe doit être établie pour chaque singe avant son utilisation. Il est aussi essentiel de savoir que les différentes espèces de singes présentent des inégalités de résistance aux diverses maladies infectieuses qui peuvent leur être communiquées. L’âge de l’animal est également un facteur de grande importance. Le typhus exanthématique, par exemple, est facilement inoculable au chimpanzé et aussi à divers autres singes inférieurs tels que les Cercopithèques et les Macaques; mais Ch. Nicolle a montré que,
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- tout comme les jeunes enfants, les jeunes singes sont beaucoup moins sensibles que les adultes.
- Il semble que toutes les maladies microbiennes de l’espèce humaine puissent être transmises aux chimpanzés, et que beaucoup d’entre elles soient inoculables aux singes inférieurs. 11 en est ainsi pour la syphilis, la fièvre typhoïde, jle choléra, les dysenteries bacillaire et amibienne, les typhus exanthématique et récurrent, la fièvre jaune, la peste, la poliomyélite aiguë, la rougeole, la scarlatine, la variole, le trachome; la pneumonie, la grippe. Il en est également ainsi pour beaucoup de maladies produites par des protozoaires ou par des parasites : Trypanosomiases, Leishmanioses, Bilharzioses.
- Les singes représentent donc pouf les microbiologistes un matériel d’expérimentation d’une richesse et d’une souplesse incomparables. Actuellement nous ne pouvons pas l’exploiter selon nos désirs, parce qu’il est trop coûteux et trop difficile à se procurer. Lorsque, dans quelques mois, notre Institut de Kindia sera en état de subvenir à nos besoins, i|l n’en sera heureusement plus ainsi et l’on peut espérer que, dans peu d’années, grâce à cëtte nouvelle création de la maison-mère pastorienne, de grands progrès auront pu être réalisés dans nos connaissances sur l’étiologie, la prophylaxie et le traitement des maladies contre les atteintes desquelles l’humanité est encore désarmée.
- Dr A. Calmette.
- Sous-Directeur de l’Institut Pasteur.
- Une lettre (lu 7 août 1924 de M. le Directeur de l’Institut de Kindia à notre collaborateur M. René Le Conte, accompagnée des photographies que nous avons reproduites, permet de voir la situation actuelle du Laboratoire et de montrer les débuts de son activité. — N. D. L. R.
- Un arrêté du Gouverneur général de l’A. 0. F., M Carde, a interdit la chasse aux chimpanzés, la réservant aux pourvoyeurs officiels des établissements scientifiques. En fait, le seul chasseur de chimpanzés en Guinée est M. Goddefroi, dont la singerie est à Mamou. C’est lui qui a capturé, en janvier 1924, le plus grand chimpanzé connu: un Anthropopithecm niger à face blanche et chevelu. Cet animal mesurait 1 m. 67 de haut et son enver-
- gure aurait été de 1 m. 92 à 1 m. 98 ; il aurait été âgé de 28 ans; il avait la suture basilaire ossifiée, et présentait un commencement d’ossification des sutures cérébrales. Son caractère était difficile et il se laissa mourir d’inanition, avant qu’on pût le transporter à Kindia.
- Jusqu’ici le chimpanzé ne fait souche durable qu’en liberté ; cela tient peut-être à ce qu’on n’en a pas encore tenté l’élevage dans son pays d’origine.
- . C’est un essai que le Directeur de l’Institut Pasteur se propose de tenter. Si le couple avec lequel il tentera cette expérience ne reproduit pas, le Directeur recourra à la fécondation artificielle.
- Venons-en maintenant à la description des quatre photographies, que le Directeur a bien voulu nous communiquer, à l’intention de nos lecteurs.
- Nous avons tout d’abord une vue panoramique de l'institut Pasteur, à proximité duquel se trouvent un certain nombre de paillottes. C’est une vue, prise du N. W. de l’Institut, avec ses annexes et son village d’employés. Le tout est situé dans un pays de savanes très accidenté, où les fromagers sont nombreux (fig. 2). Nous rappelons au passage que, c'est du fruit du fromager que l’on extrait les fibres du kapok. Cette photographie a été prise par M. Vallée.
- Nous trouvons ensuite une famille de chimpanzés curieuse. Elle se compose d’une vieille femelle, âgée de 40 ans, et d’une jeune, qui a 8 ans. La vieille appartient à l’espèce tschégo ; sa taille est de 1; m. 37, son envergure de 1 m. 66, son tour de poitrine de 70 cm et son poids de 24 kg seulement (fig. 3).
- Les autres photographies représentent deux singes, appartenant à deux espèces différentes de .la famille, des cercopithèques ou 'guenons, la seule famille des petits singés catàrrhiniens représentée dans cette région. La figure 4 nous montre le singe pleureur roux, à face glabre de pierrot (Cercopi-thecus Ratas). La figure 5 représentéleCercocebus fuliginosus, que les indigènes appellent mangabey, à moustaches blanches et à face glabre. j
- En terminant, nous tenons à remercier M. Wilbert, ; directeur de l’Institut Pasteur de Kindia, des renseignements et des photographies qu’il a bién voulu nous adresser.
- ° R. Le Conte.
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- La difficulté d’annuler rapidement la force vive considérable que représente un train en marche, autrement dit, d’obtenir l’arrêt sur une faible distance, a attiré depuis longtemps l’attention des administrations de chemins de fer sur les moyens propres à signaler aux mécaniciens, en temps utile, les obstacles qui peuvent se présenter à une gare / ou à une bifurcation, et à maintenir entre les trains
- un intervalle suffisant pour éviter tout risque,^de collision. Dans ce but, on a disposé, le long des voies ferrées, divers signaux qui permettent de donner, aux agents des trains, des ordres de ralentissement ou d’arrêt. . . .
- Le signal -optique ••généralement utilisé sur les chemins de fer français est constitué soit par un voyant carré ou discoïdal pouvant tourner autour
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- d’un axe vertical, soit par un bras capable d’osciller dans un plan perpendiculaire à la voie. Les disques de ralentissement, les carrés d’arrêt absolu et les annonciateurs (damiers), appartiennent au premier type; les sémaphores se rattachent au second.
- Durant le jour, les voyants à axe vertical ordonnent, suivant leur espèce, le ralentissement ou l’arrêt, lorsqu’ils sont disposés perpendiculairement à la voie; ces signaux sont considérés comme « ouverts », lorsque les voyants sont parallèles à la voie; le sémaphore commande l’arrêt, lorsque le bras est horizontal, et il est considéré comme ouvert lorsque le bras est ramené le long du pylône. Certains modèles de sémaphores, qui, en France tout au moins, ne sont guère en faveur, permettent en outre de faire un signal de ralentissement; dans ce cas, le bras peut prendre une troisième position et
- disque. Le cantonnement peut être absolu ou permissif; c’est surtout l’intensité de la circulation sur la ligne considérée qui détermine le choix entre ces deux variantes.
- Dans le premier cas, les signaux d’arrêt absolu sont reliés entre eux de telle façon que l’accès d’un canton ne puisse être ouvert qu’après la fermeture du canton suivant; les signaux d’arrêt absolu utilisés ici ne peuvent d’ailleurs être fermés qu’après la fermeture de l’annonciateur correspondant. Si le tout fonctionne normalement, il ne peut se trouver qu’un seul train à la fois, dans un canton queL conque.
- Cette méthode a l’inconvénient de nécessiter un grand nombre de signaux; aussi, sur les voies où la circulation n’est pas assez intense pour justifier une telle organisation, se contente-t-on d’appliquer le
- i. Disque rouge, un-feu rouge (ralentissement); 2. Disque vert, un feu vert (ralentissement avant une aiguille); 3; Signal carré d’arrêt absolu jaune, un feu jaune (ne se place qu’à la sortie des voies de garage et des embranchements particuliers ; 4. Signal carré d’arrêt absolu, rouge et blanc, deux feux rouges ; 5. Annonciateur vert et blanc, deux feux verts sur une horizontale (annonce un carré placé au moins à 1 km.) (ralentissement) ; 6. Annonciateur vert et blanc, deux feux verts sur une verticale (annonce un carré placé à moins de 1 km.) (ralentissement) ; 7. Sémaphore rouge, un feu rouge et un feu vert. (Arrêt.) — Sur certains réseaux, le signal jaune 3 est de forme discoïdale. Les voyants des annonciateurs 5 et 6 sont parfois constitués par des châssis munis de verres de couleurs convenables ; les annonciateurs de ce genre sont éclairés la nuit par transparence. -
- faire un angle de 45° avec l’horizontale. Tous ces signaux sont disposés de façon telle qu’ils se ferment automatiquement en cas de rupture du fil de commande.
- Le voyant ou le bras est percé d’une ou de deux ouvertures garnies de verres de couleurs appropriés; une lanterne fixe est placée derrière chaque bras ou voyant. Durant la nuit, les signaux fermés montrent des feux colorés ; quand la voie est libre, les feux sont Blancs.
- Lorsque le signal comporte deux feux, le foyer lumineux est unique, mais dédoublé par un jeu de miroirs ; ce dispositif prévient les dangereuses méprises qui pourraient se produire si, l’une des lanternes venant à s’éteindre, un signal d’arrêt absolu, par exemple, prenait l’aspect d’un feu de ralentissement.
- On peut, avec ces signaux, protéger une bifurcation, l’entrée d’une gare, et constituer les dispositifs de cantonnement connus sous le nom de . « Block-System ».
- Pour appliquer ce procédé, on divise la ligne en cantons; dès qu’un train a pénélré dans l’un d’eux, j il se trouve protégé par le signal carré ou le séma^ phore piacé à l'entrée du canton intéressé; ce signal est lui-même précédé d’un annonciateur ou d’un >
- système du cantonnement permissif, compromis entre l’échelonnement des trains dans l’espace et leur échelonnement dans le temps.
- Dans ce dernier cas, les signaux d’arrêt absolu ne sont pas nécessairement reliés entre eux ; lorsqu’ils ne le sont pas, l’agent du poste ouvre les signaux dès qu’il a été avisé par le poste suivant de l’évacuation du canton par le train; lorsqu’ils le sont, l’ouverture du signal, est provoquée par la fermeture du carré du canton suivant. A défaut de cet avis ou de l’ouverture du signal, dans un délai de 10 minutes, l’agent substitue au signal d’arrêt absolu un signal de ralentissement, qui peut consis ter en une plaque blanche portant l’indication : « Attention ».
- Sur certaines sections enfin, le cantonnement est obtenu au moyen de sémaphores précédés de disques et d’annonciateurs, et fermés automatiquement par les trains eux-mêmes, grâce à des pédales disposées le long de la voie. L’agent d’un poste ne peut ouvrir .ses signaux qu’après la fermeture des signaux du poste suivant, mais il peut autoriser un train à pénétrer dans le canton en marchant prudemment, à condition que.la circulation précédente soit passée depuis 10 minutes au moins.
- Toutes ces combinaisons sont généralement réa-
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- Signal ouvert
- T
- Signal Fermé
- Fier. 2. — Schéma montrant le fonctionnement du circuit de voie à courant continu.
- P, pile de voie ; R, relais de voie; PC, pile de commande du signal ; MA, moteur du signal. (Le signal du milieu est fe,rmè, les deux autres sont ouverts; les flèches montrent le sens de circulation du courant électrique.)
- lisées au moyen de signaux des types déjà décrits, manœuvrés à distance par l’intermédiaire de fils ou de câbles métalliques que guident des poulies à gorge.
- Bien que construits avec tout le soin désirable, ces appareils ne fonctionnent pas d’une façon absolument irréprochable ; le coincement du fil de commande entre la poulie de guidage et la chape de ladite poulie, la rupture du fil, la manœuvre intempestive par l’action du vent, l’immobilisation par le gel, peuvent être cités parmi les causes de dérangement les plus fréquentes.
- On a parfois remplacé les transmissions funiculaires par des dispositifs électriques ou électropneumatiques ; aucun de ces systèmes ne réalise un progrès essentiel; tous nécessitent un personnel considérable pour leur manœuvre et leur entretien, et l’expérience a montré, trop souvent hélas, que les défaillances de l’homme s’ajoutaient parfois à celles du mécanisme. Enfin, avec eux, il est possible, dans le cas d’une rupture d’attelage, que les signaux soient ouverts alors qu’une partie du train occupe encore le canton.
- Ces raisons ont incité les administrations de chemins de fer à étudier de nouveaux dispositifs et, à l’heure actuelle, les blocks automatiques à circuit de voie paraissent devoir s’imposer sur toutes les lignes importantes. On est, en elfet, arrivé à obtenir de ces appareils une sûreté et une célérité de fonctionnement qui n’avaient jamais pu être atteintes avec les anciens procédés de signalisation.
- Le block automatique à voyants et à courant continu. — Les signaux des blocks automatiques sont commandés par les trains eux-mêmes, grâce à un dispositif électrique. Dans chaque canton, la voie est connectée, d’une part à une source d’électricité P (fig. 2), d’autre part, à un relais R, de telle façon que le courant doive passer successivement par une file de rails, par le relais et par l’autre file de rails. Dans chaque file, les rails sont reliés entre eux, au moyen de câbles de cuivre, afin d’assurer à la voie une bonne conductibilité. Aux extrémités du canton, les rails sont isolés électriquement de ceux des cantons contigus ; des éclisses spéciales (fig. 3), comportant un joint en fibrine permettent d’obtenir néanmoins une liaison mécanique suffisamment robuste. On prévient les fâcheuses conséquences qui pourraient résulter d’une / défectuosité du joint, en alternant la polarité d’un
- circuit à l’autre et en utilisant des relais polarisés (fig. 5) qui ne fonctionnent que si le courant a le sens voulu.
- Tant que le courant excite le relais, le signal reste ouvert; mais dès qu’un essieu, en pénétrant dans le canton, établit un court-circuit entre les deux files de rails, le relais se trouve privé de courant et détermine ainsi la fermeture du signal. Une résistance, intercalée entre la pile et le circuit de voie, limite l’intensité du courant de court-circuit. Aussitôt que le canton ne contient plus d’essieu, le courant afflue de nouveau au relais et provoque l’ouverture du signal.
- On se demandera peut-être s’il n’eût pas été préférable d’établir le circuit de voie de façon à utiliser le train à fermer le circuit sur le relais, au lieu de l’employer à court-circuiter ledit relais ; on réaliserait ainsi une intéressante économie de courant. Sans doute, mais ce serait là une économie très dangereuse, car si le courant venait à manquer le signal se bornerait à ne pas fonctionner, alors qu’avec le dispositif utilisé, le défaut de courant
- Fig. 3. — Éclisse isolante.
- Chaque éclisse est constituée par deux parties isolées l’un.e de l’autre par une plaque de fibrine et reliées entre elles, pour former plaque, au moyen de 3 boulons. .
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- Signa! ouvert Signal fermé P P;' Piles de voie * RR'.- Relais de voie:
- Pile de commande du signal MA Moteur du signal
- Big. 4, — Circuit de voie sectionné.
- provoque automatiquement la fermeture du signal.
- La tension du courant qui alimente le circuit de voie varie entre 2 et 10 volts, suivant la longueur du canton; la faiblesse de la force électro-motrice mise en oeuvre rend inutile tout dispositif spécial d’isolement des rails en dehors des éclisses isolantes de limite de canton. Il convient pourtant de préférer les traverses injectées de créosote à celles imprégnées de sulfate de zinc, ce sel diminuant notablement la résistance ohmique du bois; il est bon également de prendre les dispositions voulues pour assurer un bon drainage. Dans ces conditions, un canton peut atteindre une longueur de 2000 m. Lorsque le canton est plus étendu (fig. 4), on est obligé de le sectionner et de constituer plusieurs circuits de voie indépendants, le signal ne peut s’ouvrir que si tous les relais de ces sections sont excités.
- Le block automatique à voyants peut être réalisé au moyen de sémaphores précédés d’annonciateurs; la présence d’un train dans un canton
- Fig. 5. — Relais a courant continu, type polarisé. Modèle de la Cio générale, de -signalisation.
- provoque, par la mise en court-circuit du relais intéressé, la fermeture du signal d’arrêt et de l’annonciateur placés à l’entrée du canton. Le block automatique à voyants utilisé par les chemins de fer français fonctionne généralement au moyen de courants continus.
- Dans ce système, le relais de circuit de voie commande l’admission du courant de la pile PC (fig. 2) par le mécanisme du moteur du signal d’arrêt.
- Tant que le courant du circuit de voie traverse le relais R, le courant de la pile de commande PC passe par l’électro-aimant de maintien 2 (fig. 6), qui empêche le signal de se fermer sous l’action du poids de rappel 9. Dès que le relais de voie est privé de courant, l’armature à contacts multiples dudit relais ouvre le circuit de la pile PC, et, l’électro-aimant 2 ne recevant plus de courant, le signal, sollicité par le poids de rappel, se ferme et établit les contacts 5 et 6. Lorsque le circuit de commande sera de nouveau fermé, le courant de la pile PC excitera le relais 4, dont la résistance ohmique est beaucoup plus faible que celle de l’électro-aimant de maintien, et permettra à la pile 8 d’ouvrir le signal par l’intermédiaire du moteur 7. Vers la fin du ^mouvement d’ouverture, les interrupteurs 5 et 6 mettront brusquement hors circuits le relais 4 et le moteur 7 ; mais le courant de commande, en excitant l’électro-aimant 2, maintiendra le signal ouvert.
- L’interrupteur (fig. 7) utilisé pour le circuit du moteur consiste en un tube de verre contenant, dans une atmosphère d’hydrogène, une goutte de mercure qui est en contact avec les deux électrodes lorsque le tube est horizontal. Dès que le tube s’incline, la goutte de mercure se déplace et rompt le contact. Ce type d’interrupteur permet d’éviter la détérioration des contacts que provoquerait la forte étincelle de l’extra-courant de rupture si elle éclatait à l’air libre.
- Le damier est mu par un mécanisme semblable, commandé par un courant émanant d’une pile PD, placée au poste suivant ; ce courant est coupé par le relais de voie au moment où la présence d’un essieu dans le canton met ledit relais en court-circuit ;
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- Fig’. 6. — Schéma du circuit de moteur de signal.
- i, Fil venant du contact commandé par le relais de voie, ou du poste de manœuvre, s’il s’agit d'un signal protégeant une gare ou une bifurcation ; 2, Electro-aimant de maintien ;
- 3, Fil allant à la pile du circuit de commande; 4, Relais qui, lorsqu’il est excité, ferme sur le moteur 7 le circuit de la pile 8 ; 5 et 6, Contacts établis seulement lorsque le signal est fermé.
- mais il n’esl rétabli que lorsque le signal d’arrêt du poste suivant, en se rouvrant, ferme en C le circuit de la pile PD.
- L’armature du relais de voie porte un troisième contact; ce dernier est destiné à limiter au canton en cause lés effets du mauvais fonctionnement d’un poste de block. Supposons, par exemple, que le signal d’arrêt A2 (fig. 8), ne se soit pas fermé, en dépit de la présence d’un train dans le canton ; le contact de contrôle B2 solidaire du signal, est resté ouvert; d’autre part, la, pile de voie PV2 étant nécessairement en court-circuit, le relais li2 n’est plus excité et a laissé tomber son armature ; par suite, la pile PV, dont le circuit, coupé par ce relais, n’a pas été rétabli par le contact de contrôle B2, ne peut débiter sur le circuit de voie du deuxième canton, le relais R* n’est pas excité à nouveau et le carré kf reste à l’arrêt.
- Dès que le train sera arrivé dans le canton suivant, si les signaux fonctionnent normalement, le contact de contrôle B- fermera, sur la voie du canton abandonné par le convoi, le circuit de la pile PV2; le relais R2, excité aussitôt, attirera son armature et ouvrira le signal A, qui était resté fermé. Mais à ce moment, le carré A3 et l’annonciateur D» sont eux-mêmes fermés, et le train est parfaitement protégé par le block. Dans ce cas, la fermeture du damier D2 a été provoquée par l’ouverture du circuit de la pile PD2, en B3, alors que normalement elle résulte de la chute de l’armature du relais R2.
- Si plusieurs postes successifs étaient enrayés, la situation normale se rétablirait de proche en proche, de la même façon, par le jeu dès relais de voie.
- Le mauvais fonctionnement d’un ou de plusieurs signaux ne doit ainsi avoir pour conséquence que l’allongement temporaire du canton en cause.
- L’utilité de ce dispositif est très sérieusement contestée, surtout depuis que la pratique a révélé / certains inconvénients sur lesquels nous ne pouvons nous étendre ici.
- Chaque poste de ce block comporte une pile de circuit de voie, deux piles de commande et deux piles de moteur. Ces dernières, qui donnent chacune 3 ampères sous 8 volts peuvent assurer le fonctionnement pendant 1 an à raison de 100 manœuvres par jour.
- Généralement, les postes de block automatique comportent en outre un dispositif qui, lorsque le signal d’arrêt est fermé, provoque l’explosion d’une cartouche analogue à celles utilisées dans les fusils de chasse, si un train contrevient à l’ordre d’arrêt.
- Les modèles à deux et à cinq cartouches, construits par la Compagnie de Signaux et d’Entreprises électriques, fonctionnent au moyen d’un circuit de voie auxiliaire d’une trentaine de mètres, établi à l’entrée du canton.
- Lorsqu’il n’y a aucun train dans le canton, tant sur le circuit de voie principal que sur le circuit de voie auxiliaire, Je courant de la pile P (fig. 9) alimente par B' et 3 et par 1, l’électro-aimant de maintien E, et empêche ainsi la chute du percuteur X.
- Dès qu’un train arrive sur le circuit de voie auxiliaire, les palettes commandées par le relais R' cèdent à la pesanteur, mais l’électro-aimant de maintien continue à être alimenté par B7 et 3. A ce moment, le relais R", excité par le courant de la pile P, qui suit le parcours B7,3, R77,2, établit un nouveau contact en d. Le train peut ainsi, en pénétrant sur le circuit de voie principal, provoquer la chute de la palette 3 et la fermeture du signal sans que l’électro-aimant E cesse un instant d’être alimenté.
- Dès que le train a entièrement évacué ,1e circuit de voie auxiliaire, le relais R7 attire son armature; le relais R", mis ainsi hors circuit, laisse le contact se rompre en d; l’électro-aimant de maintien E reste alimenté, grâce au contact qui vient d’être établi en 1.
- On voit, en examinant le schéma, que si une nouvelle circulation se présente sur le circuit de voie auxiliaire et court-circuite le relais R7, avant l’ouverture du signal d’arrêt, le courant de l’électro-aimant de maintien E est coupé : un percuteur tombe aussitôt sur une cartouche.
- La chute du premier percuteur établit en h un contact momentané qui permet l’excitation du relais R" ; ce dernier attire son armature et reste ainsi auto-excité, après la rupture du contact en h, tant que le relais R7 est court-circuité par un train; l’électro-aimant de maintien E se trouve ainsi excité à nouveau. Grâce à cette disposition, le deuxième
- Fig. 7. — Interrupteur à mercure {type E't)
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- -...vers le fi! de retour commun ...résistance
- .pile
- Signaux ouverts. ^
- ___o
- .Signaux fermes
- Fig. 8. — Schéma, du block automatique à courant continu. (Les piles des moteurs ne sont par figurées.)
- percuteur ne tombe pas aussitôt après le premier: un train franchissant le sémaphore fermé, sans arrêt, ne peut faire exploser qu’une seule cartouche.
- Afin d’éviter qu’un train pénétrant en un canton bloqué dans les conditions admises par les règlements, fasse exploser une cartouche, un relais spécial — qui n’est pas représenté sur le schéma —
- permet au chef de train d’établir en g un contact d’annulation qui excite le relais R",
- Dans un prochain article, nous examinerons les systèmes de block à courant alternatif qui prennent une importance chaque jour plus grande.
- André Bourgain.
- -Circuit auxiliaire 130 mètres f) Circuit principal
- Fig. 9. — Détonateur automatique de block à courant continu.
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- FLEURS DE MONTAGNE ET FLEURS DE PLAINE
- .A la suite de ses voyages dans les Alpes françaises, les Pyrénées, l’Auvergne, les Alpes centrales (1871-1876), en Scandinavie avec M. Ch. Flahaut (1878), dans les Karpathes et les Alpes autrichiennes (1879), Gaston Bonnier avait réuni un grand nombre d’échantillons des mêmes espèces végétales croissant à des altitudes différentes. Frappé de Faction que le climat alpin exerce sur ces plantes, il se proposa d’étudier cette influence.
- Parmi les grands travaux de ce savant, on est étonné de voir la place considérable qu’il accorda, à cette étude de l’influence du climat alpin sur la végétation. Non seulement il observa la nature, mais encore il établit des cultures expérimentales à diverses altitudes dans les Alpes et dans les Pyrénées, transportant des plantes de plaine en montagne et les plaçant dans le même terrain. Pendant les vacances, Gaston Bonnier va surveiller ses cultures; pendant le cours de l’année, il étudie les matériaux rapportés, fait des coupes anatomiques et publie de nombreux mémoires sur les résultats obtenus tant au point de vue morphologique qu’au point de vue physiologique. Beaucoup de ses cultures expérimentales sont devenues classiques. Ainsi tous les manuels reproduisent la plante de Topinambour de plaine, avec sa longue tige feuillée, à côté de la plante obtenue dans ses cultures de montagne en se plaçant dans les mêmes conditions de sol. Les entrenœuds sont devenus à peu près nuis et le pied de Topinambour vers 2000 m. d’altitude se présente sous la forme d’une rosette de feuilles aplatie sur le sol.
- Gaston Bonnier avait noté quelques modifications i dans la coloration des fleurs aux differentes alti- j tudes, mais il n’avait pas entrepris l’étude anato- 1 mique de la fleur. Pendant son dernier séjour ^ d’études dans les Pyrénées, au mois d’août 1919, ! un soir, en redescendant du Pic du Midi, après une j rude journée d’excursion à dos de mulet dans la j neige, mon maître Gaston Bonnier me confia l’étude j des transformations florales causées par l’altitude, j étude qui m’a demandé quatre années de travaux. ;
- Je me suis adressé aux fleurs dites ubiquistes, j c’est-à-dire à celles que l’on rencontre partout, en ; plaine comme en montagne. j
- Mes échantillons de plaine ont pour lieu d’origine : i Lille, Valenciennes, Chantilly, le jardin du Muséum d’Histoire naturelle, Ris Orangis, Villebon-Palaiseau (Seine-et-Oise), Fontainebleau, le Charolais surtout, le parc de la Tête d’Or, à Lyon et Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).
- Ceux de montagne ont été récoltés, pour les Pyrénées, dans toute la région du Pic du Midi de Bigorre et, en particulier, sur les pentes et le sommet de ce Pic ; pour les Alpes, dans les régions du'Lautaret, dû Massif de la Vanoise, de la vallée de Chamonix, 7 de Saint-Gervais et des Contamines (Haute-Savoie).'
- Avant d’exposer les résultats généraux auxquels
- je suis arrivé, je dois dire quelques mots sur le choix des échantillons qui ont servi à ces recherches.
- Pèndant mon premier séjour dans les Pyrénées, j’avais récolté des fleurs épanouies, mais j’ai bientôt remarqué que de tels échantillons sont insuffisants pour une étude anatomique. En effet, chez certaines espèces, le calice tombe à l’épanouissement de la fleur; de plus, très souvent la corolle offre, après l’anthère, un commencement de désorganisation de son mésophylle, les deux épidermes des pétales et les petits faisceaux libéro-ligneux restant seuls bien conservés; enfin, les étamines, vidées plus ou moins complètement de leur pollen, et les stigmates présentent aussi, après l’épanouissement de la fleur, des déformations et des altérations anatomiques.
- A cause de ces différentes raisons, j’ai récolté pour ces recherches des boutons floraux aussi près que possible de leur épanouissement. Toutefois, j’ai employé les pétales des fleurs épanouies pour l’étude des papilles épidermiques qui s’y trouvent bien plus développées que dans le bouton et pour l’étude des stomates.
- Je tiens à faire une remarque très importante pour la valeur des résultats que j’indique. Tous mes échantillons viennent de pieds florifères croissant à l’état spontané. N’aurait-il pas été préférable de comparer deux fleurs de plants issus d’un même être, l’un placé en plaine et l’autre en montagne, tous deux dans le même sol? C’est ce qu’a fait Gaston Bonnier dans ses cultures expérimentales et après plus de trente-cinq ans d’observation et d’expériences il est arrivé à cette conclusion : en s’adaptant au climat alpin, les plants des cultures provenant d’un pied initial de plainef sont devenus, au bout d’un temps plus ou moins long, suivant l’espèce considérée, en tous points identiques aux plants qu’on trouve à l’état spontané à la même altitude.
- Cette conclusion légitime mon choix d’échantillons récoltés à l’état spontané.
- I. Floraison. — Toutes les plantes à floraison vernale en plaine fleurissent deux, trois ou même quatre mois plus tard en montagne. La date de floraison est d’autant plus retardée que l’altitude considérée est plus élevée et que la station est plus exposée.
- Ainsi le Lichnis dioicah. qui fleurit en plaine du mois d’avril au mois d’octobre, ne sê trouve fleuri à 1200 m. d’altitude que pendant les mois de juillet, août et septembre.
- Les différences d’expositions jouent aussi un rôle important dans la date de floraison. Ainsi on trouve des pieds de Lotus cornicuialus L. à l’altitude de 2877 mètres, tout, au sommet du Pic du Midi, près de la table d’orientation; d’autres, de la même espèce, sont à une trentaine de mètres plus bas, plus abrités. Les premiers fleurissent deux et même trois semaines plus tard que les seconds.
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- Ce n’est pas une différence d’altitude de 50 mètres qui peut produire un tel retard dans la floraison. La cause véritable, c’est que les parties des montagnes qui forment tout à fait leur sommet sont beaucoup plus exposées aux vents, aux grandes différences de température se produisant pendant la nuit, et à tous les agents atmosphériques. L’érosion que subissent ces sommets est la traduction de ces actions plus violentes.
- Pour les plantes à floraison estivale, la date de floraison est peu différente en plaine et en montagne. Ainsi le Gampanula Irachelium fleurit en plaine de juin à septembre ; vers 2000 mètres d’altitude la floraison se produit en général de juillet à fin août.
- Entre le flanc Nord et le flanc Sud d’une montagne, on trouve, à une même altitude, une différence de deux à quatre semaines.
- M. le Professeur Costantin a bien voulu me communiquer une observation qu’il fit en août 1922, trouvant à 1800 mètres d’altitude, sur le flanc nord du Ruytor (valléed’Aoste), des Lis Martagon encore en boutons, tandis qu’à la même altitude, sur le flanc sud, la floraison était achevée.
- La durée de floraison est plus courte en montagne.
- Cela est évident pour les-plantes qu’on rencontre fleuries en plaine pendant presque toute l’année : en haute montagne, la période de végétation n’étant que de trois ou quatre mois, la durée de la floraison est toujours inférieure à ce temps, nécessairement. Mais cette réduction de du-rées’observe aussi chezles végétaux quiontune moins longue floraison, par exemple ceux qu’on trouve fleuris en plaine pendant trois mois et qui ne le sont en montagne que pendant six semaines environ.
- En montagne, la floraison se fait en même temps que le développement de la plante, tandis qu’en plaine on voit d’abord le végétal croître et atteindre à peu près sa taille définitive avant que les fleurs s’épanouissent.
- Dans le Jardin alpin du Pic du Midi, à 2860 m., fondé et entretenu par le botaniste remarquable, Joseph Bouget, j’ai pu observer des pieds de Doro-nicurn grandiflorum déjà développés sous un névé. Sous le petit toit de glace et de neige qui les recouvrait, cesDoronicum formaient une rosette de feuilles épaisses, appliquées sur le sol et déjà au centre le capitule était formé. Après la fusion du névé, les feuilles se développèrent, ainsi què le pédoncule du capitule, et en même temps la floraison se produisit.
- IL Morphologie externe. —- La dimension des fleurs varie peu, en général, avec l’altitude; mais les autres parties aériennes de la plante étant toujours
- beaucoup plus petites, les fleurs semblent plus grandes en montagne. Plusieurs biologistes ont affirmé que les fleurs étaient effectivement plus grandes. Des mesures exactes, faites sur les pièces florales des plantes alpines et des plantes de plaine des mêmes espèces, montrent qu’il n’en est rien. Mais si l’on compare la grandeur de la fleur à celle de la hauteur totale de la plante ou à celle des feuilles aux hautes et aux basses altitudes, on en conclut qu’en montagne, le développement relatif de la fleur est beaucoup plus grand que celui des aulres parties aériennes de la plante,
- Par exemple la longueur de la corolle d’une fleur de Lotus corniculatus est, relativement à la longueur de sa tige, environ quinze fois plus grande dans les échantillons du sommet du Pic du Midi (2877 m. d’altitude) que dans les échantillons pris en plaine. Pielativement aux dimensions de la feuille, la corolle est à peu près sept fois plus grande pour les échantillons du Pic. Mais les dimensions absolues de la fleur varient très peu avec l’altitude.
- La coloration des fleurs est, en général, plus intense en montagne, sans toutefois que le maximum de coloration de la fleur coïncide nécessairement avec l’altitude limite de végétation de l’espèce considérée. Ainsi le Solidago Virga aurea L. atteint son maximum de coloration dans les Pyrénées et dans les Alpes vers J 200 à 1500 mètres, altitude à laquelle les grappes de capitules ont une couleur jaune orangé. Au-dessus de cette altitude, la coloration diminue tout en restant cependant, en général, un peu plus vive qu’en plaine.
- D’autre part, pour le parfum, les fleurs ont aussi une altitude optim a ; ce fait est connu des distillateurs d’essences florales.
- Le nombre des fleurs croissant sur un même pied diminue avec l’altitude. Toutefois, chez les Composées et chez les familles à inflorescence agglomérée rappelant celle des Composées (Dipsacées, Plombaginées, etc...) chaque capitule, ou chaque inflorescence, porte à peu près le même nombre de fleurs ; l’altitude produit une réduction dans le nombre de ces inflorescences. Il semble qu’ici l’unité florale ne soit plus la fleur, mais le capitule ou le groupement.
- Cette réduction dans le nombre d’unités florales est tout à fait remarquable et la plupart des espèces qui sont ubiquistes deviennent uniflores, prises à leur altitude limite de végétation ; à cette altitude, les Composées n’ont plus qu’un seul capitule.
- La longueur du pédoncule diminue avec l’altitude. Cette réduction d’élongation a été observée pour les entre-nœuds dans les tiges par plusieurs auteurs.
- Fig. i. — Pédoncule d’Achillea Ptermica L. P, en plaine ; M, en montagne.
- P
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- Les entre-nœuds des inflorescences sont bien plus courts en montagne, ce qui donne à ces inflorescences-une apparence plus compacte. Cette disposition est avantageuse pour la plante dans la lutte contre le froid.
- Le calice des fleurs et les bractées des capitules sont, en général, plus épais et d’un vert plus sombre en montagne. Lorsque le calice et les bractées portent des poils en plaine, la villosité augmente avec l’altitude.
- Les plantes qui ont un calice caduc le conservent très souvent un peu plus longtemps en montagne.
- Pour les autres parties de la fleur, l’altitude ne produit pas de changements dans la morphologie externe ; maisl’étudeanatomiquerévèlesoninfluenee.
- III. Anatomie. — Les modifications anatomiques causées par l’altitude sont d’autant plus accentuées
- ment, ces saillies se développent encore davantage, et leur extrémité prend finalement une forme pointue.
- Ces trois stades d’une cellule épidermique de pétale sont le développement d’une papille. Arrivée au troisième stade, la papille est complètement formée.
- Au moment de l’épanouissement floral, les papilles ne sont complètement développées que vers le sommet de la corolle. Ceci explique la différence de velouté que l’on peut alors observer le long d’un pétale. La base de la corolle est plus mate parce que les cellules épidermiques y ont encore leur sommet arrondi, tandis que plus haut, dans la fleur, les fines pointes des papilles, formant comme de très fins poils de velours, donnent un reflet et un éclat différents.
- Les papilles de la corolle, dans une fleur épanouie de montagne, sont plus longues ; elles sont
- Fig. 2. — Coupe transversale à travers un capitule de Taraxacum dens-leonis.
- A gauche, plante de montagne; à droite, plante de plaine. Les bractées sont plus épaisses et les ovules plus gros
- en montagne.
- que les tissus considérés sont plus extérieurs dans la fleur ou dans l’inflorescence.
- C’est une loi générale résumant toutes les observations qui vont suivre. Ce sont les épidermes qui présentent les différences les plus grandes. Aussi vais-je résumer à part leurs modifications.
- Les épidermes du pédoncule (fig. 1), du calice et (dans les boutons seulement) de la corolle présentent, en montagne, une plus grande épaisseur de la cuticule et un allongement cellulaire dans la direction perpendiculaire à la surface de ces épidermes. Les poils épidermiques sont aussi plus nombreux ; ils sont aussi plus gros, ce qui correspond à la plus grande villosité signalée.
- Dans un jeune bouton floral, les épidermes de la corolle sont semblables à ceux du calice, sauf que la cuticule est, en général, un peu moins épaisse que pour ce dernier. A mesure que le bouton se développé, cette cuticule devient plus mince et les cellules forment, vers les deux faces, une petite saillie arrondie. s
- Pour un bouton plus âgé, ces saillies sont de plus en plus accentuées à mesure qu’on considère d’une région plus rapprochée du sommet du pétale. / Lorsque le bouton floral arrive à son épanouisse-
- aussi plus serrées parce que leurs bases sont plus étroites, comme je l’ai établi précédemment (*). La différence d’éclat si souvent signalée entre les fleurs de plaine et les fleurs de montagne d’une même espèce s’explique par cette différence anatomique des papilles épidermiques. En effet, dans un pétale d’une fleur de montagne, les papilles plus serrées, plus allongées et plus étroites donnent à la fleur un plus beau « velouté ».
- Les cellules épidermiques des filets d’étamines et des anthères présentent quelquefois un léger allongement radial en montagne; mais, en général, celles de l’ovaire ne subissent aucune modification.
- Il n’en est pas de même des papilles du stigmate qui sont toujours plus longues et plus serrées dans les fleurs de montagne.
- Si au lieu d’étudier les cellules épidermiques des corolles dans des coupes perpendiculaires à leur surface, on écorche cet épiderme pour l’étudier, on fait les trois remarques suivantes :
- Dans les fleurs de montagne :
- 1° Les cellules ont une surface moindre, ce qui
- 1. M. Lahbaud. Anatomie des fleurs d’une même espèce à diverses altitudes. (C. B. Académie des Sciences, 12 juin 1922.). ;
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- correspond à la moins grande largeur signalée précédemment;
- 2° Le contour cellulaire est bien plus sinueux ;
- 5° Les stomates sont bien plus nombreux, surtout dans l’épiderme supérieur de la fleur. Cette dernière observation coïncide avec celle qui a été faite par Gaston Bonnier sur les feuilles.
- En montagne, toutes les cellules parenchymateuses de la fleur, comme celles des autres parties de la plante, ont, en général, des dimensions plus petites. Leur forme est ordinairement polyédrique ; elles sont réunies en tissus plus serrés ; les lacunes et les méats sont plus petits et plus rares ; enfin les
- Corolle. — Le mésophylle est toujours plus développé en montagne. Le bois se distingue très mal en plaine où les parois des vaisseaux ligneux sont très minces. Au contraire, dans les corolles des fleurs de montagne, ces vaisseaux sont assez visibles et leurs parois sont plus épaisses.
- Etamines. — La réduction d’élongation signalée sur le pédoncule s’observe aussi sur le filet des étamines dans les échantillons montagnards. Les sacs polliniques y sont plus allongés, les grains de pollen souvent plus abondants. La déhiscence de l’anthère est plus précoce.
- Pistils. :— En montagne, le tissu des feuilles car-
- Fig. 3. — Coupe longitudinale d’un capitule de Taraxacum dens-leonis. A gauche, plante de montagne; à droite, plante de plaine.
- parois cellulaires sont plus épaisses qu’en plaine.
- A ces caractères généraux, j’ajouterai les caractères différentiels propres à chaque partie delà fleur.
- Pédoncule. — lu Généralement, en montagne, on constate que l’assise sous-épidermique présente le caractère palissadique, caractère qui ne se trouve pas dans le pédoncule des mêmes fleurs de plaine. Quelquefois, comme dans le cas du Caltha palustris, cette assise soüs-épidermique a des parois bien plus épaisses en montagne ;
- 2° Le cylindre cortical a quelques assises cellulaires de plus ;
- 3° Les vaisseaux ligneux ont, aux hautes altitudes, des parois plus lignifiées et une lumière plus petite ; mais leur section totale, paroi comprise, a sensiblement la même surface ;
- 4° Le cylindre central est formé d’un moins grand nombre de cellules.
- Calice. —Les pièces du calice présentent, en montagne, pour l’assise sous-épidermique et les vaisseaux ligneux, les mêmes modifications que le pédoncule. De plus, les assises du mésophylle sont en plus grand nombre. Ce caractère correspond à la plus grande épaisseur des sépales signalée dans l’étude morphologique.
- pellaires est toujours plus épais elles placentas plus développés. Les ovules sont plus gros, mais, généralement, ils sont moins nombreux. La pollinisation se produisant plus tôt, le développement de l’ovule est toujours plus avancé.
- Certaines fleurs possèdent des nectaires bien différenciés ou au moins des tissus nectarifères.
- Nectaires. — Dans les fleurs où il y a des nectaires bien différenciés, ces organes sont plus étendus et plus proéminents dans les échantillons de montagne. S’il y a seulement des plages nectarifères, celles-ci s’avancent plus profondément dans les tissus de la fleur et ils ont une plus grande surface sécrétrice.
- Enfin on peut rencontrer des canaux sécréteurs qui vont jusquedansles différentes parties de lafleur.
- Canaux sécréteurs. — Aux hautes altitudes, ces cahaux sont toujours plus développés ; leur diamètre est plus grand et quelquefois leur nombre est plus considérable.
- Dans un capitule de fleur de montagne, les modifications causées par le climat alpin sont surtout accentuées pour les parties périphériques (bractées del’involucre et fleurs du pourtour); elles sont à peu
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- 272 .FLEURS DE MONTAGNE ET FLEURS DE PLAINE
- près milles dans les fleurs centrales. Les bractées de l’involucre subissent des modifications anatomiques analogues à celles des sépales.
- Pour une même différence d’altitude, les modifications morphologiques et anatomiques sont plus ou moins aceentuées suivant les espèces considérées. Ainsi, en général, une espèce que l’on rencontre, dans notre flore, à toutes les altitudes de la végétation phanérogamique, sera moins modifiée par une différence d’altitude de 1200m. qu’une autre espèce dont la limite de végétation est précisément cette altitude.
- Les plantes de montagne qui ne croissent pas normalement en plaine, mais que l’on parvient, à force de soins, à faire croître dans les jardins bota-
- Des observations analogues peuvent être faites sur des plantes de plaine qui ne croissent pas normalement en montagne et qu’on transporte dans les jardins alpins des hautes altitudes.
- L’ensemble de ces observations permet de répondre d’une façon satisfaisante à cette question : Comment une plante qui croît à des altitudes très diverses arrive-t-elle à protéger les parties délicates de la fleur et à assurer la maturité des organes de reproduction en montagne?
- La fleur se protège contre les rigueurs du climat des hautes altitudes par un plus grand développement des tissus dits de protection et surtout par une adaptation spéciale des épidermes. Les modifications
- Fig. 4. — Coupe transversale passant par les filets des to étamines dansun bouton floral de Géranium pratense. • . A gauche, plante de montagne; à droite, plante de plaine.
- niques alpins à de basses altitudes, ne s’adaptent pas véritablement à ces conditions nouvelles. En général elles végètent mal ; quelquefois elles ont des dimensions plus grandes qu’aux altitudes où elles ont été récoltées, mais ces plantes ne peuvent pas vivre longtemps, surtout si elles doivent lutter avec les plantes indigènes. Il faut sarcler le terrain qui les entoure, autrement elles périssent très rapidement, et même, avec cette précaution, certaines plantes alpines se conservent difficilement plus de deux ou trois ans.
- Ces plantes acquièrent cependant quelques caractères des plantes de plaine. Ainsi, la villosité diminue et les fleurs perdent toujours de leur éclat par la diminution des couleurs et la réduction des papilles.
- L’exemple des Edelweiss de plaine, qui prennent une couleur gris verdâtre et qui jperdent peu à peu lé duvet blanc qui fait leur éclat en montagne, est facile à observer.
- Généralement l’appareil reproducteur s’atrophie, le pollen ne mûrit pas, les grains restent agglomérés dans les sacs polliniques, les ovules né sont pas fécondés et sont toujours plus petits.
- anatomiques causées par l’altitude sont d’autant plus accentuées que les tissus considérés sont plus extérieurs dans la fleur ou dans l’inflorescence. Ce sont les organes de reproduction qui subissent le moins de modifications. Tout dans la plante concourt à leur protection et à l’uniformité de leurs conditions de développement et, par suite, à leur stabilité.
- Mais si l’on considère que les plantes des hautes altitudes sont vivaces, qu’elles ne se reproduisent généralement pas par des graines, mais par des procédés spéciaux de bouturage, on se demande pourquoi tout l’appareil aérien des plantes alpines concourt à protéger la fleur, sa fonction devenant inutile, et pourquoi elle conserve ses dimensions alors que toutes les autres parties de la plante subissent une très forte réduction? La réponse à ces diverses questions semble sortir du cadre des recherches expérimentales. Celles-ci notent les faits, essaient de trouver leurs causes et de les résumer dans des lois. Mais il y a des causes qui dépassent le champ de nos observations et de nos expérimentations. M. Larbaud.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahtjre, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE — N° 2639
- NOVEMBRE 1924
- LE CONGO : DE BANANE A MATADI &
- On sait qu'actuellement, les possessions fran çaises du Congo ri ont pas de débouché direct sur la mer.
- Les marchandises doivent, à Brazzaville, passer sur la rive belge, à Léopoldville, éviter la région des rapides en empruntant la voie ferrée Léopoldville-Maladi, puis gagner la mer à Banane. La ligne belge Léopoldville-Matadi est. depuis longtemps insuffisante; on s'occupe actuellement de Vélectrifier et de l'élargir à 1 mètre pour assurer le transport des minerais du Katanga et des autres produits du Congo belge, mais elle gardera l'inconvénient de ne pas aboutir à la mer, mais bien à une centaine de kilomètres de lembouchure, d'où la nécessité de transbordements et de retards pour les paquebots.
- Dès 4908, la France avait songé à tracer une voie ferrée sur son territoire, de Brazzaville à la mer, pour réaliser un transport direct de ses produits jusqu'aux quais d'embarquement,
- Minduli
- Brazzaville
- Kimbëdi
- Mataaï
- Fig. i. — L’embouchure du Congo.
- selon l'idée émise dès 4882 par Savorgnan de Brazza.
- En 4944, un emprunt fut voté afin de commencer les travaux, mais ceux-ci ne purent être entrepris qu'en 4922.
- Tout récemment, le gouvernement vient de décider de les pousser avec activité et l'on peut espérer que bientôt le chemin de fer reliera directement Brazzaville à Pointe-Noire où un port sera construit. :
- En attendant, nos lecteurs liront avec intérêt le récit suivant de la montée du Congo, de Banane ci Matadi, écrit par le médecin cl’un des paquebots français qui font actuellement ce service.
- La construction du chemin de fer, de Brazzaville à Pointe-Noire, supprimera vraisemblablement, au moins pour les courriers français de la côte occidentale d’Afrique, la montée du Congo, de son embouchure au terminus de la navigation pour longs courriers : Matadi.
- Et ce sera dommage, car ce voyage est palpitant
- Fig. .2. — Une des criques de la rive sud ou portugaise du Congo.
- d’imprévu, de mouvement et d’intérêt; mais que les lecteurs se rassurent ; d’abord ce n’est pas pour demain, et ils pourront toujours prendre le paquebot belge.
- Du côté de Pointe-Noire ;
- Vers le 15 mars la voie Decauville, « sur l’axe définitif », atteindra le 40e kilomètre; l’entreprise des Batignolles emploie 4000 manœuvres, indigènes ; la difficulté est toute dans le manque absolu de moyens de transport ; il faut 120 hommes par jour pour porter des vivres aux travailleurs.
- Du côté de Brazzaville :
- Les travaux ont commencé plus tôt : en février 1921 ; la machine est actuellement au kilomètre 35 (Decauville).
- La longueur totale du tracé prévu est de 462 km, comportant, du kilomètre 65 au kilomètre 172, une partie très difficile, la traversée du Mayumbe.
- Devenons au fleuve : c’est en 1484, que le navigateur portugais Diego Cam, explorant le littoral africain, découvrit l’embouchure du Congo.
- Sur la pointe Sud de l’entrée, la pointe Padrào, il construisit une colonne de 4 m. 50 (Diego Cam, i486).
- Le fleuve déversant à la mer un volume d’eau
- Fig. 3. — Fetish-Rock.
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- 62* Année — 2' Semestre.
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- Fig. 4 — Borna.
- considérable, le voyageur est prévenu de l’arrivée à l’entrée par le changement de coloration de l’eau .qui devient brunâtre, par le courant très rapide, qui entraîne de nombreuses îles flottantes : herbes et arbustes détachés des îles basses qui encombrent son cours, et enfin par le changement de salure de l’eau qui, à 9 milles au large, est encore presque douce, et reste saumâtre jusqu’à près de 40 milles!
- L’embouchure très large, 25 milles, est comprise entre la pointe Rouge au Nord, et le cap Moïta Secca au Sud.
- Elle se rétrécit rapidement puisque entre la. pointe française au Nord, et la pointe Padrào au Sud, elle n’a plus que 6 milles. Pour les grands navires, la passe praticable est encore plus étroite, car le fleuve est rétréci par de nombreux bancs côtiers.
- C’est à Banane — étroite langue de sable, presqu’île de 2 milles de long, que termine la pointe française —• que les navires stoppent pour prendre le pilote du fleuve, et là commence la partie intéressante du voyage.
- Les rives du fleuve sont basses, couvertes d’une végétation remarquable, faite de palétuviers géants extrêmement épais, atteignant 100 et 150 pieds de haut, coupées de criques qui 's’enfoncent profondément dans les terres, de grands marais.
- Certaines de ces criques sont plus remarquables, les unes comme les criques Banane et des Pirates parce qu’elles sont le débouché de canaux naturels, navigables pour les embarcations, et qu’employaient autrefois les marchands d’esclaves pour échapper à la surveillance des stationnaires ; les autres, comme les criques Raphaël, sur les rives desquelles est établie la ville portugaise de San Antonio, Niva, Trade, Sherwood, parce qu’elles s’enfoncent jusqu a 15 milles dans les terres.
- Cette première partie du fleuve est jalonnée par : Malella, station du gouvernement belge sur la rive Nord et qui communique avec Banane par des canaux, les établissements portugais de Kafumbila, les factoreries de Kissanga, autrefois centre commercial important, actuellement déchu.
- Le fleuve, fortement coloré en rouge brun, roule ses eaux écumeuses, chargées de débris de toutes sortes, tourbillonnantes, entre ses rives verdoyantes absolument impraticables et plates.
- En face de Kissanga, commence un 2e aspect du fleuve. Le cours est coupé de nombreuses îles basses, coupées de criques, recouvertes d’herbes et de buissons : îles Grass, Bulikoko, N’tunga, Matëva, la plus grande, de 15 milles de long, et portant la station de même nom, établissement de la Compagnie des produits du Congo (bétail et légumes), îles des Hippopotames, Monro, îles aux Oiseaux, Horne, Selonga, Sacra Bakal, Rocca.
- Toutes ces îles laissent entre elles 2 chenaux utilisés : l’un qui suit la rive sud, chenal Congo-Yella, chenal de Fetish-Rock, ou chenal portugais; l’autre, chenal Mateva, au Nord, non utilisé par les grands navires, se réunissant à Fetish.
- L’aspect des rives change : le palétuvier disparaît, on ne voit plus qu’herbe et broussailles, avec des parties cultivées ; des villages de quelques cases sur la rivé Sud; la contrée est ici peuplée; à l’arrière-plan, collines de 150 à 200 m. de haut; certaines îles sont assez élevées, Rocca atteint 90 m. et Saora Bakal 76 m. ; la rive Sud, que l’on suit de très près, est bordée de falaises sablonneuses taillées à pic, en arrière desquelles s’étend une vaste plaine herbeuse.
- On aperçoit alors Fetish-Rock, sorte de promontoire, terminus d’une chaîne de collines ferrugineuses, sacré pour les indigènes, qui domine la rive Sud, et sur lequel se trouve à 30 m. de haut une station du gouvernement portugais. Sur la rive Nord, les collines se dressent immédiatement à 150 mètres.
- Dès qu’on a doublé Fetish on découvre Borna, capitale et siège du gouvernement du Congo. La ville, construite à 50 milles de la mer, sur la rive Nord, date de 1886. Elle se divise en 2 parties: Borna, rive du fleuve, et Borna plateau, qui s’étage sur des collines rougeâtres : ville propre, coquette, bien construite, mais ne présentant qu’un mouvement commercial peu important. Le temps de débarquer la poste et on repart pour la partie palpitante du voyage.
- Fig 5. — Le Congo, après Borna.
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- On entre dans la région montagneuse! (tout est ici relatif). En amont de Borna les rives se resserrent; la largeur moyenne jusqu’à Matadi n’est plus que d’un demi-mille,-et le chenal, mystérieusement balisé avec des signes cabalistiques placés sur les rives et quelques bouées, n’a nulle part plus de 200 m. de large. Le fleuve court désormais entre de hautes collines rougeâtres, plus ou moins couvertes de végétation. Lé courant qui, dans la première partie, a une vitesse moyenne aux basses eaux (juin à septembre) de 2 milles L/2 à l’heure et de 4 milles aux hautes eaux, atteint, de Borna à Matadi, 6 et 6 nœuds ; il brise sur les rochers et les îlots qui le coupent avec violence.
- Sur les pentes des rives s’étagent quelques postes : Binda, factorerie à 11 milles de Borna, côté Nord; Musuko, à 6 milles de Binda, rive Sud et Nokki, la
- Fig. 6. — La Chaudière du Diable.
- plus importante des stations portugaises sur le Congo, avec ses maisons coloniales aux couleurs voyantes étagées à flanc de coteau et entourées d’arbres verdoyants.
- Le fleuve fait des coudes brusques, notamment à Biamond Rocks, un des points les plus dangereux pour la navigation, et après Nokki, où il coule d’abord en direction N.-S. pendant 2 milles, puis de nouveau E.-Ô. jusqu’à Matadi.
- En ce point dit la Chaudière du Diable, nom bien mérité, les montagnes tombent sur le fleuve en vrais précipices abrupts de 180 à 250 m., sur un bassin d’un aspect sombre, triste, imposant, impressionnant surtout; très profond (90 brasses), le fleuve roule ses eaux rouges, en tempête; le courant, très violent, coupé de forts remous et de tourbillons,
- LES ACCESSOIRES DE
- Après avoir étudié le moteur proprement dit, nous allons examiner ce que sont devenues en pratique certaines questions techniques qui se rattachent étroitement à l’utilisation et au fonctionnement des moteurs d’avions.
- Transmission de la puissance aux hélices. —11
- MOTEURS D’AVIONS —...........- — 275
- atteint jusqu’à 10 milles à l’heure, à la saison des hautes eaux. Certains navires ne peuvent arriver à le remonter. Certains autres le descendent l’arrière le premier, sans pouvoir redresser leur avant. On se sent vraiment à la merci des eaux, d’une avarie de barre ou de moleur. L’étrave en remontant soulève deux grosses vagues qui lui font une moustache d’écume bouillonnante. « Passer la chaudière » est vraiment quelque chose de jamais vu, et qui remue profondément, même les plus sceptiques, car même avec 4800 chevaux, on se sent peu de chose! A Underhill, la ligne téléphonique traverse le fleuve sur une seule travée de 795 m. de large et à 40 m. de haut, et il semble qu’on va l’accrocher avec ses mâts. Puis tout de suite après, c’est Matadi, la fin des émotions, station terminus des routes de caravanes depuis 1885, à 80 milles de l’Océan.
- \'V-,
- Fig. 7. — Matadi. S?
- Construite irrégulièrement sur le versant de la rive Sud, dominé de tous côtés par de hautes montagnes rougeâtres, Matadi est une station importante d’où part le chemin de fer belge de Kinchassa. Peu au delà, à Yivi, commencent les rapides qui interdisent la navigation jusqu’au Stanley-Pool.
- Les navires accostent un grand wharf où il y a 4 postes d’amarrage.
- Le chemin de fer belge est tout à fait insuffisant pour le trafic actuel du port de Matadi. Il sera doublé en 1929 par le chemin de fer français de Pointe-Noire à Brazzaville et c’en sera fait alors des émotions du fleuve et du frisson d’angoisse qu’on éprouve dans les bouillonnements de la chaudière.
- Dr Xavier Augé.
- MOTEURS D’AVIONS
- est à remarquer que dans la plupart des moteurs français, la puissance produite par le moteur est transmise direclement à l’organe qui doit la transformer en traction; les hélices sont fixées sur le vilebrequin même des moteurs et tournent par conséquent à la même vitesse qu’eux.
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- LES ACCESSOIRES DES MOTEURS D'AVIONS
- Le rendement ainsi obtenu est très convenable lorsqu’il s’agit d’avions assez rapides ; car nous savons que le rendement des hélices d’une puissance déterminée varie assez sensiblement suivant la vitesse de rotation et la vitesse d’avancement : les hélices tournant vite, soit de 1500 à 2000 tours à la minute, conviennent tout particulièrement aux avions rapides et les hélices tournant lentement, de 800 à 1200 tours, sont mieux adaptées aux avions plus lents.
- Or la tendance moderne est de créer des moteurs à haut rendement massique et à grande vitesse de rotation, aussi bien pour les besoins de l’automo-
- bile que pour les besoins de l’avion ; en avion, on arrive aux vitesses de 1600, 1800, voire plus de 2000 tours à la minute ; si les hélices tournaient à de pareilles vitesses, ces moteurs ne sauraient convenir aux avions marchands : le « Matabille » Sunbeam 450 ch tourne à 2000 tours, 1’ « Eagle » Rolls Royce 560 ch tourne à 1800 tours, etc.
- Les constructeurs de moteurs ont donc étudié, dans certains cas, des dispositifs de réduction pour n’entraîner les hélices qu’aux environs de 900 à 1000 tours, tout en profitant , du haut rendement des moteurs tournant vite. '
- Outre d’ailleurs ce besoin d’adapter le régime des hélices aux vitesses des avions, l’expérience a prouvé que les hélices de grand diamètre tournant lentement ont un rendement meilleur: or, pour une puissance déterminée de 400 ch par exemple, on ne peut construire de grandes hélices qu’à condition de
- les faire tourner lentement, sinon la puissance absorbée dépasserait les 400 ch.
- Notons enfin que plus la vitesse de rotation est élevée, plus l’hélice doit être robuste pour résister aux formidables efforts de la force centrifuge ; nous croyons savoir par exemple que le moteur Gurtiss 450 ch type D de course n’a pu donner en Amérique sa pleine puissance que lorsqu’il a été accouplé à une hélice métallique spéciale, celle-ci devant en effet tourner à plus de 2250 tours à la minute !
- D’après l’exposé précédent nous sommes amenés à conclure que tous les constructeurs de moteurs devraient étudier les moteurs destinés aux avions de vitesse moyenne inférieure à 180 km, avec des démultiplicateurs et pourtant nous devons constater* qu’il y a extrêmement peu de moteurs français démultipliés, alors que par contre les moteurs anglais le sont presque tous. Il résulte d’ailleurs de cette situation que les gros avions français, c’est-à-dire ceux dont le poids total atteint ou dépasse 5000 kg, n’ont jamais eu en pratique les rendements qu’on attendait d’eux d’après les calculs; les constructeurs interrogés ne manquent jamais d’incriminer le mauvais rendement des groupes m otopropulseur s, les hélices sont trop petites et tournent trop vite. L’origine de cette situation réside dans lé fait que la plupart des moteurs français . ont été étudiés pour l’aviation militaire de chasse et de corps d’armée utilisant des avions rapides et qu’on a totalement négligé la question des gros avions de bombardement.
- La question de la démultiplication n’est d’ailleurs pas simple à résoudre ; quelques essais tentés en France n’ont pas été précisément couronnés de succès, mais il s’agissait de moteurs légers conçus pour la chasse.
- En réalité les démultiplicateurs entraînent d’assez sérieux inconvénients qui souvent neutralisent et quelquefois au delà les avantages de rendement qu’ils procurent par ailleurs. Délicats à construire, ils sont sujets à de fortes vibrations qui causent des ruptures moléculaires des pignons et des arbres de transmission, leur poids est notable ; enfin ils absorbent en fonctionnement une fraction de puissance qui est loin d’être négligeable ; il faut donc que Davantage qu’ils procurent soit bien net et ce n’est le cas actuellement que pour les gros avions-volant à+120 ou 150 km en moyenne.
- Au point de vue de la transmission de la puissance motrice aux hélices, nous ne devons pas nous dissimuler que nous avons fort à faire pour rattraper
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- LES ACCESSOIRES DES MOTEURS D’AVIONS
- par exemple les nombreuses études et expériences consenties par les Allemands pendant la deuxième partie de la guerre pour équiper leurs avions géants et leurs dirigeables. Nous avons autrefois exposé aux lecteurs de La Nature (n° 2445) combien nombreuses avaient été les solutions adoptées à titre expérimental par les Allemands telles que les suivantes : 5 moteurs 3 hélices; 6 moteurs 4 hélices; 2 moteurs 1 hélice; 4 moteurs 1 hélice, etc., sans compter ceux de leurs avions qui avaient autant d’hélices que de moteurs, mais ceux-ci centralisés dans le fuselage et actionnant leurs hélices par l’intermédiaire d’arbres, de pignons, de renvois, etc.
- La question des réducteurs mériterait donc d’être étudiée à fond, car d’une part il est certain que les moteurs de l'avenir devront, pour donner la meilleure utilisation possible de leur poids, tourner à des régimes rapides incompatibles avec ce que nous savons du rendement des hélices et d’autre part nous devrons tout de même avoir de véritables avions de gros bombardement ainsi que des avions de grand transport marchand qui n’auront pas besoin de si fortes vitesses lorsqu’ils desserviront des régions où ils n’auront plus à lutter contre les grands trains rapides.
- A propos de ces transmissions, nous devons signaler l’installation des groupe s motopropulseurs à bord de certains avions anglais très modernes qui, tels les Parnall « Possum », ont leurs 2 moteurs dans le fuselage et dont les 2 ou 4 hélices placées latéralement dans la cellule sont entraînées par l’intermédiaire d’arbres transversaux et de pignons d’angle; grâce à ces derniers, il est possible d’adapter exactement le régime des hélices à la vitesse de l’avion.- Le but poursuivi avec cette formule d’avion est d’obtenir d’abord des avions triplaces de combat dont l’avant du fuselage se trouve libre d’hélice et de moteur et dont toutes les masses lourdes : moteurs et réservoirs, soient concentrées au plus près du centre de gravité de l’avion; cette disposition permet en effet d’installer une mitrailleuse sur tourelle à l’avant, et procure à l’avion une maniabilité exceptionnelle.
- On cherchait aussi à permettre à ces avions bimoteurs de voler correctement avec un seul moteur, puisque les hélices que chaque moteur entraîne sont bien situées de part et d’autre du plan axial de l’avion; dans ce cas, le fâcheux couple qui empêche la presque totalité des
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- bimoteurs de voler avec un seul moteur, n’existe plus.
- Toutefois, il est bon de remarquer que cette disposition des groupes doit entraîner un sérieux accroissement de poids. Notons, avant de terminer cette question, qu’un avion français de guerre avait été construit suivant cette formule et qu’il aurait donné d’excellents résultats s’il n’avait été lancé en escadrille avec un an de retard, c’était le triplace Salmson-Moineau. Farman vient de construire un
- gros avion monomoteur avec moteur Farman 600 ch pourvu du démultiplicateur dont nous avons donné la photographie dans notre dernier article.
- L’avion, muni d’une immense hélice, a prouvé un rendement remarquable et en quelques jours tous les records d’altitude avec 2000 et 3000 kg de charge ont été battus.
- Hélices. — Nous ne voyons rien de très particulier à signaler en ce qui concerne les hélices de bois dont la technique a peu varié depuis quelques années ; signalons toutefois la tendance de plus en plus marquée à blinder les bords d’attaque des hélices avec du métal afin d’éviter que les pales ne soient rongées trop rapidement par les bancs de
- Fig. 2. — La formidable hélice bipale d’un avion Farman 6oo ch
- Bossoutrot, avant son départ pour le record du monde de hauteur, avec 3ooo kg de charge.
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- 278 = LES ACCESSOIRES DES MOTEURS D’AVIONS
- Fig. 3. — Hélice métallique Reed {duralumin forgé) montée sur un avion postal Curtis. (Remarquer la minceur des pales.)
- pluie, de grêle ou de neige dont une seule traversée un peu prolongée peut mettre les hélices définitivement hors d’usage.
- Toutes ces hélices sont extrêmement fragiles : sous l’action des variations de température ou d’humidité, elles se déforment, même en magasin; elles sont facilement détériorées par les herbes, petits cailloux, etc., des terrains d’atterrissage, etc. Leur durée en service varie assez sérieusement avec le type de moteur utilisé; ainsi, nous savons qu’une hélice de moteur Lorraine 400 ch dure en moyenne 150 heures sur le réseau de Paris à Constantinople, en comprenant dans ce chiffre, qui est une moyenne d’une année d’exploitation, toutes les causes de détériorations, y compris celles qui résultent des fâcheux Transports par chemin de fer; dans les mêmes pfymditions, les hélices des anciens moteurs Salm-’son250 ch ne duraient en moyenne que 20 heures f a cause notamment des vibrations anormales qu’entraînait l’usage des anciens vilebrequins creux.
- Notons qu’une hélice de 400 ch revient à environ 600 francs.
- Ces durées étant très insuffisantes, car on devrait arriver pratiquement à un millier d’heures, les constructeurs ont essayé de créer des hélices métalliques. En Angleterre, en Allemagne, en France, on construisit des hélices d’acier forgé composées de deux pales conçues suivant la forme des hélices de bois encastrées dans deux manchons montés sur le moyeu. Ces types d’hélices sont en cours d’essai, il semble qu’il soit assez difficile de les mettre au point, notamment en ce qui concerne les risques de rupture à l’endroit exact où les pales sont serrées par les manchons du moyeu. L’avantage principal que procurent ces hélices est leur résistance à l’usure normale et aux déformations causées par les variations de température et d’hy-
- grométrie. En outre, du fait que les pales sont indépendantes du moyeu et fixées dans des manchons, il est facile de modifier leur pas à la demande au moment du serrage des manchons. Certains constructeurs cherchent même à mettre au point, sans excédent de poids rédhibitoire, des dispositifs permettant de faire varier le pas en plein vol, de façon à proportionner celui-ci soit a la puissance du moteur, soit à la densité de l’air s’il s’agit de vols à haute altitude. De très bons résultats ont été obtenus sans qu’on puisse dire toutefois que ces dispositifs soient applicables en pratique à la navigation aérienne .L’une des plus complètes ex périences tentées dans cet ordre d’idées l’a été à bord d’un avion géant allemand en 1918; celui-ci était équipé avec 4 moteurs suralimentés par un groupe moto-compresseur de 160 ch; les 4 hélices, étaient à pas variable et l’avion ainsi aménagé réussit de nombreux vols à très haute altitude.
- La technique américaine vient de faire progresser
- j ^ ^ v * _ g
- Fig. 4 — Démarreur Viet et Scfinebelli.
- La pompe aspire par son gros corps de l’air et par son petit corps du gaz acétylène provenant d’une poche alimentée par une bouteille d’acétylène dissous. Le mélange d’air et de gaz est envoyé par la pompe dans les cylindres du moteur et une magnéto de départ fait exploser ce mélange.
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- considérablement la question des hélices. M. Reed, après de longs essais, a construit un nouveau type d’hélice métallique en duralumin forgé; pendant longtemps, la vieille Europe est restée sceptique vis-à-vis de celte invention, cependant on dut constater, l’an dernier, que toutes les courses de grande vitesse avaient été gagnées par des avions munis de ces hélices ; depuis quelques mois ori savait aussi que des avions postaux les utilisaient avec le plus grand succès,
- Un constructeur français d’hélices vient d’acquérir la licence Reed et dans quelques semaines une première hélice en duralumin sera mise aux essais sur la ligne de Paris à Constantinople.
- Ces nouvelles hélices sont caractérisées par leurs formes très minces et pointues ; après traitement spécial, on peut tordre ces hélices dans une machine pour modifier leur pas et adapter ainsi leurs caractéristiques à celles de l’avion; en cas d’accident, elles se faussent, mais ne se brisent point; il est ainsi possible de les réparer; en cas d’avarie grave, le duralumin se refond et peut resservir pour une nouvelle hélice. En service normal, leur durée serait d’au moins 1000 heures et ce chiffre ne paraît pas excessif. Actuellement le prix de revient serait de 2000 francs environ, soit 4 fois plus élevé que le prix d’une hélice en bois, mais la durée en serait au moins 6 à 7 fois plus longue.
- Démarrage de moteurs. — Autant il était facile autrefois de lancer à la main les moteurs d’avions en donnant une vigoureuse impulsion à leur hélice, autant il est devenu difficile et dangereux de lancer par le même procédé des moteurs dont la puissance atteint ou dépasse 400 ch, surtout lorsque leur position à bord des grands avions ne permet aux mécaniciens que de toucher à peine les pales ; par
- Fig. 5. — Le petit servo-moteur Gnôme et Rhône.
- F, cylindre moteur refroidi par ses ailettes. C, cylindre compresseur. L, levier de lancement. V, volant servant de ventilateur.
- exemple le moteur central du grand monoplan Far-man est à 4 m. 50 du sol 1 De nombreux systèmes de lancement ont été imaginés; les uns continuent à agir sur l’hélice ou sur son moyeu, les autres actionnent le moteur lui-même, certains sont des dispositifs de bord, d’autres ne peuvent servir que sur les terrains d’atterrissage.
- Le plus ancien des démarreurs de terrain est l’Odier, actionné par une bouteille d’aeide carbonique liquéfié. Ce dispositif se compose d’un grand support en forme de A qui porte à sa partie supérieure une griffe rotative; celle-ci s’enclanche sur le moyeu de l’hélice, lui-même muni d’une contre-griffe. La griffe rotative est mue par un câble solidaire d’un
- 260 CK
- Moteur 9 cylindres
- en étoile
- Collecteur de gaz comprimé-
- Cylindre moteur-Magnétos à 2plots
- Plot 1
- allumage'du servo-moteur
- 4-00 CV.
- Moteur 12 cylindres en V.
- 260 CK
- Moteur 9 cylindres en étoile
- Distributeur du gaz comprimé
- Allumage delà magnéto du servo-moteur
- Contact d'allumage 3 directions Conduite des gaz comprimés
- Cylindre compresseur de gaz 13 kgs)
- Plot 2. allumage des moteurs à lancer
- sty- - •/
- Servo-moteur 2cylindres. 2 temps
- Fig. 6. — Croquis d’installation du lancement d’un trimoteur Caudron (i moteur en V, 2 en étoile) au moyen d’un servo-moteur Gnôme et Rhône,
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- Fig. 7- — Vue'àprise dans le poste de pilotage d’un “Jabiru” trimoteur, montrant le petit
- groupe démarreur Bristol.
- Le cylindre vertical est le cylindre moteur; le cylindre compresseur est oblique à droite.)
- piston à longue course sur lequel agit la bouteille d’acide carbonique liquéfié.
- Ce dispositif marche parfaitement tant qu’on peut avoir à sa disposition des bouteilles de gaz, ce qui est facile en France, mais problématique dans les pays ne disposant pas d’une industrie très développée.
- Tout dernièrement a été créé sur le même principe le démarreur Carmier qui, pour entraîner la griffe rotative, fait appel à la brusque détente d’un‘ fort ressort, lentement remonté au moyen d’une petite manivelle à main ; la démultiplication de la détente a été obtenue par deux étages de pignons et des chaines de bicyclette.
- Il semble que ce procédé soit préférable, puisqu’il ne fait qu’emmagasiner dans le ressort de l’énergie humaine qui se trouve partout.
- Ces deux démarreurs sont trop lourds et trop encombrants pour être emmenés à bord des avions ; il en existe un autre du même ordre, le Drouheret, qui utilise la force élastique d’un sandow que l’on tend à la main sans efforts ; il coiffe d’une poche en cuir l’une des pales de l’hélice; la libération soudaine de cette coiffe lance le moteur ; le Drouheret ne pèse que quelques kilogammes et peut facilement faire partie de l’outillage de bord.
- Pour les gros avions multimoteurs, il a fallu songer à autre chose. Nous avons vu que les
- moteurs 400 et 600 ch Farman possédaient des moteurs électriques de lancement fonctionnant comme les dispositifs qui ont fait leurs preuves sur les automobiles ; seulement ce dispositif qui est parfait pour l’un est quelquefois peu avantageux pour l’autre, c’est encore la question de poids qui intervient, car en plus du poids du moteur électrique, il faut prévoir une forte batterie d’accumulateurs et une génératrice pour la recharger ; on arrive ainsi à une augmentation de poids pour chaque moteur vraiment excessive.
- Fig. 8. — Position des radiateurs Lamblin sur un avion postal Potez.
- (* radiateurs pour i moteur 400 ch.)
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- Fig. g. — Montage d'un moteur Jupiter 400 ch sur charnières, permettant un démontage rapide et une visite facile des organes.
- Les constructeurs ont bien imaginé d’accoupler avec le moteur une génératrice électrique utile pour la T. S. F, le chauffage et l’éclairage, qui puisse pour le lancement du moteur s’inverser et travailler comme démarreur ; ce dispositif serait déjà plus pratique, bien qu’il faille encore compter une génératrice pour chaque moteur, ce qui serait exagéré pour un avion quadrimoteur.
- Nous trouverons sur les moteurs construits en grande série des démarreurs de bord plus légers que les dispositifs électriques, mais qui souffrent pour la plupart de ce défaut, grave à notre avis, de nécessiter pour leur fonctionnement des bouteilles de gaz carbonique, d’air comprimé ou d’acétylène dissous, d’un approvisionnement difficile dans les pays lointains, de même d’ailleurs qu’en cas de guerre.
- Le Blériot est une sotte de démarreur Odier décrit plus haut, fonctionnant au gaz carbonique, mais fixé à demeure sur chacun des moteurs.
- Le Letombe est à air comprimé; une forte bouteille envoie par l’intermédiaire d’un distributeur monté sur chaque moteur et par des canalisations, de l’air comprimé dans les cylindres du moteur qui sous cette pression se met à tourner et démarre.
- Le Viet el Schnebelli envoie par le même procédé un mélange explosif dans les cylindres du moteur ; ce mélange d’air et d’acétylène dissous est
- dosé automatiquement par une pompe à 2 corps qui aspire les proportions convenables d’air et de gaz et les refoule dans les cylindres où l’explosion a lieu au moyen d’une magnéto de départ.
- Ces dispositifs ne sont pas lourds et sont d’un fonctionnement, assez sûr lorsque les gaz comprimés sont de pression ou de qualité convenable.
- Sur la ligne de Paris à Constantinople vont être mis en service dans quelques semaines de gros avions trimoteurs à bord desquels seront installés des démarreurs d’un principe tout nouveau.
- Le démarreur Gnome et Rhône, d’invention anglaise, lance les moteurs en envoyant dans les cylindres non seulement de l’air comprimé comme le Lelombe, mais aussi de l’air carburé qui donnera lieu à des explosions, comme le Viet et Schnebelli, mais avec cette différence fondamentale que cet air comprimé et carburé provient non pas d’une bouteille plus ou moins vite essoufflée, mais bien
- Fig. io. — Montage en porte-à-faux de deux moteurs.
- Vue avant 'de l’avion Dewoitine 4 en construction, montrant les montages en porte-à-faux sur les deux tôles rondes des deux moteurs 260 ch Salmson. La coque de l’avion est métallique, La partie avant manque.
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- d’un petit compresseur entraîné par un servomoteur à essence : sa capacité est donc indéfinie tant qu’il y a de l’essence à bord ; c’est là que réside le véritable progrès : le démarrage de l’avion est autonome de tout secours extérieur.
- Ce groupe moto-compresseur, placé dans le poste de pilotage, se compose d’un moteur à deux cylindres : l’un des cylindres est moteur et fonctionne à deux temps, l’autre cylindre sert de compresseur d’air et envoie l’air qu’il comprime, par l’intermédiaire d’un carburateur qui le carbure, dans les cylindres du moteur à lancer. Nous avons vu le démarrage d’un gros avion trimoteur de 900 ch s'effectuer en 12 secondes sans aucun danger et sans ratés possibles si les moteurs sont bien en état dé marché.
- De plus, ce petit servo-môteur, moins lourd qu’une bouteille d’air comprimé, puisqu’il ne pèse qu’une vingtaine, de kilogrammes, peut s’accoupler suivant le désir du pilote à la génératrice électrique qui fournit le courant au poste de T. S. F. et aux accumulateurs ainsi que nous le verrons plus loin en étudiant les installations techniques des avions.
- L’avantage de ce démarreur est de pouvoir servir aussi bien pour 1 ou 2 moteurs que pour 10 moteurs si cela était nécessaire.
- Refroidissement des moteurs. — Nous avons vu précédemment que le procédé le plus simple de refroidir les puissants moteurs d’avions était sans contredit d’évacuer les innombrables calories créées par les explosions, directement dans l’air ambiant en profitant du violent courant d’air produit par l’avancement de l’avion, sans avoir à passer par les intermédiaires habituels de l’eau et de son radiateur.
- Cependant peu de constructeurs ont abordé, pour les moteurs d’une puissance supérieure à 200 ch, la solution de ce problème par l’air et le plus grand nombre des moteurs est encore à refroidissement par l’eau.
- Les efforts principaux cfe perteclionnement en cette matière se sont cantonnés dans l’étude de radiateurs de plus en plus légers, de moins en moins résistants à l’avancement et de plus en plus amovibles.
- Fig-, n. — Montage d’un 400 ch Lorraine sur le bimoteur Jabiru-Farman.
- Remarquer sous le moteur les nouveaux radiateurs Lamblin dits ‘.‘piles d’assiettes”.
- De nombreux types de radiateurs sont utilisés, les uns en nids d’abeille comme les radiateurs d’automobiles, les autres en fines lamelles conçus spécialement pour l’aviation.
- Les radiateurs en nids d’abeille ou similaires sont généralement assez encombrants et lourds; par contre les plus courants et les plus pratiques des radiateurs en lamelles, les Lamblin, sont de petites dimensions et peuvent se placer sur l’avion en des endroits judicieusement choisis pour obtenir le meilleur refroidissement tout en restant très amovibles en cas de besoin. Généralisés sur les avions du réseau Paris-Constantinople, leur fonctionnement est tel que pendant toute la durée de l’année 1923, ils n’ont
- donné lieu à aucune panne; nous sommes bien loin des débuts de l’aviation ! Il faut deux de ces radiateurs pour un moteur de 400 ch et leur surface radiante développée atteint 12 m2 pour un avion volant à 160-190 km à l’heure ; leur poids à vide est de 20 kg l’unité.
- Les usines Lamblin viennent de sortir un nouveau modèle de radiateur de forme allongée dénommé en pile
- d’assiettes. 11 se compose, en effet, d’une série de disques minces et creux traversés par un collecteur central ; ce radiateur se fixe soit le long d’un mât ou d’une jambe de force ; sa résistance à l’avancement et son poids seraient moindres encore.
- De nouvelles formules de radiateurs ont été lan cées, en particulier des radiateurs à éclipse qui per-!-mettent au pilote d’exposer dans le courant d’air plus ou moins de la surface radiante, en sortant du fuselage, par l’intermédiaire de chaînes ou de vis hélicoïdales, plus ou moins dû radiateur ; on évite ainsi les systèmes de volets qui offraient une grande résistance à l’avancement.
- Enfin, sur les avions de très grande vitesse, les constructeurs tendent à supprimer complètement les radiateurs ordinaires qui constituent encore, quelque perfectionnés qu’ils soient, une résistance et un poids parasites et à les remplacer par.de grandes surfaces radiantes. En l’espèce, les ailes des avions sont prévues de telle façon qu’elles sont recouvertes non par la toile habituelle, mais par une double fine tôle de laiton qui comprend entre ses
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- Fig'. 12. — Type de capotage d’un 400 ch Jupiter à refroidissement
- par air.
- Seules les têtes des cylindres et les soupapes sont exposées dans le courant d’air.
- parois une mince pellicule d’eau à refroidir; les tuyaux collecteurs sont défilés dans l’épaisseur de l’aile; la résistance propre au radiateur est donc nulle et de plus la radiation des calories est très énergique.
- Certains avions américains sont pourvus de ce dispositif et le dernier sesquiplan Nieuport de Sadi Lecointe l’a adopté. Cette idée n’est point nouvelle ; déjà pendant la guerre, certains types d’avions de chasse allemands possédaient des radiateurs noyés.dans l’épaisseur de l’aile. •
- Notons toutefois que ces surfaces radiantes doivent être extrêmement fragiles et très difficiles à réparer en cas de fuite.
- Rappelons que pour un moteur de 400 ch, il est au moins nécessaire d’envisager iOO kg pour le refroidissement par l’eau.
- Montage et capotage d’un moteur. — C’est une question des plus délicates que de bien monter et de bien capoter un moteur d’avion et il est fâcheux que les constructeurs n’aient pas prêté plus d’attention à ce problème.
- Certains moteurs d’avions militaires ou même civils sont si mal montés sur leurs avions qu’il est souvent très difficile d’accéder à leurs organes soit pour les vérifier, soit même pour les maintenir en bon état de propreté.
- On ne peut s’imaginer combien de pannes et
- même d’accidents auraient pu être évités si avant le départ, le mécanicien avait pu vérifier sans difficultés l’état de son moteur et des innombrables accessoires qui peuvent fuir ou se desserrer, sans avoir la vue et les mouvements gênés par les tubes, les montants, les tôles et les câbles qui souvent entourent le moteur. En particulier combien d’incendies ont été causés oii aggravés par l’inflammation des huiles et essences qui ne peuvent manquer de s’accumuler derrière et au-dessous d’un moteur mal entretenu ou même d’imprégner les parties de bois voisines.
- Nous connaissons par exemple un type d’avion commercial, le meilleur peut-être, mais sur lequel cependant il est nécessaire, pour vérifier l’état des magnétos et des distributeurs.de courant, de, démonter dans l’intérieur de la cabine une sorte de calotte métallique fixée hermétiquement par vis! Chacune de ces vérifications, indispensable avant chaque départ, demande au moins 20 minutes, alors que normalement 2 minutes devraient largement suffire.
- Les planeurs modernes — et nous entendons ici par ce terme les ailes et le fuselage d’un avion — peuvent rester en service au moins 300 heures sans avoir à repasser dans un atelier; il en est tout autrement des groupes moto-propulseurs : en effet les moteurs actuels, après quelque 60 ou 80 heures de marche suivant les
- Fig. i3. — Vue d’un moteur équipé avec iurho-compresseur.
- Moteur Renault 3oo ch, 12 cylindres, équipé avec turbine Rateau : le dispositif Ipermet au moteur de conserver sa puissance dans l'atmosphère raréfiée des hautes altitudes. Les.carburateurs sont alimentés avec de l’air comprimé par un compresseur, commandé lui-même par une turbine à gaz, qu’actionnent les gaz d’échappement du moteur. — E, collecteur de gaz d’échappement ; T. turbine à gaz ; S, sortie des gaz d’échappement détendus ; A, aspiration de l’air; C, compresseur d’air centrifuge; AC, conduite d’air comprimé; R, refroidissement de l’air comprimé; M, carburateurs.
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- marques, doivent être changés pour subir de totales révisions en atelier.
- Il faudra donc changer trois ou quatre fois le moteur d’un planeur avant que celui-ci soit lui-même en révision; on voit de suite qu’il existe, en dehors de la question de sécurité soulevée plus haut, une question d’économie d’exploitation qui dépend de la plus ou moins grande amovibilité du moteur.
- Pendant que le groupe moteur est en révision, pour éviter que l’avion reste inutilisé, on monte un autre moteur, mais me changement demande un certain temps, pratiquement il faut compter par jours. Ce délai est long et sa multiplication par le nombre des moteurs à changer, dans une année par exemple, entraîne les compagnies aériennes à posséder une flotte disproportionnée avec les besoins réels. C’est pourquoi les compagnies réclament avec insistance aux constructeurs des améliorations au montage des moteurs qui permettent d’effectuer un remplacement en quelques heures.
- On est arrivé à réaliser de gros progrès dans cette voie et les avions très modernes comme le nouveau Jabiru Farman et le Caudron 81, tous deux trimoteurs et tous deux destinés à la ligne de Paris à Constantinople, sont construits de façon que les moteurs de 500 et 400 ch ne sont fixés sur l’avion qu’au moyen de 4 boulons'’ seulement; aussi en quelque 4 à 5 heures un moteur peut-il être changé sans immobiliser trop longtemps l’avion.
- Le groupe moto-propulseur complet s’enlève, y compris l’hélice, le moteur, le bâti, le réservoir d’huile, le radiateur, etc.
- Certains moteurs anglais, tels le Bristol Jupiter 400 ch en étoile, ont été montés à charnières et pivotent sur un côté 1out comme s’ouvre une porte, facilitant ainsi le démontage, l’accessibilité aux organes et le travail d’entretien.
- Nous devons signaler la hardie conception de l’ingénieur Rohrbach, ancien directeur des usines Zeppelin, qui adopta sur le gros avion marin bimoteur lancé dernièrement un montage de moteur curieux. Les deux moteurs sont en effet juchés très haut au-dessus de l’avion sur de légers supports en tubes ; cette disposition a dû être adoptée tant pour relever le centre de gravité de l’avion trop abaissé par le poids de la coque que pour permettre aux deux hélices d’avoir un rendement maximum, celles-ci étant, du fait de ce montage curieux, très dégagées.
- Dans le même ordre d’idées, notons le montage qu’adopte pour la construction de son avion bimoteur M. Dewoitine lorsqu’il place ses deux moteurs de part et d’autre du fuselage, complètement en porte-à-faux sur deux supports en forme de petits ailerons; les hélices dans ce cas doivent avoir un excellent rendement (fig. 10).
- Lorsque le moteur est en place, le constructeur doit déterminer la forme extérieure à donner au capotage qui enveloppe tout le groupe motopro-
- pulseur; le capotage doit être très étudié en vue d’abord de présenter le moins de résistance à la pénétration dans l’air, puis de permettre un accès facile et rapide au moteur; enfin il doit d’une part -favoriser le rendement de l’hélice et d’autre part se raccorder harmonieusement avec le corps du fuselage s’il y a lieu.
- De nombreuses solutions très heureuses ont été adoptées pour les moteurs en I, en V et en W ; nous pouvons citer comme exemple harmonieux le capot du 400 ch Lorraine sur les berlines Spad 46 qui se raccorde admirablement avec la coque et encore mieux le capotage du 530 ch Hispano sur le dernier avion de course Nieuport.
- Le problème est plus difficile à résoudre lorsqu’il s’agit des moteurs en étoile, ceux-ci offrant un maître-couple trop résistant à l’avancement : toutefois certains moteurs en étoile comme le Jupiter 400 ch semblent avoir été bien traités mais, dans ce cas, il leur manque lin pot d’échappement et ces moteurs sont alors bruyants, peut-être un peu trop. Sur le capot du 400 ch Jupiter dont nous donnons une photographie ; (fig. 12), on peut remarquer les petites calottes disposées derrière chaque tête des cylindres, elles sont destinées à capter l’air de refroidissement et à le projeter contre la face postérieure des cylindres. Notre dernier article sur les nouveaux moteurs contenait une photographie significative à cet égard, celle du Jabiru Farman montrant ses trois moteurs en étoile qui largement s’opposent à la bonne pénétration dans l’air ; de ce seul fait l’avion perd au moins une dizaine de kilomètres à l’heure.
- , Par contre, nous devons signaler l’intéressante tentative des usines Salmson qui, ayant à capoter un moteur en étoile de 550 ch sur leur dernier avion de course, ont été amenés, pour obtenir un bon carénage de pénétration, à prolonger l’arbre porte-hélice d’au moins 2 m, avec toutes les difficultés techniques que comporte une pareille réalisation ; le capotage du moteur put alors être absolument parfait et le rendement de l’hélice maximum.
- Alimentation du moteur en combustible. — Le réservoir d’essence d’un avion monomoteur ne peut se placer qu’en peu d’endroits ; ne devant pas s’écarter sensiblement du centre de gravité, il peut être disposé soit derrière le moteur, soit sous le fuselage, soit au-dessus du fuselage.
- Si le niveau le plus bas d’un réservoir est inférieur au niveau du carburateur, l’essence doit être élevée au moyen d’une petite pompe; généralement actionnée par le moteur ou par une hélice aérienne ; l’essence est élevée jusque dans un petit réservoir-nourrice et elle débite plus que ne consomme le moteur, le trop-plein retombant dans le réservoir principal. Ce procédé fonctionne maintenant avec une sécurité parfaite.
- Lorsque le réservoir est nettement plus élevé que le carburateur, l’essence afflue vers ce dernier par son poids, ce qui est bien préférable puisque plus simple.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- Nous pouvons maintenant considérer les différentes situations possibles des réservoirs.
- Est-il vraiment prudent de disposer un réservoir contenant plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de litres d’essence à faible distance du moteur dans lequel se produisent parfois plus de 10 000 explosions par minute? nous ne le pensons pas; certains avions militaires ainsi conçus ont une fâcheuse tendance à prendre feu en l’air à la suite d’incidents de moteurs (rupture de soupape et piston, rupture de bielles, etc.), et au sol après capotage même léger, lorsque l’essence fuit sur le moteur brûlant.
- Ce sont là des incidents bénins qui engendrent en quelques secondes des catastrophes.
- On a bien songé à disposer le réservoir d’essence dans le train d’atterrissage (Fokker), mais cette solution ne convient que pour de petits réservoirs.
- L’aviation marchande a préféré, en général, disposer les réservoirs sur ou dans le plan supérieur des avions ; l’alimentation se fait par gravité et les risques d’incendie sont ainsi très diminués. Ainsi les berlines Spad 46 emportent leur essence dans deux réservoirs placés sur le plan supérieur ; de même, les nouveaux trimoteurs Caudron et Far-man ont leurs réservoirs placés soit uniquement dans l’aile supérieure, soit partie dans cette aile et partie dans l’aile inférieure, mais loin des moteurs.
- La faveur grandissante des ailes épaisses permettra d’envisager encore plus facilement tous les réservoirs dans les ailes.
- ACADÉMIE
- Séances d'août et
- Sur le comportement glandulaire clu chordome. — Suivant les auteurs, cette néoplasie se rattache tantôt aux épithéliomas, tantôt aux sarcomes. Pour MM. Argaud et D. Clermont, on ne doit pas envisager la chorde comme une simple tigelle de soutien, et l’on doit la considérer, chez les mammifères, comme une glande éphémère très étirée et sécrétant une substance albumino-calcaire qui amorce l'ossification vertébrale.
- La diffusion de la lumière par les gaz rares. — L’étude de MM. J. Cabannes et Lepape indique que la polarisation de la lumière diffusée transversalement par un gaz inerte parfaitement pur n’êst pas totale. La dépolarisation ne varie pas de façon sensible de l’argon au néon et les résultats obtenus semblent indiquer une légère anisotropie des atomes des gaz rares.
- L'analyse microscopique du sol. — M. Yinogradsky soumet à l’Académie une méthode extrêmement simple qui demande cinq préparations par échantillon de terre et utilise, suivant les indications de M. Corne, l’érythro-sine comme colorant. On peut ainsi non seulement faire l’étude de la microflore d’un sol, mais encore déterminer sa constitution intime et, de plus, se rendre compte, par l’examen d’une dissolution, des formes bacillaires qui distinguent une terre souillée d’une terre normale.
- Suralimentation. — Ceux de nos lecteurs qui ont lu, il y a quelques années, notre article sur les espoirs qu’avaient fait naître les premiers essais de suralimentation des moteurs pour voler à haute altitude dans l’atmosphère raréfiée doivent s’étonner que cette question n’ait pas abouti encore plus brillamment. Signalons toutefois que la période des premières expériences est terminée et que maintenant des escadrilles entières sont pourvues de dispositifs de suralimentation, c’est-à-dire de turbocompresseurs Rateau. Cependant nous devons constater que les résultats escomptés ont été fort ralentis par suite du manque.de souplesse des hélices dont on n’a pas encore pu rendre variable le pas en plein vol aussi bien qu’on l’aurait désiré ; et il arrive qu’un moteur suralimenté ne puisse pas utiliser à très haute altitude, par suite de la défaillance de l’hélice, plus de la moitié de la puissance.
- Nous donnons ici une. photographie représentant un moteur Renault 300 ch pourvu d’un turbo-com-presseur Rateau (fig. 13). Notons que la suralimentation des moteurs n’est plus d’une application exceptionnelle ; en effet, les automobiles de course sont maintenant équipées avec des compresseurs qui, à cylindrées égales, ont permis d’augmenter considérablement les-vitesses en course.
- Prochainement nous étudierons les multiples instruments de bords indispensables à la conduite si délicate des avions.
- Jean-Abel Lefranc.
- ES SCIENCES
- septembre 1924.
- Détermination de la latitude géographique. — Elle se calcule aisément, d’après la note de M. Antonio Car-reira, si l’on connaît trois hauteurs quelconques de l’astre et les valeurs respectives de la déclinaison. Les formules indiquées ont été appliquées à l’Observatoire de Lisbonne, à l’étoile d'Aquilae, par M. Mello-Simas et l’arc obtenu ne différait que de 24 secondes de la latitude géographique du lieu.
- La densité du fer et de quelques métaux réfractaires à l’étal liquide. —Le dispositif, imaginé par M. G. Bene-dieks, rappelle l’appareil de Dulong et Petit pour la mesure du coefficient de dilatation du mercure, et' les expériences, conduites par MM. G. Phragmen et David W. Berlin, ont porté sur le plomb, l’étain et le fer, aux températures respectives de 500°, 520° et 1540°.
- La mesure de très faibles différences de potentiel. — L’électromètre, construit par MM. Gutlon et Laville, permet d’évaluer des différences de*'potentiel de l’ordre du volt et parmi les déterminations faciles qu’il permet, on peut citer : la résistance apparente et l’inductance d’un téléphone, d’un des enroulements d’une bobine toroïdale ou du secondaire de la bobine d’un poste téléphonique.
- Paul B.
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- LA TRANSFORMATION DES VOIES D’EAU DU NORD
- La guerre a prouvé péremptoirement le rôle bienfaisant que la navigation intérieure pouvait jouer dans l’économie générale du pays. La voie d’eau, loin de constituer une concurrence au rail, lui est le plus précieux des adjuvants. Elle seule permet l’écoulement des matières pondéreuses sur une très large échelle, et à des conditions de transport vraiment avantageuses pour la production et la consommation. Les Allemands l’avaient très bien compris, et leur système fluvial a été perfectionné au plus haut point. Il n’en a pas été tout à fait de même en France. Sans doute le réseau de navigation intérieure y est assez dense, particulièrement dans la région du Nord, mais il est encore loin de répondre aux exigences d’un avenir prochain. Il convient donc de réaliser certaines mesures en vue de pourvoir l’industrie et le commerce de l’outil dont ils ont besoin. C’est ce que nous allons exposer, en tenant compte des éludes déjà effectuées, et des observations formulées au dernier Congrès de la Navigation.
- La voie d’eau entre le Nord et la capitale. — A l’heure actuelle la voie Yalenciennes-Paris constitue la principale artère de circulation du territoire. C’est à elle, en effet, qu’il appartient de véhiculer les houilles flamandes nécessaires à la vie de la capitale. Il importe de se souvenir que celte voie est formée de plusieurs tronçons de routes, plus ou moins artificielles: le canal de la Sensée, d’Arleux à Etrun, l’Escaut canalisé de ce point à Cambrai, le canal de Saint-Quentin entre Cambrai et Chauny, le canal latéral à l’Oise de Chaiiny à Janville, et enfin l’Oise jusqu’à son confluent en Seine, à Conflans-Sainte-IIonorine. D’Arleux à Janville, le trajet mesure 155 km, de Janville à Conflans, 104. Si le trafic sur l’Oise était encore loin d’avoir atteint en 1915 la capacité extrême de la voie, avec les 5 500000 tonnes enregistrées, il en allait tout différemment de là. section Arleux-Janville. Les 7 850 000 tonnes, signalées sur le canal de Saint-Quentin, étaient bien près de représenter les possibilités maxima de cette artère. On peut même admettre que, si la guerre n’avait pas éclaté, la voie serait devenue insuffisante dès 1914, en raison du développement des opérations avec la Westphalie.
- Cette situation avait été prévue, et la loi de décembre 1905 avait doublé le canal de Saint-Quentin, en décrétant l’exécution du canal du Nord, lequel partant d’Arleux, clef du réseau aux portes de Douai, devait aboutir à Pont-l’Evêque près de Noyon, sur le canal latéral à l’Oise, en remontant la vallée de l’Agache, tributaire de la Sensée, escaladant le faîte d’Havrincourt et redescendant'par la vallée de la Tortille, le canal de la Somme, la vallée de l’Ingon, et, enfin, en franchissant le bief de partage qui sépare le bassin de la Somme de celui de l’Oise. Grâce à l’extension du rayon des courbes,
- porté à 500 ou 1000 m, à l’emploi prévu de bateaux de 600 tonnes, on avait estimé à 15 millions de tonnes la capacité de cette nouvelle route d’eau. Les relations entre les charbonnages du Nord et la Seine eussent donc été assurées pour une très longue période.
- Mais les Allemands ont commis de sérieux dégâts sur le canal, en cours de réalisation. L’achèvement de la voie* exigera encore plus de 100 millions. Comme nos ressources budgétaires sont très réduites, non seulement il a fallu envisager une restriction — provisoire — du gabarit primitif, c’est-à-dire la circulation de bateaux de 200 tonnes, mais encore décider que le délai d’exécution serait fort accru.
- Comme Paris ne saurait être à la merci de ce retard, des dispositions nouvelles ont dû être considérées, en vue d’améliorer le rendement de la voie en service. Trois circonstances contribuent à paralyser le mouvement sur la ligne Paris-Flandre : l°le tracé exagérément sinueux du canal; 2° l’insuffisance de débit des souterrains du canal de Saint-Quentin, longs respectivement de 5670 et 1100 m, et à voie unique ; 5° la médiocrité des moyens d’alimentation. C’est à remédier à ces sujétions que s’emploie actuellement l’administration. A proximité du village de Vendhuilïe, le rayon des courbes s’effrite à 200 m, et la traction devient très délicate. On ne pouvait, cependant, songer jadis à modifier le traeé. Il eût fallu sacrifier le bourg de Vendhuilïe.
- L’ennemi s’étant chargé de ce soin, le village a été déplacé, et lés travaux de rectification sont activés, pour être clos à la fin de la présente année. Vraisemblablement on complétera le gain en régularisant la vingtaine de courbes qui entravent la marche entre Lesdins et Fargniers. Simultanément on procédera à la modernisation du grand souterrain. Enfin, les ingénieurs ont projeté la création d’un vaste réservoir à l’origine du canal d’alimentation, qui emprunte les eaux du Noirrieu et de l’Oise. Ainsi la capacité du canal actuel pourrait être augmentée de 20 à 25 pour 100, d’autant plus que la traction électrique doit être généralisée de l’Oise à l’Escaut. La dépense n’apparaît pas prohibitive. Le canal de Saint-Quentin, qui pouvait redouter la future concurrence du canal dit Nord, en raison de la réduction du trajet, va bénéficier, par imprévu, du retard apporté par la guerre à la construction de la nouvelle cuvette. Toutefois, on peut se demander si les travaux d’appropriation, en cours oq préconisés, n’auront pas pour résultat de différer aux calendes la mise en œuvre du canal du Nord, hier réclamé a cor et à cris par la batellerie et très mollement défendu par l’industrie au Congrès de Lille. Il ne serait point surprenant qu’en définitive celui-ci fût sacrifié,.à l’encontre des intérêts nationaux. C’est là une hypothèse qu’il ne faudrait pas écarter.
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- LA TRANSFORMATION DES
- La liaison Lille-m^r du Nord. — Si la bretelle fluviale Lille-Paris peut encore rendre de précieux services, les communications de Lille et Douai avec la mer ne laissent pas d’être défectueuses. Cependant, on y a déjà créé des perfectionnements. Le canal de la Sensée, la dérivation de la Scarpe à Douai, le canal de la Deule sont actuellement l’objet de travaux méthodiques, destinés à faciliter le passage des bateaux de 550 tonnes. Le rayon lillois ne sera, toutefois, doté d’un outil à la hauteur de ses exigences qu’au prix de nouveaux débours. Comme on l’a fait avec succès à Douai, il faut éviter la traversée de Lille et éliminer l’écluse de Don; mais on favoriserait ainsi exclusivement le transit, sans effectivement pourvoir aux besoins industriels de l’agglomération lilloise. La capitale du Nord revendique légitimement un port. Sans vouloir concevoir des chimères, en l’état de nos finances, sans prétendre à instituer un port maritime comme à Gand, hantise de nos populations actives du Nord, du moins doit-on hâter l’exécution de l’établissement projeté, sur le flanc ouest, et qui consisterait simplement à ouvrir une voie élargie en rectifiant le tracé de la Deule, et en creusant des darses, raccordées aurai!.
- 11 est regrettable de constater, à ce propos, combien pitoyables sont les ressources actuelles de Lille. Des trois soi-disant ports utilisés jusqu’ici, l’un est privé de tout outillage public, et mal relié au chemin de fer, l’autre tout à fait inaccessible, le troisième trop étroit pour des opérations intensives.
- Les rapports de Lille avec la mer ne sont pas mieux assurés. Le canal d’Aire était déjà regardé comme impuissant en 1915, bien que véhiculant 4515166 tonnes. Comme il a été prouvé qu’ulté-rieurement cette voie devrait recevoir 5 millions de tonnes avec l’accroissement delà production houillère du rayon de Béthune, il est indispensable de l’élargir et de l’approfondir, en vue de la circulation de bateaux de 550 tonnes. Une décision ministérielle dü 25 juin 1925 a consacré cette transformation qui est imminente.
- Toutefois, l’opération exige un complément. 11 serait contraire à la logique d’obliger la batellerie à rompre charge à Aire. Le relèvement du gabarit sera donc appliqué également à la voie de Neufossé (jonction de la Lys à l’Aa), où l’on entrevoit sous peu un mouvement de 2 500 000 tonnes, contre 1900000 avant le conflit. Il resterait à mettre l’Aa et les canaux de Calais et Dunkerque dans des conditions de navigabilité .analogues. Mais ici on se heurte.à des difficultés techniques, qui ne sont pas négligeables. L’Aa présente un courant exoessif en crues, le canal de Bourbourg n’est pas modifiable sur quelques points, par suite des constructions existantes. Quant au canal de la Colme, on s’y heurte à des impossibilités de même ordre.
- Les ingénieurs des Ponts et Chaussées ont, conséquemment, suggéré de nouvelles formules. Une voie neuve, de 8 km, serait aménagée entre les canaux ! de la Colme (Coppenaxfort) efide Bourbourg ( Lynck) |
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- On raccourcirait de la sorte de 7 km le trajet Saint-Omer-Dunkerque, on supprimerait le passage d’une écluse, tandis que l’Aa ne serait plus emprunté que dans sa section la moins affectée par les hautes eaux..
- Cette artère serait soudée à Dunkerque, viâ Bourbourg, non plus par le grand canal projeté Guindal-darses maritimes, mais par un raccourci nouveau de 5 km seulement. Dunkerque aurait toute satisfaction.
- Pour Calais, l’exécution d’une voie pouvant porter des bateaux de 550 tonnes implique la modification profonde de l’ascenseur des Fontinettes. La science permet aujourd’hui une telle entreprise sans sacrifices prohibitifs.
- L’interconnexion Nord et Est. — Les Flandres n’ont pas uniquement besoin de relations fluviales avec Paris et la mer du Nord. Les hauts fourneaux du rayon de Valenciennes et Maubeuge absorbent du minerai de fer lorrain, tout comme la sidérurgie liégeoise. Parallèlement, la métallurgie de l’Est trouve dans les cokeries septentrionales le combustible qui lui fait défaut lorsque la Ruhr s’efforce d’entraver son activité. Aussi, dès 1879, M. de Freycinet faisait-il voter l’ùrgence de la réalisation d’un canal Escaut-Longwy. Après des vicissitudes variées, résultant de certains antagonismes entre le Nord et l’Est, le Congrès de Rouen de 1922 réussissait à accorder les frères ennemis sur un projet que nous avons relaté dans ce journal, et qui tendait à relier la Moselle à la Meuse par Jœuf, Conflans, Mouzay-sur-Meuse, à gagner le canal des Ardennes au Chesne, à traverser Mézières et à emprunter la primitive voie Meuse-Escaut, viâ Liart, Etreux, le canal de Sambre à l’Oise, et une cuvette à creuser entre Ors et Denain.
- Pour des considérations techniques, telle qu’une meilleure alimentation financière — le débours devant être réduit de 40 pour 100 — M. l’Inspecteur général Bourgeois suggérait, récemment, d’abandonner cette conception, et de borner la voie neuve au parcours Moselle-Meuse-Aisne (Rilly) pour utiliser ensuite les canaux des Ardennes, latéral à l’Aisne, l’Oise jusqu’à Noyon et le futur canal du Nord.
- Ce projet a rencontré à Lille d’unanimes résistances. Il tend en effet à rejeter» sur Paris et Rouen le trafic lorrain; il fait litière des intérêts industriels de la métallurgie de la Sambre, il engorgerait bien vite des voies surchargées. En réalité, il dénature le problème, et vise surtout à faciliter à la Sarre l’accès de Paris. Ce n’est plus, à la vérité, une voie Lorraine-mer du Nord, mais une artère Moselle-le Havre. L’industrie n’est donc pas, disposée à participer à son exécution. Mais, d’autre part, il est peu probable qu’elle subventionne suffisamment le projet ancien, attendu que les Flandres appréhendent le détournement vers Anvers des marchandises provenant de la Lorraine, le jour où elles accéderont à la Meuse moyenne. Aussi la réalisation du canal du
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- Nord-Est apparaît-elle encore comme très problématique, malgré son utilité indiscutable.
- Les relations Lorraine-Belgique. — Toutefois, la communication Meuse-Moselle pourrait être éta-' blie avec le seul concours de l’Est. La sidérurgie lorraine a besoin de recevoir bientôt les charbons qu’elle va exploiter en Campine belge. Le bassin de Briey approvisionne la métallurgie belge.
- Anvers est le centre des exportations de la Lor-
- 1000 tonnes, par la création d’un canal latéral Maestricht-Maesbracht, prolongeant celui, déjà décidé, de Maesbracht à Grave. Le réseau sera complété par l’agrandissement du canal de'la Merwede, liaison d’Amsterdam au Rhin, la mise en service du canal Wilhelmine et une voie Wessen-Meuse, l’actuel canal de Bois-le-Duc étant considéré comme archaïque.
- La Belgique clairvoyante ne veut pas, non plus, rester en arrière. Après avoir amélioré le réseau
- VOIES NAVIGABLES DU
- 'Bevergen
- NORD-EST delà FRANCE ET DE LA BELGIQUE
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- Fig. r. — Voies navigables du Nord-Est de la France et de la Belgique.
- raine. Celle-ci aura intérêt à favoriser son trafic par eau. L’Etat français, par ailleurs, ne peut manquer de perfectionner la «navigation meusienne, d’autant que pour porter, de Givet à Mézières, son gabarit à celui des bateaux de 600 tonnes, il suffirait d’élargir et approfondir le chenal, de remanier les souterrains de Ham et Revin et d’agrandir les écluses. L’effort à entreprendre serait, en outre, compensé par la possibilité de recueillir 1200 ch de force motrice. Or, il n’en coûterait que 60 millions.
- Il est peu probable que nous puissions nous désintéresser de cet aspect de la question en présence de la volonté affirmée de la Hollande et de la Belgique. La première va [ouvrir les charbonnages du Limbourg néerlandais à des unités d’au moins
- Anvers-Liège, elle envisage de creuser une voie de la Meuse à Genck (Limbourg) et de Genck au cœur de la Campine. Partout les bateaux de 2000 tonnes auraient le moyen de circuler.
- Fatalement, nous serons entraînés à suivre nos voisins, pour des raisons économiques, et la Lorraine devra être raccordée à la Meuse. Mais, à ce moment, le Nord sera le premier à revendiquer, coûte que coûte, la branche Meuse-Escaut.
- Quelle que soit l’opinion des régions, il paraît donc rationnel de prévoir la réalisation d’une voie Est-Nord, complément nécessaire des artères perfectionnées de l’Escaut à la Seine et à la mer.
- // . Augustr Payvlowski.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, 9, rue de Fleurus, à Paris
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- LA NATURE - N° 2640
- 8 NOVEMBRE 1924
- HA PISCICULTURE TRUITIÈRE AU MAROC
- La plupart des cours d’eau du Moyen Atlas, avec leurs eaux torrentueuses et froides, sont éminemment favorables au développement des Salmonidés en général, de la Truite en particulier.
- De fait, on a signalé ce poisson (Trutta fario L. var. macrosligma A. Dum.) dans un certain nombre d’entre eux, en particulier : l’Oued Guigou, aux sources du Sebou; l’O. Iferane, qui sort d’une grande source; l’O. ben Smine et l’O. Ras el Ma,
- nides. Rentré en France, nous nous sommes mis au travail pour établir les plans d’une station de pisciculture extrêmement simple, mais susceptible de nous donner toute satisfaction.
- Ces plans ont été rapidement mis en exécution sur les instructions du Directeur des Eaux et Forêts, M. Boudy, et sous la surveillance directe de l’Inspecteur de Meknès, M. Yogeli, et du Garde Général d’Azrou, M. Vicq, auxquels je suis heureux d’adres-
- Fig. i. — 'Azrou (Moyen Atlai). Vue du village. Cliché Mourey. '
- dont la réunion forme Tune des branches de l’O. Tigrigra ; l’O. Tigrigra, lui-même, où ces poissons sont relativement abondants et, enfin, l’O. Oum er R’bia, dans sa partie non salée, c’est-à-dire depuis ses sources jusqu’à l’O. Amassine.
- Il existe, de plus, dans cette même région, une série d’étangs et de lacs plus ou moins importants, dans lesquels il n’a pas été signalé, jusqu’ici, de Truites, sauf, peut-être, TAguelman de Sidi-Ali.
- Nous avons pensé, en plein accord avec le Service des Eaux et Forêts du Maroc, qu’il serait intéressant de multiplier lés Salmonidés en général et la Truite en particulier, dans tous les cours d’eau et lacs du Moyen Atlas qui paraissent favorables à son développement. ........
- Dès l’an dernier, nous avions choisi Azrou, sur l’O. Tigrigra, comme centre de culture des Salmo-
- sér ici, avec mes remerciements, mes plus cordiales félicitations.
- ; J’ai été surpris, agréablement, je l’avoue, en trouvant, en mai dernier, à Azrou, un établissement très simple, comme je l’avais voulu, mais parfaitement organisé et qui, j’en suis certain, va nous permettre d’obtenir, en quelques années, des résultats extrêmement intéressants.
- Dan? un bâtiment carré, bien couvert et éclairé par une porte et trois fenêtres, grâce auxquelles on peut, à volonté, faire varier l’éclairage, se trouve une sérié de dix bassins rectangulaires en ciment pour l’alevinage. Chaque bassin peut être, isolé à volonté, de façon à pouvoir procéder à un nettoyage complet, dans le cas d’infection, sans toucher aux autres bassins.
- Une source a été captée à une centaine de mètres au-dessus, qui donne toujours une eau claire, lim-
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- 52' Année — 2* Semestre.
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- Fig. 2. — Azrou. L’établissement de pisciculture avec le grand bassin extérieur à gauche.
- Cliché Gruvel.
- pide, sans impuretés et dont la température, hiver comme été, se maintient à 15° G. L’eau peut, à volonté, être dirigée en partie ou en totalité, soit dans les bassins d’alevinage, soit sur une dérivation latérale et se perdre, alors, dans les terres.
- En dehors de la station, mais y attenant, se trouve un vaste bassin en ciment, avec des fonds variant de 0 m. 50 à 2 m. 50, qui peut être vidangé plus ou moins complètement, par un système de robinets placés à diverses hauteurs.
- Le terrain étant en pente, la vidange peut être totale si on le désire.
- Ce système de bassins, de volumes variables, est destiné à recevoir les alevins, après leur sortie des bassins d’alevinage, jusqu’au moment où ils peuvent être immergés dans les cours d’eau auxquels ils sont destinés et, aussi, pour le plus profond d’entre eux, à recevoir les grands poissons quelque temps avant l’époque de la maturité sexuelle, afin de les
- Fig. 3. — Azrou. Établissement de pisciculture et bassin d’alevinage ; arrivée de l’eau.
- Cli-hé Gruvel.
- surveiller plus facilement, pour la ponte et la fécondation des œufs.
- Le grand bassin va être, si ce n’est déjà fait, entièrement recouvert par un grillage assez fin, pour ne laisser passer rien de suspect, objets ou animaux.
- L’établissement tout entier sera entouré d’une haie de ronces artificielles interdisant son accès et des arbres, déjà plantés tout autour, fourniront au grand bassin extérieur une ombre nécessaire dans ce pays de soleil.
- Placé assez loin du village, tout près de la maison forestière, cet établissement est facile à surveiller et toute contamination directe ou indirecte, l’eau étant canalisée depuis sa source, paraît improbable.
- C’est tout au plus si l’on trouve dans l’eau, avec quelques petits Crustacés d’eau douce : Daphnies, Çyclops, etc., une petite quantité de Planaires noires
- Fig. 4. — Intérieur de rétablissement de pisciculture Fig. 5. — Aux sources de l’Oum-er R bia.
- d’Azrou, la source captée et les bassins d’alevinage. La cascade de l’O. Bou-Guidji.
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- (Polycelis nigra Müll.), qu’il sera, du reste, facile d’arrêter, quoique ne présentant aucun danger, en plaçant à l’arrivée de l’eau dans les bassins, une crépine qui, en plus, divisant l’eau très finement, augmentera la quantité d’oxygène circulant dans les bassins d’alevinage.
- Un garde des Eaux ët Forêts, M. Hue, qui est venu en France faire des études théoriques et pratiques de pisciculture en général, et qui, grâce aux excellentes leçons de mon collègue et ami, M. le professeur Jammes, de la Faculté des Sciences de Toulouse, est rentré au Maroc, connaissant très
- suffisamment son métier de pisciculteur, est chargé, sous la direction de son chef direct, de la surveillance de la station et de tous les travaux d’alevinage.
- M. Hue, qui est pénétré de l’importance de sa fonction et des responsabilités qui lui incombent, saura, j’en suis certain, tirer le meilleur parti de l’établissement dont il assume l’exploitation.
- Tel qu’il est, cet établissement pourra fournir, tous les ans, 50 à 60000 alevins au moins, qui, s’ils sont immergés en bonnes conditions dans certains cours d’eau et lacs du Moyen Atlas, fourniront,
- Fig. 8. — Entre A'in-Leuh et Ouionxnne. La forêt de cèdres. Photo Mourey.
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- LA PISCICULTURE TRU1T1ERE AU MAROC
- aùt bout de";quelques années, une quantité considérable de Salmonidés de taille marchande.
- ... Il sera-alors possible au Gouvernement chérifien d’ammodier, comme on le fait; en Ecosse et en Norvège, les cours d’eau empoissonnés, soit à de riches particuliers, soit mieux à des Sociétés sportives de pêche. Celles-ci, moyennant une redevance à fixer, seraient chargées de la surveillance de la partie louée, en même temps qu’elles seraient autorisées à pêcher les Salmonidés, Truites ou autres, exclusivement à la ligne.
- Certaines parties où le poisson semble se rendre plus volontiers, parce qu’il y trouve des conditions biologiques convenables, pourraient, après étude, être conservées comme réserves, soit pour la capture des reproducteurs pour la Station, soit pour la reproduction libre dans la rivière.
- Une partie du cours de l’O. Ti-grigra devrait être ainsi réservée ainsi que le petit lac ou plutôt la cuvette assez profonde qui se trouve sur l’O.
- Boü Guidji (*) et où les grosses Truites semblent trouver un séjour de prédilection,
- Fig. 9.
- car; nous
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- y en
- avons vu capturer qui mesuraient jusqu’à 43 cm et pesaient 900 gr. et ce n’étaient certainement pas les plus grosses. Ces grosses Truites sont saumonées, tandis que celles, de même espèce, de l’O. Tigrigra, ne le sont pas.
- Ce fait me paraît assez intéressant à signaler et je me demande s’il ne serait pas du à ce que les eauk de cette partie de l’0. Oum er R’bia sont très légèrement salées.
- 1.^ L’Oued Bou Guidji forme l’une des sources de l’O. Oum er It’bia et reçoit de nombreuses sources salées d’un faible débit avant de se jeter dans la petite cuvette dont nous parlons. — A. G.
- Les sources de ce grand fleuve marocain sont, en effet, nombreuses; les unes, à grand débit, sont très légèrement salées ou douces ; les autres, à faible débit ,1e sont au contraire très nettement et d’autant ; plus que le débit est plus faible, et qu’elles sourdent d’une plus grande hauteur, par rapport aux bords, assez abrupts, de l’Oued.
- Nous avons mesuré la densité et la salinité de la plupart des sources qui se jettent dans l’O. Bou
- Guidji, nous avons trouvé des eaux dont la densité atteint 1,019 ce qui représente 23 gr. 66 de sel environ par litre d’eau, c’est-à-dire celle de certaines eaux de mer. La densité la plus faible rencontrée dans ces petites sources a été del,011, soit une salinité de 13 gr. 70.
- Dix, sources ont été, ainsi, successivement examinées, dont les salinités s’étagent del 3 gr. 70 à 23 gr. 66.
- Toutes ces petites sources se mélangent à de grandes sources qui sont à peine salées et le tout se réunit dans la cuvette assez profonde dont nous avons parlé plus haut, où nous avons trouvé en certains points une densité de 1,004 avec une
- température de 14°. À la sortie de cette sorte de petit lac, l’eau parait salée à la langue, mais cette salinité est à peu près insensible au densimètre; elle doit être très faible, 1 ou 2 gr., tout au plus. C’est dans cette partie faiblement mais nettement salée que se trouvent les grosses Truites saumonées;
- Le temps m’a manqué pour étudier la faune de ce petit lac qui, peut-être, m’aurait fait connaître la cause de cette modification dans Ja couleur du muscle. Est-ce le sel contenu dans l’eau? Est-ce la faune spéciale de ce bassin étroit? C’est ce que je tâcherai de rechercher au cours d’un prochain voyage.
- Aïn-Leuh. La forêt de cèdres Photo1 Mourev.
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- LE“ BLOCK-SYSTEM ” AUTOMATIQUE
- Quoi qu’il en soit, la pisciculture des Salmonidés, et en particulier de la Truite, dans le Moyen Atlas marocain, présente pour le pays un intérêt puissant, car elle, peut donner lieu à un mouvement considérable de touristes, dans Tune des régions les plus pittoresques de ce très intéressant pays.
- Pour aller, en effet, d’Azrou aux sources de TOum er R’bia (ce que l’on peut faire, entièrement, en automobile, à la belle saison) on traverse des régions magnifiques. A 23 km d’Azrou, on passe par le village chleu d’Aïn Leuh, où se trouve une maison forestière importante, d’où Ton jouit d’une vue splendide sur la région environnante ; puis, en suivant une piste forestière en assez bon état, on traverse une magnifique forêt de cèdres (dont certains fûts dépassent 40 m. de hauteur) et de chênes verts, entrecoupée de plateaux dénudés formant des pâturages excellents pour les troupeaux de moutons qui y séjournent pendant Tété.
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- Après une descente en lacets, rapide, on arrive au poste forestier dominant le lac de Ouiouanne, à 1600 m. d’altitude. Après avoir passé par 1800 m. et traversé une nouvelle forêt de cèdres splendides, on descend à 1250 m. et Ton arrive aux sources de TOum er R’bia, dans un site admirable, aux pieds d’une immense falaise de calcaire plus ou moins rougeâtre avec, presque à sa base, une superbe cascade d’eau chargée de calcaire qui va se jeter dans TOum er R’bia, en se réunissant à l’Oued Fellah.
- Le site magnifique et l’abondance des Truites seront, d’ici peu, des .attraits plus que suffisants pour amener,, en ces régions, de très nombreux touristes qui contribuent à faire la • fortune et la renommée, bien justifiée du reste, de ce beau .pays qu’est le Maroc.
- A. Gruvel,
- Professeur au Muséum.
- LE “ BLOCK-SYSTEM ” AUTOMATIQUE(11
- Le block automatique à voyants et à courant alternatif.
- Le block automatique à. circuit voie à courant continu que nous avons étudié dans un précédent article (n° 2638), fonctionne d’une façon très satisfaisante et se dérange moins fréquemment que
- ter. En outre, ce système ne peut être appliqué aux lignes électrifiées.
- L’emploi du courant alternatif permet de réaliser, sans fil de ligne autre que la canalisation d’alimen-
- Câbfes
- Haute tension
- 2 à 10 volts
- 2 à 10 volts
- bfcanton
- 2fcanton
- 3?canton
- 1e-r canton
- Fig. T. — Schéma du block automatique à courant alternatif.
- T, transformateur ; I, impédance ; C, commutateur commandé par le signal d’arrêt ; R, relais à 2 éléments; M, moteurs de signal.. (Le train qui se trouve dans le 3”' canton est protégé par le sémaphore du poste 3 et l’annonciateur du poste 2.)
- les appareils manœuvrés à la main ; pourtant il ne convient pas dans tous les cas.
- Dans la traversée des agglomérations notamment, il a donné lieu à quelques déboires ; parfois des courants vagabonds ont excité des relais de circuit de voie, en dépit de la présence d’un train dans le canton, et de graves accidents auraient pu en résul-1. Yoy. La Nature, n° 2638.
- tation, un block automatique . fonctionnant d’une façon parfaite en toutes circonstances, à la. seule condition de prévoir un dispositif propre à assurer la continuité de l’alimentation, en cas de « panne » du courant ordinairement utilisé. Nous verrons plus loin comment ce problème a étf .résolu* . , . ,
- Les relais à courant alternatif utilisés sont absolument insensibles aux courants vagabonds, voire
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- LE “ BLOCK-SYSTEM ” AUTOMATIQUE
- Fig. 2. — Relais à courant alternatif, type disque à 2 éléments.
- Modèle de la Cu générale de Signalisation.
- aux courants alternatifs qui n’ont pas une fréquence très proche de celle du courant de signalisation.
- La figure 1 montre le schéma d’un tel block. Le
- entrefer réglable, présente une faible résistance, mais une forte réactance.
- L’armature du relais à courant alternatif (fig. 2) consiste en un léger disque d’aluminium, capable de tourner entre les pièces polaires des bobines et autour d’un axe horizontal, sous l’influence du champ tournant créé par la présence dans chacun des éléments d’un courant de phase différente.
- Un commutateur, commandé mécaniquement par le signal, intervertit les connexions du circuit de voie et renverse ainsi le sens de rotation du champ tournant dans le relais du poste précédent, lorsque le voyant ordonne l’arrêt.
- Selon le sens de rotation de ce champ magnétique (Qg. 3), le disque est sollicité d’un côté ou de l’autre; lorsque, par suite de la présence d’un train dans le canton, la bobine connectée au circuit de voie ne reçoit aucun courant, le champ magnétique reste fixe et l’équipage mobile du relais prend une position médiane, sous l’influence d’un contrepoids.
- On conçoit qu’un tel dispositif puisse émettre trois signaux différents.
- On prévient les troubles de fonctionnement qui résulteraient d’un défaut d’isolement des joints d’extrémités de canton, en alternant les connexions du transformateur avec la voie, d’un canton à l’autre.
- Interversion des phases dans le circuit de la voie
- i
- i
- i
- i
- Courant de circuit de voie
- Courant local .
- Courant l^du circuit de voie
- Courant
- local
- Fig. 3. — Comment l’interversion, des phases dans le circuit de voie détermine le changement de sens de rotation du champ magnétique dans le relais à 2 éléments.
- relais R comporte deux bobines : l’une est alimentée par le transformateur local, tandis que l’autre recueille le courant du circuit de voie.
- Ce dernier courant présente cette particularité qu’il est la résultante de la superposition au courant normal, d’un courant de self-induction, déphasé d’un quart de période, dont la formation est provoquée par la présence dans le circuit d’une bobine d'impédance. Il est donc lui-même déphasé par rapport au courant émis par le transformateur local. .
- La bobine d’impédance, constituée par un fil relativement gros enroulé sur un noyau magnétique à
- Lorsqu’il s’agit d’une ligne électrifiée, une difficulté surgit : il faut que la voie, déjà utilisée pour le retour du courant de traction, puisse constituer, dans chaque canton, un circuit distinct, parcouru par un courant de signalisation. L’emploi de
- : ï . ' .
- Fig. 4. — Connexion inductive de 2 circuits de voie contigus sur une ligne électrifiée.
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- LE m BLOCK-SYSTEM ” AUTOMATIQUE
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- « connexions inductives » (fig. 8) a permis de vaincre cette difficulté.
- Ces connexions, formées d’enroulements de gros fil sur des noyaux magnétiques feuilletés, présentent une très faible résistance ohmique, mais une impédance ou résistance apparente à l’alternatif, assez forte pour s’opposer au passage du courant de signalisation, ce dernier ne trouve ainsi d’autre issue que le relais auquel il est destiné.
- Le courant de traction traverse les connexions inductives sans difficulté aucune; s’il est continu, il ne peut, une fois établi, produire aucun effet de self-induction; s’il est alternatif, les phénomènes d’induction qu’il provoque dans chacune des moitiés des bobines sont de sens contraire et s’annulent, puisque les selfs sont réunies deux à deux par le milieu de leur enroulement (fig. 4). Dans ce dernier cas, un réglage très précis est indispensable.
- Le block photo-électrique. — Le block automatique à courant alternatif, on le voit, est manifestement supérieur aux autres blocks ; mais on a fait mieux encore : on est arrivé à supprimer les voyants et à remplacer par un relais à deux positions, le commutateur sur signal. Il n’y a plus ici aucune pièce mobile en dehors des relais, les signaux sont purement lumineux, de jour comme de nuit.
- Les relais étant généralement disposés dans des boîtes étanches, garnies de glaces, se trouvent très bien protégés contre la poussière et l’humidité, et ainsi, les dérangements sont extrêmement rares.
- Le relais à un élément (fig. 5) qui joue, dans ce block, le rôle qui incombait au commutateur sur signal dans le système que nous avons précédemment examiné, utilise l’action des courants de Foucault ; les pièces polaires AA' (fig. 6) de la bobine sont, sur une partie de leur surface, recouvertes de languettes de cuivre DD' ; les variations subies par le flux magnétique, sous l’influence du courant alternatif, induisent des courants de Foucault, tant ;dans les languettes de cuivre fixées aux pièces
- Fig (>- — Schéma du relais à courant.alternatif, à i élément.
- Les variations subies par le flux magnétique, sous l’influence du courant alternatif, induisent dans la partie du disque d’aluminium B, située au-dessus des pôles A A'et dans les languettes de cuivre D et D'fixées aux pièces polaires, des-courants de Foucault de même sens. Il en résulte .un effet de répulsion qui oblige le disque à tourner dans le sens de la flèche. Un contrepoids C, ramène le disque à la position initiale dès que le courant n’alimente plus le relais.
- Fig. 5. — Relais à courant alternatif type disque à i élément.
- Modèle de la Cie générale de Signalisation.
- polaires, que dans l’armature discoïdale en aluminium B ; ces courants étant de même sens, il se produit un effet de répulsion, grâce auquel le relais soulève son armature dès qu’il est excité par le courant.
- Les premières installations de block photo-électrique sur des lignes d’intérêt général ont été réalisées, en France, par les Chemins de fer de l’Etat, sur les sections de Rueil au Pecq, de Bois-Colombes à Argenteuil et d’Issy à Meudon-Val-Fleury, et par la Compagnie du Chemin de fer d’Orléans, sur le tronçon compris entre les gares de Paris-Orsay et de Paris-Austerlitz.
- Les postes de ces installations sont alimentés en courant alternatif monophasé de 220 volts 50 périodes, par le secteur électrique assurant la distribution dans la région, et, éventuellement, par un groupe électrogène de secours (fig. 9).
- Une dérivation du courant du secteur traverse un conjoncteur-disjoncteur; dès que ce courant descend au-dessous d’une certaine valeur, une armature bascule, isole du secteur les câbles d’alimentation et ferme, sur un moteur électrique de 9 kw, le circuit d’une batterie d’accumulateurs de .200 ampères-heure. Ce moteur entraîne un alternateur de 8,3 kw, calé sur le même arbre et permet ainsi de substituer instantanément au courant défaillant du secteur un flux de mêmes caractéristiques. L’expérience montre que, dans ces conditions, l’alimentation des postes n’est interrompue que pendant quelques secondes.
- La batterie d’accumulateurs, on le conçoit, ne peut assurer l’alimentation que pendant une durée
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- Câbles d'alimentation
- —UOvolts
- Fil de commande du ignal darrét absolu‘
- 110 volts
- 110 volts .
- un volts
- 30 v.
- 2 à 10 volts
- 4? canton
- 2? canton
- Ie.r canton
- k.Annonciateun (2 Feux verts)
- Z. Arrêt absolu ( Z Feux rouges) ZSémaphone (lF.rouge ef If.vert ) 1 .Voie libre ( Z Feux blancs)
- Relais à courant alternatiF a un élément
- ' Relais à courant alternatif à deux éléments
- Fig. 7. — Schéma du block photo-électrique.
- Les trois premiers cantons sont protégés par des postes automatiques comportant chacun un sémaphore et un annonciateur; le quatrième canton, qui comprend une bifurcation ou une gare ou simplement un passage à niveau, est protégé par un poste muni, outre le sémaphore et l’annonciateur, d’un signal d’arrêt absolu manœuvré au moyen d’un commutateur.
- Le train, qui se trouve dans le troisième canton, stationne devant le signal d’arrêt absolu du quatrième canton; il est lui-même protégé par le sémaphore du canton dans lequel il se trouve et par l’annonciateur placé à l’entrée du deuxième canton.
- On verra, en examinant le schéma, que la fermeture du signal d’arrêt absolu provoque automatiquement celle de l’annonciateur du poste précèdent.
- Les postes placés devant une aiguille prise en pointe comportent un panneau supplémentaire à deux feux, l’un vert, l’autre blanc. Le feu vert est allumé lorsque l’aiguille est disposée de façon à donner accès à la voié déviée ; et lorsqu’il en est ainsi le panneau principal ne peut donner que l’un des signaux colorés, suivant le cas, à l'exclusion des feux blancs.
- N. B. — Dans le schéma ci-dessus, le haut des panneaux a été figuré à droite.
- très limitée ; aussi a-t-on prévu des lampes-témoins pour renseigner le personnel intéressé : une lumière blanche, sur le bâtiment abritant les groupes électrogènes, indique que le secteur alimente ; les feux d’une lampe rouge annoncent que la batterie d’accumulateurs débite; enfin une lumière bleue s’allume dès que le courant est fourni par le groupe électrogène à essence.
- Ce groupe, que l’on met en marche dès que l’on s’aperçoit de l’arrêt du secteur, est composé d’un moteur à 4 cylindres et d’un alternateur.
- Le courant alternatif de 220 volts alimente l’appareil de protection dë chacun des cantons au moyen d’un transformateur statique T (fig. 7), dont le secondaire, muni de trois bornes, donne du courant de 110 volts aux circuits des relais R et R' et du transformateur t, et fournit aux lampes une tension de 30 volts.
- Les feux du block photo-électrique sont groupés sur un panneau noir supporté par un potelet de hauteur convenable (fig. 10).
- ChacürTdés feux est constitué, soit par une lampe à deux filaments montés en parallèle, soit par plusieurs lampes juxtaposées, et ainsi, la rupture d’un filament entraîne non pas l’extinction d’un feu, mais simplement une diminution de l’intensité lumineuse, ce qui renseigne le personnel sur l’état des lampes. Les appareils des lignes de Saint-Germain et de Paris-Invalides à Versailles RG, installés parla Compagnie générale de Signalisation, appartiennent
- au premier type; les postes de block de la ligne d’Argenteuil, construits par la Compagnie de Signaux et d’Entreprises électriques, sont munis de feux à lampes multiples.
- Au cas où, en dépit de ces mesures, un signal se trouverait éteint, il devrait être considéré comme fermé; le numéro du poste est inscrit sur une glace
- Fig. 8. — Connexion inductive.
- A, Couvercle de la boîte contenant les. bobines de self ; B, Plan incliné en bois protégeant la boîte du côté d’oû viennent les trains; C, Câbles reliant les bobines de selfs aux rails dé roulement D, D', de part et d’autre des éclisses isolantes E, E'. On remarquera que tous les câbles sont doublés.
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- Fig. 9. — Groupes électrogènes de secours du block photo-électrique de la ligne d’Argenteuil.
- A gauche, le groupe automatique mû par une batterie d’accumulateurs; à droite, le groupe à essence.
- dépolie éclairée pendant la nuit par transparence, au moyen d’une lampe à pétrole, l’identification d’un poste de block est ainsi facile en toutes circonstances.
- Chacune des lampes électriques se trouve dans le voisinage du foyer optique d’un système lenticulaire à deux éléments. Les lentilles extérieures sont, pour les feux autres que les blancs, colorées comme il convient pour reproduire les combinaisons prévues par le code des signaux.
- Enfin, des parasoleils protègent les lentilles contre la lumière ambiante et évitent ainsi tout reflet nuisible.
- Des expériences auxquelles il a été procédé, il résulte que la visibilité des nouveaux feux est souvent meilleure que celle des anciens signaux, notamment par temps brumeux, et que l’éclat du soleil même ne peut empêcher de les voir dès une distance de 500 mètres.
- L’emploi de signaux identiques, le jour comme la nuit, ne présente donc aucun inconvénient ; il permet d’ailleurs de réaliser une simplification très intéressante. Un simple panneau-signal peut remplacer, à lui seul, un carré d’arrêt absolu, un sémaphore et un annonciateur. Les feux colorés émis durant la nuit par les anciens signaux, lorsqu’ils sont fermés, sont beaucoup moins visibles que les feux blancs des signaux ouverts et l’attention d’un mécanicien peut très bien être détournée d’un sémaphore fermé, par un annonciateur ouvert. Avec le panneau-signal du block photo-électrique, au contraire, aucune équivoque n’est possible, car à un instant
- Fig. 10. — Le poste 8 du block photo-électrique de la ligne d’Argenteuil.
- 1, Feux blancs ; 2, Feux du sémaphore fermé ; 3, Feux d’arrêt absolu ; 4. Feux de l’annondiateur ;;,5,. Plaque indiquant1 le numéro du poste (durant la nuit, cette plaque est éclairée par transparence) ; 6, Détonateur automatique à cinq coups; 7, Socle contenant les transformateurs, les relais et la bobine d’impédance; 8, Fils de commande des anciens signaux laissés provisoirement sur la ligne ; 9, Éclisse isolante.
- donné, ce panneau ne peut montrer que la paire de feux colorés d’un seul signal, si l’un de ceux-ci est fermé, ou les deux feux blancs, si tous les signaux sont ouverts. Ce fait est évidemment de nature à restreindre le nombre des accidents.
- Les blocks à courant alternatif sont munis de détonateurs automatiques fonctionnant dans les mêmes conditions que ceux des postes à courant continu, au moyen d’un circuit de voie auxiliaire, les relais étant adaptés à l’emploi du courant alternatif.
- Dans le nouveau modèle de détonateur que la Compagnie Générale de Signalisation vient de mettre au point, les cartouches, au nombre de six, sont placées dans un barillet analogue à celui du revolver. Un poids fixé à l’extrémité d’un câble enroulé sur Je barillet tend à faire tourner ce dernier. Un dispo-~ sitif, rappelant l’échappement à ancre des horloges, est commandé par un relais, et permet au barillet de faire un sixième de tour, en armant le ressort du percuteur, lorsque ledit relais cesse d’être alimenté en courant; la cartouche est percutée dès l’achèvement du sixième de tour. Il faut, pour que le barillet puisse, en continuant son mouvement, réarmer le percuteur et provoquer l’explosion d’une deuxième cartouche, que le courant soit admis à nouveau dans le relais, puis interrompu. Dans ce modèle, le relais joue le rôle de bobine de maintien.
- L’arrêt accidentel de l’alimentation en courant a pour conséquence l’explosion d’une cartouche, tout comme la pénétration d’un ' train dans un canton déjà occupé ou protégé par un signal d’arrêt fermé.
- Conclusion. — Il semble, 'dans ces conditions, que le block photo-électrique doive remplacer tous les autres systèmes de signaux. Il n’en est rien, car si cet appareil résoud d’une façon parfaite le problème de la signalisation, il n’en est pas moins vrai qu’il nécessite des installations très coûteuses et (que la consommation de courant est loin d’être .négligeable. Par contre, les frais d’entretien et de main-d’œuvre sont beaucoup moins élevés que ceux nécessités par les signaux à voyants. !
- En réalité, le block photo-électrique ne s’impose que. dans les cas suivants : 1° sur les lignes à trafic
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- très intense ; 2° sur les parties de voies ferrées qui côtoient d’importantes agglomérations, sillonnées de canalisations électriques ; 5° sur les lignes électrifiées. Lorsque ces dernières sont équipées avec fils aériens, les signaux lumineux ont d’ailleurs l’avantage d’être beaucoup plus visibles que les autres à travers la toile d’araignée formée par les conducteurs, les suspensions caténaires et les câbles transversaux qui soutiennent le tout.
- Dans tous les autres cas, le block automatique à courant continu est parfaitement suffisant.
- S’inspirant de ces principes, les Chemins de fer de l’État préparent l’installalion du block photoélectrique sur toutes les lignes de petite banlieue et
- sur quelques sections des grandes lignes où le trafic est particulièrement intense et où la présence de courants vagabonds est à craindre; d’autres sections seront munies du block automatique à piles.
- La Compagnie du Chemin de fer d’Orléans se prépare à installer le block photo-électrique sur les sections électrifiées.
- Il est à prévoir que ces deux types d’appareils de signalisation vont se répandre de plus en plus sur les lignes importantes; la sécurité y gagnera, tant par la simplification des règlements, réalisable grâce aux appareils automatiques, que par la plus grande perfection des signaux eux-mêmes.
- André Bourgain.
- L’INSTITUT ROCKEFELLER DE PÉKIN
- UAND de la terrasse du grand Hôtel de Pékin, le voyageur découvre le panorama de la vieille cité avec ses innombrables jardins, il voit émerger deux énormes masses ; l’une est le souvenir gigantesque de la puissance impériale déchue, la ville violette aux toits jaune d’or brillant au soleil, l’autre est le berceau du plus grand centre scientifique de la Chine, où Rockefeller a voulu que la science trônât dans un cadre comparable à celui des empereurs mandchous, c’est la ville verte, dont les toits aux tuiles vernissées sont le pendant de la ville interdite.
- Toits lourds au faîte hérissé d’énormes chimères aux arêtes relevées, portiques aux piliers rouges, aux traverses enluminées, cours d’honneur de marbre blanc, tout y rappelle la richesse des palais impériaux.
- C’est en 1921 qu’a été inauguré, devant de nombreuses personnalités scientifiques venues des quatre coins du monde, le Peking Union Medical College, P. U. M. C. -
- Dans l’histoire de la Chine moderne, toutes les organisations scientifiques et médicales ont été l’œuvre de l’influence étrangère.
- A Pékin, à Shanghaï, les hôpitaux entretenus par les missions constituent à la fois des œuvres de bienfaisance et d’enseignement.
- Dans le domaine plus spécial de
- l’enseignement, il manquait à Pékin un établissement dont le but fût avant tout scientifique et qui fût au niveau des universités du Nouveau Monde ou de l’Europe.
- Aussi-dès la séance d’inauguration, J. Rockefeller affirma son intention formelle de rivaliser avec les meilleures, et cela au cœur de cette Chine xénophobe, arriérée et en pleine désorganisation politique. Plusieurs missions avaient d’ailleurs été chargées d’avance d’étudier un plan d’organisation et ce plan élaboré par des personnalités compétentes telles que Welch et Flexner, a été suivi à la lettre et avec un succès complet.
- L’Institut Rockefeller de Pékin est à la fois un centre de recherches, un hôpital, une faculté de médecine et un institut d’hygiène sociale; chacun d’eux est un organisme parfait et leur ensemble est un modèle.
- Le centre de recherches rayonne dans tous les départements et étend son action de concert avec toutes les missions médicales de Chine. Au laboratoire de pharmacologie se préparent les produits thérapeutiques nécessaires au traitement de la lèpre,
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- du kala-azar ou de la schistozomiase, produits qui sont essayés sur place ou envoyés aux hôpitaux de l’intérieur se trouvant dans les meilleures conditions d’observation.
- Les laboratoires de physiologie, de biochimie, de médecine clinique, de chirurgie expérimentale, de parasitologie, de bactériologie et de pathologie exotique ont tous leurs chercheurs.
- Chaque année, au printemps, partent des missions d’études au Shantung pour le Kala-azar qui y est excessivement répandu et dans le bas Yang-Tse pour la schistozomiase; de là les chercheurs du laboratoire de Pékin reçoivent régulièrement leurs matériaux d’études.
- Chaque année, le corps professoral s’adjoin.t des « visiting professors » tels queFuchs de Vienne, ou Cort de Baltimore, venant à titre temporaire rehausser de leur présence et animer de leur activité le « staff » permanent qui lui-même monte à plus de 60 enseigneurs.
- Le curriculum complet comporte 7 années d’étu-
- des, 3 du « premedical course » sont mieux qu’un équivalent de notre P. C. N. et que sa préparation anatomique et*physiologique, les 4 dernières sont consacrées à l’enseignement clinique.
- Il se complète pour les anciens étudiants et médecins, chinois et étrangers, par des « graduâte courses » très nombreux et variés, sous la forme de stages et de cours intensifs de 2 à 6 semaines de durée; des bourses ou des indemnités dans le genre de celles que la Rockefeller Foundation a distribuées en France sont octroyées avec une extrême largesse.
- Cet enseignement se donne littéralement au lit du malade et le fait n’est pas si habituel, surtout en Chine, pour qu’il ne vaille d’être cité.
- On peut dire qu’ici, tout étudiant est forcé de surveiller son malade de son entrée à la sortie. En dernière année, tout étudiant fait un stage d’interne. Son service le met ainsi aux prises avec les difficultés du diagnostic à l’entrée, l’oblige à faire l’histoire du malade et à le suivre, et la proximité des laboratoires, la multiplicité des maîtres chargés de le contrôler l’habituent — au moins pour le temps de ses études — à un examen complet. Par un mécanisme des plus souples, la coordination est assurée avec les services de spécialités et le malade couché dans une salle de médecine générale recevra automatiquement la visite du spécialiste qui inscrit son avis sur la feuille de clinique. Cette organisation est avantageuse à la fois pour le malade et pour l’enseignement; car avec un nombre réduit de lits, à peine plus de cent lits d’indigents effectivement disponibles, combinés avecj un servicé intensif de consultations et de spécialités, l’hôpital offre à
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- Fig. 4. — U institut Rockefeller à Pékin. (Les bâtiments sont construits"dans le même style que celui des principaux édifices de là ville.)
- l’étudiant, au cours de ses études, un matériel clinique considérable. Les relations de l’hôpital Rockefeller avec les hôpitaux de mission ou hôpitaux de quartier lui assurent la clientèle des patients dont l’état demande un examen particulier.
- Pendant toute la journée, c’est un flot continu de malades qui s’adresse aux différentes polycliniques. Le système défichés, si difficile à régler aveo des Orientaux négligents, dont le nom à lui seul est un problème, est aux mains d’un bureau d’entrée qui « débrouille le cas » et l’envoie à un premier triage. A côté des cliniques médicale et chirurgicale, le malade trouve le service neurologique, une salle de physiothérapie, la polyclinique orthopédique et ophtalmologique, une consultation de vénéréologie —une rareté en Chine ! une clinique du Kala-azar et une consultation d’enfants.
- Ces consultations externes ont à leur disposition, tout comme les services hospitaliers proprement dits, le fonctionnement des laboratoires de bactériologie, de parasitologie et de chimie physiologique, les rayons X et l’électriGité médicale.
- dèle dont industrielle.
- Et ce n’est pas une mince surprise de découvrir à Pékin, dans ce palais chinois, une installation des plus perfectionnées; icilesmilieux de culture, là les dosages colorimétriques des humeurs, plus loin les poudres opaques en radio servent de méthodes courantes. C’est dans chaque partie de la science médicale le souci délibéré de faire au mieux.
- Pour les indigents vivant chez eux dans la plus ignoble saleté, s’ouvrent des salles d’une propreté méticuleuse, à fenêtres doubles et moustiquaires, chauffées l’hiver au chauffage central et rafraîchies l’été par des ventilateurs électriques ; les cas graves ou sujets à un isolement même partiel, trouvent des compartiments isolés ou des salles particulières et les malades payants profitent des mêmes avantages dans une aile spéciale à des prix qui n’ont plus rien de philanthropique.
- Un service de téléphone local et d’avertisseurs lumineux des plus compliqués permet une intensité de service que seuls des Américains peuvent apprécier. Mais ici tout est moderne, pratique. — We, Americans, do every-thing in a rush, nous disait-on — et en effet, au milieu de Pékin endormi, dans l’enclos du P. U. M. C. bourdonne une activité toute américaine. Dans les sous-sols des bâtiments, une légion de coolies entretient la cuisine, le chauffage, la centrale électrique, les générateurs de gaz et de froid artificiel, la buanderie mo-l’ensemble constitue une véritable ville
- Et le grand obstacle au progrès scientifique de l’hygiène hospitalière et du confort, l’argent, entre les mains de Rockefeller, a dû s’avouer vaincu. L’Institut Rockefeller de Pékin coûte pour l'entre-.
- Fig. 5. — Statue d’un lama à Pékin.
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- LES “ ATMOSPHÉRIQUES ” DE LA T. S. F.
- tien du personnel et du matériel un million de dollars par an.
- Mais le département d’hygiène sociale est peut-être la partie la plus originale, la plus hardie de la grande entreprise de Rockefeller sur cette terre de Chine où tout est à faire dans ce domaine. On s’imagine à quelles difficultés se heurte l’infirmière visiteuse chinoise et surtout étrangère dans ce milieu méfiant, attaché à ses coutumes millénaires, à des préjugés au rebours du bon sens et de l’hygiène, tenu en laisse par des sorciers ou des rebouteux, quels obstacles de toute nature rencontrent les missions de prophylaxie du Kala-azar dans ce Shantung infesté de bandits, sans aucune autorité officielle qui encourage leurs efforts. Pourtant, le service d’hygiène fonctionne à Pékin dans les familles des malades et dans les provinces lointaines, la notion de prophylaxie gagne — bien lentement — du terrain.
- À un point de vue plus restreint, l’éducation sociale des étudiants sous la forme habituelle aux
- Y. M. C. A. se poursuit dans des conditions exceptionnelles, grâce à la vie en commun, a l’attrait et au luxe d’un hall confortable où s’achèvent les journées de travail et où l’éducation succède à l’instruction. Fonctionnant à Pékin, elle permettra de former des hommes qui aient appris à nous connaître sans avoir trop perdu le contact avec leur pays pour y être devenus des étrangers, des déracinés ou des mécontents.
- Quel est l’avenir de cette fondation?
- Autant qu’il est permis de préjuger du lendemain en Chine, elle semble appelée à un magnifique avenir. Dès à présent, malgré la sévère discipline qui y règne et la difficulté des conditions d’entrée, le nombre des étudiants grandit d’année en année.
- L’Institut Rockefeller ne sert pas seulement l’influence américaine, il plane au-dessus des querelles théologiques qui trop souvent divisent les efforts et écartent les Chinois des entreprises de ce genre; il vise à servir la cause de la civilisation, de l’humanité, du progrès dans son sens le plus large.
- E. L.
- LES “ ATMOSPHÉRIQUES ’’ DE LA T. S. F.
- Leurs propriétés météorologiques.
- L’étude des perturbations atmosphériques qui troublent les appareils de T. ,S. peut être entreprise expérimentalement de diverses manières. L’une des plus intéressantes, surtout si l’on recherche les relations qui peuvent exister entre les atmosphériques et les phénomènes météorologiques, est celle qui consiste à utiliser tes observations simultanées que font quotidiennement les postes d’un réseau réparti sur une assez grande surface. C’est celle que nous avons été amené à adopter, en utilisant tous les relevés de brouillages notés par environ 30 postes récepteurs de T. S.. F. assurant quotidiennement en France l’écoute de plusieurs centaines de radiogrammes météorologiques. Grâce à la documentation ainsi recueillie, il est possible de déterminer des jours et des régions particulièrement troublés ainsi que les heures de la journée auxquelles le trouble survient et auxquelles il disparaît.
- En comparant les résultats ainsi obtenus aux perturbations fondamentales de l’atmosphère, telles que les méthodes modernes de météorologie dynamique permettent de les atteindre; nous avons pu établir, entre les deux ordres de phénomènes — atmosphériques et perturbations météorologiques —, des relations précises et simples et mettre en évidence les actions perturbatrices produites par les causes locales, telles que la topographie des régions intéressées. •
- Pour éviter toute ambiguïté, nous n’emploierons par la suite le mot « perturbation » que pour désigner des perturbations météorologiques proprement dites et le mot « atmosphérique » que pour désigner les perturbations atmosphériques des appareils de T. S. F.
- Les perturbations météorologiques. — Il n’y a que depuis quelques années que l’on a cessé en prévision du temps de rapporter les phénomènes météorologiques à la seule situation barométrique pour chercher à atteindre
- les véritables causes perturbatrices qui déterminent l’ensemble des phénomènes de l’atmosphère. Le relief iso-barique est un élément en réalité très complexe où se superposent la partie stable de ce relief et. les perturba-, tions proprement dites. Pour mettre les perturbations en évidence, deux méthodes principales existent : l’une basée sur l’examen synoptique des ondes de variation de pression barométrique (ondes de hausse et ondes de baisse se succédant en alternant le long d’une trajectoire et dont la succession forme un régime de perturbations) ; l’autre sur la discrimination des (masses d’air de caractère et d’origine différentes et sur la détermination des surfaces de discontinuité qui les séparent (Q. Ces surfaces de discontinuité très peu inclinées sur l’horizon!ale se meuvent soit sous l’action de masses d’air polaire s’avançant en coin sous une masse d’air chaud (air équatorial), soit par suite de l’ascension de masse d’air équatorial au-dessus d’une masse d’air polaire. Dans le premier cas, la perturbation est accompagnée d’un noyau de hausse barométrique. Dans le second d’un noyau de baisse. Le premier phénomène porte le nom de front froid, le second de front chaud.
- A l’une comme à l’autre méthode se rattachent la conception d’une organisation et de vastes groupements de nuages couvrant des superficies égales ou supérieures à celles de la France, les systèmes nuageux. Ces ensembles de nuages se propagent en liaison avec les perturbations, leur front et leur corps correspondant à un noyau* de baisse barométrique et à une ascension d’air chaud,
- i. Deux mémoires publiés dans le Mémorial de l’Office national météorologique exposent les deux méthodes : la i.re dans les « Systèmes nuageux », par MM. Ph. Schere-ehewsky et Ph. Wherlé; la 2e dans « Les conditions météorologiques de formation de la pluie, l’évolution des cyclones et la circulation atmosphérique, d’après ia théorie du front polaire » de MM. J. Bjerkness et H. Solherg.
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- 302 ========= LES “ ATMOSPHÉRIQUES ” DE LA T. S. F.
- leur traîne étant liée à un noyau de hausse et à une invasion d’air polaire.
- Les relations entre les atmosphériques et les perturbations météorologiques. — Or, l’expérience montre que les atmosphériques comme les systèmes nuageux sont directement commandés par les perturbations. Aux frnnts froids et aux noyaux de hausse barométiique correspondent, non seulement la traîne des systèmes nuageux, mais également une recrudescence d’atmosphériques. Aux fronts chauds et aux noyaux de baisse correspondent à la fois les fronts des systèmes nuageux et la disparition des atmosphériques.
- Ces relations se vérifient rigoureusement en toute saison, avec, pour chacune, des modalités différentes et une «ction plus ou moins marquée de l’influence du sol et de l’orographie. En hiver, quand la décroissance de la température avec l’altitude est relativement faible, les atmosphériques causés par les fronts froids sont moins intenses qu’aux autres saisons. Par suite, toute cause orographique qui tend à les renforcer apparaît nettement et semble même les faire naître. La principale de ces causes est l’ascension des fronts froids sur les montagnes et le passage brusque du front des hautes cimes à des pays de plaine ou à des océans beaucoup plus chauds. Par suite de la détente adiabatique et du contraste avec les températures relativement chaudes des pays de faible altitude, la décroissance de la température avec l’altitude augmente et partant l’instabilité de l’air trop lourd dans les hautes couches, trop léger dans les basses. Les Alpes sont alors pour la France l’une des régions d’où les atmosphériques semblent venir en plus grand nombre. En été, au contraire, les fronts froids produisent des atmosphériques violents dès qu’ils apparaissent sur le continent. Il n’y a pas d’exception, même quand le front froid ne se manifeste pas par des grains, des averses ou des orages. Le grain et surtout l’orage sont des caractères accidentels des fronts froids. Les atmosphériques, au contraire, en sont un caractère spécifique. Une journée où se succèdent des fronts froids amenant plusieurs lignes de grains sera marquée parallèlement par dès recrudescences successives dans les atmosphériques. On constatera d’ailleurs en été comme en hiver l’influence des montagnes qui renforce les atmosphériques lorsqu’un front froid les rencontre. Mais l’on constatera aussi l’influence des régions à température élevée au sol qui, en exagérant les contrastes de température et le déséquilibre vertical au passage des fronts froids, provoque par là même une recrudescence dans les atmosphériques.
- Certaines dispositions orographiques sont particulièrement favorables à ces renforcements, car elles additien-nent les deux effets notés ci-dessus : l’ascension des montagnes et la rencontre de régions où les couches inférieures de l’air sont fortement échauffées. La région située au nord des Pyrénées en est un exemple frappant. C’est do là que nous viennent une grande partie des atmosphériques de la saison d’été.
- * L’influence des fronts chauds est encore plus caractéristique peut-être que celle des fronts froids, car elle se fait sentir pour les atmosphériques longtemps avant l’arrivée des autres symptômes de la discontinuité. Étant donnée sa disposition peu inclinée et presque horizontale, le front chaud apparaît en effet en altitude bien avant d’apparaître au sol. Il diminue la décroissance de la température avec l’altitude, supprime toute
- instabilité verticale et fait mourir les atmosphériques. Ceux-ci sont à proprement parb r étouffés. Même à la suite de périodes très troublées, ils disparaissent comme par enchantement.
- Tout autre est le phénomène dans le cas d’un front double (c’est-à-dire quand la partie antérieure d’un front froid, qui est la partie qui touche le sol vient rencontrer la partie postérieure d’un front chaud précédent et que l’on a ainsi trois surfaces de discontinuité dont la coupe donne grossièrement un y très évasé). Là, les atmosphériques ne disparaissent pas. Au contraire, ils augmentent en intensité et en force. C’est que le front double agit pour étouffer les atmosphériques qui le précèdent, mais il n’empêche pas la propagation de ceux qui le suivent. Et l’on peut très bien observer presque en même temps la disparition d’atmosphériques d’un front froid précédent et l’apparition d’atmosphériques du front double à qui est due la disparition des atmosphériques antérieurs.
- On observe dans les atmosphériques une périodicité diurne qui est très accusée en été dans les périodes troublées. Même dans les journées où les atmosphériques gênent le trafic au point de le rendre presque irréalisable, on constat# une accalmie entre 5 heures du malin et midi. Vers 13 heures ou 14 heures les troubles renaissent. Ceci est en relation directe avec l’augmentation d’instabilité verticale provenant de l’échauffement dù au soleil.
- Les atmosphériques et la prévision du temps. La prévision des atmosphériques. — Le Verrier et Fron avaient mis en évidence, au milieu du siècle dernier, le caractère migrateur des orages (ou tout au moins d’une grande partie de ceux-ci) et avaient montré qu’ils se rattachaient aux mouvements généraux de l’atmosphère.
- Durand-Greville avait montré ensuite que les orages ne sont qu’un des phénomènes qui peuvent accompagner un autre phénomène plus général, la ligne de grain, expliquant ainsi les anomalies que semblait présenter la propagation des orages et permettant de rattacher les uns aux autres des groupes d’orages différents.
- Mais la ligne de grains elle-même n’est encore qu’un cas particulier et que l’un des aspects des perturbations météorologiques. C’est un « front froid » particulièrement net. Les progrès de la science météorologique ont donc permis de marcher de généralisation en généralisation ; ils nous ont peu à peu dégagés de la croyance aux phénomènes purement locaux et montré d’une façon chaque jour plus irréfutable que tous les phénomènes météorologiques se rattachent aux grands mouvements de perturbations de la dynamique de l’almosphère, mouvements de perturbations plus ou moins influencés et modifiés par des causes locales.
- Les résultats que nous avons énoncés ci-dessus sont une frappante confirmation du rôle important qu’il faut attribuer aux causes dynamiques dans l’étude de l’atmosphère. Car les atmosphériques sont attachés plus étroitement qu’aucun autre phénomène météorologique aux grands régimes de perturbations (*). Alors que les orages peuvent manquer, que les lignes de grains peuvent paraître floues et intermittentes, les atmosphériques accompagnent toujours les discontinuités du front polaire, en se manifestant, soit par leur violence accrue
- 1. Et non pas au relief isobarique qui n’est que la superposition à la situation barométrique antérieure des variations provenant des régimes de perturbations.
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- (fronts froids), soit par leur disparition (fronts chauds). Ils sont de plus très sensibles aux modifications locales que peuvent subir les fronts par suite de la topographie et de la situation météorologique que rencontrent les perturbations dans leur déplacement. Comme tels, ils sont les véritables signes avertisseurs’ du renforcement ou de l'affaiblissement des fronts. Ils sont « le pouls du front polaire )).
- Et maintenant, il est permis de revenir sur ses pas. et de refaire en descendant la route qui fut tracée depuis bientôt trois quarts de siècle. De chaque côté du chemin frayé, les phénomènes si touffus ne se confondront plus et l’oeil y trouvera sans difficulté un ordre et un classement. Dans les fronts chauds restaurateurs de l’équilibre vertical de l’air et dans les domaines de baisse barométrique qui les accompagnent, nous trouverons tous les signes de la stabilité : organisation des nuages supérieurs dans les fronts des systèmes nuageux dépression-naires, régularité de l’arrivée de la pluie et constance de celle-ci. Dans les fronts froids et les noyaux de hausse barométrique, éléments d’agitation entraînant l’instabilité verticale, nous trouverons tous les signes de l’instabilité, des contrastes violents, des brusques rétablissements d’équilibre : aspect cahotique des traînes de systèmes nuageux, nuages bourgeonnant, cumulo-nimbus, grains, orages. Et ceci permet de préciser la liaison entre les orages migrateurs et les particularités du relief isobarique en montrant que les orages accompagnent non pas la baisse barométrique, mais le front de hausse, autrement dit le front froid. C’est là un sujet autre que celui qui nous occupe. Qu’il nous suffise de signaler cet exemple.de la répercussion de l’élude des atmosphériques sur la théorie des orages.
- Ce n’est d’ailleurs pas là le seul cas où l’observation et l’étude des atmosphériques pourra être profitable à la météorologie et à la prévision du temps et même à leurs applications pratiques et en particulier aux applications à la navigation aérienne. Depuis longtemps déjà diffé-
- rents auteurs ont cherché en Europe et en Amérique à baser sur l’observation des atmosphériques un service d’avertissements d’orages. D’après ce que nous avons vu précédemment (il y a toujours des atmosphériques avec les fronts froids, mais ils ne produisent pas toujours d’orages), un tel service ménagerait bien des déboires. Les services d’avertissements de giains par contre peuvent y gagner beaucoup. Citons le cas suivant : le 9 septembre 1923 des atmosphériques violents qui étaient observés à Saint-Cyr au moment du passage d’un grain (13 heures) diminuent rapidement. A 14 h. 20 (temps de Greenwich), on peut les croire disparus. Mais ils réapparaissent quelques minutes après et se mettent à croître régulièrement avec un maximum marqué vers l’ouest. On en pouvail logiquement conclure qu’une nouvelle ligne de grains s’approchait. En effet, Saint-Cyr était touché à 14 h. 55 par un grain violent sans aucune manifestation orageuse.
- Dé même, l’arrivée d’un front chaud, le caractère d’un front (front double ou front chaud simple) sont des phénomènes susceptibles d’être annoncés et précisés par l’observation des atmosphériques dans un réseau de poste d’écoute.
- Mais si la météorologie a tout à gagner, grâce à l’appoint de ce nouveau procédé d'observations, il est vraisemblable qu’elle pourra à son tour rendre service pour service à la radiotélégraphie. Puisque ce sont les discontinuités frontales qui commandent l’agitation radioélectrique de l’atmosphère, leur détermination précise et leur prévision permettront de connaître à l’avance remplacement des zones productrices d’atmosphériques et ainsi pourra être facilité le travail du radiotélégraphiste dans la ‘lutte contre les brouillages provoqués par les ondes radioélectriques naturelles.
- Robert Bureau.
- Chef de la section des transmissions à l'Office national météorologique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de septembre 1924
- Un nouveau minerai radio-actif. — Découvert par M. Alfred Schœp à Chinkolobwe (Congo belge), il titre 04,72 pour 100 UO3 et répond à la formule MgO, 2 UO3, 2 Si O2, 7112 0. Il contient un peu de tellure et de nickel et sa densité atteint 5,54. M Schœp propose de le dénommer Sklodowskite, en l’honneur de Mme Curie.
- Le menthol et son isomère. — La noté dé MM. Yavon et A. Couderc fournit, avec une préparation simple et rapide du néomenlhol, une étude comparée de l’éthérification des méthylisopropylcyclohexanôls et de la saponification de leurs éthers-sels.
- • Paul B.
- L’OURAGAN DU 8 OCTOBRE
- Les effets dévastateurs du vent sont bien connus ; il n’est cependant pas sans intérêt de publier ici quelques documents relatifs à la violence exceptionnelle de l’ouragan qui s’est déchaîné subitement le 8 octobre dernier. Sur les côtes de la Manche et dans la région de Granville, où les observations reproduites ici ont été prises, celte tempêle du sud-ouest a pris, pendant 2 heures (de 5 à 7 heures
- du malin), les proportions d’un véritable cyclone. Faute d’instrument enregistreur, je n’ai pu noter la rapidité de la baisse barométrique; mais, d’après 1 une observation de la veille au soir, elle à été très ! considérable : environ 15 mm en quelques heures, ' pour remonter dans les mêmes proportions après le passage de la dépression.
- Les journaux quotidiens ont mentionné d’une
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- brables ont été très inégalement distribués et il semble que de nom-breux tourbillons se soient produits, parfois très localisés, comme au passage de trombes successives. Par exemple une toiture fut complètement enlevée, charpente comprise, alors qu’une maisonnette (pour ne pas dire une bicoque) voisine est restée complètement indemne; les deux constructions avaient même hauteur et même exposition. Sur l’une des photos ci-contre on voit un mur en gros blocs de béton aggloméré jeté à bas comme une simple cloison; à 10 m. de là, des communs en ruines (bons à abattre)
- Fig. i. — Dévastation de la campagne. Un gros arbre brisé.
- (Donville, près Granville.)
- façon générale les désastres causés par cet ouragan. Ces lignes ont pour objet d’ajouter quelques précisions dont l’importance se trouvera soulignée par les photographies reproduites.
- L’aspect de la mer était remarquable entre 6 et 7 heures, au plus fort de l’ouragan : les vagues énormes qu’il avait tendance à soulever étaient tout aussitôt arasées pour former des nappes d’embrun étalées démesurément. Sur terre, les dégâts innom-
- Fig. 3. — Destruction d’un mur en blocs de béton, (Donville.)
- Fig. 2. — Un garage d’automobiles dont les parois démolies ont été transportées au loin.
- (Donville.)
- sont restés absolument intacts ! Ajoutons que dans le même enclos, de l’autre côté du jardin, sur le mur vis-à-vis de la partie démolie, les espaliers ont gardé leurs fruits.
- Citons encore des ardoises transportées à plus de 100 m., d’autres fichées dans des portes comme des fers de haches. Les arbres abattus, cassés ou déracinés (certains ayant jusqu’à 1 m. de diamètre), ne se comptaient plus ; mais il faut noter que les bas-fonds ont été les plus éprouvés à cet égard ; leur aspect laissait l’impression d’une véritable dévastation.
- L. Rddàux.
- le Gérant : JP. Masson. Imprimerie Laiilke, 9, rue de Fleuras, à Pans.
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- LA NATURE — N° 2641
- 15 NOVEMBRE 1924
- ÉLÉPHANTS FOSSILES DE GRANDE-BRETAGNE
- Fig. i. — Elephas planifrons Falconer. Molaire 3 inférieure gauche.
- Loc. : Red Clay Côte est de l’Augleterre entre Felixtow et Lowestoftr Suffolk. Lames épaisses, espacées, avec forts sinus loxodontes irréguliers. Couronne large fortement brachyodonte.
- Réduction deux tiers.
- Voici déjà un demi-siècle qu’un grand paléontologiste anglais, A, Leiih Adams, indiquait, dans une monographie restée longtemps classique (*), la place importante occupée par les Eléphants dans les différents horizons pliocènes et quaternaires de Grande- •
- Bretagne. Mais au cours des cinquante dernières années, les documents se sont accumulés, les doctrines ont évolué, à la lumière des grandes lois paléontologiques peu à peu dévoilées, nos idées se sont précisées et il n’est pas sans intérêt aujourd’hui de jeter un nouveau coup d’œil d’ensemble sur ces grands Pro-boscidiens fossiles pris au jour de l’autre côté du Channel.
- Tout d’abord leur présence dans les alluvions de la Tamise, dans les terrains qui bordent la côte du Norfolk et du Suffolk, et dans maintes localités d’Angleterre, nous indique que le Channel n’a pas une très grande ancienneté et qu’à la fin du Quaternaire, les Mammouths passaient aisément du continent dans là presqu’île britannique — donc que le sol du détroit du Pas de Calais et d’une partie de la Manche, sinon même d’une partie de la mer du Nord„ émergeaient encore des eaux marines.
- Aujourd’hui, celles-ci viennent ronger la côte orientale de l’Angleterre et font écrouler dans les flots les terrains qui représentent le Pliocène et le Quaternaire.
- Faut-il en rappeler la succession?
- A la base, le Crag rouge, puis le Crag. à Mammifères de Norwich qui représentent le Pliocène. Au-dessus, la couche forestière de Cromer que surmontent diverses formations d’origine glaciaire, soit de façon schématique :
- 1. Leith Adams. Monograph of the fossii British Eléphants. Palaeonlol. Soc. London, 1877-1878.
- Quaternaire :
- Monastirien.
- Tyrrhénien.
- Mitazzien.
- Sicilien. Laminated blue Clay.
- (= Cromérien). Forest-Bed.
- Pliocène récent :
- . Norwich Cray.
- Red Cray.
- Pliocène ancien :
- Coralline Cray.
- Donc terrains et fossiles qu’ils renferment sont entraînés par les vagues et il devient malaisé de fixer le niveau géologique qu’occupaient les ossements et les dents retrouvés sur la plage à marée basse ou ramenés du fond de la mer par les chaluts — ce qui explique l’obscurité qui a si longtemps enveloppé la question des Eléphants fossiles d’Angleterre et les discussions qu’elle a soulevées.
- Le niveau stratigraphique est ici indiqué surtout par les caractères de la fossilisation. D’une façon générale, les molaires provenant des crags pliocènes sont fortement minéralisées, imprégnées de sels ferrugineux, de couleur brun chocolat, ayant une densité fort élevée. Les fossiles du Forest Bed^ sont reoouverts d’une patine ferrugineuse plus ou moins verdâtre (Iron Pan). Par contre ceux provenant du Laminated blue Clay et des niveaux supérieurs plus récents sont moins fossilisés., ont une teinte bleuâtre, et, lorsqu’on les place au-dessus d’une flamme, dégagent une odeur ammoniacale prononcée.
- Ainsi seront sélectionnés les documents fossiles. Ceux existant au British Muséum, dans diverses collections anglaises dont certaines sont remarquables, auxquels je peux joindre les séries que j’ai rassemblées personnellement, constituent un matériel d’étude fort imposant. Comment l’utiliser?
- Très simplement en le disposant d’après l’ex-
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- Fig. 2. — Elephas meridionalis, mutation Cromerensis du Forest Bed de Kisongland, Molaire 3 supérieure gauche. La couronne est moins large, plus haute, èmailplus mince à plis plus nombreux, lames plus nombreuses, sinus loxodontestpeu accusés et irréguliers.
- . A
- &2' Année- — 2’ Semestre- *
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- Fig. 3. — Elephas antiquus Falconer. Molaire 3 in férieure gauche.
- JLoc. : Lowestoft (Angleterre). Dent hypselodonte, lames ondulées avec sinus loxodontes plus ou moins marqués.
- , Réduction de moitié.
- posé fait ici même par les professeurs Deperet et Mayet de la phylogénie des Eléphants (Q — telle que nous pouvons la comprendre aujourd’hui.
- Un groupe de Proboscidiens éteints depuis la fin des temps tertiaires, les Mastodontes, vivaient nombreux en Grande-Bretagne lorsqu’au début du Vil- ' lafranchien — étage dans lequel se place le Crag rouge — une migration d’origine asiatique amena sur le sol de l’Europe occidentale le plus ancien éléphant que nous connaissions : Elephas plani-frons décrit par Falconer dans le Pliocène des Siwa-liks Hills de l’Inde, retrouvé dans la vallée du Danube par le professeur Schlesinger, de Vienne, puis, il y a quatre ans, dans les sables de Chagny par MM. Mayet, Nugue et Dareste de la Chavanne (2). En 1922, dans une série de molaires provenant de Felixtow, j’ai rencontré une dent appartenant à YElephas planifions (3). Faisant exception à ce qu’on observe d’habitude, cette pièce est dans un état de conservation remarquable permettant de vérifier les caractères du genre. C'est une arrière-molaire inférieure gauche présentant les deux talons et la racine en crochet ; ce qui permet d’affirmer qu’il n’y a pas eu perte de substance par suite de l’abrasion. Le cément est très développé, l’émail des lames est épais, irrégulier, sans festonnement bien marqué. Chaque lame offre un fort sinus loxodonte très développé à l’arrière et quelquefois visible à la partie antérieure de la lame.
- Cette molaire a une couronne très basse, elle présente dix lames plus les talons, soit la formule :
- = x—10—-x
- et a une fréquence laminaire de quatre lames sur dix centimètres de la longueur de la dent. Elle est tout
- 1. Deperet et Mayet. Origine et évolution des Eléphants. La Nature, 25 août 1923.
- 2. G. R. Académie des Sciences, 2 août 1920.
- 3. Poxtier. Sur la présence de YElephas plamfrons Falconer, dans le Crag rouge.
- C. R. Académie des Sciences. 29 janvier 1923.
- à lait du type isolé par Falconer dans les Siwalik : Elephasplaniffons (fig. 1).
- 1 , . Puis se succèdent une série de mu-
- I tâtions qui établissent un passage in-! sensible de cet Elejihas planifions aux formes archaïques d’Elephas me- ‘ ridionalis Nesli, dont le type normal — répondant exactement à celui du Val d’Arno supérieur si abondamment représenté dans les musées de Florence, de Montevarchi, etc. — se retrouve dans le CragdeNorwieh. Des formes plus évoluées marquent le Saint-Prestien — horizon de passage du Tertiaire au Quaternaire — et finalement les derniers représentants de ce groupe se rencontrent dans le Cromérien qui présentent une fréquence laminaire de 6 à 6,5 avec émail plus fin, à plis plus nombreux et sinus loxodontes peu accusés et irréguliers. Comme type de cette mutation on peut citer le n8 33534 du Bri-tish Muséum et la molaire représentée (fig. 2.)
- Ainsi peut être suivie pas à pas l’évolution du premier grand rameau phylétique d’Eléphants britanniques fossiles : le rameau E. planifions, E. meridionalis qui s’éteint dans les dépôts de la couche forestière de Cromer.
- Dans le deuxième grand groupe d’Eléphants — — groupe de 1 ’Elephas antiquus Falconer — deux « séries de formes » peuvent être suivies :
- 1° Le rameau de YElephas antiquus.
- 11 débute en Angleterre dans le Crag de Norwich par une mutation de petite taille analogue sinon identique à YElephas Ausonius Forsyth Major du Pliocène italien. La migration de cette forme dans les Iles Britanniques est à peine plus récente qu’en Italie.
- Dans le ForestBed, YElephas antiquus est encore de taille réduite ; la couronne des molaires de la mutation de l’étage de Cromer est étroite et à émail plissé. -
- Fig. 4. — Elephas prisais Falconer. Partie gauche de la mandibule avec molaire 3 en place.
- Alluvions Tyrrhèniennes d’Ilford, vallée de la Tamise (Angleterre). Lames ondulées fortes et.espacées, concaves en avant et offrant un loxodon-tisme exagéré. Réduction d’un tiers.
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- Fig. 5. — Elephas trogontherii Fohlig. Molaire 3 supérieure droite.
- Cromer Forest Bed d’Overstrand (Angleterre).
- Lames épaisses serrées, rubans d'émail légèrement festonnée, dilatation s irrc--gulières sans sinus loxodontes. Couronne large, l’émail est plus épais que dans le type normal.
- Réduction d’un cinquième.
- La longueur de l’arrière-molaire est de 260 à 280 millimètres avec formule dentaire de x—17—x et fréquence laminaire de 5 — -4.
- L’évolution se continue dans le Milazzien et le Tyrrhénien anglais d’une façon régulière pour le rameau direct. Les molaires du Tyrrhénien indiquent un accroissement de taille considérable telle une belle molaire de Lowestoît, trouvée au bas de la falaise, dont nous donnons ici la photographie (fig. 3).
- Cette molaire, remarquable par ses dimensions et ses caractères, est à rapprocher de certaines pièces anglaises sensiblement du même âge (molaire de Gray s : Essex, n° 28118 BM — Mol. de Clacton, n° 27907 — Mol. de Safïron Walden, n° 3946 BM.
- On peut également comparer la dent de Lowestoft à certaines énormes molaires trouvées en France à Tilloux, à Chelles, dans la vallée de la Saône, en Allemagne à Taubach et indiquant la fin du rameau principal de VElephas anliquus.
- 2° Le rameau des formes naines dit de \'Elephas melitensis«
- A côté de Y Elephas anliquus existe en Angleterre une rare et curieuse espèce, Y Elephas priscus décrite par Fal-coner sur des molaires de Gray-Turrock (*).
- O&XElephaspriscvjs se rencontre dans là vallée de la Tamise dans les mêmes conditions de gisement que YElephas antiquus normal.
- 1. Falconeh. Paleonlologiccil Memoirs, t.. II, page 102.
- Fig. ~. — Elephas Primigenius. Mutation sibiricus Molaire 3 supérieure droite.
- Côte de Suffolk (Angleterre) près de Felixtow.
- Cette pièce montre admirablement les lames d'émail fines, régulières et très serrées io à h pour io centimètres. Réduction : un tiers. Deux tiers grandeur naturelle.
- Une demi-mandibule que je possède, trouvée à llford, y affirme la présence de ce rameau qui a
- pénétré en Angleterre à la fin du Milazzien et s’y est maintenu un certain temps tout en y étant assez rare, Il a disparu des Iles Britanniques en même temps que Y Elephas anliquus de grande taille, de filiation directe E. ansonius — E. antiquus.
- Dans le groupe des mammouths, trois rameaux. Tous trois se rencontrent dans le quaternaire britannique.
- 1° Lé rameau dont une mutation est la plus anciennement connue est celui d’Elephas trogontherii Pohlig. Cette mutation avec formule de x — 16 — 18 — x à MIII, se rencontre dès la base du Cromer Forest bed où elle est assez abondante. Telles sont les pièces de Cromer, de Mundesley, de Corlon.
- La localité d’Overstrand en a fourni un certain nombre de pièces (Collection Savin) et une dent Figurée ici (collection Pontier) qui en est d’un spécimen très ancien. L'Elephas trogontherii persiste dans le Tyrrhénien (terrasse de 30 mètres formée postérieurement à la grande glaciation mindelienne), il s’éteint à la fin de cette période en Angleterre après avoir présenté un type plus évolué.
- 2° Le second rameau est celui du mammouth type : Elephas Primigerâus Blumenlhach.
- L’existence du mammouth préglaciaire a été longtemps mise en doute. Des documents certains permettent de fixer sa migration dans les Iles Bri-
- Fig. 6. — Elephas primigenius Blumenbach. Molaire 3 inférieure droite d’un sujet de type normal.
- Alluvions Moustériennes du nord de la France. Arques (Pas-de-Calais).
- Table assez large, émaillègèrement ondulé, lames fines légèrement espacées.
- Réduction-. demi-grandeur.
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- tanniques au moment du Forest Bed. En effet* certaines molaires sont encore recouvertes de l’iron pan, par exemple* certaines pièces delà collection Savin provenant de Cromer et (d’Overstrand et le n° 40699 du British Muséum qui possède certaines caractéristiques archaïques avec formule de x— 22 — x. Le mammouth passe dans le Laminaled blue Clay sans y être abondant — et poursuivant son
- Dans l’étage monastirien (époque monstérienne), le mammouth type continue à être retrouvé dans les alluvions bien près de disparaître.
- 5° Au moment du refroidissement de la fin du quaternaire, le Nord de la France et l’Angleterre sont envahis par un autre rameau du groupe des mammouths, YElephas Primigenius (var. Sibiricus), caractérisé par sa toison épaisse, sa formule
- Tableau résumé de l’évolution des rameaux des Éléphants de Grande-Bretagne.
- ÉTAGES GÉOLOGIQUES GROUPE de EElephas meridionalis groupe de EElephas anliquus GROUPE DES MAMMOUTHS *
- 1er rameau El. planifions El. meridionalis 2e rameau Elephas anliquus 3° rameau Elephas melilensis 4e rameau Elephas trogontherii 5e rameau El. primigenius type 6e rameau Et. primigenius sibiricus : ; ^
- f. ' Epoque pliocène | Époque quaternaire ; " “ j QUATERNAIRE RÉCENT ( Magdalénien) % Eteint Eteint à l’origïnè des temps actuels. •
- El. prinïigeni us ou sibiricus.
- monastirien ; (Mûustérien), Eteint Eteint Eteint Elephas primigenius mutation type et. var. JLeith Àdamsi^- 4
- tyrrhénien „ (Ghelléo-Aclieuléen] " Elephas anliquus Mutation géante, a évolué. Elephas priscus Elephas trogontherii type normal a évolué
- MILAZZIEN Éteint Elephas antiquus type normal Elephas priscus
- SICILIEN (Cromer Forest-bed) Elephas meridionalis mutation cromérienne Elephas antiquus Elephask: trogontherii mutation archaïque Elephas primigenius mutation archaïque
- 1 fl ; o S : (A : £> : l : : JL i cn PLIOCÈNE | SUPERIEUR j ü (Calabrien) 1 ;J •f C v ; « • : S "S Elephas meridionalis (évolue type St-Prestien) Elephas antiquus mutation primitive ; > v.,;- ... t J •
- Elephas meridionalis ... type et archaïque
- 'Elephas planifions • ; ‘ r
- évolution, il’se maintient dans l’étendue des formations Tyrrhéniennes. Il est cité d’une foule de localités et est surtout abondant dans la vallée de là Tamisé,
- ' Les molaires de ce niveau (llford Brendford) ont pour formule x — 22 — x à x — 24 — x — avec fréquence laminaire de 8 à 9. — A ce niveau existe, même en Angleterre, une espèce naine, très intéressante, Y Elephas Primigenius. (var. Leith Àdamsi Pohlig), forme rétrouvée dans les alluvions du Nord de la France et coexistant comme dans les Iles Bri- ; tanniques avec la plus grande espèce.
- dentaire élevée x— 24 a x — 29 —x, la finesse de ses rubans d’émail très réguliers et le développement de ses défenses fortement spiralées. -Beaucoup de molaires ayant appartenu» à; des animaux de ce rameau ont été draguées en mer (au large de Felktow, eoll. Pontier) loin des côtes.- •
- Il existe de nombreux gisements ossifères sous-marins. En face d’Ostende, au Burying Ground (champ mortuaire), au Dogger Bank, au nqrd de Dunkerque et dans le détroit du Pas de Calais.
- Une belle série de pièces draguées par les pêcheurs boulonnais a été réunie par Sauvage au Musée dé
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- LA LUMIÈRE DU CIEL NOCTURNE
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- Boulogne-sur-Mer. Deux mandibules complètes relevées au ehalut entre West Hinder et Norih Hinder portent des molaires du type sibérien avec fréquence laminaire de fl émail très fin, régulier non festonné et lapies très rapprochées. Des molaires isolées présentent les mêmes caractère^, et une belle défense très spiralée provenant du banc Sapin près de Boulogne-sur-Mer indique le type sibérien évolué.
- La curieuse fréquence des mammouths dans la mer du Nord s’explique peut-être par l’invasion très brusque des eaux avec submersion rapide de troupeaux d’éléphants au moment de l’ouverture du détroit — ce qui daterait la transgression marine de la fin du quaternaire. Peut-être s’agit-il plus simplement d’animaux noyés par les fleuves et entraînés à la mer.
- Le dernier rameau des éléphants plio-pléistocènes. des Iles Britanniques s’y est éteint comme en France à l’extrême fin du quaternaire. Arrivé en Europe à une époque correspondant au refroidissement général de nos contrées, il a sans doute remonté vers le nord en suivant une marche inverse et c’est probablement en Russie et en Sibérie que 'se sont éteints les derniers représentants des groupes.
- Avec YElephas primigenius (var. Sibiricvs) se termine l’évolution des divers rameaux des Eléphants fossiles britanniques. Cette évolution, par sa longue durée, l’originalité de certaines formes observées, offre un réel intérêt tant au point de vue paléonto-logique qu’au point de vue stratigraphique. C’est ce dont on peut se rendre compte en lisant le tableau de la page précédente. Dr Georges Pontier.
- LA LUMIÈRE DU CIEL NOCTURNE
- 1. Il est d’observation courante que, par une belle nuit sans nuages et sans lune, loin de la lumière artificielle des villes, on y voit assez pour se conduire et même pour lire un texte imprimé en gros caractères.
- Jusqu’à une époque relativement récente, aucune mesure n’avait été faite de cette luminosité,-qu’on attribuait implicitement aux étoiles.
- Newcomb (1901) attira le premier l’attention sur l’intérêt qu’il y aurait de mesurer l’éclairement .total produit par la voûte céleste et aussi Véclat intrinsèque de ses diverses parties. Il indiqua, à la suite d’observations visuelles très simples, une valeur numérique de l’éclat du ciel qui s’écarte peu des valeurs trouvées plus tard. Les idesures photographiques de Ch. Fabry et Bourget, les mesures visuelles de Dufay montrent que l’éclat varié très peu d’une nuit à l’autre; les variations, qui atteignent rarement 10 pour 100, peuvent .être dues à des. changements dans la transparence atmosphérique; au cours d’une même nuit les variations sont encore plus rares et l’éclat du ciel paraît pratiquement constant dès la fin du crépuscule astronomique. Ces résultats ne sont pas conformes à ceux obtenus par d’autres observateurs. Lord Rayleigh notamment trouve, d’un jour à l’autre, des variations du simple au double.
- L’éclat varie d’une région à une autre du ciel, mais beaucoup moins qu’on aurait pu penser. Hors de la voie lactée, il est à peu près partout le même et correspond à celui que donnerait la lumière d’une étoile de 5e grandeur pour chaque degré carre ; dans les parties galactiques brillantes, il n’est guère que deux fois plus grand., Le ciel entier envoie une quantité totale de lumière égale à celle que produiraient un millier d’étoiles de première grandeur. Une surface horizontale reçoit un éclairement d’environ 1/ôOOU de lux, à peu près égal à celui que produirait une bougie placée à 70 m. au-dessus de l’écran.
- Bien que l’éclat intrinsèque du ciel soit très faible, il est loin d’être négligeable pour notre œil. C’est cette luminosité générale, et non le défaut de sensibilité de notre rétine, qui nous empêche de percevoir à l’oeil nu les étoiles plus faibles que celles de 6e grandeur; sur. un fond parfaitement sombre, nous apercevrions isans difficulté des étoiles de 8* grandeur, ce qui décu-
- plerait presque le nombre des étoiles visibles à l’œil nu.
- 2. Quelle origine attribuer à la luminosité du ciel nocturne?
- a. L’hvpothèse la plus simple consiste à la rapporter tout entière aux étoiles, visibles ou invisibles. Cependant, le calcul montre que le rayonnement des étoiles observables n’explique qu’une partie de la lumière totale du ciel.
- En ce qui concerne les étoiles trop faibles pour être individuellement visibles, comme le télescope révèle les étoiles jusqu’à la 20° grandeur, celles qu’il faudrait faire intervenir devraient être plus faibles. Le calcul conduit alors à des nombres formidables; en supposant toutes les étoiles invisibles de 22° grandeur, il en faudrait environ 20 milliards pour expliquer la 10e partie de la luminosité du ciel. Un tel résultat ne paraît pas pouvoir s’accorder avec ce qu’on sait sur la répartition du nombre d’étoiles visibles en fonction de leur grandeur.
- b. Sous l’influence d’électrons venus du Soleil, la. haute atmosphère s’illumine parfois en donnant naissance au phénomène des aurores boréales. La lumière émise est caractérisée par un spectre particulier, dont la raie la plus brillante est une ligne verte, dite raie de l’aurore, que M. Végard a retrouvée récemment dans la lumière qu’émet ,1’azote solide, bombardé par un flux d’électrons en mouvement très rapide. Pour cet auteur, la haute atmosphère, au-dessus de 80 à 100 km, contiendrait des cristaux microscopiques d’azote solide, chargés positivement et maintenus en suspension par une répulsion électro-statique provenant du champ électrique de l’atmosphère ; ce sont des cristaux qui deviendraient phosphorescents sous l’influence d’électrons venus du Soleil produisant ainsi les aurores boréales qui ne coïncident avec aucune raie connue.
- -On s’est demandé si le phénomène ne serait pas, en réalité, quotidien et ne contribuerait pas, pour une certaine part, à la luminosité du ciel nocturne. Une telle hypothèse peut, contenir une part de vérité; les photographies du spectre fourni par la lumière du ciel nocturne renferment généralement la raie verte caractéristique du spectre de l’aurore. Celte raie, assez faible sur les clichés obtenus par Diifay dans le midi de la France, est Lau contraire • très intense sur ceux qü’a
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- enregistrés Lord Rayleigli en Angleterre. Le phénomène des aurores, pourrait jouer un rôle iihportant dans l’éclat du ciel en Angleterre, ce qui expliquerait les grandes variations de luminosité du ciel d’un jour à l’autre, et n’interviendrait que d’une manière insensible dans le Midi’de la France. Il y a là un point qu’il serait intéressant d’élucider..
- c. L’origine de la luminosité du ciel nocturne peut être cherchée dans la lumière solaire diffusée par des particules éparses dans l’espace. La nuit, l’hémisphère éclairé de notre propre planète nous dérobe le rayonnement solaire; mais, hors d’un étroit cône d’ombre, ce rayonnement inonde l’espace de lumière. Qu’il se trouve, dans cet espace, soit de petites particules solides éparses, soit un gaz très raréfié, ces particules solides ou ce gaz diffuseront dans tous les sens une partie de la lumière solaire qu’ils reçoivent; la lumière diffusée vers la Terre accroîtra la luminosité du ciel.
- Aucune de ces deux hypothèses n’est invraisemblable ; il existe dans l’espace qui nous entoure un grand nombre de minuscules astéroïdes qui, trop petits pour être visibles dès qu’ils sont à quelque distance de nous, s’illui minent lorsqu’ils pénètrent dans l’atmosphère terrestre et constituent les étoiles lilantes. Ces corpuscules sont sans doute à l’état solide et leurs dimensions ne dépassent peut-être pas quelques millimètres. La présence d’un gaz ultra-raréfié provenant de particules très petites expulsées par la pression de radiation du Soleil ou ayant
- échappé à l’atmosphère des planètes ne gênerait pas d’une manière appréciable le mouvement des âstres.
- Si l’éclairement du ciel nocturne tient à une diffusion des rayons solaires, la composition de la lumière qui le produit doit présenter quelques caractères communs avec celle de la lumière1 émanée directement du Soleil. Une telle analogie est révélée par l’analyse spectrale; le spectre du ciel nocturne est un spectre continu comme celui du Soleil, il est sillonné des mêmes nombreuses raies noires. Les hypothèses qui attribuent une grande partie de l’éclat du ciel nocturne à une diffuuon de la lumière solaire hors de l’atmosphère terrestre sont actuellement celles qui rendent le mieux compte des résultats expérimentaux.
- Comment décider si le milieu diffusant est formé de molécules gazeuses ou de particules solides relativement volumineuses? Dans le premier cas, la lumière du ciel nocturne doit contenir une plus forte proportion de lumière jaune et rouge, de grosses particules diffusant surtout les radiations de plus grandes longueurs d’onde.
- Des études comparatives faites par Lord Rayleigh (1921) semblent indiquer que la lumière du ciel nocturne est plus riche en radiations jaunes et rouges que la lumière du ciel par un jour sans nuages.
- Peut-être cette conclusion n’est-elle pas définitive; de nouvelles recherches semblent nécessaires.
- A. Routaric.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- LES CITÉS-JARDINS DE LA COMPAGNIE DU CHEMIN DE FER DU NORD
- La plupart des nations civilisées s’attaquent aujourd’hui à l’angoissant problème de l’habitation. Les Pays-Bas, l’Angleterre et les États-Unis ‘ entre autres, tentèrent les premiers de remédier à cette crise dulogement qui va chez eux en s’atténuant.
- La France, plusfrappéedans ses habitations que tout autre pays, en raison des dévastations de la guerre et de l’arrêt . prolongé de la construction dans les grandes villes, avait à résoudre à cet égard un problème particulièrement difficile. Les ressources de l’Etat, entièrement absorbées par les charges du conflit et par la reconstitution des régions dévastées, ne pouvaient être mises à contribution pour faciliter la reprise de la construction dans les centres urbains.
- Aussi l’effort des bâtisseurs se concentra jusqu’ici
- dans la zone ravagée par les batailles. Comme on le sait, l’Etat fournit les fond s de la reconstruction sous des formes diverses ; mais laisse leùr emploi,¥dans
- les limites prescrites par la loi, à l’initiative des particuliers.
- On obtint de la sorte des résultats remarquables. Partout on peut signaler, dans le domaine des habitations ouvrières notamment, un louable effort vers l’hy-r giène,le confort, le groupement logique et la dispo-sition élégante des immeublesj bref pour em1 ployer un mot nouveau, on y voit de belles réalisations d'urbanisme^ Et^ il convient d’ajouter que beaucoup d’entreprises ont consacré à l'habitation ouvrière des sommes bien supérieures à celles qui leur étaient dues à titre de dommages pour les immeubles détruits.
- Citons au hasard de la] plume : les Aciéries et
- Fig. i. Cité de Tergnier : une avenue.
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- laminoirs de Beautor (Aisne), la Compagnie de Saint-Gobain à Thou-rotte (Oise), les hauts fourneaux de Pompey en Meurthe-et-Moselle, toutes les Sociétés houillères du Nord et du Pas-de-Calais, etc..
- L’un des ensembles des plus importants et des mieux réussis est celui que vient d’achever la Compagnie du chemin du fer du hord.
- Elle édifia de 1919 à. 1925 en différents points de son réseau, des cités-jardins (fig. 4), qui comportent à l’heure actuelle, 11037 logements pour son personnel, 25 écoles ordi-, naires, 8 écoles ménagères. 15 bains-douches, 18 consultations de nourrissons, 10 dispensaires, 24 salles de fêtes, 19 terrains de sports et 24 foyers d’agents. La réalisation d’une œuvre sociale aussi considérable est d’autant plus louable que la Compagnie avait au moment de l’armistice, à remettre en état 2163 km de voies entièrement détruites par les Allemands. Ces lignes comprenaient, entre autres travaux d’art, 8 grands viaducs, 811 ponts, 5 tunnels assez longs, 338 gares et 115 alimentations d’eau à reconstruire, sans compter les dépôts et les ateliers à rétablir ainsi que leur outillage; Les techniciens ne faillirent pas à leur tâche.
- La recontruction du réseau commença en septembre 1918, Dès le mois de mars suivant, des trains omnibus et des trains de marchandises circulaient quotidiennement sur toutes les lignes du Nord.
- Peu après, les express étaient rétablis et en 1920, les rapides assuraient à nouveau une active liaison entre les grands centres manufacturiers de ces départements dévastés.
- Mais malgré leur maîtrise technique, les chefs durent faire appel à l’abnégation et à l’endurance de leurs subordonnés pour obtenir un effort si soutenu et si intense, comme le constate dans un
- IMMÉi
- Fig. 3. — L'école de la cité de Lille-Délivrance {Nord).
- Fig. 2. — Cité de Saint-Quentin : place du puits.
- très intéressant rapport M. Dautry, ingénieur en chef de la Compagnie. Presque tous ces cheminots avaient, en effet, beaucoup souffert pendant l’occupation allemande. Séparés pour la plupart de leurs familles, vivant dans de déplorables conditions physiques, sans soins médicaux et sans distractions, le moral de ces agents n’était naturellement pas fort élevé, à l’automne 1918. La Direction du chemin de fer du Nord chercha donc à leur venir en aide et dès le recul d’Hindenburg, elle demanda au Ministère des régions libérées des habitations pour loger convenablement son personnel. Toutefois l’Administration ne put satisfaire d’une façon immédiate aux desiderata formulés. Aussi en désespoir de cause, la Compagnie se retourna vers le Ministre des travaux publics d’alors, M. Claveille, qui, le 9 mai 1919, l’autorisa à édifier 2000 maisons provisoires en bois dont le montage se trouvait achevé 5 mois plus tard.
- Devant le succès de cette première expérience, la Compagnie du Nord s’enhardit et décida de créer des cités-jardins à proximité de ses grandes gares, de ses dépôts ou de ses ateliers.
- Le programme était grandiose : plus dé 4000 maisons en bois, plus de 6000 pavillons en maçonnerie avec 450 à 500 m9 de jardin chacun, sans compter des immelibles à 6 étages au Bourget près Paris, des écoles, des dispensaires, des salles de fêtes, des foyers d’agents et des terrains de sports.
- On le voit, il s’agissait là d’un effort colossal ; d’autant plus méritoire et difficile que les régions où il devait être réalisé,, étaient encore dépourvues de ressources locales.
- Il a été cependant mené à bien dans un délai très court.-Le tableau ci-après donne le détail et l’emplacement des installations réalisées jusqu’ici et qui assurent le logement de 12 000. familles d’agents, soit environ 60000 personnes.
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- Cités-jardins créées de 1919 à 1924 Bourget . . . 1 école 5 /classes
- par le chemin de fer du Nord pour son personnel. Busigny . . . . . 1 — 4 —
- Emplacement et répartition des 11 037 logements Cappelle ... . . 1 — 4 —
- existant actuellement Douai ...... 1 — 4 —
- Ailly-sur-Noye . . . 70 Hazebrouck. . 137 Hirsop . . . . . . 2 — 3 —
- Albert . . . ... 56 Hirson. . . . 358 Laon. . . . . . . 2 6 -
- Amiens. . . . . . 140 Jeumont . . 50 Lens. . . : . i . 4 — Tl —
- Armentières . . . . 69 Laon .... 559 Lille (Délivrance) . . 2 ' — 6 —
- Arras. . . , ... 540 Lens .... 807 Montdidier • . . . 1 — 4 —
- Lille-la-D éli- Roye. . ... . . 1 — • 4 —•
- Aulnoye. . . . . . 451 vrance. . . 827 Saint-Quentin . . . 1 — '•2 —
- Béthune, . . . . . 520 Longüeau . . 497 Tergnier . • . . . . 4 — 14 —
- Fig. 4. — Vue de la cité-jardin de Valenciennes~{pr,ise en avion).
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- Le Bourget . .. . . 242 : Montdidier . . 152
- Busigny. . : .184 Moulin-Neuf . 129
- Cambrai. . . . . . 155• Roye; . . . . 265
- Chaulnes.......... 73 Soissons . . . 103
- Chauny. ..... 48 Somàin . . . 127
- Compiègne .... 99 Saint-Quentin. 212
- Creil . . .... . 113 Tergnier. . . 1111
- Douai. . . . . . . .174 Valenciennes . 235
- Dunkerque (Cappelle) 199 ‘ Petites cités iso-Dunkerque (St-Pol) . 401 lées ou sur
- Feignies. ..... 23 terrains d’agents . . . 1955
- Établissements d’instruction et d’hygiène.
- A. ‘loécoles ordinaires :
- Arras . . . . . . 2 écoles, 4 classes.
- Aulnoye . . . . 1 6 —
- Béthune .... 1 — 5 —
- B. 8 écoles ménagères :
- Arras, Aulnoye, Béthune, Busigny, Douai, Laon, Lens, Tergnier. '
- C. Bains-douches (15).
- D. Consultations de nourrissons (18).
- D. Dispensaires (10).
- Lieux de réunions.
- 24 salles de fêtes, 19 terrains de sports et 21 foyers d'agents.
- La Compagnie dissémina d’abord, le long de son réseau et selon les besoins du service, les premières maisons en bois qu’elle construisit, puis en 1920 quand elle put sè procurer les matériaux et la main-d’œuvre nécessaires, elle abandonna le bois pour la maçonnerie et groupa les habitations près des centres importants, de façon à créer de coquettes cités-jardins. Ses techniciens s’efforcèrent de varier
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- les types de maisons, leur emplacement, la couleur de leurs portes et de leurs fenêtres, leur aspect extérieur afin d’empêcher l’uniformité et de rendre l’ensemble aussi gai qu’esthétique. Ses hauts fonctionnaires, notamment M. Javary, ingénieur en chef
- aux fenêtres orientées convenablement, différent comme silhouettes ; des jardins de 4 à 5 ares par famille isolent chacune d’elles. De-ci, de-là, des arbres et des fleurs, des squares publics, des locaux communs, des stades de jeux, des puils (fig. 2) et
- Fig'. 5 à io. — 5, Lésion tiques, de Lens. — b,-'Cité de Lens : maison^à 2 logements de 4 pièces. — 7, Lon-gueau : maison à 1 logement de 6 pièces pour famille nombreuse.— 8, Cité de Ter g nier : maison du médecin. — 9, Cité de Tergnier : centre d’hygiène infantile. — 10, Cité de Saint-Quentin : groupe de 4 maisons
- à 4 logements de 4 pièces.
- de l’exploitation, MM. Bréville, Tettelin et Dautry, directeurs des services intéressés, réussirent à atteindre leur objectif. Ils ont su remplacer les anciens « corons » aux ruelles étroites, aux murs noirâtres, par de vivantes cités, aux voies larges et aérées (fig. 1), bordées de pavillons comportant des logements de 4, 5 ou 6 pièces et éclairées la nuit par- des lampes électriques. Toutes ces maisons,
- des fontaines ajoutent au confort de ces coquettes' demeures.
- Sans entrer dans des détails techniques, voyons comment la Compagnie du Nord a pu construire en moins de trois ans, ces 4727 maisons en bois et ces 6195 pavillons en maçonnerie.
- La prèmière difficulté à laquelle se heurtèrent les ingénieurs, après avoir choisi les emplacements
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- de ces futures cités, fut l’achat des terrains nécessaires. Les propriétaires ne vendaient pas facilement et en tout cas, tinrent souvent, selon l’expression populaire, la dragée haute aux négociateurs. Du reste, comme on avait décidé de donner à chaque locataire 450 à 500 m. de jardin autour de sa maison, il fallait une certaine étendue pour aménager de tels logements avec leurs abords, les rues, • les écoles et autres installations projetées. Ainsi pour Tergnier, la Compagnie dut acheter plus de 100 hectares d’un seul tenant et non sans de pénibles tractations.
- Une fois ces premières difficultés surmontées, on dressa, dans chaque cas, le plan de la future agglomération en tenant compte des conditions locales, en respectant même parfois un chêne vénérable, un orme séculaire ou des bâtiments anciens et pittoresques. De toutes manières, les architectes de la Compagnie s’efforcèrent de donner un cachet artistique à toutes leurs constructions, d’en varier l’aspect, la décoration extérieure et d’approprier les bâtiments à leur destination respective.
- A la vérité, Tergnier, la première de ces cités-jardins par ordre de date et par son importance, est peut-être établi sur un plan par trop géométrique, mais la diversité de ses mille et quelques maisons, la silhouette de son école Pasteur surmontée d’un gracieux campanile,* son jardin public établi dans une carrière abandonnée, son belvédère d’où l’on découvre la forêt de Saint-Gobain, suffisent à donner un charme véritable à cette ville nouvelle où habite maintenant, dans une saine ambiance, une population de 4000 braves gens ! De même, dans la cité de la Délivrance, qui héberge 827 familles de cheminots lillois, on ne rencontre pas moins de 91 types différents de maisons que diversifient encore les bâtiments du service médical, de l’école (fig. 3) et des bains-douches. Quant à Lens, l’une des plus récentes agglomérations édifiées, elle a bénéficié des expériences antérieures. On y a non seulement amélioré le confort et l’esthétique des habitations, mais, après avoir aménagé dans la perfection les terrains de jeux, décoré avec goût la salle des fêtes, on y a installé de pimpantes boutiques (fig. 5) pour le coiffeur, le pharmacien, le marchand de tabac et le libraire qui fait, paraît-il, d’excellentes affaires!
- Les pavillons ouvriers des diverses cités de la • Compagnie des chemins de fer du Nord comportent,' en général, quatre pièces : une salle commune et trois chambres à coucher (fig. 6). Chacun d’eux possède^une cave ou un cellier et un porche servant à plusieurs fins. L’été, les femmes peuvent se tenir dans cet endroit pour exécuter leurs travaux de couture, les bambins y dorment dans leurs voilures, la famille enlière y prend au besoin ses repas et en tous temps on y nettoie chaussures ou vêtements. Par groupe de 20 maisons, s’en trouvent deux pour les familles nombreuses : l’une à 5 pièces, l'autre à 6 pièces (fig. 7). Il existe également d’autres/ types de maisons à limng-room, autrement dit avec
- salle à manger-salon et cabinet de toilette formant salle de bains ; habitées par des contremaîtres, elles voisinent parfois avec des immeubles encore plus grands destinés soit à loger les ingénieurs ou les médecins (fig. 8), soit à abriter l’école ou les établissements d’hygiène (consultations de nourrissons, (fig. 9), bains-douches, dispensaires). Les maisons à usage d’habitation sont tantôt isolées au milieu d’un petit jardin, tantôt bâties par groupe de 2,3 ou 4 avec des espaces libres proportionnés à leur importance et plantés d’arbres (fig. 10).
- Comme matériaux, afin de réduire les frais de construction au minimum, on a utilisé surtout les agglomérés de scories qu’on trouvait à proximité et du sable de l’Aisne; constitués par une double paroi avec vide au milieu, ces blocs artificiels sont enduits extérieurement d’un revêtement de ciment puis d’un crépi blanc et intérieurement de plâtre, selon les procédés habituels. Quant à l’aménagement intérieur des pavillons et des jardins, il ne laisse rien à désirer au double point de vue de l’hygiène et du confort. L’eau arrive sous pression à un robinet sur évier et à des bornes-fontaines qui permettent l’arrosage des légumes et des fleurs, le lavage des rues et, le cas échéant, la lutte contre l’incendie. Vu ce programme rationnellement établi, le prix de chaque logement moyen n’a pas dépassé 26000 francs dans les petites cités et dans les plus grandes aglomérations où les installations communes sont plus nombreuses, il a coûté de30 à 35 000 francs pour les maisons de 5 ou 6 pièces destinées aux fonctionnaires supérieurs.
- D’autre part, la Compagnie du Nord a encore construit des cités en dehors des régions dévastées. Par suite de la destruction de Soissons et de Laon il a fallu, en effet, déplacer le point d’attache des locomotives de ces gares en renforçant les dépôts du Bourget et de Creil. Aux environs de la première de ces localités, le terrain coûtant très cher, on a élevé en particulier, quatre maisons à étages avec un escalier à jour qui dessert 4 pavillons comprenant, à chacun de leurs 6 étages, deux logements avec balcon (fig. 11).
- En ce qui concerne l’hygiène urbaine, on a appliqué le système du tout à Végout, avec station d’épuration biologique aux cités de plus de 200 logements, c’ést-à-dire à Tergnier, Lille-la-Délivrance, Lens, Saint-Pol-sur-Mer, Béthune, Le Bourget, Valenciennes et Dunkerque-Cappelle. Chacune de ces installations comprend un réservoir dé chasse et un siège raccordés à une canalisation générale. Sur cette dernière, viennent se brancher également les éviers et les vidoirs siphonés qui" servent à évacuer les liquides des lessives ainsi que les bouches d’égouts recueillant les eaux de pluie. La plupart du temps, l’écoulement se produit, dans ce collecteur, par simple gravitation jusqu’à la station d’épuration composée de fosses septiques et de filtres percolateurs garnis de scories dans lesquels s’achève la décomposition biologique ; enfin un certain nombre
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- LES CITÉS-JARDINS DE LA COMPAGNIE
- de chambres! de chasse à fonctionnement automatique, d’une contenance de 200 à 500 litres suivant Je diamètre des tuyaux et la pente, assure le nettoyage des canalisations. En outre, à Dunkerque et à Béthune, vu la-presque horizontalité du terrain, on a dû établir des postes de relevage que des pompes électriques actionnent automatiquement. Pour les cités moins importantes, on a jugé suffisant d’évacuer les eaux ménagères au moyen de simples canalisations souterraines aboutissant à des égouts de gare.
- Au point de vue-du chauffage et de Yéclairage, on a adopté des solutions économiques et pratiques. Dans chaque salle commune des logements de pavillons, on a installé un poêle-cuisinière, tandis que dans les écoles, bains-douches et bâtiments administratifs, on utilise le chauffage central ou même une centrale thermique qui distribue de la vapeur dans un rayon de 2Ô0 à 300 m. Ainsi à Lens, on chauffe les locaux scolaires, le cinéma et autres lieux de réunion à l’aide d’une chaudière placée dans les sous-sols du foyer-hôtel des mécaniciens. La vapeur arrive sous une pression de 2 kg dans les canalisations de distribution qui desservent chaque immeuble. D’autre part, la Compagnie étudie en ce moment le problème de la distribution du gaz dans certaines des agglomérations précédentes. Les tech- -niciens envisagent soit l’utilisation ou la construction d’usines à gaz locales, soit le transport par wagon-citernes amenant à haute pression du gaz des fours à coke dont le pouvoir calorifique est très élevé. Enfin pour l’éclairage des maisons et des rues des cités, on s’adresse naturellement à Y électricité.
- De leur côté, les 24 foyers de mécaniciens constituent de confortables hôtels, édifiés près des grands dépôts reconstruits. Pourvus de lavabos, de bains, de douches avec eau chaude et eau froide, ces établissements semblent très appréciés du personnel. L’agent en y pénétrant dépose d’abord ses vêtements de travail dans un séchoir, puis, après avoir endossé des habits propres, il passe successivement à la cuisine, à la salle à manger où il fait réchauffer ses aliments et après son repas, il peut
- Fis;. 12. — Cité de Tergnier-: maison du conseil d’administration de la Cité.
- DU CHEMIN DE FER DU NORD 315
- Fig. ii. — Cite du Bourget près de Paris v maison à è étages avec escalier à jour desservant 4 pavillons; à chaque étage se trouvent 2 logements avec balcon.
- se rendre dans une bibliothèque-fumoir. S’il veut ensuite se reposer, il va se coucher dans une chambre à deux lits affectée à une équipe de deux hommes (mécaniciens et chauffeurs ou conducteurs et garde-frein) qui prennent leur service ensemble. De même, la Compagnie s’est chargée delà construction des écoles, qui comptent actuellement 3500 enfants du réseau ; elle a installé des terrains de sports et des bibliothèques, elle a édifié des salles de réunion’qui, à Tergnier, Laon et Lens, peuvent contenir jusqu a 500 personnes.
- Une fois les cités-jardins construites, il fallait pourvoir à leur administration et voici la méthode employée par la Compagnie dû Nord pour en assurer le fonctionnement de la façon la plus libérale. Elle loue chaque pavillon de 4 pièces 840 francs en moyenne, somme à peine suffisante pour rémunérer le capital nécessaire à sa construction. Mais tout en restant propriétaire des cités, elle n’a voulu participer que de loin à leur Vie municipale et a confié à leurs habitants le soin de les gérer. Elle a donc institué à Paris Un Comité de gestion, formé d’un représentant de chaque service (exploitation, traction, voie) auxquels se trouve adjointe, comme secrétaire, une surintèndante particulièrement qualifiée pour les œuvres familiales. A ce comité, la direction du réseau délègue ses pouvoirs pour traiter les questions d’ordre général, et aplanir les différends. D’autre part, indépendamment de cet organisme central, existe, dans chaque cité de plus de 50 foyers, un conseil d'administration composé de 3 fonctionnaires de la Compagnie nommés par le comité parisien de gestion et d’agents élus par l'agglomération locale, à raison d’qn représentant par 50 ménages. A Tergnier par exemple, Ce conseil comprend 27 membres dont 24 agents élus par leurs pairs et 3 représentants de la Compagnie. Ces conseils siègent dans des maisons communales (fig. 12) ; ils disposent de 60 francs par pavillon pour assurer les services * municipaux (enlèvement des ordures ménagères, entretien des jardins publics et des
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- rues, éclairage, etc.). En cas de bénéfices réalisés sur ce budget, le conseil peut s’en servir au mieux des intérêts de la communauté pour organiser des fêtes, établir des œuvres post-scolaires.
- La méthode employée par la Compagnie du chemin de fer du Nord pour créer ses cités-jardins, semble avoir donné d’excellents résultats, et a grandement amélioré les conditions d’existence de son personnel. L’état sanitaire de ces petites villes, par-
- fois aussi importantes que des sous-préfectures, est excellent si l’on en juge par les statistiques. • En particulier r la mortalité infantile ne dépasse pas, 0,56 pour 100 à Béthune; 0,41 à Roye et atteint seulement 0,15 à Tergnier. Enfin, comme l’a indiqué M. Daulry au dernier Congrès de l’Hygiène sociale, la natalité est plus forte dans ces cités que dans les régions voisines et dans l’ensemble de la France.
- Jacques Boyer.
- L’HUILE DE SAUTERELLES
- Les grandes sauterelles qui, 'jusqu’à ce jour, ont été un fléau pour l’Afrique, dévorant les récoltes partout où elles s’abattaient en essaims innombrables vont, d’après Le Quotidien ('), cesser d’être une calamité pour devenir une matière première des plus précieuses.
- On à découvert qu’on pouvait extraire de ces insectes une huile excellente pour les aéroplanes ; une huile qui, au lieu de se figer, demeure liquide à une très haute altitude.
- Tout récemment, 98 balles de sauterelles pesant approximativement 18 tonnes ont été envoyées de Durban en Hollande. Une partie sera consacrée à nourrir la volaille ; l’autre à fournir de l’huile pouf l’aviation.
- L’huile de sauterelles n’est pas une invention nouvelle. En 1887, un américain, William K. Kedric, avait pu isoler, en très petite quantité, il est vrai, de l’huile du suc de criquet d’Amérique et il avait donné à ce produit le nom de Calopline,
- 11 ne faut pas confondre l’huile extraite du corps de la sauterelle ou des criquets américains avec celle que j’ai retirée des œufs du criquet pèlerin ou sauterelle d’Algérie (Acridium peregrinum). En 1893, envoyé en mission scientifique en Algérie, j’arrivai au mois de mai dans la commune mixte de Nedroma de la province d’Oran. La famine régnait chez lès indigènes, dont les récoltes avaient été ravagées par les sauterelles, qui avaient, en outre, infesté le sol de leurs pontes, préparant ainsi une invasion plus formidable encore, celle des criquets issus de ces œufs. L’administrai eur, pour conjurer le danger, faisait donner un verre à boire plein de blé à tout Arabe qui apportait un boisseau d’œufs de sauterelles. Dans une seule journée, on en avait recueilli plusieurs tonneaux, on les jetait dans une fosse et on les enterrait après les avoir arrosés de pétrole. Je pensais alors que l’on pourrait retirer de cette masse d’œufs, qui se renouvelait chaque jour, quelque produit utilisable.
- L’administrateur eut l’obligeance de m’en faire expédier une caisse à l’hôpital militaire de Tlemcen, dont le pharmacien en chef voulut bien mettre son laboratoire à ma disposition. Lorsque j’arrivai le lendemain matin, il y avait grand émoi à l’hôpital, parce que des bandes serrées de jeunes criquets éclos pendant la nuit avaient déjà envahi les, aUées du magnifique jardin de l’établissement renfermant quantité de plantes et d’arbres rares. On vint facilement à bout des criquets et je constatai avec plaisir que le nombre d’œufs éclos était relativement peu important, mais il s’était développé, dans la masse une chaleur assez forte pour porter à 42° C. la température. De ces œufs, je pus extraire encore une quantité d’huile d’environ 50 -à 60 gr. par kg. Un peu/ plus tôt, la proportion eût été certainement plus élevée,7
- 1. Numéro du 1er octobre.
- car une grande partie avait dû servir à produire l’élévation considérable de la température de la masse.
- : Par sa couleur et pjr sa consistance, cette huile res-
- semblait à celle de l’œuf de poule ; elle était d’un beau jaune d’or. A' l’état frais, son odeur était herbacée, sa saveur un peu âcre. Elle devint assez rapidement rance et prit une odeur d’huile de foie de morue très accentuée, en même temps que son âcfeté augmentait. A une température relativement basse, elle s’enflammait-et brûlait sans fumée avec une flamme bleuâtre, comme celle de l’alcool. J’ai indiqué ses principales caractéristiques chimiques dans la, note qui a, paru dans les comptes rendus de l’Académie des Sciences (séance du 12 juin 1893) sur l’huile d’œufs de la sauterelle d’Algérie ou criquet pèlerin. A cause de sa saveur surtout, cette huile serait impropre à l’alimentation.' Elle ne conviendrait pas davantage à l’usage que l’on vient de faire de celle des sauterelles adultes pour les aéroplanes, car, à la température de -f- 2° C., elle prend la consistance du beurre. Mais, peut-être, pourrait-elle être utilisée comme médicament, au même titre que les lécithines qu’elle doit contenir en assez grande quantité, car l’analyse chimique a montré qu’elle renfermait jusqu’à 1,92 d’anhydride phosphorique pour 100 en poids d’huile.
- On conçoit qu’il soit difficile d’exploiter industriellement des matières premières retirées des sauterelles ou de leurs œufs,, dont l’abondance peut varier considérablement d’une année à l’autre.^Toutefois, ces variations pourraient être prévues, car Giard a soutenu que les '•grandes invasions coïncidaient avec les périodes de maxima des taches solaires. Il en résulterait que les famines et les émeutes, parfois sanglantes, qui en sont lés conséquences, seraient aussi dans la dépendance des variations périodiques du rayonnement solaire, ce qui constituerait une nouvelle preuve de l’influence des agents cosmiques sur le comportement des collectivités humaines. En tout cas, le meilleur moyen pour débarrasser l’Humanité de ses ennemis, animaux ou végétaux, c’est de les faire servir -à quelque chose d’utile. N’a-t-on pas raconté que l’empereur Napoléon III avait offert aux^ Tuileries un déjeuner sur le menu duquel figurait un plat de larves de hanneton, de « vers blancs », qui, à cette époque, causaient de grands dommages à l’Agriculture ! Malheureusement le succès n’a pas été plus grand pour ce mets nouveau que pour la sauterelle salée et desséchée vendue il y a quelques années sous le nom suggestif de « crevette du désert ». Il ne faut pas oublier que la sauterelle d’Algérie .a causé ces temps derniers dans le sud de la France des dégâts importants, on ne saurait donc négliger aucun moyen de'destruction..
- Raphaël Dubois.
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- LES ANCETRES DE LA TORPILLE
- Il y,a fort longtemps que l’idée d’utiliser des explosifs | sous-marins a fait son apparition. Cependant, ce n’est que vers la fin du xvme siècle qu’on est arrivé à une solution pratique,
- Durant la guerre de l’Indépendance américaine, Bushnel construisit le premier engin qu’on peut appeler torpille.
- La charge était de 150 kg de poudre noire et on devait placer l’engin contre le flanc d’un bâtiment en utilisant une sorte de bateau sous-marin. Bushnel ne réussit d’ailleurs pas dans son entreprise.
- L’idée de Bushnel fut reprise par Fulton qui, en 1805, coula le brick la « Dorothée » avec une torpille chargée à 150 kg de poudre noire dont l’explosion avait été provoquée par un mouvement d’horlogerie. ' '
- On retrouve des torpilles au cours de la guerre de Crimée. Inventées par le docteur Jacobi, leur explosion était déterminée par l’action de l’acide sulfurique contenu dans un tube de verre sur le chlorate de potasse. La rupture du tube était causée par le choc du navire ennemi. ,
- En 1859, le colonel autrichien Ebner défendit l’entrée 1 de Venise contre les Italiens avec des torpilles qui étaient j pour la première fois jphargées de coton-poudre. Déplus, un avait, à ce moment, résolu le problème des lignes ; télégraphiques sous-marines; l’explosion pouvait donc être commandée à distance,
- Mais c’est surtout pendant la terrible guerre de Sécession que la torpille joua un rôle important.
- Les Sudistes s’en servirent contre les Fédéraux qui étaient maîtres de la mer. Il y en eut d’ailleurs de tous les systèmes : torpilles reposant sur le fond, mouillées ” entre deux eaux, ou portées au bout d’une hampe par des embarcations. Ces moyens furent d’ailleurs très efficaces, car on évalue à 35 le nombre de bâtiments perdus par les Fédéraux. Sil’on tient compte de l’importance de leur flotte du moment, on conviendra que. ce procédé était singulièrement dangereux pour les bâtiments de l’adversaire et tout à lait comparable comme rendement aux sous-marins de la dernière guerre.
- . On retrouve les torpilles durant la guerre entre le Paraguay et le Brésil (1864-1868), au cours de laquelle les Brésiliens eurent plusieurs bâtiments coulés par des j torpilles fixes. j
- Tous ces faits historiques montrent que la torpille était surtout une arme de défense ; la période qui suivit permit d’en faire une arme d’attaque.
- En 1864, le capitaine de frégate autrichien Luppis construisit un engin mû par un petit moteur m air comprimé. C’est en 1867, durant le conflit anglo-péruvien, que l’o u entendit pour h première fois parler de la torpille automobile.
- Le navire anglais le « Shah » en lança une contre le
- « Iluascar » qui, marchant plus vite qu’elle, parvint à l’éviter. \
- Durant la guerre de Chine, on assista à une recrudescence de torpilles. A Fou-Tchéou, le 28 août 1884, le torpilleur porte-torpilles n° 45, commandé par le lieutenant de vaisseau Douzans, coula le croiseur chinois « Yong-Po », pendant que le n° 45, commandé par lé lieutenant de vaisseau Latour, mit l’aviso « Foo-Poo » hors de combat.
- On alla plus loin; le 14 février 1885, àSheipoo, le capitaine de frégate Gourdon et le lieutenant de vaisseau Duboc, montant 2 canots à vapeur, réussirent à couler la frégate chinoise « Yu-Yen ». Il s’agissait ici de la torpille portée. C’était une charge d’une dizaine de kilogrammes de coton-poudre contenue dans un récipient en tôle de forme parallélipipédique amarré au bout d’une hampe d’acier de six mètres de longueur environ. Lorsque l’embarcation était à une distance assez faible (cinquante mètres environ), on poussait la hampe au dehors de façon à placer la charge à l’exlrême limite. On donnait toute la vitesse possible et, comme la torpille était munie d’antennes destinées à frapper la coque, l’explosion se produisait au choc de cette dernière.
- Cette opération nécessitait naturellement une nuit, d’encre et peu de surveillance de la part de l’ennemi.
- , Ce fut d’ailleurs à peu près la dernière fois que la torpille portée fut utilisée.
- Durant la guerre sino-japonaise, au cours de 2 attaques de nuit, les 4 et 5 février 1895, des torpilleurs japonais détruisirent à Weï-haï-Weï les bâtiments ennemis dont le « Ting-Yuan » cuirassé amiral, en lançant contre eux des torpilles automobiles. Ce fut au cours de la guerre russo-japonaise, qu’on put prévoir le rôle important des torpilles automobiles. Dans la nuit du 9 février 1904, les torpilleurs japonais mirent hors de combat pendant plusieurs mois le « Cesarevitch », le « Revitson » et le « Palladoi ».
- On vit réapparaître la torpille fixe durant le siège de Port-Arthur. Aussi, les pertes furent importantes. Du côté russe, F « Iénisséi », le « Boyarin » et le « Petro-pobavsk » ; du côté japonais, F « Hatsusi » le « Kaï Mou » et le <( Hei-Yen ».
- Cependant, le mauvais temps empêcha l’amiral Togo à la bataille de Tsouchima de se servir de ses torpilleurs d’une façon pleinement efficace. Pendant la nuit qui suivit la bataille, une cinquantaine de torpilleurs harcelèrent ce qui restait de la flotte russe et coulèrent le "« Sissoi-Yelild », F « Amiral Nakhimofï » et le « Vladimir-Monomach ». *
- La torpille, arme de second plan dans la marine avant 1914, est devenue avec la guerre mondiale l’engin destructeur par excellence. Ft C.
- LES MOULINS DE MER DE LA ROCHELLE
- Au moment où l’on va mettre en service une installation moderne pour l’utilisation de l’énergie des marées, il semble intéressant de s’occuper de ce qui a été fait anciennement dans cèt ordre d’idées.
- Ayant lu, dans la relation du voyage en France d’un prince allemand, vers la fin du xvue siècle, que celui-ci
- avait visité à La Rochelle, des moulins à eau de mer, j’ai demandé à M. Musset, le distingué bibliothécaire de cette ville, s’il ne se trouverait pas dans les archives quelque document relatif à ces installations.
- M. Musset, qui s’occupe avec passion, des choses intéressant le passé de sa ville, a découvert un document
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- datant de 1709, relatif à ce sujet, qui a pour titre « Mémoire relatif à la feuille pour expliquer en détail les particularités d’un moulin à eau, qui moud par le jusan ou descendement du flux de la mer; ce dessein relatif à la feuille a été pris sur celui du Pont de Maubecq à La Rochelle en 1709 ».
- Ce Mémoire donne une description succincte des diverses figures de la feuille, trop confuses pour pouvoir être reproduites, qui'se rapportent pour la plupart à l'installation des meules du moulin; les-indications suivantes du Mémoire, permettent de se rendre compte des dispositions générales :
- « Les figures 17, 21, 20, 16, 15 et 19 sont faites pour donner différentes idées d’écluses, portes ou varenues pour faire entrer l’eau de mer par le reflux dans un jas, ou étang, ou réservoir, pour faire moudre les moulins à reflux, qui sont sur les bords des costes de la mer océane, ou dans des chenaux où monte le reflux, comme ils sont en Poitou ou Saintonge et Aunis ».
- « 76. Empellement ou petite écluse que l’on tient fermée pendant le temps que là mer monte et que l’on hausse quand l’on veut faire tourner le moulin ».
- (( 77. Partie du chenal qui fait moudre le moulin et qui né se remplit que par Peau du reflux de la mer, qui entre par une écluse ou porte qui est à la droite de ce plan, fabriquée comme celle de la figure, 15, carl’eau douce qui tombe une partie de l’année dans ce chenal est peu considérable-».
- « 78. Maison du moulin, qui appartient à M. de la Yiuinille commandeur de Malthe, où il y a 2 meules qui tourne presque actuellement quand la mer est basse, et ce moulin est le plus considérable qui soit dans La Rochelle, n’y en ayant que deux à. Peau, l’autre est celui de St Nicolas, qui appartient à M. du Passage et il a 2 roues comme celui c’y, les moulins à eau étant peu communs en ces contrées, il n’y en a que quelques-uns qui moudent par Peau du reflux comme celui cy quand la mer descend, ce que l’on appelle communément Jusants ».
- « Figure 15 est le plan d’une digue veue en sa fondation, qui est interrompue par une écluse pour laisser entrer Peau de la mer, dans un étang. Jas ou chenal ou réservoir, qu’ensuite se ferme d’elle-même quand la mer vient à baisser pour empêcher que Peau ne s’échappe ou ne s’en retourne avec le reflux que les nantèles du moulin d’eau ».
- « 4. Plan des portes qui s’ouvrent avec le reflux de la mer et qui se ferme d'elle-même quand elle descend ».
- « Figure 17. Plan d’une écluse de charpente appelée vulgairement varenne qui serait bastie à travers une digue de terre, par où entrerait l’eaü de la mer dans un réservoir ou jas, soit pour faire une retenue d’eau de mer pour l’entretien d’un moulin ou la distribution dans des salines ».
- « Figure 18. Coupe et profil pris par une ligne du plan de la figure 17, où l’on peut remarquer l’assemblage de cette petite écluse ou varenne, y en ayant nombre balies à peu près de cette figure, excepté qu’elles sont plus petites dans les Digues des Marais salants de Saintonge, Aunis et Isles adjacentes et Poitou ».
- <c Figure 19. Plan d’une digue en sa fondation, dont les bords seraient revêtus de maçonnerie pour le même usage que les précédentes, excepte que le passage en serait jjiïus étroit et que l’on a proposé la porte s’ouvrir horizontalement par le reflux de la mer, étant pendue à un torillon ou escieu au-dessus du niveau de la plus haute mer, ce qui pourrait se faire à eostê d’un moulin à eau, qui moudrait du reflux de la mer ».
- « 1. — Hauteur du mordeau qui n’ouvrirait qu’un tant soit peu la porte ».
- « 2. — Hauteur des petites marées qui ouvriraient la porte à demi ».
- (t 5. — Hauteur des marées ordinaires qui ouvriraient la porte presque horizontale ».
- « 4. — Planches du moulin ou maison, à hauleur de la plus haute mer des grandes matines ».
- « 5. — Entretoises et poutres heurtoirs où serait enchâssé Vescieu de la porte horizontale et retenu avec de bons coliers de fer, bien encastrés dans la maçonnerie ».
- « H. — Poteau ou montant contre lequel battrait la porte quand elle serait fermée et au sommet porterait Y escieu de la porte horizontale ».
- Le Mémoire se termine ainsi :
- « Après avoir amplement parlé des sels, vins et eaux-de-vie, on fait un détail d’un moulin à Eau qui mou du reflux de la mer, qui ne sont en usage que le long des costes de l’Océan, principalement dans les provinces entre la Loire et les Pyrénées qui est une partie du sujet de mon histoire et des choses qui ne sont pas communes dans les autres provinces, surtout de ces espèces de moulins». F. LorrÉ,
- Ingénieur des Arts et Manufactures'.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de septembre 1924.
- Les eaux du glacier du Mont-Blanc. — Les études de MM. d’Arsonval, Bordas et Touplain ont porté sur les glaciers des Bois, et du Tour. Les eaux qu’ils fournissent sont sujettes, pour leur minéralisation, à de grandes et rapides variations et, d’après l’analyse chimique des dépôts et l’examen microscopique des sédiments et des liquides colloïdaux, il semble qu’on puisse réunir dans un même groupe les trois glaciers du Tour, d’Argentière et des Bois.
- L’oxyde de méthyle. — Pour M. Batuecas, ce gaz suit d’une façon rigoureuse la loi des densités limites, établie par M. Daniel Berthelot, et, en utilisant pour sa prépa-
- ration l’action sur l’alcool H. CH2 OH, soit de l’alumine calcinée au rouge et agissant comme catalyseur, soit de l’acide sulfurique concentré, lu poids du litre normal, déjà recherché par MM. Leduc, Maas et Russel, atteint 2,1097 g.
- Les applications électro-optiques des relais à arc. — La note de MM. Dunoyer et Toulon met en évidence une propriété importante de ces dispositifs : la rapidité avec laquelle peuvent se succéder les variations du potentiel de la gaine, sans cesser d’entraîner les mêmes variations du courant moyen qui passe dans l’arc. Parmi les nouvelles applications électro-optiques de ces relais, on doit
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- UN JEU DE MAH-JONG EN RELIEF, A L’USAGE DES AVEUGLES = 319
- maintenant citer : la signalisation optique, la radiophonie dirigée, l’enregistrement et la reproduction de la parole, la téléphotographie et la télévision, enfin la réception de signaux radioélectriques.
- Le lulécien marin sur les bords du lac d’Annecy. — Au cours d’une excursion dirigée par M. Pierre Termier, sur le promontoire arrondi qui sépare Menthon de Tal-loires et que les touristes connaissent sous le nom de Roc de Chère, MM. Léon Moret et G. Carrelle ont pu démontrer l’âge lulécien des couches à grandes Nummu-lites fournies par les chaînes calcaires de Savoie, comme les Bauges et le Massif de Plate.
- La chloration du chloroforme. — Pour la transformation de ce composé en tétrachlorure CCI4, MM. Gault et Trüffauit ont fait varier, pendant l’action du chlore, la longueur d’onde de la lumière, la température et les catalyseurs, parmi lesquels ils rangent les chlorures CaCl2, ZnCl2, A12C16, en signalant que Fe2Cl6 retarde la transformation. Dans leurs conclusions, ces savants indiquent que la chloration est activée par la température et surtout parles radiations lumineuses, à partir du début de l’ultraviolet.
- Au sujet des tanins. — M. Picard poursuit une étude parallèle à celle de M. Michel-Durand, pour vérifier
- les hypothèses émises par Lloyd, Clark et Well. 11 estime que l’extraction incomplète des tanins par l’éther ne peut être attribuée à l’état particulier indiqué par Lloyd et que tous les procédés mis en œuvre dans la pratique industrielle sont d’un mauvais rendement, puisqu’on abandonne les produits, insolubles dans l’eau bouillante.
- L’oxydation permanganique du nopinène. — Reprenant des travaux de Baeyer qui n’obtenait, en traitant l’essence de térébenthine de Bordeaux, que de faibles rendements, M. Georges Brus a fait porter ses expériences sur du carbure pur, retiré de l’essence du pin maritime, à l’aide de l’appareil distillatoire de M. Dupont. Il note que l’oxydation permanganique du nopinène conduit d’abord au nopinène-glycol, puis à l’acide nopinique qui partiellement détruit, peu après sa formation, donne de la nopinone.
- Production d’un lait de vache, doué de propriétés antirachitiques. — La note de MM. Lesire et Yngliano conclut à l’addition bienfaisante d’un extrait d’huile de foie de morue à l’alimentation ordinaire des vaches laitières. Le lait peut devenir ainsi très riche en lécithine et en vitamine de croissance, et par suite avoir une certaine valeur thérapeutique dans le rachitisme infantile en évolution. Paul B.
- UN JEU DE MAH-JONG EN RELIEF, A L’USAGE DES AVEUGLES
- La vogue, justifiée d’ailleurs, du jeu de Mah-Jong devait faire naître l’idée de le rendre accessible aux aveugles pour qui les distractions sont toujours les bienvenues.
- Par différents côtés, ce jeu se prêtait à cette transposition. Sans entrer dans les détails d’une règle impossible à résumer, rappelons que chaque joueur place devant lui une série de 13 tuiles, diversement marquées et que lui seul doit connaître; chacun puise à tour de rôle dans une réserve d’une centaine de tuiles encore inconnues et, selon les combinaisons les plus avantageuses à son jeu, rejette à mesure au rebut les tuiles qui ne lui conviennent pas. ;
- Dans les salons^ occidentaux, de façon générale, ces tuiles devenues inutiles sont placées la face en dessus, ce qui permet aux joueurs de savoir à chaque instant quelles chances leur restent de rencontrer, encore telle ou telle pièce, et de conduire leur tactique en conséquence. En Chine, il n’en est pas de même; les tuiles sont annoncées, comme ici, à haute voix, mais placées la face en dessous, de sorte que les joueurs en sont réduits à leurs facultés d’attention et de mémoire pour savoir ce qui s’est passé. Ils jouent, peut-on dire, à l’aveuglette. Or où ces facultés sont-elles mieux développées que chez les aveugles? Nul doute que dans une partie entre aveugles et voyants ces derniers ne soient fortement en désavantage.
- Ce jeu permet une infinité de combinaisons, variant avec l’audace et l’imagination du joueur, mais, comme chacun joue pour soi seul, un joueur faible ou timide ne gêne en rien la partie. Si les
- grands coups, et les grands désastres, sont réservés aux virtuoses, selon la chance, un enfant ou un novice peuvent immédiatement tenir leur place et faire, si l’on veut nous passer l’expression, leur matérielle. .
- Le Mah-Jong est donc facilement accessible et vite appris, et, si j’en juge par ce que j’ai vu autour de moi, son intérêt ne fait que croître à mesure qu’on le pratique et qu’on se risque à des combinaisons plus rares.
- Pour mettre le Mah-Jong entre les mains des aveugles, il fallait transformer les marques que portent les tuiles en signes en relief, ce qui a été réalisé au moyen de petits clous dont la tête émerge seule, et en même temps le simplifier le plus possible.
- Voici les dispositions auxquelles je me suis arrêté.
- Au lieu de répéter les cercles et les bambous plusieurs fois sur la même tuile, ce qui fait en somme double emploi avec le chiffre qui indique la valeur, je me suis contenté d’inscrire un seul bambou (une petite ligne verticale) et un seul cercle (une circonférence), comme c’est d’ailleurs le cas dans les jeux usuels en ce qui concerne les caractères; pour ceux-ci j’ai choisi un X. Le chiffre est toujours placé en haut et à gauche, et figuré à l’aide des mêmes clous plantés de façon convenable, suivant l’écriture Braille.
- Les Vents ne sont pas désignés par un signe accompagné d’une lettre. Ils sont représentés par un V dont la pointe est dirigée vers le haut ou le bas, ou vers l’un des côtés, de sorte qu’un seul attouchement permet de reconnaître en même temps
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- UN JEU DE MAH-JONG EN RELIEF, A L’USAGE DES AVEUGLES
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- le caractère et l’orientation, selon les conventions en usage pour la géographie.
- Les dragons sont de trois sortes. Pour le blanc la tuile est laissée nue ; pour le rouge elle porte une ligne transversale de clous, d’un bord à l’autre; pour le vert une diagonale de points dans le sens sud-ouest nord-est..
- Restent les Fleurs et les Saisons. Il n’y aprati-quement aucun intérêt à se servir de deux noms différents. Je me suis donc contenté d’établir des fleurs gauches et des fleurs droites. Pour cela un clou est planté près de l’angle inférieur, respectivement gauche ou droit, sur la bissectrice, et il est entouré d’une couronne de points formant un éventail. Le chiffre est toujours en haut et à gauche.
- Enfin, point important, un clou planté sur un des petits côtés de la tranche marque le haut de chaque tuile.
- Le joueur qui saisit celle-ci entre deux doigts l’oriente immédiatement et la , place normalement sur son pupitre.
- Ajoutons qu’un chiffre arabe peint ou pyro-gravé dans l’an-, gle supérieur droit permet aux
- voyants de jouer avec les aveugles. Il suffit que les tuiles mises au rebut soient placées la face en dessous pour que les conditions du jeu soient les mêmes pour tous.
- Les tuiles ont les dimensions des jeux usuels : 30 mm. X 22 mm. Elles sont assez grandes pour s’empiler et se manipuler sans peine, et assez’ petites pour qu’un seul pouce arrive d’un seul coup à lire le signe et le chiffre.
- Je suis convaincu que des aveugles arriveraient sans difficulté à conduire la partie de la même façon exactement que les voyants, je crois cependant que quelques modifications de détail faciliteront beaucoup le jeu, tout au moins pour les débutants :
- 1° Il peut arriver que les joueurs fassent écrouler la muraille s’ils ont à chercher leur tuile du côté opposé de la table ; ils peuvent aussi avoir quelque difficulté à trouver la brèche. C’est pourquoi j’ai fait construire une petite barrière limitant le carré
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- Fig. i. — Le Mah-Jong pour aveugles. .
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- En haut : les 4 pochoirs ; au milieu -, dragon vert, fleurs gauche et droite, dragon rouge ; en bas : vent du nord, vent d*est, 8 de cercles, 9 de bambous, 4 de caractères.
- central de la table. Les tuiles empilées comme d’ordinaire sont poussées contre l’extérieur de cette barrière par la barre pupitre, et se trouvent d’emblée parfaitement rangées. -En outre il est facile, çn suivant la barrière, de retrouver le bout entamé du mur. Toute chute de tuile dans le carré central est évitée en même temps.
- La prise des pièces au début de la partie est peut-être moins rapide que lorsqu’on peut les saisir à poignée, mais cette petite perte de .temps est compensée par l’absence de tâtonnements ;
- 2° Les tuiles rejetées seront placées à l’intérieur du carré ainsi délimité, et la face en dessous afin
- • d’être immédia-tement prêtes pour la partie suivante.
- Aprèsles avoir annoncées, les joueurs feront bien de ne pas les lâcher trop vite, avant d’être assurés qu’aucun joueur ne les réclame ;
- 5° Au lieu de demander aux dés de désigner le point où le mur doit être entamé, il sera plus simple de convenir une fois pour, toutes que la prise des tuiles commence à l’angle qui se trouve à gauche du joueur « Vent d’Est » ;
- 4° Il me paraît plu| simple d’épuiser le mur jusqu’au bout, l’entretien des quatorze dernières tuiles étant souvent délicat.
- Pour faciliter l’établissement d’un jeu de Mah-Jong en relief, j’ai fabriqué des pochoirs métalliques adaptés aux dimensions d’une tuile. Il suffit, après les avoir appliqués sur la pièce, de marquer les points soit au.crayon, soit avec une pointe si l’ouvrier est lui-même aveugle, pour que les petits clous soient plantés à leur place exacte.
- Un seul pochoir pour les trois séries principales, un seul, portant un V vertical et un V horizontal pour faire les quatre vents, un pour les dragons rouges et verts, uîi seul enfin portant les deux fleurs. Avec ces quatre petites vignettes on peut fabriquer un Mah-Jong complet et régulier.
- D. Marc Landolt,
- Oculiste de l'Institution Nationale des jeunes Aveugles.
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- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahijre, 9 rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2642.
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- LE RENARD
- 22 NOVEMBRE 1924
- Venu ôn ne sait d’où., alors qu’il avait à peine perdu le premier poil, qui dès la sortie du terrier natal remplace progressivement la laineuse fourrure d’ocre sale qui adorne sa race dans le jeune âge, Maître Renard avait élu domicile sur la montagne au flanc abrupt II y avait là de grands rocs caverneux, enrobés de pierrailles et de singuliers labyrinthes y déroulaient, dans la glaise qui soudait les fragments de quartz, des sinuosités mystérieuses. C’était gîte propice pour un jeune renajd qui s’émancipe.
- D’autres de ses pareils y avaient vécu avant lui, qui avaient disparu victimes sans doute de la mauvaise chance ou de leur imprudente témérité. Mais, de cela il ne s’était pas inquiété. C’est au jour le jour que vivent les fauves de son genre, et ni le passé qu’ils devinent peut-être, ni le futur qu’ils peuvent pressentir, ne les émeuvent et ne modifient leur ligne de conduite. Maître Renard coulait des jours paisibles. En sa quiète existence, il s’imaginait que c’était là toute la vie et ne regardait pas au delà des buissons qui semblaient cacher à la vue de tous l’entrée de sa tanière. En fait, il ignorait combien peut passer inaperçue la présence d’un jeune renard qui borne ses désirs à la capture des menus rongeurs sylvestres et des batraciens du petit ruisseau où il va s’abreuver et qui est tout heureux lorsqu’un lapereau inexpérimenté lui tombe sous la dent, ce dont à son âge il s’enorgueillit comme d’une action d’éclat. N’est-ce pas pour ainsi dire de rongeurs seulement qu’il se nourrit au début de la vie?
- Puis, les semaines passèrent, les lunes aussi se succédèrent et le renardeau devint renard.^ L’existence commençait à compter pour lui et il devait pour son appétit, plus robuste aujourd’hui, engager la bataille contre la faim, Sa caverne profonde l’abritait toujours, durant les heures de son repos,
- Fig. i. — Renarde prise au piège, alors qu’elle répondait à l’appel d’un de ses petits (à gauche, derrière le treillage).
- souvent le jour, parfois la nuit, selon ses instincts, son caprice, plus communément les circonstances. Ce sont celles-ci qui d’habitude régissent la vie de ces errants dont la dent est toujours creuse, gouvernés par leur estomac qui ne connaît pas la régularité, tout autant que par la crainte qui les talonne trop volontiers. Ayant sans que la fortune lui ait souri, — son expérience était toujours bien mince — rôdé en tous recoins de son cantonnement, tandis que l’ombre enveloppait les bois et les plaines, il rentrait à l’aube, harassé et fourbu, les kilomètres parcourus alourdissant ses pattes nerveuses. Alors, tout au long de la journée, il laissait, les yeux clos, s'éteindre sa fatigue qu’usait le sommeil agité de toutes les bêtes qui ont faim. Des soubresauts brusques, semblables à de subites détentes de nerfs qui ne sont plus maîtrisés, troublaient par instant, sa somnolence; aussi, en la cervelle inconsciente de l’animal de rapine, devaient passer les images des satisfactions ou des terreurs quotidiennes que des grondements bas ou des jappements étouffés, les uns et les autres involontaires, extériorisaient. Alors il levait la tête et les oreilles rabattues, interrogeait le silence dont était faite la nuit de sa caverne.
- Si les petits dieux sylvestres lui avaient été favorables, l’estomac plein et les entrailles satisfaites, il dormait pesamment, comme savent dormir les quadrupèdes repus, que ne tourmente pas la peine de vivre; il se reposait alors parfois tout un jour et la nuit suivante. Puis il se remettait en chasse sans plus attendre. Ce n’est que l’âge qui donne à ces parias l’accoutumance leur permettant de jeûner longuement et d’accepter philosophiquement leur sort.
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- Quelquefois aussi, il quittait son gîte en pleine lumière pour fouiller les ronciers, parcourir les lisières des taillis, en quête d’un lapin, d’un lièvre, blessé ou malade, qu’il parvenait de temps à autre à forcer. Le lièvre adulte, en bonne santé, peut le défier toujours à la course. Il se glissait aussi le long des grosses haies épaisses où entre les tiges-mères court une petite sente et où se remisent les perdrix, qu’il capturait cependant plus malaisément, rien que par surprise, quand il était dans un jour heureux. Il était encore, au cours de ses sorties diurnes, un ennemi fort à craindre pour les pics verts écervelés, qui, tout à la chasse aux fourmis, fourrageaient, ayant abandonné le souci de leur sécurité, dans les galeries des hyménoptères. Le fauve vengeait les bestioles en brisant d’un coup de croc le col du malheureux grimpeur qu’il avait saisi après s’être glissé jusqu’à portée de saut,' cauteleusement, sous le couvert des broussailles, se traînant le ventre au ras des herbages.
- Il usait au reste souvent du même procédé pour mettre à mal les écureuils, qui, à l’orée des bois, glanent des graines résineuses au pied des épicéas, ou cherchent sous les hêtres les faines mûres que laissent échapper les involucres. La chasse à ce petit gibier, outre qu’elle lui fournit un mets qu’il apprécie, semble avoir pour lui un attrait considérable. Elle le captive au point qu’il en oublie les traîtrises du monde dans lequel il se meut. Au surplus, cette chasse paraît un sport qui se pratique plus particulièrement de père en fils et dans certaines régions, ailes de pic, pattes ou queues d’écureuil sont aux endroits que ce fauve hante, aussi nombreuses que les restes de lapin ou de lièvre. Il doit en être du renard chasseur d’écureuils, comme de ces oiseaux qui se transmettent, de descendance en descendance, certaines habitudes qui les font identifier par les spécialistes, comme étant d’une race dont ils se sont déjà occupés. Les renards ont aussi d’autres préférences, qui sont certes friandises délectables, ces gros bousiers caparaçonnés d’acier bleui qui, soulevant lentement, l’une après l’autre, leurs pattes raides, se traînent lourdement au fil des sentiers, guidés par l’odorat vers les déchets qui jalonnent le passage du bétail. Il les croque avec satisfaction et ses déjections fourrées de fragments d’élytres, de corselets, de pattes de ces coléoptères indiquent la prédilection qu’il marque pour ce minuscule gibier. Des gardes font macérer ces insectes dans de l’huile et affirment qu’il n’est pas d’appâts plus séducteurs que le produit qui en résulte, pour amener Maître Goupil en leurs pièges. Faute de mieux, le renard déterre aussi, revenant forcément à ses habitudes de jeunesse, en quelques coups de pattes, les petits rongeurs dont il sent les émanations s’échapper des galeries en .cul-de-sac, ou qu’il surprend galopant dans les fouillis broussailleux. !
- En temps de disette, il est quelquefois forcé de se rabattre sur les grenouilles qui sautillent dans
- les prés marécageux et il est des taupes qui ont imprudemment quitté leur conduit souterrain, dont il pourrait seul dire quel fut le sort. Il avale les uns et les autres presque sans les mastiquer.
- Autopsier des renards n’est pas sans fournir des observations intéressantes.
- S’il s’est, en été, attaqué à un cadavre qui a déjà été repéré par les mouches, il s’amuse, sa première faim satisfaite, à happer, à grands coups de gueule, les diptères qu’il a dérangés et qui tournoient autour de lui; mais ceci n’est qu’un passe-temps. Les fruits ne lui sont pas indifférents et il témoigne ici de goûts bizarres. C’est ainsi qu’il s’en va dégarnir les raquettes des tendeurs aux grives, des sorbes qui les amorcent et qu’il ne digère cependant pas toujours, car on les aperçoit, entières encore, accompagnées parfois du crin d’un lacet dans les résidus de sa digestion qu’il sème, sans prudence, au bord des chemins qu’il suit. Le renard est encore un destructeur d’œufs et les oiseaux-gibier ont souvent à s’en plaindre. Il déguste non seulement, sur place, les œufs de faisans et de perdrix, mais la renarde fait partager l’aubaine à ses petits, leur apportant ces œufs au terrier, dans sa gueule, délicatement, sans les briser, et il n’est pas très rare d’en découvrir quelques-uns à la bouche d’une tanière abritant une nichée de renardeaux. .
- Quand il déambule au clair de lune, ou bien que sans jamais s’égarer, il erre dans la nuit noire, Messire Renard apparaît doué d’extraordinaires facultés. Les gardes se content en effet maintes de ses prouesses et il en est qui frisent de bien près la légende et qui sont si étonnantes qu’il semble que notre animal ait plutôt échappé au piège par hasard que par adresse. Ceci ne veut pas dire que le coquin n’est pas que chanceux. Il doit posséder un sens étrange, tenant du flair, de l’acuité du coup d’œil, d’une expérience résultant d’une constante observation qu’il écoute sans qu’il s’en doute peut-être, oserait-on dire, mécaniquement, et qui l’écarte d’un danger dont il ne peut s’être rendu compte. Peut-être bien que toute la science dont on le doue n’est-elle que la résultante d’une pusillanimité qui, exacerbée, se mue en une sorte d’inconscience qui lui enlève toute réflexion. Évidemment, il acquiert aussi, l’âge dispensateur de la sagesse sùrvenant, un peu de jugement qui le sauve de maints périls. Pour avoir une fois échappé aux dents d’un piège, il lui demeurera durant toute son. existence, une terreur instinctive de tout ce qui, de près ou de; loin, ressemblera à l’aménagemenl du guet-apens, qui faillit lui être fatal. Je n’ai jamais si bien compris la réputation surfaite du renard qu’en voyant, au cours de la guerre, des tommies, braconniers émérites en leur île, capturer les renards à l’aide d’un simple collet, d’une « bricole ». Cette façon de procéder leur étant inconnue, les fauves n’avaient en leur cervelle aucun soupçon du danger," èt sans méfiance, n’évitaient que rarement le lac fatal.
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- Il est fréquent aussi, si l’on prend quelques précautions, qu’ils meurent par le poison, lorsque l’embûche leur est tendue, dans le bois, avec pour appât une bête morte enterrée depuis quelque temps et que l’hiver venu ils s’acharnent à déterrer, mangeant à même la carcasse puante empoisonnée dès qu’ils en ont mis à jour une partie. Ils se laissent alors tenter, même si auprès se trouvent, crevés, des geais qui ont voulu profiter de l’aubaine ou si de leurs semblables gisent dans les broussailles proches, tous cadavres qui eussent dû les inciter à la prudence. Un piège placé dans les
- satisfont amplement son appétit. Il ne faut cependant pas croire qu’à cette époque il n’est que levrauts, lapereaux ou jeunes faisans qui lui assurent la subsistance. Mulots, campagnols, oiselets de tous genres, plus souvent qu’un plus gros gibier, deviennent sa proie. Mais foin des cadavres qui gisent sous bois et dont l’attitude n’est pas normale et des appâts devenus pour lui sans attrait. A l’automne, il en est encore de même, les spécimens de la faune forestière, malingres, .que des maladies anémient et rendent moins aptes à soutenir le dur combat de la vie, sont à présent pour lui butin qu’il est
- Fig. 3. — Une famille malchanceuse.
- champs, en bordure d’un labouré, s’il est disposé avec quelque expérience, en un endroit propice, ne manquera pas non plus son efEet : le renard aura hors de l’esprit toute idée d’un éventuel danger et ira droit aux pièges, comme s’il avait les yeux bandés.
- Au temps des nichées et des couvées, le malandrin semblera doué d’une malignité surprenante. Les amorces les plus tentantes le laisseront ^indifférent ou plutôt paraîtront lui inspirer un mépris qu’il manifestera maintes fois — singulière habitude— de façon peu civile, en déposant sur la « délicatesse », une carte de visite mal odorante, liquide ou solide. Quand nous disions que le renard manque de prudence.... Seule la bonne chère l’écarte du péril : en ces temps bénis pour la gent carnassière, leur garde-manger est aisé à remplir et les proies vivantes qu’il oceit sans grande peine
- facile de s’approprier. Entre autres fonctions, le renard, comme la majorité dos carnassiers, est créé pour entraver la dégénérescence des espèces et éliminer les sujets que leurs tares empêcheraient de procréer une race forte et robuste. Mais que vienne l’instant, les frimas déjà s’annonçant, où la faune forestière et champêtre a acquis quelque expérience, où les déshérités fourrés ou emplumés ont payé leur tribut aux infirmités de toutes sortes qui les atteignent tout comme les humains, et tout change pour Messire Renard. Il semble que s’émousse sa méfiance proverbiale et pour peu que l’on utilise contre lui un procédé qui ne lui est pas familier, il laissera maintes fois et la vie et la peau entre les mains de l'hommej son ennemi héréditaire, malgré sa mémoire qui, certes, fait partie de son instinct de la conservation. Il est même des instants, la faim étant plus forte que la crainte,
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- où il perd toute prudence, où sa méfiance s’endort soudainement, sans que s’explique la cause de cette amnésie anormale: L’homme prétend alors qu’il a eu raison du fauve, que sa ruse a triomphé de celle de la bête.
- Des gardes affirment que le chat est un des morceaux préférés du renard. Peut-êtré bien. Tous les goûts se rencontrent chez la gent vulpes et l’originalité des mets, leur fumet particulier, peuvent avoir une influence sur le vorace auquel l’amorce est destinée.
- La mémoire du renard 1... L’un d’eux passant à travers la brèche d’une haie d’épines avait eu le col brusquement enserré par un collet disposé à l’intention d’un lièvre. Le prisonnier s’était aussitôt ébroué, secoué, passant d’un côté à l’autre de la clôture, tiraillant en tous sens le rameau flexible qui retenait le laiton étrangleur. Il avait fait tant et tant d’efforts qu’il s’était finalement dégagé. Or, la neige yenue, notre renard suivant un lièvre à la piste s’était retrouvé devant la coulée qui lui avait occasionné, grâce au collet, une si sensationnelle émotion et brusquement, il s’était calé des quatre pattes devant l’ouverture. Puis il avait fait un tête à la queue pour aller, quelque cinquante mètres plus loin, contourner la haie et venir reprendre la trace du lièvre. Tiré quelque temps après, ce même renard vraisemblablement, avait toujours le collet incrusté dans la peau, sous le poil. C’est du reste mésaventure point trop extraordinaire, le fauve ne parvenant pas toujours à.se débarrasser de ces encombrants colliers.
- Chose singulière et qui n’est pas sans frapper l’observateur, le renard sorti de jour de sa tanière paraît perdre toute sa prudence. À moins, ce qui nous semble probable, qu’à la lumière du soleil, il ne conserve ses habitudes nocturnes et ne possède moins de sagacité qu’on ne le dit.
- Il est évident que la nuit venue, il a moins de chance de rencontrer sur sa route un être humain qu'il sait animé toujours de mauvaises intentions à son égard; de plus, la nuit, dans les ténèbres, l’homme en lui-même ne représente le danger que secondairement. Le jour, suivant la piste d’un quelconque lièvre ou lapin, même plus simplement effectuant une petite randonnée, histoire peut-être de prendre un bain de soleil, promenades qu’il effectue plus souvent qu’on ne le suppose, il ne songe guère probablement, pas plus que cela doive l’émouvoir outre mesure lors d’une course nocturne, qu’il peut venir se heurter à l’homme. D’autre part, la nuit, tous les bruits s’amplifient et si légers soient-ils se perçoivent beaucoup plus nettement qu’au cours de la journée, durant laquelle la nature bruisse et s’agite plus complètement, les mille froissements qui s’élèvent de la îeuillée, les bruits de toutes espèces qui traversent l’espace se confondant en une même rumeur indécise. La nuit, un mulot courant sur les feuilles mortes, vous fera, à plusieurs mètres de distance, dresser
- l’oreille; de jour, si votre ouïe n’est pas exercée quelque peu, vous ne percevrez pas toujours, dans un même éloignement, le départ d’un lièvre s’enfuyant au trot rapide de ses longues pattes.
- Quoi qu’il en soit, diminution de prudence, perception moindre des sons, ou habitude constante quel que soit le moment de sa randonnée, le renard vaque à ses occupations diurnes avec un sentiment de quiétude qui n’est pas sans surprendre. Tout au moins en est-il ainsi dans la majorité des cas.
- Vous cheminez à deux, sous bois; au tournant du sentier, à moins de 10 mètres, survient un renard, le nez au ras du sol. Peu auparavant, sans vous douter de la rencontre que vous alliez faire, vous causiez à voix haute, heurtiez de la canne ou du soulier ferré les pierres du chemin. Le renard ne semble avoir ouï aucun de ces bruits et sans hésitation — il ne vous a pas encore aperçu — vient droit sur vous, offrant si vous étiez porteur d’un fusil une cible merveilleuse. Une exclamation de votre compagnon, le charme est rompu et la bête sous bois, d’un bond.
- Très tôt, le matin, vous cueillez des champignons dans un pré; vous êtes bien en vue et ne songez nullement à vous dissimuler. Passant au travers de la haie, un renard, une poule aux dents, s’avance directement vers vous. À peine en êtes-vous séparé de quelque dix mètres et rien, absolument rien, ne vous masque à sa vue; cependant le compère agit comme s’il ne vous apercevait pas. Un heurt intempestif, l’animal, dressant les oreilles, tressaille, fait un brusque crochet et fuit à toute allure.
- Vous vous promenez dans un coupe-feu de la forêt. Des enfants vous font un cortège plutôt bruyant. Cela n’empêche pas un renard de sortir du bois, de parcourir tranquillement, à 20 mètres devant vous, une certaine distance, puis de prendre la piste d’un lièvre que vous aviez mis en fuite peu auparavant et de filer alors au grand trot, tout, le long du coupe-feu, sans avoir paru vous remarquer.
- Dans un coupe-feu encore, nous sommes deux amis qui admirons le paysage, causant à haute voix. Un renard sort du fourré, s’en vient sans manifester aucune crainte se poser sur une large pierre plate à 25 ou 50 pas de nous. Il ne paraît pas le moins du monde se soueier de notre présence, bien que nous ne prenions aucune précaution. Il demeure là une bonne minute, le nez au vent. Le geste de retirer la pipe de la bouche et le gaillard détale.
- Unejongue allée cl’épicéas aboutit à une route; de l’autre côté de celle-ci est une sapinière et pas bien loin s’échelonnent plusieurs habitations. La route est fréquentée, des ouvriers se rendent à leur travail, des laitiers descendent vers la ville. Un renard s’échappe de l’allée, traverse la route à moins de 2 mètres de l’attelage d’un fermier et gagne sans se presser la sapinière. Incontestablement, il a dû entendre la voix des ouvriers qui causent entre eux, le bruit des véhicules, mais il ne
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- semble avoir tenu aucun compte d'un éventuel danger.
- Cette insouciance est poussée à un tel degré, qu’une fois un oiseleur ayant disposé sa tenderie dans un chaume, captura un renard entre ses nappes. La bête était venue au milieu de celles-ci, paisiblement, à travers la campagne, sans paraître remarquer les cages des appelants se trouvant auprès du filet, les câbles de. celui-ci, la hutte de branchages du tendeur édifiée à proximité et il marcha à ce piège pour le moins inattendu, comme s’il s’y était décidé délibérément. Les exemples de cette inconscience, pourrait-on dire, se multiplieraient au reste à l’infini.
- Intéressant à observer est aussi ce sentiment de sécurité qui pousse le renard à se saisir, sans hésitation, d’un animal capturé dans un piège quelconque, et toujours en vie. Il va droit à cette proie et s’en empare sans que ses allures témoignent de la moindre indécision.
- Il enlève hardiment le lièvre ou le lapin immobilisé par un collet, arrache du lacet la grive qui y est suspendue et vient de pousser son dernier appel de détresse. Il s’attaque même àu chevreuil retenu prisonnier dans le lac d’un braconnier. Le râle de la bête qui, la colonne vertébrale^ brisée par le choc de la détente, exécute un suprême soubresaut, l’attire aussitôt et la victime est encore pantelante qu’il s’acharne déjà sur elle pour en dévorer le meilleur morceau qu’il peut atteindre. Le cri du lièvre en péril l’amène vers les lieux où il imagine que se déroule un drame dont il pourra profiter et il va vers les clameurs des geais qui s’avertissent d’une aubaine qu’il fait sienne si les circonstances s’y prêtent, sans s’arrêter aux glapissantes manifestations de fureur des volatiles. Peut-être trouverons-nous ici l’explication de la haine que ces corvidés ont vouée au carnassier et qu’ils expriment par leurs criail-leries exaspérées quand ils l’aperçoivent sous bois.
- Très souvent le renard à la recherche d’une proie se laisse tenter, sans paraître ressentir la moindre crainte, par le cadavre d’un hérisson, d’une belette, découvert auprès d’un assommoir et que le garde, du pied, poussa à l’écart. On à même vu des ca-
- davres de chien dévorés par le fauve, alors qu’il eût semblé rationnel qu’il dût fuir ces corps imprégnés de l’odeur de son pire ennemi.
- Une époque critique pour le renard est encore la saison des amours au cours de laquelle il paraît privé des facultés qui l’ont rendu légendaire.
- Gupidon est alors son seul maître et tant que les exigences résultant des instincts exaspérés de la reproduction ne sont pas satisfaites, il apparaît d’une folle insouciance. Il est d’autant moins sur ses gardes, que d’autre part la faim le tenaille souvent, car il a abandonné la chasse pour lutiner à sa façon les sauvages compagnes de sa sorte qui rôdent à travers bois. Il est moins que jamais difficile sûr le choix de ses proies et l’on a vu des représentants de son espèce que leur fringale jetait sur un de leurs congénères empoisonné, rencontré sur leur route, qu’ils déchiraient à belles dents et dévoraient avidement.
- C’est à peine au reste, si en cette saison, le renard prend le temps de se rassasier. Les couples se poursuivent sans trêve en d’éperdues galopades qui se prolongent des heures entières. A la fin d’une de ces furieuses poursuites, on voit de temps à autre les deux bêtès exténuées passer, about de souffle, entre les arbres du bois, la femelle s’obstinant à fuir le mâle qui s’acharne à sa suite. L’ardeur du mâle est telle que l’on a tué en quelques occasions d’un coup de fusil un de ces enragés amoureux, alors qu’il faisait une cour effrontée à une femelle qui venait de trépasser après avoir avalé une amorce farcie de strychnine.
- Puis, c’est le temps des nichées et si le mâle est revenu à ses instincts d’élémentaire prudence qui le rendent moins vulnérable, la renarde par contre va plus que jamais être exposée aux coups du sort. Comme toutes les mères bêtes, elle pâtira plus rudement, moins apte qu’elle sera à se soustraire aux aléas des aventures quotidiennes de la gent sylvestre. Ensuite ne sera-t-elle pas soumise au joug effroyablement tragique quelquefois, de l’amour maternel qui la pousse, pour tenter de sauver sa progéniture aux pires extrémités et la livre trop souvent pantelante, aux affres du trépas
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- liorrible qu’elle trouve dans un piège. L’appétit de ses rejetons ne lui laisse guère le loisir de baguenauder, ni de prendre toutes les précautions requises alors qu’il s’agit de leur assurer la subsistance, d’autant plus qu’en même temps elle doit subvenir à ses propres besoins.
- Ici encore se place un trait caractéristique des mœurs vulpes. La renarde qui est hors du repaire où s’élèvent tant bien que mal ses renardeaux, ouït-elle aux abords de celui-ci un bruit dénonçant la présence d’un être humain, perçoit-elle seulement les effluves de celui-ci, elle fuit aussitôt à toutes.pattes, s’éloignant de la tanière en jappant. Dans quel but en agit-elle ainsi? Veut-elle aviser ses jeunes du péril qu’ils peuvent courir et les faire se terrer au plus tôt? Espère-t-elle détourner vers elle le danger que l’homme représente toujours
- GLOBE EN ESPAGNE —...............
- pour sa race? C’est là son secret. Mais quoi qu’il en soit, l’avertissement est toujours lancé.
- D’autre part, il est bien rare — le fait n’est jamais survenu à ma connaissance — de capturer le mâle renard en piégeant « au nid » du fauve ou en se servant d’un jeune vivant pour amener les parents dans les fers. C’est toujours la femelle qui en la circonstance se fait prendre.
- Le mâle ne s’occuperait-il pas de ses jeunes? Une crainte insurmontable le retiendrait-il éloigné du terrier menacé? On sait que chez les animaux, la timidité est habituellement l’apanage du mâle. Ou bien le. renard est-il polygame et court-il la prétentaine sans se soucier des familles qu’il a fondées et qui lui seront toujours étrangères?
- L. Coopman.
- LA PHYSIQUE DU GLOBE EN ESPAGNE
- A propos du Congrès de Géodésie et de Géophysique de Madrid (1-8 octobre 1924)
- La deuxième Assemblée de l’Union Géodésique et Géophysique internationale s’est tenue à Madrid du 1er au 8 octobre 1924 (*), sous la présidence de M. Lallemand. Trente-deux États (Angleterre, Argentine, Australie, Belgique, Bolivie, Canada, Chine, Danemark, Bép. Dominicaine, Égypte, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Hollande, Italie, Japon, Maroc, Mexique, Norvège, Pérou, Pologne, Portugal, Russie, Serbie, Siam, Suède, Suisse, Tchécoslovaquie, Venezuela) y étaient représentés par environ 136 congressistes étrangers et un grand nombre d’Espagnols. La délégation française, présidée par M. Lacroix, comprenait 26 personnes et était la plus nombreuse après celle de l’Espagne.
- Ce Congrès a été très vivant et on y a beaucoup travaillé. L’organisation en était parfaite, ainsi que celle des fêtes, réceptions, visites et excursions magnifiques auxquelles les Congressistes ont été conviés. On ne saurait exprimer trop de louanges et de sentiments de gratitude au comité espagnol ; ne pouvant citer ici tous ses membres, je voudrais cependant nommer son président M. Luis Cubillo, M.-José Galbis, et son secrétaire, M. Martinez Cajen.
- L’objet de cet article n’est pas d’exposer les travaux des diverses sections de l'Union : géodésie, météorologie, sismologie, magnétisme et électricité terrestres, hydrologie, océanographie, vulcanologie. Mais au cours des séances, des visites et des conversations s’est précisée pour moi la très belle extension des études de Physique du globe en Espagne, et j’ai pensé qu’il y avait intérêt à donner un tableau d’ensemble des Institutions et des Etablissements où se poursuivent ces études. C’est une tâche agréable, rendue facile par tous les renseigne-
- 1. La première assemblée a eu lieu à Rome en 192-2; la troisième se tiendra à Prague ei 1927.
- ments donnés aux congressistes et les documents qui leur ont été remis, en particulier le beau volume dans lequel le Comité a présenté l’Espagne artistique, économique et scientifique.
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- Les domaines scientifiques sur lesquels s’étendait le Congrès ressortissent presque tous, en Espagne, à une même Institution d’Étât, l’Institut géographique, qui dépend du Ministère de l’Instruction Publique; le général Ibanez, qui en fut le Directeur général, a pris une part importante à sa création. Les attributions de cet Institut comprennent : les travaux géodésiques et géographiques nécessaires pour l’établissement des cartes et leur exécution, les études gravimétriques, le Service météorologique, la Sismologie, le Magnétisme terrestre, l’étude des marées.
- Le Service Central de l’Institut géographique est à Madrid, au ministère de l’Instruction Publique; il comprend, avec la Direction et l’Administration de l’Institut, les installations et ateliers qui servent pour l’établissement et l’impression des cartes. Dans le voisinage, à l’entrée du parc du Retiro, se trouvent le Service météorologique et l’Etablissement central de géophysique. Le premier (fig. 4) possède les installations servant aux mesures météorologiques, avec deux tours en charpente de fer pour les anémomètres et un poste pour le lancer des ballons-sondes, et le Service de prévision du temps. Le second renferme une salle de gravimétrie, un pavillon de sismologie et une salle de comparateurs.
- De l’Institut géographique dépendent des Observatoires et des Stations répartis dans les provinces,
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- Fig. i. — Courbes isanomales d'Espagne.
- et dont les principaux sont : pour la Météorologie et l’Aérologie, les stations de Yalladolid, Cadix, Séville, Grenade, Alicante (fig. 4), Malaga (fig. 4), La Corogne et les deux observatoires de Ténérife, Izana (fig. 4) et Santa Cruz (18 stations de ballons-pilotes sont établies ou en formation, en y comprenant celles des Canaries, des Baléares et de l’Afrique du Nord, et il y a plusieurs centaines de postes météorologiques secondaires); pour la Sismologie, en dehors de l’installation de Madrid, la station de Tolède, qui est l’établissement central sismologique, et celles d’Almeria, Alicante et Malaga (fig. 4); pour la géographie, les centres de Barcelone et de Saragosse ; un observatoire magnétique va être installé dans les environs de Madrid.
- Le personnel de ces Services et stations appartient principalement au corps des ingénieurs géographes, créé en 1900, et qui se recrute par concours entre les élèves des Universités (licenciés ou docteurs ès sciences), les ingénieurs de diverses origines (ponts et chaussées, mines, eaux et forêts, agronomie, industrie), les officiers d'artillerie, du génie, d’état-major et de la marine. Il existe aussi des
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- Fig. 2. — Courbes d’égale déclinaison en Espagne.
- corps de météorologistes et de topographes qui se recrutent par concours entre les élèves diplômés des facultés des sciences, et de dessinateurs, observateurs, auxiliaires administratifs, etc.
- Le directeur général de l’Institut géographique est M. Luis Cubillo; le sous-directeur général-, M. José Galbis ; un Conseil est constitué par les inspecteurs généraux [M. Eduardo Escribano, président; MM. Mifsut (géodésie), De la Rica (gravimétrie, magnétisme, nivellement), Paramo (publications et archives), Galbis (météorologie, sismologie), Lopez Lezcano (topographie)] et par quatre membres élus appartenant au corps des ingénieurs géographes.
- A la tête de chaque service est un chef : MM. Domin-guez (géodésie), Martinez Berrueco (topographie), de Cifuentes (nivellement, marégraphes), Cruz Condé (météorologie) avec un sous-chef pour le Service de sismologie, M. Torallas.
- En dehors de ce vaste organisme d’État, l’Espagne possède plusieurs observatoires s’occupant de Physique du Globe.
- Deux sont dirigés par les Pères Jésuites ; l’obser
- Fig. 3. — La sismicitè en Espagne.
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- LA PHYSIQUE DU
- GLOBE EN ESPAGNE
- valoire del’Ebre, à Torlosa, et l’observatoire de La Cartuja, à Grenade. *
- L’observatoire de l’Ebre (directeur le P. Rodes) étudie la physique solaire, la sismologie, le magnétisme terrestre, les courants telluriques, l’électricité atmosphérique, la météorologie, l’aérologie (sondages par ballons-pilotes) ; on s’y préoccupe tout particulièrement de la recherche des relations entre l’activité solaire et les phénomènes terrestres, et la variété des études qui y sont poursuivies en , fait un centre admirablement adapté à cette recherche (fig. 5).
- Cadix, dépend de la marine (directeur, M. le capitaine dé vaisseau Herrero). Il possède, avec des Services d’astronomie et d’hydrographie, des Sections de météorologie, de magnétisme terrestre et de sis-mo’ogie.
- Des Stations météorologiques spéciales existent dans plusieurs autres villes, par exemple à Saint-Sébastien et à Saragosse.
- D’autre part, des Ministères de la Guerre, de la Marine et du Fomento (*) dépendent des Services qui s’occupent d’études spéciales, par exemple : le Dépôt de la guerre, qui exé-
- : ....— -.......- Fig. 4. — Quelques observatoires d’Espagne.
- 1. Station sismologique et météorologique de Malaga. 2. L’observatoire météorologique de Madrid. 3. Station sismologique et'métèorologiquè d Alicante. 4. L’observatoire aérologique d’Izana (2367 m.). 5. Station sismologique d’Alméria.
- A La Cartuja existent avec un observatoire astronomique, un observatoire météorologique et une station sismologique munie d’appareils construits à la station même d’après les études de son directeur le P. Sanchez Navarro.
- L’observatoire Fabra (fig. 5) construit sur une hauteur qui domine Barcelone, appartient à l’Académie des Sciences et des Arts de cette ville; il comprend, avec une partie astronomique, un observatoire météorologique et sismologique dont le directeur, M. Fontséré, est en même temps le chef du Service météorologique de la Catalogne.
- L’observatoire de San Fernando (fig. 5), près de
- cute des travaux géographiques de caractère militaire et collabore pour certains travaux avec l’Institut géographique ; le Service hydrographique ; les Services hydrologiques.
- Il existe à Madrid un Institut océanographique qui possède des stations à Malaga, Palma de Mal-lorca et Santander.
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- Il ne saurait être question d’exposer ici, même 1. Le ministère du Fomento s’occupe de tout ce qui tend à fomenter la richesse publique, c’est-à-dire à la créer et à la développer; il est distinct du ministère de Trabajo, Comercio et Industria.
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- LA PHYSIQUE DU GLOBE EN ESPAGNE
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- en résumé, les travaux effectués par ces divers établissements, et j’indiquerai seulement ceux qui se rapportent aux cartes jointes à cet article, cartes qui sont extraites du livre publié par le Comité Espagnol du Congrès.
- Isanomales de la pesanteur (fig. 1). — Les
- mesures relatives à l’intensité de la pesanteur en Espagne ont été commencées, en 1885 par J. Barraquer ; de 1895 à 1897 des déterminations absolues ont été effectuées par MM. Cebrian, Los Arcos, Àparici, Mifsut, Escri-bano; à partir de 1905, des déterminations relatives ont été faites par MM. Galbis,
- Barandiea, Mifsut ; poursuivies depuis 19.11 sous la direction de M. G. Sans Iluelin, elles sont au nombre de 97. Les cartes de la figure 1, dressées par M. G. Sans Iluelin, donnent les courbes isanomales correspondant à deux modes de réduction différents des observations.
- La carte n° 1 donne les courbes isanomales d’après les valeurs de la gravité comportant la correction de Bouguer (c’est-à-dire celle qui correspond à l’action attractive des masses comprises entre la station et l’ellipsoïde terrestre de référence, ou, en d’autres termes, le niveau de la mer) ; les nombres figurant à l’emplacement de chaque station expriment les valeurs des anomalies, c'est-à-dire les différences entre les valeurs observées, correction faite, et les valeurs calculées d’après la formule d’Helmert qui repré-
- sente la distribution normale de la gravité en fonction de la latitude.
- Ces anomalies ont avec le relief de la péninsule des relations qui correspondent aux anomalies générales bien connues de la pesanteur ; elles tendent à être positives sur les côtes et négatives dans l’intérieur avec une valeur absolue d’autant plus grande que le terrain est plus élevé. La région de la Sierra Nevada correspond à l’anomalie négative maximum — 0,152, avec décroissance rapide dans la direction de la côte.
- Il y a aussi de fortes anomalies négatives dans la région pyrénéenne et sur le haut pla-ieau de Castille. Au contraire les anomalies sont positives dans la région des îles Baléares.
- La carte n° 2 donne les courbes isanomales d’après les valeurs de la gravité réduites au niveau de la mer sans tenir compte des masses. M. Guil-lermo Sans annonce un travail comportant la réduction par une méthode isostatique.
- Fig. 5. — Quelques observatoires d’Espagne.
- 6. Observatoire royal de la Marine de San Fernando. 7. L’observatoire de Fabra (Barcelone). 8. L’observatoire de l’Ebre.
- Carte de la déclinaison magnétique (fig. 2). :— Des mesures des éléments du champ magnétique terrestre ont été effectuées depuis 1911 par MM. Gil, Fort et Azpiazu, en 285 stations. La figure 2 donne la carte des courbes d’égale déclinaison ou isogones, dressée par M. Rodrigo Gil; la forme de ces courbes dans les régions d’anomalie n’est pas considérée
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- LA RELATIVITÉ RESTREINTE
- comme définitive, et sera précisée par de nouvelles I observations.
- Sismicité (fig. 5). — La péninsule ibérique a subi de violents tremblements de terre; elle se trouve à l’extrémité de l’une des deux bandes principales d’instabilité sismique définies par de Mon-tessus de Ballore, celle qui suit à peu près la direction de la Méditerranée et s’étend jusqu’à l’Himalaya. La partie centrale de la péninsule, formée de terrains anciens, a une faible sismicité, mais les régions nord-est, sud-est. et ouest, qui ont été le théâtre de mouvements géologiques, sont assez instables. M. A. Rey Pastor, directeur de la station sismologique centrale de Tolède, a fait une discussion détaillée de la sismicité des diverses régions et de ses rapports avec la géologie, et a figuré la répartition de la sismicité dans la carte reproduite figure 3.
- Les nombres figurant dans de petits cercles indiquent la sismicité des régions définies par les lignes ; les stations sismologiques sont représentées par un cercle entourant un point noir.
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- Il est difficile de se rendre compte en un court séjour de la manière dont l’enseignement est réparti dans un pays qui possède de multiples institutions et écoles; voici la reproduction du passage du volume du Congrès relatif à l’enseignement :
- « L’enseignement de la Géodésie est donné : avec l’Astronomie physique, à l’Université centrale
- (Madrid) par le professeur Honorato de Castro; à l’École supérieure de guerre par M. Yicente Iu-glada ; à l’École des Ingénieurs des Ponts et Chaussées par M. Pio Garcia Escudero; à celle des Ingénieurs agronomes par M. Antonio Philip, et à celle des Ingénieurs industriels par M. Ramon José Izquierdo.
- « La météorologie est enseignée, comme matière indépendante, à l'Université centrale par M. Francisco Cos, et avec d’autres études analogues à l’École supérieure de guerre et dans quelques Ecoles d’ingénieurs.
- La Sismologie et la Vulcanologie n’ont pas [d’enseignement spécial, mais sont enseignées avec la Géologie dans les établissements cités ci-dessus. »
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- Ce bref aperçu suffira, je pense, pour montrer l'importance des organismes et des établissements consacrés en Espagne à la Physique du Globe et qui mettent ce pays en un rang élevé dans ce domaine. Les meilleures relations ont toujours existé entre ses savants et les nôtres; le Congrès qui vient de se terminer, et pendant lequel les Espagnols ont reçu leurs hôtes avec une amabilité charmante, un soin méticuleux et les attentions les plus délicates, étendra encore ces liens et ces relations, pour le plus grand bien de la science.
- Cii. Mauraijn,
- Professeur de Physique du Globe à l’Université de Paris.
- LA RELATIVITÉ RESTREINTE
- Nous continuons ci-dessous la publication de la remarquable conférence de M. Ch. de La Vallée Poussin, dont la première partie a été publiée dans nos Numéros 2635 et 2634.
- 10. — Origine et sens physique de la Relativité restreinte Q).
- Qu’est-ce que la relativité restreinte?
- Tous ceux qui ont étudié les principes de la mécanique classique et, en particulier, le plus ancien d’entre eux, celui de Galilée ou de l’inertie, savent que ces principes ne s’appliquent que moyennant un choix convenable du système de référence. Un système où le principe d’inertie s’applique est ce que l’on nomme un système galiléen ou inertique. On sait encore que si un système donné est galiléen, tout autre système en translation uniforme par rapport à lui l’est encore. Mais nous ne sommes
- 1. Les deux ouvrages, me semble-t-il, que les non-malhé-maliciens liront avec le plus de fruit sont : L’Espace et le Temps, par E. Borel (Paris, Alcan)i — Le Principe de la Relativité et les théories d’Einstein, par L.-G. du Pasqrier (Paris, Doin, 1922).
- pas certains qu’il existe de système parfaitement galiléen dans l’Univers. A part cela, l’expérience nous fait reconnaître un système qui est, à très peu de chose près, galiléen : c’est un système défini par un trièdre ayant son sommet au centre de gravité du système solaire et orienté d’une manière invariable par rapport aux étoiles fixes : nous l’appellerons le Solide stellaire. Le Solide stellaire est donc le système galiléen fondamental et intangible fourni par la Nature, et les autres ne peuvent être définis qu’en relation avec celui-là.
- Un système lié à la Terre ou simplement entraîné dans sa translation autour du Soleil n’est pas galiléen. Cependant, dans bien des cas, il est permis de le considérer approximativement comme tel. Ainsi, si la durée de l’observation est suffisamment courte et le champ des observations suffisamment restreint, on peut considérer le mouvement de translation de la Terre comme uniforme et même négliger la rotation diurne. Les physiciens l’admettent, de fait, dans leurs expériences sur la vitesse de la lumière et l’éleclromagnétisme.
- Le principe de la relativité restreinte consiste à
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- LA RELATIVITÉ RESTREINTE
- affirmer que les lois de la nature sont les mêmes par rapport à tous les systèmes galiléens, non seulement les lois de la mécanique classique, mais aussi, ce qui ne se réalisait pas dans l’ancienne mécanique, les lois de la lumière et de T électromagnétisme f1).
- Toutes les expériences qui ont été tentées jusqu’ici pour mettre ce principe en défaut ont échoué. Jamais aucune expérience faite à l’intérieur d’un système galiléen n’a pu mettre en évidence son mouvement par rapport au solide stellaire.
- Ces expériences, il est vrai, ne peuvent être réalisées que dans un système lié à la Terre. Mais, dans sa révolution annuelle, la Terre est emportée à travers le solide stellaire avec une vitesse de 50 km par seconde, et comme la direction de cette vitesse varie avec la position de la Terre sur son orbite, on peut admettre que les expériences faites dans nos laboratoires sont faites dans des systèmes galiléens et, de plus, suivant l’époque de l’année, dans des systèmes galiléens différents.
- Les plus célèbres de ces expériences sont celles de Morley-Micbelson, d’où il résulte que la vitesse de la lumière est la même dans tous les sens pour tous ces systèmes galiléens. Les mêmes expériences ont été renouvelées depuis par d’autres physiciens, et cela à toutes les saisons de l’année, à toutes les heures du jour et de la nuit; et, depuis trente-sept ans, elles conduisent au même nombre pour la vitesse de la lumière. C’est pour expliquer ce résultat déconcertant que les théoriciens ont été conduits aux formules de la Relativité restreinte.
- 11. — Les deux postulats de la Relativité restreinte, — Définition du synchronisme.
- La théorie de la relativité restreinte pose les deux postulats suivants :
- 1° La vitesse de la lumière est une constante dans chaque système galiléen et la même pour tous;
- 2“ Aucune action ne peut se transmettre avec une vitesse supérieure à celle de la lumière (2).
- Mais ces deux postulats appellent une discussion immédiate pour en découvrir le véritable sens.
- Le second postulat, assignant une vitesse de propagation limite, exclut la possibilité d’une action à distance; donc, il s’oppose à la constatation physique
- 1. Cette propriété des espaces galiléens peut être généralisée dans un certain sens au point de vue de la mécanique ordinaire. On peut l’étendre à deux systèmes non galiléens en translation uniforme l’un par rapport à l’autre, mais sans rotation par rapport au solide stellaire, ce qui est encore un privilège. (Voir dans Y Introduction à la théorie de la Relativité, de Galbrun, Paris, Gauthier-Villars, 1925, le chapitre sur la relativité des équations de la mécanique, pp. 289-296.) Mais rien n’autorise à faire l’extension des principes de la relativité restreinte à ces systèmes non galiléens. On ne peut les relier sans contradiction par la transformation de Lorentz : la non-réciprocité des conditions du voyage en boulet en est la preuve suffisante.
- 2. Le premier principe suppose implicitement le second, car il est impossible que la vitesse de la lumière reste la même pour un observateur qui pourrait acquérir une vitesse plus grande qu’elle.
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- d’une simultanéité absolue. Partant, il écarte l’existence d’un temps physique unique commun à tout l’Univers.
- Mais alors, et ceci est assez troublant, le second postulat semble détruire le premier, qui exige la constance de la vitesse de la lumière.
- En effet, tant que la simultanéité n’est pas définie, et elle ne l’est pas encore, la vitesse de la lumière ne l’est pas non plus. En effet, pour déterminer la vitesse d’un mobile entre deux points, il faut constater l’heure du départ et celle de l’arrivée à deux horloges installées aux deux bouts du parcours, mais synchrones. Or, sans simultanéité, il n’y a pas non plus de synchronisme.
- On ne peut sortir de cette impasse que par une convention.
- Les principes dont nous disposons ne suffisent pas pour définir la vitesse de la lumière entre deux points différents. Tout ce que nous pouvons déterminer, grâce à eux, c’est la vitesse moyenne de la lumière sur un circuit fermé. Il suffit de disposer un ou plusieurs réflecteurs qui changent la direction d’un rayon lumineux pour lui faire décrire un tel circuit. Ceci fait, les heures de départ et d’arrivée se lisent au même endroit et à la même horloge, de telle sorte que la difficulté relative à la simultanéité ne se rencontre plus. Le résultat de l’expérience est le même pour tous les observateurs terrestres : la vitesse moyenne de la lumière sur un circuit fermé est la même pour tous les circuits et de 300 000 km par seconde (’).
- Cette constatation nous suggère, pour en sortir définitivement avec la question de simultanéité, une convention si naturelle qu’elle a l’air de s’imposer.
- Echelonnons, par la pensée, des horloges le long du circuit fermé. Notre intuition du temps ne nous fournissant pas le moyen de synchroniser nos horloges, passons-nous d’elles. Accordons simplement les horloges entre elles par la condition que la vitesse de la lumière soit constante tout le long d’un circuit fermé, ce qui est possible. Cette règle empirique nous permet de synchroniser, avec notre horloge personnelle, toutes les horloges liées au système, et alors la vitesse de la lumière est devenue constante dans tout le système. Tel est le sens exact du premier postulat.
- Notre, règle empirique est conventionnelle, mais ne contredira jamais notre intuition du temps, car elle ne fait que suppléer à cette intuition devenue défaillante.
- Éclaircissons l’application de la règle par un exemple :
- Il est midi à la montre de Pierre au moment même où il aperçoit un éclair dans un astre errant situé, je suppose, à 600 000 km de la Terre. Cet éclair s’est évidemment produit à un certain instant sur l'astre. Nous posons alors la question
- 1. Dans la pratique, on ne fait l’expérience que sur un trajet aller et retour.
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- suivante : Quelle heure était-il à la montre de Pierre au même instant?
- Pierre est tout d’abord certain que l’éclair s’est produit avant qu’il l’ait vu* donc avant midi. D’autre part, il sait qu'un rayon lumineux parti de la Terre à midi moins 4" et réfléchi sur l’astre, lui serait revenu à midi. Il s’est donc réfléchi sur l’astre moins de 4" avant midi, et c’est précisément au moment même où l’éclair s’est produit; Pierre peut donc affirmer, sans aucun empirisme, que l’éclair s’est produit avant midi et moins de 4" plus tôt. Personne ne mettra jamais en doute cette conclusion fondée sur la notion objective du temps. Mais, il reste une marge de 4" dans laquelle le principe d’hérédité n’a plus de prise. Pour en sortir, Pierre convient que la vitesse de la lumière est la même dans les deux sens ; il coupe la marge par le. milieu et décide de son plein gré que l’éclair s’est produit sur l’aslre 2" exactement avant que sa montre marquât midi.
- Nous-mêmes, quand nous disons que la lumière met tant de secondes pour nous venir de la Lune, tant de minutes pour nous venir du Soleil, tant d’années pour nous venir d’une étoile, nous sommes les humbles disciples de Pierre.
- Mais, un voyageur cosmique entraîné dans une course vertigineuse à travers le Solide stellaire pourra trouver plus commode de prétendre que, sur la route du Soleil à la Terre, la lumière met deux fois plus de temps dans un sens que dans l’autre. Personne ne pourra lui prouver le contraire et nous ferions la même chose à sa place.
- Comme on le voit par les explications qui précèdent, la marge dans laquelle la synchronisation de deux horloges fixées dans un système galiléen reste à la discrétion de l’observateur, est plus ou moins grande selon que les deux horloges sont plus ou moins écartées l’une de l’autre : elle est exactement égale au temps qu’il faut à la lumière pour faire le trajet aller et retour. S’il s’agit d’un observateur terrestre qui veut synchroniser avec la sienne une horloge lointaine, la marge est de quelques secondes à la distance de la Lune, d’un bon quart-d’heure à celle du Soleil, et elle atteint des millions d’années si l’on s’écarte jusqu’aux plus lointaines nébuleuses connues.
- Désormais, nous synchronisons les horloges et nous définissons la simultanéité avec une précision par-
- faite, mais" cette définition est devenue artificielle.
- La simultanéité n’exprime plus qu’une coïncidence entre deux indications d’horloges. Elle n’exprime plus une relation fondée sur l’intuition du temps, mais fondée sur les propriétés de la lumière. L’espace et le temps ont part égale dans sa définition; leurs mesures sont devenues interdépendantes et inséparables. C’est ainsi que se constitue cet amalgame appelé espace-temps qui a scandalisé tant d’esprits mal informés et sur lequel nous aurons à revenir.
- Considérons maintenant deux observateurs entraînés dans deux systèmes galiléens différents. La vitesse de la translation relative est inférieure à la vitesse-limite, qui est celle de la lumière. Les deux observateurs se servent des mêmes étalons de longueur et de temps. Leur mètre et leur chronomètre à vibrations sont de construction identique, exactement comme il arrive quand un même observateur terrestre fait des expériences à deux époques différentes de l’année. Nos deux observateurs, ayant repéré chacun les points de son système, font les mêmes expériences sur la vitesse de la lumière. Encore un coup, ils trouvent tous deux le même nombre *pour cette vitesse.
- Ajoutons à .cela que des expériences estimées péremptoires prouvent que le transport lumineux n’est affecté ni par le mouvement de la source ni par celui du labora toire . Voici les physiciens acculés à cette conclusion paradoxale que si la vitesse d’un point mobile atteint celle de la lumière, ce point possédera la même vitesse apparente dans tous les observatoires galiléens. A première vue, cette invariance paraît antinomique. Est-il vraiment possible de relier les mesures de lieu et de temps, effectuées dans deux systèmes différents, par des formules générales conduisant à un pareil résultat? Eh bien! oui, c’est possible, mais ce n’est possible que d’une seule façon, par le système de relations linéaires connues sous le nom de transformation de Lo-rentz(l). Cette transformation de Lorentz est déjà extrêmement intéressante par ses seules propriétés mathématiques; elle l’est davantage par deux conséquences physiques qui font figure de paradoxe et que nous allons examiner.
- {A suivre.) Ch. de la Vallée Poussin.
- 1. Cette transformation sera exposée dans le prochain numéro.
- VALEUR ECONOMIQUE DES OISEAUX
- protégés par la Convention internationale de 1902.
- Le 19 mars 1902, une convention pour la protection des oiseaux utiles à l’agriculture, a été signée à Paris par les représentants des gouvernements de la France, de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Hongrie, de la Belgique, de l’Espagne, de la Grèce, du Luxembourg, de Monaco, / du Portugal, de la Suède et de la Suisse.
- Nous avons pensé qu’il serait intéressant, pour les lecteurs de La Nature, qui s’occupent de la vie des oiseaux, de connaître la valeur économique des oiseaux considérés comme utiles par ladite convention. Nous allons donc passer ceux-ci en revue, en indiquant de quoi se compose leur régime alimentaire, ainsi que le
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- VALEUR ÉCONOMIQUE DES OISEAUX
- pourcentage de la nourriture en matières utiles à l’homme, en matières nuisibles et en matières indifférentes. Ce pourcentage n’est pas fixé d’après le poids, ni le nombre des aliments consommés, mais bien d'après l’espèce de nourriture. Il y a lieu de remarquer que par éléments nuisibles, il faut comprendre ce qui est peu nuisible, aussi bien que ce qui l’est très. Nos données sont basées sur des études publiées dans plusieurs revues scientifiques, par des spécialistes attachés à plusieurs bureaux et observatoires ornithologiques allemands et hongrois.
- Rapaces nocturnes.
- Chevêche commune (Aihene noctua L.). :— Se sustente de toutes sortes de petits animaux à sang chaud et d’insectes : souris, rats, hamsters, musaraignes, chauves-souris, oiseaux, grenouilles et de nombreux insectes, particulièrement de gros coléoptères et papillons nocturnes. Dans 1890 estomacs de chevêches et pelotes régurgitées (4) par ces rapaces, les spécialistes Rœrig, Rey, Schweppenburg, Greschick, Ilennicke, Altum, Baer, etc., ont trouvé 2 pour 100 d’éléments utiles, 96 pour 100 de nuisibles et 2 pour 100 d’indifférents. La chevêche doit être regardée comme éminemment utile.
- Chevêchette] (Glaupidium passerinum L.). — Les données manquent pour cet oiseau plutôt rare et qui se nourrit sans doute en grande partie d’insectes.
- Surnie caparacoch (Surnia il. ulula L.). — Son régime se compose aussi bien d’animaux à sang chaud que d’insectes. Les rats, hamsters et souris forment sa nourriture de prédilection, quoiqu’elle s’attaque parfois à des oiseaux dont la taille peut aller jusqu’à celle de la perdrix. Dans 8 estomacs de surnies, Hartert, Rey et Rœrig ont constaté 100 pour 100 d’éléments nuisibles. On est d’avis que dans les régions peu peuplées du Nord de l’Europe, la surnie est un rapace utile, car il importe peu qu’elle y tombe de temps à autre sur une perdrix ou un lagopède.
- Hibou commun (Asio otus L.). — Le moyen duc vit de vertébrés et d’insectes. Son régime se compose de rats, souris, hamsters, loirs, taupes, musaraignes, levrauts, lapereaux, petits oiseaux, ces derniers, toutefois, en très peLit nombre; le hibou mange aussi des grenouilles. Une quinzaine de savants chercheurs tels que Rœrig, Rey, Rzehak, Jâckel, ont examiné 11641 estomacs de moyens-ducs et pelotes vomies par ces oiseaux ; ils y ont trouvé 3 pour 100 d’éléments utiles, 96 pour 100 de nuisibles et 1 pour 100 d’indifférents. Le même pourcentage a été obtenu par d’autres chercheurs. Le hibou commun est donc un rapace éminemment utile.
- Hibou brachyote (Asio flamweus L.). — Son régime se rapproche beaucoup de celui du précédent. Les souris paraissent former son plat de prédilection. Les débris d’oiseaux et d’insectes sont généralement peu nombreux dans le bol stomacal et les pelotes régurgitées après digestion des matières assimilables. D’après Lôwis, ce rapace se sustente, en Livonie, principalement d’oiseaux, et tomberait même sur de jeunes lièvres, perdreaux, bécassines, totanidés et rallidés, à tout le moins pendant la saison de reproduction et en été. Quoi qu’il en soit, cette particularité doit être considérée comme locale. L’examen de 1271 tubes digestifs et pelotes
- 1. Les rapaces régurgitent sous forme de pelotes, les matières non assimilées par la digestion ; elles contiennent de nombreux débris qui permettent de fixer la nature des aliments.
- propres à cette espèce, a permis de fixer le pourcentage suivant : 1/2 pour 100 d’éléments utiles, 99 1/2 pour 100 de nuisibles et des traces d’indifférents. Certains chercheurs ont déterminé des pourcentages quasi semblables : 93, 95 et 97 pour 100 d’éléments nuisibles. En somme, pour nos régions d’Europe moyenne, le hibou biachyote est un oiseau très utile.
- Surnie harfang (Nydea nyctea L.). — Se nourrit de toutes sortes d’animaux et d’oiseaux, lièvres, lapins, rats, souris, taupes, gallinacés des bois et des champs, canards. Dans le nord de l’Europe, la surnie harfang fait une grande consommation de lemmings, terribles rongeurs. On a plusieurs fois observé le harfang prenant du poisson. Un seul exemplaire autopsié par Rey n’avait que des souris dans son estomac. L’espèce en question est presque inconnue sous nos latitudes. On ne saurait fixer justement sa valeur économique. Pour les pays du Nord, c’est un rapace plutôt indifférent, dont l’utilité compense la nuisibilité.
- Petit duc (Ohis scops scops L.). — Les données manquent pour cet oiseau, dont le régime alimentaire a certainement beaucoup d’analogie avec celui du moyen-duc. Le scops est toutefois de trop petite taille pour, attaquer parfois des mammifères assez grands. Il doit être considéré comme utile.
- Hulotte chat-huant (Strix aluco L.). — La nourriture consiste en musaraignes, rats, hamsters, souris, taupes, chauves-souris, levrauts, lapereaux, écureuils, grenouilles et toutes sortes d’insectes, même des chenilles. La hulotte prend aussi de petits carnassiers comme ' la belette. On l’a observée parfois pêchant du poisson. Une douzaine de spécialistes, dont Leisewitz, Uttendôrfer, Eckslein et Martin, ont examiné 1986 estomacs et pelotes de chat-huant. Leurs résultats peuvent être résumés comme suit : 18 pour 100 d’éléments utiles, 77 pour 100 de nuisibles et 5 pour 100 d’indifférents. Ce pourcentage se rapproche sensiblement de celui qui a été défini par d’autres chercheurs, soit 80 pour 100 d’éléments nuisibles, 17 pour 100 d’utiles et 3 pour 100 d’indifférents. On peut conclure que, malgré quelques petits délits, la hulotte est très utile.
- Chouette effraye (Tyto alba Sc.) — Se sustente de toutes sortes d’animaux à sang chaud et de gros insectes. Les rats, souris, musaraignes, taupes, chauves-souris, toutes sortes d’oiseaux, les grenouilles, même les petits carnassiers comme la belette, enfin les gros coléoptères et les papillons de nuit, constituent son menu très varié. De l’examen de 24 375 estomacs et pelotes propres à des effrayes, il ressort qu’environ 30 pour 100 de la nourriture se composent d’éléments utiles et 70 pour 100 de nuisibles. Certains chercheurs ont trouvé jusque 74 pour 100 de ces derniers. Il faut regarder l’effraye comme utile. Les quelques délits qu’elle commet parfois en attaquant des oiseaux, ne peuvent être pris en considération devant les grands services qu’elle rend en détruisant une incroyable quantité de petits rongeurs malfaisants.
- Grimpeurs.
- Pic vert (Picus viridis virescens Br.). —- La gécine ou pivert recherche presque toujours sa nourriture à terre; ce grimpeur cueille plus rarement les insectes sur les arbres. Son régime se compose surtout de fourmis et d’insectes séjournant sur le sol. Cent et dix estomacs de gécines ont été examinés par Rey, Rœrig, j Esiki, Eckstein, Flœricke et Baër, qui ont défini le i pourcentage suivant : 76 pour 100 d’éléments utiles(!),
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- 8 pour 100 de nuisibles et 16 pour 100 d’indifférents. Si l’on estime d’une part, que les fourmis — insectes actuellement reconnus utiles à la sylviculture — forment la majeure partie de la nourriture du pivert, et d’autre partj que cet oiseau contribue à fournir aux espèces, nichant dans les creux, des endroits favorables à la nidification, on peut admettre que la gécine est économiquement indifférente. Ce n’est pas un oiseau réellement utile.
- Pic cendré (Pitus canvs Gm.). — Se nourrit également en majeure partie de fourmis, plus rarement d’autres insectes, parfois de baies. Onze individus ont été examinés : 90 pour 100 d’élémenls utiles et 10 pour 100 de nuisibles. Même conclusion que pour le précédent.
- Pic épeiche (Dryobciles major pinclorum Br.). — Se sustente de toutes sortes d’insectes, larves et œufs de ceux-ci, qu’il recherche sur les arbres. De temps en temps, il avale des fourmis qu’il cueille rarement sur le sol. En outre, l’épeiche montre une certaine prédilection pour les noix et diverses graines d’arbres, ainsi que pour les baies de sureau et autres. L’examen de 94 estomacs de pics épeiches par les spécialistes plusieurs fois cités dans cet article, a permis de fixer le pourcentage suivant : 15 pour 100 d’éléments utiles, 74 pour 100 de nuisibles et 11 pour 100 d’indifférents. L’espèce en question est éminemment utile.
- Pic mar (Dnjobates médius L.). — Même régime que le précédent. 16 individus examinés. Pourcentage : 21 pour 100 d’éléments utiles, 39 pour 100 de nuisibles et 40 pour 100 d'indifférents. Oiseau certainement plus utile que nuisible.
- Pic épeichette (Dnjobates min or hortorum Br.). — Même régime que “les deux précédents; cette espèce visite particulièrement les vergers, 16 individus examinés. Pourcentage : 20 pour 100 d’éléments utiles, 40 pour 100 de nuisibles et 40 pour 100 d’indifférents. Même avis que pour le pic mar, c’est-à-dire : oiseau certainement plus utile que nuisible.
- Pic tridactyle alpin (Picoides tridaclylus alpinus Br.). — Régime semblable à celui du pic mar.
- Pic noir (Dryocopus marlius L.). — Sa nourriture se compose de larves d’insectes et de fourmis. Pour chercher ces dernières, le pic noir, comme le pivert, descend sur le sol. Il mange en outre des baies, même des cerises et des graines de conifères. Landois, Ilelm, Rey, Rœrig, Esilu et autres chercheurs ont examiné
- 40 estomacs de pics noirs; voici le pourcentage des matières qu’ils ont trouvées : 18 pour 100 d’utiles, 70 pour 100 de nuisibles et 12 pour 100 d’indifférentes. Avis : parmi les fourmis qu’avale cet oiseau, se trouvent de nombreux individus de l’espèce Camponotus, dont la destruction compense largement celle des autres variétés. Quant aux autres insectes dont se nourrit le pic noir, ils sont presque tous nuisibles. La partie frugivore de son régime est sans importance. Si enfin on tient compte de ce que ce grimpeur contribue à fournir aux oiseaux nichant dans les cavités, un bon nombre d’endroits propices à la nidification, on doit estimer que le pic noir est réellement utile.
- Torcol (Jynx torquilla L.). — Mange toutes sortes d’insectes, particulièrement des fourmis et leurs œufs, ainsi que des araignées. Le plus souvent, il prend sa nourriture à terre, mais se montre aussi très actif sur les arbres. Dans 28 cas, Eckstein, Esilti, Baër et Rey ont constaté : 60 pour 100 d’éléments utiles, 18 pour 100 de nuisibles et 22 pour 100 d’indifférents. Comme le torcol pille parfois les nids d’autres oiseaux et qu’en moyenne, sa nourrilure se compose pour moitié d’éléments utiles et, pour moitié, d’éléments nuisibles, il doit, à notre avis, être rangé parmi les oiseaux économiquement indifférents. Certains ornithologues le regardent même comme plus nuisible qu’utile.
- Syndactiles.
- Rollier ordinaire (Coracias garrulus L.). — Sa nourriture consiste en divers insectes (coléoptères, grillons, larves et nymphes d’insectes) et en lombrics, souris, petites grenouilles et parties de plantes. Il montre un faible pour les baies et, dans le Midi, pour les figues. Dans 101 estomacs, les chercheurs prénommés ont trouvé environ 20 pour 100 d’éléments utiles, 67 pour 100 de nuisibles et 13 pour 100 d’indifférents. En Europe moyenne, le rollier peut être considéré comme plus utile que nuisible. Dans le Midi, cet oiseau est plutôt indifférent, à cause de sa consommation de figues. Le pourcentage ci-dessus ne concerne que des rolliers d’Europe moyenne.
- Guêpier ordinaire (Merops apiaster L.). —- Les renseignements nous font défaut. Il serait intéressant de connaître le résultat d’une douzaine d’autopsies.
- (.4 suivre.) Armand Mercier.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de septembre et octobre 1924.
- Les granités de Guérat, près Bagnoles-de-VOrne. — En étudiant les gaz dissous dans l’eau d’un certain nombre de sources de la région et les granités de la carrière de Guérat, le Dr Loisel tend à démontrer la présence, dans ces derniers minéraux, de substances radioactives à longue vie, d’où dérive l’émanation qu’il signala dès 1922 et qui le confirme dans l’existence d’une nouvelle lignée de corps analogues au radium, au thorium ou à l'actinium et pour laquelle il a proposé*, on le sait, le nom d’émilhnn.
- La sensibilisation du cobaye à l’avitaminose G. — MM. Mouiiquand, P. Michel et M. Beiheim ont déjà montré qu’une première atteinte de scorbut expérimen-
- tal aigu sensibilise l’organisme du cobaye pour une nouvelle carence du même ordre. Ayant sacrifié des animaux complètement guéris depuis 62 ou 87 jours, ils viennent de constater que cetle sensibilisation, passagère et non définitive, s’atténue peu à peu, parce que liée à la longue persistance de lésions fines; elle diminue donc au fur et à mesure que celles-ci s’atténuent.
- Les développables cycli fiant es d’une courbe. — Le mémoire de Mme Sylvie Créanga signale les propriétés
- des courbes de courbure normale ^ • Il indique notamment qu’elles sont cyclifiables sur la développable,
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- LE RÉCUPÉRATEUR DE CHALEUR “ M1RUS ”
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- engendrée par un plan normal à la surface contenant leur propre tangente, et enfin symétriques par rapport aux lignes de courbure.
- La constitution géologique des îles Phourni. — Pour M. G.-C. Georgalas, ces îles situées entre le massif
- cristallin des Cyclades et celui de Carie et Lydie se composent de couches du système métamorphique de micaschistes et marbres, alors que l’île Nikaria semble appartenir au noyau intérieur d’un massif cristallin, constitué seulement de roches cristallophylliennes et de granités. • Paul B.
- LE RÉCUPÉRATEUR DE CHALEUR “ MIRUS ” POUR POELE A BOIS
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- Le chauffage à bois est particulièrement sain et agréable : malheureusement il est très coûteux. Pratiquement, le poêle à bois qui, au point de vue rendement, est très supérieur à
- la cheminée, ne r\ 6
- rayonne pas plus de 50 pour 100 des calories qui lui sont confiées ; le reste part à la cheminée. Les gaz de la combustion se refroidissent dans la cheminée où ils déposent leur goudron et comme ils entrent dans celle-ci à une température élevée, il suffit d’une étincelle ou d’une flammèche pour produire un feu de cheminée, sinon toujours dangereux, tout au moins très désagréable.
- Le récupérateur dont il est question ci-après permet de porter le rendement du poêle de 50 à 70 pour 100. Autrement dit : pour obtenir le même chauffage, il suffit avéc le récupérateur d’une 50
- quantité de bois = yj,soit 0,7 environ de celle
- nécessaire avec le même poêle sans récupérateur. Cette économie de 30 pour 100, contrôlée officiellement, est intéressante en soi par ces temps de vie chère et permet d’amortir en un ou deux mois le prix de l’appareil, mais en outre elle diminue d’autant les manipulations de combustible, ce qui est particulièrement intéressant avec la crise actuelle de domestiques.
- Certes le problème n’est pas nouveau.
- Il est bien connu, en effet, que, pour récupérer une partie importante de la chaleur contenue dans
- Fig. i. — Le récupérateur de chaleur.
- 1. Vue de face du récupérateur. 2. Coupe verticale de l’appareil suivant AA. 3. Coupe horizontale de l'appareil suivant CC. 4. Coupe horizontale de l’appareil suivant BB.
- les gaz d’un foyer, il suffit de les faire circuler, à une vitesse suffisante, dans une enceinte présentant une grande surface rayonnante avec l’air extérieur :
- c’est ce qui est réalisé, en particulier, en installant, à la sortie du poêle, des tuyautages formant cor de chasse mais leur, encombrement est considérable.
- Il est bien connu également que, pour faciliter le contact des gaz avec la paroi rayonnante, il est commode de disposer sur leur parcours des chicanes laissant des évidements convenables, entre elles et les parois de l’enceinte, par lesquels passent les gaz.
- Toutefois, ces chicanes ont l’inconvénient de produire une résistance à l’écoulement préjudiciable au tirage.
- De plus l’installation d’un récupérateur apparent est généralement disgracieuse et de nature à nuire à l’esthétique du local dans lequel il est placé.
- Le récupérateur que nous examinons, ne présente aucun des inconvénients ci-dessus mentionnés.
- Les figures 1, 2, 3 et 4 donnent à titre d’exemple, respectivement une vue de face, la coupe transversale GC et les coupes longitudinales AA et BB de cet appareil.
- 11 est constitué par une boîte de forme sensiblement parallélépipédique, aplatie, comportant un évidement horizontal 1 entouré par une cloison continue 2, perpendiculaire aux grandes faces verticales, sur lesquelles elle vient se fixer. Sur l’une des faces verticales et au-dessus de la cloison 2 est fixé un
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- LE RÉCUPÉRATEUR DE CHALEUR “ M1RUS ”
- tuyautage 3. Un tuyautage 4 est fixé sur l’autre face, également au-dessus de la cloison 2. Une cloison intérieure 5 mobile autour d’un axe vertical par l’intermédiaire de la clé 6, empêche normalement la communication directe entre 3 et 4. La petite paroi verticale 7 forme couvercle démontable, de façon à permettre le nettoyage de l'appareil. Une tige ployée 8 permet de soutenir l’appareil.
- L’évidement 1 est établi de façon que la section de passage des gaz pendant leur trajet dans le récupérateur ait une valeur voisine de la section du tuyautage 3.
- L’appareil est construit en tôle agrafée.
- Le fonctionnement est le suivant : le tuyautage 3 étant relié à l’orifice d’évacuation du poêle, les gaz chauds pénètrent dans l’appareil, sont déviés par 5 et font le tour de l’espace délimité par les parois et la cloison 2, pour être évacués par le tuyautage 4, dans la cheminée.
- On voit que, pendant leur trajet dans le récupérateur les gaz circulent au voisinage de surfaces en contact avec l’air extérieur, à une vitesse sensiblement constante en grandeur, voisine de leur vitesse à l’entrée dans l’appareil, et ne sont contrariés par aucune chicane.
- Par suite du faible volume que peuvent occuper les gaz, on maintient ainsi la vitesse au contact des parois à une valeur relativement élevée, ce qui facilite la transmission de la chaleur auxdites parois.
- C’est là un point essentiel et qui constitue l’une des originalités de cet ingénieux dispositif, remarquable par l’esprit scientifique qui a présidé à sa conception. On sait, en effet, que le coefficient d’échange de chaleur entre un gaz et une paroi croît avec la vitesse du gaz. Il importait donc de maintenir celle-ci aussi élevée que possible pour pouvoir réaliser une surface rayonnante d’encombrement réduit, et produisant néanmoins le maximum d’effet utile.
- Fig. 2. — Un poêle à bois muni de son récupérateur. Celui-ci est parte ilerr.ent dissimulé entre le poêle et la cheminée.
- De plus, l’orifice de sortie du récupérateur étant dans le voisinage du prolongement de l’orifice d’entrée, et tous deux à la partie supérieure, l’appareil étant très aplati, il en résulte que l’installation du récupérateur ne nécessite aucune modification aux installations par rapport à celle du poêle seul, que l’encombrement n’est pas sensiblement augmenté et que l’appareil se trouve dissimulé derrière le poêle.
- La présence du récupérateur pouvant gêner l’allumage, particulièrement avec les cheminées tirant
- mal, il peut être intéressant de shunter le récupérateur à ce moment.
- A cet effet, pendant l’allumage la cloison 5 est maintenue parallèle aux grandes parois verticales par la manœuvre de la clé 6, ce qui met en communication directe 3 et 4; la manœuvre de la clé 6, aussitôt le tirage amorcé, rétablit la séparation entre 5 et 4.
- Des essais contrôlés ont été effectués par l’Office Central de Chauffe Rationnelle et. ont montré que l’économie globale, réalisée par l’emploi du récupérateur sur les calories qui auraient été perdues sans cet appareil, varie entre 30 et 40 pour 100.
- Par ailleurs, l’appareil présente un autre avantage très intéressant : du fait du circuit imposé aux gaz et de leur refroidissement à l’intérieur du récupérateur, les étincelles et flammèches sont éteintes avant d’entrer dans la cheminée, ce qui éliminera les risques de feu de cheminée. De plus l’encrassement de la cheminée est insignifiant ; car, les goudrons et la suie se condensent dans le récupérateur qui est facile à nettoyer par la paroi amovible prévue à cet effet. ' *'
- Cet appareil a eu la médaille d’or au concours Lépine-1924.
- R. Villers.
- Le Gérant : P. Masson — Imprimerie Laiiuke, 9, rue de Fleurus, Paris.
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- LA NATURE - N° 2643
- 29 NOVEMBRE 1924
- LE TISSAGE DU COTON
- Nous vous avons conduit précédemment à Mulhouse, dans l’une des plus importantes filatures de eo-ton de cette région, où l’industrie cotonnière est si développée, chez MM. Schlumberger et C,e, dont le nom est intimement lié à tous les progrès de cette industrie. Nous vous conduirons aujourd’hui, avec l’.ai-mable autorisation des mêmes industriels, dans Emane de tissage qu’ils possèdent également à Mulhouse, et dont les vastes bâtiments s’élèvent à-côté de ceux de la filature.
- Les fils, ou filés, venant des balles de coton transformées à la filature, vont y subir une autre série de travaux à la suite desquels ils sortiront de l’usine sous la forme de longs rouleaux de tissus qui seront ultérieurement utilisés pour la confection de linge de corps ou de table, draps de lit, ou employés à mille autres usages.
- Les fils de coton, chaîne et trame, venant de la filature, sont envoyés au tissage sous forme de bobines ou canettes composées d’un tube en bois ou en carton sur lequel est enroulé le fil. Ce fil, tordu à la filature, doit pouvoir conserver sa torsion afin de supporter les opérations du lissage.
- Vaporisage. — Pour fixer cette torsion, les canettes de chaîne et trame passent au vaporisage qui se pratique à chaud ou à froid. Le vaporisage à chaud, qui détériorerait les tubes en bois, n’est employé que pour les filés sur tubes en carton. Il se fait 'a la vapeur, à une pression de 3-4 atmosphères et dure environ 10-15 minutes.
- Pour les filés sur tubes entbois, principalement
- Fig. 2. — Ourdissage : Le fil des bobines est enroulé sur le rouleau d’ourdissage.
- Fig, i. — Bobinage : Transport du fil des canettes . sur les bobines.
- pour la trame, le même résultat est obtenu à la suite d’un séjour de deux jours environ dans une pièce où une pulvérisation mécanique d’eau froide permet d’obtenir 90 pour 100 d’humidité. Ainsi traités, les. tubes de bois sur lesquels sont enroulés les filés ne sont pas détériorés et peuvent reservir presque indéfiniment.
- Bobinage. — Mais la longueur du fil de ces canettes serait tout à fait insuffisante pour constituer les fils de chaîne qui doivent avoir la même longueur que les pièces d'étoffe à lisser. Il faut donc transporter ce fil sur des bobines à disque, en bois ou en carton comprimé, qui en portent davan-tage.
- Cette opération est appelée bobinage et s’effectue aux bobinoirs qui déroulent le Til des canettes, le * lissent, l’égalisent et l’épurent avant r*. de l’enrouler très régulièrement,
- après nouage des fils, à la machine, pour obtenir de grandes longueurs, sur les bobines de bois (fig. 1).
- Ourdissage. — Les bobines ainsi préparées vont maintenant, pour les filés de chaîne, passer à l’ourdissage. Elles sont, pour cela, disposées sur un porte-bobines appelé cantre. Les fils de chaque bobine, pris un à un, sont passés entre les dents d’un peigne, ensuite entre des rouleaux, tendeurs à la sortie desquels ils viennent passer entre les dents d’un second peigne, puis sont conduits sur un long rouleau auquel on donne le nom de rouleau d’ourdissage, et qui est animé d’un mouvement de rotation continu. Le rouleau reçoit donc, disposés parallèlement, 22 - 337.
- 52* Annie — 2* Semestre.
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- LE TISSAGE DU COTON
- Fig. 3. — Encollage : les fils dj plusieurs rouleaux sont enduits dé colle.
- rouleaux, après leur réunion, passent dans une bâche où la colle est maintenue en ébullition à l’aide de tuyaux chauffés à la vapeur, puis sur un tambour de séchage chauffé également à la vapeur, des rouleaux entraîneurs convenablement disposés les forcent à parcourir la plus grande partie de la périphériede ce tambour. Ilspassent ensuite au-dessus d’un ventilateur qui achève leur dessiccation, puis entre les dents d’un peigne, pour s’enrouler enfin sur l’ensouple qui sera portée au métier à tisser après passage dans les mailles des lisses, puis dans les dents du peigne (fig. 5).
- Rentrage.—C’est l’opération appelée rentrage, qui est habituellement confiée à des ouvrières, et qui se fait,
- avec une longueur égale, environ 500 à 800 fils de chaîne (fig. 2).
- Encollage. — La préparation de ces fils., cependant, n’est pas encore terminée, et il faut maintenant les faire passer à l’encollage, qui leur donne la résistance nécessaire pour supporter l’opération du tissage, et qui réunit Lous les fils de la chaîne. Cet encollage se fait’ généralement à chaud, à l’aide d’une colle, parement, ou parou, à base] d’amidon, fécule, gélatine, additionnés d’un peu de sulfate de soude. Pour cette opération, on réunit à l’encollage de 4 à 12 rouleaux d’ourdissage, suivant nombre ou compte de fils, toujours moins pour les fijs retordus, plus gros que les filés ordinaires*
- Les fils de chaîne venant de ces-
- Fig. 4.— Rentrage : Les fils de l’ensouple sont passés dans les lisses et les dents du peigne.
- Fig. 5. — Tissage : Un métier à lisser.
- très rapidement, malgré la difficulté de ce travail, à l’aide de petites passet-tes. Les fils de trame, qui ne passent pas à l’encollage, sauf dans des cas j exceptionnels, parce qu’ils n’ont pas 1 besoin d’être aussi résistants que les 1 fils de chaîne, venant du métier à filer de la filature, sont enroulés mé-'! caniquement sur les canettes qui “ ne"sont autres que de petites bobines. : Chaque canette est ensuite introduite * dans une navette, petite pièce de bois ; évidée en son milieu pour recevoir la canette, et qui sera portée au métier à tisser (fig. 4).
- Tissage. — Les fils de chaîne, sur l’ensouple, ont été divisés en deux nappes, paire et impaire, tous les fils de la nappe paire passant
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- LE TISSAGE DU COTON
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- dans les maillons d’une même série de lisses, les fils de la nappe impaire passant dans les maillons d’une autre série, par exemple pour les calicots et croisés.. Pour beaucoup d’autres articles, le nombre des nappes est supérieur à deux.
- Chaque série de lisses est soutenue par une paire de lames horizontales. Les ficelles qui portent ces lames passent à la partie supérieure, sur un galet horizontal et retombent de l’autre côté pour soutenir la paire de lames portant les lisses de l’autre série, le nombre total de ces lisse.', pour fils pairs et impairs étant presque toujours égal au nombre total des fils de chaîne des deux nappes.
- Il résulte du jeu des galets et d’ex-
- Fig. 6 — Tissage : Ensemble de l’une des salles des métiers.
- Fig. 7• — Nouage : Machine pour nouage automatique des fils des ensouples.
- nappes paire et impaire, le battant vient s’appliquer contre l’étoffe déjà tissée, et les dents du peigne appuient fortement la duite contre cette étoffe. Le battant, oscillant ensuite sur son axe horizontal inférieur, s’éloigne de la duite ; les deux lames portant les lisses changent de position, l’une s’abaissant pendant que l’autre s’élève, et ce double mouvement, changeant en même temps la position des nappes paire et impaire, emprisonne entre les fils de chaîne le fil de trame, ou duite, développé de la canette par le passage précédent de la navette entre les deux nappes. La navette est alors projetée à nouveau en sens contraire, le battant oscille, appuyant les dents du peigne sur la nouvelle duite, puis se retire,
- centriques que, lorsque les lisses de la chaîne paire s’élèvent, celles de la chaîne impaire s’abaissent de l’autre côté de ce galet, produisant, entre les nappes paire et impaire, une ouverture ou foule dans laquelle vient passer la navette, le fil de la canette se déroulant pendant ce mouvement pour donner une duite, c’est-à-dire une longueur de fil de trame égale à la largeur du tissu.
- Mais nous avons vu que les fils de chaîne sont tous passés dans les inter-valles des dents d’une sorte de peigne. Celui-ci est supporté par un cadre, appelé battant, mobile autour d’un axe hoiizontal placé à sa partie inférieure. Lorsque la navette, projetée avec force, est passée entre les deux
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- les lames portant les lisses s’élèvent et s’abaissent à nouveau, la nouvelle duite est emprisonnée entre les deux nappes de fils de chaîne, et le mouvement se continue ainsi jusqu’à terminaison de la pièce.
- Il faut un ouvrier pour conduire 3 ou 4 métiers ordinaires. Ce remplacement des canettes, lorsque le fil enroulé sur l’une d’entre elles est épuisé, exige en effet une surveillance continuelle. Avec les métiers Northrop, dans lesquels le remplacement de la canette est automatique, un seul ouvrier peut conduire jusqu’à 18 à 20 métiers. Ce remplacement s’effectue à l’aide d’un peti.t appareil, appelé « tâteur électrique », qui fait ce travail automatiquement, au moyen d’un court-circuit.
- Suivant les articles, la production de chaque métier peut varier de 20 à 30 m. par jour. Cette seule usine comptant 1800 à 2000 métiers en marche, il est facile de calculer l’importance de sa production annuelle.
- Nouage. — Lorsque les fils de chaîne d'une ensouple sont entièrement tissés au métier, il arrive fré- * quemment, lorsqu’on veut fabriquer deux chaînes de cet article, qu’on rattache les fils d’une nouvelle chaîne à ceux de la chaîne terminée, opération appelée « rattachage » ou « nouage ». L’ensouple de la nouvelle chaîne est alors apportée près de l’ancienne, dont on a laissé les fils dans les peignes et les lisses, et une ouvrière, avec une adresse et une rapidité vraiment déconcertantes, rattache chaque fil de la chaîne terminée au fil correspondant de la nouvelle. Mais ce travail est néanmoins assez long, et on se l’explique aisément lorsque l’on songe
- que le nombre de fils d’une chaîne peut varier de 2000 à 6000 suivant les articles et la largeur des pièces.
- C’est pourquoi, maintenant, ce nouage est souvent fait mécaniquement, à l’aide d’une machine américaine qui est vraiment une pure merveille. L’ensouple nouvelle, placée sur un chariot pivotant sur des rails, est approchée de l’ensouple terminée, et la machine, avec une rapidité, une sûreté qui tiennent réellement du prodige, noue chaque fil de l’ensouple terminée au fil correspondant de la nouvelle (fig. 7). ' Même lorsque la machine est actionnée lentement à la main, il est bien difficile de se rendre compte du travail effectué, mais c’est avec une véritable stupéfaction qu’on la voit travailler à sa vitesse normale, qui est absolument fantastique.
- Nettoyage. — La pièce venant du métier présente toujours de petits défauts, de petites [impuretés : nœuds, brins de fil, qui lui donnent moins bel aspect. Il faut donc enlever ces impuretés auxquelles, dans la région, on a donné le. nom pittoresque de « puces ». Cette opération peut se faire à la main ou à la machine.
- Pour le travail à la main, les pièces sont étalées sur des tables devant lesquelles sont assises des femmes et des jeunes filles, armées de pinces du genre pince à échardes ou à épiler, dont les deux branches forment ressort.
- Elles saisissent évidemment la « puce » entre les deux mors, ferment la pince et arrachent cette puce en la soulevant.
- Mais, grâce à l’habileté qu’elles acquièrent parla pratique, elles font ce travail de telle façon qu’elles semblent se contenter de frapper sur l’étoffe, et
- Fig. io. — Machine pour fabrication automatique des peignes.
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- LA RELATIVITE RESTREINTE
- qu’on n’entend, dans la salle, qu’une série de petits coup secs (fig. 8).
- Finissage. — Mais, là encore, le machinisme intervient également, et ce nettoyage final peut être exécuté mécaniquement à l’aide de la machine à émeriser, qui travaille avec une rapidité beaucoup plus grande (fig. 9).
- Les pièces de coton terminées sont ensuite remises aux machines à plier les tissus, disposées pour faire des plis pouvant aller de 0 m. 254 à 1 m. 524, suivant la demande. Ces pièces ainsi pliées sont alors remises aux usines qui se chargent du blanchiment et de l’apprêt, ou envoyées à celles qui doivent les imprimer. Nous avons vu précédemment, à Mulhouse même, à la suite de quelles opérations les pièces de cotonnade venant des tissages sont transformées en ces tissus imprimés qui sont la gloire de l’industrie alsacienne.
- Fabrication des peignes. — Comme toutes les grandes firmes qui veulent, dans la mesure du possible, se suffire à elles-mêmes, les tissages Schlumberger et Cie s’efforcent de fabriquer à l’usine tout le petit matériel qui leur est nécessaire. C’est ainsi que, sans sortir de leurs ateliers, nous avons vu fonctionner une machine à fabriquer ces peignes si employés en tissage (fig. 10).
- Une lame de fer venant d’un tambour et qui se déroule horizontalement de ce tambour vient, après torsion, se placer verticalement entre des lames tendues, à raison de deux à chaque extrémité de la
- largeur, à l’écartement voulu pour la fabrication des peignes. Dès que cette lame est en place, elle est coupée automatiquement, et, à chaque extrémité, fixée à la précédente à l’aide d’un fil de fer qui passe entre elles deux, et dont le diamètre delà section donne l’écartement des dents du peigne. Pendant cette fixation à l’aide du fil de fer, fixation qui, elle aussi, s’opère mécaniquement, une autre lame est venue se placer parallèlement à la précédente et est, elle aussi, coupée et fixée automatiquement. Et le travail se continue ainsi avec une régularité admirable jusqu’à ce que le peigne ait atteint la longueur voulue. Pour obtenir une fixité absolue des dents, les fils de fer, dans un atelier voisin, sont ensuite soudés à l’étain, et le peigne peut entrer en service.
- 11 se fabrique, dans ces usines, des toiles, cretonnes, renforcés, croisés, calicots, satins, moles-, kines, velours à côtes et unis qui, manutentionnés, deviennent des tissus blancs de lingerie, ou sont teints et imprimés pour l’habillement. Les largeurs de ces tissus varient généralement deOm. 70à2m.
- Pour donner une idée de l’importance de cette industrie, il nous suffira d’ajouter que la population ouvrière employée dans les seuls tissages d’Alsace se monte à environ 16 000 personnes. Ce chiffre, croyons-nous, est assez éloquent par lui-même, et se passe de tout commentaire.
- Georges Lanorville.
- LA RELATIVITÉ RESTREINTE (Suite.) w
- 12. — Le paradoxe de la contraction longitudinale.
- Le premier paradoxe créé par la transformation de Lorentz est la contraction longitudinale des solides en mouvement.
- La géométrie se fonde sur les propriétés des solides, dont les dimensions restent, dit-on, invariables. Mais il est .clair que l’expérience ne peut prouver que cette invariabilité soit absolue; elle constate seulement que les solides de la nature conservent les mêmes dimensions les uns par rapport aux autres, de quelque manière qu’on les transporte dans l’espace : sous une forme plus précise, ce sont toujours les mêmes parties de deux solides que l’on peut amener à coïncider entre elles. Le mesurage d’une figure solide consiste à la décomposer en parties sur chacune desquelles le mètre peut être exactement appliqué. Si cette coïncidence est réalisée, il est évident que le mètre et la figure seront ou tous deux immobilisés, ou tous deux animés du même mouvement.
- Le géomètre relativiste adopte la géométrie euclidienne, avec son principe de mesurage, comme géométrie statique. Il s’en sert pour mesurer avec un mètre les figures immobilisées dans son système
- galiléen. Il repère ou définit ainsi tous les points de ce système au moyen de leurs coordonnées par rapport à trois axes rectangulaires. Ces points, qui d’ailleurs n’ont d’autre existence que celle que leur confère ce procédé de repérage, constituent un espace euclidien. Le relativiste repère et mesure ensuite les corps mobiles dans cet espace comme si c'était un espace absolu.
- Il suit immédiatement de ce point de vue que la cinématique relativiste prend un caractère subjectif et que la mesure des corps en mouvement dans cet espace devient, pour une certaine part, conventionnelle. Qu’est-ce actuellement que la longueur d’une règle en mouvement? C’est la distance des deux points de l’espace occupés par les deux extrémités de la règle au même instant. Or, ces deux points varient suivant la définition de la simultanéité, qui est subjective. Mais alors la géométrie statique n’est pas moins subjective que la cinématique, car les corps qui sont en repos pour un observateur sont en mouvement pour un autre.
- Il n’y a donc rien de bien surprenant ni de scandaleux à ce que deux observateurs en mouve-
- 1. Voir N° 2642.
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- LA RELATIVITÉ RESTREINTE
- ment relatif ne portent pas le même jugement sur les dimensions d’un même corps solide. Dans le fait, quand un solide se met en mouvement, l’observateur qui reste immobile et qui mesure le corps comme nous l’avons expliqué juge que ses dimensions se réduisent dans le sens du mouvement. C’est ce phénomène (qui est distinct d’une apparence optique) que Ton appellera contraction longitudinale.
- Cette contraction longitudinale est d’ailleurs si faible qu’elle est inaccessible à nos procédés de mesure tant que la vitesse du corps est d’un ordre inférieur à la vitesse de la lumière* Quoique la Terre ait une vitesse de 30 km à la seconde à travers le Solide stellaire, la réduction de son diamètre est à peine de 3 cm. Aucun procédé géodésique connu ne parviendrait à la déceler, et il ne faut pas oublier que l’observateur- terrestre, emporté avec le mobile, ne doit pas l’observer du tout.
- 13. — Le paradoxe des temps multiples .
- Le second paradoxe entraîné par les formules de Lorentz est celui de la multiplicité des temps.
- Pierre et Paul, emportés respectivement dans les systèmes galiléens différents S et S', observent l’Univers et repèrent, chacun dans son espace èt dans son temps, le même événement E. Un événement, par définition, est un phénomène qui affecte un point matériel à un instant déterminé : c’est un phénomène instantané et punctiforme, strictement localisé dans l’espace et dans le temps. Une étincelle électrique entre deux pointes rapprochées, un geste de Pierre, un battement de cœur de Paul sont des événements dans ce sens-là. Donc Pierre et Paul observent l’événement E et le repèrent. Sous une forme analogique mais très exacte, on peut dire qu’ils projettent tous deux cet événement dans leur espace et dans leur temps. Pierre le repère dans son système S a l’aide des trois coordonnées x, y, z, du point P de son espace où le phénomène a eu lieu, et d’une coordonnée de temps £ qui est l’heure que marquait sa montre à l’instant où, d’après son estimation, le phénomène a dû se produire. Cette 'dernière détermination comporte, avons-nous vu, une part de subjectivité d’autant plus grande que le phénomène est plus éloigné. — Paul, de son côté, repère le même événement dans son système S' avec trois coordonnées de lieu x', y', z! et une coordonnée de temps i'. Cette dernière est, pareillement, l’heure que marquait sa montre à l’instant où l’événement est arrivé à son avis.
- Supposons que Pierre classe dans son temps deux événements E et E' qui affectent des corps très éloignés l'un de Vautre, que Paul classe dans le sien des deux mèmès événements. Pierre et Paul mesurent chacun l’intervallé de lèur temps qui s’est écoulé entre les deux événements; ils trouvént des durées différentes. Il peut aussi arriver que les événements jugés simultanés par Pierre
- soient successifs pour Paul, ou bien encore que les deux observateurs rangent les deux événements dans un ordre inverse de succession. C’est en cela que consiste la midtiplicité des temps.
- Il est intéressant et instructif d’étudier, en particulier, les événements qui atteignent Paul lui-même et que nous appellerons les événements de la vie de Paul. Ce sont ses événements conscients, et, par conséquent, le temps t' que Paul leur assigne n’a rien d’artificiel ni d’empirique; c’est celui qui mesure sa propre durée psychologique.
- Pour préciser les formules, nous supposerons que Pierre et Paul ont eu un événement commun : ils se sont rencontrés à minuit, qui est l’heure 0 à leurs montres, et ils comptent leurs temps respectifs en secondes à partir de cet instant initial. Leurs montres marquent les heures de 0 à 24.
- Remarquons-le bien, les formules de Lorentz (*) n’établissent entre les temps t et t' aucune relation indépendante du lieu où se produit l’événement repéré par les deux observateurs. Mais un événement de la vie de Paul se localise avec Paul lui-même, et alors la formule devient toute simple : on a
- t = \t'.
- Dans cette formule, A est un coefficient qui dépend de la vitesse relative des deux systèmes. Il est toujours plus grand que 1 et augmente avec la vitesse relative. Son excès sur l’unité ne devient appréciable que pour des vitesses comparables celle de la lumière; mais, dans tous les cas, t est plus grand que t'. -
- Supposons que la montre de Paul marque midi : c’est un événement de la vie de Paul. Pierre, en projetant cet événement dans son temps t, estimera qu’il s’est produit plus tard, par exemple à midi et demi.
- Ainsi, Pierre dilate la durée consciente de Paul en la projetant dans la sienne, et cela en vertu de son principe de projection, ou de la règle qu’il suit pour fixer la simultanéité entre les événements qui
- 1. Voici la transformation de Lorentz :
- Soient x, y, z, t les coordonnées du système S de Pierre ; x', y', z',V cdlles du système S' de Paul. Les deux systèmes d’axes sont- en coïncidence à l’instant initial t = t' = 0 et Pierre et Paul sont alors à l’origine commune des deux systèmes. Le système S' a, par rapport à S, une vitesse v dans le sens des x. et x'. On désigne par w la vitesse de la lumière. La transformation est
- x' = A[x—vt) y' = y
- A=,,y-i_gy
- et, réciproquement,
- x = A(x' -\-vt), t — A ~ x’^j •
- S'il s’agit d’un événement de la vie de Paul, on a x' = 0 et la dernière formule donne t—At'.
- Pour vérifier la contraction longitudinale d’une règle entraînée dans le système S', où ses extrémités ont les abscisses fixes x\ et x'.j,, on tire de la première formule du système, pour t constant, , ^
- x'3 — x\ = A(x2 — Xy) ; [d’où . . x., — xl — X ~ 1 •
- Le coefficient de contraction est donc 1 : A.
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- arrivent à Paul et ceux qui lui arrivent à lui-même.
- C’est d’ailleurs absolument réciproque. Si Paul fixe à sa manière la simultanéité entre les actions de Pierre et les siennes, il dilate la durée consciente de Pierre exactement dans le même rapport.
- Ce que nous venons de constater dans la représentation que Pierre se fait de l’existence de Paul, nous le retrouvons dans la représentation que Pierre se fera de l’évolution d’un corps quelconque en mouvement dans l’univers.
- Chaque corps a son évolution et son temps propres. La durée de ce temps individuel est mesurée par un chronomètre vibrateur, lié au corps, et qui le suit dans tous ses mouvements. Si Pierre’, conformément à son principe, projette cette durée sur la sienne, il en fait une carte à une certaine échelle, une image qui en altère généralement les dimensions.
- Si le mouvement du corps n’est pas galiléen, les lois de cette altération relèvent de la relativité générale et la carte dressée par Pierre sera à échelle variable. Si le mouvement est galiléen mais différent de celui de Pierre, là carte est à échelle constante, A plus grand que 1 et l’image que Pierre se donne de la durée du corps est toujours plus grande que nature.
- Cette observation suffit à elle seule pour montrer qu’il est impossible de partager les durées des corps, ou encore les durées conscientes des divers observateurs (il n’y a aucune différence), entranches superposables limitées par des simultanéités absolues. La contradiction est irréductible (sans sortir de la relativité restreinte) dès qu’il y a trois systèmes différents (’). La multiplicité des temps est, par conséquent, inévitable.
- 14. — Le voyage en Boulet.
- La multiplicité des temps prend une forme particulièrement saisissante si l’on admet qu’un observateur puisse passer d’un système galiléen dans un autre. Cette hypothèse s’écarte très légèrement des conditions strictes de la Relativité restreinte ; mais cette objection ne peut infirmer les conclusions . logiques que l’on tire du fameux Voyage en Boulet,
- '1. Supposons trois voyageurs galiléens, Pierre, Paul et Jacques, situés sur une même droite indéfinie. Pierre est supposé immobile, mais Paul et Jacques voyagent avec des vitesses égales et de sens contraires, ce qui donne lieu à trois rencontres. Nous supposerons qu’elles se font dans l’ordre suivant : Paul rencontre Pierre, puis Jacques; enfin Jacques rencontre Pierre. On peut supposer que Paul compte 1 heure à sa montre entre ses rencontres avec Pierre et Jacques, que Jacques compte 1 heure à la sienne entre ses rencontres avec Paul et Pierre : alors, en vertu des formules de Lorenlz, ou de la dilatation des temps, Pierre compte nécessairement plus de 2 heures à sa montre entre ses rencontres avec Paul et Jacques. Il est donc impossible de partager la durée de Pierre en deux tranches superposables aux tranches déterminées par les rencontres dans les durées de Paul et de Jacques.
- Le problème du voyage en Boulet de M. Langevin consiste à substituer brusquement Paul à Jacques au moment de la rencontre des deux voyageurs.
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- imaginé par M. Langevin ; nous verrons pourquoi tout à l’heure.
- Voici les conditions du voyage :
- Un boulet lancé de la Terre par l’artilleur Pierre, aveç une vitesse inférieure d’un vingt-millième environ à celle de la lumière, emporte Paul, dont l’endurance est à toute épreuve. Le boulet rencontre une étoile, rebondit et ramène l’intrépide Paul à la Terre avec la même vitesse. Paul ayant vieilli dè deux ans, par exemple, quand il sortira du projectile, trouvera que Pierre est mort depuis plus d’un siècle et que c’est de deux cents ans qu’a vieilli notre globe.
- Peu importe, pour l’instant, la question de savoir si cette aventure est réalisable ou ne l’est pas. Oui ou non, la conclusion est-elle conforme aux principes de la Relativité restreinte?
- Or, il est manifeste que oui.
- C’est la nature et non l’homme qui impose à un système physique le privilège galiléen. Il existe dans l’univers un système galiléen fondamental ; le Solide stellaire. Il n’y a pas d’autres systèmes galiléens que ceux qui sont en translation uniforme par rapport à celui-là. Nous n’y pouvons rien changer.
- La Terre, qui se déplace fort paresseusement dans le Solide stellaire, est l’origine d’un système d’axes très sensiblement galiléen pendant toute la durée du voyage. Il n’en est pas de même du projectile. Il passe par trois crises ou phases non gali-léennes : projection au départ, rebondissement sur l’étoile, arrêt final sur la Terre. Mais il est galiléen pendant le trajet de la Terre à l’étoile; il le rede7 vient pendant le trajet du retour, et ces deux systèmes galiléens-sont différents.
- Les trois crises sont momentanées et, en tout cas, leur durée est indépendante de celle du trajet. On peut supposer l’étoile assez loin pour que l’influence de la durée des crises soit négligeable devant celle du trajet : on peut donc éliminer les crises du raisonnement sur les durées.
- Pendant le voyage aller, Paul est un observateur galiléen. Au témoignage de sa montre, il met exactement un an pour atteindre l’étoile, mais l’observateur sublunaire, qui repère cette traversée dans son temps terrestre, estimera qu’il en faut A fois, c’est-à-dire, ici, cent fois davantage. De même, le retour dure un an à la montre de Paul, mais cënt au jugement des Terriens qui repèrent ce retour.
- L’arrivée de Paul est, comme son départ, un événement commun au projectile et à la Terre.
- Quand Paul remet le pied sur la Terre, elle a décrit, depuis le départ, deux cents fois sa révolution autour du Soleil, tandis que Paul, toujours jeune, n’a vieilli que de deux ans : sa montre, à supposer qu’elle marque les dates, en fera foi.
- Il n’y a pas de réciprocité : elle serait évidemment contradictoire. La Terre est restée attachée au même système galiléen ; lé Solide stellaire ; ses habitants n’ont jamais eu à changer leur méthode de repérage du projectile. Le projectile, au contraire»
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- est .passé d’un système galiléen dans un autre, et le choc a complètement brouillé les moyens de repérage de Paul, qui, dès lors, s’est trouvé désorienté. Il est, en effet, passé d’un système où la durée du retour sera évaluée à 19 999 ans, dans un autre où*, la durée du voyage aller est déjà évaluée au même nombre (*).
- D’ailleurs le résultat n’a rien d’étonnant et l’on peut discerner où gît la clef du mystère.
- Pierre et Paul ont emprunté tous deux leurs procédés de mesures à la radiation lumineuse : leur étalon de longueur est la longueur d'onde ; leur étalon de temps, c’est la période. Tel est le principe de la Relativité (1 2). Pierre et Paul, s’ils se retrouvent jamais, ont fait sur la lumière des expériences différentes.
- Les physiciens ne reprocheront sans doute pas à Pierre et à Paul d’adopter des unités qu’ils ont eux-mêmes préconisées depuis longtemps. Si, par hasard, ils étaient relativistes sans le savoir, ils ne s’en prendront qu’à eux-mêmes. Mais ce qui est plus surprenant et digne de réflexion, c’est que les solides aussi bien que les corps vibrants se plient ainsi, si l’on peut dire, au caprice de la vibration lumineuse et en épousent automatiquement les dimensions dans l’espace et dans le temps. On admet même, dans le précédent épisode, que le cœur humain, considéré comme le balancier de la vie, règle ses battements sur la même norme que
- 1. Supposons que l’étoile et la Terre soient fixées au Solide stellaire. Par suite de la contraction longitudinale, la distance entre ces deux corps est cent fois plus petite pour l’observateur. entraîné, dans le projectile que pour l’observateur terrestre. Par contre, la vitesse relative des observateurs est la même pour les deux observateurs. On retrouve par cette voie la même conclusion : la durée du voyage est cent fois plus courte pour l’un que pour l’autre.
- 2. L'invariance de ces étalons est liée aux équations .de Maxwell. L’argument le plus fort en faveur de la Relativité restreinte est que la transformation de Lorentz laisse invariantes les équations de l’électromagnétisme dites de Maxwell. C’est ainsi que la Relativité étend au domaine électromagnétique le privilège des systèmes galilécns. Or, l’onde lumineuse correspond à une solution à période constante des équations de Maxwell, donc invariante pour les divers observateurs; d’autre part, ceux-ci prennent tous comme étalon de longueur la vitesse de la lumière ; donc la longueur d’onde (qui est le produit de cette vitesse par la. période) est invariante aussi. (Pour ces questions, voir Galbrdn, Introduction à la théorie de la Relativité. Paris, Gauthier-Yillars, 1923.)
- les autres vibrateurs et que le flux de la vie consciente s’écoule, comme celui du temps, au rythme imposé par la vibration lumineuse.
- En définitive, que faut-il penser des conséquences imprévues du voyage fantastique de Paul ?
- Sans doute, que c’est une exagération outrancière de résultats d’expériences encore bien fragiles, et que les physiciens, qui se sont évidemment fait un malin plaisir d’y insister, avaient le secret dessein de remplir d’admiration les néophytes et d’exaspérer le dogmatisme métaphysique.
- Il n’en demeure pas moins certain que si Paul, enlevé à travers le ciel dans le char de quelque fée très puissante, avait mesuré le temps avec un chronomètre compteur de vibrations lumineuses, il aurait trouvé pour son voyage une durée bien plus courte que celle mesurée par un camarade qui . l’aurait patiemment attendu sur Terre. Si quelqu’un, après cela, est bien convaincu que la vie consciente se mesure à la même aune, il en tirera, sans doute, la conclusion qui s’impose ; mais il se ferait infailliblement passer pour un fou s’il prétendait imiter l’exemple de Paul et revenir, rajeuni, ne fût-cê. que de la lune (*).
- (A suivre.) Ch. de la Vallée-Poussum.
- 1. Dans un ouvrage récent : Durée et Simultanéité (Paris, Alcan), M. Bergson a contesté la multiplicité des temps et les conséquences logiques du voyage en Boulet. Mais l’illustre académicien commet plusieurs erreurs de principe dans l’interprétation de la Relativité restreinte. D’abord, en l’appelant Relativité complète (chap. II), il la confond avec la Relativité générale, et c’est sur cètte Relativité contradictoire qu’il raisonne tout au long du livre. Il oublie que la Relativité restreinte ne s’applique qu’à des systèmes privilégiés, dits galiléens, qui sont donnés par la Nature et non par le bon plaisir de l’observateur.
- Ensuite (le voyage en Boulet, pp. 102 à 109), il méconnaît tout autant la signification physique des temps t et V que Pierre et Paul, entraînés dans deux systèmes S> et S', attribuent au même événement ; et il ne paraît pas savoir que ces temps t et t’ sont lus respectivement par Pierre et Paul à leur montre personnelle. Se plaçant au point de vue de Pierre référant, il considère le temps raccourci t' que Paul lit à sa montre conme le temps de Paul référé, tandis que c’est le temps même de Paul référant (celui que M. Bergson appelle vécu et conscient). S’il y a un temps fictif, c’est le temps allongé que Pierre attribue à Paul, et c’est son propre temps t à lui, Pierre, observateur référant. C’est exactement le contraire de ce que dit M. Bergson. Malgré toute l’admiration que nous inspire le grand talent de M. Bergson et le respect que nous professons pour son autorité incontestée, il nous est impossible d’accepter quoi que ce I soit de ses thèses sur la Relativité.
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- , Fours modernes Bréchot et Sépia
- La collecte et le transport des ordures ménagères étant résolus^), reste cetfe question encore (plus délicate qui retient depuis quelques années l’attention des hygiénistes, des architectes;voyérs et des
- 1. La Nature, n° 9 août 1924 : Là salubrité des villes dey moyenne importance, par M. Bousquet. 'if
- municipalités vraiment soucieuses de l’état sanitaire général de leurs concitoyens : la destination.finale de tous’ces déchets solides.
- La mise en dépôt pure et simple devrait être l’exceptibn parce qu’en plus de la valeur desj terrains plus ou moins grands immobilisés ainsi sans
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- profit pour l’agriculture ou pour l’industrie, un dépôt de gadoues, alors même qu’il est éloigné des habitations, constitue un danger d’épidémies.
- Les ordures ménagères sont, en effet, des matières fort encombrantes. En tablant seulement sur une production journalière par fête d’habitant de O.kg 500, cela représente pour une petite ville de 10 000 habitants, le chargement de 4 à 5 tombereaux à 1 cheval ; pour une ville de moyenne importance, 40 000 habitants par exemple, le chargement de 5 à 6 grands camions automobiles de 5 mètres cubes, et si pour une grande ville de 150 000 à à 160000 habitants, il fallait à la fin de la semaine évacuer les résidus ménagers, les 2/5 d’un train de marchandises normal seraient nécessaires.
- Elles sont éminemment dangereuses si l’on considère leur composition chimique qui les condamne dans notre climat tempéré à une rapide fermentation putride s’accompagnant d’odeurs des plus désagréables , souvent susceptibles d’incommoder des habitants dans un périmètre étendu. Par sa commodité de nourriture et de logement, un dépôt ne peut aussi que faciliter la pullulation des rats, véhicules naturels des puces porteuses de la peste (la descendance d’une rate au bout de l’année est évaluée à plus de 800 sujets) ; les mouches communes et les mouches bleues se développent dans un pareil milieu.avec une rapidité fantastique (on estime à 70 kg le poids de toutes les mouches que peut engendrer une seule mouche en l’espace d’une semaine).
- Les vents eux-mêmes en transportant au loin les poussières microbicides qu’ils ont soulevées du dépôt sont de ce fait une cause de souillure des cultures maraîchères environnantes ou des objets usuels placés à l’extérieur ou à l’intérieur des habitations.
- Enfin les eaux de pluie en délavant les ordures peuvent parfaitement contaminer la nappe d’eau ou une source située à proximité.
- De nombreuses observations faites aussi bien en France qu’à l’étranger montrent que l’accumulation des ordures ménagères sans traitement peut causer
- Fig. 2. — Groupe de deux foyers Bréchot à Vusine de Courbevoie : opération du décrassage.
- Fig. t. — Coupe schématique du four Bréchot.
- A, chargeur pour J’ad-mission des ordures. C, sole de séchage. F, foyer rotatif amovible. M, manivelle commandant la rotation du foyer. T, t, tourillons. H, plan de chute dés mâchefers. P, porte d’ob-turkteur du plan de chute. D, carneau et chambre de combustion. O, vidange des cendres folles
- des épidémies de typhoïde, de peste et de typhus exanthématique.
- On prétend justifier ces dépôts par le besoin de fournir à l’agriculture un engrais à bon marché. Gela pouvait s’admettre jadis, mais plus maintenant. La gadoue brute ou verte est, en effet, un engrais pauvre dont la teneur en azote inférieure à 2 pour 100 ne peut véritablement lutter avec succès contre les engrais fournis par l’industrie chimique (titrant pour le même poids 20 pour 100 d’azote) et surtout depuis la rentrée des potasses de Stassfurt avec l’Alsace et le rendement de jour en jour meilleur des phosphates de l’Afrique du Nord. De plus cette gadoue renferme une quantité d’objets hétéroclites (débris de verre, poteries, boîtes métalliques, etc.) qui n’ont d’autre résultat que de souiller la terre et de blesser, parfois gravement, gens et animaux.
- Sans doute, divers essais ont été tentés en vue d’améliorer cet engrais, par exemple, en opérant, au dépôt, un triage des matières inertes et inutiles et en broyant,'puis en tamisant le produit obtenu qui prend, à la suite de ces opérations, le nom de « poudro vert ». Si le nouvel engrais est plus marchand, du moins sa valeur ne répond pas à la dépense faite pour l’obtenir, attendu qu’il est à peine plus riche en azote que le précédent.
- On a même songé à pousser plus loin la transformation du poudro en le rendant, par séchage, plus infermentescible et plus maniable. Les résultats économiques ont été désastreux en raison des frais d’installation et de personnel et aussi de la faible valeur-engrais du produit. C’est qu’on oubliait notamment que les ordures ménagères, étant d’une i composition très variable plus ou moins riche en engrais selon les saisons, forcément le produit brut ou amélioré ne peut avoir qu’une efficacité très iné gale.
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- Au surplus, les besoins de l’agriculture étant intermittents, il s’ensuit que la vente des gadoues reste un débouché saisonnier, ne pouvant dès lors convenir à l’absorption journalière constante, des ordures.pendant toute l’année.
- Comme on le voit, l’utilisation des ordures ménagères comme engrais n’apporte pas plus une solution réelle, efficace, au problème de leur destruction rapide demandée par les hygiénistes, qu’il ne satisfait aux exigences de nos agriculteurs. C’est pourquoi on est amené de plus en plus à envisager une solution plus radicale et plus sûre, à savoir la destruction par le feu V les gadoues sont, en effet, combustibles. Cette combustion peut s’opérer soit par passage au gazogène, soit par incinération directe.
- La gazéification de la gadoue, c’est-à-dire sa combustion incomplète en vue d’obtenir un gaz riche en oxyde de carbone est abandonnée depuis l’expérience faite près de Paris en 1910.
- C’est qu’en effet le gazogène est plutôt un instrument compliqué, par conséquent délicat, qui exige un combustible sensiblement constant au point de vue de sa composition chimique.
- Or tel n’est pas le cas des ordures ménagères.
- De plus le volume,-des mâchefers, hétérogènes ou agglomérés; provoque, pour le décrassage de l’appareil, des difficultés assez considérables. Enfin , le gaz obtenu non seulement est très pauvre, mais encore chargé de poussières, ce qui encrasse fortement les moteurs dans lesquels on tente de l’utiliser.
- L’incinération industrielle, cela va sans dire, consiste à détruire complètement, économiquement et hygiéniquement les ordures ménagères, malgré leur composition variable, sans adjonction de combustibles étrangers. On comprend que ces conditions ne peuvent être réalisées qu’au moyen d’un matériel approprié. L’Angleterre est le premier pays qui, dès 1870, ait installé des fours d’incinération de gadoues; en France, les premiers essais furent postérieurs dé dix ans.
- Les premiers résultats obtenus ne furent pas des plus satisfaisants, les fours marchant alors sans tirage forcé. C’est seulement du jour où i’on a eu l’idée d’insuffler de l’air sous pression que l’on a pu, grâce à la haute température, non seulement brûler
- des quantités importantes d’ordures, mais encore réduire en partie les fumées. Au cours de ces dernières années, des mises au point ont été faites pour obtenir le décrassage mécanique des foyers, c’est-à-dire la suppression d’un travail auparavant pénible et dangereux pour l’ouvrier qui l’exécutait.
- Il n’entre pas dans notre intention d’examiner les fours utilisés en France et à l’étranger, d’abord parce que la plupart comme les Horsfall, Fryer, Ilcenan and Froude, Herbetz, Sterling, Dor, etc., déjà anciens, ont été en leur temps décrits dans cette revue, mais seulement deux types plus récents et d’origine française : le four Bréchot et le four Sépia.
- Le four Bréchot dû à l’invention du Dr A. Bréchot, l’hygiéniste bien connu, comporte deux dispositifs essentiels : une sole de séchage et de distillation et un foyer rotatif amovible. Le foyer monté sur deux tourillons est isolé dans une cellule de maçonnerie avec laquelle il n’a aucun point de contact. Ce foyer, étant mobile, se vide donc par simple renversement ; à cet effet, il porte à l’avant et à l’arrière un tourillon reposant sur deux galets lesquels sont monté'ssur un chariot mis sur rails, ce qui permet, au cas très rare de réparation, de le retirer et de le remplacer par un autre en l’espace d’une demi-heure, sans qu’il soit nécessaire de laisser refroidir^le four, chose importante.
- Le foyer F (fig. 1), qui constitue une véritable forge à grande puissance, se compose de deux parties : 1° l’une, intérieure, est une cuvette en forme de pyramide tronquée, dont la base inférieure (la plus petite), est constituée par des plaques perforées formant grille ; 2° l’autre extérieure, en fonte, forme caisse à air autour de la cuvette ; elle est fermée à sa partie inférieure par une boîte en tôle d’acier étanche.
- Les deux extrémités de la caisse à air portent chacune un tourillon reposant sur deux galets;; l’un de ces deux tourillons t, porte une roue dentée; en prise avec une vis sans fin, qu’actionne une ma-, nivelle (dans les installations importantes, la commande de la rotation est mécanique). L’autre tourillon T est creux, pour livrer passage à l’air comprimé envoyé par un ventilateur ; cet air, avant
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- d arriver sous la grille, s echaulïe dans la caisse a air en léchant les parois extérieures de la cuvette qu’il refroidit assez pour que le mâchefer en fusion à l’intérieur de cette cuvette se fige à leur contact et n’y adhère jamais.
- La circulation de l’air autour de la cuvétte constitue un puissant système de réchauffage qui permet à cet air d’atteindre une température d’environ 300°.
- La tôle C où se font le séchage et la distillation des ordures forme, au-dessus du foyer, une voûte obligeant les flammes à se diviser en deux courants: le premier passant au-dessus de la sole où il lèche,
- Fig. 4. — Élévation et coupe
- aussitôt sur la sole par des ordures vertes admises au moyen du chargeur A. Dans le foyer, les ordures brûlent avec une grande intensité qui assure leur combustion totale, la température à la hauteur de la tôle est de 1200° minimum et peut dépasser 1500° avec les gadoues d’hiver, attendu que celles-ci sont plus riches en produits carbonés que celles d’été.
- Après une heure et demie environna cuvette étant aux 3/4 pleine de mâchefer entièrement calciné, le chauffeurfait’basculer le foyer; la masse de mâchefer tombe dans une chambre H, dont le fond forme
- cPovssi
- a OflOURfi»
- groupe de six cellules Sépia.
- sèche et commence à brûler les ordures qui y séjournent tandis que le second passe en dessous de la sole. Les deux courants de gaz se réunissent dans la chambre de combustion D et y subissent un brassage qui assure la combustion complète ; les gaz résultants sont ensuite évacués à la cheminée, soit directement, soit après avoir été utilisés.
- La façade des fours est constituée par des plaques en fonte. La partie inférieure de la façade fait corps avec le chariot mobile qui porte le foyer. Dans la partie supérieure, doublée de briques réfractaires, sont ménagées deux portes de petites dimensions servant, l’une au passage du crochet dont se sert le chauffeur pour faire tomber les ordures de la sole dans le foyer, l’autre à l’étalage même des ordures et à la surveillance du feu.
- La manœuvre du four est rapide et simple. Quatre à cinq fois (en moyenne), le chauffeur fait tomber de la sole dans le foyer les ordures desséchées et déjà en combustion; elles sont remplacées
- plan de chute et qui est fermée par une porte P empêchant toute rentrée d’air froid dans le four. Cette porte s’oüvre automatiquement au moment de la chute des mâchefers qui sont* recueillis, selon l’importance de l’installation, soit par un wagonnet, soit par un transporteur à marche continue qui les entraîne hors de l’usine sans l’intervention d’un ouvrier.
- Le décrassage opéré, le chauffeur termine la rotation de la corbeille pour redonner au foyer sa station normale; aussitôt, il fait tomber de la sole dans ladite corbeille un premier chargement d’ordures qui 'flambent en quelques minutes. De ce mode de décrassage et de son extrême rapidité, on tire des avantages énormes, pour le rendement du foyer ; en effet, la maçonnerie ne peut être refroidie par l’admission de l’air extérieur puisque le décrassage est pratiqué en vase clos ; la continuité de la ! marche du foyer est pratiquement assurée; enfin,
- grâce au décrassage en vase clos, les ouvriers tra-
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- vaillent dans les meilleures conditions hygiéniques.
- Chaque foyer Bréchot ayant environ 1 m2 26 de surface de grille, brûle en moyenne à l’heure en marche régulière 1 tonne 250 d’ordures. L’encombrement total d’un foyer avec sa maçonnerie est de 5 m2 50 environ (2 m. 50 de façade). Un seul chauffeur assure aisément la conduite de deux foyers qui suffisent à incinérer ensemble en moyenne 20 tonnes d’ordures en 8 heures.
- Des fours Bréchot sont installés à l’usine de la ville de Courbevoie, à Courbevoie (fig. 3) et dans celle de la ville de Paris, à Romainville. A Courbevoie, où le tonnage journalier maximum à détruire n’est que d’une trentaine de tonnes, il n’y a pas de récupération de chaleur pour la production de la vapeur ; l’installation ne comporte d’ailleurs que deux foyers d’une capacité d’incinération de 60 à 70 tonnes par 24 heures. A Romainville, où 4 foyers Bréchot ont été installés en remplacement d’appareils à sole rotative qui n’avaient pas donné satisfaction, les gaz chauds passent dans, des chaudières Niclausse et la vapeur est utilisée pour la production d’énergie électrique. La capacité d’incinération moyenne du groupe de Romainville est de 120 à 140 tonnes d’ordures par 24 heures. -
- Les résultats donnés par l’une et l’autre des usines sont satisfaisants puisque la ville de Paris, après avoir exploité directement pendant plus de 20 mois les fours de Romainville, a approuvé l’an dernier la commande de 22 foyers Bréchot pour ses usines d’Ivry et de Romainville, maintenant exploitées en. régie intéressée par la « Société de Traitement Industriel des résidus urbains »,
- Le four Sépia (fig. 4) qui réalise lui aussi de notables améliorations est un four à cellules, chacune d’elles juxtaposée et indépendante au point de vue de l’alimentation puisqu’il y a une trémie par cellule; en dessous, se trouve une vis d’Archimède animée d’un mouvement continu de rotation poussant ainsi les ordures vers le foyer. L’alimentation réalisée de ce fait est progressive et continue. On évite ainsi de ralentir le feu par une charge excessive, d’où régularité dans la combustion.
- Les gadoues ne tombent pas directement sur la grille, mais sur une sole en plan incliné, formant voûte de four et sur laquelle une dessiccation complète est obtenue. Ici aussi, afin d’éviter l’adhérence du mâchefer au moment de sa vitrification, les parois latérales de la cellule sont constituées par des caissons à l’intérieur desquels l’air de combustion circule; il se réchauffe en empruntant les calories nécessaires au métal qui se refroidit et par un effet analogue à celui de la caléfaction, lè collage avec le mâchefer se trouve ainsi évité.
- La grille est également mobile, son mouvement s’effectue par une translation, par exemple, vers l’avant; à cet effet, elle porte deux chemins de roulement reposant sur des galets. A sa position normale, elle est verrouillée. Un chariot formant
- berceau et prolongeant par les galets le chemin de roulement de la grille est placé devant la cellule. Grâce à la commande électrique qu’il comporte, un écrou mobile s’accroche à la grille et exerce sur elle une traction ; la grille glisse alors vers l’avant et vient • reposer sur le chariot. La manœuvre inverse la replace aussi rapidement à sa position normale.
- Cette manœuvre de la grille dont nous verrons plus loin l’utilité pour le défournement a, entre autres avantages, ceux-ci : suppression de l’ouverture de la porte; faculté d’inspection et de nettoyage périodiques de la grille; absence de tout organe mécanique en contact avec le feu ; facilité de remplacement de la grille.
- Ajoutons que les caissons latéraux et le caisson du fond participent de cette grande amovibilité. Comme ils ne sont pas liés avec la maçonnerie sur laquelle ils reposent, il suffit, après avoir déboulonné leurs liaisons aux ancrages, et grâbe à un dispositif approprié que l’on substitue à la grille, d’ouvrir la porte toute grande et de faire fonctionner la commande dü chariot de défournement pour sortir, d’un seul coup, les caissons latéraux et le caisson du fond. Leur remise en place s’opérant par la manœuvre inverse aussi facilement, on peut donc l’exécuter sans gêner la marche des autres cellules.
- Quant aux gaz dégagés par la combustion, ils achèvent de brûler dans une chambre d’expansion où ils abandonnent la majeure partie de leurs poussières. Une évacuation de ces poussières par double clapet et joint hydraulique évite tout contact de celles-ci avec les ouvriers.
- L’évacuation du mâchefer peut s’opérer par deux dispositifs que l’on peut employer indifféremment. Dans le premier dit par escamotage, on amène le chariot de défournement devant la porte et on fait avancer la grille sur les galets du’ chariot. Au cours de cette translation, le gâteau de mâchefer, qui n’est plus retenu, bascule dans un canal incliné et glisse au fond d’une fosse remplie d’eau où il se fragmente. Un élévateur le reprend pour l’évacuer. Dans le second dispositif dit par défournement, la manœuvre du chariot est la même, mais la grille ayant été au préalable munie d’un carter en tôle qui maintient le mâchefer, celle-ci fonctionne comme pelle de défournement et amène le gâteau sur le chariot, ce dernier est roulé jusque devant la porte d’extinction où. se renouvelle la manœuvre, mais en sens inverse, et le mâchefer est de nouveau précipité dans la fosse, éteint et fragmenté.
- Dans les nouvelles installations, ces défourne-ments par l’avant sont remplacés par l’évacuation avec escamotage, la grille étant dirigée vers l’arrière du four. Ce nouveau dispositif, en application notamment à l’usine de Nice, est à commande hydraulique par piston à double effet dans un cylindre. Ce piston, fixé à (la partie arrière delà grille, entraîne celle-ci pour décrasser et la ramène
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- dans la position normale par simple jeu de la pression. La commande de l’appareil est des plus faciles. Un distributeur à deux directions, commandé par un levier et fixé au-dessus de la porte de chaque cellule, permet, par une manœuvre rapide, les divers déplacements de la grille, sans aucune fatigue pour le chauffeur et sans que celui-ci soit à aucun moment incommodé par le mâchefer incandescent, ce dernier étant éteint directement dans la fosse pleine d’eau et en vase clos.
- Remarquons que ce détournement se prête bien à des manœuvres fréquentes et partielles permettant de conserver sur la grille une partie du gâteau qui servira à l’allumage des ordures du nouveau chargement, sans étouffer le feu, par suite sans fumée et sans chute de pression sensible, 2 ou 300 gr. au plus, ce qui rend possible l’utilisation de chaudières ne possédant pas un volant d’eau énorme, tout en conservant le bénéfice d’une vaporisation sensiblement constante, conséquence d’une combustion uniforme et sans à-coups.
- La figure 4 représente le schéma d’une installation à 6 cellules pour une grande ville. On comprend que le nombre des cellules amovibles est subordonné à la quantité d’ordures à incinérer, ce qui permet d’augmenter par la suite le rendement de l’usine, au fur et à mesure de l’accroissement de la population, sans.être astreint à modifier considérablement l’installation primitive.
- Les villes de Rochefort-sur-Mer, Tours, Nice, Le
- Fig. 6. — Deux foyers de fours Sépia à l’usine de Paris-Plage.
- Fig. 5. — L’usine d’incinération de Paris-Plage, équipée avec des fours Sépia.
- Touquet-Paris-Plage, etc., ont ou doivent avoir leurs usines d’incinération équipées avec des fours de ce système. Nous donnons figures 5 et 6 des vues de'la petite usine de Paris-Plage, couvrant une superficie de 145 m2 et brûlant par heure dans ses deux foyers marclïant ensemble deux tonnes d’ordures ménagères. Dans cette plage du Nord, très fréquentée, la quantité d’ordures ne dépasse pas, pour l’instant, 15 à 20 tonnes par jour. L’énergie produite par la combustion de ces ordures est utilisée à actionner les divers appareils électriques, de l’usine et à alimenter les 50000' bougies qui éclairent la plage; il reste même un excédent d’énergie dont la municipalité n’a pas l’emploi et qui peut être évalué à 25 kw.
- La description de ces deux types de fours, — les derniers venus dans la technique — montre bien que l’incinération industrielle est au point, mais quel est son caractère économique? La récupération de deux sous-produits marchands : énergie et mâchefer, va nous permettre d’examiner le côté de ce problème qui fait hésiter pas mal de municipalités, parce qu elles craignent que l’exploitation d’une semblable usine ne soit un gouffre pour leur bud-get.
- Les gaz dégagés dans la combustion à haute température des ordures ménagères s’évacuent vers la cheminée à 1100° environ ; si donc on a soin de placer le faisceau tubulaire d’une chaudière appropriée sur le circuit de ces gaz, on constate que les calories récupérées dans cette utilisation permettent
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- une production de vapeur qui est en moyenne de 0 kg 600 à 1 kg 200 par J kg d’ordures incinérées. Si maintenant on Iransïorme celte vapeur en énergie électrique au moyen d’une dynamo ou d’un alternateur entraîné par la machine à vapeur, l’expérience montre que l’on obtient 1 kw-h par 10 kg de vapeur consommés, soit moyennement 90 kw-h pour une tonne de gadoue incinérée.
- Dans ces conditions, on peut aisément se rendre compte, de quelle puissance disponible considérable une installation suffisamment importante peut disposer pour les besoins d’une industrie, ou transformer en énergie électrique. On peut avoir ainsi une centrale électrique parfaitement capable d’assurer un service public ou d’alimenter une industrie annexe municipale ou privée. *
- Si l’installation est des plus modestes, on peut se contenter de n’employer Ja vapeur ou l’eau chaude que pour des usages immédiats : lavoir, bains-douches, pompage des eaux dans un réservoir d’alimentation, échaudoir de salle d’abatage, etc.
- L’autre sous-produit est le mâchefer provenant du décrassage ; fragmenté et concassé, il donne un produit qui a son emploi, soit tel quel comme ballast, cailloutis de jardin ou pouvant entrer dans la
- composition des bétons au lieu et place de gravillon, soit pour la fabrication de briques ou de blocs silico-calcaires, d’agglomérés ordinaires, etc. Pour préciser l’importance de ce sous-produit, notons que les ordures ménagères donnent selon leur composition de 25 à.30 peur 100 de mâchefer.
- On a depuis quelque temps envisagé l’utilisation du mâchefer pulvérisé et tamisé comme engrais. On trouve en effet, dans le produit obtenu apres tamisage, de notables quantités d’oxydes métalliques acides ou basiques. Les scories ainsi pulvérisées peuvent sans adjonction d’autres matières inertes et après de légères rectifications dans leur teneur chimique, être employées comme engrais.
- Ceci montre qu’au point de vue financier, l’incinération peut être envisagée et résolue par les municipalités sans préjudice pour l’équilibre de leur budget, d’autant encore que l’usine pouvant sans inconvénient pour l’hygiène publique être placée aux portes de la ville (exemple : l’usine de Monaco installée à proximité du Palais du Prince et de l’Hôtel-Dieu), l’économie ainsi réalisée sur les frais de transport est de nature parfois à couvrir les frais d’amortissement de l’installation.
- M. Bousquet.
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- Séances d’octobre 1924.
- Les expériences de ta Courtine. — M. Yillars reconnaît que, malgré les enregistrements intéressants faits par MM. Deslandres et Dufour, elles n’ont pas donné tous les enseignements qu’on en attendait. Il indique que pour des essais du même ordre, il conviendra d’observer surtout les ondes de basse fréquence et de rechercher si, pour ces sons ultra-graves, il existe des zones de silence.
- Une nouvelle utilisation du combinateur grapho-mécanique. — M. Charles Lafon indique quelques problèmes simples dont l’appareil qu’il a soumis à l’Académie fournit instantanément le résultat, notamment la mesure de la résistance d’un fil, d’une bobine ou d’un galvanomètre.
- Une réadioti colorée de l’acide glyoxylique. — La note de MM. Fosse et Hieulle indique que le réactif de Schryver ne suffitpasà caractériser l’aldéhyde formique, comme on le croyait jusqu’ici. Il donne, en effet, une coloration rouge fuchsine, en présence d’un millième de milligramme d’acide glyoxylique, à la dilution du millionième.
- Le dosage de l’oxyde de carbone dans les gaz industriels. — M. de la Condamine a fait une étude parallèle à celle de M. Damiens sur l’absorption de ce gaz par le chlorure cuivreux. Il indique qu’il est loin de présenter les mêmes avantages que le sulfate cuivreux, obtenu par la solution de 5 parties d’oxyde dans 100 parties d’acide sulfu-
- rique, et d’un emploi commode dans un appareil, bien! qu’il exige une vingtaine de contacts ou barbotages.
- Un nouveau minerai radioactif. —1 Dans les poches* de la torbernite compacte de Chinkolobwe, au Congo! belge, M. Alfred Schoep signale la présence de cristaux enchevêtrés, jaune d’ocre et faciles à isoler. L’analyse1 conduit à la formule 2PbO, 3U03, P30s, 5IPO et pour ce nouveau corps radioactif qui se rapproche beaucoup de la dewindtite, M. Schoep propose le nom de dumon-tite, en l’honneur du géologue belge Dumont.
- Les grands bassins artésiens des Etats-Unis.1'— La: très intéressante note de M. Ed. Imbeaux * fournit un excellent résumé des travaux de O. Meinzer qui a extrait; une vue d’ensemble des nombreux mémoires sortis dui Geological Survey U. S. et donne les détails les plus! précis sur la situation des eaux souterraines aux'Etats-Unis, leur abondance, leur pression et leur qualité. ' \j
- Les rayons a du polonium. — La méthode signalée! déjà par Mlle I. Curie, pour étudier la distribution de longueur dans l’air, a indiqué un résultat très différent de; celui auquel aboutit la méthode de scintillations qui semble peu propre à détecter la majorité des rayons, vers la fin! de leur parcours. Une nouvelle série de mesures, conduite en collaboration avec M. Noruo Yamada, a fait intervenir non plus l’air, mais l’oxygène et l’azote ; elle indique que la différence de forme, entre les courbes de Bragg, dans chacun de ces gaz, doit s’attribuer à la’ loi de variation de l’ionisation le long d’un rayon «.
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- Les combinaisons silicatées du cadmium. — Par chauffage prolongé d’un mélange de silice et d’oxyde de cadmium en présence de fluorure, puis de chlorure de potassium, M. A. Duboin obtient une série de composés nouveaux auxquels il attribue respectivement les formules : K*0, CdO, SiO3 — 2CdO, SiO2 — 3CdO, SiO2.
- Les principes immédiats des feuilles et de l’épiderme des fruits de pommier. — Des feuilles fraîches, M. G. Rivière et G. Pichard ont extrait de la phlorizine (1 pour 100), de la phloréline, des matières grasses (2,5 pour 100) et un produit oxydable non identifié jusqu’ici. Dans l’épiderme des pommes, après dessiccation dans un courant de gaz CO2 sec et épuisement au tétrachlorure CCl4,jils signalent la présence du triacontane, de l’heplacontané, enfin d’un corps fondant à 285° que Sando avait désigné sous le nom de malol, et qui serait un acide que les auteurs de la note en question appellera acide maloloïque.
- L’appareil réticulaire interne de Golgi. Pour MM. Parat et J. Painlevé, il est dû à un précipité d’argent ou d’osmium métallique à l’intérieur, à la périphérie ou dans les intervalles des vacuoles protoplasmiques, et les deux seules entités morphologiques de toute cellule végétale ou animale sont le vacuome et le chondriome.
- La radioactivité et son influence sur le développe -ment des bactéries ou des plantes. — Après avoir indiqué que la conductibilité électrique de l’atmosphère, dans les mines de potasse, est aussi haule que celle des gaz qui s’échappent du Vésuve."M. J. Sloklasa et Jos. JPenkava notent que la décomposition du bicarbonate' C03KH, en acide II. GO OH, oxygène et sel neutre C05lv2, sous l’action de la lumière et de la radioactivité, ainsi que la transformation de l’acide formiWe : II. GOOII =. O + II. C110 est le procédé fondamentaV-de la photosynthèse chlorophyllienne de l’acide carbonique — synthèse due surtout à la présence des rayons (3 et y. Pauo B.
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- En 1866, un jeune bordelais de 22 ans prenait, pour la première fois, contact avec les grandes Pyrénées : ce que tut cette révélation, cette sensa-j. tion d’un monde inconnu, splendide, lui-même l’a conté cinquante ans plus tard. Mais d’abord il eut à subir la torture de la vocation contrariée, des aspirations réfrénées par les nécessités professionnelles d’un labeur commercial imposé, qui faisait bien; rares les journées de pures joies et de travaux passionnants aux sommets des monts superbes.
- C’était l’époque où, plus heureux, plus fortunés, les Anglais Packe et le comte Russell étaient « pionniers des cimes, glaciers et vallées » de la chaîne franco-espagnole.
- Mais si les congés étaient courts, les délices n’en étaient que plus vives, et certaine besogne entreprise ne s’en effectuait qu’avec plus de fougue et d’enthousiasme.
- Huit ans plus tard, elle se révélait à son tour, inattendue surprise pour les géographes : le premier Annuaire du Club alpin français (1874), publiait une belle Carte du Mont Perdu et de la région calcaire des Pyrénées centrales au 40 000e,: par Franz Schrader. Ainsi l’on apprenait à la fois deux choses : d’abord la beauté et l’intérêt du revers espagnol de Gavarnie, ensuite la survenance d’un topographe, savant et artiste de premier rang. Les huit années écoulées avaient employé leurs moindres heures de liberté (avec l’ami Lourde-Rocheblave) à lever, dresser, dessiner, graver cette célèbre feuille, de Gèdres aux cirques de Bielsa et de Cotatuero. Du premier coup, son auteur se montrait un maître, apparenté du reste à la grande famille des Reclus. A 80 ans d’intervalle, il reprenait et développait l’œuvre, de Ramond de Carbonnières, l’illustre découvreur et vainqueur du Mont Perdu. Cette maîtrise devait s’exercer pendant un demi-siècle. A travers les trente beaux annuaires du Club Alpin
- (4874-1905) et la revue La Montagne, qui lui fait suite, Schrader a poursuivi inlassablèmeiit Topera^ tion cartographique considérable -qui a fixé son nom aux Pyrénées. Successivement on voit paraître La région du Mont Perdu au 400 000e (de Gavarnie à Escalona), 1877, les Pyrénées centrales, en. six feuilles, au 100 000e , enfin un) « tableau » de fine perfection,ciselé avec passion, le massif de Gavarnie et du Mont> Perdu au 20 000e (4944). Si cette der-r nière est un vrai joyau — prototype de ces chefs-d’œuvre de cartographie privée dont la carte du Mont-Blanc i des ValloOva bientôt nous donner un autre exemple, -—i celle des Pyrénées Centrales est un monument : car elle s’étend de la Noguera-Pallaresa et du Pic de Montvallei à l’est, au rio Ara et au Balaïtous-à TouesU Dans la partie espagnole, les voyages innombrables exécutés pour la lever furent souvent de vraies découvertes parmi les Barrancos, les Gargantas, les cirques, les massifs que nulle carte ne soupçonnait : Barrosa, Escuaïn, Niscle, Arazas, Cotielîa, las Encaiitadas, sont quelques-uns des noms de victoires cartographiques ainsi ajoutés aux atlas. A l’est, ce prodigieux travail se reliait aux triangulations et visées du comte de Saint-Saud (calculées par le colonel Prudent); à l’ouest, à la carte au 450 000e de E. Wallon. Et les Pyrénées furent connues. Les procès-verbaux des courses et des explorations figurent aux publications du Club alpin; mais c’est surtout dans lés délicieux et érudits livres de H. Béraldi qu’il faut lire, charmé, l’évolution de l’œuvre de Schrader, en même temps que toute « l’épopée pyrénéenne ; Cent ans aux Pyrénées, le Passé du Pyrénéisme, le Sommet des Pyrénées, etc., etc.
- Aux textes explicatifs du topographe s’adjob gnaient ses beaux dessins ; car, non content d’avoir perfectionné les procédés de levés, inventé un savant appareil (i’orographe), pour dessiner les
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- tours d’horizon, apporté sa contribution géologique, Schrader fut un « peintre de montagne » hors ligne. Les quadragénaires actuels ont eu l’âge d’admirer, à l'exposition de 1900, ce merveilleux panorama du Tacul, enceinte du fond de la mer de Glace, qui remplissait le pavillon du Club alpin, et exprimait si magnifiquement la splendeur de notre Mont-Blanc. Celui-ci, entrelparenthèses, ne fut pas clément pour son peintre, qui certain jour faillit y périr, dans une tourmente, avecjtlme Schrader.
- Ce n’est pas tout, ha Géographie française doit à Schrader ses meilleurs et ses plus beaux atlas. En 1875, la librairie Hachette entreprenait le grand atlas de Vivien de Saint-Martin, dont la fine gravure n’a. jamais été égalée : l’auteur étant décédé , Schrader fut choisi pour continuer la publication et cela dura près de 35 années pour s’achever peu avant la guerre.
- Entre temps, avec Anthoine et Prudent, il publiait « l’atlas classique et l’atlas historique de géographie » plus scolaires.
- Durement la guerre l’a frappé: dans une affection chère d’abord, cruellement tranchée. Puis physiquement : atteint de la cataracte, deux fois opéré, Schrader donna un exemple de force morale et de courage physique qu’il ne faut pas taire.
- 11 accepte de refaire, chez Hachette, une nouvelle édition du grand atlas, modifié par les nouvelles frontières et présenté par d’aulres procédés. A . 75 ans donc, il recommence, et à 79 ans encore il monte (1923) à 2700 m. au fond du cirque de Gavarnie, pour retoucher et perfectionner (toujours) la carte au 20 000e, la préférée, la Benjamine.
- Cette année-là, en entrant dans la 80e, une fête en Sorbonne, un portrait-médaillon sont offerts à
- Schrader par ses amis, ses élèves, les alpinistes, les géographes, les cartographes, les ethnographes aussi; car, dans tous les cumuls de son savoir, il était encore professeur à l’Ecole d’anthropologie.
- Président honoraire du Club alpin, ancien vice-président de la Société de géographie (pendant toute la guerre, aux côtés du regretté prince Bonaparte, président), officier de la Légion d’honneur (en 1900), Fr. Schrader eut du recevoir force
- autres honneurs. Mais modeste à l’excès et soucieux, avant tout, de parachever ses tâches, il fut de ceux qui n’ont *ni le goût, ni le loisir des sollicitations et des brigues.
- Il a laissé de belles et utiles œuvres, et c’est mieux : si longues à énumérer, qu’il n’y a pltfs de place pour dire ce qu’était l’homme privé, le collègue, le camarade, l’ami : simplicité,bonté, droiture, indul-. gence, justice, affabilité, il faisait bénéficier de toutes ses qualités quiconque l’approchait et le connaissait.
- En dernier lieu, jusqu’au printemps de 1924, il fut président du Comité d’Etudes scientifiques récemment institué au Club alpin français.
- Il est mort le 18 octobre, universellement aimé, estimé, admiré, regretté.
- Selon son désir de montagnard, il repose au cimetière de Gavarnie, en attendant qu’un autre monument lui soit élevé en face du cirquè qui marqua sa destinée.
- Déjà à l’entrée du village de Gavarnie se dresse la statue du comte Russell, le pionnier grimpeur, sportif et anglais des Pyrénées. Il en faut une autre pour le topographe, géologue, savant, artiste et français que fut Franz Schrader.
- E.-À. Martel.
- Fig. i. — Franz Schrader, Photo Midget.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuiie, 9, rue de Fleurus, à Pans.
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- LA NATURE
- — N° 2644 —. -- ---- -.......- 6 DÉCEMBRE 1924
- LE SÉCHAGE ARTIFICIEL DES RÉCOLTES
- Les agriculteurs de l’Europe [septentrionale garderont un cruel souvenir du pluvieux été de 1924. Les récoltes n’ont pas tenu les belles promesses du printemps ; en beaucoup d’endroits, la pluie persistante a empêché la mise en grange en temps utile, et il en est résulté des pertes considérables. En France notamment, une forte proportion de la récolte de blé a été endommagée par l’humidité ; la diminution de rendement qui en résulte est de l’ordre de 10 pour 100 et à elle seule irS^résente une perte de plus de 700 millions de francs. Cette situation appelle à nouveau l’attention sur le problème du séchage artificiel des récoltes; si une solution pratique lui était trouvée, des sommes énormes seraient chaque année économisées ; les ressources alimentaires du monde seraient augmentées et l’exploitation agricole mise à l’abri d’un des plus graves dangers parmi ceux, si nombreux, auxquels elle est perpétuellement exposée.
- C’est, on le sait, une pratique universelle que celle qui consiste à laisser un certain temps exposées sur le sol les récoltes coupées. Une récolte fraîche, immédiatement engrangée, fermente, s’altère, et peut s’enflammer. On la laisse donc quelques jours sur le sol du champ qui l’a produite ; elle perd, par évaporation et coagulation, une partie de son humidité naturelle, provenant des sucs organiques de la plante. Mais il faut que le temps soit beau ; avec des pluies continuelles comme celles du dernier été, la dessiccation naturelle s’opère mal ou pas du tout, et la plante est exposée sans défense à l’attaque des germes de pourriture.
- Il nous paraît donc intéressant de signaler les essais de séchage artificiel récemment exécutés par l’Instituteof Agricultural Engineering d’Oxford, à la suite d’expériences et d’études entreprises dès 1923.
- Le système consiste à disposer la récolte en meules, à ménager à l’intérieur de celles-ci des canaux dans lesquels on fait circuler de l’air chaud.
- Fig. i. — Une expérience de séchage artificiel d’une meule de fourrage.
- Le ventilateur insuffle de l’air chaud dans l’intérieur de la meule.
- Voici, d’après la revue anglaise Engineering, les détails du procédé :
- La récolte est coupée à la façon ordinaire’; si le temps est beau on la laisse sur le sol jusqu’au lendemain, ce qui élimine déjà 75 pour 100 de son humidité et facilite énormément le séchage artificiel. Si le temps est mauvais, même s’il pleut, on procède immédiatement au traitement. On édifie une meule circulaire autour d’une charpente conique édifiée avec 6 madriers de 6,5 cm. de large sur 5 cm. d’épaisseur et recouverte d’une toile métallique. Les charpentes construites à Oxford mesuraient 2 m. 40 de haut, 1 m. 20 de diamètre à la base. Quand la meule a dépassé le sommet de cette charpente, on ménage au-dessus de celui-ci une cheminée de 1 m. 20 de haut dont on ferme l’ouverture avec des broussailles et l’on termine la construction de la meule. Celle-ci comporte donc une chambre intérieure vide débouchant à l’extérieur vers.le haut par la cheminée ; la base de cette chambre débouche également à l’extérieur au moyen d’un tuyau en tôle. C’est par là que l’air artificiellement chauffé sera introduit à l’intérieur de la meule ; ce tuyau est relié au moyen d’un raccord flexible en toile à la sortie d’un ventilateur qui aspire de l’air chaud dans un réservoir en tôle de 110 litres de capacité environ. Le chauffage de l’air dans ce récipient est réalisé au moyen d’un S3.-ÏSS
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de l’organisation de séchage artificiel, essayée sur une meule de fourrage.
- 52* Année* — 2‘ Semestre-
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- LA VALEUR ÉCONOMIQUE DES OISEAUX
- système de tuyaux à l’intérieur desquels circulent les gaz de combustion dégagés par un brûleur brûlant de l’huile sous pression. L’air au contact de ces tuyaux s’échappe de 18 à 35° au-dessus de la température ambiante.
- L’insufflation de cet air chaud à travers la meule commence dès que celle-ci est terminée et pour une meule dé 20 à 23 tonnes se continue pendant 8 heures. Au bout de ce temps le séchage est achevé.
- ! Les résultats obtenus ont été très satisfaisants : la qualité de la récolte n’est nullement altérée, ni quant au goût, ni quant à la valeur nutritive.
- Voici quelques chiffres obtenus aux essais : pour (sécher en 8 heures une meule de 20 tonnes de foin, ,'ou une meule de 50 tonnes de blé, il faut insuffler par minute 150 m3 d’air à 28° au-dessus de la température ambiante ; il faut à l’air une surpression d’environ 6 centimètres d’eau pour vaincre la résistance qu’opposent les tuyaux à sa circulation ; le ventilateur exige une puissance d’environ 6,5 chevaux. La force motrice sera fournie par exemple par le moteur d’un tracteur. Le coût du. matériel spécial nécessaire au séchage est évalué à 60 livres sterling, soit 4500 francs; le prix de revient du séchage d’une meule à 15 d.; soit 5 fr. 50.
- De nombreux essais ont été effectués, au cours de l’été, par le professeur Somerville dans sa ferme de Glouceslershire ; ils ont porté sur 40 meules de blé édifiées dans les pires conditions climatériques ;
- VALEUR ÉCONOMIQUE
- Passereaux.
- Huppe ordinaire (Upupa epops L.). — Se nourrit de toutes sortes d’insectes : coléoptères, grillons, mouches, névroptères, perce-oreilles, blattes, moucherons, papillons, fourmis; prend aussi de petits colimaçons et limaces, des vers et des araignées. Dans 55 cas, les spécialistes ont constalé 10 pour 100 d’éléments utiles, 78 pour 100 de nuisibles et 12 pour 100 d’indifférents. La huppe est pour l’agriculture un oiseau utile*, car sa consommation de fourmis est plutôt faible. Mais elle peut devenir localement nuisible, ainsi que le prouve une communication de M. de Koslka, qui a remarqué que dans son vignoble les huppes se nourrissaient presque uniquement de carabes, cicindèles et follicules, lesquels insectes sont les plus actifs ennemis du Cochylis ambiçiuella.
- Grimpereau (Cerlhia). — Le grimpereau familier (C. familiaris L.) et son frère le grimpereau brachy-dactyle ou ordinaire (G. brachydacdyla Dr.) ont un régime analogue. Ils se nourrissent de toutes sortes d’insectes et couvains de ceux-ci, larves ét nymphes, araignées, qu’ils trouvent dans les fentes, d’écorce et dans les lichens qui couvrent les arbres. Ils affectionnent les petits coléoptères et les forficules. A. noter que les forficules sont utiles parce qu’ils détruisent les insectes nuisibles. Les grimpereaux ne mangent des graines qu’en cas de besoin. Trente et un examens d’estomacs
- 1. Voir n° 2642.
- et, circonstance aggravante, le blé était très chargé d’herbes. Ces récoltes, dans les conditions ordinaires, auraient sans doute été perdues; le séchage artificiel les a sauvées.
- L’auteur de l’article d'Engineering qui a assisté à des expériences de démonstration estime que ce procédé de séchage est parfaitement au point*; mais que sa mise en pratique exigera, de la part d’un cultivateur ordinaire, un sérieux apprentissage, avant de donner des résultats effectifs. La construction d’une meule, surtout avec des substances humides, est une opération délicate, notamment lorsqu’il faut, comme c’est le cas pour le séchage artificiel, se préoccuper d’assurer un balayage uniforme de tout l’intérieur de la meule par l’air chaud. L’exécutant devra aussi acquérir l’expérience nécessaire pour régler la température de séchage, de façon à ne pas altérer la récolte et s’il s’agit de grains, de façon à ne pas risquer de détruire leur faculté germinatoire.
- Mais la méthode n’en est encore qu’à la phase expérimentale, et l’on peut concevoir bien des dispositions qui simplifient sa mise en œuvre et la mettent à la portée de la grande masse des agriculteurs.
- Il est à souhaiter que de tels essais soient également pratiqués en France, avec le soin et la méthode nécessaires. S’ils aboutissent, une grande victoire aura élé remporlée contre la vie chère.
- R. Villers.
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- de grimpereaux par les spécialistes susnommés, ont permis de définir le pourcentage suivant : 25 pour 100 d’éléments utiles, 65 pour 100 de nuisibles et 10 pour 100 d’indifférents. Les grimpereaux sont des oiseaux utiles.
- Le tichodrome échelette (Tichodroma muraria L.), est un grimpereau de muraille vivant en pays alpin. Son régime se rapproche de celui des représentants du genre Cerlhia. C’est aussi un oiseau utile.
- Sîttelle (Silia europaea L.). — Absorbe toutes sortes d’insectes et leurs couvains, des forlîcules, des araignées ; également des graines et fruits (glands, faînes, noix, noisettes, graines de conifères, chanvre, tournesol,: avoine, orge). Trente-deux examens d’estomacs ont permis de fixer le pourcentage suivant : 18 pour 100 d’éléments utiles, 62 pour 100 de nuisibles et 20 pour 100 d’indifférents. La sittelle est un utile oiseau.
- Hirondelle de cheminée (Hirundo ruslica L.). —; Ne prend que des insectes ailés qu’elle saisit en volant.; Quarante-cinq analyses de bols stomacaux par Rey,; Rzeliak, E<.kstein, Esiki, ont permis de déterminer 8 pour 100 d’éléments utiles, 35 pour 100 de nuisibles; et 59 pour 100 d’indifférents. Si cet oiseau prend naturellement aussi bien les insectes utiles que les nuisibles, il rend toutefois des services appréciés en chassant sans répit d’innombrables moucherons et anophèles si agaçants pour les hommes et qui sont même des agents propagateurs de maladies infectieuses.
- Hirondelle de fenêtre (Delichon urbica L.). —
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- Blême régime que la précédente. Dix-sept analyses d’estomacs : 15 pour 100 d’éléments utiles, 54 pour 100 de nuisibles et 51 pour 100 d’indifférents. Même avis que ci-dessus.
- Cotyle ou hirondelle de rivage (Ri pari a riparia L.).
- — Egalement même régime que l’hirondelle de cheminée. Treize analyses'd’estomacs : 16 pour 100 d’élé-menls utiles, 42 pour 100 de nuisibles et 42 pour 100 d’indifférents. Oiseau utile.
- Martinet noir (Apus apus L.). — Avale, comme les hirondelles, toutes sortes d’insectes ailés; comme son bec est très largement fendu, le martinet peut happer de gros coléoplères. Quatorze analyses d’estomacs :
- 19 pour 100 d’éléments utiles, 62 pour 100 de nuisibles et 19 d’indifférents. Oiseau utile.
- Engoulevent d’Europe (Caprimulgus europaeus L.).
- — Prend uniquement des insectes au vol. 11 ne chasse qu’au crépuscule et pendant la nuit, et avale surtout nombre de gros papillons et coléoptères qui ne commencent leur vie active que lorsque le soir tombe. Il prend toutefois aussi de plus petits insectes et des moucherons. Trente estomacs examinés : 1 pour 100 d’éléments utiles, 55 pour 100 de nuisibles et 44 pour 100 d’indifférents. Dans le menu de l’engoulevent entrent parfois quelques insectes utiles, mais cet oiseau doit néanmoins être regardé comme plus utile que nuisible, car Tes services qu’il rend l’emportent sur les délits qu’il commet à l’occasion.
- Rouge-gorge (Erilhacus rubecula L.), rouge-queue de muraille et rouge-queue titys (genre Phœni-cu-rus), gorge-bleue suédoise (Luscinia suesica L.) et variétés, rossignol ordinaire et rossignol majeur (genre Luscinia). — Tous ces oiseaux se sustentent de même manière : vermisseaux, petits coléoptères, petites limaces, chenilles, nymphes, teignes, moucherons, mouches, araignées, forficules, cloportes, ainsi que des baies de toutes sortes. Esiki, Eckstein et Rey ont autopsié une centaine de ces oiseaux; grâce aux constatations qu’ils ont faites, on peut fixer un pourcentage moyen de
- 20 pour 100 d’éléments utiles, 50 pour 100 d’éléments nuisibles et 30 pour 100 d’indifférents. A remarquer que le rouge-queue titys se- délecte parfois d’une abeille, mais c’est exceptionnellement. Les oiseaux en question se nourrissant d’insectes peu nuisibles, les services qu’ils rendent ne sont guère importants; on pourrait même les ranger parmi les espèces indifférentes, mais en réalité, ils sont plutôt utiles.
- Traquet tarier (Saxicola rubetra L.). — Mange toutes sortes d’insectes, larves, nymphes, forficules, fourmis. Prend des insectes au vol avec grande habileté. Dix-sept analy.-es d’estomacs : 2 pour 100 d’éléments utiles, 47 pour 100 de nuisibles et 51 pour 100 d’indifférents. Avis : oiseau très utile.
- Traquet motteux (OEnanihe œnanthe L.). — Se nourrit surtout de petits coléoptères, larves, chenilles, mouches, moucherons, araignées. Dix-huit estomacs examinés : 20 pour 100 d’éléments utiles, 60 pour 100 de nuisibles et 20 pour 100 d’indifférents. Oiseau très utile.
- Traquet rubicolc (Saxicola iorquata rubicola L.). — Mêmes remarques que pour le tarier.
- Accenteur mouchet (Prunella modularis L.). — Se sustente de toutes sortes de petits insectes, chenilles, larves et nymphes, mange également un grand nombre de graines de mauvaises herbes, dont il préfère les oléagineuses. Se délecte exceptionnellement de quelques baies. Quinze analyses d’estomacs par Rey : 10 pour 100
- d’éléments utiles, 65 pour 100 de nuisibles et 25 pour 100 d’indifférents. Espèce utile.
- Accenteur dfcs Alpes (Prunella collaris Scop.). — Blcme régime que le précédent.
- Fauvettes (genre Sylvia). — Les différentes espèces(') se nourrissent presque identiquement : petites chenilles et larves d’insectes, toutes sortes de petits coléoptères, papillons, araignées ; également des baies et des cerises. Les matières identifiées par l’examen d’une centaine d’estomacs a permis de fixer un pourcentage moyen pour toutes les espèces : environ 30 pour 100 d’éléments utiles, 50 pour 100 de nuisibles et 20 pour 100 d’indifférents. Avis : malgré leur abondante consommation de baies en été et en automne, les fauvettes doivent être rangées parmi les oiseaux plus utiles que nuisibles. Toutefois, le professeur W. Collinge a constaté qu’en Angleterre, dans certaines localités riches en vergers, la fauvette à tête noire se montrait plus nuisible qu’utile, pendant les mois secs, lorsqu’elle dégustait d’innombrables framboises et auties fruits doux. Nous estimons que ces délits sont plutôt localisés.
- Pouillots (genre Phylloscopus). — Se sustentent principalement d’insectes ailés, mouches, moucherons, petits papillons, pucerons, coléoptères, ainsi que de nymphes, larves et petites araignées. Blangent aussi des baies, lorsqu’en fin d’été les insectes se raréfient. Dix-sept analyses de bols stomacaux propres à des pouillots véloccs (P. c. collybita Vieil.) ont permis de définir 26 pour 100 d’éléments utiles, 47'pour 100 de nuisibles et 27 pour 100 d’indifférents. Seize analysis concernant le pouillot siffleur (P. sïbilalrix sibilatrix Bechst.), ont donné le résultat suivant : 13 pour 100 d’éléments utiles, 77 pour 100 de nuisibles et 10 pour 100 d’indif-r férents. Enfin, de l’examen de seize estomacs de pouillots fitis (P. trochilus L.), on a déduit que 3 pour 100 du contenu stomacal se composaient d’éléments utiles, 71 pour 100 d’éléments nuisibles et 26 pour 100 d’indifférents. D’api ès Loos, le fitis est un grand destructeur de larves de Coleophora laricella, qu’il commence à rechercher dès qu’elles se réveillent au printemps. En somme : les pouillots sont des oiseaux utiles à la sylviculture.
- Roitelets (genre Regulus). — Blangent de petits coléoptères, mouches, moucherons, teignes, petites chenilles et larves, œufs d’insectes, de temps en temps quelques graines de conifères. Cinquante-neuf autopsies. Résu'tdt : 16 pour 100 d’éléments utiles, 70 pour 100 de nuisibles et 14 pour 100 d’indifférents. Espèce utile à la sylviculture.
- Troglodyte (Tr. troglodytes L.). — Absorbe surtout des araignées, de petits insectes et leurs couvains, qu’il recherche principalement dans les tas de ramilles ou dans des massifs ; il visite les trous de murailles, de toits, s’insinue dans les crevasses et cavités d’arbres. En automne, il se nourrit également de baies. Ving-thuit autopsies par Rey, Baër, Esiki. Résultat : 37 pour 100 d’éléments utiles, 50 pour 100 de nuisibles et 13 pour 100 d’indifférents. Le troglodyte est un oiseau utile. D’aucuns le regardent comme indifférent.
- Rousserolles (genre Âcrocephalus). — La r. phrag-mite (A. schcenobaènus L.), la r. turdoïde (A. arundina-céus JL.), la r. des marais [A. palustris Bechst.) et la r.
- •1. Lisez Les noms des oiseaux trouvés en France, par A. Ménégaux. et J. Rapine (noms latins, français, anglais et allemands). Édition de la Revue française d'Ornithologie, 55, rue de Buffon.
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- des roseaux .(A. streperus Vieill.) se sustentent de même manière, c’est-à-dire d’insectes vivant dans les roseaux, de mouches, moucherons, libellules, araignées, pucerons, larves et, en automne, de quelques baies de sureau. Trente-cinq analyses d’estomacs. Pourcentage moyen : 16 pour 100 d’éléments utiles, 20 pour 100 de nuisibles et 6-4'pour 100 d’indifférents. Avis : on pourrait considérer ces espèces comme indifférentes ; en réalité, elles sont plutôt utiles.
- Mésange charbonnière [Parus major L.). — Sa nourriture consiste en toutes sortes d’insectes, aussi en araignées et en graines. Les apiculteurs l’accusent de chasser les abeilles. Soixante-quatre tubes digestifs ont été examinés par Rey, Esiki, Eckstein, Baër. Résultat : 15 pour 100 d’éléments utiles, 48 pour 100 de nuisibles et 57 pour 100 d’indifférents. Avis : cette mésange est très utile aux sylviculteurs et propriétaires de jardins; élle ne cause aux apiculteurs que de faibles dommages.
- Mésange noire (Parus ater L.). — Se nourrit aussi d’insectes et de graines. Seize autopsies : 7 pour 100 d’éléments utiles, 85 pour 100 de nuisibles et 8 pour 100 d’indifférents. Oiseau très utile à la sylviculture.
- Mésange bleue (Parus caerulus L.). — Même régime que les précédentes; elle mange rarement des graines, sauf celles de pavot. On a constaté que, suivant les circonstances, cette espèce s’attaque parfois aux fruits. Soixante-trois autopsies : 15 pour 100 d’éléments utiles, 59 pour 100 de nuisibles et 26 pour 100 d’indifférents. Avis : oiseau fort utile.
- Mésange des marais (Parus palustrisL. ). — Même alimentation que la charbonnière. Mange toutefois plus de graines. Trente-trois analyses d’estomacs : 22 pour 100 d’éléments utiles, 28 pour 100 de nuisibles et 50 pour 100 d’indifférents. Cette espèce pourrait [être considérée comme indifférente, mais elle est plutôt utile.
- Mésange huppée (Parus cristatus mitratus Brehm).
- — Aussi longtemps qu’elle trouve des insectes et des araignées, elle s’en nourrit. En hiver, elle recherche des graines et des haies de sorbier. Seize analyses d’estomacs : 55 pour 100' d’éléments utiles, 50 pour 100 de nuisibles et 15 pour 100 d’indifférents. Avis : oiseau utile.
- Mésange à longue queue (Aegithalos caudatus L.).
- — Même nourriture que la mésange noire. Soixante-trois analyses d’estomacs : 28 pour 100 d’éléments utiles, 58 pour 100 de nuisibles et 14 pour 100 d’indifférents. Espèce utile.
- Gobes-mouches (genre Muscicapa). — Se sustentent d’insectes, d’araignées, cueillent parfois un vermisseau; mangent également des baies. Rey, Esiki et Rœrig ont examiné une cinquantaine d’estomacs. Résultat : en moyenne 20 pour 100 d’éléments utiles, 50 pour 100 de nuisibles et 50 pour 100 d’indifférents. Avis : les gobe-mouches sont des oiseaux utiles. On a parfois reproché au gobe-mouches gris (M. striata Pal.) de chasser les abeilles. C’est une erreur : les insectes que cet oiseau poursuit près des ruches sont plutôt des faux-bourdons. En aucun cas, l’examen des estomacs n’a révélé de traces d’abeilles travailleuses. .
- Bergeronnettes (genre Motacilla). — Leur nourriture se compose de divers insectes, nymphes, larves, mouches, moucherons, taons, petits coléoptères, petites limaces, libellules et papillons. Quarante autopsies par Rey, Eckstein, Flœricke et Baôr; pourcentage moyen : 20 pour 100 d’éléments utiles, 45 pour 100 de nuisibles et 35 pour 100 d’indifférents. Certains auteurs rangent ces espèces parmi les oiseaux indifférents ; nous les considérons plutôt comme utiles.
- Pipit des arbres (Anthus trivialis L.). — Se mour-rit presque exclusivement d’insectes, quoique, en migration, il se sustente aussi de graines de mauvaises herbes et d’extrémités tendres de certaines feuilles. Il cherche les insectes sur le sol, mais en cueille parfois également sur les branches ou les happe en l’air. Dix exemplaires ont été examinés:5 pour 100 d’éléments utiles, 87 pour 100 de nuisibles et 8 pour 100 d’indifférents. Avis : oiseau très utile à la sylviculture.
- Pipit des prés (Anthus pratensis L.). — Ne vit que d’insectes qu’il cherche surtout sur le sol, dans l’herbe; ce sont de petits grillons, coléoptères, larves, mouches ; prend aussi de petites limaces. Dix-huit autopsies : 22 pour 100 d’éléments utiles, 70 pour 100 de nuisibles et 8 pour 100 d’indifférents. Avis : plutôt utile qu’indifférent.
- Pipit des champs (Anthus campestris L.). — Même régime que le précédent. Dix-neuf autopsies : 28 pour 100 d’éléments utiles, 63 pour 100 de nuisibles et 9 pour 100 d’indifférents. Même avis que pour Je précédent.
- Etourneau (Sturnus vulgaris L.). — Mange des insectes, vers, petits colimaçons, larves, chrysalides, graines de céréales et autres semences, cerises, baies. Bien entendu, il ne fait aucune différence entre un insecte utile et un insecte nuisible. Plusieurs fois, on Ta observé pillant des nids. Au reste, il détruit parfois le sommet de jeunes sapins, comme dans les jonchaies et les roseliers, il détruit fréquemment les tiges. Cinquante-trois autopsies d’étourneaux ont permis de fixer le pourcentage suivant : 50 pour 100 d’éléments utiles, 26 pour 100 de nuisibles et 24 pour 100 d’indifférents. Pour la sylviculture, cette espèce est utile et peut rendre d’éminents services en cas d’invasions d’insectes. Pour l’agriculture, ses services l’emportent de loin sur les délits qu’elle commet. On ne doit pas l’accuser outre mesure si, parfois, elle déguste des cerises. Au contraire, dans les vignobles elle est plutôt nuisible.
- Martin'roselin (Pastor roseus L.). — Se nourrit d’insectes, leurs larves et nymphes, de vers, cerises, raisins, baies. C’est un grand destructeur de sauterelles, et grillons. Dans 4 estomacs, Matuska a trouvé respectivement les débris de 519, 317, 391 et 457 sauterelles. En général, cet oiseau est utile, mais il peut devenir localement nuisible aux arbres fruitiers.
- Cigogne blanche (C. ciconia L.). — Son régime est varié : grenouilles, lézards, vers, sangsues, poissons, frai de grenouille, souris, lapereaux et levrauts, poussins et jeunes oiseaux, nombreux insectes et larves, charognes. Elle est peu estimée des apiculteurs, car elle prend de nombreuses abeilles. Dans le Midi, cette espèce est fort appréciée pour la chasse qu’elle fait aux sauterelles. Cinquante-cinq analyses d’estomacs : 37 pour 100 d’éléments utiles, 59 de nuisibles et 24 pour 100 d’indifférents. Avis : oiseau utile à l’agriculture, nuisible au gibier, à la faune des eaux douces et à l’apiculture. Généralement sa nuisibilité l’emporte sur son utilité.
- 11 existe encore quelques oiseaux déclarés utiles par la convention de 1902, ce sont les becs-croisés, le ven-luron, le serin cini, le chardonneret et le tarin. Ces fringilles, dont certains nichent dans les pays du Nord, sont généralement indifférents au point de vue économique. S’ils mangent à l’occasion des graines de mauvaises herbes, ils en excrètent après digestion et contribuent ainsi à leur dispersion. Iis ne sont réellement utiles qu’à l’époque de la reproduction, lorsqu’ils nourrissent leurs pètits d’insectes.
- Armand Mercier.
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- 14. — L’espace-temps.
- La notion à'espace-temps est encore une de celles qui ont soulevé bien des protestations superflues. Nous allons donc expliquer en quoi consiste cette union indestructible de l’espace et du temps qui est affirmée par les physiciens relativistes.
- Nous ne le contestons aucunement ; jusqu’à nos jours tout le monde pensait que l’espace et le temps avaient une existence indépendante et demeuraient identiques à eux-mêmes pour tous les observateurs quels qu’ils fussent. La Relativité contredit cette manière de voir, mais elle ne contredit pas l’intuition pour cela, parce que la divergence porte, comme nous allons le montrer, dans un domaine qui n’est pas du ressort de cette faculté précieuse.
- La Relativité, en effet, n’établit aucune liaison entre le temps et l’espace tant qu’il s’agit seulement d'analysis sitns, c’est-à-dire tant qu’il s’agit de la situation relative dés corps dans l’espace ou de l’ordre des événements qui se succèdent sur l’un d’eux. Elle ne bouleverse les idées reçues qu’à partir du moment où il est question de mesurer, c’est-à-dire à partir du moment précis où l’on sort du domaine proprement intuitif.
- Rappelons-le encore. Nos intuitions premières sur le temps psychologique et l’espace représentatif sont qualitatives : elles ne font appel qu’aux principes de distinction et de classement. La théorie de la mesure est bien postérieure et va bien au delà. Elle suppose des expériences sur les solides bien autrement complexes et sujettes à l’interprétation que les données immédiates et grossières de la conscience sur lesquelles s’échafaude l’espace intuitif. Elle ne relève nullement de l’intuition, ni surtout, grand Dieu! du bon sens. On peut dire sans exagération què la majorité des personnes cultivées se fait sur les premiers principes de la géométrie métrique des idées plus ou moins fausses.
- Quoi qu’il en soit, les défenseurs attitrés du bon sens peuvent se rassurer. Même dans le domaine délicat de la mensuration, la Relativité respectera leurs vieilles habitudes; elle ne pourrait les troubler que sur un terrain inaccessible aux spéculations vulgaires et aux expériences des gens sages et pratiques.
- En effet, tant que les mensurations ne s’étendent pas jusqu’aux astres et tant que les vitesses des mobiles ne dépassent pas ce que le « sens commun » peut « raisonnablement » leur permettre, un seul espace suffit à toute chose et un seul temps suffit à tout le monde. Sans doute, au point de vue physique, n’est-ce là qu’une approximation, mais c’est bien une réalité, comme nous le savons, pour la conscience, incapable de percevoir le désaccord.
- Tout change et la difficulté apparaît si le mesurage prétend embrasser l’univers tout entier.
- Alors, plus de temps absolu, mais autant de
- 1. Voir n0' 2642 et 2643.
- temps que de corps distincts (et pas trop gros) dans l’Univers; plus d’espace Unique, mais autant d’espaces métriques différents que d’observateurs gali-léens, qui en construisent les schémas euclidiens.
- Chaque observateur galiléen se construit, pour son usage personnel, un espace en tout semblable à celui du non-relativiste et tout aussi distinct du temps. Mais quand il projette dans cet espace et dans son temps les événements du monde extérieur, l’image qu’il se fait de l’Univers n’est pas superposable à celle obtenue par un autre observateur. C’est pour cela que nous disons que cette représentation est subjective.
- Mais il y a plus.
- Entre les espaces construits par deux observateurs de systèmes différents, il est impossible d’établir une correspondance point par point qui soit invariante (ou stable) dans le temps. En effet, la transformation de Lorenlz ne pose, entre les points des deux espaces, aucune relation indépendante du temps. Elle ne pose pas davantage de relation indépendante du lieu entre les temps des deux observateurs, et, par conséquent, il n’existe pas non plus, entre ces deux temps, de correspondance instant par instant qui soit invariante dans l’espace.
- Il faut en conclure que les constructions métriques de temps et d’espace séparés sont propres à chaque observateur et intransmissibles de l’un à l’autre. C’est pour cela que nous disons que ces constructions séparées sont subjectives, ou encore qu’elles n’ont ni objectivité ni réalité, et, par là, nous ne voulons pas dire autre chose que ce que nous venons d’expliquer (2).
- Pour trouver des éléments métriques qui soient ’ objectifs, c’est-à-dire invariants ou transmissibles d’un observateur à l’autre, il faut les chercher dans le continuum à quatre paramètres (ou dimensions) formé par la réunion des quatre coordonnées métriques de l’espace et du temps, et que l’on nomme pour cela espace-temps. Quand on affirme que, seul, l’espace-temps a une réalité, on entend par là que, seul, il reste identiquement le même pour les divers observateurs.
- Les points de l’espace-temps, c'est-à-dire les éléments définis par un système de valeurs des quatre paramètres x, y, z, t, sont objectifs, car ils se transmettent d’un observateur à l’autre par les formules de Lorentz.
- Mais l’invariant fondamental qui donne à la construction de l’espace-temps son objectivité métrique, c’est Yécart de deux événements donnés.
- Nous allons en donner la définition.
- Soient E et E' deux événements observés dans un laboratoire galiléen. L’observateur les repère en
- 2. Je ne contesté nullement aux philosophes le droit de donner à ces termes un sens différent. Le tout est de s’entendre. Mais les physiciens s’entendent mieux entre eux que les philosophes.
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- deux points P et P' de son espace et à deux instants t et t' de son temps; il estime que la distance des deux événements dans l’espace est PP' Q) et que leur distance dans le temps est t'—t; ces deux appréciations sont subjectives.
- Supposons, pour simplifier, que l’observateur ait pris la vitesse de la lumière pour unité de longueur. Le carré A2 de Yécart des deux événements est, par définition, la différence des carrés de leurs distances dans l’espace et dans le temps. On a donc A2 = (t1 —t)%— (PP')2.
- Cette grandeur n’est plus subjective.
- En effet, elle est invariante par la transformation de Lorentz et, par conséquent, elle est la même quel que soit l’observateur galiléen qui ait pris les mesures. Nous en concluons que Yécart est une mesure objective ou réelle dans le sens que nous avons strictement précisé.
- L’espace-temps, disent les mathématiciens, est un espace à quatre dimensions. Les termes d’ « espace » et de « dimension » n’ont ici qu’un sens analogique, mais, au point de vue logique, l’analogie peut aller jusqu’à l’identité.
- L’écart de deux événements dans P espace-temps correspond à la distance de deux points dans l’espace euclidien. Il est aisé de s’en rendre compte.
- Dans un espace euclidien, on peut définir un procédé de repérage de tous les points qui soit indépendant de l’observateur. 11 suffit de prendre comme points de repère quatre points particuliers du système formant les sommets d’un tétraèdre. “Alors tous les autres points du système sont entièrement définis par leurs quatre distances aux points de référence.
- De même, dans l’Univers en perpétuelle évolution, on peut situer complètement tous les événements dans l’espace-temps, en repérant chacun d’eux par les cinq écarts qui le séparent de cinq événements particuliers choisis comme événements de référence.
- Cette construction, identique pour tous les observateurs, met bien en lumière que, l’espace et le temps étant cependant tous deux subjectifs, l’es-pace-temps ne l’est plus.
- 16. — Les objections. — L’étude que nous avons faite né convertira pas les adversaires de la Relativité, nous en sommes bien convaincu. Leurs objections sont cependant fragiles, et il n’est pas difficile d’en démasquer la faiblesse, J’ai précisément rencontré un anti-relativiste et voici ce qu’il me disait :
- — Ce qui m’étonne, c’est que des gens intelligents puissent se laisser éblouir par des théories aussi saugrenues que les vôtres et que leur absurdité ne crève pas les yeux. Tenez : vous prétendez que la vitesse de la lumière ne peut pas être dépassée. Votre postulat ne résiste pas à l’examen. Sup-
- 1 Si b’s coordonnées de P et P' sont (x, y, a) et [x', y', z’), on a /
- (PP')« = (*'_*)* + (y'-y)* + (*'-3)*. ; \iL 1
- posez deux mobiles animés de vitesses de sens contraires et égales toutes deux aux deux tiers de la vitesse de la lumière; vous voilà déjà confondu : la vitesse relative de deux mobiles atteindra les quatre tiers de la vitesse de la lumière et, par conséquent, la surpassera.
- Et je lui répondais :
- — Pure illusion. Les vitesses ne se composent pas en mécanique relativiste comme dans la mécanique classique, qui suppose le temps absolu. La nouvelle loi de composition né conduit pas à une vitesse supérieure à celle de la lumière (l). Votre objection se retourne même contre vous, car la nouvelle loi est la seule qui soit d’accord avec les faits : elle rend exactement compte de l’entraînement partiel de la lumière par un courant d’eau, mis en évidence dans l’expérience de Fizeau, et qui était resté jusqu’ici inexplicable (2). C’est même une des confirmations expérimentales les plus impressionnantes de la Relativité, et je vous suis reconnaissant de m’avoir fourni l’occasion de la signaler.
- — Soit, ripostait mon adversaire, j’admets que votre théorie ne se contredise pas elle-même, mais elle heurte mon sens intime. Rien ne peut entraver le vol de ma pensée. Mon esprit se transporte, instantanément et sans effort, jusque dans ces lointaines nébuleuses dont la pâle lueur met, dites-vous, des millions d’années pour nous parvenir. Si mon esprit devance vos courriers, pourquoi une radiation suffisamment subtile n’en pourrait-elle faire autant?
- — Comparaison n’est pas raison, répliquais-je. Vous vous transportez par la pensée dans Sirius, par exemple : qu’est-ce que cela veut dire? Que vous faites surgir devant votre esprit une image plus ou moins vague, tirée de votre imagination ou de vos souvenirs* et qu’il vous plaît de décorer du nom de Sirius. Y êtes-vous allé pour si peu? Ma pensée à moi, elle se transporte, non moins aisément, dans l’avenir. J’assiste, en esprit, à la séance de l’année prochaine. J’en ai même une vue beaucoup plus claire que celle que vous vous faites de Sirius. Que prétendez-vous en conclure? Croyez-moi : le vol de votre pensée est un vol puissant, je n’en doute pas; mais ce n’est qu’une image, c’est même une image un peu usée, et ce qui est pire, c’est un mauvais argument.
- — Peu importe, reprend l’antirelativLte; pour moi, la simultanéité est un absolu. Le nier, ;c’est braver le bon sens, détruire les bases de la métaphysique, saper le principe de contradiction. — Une chose existe ou n’existe pas. Dire : telle chose existe, c’est affirmer qu’elle existe dans ce mo-
- 1. Si deux corps sont mobiles avec des vitesses de même sens, l’un avec la vitesse v, l’autre avec la vitesse relative v1 par rapport au premier, la vitesse absolue de ce dernier sera v-\~v'
- où w est la vitesse de la lumière.
- 2. V. Galbhun’, Introduction, pp. 376-377.
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- LA RELATIVITÉ RESTREINTE
- ment-ci, car si elle n’existe pas dans ce moment-ci, elle n’existe pas. Je ne soi s pas de là.,
- — Vous sortez tout au moins de la question, répliquais-je encore. Vous failesde la métaphysique et la Relativité ne relève que de. la physique. Peu nous chaut qu’il y ait une simultanéité absolue si nous ne savons pas la déterminer. Quel moyen avez-vous de le faire? Nous, notre ambition est modeste, nous cherchons le meilleur moyen de coordonner les lectures que nous faisons sur nos instruments, rien de plus. Si vous avez un meilleur procédé que le nôtre à proposer, nous l’accepterons des deux mains. Mais, sans vous faire de tort, nous n’y comptons pas. Nous avons de bonnes raisons de croire que tous les métaphysiciens de la terre mis ensemble n’arriveraient pas à améliorer d’une seconde par siècle la marche de nos chronomètres. Laissez-les donc à leurs spéculations transcendantes. Leur noblesse, dit Aristote, est de ne servir à rien (').
- Si cependant vous tenez à mon opinion sur l’existence ou la non-existence, je vous dirai très franchement que votre dilemme ne m’émeut pas. Je ne trouve, pour ma part, ce que vous appelez « ce moment-ci » que dans mon présent psychologique,
- . ou, si vous le préférez, dans mon état de conscience. Quand je dis qu’un corps existe « dans ce moment-ci », je corçois cjne ce corps et moi nous puissions entrer en communion immédiate, comme ce serait le cas pour une prise de contact. Si cette prise de contact est contraire aux lois de la nature, l’expression n’a plus, pour moi, qu’un sens conventionnel, à moins qu’elle n’en ait plus du tout, ce qui est bien possible. !
- Quand vous dites que deux corps existent « simultanément » à tel instant, vous affirmez, n’est-ce pas, l’existence d’une relation entre eux? Or, de deux choses l’une : ou bien vous trouvez cette relation dans les phénomènes, ou bien vous la trouvez ailleurs. Si c’est dans les phénomènes, je ne demande pas mieux. Mais dites-moi alors en quoi elle consiste et à quoi elle se reconnaît. Si ce n’est pas dans les phénomènes, où serait-ce donc? Serait-ce par hasard, dans le temps lui-même? Mais c’est faire du temps une entité en soi, une manière de substance régissant l’Univers et lui imposant ses lois, une sorte de conscience absolue qui penserait le monde. Pour ma part, je ne vois là qu’une personnification naïve, un anthropomorphisme irréfléchi, naturel peut-être à un esprit ingénu, mais indigne de fixer un instant la pensée du philosophe.
- 1. Le mot est cité par J. Maiutain (« Anlimoderne », édit, de la Revue des Jeunes. Paris, p. 254). Sur ce point, philosophes et, mathématiciens se rencontrent et peuvent se donner la main : les mathématiques, dit Gauss, n’ont cl’aulre but que l’honneur de l’esprit humain. D’ailleurs, les mathématiques pures, telles qu’on les entend depuis un siècle, appartiennent, à l’ordre métaphysique : elles ne relèvent que de l’intelligence, n’empruntant au monde physique que des modèles et non leur objet. On ne doit pas oublier que l’auteur de cet article est un mathématicien pur ; quand il parle en physicien, c’est une fiction de circonstance.
- — C’est voire avis, reprend mon interlocuteur, mais revenons aux faits. Supposons qu’un physicien, puisque vous n’avez point de confiance dans les philosophes, supposons qu’un physicien découvre cet agent ultra-rapide dont vous prétendez proscrire l’existence. Vous n’en niez point la possibilité, puisque l’existence d’une vitesse I mite n’est qu’un « postulat », et je vous sais gré de le reconnaître. Eh bien, si le postulat est faux, vous voilà en possession d’un messager qui arrive avant de partir ; vous voilà doué du don de prophétie. Oui, monsieur, prophète, malgré vous! ce sont les formules de Lorentz qui vous y condamnent, et vous ne les récuserez pas.
- Eh bien ! oui, qu’arriverait-il si l’on découvrait Un agent plus rapide que le lumière? On n’en conclurait certainement pa«, comme des adversaires mal intentionnés veulent nous le faire dire, que cet agent armerait avant de paitir et diiulguerait des messages prophétiques. N >n, il permettrait seulement de restreindre la marge dans laquelle la synchronisation des temps est restée cmpirique. il prouverait vraisemblablement que les horloges dès relativistes sont mal réglées et ne concordent pas entre elles, et la théorie de la relativité serait probablement renversée. 11 est possible après tout que cette théorie soit fausse ; mais si clic disparaît un jour, ce sera, je pense, pour une raison moins invraisemblable que celle dont on prétend nous embarrasser.
- En attendant, ce jour-là n’est pas encore veny. La théorie de la Relativité restreinte a les reins solides ; c’est actuellement la seule qui rende compte des phénomènes lumineux et électromagnétiques. Sa belle ordonnance et ses principes harmonieux séduisent les mathématiciens. Mais il est encore trop tôt, beaucoup trop tôt, pour asseoir un jugement, définitif sur le témoignage de l’expérience. L’enthousiasme un peu illuminé de quelques-uns de ses adeptes est plutôt de nature à lui faire du tort parmi les esprits pondérée La généralité de ses principes devance encore trop l’expérience, enfermée comme elle l’est dans des limites très restreintes, des systèmes très particuliers et des conditions encore trop énigmatiques. La vraie sagesse est dans l’expectative et le doute est toujours permis.
- Pour moi, je ne suis pas encore de ceux qui ont jugé définitivement ou qui ont la foi. Mais je fais crédit aux physiciens; tôt ou tard, ils tireront la chose au clair. Il y a certainement une part de vérité dans la Relativité. Quelle est-elle? Nous le saurons un jour mais le jour seulement où nous verrons où commencé l’erreur, car la Nature est un sphinx qui ne livre jamais son secret qu’à demi. S’il laisse parfois deviner ses énigmes, c’est pour en proposer d’autres à notre perspicacité et orienter nos efforts dans une voie nouvelle à la recherche de la vérité.
- Ch. de La Vallée-Poussin,
- Membre dé l’Académie Royale de Belgique.
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- LA CUISINE ÉLECTRIQUE AU RESTAURANT
- Uenrion de Pensey, ministre de la justice sous le premier Empire et fin gastronome, s’adressant, au cours d’un dîner officiel, à trois des plus illustres savants de-son époque, Chaptal, Laplace et Ber-thollct, leur disait : « Je ne regarderai point les sciences comme suffisamment honorées, ni comme convenablement représentées tant que je ne verrai pas un cuisinier siéger à la première classe de
- Cubain et Mildé, qui ont su mener à bien sa délicate installation.
- Mais avant de pénétrer dans ce laboratoire aux murs revêtus de carreaux céramiques émaillés, au plafond d’une éclatante blancheur,'si différent, en un mot, des sombres et fumeuses rôtisseries de jadis, rendons-nous compte de la manière dont la Fée électrique s’y introduit. Bu courant alternatif
- Fig. i —Le « communard » électrique.
- Ce fourneau est ainsi appelé par tes cuisiniers, car il se prête à ta confection de la plupart des plats.
- l’Institut! » Après plus. d’un siècle, le vœu du spirituel magistrat ne se trouve pas encore réalisé. .
- Mais si l’auteur de cette humoristique boutade revenait sur terre et se promenait aux abords de la gare Saint-Lazare, il n’aurait qu’à entrer au restaurant Garnier, sis rue de l’Isly, pour voir des techniciens culinaires dignes de briguer jseut-être quelque jour, un siège à l’Académie des Sciences de Paris !
- En tout cas, la cuisine électrique que les membres du Gouvernement actuel, MM. Justin Godard et de Moro-Giafferri ainsi que le président du conseil municipal M. Maurice Quentin, ont récemment inaugurée, fait le plus grand honneur à son initiateur M. Leduc et aux spécialistes Ripoche,
- diphasé à 42 périodes arrive directement de l’usine génératrice, sous 12 OOO volts, par deux câbles d’alimentation dont un dè secours.
- Un poste de transformation de 300 kilowatts permet d’abaisser la tension à 200 volts pour le chauffage et à 110 volts pour la lumière. D’une façon générale, les fourneaux construits par la maison Mildé et fils à l’exception du four à pâtisserie établi par M. Ripoche, se composent extérieurement d’une robuste carcasse en fer profilé avec panneaux en tôle émaillée blanche.
- Les parois des fours des .grils verticaux et des salamandres sont doubles et calorifugées par une bourre d’amiante de façon à diminuer le rayonnement extérieur de la chaleur. Enfin au-dessus de chaque fourneau, on a installé une hotte vitrée
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- LA CUISINE ÉLECTRIQUE AU RESTAURANT
- venant donner dans un conduit de ventilation elliptique qui rejette les buées dans une des cheminées de l’immeuble.
- Ceci posé, voyons comment les différents appareils, que nous allons successivement passer en revue, utilisent cette énergie électrique pour la cuisson des aliments et la préparation des mets les plus succulents.
- Montons donc au premier étage de l’hôtel Garnier où ils se trouvent tous installés.
- Voici d’abord le « communard » (fîg. 1), ainsi
- Fig. 2. —
- la température, car il existe deux régimes de marche; en outre, grâce à des commutateurs à rupture brusque avec coupe-circuit de protection Gardy, on remplace facilement les plombs sautés.
- La rôtissoire (fig. 2), comprend 6 broches indépendantes avec débrayage permettant d’introduire un poulet ou une dinde quand d’autres volailles cuisent.
- Les éléments chauffants sont idenliques à ceux du communard. Toutefois des plaques en cuivre
- et grils verticaux.
- appelé par les cuisiniers parce qu’il se prête à la confection de la plupart des plats réclamant une chaleur forte et très rapide. Les quartiers de bœuf y rissolent dans leur jus aussi bien que les lapins s’y dorent dans l’huile ou que les rognons y o sautent » dans le beurre! La caisse en tôle à double paroi de ce fourneau abrite, dans son intérieur, trois plaques coup-de-feu constituées par des éléments en fils métalliques (nickel-chrome) de grosse section, qui sont enroulés autour de tubes de quartz.
- Au-dessus de chacun de ces trois groupes de résistances électriques, règne une grille à barreaux sur laquelle se posent les casseroles. La puissance totale du communard est de 45 kilowatts et on peut porter rapidement ses plaques coup-de-feu jusqu’à environ 700°. Mais on modère, à volonté,
- poli formant réflecteur garnissent le fond de toutes les cases, qu’on porte assez rapidement à la température de 450° environ. Sur le devant de la rôtissoire, des portes à contrepoids se rabattent, une fois les bêtes embrochées, de façon à diminuer les pertes de chaleur.
- D’autre part, un petit moteur électrique, placé au-dessus de l’appareil, commande les broches par l’intermédiaire de chaînes de bicyclettes et leur donne le mouvement de rotation convenable.
- Des godets, fixés sur le cadre du tourne-broche, ramassent le jus qui s’échappe au cours de la cuisson et qui, après avoir arrosé l’animal d’une façon automatique, vient tomber, petit à petit, dans des lèche-frites mobiles placées sous les broches.
- La puissance totale de la rôtissoire, tous étages
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- Fig. 3. — Saucier-entremetier.
- Composé de 2 fourneaux et de 2 fours à 3 étages accolés verticalement.
- allumés, est de 50 kilowalls et il existe deux régimes de chauffe par case.
- La grillade électrique (fig. 2) avoisine la rôtissoire; elle comporte 3 séries de deux grils verticaux superposés d’une puissance totale de 20 kilowatts.
- Un gril à poissons de 10 kilowatts, placé en conlre-has et à droite des précédents, la complète. Ses jeux de résistance sont semblables à ceux du communard, mais une plaque de fonte striée et inclinée les recouvre. Le cuisinier met la viande dans des sortes de pinces formées de deux branches grillagées qui la maintiennent, puis il la glisse entre les deux rangées verticales des résistances électriques de chaque compartiment. Des tiroirs recueillent le jus qui s’écoule.
- Quant aux poissons, on les dispose sur un gril horizontal similaire.
- Six interrupteurs Gardy à commutateur indépendant commandent chaque compartiment de la grillade.
- Le saucier-entremetier (fig. 3) est l’appareil le plus important de la nouvelle installation, au point de vue de sa puissance qui [peut atteindre 72 kilowatts au total. Il se compose de 2 fourneaux et de 2 fours à trois étages accolés verticalement.
- Chacun des premiers comporte une plaque coup-de-feu à 2 allurés et une bassine pour les courts-bouillons.
- Quant aux seconds, chauffés à la fois par le haut et le bas, les résistances de leurs plafonds sont semblables aux parties correspon-
- dantes de la rôtisserie, mais le courant porte simplement au rouge sombre les éléments de leurs soles, isolés au mica et collés à la face inférieure de chacune de celles-ci de façon à permettre la transmission totale de la chaleur.
- La caisse calorifugée du poissonnier-rôtisseur (fig. -4) a 3 ouvertures dans lesquelles se trouvent encastrées des bassines à friture. Des résistances environnent le fond de chacune de celles-ci qu’elles’échauf-fent plus ou moins, car il y a deux régimes électriques par récipient. Entre le saucier-entremetier et l’appareil précédent, on a installé 2 marmites chauffées électriquement (une de 100 litres et l’autre de 50 litres) qui permettent de faire des consommés ou de blanchir des légumes.
- Enfin du four à pâtisserie système liipoche (fig. 5) sortent, cuits d’œil et d’une façon très économique,
- en un cJm d’excellents gâteaux.
- Il comprend deux chambres superposées complètement indépendantes l’une de l’autre par suite du revêtement calorifuge pulvérulent qui les isole parfaitement.
- Chacune d’elles a une puissance maxima de 5 kilowatts et à la partie inférieure de la seconde en a ménagé une petite étuve indépendante de 0 kw 5. Les éléments chauffants sont constitués par des blocs parallélépipédiques interchangeables montés côte à côte et dont la longueur égale la profondeur du four. Le courant arrive à des boîtes de connexion disposées sur la façade et une partie
- Fig. 4. —Poissonnier-rôtisseur.
- Il a 3 ouvertures dans lesquelles se trouvent encastrées des bassines à friture.
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- démontable de celle-ci permet l’accès aux divers organes électriques.
- Il existe, d’autre part, trois régimes de marche pour chaque chambre de cuisson : la chauffe maxima (5 kilowatts), les deux tiers et le tiers de la puissance.
- Différents interrupteurs, montés sur le tableau de distribution, facilitent la manœuvre, contrôlée par des lampes témoins et un galvano-pyro-mètre qui, à chaque instant, indiquent au pâtissier les températures respectives des deux compartiments.
- Grâce à un isolement très bien compris, le four Ripoche conserve très longtemps sa température et au moyen d’un simple réchauffage journalier d’une heure environ atteint les 250 à 500° nécessaires pour cuire rapidement les pâtisseries.
- D’ailleurs, les autres appareils de la cuisine électrique permettent d’utiliser, de même, le chauffage aux heures où la C.P.D.E. accorde des tarifs spéciaux réduits de près de moitié, c’est-à-dire en dehors des moments de pointe (11 h. 1/2 à 5 h ) ou pendant la nuit (19 h. 50 à 7 h. du matin).
- Aussi les dépenses ne sont-elles pas plus élevées avec l’électricité qu’avec la houille. On pense bien, du reste, que ce n’est pas par simple goût de l’élégance que l’on a substitué à l’antique mode de cuisson un système plus moderne, mais en apparence plus coûteux. Au restaurant Garnier, où aux jours d’affluence on sert jusqu’à 400 déjeuners et autant de dîners quotidiens, il fallait allumer les fourneaux de 6 heures du matin jusqu’au soir.
- On brûlait alors vingt tonnes de charbon par mois alors qu’actuellement on tourne les commutateurs juste au moment de l’utilisation des appareils élec-
- Hg. 6.
- Armoire frigorifique Singrün où séjournent les victuailles en attendant la cuisson.
- Fig. 5. — Four à pâtisseries système Ripoche.
- triques et la consommation journalière ne dépasse guère 700 kilowatts, chiffre qui s’abaissera encore quand les cuisiniers seront plus familiarisés avec leurs nouveaux instruments de travail.
- Enfin, ces fourneaux dégagent pratiquement si peu de chaleur par leurs parois extérieures qu’on a installé à côté cl’eux une annote frigorifique Singrün (fig. 6) où séjournent les victuailles en attendant leur utilisation.
- Aussi la température au plafond de cette véri-: table usine électrique est inférieure de 20 degrés ' à celle qui régnait dans la même salle lorsque les ; Vatelsde la rue de l’Isly se servaient des cuisinières : ordinaires.
- En outre, ils ne ratent pas plus maintenant leurs sauces crevettes que leurs homards à l’américaine, leurs poulets Marengo que leurs vol-au-vent ou leurs soles à la Marguery, parce que chaque plat est cuit mathématiquement, dans les < conditions voulues, avec le minimum de peine, de ; temps et de dépense.
- En conséquence, propriétaire du restaurant, personnel et clientèle s’accordent pour cébébrer les mérites de cette originale cuisine électrique.
- Jacqdes Poyer.
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- NERFS EXCITATEURS, NERFS MODÉRATEURS ET L’ÉQUILIBRE ORGANIQUE
- Le public qui s’intéresse aux questions biologiques a souvent l’occasion de lire des travaux où il est question d’équilibre organique et de tendance à la vagotonie ou à la sympathicotonie. Que faut-il entendre, au juste, par ces expressions encore mystérieuses, assez récemment entrées dans le vocabulaire médical?
- En cherchant à répondre à cette question, quelque peu complexe, nous verrons se développer, sous nos yeux, un vaste panorama de faits dont l’ensemble constitue assurément un des beaux spectacles que nous offre la biologie d’aujourd’hui.
- Rappelons que c’est le physiologiste anglais Langley qui doit être considéré, dans une grande mesure, comme l’initiateur de ces conceptions et — ce qui est d’importance — de la terminologie la plus usitée. Mais, tandis que ce savant auteur se cantonnait dans le domaine de la physiologie pure, ses successeurs et surtout Eppinger et de Hess, II.-H. Meyer, Laignel-Lavas-tine, etc., ont cherché à généraliser les acquisitions des laboratoires pour les étendre aux conceptions médicales ou thérapeutiques.
- On savait déjà depuis longtemps que certains organes parmi ceux qui ne sont pas soumis à l’action de la volonté sont innervés par deux systèmes de nerfs aux fonctions opposées. On connaissait pour le cœur un nerf modérateur et un nerf accélérateur. Mais cet antagonisme restait lié à quelques cas particuliers et rien ne permettait de généraliser ces notions dont on ne comprenait par conséquent pas la profonde signification biologique.
- Langley s’est alors rendu compte que le nerf accélérateur présente à l’égard de la nicotine des propriétés tellement particulières qu’elles le caractérisent partout comme on caractérise un sel minéral dans toute solution à l’aide d’un réactif approprié. Il a ainsi trouvé le fil conducteur au milieu d’un ensemble extrêmement complexe de faits. Il a pu montrer que cet antagonisme est très général, que tout viscère et tout organe est innervé par deux systèmes de nerfs dont l’un excite et l’autre inhibe, dont l’un exagère et l’autre ralentit le fonctionnement. L’un de ces systèmes est le sympathique ou grand sympathique et dépend de la chaîne de ganglions nerveux qui s’étalent de part et d’autre de la colonne vérlébrale, l’autre est le para-sympathique ou vague dont nous n’exposerons pas les subdivisions fort compliquées.
- Les effets respectifs de chacun de ces deux systèmes sont, d’une manière constante, exactement antagonistes l’un de l’autre. Prenons un exemple : le vague contracte et rétrécit la pupille, tandis que le sympathique, au contraire., la dilate. Dans ce cas spécial ces deux nerfs n’agissent pas sur les mêmes fibresmusculaires.be vague contracte des fibres circulaires qui ferment ce véritable diaphragme que constitue l’iris; le sympathique, au contraire, contracte des fibres radiaires qui tendent à agrandir l’ouverture. Ailleurs, le vague et le sympathique agissent, nous verrons par quel mécanisme, sur la même cellule.
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- * *
- Excité par un courant électrique ou par une drogue appropriée, le vague augmente la plupart des sécrétions : celle des larmes, de la salive qui sous son influence devient claire et abondante, du suc gastrique et de la bile. Il ralentit les battements du cœur et diminue la pression sanguine; il détermine certains phénomènes
- spasmodiques spéciaux" tels que les nausées, les vomissements, la constipation; il rétrécit la pupille, diminue la pression intra-oculaire et la fente palpébrale; il fait voir les choses plus petites qu’elles ne sont (micropie par opposition à la macropie) ; il diminue la température du corps et les combustions internes en facilitant la constitution de réserves de graisses ou de glycogène.
- L’excitation du sympathique a des effets exactement opposés qu’il est par conséquent inutile d’énumérer. Notons seulement que, sous son influence, il est sécrété une petite quantité de salive visqueuse, très différente de la salive parasympathique claire et abondante.
- Au sujet de la sueur, on n’est pas encore arrivé à quelque chose de précis. Certaines bonnes raisons font ranger la transpiration parmi les phénomènes vagoto-niques et d’autres raisons, non moins bonnes, font mettre ce phénomène sous la dépendance du sympathique. Remarquons d’ailleurs que nous connaissons encore mal les conditions dans lesquelles se produit cette sueur froide, visqueuse et peu abondante qui est bien connue, mais que nous ne savons très bien définir ni très bien classer au point de vue physiologique.
- De même, nous sommes assez mal renseignés sur les effets respectifs des deux systèmes sur l’intestin. Cela tient à ce que, entre leurs terminaisons dans les parois intestinales, vient s’intercaler un autre appareil nerveux très complexe (plexus d’Auerbach et de Meissner) qui modifie le résultat final de l’excitation du vague et de celle du sympathique.
- Nous voyons donc que de l’équilibre de ces deux systèmes, résulte une harmonie où un équilibre organique qui peut être détruit quand le sympathique ou le vague prend la suprématie, comme cela se produit sous l’influence de certaines drogues dont nous allons donner quelques exemples.
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- * *
- Ce qu’il y a de plus remarquable dans cet antagonisme, déjà si intéressant, c’est que chacun des deux systèmes est pourvu de propriétés chimiques spéciales et très caractéristiques qui les rendent sensibles à certains médicaments et non à d’autres. A vrai dire, ce ne sont pas toujours les terminaisons nerveuses proprement dites qui réagissent ainsi, mais ce que Langley désigne sous le nom de substances réceptives qui n’est pas autre chose que le protoplasma cellulaire modifié dans sa constitution intime par les excitations nerveuses qu’il reçoit dans la région où il avoisine immédiatement la terminaison nerveuse elle-même.
- Sans vouloir faire une étude pharmacologique de cette question, ce qui exigerait des pages entières, rappelons seulement que l’une des plus intéressantes de ces substances à action élective est l’atropine, alcaloïde extrait de la belladone, qui dilate la pupille, accélère les battements du cœur, diminue la sécrétion salivaire, bref paralyse le vague et donne la suprématie au sympathique. Agissent comme l’atropine : la scopolamine, la toxine du botulisme, etc. Une autre substance, la pilocarpine, extraite du jaborandi, excite le vague, rétrécit la pupille, augmente les sécrétions salivaire et sudorale, ralentit les battements du cœur, etc. ; agit en outre comme la pilocarpine : la jnuscarine, l’ésérine, la choline.
- Sur le sympathique nous pouvons agir puissamment avec l’adrénaline qui est extraite de la partie centrale des glandes surrénales et qui excite le sympathique d’une
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- NERFS EXCITATEURS, NERFS MODÉRATEURS ET ÉQUILIBRE ORGANIQUE 365
- manière très complète. La plupart des antipyrétiques utilisés en médecine tels que la quinine (Clerc et Pezzi) et certains dérivés de l’aniline et du phénol et l'atophane peuvent être considérés comme paralysant le sympathique, au moins dans une certaine partie de son vaste domaine.
- On peut déduire de ces faits que deux drogues dont l’une paralyse le vague et l’autre excite le sympathique auront des effets très analogues. C’est ce qui se vérifie pour l’atropine (paralysant du vague) et pour l’adrénaline (excitateur du sympathique).
- Ce parallélisme d’action est moins net pour la pilocar-pine (excitateur du vague) et pour les antipyrétiques (paralysant du sympathique), mais elle existe cependant. *
- * *
- En passant en revue ces substances aux propriétés si* remarquables, nous en avons vu qui sont extraites de l’organisme. C’est qu’en effet, le sympathique, d’une part, et le vague, d’autre part, s’ils agissent directement sur les cellules, agissent aussi indirectement sur l’ensemble de l’organisme en activant le fonctionnement de certaines glandes qui, sous leur influence, déversent dans les humeurs de l’organisme des substances à action puissante telles que, par exemple, la choline et l’adrénaline.
- L’excitation du sympathique a pour effet d’exciter la glande thyroïde, la moelle des surrénales et l’hypophyse (lobe antérieur). Nous comprenons ainsi que la caractéristique générale des effets physiologiques déclanchés par le sympathique est d’augmenter les dépenses, de faire largement ouvrir les yeux, d’accélérer le cœur de manière à pourvoir largement de sang tous les muscles, d’envoyer dans la circulation une forte proportion de ce glucose nécessaire aux combustions organiques intenses comme aux contractions musculaires puissantes, bref de préparer à la lutte, à la défense ou à, l’attaque. Le sympathique est, par conséquent, l’organe par où s’expriment les émotions (battements de cœur, rougeur du visage, salive épaisse, etc.).
- Au contraire avec le pancréas et l’insuline, les parathyroïdes et la choline fabriquée par l’intestin et par l’écorce des surrénales, le système vague pourvoit aux exigences immédiates de la vie. Il a sous sa dépendance les fonctions organiques qui tendent à emmagasiner des réserves par diminution des combustions. C’est lui, en particulier, qui empêche le glucose d’être mis trop vite à la disposition des cellules qui le consomment.
- *
- * *
- Il faut encore noter un point, c’est que les physiologistes ont pu, avec un très grand degré de vraisemblance, mettre en évidence le moyen par lequel le vague et le sympathique agissent sur les cellules. Ce moyen est représenté par les sels minéraux ou plus exactement par les électrolytes. Suivant que l’un ou l’autre de ces systèmes est excité il se fait à l’intérieur des cellules un déplacement des ions : les uns devenant actifs par rapport à la membrane cellulaire, et les autres devenant inactifs. On voit ainsi comment le vague peut rendre plus faciles et le sympathique "plus difficiles les transsudations entre les cellules, c’est-à-dire, la formation des œdèmes et des urticaires.
- Les ions qui entrent en action dans ces phénomènes sont, quand le vague est excité, le potassium et en seconde ligne le sodium. Inversement, pour le sympathique, ce sont le calcium en première ligne et ensuite le magnésium. Le calcium et le potassium d’une part, le magnésium et le sodium d’autre part sont antagonistes. Comme l’a montré Krauss, cet antagonisme est
- parallèle à celui des bases (OH) qui agissent comme le calcium et des acides (H) qui agissent comme le potassium. *
- # £
- Dans beaucoup d’états pathologiques on remarque que l’un ou l’autre des deux systèmes possède un tonus anormalement élevé et on parle alors de sympathicotonie ou de vagotonie. Le nombre des états pathologiques qu’on peut plus ou moins faire rentrer sous ces deux dénominations opposées est trop grand pour qu’on puisse les passer en revue au cours de celte brève étude.
- Disons seulement que l’expression de vagotonie est assez utilisée et qu’elle désigne un état plus Ou moins voisin de ce que les anciens cliniciens désignaient sous le nom d’arthritisme avec ralentissement des échanges, lenteur du pouls, tendance aux syncopes particulièrement lorsqu’on appuie sur les deux yeux (réflexe oculo-cardiaque). Mais il existe beaucoup d’autres états qui sont caractérisés par un ralentissement de la nutrition, telles sont, par exemple, la maladie d’Àddison avec destruction plus ou moins complète des surrénales et par suite, disparition de l’adrénaline circulante. Tel est encore le myxœdème qui survient lorsque la glande thyroïde ne fonctionne plus et qui constitue lui aussi un état de vagotonie indiscutable. Notons d’ailleurs, qu’un certain nombre d’états d’obésité peuvent être également considérés comme une vagotonie par insuffisance de combustion et sont dus soit à une lésion delà thyroïde, soit à une lésion de l’hypophyse. L’asthme, certaines urticaires, le choc anaphylactique sont aussi des phénomènes vagotoniques.
- Parmi les sympathicotonies on doit ranger toutes les maladies fébriles dans lesquelles l’aceélération des combustions, les yeux brillants sont si évidents. La maladie de Basedow qui est caractérisée — disons simplement, sans vouloir entrer dans les discussions qui ont eu lieu sur son sujet — par une exagération des fonctions de la thyroïde avec augmentation du métabolisme, accélération du cœur ainsi que par des symptômes oculaires très intéressants, comporte elle aussi un excès de tonus du sympathique. On doit aussi ranger dans ce groupe les troubles de la circulation : asphyxie locale des extrémités, angine de poitrine, exagération de la tension artérielle et peut-être l’artériosclérose, affections qu’on cherche actuellement à traiter avec des résultats intéressants quoique souvent peu durables en détruisant le plexus sympathique qui suit les artères malades ou certains ganglions sympathiques (opération de Leriche, de Brünning, etc.).
- Pratiquement, ces idées nouvelles ont apporté surtout de la clarté. Elles ont permis de mieux classer des symptômes et de mieux utiliser certains médicaments. Il faut reconnaître, d’ailleurs, qu’au cours de cet exposé nous avons passé sous silence la plupart des difficultés souvent graves que soulèvent ces notions. Il n’en est pas moins vrai que dans leur ensemble elles constituent une splendide acquisition et un cadre où nous pouvons aujourd’hui ordonner des faits innombrables qui ne représentaient pour nous, naguère, qu’un amas confus et incompréhensible où l’esprit se perdait complètement j1).
- Dr P.-E. Morhardt.
- 1. Il n’existe guère d’ouvrages de vulgarisation sur cet ample sujet. Mais on pourra trouver une documentation plus abondante et des références bibliographiques dans : Langley. The autonomie Nervous Systems. W. 'Heffer et Sons Ld, Cambridge, 1921. Laignel-Lavastine : La Pathologie du sympathique. Alcan. Paris, 1924. Muller : Das végétative Nerven System. Springer, Berlin, 1920. Meyer und Gottheb : Die experimentelle Phàrmakologie. Urban et Schwarzen-berg, Berlin, 1920.
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- PLUS ON SE RAPPROCHE DU SOLEIL PLUS L’AIR EST FROID
- Cette proposition d’apparence paradoxale est connue aussi bien des aviateurs que des alpinistes cl les amoureux de la montagne peuvent la vérifier pendant leurs courses de vacances. L’explicaiion de ce phénomène est beaucoup moins simple qu’on pourrait le penser à première vue. L’atmosphère est si diathermane qu’environ 50 pour 100 de la radiation reçue du soleil — c’est-à-dire la moitié de la portion absorbée et non réfléchie — chauffe directement la surface de la Terre. Par suite, c’est cette surface, où l’absorption de l’énergie est concentrée, et non l’almosphère, à travers laquelle l’absorption est diffusée, qui est le plus fortement chauffée par insolation. Mais en revanche, l’air est réchauffé partiellement par contact et partiellement parles radiations calorifiques de grande longueur d’ondes émises par la surface de la Terre, Pt pour lesquelles il est très absorbant.
- D’autre part les basses régions de l’atmosphère (en dessous de lü km) émettent plus de radiations qu’elles
- n’en absorbent — la différence étant fournie par conduction."
- Ge sont ces deux phénomènes : échauffement superficiel (chauffage inférieur) et perte de radiation (refroidissement supérieur) qui déterminent la circulation verticale de l’almosphère.
- Mais le coefficient d’ahsorplion de l’air varie peu avec la température, tandis que son pouvoir émissif diminue rapidement quand la température décroît; il s’ensuit qu’à une certaine altitude (10 à 12 km) où règne une certaine température (— 55° environ) il y aura égalité entre l’émission et l’absorption de chaleur par l’air et c’est là l’explication de l’existence de la stratosphère ou couche isotherme enveloppant la terre.
- En résumé, l’air se refroidit lorsqu’on s’élève parce qu’il est transparent aux radiations solaires et parce que aux températures ordinaires, il rayonne plus qu’il n’absorbe. II. Vigneron,
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d'octobre et de novembre 1924.
- L'utilisation de l’azole minéral par les microsipho-nées du sol. — Une série de cultures faites sur le carbonate et le sulfate d’ammonium, le nitrite et le nitrate de potasse ont amené M. Guillonneau à voir qu’en présence d’aliments carbonés ternaires, ces organismes peuvent assimiler l’azote normal et-il semble qu’ils marquent une préférence pour l’azote ammoniacal.
- La différenciation des perles fines et des perles de culture. — L’application des méthodes de l’analyse cristalline, basée sur l’examen photographique des figures de Laue où des anneaux de diffraction, produits par des rayons X monochromatiques, a fourni à M. Dauvilher une méthode sûre et qui ne nécessite pas la mutilation des perles, comme le procédé jusqu’ici préconisé qui exige le sectionnement du joyau, pour établir la structure des coupes ainsi pratiquées.
- La nidification et les métamorphoses de quelques Saturniens. — Parmi ces papillons nocturnes, les Ilémi-leueides sont de beaucoup les représentants les plus nombreux ; ils n’en sont pas moins connus que sous la forme adulte. Grâce à M. Mayeul Grisol, le professeur Bouvier a pu étudier certains spécimens qui lui ont
- montré que la tribu des Hémileucides renferme quelques espèces grégaires et à bourses, l’une d’elles se caractérisant par un dimorphisme sexuel très prononcé.
- La géologie des environs de Camarasa. — Sur la Noguera, un barrage haut de 90 m. détermine un bassin de retenue d’une longueur de 25 km. Ce réservoir subit deq pertes, grâce aux régions absorbantes dont l’étude a demandé à MM. Maurice Lugeon et Nicolas Oulianoff, un examen du pays, du point de vue de la tectonique. Les résultats obtenus confirment l’existence de plis sédi-mentaires déversés au sud qui permettraient de considérer topt l’édifice pyrénéen comme une conslruction d’allure dinarique, manquant au Nord d’une masse à écraser pomme celle qui forme les Alpes occidentales.
- L'influence de l’urée. — Les expériences de M. Ch. Brioux indiquent que celte diamide, employée comme engrais, agit sur la réaction du sol comme le ferait un alcali, dès qu’elle fournit le carbonate CO3 (AzH4)2, mais au fur et q mesure que ce dernier donne naissance aux acides azoteux pt.azotique, l’action devient acidifiante, par suite de la libération du gaz carbonique.
- 1 Paul B.
- «•Si»
- UN NAVIRE PARADOXAL MÛ PAR LE VENT
- Ce navire récemment lancé à Kiel fait sensation dans le public allemand.
- Un Francfortois, l’ingénieur Anton Flettner, inventeur déjà connu par un système nouveau de gouvernail, vient de réaliser et mettre en pratique un dispositif qui permet d’employer dans des conditions réellement surprenantes la force du vent.
- M. Flettner, directeur de l’Institut néerlandais /
- de l’Aéro et de l’Hydrodynamique à Amsterdam, vient de faire construire dans les ateliers de Kiel un bateau, le Bqckau, qui emploie comme source d’énergie surtout le vent.
- Au lieu des antiques voiles, le Buckau porte deux cylindres métalliques de 15 m. 60 de hauteur et de 2 m. 80 de diamètre. Ces cylindres, entraînés chacun par un moteur électrique de 10 à 15 thev.,
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- UN NAVIRE PARADOXAL MÛ PAR LE VENT
- tournent autour de leur axe à raison de 120 tours à la minute et possèdent une force propulsive 10 fois plus grande que des voiles de même surface.
- La Ilambourg-America Linie et les usines Friedrich Krupp-Germania se sont intéressés à la nouvelle invention et la Ilambourg-America Linie projette l’adaptation du dispositif de Flettner sur ses bateaux. L’ingénieur Flettner explique lui-même comme suit l’origine et l’évolution de son invention :
- Flettner s’est préoccupé depuis des années de la recherche d'un dispositif qui pourrait utiliser la force du vent comme moyen propulsif. 11 a consacré toute sa fortune privée à des expériences multiples dont les premiers résultats furent tellement incroyables qu’il a fallu beaucoup de temps et de peine pour persuader les spécialistes de la valeur réelle de l’invention. La construction et le lancement du Buckau ont prouvé que le nouveau dispositif est efficace et que, bien plus, adapté même sur les grands transatlantiques comme dispositif de secours et d’aide supplémentaire, il assurerait à ces bateaux une économie de 90 pour 100 du charbon employé jusqu ici. Les conséquences de celte invention, en admettant que les résultats confirment les espérances de l’inventeur, sont faciles a estimer : le prix du fret et le coût du passage pour les voyageurs pourra s’abaisser de 50 pour 100. Le coût de la construction des bateaux, d’après le système Flettner, ne dépassera pas le prix des bateaux actuels.
- D’après les calculs de Flettner, ses cylindres aéromoteurs exigent uniquement 2 pour 100 de force artificielle, le reste sera donné par le vent. Les grands transatlantiques pourraient ainsi économiser 10000 à 20000 chev. vap. én employant le « charbon bleu », le vent.
- Avec un bon vent, la vitesse des bateaux dépasse la vitesse des bateaux marchands ordinaires. La manœuvre du changement de direction se fait rapidement, sans aucun arrêt et l’expérience faite avec le Buckau a prouvé que le bateau avançait sous le vent et contre le vent avec la même rapidité.
- La rotation des cylindres est obtenue par un procédé des plus simples : les cylindres se meuvent sur un pivot actionné par un éleclro-moteur. Il ne faut plus, comme dans les grands bateaux à voiles, une centaine d’hommes pour la manœuvre, souvent pleine de périls par gros vents.
- Un seul homme de la cabine de direction met, grâce à des commutateurs, les cylindres en mouvement, arrête ou ralentit leur rotation. Tandis que dans les bateaux à voiles les changements exigent parfois des heures de travail, ici quelques secondes suffisent pour imprimer aux cylindres l’activité voulue.
- Flettner expose enfin que le principe de son invention peut s’adapter à différents autres domaines de la technique moderne.
- Tout d’abord, comme source de production de
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- l’électricité, son dispositif peut rendre de grands Services. La ville de Berlin projette la construction d’un transformateur aéro-dynamique de ce système qui permettrait de baisser sensiblement le prix de vente du courant électrique.
- On prévoit l’adaptation du système Flettner aux automobiles et surtout aux avions.
- La Société Zeppelin et la Good Yeirs Zeppelin Company de New-York sont entrées en pourparlers avec Flettner pour l'adoption de son invention. Celle-ci permettra de rendre les zeppelins encore plus stables et de leur donner une nouvelle ligne, plus ovoïde, qui les rende plus résistants à la pression des vents. G. de D.
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- Aux renseignements précédents un peu sommaires qui nous sont envojés par un correspondant de Berlin, nous croyons utile d’ajoutér les détails qui suivent.
- Tout d’abord, il est utile d’insister sur le principe du fonctionnement des rotors Flettner. Celui-ci repose sur le phénomène suivant observé déjà par Magnus, au milieu du siècle dernier, et par tous les artilleurs, à partir du moment où ont été mis en service les canons rayés lançant des projectiles animés d’un mouvement de rotation rapide.
- Quand un cylindre vertical, non animé d’un mouvement de rotation, est soumis à l’action d’un vent horizontal, le cylindre est soumis à une pression résultante parallèle à la direction du vent et rencontrant l’axe du cylindre.
- Si le cylindre est animé d’un mouvement de rotation, les filets d’air qui viennent frapper sa surface sont en partie entraînés suivant le mouvement de celle-ci. Une dissymétrie est créée.
- On peut se rendre compte de son effet par le raisonnement suivant : supposons d'abord l’air immobile et le cylindre animé d’un mouvement de rotation uniforme ; il tend à entraîner dans -ce mouvement l’air qui le baigne ; on peut montrer qu’une particule d’air siluée à une distance r du centre du
- cylindre prendra de ce fait une vitesse a étant
- le rayon du cylindre et v sa vitesse tangentielle.
- S’il souffle un vent de direction constante, celui-ci imprimera à son tour à chaque particule d’air une vitesse de direction constante qui se composera avec celle qui lui est imprimée parla rotation du cylindre. Celui-ci tourne, par exemple, dans le sens des aiguilles d’une montre ; on voit aisément que si l’on trace le plan diamétral parallèle au vent, tous les points situés à gauche du plan ont leur vitesse diminuée, du fait de la vitesse due à l’entraînement par le cylindre ; sur chaque cercle concentrique au cylindre, il y a même un point où elle s’annule; par contre tous les points à droite de celui-ci ont leur vitesse augmentée.
- C’est un principe d’hydrodynamique bien connu,
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- UN NAVIRE PARADOXAL MU PAR LE VENT
- que dans un fluide en mouvement la pression diminue là où la vitesse augmente, et inversement. Le cylindre est donc soumis à une pression plus forte .sur sa partie gauche et à une dépression sur sa partie droite. On voit que, de ce fait, la pression totale du vent sur le cylindre a une composante dirigée normalement à la direction du vent et de gauohe à droite. Ainsi, en définitive, la pression résultante n’est plus parallèle au vent, mais oblique sur celui-ci, et cette obliquité dépend de la vitesse
- de rotation du cylindre. C’est pourquoi, sur le
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- 488 kilogr. environ. Il est aisé de voir que cet effort est bien supérieur à celui qui s’exercerait sur une surface plane immobile, normale au vent, et de superficie égale à celle du cylindre développé.
- Le journal le Lloyd Français donne les renseignements suivants sur les résultats constatés lors des premières sorties du Buckau :
- « Avec un vent de force de 4 à 5, le navire a filé en moyenne 8 nœuds 2.
- On peut faire route au plus près à deux quarts du vent (ce qui est remarquable, les fines goélettes
- Fig. i. — Le Buckau, bateau à vent muni des deux rotors du système Flettner.
- Buckau, on peut en partie gouverner le bateau en agissant sur la vitesse de rotation des cylindres.
- Les théories aérodynamiques connues sous le nom de Lanchester-Prandtl, très en faveur aujourd’hui dans les milieux aéronauliques, permettent de calculer la pression du vent sur un cylindre tournant. La force totale s’exprime par la formule très simple 2 fl co S. II. Y; où d désigne la densité de l’air, S la surface de la section droite du cylindre, H sa hauteur, co sa vitesse angulaire, V la vitesse du vent, toutes ces grandeurs exprimées, bien entendu, dans un système d’unités cohérent. Notre confrère Engineering a fait ce calcul : pour un rotor de 12 m. de haut, 2 m. 50 de diamètre, faisant 1 tour par seconde, et pour un vent de 5 mètres à la seconde, on trouve que l’effort exercé sur le cylindre est de
- ne serrant guère plus de cinq quarts et demi au grand maximum).
- On peut faire route vent arrière, en faisant tourner les deux rotors en sens inverse.
- La puissance des moteurs des rotors est faible, car il n’y a à vaincre que les frottements du pivot. La manœuvre électrique est très souple et ne demande qu’un seul homme aux manettes.
- En faisant varier convenablement la vitesse et le sens de rotation, on vire de bord plus vite qu’avec un voilier et sans cesser de faire route.
- Le navire prend peu de bande dans les grains.
- La stabilité est plus grande que lorsque le navire avait son gréement en trois-mâts. »
- A. T.
- Le Gérant ; P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9. rue de Fleuras, à Paris.
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- LA NATURE — N° 2645
- 13 DÉCEMBRE 1924
- LES PORTE-AMARRES
- Les navires d’un certain tonnage sont tous munis de moyens de sauvetage. Ceux-ci consistent en moyens collectifs ou individuels.
- On peut ranger dans la première catégorie les embarcations qui sont généralement pourvues de dispositifs permettant leur mise à l’eau rapide. On peut voir ces installations sur les paquebots par exemple, qui ont à compter avec beaucoup de passagers peu entraînés aux choses de la mer.
- Il est bien évident qu’un bâtiment de guerre, astreint à des nécessités militaires qui gênent le champ livré aux embarcations, ne peut être outillé comme un grand « liner » au point de vue embarcations.
- Pendant la guerre, où les risques de naufrage étaient singulièrement accrus, on avait disposé une grande quantité de radeaux pouvant porter chacun une dizaine d’hommes. Leur mise à l’eau était très facile et on pouvait compter sur eux dans toutes les situations : bâtiment ayant de la bande ou bâtiment droit.
- Dans la deuxième catégorie, se rangent les bouées et les ceintures de sauvetage.
- A bord des navires de moindre importance, les moyens sont généralement plus réduits. On constate assez souvent que si une grosse barque de pêche possède un petit canot nécessaire à l’exercice de son métier, elle est totalement dépourvue de bouées ou de ceintures de sauvetage.
- A bord des grands bâtiments, on prévoit en outre un canon porte-amarre. C’est généralement une pièce de 65 mm, montée sur roues comportant comme projectile une sorte de cylindre à croisillon que l’on introduit dans la bouche et que l’on nomme généralement la flèche porte-amarre.
- A celte flèche est en effet fixée, par un amarrage spécial, une ligne qui est convenablement enroulée.
- A l’aide d’une gargousse de poudre spéciale, on chasse ce projectile d’un nouveau genre qui entraîne
- Fig. 2. — Essai du fusil à bord d'un canot à vapeur.
- Fig. i. — Fusil-canon porte-amarre moitié sur.pivot.
- avec lui la ligne. On peut ainsi l'envoyer par-dessus un bâtiment en détresse pour permettre à l’équipage de saisir la ligne lorsqu’elle tombe à la surface de la mer.
- Muni de ce moyen précaire de communications, on peut envoyer à bord une amarre plus grosse qu’on attache à un point solide situé soit à terre, soit à bord du bâtiment sauveteur. En fixant une poulie dans laquelle on passe un nouveau filin sans fin, on peut faire voyager une « bouée-culotte » dans laquelle un naufragé peut prendre place.
- Il s’ensuit, qu’à l’aide de ce « va-et-vient », on sauve par la voie des airs tous ceux qui se trouvent en détresse.
- Jusqu’ici, les canons employés étaient assez anciens comme modèle. On conçoit fort bien qu’il soit inutile d’avoir, pour cet usage, une pièce à tir rapide. La charge de poudre doit être suffisante pour atteindre une portée de 100 m. environ. Si elle est trop forte, il s’ensuit une rupture inévitable de la ligne porte-amarre, ce .qui n’est pas précisément le résultat que l’on cherche.
- Nos amis les Anglais, qui sont marins par atavisme, ont développé leurs moyens d’action en ce qui concerne le sauvetage des navires en perdition.
- Tout récemment, la B. S. A. Guns Ltd. de Birmingham a mis au point un fusil et un canon porte-amarre — qui paraissent être très supérieurs à tout ce qu’on fait actuellement.
- Le fusil a en particulier d’incontestables avantages, qui permettent de l’employer, par exemple, pour lancer une ligne porte-amarres sur une jetée.
- Il est en effet très utile, lorsqu’on s’amarre, d’avoir un dispositif permettant d’élonger rapidement un filin de tenue sans le secours d’une embarcation qu’on est obligé d’amener. Le personnel a parfois mieux à faire que de manœuvrer un canot ou un youyou.
- SS* Armé*
- 2* S*m»ïti«.
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- LES PORTE-AMARRES
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- Le faible prix de revient de la cartouche du fusil B. S. A. permet de répéter souvent cette opération. Le chargement et le lancement sont très rapides.
- Ils ne nécessitent aucune connaissance particulière.
- Le récipient contenant la ligne qui est de forme cylindrique est simplement enfilé au dernier moment sur le canon du fusil où il est fixé par un verrou.
- On place alors le projectile dans le canon et l’extrémité de la ligne qui déborde du cylindre est attachée par un dispositif particulier à l’enveloppe du projectile,
- Description du fusil B. S. A. — Ce type de
- À l’arrivée du projectile, la ligne est tendue et pourrait également se rompre; le ressort l’en empêche.
- Il y a deux disques de fermeture 7 et 14.
- La ligne est disposée, à l’intérieur, en pelote et après être sortie du cylindre, elle se fixe par une cosse et une maille d’attache 1 à une patte 12' qui passe dans deux trous a et b pratiqués dans le projectile que l’on introduit par la bouche du canon.
- La pelote est évidemment enroulée d’une manière spéciale pour se dérouler rapidement.
- Sa partie centrale est occupée par un cylindre en carton 12 qui en forme l’âme. On voit aisément le
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- Extrémité de i du projectile
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- Fig. 3. — Coupe du jusil B. S. A.
- 1. Maille d’attache de la ligne. 10. Rondelle. 18. Fil à plomb.
- 2. Attache du cylindre de carton. 11. Ligne en pelote. 19. Plomb.
- 3. Nez du projectile. 11'. Ligne. 20. Hausse.
- 4. Écrou du nez du projectile. 12. Cylindre central en carton. 21. Ressort de retenue.
- 5. Enveloppe du projectile. 12'. Tige d’attache au projectile. 22. Écrou de retenue du ressort.
- 6. Tige du projectile. 13. Cylindre renfermant la ligne. 23. Plaquette du fusil.
- 7. Disque-couvercle du cylindre ren- 14. Disque de fond du cylindre.. 24. Canon.
- fermant la ligne. 15. Rivets. . 25. Poignée.
- S. Couvercle. 16. Rivets du bouchon. 26. Crosse.
- 9. Goupille. 17. Bouchon du cylindre.
- fusil a été adopté par la Société Nationale de Sauvetage de la Grande-Bretagne qui l’a rendu obligatoire à bord de toutes les embarcations qui dépendent d’elle.
- Il lance une ligne de 4,7 mm. de diamètre et de 05 m. de longueur environ.
- Le recul de ce fusil est à peu près égal à celui d’un fusil de chasse.
- La hausse permet de lui donner l’inclinaison voulue.
- Le cylindre B, qui renferme la ligne est enfilé sur le canon 24 et comporte un bouchon 17 muni d’un adent qui s’accroche à un ressort .21, prenant appui sur le fusil par un écrou 22.
- On conçoit la raison de ce dispositif : lorsque le coup part, il y a une certaine inertie qui pourrait faire casser la ligne, le ressort donne de l’élasticité au système.
- fonctionnement d’après ce qui précède : le projectile part, entraîne la patte 12' et la ligne par l’intermédiaire de la cosse 11.
- La même maison a construit un canon qui pèse environ 19 kg tout compris.
- Le montage est simple, car .il suffit d’en boulonner le piédestal sur un pont de bâtiment.
- Avec un angle de pointage de 30°, on atteint facilement 100 m. avec une ligne analogue à la précédente.
- Le recul n’atteint pas 50 mm.
- Il serait à souhaiter que nos embarcations de sauvetage des côtes soient munies de ce dispositif léger qui les aiderait puissamment dans leur tâche si rude.
- F. C.
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- L’ACTION PRIMITIVE DU SOLEIL
- Dans un article récent Q), nous avons montré combien il serait passionnant de pouvoir reprendre, aujourd’hui, l’histoire des Révolutions du Globe si l’on voulait renoncer un moment à « élaborer a priori sans nul souci du passé », comme le déplorait déjà Bernard Brunhes. Peut-être en est-il temps encore, si le sens de l’association peut prévaloir un instant : il faudrait reprendre l’immense bibliographie des chercheurs divers, travaillant dans des voies différentes pour des conclusions distinctes • et limitées, résumer les idées maintes fois laissées et reprises, faire justice des vulgarisateurs qui endorment ou trompent le public — non sans le plus gi’and succès — en encombrant la littérature d’une production désordonnée, réunir toutes ces disciplines en un faisceau synthétique qui donnerait un raccourci saisissant de l’histoire des' variations du globe. L’importance du but à atteindre mériterait de susciter entre divers spécialistes une étroite collaboration qui, seule, au-dessus des hypothèses proposées on des faits en apparence contradictoires, permettrait d’apercevoir les lignes générales et de brosser largement les grandes élapes de la vie de la planète.
- C’est ainsi que le problème de la constance ou de la variabilité des climats nous apparaît comme un chapitre de l’histoire du globe où toutes les connaissances humaines viennent s’enchevêtrer : interprétation des restes d’un passé lointain, histoire géologique, influences cosmiques et périodicité des phénomènes de l’atmosphère, régimes de l’air et des eaux, il faudrait une synthèse critique de tous les faits connus sur les terrains, les sédiments, les érosions, les empreintes, en un mot tous les éléments de la vie de la planète avec leurs réactions mutuelles.
- Et si la météorologie actuelle est, de toutes les branches de la géophysique, celle qui devrait nous apporter le plus de renseignements pour commenter et com- I prendre l’histoire du passé, il faut bien dire que, en particulier, d’innombrables observations magnétiques ou météorologiques, dues spécialement aux voyageurs, se trouvent éparses dans les archives et que tout peut être considéré comme perdu, faute d’avoir été, en temps voulu, classé, dépouillé et discuté : « On fait aujourd’hui tant d’observations météorologiques, écrivait Radau en 1862, qu’il est à peine possible de les discuter et de les utiliser toutes ». Que dirions-nous donc, aujourd’hui? alors que le plus grand désordre a régné dans l'installation des postes d’observation avant que les plus vieilles stations aient pu discuter et utiliser en détail leurs archives précieuses.
- Ainsi, pour la poursuite du problème qui nous occupe', on peut dire que l’on souffre en général, et incontestablement, d’erreur de méthode, de défaut d’organisation.
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- Du moins, si l’ensemble des faits connus ne peut encore être relié dans un groupement synthétique, nous pourrions nous demander si nos connaissances sur le Soleil sont assez précises pour nous permettre une idée historique sur le développement de l’action de ce facteur capital.
- Si l’on adopte une théorie nébulaire pour l’origine du système solaire, on peut concevoir une nébuleuse primi-
- 1. La Nature, 26 juillet 1924.
- tive extrêmement raréfiée qui a procédé à une condensation progressive : d’abord fort éloignées les unes des autres, les diverses masses de celte nébuleuse se sont rapprochées, parfois heurtées, sous b s influences de. leurs attractions mutuelles et,.ainsi, l’énergie de gravitation s’est transformée successivement en mouvement, puis en chaleur, llelmholtz et lord Kelvin pensent que l’on peut invoquer un tel mécanisme pour expliquer l’origine . de la chaleur solaire; après quoi Kelvin a indiqué un processus très plausible pour le refroidissement primitif de la Terre qui, complètement solidifiée, devint alors assez froide pour rendre possible la vie superficielle.
- Comme on le voit fort bien, aujourd’hui encore, par l’analyse des gaz renfermés dans les petites cavités des roches basaltiques, l’azote, l’acide carbonique et la vapeur . d’eau s’étaierit échappés du liquide au moment de la formation de la crofitc : au début, sans doute, on ne trouvait pas encore d’oxygène dans l’atmosphère terrestre, mais — si du moins le Soleil existait à cettè époque — la naissance et le développement des végétaux producteurs d’oxygène allaient suffire pour rendre la vie animale possible à la surface. Puis, par déperdition progressive de chaleur, en vertu d’une sorte de refroidissement cosmogonique, la température à la surEace du globe doit aller sans cesse en diminuant lentement.
- Mais de telles hypothèses, si brillantes soient-elles sur le moment, sont toujours fragiles et précaires, sous la dépendance des plus récentes découvertes des sciences physiques, et les calculs qu’elles nécessitent sont trop approximatifs et trop aléatoires pour ne pas être l’objet d’importantes révisions. D’abord, la découverte de tous les phénomènes de radioactivité a complètement transformé, depuis, la face des problèmes, et l’existence de minerais radioactifs sur la Terre a bien paiu fournir une raison de penser que la substance terrestre était, à l’origine,, soumise à une températui’e élevée ou à des conditions physiques entièrement différentes de celles que nous connaissons actuellement : argument qui, en particulier, s’élève contre l’hypothèse de Chamberlin-Moulton, tandis qu’il se montre favorable à. quelque forme d’origine nébuleuse du système solaire. Puis, si le mécanisme d’ensemble invoqué par lord Kelvin se trouve encore communément admis, on pense pour le moins que son calcul est inexact, de fort loin, en ce qui concerne l’âge géologique, .et l’on tend à compter aujourd’hui par 10000 millions d’années afin de ne pas soulever d’énergiques protestations de la part des astronomes : Jean Perrin suppose même qu’il y a un milliard d’années, les conditions climatériques ne différaient guère des conditions actuelles, ce qui rendrait très aléatoire une partie de nos efforts.
- De plus, nous venons de voir qu’il est raisonnable de supposer au rayonnement solaire une existence fort ancienne et les études les plus récentes (Eddington) laissent penser, qu’il put offrir, jadis, une puissance de 20 à 50 fois supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui, mais sans qu’il soit possible d’en localiser la date, c’est-à-dire d’indiquer si ce fut, ou non, avant les périodes géologiques que nous connaissons; en tout cas, dans ces conditions, il est légitime d’imaginer que, au début des époques géologiques, le rayonnement solaire était plusieurs fois plus intense qu’il ne l’est aujourd’hui.
- Or l’action solaire est prépondérante, non seulement sur les réactions physiques et chimiques cle la surface
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- du globe, mais encore sur les conditions constantes ou variables des phénomènes les plus divers de l’atmosphère, et il devient par là indispensable de rechercher, dans les différentes couches géologiques, la trace irrécusable des modifications progressives des climats : dans la variation des espèces animales, on a trouvé l’indice de climats antérieurs plus chauds qu’ils ne sont aujourd’hui ; l’étude des fossiles animaux et végétaux tend à prouver que, dans un même milieu, les conditions climatologiques ont certainement beaucoup changé, et à plusieurs reprises, ce fut, tout d’abord, la confirmation simple du refroidissement progressif.
- Bientôt après, on tend à considérer que les phénomènes d’orogénèse, liés aux yariations de climats, n’ont pas eu lieu d’une façon continue mais se sont produits de préférence à certaines époques (Ramsay). Sans doute, à une même époque géologique, on trouve des faciès très variés-qui sont à la base du tracé des cartes paléo-géographiques et paléo-climatiques, et il n’est pas démontre' que, sur de vastes ensembles, il y eut un lien entre les faciès géologiques et le climat. Et cependant, si l’on envisage (eonime Ohly) les rapports des faciès géologiques et du sol, on constate que plus un climat présente de variations extrêmes, moins le sol ressemble à la roche : le relief même y joue moins d’importance, ce qui a conduit les agronomes des régions des steppes et les explorateurs des zones désertiques à classer les sols suivant les climats.
- SIGNAUX SONORES .-------------
- Il est d’ailleurs nécessaire de conserver en ces matières un certain scepticisme puisqu’il a été impossible, jusqu’alors, de définir avec précision le mot même de climat dont on se sert : certes, le relief y joue un rôle important dans l'a distribution du régime pluviométrique local (Bénévent, Honvitz) ; l’influence de la position topographique est considérable pour la grandeur de l’amplitude thermique diurne (Woïekof), élément cependant capital et que l’on avait fort négligé au début des études climatologiques, et cette influence se manifeste par une réduction sur les parties montagneuses et une augmentation d’amplitude dans les larges vallées.
- Mais la question reste fort obscure et lorsque Szym-kiévicz tente de définir les climats au point de vue de l’humidité et de la radiation solaire, il se heurte encore à cette difficulté presque insurmontable que les réactions du milieu sont très différentes quand on s’adresse à l'homme, observateur normal, ou aux végétaux.
- Comment connaître l’action primitive du Soleil, sa radiation et ses propriétés? Nous ne pouvons plus l’apprécier que par ses doubles réactions, et sur l’atmosphère de composition variable, et sur les végétaux : j’espère que ces quelques lignes générales montreront la difficulté extrême des questions et la nécessité, si l’on veut les aborder avec fruit, d’unir les efforts de spécialistes très divers.
- , Jean Mascart.
- LA PORTÉE DES SIGNAUX SONORES
- et la transparence acoustique de l’air.
- Les échos singuliers et la prévision du temps.
- Intérêt de la question. — Tous ceux qui ont été perdus dans la brume au voisinage de rochers, connaissent le puissant intérêt des-signaux sonores. Malgré les progrès de la T. S. F., la signalisation acoustique reste indispensable, car l’oreille normale est un récepteur toujours prêt.
- Nous avons eu déjà l’occasion de décrire les cloches aériennes et sous-marines ainsi que les sirènes, qui équipent les bateaux-phares modernes, mais nous n’avons rien dit encore des lois de la transparence acoustique de l’air.
- Il est pratiquement impossible, d’ailleurs, de calculer, pour un état donné de l’air, la portée d’un signal sonore dont on connaît tous les caractères, mais on peut tirer, des résultats de certaines expériences, des constatations intéressantes sur l’efficacité des sirènes et autres signaux de brume, dont le rythme, l’intensité et la hauteur sont'parfaitement mesurés et réglés.
- Vitesse et portée des sons dans l’air. — Une étude récente, publiée dans cette Revue, nous dispense d’ailleurs de rappeler les recherches expérimentales d’ordre général. On sait qu’en 1822, une Commission du Bureau des Longitudes avait trouvé que la vitesse des sons dans l’air à 0° C. était de
- 330m,9; Régnault, en 1868, a trouvé 330m,7. Celte vitesse reste uniforme malgré la distance, la pression et l’humidité, mais augmente de 0ra,626 pour chaque degré d’accroissement de la température.
- La portée n’obéit pas à des règles aussi précises.
- Le bruit du canon par exemple, bien avant même les observations répétées de la dernière guerre, avait été l’objet de constatations curieuses. Il existe des zones de silence au delà desquelles, à une plus grande distance pourtant, on entend de nouveau le canon. S’agit-il d’un mirage acoustique? Une partie de l’onde sonore, dirigée vers le haut, se réfracterait en traversant des couches d’air de densités décroissantes, s’incurverait et retournerait au sol en un point où l’onde directe, rasant la terre, ne peut parvenir en raison de l’amortissement considérable qu’elle subit. On a suggéré encore qu1 au-dessus de l’atmosphère, mélange d’azote et d’oxygène, se trouvait une atmosphère d’hydrogène et que, dans cette atmosphère très peu dense, la vitesse des sons pouvait être quatre fois plus grande que près du sol, sans que les ondes sonores puissent s’y amortir sensiblement tout en se réfractant pour revenir vers la terre, en des points très éloignés de la cause du son et séparés ainsi du centre d’émission par des zones de silence.
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- Expériences faites sur les signaux de brume. —
- Les autorités chargées de la signalisation maritime se sont intéressées à la portée des sons émis par les appareils spéciaux dont elles ont la charge. Elles ont essayé de faire ressortir l’influence des différents éléments (intensité, hauteur du son, état de l’atmosphère, direction du vent, direction du réflecteur ou du pavillon, sensibilité de l’oreille de l’observateur, etc.) qui interviennent.
- Les expériences effectuées ne sont pas très nombreuses, car elles coûtent cher, en raison du grand nombre de directions dans lesquelles il faut étudier la propagation. Les plus connues sont les suivantes :
- 1° Expériences françaises au large de Boulogne (1861-1862) à l’aide de cloches aériennes;
- 2° Expériences anglaises au large de Douvres (1875) avec l’assistance du professeur Tyndall et sur des trompettes à vapeur et autres instruments sonores ;
- 5° Expériences américaines au large de New-York (1874-1875) sur des trompettes et des sifflets à vapeur;
- 4° Expériences allemandes à l’embouchure de l’Elbe (1880) sur des cornets à brouillard mus à bras d’homme.
- 1° Les expériences françaises de Boulogne ont montré que la portée, dans le sens du vent, est triple de celle qui correspond au vent contraire; cela pour les vents compris entre « petite-brise » et « forte brise », suivant les termes maritimes, c’est-à-dire pour des vents ne dépassant pas 10 m. par seconde. L’accroissement de la portée du son dans le sens du vent est d’autant plus marqué que la vitesse du vent est grande, cela jusqu’à une certaine vitesse qui n’a pas été mesurée; mais il semble que les vents violents ne soient pas favorables à la propagation du son, ce qui paraît dû d’ailleurs à leur turbulence ou à leurs pulsations. Les expériences allemandes ne confirment pas d’ailleurs ce qui vient d’être dit sur l’accroissement de la portée.
- 2° Les expériences anglaises avaient surtout pour but de comparer certains instruments : sifflets, canons, trompettes, sirènes; elles donnent peu de renseignements sur les limites d’audition dans les différentes directions relativement au vent, mais elles ont permis àM. Tyndall d’observer les variations très étendues de la transparence acoustique de Y air.
- Le 5 juillet 1875, à 2 milles, on n’entendait rien, pas même le canon, par temps calme. Comme le soleil était très chaud, l’évaporation de la mer pouvait se mêler à l’atmosphère, formant un mélange hétérogène. Les surfaces invisibles, limitant les espaces dans lesquels l’air était plus ou moins saturé de vapeur, pouvaient disperser le son en échos facilement amortis. Cette hypothèse reçut, quelques jours après, une éclatante démonstration. Le soleil ayant été masqué par un nuage, on entendit le son beaucoup plus loin. Ainsi, fort heureusement, les temps de brouillard seraient très favorables à la transmission des signaux sonores.
- M. Tyndall a trouvé une autre confirmation de ce qu’il appelle nuage acoustique, dans un écho venant du large, c’est-à-dire du côté opposé à l’émission sonore, qu’il entendit distinctement le 5 juillet alors qu’il était revenu à terre. Il n’y avait alors sur la mer lisse aucun navire, aucun nuage, aucun objet auquel on pouvait rapporter la cause du phénomène; il était donc naturel de penser que cet écho provenait des réflexions du son sur les surfaces de séparation des tranches d’air à des degrés différents de saturation.
- 3° Ces anomalies ont été confirmées par les expériences américaines. C’est ainsi qu’un essai donna une portée plus grande par vent contraire que par vent favorable, ce qui peut s’expliquer par un changement de direction du vent dans les couches un peu élevées, de l’atmosphère, selon les idées de l’expérimentateur américain, M. Henry, màis semble plutôt renforcer la probabilité des hypothèses de M. Tyndall.
- 4° Les expériences de la marine allemande en 1880 sur le bateau-feu de Scbülau mouillé dans. l’Elbe inférieur et qui avaient pour but d’étudier des cornets à vibrateur, actionnés par une pompe à bras; pour émettre des signaux de brume, ont donné des, résultats singuliers qu’on pourrait résumer en disant « les vents favorables sont défavorables ». Les portées sont restées stationnaires pour les faibles’ vitesses, mais ont diminué ensuite avec l’augmentation de la vitesse du vent. Par exemple, la portée de 5 km 47 par vent faible s’est abaissée à 5 km 05 lorsque le vent — que nous ne pouvons plus appeler favorable, mais qui soufflait dans la bonne direction — avait une vitesse de 10 m. par seconde. ;
- Formule de M. Allard sur la portée des sons. — Nous ne rapporterons pas les tableaux qui résument les expériences précédentes et qui pourraient permettre de calculer la portée moyenne des divers instruments. Cela nous entraînerait très loin, sans grand intérêt pratique, car les instruments sonores ont été perfectionnés depuis et peuvent l’être davantage.
- Nous allons, au contraire, exposer la méthode employée par M. Allard pour l’établissement d’une formule propre à faire connaître la portée du son en fonction des divers éléments qui le caractérisent, méthode évidemment discutable, mais qui peut servir de point de départ à d’autres études plus complètes;
- D’après les expériences, M. Allard a considéré, que l’atmosphère avait une action destructive sur les ondes sonores et il chiffre cette influence par un coefficient b de transparence acoustique, coefficient #plus petit que l’unité et qui désigne la proportion d’intensité sonore que laisse passer une épaisseur d’air égale à 1 kilomètre (J).
- 1. Il faut remarquer que si ce que MM. Allard et Tyndall appellent transparence acoustique était une transparence parfaite, c’est-à-dire si 6 = 1, la réduction de l'intensité sonore autour du point d’émission serait donnée par la loi du carré des distances ; par conséquent b est un coefficient qui aggrave l’effet de la loi théorique générale.
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- Fig. i. — Cloche aérienne destinée à être fixée en haut d'une bouée.
- Ou peut donc, faisant abstraction des perturbations dues au vent et à la direction de l’appareil, raisonner de la manière suivante : ' ' '
- T représentant le travail moteur en kilogram-mètres par seconde, le travail transmis aux ondes sonores sera kT, c’est-à-dire une fraction de T qui dépend des moteurs et des instruments.
- Ce travail kT est détruit partiellement en route, de sorte que le travail restant dans l’onde sonoré à la distance x peut s’exprimer par :
- m*.
- Mais, d’autre part, le travail de l’onde sonore est proportionnel à la masse d’air en mouvement mx% et au carré a2 de l’amplitude de la vibration. Le travail des n ondes sonores émises pendant une seconde peut donc se représenter par :
- de sorte que ou
- Cette formule donne la loi de la diminution de l’amplitude des ondes de plus en plus éloignées ; lorsque l’amplitude s’abaisse à une certaine valeur a, le son n’est plus perçu.
- nmv?x2
- krïbæ-=nmc/}xt
- T b* 1 ,,
- ----= 7-ma2..
- nxl k
- Si donc on pose :
- 1
- - m a'2 = 6 le.
- l’équation
- TJ_
- nx-
- déterminera la portée x, si l’on connaît b et 0.
- M. Allard a récapitulé les résultats des expériences dans le tableau suivant :
- INSTRUMENTS SONORES TRAVAIL fil! kilogram -métrés par seconde T NOMBRE de vibra- tions par seconde n PORTÉE en kilo - mètres x
- Cloche à marteau de 5 kg frappant
- -5 coups 0,35 800 1,89
- Cloche à marteau de 9 kg frappant
- 60 coups 1,44 600 3,04
- Cornet à air comprimé mù à bras. 2,50 650 3,37
- Sifflet à vapeur 37,50 1500 4,90
- Trompette à vibra leur 500,00 450 7,96
- Sirène 1200,00 400 9,44
- Considérant que les portées données dans ce tableau, résultant d’un assez grand nombre d’observations, peuvent être admises comme portées moyennes, c’est-à-dire relatives à un état moyen de transparence acoustique, on peut admettre que, dans les six équations qu’on peut écrire en appliquant la formule aux données du tableau, b et ô
- auront des valeurs invariables. On a ainsi 6 équations pour 2 inconnues et si ces équations sont à peu près satisfaites pour un même système de valeurs b et ô, la confirmation des considérations précédentes sera acquise.
- Nous n’exposerons pas la résolution logarithmique de ces équations.
- Qu’il nous suffise dé dire que les différences trouvées par M. Allard sont très faibles et qu’il a pu assez facilement déterminer :
- : 0,475 0,000 0277
- Retenons que la transparence acoustique moyenne de l’atmosphère serait ainsi b=0,47 3, c’est-à-dire
- Fig. 2. — Cloche électrique sur pylône de l’estuaire de la Seine.
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- qu'après avoir traversé une épaisseur de 1 km d'air, V intensité sonore est réduite à un peu moins de la moitié de ce qu'elle serait d'après la loi du carré des distances.
- Les données sont incertaines, les hypothèses sont contestables et il n’est pas sûr que le coefficient, qui vient d’être rappelé, définisse la moyenne réelle de la transparence acoustique de 1 atmosphère ; mais, à défaut d’une formule plus satisfaisante, la formule de M. Allard permet d’expliquer quelques anomalies et de répondre à quelques questions.
- Conséquences. — Au cours des expériences que nous avons rappelées, si l’on observa des portées extrêmement réduites et même de véritables réflexions du son, on eut aussi à enregistrer des portées exceptionnelles. On signala : aux environs de Douvres des auditions à 12 ou 15 milles de la sirène; en Amérique, le son fut entendu à 15 et 17 milles et même à 30 milles par une flottille de pêcheurs; cette dernière portée, estimée par la durée du voyage, reste cependant douteuse.
- Si l’on applique la formule, pour déterminer les coefficients de transparence acoustique qui expliqueraient ces portées considérables, on trome b = 0,938. Ainsi il suffit de supposer que le coefficient b puisse varier de 0,938 à 0,032 pour expliquer, sans faire intervenir ni le vent, ni tout autre phénomène, les grandes variations que l’on peut constater dans la portée d’une sirène. Il est bien évident, toutefois, que cette explication, commode pour le calcul, ne peut entièrement satisfaire l’esprit, car il est manifeste que, dans une transmission sonore à grande distance, on rencontre des tranches successives d’air dont les coefficients de transparence acoustique sont loin d’être uniformes ; les pertes les plus grandes paraissent d’ailleurs causées par les passages d’une couche à l’autre, c’est-à-dire par les réfractions et réflexions. Cependant, la formule Allard permet d’avoir une idée du travail qu’il faudrait dépenser pour obtenir une portée moyenne déterminée avec un instrument sonore défini.
- La sirène expérimentée en Amérique et en Angleterre ayant été entendue, en moyenne, à la distance de 5,1 milles, en mettant en jeu une puissance de 16 chevaux, il est facile de calculer que pour obtenir des portées moyennes de 6, 7 et
- Fig. 3. — Cloche aérienne à marteaux multiples, avec moteurs électriques et à air comprimé.
- 8 milles respectivement, il faudrait 74, 404 et 2127 chevaux! On voit quel énorme travail il faut dépenser pour augmenter, assez peu d’ailleurs, la portée des sons. Le problème se présente ici d’une manière analogue à celui de l’augmentation des portées lumineuses. Mais la production de la lumière a été révolutionnée par la mise au point de sources extrêmement brillantes : une révolution analogue dans l’acoustique est toujours attendue.
- La formule permet aussi de déterminer les courbes des portées pour différents coefficients de transparence atmosphérique, ce qui permettrait peut-être d’étudier, dans une certaine mesure, l’influence de la direction du vent.
- La vitesse du vent augmente, en général, à mesure qu’on s’élève au-dessus du sol ; cependant si l’on cherche à déterminer la forme que
- Fig. 4 et 5. — Dispositif de l’installation d’une sirène au sommet , d’un phare
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- prend la surface de l’onde ou celle de la trajectoire des rayons sonores, on n’arrive pas à en déduire une argumentation en faveur de l’amélioration de la portée dans la direction du vent. Mais le corps sonore, le bâtiment où il est abrité, se trouve placé dans la masse d’air en mouvement; il en résulte que les trajectoires des rayons sonores sont déviées tout autour de l’in tru "ent dans le sens du vent, de sorte que les différences de divergence peuvent entraîner des augmentations ou des diminutions de portée, suivant l’orientation, qui se composent avec.la translation générale de l’onde. Ces hypothèses plausibles supposent d’ailleurs que le mouvement du vent est continu; or le vent souffle en
- Fig. 6. — Mécanisme d’émission des sons d’une
- rafales et les pulsations qui en résultent produisent des déformations de l’onde, susceptibles d’expliquer certaines anomalies, par exemple celle que nous avons signalée dans lés expériences allemandes au sujet des vents de 10 m. à la seconde qui diminuent la portée au lieu de l’augmenter.
- La formule permet enfin d’examiner l’influence de la hauteur d’un son sur sa portée. Nous avons vu que, d’après le mode d’établissement de cette formule, la portée se calculait, suivant la quantité T
- - de travail employée à produire une vibration : il
- est logique, en effet, d’admettre que la sensation auditive cesse lorsqu’on arrive à une certaine limite, non du travail total des ondes dans un temps donné, mais de l’amplitude des ondes, quel que soit leur nombre.
- Il en résulte que, si dépensant une quantité constante de travail, on fait produire à un instrument sonore une série de notes différentes, la portée du son variera. On trouve ainsi que la portée d’une sirène qui passe progressivement de 300 à 600 vibrations, en dépensant toujours 1200 kilo-grammètres par seconde, diminue de 2, 4 ou
- 7 pour 100, lorsqu’on passe de la tonique à la tierce, à la quinte ou à l’octave supérieure. Les différences de portées de deux notes sont proportionnellement d’autant plus grandes que le son est moins intense. La pratique confirme ces résultats (b.
- Réalisation des signaux sonores maritimes. —-Bien que l’audition d’un son ne permette pas d’apprécier avec quelque exactitude ni la distance de la source sonore, ni même la direction d’où vient le son et qu’ainsi le rôle assigné aux signaux sonores soit assez restreint, il est intéressant de ! pouvoir prévenir le navigateur, perdu dans la brume, de la proximité d’un danger; la plupart des nations maritimes ont, dans ce but, développé l’emploi des signaux sonores, de telle sorte que l’on peut .profiter de cette circonstance pour faire des expériences utiles, non seulement au point de vue pratique mais encore au progrès scientifique.
- Nous ne citerons que pour mémoire : les cloches aériennes qui sont installées sur les musoirs des jetées des ports ; celles que l’on monte au sommet des pylônes surmontant les bouées dont les battants sont mis en branle par les oscillations des vagues (fig. 1); les cloches aériennes aménagées sur le rivage des estuaires et que l’on commande à l’aide de moteurs électriques (fig. 2) ; les cloches à battants multiples (fig. 3) que l’on installe à bord des bateaux-feux et qui peuvent émettre sirène. des sonneries caractérisées à l’aide
- de moteurs électriques auxquels des moteurs à air comprimé et même des manivelles à main peuvent servir de secours.
- Les trompettes à anche, dans lesquelles l’ouverture et la fermeture d’un orifice d’écoulement de l’air préalablement comprimé résultent des vibrations d’une lame d’acier, alternativement appliquée sur l’orifice par la pression du gaz et repoussée par suite de son élasticité propre, ont donné lieu à des réalisations pratiques intéressantes, notamment pour l’installation des signaux sur la galerie supérieure des phares ou pour leur commande à l’aide de moteurs électriques actionnant les compresseurs d’air.
- Mais les signaux les plus puissants sont les sirènes et les signaux détonants, ces derniers ayant reçu peu d’applications, sauf dans le cas où le manque de place, dans certains phares en mer, peut exiger l’emploi d’explosifs.
- Dansées sirènes que l’on emploie en France, on fait échapper le gaz sous pression par une série
- 1. Pes considérations analogues appliquées aux rayons lumineux permettent de dire que la portée diminue depuis le rouge jusqu’au violet, ce qui expliquerait la coloration rougeâtre des feux blancs pendant la brume.
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- d’orifices disposés sur un cylindre et devant lesquels tourne, d’une façon continue, un tambour intérieur muni d’orifices égaux disposés de la même façon. A chaque coïncidence des orifices fixes et mobiles correspond une détente qui est interrompue presque aussitôt. En disposant les orifices fixes et mobiles avec des inclinaisons en sens inverse, on assure automatiquement la rotation par l’effet même de l’écoulement du gaz.
- On a renoncé à la sirène à vapeur qui ne se prête pas facilement à la mise en marche instantanée dès l’apparition de la brume, ni à l’installation du signal au point le plus favorable pour son audition.
- Conformément à la loi formulée par Fizeau et qu’il a déduite de la réfraction du son, loi qui a été vérifiée expérimentalement, il convient, en effet, de placer les signaux sonores le plus haut possible et par conséquent au sommet des phares auxquels ils sont associés. Les sirènes à air comprimé se prêtent à cette disposition (fig. 4 et 5). La sirène est fixée au-dessus d’un réservoir alimenté par une conduite qui le fait communiquer avec des réservoirs inférieurs où l’air est comprimé à l’aide de machines. Les émissions sont réglées par une machine de rotation à mouvement d’horlogerie, mais on peut aussi-bien (et moyennant une faible dépense supplémentaire d’air comprimé) obtenir le rythme à l’aide d’un moteur à air comprimé (que l’on aperçoit à gauche sur la figure 6) ; celui-ci actionne un dispositif à cames qui commande, en temps opportun, une admission supplémentaire d’air comprimé pour le soulèvement de la large soupape qui fait communiquer le réservoir et la sirène.
- Les expériences de toute nature qui ont été entreprises par le Service central des phares français ont montré que, pour une même dépense d’énergie, les sons graves portent plus loin que les sons aigus, confirmant ainsi les calculs d’Allard. La note fondamentale rai5 (526 vibrations doubles par seconde), facile à réaliser, a été adoptée d’une façon uniforme. On a renoncé aux signaux constitués de sons d’inégale hauteur, moins faciles à reconnaître que des sons de même hauteur convenablement groupés.
- Quant à la pression convenable de l’air employé, il est admis qu’il faut l’abaisser autant que le permet le souci de ne pas augmenter trop les dimensions des sirènes. Cet abaissement, qui se justifie théoriquement, est surtout motivé par les fuites
- d’air qui se produisent entre les tambours fixe et mobile dans l’intervalle des coïncidences entre orifices. Dans les sirènes à 2 kg et bien que le jeu entre tambours ne dépasse pas un dixième de millimètre, les pertes sont toujours supérieures au tiers du débit d’air total et atteignent parfois la moitié de ce débit. Les sirènes à disque avec fentes radiales n’ont pas donné de meilleurs résultats.
- Champignon destiné\ à répartir re'ÿOtièré.
- ; .'es sors sur tout t'ho'
- Canalisation dair agissant en tem^ surkdmphn
- Mécanisa 'chat k rythme. ^ du signal
- iBBI
- Réservoir dair comprime a ?k,k3i< —
- Fig. 7. — Dispositif d’une sirène à air comprimé.
- On pourrait sans doute augmenter le rendement en diminuant les fuites par l’emploi de pistons animés d’un mouvement alternatif dans des cylindres analogues à ceux des moteurs et qui comporteraient des orifioes rapidement obturés ou démasqués comme ceux des sirènes ; mais ce dispositif, actuellement à l'étude,k n’a pas encore été expérimenté.
- Pour donner une idée de l’amortissement rapide de l’énergie sonore dans l’atmosphère, nous dirons qu’il faut une puissance de 7 à 8 chevaux pour produire toutes les minutes, trois secondes de son, ce qui correspond à une puissance motrice de plus de 400 ch par seconde de son. Si l’on compare cette
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- puissance à l'énergie du plus petit son perceptible (42 ergs d’après lord Rayleigh) et si l’on applique la loi du carré des distances, les sirènes devraient s’entendre à plusieurs milliers de kilomètres. Il existe donc une cause de perte d’énergie beaucoup plus importante que celle de la diffusion du son ; Tyndall l’attribuait h certains états d’opacité acoustique de l’atmosphère; Rayleigh à des phénomènes de réfraction, variables suivant la température et le vent et qui avaient été déjà signalés par Fizeau.
- Des pertes considérables d’énergie tiennent d’ailleurs aux instruments mêmes.
- Cent chevaux mesurés sur le volant du moteur donnent une masse d’air à 2 kg dont l’énergie potentielle n’est que de 5400 kg, soit 45 ch; la différence, 55 chev., vient de la résistance des transmissions entre le moteur et le compresseur, des fuites, des espaces nuisibles et de réchauffement inutile de l’air. Dans l’instrument même, les fuites
- sorte de lanterne dont le champignon (fig. 7) assure l’égale répartition des sons.
- Ces considérations techniques nous écarteraient de l’objet de notre article et nous allons maintenant, pour fixer les idées, essayer de donner une image des phénomènes.
- Images des anomalies constatées dans la portée des sons. — Les modifications de l’audition régulière des sons se présentent de sorte que l’on pourrait concevoir des ombres acoustiques limitées par des pénombres à la manière des ombres lumineuses. Les édifices, les obstacles, les proéminences du sol provoquent des réflexions qui interfèrent avec l’onde directe. Mais la cause principale des anomalies vient sans doute de l’inégalité des vitesses des sons dans les différentes couches atmosphériques rencontrées dont les températures et l’humidité varient, notamment avec l’altitude. Il en résulte que si le son est lancé horizontalement par exemple,
- réduisent la puissance disponible à la moitié environ du chiffre précédent, c’est-à-dire à 22 ch. Enfin l’air est débité par l’instrument sous forme de jets minces tourbillonnants, peu favorables à la transmission de l’énergie à l’onde sonore.
- Une onde sonore sinusoïdale de 526 vibrations qui se propagerait dans un tuyau cylindrique de 15 cm de diamètre et qui absorberait 22 ch aurait une amplitude de 52 mm (64 mm de déplacement complet) ; l’air se-déplacerait en produisant une compression de 1 /5 avec une vitesse de 65 m. par sec. Or dans une sirène à 2 kg, l’air passe dans les fentes à la vitesse de 160 m. environ ; il y a donc non seulement des transformations tourbillonnaires, mais aussi des chocs et c’est pour cela que le dispositif à piston pourrait augmenter beaucoup le rendement.
- En résumé, il serait illusoire, avec les instruments dont on dispose, d’augmenter beaucoup la puissance mise en jeu et il faut rechercher les perfectionnements dans l’appareil d’émission lui-même.
- Le pavillon que l’on ajoute aux sirènes n’influe pas sur la note dominante qui est commandée par là vitesse de rotation et le nombre des fentes, mais sa longueur et sa forme influent beaucoup sur l’intensité du son. Quand celui-ci doit être distribué d’une maniéré uniforme tout autour de l’instrument, comme il le faut à bord d’un bateau-feu par exemple, le pavillon vertical se termine par une
- le front de l’onde, au lieu d’avancer verticalement * s’incurve, soit vers le haut, soit vers le bas, donnant lieu à un phénomène de réfraction analogue à la réfraction lumineuse, due d’ailleurs à une autre cause.
- Essayons d’illustrer, par quelques exemples, ce qui peut se produire en mer pour l’audition d’un signal émis d’un point S (fig. 8, 9, 10, 11 et 12), les flèches indiquant la direction et la force du vent clans chaque cas.
- Dans les trois premiers cas, le vent, contraire au son, est plus fort en haut; dans le quatrième, le vent favorable est plus fort en haut; dans le cinquième le vent contraire, plus fort en haut près du signal, est à une certaine distance de celui-ci, aussi fort en bas qu’en haut.
- 1° (Fig. 8). Dans le premier cas tous les rayons sonores, limités par le rayon tangent SPa, sont, ou interceptés, ou réfléchis vers le haut ; par suite de l’expansion latérale, une perception un peu moins distincte peut cependant s’effectuer suivant la ligne pointillée. En R, un navire ne reçoit rien, mais s’il avance en Q, les sons peuvent être perçus non sur le pont, mais au sommet des mâts.
- 2° (Fig. 9). Le signal sonore est plus haut, l’audition se fait bien en P et en Q et un peu moins distinctement en R.
- 5° (Fig. 10). Le signal est à la même altitude que précédemment, mais un mur intercepte les
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- L’IMMIGRATION DES LARVES D’ANGUILLE DANS LA MÉDITERRANÉE
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- rayons qui pourraient aller vers les navigateurs, lesquels ne peuvent compter que sur l’expansion latérale des sons.
- 4° (Fig. 11). Dans le quatrième cas, au contraire, les rayons sont dirigés vers le bas et procurent une bonne audition.
- 5° (Fig. 12). Les rayons déviés vers le haut comme dans le premier cas, après avoir rasé la mer en un certain point, sont presque rectilignes ensuite. Grâce à l’expansion latérale, le signal perçu en T est d’ailleurs perdu en R et retrouvé en P.
- L’écho du sud, — En prolongeant les rayons incurvés des trois premières figures, on peut expliquer les phénomènes décrits par Gabriel Guilbert dans son ouvrage La Prévision scientifique du temps, que M. Houllevigne a rapportés dans sa causerie du Temps, en date du 20 septembre 1922 el qüe je citerai textuellement :
- « Par vents nord, nord-est ou est, il est possible d’entendre des bruits divers qui se produisent au sud, à une distance telle qu’on ne les perçoit pas habituellement par vents sud-ouest, sud ou sud-est. De Langrune-sur-Mer, où nous les avons observés le plus souvent, à 6 km nord à vol d’oiseau de Bayeux, nous avons pu compter l'heure à la cathédrale de cette ville! Peut-être dira-t-on qu’à ce moment l’air était calme ; cela se peut, mais nous avons entendu plus d’une fois sonner l’heure alors que la bise soufflait du nord-est avec une telle violence qu'elle frisait la tempête. C’est même par vents
- forts du nord-est que le phénomène est plus distinct, que les bruits du sud sont plus accentués. Les bruits des cloches, des trains de chemins de fer, des sifflets de locomotives ou des usines, jamais perçus en temps normal, sont transmis au cpntraire avec netteté, très distinctement et même fortement, au nord, lorsque le vent s’y oppose. » \
- La prévision du temps. — Nous continuons à citer l’observateur et nous allons arriver à une conclusion pratique un peu inattendue.
- « Lorsque ces échos du sud ont lieu, ils précèdent ou accompagnent des cirrus ou ^d’autres nuages venant des régions sud. Mais il n’en est pas toujours ainsi, car nous avons vu des courants du nord-est à toutes hauteurs, du sol jusqu’aux plus hautes régions, et les échos du sud se produire quand même dans toute leur netteté. Chaque fois qu’ils sont nettement perçus, il faut s’attendre, si les cirrus sont absents, à leur prochaine arrivée, si le baromètre est élevé, à sa baisse imminente, si le temps est sec, à la pluie sous peu de jours. Quant aux cirrus, ils ne viendront pas nécessairement du sud : les échos du sud annoncent par-dessus tout une dépression barométrique. »
- L’intérêt, à la fois scientifique et pratique, des observations sur la portée des sons paraît bien démontré et nous pensons que nos lecteurs, doués de patience et de sens critique, pourront y apporter de nouvelles et intéressantes contributions.
- Edmoxd Marcotte.
- L IMMIGRATION DES LARVES D’ANGUILLE
- dans la Méditerranée, par le détroit de Gibraltar.
- O
- Nos lecteurs connaissent bien les admirables travaux océanographiques du I)' Jolis. Schmidt et notamment l'expédition qu'il conduisit à bord du « Dana », en 1921 et 1922, dans T Atlantique et la mer des Antilles, dont M. Charles Rabot a rendu compte ici même (n° 2548). On sait quelle élucida complètement le problème si étrange de la reproduction de l'anguille.
- Le 15 octobre dernier, M. le Dr Jolis. Schmidt, passant par Paris au retour du Congrès international de géodésie et d’océanographie de Madrid, présenta à l’Académie des Sciences la note suivante qui complète ses précédentes communications.
- En 1921 et 1922, j’ai accompli sur le -navire Dana, appartenant à la Commission danoise pour l’exploration de la mer, une expédition océanographique qui s’est étendue sur. toute la largeur de l’Atlantique. Au début de cette croisière, vers le l°A' octobre 1921, je poursuivis pendant quelques semaines des recherches de part et d’autre du détroit
- de Gibraltar. Mes recherches biologiques eurent principalement pour objet l’étude de la faune pélagique.
- Dans chaque station, nous mîmes simultanément à la traîne généralement cinq grands filets horizontaux échelonnés à des profondeurs différentes. Le nombre des stations s’élèvë à 26, se répartissant sur trois, zones : 1° le golfe d’Espagne,' à l’ouest de Gibraltar; 2° là mer, au sud de la côte ibérique, entre Gibraltar et Oran ; 5° la Méditerranée, entre Oran et Alger (voir fig. 1).
- Dans ces 26 stations, nous récoltâmes de 5000 à 4000 larves d’Apodes appartenant à 21 ou 22 espèces. Plusieurs de ces espèces hê se rencontraient que dans l’Atlantique à l’ouest de Gibraltar (zone 1), d’autres uniquement en Méditerranée (zones II et III), tandis que d’autres enfin étaient communes à toute la région explorée. Dans cette Note je ne m’occuperai que des espèces appartenant à cette dernière catégorie.
- Les larves en question ont été recueillies dans les couchés superficielles, principalement dans celles
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- 380 -.........: L’IMMIGRATION DES LARVES D’ANGUILLE
- Fig. i. — Les stations du Dana.
- comprises entre 0 et 400 m. de profondeur, par suite dans des nappes, dont la direction générale est de l’ouest à l’est, c’est-à-dire, de l’Atlantique à la Méditerranée, par Je détroit de Gibraltar.
- Dans ces conditions, on devrait s’attendre à ce que les larves pélagiques de l’Atlantique soient entraînées dans la Méditerranée; par conséquent, étant donnée la croissance constante des larves, on devrait, sem-ble-t-il, rencontrer les exemplaires les plus grands, par suite les plus âgés dans la zone orientale (zone III), et les plus petits, par suite les plus jeunes, dans la zone occidentale (zone I).
- Or, sauf pour une seule espèce, il m’en est pas ainsi.
- La figure 3 résume, sous une forme graphique, les récoltes de larves du Congre (Conger vulgarh) effectuées dans les trois zones considérées. Chaque trait représente un exemplaire, et sa longueur la taille de cet exemplaire en millimètres, suivant l’échelle portée sur les ordonnées.
- L’examen de cette figure montre que les larves les plus grandes ont été rencontrées dans la zone ouest (zone I)
- — leur taille moyenne s’élève à 46 mm. environ — et les plus petites dans la zone est (zone III) — leur taille moyenne dans cette zone est d’environ 25 mm.
- Il est donc impossible que ces dernières larves aient été introduites en Méditerranée à travers le détroit par le courant venant de l’Atlantique. Si un tel transport se produisait, la distribution des larves en fonction de la taille serait inverse.
- Cette distribution prouve, au contraire, que l’on se trouve en présence de deux populations de Congres, l’une atlantique, qui fraie plus tôt
- ou qui, peut-être, a une croissance plus rapide, l’autre méditerranéenne, qui fraie plus tard.
- Si j’ai pris pour exemple le Congre, c’est que, dans nos collections, cette espèce est Ja plus abondante, par suite qu’elle peut conduire à des conclusions biologiques plus certaines. Mais toutes les autres espèces communes aux deux zones, atlantique et méditerranéenne, paraissent présenter la même particularité dans leur distribution.
- Une exception remarquable s’observe cependant, ainsi que je l’ai annoncé plus haut. Elle concerne l’Anguille (Anguilla vvlgaris). Nous capturâmes des larves de cet Apode, Leptocephalus brevirostris, de 1300 à 1400, dans les mêmes coups de filets qui rapportèrent des larves du Congre.
- Comme le montre la figure 2, nous en avons, en effet, observé dans les trois zones; bien plus, nous en avons récolté, en abondance, dans le détroit même, et leur taille allait en croissant régulièrement d’ouest en est. Leur longueur était de 62 mm, 6
- dans la zone I, de 66 mm, 5 dans la zone II, de 69 mm, 1 dans la zone
- III0).
- Il était donc clair que ces larves accomplissaient leur migration vers l’est, c’est-à-dire se mouvaient de l’Atlantique vers la Méditerranée lorsque les filets des naturalistes du Dana tranchèrent leur existence.
- De l’ensemble des observations exécutées dans les 26 stations du Dana, il ressort principalement que l’Anguille se distingue des autres Apodes en ce que ses larves sont les seules qui passent en abon-
- 1. Comparez en outre (fig. 2) les exemplaires provenant de Madère encore plus petits que ceux récoltés dans la zone I. En moyenne leur taille était de 55 mm.
- Fig. 3. — Larves du Congre.
- 80 MADÈRE î lï ffl
- lilllilllliiiün):::
- in 55.; a. 66.5 69./
- Fig. 2. — Larves de l’Anguille.
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- ; LE PHÉNOMÈNE DE MAGNUS
- dance le détroit de Gibraltar pour entrer en Méditerranée.
- Ce résultat concorde avec celui auquel j’étais déjà arrivé à la suite de mes précédentes croisières en Méditerranée de 1908 à 1910 à bord du Thor et dans l’Atlantique central et occidental de 1911 à 1921 (*) avec d’autres navires. Bref, ma conclusion se résume ainsi :
- L’Anguille fraie exclusivement dans une région
- 1. Les résultats détaillés de ces campagnes se trouvent exposés dans Johs.Schmidt, Danish Researches in tlie Atlantic and Mediterranean on the Life Histoi'y of the Fresh Water Eel (Anguilla vulgaris) [Intern, Revue d. ges. Hydrobiologie und Hydrographie, 1912) ; The Rreeding Places of the Eel (Phil. Transactions of the Royal Society of London, vol. 211, B. 585, 1922); Rreeding Places and Migration of lhe Eel (Nature, London, Jan. 15, 1925), The Transatlantic Migration of lhe Eel-Larme [Nature, London, Jan. 5, 1924).
- 381
- limitée de l’Atlantique occidental, voisine des Antilles. Là, nos filets pélagiques ont recueilli facilement et en quantité ses larves toutes jeunes, longues de 6 mm à 25 mm. Au cours de leur voyage à travers l’Océan, elles grandissent; par suite, dans l’Atlantique oriental et en Méditerranée, on n’en trouve plus que des exemplaires relativement âgés, dont la taille dépasse 50 mm (voir fig. 2).
- Le Congre et les autres Apodes, communs à l’Atlantique et à la Méditerranée, se comportent différemment. Toutes ces espèces fraient à l’est comme à l’ouest du détroit de Gibraltar.
- Ainsi s’explique que les expéditions du Thor et du Dana aient recueilli en abondance, dans la Méditerranée, leurs larves toutes jeunes.
- Dr Johs. Schmidt.
- Directeur du Laboratoire Carlsberg.
- LE PHÉNOMÈNE DE MAGNUS
- Les travaux de M. Lafay.
- Dans notre dernier numéro, nous avons décrit le navire Backau, nouveau type de navire à vent, propulsé par les rotors de l’ingénieur Flettner. Ce sont des cylindres verticaux, animés d’un mouvement de rotation.
- La pression du vent, qui pour un cylindre sans rotation aurait la même direction que le vent, est déviée quand le cylindre tourne. Autrement dit, cette pression a une composante normale au vent, et dirigée de la région où le cylindre se meut contre le vent, vers celle où le cylindre se meut avec le vent. De plus, la valeur de la pression totale dépend de la vitesse de rotation du cylindre et peut dépasser très notablement la pression qui s’exerce contre un cylindre ne tournant pas. Tels sont les phénomènes observés par Magnus en 1855 et dont M. Flettner le premier, semble-t-il, a songé pratiquement à tirer parti. Mais il est juste de rappeler que le phénomène de Magnus a fait l’objet de recherches approfondies d’un savant français. M. Lafay, professeur à l’École polytechnique, en 1910 et 1911, a révélé un certain nombre de particularités curieuses du phénomène, particularités qui avaient échappé à Magnus, et qui précisément ont été mises à profit par M. Flettner. Les observations de M. Lafay ont fait l’objet de deux notes aux comptes rendus de l’Académie des Sciences, le 14 novembre 1910 et le 4 décembre 1911.
- En voici un résumé qui permettra d’apprécier l’intérêt de ces recherches. M. Lafay a étudié la valeur et l’orientation de la poussée totale exercée sur le cylindre tournant, en fonction de la vitesse du vent et de la vitesse de rotation.
- 11 a observé tout d’abord que, conformément aux indications de Magnus, les effets les plus intenses se manifestent à 70° du point directement choqué par le vent, et que le sens de la poussée est en général celui que nous avons indiqué plus haut.
- Cependant, fréquemment, ce sens est inversé. L’inversion se produit en général quand la surface du cylindre est très lisse et quand la vitesse est suffisante.
- Dans des expériences faites sur un cylindre de 0 m. 35
- de haut, de 0 m. 10 de diamètre, tournant dans un vent de 18 mètres à la seconde, l’inversion se manifeste dès que le cylindre se mettait à tourner; puis la vitesse de rotation augmentant, la pression résultante se rapproche de la direction du vent, puis prend le sens indiqué par Magnus et se rapproche rapidement de la direction faisant un angle de 57° avec le vent; quand la vitesse de rotation augmente encore, la direction de la pression revient à nouveau en arrière, mais lentement et semble tendre vers une droite à 45° sur le vent.
- Quand la vitesse du vent augmente, la zone d’inversion s’étale ; mais si l’on augmente alors la vitesse de rotation du cylindre, la pression revient dans la zone de Magnus, comme précédemment, et tend encore à se fixer à 45° du vent. Si le vent est faible, l’inversion du début est faible aussi, et disparait même pour des vents assez faibles. L’orientation de la pression tend toujours à se fixer à 45° du vent, quand on fait croître la vitesse de rotation du cylindre.
- Quant à la grandeur totale de la pression résultante, dans la zone d’inversion, elle a la même valeur que si le cylindre était au repos. Mais lorsque la vitesse de rotation s’élève et que la pression est franchement orientée dans la zone de Magnus, elle prend des valeurs qui croissent avec la vitesse de rotation du cylindre et tendent vers un maximum égal à 4 fois la valeur initiale.
- « La possibilité de quadrupler et d’incliner à 45° la poussée que le vent exerce sur un cylindre, en imprimant à ce corps un mouvement de rotation rapide, me paraît, disait M. Lafay, être un fait remarquable, digne d’appeler l’attention des physiciens sur l’influence profonde que peut avoir le frottement superficiel des corps en mouvement sur la résistance qu’ils éprouvent dans l’air. »
- Le phénomène de l’inversion peut évidemment être fort gênant dans les applications pratiques. Mais il y a un remède, que M. Lafay a indiqué.
- Il a constaté que les moindres modifications de la surface du cylindre entraînent des changements notables dans l’intensité de ce phénomène.
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- Pour un même vent et une même vitesse de rotation, l’inversion s’affaiblit quand ort recouvre le cylindre avec du papier à dessin; quelques stries tracées sur ce papier avec la -pointe d’un canif produisent un affaiblissement plus marqué. Enfin quand les irrégularités augmentent suffisamment, l’inversion disparaît complètement. Mais la valeur maxima et la direction vers laquelle tend la pression résultante ne changent pas.
- M . Fletlner a tenu compte de ces .remarques, et ses rotors ont des surfaces rugueuses.
- Signalons, pour terminer, que le physicien norvégien Bjerknes a proposé d’utiliser le phénomène de Magnus pour l’aviation : un cylindre horizontal, animé d’un mouvement de rotation autour de son axe, constituerait une surface portante d’une portance très élevée. Si cette idée peut être pratiquement réalisée, on verra peut-être quelque jour, dis avions d’un modèle tout différent de tous ceux exécutés jusqu’ici. Au lieu de fendre l’air comme les avions actuels, ils rouleront sur lui.
- A. T.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre 1914.
- Au sujet de là planète Mars. — Pour MM. Baldet et Antoniadi, les protubérances signale'es récemment sur les régions de Novissima Thyle, d’Hellas et d’Aeria ne sauraient s’attribuer à des montagnes élevées. Ce sont de vastes masses nuageuses, Bottant dans l’atmosphère de la planèle et entraînées par des courants aériens.
- Une nouvelle application du cupferron. —• Par une méthode qui rappelle celle de Thornton, M. Pied a réussi à précipiter le tantale et le niobium, en solution oxalo-tartrique fortement sulfurique et, comme cette liqueur peut s’obtenir par la masse de fusion des oxydes calcinés et de nombreux minéraux en présence du pyrosulfate, il y a là un fait intéressant pour l’étude des roches radioactives, contenant du niobium, telles que comme la fem gusonite, la priorité et la bétafite.
- La recherche des poisons gazeux dans le sang. — M. ivohn-Abrest présente à l’Académie un dispositif qui permet, sur une seule prise de sang, de caractériser et de doser rapidement toutes les substances gazeuses ou volatiles (H2S, IICN, C0a, CO) dont la détermination présente de l’in,térêt dans les expertises chimico-légales.
- Les colloïdes et les eaux minérales. — MM. lfenri-jean et \V. Kopaczeivski ont' fait une série de mesures sur un échantillon d’eau de Spa (source Pierre-le-Grand). Ils ont ainsi établi la présence d’un colloïde, dont la composition chimique donne à penser qu’il s’agit d’un nydrosol électro-positif de fer.
- Une nouvelle main artificielle, — L’ingénieux appareil imaginé par le Dr Gabriel Bidou comprend un mécanisme moteur de trois groupes de doigts ; il permet, après une rééducation rapide, d’acquérir un automatisme de fonctionnement presque complet, car les mouvements de commande dans les deux sens, très simples, sont exécutés par le membre lui-même.
- L’action du bismuth dans le traitement de la syphilis. — Des recherches conduites par Mlles Salgue et Schoen et MM. Levaditi et Nicolau, il résulte que le composé injecté, se dissociant sous l’influence des leucocytes, met en liberté le'métal qui entre dans la constitution de certaines matières protéiques cellulaires et devient assimilable; dans ces conditions, il arrive au contact des spirochètes au niveau des accidents spécifiques. Bien qu’en quantités infinitésimales, il assure la spirocbétolyse et le tréponème se désagrège en dehors des cellules, comme s’il était soumis à un processus lytique intense.
- La force théorique et le covolume des explosifs. — . Les essais de M. Burlot qui ont porté sur la balistite et le nitrate indiquent que l’emploi de la table M; en usage depuis 1902, ne fournit ni les pressions exactes, ni le maximum de pression ; la correction à faire subir aux chiffres qu’elle indique peut atteindre 15 pour 100. lien est de même pour Dévaluation du covolume a, et il y aurait lieu de reprendre la détermination de certaines chaleurs spécifiques résultant des expériences de MM. Mallard et Le Châtelier. Paul B.
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- LE DERNIER PROGRÈS EN TÉLÉPHONIE AUTOMATIQUE
- Le système semi-statique à relais.
- Quelques mois après l’invention du téléphone, Bell conçut et réalisa le premier central téléphonique, les liaisons entre postes étant effectuées par un opérateur manuel. Celui-ci devait faire un grand nombre de manœuvres, tant pour établir les liaisons que pour les rompre. Son rendement était de ce fait médiocre, aussi des perfectionnements de plus en plus nombreux, visant à diminuer le nombre des manœuvres, furent réalisés.
- Bientôt apparut le premier Central Automatique
- qui supprimait complètement l'intermédiaire humain à grand renfort de mécanismes compliqués et délicats.
- Le progrès consista alors à simplifier ces centraux, à diminuer la variété des organes, à standardiser leurs pièces pour diminuer le prix de revient et faciliter l’entretien.
- L’aboutissement de-cet effort devait se faire en 1914, quand Betulander, ingénieur suédois, mit au point le premier central automatique sans méca-
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- LE DERNIER PROGRÈS EN TELEPHONIE AUTOMATIQUE
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- nisme ne comportant que des relais. Le seul mouvement qui subsiste dans ce merveilleux appareil est celui du volet des relais qui n’a pas une amplitude dépassant 2 millimètres.
- Le déplacement produit suffit pour ouvrir ou fermer des contacts et assurer d’une façon parfaite les multiples fonctions qu’un central a à remplir. On peut penser que le système à relais, qui se rapproche le plus d’un appareil statique, est celui vers lequel tendront tous les autres actuellement employés.
- Fonctionnement d un central automatique à relais^— Étant donné un certain nombre de postes, le problème consiste à en relier 2 quelconques de façon à établir une conversation téléphonique.
- Le central automatique, commandé par l’abonné appelant, doit rechercher le poste demandé, le relier au demandeur, faire l’appel, donner le signal d’occupation à des tiers qui appelleraient un des postes en conversation, enfin libérer tous les organes engagés dès que les abonnés raccrochent. Toutes ces fonctions et quelques-unes moins importantes sont remplies parfaitement par les relais groupés en un certain nombre d’organes.
- Le schéma de principe ci-joint (fig. 1) indique d’une façon sommaire les organes mis en jeu lors d’une conversation dans un groupe de 5 abonnés. Si l’installation comporte 50 postes, ceux-ci sont réunis en 10 groupes de 5, 2 groupes de 5 étant placés dans une boîte formant un ensemble compact.
- Le premier groupe de la trentaine est représenté sur le schéma (fig. 2), il comprend les organes (relais) individuels des postes 31, 32, 33, 34, 35. Ces 5 postes ont accès à 3 lignes appelées liaisons, celles-ci peuvent être connectées chacune à une jonction d’arrivée et à une jonction de départ.
- Une ligne ne peut être reliée à une joncLion que si celle-ci est libre; la jonction relie la liaison à un cordon.
- La liaison èst une ligne particulière à un groupe
- Côiè demandeur»
- Côfé demandé
- Relais de ligne L£,j GROUPE DE 5-ABONNÉS
- Fig. 2. — Central automatique à relais. Schéma indiquant les connexions d’un groupe de 5 abonnés
- GROUPE DE 5 .LIGNES Q'ABONNES
- Fig. i. — Central automatique à relais.
- Schéma indiquant les principaux organes mis enjeu lors d’une conversation dans un groupe de 5 abonnés.
- de 5 abonnés; le cordon est à la disposition de, tous, il a des fonctions très importantes à remplir, c’est lui qui fournit le courant d’alimentation aux postes, qui s’assure le service d’un sélecteur libre, qui donne les signaux d’appel et d’occupation et enfin établit la. connexion à la jonction d’arrivée, aboutissant à une liaison du groupe de l’abonné demandé.
- Dès que l’abonné demandeur décroche, ses relais individuels le connectent à une liaison aboutissant à un cordon libre, ce dernier prépare un sélecteur libre; donc instantanément, dès le décrochage, la ligne de l’abonné est étendue par une liaison, une, jonction de départ, un cordon, jusqu’aux relais de connexion aux. jonctions d’arrivée. L’abonné provoque l’envoi, à l’aide d’un interrupteur spécial dénommé cadran d’appel monté sur son, poste, d’autant d’impulsions électriques qu’il y a,d’unités dans le chiffre de la dizaine correspondant au numéro du poste demandé.
- Soit par exemple, le poste 35 appelant le poste 31.
- L’abonné envoie d’abord 5 impulsions sur la ligne, puis ensuite 5, les 3 premières impulsions sont emmagasinées dans le sélecteur, un relai correspondant à la trentaine est actionné, les 5 impulsions suivantes actionnent un relai correspondant à l’unité 5, et à ce moment deux courants sont envoyés simultanément par le sélecteur, l’un dirigé par le relai des trentaines vers un relai commandant l’accès au groupe des abonnés de la dizaine 3, l’autre se présentant à tous les groupes d’abonnés, sur le
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- lil ayant : accès aux postes dont le deuxième chiffre est 5.
- Ce courant ne peut passer que dans la boîle de trentaine dont le relai d’accès est actionné en même temps, comme nous venons de le voir.
- Le poste 55 ainsi « marqué » choisit instantanément, par l’in-termédi aire d’une liaison, unè jonction d’arrivée libre qui se connecte aussitôt au cordon pris par le demandeur.
- Le circuit entre les deux a-bonnés est complètement établi; à ce moment le cordon met en route le vibra-teur d’appel qui envoie un cou-
- Fig. 5.
- Central automatique arrêtais du type fourni par la C‘e Générale de Télégraphie et Téléphonie à VAdministration des P. T. T.
- rant alternatif vers l’abonné demandé.
- Dès que celui-ci décroche, l’appel s’arrête et la conversation peut s’établir, le sélecteur est libéré dès que le cordon est relié à la jonction d’arrivée. Si l’abonné appelé est déjà en conversation, le courant d’impulsion, se dirigeant par le fil d’unité vers l’équipement de l’abonné demandé, ne pourra se fermer et la connexion ne pourra avoir lieu.
- Un vibrateur d’occupation est mis en route et le signal correspon-dantestdonné au demandeur.
- F. Hajiès.
- Fig. 6. — Groupe d’appel.
- Fig. ~. — Sélecteur.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, 9, rue de Fleurus, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2646.
- 20 DÉCEMBRE 1924
- DÉCOUVERTE D’UN GISEMENT PÉTROLIFÈRE, A GABIAN (HÉRAULT)
- La découverte toute récente du pétrole à Gabian [Hérault), dont les circonstances sont précisées dans la note présentée à F Académie des Sciences et reproduite ci-dessous, est due aux travaux de M. Pierre Viennot, préparateur du cours de géologie appliquée, professé à la Faculté des Sciences de Paris, par M. Léon Bertrand, et de M. Louis Barrabé, agrégé-préparateur du laboratoire de ce professeur à l’École Normale supérieure.
- Cette découverte fait grand honneur à la
- de 415 m,, l’autre celle de 205 m. Tous deux furent stériles.
- i Durant l’été de 1925, une mission officielle, organisée à l’instigation de la Section géologique du Comité scientifique du pétrole (Direction des Pétroles ét Essences) .était chargée de prospecter les abords de la chaîne pyrénéenne en vue de la recherche du pétrole. En particulier, l’un de nous, P. Viennot, était désigné pour l’exploration de la région occidentale; l’autre, L. Barrabé, étudiait la région orientale. Le rapport de mission de M. Barrabé
- Fig. r. —' Le village de Gabian et la vallée de la Tongnci
- science géologique française et, en particidier, à l'enseignement théorique et pratique du professeur Léon Bertrand, qui a suivi de très près les recherches de ses deux collaborateurs.
- Il y a eu pendant longtemps, au voisinage immédiat du village de Gabian (Hérault), à une vingtaine de kilomètres au nord de Béziers, une source dont l’eau amenait avec elle du pétrole. L’emplacement de cette « source d’huile de pétrole » (c’est sous cette dénomination qu’elle est indiquée sur la carte au 80000e) est situé dans la vallée de la Tongue, à 1500 m. au sud du village de Gabian. Actuellement elle est complètement à sec.
- ' Vers 1885 deux forages profonds furent exécutés, l’un au nord de la source et à son voisinage immédiat, l’autre au sud et à quelques centaines de mètres d’elle; le premier atteignit la profondeur
- 52* Année. — 2* Semestre-
- concluait à l’exécution de deux forages de recherches pour lesquels il proposait des emplacements approximatifs. Ces conclusions, qui sont à la base de la découverte actuelle, furent acceptées par le Comité scientifique du Pétrole. Mais M. Barrabé (qui comptait retourner à Gabian pour y faire., préalablement au choix définitif des- emplacements, une étude géologique détaillée) venait de partir pour une mission à Madagascar lorsque, en mai dernier, l’exécution des son&ages fut décidée. M. Viennot fut alors chargé de s’en occuper.
- Au cours d’un voyage d’études à Gabian en juin, il fixa l'emplacement du premier sondage actuellement en exploitation. Celui-ci est situé à 1500 m. au SW de l’ancienne source de pétrole, à 200 m. à l’est de la « Source de Santé », dans l’une des deux zones indiquées par M. Barrabé.
- La carte géologique (feuille de Bédarieux) montre 25. — 585
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- 386 .__ DÉCOUVERTE D’UN GISEMENT PÉTROLIFÈRE A GAB1AN (HÉRAULT)
- Fig. 2. — La < source d’huile de pétrole » du XVIIIe siècle, abandonnée.
- que la région de Gabian est constituée d’un substratum paléozoïque affecté de plis et de charriages hercyniens, recouvert en discordance par un complexe de Mouiller productif, d’Autunien, de Trias et de Jurassique, dont les grandes lignes structurales ont la direction AVSW-ENE, et qui s’enfonce dans l’ensemble vers le SSE. L’étude géologique détaillée que M. Yiennot vient de faire a montré que la tectonique de ce complexe, en apparence simple, l’est en réalité beaucoup moins. D’énergiques poussées vers le nord y ont amené des décollements, et ont provoqué dans le Trias la formation de plis très nets plus ou moins étirés.
- L’ancienne source de pétrole suintait à la limite des grès triasiques inférieurs perméables et des dépôts triasiques plus récents, comprenant, outre quelques bancs calcaires à faciès de Muschelkalk, des cargneules, des dolomies, des marnes bigarrées et du gypse, attribuables au Keuper et formant dans l’ensemble uiïe couverture imperméable. La situation de l'ancienne source ‘permettait de supposer que le pétrole imprégnait les grès inférieurs sous cette couverture; il avait suinté grâce à la mise à nu, par l’érosion, d’une zone imprégnée, à la faveur d’un bombement dont l’axe coïncide avec la vallée de la Tongue et dont la direction est à peu près perpendiculaire à celle des grandes lignes structurales de l’ensemble. MM. Barrabé et Yiennot
- ont donc estimé qu’il fallait rechercher le pétrole sous la couverture imperméable du Trias supérieur, et, si possible, sur le tracé d'un pli anticlinal favorable à la localisation de l'huile. On voit affleurer dans la vallée de la Tongue, à 700 m. environ au sud de l’ancienne source, une voûte de grès triasiques dessinant d’ailleurs une bande beaucoup moins large que celle indiquée par la carte géologique. Le sondage a été placé par M. Yiennot sur le prolongement hypothétique de cette voûte, assez loin du bord de l’affleurement du Keuper pour que le peirole ait pu être conservé sans être drainé dans les grès par l'érosion ('), et avec le souci d’éviter la proximité de la « Source de Santé ». En effet, il faut toujours appréhender l’arrivée de l’eau dans un forage de recherche pétrolifère ; cette source, où se dégagent aussi des bulles de CO2, est d’ailleurs vraisemblablement en relation avec une fissure assez profonde.
- Le sondage fut commencé vers le milieu d’août. M. Yiennot le visita à la fin du même mois : la profondeur atteinte était de 78 m. ; aucune carotte n’ayant encore été prélevée, il demanda que l’on en
- t. Une cause certaine.de l'échec des sondages exécutés vers 1885 est qu’ils furent placés sans préoccupation de la structure et de la couverture imperméable ; celui du nord est entré directement dans le grès triasique, celui du sud était placé sur le synclinal de Keuper qui traverse la Tongue en aval de la source de pétrole.
- Fig. 3.
- Le puits de sondage.
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- VERS QUELS PAYS ET PAR QUELLES ROUTES ÉMIGRENT LES MOUETTES 387
- fît une le plus tôt possible; elle fut extraite de 95 m. 30 à 96 m. 70 et se montra imprégnée d’hydrocarbures. Les précautions nécessaires furent alors prises pour assurer la « fermeture des eaux » et, lorsqu’on voulut, le 11 septembre, s’assurer de l'étanchéité du sondage, le pétrole suinta; la profondeur atteinte était de 97 m.' 20, le débit horaire initial de 40 litres. Depuis cette date, un approfondissement lent (on avait atteint 105 m. 75 le 31 octobre) avait permis de maintenir ce débit‘entre 5 et 40 litres. Le G novembre, le dernier approfondissement, jusqu’à 106 m.
- 75, a provoqué le jaillissement intermittent du pétrole : le débit horaire, porté brusquement à 1 m3, s’est établi depuis lors à une moyenne de 500 à 600 litres. Le sondage a traversé d’abord le complexe imperméable du Trias supérieur. ' Les carottes prises depuis 95 m. ont montré que jjles niveaux productifs sont constitués par des alternances de dolomie caverneuse et de grès à éléments dolomitiques avec quelques petits galets de quartz : il s’agit de la zone de transition entre le Trias supérieur et les grès triasiques. L’étude stratigraphique détaillée montre que cette zone de transition est assez épaisse (plusieurs dizaines de mètres) et comporte aussi
- des intercalations schisteuses imperméables : on peut donc présumer qu’on rencontrera d’autres zones imprégnées lorsqu’on reprendra l’approfondissement. La roche mère doit être recherchée dans le Primaire.
- Le pétrole de Gabian a une coloration brun foncé avec fluorescence verte; sa densité est de 0,8464 à 15°; il contient 10,35 pour 100 de paraffine, et seulement des traces d’asphalte; à la distillation fractionnée, 26,05 pour 100 passent entre 225 et 300°, et 70 pour 100 au-dessus de 500° (données
- fournies par M. Gault).
- Les résultats encourageants obtenus jusqu’à présent dans le premier sondage et l’allure assez régulière de la bande triasique imprégnée permettent d’espérer que le gisement de Gabian a une certaine extension. 11 faut attendre la suite des opérations de forage pour avoir des données positives à ce sujet. Les résultats actuellement acquis sont les plus importants qui aient été obtenus jusqu'ici sur le territoire français d'avant-guerre en matière de recherche de pétrole.
- Louis Barrabè,
- Agrégé-préparateur à l’École Normale supérieure
- et Pierre Viennot,
- Préparateur à la Sorbonne.
- Fig 4. — Le sondage actuel de Gabian.
- VERS QUELS PAYS ET PAR QUELLES ROUTES EMIGRENT LES MOUETTES
- Me proposant d’entretenir les lecteurs de La Nature, des trouvailles d’oiseaux bagués faites dans plusieurs pays depuis une quinzaine d’années, j’estime. devoir commencer par l’espèce qui a fourni aux savants chercheurs attachés aux observatoires ornithologiques, les résultats les plus probants; je veux parler de la mouette rieuse (Larus ridibun-dus L.)
- Chaque année, en Allemagne, une grande quantité dé jeunes mbuettes rieuses sont annelées par les soins de l’observatoire ornithologique de Rossit-ten(Courlande), dans les marécages de lacontréè, dans les colonies de goélands d’Hiddensœ et de Zingsten Poméranie, ainsi qu’en Silésie et dans le Schleswig-Holstein. De son côté, la Société orni- i
- thologique de Bavière fait baguer de nombreuses mouettes sur le lac de Worth (près de Munich) et à Schwandorf (Palatinat). En Hongrie et en Bohême, la même expérience s’effectue respectivement par les membres de la Centrale Ornithologique de Budapest et de la Station Ornithologique du Loto, dans les colonies du lac de Yelenc et d’Rirnsen. Enfin des centaines de mouettes rieuses sont également annelées en Angleterre, en Hollande et au Danemark. ’
- Ce « baguage », entrepris en grand, a produit de très intéressants résultats, qui .ont permis de‘jalonner les routes migratoires de Larus ridi-bundus. :
- D’après les renseignements publiés par M., Thiene-
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- 388 VERS QUELS PAYS ET PÂR QUELLES ROUTES ÉMIGRENT LES MOUETTES
- mann, directeur de l’Observatoire de Rossitten, des mouettes originaires de la Kurische Nehrung (Courlande), émigrent par les routes suivantes :
- 1. — Vers le sud, par Breslau, Vienne, Budapest, les vallées du Danube et de la Save, Trieste, parfois jusqu’en Tunisie en longeant la côte italienne de la mer Adriatique et en passant par la Sicile. La vallée du Pô est un des quartiers d’hiver préférés. De Vienne, les mouettes visitent aussi le cours supérieur du Danube et les affluents qui s’y jettent : des goélands bagués ont été trouvés, en effet, à Passau, Munich, Innsbrück, et autres localités.
- 2. — De la Kurische Nehrung, en longeant les côtes de la mer Baltique et de la mer du Nord jusqu’au Rhin, puis en remontant le Rhin, en descendant le Rhône jusqu’à son embouchure, en filant ensuite vers les Baléares, les côtes d’Espagne et le nord de l’Afrique.
- 3. — Vers l’ouest en longeant les côtes de la Baltique et de la mer du Nord, puis èn virant vers l'Angleterre, ou bien en continuant par le littoral v français de la Manche et de l'Atlantique jusqu’en Espagne, en Portugal el jusque dans le nord de1 l’Afrique. Les côtes de la Manche constituent T un des quartiers d’hiver les plus affectionnés des goélands rieurs.
- 4. — La route précédente, mais en obliquant des côtes occidentales françaises vers l’Océan Atlantique, et en survolant celui-ci jusqu’aux côtes d’Amérique.
- En novembre 1911, une mouette rieuse fut abattue à l'île Barbade (Petites Antilles) ef en février de l’année suivante, un autre oiseau de même espèce fut trouvé au Golfe du Mexique, sur le lac de Gatamaco (Vera-Cruz). Ces deux trouvailles ayant été faites à deux mois et demi seulement d’intervalle, il est à peine admissible qu’il s’agissait d’oiseaux égarés. Il y a plutôt lieu de considérer comme une émigration régulière, le voyage effectué par les goélands du nord de l’Europe vers l’Amérique. Cette conception s’appuie du reste sur plusieurs trouvailles, lux îles Açores, de mouettes rieuses originaires d’Angleterre, lesquelles, parties des côtes européennes dans une direction ouest, avaient survolé l’Atlantique et, peut-être se disposaient à continuer leur voyage jusqu’au Nouveau-Continent, Remarquons ici que les goélands peuvent être rangés parmi les meilleurs volateurs, pour lesquels les exercices aériens les plus soutenus lie sont qu’un jeu léger; ils se reposent d’adleurs en toute occasion sur l’eau, où ils trouvent de la nourriture en abondance. Pour ces oiseaux, la traversée de l’océan n’est donc pas une épreuve extraordinaire.
- Des mouettes rieuses originaires de Poméranie et du Schleswig-Holstein, ont été trouvées en Angle-, gleterre, en Hollande, en Belgique, dans le nord et l’ouest de la France, en Portugal et en Espagne. Elles avaient donc suivi la troisième route préindiquée qu’affectionnent particulièrement les mouettes
- habitant le nord de l’Allemagne et le Julland. On en a trouvé d’autres àHeilbronn, Constance, Munich et Campo maggiore près de Stenico (Trentin). Heil-bronn et Constance appartiennent à la route qui remonte le Rhin (2), tandis que la situation géographique de Munich et dé Campo, indique une voie transversale par l’intérieur de l’Allemagne, les Alpes et l’Ilalie, analogue à celle que suivent les mouettes de Rossitten, qui, pour arriver en Italie, survolent l’Autriche.
- Voici maintenant un fait curieux : les mouettes originaires de Silésie, de Bohême (lac d’Hirnsen) et de. Hongrie (lac de Velenc), cherchent à atteindre l’océan aussi bien par une route menant au nord que par une voie menant au sud. Elles voyagent soit par Trieste, vers l’Italie, les territoires méditerranéens de l’ouest et le nord de l’Afrique, soit en descendant le coursde l’Elbe ou de l’Oder jusqu’à la côte allemande, où elles sejoignent à leurs semblables originaires du nord de l’Allemagne et du Danemark, pour continuer l’émigration vers l’Angleterre ou les littoraux de Belgique, de France et de la péninsule’;'ibérique. Pour les mouettes de Silésie et de Bohême, c’est la route du nord, pour les mouettes de Hongrie — celles-ci aimant à hiverner dans la vallée dù Pô — la route du sud, qui est la plus souvent adoptée. Mais certaines mouettes de Hongrie et de Bohême partent par une autre route encore, laquelle remonte le Danube et longe ensuite le Rhin vers les lacs suisses, puis le Rhône jusqu’à son embouchure.
- Des mouettes originaires de Silésie ont été égalée ment trouvées près de Coblentz, Mannheim, Franc-fort-sur-Mein, Hombourg, Lorch. Ces endroits peuvent être atteints directement par un vol vers l'ouest. Mais il est possible que ces oiseaux se soient d’abord dirigés vers le nord avec des congénères, en suivant l’Elbe ou l’Oder, puis longeant vers le sud-ouest les côtes de la mer du Nord, aient dévié des bouches du Rhin vers la vallée, de ce fleuve, comme font souventles mouettes venant de Rossitten.
- Certains goélands bavarois annelés au lac dè Worth et à Schwandorf se dirigent vers l’Italie. Mais la plupart émigrent par les lacs de Constance et de Genève, vers les1 Bouches-du-Rhône, les côtes est d’Espagne et le Maroc. Toutefois encore, si la direction de cette route migratoire paraît en rapport avec la situation géographique des lieux de nidification, elle n’est pas adoptée par tous les goélands bagués au lac de Worth. En effet, une partie de ces oiseaux s’écartent vers le nord pour gagner la route si affectionnée qui longe les côtes occidentales de la mer du Nord, etc. Les lieux de trouvailles : Heil-bronn, Mannheim, Hanau, Worms, Dusseldorf, Groningue, Calais, ainsi que ceux situés dans les départements français de la Somme, de la Seine-Inferieure, du Calvados, des Côtes-du-Nord, de Vendée, de la Charente-Inférieure, et enfin, Lisbonne, jalonnent une voie qui part de Bavière par le Danube vers le Neckar et le Rhin, longe ce dernier
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- fleuve jusqu’au littoral néerlandais et descend ensuite, le long des côtes nord et ouest de la France vers le Portugal. La détermination de cette voie migratoire assez rarement suivie, qui part du sud de l’Allemagne vers la péninsule ibérique en faisant un détour considérable vers le nord, est un des plus intéressants résultats du « baguage » des mouettes.
- Les mouettes du Jutland suivent les mêmes routes que celles du nord de l’Allemagne.
- En Angleterre, les naqüettes rieuses sont la plupart sédentaires et nomades (erratiques). Des individus isolés émigrent toutefois en automne et rejoignent, suivant la situation géographique de leur habitat, la voie migratoire occidentalelongeantl’océan Atlantique jusqu’en Espagne et en Portugal.
- La trouvaille aux îles Açores, de plusieurs goélands rieurs originaires d’Angleterre, indique un voyage au-dessus de l’océan vers l’Amérique.
- La direction des routes susindi-quées montre qu’ordinairement les Alpes et les Pyrénées ne sont pas survolées. Exception doit toutefois
- .M.iCmagîie et duJutlancl
- .Xoati-s oUs mouettes du ilesie
- Fig. i. — Voies de migration des mouettes rieuses.
- Fig. 2. — Lieux de trouvaille (Xj de mouettes rieuses, annelëes près de Viborg (JutlaHd), par M. P. Skojgveard.
- être faite pour les mouettes originaires de Poméranie, qui furent abattues près de Stenico (Trentin) ; elles avaient du passer parles Alpes. La trouvaille, à Innsbrück et environs, de mouettes annelées en Cour-lande, dénote nne incursion assez profonde dans les montagnes. En se basant sur ces observations, on admet avec assez de certitude, qu’un voyage au-dessus des Alpes n'effraie pas Larus ridibuntlus, quoique ce voyage, selon ce qu’ont prouvé les expériences, soit plutôt considéré comme exceptionnel.
- Comparativement au grand nombre de trouvailles faites dans les lieux situés sur les voies migratoires susindiquées, il n’en fut fait que très peu ne s’adaptant pas au cadre de ces voies. Par exemple, quelques oiseaux bagués à Rossitten furent abattus près de Berlin, de Freien-walde-sur-Oder et de Dresde ; d'autres furent tués à l’intérieur de la France. Ces oiseaux, en émigrant, s’étaient écartés des routes habituelles en suivant certains cours d’eau. Peut-être Berlin, Freienwalde et Dresde se trouvent-ils sur une route sud-ouest pas-
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- 390 == L’EQUIPEMENT ELECTRIQUE MODERNE DES AUTOMOBILES
- sant par Munich et les Alpes et conduisant en Italie? A cette route, il serait possible de relier Innsbrück, Stenico. et autres lieux où l’on a fait des trouvailles.
- Les différentes voies de migration sont suivies simultanément pendant une même période. Ainsi, les goélands du lac de Yelenc (Hongrie), partent, au cours d’un automne, aussi bien par le nord que par le sud, et une partie de ceux de Rossitten se dirige vers l’ouest le long des côtes de la Baltique, pendant qu’une autre partie file directement vers le sud pour atteindre l’Adriatique.
- Le professeur Poney, de Genève, a observé qu’une même mouette hiverne parfois deux ans de suite au même lieu. Pendant l’hiver 1917-1918, du 15 octobre au 15 mars, une mouette rieuse, annelée, avait l’habitude de se tenir sur le mât d’un bateau constamment amarré dans le port. Le 3 novembre 1918, elle arriva de nouveau et reprit son ancien poste sur le mâi, en se défendant énergiquement contre les attaques de ses congénères qui voulaient lui ravir sa place. Elle attendait qu’une marchande de journaux occupant urt kiosque voisin, vînt mettre un peu de nourriture à sa disposition sur la muraille du port, mais souvent elle prenait les morceaux presque dans la main de sa protectrice. Le 25 mars, elle disparut....
- Si intéressante que soit cette observation, elle ne permet toutefois pas de déterminer si les mouettés rieuses suivent toujours la même route, lorsqu’elles émigrent, et si elles recherchent chaque année le même quartier d’hiver. L’avenir l’apprendra sans doute.
- En émigrant, les mouettes faisant partie d’une même colonie, voyagent en bandes serrées ; ce fait a été prouvé, par exemple par deux de' ces oiseaux qui, originaires de Rossitten, furent abattus en même temps à Vienne, alors qu’ils faisaient partie d’une forte troupe. Une trouvaille analogue s’est effectuée à Topolovac (Croatie). Ces « doublés » de goélands laissent naturellement présumer que les bandes d’oiseaux venaient de Courlande.
- Il ne faut pas s’imaginer que toutes les mouettes rieuses émigrent jusqu’aux territoires méditerranéens, où aboutissent les diverses voies migratoires. Beaucoup hivernent sur les côtes de la mer Baltique,
- de' la mer du Nord et de la Manche, ainsi qu’à d’autres points des routes habituelles. La Grande-Bretagne est un des quartiers d’hiver préférés des mouettes émigrant vers l’ouest; elles y avancent bien avant au nord et vont même jusqu’en Ecosse.
- Dès qu’elles peuvent soutenir un vol prolongé,-les jeunes mouettes récemment sorties du nid se-mettent en voyage. Vers la fin du mois d’août 1921, plusieurs de ces palmipèdes bagués à la mi-juin, donc deux mois auparavant, au lac de Worth (Munich), se trouvaient déjà à Chalon-sur-Saône et dans le département du Gard (Midi). D’autres jeunes individus de l’espèce Larus ridibundus, annelés en Bavière, furent trouvés en France déjà vers la mi-juillet, alors qu’ils n’étaient pas encore en parfait état de vol.
- Enfin, on a observé que les jeunes goélands demeurent fréquemment dans leurs quartiers d’hiver jusqu’à ce qu’ils soient aptes à la reproduction, — ce qui se produit à l’âge de deux ans seulement, — ou bien ils errent sans but, menant par conséquent une vie nomade. Pour les individus plus âgés, le retour au pays d’origine paraît, au contraire, une règle : on a trouvé dans les colonies où ils étaient nés, de nombreux oiseaux bagués depuis plusieurs années. Il semble donc que la population d’une colonie de mouettes rieuses se complète chaque année de jeunes individus propres à la colonie même. Mais des exceptions existent : ainsi, deux oiseaux originaires de Zingst élurent domicile à Malmoé; trois autres nés en Courlande se fixèrent près de Libau et de Riga, et un autre encore originaire de la Ivurische Nehrung demeura au lac de Zurich. Ce, dernier n’avait sans doute pas quitté son quartier d’hiver, tandis que pour les deux autres, la distance séparant le nouvel habitat du lieu d’origine, était trop peu importante pour que l’on pût parler d’une élection de domicile en territoire étranger ; en l’occurrence, il s’agissait plutôt d’une sorte d’échange entre colonies voisines. Au demeurant, ces cas exceptionnels et peu intéressants n’influencent en rien les nombreuses observations faites sur le retour des représentants de l’espèce Larus ridibundus dans leur patrie.
- Auma.ni) Misucieu.
- L’ÉQUIPEMENT ÉLECTRIQUE MODERNE DES AUTOMOBILES
- I. — Les
- La production d’une quantité de chaleur minimum est nécessaire pour l’allumage du mélange tonnant. Les solutions présentées ont été évidemment très diverses.’Tout d’abord, on s’est adressé à l’incandescence, puis à l’étincelle d’induction et en dernier lieu, à la magnéto, qui n’est autre chose qu’un générateur de- courant alternatif dont l’inducteur ést formé par un aimant permanent.
- magnétos.
- Les machines magnéto-électriques ont été les ' premiers générateurs mécaniques de courant électrique; elles ont, dans le domaine industriel, complètement disparu depuis l’avènement de la dynamo Gramme et des alternateurs. Il est curieux de voir ce modèle ancestral ne subsister que dans l’équipement des moteurs où il trouve un débouché énorme.
- Les premières magnétos pour moteurs étaient
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- des machines à basse tension. Il était alors nécessaire d’avoir des rupteurs mécaniques sur les cylindres, et on se rend compte de l’extrême complexité du mécanisme et des inconvénients qui en découlaient.
- 11 y avait donc avantage à produire tout de suite le courant sous la tension élevée capable de faire jaillir l’étincelle dans les conditions les plus dures du fonctionnement. Tout le monde a certainement remarqué au Salon, parmi les appareils exposés, un dispositif tournant faisant baigner des bougies dans l’huile d’une façon intermittentes Les constructeurs faisaient remarquer que la régularité de l’allumage n’en était pas affectée. 11 est bien évident que ceci n’est possible qu’avec une tension élevée.
- Le mécanisme de rupture sera donc porté par la magnéto ; il en sera de même de celui de la distribution du courant. Il est à noter qu’avant la guerre, presque toutes nos magnétos provenaient
- Fig. 2.
- Schéma de principe de la magnéto Bosch.
- a, circuit primaire ; b, bague collectrice; c, parafoudre; d, circuit secondaire; e, inducteur; f, condensateur; g, charbon masse ; h, vis platinée isolée ; «y interrupteur; m, masse; n, distributeur.
- d’Allemagne. La nécessité obligea la France à développer considérablement cette industrie.
- Principe de la magnéto à haute tension. — D’une façon générale, la magnéto comporte chez presque tous lès constructeurs : 1° une partie fixe composée d’un aimant, d’un distributeur et d’un collier où sont fixées les cames ; 2° une partie mobile constituée par une armature de fer doux ou induit, qui est généralement en forme de T. On y enroule généralement bout à bout le circuit primaire et le circuit secondaire.
- La figure ! indique le schéma de principe d’une magnéto haute tension. Le circuit secondaire est relié d’un côté à un condensateur C constitué de feuilles d’élain isolées au mica et de l’autre à une bague collectrice de courant b. Sur cette dernière froltera un charbon c relié par un fil et un charbon d au distributeur D,
- Le distributeur est connecté à une électrode de la bougie B, la 2e électrode étant à la masse.
- Pour produire l’étincelle, ori interrompt le courant primaire au moment où il est maximum. La variation du flux de celui-ci à travers le secondaire sera très grande. Or, on sait que le principe fonda-
- HanaPn iirfnn
- Masse
- Fig. i. — Schéma de principe de la magnéto haute-tension.
- B, bougie; D, distributeur; d, charbon; c, charbon; b. bague collectrice ; S, secondaire ; P, primaire; C, condensateur; K, rupteur; i, interrupteur.
- mental de l'induction est que la force électromotrice est précisément égale à cette variation de flux.
- La force éleclromolrice est donc très grande. Par suite, une tension élevée s’établit aux bornes du secondaire, tension suffisante pour faire jaillir une étincelle très chaude dans l’espace gazeux qui sépare les deux pointes de la bougie. L’interruption du courant primaire est effectuée par le rupteur R.
- Ce principe va nous conduire tout naturellement à la définition des qualités que doit posséder chaque organe.
- Les parties constituantes. — Il nous faut tout d’abord du courant primaire : nous l’obtiendrons en faisant tourner l’induit dans le champ permanent d’un aimant.
- Celui-ci sera en fer à cheval ; il comportera comme socle du bronze ou de l’aluminium, c’est-à dire des métaux non magnétiques.
- Sur l’induit, nous trouverons deux enroulements : le primaire qui sera court et gros (longueur 200 mètres en moyenne, diamètre de 7/10 à 20/10), le secondaire, qui sera long et fin (longueur 4000 à 5000 mètres, diamètre 0lI,m,l à 0mni,3). C’est une grosse économie d’encombrement que de mettre les enroulements bout à bout.
- Quelles précautions faut-il prendre? Elles découlent tout naturellement du rôle de l’appareil. Il faut
- 9 4 çf
- Fig. S.
- Schéma des connexions d’une magnéto Saga.
- A, enroulement secondaire ; B, bague collectrice; C, prise de courant haute tension ; D, distributeur haute tension ; E, plots de distribution; F, condensateur; G, bougies; Ii, vis platinée.
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- Fig. 4. — Magnéto Saga partiellement démontée.
- éviter des faites de flux, parce que ce serait de l’énergie perdue, donc réduira l’entrefer entre l’inducteur et l’induit. De plus, il y a lieu de soigner spécialement l’isolement et de bien vérifier la répartition de la tension dans les spires superposées.
- L’organe chargé de couper rapidement le courant primaire est le rupteur. Il faut qu’il établisse la rupture vite et au moment voulu. Une des extrémités du primaire est soudée à la masse du noyau et l’autre aboutit à l’enclume. Le marteau étant relié à la masse, le courant passera de l’enclume au marteau, car ils sont maintenus en contact par un ressort. Deux cames fixes, contre lesquelles la queue du marteau bute en cours de rotation, produisent la rupture. C’est précisément en déplaçant ces cames par rapport à l’aimant qu’on obtient l’avance variable.
- Dans un moteur, il faut distribuer équitablement le courant à haute tension de la magnéto entre les divers cylindres. Ceux-ci exigent un traitement qui soit rigoureusement régulier. Toute injustice se répercute tout de suite sur le fonctionnement du moteur. Le grand dispensateur du courant de la magnéto est le distributeur : il doit respecter l'ordre de la distribution et le moment de la distribution.
- Il sera constitué par une plaque en ébonite évidée en son milieu. Des plots conducteurs recevront le courant par un commutateur commandé par le moteur au moyen d’un engrenage.
- Nous avons fait jaillir une étincelle entre les électrodes de la bougie, mais si des précautions spéciales ne sont pas prises, il y aura aussi une étincelle entre les contacts platinés du marteau et
- Primaire
- Fig. 6 — Schéma- du circuit primaire et secondaire de la magnéto Lavalette.
- de l’enclume. Celle-ci est indésirable ; on s’en débarrasse en la faisant absorber par un condensateur placé en dérivation aux bornes du rupteur. Ce condensateur est constitué par des disques d’étain isolés au mica et il se charge par l’extra-courant de rupture.
- Il y a même mieux : dès que le circuit est rétabli, il se décharge et ajoute un petit courant auxiliaire à celui de la magnéto. Or, on sait qu’en vertu de la loi de Lenz, le courant de self-induction tend à s’opposer au rétablissement du courant dans le primaire. Le petit courant de décharge du condensateur combat donc le courant de self-induction.
- Si, pour une raison quelconque, encrassement par exemple, l’étincelle ne pouvait jaillir aux bougies, elle aurait bien vite fait de chercher un point faible qu’elle ne manquerait pas de trouver. Elle pourrait, par exemple, jaillir entre la masse et l’enroulement. Il faut de toute nécessité lui préparer un chemin plus facile et sûr... pour la magnéto.
- C’est le rôle du pa-rafoudre qui est constitué par deux pointes dont T une est reliée à la masse et l’autre à la haute tension. 11 faut, bien entendu, régler soigneusement cet appareil, de façon que l’étincelle éclate pour une tension supérieure à celle qui produit l’allumage et inférieure à celle qui correspond à l’isolement à la masse.
- Vitesse de rotation des magnétos.. — D’après ce que nous venons de dire plus haut au sujet de la distribution, la vitesse des magnétos doit être fonction du nombre des cylindres quelles desservent.
- Soit d’abord un moteur moriocylindrique à quatre temps. Il n’y a qu’un demi-tour moteur tous les deux tours, c’est celui de l’explosion.
- Il faut donc s’arranger pour n’avoir qu’une étincelle tous les deux tours. Il s’ensuit que théoriquement, il suffirait de faire tourner la magnéto à la demi-vitesse du moteur.
- Mais la magnéto fonctionne d’autant mieux qu’elle tourne plus vite. Nous trouverons donc chez beaucoup de constructeurs une vitesse de la magnéto égale à celle du moteur. Nous aurons évidemment une deuxième étincelle, mais elle ne donne lieu à aucun inconvénient, puisque le cylindre est à ce moment à la période d'échappement.
- Avec deux cylindres calés à 180°, on peut avoir deux ruptures par tour. La manivelle tournant à la | vitesse du moteur, on n’utilise dans chaque cylindre qu’une étincelle sur deux* La magnéto pour quatre cylindres à quatre temps doit fournir deux étincelles par tour de moteur. Or, si elle tourne à la
- Fig. 5. '
- Rupteur de la magnéto Saga.
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- vitesse du moteur, il lui faudra deux bossages agissant sur le rupteur. Le distributeur, qui a quatre plots, doit tourner à la demi-vitesse de l’induit pour fournir du courant à deux plots seulement.
- Les constructeurs se conforment généralement pour quatre cylindres à l’ordre 1-3-4-2. Dans les moteurs à six cylindres, puisque l’induit fournit deux étincelles par tour, il est nécessaire d’avoir trois tours de l’induit pour obtenir les six étincelles d’allumage. La magnéto devra donc tourner une fois et demie plus vite que le moteur. Le distributeur tournera au tiers de la vitesse de l’induit. L’ordre d’allumage adopté sera généralement 1-5-3-6-2-4, si l’arbre n’a que quatre paliers. On évitera ainsi les explosions successives sur deux manivelles voisines.
- La première magnéto. — Avant la guerre, le
- " Fis. 8.- 1-
- Le dispositif à déclic de la magnéto Lavalette.
- marché était accaparé par la magnéto Bosch. Le schéma de principe est représenté par la figure 2.
- Le champ magnétique est produit par deux aimants permanents.
- Une armature en double T dont le noyau est entouré de deux enroulements, le primaire et le secondaire, tourne dans le champ magnétique des aimants.
- La tension du courant engendré par la rotation de l’induit est accrue en mettant en court-circuit le primaire. Ce circuit est coupé au moment convenable par le rupteur.
- L’enroulement primaire est relié d’un côté à une plaque isolée et de l’autre au noyau de l’armature. Le dispositif de rupture est fixé par une vis vissée dans le centre de la plaque isolée. Il est prévu un condensateur pour absorber l’étincelle de rupture.
- Une extrémité de l’enroulement secondaire est reliée au primaire, l’autre est fixée à la bague collectrice où le balai en charbon vient prendre le courant. Le courant est alors envoyé au plot central du distributeur. Tout le dispositif de rupture est porté par l’axe de l’armature arrière. Un levier de rupture bascule deux fois par tour par suite de la présence d’un jeu de cames en acier.
- Pratiquement, l’écartement des vis platinées ne doit pas dépasser 0,4 mm. On a prévu en outre un
- 'Û Masse à
- ^Co
- forne de prise 'de cl primaire
- Plateau de rupture
- Interrupteur
- Fig. 7. — L’interrupteur de circuit primaire d'une magnéto Lavalette.
- dispositif permettant de graisser la surface de frottement du levier de 'rupture.
- En mettant l’enroulement primaire de la magnéto en court-circuit, on arrête l’allumage.
- Nous allons maintenant décrire sommairement quelques modèles de magnétos employées actuellement.
- Les magnétos Saga. —- Pour la première fois #.en 1909, la Société Jules Grouvelle, II. Arquem-bourg et Cie construisit des magnétos qui n’étaient pas la copie de machines étrangères.
- A l’heure actuelle, cette magnéto est montée sur beaucoup d’automobilës qui triomphent dans les épreuves de course. La magnéto doit alors fournir.un effort considérable (plus de 4000 tours par minute pendant huit heures consécutives).
- Les magnétos Saga sont monobloc, c’est-à-dire que la pièce principale est constituée par un bâti en aluminium dans lequel sont enrobées les masses polaires, les tubes de graissage et les macarons taraudés destinés à la fixation. Le bâti forme aussi l’un des paliers qui supportent l’induit.
- On obtient ainsi :
- 1° Une plus grande rigidité de l’ensemble à cause de la suppression des nombreuses vis d’assemblage;
- 2° Une étanchéité parfaite, d’où une grande protection de l’induit ;
- 3° Un meilleur rendement électrique-par suite delà possibilité de réduire l’entrefer au strict minimum ;
- 4° Un aspect plus élégant de l’ensemble de la magnéto.
- Toutes les pièces qui. ont besoin d’être visitées ont été rendues accessibles et peuvent très facilement se démonter.
- Par exemple :
- La prise de courant secondaire s’enlève par une
- Fig. g. — Le cliquet de la magnéto Lavalette.
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- 394 = L’ÉQUIPEMENT ÉLECTRIQUE
- Fig. 10. — Coupe de la magnéto Scintilla.
- traction de bas en haut, accompagnée d’un léger mouvement de rotation dans n’importe quel sens ; cette pièce enlevée, le moteur ne peut plüs fonctionner ; on peut donc s’en servir comme d’une sorte de clé de sécurité.
- La plaque de distribution des magnétos 4 cylindres s’enlève instantanément en écartant les deux ressorts latéraux montés sur les colonnettes.
- Le porte-balai rolatif s’enlève par une simple traction, le rupteur est.facilement mis à jour en enlevant d’abord le couvercle et au besoin l’amorce porte-charbon, on peut alors très aisément nettoyer la vis de contact.
- Le rendement électrique de la Saga est la conséquence de plusieurs facteurs.
- a) Tout d’abord, on a étudié le circuit magnétique d’une façon très approfondie. Des ailes suffi-
- Fig. 12. — Magnéto S E. V , type C4.
- - Double allumage, double distributeur avec couvercle de rupteur et distributeurs enlevés.
- MODERNE DES AUTOMOBILES
- samment longues ont été adaptées à l’induit de façon à capter tout le flux inducteur des aimants.
- b) Le circuit primaire est constitué par : la masse, l’enroulement primaire, la vis platinée réglable, la vis platinée du marteau et la main.
- Une des extrémités de l’enroulement primaire est reliée au moyen de l’armature. On trouve à l’autre 'extrémité une plaque isolée. La figure o indique le schéma des connexions d’une magnéto Saga.
- On trouve ici une disposition particulière ; lé condensateur F, qui est en dérivation entre l’extrémité de l’enroulement primaire et la masse, est enfermé dans une boite étanche en métal, ce qui permet de le protéger contre l’huile.
- On a logé cette boîte dans une excavation de l’induit. Elle peut être démontée 'avec la plus grande facilité. Un dispositif de fixation assure l’immobilité du condensateur au moment des démarrages brusques du moteur.
- Le circuit secondaire est constitué à la manière ordinaire : masse, enroulement secondaire, collecteurdu secondaire, prise de courant haute tension, conducteur et distributeur de haute tension, plots de la Réglage du dispositif de rupture
- plaque de distribu- d’une magnéto Scintilla,
- don, bougies et
- masse. L’une des extrémités de l’enroulement secondaire est à la masse par le primaire, l’autre est reliée à la bague collectrice. C’est sur cette bague que s’appuie le balai sollicité par un ressort. Le courant est alors conduit au distributeur par l’intermédiaire d’un balai en charbon appuyé par un ressort sur une masse métallique noyée dans l’isolant de la plaque de distribution.
- Le distributeur est entraîné par une roue dentée qui est commandée par un pignon de l’induit. Un frotteur vient alors successivement en contact avec les plots noyés dans l’isolant de la plaque de distribution. Le courant est ensuite envoyé par les bornes des plots aux bougies respectives, le distributeur tourne à la moitié de la vitesse de l’induit (il s’agit d’une magnéto pour quatre cylindres). ‘
- On obtient la variation du point d’allumage en déplaçant les cames sur lesquelles vient buter le talon du marteau.
- Le rupteur est établi de façon à pouvoir tourner dans les deux sens de rotation après une pérmula-tion très légère. Etant parfaitement équilibré, il peut aisément atteindre 6000 tours par minute et
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- L’EQUIPEMENT ELECTRIQUE MODERNE DES AUTOMOBILES = 395
- plus, avantage sérieux avec les vitesses élevées des moteurs modernes.
- Les figures 4 et 5 montrent d’une part la magnéto HS, partiellement démontée, d’autre part, le rupteur.
- La magnéto Lavallette. — Les Etablissements Lavallette ont construit diverses sortes de magnétos. Nous décrirons le type W. L. Il, qui a été étudié en vue de son adaptation aux moteurs à 4 cylindres pour les véhicules automobiles et l’aviation.
- Le courant est encore produit par une armature en forme de double T sur laquelle sont superposés les deux enroulements primaire et secondaire. Une des extrémités du primaire estlixée sur la masse de l’armature. L’autre est reliée à l’enclume du plateau de rupture. Le secondaire a son extrémité & la masse, l’autre au collecteur.
- Le plateau de rupture tourne avec l’induit et se
- Fig. 14. — Magnéto S. E.V., type C6, en coupe.
- compose ; 1° de la borne isolée électriquement G ou enclume qui porte la vis platinée réglable H; 2° d’un marteau de rupture oscillant J qui porte à une extrémité la seconde vis platinée et à l’autre un talon en fibre.
- Le primaire est mis en court-eircuit par l’effet d’un ressort plat qui est relié électriquement à la masse et dont le rôle est de maintenir les deux vis platinées en contact. La vis centrale I, qui est isolée de la masse, assure la liaison entre l’extrémité du primaire et l’enclume; elle sert à la fixation du plateau de rupture sur l’axe de l’induit (fig. 6).
- Le carter de rupture porte deux cames à 180°.
- On voit sur la figure 6 que le courant secondaire aboutit à une bague de cuivre très fortement isolée F. Une prise de courant haute tension A recueille alors le courant sur cette bague à l’aide d’un frotteur vertical en charbon. Le courant est alors conduit au doigt de distribution au moyen d’un deuxième frotteur horizontal
- La plaque de distribution comporte un couvercle en matière isolante. Une simple traction à la main
- Fig. i3. —Magnéto S. E V., type /14, à avance automatique.
- en permet le démontage. On peut ainsi visiter tout le système dont il est possible d’examiner le fonctionnement durant la marche.
- Le système de blindage des Établissements Lavallette est entièrement différent de celui qui est généralement adopté. Il est composé d’une succession de carters dont un sous les aimants. Ils sont assemblés sur la carcasse de la magnéto et les uns sur les autres au moyen de vis ; l’ensemble de la magnéto est donc entièrement protégé.
- En ce qui concerne l’avance à l’allumage, le dispositif d’avance adopté a pour principe le déplacement des secteurs provoquant la rupture du courant primaire. Comme ils sont fixés sur un carter à deux bras, on obtient, leur déplacement en faisant osciller le carter autour de son axe à l’aide d’une commande fixée sur l’un des deux bras. On peut ainsi donner une variation d’avance d’environ 25° sur le moteur.
- La figure 7 indique le fonctionnement de l’interrupteur du circuit primaire. L’extrémité isolée du circuit primaire (vis fixant le plateau de rupture) est reliée par un frotteur à borne situé sur le couvercle du carter de rupture. Entre cette borne et la masse de la magnéto, on ' dispose un interrupteur. Si ce dernier est ouvert, la magnéto fonctionne normalement.
- Si au contraire il est fermé, le circuit primaire se trouve constamment en court-circuit, même au moment des ruptures.
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- Les Établissements Lavalletle construisent un dispositif de lancement à déclic pour magnéto dans le but -d’éviter de lancer à la volée un moteur à forte compression ou grande inertie, ce que l’on ne pourrait pas faire : l’appareil a l’avantage de permettre de tourner lentement le moteur sans risque de retour en arrière. Il se compose : a) d’une pièce A fixée sur la magnéto portant deux encoches H, H' (lig. 8) ; b) d’une pièce B fixée au moteur et servant à l'entraînement de la magnéto et portant deux cames Y et Y', lies deux pièces A et B emboîtées l’une dans l’autre, comportent'une gorge dans laquelle est loge un ressort à boudin B dont chaque extrémité s’appuie aur chacune des deux pièces par les tenons t, t' ; tr) d’un support S (fig. 9) monté sur le flasque de la magnéto et portant un cliquet F articulé et équilibré par un petit'ressort b.
- En tournant la manivelle du moteur, le dispositif qui sert d’accouplement tend à entraîner la magnélo. Les encoches de la pièce A rencontrent le cliquet F qui arrête celle-ci,
- La pièce B continue seule son mouvement et comprime le ressort B jusqu’à ce qu’une des cames rencontre le cliquet et le libère.
- Le ressort en se distendant imprime à A, et par suite à l’induit de la magnéto, un mouvement cl. rotation rapide qui donne par rupture brusque n .e étincelle. Lorsque le moteur est lancé, des eu nés renvoient automatiquement le cliquet à sa position de repos.
- Les magnétos Scintilla. — Le principe des magnétos Scintilla est le suivant : L’organe le plus robuste étant l’aimant permanent, on l’a rendu rotatif et par suite tous les organes électriques tels que vis platinées, bobine double renfermant son condensateur, parafoudre et charbons de distribution restent fixes, ce qui permet le démontage et la visite.
- Les vis platinées, la bobine, le distributeur et le parafoudre sont à l’abri dans la partie supérieure de l’appareil : seuls l’aimant et la came de rupture, pièces métalliques robustes, se trouvent exposés à l’encrassement par l’huile et les impuretés, ce qui n’a aucun inconvénient. Il n’y a plus de bagues collectives et de porte-balai. Le calage est effectué avec facilité.
- L’aimant permanent à deux pôles tourne entre les masses polaires et crée par suite dans le noyau un champ magnétique alternatif. Lorsque le courant atteint sa valeur maximum dans l’enroulement ' primaire, une came de rupture écarte les vis platinées. La vis platinée courte est mise à la masse par le levier de rupture.,.La vis platinée longue est fixée sur son support 'isolé qui est en contact avec le circuit primaire par l’intermédiaire d’une brosse. L’avance à l’allumage se’ règle par l’oscillation du dispositif de rupture autour de la came.
- L’arrêt du moteur s’obtient par la mise en court-circuit du primaire. '
- La Société Scintilla fabrique des magnétos pour motçurs de 1 à 12 cylindres.
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- Elle a prévu, en outre, divers types d’accouplements élastiques qui ont les avantages suivants : a) annulation de l’effet nuisible de la légère excentricité qui peut exister entre la magnéto et l’arbre d’entrainement côté moteur ; b) les vibrations provenant du moteur ne se transmettent pas à la magnéto ; c) le démontage est facile puisque le manchon de la magnélo n’est pas boulonné à celui du moteur.
- La figure 10 montre clairement la disposition intérieure de la magnélo.
- Les magnétos S. E. Y. — La Société pour l’équipement électrique 'des véhicules a résolu le problème de l’encombrement réduit et de la légèreté en créant la magnélo type PA, dont le poids est de 1 kg environ (motocyclettes, bicyclette à moteur). Ce résultat est obtenu en constituant l’aimant avec l’acier au cobalt qui peut emmagasiner une quantité considérable d’énergie magnétique. A noter que la disposition classique de l’aimant en fer à cheval est abandonnée.
- Cette société a étudié le double allumage. Il y a 4 positions possibles du commutateur : 1° arrêt ' umplet de l’allumage, le primaire de la bobine n’est pas fermé ; 2° allumage par une série de quatre bougies reliées à la magnéto, Le circuit de la batterie alimentant le primaire de la bobine n’est pas fermé et le courant ne passe pas. L’induction est nulle dans le secondaire de la bobine et aucun courant ne passe dans la seconde série de bougies, çelié au secondaire de la bobine par l’intermédiaire du distributeur ; 5° allumage par la seconde série de quatre bougies branchées sur la batterie ; c’est la position recommandée pour le départ du moteur; la première série de bougies est à la masse ; 4° allumage par deux séries de bougies, l’une est branchée sur la magnéto, l’autre sur la batterie ; c’est l’allumage normal de marche.
- La S. E. Y. a également créé l’allumage jumelé (deux étincelles simultanées). Les magnétos à allumage jumelé présentent les particularités suivantes.
- Le circuit secondaire sur l’induit est entièrement isolé. Il n’a pas une extrémité à la masse comme il est d’usage. 11 aboutit par une bague collectrice à deux prises de courant latérales reliées, l’une par l’intérieur de la magnéto, l’autre par une connexion extérieure à deux distributeurs. Chacun de ceux-ci est lui-même relié à l’une des séries de bougies sur les cylindres.
- Enfin, citons un type de magnélo à avance variable.
- Un régulateur fait corps avec la magnéto. Selon le nombre de tours du moteur, il décale d’un nombre de degrés plus ou moins grand l’armature de la magnéto et l’arbre du moteur. Le début de l’avance se produit vers 400 tours pour les magnétos à quatre cylindres et vers 600 tours pour celles à six cylindres. L’amplitude de la variation d’avance est de 25° dans les magnétos pour quatre cylindres,, de 50Q dans celles pour six cylindres.
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- Les magnétos Marelli. — Les établissements Marelli ont étudié et mis au point un modèle de magnéto qui a été adopté par l’aviation militaire et la mâtine italiennes.
- Le bâti constitué par un alliage résistant et léger enrobe les pièces polaires de façon à rendre minimum la perte de flux. L’induit tourne entre les masses polaires de deux aimants permanents et le rupteur est très facilement accessible, puisqu’on le voit lorsqu’on a enlevé le couvercle.
- La partie oscillante du rupteur qui est en bronze matrieé, est allégée pour en diminuer l’inertie, ce qui permet un fonctionnement parfait aux vitesses de rotation très élevées auxquelles tourne cette magnéto.
- Le distributeur est plat de sorte que des poussières ne peuvent pas s’accumuler entre les plots. La commande à demi-vitesse du distributeur à haute tension peut se régler pour tenir compte du jeu des engrenages. Un seul graisseur suffit à assurer le graissage de toutes les pièces en mouvement.
- La Société Marelli construit également un appareil de mise en marche à déclenchement automatique pour démarrer à la main des moteurs lourds à forte compression. De plus, dans les magnétos à six cylindres, le champ magnétique peut être déplacé dans un certain rayon ; il est donc possible d’augmenter dans une grande proportion les degrés d’avance.
- F. G.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre 1924.
- Les pyrites de Maidan-Peck. — Exploité autrefois pour le cuivre, ce gîte serbe a été repris récemment en vue de l’extraction des minerais de fer. De l’étude de M. J. Barthoux, il apparaît qu’il résulte d’une différenciation magnétique et que son mode de prospection doit consister dans la recherche et la délimitation de la roche éruptive, suivies de l’exploration de la surface latérale du contact.
- Le primevérose. — Par l’hydrolyse d’une certaine quantité de monotropitine,' extraite du Betula tenta L., M. Marc Bridel a pu faire cristalliser le primevérose, analogue en tous points au xyloglucose, fourni précédemment par la gentiacauline. Le fait que ce composé a été isolé, par l’action d’un même ferment, de quatre gluco-sides, indique que sa répartition est assez large dans le règne végétal. Paul B.
- L’ORIGINE COSMIQUE DE L’ARCHITECTURE PROFONDE DE LA TERRE
- L’astronomie cosmogonique est la seule science capable d’étudier l’origine de la Terre dès sa naissance tandis que la géologie est obligée de remonter avec peine de l’histoire récente de notre planète à son histoire primitive. Au delà du précambrien, en arrière dans le temps, un voile épais cache les phénomènes géologiques qui, sans doute, n’avaient qu’un rapport éloigné comme nature et intensité avec les phénomènes actuels. Les géologues avouent d’ailleurs, avec l’éminent P. Termier, leur ignorance des causes profondes des , phénomènes qu’ils constatent, surrections orogéniques, transgressions et régressions marines, nappes, charriages, etc... : et cet agnosticisme est peut-être dû à la faillite des diverses hypothèses gratuites qui ont été imaginées a priori pour expliquer une catégorie limitée de faits et qui, le plus souvent, substituent à un fait connu un fait théorique invérifiable. Nous citerons parmi ces hypothèses, celles du réseau pentagonal, du tétraèdre, de la contraction de la croûte terrestre bien improbable en raison de la chaleur radioactive, des effondrements, de la dérive des continents de Wegener, de la variabilité périodique de la désintégration radioactive (Joly).
- L’une des plus tenaces et des plus inadmissibles de ces théories est celle du tétraèdre ; elle s’appuie
- sur une expérience erronée : quand on dégonfle un ballon de caoutchouc complètement, il prend, vaguement la forme d’un tétraèdre. Mais quand on le dégonfle partiellement, on peut y faire naître autant de dépressions (circulaires par raison de symétrie) que l’on veut : or, il est bien évident que jamais la Terre n’a été vidée de matière au point de réduire sa masse à celle de sa croûte solide. La seconde expérience rendrait assez bien compte des mers circulaires de la Lune.
- Suess, dans sa théorie des effondrements, est constamment hanté par l’idée d’un vide possible à l’intérieur de là croûte. « Quel a dû être, dit-il, le vide créé par ces épanchements (du Dekkan)? » Or, la pression des roches empêche qu’aucun vide analogue à celui des cavernes superficielles existe dans la croûte profonde. Cette idée a fait naître une autre erreur, répétée par beaucoup d’auteurs et notamment par Wegener. Parlant des ponts continentaux temporaires qui ont pu exister dans le passé, notamment entre le Brésil et la Guinée, il dit : « On ne peut ériger de pareils socles au sein des Océans sans faire monter leur niveau au point d’immerger tous les continents anciens et modernes. » Or, dans un bassin fermé (et la Terre en est un), on peut déplacer d’une manière quelconque une masse immergée
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- sans faire monter le niveau de l’eau : si cette masse émerge, le niveau d’eau baisse et ne monte pas. Le niveau ne monterait que si le fond océanique soulevé laissait un vide au-dessous de lui, ce qui est tout à fait impossible. On voit combien d’erreurs s’accumulent en géologie à la faveur d’hypothèses peu soutenables.
- Mais la théorie de la Terre, que j’ai proposée dans mes Notes à l’Académie des Sciences en 1914 et dans mon livre de 1918 (Origine des formes de la Terre) a un caractère bien différent des hypothèses précédentes : elle s’appuie sur tous les résultats de l’Astronomie cosmogonique. La Terre est une planète ayant actuellement un seul satellite, la Lune : il est donc de toute nécessité que la Terre et son système obéissent à toutes les lois démontrées et vérifiées pour toutes les planètes et satellites. Parmi ces lois, j’en ai seulement retenu deux applicables à*la Terre, et qui m’ont livré les secrets de son architecture profonde.
- 1° Toute planète s’est déplacée dans la nébuleuse primitive dans le sens de la direction Nord de son. axe.
- 2° Tous les astres du système solaire obéissent à une même loi exponentielle de distribution en distance (des planètes au Soleil, et des satellites à leur planète), loi que j’ai démontrée par la théorie tourbillonnaire et qui reproduit la loi d’épanouissement d’un anneau de fumée projeté dans l’air. Dans la réalité cosmique, ce sont des anneaux planétaires nébuleux qui augmentent de diamètre en se déplaçant dans la nébuleuse primitive.
- Les satellites de la Terre obéissent, dans l’Equateur, à la loi des distances Xn = 0,55— 2,8972n (en rayons terrestres), qui donne pour ces satellites les distances : 1,55 — 5,247 — 8,744 — 24,676 — 70,811. Ce dernier correspond à la Lune (60,27) qui s’est arrêtée à 18° au-dessous de l’Équateur. 11 importe de montrer comment ces lois, avant d’être appliquées à la Terre, ont été abondamment vérifiées dans tout le système solaire.
- Le sens de translation des planètes dans la nébuleuse est prouvé par le fait que Mars, Jupiter et Saturne ont abandonné dans le sillage de leurs trajectoires les petites planètes de leur famille qui dessinent les axes de leurs planètes-mères sur une carte perpendiculaire à l’écliptique (1), exactement comme une fusée abandonne dans son sillage des particules enflammées. Parmi le millier de petites planètes, un assez grand nombre dessinent aussi sur la même carte leur direction de translation qui concorde avec celle des grosses planètes.
- La loi de distribution des distances s’applique aussi bien aux grosses planètes qu’aux systèmes de satellites de Mars, de Jupiter, de Saturne et d’Ura-nus. Dans le cas de Jupiter, la loi des distances des satellites est si précise que, trouvée quelques années plus tôt, elle m’aurait permis de découvrir le satellite Y par la théorie, un peu comme l’a fait Lever-
- 1, Comptes rendus, 28 novembre 1921. <
- rier pour Neptune. Les satellites de la Terre ne peuvent avoir échappé à l’application de cette loi : or les premiers satellites jusqu’à la distance 24,67 n’existent plus : comme on ne connaît aucune action astronomique capable d’enlever à l’attraction de la Terre des satellites aussi rapprochés d’elle, il faut conclure qu’à des époques distinctes et espacées, ces satellites sont tombés dans sa région équatoriale, grâce à la résistance de milieu qui, formée par l’atmosphère très étendue de notre planète, a réduit les rayons de leurs orbites. Le même phénomène s’est produit aussi pour Vénus, qui a une atmosphère encore plus dense que la nôtre : comme contre-épreuve, notre voisine Mars, grâce à sa très faible atmosphère, a conservé ses deux satellites rapprochés aux distances 2,77 et 6,95 (correspondant à ceux 5,24 et 8,74 de la Terre).
- Voyons d’abord les actions multiples des 4 satellites disparus avant et après leur condensation dans la zone intertropicale. La théorie montre qu’ils devaient être formés par des anneaux de poussière (comme ceux de Saturne), très minces, de grande largeur, de densité voisine de 5, ayant une vitesse maxima de 8 km par seconde au moment de leur condensation. Avant leur condensation, ils attireront vers l’Équateur un énorme bourrelet de marée provoquant des régressions marines dans les régions tempérées et pouvant vider en partie la Téthys, cette Méditerranée des ères anciennes allant du Maroc à l’Himalaya avant sa surrection au tertiaire. La marce atmosphérique vers l’Equateur se conjuguant avec celle des mers provoquera des brumes intenses dans les régions équatoriales qui se refroidiront, tandis que la transparence de l’atmosphère augmentera dans le reste de l’hémisphère Nord. Dans les régions intertropicales, le refroidissement sera augmenté par l’ombre des anneaux satellites, et l’on sait la rapidité avec laquelle le thermomètre descend pendant les éclipses de Soleil. On voit qu’il n’est pas besoin de faire voyager les pôles comme le fait Wegener pour expliquer des climats froids près de l’Équateur.
- Après la condensation des anneau-satellitaires près de l’Équateur, les phénomènes vont s’inverser : la force vive de leur matière va réchauffer d’abord l’atmosphère, puis se transmettre aux courants marins divergeant de l’Équateur vers les pôles en transportant les matériaux d’érosion mélangés intimement avec ceux des anneaux. Ceux-ci pourront former temporairement des ponts continentaux entre le Brésil et la Guinée, entre l’Afrique, l’Inde et l’Australie, ce qui expliquerait les migrations des faunes.
- Tous ces phénomènes rendent compte sans difficulté des transgressions et régressions marines dont on ignorait les causes.
- Mais le magma igné sous la croûte avait dû prendre par attraction une marche lente vers l’Equateur avant la condensation des anneaux : quand, ultérieurement ceux-ci exerceront leur près-
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- L’ORIGINE COSMIQUE DE L’ARCHITECTURE PROFONDE DE LA TERRE
- sion sur la croûte équatoriale, le magma sera refoulé vers les pôles et rencontrant dans cette marche inverse les racines profondes du géosynclinal de la Téthys, il le fera surgir en les poussant vers le Nord, notamment au tertiaire (chaînes alpines et himalayennes).
- Mais toutes ces actions (ponts continentaux, transgression et régression marines, surrections orogéniques), se produiront par intermittences au cours des ères géologiques, ce que la contraction ni aucune autre théorie ne pouvait expliquer : et précisément les géologues coustatent qu’il y a eu successivement quatre plissements (huroniens, calédoniens, hercyniens, alpins), ces deux derniers séparés par la longue période calme de l’ère secondaire; c’est parce que la Terre a eu quatre anneaux satellites dont nous avons donné les distances plus haut et dont le plus important (distance 24,67) avait une grande différence de rayon avec celui (8,744) qui, d’après nous, a produit les plissements hercyniens.
- Avant tous ces événements grandioses vraiment adéquats à la puissance nécessitée par la surrection de chaînes majestueuses où les dépôts marins ont été remontés jusqu’à 8000' mètres d’altitude dans l’Himalaya, que s’était-il passé dans l’ère héroïque où le noyau terrestre était encore engagé dans la nébuleuse? Il suffit, pour le savoir, de mettre en œuvre la loi générale de translation des planètes à travers la nébuleuse dans la direction Nord de leurs axes qui va nous révéler la formidable révolution du globe causée par le premier de tons les déluges. Il est bien singulier que tous les géologues s’attachent à étudier les multiples effets de l’eau dans l’érosion, la sédimentation, les transgressions et régressions marines, les glaciers, la lithogenèse, le diastrophisme, etc..., et qu’aucun d’eux ne se soit posé cette question capitale : Comment et par où l'eau est-elle tombée de Vatmosphère primitive sur le noyau terrestre anhydrel Et cependant si l’eau était tombée en quantité égale sur toute la surface du noyau, la Terre n’aurait jamais pu émerger d’un manteau liquide de 3000 mètres de profondeur l’enveloppant de toutes parts. N’est-ce pas méconnaître l’immense portée de ce problème que de le limiter avec Suess, dans son premier chapitre de la Face de la Terre, à l’étude du déluge biblique qu’il cherche à expliquer par un raz demarée, un typhon ou un tremblement de terre? Il n’avait qu’à lire un autre passage de la Genèse pour trouver la solution ; les eaux doivent se réunir en un seul lieu pour que la Terre ferme apparaisse. Nous allons montrer maintenant que ce lieu a été l’Antarctide.
- Considérons le noyau anhydre N S entouré à 1100° de son immense atmosphère contenant en vapeur toute l’eau des Océans et tous les sels ha-loïdes qui se vaporisent de 700° à 800°. Sa transla-; tion dans le sens O N fait que le vent relatif de la nébuleuse dirigé du Nord vers le Sud déprimera le Pôle Nord (Océan arctique) : il entraînera donc les parties extérieures de l’atmosphère, c’est-à-dire les
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- plus froides du Nord vers le Sud; à l’arrière du projectile terrestre, se produira en V un vide relatif, cause nouvelle de froid, et en S une pointe haute de 3000 mètres (l’Antarctide) comme dans toute masse plastique circulant dans un milieu résistant. Ainsi à ï’origine, trois causes concourent à faire de l’Antarctide le pôle unique du froid ou du moins chaud. Dès lors entre 700° et 800°, les sels haloïdes tomberont les premiers de l’atmosphère sur l’Antarctide. Ce fait nécessaire ruine par la base la théorie de Joly imaginant la salure progressive des Océans par lixiviation des continents et le calcul qu’il en tire pour la durée de la Terre (100 millions d’années).
- Mais voici que la température descend, au-dessus de l’Antarctide, au-dessous de 365°, température critique de l’eau ; aussitôt tombe de l’atmosphère en cataractes formidables toute l’eau capable de réduire la pression à la surface qui était de 330 atmosphères (vapeurs et gaz compris) à 194 atmosphères, pression critique de l’eau. C’est une hauteur moyenne de 1360 mètres d’eau sur toute la surface terrestre qui va ainsi tomber sur l’Antarctide dans ce déluge critique suivi par un déluge normal plus lent où la température tombera à 100° et la pression de 194 à 1 atmosphère.
- L’eau du déluge critique va diverger du Sud vers le Nord, sculptant le noyau et entraînant les matériaux d’érosion les plus légers dans Fhémiphère Nord où ils formeront les racines des continents. Le calcul montre que pour refroidir de 1100° à 100° les 10 premiers kilomètres de la croûte, il a fallu que la masse totale des Océans fût vaporisée 33 fois, la vapeur servant de véhicule aux calories du hoyau qu’elle rayonne dans l’espace interplanétaire. C’est comme si l’hémisphère austral avait reçu un déluge de 99 kilomètres de hauteur d’eau : il en résulte que les fonds des Océans, décapés par ce déluge, étaient primitivement vers 40 km de profondeur dans le noyau anhydre et que les racines des continents descendent jusqu’à près de 100 km de profondeur, ainsi que les recherches d’Hayford sur le niveau d’équilibre isostatique l’ont démontré. Les continents surnagent le magma igné parce qu’ils sont constitués de matières légères primitivement à la surface du noyau anhydre ; les Océans profonds ont leur fond stable parce qu’il est notablement plus dense que les soubassements des continents et contient sans doute près de deux fois plus de fer, ce qui explique l’expérience de Wilde : les mers agissent sur l’aiguille aimantée comme si elles étaient plus magnétiques que les continents.
- Quelles formes sculpturales donnera le déluge critique à l’architecture profonde de la croûte? Son poids austral devra être compensé par une surrection diamétralement opposée pour que l’équilibre subsiste autour du centre de gravité de la Terre. Telle est la cause de la loi des antipodes ; tout continent a pour antipode une mer. La seule exception concerne la Patagonie dont la surrection date du tertiaire.
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- L’ORIGINE COSMIQUE DE L'ARCHITECTURE PROFONDE DE LA TERRE
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- Suivons maintenant les torrents océaniques divergeant de l’Antarctide chargés de màtériaux d’érosion : la vitesse des courants diminuant par l’élargissement des parallèles vers le Nord permettra des dépôts solides vers le 50° de latitude Sud. À partir d’un môle H, les courants se bifurqueront vers l’Equateur, de là la formation en pointe vers le Sud de tous les continents et presqu’îles. Si les ^continents s’élargissent vers l’Equateur ainsi que les parallèles, la largeur dès mers peut être constante, ce qui exprimera aussi qu’un régime permanent des vitesses s’est établi à l’origine dans les courants océaniques Sud-Nord. Or on vérifie qu’au niveau — 200 m‘. (correspondant au noyau anhydre primitif), la largeur dés Océans est constante mesurée sur les parallèles depuis 50’
- Sud jusqu'à l'Equa-teur.
- C’est la loi de l’architecture profonde dans l’hémisphère Sud qui pour la largeur des continents est exprimée sur la figure par le triangle curviligne E G Er Les courants arrivent dans Thé-misphère Nord, de. plus en plus chauds, en captant les calories de la croûte : ils finissent par s’y vaporiser. Mais les matériaux solides qu’ils charrient ne peuvent entrer en vapeur : s’ils continuaient vers le Nord à avoir la même importance qu’à l’Equateur, marquée par la largeur E E, la loi de l'architecture continentale dans l’hémisphère Nord pourrait s’exprimer ainsi : la largeur des continents (au niveau — 2000) est constante et égaleàleur largeur à l'Équateur. Mais il est évident que les courants dans l’hémisphère Nord décaperont aussi un peu la surface du noyau anhydre, en sorte que la largeur continentale dépasse à chaque latitude en montant vers le Nord, celle que donnerait la loi précédente, ainsi qu’on le voit sur la figure où l’on a tracé le cercle de rayon Et Oj = E O correspondant à l’égalité de largeur continentale. La largeur E Ej continentale à l’Equateur transportée près du pôle Nord montre qu’à la latitude 69° 24', il y aura au niveau — 2000 m. un cercle continu de terres : car on a : 1 — cos 50° = cos 69° 24' et 69° 24' est bien la latitude du détroit de Behring. Ainsi, chose inattendue, et qui éclaire d’un jour nouveau toute la géographie physique,
- c’est parce que la latitude moyenne des pointes continentales australes est de 50° qu’il existe un cercle continu de terres vers 70° de latitude Nord.
- Mais ce n’est pas tout : on pourrait attendre de la théorie précédente que les ^directions méridiennes dominent dans l’architecture terrestre. 11 n’en est pas ainsi : c’est que le frottement de la nébuleuse est plus grand dans l’hémisphère Nord que dans l’autre, la rotation sera plus enrayée dans le premier et le magna plastique entraînant les soubassements primitifs, aura une vitesse vers l’Est d’autant plus grande qu’on descendra plus vers le Sud, autrement dit, le dessin des lignes continentales sera celui d'hélices sphériques déviées à l’Est dans l’hémisphère Sud.
- C’est bien en effet ce qu’on constate nettement pour les deux Amériques, pour l’Afrique du Sud déviée à l’Est de celle du. Nord, pour l’Australie à l’Est de la péninsule Indo-Chinoise.
- On voit que la the'o-rie précédente réserve aux géologues une profondeur de 2000 mètres dans laquelle peuvent se mouvoir les transgressions et régressions marines de mers, en général peu profondes comme celles qui ont déposé de la craie, du gypse et des sels.
- Ainsi la géologie avait grandement raison d’at-* tribuerà l’eau une importance capitale dans tous les phémonènes qu’elle constate : elle en sous-estimait seulement l’action que l’actualisme ne pouvait évaluer et que l’Astronomie cosmogonique pouvait seule lui révéler. Les principes de notre Cosmogonie dualiste ont une toute autre valeur que les hypothèses gratuites telles que celle de Wegener, puisqu’ils ont été abondamment vérifiés par toutes les planètes et satellites de notre système avant d’être appliqués à la Terre. Et il se trouve que la coalescence des masses continentales et la différenciation de leurs densités que Wegener prenait comme données, sans en soupçonner la cause et sans donner la moindre importance à l’eau dans sa théorie, trouvent une explication facile et suggestive quand on en cherche l’origine dans le phénomène grandiose et insoupçonné du déluge austral primitif.
- Emile Belot.
- (Jourbillon'l^
- Fig. i. — Schéma de la formation de l’architecture du glob?.
- L' Gerant : P. Masson — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris.
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- LA NATURE — N° 2647
- Un grand chapitre de physiologie.
- 27 DÉCEMBRE 1924
- L’EXPLORATION DES CAPILLAIRES <’>
- L’être élémentaire, l’être simple unicellulaire, celui chez lequel on ne distingue aucun appareil spécialisé, effectue directement ses échanges avec le milieu extérieur; il reçoit de ce milieu les éléments nécessaires au maintien de la vie et rejette dans ce milieu extérieur les déchëtsvitaux qui ne pourraient, sans préjudice pour lui-même, s’entasser dans son intérieur.
- Dans tout organisme qui se complique, il y a nécessairement division du travail, ce qui exige des appareils spécialisés dans l’exécution de certaines fonctions.
- En dernière analyse, chacun le sait, l’appareil
- accidentelles normales ou pathologiques, suivent la même voie.
- Et puisque chez les êtres compliqués, les nombreux appareils spécialisés se concentrent en tel ou tel point de l’organisme, que dans les cellules de chacun de ces appareils s’effectuent des échanges, l’appareil circulatoire, conducteur des éléments sanguins d’échanges vitaux, est dans l’obligation de se compliquer et d’interposer, entre les vaisseaux où s’effectuent les échanges (entre le sang et les tissus), des conduits imperméables qui n’ont d’autre rôle que d’amener le sang d’un point à un autre de l’organisme et de remporter ce sang modifié : l’ap-
- Fig. i à 3. — Différents aspects microphotographiques de capillaires'Ji la racine de l’ongle.
- spécial, classé.chez les êtres compliqués sous le nom d’appareil circulatoire, n’a d’autre fonction que celle d’assurer les échanges qui, chez l’être simple, s’effectuent directement. Cet appareil circulatoire a donc pour rôle d’assurer d’une part les rapports entre le monde extérieur et les tissus de l’organisme, d’autre part de rejeter dans le milieu extérieur les déchets de ce travail cellulaire.
- En fait, ce travaiLest réalisé grâce aux éléments du sang qui, mobiles à l’intérieur des conduits qui forment l’appareil circulatoire, vont, en un point, fixer l’oxygène pour, après un long trajet, l’abandonner en un autre point de l’organisme et remporter de ce)) point les déchets du fonctionnement cellulaire.
- Non seulement l’oxygène, mais tous les autres éléments de la vie cellulaire, comme les substances
- 1. Pour plus de détails sur celte question voir A.-G. Guillaume. Essai de morpho-physiologie normale et pathologique des petits vaisseaux superficiels. Bulletin médical, n° 44, 1923. La pression sanguine capillaire, Bulletin médical, n°* 45, 47 et 52. . „ ;
- 52’ Annéa — 2* Samastra.
- pareil conducteur du sang va donc d’une région d’échange à une autre région d’échange.
- L’allongement de toute cette tuyauterie adduc-trice du sang implique enfin, pour que le mouvement du sang s’effectue, l’adjonction d’un appareil propulseur : d’une pompe, qui assure le passage du courant sanguin dans tout le long circuit.
- L’appareil circulatoire des vertébrés, pour ne parler que de celui-là, est donc formé de trois éléments capitaux :
- 1° Un organe de propelsion, le cœur, sorte de pompe musculaire- qui, admettant le sang venant des veines à l’une de ses extrémités (l’extrémité veineuse) le relance par son autre extrémité (l’extrémité artérielle) dans les artères;
- 2° Un appareil adducteur, tuyaux conducteurs du sang : les artères qui emportent le sang loin du cœïir et les veines qui ramènent ultérieurement ce sang au cœur;
- i5°Un appareil d’échange entre le sang et les tissus : les capillaires. v
- Ce sont là des vérités premières dont il faut bien
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- se pénétrer quand on considère le mécanisme de la circulation, elles montrent qu’en dernière analyse le cœur comme les artères et les veines ne sont que les serviteurs des capillaires et que les capillaires sont les éléments essentiels, ceux qui méritent avant tous les autres de retenir et de fixer l’attention.
- L’histoire des sciences biologiques nous montre cependant, véritable paradoxe apparent, que de toutes les parties de l’appareil circulatoire, celle dont l’étude a été la plus négligée (la pauvreté du chapitre capillaire de nos traités de physiologie en témoigne) est justement cet appareil capillaire dont l’importance est primordiale. Les travaux physiologiques relatifs au cœur, aux artères, aux veines, sont légion et ceux relatifs aux capillaires sont peu nombreux, de telle sorte que si l’on connaît assez bien le mécanisme de la circulation cardio-artério-veineuse, on connaît par contre très mal le mécanisme dé la circulation capillaire.
- Cela tient avant tout aux difficultés d’observation ; le cœur, les artères, les veines sont des organes d’un certain volume, d’un volume suffisant pour que notre œil soit à même de les étudier assez complètement et sans le secours d’aucun appareil; il n’en est pas de même ,des capillaires qui souvent échappent à notrè œil trop grossier, et dont l’observation exige des appareils amplificateurs : de fortes loupes ou le microscope.
- La découverte des capillaires est donc bien postérieure à celle des autres éléments de l’appareil circulatoire et l’on connaissait déjà assez bien la mécanique de la circulation dans le cœur, les artères et les veines, que l’on ignorait encore l’existence des capillaires.
- Malpighi, en 16(31 (soit 50 ans après les découvertes de Harvey sur la mécanique circulatoire dans le cœur, les artères et les veines et plus de vingt siècles après la connaissance de ces organes), découvre ces petits vaisseaux, ignorés jusque-là, qui sont les capillaires.
- Il observait, à l’aide de fortes loupes, le poumon de la grenouille et, posant des ligatures sur les veines du poumon, de manière à les obstruer, puis écrasant les artères, il observait les vaisseaux sur les poumons séchés.
- Depuis, le progrès des connaissances sur les diverses parties de l’appareil circulatoire, a, de même, été très lent et fragmentaire en ce qui concerne les capillaires, très rapide ettrès complet en ce qui concerne les autres éléments de l’appareil circulatoire.
- Et cela tient encore aux difficultés d’exploration de l’une et de l’autre partie; les artifices qui, 'prolongeant nos sens, leur permettent d’accéder à l’exploration des manifestations de l’activité du cœur, des artères et des veines, sont nombreux et, 3es stéthoscopes plus ou moins perfectionnés aux électrocardiographes, en passant par les divers enregistreurs pneumatiques des mouvements du cœur et des artères, il y a toute une gamme d’instru-
- DES CAPILLAIRES '-----------------
- ments qui permettent une exploration très complète de la circulation dans les gros vaisseaux.
- Pour les capillaires, rien de semblable : à côté du microscope ordinaire qui ne permet guère que l’examen des capillaires de certaines régions transparentes des petits animaux (membrane inter-digitale, langue de la grenouille, mésentère) et du bout des doigts chez l’homme, à côté des variations de coloration des téguments qui, à tort d’ailleurs très souvent, sont imputées aux seuls capillaires, à côté des appareils pléthysmométriques qui, enregistrant les variations de volume d’un segment de membre ou d’un organe, enregistrent en bloc, en fait, les variations de volume des artères, des capillaires et des veines, il n’y avait, jusqu’à ces dernières années, aucune méthode commode pour explorer les capillaires.
- C’est pourquoi l’étude de la physiologie de ces petits vaisseaux est tellement en retard par rapport à celle des gros vaisseaux, et c’est pourquoi les seules connaissances que nous ayons à leur sujet sont, pour leur grande partie, plus le résultat de l’induction et d’observations indirectes que la solide conclusion de déductions résultant de l’observation directe.
- Et pourtant, seule une observation directe des conditions circulatoires dans les capillaires de toutes les parties du corps, peut permettre un rapide et complet progrès sur ce point particulier de nos doctrines physiologiques.
- Les étapes de l’observation des capillaires. — Malpighi, nous l’avons vu, avait en 1661 constaté l’existence des vaisseaux capillaires; Leuwenhoeck, une dizaine d’années plus tard, reprenant à l’aide du microscope les recherches de Malpighi, fait d’importantes constatations sur les capillaires des animaux et constate la circulation du sang à l’intérieur de ces vaisseaux. Dans les siècles suivants, les capillaires sont peu étudiés, il faut signaler toutefois les travaux effectués, dans leur très grande majorité sur les animaux, de Spallanzani, Poiseuille, Marey, Holmgren, Fick, Gard, Campbell, Ewald, Régnault, Stéfani, Weber, Donders, Vierordt, Lévy, Duncan et Ganigée, Rollett, RoyetRrown,Nathanson, vonKries, Hayem, Gonheim, Mosso, Lortet, Ranvier, François-Frank, Stricher, Milne-Edwards, Brown-Séquard, Schiff, Bricon, Arnold, von Recklinghausen,et plus récemment ceux de Steinach et Kahn, de Fuchs, de Triepel, de Basler, et tout particulièrement ceux qui valurent tout récemment à l’éminent physiologiste danois Krogh la haute consécration du prix Nobel.
- L’observation des capillaires de l’homme est d’un intérêt au moins égal à celui des capillaires des Animaux ; l’immense champ d’investigation que constituent les réactions vasculaires aux excitants habituels ou anormaux (physiologiques et pathologiques) offertes par l’observation de l’homme sain et par celle de l’homme malade constituent, en effet, une mine presque inépuisable de renseignements que ne peuvent fournir ni la physiologie, ni la pathologie animales.
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- Fig. 4. —Appareil du Dr A.-C. Guillaume pour ûexamen de la circulation capillaire.
- B, béquille; L, lampe et condensateur; M, microscope; S, support articulé; T, transformateur.
- On ne saurait trop, dans ces conditions, souligner l’importance des tentatives et des réalisations d’observations des capillaires chez l’homme.
- En 1852 Coccius, en 1864 Don-ders, en 1888 Friedenwald, en 1901 .
- Bajardi, observent les petits vaisseaux de la conjonctive. En 1902 von Schleich, se servant du grossissement de fortes loupes et en combinant un éclairage tombant directement, fut à même de voir les capillaires de l’œil et d’observer le courant circulatoire dans ces vaisseaux.
- En 1879, un chirurgien allemand,
- Hueter, prévoyant tout l’intérêt que pouvait avoir une exploration directe des capillaires, imagina un microscope portatif, ayant un grossisse-mentfixe de 25 diamètres, avec lequel il lui fut possible d’examiner les capillaires des muqueuses et de constater au cours des maladies infectieuses, notamment de la diphtérie, des troubles de la circulation dans les capillaires. Mais il ne pouvait voir les capillaires de la peau.
- En 1891 Ph. Unna, en 1909 Darier, montrent que la peau peut, à l’observation microscopique, devenir transparente quand on dépose à sa surface un corps gras, une huile quelconque ou même de l’eau. En 1911, un Américain, Lombard, constate que les capillaires cutanés sont apparents au microscope quand on dépose de la glycérine sur la peau.
- On avait donc, grâce à ces diverses recherches, tous les éléments nécessaires à l’étude directe des capillaires dans toutes les régions du corps. Aussi furent proposés divers appareils destinés à l’observation des capillaires de l’homme, notamment l’appareil établi parE. Weiss, d'IIeilbronn, en 1916
- et celui que Zeiss a construit plus récemment sur les données du professeur 0. Mueller, deTubingue. Grâce à ces appareils, ces chercheurs, de même que Niekau et Krauss, effectuèrent une série d’observations sur les capillaires de l’extrémité des doigts comme d’autres régions, notamment du tronc.
- Depuis, une série d’observations ont été effectuées par plusieurs auteurs ; je reviendrai, sur ces faits dans une autre partie de cette étude.
- Appareils et méthode d’exploration des capillaires. — L’observation directe des capillaires est subordonnée à trois conditions essentielles :
- 1° Une magnification des objets obtenue à laide de fortes loupes ou de microscopes.
- 2° Un éclairage direct puissant;
- 5° Une déviation des rayons lumineux et visuels leur permettant de pénétrer dans la peau.
- Les conditions principales demandées à l’optique des appareils gros-^ ‘ sissants sont, d’une part des condi-
- tions de grossissement, d’autre part I des conditions limites de conservation d’une certaine distance frontale (c’est-à-dire de la conservation d’un certain espace entre la lentille de tête de l’objectif et l’objet)*
- Cette condition est imposée d’une part, par le passage du rayon lumineux éclairant (*) ; d’autre part, pour éviter que les mouvements que peut faire le sujet ne viennent abîmer l’appareil optique*
- 1. On pourrait tourner cette’difficulté en se servant soit d’un objectif éclairant, soit d’une lame semi-argentée intercalée dans le tube du microscope, mais un éclairage de cette nature est rarement suffisant et, d'aube part, détermine sur l’objet d< s réllcxions qui empêchent toute vision.
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- L’EXPLORATION DES CAPILLAIRES
- L’éclairage doit être puissant, et si, à de faibles grossissements, un éclairage direct [d’une vingtaine de bougies permet en général de voir à peu près les capillaires, il faut, pour un bon travail de recherches, disposer d’au moins cinquante bougies concentrées aii foyer d’observation par une lentille convergente, nombre de recherches exigent même une puissance lumineuse de 100 bougies concentrées au foyer;
- La déviation des rayons lumineux est, en outre, pratiquement, une nécessité absolue.
- Si, en effet, on peut observer les capillaires sans artifice aucun, sur les surfaces humectées des muqueuses, il n’en est pas de même en général des capillaires des régions couvertes par de la peau.
- En fait, avec un éclairage presque orthogonal et une observation avec un rayon
- Visuel ABSOLUMENT ORTHOGONAL, on peut voir les capillaires des régions couvertes de peau, mais les images n’ont jamais la perfection de celles obtenues quand à l’aide d’un artifice on dévie les rayons visuel et lumineux.
- Cet artifice est réalisé par l’étalement sur la peau d’un milieu qui, par son indice de réfraction, dévie les rayons.
- Ce milieu peut être soit de l’eau, soit, mieux encore, de la glycérine, une huile quelconque, y compris les huiles de vaseline ou d’aniline, et surtout, milieu vraiment essence de cèdre.
- Contrairement à une opinion défendue par certains;, ces milieux ne rendent pas la peau transparente par humectation et imbibition, mais se bornent à dévier les rayons lumineux, les redressant de manière à favoriser leur pénétration. J’ai ailleurs (*) indiqué l’expérience qui démontre cette manière de voir.
- Les autres conditions nécessaires à une bonne observation des capillaires sont des conditions accessoires,,qui ont une grosse importance, certes, dans la conception et la construction des appareils, mais qui n’ont rien de commun, dans l’ordre d’importance, avec les conditions primordiales précédemment exposées.
- . 1. Voir Bulletin Médical, n° 44, 1923, page 1219. Imprégnation préalable des téguments.
- Fig. 6.
- pratique, l’huile ou
- Ces conditions accessoires sont, comme je l’ai exposé ailleurs (*), les suivantes.
- 1° L’appareil ne doit pas reposer sur les téguments : etfets de compression excitations mécaniques ;
- 2° La source lumineuse ne doit pas chauffer les téguments (perturbations thermiques);
- 5° L’ensemble doit être léger, maniable et transportable;
- 4° Le jeu des grossissements doit permettre l’observation .de tous les vaisseaux de la peau et de leurs détails.
- Il y a peu à ajouter au détail des trois premières conditions ; quant à la quatrième, il est nécessaire de préciser quelque peu ; les petits vaisseaux superficiels qu’il s’agit d’observer sont-de deux ordres : les petites artérioles (arté-riolules) et les petites veines (veinules) d’une part, les capillaires proprement dits, d’autre part.
- Pour l’observation des • premiers il est nécessaire de n’employer que de faibles grossissements (15 à 30 diamètres); pour l’observation des seconds et de leurs détails, de plus forts grossissements de 20 à 160 diamètres.
- En effet, si de forts grossissements permettent . l’observation des détails des capillaires, les difficultés de la mise au point augmentent quand on passe à des grossissements champ diminue donc
- Schéma de la circulation sanguine, modifié d’après Bayliss.
- des grossissements faibles plus forts, l’étendue du comme diminue aussi la pénétration en profondeur de l'observation. Il faut donc, autant que possible, pour chaque groupe de vaisseaux observés s’en tenir à la limite inférieure des grossissements qui permettent la bonne vision du phénomène. H y a là, d’ailleurs, une question d’adaptation de l’œil, et ceci est vrai de toute observation microscopique, qu’il s’agisse des capillaires, des préparations histologiques ou microbiologiques : pour faire son éducation, on est amené à travailler tout d’abord avec de forts grossissements, puis, progressivement, l’œil s’éduquant, on emploie, pour observer les mêmes phénomènes, des grossissements plus faibles. Il faut donc conseiller à ceux qui font leurs débuts, et jus-qii’à ce qu’ils se soient bien mis dans l'œil les
- 1. Voir Bulletin médical, n° 44, 1925, page 1218.
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- LE TIR EN AVION
- aspects, d’employer les forts grossissements; ils reviendront d’eux-mèmes aux faibles grossissements. Pour en revenir aux appareils, je me contenterai de signaler que j’ai fait établir par MM. Constant et Maxime Stiassnie et avec leur étroite collaboration, deux modèles d’appareils destinés à l’observalion des petits vaisseaux delà surface tégumentaire. Ces deux appareils microangioscopiques ont été décrits en détail dans le travail que j’ai publié dans le Btdletin médical. La figure 4 représente le plus complet d’entre eux, l’un comme l’autre est construit par MM. Stiassnie, frères.
- Le grand modèle, celui qui est représenté dans la figure, 5 est à la fois un instrument de laboratoire et de clinique, permettant l’observation des capillaires de l’homme sur toute la surface des téguments comme l’observation des capillaires de l’animal, tant à la surface des téguments que dans les organes mis à nu par une opération préalable, c’est, je pense, un appareil destiné à rendre d’appréciables services dans l’une comme l’autre condition.
- Ce que montre le microangioscope, — L’œil d’un novice lui montrera, dès la première observation, l’aspect général des capillaires avec leurs variations régionales, mais avant d’aller plus loin et de pouvoir faire des observations pluscomplètes quant
- LE TIR
- Après la première victoire aérienne de l’aviateur Franck, une vive émulation poussa vers la cinquième arme les tireurs d’élite de tous les corps de troupes. Les champions des tournois pacifiques d’avant-guerre, les Carrère, les Colas, les Yitalis, briguèrent les premiers postes de mitrailleur à bord d’avions bi-places et le haut commandement attendit beaucoup de cette collaboration. Mais si tous payèrent largement de leur personne, les résultats obtenus furent loin d’approcher ceux des pilotes de monoplaces : l’as des mitrailleurs, l’adjudant Vitalis, totalisait sept victoires, alors que Fonck, par exemple, décuplait largement ce chiffre.
- On n’a jamais mis en relief cette disproportion dans le rendement du tir du passager avec mitrailleuse mobile ou arme portative de secours tirant par le travers de l’avion et celui du pilote tirant dans l’hélice avec mitrailleuse fixe, ni étudié pour le profane les causes de cette disproportion. Quelques rares techniciens ont essayé pendant la guerre de résoudre le problème compliqué posé par le double mouvement du but et du tireur; et le grand public, tenu prudemment à l’écart et d’ailleurs peu versé dans cette question nouvelle née des hostilités, s’est contenté .d’applaudir aux exploits des chasseurs en monoplace sans se rendre compte qu’ils étaient bien plus des virtuoses du « manche à balai » que des champions de tir. Les mitrailleurs furent oubliés....
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- aux phénomènes qui ont pour siège les capillaires, il faut un apprentissage et une éducation de l’œil; celle-ci étant atteinte, on verra parfaitement le sang circuler dans les capillaires, on notera les différences qui se manifestent dans le régime circulatoire suivant qu’interviennent les facteurs extérieurs ou intérieurs, normaux ou pathologiques : en d’autres termes on sera à même d’observer les modes de réaction des vaisseaux capillaires à toute la gamme des agents capables de perturber cette circulation, à réaliser cette investigation si désirable et si nécessaire de la circulation dans la partie la plus importante de l’appareil circulatoire.
- J’ai ailleurs Q) exposé en détail les résultats de mës observations actuelles dans ce domaine, elles montrent qu’il y a beaucoup à attendre, tant pour la physiologie que pour la clinique, de méthodes qui ajoutent aux ressources importantes de l’expérimen-, tation animale, les ressources à peu près inépuisables de l’observation humajne.
- Dr A.-C. Guillaume.
- 1. Voir Bulletin médical, n° 44, pages 1920 à 1234, les chapitres suivants : Aspects des capillaires et des petits vaisseaux; physiologie des capillaires; les aspects anormaux des capillaires ; modification delà circulation dans les capillaires sous l'influence de certaines conditions.
- S AVION '
- Dix ans après la déclaration de la guerre, alors que les États-Majors possèdent et les méthodes de tir aérien de l’adversaire et ses appareils spéciaux de visée ou de correction — de nombreux avions équipés ayant été abattus dans l’intérieur des lignes — il. est possible de donner des détails rétrospectifs qui feront ressortir toute la complexité du problème non résolu encore à l’heure présente dans son ensemble.
- Quelques exemples d’abord permettront d’apprécier l’ordre de grandeur et le sens des corrections à effectuer.
- det Exemple. — Un mitrailleur sur ballon captiî ouvre le feu contre un avion passant par le travers à 800 m. de distance; vitesse : 300 km-heure (83 m. 30 par seconde). Il doit viser, à 115 m. en avant, un point fictif situé sur son axe de marche. Ces 115 m. représentent la distance parcourue pai* l’avion pendant le temps que met le projectile pour parcourir lui-même la distance de combat si sa vitesse initiale V0 est de 800 mètres par seconde.
- Ces chiffres ne sont rigoureusement exacts qu’à l’altitude de 3000 m. ainsi que l’indique le tableau n° 1 faisant ressortir pour des vitesses-but de 100 à 300 km-heure et des distances de combat de 100 à 800 m., les corrections à effectuer.
- 2e Exemple. — Un mitrailleur sur avion volant à 300 km-heure passe au-dessus d’un terrain ennemi où un appareil se prépare à partir (axes des
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- LE TIR EN AVION
- Fig* i. — Attaque de drachen en Champagne.
- Dans cet instantané, l’allongement de certains détails de l’avion et de l’éclair dîs hélices rend sensible la vitesse foudroyante de l'appareil piquant, à travers les nuages, de25oo m. d’altitude.
- deux avions dirigés dans le même sens). Distance : 800 m. Il doit viser sur le sol un point fictif situé à environ 85 m. en arrière du but et dans son axe, parce que son projectile au moment du départ est soumis à deux forces composantes inégales de propulsion (poudre), de traction (avion) et la résultante l’entraîne à environ 85 m. dans le sens de marche du tireur. (Ces chiffres ne seraient rigoureusement exacts qu’à 5000 m. d’altitude). Le tableau n° 2 indique comme précédemment les corrections — tireur pour les mêmes vitesses et distances de combat — munitions identiques.
- ,, 3e Exemple. — L’avion tireur et l’avion-but ont des axes de marche parallèles et de même sens, à 800 m. de distancé; vitesse-tireur 500 km; vitesse-but 160 km. Le point à viser est à 25 m. en arrière du but et sur son axe, car les deux corrections se retranchent et la correction-tireur est supérieure à la correction but (fig. 2 et 5).
- 4e Exemple. — Les deux avions animés de la même vitesse (500 km) ont à 800 m. de distance des axes de marche parallèles et de sens contraire.
- Le mil railleur doit viser à 196 m. en avant de l’adversaire et dans son axe, parce que les deux corrections s’ajoutent. (La fig. 7 présente des posi-* lions similaires.)
- j 5* Exemple. — L’avion tireur volant à 140 km
- i est attaqué sur l’aile droite, 45° arrière, par un j avion qui pique sur lui à une vitesse quelconque. Distance 500 m. Le mitrailleur doit viser un point situé à environ 2 m. 50 du bout des plans, sur le côté gauche de l’ennemi. Ici la correction-but n’intervient pas, puisqu’elle devrait se faire dans le sens
- soo!h<-
- Ci
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- T-Avion tireur
- Fig- 2. — Le schéma montre que le tireur doit viser sensiblement 2 longueurs d’avion en arrière du but volant à 160 km, lui-même étant animé d'uns vitesse de 3oo km.
- Distance 8oo m. Altitude 3ooo m.; les axes de marche sont I parallèles et de même sens.
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- LE TIR EN AVION
- 407
- Fig• 3. — L’ancien Caudron G 4 devant lequel, en igi5, fuyaient tous les appareils ennemis, avait été armé formidablement pour l’escadrille C 6/..
- La photographie montre : une mitrailleuse Levis pour le tir arrière ; une mitrailleuse Colt tirant entre les hélices ; et à travers le plancher, une mitrailleuse Hotchkis pour l’attaque des drachens.
- Fig. 4.—Sur la Forêt-Noire.
- Comment est vu un avion à la distance moyenne de combat (3oo m.) par un mitrailleur « arrière ».
- K.m. h. ÎOO 110 120 130 140 150 160 170 180 190 200 210 220 230 240 250 260 270 280 290 300
- Mètres sec1” 27,8 30,6 33,4 36,1 39, 41,7 44,5 47,2 50, 52,8 55,6 58,3 61,1 63,9 66,7 69,4 72,2 75, 77,8 80,6 83,3
- I Distance de Combat en mètres. j 100 3,5 4. 4,5 4,5 5, 5,5 6, 6, 6,5 7, 7,5 7,5 8, 8,5 9, 9, 9,5 10, 10, 10,5 11,
- 200 7,5 8, 9, 9,5 10,5 11, 12, 12,5 13,5 14, 15, 15,5 16,5 17, 18, 18,5 19,3 20, 21, 22, 22,5
- 300 11,5 12,5 13,5 15, 16, 17, 18,5 19,5 20,5 22, 23, -4, 25, 26,5 28,. 29, 30, £1 ? 52, 34,5
- 400 16, 17,5 19, 21, 22, 24, 25,5 27, 29, 30, 52, 33,5 35, 37, 38, 40, 41,5 45, 44,5 46, 48,
- 500 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35,5 37, 40, 42, 44, 46, 48, 50, 52, 54, 56,5 58,5 61, 63,
- 600 26, 29, 31,5 34, 37, 40, 42, 45, 47, 50, 52,5 55, 58, 60, 3, 66, 68, 71, 74, 76, 79,
- 700 51,5 55, 38, 41. 44, 47,5 31, 54, 57, 60, 63, 66,5 70, 73, 76, 79, 82, 85, 89, 92, 95,
- 800 38, 41,5 45, 49, 53, 56, 60, 64, 68, 72, 75, 79, 83, 87, 90, 94, 98, 102, 105, 109, 113,
- Tableau 1 : Une table de correction-but.
- Vitesses-heure, de 100 à 3oo km, Distances de combat, de 100 à 800 m. Altitude constante, 3ooo m.; V„, 800 m.
- K.m.h. 100 110 120 130 140 150 160 170 180 190 200 210 220 230 240 250 260 270 280 290 300
- Mètres-sec" 27,8 30,6 33,4 36,1 38, 41,7 44,5 47,2 50, 52,8 55,6 58,3 61,1 63,9 66,7 69,4 72,2 75, 77,8 80,6 83,3
- 100 3,5 4, 4, 4,5 5, 5,5 6, 6, 6,5 7, 7,5 7,5 8, 8,5 8,5 9, 9,5 9,5 10, 10,5
- »«*> 200 7, 7,5 8,5 9, 9,5 10,5 11, 12, 12,5 13, 14, 14,5 15, 16, 16,5 17,5 18 > 19, 19 5 20, 21,
- R S <ü 300 10,5 11,5 12,5 13.5 14,5 15,5 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31,
- «s S O O 400 14, 15, 16,5 18, 19,5 21, 22, 24, 25, 26, 28, 29, 5D,5 32, 33, 34,5 36, 37,5 59, 40, 41,
- 500 17,5 19, 21, 22,5 24, 26, 28, 30, 31, 33, 35, 36, 38, 40, 42, 43, 45, 47. 49, 50, 52,
- 600 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35, 37, 40, 42, 44, 46, 48, 50, 52, 54, 56, 58, 60, 62,
- S « J* 700 24, 27, 29, 32, 34,' 36, 39, 41, 44, 46, 49, 51, 53, 56, 58, 61, 63, 66, 68, 70, 73, ^
- &. 800 28, 30,5 33, 36, ’ 39, 42, 45, 47, 50, 53, 56, 58, 61, 64, 67, 70, 72, 75, 78, 80, 83,
- Tableau 2 : Tables de corrections-tireur.
- Vitesses de l’avion tireur, de 100 à 3oo km-heure. Distance de combat, de 1.00 à 800 m. Alt., 3ooo m.; V, .800 m.
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- LE TJ R EN AVION
- Fig. 5. — Paint à viser (la croix noire) pour un mitrailleur d’hydravion, volant à 120 km et tirant sur un appareil de chasse passant à 3oo m. de distance à la vitesse de i5o km ; axes de marche parallèles.
- Valeur de la correction : 2 longueurs r/3 d’avion en avant au but.
- \ /'/
- Fig. A.
- Attaqué sur l’aile droite, ^5° arrière, léger piqué, l’avion riposte en visant le point Q.
- Vitesse du but : indifférente. Vitesse du tireur : hydravion ; r4o km.
- Dist. de combat, 3oo m. Correction tireur, 14 m. 5o.
- de marche de l’avion : elle est vue en projection sur le moteur (fig. 6).
- Ce dernier exemple montre la difficulté nouvelle qui surgit du fait du non-parallélisme des axes de marche. Le point à viser est projeté par le tireur dans le plan du but, seul point de repère sensible dans le ciel (plan perpendiculaire à la ligne de visée). Il est donc vu par rapport à lui dans une position absolument quelconque.
- Le point à viser devient encore plus difficile à trouver quand les deux avions ne volent plus dans des plans horizontaux — les vitesses variant dans l’un ou l’autre sens dans le cabré et le piqué — et ont des angles de route quelconques.
- A noter également, lorsqu’on eihploie le terme vitesse, qu’il y a lieu de préciser s’il s’agit de la vitesse « par rapport à l’air » ou « par rapport au sol ». C’est ainsi qu’en reprenant l’exemple n° 1, cas du tirailleur sur ballon captif, si l’on suppose à ce moment un vent de 20 m. seconde soufflant dans l’axe de marche du but, il y a lieu d’en tenir
- Fig. 7. — Phase critique d’une attaque de bimoteur Caudron G 4 : les deux avions volant parallèlement.
- L’appareil français gagnant sur son adversaire coupe son moteur gauche et glisse sur l’aile pour l’attaque; mais au point mort il reçoit la salve d’arrosage de l’adversaire qui brise les tendeurs des plans.
- compte dans le calcul de la correction ; la vitesse de l’avion (par rapport au sol) passe alors à 105 m. 50 par seconde; mais si le ballon venait à rompre son attache, le mitrailleur devrait reprendre la correction initiale, le tireur et le but se retrouvant plongés dans le même milieu (vitesses comptées par rapport à l’air).
- , Ces indications élémentaires montrent néanmoins combien ardue est la tâche du mitrailleur. Quand la distance de combat devient faible, les positions relatives des deux adversaires changent avec une rapidité telle que des réflexes seuls doivent commander le tir. Mais l’automatisme suppose un entraînement formidable qu’il n’était pas possible de donner pendant la guerre à un personnel même réduit. Que pouvaient alors, malgré leur indéniable valeur, reux qui, pour tout entraînement spécial, passèrent à l’Ecole de tir aérien de Cazaux les trente jours du stage réglementaire?
- Par contre, que se passe-t-il dans le tir du pilote en monoplace ? La correction tireur dispa-
- Fig. 8.
- Un truquage d’école.
- Avion-jouet servant à habituer les élèves à rechercher la position du point à viser.
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- LE TIR EN AVION ..r::::: 409
- Fig. ç. — Sur le front Russo-Allemand.
- La valeur de la correction tireur augmente quand là vitesse initiale Yo du, projectile diminue; t>our un projectile en chute libre, elle est considérable.
- L’instantané montre sa valeur pour une bombe lâchée à la verticale d’une gare (distance du centre de la gare au point de chuteÿnarquè par la croix à droite) d’une hauteur de i5oo mètres. .
- raît du fait que la mitrailleuse est fixée dans l’axe même de l’avion en ligne de vol ou tout au moins lai est 'parallèle.
- Le pilote vise en amenant avec le manche à balai sa ligne de mire spéciale sur le but ou sur l’extrémité de la correction but.
- De même, la correction [but est annulée chaque fois que l’attaque a lieu de [face [ou [à la trace. Gr
- on sait que la tactique des virtuoses de l’air consistait à se placer, après des feintes multiples pour dérouter le tireur ennemi, dans l’une ou l’autre de ces positions : quelques secondes suffisaient alors pour terminer le combât. Beaucoup d’ailleurs n’attaquaient que des monoplaces, ce qui rendait la riposte presque impossible. Enfin leur armement en mitrailleuses^ Yickers dont ils furent pourvus les premiers
- Fig. 10. — Un réglage de mitrailleuse sur appareil' de chasse allemand.
- L’avion est placé « en ligne de vol » devant une butte de tir à ioo mètres, après que l’on a obtenu le synchronisme entré la cadence des coups et le passage des pales de l’hélice devant l’arme.
- Les tirs en « g tisseur ».
- Pour habituer les élèves mitrailleurs à la correction tireur, les belligérants créèrent des appareils rapides. Cette photographie montre les préparatifs d’un glisseur.
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- LE TIR EN AVION
- Fig. 12. — Principe de l’appareil donnant automatiquement la correction tireur. — L’orientation du segment OP étant réalisée automatiquement (O —axe de rotation) et sa longueur étant calculée en-fonction de la vitesse de l’avion, la correction-tireur (AB, A'B', etc.) est obtenue à toute distance.
- (A, A'... but ; B, B'... extrémité de la correction tireur.)
- diminua d’une façon considérable les cas d’enrayages ; alors que les mitrailleurs connurent trop longtemps les Colt américaines et les Lewis anglaises à approvisionnement .dérisoire. La rapidité croissante des appareils qui rendait moins vulnérables les monoplaces ne faisait que compliquer la tâche du mitrailleur obligé d’effectuer des corrections dont il ne pouvait apprécier à l’œil toute l’amplitude (1).
- La nécessité de réaliser des appareils de correction automatique s’imposait. On mit tout d’abord en service un appareil lourd et encombrant qui, monté sur l’arme, devait être maintenu d’une main dans le plan vertical, quelle que fût la position de l’avion durant l’exécution du tir !
- Il n’eut du reste qu’un succès de laboratoire ; à son arrivée en escadrille on le relégua dans un coin de l’armurerie. On lui a dû cependant un coup heureux en Alsace où un tireur à terre abattit un monoplace attaquant un de nos ballons .d’observation.
- Le collimateur Chrétien, qui vit le jour quelque temps après, retint plus longtemps l’attention. Son maniement fut enseigné aux jeunes mitrailleurs dans les écoles de tir aérien. Mais son emploi fut très limité, car il compliquait surtout la tâche du tireur, allant ainsi à l’encontre de ce que l’on doit attendre d’un instrument automatique.
- 1. Comment par exemple, dans le quatrième cas étudié plus haut, réaliser à l’œil une correction de 196 m. devant un avion ? L’écart angulaire entre les plans de tir et de visée est tel que le but, seul point sensible dans l’espace, disparaît au moment où l’on cherche à diriger sa ligne de mire sur le point fictif et fuyant qu’est l’extrémité de la correction ! Et le truquage qui consiste à évaluer cette correction en prenant comme unité de longueur la longueur même du fuselage du but est insuffisant, car on ne connaît pas toujours cette valeur. La connût-on, que le fait de la reporter 16 fois 1/3 devant un point se déplaçant à raison de 83 m. 30 par seconde constitue une impossibilité matérielle notoire.
- Enfin, une solution particulièrement élégante permit de réaliser la correction tireur. Elle fut adoptée immédiatement par toutes les armées alliées. Cette diffusion du 'reste permet aujourd’hui d’en étudier le principe. La question se présentait ainsi : sachant que la ligne de visée et la ligne de tir (axe de la mitrailleuse) étaient confondues quand le tir avait lieu dans l’axe et que leur écart angulaire passait progressivement à sa valeur maximum dans le tir par le travers, à 90°, comment obtenir automatiquement des valeurs d’angle intermédiaires, de 0 à 90°‘dans chacun des quatre quadrants ?
- Ce fut en faisant orienter par le vent de vitesse, — c’est-à-dire toujours parallèlement à l’axe de marche de l’avion — un segment pivotant dont la longueur était fonction de la vitesse tireur. Le cran de mire et une de ses extrémités constituaient la ligne de tir, alors que ce même cran de mire et l’autre extrémité constituaient une ligne de mire spéciale parallèle à la ligne de mire naturelle (fig. 12).
- L’armée anglaise adopta pour son aviation un appareil particulièrement robuste conçu sur ce principe et peu sensible aux trépidations du moteur ; l’appareil français, peut-être plus élégant, ne fut pas, tout au moins à l’origine, exempt de toute critique.
- Mais, ce que, d’une façon générale, on doit lui reprocher, c’est qu’un appareil donné n’est valable que pour une catégorie d’avions à même vitesse; des calculs et un réglage assez délicat sont nécessaires quand le tireur change d’avion. Et surtout c’est que la correction tireur n’est plus effectuée quand, pour une cause ou une autre, le régime dü moteur change (cabré, piqué, ralenti).
- Quant à la correction but, nous nommerons simplement le procédé Reille-Soult dont on attendit beaucoup à l’Ecole de tir aérien de Cazaux lors des essais effectués et qui, de fait, donna des résultats au front quand les mitrailleurs voulurent bien s’astreindre à un entraînement spécial. Malheureusement, il nécessite au préalable la connaissance de la vitesse de l’avion auquel on va se mesurer ; or, avec la multiplicité des types actuels (de chasse, de reconnaissance, de bombardement...) que l’on peut
- Fig. i3. — Résultat d'un beau tir. Avion ennemi abattu par un de nos as.
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- SUR LE BRUIT DE L’ECLAIR
- renconirer au cours d’une même sortie, tout réglage au départ devient inopérant ; d’autant plus que la longueur du but est nécessaire pour ce réglage....
- Pour toutes ces raisons, les tireurs d’élite rejetèrent successivement tous les systèmes proposés et crurent avoir trouvé la panacée universelle à l’apparition de la balle lumineuse. Voir la trajectoire de ses projectiles et rectifier son tir dans le sens indiqué paraît, en effet, chose aisée. En réalité, dans la pratique, tout se passe différemment. Supposons, par exemple, qu’une balle correctement tirée doive traverser le fuselage de l’avion ennemi ; il suffirait de continuer le tir dans ces conditions pour amener rapidement les œuvres vives dans la gerbe meurtrière. Mais si le mitrailleur a vu cette balle s’éteindre bien en avant du but, la trajectoire étant courbe, il projette machinalement sa dernière vision du projectile dans le plan vertical de l’ennemi, et sa salve lui paraît passer au-dessus du but. Il rectifie donc et gâche un tir magistralement commencé. Dans les combats à distance moyenne, le tireur est le jouet d’illusions d’optique d’un autre ordre, du fait du déplacement des deux avions pendant le trajet de la balle. Une salve de balles lumi-•neuses, salve ininterrompue, sur un but passant par le travers, les axes de marche des deux avions étant parallèles et de sens contraire, donne l’illusion
- de points lumineux échelonnés sur une ligne courbe et se rapprochant de plus en plus du but comme si les dernières balles tirées l’avaient été avec une correction trop grande et une hausse exagérée.
- Les Allemands, dans les derniers mois de lâ guerre, se contentèrent, en gens pratiques avant tout, de rechercher, dans une tactique appropriée, un palliatif. Une méthode que leur énorme approvisionnement en munitions rendait intéressante consistait à arroser avec une correction nettement trop grande à- l’origine la zone où devait passer l’avion. Dans les combats d’escadrilles on ne fut pas peu étonné non plus de les voir ouvrir le feu à un millier de mètres et par des concentrations de tirs obtenir ainsi des résultats positifs. On retrouve ici une tactique qui leur était chère depuis la bataille du Jutland.
- Cet exposé, qui ne pouvait être que superficiel, est suffisant toutefois pour montrer que l’on en est encore, dans le tir aérien, à la période de tâtonnements. Pendant le cours de ces quatre années de guerre où dans beaucoup d’armes la tactique fut complètement rénovée, l’aviation, prenant un essor inattendu, n’eut pas le temps de créer tous les rouages-secondaires qui devaient lui assurer une importance primordiale. On ne peut toutefois que ; s’en réjouir en songeant aux tragiques hécatombes : évitées à l’humanité. G. Guérin.
- Professeur au Collège de Fontenay-le-<’omte
- SUR LE BRUIT DE L’ÉCLAIR
- Les comptes rendus de L’Académie des Sciences du 18 août 1924 contiennent une nouvelle note de M. Mathias, développant divers points de l’intéressante théorie exposée dans la note que nous avons publiée dans notre numéro du 30 août.
- Nous la reproduisons in extenso.
- 1. Si la théorie exposée dans une note précédente (*) est exacte, elle doit expliquer simplement les phénomènes sonores de l’éclair comme elle en a expliqué les phénomènes lumineux.
- Soit, pour plus de simplicité, un éclair fulgurant linéaire ; à l’apparence lumineuse succède, quand on n’en est pas trop éloigné, le bruit d’un fort craquement qui est le bruit propre de l’éclair. Nous nous proposons de l’expliquer, en laissant de côté l’explication bien connue des roulements du tonnerre, qui n’est pas en cause. Dans le cas considéré, il y a deux phénomènes consécutifs à la décharge :
- 1° Une condensation, proportionnée à l’intensité de la décharge, due à ce que les ozçnes supérieurs : O4 et Az4, 0° et Az6, etc. (*), endo thermiques, formés grâce à la
- 1. Voir La Nature, n° du 30 août 1924. {
- 2. Il est visible qu’on suppose ici pour.simplifier que la
- 1 4
- molécule d’air - O2 4- - Az2 se condense suivant les formules 5 o
- 14 14
- r O4 + - Az4, - O6 ^ Az6, etc.
- «3 5 O D
- température très élevée de l’air traversé par la décharge électrique, ont par rapport à l’air générateur, supposé de
- volume 1, des volumes etc. (en les supposant à la
- même température que lui).
- 2° La décomposition spontanée ultérieure de ces ozones supérieurs en air ordinaire partiellement ozonisé, dès que la température du reste d’éclair (5) s’abaisse au-dessous des températures auxquelles peuvent exister, sous la pression atmosphérique, ces corps fortement endothermiques.
- La condensation produit un vide, qui est immédiatement comblé par l’air atmosphérique; Yonde centripète qui en résulte donne un son ou un infra-son (suivant la terminologie de M. Esclangon) suivant le nombre des vibrations doubles produites par seconde. Mais ce son, si son il y a, doit avoir peu d’intensité à cause de la vitesse modérée des molécules d’air sollicitées par une différence de pression inférieure à la pression atmosphérique.
- Si l’on supposait des ozones supérieurs de formules 14 14
- impaires : ^O5-)-^ Az3,-03 + gAz!5, etc., on obtiendrait 2 2
- des volumes pi etc., par rapport à l’air générateur de O D
- volume 1 considéré à la même température.
- 5. L'éclair est l’air incandescent traversé par la décharge éléctrique naturelle; le reste d’éclair est l’air incandescent après que la décharge est passée.
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- 412-----MACHINE A LAVER, STÉRILISER ET SÉCHER LA VAISSELLE
- Donc, Y oncle centripète n’intervient pas d’une façon appréciable dans le bruit de l’éclair.
- Gelui-ci, selon nous, est produit exclusivement par la décomposition spontanée et nécessaire des ozones supérieurs résultant de la décharge, décomposition qui libère l’énergie énorme absorbée par leur formation et donne une onde cetürifuge génératrice du bruit intense et sec qu’on entend à petite distance après qu’on a vu l’éclair, aucune cause perturbatrice ne se dressant entre l’éclair et l’observateur..
- 2. Plus le degré d’incandescence de l’air sera élevé, et plus longtemps dureront les ozones supérieurs formés, toutes choses égales d’ailleurs. Donc, Voncle centrifuge, génératrice du bruit, commence' un temps t après la décharge électrique, v étant d’autant plus grand que la décharge est plus violente.
- Il en résulte qu’on commet une erreur quand on calcule la distance cl de l’éclair à l’observateur en divisant le temps t, qui 's’écoule entre la vue de l’éclair et l’arrivée du son direct, par la vitesse "V du son correspondant à la température moyenne de l’air compris entre l’éclair et l’observateur.
- t . i__
- À la formule d —ÿ’ il faut substituer cl ——ÿ-
- qui
- montre que l’éclair est plus près de l’observateur de la
- quantité ^ laquelle est d’autant plus grande, toutes
- choses égales d’ailleurs, que la décharge est plus violente.
- Le calcul habituel de la distance de l’éclair à l’observateur'est donc absolument trompeur lorsque l’éclair est tout à fait proche de l’observateur.
- Si la théorie qui précède est exacte, une décharge de foudre violente, qui tombe à quelques mètres de l’observateur, ne doit être entendue par celui-ci qu’une seconde, par exemple, après la décharge. Si cela n’a pas été vérifié plus tôt, C’est que l’effet de terreur, produit sur les plus braves par une décharge à quelques mètres se produisant sans choc en retour, paralyse toutes les facultés et qu’on éprouve plutôt le soulagement d’avoir échappé à la mort que le. désir d’apprécier le temps r qui s’est écoulé entre le [phénomène lumineux et le phénomène sonore.
- Il résulte en particulier de ce qui précède que les foudroyés ne doivent rien entendre au moment où la foudre les frappe. On sait par les foudroyés qu’on a pu rappeler à la vie, que c’est bien ainsi que les choses se passent.
- 5. Arago a attiré l’attention des physiciens sur le phénomène suivant, dont l’explication n’a jamais été donnée. C’est qu’il y a des éclairs resplendissants, qui illuminent tout le ciel, sans qu’il y ait production d’aucun son. L’explication en est extrêmement simple.
- Dans l’éclair fulgurant, la lumière de l’éclair provient de ce que l’air, porté à une température très supérieure à .500° C., émet de nombreuses longueurs d’onde lumineuses.
- Dans les régions élevées de l’atmosphère, là où la pression est faible et l’air fortement ionisé, les décharges électriques naturelles ne sont plus des décharges dis-ruptives, mais des effluves, des phénomènes de luminescence, c’est-à-dire de la lumière presque froide. Or ici les ozones supérieurs ne peuvent plus se former ; et comme c’est leur destruction qui produit le bruit de la décharge, ici il n’y a plus rien de tel. Comme il n’y a plus d’ozones supérieurs, il n’y a plus de condensation. L’onde centrifuge disparaît, tout comme l’onde centripète.
- Ajoutons qu’au cas où la luminescence produite rendrait un léger son, comme son siège serait dans un air raréfié et lointain, où la propagation est nulle ou très faible, le son en question ne nous parviendrait pas.
- 4. Arago a signalé le cas de coups de tonnerre sans qu’aucun éclair ait été vu. La théorie précédente montre que cela n’est possible que si l’éclair fulgurant, qui est seul à produire du tonnerre (abstraction faite de ses roulements), n’est pas visible, c’est-à-dire s’il se produit' derrière un nuage étendu et opaque.
- Les cas de tonnerre sans éclair visible ne doivent donc se produire que par ciel couvert.
- Par ciel découvert étudié par de nombreux observateurs, l’e/fef-tonnerre ne peut pas se produire sans que la cause, qui est l’éclair fulgurant, soit visible.
- 5. En vertu de l’identité de la foudre et des décharges électriques de nos laboratoires, l’explication du bruit de l’éclair fulgurant s’applique sans aucune modification à l’explication du claquement des étincelles données par les machines électrostatiques et les bobines d’induction.
- La théorie précédente est justiciable ici de l’expérience. Avec une puissante machine électrostatique, le retard du phénomène sonore sur le phénomène lumineux, pour des étincelles très bruyantes, doit apparaître sans faire de mesures. g Mathias
- Correspondant de l’Institut.
- MACHINE A LAVER, STÉRILISER ET SÉCHER LA VAISSELLE
- Si j’ai jugé intéressant de poursuivre l’étude et la réalisation des machines à laver la vaisselle, c’est pour les trois raisons suivantes :
- De toutes les besognes du ménage, iln’enestpas, de l’avis de tous, de plus désagréable et de plus répugnante que le lavage de la vaisselle ; faciliter ce travail, lui enlever tout ce qu’il a de pénible et de rebutant m’a, par suite, paru œuvre utile.
- D’autre part, le lavage de la vaisselle soulève un très important problème d’hygiène domestique et
- sociale trop longtemps méconnu et négligé. Le lavage des assiettes, des couverts, des verres, dans une eau tiède et rapidement contaminée, leur essuyage avec un torchon inévitablement pollué, sont des pratiques inadmissibles à notre époque. Il n’est pas douteux qu’il faut y chercher une des causes importantes de transmission des maladies contagieuses. Mettre fin à cette source de contamination m’a semblé une mesure d?hygiène de la plus haute importance.
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- Enfin auoune machine à laver la vaisselle n’était construite en France, et celles, très imparfaites d’ailleurs, qui existaient, devaient être importées de l’étranger, au grand détriment de notre change. J’ai donc pensé qu’il n’était pas sans intérêt économique de permettre cette nouvelle fabrication française.
- C’est pour ces trois raisons que j’ai personnellement étudié et mis au point toute une série de machines à laver la vaisselle répondant aux différents besoins de la vie domestique d’une part et de l’autre à ceux des établissements collectifs.
- La machine que je présente aujourd’hui aux lecteurs d’e La Nature, est un appareil domestique fonctionnant sans moteur ni pompe, par la simple pression d’une canalisation d’eau.
- Cette nouvelle machine est essentiellement caractérisée par la double fonction de" son panier tournant porte-vaisselle qui remplit simultanément- le rôle d’une turbine hydraulique dont les assiettes à laver forment les aubes et d’un ventilateur centrifuge dont ces mêmes assiettes constituent les ailes.
- Cette double action du panier porte-vaisselle, tout en assurant un lavage, puis un séchage rapides, permet en même temps d’expulser au dehors les vapeurs, buées et odeurs qui se produisent au cours de ces deux opérations successives et cela sans le secours d’aucun autre moteur ou ventilateur.
- Ce résultat est obtenu par la disposition du récipient cylindrique contenant le panier tournant dont le couvercle possède une ouverture centrale d’aspiration et dont la paroi périphérique reçoit une tubulure de refoulement pouvant être mise en communication avec l’extérieur.
- La rotation du panier est assurée par les jets
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- Vue en dessus.
- Fig. 2.
- Fig. i. - La machine à laver et sécher la vaisselle.
- d’eau de lavage agissant sur les assiettes qui forment aubes; cette rotation provoque une aspiration d’air par l’ouverture centrale du couvercle et le refoulement de cet air, qui entraîne les vapeurs et odeurs, par la tubulure périphérique en communication avec l’extérieur.
- Le rinçage et la stérilisation à l’eau très chaude une fois terminée, il suffit d’arrêter les jets d’eau pour que le panier, continuant à tourner par la vitesse acquise et devenant uniquement ventilateur, assure le séchage rapide de la vaisselle par l’air aspiré et refoulé au dehors avec les vapeurs et buées.
- La projection des jets d’eau de lavage est obtenue directement par une canalisation d’eau sous pression et l’eau chaude nécessaire est produite par un chauffe-eau à chauffage lent et accumulation soit électrique, soit à gaz ou à pétrole, contenu dans le socle même de l’appareil.
- Dans ce dernier cas, ce chauffe-eau est essentiellement constitué par un réservoir fortement calori-fugé sur toutes ses faces et traversé par un tube partant de la partie inférieure pour monter jusqu’à la partie supérieure et» redescendre jusqu’au bas de l’appareil ; le brûleur est disposé sous l’une des extrémités de ce tube dans la branche ascendante duquel s’élèvent les gaz chauds produits par la combustion; ces gaz, après s’être partiellement refroidis, retombent dans la branche descendante pour s’échapper, presque froids, au dehors de l’apppareil. Le brûleur éteint, l’air chaud s’accumule au contraire dans la région supérieure du
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- tube, arrêtant toute circulation d’air dans ce tube qui est la seule surface du réservoir qui n’est pas recouverte de calorifuge.
- Un ensemble de robinets et de tuyauterie permet d’envoyer dans l’appareil pour le lavage de la vaisselle, ou de recueillir pour tous autres usages de l’eau froide, cbaude ou tiède à la température désirée, tout en rendant impossible la fermeture du réservoir du chauffe-eau, ce qui pourrait entraîner des pressions dangereuses.
- La substitution au panier tournant porte-vaisselle d’un tambour sphérique spécialement étudié permet de transformer la machine à laver la vaisselle en un appareil à laver et rincer le linge.
- La figure 1 donne une photographie de cette machine et les figures 2, 3 et 4 des dessins schématiques en montrant les différents organes.
- La machine est constituée par une cuve cylindrique I, dont le fond, en forme d’escargot, va en s’approfondissant, de façon à former une gouttière circulaire en pente continue 2, aboutissant à une tubulure latérale 3 qui se redresse pour former la cheminée d’évacuation des vapeurs 4 pouvant être mise en communication avec l’extérieur.
- Dans la partie la plus basse de cette tubulure, est pratiquée une ouverture d’évacuation de l’eau 5 munie d’un robinet à trois voies 6 permettant soit la fermeture, soit l’écoulement direct à l’égout des eaux de lavage par la tubulure 7 ; soit encore l’écoulement par la tubulure 8, qui permet de recueillir dans un vase quelconque l’eau chaude et propre de rinçage. La tubulure 9 est reliée à un tube de trop-plein évitant les débordements de la cuve quand celle-ci est utilisée comme une bassine ordinaire.
- Le pivot 10, vissé sur la douille II, elle-même fixée au centre du fond de la cuve reçoit sur la bille 12, le panier tournant 13, qui contient les assiettes à laver disposées sur une double couronne de tôle à encoches incline'es 14.
- Le cercle inférieur 13 de ce panier tournant est plus fort et plus pesant que le cercle supérieur 16 de façon à baisser le centre de gravité de l’ensemble, tout en constituant un volant dont l’inertie prolonge la rotation du panier après l’arrêt des jets d’eau de lavage.
- Au-dessous de ce panier, suivant un rayon et au-dessus, sur tout un diamètre, sont disposés les tubes perforés de projection d’eau inférieur 17 et supérieur 18. Ces tubes sont fixés sur une clef 19 maintenue dans un boisseau 20 par le bouchon à oreille fileté 21. Un volant 22 permet de donner au tube un mouvement de rotation limité à un angle déterminé par l’ergot 23.de façon à modifier, au cours du lavage, l’inclinaison des jets et de frapper directement toute la surface des pièces de vaisselle à laver.
- Cette disposition permet, tout en assurant une étanchéité parfaite, de retirer rapidement, sans l’aide d’aucun outil, les tubes dont les trous pour-
- raient être partiellement obstrués. Pour cela, il suffit de dévisser le bouchon à oreille 21 qui débloque instantanément la clef du boisseau en exerçant une pression sur la base du volant 22. L’ensemble du tube, de sa clef, de son volant d’orientation et du bouchon à oreille se retire ainsi en une seule pièce, . ce qui facilite le remontage et évite la perte possible d’un organe séparé.
- Les trous de projection d’eau du tube supérieur sont inclinés en sens inverse dans les deux moitiés de ce tube, afin de déterminer la rotation du panier dans le même sens. Pendant la rotation du tube sous l’action du volant 22, l’inclinaison des jets d’une des moitiés de ce tube va en augmentant pendant que l’inclinaison des jets de l’autre moitié va en diminuant, ce qui assure une action uniforme sur la rotation du panier.
- Les trous de projection d’eau ne sont pas percés à égale distance les uns des autres : plus rapprochés au milieu de chaque rayon, ils vont en s’écartant de plus en plus vers lesextrémités de ces rayons. Cette disposition importante permet de proportionner la concentration des jets à la surface des assiettes qu’ils sont appelés à balayer.
- La cuve cylindrique contenant le panier tournant porte-vaisselle est fixée sur un chauffe-eau qui forme le pied de l’appareil et est constitué par un récipient 24 complètement entouré de calorifuge 25 contenu dans une enveloppe 26 et traversé par un tube en U renversé 27 dont les extrémités inférieures débouchent dans deux chambres cylindriques 28 et 29.
- Un brûleur à gaz 30 est placé dans l’une des chambres 28, sous l’une des branches du tube en U. Les gaz chauds s’élevant dans cette branche retombent, après s’être partiellement refroidis, dans l’autre branche et s’échappent par la chambre 29 qui peut être reliée à unecheminée d’évacuation. L’eau de condensation s’écoule par le tube 31. Le robinet à gaz 32 à cadran gradué permet d’obtenir ü plusieurs régimes de marche. Une petite porte coulissante 33 en toile métallique ferme, après allumage du brûleur, la chambre 28, afin d’éviter l’extinction de ce brûleur fonctionnant en veilleuse. Le thermomètre 34 donne atout moment la température de l’eau.
- L’appareil est relié à une canalisation d’eau sous pression par le tube 35 et le robinet mélangeur 36 qui, par le jeu de la manette 37, peut diriger cette eau soit directement par le tube 38 au robinet distributeur 39, soit à la partie inférieure du chauffe-eau par le tuyau 40 et la tubulure 41, soit partiellement par l’une et l’autre de ces deux voies. Dans le premier cas, l’eau froide parvient directement au robinet distributeur 59, dans le second cas, c’estl’eau chaude déplacée qui arrive à ce robinet par le tube 42 ; dans le troisième cas, c’est un mélange de ces deux eaux qui s’opère à l’arrivée de ce robinet, mélange dont la température peut être réglée à volonté par la manette 57.
- I Cette eau froide, tiède ou chaude, peut être, par le.
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- jeu de la manette 43, ou déversée dans la tubulure 44 pour être recueillie dans un récipient quelconque pour tout usage ménager, ou dirigée par le tube 45, le distributeur de savon 46 et les tubes 47 et 48 dans les tuyaux d’arrosage 17 et 18.
- Le robinet à gaz est disposé de telle sorte qu’il ne peut jamais être complètement fermé, afin d’éviter tout tâtonnement et tout risque d’extinction lors de la mise en veilleuse; à cet effet, la ciel du boisseau, en plus de l’orifice ^ de pleine ouverture, possède une rigole, dont la profondeur diminue en s’éloignant de l’ouveriure de sortie ; à bout de course de la poignée du boisseau, l’extrémité de cette rigole se trouve devant la tubulure latérale et assure le fonctionnement en veilleuse du brûleur; les positions intermédiaires donnent des régimes de marche variés permettant de chauffer l’eau contenue dans le réservoir en des temps indiqués par la graduation gravée sur la rondelle supérieure.
- Le distributeur de savon 46 est constitué par un cylindre incliné, dont la partie inférieure est traversée par l’eau de lavage et qui contient un tube perforé pouvant recevoir du savon granulé ou des cristaux de carbonate de soude. Ces produits y sont introduits en dévissant le couvercle à oreilles 55.
- La cuve de l’appareil est fermée par un couvercle possédant au centre une ouverture 56 et dont l’une des moitiés peut être, par le bouton 57, repliée sur l’autre en pivotant autour des charnières 58.
- Afin de rendre matériellement impossible la fermeture delà canalisation d’évacuation d’eau chaude, ce qui pourrait entraîner des pressions dangereuses dans le chauffe-eau, une gorge circulaire 59 est ménagée dans la clef du tube supérieur d’arrosage de telle sorte que, même si l’ergot limitant sa rotation venait à se cisailler, le tube reste toujours ouvert quelle que soit la position de cette clef.
- Pour le lavage de la vaisselle, il faut, après avoir
- Fig. 4. — Le socle avec réservoir à eau chaude.
- Fig. 3. — Vue en coupe.
- placé cette vaisselle sur le couvercle rabattu de la machine, la ranger dans le panier tournant qui peut recevoir 24 assiettes; le couvercle refermé et la manette 38 placée vers la gauche, on ouvre l’arrivée d’eau par le volant 37, de façon à commencer le premier lavage à l’eau froide; puis on pousse lentement vers la droite la manette 37 pour envoyer dans les tubes d’arrosage de l’eau de plus en plus chaude; en même temps on modifie par le volant 22 l’inclinaison des jets supérieurs;’ la manette 37 arrivée à bout de course vers la droite, ce qui termine le rinçage à l’eau bouillante, on ferme par le volant 36 le robinet d’arrivée d’eau. Le panier, dont la rotation se prolonge par la vitesse acquise, continue à aspirer de l’air par l’ouverture centrale du couvercle et à la refouler au dehors, avec la vapeur, par la cheminée 4 en assurant un séchage très rapide de la vaisselle qui n’a plus qu’à être retirée complètement sèche lorsque cesse la rotation du panier. L’ensemble de ces opérations dure environ cinq minutes et comme le chauffe-eau contient une quantité d’eau chaude suffisante pour trois opérations successives, on peut en 1/4 d’heure laver 72 assiettes.
- Au cours du lavage à l’eau froide et tiède, le volant 6 est tourné pour envoyer directement à l’égout cette eau polluée entraînant tous les débris et déchets ; pendant le rinçage à l’eau bouillante, un quart de tour de ce volant permet, au contraire, de recueillir, par la tubulure 8, cette eau chaude et propre qui peut être utilisée à d’autres usages.
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- Fig. 5. — Tambour pour laver le linge.
- Pour rendre plus efficace le fonctionnement du ventilateur formé par les assiettes mêmes à laver et à sécher, ces dernières sont, disposées, non suivant les rayons du panier, mais formant un certain angle avec ces rayons et suivant des tangentes à l’ouverture centrale d’aspiration comme l’indique la figure 4. Cette disposition obtenue par une inclinaison convenable des dents du porte-assiettes présente, de plus, le grand avantage d’écarter les bords les plus rapprochés du centre et permet ainsi d’augmenter le nombre d’assiettes que l’on peut disposer dans un panier de diamètre déterminé; enfin les jets lancés par le tube horizontal supérieur arrivent plus normalement sur la face intérieure des assiettes.
- Pour faciliter le démontage du panier et de son pivot et éviter la chute et la perle de la bille, des trous correspondants sontpercés dans le tube central du panier et de son pivot ; une broche passée dans ces trous permet de dévisser le pivot et de retirer l’ensemble en une seule pièce, la bille restant prisonnière dans son double logement.
- Ce démontage facile du panier et de son pivot permet d’utiliser la cuve pour tout autre usage> ce qui ne peut présenter aucun inconvénient d’ordre hygiénique, la vaisselle à laver ultérieurement ne devant -jamais être en contact directement ou indirectement avec les parois de la cuve; l’eau de layage n’est en effet projetée qu’une fois sur la vaisselle à sa sortie même de la canalisation. On peut, par suite, sans inconvénient, la transformer en machine à laver le linge en y plaçant un tambour de forme sphérique reposant sur les paliers 61 et 62 (fig. 5 et 6) et pouvant recevoir un mouvement de rotation par la manivelle 63. Une double enveloppe forme autour de ce tambour une chambre circulaire partagée par des cloisons en une série de compartiments possédant chacun une double, rangée de perforations intérieures 64 disposées dans une gouttière trans-
- versale et extérieure 65. Un de ces compartiments est amovible afin de permettre l’introduction et la sortie du linge à laver. Un couvercle spécial 56 permet de recouvrir l’appareil. Lorsqu’on imprime un mouvement de rotation au tambour, l’eau qui a f pénétré dans chaque’compartiment par les trous exté- • rieurs et qui a rempli l’une ou l’autre moitié des compartiments suivant le sens de la rotation, se déverse sur le linge par les gouttières et les trous intérieurs. De plus, l’eau en entrant par les trous extérieurs de chaque compai%ment chasse l’air par lestrous intérieurs correspondants, ce qui provoque un bouillonnement très intense qui agite sans cesse le linge à laver d’une façon aussi douce qu’efficace. On obtient ainsi un lavage rapide et complet sans aucune usure pour le linge.
- Pour le rinçage, le tube amovible supérieur 18 est replacé et l’eau froide, tiède ou chaude provenant du chauffe-eau vient directement arroser le linge disposé dans le tambour tournant dont la rotation, alternée dans l’un et l’autre sens, en présente successivement les différentes parties à l’action des jets d’eau.
- En disposant dans le panier tournant des casiers à claire-voie, on peut y fixer des verres et procéder à leur lavage, stérilisation et séchage comme pour la vaisselle, et cela sans aucune crainte de les briser par la chaleur, le lavage étant effectué par une eau tiède d’abord et qui devient de plus en plus chaude par le jeu du robinet mélangeur. La machine peut être spécialement adaptée pour cet usage en diminuant la hauteur de la cuve.
- . J.-L. Breton,
- . ' Membre de l’tnsliliU.
- Fig. 6. — La machine disposée four le lavage du linge.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-DEUXIEME ANNÉE — 1924
- &
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des Sciences (Comptes rendus des séances), 46, 61, 78, 125, 142, 158, 206, 221, 236, 285, 503, 318, 334, 550, 566, 597.
- Acétate basique de zinc nouveau, 46. Acide glyoxylique : réaction colorée, 550.
- Acide humique et potasse, 207.
- — oxalique : synthèse, 221.
- — phtalonique : constitution, 256.
- — sulfurique : neutralisation dans
- le sol, 206.
- Adhérence des solides, 4.
- Adriatique : dépressions secondaires, 206.
- Air plus froid à mesure qu’on se rapproche du soleil, 366.
- Ajaccio, bartonien, 78.
- Albatros : vol, 206.
- Algues marines : comment on fait une collection, 31.
- Algues marines utiles, 49.
- — microscopiques d’eau douce, 145. Alliages légers pour moteurs à explosion, 126.
- Allumettes : fabrication, 180.
- Along : baie, 230.
- Aluminium industriel, 142.
- Anguille : Immigration des larves, 579. Animaux volants archaïques, 70.
- Annecy : lutécien marin, 519..
- Appareil réticulaire interne de Golgi, 351.
- Arachides : industrie du beurre aux États-Unis, 92.
- Arbres nains en Indochine, 95.
- Ardèche : défense et T. C. F., 140. Argile : ravinements, 234.
- Artésiens : bassins des États-Unis, 350.
- Supplément au n° 2647 de La Nature
- Artisanat français, 165.
- Atmosphériques de la T. S. F., 301. Aurores boréales et activité solaire, 76-Automobiles : magnétos, 390. Autoxydation et antioxygène, 221. Aviation : moteurs à haute compression, 142.
- Aviation : nouveaux moteurs, 147. Avions : accessoires de moteurs, 275. — : tir, 405.
- Avitaminose C : sensibilisation du cobaye, 334.
- Azote : spectre de bandes, 126.
- B
- Bactéries et radioactivité, 351.
- — du sol, 126.
- Baie d’Along, 230.
- Bakélite : perméabilité à l’infra-rouge,
- 6L
- Ballon libre et électricité atmosphérique, 209, 225, 241.
- Barrages massifs : conditions de sécurité, 47.
- Bartonien d’Ajaccio, 78.
- Betteraves sucrière et fourragère, 142.
- Beurre d’arachide : industrie aux États-Unis, 92.
- Block-system automatique, 262, 293.
- Bois : pâte, 113.
- C
- Cadmium : combinaisons silicatées, 351. Camarasa : géologie, 366.
- Camions à gaz pauvre, 214.
- Cmaphols : préparation, 126. cio 27 décembre 1924,
- Capillaires, 401.
- Caverne d'isturitz, 62.
- Cémentation du cuivre, 78.
- Champignons : assimilation des sels ammoniacaux, 143.
- Changement de vitesse électrique Cotai, 174.
- Charbon de bois, 193.
- Chemins de fer du Nord : cités-iardins, 510.
- Chlorite blanche : type nouveau, 78.
- Chloroforme : chloration, 319.
- Chlorophylle : décomposition des extraits, 126.
- Chlùropicrine et étoufîage des cocons, 123.
- Chordome : comportement glandulaire, 285.
- Chromites de Yougo-Slavie, 125.
- Ciel nocturne : lumière, 509.
- Cinématographie des formules des réactions chimiques, 207.
- Cire animale : décomposition, 207.
- Cirripèdes, 198.
- Cistude d’Europe, 157.
- Cités-jardins des chemins de fer du Nord, 510.
- Coagulation du sang, 47.
- Cocons de vers à soie : étouffage, 61, 123.
- Coke : utilisation des gaz de fours, 236.
- Colorations naturelles : origine, 202.
- Combinateur grapho-mécanique, 550.
- Conduites d’eau sous pression en ciment armé,. 21.
- Congo : de Banane à Matadi, 273.
- Coquilles d’œufs : transparence, 61.
- Côte en péril, 17, 33.
- Coton : tissage, 337.
- Courtine : expériences, 550.
- — : onde explosive, 47.
- Ci abcs : invasion dans la baie de Concarneau, 126.
- Croissance des plantes : action des for-miates, 126.
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- 418
- INDEX ALPHABETIQUE
- Cuisine électrique au restaurant, 560. Cuivre : cémentation, 78.
- Cuivre : toxicité des sels, 142. Cvanamide : dosage pondéral, 221.
- D
- Dépressions secondaires de l’Adriatique, 206.
- Dérive des continents et théorie de • Wegener, 78.
- Détecteurs à contact solide, 221. Développables cycliliantes d’une courbe, 554.
- Dock flottant de Southampton, 190.
- E
- Eaux- minérales : moyen de contrôle, 126.
- Eau : propriétés thermodynamiques, 158. Eaux sulfureuses : différenciation, 142. Éclair : bruit, 411.
- Éclairs fulgurants, 152.
- Electricité atmosphérique et ballon libre, _ 209, 225, 241.
- Électromètre : nouveau type, 125. Électromètrie : emploi des lampes à plusieurs électrodes, 143.
- Éléphants fossiles de Grande-Bretagne, 505.
- Erdre : flore des marais tourbeux, 129. Éruption volcanique à Hawaii, 143. Ésérine : tautomérie, 206.
- Espagne : physique du globe, 526. Essence concrète d'iris, 207.
- États-Unis : flotte de guerre, 137. Étincelles d’acier, 42.
- Étouffage des cocons de vers à soie par la chioropicrine, 61, 123.
- Explosion de la Courtine : onde, 47. Explosions des réservoirs à oxygène, 213.
- F
- Fabre et Pasteur, 59.
- Fer : densité à l’état liquide, 285.
- — météorique : nouveau type, 221. Feuilles vertes et chlorotiques, 236. Fièvre aphteuse, 229.
- Fleurs de montagne et de plaine, 268. Flore des marais tourbeux de l’Erdre, 129.
- Flotte de guerre des États-Unis, 137. Fluorescence et concentration, 126. Formiates : action sur la croissance des plantes, 126.
- Fours à coke : utilisation des gaz, 236. Frottement de glissement, 78.
- G
- Gabian : pétrole, 385.
- Gaz de fours à coke : utilisation, 236. . — rares : diffusion de la lumière,
- 285.
- Géologie de Camarasa, 566.
- Glacier du Mont-Blanc : eaux, 318. Glénans : narcisse, 246.
- Globe : révolutions, 54.
- — températures à l’intérieur, 74. Glucoside nouveau, 78.
- Gouvernail nouveau, 47.
- Gi’anites de Guérat, 534.
- Grasserie du ver à soie, 221.
- Guir et Moulouya, 236.
- H
- Hawaii : éruption volcanique, 145. Hémolysines hétérologues, 142.
- Houblon : propriétés antiseptiques, 236. Huile de sauterelles, 516.
- Hydrogène : récentes applications, 106.
- !
- Iles Phourni : géologie, 335. Imperméabilité des toiles de tentes, 95. Incinération des ordures ménagères, 344. Indochine : arbres nains, 95.
- Institut de papyrologie, 87.
- — Rockefeller de Pékin, 298.
- Iris : essence concrète, 207.
- Isturitz : caverne, 62.
- J
- Janssen, 97.
- Jus de viande dans le traitement de la tuberculose, 78.
- K
- Kindia : Laboratoire Pasteur, 257.
- L
- Laboratoire Pasteur de Kindia, 257. Lafay : travaux, 381.
- Laine : lavage et carbonisage, 55.
- Lait : pasteurisation, 236.
- — de vache antirachitique, 319. Lampes à plusieurs électrodes en électro-métrie, 143;
- Langoustines : abondance croissante en Bretagne, 84.
- La Rochelle : moulins de mer, 517. Latitude : détermination, 285.
- Lavage de la vaisselle : machine, 412. Laves : composition, 158.
- Lumière du ciel nocturne, 309. .
- — : diffusion par les gaz rares, 285.
- Luminescence des gaz solidifiés, 145. Lune, 249.
- Lutécien marin du lac d’Annecy, 519.
- M
- Macareux, 8.
- Machine à laver la vaisselle, 412. Machines à peler les pommes de terre, 68.
- Machine à piston : puissance 206. Madagascar : palmiers, 221.
- — : sources thermales, 206. Magnétos d’automobiles, 390.
- Magnus ; phénomène, 581.
- Mah-jong en relief pour aveugles, 519. Maïdan-Peck : pyrites, 397.
- Mal des montagnes, 77.
- Maltase : recherche dans le malt, 47. Marais tourbeux de l’Erdre ; flore, 129. Maroc : pisciculture trui’lière, 289. Maurienne, 118.
- Mélasses : teneur en raffinose, 145. Menthol et soi) isomère, 503.
- Mercure : formation directe de sels oxyhalogénés, 126.
- Mercure : transformation en or, 125. Méthémoglobine, 78.
- Mélhyloxyde, 318.
- Microséismes, 12.
- Microsiphonées du sol : utilisation de l’azote minéral, 566.
- Minerai radio-actif nouveau, 303, 550. Mont-Blanc : eaux du glacier, 318. Montagnes : mal, 77.
- Moteurs d’aviation à haute compression, 142. *
- Moteurs d’aviation nouveaux, 147.
- — d’avions : accessoires, 275. Moteurs à explosion : alliages légers, 126. Moteur Michell sans bielles ni vilebrequin, 28.
- Mouettes : migrations, 587.
- Moulins de mer de La Rochelle, 317. Moulouya moyenne et Haut Guir, 256. Mulettes perlières des eaux douces, 177.
- N
- Narcisse des Glénans, 246.
- Nautographe Baule, 13.
- Navigation-sur le Yang-tsé, 111.
- Navires : mesures des vitesses à bord, 15, Navire paradoxal mû par le vent, 366. Nerfs excitateurs et modérateurs, 564. Nopinène : oxydation permanganique, 519. •
- Nord de la France : transfôrmation des voies d’eau, 286.
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- Œ
- (Euf d’oursin : vitesse de segmentation, 158.
- Œufs de poule : transparence des coquilles, 61.
- 0
- Oiseaux : valeur économique, 552, 354.
- Or : transformation du mercure, 125-
- Ordures ménagères : incinération, 544.
- Ouragan du 8 octobre, 503.
- Oursin : vitesse de segmentation de l’œuf, 158.
- Oxyde de carbone : dosage, 158.
- — — : dosage dans les gaz indus-
- triels, 350.
- Oxydé de carbone : fixation par le sulfate cuivreux, 143.
- Oxyde de méthyle, 318.
- Oxygène : explosions des réservoirs, 215.
- Ozone : production par les végétaux verts, 46.
- P
- Palmiers de Madagascar, 221.
- Papyrologie : Institut, 87
- Paramagnétisme indépendant de la température, 142.
- Passage du Nord-Ouest par terre, 250.
- Pasteur et Fabre, 59.
- Pasteurisation du lait, 236.
- Pâte de bois, 113.
- Pèche à la ligne et science, 168.
- Pêcheries de nos côtes, 65.
- Pékin : Institut Rockefeller, 298.
- Perles d’eau douce, 177.
- Perles fines et perles de culture : différenciation, 566.
- Pesanteur : étude et applications pratiques, 24.
- Pétrole de Gabian, 385.
- Phosphates alcalins insolubles : pluralité, 46.
- Physique du globe en Espagne, 526.
- — et notion de temps. 186, 195.
- Pisciculture truitière au Maroc, 289.
- Plantes et radioactivité, 551.
- Plâtre : prise, 158.
- Plomb tctraéthylé, 158.
- Poêle à bois : récupérateur Mirus, 535.
- Polonium : rayons <x, 350.
- Polybius Hensloivi. : invasion dans la baie de Concarneau, 126.
- Pommes de terre : machines à peler, 68.
- Pommier : principes des feuilles et des fruits, 551.
- Porte-amarres, 569.
- Potasse et acide humique, 207.
- Potentiel : mesure de très faibles différences, 285,
- Poub Iles, 81.
- Primevérose, 397.
- Pulpes végétales : pouvoir absorbant, 142.
- Pyrites de Maïdan-Peck, 317.
- Pyrosphère : température, 158.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Q
- Quartz foudre transparent, 79.
- R
- Rachitisme et lait de vache, 319. Radioactifs : chaleur des corps, 207. Radioactif : nouveau minerai, 503, 350. Radioactivité, bactéries et plantes, 351. Radiocommunications par ondes courtes et'dirigées, 86.
- Radium : constante, 78.
- Itaflinose : teneur des mélasses, 143. Ravinements de l’argile, 234.
- Rayons a du polonium, 550.
- Rayons X : étude des corps solides, 159. Récoltes : séchage artificiel, 353.
- Recuit et propriétés magnétiques des tôles au silicium, 47.
- Récupérateur de chaleur Mirus, 335. Relais à arc : applications électrooptiques, 318.
- Relativité restreinte, 330, 341, 35;. Renard, 321.
- Réservoirs à oxygène : explosions, 213. Révolutions du globe, 54.
- Réunion : sources thermales, 206.
- Rues de Paris : signaux de circulation, 5.
- S
- Sahara : ressources, 254.
- Salubrité des villes, 81.
- Sang : coagulation, 47.
- Saturniens : nidification et métamorphoses, 366.
- Sauterelles-feuilles de l’Amérique tropicale, 102.
- Sauterelles : huile, 316.
- Sclirader (Franz), 551.
- Séchage artificiel des récoltes, 353. Signaux de circulation dans les rues de Paris, 5.
- Signaux sonores, 572.
- Singes : laboratoire Pasteur de Kiudia, 257.
- Sol : analyse microscopique, 285.
- — : . développement des bactéries, 126.
- Sol : neutralisation de l’acide sulfurique, 206.
- Spectre de bandes de l’azote, 126. Soleil, 97.
- — : action primitive, 571.
- — : activité et aurores boréales, 76. Soleils géants, 58.
- Sondages des Abatilles, 207.
- Soudure : problème, 4.
- Sources thermales de Madagascar et La Réunion, 206. *
- Soutliampton : dock ilottant, 190. Spatules, 221. '
- Sports et vacances, 1.
- Sulfate cuivreux : fixation de l’oxyde de carbone, 143.
- ........... = 419
- Sulfure de carbone et ultraviolet, 206. Suppuration urinaire non microbienne, 46.
- T *
- Taches solaires, 141.
- Tanins, 519.
- Tautomcrie de l’ésérine, 206.
- Téléphonie automatique : dernier progrès, 382.
- T. S. F. : almosphériques, 501.
- * — : réception en automobile ou en
- yacht, 153.
- Température à l’intérieur du globe,-74. Temps : notion et physique,.-186, 195. Terre : origine cosmique, 597.
- Tir en avion, 405.
- Tissage du coton, 357.
- Toiles de tentes : imperméabilité, 95. Tôles au silicium : recuit et propriétés magnétiques, 47.
- Tombereaux à ordures, 81.
- 'Torpille : ancêtres, 517.
- Toxicité des sels de cuivre, 142.
- Truites : pisciculture au Maroc, 289. Tuberculose : jus 'de viande, 78. Turbine à combustion intense, 205. Tuyaux en ciment armé pour eau sous pression, 21.
- U
- Ultraviolet et sulfure de carbone, 206. Urée • influence, 366.
- V .
- Vacances et cure de sports, 1.
- Vaisselle : machine à laver, 412.
- Valois, 161.
- Vanille : parfum, 206.
- Végétaux verts : production d’ozone, 46. Vers à soie : ètoulfage des cocons par la chloropicrine, 61, 123.
- Ver à soie : grasserie, 221.
- Vision colorée, 142.
- Vitesses : mesure à bord des navires, 15. Voiesd’eau du Nord : transformation, 286. Vol des albatros, 206.
- w
- Wegener : dérive des continents, 78.
- Y
- Yang-tsé-: navigation, 111.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Auge (l)1' Xavier). — Le Congo : de Banane à Matadi, 273.
- B. (Paul). — Académie des Sciences : comptes rendus des séances, 46, 61, 78, 125, 142, 158, 206, 221, 236, 285, 303, 518, 534, 550, 566, 597.
- Bamht (A.). — Le ballon libre et l’électricité atmosphérique, 209, 225, 241.
- B a tut au é (L.) et Viennot (P.). — Découverte d’un gisement pétrolifère à Gabian, 585.
- Baud (Paul). — Les récentes applications du gaz hydrogène, 106_______L’utilisation des gaz de fours à coke, 256.
- Belot (mule). — L’origine cosmique de l’architecture de la terre, 597.
- Bertin (Leon). — Les cirripèdes, 198.
- Boiüey (Dr Maurice). — Vacances et cures de sports.
- Bourgain (André). — Le « block-system » automatique, 262, 295.
- Bousquet (M.). — Tuyaux en ciment armé pour conduites d’eau sous pression, 21. — Poubelles et tombereaux à ordures, 81. — Incinération des ordures ménagères, 511.
- Boutaric (A.). — La lumière du ciel nocturne, 309.
- Boyer (Jacques). — Les étincelles d’acier, 42. — Nouvelles machines à peler les pommes de- terre, 68. — Une visite à l’Institut de papyrologie, 87. — Fabrication des allumettes dans les manufactures de l’État, 180. — Cités-jardins des chemins de fer du Nord, 510. — La cuisine électrique au restaurant, 560.
- Breton (J.-L.). — Machine à laver la vaisselle, 412.
- Bureau (Robert). — Les atmosphériques de la T. S. F., 301.
- C. (F.). — La mesure des vitesses à bord des navires, 150. — Explosions des réservoirs à oxygène, 213. — Les ancêtres de la torpille, 317. — Les porte-amarres, 369. — L’équipement électrique moderne des automobiles, 390.
- Calmette (Dr G.), — Le laboratoire Pasteur de Kindia, 257.
- Chevalier (Aug.). —Le narcisse des Glénans, 246.
- Goodman (L.). —Le renard, 321.
- CouriN (Henri). — Gomment on fait une collection d’algues marines, 51. — Les algues marines utiles, 49.
- D. (C. de). — Navire paradoxal mù par le vent, 566.
- Dauzat (Albert).—‘ La Maurienne, 118. — Le Valois, 161.
- Doublet (E.). — Le soleil : Janssen, 97. — La lune, 249.
- Dubois (Raphaël). — Les mulettes perlières des eaux douces,
- 177. — L’huile de sauterelles, 316.
- Effère. — La température à l’intérieur du globe, 74.
- Feuillée-Billot (A.). — Les oiseaux qui changent de masque, 8. — Les spatules, 221.
- Foubin (V.). — Les arbres nains en Indochine, 95. — La baie d’Along, 250.
- Gadeceau (Émile). — La flore des marais tourbeux del’Erdre, 129.
- Gruvel (A.). — Pisciculture truitière au Maroc, 289.
- Guérin (G.).— Lacistude d’Europe, 157.— Le tir en avion, 405.
- Guillaume (Dr A.-C.). — L’exploration des capillaires, 401.
- Hamès (E.). — Le dernier progrès en téléphonie automatique, 382.
- Hémardinquer (P.). — Réception radiophonique en automobiles ou en yacht, 135.
- Joleaud (L.). — Les animaux volants archaïques, 70. . /(T
- Jouenne (Lucien). — Les petites pêcheries de nos eûtes, 5.
- Kuentz (L.). — L’industrie du beurre d’arachide aux Élats-Unis, 92.
- L. (E.). — Une éruption volcanique au parc national d’Hawaii, 145. — L’Institut Rockfeller de Pékin, 298.
- Landolt (Dr Marc). — Jeu de mah-jong en relief pour aveugles, 519.
- Lanorville (Georges). — Lavage et carbonisage de la laine, 55. — La pâle de bois, sa fabrication et son utilisation, 115. — Tissage du coton, 557.
- Larbaud (M.). — Fleurs de montagne et Ileurs de plaine, 268.
- La Vallée-Poussin (Cii. de). — La notion de temps et la physique, 186, 195. — La relativité restreinte, 330, 341, 557.
- Le Conte (B.). — La navigation sur le Yang-tsé, 111. —Les ressources du Sahara, 254.
- Lefèvre (M.). — Algues microscopiques d’eau douce, 145.
- Leeranc (Jean-Abel). — Nouveaux moteurs d’aviation, 147. — Les accessoires des moteurs d’avions, 275.
- Legendre (R.). — Abondance croissante des langoustines sur la côte sud de Bretagne, 84. — Invasion de crabes dans la baie de Concarneau, 126.
- Legros (Dr G.-V.). — J.-II. Fabre et Pasteur, 59.
- Leroy (André). — Sur la transparence des coquilles d’œufs de poule, 61.
- Lévine (Joseph) — Sur les taches solaires, 141.
- Loppe' (J.). — Les moulins de mer de La Rochelle, 317.
- M. (Dr P.-E.). — A propos de la fièvre aphteuse, 229.
- M. (R.). — Cinématographie des formules des réactions chimiques, 207.
- Marcotte (Edmond). — La portée des signaux sonores, 572.
- Martel (E.-A.). Franz Schrader, 551.
- Mascaiit (Jean). — Les révolutions du globe, 54. — Aurores boréales et activité solaire, 76. — L’action primitive du soleil, 571.
- Mathias (E.). — Les éclairs fulgurants, 152. — Le bruit de l’éclair, 411.
- Matout (L.). — Science et pêche à la ligne, 168.
- Maurain (Ch.). — La physique du globe en Espagne, 326.
- Mercier (Armand). — Valeur économique des oiseaux, 352, 354.— Vers quels pays émigrent les mouettes, 587.
- Moreau (Dr L.-J.). — Ravinements de l’argile, 234.
- Morhaiidt (Dr R.-E.).—Nerfs excitateurs, nerfs modérateurs et l’équilibre de l’organisme, 364.
- Orceau (R. d’). — Etude de la structure des corps solides au moyen des rayons X, 159.
- Passemard (E). — Découvertes de la caverne d’Isturitz, 62.
- Pawlowski (Auguste). — L’artisanat français, 165. — Transformation des voies d’eau du nord, 286.
- Pontier (Df Georges). — Eléphants fossiles de Grande-Bretagne, 505.
- R. (G.). — La transformation du mercure en or, 125.
- Rabot (Charles). — Le passage du Nord-Ouest par terre, 230.
- Rudaux (L.). — L’ouragan du 8 octobre, 303.
- Sauvaire-Jourdan (Commandant). — Un nouveau système de gouvernail, 47. — Organisation de la Hotte de guerre des Etats-Unis, 127.
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- ::.............::..................LISTE DES
- Schmidt (l)1' Joiis.).— L'immigration des larves d’anguille, 379. |
- Stouvenot (à.) — et Troy (P). — La turbine à combustion interne, 203.
- T. (A ). — Radiocommunications par ondes courtes et dirigées, 86. — Navire paradoxal mu par le vent, 308. — Le phénomène de Magnus, 581.
- Troy (P.), —-Voir Stouvenot (A.).
- Turner (1I.-H.). — Les soleils géants, 58.
- V. (IL). — Le quartz fondu transparent, 79.
- Vélain (Cli.). — La côte en péril, 17, 53.
- Yiennot (P.). — Voir Barradé.
- Vigneron (H.). — Le problème de la soudure, 4. — L’étude de la pesanteur et ses applications pratiques, 24. — L’im-
- AUTEURS .... ....-..... =: 421
- perméabilité des toiles de tente, 95. — La vision colorée, 142, — Origine de certaines colorations naturelles, 202. Plus on se rapproche du soleil, plus l’air est froid, 566. Vignon (P.). — Les sauterelles-feuilles de l’Amérique tropicale, 102.
- Villers (R.). — La chloropicrine et l’étouffage des cocons de versa soie, 123. — Le doek flottant de Southampton, 199-. Récupérateur de chaleur Mirus, 555. — Séchage artificiel des récoltes, 555.
- Weiss (E.). — Les signaux de circulation dans les rues de Paris, 5. — Moteur Michell sans bielle ni vilebrequin, 28. — Changement de vitesse électrique Cotai, 174. — Les camions à gaz^pauvre, 214.
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paul B.), 46. 61, 78, 125,142, 158, 206, 221, 256, 285, 305, 518, 354, 550, 366, 597.
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Les soleils géants (11.-11. Turner).................... 38
- Le soleil-Janssen (E. Doublet)......................... 97
- Les taches solaires (J. Lévine)............. 141
- La notion de temps et la physique (Ch. de la Y'ai.le'e-
- Poussin)................................ 186, 195
- La lune (E. Doublet).................................... 249
- Lumière du ciel nocturne (A. Boutaric)....................309
- La relativité restreinte (Ch. de la Vallée-Poussin). 330,
- 3 il................................................. 537
- Frottement de glissement.................................. 78
- Détermination de la latitude.......................... 285
- Développables cyclifiantes d’une courbe.................554
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Le problème de la soudure (H. Vigneron)........... 4
- L’étude de la pesanteur et ses applications pratiques
- (II. Vigneron)................................... 24
- L'imperméabilité des toiles de tentes (II. Vigneron). . 95
- Vision colorée (H. Vigneron) . ..................... Ià2
- Etude de la structure des corps solides au moyen des
- rayons X (R. d'OncEAu).............................159
- Origine de certaines colorations naturelles (II. Vigneron) .............................................202
- Recuit et propriétés magnétiques des tôles au silicium ............................................ 47
- Onde explosive de la Courtine................. . . 47
- Perméabilité de la bakélite aux rayons infra-rouges. 61
- Constante du radium................................. 78
- Spectre de bandes de l’azote....................... 126
- Relation entre le pouvoir fluorescent et la concentration ..........................................126
- Paramagnétisme indépendant de la température. . 142
- Propriétés thermodynamiques de l’eau.................158
- Luminescence des gaz solidifiés......................145
- Sulfure de carbone et ultra-violet ........ 206
- Chaleur des corps radioactifs. . . ................207
- Diffusion de la lumière par les gaz rares.......285
- Densité du fer à Vêlai liquide..................... 285
- Nouveau minerai radioactif, . ..................303
- Expériences de la Courtine..........................350
- Nouveau minerai radioactif..........................350
- Rayons À' du polonium...........................350
- 2. Chimie.
- Le quartz tondu transparent (R. Y.) ....... . 79
- La transformation du mercure en or (G. R).......125
- Menthol et son isomère........................... . 303
- Pluralité des métaphdsphates alcalins insolubles . 46
- Nouvel acétate basique de zinc.................... . 46
- Recherche de la maltase dans le malt................ 47
- Type nouveau de chlorite blanche.................... 78
- A propos de la méthémoglobine....................... 78
- Cémentation du cuivre............................... 78
- Nouveau glucosi.de.................................. 78
- Nouveau mode d.e prépa ra l ion des ca mphols. . . . 126
- Formation directe des sels halogènes mercuriques. 126
- Moyen de contrôle des eaux minérales ...............126
- Différenciation des eaux sulfureuses . . ... 142
- Fixation de l'oxyde de carbone par le sulfate cuivreux. .............................................143
- Emploi du plomb lélruélhylc.........................158
- Prise du plâtre.....................................158
- Dosage de l'oxyde de carbone....................... 158
- Tantomérie de l’ésérine.............................206
- Parfum de la vanille . ........................... 266
- Essence concrète d'iris. ......................... 207
- Potasse et acide humique........................... 207
- Dosage pondéral de la cynnamide.....................221
- Autoxydation et action antioxygène................ • 221
- Nouvelle synthèse de l’acide oxalique...............221
- Constitution île l’acide phlalonique................230
- Oxyde de méthyle.................................. 318
- Chloration du chloroforme....................- . . 519
- Tanins............................................. 519
- Oxydation permangunique du nopinène.................319
- Réaction colorée de l’acide glyoxylique ...... 550
- Dosage de l’oxyde de carbone dans les gaz industriels 550 Combinaisons silicalées du cadmium ....... 351
- La primevèrose . ......................... 597
- IV. — SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Les microséismes.................................... 8
- Les révolutions du globe (J. Mascart).................. 54
- La température à l’intérieur du globe (Eeeère) .... 74
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-
-
-
- TABLE DES MATIERES -----—.:... ==r 423
- Aurores boréales et activité solaire (J. Mascart) ... 76
- Les éclairs fulgurants (E. Mathias) ...............132
- Ravinements de l’argile (Dr L.-.l. Morkau)............ 234
- La physique du globe en Espagne (Ch. MaorainJ. . . . 326
- Plus on se rapproche du soleil, plus l’air est froid
- . (H. ALgneron)....................................566
- L’action primitive ou soleil (J. Mascaret) ........371
- Découverte d’un gisement pétrolifère à Gabian (L. Bar-
- rabé et. P. Vieknot).............................. 383
- L’origine cosmique de l’architecture de la terre (E. Belot) ........................................... 397
- Le bruit de l'éclair (E. Mathias)............ 411
- Théorie de Wegener sur la dérive dés continents . 78
- Bartonien dans la région d'Ajaccio..................... 78
- Chromiles de Yougo-Slavie.............................125
- Composition des laves et température de la pyrosphère .......................................... 158
- Sources thermales de Madagascar et la Réunion 206
- Sondages des Abatilles................................ 207
- Nouveau type de fer météorique........................ 221
- lfaul-Guir et moyenne Moulouya . .................. 236.
- Eaux du glacier du Mont-Blanc ......... 318
- Lutécien marin du lac d’Annecy .......................319
- Granités de Gairat.....................................334
- Géologie des iles P ko ami............................355
- Grands bassins artésiens des Etats-Unis................550
- Géologie de .la Camarasa............... . .........366
- Pyrites de Maïdan-Peck ................................597
- 2. Météorologie.
- Le ballon libre et l’clectricité atmosphérique (A. Bauht)
- ’209, 225 ............................................ 241
- L’ouragah du. 8 octobre (L. Ruraux),................ 303
- Dépressions secondaires de T Adriatique...............206
- 3. Zoologie. — Physiologie
- Les oiseaux qui changent de masque (A Feuillee-Billot) 8
- J.-H. Fabre et Pasteur (I)r G.-V. Legros)............ 59
- Transparence des coquilles d œufs de poule (A. Leroy). 61 Petites pêcheries de nos côtes (L. Jouexxe ) ..... 65
- Les animaux volants archaïques (L. Joleaud).......... 70
- Abondance- croissante des langoustines sur la côie de la
- Bretagne (R. Legendre)............................ 84
- Les sauterelles-feuilles de l’Amérique tropicale (P. Vi-
- gnon) . . ........................................102
- La chloropicrme et l’éLoulfage des cocons de vers à soie
- (R. Vili.ers).......................................123
- Invasion de crabes dans la baie de .Concarneau (R. Legendre) ......................................... 126
- Cistude d’Europe (G. Gtjérin)...................... . 157
- Science et pèche à la ligne ^L. Maiout)..............1-68
- Mulettes perlières des eaux douces (R. Dubois) . ... 177
- Les cirripèdes (L. Bertin)...........................198
- Les spatules (A. Feuillée-Billot)..................... 221
- Pisciculture truitière au Maroc (A. Gruvel)............289
- Eléphants fossiles de Grande-Bretagne (Dr G. Fo.ntier). 305
- L’huile de sauterelles (R. Dubois).................... 316
- Le renard (L. Goodman)................................ 321
- Valeur économique des oiseaux (A. Mercier). . 332, 554
- L’immigration des larves d’anguille (J. Schmidt) .... 379
- Vers quels pays émigrent les mouettes (A. Mercier) . . 387 L’exploration des capillaires (Dr A.-C. Guillaume). . . 401 Coagulation du sang. .............. 47
- Etouffage des cocons de vers à soie ........ 61
- Vitesses de segmentation de l’œuf d'ou sin .... 158
- Vol des albatros.......................................206
- Décomposition de la ctrc animale.......................207
- Grasserie du ver à soie.............................. 221
- Appareil réticulaire interne de Golgi. ................551
- Différenciation des perles fines et des perles de culture ............................................ 566
- Nidification et mèlxrno< phases des Saturniens. . . 566
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Comment on fait une collection d’algues marines (II.
- Coupin). ............................. 31
- Les algùes marines utiles (H. Coupin)................. 49
- Les arbres nains en Indochine (V. Foriiin)............ 95
- Flore des marais tourbeux de l’Erdre (E. Gadkceau) . . 129
- ' Algues microscopiques d’eau douce (M. Lefèvre). . . 145
- Le narcisse des Glénans (A. Chevalier)........ . 246
- Fleurs de montagne et de plaine (M. Larbaud) .... 268
- Séchage artificiel des récoltes (R. Yillers)...........353
- Productions d'ozone par les végétaux verts .... 46
- Action des formiates sur la croissance des plantes . 126
- Décomposition des extraits chloi ophylliens . . . . 126
- Développement des bactéries du sol.....................126
- Betteraves sucrière et fourragère............. . . . 142
- Pouvoir absorbant des pulpjes végétales................142
- Teneur des mélasses en raffinose.......................145
- Assimilation des sels ammoniacaux par tes champignons microscopiques..............................145
- Neutralisation de L'acide sulfurique dans le sol . . 206
- Palmiers de Madagascar................................ 221
- Feuilles vertes et chlorotiques. ......................256
- Analyse microscopique du sol.......................... 285
- Principes immédiats des feuilles et fruits du pommier ...............................................351
- Radioactivité : influence sur Le développement des
- bactéries et plantes...............................551
- Utilisation de l'azote minéral par les microsipho-
- nées du sol ...................................... 366
- Influence de l'urée...........................' 566
- V. — GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- La côte en péril (Ch. Ye'latn). ......... 17, 33
- Découvertes delà caverne d isturitz (E. Passemard) . . 62
- L’Institut de papyrologie (J. Boyer). ............... 87
- Navigation sur le Yang-tsé (R. Le Conte).............111
- La Maurienne (A. Dauzat)........................... 118
- La défense de l’Ardèche et le T. G. F................140
- Eruption volcanique au parc national d'Hawaii (Ë. L.). 145
- Le Valois (A. Dauzat)..................................ltvl
- Le passage du Nord-Ouest par terre (G. Radot) .... 230
- La haie d’Along (AL Forbin).............................230
- Ressources du Sahara (R. Le Conte)...................254
- Congo : de Banane à Matadi (Dr X. Augé)..............273
- Franz Schrader (E.-A. Martel)........................... 34
- VI. — HYGIÈNE. — MÉDECINE.
- Vacances et cure de sports (Dr M. Boigey)'.......... 1
- Le mal des montagnes (H. Vigneron)..................... 77
- Salubrité des villes de moyenne importance (M. Bousquet)................. . .............................. 81
- A pioposde la lièvre aphteuse (D‘ P.-E. M.).........229
- Le laboratoire Payeur de Kmdia (Dr A. Calmktte) . . 257
- L’Institut Rôdd'eller de Pékin (E. L.)..............298
- Incinération ues ordures ménagères (M. Bousquet) . . 544
- Nerfs excitateurs, nerfs modérateurs et i’équilibre de
- l’organisme (Dr P.-E. Moriiardt)...................364
- Suppuration urinaire non microbienne ..... 46
- J-us de viande dans le traitement de la tuberculose. 78
- - Nature des hémolysines hétérologues................. . 142
- Toxicité des sels de cuivre........................... 142
- Propriétés antiseptiques du houblon ....... 236
- Pasteurisation du lait............................... 256
- Comportement glandulaire du chordome...................285
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- LA NATURE Ï
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- La reproduction des illustrations de “ La Nature ” est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2622.
- 5 Juillet 1924.
- INFORMATIONS
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- Supplément.
- Un nouvel alliage magnétique, « Le Permalloy », révolutionne l’industrie des câbles sous-marins. — Le débit d’un câble sous-marin en signaux télégraphiques est limité par un phénomène bien connu, dû à la capacité électrique du câble. Celui-ci, de par sa construction même, forme un véritable condensateur; lorsqu’on émet un signal électrique, une partie du courant est employée à charger le condensateur qui se décharge ensuite, lorsque cesse l’émission de courant; le signal n’est donc perceptible dans l’appareil récepteur placé à l’autre extrémité du câble qu’un certain temps après l’émission du courant, et il continue à l’être un certain temps encore après que l’on a cessé l’émission au poste transmetteur. Il en résulte que le signal est complètement déformé et le temps nécessaire pour qu’il puisse influencer l’appa-reil récepteur se trouve notablement augmenté et cela d’autant plus que la ligne est plus longue.
- On connaît un moyen de réduire cet inconvénient, dû à la capacité du câble ; les travaux théoriques du Français Vaschy, de l’Anglais Heaviside ont montré que l’on pouvait corriger l’effet de capacité en introduisant, par un moyen quelconque, de la self-induction dans le câble. Cette idée théorique a été mise en pratique par Pupin pour les câbles aériens, et c’est à elle que l’on doit les lignes téléphoniques à très grande portée réalisées depuis longtemps aux Etats-Unis.
- Le procédé Pupin consiste à insérer de place en place, sur le câble ou sur la ligne, des bobines de self convenablement calculées. Le champ magnétique créé par le passage du courant dans la ligne contrebalance les effets du champ électrique dus à la capacité.
- Mais le procédé Pupin, pour beaucoup de raisons, est inapplicable dans le cas des câbles sous-marins; tout d’abord l’insertion de bobines de place en place créerait des discontinuités, qui rendraient la pose du câble fort difficile et nuiraient à sa solidité. Il est vrai qu'un autre procédé, inspiré de la même idée, le procédé Krarup, évite ce défaut; il consiste à disposer d’une façon continue, le long du câble, un enroulement inducteur fait de bandelettes de fer. Le système Krarup a été employé pour des câbles de faible longueur. Il est inapplicable pour des câbles de grande longueur parce que le champ magnétique ainsi créé est alors insuffisant et que pour obtenir un résultat effectif on serait amené à donner au câble un poids prohibitif.
- Mais voici que la découverte d’un nouvel alliage magnétique réalisée après plusieurs années de recherches, par la société américaine Western Electric C°, rend possible l’application du système Krarup aux câbles les plus longs. On se rendra compte immédiatement de la portée économique de cette découverte, lorsque l’on saura qu’elle permet de quadrupler la capacité de trafic de tout câble existant, et qu’elle permet aussi d’envisager la construction de câbles beaucoup plus longs que tous ceux qui ont été posés jusqu’ici.
- On sait qu’une concurrence très vive s’est créée entre les câbles sous-marins et les postes radioélectriques. Devant les immenses progrès réalisés par la T. S. F., en si peu d’années, certains esprits un peu prompts avaient cru pouvoir conclure à la disparition, à brève échéance, du câble sous-marin. Mais de même que l’électricité n’a pas encore supplanté le gaz, de même la T. S. F. n’a pas encore affirmé sa victoire décisive. La technique des câbles a tiré parti, dès l’origine, des méthodes et des appareils mêmes qui ont permis à la T. S. F. d’étendre son domaine : courant porteur alternatif et amplificateurs à lampes. Le nouveau progrès qu elle vient de réaliser semble lui assurer, pour un temps, une supériorité certaine.
- Le Permalloy est un alliage fer-nickel (environ 78,5
- pour 100 de nickel, 21,5 pour 100 de fer); c’est un nouvel individu qui se révèle dans cette remarquable famille, née des travaux de Ch -Ed. Guillaume et qui comprend déjà, notamment, les célèbres aciers Invar et Elinvar. La caractéristique essentielle du Permalloy est sa très grande perméabilité magnétique pour les champs magnétiques très faibles. Un courant électrique de très faible intensité créera, dans le Permalloy, un champ magnétique très intense. Jusqu’ici la perméabilité magnétique, privilège du fer et de ses alliages, atteignait son maximum dans le fer doux; il en est encore ainsi pour les champs électriques intenses ; mais pour les champs très faibles, comme ceux qui sont créés par le faible courant d’un câble sous-marin, le Permalloy possède une perméabilité qui est plus de 3o fois supérieure à celle du fer doux le plus pur. L’hystérésis de cet alliage est également beaucoup plus faible que celle du fer doux. Ajoutons que sa préparation exige une série de traitements thermiques à haute température, fort délicats.
- L’application du Permalloy sur un câble sous-marin ressemble beaucoup, à première vue, à celle du système Krarup. Le Permalloy est entouré en fines bandelettes autour du fil de cuivre qui forme l’âme conductrice du câble ; cet enroulement est placé sous la couche de gutta-percha qui isole l’âme de son armature. Les bandelettes n’ont qu’une très faible épaisseur (t/240 de millimètre), elles augmentent néanmoins, aux endroits où elles sont placées, plus de 2000 fois la force du champ magnétique. Une couche équivalente de fer ne produirait pas le dixième de cet effet, et d’autre part provoquerait des pertes qui produiraient un déficit plus grand que le bénéfice.
- La première installation pratique d’un câble chargé au Permalloy a été réalisée, avec l’aide de spécialistes de la Western, par la « Telegraph Construction et Maintenance C“ » de Londres. Il s’agissait d’un câble d’essai de 120 milles, à mouiller à grande profondeur, le long d’une des îles Bermudes. Le 14 septembre 1928, le navire câblier Lord Kelvin quittait Londres, portant à bord les 120 milles de câble au Permalloy. Le i3 octobre, la pose était achevée. Des essais qui durèrent plusieurs semaines, démontrèrent que ce câble remplissait tous les espoirs que l’on avait fondés sur lui. Aussitôt, l’ordre était donné de mettre en construction un câble au Permalloy, long de 23oo milles, et destiné à relier la station de Hammels, près de New-York à la station de Fayal, dans l’archipel des Açores.
- Dès maintenant on envisage la pose de nouveaux câbles de ce type à travers le Pacifique.
- Ajoutons, pour terminer, que si l’emploi dans les câbles sous-marins est pour l’instant la plus importante application du Permalloy, cet alliage paraît destiné à trouver bien d’autres débouchés dans toute la technique électrique des courants faibles.
- Le revêtement des routes par projection de bitume à froid. — Le problème de la route, depuis la multiplication des automobiles, est devenu en France fort angoissant; la plupart de nos routes sont macadamisées; dans les régions de grande circulation, elles se détériorent avec une rapidité déconcertante. Cette situation menace de paralyser l’essor du tourisme et de l’automobilisme en général. Il est indispensable de trouver rapidement un remède efficace ; il ne saurait être question de transformer à brève échéance toutes les routes de France en routes pavées ou bétonnées; il faut donc trouver un moyen d’empêcher la désagrégation du macadam; on l’a cherché dans l’emploi d’agglomérants plastiques dont on revêt la chaussée et qui absorbent sans se rompre les actions destructives du trafic. Dans
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- INFORMATIONS
- de ordre d'idées, le goudronnage des routes a rendu déjà de grands services; mais c’est un moyen imparfait : les goudrons à l’usage deviennent cassants, ils perdent leur plasticité, leurs poussières sont nuisibles aux arbres; le bitume, obtenu par distillation du pétrole ou des huiles asphaltiques, constitue un agglomérant de bien meilleure qualité, et depuis longtemps on l’utilise avec succès dans les rues des grandes cités. Mais son mode d’emploi en rend l’usage bien difficile sur les routes : il faut en effet chauffer le produit et le rendre fluide avant sa mise en œuvre; les matériaux d’empierrement doivent eux-mêmes être chauffés, sinon leur introduction dans le bitume refroidirait celui-ci et gênerait sa mise en œuvre. Ces exigences conduisent à l'emploi d’un matériel compliqué, délicat, coûteux et à un prix de revient fort élevé.
- Mais il existe un procédé différent de mise en œuvre du bitume qui évite ces inconvénients; c’est le procédé connu et largement appliqué en Angleterre sous le nom de Cold spray. M. Mathieu, à la Société des ingénieurs civils, a récemment expliqué en détail son fonctionnement et ses avantages.
- Pour donner au bitume la fluidité qui lui permettra d’enrober complètement les matériaux à agglomérer, on substitue à l’action de la chaleur l’intervention d’une émulsion aqueuse qui, maintenant en suspension des particules de bitume extrêmement petites, permet à celles-ci de couler par simple épandage à froid dans tous les interstices des matériaux constituant la route et de s’agglomérer avec eux dès que l’émulsion est rompue et l’eau évaporée. On sait aujourd’hui fabriquer de telles émulsions, riches en bitume absolument pur, stables et de prix abordable. On y parvient grâce à l’addition de produits chimiques convenables et à un traitement thermique et mécanique spécial sur lequel, du reste, M. Mathieu ne donne pas de précisions.
- Le Cold spray laisse sur la route, après rupture de l’émulsion qui se produit en quelques heures après épandage, du bitume absolument pur; le revêtement ainsi obtenu dure beaucoup plus longtemps et est d’un .entretien beaucoup plus facile que les goudronnages.
- On peut l’employer de diverses façons : comme revêtement en surface, par épandage sur une chaussée terminée sur laquelle il forme une sorte de tapis protecteur, ou bien comme agglomérant entre les pierres dans la masse même de l’empierrement au moyen d’un épandage sur empierrement à l’eau cylindré, c’est le procédé par pénétration ; on peut enfin s’en servir comme un liant ordinaire à la façon du mortier dans le béton. C’est le procédé par mélange.
- Des essais satisfaisants ont été effectués dans plusieurs départements, et suivant M. Mathieu on peut en conclure que le bitume émulsionné, épandu à froid, est appelé à devenir le véritable produit d’avenir de la route, celui qui permettra d’assurer rapidement, facilement et à bon marché, la réfection et l’entretien de notre réseau routier. Une première usine de fabrication est actuellement en construction à Rouen pour produire ce bitume à l’allure de 5o tonnes par jour environ.
- La sériciculture à Madagascar. — D’après une communication faite au Comité Agricole de l’Union coloniale française, par M. E. Prudhomme, la situation de la sériciculture et de l’industrie de la soie, à Madagascar, estla suivante :
- Le principal centre de production est la région de Tananarive, qui a produit, en i ga3, 5o tonnes de soie naturelle. La station de Mahaninana estle noyau de l’organisation réalisée. Cette station fournit aux indigènes les graines de ver à soie. Ces graines sont sélectionnées très soigneusement. Les agents de la Station séricicole visitent les villages, surveillent les éducations et donnent les conseils utiles. *
- Un autre centre séricicole est en voie d’organisation dans la région d’Antsirabé ; d’autres seront créés, notamment aux environs du lac Alaotra, dès que la colonisation y sera suffisamment développée.
- Dans certaines forêts de Madagascar on récolte une autre soie grège produite par le landibé. En 1923, la production de cette soie grège a été de 60 à 100 tonnes. H. B.
- Conservation frigorifique des papillons. — Le
- Bulletin des Renseignements frigorifiques de l’Institut international du Froid signale, d’après Ice and Cold
- Storage, une intéressante expérience actuellement en cours au « Zoo », jardin zoologique de Londres. On y a placé « sur glace » près de 1000 papillons qui seront décongelés périodiquement pour être exposés publiquement. Lorsque les papillons ou les insectes sont laissés au dehors, il est le plus souvent difficile de réaliser les conditions favorables pour leur hibernation. On espère au contraire, en les sortant du frigorifique et les plaçant dans des cages contenant des fleurs arrosées de miel et bien éclairées, pouvoir exposer d’une manière continue des papillons bien en vie aux yeux des visiteurs.
- Un beau spécimen de Polyporus squamosus. — Le Polyporus squamosus ou Polypore écailleux, assez com-
- mun en été et en automne, pousse sur les vieux troncs de Frêne, d’Erable, de Saule, de Marronnier et surtout sur le Noyer et l’Orme. On l’appelle vulgairement Oreille de Noyer, Oreille d’Orme, Oreille de Malchus, et dans le Midi Gamparol d’Oulmé, Langon, Miclin. Il a un chapeau charnu, blanchâtre ou jaune roussàtre, parsemé de nombreuses écailles pileuses, triangulaires, brunes ou fauves. Ses pores sont.blancs puis jaunâtres; petits d’abord, ils deviennent amples et anguleux. Le pied court, épais, est ochracé, réticulé en haut et noi-
- râtre à la base. La'chair est blanche, compacte, un peu coriace, d’une odeur pénétrante et de saveur agréable.
- Gillet, dans son volume sur les Hyménomycètes de France (Alençon, 1874), le donne comme alimentaire quand il est jeune. D’après M. Costantin (Atlas des champignons comestibles et vénéneux) il n’est pas. comestible. D’autres auteurs déclarent que ses propriétés alimentaires sont inconnues.
- Ce Polypore mesure ordinairement de 20 à 40 cm de diamèti'e. Le spécimen dont nous donnons la photographie a été récolté par un élève du Petit séminaire de Versailles dans le courant du mois de mai, au bois Saint-Martin, entre Versailles et Bue. C’est un des plus beaux types de l’espèce, car il mesure 5i cm de diamètre et environ 1 m. 60 de circonférence. Son pied se ramifie pour donner naissance à un deuxième chapeau de taille plus modeste. Le poids de ce double champignon est de 4 kg i5o,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Nouveau modèle d’antenne intérieure. — Lorsqu’on établit une antenne intérieure, on doit toujours
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- i — Antenne ruban en cuivre.
- utiliser un conducteur bien isolé, de faible résistance pour les courants de haute fréquence. Au lieu d'em-
- Fig. 2 — Support isolant.
- ployer du fil métallique de gros diamètre ou du câble à brins isolés, on peut utiliser avec succès du ruban de cuivre même de grande surface. Ce conducteur dit « Rubantenne » (fig. i) peut être simplement disposé dans un appartement à une distance suffisante des murs au moyen d’isolateurs du modèle indiqué par les figures 2 et 3.
- Constructeur : International Radio, 40, rue Laffitte, Paris.'
- 3 — Disposition du support isolant.
- Nouveau type de variomètre. — L’usage des variomètres se répand de plus en plus en France pour la réception des ondes courtes; dans les dispositifs d’accord, dans les montages à résonance, pour obtenir des effets de réaction électromagnétique, ces petits accessoires se montrent, en effet, très précieux et ils permettent d’éviter l'emploi de toute capacité variable.
- Les formes de variomètres sont extrêmement nombreuses, voici un type original fabriqué en Amérique. Le rotor (partie mobile) et le stator (partiefixe)sont tous deux sphériques, et ils sont bobinés, non sur une carcasse ordinaire massive, mais sur un léger mandrin à claire-voie pour diminuer les pertes par hystérésis diélectrique.
- Le bobinage est d’ailleurs en fond de panier pour restreindre encore la capacité répartie et permettre un couplage énergique entre les deux enroulements
- (fig- 4)-
- Constructeur : American Radio and Research Corporation représenté par International Radio, 4o, rue Laffitte, Paris.
- Fie
- Nouveau type de variomètre.
- Pile à oxyde de cuivre régénérabîe. — L’emploi de lampes à faible consommation et d’un bon rendement attire de plus en plus l’attention sur la question des piles de chauffage. Parmi les modèles que nous avons décrits, la pile à oxyde de cuivre est une des plus puissantes et des plus constantes, mais son prix d’entretien est assez élevé; ce nouveau modèle permet, d’apiès son constructeur, d’abaisser dans de grandes proportions le coût de la recharge.
- Dans une dissolution de soude dans l’eau sont immergées une électrode en oxyde de cuivre formant le pôle positif et une électrode en zinc, formant le pôle négatif de l’élément : pendant le fonctionnement de la pile, l’oxyde de cuivre est réduit eu cuivre métallique (fig. 5).
- La force électromotrice de l’élément est de 0,9 volt, il est donc nécessaire d’employer 6 éléments en série pour l’alimentation des filament s d’audions ordinaires. Le modèle moyen a d’ailleurs une capacité de 200 AH.
- La particularité intéressante du système est la régénération possible de l’électrode positive. Lorsque la pile est épuisée, on retire l’aggloméré dépolarisant de son support (cet aggloméré est d’ailleurs transformé en cuivre rouge) et on l’introduit à plat dans un four quelconque, dont on referme la porte. Au bout de 7 à 8 heures, d’après le constructeur, à la température de ia.5° à i5o°, le cuivre poreux a fixé tout l’oxygène atmosphérique auquel il est susceptible de so combiner, et s’est de nouveau transformé en oxyde de cuivre noir, reconstituant le dépolarisant primitif.
- Constructeur : Maison Wilef, 5, rue du Pré-aux-Clercs, Paris, 7e.
- Nouveau dispositif simple permettant d’alimenter les postes de T. S. F. au moyen du courant alternatif d’un secteur. — Nous décrirons prochainement les divers dispositifs proposés pour l’alimentation des filaments des audions au moyen du courant alternatif d’un secteur.
- Le petit accessoire inventé par M. Jean Pracbe a l’avantage d’être fort simple et de permettre la transformation immédiate d’un poste récepteur quelconque sans aucune modification du montage de l’amplificateur.
- Il se compose simplement d’une petite plaquette en ébonite portant d’un côté les quatre douilles ordinaires pour broches de lampes, de l'autre deux broches correspondant à la grille et à la plaque de l’audion et deux écrans de connexion correspondant aux extrémités du filament. Ces plaqueltps se placent entre l’audion lui-inème et les douilles de l'amplificateur qui étaient des-
- Fig. f>. — Pile à oxyde de cuivre régénérabîe.
- POSTE-RÉCEPTEUR
- FERRIX
- oV 7V
- Fig. 6. — Alimentation totale par alternatif.
- linées à recevoir directement les broches de la lampe.
- On comprend que seules la grille et la plaque des audions sont réunies aux connexions intérieures de l’amplificateur, et, qu’en somme, le circuit de chauffage des filaments a été ainsi rendu tout à fait indépendant.
- Ceci posé, on emploie pour le chauffage un transformateur à prise équipotentielle donnant une tension de 4 volts et, afin d’assurer aux grilles des lampes un potentiel soit positif, soit négatif, on emploie deux petites piles de 4 volts pour lampes de poche montées
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- en série; le pôle positiE de l'une sera réunie à l’ancienne borne -)- 4 volts de l’amplicateur, le pôle négatif de l’autre à l’ancienne borne — 4 volts de l’amplificateur. Enfin, le point commun avec la batterie de piles de 80 volts employée pour la tension de plaque sera le point de jonction avec la prise équipotentielle, comme le montre la figure 6.
- Ce montage permet, le plus souvent, d’éliminer à peu près le ronflement désagréable caractéristique;
- Lampe défective restant alimenté? par l'accumulateur
- FERRIX
- POSTE-RECEPTEUR
- vers 80 v-
- Fig- 7- — Alimentation mixte par accumulateur et alternatif.
- mais il a également l’avantage de pouvoir permettre l’alimentatiou mixte par accumulateur ou par courant direct, comme l’indique la figure 7 ; on peut ainsi, s’il y a lieu, alimenter le filament de la lampe détectrice au moyen d’un accumulateur séparé. En somme, il est possible de réaliser un grand nombre de combinaisons; elles permettent d’adapter chaque poste et de mettre au point cette transformation.
- Constructeur : M. Jean Prache, 169, boulevard Pe-reire, Paris, 17°.
- Automobilisme
- Les avertisseurs Sparton. — Quoique n’étant qu’un accessoire, l’avertisseur joue un grand rôle sur la voiture. C’est en effet à lui qu’automobilistes et piétons doivent leur sécurité. Il faut donc qu’un avertisseur soit sûr, puissant, sans être une gêne pour le public.
- Le Sparton *est un appareil producteur de son, comprenant une roue àrochet mue par un moteur électrique et venant attaquer un pointeau rivé au centre d’un diaphragme vibrant. Tous ces organes sont exécutés en aciers spéciaux : le diaphragme en acier chrome-vanadium, les pièces mécaniques en acier trempé et rectifié.
- La coupe ci-contre montre l’anatomie de l’appareil. La pièce principale, formant bâti, présente la forme
- d’une cuvette. Sur le pourtour de cette cuvette règne une portée recevant le diaphragme, tandis que le fond est perforé pour laisser passer l'axe de la roue à rochet. Un étrier, fixé par *a éci’ous sur le fond de la cuvette, forme à la fois le bâti et l’armature du moteur. Une fois enlevé le capot en forme de cloche que, seule la vis F tient en place, toutes les parties du moteur sont accessibles. Le réglage s’opère en agissant sur la tension du ressort qui applique la roue à rochets sur le pointeur, au moyen d’une vis G, accessible de l’extérieur.
- Moyennant la précaution élémentaire d’un nettoyage mensuel, le Sparton peut durer aussi longtemps que l’automobile sur laquelle il est posé.
- Il s’exécute en quatre modèles, dont deux avec pavillon ovale'pour montage extérieur, et deux avec pavillon droit pour montage sous le capot. Il est également apte aux services de ville et de grand tourisme.
- Sparks Withington Company, 18, rue de Tilsitt, Paris.
- Fig. 8. — Coupe de l’avertisseur Sparton.
- F, vis de fixation du capot; C, vis de réglage.
- Mécanique
- La pompe à vis S. À. M. — La pompe S. A. M. est une pompe rotative à vis.
- Les pompes rotatives se substituent de plus en plus aux pompes à pistons à cause de leur faible encombrement et de la facilité de les accoupler directement à des moteurs électriques.
- Il faut néanmoins que leurs qualités se conservent à l’usage, et, par suite, que l’usure se rattrape automatiquement.
- L’idée de l’application de la vis à l’élévation des liquides est fort ancienne puisqu’elle remonte à Archimède.
- Dans cette catégorie de pompes, la partie essentielle est toujours une vis tournant dans un cylindre. Le fluide à pomper forme l’écrou.
- Pour qu’il y ait déplacement de l’écrou suivant l’axe de la vis, pour que l’écrou se visse, il faut que cet écrou ne participe pas au mouvement de rotation de la vis.
- Divers systèmes ont été employés avec succès : la pesanteur dans la vis d’Archimède, et, dans les pompes, une étoile ou une roue dentée engrenant sur la vis. Dans ce dernier cas, une branche de l’étoile ou une dent de la roue obturent constamment l’espace compris entre deux filets et empêchent donc le fluide de tourner.
- Dans ces appareils, il y a des pièces métalliques en frottement, donc une usure plus ou moins rapide. Dès
- Fig. 9. — Coupe schématique de la pompe S. À. M.
- qu’il y a usure, la branche de l’étoile ou la dent de la roue ne portent plus exactement sur la vis. Il y a des fuites et les pompes aspirent mal.
- Les qualités de la pompe dépendent donc de la durée de service.
- La pompe S. A. M. est constituée par un corps cylindrique (Ai muni de brides d’aspiration (E) et de refoulement (F) dans lequel tourne un tambour (B). Ce tambour est tangent au corps cylindrique. 11 est constitué par une série de galettes creusées chacune de deux rainures droites diamétralement opposées. Dans ces rainures se logent de petits palets dont l’ensemble constitue les filets (C) de la vis.
- Grâce à cette disposition, les filets sont constamment appliqués sur le corps cylindrique par la force centrifuge, mais peuvent s’effacer dans le tambour lorsqu’ils approchent du point de tangence.
- Gomme le tambour (B) est tangent au corps (A), le fluide qui constitue l’écrou ne peut pas participer au mouvement de rotation de la vis. 11 se déplace donc longitudinalement, il est pompé.
- Les qualités de la pompe ne varient pas à l’usage. En effet, les seules pièces susceptibles d’usure sont les petits palets qui constituent les filets de la vis, qui ont peu de valeur et peuvent se changer instantanément. Ils sont constamment appliqués sur le corps, même s’ils venaient à s’user.
- Pratiquement ces pompes s’amorcent aisément à neuf mètres, leur débit reste exactement proportionnel à la vitesse du moteur, ce qui prouve leur parfaite étanchéité. Comme il n’y a aucun brassage et que le débit est rigoureusement régulier, elles sont particu lièrement indiquées pour les liquides délicats.
- En vente chez Kirby-Smith et Gie, 73, rue Laugier, Paris.
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- VARIETES
- PRODUCTION ET UTILISATION DES AUBERGINES
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- L’aubergine (Solarium Melongena, L. Solanacées) est peut-être de nos fruits-légumes celui qui possède le plus de synonymes. Le plus répandu, qui pendant longtemps la désigna seule, est Mélongène ; aussi, parmi les autres me contenterai-je de ne citer que : Albergine, Mérangène, Mélanzane, Plante à œufs, Yérangène, Vié-daze, etc. Mais comme son histoire est peu connue du grand public, on me pardonnera si, avant d’indiquer la production et l’utilisation, j’accorde quelques lignes à son étymologie et au jugement sévère, aujourd’hui cassé, porté sur elle au début de sa carrière horticole et culinaire. L’intérêt de cette digression en revient à mon érudit ami, M. Gibault, dont la savante Histoire des Légumes m a fourni les éléments.
- Etymologie et Historique. — L’aubergine est d’origine indienne et possède plusieurs noms sanscrits. Les médecins arabes, Avicenne au viic siècle, Rhazès au ix°, emploient pour désigner la plante les mots Badingan, Badenjan. Il paraît admis que notre mot, aubergine, aurait été formé par l’intermédiaire, à la suite de changements phonétiques,, de l’espagnol alberengena, de l’arabe albadinjan. Quant au synonyme Mélongène, on l’a fait dériver, à tort, paraît-il, de Mala insana, pomme malsaine, par l’intermédiaire de l’italien Melan-zana.
- Ce nom lui aurait été donné par les savants au xv° siècle, parce qu’on attribuait à l’aubergine les propriétés en général nocives des plantes de la famille des Solanées. Au xjii" siècle, le moine Albert le Grand, et le médecin Arnauld de Villeneuve l’appelaient déjà Melangena. Le Jardin de Santé et le Grant Herbier, encyclopédies médicales du xv° siècle, tenaient ce fruit <n réelle mésestime : « Melonges, ce sont fruitz d’une herbe ainsi appelée qui porte fruitz grands comme' poires. Ils valent plus pour mangier que comme médecine; toutefois ont qualité mauvaise. »
- Le flamand Dodoens dit que les herboristes plantent la Vérangère en leurs jardins : « les fruits apportent peu de nourriture au corps et sont même mauvais ».
- Pendant longtemps, on la cultiva par curiosité ou pour l'ornement, on lui donnait fréquemment, surtout en Italie et en Espagne, les noms de Pomme d'Or ou de Pomme d’Amour, bien qu’ils aient été attribués plutôt à la Tomate. Fuchs rapporte qu’on plantait les pommes d'Amours ès jardins, mais que, le plus souvent, on les tenait aux fenestres dedens des pois de terre.
- La vulgarisation de l’aubergine en Europe, au regard de son usage alimentaire, ne date guère que du milieu du xvi° siècle : on en consommait beaucoup en Italie et en Espagne. Sa culture pour cet emploi est ancienne en Provence et dans le Languedoc ; dans la région parisienne, elle date seulement du xixe siècle. On n’y en cultivait, en >749. que pour la curiosité, ce que prouve un catalogue de la maison Andrieux-Vilmorin de 1760, qui classe l'aubergine parmi les plantes annuelles ornementales. Ce n’est qu’en 1809 qu’elle est signalée par le Bon Jardinier pour l’usage culinaire : « On les sert en entremets ; c’est un ragoût de fantaisie. Enfin, Decouflé, maraîcher primeuriste de la rue de la Santé, introduisit vers 1825, la vente de l’aubergine sur les marchés parisiens. — Les Halles de Paris pourraient donc fêter, l’an prochain, son centenaire.
- II. Production. —Principales régions. — L’aubergine est cultivée en grand surtout dans le Midi de la France, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, l’Ardèche, les vallées du Rhône et de la Garonne, les Pyrénées-Orientales ; elle l’est beaucoup également dans toute la banlieue parisienne.
- Principales variétés. — Parmi la douzaine de variétés potagères connues, les plus répandues, sont, dans la culture méridionale : Aubergine violette longue. Fruit en forme de massue, long de o m. i5 à o m. 20, parfois de o m. 3c>, sur o m. 08 de diamètre. Couleur violette très foncée; chair très ferme. Très productive, peut porter de 8 à 10 fruits.
- Aubergine violette ronde très grosse. — Fruit presque sphérique, d’un violet foncé vernissé; chair ferme; porte des fruits énormes atteignant parfois le poids de a kg. Bien moins cultivée.
- Aubergine rouge de Châteaurenard. — Fruit de gros-
- seur moyenne, très estimé à cause de la finesse de sa chair. Elle est recommandée par M. Zacharewicz pour le Midi.
- Pour le centre et le climat de Paris. — Aubergine violette longue hâtive. — Ressemble à l’aubergine violette longue, mais un peu moins longue, plus en forme de massue et d’un violet plus foncé.
- Aubergine naine très hâtive. -- Fruit ovoïde, long de o m. 08 à o m. 10, large de o m. o5 à o m. 06. Couleur violette presque noire ; chair fine. Très productive, peut porter jusqu’à 12 fruits sur le même pied.
- Ce classement n’a rien d’absolu, caries deux dernières variétés sont très répandues dans certaines régions du Midi.
- Je citerai pour mention les aubergines blanches potagères et la variété blanche ornementale (Solanum ovi-gerum) appelée encore « Plante aux œufs » dont le fruit blanc, rappelant un œuf de poule, entre parfois pour faire une surprise dans la composition des corbeilles de fruits variés.
- Modes et périodes de culture. — On cultive l’aubergine complètement sous châssis ou bien mi-partie sous châssis et mi-partie en plein air. J. Vercier indique, pour avoir des aubergines pendant six mois, de faire des semis sur couche et châssis pour les repiquages ultérieurs comme il convient : i* dès la fin de décembre pour récolter en fin avril ou au début de mai ; 2° fin décembre et fin janvier; 3° au ier mars, pour récolter de juillet au début de septembre; 4° vers le 20 mars, pour récolter en septembre et commencement d’octobre.
- Récoltes. — Les époques varient en raison des modes de culiure sous châssis ou en pleine terre. Sous châssis, on commence à récolter danà le courant du mois de mai et souvent vers la fin. L’aubergine se vendait comme primeur jusqu’à o fr. 75 pièce avant la guerre, en moyenne 3 francs la douzaine. An pleine terre, la récolte débute à la fin du mois de juin et, d’après M. Zacharewicz, le prix d’avant-guerre moyen était de 1 fr. 5o la douzaine durant les premiers jours de la récolte. Il estime que chaque plante peut rapporter durant sa production o fr. 75. Une plante donne en moyenne cinq douzaines d’aubergines au prix de o fr. i5 la douzaine. Les frais de récolte par hectare s’élevaient avant la guerre à a5o francs.
- Rendements. Sous châssis. — Suivant l’auteur précité, chaque plante peut produire 4 aubergines avant la récolte en plein air. Le rendement est évalué à 700 fr. par 100 m. de châssis, et comme les frais généraux par mètre de châssis s'élèvent à 2 fr., il reste donc un bénéfice de 5 fr. par mètre.
- En pleine terre. — Il estime que, dans le Vaucluse, le produit total par hectare est de gy5o francs, mais comme il faut en défalquer 2860 fr. pour frais généraux de culture, le rendement net est de 6890 fr. par hectare.
- III. Utilisation, — Vente. — Les aubergines sont abondantes sur les marchés de Chàteaurenard et de Ca-vaillon qui les expédient sur Paris, les villes du Nord, en Angleterre et en Belgique. Les statistiques agricoles officielles sont muettes à cet égard. Il ne faut envoyer à l’étranger, et notamment en Angleterre, que les grosses aubergines, les petites n’étant acceptées que difficilement.
- Le matériel d’emballage se compose de cageots, caisses ou paniers, mais une condition à remplir c’est, que le contenu soit de 18, 24, 3o ou 36 aubergines seulement. Il est utile, quand elles doivent subir un assez long transport, de les envelopper de papier ou, tout au moins, de les coucher sur un lit de frisons. Les aubergines arrivent aux Halles de Paris à l’état de primeurs fin mai ou au début de juin.
- Emplois culinaires. — On consomme beaucoup ce fruit-légumier dans le Midi de la France et dans les pays du littoral méditerranéen. On mange les aubergines cuites de différentes manières. Primitivement, on les accommodait à la manière des champignons avec huile, sel et poivre; puis on les servit en entremets dont on disait : « c’est un ragoût de fantaisie. » Depuis longtemps, on les emploie en friture, à la façon des pommes de terre, après les avoir découpées en longues tranches
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- VARIETES
- dépourvues de la peau, ou bien farcies. Les Anglais, qui en sont friands, ont imaginé une douzaine de façons de les accommoder qui paraissent très alléchantes.
- Il n’existe pas, que je sache, de conserves proprement dites d’aubergines; toutefois, les cultivateurs provençaux coupent les fruits en tranches qu’ils font sécher au soleil pour les utiliser plus tard comme des garnitures de ragoûts.
- Il est bon de se rappeler qu’il ne faut consommer ce fruit-légumier que lorsqu’il est mûr « à point », c’est-à-dire ni pas assez, ni trop, parce que sa chair est amère et désagréable. 11 faut surtout se garder de le manger à l’état cru, parce qu’il est âcre et souvent nocif, ce qui est dû, très probablement, à ce que, comme la majorité des Solanum, il renferme en cet état une certaine quantité de solanine. A. Tbuflue.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- LE CANCER EXPÉRIMENTAL
- Le cancer a été l’objet, au cours de ces dernières années, de recherches extrêmement nombreuses. Le fait que cette maladie augmente de fréquence dans tous les pays civilisés frappe l’imagination et suscite des chercheurs qui ne reculent devant aucune difficulté. Des Instituts richement dotés consacrés spécialement à l’étude des tumeurs malignes se multiplient dans tous les pays. Quels sont donc les résultats théoriques ou pratiques donnés par cet effort considérable ?
- C’est surtout le cancer artificiellement provoqué chez les animaux par la greffe ou par une irritation longtemps continuée qui a fait l’objet des recherches les plus intéressantes. Ce dernier type de cancer était, d'ailleurs, connu depuis longtemps. On savait par exemple que dans le Kashmir les habitants pauvres portent, suspendu à la hauteur du ventre, un kangri, vase de faïence de 12 à i5 cm de diamètre, entouré d’une garniture d’osier et qui n’est autre chose qu’une chaufferette fonctionnant au charbon de bois. Cet appareil de chauffage, soit par les gaz de combustion qu’il émet au contact de la peau, soit par les brûlures répétées qu’il provoque, fiait par rendre la peau du ventre malade et détermine enfin l’apparition d’un cancer qui tue en une quinzaine de mois. Avec sa localisation singulière, ce type de cancer ne s’observe nulle part ailleurs que dans les régions où le kangri est en usage. Dans la même catégorie de cancer par irritations répétées rentre le cancer dit des ramoneurs vraisemblablement déterminé par la suie qui séjouine dans les plis de la peau.
- On connaît encore le cancer des rayons X, etc., qui a déjà fait pas mal de victimes parmi les médecins ou les radiothérapeutes.
- Mais ces cancers n’ont pas, pour l’étude expérimentale, l’intérêt que présente le cancer provoqué par des badigeonnages de goudron. En igr4» deux savants japonais, Yamaghiwa et Itchikawa, ont réussi, par ce procédé, à déterminer chez de petits animaux tels que des lapins ou des souris l’apparition du cancer. Cette méthode s’est montrée être de beaucoup la plus précieuse de toutes celles qu’on avait utilisées jusqu’ici.
- Une autre série de recherches qui a eu un grand retentissement a été faite par un savant danois, Febiger, qui arrive à provoquer un cancer de l’intestin en alimentant des surmulots avec des blattes ou te cafards » infectés par un parasite, le Spiroptera neoplastica. Ces parasites, qui vivent chez les blattes sous forme de larves, passent à l’état adulte dans l’estomac du surmulot, pénètrent dans les parois de cet organe et y déterminent, assez fréquemment, par un phénomène d’irritation, un cancer véritable.
- Toutes ces découvertes, y compris celle des tumeurs transmises d’un animal à un autre animal par la greffe, et dont il sera question tout à l’heure, ont relégué au second plan les théories qui rencontraient passablement d’adhérents il y a un quart de siècle et d’après lesquelles le cancer était une maladie plus ou moins contagieuse. Aujourd’hui, on peut affirmer que le cancer n’est pas transmissible d’homme à homme dans les conditions ordinaires de la vie et que les prétendues « maisons à cancers » sont le résultat d’observations basées sur des statistiques insuffisantes.
- Aujourd hui, en effet, on considère, comme le remarque Rous.syf1), que le développement du cancer a de singulières analogies avec le phénomène de la fécondation. Dans l’un ou dans l’autre cas, il s’agit d’une cellule qui se met à pousser et à proliférer d’une manière indéfinie.
- i. Roussy. L’étude expérimentale du cancer. La Pi'esse Médicale, n° 20, 8, III, 1924*
- Ce passage de la vie latente à une vie active est déclenché par diverses actions physico-chimiques : dans les cancers par les radiations (rayons X, radium) et les irritants les plus variés (goudron, brûlures), dans la fécondation par le spermatozoïde qui, comme l’ont montré Loeb puis Delage, peut être remplacé plus ou moins complètement par des actions physiques ou même mécaniques banales telles que l’ébranlement.
- Mais ce n’est pas seulement des considérations théoriques, si intéressantes qu’elles soient, qu’on voudrait en ces matières. On aimerait que la découverte des cancers expérimentaux apportât aussi un moyen de se défendre contre la terrible maladie. Or, des travaux ont montré d’une façon évidente qu’il existe, même parmi les espèces les plus sensibles, des animaux réfractaires au cancer chez lesquels aucun irritant n’arrive à déclencher cette pullulation d’une cellule déterminée. Quels sont les caractères humoraux de ces individus si heureusement immunisés ? Sur ce point, nos connaissances sont encore réduites à peu de chose. On cherche, mais on n’a pas encore trouvé. Certaines cellules, telles que par exemple les lymphocytes, joueraient, d’après Murphy, un rôle considérable dans cette immunité. La rate intervient de même pour protéger contre le cancer. En tout cas, sa suppression rend les animaux beaucoup plus sensibles au cancer expérimental (Lewin).
- Enfin, et ce n’est pas peut-être là la moindre des découvertes faites par les laboratoires, il faut signaler les travaux de Ludwig qui travaille sous les auspices du savant pharmacologiste de Berne, le professeur Burgi. Ludwig f1) a ordonné ses très intéressantes expériences de la manière suivante : il prit un certain nombre de souris et leur inocula à toutes une tumeur cancéreuse d’une souche particulièrement agressive, qui prend plus de 90 fois sur 100. Il divisa, d’autre part, les souris en deux lots. A l’un, il administra un régime normal, agréable au goût et riche en vitamines. A l’autre, il fit prendre un mélange étudié de très près dont il avait préalablement prouvé qu’il était complètement dépourvu de vitamines
- Or, il se passa ceci, c’est que sur la série qui avait été nourrie normalement le cancer prit, conformément à la règle, plus de 90 fois sur 100. Au contraire, les petites bêtes qui avaient eu la chance d’être condamnées au régime détestable des aliments chimiquement purs et dépourvus de vitamines ne prirent pas une seule fois le cancer.
- On peut rapprocher des constatations de Ludwig qui, reconnaissons-le, ont encore besoin d’être confirmées sur une grande échelle, le fait bien établi que le cancer augmente rapidement dans tous les pays civilisés en même temps que le bien-être. Or, l’augmentation de bien-être est très probablement liée à un enrichissement de nos menus en vitamines. Les populations pauvres consommeut, en effet, peu de fruits et peu de légumes verts qui, de tous nos aliments sont les plus riches en vitamines.
- Néanmoins les études si admirables, poursuivies aujourd’hui sur le cancer, ne sont pas encore sorties du domaine expérimental. La chirurgie, même renforcée par l’action des rayons X ou du radium si efficace au moins contre certaines tumeurs favorablement placées, ne constitue guère qu’une méthode palliative. Quoi qu’il en soit, le cancer expérimental est bien l’outil dont nous avions besoin pour découvrir le moyen de guérir cette maladie et on peut espérer que, désormais, cette découverte ne se fera plus attendre très longtemps.
- Dr P.-E. Morha-rdt.
- 1. Ludwig. Ueber den Einfluss der Ernâhrung auf das ’Wachstum des Miiiisecarcinoms. Sckweiserische Med. Wochenschrift, n" 10, 6, 111, 1924.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. - L’a bondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Erratum. — A propos de la Cistude d’Europe (n° 2619), — Mme Feuillée-Billot nous signale plusieurs corrections à apporter au texte qui a paru. La plus importante concerne I’habitat de la Cistude. A la troisième ligne de la première colonne de la page 36g, au lieu de : « Elle habite les marais, etc ; « elle n’est pas rare non plus en Pologne (sic). » Il faut lire :
- En France, la Cistude habite les marais et les étangs du centre, du sud-ouest et du sud-est ; ceux en particulier de la Brenne et de la Sologne, des Charentes, de la Gironde, des Landes (environs de Dax), du Lot, du Lot-et-Garonne, du Tarn et-Garonne, de l’Hérault, du Gard, du Var, des Alpes-Maritimes. Elle habite encore d’autres départements sur la faune locale desquels les renseignements sérieux font défaut, ainsi qu'a eu l'obligeance de nous le dire M. le Dr J. Pellegrin, qui prépare un important travail sur les Reptiles de France.
- Page 372,. 20 colonne, 18* ligne. A propos de la « boite spéciale », ajouter : Dans un prochain article sur le Lézard vert, nous donnerons la description de la grande boîte d’éclosion pour Couleuvres, Lézards et Tortues.
- Page 373, fin de la i,e colonne. Avant l’alinéa se rapportant à la mue, lire :
- Quelques Cistudes n attendent pas le printemps pour s’accoupler et chez elles, comme chez plusieurs Ophidiens de nos régions, il y a parfois des cas d’accouplement automnal.
- Réponses. — M. Ch. G., Paris. — Nous ne connaissons pas d appareil satisfaisant du genre de ceux que vous demandez.
- M. de R. du Ckelas, Pans. — M. L. Poirel, 7, avenue Meunier, Moulins (Allier), nous informe que sa maison est spécialisée dans la vente des légumes desséchés et stérilisés : oignons desséchés, carottes, choux, etc.
- M. Degouys, à Elbeuf. — Nous n’avons pas eu l’occa-sion d’examiner les produits en question qui sont des spécialités commerciales et regrettons de ne pouvoir vous donner satisfaction.
- M. Pouly, à Lyon. — i° Le savon n’est pas indis pensable dans la composition à laquelle vous faites allu sion, vous pouvez le supprimer sans inconvénient e n’employer que le mélange benzine, tétrachlorure, i n y aura ainsi plus de cernes produits par le savon rési duel. / Le mieux serait de soumettre à l’analyse h composition que vous qualifiez de merveilleuse et qu vous donne satisfaclion ; nous pourrons, si vous le désirez, vous mettre en relation avec un laboratoire suscep tibîe d’effectuer ce travail qui coûterait environ un< centaine de francs.
- M\ le L!r Gari>an> à Vichy. — i° La formule suivant de pâtes d polycopier vous donnera très probablemen satisfaction :
- Gélatine blanche................. j0o gr.
- Sucre blanc......................... .....
- Eau distillée....................35o
- Glycérine pure à 3o° ...... 600 —
- Faire dissoudre au bain-marie le sucre dans l’eau ajouter la glycérine, puis plonger dans le mélange uni à une les feuilles de gélatine, la selution étant maintenue très chaude. Rendre bien homogène et couler dans des moules que l’on peut faire soi-même en carton fort On peut même plus simplement plonger dans le liquidi des^ feuüles^ de gros papier qu’on laisse égoutter, 01 obtient ainsi des feuilles doubles à polycopie que l’or jette après service. Quant à l’encre employée pour l’écri ture elle s’obtient avec :
- Violet de Paris.................. 2 gr-
- Alcool à 900............ 20 cm5
- Eau distillée ................. 80
- 20 La solution de glycérine savonneuse se prépare ainsi :
- Oléate de soude................... 20 gr.
- Eau de pluie. .................... 800 cm3
- 4 —
- 100 — 10 —
- 1
- On laisse digérer environ 24 heures en agitant fréquemment, puis on ajoute :
- Glycérine. . .'.................s5o cm3
- Alcali volatil................... IO gouttes.
- On mélange bien, laisse reposer, décante et conserve en flacons bouchés.
- X. Y., k Paris. — î° L’argenture des miroirs par le formol demande quelque pratique et l’acquisition de certains tours de main : vous avez très probablement manqué de patience, veuillez vous reporter à la note de M. Cotton que nous avons publiée dans les Recettes et Procédés utiles du n° 2612 du 26 avril 1924, page i33, vous y trouverez tous les détails du mode opératoire! Le procédé Martin, modifié par M. Mailhat, donne également de bons résultats. Voici comment il faut opérer : Préparer les solutions suivantes :
- A. Eau distillée...................IOO gr
- Nitrate d’argent cristallisé. ... 4 __
- Nitrate d’ammoniaque................. 6___.
- B. Eau distillée.............................
- Potasse pure....................... I0___.
- Sucre..........
- C. Eau distillée . .
- Sucre..........
- Acide tartrique.
- Faire bouillir cette dernière solution pendant dix minutes ; quand elle est refroidie, ajouter :
- Alcool à 4o°....................... xo cm3
- Eau distillée................... g0 ______
- Pour préparer le bain d’argenture, prendre :
- Solution A.........................400 cm3
- Solution B.................. 400 _________
- Solution C......................28o ______
- On mélange^ les solutions B et C, puis on verse ce mélange en même temps que A dans la cuvette destinée à l’argenture.^ Lorsqu’on juge le dépôt d’argent suffisant, on termine comme dans le procédé Lumière. 3° La formule qui suit vous donnera très probablement satisfaction pour peindre vos radiateurs :
- Blanc de zinc................ 30o gr.
- Sulfate de baryte. . . .... 3oo _______
- Silicate de soude à 4o° B. . , . 200___
- Eau ordinaire ......................2oo __
- Teinter si on le désire, mais avec une couleur minérale,_ par exemple vert Guignet, vert de Cassel et, si besoin est, une. pointe de noir de fumée.
- M. Plassard, à Paris. — S’il ne s’agit que de la porosité des briques, vous éviterez facilement la pénétration des pluies par un revêlement extérieur au ciment, mais dans le cas où cela tiendrait à l'absence de caves, veuillez vous reporter à notre réponse faite dans un précédent numéro à M. A. F., de Roye, sur l’asséche-ment des murs humides.
- > M. Lavanture, à Paris. — La cause de l'altération de Valuminium a été l’objet de controverses célèbres entre Ditte et Moissan, le premier disant que l’altération était due à des impuretés et le second que la formation d’alumine à la surface réalisait au contraire un protecteur efficace. Plus récemment, Richard Seligmann et Percy Williams ont montré que l’altération de l’aluminium en présence d’eau nécessitait l’intervention de l’oxygène de l’air. D’après M. Le Châtelier, il se produirait une dissolution du ciment intercristallin et les grains de métal se trouveraient libérés. Quoi qu’il en soit, on peut protéger l’aluminium en le mettant au contact d’un métal plus électropositif que lui, fer ou zinc, ou mieux encore avec un alliage contenant Al = 90, Sn = 10 ou Al = q5 Zn = 5. ’
- MM. Harlé et Bruneton, à Paris. — D’après Cerbelaud, vous obtiendrez une eau dentifrice analogue à celle du Dr Pierre en prenant :
- Essence de badiane Essence de girofle .
- Essence menthe Mitcham Essence de roses. . . .
- Benjoin pulvérisé . , .
- Cochenille pulvérisée .
- Santal rouge pulvérisé .
- Alcool à 8o° G. L. . .
- Laisser digérer huit jours en
- filtrer sur papier, mettre en flacons,
- 100 cm3 3 —
- 60 —
- 2 —
- 20 gr.
- 10 gr.
- 5o gr. g5oo cm3 agitant fréquemment.,
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Manuel des travaux de force, par le commandant Saint-Millot, i vol. gr. in-8 broché, io francs. Société d’Editions géographiques, maritimes et coloniales, 17, rue Jacob, Paris.
- En rédigeant cet ouvrage, le commandant Millot s’est avant tout proposé de rendre moins fréquents les accidents au cours des manœuvres de force.
- 11 a donc donné à ses explications une forme élémentaire, pour les rendre accessibles à tous les intéressés, mais sans abandonner au fond rien de ce qui, en théorie ou en pratique, est essentiel ou seulement utile. De nombreuses tables ramènent tous les calculs à des opérations arithmétiques simples.
- Pour tous les problèmes, le commandant Millot s’est placé dans les conditions mêmes de la pratique courante. Dans tous les cas, des types de calculs indiquent la marche à suivre pour déterminer le maximum d’effort auquel on doit s’attendre sur chaque partie de l’installation et pour évaluer le degré de sécurité sur lequel on peut compter.
- Artillerie de campagne, par le lieutenant-colonel Rfmailho. i vol. 5o6 p., 149 fig., 3 pl. hors texte. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1924- Prix : 55 francs.
- Le lieutenant-colonel Rimailho a brillamment participé à la création de notre célèbre canon de 75 ; on lui doit aussi le seul canon lourd de campagne à tir rapide dont nous disposions au début de la guerre ; entré, depuis quelques mois, dans l’industrie privée, quand éclatèrent les hostilités, il y trouva l’occasion de déployer sous toutes les formes ses talents de constructeur et d’intervenir dans l’étude de tous les matériels que les circonstances obligèrent d’improviser; l’auteur était donc plus qualifié que quiconque pour écrire un ouvrage sur l’artillerie de campagne et ses idées méritent l’attention non seulement des techniciens, mais de tous ceux qui s’intéressent à la défense nationale.
- L’auteur fait tout d’abord l’historique de notre matériel d’artillerie depuis 1870 jusqu’à 1914; on trouvera, dans cette partie de l’ouvrage la première narration complète de l’histoire du canon de 75 qui a donné lieu à tant de légendes ; on y verra comment, sous l’impulsion d’un chef averti, le général Mathieu, l’invention a pris naissance dans un milieu composé d'ingénieurs militaires d’une valeur exceptionnelle ; comment la première ébauche due au colonel Déport fut amenée à sa forme définitive par Sainte-Claire Deville et Rimailho, comment la fabrication industrielle en série put ensuite en être réalisée d’une faç m parfaite et dans le plus grand secret; comment aussi on réussit à donner le change à l’Allemagne qui, sur la foi d’expériences dont le secret fut volontairement mal gardé, s’empressa de construire un matériel de campagne, très inférieur au nôtre.
- Rien n’est plus instructif, à tous égards, que cette histoire; l’auteur montre aussi que l’enthousiasme avec lequel fut accueilli le 70 par nos artilleurs eut une conséquence fâcheuse : celle de jeter a priori le discrédit sur l’artillerie lourde de campagne et de nous mettre, à cet égard, dans une situation d’infériorité qui fut cruellement ^ressentie pendant toute la guerre. Notons encore que le livre du colonel Rimailho donne, pour la première fois, à notre connaissance, une description détaillée du célèbre frein hydropneumatique du 75.
- L’auteur décrit ensuite les divers matériels d’artillerie utilisés pendant la guerre, la plupart adaptations de matériels anciens ou d’études faites en temps de paix ; enfin, il consacre une large place à l’étude des matériels d’artillerie de l’avenir; il cherche à dégager les caractères du combat de la guerre future et il en déduit les caractéristiques des matériels divers qui seront nécessaires pour permettre à l’artillerie de jouer le rôle qui lui sera confié; il montre que la mobilité sera une qualité indispensable à tous les canons depuis les petits jusqu’aux gros Galibres, et il indique les solutions qui permettront de résoudre ce problème capital dans les différents cas. L’auteur est un partisan déterminé de l’artillerie automobile, sous ses diverses formes . artillerie portée, remorquée par tracteur et artillerie à chenille.
- Traité de stabilité du matériel des chemins de fer (Influence des divers éléments de la voie), par G. Marié. 1 vol. in-8 jésus, 5g2 p., 186 fig. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 199.4. Prix : 58 francs.
- C’est un vaste problème que celui dont l’auteur a entrepris, depuis de longues années, l’étude systématique, problème de mécanique pratique fort complexe dont la solution intéresse à la fois la sécurité et le confort des voyageurs, la vie du matériel, et la facilité de l’exploitation. L’auteur étudie d abord les oscillations dues aux dénivellations de la voie, aux joints des rails et montre qu’elles se combattent par la grande flexibilité des ressorts.
- II analyse ensuite les oscillations de roulis et de lacet dues aux courbes, il calcule les limites de vitesse qu’ils imposent à la locomotive dans les courbes, et en déduit qu’il faut aux locomotives des ressorts très flexibles à l’avant et à l’arrière, et peu flexibles aux roues motrices. Il étudie ensuite les oscillations de lacet dues au jeu des boudins dans la voie, les perturbations provoquées par l’action de pièces oscillantes et tournantes, et par le freinage, puis les effets d’inertie des roues, des essieux, les effets gyrosco-piques. Il indique les conditions du déraillement et. le profil des divers types de boudins des bandages. Il termine par l’étude du confort, notamment au moyen de ressorts apériodiques et par des applications diverses des formules établies au cours de l’ouvrage. Ce livre, qui contient l’exposé d’une grande somme de travaux personnels et originaux, apporte une importante contribution à la littérature technique des chemins de fer.
- Bas Pflanzenreich. Regni vegetahilis conspectus, par A. Engler. Yol. IV, fasc. 17. Euphorbiaceae. 1 vol. in-8, a31 pages. W. Engelmann, Leipzig. Prix : 1 i,(io marks or.
- 85e fascicule du magnifique et colossal traité de botanique d’Engler qui contient la description de toutes les plantes du monde.
- Die naiiirlichen Pflanzenfamilien, par A. Engi.fr et Prantl, 90 édition revue et augmentée, par A. Engler. vol. 10, Musci. 1 vol. in-8, 478 p., 420 fig. W. Engelmann. Leipzig. Prix : 3o marks or; relié : 36 marks or.
- Les familles naturelles des plantes, de Engler et Prantl, forment une encyclopédie de toutes les familles, de tous les genres et des principales espèces, notamment les plus utiles, rédigée par un groupe de botanistes qui ont réuni la plus complète documentation. Chaque groupe est étudié non seulement au point de vue de la classification et des caractères morphologiques externes, mais ses structures internes,
- v ses principaux caractères physiologiques, en ce qu’ils servent à ta systématique, sont également énumérés. Un grand nombre de figures, très exactement dessinées, complètent ces descriptions.
- La première édition fut jugée par les botanistes du monde entier comme une œuvre de premier ordre, comparable aux meilleurs ouvrages de classification, avec cet avantage d’être plus moderne et par conséquent plus complète.
- La nouvelle édition en 97 volumes, dont la publication commence aujourd hui, mise à jour et augmentée, deviendra certainement le livre de chevet de tous les botanistes. Son style clair, son illustration abondante facilitent les déterminations. Le volume X qui vient de paraître traite des Muscinées.Un premier chapitre rappelle leurs caractères généraux, les particularités de leiir développement et de leur structure anatomique, puis vient l’étude des différents groupes, carrect->ment classés, avec l’indication de la répartition géographique de chaque genre et de chaque espèce citée.
- Thérapeutique et voyage au long cours, par le Dr Adrien Loir, .1 broch. in-8,35 p. J .-B. Baillière et fils, Paris. Prix : 3 francs.
- L’auteur appelle l’attention des médecins sur la cure de repos par les voyages au long cours.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2623
- 12 Juillet 8924
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- La vérification de la théorie d’Einstein. — On sait R que la théorie d’Einstein conduit à cette conclusion que j les rayons lumineux, passant au voisinage d’une masse ' comme le Soleil, doivent être déviés ; la théorie aboutit
- J f'rj A
- à une formule simple : la déviation d = —— (r distance ;
- r '
- du rayon au centre du soleil en rayons solaires). D’où l’intérêt d’observations précises faites au cours des éclipses de soleil. Les premières mesures effectuées au cours de l’éclipse de 1919 ont abouti à une vérification en apparence parfaite de la formule ci-dessus. Cette vérification a réellement « lancé » la théorie de la relativité, et l’on sait le bruit qu’elle a provoqué dans le inonde savant et l’intérêt qu’elle a suscité dans le grand public. D’autres vérifications astronomiques et physiques ont été tentées ; mais elles paraissent beaucoup moins sûres. Toutefois, en analysant les observations de 1919 on s’est aperçu qu’elles ne permettaient pas, en raison de leur imprécision relative, d’affirmer que la loi d’Einstein était parfaitement vérifiée. De nouvelles observations ont été faites au cours de l’éclipse de Soleil de r 9xa ; on s’est efforcé d’éliminer ou de réduire les causes d’erreur qui pouvaient entacher les observations de 1919. La Nature a rendu compte (voy. n* 2583) des belles observations exécutées avec un soin extrême par les astronomes américains Campbell et Turner; cette fois également il a semblé légitime de conclure, tout d’abord, à une vérification satisfaisante de la loi d’Einstein.
- Cependant, M. Esclangon, de l’Observatoire de Strasbourg, après une critique serrée des observations de MM. Campbell et Turner, d’une part, de celles de M. Dodwell, en Australie, d’autre part, montre dans la revue VAstronomie qu’il est encore prématuré d’avancer une conclusion aussi catégorique.
- « Les observations faites jusqu’ici sont encore impuissantes à élucider la question posée; elles ne confirment ni n’infirment la loi d’Einstein. Elles ont mis effectivement en évidence une déviation jusqu’alors insoupçonnée. Mais elles pourraient être représentées tout aussi légitimement, sinon davantage, par des formules toutes différentes de celles auxquelles aboutit la théorie d’Einstein.
- « De nombreuses et nouvelles observations d’éclipses, venant s’ajouter à celles déjà acquises, paraissent nécessaires et désirables, dit M. Esclangon, pour traiter le problème sur des bases de plus en plus solides et sûres. »
- Inaudi et les machines à calculer. — Une séance originale et fort attrayante a eu lieu, le lundi 16 juin, à l’Hôtel des Ingénieurs Civils, sous la présidence de M. d’Ocagne, membre de l’Académie des Sciences, professeur à l’Ecole Polytechnique. Il s’agissait de mettre en évidence la puissance calculatrice du célèbre Inaudi sous le contrôle des machines à calculer. Inaudi est aujourd’hui âgé de 57 ans.
- M. Inaudi s’est prêté de fort bonne grâce à toutes les expériences. Il a enthousiasmé l’assistance par la virtuosité avec laquelle il résoud, pour ainsi dire instantanément, des problèmes arithmétiques dans le genre de ceux-ci : Quel jour de la semaine était le 16 juin 1862? Quels sont les trois nombres consécutifs dont la somme des carrés est 1 563 854? H exécute ce tour de force d’exécuter mentalement la soustraction de deux nombres de 21 chiffres chacun, sans les voir, ces nombres lui sont seulement énoncés ; il donne le résultat, soit en énonçant le nombre à la manière ordinaire, en commen-’ çant par les centaines de quintillions, soit en le dictant ^ l’envers, c’est-à-dire en commençant par les unités.
- La puissance calculatrice d’Inaudi est complétée par Une mémoire des chiffres absolument stupéfiante ; c’est ainsi qu’en fin de séance, il a répété de mémoire tous fes nombres sur lesquels il avait opéré dans le cours de fa soirée, et tous les résultats : ceci donne la mesure des capacités formidables de ce cerveau surhumain. Il ost également capable de trouver une racine carrée, cubique, et même d’un exposant supérieur, à condition ^Ue Je nombre proposé soit une puissance exacte.
- Pour les opérations arithmétiques courantes, il était curieux de comparer la vitesse d’Inaudi avec celle des machines à calculer. Là se trouvait, en effet, le seul point de comparaison possible, puisqu’au point de vue pratique de l’exécution des opérations commerciales, les ressources des machines à calculer présentent une variété telle qu’il ne peut être question de faire un rapprochement entre elles et la faculté calculatrice d’Inaudi. En particulier, en ce qui concerne l’exactitude des ré-j sultats, il a été intéressant de noter, au cours de la séance, que, pour les grandes opérations, M. Inaudi a, à 2 ou 3 reprises, annoncé des résultats inexacts; les opérateurs de machines ont immédiatement relevé ces erreurs.
- Là se trouve, en effet, une supériorité évidente de la machine sur l’homme ; « Errare humanum est... ».
- Pour les multiplications et divisions, la vitesse d’Inaudi arrive à se comparer à celle des machines à calculer, pour les petits nombres, jusqu’à des facteurs de 3 chiffres. La supériorité de la machine apparaît nettement dès que les facteurs de 4 chiffres entrent, en jeu.
- Naturellement, la machine finit toujours par l’emporter sur le cerveau humain, fût-ce celui d’Inaudi, et pour de grandes opérations, on sort complètement du domaine d’Inaudi pour entrer dans celui qui appartient exclusivement à la machine, une multiplication de 12 chiffres par 12 chiffres, par exemple, est exécutée parla machine en i5 ou 20 secondes, alors qu’Inaudi ne peut même pas songer à l’entreprendre.
- Les additions ont été laissées en dehors des expériences; il n’y a pas là, en effet, de terme de comparaison entre les machines et Inaudi, puisque pour les machines, le fait même de poser les termes les additionne au fur et à mesure, et ceci sans limite. De même pour les soustractions, puisqu’il suffit, pour ainsi dire, de poser les termes sur la machine pour obtenir le résultat.
- Le public a apprécié également les résultats vraiment remarquables obtenus dans cette branche de la mécanique qu’est la construction des machines à calculer, et tous les services que ces machines apportent dans la pratique des affaires. Dans son allocution présidentielle, M. d’Ocagne s’exprimait ainsi : « A mon humble avis, la machine à calculer devrait, dès maintenant, être aussi couramment utilisée que la machine à écrire; si elle n’a pas encore atteint à un emploi aussi général, cela tient sans doute à ce que le grand public n’est pas encore suffisamment averti de ses extraordinaires ressources ».
- Une observation de foudre en boule. — Les observations de foudre en boule sont assez rares et ce curieux phénomène, dont l’existence n’est plus contestée, reste fort mystérieux. Il est donc utile d’en voir les observations se multiplier. Un de nos lecteurs, M. Koechlin, de Bitschwiller (Haut-Rhin), nous en communique une dans l’intéressante lettre ci-dessous :
- « Le 21 mai dernier, je me trouvais dans mon jardin à Bitschwiller, vallée de la Thur, vers les 18 heures. Le temps était chaud et lourd. J’ai vu un nuage se former dans le ciel bleu au-dessus du village. Il a fini par couvrir la 8e partie environ de la surface du ciel visible entre les montagnes. Ce nuage était donc relativement petit et semblait peu menaçant. Cependant la pluie a commencé à tomber. Je suis alors rentré dans ma maison et me suis mis à une fenêtre, fixant le nuage. Un éclair blanc l’a sillonné se dirigeant vers le sol. L’éclair s’est épaissi, en ralentissant sa descente, est devenu jaune puis rouge feu. Il s’est épaissi et a ralenti sa descente de plus en plus. Il a fini par former une grosse boule de feu, laissant derrière elle une traînée d’étincelles rouges. La descente de la boule a continué très lente, et à 2 m. environ du sol, à 5o m. de ma fenêtre, la boule a éclaté subitement en produisant un coup de tonnerre sec et violent, sans laisser de traces. Dans l’espace des quelques minutes suivantes, la foudre est encore tombée 3 fois sur le village, sans causeç de dégâts. »
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- INFORMATIONS
- A propos des éclairs noirs. — L’article de M. Tou-chet sur ce sujet (voir n" -iG16) nous a valu une inté-
- Fig. i. — Essai d’un isolai.f-ur de la Société des chaudières électriques françaises. — Tension d’essai : oao ooo volts ; distance enti’e armatures : i m. 5o.
- (lissais effectués an hahui-atoii'c l’irclli, à Milan.)
- ressante communication de la Société des chaudières électriques françaises de Grenoble. Les photographies ci-jointes, prises an’ cours d’essais d’isolateurs élec-
- Fig. 2. — Essai d’un isolateur de la Société des Chaudières électriques Françaises. — Tension d’essai 3oo ooo volts.
- triques à haute tension/“montrent très nettement une série d’étincelles noires. On voit que le phénomène des éclairs noirs s’observe couramment aujourd’hui en laboratoire.
- L’autodrome de Miramas. — Nous avons déjà signalé la création prochaine d’autodromes dans la région parisienne. t)e tels établissements répondent à une nécessité évidente. Il est peu raisonnable aujourd’hui d’utiliser les routes pour les épreuves automobiles; de plus, dans un centre de construction automobile aussi important que Paris et sa banlieue, il est indispensable que les constructeurs disposent, pour l’essai de leurs voitures, de pistes spéciales et qu’ils ne soient pas contraints de se servir des routes déjà suffisamment encombrées et usées par le trafic normal. Mais la capitale a été devancée par la Provence; au mois de juillet prochain, on va inaugurer en effet à Miramas le premier autodrome de France. Il est organisé surtout pour permettre les épreuves de sport automobile; le Grand Prix de Provence (800 km) s’y disputera le i3 juillet pro-enain. L’autodrome occupe une superficie de 4°° hec-tares ; il est pourvu de tribunes pouvant recevoir 8000 spectateurs. La piste, de forme ovale, en béton de ciment de i5 cm d’épaisseur, a 5 km de tour et comprend deux lignes droites de 1000 m. de long et deux virages de i5oo m. de développement. Elle mesure 16 m. de large. Les virages sont peu relevés ; cette disposition a été prise à dessein pour assurer des courses absolument
- régulières, comme sur une route; toutes les voitures en effet peuvent aborder le virage à peu près à la même vitesse, qu’elles soient à l’intérieur ou à l’extérieur.
- Les engrais chimiques en France, — M. Eugène Roux, à VAcadémie d Agriculture, analysant les statistiques de VAnnuaire des engrais chimiques de MM. Lambert, met en relief les traits essentiels qui caractérisent acluellement la consommation et la production des engrais chimiques en France.
- Les engrais indispensables à l’agriculture se répartissent en trois catégories : phosphatés, potassiques, azotés. Pour les deux premières la France jouit aujourd’hui d’une situation privilégiée. Il n’en est pas encore de même pour les engrais azotés ; la production nationale est bien inférieure à la consommation.
- Mais c’est une situation qui tend à s’améliorer rapidement.
- Pour les phosphates, matière première des superphosphates, la production des exploitations françaises de l’Afrique du Nord était en igi3 de 2 45i 9g3 tonnes. Elle a été de 3481975 tonnes en 1923, chiffre d’autant plus remarquable que la consommation mondiale a diminué depuis 1913, passant de 6740226 tonnes à 5870872. Le fléchissement ainsi constaté porte sur les grands gisements américains dont la production a diminué de près de 5oo ooo tonnes depuis igi3. L’exploitation des gisements marocains qui n’est qu’à ses débuts contribuera à accentuer encore la supériorité de la production française.
- Quant aux gisements de la France continentale (gisements de la Somme notamment), ils ne représentent plus qu’un tonnage d’appoint qui serait insignifiant sans la découverte et la-mise en exploitation relativement récente des carrières de Sens.
- Ajoutons que si la production française des phosphates augmente, notre consommation progresse également. Nos usines ont atteint le chiffre de 2 millions de tonnes de superphosphates qui ont été presque entièrement consommés en France.
- La Frauce, depuis le retour de la Lorraine, est le plus important producleur du monde en scories de déphosphoration. Toutefois, la production a été naturellement paralysée parla destruction des usines de l’Est, puis par ia crise industrielle et la pénurie de charbon dont notre métallurgie a souffert depuis la fin de la guerre. La production des scories était de 617 3ao tonnes en 1913. Elle n’était plus que de 585 ooo tonnes en 1923. Mais c’est un chiffre qui sera considérablement augmenté dans l’avenir. L’Allemagne, qui produisait plus de 2 millions de tonnes en igi3,n’aproduit que 480000 tonnes en 1923. La production anglaise, par suite de modifications profondes dans l’industrie de l’acier, est descendue de 123 400 tonnes à 40000 tonnes.
- Avant la guerre, la France ne possédait pour ainsi dire aucune ressource en engrais potassiques. Avec l’Alsace, elle est entrée en possession d’un gisement très important qui est exploité maintenant avec beaucoup plus d’intensité que sous la domination allemande. La production de 1923 a été de 1 026042 tonnes de sels potassiques correspondant à 248 528 tonnes de potasse pure.
- C’est plus de 4 fois la production de 1913. L’agriculture française consomme le quart de cette production. L’excédent est vendu à l’étranger, en concurrence avec les sels de potasse allemands de Stassfurt.
- Seule notre alimentation en engrais azotés reste encore largement tributaire de l’étranger. Nous avons, en 1923, consommé i53ooo tonnes de sulfate d’ammoniaque dont 88 5oo tonnes seulement provenaient d’usines françaises. La fabrication française de la cya-namide, à la suite de la guerre, s’est notablement 'développée, elle passe de 12000 tonnes en 191 3 à 5o ooo en 1923.
- Mais le nitrate de soude du Chili reste toujours le principal eùgrais azoté consommé en France, nos importations qui étaient de 3o2 x 55 tonnes en 1913 s’élèvent encore à 272780 tonnes en 1923. On peut fort heureusement espérer, dit M. Roux, que cette situation déplo°
- rable va prendre fin par le développement des usines de
- synthèse de l’ammoniaque au moyen des procédés Claude, Casale et Haber qui sont enfin en voie d’organisation et dont quelques-unes même fonctionnent déjà, telle l’usine Qeorges Çlaude, à Béthune,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- rO *T-
- . u. r.
- La radiotéléphonie en haut-parleur sur seule galène. — Le problème des réceptions puissantes et pures, sans lampes, sur seule galène, c’est-à-dire sans la complication des inévitables batteries d’accumulateurs et sans frais d’entretien, est depuis longtemps le but de nombreuses recherches et sa solution hante les rêves de nombreux amateurs.
- Nous sommes d’autant plus heureux de présenter aujourd’hui à nos lecteurs un appareil qui résoud excellemment ce problème, que nous l’avons nous-mêmes étudié depuis douze ans et que c’est sur un amplificateur de principe absolument identique, mais de réalisation incomplète, qui n’assurait pas le même rendement, ni surtout la même stabilité, que nous avons donné en 1913 à la Société astropomique de France la première audition publique de radiotélégraphie en très haut parleur.
- Lorsque la radiotéléphonie est survenue, des essais nouveaux ont été tentés avec ce dispositif, mais ici le problème est beaucoup plus complexe, il ne s’agit plus d’amplifier uniquement des sons simples, tels que ceux des signaux Morse qui se caractérisent par le « tout ou rien » et dont la tonalité uniforme permet l’utilisation de membranes à vibration synchrone.
- Il faut, au contraire, pour reproduire correctement la parole, user de membranes dont la période propre est située en dehors des vibrations audibles. Il faut en plus que ces membranes rendent fidèlement -tous les sons en conservant à chacun son amplitude normale.
- Les membranes métalliques planes et tendues ne peuvent résoudre entièrement ces problèmes, malgré l'emploi d’artifices de formes spéciales. Un cône métallique très mince est plus sûr, c’est lui qu’utilise le récepteur définitif du Crystavox, l’appareil que nous allons rapidement décrire tout à l’heure.
- Nous pensons utile, au préalable, de citer quelques-uns des résultats obtenus avec ce dispositif.
- À Paris, sur seule galène et antenne réduite, extérieure ou intérieure, audition des postes parisiens en très bon haut-parleur, parfois même ce résultat a été obtenu entre eau et gaz, mais ce sont là conditions particulières.
- A i5 km de Paris, audition en bon haut-parleur (parole compréhensible à 10 m.) de Radio-Paris et de F. L. sur antenne unifilaire de 3o m.; sur la même antenne, audition des P. T. T., à 2 m. de l’appareil.
- Enfin, à la même distance, audition correcte (lecture facile) des dépêches météorologiques et des signaux horaires à 20 cm de l’appareil, sur un seul fil vertical de 1 m. 20 dressé sur la table d’expérience.
- Du reste, une règle sûre peut guider l’amateur au sujet des résultats qu’il lui sera possible d’obtenir.
- L’audition en bon haut-parleur permettant à plusieurs personnes de comprendre un texte sans fatigue (nous nrenons rornnne point de comparaison les émissions de Radio-Paris de midi 45), dans une salle de dimensions
- f ig. r. —- Le Crystavox.
- moyennes, est toujours assurée lorsque l’écoute au casque, avant amplification, permet de comprendre la parole à environ i5 cm des écouteurs.
- Ce qu’il y a de particulièrement remarquable, fait sur lequel nous devons insister, c’eàt que parole ou musique sont rendues avec une parfaite pureté et sans aucune distortion.
- On peut affirmer, sans exagérer en rien, qu’en partant d’une audition suffisante, cet appareil remplace deux lampes montées en basse fréquence, avec, en mieux, l’absence de « bruit de fond a et de déformation.
- La figure 2 montre le schéma général du Crystavox auquel nous avons adjoint un montage correct de réception sur galène, montage à accord variométrique, l’un des plus précis qui soient,
- La réception proprement dite comprend :
- Le système d’accord, antenne A, variomètre Y, terre T et condensateur variable à air C. Qu’il suffise de savoir qu’avec un variomètre Syntonie et un condensateur de un millième, l’accord peut être réalisé entre 200 et 2 700 m., sur antenne moyenne.
- Le détecteur à galène D et le condensateur shunt de réception C,, dont la capacité est d’environ 2 millièmes, complètent le système de réception indépendant du Crystavox et se branchent aux bornes Z Z de cet appareil.
- Celui-ci comprend, aux lieu et place de l’écouteur normal, un récepteur magnétique composé d’un fort aimant M à pièces polaires rapportées, feuilletées et biseautées, garnies des habituels enroulements que comporte tout récepteur P P.
- Près de la surface externe des pièces polaires et faisant office de membrane à fréquence propre inaudible, se trouve une lame semi-rigide et nervée L solidement fixée à l’une de ses extrémités par une vis X à une pièce de métal massive Y, le but de cette masse est d’absorber les vibrations extérieures et, de ce fait, d’augmenter la stabilité de l’audition.
- L’extrémité libre de L est fixée rigidement au centre d’une des faces d’une capsule microphonique R encastrée dans la pièce Y.
- Cet ensemble forme ce que nous appelons le système primaire d’amplification ou relai primaire. Les vibrations de L transmises au microphone sont transformées par lui 1 n courants électriques variés dont les variations en fréquence et en amplitude sont identiques à celles de la lame de réception primaire, mais dont 1 amplitude est plus considérable, parce qu’elles ont une source d’énergie locale constituée par une pile P
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- Fig. 2. — Schéma du Crystavox.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- de six volts. La consommation de courant est insignifiante et de bonnes piles humides ou sèches (semi-humides) peuvent, sans difficulté, assurer un service de plusieurs mois, surtout si l’on prend la précaution?- de ne fermer la clé K de contact que lors des auditions.
- Sur le trajet microphone-pile est intercalé le récepteur E du haut-parleur proprement dit; ce récepteur, réglable par le bouton moleté H, est du type Brown à cône vibrant, bien connu.
- Les seuls réglages à effectuer sont : i° celui de la palette L par le jeu de la vis B; — 20 celui du haut-parleur par le bouton H, indépendamment des réglages de réception bien entendu, réglages qu’il est facile d’effectuer avant Vaudition avec un buzzer convenablement disposé.
- Ceci constitue les réglages généraux, déjà précis, mais encore approchés du réglage final qui constituera la « fin du fin ».
- Celui-ci est effectué le plus simplement du monde par la rotation d’une pièce extérieure F en forme de bouton moleté portant à sa partie inférieure une tige de fer G légèrement excentrée, l’ensemble étant supporté par le couvercle de l’appareil.
- La rotation de F amène en déplaçant G des variations infinitésimales du champ polaire qui donnent au réglage une sensibilité merveilleuse sans aucune difficulté.
- Nous aurions encore à dire qu’au lieu d’être utilisé sur une seule galène, cet amplificateur qui n’est en somme qu’un amplificateur basse fréquence sans lampes, peut être adjoint à un récepteur à lampes de faible puissance. Dans ce sens, on peut s’adresser à une lampe détectrice autodyne à faible consommation, lampe que l’on pourra monter sans batterie de plaque et n’utilisant en tout et pour tout que la batterie de piles sèches de six volts desservant l’amplificateur.
- Mais ceci est une autre histoire qui nous mènerait trop loin aujourd’hui et que nous vous conterons quelque jour, déjà heureux de vous présenter ce merveilleux outil qui comble les rêves des galéneux : le Crystavox.
- Le Crystavox est avant tout le récepteur des amateurs de bonne musique, de ceux, et ils sont nombreux, qui préfèrent une audition familiale et parfaitement pure aux auditions à grande puissance, onéreuses et sans art.
- J. Roussel,
- Secrétaire général de la S. F. E. T. S. F.
- *> Automobilisme
- Le lève-glace Roleo. — On trouve fréquemment dans les carrosseries des portières d’automobiles qui sont prévues sans cadre, de sorte qu’il devient nécessaire d’imaginer des mécanismes afin de soulever les glaces des portières. Ces glaces doivent être maintenues dans la position voulue et le vieux système de la courroie a fait place à des dispositifs plus ingénieux et plus pratiques.
- Un mécanisme qui veut donner satisfaction doit tenir compte de la manière dont sont fabriquées les portières des voitures. C’est ainsi que ses caractéristiques sont la simplicité, la légèreté du bois, l’efficacité de la manœuvre et aussi la possibilité d’application facile aussi bien aux fenêtres de la carrosserie proprement dite qu’aux fenêtres des portes. Enfin le prix d’achat et les frais
- Fig. 3. — Yue en coupe montrant la disposition de la glace qui coulisse dans les glissières.
- d’installation interviennent au chapitre économie pôur décider du choix du dispositif déterminé.
- Un nouveau type de lève-glace automatique le « Roléo » est construit à Paris, d’après le brevet Rawlings. Il offre l’avantage d’être très compact et, par conséquent, d’occuper une place très réduite. De plus, il permet de conserver la construction habituelle des portières et même la manière de fermer celles-ci. Il n’y a aucune pièce mécanique au-dessous des rainures dans lesquelles
- la glace doit coulisser et le poids de ce mécanisme intéressant est inférieur à 1 kg 5oo; il est donc appelé à obtenir une grande faveur chez les carrossiers, d’autant plus qu’il monte la glace avec une grande facilité et qu’il est absolument étanche et ne laisse passer ni la poussière, ni l’eau.
- Un des points particuliè-rementintéressants dulève-glace automatique est l’emploi d’un ressort multiple contenu à l’intérieur d’un rouleau et qui fait l’objet d’un système breveté. Ce ressort multiple permet d’avoir à la fois une très grande sensibilité et quand on lève les glaces une tension toujours parfaitement égale. Il se trouve attaché à deux petits ressorts qui sont maintenus chacun par deux vis dans une encoche préparée dans l’entablement de la porte. Le rouleau est fixé à ses supports par les extrémités de l’axe. La glace se trouve supportée par le bas dans une sorte de rainure-support, laquelle se trouve à son tour rattachée au rouleau au moyen d’un petit câble en acier dont la résistance à la rupture est voisine de 200 kilogrammes.
- Pour soulever la glace, il faut d’abord contrebalancer son poids et ensuite faire l’effort supplémentaire. Tout cela est obtenu au moyen d’un écrou carré que l'on tourne vers le bas avec une petite clé plate fournie avec l’appareil. Pour maintenir ou libérer la glace, on a disposé des patins qui agissent simplement quand on actionne un bouton moleté suivant un demi-tour avec le pouce et l’index. Sur ces patins qui forment frein et arrêt, on a disposé des coussins en caoutchouc vulcanisé. On réalise ainsi des tampons amortisseurs qui permettent d’éviter tout bris de la glace.
- L’entablement de la portière est découpé pour recevoir l’appareil et le mode de fixation est particulièrement simple.
- Le bouton de manœuvre des patins se trouve sur une plaquette que l’on fixe dans la porte et deux planchettes perpendiculaires l’une à l’autre fixées sur la porte au moyen de deux vis sont suffisantes pour recouvrir complètement tout le mécanisme.
- Elles sont d’ailleurs très aisément dévissées et enlevées dans le cas d’une vérification ou d 'une réparation nécessaire au système.
- La glace se monte avec la plus grande facilité, sans aucun bruit, à la hauteur voulue, de sorte qu’on peut, soit fermer complètement la portière, soit arrêter la glace en n’importe quel point de sa course et on n’a à craindre aucune vibration, aucun bruit de ferraille, aucun grin-cement puisque la glace se trouve maintenue entre deux tampons élastiques.
- Ce point est particulièrement important, mais en voici un autre qui sera très apprécié Fig. 5. Lève-glace automatique
- des chauffeurs, surtout installé sur une Porte d’auto-en hiver; c’est que la
- glace étant complètement fermée, on peut, avec une seule main, l’abaisser en une demi-seconde, passer le bras, pour faire les signaux de ralentissement, d’arrêt ou de changement de direction, et une fois le signal terminé, le chauffeur rentre le bras sans s’occuper autrement de la glace, qui remonte automatiquement toute seule et ferme la portière.
- Etablissements Rollet, 64, rue de la Folie-Méricourt, Paris.
- Dispositif complet
- montrant le support de la glace au moyen du Roléo et Faction du bouton pour la manœuvre des tampons amortisseurs.
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- VARIETES
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- PRODUCTION ET COMMERCE DU CASSIS
- Eatre les groseilliers à grappes, le Cassissier (Ribes nigrum) se distingue surtout par la coloration noire de ses fruits, puis par la place bien spéciale que ceux-ci occupent par leurs produits dans notre alimentation. Très répandue en petit dans tous les jardins et en grand dans de ‘vastes champs nommés cassissières, sa culture, bien que l’arbuste soit peu exigeant sur la nature du terrain, réussit mieux et donne les meilleurs produits dans les sois argilo-siliceux, argilo-calcaires ou en terre franche des climats tempérés.
- I Production. — Principales régions. — La plus importante est toujours la Côte-d’Or, puis la banlieue parisienne, la petite et la grande, et quelques départements situés dans les vallées de la Loire, du Rhône et de la Seine.
- Variétés. — Il n’y en a guère que deux : Cassis commun et Cassis royal de Naples, aussi répandues qu’estimées quant à leur qualité pour le commerce intérieur que pour l’exportation, parce qu’elles supportent facilement un long transport. Mais, pour les producteurs, qui visent l’exportation en Angleterre, il y a lieu de cultiver les variétés anglaises, Baldwin’s, Bang-up, Carter’s Champion, Lee s Prolific, qu’on y estime beaucoup à cause de leur fertilité et de leur grosseur.
- Période de production et rendement. — D’après J. Yercier, à qui Ton doit une très complète étude sur la culture, la vente et l’industrie du cassis, ainsi que différents rapports de mission sur ces questions, le cassissier donne une récolte appréciable dès la troisième année de plantation, et il atteint généralement, son maximum vers la huitième année. Les pieds restent en plein rapport pendant 15 et 25 ans, au moins, s’ils sont bien entretenus ; il en est même qui fournissent d’abondantes récoltes durant 5o ans.
- On compte, dans une plantation de 7 à 8 ans, à écartement ordinaire de 1 m. 20 entre leo lignes et 1 m. 10 sur la ligne, lorsqu’elle est vigoureuse et bien conduite, un rendement moyen de 1 kg par pied, mais d’une façon plus générale 6000 kg à l’hectare, quantité susceptible d'être dépassée. Ch. Baltet a cité le chiffre de 8000 kilogrammes.
- Revenu annuel. — Bien qu’il soit très difficile de l’indiquer, J. Yercier estimait, en 1904, pour une bonne récolte d’un hectare, la vente de 6000 kg à 1800 francs, et les frais généraux à 1160 francs, ce qui donnait pour bénéfice net, 640 francs, chiffre pouvant être diminué ou augmenté selon la récolte et le prix du quintal.
- Récolte. — La date varie selon que les fruits sont destinés à l’exportation, à la consommation ou à l’industrie locale. Dans le premier cas, ils sont cueillis incomplètement mûrs fin juin et commencement de juillet, afin qu’ils puissent supporter le voyage ; dans le second cas, la cueillette n’a lieu que lorsqu’ils sont bien mûrs.
- Les cassis destinés à l’Angleterre doivent être récoltés 8 jours au moins avant maturité et par un temps sec ou mieux ensoleillé, car s'ils étaient mouillés, ils fermenteraient plus ou moins en cours de route. Mais la cueillette hâtive a pour résultat pour le producteur une perle de poids que l’auteur précité a évaluée à 58 pour 100 pour la récolte faite i5 jours avant maturité, à 36,5 pour 100 pour celle faite 7 jours auparavant. Par contre, si la cueillette a lieu 5 jours après la maturité, le producteur subit encore une perte en poids de 3a pour ioo. D’où il résulte que le moment favorable pour effectuer la cueillette est celui où les baies ont le poids le plus considérable, ce qu’il est facile de vérifier par la pesée journalière de quelques centaines de grains sur une balance ordinaire.
- Production générale. — Avant la guen*e, les Statistiques agricoles annuelles n’indiquaient comme producteurs de cassis qu’une douzaine de départements, depuis, si l’on s’en tient aux trois dernières années publiées 19r9, 1920, 1921, elles en inscrivent une
- quarantaine, chez lesquels la production est des plus variables. Pour donner une idée de l’importance des régions cassicoles, je ne citerai que les départements qui, dans l’une ou l’autre de ces trois années, ont atteint, au maximum, les quantités ci-contre : 1° entre 5oo et 800 quintaux, Alpes-Maritimes, Isère, Maine-et-Loire, Puy-de-Dôme, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Rhône;
- 20 entre 801 et 1000 qx, Loir-et-Cher; 3° entre rooi et 2000 qx, Corrèze, Dordogne, Eure, Oise. La Côte-d’Or a oscillé entre 644° et 11 800 quintaux.-
- Prix moyens du quintal métrique. — Ils sont sujets à de grandes fluctuations. Avant la guerre, ils variaient de 34 à 75 francs dans les divers départements, depuis ils sont montés entre 5o et 400 francs. Dans la Côte-d’Or, ils ont valu de 210 à 3oo fr. jusqu'en 1921, puis ils ont grimpé en 1922 à 5oo fr. et redescendu entre 200 et a5o fr. en 192.3. Les statistiques ne donnent pas la valeur moyenne de toute la récolte, mais si l'on accepte pour le principal département, la Côte-d’Or, le prix moyen de 210 fr. et la production globale de 11 800 qx, on voit que la valeur pour 1921 a été de 2 478 000 francs.
- II. Commerce. — Expéditions et emballages. — On les effectue différemment, selon que les fruits sont destinés à la consommation locale, aux Halles de Paris ou à l’exportation. Pour la première destination, ils sont emballés dans des paniers quelconques; pour la seconde, on emploie des paniers fournis souvent par les acheteurs. Ces récipients sont munis de couvercles à claire-voie, ils contiennent entre 20 et 3o kg. On se sert aussi de corbeilles carrées.
- Pour l’exportation, no’amment. en Angleterre, c’est la sieve, en demi ou en quart, qui est préférée dans ce pays. Leur volume peut varier mais les paniers expédiés de Dijon contiennent bien remplis de 10 à 11 kg.
- Les arrivages aux Halles ont lieu à la fin de juin des départements méridionaux et en juillet de la banlieue parisienne. L’an dernier, la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée a transporté sur son réseau 765 tonnes de cassis en grande vitesse.
- Exportations. — Notre principal client est, comme presque toujours, l'Angleterre; puis, bien loin en arrière, viennent l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et la Hollande, mais on n’est quelque peu renseigné pour les quantités qu’en ce qui concerne l’Angleterre. On constate alors que nous y sommes très concurrencés par ces mêmes pays, surtout par la Hollande et, probablement, sur une échelle assez grande, maintenant, par la Norvège dont les exportations ont commencé en 1903. Malheureusement, le cassis est confondu avec les autres groseilles à grappes, et on ne peut connaître la part qui lui revient en propre. Les statistiques officielles dont on dispose ne vont que de 1900 à ,1908; elles montrent que nos envois de groseilles et de cassis oscillent entre i8o3 et 3292 tonnes, soit environ la moitié des exportations des autres pays. Il est juste d’ajouter que nos fruits sont payés beaucoup plus cher que ceux des pays concurrents.
- Au premier rang des Syndicats agricoles, qui exportent de France en Angleterre des cassis sous leur nom, se place celui de Quincy-Ségy (Seine-et-Marne). Le poids s’élevait, en 1904, à 3g 811 kg; à 3a r.3o en igo5; à 33 860, en 1906 et à 20621 en 1907.
- Conseils de M. A. Tacussel. — Les producteurs soucieux de leurs vrais intérêts ne sauraient trop mettre en pratique les conseils si judicieux que j’extrais de son rapport de mission.
- Variétés. — Celles à gros grains sont les préférées. La cueillette doit être faite entre la véraison et la maturité. Il faut que les grains ne soient plus verts mais noirs et non encore arrivés à complète maturité^ afin de supporter le voyage sans fermentation.
- Emballage. — La seave en osier est recommandée, mais on peut expédier le cassis en billots de 10 kg. Il est à remarquer que, pour le même poids, le cassis en seave est payé généralement un shilling de plus qu’en billot; d’où compensation avantageuse pour les frais de retour et de location d’emballage.
- Débouchés. — La Mission, chaque fois qu’elle en a eu l’occasion, tant à Hull qu’à Londres, a posé les mêmes questions à tous les marchands : <
- i° Peut-on compter sur un important débouché en Angleterre? 20 Ne risquerait-on pas, par des plantations nouvelles, d’arriver à une surproduction ?
- Les réponses ont été invariablement les mêmes. A la première question, on a répondu : « Les débouchés du cassis en Angleterre peuvent être considérés comme
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- VARIÉTÉS
- illimités. » — A la deuxième : » Vous ne produirez jamais trop de cassis. »
- Les cassis provenant de la région sud de la France sont les plus appréciés de tous en Angleterre et arrivent avant ceux de toutes autres provenances. Ils sont donc doublement favorisés. Ceux provenant des régions françaises situées plus au nord arrivent en même temps, sinon encore en avance sur les cassis d’autres prove-
- nances, dont ils n’ont pas à redouter la concurrence étant donné que la demande est toujours très active.
- Il y a donc intérêt à développer cette culture, mais il importe de faire un choix judicieux du terrain à planter. Il est indispensable de confier les cassissiers à des terres naturellement fraîches ou bien irrigables, si 1 on veut obtenir de très beaux grains. Les terrains secs ne donneraient point satisfaction. A. Truelle.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- PouT augmenter la coupe des rasoirs mécaniques à lames minces (genre Gillette). — On sait que les nouveaux rasoirs Gillette ont un évidement breveté disposé sur les peignes qui dégagent la partie coupante des lamés.
- Les nouveaux rasoirs sont d’un prix excessif actuellement, il est donc avantageux de .transformer les anciens modèles-par l’adjonction d’une cale ou pièce métallique disposée entre le peigne et la lame.
- Pratiquement, voici comment opérer :
- Prendre une lame usagée mince, la détremper en la chauffant sur une flamme : gaz, bougie, ou autre, en portant le métal au rouge cerise; après refroidissement, couper une bande de 2 mm sur la largeur en suppri-
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- Fig. 1. Fig. 2.
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- un cafard qui s’est mis à grimper contre les parois avec une agilité qui m’aurait ravi si elle ne m’avait montré le peu de confiance qu’il fallait accorder au « truc » de la soupière.
- Je me suis décidé à voir le droguiste qui haussa dédaigneusement les épaules à mon histoire et me remit d’un air entendu une boîte contenant un produit mirifique, du coût de 4 fr. 5o.
- Selon les prescriptions du marchand, je déposai ma boîte à l’endroit le plus pourvu de blattes. Au bout de quelques jours, sûr du succès, je m’approchai : le lerrible produit foudroyant abritait un magnifique nid de cafards.
- En désespoir de cause, j’abandonnais mes- projets destructeurs, lorsqu’un ami me conseilla la recette suivante : faire dissoudre dans 1 quart de litre d’eau de l’acide borique jusqu’à saturation, retirer la casserole du feu et ajouter de la mie de pain. Diviser la pâte obtenue, la placer sur des assiettes ou des morceaux de carton que l’on dispose aux endroits convenables. Le résultat ne se fait pas attendre; dès le lendemain, on aperçoit à terre quelques bestioles qui n’ont pu se rendre dans leurs trous. Elles sont sur le dos et éclatent avec un bruit sec lorsqu’on les écrase du pied.
- Par ce procédé, j’ai pu me débarrasser de centaines de ces incommodes insectes. Plusieurs de mes collègues sont émerveillés comme moi-même du résultat que vous pourrez contrôler par des expériences faciles. »
- mant la partie coupante A (fig. 2), une cisaille ou même une paire de ciseaux peuvent facilement faire cette opération.
- Placer ensuite cette cale entre la lame et les peignes en réglant le serrage comme le demande la coupe, on constatera avec surprise que les barbes les plus difficiles se rasent avec une facilité surprenante et que la durée de la lame sera augmentée.
- Edmond Galêotti, 7, rue des Récollettes, Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Destruction des cafards. — Un de nos lecteurs, M. O. Razès, nous écrit : « Dans les « Recettes de la Maison », il est donné le moyen de détruire les cafards en se servant d’une soupière. Je dois vous dire que ce procédé ne m’a pas donné le résultat indiqué. J’ai utilisé aussi un vase de pile Leclanehé dans lequel j’ai déposé
- Le nettoyage des mains des chauffeurs d’automobiles. — Le plus souvent, pour faire disparaîlre le cambouis des mains, les chauffeurs font emploi d’un dissolvant composé de savon diaphane ou de savon noir mélangé, par parties égales, avec de l'alcool carburé. Mais comme ce mélange irrite la peau, on le complète après son application par une autre combinaison très adoucissante, comme par exemple : 2 parties d’alcool à 6o°, 1 partie glycérine blanche et quelques gouttes de teinture de benjoin.
- D’après la Vie automobile, le meilleur savon serait encore loin de valoir l’huile de moteur, laquelle, en effet, nettoie remarquablement les mains, tout en rendant la peau fort douce. Et cette revue ajoute qu’en aucun cas il ne faut employer l’essence, attendu que non seulement elle lave insuffisamment bien, mais surtout assèche la peau au point de la crevasser.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peat être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- Tuyaux en ciment armé : Entreprise Ed. Zublin et Gie, 25, rue Finkmatt, à Strasbourg; M. Léon Billé, ingénieur-constructeur, 3'7, Grande-Rue, à Nogent-sur-Marne.
- Réponses. — M. Bouscasse, à Bougie. — i° Les maisons qui suivent pourront vous fournir de la terre à foulons pour la décoloration des huiles : Auquier, 36, rue de Join-
- ville; Igert, 3, rue Meyerbeer, 9°; Pelliot, 24, place des Vosges; — 20 Pour isoler la chlorophylle, on épnise la plante par l’alcool, la solution alcoolique verte est précipitée par la chaux et la laque calcaire lavée est décomposée par l’acide ehlorhydrique, puis le liquide est agité avec de l’éther qui s’empare de la substance verte. L’évaporation de cette solution fournit la chlorophylle à l’état de pureté. Suivant Frémy, cette chlorophylle serait un mélange de phylloxanthine (jaune) et de phyllocyanine (bleu) ; — 3° La matière colorante rouge dont vous voulez parler est la carottine qui existe également dans toutes les feuilles vertes ; pour l’extraire, on sèche les feuilles dans le vide sec, ce qui est une condition essentielle pour éviter l’oxydaiion do
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- la carottine au contact de l’air. On pulvérise ensuite grossièrement et épuise par l’éther de pétrole exempt de benzine, cet épuisement doit se faire à froid en ayant soin de remplir complètement le flacon. Après huit jours de macération, le liquide qui n’a pas dissous de quantité appréciable de chlorophylle est filtré et évaporé dans le vide. La masse cireuse résiduelle est dissoute à nouveau'dans le sulfure de carbone, on filtre et précipite enfin la carottine par l’alcool absolu, elle se présente alors en paillettes rouge orangé, que l’on peut obtenir tout à fait pures en répétant le traitement au sulfure de carbone et à l’alcool absolu; — 4“ Vous trouverez dans le petit ouvrage de Billon, Les corps gras industriels, la description des principaux procédés chimiques employés pour décolorer les huiles, procédés qui doivent varier suivant la nature du produit traité et qui nécessitent toujours une mise au point. C’est pourquoi, d’une manière générale, il est préférable de s’en tenir, si possible, aux décolorants physiques tels qu’argile ou noir animal. Au sujet de ce dernier nous vous signalons comme intéressant le noir Schmidt, de fabrication nouvelle, dont il nous a été dit le plus grand bien; si vous désirez l’essayer, vous en trouverez à la maison Lefebvre et Duchêne, 6, rue Renan, à Saint-Quentin.
- M. de Coubert, à La Boisnière. — i° L’enlèvement des taches produites par le diamidophénol est basé essentiellement sur l’oxydation de ce réducteur. On peut appliquer l’un ou l’autre des procédés suivants pour faire disparaître les taches sur les doigts :
- A. Délayer io gr. de chlorure de chaux (poudre de chlore) dans ioo gr. d’eau ordinaire, y ajouter 2 gr. d’acide nitrique et employer aussitôt, plonger les doigts dans la mixture et dès que les taches ont disparu, laver à grande eau. Opérer de préférence au grand air à cause du dégagement de vapeurs chlorées Ensuite faire agir à chaud une solution à 10 pour ioo de sulfate de fer : il se produit une coloration bleu noir. On lave à l’eau, puis immédiatement après avec une solution de bioxalale de potasse. Après décoloration on rince soigneusement à l’eau.
- B. Plus simplement on trempe les doigts dans une solution de permanagnate de potasse à 5 pour ioo; la peau brunit fortement, mais cette coloration disparaît complètement en trempant ensuite dans une solution tiède d’acide oxalique à io pour ioo ou de bisulfite de soude commercial.
- Dans le cas de tissus qui doivent être traités avec plus de ménagements, se servir d’une solution à i pour ioo de persulfate d’ammoniaque, produit courant en photographie.
- a0 Vous pourrez vous procurer des lampes Nernst dans les maisons suivantes : Mazo, 33, boulevard Saint-Martin; Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Galvaire ; Korsten, 8, rue Le Brun, i3e.
- Compagnie Radio-France, à Paris. — Le rodage est une question de soins plutôt que de produits abrasifs : on débute par la silice quartzeuse, continue par la potée d’étain et finit par le rouge d’Angleterre. Le point essentiel est de graduer la grosseur des grains de l’abrasif de façon à se servir d’un produit de plus en plus fin. Ce classement s’effectue en délayant dans l’eau la potée d’étain par exemple et en laissant reposer successivement i, a, 3, 4 minutes, etc., et décantant à chaque fois, on obtient ainsi des produits de grosseurs croissantes que l’on devra employer en sens inverse du classement ainsi effectué.
- Bibliothèque de Dinan. — Nous ne pouvons entreprendre l’analyse des spécialités commerciales, ce qui aurait pour résultat de causer un préjudice aux fabricants en leur suscitant des concurrents singulièrement favorisés puisqu’ils n’auraient ni le mérite de l’invention, ni la peine de mettre au point des recherches longues et dispendieuses pour arriver à une formule définitive. Notre rôle doit se borner à guider nos lecteurs de nos conseils pour des réalisations nouvelles, ou en portant à leur connaissance des formules déjà dans le domaine public.
- /. V. Lautrec, — Si la chose est possible, le mieux serait de retirer les objets en bois du milieu humide dans lequel ils se trouvent actuellement ; au cas contraire nous pensons que vous obtiendrez déjà un résultat très satisfaisant en les badigeonnant de temps à autre avec une solution à io pour ioo de sulfate de cuivre du commerce (vitriol bleu). Avoir soin d’effectuer ce trai-
- tement, non seulement sur les parties apparentes, mais aussi sur celles cachées, intérieures ou voisines des murs.
- M. Fouinât, à Paris. — Le décapage de Valuminium à la potasse caustique est encore le procédé qui donne les meilleurs résultats. A notre avis, ce que vous avez de mieux à faire est d’installer une bonne hotte d’aspiration, secondée au besoin par un ventilateur, pour entraîner rapidement les vapeurs qui se dégagent du bain pendant l’opération.
- T. S. P. — Mme Piot, à Longchamps (Meuse). __________
- i° Les agglomérés des petites piles Leclanehé pour tension de plaque durent fort longtemps; les zincs et le liquide actif demandent beaucoup plus d’entretien.
- 2° Nous avons déjà indiqué dans La Nature la manière d’utiliser le courant contimi no volts pour la tension plaque d’un amplificateur. Il suffit d’utiliser un filtre qui empêche toute perturbation gênante- provenant de la ligne d’éclairage. Vous pouvez trouver également dans T.a Pratique Radioélectrique ou le Poste de VAmateur de T. S. P. des détails sur cette question.
- 3° Vous pourrez trouver dans les Chroniques de T. S. F. de La Nature la description de la charge des accumulateurs sur le courant iio volts continu.
- 4° Une batterie d’accumulateurs de 8o volts et de 0,2 ampère-heure est suffisante pour alimenter un amplificateur de 5 lampes.
- 5° Le débit d’une batterie de 8o volts avec 4 ou 5 lampes est d’environ 6 à 8 milliampères.
- 6° Le diamètre du fil à employer pour réaliser des bobines en nid d’abeilles destinées à un dispositif d’accord en Tesla varie suivant le nombre de spires, c’est-à-dire suivant la longueur d’onde propre de ces bobines. Le fil employé peut être de 5/io de mm de diamètre jusqu’à 100 tours environ, et du fil de 4/10 de mm de 100 à a5o tours environ. Les bobines secondaires pour réception des P. T. T. et des postes de la Tour Eiffel et de Radiola devront comporter respectivement 5o, et 200 à 25o spires. Les bobines de réaction 60 à 100 tours pour le premier cas, 200 à 2Ôo dans le deuxième.
- Enfin les bobines primaires pourront être des bobines de 3o et de 200 spires.
- 70 Nous avons annoncé dans La Nature l’inauguration du nouveau poste Radio-Paris et donné des détails sur sa portée.
- 8” Avec Yantenne que vous nous indiquez, il vous est possible de recevoir en haut-parleur avec votre appareil à 4 lampes. La liaison par self ne donne pas une puissance d’audition supérieure à celle fournie par la liaison haute fréquence par transformateur, mais elle est peut-être un peu plus facile à réaliser.
- 9“ Yotre antenne nous semble bien disposée mais comporte un trop grand nombre de fils. Sans doute avec 2 ou 3 fils seulement, le rendement serait-il au moins aussi bon, si ce 11’est meilleur.
- 10° Les groupes de chiffres émis en télégraphie par la Tour Eiffel avant les signaux horaires de 10 h. 44 indiquent l’heure exacte des premier et dernier signaux horaires scientifiques.
- ii° Eberswalde est situé près de Berlin.
- i2° Nous n’avons jamais entendu le poste que vous nous indiquez. Il faudrait, si possible, déterminer la longueur d’onde exacte de son émission et le texte de cette émission.
- M. Lioret, à Paris. — Il nous semble que votre dispositif superhétérodyne est régulièrement monté ; d’ailleurs les résultats que vous obtenéz, bien qu'insuffisants, indiquent que l’appareil a un fonctionnement normal. Mais, pour recevoir les émissions provenant de stations lointaines, votre amplificateur pour grandes ondes devrait comporter, dans les conditions de vos essais, au moins deux étages à H. F. avant la détection au lieu-' d’un seul. Utilisez donc deux ou trois étages à haute fréquence à résistances ou à bobinages de liaison avant la lampe détectrice de votre amplificateur pour grandes ondes, et choisissez vos bobines de couplage entre le détecteur pour ondes courtes et l’amplificateur pour ondes longues, suivant le mode de liaison à haute fréquence utilisé dans l’amplificateur. Il est recommandé également, pour augmenter l’amplification, d’utiliser un étage d’amplification II. F. à self avant la première détectrice pour ondes courtes,
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Astronomie générale, par Luc Picart, Directeur de l'Observatoire de Bordeaux, i vol. in-16, 42 figures. Armand Colin, éditeur, Paris, 1924. Prix : 6 francs.
- I C'est un' petit précis d’astronomie que vient de publier M. L. Picart dans l’excellente collection de vulgarisation qu’édite la librairie A. Colin. Il est accessible à tout lecteur possédant de bons éléments de mathématiques élémentaires. Il lui enseigne comment s’effectuent les observations astronomiques, et il résume l’essentiel de ce qu’elles nous ont appris sur les mouvements des astres. L'astrophysique, cette branche si passionnante de l’astronomie, n’est pas abordée dans cet ouvrage qui s’est donné pour but essentiel de résumer, sous forme élémentaire, ce que l’on désigne ordinairement par astronomie mathématique. .
- L’aide de l’amateur sans filiste, par A. Riboulet.
- 1 brochure, 3a p., 16 fig. Vve J. Rousset, éditeur, Paris. Prix : 3 francs.
- L’auteur indique aux amateurs le moyen de construire eux-mêmes des piles qui leur permettront, soit de charger les accumulateurs de leur poste, soit de remplacer les accus de chauffage.
- Guide du consommateur d’énergie électrique à la ville et la campagne, par Allain Latjnay. Une brochure de 64 pages, publiée par l’Union des Syndicats de l’Electricité, a.5, boulevard Malesherbes, Paris. Prix : 1 fr. 80.
- L’Union des Syndicats de l’Electricité publie sous ce titre une brochure de large vulgarisation dans laquelle elle donne, sous une forme accessible au grand public, toutes les indications nécessaires aux usagers de l’électricité.
- Le texte est rédigé d’une façon à la fois très claire et très attrayante.
- Après un court exposé des conditions dans lesquelles l’énergie électrique est produite et transportée, la brochure passe successivement en revue tout ce qui concerne les branchements, l’isolement, les interrupteurs, les coupe-circuit, les prises de courant, les lampes, les petits motèurs, les compteurs et les tarifs de vente du courant.
- Elle contient en outre un grand nombre de conseils sur l’établissement des installations intérieures, les soins qu’elles comportent et sur les conditions d’une bonne utilisation. Elle se termine par une note sur les premiers soins à donner aux personnes victimes d’accidents électriques.
- Les pierres précieuses et les perles : Origine, histoire, valeur, emploi, imitations, comment on distingue le vrai du faux, Guide du marchand et de l’acheteur, par Léon Verleye. i vol. in-16, 227 p., 5a fig. Girar-dot et Cie, éditeur, Paris, 1924. Prix broché : 12 fr.
- L’auteur rappelle d’abord à grands traits l’histoire des pierres précieuses et des perles; puis il montre comment on reconnaît les pierres authentiques, comment on juge leur valeur, comment on les travaille, comment on les vend.
- Commission météorologique de la Haute-Loire (1921-1922). — Bulletin des observations météorologiques faites par les membres correspondants de la Commission et les instituteurs du département, par A. Baldit. 1 vol. 160 p., 6 fig. Imprimerie Peyrellier, Rouchon et Gamon. Le Puy-en-Velay, 1924.
- Ce compte rendu, remarquable à tous égards, débute par un résumé climatologique des deux années 1921 et 1922, synthèse des observations faites dans les 21 stations du département; il contient notamment une monographie de tous les orages qui ont éclaté sur la région dans ces deux années, et le résumé des observations pluviométriques, des hauteurs de neige et météorologiques relatives à 1921 et 1922. Cette utile publication fait le plus grand honneur à l’auteur et à ses nombreux collaborateurs bénévoles.
- Etude géologique sur les eaux potables du Havre (étiologie de la fièvre typhoïde), par le Dr J. Sanarens, publiée par la municipalité du Havre. In-8, 2 fasc., io5 p., et n planches. Le Havre, 1921.
- Remarquable étude hygiénique et hydrologique sur le difficile problème de l’alimentation du Havre en
- . eau potable. Les eaux profondes de la craje ne forment pas de nappe, mais circulent dans des canaux irréguliers. Certaines fissures de la craie sont suffisamment colmatées par des résidus de décalcification, qui peuvent assurer le filtrage et donner des eaux vraiment pures; mais il existe, aussi de véritables résurgences qui se contaminent après les pluies. Une surveillance constante est nécessaire et dans certains cas il faut recourir à la stérilisation!
- Les plantes à fibres, par Yves Henry, i vol. in-16., 211 p., 56 fig. Collection Armand Colin, Paris. 1924. Prix relié : 6 francs.
- Vingt ans de pratique agricole confèrent à M. Yves Henry, ingénieur agronome et inspecteur général de l’Agriculture aux Colonies, une autorité indiscutable pour parler des plantes à fibres coloniales.
- Il rappelle d’abord l’origine et les caractères physiques et chimiques des fibres végétales, puis étudie le coton, le kapok, la ramie, le jute, l’hibiscus, l’agave, l’abaca, le raphia, les autres textiles, donnant pour chacun les statistiques de production et de consommation, les espèces cultivées et SJles soins qu’elles nécessitent, la préparation des fibres et leurs usages. Si bien que ce livre renferme, sous un petit volume, nombre de renseignements intéressant les coloniaux, les consommateurs, les économistes.
- The biologieal Foundations of Society, par Arthur Dendy. i vol. in-8, 197 p., 21 fig. Constable et Cie, Londres. Prix relié : 7 sh. 6 d.
- La sociologie plonge ses fondements dans la biologie. Dans ces conférences données au King’s College de Londres, l’auteur rappelle clairement et élégamment les faits fondamentaux : les caractères du protoplasma; la cellule unité organique; sa multiplication et la croissance qui posent déjà les questions de l’adaptation et de 1 éducation, de la mise en réserve du capital, de la liberté individuelle, de la coordination et de la subordination. Puis, après un rappel des sociétés d’insectes, il aborde le problème de l’hérédité et des sexes. Ceci le conduit à l’étude de la sélection et il dégage de toutes les données biologiques l’idée que le progrès, comme la décadence, sont des phénomènes d’évolution lente et non de révolution.
- Histoire politique et sociale du peuple américain, par D. Pasquet. Tome I. Des origines à i8a5. 1 vol. in-8, 4u p., 25 grav. et cartes. Auguste Picard, Paris. Prix : 20 francs.
- La formation du peuple américain est un des faits les plus considérables de l’histoire moderne, elle s’est accomplie sous les yeux de quatre ou cinq générations précédant la nôtre, et il semblerait naturel que nous fussions parfaitement renseignés sur ce sujet. En réalité, les histoires de la grande nation ont été écrites bien plus au point de vue politique que social et sont peu connues en France. L’auteur s’est attaché à suivre, dès ses origines, la destinée et la vie de ceux qui, poussés par des motifs divers, abordèrent au Nouveau Monde pour y vivre libremeut et jetèrent à leur insu les fondements de la puissante République actuelle. 11 dépeint d’abord les luttes que durent engager avec la nature les premiers colons ; puis les difficultés amenées par les besoins croissants d’un peuple s’organisant et créant une civilisation nouvelle. Enfin, viennent la grande lutte contre la métropole intransigeante et les efforts nécessaires pour surmonter les ohstacles causés par la guerre d’indépendance : divisions intérieures, crises économiques, jalousie croissante des Etats mécontents du nouvel état de choses. Le livre s’achève vers 1825, laissant le peuple américain plein d’ardeur et d’énergie, mais encore isolé de l’Europe.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N« 2624 19 Juillet 1924
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- INFORMATIONS
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- Les astres les plus éloignés de la Terre. — L’astronome américain Shapley vient d’évaluer la distance qui sépare la Terre de l’amas d’étoiles n° 6822 du catalogue de Dreyer.' Cet amas est comme une miniature de la grande nuée de Magellan. M. Shapley admet que ses dimensions et sa constitution sont les mêmes que celles de la nuée de Magellan, et il en conclut que la distance de l’amas 6822 est comprise entre 3ooooo et Soo 000 par-secs, c’est-à-dire un million d’années de lumière; c’est la formation la plus lointaine qui ait été observée jusqu’ici. Elle a été observée pour la première fois par Barnard, il y a une quarantaine d’années.
- Le télégraphe et le téléphone à Lhassa. — Lhassa, la capitale du Thibet, résidence du grand Lama, est restée, jusqu’à ces dernières années, une ville mystérieuse, sévèrement interdite aux Européens. Mais voici qu’elle entre, délibérément, dans les voies de la civilisation moderne. Plusieurs explorateurs ont pu la visiter et y ont été reçus avec courtoisie : le premier d’entre eux fut le général anglais Pereira, grand explorateur du Thibet. Mais voici mieux encore ; la ville sainte, célèbre par ses antiques lamasseries, grand centre de pèlerinage pour les Bouddhistes, est pourvue aujourd’hui du télégraphe et du téléphone.
- M. King, ingénieur du Service des Télégraphes de l’Inde, raconte, dans le Geographieal Journal, comment s’est effectuée cette curieuse adaptation à la vie moderne d’un des pays les plus farouchement attachés aux formes anciennes de sa civilisation et les plus soucieux de maintenir son isolement. C’est le gouvernement thibé-tain lui-même qui prit l’initiative de relier Lhassa à l’Inde anglaise par Une ligne de a3o km aboutissant à Gyantsé. Le matériel : fils, consoles, isolateurs, fut demandé au Service télégraphique de l’Inde; mais les poteaux en bois ont été fournis par les Thibétains, et la mise en place assurée par la main-d’œuvre indigène, avec l’aide de 2 ingénieurs et dé 4 monteurs anglais. Tâche difficile que la posé de cette ligne, dans uné région de haute altitude, fort peu peuplée: les poteaux étaient amenés à dos d’homme, sur des distances parfois énormes, allant jusqu’à 100 km.
- Cependant la pose de la ligne s’effectua ên 5 semaines seulement. Les ingénieurs anglais firent l’apprentissage de quelques jeunes Thibétains de bonne famille, qui acquirent rapidement les connaissances nécessaires pour assurer la direction de l’exploitation du télégraphe et du téléphone au Thibet.
- M, King fait un vif éloge des travailleurs thibétains, intelligents, dociles et robustes. Il déclare aussi que l’érection de la ligne ne rencontra aucun obstacle de la part des habitants, ni des lamas ; ceux-ci, au contraire, fournirent toute l’aide désirable.
- ' Le jour de l’arrivée de la ligne à Lhassa fut un jour de fête pour la capitale thibétaine : une foule nombreuse se pressait dans les rues pour assister aux derniers travaux; tous les Thibétains se réjouissaient de voir leur pays doté enfin d’un instrument de communication moderne, et de ne plus être à cet égard la risée des marchands et pèlerins chinois ou japonais.
- Le téléphone a été également installé à Lhassa; les grands temples et les palais du Dalai Lama en ont été munis les premiers. Alors que le télégraphe est surtout employé par les commerçants népâlais et mahométans de Lhassa, le téléphone est devenu immédiatement populaire parmi les Thibétains ; ceux-ci aiment les longues causeries avec leurs amis, et le téléphone leur permet de satisfaire ce goût ; il paraît même qu’ils en abusent un peu, et les lignes sont souvent encombrées par des conversations interminables, qui gênent l’exploitation. A cet égard, on voit que Lhassa n’a déjà plus rien à envier à Paris.
- Le prix du radium. — L’abbé Moreux, dans la Revue du Ciel, consacre un intéressant article à l’industrie du radium et à son évolution depuis la célèbre découverte de M. et Mme Curie. Au début, comme on le sait, le minerai de radium provenait de Bohême; c’était la fameuse pechblende de Joachimstahl. Puis, peu à peu, on découvrit d’autres minerais au Portugal, en Angleterre, (gn France; mais ç’egt au* Etats-Unis <jue l’industrie du
- radium prit bientôt le plus grand développement, grâce aux gisements de carnotite, découverts dans ce pays. Avant la guerre, les Etats-Unis s’étaient acquis, pratiquement, le monopole de la production du radium. Le prix du radium à l’origine était de 160000 dollars le gramme, puis, grâce à la production américaine, il tombait peu à peu à 110 000 dollars, pour arriver enfin en ces derniers temps à 100 000 dollars. Mais en ces derniers mois, un fait nouveau est survenu : l’exploitation des gisements du Congo belge qui fournissent un minerai plus riche et plus facile à extraire que le minerai américain. Les échantillons à forte teneur sont envoyés en Belgique et traités à l’usine d’Oolen. D’août iq22 à mai 1923, la production de cette usine s’est chiffrée à 23 grammes de radium, et le prix est tombé à 70 000 dollars. Les Américains, devant cette concurrence, ont arrêté leurs exploitations et se sont entendus, pour la vente, avec les producteurs belges. On évalue à 240 grammes la quantité totale de radium actuellement en usage dans le monde.
- Le commerce du manganèse. — Le marché des manganèses et ferro-manganèses subit, depuis l’armistice, de notables fluctuations.
- Actuellement, le marché anglais est ferme. Avant la guerre, les exportations du Caucase s’élevaient à plus d’un million de tonnes annuellement. En 1914, elles se chiffraient encore par 687 000 tonnes se répartissant ainsi :
- Tonnes.
- Allemagne. ..................... 325 000
- Belgique....................... 155 000
- Angleterre. ... ;...............106 5oo
- Pendant le mois de mars 1924, l’Angleterre a importé 36 120 t. de manganèse, et au cours du premier trimestre 1924, les importations se sont élevées 571 727 t., contre 89 547 t. durant le premier trimestre 1923.
- Les cargaisons sont, pour la plupart, destinées à Anvers. Les demandes pour l’Allemagne ont sensiblement augmenté.
- L’Amérique craint la disette de minerai de manganèse. En février 1924, les Etats-Unis ont importé 4 43ô t. de manganèse, l’un des plus bas chiffres connus depuis très longtemps. Le chiffre total, jusqu’à fin février, a été, pour huit mois, de i58 17c t., Contre 281 687 t, pour la période correspondante de 1912-1923.
- La production américaine, en ferrô-mângànèse, était pour le premier trimestre 1924, de 65 5oo t., alors qu’elle était de 33o 000 t. en 1918. Les Etats-Unis dépendent surtout des importations de manganèse brésiliens, mais la production brésilienne a baissé sensiblement. On estime que les événements en Russie soviétique exerceront une influence considérable sur le marché du manganèse.
- Traitement de la canne à sucre pour augmenter sa teneur en saccharose. — Les études poursuivies aux Etats-Unis, en vue d’accroître la teneur en saccharose de la canne à sucre, ont abouti à l’application de procédés qui ont donné des résultats intéressants:
- D’après M. J.-G. Quevàdo, agronome américain, on peut améliorer sensiblement les qualités de cannes à sucre coupées hâtivement et contenant 73 pour 100 d’eau et trois fois plus de glucose que les cannes à sucre normales.
- Pour obtenir ce résultat, il suffit de les conserver à l’ombre, à une température ne dépassant pas 180.
- La même amélioration peut être obtenue en hiver lorsqu’on laisse les cannes à sucre sur le champ même où elles ont été. coupées. Il se produit un phénomène analogue à celui de la maturation des fruits cueillis . avant leur complète maturité.
- Les analyses ont montré que la proportion de saccharose passe de 14,11 pour 100, dans la canne fraîche, à 16 32 pour 100 dans la canne sèche.
- L’amélioration de la qualité est appréciable (2,21 pour 100); elle doit retenir l’attention des planteurs qui, dans nos colonies, veulent mettre en œuvre les moyens propres à augmenter la riphesse en saccharqse de la canne à srçcre,
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- INFORMATIONS
- Solubilité des phosphates et superphosphates. — D’après Soil Science, M. J. Wolkoff a constaté que la solubilité des phosphates et des superphosphates (dans l’acide nitrique j/5 normale) diminue toujours après leur application aux sols, sauf dans le cas des terres tourbeuses, où l’on n’observe aucun changement.
- L’addition des sulfates d’ammoniaque ou de chaux aux terres phosphatées augmente considérablement la solubilité des phosphates dans le réactif choisi, tandis que la chaux, le carbonate de chaux, le nitrate de soude et le chlorure de potassium restent sans effet. Un excès de carbonate de chaux a diminué, dans certains cas, la solubilité du superphosphate.
- Ces observations ont une importance technique évidente, eu égard à l’action des engrais phosphatés par rapport à celle des autres engrais minéraux.
- Colonies françaises de l’Océan Antarctique — Un décret du 27 mars dernier, contresigné par le Ministre des Colonies, réserve aux Français les droits d’exploitation minière et de chasse sur les territoires, les droits de pêche dans les eaux territoriales de l’archipel des Crozet et de la terre Adélie ou Wilkes. D’autre part, une décision du Ministre de la Marine place la terre Adélie dans la zone de surveillance des forces navales du Pacifique et l’archipel des Crozet, ainsi que les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam dans celle des fox’ces navales de l’Océan Indien.
- La France affirme ainsi ses droits de possession dans l’Antarctique.
- Les îles Crozet, situées au sud de Madagascar, par 5o’> de longitude est, à la latitude des Kerguelen dont elles sont séparées par une fosse de plus de 5ooo m. de fond, furent découvertes, en même temps que les îles Marion en 1772, par une expédition française composée de deux vaisseaux, le Mascarin et le De Castries, commandée par du Fresne-Marion, puis, après sa mort au cours du voyage, par Crozet. Marion les baptisa, île de la Caverne et Terre d’Espérance. En 1776, au cours de son troisième voyage, Coolc les visita et leur donna le nom d’îles du Prince-Edouard. Ce sont des îlots isolés, mais où l’on peut organiser, comme aux Kerguelen, la chasse à la baleine.
- La terre Adélie est beaucoup plus proche du pôle sud. Elle forme le bord du continent antarctique au sud de l’Australie. Elle fut reconnue pour la première fois par Dumont d’Urvilîe en 1840.
- Statistique française des animaux de ferme. — Le Journal Officiel vient de publier la statistique des animaux de ferme, établie par l’Office de renseignements agricoles du Ministère de l’Agriculture et arrêtée au 3i décembre dernier. Nous en donnons ici les résultats globaux, comparés à ceux de l’an dernier et à ceux de 1913 (non compris l’Alsace et la Lorraine).
- 1913 1922 1923
- Chevaux .... 3.220.080 2.778.270 2.847.970
- Mulets............. 188.280 185.640 192.260
- Anes. ..... 356.3io 291.110 283.760
- Bovins..........14.787.vio 13.575.840 13.749.290
- Ovins .......... i6.i3t.3go 9.782.420 9.925.310
- Porcins .... 7.o35.85o 5.195.740 5.4o5.84o-
- Caprins .... 1.434.970 1.368.140 i.35a.63o
- Comme on le voit, le nombre des animaux de toutes espèces (sauf les ânes et les chèvres) est en progression depuis l’an dernier, mais aucun n’atteint ceux relevés l’année avant la guerre, bien qu’alors le cheptel des départements recouvrés ne fût pas compté.
- Longévité des vers parasites. — Nature signale une étude du D1 Christopherson, parue récemment dans Lancet, où l’attention est attirée sur cette question. Le Dr Vevers avait déjà observé dans l’intestin d’un zèbre un plathelminthe, Gastrodiscus aegyptiacus, qui y était resté pendant au moins 9 ans. La filaire Loa loa a été trouvée par Brumpt chez un individu qui avait quitté la zone endémique depuis 5 ans et Laveran en a signalé une de 14 ans.
- La bilharziose vésicalé, due à la présence d’un plat-helminthe, Schistosoma haematobium, a été constatée par Sonino 9 ans, par Lortet et Yialleton i5 ans, après le départ du malade hors de la région endémique. Le Dr Christopherson décrit un cas de longévité beaucoup plus grande, puisque son malade fut infecté en 1878 et
- que des œufs s’observaient encore dans les urines 28 ans après; il pense même que quelques vers survivaient encore en 1928, 45 ans après l’infection primitive. Ces vers ne pouvant se reproduire sans sortir du corps, vivre quelque temps dans l’eau, puis passer un de leurs stades de développement dans certains mollusques, il faut donc admettre que ce sont les mêmes individus qui continuent de vivre ; ainsi des animaux aussi peu différenciés que des vers parasites peuvent persister pendant une période extrêmement longue.
- Collection de puces. — M. N.-C. Rotschild vient de léguer au British Muséum la collection de puces qu’il avait réunie avec la collaboration du Dr Karl Jordan. 40 000 puces appartenant aux 680 variétés connues et 35oo préparations microscopiques sont ainsi mises à la disposition des chercheurs qui voudraient poursuivre les études de M. Rotschild. Notons que dans la collection du British Muséum figurent des puces de Marseille prélevées parmi les espèces locales qui ont servi aux expériences de transmission de la peste de MM. J.-C. Gauthier et A. Raybaud, en 1902-1903.
- Semaine anthropologique de Toulouse. — L’Institut international d’anthropologie a décidé de tenir, en plus de son Assemblée générale triennale qui aura lieu à Prague du 14 au 21 septembre, une session extraordinaire de son Office national français, à Toulouse, du 21 au 27 juillet prochain.
- Grâce à sa position au pied des Pyrénées, où se trouvent tant de gisements paléontologiques et paléolithiques célèbres, aux riches collections préhistoriques et ethnographiques de son musée d’histoire naturelle, aux nombreux cours de son Université, peu de villes possèdent autant de ressources que Toulouse, en ce qui concerne la préhistoire et l’anthropologie physique.
- Les trois premiers jours de cette semaine anthropologique, du lundi 21 au mercredi 23 juillet, seront consacrés aux travaux des sections, aux visites des Musées, établissements scientifiques et monuments de Toulouse ainsi qu’aux réceptions. La fin de la semaine sera remplie par des excursions qui permettront de visiter et d’étudier les terrasses de la Garonne et les principales grottes de la région.
- S’adresser au Secrétariat général de l’I. I. A., i5, rue de l’Ecole-de-Médecine, Paris VIe, ou à M. le comte Begouen, secrétaire général, 2 bis, rue Clémence-Isaure, Toulouse.
- Deuxième Salon des Appareils ménagers. — On n’a pas oublié le succès éclatant qu’obtint le premier Salon des Appareils ménagers, organisé l’année dernière par l’Office national des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions.
- Le 2e Salon se tiendra cette année du 21 octobre au 9 novembre 1924 dans les nouveaux halls du Champ de Mars, avenue de la Bourdonnais. Cette Exposition dépassera de beaucoup en importance et en intérêt la manifestation de l’an dernier; elle sera ouverte à toutes les machines à nettoyer, brosser, cirer, balayer, laver le linge ou la vaisselle, à tous les appareils de chauffage, d’éclairage, de cuisine, à tous les objets contribuant à l’agrément du foyer. Tous les appareils seront naturellement présentés en fonctionnement, permettant ainsi aux maîtresses de maison d’admirer une fois de plus l’ingéniosité qu’inventeurs et industriels déploient pour résoudre les raille problèmes de la vie domestique.
- Pour tous renseignements sur cette Exposition, s’adresser à l’Office national des Recherches et Inventions, 1, avenue Gallieni, à Bellevue.
- Exposition nationale et internationale de nouveautés ayant trait aux travaux de ménage urbain et rural. — Sous le patronage du Ministère de l’Agriculture et des Travaux publics de Belgique et avec le concours d’autres administrations publiques, la Commission nationale pour l’embellissement de la vie rurale et le Comité national des Fédérations des cercles des fermières organisent, à Laeken (Bruxelles), pour 1925,une exposition de nouveautés ayant pour but de réduire ou de faciliter les travaux du ménage urbain et rural, dans le but de montrer et de faire connaître les appareils et procédés nouveaux et des perfectionnements du matériel ménager actuellement en usage, fonctionnant sous les yeux du public, S’adresser à M. E. LaçrQis, Chaussée Romaine, n° 3oi, Laeken,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- Le gonfleur Flox. — Le gonfleur de pneumatiques est un des accessoires devenus indispensables à l’automobiliste moderne, en dépit des facilités qu’offrent les roues de secours pour le remplacement des bandages accidentés.
- La construction d’un gonfleur demande une grande ' expérience, étant donnée
- que le même appareil doit pouvoir être installé sur la plupart des types de châssis.
- Le gonfleur « Flox » se compose d’un cy-lindre compresseur avec son piston , sa bielle' et son vilebrequin. A l’extrémité de ce dernier est une roue d’engrenage montée sur une clavette longue,, à la manière d’un baladeur de changement de vitesse, et qu’une fourchette à levier permet de manoeuvrer.
- Les dimensions du bâti, celles du vilebrequin, celles de l’engrenage et celles de la fourchette, ont été déterminées pour que l’appareil puisse être monté sur la plupart des châssis.
- L’une des difficultés à vaincre dans l’établissement d’un gonfleur est d’assurer un graissage satisfaisant, tout en supprimant les moindres chances de voir l’air entraîner des particules d’huile. Dans le gonfleur « Flox » un reniflard maintient la pression atmosphérique à l’intérieur du carter ; l’orifice de remplissage d’huile forme en même temps trop-plein de telle façon qu’il soit impossible de dépasser le niveau-limite ; enfin, le piston lui-même est muni d’un segment empêchant toute remontée d’huile.
- L’appareil ne pèse guère qu’un kilogramme et demi; il est beaucoup moins encombrant qu’une pompe à main et il permet de venir à bôut, en moins de trois minutes, d’un pneu 8uoX 120 exigeant 3 kg de pression.
- Pierre Robin, i5, rue Saussier-Leroy, Paris (Seine), ag5, avenue Jean-Jaurès Lyon (Rhône).
- commande de l’engrenage baladeur et le reniflard.
- La housse de capote « Leno ». —< La housse de capote est un accessoire indispensable, mais il faut
- Fig. 2. — Housse détachée.
- avouer que ielle qu’elle a été comprise jusqu’à présent, ses qualités pratiques laissent fort à désirer.
- Elle consiste, en effet, en une espèce de sac, ou mieux de poche, et sa mise en place nécessite une assez forte dose de patience.
- De plus, lorsque la capote est en service, la housse ne -trouve guère de place que sous les pieds des voyageurs, son encombrement étant trop grand pour que l’on puisse la loger dans un coffre.
- Bien entendu, elle souffre d’être ainsi foulée aux pieds, et c’est dans un piteux état qu’elle se trouve prête
- à reprendre son service, si toutefois elle n’est pas égarée, ce qui peut arriver.
- La housse « Leno » conserve tous les avantages des housses ordinaires sans leurs inconvénients. En premier lieu, elle est fixée à demeure à la capote ; lorsque cette
- Pig. 3. Housse repliée et fixée avant de lever la capote.
- dernière est en service, la housse se replie et s’accroche au cerceau horizontal à l’aide de ses courroies d’attache. Ainsi placée, elle est complètement invisible et ne gêne en rien les occupants de la voiture.
- La capote est-elle repliée ? La housse est immédiatement prête à la recouvrir; et grâce à ses rabats latéraux, sa manœuvre est des plus faciles ; deux boutons à pression suffisent à la maintenir solidement de chaque côté de la capote.
- La housse « Leno » élimine tous les risques de perte et de détérioration qui sont l’apanage des housses ordinaires.
- La housse « Leno » a 3i, rue Caumartin, Paris.
- Fig — La housse repliée t cuis la capote levée est invisible.
- été inventée par M. Boillot,
- *i> Objets- utiles
- Machine à glace Frigoria. — Le problème de la machine frigorifique domestique n’a pas encore reçu de solution entièrement satisfaisante. Une machine domestique doit être peu encombrante, d’un fonctionnement sûr et simple, ne présentant aucun danger, elle doit être toujours prête à fonctionner; en outre, son prix d’achat doit être modique, et le prix de revient de la glace fabriquée ne doit pas être supérieur au prix d’achat dans le commerce.
- Voilà des conditions bien difficiles à réaliser à la fois.
- En fait, aucune petite machine ne les réunit toutes, et il faut se contenter de solutions approchées, donnant satisfaction dans des cas particuliers.
- Ainsi, il est bien certain que dans une grande ville où la glace, fabriquée dans de grandes usines, est une denrée courante, il est inutile de chercher à la produire chez soi, une bonne glacière suffira; mais dans une habitation isolée, à la campagne par exemple, loin d’un grand centre, il n’en est plus de même, et cependant, bien souvent, il faùt absolument se procurer de la glace, pour soigner un malade par exemple.
- Fig. 5. —Machine à glace « Frigoria »
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- La machine Frigoria permet, alors, de résoudre le problème simplement, sans appareils compliqués; elle procure facilement une petite quantité de glace, suffisant pour les besoins de la cuisine ou pour les soins d’un malade.
- Cette-machine fonctionne sur le principe des mélanges réfrigérants; le froid y est produit par la dissolution dans l’eau du nitrate d’ammoniaque, sel peu coûteux, inoffensif, et qui, après usage, peut se régénérer aisément par évaporation.
- La machine consiste en un simple récipient, contenant les mouleaux qui renferment l’eau à congeler; ces mouleaux ont la forme de briquettes de 2 cm d’épaisseur; on verse dans ce récipient le nitrate et la quantité d’eau nécessaires (i/3 d’eau, i/3 de nitrate); on place les mouleaux, et au moyen d’un batteur à manivelle on
- agite la masse réfiigérante pour réaliser l’union intime de l’eau et du sel.
- Si r on veut faire de la crème glacée ou des sorbets, la manœuvre est la même, mais on remplace les mouleaux à glace par des moules appropriés.
- Le plus petit modèle de machine Frigoria produit 600 gr. de glace en i5 minutes, une bombe glacée en 5o minutes, il emploie pour cela 3 kg de nitrate et 3 litres d’eau.
- Un modèle plus grand produit 1 kg 600 de glace en i5 minutes ou 2 bombes glacées en 5o minutes et emploie 6 kg de nitrate et 6 litres d’eau.
- Ajoutons qu’une charge de nitrate de 3 kg coûte 5 fr. 5o, que la première machine vaut i35 francs, la seconde 200 francs et l’on aura une idée assez nette du prix de revient de la glace ainsi produite.
- On peut, nous l’avons dit, récupérer le nitrate; il suffit pour cela de faire évaporer la dissolution qui a achevé son rôle réfrigérant; une simple évaporation à feu nu dans une bassine émaillée suffît, mais il faut se garder de procéder à cette opération dans une cuisine mal ventilée, par exemple, car les vapeurs de nitrate
- d’ammoniaque sont désagréables et détériorent la batterie de cuisine.
- Il est préférable de pratiquer l’évaporation en 'plein air, au soleil par exemple dans les pays chauds. La récupération est alors gratuite.
- Cette petite machine, fort simple, peut rendre de signalés services, dans certains cas particuliers, surtout à la campagne ou aux colonies.
- Constructeur : Omnium Frigorifique, 35, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Un appareil mécanique à brosser et à cirer les parquets. Le Parkett. — L’entretien des parquets est aujourd’hui un gros souci pour toutes les maîtresses de maison.
- C’est une besogne indispensable à l’hygiène et à l'élégance du home; mais c’est un travail pénible, qu’il est difficile d’exécuter soi-même, plus difficile encore de faire exécuter par autrui, en ces temps de crise de main-d’œuvre.
- Le recours à la machine s’impose.
- Les inventeurs se sont mis à l’œuvre ; les réalisations, cependant, paraissent dans ce domaine spécial avoir été un peu lentes.
- Alors que l’on peut citer de nombreux modèles de machines à laver, par exemple, et d’aspirateurs de poussières, les modèles de machines à faire les parquets restent assez rares ; au dernier Salon des Appareils ménagers on ne voyait encore que trois de ces appareils.
- En voici un nouveau, qui paraît conçu d’une façon très pratique, pour fournir un excellent travail.
- Le Parkett se compose essentiellement d’un châssis recouvert d’un capot qui supporte tous les organes; un manche permet de le diriger.
- Un moteur électrique actionne, par l’intermédiaire de 2 courroies, un jeu de brosses cylindriques, garnies soit de fils d’acier pour Je passage de la paille de fer, soit de tampico pour la pose de la cire.
- Les brosses en fils d’acier jouent le rôle de la paille de fer du frotteur au pied.
- Les brosses tampico, placées à l’avant du châssis, tournent à grande vitesse en effleurant des pains de cire sèche; elles en détachent des particules qu’elles déposent ensuite sur le parquet en couche mince, régulière, et parfaitement brillante.
- Un bouton moleté permet le réglage de la pression des pains de cire sèche sur les brosses.
- Ce mode de fonctionnement est particulièrement heureux, parce qu’il supprime l’emploi de l’encaustique, dont le maniement est toujours délicat, sinon dangereux et dont l’application est difficile et lente, puisqu’il faut laisser sécher, avant de faire briller.
- La cire sèche se répartit d’une façon rigoureusement égale sur ,toute la surface du parquet, et l’appareil l’étend en couche mince et parfaitement brillante.
- Le dépôt de cire brillante sur le parquet est naturellement d’autant plus abondant que la pression des pains sur les brosses est plus forte.
- Lorsque, après un certain temps de travail, les brosses sont suffisamment imprégnées de cire, on peut, à l’aide du bouton moleté, en éloigner les pains.
- D’autre part, une vis à tête moletée, placée à l’arrière du châssis, permet le réglage de la pression des brosses sur le parquet.
- La pose des pains de cire et le changement des brosses s’effectuent très simplement.
- L’appareil roule sur des manchons feutrés qui ne laissent aucune trace sur le parquet.
- L’ensemble constitue une petite machine très maniable, d une grande simplicité de construction et dont le poids ne dépasse pas 10 kilogrammes.
- L’appareil est construit parles Etablissements A. R. C., 18, rue de Strasbourg, Grenoble.
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- HYGIENE ET SANTE
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- LE TABAC ET LA SANTÉ
- Ils sont nombreux ceux qui aiment à fumer et qui, sachant que le tabac n’est pas une chose absolument inoffensive, surtout pour ceux dont la santé n’est pas parfaite, voudraient trouver un système leur permettant de satisfaire leur goût sans cependant se faire de mal. Quel est donc le moyen le plus hygiénique de fumer ? C’est une question à laquelle certains travaux récents permettent de répondre avec une précision qu’on ne connaissait pas jusqu’ici. Ainsi Heinz j1) a montré qu’une cigarette contenant 25 centigrammes de nicotine donne une fumée qui, elle, contient 4 centigr. d’alcaloïde, dont 7 milligr. sont résorbés par les voies respiratoires quand on rejette la fumée sans la faire descendre dans les bronches, sans « l’avaler » selon l’expression communément employée et d’ailleurs physiologiquement tout à fait erronée, manière de faire qui, naturellement, augmente la quantité de nicotine absorbée. Cette quantité peut être alors portée à 35 milligr.
- D’autre part, la nicotine est une substance volatile, mais qui cependant est détruite par une température un peu trop élevée.
- Quand le tabac est humide, quand la carotte traditionnelle empêche de sécher l’herbe à Nicot, la zone incandescente de la cigarette atteint une température peu élevée ; au lieu de brûler franchement, elle char-bonne et, en quelque mesure, distille la nicotine avec les ménagements d’un chimiste qui voudrait retirer la plus grande proportion possible d’alcaloïde d’un échantillon donné.
- 1 Heia’z, Ueber die Giftigkeit des Tabakrauclies, insbe-sondere des Zigarettenrauches. Deutsche Med. Wochenschrift, n° 10, 1923.
- La quantité de nicotine absorbée par la muqueuse de la bouche et du nez peut être alors doublée.
- Tout au contraire, la cigarette dont le tabac sec est relativement peu serré et en contact étroit avec l’oxygène de l’air donnerait la quantité de nicotine la plus faible parce que sa zone incandescente sera à une température assez élevée pour détruire une forte proportion du poison.
- L’espèce de tabac semble avoir moins d’importance au point de vue nicotine. En fait, nous ignorons encore quelles sont exactement les différences qui séparent, au point de vue physiologique, les tabacs bruns et âcres des tabacs blonds et doux qu’affectionnent les dames.
- Rappelons encore que déjà, depuis longtemps, on a constaté que de longs fume-cigarettes dépouillent la fumée d’une partie de sa nicotine surtout si on a soin d’interposer sur le parcours de la fumée une boulette d’ouale. Cette boulette d’ouate aura des effets encore plus marqués si, comme cette ouate jaune que vendent les pharmaciens pour arrêter les saignements de nez, elle est imbibée de perchlorure de fer qui fixe et détruit la nicotine.
- Nous avons donc d’excellents moyens de rendre la fumée moins nocive. Mais il reste à savoir si la fumée rendue artificiellement inoffensive a, sur les cellules nerveuses, les effets excitants que possède indiscutablement le tabac fumé par les procédés courants et qui sont recherchés des fumeurs. C’est là une question que les physiologistes n’ont pas encore abordée sans doute parce qu’elle est un peu compliquée à étudier, mais sur laquelle les amateurs seraient heureux d’être renseignés.
- Dr P.-E. M.
- BOITE AUX LETTRES
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- AY JS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de Lu Nntllî*© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt-general et accompagnées dune bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. Schefer, à Dinard. — i° Le procédé de ravivage des épreuves auquel vous faites allusion est sans doute celui appliqué dans le renforcement qui consiste à les plonger dane une solution composée de : Bichlorure de mercure. ... 2 gr. 5
- Bromure de potassium. ... 10 gr.
- Eau distillée.................. 100 cm3
- L’épreuve ne tarde pas à blanchir, lorsque l’on s’aperçoit en la regardant à l’envers que la couche blanche a gagné le dos; on la sort du bain et la lave soigneusement.
- On la plonge alors dans l’une des solutions suivantes :
- A. Eau distillée...................100 cm3
- Ammoniaque liquide .... 10 —
- B. Eau distillée, i............... 100 —
- Sulfite de soude................. 20 gr.
- L’épreuve renoircit alors dans ces solutions et on arrête l’action du bain lorsque - l’intensité voulue est atteinte, il ne reste plus qu’à laver.
- 20 La poudre de Vincent employée pour le pansement
- des plaies est composée de :
- Hypochlorite de chaux récent . . 10 gr.
- Acide borique ......... 90 gr.
- Ce mélange doit être conservé dans des flacons bien bouchés, il possède des propriétés antiseptiques remarquables et n’est, paraît-il, aucunement nocif pour l’organisme ni pour ses cellules.
- 3° Les huiles de résine et le white spirit sont les adultérants les plus employés de l’essence de térébenthine. L’analyse est fort délicate et les conclusions se déduisent des indices de réfraction, d’iode, de-brome, de phénol et autres déterminations comportant l’emploi de méthodes diverses et nombreuses que nous ne pou-
- vons reproduire, mais que vous trouverez en détail dans l'ouvrage Les vernis, par Coffignier, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- R. K., Paris. — Très probablement le produit employé pour éviter la dessiccation de vos couleurs dans Veau est de la glycérine. Quant aux couleurs à -l'huile, le seul moyen d’en relarder le durcissement est d’éviter le contact de l’air, en tenant les tubes bien fermés.
- M. Ferry, à Paris. — Les résidus de distillation du cidre sont surtout constitués par des matières albuminoïdes, par puti'éfaction les albumines se décomposent et le soufre se trouve libéré sous forme de composés complexes malodorants. Nous pensons que vous obtiendrez un bon résultat par une addition de sulfate de cuivre, mais bien entendu aucun emploi pour la consommation ne devra plus être envisagé.
- M. Stœcklin, à Amiens. — Les colles et gélatines sont blanchies soit par oxydation, soit par réduction, ce blanchiment porte habituellement sur la matière première et non le produit final. Dans le premier cas on emploie environ 5oo gr. de chlorure de chaux par quintal de produit traité, agissant pendant une ou deux heures, traitement suivi d’un rinçage à l’acide chlorhydrique dilué. Dans le second cas on utilise une solution d’acide sulfureux de densité i.o35 à raison de 20 kg par 100 kg étendus d’une quantité d’eau convenable ; on laisse en contact 24 heures et rince soigneusement. Ce traitement est quelquefois renouvelé. Nous n’avons pas connaissance qu’un ouvrage spécial ait été publié sur cette question du blanchiment des colles.
- M. Svanstrom, à Stockholm. — i" Le rôle de chacun des constituants de la teinture capillaire dont vous parlez est le suivant : les feuilles d’indigotier cèdent leur matière colorante bleue qui est l’indigotine, l’acide pyrogallique en s’oxydant à l’air fournit une matière colorante brune, enfin l’acide citrique agit comme conservateur en retardant l’oxydation de l’acide pyrogallique; — 2° Les livres dont vous donnez les titres sont d’éditions déjà anciennes, vous ne les trouverez que dans les librairies de bibliophiles, par exemple chez
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- Bosse, 16, rue de l’Ancienne-Comédie, à Paris, qui fournit des ouvrages de toutes les époques ; voyez également. chez Flammarion et Vaillant, 4> rue Rotrou, Paris VIe; le Bouquiniste lutécien, 14, boulevard Magenta; J. Meynial, 3o, boulevard Haussmann; le Bibliophile français, 6a, rue des Ecoles; — 3° La maison Pelliot, 24, place des Vosges, vous fournira des feuilles de henné, à’indigotier et de noyer par toutes quantités.
- M. Massias, à Saint-Beat. — Veuillez vous adresser de notre part à M. Coffignier, ingénieur-conseil, Grande-Rue, à Présle (Seine-et-Oise), qui s’est particulièrement spécialisé cjans l'étude des gommes et produits concernant la fabrication des vernis : sa grande compétence sera le meilleur guide que vous puissiez trouver.
- M. Pierre, à Paris. — L’article que nous avons publié dans le n° 2610 du 12 avril dernier, page 117 des Variétés, vous donnera tous renseignements sur les produits que l’on peut tirer de la distillation du bois; comme les données qu’il contient sont générales, vous pourrez vous rendre compte que les débouchés qui s’offrent à cette industrie sont très importants et qu’après avoir satisfait à la consommation intérieure pour les goudrons, le méthylène, les phénols pharmaceutiques, nous pouvons envisager une exportation en Angleterre, Espagne, Belgique, Italie, etc. Comme ouvrage traitant cette question d’une façon suffisamment étendue, nous pouvons vous indiquer Le Bois, par Billon, éditeur Albin Michel, rue Huyghens; L'industrie chimique du bois, impartie; Distillation des bois, par Dumeny et Noyer, éditeur Gauthier-Villars, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Charbon de bois et noir de fumée, par Urbain et Meunier, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- M. Potier, à Xirocourt. — Si fa matière plastique à réparer est bien à base de caséine, la meilleure colle à employer doit être également à la caséine. Prendre :
- Caséine en poudre .... 200 gr.
- Eau froide................ . 1000 cm3
- Alcali volatil................... 4° —
- Délayer la caséine dans l’eau, puis y ajouter peu à peu l’alcali, la caséine d’abord en suspension se dissout bientôt en formant un liquide visqueux que l’on emploie directement sous cette forme pour recoller les fragments que l’on maintient bien serrés jusqu’à dessiccation.
- A défaut de caséine sèche en poudre, on peut se servir de fromage blanc auquel on ajoute l’alcali, sans addition d'eau.
- M. H. de P. Le Lupin, Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). — i° Le procédé pour détruire les souches d’arbres, auquel vous faites allusion, est le suivant ; Percer un trou d’environ 38 mm de diamètre et de à 100 mm de profondeur, dans chaque souche, au cours de l’été, alors que les souches sont bien sèches. Verser, dans chaque trou, trois grandes cuillerées de salpêtre et boucher le trou avec des déchets de bois et de la terre. L’été suivant déboucher le trou, le remplir de pétrole et mettre le feu.
- La souche ainsi enflammée brûle assez rapidement à l’air, puis lentement mais sûrement dans le sol et jusqu à combustion complète de toutes les racines, car le salpêtre durant l’année qui s’écoule entre son introduction dans la souche et le moment où il est enflammé, a pénétré complètement dans tout le bois et, en l’imprégnant, l’a transformé en une véritable composition à combustion lente.
- Ce procédé est employé couramment aux Etats-Unis, et toujours avec réussite complète.
- 20 Pour la tondeuse à gazon, voyez à l’adresse suivante : E.-A. Michon et Cie, Paris, 46» rue de la Bienfaisance (8°). Pour adresse de tondeuse automobile, demandez renseignements à la Station ' d’Essais de machines, Paris, 2, avenue de Saint-Mandé (12e). Joindre timbre pour la réponse.
- M. Ernest Nottin, La Fosse-Jàrry (Seine-et-Marne). — Le procédé d’enlèvement du sol des culées de peupliers afcaWwsn’apasété décrit dans notre revue ; les recherches faites n’ont donné aucun résultat.-
- Pour être renseigné sur cette question relevant du génie rural (mécanique agricole), vous pourriez vous adresser à la Direction de la Station d’Essais de machines (Paris, 2, avenue de Saint-Mandé, 12e). Joindre timbre pour la réponse.
- M. Bournet-Aubertot, rue François Ior, Paris. — i° Il conviendrait de rechercher d’abord la ou les causes de la pullulation des mouches dans le vieux grenier, d’où
- elles se répandent dans les diverses pièces de l’habitation. Assurer une énergique ventilation. Badigeonner les murs et solives à l’alun en solution avec un lait de chaux. Disposer dans les chambres des assiettes contenant du formol. Employer les papiers iue-mouches que l’on prépare de la manière suivante : Faire macérer, pendant dix heures, a5o gr. de quassia amara en copeaux dans 1 litre d’eau ; ajouter 25 gr. de mélasse. Faire évaporer ensuite le liquide jusqu’à réduction d’un quart du volume primitif ; verser une petite quantité de ce liquide dans une assiette dont le fond est garni par un papier buvard ; diviser ensuite ce papier en bandelettes et répartir celles-ci aux endroits fréquentés par les mouches.
- On peut aussi préparer une glu pour servir d’enduit à étendre sur du papier. Yoici une formule : Huile de ricin, 5 parties; résine, 8 parties. Mélanger bien intimement ces deux substances, en faisant chauffer jusqu’à ébullition. Imprégner le papier qui, étant très gluant, retient infailliblement et fait périr toutes les mouches qui s’y posent.
- Yoici l’adresse d’un piège « L’universel tue-mouches », Etablissements Leune, Paris, 28, rue du Cardinal-Lemoine (5e).
- 20 Pour détruire les essaims d’abeilles réfugiés au faite d'une cheminée d’accès difficile sans échafaudage, il n’y a que le procédé consistant à produire des vapeurs asphyxiantes. Renouveler l’emploi des vapeurs sulfureuses. Si ce procédé reste sans résultat, essayer la destruction à l’aide de la chloropicrine. Avoir soin de boucher l’orifice par une planche : renouveler l’opération si l’asphyxie n’est pas complète.
- M. G. L., à Sierck. — Un de nos lecteurs, M. E. H., de Chartres, nous écrit : « Le Polygonum sacchalinense peut, en toute assurance, être donné aux animaux, mes lapins s'en accommodent très bien.
- « Cette plante atteint, en l’espace d’un mois, 2 à 1 ni, de hauteur, elle est très rustique et décorative et très envahissante, sa tige est creuse.
- « La Berce de Perse, dont les feuilles peuvent atteindre 2 m. 5o de long (ressemble à la Rhubarbe) est également très commestible pour les animaux, principalement pour les vaches, à qui elle donne beaucoup de lait.
- « Cette plante se reproduit très facilement, elle est très décorative et se reproduit seule, dans le genre des Polygonum; mais par graines, la fleur, énorme, ressemble à celle des carottes. »
- G. M. i-63. — i° La question que vous posez ne peut donner lieu qu’à une simple hypothèse. Pour y répondre affirmativement, il faudrait s’appuyer sur des faits dûment constatés. Or, jusqu’à présent, nous n’avons pas été à même de constater la destruction d’oiseaux insectivores empoisonnés consécutivement à l’absorption de chenilles atteintes par les traitements aux bouillies arsenicales ou nicotinées, appliqués aux arbres fruitiers. L’inconvénient eût été signalé, croyons-nous, ces traitements étant préconisés et en usage depuis très longtemps.
- En tout cas, pour détruire les chenilles fileuses, telle que VHyponomeute, on peut très bien substituer aux bouillies arsenicales ou nicotinées un liquide ainsi composé : gomme de pin, r kg 5oo, soude caustique non carbonatée, o kg 200, dissous dans 1 litre d’alcool à brûler, ou à chaud dans 5 à 6 litres d’eau. Filtrer la dissolution ainsi obtenue, y ajouter 1 litre d’ammoniaque à 220, et pour donner plus d’efficacité au produit, 100 gr. de verdet ou acétate de cuivre ; pour l’emploi, compléter à 100 litres avec de l’eau.
- Cet insecticide donnera de bous résultats, surtout si l’on a soin, avant le traitement, de déchirer les toiles avec un balai de bouleau emmanché au bout d une perche.
- 2° L’odeur dégagée par la nicotine peut éloigner les oiseaux. En pareil cas, il -serait indiqué de ramasser les chenilles mortes qui se trouvent sur le sol, et, pour plus de prudence, éloigner les volailles du voisinage des arbres traités.
- La plupart des oiseaux insectivores recherchant les proies vivantes, il est à présumer qu’ils délaissent, instinctivement, les chenille b ayant succombé sous l’action des traitements insecticides.
- M-, Ferry, rue Yiolet, Paris. — Les résidus, à l’état liquide, qui proviennent de la distillation du cidre, ne
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- peuvent être utilisés que comme engrais. Nous n’en connaissons pas la composition, et nous croyons que l’on n’aurait guère d’autre ressource que de les diriger sur les terres, dans le voisinage de la distillerie, comme cela se fait pour l’utilisation des écumes de défécation et des vinasses de distillerie de betteraves ou de matières amylacées. Tout traitement, si économique qu’il soit, nous paraîtrait encore trop coûteux en regard du peu de valeur de ces résidus.
- On utilise parfois les résidus de cette nature en les incorporant aux composts formés de terre, de détritus de toutes sortes et de chaux. On a ainsi un engrais organique assez riche.
- Pour être fixé très exactement sur la valeur réelle de ces résidus, sur le parti que vous pourriez en tirer et, s’il y avait lieu, la façon de les traiter, vous pouvez consulter M. Warcollier, directeur de la Station porno-logique du Calvados, à Caen, rue de Geôle.
- M. Ch. Renard, à Rouen. — Nous vous remercions de votre intéressante note sur vos observations du rayon vert. Nous la communiquons à la Société astronomique de France, qui la publiera dans sa revue L'Astronomie. Elle serait un peu longue et un peu spéciale pour être donnée ici même. Par contre, nous publierons, d’ici quelque temps, une étude d’ensemble sur le rayon vert, et vous y verrez l’explication de tous les phénomènes que vous avez observés.
- M. Fallé, à Wanze. — La non-réussite de vos couvées ne peut être expliquée sans connaître exactement la façon dont est conduite l’incubation avec votre couveuse artificielle à eau chaude. L’extrême réduction du pourcentage des éclosions que vous avez obtenues peut tenir à une ou plusieurs causes que nous ne pouvons déterminer a priori. Il est exact que, par les temps orageux, on constate souvent la non-réussite des couvées, mais pour se prononcer sur le cas que vous nous soumettez, il faudrait avoir la certitude que les œufs ont pu être influencés par l’électricité atmosphérique. Un œuf pour arriver à éclosion doit réunir les conditions suivantes : i° Avoir été fécondé par voie de copulation; a0 être soumis à l’influence prolongée d’une source de chaleur ; 3° se trouver en contact intime avec l’oxygène de l’air; 4° être plongé dans une atmosphère renfermant une certaine quantité de vapeur d’eau.
- La température nécessaire pour obtenir l’éclosion des œufs varie entre 37° et 4o° centigrades. L’âge de l’œuf, à partir du moment où il a été pondu, ne doit pas excéder dix jours. Dans tout incubateur, le renouvellement de l’air à l’intérieur de la chambre à œufs doit être constant, afin d’éliminer l’acide carbonique. Opérer dans un local sec, à température constante, facile à aérer, se conformer aux règles indiquées par le fabricant pour la conduite de l’appareil. Entre le 12e et le i4° jour de l’incubation, il se produit dans l’incubateur une élévation assez sensible de température, laquelle est due non pas au fonctionnement de l’appareil, mais aux combustions plus intenses qui accompagnent dans les œufs la formation de l’allantoïde. Pendant cette période critique, il faut suivre de très près les indications du thermomètre pour graduer le chauffage, de manière que la température ne dépasse pas le point favorable. Régler , aussi l’aération et l’humidité dans l’incubateur. Lors des manipulations et du retournement des œufs, avoir soin de ne pas les placer dans des conditions de température et d’humidité trop différentes de celles de l'incubateur. Choisir des œufs à texture poreuse, rugueuse et non unie; cet état de la coquille favorise la respiration et la formation de l’embryon, en outre, le bec du poussin peut briser plus facilement la coquille.
- M. L., à Fontliasmes (Vienne). — Il n’existe pas, du moins à notre connaissance, d’ouvrage spécialement consacré à la culture et à l’utilisation de l’ortie urti-cante. Quelques études, de peu d’importance, se trouvent éparses dans des journaux agricoles. Nous ne possédons pas d’indications bibliographiques sur cette question. Voyez à la Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob (6°).
- La question étant très spéciale et le travail de l’ortie, soit comme textile, soit comme matière première pour la fabrication de la pâte à papier, se rapportant à des utilisations industrielles encore peu connues en France, nous ne connaissons pas d’industriel susceptible de se rendre acquéreur du produit de la culture dont il s’agit. Par contre, l’Allemagne est assez avancée, paraît-il,
- dans la culture et les utilisations industrielles de l’ortie. Vous seriez renseigné sur ce point, croyons-nous, en vous adressant à M. Maupas par l’intermédiaire de la Librairie agricole précitée. D’autre part, vous pourriez vous adresser à la Direction des Services agricoles de la Vienne, à Poitiers.
- M. Fallé, à Wanze. — La déviation de la lumière par le soleil a été prévue d’abord par Newton, qui admettait que la lumière avait pour origine l’émission de particules matérielles. La théorie de l’émission a été renversée et remplacée par celle des ondulations au début du xix® siècle, à la suite des travaux de Young, Fresnel, et des mesures de Foucault sur la vitesse de la lumière dans l’air et dans l’eau. Einstein, en partant de considérations abstraites, a prévu, à son tour, la déviation de la lumière dans un champ de gravitation, et les mesures faites en 1919 et 1922 ont semblé confirmer, ou tout au moins, n’ont pas infirmé la formule qu’il avait déduite de sa théorie, pour prévoir le phénomène. Mais les théories d’Einstein ne permettent de rien conclure sur la nature intime de la lumière. La formule d’Einstein que l’expérience semble avoir vérifiée, dans les conditions que nous venons de rappeler, est, du reste, différente de celle qu’avait donnée Newton, en partant de l’hypothèse de l’émission. D’autre part, les résultats expérimentaux qui sont groupés aujourd’hui sous le nom de théorie des quanta ne s’accordent guère avec l’hypothèse des ondulations, et conduisent à une sorte de théorie de l’émission un peu rajeunie ; par contre les phénomènes d’interférences n’ont pas encore été expliqués par la théorie des quanta. Ainsi aucune des théories envisagées n’explique actuellement d’une façon satisfaisante l’ensemble des phénomènes lumineux.
- 2° Les procédés pour déposer un oxyde alcalino-terreux ou de thorium sur un filament de tungstène de lampe audion n’ont pas été jusqu’ici divulgués. C’est en pratique une opération fort délicate ; de très nombreux brevets ont été pris sur cette question. Mais il nous est impossible de dire ceux qui ont été appliqués avec succès.
- O. V. H., Paraguay. — Votre formule pour évaluer la pression exercée par un courant d’eau horizontal de vitesse V sur un plan normal est exacte; la formule donnée par M. Fichot est également exacte ; la différence tient à ce qu’il ne s’agit pas des mêmes grandeurs ; M. Fichot n’évalue pas la pression, mais l’énergie qui peut être empruntée en 1 seconde à un courant d’eau de vitesse V, autrement dit le travail qui peut être effectué par ce courant : Ce travail est par définition le produit de la force par le déplacement de son point d’application (quand le déplacement est parallèle à la force, ce qui est le cas ici). La force, dans votre cas, est le produit F. S. de la pression F par la section S de la veine; si l est le déplacement en une seconde, le travail est F. S. Z; or SI est bien le volume de l’eau qui passe en une seconde à travers la section considérée ;
- V2
- et le travail a finalement pour expression ~XP*
- P étant le poids de l’eau qui traverse en une seconde la section en question.
- M. Pelissin. — i° Veuillez vous reporter pour le perçage• du verre aux renseignements donnés à M. Gianola de Thonon, n° 2617 du 3i mai 1924, p. 174 de la Boîte aux Lettres. 20 D’après les renseignements qui nous ont été fournis, la différence entre ces deux papiers photographiques tient à la maturation de l’émulsion.
- T. S. P. — M. Guy Montier, à Rouen (Seine-Inférieure). — Nous ne connaissons pas l’adresse que vous nous demandez, vous pouvez vous adresser à la rédaction du Q. S. T. Français, 24, rue'Caumartin, Paris.
- M. le commandant de Ceuninck, armée belge. —Vous pouvez trouver dans la Pratique Radioélectrique une étude des qualités comparées du dispositif superrégénérateur et des dispositifs de réception à changement de fréquence. Les appareils à super-réaction permettent d’obtenir, même sur cadre, des réceptions des radio-concerts sur ondes courtes à des distances considérables. Mais ils sont toujours d’une manœuvre assez délicate, et surtout demandent une assez grande expérience de la part de l’opérateur pour l’élimination de tous sifflements gênants en radiotéléphonie. Par contre, leur construction est relativement simple et ils ne comportent qu’un nombre restreint d’éléments de montage.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- L'Atlantide a-t-elle existé? par l’abbé Th. Moreux. i vol. 96 p avec cartes et fig. G. Doin, Paris, 1924. Prix : 3 francs.
- L’Atlantide a-t-elle existé ? et si oui, où était cette terre-disparue aujourd’hui?
- L’histoire des Atlantes se perd dans la nuit des temps et si le divin Platon n’en avait pas fait mention dans ses écrits, peut-être en eussions-nôüs toujours ignoré l’existence. Malheureusement le récit du philosophe grec nôus est parvenu fort incomplet et voilà pourquoi lés curieux des grandes étapes de la Nature s’adressent aux savants pour les satisfaire. Peut-on, à
- - l’aide de données platoniciennes, jointes à celles que nous fournissent la géologie, la paléontologie, l’océanographie, arriver à établir l'endroit où était l’Atlantide; peut-on fixer l’époque du cataclysme qui l’a ( détruite et qui, en une nuit, a fait disparaître la race ! orgueilleuse des Atlantes ?
- Telles sont les questions que se pose l’abbé Moreux.
- Après une discussion dés plus attachantes, l’auteur conclut en affirmant que l’Atlantide a bien existé à l’aube des temps quaternaires, là où Platon l’a située, c’est-à-dire dans la région des Açores.
- Manuel du coiffeur, par M. Spale. i vol, in-18, 383 p., 264 fig. Bibliothèque professionnelle. Baillière et fils, Paris. Prix cartonné : 14 francs.
- La Bibliothèque professionnelle s’occupe de tous les corps de métiers. Voici aujourd’hui le manuel du coiffeur qui enseigne l’art d’installer boutique, de coiffer les hommes et les femmes, de faire et de poser les postiches, de teindre les cheveux, voire de grimer les faces et de soigner les mains, sans compter le massage facial. Non seulement les apprentis, mais encore bien des clients y trouveront mainte recette utile.
- Toute la montagne, par Albert Dauzat. i vol. in-16, 3^4 p. Fasquelle, Paris, Prix : 7 fr. 5o.
- Nos lecteurs connaissent le beau talent d’Albert Dauzat, sa documentation précise, son souci de lier les faits géographiques, ethnographiques et sociaux. Ceux qui aiment vont visiter, veulent comprendre là montagne, liront son dernier livre. Les touristes y trouveront une documentation sérieuse; les artistes : les échos de leurs sensations et des vues Originales sur la peinture alpestre. Les lettrés goûteront les belles pages inspirées par les convulsions du relief, la vie des eaux, les caprices du ciel, les saisons et les heures, l’arbre, la fleur, l’insecte. Une analyse réaliste de l’âme du montagnard, enfin des considérations sur la philosophie de l’effort et des sports d’altitude complètent ce livre d’une lecture agréable ef d’une belle tenue littéraire qu’il faut lire pour comprendre mieux ce que l’on va voir en vacances.
- L’olivier et les produits de l’olivier, par J. Bonnet i vol. in-16, 342 p., 83 fig., J.-B. Baillière et fils, Paris. Prix : 11 francs.
- L’auteur traite de l’olivier, de sa culture, de sa multiplication, de ses variétés, de ses maladies ; de la fabrication rationnelle de l’huile d’olive, de sa conservation, des sous-produits de l’olivier, de l’épuisement des grignons, et accessoirement de l’huile de pépins de raisins, des conserves d’olives, des moulins à huile coopératifs, avec beaucoup de compétence et d’expérience. '
- Il apprend ainsi tout ce qu’il faut savoir pratiquement pour l’exploitation des oliveraies. i
- Buffon et la description de la nature, par Louis Roule. 1 vol. in-16, 248 p. Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 5on
- Ce volume est le premier d’une série que l’auteur publiera successivement sur l’histoire de la nature vivante d’après l’œuvre des grands naturalistes français du xvnie siècle et du début du xixe, qui ont fondé l’histoire naturelle moderne. La pensée française a trouvé en eux, dans ce domaine, son expression complète, et les naturalistes actuels du monde entier
- sont leurs disciples. Aussi méritent-ils, aujourd’hui encore, de servir de guide et de conseil.
- Buffon figure en tête de cette pléiade; il fut le premier en date, et le plus puissant. D’habitude, on le considère comme un maître écrivain qui a su peindre par des phrases la Nature et la Vie. Le véritable Buffon est avant tout un homme de science, attaché avec passion à l’étude de la Nature; il n’a décrit celle-ci qu’après l’avoir longuement et patiemment observée.
- Ce livre, consacré à Buffon, traite de sa vie personnelle, de son entourage, des milieux de son temps, de son œuvre scientifique et de son œuvre administrative, car il fut Intendant du Jardin des Plantes, et rendit possible la fondation du Muséum. La dernière partie, reprenant sa pensée profonde et son sentiment quand il décrivait la Nature, lui restitue la paternité des idées modernes sur l’évolution prolongée des êtres dans le tempsr et celle des notions que la science discute et développe de nos jours. Les lecteurs de tout ordre, de tout âge, liront avec plaisir et intérêt ce volume, écrit clairement et simplement sans termes techniques rébarbatifs.
- La force motrice animale à travers les âges, par le Commandant Lefebvre des Noettes. i vol. in-8, 138 p , 217 fig. en 80 pl. Berger-Levrault, Paris. Prix : 20 francs.
- L attelage des animaux est le plus ancien des moteurs ; il a seul secondé l’homme pour les transports sur terre des origines de l’histoire au xixe siècle ; aujourd hui encore, le travail des chevaux et des bœufs du monde entier surpasse de beaucoup celui des machines. Or, l’histoire de ses progrès était encore à écrire. Le commandant Lefebvre des Noëttes rassemblant une vaste bibliographie, compulsant les textes anciens, groupant les documents figurés, répétant diverses expériences d’attelage, vient d’établir son évolution. Il soutient que la & force motrice animale était mal utilisée dans l’antiquité, que la traction différait alors, non seulement par son aspect, mais par ses principes, ses organes, son rendement qui était très faible* Ce n’est qu’au x* siècle qu’une transformation se produisit, qu’apparut l’attelage moderne, perfectionné peu à peu jusqu’à nos jours.
- De nombreuses figures, reproductions d’œuvres d’art antiques et de photographies modernes de tous les pays illustrent cette intéressante histoire.
- Souvenirs entomologiques. Etudes sur l’instinct et les mœurs des insectes. Edition définitive illustrée. 10e série, par J.-H. Fabre, i vol. in-8, 429 p-, 16 pi. hors texte, nombreux dessins dans le texte. Dela-grave, Paris, Prix : 20 francs, relié 40 francs.
- Voici la fin ou presque —- puisqu’un onzième volume renfermera divers inédits — de la merveille. Tout est à lire et à relire dans les histoires qui se succèdent, celles du Minotaure Typhée, du Cione, de l’Ergate, du Cossus, de l’Onthophage taureau, du Hanneton des pins, du Charançon de l’iris des marais, du Carabe doré, de la Mouche bleue de la viande, jusqu’à la dernière, magnifique et douloureuse, de la rencontre avec Duruy, de la visite à l’empereur, du retour à l’Harmas.
- Fabre avait projeté une continuation de son œuvre. Le ver luisant, la chenille du chou qu’on lira ici sont les débuts d’ün nouveau livre qu’il n’eut pas la force de terminer!
- Le Japon d’aujourd’hui, par Albert Mhybon. i vol. in-16, 285 p. Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Enquête sur le mouvement des idées, sur les tentatives d’affranchissement intellectuel et social, faite par un Français qui connaît bien le Japon.
- Il nous fait connaître tous ceux qui l’instruisirent : hommes de lettres, philosophes, dramaturges, éducateurs, publicistes, femmes émancipées, acteurs, tout un monde bariolé et vivant.
- C’est l’image d’un Japon, inconnu en France, qul prépare les destinées fie fiemaip eu Extrême-OrioM.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N» 2625 6 Juillet 1924
- Le tour du monde en avion de l’escadrille américaine — Le 14 juillet, l’escadrille américaine qui tente en ce moment le tour du monde en avion est arrivée à Paris, et par un geste symbolique qui a vivement touché tous les cœurs français, elle a tenu, avant d atterrir sur 1 aerodrome du Bourget, à survoler l’Arc de Triomphe et à lancer des fleurs sur la tombe du Soldat Inconnu. Cette escadrille se compose de 3 appareils montés respectivement : le premier, par le lieutenant Lowell Smith, chef actuel de l’expédition, et le lieutenant Arnold, mécanicien; le second, par le lieutenant Nelson, pilote, et le lieutenant Harding mécanicien; le troisième, par le lieutenant Wade, pilote, et le sergent Ogden, mécanicien. A l’origine, elle comprenait un quatrième appareil, piloté par le major Martin, chef de l’expédition; mais celui-ci, après de dramatiques aventures dans l’Alaska, a dû renoncer à poursuivre sa route, son appareil ayant été entièrement détruit; une des conditions du raid est, en effet, qu il soit accompli avec le même avion, les changements de moteurs seuls sont autorisés.
- Voici les étapes successives de ce magnifique voyage :
- Le 17 mars : départ de Los Angeles sur la côte du Pacifique, arrivée à Sacramento.
- 24 mars : Sacramento, Eugène (Californie).
- 27 mars : Eugène, Seattle.
- 6 avril Seattle, Fort-Rupert.
- 9 avril : Fort-Rupert-Sitka (capitale de l’Alaska).
- i3 avril : Sitka-SeAvard, etape de 1100 km le long de la côte de l’Alaska.
- A ce moment commencent pour l’expédition les plus graves difficultés, créées par les tempêtes, les froids, les brouillards qui sont l’apanage de cette région nord du Pacifique. Le 16 avril, au cours de l’étape Seward-Chignick dans la péninsule d’Alaska, le major Martin se perd et le 19 avril l’expédition réduite à 3 avions quitte Chignick et atteint Dutch Harbor, dans l’île d’Akutan, située entre l’extrême pointe du Continent Américain et le chapelet des Iles Aléoutiennes.
- A Dutch Hirbor, l’escadrille reste immobilisée jusqu’au 3 mai par le mauvais temps; les navires de l’Etat, chargés de ravitailler èt d’escorter les aviateurs, au cours de leur traversée du Pacifique, connurent une période de navigation extrêmement dure et qui leur fait honneur.
- Enfin, le 3 mai, commence la grande épreuve, tentée pour la première fois : la traversée du Pacifique.
- 3 mai : Dutch-Harbor-Nazan (Iles Aléoutiennes), 5oo km.
- 9 mai : Nazan-Chicagofî (la dernière des Aléoutiennes), 85o km.; les aviateurs sont arrêtés par une tempête terrible.
- 16 et 17 mai : Chicagolï-Paramushiru (Iles Kouriles), après une courte escale à Ivomandorfski, île de Bering, territoire soviétique qui se montre peu hospitalier (étape de 1200 km) Les aviateurs se trouvent alors à la pointe méridionale du Kamchatka.
- 19 mai : Paramushiru-Yeretofu (Iles Staaten), 800 km.
- 22 mai : Yeretofu-Kasumigura (Japon), 1160 km.
- L’expédition stationne alors quelques jours et procède
- au changement de ses moteurs.
- Elle reprend l’air le 3o mai; désormais le voyage s’accomplit sans incidents sérieux :
- 3o mai : Kasumigura-Kushimoto (Japon).
- 2 juin : Kushimoto-Kagoshima (Japon).
- 4 juin : Kagoshima-Shangaï (Chine).
- 7 juin : Shanghaï-Amoy (Chine).
- 8 juin : Amoï-Hong-Kong (Chine).
- 10 juin : Hong-Kong-Haïphong (Chine).
- 14 juin : Haïphong-Tourane (Annam).
- 15 juin : Tourane-Saigon (Cochinchine).
- 18 juin : Saigon-Bangkok (Siam).
- 20 juin : Bangkok-Rangoon (Birmanie).
- 23 juin : Rangoon-DjettagODg (Indes).
- a5 juin : Djettagong-Calcutta' (Indes).
- i,r juillet : Calcutta-Allahabad (Indes).
- 2 juillet : Allahabad-Multan (Indes).
- 4 juillet : Multan-Karachi (Indes).
- 6 juillet : Karachi-Charbar (Perse).
- 7 juillet : Charbar-Bender-Abbas (Perse).
- 8 juillet : Bender-Abbas-Bagdad (Mésopotamie).
- 9 juillet : Bagdad-Alep (Syrie).
- 10 juillet : Alep-Constantinople (Turquie).
- 12 juillet : Constantinople-Bucarest (Roumanie).
- 13 juillet : Bucarest-Vienne (Autriche).
- 14 juillet : Vienne-Strasbourg-Paris.
- L’expédition a parcouru à ce jour 29580 km. Organisée spécialement pour l’étude des conditions et des possibilités des voyages aériens au long cours, elle a jusqu’ici admirablement rempli sa mission, et réussi en outre un exploit étonnant : la traversée du Pacifique.
- 11 lui reste une autre grande épreuve à affronter : la traversée de l’Atlantique, par une-route qui n’ekige pas d’étapes démesurées; c’est dire que le passage va être, tenté encore une fois aux voisinages des régions arctiques, par les Iles Fer-Oer, l’Islande, le Groenland et le Labrador.
- Le centenaire de Lord Kelvin. — L’Angleterre vient de fêter avec éclat le centenaire de la naissance de lox'd Kelvin, qui fut à la fois l’un des plus grands physiciens et l’un des plus grands inventeurs du xixc siècle. Lord Kelvin naquit sous le nom de William Thomson, le 21 juin 1824. à Belfast. Fils d’un professeur de mathématiques très distingué, il manifesta dès l’enfance une extraordinaire précocité; et à peine âgé de 20 ans, il se signalait déjà par des travaux originaux de mathématiques pures et de physique mathématique. En r845, il vient passer quelques mois à Paris et entre au Laboratoire de l’illustre Régnault, qui l’initie à l’art de l’expérimentation précisé. C’est au cours de ce séjour qu’il prit connaissance du célèbre mémoire de Sadi Carnot sur la puissance motrice du feu; il en comprit toute l’importance qui avait échappé à la plupart de ses contemporains, et l’une de ses grandes œuvres fut de le démontrer au public savant et d’en tirer les conséquences essentielles. En 1846, William Thomson prit possession de la chaire de philosophie naturelle à I Université de Glasgow et il y professa pendant 53 ans. Ce terme de philosophie naturelle, trop peu usité en France, résume d’une façon expressive l’immense domaine sur lequel se répandit l’ardente curiosité de W. Thomson.
- En 1851, William Thomson publie son traité sur la théorie dynamique de la chaleur, qui le range parmi les fondateurs de la thermodynamique; il y définit la température absolue, par une échelle indépendante de tout corps thermométrique ; ce traité est ensuite complété par des mémoires d’une importance capitale sur l’énergie. On doit en outre à William Thomson de nombreux travaux théoriques sur l’électricité, l’élasticité; sur la physique du globe et celle de l'Univers, sur les marées; on lui doit une ingénieuse machine à prédire les marées. Notons aussi qu’il eut le mérite de découvrir deux grands savants français au début de sa carrière : Sadi Carnot; beaucoup plus tard : Pierre Curie.
- Lord Kelvin fut aussi un grand inventeur : des études théoriques sur la propagation de l’électricité dans les câbles l’amenèrent à s’occuper des câbles sous-marins. C’était en 1855, cëux-ci étaient à leurs débuts et ne donnaient que des déboires; on peut dire que c’est à Lord Kelvin que revient l’honneur d’avoir créé la télégraphie sous-marine pratique; il créa les méthodes de mesures et d’essais, les appareils transmetteurs et récepteurs, notamment le siphon recorder, les appareils d’immersion du câble, etc. On doit encore à Lord Kelvin l’invention de nombreux appareils de mesures électriques, et celle de divers appareils de navigation, notamment un compas magnétique universellement employé dans la marine anglaise et très répandu dans tous les autres pays. Lord Kelvin est mort en 1907.
- Combustibles indochinois. — L’article paru dans le n° a568 de La Nature (25 jqin 1923) vient de valoir tardivement à son auteur (8 mai 1924) plusieurs observations et renseignements statistiques intéressants de la part de la direction des mines d’IIanoï.
- Une proportion de 85 pour 100 de menus à l’abatage est atteinte aux charbonnages de Dai-Danh et Dong-Dong. Pour les charbons de Hongay (plus de 8/ro de la production totale), la moyenne est de 57 pour 100.
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- INFORMATIONS
- Seuls les charbonnages de la chaîne nord du Dong-Trieu sont meilleurs, à ce sujet, avec une proportion de menus atteignant encore cependant 3o à 40 pour 100,
- Actuellement, il n’existe qu’une seule usine à briquettes à Hongay. Sa production, d’ailleurs, tombe de plus en plus : 136667 tonnes en 1914. 84090 t. en 1917, 46 298 t. en 1920, 29 5o5 t. en 1922. Mais d’autres usines à agglomérés sont en cours d’installation à Haïphong.
- Le petit bassin de Phan-mê se développe lentement : 16000 tonnes en 1919 (pour l’ensemble du bassin), 20000 t. en 1920, 32000 t. en 1921 et 37 000 t. en 1922.
- Voici, d’après les statistiques officielles du Service des Mines de l’Indochine, la production totale des charbons tonkinois pendant les 3 dernières années; et la part respective des mines de Hongay :
- Années. 1920 1921 1922
- Production totale. 700.000 t. 921.000 t. 989.000 t.
- Mines de Hongay. 55o.ooo t. 720.000 t. 760.000 t.
- La petite mine de Nong-Son, en Annam, n’est plus exploitée depuis fin 19.21.
- Le chiffre de 16 000 tonnes de lignite, indiqué pour la mine Alice en 1920, correspond en réalité à l’année 1919.
- Les mines en Yougo-Slavie. — La Yougo-Slavie est un pays d'avenir au point de vue minier. Ses mines de cuivre de Bor sont célèbres dans le monde entier; elles sont exploitées par une société à capitaux français.
- La production de combustibles minéraux du royaume s’est établie comme suit en 1923 :
- Houille. Lignite.
- Serbie. . . . Bosnie-Herzégovine . . . Slovénie. . . Croatie-Slavonie .... Dalmatie . . .
- i32.984 ton. mét.
- 1.623 —
- » —
- » —
- ))
- »
- 604.491 ton. mét.
- 347.545 —
- i.696.756 —
- 402.538 —
- 101.702 —
- 3.153. o3'i —
- 134.607
- gènes ne permettent pas de faire un beau pain et que l’on a vu, même pendant la guerre, importer des farines de blés tendres d’Europe pour faire un pain de luxe dans ce pays producteur de blé!)
- Exonérations diverses de douane ou d’impôt.
- Services de monte avec saillies gratuites, services vétérinaires.
- Institutions de crédit mutuel agricole, avances aux coopératives, caisses d’assurances mutuelles.
- Création de magasins généraux, de fermes et de stations expérimentales, jardins d’essais, etc.
- L’amélioration des voies de communication et des moyens de transport, qui est une des conditions pre--mières de la colonisation agricole, se poursuit avec une grande activité. L’activité avec laquelle étaient menés çes travaux pendant la guerre même était surprenante. Il faut se souvenir que les colons ne peuvent s’établir en plein bled qu’à la condition d’avoir des moyens de transport rapides faciles, économiques. D’autre part, les petits colons ne doivent pas s’établir loin des centres; dans ces situations peuvent seules s’installer les grandes entreprises montées par des personnes dotées de moyens assez considérables pour créer elles-mêmes un centre presque autonome.
- Des lotissements de petite colonisation ont été faits dans les situations convenables : Petitjean, Sidi Yahia et le voisinage immédiat des grandes villes.
- Les exploitations agricoles appartenant à des Européens sont actuellement recensées en :
- 1127 exploitations françaises sur 429.000 hectares.
- 117 — étrangères sur 21.000 —
- On a reproché au gouvernement du Protectorat de dépenser beaucoup et beaucoup trop. On a même été jusqu’à critiquer l'œuvre de grands soldats. Sans doute une administration à forme militaire coûte cher quelquefois, elle est moins commerciale qu’une administration civile, qui le conteste? Mais les inconvénients de cet ordre ne sont rien à côté des avantages d’une méthode où, grâce à l’autorité, la volonté d’un chef peut s’exercer avec toute son unité de vue, seul moyen d’arriver à un résultat. L. R.
- 11 n’y a pas de mines de charbon — du moins exploitées — au Monténégro.
- La production de minerais métalliques en 1923 a été la suivante :
- Fer . . . . Cuivre. . . Manganèse. Antimoine .
- Plomb. . . Zinc. . . .
- 245.000 tonnes 123.240 — 5.i45 — 33.000 —
- I O . T 4 2
- ?
- (Bosnie-Herzégovine).
- (Serbie).
- ( Bosnie-Hei zégovine). (Serbie, Bosnie-Herzégovine). /
- (Slovénie).
- (Bosnie-Herzégovine).
- La production métallurgique du cuivre s’est élevée à 6700 tonnes (Serbie) et celle du zinc à 1.800 tonnes (Isélié en Bosnie-Herzégovine).
- La question agricole au Maroc. — On sait que le Maroc, après une phase de développement peut-être exagéré, 9 connu une période de crise indiscutable. Au point de vue agricole, ce magnifique domaine a été aussi éprouvé et il est bon de se rendre compte des méthodes et des sollicitudes que le Gouvernement du Protectorat n’a cessé d’appliquer à l'agriculture marocaine. C’est ce que vient de faire M. L. Obert, président de la Chambre d’Agriculture de Rabat (Journal de la Marine marchande, i3 mars 1924).
- L’immatriculation des terres, révision et fixation de titres de propriété, opération fondamentale sans laquelle aucun propriétaire européen ne pourrait acquérir en toute sûreté une parcelle de sol, se poursuit avec activité. Au icr octobre 1923, 4753 titres fonciers d’immatriculation étaient délivrés, dont 1044 pour des propriétés rurales s’étendant sur 94 000 hectares.
- Un système de primes à la production agricole élaboré d’accord par le gouvernement et, les .r.eprésen-' tants de la colonie française comprend des primes au défrichement (4 3oo 000 fr. versés pour aider à la mise en culture de 56 000 ha). Primes à la motoculture (4290000 fr. versés pour 76000 ha labourés). Primes diverses à la plantation, au greffage, à la culture du blé tendre. (On sait, en effet, que les blés durs indi-
- Découverte d’un squelette fossile d’ichtyosaure à Sainte-Colombe, près l’Isle-sur-Serein (Yonne). — Un squelette d’ichtyosaure vient d’être découvert le i5 mai par les ouvriers des carrières des usines de la Société des ciments de Yassy, Millot et G'8, à Sainte-Colombe, canton de l’Ile-sur-Serein (Yonne).
- Le fossile reposait à une profondeur d’environ 2 m. au-dessous du sol, dans la couche argilo-calcaire qui recouvre immédiatement le banc du Toarcien (lias supérieur), duquel les usines de Yassy extraient la pierre à ciment.
- Au-dessous du village de Sainte-Colombe, situé à 3oo m. d’altitude sur une falaise de calcaire compact, s’étend le vaste bassin d’alluvions secondaires dans lequel reposé la couche argilo-marneuse dure qui comprend le banc des ciments bleus dits de Vassy. C’est dans l’une des carrières à ciel ouvert, en « Mendran », à 218 m. d’altitude, que fut trouvé ce curieux spécimen de la faune jurassique. La tête, fractionnée en deux parties inégales, a 1 m. 45 de longueur. Les mâchoires mesurent 1 m. Les vertèbres moyennes ont un diamètre d’environ 17 cm. Avant l’envasement de 1 animal, ses parties molles firent sans, doute les frais du repas des mollusques . qui pullulaient dans les eaux secondaires, car on voit, encastrées dans l’ensemble, et comme soudées au squelette, des coquilles fossilisées d’ammonites, de térébratules et d’autres parasites aquatiques.
- Sur l’intelligente initiative de l’un des propriétaires -directeurs, M. René Millot, prévenu aussitôt de la décou verte, le fossile, soigneusement dégagé du banc d’argile rouge légèrement ferrugineuse qui l’incorporait, fut, pièce par pièce, recueilli et transporté dans les bureaux de la Direction de l’usine de Sainte-Colombe.
- Plusieurs ichtyosaures ont déjà été découverts dans les mêmes carrières, et MM. Millot et Cu ont déjà donné généreusement au Muséum, en dehors de plusieurs centaines de fossiles intéressants provenant de leurs terrains d’extraction, un ichtyosaure entier, ainsi que deux têtes complètes. Le saurien qui vient d’être exhumé enrichira aussi les collections du Muséum d’Histoue naturelle de Paris, auquel MM. Millot l’ont offert.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE EN SEPTEMBRE 1924 ()
- Le mois de septembre s’annonce comme fort important, au point de vue astronomique, s’entend. Mars reste l’astre en vue pour les observations. C’est donc lui qui retiendra tout d’abord l’attention des observateurs.
- A signaler l’opposition d’Uranus, le 12.
- Mira Ceti, la curieuse variable de la Baleine, atteindra son minimum vers le ai du mois.
- Parmi les occultations, il y en a deux remarquables : celle de y Vierge, le isr, et surtout celle de la planète Venus, le a5.
- A signaler encore la visibilité de la lumière cendrée de la Lune, de la lumière zodiacale et la plus grande élongation de Mercure, le 27.
- I. Soleil. — L’équinoxe d’automne se produira, cette année, le a3 septembre, à 8h. A ce moment, la déclinaison du Soleil, qui était de +.8° 18' le ier du mois, sera de o°. Elle sera de —20 48' le 3o, à midi.
- La durée du jour décroît rapidement. De i3h 24™ le ior, elle n’est plus que de nh42m le 3o.
- La diminution est surtout sensible le soir puisqu’il fait nuit vers iç)h (2ob, heure d’été), au début du mois.
- Voici le temps moyen à midi vrai
- en septembre :
- Heures du passage
- Dates. (t. ni. Gr.).
- Septembre icr 11h 5om 37*
- — 3 iib4Vn 5gs
- — 5 nh49”’ igs
- — 7 1 1h 48“ 39“
- — y 1 ib 47™ 5v
- — 11 m1' 47™ i6s
- — 1 3 I l1' 24s
- — 15 11h 4 5m 52s
- — 17 nh45ra 9"
- — >9 11b4 i” 26s
- — 2 1 11h 43m 4cs
- —- 2 3 1 rh 4 .m 2S
- — 25 I Ih 42m 2is
- — 27 O a ^sT
- — 29 1 ib4im os
- Observations physiques. — Le ta-
- depuis le 1" ou le 29. Pour une heure considérée, on ajoutera 0^0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le 8 =— 190 3o' ; le 22 = + 190 34'. A ces dates, la Lune sera à la plus faible et à la plus grande hauteur au-dessus de l’horizon lorsqu’elle passera au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 7 septembre, à yh. Diamètre = 32' 21". Parallaxe = 5g' 19". Distance =369 670 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 20 septembre, à i3h. Diamètre — 29'36". Parallaxe = 54' i5Distance = 404 200 km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 6 septembre, occultation de y Vierge (gr. 2,9), de i81,42m à 19h 3 6m. Très beau phénomène à observer avec une petite lunette, dans la grande lumière du crépuscule, le Soleil se couchant à i8b 32m. La Lune sera en très fin croissant, la Nouvelle Lune ayant eu lieu le 3o août. L’immersion de y Vierge — qui est une belle étoile double — se fera par le côté obsrur de la Lune. L’émersion aura lLu au bord éclairé, mais bien près de l’horizon, la Lune se couchant à i9h46m.
- Le 7, occultation de 21 Sagittaire (gr. 5,o), de 2ii25m à 2ih55“.
- Le 9, occultation de Sj Sagittaire (gr. 6,0), de 2th59“ à 23h 12“.
- Le 12 occultation de / Verseau (gr. 5,3), de 23h 37™ à oh 52m le i3.
- Le 16, occultation de Baleine (gr 4.3), émersion seule visible à 2 o11 48m.
- Le 18, occultation de 8 B Taureau (gr. 6,2), de oh 13“ à ih 2 8m. — Occultation de 179 B Taureau (gr. 5,9),
- de 2 1 Le
- Sa”
- >9»
- a 22 t9 .
- occultation de 3 18 B Tau-à 2211 5om.
- blié le mois dernier. On trouvera au « Bulletin astronomique » pour janvier 1924 l’explication des termes P, B0, L0 :
- Fig 1. — Occultation de Vénus par la Lune le 25 septembre 1924. Aspect du phénomène à 2h 36m moment de l’émersion (Z : direction du Zénith).
- Dates. P î° h.
- Septembre 2 -f- 2 i°,5o + 7°.2 3 27!°,49
- — 7 22°,67 -j- 70 25 2o5°.46
- — 12 + 23° 69 —j— yO , gi 3 i39°,44
- — 17 -j- 24°.56 + 7°- rS 73°,43
- — 22 -f- 25°, 27 + 70,02 70,43
- — 27 -j- 25°,81 + 60,84 3oi°,44
- Demi-diamètre, parallaxe et distance. — Voici la valeur de ces éléments pour le mois de septembre :
- Dates. Demi-diamètre Parallaxe horizontale. Distance.
- Sept. 12 i5' 55",38 8",75 i5o44o 000 km
- — 27 i5'59",3i 8", 78 149790000 —
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale, en nos régions, devient bien visible le matin. On pourra notamment l’observer au début du mois, du iet au 8 et surtout vers l’époque de la Nouvelle Lune, du 26 au 3o. La lumière zodiacale, le mat;n, n’a pas la même apparence que le soir. Noter son contour parmi les étoiles, son intensité, sa couleur. Une étude photométrique serait particulièrement intéressante à entreprendre.
- II. Lune. — Voici les phases de la Lune pour mois de septembre :
- D. Q. le 6, à 8h45m | D. Q. le 21, à 3h35“
- le
- P. L. le 13, à
- N. L. le 28, à 20b i6n
- Age de la Lune, le i*r septembre, à midi = ai, 1; le 2ç) = oJ,7. Pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé
- 1. Les heures mentionnées dans ce Bulletin sont exprimées eD temps légal, c’est-à-dire en temps de Greenwich, compté de oh à a4h, à pai’tir de minuit. Pendant la période d’application de l'heure d'été, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées ipit
- reau (gr. 5,7), de 2ib 58"
- Le 25, OCCULTATION DE VÉNUS
- (gr 3,8). — Emersion seule visible à 2h 36m (voir figure 1). La Lune se lèvera à ik34m, recouvrant Vénus. Elle sera en croissant assez fin, la Nouvelle Lune se produisant 3 jours après. Vénus apparaîtra au bord obscur, qui sera visible cependant grâce à la lumière cendrée très intense. Cette lumière cendrée sera peut-être suffisante pour montrer la mer des Crises, en face de laquelle la brillante Vénus apparaîtra. La planète sera en quartier, sa plus grande élongation s’étant produite le 1e1 septembre. Elle apparaîtra par son bord rectiligne. Très beau phénomène que toute petite lunette ou longue-vue permettra de suivre facilement.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront vers la Pleine Lune du t3 et surtout à l’époque de la Nouvelle Lune du 28. Voici le tableau de ces plus grandes marées (heure de la pleine mer)
- pour Brest Dates. Marée du matin. Heures. Coefficient. Marée du soir. Heures. Coefficient
- Septembre i3 3b 5o“ °m>97 i6h1 ira om,99
- i4 4h 29“ i“,oo i6b 48“ im,oo
- — 15 5h 6m om,99 i7b25“ 0 s ^0
- — 16 5b 41“ o“,94 t7b 58m om,co
- — 28 3h 39” om,9i i5b48m oœ,96
- 29 4b 5m im,oo t6h23m im,o3
- \ 3o 4h 42'” im,o5 i7b \m 1 , 06
- Voici les heures de passage du mascaret : Dates. Coefficient. Quillebeuf. Yillequier.
- 8h 5im
- 21b iom
- Septembre 3o — 3o
- “,o5
- ’,o6
- 8h i4“
- aoh 33“
- Caudebec.
- gh 0m
- 2lh 19“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de l'Annuaire astronomique Flammarion pour 1924, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes.
- Mercure sera visible à la fin du mois, le matin, sa plus grande élongation se produisant le 27, à i7°5o' à l’Ouest du Soleil. Cetlé élongation sera la plus petite de
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : SEPTEMfi. Lever & Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 5h I4“ nb 49“19’ i8b 24“ xoh 56“ + 6° 49' 3a' 3'; 6 Lion
- Soleil . . . 15 5 28 11 45 52 18 3 11 3î + 3 2 32 8,4 Lion »
- ü5 t 5 42 11 42 2 t *7 42 12 8 — 0 5i 3a ‘4)4 Vierge
- { 5 6 3o 12 2 5 18 20 I I 32 — 1 39 10,4 u Lion Du 22 au 3o, le-matin.
- Mercure. . j >5 4 58 11 15 x7 32 11 3 + 3 14 10,0 a Lion Plus grande élongation
- ' 25 | 4 5 10 39 17 I 2 1 r X + 6 48 7,6 X Lion le 27.
- k 5 1 16 8 46 16 16 7 49 + 18 2 25,4 Ç Cancer Superbe le matin,
- Vénus . . . i5 I a 3 8 47 16 11 8 29 '+ 16 56 22,8 Ô Cancer > Plus grande élongation
- ü5 I 36 8 5o 15 54 9 I 2 + i5 3 20,6 4* Lion ' le 10.
- 5 18 24 22 58 3 31 22 6 — 18 21 24,2 ô Capricorne
- Mars. . . . 1 >5 l7 37 2 2 12 2 46 2 2 0 — 18 16 22,8 ô Capricorne Presque toute la nuit.
- 2 5 16 53 2 l 3o 2 8 21 58 — 17 38 21,0 ô Capricorne
- Jupiter. . . 15 I 2 43 16 57 2 t i r 16 44 — 21 55 34,2 340phiuchus Dès la tombée de la nuit.
- Saturne . . 15 8 5o 1 i 9 *9 28 i3 55 — 9 14,2 95 Vierge Pratiquement inobserv.
- Uranus. . . x 5 >7 54 2 3 34 5 14 2 3 22 — 4 56 3,6 9 Verseau Toute la nuit. Opponle 12.
- Neptune. . 16 2 33 9 46 16 58 9 35 + 14 40 2,4 7 Lion Un peu visible le matin.
- I. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- l’année, mais la déclinaison de Mercure étant assez élevée, on aura toutefois des chances de voir cette planète. Voici le tableau de la phase et de la grandeur stel-
- laire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Septembre 2 0,14 + 1,6
- — 7 0,04 + 2,3
- — 12 0,01 -j- 2,g
- — *7 0,09 + 1 >7
- — 22 0,27 4-0,6
- — 27 o,5i — 0,2
- Vénus brille toujours d’un éclat magnifique dans le ciel du matin. Elle sera en sa plus longue élongation le 10 septembre, à 45° 56' à l’Ouest du Soleil.
- Le tableau ci-dessous continue celui du mois précédent :
- Dûtes.
- Septembre a
- — 7
- — 12
- — 17
- — aa
- — 27
- Disque illuminé.
- 0,46 0,49 o, 5 a o,54 0,57 o,5g
- Grandeur stellaire.
- — 4,0
- — 4,0
- — 4,0
- — 3,9
- — 3,9
- — 3,8
- Mars est visible presque toute la nuit, se trouvant encore à peu près en opposition au début du mois.
- Pour l’orientation des dessins et l’identification des détails visibles avec un planisphère, le tableau ci-dessous, extrait de VAmerican Êphemeris, sera particulièrement utile :
- Angle de Latitude Angle de
- Dates. iiosition du position Eclat
- (Minuit) de l’axe. centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- Sept. i5 35-i°,6 —x6°,4 2a"-7 o'<7 59°, 1 —2,2
- — 29 352°,8 —17°,5 20",o i",2 64°,7 —1,8
- Voici les heures du passage du méridien zéro (o°) de Murs par le centre du disque.
- Dates. Pa>-sn gC. Dates, Passage.
- Septembre 1 0 h A 5 6“ ,6 Septembre 1.7 i3h 43“, 2
- — 3 5h 9ra>3 — '9 14h 57“,4
- — 5 6h 22"', 2 — 21 16h 11m, 9
- — 7 7h 35“,2 — 23 i7h 26"’,6
- — 9 bh 48“, 4 — 25 i8h 4 im,6
- — 11 10h im,8 — 27 19'' 56“,6
- — i3 nh i5m,4 — 29 2Ih 1 2ni, 1
- — i5 I 2h 2 9m,!4
- Mars tourne à raison de o°,24 par minute et de i4°,62 par heure. Le tableau précédent permettra donc de connaître, à chaque instant, la partie du disque tournée vers là Terre,
- Pour les modifications probables de la surface de
- Mars, résultant de la saison, voir ce que nous avons dit ici même au « Bulletin astronomique x du n” 2617, p, 172.
- Jupiter est encore visible le soir, se trouvant en quadrature orientale le 4 septembre. On devra l’observer dès l’arrivée de la nuit. Nous continuons ci-dessous le tableau des phénomènes auxquels donnent lieu les quatre principaux satellites.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Scplembr, Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE SepUmbr. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 6 I9“20“ I O.f. 20 iqh 45“ I . P.c.
- 7 JO 27 1[ O.f. 23 18 10 II Em.
- 11 .8 36 III 0. f. 23 18 12 II E.c.
- i3 9 4 I O.c 25 19 4 III P. c.
- i3 20 0 I P.f. 28 18 53 I Im.
- ï4 18 27 I E.f. 29 18 24 I P.f.
- 18 19 57 III O.c. 3o 18 2 5 II Im.
- Saturne sera encore un peu visible au commencement du mois. Voici les éléments de l’anneau à la date du
- 9 septembre :
- Grand axe extérieur....................... 35",72
- Petit axe extérieur ...................... -j- 9",81
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l'anneau............................... . -j-i5°56'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... -j- [ 70 13
- Uranus sera en opposition le 12 septembre, il est donc très bien placé pour être observé. On le trouvera vers le i5 septembre, à 3° environ au Nord-Est de l’étoile ? Verseau. Une bonne jumelle sulfit pour suivre Uranus. Quelques observateurs, doués d’une vue exceptionnelle, arrivent même à le suivre à l’œil nu.
- Neptune devient un peu visible le matin. On pourra le rechercher au moyen de sa position donnée au tableau des planètes.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 3h, Saturne en conjonct. avec la Lune, à 20 38' S.
- Le 6, à" 4h, Jupiter Le x r, à i6h, Mars Lex3, à 5h, Uranus Le 25, à i4\ Neptune Le 27, à ioh, Mercure Le 3o, à 9h, Vénus Le 3q, à i5\ Saturne
- la Lune, à 4° 39' S. la Lune, à 5° 4b' S. la Lune, à i° 37' N. la Lune, à o° 22' N. la Lune, à i° 2' S.
- Neptune, à o° 56' S.
- la Lune, à 2q 43' S*
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE [
- Etoiles filantes. — Voici, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, un tableau, établi par M. F.-W. Denning, des principaux radiants actifs en septembre.
- Dates.
- 3 Septembre 3-14 —
- 6-8 —
- 8-io —
- 13 —
- 15-20 --
- i5 et 22 —
- 20-21 -----
- 2 1-22 ----
- 21 et i5 -—
- 2 I
- 29-3o —
- Etoiles variables. Algol p (Persée) : 20h 48ra; le 19, à 41* 5i
- Dosition du Jtadiant.
- Étoile voisine.
- le 27, à
- 19h 17 '
- A <D
- 3540 + 38» 14 Andromède.
- 346° + 3° (3-y Poissons.
- 62° + 3?° e Persée.
- 78° + 23» Ç Taureau.
- 680 + S» P. IV. 236.
- io° + 35° p Andromède.
- 6° + 11° y Pégase.
- io3° + 68° 42 Girafe.
- 74° + 44° a Cocher.
- 3o° + 36° (3 Triangle.
- 32° + 180 a Bélier.
- 24° + 170 y Bélier.
- — Minima de l’étoile variable
- Ier SC iptembre, à 23b 5gm ; le 4» à
- [m ; le 22, à ih39m ; le 24, à 22h 28“ ;
- isq
- Vers le 21 septembre, minimum probable de Mira Geti (0 Baleine), variable de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,8. Importante observation à faire.
- Etoile Polaire. — Voici les heures du passage de l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates
- Passage supérieur.
- Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- Septembre 7
- — J7
- — 27
- V. Constellations. Ier septembre à 2
- 2U 22m l4‘
- ih43m 2“ rh 3“ 48*
- nh 5ta 6s,9 iih44“ 32*.4 i2h23m 57%9
- — L’aspect de la voûte céleste le ou le i5 à io'1, est le suivant :
- Au Zénith : Le Cygne; la Lyre; le Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cépbée, Cassiopée; le Cocher, à l’horizon.
- A l’Ouest : Le Bouvier; la Couronne; Hercule; le Serpent.
- Au Sud : L’Aigle; le Dauphin; le Sagittaire; le Capricorne ; le Verseau.
- A l’Est : Andromède ; Pégase ; le Bélier.
- VARIETES
- > PRODUCTION ET UTILISATION DES FRAMBOISES
- De tous nos arbustes indigènes, le framboisier (Rubus ïdæus) Rosacées est bien à tort l’un des moins cultivés surtout en plantation commerciale, et pourtant c’est, peut-être, le moins exigeant, car il se contente de terrains de peu de valeur et même ombragés pourvu qu’ils soient suffisamment aérés. On en abuse, d’ailleurs, très souvent pour le reléguer dans les coins les plus défavorables des jardins où il ne donne que de petits fruits presque sans saveur, tandis que dans les terres de bonne qualité et fraîches, ils acquièrent un assez gros volume et surtout ce parfum exquis dont ils sont si riches qu’ils peuvent' le partager avec les autres fruits ou produits auxquels on les associe pour affiner celui qui leur est propre.
- I. Production. — Principales régions. — Elles sont peu nombreuses celles qui renferment des plantations commerciales, car l’on ne peut citer, en Bourgogne, que le département de la Côte-d’Or et, dans la banlieue parisienne, les alentours de la capitale et le département de Seine-et-Oise. II y a lieu, en outre, de tenir compte de la production spontanée dans les Alpes et d’autres montagnes granitiques. On récolte aussi des framboises sauvages dans l’Ardèche à Accons, Aubenas, Largen-tière et Tournon.
- Principales variétés. — Il importe de les distinguer selon qu’elles fournissent une seule récolte (variétés non remontantes) ou deux (variétés bifères). Les premières sont préférées aux secondes dans la grande culture, parce qu’elles donnent une récolte plus abondante et dans l espace de trois semaines environ. Le producteur est plus vite débarrassé, car la vente est généralement faite pour la fin de juillet, et il évite ainsi les orages de grêle. Mais, pour la consommation privée, il vaut mieux avoir partie égale des deux catégories.
- Variétés non remontantes. — Voici les meilleures pour la grande culture, d’après l’ordre de leur maturité.
- ffornet. — Fruit rouge très gros, chair ferme et sucrée, assez adhérent au pédoncule, très transportable, se conservant bien après la cueillette. Arariété à grand rendement, très répandue et estimée dans les environs de Paris. Maturité fin juin-juillet,
- Pilate. — Fruit très gros, d’un rouge légèrement violacé, chair rouge ferme, assez sucrée. Variété de commerce et d’amateur à grand rendement, d'un transport facile, très estimée des confiseurs et liquoristes. Maturité mi-juillet et début d’août. A citer encore, bien que d’origine anglaise, Carter’s Prolific, gros fruit rouge à chair ferme, mûr au commencement de juillet et Carter’s Superlative qui produit également d’excellents fruits de même qualité et maturité.
- Variétés remontantes ou bifères. Belle de Fontenay. *- Fmit de grosseur moyenne, rouge vif, ou très gros
- à l’automne; chair fondante, sucrée, juteuse. Variété de commerce et d’amateur. Maturité du 10 août à fin septembre.
- Merveille des quatre saisons rouge. — Fruit rouge vif, gros surtout à l’arrière-saison, chair rouge clair, ferme, au pédoncule très adhérent ce qui permet de le cueillir très facilement. Variété de commerce et d’amateur résistant bien au transport. Maturité de juillet à fin octobre.
- Merveille des quatre saisons blanche. — Fruit gros ou très gros, blanc, chair blanc jaunâtre, ferme, au pédoncule très adhérent, d’où une cueillette avantageuse. Maturité de juillet à octobre.
- Perpétuelle de Billard, Sucrée de Metz, Surpasse Falstoff sont surtout de bonnes variétés d’amateurs qui, généralement, sont consommées sur place. Elles fructifient très tard, jusqu’à la fin d’octobre et même jusqu’aux gelées, surtout la seconde. La dernière est la plus fine et la plus fertile des variétés remontantes.
- Périodes de production. — Rendement. — Les framboisiers donnent une récolte appréciable dès la troisième année de plantation; elle atteint son maximum à partir de la cinquième année et peut durer pendant 20 et 3o ans. J. Vercier a connu en Côte d’Or des plantations de 5o ans qui produisaient d’une façon suffisante.
- Le rendement varie beaucoup avec les sols et avec les années : 40 à 75 kg, par are, selon le même auteur.
- Production générale. — Avant la guerre les Statistiques agricoles annuelles du Ministère de l’Agriculture n’indiquaient comme producteurs de framboises que 6 à 8 départements dont la production n’atteignait, au maximum, que 120 quintaux en Seine-et-Oise et s5o en Côte d’Or. Depuis, si l’on tient compte des quatre dernières statistiques publiées 1919, 1920, 1921 et 1922, elles en inscrivent, selon les aunées, 3g à 43. Les quantités sont des plus variables, car elles oscillent depuis 10 jusqu’à 2100 quintaux. ,
- Pour ddnner une idée approchée de cette production, je ne relaterai ici que les départements dont, au cours des. quatre années ci-dessus, le maximum pour l’une d’elles a atteint 100 quintaux et au delà. Dordogne, Pas-de-Calais, Savoie, 100 quintaux; Tarn, 25o; Rhône, 3oo ; Loiret, 5oo; Seine, 54o; Seine-et-Oise, io5o; Côte-d’Or, 2100. On voit par là que les deux derniers départements sont vraiment les seuls où la production des framboises présente un petit intérêt économique. Quant aux fruits sauvages, ils ne figurent, au maximum, que pour 5o quintaux dans les Alpes et pour 3o dans l'Ardèche.
- Prix du quintal métrique. — D’après les mêmes statistiques, avant la guerre les prix des framboises cultivées variaient de 3,0 à 80 francs le quintal, et ceux
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- VARIETES
- des fruits sauvages de 20 à 75 francs; depuis, ils ont passé chez les premières de 80 à 5ao fr. et, chez les secondes de 100 à 3oo francs.
- Récolte. — Elle a lieu en juillet-août et se continue en septembre-octobre ; elle dure trois semaines à un mois en été et quatre à cinq semaines en automne.
- La cueilletté doit se faire quand les framboises sont mûres et, de préférence, par un beau temps, le matin et le soir. On s’y prend différemment selon leur destination. Pour la vente sur les marchés, on les cueille souvent avec leur pédoncule et on les met dans de petits paniers d’osier blanc contenant un demi ou un kilogramme; ce sont les framboises en panier ou à queue.
- Pour l’industrie, les cueilleurs emploient des paniers moyens attachés à leur ceinture et ils y font tomber de leurs deux mains libres les fruits qui se détachent sous une douce traction; ceux qui résistent sont laissés pour une cueillette ultérieure, car l’on en fait 4, 5 ou 6 pendant la période de maturation. On vide les paniers dans des seaux ou des baquets, voire dans des fûts défoncés. Les fruits privés de leur queue sont désignés sous le nom de framboises en seaux et on les livre ainsi à la distillerie et à la liquoristerie.
- IL Vente et utilisation. — Les framboises sont des fruits délicats et périssables dont le transport demande de grandes précautions. On les loge dans de petits paniers contenant un demi, un ou deux kilos et on les fixe au nombre de 4 dans des cageots. On se sert encore dans la Provence et dans les Alpes de grands pots en terre vernissée pour transporter chez les industriels les framboises sauvages qui ont été ramassées sur les montagnes.
- Elles arrivent comme primeurs aux Halles de Paris, en juin, mais celles qui ont été forcées les devancent en mai. Le plateau de ces fruits a valu cette année entre
- xo et i5 francs. L’an dernier les 100 kilos ont été cotés, pour les « framboises en paniers », 3oo à 700 fr., pour les « framboises en seaux » a5o à 55o francs.
- Exportations. — Nous n’exportons de framboises qu’en Angleterre, de provenance de la Côte-d’Or, mais la quantité en est tellement faible qu’il n’en est pas question dans les statistiques agricoles, si ce n’est parfois avec les groseilles à grappes rouges. Les variétés les mieux accueillies sont celles d’origine anglaise, Carter’s Prolific, Carter’s Superlative, puis Hornet et Pilate, deux excellentes sortes françaises.
- Usages. — Ils sont nombreux tant à l’état frais qu’a-près avoir subi les différentes transformations qui sont particulières à ces fruits.
- Dans le premier état, les framboises servent à composer des desserts exquis et à préparer de la pulpe à la manière des pulpes de cassis ou de cerise ; on y emploie surtout les framboises sauvages ramassées dans les Alpes. Mais c’est sous la seconde forme que leur utilisation est la plus fréquente. La pâtisserie, la confitu-rerie et la liquoristerie les font entrer dans la fabrication des tartes, des glaces, des confitures, des gelées, des liqueurs, des sirops, des vins, etc. De plus, à cause de son parfum aussi délicieux que tenace, la framboise sert à parfumer d’autres produits tels que le cassis, certains vins et des liqueurs.
- Le séchage de ces fruits qui est pratiqué sur une grande échelle aux Etats-Unis n’est pas à conseiller chez nous, car nous n’en produisons que trop peu, aussi leur culture est-elle à recommander, parce qu’elle est très rémunératrice pour tous les emplois précités.
- L’Allemagne, l’Autriche et la Hongrie sont, jusqu’à présent, les plus grands producteurs en Europe, et presque tous les jus exportés en Angleterre proviennent de ces pays. A. Truelle.
- <
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS- _ L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de Lfl. Nfltur© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérét général et accompagûées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. Lepic, à Lyon. — i° Le savonnage de vos murs avant application du fluosilicate de magnésie n’est nullement nécessaire, il suffit par un simple lavage d’enlever la poussière ainsi que nous l’avons indiqué dans le 20 de notre réponse du 26 avril 1924. 2“ Nous donnons toujours la solution qui nous paraît la meilleure. 3° Pour détruire les mousses, badigeonner les murs avec une solution de sulfate de fer (vitriol vert) à 5 pour 100, ce produit est courant et vous le trouverez chez tous les marchands de couleurs; à défaut, s’adresser à Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne ou à Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince.
- M. Belmont, à Ainay-le-Château. — La teinture des cuirs comporte industriellement toute une série d’opérations dont quelques-unes comportent l’emploi de certains tours de main. L’amateur doit donc s’attendre à quelques mécomptes dans des essais de ce genre. Ces réserves faites, nous pensons que vous pourrez obtenir un résultat très satisfaisant en vous servant d’une solu-lution benzénique de couleurs aux stéarates qui ont l’avantage de teindre le cuir sans avoir à effectuer de mouillage. Vous pouvez prendre comme type de solution :
- Stéarate de brun................i5 gr.
- Benzine lourde..................85 em3
- Suivant la teinte à réaliser, employer les stéarates de chrysoïdine, de jaune amido, de jaune B d'orangé, etc. Ces couleurs sont dans le commerce chez les principaux marchands de produits chimiques, en particulier Grange, 54, i’ue des Francs-Bourgeois ; Pelliot, 24, place des Vosges. Comme ouvrages sur la teinture du cuir, voyez : Le tanneur-mégissier-corroyeur, par P. Hue, éditeur, Baillière, 19, rue Hautefeuille ; Journal Lé Cuir, 54, rue de Bondy (articles de M. de Keghel sur les apprêts et produits d’entretien des cuirs 10)22-1923),
- Jean de Bigorre, à Paris. — Aucune colle à notre connaissance ne peut donner une fixation efficace du papier huilé que vous nous avez soumis à cause de l’action lubrifiante des globules huileux. Tous les essais auxquels nous avons procédé nous ont donné des résultats négatifs.
- /. E. F., à Lyon. — i° Le courant à a5 périodes est généralement réservé aux distributions de force et non à celles de lumière, ces dernières étant alimentées presque toujours soit en 42 soif en 5o périodes. Pour augmenter la' fréquence, il existe des dispositifs multiplicateurs de fréquence basés sur le principe des transformateurs polyphasés ou sur celui des commutateurs tournants, mais leur réalisation assez délicate n’est pas à la portée d’un amateur et nous vous conseillons de vous adresser aux grandes maisons suivantes : Thomson-Houston, Compagnie Générale électrique de Nancy, General Electric Company. 20 Vous pourrez très probablement vous procurer l'acier en question chez Béguin frères, 108, rue Saint-Maur; Briard, 16, rue Pierre-Picard, 18e; Raymond, 5, rue Bergère. 3° Les maisons qui suivent s’occupent particulièrement de fabriquer les petits objets en acier tels que clefs, anneaux, etc. : Crédot, 3i, rue Michel-le-Comte ; Monin Durandeau, 17, rue des Trois-Bornes. -
- M. Lambert, à Phuc-Nhac, Tonkin. — La recette à laquelle vous faites allusion n’émane pas de notre laboratoire et nous n’en avons pas retrouvé la description dans nos publications de 1923, jusqu’à preuve du contraire, sa valeur nous semble très problématique.
- M. Sjostedt, à Neufehâtel. — Les lames de l’accumulateur type sont constituées par du plomb antimonié qui est plus dur que le plomb pur; elles sont creusées d’alvéoles de formes variées suivant les constructeurs et dans lesquelles on introduit une pâte d’oxyde de plomb et d’eau acidulée. Cet oxyde est de la lilharge PbO pour les plaques dites négatives et qui constitueront le pôle négatif de l’accumulateur, c’est du minium Pbs04 pour les plaques qui constitueront le pôle positif.
- Il reste encore à former l’accumulateur; pour cela, on réunit la plaque positive au pôl§ positif géné-
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- BOITE AUX LETTRES
- rateur de courant continu (dynamo dans la pratique) et la négative au pôle négatif. Un courant primaire passe, la positive étant l’anode et la négative la cathode, l’eau acidulée est décomposée, l’ion SO4 dégagé à l’anode agit sur l'eau et donne de l’oxygène, d’après la réaction SO4 -j- H2 O = S04H2 -f- O, qui transforme le minium en peroxyde de plomb PbO2.
- P b5 O4 -f 2 O = 3 Pb O2.
- L’hydrogène H2 dégagé à la cathode réduit la litharge avec formation de plomb spongieux et cristallin.
- PbO + H2 = H2 O + Pb.
- A la fin de l’opération, les gaz donnés par l’électro-lyse ne produisant plus aucune réaction se dégagent en abondance et on reconnaît ainsi que la formation est terminée ; la lame positive apparaît avec la couleur chocolat du peroxyde et la lame négative avec la couleur grise du plomb.
- Habituellement il faut opérer un certain nombre de charges et décharges successives avant que l’accumulateur n’ait acquis ses qualités définitives.
- M. Rousseau, à Beauvais. — La formule que nous avons indiquée pour le nickelage noir se rapporte à un bain électrolytique, c’est-à-dire qu’il faut faire passer un courant électrique dans ce bain, en suspendant l’objet à nickeler à la cathode, l’anode étant constituée par une lame de charbon. Il ne s’agit donc pas de nickelage au trempé et votre insuccès s’explique facilement.
- Radior, à Troyes. — L’introduction d’un peu ' de caoutchouc dans votre peinture lui donnera une plus grande résistance à l’eau savonneuse. Préparer d’abord une dissolution mère en faisant digérer jusqu’à solubilisation complète de la gomme :
- Caoutchouc pur Para......... 85 gr.
- Benzine...................... iooo cm3
- Au moment de l'emploi, ajouter i5 gr. de cette mixture par kilogramme de peinture préparée à la façon ordinaire.
- M. le Dr de Graeuwe, à Bruxelles. — i° La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction pour la préparation d’un savon à barbe :
- Prendre :
- Suif de bœuf...................45o gr.
- Saindoux..................... . 35 —
- Beurre de coco.................. 5o —
- Lessive de soude caustique à 36°. 260 —
- Glycérine................... . 3o —
- Faire fondre les graisses et le beurre de cacao, ajouter en remuant la lessive, continuer à chauffer en agitant jusqu’à épaississement. Laisser refroidir vers 4o° à 5o°, parfumer et couler en moules. 2° Comme ouvrages traitant de cette question, nous pouvons vous indiquer : Fabrication des savons, par Ersham, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte; Traité de savonnerie, par Fritsch, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Piquot, à Paris. -— Dans le cas que vous indiquez d’une tache d’encre bleue sur un tapis de billard, il ne peut être question d’employer un décolorant, caria couleur du drap serait également modifiée. Comme il s’agit très probablement d’une couleur dite d’aniline, le meilleur moyen à employer est d'imbiber la tache de quelques gouttes d’alcool (alcool à brûler du commerce), puis d’appliquer aussitôt en comprimant fortement une feuille de papier buvard neuf et bien spongieux. L’encre se dissolvant dans l’alcool passe par capillarité dans le buvard et on se rend compte par l’examen de celui-ci de la quantité de matière colorante ainsi enlevée. On répète un grand nombre de fois les opérations de mouillage à l’alcool et de pompage jusqu’à ce que la tache ait disparu. De la patience est nécessaire, mais nous savons par expérience qu’un résultat très satisfaisant peut ainsi être obtenu.
- M. Serinage, à Lille. — i° 'Veuillez vous reporter pour le perçage du verre à la réponse faite à M. Gianola de Thonou dans le n° 2617 du 3i mai 1924» page 174- 3° La tranche d’une lame de verre présente trop peu de surface pour qu’il y ait une adhérence suffisante avec une autre lame de verre placée perpendiculairement. Pour obtenir'quelque solidité, il faudrait renforcer la base au moyen de deux réglettes de verre collées au silicate de potasse, encore n’aurez-vous qu’un assemblage très précaire.
- M. J. Perroy, à Hauteville (Ain). — i° Pour écrire sur le celluloïd, délayer de l’encre de Chine dans l’acide acétique cristallisable. 2U Les maisons suivantes pour-
- ront vous fournir tous articles enduits de produits lumineux dans l’obscurité : Etablissements Cohendy, 26, rue Charles-Beaudelaire, 12'; R.adiana Sauvage, a3, boulevard des Italiens.
- M. P. G., Le Moulinet. — iu Les pastilles au char-
- bon sont composées de :
- Charbon végétal................. 100 gr.
- Sucre blanc .....................3oo —
- Mucilage de gomme adragante . 40 —
- Le mucilage est lui-même constitué par :
- Gomme adragante.................. 10 gr.
- Eau froide....................... 90 —
- Monder la gomme, meme dans un vase en porcelaine avec la quantité d’eau indiquée; quand elle est bien gonflée, passer avec forte expression, battre le mélange pour rendre homogène. 20 Vous trouverez de petits appareils pour l’obtention des comprimés chez Mabille, 9. rue Dupuis, 3°, et Segaud, 221, boulevard de Saint-Denis, à Courbevoie (Seine).
- M. Caperan, à Muret (Faute-Garonne). — i1’ Cts
- renseignements sur les gttes miniers locaux vous seront donnés avec précision par MM. Pasquet, à Montpellier, et Vermeil, à Oran, tous deux professeurs départementaux d’agriculture et qui connaissent géologiquement leur région. 20 Veuillez vous reporter pour les ciments magnésiens à notre réponse à M. Chancy, n° 2612 du 26 avril 1924, page 136. 3° La température du rouge sombre est suffisante pour décomposer le carbonate de magnésie.
- M. Duray, à Paris. — Les vernis à tableaux sont des vernis à l’essence et à la gomme mastic, il convient donc pour dévernir d’opérer ainsi : on prend parties égales d’huile siccative et d’essence de térébenthine et on frotte doucement la surface du tableau avec un tampon de coton imbibé de ce mélange ; peu à peu le vernis se dissout ou tout au moins se ramollit au point qu’avec un autre lampon de coton on peut l’enlever quelques fois totalement. S’il en reste quelques parties qui résistent, on ajoute un peu d’alcool au mélange d’huile et d’essence et pour prévenir les accidents on tient prêt un tampon imbibé d’huile seule pour arrêter l’action dissolvanle de l’alcool sur la couleur. Ce procédé a l’avanlage de nourrir les couleurs et de rattacher les écailles prêtes à tomber. — N. B. Avant d’opérer en grand, se faire la main sur une pièce de peu de valeur.
- M. Berthier, à Villefranche (Rhône). — i° Veuillez vous adresser à la maison Vilmorin, 4, quai de la Mégisserie, qui vous procurera toutes les plantes sur demande. 20 Nous n’avons pas encore eu en mains cette spécialité.
- M. Kout, à Prague. — Pour conserver les fleurs, opérer ainsi : 1" Rafraîchir aux ciseaux la section de la tige pour permettre à l’eau de circuler à nouveau dans des vaisseaux non desséchés. 20 Immerger alors les tiges soit dans de l’eau pure additionnée de quelques morceaux de braise de boulanger de fabrication récente, soit dans le mélange suivant :
- Eau ordinaire................... 1000 cm3
- Savon en copeau).................. 3o gr.
- Sel de cuisine..................... 3 —
- Borax en poudre.................... 2
- Retirer chaque matin les fleurs du bain, rincer les tiges sous un robinet, puis les remettre dans l’eau savonneuse.
- M. Schefer, à Dinàrd. — Nous avons répondu à vos demandes dans un précédent numéro, veuillez bien vous y reporter.
- M. B., à Nantes. — Vous aurez tous renseignements sur le propolis, auprès de M. Lasalle, directeur de l’Ecole supérieure d’apiculture, à Charenton (Seine).
- M. G. Lefebvre, à Lille. — Dans le système Knapen Y assèchement des murs est réalisé en forant dans ceux-ci des trous inclinés d’arrière en avant et en y logeant des tubes en terre poreuse dont le fond est fermé. Au contraire, dans le système Colombo, le tube est ouvert à ses deux extrémités, chacune d’elles affleurant Ja surface du mur, mais à des niveaux différents ; ce qui est obtenu au moyen de deux coudes, le corps du tube étant placé dans une saignée oblique par rapport à la ligne de terre. Ces deux systèmes fonctionnent à la façon de drains et conduisent au dehors l’air saturé de vapeur d’eau, le px-emier nous paraît d’application plus facile et ne nécessite pas le x'ebouchage de la saignée.
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- BIBLIOGRAPHIE
- asc
- Communications scientifiques et faits industriels de Vannée (1922-1923), par Edmond Marcotte, x vol. in-8, 38o p., 92 fig. Payot, éditeur, Paris, 1924. Prix : 20 fr.
- Ce volume est consacré à un certain nombre de questions, qui résument d’une façon bien caractéristique les efforts, les tendances et les progrès industriels de notre époque. Chacune de ces questions fait l’objet d’un chapitre indépendant, solidement documenté, et clairement écrit. Si le lien entre les différents chapitres n’apparaît pas au premier abord, de l’ensemble de l’ouvrage se dégagent toutefois très nettement les grandes lignes de la synthèse que l’auteur a voulu réaliser. Le problème de la force motrice est évidemment celui qui a toujours dominé et conditionné toute l’évolution industrielle; depuis la guerre, il a pris une vive acuité dans notre pays surtout, qui a cruellement éprouvé les effets de son insuffisante indépendance; aussi M. Marcotte consacre-t-il à ce problème les plus importants chapitres de son ouvrage; il examine, chiffres en mains, les conditions de développement de la houille blanche ; il montre les efforts tentés pour utiliser l’énergie des marées et des vagues; il résume dans ses grandes lignes le programme d’électrification en voie de réalisation en France et en montre les avantages; il décrit les différents procédés employés ou préconisés pour utiliser logiquement les combustibles inférieurs, lignite et tourbe ; il traite enfin le grave problème des combustibles liquides et des carburants, en résumant les travaux du Congrès de 1922.
- Les autres questions essentielles qui ont retenu l’attention de l’auteur sont la télégraphie et la téléphonie sans fil, et leurs récents progrès, puis la lampe à 3 électrodes dont le mécanisme est expliqué avec beaucoup de clarté, l’aviation et son orientation commerciale, les engrais azotés synthétiques et la comparaison entre les différents procédés qui permettent de les préparer (Haber, Claude, cyanamide, etc.), l’épuration des eaux résiduaires par les boues activées; au point de vue de la science pure, l’auteur n’a retenu que la grande question des théories relativistes.
- Annales de l’Institut de Physique du globe de l’Université de Paris, publiés par Ch. Maurain. Tome II, 1 vol. i5a p. Editeur : les Presses universitaires de France. Paris, 1924. Prix : 40 francs.
- Ce volume contient les résultats des observations magnétiques faites en 1922 à l’observatoire’ du Val-Joyeux près Paris; un tableau des valeurs des éléments magnétiques en France au Ier janvier 1921, un tableau analogue pour l’Afrique du Nord, les résultats des campagnes de mesures magnétiques faites par par M. Eblé dans le bassin de Paris, par M. Dongier dans le Sud-Est de la France, par M. Baldit dans le Sud de la France, campagnes destinées à contribuer à la réfection du réseau magnétique de la France ; signalons également deux notes de M. Maurain et Mme de Madinbac, l’une sur l’évaluation de l’intensité des courants électriques, verticaux traversant le sol en France, l’autre sur la variation de 1 intensité du champ magnétique terrestre à Paris de 1883 à 1922, une étude statistique de M. Brazier sur l’agitation magnétique au Parc Saint-Maur et au Val-Joyeux et ses relations avec l’activité solaire; un résumé des observations sismologiques faites au Parc Saint-Maur de igi5 à 1922; un résumé des observations météorologiques du Parc Saint-Maur de igi5 à 1922 ; enfin un tableau des déclinaisons au ier janvier 1921 dans les différentes localités de l’Afrique Occidentale et Equatoriales françaises et les résultats des mesures magnétiques de la mission Rohan-Chabot en Angola et Rhodesia.
- Les arts du métal. — La gravure, la ciselure, le modelage, par Léon Yerleye. i vol. in-16 br., 260 p. Girardot et Cie, Paris. Prix : 12 francs.
- On trouvera dans cet ouvrage des notions sur le moulage, la fonte, la gravure, le blason, l’émail et la nielle, la ciselure et le repoussé.
- La Terre, lectures et leçons pour tous sur la physique du globe, par J.-H. Fabre, i vol. in-16, 288 p., 26 fig.,
- 16 pl. Delagrave, Paris. Prix : 7 fr. 5o ; relié : 10 fr.
- L’auteur des Souvenirs entomologiques, J. H. Fabre, vulgarisateur hors pair, a mis ici à la portée de toutes les intelligences les grandes questions qui devraient former la base des études géographiques. 11 est bon d’avoir des idées exactes sur la terre considérée dans son ensemble avec son double mouvement révolutif, cause des jours et des saisons ; sa fournaise centrale, laboratoire des continents; son atmosphère et ses mers. J.-H. Fabre explique avec son charme habituel le mécanisme de ces grandes forces naturelles, et leur rôle dans l’harmonie générale des choses. Ce livre est un attrayant manuel pour les enfants et les débutants.
- Traité de culture potagère (petite et grande culture), par J. Dtbowski. 5" édition revue et mise à jour. 1 yol. in-8, 3fo p., i3o fig. J.-B. Baillière, Paris. Prix : 22 francs.
- Dans le but de propager la culture potagère parmi les amateurs, aussi bien que les maraîchers et les cultivateurs disposant de plus grandes surfaces, l’auteur passe en revue toutes les productions légumières de nos pays, par ordre alphabétique : ail, artichaut, asperge, aubergine, betterave, cardon, carotte, etc. Pour chacune, il indique les utilisations possibles, les variétés à choisir, le choix du sol, les semis, les soins culturaux, leurs frais, le rendement, les maladies et les insectes nuisibles. Le tout forme un véritable dictionnaire, aisé à consulter, dont le succès auprès du public prouve la valeur et l’utilité.
- Un atelier d’art préhistorique, Limeuil (Dordogne), par les Drs Capitan et abbé J. Bouyssonie. x vol. in-4, 41 p., i3 fig., 4g pl. hors texte. Emile Nourry, Paris, Prix : 20 francs.
- La station préhistorique de Limeuil, d’époque magdalénienne, était un véritable atelier de graveurs sur pierre. Ceux-ci y ont laissé un nombre considérable de très beaux dessins d’animaux, surtout de chevaux et de rennes d’une exactitude et d’un mouvement incroyables, d ébauches, d’essais, de corrections, de retouches qui constituent de vraies pages d’études. Cet album de croquis tracés par des artistes primitifs sur des pierres grossières révèle leur psychologie graphique.
- Le D1 Capitan et l’abbé Bouyssonie ont fait figurer dans leur volume tout ce qu’ils ont pu déchiffrer. Le texte, très court, très concis, donne les indications générales, précise les détails de la fouille et décrit l’outillage retrouvé des Magdaléniens. Les légendes, en face de chaque planche, signalent les particularités importantes des figures C’est, au point de vue de l’histoire de l’art, un ensemble de documents de tout premier ordre.
- Etude sur les eaux souterraines de la craie, par Loi is Dollé. 1 vol. in-4, 3o4 p. Ministère de l’Agriculture, Paris, 1924.
- Cette importante publication du Ministère de l’Agriculture est la première partie d’une étude sur les eaux souterraines du département du Nord. Elle continue et complète les beaux travaux de Gosselet. L’auteur a bien reconnu que, dans la craie, il n’y a pas de nappe d’eau proprement dite, mais des l’éseaux de fissures où les eaux circulent à différents niveaux. Elles sont souvent sujettes à de faciles contaminations. Les différentes sortes de craies ne sont pas également aquifères. Généralement, on trouve plus d’eau sous les vallées que sous les hauteurs. Les débits suffisamment importants ne peuvent pas être obtenus partout. Cet inventaire des ressources en eau potable du Cambrésis est dressé par commune et selon les terrains. Il est le premier du grand programme qui avait été conçu par M. Dabat, dès 1909, et dont la réalisation générale serait de la plus grande utilité pratique.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2626 2 Août 1924
- La tragédie du Mont Everest. — On sait qu’une nouvelle expédition, la 3e, devait tenter cette année l’ascension du Mont Everest dont la cime est jusqu’ici restée inviolée. L’expédition de 1921, commandée par M. Bullock, avait fait les reconnaissances préliminaires et découvert, par le glacier de Rongbuk, une voie d’accès possible. L’expédition de 1922, commandée par le colonel Bruce, avait tenté l’escalade; deux de ses membres, Geoffrey Bruce et Finch, munis d’appareils respiratoires à oxygène, ont réussi à atteindre l’altitude de 83ai m. Le sommet est à 8880 m. L’expédition de 1924, commandée au début par le colonel Bruce, le chef de 1922, est, par suite d’une maladie de ce dernier survenue en cours de route, passée sous le commandement du colonel Norton. Les quotidiens ont fait connaître l’issue tragique de cette 3° expédition qui a coûté la vie à deux savants et courageux alpinistes. MM. Mallory et Irvine. M. Mallory était un vétéran de 1 Everest, il avait pris part aux a ascensions précédentes. L’ascension de l’Everest est nécessairement précédée par une longue marche sur les plateaux désolés du Tibet, dont l'altitude moyenne est égale à celle du Mont-Blanc, puis par l’installation successive d’une série de campements, à altitude croissante, au pied et sur les flancs même de la montagne, sur sa face nord qui domine les plateaux Tibétains, le long du glacier Rongbuk. Le 3o mai, la mission est à pied d’œuvre et les ascensions commencent. La catastrophe est survenue le 8 juin ; maintenant que les survivants, très éprouvés du reste eux aussi, ont pris le chemin du retour, on possède des détails plus précis sur le drame. Le 6 juin, Mallory et Irvine s’installaient au camp 5 à ySoo m. d’altitude, le jour suivant ils arrivaient au camp 6 à 8100 m., camp installé par Norton et Somerwell quelques jours plus tôt; de là, ils devaient le lendemain tenter l’escalade suprême en ' s’aidant d’appareils à oxygène. A 12 h. 5o, un autre membre de l’expédition Odell, arrivé au camp 5, les aperçut à peu de distance du sommet. Depuis on ne les a plus revus; les recherches tentées les jours suivants pour les retrouver restèrent vaines, et il fallut battre en retraite sans avoir retrouvé traces des hommes disparus. Des observations faites par Odell au théodolithe, au moment où il les aperçut pour la dernière fois, il résulte que les malheureux explorateurs avaient dépassé l’altitude de 8468 mètres.
- Le tremblement de terre du Japon du 1er septembre 1923. — On a maintenant des renseignements précis sur la catastrophe sismique qui désola le Japon l’an dernier. L’éminent sismologue anglais, M. Davison, les résume dans la revue anglaise Nature, d’après les rapports officiels japonais.
- ATokio, bien qu’il n’y ait peut-être pas une maison qui n’ait éprouvé quelque dommage, le nombre de celles qui se sont écroulées sous l’effet même du cataclysme est relativement faible. C’est le feu qui a causé les plus grands dommages. Les statistiques officielles évaluent pour Tokio le nombre des maisons incendiées à 316 087. Il y eut 67 0B1 morts, 32 853 blessés et 38 980 disparus. Les chocs ont été beaucoup plus violents à Yokohama, et bien davantage encore dans les régions voisines de la baie de Sagami. Dans 6 villes situées sur les bords ou au voisinage de cette baie, on compte 84 3oo maisons détruites et 26 370 morts.
- L’épicentre du séisme paraît devoir être localisé dans la baie de Sagami, à mi-distance entre Oshima et Hirat-suka, près de l’embouchure de la rivière Sagami. Pendant les 2 mois qui suivirent le cataclysme, on enregistra plus de i35o secousses secondaires : 365 le iei septembre, puis 289, 173 et 143 les 3 jours suivants.
- Quelques minutes après le grand tremblement de terre, un raz de marée submergea le rivage de la baie de Sagami, depuis Shimoda, dans la péninsule Idzu, jusqu’à Misaki et Uraga dans la péninsule Miura, ainsi que la partie sud de la presqu’île Boso. Il n’y eut, dù reste, de dommages sérieux qu’à Ito, Atami, Ivamakura et en quelques autres points où la hauteur des vagues atteignit de 6 à 12 mètres.
- On n’a pas observé l’apparition de grandes crevasses. Un grand soulèvement du sol parait s’être produit quel-
- ques minutes après le tremblement de terre, sur une surface de plus de 5ooo km® comprenant l’îlot de Hatsu-Shima, la région de Manazuru, le rivage nord de la baie de Sagami et les presqu’îles Miura et Boso. Le soulèvement maximum (2 m. 80) s’est produit à Tomi-saki, sur la côte sud de la presqu’île Boso. Phénomène remarquable, le sol s’est ensuite abaissé de plus de o m. 3o dans le mois qui a suivi le soulèvement.
- Les fonds marins ont également été modifiés; les sondages effectués dans la baie de Sagami ont révélé des changements de profondeur de 90 m. et même davantage en plusieurs points, dans les régions les plus profondes de la baie Sagami.
- L’origine des tremblements de terre est attribuée à des grands efforts de compression, venant de l’Est, et qui se sont accumulés pendant un long intervalle de temps.
- Le dernier grand tremblement de terre dans ce district est celui du 22 novembre 170a; il parait avoir pris naissance dans une grande faille le long de la même ligne tectonique d'où est parti le séisme de 1923 On observa, au surplus, un soulèvement du sol semblable à celui de 1923.
- L’alcool de sciure de bois résineux. — Nous avons fait connaître le procédé imaginé par Glassen, d’après lequel la sciure des bois résineux donnerait, par saccharification, 10 pour 100 en poids d’alcool éthylique et 3 pour 100 de méthylène. La tonne de sciure donnerait donc xoo litres d’alcool, 3o litres de méthylène et, en en plus, des produits accessoires,
- Ce rendement a été obtenu par la Compagnie Industrielle des alcools de l’Ardèche, à Saint-Marcel.
- Or, M. Charles Mariller, ingénieur-chimiste, fait remarquer dans son ouvrage récent ; La distillation fractionnée et la rectification, que l’on pourra bientôt obtenir des rendements suffisants pour permettre une grande extension de cette industrie.
- Pour obtenir de l’alcool en partant de la sciure de bois, il faut lui faire subir trois opérations : la saccharification, la fermentation et la distillation.
- D’après M. Charles Mariller, une tonne de sciure sèche, représentant i3oo kg de sciure ordinaire, donne, en moyenne, le rendement suivant :
- Alcool.................100 à 120 litres.
- Formol................. 6 kg
- Acide acétiquë......... 10 à 12 kg
- Méthylène.............. 3 litres.
- Ainsi, se justifient les prévisions quant à la production de l’alcool de sciure de bois résineux par le procédé que nous avions indiqué ici même. H. B.
- Les bronzes dans l’archéologie. —- On appelle bronzes les alliages, où le cuivre est le métal principal et acquiert plus de dureté par suite de sa combinaison avec d’autres métaux. Toutefois, on donne le nom de laitons aux alliages de cuivre et de zinc et le nom de mailLe-chort à ceux de cuivre, de zinc et de nickel. Le premier bronze, connu dans la Méditerranée Orientale, a été le bronze de plomb, relativement mou et très sonore. C’est lui qu’Homère désigne sous le nom d’airain retentissant. Aujourd’hui encore, le" plomb entre dans la composition du bronze des cloches. Le bronze de plomb a été découvert également en Amérique, où les Aztèques l’employaient pour la fabrication de grelots.
- Le bronze d’étain n’est apparu dans la Méditerranée Orientale que plus tard, mais il semble avoir été connu et employé dès l’origine dans l’Europe Occidentale. Les Phéniciens allèrent chercher l’étain dans les îles Cassité-rides (Scilly, Grande-Bretagne) et le vendirent aux peuples de l’Asie antérieure, du Caucase et de l’Egypte. C’est alors que le bronze d’étain remplaça le bronze de plomb dans ces régions; plus solide et moins mou, il était préférable pour la fabrication des armes et des instruments aratoires, des vases, etc. Notons que le bronze d’étain fut découvert également en Améiique : Mexicains et Péruviens l’employaient.
- Le bronze d’arsenic fut connu tt utilisé de très bonne heure dans la Russie Méridionale, probablement à une
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- INFORMATIONS
- epogue où Tyriens et Phéniciens se servaient de bronze de plomb. Certains objets en contiennent jusqu’à 18 pour cent. Il est vraisemblable que cet alliage fut obtenu non pas volontairement, mais par la faute de minerais doubles de cuivre et d’arsenic. Il est plus dur que celui d’étain, et certainement préférable pour la fabrication des armes offensives.
- L’Extrême-Orient a produit, mais à une époque plus récente, des bronzes, dans là composition desquels entraient l’étain, le zinc et même le fer, dans des proportions variables (bronzes japonais et hindous notamment). Quant au laiton, ou bronze de zinc, il a été découvert dans l’Inde et apporté en Europe aux xiv° et xv* siècles par .les Tsiganes, lesquels auraient été aussi les premiers exploitants des mines de zinc européennes.
- Les Indiens blancs. — Le mot Indien est considéré en général comme synonyme de « Peau-Rouge » et désigne les races diverses qui habitaient le continent américain avant son invasion par les blancs. Il existe cependant des Indiens blancs. M. R. O. Marsh vient de les découvrir au cours d’une exploration dans la province de Darien (Etat de Panama). Un certain nombre de légendes attestaient leur existence; elles affirmaient l’existence, antérieure à la conquête espagnole (i5i2-1517), de tribus d’indiens blancs, qui auraient été massacrés par leurs congénères rouges, par haine de la race blanche devenue rapidement odieuse à la suite des cruautés des conquistadors espagnols.
- Les survivants de ces massacres s’étaient vu interdire le mariage, et leurs enfants devaient être mis à mort. Quelques individus réfugiés dans les montagnes ont pu cependant soustraire leur race à l’exterminatioD. Ce Sont les descendants de ces rescapés qui ont été découverts par M. O. Marsh, et récemment décrits dans le Times. Trois individus doivent être ramenés par lui aux Etats-Unis. Ils ont, paraît-il, les cheveux roux, les yeux bleus, la peau blanche et la tête ronde.
- L’émigration transocéanique allemande depuis la guerre. — On avait annoncé que l’émigration allemande, à destination des pays d’outre-mer, atteindrait des chiffres inconnus depuis longtemps, par suite de la défaite de l’Allemagne. Il n’en fut d’abord rien : les pertes formidables, en vies humaines, subies par les armées allemandes ; la reprise presque instantanée de l’activité de l’industrie du Reich; les secours et subventions accordés généreusement aux ouvriers, telles sont les circonstances qui empêchèrent l’exode prévu d’avoir lieu. Ajoutons-y les mesures restrictives, prises par certains gouvernements étrangers (Etats-Unis, Dominions britanniques, Argentine).
- La banqueroute du mark a eu pour conséquence une brusque poussée de l’émigration, comme le prouve le tableau suivant des départs d’émigrants par les ports allemands :
- i g i g.................... 3. i. i 4
- 1 y‘20................. . 8.458
- 1921 ...................... 23.45 I
- 1922 . . ................... 3(5.527
- 1923 ..................... 115.4U5
- Le mouvement s’est encore accentué au début de 1924.
- Il faut ajouter à ces chiffres ceux des départs par les ports étrangers, hollandais surtout. En évaluant à iào'oo en 1919 et à i3oooo en 1928 le nombre total des émigrants transocéaniques allemands, on ne sera pas éloigné de la vérité.
- Les races dans l’Afrique noire française. —
- Grâce aux travaux de M. Maurice Delafosse et de quelques autres chercheurs, l’ethnographie de l’A. O. F. et de l’A. E. F. commence à être connue dans ses grandes lignes.
- On trouve d’abord les nomades, pasteurs de race blanche, sémites et kouchites, plus ou moins métissés de noirs. A ceux signalés dans l'article de M. Le Conte sur Les populations sahariennes (*), il faut ajouter les Peulhs (Foula, Foulbé, Foulani), qui forment une longue traînée dans les régions sahéliennes depuis le Tchad jusqu’au Fouta-Djallon et sont des Kouchites.
- Les sédentaires sont des nègres, qui se divisent en :
- i° Sahariens (Kanouris de là région du Tchad et peut-être Habés de la boucle du Niger.
- 1. La Nature, n9 du 9 juin îg23.
- 2“ Nilotiques (Sonraïs du Soudan français).
- 3° Nigritiens ou Soudanais proprement dits (Haoussas, Malinkés, Bambaras, Sérères, Ouolofs).
- 4° Guinéens (Diolas, Soussous. Agnis, Ehouès, Nagos, ainsi que les Achantis de la Gold Coast anglaise).
- 5° Bantous (habitant le Gaméroun et l’A. E. F., ainsi qu’une partie de la Nigéria).
- Ces sédentaires se sont naturellement mélangés entre eux; c’est ainsi que le Mossi dans la colonie de la Hautc-Volta est habité par des populations métissées de Nigritiens et de Guinéens, et que l’on trouve dans la NigéHa des métis de Guinéens et de Bantous.
- Le 9e Salon de l’Aéronautique. — 11 y aura, cette année, un Salon de l’Aéronautique. Il se tiendra au Grand Palais du 5 au 21 décembre prochain. L’exposition est ouverte à toutes les industries se rattachant à l’aéronautique : aérostats, ballons libres, dirigeables, tous les appareils plus lourds que l’air : avions, hydravions, hélicoptères, aviettes, avions sans moteurs, parachutes, cerfs-volants, enfin moteurs et propulseurs. On y verra également une exposition de bateaux-glisseurs et de canaux automobiles, une exposition de métallurgie et de machines-outils. Comme les années précédentes, plusieurs classes sont réservées à la météorologie, la physiologie, l’équipement électrique, la photographie, la bibliographie, la cinématographie, la cartographie.
- Commissariat général, 9, rue Anatole de la Forge, Paris.
- Nouvelles de T. S. F. <-«*
- Service de presse radiophonique en Allemagne.
- — L’agence Wolff a installé à Berlin un service de presse radiophonique, qui fonctionne de 7h 3o à 20h45. Les heures d’émission courantes sont 7h3o, i3b, i3b3o, i8h, i8h3o. L’opérateur appelle de la façon suivante :
- « Achtung ! Achtung ! Hier ist das Wolfï-Bino in Berlin.... »
- Les nouvelles sont données sous formes de « Mel-dungen », Par exemple :
- Erste Meldung, Koln (Cologne).
- Zweite Meldung, Paris, etc.
- Lorsque l’opérateur cite un nom, il l’épelle en employant pour chaque lettre du nom un prénom, comme dans les services des P. T. T.
- Le poste est assez puissant et emploie au moins 5 kilowatts. (Communication de M. Kleiber, de Colmar.)
- Les autres postes allemands sur ondes courtes, Munich, Leipzig, Francfort, continuent leurs émissions régulières, qui ont lieu généralement à partir de igh.
- Il existe d’ailleurs une revue de T. S. F. allemande éditée à Berlin, Der Radio Kurier, qui indique maintenant d’une façon détaillée l’horaire» des postes allemands de broadcasting.
- Changement de longueurs d’onde des émissions du poste des P. T. T. — Par suite, dit-on, de dégâts causés par la foudre, la station des P. T. T. a changé sa longueur d’onde; au lieu de 4^o m., celle-ci n’est plus actuellement que de 385 m. ou 3gî m. L’opérateur prie ses auditeurs habituels de signaler les changements constatés à la réception, et il sera, en effet, intéressant de connaître les modifications éventuelles d’intensité, de pureté et de fading produites à grandes distances par cette modification.
- Essais de transmissions simultanées. — Comme cela se fait depuis longtemps en Angleterre, les postes de la Tour Eiffel et des P. T. T. ont fait récemment des essais de transmission simultanée. L’intérêt évident de ces essais consiste à permettre une plus grande diffusion d’un programme intéressant, sans être obligé de demander aux artistes et conférenciers un double déplacement et, par conséquent, il en résulte une diminution des frais et la possibilité d’augmenter l’intérêt des radio-concerts.
- Nouvelle station anglaise de broadcasting. — Une
- nouvelle station anglaise à grande puissance (a5 kilowatts), devant émettre sur ondes moyennes aux environs de 1700 m. de longueur d’onde est actuellement en cours d’achèvement à Chelmsford. Les essais, qui devaient avoir lieu fin juin, ont été retardés. L’intensité et la modulation des premières émissions déjà reçues à Paris semblent très satisfaisantes.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Chimie
- Pour préparer l’eau distillée. — L’eau distillée est indispensable pour la photographie, pour les accumulateurs électriques, etc....
- Il est facile de rassembler sans frais de l’eau distillée en remplaçant le couvercle en cuivre du bain-marie d’une cuisinière par un demi-cylindre en laiton présentant une gorge de recueillement. Ladite gorge fait le tour de la base rectangulaire ABCD et aboutit à un tuyau T en cuivre qui débouche sur un petit entonnoir E fixé au fourneau de cuisine. Cet entonnoir est placé au-dessus de la bouteille à remplir d’eau distillée. On augmente le rendement en soudant des ailettes de
- Appareil pour préparer de l’eau distillée.
- refroidissement sur le demi-cylindre. On peut recueillir ainsi i litre par jour.
- (Communiqué par M. de Bony.)
- ÿt> Physique
- Construction d’une balance pour démonstrations de physique. — Pour réaliser soi-même une balance permettant de faire de nombreuses expériences de physique, il suffit de réunir le matériel suivant :
- 2 baleines de parapluie, rondes de préférence, b et b' ;
- i planchette d’environ i5 X a5 cm, p ;
- i petit tasseau t ;
- i morceau de papier épais ou de carte, c ;
- Du fil à coudre ;
- Du fil de sonnerie électrique ;
- Quelques clous.
- On commence par faire le bâti en clouant sur la planchette p le tasseau t en potence. Puis on prend les deux baleines de parapluie qu’on amarre solidement ensemble à un bout. Si ces baleines sont rondes, ce qui vaut mieux, on peut envelopper les extrémités qu’on va attacher avec une feuille de papier pour les empêcher de glisser et de se déplacer l’une par rapport à l’autre. Il est utile également d’enrouler du papier autour des points d’attache des corps S et S'. On fixe à l’extrémité libre de la baleine supérieure b un morceau de carte découpé en arc de cercle qui servira de cadran de mesure. On place sur la baleine inférieure b', aux points enroulés de papier, de petits crochets de suspension s et s' faits de fils à sonnerie.
- Ilne reste plus qu’à clouer solidement sur le montant de bois t la baleine supérieure dans une position inclinée environ à 48°
- La balance est prête et n’a plus qu’à être étalonnée. Pour graduer l’échelle sur le cadran c, on accroche au fil suspendu au crochet S’ des poids progressivement croissants, de 1, 2, 3... gr. et l’on trace sur la carte du cadran les points où l’extrémité de la baleine s’arrête, il est prudent de ne pas dépasser le poids de gr.
- pour éviter les déformations permanentes. Pour peser des corps plus lourds, on peut les suspendre au crochet S, placé en un point plus proche de la liaison des deux baleines et choisir de façon, par exemple, qu’une charge de 10 gr. produise le même écartement qu’un,
- Fig. 1. — Balance pour démonstrations de physique.
- deux ou trois grammes suspendus au crochet S'. Dans ce cas, on trace sur le cadran une graduation nouvelle et Ion a ainsi réalisé une balance à deux sensibilités.
- Cette construction permet de peser jusqu’à 15 gr. avec une approximation de o gr. 25 et jusqu’à 5o gr. avec une sensibilité de i gr. environ.
- Elle ne doit pas être employée pour des pesées commerciales, mais elle peut très bien servir dans un cours de physique, pour démontrer le principe d’Archîmèdé,
- 1 attraction magnétique, etc.
- Colonmetre Morcâu. — On connaît le colorimètre Duboscq, universellement employé pour comparer la teinte d’une solution avec celle d une autre solution du même corps, titrée ou étalonnée. On y règle l’intensité de la teinte en plongeant plus ou moins dans le liquide un prisme de verre qui fait varier l’épaisseur de la couche colorée qu’on observe à travers son épaisseur.
- M. Moreau, chef de laboratoire à l’hôpital de Sainl-,
- Fig. 3. — Colorimètre Moreau.
- Germaiu-en-Laye, vient de simplifier heurer eemenf e t appareil tu supprimant les prismes de y i iv
- Le principe du nouveau colorimètre repose sur la variation de l’épaisseur du liquide étalon par diminution ou augmentation de son volume, grâce au jeu de la pression exercée dans l’ampoule à robinet, jusqu'à éga^ lité de teinte avec la solution £ doser,
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Deux modèles ont été construits par la maison Cogit :
- Le plus grand, figuré ici, comprend deux cuves cylindriques en verre coulé, à fond rigoureusement plat, enchâssées dans un dispositif ad hoc et graduées en millimètres jusqu’à un volume de 5o cm3 environ; le fond des tubes correspond à o.
- L’une des cuves reçoit la solution à doser; l’autre, destinée à contenir la solution étalon, porte une tubulure latérale inférieure reliée à une boule à robinet, fermée à l’orifice supérieur d’un bouchon percé d’un trou par lequel passe un tube permettant de faire varier, dans un sens ou dans l’autre, la pression de l’air à la surface du liquide, soit en soufflant à la bouche (petit modèle), soit en se servant d’une poire spéciale (grand modèle).
- Les deux cuves sont isolées de la lumière par un protecteur, l’éclairage des fonds étant obtenu par une glace opaline mobile.
- Les intensités de coloration sont appréciées à la partie supérieure des tubes par juxtaposition des images au moyen d’un dispositif de glace réfléchissante, l’opérateur restant placé face à l’appareil.
- Constructeurs : Cogit et C'°, 36, boulevard Saint-Michel, Paris, 6e.
- Automobilisme
- Robinet décompresseur à bille. — Le robinet décompresseur permet une mise en marche plus facile
- spécialement pour les motocyclettes elles petits moteurs, car il rend possible la suppression du temps de compression au début de la mise en marche ; il permet de donner un élan plus rapide au mécanisme avec une fatigue moindre.
- Voici un modèle de robinet qui est intéressant, car l’obturation est obtenue au moyen d’une bille. Une tige munie d’un pas de vis se visse dans une pièce formant écrou fixe, placée au-dessus d’une coupelle qui termine l’orifice du compresseur.
- Normalement la manette bloquée à fond assure la fermeture de l’orifice au moyen d’une bille qui s’applique exactement sur ce dernier. Lorsqu’on veut faire agir le robinet décompresseur, il suffit de lourner légèrement la manette de manière à débloquer la bille de son emplacement; la pression qui règne dans le cylindre au moment du temps de la compression soulève la bille et l’air et les gaz peuvent s’échapper.
- En temps normal, une fois la manette bloquée, il n’y a plus aucune fuite à craindre, même après un temps de service assez long. La bille de forme sphérique assure un joint parfait sur l’ouverture circulaire du robinet décompresseur.
- Constructeur : Giovanelli, 8, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- Photographie
- ,. — Coupe du robinet décompresseur à bille.
- Le coffret lumineux R. E. P. — Cet appareil permet de réaliser un véritable catalogue lumineux, et, à ce titre, il offre un moyen de publicité nouveau et ingénieux, en même temps que fort agréable.
- Son but est de présenter au public des reproductions photographiques, brillamment éclairées. A cet effet, les photographies à présenter sont tirées en positif, sur des pellicules spéciales, de grand format 18 X *4- La bande de pellicule est montée sur a rouleaux, à l’intérieur d’un élégant coffret en acajou et marqueterie, muni sur sa face avant d’une large vitre encastrée dans un cadre légèrement en retrait. La photographie pelli-culaire apparaît contre cette vitre.
- Sur le fond de la boite sont fixés une lampe électrique ordinaire de 3 a bougies, un réflecteur et un verre dépoli servant de diffuseur.
- La vue positive sur pellicule qui se .trouve devant l’ouverturp de l’appareil est ainsi illuminée par transparence, et l’aspect en est très brillant et très vivant.
- Deux boutons moletés servent à actionner à la main chacun des rouleaux supportant la pellicule et à exposer successivement devant le cadre chacune des vues qu’elle contient.
- Une poignée sert à transporter facilement l’appareil qui peut être soit placé sur une table, soit accroché à un mur.
- Un fil souple muni d’un petit interrupteur et d’une
- Fig. 5. — Coffret lumineux If. F. P.
- prise de courant à double usage permet de brancher instantanément la lampe de l’appareil sur n’importe quelle douille ou prise de courant d’appartement.
- Cet appareil permet de présenter commodément et élégamment une collection de modèles, par exemple.
- 11 est en vente à la Société le Reportage et l’Edition photographiques, 38, rue du Louvre, Paris, qui se charge également de l’exécution des positifs sur pellicules.
- Objets utiles
- Chaises métalliques « Multipl’s ». — La structure de ces sièges parfaitement confortables et de bel aspect est entièrement en tôle d'acier spéciale emboutie, c’est-à-dire sans articulation. Les soudures sont faites à l’autogène, et la rigidité due notamment à la forme des pieds est très supérieure à celle de n’importe quelle autre chaise similaire, soit en bois, soit en métal. On peut dire que cette fabrication est d’une durée presque infinie ; seules les garnitures qui sont interchangeables sont appelées à être remplacées de temps à autre.
- Tout en étant très solides, les sièges sont légers; le type sans fond tôlé (chaise cannée ou rotin) ne pèse que 3 kg environ, ce qui est le poids d'une chaise tout rotin.
- Ils sont garnis au choix du client : en rotin, en bois contreplaqué, en moleskine rembourrée, etc. De même, ils sont peints soit en laqué blanc, s’il s’agit de sièges destinés à des salles de bains, cabinets de toilette,.etc., soit dans toute autre teinte que l’on "peut varier sans difficulté chaque année ou tous les deux ou trois ans
- Fig. 6, — Chaises « Multipl’s ».
- s il s’agit d’autres emplois intérieurs ou extérieurs.
- Comme on le remarque, le système d’emboîtement permet d’emmagasiner un grand nombre de ces chaises dans l’espace le plus réduit. Par suite, cette manipulation rapide et commode procure une grande économie de main-d œuvre et une diminution importante de fatigue pour le personnel. Dans le même dispositif de fabrication sont conçus des tabourets et des guéridons.
- Constructeur : Société industrielle dç§ tpeubles « Multipl’s », 6, quai d’Qccident, à Lyon,
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- L’UTILISATION DES FRUITS SAUVAGES : LES AIRELLES MYRTILLES
- Les Airelles, petits arbrisseaux de la famille des Ericacées ou Vacciniées, sont représentées en France par trois espèces indigènes : l’Airelle myrtille ( Vacei-niurn myrtillus) ; l'Airelle ponctuée ou Airelle rouge ( Vaccinium Vitis Idœa); l’Airelle des marais (Vacci• nium uliginosum). ,1e ne m’occuperai que des fruits de la première, parce qu’ils sont, à beaucoup près, les plus comestibles et les plus répandus, mais comme leurs emplois peuvent s’appliquer en grande partie aux fruits des deux autres espèces, on n’aura qu’à les y soumettre en ras de besoin.
- Airelles myrtilles, — Habitat. — Le sous-arbrisscau qui les produit est très Ramifié et atteint 40 à 60 cm de haut. Il croît daDs les terrains siliceux des régions montagneuses; on le trouve dans les bois frais et boisés et souvent parmi les bruyères. 11 fait partie, dans les forêts de résiueux, des morts bois qui tendent à envahir les clairières.
- Fruits. — On les désigne suivant les régions sous les noms ci-contre : Abretier, Bluet, Brimbeile, Catelinette, Luret, Moret, Myrtille, Raisin des bois, Raisin d'ours, Teint Vin, etc. Ce sont des baies globuleuses, succulentes, de couleur bleu noirâtre. Leur volume égale à peu près celui d’une petite cerise; leur chair, d’abord verte, passe au rouge violacé à la maturité qui arrive d’août à septembre ; leur saveur est acide et rafraîchissante, mais surtout astringente. Elles abondent surtout dans les Vosges et l’Alsace. Au point de vue hygiénique et thérapeutique, les myrtilles qui jouissent, en France, d’une certaine estime, ont, en Allemagne et en Suisse, une grande réputation contre les affections intestinales, à cause de leur action antiseptique contre la flore microbienne qui les provoque.
- Utilisation. — Emplois. — Ils sont nombreux, car les myrtilles servent à préparer des confitures, conserves, desserts, gelées, infusions, jus, sirops, vins, eaux-de-vie, etc., que je vais passer rapidement en revue. On ne doit opérer que sur des fruits très propres.
- Confiture. — Enlever les graines des fruits, les jeter daDs un sirop cuit à la perle contenant autant de sucre que de fruits, et. au premier bouillon, verser sur un tamis. Remettre le sirop sur le feu pour le concentrer, y replonger les fruits, et, après quelques bouillons, mettre en pots.
- Conserves. — Deux genres, selon qu’on maintient les myrtilles entières ou qu’on les transforme en purée. Pour le premier, choisir les fruits au début de la maturité, les tasser légèrement dans des flacons ou des boîtes vernissées à l'intérieur pour en empêcher l’attaque par les matières tanniques, remplir avec du sirop ou du jus de ces fruits clarifié, fermer et stériliser au bain-marie pendant 10 à i5 minutes, d’après la grandeur du récipient.
- Pour le second genre, prendre des fruits mûrs, les faire cuire avec 8 à 10 pour 100 de leur poids d’eau jusqu’à ce qu’ils soient éclatés, réduire en purée, mettre celle-ci en bouteille et stériliser pendant 10 minutes.
- Dessert. — Dans les régions où les myrtilles abondent, notammèut en Allemagne, on les mange crues, mais l’on a bien soin qu’elles soient très mûres pour que leur âpreté soit peu prononcée. Toutefois, comme leur ius très foncé colore fortement les lèvres et les mains, cet inconvénient limite souvent cet emploi aux enfants.
- Gelée — Ecraser les baies avec un pilon en bois ou en porcelaine pour éviter l’attaque par les matières tanniques, exprimer le jus dans une presse en bois ou en fer étamé, le laisser s’éclaircir quelques heures sans fermenter, passer à la chausse, verser dans une bassine avec poids égal de sucre et faire cuire jusqu’à ce qu’une petite quantité versée sur une assiette se prenne en gelée, et mettre en pot. Comme le pouvoir gélifiant des myrtilles n’est pas très grand, il serait prudent d ajouter à leur jus, volume égal ou, tout au moins, a/5 de jus de pommes, qui faciliterait la prise en gelée. On ne met alors que 3/4 de sucre.
- Infusion. — Ecraser les baies avec le 1/20 de leur poids d'eau potable non calcaire, laisser fermenter quelques jours à une température de i5° à 200. Presser ensuite pour recueillir le jus, le filtrer et l’alcooliser à i5°, ce qui, dans la pratique, équivaut à peu près à un litre d’alcool à 900 pour 7 litres i/a de jus fermenté.
- Jus ou suc. — Opérer comme il est dit pour la gelée, ou encore, quand les fruits sont très mûrs, les écraser à la main sur un tamis, laisser fermenter 24 heures au frais et, après éclaircissement du jus, le passer à la chausse ou le filtrer au papier spécial, mettre ensuite en bouteille et stériliser 10 à i5 minutes au bain-marie.
- En Allemagne, où l’on en fabrique une grande quantité, on opère comme suit d’après Eduard Jacobsen. Après avoir écrasé les myrtilles, on laisse pulpe et jus cuver et fermenter légèrement, afin que la peau se ramollisse et permette à la matière colorante de se dissoudre. En outre, on y ajoute, par 100 kg, 3 à 4 kg de sucre, en vue de relever un peu la teneur de la richesse alcoolique. Comme les airelles myrtilles ne contiennent que 5 à 6 pour 100 de sucre, l’addition de 3 à 4 kg produit en moyenne 3,5 à 5 pour 100 d’alcool, ce qui suffit pour conserver le jus dans un tonneau bien rempli et maintenu dans une cave convenable à une basse température, sans lui ajouter d’antiseptique pour le garder en bon état. L’auteur estime que sa conservation, même dans des conditions défavorables, est assez assurée par la présence de 8 pour 100 d’alcool.
- Autrefois, dans les pays vignobles, on mettait à profit sa propriété colorante soit pour colorer les vins blancs, soit pour rehausser la couleur des vins légers, d’où le surnom de « teint-vin » donné à ces airelles. La propriété tinctoriale de ce suc était connue des anciens qui l’employaient pour teindre en pourpre les vêtements composant l’habillement des esclaves.
- Sirop. — Ajouter au suc clarifié une fois et demie son poids de sucre, si l’on ne se base pas sur sa densité ; faire jeter quelques bouillons dans une bassine en cuivre non étamé, puis passer à la chausse. Refroidi, il doit marquer 1.33 au densimètre.
- Vin. — Il existe en France et spécialement en Allemagne plusieurs formules de préparation. En France, ou l’on obtient le jus à froid ou à chaud, ou bien l’on opère sur la pulpe et le jus réunis. Dans le premier procédé on ajoute 1 litre 900 d’eau à chaque litre de jus et 3oo à 400 gr. de sucre, ou encore, par kilogramme de fruits, 1 litre 700 d’eau et 275 à 3oo gr. de sucre.
- Si l’on employait les myrtilles seules, c’est-à-dire sans addition de sucre, on aurait un vin très tannique et, par suite, imbuvable, titrant 3 pour 100 d’alcool. Etant donné que le jus fermente lentement, il est nécessaire de l’additionner, par hectolitre, de 5o gr. de levure et de i5 à 20 gr. de phosphate neutre d’ammoniaque.
- En Allemagne, lé vin de myrtilles, Ileidelbeerwein, a été recommandé par plusieurs professeurs de Faculté, et l’un d entre eux, le Dr Frank, a même lancé, il y a quelques années, une spécialité sous le nom de « Die Perle des Spessart », la Perle du Spessart », qui a eu beaucoup de succès. L’analvse effectuée à la Station de recherches de l’Institut hygiénique de l’Université de Munich, a donné les résultats suivants. Densité du vin débarrassé de l’acide carbonique ; 1.017,2 à i5°. Principes contenus dans 100 cm3 : Alcool 7 cm3 92 ; sucre 4 gr. 55; Extrait à ioo° C. 7 gr. 35; Acides libres exprimés en acide tartrique o gr. 949 ; cendres o gr. 174; en outre : acide phosphorique o gr. 0146; acide sulfurique o gr. oi 40; tanin et matière colorante o gr. 066.
- Les ouvrages allemands contiennent plusieurs formules de vins purs oü associés aux groseilles ou aux baies de sureau; on y voit même le procédé pour préparer un vin de myrtilles rappelant en même temps le vin de Bordeaux; le « Ileidelbeerbordeauxwein »!
- Je m’en tiendrai au procédé très simple de H. Timm qui a étudié spécialement les vins de fruits. On prend une quantité suffisante de myrtilles bien mûres et propres pour obtenir 10 litres de jus et on les fait cuire avec un peu d’eau. On exprime le mélange refroidi et on épuise le marc. On verse le liquide dans un fût de a5 litres, de manière à avoir 10 litres de jus pur plus 10 litres d’eau en tenant compte de celle qui a été employée pour faire cuire les baies et épuiser le marc. On y ajoute 4 à 5 kg de sucre, 20 gr. de tartre et l’on porte à une température de 180 à 20°. Si la fermentation marche lentement, on délaie dans le liquide un peu de levure de vin et l’on a soin d’agiter chaque jour. On remplace la bonde par un barboteur hydraulique pour
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- VARIÉTÉS
- mieux suivre la marche de la fermentation tumultueuse. Quand elle est terminée, on soutire dans un autre fût qu’on place dans une cave froide et on en fait le plein de temps en temps.
- Trois mois après, on soutire encore et on colle en cas de besoin.
- Eau-de-vie. On la prépare en distillant soit le vin de myrtilles seul, soit, le mélange pâteux de pulpe et de jus après qu’il a subi la fermentation. On prend dans
- ce dernier cas les précautions nécessaires pour éviter une attache aux parois de la chaudière, xoo kg d’airelles myrtilles donnent, en moyenne, 4 à 6 litres d'eau-de-vie à 5o°, qui rappelle, d’un peu loin, le kirsch.
- Entre ces diverses préparations, les maîtresses de maison ont un certain intérêt à choisir les confitures, conserves, gelées et sirops qui sont recommandés avëc raison dans quelques maladies des intestins.
- A. Truelle.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut, être, en grénéral. répondu immédiatement
- Communications. — Encres périssables. — A la suite de notre réponse au commandant P., sur ce sujet, (voir Boîte aux Lettres, n° 5621, p. 207), l’administra-teur-délégué de la Société des Encres Antoine nous communique les intéressants renseignements qui suivent :
- « Nous avons eu l’occasion de fabriquer deux encres « périssables », mais, toutes deux, d’un emploi très limité.
- Pour la plume. — Pendant la guerre, les Dames-de-France nous ont demandé, à l’usage des malheureux blessés, écrivant dans leur lit, une encre spéciale qui,
- ( en cas d’accident, tel que chute du porte-plume ou même renversement de l’encrier, ne maculât pas, de façon irréparable, leur linge ou leurs draps.
- Nous avions fait alors une encre, répondant à ces desiderata, que nous avions, d’ailleurs, établie en teinte bleue, afin de lui bien conserver le caractère d’encre de fantaisie.
- Pour timbre caoutchouc. — Nous avons créé une encre ronge à Yusage spécial du fabricant, et destinée à apposer sur le linge (cols et manchettes, en particulier) certaines marques ou références provisoires de modèles, qualités, pointures, etc., n’ayant leur utilité que jusqu’au moment précis où les articles, ainsi marqués, ayant passé par le grossiste et le détaillant, arrivent, enfin, aux mains du client définitif qui en fera lui-même usage. Si donc, cette encre doit résister à un premier lavage, il n’est plus nécessaire qu’elle demeure, par la suite, indélébile, comme doit être au contraire celle (au nitrate d’argent, par exemple) servant à apposer sur le linge les initiales ou marques personnelles qui, elles, auront à résister aux blanchissages hebdomadaires, c’est-à-dire au chlore et autres ingrédients du même genre, que la blanchisseuse... jurera ne jamais employer (! ! !)
- Voilà, les deux seules « Encres périssables » que nous avons été appelés à fabriquer et que nous ne faisons tout spécialement que sur demande expresse, en raison même des inconvénients très graves auxquels vous faites allusion, qui pourraient résulter de la vulgarisation d’encres de ce genre. »
- Réponses. — M. •Cabanel, à Montpellier. — Les mélanges pour fabrication de bouchons en caoutchouc sont très variables suivant la qualité que l’on a en vue d’obtenir, vous pouvez prendre comme type d’une bonne qualité les proportions suivantes :
- Caoutchouc Para...............60 pour 100
- Charge....................... 20 —
- Soufre....................... 5 —
- Minimum.................... . i5 —
- La charge peut être constituée à volonté par du blanc de zinc, de la craie, du talc ou du sulfate de baryte.
- Le mélange est introduit dans les moules appropriés à la forme désirée, on démoule et vulcanise pendant 2 h. 1/2 à 4 kg de pression en présence de vapeur d’eau.
- Abonné ü-269, à Saint-Mandé. — 1* Pour rendre imperméables les poteries poreuses afin de les transformer en vases à fleurs, il suffit de verser à l’intérieur une solution épaisse 4e colophane flans l’alcool à brûler
- de manière à recouvrir toute la surface, après évaporation de l’alcool, tous les pores du récipient se trouvent ainsi bouchés. Si l’ouverture est assez large, employer simplement ua pinceau dit queue de morue; — a0 Les bouillons concentrés de bonne qualité sont obtenus en préparant un bouillon de viande comme d’habitude, puis en l’évaporant sous pression réduite, pour éviter l’altération, jusqu’à ce qu’il ait acquis une consistance pâteuse. En général, ces bouillons contiennent une forte proportion de sel de cuisine pour en assurer la conservation, il n’est donc pas nécessaire de saler le potage obtenu; — 3° TJ eau pour nettoyer les cuivres est composée de :
- Acide oxalique............ grammes.
- Acide sulfurique .... 26 —
- Kaolin pulvérisé .... 75 —
- Eau ordinaire q s. . . . 1000 cm5
- 4e Pour vieillir le kirsch déjà en bouteilles, il suffit de le conserver en appartement et non à la cave. Placer les bouteilles couchées dans une caisse, sur des lits successifs de foin, arrosés de quelques gouttes d’eau, de manière que la chaleur- dégagée par une légère fermentation favorise l’éthérification qui développe le bouquet.
- E. R., à Saint-Cloud. — D’après les renseignements qui nous ont été donnés concernant la dorure sur laque, la mixlure qui sert de véhicule à l’or serait composée de :
- Gomme damnar...................... 3o grammes.
- Gomme laque en écailles. ... 28 —
- Alcool à g5°......................200 cm3
- Quelques essais de répétition, en faisant au besoin varier les proportions relatives des composants pour bonne fluidité, vous permettront, nous l’espérons, de mettre la formule au point.
- M. Remède, à Bordeaux. — La grande affinité du noir animal pour les matières colorantes vous permettra peut-être de remédier à la coloration accidentelle de votre solution de gomme arabique. Prendre de préférence du noir animal en petits grains, plutôt que du noir en poudre, laisser en contact une huitaine en agitant fréquemment, puis abandonner au repos et décanter. Au besoin répéter l’opération avec du noir neuf, si un premier essai avait montré une amélioration.
- Ciments du Coucou. — Vous obtiendrez très probablement un bon résultat en appliquant le procédé suivant pour détruire les moisissures dans votre cave Préparer une solution de sulfate de cuivre (vitriol bleu) à 5 pour 100, soit 5 kg de sel par hectolitre d’eau, en badigeonner les murs et tous les objets entreposés de façon qu’aucune partie n’échappe à ce badigeonnage, arroser également le sol avec la même solution. Si vous disposez d’un pulvérisateur en cuivre, .tel qu’on l’emploie pour le sulfatage agricole, vous pourrez pratiquer l’opération très rapidement et avec une réussite encore mieux assurée. Le sulfate de cuivre employé dans ces conditions ne présente aucun danger.
- M. Landa, à Paris. — Le silicate de soude peut, en effet, servir de base à un enduit destiné à redonner aux pneus d’automobile l’aspect du neuf à II vous suffira pour cela d’étendre le silicate de soude du commerce d’environ 10 fois son volume d’eau et d’y ajouter une quantité de poudre d’apdoise très fine qui peut varier suivant l’épaisseur de la couche que l’on désire obtenir. L’addition d’un peu de blanc d’Espagne pulvérisé vous permettra également d’éelaircir la teinte à volonté.
- M. V. Bedoin, à Rome. — Les maisons suivantes vous fourmrout par toutes quantités les cQulçurs dite§ fl’ani*
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- BOITE AUX LETTRES
- Une : Chenal et Douilhet, 22, me de la Sorbonne; Pel-liot, 24, place des Vosges; Pointet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois.
- E. P., à Rennes —Pour netioyer et blanchir la fourrure d'hermine opérer ainsi : i° Passer sur l'extrémité des poils une éponge mouillée pour enlever les enduits poisseux solubles dans l’eau, laisser bien sécher; — 2° Frotter à poignées avec du son que l’on a assez fortement chauffé, saupoudrer ensuite de son, rouler la peau et laisser en contact pendant 24 heures, secouer, brosser et peigner.
- Si la fourrure n’avait pas repris sa blancheur, l’immerger dans un bain composé de :
- Eau oxygénée............ 5oo cm3
- Eau ordinaire........... 5oo —
- Alcali volatil..........quelques gouttes.
- Fouler à plusieurs reprises, abandonner dans un lieu chaud 3 à 4 heures en retournant plusieurs fois dans l’intervalle. Au bout de ce temps égoutter, laisser à l’air i ou 2 heures, rincer, sécher, saupoudrer d’amidon, brosser et peigner comme précédemment.
- M. Richard, à Colombes. — Votre eau est tout à fait impropre aux usages domestiques \ savonnage, cuisson des légumes, ainsi qu’à l’alimentation, à cause de sa teneur trop élevée en calcaire, elle ne paraît pas souillée par des infiltrations. Dans une certaine mesure, vous pourriez épurer cette eau en vue du savonnage par addition de carbonate de soude et de soude caustique; mais pour déterminer les proportions, il faudrait une analyse plus complète, faisant connaître les quantités de bicarbonates et sulfates alcalino-terreux qu’elle renferme. Quant à l’emploi alimentaire il faut y renoncer.
- R. R., à Cognac. — 1° Si votre colle au silicate n'a adhéré que sur un côté, c’est que l’autre fragment était probablement souillé ou que vous aviez laissé partiellement sécher l’enduit avant rapprochement. Il faut mettre le mélange de silicate et de blanc d’Espagne sur chacun des fragments, appliquer de suite, serrer fortement par une ligature en ficelle et n’enlever celle-ci qu’après dessiccation complète. L’emploi du papier émeri est inutile ; — 20 L'addition d'eau à l'essence d’auto serait immédiatement apparente par l’aspect du mélange, les gazo-lines n’étant pas miscibles à l’eau.
- M. M. Ralli, Cercle hellénique. — Le meilleur moyen que vous puissiez employer pour. nettoyer des os de boucherie est de les dépouiller d’abord grossièrement au couteau de la chair adhérente, puis de les faire bouillir 1 heure ou 2 dans l’eau. Les retirer alors du bain gélatineux, puis les tremper dans une bouillie contenant 5o gr. de chlorure de chaux (poudre de chlore) par litre; les os se conserveront alors parfaitement et pourront être entreposés sans aucun inconvénient. .
- M. Ferrière, à Bastia. — Nous ne vous conseillons pas de recouvrir votre terrasse de carreaux ou de carton bitumé, si on doit y circuler; à notre avis, le mieux est un revêtement en ciment de Portland, en ayant soin de ménager une pente convenable pour l’écoulement des eaux. Vous éviterez tout fissurage ultérieur en noyant dans la couche de ciment un treillage en fil de fer de manière à constituer un béton armé.
- Mlle Bouquet, à Pont-de-Vaux (Ain). — Les maisons suivantes vous fourniront à lettre vue de Yessence d’Orient : Burel fils, 5, rue Saint-Merri; Clément et Raoult, 225, rue Saint-Denis; Comptoir d’importation, 197, avenue Michel-Bizot; Ducruet, 3g, rue de Bretagne; Etablissement Saskia, 171, route de la Révolte, à Levallois (Seine).
- M. L. Sager, à Montpellier. —La fibrine du sang est soluble dans les dissolutions suivantes : acide chlorhydrique à la dilution de 1 à 5 pour 1000 ; sulfate de soude à 10 pour 100; nitrate de potasse à 10 pour 100; chlorure de sodium à 10 pour 100; chlorure de calcium à 2 pour 100. Un léger chauffage vers 4o° C est nécessaire pour ces solubilisations.
- M. Claudius, à Tientsin. — La formule type de colle pour films cinématographiques est la suivante ;
- Celluloïd non chargé ... 25 grammes.
- Acétone......................5o cm3
- Acétate d’amyle..............5o —
- Si l’on désire une évaporation très rapide, on peut augmenter légèrement la proportion d’acétone.
- M. Desclève, à Paris. — i° Il n’y a aucun inconvénient à se servir de soude caustique pour déboucher des tuyaux en fer engorgés, lè fer est inattaquable par les
- alcalis caustiques même à chaud; — 20 Vous trouverez du fil fin pour réparations de voltmètres ou ampèremètres aux adresses suivantes ; Bazar d’Electricité, 34, boulevard Henri-IV; Comptoir général d’Electricité, 4(, boulevard Beaumarchais; Ahliot, 38, rue de Reuilly, 12°; L’Appareillage électrique, 2i3, rue La Fayette; Le Fil isolé, 78, rue Lecourbe.
- M. Houdebine. Secteur g6. — 1* Ainsi que nous l’avons rappelé, toute classification est arbitraire, il est loisible à chacun d’adopter celle qui lui plaît et lui paraît répondre le mieux à l’observation des faits. Nous n’avons donc nullement à défendre tel ou tel système que les acquisitions nouvelles peuvent être appelées à modifier; — 20 Voyez le Répertoire des constantes physiques de Marie, éditeur Dunod, g2, rue Bonaparte.
- Ranque et Senez, à Marseille. — i° L’odeur de l’iodo-forme peut être masquée par l’eau de fleurs d’orangers ou le salicylate de méthyle. L’aniodol réussit également, mais ne pourra probablement pas convenir dans le cas que vous indiquez, car il a une action antiseptique puissante ; — 20 Le dosage de l'iodoforme s’effectue en chauffant pendant 1 heure au bain-maiie bouillant en présence d'une solution de nitrate d’arge'nt à 5 pour 100 (20 cm3 de solution par o gr. 5 d’iodoforme présumé), le mélange étant acidulé par quelques gouttes d’acide nitrique. On laisse refroidir, filtre, lave, sèche et pèsel’io-duré d’argent formé. Le poids obtenu multiplié par o,5588 donne le poids d’iodoforme correspondant; — 3° Les ocres, par Paul Hubert, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- M. Jarraud, à Châteauneuf-sur-Charente. —L'écaille se ternit à l’usage par les matières grasses qui la recouvrent, il suffit pour les enlever de frotter légèrement avec un tampon d’ouate imbibé de tétrachlorure de carbone. Pour terminer on polit avec une peau de chamois saupoudrée de rouge d’Angleterre impalpable.
- Foyer des Etudiants, à Nancy. — L’emploi des récipients en zinc pour l’emmagasinement des produits alimentaires est contre-indiqué, car le zinc est facilement attaqué et ses sels sont toxiques. Nous ne saurions donc vous engager à continuer de loger du miel dans des vases de ce métal, peut-être des indispositions mal définies n’ont-elles pas eu d’autres causes que la consommation de miel ainsi conservé. Tout revêtement que vous pourriez appliquer n’aurait qu’une durée passagère et le danger d’intoxication resterait toujours imminent.
- M. R. Paris, Paufy, Mussidan (Dordogne). — i° Le crude ammoniac (o.u crud d’ammoniaque) est un engrais ammoniacal, contenant, outre de l’ammoniac, des composés dangereux pour les plantes ; c’est aussi une substance très efficace pour détruire les insectes et les mauvaises herbes, mais dont l’emploi exige certaines précautions. Ce sous-produit de la fabrication du gaz d’éclairage contient non seulement de l’azote, mais aussi des sulfates, des ferrocyanures et des sulfocyanures de chaux et d’ammoniaque, en proportions très variables, comme le montrent les chiffres ci-dessous, résultats d’analyses faites par M. Guillin au Laboratoire de la Société des Agriculteurs de France (Analyses agricoles) :
- I II III IY
- 0/ / 0 0/ 10 % 0/ / 0
- Azote total 3,25 5,60 8,00 10,82
- Azote ammoniacal . . 1,00 G9° 3,20 4,5o
- Bleu de Prusse . . . 4,40 2,25 9.90 4,20
- Soufre 28,00 41,00 25,90 34,10
- Acide sulfocyanique . 3,oo 6,00 3,70 5,3o
- En raison de sa teneur élevée en soufre, on doit considérer le crude ammoniac non pas uniquement comme un engrais azoté, mais comme une substance complexe doni divers éléments peuvent exercer une action dans la fertilisation du sol. On peut l’employer à raison de 1000 kg par hectare, aussitôt après la moisson, avant le labour de déchaumage. En tout cas, il faut toujours l’épandre longtemps à l’avance, eu égard à l’époque des semailles, etfl’incorporer au sol par un labour ;
- 20 La grêle peut s’abattre sur vos vignes la nuit comme durant le jour, si le temps fait présager des orages à grêle dans la région. On ne connaît rien de précis quant à la hauteur à laquelle peuvent se produire les orages à grêle. Bombes et fusées paragrêles donnent des résultats variables, suivant les situations. Quant aux tirs à effectuer et quel que soit le moment, l’éventualité est à envisager lorsqu’on peut établir des pronostics certains.
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- Traction électrique, par René Martin, i vol., 871 p., 5g5 fig., 65 pl., hors texte (2e édition). L. Eyrolles, éditeur, Paris, 1924. Prix : 70 francs.
- La première édition de cet excellent ouvrage a été publiée en 1919. Depuis cette époque, il n’y a pas eu de grandes modifications de principe dans la traction électrique ; mais le domaine de ses applications n’a pas cessé de s’étendre, en France notamment, où l’électrification des chemins de fer est poussée activement. Les dispositions nouvelles adoptées dans ce but par les réseaux français ont conduit l’auteur à compléter sur beaucoup de points sa première édition. M. Martin décrit avec une remarquable clarté les différents types de moteurs électriques adoptés soit sur les tramways, soit sur les chemins de fer électriques, et en explique le fonctionnement; il montre comment sont équipées les voitures et locomotives, il étudie le freinage, puis les différents systèmes de traction en usage ; il termine par la description de quelques matériels spéciaux, tels qu’autobus à trolley. Cet ouvrage aidera puissamment à la formation des spécialistes de plus en plus nombreux que réclament les transports électriques.
- The Brightness of Lunar Eclipses 1860-1922, by Wil-i.ard J. Fisher, i brochure 6 c p., publication de la Smithsonian Institution Washington, 1924.
- L’étude de l’obscurité plus ou moins grande de la surface lunaire occultée au cours d’une éclipse, autrement dit l’étude de l’ombre projetée par la Terre, permettrait, si elle était effectuée avec précision, d’en déduire des données intéressantes sur la constitution de l’atmosphère terrestre. L’auteur a dépouillé les observations publiées depuis 1860, en essayant d’en extraire les données relatives à l’éclat de l’éclipse, et sans en tirer de conclusion.
- Manuel de télégraphie et téléphonie, par A. Leclerc,
- 1 vol. 317 p.. 248 fr. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1924. Prix : 12 francs.
- Ce volume contient des notions sommaires d’électricité, la description des principaux appareils télégraphiques et téléphoniques ; il décrit, d’une façon schématique, l’organisation des grands services publics de télégraphie et téléphonie et explique comment doivent être construites les lignes servant à transmettre ou recevoir des signaux.
- Manuel du chaudronnier, par Adam et Vf.ntrillon, 1 vol. in-16, 412 p., 3i4 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1924. Prix : 12 francs.
- L’ouvrage débute par des notions de géométrie et de calcul, des renseignements succincts sur les métaux et les divers produits, notamment les soudures employées en chaudronnerie; il décrit ensuite l’outillage du chaudronnier ; puis les principaux travaux qui incombent à cet artisan ; préparation des pièces, mise en forme par emboutissage et restreinte, jonctions par soudure, brasage, rivetage, agrafage et boulonnage, tuyautages. Un chapitre est consacré à la grosse chaudronnerie, en particulier aux chaudières.
- Aide-Mémoire du Commerce et des Industries du bois, par P. Razous. i vol. in-8, 38a p., 35 fig. Ecole de Sylviculture, du Commerce et des Industries du Bois de Sainte-Maure de Touraine. Prix : 12 fr. 5o; relié
- , 18 francs.
- La première partie qui traite plus spécialement du commerce du bois indique : les endroits de France dans lesquels on trouve les principales essences forestières, les usages des bois par catégories d’essences, les conditions de formation et de développement du bois, l’influence des vices et tares du bois sur leur valeur et leur utilisation, le commerce des
- bois de pays, la conservation et le séchage des bois, l’estimation des coupes de diverses essences, l’estimation des bois abattus, les débits des bois en vue de leur utilisation comme bois de service et comme, bois d’industrie, l’importation des bois, l’établissement des prix de revient des bois de pays et des bois étrangers, le régime douanier, les cours.
- Dans la deuxième partie, des renseignements numériques très utiles sur la production des diverses machines-outils et sur les forces motrices exigées sont donnés, pour les scies mécaniques, les machines à corroyer et à façonner, les machines à préparer les assemblages, les machines de montage et de finissage.
- Dans la troisième partie, des considérations d’ordre technique et économique sont développées sur les industries des petits débits du bois, la préparation des bois de mines, l’écorçage, l’industrie des bois de fente, quelques industries mécaniques du bois, la carbonisation et la distillation, la fabrication de la pâte à papier, les industries des matières tannantes, des extraits de teintures, des résines et de l’alcool de bois.
- La quatrième partie résume les questions de législation forestière les plus importantes.
- Les races du Haut-Tonkin (de Phong-Tho à Lang-Sou), par le lieutenant-colonel Maurice Abadie. 1 vol. in-4, 194 p., 44 pl- en phototypie. Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales. Paris, 1924. Prix : 3o francs.
- Le Haut-Tonkin, pays montagneux, aux communications difficiles, est habité par une population clairsemée, formée de races très différentes, qui, en raison de la nature du pays, n’ont encore que fort peu évolué ; elles sont restées figées dans des mœurs et coutumes millénaires, et à ce titre elles présentent un vif intérêt, aussi bien au point de vue ethnographique que pittoresque. L’auteur, qui au cours d’un long voyage - a pu les étudier à fond, réunit dans ce volume tout ce que l’on sait et tout ce qu’il a appris lui-même de leur histoire, de leurs mœurs, de leurs religions et de leurs cérémonies, de leur organisation sociale, de leurs industries. Il étudie séparément les quatre grands groupes entre lesquels se répartit sa population : les Thos, les plus anciennement établis dans le pays, habitant les vallées et régions de faible altitude, et les montagnards Man, Meo et Lolo, venus de Chine. Cette attachante étude ethnographique est précédée d’une description de la région dans laquelle l’auteur met en relief ses caractères physiques, son climat, ses productions. De nombreuses et superbes photographies contribuent à donner au lecteur une idée précise delà région et de ses habitants.
- La scarlatine, par le Dr M. Brelet. i vol. in-16, 246 p. Flammarion, Paris, 1924. Prix : 7 fr.,5o.
- La scarlatine, comme les autres fièvres éruptives, est intéressante à tous points de vue. Ses formes cliniques sont nombreuses, et des complications très variées peuvent venir modifier la marche de la maladie. Ces aspects multiples de la scarlatine en rendent souvent le diagnostic assez difficile. Sans s’arrêter à la pathogénie, très discutée, l’auteur développe longuement deux questions d’une importance pratique très grande : la prophylaxie et le traitement. M. Brelet indique ce qu'il faut faire quand la scarlatine survient dans une famille, dans une école, dans une caserne, comment enfin doit être organisée l’hospitalisation des scarlatineux. Le traitement est exposé avec beaucoup de détails, pour montrer que le rôle du médecin soignant un scarlatineux est toujours très important; dans les formes légères, il s’agit de prévenir l’apparition des complications et de tenir le malade isolé afin d’éviter la transmission de la scarlatine à son entourage : dans les cas graves, un traitement énergique permet souvent de lutter avec succès contre une infection qui s’annonçait redoutable.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N« 2627 9 Août 1924
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- INFORMATIONS
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- Distillation du bois en meules armées. — M. Ley-den a présenté récemment à la Société des Agriculteurs de France un intéressant rapport sur la distillation du bois en meules armées. Question importante pour la France qui est tributaire de l’étranger pour une séi’ie de produits chimiques qu’elle pourrait obtenir dans d’excellentes conditions par la distillation du bois en meules. D’après M. Leyden, les systèmes déjà proposés et utilisés n’ont pas donné de résultats satisfaisants, les produits restant impurs ou étant perdus en trop grande quantité, en raison des défauts des installations.
- Un appareil, dit-il, qui doit récupérer tous les produits de distillation sans perte, qui doit fournir des produits non décomposés par la chaleur de la meule et un charbon exempt de goudron et composés acides, doit se présenter sous la forme suivante :
- Une plate-forme sur laquelle la meule doit être construite.
- Une première tuyauterie qui mène les liquides provenant du bois dans le dégoudronneur.
- Une seconde tuyauterie qui mène les vapeurs dans les condensateurs, afin d’éviter leur décomposition par la chaleur de la meule.
- M. Leyden a cherché, d’autre part, à transformer les gaz en vapeur par l’intermédiaire d’une tour de circulation dans laquelle circule continuellement, sous forme d'une pluie très fine, une cinquantaine de litres de chlorure de zinc; les gaz de la meule sont changés en vapeurs qui se laissent alors facilement refroidir dans une caisse de condensation. La baisse de température dans la tour de lavage et dans la caisse de condensation est si complète que les vapeurs quittant l’appareil ont une température de 7 à ii°. Ces vapeurs se composent essentiellement d’alcool méthylique et de furfurol; introduites dans une cuve pleine d’eau, elles sont absorbées sans autre difficultés et sans perte aucune.
- Une autre difficulté à surmonter était l’affaissement de la meule. Elle a été vaincue par l’adaptation d’un tuyau qui, sous forme de coulisse, se glisse dans le tuyau principal de la distillation et suit par conséquent étroitement l’affaissement de la meule. L’intervalle entre le tuyau glissant et le tuyau de distillation se comble avec de la terre.
- La quantité des liquides recueillis atteint environ 4o pour 100 du bois; on obtient un charbon sans odeur et acides, dans la proportion de 14 sacs pour 7 stères. Les goudrons récupérés s’élèvent à environ 5 kg pour 7 stères ; les produits pyroligneux sont purs et faciles à rectifier, l’acide acétique n’a pas d’odeur désagréable.
- La distillation en meules armées produit de plus des matières tanniques, de l’amidophénol et du furfurol.
- Avec a5 stères de bois, on arriverait à une dépense de 800 francs contre' une recette de a800 fr., soit un bénéfice de 2000 francs par jour. Un appareil à 3 plateaux pour 75 stères coûte environ 5oooo francs; le bénéfice réalisé permet un amortissement très rapide. L’appareil n’a pas besoin de main-d’œuvre et le travail du charbonnier est très simplifié; le charbon est exempt de goudron. Le bois à carboniser n’a pas besoin d’être transporté à l’usine. On peut d’ailleurs se contenter d’un appareil à une seule plate-forme, dont le prix est réduit à a5 000 francs, et qui peut utiliser environ a5 stères en trois jours, soit 5o stères en une semaine, au lieu de 7 stères avec le système actuel des meules simples.
- Des expériences intéressantes ont été faites avec cet appareil en Nivernais.
- Emploi des asphaltes de pétrole dans la construction des toitures. — La première application des asphaltes de pétrole à la fabrication des toitures prêtes à être posées fut faite, au dire de la revue Chemical Metallurgy Engineering, par Pearce et Melvin en 1886. Depuis lors cette industrie a pris une très grande extension aux Etats-Unis.
- A l’heure actuelle, c’est le feutre qui est le plus fréquemment utilisé comme support de l’asphalte; il existe plusieurs feutres : le feutre de déchets, composé comme son nom l’indique de déchets de coton, d’un faible pourcentage de laine et d’un peu de jute; le feutre d’amiante
- composé presque entièrement de fibre d’amiante avec un faible pourcentage d’autres fibres et d’un liant pour donner de la consistance ; enfin le feutre à base de papier, pour les revêtements à bon marché et contenant moins de 70 pour 100 de déchets de papier.
- Les matières entrant dans la composition de ces feutres sont désagrégées à la pile, puis la masse est passée dans une sorte de machine à papier. Le feutre séché est plongé dans un bain saturant, puis après avoir été débarrassé de l’excès de ce dernier produit, une série de rouleaux lui applique une couche bitumineuse dont l’épaisseur varie suivant le produit désiré. On pulvérise ensuite des matières minérales de diverses grosseurs.
- Les toitures en amiante sont faites en collant les unes contre les autres deux ou plus de deux feuilles de papier ou de feutre d’amiante saturées d’asphalte. Quant aux papiers d’asphalte employés notamment pour éviter l’humidité des murs, ils sont de trois types différents : papier saturé dasphalte, papier revêtu d’asphalte, papier revêtu et saturé d’asphalte. L’asphalte le plus couramment employé pour ces travaux est celjii de Californie dont le point de ramollissement est de 65°.
- Les falsifications du miel. — Au premier Congrès national d’Apiculture commerciale, qui s’est tenu à Paris, au Musée social, en mai, M. Caillas, technicien apicole, a fait une communication sur les fraudes et leur répercussion sur le commerce des produits apicoles.
- La fraude principale consiste à introduire dans le miel du sucre interverti, résultant de l’action d'un acide sur la saccharose (C12H2sOu).
- Cette fraude est pratiquée dans le but d’obtenir un produit dont les propriétés physiques et chimiques soient assez voisines de celles du miel. Les méthodes employées diffèrent, mais le résultat est le même.
- Le sucre interverti (Cl3H12Os) donne un produit frauduleux où font défaut : de la formine, des phosphates de chaux et de fer, ainsi que des vitamines et même de l’invertine.
- On reconnaît sa teneur anormale en glucose et lévulose, qui constitue le sucre interverti, en faisant un mélange du miel qui en contient, avec un extrait éthéré et une solution de résorcine, dans l’acide chlorhydrique. On obtient un mélange de couleur rouge vif, due à la présence d’un dérivé furfurolique. Cette méthode due au chimiste Fiehe.a été très perfectionnée.
- Le sucre interverti étant d’un prix élevé, on lui substitue le glucose industriel, le sirop de cristal. On observe que certains apiculteurs emploient même du sucre pour nourrir les abeilles, mais c’est là un procédé encore trop coûteux.
- Le miel ne supporte aucun mélange ou alliage avec aucun corps étranger. Il arrive toujours, par une fer-.mentation, à repousser et à se séparer du produit qu’on lui a incorporé. Même le glucose, qui paraît cependant un corps similaire, ne donne pas un produit stable; il ne supporte pas mieux le miel de sucre. Toute addition d’eau, de glucose, de farine, de fécule, d’amidon, etc., doit être interdite. Sont absolument frauduleuses les additions de substances telles que le plâtre, le blanc minéral, la sciure d’albâtre, le talc, etc. H. B.
- Un nouveau procédé de conservation des fruits tropicaux. — Le Dr Cramer a cherché un procédé pratique permettant d’expédier en Europe certains fruits tropicaux axitres que les bananes et les ananas. Sa méthode, nous enseigne la Revue de Botanique appliquée et d’Agriculture coloniale, consiste à enduire les fruits, cueillis un peu avant maturité, d’une mince couche de latex de caoutchouc qui, en se coagulant, forme un enduit protecteur. Les phénomènes de maturation se trouvent ralentis et le fruit est mis ainsi, pour une bonne part tout au moins, à l’abri des organismes qui déterminent la pourriture de la matière végétale. Afin d’expérimenter son procédé le Dr Cramer a fait au Laboratoire d’agronomie coloniale un envoi très intéressant de fruits de mangoustan (Garcinia Mangosiana). Les mangoustans au bout de quelques jours de maturation ne sont généralement plus bons et les graines
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- INFORMATIONS
- perdent presque immédiatement leur pouvoir germina- j tiE. Même sur place, les fruits ne sont plus mangeables quelques jours après la cueillette. L’envoi en question est parvenu à destination après environ un mois de voyage. Les mangoustans étaient enduits d'une mince couche de caoutchouc et enveloppés chacun d’un morceau de papier huilé. 60 pour ioo des fruits étaient en parfait état : le mésocarpe avait pris la teinte violacée habituelle des fruits mûrs et était devenu légèrement mou sous la pression des doigts. En l’ouvrant, pour mettre à jour la pulpe, on a constaté que celle-ci avait la même fraîcheur et la même saveur que celles des fruits récemment cueillis. Les graines étaient également en parfait état.
- Les Missions catholiques. — La Revue d’Histoire des Missions, dans son numéro de juin 1924» consacre un article à la Géographie des Missions. Nous en extrayons la statistique suivante :
- Europe Yicariats. 8 Préfectures 1 apostoliques. 2
- Asie 79 i4
- Afrique. .... 62
- Amérique.... 32 16
- Insulinde et Océanie . . . i5 4
- 19b 68
- Il faut y ajouter un certain nombre de diocèses relevant de la Propagande (Japon, Indes, Philippines, Australasie).
- A défaut de statistiques d’ensemble, qui sont à peu piès impossibles à établir, nous relevons les chiffres suivants pour plusieurs pays de missions.
- Baptisés. Catéchumènes.
- Madagascar (1923). . .
- AOF et Togo (1923) . .
- AEF (1923) ........
- Côte des Somalis (192!) Indochine française . . Nouvelles-Hébrides . . Nouvelle-Calédonie . .
- Tahiti (1922).........
- Marquises (1918) . . . Guyane française (1923).
- 320.000 environ 3o.ooo
- 102.518 plus de 33.000
- 46.909 . 29.172
- environ 100 indigènes. —
- 1.260.000 —
- 2.100 —
- 10.34o indigènes —
- 8.800 — —
- 2.067 — —
- 25.000 indigènes et
- européens —
- Chine (1923) ........ 2.208.800
- Inde anglaise (1922) . . 3.001.979
- Corée (1922).... 96.411
- Japon etFormose (1922). 77.590
- Pour ce qui est de l’Europe, signalons que l’on ne trouve de pays de missions que dans les Etats Scandinaves (Islande, Norwège, Danemark, Bornholm, Finlande), dans l'Allemagne du Nord et dans les Balkans (Constantinople, Salonique).
- La langue française au Maroc. — Les progrès de la langue française au Maroc sont rapides, remarque M. G. Hardy dans Franee-Islam.
- En 1912, les écoles créées comprenaient 145 petits Français, 54 Italiens, 47 Espagnols, 3i Anglais, Grecs, etc., 2328 Israélites, 210 Musulmans.
- En 1922, les écoles comptaient .7147 Français, 2i5q Italiens, 3482 Espagnols, 435 Anglais, Grecs, ete., 8585 Israélites, 5oo4 Musulmans.
- L’institution, sous l’initiative du maréchal Lyautey, fl’uu certain nombre d'écoles de l’avant, installées par les militaires dans les zones nouvellement pénétrées, est des plus intéressantes ; cette progression avec l’enseignement de la langue par les militaires est vraiment une méthode. Ces écoles de l’ayant ont environ 5oo élèves.
- Les progrès faits par le français sont, dans ces conditions, évidents. Il est à noter que déjà avant l’organisation actuelle, l’Alliance Israélite Universelle avait de nombreuses écoles au Maroc, c’est ce qui explique ce fait constaté par les voyageurs au Maroc que les Israélites parlant le français étaient faciles à trouver, ce qui facilitait beaucoup le voyage.
- Il n’y a pas d’hostilité contre la langue française de la part des vieux Marocains qui demandent seulement qu’on ne lui sacrifie pas l'enseignement de la langue et de la littérature arabes. L. R.
- Nouvelles de T. S, V.
- La station de Bruxelles. — La longueur d’onde du poste de Bruxelles a été changée, elle n’est plus actuellement que de 262 m. ; d’après la majorité des auditeurs la réception est plus facile et la modulation meilleure que sur l’ancienne longueur d’onde; par contre, l'effet de « fading » est très intense:
- Un nouveau haut-parleur. — Le Wireless World du 2 juillet iq24 donne la description d’un nouveau et très puissant haut-parleur par T. S. F. construit par la Société Siemens et Halske. Ce haut-parleur est composé, en principe, par un diaphragme rectangulaire très mince en aluminium ondulé, parcouru par les courants de T. S. F., et placé dans le champ d'un électro-aimant très puissant. L’ensemble du diaphragme et de l’électro-aimant est monté dans une boite cubique, dans laquelle le pavillon amplificateur, de forme spéciale, est également disposé.
- Les résultats donnés par cet appareil sont, paraît-il, fort satisfaisants et il a été possible de réaliser ainsi des auditions en plein air devant 5o 000 personnes.
- Le même principe a été appliqué à la construction de microphones, le diaphragme déjà décrit formant plaque vibrante pour enregistrer les paroles delà musique, et jouant le rôle d’un générateur de courants.
- Les stations-relais. — Il est question aux Etats-Unis de remplacer le grand nombre de stations existantes, qui émettent toutes des programmes de broadcasting différents, par une dizaine de postes émetteurs à très grande puissance. Des stations-relais retransmettraient seulement, à leur tour les radio-concerts des grands postes, pour permettre une audition facile même sur galène dans tous les districts. On pourrait réaliser ainsi une très grande économie, tout en obtenant des programmes remarquables, comprenant des auditions des plus fameux artistes et conférenciers.
- La radiotéléphonie en Australie. — La radiophonie fait de grands progrès en Australie où des fabricants anglais d’appareils de T. S. F. ont d’ailleurs déjà établi des succursales. Des nouvelles de presse sont également envoyées en télégraphie par les postes ràdiotélé-graphiques du Pacifique.
- La résistance d’antenne. — M. Jacquot, dans un article intéressant publié dans la T. S. F. Moderne de juillet 1924, étudie la résislance d’antenne d’une antenne d’émission. Il montre comment l’intensité du courant indiquée par un ampèremètre d'antenne, lors de l’émission sur ondes courtes, ne correspond pas du tout aux meilleurs résultats de portée obtenus, comme nous l’avons déjà fait remarquer. Les indications de l’ampèremètre sont donc loin d’avoir une valeur absolue et l’on peut méditer souvent le proverbe américain « Menteur comme un ampèremètre d’antënne ».
- Le dispositif superhétérodyne aux Etats-Unis. — La vogue du dispositif superhétérodyne n’a jamais été aussi grande aux Etats-Unis qu’actuellement. On le préfère maintenant aux amplificateurs à résonance à étages multiples, aux postes neutrodynes, aux nombreux systèmes à super-réaction ou « réflexes ». L’appareil est d’ailleurs réalisé sous des apparences très diverses, même sous forme de poste de voyage facilement transportable. Sans obtenir encore une faveur unanime analogue des amateurs français, la superhétérodyne commence cependant à être employée très fréquemment en France.
- La radiophonie et la jjolitique. — Un grand usage des moyens de propagande radiophonique sera fait aux Etats-Unis à l’occasion des élections présidentielles pro chaînes. Les candidats harangueront en effet leurs électeurs à l’aide de postes émetteurs [spéciaux à des heures réglementées d’ailleurs.
- Pour la première fois en France, les discours de réception de M° Henri-Robert à l’Académie Française ont été radiophonés, le 12 juin dernier. Peut-être un jour le microphone sera-il introduit aussi au Palais Bourbon, nous permettant d’écouter les plus saisissantes discussions des députés.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Chroniques de T. S. T. ^
- La recharge des accumulateurs sans l’aide du courait d’un secteur ou sur courant continu. —
- Nous avons étudié dans nos dernières chroniques les constantes des accumulateurs et leur entretien, il nous reste, comme nous l’avons annoncé, à étudier leur recharge.
- Trois cas peuvent être considérés : i° l’amateur ne possède pas à sa disposition le courant d’un secteur électrique; •2° le courant du secteur est continu ; 3° le courant est alternatif.
- Nous allons aujourd’hui résoudre les deux premières questions qui sont les moins complexes.
- Le plus souvent, l’amateur qui ne dispose d aucune source d’électricité utilisera des lampes à faible consommation, alimentées directement par des piles, mais il est encore préférable, avons-nous dit, et plus économique, d’utiliser une petite batterie d'ac-capacité pour le chauffage des filaments, de 4 volts et de 30 à 3o ampères-heure, et de la recharger à l’aide de piles à faible débit, des piles à dépolarisation par l'air, par exemple.
- L accumulateur joue alors le réservoir d’énergie et il est rechargé constamment, mais à très faible ampérage, par les piles. Au-dessus d’une certaine valeur de la différence de potentiel la résistance intérieure des piles augmente et, au moment où les accumulateurs sont chargés, le débit devient à peu près nul. Il est ainsi possible de laisser en permanence les piles et lès accumulateurs connectés, sans inconvénients. 11 est seulement préférable d’employer un milliampèremètre gradué par exemple de o à 5co milliampères, ou de o à 1000 milliampères, et de faible résistance pour s’assurer du bon fonctionnement des piles (fig. 1 et a).
- Suivant le modèle de pile utilisé, on emploiera 5 ou 6 éléments en série pour la recharge d’une batterie de 4 volts'.
- Il est bien évident que l’on pourra également se servir du courant d’une dynamo actionnée par un moteur quelconque, toutes les fois que cela sera possible. Ainsi on pourra recharger des accumulateurs de chauffage au moyen de l’équipement électrique d’une automobile et nous allons indiquer de quelle manière il faut procéder dais ce cas.
- La batterie d’accumulateurs servant à l’éclairage et au démarrage dans une automobile est de 6 ou de 12 volts, et on ne peut la remplacer par la batterie de 4 volts à recharger, car l’équipement, et en particulier le conjoncteur-disjoncteur de la voiture, n’est pas prévu pour cèla. Le moyen le plus simple consiste à brancher
- la batterie en parallèle sur deux éléments de la batterie de l’au tomobil e (fig. 3). Ces deux éléments se comportent alors comme une batte rie d e 4 volts de très grande capacité, et les éléments dé T. S. F. de beaucoup moins grande capacité que ceux de l’automobile sont rechargés automatiquement
- On emploiera le meme procédé si l’on possède une batterie d’accumulateurs rechargés par une dynamo, et servant à l’éclairage d'une habitation. Il suffira alors de brancher la batterie de 4 volts en parallèle sur deux déments de la batterie d’éclairage qui a généralement une tension de 110 volts (fig. 4).
- Une batterie d’éclairage pourrait d’ailleurs servir exactement de la même façon à la recharge d’une'batterie de plaque de 40 ou 80 volts, mais il suffirait de mettre en parallèle la batterie de T. S. F. sur un nombre correspondant d’éléments de la batterie d’éclairage.
- Batterie de piles Accumulateurs
- Fig. a. — Batterie de 5 éléments de piles en série pour la recharge d’une batterie d’accus de 4 voUs.
- Fig. 1. — Pile Dubois à dépolarisation par l’air.
- cumulateurs de faible
- Mais, comme ce cas est assez rare, il sera préférable le plus souvent d’employer une batterie de piles pour assurer l’alimentation des plaques des audions, et la recharge de la batterie d’accumulateurs de plaques n’est pas à envisager lorsqu’on ne peut utiliser le courant d’un secteur.
- ;* Lorsqu’on a ce dernier à sa disposition sous forme de courant continu, la recharge d’une batterie devient une opération fort simple. Il suffit, en effet, au moyen d’une résistance, d’abaisser le voltage à la valeur voulue. Mais cette opération simple n’est généralement pas éco-
- Vers l'équipement électrique de l'automobile .
- Fig. 3, — Recharge d’une batterie de 4 volts au moyen de l’équipement, électrique d’une automobile. La batterie est mise en dérivation sur 2 éléments de la batterie delà voilure.
- nomique; car, pour recharger une batterie de deux éléments, on est obligé d’abaisser le voltage de 110 volts à 5 volts ou même de 220 volts à 5 volts, et la plus grande partie de l’énergie dépensée est utilisée pour chauffer la résistance en pure perte au lieu de servir à la recharge de l’accumulateur. Malgré la nécessité d’employer, comme nous le verrons, un appareil de charge beaucoup plus complexe, l’emploi du courant alternatif est donc infiniment moins coûteux.
- Comment maintenant déterminer la valeur de la résistance à utiliser pour ramener le voltage du courant à la valeur nécessaire? Soient Y le voltage du réseau, V' la tension de la batterie et I l’intensité que doit avoir le courant de charge, la valeur de résistance R à employer sera évidemment donnée, d’après la loi d’Ohm, par l’expression :
- Y—-Y'
- R — ----—.
- 1
- Supposons, par exemple, que nous voulions recharger une batterie d’accumulateurs de chauffage de 4 volt«, de So ampères-heure de capacité, avec un courant continu de 110 volts. Nous savons qu’une batterie doit être rechargée avec un ampérage égal au dixième de sa capacité, soit ici 5 ampères, et la résistance sera donc :
- 110 — 4 106 ,
- ±1=---------= —— — 2 ohms.
- 5 5
- On peut employer le même procédé pour calculer la résistance à employer pour la recharge d’une batterie de plaques. Soit une' batterie de plaques de 80 volts, de 1 ampère-heure de capacité, à recharger à l’aide du cou-
- Batterie d'éclairage
- —F’ ^—j~° J—oj—j—o —C"
- O-Q
- Batterie de T.S.F.
- Fig. 4. — Recharge d’une batterie de chauffage de T. S. F. au moyen d’une batterie servant à l’éclairage.
- rant no volts continu. [D’après les mêmes principes, l'ampérage voulu sera 0,1 ampère et la résistance
- R =
- 110 — 80 3o 0,1 ~o,i
- — 3oo ohms.
- Le moyen le plus simple de réaliser ces résistances consistera à employer des lampes à filament de carbone où même à filaments métalliques (monowatt) et à les associer eu parallèle si l’on désire obtenir une résistance moins élevée. On sait que la résistance totale obtenue en associant en parallèle plusieurs résistances égales varie d’une façon inversement proportionnelle au nombre de pes résistances. Ainsi en utilisant trois résis-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- lances égales de 60 ohms placées en parallèle, la résistance totale ne sera plus que de 20 ohms (fig. 5).
- Cela posé, voici les résistances des lampes usuelles d’éclairage de 110 volts et de 220 volts :
- 11 o volts.
- _Ri.. circuit d'ut:iisation Lampes à filament
- de carbone.
- 10 bougies. 55o ohms 16 — 220 —
- 32 — 110 —
- Lampes à filament métallique. i6bougies. 74oohms
- Fig. 5. — En associant, en parallèle 3 résistances égales R, R3 R3, la valeur de la résistance totale n’est plus que le tiers delà valeur de chacune d’elles.
- 2S 3 a 5o
- 460
- 3yo
- 220
- 220 volts.
- Lampes à filament de carbone.
- 16 bougies 44° ohms
- 32 — 220 —
- 60 — 100 —
- Lampes à filament métallique.
- 20 bougies 880 ohms
- 32 — ....... 760 —
- 5o — 460 —
- Ainsi qu’il est évident, les lampes pour 220
- -
- 11 0 volts continu
- Ampèremètre(V)
- j Lampes à filament de carbone
- Accummutateur de U volts
- Fig. (5. — Charge d’une batterie de chauffage sur le courant continu du secteur.
- une résistance double de celle des lampes pour 110 volts correspondantes.
- A l’aide de ces tableaux, et de la formule simple précédente, on pourra déterminer immédiatement le nombre de lampes et le type à employer pour un usage donné. Ainsi, en employant 5 lampes de 32 bougies montées en parallèle, on pourra recharger la batterie de 4 volts et de 5o ampères-heures citée plus haut. On voit que sur 110 volts une lampe de 32 bougies à filament de carbone laisse à peu près daus ce cas passer un cou-> rant d’un ampère de
- i/o volts a 220 volts débit. D’où la règle,
- déjà citée dans La Pratique radioélectrique.
- « Pour recharger un accumulateur de 4 volts sur le courant 110 volts continu, on emploiera autant de lampes de 32 bougies à filaments de carbone montées en parallèle que la batterie a de dizaines d’ampères-heures de capacité. »
- Le montage est fort simple (fig 6); on peut, si l’on veut, régler exactement le débit à la valeu rvoulue au moyen d’un rhéostat additionnel métallique avec curseur, et utiliser un ampèremètre monté en série pour contrôler l’opération, ainsi qu’un voltmètre en dérivation. On pourra grouper tous ces éléments sur une planchette comme le montrent les figures 7 et 8.
- Une disposition identique peut naturellement être
- Rhéostat de réglage R
- Secteur
- QQQ Lampes er,
- parallèle
- Voltmètre
- ifro R Rhéostat de V 5 {réglage
- - 4 v. +
- Schéma de montage, du tableau de la figure 7.
- adoptée pour la recharge sur 110 volts ou sur 220 volts, et pour recharger une batterie de plaques. Le type et le nombre des lampes à incandescence utilisées doivent seuls être modifiés.
- Un dispositif simple, qu’emploient d’ailleurs beaucoup de nos lecteurs, consiste à utiliser comme résistances les lampes mêmes qui servent à l’éclairage de l’appartement ; la dépense. est ainsi presque nulle puisque l’énergie dépensée dans les ré- Ampèremètre sistances, au lieu d’être perdue en pure perte, sert à l’éclairage de la maison. .. ^
- AinsiM.Trottier ^
- de Chaumes - en -Brie nous a communiqué le schéma de son installation (figig). En D on a intercalé dans un des fils de sortie du compteur une prise de courant P à deux douilles.
- Un bouchon B2 dont les fiches sont connectées ensemble permet d’ailleurs de supprimer cette coupure lorsqu’on veut se servir normalement de 1 installation électrique.
- Un autre bouchon de prise de courant Bt est relié à l’accumulateur de 4 volts à charger, avec interposition de l’ampèremètre A; le circuit peut être fermé au moyen du commutateur M*.
- Une batterie de piles ou d’accumulateurs de tension de plaque est placée en B, le voltmètre Y peut servir à mesurer son potentiel. En ouvrant l’interrupteur M, et en fermant l’interrupteur M2, le courant passe à travers la résistance du voltmètre, la batterie de 80 volts et l’accumulateur.
- La batterie de 80 volts est ainsi rechargée peu à peu.
- Les lampes d’éclairage de l’appartement qui sont utilisées comme résistances conservent cependant à peu près leur éclat habituel et le procédé est ainsi très économique. Si le nombre de lampes de l’appartement est trop grand, il est possible de placer la prise P en un autre endroit, en X par exemple.
- Fig. 7. — Disposition d’un tableau de charge sur courant continu.
- Pi g. 9. — Installation de recharge sur courant continu (Montage de M. Trottier.)
- Remarquons enfin qu’il est nécessaire dans tous ces montages de bien vérifier la polarité des connexions par les moyens connus, magnétiques ou électrolytiques.
- Nous avons ainsi donné assez de détails sur la manière de réaliser la recharge sur courant continu, et il nous restera dans une prochaine chron:que à examiner la question plus complexe de la recharge sur courant alternatif. P. Hémaudinquek.
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- VARIÉTÉS
- QUELQUES NOUVELLES DONNÉES SUR LES CONSERVES APPERT
- DE FRUITS ET DE LÉGUMES
- On sait que le procédé Appert appliqué à là conservation des fruits -et des légumes consiste à mettre ceux-ci dans des récipients, que l’on ferme ensuite hermétiquement pour les chauffer fortement, soit dans l’eau bouillante, soit dans un autoclave.
- Récipients. — Il est peu de conserves qui, à la longue, surtout si elles sont acides, ne parviennent pas à dissoudre un peu d’étain des boîtes. Ce dernier, dans les artichauts, asperges, petits pois, choux, groseilles, cerises, etc., ne peut nuire, généralement, à la préparation, ni porter atteinte à la santé du consommateur, s’il ne contient pas d’arsenic, et si la dose de plomb ne dépasse pas la limite permise. Mais on remarque parfois des taches violacées ou noires sur les parois, qui souvent gagnent la périphérie des aliments. Ces marques spéciales, sans nuire non plus au consommateur, ne lui produisent pas moins une fâcheuse impression.
- En fait de boîtes métalliques, il ne faut songer ni au fer, ni au cuivre argenté, encore moins au zinc, dont les sels sont vénéneux. L’aluminium est difficilement altérable, il est vrai, mais il manque de résistance aux pressions un peu élevées.
- Dans quelques cas, pour les fruits très acides, par exemple, on met à l’intérieur un revêtement de carton imperméable.
- M. Huch conseille les boîtes à double fond, le supérieur, perforé comme une passoire étant à 5 mm du fond véritable. On remplit l’intervalle d’eau, de bouillon, puis garnit le reste de légumes blanchis, soude et stérilise à l’autoclave.
- Le verre a contre lui sa fragilité et le poids mort qu’il traîne à sa suite dans les transports, mais il a aussi le grand avantage de laisser voir la matière conservée. * En gastronomie, la séduction commence par la vue avant d’atteindre l’estomac. La plus riche étiquette ne vaut pas une belle asperge, une belle olive, ou une belle pêche, bien visibles. »
- Au point de vue chimique, le verre n’est pas parfait. On sait qu’il est formé, en général, par un silicate à base variable, potasse, soude ou chaux, quelquefois Un silicate double. Or, sous l’influence des acides végétaux et même de l’eau, ces sels sont décomposés et les produits dérivés peuvent à la longue nuire à la saveur des conserves.
- Ces réactions sont sous la dépendance de la nature du verre, de la température, de la stérilisation et de la durée du contact du liquide.
- Les verres les plus riches en potasse ou en soude sont les plus attaqués; il semble que ceux à forte teneur en rhaux résistent mieux; ce sont donc ces derniers qu’il faut choisir ici.
- En mettant dans la bouteille une solution d’acide tar-trique, que l’on chauffe ensuite au bain-marie, on peut voir, après repos, si le liquide se trouble, ce qui indique un excès de base dans le verre.
- Tous les légumes contiennent du phosphore dans des combinaisons minérales et organiques encore mal connues; or, à chaud, cet élément chimique donne avec le verre à base de chaux une petite quantité de phosphate de chaux insoluble, sel qui, s'il ne nuit pas à l'aliment, altère un peu la transparence de la partie liquide de la conserve.
- Le verre qui paraît le mieux convenir pour l’usage dont nous parlons ici contient r,3 à 1,5 de potasse ou de soude, pour i de chaux. On sait que celui qui est de fabrication courante ne renferme pas de plomb.
- Une bonne précaution est de chauffer préalablement sous pression à iao0 pendant quelque temps les récipients en verre remplis d’eau. On peut opérer aussi avec de l’eau bouillante, en répétant plusieurs fois l’opération.
- Le verre idéal serait certainement celui qui ne contiendrait que de la silice, et résulterait de la fusion du quartz à haute température. La vulgarisation et le perfectionnement des fours électriques permettent-ils d’envisager la généralisation de pareils récipients dans l’industrie des conserves?
- Température de siérjlisationi -1-* La température à
- laquelle on doit porter les légumes et les fruits, pour anéantir les germes d’altération qu’ils peuvent héberger, varie avec la nature du produit traité, sa teneur en azote, son degré de propreté, avec le volume du récipient, la quantité et la consistance du liquide qu’il peut contenir, la nature des parois du vase. Il faut éviter, d’ailleurs, de trop ramollir, et à plus forte raison de mettre en pâte, certains aliments.
- Tout cela est bien connu ; ce qui l’est moins, c’est qu’il faut tenir compte du degré d’acidité de la conserve, qui renforce l’action de la chaleur sur les microbes à détruire.
- Ainsi, d’après Harry Weiss, pour tuer les spores du Bacillus botelinus, qui donne parfois lieu à des accidents mortels, quand l’acidité des fruits varie de Ph 2,1 à 3,85, on doit chauffer à ioo° durant 5o minutes; quand Ph égale 4,22 à 4,4°. cette même température doit agir 60 à 90 minutes.
- Avec les betteraves, asperges, pois, une acidité Ph de 5,i3 à 5,35, demande 90 à 120 minutes à ioo°; les haricots rouges, haricots lima, avec Ph = 5,6g à 6,21, ioo0 sont maintenus durant i5o à 180 minutes.
- Epices. — Certaines épices dont on assaisonne les conserves doivent entrer aussi ici en considération. M. Lahache a fait à ce sujet les constatations suivantes.
- Parmi les ingrédients les plus employés, poivre noir, poivre de Cayenne, gingembre, moutarde, cannelle, clous de girofle, les trois premiers ne retardent que fort peu la fermentation et la putréfaction. Mais la moutarde, la cannelle et les clous de girofle sont beaucoup plus efficaces par leurs huiles essentielles. Ce sont des antiseptiques puissants, même aux doses faibles dont il est fait usage dans les industries alimentaires. En tout cas, continue l’expérimentateur, ces épices ont une action nettement supérieure à celle des antiseptiques chimiques usuels, dont, au surplus, la loi française interdit formellement l’usage, tandis que celui des épices est absolument licite au regard de la loi, et n’est nullement contraire à l’hygiène.
- Inconvénient d’une température insuffisante. — Il est évident que si la température à laquelle on soumet la conserve n’est pas suffisante pour tuer les germes microbiens, le produit ne tarde pas à s’altérer.
- Mais la question propreté est ici capitale; des produits très sains traités aussitôt que possible réclament moins de calorique. D’autre part, en économie domestique, ôn ne peut guère utiliser pour le chauffage que l’eau bouillante.
- MM. Normingtoü, Giltner, Wyant, ont, aux Etats-Unis, comparé l’action de la vapeur d’eau, de l’eau bouillante et de l’autoclave sur des pelits pois. Le pourcentage de ces derniers avariés fut bien moindre pour les boîtes d un demi-litre traitées à l’autoclave ; ceux qui étaient traités immédiatement après avoir été écossés étaient moins sujets à altération.
- Tous les micro-organismes étaient des bacilles spori-gènes semblables au Bacillus subtilis et à d’autres germes qui vivent dans le sol. Cela démontre l’importance d’un lavage très soigné des petits pois et autres légumes, pour en éliminér la terre et les poussières.
- Les microbes isolés résistèrent à la cuisson en autoclave durant 10 à 20 minutes. Les expérimentateurs conseillent d’augmenter la durée de chauffe dans l’autoclave, de façon que lé centre de la boîte puisse se trouver à une température élevée pendant un temps suffisant. Ils recommandent encore le traitement à la vapeur sous pression pour lès légumes qui doiveii^ être mis à froid dans les boîtes.
- Enfin, la détermiuation de la créatinine et de l’ammoniaque, mais spécialement de la première, pourrait servir à déceler la décomposition bactérienne des petits pois en conserve.
- Les méfaits d’une température trop élevée. — L’expérience est le guide le plus sûr pour la température à appliquer et le temps pendant lequel elle doit agir sans, nuire aux qualités organoleptiques de l’aliment, tout en assurant sa parfaite stérilisation.
- L’autoclave permet d’atteindre 1200 avec la vapeur
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- VARIETES
- sous pression, mais on se contente le plus souvent de no à ii6°. On sait que l’on peut compenser une température plus faible par une plus longue durée d’action. Le bain-marie, ou eau bouillante, peut dépasser ioo de quelques degrés, si l’on sature l’eau de sel marin, de nitrate de soude, de chlorure de potassium, etc. Se rappeler que le centre des récipients soumis à la stérilisation atteint rarement la température de la vapeur ou de l’eau.
- Les hantes températures de l’autoclave demandent à être appliquées avec circonspection, car certains principes des tissus végétaux peuvent être dissociés et la préparation en souffrir.
- Dans cet ordre d’idées, M. Lahache rapporte le fait suivant, dont il a été témoin :
- « On ne connaît pas bien encore la façon dont les éléments minéraux, révélés par l’analyse, soufre, chlore, sodium, potassium, calcium, manganèse, phosphore, etc., sont associés, combinés à la substance végétale; mais il semble que c’est la destruction de ces combinaisons qui mette le plus en évidence l’altération des conserves.
- « Dans un lot de boîtes de petits pois, préparés et stérilisés avec tous les soins désirables, plusieurs récipients ouverts quelques jours après montrèrent sur le revêtement étamé de l’intérieur des taches d’un noir violacé. Le contenu exhalait une odeur insupportable d’hydrogène sulfuré, comme si la substance avait été le siège d’une fermentation putride.
- « Les pois ayant été lavés à plusieurs reprises à l’eau chaude ne révélèrent à la dégustation aucune altération. Leur couleur verte initiale n’avait subi aucune atteinte. Il est certain que le passage à l’autoclave avait eu pour résultat de mettre en liberté, sous forme d’acide suif-hydrique, le soufre engagé dans une combinaison orga-' nique, qui n’est guère stable aux environs de n6°, et que ce produit de désagrégation avait attaqué l’étain et altéré le liquide de la conserve, mais le liquide seulement.
- Naturellement cette altération peut se produire avec des intensités diverses ; quelquefois elle est si légère que l’odorat la perçoit à peine, et qu’il suffit de chauffer la substance pour que rien de suspect ne subsiste. Il est aussi remarquable que certains produits, les choux-fleurs, par exemple, qui renferment plus de soufre que les pois, résistent mieux que ceux-ci à l’action de la chaleur. Cela ne prouve-t-il pas que les combinaisons organométalliques' dont il s’agit varient sensiblement avec les espèces végétales ? »
- Les vitamines. — Avec les progrès de la physiologie de l’alimentation, on peut se demander si la haute température à laquelle on soumet les conserves n’affaiblit pas leur valeur alibile. On sait que l’on reprochait déjà au lait stérilisé par la chaleur, par exemple, d’avoir perdu une partie de ses lécithines, principes phospho-azotés qui stimulent la croissance animale.
- Voici maintenant que l’on invoque les vitamines, autres principes vitaux d’importance capitale dans l’alimentation, et qui seraient plus ou moins dégradés par la chaleur. La consommation prolongée de certaines conserves
- produit des affections typiques par déficience ou par carence, que l’on ne remarque pas avec les mêmes aliments à l’état frais.
- Rappelons que la vitamine A, soluble dans les graisses, se rencontre dans le beurre — donc le lait — Je jaune d’œuf, 1 huile de foie de morue, etc. La vitamine B est soluble dans l’eau; on en trouve dans le jaune d’œuf, le lait, les haricots, les légumes verts, etc. La vitamine G, antiscorbutique, abonde dans les légumes verts, dans certains fruits acides, citrons, oranges, etc. Les vitamines D et E ne nous intéressent pas ici.
- La dessiccation, l’action oxydante de l’air atténuent déjà, ou détruisent même, une grande partie de la vitamine A, et surtout de la vitamine C dans les végétaux secs. La vitamine B paraît être moins sensible.
- Mais tous ces agents encore mystérieux sont plus ou moins fragiles quand on les soumet à l’action de la chaleur. La vitamine G paraît particulièrement sensible, et il semble que la durée du chauffage importe plus que le degré de calorique. Ainsi, du jus d’orange chauffé 5 minutes, à l’ébullition ne perd pas son pouvoir antiscorbutique, ce qui n’est /pas le cas quand, on le laisse à 58° durant 45 minutes.
- Les procédés de fabrication des conserves alimentaires doivent donc s’inspirer de ces nouvelles données. En particulier, il semble que l’on doive manipuler rapidement les produits, pour les laisser le moins longtemps en contact avec l’air, puis abréger la durée du chauffage durant la stérilisation.
- Mais le froid paraît être ici le meilleur agent de conservation. Hélas! il n’est à la portée ni de tout le monde, ni de toutes les situations.
- Tout au moins devrait-on tenir à une basse température les produits qui attendent d’être manipulés, ce qui aurait l’avantage, outre la stabilisation des précieuses vitamines, d’immobiliser les microorganismes, d’arrêter la vie organique des tissus, et d’éviter les altérations bio-chimiques étrangères à toute intervention bactérienne.
- Toutefois nous ne croyons pas qu’il faille s'exagérer la portée des faits que nous venons d’exposer, les conserves de fruits et de légumes n’entrant, généralement, que pour une faible part dans notre alimentation.
- D’ailieurs, on est loin d’être d’accord sur les propriétés des vitamines, en particulier sur leur sensibilité à la chaleur et à la dessiccation.
- Ainsi, il a été dit que la vitamine A résiste à la température de 120°, même agissant plusieurs heures; que la vitamine B n’est détruite qu’à iio-iqo°. Quant à la vitamine C, la plus fragile, elle est altérée à ioon.
- Peut être pour certains produits pourrait-on mettre à contribution la tyndallisation, qui consiste à chauffer les conserves en restant au-dessous de l’ébullition de l’eau, mais d’une façon prolongée, une heure au moins. On refroidit ensuite rapidement les récipients, et après plusieurs jours on applique le même traitement. On opère ainsi au moins trois fois.
- Antonin Rolet, Ingénieur agronome,
- <
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS- L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de L& NsturO oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées > d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. —M. M. S., à Nice. — i* Sur la sériciculture, voici les principaux ouvrages constituant la documentation publiée à ce jour : Sériciculture, par P. Vieil, i vol.; Manuel pratique du sériciculteur, par H.-L.'Alph. Blan-chon, i vol. ; Traité sur le ver à soie du mûrier et sur le mûrier, par Lambert et Maillot, i vol. ; Cours de sériciculture pratique, par Laurent de l’Arbousset, i vol. ; Désinfection des magnaneries et de leur mobilier, par F. Lambert, i broch. ; Traité du ver à soie, par Mal-pighi et Maillot, i vol.; Le ver à soie du mûrier. Son
- élevage, par Ed. Zàcharewicz, i broch.; Etudes sur la maladie des vers à soie, par Pasteur, 2 vol. ; Conseils aux éducateurs de vers à soie, par de Boullenois, 1 vol. ; Petit traité sur le ver à soie du mûrier, par Marius Galfard, 1 broch.; Régénération des vers à soie par Véducation en plein air, par J. Jeannel, 1 broch. ; Progrès de la culture de Vallante et de l’éducation du ver à soie, par Guérin-Ménéville, 1 vol. ; Travaux entrepris pour introduire le ver à soie de l'ailante en France et en Algérie, 1 vol., par le même; Traité de zoologie agricole et industrielle, chapitre sur la sériciculture, par P. Brccchi, 1 vol.; Manuel de filature, impartie, Elevage des vers à soie, par D. de Prat, 1 vol. ; Les primes à la sériciculture et à la filature de la soie, par A. Gambell, 1 vol.; Mûriers et vers à soie, par Gobm, 1 vol.; Des soieries et des vers à soie en Chine, par du Halde, 1 broch,; L'industrie séricicolç en Perse, par
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- BOITE AUX LETTRES
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- F. Lafont, i vol.; Le ver à soie, son élevage et son cocon, par Jean de Loverdo. i vol. ; La sériciculture en Corse, par Eug. Maillot, i broch. ; Nouvelles races de vers à soie du mûrier, par le même, i broch. ; Rapport sur le Congrès international à Sienne (1881), par le même, i broch.; Congrès séricicole international de Milan (1876), par le même, 1 broch. ; Statistique sérici cole de la France, pendant la période 1882-1885, par le même, 1 broch. ; Composition chimique des coques des œufs des vers à soie, par Yerson, 1 broch. ; Manuel pratique de la soie-, éducation des vers, etc., par A. Villon, 1 vol. ; La soie au point de vue scientifique et industriel, par L. Yignon (Voir librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°; Goulet, éditeur, Montpellier); La sériciculture à Madagascar, par Em. Prudhomme, r vol.; La sériciculture aux colonies, par Paul Marchai, 1 vol. ; La sériciculture en pays tropical, par A. Fau-chère, 1 vol. : Les vers' à soie sauvages de Madagascar, par Grangeon, 1 vol. ; Les soies dans l'Extrême-Orient et les colonies françaises, par Jacob de Cordemoy, 1 vol. ; Vindustrie de la soie en Syrie, par Gaston Ducousso, 1 vol. ; et les articles sur la sériciculture, publiés dans la revue L’agriculture pratique des pays chauds (Challamel, éditeur, Paris, 17, rue Jacob, 6'.
- 2e Nous n’avons pas d’indications sur la conservation des noix de kola. Vous pourriez vous adresser aux auteurs des ouvrages suivants : Les kolatiers et les noix de kola, par Aug. Chevalier et Em. Perrot, 1 vol. ; Les kolatiers et les kolas, par ,1. Vuillet, 1 broch. (Challamel. éditeur), ou à l’Institut colonial de Marseille; 3° Ce n’est que par l’analyse que vous pourrez connaître la composition du liquide dont il s’agit ; cette composition ne nous est pas connue.
- M. G. Mourlaque, rue Pomme-d’Or, Bordeaux. —Les éléments de la note sur le pin maritime employé à la fabrication de la pâte à papier et du carton (La Nature, n° 2490, du 24 décembre 1921) ont pour origine une étude documentaire sur cette question, communiquée à l’un de nos collaborateurs, par feu M. Emile Bodin, directeur dp journal Bois et Résineux (Bordeaux, 26, cours du Chapeau-Rouge), à l’époque susdite. Cette note, utile à l’industrie papetière, a été publiée de même dans l’intention d’aider l’inventeur du procédé de fabrication, et de contribuer à la diffusion d’un progrès industriel, dans l’intérêt général.
- M. Vassas, à Marseille. — Nous regrettons de n’avoir pas 1 adresse que vous demandez, en ce- qui concerne l’exploitation du procédé de dessiccation des bois por le benzol (procédé Maurer), non plus que celle de l’auteur dudit procédé. Mais, selon toutes probabilités, vous pourriez obtenir ces renseignements en vous adressant à M. André Bodin, directeur du journal Bois et Résineux, 26, cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux.
- M. Gandillac, à Assinie. — Sable salé dans le ciment. — Il ne fait pas de doute que le sable utilisé dans la confection desdits dallages a été du sable de dune, peut-être même du proche rivage maritime.
- En raison des sels déliquescents dont ils sont imprégnés et qui sont de nature à entretenir l’humidité dans les constructions, ces sortes de sables ne doivent être employés à défaut d'autres qu’après les avoir exposés pendant un temps assez long et en couches minces, soit à la pluie, soit à un arrosage artificiel.
- Ces sels étant incorporés aussi bien dans le mortier de ciment de la chappe que dans la forme bétonnée, on comprend qu’il est malaisé maintenant de les faire disparaître et pour notre part nous ne voyons pas de produit de nature à produire une réaction chimique qui empêche ce suintement. On pourrait essayer de fréquents lavages à l’eau savonnée ou encore refaire ladite chappe avec un mortier de ciment, soit hydroforgé, soit ordinaire, mais alors en interposant entre la forme et ladite chappe une légère couche de bitume pris à chaud.
- T. S. P. — M. Paul Delattre, à Trelon (Nord). — r Pour sensibiliser des galènes, on les plonge, après les avoir fortement chauffées, dans le centre d’une flammé'de soufre, la partie non en fusion du cristal en dessus, et on les y laisse quelques secondes jusqu’à extinction du rouge de la partie chauffée. Vous trouverez des détails sur cette opération dans La Pratique radioélectrique.
- 20 Les broches des lampes à faible consommation « Métal » ou « Radio-micros » sont disposées exacte-
- ment comme celles des audions ordinaires. Le remplacement d’un modèle par l’autre est donc instantané.
- 3° La seule précaution à prendre pour le chauffage des filaments des lampes à faible consommation consiste à utiliser un rhéostat de chauffage très résistant (d’une vingtaine d’ohms), car il ne faut pas que la tension de chauffage dépasse 3,5 volts. Moyennant cette condition, vous pouvez placer vos piles en série.
- 4° La tension plaque de ces lampes à faible consommation peut approcher de 80 volts, mais on n’a pas d’intérêt à dépasser 40 à 60 volts.
- M. Lamy, à Saint-Maur (Seine). — i° Il est parfaitement possible de recevoir sur cadre à Alger les émissions .radiophoniques françaises et même anglaises ; mais, puisque vous disposez d’un terrain bien dégagé, vous pouvez établir une antenne en cage, à quatre fils par exemple, de 20 à 3ç> m. de long. Cette antenne serait naturellement dirigée vers la France.
- La descente de poste se ferait à une extrémité (antenne en L) ou dans la partie médiane (antenne en T). Cette antenne bien isolée serait placée à une hauteur aussi grande que possible. Vous pouvez vous reporter à La Pratique radioélectrique pour déterminer la forme exacte de ce collecteur d’ondes. (Réalisé avec fil 20/10 mm.)
- 2° La prise de terre sera, s’il est possible, séparée et réalisée au moyen d’une masse métallique enfouie dans la terre humide.
- 3° Un seul appareil, possédant au besoin des éléments interchangeables, peut être utilisé pour la réception des émissions des grands postes sur ondes moyennes, et des émissions des bateaux ou postes côtiers.
- Etant donnée la fréquence des parasites dans cette région, il est bon d’employer le moins possible d’étages à basse fréquence, un ou deux au maximum. Par contre, il faudra utiliser deux ou trois étages à haute fréquence avant la détection; soit, en tout, 5 ou 6 lampes. Le meilleur système, à notre avis, comprendrait deux ou trois étages à haute fréquence, une détectriee et un étage à basse fréquence à transformateur.
- La liaison H. F. à résonance serait très recommandable, elle a seulement le défaut, dans la plupart des cas, d’augmenter la difficulté des réglages pour un débu-* tant. Dans le cas où vous utiliseriez un tel appareil, il faudrait donc prendre la précaution de choisir un amplificateur à étages à résonance multiples, étalonnés par le constructeur .Vous pouvez également avec succès employer un appareil à étages H. F. apériodiques ou semi-apériodiques, à selfs à fer par exemple.
- Le dispositif d’accord en Tesla est le meilleur, mais il n’est pas indispensable si vous utilisez déjà un amplificateur à résonance ou semi-résonance, déjà très sélectif par lui-même.
- 4” Nous ne possédons pas de détails précis sur le poste de broadcasting d’Alger, dont vous nous entretenez ; nous avons seulement eu connaissance de retransmissions effectuées par un poste d’amateur.
- M. Gérard, à Tourcoing. — Si votre antenne n’est pas très longue, l’adoption d’un système d’accord Rei-nartz n’offre pas grand intérêt. Employe'z simplement uü système d'accord en dérivation, monté avec des bobines en nid d’abeilles, ou mieux un appareil Tesla, réalisé également avec des bobines interchangeables. Vous trouverez, si vous le désirez, des détails sur les avantages comparés des appareils d'accord dans La Pratique radioélectrique.
- M. Perriquet, à Bitourta (Algérie). — 1° Vous pouvez fort bien transporter votre batterie d’accumulateurs, une fois l’eau acidulée vidée, et la remplir de nouveau d’électrolyte à l’arrivée.
- 20 A condition que votre ligne de connexion pour votre haut-parleur n’ait pas une tr,op grande résistance, vous pouvez relier, comme vous en avez l’intention, votre poste de réception à votre maison d’habitation. Il sera, bien entendu, nécessaire d’utiliser un tranformateur de sortie de rapport 1 pour votre amplificateur.
- 3° Des piles en bon état n’apportent aucun trouble lorsqu’on les utilise pour la tension de plaque d’un amplificateur. On pourrait, au^besoin, les shunter par une capacité de 2 ou 3 microfarads. Les accumulateurs, également eu bon état, ont une résistance intérieure plus faible, mais leur entretien est souvent très ennuyeux, et, à condition de les remplacer assez souvent, les batteries de piles sont très suffisantes.
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- BIBLIOGRAPHIE
- OtL.
- La géologie sismologique. Les tremblements de terre, par le comte Montessus de Ballore, préface de M. P. Termier, notice biographique par M. A. Renier, i vol. xiv-488 p.t 118 fig. dans le texte, 16 planches hors texte. Armand Colin, éditeur, Paris, 1924. Piix : 5o francs.
- Le comte Montessus de Ballore est une des figures les plus originales de la science française moderne. Venu assez tardivement à la science, il s'est entièrement consacré à la séismologie, science qui compte peu d’adeptes en France ; il s’y est révélé comme un maître, et il laisse une œuvre, fruit d’un travail patient et acharné, qui est un véritable monument. Ce nouveau volume, le dernier hélas, enfant posthume du grand savant, achève l’édifice commencé avec la géographie séismologique et la science séismologique.
- L’ouvrage débute par une description et une classification méthodiques des diverses espèces de tremblements de terre, l’auteur les classe en deux grandes catégories : la première est celle des glyptogéniques ou géologiques à proprement parler dont l’origine est relativement profonde et la propagation très lointaine; ce sont les plus redoutables par la puissance et l’étendue de leurs effets, les plus intéressants aussi parce qu’ils intéressent les couches profondes et mystérieuses de l’écorce terrestre. La seconde classe comprend les tremblements de terre dynamiques externes dont l’origine est superficielle et les effets localisés ; ce sont les tremblements de terre volcaniques et les secousses dues à des écroulements superficiels, ou tout au moins voisins de la surface.
- L’auteur divise à leur tour les séismes glyptogéniques en 3 catégories qu’il étudie successivement; il distingue les épirogéniques, dus à des mouvements verticaux, les tectoniques dus à des mouvements tan-gentiels, et les épirogéniques et tectoniques dus à la superposition de ces deux mouvements.
- Pour chacune des catégories distinguées, 1 auteur donne un certain nombre d’exemples qui sont de véritables modèles de description.
- Il montre ensuite les vestiges permanents laissés par les tremblements de terre dans la géologie et la topographie actuelles de notre globe; il étudie aussi l’influence du terrain et des accidents tectoniques sur la transmission des secousses séismiques.
- Ce bref résumé ne donne qu’une idée imparfaite de ce remarquable ouvrage; écrit avec simplicité, avec le minimum de langage technique, la lecture en est aisée et attrayante. L’auteur sait nous mettre en contact intime avec les phénomènes naturels grandioses et redoutables qu’il décrit admirablement.
- Houle. Rides. Seiches et marées, par H. Bouasse. i vol. in-8°, 54o pages, 199 fig. Delagrave, éditeur, Paris 1924. Prix broché : 34 francs.
- Ce volume continue la série de ceux consacrés par M. Bouasse à l’étude des fluides et qui comprend déjà l’hydrostatique, la capillarité, l’hydrodynamique. Dans le présent ouvrage, l’auteur applique l’hydrodynamique aux phénomènes qui se produisent à la surface des grandes étendues d’eau : application délicate et qui doit être constamment contrôlée par le recours à l’observation et l’expérience, en raison de la grande complexité des phénomènes, rebelles à se laisser emprisonner dans un cadre mathématique. L’auteur étudie successivement les diverses espèces de houles, la forme des vagues de la mer, le clapotis,
- . les seiches ou balancements d’ensemble périodiques de toute la surface libre d’un lac ou d’une baie, les rides à la surface de l’eau, les tourbillons aériens, l’action mécanique des ondes hydrodynamiques, notammenit le curieux phénomène des rides du sable, et celui de la formation des dunes. L’ouvrage étudie ensuite l’onde solitaire, dont il rapproche divers phénomènes complexes, échappant aux théories précises : raz de marée, mascaret, mécanisme des crues, etc. Pour terminer, plusieurs chapitres consacrés aux marées : étude expérimentale, théorie, prédiction.
- Pour comprendre le calcul différentiel, par l’abbé Th.
- Morkux. i vol. in-16 de 228 pages, 55 fig. G. Doin, éditeur, Paris 1924. Prix : 8 francs.
- Sous le nom de calcul différentiel, l’auteur traite uniquement du calcul des dérivées des fonctions les plus élémentaires, et de leurs applications aux problèmes de maxima et minima. Son exposé est, du reste, très clair; il s’appuie sur de nombreux exemples simples et numériques, grâce auxquels il réussit à bien faire comprendre à ses lecteurs le sens et l’utilité des notions qui sont à la base du calcul différentiel.
- Mines et torpilles, par Henri Siroii. i vol. in-16, 180 p., 4o fig. Armand Colin, éditeur, Paris 1924. Prix : broché, 6 francs.
- La torpille, véritable sous-marin automatique chargé d’explosifs, joue un rôle capital dans la guerre navale. C’est aussi un engin fort intéressant au point de vue mécanique. M. Stroh explique fort clairement la constitution de la torpille, le rôle et le fonctionnement de ses divers organes, ainsi que le mode d’emploi de ce projectile au combat. Les mines sont des engins plus simples, mais qui ont joué eux aussi un rôle fort important; l’auteur les étudie également, analyse leur mécanisme et montre comment on les utilise. Ce petit volume, d’excellente vulgarisation, contient en outre une précieuse documentation.
- Pour faire de l’auto à bon marché, par Hervé Lauwick. 1 vol. 127 p. Hachette, éditeur. Prix : 3 fr. 5o.
- On trouvera dans ce livre d’excellents conseils, méthodiquement présentés, pour se servir sagement, commodément d’une automobile, et par suite réduire les frais d’entretien, de réparations, d’huile et d’essence.
- La vie par le stade, par le Dr Thooris. i vol in-4", 3gi p., 19g fig. Amédée Legrand, Paris. Prix : 3o francs.
- L’auteur, médecin principal de l’Armée, a pendant ao ans étudié des athlètes. Il en a examiné et men-suré spécialement une centaine et il a pu ainsi définir leurs qualités. Il passe en revue leurs caractéristiques anatomiques et physiologiques, définit leurs formes et leurs modelés, indique les méthodes de mesures à employer pour suivre et guider l’entraînement. Ecrit d une manière très vivante', cet ouvrage intéressera médecins et sportifs et leur fournira, chemin faisant, maint conseil utile et mainte réflexion précieuse.
- Le nid de l’oiseau, par le Dr F. Cathelin. i vol. in-16, 16 planches renfermant 96 simili-gravures d’après les photos de M. Ad. Burdet, Delagrave, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Le Dr Cathelin, qui s’occupe depuis longtemps des questions d’ornithologie, étudie ici le problème de la nidification chez les différentes espèces indigènes ou exotiques.
- Il y montre que l’oiseau, dans les actes les plus admirables de sa vie, comme la nidification et la couvée, qu’il s’agisse du choix de l’emplacement de sa demeure, des modes de construction, des matériaux employés, comme des qualités de la pondeuse, de la couveuse ou de la nourrice, est poussé par des forces inéluctables et qu’il n’est pas maître de ses actes. 96 magnifiques photographies d’oiseaux vivants prises par M. Burdet, au cours d’un voyage autour du monde, illustrent cet ouvrage qui intéressera vivement non seulement tous ceux que préoccupent les théories scientifiques de l’instinct, mais encore tous ceux qui aiment les oiseaux et que la vue d’un nid émerveille comme une œuvre d’art.
- Manuel de T. S. F., par Leclerc, i vol. in-18, 206 p., 214 fig. .T.-B. Baillière, Paris 1924. Prix : 10 francs.
- Contient la description succincte du matériel et des montages employés dans les matériels modernes, mais surtout dans les postes d’amateurs.
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- N° 2628 16 Août 1924
- Le voyage autour du monde des aviateurs américains. — Au moment où les trois aviateurs américains, Lowel H. Smith, Erick Nelson poursuivent vers les Etats-Unis le tour du monde aérien, et où le troisième, Wade, est arrêté par la destruction de son appareil dans les parages des Orcades, nous recevons de Karachi, port de l’Inde célèbre par son commerce de blé, situé près de la frontière du Bélouchistan, presque sur le méridien opposé à celui de New-York, les deux photographies ci-'jointes représentant les aviateurs au milieu de leur voyage.
- La première montre l’avion Bokton atterrissant à
- l’aérodrome de Karachi le 4 juillet 1924 à i3 h. 10; la seconde, l’avion New-Orléans au moment où les aviateurs s’apprêtaient à descendre.
- Elles sont un souvenir intéressant de cette magnifique randonnée, commencée d’une façon dramatique dans l’Alaska, alors que le chef de l’expédition, le major Martin, se perdit dans les solitudes glacées et ne put retrouver ses camarades; terminée aujourd’hui par un
- triomphe. L’arrivée à Karachi se place vers la fin de la partie la plus difficile du voyage, ia traversée de l’Atlantique exceptée.
- L’aviation sanitaire. — La Revue aéronautique de France publie sur ce sujet un article du Dr Epaulard, particulièrement qualifié pour traiter de cette question, puisqu’au Maroc il a personnellement évacué, jusqu’à ce jour, 738 blessés ou malades sur des distances variant de 40 à 5oo km, en moyenne i5o km.
- Le Dr Epaulard rappelle que l’aviation sanitaire a été conçue avant la guerre par le médecin hollandais, de Moy, et par deux Français, le regretté chirurgien et aviateur Reymond, le professeur Duchaus^oy. Mais, malgré quelques essais au [cours de la grande guerre,
- elle n’est véritablement née qu’après la guerre, sous l’impulsion du Dr Chassaing. C’est en janvier 1919, au Maroc, que pour la première fois un avion sanitaire a transporté un blessé d’un poste lointain dans un hôpital. Depuis cette date, l’aviation sanitaire a fait ses preuves ; elle a jusqu’à ce jour, à l’armée du Levant et au Maroc, permis d’évacuer près de 2000 blessés et malades dans des conditions de rapidité et de douceur inégalées par tout autre moyen de transport, survolant des déserts infranchissables, des chaînes de montagnes élevées. L’avion n’est pas seulement utilisé pour convoyer des blessés. En maintes occasions, il sert à transporter du personnel ou du matériel médical. Il existe même une « Aerochir », du type Nemirowski-Filmant, eapable de transporter un personnel et un matériel opératoire importants.
- L’aviation sanitaire n’a-t-elle d’applications que pour l’armée? Le Dr Epaulard est convaincu qu’elle serait tout aussi utile dans le domaine civil.
- Si perfectionné, dit-il, que soit le réseau des routes et des chemins de fer d’un pays, l’avion est et restera longtemps seul capable d’emmener, à une vitesse de i5o km à l’heure, en ligne droite, sans cahots, avec un minimum de transbordements, un blessé ou un malade d’un point quelconque où il se trouvera sans secours suffisants jusqu’à la localité, souvent lointaine, qui lui permettra de recevoir les soins appropriés.
- Il est aisé de créer des avions sanitaires, par exemple en adaptant la cabine d’un avion commercial ordinaire. Mais le point capital, pour l’organisation éventuelle de l’aviation sanitaire, c’est la multiplication des terrains d’atterrissage, question du reste primordiale pour l’aviation en général. « Nos avions sanitaires ou autres ne circuleront avec profit et sécurité que lorsqu’ils trouveront des terrains leur permettant d’atterrir à une distance maxima de 5o km les uns des autres ».
- Un transatlantique à moteur Diesel. — On sait que le moteur Diesel a pris un grand développement comme organe propulseur des navires marchands, tels que cargos, tankers. C’est un moteur, en effet, qui ne gaspille pas le combustible, et qui, quoique plus lourd que les turbines à vapeur, est moins encombrant et exige moins de personnel de manœuvre. Mais jusqu’ici il n’en avait pas encore été fait usage dans les grands navires destinés au transport des passagers. Ce nouveau pas va être franchi. Une compagnie de navigation suédoise, la Compagnie. Suédo-Américaine, fait construire pour sa ligne New-York-Gothenburg un transatlantique qui sera actionné par 2 moteurs Diesel à 1 temps, de 6000 chevaux chacun. Ces moteurs sent construits par les ateliers Burmeister et Wain de Copenhague.
- Le cacao. — La France consomme actuellement près de 3oooo tonnes de cacao par an; la majeure partie en est utilisée dans la fabrication du chocolat. Tous les amateurs de cet aliment aimeront savoir d’où en provient la matière première. C’est ce que leur apprend M. P. Choux, dans un article intéressant à plus d’un titre que publie la Vie agricole. Le cacao est tiré du fruit du cacaoyer; cet arbre pousse à l’état sauvage en Amérique du Sud, dans la région tropicale comprise entre l’Amazone et l’Orénoque. C’est de là que pendant fort longtemps provint le cacao consommé en Europe. Cependant au début du xxe siècle, la culture du cacao s’implantait dans les régions tropicales de l’Ancien Monde et y faisait des progrès si rapides qu’en quelques années l’Amérique du Sud s’est trouvée entièrement supplantée. On cultive aujourd’hui le cacaoyer aux Indes et à Ceylan, mais c’est surtout dans l’Afrique Occidentale tropicale que cet arbre a trouvé l’habitat de choix ; les Portugais ont des exploitations prospères dans les îles de San Thomé et du Prince. Les colpnies anglaises de la Nigeria et de la Gold Coast sont aujourd’hui les plus grands producteurs de cacao qui soient au monde.
- Le développement de la culture du cacaoyer à la Gold Coast fut d’une rapidité fantastique.
- En 1880, un marchand indigène de la Gold Coast fit la première plantation de cacaoyer. En 1891, un premier chargement de 4° hg était exporté. En 1911, la Gold Coast exportait 40 36° t., chiffre qui lui assurait la pre-
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- INFORMATIONS
- mière place parmi les producteurs de cacao ; mais la progression ne s’arrêtait pas là; en 1917, l’exportation atteint 97 412 t. ; en 1919, 179003 t. et en 1922,
- i5g3o5 t. M. Choux fait remarquer que ce résultat remarquable n’est dû qu’au terrain et au climat; car les méthodes culturales du cacaoyer à la Gold-Coast sont très défectueuses et l’indigène fort indolent. La Nigeria du Sud, autre colonie anglaise, qui exportait 5ooo t, de cacao en 19141 en exporte plus de 3i 000 t. en 1922 et se place ainsi aii 4° rang des producteurs.
- Le Cameroun, ancienne colonie allemande partagée entre l’Angleterre et la France, possédait, grâce aux efforts allemands, de belles plantations de cacao; il est à noter que toutes ces plantations sont passées sous la domination anglaise. Cependant l’administration française a créé de toutes pièces sur le territoire dont elle a le mandat la culture du cacaoyer et dès 1922 l’exportation atteignait 4000 tonnes.
- La partie de l’ancien Togo allemand, placée sous mandat français, a également une région très favorable au cacaoyer et qui fournissait 335 t. en 1912 et en donnait 35oo en 1922.
- Mais il est une de nos possessions qui est encore plus favorisée à cet égard et qui paraît appelée à prendre une place de premier plan dans la production du cacao. C’est la Côte d’ivoire. Les conditions du sol et du climat y sont sensiblement les mêmes que dans sa voisine, la Gold-Coast. Il y existe de vastes forêts reposant sur un sol de grande fertilité qui convient admirablement au cacaoyer. En 1908, sous l’impulsion du gouverneur Angoulvant, furent plautés les premiers cacaoyers. En 1915, en pleine guerre, on récoltait les 100 premières tonnes: en 1920, l’exportation atteint 1000 tonnes; en 1923, 36oo tonnes et on espère pour 1924 4ooo à 5ooo tonnes. La progression, on le voit, est rapide et rappelle celle de la Gold-Coast. Le cacao récolté est, du reste, de qualité supérieure. D’ici une dizaine d’années, peut-être avant, le Côte d’ivoire aidée du Cameroun et du Togo, au besoin du Dahomey, pourra suffire à tous les besoins de la mère-patrie.
- Utilisation de la salicine des saules et osiers. — A la Station agronomique de l’Aisne ont été faites des analyses de pelures d’osier appartenant aux espèces Amygdalina, Rubra, Vittellina, Caspica, Fragilis, Vimi-nalis, Cinerea. La richesse élevée en salicine de quelques-unes de ces espèces, notamment Rubra et Viminalis, justifierait des essais d’extraction de ce gluco-side amer, autrefois employé en médecine, comme fébrifuge, mais qui, aujourd’hui, pourrait trouver un débouché spécial dans la fabrication des amers de toutes sortes, dont les principes sapides sont souvent moins inoffensifs que la salicine qui constitue un excellent amer.
- On a proposé de remplacer, dans certains cas, le quinquina par les osiers et les saules. ,
- L’écorce du saule (Salix alba L), comme celle de ses congénères, a une amertume forte, un peu acerbe, due à un principe alcalin d’où dérivent ses propriétés toniques et fébrifuges. Contre la fièvre, la poudre d’écorce de saule est employée à raison de 4 à 6 gr. seule ou mêlée à de la poudre de gentiane prise dans du miel ou du vin ; 4 à 3o gr. d’écorce concassée suffisent pour l’infusion djans 1 kg d’eau.
- Le saule blanc et le saule-osier jaune (Salix vitellina) peuvent être utilisés comme succédané du quinquina.
- Les formulaires modernes conseillent l’emploi de la salicine extraite de l’écorce, des saules et des osiers contre les fièvres intermittentes légères et les rhumatismes articulaires.
- Les populations de la Côte des Somalis. — La Côte des Somalis française a envirôn 120000 km8;'ses limites vers l’intérieur manquent de précision. Elle a pour chef-lieu Djibouti, fondée en 1888, dépôt de charbon et port d’escale, en même temps que point d’atterrissement d’un câble et tête de ligne d’un chemin de fer, qui aboutit à Addis-Abbeba, capitale de l’Ethiopie.
- La population indigène appartient à deux races différentes, lés Somalis ou Issas et les Donkhali (sing. Danakhil) ouAfars.
- La colonie est divisée au point de vue administratif en deux protectorats : pays issa et pays donkhali. Somalis et Donkhali sont des populations métissées de
- Kouchites et de nègres; èn outre, les Somalis ont un peu de sang arabe et se rapprochent davantage, sinon du blanc, du moins de l’Abyssin et du Galla. En 1921, sur une population indigène totale de 64 4^8 personnes, recensées ou plus exactement évaluées, on comptait 60272 sujets français, dont 29043 Somalis, *3o 972 Don-khali, 246 Sénégalais, 10 Annamites, 1 Comorien et 4186 ressortissants étrangers, dont 3473 Arabes, 356 Hindous, i38 Soudanais, iu Juifs, 89 Abyssins, etc. En outre, 336 Européens ou assimilés habitaient Djibouti (190 Français, 84 Grecs, 4$ Italiens, etc.) et une demi-douzaine Obock et Tadjourah. La population totale de la colonie était donc d’environ 64800 habitants, dont 8344 à Djibouti seulement.
- Les possessions américaines du Pacifique. — Le conflit entre les Etats-Unis et le Japon, à propos de la question de l’immigration japonaise, remet en lumière l’importance des possessions américaines dans le Pacifique. Elles se divisent en deux groupes : les territoires extérieurs et les colonies.
- Les territoires extérieurs sont :
- Sii|ierlicio. Population.
- Alaska. . . 1 . 490 .üoo km2 55 ,o36 hab. (1920).
- Hawaï. . . . 16.760 — 255.912 — (1920).
- Les colonies sont :
- Philippines. . 297.917 km2 io.25o.64o — (1920).
- Samoa. . . . 200 — 8.o58 — (1920).
- Guam .... 5io — 14.996 — (1922).
- La population globale de ces possessions s’élève à l’heure actuelle à plus de 10 600 000 habitants pour 1 8o5 000 km2, non compris le territoire à bail de Panama (1228 km2).
- En cas de guerre, les Japonais, maîtres des Mariannes, des Carolines et des Marshall, commenceraient certainement par se saisir de Guam, isolée au sud des Mariannes, et occuperaient les stations de câbles de l’île Yap, où ils sont installés comme mandataires de la Société des Nations. Les Philippines seraient ainsi isolées des îles Hawaï, lesquelles sont à plus de 2000 km de la Californie. L’occupation de Toutouila dans les Samoa compléterait l’encerclement; les bases natales de Subig et de Cavité dans l’île de Luçon seraient ensuite attaquées et enlevées, avant que la flotte principale américaine, appuyée sur Pearl Harbour, le port de guerre des îles Hawaï, ait le temps d intervenir efficacement. Quant à l’Alaska, il pourrait tout au plus servir de base à des croiseurs légers américains, qui feraient la guerre de course aux Kouriles, à Sakhaline et àùézo.
- Le Centenaire du Franklin Institute. — Le
- Franklin Institute de Philadelphie est une association scientifique libre qui exerce aux Etats-Unis une activité bienfaisante. Elle publie notamment un bulletin mensuel d’une remarquable tenue scientifique et qui contient des articles originaux de la plus haute valeur. Elle accorde à des savants américains ou étrangers des récompenses fort appréciées en raison de l’esprit éclairé et de la haute impartialité qui président à leur distribution. Plusieurs de nos compatriotes ont été les titülaires de ces distinctions ; signalons en ces toutes dernières années : M. Ch. Fabry et le général Ferrié. Le Franklin Institute célébrera les 17, 18 et 19 septembre prochains le centenaire de sa fondation. A cette solennité prendront part des savants illustres de tous pays qui y prendront la parole pour développer des sujets scientifiques de leur compétence : M. Gh. Fabry y représentera la France et parlera de la spectroscopie. Citons pour les Etats-Unis : le professeur Bancroft, spécialiste de la chimie colloïdale, le professeur Bridgman qui parlera de ses recherches sur les très hautes pressions, les physiciens Langmuir, Coolidge, Michelson, les ingénieurs Emmet, inventeurs de la turbine à vapeur de mercure ; Modjesky, spécialiste des grands ponts; Sprague, 1 un des maîtres de la traetion électrique; Elihu Thomson, un des pionniers de l’électrotechnique ; Squier, spécialiste de la T. S. F. ; Peck, le pionnier des hauts voltages, les météorologistes Swanon et Humphreys.
- L’Angleterre est représentée par les physiciens bien connus Rutherford, Bragg père et fils, Townsend, par l’illustre ingénieur Parsons. < t
- La Hollande est représentée par le grand physicien Zeemann et l’Allemagne par le célèbre chimiste H^ber.
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- Fig. i. — Au milieu : Schéma de l’appareil du Dr Roger Leroux. — A'gauche et à droite : L’appareil vu
- par ses deux faces.
- coup d’appareils de ce genre, comporte un perfectionnement important; en outre, par la multiplicité de ses usages, il rendra service à tout possesseur d’un microscope, du savant au simple amateur.
- Composé, comme l’indique la figure i, d’une armoire hermétique à la lumière, dans laquelle se place le microscope, d’une lanterne munie de son condensateur et d’une lampe puissante refroidie par un ventilateur, en voici le fonctionnement :
- Le microscope étant convenablement orienté dans le faisceau lumineux sortant du condensateur, un miroir A, articulé en tous sens, renvoie l’image soit sur l’écran ou la plaque sensible placés en B, soit sur la tablette à dessiner placée en C. L’écran placé en B se trouvant au fond de l’armoire qui forme chambre noire est protégé de la lumière environnante par les portes ouvertes; l’examen direct se fait par conséquent en plein jour, avantage extrêmement appréciable pour les cours.
- Usages. — Prenons d’abord l’enseignement. Jusqu’alors dans l’examen d’une préparation quelconque, après que le professeur en avait fait la mise au point sur la partie intéressante, chaque élève venait à son tour chercher à voir l’objet de la démonstration, temps passé relativement long, mais, inconvénient plus grave, les
- Fig. 2. — Quelques microphotographies obte Ecailles de l’aile de Yanesse, grossisse
- contraire fixer un point intéressant pour illustrer un travail, ou même à titre de documentation? On ferme les portes du coffret, on remplace l’écran par le châssis à plaques sensibles, puis on ouvre celui-ci, quelques secondes de pose, et la photographie est prise sans avoir eu à toucher au microscope qui, de ce fait, n’est pas déréglé. La photographie est-elle impossible pour diverses raisons, notamment par suite de l’épaisseur exagérée de la préparation ne permettant pas une mise au point parfaite sur tous les plans ? Une inclinaison du miroir supraoculaire renvoie l’image sur la planchette à dessiner, une feuille de papier blanc est fixée sur cette dernière, et il ne reste plus à faire qu’un véritable calque sur la projection, opération infiniment plus simple que le dessin à la chambre claire pour laquelle une grande habitude et même une certaine habileté sont nécessaires.
- La microphotographie et le dessin micrographique deviennent donc, grâce à cet appareil, d’une facilité les mettant à la portée de tous ceux que le microscope intéresse, et donnent à celui-ci un nouvel attrait. Nous ajouterons enfin qu’en ce qui concerne la métallographie, la cristallographie ou l’étude de tout corps opaque, point n’est besoin de microscope spécial, un simple
- ues : Sarcopte de la gale, grossissement 160; nent 1600 ; Bronze, grossissement 1200.
- élèves n’ayant pas tous la même vue, chacun d’eux changeait la mise au point et la déréglait, d’où démonstration souvent incomprise. Au contraire, avec l’appareil du Br Leroux, le professeur assis à son microscope n’a qu’à indiquer sur la projection faite devant ses yeux tout ce qu’il veut faire voir, changeant à son gré les gros-, sissements pour appuyer sa démonstration. Ladite préparation pouvant être vue très distinctement par 4 ou même 5 élèves à la .fois, le temps passé est
- accessoire s’adaptant à n’importe quel statif permet avec le même dispositif d’obtenir les microphotographies dont nous donnons ci-dessous un spécimen.
- L’emploi de l’appareil que nous venons de décrire est indiqué dans tout laboratoire quel qu’il soit, d’enseignement, de recherche ou d’industrie (textiles, brasseries, métallurgie, e1c.), dans les hôpilaux, les cliniques.
- F. Daligault, constructeur, boulevard Dufayel, Sainte-Adresse (Seine-Inférieure).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Matériel de Bureau
- Table à dessin automatique et pliante « Unie ».
- — Cette table de dessin, que l’on a pu voir à la Foire de Paris, permet de travailler, sans fatigue, dans toutes les positions demandées par l’exécutant. Son dispositif très simple de repliement peut, en quelques secondes, réduire l’encombrement de l’ensemble à une épaisseur
- totale de o m. i4-
- Comme le montre la
- figure 3, elle se compose du bâti « Unie », d’une planche à dessin invariable à trois épaisseurs, encadrée bois dur, et d’une règle à déplacement parallèle.
- Le bâti proprement dit est construit en hêtre poli et verni, les différentes
- pièces le composant sont assemblées au moyen de solides équerres en fer lui assurant une rigidité et une stabilité parfaite.
- Le système d’orientation et d’équilibre de la planche se compose essentiellement d’un parallélogramme articulé constitué par les \ leviers Lt, L2, L5, L4; cet ensemble est assujetti au point fixe O, c’est-à-dire au
- point commua d articulation des leviers Lt et L4; quant au levier La, il est prolongé de façon à recevoir un contre-poids approprié P.
- Si donc l’on trace une ligne passant par les points P et O jusqu’à sa rencontre avec le levier C3 prolongé et qu’avec ce point de rencontre on fasse coïncider le centre de gravité de la planche, il est facile de se rendre compte que 1 équilibre complet de la planché dans toutes les positions est, pratiquement réalisé. Tous les déplacements aussi bien en hauteur qu’en inclinaison sont alors obtenus en exerçant une simple pression sur la planche.
- Le contre-poids est cons titué par une masse cylindrique en fonte, un axe à chaque extrémité permet, en glissant dans une mortaise pratiquée dans les leviers de support, de régler d’une façon très précise l’équilibre du système d’orientation.
- Ce frein à friction variable actionné par un levier à came F, placé à portée de la main, permet au dessinateur par un seul mouvement, soit de fixer d’une façon absolue la planche à dessin dans une position déterminée, soit de donner une plus ou moins grande dureté dans les divers mouvements qu’il demande à la table. Ainsi que le représente la figure 4i le freinage est obtenu par le serrage, au moyen du levier à came, de rondelles de cuir
- Fig. 4. — Vue en coupe du dispositif de freinage.
- entre des pièces de bois; des ressorts antagonistes assurent un déblocage instantané.
- Constructeur : Orlandi frères et Cie, ingénieurs a rue Saint-Denis, Paris.
- Fichiers et classeurs R. S. —- L’emploi des fichiers est devenu indispensable au savant, à l’ingénieur et au commerçant.
- Mais les fichiers habituels, si commodes à tant d égards, ont de petits défauts assez agaçants; ces défauts peuvent même, dans les services commerciaux, avoir des conséquences assez graves, telles que perte de temps, erreurs, fiches égarées ou détériorées.
- En effet, ou bien les cartes sont trop serrées (fig. 5j
- et leur manipulation est difficile ; ou bien elles ne soht pas assez serrées (fig. 6) et l’ensemble se tient mal ; le rangement est impossible; si les cartes ne sont pas de bonne qualité — et la bonne qualité coûte cher — elles se plient et se déforment.
- L’originalité du fichier R. S. consiste en un cloisonnement qui, quel que soit leur format, maintient les
- Fig. 5. — Fichier à^cartes trop serrées.
- documents dans la position verticale, sans pression les uns contre les autres (fig. 7).
- Cette disposition permet de vider une partie du fichier, de n’utiliser qu’une partie des cloisonnements, sans gêner la manipulation des autres fiches ou cartes
- Fig. G. — Fichier à cartes insuffisamment serrées.
- qui restent en place bien verticales. Les documents ne font pas pression les uns contre les autres : on peut donc faire facilement les classements, introduire une fiche nouvelle, retirer une fiche déjà placée sans agir sur les autres ; on peut ainsi se contenter de fiches de
- Fig. 7. — Fichier R. S.
- qualité médiocre, ou même de simple papier beaucoup moins coûteux.
- Economie de temps et d’argent, tels sont donc les avantages réalisés par les fichiers R. S. Ajoutons que le principe utilisé s’applique aussi bien aux classeurs verticaux qu’aux fichiers.
- Ces objets sont en vente à l’adresse suivante : Fichiers R. S. 1, rue Bourbon-le-Château, Paris (6°).
- **> Divers <4*
- Procédé pour reconnaître la qualité du métal des bêches et des faux. — Les bêches et les faux de bonne qualité sont en acier. Mais comme l’acier est d’un prix plus élevé que le fer, on fabrique parfois ces outils non en acier, mais en fer qui ne donne qu’un outil de mauvaise qualité.
- Pour être fixé sur la valeur de la bêche ou de la faux, le simple essai que voici suffit :
- Verser sur la lame à éprouver une goutte d’acide nitrique (eau-forte) étendue de quatre à cinq fois son volume d’eau.
- Après un contact de quelques secondes, laver vivement.
- Si la pièce est en acier, il subsistera, après lavage, une tache noire, qui, au frottement, disparaîtra.
- Si le métal ne présente qu’une tache blanche, ou s’il n’y a pas de tache, c'est que la lame, au lieu d’être en acier, n’est qu’en fer poli, plus ou moins bien trempé.
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- VARIETES
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- LA CONSERVATION DE LA VIANDE FRAICHE DANS L’HUILE D’OLIVES
- O a trouve souvent dans les vieux recueils, principalement au xviii6 siècle, des indications d’idées industrielles ou domestiques ingénieuses, parfois oubliées depuis. Ne valaient-elles rien, ou bien sont-elles devenues inutiles, pour une raison ou une autre ? Les changements de conditions économiques enlèvent souvent tout intérêt à des méthodes qui pouvaient en avoir un à un certain moment.
- Du jour où l’industrie des transports s’est développée, et où, par surcroît, la culture de la vigne a pris son essor dans le Midi, les vignobles du nord devenaient inutiles et devaient disparaître.
- La « manière de conserver les viandes fraîches dans l’huile d’olive » préconisée par « M. R., ancien capitaine d’infanterie » dans les Observations sur la Physique, sur l’Histoire naturelle et les Arts, de l’abbé Rozier, 1771, semble pourtant avoir eu quelque valeur. L’huile, dit-il, conserve les corps qu’elle baigne « parce que ce fluide épais empêche le contact de l’air extérieur... qui occasionne la putréfaction ». D’autre part, M. R. cherchait depuis de longues années le moyen d'éviter le scorbut aux équipages qu’il ravage en « ruinant l’État par une dépopulation graduelle ».
- A quoi tient le scorbut ? il y a deux causes, dit M. R. : les conditions où vivent les matelots, la malpropreté des entreponts, leur « mauvais air », leur ventilation insuffisante, d’une part; de l’autre, leur alimentation, la privation de viandes fraîches, l’abus des salaisons, qui est inévitable. Un moyen de conserver à la viande Sa fraîcheur serait donc précieux, et notre ancien capitaine l’a demandé à l’huile d’olive, en observant judicieusement que le procédé, s’il existe, aurait autant de valeur sur terre qu’en mer. Appliquant donc le principe énoncé
- tout d’abord, M. R. prend six livres d’un bœuf bien saigné et fumant encore ; il en fait trois parties égales noyées dans l’huile d’olive, dans un pot en faïence vernissé, bouché au liège, dans un vase en terre et enfin dans un bocal de verre.
- « Le premier pot, après avoir séjourné dans un endroit frais, mais sans humidité, fut ouvert après un mois de chaleur extraordinaire », la viande qui en sortit fraîche et bien colorée fut lavée, puis cuite : « elle flatta autant le goût que l’odorat ». L’huile d’ailleurs restait excellente.
- Le second, en terre vernissée, gardé de même, se brisa au 45e jour, mais la viande en était tout aussi intacte.
- 'Le troisième pot, en verre, fut embarqué « sur un vaisseau faisant la traite des nègres » et fut ouvert au départ de la côte de Guinée pour les Antilles, après 5o jours de traversée : le contenu en fut trouvé excellent et l’huile servit à apprêter’— avec un plein succès aussi — lès légumes.
- L’expérience montre donc que la viande se conserve fraîche dans l’huile pendant un temps dépassant 40 jours. L’auteur n’a pas cherché quelle est la limite de la durée de conservation. Il fait observer qu’il convient de se servir de viande bien fraîche, prise à un animal bien saigné, et plongée le plus vite possible dans l’huile, pour réduire au minimum l’exposition à l’air. Et puis il faut de la bonne huile d’olive « et sans mélange, non pas prise chez certains épiciers de Paris, qui, par la mixtion employée dans l’huile qu’ils débitent, m’ont fait perdre maintes fois le fruit de mes observations ». Evidemment, on fraudait déjà à Paris.... Francis Marre,
- Chimiste-expert près la Cour d’appel de Paris.
- 1PO
- HYGIENE ET SANTE
- Q0>,
- A PROPOS DU GOITRE ENDÉMIQUE
- Chacun sait ce qu’est le goitre, cette grosseur que quelques personnes présentent sur le devant du cou et qui est constituée par un accroissement de volume de la glande thyroïde. Il est beaucoup d’espèces de goitres. L’une d’elles, qu’on appelle le goitre exophtalmique ou maladie de Basedow, est souvent la conséquence d’un excès d’iode. Elle est associée à de la nervosité, des sueurs, du tremblement et une expression dramatique du visage due au fait que les yeux sortent davantage des orbites que chez les individus normaux. Une autre espèce de goitre, celle dont nous nous occuperons ici, le goitre endémique, est étroitement apparentée au crétinisme et à la surdi-mutité. Elle est très répandue dans les hautes vallées aux Andes comme dans l’Himalaya, dans les Alpes comme dans les Pyrénées. Par sa fré-uence elle exerce de véritables ravages tant au point e vue physique qu’au point de vue intellectuel. On en comprendra la gravité quand on saura qu’elle s’observe 7 fois sur 100 chez les recrues suisses et 14 fois 1/2 sur 100 chez celles du Steyermark. Or, cette maladie est sur le point d’être vaincue et de disparaître définitivement grâce à des recherches dont la plus importante provient tout naturellement des pays de montagnes et particulièrement de la Suisse. L’intérêt de ces nouvelles acquisitions n’est d’ailleurs pas seulement considérable au point de vue hygiénique et pratique : elles nous montrent en outre les raisons pour lesquelles les savants mettent parfois si longtemps avant de découvrir la vérité à la recherche de laquelle ils ne cessent pourtant de peiner durement. 1
- Pour s’en rendre compte voyons à quoi on a attribué le goitre ? Il y a près de trois quarts de siècle que Chatin (i85o) a invoqué l’insuffisance d’iode dans l’alimentation, peu de temps après que Coindet (1819) eut montré que l’iode contenu dans l’éponge calcinée — médicament employé depuis longtemps, avec succès, contre le goitre — était bien la partie active de cette
- drogue efficace. Mais, par un hasard assez difficile à expliquer, ces conceptions ne se sont pas maintenues au premier plan des préoccupations médicales. Certes, on n’a jamais cessé d’user de l’iodfe dans lé traitement du goitre endémique, mais pourtant on n’a jamais jusqu’ici, employé cette substance d’une façon systématique dans la prophylaxie de cette maladie. La raison en a été, apparemment, que, cédant à une faiblesse bien humaine, les hygiénistes et les médecins croyaient bien faire en administrant beaucoup d’iode, puisqu’il paraissait faire du bien et puisqu’on est toujours tenté de préférer les fortes doses aux doses moyennes. Or, ce médicament, comme les recherches toutes récentes le montrent, s’il agit bien à des doses plutôt faibles, peut au contraire devenir dangereux à des doses éleyées particulièrement dans les pays où sévit le goitre. Il semble, en effet, que les médecins suisses aient eu, plus fréquemment que ceux des autres pays, l’occasion d’observer que l’iode provoque la maladie de Basedow, à telle enseigne qu’ils font actuellement campagne pour que ce médicament ne soit plus délivré que sur ordonnance du médecin, tout comme un toxique violent.
- Quoi qu’il en soit, au cours du xix° siècle, vraisemblablement déroulé par des expériences néfastes faites avec des doses exagérées d’iode, on avait cherché à expliquer le goitre par d’autres facteurs que par la carence d’iode. Sans vouloir énumérer ici les 42 hypothèses émises selon un auteur qui s’occupait de ces questions ën 1867, on peut rappeler qu’on a invoqué des germes infectieux d’une part — théorie encore défendue aujourd’hui par Galli Valerio, — et, d’autre part, des toxines. Pour Bircher, ces toxines seraient contenues en dissolution dans l’eau qui a traversé certaines formations géologiques.
- D’autre part, les quantités extrêmement faibles d’iode que contiennent les eaux de boissons et les aliments rendent le dosage de cette substance extraordinairement
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- HYGIENE ET SANTE
- compliqué. Ou peut imaginer, en effet, que pour retrouver quelques millièmes de milligramme, c’est-à-dire quelques gamma d’iode dans un litre d’eau, il faut beaucoup de patience et soumettre aux réactifs des masses considérables de liquide. Pour les aliments cette recherche est encore plus compliquée. Cependant ou a réussi depuis peu, à obtenir des chiffres intéressants : Fel-lenberg a trouvé qu’on peut se tenir en état d’équilibre iodé avec 14 gamma de cette substance par jour. Pour Eggenberger il en faudrait en moyenne, pour se bien porter, 40 gamma par jour. Ces chiffres sont assez voisins l’un de l’autre pour être vraisemblables étant donné les difficultés qu’il y a à étudier cette question avec précision.
- D’un autre côté on a constaté que la fréquence du goitre croît très nettement avec la diminution de l’iode dans l’eau de boisson. La fréquence du goitre serait, en effet, aux Etats-Unis, d’après Mc Clendon et William, de i5 à 3o pour 1000 dans les régions où l’eau de boisson contient moins de o,5 gamma d’iode par litre. Cette fréquence s’abaisserait à moins de 1 pour 1000 quand l’eau contient de 3 à ao gamma d’iode par litre. De même Fellenberg a montré qu’à la Chaux-de-Fonds la quantité d’iode consommée est trois fois plus grànde qu’à Signau où, par contre, le goitre est beaucoup plus fréquent. D’un autre côté, c’est un fait bien connu déjà depuis longtemps que le goitre endémique ne se voit jamais au bord de la mer où il est consommé beaucoup d’iode, soit parce qu’on y mange des animaux marins, soit parce qu’on y respire fréquemment les embruns maritimes, soit parce que l’eau qu’on y boit a lavé sur son parcours toutes sortes de minéraux et s’est enrichie en iode, alors que celle qui est récoltée à quelques pas d’un glacier est à peu près aussi pure que de l’eau distillée. Défait, on constate, comme l'a montré Francke, que la maladie de Basedow qui est souvent provoquée par des excès d’iode s’observe fréquemment au bord de la mer, tandis qu’elle est exceptionnelle dans les hautes vallées où sévit le goitre endémique, qui lui, par contre, ne s’observe pour ainsi dire pas au bord de la mer.
- Dans ces conditions la prophylaxie du goitre devient un problème extrêmement simple. Il suffît d’ajouter à l’alimentation les proportions d'iode qui peuvent manquer à la montagne, c’est-à-dire une quantité qui n’excédera pas quelques gamma par jour, et se garder des doses élevées qui risquent de provoquer la maladie de
- Basedow. Gomme l’a proposé Eggenberger on peut le plus simplement du monde obtenir ces résultats en ajoutant au sel de cuisine 5 mmg d’iodure de potassium par kilogramme. On peut aussi donner chaque semaine une goutte de teintude d’iode ou encore suspendre dans la chambre à coucher un flacon ouvert contenant quelques cristaux d’iode qui s’évaporent lentement.
- Ces procédés font, d’après His, baisser la proportion des goitreux chez les écoliers de 3o à 7 pour 100. D’après Hunziker la taille et le poids des enfants ainsi traités augmentent plus vite que chez les enfants non traités. En somme, l’action de l’iode contribuerait véritablement à l’amélioration de la race. Il faut d’ailleurs remarquer que bien souvent ce traitement s’applique à des enfaüts dont les parents eux-mêmes sont goitreux et chez lesquels l’action de l’iode ne peut pas être aussi nette parce qu’ils ont souffert irrémédiablement, au cours de la vie intra-utérine, de la carence de cette substance. Mais, parmi la descendance des gens actuellement traités selon ces principes, avec de faibles doses d’iode, la proportion des goitreux s’abaissera encore bien davantage.
- Est-ce à dire que ces brillants résultats permettent d’affirmer que le goitre endémique est dû d'une façon absolue, à la seule carence d’iode dans l’alimentation et qu’aucune autre cause n’intervient ? A ssurément non ! Il y a encore beaucoup de points obscurs dans cette question. Hunziker, en particulier, a démontré que le goitre est plus fréquent à une altitude de 700 m., altitude où, en Suisse, la neige fondante et, par conséquent, l’air saturé d’humidité sont particulièrement fréquents.
- D’autre part les conceptions de Mac Carrisson et de Galli-Valerio sur les toxines ou sur les germes infectieux ne peuvent pas être complètement éliminées, bien qu’elles doivent être considérées comme pratiquement d’importance secondaire. Cependant on doit conclure que l’insuffisance d’iode joue un rôle prépondérant en ce sens qu’elle favorise l’action délétère de toute une série d’autres facteurs toxiques, infectieux ou climatiques et que le goitre disparaîtra complètement quand ces notions seront suffisamment répandues dans les pays de montagne pour que les pouvoirs publics et, particulièrement les municipalités prennent les mesures qui désormais s’imposent d’une façon rigoureuse.
- Dr P.-E. Morhardt. .
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- OS*.
- ^ Procédé pour éviter que le bois « travaille ». —
- Dans le charronnage, il arrive assez souvent que l’on utilise des bois trop récemment abattus, lesquels bois « travaillent », leurs fibres se contractent et se resserrent, laissant du jeu.
- En Sardaigne, on emploie, dans l’industrie du charronnage, le procédé suivant, pour immobiliser les fibres du bois.
- Dans une caisse remplie d’eau sursaturée de sel, on met séjourner les pièces de bois brutes et écorcées, pendant une quinzaine de jours, et on les emploie ensuite, sans jamais constater de disjonction des assemblages. La roue de voiture reste, indéfiniment, telle qu’elle a été ajustée par l’ouvrier. La méthode peut s’appliquer, en général, à tous les bois d’industrie.
- Comment réémailler un réservoir de moto. — Un
- réservoir réémaillé donne à une machine un aspect de neuf qui est particulièrement agréable, mais cette opération bien que ne présentant pas de difficultés est assez délicate en elle-même.
- Pour commencer, on doit enlever le réservoir de la machine, puis on le nettoie de là façon la plus complète pour que disparaissent les moindres taches de rouille ou de l’ancien émail.
- Si on veut le recouvrir d’une seule couleur, on passe une première couche et après séchage une deuxième. Si l’on veut employer, comme c’est souvent le cas, plusieurs teintes, on procède comme suit :
- Ou commence par appliquer les deux couches de la
- première couleur prévue pour les panneaux latéraux du réservoir.
- Ceux ci étant devenus bien secs, on les recouvre de papier découpé à la forme exacte et fixé à la colle. On passe les deux couches de la seconde couleur sans craindre de faire des bavures. On enlève ensuite le papier à l’aide d’eau tiède, les bord* des panneaux restent bien nets, suivant les contours du papier.
- Les raccords des couleurs seront adoucis en les frottant légèrement à la ponce.
- Pour les lettres ou les signes, on procède de la même manière, en accusant les contours, si on le désire, par un mince filet or.
- Finalement, le tout doit être recouvert d’une couche de vernis transparent.
- Procédé pour colorer en teinte acajou les bois lisses et durs. — Le mode opératoire, très simple, que voici, permet de donner à des bois lisses et durs l’apparence de l'acajou.
- On commence par frotter le bois avec de l’acide nitrique étendu d’eau, énsuite on applique sur le bois, à l’aide d’une petite brosse douce ou d’un pinceau, une ou deux couches d’une dissolution ainsi composée :
- Sang-dragon. . . . *............3o gr.
- Carbonate de soude..............i5 —
- Alcool.......................... 1 litre.
- Cette dissolution devra être filtrée.
- Quand cette première teinture est sèche, op applique
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- BOITE AUX LETTRES
- M. de Chassy, à Fontenilles. — Ainsi que nous l’avons indiqué ici même à plusieurs reprises, nous avons personnellement obtenu un excellent résultat en vue de Véloignement des fourmis par pulvérisation d’une solution de i gr. de thymol dans un litre d’alcool dénaturé ; nous vous conseillons donc d’essayer ce procédé, mais nous persistons à croire que vous n’aurez de résultat définitif que par la destruction de la fourmilière, à notre avis les fourmis doivent aller chercher les matériaux dans vos poutres et la fourmilière doit se trouver dans le sol, il vous suffira de capturer quelques bestioles pour vous rendre compte du sens de transport. Une fois le logis trouvé, arroser le soir avec l’émulsion suivante :
- Savon noir..................1000 gr.
- Pétrole.....................1000 cm3.
- Eau ordinaire............... ioo litres
- Il est évident que si le nid se trouvait dans la charpente l’accès serait plus difficile, mais comme il ne s’agit en réalité que de deux poutres, vous pourrez profiter de la visite annuelle du couvreur pour faire découvrir ces poutres, à moins qu’au moyen d’une
- échelle vous ne puissiez y accéder intérieurement. N. B. •—• Un pulvérisateur agricole genre Yermorel conviendrait très bien pour ce traitement.
- M. F. Richard, à Saint-Girod. — Habituellement les eaux sont suffisamment calcaires, pour qu’au bout de très peu de temps l’intérieur des tuyaux de fer soit revêtu d’une couche minérale qui empêche le fer de se rouiller, de sorte que l’eau ne présente bientôt plus de teinte roussâtre. l)ans le cas qui vous occupe, votre eau doit être peu minéralisée ce qui explique le retard constaté dans l’obtention d’une eau limpide. Yous pourriez peut-être bâter le colmatage intérieur du tuyau en opérant ainsi : enlever la crépine d’aspiration et la remplacer par un bouchon de liège ou de bois, puis remplir le tuyau d’un lait de chaux léger. Laisser en contact quelques heures et faire écouler l’excès de lait de chaux. (Si le volume n’en est pas trop important ce lait peut être sans inconvénient évacué dans le puits, ce
- qui rendra l’eau un peu calcaire pendant quelque temps. Reboucher le tuyau comme précédemment et y verser le contenu d’un siphon d’eau de Seltz, dont l’acide carbonique carbonatera la chaux restée sur les parois, en l’insolubilisant. Deux ou trois jours après, retirer le tampon et mettre à nouveau le tuyau en service. Bien entendu, il ne s’agit ici que d’une suggestion, mais nous pensons qu’en opérant convenablement il y a de grandes chances de réussite. — N. B. Eviter l’emploi du goudron dont l’odeur persisterait longtemps et qu’il "serait impossible d’enlever ultérieurement.
- M. S., au Puy (Haute-Loire). — i° Yous pourrez très facilement fixer de la poudre d’émeri sur des lames de caoutchouc en employant la dissolution courante employée pour la réparation des pneus ; si le liquide est trop épais il vous suffira de l’étendre avec un peu de benzine.
- a° Formule d'encre à polycopier :
- Violet de Paris. ..... a gr. Alcool à go° . . . j . . . ao cm5.
- Eau distillée................. 100 —
- Glycérine................ . io —
- Faire dissoudre la matière colorante dans le mélange d’alcool et de glycérine, ajouter l’eau, mélanger et filtrer pour éliminer les particules non dissoutes qui encrasseraient la plume.
- 3° Les encres pour miméographes, cyclostjles, duplicateurs, etc., sont des encres grasses dans lesquelles l’émulsion d’huile de lin siccativée est maintenue stable par la présence de savon. Leur préparation nécessite un broyage prolongé au moyen de machines spéciales qui est du domaine industriel et non de celui de l'amateur.
- M. Schoellkoff, à Massevaux, Haut-Rhin. — i° Les couleurs d’impression étant habituellement fixées à l’albumine, il faut éviter pour le lavage l’emploi des bains alcalins, s’abstenir donc de se servir de cristaux ou lessives et se contenter d’une eau savonneuse légère dans laquelle on manie le tissu sans frotter. Après rinçage, passer dans l’eau acidulée par un petit verre de
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- vinaigre et laisser sécher. 20 Pour enlever les taches dues à des excréments de chat sur un parquet, verser sur celles-ci une solution concentrée et chaude de carbonate de soude (cristaux) additionnée d’un peu d’eau de Javel. Après quelques, heures de contact, brosser et rincer également'à l’eàu chaude. 3° Les inscriptions au crayon bleu doivent d’abord être traitées par un dissolvant des matières grasses, tel que tétrachlorure de carbone, éther, essence légère de pétrole (gazoline). Il suffit ensuite après évaporation du solvant de gotpmer comme d’habitude pour enlever le bleu de Prusse qui n’a plus d’adhérence avec le papier. 4° Le remplacement des filaments de lampes à incandescence n est pas pratiqué. 5° On fait disparaître les plis d’un papier en le mouillant complètement avec une éponge bien propre, ensuite on lessive entre deux feuilles de papier buvard et on le laisse sécher sous pressé, ou entre deux feuilles de carton chargées de poids assez lourds. 6° Par définition, le sulfate de fer déshydraté est le sel cristallisé FeS04,7H20 que l’on a privé par chauffage de cette eau de cristallisation. Il doit donc être employé tel quel, pulvérulent et non dissous, la dose varie suivant l'importance de l’envahissement par les mauvaises herbes, mais vous pouvez prendre comme base 5o gr. par mètre carré de terrain.
- M. L. Sedillon, à Paris. — i° En ce qui concerne Véloignement et la destruction des fourmis, voir notre réponse dans le présent numéro à M. de Chassy, à Fontenilles. a0 Pour la destruction des cafards, répandre dans les 'endroits infestés l’un des mélanges suivants : A Tartre stibié.................. io grammes.
- Farine..........
- Sucre en poudre. B Acide borique .
- Farine.........
- Sucre en poudre
- ioo _ —
- IOO -----
- 5o grammes, ico — ioo —
- On peut se contenter simplement de borax pulvérisé, mais nous considérons que l’addition de farine et de sucre constitue un appât qui rend l’emploi plus efficace. M. Sacher, à Chalon-sur-Saône. — i° Comme matière
- isolante pour vos supports de nids d'abeilles, vous pouvez employer le mélange suivant :
- Caoutchouc Para. . 't 5oo grammes.
- Soufre pulvérisé. . . 240 —
- Kieselguhr ..... 260 —
- Comprimer dans les moules appropriés, puis vulcaniser pendant 4 à 5 heures à i4o°-i6o°.
- a0 Les maisons suivantes vous fourniront des boîtes métalliques vides d’air du genre de celles utilisées pour les baromètres enregistreurs : Richard, a5, rue Mé-lingue; Maxant, 38, rue Bellegrand ; Arnoult, 11, rue Meslay ; Chevalier, 1, rue de la Bourse; Dourde, 2, place de Thorigny; Yauthier, 19, rue Portefoin ; Hüe, 63, rue des Archives.
- Bibliothèque municipale d’Alger. — Le rouissage a pour but d’isoler les fibres textiles des autres tissus de la plante qui les renferme. Il se pratique le plus souvent par des moyens naturels. Les plantes renfermant les fibres sont mises à macérer dans l’eau stagnante ou courante (routoirs) ou encore simplement sur prés humides. Divers microbes s’attaquent aux tiges humides et exécutent un travail de décomposition par fermentations complexes qui se succèdent. Elles portent surtout sur le ciment pectique qui lie les fibres et même sur celles-ci à un moment donné, lorsque les matières pec-tiques sont solubilisées, les fibres se trouvent libérées.-Les microbes peuvent être aérobies ou anaérobies, c’est le premier phénomène qui se produit dans le rouissage sur pré et le second dans l'eau courante ou stagnante.
- D’après Yan Tieghem, le microbe actif du rouissage sous l’eau serait le bacillus amylobacter, mais suivant les travaux plus récents de Hiltner et Hôrmer, ce serait plutôt le Plectridium pectinovorum qui a l’aspect de bâtonnets renflés à une extrémité en forme de baguette de tambour.
- Dans le rouissage à l’air, les organismes sont tout à fait différents, ce sont des champignons moisissures dont le plus actif, d’après Behrens, serait le Mucor stolo-nifer au printemps et à l’automne, le Mucor hiemalis en hiver.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- par-dessus et de la meme façon la composition suivante .
- Laque plate..................5o gr.
- Carbonate de soude ...... 8
- Alcoûl...................! i litre.
- P aire dissoudre la laque dans l’alcool, ensuite faire fondre dans la dissolution le carbonate de soude.
- Quand cette seconde couche de teinture est bien sèche, on polit le bois, alternativement, avec la pierre ponce et un morceau de hêtre bouilli dans de l’huile de lin.
- Le balayage des appartements modernisés. — Le mode d entretien de la propreté des parquets, en y promenant un balai ou une brosse qui déplace les poussières et rend l’atmosphère environnante irrespirable et même toxique, est une chose surannée ; elle fatigue les serviteurs qui, de plus en plus, se refusent à effectuer ces travaux.
- Dans un avenir plus ou moins éloigné, nos arrière-neveux connaîtront mieux des procédés qui commencent à conquérir déjà droit de cité. Balais spéciaux à balayage humidifié, aspirateurs spéciaux. Partout où il y aura du courant à bon marché, la ménagère, même au fond des campagnes, ne s’essoufflera plus à frotter péniblement, qui un balai, qui une brosse, pour obtenir une propreté toute relative, au prix de l’absorption,
- pour elle et pour sa progéniture, de miasmes dangereux et souvent de maladies internes.
- Actuellement, le dernier mot, de l’autre côté tant du détroit que de l’océan, consiste en le remplacement de l’antique balai si inefficace par un « mop », mot à mot faubert, imprégné de mixtures spéciales qui fixent la poussière sitôt qu’elle a été expulsée des coins les plus retirés. De telle sorte qu’il n’existe aucune chance de contamination atmosphérique. ,
- L’idée n’est pas nouvelle.
- Déjà depuis des siècles, le marin se servait comme balai d’un paquet de vieilles cordes, détressées, mis au bout d’un bâton : le fàubert. Et l’on sait la propreté méticuleuse qui a toujours régné à bord des bâtiments, en général.
- Il intéressera peut-être les lecteurs de cette revue de connaître la composition d’une mixture du genre de celle dont sont imprégnés ces « mops »,
- Ralph Forrester (U. S* P. i 44* 837 du 6/4 22) cite un mélange de 49 pour 100 d’huile douce, sans spécifier laquelle, 49 pour 100 d’alcool dénaturé et a pour 100 d’huile de cèdre.
- On-nous a dit que l’on obtenait d’excellents résultats avec parties égales d’huile de bois de Chine, d’alcool dénaturé et d’huile de cèdre. Mais nous n’en savons pas plus. Albert Hutiiv.
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- BOÎTE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de rensi*»g-nements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les re'ponses aux lettres présents ut un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances iî *>» rw»nt être, en général, répondu imrnédinternent
- Réponses. — M. Ch. Vincent, à Vercbamp (Haute-Saône). — Les traités complets d’aviculture donnent des indications sur le chaponnage. Vous trouverez cette opération très clairement expliquée (époque la plus favorable, mode opératoire et dispositions que comporte l’opération, précautions à prendre, soins à donner aux poulets chaponnés, etc.) dans l’ouvrage intitulé La Basse-cour pratique, par Ernest Lemoine, 1 vol. (Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- M. Saulnier, à Nancy. — Les produits appelés décapants qui servent à enlever les vieilles peintures sont à base de paraffine dissoute dans un dissolvant approprié : voici deux formules qui pourront (vous servir de types.
- A Acétone....................1000 cm3.
- Benzine . .
- Paraffine ....
- B Acétone...........
- Sulfure de carbone Alcool méthylique Paraffine ....
- 1000 — 5o gr. a5o cm5. 35o — 35o — 5o —
- M. le capitaine d'Arc, à Hyères. — 1“ Le mélange réfrigérant qui est indiqué dans les recettes du Laboratoire, page 174, est constitué par des volumes égaux de sulfure de carbone et d’acétone. Pour la récupération, on utilise la propriété de l’acétone d’être soluble dans l’eau en toutes proportions, alors que le sulfure de carbone est complètement insoluble. 11 suffit par conséquent d’étendre d’eau, le sulfure de carbone très dense gagne le fond et on sépare, de préférence avec un enton noir à robinet, le liquide supérieur qui contient l’acétone. Ce liquide étant soumis à une distillation l’acétone se volatilise facilement, car son point d’ébullition esl de 56° G et on la condense au moyen d’un réfrigérant. 20 Le chlorure de calcium s’obtient en dissolvant du carbonate de chaux (blanc d’Espagne) dans l’acide chlorhydrique, par concentration de la solution, celle-ci abandonne des cristaux sous forme de prismes hexagonaux terminés par des pyramides qui renferment six molécules d’eau. Le sel cristallisé desséché dans le vide ne contient plus que deux molécules d’eau. Soumis à l’action de la chaleur, il commence par fondre dans son eau de cristallisation, puis quand toute l’eau est partie, c’est-à-dire vers 200° G. et que l’on élève davantage la
- température, il éprouve la fusion ignée, à cet état, il peut être coulé en plaques et conservé anhydre en vase clos.
- De ce qui précède, il résulte que pour préparer du chlorure de calcium en vue du dessèchement de l’air, il vous suffira de vous régler sur la fusion réelle du sel anhydre, sans crainte d’une élévation de température soit nuisible puisqu’il est indécomposable. La dissolution du chlorure de calcium cristallisé dans le quart de son poids d’eau donne un abaissement notable de température que vous pourriez également utiliser et qui serait, croyons-nous, plus économique que l’emploi de l’acétone et du sulfure de carbone; par simple évaporation et cristallisation, vous récupérerez le chorure de calcium cristallisé pouvant resservir indéfiniment. N. B. Ne pas dissoudre le sel anhydre, il y aurait au contraire élévation de température. 3° Nous donnons d’aulre part dans les Recettes et Procédés utiles le moyen de réparer les cordes de raquettes de tennis.
- Mme Clausen, à Bilbao. — Les poteries destinées aux- usages culinaires, marmites, poêlons sont effectivement recouverts d’un vernis plombifère, c’est pourquoi il est d’usage courant avant de les mettre en service d y faire bouillir de l’eàu additionnée d’une poignée de cendres de bois, le carbonate de potasse .de celles-ci enlève la plus grande partie du plomb non combiné à 1 état de silicate et le récipient peut alors être employé sans inconvénient. Si vous n’avez pas de cendres de bois à votre disposition, vous pouvez les remplacer par du carbonate de soude ou une lessive en poudre du commerce,.à raison de 10 gr. par litre d’eau. — iV. B. Bien remplir la marmite de façon que toutes les parties internes soient en contact avec l’eau alcalinisée.
- E, T., h Nancy. — i° Pour recoller le fragment de votre lavabo, employez une pâte semi-fluide obtenue en délayant du blanc d’Espagne en poudre fine dans du silicate de soude commerciaL Opérer assez rapidement l’enduisage des deux parties à joindre, puis serrer fortement. Avoir soin avant de remettre au contact de l’éau d'attendre quelques jours, de façon que le durcissement soit complet, vous pourrez du reste vous en rendre compte en conservant quelques boulettes de la pâte et qui serviront de témoins pour s’assurer de la dureté acquise. 20 Un pouvoir éclairant de aoo bougies nous paraît devoir répondre à tous les besoins, employer par exemple une ampoule 1/2 watt à verre opa-lisé et placer en arrière un réflecteur de façon à diriger vers la pièce à photographier la totalité des rayons lumineux. -
- ( Voir la suite pp. LV et LVI.)
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- M. Vallée, à Bourges. — Nous avons indiqué à plusieurs reprises le moyen de préparer un écran pour vrojections, veuillez par exemple vous reporter au n° 2547, page 32, dans lequel vous trouverez ees détails.
- M. E. Coanet, Tunis. — Le procédé Permo pour l’épuration des eaux nous paraît des plus intéressants. Il est basé sur l’emploi de la permutite qui a fait ses preuves, depuis de longues années, dans les épurations d’eaux industrielles.
- Nous n’avons pas de renseignements sur la fabrication industrielle de la permutite, les fabricants de ce produit n’en ont pas divulgué les détails. Les permu-tiies ne sont autre chose que des zéolithes artificielles. Les zéolithes sont des alumino-silicates alcalins hydratés très répandus à la surface du globe. Leur propriété essentielle est que la base qu elles contiennent à côté de l’alumine est facilement remplaçable par une autre base (Voir La Nature, n° 1923, 2 avril 1910 : le rôle des zéolithes dans l’économie végétale). Cette propriété explique leur rôle épurateur et la facilité avec laquelle on les régénère. Une permutite alcaline fixe la chaux et la magnésie d’une eau impure, et donne une permutite de chaux ou de magnésie ; si l’on traite celle-ci par une solution de sel on régénère la permutite de soude initiale, et on forme des chlorures solubles qui sont éliminés. La permutite se prépare en fondant un mélange d’argile, de silice et de carbonate de soude (Voir La Nature, n° igo5, 27 novembre 1909. Informations).
- M. P. P., rue Sadi-Carnot, à Alger. — i° Pour documentation sur la culture du géranium, en général, et particulièrement en Algérie, il conviendrait de rechercher la bibliographie chez les éditeurs, notamment des ouvrages suivants : Cultures du midi de l’Algérie et de la Tunisie, par Ch. Rivière et H. Lecq, 1 vol.; Plantes h parfums et plantes aromatiques, par Antonin Rolet,
- 1 vol. ; Les Fleurs du Midi, cultures florales industrielles, par P. Granger, 1 vol. (Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°) ; Plantes à parfums, par Paul Hubert, 1 vol. (1909) (Bibliothèque pratique du colon) (Dunod, éditeur, Paris, 47, quai des Grands-Augustins, 6°) ; 20 Pour la distillation du géraninm rosat, voir les indications relatives à l’extraction des essences parfumées et aromatiques dans les ouvrages traitant la .technique de l’extraction des essences : Les essences et les parfums, par A. Rolet et Ed. Rabaté, 1 vol. (1908); L’industrie des parfums, d’après les théories de la Chimie moderne, par Otto, 1 vol.; Fabrication des essences et des parfums, par J. P. Durvelle, 1 vol.; Chimie des parfums et fabrication des essences, par S. Piesse; Manuel du Parfumeur, par G. Calmels, 1 vol. (Librairie Agricole, précitée) ; Manuel du Parfumeur, par J. Bro-ders, 2 vol. (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Haute-feuille, 6e) ; Culture et industrie des Plantes aromatiques, par R.-M. Gattefossé et L. Lamotte, 1 vol. (1917) (Editions scientifiques françaises, Paris, 25, rue Lauriston, 16e); 3° Il faut, au géranium rosat, des terres légères, profondes, fertiles; le Sahel d’Alger lui convient particulièrement. La plantation a lieu par boutures plantées à 35 ou 4° cm, en lignes distantes de 70 à 80 cm; elle comprend environ 40000 pieds à l’hectare et dure généralement de six à sept ans, nécessitant de nombreux piochages et binages. En irriguant, on obtient trois coupes par an. Le rendement en essence varie de o kg 800 à 1 kg 200 pour 100 kilog. de feuilles et atteint, en moyenne, 20 à 3o kg à l’hectare par an; 4° Nous indiquons les cultures de Chéragas, Rovigo, Boufarik, pour étude sur place. D’autre part, se renseigner pour l’industrie de l’essence à la Station agronomique d’Alger, et auprès de M. le Dr Trabut, chef du Service botanique, à Alger, pour ce qui a trait à l’état économique de la question; 5° Pour l’écoulement des produits, s’adresser à la Société Française des Produits aromatiques, à Lyon, 19, rue Camille, Société pour l’industrie des parfums, Paris, 14, rue Nouvelle, 90 ; Etablissements Antoine Chiris, Paris, i5, rue Ballu, 9e, et se renseigner à la revue La Parfumerie moderne, Lyon, 285, avenue Jean-Jaurès.
- T. S. F. — M. Perriquet, à Birtourta (Algérie). — 1° En plaçant votre batterie de' T. S. F., comprenant 2 éléments d’accumulateurs de 2 volts, en dérivation sur votre batterie d’automobile de 6 volts, vous provoquez la décharge de votre Batterie de 6 volts dans celle de 4 volts. Il serait préférable de placer en parallèle «
- votre batterie sur deux éléments seulement de la batterie d’automobile; le premier moyen cependant peut être employé en surveillant soigneusement la charge, au moyen d’un rhéostat s’il y a lieu, la batterie d’automobile pouvant être ultérieurement rechargée.
- 20 II vaut mieux transformer votre courant de 110 volts alternatif avant son redressement par une soupape électrolytique. Pour une soupape utilisant les deux phases du courant, vous pouvez employer un transformateur avec prise médiane au secondaire donnant 9 volts pour chaque prise. Vous pouvez utiliser environ 5oo tours en fil de 8/to à 12/10 mm isolé au coton au primaire et une cinquantaine de tours pour chaque enroulement du secondaire en fil de 16/10 mm à 20/10 mm isolé au coton. On trouve d’ailleurs dans le commerce de petits transformateurs à des prix extrêmement modiques.
- Nous avons été très intéressés par votre communication relative à vos résultats de réception, elle montre bien qu’avec une antenne perpendiculaire à une ligne électrique de transport de force, il n’y a heureusement pas de troubles à redouter; elle indique aussi d’une façon nette l’excellente portée des postes anglais, en général.
- M. A. Castela, à Port-de-Piles (Vienne). — Il nous semble inutile et même nuisible que vous installiez deux antennes distinctes qui auraient l'une sur l’autre une influence nuisible. Une antenne verticale en éventail à plusieurs brins est suffisante pour recevoir les ondes longues et les ondes courtes. Nous ne pensons d’ailleurs pas que sa longueur d’onde propre soit trop grande pour la réception des ondes courtes, et il est possible d’utiliser toujours un dispositif à primaire désaccordé, permettant d’obtenir de bons résultats avec une antenne de grande longueur„d’onde propre.
- Une seule prise de terre doit évidemment être réalisée.
- Capitaine A. IL, à Tolède (Espagne). — M. Pierre Louis a en effet réussi à se faire entendre en radiotéléphonie par des amateurs américains sur une longueur d’onde de 108 m., Vous pourrez trouver la description de son poste dans l’Onde électrique, n° 3o (Chiron éditeur, 4°, rue de Seine, Paris).
- 2° La modification que vous envisagez dans un poste à résonance n’est nullement pratique. Si vous voulez construire un petit appareil émetteur radiotéléphonique, il vaut mieux monter un dispositif complètement séparé.
- 3° Voici des adresses de fabricants de lampes à vide :
- La Radiotechnique, 12, rue La Boétie, Paris.
- Lampes. « Métal », 54, rue La Boétie, Paris.
- Lampes « Grammont », 10, rue d’Uzès, Paris.
- M. Massot, à Saint-Méen-le-Grand. — Le moyen le plus simple pour recharger une batterie de 80 volts sur du courant de 220 volts continu consiste à abaisser le voltage à l’aide d’une résistance. La valeur de cette résistance varie suivant l’ampérage de votre batterie, que vous n’indiquez pas. Pour une batterie de 1 ampère-heure, la valeur de cette résistance devrait atteindre environ 1200 ohms; une lampe d’éclairage de 16 bougies à filament métallique pourrait être utilisée comme résistance en la plaçant en série dans le circuit de charge.
- M. A. Fayol, à Montreuil-sous-Bois (Seine). — Nous pensons qu’il vous sera possible d’obtenir une bonne audition des postes parisiens en employant un fil du secteur électrique comme antenne et une canalisation d’eau ou de gaz comme terre.
- Vous pourrez certainement brancher deux casques avec écouteurs sur le même appareil ou obtenir unie audition plus puissante avec un haut-parleur.
- Pour l’accord, utilisez de préférence un dispositif Tesïa avec primaire désaccordé du genre du « Collector » que nous avons décrit dans La Nature. Un amplificateur à quatre lampes, soient une lampe HF. à résistance, self à fer, ou bobinage apériodique, une lampe détectrice et deux étages BF, vous procureront une audition très intense.
- Un simple détecteur à galène, ou une lampe détectrice à réaction vous permettrait sans doute une audition suffisante au casque, après un bon réglage, mais pas en haut-parleur.
- Pour le choix de ces appareils, consultez, si vous le voulez, La Pratique radioélectrique. L’emploi d'un montage à résonance, n’est pas très utile dans votre
- cas.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N« 2629 23 Août 1924
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- INFORMATIONS
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- Les dérivés liquides de la houille. — Le Dr Franz Fischer, directeur du célèbre Kaiser-Wilhelm Institute fur Kohlenforschung, de Mülheim-sur-Ruhr, a fait récemment une communication sur ce sujet à la Conférence mondiale de l’énergie qui vient de se tenir à Londres. C’est en effet une question qui a fait l’objet de travaux importants, poursuivis avec ténacité par 1 Institut de recherches allemand. Elle se lie à la question des combustibles liquides qui préoccupe à juste litre tous les pays industriels, toutes les flottes, et toutes les armées. Un premier moyen pour obtenir des huiles combustibles à partir de la houille réside dans la distillation à basse température. Il faut la maintenir à une température inférieure à celle qui correspond à la décomposition des matières bitumineuses : 3ooà45o°C., suivant les charbons. Les vapeurs doivent être rapidement evacuees de la cornue pour éviter la déshydrogénation et la décomposition des gaz. L’opération peut s executer dans des cornues ou dans des gazogènes. Le demi-coke qui reste dans la cornue est extrêmement friable, à moins qu on ne comprime le charbon, au cours de la distillation, pendant qu’il est encore plastique. Dans le procédé Olin et Parr, cette compression s’effectue au moyen d’un piston plongeur. Fischer l’a effectuée au moyen de rouleaux dans une cornue horizontale, mais la réalisation technique de ce procédé est difficile, io à i5 pour 100 du goudron obtenu représentent des huiles bouillant au-dessous de aoo° G. ; le reste bout entre aoo et iSo0 G.
- Une autre méthode consiste à liydrogéner le charbon ; c’est-à-dire à le débarrasser de tout l’oxygène qu’il renferme (0,87 pour 100 environ) et à lui incorporer de l’hydrogène supplémentaire. L’arsenal de la chimie possède de nombreux procédés qui permettent de réaliser l’hydrogénation. Celle-ci peut s’effectuer à haute température et pression élevée par la réaction de Ber-thelot (acide iodhydrique) ou par le formiate de soude (Fischer et Schrader). Cette dernière méthode a permis aux deux chimistes allemands, opérant sur le lignite, d en transformer 45 pour 100 environ en produits liquides. Mais le procédé est beaucoup trop coûteux pour avoir des applications industrielles ; ils ont donc cherché autre chose. Ils ont traité le lignite par la vapeur d’eau et l’oxyde de carbone à 4oo° et 140 atmosphères; les résultats obtenus étaient, au point de vue rendement, supérieurs à ceux du procédé Bergius ; mais on n’est pas arrivé, par cette voie, à un combustible utilisable comme carburant dans les moteurs. Le professeur Fischer ne s’est point découragé. Avec la collaboration du D' Tropsch, il a expérimenté un procédé synthétique parlant d’un gaz à l’eau, riche en hydrogène. On le comprime à 100 ou i5o atmosphères, à la température de 4io° C. et on le fait passer sur de la limaille de fer imprégnée d’alcali. Le gaz à l’eau fournit alors une huile jaune, bien fluide, ayant l’odeur de l’acétone et de l’alcool amylique, dont la densité est 0,8289 et point de fusion à 3o° G. Celte huile a été dénommée synthol. Elle contient 6g,3 pour 100 de carbone, 12,2 pour 100 d’hydrogène, 18,46 pour 100 d’oxygène ; 88 pour 100 du produit représentent des huiles Bouillant au-dessous de 2000 G. et constituent un excellent combustible pour moteur, miscible en toutes proportions avec l’alcool, le benzol ou l’essence. Le rendement en huile de cette opération n’est que de 8 à 10 pour xoo du gaz à 1 eau; mais on l’améliore en reprenant les vapeurs restantes et en les faisant passer à la pression atmosphérique, sur un catalyseur. On peut alors obtenir un rendement de 3o pour 100. Le synthol renferme des constituants alcooliques, qui, par un nouveau traitement à haute pression, fournissent une essence pour moteur, que les chimistes allemands ont baptisée synthin.
- La fabrication électrolytique du zinc. — Avant la guerre, le zinc, dont la production mondiale s’élevait à i million de tonnes environ, était extrait de ses minerais par des. procédés exclusivement chimiques. Les principaux minerais de zinc sont la blende ou sulfure de zinc (Zn S) et la calamine ou carbonate de zinc (C03Zn). Le traitement, presque universellement employé autrefois,
- et très répandu aujourd’hui encore, consiste à les oxyder à chaud dans des fours spécialement construits pour cet usage. C’est l’opération du grillage. On obtient ainsi l’oxyde de zinc (ZnO).
- Celui-ci est réduit ensuite par le carbone à haute température dans des cornues spéciales et recueilli par distillation. Cette métallurgie par voie sèche est coûteuse; elle exige, en effet, de grandes quantités de combustibles et entraîne des pertes importantes de métal. Depuis longtemps, on s est efforcé de réaliser la fabrication du zinc par électrolyse. Mais ces essais sont restés longtemps sans résultats, surtout parce qu’ils donnaient un métal spongieux,. inutilisable. Cependant, pendant la guerre, les Américains ont réussi à mettre au point ce procédé et à le rendre industriel. Il permet de réaliser de très sérieuses économies; aussi a-t-il pris rapidement un grand développement. Yoici, sur cette question, quelques renseignements extraits d’une Conférence de M. Altmayer, à la Société Française des Electriciens. Le zinc électrolytique offre l’avantage d’une très grande pureté; il.s’est rendu nécessaire pour la fabrication des laitons soignés et pour les alliages spéciaux qui exigent des produits absolument purs. On en produit actuellement plus de ia5 000 t. par an. Les principaux producteurs de ce produit sont l’Anaconda Copper Mining C° à Great Falls, aux Etats-Unis (60000 t. par an); la Consolidated Mining and Smelting C0, à Trail, Colombie britannique (10000 t. par an) ; l’Electrolytic Zinc C° of Australia à Risdon, Tasmanie (45 000 t, par an). En France, la Société de la Vieille Montagne a installé le traitement électrolytique dans son usine de Viviez (Aveyron).
- Si la mise au point de cette métallurgie a été rapide, c est qu elle a bénéficié de l’expérience acquise depuis 20 ans dans l’électrolyse du cuivre, qui s’oriente de plus en plus vers l’extraction directe du métal en partant du minerai.
- L’électrolyte employé est le sulfate de zinc ; si l’on part de la blende, on procède tout d’abord, comme autrefois, au grillage qui élimine le soufre et donne un minerai concentré que l’on transforme par lixiviation en sulfate de zinc.
- On procède alors à l’électrolyse. M. Altmayer décrit en détail le procédé de l’Anaconda, qui, à quelques variantes près, est employé dans les trois principaux établissements nommés ci-dessus.
- L’électrolyte, dont la teneur en zinc est de 7 pour 100, contient un certain nombre d’impuretés : cuivre, cadmium, arsenic, chlore, dont la proportion ne doit pas dépasser une certaine tolérance bien déterminée. Le chlore est particulièrement nuisible ; on doit veiller aussi à l’absence de nickel et de cobalt, que l’on peut du reste, éliminer au moyen de très petites quantités de mercure.
- L’électrolyse se pratique dans des cuves en bois doublé de plomb. L’auode est une feuille de plomb, la cathode une feuille d’aluminium. A Great Falls, il existe 864 de ce.s cuves, réparties sur six circuits de courant; un circuit alimente 144 cuves de 3 m. 10 x o m. 86 X 1 52. Les 144 cuves en série reçoivent un courant
- de 10000 ampères sous 55o volts. Le dépôt se fait sous une intensité de courant faible, variant de 240 à 325 ampères par mètre carré.
- .L’électrolyte circule d’une façon continu et méthodique de cuve en cuve, et est maintenue à température constante de 35° C.
- Les cathodes sont enlevées 9 à la fois toutes les 48 heures et donnent 2 feuilles de zinc, pesant chacune de 7 à 9 kg.
- Le rendement atteint 90 pour ioo. L operation n’exige qu’un personnel réduit; mais elle doit être étroitement surveillée et contrôlée; la plus grande propreté des cuves, canalisations, tuyauteries, conducteurs, est éxigée.
- Récipients de d’Arsonval-Dewar de grande capacité. — On sait en quoi consiste le vase d’Arsonval. C’est un vase en verre à double paroi, à 1 intérieur duquel on a fait un vide élevé ; le vide étant un obstacle infranchissable à la déperdition de chaleur par conducti-
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- INFORMATIONS
- bilité, on réalise ainsi une enveloppe dont l’isolement thermique est excellent. Dewar a perfectionné ce système en argentant les parois du vase ; on s’oppose ainsi aux transmissions de chaleur par rayonnement. Ces vases conviennent admirablement pour conserver une substance à une température constante quelconque. Ils sont largement employés par les excursionnistes sous le nom de bouteilles Majic. Ils servent aussi à conserver et transporter des gaz liquéfiés à basse température comme l’air liquide. Ces récipients en verre ont un inconvénient : ils sont fragiles et ne peuvent se construire en grandes dimensions. Or aujourd'hui que l’air liquide est devenu un produit commercial d’assez grand usage, comme explosif par exemple, le besoin se fait sentir de récipients de grande taille. Et en effet, depuis quelques années déjà, on utilise à cet effet des récipients métalliques à double paroi. Mais ils ne paraissent pas utilisables pour le transport de denrées à des températures plus voisines dé la normale que celle de l’air liquide. En effet, aux températures ordinaires, les parois métalliques, au contact du vide, émettent continuellement des gaz de sorte que le vide est rapidement détruit et que l’isolation cesse. Le Scientific American signale un procédé qui serait appliqué avec succès pour remédier à ce défaut.
- L’intérieur des parois est recouvert d’une couche de verre en fusion, et le vase métallique est porté à une température suffisante pour que le verre se répande uniformément à la surface du métal. Les parois sont donc recouvertes d’un enduit vitrifié. On fait alors le vide, et comme le verre aux températures ordinaires ne dégage pas de gaz, le vide se maintient. On fabrique, sur ce principe, des récipients de 20 et 5o litres que l’on utilise pour le transport par chemin de fer de la crème glacée dont il se fait, comme on sait, une consommation énorme aux Etats-Unis.
- Les spores dans la haute atmosphère, — Les
- plantes et même les hommes sont exposés à un certain nombre de maladies d’origine cryptogamique qui leur sont transmises par les spores de certains champignons. Quel est le rôle joué par l’atmosphère dans la dispersion de ces spores:’ Telle est la question que s’est posée le Département de l’Agriculture des Etats-Unis. Pour lui donner une réponse, il a fait appel à l’aéroplane. Des avions, munis de trappes à spores, ont exploré l’atmosphère à des altitudes diverses. Les trappes étaient simplement des plaques munies de vaseline et disposées dans des compartiments que l’on pouvait, par un moyen mécanique, ouvrir ou fermer à volonté. Et voici les résultats de cette investigation : les spores de champignons et le pollen se sont montrés assez abondants jusqu’à une altitude de 33oo m. Ils deviennent relativement rares aux altitudes plus élevées. Cependant, on a récolté encore 2 spores de Puccinia Triticuin à l’altitude de 5ooo m.
- Nouveaux emplois du latex. — Le latex est le liquide laiteux que l’on recueille, par voie d’incisions, sur les arbres à caoutchouc, et qui, après coagulation, donne le caoutchouc brut. En général, le latex est coagulé sur place. Cependant, depuis quelques années, une nouvelle méthode d’exploitation paraît avoir pris un certain développement. Elle consiste, comme nous l’avons déjà expliqué, à maintenir, au moyen d’un anticoagulant convenable, le latex à l’état liquide, à rassembler sous cette forme de grandes quantités du produit et à les amener dans des centres de traitement, qui peuvent être très éloignés de plantations et qui, par suite, peuvent bénéficier de l'avantage de se trouver dans une région industrielle. Nous avons déjà indiqué un certain nombre d’emplois intéressants pour le latex. En voici d'autres encore que signale le Scientific American.
- Le latex peut servir à faire un excellent mastic de vitrier ; on sait que ce produit, au nom trompeur (le mastic véritable est une gomme naturelle), est un mélange de carbonate de chaux et d’huile de lin. On s’en sert pour fixer les vitres dans leurs vitrages. Mais il a de gi'ands inconvénients. Quand il est sec, il adhère mal au verre, et au fer ou au bois et il se fendille ; de sorte qu’au bout d’un certain temps le verre est mal maintenu, tandis que 1 humidité fait son chemin à travers les fissures du masticage.
- Mais si l’on substitue à l’huile de lin le latex de caout-
- chouc, on obtient un ciment qui reste plastique, ne se fissure pas et adhère parfaitement au verre et à sa monture. Le joint ainsi réalisé est à l’épreuve de l’humidité et bien étanche.
- On recommande aussi le latex pour la confection des matelas ; les substances de remplissage sont des produits d’origine végétale : varech, coton, kapok, ou d’origine animale : laine, crin, plumes ; elles perdent assez vite leur élasticité. Déplus, elles donnent abri trop souvent à des parasites qui s’en nourrissent. On a préconisé de plonger ces corps dans le latex liquide, puis de les vulcaniser. Ils sont alors inaltérables et gardent en permanence leur élasticité. Voilà donc un moyen de supprimer l’obligation, si désagréable à toutes les maîtresses de maison de recarder périodiquement les matelas.
- Un autre emploi intéressant du latex est l’imperméabilisation des bouchons de liège, et surtout la fabrication de bouchons étanches à l’air avec des déchets de liège. On obtient ainsi d’excellents bouchons, très élastiques et d’un prix de revient très bas.
- On peut aussi préparer avec le latex d’excellentes cires pour masticages, genre Golaz, à l’usage des laboratoires
- blnfin, un emploi curieux est celui du latex dans la fabrication des violons. R. Dittmar a constaté que les violons dont le bois a été imprégné de latex acquièrent une sonorité remarquable, comparable à celle des célèbres instruments des vieux luthiers italiens.
- Les animaux sauvages aux Indes. — D’après la Revue d’Histoire des Missions (n° de juin 1924), J2i3 personnes ont été tuées dans l’Inde anglaise en 1923 par des animaux sauvages : 6o3 par des tigres, 509 par des léopards, 460 par des loups, 225 par des crocodiles, io5 par des ours, 90 par des sangliers, 55 par des éléphants, 9 par des hyènes. Il faut y ajouter 20090 victimes de serpents, soit en tout 23 313 morts. 1766 tigres, 6108 léopards, 3188 ours, 1929 loups et 58 370 serpents ont été détruits. Des primes ont été distribuées pour une somme globale de 180.000 roupies.
- Les étrangers dans l’Afrique française en 1921.
- — Sous cette rubrique, nous englobons les colonies situées en dehors de l’Afrique du Nord.
- L’A. O. F. avait une population globale de 2478 étrangers de race blanche ou assimilée (Syriens, Marocains, Hindous et Chinois) :
- Sénégal..........i.5i6 Guinée..............610
- Mauritanie ... 17 Côte d’ivoire. . . 107
- Niger............... 1 Haute Volta ... n
- Soudan............ j4o Dahomey............. 76
- Sur les 1516 recensés au Sénégal, il y avait i5o Européens, 1227 Syriens, i3i Marocains, 5 Hindous et 3 Chinois. Au Togo, pays à mandat, vivaient 5y étrangers, Européens et Syriens.
- L’A. E. F. comptait 19! étrangers de race blanche dont :
- Gabon...............65
- Moyen-Congo.........g5
- Oubanghi-Chari ... 33
- Pour le Cameroun, les chiffres font défaut. Ces chiffres manquent de précision. On est mieux renseigné pour
- les trois colonies suivantes : Européens el Syriens. Hindous. Chinois, Arabes
- Madagascar
- et dépendances 2.465 5.91.4 957 ))
- Somalis .... i5o 356 )> 3.47^
- La Réunion . . 158 2.903 I . o52 )>
- 2.773, 9.173 2. ooy 8.473
- Les principales nationalités européennes dans l’Afrique Orientale Française sont les Anglo-Mauriciens (1695 à Madagascar seulement), les Grecs (348 à Madagascar et 84 aux Somalis), les Italiens (101 à Madagascar et 45 aux Somalis), les Norvégiens (169 à Madagascar, ordinairement missionnaires protestants avec leurs femmes et leurs enfants).
- On trouve des Belges dans l’A. E. F., des Espagnols en Mauritanie, des Anglais un peu partout.
- Cette statistique laisse de côté les pêcheurs norvégiens du Gabon et de Kerguelen.
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- En matière de Propriété industrielle
- FONDÉE en 1884
- EXTRAITS DES STATUTS
- Art. 2. — L’Association a pour but :
- i° De grouper les Ingénieurs-Conseils en Tnatière de propriété industrielle qui réunissent les qualités requises d'honorabilité, de moralité et de capacité ;
- 2° De veiller au maintien de la considération et de la dignité de la profession d'Ingcnieur-Conseil en matière de propriété industrielle-
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES
- Armengaud Aîné * & Ch. Dony ’ 2t, Boulevard Poissonnière, Paris.
- Armengaud Jeune 2L Boulevard de Strasbourg, Paris.
- E. Bert4 ° & G. de Keravenant * 7, Boulevard Saint-Denis, Paris.
- G. Bletry”* ?.. Boulevard de Strasbourg, Paris.
- G. Bouju * 8, Boulevard Saint-Martin, Paris.
- R. Brandon, H. Brandon, G. Sinaonnot & L. Rinuy . . 59, Rue de Provence, Paris.
- A. de Carsalade * * & P. Rcgimbeau * . . . . 6}, Avenue des Champs-Elysées, Paris.
- Casolonga* +..... 15, Rue des Halles, Paris.
- Chassevent & H. Clerc . tt. Boulevard de Magenta, Paris.
- P. Coulomb 48, Rue de Malte, Paris,
- C. Danzer . . . . . 20, Rue de V'ignon, Paris.
- Henri Elluin • 7 Boulevard Bonnc-Nouvcllc. Paris
- G. Faugc t 1 8. Boulevard Voltaire. Paris.
- J. Fayollet & P. Loyer t 1 Rue Portalis, Pans.
- Germain . . . . .. ^ 1. Rue de l'Hôtel-dc- Ville, Lyon (Rhône).
- F. Harlé & G. Bruneton * * ?.i. Rue La Rochefoucauld. Paris.
- H. Jossc*, L. Jossc4 & E, Klotz* 11. Boulevard de la Madeleine. Paris.
- A. Làvoix * & L. Moses 2. Rue Blanche. Paris.
- A. Monteilhct * * no. Boulevard Richard-Lcnoir. Pans.
- G. Protte* rX Boulevard de Strasbourg. Paris.
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- Mecan icjuc
- Conseils pour l’emploi des meules artificielles. — Les meules, si couramment employées dans tous les ateliers industriels ou d’amateurs, sont la source de graves dangers. Sous l’effet de la force centrifuge, elles peuvent éclater et projeter des éclats mortels. Un décret du io juillet igi3 prescrit l’emploi de mesures de protection.
- Nous reproduisons ci-dessous les utiles conseils que donne à ce sujet le Bulletin de VAssociation des Industriels de France contre les accidents du travail.
- Les meules artificielles sont composées de deux parties : l’abrasif ou mordant et l’agglomérant.
- Le mordant est du quartz, du silex, de l’émeri, du corindon, du carborundum.
- L’agglomérant est du caoutchouc, de la gomme-laque, du tan, de l’oxychlorure de magnésium.
- Les meules dites céramiques sont des meules cuites dans lesquelles l’agglomérant est du kaolin (silicate double de potasse et d’alumine).
- Montage. — Le montage des meules artificielles doit être fait avec le plus grand soin, car un montage défectueux est une cause grave d’accidents.
- La meule doit être fixée sur un arbre au moyen de deux larges plateaux en fonte, serrés assez fortement contre elle. Il ne faut cependant pas aller jusqu’à la limite extrême du serrage, car on risquerait de produire des fissures dans la meule; il est préférable de resserrer un peu de temps à autre.
- Les plateaux de serrage des meules sont généralement trop petits. Ils doivent avoir un diamètre compris entre la moitié et les deux tiers de celui de la meule.
- Il est donc nécessaire d’en avoir deux ou plusieurs séries de différentes tailles, que l’on substitue l’une à l’autre au fur et à mesure de l’usure de la meule.
- Pour les meules à faces parallèles, la surface interne de ces plateaux doit être parfaitement dressée et bien perpendiculaire à l’arbre, de manière à donner une pression régulière.
- Il arrive quelquefois que les deux faces de la'meule ne sont pas bien parallèles ; il en résulte alors que le plateau qui s’appuie sur la butée de l’arbre étant bien d’équerre avec lui, l’autre plateau, sous l’action de l’écrou de serrage, prend une position inclinée en forçant l’arbre à se tordre, d’où faux rond de la meule et usure rapide des coussinets. Pour éviter cet inconvénient, on peut terminer le plateau qui s’appuie contre l’écrou par une surface sphérique convexe qui pénètre dans une concavité semblable de l’écrou. Gomme il existe un petit jeu dans le moyeu du plateau, on comprend qu’il peut prendre une position inclinée sans fausser l’arbre.
- Entre les plateaux et la meule, il faut avoir soin d’intercaler une substance élastique de 5 à 6 mm d’épaisseur : cuir, carton, caoutchouc, ou, mieux encore, des rondelles de feutre.
- L’arbre doit être fort et le bâti solide, pour éviter les vibrations.il est nécessaire d’avoir des paliers graisseurs montés avec un très grand soin pour éviter réchauffement, on fera même bien de les recouvrir pour empêcher la poussière de meule d’y pénétrer.
- L’arbre ne doit jamais forcer dans le trou de la meule ; il doit toujours y avoir un peu de jeu, ce qui a l’avantage de permettre le centrage. Si le trou est trop petit, on l’agrandit à la lime; s’il est trop grand, on enroule un morceau de chiffon autour de l’arbre.
- La meule montée, on vérifie le centrage avant de serrer les plateaux. On la fait tourner lentement et on supprime le faux rond, s’il y a lieu, avec un diamant noir ou avec une tôle d’acier, l’ouvrier se tenant sur le côté. On peut aussi la boucharder au repos.
- L’équilibre doit être parfait, On s’en assure en desserrant les coussinets et en faisant occuper à la meule différentes positions ; elle doit rester constamment dans celle qu’on lui donne.
- Enfin on la sonde au marteau, avec soin, sur ses deux
- feces.
- Essai de la meule. — Il est nécessaire, avant de mettre une meule artificielle en service, de l’essayer eu la faisant tourner à vide pendant un certain temps. Cet essai doit être fait b une vitesse peu supérieure à
- la vitesse maxima qu’il convient de ne pas dépasser dans le travail. L’accélération de vitesse qu on lui imprime ne doit pas être trop considérable. On risquerait ainsi de fatiguer la meule, d’altérer sa cohésion et de provoquer une désagrégation qui pourrait être la cause d’accidents ultérieurs.
- On mettra la meule en mouvement, lentement d’abord, puis on augmentera progressivement sa vitesse jusqu’au chiffre indiqué et on maintiendra cette marche pendant ao à 3o minutes. Si la meule à bien supporté l’essai, on peut la mettre en service, mais il sera prudent de renouveler l'essai après une demi-journée de travail, car l’expérience a montré que certaines meules qui s’étaient bien comportées au premier essai se fendillaient après quelques heures de travail.
- Il sera bon, d’ailleurs, de répéter de temps en temps ces essais de vitesse. On devra examiner fréquemment la meule et la sonder au marteau sur ses deux faces.
- Dans certains ateliers, on a pris l’excellente habitude de faire un procès-verbal de ces essais, que l’on fait signer par le contremaître et par l’ouvrier qui se sert de la meule s’il est seul. Mais ce qu’on doit surtout recommander, c’est de confier toujours le travail de montage et d'essai au même ouvrier, sur le soin et l'expérience de qui l’on puisse compter et à qui l’on indique minutieusement les précautions à prendre.
- Travail de la meule. — La meule ne doit être confiée ! qu’à des ouvriers expérimentés et habiles, j Elle doit tourner bien rond. Aussitôt qu’un défaut se manifeste à cet égard, il doit être corrigé.
- La meule ne doit pas être mise brusquement én mouvement : il faut augmenter progressivement sa vitesse et il est prudent de se tenir sur le côté pendant quelques secondes avant de se mettre au travail.
- Le serrage de l’écrou doit être vérifié de temps en temps pendant le travail.
- La meule ne doit recevoir aucun choc, qui pourrait y déterminer une fissure.
- Elle -doit être munie d’un débrayage facile et aussitôt que le travail est terminé, il faut la mettre au repos. Elle ne doit pas tournera blanc.
- Le support qui sert d’appui à la pièce à meuler doit être mobile et toujours réglé de façon qu’il soit très près de là meule, à i mm ou 2 d’intervalle. Si on laissait un intervalle trop grand, la pièce pourrait s’y engager, formerait coin et la meule se briserait.
- L’emploi de supports -marchant automatiquement et sur lesquels la pièce est fixée à l’aide de pinces ou de boulons est recommandable pour les meules à dresser ou à affûter. Le travail est meilleur et le danger bien atténué.
- Vitesse de la meule. — Pour rester dans les limites convenables de sécurité, nous estimons qu’il est prudent de ne pas dépasser en marche normale les vitesses indiquées dans le tableau suivant :
- NOMBRE DE TOURS PAR MINUTE
- Diamètre Nombre Diamètre Nombre
- de la meule. de tours. de la meule. de tours.
- mètres mètres
- 0,20 O O LO 0,70 700
- 0, i5 2.000 0,75 660
- 0,3o 1.65o 0,80 600
- 0,35 1.400 0,çp 55o
- 0,40 1. a5o I ,00 5oo
- o,45 1.100 1,10 45o
- o,5o 1 .000 I , 20 410
- o,55 QOO i, 3q. 38o
- 0,60 800 1,40 35o ,
- o,65 760 1, 5o 33o
- N. B. — Pour les meules en agglomérés magnésiens, il sera prudent de ne pas dépasser, même aux essais, la vitesse périphérique de 25 m. par seconde.
- On fera bien d’exiger que le fabricant garantisse sur sa facture que la meule a été essayée dans ses ateliers à une vitesse au moins égale à celle qu’il indique comme un maximum.
- Mesures conseillées. — i° .Toutes les meules d’une usine doivent être munies d’un numéro, conservé au bureau, et les vitesses relevées ;
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 2° Toutes demandes relatives aux meules d’émeri seront accompagnées du numéro de la machine sur laquelle la meule doit être mise en service. On se reportera alors à la liste conservée au bureau et si la grandeur de la meule en magasin n’est pas dans les conditions voulues pour le service de la machine, réquisition sera transmise à l’agent chargé du service des achats.
- 3° On prendra les dispositions nécessaires pour qu’en cas de rupture de la meule les éclats ne puissent être projetés dans l’atelier.
- 4° Auprès de chaque machine à meuler, bien en vue, afficher un avis sur lequel sont indiqués le nombre de tours par minute et le diamètre maximum de la meule dont il est permis de faire usage.
- **>
- Automobilisme
- Micâ
- Etincelle
- Electrode
- Culo'
- Fig. i. — Allumeur monté.
- L’allumeur Foxa. — Voici un allumeur qui présente de grands perfectionnements sur les bougies d’allumage auxquelles il ressemble, car il a l’aspect d’une bougie avec isolant mica.
- Il se compose d’un corps en mica qui est maintenu dans une monture de bronze, traversé par une tige métallique.
- Cette tige se termine d’un côté par une borne prise de courant, de l’autre par une partie cylindrique au milieu de laquelle se trouve ) Mouture une bougie d’acier, isolée, prolongeant le corps en mica vers le bas.
- La bougie isolée reçoit au moyen d’une agrafe l’électrode qui arrive près de la monture et du culot, mais n’a pas de contact avec eux. De cette façon, si le courant à haute tension arrive dans la tige centrale, il gagne le culot et s’échappe par l’électrode et la monture.
- Ce circuit offre deux solutions de continuité à la partie supérieure et à la partie inférieure. Il en résulte que l’on a deux étincelles qui jaillissent simultanément et qui ont l’avantage d’être indépendantes.
- En effet, un court-circuit dans l’une quelconque des interruptions du circuit ne gêne nullement la production de l’étincelle à l’autre pointe.
- C’est là uu avantage intéressant sur les bougies à plusieurs pointes, car celles-ci ne fonctionnent plus dès qu’une seule pointe se trouve mise à la masse.
- Cet allumeur utilisé' le courant qui provient d’une magnéto à haute tension ou toute autre source de courant généralement utilisée.
- L’électrode est construite en alliage de nickel et de platine, de façon à résister le mieux possible au passage
- de l’étincelle.
- Cette électrode se remplace d’ailleurs très facilement, puisqu’il s’agit d’une simple fixation au moyen d’une agrafe.
- L’allumeur se place sur les moteurs au moyen d’un manchpn intermédiaire dans lequel il se visse par un pas conique sans néces-Allumeur Foxa, 29, rue Marignan,
- Allumage
- Fig.
- Cylindre
- 2. — Intermédiaire de montage.
- Fig. 3. — Remplacement de l’électrode.
- siter aucun joiut. Paris.
- tront faire la comparaison avec la position des voyageurs qui se meuvent installés dans les fauteuils moelleux de la voiture.
- Un nouveau système de strapontin dû aux Etablissements Marvel, bien garni et bien rembourré, muni d’amortisseurs à ressorts, cherche à assurer un confortable beaucoup plus sérieux à ceux qui doivent s’y asseoir.
- Les pieds du strapontin sont prévus en forme de ciseaux, et grâce à une double glissière, munie de ressorts à boudins, ils peuvent s’ouvrir plus ou moins.
- Ce dispositif a l’avantage d’assurer une suspension douce et de maintenir un parallélisme constant entre la base de l’appareil et le siège.
- De cette façon, la stabilité du voyageur est toujours assurée.
- Le montage de ce strapontin est des plus simples, car il suffit de le fixer aù moyen d’un seul boulon sur le plancher de la voiture.
- Ce boulon, muni d’écrou à oreilles, afin de faciliter
- Fig. — Strapontin monté.
- Fig. 5. — Détail du pied.
- le serrage, peut alors jouer le rôle d’axe et permettre au strapontin de s’orienter dans tous les sens.
- Il en résulte aussi que le démontage est instantané et que ce siège peut être transporté en dehors de la voiture et servir pour un pique-nique ou pour le camping.
- Lorsque le strapontin n’est pas en service, on décroche les deux pieds de devant et on les replie de façon qu’ils n’occupent qu’un volume très réduit. I^g- — Strapontin
- Cependant, au repos, il ést en- fermé,
- core utile, car une housse solide
- recouverte de moquette permet de s’en servir comme coussin pour les pieds du voyageur qui se t rouve assis dans la voiture et placé en face.
- Etablissements Marvel, 41» rue des Petites-Ecuries, Paris.
- r> T• S. jF.
- Poste à galène original. — Les formes sous lesquelles on a réalisé de petits postes à galène sont presque innombrables, en voici encore une assez originale et pratique.
- La galette d’accord avec condensateur, le détecteur et le récepteur téléphonique sont contenus dans une
- 0 mi
- Fig. 7. — « Le Charmeur ».
- Objets utiles
- Strapontin pratique. — La plupart des strapontins que l’on utilise dans les voitures automobiles sont très inconfortables, Ceux qui les occupent peuvent amère-
- petite boîte avec couvercle mobile qui offre absolument l’aspect d’un livre à reliure ancienne (fig. 7).
- Lorsque l’appareil n’est pas utilisé, il peut donc être placé dans une bibliothèque parmi d’autres livres, sans que rien permette de découvrir sa présence.
- Constructéur : C. Henry, 12, rue Dupleix, Paris,
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTJLES
- Jteo
- M
- OÉL
- OC
- Quelques patines sur le fer. Procédés modernes.
- — Les industries les plus diverses emploient les moyens les plus variés pour donner une patine déterminée aux métaux. Il n’est pour ainsi dire pas de façonnier de l’article de Paris en métal, sous ses aspects les plus variés, découpé, matricé, repoussé, etc., qui n’ait besoin de réaliser des patines décoratives..
- Les moyens de produire des patines varient à l’infini.
- Nous en rappellerons quelques-uns ici en nous servant de la récente étude de Alex. A. Tucker. de Birmingham parue dans le Chemical Trade, du 29 décembre 192a.
- La simple immersion classique d’un objet décapé, en fer ou en zinc, dans un bain de sulfate de cuivre, est un moyen couramment employé.
- De même, si l’on plonge un objet en zinc décapé dans une solution diluée de tartrate de cuivre, additionnée de potasse caustique, on voit la coloration du zinc passer lentement du violet au rouge pourpre. L’effet produit est remarquable.
- L’industrie du « galvano )) ou imitations de statues de bronze, par un alliage plus ou moins zincifère ou anti-monieux, profite, pour patiner les pièces fondues et leur donner un aspect artistique à bon marché, de l’action du zinc sur un mélange de chlorure d’ammonium, d’oxa-late de potassium et de vinaigre. 11 n'y a dans ces deux derniers exemples, néanmoins, aucun effet électrochimique. Il semble seulement que la surface du zinc soit altérée sous l’action de la lumière.
- Là encore, comme dans beaucoup de cas de la science appliquée, on constate un résultat, on en profite, sans pouvoir encore l’expliquer.
- Un autre exemple bien connu et utilisé depuis peut-être 100 ans est l’action du beurre d’antimoine (tri-chlorure d’antimoine) fondu, sur les surfaces des barillets et canons d’armes à feu, Il semble qu’il y ait dépôt d’antimoine métallique. C’estle « bronzage » bienconnu,qui protège à merveille les armes à feu soumises à son action.
- Une autre série de patinages métalliques dépend uniquement des oxydations plus ou moins préparées subies par la surface à patiner.
- Un procédé ancien et très efficace, quoique très simple, consiste à chauffer les objets d’acier ou de fer, nettoyés au préalable, à une température élevée, puis à les plonger brusquement dans l’huile. O11 obtient ainsi une carbonisation superficielle protectrice de l’objet, suffisante dans beaucoup de cas.
- Il va sans dire que ce dernier procédé ne convient pas au cas où l’objet devrait conserver la dureté exigée des objets en acier.
- Le meilleur des bronzages pour armes à feu consiste à provoquer de la rouille sur les canons et barillets des armes; ensuite on bouche les extrémités de l’arme. On transforme la rouille produite en oxyde noir de fer (Fe3 O4) en faisant bouillir les armes dans de l’eau, en même temps qu’on fait barboter de l’air.
- On essuie les armes avec un tampon de coton pour enlever l’oxyde qui se détache.
- On les rouille à nouveau et on fait bouillir.
- Pour terminer, on emploie le procédé à l’huile décrit ci-dessus.
- Dans l’industrie des couverts en cuivre ou maillechort argentés (ruolz et connexes), dans celle du métal blanc argenté, on produit les patines dites « platiné » soit par un dépôt réel de platine (articles chers), soit par des mixtures de « faux platine », soit tout simplement par des applications de vernis asphalté, dont on enlève la majeure partie, par un brossage, qui ne laisse les parties noires que dans les fonds, de manière à produire un
- « vieil argent » apparent. Il existe aussi des mixtures à base de perchlorure de fer pour les mêmes objets. A la base de tout procédé de patinage ou de coloration d’un objet en métal, il faut absolument que le polissage de l’objet soit parfait. Car le meilleur des procédés de patinage ou de coloration ne donnerait rien de bon sur des surfaces qui ne seraient pas au préalable parfaitement polies.
- Dans ces dernières années, le chimiste Lentini-Rondelli a breveté des séries de procédés de patinage des métaux, sans emploi d’aucun métal étranger pour la production de la patine.
- Il arrive à produire sur fer les patines les plus diverses, tantôt une préparation apte à recevoir la mixture, qui une fois vitrifiée donnera des émaux incomparables et résistant aux acides, tantôt des colorations stables, allant du jaune laiteux aux couleurs sombres. D’autres fois, il produit des patines d’un noir brillant, capables d’un beau poli, et résistant aux agents chimiques les plus divers. Ceci très rapidement, et par une simple modification de surface.
- Disons quelques mots de ces nouveaux procédés :
- Ils sont basés sur l’emploi d’un bain électrolytique de ferrite de sodium. On emploie une anode constituée par une feuille de fer ayant une de ses dimensions égale à la longueur du bain d’électrolyse. Le courant employé est de 5 ampères par décimètre carré. On renverse le courant de quelques minutes à une heure pour former le ferrite alcalin.
- La lecture du voltmètre indique le degré de dissolution du fer.
- Au commencement de l’opération, le voltage part de 1 volt et moins et en peu de temps il atteint 2 volts. Là il se stabilise. C’est une preuve directe du phénomène de polarisation. Plus celle-ci augmente, plus la production de ferrite alcalin augmente elle aussi.
- Un bon bain exige une densité de courant de 5 ampères par décimètre carré et une période de 2 à 3 minutes de dépolarisation,
- Pour obtenir la patine genre cuivre, il n’y a qu’à tâtonner pour obtenir les conditions optima.
- Pour obtenir le noir brillant, on n’emploie aucun courant : l’oxydation a simplement lieu par l’emploi d’un bain alcalin contenant l'oxyde d’un métal électronégatif par rapport au fer, de manière à produire l’oxydation de la surface du fer, avec séparation du métal de l’oxyde employé.
- Les ferrâtes ont pour formule Na2 Fe2 O4 et l’oxyde ferrique y agit comme un acide.
- Les ferrites ont pour formule Na2Fe04; ils correspondent à l’anhydride ferreux FeO3 et à l’acide ferreux hypothétique Fe O4 H2.
- Ces corps, sous l’action de courants puissants, donnent les composés les plus variés. Il semblerait que le ferrite qui se dépose serait de formule Na*FeO2, d’un gris blanchâtre, et difficile à obtenir sous la forme solide.
- Par malheur, il semble que les dépôts obtenus de Fe304, finalement, bien qu’incapables de se suroxyder, ne soient pas entièrement protecteurs des surfaces qu’ils recouvrent.
- Le dépôt mat semblable à du nickel mat, qui se produit, est poreux, absorbe l’eau et l’acide carbonique. Dans certains cas, il ne protégeait que tout à fait imparfaitement.
- Néanmoins, à part le vieux procédé Bower-Barff, ce procédé Lentini est encore dans les plus efficaces. Mais le Fe304 produit est trop épais. C’est pourquoi, à la longue, il devient cassant et se pèle. Albert Hutin.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communications.— Les Indiens blancs.— A propos de l’information publiée sur ce sujet dans notre n° 2626, un de nos correspondants nous signale qu’il y a d’autres Indiens blancs que ceux du Darien.
- Sur les montagnes élevées de la Sierra Nevada de Colombie, rive droite du Magdalena, un peu au sud de Santa Marta, on connaît un fort hameau occupé par des
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- BOITE AUX LETTRES
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- Indiens de haute stature et qui sont aussi blancs que le permet le climat tropical C’est une population très sauvage mais passablement intelligente; les hommes ne sortent que la nuit et en se cachant dans les forêts pour arriver dans l’ombre à Santa Marta et y obtenir un peu de poudre pour leurs fusils de traite, en échange de peaux de panthère et de chats sauvages. Ils sont accueillants pour un blanc isolé assez hardi pour se confier à eux, assez patient pour apprendre quelque peu de leur patois à base d’espagnol, assez riche pour leur apporter quelques paquets de poudre de chasse... et des remèdes; le nombre de ces visiteurs est d’ailleurs très restreint : ce sont surtout des convicts échappés des exploitations aurifères de la région du Canca.
- Réponses. — Sucrerie de Wanze. — i° D’après les travaux de Gabriel Bertrand, professeur à l’Institut Pasteur, la chloropicrine peut être utilisée avec succès pour la destruction des punaises, soit par vaporisation directe, soit par pulvérisation d’une solution alcoolique, la dose efficace est de i à a centigr. par litre d’air, les insectes sont, paraît-il, tués en 5 à 10 minutes. Au cas où les œufs ne seraient pas détruits, la durée d’éclosion étant d’environ 8 jours, un nouveau traitement devra être effectué deux semaines après le premier [pour assurer la destruction des générations nouvelles, a0 Le dosage de la potasse par le bitartrate de soude est basé sur la réaction classique :
- KC1 + NaHC*H*0e = KHC*H406 + NaCl.
- Le tartrate acide de potassium dans les conditions de l’expérience (solution saturée de bitartrate de soude) étant presque insoluble peut être séparé et de son poids on déduit la quantité de potasse. 3° Vous trouverez dans le Traité d'analyse qualitative de Frésenius (Masson, éditeur), à la page 367, l'exposé de toutes les méthodes qui ont été préconisées pour la recherche de très petites quantités de cuivre. 4° Le Dr Fieuzal (J.-M. Théodore, 1836-1888) a été médecin en chef des Quinze-Vingts et est le promoteur de l’emploi des verres /aunes qui sont très en vogue aujourd'hui. Ces verres ont une luminosité plus grande que celle des verres présentant une autre teinte et protègent mieux l’œil contre les rayons ultra violets et chimiques de la lumière solaire. Celte dernière propriété peut être mise en évidence en exposant à la lumière un papier sensible photographique sur lequel on place dee verres de diverses couleurs. On constate que le papier est moins vite noirci sous les verres Fieuzal que sous ceux qui ont une autre teinte.
- Ces verres sont fabriqués par l’usine de Bagneaux, à Bagneaux (Seine-et-Marne), la maison n’en a pas fait connaître la composition, mais on peut supposer qu’il y entre soit de l’antimoniate de potasse, soit un sel d’argent, chlorure, sulfure, borate, allié à une trace de sesquioxyde d’iridium. 5° Le bichromate agit comme oxydant et transforme le carbone en acide carbonique, l’hydrogène donne de l’eau, de leurs proportions on déduit la composition du produit initial. 6° Vous trouverez dans tous les traités de physique la manière de construire un hygromètre et un baromètre. 7" Nous ne vous engageons pas à vous servir d'acide cyanhydrique pour la destruction des parasites; la manipulation est trop dangereuse eu ’ égard à la1 toxicité de ce produit. 8° Le collage cuir sur cuir s’effectue très simplement à la colle forte ordinaire de bonne qualité additionnée d’un peu de glycérine pour conserver au cuir sa souplesse.
- M. Le Moyne, à Versailles. — La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction pour recouvrir voire plancher de grenier d’une chappe calorifuge :
- Magnésie calcinée...........55 kg
- Sciure de bois............. i5 —
- Amiante en poudre...........10 —
- Poudre de liège ........ 10 —
- Matière colorante choisie. . . 10 —
- Délayer le mélange, rendu bien homogène, dans 85 litres de chlorure de magnésium à 24° B, étendre sous une épaisseur de 2 à 3 cm, lisser à la truelle et laisser bien sécher. — N. B. La matière colorante peut être constituée par un produit bon marché tel quelles ocres jaune ou rouge employées seules on en mélange.
- M. Charpentier, à Laxou-Nancy. — i° Les pèse-sels, pèse-acides, pèse-sirops ont la même graduation que l’aréomètre de Baumé, lequel est gradué en degré de sel marin, en opérant de la façon suivante : On règle le
- poids de l’instrument par lestage de manière que dans l’eau pure à la température de i2°5 centigrades il s’enfonce à peu près jusqu’à l’extrémité supérieure de sa tige, en ce point on marque o°. Puis on plonge l’instrument dans une solution de 85 parties d’eau et i5 de sel marin. Ce liquide dont la densité est de 1,116 étant plus dense que l’eau pure, l’appareil ne s’y enfonce que jusqu’à un certain point où on marque i5. On partage enfin l’intervalle entre les points o et i5 en quinze parties égales et l’on prolonge ces divisions jusqu’au bas de la tige. Habituellement ces divisions sont marquées sur une bande de papier que l’on introduit à l’intérieur de la tige et fixe par fusion d’une gouttelette de cire à cacheter.
- Eu égard au bon marché des pèse-acides, nous ne ne nous engageons pas à entreprendre cette fabrication qui nécessite une certaine expérience et la connaissance du soufflage du verre. 20 Lorsque le pèse-acide marque 28° B cela correspond à une densité de i,4i et à une richesse de 3a kg 20 d’acide sulfurique S04H2 par 100 kg du liquide considéré.
- M. J. de Lens, à Versailles. — Pour remettre en état des feuilles de parchemin jaunies et froissées, les mettre à tremper au large dans un baquet rempli d’eau claire, laisser égoutter, puis plonger dans un mélange de
- Eau oxygénée..............1000 cm3.
- Eau ordinaire.............1000 —
- Alcali volatil. ..... i5 gouttes.
- Le bain doit être seulement dégourdi à 2O°-250 G et être tenu dans une pièce chaude, de temps à autre on agite les parchemins. Lorsqu’ils sont suffisamment blanchis, on lève et abandonne à l'air environ une heure ou deux, on rince alors abondamment et fait sécher en maintenant les bords entre deux cadres à dimensions convenables, serrés l’un contre l’autre par des épingles de blanchisseuse. Le séchage s’effectue ainsi sous tension et les parchemins reprennent l’aspect du neuf.
- M. Vacher, à Mazingarbe. — i° Le brou de noix tel qu’il est vendu par les marchands de couleurs constitue une solution mère, très chargée en matière colorante et et qui le plus souvent donnerait une coloration trop foncée si elle était employée telle quelle. Suivant la teinte que l’on veut obtenir on y ajoute de l’eau, jusqu’à ce qu’une touche effectuée sur un morceau de bois sacrifié, de même nature, donne l’intensité voulue. 11 vous suffira donc de faire une dilution convenable pour obtenir le cAêne clair. 20 Le brou de noix n’intervient que nominalement dans la préparation ci-dessus qui en réalité résulte de la macération alcaline de la terre de Cassel, vous pourrez l’obtenir économiquement en
- prenant :
- Terre de Cassel.............. 3o gr.
- Carbonate de potasse ... 3 —
- Eau ordinaire ..............1000 cm3
- Faire bouillir une demi-heure en remplaçant l’eau qui s’évapore, laisser reposer et filtrer sur une flanelle avant de mettre en bouteilles comme solution mère.
- N. B. Si le bojis a été ciré, le liquide ne prendrait que d’une faço n mparfaite, il convient donc, pour obtenir de la régularité, d’enlever la cire qui est à la surface en lessivant préalablement avec la potasse des peintres (lessive de soude caustique à 36° B), que l’on étend de 10 fois son volume d’eau. 20 En ce qui concerne la destruction des vrillettes veuillez vous reporter à la réponse que nous avons faite à M. F., à Chenu (Sarthe), dans le n* 2617 du 3i mars 1924, page 174 de la Boîte aux Lettres.
- M. le D’ Maffre, à Montpellier. — Le meilleur moyen de remettre en état l’intérieur de votre réservoir en tôle envahi par la mousse est de le gratter soigneusement, puis après rinçage de le repeindre avec une peinture au lithopone dont les éléments sont inoffensifs. Bien éviter toute peinture à la céruse qui constituerait au contraire un danger.
- M. de Gandillac, à Assinie (Côte d’ivoire). — Un broyeur de laboratoire d’encombrement 5o X 40 X 60 cm doit actuellement valoir de i5o à 3oo francs, le mieux est de demander aux maisons suivantes leurs prix courants et catalogues dans lesquels vous choisirez le modèle le mieux approprié à vos besoins : Alliot, 9, rue Jules-Vallès, iiB. Houades, 91, rue de la Verrerie. Blondel, 47, rue de Flandre. Japy, 21, rue Albouy-Peugeot, 2 bis, rue Béranger, Chenal et Douilhet, 23, rue de la Sorbonne,
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- M. Balquet, à Airvault. — L’albâtre est du sulfate de chaux hydraté comme le gypse, ces deux corps peuvent être considérés comme infusibles aux températures courantes et la réparation de votre coupe en albâtre peut parfaitement s’effectuer avec la gomme laque qui se ramollit à 65° et fond à 1200. Il faut opérer ainsi : placer tranches de 'fragments à joindre dans de la cendre chaude contenant quelques parcelles de charbon, telle qu’on la trouve dans une cheminée chauffée au bois. De temps à autre on essaie si la température est assez élevée en frotlant en un point avec un petit bâton de gomme laque blanche.
- Quand la température est suffisante on enduit rapidement les tranches vives de cette gomme laque, on met en contact et serre fortement jusqu’à refroidissement complet, en prenant toutes dispositions pour qu’il n’y ait pas de déplacements relatifs des morceaux. — N. B. Pour vous faire la main, avant d’entreprendre la réparation principale en vue, essayez avec quelques débris de porcelaine ou de faïence sans valeur, le procédé est en effet applicable aussi dans le cas où la porcelaine ne doit pas être chauffée après raccommodage.
- M. Tournel, à Marseille. — Comme suite à la demande que vous nous avez faite l’année dernière et à laquelle eous avons répondu, au sujet de l'obtention d’un savon soluble dans l’eaïi de mer, nous vous signalons qu’un brevet récent de M. Galeorri (Moniteur scientifique de juin 1924, page 43 des brevets), préconise la composi-
- tion suivante :
- Huile de coprah.............35 à 40 %
- Résine...................... 5 à 8 —
- Lessive de soude caustique . 4° à 60 —
- Borate de soude............. 1 à 6 —
- Mucilage d’agar-agar .... 8 à i5 —
- Bien entendu, nous ns garantissons aucunement la réussite et avons seulement tenu à vous faire connaître cette formule pour le cas où vous désireriez en faire l’essai. •
- M. Voile, à Saint-Denis-les-Rebais (S.-et-M.). —Bien qu’en théorie la réaction entre l’alun et l’acétate de
- plomb ne doivent pas laisser de plomb en solution, nous considérons comme plus prudent de ne pas employer ce procédé pour imperméabiliser des tissus qui doivent être en contact immédiat et constant avec la peau. A notre avis la méthode du Dr Jacquemet est préférable :
- Prendre Vaseline...................... 10 gr.
- Lanoline anhydre ..... 10 —
- Essence pour autos .... 5oo — Tétrachlorure de carbone. . 5oo —
- Après dissolution, badigeonner le tissu sur ses deux faces et laisser sécher au grand air pour évaporer les solvants. — N. B. La lanoline du commerce contient souvent de l’eau d’interposition, il est nécessaire d’enlever celle-ci en chauffant doucement la lanoline pendant quelque temps jusqu’à départ complet.
- Dr A. F., à Jausiers (Basses-Alpes). — i° L’examen d’insectes à l’état larvaire ne permet guère l’identification certaine; il faudrait examiner l’insecte parfait. Toutefois, d’après les caractères des larves figurant dans votre envoi, il semble que celles-ci appartiennent à l’espèce Tinea (Teigne des lainages et tapisserie, vulgairement mites), dont la pullulation cause souvent de sérieux dégâts. Il y aurait lieu de procéder à un net-toyage à fond des parquets à l’essence de térébenthine étant donné que les locaux restent inhabités durant six mois de l’année. Entre les lames des parquets, essayer l’emploi d’un liquide composé de mi-partie essence de térébenthine et mi-partie essence minérale, ou le formol, ou une solution de sublimé (solution au iooo0).
- 2“ Pour combler les interstices entre les lames des parquets, on peut y couler de l’encaustique (mélange très épais de cire jaune et d’essence de térébenthine), qui se solidifie en séchant, ou bien un mélange ainsi préparé : Faire fondre au bain-marie un peu de colle forte ; lorsqu’elle est bien fondue et très claire, y ajouter de la sciure de chêne ; avoir un mélange assez liquide pour être versé dans les rainures dû parquet; enlever l’excédent du liquide avec un racloir ou un vieux couteau; réchauffer la colle au bain-marie si elle épaissit trop vite en se refroidissant avant l’emploi.
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- Autre recette : faire fondre de la cire jaune au bain-marie, y ajouter du suif ou de la chandelle; quand le tout est liquide, amalgamer à du blanc d’Espagne réduit en poudre très fine, ajouter un peu de fleur de soufre.
- 3° Pour la détermination des insectes et les traitements à appliquer, on peut se renseigner soit à la Station enlomologique de Montpellier, soit à l’Insectarium de Menton.
- T. S. P. — M. Marcel Latour, à Terrasson (Dordogne). — i° Pour réaliser l’inductance de résonance d’un poste destiné à recevoir la gamme 3oo-5oo m, vous pouvez employer une bobine en fond de panier à sept pôles comprenant une trentaine de spires.
- 2° Il existe d’autres systèmes apériodiques ou semi-apériodiques permettant la réception des ondes courtes avec ou non rétroaction obtenue par accord du circuit de plaque. Vous pouvez consulter à ce sujet Z a Pratique Radioélectrique.
- 3° Il est plus simple d)utiliser un variomètre, mais les résultats sont équivalents lorsqu’on veut réaliser la liaison par circuits accordés. On peut évidemment employer les variomètres uniquement pour la réception des ondes courtes, et non des ondes moyennes!
- M. Berrichon, à Mende. — Nous ne croyons pas malheureusement qu’un accord en Tesla pourrait supprimer les troubles d’audition provenant d’une ligne de tramways voisine.
- De même un amplificateur B. F. à résistance n’apporterait pas sans doute une amélioration bien notable. Voici les valeurs des résistances à employer cependant pour réaliser un tel amplificateur ; résistances de grille i mégohm, résistance de liaison 60000 ohms, avec batterie de plaques de 80 volts.
- Cet amplificateur ne demande évidemment aucun réglage, mais amplifie beaucoup moins avec des lampes ordinaires que les amplificateurs à transformateurs.
- 3° Le rhéostat de chauffage permet d’obtenir le chauffage optimum du filament correspondant à la meilleure amplification pour une lampe donnée et une tension de
- plaque donnée. Le condensateur, fixé en dérivation sur le primaire du transformateur B. F., sert à laisser passage aux oscillations de H. F. et à empêcher le retour des courants de B. F. vers les étages H. F.
- M. Former, à Lyon. — Nous vous remercions de votre communication et nous n’avons pas indiqué le dispositif de couplage entre le primaire et l’inductance do résonance parce que le réglage devient alors assez irrégulier, et que l’appareil radie beaucoup dans l’antenne.
- Votre explication sur l’effet de rétroaction dans un amplificateur est ingénieuse, mais elle nous paraît inexacte, car elle ne pourrait rendre compte de l’effet autodyne permettant la réception des ondes entretenues par couplage de l’inductance d’accord avec celle de réaction.
- Le fonctionnement d’un amplificateur à résonance dépend, le plus souvent, des constantes du circuit primaire d’entrée. C’est pour cela que le réglage de la réaction sur cadre diffère souvent légèrement de celui de la réaction lorsqu’on emploie une antenne. En parli-culier, la résistance plus ou moins grande de la prise de terre peut avoir une influence importante. D’ailleurs dans les organes de liaison à selfs à fer il peut tenir compte de phénomènes de résonance atténuée et de radioaction correspondante, que nous aurons l'occasion de décrire sans doute prochainement.
- M. Gouzon, à Lyon. — La résistance d’entrée de l’amplificateur du type F, est de 3 000 ohms. Cette résistance placée en shunt sur le primaire du premier transformateur H. F. sert à empêcher, s’il est besoin, la naissance d’oscillations parasites.
- M. Mignard, à Bizanet. — 1" La fabrication d’une ampoule de redressement genre Tungar est entrême-ment délicate, il faut déterminer exactement, en effet, la distance et le diamètre des électrodes et la pression de l’argon contenu dans l’ampoule. Cette fabrication ne peut être exécutée que par des spécialistes.
- 20 II est plus simple de tracer les inscriptions sur cuivre ou celluloïd. Voyez, si vous voulez, la Pratique Radioélectrique.
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- M. le Dr Tara, à Paris. — Dans le cas que vous indiquez, murs enduits de chaux hydraulique, une peinture au silicate doit convenir, cette peinture étant préparée sur les données suivantes comme bases :
- Silicate de soude à 36° B. . 200 gr.
- Eau ordinaire. ...... 200 —
- Pigment.....................5oo —
- Le pigment peut être constitué comme fond par du lithopone qui est blanc et auquel vous ajouterez pour teinter ocre jaune [ou rouge, outremer, vert Guignet, noir de fumée en proportions convenables.
- Pour bonne réussite il faut opérer ainsi :
- Donner une première couche au silicate non teinté à 220 B. 2® Passer une seconde couche avec la peinture proprement dite indiquée ci-dessus. 3° Terminer par une couche de silicate simple mais à 26° B. Bien entendu chaque couche doit être parfaitement sèche avant application de la suivante.
- M. Bourdon, à Caen. — Les cordes de raquettes se distendent parce qu elles sont très hygrométriques et suivent les variations d’humidité de l’air; on peut obvier à cet inconvénient en appliquant une couche très légère d’huile de vaseline, la plupart des liquides du commerce vendus dans ce but n'ont pas d’autre composition. — N. B. Faire l’enduisage de préférence par temps sec, car autrement l’humidité resterait dans la corde.
- M. P. T., À Paris. — L’application à sec de terre de Sommières sur le cuir de votre sac de voyage pour enlever des taches dues à l'eau de Cologne ne peut donner de résultats, car il est indispensable de solubiliser les essences pour les faire ensuite absorber. Voici comment nous pensons qu’il faudrait opérer : Tamponner successivement d’abord avec un tampon d’ouate imbibé d’alcool à brûler, ensuite avec un tampon sec buvant l’alcool chargé d’essences. Opérer toujours en contournant les taches pour éviter les cernes et répéter ces opérations alternatives jusqu’à réussite. Passer enfin de l’alcool sur toute la surface du sac pour égaliser la teinte générale, un peu de matière colorante du cuir ayantpû être enlevée aux endroits particulièrement traités.
- M. Smeyers, à Stewoort (Belgique). — i" A notre grand regret nous ne pouvons entreprendre d’analyses particulières. 2° L'essence de citron est extraite des fruits du citronnier par expression de l’écorce, après avoir fait macérer celle-ci dans l’eau froide pendant un quart d’heure. Cette essence contient une forte proportion de limonène C10H1C’, environ 70 pour ioo de citral C10H17O et i,5 pour 100 de pinène. On laisse reposer le mélange d’eau et d’essence, cette dernière plus légère monte à la surface, on la sépare par décantation. Toutes ces opérations sont très simples et ne nécessitent qu’un broyeur et une presse énergique. Si cependant on désire le citral épuré, qui possède un parfum plus fin que l’essence brute, on soumet à une distillation sous pression réduite de 20 cm, la fraction qui distille entre u5° et 120° se compose presque uniquement de citral que l’on peut encore purifier par une nouvelle distillation en recueillant ce qui passe entre 1170 et 1180. 39 Les ierpènes les plus courants C10H16 et CISH24 sesquiter-pènes ont un point d’ébullition peu élevé, une faible densité et présentent une insolubilité complète dans l’alcool dilué, on utilise ces propriétés pour déterpéner les essences, soit par distillation fractionnée, soit en agitant pendant plusieurs heures avec de l’alcool à 45°. On laisse les liquides se séparer par le repos, on décante et met à part la solution alcoolique qui par distillation permet de récupérer l’alcool à point d’ébullition 78°, alors que l’essence débarrassée des terpènes reste dans la cucurbite de l’appareil distillatoire. 4° Les terpènes sont des hydrocarbures non oxygénés qui n’ont aucune valeur aromatique, sont très exposés à rancir et encombrent inutilement les essences brutes. Etant insolubles dans l’alcool ainsi que nous l’avons dit plus haut, ils sont cause de préparations troubles en parfumerie, c’est pourquoi on cherche à les enlever.
- M. P. Leplâtre, à Paris. — Z,a patine du fer-hlanc se réalise au moyen d’une solution de chlorure d’antimoine dans l’acide chlorhydrique étendu de dix fois son volume d’eau. L’antimoine étant déplacé par l’étain il se produit une coloration brune plus ou moins accentuée suivant la concentration en chlorure d’antimoine de la solution. On termine en rinçant soigneusement, on essuie et frotte avec un tampon légèrement huilé.
- M. Plicoulis, à Buzet-sur-Tarn. — Le seul moyen
- véritablement efficace d’éviter les mouches est de les détruire dans l’ceùf aux endroits où s’est effectuée la ponte en arrosant d’huile de naphte les fumiers et les fosses d’aisances. Quant aux insectes parvenus à l’état de mouches c’est encore le pyrèthre qui est l’insecticide de choix à la condition que les fleurs soient de récolte très récente. D’après les recherches de Sato et de Fuji-tani le principe actif est une résine qu’ils ont désignée sous les noms de Pyretol ou Pyrethrone. Ce principe étant soluble dans l’alcool peut être utilisé très facilement pour la destruction des mouches dans les appartements. Voici comment nous vous conseillons d’opérer : Faire macérer pendant quelques jours 5o gr. de poudre de pyrèthre 'fraîche dans un litre d’alcool à brûler, filtrer la solution et garnir de ce liquide un pulvérisateur de toilette fonctionnant bien et à débit abondant. Pulvériser alors la mixture dans toutes les parties de la pièce, murs et plafond, les fenêtres et les portes étant fermées. Laisser la pièce close quelque temps a^ ant de rouvrir. On constate alors que tous les insectes sont tombés sur le sol pattes en l’air et il suffit de les balayer, puis de les brûler. Si on a pris la précaution de garnir extérieurement l’embrasure de la fenêtre d’un treillis métallique assez fin, on évite de nouvelles intrusions. Nous avons personnellement appliqué ce procédé avec grand succès et pensons qu’il vous donnera également satisfaction si vous employez du pyrèthre de récolte récente.
- M. L.efrançois, à Châlons-sur-Marne. — A noire avis, le renforcement par doublage des objets en terre cuite ou en grès devrait plutôt être cherché par un mélange de silicates ou fluosilicates avec du kaolin, mélange dont le coefficient de dilatation se rapprocherait le plus de la pièce à consolider. Nous vous rappelons que la Maison Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand, fabrique couramment les fluosilicates de mégnésie de zinc, etc., elle vous donnera certainement volontiers tous renseignements pouvant faciliter vos essais dans cette voie.
- J. D., à Paris,— On emploie comme produits extincteurs dans les incendies d’essence ou de benzine la plupart des produits chlorés tels (que tétrachlorure de carbone, éthylène chloré, trichloré, perchloré, éthane tétrachloré et pentachloré. Le tétrachlorure de carbone est le plus couramment utilisé.
- M. Maerkens, à Paris. — L’acétate de cellulose donnant des solutions incolores et transparentes dans les dissolvants appropriés est susceptible de nombreuses applications pour la protection des surfaces métalliques. Dans le cas [qui vous occupe, rayons nickelés de bicyclette, nous pensons qü’une dissolution de 5 gr. d’acétate de cellulose dans l’acétone vous donnera satisfaction.
- M. Piroux, à Paris. — i° Vous trouverez des ferrosilicium dans les maisons suivantes : Béguin, frères, 108, rue Saint-Maur; Briard, 16, rue Pierre-Picard (j88) ; Raymon, 5, rue Bergère. 20 Le silicium peut être isolé par traitement à l’acide sulfurique, mais il est souillé de carbone et, par suite de son oxydabilitë, une partie est transformée en silice. 3° Il ne peut être question de réduction en présence de bioxyde de baryum qui constitue un réservoir d’oxygène. 4° Les deux formules que vous indiquez conduisent au même résultat qui est le sulfure de zinc, puisque le soufre en excès dans la seconde formule s’élimine de lui-même par distillation ou par combustion. Dans la pratique cet excès est nécessaire pour être certain d’en avoir assez. Nous vous rappelons que la phosphorescence d’une manière générale est moins due à une propriété des sulfures eux-mêmes qu’à une excitation provenant des impuretés que l’on est obligé d’y introduire, sels de bismuth, par exemple. Dans ce but on ajoute habituellement 0,4 milligr. de bromure de radium par gramme de sulfure de zinc.
- M. Chardin, à Pantin. — Tout dépend de la dimension du trou que vous voulez reboucher dans la tôle de votre réservoir. S’il est très petit, une application d’un mélange d’amiante en poudre et de blanc de céruse broyée suffira probablement, le bac ayant été préalablement vidé et les bords de l’ouverture étant bien secs. Au cas contraire, appliquer une rondelle de carton d’amiante, également enduite de blanc de céruse et maintenir celle-ci au moyen d’une rondelle de tôle et trois petits boulons passant au travers du bac par des trous percés à la cbignolle.
- ( Vbir la suite pp. LXTTl et LXIV).
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Electricité atmosphérique, par B. Chauveau, 3e fascicule. i vol. 340 p. G. Doin, Paris, 1924- Prix : 22 fr.
- Le icr fascicule de cet'intéressant et important ouvrage était consacré à l’historique de nos connaissances sur l’électricité atmosphérique. Le 3° fascicule paraît avant le second, dont la publication est retardée par un scrupule de l’auteur. Mais, comme il forme un tout suffisamment indépendant, sa lecture ne souffre pas de ce chevauchement. Il est divisé en 2 parties, la première est consacrée au rappel des généralités nécessaires sur l’ionisation des gaz et la radioactivité, la seconde traite de la conductibilité et de l’ionisation de l’atmosphère; l’auteur y étudie tout d’abord la déperdition de la charge d’un conducteur à l’air libre, et montre que les nombreuses observations faites sur ce phénomène ne s’expliquent que dans l’hypothèse d’une conductibilité ionique de l’atmosphère; il explique alors comment on mesure l’état d’ionisation de l’atmosphère, comment on compte les ions, et comment on distingue les petits ions et les gros ions, et il analyse le curieux phénomène de la respiration électrique du sol : véritable émanation d’ions, soumis aux influences saisonnières. La mesure de la conductibilité atmosphérique est actuellement un des éléments les plus importants de l’étude électrique de l’atmosphère. L’auteur indique comment s’effectue cette mesure et dégage des nombreuses observations connues les conclusions essentielles, mettant en évidence les principaux facteurs qui agissent sur cette propriété.
- L’ouvrage étudie ensuite la radioactivité atmosphérique ; puis il rappelle le rôle des charges électriques dans la condensation de la vapeur d’eau, et, armé de toutes ces données d’observation, il aborde la discussion des diverses théories émises pour expliquer l’origine des charges électriques que l’on observe dans les précipitations atmosphériques : pluies, neiges, etc.; dans cette partie de l’ouvrage on trouve notamment le résumé de l’intéressante théorie de C. T. Pc Wilson sur l’électricité dans les nuages, un excellent exposé de la question si mystérieuse encore des radiations ultra-pénétrantes, une étude résumée des aurores polaires.
- Les récentes explorations souterraines (1914-1923) (leurs résultats et leurs conséquences scientifiques), par E.-A. Martel, i br. 56 p., a3 fig. extrait de la Revue de géographie annuelle, Delagrave. Paris, 1924.
- L’exploration et l’étude des cavités souterraines n’ont pas seulement pour objet, M. Martel le rappelle dès le début de son mémoire, la recherche de curiosités pittoresques, ou la satisfaction du goût des prouesses sportives. La spéléologie a un intérêt scientifique et pratique de premier ordre ; toute la belle carrière de l’auteur, féconde en services rendus au pays, est du reste là pour le démontrer. Les explorations souterraines, ralenties un peu partout par la guerre, ont repris, à l’étranger surtout, avec une ardeur toute nouvelle. M. Martel, admirablement documenté sur tous ces travaux, en donne ici un résumé dont la lecture est captivante : ce sont d’abord les Autrichiens puissamment organisés qui découvrent en 1919 au voisinage de Salzburg la plus grande caverne de l’Europe et la plus importante glacière du monde; ces mêmes Autrichiens ont procédé pendant la guerre à l’exploration et à l’organisation militaire des cavernes du Karst; -ces travaux ont été continués depuis par les Italiens dans un but plus pacifique ; de beaux travaux sont également à signaler en Moravie (Dr Abso-lon), en Roumanie, en Angleterre, en Espagne, etc. En France la guerre a fait dés vides cruels parmi la phalange des spéléologues et les restrictions budgétaires ont paralysé les recherches systématiques. Cependant il y a d’importantes découvertes à signaler et surtout, parmi les travaux d’ensemble, la belle description de la Franche-Comté souterraine de Fournier, exposé de recherches poursuivies depuis 1896 avec autant de science que d’énergie, et qui nous révèlent un Jura souterrain, émule du Karst ou des Gausses.
- Alternateurs et Moteurs synchrones, par E. Roth, j
- Tome I. 1 vol. in-16, 102 fig-, Armand Colin, Paris, 1924- Prix broché : 6 francs.
- La plus grande partie de l’électricité que nous consommons est produite aujourd’hui par des alternateurs synchrones. M. Roth, ingénieur en chef d’une de nos plus grandes Sociétés de constructions électriques, était particulièrement qualifié pour traiter cet important sujet. Il explique très clairement le principe sur lequel reposent ces machines, il analyse en détail les phénomènes qui se produisent dans les diverses parties de l’appareil, et il donne la théorie complète des alternateurs à pôles saillants. Cet excellent traité technique sera très apprécié des ingénieurs et des élèves des écoles techniques.
- L Année aéronautique 1923-1924, par L. Hirschauer et Ch. Dolli us. i vol. 218 p. nombreuses fig. Dunod, éditeur, Paris, 1924. Prix : i5 francs.
- Cet ouvrage contient la description d’un grand nombre de types d’avions et dirigeables français et étrangers, un résumé des records, grands voyages et manifestations sportives de l’année, une étude du développement industriel aéronautique dans le monde, une étude des lignes aériennes, un répertoire d’adresses aéronautiques. De belles photographies prises en avion et reproduites en héliogravure illustrent le livre.
- Manuel du maréchal-ferrant, par J. Allarousse. i vol. in-i8, 388 p., 12 fig. J.-B. Baillière, éditeur. Paris, 1924. Prix : i2 francs.
- L’art du maréchal-ferrant tient à la fois de l’art du forgeron et plus encore de celui du vétérinaire. Le marechal-ferrant doit avoir une connaissance parfaite du pied du cheval et des maladies ou accidents qui peuvent l’affecter. C’est ce qu’a fort bien compris
- I auteur de ce manuel ; ancien vétérinaire il consacre une grande partie de son livre à l’étude organique et anatomique du pied du cheval, aux blessures, maladies, déformations dont il peut souffrir et aux ferrures spéciales qui s’imposent dans chaque cas d’espèce. On trouve aussi, bien entendu, dans cet ouvrage, la description du fer à cheval, de son mode de fabrication et la technique du ferrage.
- An Introduction to the Sludy of Cytology, par L. Dojnt-caster. 2e édition. 1 vol. in-8, 280 p., 3i fig., 24 pl. Cambridge University Press. Prix : relié, 21 sh.
- L auteur décrit la cellule, ses organismes : noyau, mitochondries, appareil de Golgi, centrosomes, spheres attractives, puis Je mécanisme de sa division.
- II rappelle les phénomènes de maturation qui précèdent la fertilisation des cellules germinales, la fécondation et la parthénogenèse de l’œuf, et ceci le conduit aux théories cellulaires de l’hérédité. Bien conçu et clairement écrit, ce livre n’est ni un traité, ni un manuel, c’est une introduction dans le domaine cellulaire, à l’usage de tous les biologistes, où se trouvent condensées les connaissances purement morphologiques, à l’exclusion des données physico-chimiques qui se développent actuellement.
- Bas Wildseemoor hei Kallenbronn im Schwarzwald, par le Dr Karl Muller, i vol. in-8, 161 p., 28 fig., 1 carte. J. Braun, Carlsruhe. Prix : 4 marks ; relié 5 marks 5o.
- Etude de géographie biologique d’une tourbière de plateau de la Forêt Noire, envisageant la topographie, le climat, l’histoire, les associations végétales et animales d’une région bien définie et délimitée.
- The National Physical Laboratory. Collected Researckes (vol. xvii-rg2a). 1 vol. 353 pages, publié par His Majesty Stationery Office. London 1922. Prix : 17 sh. 6 d.
- Ce volume contient un certain nombre de notes résumant des travaux effectués par le personnel scientifique de la division d’optique du Laboratoire National de Physique de Londres. Ces travaux concernent la réfractométrie, l’interférométrie, l’étude des aberrations des lentilles, la théorie des périscopes, etc.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2630 30 Août 1924
- , J*®® petites planètes. — La Gazette astronomique d Anvers (juillet 1924) contient une intéressante étude sur cette question. L auteur, M. F. de Roy, analyse un travail de M. G. Strake paru dans les Astronomische Nachrichten, n° 5290, concernant le relevé des petites planètes découvertes entre le 1" juillet 1922 et le 3o juin 1923, et qui n’ont pu être identifiées avec une petite planète déjà connue. Elles sont au nombre de 32. Le catalogue général des petites planètes, arrêté au 3o juin 1923, comprend gg5 numéros.
- Si 1 on tient compte des petites planètes découvertes depuis cette date jusqu à ce jour, on voit que le premier millier est dépassé.
- Beaucoup de ces astres sont faibles (magnitude 15, 16 et même 18 à la distance 1). La grosse majorité dépasse la magnitude i3. M. Stroobant estime à 100000 environ le nombre de ces astéroïdes jusqu’à la grandeur 20.
- Il est intéressant d avoir sous les yeux le relevé, par périodes, des decouvertes de petites planètes. Le voici :
- 1801 -1807. . ... . 4
- 1845-1855. ... 33
- 1856-1865 48
- 1866-1875 72
- 1876-1885 96
- 1886-189.5 i56
- 1896-1905 173
- 1906-1915 23 1
- 1916-1923 182
- A partir de i885, on reconnaît, dans le grand nombre des astéroïdes découverts, l’influence de l’application de la méthode photographique.
- Il paraît cependant, ajoute M. de Roy, que l’on connaît maintenant la plupart des astéroïdes jusqu’à la magnitude i3 à 1 opposition, et que les recherches ultérieures devront etre entreprises à l’aide d’instruments photographiques de plus en plus puissants.
- Les objets ggo, 991, 992 et gg3 de la nouvelle liste do M. Stracke ont été découverts au cours d’une recherche systématique des astéroïdes inférieurs à la magnitude *4,5 faite avec le réflecteur photographique de o m. 60 de l’Observatoire Ÿerkes.
- Sur les 995 petites planètes numérotées, i5o n'ont plus été réobservées et doivent être considérées comme « perdues ».
- M. de Roy recommande aux observateurs d’étoiles variables de la région zodiacale d’être circonspects, et s il leur arrive quelque jour de découvrir une faible étoile dans le voisinage d’une variable de bien s’assurer qu il ne s agit pas d’un astéroïde avant d’annoncer urbi et orbi la découverte d’une Nova.
- Une nouvelle station de l’Observatoire de Harvard dans l’Amérique australe. — D’excellents travaux ont été réalisés à la station astronomique de Harvard College, à Arequipa (Pérou) depuis son installation, il y a quelque 3o ans déjà : plus de 100000 photographies du ciel y ont été prises. Mais le temps est souvent mauvais de décembre à mars ; en outre, la station n’est pas assez loin vers le sud pour atteindre les régions vers le pôle austral. D’après la revue Science, du 1" février dernier, une station supplémentaire a été récemment ouverte à Chuquicamata (Chili), à 20 milles de la station de la Smithsonian Association, de Calama. Son altitude est supérieure à .7000 pieds (2100 m.) ; la région est pratiquement dépourvue de pluie, et les nuages y sont rares.,La voie lactée australe et les Nuées de Magellan seront étudiées notamment au point de vue des étoiles variables qu’elles renferment.
- Une exploration photographique continue du ciel austral est constamment en cours à l’aide d'un objectif à large champ. 1
- L’industrie mondiale de l’automobile. — Des docu-ments^ officiels américains établissent les statistiques mondiales de l’industrie automobile.
- Au ier janvier 1924 — d’après ces documents signalés par M. Raymond Mulette — il y avait en circulation, dans le monde entier, 18 109 i3i voitures ou camions automobiles et x.077.925 motocyclettes.
- Le tableau suivant indique la cules par pays :
- Pays. Automobiles.
- répartition de ces véhi-Moto-
- Camions. cyclettes.
- Etats-Unis .... 13.484.939 Grande-Bretagne . 469.490
- Canada................ 45o.ooo
- France ............... 352.25g
- Australie .... 109.157
- Allemagne .... 100.329
- Argentine......... 8 5.000
- Belgique . . . . 45.000
- Italie................. 45.000
- Espagne ............... 45.000
- Nouvelle-Zélande (J) 44.884
- Indes anglaises . . 44.845
- Danemark (*)... 42.201
- Afrique du Sud (1). 38.000
- Suède.................. 35.000
- Indes Néerlandaises 3o.2o6
- Brésil................. 26.400
- Mexique................ 21.084
- Cuba................... 20.000
- Iles Hawaï (*) . . . 16.825
- Suisse................. 16.697
- Autres pays. . . . 240.965
- Totaux . . 15.703.2»!
- 1.796.356 171.568
- 173.363 43o.i38
- 89.000 34 000
- 92.553 56.322
- 8.934 51 .o85
- 5i.739 59.409
- 85o 2.700
- 12.000 28.2Ô0
- 3o.ooo 30.000
- 8.000 7.000
- )> 25.000
- 3.784 x 5.517
- » 17.544
- )) i5.000
- 8.000 3o.000
- 3.265 6.o43
- 1.600 x .084
- 3-4oi 5oo
- 6.5oo 375
- )) 411
- 6.342 LO 00
- 50.162 77.864
- 2.343.65o I.077.925
- Au i« janvier 192! il y avait en circulation dans le monde entier i5 5o5 788 automobiles et camions. En un an, l’augmentation a donc été de 2 6o3 343 unités, chiffre dans lequel les Etats-Unis figurent pour 80 pour 100, proportion qui représente'également leur part dans le total des véhicules à moteur circulant dans le monde.
- Les Etats-Unis et le Canada se placent au premier rang pour la production et l’exportation des véhicules automobiles. En 1923, ces pays ont exporté 221 816 véhicules automobiles, d’une valeur de 13g 849 020 dollars, soit io5 625 véhicules et 58 3y4 2o3 doilars de plus qu’en 1922. A eux seuls, les Etats-Unis ont exporté i5i 896 véhicules en 1923, contre 78 234 en 1922 et 171 644 en 1920.
- La production des Etats-Unis et du Canada ayant atteint 4012836 voitures et camions en 1923, les exportations représentent 5,5 pour 100 de la production totale ; en tenant compte des pièces détachées que les fabricants américains livrent aux usines établies à l’él ranger, le chiffre des exportations représente 8,2 pour 100 du total de la production.
- Le développement de l’industrie automobile en France est de même très remarquable. En 1911 les usines françaises ont construit 12 000 automobiles, on estime qu’elles pourront (n construire 180000 en 1934. Dans le même temps, le nombre des véhicules à moteur circulant sur nos routes s’est élevé de 54000 à près de 5oo 000.
- On compte x voiture à moteur par 100 habitants, tandis qu’aux Etats-Unis, on en compte 1 pour 7 habitants, au Canada 1 pour 16, en Nouvelle-Zélande 1 pour 29, en Australie 1 pour 38, à Cuba 1 pour 5 1, en Angleterre 1 pour 70, en Argentine t pour 81,.en Uruguay 1 pour 84, en Danemark 1 pour 89 habitants.
- Cette vue d’ensemble sur le développement de l’industrie automobile dans le monde en fait ressortir toute l’importance.
- La population de la Nouvelle-Calédonie et dépendances. —- La population de cette colonie s’élevait en 1921 à 47 5o5 habitants contre 5o6o8 en 1911; elle se répartissait ainsi entre les différentes catégories :
- 1921. 19x1
- Population libre . . . ./ 14.172 13.138
- Population pénale. . . . 2.3io 5.671
- Population indigène . . 27.100 28.8i5
- Immigration réglementée 3.611 3.45 {
- ' 47•>9> 6o.og8
- 1. Automobiles à voyageurs et camions ensemble.
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- INFORMATIONS
- L’armée n’est pas comprise dans ces deux tableaux. Quant aux engagés calédoniens et Ioyaltiens, ils sont comptés avec la population indigène. Les autres engagés sont pour la plupart Néo-Hébridais, Javanais et Tonkinois.
- La population libre se répartit ainsi :
- 1921 1911
- Français................11.596 11.128
- Etrangers............... 3.5-6 ».oio
- 14.172 i3.i38
- La population pénale est en voie de disparition, par suite de la suppression de la déportation et de la relégation.
- La population indigène se classe comme suit par lieu d’habitat :
- 1921 1911
- Grande Terre . i5.6îi 16.65a (— i.o3i)
- Iles Loyalty. . 10.906 11.578 (— 672)
- Iles des Pins . 573 . 6o5 (— 32)
- 27.100 28.835 (— 1.735)
- Elle est en voie de régression.
- Les principales colonies étrangères sont :
- Japonais.............1.74s Belges .... 60
- Anglais............... 43a Espagnols ... 56
- Italiens.............. i52 Suisses .... 28
- Nouméa comptait 7127 habitants en 1921 contre 6848 en 1911, armée comprise.
- La population de la Nouvelle-Zélande. — La population de la Nouvelle-Zélande au recensement du 17 avril ig2i s’élevait à 1 271693 habitants, savoir :
- Européens ...............
- Chinois..................
- Hindous .................
- Syriens..................
- Autres Asiatiques. . . . Autres races étrangères . . Maoris de rare pure.... Métis de Maoris vivant arec
- les Européens...........
- Métis de Maoris vivant avec
- les Maoris..............
- Morioris.................
- 1.209 .289
- 3, . 266 \
- 671 J 5438
- 7°7 > Asiatiques
- *49 et divers
- 645 J
- 49 .635 \
- 4. .236 f . 56 996 indigènes
- 3. , 116 \ et métis
- _________9
- 1.271.678
- Il y avait 948 000 habitants en 1906 et 1 o58 000 en 1911.
- La régression des Maoris s’est arrêtée; la race est redevenue prolifique. On ne comptait en effet en 1911 que 35700 Maoris de race pure. Le nombre des métis vivant avec les Européens est également en accroissement (4^36 contre 32*i en i9i6).
- Le nombre des Chinois est en diminution depuis 1916, mais est encore supérieur à ce qu’il était en 1911 (2900) ; ce phénomène est dû à des mesures législatives restrictives. Ils ne font pas souche (273 femmes seulement contre 2993 hommes) ; 5a6 sont sujets britanniques.
- Ils sont concurrencés par les Hindous (i5 en 1911, 181 en 1916 et 671 en 1921), pour la plupart bouddhistes, qui ne se fixent pas à demeure (49 femmes).
- Les Syriens sont au nombre de 707 (378 hommes et 3ag femmes); ils s’établissent à demeure (624 sujets britanniques). Ils ont augmenté de 54 pour 100 depuis 1916. 537 sont Maronites.
- Ces chiffres comprennent les îles Chatham, Kermadec, Snares; Antipodes, Bounty et Campbell, qui dépendent du Dominion, mais laissent de côté les îles Cook et Samoa, qui s’y rattachent. Les îles Samoa, autrefois allemandes, forment maintenant un pays à mandat administré par la Nouvelle-Zélande (Western Samoa).
- L’acuité visuelle des peuples sauvages. — On admet assez volontiers que les peuples sauvages plus habitués que nous à se servir de leur odorat, de leur ouïe, de leur vue, possèdent des sens beaucoup plus développés que nous autres qui, avec la vie que nous menons, nous servons apparemment beaucoup moins de ces organes. Y a-t-il quelque chose de vrai dans cette manière de voir ? C’est une question à laquelle s’est efforcé de répondre le professeur Basler.
- On sait que deux lignes parallèles, pour être distinguées l’une de l’autre, doivent former, sur la rétine, deux images distantes de 4 microns (millièmes de millimètre), grandeur égale au diamètre des bâtonnets, c’est-à-dire des éléments fonctionnellement indivisibles de la rétine. Cette distance de 4 microns correspond à peu près, étant donné la distance à laquelle se trouve le cristallin de la rétine, à un angle de une minute. D’ordinaire, pour mesurer ce pouvoir on se sert de tableaux sur lesquels sont imprimés des caractères de grandeurs différentes. Ce sont là les tables de Snellen. Pour les illettrés, on utilise des signes plus ou moins analogues à un E dont la position dans l’espace peut être variée et facilement caractérisée. L’acuité visuelle ainsi mesurée varie peu d’un peuple à l’autre. Cependant, d’après Fritsch, ce seraient les Javanais qui auraient l’acuité la plus forte, puis viennent les Chinois, les Australiens, les nègres, les Européens et enfin les Japonais. Mais, d’une manière générale, les peuples sauvages ne sont pas nettement supérieurs aux Européens.
- Supposons maintenant que les 2 lignes soient juste assez voisines l’une de l’autre pour que l’œil n’en distingue qu’une. Puis rapprochons-les encore davantage. L’œil distingue parfaitement le mouvement qui, pourtant, s’est passé, pour lui, à l’intérieur des limites d’un élément indivisible de la rétine. En fait Basler a constaté que ia rétine pouvait, dans ces conditions, percevoir des déplacements de i,5 micron ou de 20 secondes. Ainsi l’acuité visuelle varie suivant le mode d’examen. On s'explique très aisément ce fait.
- Quand il s’agit de deux lignes immobiles il faut pour qu’on les distingue l’une de l’autre qu’il y ait entre elles au moins un élément rétinien d’environ 4 microns qüi ne soit pas influencé, sans quoiles images se brouillent. Par contre, le mouvement d’une de ces lignes sera perçu aussitôt qu’au cours de déplacement un élément rétinien cesse d’être influencé tandis que l’autre commence à l’être, fait qui crée une différence qualitative et perceptible, très inférieure au diamètre d’un élément.
- Or, si pour distinguer deux lignes immobiles, les peuples sauvages ne se montrent pas nettement supérieurs aux gens civilisés, par contre, pour distinguer un mouvement, les nègres étudiés par Stigler se montrent de 2 à 10 fois plus sensibles que les blancs. S’agit-il d’une propriété raciale qui rapprocherait les nègres des animaux sauvages ou bien s’agit-il d’une qualité acquise par une lutte constante menée contre l’ambiance. Telle est la question qui se pose et qui, selon Basler (*), ne pourra être résolue que par des recherches ultérieures.
- Conférence internationale des grands réseaux électriques à haute tension. — Le Secrétaire général de la Conférence internationale des grands réseaux électriques à haute tension nous fait connaître que la troisième session de la Conférence aura lieu à Paris, à la fin du mois de juin 1935. La première session de la Conférence a eu lieu en 1921 et elle a réuni 53 délégués représentant 12 pays différents. Le seconde session a eu lieu en 1923. Elle a réuni i5o délégués représentant 20 pays différents.
- La troisième session s’annonce comme devant être plus importante encore. Elle aura une durée de 8 jours.
- La conférence a pour objet l’étude de tous les problèmes relatifs aux questions suivantes :
- Production de l’énergie électrique dans les grandes centrales thermiques et hydrauliques.
- Connexion de ces grandes centrales entre elles.
- Construction des grands réseaux électriques à haute tension.
- Exploitation de ces grands réseaux.
- Les discussions ont lieu à la fois en français et en anglais et elles sont provoquées par le dépôt de rapports établis par les membres de la Conférence. Il y avait eu 45 rapports à la session de 1921 et 49 à la session de 1923.
- Le programme détaillé de la Conférence ainsi que la notice explicative et tous autres renseignements seront envoyés sur demande adressée au Secrétaire général de la Conférence, M. Tribot-Laspière, boulevard Males-herbes, 25, à Paris.
- 1. Baslek. Dié Schschiirfe bei Naturvolkern, Praxis, n. v>, 14 avril 1924.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- T. S. T~.
- Poste de réception portatif avec haut-parleur. — L’emploi des lampes à faible consommation permet de réaliser des appareils de réception portatifs et puissants contenant tous les accessoires nécessaires à leur fonctionnement. Le poste indiqué par la figure i est ainsi contenu dans une boîte avec poignée facilement trausportable. A la partie inférieure se trouve l’amplificateur à quatre étages, un étage HF à résonance, une lampe détectrice, deux étages BF.
- Dans la partie supérieure sont placés le haut-parleur avec diffuseur en papier, genre Pathé, les piles de tension de plaques et de chauffage des filaments.
- Un cadre extérieur souple, formé de câbles fixés sur une bande de toile, et qu’on aperçoit à gauche de la figure, est employé comme collecteur d’ondes. L’accord est réalisé au moyen d un condensateur variable de 0,001 mi-
- sous 1 effet de 1 eau de refroidissement qui se trouve contenue dans le réservoir où baigne le serpentin. On a ainsi de l’ammoniac liquéfié qui s’écoule dans un appareil d’évaporation où il se rassemble
- Lorsque la température de la chaudière atteint n5°,
- Fig. 2. — L’armoire frigorifique et le système générateur du froid.
- la période de chauffage est terminée et le courant est automatiquement coupé dans la résistance grâce à un contact sur lequel la température agit.
- L’eau qui se trouve contenue dans la chaudière se refroidit alors et ceci a pour effet de faire évaporer l’ammoniac liquide qui se trouve accumulé dans l’appareil de vaporisation. Cet ammoniac, qui repasse ^ l’état gazeur, s’échappe et revient dans la chaudière où il se trouve à nouveau dissous par l’eau. L’ensemble de
- Fig. i. — Poslc de réception portatif avec haut-parieur.
- crofarad avec commande par manche démultiplicateur.
- Constructeur : M. Franc, 17, rue de la Banque, Paris.
- Troid
- Armoire frigorifique automatique. — Depuis quelque temps l’emploi de l’armoire frigorifique pour les besoins domestiques s’est considérablement développé, mais on a cherché de plus en plus à éviter la main-d’œuvre et à avoir des appareils sans mécanisme moteur. Il faut bien convenir que les appareils présentés jusqu’ici ne donnaient pas grande satisfaction au point de vue de leur utilisation pratique.
- Un nouveau système qui vient d’être mis sur le marché se fait remarquer par sa simplicité et sa sécurité de fonctionnement. 11 se compose d’un appareil réfrigérant proprement dit qui s’adapte à une armoire glacière.
- Yoici comment fonctionne cet appareil un cylindre formant chaudière contient une solution d’ammoniaque que l’on chauffe au moyen d’un courant électrique agissant sur des résistances. Ces résistances sont placées dans un logement à l’intérieur de la chaudière. La solution d’ammoniaque dégage des vapeurs qui se rendent dans un barillet où elles se trouvent partiellement refroidies et où se condensent les petites quantités d’eau que la vapeur a pu entraîner avec elle.
- On obtient donc du gaz ammoniac anhydre qui est envoyé dans un serpentin de condensation. Ce gaz ge liqqgfie, d’abord en raison de la pression et ensuite
- 1, chaudière; 2, tuyau refroidissant; 5, circuit électrique; 4, interrupteur automatique; fi, membrane de l’interrupteur; O, levier de mise en marche ; 7, contact électrique; 8, barillet • 9, serpentin; 10, évaporateur; 11, mouleau à glace; 12, appel d’eau ; 15, robinet à eau ; 14, réservoir à eau refroidissante; 15, entonnoir;’ 10-17, trop-plein.
- Fig. 3. — Schéma de l’appareil frigorifique.
- l’opération dure environ 24 heures et l’abaissement de température obtenu atteint jusqu’à 20° dans la cellule froide. Une température moyenne permanente de 40 est entretenue dans la glacière.
- Il y a quelques précautions à prendre pour l’eau avec
- laquelle oualimeute la ‘^chaudière, Il faut qu elle soit
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- propre et qu’elle ne soit pas trop calcaire. Aussi, il est bon de dégager avec une pointe les écoulements d’eau du bac où se trouve le serpentin. De même, on nettoie de temps à autre le serpentin lui-même avec une brosse rigide.
- Cet appareil ne comporte donc aucun mécanisme ; il suffit d’avoir à sa disposition, pour le faire fonctionner, une source de chauffage.
- La plus commode est évidemment celle qui emploie le courant électrique, mais on peut remplacer les résistances électriques par un brûleur à alcool ou au gaz-
- Le produit réfrigérant fait partie inhérente de l’appareil et par conséquent ne demande aucun renouvellement.
- On n’a pas à s’inquiéter du remplacement de la glace dans l’armoire, puisque l’appareii produit le froid lui-même, L’armoire glacière se trouve alors en constant et parfait état de propreté. Il n’y a ni eau déversée, ni humidité.
- L’air est toujours parfaitement sec et froid et il n’y a plus à craindre la détérioration des produits et aliments délicats.
- L’aspect est celui d’une armoire. Les appareils sont renfermés dans un coffrage qui se trouve à la partie supérieure du meuble ainsi que la figure l’indique.
- Agence Américaine d’Arcis et d’Arcis, 38, avenue de l’Opéra, à Paris.
- Objets utiles
- Pour bourrer sa pipe : cartouches Kirby-Beard.
- — Voici les vacances et la vie au grand air, puis ce sera
- Le bourroir.
- la chasse. C’est le moment de fumer la pipe, sans inconvénients.
- Pour la fumer, il faut la bourrer; on sort sa blague, on l’ouvre..., mais le pêcheur a les mains qui sentent le poisson, le chasseur les a couvertes de terre, le marin les a mouillées dfeau de mer, ou bien il pleut, et l’on ne peut dans ces conditions toucher le tabac.
- Les Anglais, gens pratiques comme chacun sait, et aussi gens de sports et de plein air, ont déjà résolu le problème.
- Une marque de tabac très connue vend des cartouches toutes préparées et un chargeur pour bourrer sa. pipe sans toucher au 1abae. Seulement, ses cartouches sont faites uniquement de son tabac de goût anglais, et puis le prix des tabacs anglais est quasi prohibitif en France.
- Voici un arsenal français qui permet de résoudre ce problème soi-même et d’employer le tabac ou le mélange que l’on préfère. Plutôt que d’énumérer les pièces qui le composent, mieux vaut décrire comment on opère, afin de fumer sa pipe par tous les temps et en toutes circonstances. * >
- Chez soi, au sec, à loisir on sort le bourroir qui ne diffère que par la taille d’un moule à cigarettes ordinaires. On l’ouvre et on y dispose le tabac qu'on veut en couche bien égale (fig. 4). On le referme, on place au bout un cylindre de papier, enveloppe de cartouche qu’on tient au moyen d’une pince à caoutchouc (fig. 5).
- On pousse le piston et le tabac pénètre dans l’en-
- veloppe de papier. On a ainsi une sorte de grosse cigarette.
- On place celle-ci sur un billot présentant une gorge de taille convenable et deux fentes équidistantes.
- Avec une lame emmanchée, on sectionne (fig. 6) l’énorme cigarette en trois tronçons. Les cartouches sont prêtes.
- On les aligne dans un étui semblable à un porte-cigarettes ordinaires mais présentant en son milieu
- Fig. 5. Préparation de la cartouche de tabac.
- une loge pour une cartouche aux parois dentelées et un piston.
- La provision prête, l’étui plein, on peut partir, on chargera sa pipe quand on voudra, n’importe où, par le vent, la pluie, avec les mains mouillées ou salies.
- On '-présente la pipe en dessous de l’étui fermé; une cartouche dans la chambre, le piston relevé, On appuie, l’enveloppe de papier reste accrochée aux dents
- Fig. 6. — Découpage des cartouches.
- de l’étui, le tabac passe dans le fourreau de la pipe. Il n’y a plus qu’à allumer.
- Le nécessaire complet dé chargement est en vente chez MM. Kirby Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Gobelet: inversable. .—- La stabilité est une qualité fort recommandable. On'ne l’estime à sa juste valeur que lorsque le support est soumis à des mouvements inattendus ou manque d’horizontalité. C’est le cas des paquebots, des bateaux de toutes sortes, des wagons-restaurants, des déjeuners sur l’herbe.
- De toute la vaisselle, les verres sont les plus élevés
- Gobelet inversable.
- par rapport à leur base; ce sont eux qui chavirent le plus aisément.
- Déjà, dans les navires et les chemins de fer, on présente aux clients des verres lestés, à fond très épais, qui diminuent les chances de renversement.
- Le nouveau gobelet que là figure 7 représente ajoute à cette qualité une forme ventrue, dilatée, de sa base qui lui donne le maximum de stabilité.
- En vente chez Kirby Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE 1924 0
- Le diamètre de Mars diminue, la planète s’éloigne de la Terre. On profitera donc de ce que la distance n’est pas encore trop grande pour observer ce monde voisin, car bientôt il sera trop tard et il faudra attendre la prochaine opposition..., c’est-à-dire deux ans!
- A signaler une curieuse occultation d’Aldébaran par la Lune le 16, et la chute des Orionides, du 16 au 22 (la Lune gênera leur observation).
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, pendant ce mois, devient de plus en plus australe. De —3° i5' le ior, elle est de — 14° 7' le 3i.
- La durée du jour décroît rapidement, et, de nh38m le ier, elle n’est plus que de g" 54“ le 3i. La diminution est surtout sensible le soir. Au début du mois, il fait jour à 6h du matin et nuit à i8h.
- Voici le temps moyen à midi vrai en octobre :
- Dates. Octobre ier Heures du passage (t. ni. Gr.). Il1' 4om 2X9
- — 3 1,h 3gra 44
- — 5 nh 39"' 07
- — 7 nh 38m 32
- — 9 x xh 37“ 5g
- — 11 111' 37m 27
- — i3 ixh3b“ 57
- — i5 xx1' 36m 29
- — •7 iih 36m 04
- — *9 11" 35m 41
- — 21 111' 35“ 20
- — 23 1 x1* 35m 02
- — 25 ii1' 34ra 47
- — 27 11" 34“ 35
- — 29 1xh 34“ 26
- — 3i il1'34“ 20
- Observations physiques.—
- Le tableau ci-dessous permet d’orienter les dessins et photographies du Soleil. Il fait suite à celui publié le mois dernier. Nous avons donné la définition des quantités P, B0, L0 au « Bulletin astronomique » pour le mois de janvier 1924.
- Fig. 1. — Occultation d’Aldébaran (a Taureau), le 16 octobre 1924.
- Z, direction du zénith ; E, entrée ; S, sortie.
- Sur celle figure on a seule ment indiqué le contour du globe lunaire.
- Dates. P B« ho
- Octobre 2 -j- 26°, 19 + 6<>, 60 2350,46
- — 7 -f 26°,38 -j- 6°,32 i6g°,5o
- —- 12 -j- 26°,40 + 50,99 1030,54
- — 17 -j- 26°,23 + 50,62 37°,58
- — 22 -j- 25°,87 4- 50,20 33i°,63
- — 27 + 25°,31 + 4°,74 2650,70
- Diamètre, parallaxe et distance. — Voici la valeur de ces éléments pour le mois d’octobre :
- Dates.
- Demi-diamètre Parallaxe horizontale. Distance.
- 12 - 27
- Lumière
- Oct. 12 16'3",5a 8",82 149140000 km
- i6'7",5i 8",86 148 520000 —
- zodiacale. — La lumière zodiacale est parfaitement visible le matin, avant l’arrivée du jour. On pourra l’observer surtout du ier au xo octobre et du 26 au 3o, époques pendant lesquelles la Lune ne gênera pas les observations. On sait que la lumière zodiacale, le matin, n’a pas la même apparence que le soir, on dessinera son contour apparent parmi les étoiles.
- La lueur anti-solaire, visible comme une tache lumineuse très faible de quelques degrés de diamètre, juste à l’opposé du Soleil, pourra être Recherchée au début du mois, vers minuit, dans les Poissons. Vers le 24, vers minuit, on la recherchera au Sud-Sud-Est de a Bélier. Le 3o, au Sud-Ouest de e Bélier. Pour voir la lueur anti-solaire, il faut une nuit extrêmement pure et l’absence de la Lune et de toute lumière artificielle.
- II. Lune. — Voici les phases de la Lune pour le mois d’octobre :
- P. Q. le 5, à i4h 3om I D. Q. le 20, à 22** 54“
- P. L. le 12, à 2oh2im I N. L. le 28, à 6h 57“
- Age de la Lune, le i*r octobre, à midi ==21,7; le
- 28 = o,,2. Pour obtenir l’âge de la Lune à une autre
- 1. Les heures mentionnées dans ce Bulletin sont exprimées en temps légal, compté de oh à 24h, à partir de minuit. Le temps égal est l’heure, temps moyen de Paris, retardée de 9“ 21*. C’est le temps de Greenwich,
- date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1" ou le 28. Pour une heure considérée, on ajoutera oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 5 octobre =—i9°39'; le 19 —-|~ 19047'. A ces dates, notre satellite, lorsqu’il passe au méridien, sera à la plus faible et à la plus grande hauteur au-dessus de l’horizon.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 2 octobre, à i4k. Diamètre = 32' 34". Parallaxe = 5g'40". Distance =367 5oo km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 18 octobre, à 8h. Diamètre = 29'34". Parallaxe = 54' 9". Distance = 4°4 920 km.
- Périgée de la Lune, le 3o octobre, à 5!l. Diamètre = 33'2". Parallaxe = 60'33". Distance =362 i5o km.
- Occultations d'Etoiles par la Lune. — Le 12, occultation de 117 G. Poissons (gr. 6,5), de 22h5“ à 23"7“.
- Le 16, occultation de a. Taureau (Aldébaran, gr. 1,1) de 19h 31m à 201' 19“. Beau phénomène, entièrement visible à Paris.
- La Lune sera levée depuis quelques minutes seulement (a x9h igm) et sera dans une phase intermédiaire entre la pleine Lune et le dernier quartier. La disparition de l’étoile ’ se fera au bord éclairé, la réapparition au bord obscur. Phénomène visible à l’œil nu, à la jumelle et avec les plus petites lunettes (voir fig. 1).
- Le 17, occultation de 115 Taureau (gr. 5,3), de 20" 18“ à 2ih2m. — Occultation de 119 Taureau (gr. 4>9)» de 23“ 6m à 23h 34m- — Occultation de 120 Taureau (gr. 5,6), de 23h, 3om à oh35m, le 18.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront au début (après la nouvelle Lune du 28 septembre) et à la fin, à l’époque de la nouvelle Lune du 28 octobre.
- Voici le tableau de ces plus grandes marées (heure de la pleine mer, à Brest :
- Marée du matin. Marée du soir.
- Dates. Heures. CoeHicient. Heures. Coefficient.
- Octobre ier 5" 20" i“,o6 x7h 3g“ i“)o4
- — 2 5h 5g“ 1^,00 i8h19“ o“,95
- — 28 3h 36“ i“,o3 i5h 56“ i“,o7
- — 29 4h i6“ im,og x6h 37“ i“, 10
- — 3o 4" 58“ im,09 171119“ i“,07
- — 31 5h 41“ l“,02 18" 3“ °m97»
- En raison de la forte amplitude des marées en octobre, le phénomène du mascaret se produira à diverses reprises.
- Voici les heures de passage de ce curieux phénomène.
- Dates. Coefficient. Quillebeuf. Villequier. Caudebeç.
- Octobre ier i“,o6 8~52“ g" 29“ g" 38“
- — ier i“,o4 2Ih 12“ 2i"49“ 2ih 58“
- — 28 i“,07 igMa” 20h g“ 20hl8“
- — 29 i“,09 71' 5 o"1 8" 27“ 8" 36“
- — 29 im,xo 20"io“ 20u47“ 20"56“
- — 3o i“,09 8" 3o“ g1' 0ym 91' 16“
- — 3o i“,o7 20"5lm 2I"28“ 2i"37“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1924, contient les principaux renseignements pour trouver et observer les planètes pendant ce mois.
- Mercure sera un peu visible au début du mois, sa plus grande élongation s’étant produite le 27 septembre, Le i°r, il se lèvera environ l’+a avant le Soleil, Sa déclinaison, assez forte, permettra de l’observer facilement.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE OCTOBRE à Paris. au Méridien de Paris (*) à Paris. sion droite. son. apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 5b 57- nb 39“ 7* i7h 21® I 2h 44m _ 4° 44' 32' 3" 6 Vierge
- Soleil . . .< i5 6 1 3 11 36 29 17 1 13 3 I — 8 0 1 3ï 8,4 Vierge 1 »
- 3 5 6 27 11 3{ 47 16 42 i3 69 — (3 6 3 a 14,4 Balance
- \ 5 Mercure. .’ i5 ( 25 4 5 6 30 31 10 11 11 48 1 I 34 *7 16 16 6 58 47 I l 1 3 i3 47 49 52 + 3 3 10 28 28 42 5,6 5,o .4,8 p Vierge y Vierge 1 A Vierge Le matin, au début du mois.
- 5 I 53 8 54 i5 55 9 55 + l 3 25 ï9»° a Lion
- Vénus . . . 15 3 14 8 58 i5 43 10 38 -h 9 6 17,4 p Lion 1 Splendide le matin.
- * 35 *2 37 9 3 15 29 11 3 3 + 5 i3 16,2 a Lion
- 5 16 11 20 54 I 38 33 I — 16 32 >9,° 1 Verseau
- Mars. . . . •5 i 5 33 20 2 J I 14 3 7 8 — 1 5 4 17,0 1 Verseau .Première partiedelanuit.
- 25 1 \ 55 *9 5~> 0 55 3 3 30 — 13 18 15,4 AVerstau
- Jupiter. . . 15 11 7 i5 17 >9 28 «7 3 — 22 29 3i ,8 •i80,jhiuchus Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne . . l 5 7 11 12 ai l7 37 ‘4 8 — 10 37 13,8 -/ Vierge Inobservable.
- Uranus. . . 1 5 15 5i 21 3-i 3 1 0 33 18 — 5 3 3 3,6 9 Verseau Presque toute la nuit.
- Neptune. . 16 0 39 7 5i i5 3 9 38 + 14 35 2,4 4» Lion Seconde partie de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur slellaire
- D lies. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Octobre 2 0,72 — 0,7
- — 7 0,86 — 0,9
- — 12 0,94 — 1,0
- — *7 0,98 — 1,0
- — 22 o,99 — 1,0
- — 27 1,00 — 1,0
- d. Flammarion a souvent attiré l’attention sur
- saccord que l’on observe entre la phase calculée et
- phase réellement constatée.
- Vénus est toujours splendide le matin. Elle se rapproche du Soleil et son diamètre diminue. Voici la suite du tableau publié le mois dernier.
- Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Dates.
- Octobre
- 2
- 1 12 17 22 27
- 0,61
- o,63
- o,65
- 0,67
- 0,69
- 0,71
- — 3,8
- — -3,8
- — 3.7
- — 3.7
- — 3,7
- — 3,6
- Mars est encore favorablement placé pour les observations, mais son diamètre diminue rapidement. La présentation de Mars est définie par les éléments du tableau ci-après, qui permettra l'orientation des dessins et par suite l’identification des détails visibles avec un planisphère.
- Angle de Latitude Angle de
- Dates. position du . position Eclat
- (Minuit) de l’axe. centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- Oct. i5 35i°,i —ai0,4 i4,,>3 i",5 66°,9 —i,3
- — 3i 347°,9 —17°,5 20",o i",6 67°,3 —9,9
- Voici les heures du passage du méridien zéro (o°) de Mars par le centre du disque
- Dates. Passage. Dates. Passage.
- Octobre Ier 22h 27“,8 Octobre 17 8h 2m, I
- — 3 23h43m,7 — 9bI9m,5
- — 5 oh 21m,7 — 2 [ iob37m,i
- — 7 ib37“,9 — 23 nh54m,9
- — 9. 2h 54m,3 — 25 i3h12m,8
- — 11 4h 1 ira,o — 27 i4b3omi9
- — 13 5b 27",8 — 29 i5h49V
- — i5 6h44m,9 — 3i 17b 7“>5
- La rotation de Mars s’effectue à raison de o°,24 par minute et de i4°,62 par heure. Le tableau ci-dessus permettra donc de connaître, à chaque instant, la partie du disque tournée vers la Terre.
- Les aspects de Mars varient avec la saison et nos connaissances sont aujourd’hui assez étendues pour prévoir quelques-unes des apparences offertes par le«
- disque au fur et à mesure de l’avancement de la planète dans son orbite. Pour ces changements saisonniers, voir le « Bulletin astronomique » du n° 2617, p. 172.
- Jupiter est encore visible pendant deux heures après le coucher du Soleil. On pourra donc suivre quelques-uns des phénomènes si curieux présentés par les satellites dans leur rotation autour de la planète.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Octobre Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Octobre Heure. Satel-li te. Phéno- mène.
- 6 lgh ,m III E.c. 14 I 7 11 2 0“ I Im.
- 6 l8 II I P. c. 15 17 5 5 r O.f.
- 7 18 4 1 I E.f. 16 18 12 II P. c.
- 9 ‘7 89 11 0. c. .8 17 53 11 E. f.
- 9 17 56 II P.f. 22 17 38 I 0. c.
- i3 17 43 III Im.
- Saturne est inobservable. Il sera en conjonction avec le Soleil, le 28, à 2ih. Nous donnons néanmoins les éléments de l’anneau à la date du 11 octobre :
- Grand axe extérieur....................... 34",89
- Petit axe extérieur....................... +10",35
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................ -j-170 16
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ..................................... +170 34
- Uranus est encore visible presque toute la nuit. Il se rapproche de l’étoile 9 Verseau, et se trouve à environ 20‘/a au Nord-Est de cette étoile. On pourra le trouver avec une bonne jumelle.
- Neptune est à présent visible dans la seconde moitié de la nuit. Voici quelques-unes de ses positions en octobre, afin de permettre de le rechercher.
- Dates. Ascens. droite. Déclinaison. Diamètre.
- Octobre 6 91137“ -(-140 29' 2",4
- — 16 9h 38m +i4025' 2",4
- — 26 9h39m —140 21 ’ 2",4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à i6b, Jupiter en conjonct. avec la Lune, à 4° 27' S. Le 8, àu3b, Mars — — la Lune, à 3° 28'S.
- Le 10, à ioh, Uranus — — la Lune, à i°34'N.
- Le 23, à oh, Neptune — — la Lune, à o° 8’N.
- Le 25, à 2h, Vénus — — la Lune, à i° 28'S.
- Le 28, à 3h, Mercure — — Saturne, à i^g' S.
- Le 28, à 6\ Saturne — — la Lune, à 2°47'S.
- Le 28, à 711, Mercure — — la Lune, à 4° 47'S.
- Le 31, à 711, Jupiter — laLune,à4° 7'S,
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Etoiles filantes. — Yoici, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, le tableau, établi par le grand observateur anglais W.-F. Denning, des essaims de meteores actifs pendant le mois d’octobre.
- Dates.
- ior au 9 Oct.
- 7 —
- 8 — i5 et 29 —
- 18 au 20 — 18-27 —
- 20- 27 —
- 21- 25 --
- 31
- En —
- Position du Radiant.
- 4R Œ>
- ' fcO O + *7°
- 3ie + i8<>
- 43° + 56°
- 1080 + 23"
- 9°° 4- i5°
- 1080 + 12°
- 328° + Ô2«
- 112° ' _j_ 3o°
- 43° + 22°
- 2 9° -f 8"
- Étoile voisine.
- Y Bélier, a Bélier.
- 1». Persée.
- 8 Gémeaux, v Orion.
- P Petit Chien, a Céphée.
- P Gémeaux.
- £ Bélier.
- \ Baleine.
- L essaim des Orionides, du 18 au 20 octobre, donne lieu à des météores rapides, laissant des traînées.
- Etoiles variables. —- Mimma de l’étoile variable Algol p (Persée) : 12 octobre, à 3h2ora; i5, à o‘8n; t7, à 2011 57“. (Ces minima soni faciles à observe!" à 1 œil nu).
- j ^^oile Polaire. -— Yoici les heures du passage de l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates, Passage supérieur. Temps sidéral à midi moyen de Paris,
- Octobre 7 ob 24“ 33* i3b 3m a3s,4
- — i3 oh om 59*
- —- i3 23h 57“ 3“ —
- — *7 23h4lm20‘ i3h 42“ 48s,9
- — 27 a3h 2m T* 14h 22m i4‘,5
- Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er octobre à 2ih, ou le i5 à ioh, est le suivant :
- Au Zénith : Deneb, la brillante étoile du Cygne. Autour du Zénith, les constellations de Pégase, Andromède, Cassiopée et Céphée.
- Au Sud : Le Carré de Pégase, le Verseau, le Capricorne. Fomalhaut, a du Poisson austral, est à l’horizon (c'est l’étoile de première grandeur la plus australe visible à Paris).
- A l’Est : Le Bélier, au-dessous d’Andromède; les Pléiades se lèvent. C’est le ciel d’hiver qui fait son apparition. Persée est au Nord Est.
- A l’Ouest : La Lyre, l’Aigle, Hercule. Le Serpent disparaît à l’horizon.
- Au Nord : La Grande Ourse, très près de l’horizon la Petite Ourse. Capella remonte au Nord-Est.
- Em. Touchet.
- ygq
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. L abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d intérêt général et accompagnées d’une bande d abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, U ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. M. Ivonnet, à Arcueil-Cachau (Seine).— Vous trouverez les plants de cassissiers, groseilliers et framboisiers, que j ai recommandés, chez tous les horticulteurs de la banlieue parisienne. Adressez-vous, de préférence, parce que leurs établissements sont proches de votre localité, à MM. Croux et fils, à Châtenay (Seine) ; Nomblot-Bruneau, à Bourg-la-Reine (Seine).
- M. le Dr Aguirre Plata, à Bogota. — r La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction pour nettoyer les objets de cuivre :
- Savon de Marseille en copeaux . . ao gr.
- Eau ordinaire non calcaire .... 100 __
- Faire dissoudre au bain-marie le savon dans l’eau, laisser refroidir et ajouter en remuant ;
- Alcali volatil. . . ........... 10 c. c.
- Tripoli . . ................... 5o gr. ’
- 2 L encre pour timbres en caoutchouc se prépare ainsi ;
- Glycérine neutre................... 100 gr.
- Eau distillée...................... 100 _
- Matière colorante................... i5 _
- Suivant la' teinte désirée, la matière colorante peut etre : le violet de Pans, le bleu de méthylène, l'éosine, le vert brillant ou le noir hydra.
- M. R. Van Havre, à Wyneghem. — L’antiseptique de choix pour la conservation des animaux naturalisés est encore l’acide arsénieux employé sous la forme de savon de Becœur qui est ainsi constitué :
- Acide arsénieux pulvérisé. . . . 3o gr.
- Carbonate de potasse desséché . 12 __
- Eau1 ordinaire............ 3oo __________
- Faire bouillir jusqu’à dissolution complète de l’acide arsénieux, ajouter 3o grammes de savon blanc en copeaux, retirer du feu et incorporer finalement 4 gr, de chaux éteinte en poudre et 5 gr, de camphre également pulvérisé. —• N.-B. L acide arsenieux étant très toxique, se laver soigneusement les mains après toutes manipulations.
- La durée efficace de conservation dépend uniquement du sôin apporté dans la préparation des peaux. En principe, elle doit être indéfinie, seules les parties externes de l’animal qui ne sont pas en contact avec le savon arsenical peuvent être envahies par les parasites et on se trouve bien, ainsi que l’a préconisé M. Hough, du
- National Muséum de Washington, de faire annuellement à la surface deux pulvérisations succèssives, la première à la benzine, la seconde avec la paixture suivante :
- Alcool à brûler................ i5o c. c.
- Alcool saturé d’acide arsénieux. 5oo —
- Acide phénique ....... 1 gr.
- Strychnine...................... 0.s5
- Essence de pétrole.............5oo c. c.
- Faire ces pulvérisations en plein air, tant pour éviter l’intoxication de l’opérateur que l’inflammation éventuelle des vapeurs de benzine.
- Ecole de Tomblaine. — Dans les conditions que vous indiquez, nous pensons que le meilleur enduit protêt tçur de votre flotteur, enduit résistant à l’essence et à l’alcool, serait une peinture au silicate en prenant comme type la formule suivante :
- Lithopone.................... 500 gr.
- Silicate de soude à 36° B. . . . 200 *—
- Eau ordinaire. ...............2oo
- Avoir soin d’enlever tout vernis qui aurait été employé précédemment, donner d’abord une couche de silicate pur à 24° B., peindre avec la peinture ci-dessus, puis redonner une couche au silicate pur. — N.-B. Chaque couche doit être parfaitement sèche avant application de la suivante.
- M. Ch. Handel, Ile d’Yeu, Vendée. — Les cristaux de soude du commerce renferment la moitié de leur poids d’eau de cristallisation et sont souvent additionnés de sulfate de soude, de sorte que les solutions sont peu actives et ce doit être la raison pour laquelle vous n’avez pas réussi par ce moyen à détartrer votre canalisation à vin rouge. Vous obtiendrez certainement un meilleur résultat en vous servant de la potasse des peintres (soude caustique à 36° B.) étendue de son volume d’eau et employée chaude. Bien entendu, il faudra rincer a fond le tuyau après cette opération pour que le vin qui circulera ensuite ne prenne pas un goût de lessive.
- M. Antonini, à Soissons. — D’après les renseignements qui nous ont été donnés, voici comment on procède pour donner aux impressions en couleurs sur papier l’aspect des peintures à l’huile sur toile. On mouille l’épreuve et on place au dos un morceau de toile à mailles accentuées, le tout est alors mis sous presse entre des feuilles de papier-buvard, de telle façon que les mailles se reproduisent en creux au verso en même temps qu’elles donnent un relief au recto. Après séchage, on enduit la face visible d’une couche légère de vernis à tableaux et on monte l’épreuve comme d’habitude en ne fixant à la colle que le haut de la gravure sur le support.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- La technique du vide, par L. Dunoyer (Recueil des Conférences-Rapports), i vol., 225 p., 80 fig. Editeurs : Les Presses universitaires de France, Paris, 1924. Prix : i5 francs. , - '
- Le vide très poussé joue un rôle essentiel dans les recherches sur le passage de l’électricité à travers les gaz, d’où est né tout un chapitre révolutionnaire de la physique moderne. Aux progrès de la technique du vide sont liés ceux des tubes à rayons X et des lampes de T. S. F.; ceux-ci, à leur tour, entraînent chaque jour de nouveaux progrès de la science pure. C’est donc un sujet fort important que celui traité par M. Dunoyer; il intéresse tous les physiciens, et un grand nombre d’ingénieurs, de chercheurs, voire d'amateurs. L’auteur qui a une grande expérience personnelle de la question en expose avec clarté et compétence l’état actuel. Il décrit les différents types de pompes en usage et leurs caractéristiques, notamment les appareils les plus modernes : pompes moléculaires de Gaede et Hollweck, pompes de diffusion de Langmuir et Gaede. Il indique ensuite et discute les méthodes par. lesquelles on peut mesurer le vide, mesure fort délicate quand il s’agit de vides élevés. Il étudie le rôle des canalisations, analyse l’influence des gaz occlus dans les parois et montre comment on réussit à s’en débarrasser. C’est là une partie fort difficile de cette technique; les nombreux conseils, tours de main, recettes indiquées dans cet ouvrage seront précieux à
- 4 tous les chercheurs. Enfin dans un dernier chapitre, l’auteur étudie les divers moyens employés pour produire ou améliorer le vide au moyen d’absorbants ou par la décharge électrique.
- ;
- Les pétroles polonais. Les champs pétrolifères galiciens, par J. Legendre. i br. illustrée 80 p. Editeur : La Revue pétrolifère, 19, rue de Marignan, Paris, 1924. Prix : 10 francs.
- La Pologne possède sur son territoire une riche région pétrolifère alignée le long du versant extérieur de l'arc des Karpathes. Cette région, qui en 1909 occupait le troisième rang parmi les contrées productrices de pétrole, fournit aujourd’hui encore, malgré les ravages de la guerre et les difficultés de l’après-guerre, plus de 700 000 tonnes par an, dont la majeure partie provient du seul gisement de Boryslaw. Et ce chiffre tend à augmenter rapidement. Les sociétés françaises jouent actuellement un rôle très important dans la mise en valeur de ces richesses. L’étude aussi vivante que documentée publiée par M. Legendre ne peut donc manquer d’intéresser vivement le public français.
- L’auteur commence par une description géologique des différents gisements galiciens ; il étudie les méthodes de forage, et décrit notamment les procédés modernes américains qui commencent seulement à s’introduire en Galicie ; il résume le régime fiscal et administratif auquel sont soumises les entreprises, et il étudie séparément les diverses sociétés françaises qui exploitent des concessions polonaises ; il met en relief leurs efforts ét les résultats remarquables qu’elles ont obtenus en peu d’années ; il attire enfin l'attention sur les dangers que leur font courir une fiscalité excessive et aussi certaines tendances de xénophobie financière.
- Le graissage du moteur à explosion, par N. Champsaur. 1 vol. 85 p., 26 fig. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1924. Prix : 10 francs.
- det ouvrage débute par une étude théorique générale de la question du frottement solide sur liquide, et du rôle de la viscosité du liquide lubrifiant ; étude très condensée, mais qui met bien en évidence tous les éléments de ce problème si important et si intéressant aussi bien au point de vue scientifique pur qu’au point de vue pratique, mais chargé encore de bien des mystères. L’auteur montre ensuite comment on mesure la viscosité d’une huile; il indique les considérations qui dictent le choix du lubrifiant convenable pour chaque moteur, et il étudie les princi-
- paux lubrifiants employés dans la pratique, indique leurs caractéristiques, et les moyens pratiques de les analyser et de les identifier.
- Manuel du mécanicien (machines, principes, descriptions, types), par R. Dhommée. i vol. in-18, 548 p., 483 fig., J,-B. Baillière, éditeur, Paris, 1924. Prix : 18 francs.
- Ce manuel est un véritable précis de mécanique appliquée dans lequel l’auteur décrit, d’une façon simple et claire, les différents moteurs et,récepteurs utilisés dans l’industrie : moteurs à vent, moteurs hydrauliques, chaudières à vapeur et leurs accessoires, machines à vapeur à piston, turbines à vapeur, locomotives, machines à vapeur marines, moteurs à explosion, moteurs Diesel, organes de transmission, pompes, béliers hydrauliques, ventilateurs, compresseurs, appareils de manutention et de levage
- Manuel du mécanicien (Montage, conduite, entretien des machines), par E. Altairac. i vol. in-18, 282 p., i5o fig. J.-B. Baillière, 1924.
- Ce manuel explique comment sont installés les chaudières, les machines à vapeur, les moteurs et leurs divers accessoires, comment on les conduit et les surveille, il signale les divers incidents de marche auxquels le mécanicien doit pouvoir remédier; enfin il donne d’utiles conseils pour le graissage et l’entretien. .
- Manuel de serrurerie et de fer forgé, par J. Moutardier, 1 vol. in-18, 38o p., 4^o fig. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1924. Prix : ï5 francs.
- On trouve exposés, très clairement, dans ce Manuel, les rudiments du métier de serrurier et de forgeron : connaissance des matières et de l’outillage, travaux élémentaires, ajustage, assemblages, réparation des serrures, taillage des clés, confection du petit outillage à la forge, étirage, soudage, construction des grilles et portes en fer.
- Le traçage en chaudronnerie et en charpente en fer, par Hermann, traduit de l’allemand et adapté par J. Deysine. i vol. iv-i38 pages, 124 fig. Dunod, éditeur, Paris 1924. Prix : 12 francs.
- Destiné aux ouvriers traceurs en chaudronnerie et en charpente en fer, cet ouvrage expose avec simplicité les notions de géométrie et de dessin, et les méthodes nécessaires pour tracer les pièces à construire.
- La relativité de la conscience de soi, introduction à la psychologie clinique, par le Dr A. Hesnard. i vol. xn-16, 144 P-. Bibliothèque de philosophie contemporaine, Félix Alcan, Paris. Prix : 8 francs.
- L’auteur, qui a subi les deux influences contemporaines et diverses de Bergson et de Freud, précise la valeur et en même temps l’insuffisance des méthodes introspectives. L’inconscient est pour lui une activité dynamique positive et objectivement concevable, qui déborde de toute part l’activité consciente, en circonscrivant la psychologie dans le domaine de la biologie.
- Le déterminisme de la vie consciente est dominé par la loi de la conscience justificatrice : « Tout événement, extérieur ou intérieur au sujet qui exerce une certaine influence sur la vie mentale, ne peut atteindre l’expérience intime qu’à la condition d’apparaître à la conscience de soi comme étant totalement ou partiellement son œuvre. »
- Initiation algébrique à la comptabilité à parties doubles, par G.-M. Cagnas. 1 br. ai p. G. et M. Ravisse, éditeurs, Paris, 7, rue des Grands-Degrés. Prix : 5 francs.
- Exposé succinct dés principes de la comptabilité à parties doubles, établi sous une forme condensée qui le fera apprécier des ingénieurs habitués aux notations algébriques. 11 est complété par d’utiles considérations sur le rôle et la tenue d’une comptabilité rationnelle.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N» 2631
- 6 Septembre 1924
- La comète d’Encke (1924 b). — Le retour de la comète périodique d’Encke, dont la révolution sidérale, de 3 ans 297 est la plus courte de toutes les comètes périodiques connues, était attendu pour cette année. Un télégramme du professeur Shapley, adressé au Bureau central astronomique de l’Union astronomique internationale, à l’Observatoire de Copenhague, nous apprend que le professeur Van Biesbrœck vient de retrouver cette petite comète à l’Observatoire Yerkes. Le3i juillet, à 20 h. 45 m. 6 s. (temps moyen de Greenwich), sa position était : J-
- Ascension droite = 3 h. 24 m. 53 s. 4;
- Déclinaison — -)- 28° 6'27".
- Cette position correspond à un point du ciel situé au Nord-Ouest du groupe des Pléiades, dans la constellation du Taureau.
- La position observée se trouve être dans le plus parfait accord avec la position de l’éphéméride calculée par M. L. Matkiewicz (Astromonische Nachrichten,n° 5îC)8).
- Ajoutons que la comète d’Encke est d’un éclat excessivement faible. M. Yan Biesbroeck indique qu’elle est de 16e grandeur. 11 faut un très grand instrument pour la voir. La comète d’Encke est la seconde comète de l’année 1924 et porte, de ce fait, la désignation 1924 b.
- La période de rotation de Neptune. — La planète Neptune marque, jusqu’ici, les confins du système solaire. A l’énorme distance de 4 milliards et demi de kilomètres, son diamètre est réduit 4 un angle extrêmement petit, un peu plus de 2 secondes d’arc.
- On pourrait donc ne pas s’étonner, dit notre confrère Nature, de Londres, si notre connaissance de la période de rotation de cette planète est encore assez peu précise, d’autant plus qu’on n’y distingue aucun objet d’un caractère suffisamment défini. La même remarque s’applique d’ailleurs à Uranus, qui est plus rapproché.
- Cependant, la période de rotation d’Uranus est maintenant connue dans des limites assez resserrées. V.-M. Sli-pher a obtenu en effet des photographies de son spectre à l’Observatoire Lowell, à Flagstaff. L’inclinaison des lignes dues aux différentes vitesses radiales des limbes opposés donne une période de 10 h. 3/4, présentant seulement une incertitude de plusieurs minutes ; Léon Campbell a trouvé d’autre part une variation de lumière s’effectuant en une période de 10 h. 5o m., en bon accord avec les résultats de Flagstaff.
- La méthode de Campbell a été appliquée à Neptune par Maxwell Hall et d’autres.
- Une étude complète de ces lignes spectrales par E. Opik et R. Liviander, à Tartu (Dorpat), vient d’être publiée dans les Astromonische Nachrichien. 145 images photographiques extra-focales de la planète et des étoiles voisines ont été obtenues en 16 nuits, du 16 dé-> cembre 1922 au 21 mars 1923. Dans 6 de ces nuits, les séries d’expositions s’étendent sur plus de 5 h., ce qui est une fonction importante de la période de rotation. On a également utilisé 26 expositions obtenues en trois nuits, en mars 1922.
- Les densités des images ont été mesurées à l’aide d’un microphotomètre. Les plaques de comparaison furent exposées sur une région du pôle nord, dans des conditions identiques.
- Les auteurs ont trouvé une double périodicité dans Neptune, les deux périodes étant de 7 h. 42 m. 24 s., 1 et de 7 h. 5o m. 10 s., 7 de temps moyen. La deuxième est pratiquement identique avec celle de 7 h. 5o m. 6 s. trouvée par Maxwell Hall en 1915. Dès 1883, cet auteur annonçait déjà une période de 7 h. 55 m. 12 s., avec une variation d’éclat d’une grandeur entière.
- Comme les observations s’étendent seulement sur un .peu'plus d’une quinzaine de jours, l’accord est, comme on voit, assez satisfaisant.
- La période la plus courte est probablemént celle de la rotation de l’équateur, la plus longue, celle des zones tempérées. La différence entre ces deux périodes n’est pas beaucoup plus grande que celle de 5 m. 11 s. de Jupiter et beaucoup moins que celle de 25 m. de Saturne.
- Le tableau suivant montre, en magnitudes stellaires,
- la modification de lumière pour les deux périodes, à des époques différentes ; elle varie d’ailleurs avec la dimension et l’assombrissement des taches de la surface de Neptune.
- Date Observateur Variations de grandeur Courte période Variations ' de grandeur Longue période
- i883 Maxwell Hall 1,00
- 1884-1885 G. Müller 0,12 0,18
- 1908 J.-M. Baldwin 0,14 0,15
- 1915 Maxwell Hall > 0,4
- 1922-1923 E. Opik, etc. 0,14 0, i3
- Ces valeurs paraissent suffisantes pour donner une très haute probabilité au résultat, d’après lequel Neptune tourne de beaucoup le plus vite de toutes les planètes, et a sans doute un grand aplatissement polaire.
- L’effet de celui-ci se reconnaît dans les variations du plan de l’orbite de Triton, le satellite de Neptune.
- Une nouvelle application de l’oxygène liquide. — Les membres du Congrès de la Société de l’Industrie minérale, qui en juin dernier ont visité les usines de Wendel à Hayange, y ont vu utiliser sous diverses formes l’oxygène liquide, et ont pu assister aux démonstrations d’une nouvelle application de ce corps. Nos lecteurs savent que l’oxygène liquide est couramment employé dans les usines lorraines pour la confection d’explosifs, commodes, sûrs et peu coûteux. Les industriels qui emploient ce procédé ont donc été amenés à installer, dans leurs établissements, des fabrications d’oxygène liquide. D’autre part, toutes les industries importantes et surtout les industries sidérurgiques font aujourd’hui un large emploi de l’oxygène, pour la soudure, pour le découpage des métaux; on l’emploie aussi pour le débouchage des hauts fourneaux. L’oxygène, destiné à ces usages, est en général employé sous forme d’oxygène comprimé à 15o kg dans des bouteilles en acier.
- On s’est aperçu, aux usines de Wendel, qn’il y avait grand avantage à utiliser pour ces divers travaux, au lieu d’oxygène comprimé, de l’oxygène liquide. En effet, les tubes d’oxygène comprimé présentent de graves inconvénients. Ils ne sont pas sans dangers. Un récipient d’acier renfermant un gaz à une pression de i5o teg est toujours un objet dangereux, qu’il faut manier avec prudence.
- Dans le cas de l’oxygène, le péril est particulièrement sérieux; car l'on a observé maintes fois des explosions de tubes à oxygène, dues, semble-t-il, à la présence accidentelle de graisse ou d’huile soit à l’intérieur du Récipient, soit sur les robinets.
- Ces tubes de gaz comprimé sont de plus très lourds ; l’enveloppe étant dix fois plus pesante que le contenu. D’où des frais de transport onéreux; l’oxygène liquide, au contraire, se transporte, sans danger, dans des récipients ouverts dont le poids est inférieur à celui du liquide qu’ils contiennent. De plus, l’oxygène liquide revient moins cher que l’oxygène comprimé à i5o kg dans des tubes. Enfin, ce dernier pour être utilisé doit être détendu, manœuvre délicate qui exige l’intervention d’un aide, et qui est naturellement supprimée avec le liquide. Les usines de Wendel ont mis au point des appareils soit fixes, soit mobiles utilisant l’air liquide pour la soudure et le découpage. Ces procédés économiques et sûrs paraissent appelés à rendre de grands services dans les ateliers de construction.
- 21 minutes pour poser un pont. — Il y a deux mois environ on a procédé à la pose d’un pont métallique de près de 10 t., à un passage à niveau, sur la grande ligne de Cette à Béziers, près de Béziers. Ce travail a été effectué en 49 minutes et constitue un véritable record. La pose proprement dite a demandé 21 minutes; minutes après, les rails étaient reliés, et les trains’passaient librement et à l’horaire normal.
- La disparition d’une race. — Tandis que certaines races se développent et se multiplient, d’autres au contraire semblent eu voie de disparition. C’est le cas, semble-t-il, des nègres qui habitent les Etats-Unis. De
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- INFORMATIONS
- tQio à 1920, k en croire Mary Ross, la natalité chez les blancs des Etats-Unis aurait baissé de 2 pour 100 et chez les noirs de 17 pour 100. De plus, chez ces derniers, la mortalité est le double de ce qu’elle est chez les blancs.. La morbidité des noirs est d’ailleurs considérable, le rachitisme atteindrait le 100 pour 100 des petits nègres de la ville de New-York. Chez les adultes les affections pulmonaires aiguës font également des ravages véritables. Sans doute, les très mauvaises conditions hygiéniques dans lesquelles vivent ces malheureux, la pauvreté, l’insuffisance de nourriture, d’air et de lumière agissent pour provoquer cet état de choses. Mais ce qui agit de la manière la plus grave, c’est que les villes industrielles du nord des Etats-Unis offrent des gages qui attirent les nègres des Etats agricoles du sud. Or, dans ces villes du nord, la mortalité des nègres est deux fois .plus grande que leur natalité. Comme le remarque à ce sujet le Dr J. J. Matignon, on pourrait ainsi calculer, sans beaucoup de peine, à quel moment la race nègre aura disparu des Etats-Unis. Mais, ajoute cet auteur, n’y a-t-il pas dans ces faits une leçon qui pourrait être utilisée en France où on fait tenir garnison par des Soudanais et des Sénégalais? Comme les nègres des grandes villes du nord des Etats-Unis, ces braves gens ne vont-ils pas, par une expatriation même passagère, dans un climat qui ne leur convient peut-être pas, souffrir d’une façon irrémédiable ?
- Le coton dans l’empire britannique. — L’Avenir textile rend compte de l'exposé récemment présenté sur cette question par M. Himbury à la conférence impériale des textiles, tenue à l’occasion de l’Exposition de Wembley.
- La Grande-Bretagne utilise annuellement 4 millions de balles de coton dont les trois quarts lui sont fournis par les Etats-Unis. La production de ceux-ci étant en décroissance marquée, tous les pays se préoccupent actuellement de développer leurs propres ressources pour subvenir à leurs besoins. La Grande-Bretagne a fait un important effort dans ce sens.
- L’Inde est déjà un gros producteur, mais elle consomme plus de la moitié de sa récolte et exporte au Japon des quantités de coton à fibres courtes ; le Punjab et le Sind pourraient fournir des cotons à longues fibres réclamés par les fabricants anglais.
- Le Soudan, dans la région de Gézira, produit déjà dé grandes quantités d'un coton excellent. Le nord de la Nigeria commence à être planté de cotonniers ; il a fourni 12 000 balles l’an dernier et l'on en espère 17 000 delà campagne actuelle. L’Ouganda donnera cette année ia5 000 balles, le Tanganyika plus de 10000; le Nyassa commence à produire. La Rhodésie, l’Union et Sud-Africaine n’ont pas encore commencé cette culture à cause des difficultés de main-d’œuvre et de culture, bien que les terrains favorables abondent. Les Antilles britanniques, et particulièrement Saint-Vincent fournissent 4 à 5 000 balles du coton le plus long et le plus beau du monde. La Mésopotamie n’en est encore qu'au stade des essais; elle donnera cette année 1 5oo balles et’l’on peùt en espérer 100000 balles dans quelques années, un million même si l’on y développe les travaux d'irrigation et que la population augmente. On trouve encore du coton à Ceylan, à Chypre, à Malte, aux Fidji, en Guyane britannique et en Palestine.
- Dès maintenant, la production cotonnière de l’empire britannique atteint aàoooo à 275000 balles, en progression très rapide chaque année et l’on peut escompter que, bientôt, la Grande-Bretagne pourra couvrir ses besoins par les récoltes de ses diverses colonies.
- Le trafic des marchandises par le Canal de Suez. — Le Journal de la marine marchande (i3 mars 1924) constate que le trafic est presque revenu aux nombres de igi3.
- En ce qui concerne le nombre total de navires en igi3 : 5o85 en 1923, 4621 en augmentation constante sur 3922 et 1921. Le tonnage moyen par navire est 4919 ^contre 4774 en i922 et ^94° seulement en 1913.
- Le pavillon britannique au premier rang représente (32,8 pour 100 du trafic, au second rang le pavillon néerlandais 9.6 pour 100, au troisième le français 5,7 p. 100 au lieu de 4,8 pour 100 en 1922. Le Pavillon allemand de 6” en 1922 passe 4e en 1923 avec 5,4 pour 100. 5° Italien, 6e Japonais.
- En tonnes de jauge nette, les trafics ont été les suivants :
- 1921 1922 1923
- 18.119.000 20.743.000 22.730.000
- En tonnes poids, les marchandises transportées ont été :
- Milliers de tonnes poids. Sorties d'Europe vers l'Orieiil. Retours d'Orient vers l'Europe. Totaux.
- iqi3 I1.320 14.456 25.776
- 19*9 3.762 10.21I i3.973
- 1920 6.318 10.729 17.047
- *9*1 6.576 io.g38 ï7.5o9
- 1922 8.192 i3.168 21.36o
- i923 7.704 15.078 22.777
- A la sortie d’Europe les marchandises en diminution sur 1922 sont : Houille surtout, puis matériel de chemin de fer, sucre raffiné, sel. En augmentation les métaux et machines, ciments, engrais, pulpe de bois et papier, tissus.
- Parmi les marchandises de retour, des augmentations sont importantes sur le blé, sucre, graines oléagineuses, riz, huiles minérales, fèves de soja, minerais, coton brut, orge, maïs, arachides, thé. Des diminutions se manifestent sur la laine et le coprah. L. R.
- Un grand chef industriel. — Sait-on l’effectif du personnel employé par Henry Ford, le grand constructeur américain d’automobiles, qui vient de fêter la sortie de sa dix-millionième voiture ? Le chiffre s’en élève à 162792 personnes, une véritable armée, et qui justifie bien le surnom de roi de l’automobile donné à son chef. Sur ce nombre, 121 214 personnes sont employées dans les usines de Detroit, 24 323 dans les agences d’Amérique, 11 838 dans celles de l’étranger. En outre 2525 hommes assurent le service du « D. T. and I rail-road » qui appartient à Ford, 2282 l’exploitation des mines de charbon Fordson ; 720 sont employés à l’Ecole commerciale Henry Ford, et 700 à l’hôpital Ford de Detroit.
- Concours de dispositifs d’amortissement pour voitures automobiles. — La Ville de Paris ouvre un concours en vue de déterminer les meilleurs modèles de dispositifs d’amortissement pour voitures automobiles.
- Les primes mises à la disposition du Jury s’élèveront au total à 5oooo francs.
- Le concours sera définitivement clos le 3i mars 1925.
- Les propositions des concurrents pourront porter sur des dispositifs d’amortissement de toute nature situés en un endroit quelconque du véhicule, bandages et carrosserie inclus.
- Le but à atteindre est de réduire au minimum les réactions tout d’abord sur la chaussée et sur les immeubles riverains, ensuite sur la charge transportée et sur le véhicule lui-même. Sont exclus les véhicules qui, en charge, pèsent moins de 2000 kg.
- Les concurrents devront présenter, à partir du ior octobre 1925, à l’époque fixée par le Jury et pour la durée des épreuves pratiques, un véhicule en état de marche, muni du dispositif d’amortissement en état de fonctionnement. La conduite et le fonctionnement dudit véhicule devront être assurés par les concurrents et à leurs frais.
- Pour tous renseignements, s’adresser à la Direction des Travaux de Paris (Secrétariat), 98, quai de la Râpée, qui adressera le programme sur demande.
- Expériences sur les phénomènes d’évanouissement. — Le Comité français de radiotélégraphie scientifique, poursuivant l’étude des phénomènes d’évanouissement des transmissions par ondes courtes aux moyennes distances, fait appel aux amateurs.
- Une émission télégraphique spéciale, comportant la répétition une quinzaine de fois de l’alphabet dans l’ordre normal, est faite tous les samedis depuis le 19 juillet par le poste des P. T. T. immédiatement après l’arrêt du concert, vers 23 heures (durée : 3o minutes).
- Les amateurs sont priés de noter l’intensité avec laquelle les différentes lettres sont reçues et de n’utiliser que des dispositifs permettant une réception médiocre (cadre avec une lampe détectrice suivie d’un amplificateur basse fréquence). La méthode du téléphone shunté est particulièrement recommandée.
- Envoyer mensuellement les résultats' à M. Wad-dington, à Vert-en-Drouais (Eure-et-Loir).
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- Un nouvel amplificateur à résonance à grande puissance. — L’avantage d’utiliser pour la réception un poste de T. S. F. possédant de grandes qualités de sélectivité est de plus en plus évident. Non seulement le nombre des postes émetteurs radiophoniques augmente chaque jour, mais encore très souvent des émissions de bateaux ou de postes côtiers, des harmoniques des postes à arc gênent l’audition, et la rendent presque impossible.
- La réalisation, et surtout la manoeuvre et le réglage d’un poste très sélectif à amplification directe est généralement assez difficile, parce que la précision du réglage augmente naturellement en même temps que la sélectivité du poste.
- Pour obtenir avec un montage simple, et une amplification directe, une sélectivité marquée, il est nécessaire d’employer au moins deux étages d amplification à haute fréquence à résonance avant la détection. Ce procédé excellent est assez délicat à mettre au point, parce qu’il faut éviter tout effet d’induction des circuits de résonance les uns sur les autres, et des circuits d'accord avec ceux de résonance, comme nous l’avons expliqué dans notre article de la Nature sur les appareils à résonance. Des « accrochages » spontanés se produisent très souvent au moment où tous ces circuits sont accordés les uns sur les autres et des précautions spéciales doivent être prises pour stabiliser l’appareil.
- Pour régler celui-ci il est indispensable de régler d’abord le circuit d’accord, puis successivement ceux de résonance, et le moindre défaut de réglage suffit à supprimer toute réception.
- Le nouveau poste t Ondia » (fig. i), tout en conservant les qualités de sélectivité inhérentes à son montage, permet un réglage facile et presque instantané.
- L’appareil comprend, en effet, un dispositif pour l’accord sur cadre ou sur antenne et deux ou trois étages à haute fréquence à résonance avant la détection; la lampe détectrice est suivie de deux étages d’amplification à basse fréquence par transformateurs; en tout donc 5 ou 6 lampes.
- La liaison à haute fréquence des étages à résonance est réalisée par circuits oscillants accordés, et de telle sorte qu’aucun danger d’accrochage gênant n’est à craindre ; un potentiomètre de grille est d’ailleurs utilisé et permet la stabilisation de l’amplificateur.
- Mais la plus grande [originalité du poste consiste en ce que les inductances de résonance interchangeables
- Fig. i. — Le poste Ondia.
- sont soigneusement étalonnées à l’avance, et que chaque inductance est accompagnée d’un cadran de repère indiquant sa longueur d’onde propre en fonction des graduations du condensateur correspondant, et les émissions correspondant à ces longueurs d’onde.
- Le réglage, si difficile avec les postes ordinaires, devient donc extrêmement simple puisqu’il suffit de se reporter aux cadrans indiqués, et de placer les manettes des condensateurs en conséquence sans aucune autre recherche. L’appareil permet ainsi à la fois des réceptions fixes
- et sans troubles, et une manœuvre aussi simple qu’avec n’importe quel poste à étages à haute fréquence apériodiques. Il sera particulièrement apprécié des amateurs gênés par des émissions de bateaux, de postes côtiers, ou de grands postes à arcs.
- Constructeur. Le Matériel « Ondia » La Madeleine, Boulogne-sur-Mer.
- cj§tns. Construction
- Procédés de décoration moderne. — On constate depuis quelques années une tendance à apporter une
- Fig. a. —Décoration d’une devanture en a Métal Décor ».
- note d art dans les installations publiques ou privées. Grands magasins de nouveautés, d’alimentation, salles de spectacles, banques, cafés, salles de restaurants, etc., recherchent de plus en plus, en effet, le décor séduisant que permettentles métaux, les vitraux, les grès flammés, certains bois coloniaux ou exotiques, les marbres, etc.
- Comme depuis la guerre, la plupart de ces matériaux ou produits sont chers, on s’est préoccupé de trouver des procédés permettant d’exécuter, sans dépenses trop onéreuses, toutes décorations intérieures ou extérieures. Parmi ces nombreux procédés, il convient de citer ceux créés par la Société Nouvelle de l’Art appliqué, consistant à mouler dans une composition plastique dénommée SNAP tous objets ou motifs décoratifs. L imitation est irréprochable.
- Avec le métal décor, on remplace l’emploi en massif des métaux par une composition plastique, très résistante et légère, recouverte d’une gaine de métal à épaisseur variable, suivant la destination de l’objet. Il ne s’agit pas d’une matière simplement patinée et par conséquent sujette aux atteintes de l’air, de l’humidité, de la température, mais au contraire d’une matière imputrescible métallisée extérieurement, offrant les avantages et les garanties de durée, de solidité, de toucher, d’aspect naturel du bronze, du cuivre ou même de l’argent.
- Tout ce qui a trait ou touche l’ornementation métallique, que ce soit de 1 étiré, du forgé, du repoussé, de l’estampé ou du ciselé, tout ce qui en somme donne la richesse à l’ensemble d’une composition artistique est réalisé par l’application de ce procédé nouveau de métallisation électrolytique. Les encadrements en cuivre mouluré, les chapiteaux, bases, colonnes, rinceaux, consoles de vitrines, devantures, marquises, etc. sont, par ce procédé, d’une exécution économique s’adaptant parfaitement et aisément à l’idée de l’artiste décorateur. Même le statuaire peut rentrer dans l’art architectural courant, attendu que la matière plastique SNAP gardant l’empreinte des doigts quil’ont modelée, se recouvre d’une épaisseur de métal qui lui conserve ainsi toutes les finesses artistiques.
- Grâce à des prix abordables, le prix de revient du
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- métal décor varie suivant la richesse de la sculpture entre a fr. 5o et 5 francs le décimètre carré, frais de modèles en sus, tous les projets sont donc permis pour la réalisation des plus riches compositions décoratives tant extérieures qu’intérieures, ainsi que le représente la figure a (décoration métallique des magasins Ribby, boulevard Montmartre, Paris). C'est par ce même procédé qu’ont été décorées les devantures des magasins de chaussures Armand, de Bordeaux; les magasins de chaussures Raoul, de Rouen; la façade et l’intérieur du Music-Hall de l’Alhambra, de Lille; la devanture des magasins de la Société des Roulements à billes S. K. F., avenue des Champs-Elysées, à Paris; les monuments commémoratifs de Ville-en-Tardenois, de Rueil, de Gen-nevilliers, etc.
- Avec le boisnap, on comprend que par moulage on peut reproduire dans la composition plastique SNAP, légère, imperméable, et comme nous l’avons déjà dit, imputrescible et très résistante, les bois sculptés les plus beaux et les plus chargés, qu’il s’agisse du chêne, du noyer, de l’acajou, etc., avec une telle perfection
- Fig. 3. — Meuble avec décoration en « Boisnap ».
- d’aspect, de toucher et même de sonorité, que les spécialistes peuvent s’y tromper. A l’intérieur des édifices, l’adoption de ce dernier procédé permet d’exécuter des décorations d’une richesse qui serait inabordable si elle était faite en matériaux véritables. Les applications du boisnap sont infinies : lambris, plafonds à poutrelles, panneaux décoratifs, autels, cadres de glaces, etc. L’aspect étant absolument le même, les avantages incontestables de ce procédé sur le bois véritable sont : prix inférieur, — à titre indicatif, le prix de revient du boisnap varie suivant la richesse de la sculpture entre 80 et go francs le mètre carré, frais de modèles en sus; — pas de dilatation ou retrait sous l’influence de la température; garantie absolue contre l’humidité, puisque la matière est imputrescible. La figure 3 représente, exécuté de cette façon, un meuble d’intérieur. Des décorations ont été ainsi faites au château de M. F..., à Try, parDormans (Marne), à la villa de M. B..., 5, villa Spon-tiui, à Paris; château de M. A..., à Saint-Germain du Salembre, etc.
- Signalons enfin que le procédé employé pour la reproduction des plus beaux grés, des céramiques, du vieil ivoire, de la pierre sculptée constitue l’heureux complément du métal décor et du boisnap, permettant dès lors de varier à l’infini, tant dans la matière que dans, les couleurs, les décorations les plus belles à des prix de revient accessibles à tous, 8o à 90 francs, le mètre carré, frais de modèles en sus. Dans cet ordre d’idée, le paquebot Âramis, de la Compagnie des Messageries maritimes, a sa salle à manger ainsi décorée; également le laboratoire de la Société du Lactéol, à Paris, etc.
- On voit donc que ces divers procédés SNAP tendent à remplacer à des prix de revient abordables pour la décoration tous les objets ou motifs que l,es budgets presque toujours trop restreints alloués aux architectes, aux artistes décorateurs, etc., ne permettraient pas d’établir en matériaux véritables. M. Bousquet;
- Objets utiles <*i
- Duplicateur à caractères mobiles « Nocove ». —
- Cet appareil monté sur paliers à billes comprend avec
- Fig. /|. — Vue du duplicateur « Nocove ».
- tous les accessoires : i° couvercle en bois; a° une quantité suffisante de réglettes pour remplir la machine; 3° un ruban encreur; 4° une planche à composer de 4000 lettres, chiffres ou signes et 400 espaces; 5“ loo ressorts pour fin de ligne ; 6° une pointe à composer ; 70 un guide celluloïd; 8° une règle en métal.
- Le « Nocove » fonctionne par l’emploi de caractères mobiles en métal et d’un ruban encreur, comme ceux d’une machine à écrire. Contrairement à certains multi-copistes à caractères en métal, la composition se fait très rapidement; il suffit de glisser dans la réglette les caractères assortis et classés par ordre alphabétique sur la planché à composer.
- La composition terminée, les réglettes sont placées et enserrées dans l’appareil et il n’y a plus qu’à tendre le ruban encreur pour que le « Nocove » soit prêt à fonctionner. La reproduction du texte, imitation tout à fait exacte de la machine à écrire, s’obtient en faisant
- Fig. 5. — La planche à composer avant l’emploi.
- rouler en avant ou en arrière le chariot par-dessus le papier posé directement sur le ruban encreur qui recouvre les caractères.
- Avant de mettre l’appareil en mouvement, il y a lieu de régler la pression du rouleau au moyen des deux vis se trouvant à chaque extrémité du chariot. Pendant l’emploi, le ruban encx’eur avance automatiquement. Les copies obtenues sont régulières et le nombre illimité.
- Constructeur : Société anonyme « Bureautype », 7b,, boulevard Haussmann, à Paris.
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- VARIETES
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- PRODUCTION ET UTILISATION DES CAROUBES
- Au nombre des arbres fruitiers originaires du bassin oriental de la Méditerranée, il en est un, le caroubier (Geratonia siliqua) Légumineuses Césalpiniées qui, très commun en Italie, en Espagne, en Cbrse et en Algérie, prospère dans la partie la plus chaude de notre littoral niçois.
- I. Production. — Ce bel arbre possède la qualité assez rare de se développer à peu de frais dans les terrains arides, et il joint à sa beauté ornementale le privilège de fournir des fruits caroubes ou carouges, qui trouvent leur utilisation à la fois dans l’alimentation humaine et animale et même dans l’industrie.
- En France, la culture du caroubier a peu*d’importance, mais il en est autrement en Algérie, surtout dans la région de Bougie qui en possède le plus grand nombre. On estime que la récolte y donne annuellement de i5 à 20000 quintaux de fruits d’une valeur de 120 à 160000 francs.
- On le multiplie par les graines, par la greffe et par les rejetons. Les sols qui lui conviennent le mieux sont les terrains argilo-calcaires, mais je ne relaterai de sa culture que le fait suivant qui peut avoir une certaine importance au regard de sa fertilité. Pour la généralité des auteurs, le caroubier est dioïque, les fleurs mâles et femelles naissant sur des pieds différents, mais il en est autrement d’après M. E. Sauvaigo qui a trouvé que les fleurs femelles proprement dites n’existent pas. « Le végétal n’est pas polygame dioïque, mais bien njâle et hermaphrodite à deux formes. Si le pied est un caroubier mâle, on en conserve une branche pour assurer la fécondation, et les autres sont greffées en caroubier hermaphrodite ; de même, si le caroubier est uniquement hermaphrodite, on ferait bien de poser sur lui une seule greffe de mâle : la récolle en serait peut-être plus abondante et plus certaine ».
- Variétés. — Les caroubes ont la forme d’une silique ou d’une gousse indéhiscente, longue de o m. 10 à o m. i5, atteignant même parfois om.ioàom. a5, un peu recourbée, épaisse, glabre, à pulpe douce, sucrée et brune, renfermant des semences aplaties, très dures, du-volume d’un petit pois. Il en existe plusieurs variétés, mais les auteurs n’indiquent pas les noms de celles qui sont cultivées en France et en Algérie; toutefois, Du Breuil én cite deux dans la province de Valence (Espagne) : lé caroubier Rocha qui convient particulièrement aux bons terrains et le caroubier Matalfan ou hermaphrodite qui s’accommode des plus mauvais.
- Récolte. — Le caroubier croît lentement et ne commence à fructifier qu’à partir de 7 à 8 ans pour n’être en plein rapport qu’à l’âge de 10 ou 12 ans. La production varie suivant le sol et le climat. Dans les premières années, elle est de 4 à 5 kg par arbre, et elle monte à 40 et 5o kg après 5 à 6 années de greffage. Elle augmente progressivement pour s’élever, selon certains auteurs, à 3oo kg quand l’arbre est en pleine production et parfois même à 400 et 5oo kg. D’après Sauvaigo, dans les environs de Nice, ce rendement n’est que de 100 à i5o kg, mais dans d’autres sols et climats il peut aller jusqu’à 1000 kg par arbre. Les caroubes les plus grandes et les plus charnues se vendent en Algérie 14 à 20 francs les 100 kg, ét à Nice 10 et 14 fr.
- Du Breuil dit même que, dans la province de Valence, on a récolté jusqu’à i38o kg de fruits sur un seul arbre. Le caroubier ne donne une récolte satisfaisante que tous les deux ans. Le développement dçs fruits est assez long, car les fleurs, qui apparaissent à l’automne, ne donnent des fruits mûrs qu’à l’automne suivant. Cependant la récolte peut avoir lieu, par anticipation, lorsque les caroubes commencent à tomber, c’est-à-dire en août-septembre.
- On étend les caroubes sur le sol à l’ombre dans un endroit sec et aéré ; on les retourne de temps à autre, puis, quand elles sont bien sèches, on les met en tas qu’on remue par le pelletage, afin d’éviter la fermentation qui altérerait leur qualité.
- Conservation. — Elle demande d’autant plus de soins qu’on opère sur de grandes quantités de fruits qui sont sujets aux attaques des fourmis, des rats et de la larve d’une phycide, Myelois ceratoniæ, qui dévore la pulpe. On la combat en recourant au pelletage des caroubes et
- à leur exposition à l’air par un temps sec et chaud ; on a grand soin de brûler ensuite les détritus qui couvrent le sol ou qui se trouvent au fond des sacs. Cette opération présente encore l’avantage de détruire les moisissures qui envahissent les fruits quand ils n’ont pas perdu toute leur eau de végétation. Quant aux fourmis, on s’en débarrasse en plaçant sur leur parcours ou dans leur fourmilière du chlorure de chaux ou du goudron qui les empoisonnent.
- IL Utilisation. — Elle est basée en partie sur la composition de sa pulpe sucrée, rafraîchissante et agréable ; on en doit l’analyse ci-dessous à MM. Rivière, et Bail-lache de la Station agronomique de Seine-et-OÏse :
- Caroubes fraîches. Caroubes scelles.
- Eau................... .
- Matières azotées . . . .
- Saccharose .............
- Glucose ................
- Amidon..................
- Cellulose...............
- Matières grasses . . . . Matières non déterminées.
- grammes gram mes
- i3,ao 1,00
- 2,20 2,5o
- 16,69 iq,oo
- 14,89 17,00
- 8,43 9,60
- 20,58 23,40
- o,44 o,5o
- 2.3,57 7 7,00
- 100, UU 1 OU uO
- La quantité des deux sucres montre que les caroubes appartiennent aux aliments sucrés.
- Alimentation humaine. — Les caroubes étaient connues des anciens, Pline en compare le goût à celui de la châtaigne cuite, mais ils les employaient surtout dans les temps de disette. Le dernier degré de misère de l’enfant prodigue fut, suivant l’Evangile, de désirer cette chétive nourriture.
- Les Arabes, et particulièrement les Kabyles, estiment beaucoup ces fruits qui fùrment pour eux la branche d’une industrie assez productive et entrent pour une grande part dans leur régime alimentaire. Ils préparent avec eux le tomina, espèce de plat national qui est un mélange de caroubes pulvérisées, débarrassées de leurs graines, avec de la semoule ou de la farine de petis pois humectée avec de l’huile d’olive. (E. Sauvaigo).
- Les Orientaux en font une sorte de pain ; ils en extraient une espèce de miel qui leur sert à confire les tamarins/les myrobolans et plusieurs autres fruits ; ils en tirent aussi par la fermentation une liqueur alcoolique dont ils font grand cas ; enfin, ils les torréfient pour servir de succédané du café.
- Alimentation animale. — C’est elle qui emploie la plus grande partie de la production. Il y a longtemps que. de Gasparin a recommandé leur usage et Couverchel écrivait en 1852 : «, Les siliques vertes sont données comme nourriture aux bestiaux et surtout aux mulets et aux chevaux. Ces animaux en sont très avides, mais ce genre de nourriture ne doit pas être exclusif, car, dans ce cas, on l’a vu déterminer des coliques très violentes et souvent la mort. » On s’en sert encore aujourd’hui pour l’engraissemeut des bêtes bovines et des moutons.
- En France, les caroubes entrent presque uniquement dans l’alimentation des animaux et principalement des chevaux. On les substitue poids pour poids à une partie de la ration d’avoine ou d’orge, souvent à la moitié de* cette ration. La quantité donnée journellement est de 4 à 7 kg pour les animaux adultes. On les concasse grossièrement de manière à écraser légèrement les graines, afin d’en faciliter la digestion. Cornevin relate qu’on a eu l’idée de moudre les graines qu’on jetait dans le travail industriel de la pulpe et d’eh retirer une farine que le bétail accepte bien. Il faut écarter de la consommation les fruits altérés, car ils peuvent provoquer des accidents.
- Usages industriels. — On fabrique avec lés caroubes : a) des piquettes et des boissons ménagères ; b) une sorte de chocolat dans fcertaines parties de l’Espagne, notamment à Valence, en broyant la pulpe avec des amandes de cacao ; c) de l’alcool, mais comme à côté des sucres, il existe en moyenne i,3 pour 100 d’acide butyrique, celui-ci rend la fermentation difficile et donne à l’alcool un goût désagréable.
- Importations. — Nous importons d’assez grandes
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- VARIETES
- quantités de caroubes qu’on distingue dans le commerce d’après leur provenance. Celles de Chypre sont épaisses et grasses, à écorce luisante et de couleur brunâtre, celles d’Algérie, d’Espagne ou d’Italie sont généralement plus maigres et de couleur grisâtre. Au cours des dix dernières années les importations ont oscillé entre 86 516 et 241 5oi quintaux métriques d’une valeur de 1 211 224 à 2 415 010 fr.
- Nous avons donc tout intérêt à stimuler la production des caroubes dans l’Algérie pour diminuer les importations ci-dessus.
- D’ailleurs, c’est dans ce but que, depuis igo3, des encouragements sont donnés à la culture du caroubier, sous forme de primes en faveur des cultivateurs ayant planté des caroubiers greffés ou greffé des caroubiers sauvages. A. Truelle.
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- HYGIENE ET SANTÉ
- osl.
- LES SOINS DU VISAGE
- M.le Dr Sabouraud, le maître dermatologiste de l’Hôpital Saint-Louis, dont nos lecteurs ont déjà reçu les conseils en ce qui concerne la chevelure, vient de communiquer à la Réunion Dermatologique de Nancy, du 3 juin 1924, les fruits de son expérience au sujet des' moyens de retarder la décrépitude des visages et de « réparer des ans l’irréparable outrage ».
- Il classe les peaux en deux catégories opposées : celles qui sont fines et sèches et celles qui sont épaisses et grasses.
- Les premières, délicates, sont les plus sensibles : le soleil y marque des taches de rousseurs et du hâle ; le froid, le chaud, le savon, beaucoup de médicaments les irritent et force est de les protéger si l’on veut les conserver présentables.
- « Dans de tels cas, dit M. le Dr Sabouraud, l’utilité des crèmes appliquées en permanence est indubitable. Elles sont comme le vêtement naturel des régions qu’on ne peut vêtir. Un préjugé courant est que l’usage des crèmes et des fards irrite et vieillit la peau. On répète souvent que les actrices qui usent de fards vieillissent leur peau par leur emploi. Elles ne seraient jolies que de loin, sur la scène et maquillées. Mon expérience dit tout le contraire. Je conseillerais presque mieux de mauvaises crèmes et de mauvais fards que pas de crèmes et de fards du tout. J’ai vu, et de très près, des actrices ou des femmes du monde en grand nombre qui à force de soins parviennent aisément à tromper sur leur âge et non pas seulement quand leur toiletté vient d’être faite artificiellement. De bonnes crèmes à la vaso-lanoline, à la diadermine, aux stéarates peuvent être employées journellement pendant des années, non seulement sans dommage, mais avec un avantage esthétique évident. Donnons par exemple une formule entre beaucoup d’autres :
- Oxyde de zinc . ............... 3. gr.
- Vaseline....................... 20 gr.
- îsrSSni: : : : : : : : :
- Verveine ..................... III gouttes. >
- Une telle crème bien préparée, c’est-à-dire longuement malaxée, est appliquée après chaque toilette et supportera n’importe quelle poudre colorée ou non colorée.
- Evidemment les toilettes comportent alors un certain détail : un lavage à l’eau chaude pour les yeux, le nez, la bouche et les oreilles, mais l’eau ne mouille pas les graisses et ne nettoiera pas les crèmes. Alors on nettoie le visage à l’ouate et à l’huile :
- Huile de sésame...................... jo cc,
- Huile de noyaux...................... 20 cc.
- Huile vierge d’olives................ 60 cc.
- Œillet q. s. pour parfum.
- et on efface les traces de l’huile avec une boulette d’ouate humide d’un liquide dégraissant tel que :
- Acétone anhydre
- Alcool à 900 . .
- Eau distillée...................... 60 cc.
- après quoi on applique de nouveau la crème et la poudre.
- Toutes les femmes du monde connaissent plus ou moins, désormais, des soins analogues et il n’y a pas de doute que leur visage ne s’en trouve mieux.
- Avec les sports d’aujourd’hui, l’auto découverte, etc., les crèmes deviennent pour le visage des femmes une nécessité. Après une journée de grand air la peau est chaude et cuisante, après-demain elle se pigmentera et pèlera ; ces phénomènes réactionnels sont supprimés ou très atténués par l’usage des crèmes.
- Quant aux poudres elles sont nécessaires pour enlever le luisant des crèmes, et comme elles ne touchent pas la peau, on peut s’en remettre pour leur choix au sentiment esthétique de celles qui en font usage. Il n’y a presque plus de mauvaises poudres et toutes les grandes marques peuvent être recommandées. »
- Nous verrons, dans une prochaine chronique, les soins à donner aux peaux grasses. R. M.
- | ââ 3o cc.
- RECETTES ET PROCÈDES UTILES
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- Colle à l’eau de chaux. — Le Carnet médical français indique un moyen de préparer une colle liquide à froid et bon marché en partant de la gomme arabique.
- On prend 200 à 3oo gr de gomme arabique ordinaire qu’on fait tremper dans :
- Eau ordinaire....................720 cc.
- Eau de chaux.....................180 cc.
- L’eau de chaux est le liquide transparent qui surmonte un dépôt de chaux éteinte fraîchement qu’on a agité avec de l’eau de pluie, puis laissé décanter dans un flacon bouché.
- La gomme se dissout complètement et donne une colle limpide, blonde, sans odeur, inoffensive et ne s'altérant pas.
- Colle au formol. — L'Index médical donne la recette suivante pour préparer une colle très adhérente.
- On prend 200 à 3oo gr de gomme arabique ordinaire qu’on dissout en versant dessus 800 cm3 d’eau tiède. On brasse deux fois chaque jour pendant trois jours, après quoi toute la gomme est devenue liquide. On tamise sur un linge. D’autre part, on prépare la solution suivante :
- Sulfate d’alumine . . . . . . . .. i5 gr. Eau..............................i5o cc.
- qu’on verse peu à peu, en remuant, dans la gêmrae liquide. On ajoute ensuite 20 cc de formol commercial, en agitant toujours.
- La colle obtenue, légèrement louche, ne s’altère jamais et ne moisit pas. Son pouvoir collant est considérable.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pour décaper le cuivre. — On sait que pour mener à bien certaines opérations que l’on doit pratiquer sur des pièces en cuivre, la propreté absolue de ce métal est indispensable. Le grattage et le polissage ne sont P°^n^^oujours suffisants, car souvent, du fait des outils ou même de l’ouvrier, ils laissent subsister des traces de graissage.
- Au dire de la revue Le Chauffeur français, le procédé par décapage serait le meilleur et le plus simple. Il suffit, pour cela, de plonger l’objet en cuivre dans une solution de potasse chaude afin de le dégraisser, et si 1 on craint qu’il y ait d’autres dépôts d’origine grasse, le tremper longuement dans de l’acide sulfurique étendu à raison de sept fois son volume ; puis rincer à grande eau.
- On décape ensuite à l’eau-forte, mélange de deux parties d’acide sulfurique pour une partie d’acide nitrique auquel on ajoute ensuite 20 gr. de sel par litre et 10 gr. de suie calcinée (ces additions étant faites, bien entendu, à dix minutes d’intervalle).
- La pièce est plongée vivement, rincée à grande eau,
- puis séchée dans la sciure de bois ou à la chaleur, aussitôt en sortant du bain décapant.
- Pour réargenter soi-même. — A cet effet une solution peut être faite en pilant dans un mortier : o kg 100 de chlorure d’argent (très sec), o kg 200 de crème de tartre et o kg 300 de sel de cuisine. Ce mélange étant bien fait, on ajoute suffisamment d’eau pour obtenir une pâte de la consistance désirée et brosser cette pâte sur la pièce au moyen d’un chiffon doux.
- Cette opération donne notamment au laiton ou au bronze une surface blanche formée par une pellicule mince qui se ternirait et même à l’usage s’enlèverait si on ne prenait pas la précaution de vernir la pièce. Les vernis ordinaires qui sont applicables à froid sont certainement les meilleurs.
- On peut conserver le mélange : chlorure d’argent, sel de cuisine, crème de tartre pendant très longtemps si on a le soin de ne pas ajouter de l’eau et de le mettre ou l’enfermer dans des bouteilles de couleur très sombre, car si on le laisse exposé à la lumière il se décompose.
- AVIS. - L' abondance des demandes de renseignements qui parviennent an Service de la Boite aux Lettres de La NcltUl'S oblige a limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’interet général et accompagnées d’une bande d abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souven t nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en générpl, répondu immédiatement
- Réponses. — Mairie de Montrouge, — La sciure de bois est le meilleur isolant que vous puissiez interposer entre le toit et le plancher du grenier en vue d’éviter le froid dans l’habitation, nous en avons fait nous-même l’expérience et le procédé est des plus économiques ; mais il faut faire bien attention de ne pas mettre de sciure à proximité du coffrage des cheminées et disposer autour de celui-ci un petit mur de garde protégeant contre tout éboulis.
- M. Casenave, à Carantec, Finistère. — i° Pour obtenir Vétamage du fer, on plonge dans un bain d’étain fondu contenant 10 à i5 pour 100 de plomb, pendant un temps plus ou moins prolongé, les lames de fer bien décapées, immergées préalablement dans la graisse fondue. Le bain d’étain lui-même est recouvert d’une couche de graisse destinée à protéger le fer et l’étain du contact de l’air. En sortant de ce bain, le fer est recouvert d’un excès d’étain qu’il faut enlever ; pour cela, ®n introduit les lames dans un second bain d’étain assez chaud et on les sort immédiatement en les mettant aussitôt dans de la graisse. Finalement, on nettoie la surface avec du son. 20 L’opération du zincage des tôles ne présente aucune difficulté et rentre dans la pratique de l’étamage. La précaution essentielle à observer est de décaper soigneusement le fer dans un bain d’acide sulfurique étendu, ensuite la tôle est saupoudrée de sel ammoniac, puis plongée dans le zinc fondu. Pour terminer, on nettoie à la sciure de bois qui enlève par action mécanique la couche d’oxyde de zinc qui s’est formée à la surface par oxydation.
- M, Cantaloube, à La Madeleine, Lot. — i° Nous avons à plusieurs reprises indiqué comment on pouvait tanner économiquement les peaux de petits animaux, veuillez par exemple vous reporter à la réponse que nous avons faite à M. Pierre, de Fontainebleau, dans la Boîte aux Lettres du n° 2596, 5 janvier 1924, page 6. 20 Nous vous remercions de votre aimable communication concernant Y addition de sel marin au badigeon à la chaux pour l’empêcher de poudrer, l’opportunité de son emploi nous était connue et nous n’avons’pas manqué d’en faire mention lorsqu’il nous a été demandé une formule de badigeon.
- M. Dujardin, à Paris. — i° Lorsqu’une épreuve positive a été ratée au tirage à la lumière, soit par manque, soit par excès de pose, le mieux est de recommencer avec une feuille nouvelle ; les opérations de rattrapage seraient plus coûteuses que l’emploi de ce nouveau
- papier. 20 Le crayon sanguine étant gras, pour enlever les traits, il faut commencer par passer à plusieurs reprises un tampon d’ouate imbibé de tétrachlorure de carbone, on laisse sécher et gomme ensuite comme pour le crayon ordinaire.
- M. Vermeille, à Delemont, Suisse., — i° Le fromage dit à la crème s’obtient très simplement en prenant le fromage blanc ordinaire qui résulte habituellement de la coagulation par la présure du lait écrémé. On force ce fromage blanc à traversèr une passoire très fine en le comprimant avec un pilon de bois ; puis on ajoute à la pâte ainsi obtenue environ un tiers de crème fraîche, on mélange intimement et verse dans des moules en faïence ou en porcelaine ayant la forme d’un cœur, que l’on a garnis d’une mousseline. Après égouttage suffisant, il ne reste qu’à démouler en retournant sur une. assiette et en couvrant le fromage débarrassé de la mousseline d’une nappe de lait ou mieux de crème.
- 20 Les relations entre la richesse en sucre, la température d’ébullition du sirop et les preuves de cuisson de confiserie sont les suivantes :
- Sucre Eau Nom Tempér. d'ébullition
- 3/o °/o île la preuve. du sirop.
- 93.75. . 4.25 Grand cassé 1280,5
- 92.67. . 7.33 Petit cassé J 2 2°
- 91 . . . 9 Grand soufflé 121°
- 89 . . . 11 Petit soufflé il 6°
- 88 . . . 12 Crochet fort 112°
- 87 . . . i3 Crochet léger no°,5
- 85 . . .* i5 Filet 109°
- La preuve au soufflé employée dans la fabrication du sucre candi consiste à plonger dans la chaudière une écumoire; après l’avoir retirée et secouée, on souffle dessus avec force, Il se forme à chaque trou des bulles sphériques ; moins la liqueur est concentrée, plus les bulles sont petites et mieux elles se séparent; plus la liqueur est concentrée, plus les bulles sont grosses (grand soufflé) et se soudent facilement l’une à l’autre.
- La preuve au cassé ne s’emploie guère que dans la fabrication du sucre d’orge. Lorsque après avoir mouillé le doigt on le trempe dans le sirop et aussitôt après dans l’eau, on peut en détacher le sucre et en former une boule. Si la boule lancée à terre sur le carreau se casse en se déformant, c’est la preuve au petit cassé, si la boule est assez dure pour se briser sans se déformer, c’est le grand cassé. ’
- Enfin, quand après avoir serré une goutte de sirop, entre le pouce et l’index, on écarte vivement ceux-ci, la goutte s’étire sans se rompre dans la preuve au filet, ou bien le fil se brise et ses extrémités se recouvrent, c’est la preuve au crochet. Cette dernière est surlout employée en sucrerie de betteraves pour la cuite en grains.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Thermodynamique, par Jean Becquerel (cours de Physique à l’usage des élèves de l'Enseignement supérieur et des ingénieurs), i vol. 43o pages, i5 fîg., J. Hermann,.éditeur, Paris, 1924. Prix: 35 francs.
- La thermodynamique est l’étude des relations qui existent entre le travail mécanique et la chaleur. Elle repose sur deux principes expérimentaux dont l’application s’est étendue à toutes les branches des sciences physiques : le principe de l’équivalence et le principe de Carnot. Ce sont les conséquences logiques de ces deux principes qui constituent l’édifice de la thermodynamique, outil précieux pour toutes les investigations dans le domaine de la physique, de la mécanique et de la chimie. Avant de les exposer, M. Jean Becquerel a jugé, avec raison, nécessaire de présenter une vue d’ensemble des conceptions modernes sur la structure discontinue de la matière et la théorie cinétique des gaz. Ces notions rendent en effet beaucoup plus claire l’étude thermodynamique des gaz réels qui forme une partie très importante de la thermodynamique classique et celle qui, probablement, trouve actuellement dans l’industrie les applications les plus fréquentes.
- M. Becquerel ne se borne pas à l’exposé de la thermodynamique classique, il montre notamment comment s'introduit dans cette partie de la science la théorie audacieuse, mais si importante des quanta ; il étudie svec beaucoup de clarté les conditions de l’équilibre thermodynamique et résume les travaux trop peu connus du français Gouy ainsi que ceux de Dubem, Moutier et Robin. Un chapitre est consacré au principe de Nernst souvent désigné aujourd’hui sous le nom de 3e principe de la thermodynamique et qu’il ’ f nonce ainsi d’après Planck : l’entropie d’une matière condensée et chimiquement homogène est nulle au zéro absolu. Il en montre les applications, notamment aux réactions chimiques et aux solutions. Il donne ensuite quelques notions sur la thermodynamique statistique et l’ouvrage se termine par des exemples d’applications de principes de la thermodynamique : théorie des machines frigorifiques, de la machine à vapeur et des moteurs ; ce dernier chapitre a été rédigé par MM E. et J. Carvallo. Nous exprimerons un regret: celui que cette partie pratique ait été traitée un peu sommairement ; le livre, en effet, est destiné à des élèves ingénieurs ; et il est à craindre que ceux-ci ne gardent de la lecture de cet utile ouvrage, consciencieusement et clairement pensé et rédigé, l'impression que la thermodynamique est une science terriblement abstraite, dont l’application aux machines réelles est hérissée de restrictions, de difficultés, et dont les services ne sont par suite pas proportionnés à l’effort intellectuel nécessaire pour se rendre maître de la théorie.
- Un exemple pratique traité à fond, l’exposé des méthodes de calcul employées par les ingénieurs pour dimensionner une turbine à vapeur, par exemple, eût suffi à corriger cette impression aussi fâcheuse qu’erronée.
- Le Guide de VAmateur de T. S. F. (théorie élémentaire et construction des appareils récepteurs), pa*r M. Veaux et M. Santoni. i vol. 33o p., 33o fig., 2 cartes hors texte. Léon Eyrolles, Paris, 1924. Prix : i5 francs.
- La vogue de la T. S. F. ne diminue pas; la légion des amateurs grossit de jour en jour; les ouvrages écrits à leur intention sont foison; mais trop souvent de médiocre qualité. Ce nouveau livre se classe parmi les meilleurs. Il est écrit dans un esprit à la fois pratique et scientifique. Les auteurs ont évité les exposés théoriques à formules abstraites. Ils visent surtout à donner à l’amateur les moyens de comprendre les phénomènes et de construire eux-mêmes d’une façon rationnelle leurs appareils. Ils étudient successivement les divers éléments qui constituent un appareil récepteur; ils en expliquent le rôle d’une façon fort claire, et pour chacun d’eux ils donnent de précieux tableaux de données numériques, permettant de faire un projet raisonné et d’obtenir dans chaque cas pratique d’excellents résultats. En’ somme, MM. Veaux et Santoni font faire, à l'amateur de T. S. F. un véritable apprentissage d’ingénieur, et leur ouvrage, tout en facilitant une agréable et sainç distraction, a le mérite de contribuer à une excellente formation intellectuelle. Le livre étudie
- successivement l’antenne, les selfs, les condensateurs,les postes à galène, les lampes à 3 électrodes et leurs différents usages et montages, puis les piles et accumulateurs, et le chauffage des lampes par courant de secteur.
- L’ouvrage contient en outre un utile résumé de la législation de la T. S. F.
- L’industrie des parfums d’après les théories de la chi-mie moderne, par M. P. Otto, 2' édition revue et augmentée. 1 vol. i6Xa5 de xliii-688 pages, 97 fig., Dunod, éditeur, Paris, 1924. Prix broehé : 85 francs’
- Dans la première partie de cet ouvrage, M. Otto examine la nature des parfums et leurs formules de constitution ; il dit quelques mots de la stéréochimie, science toute nouvelle, mais dont l’élude s’impose aujourd hui. Cette partie est également consacrée à l’étude des fonctions chimiques et à l’exposé des classifications que l’on peut adopter pour l’étude des parfums. Elle se termine par l’exposé des principales méthodes d’analyse et de recherche des falsifications.
- La deuxième partie décrit les méthodes générales d’extraction des parfums naturels et' contient l’étude détaillée des principaux parfums.
- La troisième partie traite des parfums artificiels. La classification basée sur la fonction chimique du constituant principal est la même que pour les parfums naturels.
- Enfin des tables, des données numériques et des recettes diverses terminent et complètent cet important ouvrage, le plus complet sur l’industrie des parfums.
- La vie de J.-II. Fabre, naturaliste, par le Dr G.-V. Legros (suivie du répertoire général analytique des souvenirs entomologistes), préface de J.-H. Fabre.
- I vol. 440 p., héliogravures hors-texte. Delagrave, éditeur, Paris, 1924. Prix : 20 francs.
- Le Dr Legros fut un des familiers de J.-H. Fabre, dans les dernières années de sa laborieuse existence!
- II a eu à sa disposition la correspondance du maître avec ses intimes; aussi a-t-il pénétré à fond le caractère aussi bien que l’œuvre de l’illustre solitaire de Sérignan; et c’est l’homme lui-même qui revit tout entier dans ce beau livre, passionnant et émouvant plus qu un roman. Quelles viriles leçons se dégagent de ce récit, quels exemples d'énergie et de volonté que ceux donnés par le petit paysan rouergat, qui, malgré la misère et sans aide, réussit à s’instruire, à entrer à 1 Ecole normale, à acquérir ses grades universitaires et à conquérir une culture intellectuelle vaste et profonde !
- Jusqu aux approches de la soixantaine, nous voyons Fabre végéter,, malgré un mérite éclatant, dans les modestes fonctions de professeur de sciences au lycée d Avignon. Sans défaillance, mais sans succès, il a lutté pour s assurer l’indépendance néces‘aire à la poursuite de ses études d’histoire naturelle. Le voici au déclin de sa vie, et il n’a pas donné sa mesure. D’autres s avoueraient vaincus. C est alors qu’il donne sa démission de professeur, et se retire à Sérignan pour y vivre de sa plume. Il écrit des livres d’enseignement, qui lui assurent quelque temps une honnête aisance, et dont certains sont pure merveille. C’est dans cette retraite studieuse qu’il trouve enfin le loisir de poursuivre sans relâche ses recherches, ses observations, ses expériences sur la vie de l’insecte, et d’entreprendre l’œuvre qu’il n’avait pu qu'esquisser pendant sa carrière universitaire; l’admirable série des Souvenirs Entomologiques, chef-d’œuvre à la fois scientifique .et littéraire, voit le jour. Le Dr Legros fait ressortir très clairement le caractère de. celte œuvre et sa portée immense, qui dépasse de beaucoup le domaine restreint de l’entomologie.
- Il nous montre Fabre travaillant avec acharnement presque jusqu’au dernier jour d’une longue existence ; il nous le montre, au terme de sa carrière, aux prises une fois de plus avec la gêne, une fois de plus aussi dignement et courageusement supportée. Et puis, c’est enfin, mais trop tard, l’apothéose, la célébrité, les hommages, la fortune, acceptés avec la même philosophique indifférence que la misère. Fabre est une de nos gloires les plus pures et les plus touchantes. Le livre du Dr Legros est un des beaux monuments élevés à sa mémoire; il mérite d’être entre toutes les mains.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2632
- 13 Septembre 1924
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- INFORMATIONS
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- Le record du vol à voile. — Le 29 août, à Saint-Remy, en Provence, sur l’aérodrome des Alpilles, le lieutenant-aviateur Thoret a réussi un exploit remarquable. Profitant d’un mistral violent, il a tenu l’air, sur son biplan militaire, moteur arrêté et hélice calée, pendant 9 heures et 4 minutes. Rappelons que le record de durée en vol à voile avait été porté, l’an dernier, à 8 heures 4 minutes par le regretté pilote Maneyrol. L’exploit du lieutenant Thoret démontre, une fois de plus, que la durée d’un vol à voile dans un courant ascendant n’a d autres limites que la durée de ce courant et l’endurance du pilote.
- L’éclipse de lune du 14 août 1924. — M. Bidaut de l’Isle nous communique les observations suivantes, faites à son observatoire de la Guette.
- « Le mauvais temps qui régnait depuis quelques jours et empêchait toute observation, n’aurait pas permis d’espérer une soirée aussi belle. Un peu avant le coucher du soleil, les nuages s'étant dissipés, la lune se leva à 19 h. 3, dans un ciel limpide. L’éclipse était déjà commencée et une ombre légère couvrait la partie orientale de notre satellite, dont la teinte gris-bleu ardoisé passa peu à peu, au fur et à mesure de la tombée de la nuit, jusqu’au rouge sombre. A ao h. 20, l’éclipse était à son maximum. Le soleil, couché depuis bientôt 1 h. 1/2, n’éclaire plus vers 10.-N.-O. que les très hautes couches atmosphériques, et on peut considérer la nuit comme complète vers 20 h. 3/4.
- A ce moment, la lune est rouge-orangé vif, avec une légère coloration bleutée sur la circonférence, dont les bords restent nets. A l’œil nu, les détails s’estompent en rouge-brun et les grandes configurations demeurent bien visibles. Les mers des Crises, de la Fécondité, de la Sérénité, des Pluies, sont très nettes; Tycho, Copernic sont à la limite de la visibilité, ainsi que quelques grands cratères. Mars, qui s’est levé, paraît cependant plus brillant que l’ensemble du disque lunaire éclipsé, malgré la clarté que celui-ci donne encore. A la jumelle, un point brillant marque Copernic. Le télescope de 3oo mm (gr. 75 et i5o) rend les détails bien visibles : Apennins, golfe des Iris, cratères même moyens (j’en compte nettement 33), mais la coloration, si franche à l’œil nu ou à la jumelle, perd sa teinte rouge-orangée; elle est brun-gris, avec des reflets ardoise, et bien plus floue.
- A 20 h. 18, l’étoile 44 Capricorne disparaît brusquement derrière le limbe oriental, qu’elle a abordé et longé pendant une demi-minute en diagonale.
- A l’œil nu, on voit l’ombre se déplacer petit à petit. La partie Est de l’astre perd progressivement sa teinte rouge-orangée sous l’emprise de la nuance ardoisée du bord du disque, devenue elle-même plus claire, mais le côté Ouest s'assombrit davantage. Il est ao h. 35.
- Au télescope, on perçoit plus nettement les détails orientaux, mais je suis surtout occupé à observer 45 Capricorne qui semble un ballon lumineux planant sur les montagnes lunaires et qui descend peu à peu vers elles. A 20 h. 38, l’étoile s’éteint brusquement, puis, à 21 h. 6, 44 réapparaît vers le limbe méridional qui semble s’obscurcir de plus en plus, surtout en remontant vers l’Ouest. Lorsque à son tour, 45 réapparaît, à 21 h. 23, la partie Est du disque lunaire commence à briller d’un vif éclat qui, par contraste, rend presque obscur le reste rouge sombre du satellite. Yue à l’œil nu, la lune ressemble à Mars vu au télescope, mais avec une calotte éclatante de lumière semblable à la lentille d’un projecteur globulaire. Par suite du phénomène d’irradiation, elle paraît émerger du disque, augmentant progressivement et assombrissant, tout à fait maintenant la partie demeurée éclipsée. Vers 21 h. 3o, l’astre présente un croissant de même aspect que celui de la lune à 3 jours de la néoménie. L’ombre perd de plus en plus vers l’Est, et dégage insensiblement le disque, qui, vers 22 h., ne cache plus qu’une partie des mers des Crises et de la Fécondité.
- A 22 h. i5, la lune, à l’œil nu, semble avoir repris son apparence normale, mais elle est pourtant encore dans la pénombre, et l’impression du dégagement complet ne disparaît vraiment qu’après 23 heures.
- Le petit cratère Linné, dans la partie orientale de la mer de la Sérénité, a fait l’objet d’une observation sérieuse aussitôt que la visibilité l’a permis. Au télescope Zeiss 3oo mm (Gr. 35o et 4oo)> aucune variation n’a été remarquée après l’éclipse dans la forme ni dans la teinte de ce cratère, par comparaison avec une observation faite l’avant-veille. (La veille, le ciel était trop nuageux pour permettre aucune observation.)
- Les temps de la Guette ont été ramenés au temps moyen de Greenwich, et les heures des diverses phases du phénomène ont été trouvées conformes à celles prévues par les annuaires. Seule, l’immersion de 45 Capricorne a paru retardée de 25 à 3o secondes sur les prévisions (20 h. 38 m. 4 à. 9 sec. au lieu de 20 h. 37). »
- Le blanc de titane. — Ce pigment blanc est, le plus nouveau parmi tous ceux qui ont été préconisés pour remplacer la céruse et c’est également celui qui présente le plus grand intérêt. Voici sur ce produit quelques renseignements donnés par M. Coffignier dans son récent et excellent ouvrage Couleurs et peintures.
- Le constituant principal du blanc de titane de qualité supérieure est l’anhydride titanique. Les minerais de titane à haute teneur sont assez rares; par contre, les minerais courants sont très répandus; on estime que la croûte terrestre en contient environ o,33 pour 100. L’ilménite, l’un des plus importants, se rencontre en beaucoup de pays. En 1912, M. Auclair en a découvert à Madagascar un gisement estimé à plus de 3 5oo 000 t., la richesse de certains échantillons ,est d’environ 4o pour 100.
- C’est vers 1912 que commencèrent en Norvège, et aux Etats-Unis surtout, des études et des recherches dans le but d’obtenir un pigment blanc à base de titane; mais ce n’est qu’en 1920 que le blanc de titane fabriqué en Norvège fit son apparition sur le marché français. Les applications furent d’abord très réduites, en raison surtout du prix élevé du nouveau pigment dont on ignorait complètement les propriétés.
- Le procédé de fabrication en usage en Norvège, dans l’usine de Frederikstad, qui est, à l’heure actuelle, à peu près seule productrice de blanc de titane en Europe, donne des pigments composites dans lesquels on trouve à côté de l’acide titanique d’autres composés. Le traitement est complexe et coûteux. L’ilménite, à 40 pour 100, est attaquée à chaud par de l’acide sulfurique à 76 pour 100. On chauffe poids égaux de minerai et d’acide et on lessive méthodiquement le gâteau obtenu de manière à produire une solution de densité variant de 1,4 à 1,6. On électrolyse cette solution pour amener le fer à l’état ferreux. Puis on l’envoie dans de grandes cuves garnies de plomb, où elle est chauffée à l’aide de serpentins de vapeur pour être hydrolysée. Il se forme un précipité qui contient de l’acide titanique, de l'acide sulfurique et un peu de fer. On le malaxe avec de la craie en poudre pour neutraliser l’acide sulfurique et on calcine le mélange entre 900 et io5o° dans un four rotatif en présence de catalyseurs.
- Les blancs de titane actuellement dans le commerce sont exclusivement des blancs norvégiens. Il en existe 3 qualités contenant 65, 25 et i5 pour 100 d’anhydride titanique.
- Le blanc le plus riche se présente sous l’aspect d’une poudre très légèrement jaunâtre, de densité 4>3o, ce qui le place au premier rang, comme légèreté, parmi les pigments blancs. Il est d’une très grande finesse. La poudre est douce au toucher et son pouvoir couvrant par opacité est supérieur à celui de la céruse, il est presque double. Son pouvoir couvrant en surface est très grand. Une de ses plus précieuses propriétés est son inertie complète vis-à-vis des huiles et vernis. Sa solidité à l’extérieur est très bonne, surtout lorsqu’il est mélangé u’une certaine proportion de blanc de zinc. L’hydrogène sulfuré est sans action sur lui. Enfin c’est une substance absolument inoffensive. Par ses qualités le blanc de titane est actuellement le seul pigment blanc que l’on puisse opposer dans tous les cas à la céruse, dont la toxicité cause tant de méfaits. Son prix, malheureusement, est encore élevé. Cependant, en raison
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- INFORMATIONS
- de sa faible densité et de son grand pouvoir couvrant, le prix d’une peinture au blanc de titane n’est pas plus élevé que celui d’une autre peinture, à' égalité de surface couverte.
- L’utilisation des bateaux amphibies sur le Mékong. — Nos lecteurs n’ont pas oublié le curieux bateau amphibie imaginé par l’ingénieur belge Gold-schmidt (voir n' 2471, i3 août 1921). Il a pour but de transporter les marchandises sans rupture de charge sur un fleuve coupé de rapides. Il consiste en un système de bateaux jumelés qui peuvent passer d’un bief navigable à l’autre en empruntant un monorail dont l’établissement est peu coûteux, et sur lequel les bateaux roulent par leurs propres moyens. L’invention est au point et doit apporter de sérieux avantages au Congo belge. Le Gouvernement général de l’Indochine a pensé que ce système, s’il pouvait être employé sur le Mékong, rendrait les plus grands services pour relier à la Cochinchine le Laos qui, de ce fait, se trouverait débloqué.
- Le Bulletin de l’Agence générale des Colonies annonce qu’une mission étudie sur place, en ce moment, la possibilité d’utiliser les bateaux amphibies.
- Les composés soufrés dans l’atmosphère des centres industriels. — On a étudié le nombre des germes pathogènes ou la quantité de poussières qui se trouvent dans l’atmosphère des grandes villes et des centres industriels. On s’est moins occupé, jusqu’ici, des modifications chimiques que présente cette atmosphère. C’est pour combler cette lacune que le savant tchécoslovaque, Stoklasa f1), s’est livré à des recherches approfondies relatives à la présence d’anhydride sulfureux ou sulfurique dans l’atmosphère des villes et sur l’influence de ces corps sur la végétation et sur les organismes animaux ou humains.
- Ces composés oxygénés du soufre sont déversés dans l atmosphère par un grand nombre d’industries parmi lesquelles : celle de l’acide sulfurique, celle des hauts fourneaux, celle de toute une série de produits chimiques, celle des fours à chaux, celle des cokeries et enfin par la combustion du charbon dans les fabriques et dans les ménages. Le charbon contient en effet jusqu’à 6 pour 100 de soufre qui, en brûlant, donne lieu à de 1 anhydride sulfureux (SOa) et aussi, partiellement, à de l'anhydride sulfurique (SO3). Les fumées peuvent contenir, d’après les recherches de Stoklasa, de 0,04 à o, i6 pour ioo en volume d’acide sulfureux. La fumée du charbon utilisé dans le ménage en contiendrait de 0,02 o,ofi pour 100 en volume.
- Ces gaz peuvent produire sur les plantes des troubles aigus. Une proportion de o,o5 pour 100 d’anhydride sulfureux tue le protoplasma et les corpuscules de chlorophylle qui blanchissent et jaunissent rapidement. De toutes les plantes, ce sont les conifères qui sont sensibles aux doses les plus faibles (0,01 pour 100).
- Les troubles chroniques provoqués par les composés soufrés s’observent déjà avec une proportion de 0,002 pour 100. A Prague, où l’atmosphère contient de 0,000141 à 0,0007 d’acide sulfureux, les conifères croissent mal et meurent lentement. Sous l’influence de ces doses de poison, les échanges et les combustions physiologiques ne se font plus normalement. On aurait pu, d’aprè3 Stoklasa, 'montrer que le développement des plantes peut être réduit dans des centres industriels de 3o à 90 pour 100.
- Sur les organismes animaux ou humains, les effets de ces composés sont tout aussi violents : une proportion de 0,06 pour 100 d’anhydride sulfureux tue une souris en 2 heures. De plus une concentration de 0,004 à o,oo5 modifie la nutrition en général et la composition du sang, abaisse la production des substances bactéricides ainsi que celle des agglutinines. Elle diminue en particulier le pouvoir bactéricide des poumons.
- A ces effets nocifs sur les plantes, sur les animaux et sur l’homme, il faut ajouter ceux que possède l’anhydride sulfureux sur toutes les constructions métalliques. Tout bien considéré, Stoklasa calcule que la République tchécoslovaque subit, du fait de ces substances, une
- 1. Stoklasa : Ueber die schiidliche NVirkung der Rauch-gase auf den pflonzlichen und tierischen Organismus Medi-\zinische Klinik, n" 20, 1924. Stoklasa : Die Beschiidigungen der Végétation durch Rauchgase und Fabriksexhalationen. Urban und Sclrwarzenberg, Wien,Berlin 1923.
- perte annuelle qui se monte à a5o ou 3oo millions de couronnes (ia5 à i5o millions de francs français) et il propose en conséquence, pour lutter plus énergiquement contre cet état de choses, la création d’un Institut pour l’hygiène de l'air, Institut qui aurait pour but de combattre le fléau véritable et trop négligé que représente la fumée.
- Transformateurs électriques inexplosibles. — Les transformateurs électriques de grande puissance, dont le nombre se multiplie avec le développement des distributions électriques à courant alternatif, sont, on le sait, formés de fils enroulés sur un noyau de fer. Il y a deux enroulements : le primaire et le secondaire. L’un d’eux au moins est toujours soumis à une tension élevée.
- Pour assurer l’isolement des spires et éviter ou réduire l’effet des courts-circuits, les enroulements sont en général plongés dans une cuve pleine d’huile0 et hermétiquement close. Mais ce dispositif n’est pas lui-même sans danger ; l’huile s échauffe et se dilate pendant que le transformateur fonctionne ; pour éviter la rupture de la cuve, en raison de l’incompressibilité de l’huile, ou les projections d’huile au dehors, on laisse un matelas d’air au-dessus du niveau de l’huile. Mais, si malgré les précautions prises, un court-circuit vimt à se produire, l’air et les vapeurs d’huile forment un mélange explosif que l’étincelle électrique peut faire détoner et toute la cuve saute. Le Westinghouse C° de Pittsburg vient de créer un modèle de transformateur dans lequel ce danger est supprimé. Le remède consiste à substituer à l’air un matelas d’azote, gaz inerte. Dans la cuve du transformateur l'huile se dilate ou se contracte, suivant les variations de température qu’elle subit. Il en résulte des variations de volume de la couche de gaz qui la surmonte; ce gaz est donc tantôt rejeté au dehors, tantôt aspiré; on dit que le transformateur respire.
- Le nouveau transformateur utilise cette respiration pour faire passer automatiquement l’air aspiré sur un produit desséchant et oxydant. Il ne pénètre donc plus que de l’azote à l’intérieur de la cuve. Ce procédé non seulement assure la sécurité du transformateur, mais il empêche l’oxydation de l’huile qui finit toujours par se produire au contact de l’air et qui oblige à remplacer celle-ci au bout d’un certain temps.
- Le canal de Panama. — Le trafic du canal de Panama se développe avec une rapidité qui dépasse toutes les prévisions. Voici les chiffres pour les trois dernières années fiscales connues, chiffres qui ne tiennent compte que des navires de commerce payants.
- Poids de marchandises
- Nombre jauge nette en «long tons»
- de navires entonnes de 1.016 kg.
- 1921-22 : T.'jSô 11.417.459. . . . 10.884.9'10
- 1922 23 : l.qby 18.605.786. . . . 19.567.875
- 1923-24 • 5 200 16.148.878. . . . 26.994.710
- Aux navires de commerce payants, il faut ajouter les navires appartenant au gouvernement américain.
- En ig23-24, ils étaient au nombre de 4>8, «portant, 224 218 t. longues de marchandises. Le tonnage de marchandises du canal entre le ior juillet 192.3 et le 3ojuin 1924 inclus a donc été de 27218918 long tons de marchandises pour 5 648 navires. Le canal de Suez d’intérêt mondial est aujourd’hui dépassé par le canal de Panama d’intérêt presque exclusivement américain; en 1921, il a été traversé par 4621 navires, jaugeant 22730162 t. nettes ; malheureusement, les deux statistiques ne sont pas directement comparables.
- Concours Lépine de 1924. — L’Association des Petits Fabricants et Inventeurs Français organise cette année la 220 manifestation dite « Concours Lépine », qui s’est ouverte à Paris, au Champ-de-Mars, le 5 septembre.
- Cette manifestation comprendra : un salon des inventions, la 3e Exposition-Concours de T. S. F., une Exposition d’électricité appliquée à la moyenne, à la petite industrie et aux usages domestiques, une section de photographie, une section de locomotion et aéronautique. L’Exposition comprend également des comptoirs de vente en gros et en détail.
- Pour tous renseignements s’adresser au Siège de l’Association : i5t, rue de Temple, Paris (3°).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mécanique
- Scie circulaire à main « Rapid-Onglet ». — Voici une machine qui répond aux besoins des ateliers d’encadrement, des ébénistes, des tapissiers, et même des électriciens lorsqu’il s’agit d’exécuter le sciage des moulures ou de pièces du même genre d’un cadre.
- Elle peut scier, soit de travers, soit en longueur, en onglet, soit à plat, soit sur champ ou suivant un angle quelconque.
- Cette machine se compose d’un mécanisme de m eule émeri à main que les mécaniciens e m -ploient normalement. La machine peut donc être tout d’abord garnie d’une meule et opérer de cette manière pour le travail.
- scie circulaire, on peut alors procéder à un travail de sciage très proprement et d’autant plus rapidement qu’une table est disposée de manière à serrer convenablement les pièces à scier au moyen d’une presse, ce qui permet de scier à la fois plusieurs pièces de faible épaisseur.
- La machine peut scier en travers jusqu’à une profondeur de 70 mm sur 100 de largeur. S’il s’agit de sciage en longueur, on utilise un dispositif démontable qui empêche tout accident, par suite d’inattention ou d’imprudence. Ce dispositif est constitué par une tige protectrice qui se place devant la lame de scie et qui empêche la main de venir au contact de l’outil. Afin de faciliter l'attaque progressive de la scie et d’éviter son blocage, ou de faire un trop grand effort, une sorte de frein hydraulique maintient la table surélfvée à 1 cm au-dessus de la scie. C’est au fur et à mesure que la table
- ,Fig. a. —^Sciesjcirculaire'jà mam « Rapid-OngLt ».
- est lancée qu’elle s’abaisse progressivement par son poids au fur et à mesure que la scie pénètre dans le bois.
- Une lourde pression de la main sur la table en soutenant la pièce suffit ainsi pour amener progressivement la pièce contre la scie.
- Pour le sciage d’un onglet, la machine peut être réglée suivant tous les angles de o à 45°. grâce à un système <ïe ^raduatjpns qui existe sur la tajale,
- Enfin on peut serrer une baguette d’encadrement sur une face fragile sans crainte de la détériorer. S'il s’agit de scier un onglet, la table peut être inclinée de o° à 45° au moyen d’un secteur gradué. Quant au sciage en travers, il s’opère d’une façon très simple.
- La table peut être relevée en retirant une simple goupille qui la fixe au frein hydraulique et cette goupille est retenue à la machine par une chaînette. On relève la table quand on désire remplacer la scie par une meule en corindon destinée à affûter les putils.
- Adresse : Mrtivier, Lang et Cie, 149, rue de Rome, à Paris, 1
- îd> T. S. T.
- Une nouvelle bobine d’accord. — Les appareils à simple galène vont connaître un grand développement, grâce au réseau de postes émetteurs qui vont être répartis en province. Ils permettront à tous de goûter les charmes des radio-concerts réservés jusqu’à présent, à partir d’une assez courte distance de Paris, aux posses-
- Fig. 3. — La galette « Fol ».
- seurs d’appareils à lampes, coûteux et délicats à manier, et cela avec une plus grande netteté d’audition.
- La partie la plus importante d’un poste à galène est la bobine d’accord; or, actuellement il n’existe guère que la bobine cylindrique classique à curseurs, qui, malgré sa facilité de réglage, possède de nombreux inconvénients : grand encombrement, prix d’achat assez élevé, et surtout grande capacité entre spires, nuisible pour les courtes longueurs d’onde qui tendent à être employées de plus en plus pour la téléphonie.
- Dans certains appareils actuels, on emploie des enroulements spéciaux, dits « fonds de panier » qui suppriment ce dernier inconvénient, mais ne sont réglables qu’au moyen de plots, comprenant entre eux plusieurs spires, sur lesquels glisse une manette. Le réglage n’est pas continu et manque de précision, un condensateur variable est nécessaire pour le parfaire, ce qui augmente sensiblement le prix d’achat.
- La galette « Eol » en fond de panier possède les qualités de ces enroulement, et en facilite le réglage, grâce à un ou plusieurs curseurs-manettes glissant sur les fentes radiales circulaires, suivant lesquelles le fil est dénudé, ce qui permet de prendre les spires une par une et donne à ces galettes les facilités de réglage des bobines à curseur. En outre, les spires ont un diamètre de plus en plus grand, ce qui rend la précision relative de l’accord constante.
- La galette convient parfaitement comme self d’antenne, bobine d’accord, bobine de résonance.
- En plaçant un détecteur à galène au centre, on réalise un appareil excellent pour la réception des radio-concerts avec le rendement maximum.
- Constructeur : De Magomjeaux, Thiviers (Dordogne).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Optique
- Lamre asciatique, sans ombres portées. —
- L’éclairage des salles d’epérations est une question
- Fig. 4. — L’éclairage proiuil par la lampe asciatique.
- délicate et très importante dont se préoccupent toujours les chirurgiens.
- Une lampe devant résoudre ce problème doit être
- Fig. 5. — La lampe asciatique du Dr Pech.
- simple, légère, maniable, donner un éclairage sans ombre portée et n’envoyer aucune lumière susceptible d’éblouir l’opérateur.
- Plusieurs types de ces lampes ont été déjà réalisés.
- Récemment, M. Gallois a présenté-à la Société d’Op-tique ün modèle, construit sur les indications du pro-
- fesseur Pech, de la Faculté de Médecine de Montpellier, et dénommé « lampe asciastique », appareil qui réunit toutes les qualités désirées et qui de plus, grâce à sa simplicité de construction, présente l’avantage d’être d’un prix relativement peu élevé.
- Deux surfaces en forme de tronc de cône (fig. 4)> d ouvertures différentes et judicieusement déterminées, envoient directement sur la table d’opération la lumière émanée de la lampe, de manière à produire une zone fortement éclairée et sans ombre portée.
- Par un réglage en hauteur et en orientation, obtenu au moyen d’un dispositif de suspension spécial et tout à fait simple, on peut amener cette zone sur la région où l’on doit opérer.
- La lumière réfléchie sur le fond de la lampe et la lumière directe provenant de celle-ci sont diffusées dans toutes les directions par un écran central translucide, ceci pour éviter l’éblouissement de l’opérateur, et éviter une transition brusque d’éclairement entre la région étudiée et celle environnante.
- L’appareil n’a, dans sa plus grande section, que 70 cm de diamètre.
- Un modèle plus réduit a été étudié et construit sur le même principe pour les opérations de petite chirurgie, la dissection et tous travaux méticuleux au laboratoire.
- Constructeurs : MM. Gallois et Gie, 4>, boulevard des Brotteaux, Lyon.
- **> Objets utiles
- Pupitre mécanique « Le Presto ». — Rien de plus désagréable, pour le musicien qui joue sa partie dans son orchestre, que l’obligation de tourner les pages de sa partition; les deux mains lui sont, en général, indispensables pour tenir son instrument, et le moment, si court soit-il, pendant lequel il est obligé de l’abandonner partiellement, provoque toujours une gêne, ou un trouble dont pâtit l’audition.
- Le pupitre, imaginé par M. Chapot, supprime cet inconvénient; c’est, en effet, en manœuvrant une pédale que le musicien tourne les pages ; il garde donc constamment les mains libres et n’a qu’à faire un mouvement voulu, un léger mouvement du pied.
- Voici comment est constitué ce pupitre ; il est monté sur une tige de hauteur réglable coulissant dans un pied à 3 branches.
- Le dispositif tourne-pages est un ensemble de a tiges, dont la longueur est réglable par cou1 lissement.
- Cet équipage peut tourner dans un support fixé au sommet du pupitre.
- Le mouvement de (rotation est assuré par la pédale, et par le câble qui la relie à l’équipage mobile en passant sur des roulettes.
- La tige de l’équipage qui doit jouer le rôle du doigt est munie d’un petit aimant, dont l’aimantation est forte et durable.
- A chacune des pages de droite de la partition, on colle ou agrafe, sur le bord vertical, une petite plaquette de fer.
- L’aimant vient en contact avec la plaquette ; la manœuvre de la pédale fait tourner le bras Pupitre méca-
- mécanique de droite à gaucheet lllflue « <. lesto».
- fait, par suite, tourner la page.
- Un ressort de rappel fixé à 1 extrémité supérieure des tiges tournantes sert à la fois à les équilibrer et à ramener l’aimant en contact avec la plaque de la page suivante.
- La main mécanique peut ainsi tourner toutes les pages, grandes ou petites, sans les détériorer ni les souiller.
- L’appareil a été inventé par M. Chapot, rue Vigne, Carpcntras (Vaucluse), prix complet : i5o francs.
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- VARIETES
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- L’UTILISATION DES FRUITS SAUVAGES : LES ALISES OU ALLOUCHES
- I. Habitat et description. — Sous le nom générique d'Alises on confond souvent les fruits des trois variétés d’Alisiers : i° l’Alisier torminal ; a0 l’Alisier blanc de neige ; 3° l’Alisier à larges feuilles. Ces arbres, qui croissent en France, sont très voisins des sorbiers dont ils ne diffèrent que par leurs feuilles non composées, mais, comme eux, ils appartiennent à la famille des Rosacées, tribu des Pyrées. On ne les rencontre le plus souvent dans la nature qu’à l’état isolé dans nos bois et nos forêts. Cependant, on les cultive dans les parcs où ils sont très décoratifs, au printemps, par leurs fleurs blanches et, à l’automne, par leurs fruits rouges ou
- rité. Poids moyen: i gr. a55 ; poids maximum : a gr. io; poids minimum : o gr. yo5.
- II. Utilisation. — Elle n’a qu’une importance secondaire pour les usages économiques, en dehors des régions où les Alisiers sont répandus, mais, pour mieux se rendre compte de la manière de les utiliser, il est nécessaire de connaître leur composition chimique, et comme il n’existe pas d’analyses, que je sache, en dehors de celles auxquelles j'ai soumis les fruits de l'Alisier blanc et de l’Alisier de Fontainebleau dans les premiers jours d’octobre 1905, je les transcris ici. Elles se rapportent pour la pulpe à 1 kg et pour le jus à 1 litre.
- Éu il. des l'ruils. Éim de Résidu sec Sucre total végétation complet Sucre en à 100°. . à 100°. interverti. Saccharose. glucose. Tanin. Maliôres portiques. Acidité eu acide inaliqu».
- A peine murs. . . , • (ii iimn 799 = Pulpe des fruits de l’Alisier à larges feuilles. h is. (ira mines. (irammes. Grammes. Grammes. Grammes. 80 200,20 56,962 3,586 60,786 r,97 4 (ira mnie.s. 10,5oo Gram mes. 9.557
- Blets . ..... 414, 00 566,oo 112,5oo 4»712 117,460 o,4*3 16,200 11,892
- Très mûrs et sains . 617, Pulpe des fruits de l’Alisier blanc de neige. 00 373,00 92,782 7,336 100,5o4 5,444 17,5oo 5,741
- Mûrs et s-i 11 s. . . . )) Jus des fruits de l’Alisier à larges feuilles. » ii2,5oo 21,961 13 5,616 8,225 4 1,000 i c).5r20
- Blets . )) » 160,714. 8,o85 169,224 o,564 52,5oj 3o,511
- Densité.
- 1.097,4
- i.ii6,3
- bruns, très abondants et petits. Voici, succinctement, les principaux caractères des arbres et des fruits.
- i° Alisier torminal. Alisier des bois. Aigrelier. (Sorbus lorminalis) Ehorb. — L’arbre peut atteindre jusqu’à i5 m. de hauteur, il fleurit en mai-juin, en corymbes de fleurs blanches régulières. Il est assez répandu dans les forêts et les bois de plaine du Centre et de l’Ouest; c’est l’Alisier le plus commun.
- Ses fruits sont désignés sous le nom d’alises, très rarement sous celui d’alosses. Iis sont réunis en corymbes comme d’ailleurs ceux des deux autres variétés, leur coloration d’abord rouge vire au brun jaunâtre, leur forme est ovoïde, leur grosseur celle d’une cerise recouverte de petites verrues.
- 2° Alisier blanc de neige. Allouchier, Drouiller (Sorbus aria) Crantz. — L’arbre mesure généralement entre n à i5 m. de hauteur, ses fleurs sont également blanches, mais ses feuilles assez grandes sont dentées et non lobées et se distinguent de celles des autres Alisiers par une nuance blanchâtre et cotonneuse en dessous, ce qui a “valu son nom à l’arbre. Il aime les contrées mon-tueuses et calcaires ; s’il est assez rare dans la région de Paris, il est, par contre, répandu dans la Bourgogne.
- Au cours de mon séjour à Barbizon, je l’ai rencontré dans la forêt de Fontainebleau aux côtés de l’Alisier à larges feuilles et j’ai examiné et analysé ses fruits. Ils sont de forme ovoïde, rarement sphérique, à épiderme luisant d’un beau rouge vif ou orangé parsemé de très petits points blancs ; leur corymbe mesure environ o m. o5o à o m. 060 de longueur. La chair est blanc jaunâtre, à saveur très âpre avant maturité et assez douceâtre quand elle est complète, très peu juteuse. Poids moyen d’un fruit : 1 gr. 5o ; poids maximum : 1 gr. 7 ïs; poids minimum : o gr. 621. Ou les désigne, surtout en Bourgogne, sous le nom d'allouches. <.. —•»
- 3° Alisier à larges feuilles. Alisier de Fontainebleau (Sorbus latifolia) Pers. — L'arbre est un peu moinB haut que les précédents, 8 à 10 m. environ. Il ne se distingue de l’Alisier blanc que par des caractères peu importants. Ses feuilles sont nettement plus larges, mais arrondies à la base au lieu d être en coin. On le rencontre surtout dans la forêt de Fontainebleau, puis dans les Vosges et dans quelques bois de l’Est.
- Les fruits sont portés sur des corymbes terminaux d’une longueur totale, du point d’attache à l’extrémité des fruits de o m. o45 à o m. 075.
- La forme des fruits est plus piriforme qu’ovoïde, souvent mamelonnée. L’épiderme est légèrement rugueux, habituellement de nuance gris roux sombre, rarement brun orangé, abondamment pointillé de roux. La chair est d’un jaune verdâtre, assez juteuse, excessivement âpre avec un goût de vert au début de la malu-
- Ces analyses montrent que les alises et les alloucbes sont caractérisées par une haute teneur en sucre, matières pectiques et acide malique, et que, contrairement aux cormes, qui sont des sorbes domestiques cultivées, ce n’est pas le tanin qui ‘rend les fruits immangeables, car elles en contiennent relativement peu, mais cette acidité. D’ailleurs, il en est de même de la part des prunelles et des nèfles que j’ai étudiées et analysées.
- Récolte. — Elle demande quelques précautions à cause de la hauteur des arbres dans lesquels on est obligé de monter. Elle a lieu fin septembre, début d’octobre, quand les fruits ont atteint leur complète maturité. On y procède par gaulage plutôt que par secouage.
- Usages. — On consomme les alises comme fruits de dessert à l’état blet; on en fait une boisson économique, de l’eau-de-vie et du vinaigre, mais les deux premiers usages sont les seuls à conseiller.
- Dessert. — Cette destination un peu prétentieuse ne peut être réalisée que lorsqu’on a laissé blettir les alises et les allouches sur de la paille bien saine. Elles ont alors perdu leur excessive âpreté pour prendre une saveur vineuse et agréable. Ce phénomène est dû à ce qu’en blettissant elles ont évaporé une quantité notable de leur eau de végétation et transformé une partie de leur tanin. Il en résulte, comme le montrent les analyses, par suite de la concentration du jus, une augmentation des autres principes, et c’est ce qui explique comment, bien que l’acidité ait augmenté également, la saveur reste acidulée et agréable au palais : le sucre et les matières pectiques masquent suffisamment l’âpreté et la légère fermentation, qui a pris naissance dans la chair, communique à celle-ci des traces de parfum. D’aucuns prétendent qu’en cet état leur stypticité relative permet de les employer pour combattre la diarrhée.
- Boisson économique. — Il importe de signaler, tout d’abord, que dans l’utilisation générale des fruits sauvages, il faut remédier absolument à leur acidité et à leur astringence qui sont beaucoup plus élevées que dans les fruits cultivés. Il y a deux moyens d’y parvenir dans une certaine mesure, c’est en ne les employant que dans un état de maturité complète ou, ce qui est un cas général, à l’ébullition ou à une cuisson plus ou moins prolongée. Le choix entre ces traitements dépend surtout de la composition chimique des fruits mis en œuvre.
- Dans le cas des alises et des allouches, si l’on tenait à obtenir du jus pour fabriquer une boisson assez alcoolique et de garde, il faudrait avoir soin de ne les écraser que lorsqu’elles sont à moitié blettes, de manière qu’elles ne contiennent pas un' excès de matières pectiques, car, si elles l’étaient complètement, il se formerait une masse pâteuse qui empêcherait toute sortie du
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- VARIÉTÉS
- jus. Les analyses ci-dessus montrent qu’un litre peut contenir, selon l’état des fruits, i35 à 169 gr. de sucre susceptible de fournir 8 à 9 pour 100 d’alcool, c’est-à-dire un tiers en plus que la majorité des cidres actuels. Il est donc possible de préparer avec elles une boisson de consommation courante en leur ajoutant un litre d’eau par kg de fruit, et en procédant comme suit.
- Ecraser les fruits et mettre la pulpe dans un cuvier ; verser dessus de l’eau bouillante de préférence à l’eau froide et l’incorporer à la masse avec soin; laisser cuver 24 à 36 heures en pelletant le tout plusieurs fois afin de diminuer le tanin et l’acidité. Eviter tout contact avec des appareils en fer qui altéreraient la coloration et la saveur du liquide par la formation de tannates et de ma-laies de ce métal. Si l’on opère sur une grande quantité, il sera utile de placer sur la pulpe écrasée une claie qui laissera passer le liquide et retiendra les parties solides. Le cuvage terminé, exprimer, mettre le jus dans un fût, ajouter 100 gr. de levure pour hâter la fermentation et maintenir dans le local une température de i5° à 20°. Fermer avec une bonde hydraulique, filtrante, et quand la fermentation sera presque achevée, ou quand le
- liquide pèsera entre 1010 et ioo5, soutirer dans un autre fût méché et conserver dans une cave fraîche. Si le liquide n’est pas assez limpide le coller avec 8 à 10 gn. de caséine par hectolitre.
- Il est utile de déguster la boisson avant de la consommer et d’en différer l’usage pendant quelque temps, si on la trouve trop âpre ; toutefois, comme elle sera peu alcoolique, il ne faudra pas la garder trop longtemps de crainte qu elle ne contracte la piqûre, danger facile à éviter par la mise en bouteilles ordinaires pour les densités ci-dessus.
- Eau-de-vie. — On distille la boisson pure plutôt que le mélange fermenté de fruits écrasés, mais comme les flegmes ont une odeur spéciale peu agréable, il est recommandé de la leur enlever en partie en les agitant 3 fois par 24 heures pendant 4 à 5 jours avec a kg de poudre de chaibon de bois, par hectolitre. On filtre pour enlever le charbon qui retient l’odeur et on distille de nouveau en séparant avec soin les produits de tête et de queue. On obtient ainsi une eau-de-vie de moyenne qualité. 100 kg d'alises peuvent donner 10 à 12 litres d’eau-de-vie à 5o°. A. Truelle.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- LES SOINS DU VISAGE [Suite)
- Nous avons reproduit (n° 2631) les conseils du Dr Sa-bouraud, qui concernent les soins à donner aux peaux fines et sèches. Ils se résument en peu de mots : il ne faut pas craindre d’employer les crèmes, à la condition qu’elles soient neutres et de bonnes qualités, pour protéger le visage du hâle du soleil, des poussières de la route, et en général de toutes les irritations extérieures.
- Malheureusement, beaucoup de peaux ne sont pas fines et sèches; on en observe fréquemment d’épaisses et grasses sur lesquelles l’application de crème est inutile et n’empêche pas les outrages de l’âge.
- Les peaux grasses doivent cet aspect à une infection chronique microbienne que M. Sabouraud a particulièrement étudiée et dont il a découvert l’agent en 1897. La séborrhée grasse est causée par un microbacille qui envahit les pores sébacés, provoque un suintement continu de sébum, amène le développement dans les glandes hypertrophiées des larves d’un insecte, le Demodex fol-liculovum, qui forment autant de points noirs, et enfin, la quarantaine passée, donne à la peau l’aspect rougeâtre qu’on dénomme la couperose.
- Contre le suintement séborrhéique, M. le Dr Sabouraud ne voit .qu’un médicament actif, le soufre, qu’on peut employer en poudre, en pommades, en lotions ou en solutions.
- Voici quelques-unes de scs formules :
- En poudre par exemple :
- Talc.................
- Oxyde de zinc . . .
- Soufre précipité . .
- en lotion dont le type est la lotion de Vidal.
- Soufre précipité lavé. . 20 gr.
- - Alcool camphré. ... 20 cc.
- Eau distillée . .
- Eau de rose . .
- (agiter)
- en solution : le soufre étant dissous dans le sulfure de carbone
- Sulfure de carbone très pur. 100 centig.
- Soufre octaédrique. .... 3 gr.
- (très inflammable)
- en pommades, et on peut très utilement employer des pommades alcalino-sulfureuses mordantes telles que la pommade d’Helmerich qui agissent souvent mieux que les pommades soufrées simples.
- Les préparations les plus actives sont celles qui contiennent le soufre dissous dans un excipient dissolvant les graisses, ainsi le sulfure de carbone. Mais le sulfure de carbone très cuisant," malodorant et inflammable est d’emploi pénible; il l’est moins quand sa solution est diJuee lie benzène, d’gcétone ou de tétrachlorure de car-
- bone, ainsi que Huerre l’a démontré possible sans précipitation du soufre.
- « Par ces moyens, dit le Dr Sabouraud, on arrive non pas à guérir l’infection séborrhéique, ce qui jusqu’ici reste impossible, mais à la diminuer et à diminuer le vieillissement de la peau qu’elle détermine. Les pores deviennent moins gros, moins visibles,’ moins infundi-bulaires aussi et après six mois de l’emploi journalier de tels moyens, le bénéfice obtenu par le traitement ne fait point de doute pour la personne qui en fait usage.
- Un autre effet de la séborrhée est d’épaissir et infiltrer les tissus du voisinage en déterminant ce qu’on a nommé l’acné hypertrophique. Contre cette hypertrophie qui est plus ou moins marquée mais constante, la compression élastique par les masques de caoutchouc, le massage lent et profond par expression ou à son défaut le massage biquotidien du visage au vibro-mas-seur électrique donnent des résultats progressifs excellents. Mais il faut répéter ce dernier au moins 5 minutes à chaque toilette. On combine ordinairement ce massage avec les traitements précédents.
- Un troisième effet de la séborrhée, surtout passée la quarantaine, c’est l’érythrose et la couperose. Dans l érythrose, tout le tégument est rouge sans qu’on aperçoive sous l’épiderme de vaisseaux visibles. Contre cet état les frictions de neige carbonique de 8 à 10 secondes amènent une diminution rapide et permanente de la rougeur. En une, deux ou trois applications, espacées de quelques semaines, le résultat est obtenu.
- Dans la couperose — ôù les vaisseaux sont visibles — l’ignipuncture fine avec une pointe de galvano faite comme une aiguille provoque par des écluses successives aux points piqués l’obturation des vaisseaux et leur disparition complète, mais à condition que la pointe (au rouge cerise) ne pénètre que d’un quart ou d’un demi-millimètre de profondeur, sans quoi on laisse sur la peau de petites marques creuses définitives. C’est un moyen délicat, difficile à bien mettre en œuvre, mais qui permet de guérir en 7 ou 8 séances des couperoses totales du visage, et ces pointes de feu sont si peu sensibles qu’on arrive à en faire 1000’ou i5oo en une seule séance.
- Il v» sans dire que dans, des cas semblables, quand la pléthore du sujet est évidente, il faut diminuer son alimentation, lui supprimer avant tout le pain, et puis les graisses et les alcools et souvent le malade se trouvera bien d’additionner son eau de boisson pour un verre d’un petit paquet de poudre alcaline :
- Bicarbonate de soude ... o,3o centig.
- Phosphate. . ............ 0,20 —
- Sulfate.................o,io —
- dont l’usage peut être pontipué longtemps, c?r il y a
- aa parties égales.
- | aa 5o cc.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- souvent sous cette couperose un état gastrique permanent d’hyperchlorhydrie dont le réflexe à la peau est congestif. »
- C< s soins du visage ne sont pas seulement affaire de coquetterie ; ils sont aussi affaire d’hygiène. Une peau
- bien entretenue évitera la décrépitude précoce ; elle évitera aussi, dans bien des cas, les accidents de la vieillesse : verrues séniles, nævi et autres excroissances de la peau qui sont souvent l’origine des cancers.
- R. M.
- "m
- BOITE AUX LETTRES
- Erratum. -— La flore des marais tourbeux de l’Erdre (n° afi^o, du 3o août 1924).-- Les légendes des fig. 1 et 1 ont été interverties : celle de la fig. a doit être celle de la fig. 1, Le pont de la Tortière, paysage1 vu du pont, et celle de la fig. 1 doit être celle de la fig. 2, Ilot de v Jypha angusiifolia », etc.
- Communications. — La destruction des fourmis. — Un de nos lecteurs, M. Convert, nous écrit :
- « Les fourmis me paraissent tourmenter vivement vos lecteurs depuis quelque temps.
- Yoici un moyen tiès simple et très ancien de les détruire.
- Placer un morceau de sucre sur une petite assiette, l’arroser goutte à goutte de liqueur de Fowler, lentement de façon à transformer sur place le sucre en sirop sans grand excès de liquide. Mettre l’assiette sur le trajet des fourmis, a Vobscurité (si le lieu n’est pas naturellement obscur, recouvrir l’assiette). Les fourmis Irès friandes de ce sirop l’ont vite absorbé et au bout de très peu de temps, il ne reste ni sucre, ni fourmis, ces dernières sont allées mourir dans leur trou de leur excès. S’il reste encore des fourmis, c’est qu’il n’y a pas eu assez de sirop de Fowler pour toutes, recommencer. »
- Concours spécial entre amateurs pour réalisation d’appareils de réception alimentés sur alternatif et utilisant des transformateurs Ferrix. — Nous sommes informés que M. Etienne Lefebure (Maison Ferrix), met à la disposition du Jury de la 3° Exposition-Concours de T. S. F. une somme de 1000 francs qui devra être attribuée en un ou plusieurs prix entre les amateurs ayant réalisé à l’aide de transformateurs Ferrix, les meilleurs montages pour réception à l’aide des courants alternatifs de secteurs.
- L’examen des appareils et leur essai auront lieu au cours de l’Exposition.
- Les postes seront classés en trois divisions.
- I. Poste à détection par galène :
- i° Section Postes à une lampe. a0 — — deux —
- 3° — — trois —
- 4° — — quatre lampes et plus.
- II. Postes à détection par lampes :
- i° Section Postes à une lampe.
- — — deux —
- 3” — — trois —
- 4° — — quatre lampes et plus.
- III. Divers.
- Pour tous renseignements, s’adresser à l’Association des Petits Fabricants et Inventeurs, i5i, rue du Temple.
- Réponses. —- G. B., Thonon. — On admet, en général, qu’il faut l’oreille d’un musicien, surtout d’un violoniste exercé, pour distinguer deux sons dont l’intervalle est de x comma. Une oreille ordinaire ne les distingue pas en général.
- M. Malbry, à Genève. —- Les essences de fruits arti-» ficielles sont pour la plupart dès éthers d’alcools supérieurs et d’acides organiques, leur préparation est du domaine du chimiste et non de l’amateur. L’ouvrage, La Parfumerie, par Auguste Perret, éditeur, Albin "Michel; rue Huyghens, vous montrera quelques exemples de préparations de ce genre et celui d’Otto, l'Industrie des parfums, vous donnera les renseignements les plus complets sur la question. Editeur : Dunod, a, rue Bonaparte.
- M. Coderch, à Perpignan. — i° Pour rebronzer votre carabine, faire un mélange de :
- Chlorure d’antimoine. . . 20 grammes.
- Huile de lin.............. 100 —
- chauffer pour rendre homogène et enduire le canon de la mixture au moyen d’un chiffon de laine. Laisser exposé à l’air une journée, essuyer, puis passer sur le métal une flanelle portant une trace d’encaustique pour faire briller. Ce procédé, bien que ne donnant pas le fini du bronzage réglementaire permet cependant d’obtenir des résultats très satisfaisants lorsque l’on a acquis le tour de main, a0 Vous pouvez obtenir un savon liquide en opérant ainsi : introduire dans un ballon en verre :
- Huile d’olives............... . 3o c. c.
- Lessive de soude à 36° B. . , 10 —
- Alcool à 900 ................. 10 —
- Chauffer au bain-marie bouillant pendant i5 à 20 minutes pour former le savon, puis ajouter :
- Glycérine blonde..............200 c. c.
- Laisser digérer 24 heures, puis additionner de Eau de pluie. ^ . 800 c. c.
- Alcali volatil. ........ 10 gouttes.
- Bien mélanger, abandonner au repos jusqu’à éclaircissement, décanter le liquide limpide et mettre en flacons, après avoir teinté si on le désire par une trace de bleu de méthylène qui, combiné au jaune, donne une coloration verte.
- M. Bouton, à Clermont-Ferrand. — Le nettoyage des vases de marbre ne préjsente aucune difficulté, il suffit de les immerger dans un bain d’eau très chaude additionnée de 20 gr. par litre de lessive de soude caustique du commerce (potasse des peintres), une vieille lessiveuse peut parfaitement convenir pour cet usage. On laisse en contact 24 heures, puis savonne avec une brosse en chiendent, finalement on rince à l’eau pure, toutes souillures doivent avoir disparu.
- M. Queyron, à La Réole. — i° Le ravivage de la couleur d’un tissu est subordonné à la nature de cette couleur et à sa fonction chimique, D’une manière générale on emploie, soit un bain légèrement acidulé par l’acide acétique, soit un bain alcalinisé par quelques gouttes d’ammoniaque, un petit essai sur un coin de l’étoffe vous permettra de vous rendre compte de l’efficacité avant d’entreprendre le traitement en grand, a0 Vous trouverez des statues, colonnettes et articles pour la décoration des jardins dans les maisons qui suivent : Goignet, 20, rue de Londres; Crétolle, 120, avenue des Champs-Elysées ; Gouvert, 18, rue de Fourcroy; Walle, 17, rue de Constantinople. 3° Le silicate de soude étant meilleur marché que le silicate de potasse peut lui être substitué sans inconvénient, une solution à io° B. convient très bien pour imprégner les ossements fossiles et leur donner de la solidité.
- M. Bonenfant, à Quessoy, Côtes-du-Nord. — Le citrate de soude est employé à la dose de 2 gr. 5 par litre, pour empêcher la coagulation du sang, son usage est contre-indiqué pour la fabrication du boudin, puisque le sang resterait liquide à l’intérieur du boyau; en tout cas, le produit serait inoffensif au point de vue alimentaire.
- Ecole Normale de Clermont-Ferrand. — Dans le cas que vous indiquez : construction de cuvettes en bois pour dissection, nous croyons que le moyen le plus simple d’assurer l’étanchéité sera d’interposer entre les parties de bois à joindre et avant clouage une mince feuille de caoutchouc pur Para, dit feuille anglaise. Si les cuvettes sont déjà construites et que vous ne veuillez pas les déclouer, il suffira très probablement d’enduire l’intérieur d’un vernis épais obtenu en faisant dissoudre de la gomme laque dans l’alcool (La concentration n’a aucune importance.) Avoir soin de ne faire l’application que sur le bois bien sec, sans quoi le vernis ne prendrait pas.
- (Voir la suite p. LXXXVIII).
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Traité général de stéréoseopie, par E. Colardeau. i vol. aa5 p., xa5 fig. Planches anaglyptes hors texte. Çh. Mendel, éditeur (J. de Francia, successeur), Paris, 1924. Prix : 22 francs.
- L’auteur-de cet ouvrage, ancien collaborateur de Cailletet, a su, au cours d’une carrière bien remplie, être à la fois, physicien de mérite, professeur excellent et inventeur. Les qualités nécessaires à ces trois genres d’activité intellectuelle ont été mises en œuvre dans ce livre 5 les phénomènes sont analysés avec toute la rigueur critique du physicien ; mais l’exposé et les démonstrations sont faits avec une clarté et un attrait qui révèlent immédiatement le professeur. Enfin, de nombreuses solutions originales apportées à divers problèmes montrent que l’auteur a appliqué, avec succès et à maintes reprises, ses facultés inventives à la stéréoseopie. Il analyse tout d’abord les causes de la perception du relief et montre la part importante, mais non exclusive, jouée dans cette sensation par. la vision binoculaire. La photographie
- • stéréoscopique ordinaire repose sur ce dernier mécanisme; mais il cesse de jouer à partir d’une certaine distance; cependant on peut, grâce à l’hy perstéréo-scopie, obtenir des images en relief d’objets très éloignés, à condition de prendre les deux photographies, non plus à l’écartement des yeux, mais aux extrémités d’une base assez grande. L’auteur donne toutes les indications théoriques et pratiques nécessaires pour faire avec succès, en toutes circonstances, de la sté-réoscopie ordinaire ou à grande base; il expose aussi les nombreuses applications que peut recevoir la stéréoseopie ; ce n'eât pas seulement, comme beaucoup le pensent, une distraction scientifique ; la pho-togrammétrie, par exemple, qui permet de faire à la machine, sur épreuve photographique, le nivellement d’une contrée est une application de la stéréoseopie ; il y en a d’autres : l’observation stéréoscopique des photos d’avion a rendu, pendant la guerre, de grands services. La météorologie, l’astronomie peuvent aussi tirer grand parti de la stéréoseopie.
- L’ouvrage de M. Colardeau contribuera puissamment à développer rapidement ces utiles applications.
- Théorie quantique des Spectres. La Relativité, par Norman Robert Campbell. (Supplément à l’ouvrage la la Théorie électrique moderne) traduit de l’anglais par A. Corvisy. 1 vol. 238 pages. J. Hermann, éditeur. Paris, 19x4- Prix broché : 18 francs.
- L’étude des raies spectrales a fait en ces dernières années de rapides progrès, grâce aux théories de Bohr, dérivées de la théorie des quanta. On a réussi à débrouiller les relations qui relient entre elles les familles de raies en apparence si touffues et confuses, par lesquelles se caractérise chaque élément chimique. La spectroscopie, autrefois technique de pure nomenclature, a ainsi trouvé un guide précieux qui la rattache au mécanisme intime de l’atome. C’est cette branche toute récente de la science qu’expose M. Campbell dans la première partie de son nouvel ouvrage, supplément à son livre bien connu sur la théorie électrique moderne. Exposé synthétique de haute vulgarisation qui rendra grands services à tous ceux qui désirent suivre les, grandes étapes de La physique, sans pouvoir aborder l’étude des mémoires originaux. La seconde partie de l’ouvrage est consacrée à un résumé de théories de la relativité restreinte et généralisée; l’auteur s’efforce d’être accessible à tous et il insiste beaucoup, peut-être un peu trop, sur les réflexions philosophiques que peut provoquer l’étude de ces théories.
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- la photographie, par R. Millaud, j vol. 190 p., 161 fig., Hachette, éditeur. Paris. Prix : 6 fr. 75.
- ! Excellent ouvragé d’initiation, logiquement composé et clairement écrit. L’auteur étudie successivement les éléments de la photographie, il montre leur rôle, et indique comment ils doivent être employés : tout d’abord l’objectif et ses accessoires, puis la chambre noire, et les différents types d’appareils photographiques, ensuite la surface sensible, et le
- temps de pose, puis le développement, le tirage des positifs, les projections et les agrandissements. Quelques pages sont consacrées à la stéréoseopie et à la photographie des couleurs. L’auteur termine en jetant un coup d’œil sur les principales applications à la photographie : impressions photomécaniques, microphotographie, radiographie, photographie judiciaire, etc.
- La carbonisation des bois, lignites, tourbes, par Cii. Ma-riller, i vol. de 347 p-» 82 fig., Dunod, éditeur. Paris, 1924. Prix broché : 3g francs.
- La France est un grand pays forestier; elle a su, par une politique qui fait la juste admiration de 1 étranger, préserver et entretenir ce précieux capital qu’est la forêt. Par contre, elle n'a pas encore tiré tout le parti qui convient des bois, qui en constituent le revenu. L’industrie de la carbonisation des bois, d’origine française cependant, et qui permet de retirer des sous-produits de la forêt non seulement le charbon de bois, mais encore des produits chimiques précieux à tous égards, n’est encore pratiquée que d’une façon trop primitive. M. Mariller, un spécialiste de la distillation des bois, rend donc un signalé service, en publiant, à un moment où chacun en sent le besoin, un ouvrage technique à la fois complet et pratique sur les méthodes modernes de carbonisation des bois, il décrit et compare les différentes méthodes actuellement en usage, après avoir mis en évidence les différents facteurs qui peuvent influencer le rendement. 11 indique aussi, avec tous les détails nécessaires, comment doit être montée une usine pour le traitement dubois.
- Il étudie également avec détails la carbonisation des résineux qui n’est pas encore, on ne sait trop pourquoi, pratiquée chez nous. Enfin, il résume, à la fin de son livre, l’importante question de la distillation du lignite et de la tourbe; là encore tout est à faire chez nous.
- Précis d'automobile, par André Contet (20 édition),
- 1 vol. 43o p., 184 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1924. Prix : 20 francs.
- L’auteur décrit successivement, sous une forme accessible à tous, les divers organes qui constituent l’automobile. Il en montre le rôle et le fonctionnement; il indique, quand il y a lieu, les diverses solutions pratiquement employées pour résoudre un problème mécanique déterminé. Enfin, pour chacun des organes il signale les diverses causes de pannes et les remèdes. Ouvrage essentiellement pratique, bien conçu et bien rédigé, qui rendra de grands services à tout automobiliste désireux de s’initier au mécanisme de sa voiture.
- La matière vivante. Organisations et différenciations. Origines de la vie. Colloïdes et mitochondries, par J. Ivunstler et Fred. Prévost, i vol. in-8, 253 p., 82 fig. Masson et Cie, Paris, 1924. Prix : 18 francs.
- En 1882, Künstler décrivait dans le protoplasma des « sphérules » qui lui paraissaient un élément fondamental de la matière vivante. Après lui, il y eut les vacuolides, les granula, les mitochondries, et l’on oublia quelque peu le précurseur. Aujourd’hui, il rappelle ses découvertes dans ce livre vivant, passionné, personnel où l’on trouve beaucoup d’idées et de réflexions judicieuses sur le rôle de la mode et des passions dans les recherches scientifiques. L’auteur rappelle dans une première partie ses idées sur la constitution de la matière vivante ; dans une seconde» il indique ses observations personnelles et la manière de les répéter et de les vérifier. Cet exposé vibrant d’un effort trop méconnu est à la fois un plaidoyer et une leçon qu’on lit avec beaucoup d’intérêt et de profit.
- Les métamorphoses de la force, par A. Larivièrle, .1 vol. 3o5 p. Desforges, éditeur, Paris, 1923.
- « Si le lecteur comprend ; le but est atteint, sinon qu’importe », dit l’auteur dans sa préface. Nous avons lu et nous avouons n’avoir rien compris.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2633
- 20 Septembre 1924
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- INFORMATIONS
- Les « atmosphériques » ou parasites en T. S. P.
- — Le mot « atmosphériques » est aujourd’hui le terme officiel pour désigner les bruits parasites qui viennent perturber, souvent même paralyser, de la façon la plus capricieuse, les réceptions radiotélégraphiques ou radiophoniques. Les atmosphériques sont actuellement l’un des plus graves obstacles au développement de la T. S. F.; on a inventé mille dispositifs plus ou moins efficaces pour supprimer ou réduire leurs effets, mais on ne saurait dire que la question soit actuellement résolue. Elle est d’autant plus difficile que ces parasites perturbateurs sont, eux-mêmes, fort mal connus et mal expliqués. N’a-t-on pas été jusqu’à voir, dans certains d’entre eux, de mystérieux messages de la planète Mars? Une autorité en matière de T. S. F., M. Austin, du Bureau of Standards, de Washington, a récemment publié dans le Bulletin ofthe National Research Council un résumé de nos connaissances actuelles sur les atmosphériques.
- Les atmosphériques sont en général le plus violents durant les mois les plus chauds, et particulièrement intenses dans les régions tropicales. Leur intensité est variable d’une année à l’autre. D’autre part, elle augmente très rapidement avec la longueur d’onde sur laquelle l’appareil récepteur est accordé, c’est-à-dire que les transmissions sur grandes longueurs d’ondes, généralement employées pour les communications à grande distance, sont beaucoup plus sensibles aux atmosphériques que les transmissions sur ondes courtes.
- Le physicien anglais Eccles a donné une classification des atmosphériques, suivant les sons qu’ils produisent dans le téléphone; il distingue les claquements, les sifflements, les grondements et les crachements.
- Les claquements et sifflements sont d’importance relativement faibles ; les premiers sont dus à des éclairs éloignés; les seconds à des décharges de poussières, de neiges ou de pluies, chargées électriquement et venant frapper l’antenne.
- Les grondements forment le type de perturbations le plus commun. On est généralement d’avis qu’ils consistent en trains d’ondes électriques fortement amorties, ou même en pulsations isolées, sans période. Il peut cependant exister dans le phénomène une certaine périodicité, car l’on observe parfois que certaines décharges individuelles ne sont pas entendues simultanément sur des postes accordés sur des longueurs différentes. Mais ces décharges sont si nombreuses et de fréquences si diverses, qu elles forment une sorte de série spectrale de perturbations, et il en est toujours parmi elles un certain nombre qui troublent un poste récepteur accordé sur une longueur d’onde donnée.
- On ignore la cause des grondements. Il est probable qu’ils sont produits dans la haute atmosphère par des rajustements électriques. Les plus puissants « atmosphériques » à grondements semblent provenir fréquemment de centres bien définis, qui souvent paraissent situés au-dessus de régions montagneuses. C’est ainsi qu’On a observé qu’un grand nombre de ces perturbations éprouvées par les postes américains de la Côte du Pacifique, dans les Etats de l’Orégon et de Washington, semblent provenir de la direction du Mont Rainier. D’autres centres, bien nets, ont été observés dans les montagnes à l’Est de San Francisco et San Diego. Ces centres ont une remarquable fixité; depuis leur découverte en 1920, leurs emplacements n’ont pas changé.
- Parmi les autres causes attribuées aux grondements, on peut citer :.les grandes villes, sans doute à cause des courants ascendants d’air chaud qu’elles provoquent ; les nuages orageux et les fronts des zones de pluies. En tout cas, on peut afffîrmer que les grondements naissent le plus souvent au-dessus de la terre ferme, car les navires en pleine mer sont fort peu éprouvés par ce genre de perturbations. L'intensité des grondements paraît en relation intime avec la position du Soleil sur l’écliptique. Les postes voisins de l’Equateur observent ainsi, chaque année, deux maxima bien nets, lorsque le Soleil passe au zénith.
- Lorsque les perturbations proviennent d’un foyer de position bien déterminée et dont la direction ne coïn-
- cide pas avec celle du poste émetteur, on peut souvent en éliminer une grande partie et améliorer la, réception, en utilisant des appareils récepteurs à réception dirigée. Malheureusement, il existe le plus souvent des centres secondaires, tels que nuages locaux, massifs montagneux voisins, qui lancent sur le poste récepteur des parasites provenant de plusieurs directions à la fois. Certains emplacements géographiques jouissent cependant du privilège de n’être affectés que par des atmosphériques provenant d’une direction bien déterminée. C’est ce qui se produit en plusieurs points de la côte de Californie aux Etats-Unis; en ces points on peut débarrasser de tout parasite les réceptions provenant de l’Océan Pacifique.
- La quatrième catégorie de perturbations est celle des crachements; elle n’est pas toujours facile à distinguer des grondements, car ces derniers débutent très souvent par un crachemeut. Le crachement proprement dit n’est pas suivi de grondement. Les crachements ne semblent pas avoir de directions privilégiées; un certain nombre d’observations tendent à montrer qu’ils se manifestent simultanément en des postes très éloignés les uns des autres, par exemple à San Francisco et Honolulu. On a émis l’hypothèse que ces perturbations pouvaient avoir pour origine des explosions solaires, mais sans apporter de preuves bien décisives à une telle affirmation. Les crachements paraissent particulièrement nombreux, les jours où l’on observe des perturbations telluriques intenses dans les lignes télégraphiques et les câbles sous-marins.
- En terminant son exposé, M. Austin fait ressortir la nécessité, pour résoudre les problèmes posés par les atmosphériques, d’entreprendre sur tout le globe une campagne méthodique et concertée d’observations quotidiennes, conjuguées avec des observations météorologiques, sismologiques et volcaniques.
- La prospection électrique du sol. — Nous avons indiqué, il y a quelque temps déjà, à propos des recherches de M. Schlumberger, en quoi consistent les méthodes de prospection électrique du sol. Deux ingénieurs suédois, MM. Lundberg et Nalhorst, ont, depuis 1918, entrepris l’application de ces méthodes dans leur pays, et le succès a couronné leurs efforts; en effet on leur doit la découverte à plus de 700 km au nord de Stockholm, dans une région dont la constitution géologique est voilée par les apports glaciaires, de deux gisements importants, l’un de minerai de fer, l’autre de sulfure de cuivre. Tous deux sont situés dans le district de Skelleftea; l’un est le gisement de Kristineberg découvert en 1918, l’autre celui de Bjurfors découvert en 1922. Rappelons que la méthode de prospection employée consiste à envoyer un courant électrique dans le sol, au moyen de deux électrodes et d’une dynamo ou d’une batterie de piles, puis l’on détermine la distribution du champ électrique dans le sol au moyen d’un fil mobile muni de a électrodes non polarisables, qui servent de prise de terre avec un galvanomètre au milieu du fil. On dresse ainsi une sorte de carte, dont l’étude révèle, à un lecteur exercé, la présence dans le sol de causes perturbatrices du champ électrique, telles que des masses relativement conductrices du courant comme l’oxyde de fer ou génératrices de courant comme les sulfures.
- Pour économiser le gaz des dirigeables. — Lorsqu’un ballon s’allège, par perte de lest par exemple, il tend à s’élever; le gaz contenu dans son enveloppe tend à se dilater, et finalement il faut qu’une certaine quantité s’en échappe dans l’atmosphère pour que le pouvoir ascensionnel du ballon reste' égal au poids de l’engin. Aussi dans un dirigeable, qui au cours de sa navigation doit chercher à se maintenir pendant de longs intervalles de temps à une altitude constante, importe-t-il que le bâtiment garde un poids aussi invariable que posdble. Or, le moteur brûle constamment de l’essence, et les produits gazeux de cette combustion sont rejetés à l’atmosphère. Le ballon, de ce fait, s’allège donc continuellement et dans une proportion qui n’est pas négligeable. On s’est donc préoccupé de supprimer cette cause de perte de gaz et cette difficulté de pilo-
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- INFORMATIONS
- tage. Aux Etats-Unis, où l’on gonfle certains dirigeables avec l’hélium, gaz rare et fort coûteux, on devait plus que partout s’attacher à éviter toute dissipation inutile de gaz. Aussi les services aéronautiques militaires de ce pays ont-ils mis au point un dispositif destiné à condenser sur les dirigeables une partie des gaz d’échappement du moteur, de façon à éviter toute perte de poids.
- L'essence, en effet, est un carbure d’hydrogène qui en brûlant donne de l’eau et de l’acide carbonique. Il est à noter que les gaz qui s’échappent sont beaucoup plus pesants que l’essence elle-même, car aux éléments constitutifs de l’essence s’est ajoutée une forte proportion d’oxygène empruntée à l’air. C’est ainsi que la combustion de i kg d’essence donne i kg 4 d’eau, sans parler de l’acide carbonique.
- Si donc on condensait toute l’eau formée, non seulement le dirigeable ne s’allégerait pas, mais il s’alourdirait. En fait, cette récupération totale est impossible, pour beaucoup de raisons, et la condensation de l’eau en pratique équilibre le poids de l’essence brûlée. Cette condensation s’opère dans un petit condenseur en tubes d’aluminium que traversent les gaz de la combustion; le refroidissement de ces tubes est assuré simplement par l’air ambiant. L’eau s’y condense, on la rassemble et on l’envoie dans les réservoirs à ballast.
- Nouveaux gisements radifères. — La situation de l’industrie du radium a, on le sait, rapidement évolué dans ces derniers temps. Le principal pays producteur de cette précieuse substance a été longtemps les Etats-Unis; la découverte et la mise en exploitation des gisements du Congo, qui donnent un minerai beaucoup plus riche que ceux des Etats-Unis, a, en 1922, transporté des Etats-Unis en Belgique le centre principal de production. En même temps, le prix du radium a considérablement baissé, pour le plus grand bien de l’humanité, puisque les applications du radium sont actuellement presque exclusivement d’ordre 5 médical. En 1922, ce prix est tombé à 70 dollars par milligramme. A Madagascar, on a constaté également l’existence de minerais de radium abondants et à haute teneur, et il semble que dans un avenir prochain notre possession de l’Océan Indien pourra à son tour intervenir, d’une façon efficace, sur le marché.
- A Ferghana, dans le Turkestan russe, on a découvert récemment des gisements de pechblende dont la teneur en radium serait supérieure à celle des minerais congolais et on se préoccupe de les mettre en valeur. Dans la Rhodésie du Nord, possession britannique, on a découvert aussi des minerais d’uranium qui se prêteront peut-être à l’extraction du radium. Notons, enfin, que les célèbres mines de Joachimstahl en Bohême, aujourd’hui en Tchéco-Slovaquie et qui ont fourni aux Curie les premiers minerais radifères, sont toujours en activité. De 1911 à 1922, elles ont donné des minerais qui ont permis d’extraire en tout 22,3 gr. de radium.
- Un alliage auto-lubrifiant pour paliers. La géné-
- lite. — Le produit, fabriqué par la General Electric C° des Etats-Unis, est un alliage spécial, poreux et qui a la propriété de s’imbiber d huile qu’il retient énergiquement dans ses pores. Pour le fabriquer, on mélange intimement du cuivre, de l’étain et du graphite, préalablement réduits en poudre très fine; ce mélange est comprimé dans un moule, puis on le chauffe à une température suffisante pour brûler et éliminer le graphite ; le cuivre et l’étain s’allient pour former une masse métallique aux pores microscopiques. La porosité de ce produit est telle qu’il absorbe instantanément l’eau ou l’huile, à la façon d’un papier buvard. On l’emploie, dans, la construction des paliers, comme métal antifriction. On l’imbibe d’huile et il retient si bien celle-ci qu’il n’est besoin de la renouveler qu’à intervalles très éloignés.
- La Shérardisation. — Ce terme désigne un procédé de galvanisation, imaginé vers 1900 par M. Sherard-Cowper-Coles. L’inventeur vient d’en donner, dans la revue anglaise Engineering un exposé détaillé que nous croyons intéressant de résumer. La shérardisation consiste à revêtir un métal d’un enduit de zinc adhérent, en le chauffant au contact de la vapeur de zinc. On place le métal dans un vase clos avec de la poudre de zinc et on le chauffe aux environs de 3i5°, température
- inférieure au point de fusion du zinc ; la poudre de zinc employée ne doit pas être confondue avec l’oxyde de zinc ; c’est la poudre de zinc du commerce provenant de la distillation du zinc à partir de ses minerais. Ce produit est une poudre très fine dont les particules sont formées de zinc métallique enrobé dans une couche d’oxyde de zinc (la teneur est d’environ 85 pour 100 de zinc métallique et i5 pour 100 d’oxyde). Une des propriétés caractéristiques de cette poudre est qu’elle ne peut être fondue, ni réduite à l’état métallique pur dans les conditions ordinaires, même lorsqu’elle est chauffée à très haute température sous des pressions élevées.
- La shérardisation se pratique de la façon suivante : on place les objets à traiter et la poudre de zinc nécessaire dans des tambours cylindriques, horizontaux, d’où l’on chasse l’air et que l’on clôt hermétiquement. On amène alors ces tambours dans des étuves chauffées au gaz et que l’on porte à la température voulue, rigoureusement contrôlée. Lorsque la chauffe a duré le temps nécessaire, on retire les tambours, on les laisse refroidir à l’air libre, puis on les vide sur une grille qui retient les objets traités, et laisse tomber la poudre de zinc non utilisée, que l’on récupère pour les opérations ultérieures.
- La shérardisation permet notamment d’obtenir des revêtements décoratifs qui donnent aux objets traités l’aspect d’un métal damasquiné. Le procédé est applicable à un très grand nombre de métaux. On opère comme il suit : sur l’objet à traiter, on réserve les parties qui ne doivent pas recevoir le dépôt de zinc; à cet effet on les recouvre d’une pâte protectrice spéciale. Puis l’objet est placé dans une boîte contenant la poudre de zinc et cuit à une température de 3i5° environ. Le zinc adhère aux parties non recouvertes et y forme une véritable incrustation dont l’épaisseur dépend de la durée de la cuisson. La pâte protectrice, convenablement maniée, permet également de réaliser divers effets de composition et de coloration; par exemple, si le métal à traiter est du cuivre, aux endroits où la pâte protectrice aura été déposée en couche mince, il se formera du laiton, par alliage entre le zinc et le cuivre ; aux endroits où le cuivre est découvert, il se formera des incrustations de zinc ; aux endroits enfin où la pâte protectrice est en couche épaisse, le cuivre sera maintenu intact. On peut, par ce moyen, obtenir, à bon marché, les effets décoratifs les plus variés.
- Le procédé, récemment développé sous le nom de calorisation, est un développement de la shérardisation, avec cette différence que la poudre de zinc est remplacée par de la poudre d’aluminium et que la cuisson s'effectue à une température beaucoup plus élevée. La calorisation est surtout employée pour donner à des objets en fer soumis à des températures élevées un revêtement protecteur qui les empêche de s’oxyder et de s’écailler.
- Les Macareux du Finistère. — A la suite de notre article sur les Macareux et sur les espèces exotiques du même groupe, article intitulé « Les oiseaux qui changent de masque », paru dans le n° 2622 de La Nature, une très intéressante lettre nous a été adressée.
- Notre correspondant nous signale que de nombreux Macareux viennent nicher dans « les Tas de Poids », petites îles rocheuses qui prolongent la pointe de Pen’hir, près de Camaret, tout au bout de la presqu’île de Crozon située entre la rade de Brest et la baie de Douarnenez.
- « Les Tas de Poids », à proximité de la côte dangereuse, ne sont accessibles qu’en barque, par beau temps et leur escale est très malaisée. Ces îlots rocheux sont littéralement minés par les Calculos, écrit notre lecteur. Au mois de mai, il est difficile d’accéder au sommet de l’île sans écraser des nids. Et le nombre des Oiseaux de mer qui prennent leur vol lorsqu’on débàrque sur l’une des îles est réellement extraordinaire. En même temps que les Macareux, Fratercula aretica Lin., une quantité considérable de petits Pingouins Âlca Torda Lin., viennent nicher sur les Tas de Poids.
- En remerciant notre correspondant de ces premiers détails sur les Macareux du Finistère, nous l’informons que « La Ligue française pour la protection des Oiseaux », avertie, aspire à étendre aux Tas de Poids les mesures protectrices qu’elle a instituées aux Sept-Iles, en faveur des Macareux.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- «8M. Apiculture
- La ruche Prima. — Tous ceux qui s’occupent des abeilles savent quel immense progrès a été apporté dans cette branche captivante de l’agriculture par l’invention de la ruche à cadres. Cet engin, démontable, pourvu de cadres amovibles, a permis, à l’apiculteur, de donner aux merveilleuses fabricantes de miel les soins complexes qu’elles exigent, et en même temps d’obtenir d'elles des rendements supérieurs à ceux que fournissent les antiques et barbares méthodes apicoles.
- Une ruche bien comprise doit, tout d’abord, fournir une demeure conforlable, bien protégée contre les intempéries et contre les variations de température, aussi inaccessible que possible aux ennemis des abeilles et aux amateurs de miel. Tout ce qui peut économiser le travail d’architecte de l’abeille représente un gain pour la production du miel.
- La ruche à cadres s’efforce de répondre à ces préoccupations. Eu outre, elle a été imaginée pour permettre à l’apiculteur de récolter le miel sans massacrer les abeilles, suivant la coutume cruelle nécessaire avec les vieilles ruches de paille. C’est pourquoi elle est formée de parties démontables. Enfin elle permet à l’apiculteur de contrôler aisément l’activité de la ruche et d intervenir, s’il en est besoin. Elle a permis l’apiculture scientifique.
- La ruche Prima est une ruche à cadres, pourvue d’un certain nombre de perfectionnements fort intéressants, inspirés à son inventeur, M. Bergounioux, par une longue pratique apicole.
- Notamment elle se différencie des ruches du même type par son toit et son plateau qui, construits de préférence en ciment armé, la rendent imputrescible et de durée illimitée.
- Le toit posé librement sur le couvercle de la ruche est solidaire d’une chemise qui entoure la hausse ou, lorsque celle-ci est enlevée, le corps de ruche, d’un matelas d’air calorifuge.
- De part et d’autre du toit sont pratiquées dans ses parois 2 ouvertures d’aération servant également à cadenasser la ruche à l’aide d’une tringle articulée.
- La hausse type de la ruche Prima comporte 12 cadres de 11 X 33,5 pouvant contenir chacun 3 sections améri-
- rig. 1. — La ruche Prima montée sur son plateau de ciment armé.
- caines. Aux deux regards vitrés ménagés latéralement dans la hausse correspondent deux autres regards fermés de volets pleins ménagés dans la chemise.
- La hausse est fermée à sa partie supérieure par un plafond posé sur elle et constitué par trois planches réunies par un cadre de caoutchouc.
- Le couvercle de la ruche, plus épais que le plafond, repose sur le cadre élastique par l’intermédiaire de règles fixées à la périphérie du couvercle, en saillie sur sa face inférieure. Il y a ainsi un matelas calorifuge
- d’air entre le plafond et le couvercle. L’étanchéité du joint est assurée par le poids du toit qui repose librement.
- Le plafond et le couvercle sont percés d’un trou pour le nourrissement, c’est-à-dire pour apporter aux abeilles, dans les moments critiques où les fleurs manquant, leurs provisions viennent à s’épuiser, le secours
- Lig. 2. — Les éléments démontables de la ruche Prima.
- faute duquel toute la colonie périrait. Le corps de ruche se compose de 14 cadres de 26 X 33,5 rendus impropoli-sables par leur mode de suspension à crémaillère et leurs crochets séparateurs d’un modèle nouveau. La hausse repose sur le corps de ruche sans encastrement.
- Le plateau présente 2 versants opposés dont la déclivité est dirigée vers l’extérieur de la ruche. Le versant avant se prolonge et forme porche d’entrée. Il est creusé de rigoles en vue de drainer sa surface et porte des saillies qui facilitent aux abeilles l’accès aux cadres.
- Le porche d’entrée est protégé par un auvent métallique mobile, pouvant occuper deux positions, la seconde position garantissant l’entrée de la ruche contre la neige ou une lumière trop vive.
- L’espace compris entre les bases avant et arrière du corps de ruche et le plateau est obturé à l’aide de 2 liteaux que l’on peut déplacer à volonté suivant la pente d’un des versants du plateau. La fixation de ces liteaux a lieu à l’aide de crochets doubles tournants.
- Cette manœuvre des liteaux assure une plus ou moins grande ventilation. En supprimant les liteaux, le nettoyage de la ruche est pratiqué automatiquement par les abeilles grâce à la déclivité du plateau.
- Le liteau avant est muni de 2 portes à coulisse et d’une plaque antipillage. Le liteau arrière fait place à un nourrisseur spécial pouvant être alimenté par une bouteille renversée et permettant de se rendre compte à tout instant de la quantité de sirop absorbée sans pour cela entrer en contact avec les abeilles.
- Les pieds du plateau, qui font corps avec ce dernier, sont en retrait, ce qui rend difficile l’accès de la ruche aux ennemis des abeilles.
- Le constructeur de cette ruche est M. Jean Bergounioux, ingénieur civil à Gramat (Lot).
- !ïr> Hygiène ^
- Pièges à puces. — Certes une propreté rigoureuse, le lavage du plancher à grande eau à défaut d’un cirage soigneux, constitue le moyen le plus sûr de se débarrasser radicalement des puces, soit en tuant les larves très sensibles à l’humidité, soit en les privant de tout élément nutritif. Il n’en est pas moins vrai que dans certaines circonstances, un procédé rapide de chasse peut rendre de grands services en débarrassant tout au moins d’une bonne partie des puces adultes. C’est pour satisfaire à ce désideratum que le Dr Millet-Horsin, correspondant du Muséum, propose de construire un piège à puces de la manière suivante : il prend un récipient quelconque en fer-blanc, assez large et de 2 cm
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- de profondeur. Au centre de Ce récipient il en fixe un autre beaucoup plus petit, mais un peu plus haut (3 à 4 cm de hauteur). Dans le récipient du centre il met de l’eau, puis une couche d’huile à brûler avec une veilleuse allumée. Le grand récipient est rempli d’eau savonneuse. Le Dr Millet-Horsin aurait retrouvé le matin dans l’eau savonneuse jusqu’à 200 puces noyées. Il ajoute : « Si le piège est à portée d’un sujet qui se déshabille pour se coucher, on voit les puces se précipiter ; comme leur saut est trop rapide pour l’œil, on a l’impression de les voir apparaître dans l’eau de savon. »
- La communication du D' Millet-Horsin, qui a eu lieu le 10 juillet à la Société de Médecine et d’Hygiène coloniale de Marseille, a été suivie de quelques observations de M. Thiroux. Ce dernier a rappelé que les Chinois utilisent des pièges à puces constitués par un bambou enduit de glu, inséré dans un bambou plus gros et ajouré. Les Chinois garnissent leurs lits ou même leurs mamhes ou les jambes de leur pantalon de ces petits appareils qui se montreraient très efficaces. A ce sujet, le D1 Thiroux donne les formules des glus utilisâmes. L’une est composée de 8 paities de résine et de 5 parties d’huile de ricin dont on assure le mélange en le portant à l’ébullition; l’autre est composée de 57 parties de poix de Bourgogne et de a5 parties d’huile blanche qu’on chauffe ensemble. On y ajoute ensuite 28 parties de glucose. D' P.-E. Morha.rdt.
- Mécanique
- Le raccord Lerat. — Il est assez pratique d’utiliser des raccords de tubes pour des constructions telles que poulaillers, supports et même bâtis d'établis. Généralement, on emploie pour et t usage les raccords utilisés pour l’installation des canalisations habituelles en tubes, par exemple celles de chauffage central. Dans ces conditions, les raccords sont constitués par des séries de manchons, soit manchons ayant pour but la jonction simple de deux tubes, soit manchons en T pour les dérivations.
- On peut arriver ainsi en fi-letantl’extrémité des tubes, à assurer une armature tubulaire robuste. On éprouve néanmoins des difficultés lorsqu’il s’agit de monter l’ossature sans qu’on ait à sa disposition une filière à tubes. En tout cas, les raccords fondus sont généralement lourds et de toute façon on est obligé de s’en tenir à l’emploi de tubes pour les réunir.
- Gepëndant, pour certains ouvrages légers, il peut être intéressant d’avoir des raccords de' poids faible, de remplacer les tubes en fer par de simples bâtons de bois.
- Fig. 4. — Assemblage de trois tubes à angle droit.
- Il est avantageux aussi d’avoir des raccords d’un montage facile, rapide, permettant de modifier à volonté une installation déjà faite. Un système récemment im aginé est celui qui consiste à prévoir des raccords de tôle emboutie en deux pièces; elles se trouvent assemblées au moyen de petits boulons qui forment serrage sur les tubes ou sur
- les bâtons de bois que l’on utilise. On voit nettement sur la figure la manière de procéder au montage et l’on peut se rendre compte aussi dé la légèreté de ces pièces que l’on peut à volonté placer sur des tubes ou sur de simples
- ! ig â. — Assemblage de cinq tubes.
- tiges de bois. Ce dernier procédé permet d’installer facilement des cages pour poulaillers, des chenils, car il suffit alors de clouer,un grillage sur les bâtons de bois.
- Ce système de raccord se fait également pour jonc-tionner deux directions qui se coupent perpendiculairement et d’en prévoir une troisième perpendiculaire aux deux autres ainsi que le montre la figure. On réalise donc une souplesse d’installaùon considérable. D’autres pièces renforcées sont armées par une sorte de T, avec
- Fig. 6.t— Etabli roulant construit en tubes.
- vis à violon de blocage. On peut alors obtenir des supports de tables robustes et même constituer un établi-roulant comme le montre l’une des gravures.
- Sur le même principe on peut fabriquer des étagères, des écrans pour foyers, des tables diverses, etc....
- M. Lerat, 27, boulevard des Italiens, Paris.
- Fig. 3 — Le raccord Lerat avec vis de blocage et renforcement.
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- VARIETES
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- LA DISTILLATION DU ROMARIN
- Le romarin officinal (Rosmarinus offîcinalis), que l'on désigne, en Provence, sous les noms de Roumaneiou, Encensier, à cause de son parfum très pénétrant, rap- , pelant celui de l’encens, est une labiée très commune dans les sols calcaires et les friches, en Provence et en Languedoc.
- Cet abrisseaü, aux touffes rameuses, aux feuilles d’un vert noirâtre en dessus, blanchâtres en dessous, aux fleurs d’un bleu pâle, en petits bouquets réunis aux sommets des tiges, abonde dans les Basses-Alpes, le Gard, la Drôme, le Vaucluse, l’Aude. C’est en butinant sur les touffes de romarin que les abeilles produisent le fin miel de Narbonne, si justement renommé.
- De vastes romarinières s’étendent sur les flancs du Mont Ventoux, de la montagne de Lure, du Lubéron, etc.
- La culture méthodique du romarin devrait être pratiquée jusqu’à une altitude assez haute, en Dauphiné, dans les Cévennes, pour parer à l’épuisement des romarinières naturelles et maintenir la production de l’essence de romarin.
- I. La distillation suivant le procédé ancien. — On récolte le romarin à grands coups de « tailloirs », dans les taillis de Nîmes, Alais, Uzès, Montpellier, dans les montagnes précitées et en Tunisie.
- On distille alors le romarin sur place, dans la montagne. On emploie l’alambic de montagne, que l’on place sur un fourneau de fortune, composé, le plus souvent, d’un support en fer et de quelques pierres, autour et à proximité d’un petit ruisseau. Les aides coupent les plantes aux environs, puis transportent leur matériel rustique un peu plus loin, et ainsi de suite. Lorsque le pays est sillonné de routes, et que l’apport des plantes peut se faire de loin, par charrettes, on a alors la possibilité d’installer des appareils fixes, à joint hydraulique, avantageusement substitués au vieil alambic pri-mitiE des Arabes — lou péïrou — appareil à feu nu, qui n’est qu’un simple petit chaudron, avec lequel se produisent des « coups de feu » L’eau mère n’est pas •renouvelée, elle est plus ou moins calcaire. L’essence est souillée de matières résineuses et par ce procédé archaïque on perd une partie des principes odorants.
- On distille le romarin durant toute l’année, mais principalement depuis le mois de mai jusqu’au mois de septembre, la plante restant longtemps en fleurs. On jette dans l’alambic les rameauï, c’est-à-dire les feuilles et les fleurs, car l’essence existe dans toute la plante, sauf dans les parties ligneuses (le bois). La portion la plus riche comme finesse est la feuille, mais lorsqu’on attend la floraison on a un meilleur rendement.
- IL La distillation suivant les procédés modernes. — Dans les exploitations ayant une certaine importance on emploie des alambics fixes, installés dans un centre de production. Ces alambics, en cuivre, peuvent contenir 1200 à i5oo kg de plantes. Il y a les alambics à eau et les alambics à vapeur. Dans les premiers, on remplit le fond d’eau sur 3o cm environ de hauteur, on place une grille et on complète avec des plantes. L’eau est portée à l’ébullition ; la vapeur produite entraîne l’essence, l’opération dure à peu près trois heures.
- Dans les alambics à vapeur, un générateur produit la vapeur qui est amenée par un tuyau dans le fond de l'alambic. Celui-ci étant chargé de plantes, et le chapiteau mis gn place, on ouvre le robinet de vapeur du tuyau qui arrive au bas de l’alambic et la distillation commence; elle dure une heure et quart environ.
- La vidange des plantes se fait en une seule fois, par un palan qui enlève la grille chargée de plantes. Quand celles-ci ont été distillées, on les fait sécher au soleil et elles servent au chauffage du générateur ou à chauffer directement l’alambic lorsqu il est à eau.
- Les alambics mobiles sont plus coûteux ; leur générateur ne fonctionne qu’au charbon et ne permet pas d’utiliser les plantes sèches. En outre, ces alambics ne peuvent être utilisés dans les situations où l’on manque d’eau. Or, la distillation des plantes aromatiques exige, pour le réfrigérant de l’appareil distillatoire, une grande quantité d’eau froide. C’est pourquoi il est préférable cte transporter les plantes dans les centres de distillation plutôt que de transporter les alambics sur les lieux de récolte du romarin.
- Les petits récoltants ont un ou deux petits alambics à eau installés sous un hangar ou en plein air. Chaque producteur distille 200 à 2000 kg de plantes annuellement.
- Dans certaines exploitations, comme dans les Pyrénées-Orientales et à Sault (Vaucluse), on peut, avec approvisionnement suffisant, distiller 4000 à 5ooo kg de romarin en utilisant six ou huit alambics. Pour une production importante on emploie un distilloir à vapeur à- grande capacité, soit deux ou quatre alambics de 2000 litres, travaillant alternativement.
- Les installations les plus modernes comprennent une batterie de gros appareils à bascule, chauffage à vapeur ou bien de gros appareils fixes, à paniers mobiles, sur voûtes, à chauffage feu nu indirect.
- Lorsqu’on ne peut utiliser ces grands alambics, en usage dans les installations modernes, comme à Grasse, notamment, on peut employer un alambic à feu nu, extrêmement simple, dont la cucurbite peut contenir 90 à 100 kg de plantes fraîches et davantage. La récolte est alors traitée sans retard, sans fermentation antérieure. Au fond de la cucurbite est placée une grille sur laquelle s'applique une sorte de chapeau en forme de pain de sucre rappelant le couvre-chef d’un Touareg. La grille et le chapeau sont en cuivre percé de trous, ce qui empêche que les plantes viennent se griller à la base de la chaudière et souiller l’essence de paatières résineuses. Au sortir de l’alambic cette essence a une limpidité de cristal. En outre, l’ébullition est plus active, plus forte, comme si elle était obtenue avec un appareil à vapeur. Le chapiteau se prolonge en col de cygne à tuyau très grand ouvert, de sorte que lés produits’lourds et à éliminer ne sont pas entraînés dans le serpentin, mais font retour à la chaudière. Cette dernière et le serpentin sont réunis par une fermeture hydraulique, formant une couronne de i5 à 3o litres, qui aide à la condensation des produits odorants. Une pompe munie d’un tuyau en caoutchouc, se terminant par une pomme d’arrosoir, vide à fond l’alambic de l’eau mère.
- Lorsque la « passée » est achevée on enlève le chapiteau, puis les plantes distillées qui se trouvent au-dessus, et le chapiteau lui-même, grâce à un anneau qui permet de le saisir avec un long bâton armé d’un crochet, et enfin, la grille. On vide alors la chaudière à l’aide de la pompe d’épuisement, après quoi on recharge l’appareil ; le bouchon de la couronne étant enlevé, l’eau chaude s’écoule et, déjà à la température de 6o° à 8o° centigrades, elle hâtera l’ébullition dans la nouvelle « passée ».
- Pour compléter le remplissage avec de l’eau, dont il manque i5 à 20 litres, on mesure avec un bâton de repère qui indique la quantité exacte d’eau nécessaire à amener par la pompe.-La cucurbite est alors remplie de plantes à nouveau, le chapiteau est replacé lorsqu’on a renouvelé la provision de la couronne et la distillation se poursuit dans les mêmes conditions que précédemment.
- Les alambics à vapeur ont le défaut de donner une essence qui n’est pas entièrement soluble dans l’alcool à 8o°.
- Un alambic distille en plantes le quart en poids de sa contenance en litres.
- Une petite usine de distillation à feu nu peut être installée facilement sous un hangar, dans un entrepôt, etc., et peut comprendre un nombre indéterminé d’alambics en tôle galvanisée, chauffés au bois, et demandant de l’eau en quantité aussi abondante que possible (100 litres, au minimum, par alambic), chauffage au bois ou au charbon.
- Le matériel de cette petite usine se composerait d’un alambic de 1000 litres, un réfrigérant (type Soxhlet) à double enveloppe d’eau, un vase florentin pour séparer l’eau de l’essence, un foyer maçonné, avec ou sans retour dé flamme, à établir sur place, avec une cheminée, et un moufle pour la décharge des plantes distillées.
- Dans les régions d’exploitation de l’industrie résinière du pin (Landes, Bas-Languedoc), les industriels ayant des usines pour la distillation delà gemme de pin peuvent aussi, moyennant quelques modifications dans l’agencement du matériel de distillation, se livrer à la distillation du romarin.
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- VARIÉTÉS
- Si, par exemple, l’usine de distillation de gemme a des alambics chauffés à vapeur indirecte (serpentins fermés), il y a lieu d’ajouter une arrivée directe de vapeur, et d’employer à cet effet un panier en toile métallique, muni d’un anneau pouvant être tiré par un moufle pour décharger les plantes épuisées. S’il existe des serpentins de réchauffe de la résine (vidange de l'alambic), on groupe ces serpentins dans le fond de l’appareil, mais le panier à remplir de plantes doit occuper toute la cavité cylindrique, afin que la vapeur ne passe pas autour en pure perte.
- Dans le cas où les alambics sont chauffés par vapeur directe, il n’y a rien à modifier à l’installation, sauf à adjoindre le panier en toile métallique. Le serpentin à essence de térébenthine peut être utilisé, et il suffit d’avoir des vases florentins supplémentaires pour la décantation, c’est-à-dire pour séparer de l’eau l’huile essentielle.
- Certaines installations distillant le romarin, dans les Pyrénées-Orientales, ont quatre alambics fonctionnant à la vapeur et deux alambics mariés, c’est-à-dire réunis. La vapeur est fournie par un générateur à bouilleur de 3o à 35 m de surface de chauffe. Le combustible est du romarin séché au soleil, dans le voisinage de l’usine, laquelle emploie huit ouvriers pour marche de jour et six pour marche de nuit, soit quatorze ouvriers pour marche continue.
- La quantité de romarin distillée par vingt-quatre heures est, approximativement, de 800 kg par jour, avec un rendement de 3o à 4o kg d’essence, rendement variable avec le mois de l’année, le temps sec ou pluvieux, etc.
- Les alambics utilisés sont en cuivre rouge, en tôle de cuivre de 2 mm d’épaisseur au moins pour les appareils dont la capacité est d’environ i5 hectolitres, et la charge de romarin de 1 100 kilogrammes environ. La décharge de l’alambic se fait à l’aide d’un palan à potence qui enlève la grille de fond et la charge de plantes.
- Les deux alambics étant chargés, on commence la mise en marche en envoyant dé la vapeur directe dans le fond de l’alambic. Au bout de trois quarts d’heure, la distillation commence, on la continue encore pendant trois quarts d’heure.
- Le robinet à trois voies met en communication l’alambic avec son serpentin. Au bout d’une heure et demie, on fait mouvoir le robinet à trois voies afin d’empêcher l’introduction des vapeurs dans le serpentin et de les diriger dans l’un des alambics. Au bout d’une heure, on arrête la distillation, dont la durée a été, en totalité, de deux heures et demie. La vapeur étant introduite dans l’autre alambic, la distillation recommence aussitôt et se poursuit pendant une heure environ. Pendant ce temps 01 a déchargé et rechargé le premier alambic,
- puis coupé par le robinet à trois voies la communication entre le deuxième alambic et son serpentin, après quoi on renvoie les vapeurs de distillation du premier dans le deuxième, vapeurs chargées des dernières portions de l’essence contenue dans le dernier, lesquelles se combinent en échauffant les plantes, et de cette façon l’opération se continue sans arrêt.
- L’avantage que présentent les alambics mariés réside dans l’économie notable de vapeur et d’eau de condensation des vapeurs (eau et romarin). L’inconvénient serait dans le danger d’explosion, car si, par inadvertance, l’ouvrier mettait le robinet à trois voies dans une position telle que ce robinet ferme la communication avec le serpentin et avec l’alambic voisin, la vapeur ne trouvant pas d’issues, dans un appareil qui n’est pas fait pour supporter la pression du générateur, ferait exploser l’alambic. Il faut donc avoir grand soin de surveiller les appareils pour éviter tout danger.
- L’essence obtenue dans des alambics de petite dimension est plus fine, la plante est mieux épuisée.
- HL Rendement et usages de l’essence de romarin.— Le rendement en essence varie de o kg 35o à 1 kg 200 pour io5 kg de plantes.
- La qualité de l’essence de romarin produite en France est nettement supérieure à celle des essences produites en Tunisie et en Espagne.
- Le romarin des Pyrénées-Orientales est très estimé, il est supérieur au romarin espagnol, dont l’essence est souvent falsifiée par un mélange avec l’essence de térébenthine, falsification assez difficile à déceler quand elle n’est pratiquée que modérément, car cette essence, comme les essences de lavande, d’aspic et de thym, contient, à l’état pur, des isomères de l’essence de térébenthine.
- L’essence de romarin est transportée dans des bidons en cuivre étamé de 20, 25, 3o, 40 et 5o kg selon l’importance de la production. On l’emploie dans la prépa-tiondes produits extra (eau de cologne, savons fins, etc.). En Allemagne, elle est utilisée comme dénaturant dans les huiles, les alcools ; on en fait usage également dans la fabrication des vernis fins, de la peinture fine, des toiles cirées et du linoléum, bien que, dans cette dernière application, on emploie beaucoup l’essence de, térébenthine.
- L’essence de romarin a de» qualités toniques, thérapeutiques; elle est ambrée, très fluide, souvent préférée a l’essence d’aspic. Elle donne l’eau de Hongrie ou eau de romarin employée pour la chevelure et l’esprit de romarin, que l’oa prépare en ajoutant à 1 litre d’eau de-vie de bonne qualité 3o gr d’essence de romarin.
- L’essence extraite des feuilles est de meilleure qualité que celle extraite des fleurs.
- IIenpi Blin.
- ><^!D
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Sfc..
- Comment on remplace un boyau de raquette. — On commence par humecter d’huile d’olives quelque temps à l’avance une bonne partie du bnyaujrompu ainsi que le boyau neuf afin de les assouplir et de faciliter le travail.
- Cela fait, on retend la portion ABCD de l’ancien boyau et ou maintient la tensiou en attachantune ficelle auxiliaire à l’extrémité i et en fixant cette ficelle de l'autre côté de la raquette.
- On opère de même pour tendre l’autre portion GFE de l'ancien boyau,
- Nouer alors le boyau neuf en a, le passer dans les trous CDEF et le fixer sur l’ancien boyau en d.
- Délier l’extrémité 1 de la ficelle pro^on-e et la nouer sur le boyau neuf en b, faire de même pour l’extrémité 2.
- Le point essentiel de l’opération est de ne faire le rattachement qu’après passage dans deux irous, la tension se porte sur le bois de la raquette et est ainsi maintenue.
- N. B. Le rattachement peut se faire très facilement par le nœud dit allemand, ainsi que l’indique la figure ci-contre, il a l’avantage de se serrer de plus en plus sous l’effet de la traction.
- Collage du papier parchemin. —- Le collage du papier parchemin présente parfois une certaine difficulté, il est facile de la vaincre par le petit ttour de main suivant :
- Ancien
- boyau
- Boyau
- neuf
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- On humecte au préalable la partie du papier que l’on veut fixer avec de l’alcool, puis' on met la colle forte sur 1 objet qui doit recevoir le papier, bois, carton, etc., on constate alors que le collage s’effectue très bien. S il s’agit de coller du papier parchemin à lui-même on opère d’une façon identique en imbibant d’alcool les parties à joindre avant d’y mettre la colle forte.
- Régénération des batteries de piles sèches ali-mentant les circuits de plaque des amplificateurs. — D’après un très intéressant article de M. J. Alexandre paru dans la Radio-Revue, cette régénération est très simple et peut être renouvelée cinq à six fois, elle consiste à faire passer à travers le bloc de piles, un courant continu faible de 2/10° à 3/xo* d’ampère comme s’il s agissait de rechercher une batterie d’àçcumulateurs, en connectant le pôle positif du courant de réseau au pôle positif du bloc de piles.
- On peut brancher directement les batteries de 80 volts sur le secteur, pour les blocs de 40 volts on intercale une résistance d’environ 60 ohms.
- D’après l’auteur, le passage du courant produirait une dépolarisation de la pile, diminuant ainsi sa résistance intérieure. Le bloc de 4° volts donne, paraît-il, facile-
- ment 60 volts une demi-heure encore après l’opération de recharge, puis le voltage baisse et se stabilise vers 35 à 40 volts pour se maintenir à ce régime pendant plusieurs semaines.
- Pour chasser les blattes. — Un de nos lecteurs d’Albi nous écrit : « Le procédé du pain imbibé d’une solution d’acide borique à saturation pour chasser les blattes est souverain. Sauf erreur, il avait été donné dans l’un des cinq volumes de Recettes et procédés utiles publiés il y a, je crois, une trentaine d’années, par G. Tissandier, fondateur de La Nature, et qui étaient la reproduction des recettes parues, chaque semaine, dans le Supplément de cette revue.
- Je dis « chasser » et non « détruire ». En effet j’ai remarqué, et tous ceux à qui j’avais enseigné la recette ont fait la même observation, qu’il n’y a aucun rapport entre la quantité de cancrelats trouvés morts extérieurement, la quantité de vivants qu’on avait pu constater, et le peu de temps mis à en être débarrassé. Ou bien vont-ils mourir dans leurs trous? Seulement, comment ne laissent-ils aucune odeur. Peut-être se dessèchent-ils sans se décomposer ?
- Au bref ou au clair, on n’en a plus... à moins qu’il n’en revienne d’ailleurs. »
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’interôt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement -»
- Réponses. — MM. Ribeiro, àlnhambane, Mozambique. —- i° Le produit que vous nous avez soumis est à notre avis une sorte de tourbe résineuse résultant de l’accumulation de débris de conifères. 2° La graisse qui revêt les plumes des oiseaux empêche effectivement la prise de teinture si on se sert des couleurs courantes en solution dans l’eau. Nous pensons que vous obtiendrez un résultat satisfaisant pour le coloriage de vos pigeons en utilisant les couleurs dites aux stéarates qui se dissolvent très bien dans,les corps gras, par exemple le stéarate de rouge, le stéarate d’induline, etc., qu’il vous suffira de dissoudre dans une huile quelconque que vous emploierez comme peinture. A titre d’indication, si vous ne pouvez les avoir sur place, vous trouverez ces produits chez Pelliot, 24, place des Vosges, ou Granger, 54, rue des Francs-Bourgeois, à Paris.
- M. S. Linarès, à Cordoue. — i° Pour préparer le papier parchemin on prend du papier de chiffon, c’est-à-dire de lin, chanvre ou coton, non encollé, exempt de matières minérales, et on le trempe dans une solution d’acide sulfurique marquant 52° B., soit de densité 1561. En dessous de cette densité, l’acide ne produit aucune transformation, et à un degré élevé il agit trop rapidement en donnant un parchemin rugueux.
- Afin d’obtenir le degré de concentration voulu, il faut mélanger un volume d'eau avec deux volumes d’acide à 66° B., en ayant soin de verser lentement l’acide dans l’eau; Après refroidissement, il est bon de vérifier le degré Baumé qui doit être tenu à un degré près.
- Dans la pratique industrielle, on fait passer doucement le papier à parcheminer dans la solution acide, de façon qu’il y séjourne de 5 à i5 secondes, puis on l’amène dans un bain d’eau froide où il abandonne la majeure partie de son acide. Les dernières portions acides sont enlevées par un trempage dans une solution faible de carbonate de soude ; on termine par un lavage dans l’eau pure, puis on fait sécher. — N. B. Pendant l’opération, la température de l’acide ne doit pas dépasser 140 G., sans quoi l’action serait trop rapide et on n’aurait pas le temps de faire passer le papier. •Depuis quelques années, surtout en Angleterre et en Amérique, on a substitué à l’acide une solution sirupeuse de chlorure de zinc neutralisée par l’oxyde ou le carbonate de zinc. Le papier à traiter est placé à la sur-
- face du liquide jusqu’à ce qu’il soit bien imprégné, on enlève alors l’excès de chlorure de zinc avec une raclette et on rince à l’eau. Le papier obtenu par cette méthode est très souple et peut dans certains cas remplacer le cuir. 20 Vous pourrez vous procurer du papier parcheminé dans les maisons suivantes : Feron, i3, rue Tur-bigo; Ladame, 16, rue Etienne-Marcel, Outhenin-Chalandre, 74, rue Vieille-du-Temple ; Barjon, 80, rue de Rivoli; Bergès, 19, rue de Commines; 3° Si vous désirez des sacs en papier tout préparé, nous pouvons vous indiquer : Albert, 12, rue de la Goutte-d’Or ; loury, 28, rue des Lombards; Société coopérative, 43, rue de Gergovie; Ghagot, 217, boulevard Voltaire; Maunoury, no, rue Saint-Martin. 40 Comme protection contre le perçage des sacs par les guêpes, vous pourriez tremper successivement le papier dans des bains, l’un de sulfate de cuivre, l’autre de carbonate de soude, chacun à 5 pour 100, le carbonate de cuivre précipité dans l’épaisseur jouera en même temps un rôle très utile comme anticryptogamique.
- M. Feurgard, à Saint-Brieuc. — L’encre de Chine étant essentiellement constituée par du noir de fumée agglutiné par de la gélatine, lorsque l’on en fait une solution étendue, le produit s’altère par putréfaction de cette dernière*. Gomme antiseptiques il ne faut pas employer de substances insolubilisant la gélatine et supprimant par conséquent sa propriété, de maintenir le noir en suspension, c’est ce qui arrive avec le formol. Dans la pratiqué industrielle, pour préparer les encres de Chine liquides du commerce, on utilise le bichlorure de mercure, à raison de o gr. 5o par litre d’encre, apxès avoir préalablement fait dissoudre ce sel dans environ 5o c. c. d’eau chaude additionnée de 2 gr. de chlorure de sodium (sel de table).
- M. Monnier, à Ducey, Manche. — Ainsi que nous lavons déjà indiqué, il est facile* de ramollir le vieux mastic en l’arrosant d’acide sulfurique qui décompose le carbonate de chaux et rend la masse poreuse par dégagement de l’acide carbonique. Pour manier facilement l’acide sans s’exposer à des brûlures, un tour de main très commode consiste à le placer dans une petite bouteille fermée par un bouchon de caoutchouc à deux trous, dans lesquels passent deux petits tubes de verre, l’un allant jusqu’au fond pour faire rentrer l’air, l’autre s’arrêtant en arrière du bouchon et débordant au dehors de 2 à 3 cm pour la sortie de l’acide. On peut ainsi déverser celui-ci en mince filet sans aucun danger dans la feuillure, et quand ,1e mastic a pris une consistance pâteuse on l’enlève sans difficulté avec un couteau [de bois.
- M. E. Bouts, à Neuilly-sur-Seine. — i° Les diflé-
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- BOITE AUX LETTRES
- rences que vous avez constatées dans l’aspect du celluloïd tiennent uniquement aux charge* incorporées et aux matières colorantes additionnelles, le celluloïd proprement dit étant toujours constitué par de la nitro-cellulose et du camphre. Ces charges sont des matières inertes, oxydes de zinc, de fer, magnésie, sulfate de baryte, etc., les couleurs sont des couleurs d’aniline. Comme ouvrages sur celte fabrication, vous pourrez consulter : Le celluloïd, par Masselon, Roberts et Cil-liard ; Le celluloïd, par Backman, éditeur, Dunod, 92, rue Bonaparte, a8 Nous ne croyons pas qu’un dérôt galvanique d’argent puisse être effectué sur du celluloïd avec chances d’adhérence suffisante. A notre avis, le mieux serait d’appliquer une feuille mince d’argent, telle que vous pouvez la trouver dans le commerce en livrets comme les feuilles d’or, puis de comprimer fortement à une température de 8o0-go0, ce qui serait facile en se servant d’un petit valet de menuisier et en plaçant le tout dans la vapeur d’eau bouillante. A cette température qu’il ne faudrait pas dépasser beaucoup (Inflammation à igÛ0), le celluloïd se ramollit et permettra sans doute une incrustation convenable de la feuille.
- M. le Dv P. E. M. — La différence entre le savon sous sa forme ordinaire, le savon en poudre et le savon en paillettes réside uniquement dans la présentation. Le savon en poudre est un savon ordinaire qui, après mise en copeaux et dessiccation, a été pulvérisé. Le savon en paillettes s’obtient par laminage de la masse pâteuse encore chaude entre deux cylindres dans lesquels circule de la vapeur, la feuille mince qui reste adhérente sur ceux-ci est automatiquement détachée par une raclette à l’état de lamelles plus facilement mises ultérieurement en solution dans l’eau que le savon compact.
- Quant au savon centrifugé, il résulte de la séparation par turbinage du savon séparé dans l’opération du relargage.
- M. H. Jourdan, à Baugé-Cbambalud. — Vous pouvez préparer une encre rouge sans couleurs d’aniline* en
- prenant :
- Cochenille en poudre........... 5o gr.
- Alun pulvérisé ........ 10 —
- Crème de tartre pulvérisée . . 10 —
- Eau ordinaire ................. 1000 c. c.
- Porter l’eau à l’ébullition et y ajouter la cochenille, faire bouillir une dizaine de minutes, introduire alors dans le liquide, par petites portions successives, l’alun, puis la crème de tartre, redonner un bouillon, puis laisser refroidir naturellement. En dernier lieu incorporer :
- Glycérine blanche ... 5o cent, cubes.
- Mélanger, filtrer et mettre en flacons.
- /. B., à Nancy. — i° Le kb'sck est obtenu par distillation des merises fermentées, débarrassées de leurs pédoncules, mais écrasées sans briser les noyaux, car l’excès d’acide cyanhydrique arrêterait la fermentation, la masse est laissée en fermentation # pendant i5 à 20 jours en la remuant de temps à autre. Pour la distillation, on emploie des alambics simples chauffés au bain-marie ou à la vapeur et fonctionnant avec repasse. On met à part dans la seconde distillation les produits de tête et de queue pour ne conserver que le produit du milieu marquant 5o° ou un peu plus. La queue et la tête de la distillation repassent dans l’opération suivante après avoir neutralisé leur acidité organique avec un peu de chaux éteinte.
- L’usage étant de livrer le kirsch à la consommation à l’état incolore, il ne faut le conserver qu’en bonbonnes de verre ou dans.des fûts déjà décolorés par le contact de l’alcool. Le rendement variable, suivant la richesse en sucre des fruits et leur maturité, est de 6 à 8 litres par 100 kg de merises.
- Les vinasses ou résidus de distillations peuvent servir à l’obtention d’un produit de seconde qualité, pour cela on écrase cette fois les noyaux et additionne de sucre et d’eau de façon à obtenir une densité correspondant à 6 ou 70 Baumé. Le tout après refroidissement est remis en fermentation par adjonction de moût de fruits frais, puis on distille comme précédemment.
- a® 11 s’agit très probablement du Merulius lacrymœns ou champignon des maisons que l’on peut détruire.très facilement par badigeonnages au moyen d’une solution de zincate sodique. Pour préparer celle-ci, faire dissoudre dans un litre d’eau 3oo gr. de chlorure de zinc
- fondu, ou bien étendre jusqu’à 33° B. une solution commerciale à 45° B. et prendre un litre; puis y ajouter une solution de 900 gr. de soude caustique dans 4 litres d’eau, pouvant être remplacée par 4 litres de lessive de soude caustique à 220 B.
- Dans le cas qui vous occupe, nous vous conseillons de faire un badigeonnage général de votre eave, sans le limiter aux endroits visiblement atteints ; il convient en effet de détruire également tous les germes à l’état latent qui pourraient être une cause de récidive.
- N.-B. Les objets en bois peuvent être traités par la mixture sans qu’il en résulte de détérioration.
- MM. Personnaz et Gardin, à Bayonne. — Vous aurez tous renseignements sur les variétés de levures de raisins employées pour les ouvrages médicinaux en vous adressant à l’une des stations œnologiques suivantes : station de Toulouse, directeur, M. Yincens, Station de Montpellier, directeur, M. Roos.
- M. Arnoux, à Paris. — La peinture des tableaux noirs en bois neuf se pratique ainsi. Prendre :
- Huile de lin..................... 2oo gr.
- Essence de térébenthine .... 2S0 —
- Noir de fumée.....................3oo —
- Ardoise pulvérisée............... 100 —
- Emeri diamant en poudre ... 3o —
- Vernis gras. . . ................. 60 —
- Siccatif liquide.................. 3o —
- Broyer le noir, l’ardoise et l’émeri, y ajouter l’huile de lin, l’essence, puis en dernier lieu le siccatif. Etendre cette composition sur la planche avec un pinceau large et doux, laisser sécher au moins 3 jours, donner une seconde couche et éventuellement une troisième si on le juge convenable.
- N. B. Une condition essentielle de réussite dans la préparation des couleurs avec les pigments en poudre est que ceux-ci soient bien imprégnés d’huile; il convient donc, comme disent les peintres, de faire « infuser » dans le cas présent le noir, l’ardoise et l’émeri pendant 24 heures dans l’huile avant de délayer à l’essence et d’employer.
- M. Videau, à Bordeaux. — Les taches que vous constatez sur vos plafonds ayant reçu les atteintes de l'humidité sont dues au développement de moisissures. A notre avis, le mieux serait, après lessivage et grattage, de passer une éponge imbibée d’une solution de sulfate de cuivre (vitriol bleu), à 5 pour 100, puis de laisser en contact au moins une journée avant d’appliquer le badigeon rendu également cuivrique et qui pourrait
- être constitué ainsi :
- Pâte de chaux éteinte.......... 10 kg
- Blanc d’Espagne . ............. 1 —
- Sel marin.................. . 5 —
- Gélatine (colle forte blonde)... 5 —
- Eau ordinaire.................. 100 litres.
- Faire gonfler la gélatine en la mettant mateérer pendant 12 heures dans une partie de l’eau (10 litres environ), liquéfier au bain-marie, ajouter successivement la chaux, le blanc d’Espagne et le sel. Verser le mélange encore tiède dans un récipient en bois dans lequel on aura mis o kg 5oo de sulfate de cuivre et assez d’eau chaude pour le dissoudre. Bien mélanger et étendre finalement au moyen du reste de l’eau disponible. N. B. Pour obtenir ün bon résultat, se servir de préférence du badigeon à la température de 3o° à 4o°. D’autre part, suivre la marche indiquée et ne pas verser la solution de sulfate de cuivre dans le lait de chaux.
- DT Iwanoff, à Skoplje, Serbie. — i° La composition suivante nous a été indiquée comme étant celle des galettes servant dè supports pour les plaques de métal à ciseler :
- Poix blanche .... . . 200 grammes
- Poix noire . . 200 —
- Colophane ..... . . 5o —
- Suif de bœuf .... . . 25 —
- Cire jaune . . ü5 —
- 3° Vous trouverez tous détails sur la fabrication des émaux dans les ouvrages qui suivent : Fabrication des Emaux et Emaillage, par Paul Randau; Manuel pratique de l’Emaillage sur métaux, par Millenet; Emaillage de la tôle et de la fonte, technologie de l’Emaillage moderne, par Grünwald. Editeur, Dunod, 92, rue Bonaparte. 3° L’émail dont vous parlez est une dissolution de gomme laque blanche dans l’alcool, toutes les couleurs d’aniline peuvent y être ajoutées.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N° 2634 ,ipÉ7 Septembre 1924
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- La préparation de fils métalliques de très grande finesse. — Divers appareils de physique exigent des fils de grande finesse, en particulier les pyromètres à couple thermoélectrique et les thermomètres électriques à résistance. Ces appareils doivent prendre la température en un point précis d’une certaine masse, et doivent ne pas apporter par leur présence de perturbations sensibles dans la distribution des températures à mesurer. On arrive à constituer certains d’entre eux avec des fils dont la ténuité confond l’imagination. Le physicien anglais Wollaston a indiqué, il y a plus d’un siècle déjà, un moyen pour obtenir des fils de platine de diamètre extrêmement petit. Il formait, pour cela, un fil avec un noyau de platine entouré d’argent, il l’étirait, puis dissolvait l’argent dans un acide. Il a réalisé ainsi des fils d’épaisseur inférieure au micron; il a pu descendre en effet jusqu’à 0,000070 cm. M. Taylor a repris, en la modifiant, la méthode de Wollaston pour préparer les fils de divers métaux dont nous parlions au début de cette note. Il a expliqué son procédé dans la. Physical Review. Yoici comment il opère : le métal à étirer, après avoir été soigneusement débarrassé sur sa surface de toute trace d’oxyde, est enfermé dans un tube de verre. Le choix du verre n’est pas indifférent, bien au contraire, au succès de l’opération. Il faut, en effet, queleverrene se combine pas avec le métal et qu’il se ramollisse à une température comprise entre le point de fusion et le point d’ébullition du métal. On prend alors une barre de cuivre, percée d’une série de trous répartis sur sa longueur et on la chauffe à une extrémité. Les différents trous répartis sur la longueur de la barre se trouvent ainsi portés à des températures différentes et régulièrement croissantes. On introduit dans le trou qui est à la température convenable le tube de verre qui renferme le métal à traiter, on en saisit l’extrémité au moyen d’une pince et on le force à passer à travers le trou qui ainsi, forme filière. Le verre et le métal sont étirés en même temps. On dissout ensuite le verre, en général au moyen d’acide fluorhydrique. Le diamètre du filament obtenu dépend de l’épaisseur de la couverture de verre, et de la vitesse avec laquelle s’effectue l’étirage. M. Taylor a obtenu, par cette méthode, des fils de métaux très différents les uns des autres : plomb, étain, antimoine, bismuth, cadmium, argent, or, fer, aluminium, etc., ou leurs alliages. Certains métaux exigent, outre des tours de main particuliers, des verres spéciaux. C’est ainsi que le verre employé pour l’étirage de l’aluminium était un borate d’aluminium. Les filaments obtenus ont des surfaces brillantes. M. Taylor a réussi à obtenir un fil d’antimoine dont le diamètre est inférieur à 2/10 de micron.
- Le développement des coraux. — Le Dr T.-W. Vaughan du Geological Survey des Etats-Unis s’est livré a d’intéressantes observations sur la nourriture et le développement des coraux. Ces observations ont été faites à Tortugas, dans le golfe du Mexique.
- Le corail, beaucoup de personnes l’ignorent, est un animal ou plutôt une colonie animale formée d’un grand nombre d’individus tous réunis ensemble et dont l’organisme est tout entier dissimulé à l’intérieur d’une carapace arborescente. Le corail ne se nourrit que de chair animale. C’est du moins ce qui semble résulter des expériences du Dr Vaughan. Il approchait de l’extrémité d’une branche de corail un petit morceau de chair de crabe ou de poisson; aussitôt des tentacules commencent à émerger de la branche, puis l’excitation se transmet à toute la colonie et bientôt celle-ci s’épanouit comme une fleur hors de sa carapace. Les coraux saisissent leur nourriture au moyen de tentacules ciliés (iui s’emparent de la proie et la dirigent vers la bouche l’animal. La surface de leur corps, de plus, sécrète 'm mucus sur lequel les particules de nourriture viennent se coller ; des cils vibratiles entraînent alors le mucus vers la bouche. Le Dr Vaughan a offert aux coraux diverses sortes d’aliments, par exemple des dia-omées, qui sont des algues et de la chair de crabe. Variablement les coraux saisissent la chair de crabe, mais restent indifférents devant le végétal. Jamais l’ex-perimentateur n’a réussi à leur faire absorber une
- parcelle de nourriture végétale. Lorsque les coraux sont rassasiés, ils rentrent leurs tentacules, et avec leurs cils rejettent la nourriture qui leur est offerte.
- Le Dr Vaughan a noté avec soin la vitesse de croissance des coraux de diverses espèces qu’il a étudiés dans la mer des Antilles ; il a constaté que l’une de ces espèces demande de 653o à 7620 ans pour former un récif de 4 5 m- d’épaisseur; une autre, beaucoup plus rapide, effectue le même travail en 1800 ans; certaines espèces du Pacifique ont une croissance plus rapide encore et mettraient 1000 ans à peine pour donner le même résultat.
- Les émulsions de caoutchouc. — Nous avons signalé, à plusieurs reprises, les divers emplois suggérés pour le latex de caoutchouc. Le latex, on le sait, est le liquide laiteux que l’on recueille par incisions sur l’arbre à caoutchouc, et que d’habitude on s’empresse de coaguler, pour préparer le caoutchouc brut, qui servira de matière première à l'industrie caoutchoutière. Le latex est une suspension colloïdale; sous cette forme, le caoutchouc se prête à de nombreux emplois industriels que ne permet pas la forme coagulée ; mais, d’autre part, le latex n’est pas encore un produit commercial fort répandu. On s’est donc demandé si l’on ne pourrait pas retransformer, à son tour, le caoutchouc coagulé en suspension colloïdale. C’est ce qu’a réalisé un spécialiste du caoutchouc, M. W.-B. Pratt. Voici, d’après Scientifie American, en quoi consiste son procédé, dont le but est de réaliser une suspension colloïdale de caoutchouc dans l’eau. Le caoutchouc brut (crêpe ou fumé) est broyé dans un broyeur ordinaire, et en même tem'ps additionné de 5 pour 100 environ d’une colle spéciale. On forme ainsi un mélange intime de caoutchouc et de colle. Puis, 'on fait passer la masse dans un mélangeur à palettes, et on y ajoute 10 pour 100 d’eau et on fait fonctionner l’appareil jusqu’à ce que l’eau soit absorbée. On ajoute alors lentement une solution chaude de sapo-nine et l’on dilue graduellement toute la masse par addition d’eau chaude. On continue l’action du mélangeur jusqu’à ce qu’on obtienne une pâte molle, qui est faite, en somme, d’infimes globules de caoutchouc en suspension dans de l’eau. Ce caoutchouc en suspension peut, comme le latex, servir à toutes sortes d’imprégnations par immersions, projections, mélanges; il peut remplacer les solvants volatils et inflammables dans les colles à base de caoutchouc, et on peut imaginer encore pour ce produit bien d’autres applications.
- Une station centrale gigantesque à New-York. — C’est un des phénomènes les plus frappants de l’évolution industrielle moderne que la tendance à concentrer, dans des établissements chaque jour plus puissants, la production de la force motrice. Cette évolution, commandée par des raisons d’économie, a été très rapide en France, dans la région parisienne notamment, où les deux grandes centrales de Saint-Ouen et de Gennevil-liers sont en perpétuel accroissement. Cette dernière a détenu, on le sait, pendant quelques mois le record mondial de la puissance: Les stations centrales des Etats-Unis suivent la même progression. La Brooklyn Edison C° installe, actuellement à Brooklyn, faubourg de New-York, une usine génératrice d’électricité qui sera, pour quelque temps, la plus puissante du monde. Elle aura, en effet, une puissance de 400000 kilowatts fournie par 8 groupes turbo-électrique s de 5o 000 kilowatts chacun. Le premier de ces groupes a été mis en service en mars dernier.
- L’électricité au Maroc. — Les progrès industriels du Maroc se poursuivent rapidement. Le pays a d’abord été doté d’un bon réseau routier. Son réseau ferré, à voie normale, commence à se développer. L’irrigation et l’emploi'des chutes d’eau sont à l’étude. L’aménagement des forces motrices n’a pas été oublié. Dès maintenant une station centrale à vapeur de 18000 kw est en construction à Casablanca et sera achevée avant la fin de l’année. Elle sera équipée avec 3 groupes de 6000 kw. De plus, on va construire sur l’Oum El Rebia, à So km environ de l’embouchure de ce fleuve, à Si Saïd-Macho, une usine hydroélectrique de i3ooo kw,
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- INFORMATIONS
- dont l’énergie sera transportée, à 60000 volts, à Casablanca, Marrakech, Mazagan, Ivenitra, au moyen d’un réseau de distribution de 700 km de développement. Ce ne sera là que le premier pas dans l’exploitation de la houille blanche au Maroc. Dès maintenant, en effet, on étudie dés projets d’utilisation de la force hydraulique, abondante en ce pays, pour assurer l’électrification complète du futur réseau ferré.
- La graine de lin comme antitartre. — Si l’on pouvait employer l’eau de mer pour les chaudières et les condenseurs de navires, l’équipement serait remarquablement simplifié. Mais l’eau de mer provoque des dépôts de sel rapides et énormes qui amènent la corrosion et force est jusqu’à présent de se servir d’eau douce qu’on embarque au départ et d’éviter toute rentrée d’eau salée. Peut-on espérer un changement prochain? On ne saurait déjà l’affirmer, mais les expériences que relate M. le mécanicien principal de la Marine Courdu-rier, dans la revue Chaleur et Industrie, donnent quelque espoir d’aboutir à une solution. D’essais faits à Bizerte, puis à Toulon, sur une chaudière marine, il résulte qu’on peut transformer les sels calcaires et magnésiens en une boue non adhérente aux parois, au moyen de la graine de lin employée comme antitartre. Le mode d’em-ploifut imaginé par un ingénieur delà flotte russe, M. Kob-zeff. Les graines de lin sont cuites à la vapeur dans un appareil dit « filtrateur » mis en communication avec l’eau d’alimentation de la chaudière. Elles lui cèdent environ i5 pour 100 en poids d’un mucilage qui détermine une émulsion abondante et réduit les sels de l’eau de mer à l’état de boues qu’on n’a plus qu’à évacuer périodiquement.
- Le mucilage de la graine de lin n’attaque pas le métal des chaudières et des essais qui ont eu lieu, il résulte qu’il a un effet marqué sur la formation des dépôts et même sur le détartrage des dépôts anciens dans les chaudières cylindriques ; les résultats sont moins heureux dans les chaudières à tubes d’eau. On peut donc, dès maintenant, envisager son emploi comme moyen de secours, dans le cas où de l’eau de mer aurait pénétré dans les réservoirs d’eau douce du bord, et aussi dans les installations industrielles, quand l’eau d’alimentation est chargée de sel.
- L’émigration allemande en 1923. — Depuis la cessation des hostilités, dit le Bulletin de la Statistique générale de la France, l’émigration allemande n’a cessé de se développer. Le nombre des émigrants allemands s’est élevé en 1923 à u5 4ib contre 36 027 en 1922, 23 451 en 1921, 84Ù8 en 1920. Il faut remonter jusqu’à la période 1881-1890 pour trouver un nombre d’émi-grants plus élevé : 134000 en moyenne chaque année; le maximum étant fourni par les années 1881 et 1882, avec 212000 départs pour chacune d’elles. Il est à remarquer que la natalité allemande en 1923 est aussi en décroissance sensible : 209 naissances pour 10 000 habitants, contre 228 en 1922; 253 en 1921 et 276 en igi3. Le flot principal des émigrants allemands s’écoule vers l’Amérique du Nord, surtout aux Etats-Unis qui ont reçu 93 576 émigrants en 1923. L’Argentine et le Brésil en ont reçu respectivement 9640 et 8920.
- Les transformations du poste delà tour Eiffel. — Nous avons souvent entretenu nos lecteurs des troubles apportés à la réception des émissions radiophoniques par les harmoniques des transmissions par arc du poste radiotélégraphique de la tour Eiffel. On peut espérer maintenant que la situation va être prochainement améliorée.
- Sur l’initiative du général Ferrié, de grandes modifications sont, en effet, en cours d’exécution à la station de la tour Eiffel. Le poste à arc sera prochainement remplacé par un poste à lampe utilisant des lampes Hollweck, démontables, à vide entretenu, qui ont été décrites dans la Nature.
- De plus, le poste radiotéléphonique actuel dont la modulation est défectueuse va être perfectionné, et sa puissance encore accrue.
- La nouvelle station de Cheïmsford. — Le « super poste » de Cheïmsford semble continuer régulièrement ses émissions sur 1 600 m de longueur d’onde. La modulation est toujours très bonne et ses radio-concerts sont reçus plus facilement que ceux des postes français le long des côtes du Nord et de l’Ouest de la France.
- Le plus souvent le soir, à partir de 20 h. 3o, les concerts de Londres transmis par le poste 2 LO sur ondes courtes sont retransmis sur 1 600 m par la station de Cheïmsford.
- Les émissions allemandes. — Le nombre des stations de broadcasting allemandes augmente chaque jour et il semble qu’il y ait maintenant au moins une dizaine de stations en fonctionnement. M. Kleiber, de Colmar, nous signale avoir reçu les émissions de la station de Konigsberg en Prusse sur une longueur d’onde de 460 m à partir de 20 h., et des essais du poste de Münster en Westphalie sur une longueur d’onde voisine de 420 m.
- Le nombre de plus en plus grand de ces stations allemandes commence à être la cause d’interférences fort gênantes pour la réception des émissions anglaises de longueurs d’onde voisines. 11 suffit en effet sur ces longueurs d’onde d’un écart inférieur à une dizaine de mètres pour empêcher complètement la réception de deux transmissions dont les longueurs d’onde ne diffèrent que de cette quantité.
- Il existe d’ailleurs un service d’abonnement en Allemagne permettant à ses adhérents l’écoute des radio-concerts moyennant un droit de 2 marks, ou l’écoute des informations de presse et de bourse moyennant un droit de i5 marks par mois.
- La Radiophonie et la Société des Nations. — La station de l’Ecole Supérieure des P. T. T. a transmis les discours prononcés à la séance plénière de la Société des Nations par MM. Macdonald, Herriot, Theunis, Bénès, etc.... Le câble téléphonique Paris-Anremasse a été utilisé à cet effet. La radiophonie joue ainsi de plus en plus son véritable rôle d’agent de diffusion incomparable, et il faut espérer que bientôt un grand nombre de débats politiques pourront être ainsi portés à la connaissance du pays, à commencer par les discours de la Chambre des députés.
- Le poste de T. S. P. de Tananarive. — La grande île de Madagascar va bientôt posséder un grand poste de T. S. F. en exploitation; il formera l’un des chaînons de la grande chaîne de postes à grande puissance qui doit relier les unes aux autres la France et ses colonies. Le poste de Tananarive a commencé au mois de juin ses essais officiels. Sa longueur d’onde de îSqoo m. lui a permis de communiquer d’une façon très satisfaisante avec les postes récepteurs de la métropole, Villejuif (8775 km) et Villecresnes. Tananarive a également communiqué avec Brazzaville (3865 km) et Saigon (7290 km). D’ici peu, le nouveau poste pourra commencer un trafic commercial et sera mis à la disposition du public.
- Exposition de champignons à l’Institut Pasteur de Paris, en octobre. — La Société Mycologique de France, présidée par M. Gabriel Bertrand, Membre de l’Institut, fera à l’Institut Pasteur de Paris, du 19 au 23 octobre, une exposition qui comprendra, outre les champignons, tout ce qui concerne la réglementation de la vente (arrêtés, ordonnances, règlements, fiches de vérification, etc...), les marchés (organisation, inspection, surveillance, etc..., taxes, statistiques des quantités apportées et vendues, des prix, etc...), les mesures et les moyens contre les empoisonnements, la statistique de ces accidents, l’enseignement, la vulgarisation, l’utilisation commerciale et industrielle des champignons.
- Les Préfets, Inspecteurs départementaux d’hygiène, directeurs des Services agricoles, maires, directeurs de bureau municipal d’hygiène, inspecteurs des marches, inspecteurs du service des fraudes, les Offices et Sociétés mycologiques ou intéressées, les Musées d’histoire naturelle sont priés d’envoyer ou de faire appof-ter, à partir du 10 octobre (de 10 h à 12 h, dimanches exceptés, pour les objets apportés) tous documents et objets au Laboratoire de Chimie Biologique, à lTustitut Pasteur, rue Dutot, 28, Paris (XVe), en mettant en tete de l’adresse, pour les objets expédiés et la correspondance, la mention : Exposition de champignons.
- Les objets exposés devront être retirés le 24 octobxe» de 9 h à 12 h. Pour ceux expédiés et dont on désire e retour, on joindra en timbres-poste, mandat-carte, etc., les frais de réexpédition, dans la lettre annonçant 1 envoi. Les objets non retirés ou dont les frais de réexpe dition n’auront pas été envoyés seront remis au Musee d’hygiène de la ville de Paris ou à la Société Mycolo-gique de France.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Une méthode d’utilisation du courant alternatif dans l’alimentation du filament des lampes à trois électrodes. —- Tous les constructeurs de lampes à trois électrodes se préoccupent de l’élimination des accumulateurs dans le fonctionnement des lampes à trois électrodes. L’énorme développement de la T. S. F. a accru le nombre des postes, mais il n’a pas diminué les difficultés multiples qui proviennent des accumulateurs. Il est bien évident que la batterie qui donne des ennuis est celle qui chaulïe le filament puisqu’elle débite d'une manière continuelle à une intensité relativement élevée ; au contraire, les courants de la batterie de 80 volts, qui est utilisée pour le circuit plaque, sont infimes et la capacité de l’ensemble n’a point besoin d’être élevée.
- M. J. Henderson vient d’indiquer, dans Y Electric al Review du 18 avril 1924, un moyen assez élégant d’uti-, liser le courant alternatif d’un réseau. Il est bien évident que si cette alimentation est possible, le courant alternatif est très supérieur au courant continu puisqu’un simple transformateur de tension suffit pour régler cette dernière. Le rhéostat du circuit filament se trouve, par là même, supprimé, ce qui est un gros avantage.
- Le principe de la lampe réside dans le f-ït qu’un corps chaud quelconque émet des électrons. On doit
- Terre
- Fig. 1.
- donc s’attendre à ce que le filament continue son émission quelle que soit la manière dont il est chauffé. Mais ici une difficulté surgit avec l’emploi du courant alternatif. La caractéristique de celui-ci est d’être essentiellement variable au cours de ce qu’on appelle une période. Pendant la durée de celle-ci, il s’annule deux fois. Par conséquent, aux environs de l’instant où l’intensité passe par la valeur zéro, il y aura une petite chute de la température du filament. Il en résultera évidemment une diminution du « flot d’électrons », et nous entendrons dans le téléphone un crachement qui en sera la conséquence. Ce phénomène se produira par exemple 5o fois par seconde, si le courant alternatif a une fréquence de a5 périodes à la seconde.
- Cet inconvénient semblerait proscrire l’emploi du courant alternatif. Fort heureusement, il se produit quelque chose, d’analogue à ce qui se passe dans les lampes d’éclairage; à u5 périodes par seconde, l’œil est fatigué par les alternances d’intensilé lumineuse, tandis qu’à 5o périodes par seconde, on ne s’aperçoit pas de la présence du courant alternatif.
- Ici, grâce au vide élevé qui règne à l’intérieur des lampes, l’inconvénient de la chute de température du filament n’est pas grand. Avec un courant d’alimentation ayant une fréquence de 5o périodes par seconde, une lampe à vide quelconque donnera de bons résultats, à condition qu’on ne l’utilise pas trop près du point d’oscillation.
- Si nous supposons un montage tel que celui de la figure x, dans lequel nous employons un transformateur de a5o75v à la place de la batterie du filament, nous entendrons dans le téléphone un ronronnement caracté-
- ristique. La raison en est que le circuit de grille est relié alternativement aux extrémités positives et négatives du filament durant une période. Au lieu d’avoir un potentiel bien déterminé pour le point relié à la grille, on a
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- une variation continuelle. L’idée qui vient tout de suite est de chercher un point de potentiel constant pour y connecter le circuit de grille. Il est évident que le centre du filament jouit de cette propriété, mais un tel montage ne serait pas avantageux parce que trop compliqué. Au lieu d’aller chercher le point de potentiel constant à l’intérieur de la lampe, on peut le prendre à l'extérieur en y plaçant un jiotentiomètre que l’on devra ajuster chaque fois que la résistance du filament varie. Un montage semblable est représenté (fig. 2).
- 11 faut remarquer cependant que la moitié du filament est toujours négative par rapport à la grille. Il s’ensuivra que des courants de grille produiront de la distorsion et que l’amplification sera défectueuse.
- Fort heureusement, on peut corriger ce défaut; il suffit de monter une batterie de 3 volts comme l’indique la figure 3. Dans ces conditions on a trouvé que l’amplification est presque parfaite. Comme il ne serait pas commode de placer un potentiomètre dans chaque circuit de lampe, la meilleure méthode consistera, avec plusieurs lampes, à relier les circuits de grille au centre de l’enroulement du secondaire du transformateur. La figure 4 indique un montage de réception utilisé par M. J. Henderson. Il sera certainement intéressant pour les amateurs. Le courant d’alimentation
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- Fig. 3.
- utilisé avait une fréquence de périodes. La tension était de a5o volts et le rapport de transformation de 25o/5. La tension de plaque utilisée était de 60 70 volts dans les lampes amplificatrices de haute fréquence et de 100 volts en basse fréquence. Les lampes employées étaient du type Marconi-Osram. Le transformateur avait un noyau de 780 mm2 de section avec un évidement de i*5 X?5 mm. Le primaire comportait 3ooo tours de fil et le secondaire 70 tours seulement, ce qui permettait
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- d’obtenir 5 volts environ avec 4 lampes. Le secondaire ne comportait qu’une couche et le milieu était réuni à une borne sur la boîte du transformateur. En substituant une galène à la lampe détectrice (eircuit représenté en pointillé sur la figure 4) on a obtenu d’excellents
- indispensable pour la réception à grande distance. Un écouteur sensible complète l’appareil.
- La principale qualité de ce modèle est évidemment sa simplicité qui permet d’obtenir à la fois un bon rendement et un prix de revient très réduit. En outre l’em-
- * ! I I
- TôWD'û'D'OW
- 250 y
- résultats. Avec la lampe détectrice, les résultats furent moins bons par suite du fait que sans réaction le groupe était toujours près de l’accrochage des oscillations dues au mauvais espacement. Il est à noter toutefois que pour l’instant, la réception n’est bonne qu’à une distance assez limitée, Toutes les fois qu’on a essayé de recevoir de postes éloignés, on a observé un « trémolo » dans le téléphone. Ce trémolo est dû à une réaction excessive.
- Il y a lieu cependant de faire remarquer que l’alimentation se faisait à 25 périodes et que les conditions seront très améliorées par l’emploi du courant alternatif à 5o périodes par suite des raisons que nous avons données plus haut. Des progrès seront certainement faits dans cette voie.
- Poste à galène simple à grand rendement. — Le poste à galène demeure toujours le poste favori de la grande masse d’un public qui désire avant tout pouvoir recevoir les émissions radiophoniques à peu de frais, et sans l’aide d’appareils complexes nécessitant pour leur réglage la connaissance de quelques notions élémentaires d’électrotechnique.
- Le nouveau petit poste représenté par la figure 5 est extrêmement simple et a permis de bonnes réceptions à distances assez grandes, sur des antennes dont la longueur n’excédait pas une trentaine de mètres. Le détec-
- Fig. 5. — Poste à galène simple avec accord par bobinages en fond de panier.
- teur à galène, avec chercheur monté à rotule, est, comme on le voit, disposé sur le dessus de la boîte. L’accord en dérivation est réalisé au moyen de bobinages en fond de panier immédiatement interchangeables, fixés sur des planchettes de support, que l’on glisse par la fente visible à la partie antérieure de la boîte. Un petit condensateur variable à diélectrique air et mica permet d’effectuer un réglage plus minutieux,
- ploi de bobinages en fond de panier permet facilement la réception des ondes courtes.
- Constructeur : Ptadio-Amateurs, 46, rue Saint-André-des-Arts, Paris (VIe).
- Automobilisme
- Flasques pour roues métalliques. — Les roues à rayons métalliques ont de grands avantages, mais on leur reproche à juste raison la difficulté d’entretien de leur rayonnage. Pour supprimer cet inconvénient, on a pensé obturer les faces latérales par des flasques protectrices en métal ou même en toile, mais la fixation laissant souvent à désirer, il en résultait des vibrations fâcheuses, des pertes fréquentes de flasques, qui, au début, ont discrédité ce système.
- Un système récent de flasques acier ou aluminium est d’un montage et d’un démontage facile, tout en étant d’une solidité très grande. Les deux flasques métalliques s’appuient sur le renflement du crochet de la jante; le système de fixation se compose, pour la flasque intérieure, de quatre étriers qui passent à travers le rayonnage et assujettissent la flasque solidement au moyen d’écrous. Cette flasque une fois posée ne s’enlève jamais. La flasque extérieure est fixée dans le rayonnage par une collerette filetée fixée à demeure autour du moyeu et le plus près possible de celui-ci. La flasque se monte sur cette collerette, elle est serrée fortement par
- Fig. 6.— Collerette pou,rflasque Fig. 7.— Blocage de la flasque extérieure. extérieure.
- un écrou en bronze, qui est immobilisé dans sa position par un verrouillage et des encoches.
- Le blocage est instantané au moyen d’une clé à ergot spéciale et on peut démonter la roue sans être obligé d’enlever les flasques. L’accessibilité à la valve se fait parle démontage instantané de la flasque extérieure.
- Constructeur : J. Lacoste, a8, boulevard de Strasbourg, à Paris.
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- VARIETES
- L'EMPLOI DU TECK DANS LA MARINE A VOILES
- La conservation des constructions navales a été l’objet d’investigations incessantes. Les anciens navires restaient un temps considérable sur cales pour que le bois soit entièrement sec. Un des grands fléaux, contre lequel on était autrefois assez mal armé, était constitué par la pourriture sèche qui infectait parfois des navires, même avant qu’ils eussent commencé un service actif.
- Vers i85o, à l’époque où l’exploitation des vastes forêts vierges, qui abondent aux Indes, commençait à prendre de l’ampleur, on pensa à l’emploi du teck.
- Le teck y atteint, en effet, une grosseur considérable.
- Il est si remarquable par ses grandes feuilles, qui ont de 3o à 60 cm de long et de 20 à 45 cm de large, que certains écrivains orientaux ont comparé ces dernières à des oreilles d’éléphants. "
- On fit alors des expériences très intéressantes au sujet de la conservation du chêne et du teck.
- En plaçant le chêne dans une situation où il est exposé alternativement à une grande chaleur et à une grande humidité, sans circulation d’air convenable, la pourriture sèche s’en empare et il en résulte une décomposition complète delà fibre végétale.
- On a fait subir au teck une épreuve très dure qui a consisté à enterrer dans le sol un échantillon de 3 cm X 3 cm de section et de 60 cm de longueur. La partie enterrée avait i5 cm et le reste était exposé à toutes les intempéries. L’échantillon est resté sain, alors que tous les autres bois essayés étaient considérablement avariés.
- Des expériences de résistance ont alors été faites sur des échantillons de teck de 1 m. 80 de longueur, 5 cm X 5 cm de section, appuyés sur des supports espacés de 1 m. 65. Les résultats peuvent être résumés dans le tableau suivant :
- ÉCHANTILLONS POIDS spécifique chahge FLEXION 011 mm. CHARGE de rupture MODELE d’élasticité
- I 687 125 kg 25 400 kg 7.652.326
- 2 690 225 29 397 7 o5o 777
- 3 670 220 32 400 6 386.907
- 4 724 25o 27 5io 8,o5o 406
- 5 688 200 aS 55o 6.47i.875
- 6 743 25o 26 540 8,357 011
- 7 743 25o 26 48o 8 556.428
- Toutes ces qualités du teck ont considérablement augmenté la durée d’utilisation des navires. On en compte un grand nombre qui ont dépassé 4° ans d’âge et plusieurs qui ont atteint 60 ans.
- Ces qualités sont surtout appréciables dans l’Océan Indien où l’exposition successive, tantôt aux rayons d’un soleil vertical, tantôt à la pluie torrentielle des moussons, détruirait rapidement le chêne européen, alors qu’elle ne produit aucun effet sur le bois de teck.
- La plupart des poteaux qui ont été placés pour soutenir les poutres des vieux docks de Bombay ont résisté plus de 40 ans sans peinture, ni goudron.
- Les clous ne subissent pratiquement aucune détério-
- ration. Le bois de teck a la propriété de conserver le fer. Le chêne, au contraire, tend à détruire ce métal.
- La raison de ce fait est que l’huile que contient le bois de teck conserve le fer et éloigne le ver, tandis que l’acide gallique du chêne ronge le fer et attiré le ver par sa saveur particulière.
- Un vaisseau construit en chêne, qui se comporte mal à la mer, ne saurait être d’une longue durée par suite de la contraction à laquelle sont soumises les différentes pièces dont il est composé. La détérioration des bâtiments neufs ou de ceux qui, récemment réparés, sont expédiés dans des climats chauds, peut être attribuée aux rayons du soleil qui font travailler les bordages constitués parfois de bois trop verts. Il en résulte que le calfatage devient lâche et l’eau de pluie trouve un chemin dans la carcasse.
- Les parties supérieures du navire en bois étant soumises à une très haute température dans les pays chauds, alors que la partie inférieure est plongée dans l’eau à une température relativement basse,il en résulte des efforts considérables si le bois est sensible aux effets de la chaleur et de l’humidité. Le teck insensible à ces deux effets est donc incomparablement meilleur que les autres bois.
- Ce fait était tellement frappant à l’époque où l’on construisait des flottes entières en bois, qu’un auteur a pu dire : « Si l’on voulait chercher un moyen efficace de hâter le dépérissement d’un arbre, qui pendant plus d’un siècle a fait l’ornement des forêts, il est douteux qu’on puisse en trouver un plus désastreux que de l’employer à la construction d’un navire ».
- Le tableau suivant fait ressortir le peu de durée des navires vers 1800.
- NOMS de vaisseaux anglais D.m; de construction DÉPENSE DURÉE du service avant le renvoi au dock DÉPENSE des réparations ÉPOQUE du désarmement
- Superb. . 1798 980.000 2 ans 6 mois i.100.000 1809
- Ajax. . . 1798 QQO 00.0 5 mois 540.000 1802
- Achill . . 1798 • 075.000 1 an 5 mois 520.000 1802
- Spencer . 1800 900.000 2 ans 9 mois 1.o5o.ooo OC O K>
- Au milieu du xvn6 siècle, on considérait qu’un terme de 3o ans était la période de la durée d’un navire. Au commencement du xvme, cette durée était de 14 ans seulement.
- A cette époque, on objectait que le teck était sujet sous le choc des boulets à se briser en éclats. Des combats qui eurent lieu peu après i85o montrèrent que cette crainte n’était pas justifiée.
- Il est assez curieux de se rendre compte du nombre de chênes qui étaient nécessaires pour la construction d’un navire de 2000 tonnes. D’après des mémoires de i85o, il fallait 2000 arbres de 75 ans de croissance ou 25o arbres de i5o ans. Or, 40 ares de terrain ne peuvent nourrir que 4° chênes, de sorte que la construction d’un pareil navire nécessitait 20 hectares de plantations. E. G.
- Ingénieur E. S. E.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Fermentations anormales du cidre. — Sortant du pressoir, il faut concevoir que le jus de pommes est un liquide vivant, dans la masse duquel divers groupes de microgermes sont en lutte, chacun tendant à annihiler les autres, et à les empêcher de proliférer, pour poursuivre seul son évolution.
- Cette notion, conforme aux théories modernes de la science biologique, permet de comprendre le mécanisme des fermentations anormales qui se dévèloppent trop souvent dans le cidre et en altèrent fâcheusement la qualité intrinsèque, la valeur marchande.
- Plus de la moitié de ces cas de fermentations anormales et nuisibles sont dus au développement des spores producteurs d’acide acétique. La tendance à cette fermentation spéciale est surtout marquée dans les cidres qui sont à la fois pauvres et en acides naturels et en alcool ; l’exposition prolongée à l’air la facilite dans une large mesure; souvent, quand on abandonne le jus de pommes à la fermentation alcoolique spontanée, il arrive que les microbes de l’acide acétique prennent le dessus et étouffent les levures alcôolisatrices. Fort heureusement, les microbes de la fermentation acétique ont
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- besoin de beaucoup d’oxygène pour vivre; aussi, le moyen le plus sûr de les combattre consiste-t-il à les priver d’air.
- On y arrive facilement en faisant fermenter le jus de fruit dans un tonneau muni d’un chapeau et d’un tuyau qui permettra à l’acide carbonique de s’échapper, tout en empêchant l’air de contaminer le liquide; pour empêcher une fermentation acide tardive, il faudra conserver ensuite le cidre dans des tonneaux bien remplis et bien fermés.
- Il existe d’autres méthodes pratiques pour empêcher des pertes considérables par fermentation acétique. Par exemple, on presse les pommes très rapidement et l’on produit dans le jus, le plus tôt possible, une forte fermentation alcoolique, par l'addition d’une quantité suffisante de levure fraîche. Cette fermentation rapide produit assez d’acide carbonique pour chasser l’air du tonneau et priver d’oxygène les germes de l’acide acétique.
- On peut aussi conserver le cidre ou le jus non fermenté à une température de -j- i5° et au-dessous, sans voir apparaître d’acide acétique; les microbes qui le produisent aiment, en effet, les températures plus élevées.
- Quand on n’a pas pu empêcher complètement la fermentation acétique dans un jus de pommes et quand celui-ci ne contient encore que de petites quantités d’acide, il convient de le neutraliser par un peu de carbonate de soude ou de craie, ou mieux encore, par une seconde fermentation que provoquera l’addition de 5 kg de sucre, pour 45o litres de boisson et d’une forte quantité de levure; il faudra faire précéder cependant cette fermentation d’une pasteurisation, effectuée à une température de -(- 70° qui sera suffisante, sans toutefois donner au produit le goût de « cuit » ; après refroidissement, on ajoute la levure et le sucre, puis on laisse la fermentation se faire.
- Aucun de ces procédés n’est applicable à un cidre contenant o,3 pour 100 et plus d’acide acétique; dans ces cas, il ne reste qu’à le transformer en vinaigre.
- Un autre germe anormal, très fréquent dans le cidre et qui cause également des pertes regrettables, est la « levure sauvage ». Ce champignon produit très peu ou pas d’alcool du tout. Il aime l’oxygène et se rassemble par conséquent à la surface du cidre, sous forme d’une peau ou pellicule épaisse, dure et blanche. Les levures sauvages poussent et se reproduisent aux dépens du sucre, de l’alcool, de l’acide, de la glycérine et, d’après quelques auteurs, même des matières extractives et colorantes ; en un mot, de tout ce qui fait la valeur de la boisson. Il faut noter aussi qu’en petites colonies déjà, elles produisent des acides gras, du sulfure d’hydrogène, de l’ammoniaque, etc., qui gâtent rapidement le meilleur cidre. Pour détruire cette « levure sauvage », il suffit de faire refermenter le cidre après pasteurisation et addition de sucre et de levure suivant la tech-
- nique indiquée ci-dessus. On peut aussi enlever soigneusement la pellicule formée par le champignon, et verser le cidre dans un second tonneau bien soufré; l’espace libre au-dessus du liquide devra, dans ce cas, être rempli d’acide sulfureux. Quelquefois même, il suffit, après avoir enlevé la pellicule, de couvrir la surface du liquide avec une couche mince de bonne huile ou d’alcool fort. Le cidre qui contient 10 pour 100 d’alcool est à l’abri de la fermentation de la levure sauvage.
- Le troisième groupe de germes anormaux et nuisibles qui se développent dans le cidre sont des bactéries de la fermentation lactique. Pour leur développement, il est nécessaire que le cidre ne contienne que peu d’acide naturel et encore un peu de sucre, conditions qui sont réalisées dans le jus complètement fermenté. Les cidres atteints de fermentation lactique présentent un trouble général et une odeur particulière, rappelant celle de la choucroute; ils contiennent de l’acide lactique libre, et en même temps de l’acide acétique, substances toujours dangereuses dans le cidre parce qu’elles tuent la levure, indispensable à la fermentation alcoolique.
- Pour prévenir ces inconvénients, il faut empêcher les bactéries de pousser : on y arrive facilement en augmentant la quantité d’acide naturel dans le liquide, soit en ajoutant du jus de pommes très aigre, soit en ajoutant 1 kg d’acide tartrique par 4^5 litres. Il vaut cependant bien mieux prévenir la fermentation lactique par l’emploi d’une bonne levure forte et en maintenant le cidre à une température de -f- i5° à -f- eo° pendant toute sa préparation; on peut pasteuriser ensuite, ajouter du sucre et faire refermenter. Francis Marre.
- Cliimislc-experl près la Cour d’appel de Paris.
- Peinture à l’eau changeant de couleur avec la température. — Ces peintures changent de couleur quand il se produit un échauffement insolite et reviennent à leur couleur primitive quand la température s’abaisse. Ch. Coffignier, dans son ouvrage Couleurs et peintures, indique, d après W.-S. Andrews, les deux recettes suivantes :
- La peinture se prépare avec une solution aqueuse de gomme arabique.
- Dans la première composition on utilise :
- Iodure mercurique.............100
- Iodure cuivreux............... 40
- On mélange bien au broyeur à boulets et l’on prépare avec le produit une peinture qui est rouge à la température ordinaire et se décolore vers 87°.
- Dans la seconde composition on utilise :
- Iodure mercurique............. 100
- Iodure d’argent...............4°° à 5oo
- On obtient une peinture jaune clair à la température ordinaire et qui devient rouge foncé ou rouge brique à 45°.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L' abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Fours mobiles à carboniser le bois. — Constructeur ; M. C. De-lhommeau, à Cléré (I.-et-L.).
- Réponses. — M. M. Marchai, à Vic-sur-Seille (Moselle). — i° La bibliographie concernant le cassissier et le cassis est très restreinte et peut se résumer dans l’importante brochure et l’article ci-contre :
- La culture, la vente et l'industrie du Cassis, par J. Vercier, professeur spécial d’horticulture de la Côte d’Or, à Dijon (En vente, chez l’auteur). Le Cassis : sa culture, son utilisation, ses débouchés, par Ch. Marchais, ingénieur-agronome. Cet article a paru dans les deux numéros 6 et 8 de « Cultures fruitières », Li-
- brairie spéciale agricole, 58, rue Claude-Bernard, Paris, Ve.
- Ch. Baltet a écrit a pages sur le Cassis dans son Traité de la Culture fruitière commerciale et bourgeoise. Librairie Masson et C‘°, boulevard Saint-Germain, Paris, 0%
- 20 Vous trouverez les variétés anglaises Baldwin, Bang-up, Carter's Champion, Lees’ Prolijic, en tout ou en partie, chez les horticulteurs :
- Baltet frères, à Troyes (Aube); Barbier et Ci0, à Orléans; Chromiak (Michel), à Bauxwiller (Bas-Rhin); Arbonville-Vialle, à Saint-Laurent, près Mézières-Char-leville (Ardennes).
- Dr Gilsen, à Arlon, Belgique. — Lorsque le cuir qui garnit les chaises ou fauteuils est éraflé, si on veut appliquer du vernis, celui-ci fait des taches plus foncées aux endroits que les éraflures ont rendus poreux. Pour éviter cet inconvénient, il suffit, avant de vernir, de faire un encollage léger avec de la colle forte un peu épaisse. Après séchage, on polit légèrement au papier de verre, puis on vernit finalement. Comme vernis
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- BOITE AUX LETTRES
- transparent ne modifiant pas la couleur du cuir, vous pouvez employer :
- Acétate de cellulose ... 7 5 grammes.
- Triacétine. . .......... 8 —
- Tétrachloréthane .... goo cent, cubes.
- Alcool dénaturé à g5° . . 100 —
- Laisser digérer jusqu’à dissolution, décanter après repos suffisant pour n’utiliser qu’un produit limpide.
- A défaut de cette préparation, vous pouvez prendre les vernis pour cuirs que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs, à la condition de n’accepter qu’un produit de marque et non à bon marché.
- M. Yvonnat, à Arcueil. — 1® Rien de plus simple que à’enlever la cire, une fois le tissu batïké teint et séché. Pour cela, on le trempe dans un vase quelconque contenant de l’essence pour automobiles, puis on pétrit légèrement avec les doigts pour faciliter la dissolution de la cire. Cela fait, on l’essore, laisse sécher à l’air et repasse. On peut obtenir un tissu présentant une certaine transparence en laissant plus ou moins de cire dans l’épaisseur, ce que l’on réalise en se servant de bains usagés, c’est-à-dire déjà chargés de cire. Toutes ces opérations doivent, bien entendu, s’effectuer de jour et non au voisinage de foyers, l’essence étant très inflammable.
- a0 h’enlèvement des excréments de mouches, sur les peintures, se fait facilement en frottant avec un tampon de coton imbibé d’eau ammoniacale au dixième.
- M. Galeotti, à Marseille. — i° Le Moniteur scientifique est édité, 12, rue de Buci, à Paris; l’exposé du brevet relatif au savon soluble dans l’eau de mer a paru dans le numéro de juin 1924 sans commentaires.
- A. G., à Yichy. — 1" A notre avis le meilleur moyen à employer pour empêcher votre ciment de poudrer est d’appliquer deux au trois couches de silicate de soude ou mieux encore de fluosilicate de magnésie ; la maison Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand, spécialisée dans la fabrication de ces produits, vous donnera tous renseignements complémentaires à ce sujet, a® Il n’est pas nécessaire de changer tout le seuil de votre porte parce qu’une partie en est creusée, vous pouvez vous contenter de faire replacer, après entaille convenable, une petite dalle sur bain de mortier, n’ayant que l’épaisseur correspondante à la flèche de la courbe d’usure.
- M. Nicolaïde, à Bucarest. — i° La base des préparations pharmaceutiques effervescentes est un mélange de bicarbonate de soude et d’acides citrique ou tar-trique qui sous l’influence de l’eau, au moment de la dissolution, dégage de l’acide carbonique. Yous pouvez prendre comme type de masse effervescente.
- Bicarbonate de soude . . . 5oo gr.
- Acide citrique.................25o —
- Acide tartrique................a5o —
- Faire fondre dans l’eau de cristallisation des acides, c’est-à-dire sans rien ajouter, la masse se boursoufle, on laisse sur le feu et remue sans cesse, jusqu’à ce que cette masse se brise. On retire du feu', laisse refroidir, concasse et passe au tamis pour séparer la poudre que l’on peut faire rentrer dans une autre opération en l’ajoutant à la masse pâteuse. Les granulés ainsi obtenus sont ensuite mélangés au médicament actif en proportion convenable; par exemple, pour le glycérophosphate effervescent, prendre :
- Glycérophosphate de chaux. . 5o gr,
- Granulé effervescent ci-dessus. 960 — a® La préparation des granulés vcrmicellés nécessite l’intervention de sucre et de gomme arabique.
- Glycérophosphate de chaux. . 5o gr.
- Gomme arabique............... 20 —
- 'Sucre en poudre.............800 -
- Ajouter une quantité d’eau suffisante pour faire une pâte ferme, après avoir laissé à la gomme le temps de se dissoudre, faire passer par pression au travers des trous d’une passoire, recevoir les filaments dans une cuvette, sécher à l’étuve vers 8o° G.
- 3® Les sels parfumés de Pennés pour bains sont
- constitués par :
- Carbonate de soude cristallisé . 900 gr.
- Essence de lavande................. 5 cm5
- » de thym...................... 2 —
- » de romarin.................... 2 —
- Mélanger, mettre en flacons de 200 gr., dose pour un bain.
- 4° L’Ivoire contient environ 65 pour 100 de phosphate
- de chaux, 5 pour 100 de carbonate de chaux et 3o pour xoo d’osséine; quant à la nacre, la plus grande partie est formée de carbonate de chaux avec un peu de conphioline comme matière organique.
- R. H. M. — 1® Pour dépolir les lampes à incandescence, préparer les deux solutions suivantes :
- A Chlorure de baryum .... 10 gr.
- Eau distillée...................100 —
- Gélatine........................... 5 —
- Laisser gonfler la gélatine pendant une nuit, puis liquéfier au bain-marie.
- B Sulfate de soude................... 7 gr. 5
- Eau distillée.....................100 gr.
- Yerser lentement la solution B dans la solution A encore chaude, appliquer le mélange laiteux tiède sur les ampoules avec un pinceau doux, laisser sécher à l’abri de la poussière.
- 2° On peut obtenir toutes colorations en faisant dissoudre préalablement dans la solution A une couleur d’aniline de la teinte choisie, cette couleur fixée par le sulfate de baryte formé donne une laque très stable.
- 3° Vous trouverez des ampoules de tous voltages dans les maisons qui suivent : Bazar d’électricité, 34, bouler vard Henri IV ; Comptoir général d’électricité, \\, boulevard Beaumarchais.
- 4° Il faut tenir compte que les vibrations de votre phonographe se transmettent chez les voisins non seulement par le meuble support et le plancher, mais aussi par l’air et les murs. L’isolement du meuble par lames de caoutchouc peut être réalisé d’une façon presque parfaite, mais vous ne pourrez empêcher que la pièce où se trouve l’appareil ne fasse boîte de résonance surtout si la maison est construite en matériaux légers. Peut-être pourriez-vous essayer de tendre un morceau d’étoffe à quelque distance du mur qui fait face au pavillon du phonographe pour amortir les vibrations aériennes ; évitez enfin d’orienter ce pavillon vers les portes, surtout celles donnant sur un palier d’escalier.
- Cercle civil de Constantine. — Yous trouverez tous renseignements sur la fabrication des savons dans les ouvrages qui suivent : Les corps gras industriels, par Michel Perret, éditeur, Albin Michel, rue Huyghens; Fabrication moderne des savons, par Ehrsam, éditeur, Dunod, 92, rue Bonaparte; Traité théorique et pratique de savonnerie, par Fritsch, éditeur, Desforges, 29, quai des Grands-Augustins ; Manuel du savonnier, par Calmels et Wiltner, éditeur, Gauthiers-Villars, 53 bis,
- quai des Grands-Augustins.
- M. Declercq, à Gand. — La colle ci-dessous vous donuera très probablement satisfaction pour collage du feutre sur' métal :
- Colle forte bonne qualité . . 45 gr.
- Eau ordinaire................ i5 —
- Acide acétique cristallisable . 40 —
- Faire gonfler préalablement la colle en présence de l’eau jusqu’à ce que cette dernièie soit absorbée, liquéfier alors au bain-marie et ajouter peu à peu l’acide acétique, finalement, incorporer
- Résine de mélèze pulvérisé. a5 gr.
- M. Dupuis, à Paris. — Le cuivre n’est en effet attaqué par l’acide sulfurique qu’à la température de l’ébullition, Yous obtiendrez une attaque beaucoup plus rapide en vous servant d’un mélange d’acide sulfurique et d’acide nitrique d’après la réaction
- 3 Cu + 3 S04H8 -)- 2Az0^H = 3CuS04-f Az*02-f 4 H2 O.
- Proportions qui correspondent à peu près au mélange de :
- Acide sulfurique à 66° B. . 5y5 cm5
- Acide nitrique à 36° B . . . 600 —
- Avoir soin de diluer préalablement l’acide nitrique par addition de deux à trois volumes d’eau avant d’y verser lentement l’acide sulfurique et refroidir après chaque addition pour éviter l’élévation de température ainsi que des projections dangereuses. Pour l’attaque de vos déchets de cuivre se placer au dehors à cause de la production abondante de vapeurs nitreuses très nocives.
- N. B. — Si vous avez employé du laiton, comme celui-ci est un alliage d’environ 65 pour 100 de cuivre et 35 pour 100 de zinc, la dissolution contiendra en outre du sulfate de zinc, par concentration et cristallisation, ce sulfate de zinc se déposera le premier et vous pourrez ainsi le séparer en grande partie.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- IJandbook to te exhibition of pure Science, arranged by the Royal Society, i br. 228 pages. En vente à Paris, à la Cambridge Instrument, 198, rue Saint-Jacques.
- L’Exposition Impériale anglaise qui se tient en ce moment à Wembley contient une importante section organisée par la Royal Society et consacrée à la science pure. Les plus éminents savants d’Angleterre y ont exposé les appareils qui servent à leurs recherches ; et des expériences de démonstration ont été organisées pour le grand public. Dans la brochure ci-dessus, on trouve l’énumération de ces appareils, dont certains, comme ceux de J.-J. Thomson, Barkla, Rutherford, Aston, Joly, présentent déjà un vif intérêt historique. On y trouve également le résumé des expériences organisées à l’Exposition. Enfin, la brochure renferme la reproduction d’un certain nombre de conférences de haute vulgarisation sur les sujets les plus à l’ordre du jour, et signées pour la plupart de noms illustres: l’Electron, par J.-J. Thomson; la Structure cristalline et les rayons X, par W. Bragg ; Electricité et matière, par Rutherford ; Atomes et isotopes, par Aston; Vérification de la théorie de la relativité, par Dyson; l’Intérieur d’une étoile, par Eddington ; les Valves thermioniques, par Fleming ; l’Origine des spectres, par Fowler ; la Circulation de l’atmosphère, par Napier Shaw ; l'Eau dans l’atmosphère, par Simpson; l’Origine de l’homme, par Smith Woodward, etc. Ce petit volume est d'un haut intérêt et représente un bel effort de vulgarisation scientifique.
- Radiotélégraphie et radiotéléphonie, par P. Dejussieu, 1 vol. xiv-279 pages, 47 fig- Dunod, éditeur. Paris, 1924. Prix : 12 francs.
- L’auteur consacre une partie importante de son ouvrage à rappeler les principes essentiels de l’électricité, et les notions théoriques générales sur lesquelles reposent l’emploi des ondes hertziennes et la construction des appareils qui les produisent, les reçoivent ou les amplifient. A la lumière de ces connaissances, il explique ensuite, à l’usage des amateurs, les principaux montages usuels et leurs propriétés. Le lecteur est ainsi mis en mesure de comprendre les phénomènes qu’il aura à mettre en jeu et son apprentissage s’en trouvera facilité.
- Montages à transformations, par P. Hemardinquer. Publié par la société anonyme des Publications Radiotechniques, 98 bis, boulevard Ilaussmann. Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Ceci n’est ni un livre, ni une brochure, mais un engin fort ingénieux, une sorte de tableau à voyants mobiles, grâce auxquels, en faisant simplement tourner des disques, on peut passer en revue les principaux montages de T. S. F.; c’est là un procédé mnémotechnique excellent, en même temps que peu encombrant. Il permet", en outre de comparer aisément les montages les uns aux autres. Il rendra certainement de grands services aux débitants et aux amateurs.
- Nouvelle carte des zones à grêle du département de la Somme, par H. Duhaussoy. i brochure, 16 p., éditions du « Progrès Agricole ». Amiens, 1924-
- Cette petite brochure résume et met au point des observations recueillies avec patience et méthode; certaines d’entre elles remontent à plus de deux siècles ; elles portent dans l’ensemble sur près de 4000 orages. Elles font ressortir très nettement l’existence, dans le département, de zones dangereuses où les chutes de grêle sont particulièrement fréquentes ; zones géographiques assez franchement délimitées, et dont l’existence est en rapport avec le relief du sol et la marche des orages. Cette utile étude que l’on souhaiterait voir entreprise dans tous les départements montre que, si l’on ne sait encore prévenir le fléau, on peut tout au moins, dans une certaine mesure, le prévoir.
- Ponts en maçonnerie, par C. Gay. 704 pages, 5ai fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris 1924. Prix : 60 francs.
- Les ponts en maçonnerie, étudiés par l’auteur,
- comprennent les ponts en pierre et en ciment. Celte branche de l’art de l’ingénieur a fait, en ces dernières années, de très grands progrès, dus pour une bonne part à des ingénieurs français, au premier rang desquels il faut citer MM. Séjourné, Mesnager, Rabut et Fraissinet. Cet ouvrage contient l’exposé méthodique des connaissances nécessaires pour établir et calculer un projet de pont, et pour en diriger l’exécution. Il accorde une grande place aux méthodes modernes auxquelles nous venons de faire allusion et en particulier il donne de nombreuses descriptions d’ouvrages remarquables qui seront, pour les ingénieurs, des modèles et des guides précieux.
- Manuel de l’amélioration des plantes de la grande culture, par V. Latuouwjers. i vol. in-8, 240 p-, 47 fig- Bibliothèque agronomique belge. Duculot, Gembloux; Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix :
- L’Institut agronomique belge de Gembloux inaugure sa * bibliothèque » par un ouvrage de la plus grande importance, clair, complet et pratique, traitant de l’amélioration des plantes cultivées. On sait quels progrès a faits en ces derniers vingt ans une science nouvelle, la génétique ou étude de l’hérédité. Mais si ses lois sont maintenant établies, elles sont encore peu appliquées à l’amélioration de la production agricole. Et cependant la sélection des races de céréales augmenterait rapidement le rendement total du pays de 10 à i5 pour 100 ; celles des autres produits du sol : pommes de terre, betteraves, etc., fournirait un supplément égal de ressources et un bénéfice notable aux cultivateurs. Ce qui manque encore, ce sont des conseils pratiques, éclairés, sur les moyens à employer.
- M. Lathouwers, professeur à Gembloux, les a réunis dans ce livre où il décrit les divers moyens d’amélioration : massive, sélective, par hybridations et mutations. Il conseille l’application très simple des faits acquis à l’augmentation de rendement du froment, "des orges, de l’avoine, du seigle, du maïs, des betteraves, des pommes de terre, du trèfle, des graminées en une série de chapitres parfaitement exposés. Ce premier traité de génétique appliquée ouvre la voie à la reproduction intensive en ce moment où toute 1 Europe en a tant besoin.
- Des Sociétés Animales, par A. Espinas, 3e édition, 1 vol. in-8, 454 p., Bibliothèque de Philosophie Contemporaine. Félix Alcan. Paris. Prix : 25 francs.
- Cet ouvrage fut présenté comme thèse pour le doctorat ès lettres à la Faculté des Lettres de Paris en 1877. Aujourd’hui encore, non seulement il se lit avec plaisir, mais il présente l’intérêt de montrer les débuts des études de sociologie si développées depuis. L’auteur étudie les sociétés accidentelles d’animaux (parasites, commensaux, mutualistes), puis les sociétés normales et constantes, pour aboutir à la famille à travers les espèces animales, puis aux peuplades.
- Chemin faisant, il dégage des lois générales reliant la biologie, la sociologie et même la politique : division du travail, attraction des parties similaires et coordination, délégation des fonctions et subordination, spontanéité des impulsions dirigeantes, progrès du type social. Il montre l’universalité du fait social, général dans toute l’échelle animale, se. développant avec le progrès vers la liberté et la morale.
- Bretagne, collection des Guides bleus, i vol. in-16, cartonné lxxxvh-688 p., avec 28 cartes et 20 plans. Hachette. Paris, a5 francs.
- Cenouveau guide de Bretagne, rédigé par M. Georges Mommarché, se signale particulièrement par les soins apportés à tout ce qui touche l’art breton. Il est précédé d’une introduction de M. Anatole Le Braz, d’une étude sur l’art breton de M. Henri Waquet, et d’une notice sur la langue bretonne (avec un petit vocabulaire'usuel et toponymique) par M. F. Gourvil. A signaler aussi une bibliographie d’ouvrages relatifs à la Bretagne, et des indications sur la pêche et la chasse.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
- N° 2635 4 Octobre 1924
- La température moyenne de l’air en août, à Paris. — A Paris, depuis 1757 jusqu’à cette année, c est-à-dire en 1 espace de 168 ans, la température moyenne du mois d’août, qui est de. 170,8, a été 80 fois inférieure à cette normale, soit donc une proportion de 48 pour 100.
- Pour ces 79 mois d’août frais, exception faite de celui de cette année, il y a eu seulement 37 mois de septembre correspondants, dont la température moyenne a été supérieure à la normale de ce mois, qui est de i4°,7, soit un peu moins de moitié.
- Aux treize mois d’août ainsi les plus froids de toute cette longue série, exception également faite de celui de cette année, l’on ne rencontre que quatre mois de septembre correspondants à température moyenne plus élevée que d’ordinaire, sans présenter cependant d’excès trop accentué. *
- Ces mois les plus froids paraissent se représenter au bout d’une période variant de 28 à 34 ans.
- Tableau comparatif(*).
- Aimées. Août Septembre. t Années. Août. Septembre
- 1782 . i5°,i i4°.5 i844 •' 14°,4 U0,9
- 1784 . i5°,5 i6°,4 i845 . i4°,8 I4°,I
- 1785 . 15°, 3 i5°,6 1866 . 15°, 8 14°, 5
- 1794 . i5°,7 13°, 3 1896 . 150,8 14°, 6
- 1816 . i4°,8 13°, 4 1912 . i40,9 11°,4
- 1817 . 15 °, 7 l6°,2 1920 . 15°, 8 i4°,6
- 1833 . ii°,8 i3°,o 1924 . i5°4
- Em. Roger,
- Membre de la Société météorologique de France.
- Observation d’une sorte de mirage sur la plage d’Asnelles (Calvados). — M. Bidault de l’Isle nous communique l’observation suivante faite le 3o juillet 1924, à 5 h 5o.
- « Etant sorti de bon matin pour relever des lignes à marée basse, je cheminais sur la grève qui sépare la plage d’Arronches de celles d’Asnelles, au pied des hautes falaises calcaires qui se trouvent en face des écueils des « Calvados ».
- Au loin, à 4 ou 5 km, les faibles hauteurs de Ver-sur-mer. La mer s’était retirée à une distance de 700 ou 800 m. de la laisse de la haute mer, découvrant une
- plage de sable fin avec quelques rochers couverts d’algues, et de temps en temps quelques galets, débris non encore réduits d’éboulis des falaises voisines.- Deux petites barques étaient échouées sur la grève, à plus de 4oo m. de la mer.
- 11 me sembla qu’entre ces barques et moi s’étendait une large nappe d’eau qui miroitait au soleil levant, et qui réfléchissait ces barques, mais avec un décalage d’un demi-degré dans le sens vertical. Voulant me rendre compte, car je m’étonnais de trouver de l’eau où je savais qu’une bosse existait à cet endroit sur le rivage, je franchis l’espace qui me séparait de la masse d’eau située devant les barques, mais j’atteignis celles-ci sans rencontrer ni une flaque, ni même un sol humide.
- t. Les moyennes du tableau ci-dessus sont celles de l’Observatoire de Paris, jusqu’en l’année 1873, diminuées de o°,7 pour les rendre comparables à celles obtenues à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, depuis 1874 jusqu’à nos jours.
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- Cependant, l’illusion était complète, et en m’en éloignant des barques, je pus reconstituer la même apparence.’ L atmosphère était très pure, sans humidité appréciable.
- Je ne puis expliquer cette sorte de mirage que par le concours simultané de deux circonstances : d’abord, le reflet des images produit par les innombrables paillettes provenant de la mouture des débris de coquillages formant en grande partie le sable marin, et dont la surface serait susceptible, sous l’influence des rayons solaires rasant presque horizontalement le sol, de donner l’impression d’une nappe d’eau; ensuite, le décalage de ce reflet par une couche atmosphérique de densité différente au ras du sol et abaissant l’axe optique d’une valeur notable.
- J ai rapidement esquissé un croquis schématique de ce phénomène que je n’avais pas encore observé dans ces conditions, et qui, je l’avoue, m’a laissé dans la perplexité, malgré l’explication que je m’en suis donnée à moi-même. »
- Une Université américaine flottante. — Une Université flottante vient d’être créée par un groupe d Américains. Les promoteurs ont affrété un grand transatlantique, le Princess Alice, et l’ont aménagé en vue de transporter 400 étudiants, plus le corps professoral, le personnel du bord et l’équipage.
- Aux cours théoriques qui se donneront en cours de route seront joints des cours de géographie, d’histoire, d art, de botanique, etc., pratiques, ces derniers cours se donnant à chaque escale que fera le, transatlantique transformé en Université flottante.
- Les cours seront chaque fois d’une année, englobant le tour du monde. La première croisière comporte des escales au Japon, en Chine, aux Indes, en Grèce, en Turquie, en Italie, en Algérie, en Tunisie, en Espagne, en Allemagne, en Hollande, en Scandinavie, en France et en Angleterre.
- Wagons-réservoirs pour lait. — Le transport du lait vers les grands centres urbains qui en consomment chaque jour de très grandes quantités pose des problèmes fort délicats, en raison de la fragilité de ce liquide, si sensible à toutes les contaminations et à toutes les variations de température; la production du lait est, de par sa nature même, dispersée sur de grandes étendues de territoire, ce qui ajoute encore aux difficultés. La méthode universellement employée consiste à grouper la production des régions agricoles dans des centres de ramassage où l’on pasteurise le lait ; on en remplit des bidons en fer-blanc de capacité relativement faible et on expédie ces bidons, par wagons, vers la ville. Cette méthode a fait ses preuves, mais elle n’est pas sans défaut, car il n’est pas aisé de maintenir rigoureusement propres et à l’abri de toute contamination ce grand nombre de bidons. Un industriel de Chicago a adopté une méthode toute différente, et en principe tout au moins'fort intéressante. II a fait construire, pour le transport du lait qu’il recueille, un véritable wagon-réservoir. C’est un wagon frigorifique, refroidi par une circulation de saumure et à l'intérieur duquel sont installés deux grands réservoirs cylindriques, de 12 000 litres de contenance chacun. La température à ^intérieur du wagon est maintenue bien constante; de plus, les deux réservoirs sont montés sur un épais lit d’asphalte qui leur épargne des vibrations 'excessives. Une particularité intéressante est que les réservoirs ont une enveloppe intérieure en verre; cette disposition assure une économie considérable. Avec le système usuel des bidons, on a, en effet, une perte de près de i5 pour 100 due au lait qui reste adhérent à la paroi interne. Dans le transport par grandes masses dans un seul récipient, cette perte est déjà réduite, mais le lait ayant moins d’adhérence sur le verre que sur le fer-blanc, la perte de lait avec les nouveaux récipients serait réduite des trois quarts.
- Les produits antidétonants pour moteurs à combustion interne. — Dans les moteurs à explosion ou à combustion interne, on observe souvent des explosions
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- INFORMATIONS
- prématurées et des cognages dus à des causes diverses, mais surtout à une compression trop forte C’est là une des raisons qui empêche d’augmenter le taux de compression des moteurs à explosion, et cependant cette augmentation aurait les plus grands avantages. Elle permettrait d’améliorer le rendement des moteurs dans une forte proportion et de diminuer leur poids. Le laboratoire de recherche de la General Motors Research Corporation, à Dayton (Etats-Unis), gigantesque organisation de recherche consacrée aux progrès de la technique automobile, a entrepris l’étude de produits antidétonants destinés à empêcher les explosions prématurées; ces produits sont désignés sous le nom d’anti-knocks. L’un d’eux, le plomb tétraéthyle, s’est révélé très efficace. Il a, du reste, fait récemment l’objet, à l’Académie des Sciences, d’intéressantes communiça-tions de MM. Dumanois et Jolibois. Ces produits agissent à la façon des poisons des catalyseurs. Malheureusement tous ceux qui ont été expérimentés avec succès jusqu’ici ont un grave défaut : ils sont violemment toxiques, aussi bien par eux-mêmes que par les substances qu’ils dégagent dans les gaz d’échappement. On espère cependant arriver à découvrir des corps antidétonants qui n’auraient pas ce défaut.
- Le K^pok. — Nous trouvons dans les renseignements commerciaux publiés par la section de géographie commerciale de la Société royale belge de géographie les intéressants renseignements qui suivent :
- « Le kapok ou faux-cotonnier est un arbre d’environ 12 à i5 m de haut, au fût tout à fait droit, mais dont le bois est inutilisable à cause de son manque de résistance; ce bois est presque fibreux tellement il est peu dense ; une fois abattu il est immédiatement attaqué par les insectes et entre très rapidement en décomposition.
- Le seul emploi intéressant pour lequel je l’ai vu utilisé est la pose des fils téléphoniques. Dans ce cas on a soin de replanter des arbres vivants sur lesquels on place directement les isolateurs. L’arbre continue à pousser et la présence des isolateurs et des fils n’entrave en rien, semble-t-il, sa croissance ni sa production,
- Le faux-cotonnier est une plante essentiellement tropicale; on le rencontre à l’état sauvage dans tous les pays équatoriaux où sa culture est très facile à cause de sa rusticité.
- Il donne comme fruit une capsule allongée qui éclate à sa maturité et laisse échapper le kapok employé chez nous au rembourrage des meubles, des coussins, etc., à la fabrication des pansements antiseptiques et aussi comme isolant de la chaleur dans certains appareils et pour le bourrage de ceintures de sauvetage, etc.» *
- Jusqu’à présent il a été fort peu employé comme textile, mais son usage se développera, et j’ai vu des tissus souples et paraissant très solides faits avec du kapok filé.
- C’est dans cette sorte d’ouale que se trouvent les graines que l’on extrait par le battage. Çes graines sont très nombreuses et donnent de 20 à 25 pour 100 d’huile lorsqu’elles sont bien traitées,
- Le tourteau peut servir à la nourriture du bétail ou à la fumure des terres.
- Si le faux-cotonnier donnait de l’ombre on pourrait l’employer dans les plantations de café, par exemple, auxquelles il ajouterait une récolte de valeur, mais ses branches sont espacées, ses feuilles sont rares et il ne peut servir d’ombrage ».
- Il 'serait désirable de voir la production du kapok se développer au Congo, où il pousse fort bien dans certaines régions.
- Il est à regretter que cet arbre qui demande si peu de soins soit trop dédaigné, car il donne un très bon rapport et son produit est de plus en plus demandé sur les marchés européens.
- Une république allemande sur le Volga. —* La Russie actuelle est une fédération de républiques jouissant chacune d’une certaine autonomies Sait-on qu’elle comprend une. république purement allemande? C’est la « Volgadeutsche Arbeitskommune » fondée en 19x8. Sa capitale était alors Marxstadt (autrefois Ivatherinen-stadt). Son territoire en 1914 relevait des gouvernements de Saratof et Samara. En 1920, la population de cette enclave allemande s’élevait à 453 000 âmes, dont 97 pour 100 d’Allemands. En 1922, le territoire de la
- république allemande a été élargi, et cette extension a eu pour effet d’y diminuer la proportion de la population purement allemande, qui n’y compte plus que pour 67,4 pour xoo contre 21,3 pour 100 de Russes et 9,7 pour 100 d'Ukrainiens. Les langues allemande, russe et ukrainienne y sont toutes trois officielles. La république est partagée en 14 cantons ; xi cantons allemands, 3 russes. La capitale a été transférée à Pokrovsk, centre économique important, tête de ligne de la voie ferrée d’Orenburg et Astrakhan.
- La préréfrigération des poires et des pommes avant l’expédition, — Le Perishahle Freight conservation Bureau de VAmerican Association Office and Réfrigération signale cette observation que tous, les spécialistes en matière de fruits recommandent la pré-réfrigération des poires et des pommes hâtives avant le transport.
- Le papier dans lequel ces fruits sont enveloppés produit un effet isolaqt et le refroidissement de ceux qui se trouvent au milieu de la caisse demande un temps trop long.
- Ce temps, pendant lequel la chaleur persiste dans les fruits, est un puissant facteur d’altération.
- La méthode actuellement employée par les expéditeurs les plus importants consiste à refroidir les poires et les pommes placées librement sans être serrées, dans les caisses, puis à les emballer dans une chambre dont la température ne dépasse pas 400 F (40,5 C). En appliquant cette méthode, on évite la transpiration des fruits pendant l’emballage.
- Quand les poires et les pommes ainsi traitées sont placées dans un wagon avec bac à glace, on a toute chance de pouvoir les livrer à destination en parfait état.
- On doit observer qu’emballer de suite les poires et pommes venant du verger, puis les refroidir en entrepôt, constitue une pratique défectueuse, car ce refroidissement nécessite une trop grande perte de temps pour donner des résultats satisfaisants.
- Le formol contre le charbon et la carie dq blé. — Deux agronomes anglais, MM. E.-S. Salmon et H. Wormald, ont apporté dans le traitement des semences de blé, en vue de les préserver des maladies cryptogamiques, notamment du charbon et de la carie, une technique nouvelle pour remédier à l’insuffisance du traitement au sulfate de cuivre dont la concentration nécessaire, pour tuer les spores des cryptogames, nuit à la germination des semences.
- Ces agronomes estiment que le formol donne de bien meilleurs résultats, car il est d’un emploi plus facile et moins onéreux. Us conseillent d’employer une solution de formol du commerce à 4° pour 100 dans 480 volumes d’eau.
- Voici le mode opératoire :
- Asperger les semences à raison de 6 à 7 litres de la solution formolée, par hectolitre de semences, remuer ^celles-ci à la pelle afin qu’elles soient bien mouillées, sans qu’il se forme une flaque à la base du tas. Couvrir le tas avec des sacs imprégnés de la même solution, mais bien tordus, et laisser ainsi quatre heures; ensuite, étaler les semences sur une aire sèche, désinfectée par la solution formolée et séchée naturellement.
- Les semences séchées doivent être semées aussitôt que possible ; on les ensache dans des sacs désinfectés par la solution de formol ou par ébullition dans l’eau, s’ils ont contenu du blé contaminé.
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- Les perles des noix de coco. — M. Huenger, d’Amsterdam, a trouvé des perles dans la noix de coco.
- Ces perles sont de forme globulaire, d’une blancheur de lait; elles sont formées de carbonate de chaux, mais ne sont pas irisées ; elles sont d’ailleurs très rares.
- D’après ses recherches, M. Huenger fait remarquer que ces perles se trouvent surtout dans les noix de coco dites « aveugles », c’est-à-dire ne possédant pas de pores germinatifs.
- L’embryon, forcé de rester à l’intérieur du fruit, se charge alors de sels calcaires.
- On ne peut d’ailleurs se procurer que difficilement des noix de coco « aveugles », car elles sont très recherchées des indigènes qui les considèrent comme des talismans.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CELESTE EN NOVEMBRE 1924 (*)
- Voici le temps moyen à midi vrai en novembre :
- L’observation du ciel est une utile leçon de choses. J’écris ces lignes d’un petit village des Basses-Pyrénées d’où l’on découvre un magnifique panorama de montagnes. *
- Devant moi, s’ouvre la belle vallée d’Ossau, fermée, presque exactement au Sud même, par la masse imposante du Pic du Midi d’Ossau, détachant, en plein ciel, ses deux sommets qui lui donnent un aspect si caractéristique.
- A vol d’oiseau, il est à une distance de a5 kilomètres environ.
- Un beau spectacle, que je contemple toujours avec intérêt, est celui du ciel étoilé et ici, avec la pureté de l’atmosphère, la voûte céleste revêt un caractère incomparable.
- Les étoiles conservent, dans cette atmosphère si pure, tout leur éclat, on peut dire jusqu’à l’horizon même. Et c’est avec un sentiment de curiosité qu’on les suit, près de leur passage au méridien, à l’aide d’une jumelle, jusqu’à leur disparition derrière la masse du Pic, pour ensuite les revoir réapparaître de l’autre côté.
- Est-il besoin de dire qu’avec la distance du Pic, il s’agit d’étoiles très australes, d’autant plus que la latitude ici •
- est environ 6 degrés plus australe qu’à Paris.
- Les étoiles que je vois ainsi passer derrière le Pic sont situées vers 45 degrés de déclinaison sud; ce sont actuellement (septembre) celles de la Couronne australe et du Poisson austral.
- Ainsi, de France même, nous pouvons voir quelques-unes de ces constellations de l’autre hémisphère dont les noms conservent pour nous quelque chose de mystérieux, parce que nous les avons lus dans les descriptions de lointains voyages : l’Eridan, la Colombe, la Poupe, les Voiles, le Centaure, le Loup, le Scorpion, la Couronne australe, le Poisson austral, le Sculpteur, le Phénix, etc.
- Du Sud de la France, nous voyons les constellations qui passent au zénith de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande !
- Voilà une observation qui élargit singulièrement notre domaine, et, en la faisant, il semble que nous soyons moins à l’étroit sur cette Terre.
- Dans nos villes, au fond des rues, notre univers est bien réduit et nous n’en voyons plus grand’chose. Nous sommes amenés à le découvrir, lorsque, de loin en loin, il nous est donné de vivre un peu au sein de la nature.
- Voilà, pour les vacances d’une autre année — et nous en reparlerons en temps opportun — le motif d’un instructif concours entre nos lecteurs : « Le concours de l’étoile la plus australe vue de France. »
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, pendant ce mois de novembre, continue — malheureusement pour nous, habitants du Nord — de décroître. De — i4°26' le ior, elle arrive à— 2i°39' le/3o. Et la durée du jour suit une marche aussi peu encourageante : 9»5i“ le ierfet 8h 33m le 3o. C’est surtout le soir que cette diminution est sensible.
- En effet, lorsque le Soleil passe au méridien, le ier novembre, il est nh34m 19”. Donc, à midi, il a passé le méridien depuis près de *6 minutes. Par conséquent, la soirée est beaucoup plus courte que la matinée.
- Il est regrettable que l’on n’ait pas tenu compte de cette circonstance astronomique lors du vote de la loi de T « heure d’été », dont l’application aurait pu être prolongée facilement jusqu’au i5 novembre.
- 1. Toutes les heures données dans ce Bulletin sont exprimées en temps légal, compté de o» à 24», à partir de minuit. Le temps légal est l’heure, temps moyen de Paris, retardée de C’est |e temps (ie Çrreenvyich,
- Heures du passage Dates. (L m. Gr.). Dates. Heures du passage (t. m. Gr.).
- Novembre ior n» 34“ 19“ Novembre 17 11» 35m 4os
- ^ — 3 11» 34m 17” — l9 iih 36“ 5S
- —' 5 nh34m 1 g5 — 21 11» 36“ 34s
- _ 7 uh 34“ 2/,s — 20 1 ïh 3‘7m 6S
- — 9 1 ih 3 33s 25 11» 37™ 4as
- ^ — 11 11» 34m44s — 27 1 ih 38“uo8
- — i3 1 ih 34“ 5gs — 29 11» 39™ is
- — 15 11» 35“ 19’ Observations physiques. - — Le tableau ci-dessous fait
- suite à ceux précédemment publiés et permet d’orienter
- les dessins et photographies du Soleil : Dates. P D0
- Novembre 1" -f 2 4°, 56 + 4°, 26 199°.77
- — 6 + 23°,6t -f- 3°,72 1330,84
- — 12 + 22°,46 + 3°, 16 67°, 92
- — 16 -j- 21° 12 + 2°, 37 2°,OI
- — 21 + i9°,6o + i°.97 296°, IO
- — 26 -h 17°. 9° + i°,35 23o°, 20
- Diamètre, parallaxe et distance. — Voici la valeur de ces éléments pour le mois de novembre :
- Demi- Parallaxe diamètre, horizontale. Distance.
- 147 95o 000 km 147 5oo 000 —
- Fig. 1. — Occultation de Mars parla Lune, le 5 novembre 1924 (Image droite, vue dans une lunette ne renversant pas les objets). — Z, direction du Zénith.
- 11 novembre :
- 16'11", 24 8",89
- 26 novembre :
- 16' 14",20 8",92
- Lumière zodiacale. — Très bien visible le matin en novembre. A observer notamment du i'r au 8 et à la fin du mois.
- Du icr au 3 rechercher la lueur anti-solaire, vers minuit, dans le Bélier et du 2 3 au 28, vers minuit, entre Aldébaran et les Pléiades. (Voir ce que nous avons dit à ce sujet le mois dernier.)
- II. Lune.— LesphasesdelaLune, en novembre, seront les suivantes : P. Q. le 3, à 2a11 18“
- P. L. le 11, à iah3im , D. Q. le 19, à 17h38m
- N. L. le 26, à 17» i5ra
- Age de la Lune, le ier novembre, à midi = 4J,2; le 27 = oJ,8. Pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1" ou le 27. Pour une heure considérée, ajouter o',o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le ier =— 19° 53' ; le i5 = + 200 1' ; le 29 = — 200 5'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le i5 novembre, à ih. Diamètre = 29'29". Parallaxe = 54' 1". Distante — 4o5 g5o km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 27 novembre, à i3h. Diamètre =33'24". Parallaxe = 6i'13". Distance =358 200 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le icr novembre, occultation de 128 B Sagittaire (gr. 6,3), de i6h35“ à i6h 5am.
- Le 2, occultation de f Sagittaire (gr. 5,1 ) ; émersion seule visible à 17»9™.
- Le 4, occultation de 45 Capricorne (gr. 5,8), de 17»28“ à i8h 43m.
- Le 5, occultation de la planète Mars (gr. —0,8), de r911 55m à aoh 38m. La Lune sera à deux jours après le Premier. Quartier. Mars aura un diamètre de i3",6 et aura une légère phase. Important phénomène à suivre même avec un petit instrument (fig. 1).
- Le 8, occultation dfe 26 Baleine (gr. 6,0), de i6h 22m à 17» 24“. — Occultation de 33 Baleine (gr. 6,1), de 21» 12“ à 22» 6”.
- Le 10, occultation de p Baleine (gr. 4.4), de 19'* 57” à
- 2Ih9
- Le 11, occqltation de /’Taûregu (gr. 4.3), de r8b 37™ à
- i9h 17
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Le 12, occultation de y Taureau (gr. 3,9), de i8h4g,n à 19!1 i9m. — Occultation de 75 Taureau (gr. 5,2), de 23h 5ira à ihom le i3.
- Le 16, occultation de g Gémeaux (gr. 5,o), de aiMS™ à 22h 52“.
- Le 3o, occultation de o Capricorne (gr. 5,6), de 17k 54m à i8h53m.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 28. Yoici le tableau de ces plus grandes marées (heure de la pleine mer, à Brest :
- Dates. Marée du matin. Heures. Coefficient. Marée du soir. — Heures!’ ^Coefficient.
- — — *— —
- Novembre 25 2h 26“ O i O I4h 49m om,95
- — 36 3h 1 im Im,00 i5h 32“ i“,o4
- — 27 3h 54“ im,°7 16h 16m im,o8
- — 28 4h4oa im,o8 r 7h 5m i“,o6
- — 29 5h 28“ im,o3 17*' 5 im om,g8
- — 3o 6h i6m om,g3 i8h 4 im o”,86
- Yoici les heures de passage du mascaret : -
- Dates, Coefficient. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Novembre 26 im,o4 1 gh 11” ig11 48“ 19“57“
- — 27 i“,07 7h 3om 8“ 7m 8h 16“
- — *7 ira,o8 igh 5om 20h 37m 20h 36m
- . — 28 i”,o8 8hmi3 8h5om 8h 59”
- — 28 im,o6 20h 37m 21h 14“ 2Ih 23m
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1924, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant cfe mois.
- tefois, pour ne pas interrompre la série, les éléments
- de l’anneau, à la date du 12 novembre :
- Grand axe extérieur ........................ 34",86
- Petit axe extérieur......................... -f-n", 10
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................................... -j-i8° 34
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .................................. +17° 55
- Uranus est visible le soir dès la tombée de la nuit. 11 se trouvera, pendant tout ce mois, très près de l’étoile g5 Yerseau. Yoici d’ailleurs quelques positions permettant de le trouver :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Novembre 6 23h i6ra —5° 34' 3",6
- — i5 23h i6m —5°36' 3",5
- — 26 23hi6m — 5°37/ 3",4
- Neptune est visible dans la seconde partie de la nuit,
- se levant, le i5, un peu avant 23h. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le i5, à 5h. Yoici quelques positions pour le trouver :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Novembre 5 9h 40“ +i4°i8' 2",4
- — 16 9h 40“ ' + 14017' 2",4
- — 25 9h4oa +140 16' 2",4 ,
- Il est extrêmement près de l’étoile tjt Lion, qui sera
- un excellent repère pour le suivre.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 6, à i5h, Uranus en conjonct. avec la Lune, à i°42' N. Le 19, à 9h, Neptune — — laLune, à o° 10' S.
- Le 24, à 3h, Yénus — — la Lune, à 20 56'S.
- Le 24, à 2211, Saturne — — la Lune, à 20 53' S.
- ASTRE Dates : NOVHMB. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (4) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- . 6 6b 47m nh34B2i‘ l6h22“ i4h45“. — i5°59' 32' 20" 4 Balance
- Soleil . . . 16 7 3 ii 35 29 16 8 i5 26 — 18 45 3a 24,0 Balance 1
- 26 7 J7 11 38 0 1.6 58 16 8 — 20 57 3a 28,8 Scorpion
- 6 7 29 12 ,1 16 34 i5 12 — 18 37 4,6 1 Balance
- Mercure. .< ï6 8 18 12 25 16 33 16 16 — 22 5g 4,8 w Scorpion > Inobservable.
- 26 8 58 12 5o 16 42 17 20 — 25 27 5,4 0 Scorpiôn )
- ' * 6 3 6 9 8 i5 11 12 i5 -f- 0 5 i5,2 rj Vierge
- Vénus . . . 16 3 3i 9 ‘4 14 56 i3 0 — 4 23 14,3 0 Vierge Très bonne, le matin.
- 26 3 58 9 20 14 42 i3 45 — 8 48 i3,6 x Vierge
- ( ' 6 14 14 19 26 0 38 22 37 — 10 5o i3,6 ~t Verseau
- Mars 16 il 41 19 4 0 26 22 55 — 8 35 12 j 2 9 Verseau 1 Le soir. Se couche un peu
- 26 i3 9 18 43 0 17 23 i3 — 6 11 11 j 2 9 Verseau après minuit.
- Jupiter. . . 16 9 3i i3 3g 17 46 17 29 — 23 2 3o, 2 c Ophiuchus Invisible.
- Saturne . . 16 5 26 10 33 i5 40 14 a3 — ii 5i i3,8 28 Vierge Invisible.
- Uranus. . . 16 i3 47 19 24 1 1 23 16 — 5 36 3,4 96 Verseau Le soir dès la nuit.
- Neptune. . i5 32 44 5 55 i3 5 9 4o -f- 14 17 3j4 <}j Lion Seconde partie de la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Mercure est inobservable.
- Vénus est toujours magnifique le matin. Son diamètre diminue. Le tableau ci-dessous continue ceux donnés les mois précédents :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Novembre tm 0,73 — 3,6
- — 6 0,74 — 3,6
- — 11 0,76 — 3,6
- — 16 0,78 — 3,5
- — 21 o»79 — 3,5
- — 26 0,80 — 3,5
- Mars est encore yisible le soir êt son diamètre diminué rapidement. Il faut à présent, si l’on veut étudier la surface, d’assez grands instruments.
- Jupiter sera en conjonction avec le Soleil le mois prochain. Il est inobservable.
- Saturne a été en conjonction avec le Soleil le 28 octobre, il est inobservable également. Nous dormons tou-
- Le 27, à i6h, Mars en conjonction avec Uranus, à o° ifi' S. Le 27, à 22h, Mercui'e — — la Lune, à 6° 26' S.
- Le 28, à 3\ Jupiter — ' — la Lune, à 3°43'S.
- Le3o, à ih, Mercure — — Jupiter, à 20 36'S.
- Etoiles filantes. — h’Annuaire du Bureau des Longitudes donne la liste ci-après des essaims météoriques actifs en novembre :
- Dates. ‘ÇoSüonJuRadiam. . Étoile voisine
- 1er au 9 Nov. JR 43°
- 1-8 — 58»
- 13-i 4 —- 53°
- x 3-14 — i49°
- i3-i4 — 27 90
- «6 — i54°
- 20 et 27 — 62°
- 25 au 28 — i54°
- 27 — 25°
- 28 — 3a8°
- ©
- + 220 e Bélier.
- + 2o° A Taureau.
- + 32° o Persée.
- + 23° x, Lion.
- + 56° 2348 Bradley.
- -j- 4°° u Grande Ourse. + 220 wa Taureau.
- + 4o° u Grande Ourse. + 43° y Andromède,
- -j- 6a° a Céphée,
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Certains, parmi ces radiants, sont célèbres par les abondantes pluies de météores qu’ils ont fournies autrefois, notamment celui de Z Lion (Léonides) très actif du i3 au 14, mais donnant encore des météores pendant 3 ou 4 jours apres, et celui de y Andromède (Androvné-dides), dont l’activité commence à partir du 17 novembre.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (p Per-sée) : le ior, à 5hi“; le 4, à ih5o“; le 6, à 22h39“; le 9, à i9h27m; le 24, à 3h32m;le 27, à oh2i“;le 29, à a^io"1.
- Rappelons que l’on peut suivre facilement la variation d’éclat de l’étoile Algol à l’œil nu et à la jumelle.
- Etoile Polaire. — Voici les heures du passage de l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral à midi moyeu de Paris.
- i5h im 4os,o i5h4im 5',6 i6h 20“ 3i‘,i
- Dates.
- Novembre 6 — 16
- — 26
- Passage supérieur.
- 22h 22“ 4i‘ aih 43“ i9‘ 2ih 3“ 54‘
- V. Constellations. — L’aspect du ciel le i*r novembre, vers 2ih est le suivant :
- Au Zénith : Cassiopée (/], t, ij;» cr); Andromède (y, M. 31 ) ; Persée (p, v\, s, ç, amas).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire) ; Céphée (S, D-i 5» P); le Dragon (v, 0, <p, 40, e, p) ; la Grande Ourse.
- A l’Est : Les Gémeaux (a, p, Z, 8, x, 38 e) ; le Cocher (14, 4, co); le Taureau (les Pléiades, p, r, x, <?); Orion.
- Au Sud : Pégase (i, 3, 85, x;);Te Bélier (y, 3o, 33, i4); le Verseau (Z, ijd, 94, 41, 12); les Poissons; la Baleine; le Poisson austral (Fontalhaut).
- A l'Quest : Le Cygne (p, o2, <J>, p, 61e); l’Aigle (a, i5 h, ii); la Lyre (a, e, ç, v;, M. 57). — Le Capricorne, au Sud-Ouest.
- Entre parenthèses, à la suite du nom de la constellation, on donne ici les principales curiosités sidérales accessibles aux instruments de moyenne puissance.
- Em. Toochet.
- * *
- VARIETES
- L’UTILISATION DES FRUITS SAUVAGES : LES POMMES DES BOIS
- ,fë!
- Origine et Historique. — D’après la savante étude de M. Aug. Chevalier : « Histoire et Amélioration des pommiers, et spécialement des pommiers à cidre », les pommes de nos bois sont produites par le pommier sauvage Malus silvestris qui, en s’hybridant avec les pommiers de l’Asie et du Sud-Est de l’Europe, a donné naissance au Malus domestica de nos vergers. Son ancienneté est très grande, car il est très probable qu’il a existé en Europe depuis la fin du tertiaire. On peut en donner comme preuves : x° que G. de Saporta en a rencontré des empreintes de feuilles dans les tufs quaternaires des Aygalades (période chelléenne), près de Marseille et à Saint-Antonin dans la même région; 2° que le pommier de Deuborh, trouvé par M. E. Gadeceau dans les débris de forêts submergés de Belle-Ile-en-Mer, appartenait à des forêts contemporaines des tourbières néolithiques du nord-ouest, postérieures à la période glacière ; 3° enfin les pommes signalées par le Dr Erland Nordenskiold comme découvertes en Suède dans les couches des habitations lacustres, en bon état de conservation: 4* les pommes étudiées par Heer provenant des palafittes des lacs de Lombardie et de Suisse et datant aussi du néolithique.
- Au cours des siècles suivants, à mesure que la culture du pommier prit de l’extension, lorsque les cultivateurs dont les terres se trouvaient dans le voisinage des bois songèrent à créer des vergers, c’est aux pommiers sauvages qu’ils recoururent tout d’abord, parce qu’ils ne disposaient pas de pépinières en quantité suffisante. Les forêts fournirent ces arbres appelés « surets », à cause de la grande acidité de leurs fruits. Toutefois, ce nom, qu’ils, portent encore, fut également appliqué alors aux égrains obtenus de semis de pépins de fruits cultivés : le Sire de Gouberville en parle dans son Journal rédigé de i54§ à i552.
- La plus grande partie de ces surets servit de porte~-greffes aux quelques variétés cultivées à cette époque, le reste fut planté et maintenu comme sauvageon qu’on estimait surtout pour leur fertilité et leur rusticité. Leurs fruits reçurent, selon les régions, les noms de « hoquets, hoquettes, pommâtes », etc., qu’on leur a conservés.
- Quoique ces nombreux prélèvements d’arbres dans les forêts aient eu pour résultat de les raréfier, il en existe toujours plus ou moins dans les régions boisées, soit, comme l’a constaté M. Chevalier, à l’état de Malus sylvestris, soit sous forme d’individus récessifs descendant du Malus domestica. D’après cet auteur, les pommes des bois présentent des variétés nombreuses et il semble que chaque forêt a les siennes. Elles diffèrent par la forme et la couleur du fruit petit et constamment acerbe, la longueur du pédoncule; les époques de floraison et de maturation des fruits sont aussi des plus variables.
- Gomme je n’ai trouvé aucune description et aucune
- analyse de ces pommes, je crois utile de combler cette lacune en transcrivant ici celles que j’ai faites pendant mon séjour à Barbizon sur des pommes provenant de la forêt de Fontainebleau. Elles devaient appartenir à la forme du Malus commune dans les forêts de Fontaine^ bleau, de Rambouillet, de Sénart, etc., laquelle constitue le Malus acerba Mérat.
- Description. — Fruit très petit ou petit, plat d’aspect et de forme. Base arrondie plus étroite que le sommet. Epiderme vert jaunâtre, passant au jaune citron à maturité complète, parsemé d’un pointillé gris blanchâtre. Œil très gros pour le fruit, à sépales longs, tomenteux, dans un bassin peu prononcé, entouré" de cinq petites nodosités ou plis qui ne se continuent guère sur le fruit. Pédoncule très long, 3 à i5 mm, assez gros, charnu, renflé à ses deux extrémités dans une cavité qu’il remplit à peu près. Chair blanche, cassante, amère, mais surtout très acide et de saveur désagréable. La maturité arrive en septembre-octobre ; comparées aux fruits à cidre, ces pommes seraient classées dans la seconde saison. Le jus est très pâle, d’un blond léger.
- Poids des 100 fruits assortis de grosseur, 775 gr. ; poids moyen, 7 gr. 75; poids maximum, 21 gr. 495; poids minimum, 3 gr. 555. Poids des 100 pépins, 2 gr. 690, soit en moyenne pour l’unité, o gr. 026.
- Analyse rapportée à un litre de jus pur.
- Densité.......................... _ 1061,2
- Sucre interverti............... , 60 gr. 678
- Saccharose . ................ 18 gr.. 964
- Sucre total exprimé en glucose fermentescible 80 gr. 640
- Tanin. ............................. 3 gr. 645
- Matières albumino-pecliques .... 19 gr. ioo
- Acidité exprimée en acide malique. . 27 gr. 558
- Extrait sec à ioo° ......... 142 gr. 400
- Cendres totales .................... 7 gr. 000
- Si l’on compare les teneurs ci-dessus à celles de la majorité des pommes à cidre, on trouve que la densité atteint la moyenne, que le sucre y est inférieur de près des deux cinquièmes, que le tanin la dépasse d’un tiers environ ainsi que les matières pectiques, mais que l’acidité la surpasse d’une façon extraordinaire. La réunion du tanin et de l’acidité constitue la saveur acerbe très désagréable qui caractérise la chair et le jus.
- Utilisationr— Au Moyen Age, les pommiers sauvages étaient très abondants dans les forêts des diverses régions de .la France, notamment en Normandie. Ces forêts, d’après Fuster, couvraient une grande partie de la Gaule, environ 45o 000 km2 contre 3oo 000 km8 affectés aux cultures; elles produisaient, par suite, d’abondantes récoltes de pommes. L’érudit Léopold Delisle, dans] ses Etudes sur la condition de la classe agricole et l’état de l’Agriculture en Normandie, montre qu’à cette époque les pommes sauvages étaient très uti-
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- VARIETES
- Usées, car il n’y avait que très peu de variétés cultivées. Le cidre, le pomacium, qui résultait de leur mélange, était, comme l’on suppose bien, de qualité inférieure.
- L’emploi de ces fruits était réservé, tout d’abord, aux abbayes, monastères et prieurés, pour la préparation de la boisson (pomacium) des religieux, puis aux bordiers des bois et forêts. En ce qui concerne les premiers, l’auteur cite les documents suivants. En n63, Enjuger de Bobon donnait à l’abbaye de Marmoutiers, qui avait des prieuré s, la dîme de ses pommes de verger et de bois. En iï83, Robert, comte de Meulan, permettait aux moines de Jumièges de cueillir dans sa forêt de Brotonne des pommes pour leur boisson et pour celle de leurs serviteurs. A la fin du xnr siècle, les moines de Saint-Ouen de Rouen percevaient encore des rentes de pommes des bois. En i3i3, les bordiers de la ferme de l’Ile devaient cueillir les pommes dans les bois, quand il y en avait. Enfin, en i333, les religieux de Saint-Ouen faisaient conserver dans un petit baril le verjus de pommes des bois qu’ils recueillaient à Quincampôix.
- Les bordiers et les serfs avaient certains droits aux pommes et aux poires, ainsi qu’aux alises, cormes, nèfles, prunelles qu’ils pouvaient cueillir dans les forêts d’Efreux, d’Andeli et de Brotonne. Là récolte, qui était réglementée, commençait à là mi-août et se fermait en septembre, mais la dîme était due sur le produit de la cueillette.
- Dépense. — Les pomologues du xvia siècle, et en particulier Charles Estienne et Jean Liébaut dans leur ouvrage l’Agriculture et la Maison Rustique, relatent la boisson qui était préparée à cette époque avec ces fruits, sous le nom de Dépense. On y employait surtout les pommes et les poires sauvages sur lesquelles, après les avoir coupées ou grossièrement écrasées et mises dans un tonneàh, on versait de l’eau en quantité suffi-
- sante pour les recouvrir. On laissait fermenter quelques jours et l’on commençait à consommer en remplaçant la boisson enlevée par un égal volume d’eau, jusqu’à ce que le liquide n’eût plus de saveur. On la fabriquait aussi avec le marc de pommes et de poires cultivées, avec des framboises, merises, mûres, prunelles et autres fruits sauvages.
- Cidre. — La « dépense » a fait place au cidre, mais étant donnée l’acerbité des pommes, pour que la boisson devienne buvable peu de temps après sa préparation, il faut laisser les fruits atteindre les limites extrêmes de la maturité, afin de diminuer notablement leur acidité, puis les broyer finement et faire cuver la pulpe durant 36 heures, environ, en ayant soin de la pelleter toutes'les 3 heures pour faire disparaître la plus grande partie du tanin. Exprimer ensuite et reprendre le marc par rémiage et cuvage avec une quantité d’eau potable suffisante pour étendre d’un cinquième, environ, le volume total du jus pur. Conduire la fermentation rapidement par l’addition, s’il y a lieu, de 80 gr. de levure pressée, par hectolitre. Soutirer quand le liquide fermenté marque entre 1,010 et i,oo5, afin qu’il reste encore quelques grammes de sucre par litre pour adoucir la saveur, et maintenir le fût dans un local frais. Déguster le cidre et, s’il n!est pas trop âpre, consommer de suite ; dans le cas contraire, différer de quelques semaines.
- Eau-de-vie. — Traiter les pommes, comme il vient d’être dit, en écrasant cependant une partie des pépins. Ne préparer que du cidre pur et le laisser fermenter complètement jusqu’à ce que la densité soit tombée entre ioo5 et 1000 au densimètre. Distiller avec les précautions ordinaires en ne recueillant que le produit de « ccèur ». On peut obtenir ainsi une eau-de vie de qualité moyenne à laquelle les pépins écrasés auront communiqué une trace d’arome balsamique.
- A. Truelle.
- J*D
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- QSL
- 3^
- Pour boucher un trou par soudure. — Il arrive souvent qu’on ait à boucher un trou trop grand pour qu’une goutte de soudure suffise, mais pas assez important pour qu’on ait recours à un spécialiste. Lorsque le trou à boucher se trouve malencontreusement dans un coin ou bien sur une surface courbe, il est malaisé pour le simple amateur de préparer la pièce (visible ou invisible) nécessaire. Faute de mieux, on procédera comme suit : Les bords du trou ayant été bien décapés et légèrement étamés, on coupera un morceau de toile métallique bien propre et soigneusement décapée, un peu plus grand que le trou, on l’appliquera exactement, ce qui ne fera pas de difficultés, la toile prenant facilement toutes les formes que l’on désire, et finalement on couvrira le tout bien soigneusement de soudure, en ayant bien soin de faire déborder légèrement et de tenir derrière la toile métallique un tampon de papier qui empêche la soudure de passer à travers les mailles.
- Destruction des parasites par l’huile des foies de morues. — D’après le recueil de médecine vétérinaire de l’Ecole d’Alfort, M. Lang, vétérinaire en chef en Nouvelle Calédonie, a constaté que l’huile des foies de morues était un insecticide incomparable.
- Il suffit d’en frotter la peau des boeufs, des chevaux, même sur des plaies à vif pour que les animaux soient à l’abri dès piqûres ; les mouches qui ont touché l’huile tombent instantanément, les tiques du chien touchées d’une goutte d’huile se décrochent aussitôt.
- Enfin l’huile versée à la surface des mares détruit les larves de moustiques beaucoup mieux que le pétrole.
- Séchage rapide des clichés par l’alcool. — Une fois la plaque développée et bien lavée, on la met à égoutter sur un support pendant quelques minutes, puis on la plonge dans l’alcool commerciàl désigné sous le pom d’alcool à brqler,
- On agite comme pour un développement jusqu’à ce que la plaque devienne légèrement laiteuse par transparence, on l’enlève alors du bain d’alcool, on essuie, le côté verre avec un tampon de coton et met à sécher sur l’égouttoir.
- En soufflant sur la gélatine on voit le séchage s’opérer en un clin d’œil, cè~pendant il est prudent d’attendre encore une dizaine de minutes avant de mettre dans le châssis-presse, pour tirer un positif, car il y aurait adhérence du papier.
- , Si on a opéré avec des mains propres débarrassées par savonnage de toute matière grasse, il n’y a aucune tache ; toutefois, on peut observer, assez rarement du reste, quand on s’est servi d’alcool dénaturé, quelques nuages opalescents ; il est facile de les faire disparaître en plaçant le cliché gélatine en dessous, à faible distance d’un récipient contenant de l’eau chaude, mais non bouillante ; aussitôt que les nuages' ont disparu on laisse sécher. v
- Remise à neuf des chaînes d’or. — Le contact des mains, recouvre l’or d’une couche légèrement graisseuse qui lui enlève de son éclat ; le petit tour de main suivant permet de redonner aux chaînes le. brillant primitif : mettre dans une bouteille quelques copeaux de savon, un peu de blanc d’Espagne et remplir à moitié d’eau la bouteille ; introduire dans ce mélange l’objet, boucher et secouer énergiquement pendant une dizaine de minutes ; cela fait, retirer la chaîne, la rincer sous un robinet, l’essuyer autant que possible avec une peau de chamois, le résultat cherché sera obtenu.
- Vernis pour le fer-blanc. — Prendre :
- Alcool à brûler............^5o cm5
- Gomme laque en écaillest. . i5o gr. Térébenthine de Venise . . ao -Gomme sandaraque .... 8o —
- Teinter, si pp Je désire, par qpç çpuîçqr d’aniline,
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements, qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un^ caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. R. M., à Dagny-Lambercy (Aisne). — iV Documentation relative à la détermination et l’étude des champignons. Yoici les ouvrages publiés sur cette question : Nouvel atlas de poche des champignons comestibles et vénéneux, par P. Dumée, x vol. ; Classification des champignons, par le même, i vol. ; Champignons mortels et dangereux, par Guéguen, i vol. ; Les champignons comestibles et vénéneux, par Maublanc, i vol. ; Les champignons, au point de vue biologique, économique et taxinomique, par A. Acloque, i vol; Les champignons, principales espèces comestibles, suspectes et vénéneuses de la France, par le Dr L. Gauthier, i vol. ; Les champignons comestibles et vénéneux de la brance, par L. Boyer, x vol. ; Les champignons comestibles et les espèces vénéneuses avec lesquelles ils peuvent être confondus, par F. Leuba, i vol.; Les champignons, caractères usuels, chimiques et toxicologiques, par E. Boudier, x vol. ; Tableaux synoptiques des champignons comestibles et vénéneux, par le Dr Ch. Manget, i vol.; Atlas des champignons (description des espèces comestibles et vé éneuses de France), par Costantin, i vol. ; Nouvelle flore des champignons, par Costanlin et Dufour, i vol. ; Les champignons comestibles et vénéneux, par E. Faupin, x vol.; Traité pratique des champignons (Flore mycologique de France!, par L. Moyen, i vol. La plupart de ces ouvrages sont accompagnés de planches en couleur.
- a0 Ouvrages concernant les insectes : Entomologie et parasitologie agricoles, par G. Guénaux, i vol ; les insectes et leurs dégâts, par E. Dongé et P. Estiot, i vol.; Les insectes nuisibles, par Ph. Montellot, x vol.; Atlas de poche des insectes de France, utiles ou nuisibles, par Dongé, i vol; Guide pratique d’entomologie agricole, '.par H. Gobin, i vol, ; L.es insectes, par F. Henneguy, i vol ; Les ennemis de l'agriculture, par Calixte Rampon, x vol. ; L'amateur d’insectes, par 1 Montillot, f vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°).
- 3° Comme organismes susceptibles de se charger de la détermination des champignons, vous auriez des indications en vous adressant à l’Institut des Recherches agronomiques, à Paris, 42 bis, rue de Bourgogue, 7°; à la Station centrale de Pathologie végétale, à Paris, à cèlles de Grignon, Rennes, Brive, Montpellier, Antibes. Pour les insectes, il y a la Station centrale d’Entomo-logie agricole de Paris, l’Insectarium de Menton et les Stations entomologiques de Rennes, Rouen, Saint-Genis-Laval (Rhône), Bordeaux, Montpellier, Chalette-Montargis (Loiret).
- M. Tournel, à Marseille. — L’emploi de la vaseline ne pourrait qu’être fâcheux en ramollissant votre vernis au lieu de lui donner de la solidité. Nous pensons que vous obtiendrez un meilleur résultat en appliquant après dessiccation parfaite une couche de vernis à l’acétate de cellulose à 5 pour 100 dans l’acétone.
- M. Bazire, àThonon. — Il est préférable de substituer le suif à la paraffine pour constituer votre diélectrique en prenant par exemple :
- Soufre . ................ 100 gr.
- Suif ........... 2 —
- Résine . .................. 2 —
- Faire fondre le mélange jusqu’à consistance sirupeuse et y ajouter du verre tamisé, jusqu’à former une pâte molle, couler chaud sur pièces également chauffées au préalable.
- M. Pignot, à Mandelieu. —r. i° Pour enlever les taches de cambouis d'automobiles, le meilleur moyen est de les imbiber de beurre, à sec, puis de savonner dans l'eau tiède. S’il s'agit de taches de goudron de routes, la benzine est le dissolvant de choix. — 20 Veuillez vous reporter, pour l’éloignement et la destruction des fourmis, à notre réponse à M. de Ghassy dans le n° 2628, 16 août 1924, page LV de la Boîte aux Lettres.
- Bibliothèque de Libourne. — Vous trouverez tous renseignements sur les récentes applications du gaz hydro-
- gène dans l’article de notre collaborateur, M. Paul Baud, paru dans le n° 2628 du 16 août 1924.
- Philippopolis. — Les fils émaillés sont généralement enduits d’un vernis à base d’acétate de cellulose du type ci-dessous :
- Acétate de cellulose..... 3o gr,
- Tétrachlpréthane ...... 3,6,9 —
- Triacétine ......... 3 —
- Alcool à g5° G. L. . , . . . 40 —
- Ce vernis peut être employé tel quel en donnant une pellicule transparente invisible, mais on peut aussi y ajouter soit une couleur minérale fournissant un vernis opaque, soit une couleur d'aniline qui n’altèr-e pas la transparence. Parfois on additionne de phosphate tri-phénylique pour ignifuger. Le fil à enduire passe d’une façon régulière dans le bain, se sèche à l’air libre pendant un parcours suffisant, puis est enroulé en continu sur une bobine. Pour étude complémentaire de la question consultez l’ouvrage Les vernis isolants en éléctro-technique, par Matthis, éditeur, Dunod, 92, rue Bonaparte.
- M. Guiard, à Paris. — L’imperméabilisation à l'alumine s’effectue ainsi :
- Prendre :
- Alun concassé................. 5 kg.
- Eau chaude................... 60 lit.
- Après dissolution ajouter le mélange suivant : Cristaux de soude. .... a5o gr.
- Eau chaude................... 10 lit.
- Il se produit une effervescence ; quand elle a cessé et que le liquide n’est plus très chaud, on ajoute enfin une solution composée de : '
- Acétate de plomb.............. 5 kg.
- Eau chaude 40 lit.
- On agite pendant une demi-heure, il se forme un abondant précipité blanc ; on laisse s’éclaircir le liquide pendant 24 heures et décante la partie claire qui constitue le bain prêt à employer. \
- Pour cela, on plonge dans le bain froid les draps, lainages, toiles, coutils,- etc., de façon qu’ils soient bien imprégnés, on essore modérément et fait sécher dans un séchoir dont la température est de 5o° à 6o0.- Cette dernière opération est essentielle pour bien fixer l’alumine; à défaut d’étuve on se servira d’un fer à repasser.
- M. Marseille, au Mesnil-Gonteville. — Vos meubles sont envahis par l’anobium iessellatum ou vrillette damier; le seul moyen réellement efficaèe, mais qui demande de la patience, est d’introduire dans chaque trou et le plus profondément possible, au moyen d’une petite seringue à injections hypodermique, une solution de bichlorure de mercure, de façon à détruire les chrysalides qui se trouvent logées dans les ramifications très nombreuses à l’intérieur du fiois. Voqs pourrez facilement préparer ladite solution en prenant : Bichlorure de mercure . , 5 gr.
- Acide tartrique....... 20 —
- Eau distillée ........ 1000 —
- Colorer la solution par un peu ) de violet de Paris, ou de carmin d’indigo, pour éviter foi}te confusion, le sublimé étant très toxique.
- M. Couffin, à Menneçy. —r En principe, la teinture, pour qu’elle soft l»en réussie, nécessite l’emploi de bains « au large », un démontage dés coutures et la connaissance de certains tours de main, c’est pourquoi il esf préférable de la réserver afix professionnels. Si un résultat moyen peut vous satisfaire popr reteindre votre capote d’auto vous pourriez essayer d’appliquer rapidement sur le tissu parfaitement sec la dissolntion ci-dessous :
- Noir au stéarate,......... i5 gr:
- Benzine lourde............5oo —
- Avoir soin d’opérer en plein air à cause de l’inflammabilité de la benzine et de la toxicité de ses vapeurs. Vous trouverez des couleurs aux stéarates chez Pelliot, 24, place des Vosges, et Grangé, 54, rue des Francs-Bourgeois.
- M. Boùtan, k Courbevoie.— Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner spécialement ce produit, mais il s’agit très probablement d'huile de vaseline par analogie avec les articles vendus couramment pour Ventre-tien des boyaux de raquettes.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Le mouvement scientifique contemporain en France. II. Les sciences physiologiques, par G. Matisse, i vol. in-16, 154 p., 3o fig. Collection Payot, Paris. Prix : 5 francs.
- L’auteur esquisse successivement les travaux lès plus importants de quelques physiologistes français contemporains sur : la mécanique du mouvement chez les êtres vivants; les lois de la dynamique physiologique et les sources du travail musculaire ; la chaleur animale et la résistance à la variation thermique; l’action de la température sur l’activité motrice et la chimie-physique des réactions organiques ; l’électço-physiologie (courants de haute fréquence, nature et lois de l’influx nerveux); l’équilibre de la matière vivante et l’invariabilité de constitution des tissus ; la chimie des sérums ; la physiologie des glandes endocrines ; les rapports des sécrétions internes et de la morphogénèse ; la photobiologie.
- Il fait ainsi le bilan des données classiques acquises récemment.
- Métaux et alliages métalliques industriels, par Hector Péçheux. i vol. in-i8,3aop., ta6 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris 1924. Prix: i5 francs. '
- La chimie seiile, autrefois, par l’analyse quantitative, pouvait établir la composition des métaux impurs ou des alliages : mais elle ne suffisait pas à expliquer leurs modifications moléculaires, et par suite les phénomènes dont ils sont le siège, lorsqu’on les soumet à des températures plus ou moins élevées, ou lorsqu’on les refroidit brusquement; ces transformations, opérées dans la structure intime de la matière complexe d’un alliage, modifient énormément ses qualités mécaniques ou physiques ; et son emploi ultérieur, à telle ou telle autre application industrielle, dépend des qualités nouvelles que lui assurent le recuit, ou la trempe, par exemple. Les travaux de M. H. Le Chà-telier, sur la détermination des températures élevées ; de MM. Osmond, Charpy, Austen, Martens, et tant d’autres encore, sur la constitution intime des aciers ; deM. L. Guillet sur celle des alliages en général, ont conduit à fixer des limites à l’emploi, de ces produits métallurgiques
- Le but de ce livre est de mettre à la portée des industriels et des élèves des écoles techniques les diverses méthodes d’essais mécaniques, physiques, chimiques, actuellement employées dans les laboratoires. De nombreux exemples suivis d’applications numériques viennent à. l’appui de l’exposé de chaque méthode.
- Couleurs et peintures, par Ch. Coffignier. i vol. in-8, 762 pages, 115 fig. J.-B. Baillière, éditeur. Paris 1924. Prix broché : 60 francs.
- Cet ouvrage est une véritable et consciencieuse encyclopédie écrite par un spécialiste de la question. Après un rapide historique, l’auteur consacre la première partie de son livre à la théorie, aux propriétés physiques et à la classification des couleurs. Puis il décrit les appareils en usage pour le broyage par voie sèche ou humide, pour le tamisage et le séchage des couleurs. Il étudie d’une façon approfondie les laques colorées, et il aborde ensuite la fabrication industrielle des différents pigments utilisés en peinture ; ils sont classés suivant leur couleur : pigments blancs, rouges, bleus, jaunes, verts, etc. Pour chacun d’eux l’auteur indique la composition chimique, les divers modes de fabrication en usage, les propriétés et les^applications, les procédés d’analyse. Après cet examen, fort documenté et éclairé par la compétence personnelle de l’auteur, vient une partie également intéressante consacrée à la préparation des peintures par mélange des pigments avec divers fluides : eau, huile, essences, vernis. On trouvera là, outre de précieux conseils, une foule de recettes de peintures spéciales.'
- Geopsychische Erscheinungen, par Wiley Hellpach. 3° édition. 1 vol. in-8, 53i.p., 12 fig., Wilhelm Engel-mann. Leipzig. Prix : broché 14 marks; cartonné 16 marks.
- Curieux livre, écrit par un médecin, traitant de
- l’action du temps, du climat, de l’ambiance, sur l’homme et ses réactions psychologiques. Cette influence est bien connue de tout le monde, mais elle n’a guère été analysée jusqu’ici; le mérite de l’auteur est d’aborder un problème si touffu, si complexe et d’y apporter l’ordre, la méthode, voire la mesure quantitative dans certains cas.
- Il examine les éléments météorologiques et climatiques : température, lumière, électricité, humidité, etc., non pas en eux-mêmes, mais par leur influence sur les sensations de bien-être et de malaise de l’homme et sur sa santé. Il analyse finement les réactions causées par chaque agent, et sa description des effets de l’orage et du tonnerre est un exemple de l’intérêt de son étude et de la qualité de cette observation.
- Cette recherche toute nouvelle, bien que forcément subjective, intéressera non seulement les médecins, les météorologistes, les géographes (par l’étude approfondie de l’acclimatement), mais tout le public pour qui ces questions obscures mais profondes seront une révélation. '
- Physical factors of ihe historical process, par A. Tchi-• jevsky. 1 broch.,-in-8, 72 p., en russe avec résumé en anglais.
- Etude des rapports entre les taches solaires et le comportement humain à travers l’histoire.
- Les 100 Schémas de la T. S. F. moderne, 1 brochure de 64 p.t 104 fig. Editeur : La T. S. F. moderne. Paris. Prix : 4 francs.
- Ce recueil est surtout un aide-mémoire qui résume et réunit les principaux montages employés en T. S. F. tant pour l’émission que pour la réception, à l’exclusion des postes d’émission à étincelles, appareils aujourd’hui surannés.
- Elevage et maladies du chien, par R. Moussu. 1 vol. in-12, a5a p., 45 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : .9 francs. (
- Dans la première partie qui traite de l’élevage/ ' l’auteur prend le jeune chien à la naissance et le suit pas à pas jusqu’à l’âge adulte. Il formule en termes précis les règles de l’hygiène et de l’alimentation pour réunir le maximum de chances de succès et met en garde contre les pratiques irrationnelles inefficaces ou dangereuses qui sont encore trop souvent en honneur.
- La deuxième partie est consacrée à la description des maladies, des signes capitaux, qui permettent d’identifier chaque cas particulier, des médications les plus efficaces, simples et d’application facile.
- Tous les éleveurs de chiens voudront lire cet ouvrage du chef des travaux de clinique de l’Ecole vétérinaire, et qui, à Alfort, soigne chaque année un nombre considérable de chiens.
- L’Italia centrale, t. I, collection du Touring Club italien. 1 vol. in-16 cartonné, 618 p., 19 cartes, 8 plans de villes, 10 plans d’édifices. Milan, 24 lires.
- Ce volume, le premier des trois tomes qui concernent l’Italie centrale, a "paru après les deux autres, que nous avons signalés en leur temps. Celui-ci s'ouvre par une introduction générale, tout à fait remarquable, sur l’Italie centrale, au triple point de vue géographique, historique et économique. Il décrit, avec une grande richesse de documentation, les régions de l’Italie centrale situées à l’est et au sud de la ligne Florence, Pérouse-Terni-Rome. Le guide de Rome paraîtra l’an prochain.
- Manuel des Assurances, par H. Rostaing. i vol. in-18, 464 p. J.-B. Baillière et fils, éditeurs. Paris, 1924. Prix : 14 francs.
- L’auteur analyse, au point de vue juridique, le contrat d'assurance et étudie les divers types de contrats : contrats d'indemnité, de responsabilité civile et de prévoyance.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2636
- 11 Octobre 1924
- kv.
- INFORMATIONS
- la*..
- Le tour du monde en avion. — Les deux avions américains Chicago, piloté par le lieutenant Eric Nelson et Nouvelle-Orléans piloté par le lieutenant Lowell Smith, ont terminé heureusement, le 29 septembre, le tour du monde en revenant à leur point de départ. On sait que quatre avions, à l’origine, participaient à cette extraordinaire randonnée, commencée à Santa-Monica (Californie), voici plus de 6 mois, le 17 mars. Sur ces 4 avions, deux Ont été perdus au cours du voyage : le premier, le Seattle, celui du commandant Martin, chef de l expédition, a été détruit le 3o avril au cours d’un dramatique atterrissage dans les solitudes de l’Alaska; le second, le Boston, celui du lieutenant Wade, forcé d’amerrir en plein Atlantique, le 2 août, au cours de la traversée d’Angleterre en Islande à la suite d’une panne de moteur, recueilli et pris en remorque par un steamer anglais, sombra au bout de quelques milles. Ce grand voyage se termine, fort heureusement, sans aucun accident de personnes, mais non sans instructifs incidents. 11 ne faut pas oublier que s’il constitue un merveilleux exploit sportif, tout à l’honneur des pilotes et de leur mécanicien, ce raid avait pour objet essentiel de . déterminer, pour ainsi dire expérimentalement, les conditions qui rendront possibles dans l’avenir les grands voyages aériens. Lorsque les rapports détaillés des aviateurs seront connus, ils fourniront une ample moisson de leçons qui seront fort utiles pour tous les navigateurs aériens,
- Dans le dernier numéro de Scientific American, le lieutenant Corley P. Mc. Darment s’efforce dès maintenant d’en dégager quelques-unes. Il rappelle tout d’abord la minutieuse préparation matérielle qui a permis le succès du raid : des dépôts d’essence et d huile ont été aménagés à l’avance tout le long de la route prévue, et i5 moteurs de rechange répartis en des points judicieusement choisis ; voici comment ils ont été employés : le premier changement dè moteurs eut lieu le 20 mars à Seattle, après 14 heures de *vol. Les avions allaient aborder la difficile région de l’Alaska et la traversée du Pacifique, d’où l’obligation de se munir de moteurs neufs en ce point, où ils quittaient définitivement la mère-patrie. Le premier accident de moteur fut éprouvé le i5 avril, par l’avion du Commandant Martin, forcé d’atterrir dans la baie d’Igrak (Alaska), par suite d’un trou dans le carter. Un croiseur américain amena un nouveau moteur ; cette opération arrêta l’expédition pendant 4 jours à Chjgnik. Le même avion, décidément peu chanceux, devait se perdre quelques jours plus tard. Les trois autres appareils effectuent ensuite la traversée du Pacifique, et arrivent au Japon malgré de violentes tempêtes. Toutes les réparations nécessaires sont effectuées par les moyens du bord.
- A Kasmigo*Ura près de Tokio, les 3 avions changent à nouveau leurs moteurs, pendant un arrêt qui dure du 22 mai au 2 juillet; la durée de vol de ces moteurs a été de 68 heures.
- Le 12 juillet, le Chicago est forcé d’atterrir à Tourane en Indo-Chine à la suite d’une fuite dans un cylindre ; un nouveau moteur est envoyé de Saigon ; le moteur avarié a tenu l’air près de 44 heures.
- A Ambala, dans l’Inde, le 2 juillet, c’est le moteur du Nouvelle-Orléans qui doit être remplacé après 87 h. jo m de vol. 11 est remplacé par un moteur neuf venu de Lahore ; ce moteur du reste fonctionne mal, et sera changé à Karachi le 4 juillet ainsi que ceux des deux autres appareils. Le moteur du Boston a alors accompli 99 h. 32 m. de vol; celui du Chicago : 55 h. 42 m. Un nouveau changement général des moteurs a lieu à Brough (Angleterre), dans la seconde quinzaine de juillet, avant la traversée de l’Atlantique, après 63 heures de vol.
- Parmi les dispositions heureuses qui ont contribué au succès, le lieutenant Corley Mac Darment signale le soin avec lequel a été choisi l’outillage de bord emporté par chaque avion, et grâce auquel de nombreuses réparations de fortune snt pu être effectuées dans des régions dépourvues de toutes ressources ; il signale aussi les services rendus par les provisions de bouche, sous forme de concentrés ; c’est à elles que le maj'or Martin et son compagnon durent la vie, au cours de leur
- odyssée de 10 jours, dans les déserts de l’Alaska.
- Les aviateurs américains s’étaient entraînés avec grand soin à l’utilisation d’instruments de navigation assez analogues à ceux des marins ; le sextant, qui avait permis déjà à l’amiral portugais Continho, de réussir le passage de l’Atlantique entre le Cap Vert et l’îlot Saint-Paul, leur a rendu également les services les plus précieux. C’est lui qui leur a permis d’atteindre l’Islande, malgré une brume opaque. Un indicateur de dérive constitué par de petites bombes fumigènes a été également un auxiliaire précieux lors de la traversée de l’Atlantique. Enfin le compas a été d’un secours continuel.
- Une des leçons qui se dégagent de cette grande randonnée est la nécessité de munir les avions au long cours d’appareils de T. S. F. et surtout de radiocompas; mais l’usage de ces derniers suppose l’existence à terre de postes de T. S. F. en nombre suffisant. Enfin, le succès de longs voyages de cette envergure dépend beaucoup de la bonne organisation sur tout le parcours d’un réseau d’informations météorologiques. Au cours de la traversée du Pacifique, les avions ont été surpris en plein vol par une tempête qui leur fit courir les plus terribles dangers, les obligea à changer leur route et à s’arrêter aux îles Béring ; cependant avant le départ, les avis météorologiques reçus du Japon étaient favorables et c’est sur leur foi que la traversée avait été tentée. Un service d’avertissement météorologique plus serré eût évité le péril.
- Le stationnement en plein air des avions a créé aussi de graves difficultés dans les régions glaciales : si la route aérienne suivie par les aviateurs américains doit devenir un jour une véritable route commerciale transcontinentale, il faudra y prévoir de nombreuses stations munies de hangars convenablement aménagés.
- Bombe planante. — L’Aéronautique militaire italienne a mis au point, il y a quelque temps déjà, des bombes planantes d’une conception originale. Voici, sur ces engins, les renseignements publiés par la Revue L'Aéronautique.
- Ces bombes pèsent envirou 12 kg et ont été établies pour être jetées, du haut d’un avion, contre des objectifs que l’appareil ne survole pas.
- Chaque bombe mesure environ 1 m. 5o de long sui o m. 25 de diamètre et possède une surface portante de 1 m. 36 d’envergure avec un dièdre de 3°. Cette voilure biplane de o m2 74 de superficie est haubannée en poutre de Warren, suivant une disposition qui se retrouve sur des avions italiens. La bombe, à percussion, porte sa charge à la pointe. Directement, derrière cette charge est une petite chambre contenant de l’air comprimé pour actionner un gyroscope stabilisateur qui maintient le gouvernail dans un plan déterminé.
- Le stabilisateur est réglé d’abord pour maintenir un angle de pente correct, puis pour assurer une plongée verticale de l’engin. A cet effet, il est relié à une came tournant lentement sous l’action d’une hélice placée à l’arrière de la bombe et que la réaction due au déplacement de l’air fait mouvoir.
- En somme, il s’agit là d’une véritable torpille aérienne ; on estime que lancée à l’altitude de i5oo m., elle peut atteindre avec précision un objectif situé à 12 km de l’avion.
- Une « route-laboratoire » en béton. — La route -laboratoire est une juxtaposition des différents modes de revêtements en béton, permettant d’étudier et de comparer la résistance de chaque segment à la même circulation, de manière à établir le mode type de revêtement.
- La première de ces routes-laboratoires en France vient d’être achevée. G’est la route départementale n° 20, de Paris à Noisy-le-Grand, dont un segment de 1400 m., dans la traversée de ,Bry-sur>Marne, a été livré aux bétonneurs. Voici les renseignements que publie sur ce sujet la Revue Industrielle.
- « Les 1400 m. de route destinés aux essais comportent deux grandes divisions ; la moitié est revêtue de béton plastique, c’est-à-dire presque liquide, en raison
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- INFORMATIONS
- de la grande quantité d’eau incorporée au ciment, aux cailloux et aux sables; l’autre moitié reçoit du béton à consistance serrée, beaucoup moins riche en eau.
- La première section, celle où l’on emploie le béton plastique, est elle-même divisée en six parties, dont chacune nécessite une mise en œuvre différente. Cinq de ces sous-sections sont damées à la machine américaine Lakewood, dite « finisseuse » : i° avec joint et béton gâché à l’eau douce ; i° sans joint, avec béton gâché à l’eau douce; 3° sans joint, avec béton gâché à l’eau salée ; 4° avec joint et avec béton où les cailloux durs de porphyre sont remplacés par du calcaire ; 5° sans joint, avec calcaire. La sixième sous-section sans joint est damée à la main.
- La deuxième section compte également six sous-sections : i° avec joint et béton gâché à l’eau douce, damé au cylindre ; a0 sans joint, avec eau douce et damé au cylindre; 3° sans joint, avec eau salée et damé au cylindre; 4° avec joint, damé à la pilette pneumatique; 5° sans joint, damé à la pilette pneumatique; 6° sans joint, avec calcaire au lieu de cailloux de porphyre.
- On aura donc, juxtaposés, douze revêtements de béton différents. Dans un an, on fera des prélèvements dans chaque sous-section et on examinera la façon dont chaque revêtement aura résisté à la circulation ; on étudiera également le profil de la route, à chaque sous-section, pour déterminer celle où il aura été le moins déformé.
- La machine américaine dite « finisseuse », qui est utilisée dans la première section, mérite une courte description : elle se meut le long de deux rails qui encadrent la route à bétonner. Une première pièce, sorte de règle adoptant le gabarit du profil à exécuter, répartit également le béton que les ouvriers ont disposé sur la route. Derrière cette règle, une machine pilonne le béton. Enfin une large courroie, animée d’un mouvement de va-et-vient, le lisse.
- Les avantages de la toute en béton sont les suivants : sa durée, sa consistance et sa forme ; le bombement, au centre, n’est que de ijjS de la largeur, au lieu de i/4o. Ce profil, qui peut être adopté en raison de la consistance lisse du revêtement, suffit pour l’écoulement des eaux. On aurait donc ainsi des routes très plates, ce dont ne se plaindront ni les automobilistes ni les cyclistes.
- Quels sont les inconvénients? Le prix, que l’on ne peut encore évaluer exactement, mais qui sera sans doute élevé. Il est vrai que la route bétonnée n’emploie que des produits français, alors que les asphaltes et bitumes sont payables en dollars, ce qui plaiderait en faveur du béton. Un autre inconvénient serait de barrer la route à bétonner pendant une durée minimum de vingt et un jours. On cherche actuellement les moyens de réduire cette durée, et, par suite, d’obvier à cet inconvénient. »
- Pavage en caoutchouc. — La ville de Boston, aux Etats-Unis, expérimente actuellement, sur de courtes sections, dans des voies très fréquentées, un pavage en blocs de caoutchouc vulcanisés. Ce système de pavage a le grand mérite d’être insonore ; , en outre, il est fort résistant. Il coûte, il est vrai, 3 fois plus cher que le pavage en bois. Mais on estime qu’il est capable de durer ao ans ou davantage, de sorte qu’en réalité il serait plus économique que le pavage en bois. On peut, du reste, citer un exemple de la longévité des pavages en caoutchouc. La cour de la gare Saint Paneras, à Londres, a reçu, en 1870, un pavage en caoutchouc qui est toujours en service et ne s’est, depuis cette époque, usé que de 4 mm. seulement.
- Les usines hydrauliques en France. — Le Bulletin de la Statistique générale de la France publie le relevé des usines hydrauliques de plus de aoo kilowatts existant en France à la date du ior janvier 1934. On compte pour ces établissements 783 290 kilowatts installés contre 628 5ïo au ior janvier 1922 ; 33g 690 kilowatts en construction contre 345 32o et 3 gg.5 070 en projet contre 3 5a6 585.
- L’élevage des castors. — Des lecteurs nous ont fait part de leur désir de tenter un essai de « Castoricul-ture ». Nous devons les informer de la quasi-impossibilité de se procurer des Castors de France. Ces derniers
- sont assez nombreux dans la partie du Gardon comprise entre le Pont Saint-Nicolas et le Pont du Gard, partie de la rivière qui est un canon calcaire assez sauvage où les Castors ont pu se multiplier, — d’après les renseignements qu’a bien voulu nous donner M. le Conservateur du Musée de Nîmes ; — mais la chasse du Castor est interdite en tous temps dans le département du Gard, depuis que M. Galien Mingaud, ayant pris la défense de ce Rongeur, a obtenu qu’un arrêté préfectoral assure sa protection, c’est à-dire depuis 1909. Avant cette époque, la France était le seul pays d’Europe où aucune mesure protecti’ice n’avait été prise en vue de la conservation de cet intéressant animal.
- C’est également M. Galien Mingaud qui émit l’idée qu’on devrait tenter en France l’élevage du Castor : « Rien ne serait plus facile aux propriétaires riverains que de favoriser la propagation et la multiplication du Castor dans les endroits les plus sauvages de la basse Camargue », écrivait, en avril 1907, le distingué naturaliste dont l’appel ne fut pas entendu.... Pour préconiser la castoriculture, M. Mingaud représentait combien utile est le Castor qui donne une fourrure recherchée, une chair comestible, un produit pharmaceutique, le castorsum ; de plus, qui est « très apprécié dans les jardins zoologiques » et dont la dépouille orne les vitrines des Musées. M. Mingaud s’appuyait, en outre,
- Fig. t. — Castor du Rhône (d’après un cliché de L. Mingaud, Muséum d’Histoire Naturelle de Nîmes).
- Longueur moyenne du castor adulte : 1 m. Poids moyen : 20 kg.
- sur les excellents résultats obtenus par les éleveurs de Castors au Canada et aux Etats-Unis.
- Enfin, le Castor héberge dans sa fourrure deux curieux Arthropodes : un Acarien pilicole : le Schizocarpus Mingaudi Trouessart et un Coléoptère carnassier : le Platypsyllus castoris Ritsema, capables d'intéresser les entomologistes.
- M. Mingaud a insisté d’autant plus sur la nécessité de protéger et d’élever le Castor que ses observations lui ont révélé combien cet animal est peu prolifique : deux Castores par lui disséquées, étaient unipares. Le Castor n’aurait donc qu’un seul petit par an ! (Bulletin de la Société d’Etude des Sciences naturelles de Nîmes, 1910).
- En France, quelques personnes ont élevé des Castors, à titre d’agrément; mais nous ne croyons pas qu’on ait tenté un élevage de rapport.
- M. le Séuateur Gaston Menier, dans l’île d’Anticosti, située dans l’estuaire du Saint-Laurent (Canada), élève des Castors. Au cours de la séance solennelle de la « Société d’Acclimatation de France », le 16 mars dernier, M. Gaston Menier fit une conférence, illustrée de belles projections qui nous montrèrent, notamment, les prodigieux travaux des Castors, dont l’élevage réussit parfaitement.
- Pour se rendre compte de la puissance de travail des Castors, M. G. Menier fit détruire une partie importante de leur ouvrage, et d’une solidité telle, qu’il fallut employer la dynamite. Ensuite, on guetta ce qui allait se passer : les ingénieurs aux pieds palmés constatèrent les dégâts et le chef de la colonie, ayant rassemblé son monde, averti par de vigoureux coups de queue appliqués à la surface de l’eau, ordonna les travaux.de réfection; si bien que deux jours après, la digue détruite était reconstruite..;.
- Pour obtenir quelques couples de Castors, le plu9 simple serait dont de s’adresser à un éleveur du Canada.
- En ce qui concerne les Castors de France qui ne sont pas absolument à l’abri de la destruction, nous ne pouvons, que rappeler le vœu de M. Raoul de Clermont : pour protéger les derniers Castors du Rhône et de la Durance, iÀ faudrait constituer des réserves.
- Alex. Feuillée-Billot.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Calcul cm
- La machine à calculer Demos. — Nous donnons ici une courte description du principe mécanique original de la nouvelle machine à calculer Demos, récemment mise sur le marché par la Compagnie Real. Il est intéressant de voir comment la réalisation d’un méca-
- Fig. i.— La machine à calculer « Demos ».
- nisme extrêmement simple a permis de construire une machine d’autant plus robuste qu’elle est moins compliquée, 1out en étant, à cause même de sa simplicité, la moins chère actuellement sur le marché.
- Les figures schématiques ci-contre font aisément comprendre le principe du fonctionnement de la Demos.
- Les « roues calculatrices » sont construites d’une seule pièce, et ne comportent aucune articulation ni coulisse, comme dans les machines plus anciennes dont les brevets sont aujourd’hui dans le domaine public.
- La figure 2 représente une roue calculatrice à la position zéro ; en regard, nous voyons la roue correspondante du totalisateur marquant également zéro.
- La figure 3 montre la roue calculatrice marquant 7 que l’on vient de poser, simplement en avançant cette roue de 7 dents en avant de sa position de repos.
- Dans la figure 4» nous voyons la machine en marche; le totalisateur s’est abaissé pour venir en contact, etlaroue calculatrice s’est avancée à fond de course, de sorte que les 7 dents qui étaient en avant de leur position de repos ont fait tourner la roue correspondante du totalisateur de 7/10 de tour; le totalisateur marque maintenant 7. Maintenant le totalisateur se relève, et la roue calculatrice revient en arrière à sa position initiale (fig. 5).
- F*niCrm
- FenSfaedu. àaiitiMteur
- cubages, escomptes, majorations, calculs des changes, pourcentages, etc. Elle augmente dans des proportions énormes le rendement du travail pour les factures, inventaires, prix de revient, etc.
- Enfin, et ceci est un gros point de supériorité, la Demos permet de faire à la fois une multiplication et une division : c’est la « règle de trois » effectuée en une seule opération. Ainsi se trouvent considérablement simplifiés les calculs d’intérêts, escomptes, répartitions, etc.
- Donc la machine facilite le travail, le rend plus agréable, plus sûr, et infiniment moins pénible. 11 n’y a pas de petit commerçant ou industriel qui ne réalise immédiatement une économie certaine en équipant son bureau avec une telle machine. F. Maurice,
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique.
- Physique
- Une pompe de condensation de construction simple. — On sait les immenses services rendus par la pompe de condensation de Langmuir. Cet engin, de fonctionnement très simple, associé à une pompe à vide préliminaire, permet de réaliser commodément les vides extrêmement élevés nécessaires dans les ampoules de rayons X ou de T. S. F., et on lui doit, en partie, les rapides progrès accomplis dans ce domaine en ces dernières années. Les physiciens ouïes amateurs habitués au travail du verre construisent eux-mêmes aisément des trompes Langmuir. En voici un nouveau modèle, plus simple encore que celui de Langmuir, et qui est dû au Dr Gilbert West, du Research Department de Woolwich ; nous le décrivons d’après le périodique anglais Engineering.
- La pompe se compose d un ballon D surmonté d’un large tube CA, dont l’extrémité A est reliée à la pompe à vide préliminaire, tandis qu’en B est soudé un autre
- large tube communiquant avec le récipient à vider.
- Les tubes A et B sont entourés d’une chemise en verre fermée par un bouchon, et que traverse une circulation continue d’eau froide. Dans le fond du ballon est placé du mercure que l’on chauffe. La vapeur de mercure produite monte dans le tube A, se condense sur ses parois et le mercure liquide retombe au fond du ballon. Par suite de la diminution de volume que subit la vapeur de mercure en A, en raison de la condensation continuelle, il y a un appel constant et rapide de vapeur vers le haut de ce tube. Quand ce courant ascendant passe devant l'orifice B, il entraîne les molécules de gaz provenant du récipient à vider et qui diffusent de B vers le tube A. Ces molécules entraînées par le jet de vapeur de mercure sont reprises par la pompe à vide préliminaire et finalement rejetées à l’atmosphère. Cette pompe agit, paraît-il, très rapidement et produit des vides très élevés.
- .Sortie de Ibau Récipient à vider
- Entrée de l'eau
- Fig. 6.
- &»>
- Automobilisme
- Fig. 2 à 5.— Schéma du fonctionnement des roues calculât! ices.
- Chaque tour de manivelle imprime au mécanisme cet ensemble de mouvements; d’autre part, l’ensemble calculateur se déplace automatiquement pour multiplier par le chiffre convenable dans chaque ordre d’unités; un opérateur quelconque arrive ainsi à exécuter une multiplication de 8 chiffres par 6 chiffres, par exemple, en 8 secondes !
- La Demos permet d’obtenir des produits jusqu’à 14 chiffres; elle est propre à toutes les opérations arithmétiques, et en particulier incomparable pour la multipjica|ion, la division et opérations dérivées
- L’élévateur d’essence J. Richard. — L’élévateur d’essence est aujourd’hui presque universellement adopté à bord des automobiles, pour assurer l’alimentation du moteur en essence et servir d’intermédiaire entre le carburateur et le réservoir d’essence. La maison J. Richard vient de créer un nouveau modèle de ce type d’appareil, remarquable par sa simplicité et la sécurité de son fonctionnement.
- Il comporte un minimum d’organes : la distribution, en effet, en dehors du flotteur et de la soupape habituels, ne comporte qu’une seule et unique pièce ; une tige de la grosseur d’une aiguille à tricoter, formant un petit piston â sa partie supérieure. Le fonctionnement est assuré non seulement, comme dans les appareils ordinaires de ce genre, par les déplacements du flotteur, mais, de plus, par la dépression elle-même qui vient compléter et assu-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- rer la distribution de façon automatique et puissante.
- La figure ci-dessous explique en détail le mécanisme. Une cuve i contient le flotteur 2 dans l’axe duquel passe la tige piston 3, munie des deux butées 4 et 5. On aperçoit, dans le chapeau de la cuve, le cylindre 6 dans lequel s’engage le piston 3 ; on y voit en outre l’orifice 7 qui communique avec l’air atmosphérique, l’orifice 8 qui communique avec la dépression créée par le moteur, et enfin une petite canalisation 9 mettant l’intérieur de la cuve du flotteur en communication avec le cylindre 6. L’arrivée de l’essence se fait en 10, et la prise de dépression se trouve en u.
- Voyons maintenant comment fonctionne ce dispositif. La dépression agissant dans la cuve 1 par les orifices 11, 8, le cylindre 6 et le canal 9, aspire l’essence qui s’écoule par 10 dans la cuve.
- Au fur et à mesure de l’arrivée de l’essence, le flotteur monte dans la cuve et lorsqu’il rencontre la butée 4, il entraîne dans son mouvement ascensionnel la tige-piston 3. Il arrive donc un moment où le sommet du piston vient obturer l’orifice g, tandis que la partie inférieure découvre l’orifice 7.
- Dès que l’arête inférieure du piston 3 débouche l’ori-
- 1
- Essence
- En commu/vcat/on ~ avec /atmosphère
- En communication arec /a nourrice
- Fig. 7. — Coupe de l’élévateur d’essence J. Richard.
- fice 7, l’air pénétrant dans la cuvé, le piston se trouve subitement aspiré vers le haut. L’ouverture pour le passage de l’air est en quelque sorte instantanée et il n’y a pas de laminage. L'essence faisant basculer sous son poids le clapet équilibré 12 s’écoule dans la nourrice. Le flotteur effectue en même temps sa course descendante. Il vient s’appuyer sur la butée inférieure 5 de la tige; il s’arrête là un instant parce que la dépression maintient le piston 3 collé à la partie supérieure du cylindre 6. Mais, il arrive un moment où l’essence ayant continué à se vider, le poids du flotteur l’emporte sur l’effort qui maintient le piston en haut.
- Le piston 3 descend, obture l’orifice d’air 7 et découvre l’orifice 9. La même dépression régnant alors au-dessus et au-dessous du piston, ce dernier est brusquement entraîné à sa position inférieure par tout le poids du flotteur déjaugé. L’essence arrive à nouveau et les mêmes phénomènes se répètent.
- Constructeur : Société des Etablissements J. Richard, 25, rue Mélingue, Paris.
- <#sns. Mobilier scolaire
- Table chaise-pliante pour enfants. —- La revue Recherches et Inventions de l’Office national vient de signaler une ingénieuse table-chaise qu’elle a eu l’occasion d’étudier.
- Cette table-chaise a été spécialement construite pour
- servir de mobilier aux classes de plein air qui se généralisent en F rance au plus grand profit de la santé des enfants.
- L’élève la transporte facilement, — car,pliée,elle est peu encombrante et de poids léger (2 kg 700).
- Elle s’adapte à la taille de tous les enfants de 5 à 14 ans et les oblige à adopter une attitude normale, qu’ils soient au repos, qu’ils lisent ou qu’ils écrivent, carie siège est à distance réglementaire de la table et sa forme en X oblige l’enfant à joindre ses jambes et à se tenir droit en travaillant.
- Au repos l'élève s’appuie sur lerdossier, et ses avant-bras reposent naturellement sur les bras de
- Fit
- La « Table-chaise
- Fig- 9- — Utilisation de la « Table-chaise »
- la table-chaise, les pieds reposant à plat sur le sol.
- Grâce à sa forme et aux matériaux employés, cette table-chaise est robuste, stable et d’un ------ ; —------
- emploi durable.
- La t a b 1 e-c h a i s e E. Chapuis constitue également le matériel de secours rêvé pour les classes surchargées délèves ; à cet égard, son emploi se généralisera certainement dans les écoles des départements dévastés et les grandes agglomérations.
- Enfin, son emploi est également re -commandé à la maison : elle tient peu de place et constitue la table d’études familiale la mieux adaptée aux besoins et à la taille de tous les enfants pendant la durée de la scolarité.
- En vente à la librairie Delagrave, i5, rue Soufflot, Paris 5e.
- 1 &&&!?'*£*£?!.
- Fig.
- La « Table-chaise » repliée.
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- VAR1 ETES
- FABRICATION MÉNAGÈRE DU VINAIGRE DE CIDRE
- Dans les régions cidricoles françaises, on devrait, à l’exemple de ce qui se fait aux Etats-Unis, fabriquer du vinaigre de cidre dans toutes les fermes; on utiliserait ainsi, pour obtenir un produit excellent, des fruits récoltés sur le domaine et, par suite, sans grande valeur marchande; le travail et,la main-d’œuvre sont d’ailleurs infimes et la bonne nature se charge elle-même de presque toute la fabrication.
- La station expérimentale d’agriculture de l’Etat de New-York a poursuivi des recherches très minutieuses sur tout ce qui concerne le vinaigre de cidre. Des échantillons de pommes appartenant à des variétés très différentes les unes des autres ont été pressés à des dates différentes, puis les jus conservés dans des conditions également différentes, avec ou sans addition de ferment, de mère ou d’acide malique. Chaque échantillon de cidre fut examiné de mois en mois pendant près d’un an, puis ensuite tous les deux ou trois mois. Un grand nombre de résultats furent ainsi acquis, ils sont d’un grand intérêt au point de vue chimique aussi bien qu’au point de vue pratique.
- Envisagé par le fermier, le mécanisme de la fabrication du vinaigre est très simple; pour le chimiste cependant, quoique moins compliqué que ne le sont beaucoup d'autres transformations chimiques, il est assez complexe; pour le biologiste, il comporte de multiples manifestations d’activité, de la part de plusieurs espèces d’organismes, principalement les ferments et les bactéries; certaines conditions défavorables peuvent aussi entrer en jeu : par exemple, naissances de nouvelles bactéries contrariant les transformations habituelles ou détruisant certains produits, diminuant par là même la qualité du vinaigre. Cependant, on s’est davantage attaché, dans cette étude, aux transformations chimiques que subissent les divers échantillons examinés.
- La chimie de la fabrication. — En général, il y a deux transformations à envisager : celle du sucre et celle de l’alcool. Le sucre de betterave ou de canne ordinaire et les autres formes, comme les sucres inver-lis (dextrose et lévulose) qui se trouvent dans le cidre doux, sont d’abord changés en alcool, par la fermentation que leur font subir un premier groupe d’organismes. Puis cet alcool, par l’action d’un second groupe d’organismes, est changé lui-même en acide acétique.
- Au point de vue chimique, chaque molécule de sucre comprend 6 atomes de carbone, 12 d'hydrogène et 6 d’oxygène (C6H12Oe). Quand cette molécule de sucre se trouve attaquée par le ferment qui lui convient, elle subit une série de transformations chimiques qui se résument en sa dissociation en 2 molécules d alcool et 2 molécules d'anhydride carbonique. Chaque molécule d’alcool comprend elle-même 2 atomes de carbone, 6 d’hydrogène et 1 d’oxygène ; chaque molécule de gaz carbonique contient 1 atome de carbone et 2 d’oxygène. De sorte que l’équation par laquelle on exprime la décomposition du sucre peut être écrite :
- Sucre —Alcool + Gaz carbonique C6 U 12 O = 2 C* 1+ 0+2 CO2.
- En pratique, l'évaporation et certaines, dimiuutions d’ordre chimique font que, pour 100 parties de sucre, on aboutit à peu près à 45 ou 47 parties d’alcool et même moins, au lieu de 5i parties que la théorie autorise à prévoir.
- Une fois l’alcool constitué, il est transformé en acide acétique par certains organismes qui l’oxydent. Cette nouvelle transformation peut, de même, être exprimée par l’équation suivante :
- Alcool + Oxygène — Acide acétique + Eau C2H«0 + 20 =C2H403 +H*0.
- La théorie, cette fois encore, donne environ i3o parties d’acide acétique pour 100 d’alcool, mais la pratique ne fournit qu’à peine 120 parties d’acide acétique.
- En résumé, avec 100 parties de sucre contenues dans un jus de pomme, on peut, au maximum, arriver à obtenir 5o ou 55 parties d’acide acétique.
- Le sucre, dans les pommes, existe en quantité maxima dans les fruits mûrs. Il est au contraire au minimum dans les fruits trop ou trop peu mûris. La moyenne du pourcentage, dans les analyses effectuées au laboratoire
- d’agriculture de l’Etat de New-York, fut de i3 1/2, et les extrêmes ne s’écartaient pas au delà de 2 pour 100 en deçà ou au delà de cette moyenne. Un fait assez surprenant au premier abord, pour qui n’est pas familiarisé avec la chimie cidricole, est que la douceur d’une pomme ne dépend pas de la grande quantité de sucre que cette pomme contient, mais bien de la petite quantité d’acide malique qui s’y trouve. Par exemple, l’espèce Red Astrakhan renferme 10,16 pour 100 de sucre et 1,15 pour 100 d’acide malique, tandis que les espèces Tolman Sweet et Sweet Bough contiennent, pour la même quantité approximative de sucre, seulement de o,ro à 0,20 pour 100 d’acide malique; ces deux dernières espèces sont infiniment plus douces que la première, qui a pourtant le même pourcentage de sucre qu’elles.
- Fermentation alcoolique. — Le jus primitif contenant suffisamment de sucre, quelles sont maintenant les conditions les meilleures pour transformer ce sucre en alcool et en vinaigre, ainsi que pour éviter les pertes ? Le sucre doit d’abord être attaqué par les ferments, ou enzymes : on sait maintenant que les germes existent à la surface des pommes et même dans l’air. On a souvent jugé dangereux de laver les pommes à cidre avant de les presser, par crainte d’enlever les germes indispensables à la fermentation. Pourtant, dans toutes les expériences faites à la station de New-York, les fruits ont été lavés, sans que ce lavage ait paru influer sur la fermentation alcoolique. Si les pommes sont souillées, il est certainement préférable de les laver, à cause de l’introduction possible de bactéries nuisibles à la fermentation.
- A la température ordinaire du cellier, le sucre est transformé en alcool au bout de 5 ou 6 mois, la transformation se précipitant de mois en mois à partir du premier. On peut hâter cette transformation en conservant le jus dans des pièces plus chaudes. En plaçant les bouteilles dans des pièces de températures différentes, celles ci allant de ia° à a5° C., on s’est aperçu qu’à 12°,
- 3.25 pour 100 seulement d’alcool s’était formé en 3 mois, tandis qu’à i5° et 180, il s’en formait plus de 4,5 pour 100, et qu’à 220 et 25°, daus le même temps, il s’en formait environ 6,5 pour ioo. Cependant de plus hautes températures entraîneraient des pertes d’alcool par évaporation.
- L’addition de ferments hâte aussi la formation de l’alcool : à 120, le cidre additionné de ferment donne
- 6.25 pour 100 d’alcool en un mois, à 200, il en donne
- 7.25 pour 100 également en un mois.
- Fermentation acétique. — Sitôt l’alcool formé, les
- bactéries l’attaquent pour donner naissance à l’acide acétique. Cette action eBt très lente durant les 3 premiers mois, c’est-à-dire durant les huitième, neuvième et dixième mois à partir de la mise en cellier du jus primitif. L’action de la chaleur, surtout après cette période, a pourtant pour effet de précipiter la transformation. Les meilleurs résultats ont été obtenus à des températures allant de 180 à ai0 centigrades. De plus, le pourcentage d’acide formé à des températures plus basses n’atteint jamais le pourcentage acquis à des températures, quoique l’évaporation de l’eau contribue pour une part, dans les chambres chaudes, à l’augmentation de ce pourcentage.
- Dans la pratique, il est préférable d’ajouter du vinaigre, surtout du vinaigre contenant une mère, dans les barils où se fabrique le mélange. La fermentation acétique est ainsi hâtée et plus complète. Cette mère est produite par la naissance de bactéries acétiques en présence de l’air et contient un grand nombre de ces bactéries. Il paraît également préférable, après la fermentation alcoolique, de soutirer la partie limpide du cidre en abandonnant les dépôts, puis de continuer l’opération dans des barils propres. L’utilité de ce procédé se fait surtout sentir lorsqu’on opère à basse température, c’est-à-dire lorsque la fermentation acétique est assez lente. Le procédé est indispensable lorsque le cidre a été fait avec des fruits mal lavés, ou un jus conservé sans soin ; les dangers de contamination par des germes indésirables peuvent être très grands dans de tels cas,
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- VARIÉTÉS
- Au cours de la fermentation alcoolique, et surtout de la fermentation acétique, l’air doit avoir libre accès. On a vu en effet que l’oxygène est nécessaire à l’alcool pour sa transformation en acide acétique. Il faudra donc avoir soin de ne remplir les tonneaux qu’aux deux tiers ou aux trois quarts. Mais lorsque la fermentation acétique sera à peu près terminée, et que l’acide acétique sera dans la proportion d'environ 4,5 pour ioo, il faudra transvaser le vinaigre dans de nouveaux barils qu’on remplira cette fois complètement, et qu’on fermera avec soin. Si cette précaution n’est pas prise, une fermentation inverse se produira et aura pour effet de diminuer la proportion d’acide au lieu de l’accroître. Pour montrer la complexité des réactions que subit le vinaigre et la divergence des résultats auxquels ces réactions aboutissent parfois, un exemple suffira : 4 bouteilles remplies du même jus et conservées dans les mêmes conditions générales contenaient, au bout dé 5 ans, l’une 5,74 pour 100, l’autre 5,44 pour 100, la troisième 2,10 pour 100 d’acide acétique, cependant que la quatrième donnait une réaction alcaline.
- Acide malique. — L’acide que contiennent les pommes fraîches, distinct de l’acide du vinaigre, est un acide fixe, l’acide malique. 11 possède certaines propriétés chimiques qui le caractérisent bien et qui permettent de reconnaître si un vinaigre dit de cidre provient effectivement d’un jus de pommes. Mais cet acide disparaît très rapidement du vinaigre, si bien qu'au bout d’un an sa proportion n’est plus que de o,5 ou 0,02 pour 100.
- En résumé, pour obtenir un bon produit, on devra respecter les principes suivants :
- 1“ N’utiliser que des fruits sains et mûrs, et, si possible, propres, sans qu’on ait besoin pour cela de les laver ;
- 2“ Assurer une grande propreté aux opérations du pressage et de la mise en tonneaux;
- 3° Rejeter tout jus provenant d’un second pressage;
- 4° Soutirer au bout de quelques jours le liquide clair de la surface, et ne le laisser définitivement que dans des fûts lavés à l’eau bouillante et bouchés de préférence au moyen d’un tampon de coton, qui, en permettant l’accès de l’air, empêchera celui des poussières. Pour la température ordinaire des celliers, qui ne doit pas être inférieure à to°, la fermentation alcoolique se fera en 6 mois environ; cette durée de temps sera réduite à 3 mois si la température de la pièce est de 180 ou 20°, et si l’on ajoute un ferment quelconque. La température ne doit jamais s’élever, si peu de temps que ce soit, au-dessus de ai0. Quand il ne se produira plus de bulles de gaz, c’est-à-dire quand la fermentation alcoolique se sera terminée, décanter le liquide clair et le placer dans un tonneau' lavé avec soin, en ajoutant la même proportion d’un bon vinaigre contenant une mère. La température devra être cette fois de 200 ou a3°, selon la rapidité qu’on veut obtenir pour la fermentation acétique; à cette température, il faudra environ 3 mois, tandis que dans un cellier froid, il faudra près de 2 ans, Ou plus.
- 5° Quand on a hâté, par la chaleur et l’addition de ferments, la fermentation alcoolique et la fermentation acétique, on arrive à avoir un produit parfaitement commercial au bout de 6 à 12 mois.
- 6° Une fois la fermentation acétique terminée, il faudra avoir soin de remplir complètement les tonneaux et de les boucher cette fois avec soin pour éviter toute perte d acide acétique. Francis Marre,
- Chimiste-expert près la Cour d’appel de Paris et les Tribunaux de la Seine.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Erratum. — Table à dessin automatique et pliante « Unie » (n° 2628). — M. L. Sautereau, à Pierrefitte (Seine),nous informe qu’il est le constructeur de cette table et que MM. Orlandi frères et Cie ne sont que ses dépositaires.
- Réponses. — MM. V. Protopopescu, à Targaviste et Janin, à Orléans. — Tous nos remerciements pour l’envoi de vos intéressantes observations de l’éclipse de Lune du 14 août dernier. Nous les avons communiquées à la Société astronomique de France, qui prépare un article d’ensemble sur les observations de cette éclipse pour sa revue L’Astronomie, article dans lequel tous les observateurs seront cités.
- M. B., Ecole normale, Colmar (Haut-Ithin). — Pour documentation sur la floriculture et la culture ainsi que l’emploi des plantes d’ornement, voici les ouvrages se rapportant à ces questions : Manuel de floriculture, par A. Buyssens, 1 vol. ; Culture des fleurs dans les petits jardins, par Ch. Chevalier, 1 vol. ; 'Plantes de pleine terre, annuelles, bisannuelles et vivaces, par Jacquin, 1 vol. ; Manuel du jardinier-fleuriste et de l’amateur de fleurs, par J.-L. Nicolas, 1 vol.: L’ornementation florale des jardins, par A. Maumené, 1 vol. ; Notes sur l'ornementation florale des jardins, par le même, 1 vol. ; La mosaïculture pratique, par le même, 1 vol. ; La mosaïculture et l’ornementation florale, par S. Mottet, 1 vol. ; Mosaïculture, par R. de Noter, 1 br. ; Les corbeilles-parterres ou traité de mosaïculture, par N. Seghers, 1 vol. ; Végétaux d’ornement, par Dupuis et Hérincq, 2 vol. ; Des arbres et arbrisseaux d’ornement de pleine air, cultivés pour leurs fleurs, par Charles Baltet, 1 br. ; Arbrisseaux et arbustes d’ornement de plein terre, par Dupuis, 1 vol. ; Les arbustes d’ornement de pleine terre (arbres, arbrisseaux, arbustes
- et sous-arbrisseaux), par S. Mottet, 1 vol. ; Les plantes vivaces de pleine terre (multiplication, culture, emploi, etc ), par Rudolph, 1 vol.; Instructions pour les semis de fleurs de pleine terre, par Vilmorin-Andrieux, 1 vol. ; Atlas de poche des fleurs de jardin les plus faciles à cultiver, par Hariot, 1 vol. ; Les jardins de plantes vivaces, par Laumonnier-Férard, 1 vol.; Manuel de floriculture, par Ph. de Vilmorin, 1 vol. ; Les fleurs de pleine terre, par Vilmorin-Andrieux, 1 vol. (Librairie agricole, Paris, 25, rue Jacob, 6°).
- M. Bresson, à Villars-les-Dombes (Ain). — Composition d’un mastic pour greffe d’arbres fruitiers. — La composition du mastic à greffer a généralement pour base une combinaison de poix blanche, poix noire, cire jaune, suif et résine. On y ajoute parfois de l’ocre, du saindoux, des cendres fines. On fait fondre le tout sur le feu, dans un vase de fer, et on attend que la composition soit attiédie pour l’employer. La poix rend la composition plus épaisse, le suif la rend plus légère, la résine l’assèche et la cire lui donne de l’onctuosité.
- Voici une composition employée avec succès par les pépiniéristes :
- i° Faire fondre d’abord ensemble :
- Résine................ 1 kg 25o
- Poix blanche. ................o — 'jbo
- î* Faire fondre en même temps, à part :
- Suif..........................o kg 2 5o
- 3° Verser le suif fondu bien liquide sur le premier
- mélange, en ayant soin d’agiter fortement.
- 4° Ajouter ensuite 5oo gr. d’ocre rouge, en le laissant tomber par petites portions, et en remuant longtemps le mélange.
- Le mastic doit être onctueux, malléable, exempt de mordant, on l’emploiera tiède, plutôt froid que chaux, plutôt liquide encore que déjà solide. On l’entretien à ce degré sur un petit fourneau portatif chauffé au bain-marie, ou avec une lampe à esprit-de-vin.
- Appliquer ce mastic à l’aide d’un pinceau-brosse ou d’une spatule en bois, en engluant copieusement les plaies, les fentes du sujet et du greffon quand la greffe est posée ; recommencer l’opération huit jours après si le mastic s’écaille ou tombe.
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- BOITE AUX LETTRES
- Il y a de nombreuses compositions de mastics à greffer à froid. Nous avons employé avec succès le mastic à greffer à froid de M. Eugène Baudouin, 6, cours Lauze-de-Perret, à Apt (Vaucluse).
- M. Perès, Billancourt — Il est malaisé de répondre a la question posée, attendu qu’il faudrait avoir un plan détaillé de la construction projetée et qu’aussi pour comparer, il faudrait connaître les prix des matériaux ordinaires et du ciment armé pratiqués dans la région où 1 on se propose d’édifier ladite construction. Cette étude ne peut être entreprise que par un architecte local.
- La maison familiale en ciment armé ne peut être économique que si sur place on en construit plusieurs du mê ne genre afin de réduire le plus possible les frais de coffrages et de moulages qui sont onéreux, à moins encore qu’il soit possible de l’établir en utilisant des pièces fabriquées à l’avance et en série dans une usine se livrant à cette sorte de travaux.
- Voyez les entreprises « Bloc-équerre, M. B., 20, rue Richer ; Société (( Simplifi 67, rue d'Amsterdam ; Société des procédés Ferrier, 29, rue Lemercier, Paris.
- Veuillez consulter La Nature de 1919 donnant aussi quelques noms et adresses de constructeurs.
- M. Grasset, à Beaune. — x° Les solvants lourds que l’on a préconisés pour la dissolution de la nitrocellu-lose sont : aniline camphrée, alcool éthylique camphré, acétate de métbylcyclopentanol, dichlôrhydrine, épichlorhydrine, sébaçate d’éthyle, éther acétique de Ia glycérine, élher benzoïque de la glycérine, phtalate de méthyle, diacétone alcool, acétate d'éthyle, salicylate de méthyle, essences de laurier, de menthe, de canelle, dioxyméthyl sulfone, benzoates d’éthyle, de benzyle, acétate de benzyle, phénylnaphtaline, acétyîdiphényl-amine, hydrate de chloral, acétamide, acétophénone, aldéhyde benzoïque, bornéol, isobornéol, acétanilide, méthylacétamide, benzanilide, cyclohexanol, citral, triphényl et tricresylphosphate. Dans la pratique seuls le camphre et la diphénylamine sont d’un usage courant. 20 Comme solvants lourds de l’acétate de cellulose on a proposé : Les triacétines, benzoate de glycérine, essence de girofles, chlorhydrine du glycol, diacétate de résorcine, lactate d’éthyle, méthylacétanilide, hydrate de chloral, acétylméthylaniline, acétate de méthylcyclopenta-nol, chloracétate d’éthyle, oxalate de méthyle, gaïacol, tart rates de butyle et d'amyle, engénol. Les triacétines sont actuellement les plastifiants de choix.
- M. Guilhon, à Bordeaux. — Le terme de stéarine est sujet à confusion, car si chimiquement il désigne le corps gras, éther de la glycérine ou stéarine proprement dite, dans l’usage courant, c’est l’acide stéarique lui-même tel qu’il est employé pour la fabrication des bougies. Il est fort probable que le produit qui vous a été vendu était bien de la stéarine, corps gras insoluble dans l’alcool, alors que dans la recette en question c’était de l’acide stéarique soluble dans l’alcool qu’il s’agissait.
- En résumé, la formule donnée pour solidifier l'alcool correspondait à la formation d’un savon de soude, mais il est beaucoup plus simple de prendre directement celui-ci tout formé et d’y ajouter un peu de gomme laque en opérant ainsi. Introduire dans un ballon en verre : Alcool à g5° dénaturé ou non . . 800 cm3
- Savon de Marseille en copeaux . 200 gr.
- Gomme laque.................... 20 —
- Chauffer au bain-marie jusqu’à dissolution complète, couler encore chaud dans les boîtes appropriées, en se tenant à distance de tout foyer pour éviter l’inflammation des vapeurs d’alcool.
- M. Morniroli, à Cannes. — i° On n’a jamais constaté d’intoxications par séjour des aliments dans des ustensiles en aluminium. — La Commission permanente pour la répression des fraudes a même autorisé la coloration des bonbons par la poudre d’aluminium et le remplacement de l’alliage des têtes de siphons à eau de Seltz parce métal, il doit donc être considéré comme inoffensif dans les conditions d’usages domestiques. 20 Vous éviterez facilement que vos modèles de menuiserie fabriqués avec de la colle forte ne collent aux doigts lorsqu’ils sont mouillés, en les badigeonnant avec une solution aqueuse de bichromate de potasse à 2 pour 100 et en les exposant à la lumière après dessiccation, la colle forte deviendra ainsi insoluble dans l’eau.
- M: Duliiey, à Lausanne. — Veuillez vous reporter à la réponse que nous faisons dans le présent numéro, à M. Guilhon, de Bordeaux, elle vous fera connaître la
- cause de votre insuccès et vous y trouverez une formule très simple pour obtenir de l’alcool solidifié.
- M. Riffaud, à Paris. — i° Le perborate de soude étant très soluble dans l’eau, il est inutile de chauffer celle-ci pour préparer la solution antiseptique dont nous avons parlé, le perborate de soude se vend actuellement
- 10 francs le kilogramme pris par 10 kg chez Pelliot, 24, place des Vosges, ou Pointet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois. 20 Les tapisseries faites à la main sur canevas se lavent très facilement dans l’eau de savon légère et tiède, mais il est nécessaire de redonner de la rigidité en appliquant à l’envers au moyen d’un pinceau, cela après rinçage, un apprêt à l’amidon cuit, tel qu’il se prépare pour l’empesage du linge. 3° Le ratafia de cerises se prépare ainsi :
- Cerises écrasées avec noyaux . 1000 gr.
- Eau-de-vie à 2 5° GL..........i5oo cms
- Laisser macérer un mois, en agitant de temgs à autre, passer sur un linge, exprimer le jus et ajouter à celui-ci par litre obtenu :
- Sucre blanc................... 100 gr.
- Après dissolution et mélange, filtrer. Une cuillerée à bouche de ratafia par verre d’eau donne une boisson très rafraîchissante en été.
- M. Bouton, à Clermont-Ferrand.— i° Pour entretenir les bronzes d’art patinés ou non, il suffit, après avoir enlevé la poussière, de les brosser avec une brosse que l’on a passé légèrement au préalable sur un morceau de cire d’abeilles. 20 La patine ancienne des ornements en cuivre s’obtient en les badigeonnant au pinceau avec une solution très faible de sulfure de potassium (bain de Barèges) à 1 gr. par litre environ, puis essuyant aussitôt que l’intensité de teinte cherchée est obtenue. Faire quelques essais sur des déchets de laiton sans valeur pour acquérir le tour de main, diluer au besoin la solution de sulfure, si le noircissement était trop intense de façon à obtenir de préférence le ton par des applications successives. 3° Le recollage de votre biscuit de Sèvres s’effectuera sans difficultés, au moyen de blanc d’Espagne délayé dans le silicate de soude de manière à obtenir une bouillie claire. Enduire les deux tranches de la cassure, opérer la jonction sans trop tarder, serrer fortement par une ligature et laisser bien sécher avant d’enlever cette dernière.
- M. G. Poulet, à Paris. — i° Il est tout à fait inutile de prendre de l’alcool pur pour dissoudre la chloro-picrine en vue des pulvérisations insecticides, l’alcool dénaturé du commerce suffit parfaitement. 2® La ckloro-picrine est dangereuse à respirer et c’est pour cette raison qu’elle a été employée pendant la guerre, il faut donc vaporiser la solution alcoolique en se tenant au dehors de la pièce et en faisant pénétrer le liquide pulvérisé par un vaporisateur, au travers d’une ouverture faite dans la porte. 3° Vous pourrez vous procurer de la chloropicrine en vous adressant à M. le Commandant du Parc d’artillerie de Paris au fort d’Aubervilliers. 4° Tous les agglutinants dénaturé organique, colles, gommes, etc , sont à rejeter pour constituer des crayons au permanganate de potasse, seuls les silicates de soude ou de potasse pourraient, pensons-nous, vous donner satisfaction.
- M. Schlumberger, à Paris.—Nôtre réponse à M. Guilhon, de Bordeaux, dans le présent numéro, vous^donnera tous renseignements pour la préparation d’alcool solidifié.
- M. Hennequin, à Epernay. — D’après la description que vous nous-avez faite de Valtération des charpentes,
- 11 s’agit de la pourriture du bois, dont la cause est le développement de champignons tels que le Leazites abietina, le Polyporus pinicola et le Schissophyllum commune. Comme les bois des conifères : sapin, pin, épicéa ont des trachéides ou vaisseaux fibreux parallèles à l’axe de la tige qui communiquent entre-elles et les rayons médullaires par les aréoles, le mycélium provenant des spores, se répand dans tout l’aubier, partie la plus perméable et en provoque la destruction que vous avez observée, alors que le cœur plus compact reste relativement intact. L’enlèvement des parties contaminées par bûchage à l’herminette, sera donc une excellente opération^ préalable ; quant à l’enduisage par un antiseptique destiné à entraver un développement ultérieur, nous préférons au carbonyle la mixture suivante au zincate sodique qui a donné de très bons résultats aux essais systématiques :
- Chlorure de zinc à 33° B, „ . . . 1 lit.
- Lessive de soude caustique à '220 B. 4
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- BOITE AUX LETTRES
- Le chlorure de zinc se trouve dans le commerce à la concentration de 4^° B et la lessive de soude sous le nom de potassium des peintres à 36° B, ce sont donc produits très faciles à se procurer, qu’il vous suffira d’étendre d’eau pour les amener aux degrés précités. N. B. La mixture étant caustique, prendre toutes précautions d’usage dans la manipulation.
- G. B. Bibliographie. — i° Comme dictionnaire des Sciences physiques en général vous pouvez prendre : Dictionnaire des sciences usuelles, par Bouant; éditeur, Armand Colin, io3, boulevard Saint-Michel. 2" Pour la détermination des plantes. Les noms des fleurs par une méthode simple de Bonnier, à la Librairie centrale de l’Enseignement, 4, rue Dante. Pour reconnaître les fleurs, de l’abbé Moreux; éditeur, Doin, 8, place de l'Odéon ; Les plantes des champs, des prairies et des bois, par Siélain ; éditeur, Lhomme, 3, rue Corneille; Encyclopédie du naturaliste-, éditeur, Lechevalier, 12, rue de Tournon. 3“ Au point de vue Géologie et Paléontologie : ouvrages de M. Boule; éditeur, Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. II. Coanda, à Bucarest. — Le mieux est de vous
- adresser à l’auteur de l’article en question M. de Keghel, 4, rue des Deux-Communes, à Vincennes, Seine, qui vous donnera tous renseignements sur la situation actuelle de cette industrie.
- M. Emile A., à Marseille. — D’après le Dr Finkener, le meilleur moyen d'enlever la patine trop épaisse sur les pièces de bronze antiques, sans altérer le métal sous-jacent, consiste à les passer d’abord pendant quelques heures dans un bain d'acide chlorhydrique à 2 pour 100. Ensuite on les suspend dans un bain de cyanure de potassium également à 2 pour 100 et on les relie au pôle négatif d’une batterie de piles, le pôle positif étant constitué par une lame de charbon ou mieux de platine. L’opération est terminée quand on voit se dégager des bulles d’hydrogène sur l’objet, ce qui indique que tout l’oxyde a été réduit. Au cas où la patine serait très épaisse, on renouvellerait le bain de cyanure. Après rinçage à fond et séchage dans la sciure, enduire d’une solution légère de paraffine dans le pétrole. N. B. Le cyanure de potassium étant un poison violent, toutes précautions doivent être prises pour éviter une intoxication.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Cours pratique de machine à vapeur, par Ed Jolly, 1 vol. 384 p-, 35o fig. Dunod, éditeur, Paris, 1924. Prix broché : 32 francs.
- Cet ouvrage étudie d’une façon simple la machine à vapeur à piston; il en décrit les organes essentiels, résume les notions de thermodynamique indispensables pour en comprendre et apprécier le fonctionnement, puis montre par quels mécanismes s’effectuent la distribution et la régulation. Il termine par quelques conseils pour la conduite et l'entretien.
- Fabrication des briques et des tuiles, par J. Fhitsch (2e édition revue et augmentée), 1 vol. 520 p , 23 » fig. Desforges, éditeur, Paris. Prix broché : 5o francs.
- Nous avons signalé, il y a peu de temps, l’apparition de la première édition de cet ouvrage. Rappelons qu’il est divisé en deux parties : la première traite de la fabrication des briques, tuiles, carreaux, tuyaux de drainage ; la seconde traite de celle des produits réfractaires.
- Il abonde en renseignements sur les divers procédés de fabrication de ces différents produits, sur l outillage à employer, l’étude des matières premières et des combustibles.
- Radiotélégraphie pratique et radiotéléphonie, par P. Maure» (20 édition). 1 vol. i6-25 de viii-43i p., 336 fig. Dunod, éditeur. Paris, 1924. Prix broché : 38 francs.
- Dans cette seconde édition, l’auteur insiste particulièrement sur le développement des applications les plus récentes des tubes à vide et sur les perfectionnements importants qui sont venus, dans ces dernières années, modifier la technique de la radiotélégraphie et de la radiotéléphonie.
- Manuel du peintre et vitrier en bâtiments, par A. Le Petit, i vol. in-18, 280 p., 5o fig. J.-B. Baillière, Paris 1924. Prix cartonné : xa francs.
- Contient des notions générales de géométrie, puis l’étude des divers produits et de l’outillage utilisés dans la profession, enfin le mode d’exécution des divers travaux de peinture et de vitrerie.
- Bas Pflanzenreich. Regni vegetabilis conspectus, par A. Engler. Heet, 86, Cruciferæ-Sysimbricæ, par O. E. Schluz, 388 p., 74 fig-; Heft, 87. Dioscoreacea, par R. Knuth, 387 p., 69 fig., 2 vol. in-8. W. Engel-mann, Leipzig. Prix : 48,5o marks chacun.
- Nous avons récemment dit l’importance de cette encyclopédie botanique dirigée par Engler. Les deux volumes qui viennent de paraître sont aussi détaillés
- que les précédents ; ils donnent la bibliographie complète de l’anatomie des plantes et de toutes leurs parties et la description des caractères de chaque espèce suivie de sa répartition géographique et de ses variétés.
- The Evolution and Distribution of Fishes, par John Muikhead Macfarlane. i vol. in-8, 564 p-, 72 fig-Macmillan, New-York.
- L’auteur étudia les conditions géologiques qui sont liées à l’évolution des Poissons. Il passe en revue le milieu physique et biologique de chacune des périodes passées où ont dû vivre des Poissons dont on connaît les restes fossiles, puis il décrit la répartition, dans le temps et dans l’espace, de chacun des groupes. Ses conclusions fort originales, sont que les Poissons ont dû apparaître dans les eaux douces, de la transformation des Némerliens en Prochordés puis en vertébrés et qu’ils n’ont peuplé les mers que postérieurement. On lira avec intérêt les chapitres où l’auteur étaie les hypothèses des continents disparus : nord-atlantique, sud-atlantique, africano-brésiiien, australo-indo-malgache par les affinités de leurs faunes.
- Marine Structures. Their Détérioration and Préservation. Report of the Committee on Marine Piling Investigations, par W.-G. Atwood et A -A. Johnson, i vol. in-8, 534 p , 169 fig., 14 pl. National Research Coun-cil, Washington, Prix : 10 dollars.
- On sait que les constructions en bois, élevées en mer, sont attaquées et détruites par divers animaux; celles en ciment et en métal s’y altèrent. Les travaux à la mer nécessitent, suivant les lieux, un choix de matériaux durables. Le National Research Council a ouvert une vaste enquête sur toutes les côtes des Etats-Unis et de leurs possessions, afin de guider les ingénieurs. Les multiples expériences entreprises avec la collaboration de tous les services intéressés sont longuement décrites dans ce rapport.
- On y trouve la description des animaux perforants les plus communs et les plus gênants : crustacés et mollusques dont le plus célèbre est le taret, leur distribution géographique, leurs moeurs, les dégâts qu’ils font; puis la sélection des espèces de bois, dans chaque partie du monde, selon leur résistance; les procédés de protection les plus efficaces : peintures, injections, recouvrement ; les substituts possibles du bois : béton, métaux.
- Des procès-verbaux détaillés relatent les observations faites dans chaque port et les nombreux essais de traitement chimique avec leurs résultats.
- Cet ensemble forme un document unique, abondant, précis, indispensable désormais à consulter par toutes les entreprises de constructions maritimes.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N* 2637
- Octobre 1924
- Lampes électriques géantes et minuscules. — La photographie ci-dessous, reproduite d’après Scientific American, représente les deux extrêmes en matière de lampes électriques à incandescence. La géante est une lampe Mazda de 3o kilowatts ; son pouvoir éclairant est de iooooo bougies. Elle a été construite pour l’éclai-
- rage de studios de cinémas. Elle mesure 3o cm de diamètre et 46,5 cm de haut. Elle fonctionne sur courant à 120 volts et exige un courant de 290 ampères. La lampe naine n’a que 6 mm de diamètre. Elle a été construite pour les sondes endoscopiques utilisées par les médecins et les chirurgiens.
- Découverte de pétrole dans l’Hérault.—La région de Gabian, dans l'Hérault, à 65 km à l’ouest de Montpellier, est connue depuis fort longtemps comme présentant des indices de la présence du pétrole. Dès le xvn0 siècle, on connaissait l’existence, entre Béziers et Bédarrieux, d’une source de pétrole dont l’huile fut utilisée. Un certain nombre de forages, destinés à découvrir les nappes pétrolifères, ont été entrepris à divers moments dans cette région, mais sans autre résultat que d’en préciser, fort incomplètement du reste, les caractéristiques géologiques. L’étude de cette contrée a été reprise récemment, sur l’initiative des géologues du Comité scientifique consultatif du pétrole, et elle vient d’aboutir à une découverte du plus haut intérêt. Voici les renseignements que publie à ce sujet la revue Le Pétrole : « Les géologues du Comité du Pétrole, dit-il, justement frappés par l’homogénéité des indices et la lithologie des lieux, réunissant dans les conditions de faciès les éléments d’un honnête gisement, se mirent à l’étude méthodique du terrain, en débrouillèrent la tectonique et le résultat de leurs recherches aboutit à l’élaboration d’un programme de 4 forages, entrepris pour le compte de l’Etat, sur l’initiative de la Direction des Essences et Pétroles, en collaboration avec le Service des Mines ».
- Le premier puits, exécuté par les Services des Mines de Péchelbronn, vient de rencontrer à 97 m. de profondeur un horizon de sables pétrolifères dont l’importance correspond à un débit horaire de a5 litres. Le pétrole a bel aspect, paraît riche en produits légers, sa densité d’environ 0,840 est celle des pétroles de Perse. Dans un prochain avenir, on sera, sans doute, fixé sur la richesse et les possibilités d’exploitation du gisement qui vient d’être découvert.
- Démonstration de l’influence des abeilles sur la fécondation des fleurs. — Le Dr Porisser cite une curieuse expérience faite sur le Sullà (sainfoin d’Afrique), en vue de se rendre compte de l’influence qu’exercent les abeilles sur la fécondation des fleurs.
- Au début de la floraison du Sulla, laquelle se produit de bas en haut, on déposa des ruches dans le champ.
- Les abeilles vinrent butiner sur les corolles écloses.
- Après une semaine on ferma les guichets de vol des ruches et les abeilles furent maintenues ainsi en captivité pendant dix jours; puis, on leur rendit la liberté. Durant ces trois périodes, les fleurs avaient suivi le cycle de leur développement. Or, lorsqu’on faucha le sulla, on put remarquer que le bas et le haut des grappes portaient de belles graines, tandis qu’au milieu
- il n y en avait pas une seule, et ce milieu stérile correspondait, précisément, à la période de captivité des abeilles.
- Ces expériences ont démontré très nettement le rôle des abeilles dans la fécondation des fleurs et, par suite, dans la fructification des plantes.
- Les fourrures du Canada. — La revue Ressources naturelles, publiée par le Ministère de l’Intérieur du Canada, fournit sur la production actuelle des fourrures dans ce pays les renseignements suivants :
- La production de fourrures brutes, tant pour utilisation au pays que pour exportation à l’étranger, constitue 1 une des plus importantes industries du Canada, comme on le constatera par le fait que durant la saison closele 3o juin 19^, le nombre de peaux obtenues s’est élevé à 49^996 représentant, en dollars, une valeur estimée à $ 16761567. Il y a eu une augmentation de 597206 peaux comparativement aux chiffres de la saison de 1921-22, mais la valeur totale a diminué de $ 677300. Ces renseignements, de même que ceux qui suivent, sont contenus dans un rapport récemment publie par le Bureau Fédéral de la Statistique.
- Comme en 1921-22, le rat musqué vient en premier lieu sous le rapport de la valeur; en effet, on en a pris 3846161 peaux évaluées à JJ Soyj 886. Parmi les autres animaux dont les peaux ont atteint une valeur totale considérable, mentionnons : le renard blanc, $ 3oi5 3^8; le castor, $ 2461667; le vison, g la martre,
- $ 1 o45 8io, et le renard argente, g 774348. La valeur globale des peaux de ces animaux à fourrures prises durant la saison de 1922-23 s’est élevée à g 18746470, soit 82 pour 100 de la valeur totale des fourrures produites au Canada.
- Les prix moyens payés pour les principales sortes de peaux durant la saison de 1922-23 ont en général été plus bas que ceux obtenus au cours de la saison précédente, les seules exceptions étant la martre, l’hermine et le renard rouge qui ont rapporté des prix plus élevés. Les prix moyens des principales peaux durant les deux saisons en question ont été comme suit :
- Castor .... Hermine . . . Coyote . . . . Renard croisé . Renard rouge . Renard argenté Renard bleu . Renard blaqc .
- Lynx.........
- Martre .... Yison .... Rat musqué . . Loutre .... Raton .... Mouffette . .
- 1922-2! 1921-22
- ; 14,04 $ [8,38
- 0,61 0,52
- 10,72 9>°7
- 46,62 5o,3o
- 13,2 2 12,46
- 112,80 147,42
- 61,47 70,82
- 39,09 39,70
- 19,18 20,38
- 22,95 20,62
- 8,59 9,00
- 1,32 i,54
- 24,02 27,26
- 3,8S 3,71
- 2,00 2,35
- Le nombre et la valeur des peaux obtenues dans chaque province durant la saison de 1922-23 sont les suivants :
- Provinces
- __ h
- Ile du Prince-Edouard. . Nouvelle-Ecosse .... Nouveau-Brunswick. . .
- Québec................
- Ontario...............
- Manitoba..............
- Saskatchewan..........
- Alberta.............
- Colombie-Britannique. . Territoires du Nord-Ouest Yukon...................
- Totaux . . . . .
- Nombre
- peaux
- 4,88i
- 48,io3
- 39,861
- 398,825
- 888,249
- 701,091 1,462,288 873,079 263,723 287,698 46,198 4,968,996 ÿ
- 722-23
- ‘e
- Valeur
- $ 363,252 197,928 157,636 3,049,556 3,616,692 1 678,667 2,24i 637
- i ,822,934 1,246,219 2,171,424 199.522 16,741,467
- L’huiîe de balles de riz et d’avoine. — MM. J. M*r-cusson et M. Picard ont fait des expériences en vue
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- INFORMATIONS
- d’extraire de l’huile par distillation pyrogénée des balles de riz et d’avoine.
- Les résultats publiés dans Chimie et Industrie ont été les suivants :
- La moyenne de quatre essais a été de 6 pour 100 d’huile, 33 pour ioo de produits aqueux, 41 pour 100 de résidu charbonneux et 20 pour 100 de gaz.
- La distillation fut faite dans une cornue en verre avec enveloppe d’amiante, les produits se condensant dans un réfrigérant et deux allonges. Cette distillation, durant de 1 heure à 1 h. 1/2, commença à 1200 C, atteignant son maximum entre 2000 et 3oo° pour se terminer à 4oo°.
- On obtint une huile épaisse, de couleur brun foncé, se dissolvant presque entièrement dans deux fois son volume d’alcool absolu. Soumise à une distillation fractionnée, elle donna les z’ésultats suivants :
- n pour 100 d’huile légère bouillant entre i20°et 170°.
- 16 pour 100 d’huile moyenne bouillant entre 170° et 23o°.
- 23 pour 100 d’huile lourde bouillant entre 23o° et 2700.
- 28 pour 100 d’huile bouillant au-dessus de 2700.
- 27 pour 100 de résidu (coke).
- 5 pour 100 de perle.
- Les parties distillées ont une densité voisine de 1.
- Au début, elles sont fluides, jaune clair et, au fur et à mesure que le point d’ébullition augmente, elles sont plus épaisses et plus foncées. La partie bouillant au-dessus de 2700 C. contient 0,7 pour xoo de paraffine, correspondant à o,23 pour 100 de l’huile totale.
- Comme produit de valeur contenu dans le distillât aqueux, il y a de l’acide acétique (4 pour 100).
- Le thé de Ceylan. — Chacun connaît la vogue du thé de Ceylan qui, même en France, a vu sa vente augmenter dans d’étonnantes proportions. Mais l’on sait moins par quels moyens elle s’est développée.
- Dans une récente étude sur le thé, M. Perrot, directeur de « l’Office national des Matières premières », a conté l’histoire- du thé de Ceylan que nous résumons d’après le Bulletin de l'Agence générale des colonies.
- Ayant eu des déboires avec les cultures de caféiers et de quinquina, Ceylan se consacra au théier. Grâce à leur esprit de décision et d’organisation, favorisés, il faut le dire, par l’exposition de Paris de 1889, les planteurs de cette île réussirent à imposer leur thé moins bien préparé, moins parfumé et plus riche en tanin que celui de Chine. Il faut reconnaître que la préparation s’améliora rapidement, grâce à des recherches scientifiques soutenues. Mais la conquête des marchés se fit grâce à une propagande admirablement organisée. Elle se fait, actuellement, aussi bien en France qu’en Amérique et aux Indes. Dans ce dernier pays, d’excellents résultats paraissent avoir été obtenus. La valeur nutritive du thé, abondant en vitamines, alors que le riz en contient peu, est vantée aux indigènes. Dans presque toutes les stations de chemin de fer et près des grandes usines ont été installés des « tea-rooms » où les tasses d’un thé particulièrement bien préparé sont servies à des prix infimes.
- Cette campagne de dégustation se poursuit d’ailleurs dans nombre de pays.
- Cette propagande est dirigée par le comité du « Tea-Cess » comprenant une quarantaine de personnes intéressées au développement de l’industrie du thé.
- L’argent dont dispose ce comité provient d’une taxe sur l’exportation qui a été dernièrement portée à 1/6 pour roo par livre.
- Il y a là, pour nos colonies, un bel exemple d’organisation qui aboutit aux plus brillants résultats, puis-qu’à l’heure actuelle, Ceylan fournirait 24 pour 100 du commerce mondial du thé.
- La Guyane Française. — Cette colonie est d’actualité, le gouvernement ayant l’intention de supprimer la relégation et la transportation des forçats.
- La Guyane est la seule colonie continentale française dans le Nouveau. Monde. Sa superficie est de 78 000 km2 et sa population recensée s’élevait au ier juillet 1921 à 33 202 personnes, savoir :
- Population civile ..... 26 381 Population militaire. ... 511
- Population pénale......... 3 775
- Marins embarqués. . . . . 167
- Indigènes :
- Peaux-Rouges.................. 1286)
- Saramaras................. 313 ( 2 368
- Bonis' ........................ 76g )
- La population non recensée : chercheurs d’or, bala-tistes, évadés, indigènes, était évaluée à 11 000 personnes, mais, d’après certains spécialistes, il conviendrait de doubler ce chiffre. On aurait donc ainsi soit 44 200, soit 55 200 habitants. En prenant la moyenne, on aurait 60000.
- La colonie a pour chef-lieu Cayenne ; elle se divise au point de vue administratif en 16 communes, dont 1 pénitentiaire (Saint-Laurent du Maroni). Six communes ont plus de 1000 habitants (population civile) :
- Cayenne........................10 146
- Mana........................... 4 097 -
- Maroni....................... 2427
- Sinnamary.................... 1821
- Oyapok......................... 1 631
- Approuagué..................... 1 568
- La natalité est inférieure à la mortalité : 686 naissances contre 1122 décès en 1921 dans la population civile.
- Les mines en Algérie. — La production minière de l’Algérie, après avoir fléchi pendant trois ans, a retrouvé ses chiffres d’avant-guerre. Voici ceux que nous avons trouvés pour les territoires du Nord de l’Algérie; ils s’appliquent à l’année 1923 :
- Phosphates de chaux . . 467.384 tonnes
- Minerais de fer . . . i.448.8o5
- Pyrites de fer .... 21.000 —
- Minerais de plomb . . 24.475 —
- Minerais de zinc . . . 61.108 —
- Minerais d’antimoine . i.5o3
- Houille 3.562
- Pétrole brut i.337
- En dehors des minerais de fer, le minerai le plus répandu est la calamine ou carbonate de zinc (C03Zn), souvent associée au pétrole et au gaz naturel. On trouve aussi du cuivre, sous forme de carbonates et de pyrites, mais la statistique ci-dessus est muette sur leur production.
- Les territoires du Sud n’ont guère d’autres produits minéraux que le sel et la houillè. Cette dernière n’est exploitée qu’à Kénadza (une dizaine de mille tonnes en 1923).
- Nouvelles de T. S. T
- Une entente internationale entre les Compagnies de radiophonie. — Le poste Radio-Paris a tenté récemment des essais de retransmission des radio-concerts émis par le poste’2 LO de Londres. D’ailleurs le directeur de la B. B. C. (British Broadcasting Company) a eu, lors d’un voyage à Paris, une entrevue avec les dirigeants de la Compagnie française de Radiophonie. Il serait question, paraît-il, d’une entente internationale entre les Compagnies de radiophonie ; grâce à cette entente, les postes d’un pays pourraient retransmettre les émissions des stations d’un autre pays et permettraient jàinsi aux amateurs de T. S. F, ne possédant que des appareils récepteurs de faible puissance, de recevoir facilement les radio-concerts étrangers intéressants, ou de connaître les manifestations intellectuelles ou artistiques des autres nations.
- Changements de longueurs d’onde. — Le poste de l’Ecole supérieure des P. T. T. a encore une fois changé sa longueur d’onde, elle est maintenant de 458 m. La longueur d’onde de la station du Petit Parisien est également modifiée et portée à 346 m.
- Une nouvelle station d’émission. — La T. S. F. Moderne annonce les essais, et donne l’horaire de la nouvelle station suisse de Zurich qui transmet actuellement sur 65o m. de longueur d’onde avec une puissance de 5oo watts de 11 heures à 22 h. 15 (Concert à 20 h.3o).
- La modulation de ce poste est très bonne, mais sa longueur d’onde est très mal choisie, à cause du « brouillage ». intense produit par les bateaux et les postes côtiers.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- I8r> Automobilisme <t*
- Le carburair. — La préparation du mélange qui sert à alimenter les moteurs d’automobile se fait, comme chacun sait, dans l’appareil appelé carburateur. On
- Fig. i. — Appareil Carburair.
- laisse arriver de l’air pur, qui s’incorpore à l’essence et forme un mélange le plus intime possible. Un ingénieur-chimiste, M. Cliquet, s’est dit avec raison que si l’on ajoute à l’air pur de l’air déjà carburé au moyen d’un combustible meilleur marché que l’essence, on obtiendra un rendement meilleur, une consommation moindre, car on apporte au mélange plus riche une quantité supplémentaire d’oxygène.
- Le principe est appliqué pratiquement de la manière suivante : sur la tubulure d’admission du moteur, on branche une canalisation qui provient d’un petit réservoir, dans lequel on place un mélange de produits solides riches en carbone, dont la composition, la proportion ont été déterminées par l’inventeur après une série d essais très longs ; ces produits se trouvent d’ailleurs dans le commerce à un prix minime. Quand un robinet met le réservoir en communication avec le collecteur d’admission du moteur, l’air additionnel ainsi obtenu n’est distribué au moteur qu’après avoir traversé la matière concassée, qui se trouve dans le réservoir; il arrive donc chargé économiquement d’hydrocarbures.
- Ce moyen d’économiser l’essence est évidemment supérieur à celui qui consiste à envoyer de l’air additionnel pur ou à celui qui se contente de mettre dans l’es3ence divers hydrocarbures solides, sans prévoir une quantité d’air nécessaire à leur utilisation.
- Le Carburair assure l’économie d’essence, la consommation totale du combustible et la suppréssion du calaminage des pistons et des bougies. L’appareil se
- Fig. 2. — Emplacement sur le châssis.
- 1 cylindres dans la tubulure d’admission T. Dans le cas où le moteur ne comporte pas de tubulure d’admission, le raccord est monté sur la bride même du carburateur ou sur une bride intermédiaire écartant le carburateur du bloc moteur.
- La mise en marche se fait sur l’essence et aussitôt le
- A B Tube 'Tenant * A^l i
- du Carburair T S Sifflet
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- Fig. 3. — Détail du tube raccord.
- moteur parti, on branche le carburair en ouvrant le robinet. On a pu constater, sur des moteurs munis de ce dispositif, une économie de consommation pouvant aller parfois jusqu’à 40 pour 100.
- Etablissements Lacoste, 28, boulevard de Strasbourg, à Paris. ’
- L© chauffe-auto Sado. — Les grands voyages en voiture automobile, confortable et spacieuse, se font
- Fig. 4. J— Chaufferette démontée.
- A, appareil sans couvercle; lî. couvercle ; T, tube reliant l'appareil à F chappement; S, soupape; Cet F, commande mécanique delà soupape.
- aujourd’hui aussi bien en hiver qu’en été. Si le conducteur et le passager assis à l’avant bénéficient de la chaleur du moteur pour ne pas avoir froid aux pieds, il n’en est pas de même à l’arrière où malgré les carrosseries les plus hermétiques, il est nécessaire de s’entourer de couvertures chaudes.
- Cependant il est possible de constituer un chauffage économique de l’intérieur de la voiture en se servant des gaz d’échappement qui normalement dépensent en
- Fig. 5. — Voiture à conduite intérieure avec chaufferette encastrée dans le plancher.
- pose d’ailleurs très simplement au moyen d’une bride sur la planche ; on perce un petit trou pour le passage du tube, un autre trou dans le collecteur d’admission entre le papillon et le moteur et on y fixe le tube venant de l’appareil.
- Le montage se fait par uq raccord R, et le tube AB a, son extrémité S coupée ep sifflet, faisant face aux
- pure perte dans l’atmosphère un certain nombre de calories qu’il est possible d’utiliser.
- La dérivation et la captation des gaz d’échappement sont choses délicates, car il ne doit se produire aucun bruit, pas d’odeur et par conséquent il faut éviter toute fuite, enfin le chauffage doit pouvoir être interrompu le cas échéant.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Le chauffe-auto Sado est constitué par une chaufferette en aluminium qu’on fixe dans le plancher de la voiture. L’aluminium est propre, inoxydable, il est léger et ne vibre pas; il retient bien la chaleur. La chaufferette est branchée sur l’échappement par un serpentin d’une seule pièce, par suite absolument étanche. Une soupape universelle qui s’adapte sur tous les calibres de tuyaux est à réglage mécanique.
- Quand la soupape est ouverte, elle livre passage aux gaz d’échappement de manière à réaliser le chauffage de la voiture : la chaufferette constitue alors un pot d'échappement supplémentaire, mais silencieux. Si la soupape est fermée, la chaufferette reste complètement froide.
- La pose de l’appareil est des plus faciles, son poids est faible et c’est un accessoire indispensable pour l’usage de l’automobile pendant la saison froide.
- En vente chez Chauffage Sado, 37, rue Pergolèse, Paris.
- Objets uiiles
- Appareil pour le ressemelage des chaussures. —
- Le prix élevé de toutes choses oblige chacun* à une
- Fig. 6.
- Lo « Cuissard ».
- stricte économie. Bien des personnes prennent ainsi l’habitude de travaux que l’on confiait autrefois à des artisans spécialisés. C’est, au point de vue social, une régression qui a ses avantages et ses inconvénients. Mais c est un fait auquel il faut bien se soumettre. Qui songeait autrefois à réparer soi-même ses chaussures? Aujourd’hui, dans beaucoup de ménages modestes et économes, c’est une besogne qui peut être effectuée avec avantage à la maison. Mais à une condition toutefois, c’est de disposer d’un outillage approprié. L’appareil le « Cuissard », exposé au dernier concours Lépine, pourra, à cet égard, rendre de grands services. Il se composé de deux parties : le cuissard proprement dit, sorte de socle qui se place sur la cuisse même dont il épouse la forme. Sur la tige en fonte que porte ce socle, on dispose la forme qui servira à faire la réparation; entre la forme et la tige est inséré un amortisseur en caoutchouc qui absorbe le choc des coups de marteau et protège la cuisse de l’ouvrier. Sur cette forme la chaussure est maintenue, d’une façon rigide, par une corde tendue comme l’indique la figure. On la tend plus ou moins en allongeant la jambe. Les deux mains l’estent libres pour effectuer le travail.
- Constructeur : Charvet, 208, avenue Daumesnil, Paris.
- Miroir pneumatique. — On connaît depuis longtemps le procédé de fixation des miroirs sur les surfaces planes au moyen d’une ventouse pneumatique. Une capsule de caoutchouc fixée à l’extrémité d’une tête placée au centre du miroir assure la fixation de l’ensemble, lorsqu’on appuie la ventouse sur une vitre, une glace ou une paroi plane.
- Les premiers appareils comportaient simplement une ventouse caoutchouc et ils ne tardaient pas à se détériorer par suite du travail demandé au caoutchouc,
- lequel notait^pas maintenu. Enfin, au bout d’un certain temps, il était nécessaire d’agir un peu brusquement, par choc même, et cela présentait souvent l’inconvénient de briser la vitre sur laquelle on voulait fixer le miroir.
- Un système breveté qui supprime tous ces inconvénients est celui du miroir Ninia. La ventouse caoutchouc est enfermée dans une capsule et au centre se
- levi
- inan
- Fig. 7. — Miroir pneumatique « Ninia ».
- trouve, logée une pièce métallique qui peut monter vers l’intérieur grâce au jeu d’une came placée sur la tige, la came se manœuvrant au moyen d’un levier. La pièce métallique, lorsqu’elle monte sous l’action de la rotation du levier, forme une sorte de piston qui produit une dépression dans l’espace intérieur de la ventouse. Si celle-ci est appliquée contre une surface plane, après avoir été un peu humectée, la'dépression produite assure la fixation solide du miroir.
- Les avantages dç ce dispositif sont trop évidents pour que nous insistions. On conçoit que la pose même du miroir contre la vitre assure l’éclairage parfait de celui qui veut se raser en pleine lumière. Le déplacement d un quart de tour du levier enlève aussi facilement le miroir qu’on a pu placer. Il n’y a aucun choc, par conséquent aucune chance de bris. La seule précaution à prendre consiste à appliquer la ventouse bien à plat après avoir humecté légèrement les bords du caoutchouc.
- Constructeur : Ch. Rousselle, 8, rue Villiot, à Paris.
- Affûte-lame. — C’est toujours un problème que d’avoir des couteaux qui coupent. Le passage à la meule est le procédé le plus efficace, mais il n’est pas toujours aisé d’y recourir. Aussi, bien des appareils domestiques
- Fig. 8. — Affûte-lame.
- ont-ils été imaginés pour y suppléer. En voici un, peu coûteux et qui paraît fort pratique. Il comprend une lame en acier chromé montée dans un porte-lame spécial muni de deux échancrures, le tout porté par un manche en bois. Il suffît d’engager la lame à affûter dans l’échancrure en l’inclinant sous l’angle voulu, puis de faire glisser l’appareil sur cette lame jusqu’à complet échappement.
- En vente chez Andier, 48, rue d’Angoulême, Paris.
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- VARIETES
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- L’UTILISATION DES FRUITS SAUVAGES : CORNOUILLES, CYNORRHODONS,
- ÉPINES-VINETTES
- I. Cornouilles. — Ces petits fruits, nommés aussi cornes et cornioles, sont produits par le cornouiller mâle (Cornus Mas, L, Cornées), arbre très répandu dans les terrains calcaires de la région de l’Est, notamment dans les bois de la Bourgogne, de la Lorraine et de 1 Alsace, ou il atteint entre 4 et $ m. de hauteur.
- Description. — Les fruits ont la forme d’une olive; ils sont rouges et translucides avec un noyau très dur. Avant maturité, la chair est styptique et immangeable, mais, à maturité complète, elle devient aigrelette et légèrement sucrée, ce qui la rend comestible et recherchée par les enfants qui n’en doivent pas manger trop, de crainte d’une constipation opiniâtre.
- Récolte. — Elle a lieu vers la fin d’octobre, quand les cornouilles tombent d’elles-mêmes à maturité.
- Variétés cultivées. — A l’état cultivé, le cornouiller compte deux sous-variétés; l’une à gros fruits, le double de grosseur du fruit sauvage, d’une belle couleur rouge; l’autre à fruit jaune, d’une grosseur moindre et à saveur douce. Elles sont plantées dans les parcs et les jardins d ornement. D’après Ch. Baltet, on les trouve dans nombre de vergers des régions sus-indiquées où un arbre peut rapporter de 5 à 10 francs par an. Les cornouilles récoltées sont ramassées dans un petit panier, genre panier à fraises, garni d une feuille de chou, de bette ou analogue et on place le tout au soleil. Elles doivent être portées au marché dans les 48 heures. On ne change pas de corbeille ; en tout cas, on évite 1 emploi de grands paniers. Plus on remue ce fruit ou plus on y touche et plus on est susceptible de l’écraser ou de ternir la vivacité de son coloris.
- D après le même auteur, la Russie récolte environ 78 000 kg de cornouilles livrées aux usines de Iîarkow, Kiew, Odessa.
- Utilisation. — A l’état frais et lorsqu’elles sont très mûres, les Cornouilles forment d’assez jolis desserts, agréables à manger et susceptibles de combattre certaines affections intestinales. On peut les conserver tout l’hiver en les faisant sécher comme les prunes. On les confisait jadis au moyen du sel ou du sucre ; on prépare avec elles marmelade, confiture et sirop, et l’on a même fabriqué, autrefois, dans l’Est, une boisson de cornouilles qui est presque abandonnée aujourd’hui; sa préparation variait selon le degré de maturité des fruits.
- Cornouiller sanguin. (Cornus sanguinea, L.). — Cet arbre qu’on nomme aussi Cornouiller femelle est plus commun dans les bois et les haies que le précédent; il est aussi plus petit, ne dépassant guère 3 m. de hauteur. Les fruits, d’abord verts, puis blanchâtres, opalins, deviennent très noirs, très amers et non comestibles ; on ne peut les confondre avec ceux du cornouiller mâle. En outre, leur chair très oléagineuse fournit, suivant Couverchel, quand on la soumet à la presse, une huile tellement abondante qu’elle égale environ le tiers du poids du fruit. Cette huile aurait été connue depuis plusieurs siècles, car, d’après Matthiole, les habitants de Trente en alimentaient leurs lampes.
- II. Cynorrhodons. — Appelés vulgairement « gratte-cul », « cul de singe », ces faux fruits sont fournis par l’églantier (Rosa canina, L.) Rosacées-Rosées, mais ceux qu’on exporte proviennent des rosiers cultivés, Rosa vilosa, Rosa pomifera, Rosa rugosa.
- Description. — Ils sont formés par le gonflement du tube du calice qui devient une sorte de baie charnue, assez succulente, globuleuse ou ovoïde, uniloculaire, percée à son sommet et couronnée par les découpures du calice. La grosseur égale celle d’une petite olive chez l’églantier et celle d’une grosse cerise allongée chez les rosiers cultivés ; la surface est lisse, brillante et d’un beau rouge de corail; la chair est âpre, astringente et acidulée, selon le stade de son développement et de sa maturité. A l’intérieur se trouvent les véritables petits fruits, les akènes blancs, ovales, couverts de poils ridés.
- Composition. — Bilz a pu constater par un examen qualitatif que les cynorrhodons doivent leur coloration à une résine, leur brillant à la myrricine, leur odeur à une huile volatile et leur saveur aux acides citrique et
- malique ainsi qu’à un sucre, à l’huile volatile et au tannin.
- Récolte. — On les cueille sur les églantiers, quand ils sont complètement mûrs, vers la fin d'octobre, et lorsqu’ils ont pris la coloration rouge corail ou jaune rougeâtre suivant les variétés. Ceux des rosiers spéciaux peuvent être cueillis un peu plus tard, surtout lorsqu’ils ne sont pas destinés à l’exportation.
- Utilisation. — En France, les cynorrhodons sont à peu près délaissés. Les enfants les mangent, à l’état frais, quand les premières gelées les ont ridés. On les utilise, cependant, à cause de leurs propriétés astringentes pour en confectionner une conserve assez usitée en thérapeutique non seulement comme électuaire à la dose de 8 à 3o gr. contre les diarrhées chroniques des enfants, mais aussi comme excipient pour certaines pilules. En voici la préparation.
- Conserve. — Prenez des cynorrhodons avant leur maturité, enlevez les divisions du calice et la base du pédoncule, fendez la partie restante et extrayez-en avec soin les semences et leurs poils irritants. Faites macérer dans un peu de vin blanc, placez le tout en lieu frais pendant si à 36 heures et remuez plusieurs fois jusqu’à ramollissement suffisant. Ecrasez alors dans un mortier, passez sur un tamis pour enlever tout gros fragment et incorporez intimement à une partie de pulpe une partie et demie de sucre en consistance d’élec-tuaire.
- En Allemagne, les cynorrhodons (Hagebutten), qu’ils proviennent des églantiers et, de préférence, des variétés de rosiers désignés plus haut, sont souvent l’objet d’une importation qui s’est élevée jusqu’à 8285 quintaux dont 8160 de France et de l’Autriche-Hongrie, aux prix moyens de 16 à 24 marcs (20 à 3o francs) le quintal de fruits frais).
- Suivant Eduard Jacobsen, les produits qu’ils fournissent jouissent de plus en plus de la faveur du public, car, tandis qu’autrefois on les desséchait simplement, ils jouent • maintenant dans la liquoristerie et dans les industries des conserves et des marmelades un certain rôle. Et s’ils n’y occupent pas une plus grande place, cela tient surtout à ce que la préparation de leurs diverses confitures demande beaucoup de peine et de travail parce que chaque fruit doit être égrené à la main. Leurs emplois économiques comprennent des conserves au naturel, plusieurs genres de confitures, un jus et un vin. Les premières forment des friandises (Delicatessen) recherchées et l’on y emploie, de préférence, les fruits de la variété Rosa rugosa.
- On les fait entrer, à la façon des pickles, dans la composition de certaines sauces, notamment de celles qui accompagnent le gibier, le suc exprimé est employé, à l’instar de celui du citron, pour relever la saveur fade de certains mets.
- III. Epines-vinettes. — Les fruits proviennent de l’arbuste épineux portant ce nom ainsi que celui de « Yinet-tier » (Berberis vulgaris, L.), famille des Berbéridées. Cet arbrisseau, qui atteint 2 à 3 m. de hauteur, est plus ou moins répandu dans les clairières des bois et surtout dans les haies qu’il rend impénétrables, mais qu’il faut détruire quand elles sont au voisinage des champs de blé sur lesquels on l’accuse de propager la rouille.
- Le nom de vinettier lui vient de ce que, dans quelques pays, l’on a utilisé les baies pour fabriquer une sorte de vin.
- Description. — A l’état sauvage, le fruit est une petite baie allongée, ovoïde, uniloculaire, de couleur rouge écarlate quand elle est mûre, renfermant deux à trois pépins. Il se présente sur l’arbuste en grappes composées d’une douzaine de baies dont l’aspect est très gracieux. La pulpe est très acide et légèrement sucrée.
- Composition. — Les principaux éléments sont les acides citrique et malique ainsi qu’un alcaloïde faiblement fébrifuge, la berbérine.
- Récolte. — Elle varie selon qu’on veut employer les fruits verts ou mûrs; dans ce dernier état elle a lieu vers la mi-octobre, et on les laisse parfois étendus à
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- VARIETES
- l’air pendant quelques jours pour qu’ils perdent une partie de leur eau de végétation.
- Utilisation. — Leurs usages sont assez divers, car les fruits entrent, non seulement dans l’alimentation, mais aussi en thérapeutique où ils sont considérés comme rafraîchissants et fébrifuges. On prépare, avec eux, condiment, gelée, limonade, boisson, sirop, vin et eau-de-vie; mais, comme les deux premiers sont les plus répandus, je ne parlerai que d’eux seuls.
- Condiment. — A l’état vert, les baies d’épine-vinette ont été pendant longtemps, si elles le sont moins maintenant, très employées dans les régions du Nord, après avoir été confites dans du vinaigre comme les câpres, pour donner un peu de piquant aux mets naturellement fades ; leur jus acide remplace celui du citron.
- Gelée. — Tenues pour délicates, saines et agréables, bien que parfois très aigrelettes, les confitures de ces fruits, et, en premier lieu, la gelée, ont fait, jadis, l’objet
- d’un commerce assez grand à Chanceaux près de Dijon. Ce commerce a peut-être diminué de nos jours, parce que l’on ne peut se procurer assez de baies pour une fabrication importante.
- Voici une recette industrielle : baies d’épine-vinette 5 kg.'Eau i kg. Sucre 5 kg. On fait égoutter sur un tamis les baies que l’on a fait bouillir dans une certaine quantité d’eau. Après avoir passé le jus sur le tamis et même filtré, on prépare la gelée en employant la même quantité de sucre que de jus, soit à peu près autant que de fruit et on laisse cuire io à i5 minutes.
- Variétés cultivées. — Il en existe quelques-unes : on cultive et recherche spécialement pour les confitures, dans la Côte-d’Or, une variété de fruits sans pépins, et, en outre, dans les autres régions, les sortes à gros fruit rouge corail, à fruit blanc jaunâtre, à fruit doux très remarquable par ses qualités et à fruit violet qui est peu acide. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- OÊL
- Pour faire un joint verre-métal. — Les joints entre verre et métal ont leur emploi dans de nombreux appareils et ils sont toujours difficiles à réaliser solides et durables.
- Le Journal of the American Chemical Society donne, pour les réussir, la recette suivante :
- On commence par laver le verre à l’acide chromique, le rincer soigneusement et le sécher. D’autre part, le métal est recouvert d étain et la surface de l’étain fondu est décapée au chlorure de zinc, puis lavée et séchée. Quand les deux pièces sont prêtes, on les chauffe simultanément au-dessus d’une flamme et, aussitôt que l’étain entre en fusion, on introduit le verre dans la monture métallique. Après refroidissement, on enlève les bavures et le joint est terminé. Si l’opération est bien conduite, la liaison verre-métal est étanche et peut résister à la pression.
- Préparation des vessies natatoires de poissons. — M. Gruvel, professeur au Muséum d’Histoire naturelle, vient d’indiquer, dans le Bulletin de l’Agence générale des Colonies, un sous-produit des pêches coloniales actuellement très recherché ; il s’agit des vessies
- natatoires de poissons dont on tire l’ichthyocolle ou colle de poisson.
- Avant la guerre, la Russie en était le grand producteur et l’Allemagne le principal marché ; actuellement les demandes dépassent de beaucoup les offres par suite de la carence de ces deux pays.
- M. Gruvel propose que toutes les vessies de poissons, au lieu d’être jetées comme on le fait le plus souvent, soient recueillies et préparées pour la vente. Les précautions à observer sont les suivantes : opérer uniquement sur deR poissons frais; en même temps qu’on enlève les entrailles, détacher la vessie soigneusement, de, façon qu’il n’y reste attaché aucun débris d’organe; la laver largement à l’eau fraîche pour enlever toute trace de sang et d’huile qui la déprécierait, la laisser sécher à l’ombre, sur des clayonnages, complètement.
- Avoir soin de ne jamais saler les vessies à conserver.
- M. Gruvel propose aux entreprises de pêche coloniale d’examiner et de faire connaître la valeur industrielle des échantillons (i kg au maximum qui seront envoyés à M. le Directeur du Muséum national d’Histoire naturelle (Laboratoire des Pêches coloniales), 57, rue Cuvier, Paris 5°.
- BOÎTE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Naturo oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communication. — Murs imperméables. — Un de nos lecteurs nous écrit :
- « En réponse à de nombreux lecteurs, La Nature leur indique souvent des variétés de ciments ou des détails d’emploi, comme pouvant donner satisfaction à leur désir de rendre parfaitement imperméable le sol, les parois ou les voûtes de leurs caves, ou le fond de leurs bassins : et de fait c’est le système qu’emploient journellement les architectes. Notamment quand ils veulent mettre à l’abri des infiltrations une voûte d’égout en terrain ljumide, ils la revêtent d’une chape en ciment de quelques centimètres d’épaisseur, et cela n’empêche pas l’eau de traverser tôt ou tard la maçonnerie....
- Le phénomène ne se produit pas tout de suite ; mais au bout de quelques mois ou de quelques années la chape cesse de jouer son rôle défensif : l’eau infiltrée par capillarité se met à suinter et son passage ronge peu à peu la chaux du ciment qui devient une écumoire. Cet élargissement des capillaires se produit beaucoup plus rapidement <piand le sql est soumis à des vibrations
- répétées, même quand il n’y a pas de tassement provoquant de vraies fissures.
- Et c’est ce qui arrive au Métropolitain : malgré même les larges plaques garnies de briques vernies au feu, et qui sont parfaitement imperméables, l’eau trouve le moyen de traverser peu à peu les imperceptibles joints de cette doublure, et d’y exercer son action destructrice : il pleut même dans les gares si joliment voûtées.
- Il semble que les architectes aient horreur du bitume, seul revêtement imperméable pour très longtemps, à la condition d’être assez épais : cette matière est assez plastique pour ne pas se fissurer ni par les vibrations, ni même par les affaissements irréguliers du terrain qui pèse sur elle, et elle se recolle facilement par la pression s’il s’y est manifesté une cassure dont l’amplitude ne dépasse pas l’épaisseur de la couche bitumineuse.
- Avis à ceux qui ont besoin de revêtements imperméables ; on les obtient même sur une paroi verticale par un carton très imprégné inséré dans le mur entre les briques ou entre le mur et une paroi lambrissée. »
- Réponses. — Abonné 72, S. P., i3i. — i°Nous avons donné dans le n° 2627, du 9 août 1924, en tête de la Boîte aux Lettres, page 46, des indications très complètes pour la documentation sur la sériciculture (technique de l’élevage du ver à soie, culture du mûrier, etc., etc.). Veuillez consulter la nornenclatnre des ouvrages indiqués dans
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- BOITE AUX LETTRES
- la réponse à M. M. S. à Nice, dans le susdit numéro. Pour la culture du mûrier, vous trouverez des renseignements notamment dans l’ouvrage intitulé Sériciculture, par P. Vieil, i volume, et dans l’ouvrage intitulé Conseils aux éducateurs de ver à soie, par de Boullenois, i vol. Voyez, pour le choix à faire selon votre desideratum, à la Librairie agricole, Paris, 36, rue Jacob, 6°.
- 2° Comme groupement syndical de filateurs de soie, nous indiquons le Syndicat des fabricants de soierie de Lyon, lequel a un organe : La soierie de Lyon (Revue technique des industries de la soie), 21, rue d’Alsace-Lorraine, à Lyon.
- 3° Nous ne connaissons pas d’établissements financiers s’intéressant spécialement aux entreprises séricicoles, mais vous pourriez, probablement, être renseigné sur ce point en vous adressant au Syndicat précité, ainsi qu’à la Direction de la Station séricicole d’Alais (Gard) et à celle de la Station séricicole de Montpellier.
- 4° En ce qui concerne les mesures prises contre le déboisement, et les études y relatives, voyez le Manuel de l’arbre pour l’enseignement sylvo-pastoral dans les écoles, par E. Cardot, édité en 1907, par le Touring-Club de France (Paris, 65, avenue de la Grande-Armée). Prendre des renseignements auprès des organisations suivantes : Société forestière française des amis des arbres (siège social : au Touring-Club) ; Société pour Vaménagement des montagnes, à Grenoble ; Société des amis des arbres, à Nice; Association des sylviculteurs de Provence, à Marseille.
- Les études spéciales dont il s’agit — s’il en existe — doivent être éparses dans diverses publications. S’adresser aux Sociétés précitées et à l’Office de renseignements du Ministère de l’Agriculture (Paris, 78, rue de Varenne, 70).
- 5° Pour protéger la toile à voile contre les moisissures, on peut employer le procédé suivant :
- Prendre 1 litre d’huile de lin cuite et ia5 gr. de résine élastique. Faire bouillir doucement ensemble ces deux substances, jusqu’à ce que la résine soit dissoute. Ajouter au mélange 3 autres litres d’huile de lin cuite, 5oo gr. de poix résine, 5oo gr. de cire et 5oo gr. de litbarge. Faire bouillir encore jusqu’à dissolution complète. Enduire la toile de ce liquide alors qu’il est encore chaud.
- 68 Les études sur l’ortie (culture, usages, etc.) sont éparses dans diverses publications. Un opuscule a été publié : L’ortie, par Barot. Se renseigner â la Librairie agricole précitée.
- T. S. P. — M. Perhot, Granges-Le-Bourg (Haute-Saône). — i° Un variomètre pour ondes courtes au-dessous de 700 m. sur antenne peut comprendre 3o à 4o spires au stator et au rotor, bobinés en fil de 8/10 mm de diamètre, isolé à la soie ou au coton, sur deux mandrins en formes de zones sphériques. Le mandrin intérieur peut avoir 80 mm de diamètre et 45 mm de hauteur.
- 20 La métallisation des ampoules d’éclairage provient de la volatilisation du filament.
- 3° Le montage curieux que vous nous communiquez nous a beaucoup intéressés. Il est évident que les-oscillations passent par capacité entre les enroulements Pt et S4 ; cette capacité varie, en même temps, que le couplage des bobines. Pt joue également le rôle de bobine de choc. La détection se fait grâce à cette capacité; elle devrait varier suivant le type de lampe utilisé, et il est curieux qu’il n’y ait pas de déformation, le potentiel moyen de la grille n’étant pas fixé.
- Il y a entre les bobines P4, P2, S*, S2, des couplages qu’il est impossible de constater sans voir la disposition intérieure de l’appareil, d'autant plus que le phénomène est encore compliqué par les effets de capacité entre Ps et S3. ,
- Les phénomènes observés sont curieux, mais l’appareil ne semble pas fort pratique puisqu’on est obligé de modifier le montage pour chaque émission qne l’on veut recevoir.
- M. delà Bastide, à Chabonais (Charente), - i° Vous pouvez trouver dans tout traité d’électrotechnique la définition exacte des termes inductance, réactance, impédance.
- On applique par extension le nom d’inductance à un bobinage quelconque, qui induit ou non sur un autre.
- Quant au terme impédance, il est synonyme de résis-
- tance apparente, c’est la résistance d’un bobinage quelconque aux courants alternatifs ; cette résistance peut être très différente de la résistance au courant continu ordinaire, ou résistance ohmique du même bobinage.
- L’impédance varie suivant la fréquence du courant alternatif qui traverse l’élément, alors que la résistance ohmique de celui-ci ne dépend que de ses constantes physiques et chimiques.
- 2° Un variomètre se compose simplement, en général, de deux bobinages en série ou en parallèle, dont l’un est fixe et 1 autre mobile, ce qui permet de faire varier le coefficient total de self-induction du système. Vous utro-verez les descriptions et la manière détaillée de construire ces éléments dans un nouveau livre qui va paraître et que nous vous indiquerons en temps utile.
- On construit généralement actuellement les vario-mètres avec stator et rotor en forme de zones sphériques (Voir réponse à M. Perhot).
- 3° Les condensateurs shuntant les écouteurs servent quelquefois à laisser passage aux courants de haute fréquence ; dans ce cas, ils sont plus ou moins utiles suivant le montage considéré.
- On peut aussi shunter par un condensateur de 4/«ooo à 6/1000 de microfarad les bornes d’un haut-parleur; là pureté de l’audition est généralement améliorée.
- Il ne semble pas non plus qu’il y ait grand inconvénient à shunter les primaires des transformateurs à basse fréquence en employant des capacités inférieures ou égales à 6/1000 de microfarad. Ces capacités ne sont utiles que lorsque des oscillations parasites ont tendance à prendre naissance, ou pour faciliter le jeu de la rétroaction (capacité shuntant le premier primaire naturellement).
- Ces capacités peuvent réduire un peu l’amplification, mais cette diminution est, le plus souvent, fort négligeable et il ne semble pas que l’on .doive, par conséquent, déconseiller leur emploi.
- 4° La description de votre poste à résonance, avec accord en tesla par galettes nous a fort intéressé. La construction de ce poste prouve votre habileté et l’emploi de la galène pour la détection doit vous permettre d’obtenir des auditions très pures.
- M. le Dr Buisson, à Saint-Amour (Jura). — Il existe des batteries de piles sèches pour tension de plaque qui conservent longtemps leur voltage (voir par exemple La Pratique radioélectrique) et leur emploi constitue, en somme, le moyen pratique le meilleur à utiliser.
- Nous ne pensons pas qu’il soit possible de régénérer des batteries de piles sèches et nous ne pouvons, à notre grand regret, Vous donner notre avis sur les piles à chlorure de manganèse, ne les ayant pas essayées personnellement.
- M. Radet, à Vertus (Marne). — i° On peut généralement se dispenser de l’emploi d’un condensateur shunt de sortie lorsqu’on utilise un transformateur de sortie de rapport i/t. Mais l’emploi de ce condensateur n est pas nuisible ; au contraire, il permet généralement une meilleure audition.
- 20 Vous pouvez trouver dans La Pratique radioélectrique la description de bobinages de liaison à H. F. Vous pouvez également trouver des bobinages aux adresses suivantes : Le Pigeon voyageur, 211, boulevard Saint-Germain, Paris; Chabot, 43, rue Richer, Paris; Etablissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, à Paris.
- 3e Vous pouvez utiliser des piles à dépolarisation par l’air pour le chauffage de vos lampes à faible consommation, il faut naturellement une batterie de 5 à 6 éléments en série avec un rhéostat de réglage (voir nos chroniques de La Nature). Il est inutile de modifier le montage de votre appareil, et il est possible d’utiliser à la fois des lampes ordinaires et des lampes à faible consommation.
- üf. Hoorickx, à Bruxelles (Belgique). — Les cadres horizontgux donnent de fort mauvais résultats pour les raisons que nous avons plusieurs fois mentionnées dans les chroniques ou la Boîte aux Lettres. Nous croyons qu’il y a plutôt un effet d’induction de votre fil du petit secteur électrique sur le cadre. Il serait intéressant d’utiliser comme antenne ce fil de secteur lui-même, et de comparer les résultats obtenus.
- Vous pourriez utiliser un dispositif d’accord avec primaire apériodique, du genre du « Collector » décrit dans La Nature.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Histoire des 'sciences exactes et naturelles dans l’antiquité gréco-romaine, par A. Reymond, i vol. 228 p. Albert Blanchard, éditeur, Paris, 1914. Prix : la francs.
- Cet ouvrage est la reproduction d’une partie du cours d’histoire des sciences professé par M. Reymond à l’Université suisse de Neuchâtel. Il étudie les diverses écoles qui se sont partagé la pensée scientifique dans le monde hellénique depuis l’an 65o avant J.-G., environ jusqu’au vi* siècle de notre ère, il analyse leurs apports respectifs au patrimoine intellectuel du monde civilisé. Puis, dans une captivante synthèse, il met en lumière les traits caractéristiques de la science grecque, accusés surtout dans les sciences mathématiques et astronomiques, et il nous fait partager son admiration pour le formidable labeur de civilisation accompli par la Grèce antique, non seulement dans le domaine des arts et de la littérature, mais à un degré au moins égal dans celui des sciences. On y retrouve en effet les bases mêmes de la science européenne moderne ; et l’on peut constater que bien des questions discutées, et imparfaitement résolues par les Grecs, font encore l’objet de méditations et de controverses pour les savants de nos jours. L’ouvrage de M. Raymond est solidement documenté, profondément pensé, clair et attachant., et sa lecture s’impose à tous les esprits cultivés.
- Le Filetage (a6 partie). 1 vol. 5a p., 3o fig. Editeur: Société de Publications Mécaniques2 i5, rue Bleue, Paris. Prix : 5 francs.
- Cette brochure est consacrée aux filières et tarauds. Elle décrit notamment plusieurs modèles de filières à déclanchement automatique ; ces machines accélèrent notablement la vitesse du travail, en permettant le retour rapide de l’outil. On trouvera aussi des données numériques et des renseignements sur l’affûtage et le réglage des filières pleines ainsi que sur les différents modèles de tarauds.
- Manuel de forgeage mécanique, par G. Lagardelle. x vol. in-18, 255 p., 263 fig. J.-B. Baillière, Paris, 1924- Prix cartonné : 12 francs.
- Cet ouvrage décrit en détail l’outillage que comporte le forgeage mécanique : marteaux-pilons à vapeur, à air comprimé, à ressort, à planche, moutons, presses de tous modèles, machines à forger. Puis il étudie les opérations de la forge mécanique : forgeage propre-mentdit, matriçage, estampage, découpage, cambrage, emboutissage. Il se termine par la description des appareils à chauffer et à réchauffer.
- Le dessin pour l’apprenti serrurier, par J. Fourquet.
- 1 brochure, 68 p., 3i pl. L. Eyrolle, éditeur. Paris. Prix : 4 francs.
- Cet opuscule a pour objet d’apprendre à l’apprenti les principes et conventions sur lesquels reposent le traçage d’une pièce, l’exécution du croquis coté d’un motif simple de ferronnerie ou d’un organe de serrurerie, la lecture d’un dessin.
- Manuel de l’électricien (moteurs électriques, traction électrique), par M. Strulovici. i vol. in-18, 576 p., 200 fig. J.-B. Baillière, éditeur. Paris, 1924. Prix cartonné : 18 francs.
- Description des divers types de moteurs électriques et étude de leur fonctionnement. Une partie de l’ouvrage traite de la traction électrique, notamment des divers moteurs qu’on y emploie, et, à grands traits, décrit les différents organes de l’équipement électrique de traction.
- Formulaire aide-mémoire de l'électricien praticien, par E. Marec (20 édition), 1 vol. 522 p., 4*6 fig. J.-B. Baillière, Paris, 1924. Paris : i5 francs.
- L’auteur résume les connaissances principales indispensables à l’électricien praticien, indique les données numériques nécessaires pour traiter les principaux problèmes pratiques et par de nombreux exemples
- montre comment on les résout et comment on effectue les calculs.
- Le monteur mécanicien des chemins de fer, par G. Dubos, ier livre, Technologie de la locomotive, 1 vol., 23o p.,
- 113 fig. 20 livre, Réparations de la locomotive, 1 vol., 3oo p., 153 fig. L. Eyrolles, éditeur, Paris. Prix :
- 8 francs le volume.
- Cet ouvrage est la reproduction d’an cours professé aux apprentis mécaniciens de la Compagnie des chemins de fer d’Orléans. C’est un véritable modèle du genre, par la logique, la simplicité et la clarté de l’exposé, ainsi que par les figures schématiques, qui accompagnent et éclairent le texte. L’auteur explique dans le premier volume le rôle et le fonctionnement des organes essentiels de la locomotive; il y ajoute sur les matéi’iaux et leurs propriétés des renseignements pratiques qui seront indispensables au futur ouvrier pour bien comprendre et exécuter sa tâche. Dans le 20 volume, il aborde avec plus de détails l’étude des divers organes de la locomotive, il explique comment ils sont dimensionnés, comment ils sont montés, expose les causes d’usure, et en déduit les règles qui président aux réparations. L’enseignement technique donné aux apprentis des chemins de fer d’Orléans,sous la direction de l’ingénieur Lacoio, s’est révélé de tous points remarquable, et rend les plus éclatants services. On ne peut qu’applaudir à sa publication qui sera utile à un très nombreux public d’ouvriers, praticiens et ingénieurs.
- Revue de l’aluminium et de ses applications, paraissant tous les deux mois, 34, rue Laffitte, Paris, prix de l’abonnement annuel (France et Belgique), 3o francs.
- L’aluminium a pris une importance industrielle suffisante pour justifier la création d’un périodique spécial consacré à sa technique, à ses applications. Notre nouveau confrère qui est publié sous la haute direction de M. L. Guillet se consacrera également aux métaux et alliages légers.
- De la consistance des vernis et autres fluides au point de vue de leurs applications industrielles, par A. R. Maithis, i vol. 78 p. Dunod, éditeur, Paris, 1924.
- Cette brochure, complément de l’ouvrage Les vernis isolants en électrotechnique, a pour but de préciser les qualités à exiger des vernis employés dans l’industrie en général.
- Manuel de rubanerie, passementerie et lacet, par H. Baret, i vol. in-18, 357 p., 326 fig. J -B. Baillière et fils, Paris, 1924. Paris : 14 francs.
- Après quelques notions sur les matières premières employées et un résumé de l’histoire fort intéressante de la rubanerie, de la passementerie et du lacet,
- 1 auteur explique en détail les diverses phases de la fabrication dans ces trois industries, avec tous les renseignements nécessaires sur le fonctionnement et la conduite des métiers modernes.
- Leitfossilien aus dem Pflanzen-und Tierreich in syste-matischer Anordnung, par Johannes Félix, 20 édition.
- 1 vol. in-8, 228 p., 566 fig. W. Engelmann, Leipzig. Prix : 7 mark ; cartonné 9 m.
- Court vade-mecum de paléontologie à l’usage des étudiants de géologie. Après avoir rappelé en quelques mots les phénomènes de fossilisation, l’auteur dresse la liste systématique des plantes et des animaux éteints. Chaque type est rapidement décrit, la couche où on le trouve ysommairement indiquée ; de nombreuses figures suppléent à l’extrême concision du texte. Le tout forme un aide-mémoire permettant une révision rapide de nos connaissances, qui rendra service aux étudiants et aux professionnels.
- Un beau divorce au moyen âge : Bertrade de Montfort, par Alphonse Jouet, i brochure, 62 p. J. Peyronnet, éditeur, Paris, 1924- P*1** : 3 fr. 5o.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
- N» 2638
- 25 Octobre Î924
- La traversée de l’Atlantique par le dirigeable Z-R3, Le Zeppelin Z-R 3 construit à Friedrichshafen, aux ateliers Zeppelin pour le compte du Gouvernement américain, vient d’effectuer avec succès la traversée de 1 Atlantique pour regagner son port d’attache de Lake-hurst près de New-York. Parti de Friedrichshafen le ta octobre dans la matinée, lé Z-R 3 est arrivé à New-lork le i5 octobre, àmidi (heure d’Europe), démontrant ainsi une fois de plus que le dirigeable est appelé à devenir un jour le véritable moyen de communication transocéanique à grande vitesse. L’itinéraire suivi par 1 aéronef était le suivant : il a survolé la France, dans la direction Dijon, Bordeaux, le golfe de Gascogne, le nord de 1 Espagne, les Açores, puis a pris la direction des lies Bermudes; une tempête, annoncée dans le golfe du Mexique, a engagé le capitaine pour l’éviter à faire un brusque crochet vers le Nord avant d’atteindre l’archipel des Bermudes. Le dirigeable fut pris alors dans le brouillard et dut ralentir sa vitesse qui avait été jusque-là de iookm à l’heure en moyenne, d’autant plus que l’un des ballonnets à gaz avait reçu une avarie. Le ballon trouva ensuite des conditions atmosphériques plus favorables et put continuer sans incidents sa marche en direction de la Nouvelle-Ecosse.
- Cette traversée de l’Atlantique n’est pas la première effectuée par un Zeppelin; le dirigeable anglais Æ34 l’a effectuée aller et retour, en juillet 19:9, entre l’Angleterre et New-York; la traversée avait pris 106 heures à l’aller, et 73 heures au retour.
- Rappelons les caractéristiques principales du Z-RZ (ces initiales signifient Zeppelin-Riesenlufstschiff, n° 3, aéronef Zeppelin géant). Cet engin, le 116“ construit par les ateliers. Zeppelin, cube 70000 m3 ; il est long de aoo m., son diamètre maximum est de 27 m. 64, sa hauteur de 3a m.; il est muni de 5 moteurs Maybach de 490 ch chacun.
- Pour plus de détails, nous renvoyons le lecteur à l’article sur les grands dirigeables rigides publié dans notre revue par M. Otto (voir n° 2595, 29 décembre 1923) où l’on trouvera la description et des photographies
- du R-Z3.
- L’organisation des temps de repos dans l’industrie. — Le Bulletin de la Statistique générale de la France rend compte d’un rapport de l’Industrial Fatigue Research Board sur la question si souvent expérimentée et encore très discutée de la diminution de la fatigue et de l’augmentation du rendement quand on introduit systématiquement des temps de repos dans les heures de travail des ouvriers. Les expériences entreprises, d’une part dans des manufactures où s’effectuent des travaux de demi-série, d’autre part au laboratoire, ont montré que le choix de temps de repos judicieux, en rompant la monotonie de la tâche, est susceptible de provoquer un accroissement de production de 5 à 10 pour 100.
- Toutefois, l’effet est plus marqué sur les ouvriers non entraînés; il ne se produit pas instantanément, mais demande souvent plusieurs mois ; il dépend de l’âge de l’ouvrier, de la durée de l’apprentissage, de l’éclairage de l’atelier, etc., et il est plus considérable généralement chez les femmes et les enfants que chez les hommes.
- Yoici quelques exemples des résultats obtenus ;
- Pour un groupe de 17 femmes, chargées d’étiqueter des emballages, l’introduction d’un repos de 10 minutes au milieu de la séance de travail de la matinée a conduit, au bout d’un délai de deux mois et demi, à un accroissement de production de i3 pour 100 environ, malgré la diminution de 3 pour 100 du temps de travail journalier.
- Pour un groupe de 6 femmes, employées à la confection de boîtes en carton, l’introduction d’un repos de 10 minutes dans la séance du matin a conduit, après un délai de deux mois environ, à un accroissement de 5 pour 100 de la production.
- Pour un groupe de 7 femmes, employées à l’assemblage de pièces de chaînes de bicyclettes, l’introduction d’un repos de 5 minutes par heure de travail a conduit, après un délai de 6 mois, 4 un accroissement de pro-
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- duction de i3 pour 100, malgré la perte de temps de 7 pour 100 résultant des repos.
- Le moment du repos, sa durée, la façon dont ce temps est employé, le nombre des repos à introduire dans chaque période de travail devraient faire, dans chaque cas, l’objet d’expériences précises pour que cette organisation ait son maximum d’effet.
- La source de pétrole la plus australe. — Le Pétrole signale qu’on vient de forer, à un millier de milles au sud de Buenos-Aires, un terrain pétrolifère qui est certainement le plus antarctique de tous ceux connus. Le point où on rencontra le pétrole est voisin du port de Comodore Rivadavia, petit village côtier fondé jadis par des colons boërs venus de l’Afrique australe.
- En .1907, la République Argentine avait fait creuser un puits pour alimenter la région en eau, mais quand on arriva à la profondeur de 5io m., il en sortit du pétrole en quantité appréciable. Aussilôt connu le résultat de cette prospection inattendue, le gouvernement se réserva le terrain dans un rayon de i5 milles autour du puits, puis entreprit de forer cinq autres puits qui donnèrent également du pétrole. L’Etat, par une nouvelle loi, s’attribua alors environ 12 000 acres (48 km*) et se mit à exploiter lui-même.
- Plusieurs sociétés entreprirent des sondages autour du territoire réservé et trouvèrent à leur tour certains puits producteurs. C’est là une aubaine inespérée pour un pays qui manque de combustibles minéraux.
- L’extraction du pétroje s’est considérablement développée, à en juger par la statistique suivante :
- t’i oducliun ph milliers il'heclolilres.
- Unions. (isemcnl.s liscauv. ] îul reprises parlicuUères Toi :i 1.
- 1907. . 0.16 O 0,1
- 1908. 18' O j 8
- I9°9- 2 9 O 29
- 19!°- 32 O 32
- 1911. 20 O 20
- 1912. 74 O 74
- 1913. 207 O 207
- 1914 - 437 O 437
- i9i5. 815 O 815
- 1916. I . 298 79 ï , ,378
- !9l7- I .816 120 ï . 936
- ) 918. ? 97S 174 2 „ , t5o
- J9J9- I .881 235 2 . .116
- 1920. 2 . .271 354 2 . 625
- 1921, 2 •777 460 3 . , 337
- 1927 . 3 491 1.064 4 .555
- 1 g 13 . 4 • . 1 bS 1.349 5. 404
- Le pétrole se trouve entre 45o et 600 m. de profondeur,, dans des bancs de sable, au-dessous d’un banc d’argile tertiaire et au-dessus de roches granitiques et porphyriques ; il est noir et lourd et ne donne à la distillation que très peu de produits légers (3 pour 100 d’essence et'i pour 100 de pétrole lampant).
- La viscose. — On désigne sous ce nom un mélange de xanthate de cellulose et de cellulose pure, qui sert à préparer la soie artificielle. La soie artificielle à la viscose est aujourd’hui la plus répandue des soies artificielles et l’on sait quelle importance a prise cette industrie.
- M. Graire, dans Chimie et Industrie, explique en détail le cycle des opérations qui constituent la fabrication de la viscose. La matière première, la cellulose initiale, est la pâte à papier, provenant en général de Norvège. Avant de la mettre en oeuvre, on l’étuve à 200 pendant une semaine environ, de façon à amener au même degré d’humidité tous les feuillets de pâte.
- On transforme ensuite la pâte en alcali-cellulose dans des presses trempeuses, capables de traiter chacune environ 5o kg de pâte; celle-ci est répartie, feuillet par feuillet, entre des plateaux de fonte d’abord écartés; on fait arriver alors 700 litres de lessive de soude, maintenus à la température constante de 21°,5, et qu’on évacue ensuite; lorsque le trempage est suffisant, au bout d’une heure environ, et après égouttage, au moyen
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- INFORMATIONS
- d’une vis, on rapproche les plateaux de fonte et l’on presse fortement la pâte pendant un quart d’heure environ.
- Les feuilles sont devenues un peu transparentes, ou d’aspect soyeux et très onctueuses. On les soumet alors à un broyage, afin de les ^homogénéiser en une seule masse de pâte, en ayant soin de maintenir la température constante. Jusqu’ici, on a utilisé pour cette opération des broyeurs à meules, ou des déchiqueteurs à couteaux. Depuis quelque temps, on tend à substituer à ces appareils les moulins colloïdaux de Plauson, qui permettent de réaliser de grandes économies dans les opérations ultérieures et notamment de supprimer la phase suivante de la préparation, celle du mûrissement.
- Au sortir des appareils broyeurs, l’alcali-cellulose se présente sous forme d’un produit léger, floconneux, qui doit être exempt de grumeaux et granules. On le met en boîtes et on le conserve un certain temps à température constante. C’est là l’opération du mûrissement, au cours de laquelle s’effectuent des (transformations physiques et chimiques assez mal précisées encore.
- L’alcali-cellulose est traitée ensuite par le sulfure de carbone, suivant le procédé de Cross et Bevan.
- On obtient ainsi un sulfocarbonate ou xanthate de cellulose; le traitement s’effectue dans des barattes, l’opération dure 2 heures ; la température s’élève d’une dizaine de degrés, tandis que la couleur de la masse vire du blanc soyeux au rouge, et même au brun ou au noir, si l’attaque est trop poussée; on s’arrête généralement lorsqu’on a obtenu la teinte orangée. Les barattes ont une capacité de i5oo litres, elles reçoivent une charge de 320 kg d’alcali-cellulose et 33 kg de sulfure de carbone. La température est maintenue constante par circulation d’eau ou de vapeur dans une double enveloppe. 0
- Pour obtenir la viscose, une dernière opération est
- nécessaire, celle du mixage qui consiste à ajouter au xanthate une certaine quantité de pâte à papier, en présence de lessive sodique étendue, additionnée d’une petite quantité de sulfite de soude. La lessive sodique dissout le xanthate. L’opération s’effectue dans un broyeur-mélangeur; on maintient constante la température du produit par une circulation d’eau dans une double enveloppe ; le mixage dure 3 ou 4 heures, pour une charge de 670 kg de xanthate, 200 kg de pâte à
- papier, 1470 litres de lessive à 3i gr. de soude par
- litre et 6 à 8 kg de sulfite. Cette durée est nécessaire pour donner la certitude qu’il ne reste aucun grumeau. La viscose est alors filtrée et on la laisse mûrir ensuite pendant un temps qui peut varier de 58 à 100 heures suivant la température moyenne à laquelle s’est effectuée la préparation.
- Suivant sa destination, la viscose est ensuite pressée, laminée ou filée. Dans ce dernier cas, on a en vue la fabrication de la soie artificielle.
- Voici, d’après M. Sautier, dans Y Industrie minérale, quelques détails sur le filage de la viscose. Les filières sont en or ou en platine ; à leur sortie le filet de viscose est coagulé dans un bain de sulfate alcalin chargé d’un peu d’aeide sulfurique. Le fil, une fois formé, est lavé, désulfuré, blanchi, savonné et séché. Enfin, on procède à l’opération du sthénosage, qui a pour but d’augmenter la résistance des fils par polymérisation de la cellulose, en présence de formol et d’autres agents de condensation.
- La production française de phosphates minéraux.
- — D’après la Statistique de VIndustrie minière, la production des phosphates minéraux dans la France continentale atteint 110 800 tonnes se répartissant comme suit :
- Tonnes. Tonnes.
- Yonne. ..... 60.000 Lot-et-Garonne . 1.400
- Somme . . . . . 27.610 Manche.....1.000
- Oise....... 8.800 Ariège . . . . . 600
- Aisne............ 8.3oo Gard ...... 82
- Haute-Garonne. . 3.080 Marne........ 12
- Les gisements français de phosphates étant insuffisants pour la consommation nationale, ou étant épuisés, on a importé, en 1921, 706000 tonnes de phosphates, dont 578 000 de Tunisie et 99 000 d’Algérie.
- La consommation française atteint 810000 tonnes. La
- production des phosphates, dans les colonies françaises, est indiquée par les chiffres suivants :
- 1920
- Tonnes.
- 1921
- Tonnes.
- Algérie . . Indo-Chine Tunisie. . Maroc . .
- 5oi.4i4 i3.000 1.683.400
- 398.900 9.400 1.819.000 33.000
- Les aciéries françaises ont produit, en 1921, 382600 t. de scories de déphosphoration, contre 332.400 en 1920 et 257 000 en 1919.
- Les départements les plus gros producteurs figurent pour les quantités suivantes :
- 192° Tonnes. içir Tonnes.
- Moselle 256.ooo 203.000
- Meurthe-et-Moselle. . . 51.000 128.000
- Pas-de-Calais .... — 22.500
- Calvados O O C<1 16.5oo
- Loire-Inférieure . . . ,7.400 5.700
- D’après les tonnages d’acier Thomas et Martin relevés par les ingénieurs des mines, la production se répartit ainsi ;
- 1920 1921
- Tonnes. Tonnes.
- Scories Thomas .... 3oo.ooo 4°o.ooo Scories Martin........ i5o.ooo 200.000
- Il résulte de ces statistiques que les ressources de la France en engrais phosphatés sont de beaucoup supérieures aux besoins de sa consommation.
- La population des possessions françaises de l’Océanie. En dehors de la Nouvelle-Calédonie, la France possède en Océanie les îles Wallis et Foutouna qui dépendent nominalement de cette colonie; les établissements français de l’Océanie et les Nouvelles-Hébrides, administrées conjointement avec l’Angleterre.
- Les Etablissements français de l’Océanie comprennent : Tahiti et les îles sous le Vent, les îles Marquises, les îles Gambier, les îles Touamotou, les îles Toubouaï et Rapa. Ils ont une superficie totale de 3gg8 km2 avec une population de 3i 5oo habitants en 1921. Leur population se répartit comme suit par races et nationalités.
- Européens et assimilés :
- 5. i5o
- 24.320
- Français.................. 2.65o )
- Etrangers................ 2.5oo j
- Indigènes :
- Sujets français...........a3.85o )
- . Sujets étrangers .... 5oo )
- Les Nouvelles-Hébrides sont placées sous un condominium anglo-français. Elles comprennent 14 îles principales (Vaté, Espirito-Santo, Aoré, Malo, Aoba,
- Mallicolo, Ambrym, Pentecôte, Epi, Faama, Tongora, Tanna, Anatom, Erromango) et l’archipel des îles Banks; le tout a une superficie globale de plus de 12000 km2 et une population d’une soixantaine de mille habitants. Espirito-Santo à elle seule a 43°° km2; Mallicolo, 2000; Ambrym et Epi réunis, 1220.
- Le chef-lieu est Port-Vila dans l’île de Vaté; c’est là que résident les deux hauts commissaires, nommés, l'un par le gouverneur général du Commonwealth of Australia, l’autre par le gouverneur de la Nouvelle-Calédonie. En juillet 1921, 677 Français (dont 25 religieux) et 226 Anglais (dont 100 pasteurs anglicans) ont été recensés; il y avait, en outre, 320 étrangers non européens, protégés français, et 3a protégés anglais. Parmi ces étrangers, on comptait 164 Annamites, 55 Chinois (dont 3i protégés français et 24 protégés anglais), 33 Japonais (dont 27 protégés français et 6 protégés anglais), 72 Javanais (tous protégés français) et u5 Néo-Calédoniens.
- Les îles Wallis et Foutouna dépendent nominalement de la Nouvelle-Calédonie, mais elles forment en réalité un groupement à part, ayant son autonomie budgétaire depuis 1909. Elles ont été placées sous le protectorat français en 1897 et annexées en 1917. Les îles Wallis ont 5ooo habitants et les îles Foutouna 1800. Ce sont deux archipels volcaniques, qui tirent leurs principales ressources de la culture du cocotier et de la pêche des trocas (huîtres perlières).
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE 1924 (*)
- Un de nos lecteurs, M. H. JBellet, à Ans-en-Ré (Cha-^ rente-inférieure), a fait, le 12 septembre dernier, une très intéressante observation. A 2oh 58m, il a vu, pendant 6 secondes, un fort beau bolide. Apparu à mi-chemin entre 6 de la Yierge et a (ou l’Epi) de la même constellation, il se dirigea vers a de la Balance. Il occulta, en passant, x de la Vierge. 11 projetait des particules rouges autour de lui. De jaune éblouissant qu’il était, il devint vert émeraude et sa lueur s’affaiblit alors. Son noyau était assez considérable et allongé. Il disparut derrière des maisons, au-dessus de a de la Balance et il n’a pas été possible de le suivre plus loin. La direction du météore semblait être à peu près du Nord-Ouest au Sud-Est. Vitesse lente. La trajectoire était très légèrement courbe.
- Voici une très bonne observation d’un bolide, contenant tout ce qu’il faut pour en faire une utile observation. La trajectoire est parfaitement définie sur le ciel, la vitesse apparente est connue puisque la durée totale de visibilité est donnée. Tout au plus peut-on regretter que l’éclat ne soit pas mieux précisé. Quant à l’heure, il s’agit vraisemblablement de l’heure d’été.
- Cette description peut servir de type pour les observations de bolides. Si d autres constatations du même genre ont été faites par ailleurs, avec la même précision, il deviendra possible de calculer la hauteur de ce bolide au-dessus du sol, l’inclinaison de sa trajectoire par rapport à la surface terrestre et sa vitesse par rapporté l’atmosphère.
- On doit ainsi remer-cierM. Bellet de la précision de ses renseignements. Nous les avons communiqués à la Société astronomique de France, pour le cas où d’autres observations auraient été faites. Nous avons souvent insisté sur l’utilité de l’observation des étoiles filantes, d’autant plus que chacun peut apporter sa contribution à ce travail, qui est essentiellement du domaine des observateurs bénévoles.
- I. Soleil.— La déclinaison du Soleil, en décembre, décroît jusqu’au a2, date du solstice d’hiver (à 3h), pour augmenter ensuite. De —21°/^' le ier, elle atteint — a3°27' le 22 et n’est plus que de —23°6' le 3i. La durée du jour (présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon, à Paris), de le icr, tombe à 8llnm du
- 20 au 24, pour rementer à 8h i6m le 3i.
- Voici le temps moyen a midi vrai en décembre, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Heures du passage Heures du passage
- Dates. (t. ni. Gr.). Dates. (t. ni. Gr.).
- Décembre Ie il1'39“ 45” Décembre 17 nh 46m 49”
- — 3 1j h 40“ 31s — J9 Ith 47“ 49s
- — 5 I Ih 4lra 30” — 21 nh 48“ 48”
- — 7 111' 42“ 115 — î3 iih49’n49s
- — 9 nh43ra 3” — 25 1 ih 5ora 49“
- — 11 1 ih 43m 58” — 27 uh 5im48s
- —- i3 1 ih 44m 54” — 29 nh52m47s
- — i5 1 ih 45ra 5i” — 31 11'153m 46”
- L’ombre du fil à plomb sur le sol, à l’une quelconque de ces heures et dates, donne la direction exacte du méridien à Paris. Pour un autre lieu de France, il suffira d’ajouter ou de retrancher la longitude du lieu, en temps (-f- si le lieu est à l’Ouest, — s’il est à l’Est du méridien de Paris) pour avoir d’une manière très
- 1. Toutes les heures mentionnées dans ce Bulletin sont exprimées en temps légal, compté de oh à a4h. à partir de minuit. Le temps légal est le temps moyen de Paris, retardé de C’est celui de (Jreçrrwiph-
- sensiblement exacte la direction du méridien local.
- Observations physiques. — Le minimum solaire est passé ou sur le point de l’être. De belles taches peuvent apparaître à présent d’un moment à l’autre. Il convient de tenir à jour le relevé de ces taches. Pour les représenter en position sur le globe solaire, on se servira des éphémérides ci-après. Nous avons défini les quantités P, B0, L0 au « Bulletin astronomique » pour le mois de janvier 1924.
- Dates. P Bc bo
- Décembre ie ' +i6°,o3 +’0°r7I i64°,3 i
- — G + i-tV>3 + o°»07 q8°,42
- — 11 + n°,88 — o°,57 32°,54
- — 16 —J— qO g 2 — 1 °, 20 326°,66
- ‘21 + 7°. ^9 — i°,83 260°,79
- — a6 + 4°, 89 — 20,45 194°, 93
- — 3i + 2°,46 — 3°,04 i29°,°8
- Diamètre, parallaxe et distance. —Voici-la valeur de
- ces éléments pour le mois de décembre : Parallaxe -
- Dates. Demi-diamètre. horizontale. Distance.
- Décembre 11 16' 16", 40 8494 147 170 000 km
- — 26 16'>7",43 8",9* 147 020 000 —
- — 31 16'17",56 8",95 147 000 000 —
- * Lumière zodiacalè.— La lumière zodiacale commence à être visible le soir au Sud-Ouest. La période la plus favorable sera celle du 20 au 27 décembre, époque de la Nouvelle Lune.
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune pour le mois de décembre :
- P. Q. le 3, à 9h iom P. L. le ix, à 7b 3m D. Q. le 19, à ioh 11“ N. L. le 26, à 3h46™
- Age de la Lune, le ior décembre, à midi = 4J,8; le 26 =oJ,3.
- Pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le i*r ou le 26.
- Pour une heure considérée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le i3 z=-)- 2009/; = —200 10'. On sait qu’à ces
- dates notre satellite se trouve à sa plus grande ou à sa plus faible hauteur au-dessus de l’horizon lorsqu’il pas se au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 12 décemlfre, à 9h. Diamètre = 29' 27". Parallaxe horizontale = 53' 58". Distance =4o6 3oo km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 26 décembre, à ih. Diamètre = 33' 33". Parallaxe horizontale = 6i'i8". Distance =356 740 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 6, occultation de 26 Baleine (gr. 6,0), de oh2'4“ à oh36m.
- Le 7, occultation de £2 Baleine (gr. 4>3), de 1711 5m à
- i8h 7m-.
- Le 9, occultation de 179 B Taureau (gr. 5,9), de
- 19'“ 26m à 20h II”, -
- Le 28, occultation de 21 Capricorne (gr. 6,5). Emersion seule visible à i6h5om.
- Occultation de 6 Capricorne (gr. 4,3). Immersion seule visible à i8h 12m.
- Le 29, occultation de 1 Verseau (gr, 4,4), de iglli8nl à 19U44m-
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 26.
- Voici le tableau de ces plus grandes marées (heure de la pleine mer, à Brest) ;
- Fig. 1. — Carte permettant de trouver Neptune avec une petite lunette.
- Sur cette carte, on voit les étoiles b et 7 du Lion. Ces deux étoiles permettent d’identifier toutes les autres étoiles. Le petit trait D-J représente la marche de Neptune pendant le mois de décembre 1924. D est la position le icr décembre, et J la position le 1er janvier 1935.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Marée du matin. Marée du soir.
- Dates. Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- Décembre a5 2h 48“ o”,93 i5h14“ om,97
- — 26 3h 38“ l“,OI i6h 3“ i“,o4
- — 27 4h 27“ im,o5 i6h53m i“,o5
- — 28 5h 17“ im,o4 i7h43m l“,OI
- ' 29 6h 6m om,g8 i8h 3om o“,g3
- On pourra voir le aux dates et heures ci- curieux phénomène du après : mascaret
- Dates. Coefficient. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Décembre 26 im,o4 1911 38“ 20h15m 20h 24m
- — 27 im,o5 8h 0“ 8* 37m 8h 46“
- — *7 im,o5 20h 25“ 2Ib 2m 2Ih I Im
- — 28 im,o4 8'1 49m gb 26ra gh35“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1924.1 contient les principaux renseignements pour trouver et observer les planètes pendant le mois de décembre 1924.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Décembre icr 0,82 — 3,5
- — 6 0,83 — 3,5
- — 11 0,84 — 3,4
- — x6 0,86 - 3,4
- — 21 0,87 — 3,4
- — 26 0,88 — 3,4
- — 31 0,89 — 3,4
- Mars est encore visible le soir, se couchant pendant tout ce mois vers minuit. Son diamètre diminue rapidement, et déjà de grands instruments sont nécessaires pour voir les détails de la surface. Pour l’orientation des dessins et l’identification des détails de la surface, avec un planisphère, on se servira du tableau ci-après :
- Angle de Latitude Angle de
- Dates. position du position Eclat
- (Minuit) de l’axe. centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- Déc. 16 335°,i —a5°,o 9",4 i",2 ' 66°,5 +0,2
- — 3o 331 °, 3 — 2.4°,9 8", 2 1",o 66°,7 + 0,4
- ASTRE Dates : DI'ÏCEMB. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris J1) Coucher à Paris. Ascen-r sion droite Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- Soleil . . . 6 16 26 3o „7h 3o“ 7 4o 7 4 5 7 46 1ib 31“45‘ 11 46 20 11 5i 19 11 53 46 x5h 53“ i5 53 15 57 16 2 i6h 5 in 17 35 18 19 18 4 2 — 2 2° V — 23 19 2 3 2 2 — 23 6 32’ 3 i'J 2 3a 33,6 32 34)8 32 34,8 Scorpion Scorpion ( Sagittaire | Sagittaire , ,
- Mercure. J / 6 16 26 3o . 9 20 9 4 7 33 6 5i i3 11 i3 7 11 51 11 i3 17 1 17 10 16 9 15 3 1 l8 30 18 56 18 28 18 5 — 25 38 2 3 42 — 2 1 8 20 26 6, 2 8,0 9,8 9,8 X Sagittaire ' o Sagittaire / X Sagittaire ( g Sagittaire Le soir du 2 au 14. P lus grande élongation le 9.
- 1 Vénus . . ,( \ 6 16 26 3o 4 26 4 54 5 32 5 3a 9 27 9 37 9 48 9 53 14 29 14 20 14 i5 14 15 iq 32 15 2 1 16 II 16 32 — 12 5g — 1641 — 19 42 — 20 3g i3,0 12,4 12,0 11,8 g B alance y Balance f v Scorpion f a Scorpion ' Le malin.
- Mars. . . j I 6 16 26 3o 12 ? 8 12 7 11 37 11 26 18 23 18 5 . *7 47 «7 4o 0 9 0 3 23 5 7 23 55 23 33 2 3 54 0 16 0 20 - 3 3g — 1 3’ f loi + 2 3g 10,2 g >'4 8,6 8,2 x Poissons ' X Poissons r X Poissons 1 e Poissons j Le soir. Se couche vers minuit.
- Jupiter. . .j 16 3o 8 4 7 23 I'2 9 I 1 28 16 15 15 34 17 58 18 11 23 16 23 16 29,6 29,6 4 Sagittaire J g Sagittaire f Invisible.
- 1 Saturne . .j 16 3o 3 45 2, 5; 8 48 7 58 13 5o 12 58 14 35 14 41 — 12 5i — i3 i3 14,2 i4,4 28 Vierge j g Balance Le matin, avant l’aurore.
- 1 Uranus. . .j 16 3o 11 4g 10 55 17 2 G 16 33 a3 3 2 2 io a3 16 23 17 - 5 33 — 5 i5 3,4 3,4 96 Verseau ja tombée de la nuit. 96 Verseau j
- 1 Néptune. .j i5 3i 20 46 19 42- 3 56 2 5 2 n 7 10 3 9 4o 9 39 + i4 H) + 14 24 2,4 2,4 Lion ) Lion j 1 Seconde partie de la nuit.
- x. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera visible le soir au début du mois, sa plus grande élongation du Soleil se produisant le 9, Mercure sera à cette date à 20°43' à l’Est du Soleil. Les conditions de visibilité ne seront pas très bonnes en nos régions, en raison de la grande déclinaison australe, de la planète.
- Yoici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire de Mercure :
- Dates. Disque illuminé. * Grandeur stellaire.
- Décembre ier 0,80 — 0,4
- — 6 0,7 1 — 0,3
- — 11 0 56 — 0,2 + o,3
- — 16 o,36
- — 21 0,14 -f-1,2
- — 26 0,01 + a>7
- — 3i 0,07 + li7
- Vénus est encore éclat avant l’aurore visible le matin, au Sud-Est. brillant d’un vif
- Elle se lève de plus en plus tard et sera bientôt invisible.
- Gommé pour Mercure nous donnons ici la phase et la grandeur stellaire de Vénus ; .
- Voici les heures du passage du méridien zéro (o°) de Mars par le centre du disque :
- Dates. l’assage. Dates. Passage.
- Décembre 2 i3u 37“,6 Décembre 18 23h 3g“,6
- — 4 i4h 57“,7 — 20 Ih 0m,l
- 6 i6h17 m, 8 — 22 2h 20“,6
- — 8 171' 38“,0 — 2 4 3h4t“,i
- — 10 i8h 58“,3 — 26 5fa 1 ™, 7
- — 12 20h 18”,6 — 28 6h22m,3
- — 14 2ih 3gm,o — 3o 7h42m,9
- — 16 22h 5gm,4 Janvier ;Ior 9h 3ra,5
- Pour les changements saisonniers observables sur Mars, voir le a Bulletin astronomique » du n° 2617, p. 172.
- Jupiter est inobservable, se trouvant en conjonction avec le Soleil, le a3 décembre, à 6h.
- Saturne est un peu visible le matin, avant l’arrivée du jour. Voici les éléments de l’anneau, à la date du
- 14 décembre :
- Grand axe extérieur ...................... 35",68
- Petit axe extérieur........................ . -j-ia", o
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................ +19° 4o
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ..................................... +180 16
- Le signe -j- indique que nous voyons actuellement la face nord de l’anneau.
- Uranus sera en quadrature orientale le 10 décembre. Il est visible, en conséquence, dès l’arrivée de la nuit. Pendant tout ce mois, Uranus se déplacera très peu, au voisinage immédiat de l’étoile 96 Yerseau, qui sera un excellent repère pour le trouver.
- Neptune est visible dans la seconde partie de la nuit. Il se déplace pendant tout le mois de décembre, très près de l’étoile du Lion, qui permettra de le trouver et de le suivre. La petite carte (fig. 1) facilitera particulièrement cette observation de Neptune.
- Rappelons que cette planète lointaine brille d’un éclat de la 8e grandeur environ. Pour lavoir et bien la suivre, uae petite lunette est nécessaire (diamètre minimum : 5o mm).
- On peut évidemment la voir avec un instrument moindre, mais pour bien la voir et la retrouver chaque jour, cette dimension de l’objectif paraît indispensable. IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 20h, Uranus en conjonction avec la Lune, à i°5g N
- Le 4, à 2h, Mars —
- Le 5, à 8\ Vénus —
- Le 16, à i5\ Neptune — Le 22, à i4\ Saturne — Le 23, à 6h, Jupiter — Le 24, à i\Vénus Le 26, à oh, Jupiter — Le 26, à 8h, Mercure — Le 29, à io\ Mercure — Le 31, à 41’, Uranus —
- la Lune, à 20 14 N. Saturne, ào°23'S. la Lune, à o° 23' S.
- — la Lune, à 3° U S.
- — le Soleil.
- — la Lune, à 3° 33'S.
- — la Lune, à 3° 20'S.
- — la Lune, à i° 2' S.
- — Jupiter, à 2°4 Y N.
- — la Lune, à 20 16'N.
- Etoiles filantes. — Le tableau ci-dessous, extrait de l’Annuaire du Bureau des Longitudes, donne la liste des principaux radiants météoriques actifs en décembre :
- Dates. Position du Radiant Étoile voisine.
- Déc. icr 430 + 56“ v) Persée.
- — Ier au 10 117° + 3a° a-p Gémeaux.
- — 6 8o° + 32° X Taureau.
- :— 6 au 13 i49° + 4«° Piazzi IXh, 254.
- — 8 au 14 1070 + 33o a Gémeaux.
- — 10 au 12 i3o° + 46° t Grande Ourse.
- Le radiant des Géminides (8 au 14 décembre), près de a Gémeaux, donne des météores rapides à traînée courte.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) : le 2, à i7h 5ÿm; le 14, à 5h i5m; le 17, à 2h 4m; le 19, à 22h53m; le 22, à i9h42m.
- Etoile Polaire. — Voici les heures du passage de l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral
- Dates. Passage supérieur. à midi moyen de Paris.
- Décembre 6 22h 24“ 28*
- — 16 I9h45m I*
- — 26 I9h 5m 32’
- — 3i )î
- Janvier Ier i8h4tm 5o!
- 1 fih 59™ 56S,7 i7h 39™ 221,3 i8h i8m 47%9
- 18’’ 38“3o’f6 »
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le ier décembre, vers 2ih est le suivant :
- Au Zénith : Persée (Algol, amas); Andromède M. 3i, y); Cassiopée (vj, t, a)-
- Au Nord: La Petite Ourse (Polaire, tc, y); Cépbée (ô, P-, Ç, p) ; le Dragon (0, pt, 40, s) ; la Grande Ourse (Ç, s, v, 23 h, a).
- A l’Est: Le Cocher (a, 14, 4, w) ; le Lion; le Cancer; les Gémeaux (a, p, ô, x, M. 35); le Taureau (a, r, x> Pléiades); le Petit Chien (Procyon); Orion (0, M. 4a, ô, S. P, t, o).
- Au Sud : Le Bélier; les Poissons (a, X, ty1, 35); la Baleine (Mira Celi, y, 66, 37); l’Eridan.
- Au Sud-Ouest : Le Verseau.
- A l’Ouest : Pégase (85, 3, tc); le Cygne (0, 61, ô).
- Au Nord-Ouest : La Lyre (Véga). Em. Touchet.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- VACCINATION CONTRE LA TUBERCULOSE
- On a beaucoup parlé dans ces derniers temps de la vaccination contre la tuberculose. Qu’est-ce qu’on entend au juste par là, et que faut-il penser des recherches qui ont été faites sur ce sujet? Quelques précisions sur ce sujet seront sans doute bien accueillies des lecteurs de La Nature.
- Par vaccination on entend, on le sait, quelque chose d’analogue à la vaccination jennérienne contre la variole. Le procédé consiste donc essentiellement à donner une maladie atténuée, ne comportant aucun risque, pour conférer, du même coup, l’immunité contre les formes graves et mortelles. Or, on cherche depuis longtemps à pratiquer cette vaccination contre la tuberculose.
- Il y a près d’une vingtaine d’années qu’on a fait des tentatives de ce genre avec des bacilles tuberculeux récoltés sur les animaux à sang froid, tels que les poissons ou les tortues, espérant, en injectant des bacilles accoutumés à vivre dans un « climat » si spécial, pouvoir déterminer chez un être dont la température est de 37°, comme l’homme, une maladie atténuée et immunisante.
- C'est d’une race provenant d’une tortue que se sert actuellement Friedmann qui compte à peu près autant de détracteurs sévères que de défenseurs enthousiastes. Le savant italien Maragliano a utilisé dans le même but des bacilles tués par le chauffage; le médecin espagnol Ferran prépare un vaccin en atténuant la virulence des bacilles par des procédés très particuliers.
- Plus récemment, le médecin anglais Nathan Raw (*) a publié quelques indications sur les recherches auxquelles il se livre depuis fort longtemps. Il est parvenu à atténuer des bacillea tuberculeux en les cultivant sans
- 1. Nathan Raw. An attempt to vaccinale childrcn against tubercule,1sis, British Medical Journal, 19 juillet 1924.
- interruption depuis 14 ans. En injectant un extrait de ses cultures, il protège des animaux contre les effets d’une inoculation qui autrement aurait été mortelle. Il a traité de la même manière 412 enfants, de 18 mois à 14 ans, dont les parents étaient atteints de tuberculose pulmonaire et il espère ainsi les protéger efficacement contre la contagion qui est si à craindre en pareil cas.
- En France, deux savants au moins se sont attaqués à cette question, c’est d’abord le Dr Rappin, de Nantes (J), qui s’en est occupé et qui, dès mars 1917, donnait à l’Académie des Sciences la formule d’un séro-vaccin qu’il utilise depuis cette époque. Chez les animaux, obtient avec sa préparation une protection nette. Il en a d’ailleurs injecté à un nombre assez considérable de nourrissons choisis de préférence® dans des milieux contaminés par la tuberculose. Depuis 4 ans qu’il utilise cette méthode, il n’a pas eu connaissance que des enfants ainsi vaccinés aient fait ultérieurement de la tuberculose.
- Enfin, plus récemment, le savant sous-directeur de l’Institut Pasteur, M. A. Calmette, a publié les résultats de ses remarquables recherches (2).
- Il a cultivé, pendant i3 ans, sur un milieu riche en bile, opérant ainsi a3o repiquages successifs, une race de bacilles tuberculeux dont la virulence s’est progressivement atténuée. Ces bacilles se distinguent par cette propriété qu’ils ne peuvent plus déterminer de tuberculose vraie, mais que, en revanche, ils sont capables de vacciner. Les animaux traités avec ces bacilles
- 1. Rappin. Vaccination et vaccinothérapie de la tuberculose. Journal de Médecine de Bordeaux, 25 juillet 1924.
- 2. A. Calmette et divers collaborateurs. Essais d’immunisation contre l’infection tuberculeuse. La Presse Médicale, n° 53, 2 juillet 1934.
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- HYGIENE ET SANTÉ
- résistent à une injection de bacilles de la tuberculose ordinaire qui tue les témoins, à coup sûr, en 6 à 8 semaines. Le Dr Calmette a, lui aussi, injecté son vaccin à de jeunes enfants pour les protéger.
- Toutes ces recherches semblent montrer que nous allons être, bientôt ou, peut-être, que nous sommes déjà- en possession d’un procédé efficace qui limitera de plus en plus l'extension de la tuberculose. Mais, comme on le voit, c’est d’abord chez les jeunes enfants que ce procédé est applicable. En effet, comme le remarque Calmette, confirmant une opinion émise autrefois par Behring, ce sont les enfants en bas-âge qui contractent la tuberculose. Elle les tue tout de suite ou, dans d’autres cas, quand l’infection n’a pas été assez massive, reste silencieuse définitivement, à moins qu’elle ne se rallume quelques décades d’années plus tard, sous l’influence d’une fatigue excessive ou d’une maladie intercurrente banale. Or, bien que la tuberculose soit en voie de diminution partout, on avouera qu’il ne sera pas inutile de donner aux familles dont un des membres adultes est tuberculeux la possibilité de protéger efficacement les jeunes enfants qui, en pareil cas, meurent
- si souvent de méningite ou de toute autre forme de tuberculose grave.
- Cette méthode a, en outre, une valeur immense pour les populations des colonies françaises, d’Afrique ou d lndo-Chine. Ces populations sont, en effet, pour la plupart indemnes de tuberculose. C’est ce qui explique qu’en arrivant en France, leurs représentants, Tonkinois ou Annamites, Soudanais ou Kabyles, soient exposés à la contagion de la tuberculose avec laquelle ils n’ont pas encore eu l’occasion de faire connaissance. Ce premier contact est en général néfaste pour ces organismes neufs. La vaccination aurait, en pareil cas, des effets dont l’importance ne saurait être exagérée.
- Enfin, il faut noter que la tuberculose fait des ravages considérables dans le cheptel bovin et que toute mesure de vaccination efficace fera baisser le prix de la viande.
- Bien qu’il ne faille pas espérer de ces méthodes qu’elles effacent d’un coup toute tuberculose, on peut, du moins, compter qu’elles constitueront une aide précieuse dans la lutte contre cette maladie qui est un de nos plus terribles fléaux.
- Dr P.-E. Morhxrdt.
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- BOITE AUX LETTRES
- >«
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. Morniroli, Cannes. — L’adresse de la Société nouvelle de l'art appliqué (S. N. A. P.) dont il est question dans le n° 6, à la rubrique * Science appliquée» j^est 8o, rue de Sèvres, à Boulogne-sur-Seine.
- Veuillez donc vous mettre en rapport avec les services techniques pour ce qui concerne les travaux que vous avez en vue.
- A la dernière foire de Paris, nous avons également remarqué dans ce même genre de travaux décoratifs : La « Société Plastic-Métal », 25, rue Montpensier, à Paris et la « Société l’Edelinite », rue de la Roquette, 175, à Paris.
- M. Clémente Berasategui, Mackenna. F. C. P. — Documentation sur la laiterie et les industries du lait (caséine, lactose, poudre de lait, etc.). Voir les ouvrages et articles suivants : Industrie du lactose, 1 vol., par Francis J.-G. Beltzer (Librairie H. Nolo, Paris, 53 bis, quai des Grands-Augustins, 6e) ; Laiterie (traitement du lait, lait en poudre), 1 vol., par V. Houdet; Le lait solide, 1 br., par F. Orengo ; L’Industrie laitière (sous-produits et résidus), 1 vol., par Antonin Rolet (indications sur la caséine); Laiterie, 1 vol., par Ch. Martin; Manuel pratique de l’industrie laitière, 1 vol., par L. Bochet ; Les industries du lait, 1 vol. par R. Lèze : L,e lait, 1 vol., par L. Lindet ; La laiterie, 1 vol., par Louis Ammann (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e) ; L’industrie laitière (caséine, sucre de lait, etc.), i vol., par Brelaz et Oettli (Dunod, éditeur, Paris, 90, rue Bonaparte, 6°) ; De la production dulait, 1 vol., par C Cornevin (Masson, éditeur, Paris, 120, boulevard Saint-Germain, 6°). Voir, en outre, les articles suivants : La caséinerie rurale et industrielle (traitement et utilisations industrielles de la caséine), par Henri Blin, dans la revue Ta laiterie, nos des 4 et 18 décembre 1920 (Paris, 18, rue Clauzel, 9e); La caséine, dans le n° 4, de novembre 1918, de la revue L'alimentation moderne et les industries annexes (Paris, 25, rue Lauriston, 16e).
- M. L. S., avenue de Bry, Le Perreux (Seine). — i° Pour les appareils destinés au travail du manioc et de la banane (farine, semoule, etc.), voyez à l’adresse que voici : P. Hérault, constructeur de machines spéciales pour l’alimentation, produits coloniaux, 20, rue des Tourelles, Paris, 20e, et à la Chambre syndicale des constructeurs français de machines agricoles, Paris, 10, rue de Lancry, 12e. Vous trouverez probablement aussi des indications en vous adressant au Service des renseignements de l’Office colonial, galerie d'Orléans, Palais-Royal, Paris, Gr,
- 20 Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant spécialement les questions ayant trait au matériel dont il s’agit.
- Pour l’industrie du manioc (fabrication du tapioca, etc.) il y a l’ouvrage intitulé Culture et industrie du manioc,
- 1 vol., par Léon Colson et Léon Chatel. Sur le manioc et la banane, de nombreux articles ont été publiés dans la revue L’agriculture pratique des pays chauds (Chal-lamel, éditeur, Paris, 17, rue Jacob, 6e). Sur l’industrie de la banane (bananes sèches, farine de banane, sucre et conserves de bananes, etc.), voir l’ouvrage intitulé Le bananier, 1 vol., par Paul Hubert (Dunod, éditeur, 90, rue Bonaparte, Paris, 6°). Le manioc, 1 vol., par Paul Hubert (même éditeur).
- DT IL, à Luttange (Moselle). — Destruction de l’herbe dans les cours et les allées de jardin. — L’insuccès que vous signalez nous paraît dû, dans le premier cas, à l’insuffisance de concentration de la solution acidulée : il faut 8 à 10 litres d’acide sulfurique à 65° dans 100 litres d’eau. Quant au second cas, il est évident que les scories ne pouvaient mettre obstacle à la pousse de l’herbe.
- On peut recourir au procédé au sulfure de calcium (voyez Boîte aux Lettres, n° 2546, du 20 janvier 1923, page 26), ou au lait de chaux (voyez Recettes et Procédés utiles, n° 2540, du 9 décembre 1922, p. 189).
- Le chlorate de soude, à la dose de 1 kg dans 100 litres d’eau, a donné de bons résultats. Le répandre à l’aide d’un arrosoir muni d’une pomme à trous très fins. Pour faciliter la pénétration de la solution, faire un arrosage préalable à l’eau claire, qui dilate le sol et fait pénétrer jusqu’aux racines la solution toxique ; répéter l’épandage de celle-ci deux ou trois fois au cours de la saison, mais éviter d’arroser près des plantes utiles, que le chlorate de.soude empoisonnerait comme les plantes parasites.
- Gomme produits spéciaux, que l’on trouve dans le commerce il y a : U Herbivore (Etablissements Loyer, 2, rue de Tournon, 6e), s’emploie liquide à raison de
- 2 litres dans 100 litres d’eau ou cristallisé, à raison de 2 kg 5oo; faire dissoudre, bien remuer et répandre 1 litre 2 5o de la solution par mètre carré, opérer après une pluie, ou arroser le sol préalablement à l’épandage delà solution destructive.
- Autres produits pour la destruction des herbes des cours, tennis, allées de jardin : le Mortherbe (Comptoir parisien d’engrais et de produits chimiques, Paris, 22, rue du Faubourg-du-Temple, n°): l'Herbicide Oxcysol, 1 kg (poudre), dans 100 litres d’eau désherbe, 100 m2 (Société des Laboratoires chimiques, 1, quai Javel, Grenoble); le Nécrol (Laboratoires Truffaut, 90 bis, avenue de Paris, Versailles); l’Herbicide Dau-treville (Paris, 24, rue Pavée, 4°). *
- M. J. K., à Strasbourg. — i° Documentation sur le soja, nous signalons les articles suivants ; Les utilisa•
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- BOITE AUX LETTRES
- lions du soja, par Henri Blin, dans la revue L'Alimentation moderne et les industries annexes, n° 6, mars 1919 (Paris, 25, rue Lauriston, 16e); Le soja ou fève de Mandchourie, par Henri Blin, dans La Nature, n° du 2 avril 1910. Ouvrages sur cette question : Le Soja (culture, usages alimentaires, thérapeutiques, agricoles et industriels), 1 vol. par Li-Yu-Ying et L. Grandvoinnet ; Le Soja (sa culture, son avenir), 1 br., par G. Itié; articles sur le soja, dans la revue L’agriculture pratique des pays chauds, n<s 82, 83, 84, 85, 89, 92, 93, 94, 98, ii3, 116 (A. Challamel, éditeur, Paris, 36, rue Jacob, 6B). Le soja et son lait végétal; applications agricoles et industrielles, 1 vol., par L. Rouest (Charles Amat, éditeur, Paris, 11, rue de Mézières, 6*); Industrie du lactose et de la caséine végétale du soja (installation d’une usine pour le traitement des graines de soja, etc.), 1 vol., par Francis J. G. Beltzer (librairie H. Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris, 6*'); 20 Pour la sauce de soja, voyez notamment le premier article indiqué ci-dessus et l’ouvrage de MM. Li-Yu-Ying et Grandvoinnet; 3° Il se fait un commerce assez actif de la graine de soja, venant du Japon, de Mandchourie; sur ce point se renseigner à l’Institut colonial de Marseille (section des matières grasses) et au Service de renseignements de l'Office colonial, à Paris (Palais-Royal, Galerie d’Orléans) ; 40 Pour les tourteaux de soja, se renseigner à l’Institut colonial précité et au bureau de renseignements de l’Union des fabricants d’huile de France, à Paris, 1, rue Caumartin, 8°.
- M. le DT Âguirré Plata, à Bogota. — 1° La solution Easton ne figure pas dans la pharmacopée française non plus que le sirop de même nom. D’après les indications que vous nous donnez, il s’agit très probablement d’une préparation analogue au sirop de Leras, complété pour réaliser un composé antichlorotique. Eu égard aux doses médicinales, la formule doit être voisine de la
- suivante.
- Faire dissoudre séparément :
- i° Pyrophosphate de soude. . . 25 gr.
- Eau distillée . ...............200 cm3
- 20 Sulfate ferrique sec............. 5 gr.
- Eau distillée...................i5o cm3
- Verser la seconde solution dans la première et sucrer par :
- Sucre blanc.....................63o gr.
- Après dissolution ajouter :
- Extrait de quinquina............ 25 gr.
- Sulfate de strychnine........... 25 milligr.
- Une cuillerée à bouche de ce sirop renferme o gr. ooo5 de sel de strychnine.
- 20 La solution d’hypobromite de soude employée pour le dosage de l’urée dans les urines se prépare ainsi : Lessive de soude caustique D — 1.33. . 100 cm3
- Eau distillée.........................100 —
- Brome pur........................... , jo —
- Verser d’abord l’eau dans un ballon, puis le brome et enfin la lessive de soude, remuer lentement en évitant avec soin toute élévation de température qui donnerait lieu à une formation de bromate, pour cela placer le ballon dans une terrine contenant de l’eau froide. Quand le mélange est homogène et froid, mettre en flacon et conserver dans un endroit obscur.
- M. L. Parisot, à Bartow. — Pour mouler les petits objets ou animaux on commence par passer à la surface une couche légère d’huile d’olives au moyen d’un pinceau et on les place sur une planchette également huilée. Cela fait, on dispose sur l’objet, d’une façon convenable, une cordelette qui servira à séparer le moule en deux parties, puis on entoure le tout d’un cadre de carton d’une hauteur un peu supérieure à celle de l’objet à mouler. Ces dispositions étant prises, on coule dans la cavité du plâtre fin, gâché assez clair (plâtre des mouleurs); dès que le durcissement est suffisant, on enlève le cadre et en tirant légèrement sur la cordelette qui agit à la manière du fil à couper le beurre, on obtient l’ouverture du moule, ce qui permet d’enlever le modèle. Après séchage parfait de çe moule d’abord à l’air, puis à l’étuve, on effectue l’opération inverse pour la reproduction, c’est-à-dire que les deux segments étant bien huilés, puis ligaturés, on verse lentement du plâtre gâché, par une ouverture suffisante pour assurer l’évacuation de l’air ; la prise étant effectuée, le démoulage ne présente aucune difficulté. — N.-B. Dans le cas ou l’objet aurait des formes un peu
- compliquées, au lieu d’une seule cordelette, on en placerait plusieurs de manière à sectionner le moule en un nombre de fragments plus ou moins nombreux, chacun ne correspondant qu’à des cavités pouvant se séparer facilement du modèle, sans qu’aucune partie soit retenue par un obstacle.
- M. Saulnier, à Nancy. — i° La recette à laquelle vous faites allusion ne se rapporte pas particulièrement au collage des semelles de caoutchouc sur les chaussures. Comme vous le pensez on se trouve bien dans ce cas de la vulcanisation au sülfumate qui n’est pas autre chose qu’une dissolution à 2 pour 100 dé chlorure de soufre dans le sulfure de carbone, ce liquide doit être appliqué rapidement sur la colle au caoutchouc, dont on a enduit les parties à joindre, juste au moment de la réunion; -— 20 Vous trouverez ce produit tout préparé chez les fournisseurs de cordonnerie.
- M. Enjouvin, à Marseille. — La peinture sur étoffes se pratique au moyen des couleurs broyées à l’huile servant pour les tableaux, mais débarrassées de leur excès d’huile. Pour cela on les fait dégorger pendant trois à quatre jours sur des feuilles de papier buvard doublées ou triplées. On reprend alors les couleurs à la surface du papier avec une lame mousse et on les délaye dans une quantité d’essence de térébenthine suffisante pour les rendre fluides. Les couleurs peuvent ainsi être employées sans risques d’auréole graisseuse sur le tissu.
- Association de documentation. — Nous pensons que le fixage des poudres métalliques sur cuir, tel que vous l’avez en vue, a pour but la décoration. Dans ces conditions une solution de celluloïd dans un mélange à parties égales d’acétone et d’acétate d’amyle, nous paraît tout indiqué. Si vous craignez l'inflammabilité, substituez à la préparation précédente, une dissolution d’acétate de cellulose dans l’acétone, à la concentration d’environ 5 pour 100.
- M. J. E. F., à Lyon. — A notre avis, il s’agit en effet du Merulius lacrymans ou champignon des maisons, cette question ayant déjà été traitée par nous, veuillez bien vous reporter à notre réponse à M. Hennequin, d’Epernay, parue dans un précédent numéro.
- M,. Le Roux, à Saint-Pol. — L’imitation de la corne au moyen des stipes de laminaires s’effectue en les faisant tremper dans une solution légèrement alcaline, ensuite on les soumet à la compression et fait sécher assez lentement.
- M. II. Barret, à Varigney. — i° D’après les renseignements qui nous ont été fournis, Y oxydation du fer en noir bleu s’obtiendrait de la façon suivante :
- On commence par badigeonner les objets avec une solution composée de :
- Perchlorure de fer de densité . . 1000 cm3
- Alcool dénaturé.................1000 —
- On laisse sécher et exposer pendant une heure ou deux à la vapeur d’eau bouillante. Ces traitements ayant été répétés deux ou trois fois, on fait bouillir les objets pendant une demi-heure dans l’eaü, passe à la brosse et fait sécher ; — 20 Pour désulfater les accumulateurs on commence par siphonner l’acide et le remplace par de l’eau distillée, puis cette eau est également siphonnée et fêtée. On introduit alors dans l’élément une solution de soude caustique de 2 à 5 pour roo et l’on charge comme d’habitude. Si, à un moment quelconque, l’élec-trolyse donne au papier de tournesol une réaction acide et que le sulfate n’ait pas complètement disparu, on ajoute de la soude jusqu’à réaction alcaline. On combine ensuite la charge de manière que la plaque positive prenne la teinte chocolat caractéristique d’une plaque saine et chargée de peroxyde de plomb. On retire alors la solution de soude, on la remplace par l’acide sulfurique normalement en usage et on continue à faire passer le courant jusqu’à ce que l’élément soit chargé.
- Mme Lapeyre, au Peyrôl, Puy-de-Dôme. — Le Perce-oreille ou Forficule (Forficula auricularia) se cache en général pendant le jour et sort surtout la nuit, il recherche particulièrement les abris étroits, c’est pourquoi on peut facilement constituer des pièges économiques en coupant de la paille d’assez gros diamètre en brindilles de 7 à 8 cm de long et en répandant ces fétus dans les lieux infestés ; .les forficules qui cherchent l’obscurité s’y logent et il suffit de brûler contenant et contenu pour arriver rapidement à une destruction complète.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Microméthodes et semi-microméthodes appliquées aux analyses chimiques du sang et des humeurs, par le Dr Durupt, i vol. in-32, 284 p., 22 fig. Poiaat, Paris. Prix cartonné : i5 francs.
- L’intérêt de ces techniques ne peut échapper à aucun médecin et la possibilité de doser les azotes, le sucre, l’ammoniaque, les chlorures, l’alcalinité, les graisses, la cholestérine, l’acide urique et l’eau du sang avec 2 ou 3 gouttes de ce liquide est susceptible de faire faire à la clinique des progrès importants. L’auteur montre d’abord que les miciÿnnéthodes offrent autant d’exactitude que les macrométhodes, qu’elles ne nécessitent pas un personnel d’élite ni un matériel de haute précision.. Elles ne demandent que l’observation de nombreux détails auxquels initie la lecture du premier chapitre concernant les règles générales de la microanalyse. Après l’exposé de toutes les microméthodes vraies, un chapitre traite des semi-microméthodes qui procèdent des mêmes principes que l’analyse chimique ordinaire, mais qui s’appliquent aux petites quantités de liquides organiques ou de sang.
- Enfin l’analyse des gaz du sang qui semble être de toute actualité est traitée dans un chapitre spécial avec des méthodes à la portée de tous.
- The Earth's Weather or Meteorology Discoveries and Method in full Explanation and Exemplification, par John H. Wayman. i vol. in-8, 162 p., fig Chez l’auteur, Pittsburgh (Etats-Unis). Prix : fl i,5o.
- Théorie d’un autodidacte, basée sur l’action de la lune sur les nuages.
- Guide du chauffeur d'automobiles, par M. Zuolo, i vol. é.66 p., 221 fig. 8 pl. relié. Garnier frères, éditeurs. Paris, 1924. Prix : i5 francs.
- Ce volume, nouvelle édition d’un ouvrage bien connu et très apprécié, contient sous forme résumée, mais fort claire, les connaissances théoriques et pratiques essentielles, ainsi que les renseignements d’ordre législatif, administratif ou fiscal, indispensables au conducteur et au propriétaire d’une voiture. Il a été refondu pour tenir compte de l’évolution de la voiture automobile et l’on y trouve la description des organes et accessoires les plus modernes : moteurs nouveau style, allumages par batterie, magnétos à avance automatique, démarrage et éclairage électriques, freinage sur roue avant, refroidissement à l’air, etc.
- Les marchandises d’origine végétale et animale, par A. Asthuc et Mlle S. Chadefaux. i vol, in-16, 446 p., 120 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1924. Prix :
- 10 francs.
- La plus grande partie de cet ouvrage est consacrée aux marchandises alimentaires : céréales, sucres, laits, viandes, corps gras, etc , et produits dérivés.
- 11 indique l’origine de ces marchandises, l’état sous lequel on les obtient, les caractères qu’elles présentent, leurs usages, les traitements quelles subissent, les falsifications auxquelles elles sont exposées. Sont ensuite traités dans le même esprit, mais beaucoup plus sommairement, les chapitres suivants : matières colorantes, matières odorantes, gommes et résines, produits pharmaceutiques, textiles, papier, bois, tabac, peaux, fourrures, colles et gélatines, etc.
- Fiches en couleurs de plantes médicinales, éditées par le Comité interministériel des plantes médicinales et à essences, 12, avenue du Maine, Paris.
- 3° série de 8 fiches à l’usage des récolteurs de plantes figurant et décrivant la bourrache, le noyer, la grande mauve, l’arnica, la matricaire, la bourdaine, le frêne, la petite centaurée.
- Les rosiers. Culture et multiplication, par Georges
- Bkllair. i vol. in-i6, 191 p., 62 fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 6 francs.
- Dix-huit éditions de l’ouvrage de Lachaume étant épuisées, M. Bellair a tenu à ce que cette œuvre classique continue à mériter l’accueil que lui ont toujours fait les amateurs soucieux d’être au courant des dernières nouveautés soit dans la culture, soit dans les variétés. Tous les procédés de multiplication, de taille, de culture, y compris les plus nouveaux, une liste des plus beaux rosiers y figurent. La création des roseraies et l’utilisation décorative des rosiers occupent aussi une large place.
- Manuel de Vassistante d'hygiène scolaire. - Préparation aux différents examens de l'infirmière scolaire, par le Dr L. Duffstel, i vol. in-16, 207 p., 41 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : 8 francs.
- L’Assistante d’hygiène scolaire qui, à côlé du médecin-inspecteur des écoles, remplit un rôle prophylactique et social important, doit être préparée à sa fonction d’une manière toute spéciale. Appelée à vivre à l’école avec les enfants, à leur enseigner la propreté corporelle et à leur donner des habitudes d’hygiène, elle a des attributions toutes différentes de celles de l’infirmière hospitalière. Ce manuel expose clairement et méthodiquement les droits et les devoirs de l’assistante d’hygiène scolaire ; après avoir montré les qualités et les connaissances que doit présenter une assistante et donné un rapide exposé de la croissance de l’enfant, il aboi’de la question si importante du dépistage des écoliers suspects. Les derniers chapitres sont consacrés aux différentes fonctions que l’assistante doit remplir à l’école et dans les familles.
- La santé au foyer. Guide médical de la famille, par le Dr Marcel Labbé, avec la collaboration des professeurs Hutinel, Merklen, Richaud, des docteurs Debré, Desfosses, Devraigne, Dufestel, Kendirjy, Le Gendre, Cl. Simon, Siredey et de Mmes Ollivier et GoujoD.
- 1 vol. in-ia, 664 p., 292 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : 22 francs.
- Dans ce livre, on trouvera réuni tout ce que le public doit connaître au sujet de l’hygiène dans les diverses circonstances de la vie, depuis les premiers jours jusqu’aux derniers. Les mères y trouveront tout ce qui concerne l’allaitement au sein et au biberon, l’habillage et l’élevage des bébés. L’hygiène des enfants et des adolescents est exposée, avec la portion si importante de l’éducation physique et des sports, celle si délicate de l’éducation morale, celle de l’emploi des vacances, de l’organisation des éludes au collège ; un chapitre consacré à l’éducation sexuelle des jeunes gens et des jeunes filles aidera grandement les parents. Ce livre comprend toutes les notions d’hygiène qu’un homme, qu’un père de famille doit connaître pour diriger convenablement sa vie, celle de sa femme et de ses enfants. La mère de famille y apprendra à organiser agréablement et sainement son intérieur, à préparer une bonne cuisine, à bien tenir son ménage. Le cabinet de toilette avec ses secrets y possède son chapitre. Enfin la mère apprendra dans ce livre à se transformer en infirmière de ses propres enfants dans le cas de maladie ou d’accident.
- Notions pratiques de toxicologie végétale indigène, par A. L. Marcuadier et A. Got-jon, 1 vol. in-8, 284 p., 66 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : 22 francs.
- Les plantes toxiques pour l’homme et les animaux sont nombreuses, même dans nos pays. Les accidents qu’elles produisent sont dus, soit à des alcaloïdes, soit à des glucosides, ou des essences, ou des toxines. Certains de ces principes sont bien connus, pharmacologiquement et chimiquement. D’autres ne le sont pas. D’ailleurs, la toxicité d’une plante peut varier avec les conditions d’habitat, l’état de «développement et même l’heure du jour ; quelques-unes contiennent des poisons qui n’agissent qu’à la lumière, etc. MM. Marchadier et Goujon ont réuni tout ce qu’ou sait sur ces sujets et leur livre rendra ainsi service aux pharmaciens autant qu'aux éleveurs.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N- 2639
- 1er Novembre 1924
- La reconstitution des régions dévastées. — Le Ministère des régions libérées publie, sous le titre Cinq ans d’e/J'ort, un tract illustré qui inet en évidence
- ŒUVRE TOTALE A ACCOMPLIR 22.5*00
- USINES ET ATELIERS SE REBATISSENT
- Progrès de la Reconstruction .
- TOTAL DES PUITS SINISTRES
- I0S ')
- gsm- fnsOfllKaii
- LE CHARBON SORT DES PUITS DE MINE
- Remise des puits en exploitation
- ON REFAIT LES ROUTES
- TOTAL A REFAIRE 58.697 42.360 1/V „
- « r.i.i
- (Kilomètre;)
- 22.074
- !" .lunvift TOI 1" .l.invu’f 1922
- LT'l
- |.r j;iuvlC( (923 rr Janvier 1921
- TOTAL A RECONSTRUIRE 6.125
- rjwiw ; FJ«wKt
- ON RECONSTRUIT. LES OUVRAGES D'ART
- j] d’une façon frappante les progrès réalisés dans l’œuvre de reconstitution de nos régions dévastées parla guerre et systématiquement saccagées par les Allemands. Un effort gigantesque a été accompli, sans précédents dans l’histoire; la France peut d’autant plus légitimement en tirer orgueil qu’elle n’a eu, jusqu’ici, à compter que sur ses seules ressources, et que l’aide reçue de l’Allemagne qui devait réparer et celle des Alliés de la guerre, se réduisent à fort peu de choses, au total.
- LES HABITANTS RENTRENT
- 3.985.913
- 4 074,970
- AVANT GUERRE 4.690.183
- 1.263.677
- >. 288.152
- 2.075 Uo7
- lrr J<,nvirr 19221 Ÿ* Janvier 1923"
- avant guerre bov1ns-
- CHEVAUX
- • U8
- . 407.88*'
- OVi^lS ET CAPRt^B 444 774 PORCINS ......... 556 610
- BOVINS........... IÎ9W5
- CHEVAUX ........ 95 6^5
- OVINS ET CAPRINS 118 ”‘S PORCINS .......... V56I
- BOVINS... .......
- CHCVAUX
- JiSE
- lRr Janvier |92l '**-'**
- ' LE CHEPTEL SE RECONSTITUE
- I'" vie.' In2<
- ŒUVRE TOTALE A ACCOMPLIR
- 605.989
- MAISONS D'HABITATION ET BATIMENTS AGRICOLES SE RECONSTRUISENT
- Piogrès de la Reconstruction
- Nous reproduisons ci-dessus quelques-uns de ces diagrammes.
- Le voilier-école Richelieu. — Nous avons récemment vu à Nantes, où il est en armement, le quatre-mâts Richelieu, ex-navire allemand acheté par « les Armateurs français » pour servir d’école de navigation aux élèves de la marine marchande.
- Le navire était à peine achevé à la fin de la guerre ; il va effectuer son premier voyage. Il est gréé en quatre-mâts-barque avec une grande surface de voilure.
- Ses principales caractéristiques sont les suivantes :
- Longueur à la flottaison. Largeur. .......
- Creux au pont supérieur
- Tonnage brut............
- Port en lourd...........
- Tirant d’eau en charge .
- 96 m.
- 1 m, 3 2 8 m. 5 i 3i i5 t.
- 4700 t.
- 7 m. 22
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- INFORMATIONS
- On utilisera ses cales pour transporter des cargaisons, ce qui permettra ainsi aux élèves d’acquérir la pratique des opérations commerciales avec lesquelles ils doivent se familiariser.
- Non seulement les élèves s’entraîneront au métier maritime à bord d’un voilier, mais ils seront astreints
- à la pratique des calculs et à des études pratiques complétant l’instruction théorique déjà reçue.
- Le départ du Richelieu aura eu lieu quand ce numéro paraîtra.
- Le coton au Pérou. — Le Pérou est un pays secondaire au point de vue de la production du coton; mais, comme il exporte presque tout ce qu’il produit, il est intéressant à étudier en tant que fournisseur éventuel de la France.
- Pendant la campagne 1915*1916, il a produit 47 i36 t. de coton en branche, qui ont fourni 24 6o3 t. de coton égrené.
- Ses exportations se sont élevées ën 1916, à :
- Coton brut 5‘.436 tonnes.
- Coton semi-brut. i.6a5 —
- Coton égyptien i3.375 —
- Coton brut 135 —
- Coton Metafifi. 3.636
- Coton des Iles 17
- Tourteaux de graine de co-
- ton 7.854 —
- Graine de coton..... 20.159 —
- Le tout réuni valait 2 109 000 livres péruviennes.
- Cette culture a un très grand avenir, puisqu’elle n’occupait en 1916-1916 que 67380 hectares, répartis entre 226 exploitations, lesquelles disposaient d’une superficie globale de 167 903 hectares. Il semble que le Pérou pourrait un jour donner plusieurs centaines de mille tonnes de coton, mais alors il est vraisemblable qu’il mettra lui-même en œuvre le textile produit, selon l évolution normale des pays producteurs de coton.
- Le coton dans les colonies françaises. — Dans un numéro de septembre 1924» L’Afrique française publie un article sur le coton dans les colonies françaises. En 1923, la France a importé 261 620 tonnes de coton :
- Etranger , ........... 268.070 tonnes
- Colonies françaises. . 3,45o —
- 261.620 tonnes
- Les colonies, d’où provient ce coton, sont : '
- Afrique occidentale et Togo. . 2.000 tonnes
- Océanie.................... 800 —
- Indo-Chine................. 3oo —
- Algérie....................... . i5o —
- Afrique Equatoriale. ..... 100 —
- Madagascar ................ . 5o —
- Guyane et Antilles.......... 5o —
- La production en terrain sec était évaluée à 9000 t. en 1923 pour l’ensemble des colonies françaises.
- Cette évaluation est bien trop faible, car l’A.O. F. et l’A. E. F. produisent beaucoup plus de coton que ne l’indiquent les statistiques officielles. Dans d’immenses régions de l’Afrique Centrale, chaque famille cultive, file et tisse elle-même le coton qui lui est nécessaire, ainsi qu’un explorateur, M. Bruneau de Laborie,
- a pu le constater. Le chiffre de 9000 tonnes ne doit être considéré que comme le chiffre total des exportations, non compris la consommation indigène. Le plus gros exportateur est l’Indo-Chine, qui exporte surtout au Japon.
- La population des villes du Maroc. — Au ier janvier 1924, la population des principales villes du Maroc était la suivante :
- Marrakech . i45.ooohab Fez ... . i24.5oo —
- Casablanca . no.g34 — Meknès . . . 33.159 —
- Rabat . . . 33.714 —
- Safi .... 25.806 hab.
- Salé. . . . 24.3oo —
- Oudjda . . 22.280 —-
- Mazagan . . 2?..og3 —
- Mogador. . ig.5o3 —•
- On sait que Rabat est la capitale du Maroc français et qu elle est séparée de Salé par le cours du Bou-Regreg; la ville de Chellat fait partie de l’agglomération qui dépasse 65 000 habitants.
- Les principaux éléments non indigènes de la population sont les suivants :
- Français Etrangers Israélites
- Marrakech . . » )) 12.500
- Fez 00 0 0 700 9.000
- Casablanca. . a4•799 17.487 17.5oo
- Rabat . . . . 7.218 3.299 3.40 5
- Meknès . . . y> )) 5.980
- Oudjda. . . . 4.400 5.15o »
- Mogador. . . » X> CC t© tv O
- L’ensemble de la population urbaine du Maroc s’élevait à 612987 personnes dont 61899 Français, 32 23o étrangers et 72 481 Israélites.
- La vaccination contre la fièvre typhoïde dans l’armée. — On connaît mal dans le public les magnifiques résultats que donne la vaccination antityphique. La preuve en est le long questionnaire posé récemment par un député, M. Archimbaud, au Ministre de la guerre. Résumons donc les réponses si précises et si instructives fournies par l’administration à M. Archimbaud. Au cours des quatre années 1916 à 1919, la morbidité par fièvre typhoïde a été respectivement, pour 1000, de 4,36, 0,64, 0,28, 0,09; la mortalité a été, pendant les mêmes années, de 0,17, 0,04, 0,04, 0,01. « La vaccination spécifique, ajoute le Ministre, a épargné à la France pendant la guerre plus de 1 million de cas de fièvres typhoïdes et de i5o à 200000 décès. La dernière statistique (1923) pour les troupes de l’intérieur donne, pour ces mêmes maladies, une morbidité de 0,29 et une mortalité de 0,04, les chiffres correspondants moyens pour 1901 à 1910 étant respectivement de 3,87 et 0,67 ». Pour l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, on remarque des différences analogues.
- Depuis 1920, on a réussi à abaisser de 4 à 1 le nombre des injections nécessaires pour créer l’immunité. Le nombre des accidents qui oat été constatés à la suite de ces vaccinations paraît être de 1 pour 400 000 à 5oo 000 injections pratiquées. On a constaté d’une manière générale que ces accidents graves ne survenaient guère que chez des individus présentant déjà des lésions morbides. Mais ces questions-là ne sont pas encore résolues. De même, la complexité du problème concernant la cause du réveil de la tuberculose latente dans les six premiers mois de l’incorporation ne permet pas de savoir s’il y a une relation de cause à effet entre ce phénomène et la vaccination. Le Ministre termine sa réponse en notant que l’entérovaccination, c’est-à-dire l’administration de vaccin par la bouché, est l’objet d'un examen attentif de la part de ses services.
- On reconnaîtra que cfes indications sont extrêmement satisfaisantes et qu’elles sont de nature à rassurer les familles trop souvent inquiétées par des bruits fâcheux qui circulent sans beaucoup de raison. Ajoutons, d’ailleurs, que les bons effets de la vaccination dans l’armée ont une répercussion sur la population civile, puisqu’elle empêche un très grand nombre de soldats convalescents de la typhoïde de créer, au cours de leur convalescence, de nouveaux foyers en infectant leur famille et leur entourage. Souhaitons enfin que la vaccination par la bouche tienne ses promesses et qu’on puisse avoir bientôt la preuve définitive qu’elle peut remplacer la vaccination par la voie souB-cutanée.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *•> Chroniques de T. S. T.
- La réception des émissions radiophoniques sans antenne ni cadre. — On mentionne souvent dans des journaux de T. S. F., et des amateurs signalent fréquemment, des réceptions obtenues sans l’aide d’antenne ni de cadre. S’agit-il là de phénomènes originaux et nouveaux, ou simplement de résultats fortuits, de cas d’espèces produits par un ensemble de circonstances particulières? C’est ce que nous allons essayer de déterminer.
- Il est d’abord indéniable que, dans toutes les expé -riences citées, un collecteur d’ondes existait toujours en fait. Ce collecteur d’ondes était plus ou moins réduit, revêtait une apparence plus ou moins originale, mais, en réalité, il est évident que cet organe indispensable de tout poste de réception ne faisait aucunement défaut.
- Ce qui peut prêter à la confusion dans ces sortes d’essais, ce sont les dimensions extrêmement réduites, ou les apparences très inattendues, de ce collecteur d’ondes. La réception est, en effet, toujours réalisée à peu de distance d’un poste émetteur ou à l’aide d’un amplificateur puissant, il suffit donc d’un collecteur même peu efficace pour permettre une bonne audition.
- Les montages utilisés, qui semblent ainsi ne comporter ni cadre ni antenne, dérivent donc, en réalité, des montages classiques pour la réception sur cadre ou sur antenne.
- Dans le premier cas, le cadre minuscule de réceplion est simplement formé par un petit bobinage séparé, de quelques centimètres de diamètre, en nid d’abeilles, par exemple, ou bien par l’inductance même d’accord, si l’on utilise un poste de réception comprenant la bobine d’accord à l’intérieur de la boîte de l’amplificateur.
- Le petit bobinage est accordé sur la longueur d’onde des émissions à recevoir à l’aide d’un condensateur variable à air Clf de o,5/iooo à i/iooo microfarad, comme un cadre ordinaire, et l’on choisit, bien entendu, en conséquence le nombre de ses spires (fig. 1). On prendra, par exemple, une bobine en nid d’abeilles de 200 spires pour la réception des radio-concerts de Radio-Paris, de Chelmsford, et de la Tour Eiffel, une
- c,
- B. B2
- Fig. i. — Emploi d’une inductance en galette L, comme collecteur d’ondes.
- Le plan de la palet(o est dirige vers le poste d’émission. condensateur de i/1000 [J. I'au maximum, lî, Ba, connexions reliées aux liorncs d’enirèe du poste de réception.
- Fig. 2. — Emploi de l’inductance d’accord du poste de réceplion comme collecteur d’ondes.
- M, manette de»réglage à plots de l’inductance d'accord ; Cn condensateur d’accord; Bh, rhéostat de cliaullngc-; li, B2, bornes reliées normalement aux extrémités du cadre de réception ; K, connexion reliant les bornes B, et IL; A. borne d’antenne; T, borne de prise de terre. -
- l’avons dit, le rôle d’uu minuscule cadre de réception. Ce cadre est accordé par le condensateur d’accord Ct de l’appareil, et l’on déplace la boîte même du poste de façon que le bobinage soit dirigé- vers le poste émetteur.
- Pour obtenir dans Paris ou la banlieue, la réception des émissions parisiennes au casque ou même en haut-parleur, un amplificateur à quatre lampes comportant un ou deux étages à haute fréquence avant la détection et deux étages à basse fréquence à transformateurs est
- Bobines de couplage
- f®L
- Détecteur
- C F.
- _L §
- -0 0 ncj
- Condensateur 1/1000 m. f * variable
- D
- Circuits accordés
- sur ’/ÙWÜO'P
- c_ _
- Hétérodyne pour ondes courtes
- Amplificateur ordinaires pour oncles longues
- Fig. 3.— Dispositif suporhélérodyne utilisant comme collée leur d’ondes une simple inductance en galette L.
- très suffisant. On peut utiliser une liaison à haute fréquence apériodique, semi-apériodique ou à résonance, et même la liaison par résistance peut être employée dans Paris pour la réception des émissions des P. T. T.
- Lorsque, au contraire, le poste émetteur est éloigné, il devient nécessaire d’employer un appareil de réception très puissant, comportant deux ou trois étages d’amplification à haute fréquence avant la détection, ou mieux un dispositif spécial : superhétérodyne ou superréaction.
- Il faut cependant remarquer qu’on a pu obtenir des réceptions d’émissions sur des longueurs d’onde de l’ordre de ioo m. et à des distances assez grandes, avec un petit bobinage d’accord seulement, et une lampe détectrice à réaction suivie d’un ou de deux étages à basse fréquence. Nous ne décrirons pas d’ailleurs maintenant en détail ces expériences, qui ne sont évidemment pas encore de pratique courante* nous réservant d’étudier cette question dans un prochain et important article.
- Pour la réception des émissions de 200 à 3ooo m. environ de longueur d’onde, le meilleur dispositif permettant des résultats efficaces à grande distance, et dans ces conditions toutes spéciales, est la superhétérodyne (fig. 3). Le bobinage en nid d’abeilles servant de collecteur d’ondes est simplement monté à la place du cadre habituel et accordé par le condensateur d’accord Cf
- Il est ainsi possible d’obtenir de bonnes auditions des émissions de Radio-Paris et de la Tour Eiffel jusqu’à 5oo ou même 800 km. de Paris. Les radio-concerts
- Fig. 4. — Appareil super-régénérateur à deux lampes avec réception obtenue à l’aide de la galette L.
- bobine de 40 à 5o spires pour la réception des radio-concerts anglais ou de ceux des P. T. T. De plus, le plan des spires de la bobine doit êtrevdirigé dans la direction du poste émetteur, comme s’il s’agissait également d’un cadre ordinaire de réception.
- Lorsque la boîte de l’amplificateur contient le bobinage d’accord (fig. 2), il suffit de court-circuiter par une connexion F les deux bornes B, et B3, qui normalement sont reliées aux extrémités de l’enroulement du cadre. L’inductance d’accord du poste, généralement fractionnée an moyen d’une manette à plpts, joue alors, noua
- anglais sont reçus par le même procédé dans presque toute la France.
- Un appareil snperrégénérateur à deux lampes’(fig. 4), qui pëüt être suivi d’étages à basse fréquence, permet également la réception des émissions sur ondes courtes seulement avec le même bobinage, et à des distances assez grandes.
- Mais il n’est pas besoin d’un montage aussi spécial pour obtenir des résultats très curieux jusqu’à 100 ou 200 km. au moins du poste émetteur, il suffit simplement, nous l’avons djt, d’utjljser un amplificateur comportant
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- deux ou trois étages à haute fréquence avant la détection, et un dispositif de rétroaction très efficace.
- Un de nos lecteurs, M. le vicomte de Villiers, habitant près du Mans, peut ainsi avec les seules inductances d’accord de son poste à 5 lampes, dont deux haute fréquence à selfs à fer, une détectrice et deux basse fréquence, entendre en haut parleur les émissions de Radio-Paris, de la Tour Eiffel et du nouveau poste anglais de
- Décrochage
- A> Accrochagi Compensateur
- Fig. 5. — Réception obtenue à l’aide de la galette L accordée par le condensateur Clt et d’un amplificateur à l, étages IIF à résistances (dont le dernier auto-détecteur) et 2 étages B F à transformateurs.
- Il, , IL, IL,, NO. 000 o) ; r,, i\,, r-, o mégolinis: , <L, 1/10.000 p.f; F.-, 5/100.0ÛÜ y.I'; S, résistance sellique pour accrochage; l\, 2 à -1/1000 jxI*; T, , Irauslonnaleur 111'’, rapport 5;Tj, transformateur BF, rapport 5.
- ill manque sur la ligure une connection entre 0, et la ligne à H0 volts allant au casque téléphonique.)
- Chelmsford sur 1600 m. de longueur d’onde. Avec 3 lampes seulement, c’est-à-dire en supprimant les étages à basse fréquence, l’audition est encore possible au casque.
- Un autre de nos lecteurs du Havre obtient les mêmes résultats avec 5 lampes également, dont 3 à haute fréquence à liaison par bobinages apériodiques.
- Si l’on veut se contenter de recevoir les émissions sur ondes moyennes, des étages à haute fréquence à résistances peuvent être simplement employés avec un dispositif de rétroaction électrostatique à compensateur (fig.' 5). Le bobinage de réception L est toujours monté à la place du cadre ordinaire.
- Examinons maintenant les montages qui dérivent des dispositifs ordinaires de réception sur antenne.
- Lorsqu’on dispose d’une prise de terre, en somme assez médiocre, comme une canalisation de gaz, cette prise de terre peut être utilisée comme une antenne de fortune, et il suffit d’employer le montage en dérivation de la figure 6.
- Avec ce simple montage et sans employer vraiment d’antenne, la réception est possible jusqu’à 400 à 5oo kms
- -OB it borne-4-vo/ts)
- Fig. 6. — Montage en dérivation sans antenne, a-vec prise de terre seulement.
- 0,, condensateur d'accord; b,, bobine d’accord ; R, IL, bornes reliées à l’ainplilicalcur.
- au moins avec un amplificateur puissant comportant au moins deux étages à haute fréquence avant la détection.
- Si, au contraire, l’on dispose d’une prise de terre plus efficace, une conduite d’eau, par exemple, on emploiera de préférence le montage indiqué par le schéma 7. La prise de terre est reliée à un primaire apériodique, formée de quelques spires entourant le secondaire La (bobine en fond de panier ou en nid d’abeilles), accordé sur la longueur d’onde des émissions à recevoir au moyen du condensateur variable Ca de o,5/toc»Q à i/iqoo mjerp-jtarad,
- Nous avons pu ainsi avec ce montage et un amplificateur à 5 lampes obtenir en Bretagne, à 400 km. de Paris, d'excellentes auditions en haut parleur des émissions de Radio-Paris, de la Tour Eiffel, de
- cD
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- "O B1 /7l orrs f: grille I
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- -Ofborne-4- voltsl
- /////MM
- Fig. 7. — Montage en Tesla avec prise de terre seule.
- L,, primaire apériodique; b2, secondaire accordé à l’aide du condensateur variable f.j. B., IL, bornes reliées à l’amplifïcnteur.
- Chelmsford, des P. T. T. et des postes anglais sur ondes courtes.
- Ces dispositifs n’exigent donc, en réalité, l’emploi d’aucune antenne, mais l’on cite souvent des essais effectués avec des antennes de fortune plus ou moins inattendues et bizarres, masses métalliques de lits, de coffre-forts, de toits, de balcons, lignes de sonnerie, de téléphone, etc.... On emploie, dans ce cas, un appareil
- -OB, ! borne grille)
- -08 borne-droits)
- L — Montage avec primaire apériodique L pour emploi d’une antenne de fortune.
- A, extrémité reliée à l'antenne de fortune; M,, manette de fractionnement. du primaire. L, ; I,2, secondaire fractionné, par la manette M2 ; C2 , condensateur variable, du secondaire: I,2, bobine additionnelle; B, IL, bornes reliées à la grille de la première lampe et à — 1 volts.
- d’accord avec primaire apériodique du genre du « Col-lector » que nous avons décrit dans La Nature.
- L’antenne de fortune est reliée au primaire L, comportant quelques spires et fractionné par une manette M, à plots. Un condensateur d’arrêt Cj est employé lorsqu’il y a danger de mise à la terre d’une ligne électrique (fig. 8). -
- Les spires du primaire entourent le secondaire formé par une bobine en fond de panier, également fractionné par une manette Ma à plots. Le secondaire est accordé sur la longueur d’onde des émissions à recevoir au moyen du condensateur d’accord C2 et, s’il y a lieu, d’une bobine additionnelle L'Sr intercalée dans le circuit.
- Notons à titre de curiosité et, bien que cette remarque ne s’applique pas, en réalité, au sujet de cet article, que l’enroulement d'un cadre ordinaire peut servir d’antenne, une seule extrémité du fil est alors connectée à la place de l’antenne ordinaire (fig. 9). On peut ainsi obtenir d’excellentes auditions à grande distance et éliminer partiellement les bruits parasites inévitables avec une antenne extérieure.
- Nous avons indiqué à nos lecteurs d’assez nombreux exemples de montages permettant d éviter l’emploi d’une antenne ou d’un cadre ordinaire. Toutes les réceptions « sans antenne ni cadre » sont généralement obtenues par des dispositifs qui peuvent être assimilés au* exemples que nous gvons cités, P, Hémabpinqueu,
- vmm.
- Fig. g. — Emploi de l’enroulement S d’un cadic comme d’une antenne de fortune.
- L,, bobine d’accord avec condensateur variable C, en dérivation ; B,, borne reliée à la grille de la première lampe de i’amplilicatour; B2, borne reliée à—-i volts.
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- VARIÉTÉS
- OBSERVATIONS SUR DES PHÉNOMÈNES DE RÉFRACTION
- Au cours des voyages que nous avons faits, il nous est arrivé à plusieurs reprises de faire des observations curieuses sur dès phénomènes de réfraction.
- Au début de septembre 1907, nous quittions Marseille à bord A’Ile-de-France pour une croisière en Grèce. 11 était environ minuit, quand nous laissâmes derrière nous le phare tournant du Planier. Le navire courut parallèlement à la côte et à 5 heures du matin, nous étant levés, nous aperçûmes le massif de l’Estérel, baignant dans une lumière pourpre. On distinguait à l’œil nu les moindres arbres et jusqu’aux plus petits détails des maisons, comme si nous étions à quelques dizaines de mètres de la côte. La montagne nous écrasait littéralement de sa masse. Or nous en étions à une cinquantaine de kilomètres.
- Au bout de quelques minutes, on vit ce magnifique tableau perdre peu à peu ses couleurs et se rapetisser au fur et à mesure que le soleil montait derrière l’Es-térel. La gloire de buée pourpre disparut ; l’Estérel rapetissa peu à peu jusqu’à n’être plus qu’un minuscule point gris au-dessus de la mer bleue. La Méditerranée était d huile ; il n’y avait pas un souffle de vent. Nous venions d’assister à un phénomène parfaitement connu, bien qu’assez rare : la vision rapprochée ou télévision. Ce phénomène ne se produit guère qu’au lever ou au coucher du soleil ; le paysage est pour ainsi dire projeté vers l’observateur par le soleil qui se trouve placé derrière le tableau.
- Pour que le phénomène puisse se produire, il faut que l’air soit extraordinairement pur et sec, et qu’il n’y ait pas le moindre vent. C’est là un phénomène bien connu des marins et des alpinistes, mais rarement peut-être il ne s’est montré comme le 8 septembre 1907 au matin dans le golfe du Lion.
- Un autre phénomène très curieux, et dont tout le monde a entendu pai'ler, est celui du mirage, la fata mor-gana (fée Morgane) des Allemands. Nous en avons vu de curieux exemples à la fin de juillet 1908. Nous faisions
- alors avec Ile-de-France une croisière en Norvège et Russie boréale. Sortis du détroit de Kola, nous entrions dans la mer Blanche. Il était environ 1 heure du matin. Le soleil était couché, mais la nuit était littéralement blanche ; on ne voyait pas les étoiles. Le crépuscule d’un jour ne fait qu’un avec l’aube du jour suivant à cette latitude et à cette époque de l’année. L’eau de la mer avait une couleur intermédiaii'e entre le blanc et le gris plombé. Les phénomènes de mirage, que nous avons observés, furent de deux sortes. Tout d’abord, nous vîmes des navires renversés en l’air au-dessus des véritables navires. En second lieu, nous observâmes une île tabulaire, de forme rectangulaire, qui, quelques milles plus loin, nous apparut sous une forme ovale. Ce phénomène de déformation s’apparente évidemment au mirage. Nous n’en connaissons pas l’explication exacte, mais nous savons qu’il est signalé dans les Instructions nautiques.
- Trois ans plus tard, le dimanche 26 juin igti, nous vîmes à Iéna un faux soleil (falsche Sonne). Le soleil était couché depuis une demi-heure, quand brusquement une lueur d’un jaune doré éclaira brusquement les montagnes situées sur la rive droite de la Saale, le Jenzig notamment, c’est-à-dire à l’est de la ville, puis les prairies le long de la rivière. De la montagne on apercevait nettement le soleil. Ce phénomène dura jusqu’à 11 heures ou à 11 h. 1/2, puis la lueur s’éteignit brusquement. Une belle nuit d’été commença. Cette fois encore, tout comme dans les phénomènes précédemment observés, il n’y avait pas un souffle d’air.
- Tous les journaux de Thuringe parlèrent les jours suivants de ce faux soleil.
- A Friedrichsroda, ou mieux au Gross-Inselsberg (cote 916) et au Ivlein-Inselsberg (qui dépasse 700 m.), on fit les meilleures observations ; il en fut de même dans le Harz. Mais il ne nous souvient pas que, de toutes les explications proposées, une seule ait été réellement satisfaisante. R. Le Conte.
- HYGIENE ET SANTÉ
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- SANGLOTS ET HOQUET
- Le hoquet est à Tordre du jour dans la littérature médicale. On a fait, tout récemment, à son sujet, des constatations qui ont permis de se rendre mieux compte de son mécanisme et de ses causes, constatations parmi lesquelles il y a pas mal de choses amusantes et intéressantes à glaner.
- Le hoquet est, avant tout, un spasme de ce large muscle qui forme en quelque sorte le plancher du thorax et qui, en se contractant, oblige les poumons à se dilater. Les deux nerfs de ce muscle portent le nom de nerfs phréniques, mot apparenté aux expressions frénésie et frénétique qui montre que les Anciens établissaient autrefois quelques relations entre certains phénomènes psychologiques et les fonctions de ce nerf.
- Tout ce qui fait exagérément fonctionner le diaphragme a donc des chances d’exciter le nerf phrénique et de provoquer le hoquet. C’est le cas des pleurs qui déterminent, surtout chez les enfants, une crise de hoquet. On sait, d’ailleurs, que hoquet se dit en latin singultus, d’où notre mot sanglot est venu.
- De même, une excitation quelconque de ce muscle, soit par de trop grosses bouchées qui viennent dilater l’ouverture par où il donne passage à l’œsophage, soit par un estomac trop rempli, à la suite d’un repas trop copieux ou du fait d’un défaut de fonctionnement, c’est-à-dire d’une dilatation aiguë, détermine parfois des crises de hoquet.
- Mais le hoquet peut, en outre, être provoqué par une irritation du bulbe ou même de certains noyaux de la base du cerveau, région où naît le nerf phrénique. Lorsque le hoquet est ainsi provoqué par une irrita-
- tion des origines du nerf phrénique c’est, le plus souvent, une inflammation microbienne de cette région qui est en jeu. Des germes encore inconnus vont se loger au voisinage de ces origines, déterminent un afflux de sang et des leucocytes et déclanchent ainsi le hoquet.
- Telle est la nature de.ce hoquet épidémique dont on signale de nouvelles attaques, particulièrement dans l’Europe centrale. Cette maladie qu’on a cru bon de découvrir de nouveau vers 1920, a été déjà signalée maintes fois. On la connaissait en i58o. On Ta vue encore en 1729. Il semble qu’elle soit fort bénigne. C’est tout au plus si elle laisse après elle un peu de fatigue, que du repos et quelques toniques font rapidement disparaître.
- Cependant, elle est apparentée à la grippe, car on Ta souvent signalée au début des épidémies de grippe. Elle aurait également un certain degré de parenté avec cette terrible encéphalite léthargique qui, elle aussi, s’observe avant certaines épidémies de grippe et qui s’attaque à des régions du cerveau assez voisines de celles auxquelles s’attaque la maladie dont nous nous occupons.
- Cela explique qu’on observe des formes graves de hoquet, sur la nature desquelles nous ne sommes pas très bien renseignés. Le fait est qu’on a vu des hoquets durer des semaines, des mois et même des années, empêcher le sommeil, déterminer, en un mot, un état de marasme extrêmement grave qui a directement entraîné la mort.
- Les remèdes qu’on a proposés contre cette affection, qui, le plue souvent, prête à rire, et qui, d’autres fois,
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- HYGIENE ET SANTE
- ».
- comme on vient de le voir, est sérieuse, sont innombrables.
- D’abord, contre ces formes graves de hoquet, on a préconisé des interventions au cours desquelles on coupe ou on arrache le nerf phrénique de manière à empècher-le diaphragme de se contracter spasmodiquement. Mais cela même n’a pas toujours donné des résultats, parce que ce spasme est le résultat d’une contraction de tout l’ensemble des muscles inspirateurs et non pas seulement du diaphragme.
- En ce qui concerne le hoquet épidémique, c’est là une affection contre laquelle il n’y a pas grand’chose à faire, si ce n’est suivre les conseils de son médecin qui agira suivant les circonstances.
- En revanche, contre le hoquet qui survient après un bon repas ou sans raison apparente, et qui cesse d’ordinaire spontanément assez vite, le nombre des remèdes qu’on a préconisés est fantastique. Cela s’explique, parce que cette affection présente souvent des causes plus ou moins psychiques, comme lorsqu’elle succède aux pleurs et, alors, tout médicament psychique, pourvu qu’il soit proposé avec autorité, réussit à la faire cesser instantanément. C’est ainsi que souvent on recommande de faire peur à ceux qui ont le hoquet. D’autres fois on prescrit de boire un verre d’eau en trempant ses lèvres dans le verre par le bord diamétralement opposé à celui où on les trempe d’ordinaire. Pour faire couler l’eau dans la bouche il faut alors se pencher, non pas en arrière, mais en avant.
- D’autres remèdes consistent, les uns à comprimer légèrement les deux yeux, d’autres à comprimer les deux côtés du cou, soit très haut, presque derrière les oreilles, soit à la base du cou sur les trajets des nerfs phréniques. On recommande encore de s’accroupir de manière à relever fortement les genoux et à comprimer le ventre avec les cuisses ou d’appuyer fortement sur l’épigastre.
- Un remède ingénieux qu’un Japonais a récemment préconisé, consiste à faire éternuer en introduisant une paille ou une plume dans le nez. Ce procédé est aussi logique et présente assurément moins d’inconvénients que celui qui consiste à faire peur. En effet, il y a au point de vue nerveux une parenté étroite entre l’éternuement et le hoquet. L’un et l’autre sont des spasmes des muscles respirateurs, de telle sorte qu’en déclanchant l’un de ces spasmes on a des chances d’empêcher l’autre.
- Mais il est évident que ce serait changer son cheval borgne contre un aveugle que de guérir un hoquet tenace en acquérant une crise d’éternuement incoercible. Il est vrai cependant que ces crises d’éternuement sont rarement observées et que nous possédons un excellent moyen de les empêcher. Ce moyen est assez peu connu pour qu’il vaille la peine, en terminant, de le rappeler. Il consiste à pincer fortement la cloison nasale dès que se font sentir les premiers chatouillements signes pré-moniteurs d’éternuement. Mais il faut y penser.
- Dr P.-E. Moriiakdt.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Ï1 est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communications.— A propos de la désinfection des semences (n° a635). — Nous avons signalé, dans les Informations, les recherches récentes de deux agronomes anglais, MM. Salmon et Wormald, sur le traitement des semences de blé par le formol pour le préserver des maladies cryptogamiques, et notamment du charbon et de la carie. Ajoutons qu’il existe un autre produit qui a depuis longtemps fait ses preuves en France, le lysol, que prépare la Société française du Lysol, 65, rue Parmentier, Ivry-sur-Seine (Seine).
- Réponses. — II. F., 1748. — Utilisations des marrons d’Inde : fabrication de la saponine ; alimentation du bétail (après traitement par l’eau bouillante).
- Utilisation des glands : alimentation des porcs, de la volaille; succédané du café.
- Consulter l’ouvrage du Professeur Arturo Bruttini : Ramassage et utilisation des déchets et résidus. Institut international d’Agriculture, Rome, 192a.
- M. A. M., à Rouen. — A notre avis, l’emploi du goudron sur le sol de votre magasin à grains aurait pour résultat de communiquer à ceux-ci une odeur qui les rendrait iuemployables pour la consommation. Nous pensons que le mieux serait d’utiliser l’asphalte qui ne présenterait pas cet inconvénient.
- M. Lamirault, à Sens. — La caractéristique des graisses consistantes est d’incorporer aux huiles minérales de graissage un savon de chaux qui en diminue la fluidité à température élevée. Vous pouvez prendre comme type la formule suivante que vous modifierez
- suivant la consistance à réaliser :
- Chaux éteinte.................... 4 kg
- Eau ordinaire.....................10 —
- Huile végétale ou animale .... 10 —
- Huile minérale de graissage ... ?5 —
- Délayer peu à peu la chaux en y ajoutant l’eau, porter à l’ébullition et y verser doucement l'huile végétale ou animale, maintenir l’ébullition deux heures, puis incorporer l’huile minérale, faire encore bouillir 2 heures, laisser reposer et soutirer l’eau qui se trouve à la partie
- inférieure, passer sur une toile la graisse encore fluide, couler dans les récipients. — N. B. Toutes les graisses ou huiles saponifiables peuvent être employées.
- M. Renard, à Khanguet-el Hadjaj. — Si vous avez préparé de la bouillie bordelaise dans la pièce, les souillures du carrelage sont constituées par de l’hydro-carbonate de cuivre, mélangé de carbonate de chaux. Pour les enlever, il vous suffira très probablement d’opérer ainsi : Constituer un pinceau grossier en fixant un vieux chiffon au bout d’un bâtonnet et imbiber les taches d’acide chlorhydrique étendu de son volume d’eau (acide muriatique du commerce), il se produira une effervescence et la teinte passera du bleu clair au vert, les sels de cuivre et de chaux seront ainsi transformés en chlorures solubles que vous enlèverez facilement au moyen d’une éponge en rinçant chaque fois, celle-ci dans de l’eau propre. Répéter au besoin l’opération pour les taches qui auraient résisté à une première intervention d’acide.
- E. G., à Laval. — Le blanc d’œuf est un clarifiant imparfait des liqueurs de ménage, attendu que l’on ne peut porter à l’ébullition pour coaguler l’albumine, sous peine de perdre de l’alcool. Heureusement, il existe un procédé très simple que nous a^ons employé avec succès depuis de nombreuses’années, qui consiste à ajouter à la liqueur complètement terminée et froide, une cuillerée à soupe de lait. Le mélange est à ce moment parfaitement trouble et d’aspect peu engageant, mais il ne faut pas s’en inquiéter, car, par simple filtration sur papier, ou obtient un liquide d’une limpidité parfaite. Bien entendu, cette filtration est d’autant plus longue que le liquide est plus riche en sucre, mais il suffit de couvrir l’entonnoir d’un carton et de laisser la filtration s’opérer à loisir.
- MM. Piot, à Ciry-le-Noble. — Nous ne connaissons pas particulièrement la pâte à polycopier que vous désignez sous le nom de pierre humide, mais nous pensons, d’après le nom, qu’il s’agit d’un produit analogue à la composition suivante :
- Argile sèche . . , , . 600
- Eau ordinaire. . , . . 100
- Sucre blanc. , . . 5o
- Glycérine a5o
- Faire dissoudre le sucre dans l’eau et incorporer progressivement la solution à l’argile, ajouter finalement la glycérine et garnir les cadres de la pâte obtenue. N, R, Il s’agit d’argile séchée à l'air et non au
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- BOITE AUX LETTRES
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- four, car, dans ce dernier cas, la surrhauffe pourrait faire perdre complètement à l’argile ses propriétés plastiques,
- M. Bigotte, à Frescaty, Metz. — Pour graver l’acier, on opère ainsi : chauffer légèrement le métal et l’enduire d’un mélange de cire, et de noir de fumée, laisser refroidir, puis avec un stylet tracer l’inscription en mettant le métal à nu, épousseter avec un pinceau pour enlever les petits copeaux de cire, puis déposer à la surface quelques gouttes d’un mélange de :
- Acide nitrique ... io cent, cubes.
- Acide chlorhydrique, io —
- Eau ordinaire. ... 40 —
- Répéter l’addition d’acide suivant la profondeur de gravure que l’on veut obtenir, puis, lorsque l’on juge l’attaque suffisante, rincer à l’eau claire, essuyer et chauffer légèrement pour amener la fusion de la cire que l’on enlève avec un chiffon portant une pincée de noir de fumée, de manière à garnir les creux pour rendre l’inscription plus visible.
- M. Gautier, à Lyon. — Vous pouvez prendre comme type de composition pour parquets sans joints la formule suivante :
- Magnésie calcinée.............55 kg
- Sciure de bois................i5 —
- Amiante....................... io —
- Poudre de liège...............10 —
- Matière colorante minérale. . 10 —
- Ajouter aux 100 kg de la composition précédente 85 litres de solution de chlorure de magnésium de manière à obtenir une pâte maniable, appliquer sur le sol, lisser et attendre durcissement complet avant de livrer à la circulation. Vous trouverez les produits magnésiens sus-indiqués dans les maisons suivantes : Blanc, 88, boulevard Magenta ; Etablissements Tencé, 34, rue de la Justice, à Aubervilliers, Seine; Iven, 22, rue des Acacias, à Villemomble, Seine; Société française des Produits magnésiens, 20, rue Baudin, Paris, ge ; Produits magnésiens de Villeneuve d’Aveyron, 136, rue de Vaugirard, Paris.
- M. Gillon, à Fayence, Var. — i° Vous êtes des mieux placés pour vous procurer des fleurs de pyrèthre fraîches, puisque cette plante est cultivée dans le Midi; à notre connaissance, il existe deux centres de culture véritablement industrielle : au Domaine de Signac, à Bagnols-sur-Cèze, Gard et d’Aquiera, à Taval, Gard. i° Nous ne connaissons pas la composition de la spécialité en question, le fabricant n’en ayant pas divulgué la formule.
- M. Iront, à Donzy, Nièvre. — i° Vous pouvez éviter Y altération de l’écriture sur vos plaques de zinc en recouvrant celles-ci de vernis blanc transparent que vous trouverez chez tous les marchands de couleurs, à moins que vous ne préfériez employer une solution d’acétate de cellulose dans l’acétone à la dilution de 5 pour 100. 20 L'encre à écrire sur zinc est de préparation facile et économique.
- Prendre :
- Sulfate de cuivre............ 2 gr. 5
- Chlorate de potasse. ... 2 gr. 5
- Eau ordinaire ...... gr.
- Glycérine....................20 gr.
- Ajouter si on le désire un peu de noir d’ivoire pour guider dans l’exécution de l’écriture, se servir d’une plume d’oie, le zinc étant préalablement nettoyé à la toile émeri, laisser sécher, rincer à l’eau pure. 3° 11 nous semble que de simples cartons bristols sur lesquels vous écririez à l’encre de Chine et que vous tremperiez dans la solution d’acétate de cellulose ci-dessus, après séchage de l’écriture, seraient d’un meilleur effet et tout aussi durables.
- M. Jean de Bigarre, à Paris. — La paraffine est encore le meilleur moyen de protection des fûts que vous puissiez employer, si ces fûts sont destinés à contenir des produits chimiques en solution. La fusibilité de la paraffine n’est nullement un obstacle, car la difficulté peut être tournée facilement, en effectuant les dissolutions à chaud dans des vases métalliques et en ne faisant la mise en fûts qu’après refroidissement.
- M. Cherpin, à Docelles, Vosges. — i° Il est plus que probable que Vendait de la voûte est un badigeon à la chaux qui s’est carbonatée au contact de l’air. S’il en est ainsi, vous devez pouvoir l’enlever assez facilement par l’acide chlorhydrique étendu (acide muriatique du
- commerce additionné de trois--à'' quatre volumes d’eau ordinaire). Rincer ensuite à l’eau pure pour dissoudre le chlorure de calcium formé. 20 S il s’agit de peintures extérieures, employer les peintures à l’huile, pour les intérieurs, les peintures au silicate présenteront une solidité suffisante.
- M. Magnery, à Liège. — i° Les craquelures que vous constatez sur votre plafond ne proviennent pas du badigeon, mais du crépis sur lattis. Avant de badigeonner,
- 11 faut d’abord reboucher au moyen de plâtre à mouler; s’il se produit de nouvelles fissures, c’est que le cré.pis est à refaire et ne présente plus assez d’adhérence sur lattes. 2° Les faux cols dont vous parlez, ne sont pas enduits de caoutchouc, mais dune solution de nitro-cellulose dans l’acétone et l’acétate d’amyle; quand cette nitrocellulose subit une réduction sous l’influence de la sueur, elle jaunit et malheureusement il n’y a plus rien à faire. C’est pourquoi il est préférable d’employer des faux cols qui ont été préparés à l'acétate de cellulose qui ne présente pas cet inconvénient.
- Mme de Reverseaux, à Semur-en-Vallon. — Pour remettre en état un carrelage ancien, qui poudre, on commence par appliquer encore chaude, au moyen d’un large pinceau, la mixture suivante :
- Eau ordinaire ........... 5 litres
- Colle de Flandre. .... 25o grammes.
- Rouge de Venise...........400 —
- Faire gonfler la colle dans l’eau froide pendïnt
- 12 heures, liquéfier au bain-marie, puis incorporer le rouge de Venise.
- Deux couches successives sont ainsi appliquées à un jour d’intervalle ; quand elles sont bien sèches, on encaustique avec :
- Eau ordinaire.................. 12 litres.
- Savon en copeaux...............a5o gr.
- Cire jaune.....................j5o —
- Carbonate de potasse ... 100 —
- Porter à l’ébullition, que l’on maintient jusqu’à homogénéité du mélange, laisser refroidir en remuant, étendre également au pinceau, après séchage, faire briller à la brosse.
- M. Blum, à Strasbourg. — i° Le réémaillage d’une baignoire n’est pas à la portée de l’amateur, car cette opération s’effectue en saupoudrant la pièce encore rouge de borate de plomb, il faut donc faire repasser la baignoire en fabrique pour que la couche soit bien régulière; nous pensons que les Emailleries de Noyon (Oise), seraient susceptiblesjde se charger de ce travail. 20 Tout révélateur alcalin a une tendance à s’oxyder au contact de l’air, on peut diminuer la surface de contact en introduisant dans le flacon, après chaque prélèvement, une quantité suffisante de billes de verre propres, de manière à ramener le niveau du liquide jusqu’au goulot ; mais, à notre avis, le procédé le plus pratique est, après avoir préparé le révélateur, un litre par exemple, de le répartir en petits flacons de 5o ou 100 cm3 que l’on bouche bien au liège propre et dont on trempe le goulot dans la cire fondue. On ne met ainsi en service que la quantité juste nécessaire et on a en outre l’avantage d’avoir une action réductrice régulière, sans coloration du bain gênant l’observation de la venue de l’image.
- M. le D* Bernard, à Hyères. — Le peu de place dont nous disposons ne nous permet pas de traiter une question aussi étendue que celle de la décoration des terres cuites, vous trouverez des monographies très complètes sur les travaux d’art décoratif dans les maisons suivantes : Berville, 25, rue de la Chaussée d’Antin ; Laurent, 6, rue deTournon; Sennelier, 3o, quai Voltaire.
- M. Pilliat, à Pont d’Inca, Baléares. — i° La fixation des culots métalliques sur les ampoules de verre se fait simplement au plâtre fin ou plâtre à mouler. a° Vous pourrez préparer une encre blanche pour écrire par exemple sur carton noir en prenant :
- Silicate de soude. . . grammes.
- Sulfate de baryte . . 25 —
- Agiter au moment de l’emploi pour bien mettre en suspension le sulfate de baryte et entre temps tenir fermé avec un bouchon de liège afin d’éviter la concentration.
- N. B. — Cette encre peut s’employer avec les plumes métalliques. Dans le cas où l’encre serait destinée à marquer des bouteilles placées à la cave, elle peut être constituée sans difficultés en délayant du blanc de céruse broyé avec de l’essence de térébenthine.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Notre maitre. Le Temps, par Ch. Nordminji. i vol. 224 p. Hachette, éditeur, Paris, 1924. Prix : 7 fr. 5o.
- Qu'est-ce que le Temps? Grave et redoutable question ; depuis quily a des hommes et qui pensent, elle fait l’objet des méditations des philosophes, des moralistes et des savants; elle n’a pas encore reçu et ne recevra sans doute jamais de réponse définitive. Cependant, la vie pratique exige impérieusement une réponse claire, ne fut-elle que provisoire; les astronomes, au prix de pénibles efforts poursuivis depuis l’origine de la civilisation, ont réussi à donner satisfaction à ce désir essentiel. Dans son nouvel ouvrage, M. Nordmann fait ressortir nettement ces deux aspects si différents de la question du temps ; il explique, d’une façon très attrayante, souvent avec une pointe de poésie, comment l’humanité a réussi à placer des repères périodiques dans l’océan infini du temps : années, saisons et jours; comment elle a réussi à mesurer le temps, en le décomposant en fractions égales et en utilisant comme horloge la sphère étoilée ; après ces premiers chapitres d’aimable vulgarisation, il aborde la question philosophique, sous l’aspect où elle se pose à nouveau de nos jours, à la suite des controverses relativistes ; M. Bergson, on le sait, a, sur ce point fondamental de la relativité du temps, pris parti contre Einstein. M. Nordmann expose et réfute les arguments du grand philosophe français.
- Distillation du bois, par G. Dupont, i vol. in 8 de xv-284 p. Editeurs, Gauthier-Villars et Ci3, Masson et C10, Paris, 19*24. Prix : 25 francs.
- L’industrie de la distillation du bois se développe rapidement, en raison surtout des précieux sous-produits qu’elle fournit. L’auteur de ce livre est l’un des créateurs de l'Institut du Pin à la Faculté des Sciences de Bordeaux et possède sur cette question aujourd’hui à l’ordre du jour une compétence remarquable. Aussi son ouvrage rendra-t il de grands services à tous ceux qui cherchent à perfectionner cette industrie chimique. L’auteur rappelle d’abord quelle est la composition chimique du bois; puis il décrit rapidement les procédés de distillation destructive, pour passer avec plus de détails aux procédés modernes de distillation en vase clos. Il montre ensuite comment on recueille et l’on traite les produits de distillation, et enfin il étudie les diverses industries dérivées de la distillation du bois : fabrication de l’acide acétique et de ses dérivés, fabrication de l’alcool méthylique et de ses dérivés.
- Red Deer Slalhing in New Zealand, par T. E. Donne, 1 vol. in 8, 270 p , 32 pl. Constable, Londres. Prix relié : 21 sh.
- Le capitaine Donne a vécu longtemps en Nouvelle Zélande, et l’a parcourue en tous sens ; il y a chassé le cerf rouge; il y a aussi beaucoup observé le pays, les bêtes et les gens et il raconte avec humour tout ce qu’il a vu. Ce livre est donc un livre de chasse et un récit de voyage. Chemin faisant, l’auteur renseigne l’étranger sur les distances, les altitudes, le climat, les oiseaux qu’on rencontre, les Maoris, leurs coutumes, leur folklore, aussi bien que sur les péripéties de la chasse et le tout forme une lecture charmante, vivante, pleine d’esprit.
- Précis de parasitologie humaine, par P. Verdun et A. H. Mandoul, 3° édition, 1 vol. in-12, 937 p., 4^4 fig-, 4 pl. Gaston Doin, Paris. Prix cartonné : 4h fr> 5o.
- Précis à l’usage des étudiants en médecine et des praticiens, traitant d’une manière simple et élémentaire des principaux parasites de l’homme. Dans chaque cas, le parasite, mensuré, bertillonné, fixé dans ses traits essentiels, est suivi pas à pas dans sa marche à travers les tissus. On assiste aux péripéties du conflit entre celui-ci et l’hôte. Les manifestations du premier, les réactions du second sont examinées dans l’ordre chronologique depuis l’agression parasitaire jusqu’à la constitution de la lésion spécifique.
- C’est ensuite la revanche de la victime, la lutte de l’homme contre son agresseur, le parasite. A ce dernier, le premier oppose les mesures que lui dicte la connaissance scientifique de la pratique propre de son adversaire. A ce point'de vue, citons : la lutte contre les mouches et les moustiques, la désinsectisation et la dératisation, sujets d’actualité qui sont largement traités.
- Les techniques, réduites à un petit nombre, judicieusement choisies, viennent se ranger tout naturellement à côté des groupes de parasites auxquels elles se rapportent.
- Annuaire statistique (Statistique générale de la France), 39® vol. 1923. 1 vol. 4<>3 p. Paris, Imprimerie Nationale, 1914.
- Ce précieux volume, riche en renseignements de tous ordres, contient les plus récentes statistiques intéressant les mouvements démographiques, économiques et fiscaux en France et dans les colonies.
- Production et consommation des engrais chimiques dans le monde. 3eédition. 1 vol. in-8, 266 p., 99 pl. Institut international d’Agriculture, Rome. Prix : 25 francs.
- L'Institut International d'Agriculture de Rome, visant, parmi ses buts si importants au point de vue mondial, la statistique de la production et de la consommation des engrais chimiques dans les divers pays, vient de publier la 3° édition d’un travail qui met sous les yeux du lecteur tout le vaste mouvement international de ces engrais. Les matériaux qui ont servi pour l’élaboration de cette nouvelle édition ont été puisés dans une enquête détaillée que l’Institut a effectuée auprès des Gouvernements adhérents et de quelques autres institutions compétentes.
- La grande question des engrais chimiques, intéressant à la fois l’agriculture et la grande industrie, est traitée avec une amplitude telle et d’une façon si détaillée que les multiples faces du problème ressortent très clairement. La publication se divise en six chapitres, dont les deux premiers servent respectivement d’introduction et d’exposition de la production mondiale des eDgrais chimiques. La partie à la fois la plus originale et la plus délicate est le chapitre suivant qui présente en plus de 5oo tableaux statistiques, les données du mouvement des engrais chimiques dans les divers pays. Pour la première fois, on y trouve, pour la période de 1913 à 1922, le mouvement général des superphosphates, des scories de déphosphoration, des os, du guano, des sels potassiques, du nitrate de soude, du sulfate d’ammoniaque, de la cyanamide et la consommation de ces engrais : réelle et potentielle. La consommation est rapportée à la superficie labourable et aux groupes caractéristiques de cultures intensives, en déterminant ainsi statistiquement le minimum d’engrais qu’il faut à chaque pays pour obtenir du sol tous les bénéfices possibles.
- Cette mise au point exacte de la grande question économico-rurale des engrais est une mine inépuisable de suggestions et de renseignements révélateurs, du plus haut intérêt économique international. C’est la première fois qu’on présente toutes les données de ce problème, clairement classées.
- Deux autres chapitres traitent respectivement de la consommation mondiale et de la convenance économique de l’application des engrais chimiques.
- Enfin, un chapitre spécial en appendice donne les réponses de quelques Gouvernements au questionnaire dressé par l’Institut. Ces documents intéressants ouvrent la voie pour une autre question relative au commerce des engrais et qui attireront l’attention des législateurs et des techniciens sur la question des fraudes, si préjudiciable à* la fois à l’agriculture et à l’industrie des mêmes engrais.
- Le volume se termine par un atlas d’une centaine de planches renfermant 260'diagrammes et 6 cartes planisphériques, de manière que les chiffres contenus dans le texte, dont ces planches sont une image fidèle, viennent, pour ainsi dire, se concréter aux yeux du lecteur. .
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- LA STATURE
- Supplément.
- N° 2640
- 8 Novembre 1924
- Le système métrique au Japon. — Le Temps jj annonce que l’introduction du système métrique au Japon est un fait accompli depuis la promulgation de l’ordonnance impériale du i5 mai dernier qui a décrété l’entrée en vigueur, le ior juillet, de la loi du 11 avril 1921.
- Le délai de cinq ans imparti aux administrations, bureaux, oflices, établissements publics, pour opérer la transformation de leur système de mesurage a été porté à dix ans au maximum. Passé ce délai, l’usage des anciennes mesures entraînera des pénalités prévues par la loi.
- Les ministères de la guerre et de la marine avaient déjà adopté le système métrique; les chantiers de construction de navires de commerce viennent d’en faire autant.
- Le comité de reconstruction de Tokio et la municipalité viennent d’établir le plan de reconstruction de la cité en mètres ; des ingénieurs des ponts et chaussées sont occupés depuis plusieurs mois à refaire tous les plans du cadastre suivant les nouvelles dénominations.
- Dans les écoles primaires, l’enseignement du système métrique est obligatoire depuis le mois d’avril et les mesures anciennes ne sont enseignées aux élèves accessoirement qu’à titre de renseignement.
- Depuis la guerre, c’est la quatrième puissance qui adopte le système métrique.
- La réparation du « Shenandoah ». — On se rappelle certainement l’aventure du dirigeable américain Shenandoah qui fut arraché de son màt d’amarrage par la violence de la tempête. Il est maintenant bien établi, d’après le témoignage d’un des officiers, que l’avarie commença par une déchirure à l’avant d’environ 7 m. 5 de hauteur sur 22 m. 5 dé longueur.
- Le vent put alors pénétrer à l’intérieur et démolir la carcasse en même temps qu’il déchirait l’enveloppe.
- Il se produisit un effort tendant à faire tourner le Shenandoah autour de son axe horizontal. Pour empêcher les efforts de torsion sur la carcasse du dirigeable au point d’attache de l’avant, le dispositif de liaison est pourvu de roulements à billes qui doivent théoriquement permettre le mouvement de rotation. Or, ce système ne fonctionnait pas convenablement et finit peu à peu par brouter. Il en résulta des efforts de torsion très violents sur le nez du dirigeable et peu à peu l’enveloppe métallique, qui le recouvrait sur quelques mètres, fut arrachée. D’ailleurs, au moment où se produisit cette avarie, une station météorologique, qui n’était pas très éloignée du màt d’amarrage, a enregistré un vent de 115 km à l’heure.
- En prévision d’un autre désastre, on a cherché un dispositif automatique qui lâcherait le ballon lorsque la pression due au vent excéderait une certaine valeur, par exemple celle due à un vent de 70 km à l’heure. Des officiers du dirigeable ont préconisé un système analogue à celui des bâtiments. On larguerait l’amarrage exactement comme on file son corps mort dans une rade foraine lorsque la mer est grosse et menace de faire dérader.
- On a également parlé de renforcer le nez du dirigeable de façon que si le système de relâchement automatique ne fonctionne pas, ou si le ballon est exposé à une rafale de grande violence, il y aurait une structure suffisante pour maintenir l’amarrage sans aucun dommage.
- On emploierait alors une méthode de renforcement par câbles rattachés au nez métallique et élongés sur la coque vers l’arrière. Cette disposition serait cependant assez difficile à réaliser.
- La réparation du nez métallique a été faite en renforçant les extrémités par des cornières longitudinales. On a soigné d’une manière toute spéciale le dispositif à roulement à billes.
- En réparant les ailettes brisées, on a mis en place un certain nombre d’étais de renfort de la carcasse. Il s’ensuit qu’on a un support beaucoup plus solide pour le nez métallique. Il n’y aura donc vraisemblablement aucune vibration de la coque à cet endroit; ce sont précisément ces vibrations qui ont dû causer les déchirures.
- En dehors des fractures de la carcasse à l'avant et à
- l’arrière, il n’y avait pas d’avaries sérieuses aux autres parties du bâtiment. Les trous qui ont été faits sous la coque ont été produits par la chute de caisses de gazo-line et autres poids afin de faire monter le dirigeable lorsqu’il s’abaissa, à la suite de la rupture de l’amarrage.
- On a cependant fait un important changement, car on a enlevé un des six moteurs, celui qui avait été installé dans la partie arrière de la cabine du pilote. L’espace ainsi récupéré a permis de mettre en place un dispositif radiotélégraphique beaucoup plus puissant. Le poids ainsi économisé servira à augmenter la quantité de combustible, ce qui accroîtra sérieusement le rayon d’action. Il y aura une certaine perte de vitesse, mais les occasions d’utiliser la vitesse maximum sont assez peu nombreuses. C’est pour cela que l’on considère que l’accroissement du rayon d’action à 40 noeuds est d’une valeur militaire beaucoup plus grande que les 5 nœuds de perte de vitesse maximum qui sont la conséquence de l’enlèvement d’un moteur.
- On considère en Amérique que le gros avantage du Shenandoah est d’être gonflé à l’hélium. La possession par les Etats-Unis de la seule source naturelle d’alimentation en hélium du monde entier les place dans une forte position au point de vue militaire et naval. Il n’y a plus aucun danger d’incendie ni d’explosion par le fait du gaz. Naturellement, les moteurs sont toujours exposés à des risques graves d’incendie et le Shenandoah n’en est pas exempt. Cependant, tout le monde affirme qu’un début d’incendie serait d’une importance relativement faible et qu’avec une veille raisonnable, il serait décelé et éteint avant qu’il ait eu le temps de s’étendre.
- Actuellement, le prix de l hydrogène’ est de 5 dollars environ par 1000 m3, tandis que celui de l’hélium atteint 4o à 5o dollars. Il s’ensuit que les Compagnies aériennes se voient contraintes d’employer le gaz le meilleur marché. Dans les conditions atmosphériques normales, 3a kg peuvent être soulevés par 1000 pieds cubes d’hydrogène alors que le même volume d’hélium ne soulève que 29 kg. Il en résulte donc un gain de 3 kg pour l'hydrogène. La force ascensionnelle brute du Shenandoah gonflé à l’hélium est de 57,5 tonnes; avec l’hydrogène, elle atteindrait 62,5 tonnes, soit un gain de 5 tonnes. Avec du combustible pesant 2,7 kg par gallon (4 1. 54) et une consommation o kg 22 par cheval-heure, il en résulterait un accroissement de rayon d’action de 5ao km à une vitesse de croisière de 72 km à l’heure.
- Toutefois, le souvenir des catastrophes du Dixmude et du Roma a impressionné l’opinion des techniciens américains. Pour un but exclusivement militaire, il convient d’employer l’hélium. F. C.
- Le plus puissant moteur Diesel du monde. — Ce
- moteur, actuellement en construction dans les chantiers Blohm et Yoss de Hambourg, a une puissance de 10000 ch. Ce sera, et de loin, le plus puissant moteur Diesel en service dans le monde, la plus forte puissance atteinte dans cette catégorie d’engins ne dépassant pas jusqu’ici 8000 ch, pour des moteurs destinés ’à la propulsion des navires. Le moteur en construction à Hambourg est à 9 cylindres, ce qui représente une puissance de 1670 ch par cylindre. Ou n’avait guère dépassé jusqu'ici 1000 ch par cylindre. Il est à 2 temps et à double effet. L’alésage est de 860 mm. ; la course de iaoo mm. ; la vitesse de rotation de 93,75 tours par minute.
- Le moteur est destiné à une usine électrique de Hambourg, à laquelle il doit, associé à un alternateur électrique de 10000 kilowatts, fournir la puissance nécessaire aux heures de pointes.
- L’Angleterre minée par la mer. — L’hiver dernier a été pour l’Angleterre une saison de pluies anormales, par lesquelles une quantité de terre plus importante encore que d’ordinaire a été entraînée par les rivières jusqu’à la mer.
- Or, en année moyenne, on estime que le sol anglais est diminué, rien que par les érosions marines, d’un volume de terre égal à celui de l’île Sark. Sur le littoral Est seulement, la disparition équivaut en surface à celle de l’île Lundy, du canal de Bristol.
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- INFORMATIONS
- Tous les cent ans, il disparaît par immersion la valeur du Comté de Londres.
- De tous les Comtés, c’est celui du Yorkshire qui a le plus souffert des érosions marines. On a authentiquement relevé les noms d’une douzaine de villages et villes qui ont disparu sous les eaux. Un exemple frappant est celui de Ravenspur, agglomération connue déjà du temps des Romains, qui était sous Edouard Ior une ville prospère et sous Edouard II un port important. On y voyait plusieurs églises et des monuments considérables. En i355, la mer dévasta le cimetière principal. La catastrophe finale, nous dit le Naval and Military Record, paraît s’être produite au milieu du xvT siècle, sans qu’on puisse d’ailleurs l’affirmer, et c’est là une constatation bien mélancolique, que le souvenir de pareilles catastrophes soit si vite sorti de la mémoire humaine !
- Près de i5 agglomérations situées dans la même région ont eu, plus tôt ou plus tard, le triste sort de Ravenspur, parmi lesquelles Hornsea, Harthovn, Hyde, Withernsea, Aldborough qui figuraient encore sur une carte publiée en 1786.
- Dunwich, avec son château, ses 5a églises, les murailles qui l’enserraient et leurs portes de bronze, fut dévasté en 1677 par un raz de marée et moins de 3 ans après il ne restait rien de cette belle cité.
- Sur la côte Sud, la mer a également grignoté le rivage de façon sérieuse. L’actuel Winchelsea est à 3 milles de la côte, mais le vieux Winchelsea a disparu sous les flots; un vieux Brighton, qui s’appelait Brightelmstone, est maintenant loin au large.
- Dans l’Ouest, des portions importantes de falaises se sont éboulées l’hiver dernier, dans le North Devon.
- A Stoke point, une église et son cimetière sont battus par la mer et leur effondrement est imminent. Ce sont les seuls vestiges d’une agglomération qui devait être assez loin de la côte et qui a aujourd’hui disparu.
- Et on est amené ainsi à constater que si la disparition de l’Angleterre par immersion n’est tout de même pas imminente, il n’en existe pas moins une Angleterre de sous les flots d’une certaine importance. S. J/
- Longévité du pollen. — La Revue internationale de renseignements agricoles signale d’intéressantes recherches poursuivies par M. A. Manaresi, à l’Ecole supérieure d’agriculture de Bologne sur la longévité des grains de pollen, susceptibles d’applications pratiques en horticulture où l’on pratique assez souvent des pollinisations artificielles.
- M. Manaresi a placé des grains de pollen soit à sec, dans un exsiccateur à chlorure de calcium, soit en plein air et a noté le temps pendant lequel ils conservent leur faculté germinative, en prenant comme limite le moment où la moitié des grains ne germe plus. Il a ainsi trouvé que la longévité varie beaucoup selon les espèces et les variétés. Par exemple, il donne les temps suivants pour quelques arbres fruitiers :
- Conservation en jours
- Espèces à spc à l’air
- Pommier . . r43-i 83 32-j8
- Poirier . . 97-127 22-27
- Pêcher , . 69-104 2 I
- Cerisier . . 80-126 <T 5 ï
- Prunier . . 127-169 < 4»
- Mirabellier . . 13o <
- Vignes américaines . . . . 46-86 < 'in
- — européennes . . . . quelques < '7
- Pertes de poids des animaux pendant les transports. — Dans la Revue de zootechnie, M. P. Dechambre étudie cette question, intéressante pour décider de l’emplacement des abattoirs, soit dans les centres de consommation, soit dans les régions de production. Au cours de leurs déplacements, soit à pied, soit en chemin de fer, tous les animaux de boucherie perdent du poids. Tout d’abord, leur tube digestif se vide, diminuant le poids vif sans modifier le poids net ; puis, si le voyage dure plusieurs jours, le poids net est atteint à son tour, progressivement, surtout si les animaux sont mal nourris et insuffisamment abreuvés.
- Le premier jour, les bovins perdent de a5 à 5o kg suivant la taille ; un mouton de 40 à 5o kg peut perdre 3 à 4 kg; un veau de i5o kg perd environ 4 kg le premier jour et a kg le second; un porc de 100 à no kg perd 5 à (i kg.
- Si le transport est long, et surtout par temps chaud, principalement pour les porcs qui ne transpirent guère, les fatigues peuvent provoquer une fièvre connue sous le nom de « fièvre de fatigue t> qui déprécie la qualité de la viande.
- Les possessions espagnoles au Maroc. — Au point de vue administratif, les possessions espagnoles au Maroc se divisent en trois parties : un territoire métropolitain, des possessions coloniales proprement dites et une zone de protectorat.
- Ceuta est territoire métropolitain, dépendant de la province de Séville. La ville et sa banlieue occupent une superficie d’une vingtaine de kilomètres carrés; elles avaient une population globale de 34 700 habitants, forces militaires comprises, en 1921. Le bagne de Ceuta a été supprimé en 1910. Le port a une certaine importance, en tant que port d’escale et de cabotage; en 1918, il a même eu un mouvement de 5 millions de tonnes de jauge, mais cette prospérité était momentanée et due à la fermeture du port de Gibraltar au commerce neutre pendant la guerre.
- Les colonies comprennent les présides et Ifui. Les présides ont pour chef-lieu Mélilla et comprennent : les îles Zaffarines ou Chaffarines, Mélilla avec sa banlieue, et deux îlots : le Peîion d’Alhucemas et le Penon de Yelez. Ils avaient en 1921 une superficie globale de 2i3 km® avec 87 000 habitants. Ils forment une colonie à part.
- Ifni est une enclave espagnole dans la partie désertique du Sous. Comme elle n’a jamais été délimitée autrement que par des accords diplomatiques, sa superficie est inconnue : les évaluations varient entre 90 km® et 200 km2. Elle est à peu près inhabitée. Bien que colonie, elle relève nominalement de la province espagnole des Canaries. Le Ri© de Oro est dans une situation analogue.
- Le protectorat espagnol du Maroc a une superficie de 22 468 km®, d’après Y Annuaire général de statistique de la France (année 1923); mais en fait il y a un certain flottement dans les chiffres, la région de l’Ouergha n’étant pas délimitée. Sa population était évaluée en 1921 à 1076400 habitants, soit 47»^ par kilomètre carré, dont 494 400 pour le Rif Oriental et 582 000 pour la Djébala.
- Les étrangers en France. — Le nombre des étrangers en France est en augmentation régulière et constante depuis 20 ans, comme le prouve le tableau comparatif suivant des derniers recensements :
- Nombre total 1901 1906 1911 IÇ)2I
- des étrangers 1.033.871 1.046.000 I .I32.000 i. 6 3 x.262
- Italiens . . . 33o 5oo 377.638 419.234 490.878
- Belges. . . . 3a3.36o 3io.433 287 u6 4i5.546
- Allemands . . 89.772 87.800 102.271 5.947
- Espagnols . . 88.245 80.900 105.760 3o3 141
- Suisses . . . 72.042 68.900 73.422 90 638
- Anglais ... 36.948 35.000 40.378 55.456
- Russes. . . . Luxembour- » 25.600 35.oi6 34.027
- geois . . . 21 -999 t) » i6.36i
- La guerre générale a changé les 1 apports des diffé-
- rentes nationalités, en modifiant les frontières et en
- provoquant le départ en masse de certaines catégories d’étrangers. C’est ainsi que les Allemands sont tombés de 102.271 à 5g47, mais il ne faut pas oublier qu’un grand nombre étaient des Alsaciens-Lorrains, redevenus aujourd’hui Français, et que quelques milliers étaient Polonais ou même Slesvicois; la diminution est donc moins forte, en réalité qu'en apparence. La guerre a déterxiiné par contre un afflux considérable de Belges, fuyant devant l’invasion allemande et restés en Franee à demeure (-|- 127580), et d’Espagnols, trop à l’étroit dans leur péninsule et en quête de travail (+ 197 38i). L’accroissement des Anglais est dû à des causes analogues ; par contre, celui des Italiens et et des Suisses s’explique en grande partie par la réannexion de l’Alsace-Lorraine.
- Depuis le recensement de 1921, les proportions se sont encore modifiées : Russes de Wrangel et Hispa-niols (Juifs espagnols de Salonique) ont afflué en France par dizaines de mille et le recensement de 1926 sera assez différent des précédents.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Travaux publics
- Les routes au silicate de soude. — On sait combien angoissant est devenu le problème de la route, depuis la multiplication des voitures automobiles, touristes ou poids lourds. La route macadamisée ordinaire s’use avec une désespérante rapidité, et les sommes considérables consacrées à son entretien sont vite dissipées en poussière. On essaye et l’on étudie de nombreux procédés : routes en ciment, revêtements divers, destinés à remédier à cette situation, si onéreuse pour le budget, si nuisible à la circulation routière, au tourisme et au commerce. Parmi les solutions proposées, il en est une qui semble accueillie avec faveur par les intéressés; c’est le revêtement au silicate de soude. Expérimenté en France, d’abord par M. Guelle, ingénieur des Ponts et Chaussées à Besançon, qui en a précisé
- dres; il est absolument inutile de chercher à l’employer en association avec des matériaux durs, tels que granité, porphyres, etc.
- Le silicate à employer est le silicate de soude titrant 35° Baumé ; on peut aujourd’hui se procurer ce produit dans de nombreuses maisons.
- Le silicatage n’est pas une opération compliquée; toutefois, il exige quelque expérience qu’il est bon d’acquérir sur un chantier déjà entraîné à son application.
- Ceci dit, voici comment on procède :
- Tout d abord, il faut préparer la chaussée; il faut en piocher les bords sur une épaisseur de o m. 07 pour obtenir un encastrement suffisant, puis la nettoyer si elle est boueuse et l’arroser de façon à détremper la vieille chaussée.
- On approvisionne la pierre cassée (à l’anneau de o m. 04) par tas de 1 m3, le sable calcaire par tas de o m. 35o.
- Fig. 1. — Préparation d’une chaussée silicatée.
- 1, piochage des bords; % nettoyage de la chaussée; 3, confection du mélange; i, répandage.
- la technique, ce procédé paraît, depuis quelques mois, se répandre assez rapidement. Le silicate de soude a la propriété de durcir les matériaux qu’il enrobe. Aussi permet-il de réaliser des chaussées résistantes, même si celles-ci sont construites avec des matériaux friables, ce qui est le cas le plus fréquent, quand on utilise les ressources locales, et qu’on ne peut engager les dépenses nécessaires pour faire venir, souvent de fort loin, des matériaux d’empierrement durs.
- Le silicate de soude, en permettant d’utiliser les ressources locales, offre donc une solution fort économique en principe. L’expérience a montré que les routes ainsi traitées offrent une grande résistance à l’usure provenant de la circulation intensive et à la désagrégation due aux gelées.
- Elles présentent une surface lisse, bien roulante, mais non glissante, donc aussi avantageuse pour la circulation hippomobile que pour l’automobile ; elles ne sont ni poussiéreuses, ni boueuses, elles ont même l’avantage d’être moins sonores que les routes macadamisées ordinaires.
- Il nous paraît donc intéressant de faire connaître, d’après les conseils de M. Guelle, le mode d’emploi de cette utile substance, quand on veut l’utiliser comme liant pour la confection d’une chaussée.
- Il est à noter tout d’abord que le silicate de soude ne s’accorde qu’aYCP des matériaux d'empierrement ten-
- On prépare un mortier en mélangeant 4° litres de silicate à 35° Baumé avec un tas de sable de o m. 35o. Ce mortier est mélangé avec 1 m3 de pierre cassée, préalablement bien arrosée d’eau et l’on brasse soigneusement, de manière que chaque pierre soit entourée d’une gangue de mortier. Ce brassage peut être effectué à la main ou dans une bétonnière. On répand ensuite le mélange sur la chaussée et l’on procède au cylindrage, qui est la seule opération un peu délicate.
- Il doit s’effectuer par sections de 40 m. de longueur au moins et en 2 phases.
- Dans la première phase : le cylindre parcourt la section en commençant par les bords pour finir vers l’axe de la chaussée. Inutile d’arroser; l’eau que renferme le mélange suffit au tassement des matériaux ;. si le temps est sec, les roues du cylindre restent sèches, il n’adhère pas de silicate à leur surface, et il ne se produit pas d’arrachement quand le cylindre passe d’une section cylindrée à une section non encore comprimée.
- Si le temps est humide, il faut mouiller le cylindre pour éviter les arrachements.
- La première phase comprend 20 à 3o passages de cylindre. On le retire alors, et on arrose la section ainsi comprimée à raison de 1 litre à 1 lit. 1/2 d’eau par mètre carré, et l’on recommence le cylindrage sur la section fraîchement arrosée. Le silicate remonte à la surface de la chaussée, mais plus ou moins irrégulière*
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ment; une équipe de 2 balayeurs actifs est alors nécessaire; sous l’action combinée des balais et du cylindre, le silicate s’étend et finit par former un enduit continu. On laisse sécher deux jours et la route peut être livrée à la circulation.
- Yoici les adresses où l’on peut se procurer le silicate de soude convenant à ce travail :
- Société Progil, io, quai de Serin, Lyon; Société Le Silicate, 10, rue Notre-Dame-de-Nazareth, Paris ; Société La Saponite, 9, rue de l’Embarcadère, Charenton ; Ancel, 69, rue de la Goutte-d’Or, Aubervilliers.
- *l> Aviation <«*
- Avertisseur-extincteur automatique pour avions. — L’un des plus graves dangers auxquels l’avion soit exposé est l’incendie. La charpente de l’avion est faite de matériaux inflammables placés à proximité de substances essentiellement combustibles : l’huile et l’essence, et au voisinage d’un moteur dont certaines pièces sont portées à très haute température. Quand le feu s’est déclaré, il est bien difficile au pilote de lutter contre lui; sans doute l’avion est toujours muni d’appareils extincteurs à main, mais leur maniement est bien difficile et aléatoire. Lorsque le pilote songera à s’en
- Schéma de l’avertisseur extincteur automatique pour avions.
- servir, il sera du reste, le plus souvent, trop tard et l’aviateur n’aura qu’une ressource pour échapper au péril mortel qui le menace, celle d’atterrir au plus vite et coûte que coûte.
- L’appareil B échard, récemment expérimenté avec succès à Yillacoublay, puis à Istres, donne l’espoir de parer au danger d’incendie. C’est un avertisseur d’incendie automatique, qui effectue de lui-même, dès qu’une menace surgit, toutes les manœuvres de sécurité nécessaires, à savoir : la fermeture des gaz du moteur, la mise à la masse et l’arrêt des magnétos, la fermeture de l’essence, la fermeture des volets de radiateur ou de capot, la projection du liquide extincteur, la vidange de l’essence contenue dans les cuves des carburateurs.
- L’utilité de ces manœuvres se comprend aisément.
- i” La fermeture des gaz offre l’avantage de couper l’alimentation du moteur, d’étouffer le feu par raréfaction du gaz dans les cylindres, de couper le courant d’air aspiré qui peut activer le feu au voisinage des carburateurs, de couper la source d’incendie s’il provient d'une bride d’échappement ou de la rupture d’un culot de bougie, piston défoncé, bielle passée au travers du carter, etc..., etc....
- Les gaz étant fermés lorsque le liquide extincteur est projeté, le moteur n’aspire pas de ce liquide et est ainsi toujours prêt à partir (sans avoir besoin d’être brassé ou décompressé) au premier coup de démarreur.
- 2" La mise à la masse des magnétos coupe instantanément toutes sources d’incendie pouvant provenir de ces dernières, supprime les retours du moteur, très dangereux dans l’incendie au sol.
- 3° La fermeture de l’esœnce coupe l’alimentation du foyer d’incendie.
- 4° La fermeture des volets de radiateurs ou d’aération coupe le courant d’air dans le capotage et la projection du liquide extincteur se produit alors dans un espace clos avec le maximum d’efficacité.
- 5° Projection du liquide éteignant le commencement d’incendie. Cette projection se fait d’une façon tout à fait particulière par une sorte de (moulinet hydraulique
- arrosant toute une face du moteur. Trois moulinets assurent une extinction parfaite, quel que soit le point en ignition,
- La liquide projeté par ce dispositif se vaporise presque instantanément; sa vapeur plus dense que l’air chasse ce dernier et le feu est immédiatement étouffé, avec une quantité de liquide extincteur insignifiante.
- 6° Le vidange des cuves de carburateur élimine tout le combustible qui peut rester alors dans le moteur et supprime le danger qui en pourrait résulter.
- Le mécanisme qui commande ces différentes manœuvres utilise la tension d’une vapeur formée par réchauffement dû à un'commencement d’incendie.
- Cette vapeur déplace un liquide, et, comme dans une pompe hydraulique, ce liquide fait déplacer un piston extensible, métallique, provoquant le déclanchement d’un robinet qui met en communication un réservoir d’air comprimé avec les organes qui doivent exécuter les manœuvres.
- Le figure 2 représente schématiquement le principe de ce fonctionnement et montre comment se ferme automatiquement l’arrivée des gaz, quand la température de la tuyauterie en A, par exemple, prend une valeur dangereuse. Le piston B se dilate et dégage le cliquet C qui retient le robinet D dans sa position de fermeture. Celui-ci, rappelé par un ressort, s’ouvre et livre passage à l’air comprimé contenu dans la bouteille de manœuvre E et qui va actionner, par l’intermédiaire du levier à ressort G, le volet de fermeture des gaz. La même disposition s’applique à toutes les autres commandes.
- Toutes les commandes se font très rapidement, en deux secondes environ; le liquide extincteur est projeté au bout de 3 à 5 secondes suivant la longueur de la tuyauterie et la pression de chasse qui peut varier de 2 à 6 kg par centimètre carré. La bouteille de manœuvre chargée initialement à 6 kg a une contenance de 12 litres et peut servir à 3 manœuvres successives. On peut ensuite la recharger avec une pompe à main ou à pneu. Après chaque extinction d’incendie, l’appareil est à nouveau et presque instantanément en état de fonctionner.
- Constructeur : Société Minimax, 4» rue Huntziger, Clichy.
- * <#*& Objets utiles
- Coins gommés « fixe-photos ». — C’est une charmante habitude que celle de grouper en albums les photographies, cartes postales, ou tous autres documents, qui fixent des souvenirs de personnes chères, de voyages agréables, ou d’études utiles.
- On vend même à cet effet des albums, dont les pages sont de véritables cadres destinés à recevoir la photographie à conserver. Mais, ila ne conviennent qu’à des documents d’un format déterminé. Il est beaucoup plus pratique de coller ceux-ci sur des pages pleines.
- Fig. 3. — Coins gommés « Fixe-Photos ».
- Malheureusement le collage d’une carte un peu épaisse ou d’une photographie est une opération parfois malaisée, et surtout la colle, trop généreusement employée, peut, si elle n’a pas été bien choisie, altérer les épreuves photographiques. Ces inconvénients disparaissent avec les coins fixe-photos. Ce sont de petites attaches que l’on vend toutes gommées et qu’il suffit de glisser aux angles de l’objet à fixer. On les humecte et le collage s’opère aisément et fort élégamment.
- En vente chez « Fixe-Photos », 6, square de l’Opéra, Paris. Prix : la pochette de too, 1 fr. 5o.
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- VARIETES
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- L’UTILISATION DES FRUITS SAUVAGES : LES FAINES
- Les faîaes sont produites par le hêtre commun (Fcl gus sjlvatica, L.), famille des Amentacées cupuli-fères, qui, selon les régions, porte les noms de Fauce, Fouteau, Faux, Fayard, Foyard. Ce bel arbre de 20 à 35 m. de hauteur occupe une des principales places dans les forêts en France où il forme de magnifiques futaies, notamment dans les forêts d’Eu, de Crécy et de Compiègne qui, anciennement, en étaient composées en grande partie.
- Description. — Les faînes sont des fruits triangulaires, de la grosseur d’une noisette, enfermés par deux ou trois dans une capsule hérissée de piquants s’ouvrant par quatre faces. Leur enveloppe ou écorce est lisse et brune, elle renferme une amande d’un blanc jaunâtre, très riche en matière grasse.
- Récolte. — Elle se fait en octobre lorsque les fruits commencent à tomber, et elle demande, quand on y procède en grand, le matériel ci-contre : des toiles, des gaules armées ou non d’un crochet, un râteau, un tamis grossier (passe-callots) pour séparer les faînes des gros débris, et un autre tamis plus fin (clisse). On choisit un temps sec, on étend des toiles sous les branches que l’on gaule ou secoue, selon le cas, mais comme tous les fruits ne mûrissent pas en même temps, on s’y reprend en deux fois à 8 ou i5 jours d’intervalle. On ramasse avec le râteau les graines, involucres et feuilles tombées en même temps, on soumet le tout au passe-callots,. on réunit les faînes en tas, on les passe à la clisse et on les met en sacs pour les emporter. On les fait sécher ensuite sur le plancher d'un grenier ou sur le sol d’un hangar, en les remuant pour éviter les moisissures, puis on les vanne pour séparer les graines folles et les impuretés légères. On les conserve dans un endroit très sec pour l’alimentation humaine ou animale,[ou bien on les porte dans une huilerie.
- On estime qu’un hêtre vigoureux fournit dans les bonnes années jusqu’à un hectolitre de faînes, mais fil ne porte de fruits que tous les trois ou quatre ans environ. Un hectare planté de ces arbres pourrait donner, d’après Fortier, 5o hectolitres de faînes, soit 5oo kg d’huile. On affirme que les forêts d’Eu et de Crécy ont donné plus d’un million de sacs de faînes en 1799, alors que la récolte de ces fruits était réglementée par un décret de la Convention nationale. La statistique de 1892 indique une production totale de 980 hectolitres d’huile pour une récolte de 6281 hectolitres de faînes dans les départements de la Creuse, du Puy-de-Dôme, de la Corrèze, du Cantal, de l’Aveyron et des Vosges.
- La récolte des faînes est considérée comme une récolte de la forêt, le ramassage en est interdit, sauf dans quelques cas spéciaux et notamment par des droits d’usage dont les deux principaux sont le droit de faînée et le droit de passage.
- Droit de faînée. — Il concerne le ramassage des faînes ; il est concédé parfois aux habitants des communes riveraines de certaines forêts domaniales ou à ceux des communes propriétaires de forêts. L’usage en est réglé par l’administration forestière. Lorsque des forêts sont grevées de ce droit, le propriétaire fixe aux usagers les parties où ils peuvent l’exercer, sauf recours de la part de ceux-ci aux agents forestiers qui déterminent les parties défensables.
- Droit de panage. — C’est lui qui permet de mener des porcs dans une forêt pour y manger les faînes ; il a été réglementé par le Code forestier (art. 67 à 69). La durée n’en peut excéder trois mois et l’ouverture est fixée par l’administration forestière. Quand la forêt n’est pas grevée de droits d’usage, l’administration procède parfois, à l’adjudication du droit de panage et en règle l’exercice.
- Utilisation. — Elle comprend des emplois alimentaires pour l’homme et les animaux ainsi que des emplois industriels.
- Emplois alimentaires pour l'homme. — Ils sont réduits, aujourd’hui, à la consommation des amandes que les enfants mangent avec plaisir, car elles ont un goût agréable qui rappelle celui de la noisette. Mais il paraît qu’autrefois, suivant Duchesne, on les mangeait souvent grillées, et qu’on les employait pour la fabrica- I tion d’une farine qui servait à faire du pain en temps |
- de disette. De plus, d’après Couverchel, le résidu ou tourteau laissé par l’extraction de l’huile de faînes choisies contenait assez de principe féculent pour être converti en une sorte de pain. Béquillet rapporte que les Suédois se servent de faînes comme de café.
- Emplois pour les animaux. — Tous les animaux de la ferme et spécialement les porcs sont très avides de ces fruits, ce qui justifie le droit de panage; ils engraissent facilement aussi les oiseaux de basse-cour, mais leur principal emploi est à l’état de tourteau après que l’huile en a été retirée. Il en existe deux sortes, selon que les faînes ont été décortiquées ou non. D’après Cornevin, le premier est à pâte assez fine, inodore et renferme des fragments de péricarpe en petit nombre et beaucoup moins volumineux que dans le second (tourteau brut ou non décortiqué). Celui-ci est grossier, de couleur rougeâtre, peu consistant quand il est frais, mais durcissant en vieillissant; on y trouve des fragments relativement assez gros où dominent les péricarpes. Il en résulte que, lorsqu’on le met en macération, il se forme une buvée de couleur café au lait dans laquelle se détachent en rouge les parcelles d’enveloppe.
- Voici, d’après Dietrich et Kônig, la composition centésimale du tourteau brut et décortiqué.
- Non décortiqué. Décortiqué.
- Eau.................. 19 gr. 10
- Huile................. 8 gr. 34
- Matières azotées ... 18 gr. i5
- Extractifs non azotés. . 28 gr. 3g
- Cellulose............ 20 gr. 89
- Cendres............... 5 gr. i3
- 100 gr. où
- 12 gr. 5 7 gr. 5 37 gr. 1 29 gr. 7 5 gr. 5 7 gr- 7 100 gr. o
- Ces chiffres montrent la supériorité du tourteau décortiqué sur celui qui ne l’a pas été, puisque le premier contient le double de protéine et quatre fois moins de cellulose. Mais il est une autre raison très importante en sa faveur, c’est que le tourteau de faînes non décortiquées occasionne, particulièrement sur les chevaux, de véritables empoisonnements, même à une dose " assez faible, 2 à 3 kilogrammes. ^
- Bauhin et Laurent Rusé avaient déjà signalé, il y a plusieurs siècles, que les faînes produisent une sorte d’ivresse sur les chevaux et parfois l’avortement chez la jument, mais c’est Zanon qui attribua ces accidents à un principe vénéneux auquel il donna le nom de « fagine », tandis que pour Buchner il s’agit d’un corps analogue à la coniue qu’on retire de la ciguë, pour Brandi et Rako-wieki de triméthylamine. Il paraît certain que le principe est localisé dans l’enveloppe brune, car les accidents ont toujours été produits par le tourteau non décortiqué. Les Equidés y sont beaucoup plus sensibles que les ruminants, mais il est prudent de n’en pas donner à ces derniers.
- Le tourteau décortiqué est bien accepté par tous les animaux de la ferme. D’après Cornevin, on le donne aux moutons après pulvérisation et mélange avec les racines, au gros bétail en buvée, aux vaches laitières par 2 kg, chaque jour, bien émiettés dans une quantité suffisante d’eau tiède.
- Quant au tourteau brut, il faut le réserver pour la fumure des terres; il contient pour 100 parties, 3,85 d’azote, i,o5 d’acide phosphorique, 0,72 dépotasse, ou mieux encore pour le brûler à la façon de la tourbe, car, en raison des débris de péricarpe qu’il, renferme, sa décomposition est lente dans la terre.
- Emplois industriels. — On a parfois appelé le hêtre,
- Volivier du Nord, à cause de la quantité d’huile,
- 20 pour 100 environ, renfermée dans l amande. On en retire industriellement 14 à 16 pour 100, à froid, et 18 à 20 pour 100 à chaud. Extraite à froid, l’huile est visqueuse, jaune clair, elle possède une odeur faible et une saveur douce; extraite à chaud, elle a une saveur âcre qu’elle perd, d’ailleurs, en vieillissant. On peut la lui enlever comme l'a proposé Guibourt, il y a nombre d’années, en l’agitant avec de l’eau froide qui dissout le principe acre. Elle rancit difficilement.
- La meilleure qualité est employée comme huile comestible, elle a servi parfois à falsifier les huiles d’œillette
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- de noix, d’amande et d’olive. La qualité ordinaire sert pour l’éclairage et la savonnerie. Gomme les savons à base de soude restent fermes, plastiques et prennent à
- l’air une nuance jaunâtre ou verdâtre, on emploie de préférence de la potasse caustique pour la saponification. À. Truelle.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature, oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — L. C., Saint-Claude. — Nous ne connaissons que le Dictionnaire des mathématiques de Sonnet. Hachette, éditeur, boulevard Saint-Germain, Paris. Mais nous ne savons pas si cet ouvrage peut encore se trouver en librairie.
- M. Planguier, à Paris. — L’article auquel nous avons fait allusion a paru dans le n* 8 de la Radio-Revue du 8 décembre 1922, vous pourrez facilement le retrouver.
- A. L. D., k G. — i° L’intérêt de la pile O’Keenan est surtout qu’elle permet d’utiliser les vieilles plaques positives d’accumulateurs, sulfatées ou non. Si elles sont sulfatées, elles peuvent être employées directement en mettant en regard un crayon de zinc qui remplace la plaque négative que l’on a retirée. Dans le cas où la plaque positive n’est pas sulfatée, on l’amène facilement à cet état en la faisant tremper pendant 24 heures dans un mélange d’eau et d’acide sulfurique. Quand on ne dispose pas de plaques positives anciennes ou neuves, il faut en constituer au moyen de lames à alvéoles dans lesquelles on comprime un mélange de minium et d’eau acidulée, attendu que la sulfatation de lames planes ne donnerait qu’un enduit peu adhérent qui se détacherait trop vite. i° Les maisons qui suivent sont susceptibles de vous fournir tous genres de piles et en particulier celles que vous avez en vue : Gaiffe-Gallot, a3, rue Ca-simir-Perrier ; Astral, 90, avenue Parmentier; Bouchery,
- 51, rue de Chabrol; Delafon. 82, boulevard Richard-Lenoir; Desprès, 62, rue Saint-Sabin; Strauss, 16, boulevard Saint-Denis. 3° Les piles ne doivent pas être fermées hermétiquement, car il faut assurer le dégagement des gaz. Dans le cas qui vous occupe, il vous suffira d’immobiliser le liquide par addition à chaud de 5 pour 100 d’agar-agar, comme cela a lieu dans les piles dites de poche qui sont du type Leclanché. 4° La pile Silicia est également de ce type, mais le pôle positif est constitué par un aggloméré spécial extrêmement dur qui peut résister très longtemps sans se' détériorer, sa composition brevetée n’est pas vulgarisée.
- Mme Monnier, à Genève. — x° Nous ne connaissons pas la machine spéciale dont vous parlez pour la fabrication du pain azyme, le mieux serait d’adresser votre demande au consulat de Hollande, à Genève. 20 La maison Nurit, 74, rue Saint-Biaise, Paris. 20° est à même de vous fournir tous moules pour la fabrication des cachets pharmaceutiques en pain azyme.
- M. H. Antaki, à Paris. — Voici une formule de rouge pour les lèvres qui vous donnera très probablement satisfaction.
- Prendre :
- Cérésine............. 5 grammes.
- Beurre de cacao. . . 80 —
- Carmin de cochenille. 5 —
- N. B. - Le carmin peut être remplacé par un rouge au stéarate.
- Pour préparer les crayons noirs destinés aux sourcils, prendre :
- Cérésine............. a5 grammes.
- Vaseline ............... 5o —
- Noir d’ivoire .... a5 —
- Liquéfier au bain-marie, rendre homogène, laisser légèrement refroidir jusqu’à ce que la masse soit assez pâteuse pour tenir le noir en suspension, couler dans des moules appropriés.
- Jean de Bigorre, à Paris. — Il est évident que vous p’obtieufirçz l’imperméabilité absolue de vqs sacs que
- par un caoutchoutage, mais nous pensons que pratiquement vous éviterez la transsudation en trempant les toiles préalablement bien séchées dans la mixture
- ci-dessous :
- Vaseline . ...................... 10 gr.
- Lanoline anhydre................. 10 —
- Essence pour autos............. 5oo cm3
- Tétrachlorure de carbone . . . 5oo —
- M. Ausrhitzky, à Arcachon. — i° Le meilleur moyen d’empêcher l'eau d’entrer dans les oreilles lorsqu on se baigne est de placer dans le conduit auditif, avant d’entrer à l’eau, une boulette de coton sur laquelle on a versé d'avance une goutte d’huile à manger, nous savons par expérience que ce moyen est particulièrement efficace. 20 Les boules Quiès ne sont pas employées pour l’usage précédent, mais en-vue d’isoler auditive-ment lorsque l’on se trouve dans un milieu bruyant. 3° Le liquide employé pour faire mourir les arbres est une solution d’arséniaie de soude que l'on introduit dans un trou pratiqué au moyen d’une tarière, en allant jusqu’à la moelle interne. Larséniate de soude étaut très toxique, toutes précautions doivent être prises dans sa manipulation. 4° Les culots de lampes électriques sont fixés au plâtre parfois coloré par un peu de rouge d’Angleterre, le descellement n’est guère pratique, cependant vous pouvez essayer de faire bouillir dans une solution de carbonate de soude qui transforme le sulfate de chaux en carbonate de chaux pulvérulent. L’opération sera certainement très délicate à effectuer, sans danger pour les connexions.
- M. le Dr Bernard, à Hyères. — G Le produit qui était importé pendant la guerre en boîtes de 3 kg sous le nom de Chester américain n’existe plus aujourd’hui sur le marché français; une fois les stocks épuisés, il n’a plus été importé pour ne pas faire concurrence au véritable Chester qui nous vient surtout... d'Amérique. 20 Les gâteaux [dits «c Congolais » se préparent de la manière suivante : Prendre deux blancs d oeufs, y ajouter six cuillerées à soupe de sucre en poudre et mettre sur feu doux en remuant toujours. Quand on a obtenu une colle bien lisse, incorporer douze cuillerées à soupe de noix de coco râpée. Huiler une tôle, y disposer à l’aide d’une cuiller à café la pâte précédente sous forme de macarons et mettre à four doux. Retourner les gâteaux quand ils sont dorés d’un côté, ils durcissent ensuite en se refroidissant et se conservent très longtemps dans une boîte en fer-blanc. 3° La désignation « bonbons au chocolat remplis d’une cième solide» est insuffisante pour nous faire connaître la confiserie spéciale dont vous voulez parler.
- M. G. Tardy, à Pleterje. — Ze sulfocarbonate de potasse que l’on emploie aujourd’hui en grandes quantités pour la destruction du phylloxéra et autres parasites se prépare suivant le procédé indiqué par Dumas en agitant en vase clos du sulfure de carbone avec une solution concentrée de sulfure de potassium et en chauffant le mélange vers 5o°, on obtient ainsi une solution de sulfocarbonate de potasse renfermant jusqu’à i5 pour 100 de sulfure de carbone. La réaction est la suivante :
- CS* + K2 3 = K2 CS3
- Sulfure Sulfure SulfocarbonaLe de ciiiîioiuî. de potassium. de potasse.
- L’acide carbonique contenu dans le sol et qui résulte de la destruction des matières organiques décompose le sulfocarbonate en sulfure de carbone et hydrogène sulfuré qui agissent comme insecticides en même temps que le carbonate de potasse résiduel agit utilement comme engrais. L’action toxique des sulfocarbonates sur les animaux et sur les plantes a été étudiée d’une façon très complète par Dumas (Annales de Physique et Chimie, t. VII, p. 5). Bien que cette préparation du sulfooarhonate ne présente aucune difficulté, elle néces-v
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- BOITE AUX LETTRES
- site un outillage spécial qui ne la met pas à portée de l’amateur, c’est pourquoi il est plus pratique d’acheter directement ce produit.
- M. Friedrich, à Paris. — Le paraffinage est encore le meilleur moyen à employer pour imperméabiliser les bouchons destinés au flaconnage des parfums sur lesquels il ne se produit aucune action nuisible. Nous vous conseillons seulement d’ajouter au bain de paraffine un peu de vaseline de manière qu’après solidification, la masse soit plus souple et ne s’écaille pas à la surface du bouchon au moment de la fermeture.
- E. L y à Santiago. — Voici comment se préparent les liqueurs de ménage que vous désirez fabriquer :
- Anisette :
- Alcool à 270.................. 1 lit.
- Anis vert. . ................ 3o gr.
- Coriandre.......... . . i5 —
- Canelle ......... 1 —
- Macis..................... 0.5 —
- Sucre blanc................. 5oo —
- Laisser infuser six semaines, en agitant de temps à autre, puis filtrer au papier.
- Brou de noix. — Pour 4 litres de liqueur prendre vingt cerneaux, c’est-à-dire des noix suffisamment formées mais encore assez tendres pour que l’on puisse passer une épingle à travers. Piler les cerneaux et les mettre à infuser pendant deux mois dans 4 litres d eau-de-vie à 4a°. Passer alors au tamis, ajouter au liquide
- I kg de sucre blanc, laisser encore macérer um mois ou deux en agitant pour faciliter la dissolution du sucre, filtrer comme précédemment.
- Curaçao. — Pour un litre d’eau-de-vie, prendre le zeste de quatre oranges, 5oo gr. de sucre, 1 gr. de canelle pulvérisée, 3 clous de girofle, une pincée de safran, 1 gr. de coriandre. Laisser infuser six semaines, filtrer.
- Cassis — Prendre du cassis bien mûr, l’égrener avec une fourchette et ajouter, par kilogramme de grains, deux litres d’eau-de-vie, faire digérer environ deux mois en agitant fréquemment, puis séparer le liquide du marc en pressant celui-ci. Finalement ajouter xoo gr. de sucre par litre de liquide et après dissolution filtrer et mettre en bouteilles. Ne pas conserver cette liqueur trop longtemps, car elle prendrait un goût de vin d’Espagne en même temps que le bouquet caractéristique du cassis disparaîtrait.
- M. Menot, à Neuilly-sur-Seine. — Lorsque l'on mélange du sulfure de sodium et de la chaux éteinte, la réaction suivante se produit :
- Na2S + Ca (OH)2 = GaS + 2 NaOH.
- Il se forme par conséquent du sulfure de calcium et de la soude caustique qui sont les agents dépilatoires. Or le sulfure de calcium s’oxyde facilement à l’air en se transformant en sulfate; la soude, d’autre part, se carbonate et les deux produits deviennent inactifs. C’est pourquoi il faut conserver à part le sulfure de sodium primitif, en flacons bien bouchés et ne le mélanger à la chaux et à l’amidon, agent de dilution, qu’au momentde l’emploi. Quant àla fluidité, elle dépend uniquement de la quantité d’eau ajqjutée pour former la pâte.
- T. S. P. — M. Fenech, à Philippeville (Algérie). —
- II nous est bien difficile de déterminer sans être sur place la cause des troubles d’audition que vous nous indiquez. Ces troubles paraissent dus à un effet d’induction sur votre antenne. Un premier essai à faire consisterait à recevoir sans prise de terre, et avec votre antenne seule. Il serait également intéressant de tenter la réception sur cadre, mais cette, réception exigerait l’emploi de deux ou trois étages à haute fréquence avant la détection.
- M. Chapelle, à Bligny-le-Sec (Côte-d'Or). — i° Les quatre brins d’une antenne prismatique quadrangulaire doivent être réunis électriquement, et la prise d’antenne connectée au fil de connexion commun.
- 20 Votre antenne nous semble bien longue pour ce modèle. Il vous suffirait sans doute d’utiliser une antenne en nappe à deux brins, de même longueur. L’antenne prismatique est surtout intéressante lorsqu’on ne dispose que d’un espace relativement restreint.
- 3° La mise à la terre de l’antenne en cas d’orage est une sage précaution que nous vous conseillons de respecter.
- M. Robert, à Riom (Puy-de-Dôme). — La seule sta-
- tion française, outre la Tour Eiffel, transmettant sur une longueur d'onde moyenne est celle de Radio-Paris ; c’e3t donc une émission de cette station que vous avez dû entendre.
- M. Gallé, à Wanze (Belgique). — i° Vous pouvez trouver des renseignements pour la construction de votre poste dans La Pratique Radioélectrique. Vous pourrez en trouver également de plus complets encore sur ce point particulier- dans un nouveau livre qui va paraître prochainement et que nous vous indiquerons en temps utile.
- 20 Nous ne connaissons pas l’appareil dont il s’agit, et d’ailleurs ne donnons que rarement des renseignements sur des appareils commerciaux, laissant à nos lecteurs la responsabilité de leurs opinions. Nous vous conseillons seulement de considérer avant tout la qualité de la fabrication des postes proposés, et non pas seulement leurs prix d’achat qui ne peuvent être jugés justement qu’à égalité de qualités.
- M. Gruzelle, à Aix-les-Bains (Savoie). — Pour amplifier des auditions obtenues à l’aide d’un poste à galène dans les environs de Paris, vous pouvez simplement utiliser deux ou trois étages d’amplification à basse fréquence avec transformateurs à circuit magnétique fermé. Ces étages d’amplification vous permettront une réception en très fort haut-parleur.
- Vous pouvez acheter un petit amplificateur à basse fréquence ou trouver les éléments de montage chez un marchand d’accessoires de T. S. F.
- Voici, par exemple, deux adresses :
- Chabot, 43, rue Richer, Paris. « Au Pigeon voyageur a, au, boulevard Saint-Germain, Paris.
- 20 En utilisant des lampes à faible consommation, genre « Radio-micro » de la Radiotechnique, ou « Microtriodes » Grammont, par exemple, il vous sera possible de chauffer les filaments des audions à l’aide de piles.
- M. Paul Noverraz, à Lausanne (Suisse). — Le schéma que vous nous avez soumis est inexact, il n’y a pas de résistance de grille de la deuxième lampe (résistance de 4 mégohms), et la résistance R, de plaque devrait être de 80000 ohms. Voyez un schéma de Au Pratique Radioélectrique.
- Il ne faut pas oublier, en outre, qu’en général le sens de connexion de la bobine de réaction doit être inversé pour la réception des ondes courtes au-dessous de 600 m. de longueur d’onde.
- M. Rousseau, à Fougères (Oise). — Nous donnerons prochainement dans La Nature un article sur les moyens d’atténuer les parasites industriels. Dans votre cas, les remèdes sont d’ailleurs peu nombreux et malheureusement il n’en existe pas de complètement efficace. Le plus simple consisterait à supprimer la prise de terre et à recevoir avec l’antenne seule.
- M. Dubeau, à Buenos-Ayres (République Argentine). — Nous croyons comprendre que vous désirez simplement des indications sur la manière de réaliser les connexions d’un appareil du commerce que vous avez acheté. Dans ce cas, il est impossible que nous vous donnions des explications générales; il faudrait que vous nous indiquiez le modèle de l’appareil en nous donnant sa description. Vous pourriez également vous adresser simplement à son constructeur.
- M. A. F., à Roye (Somme). — i° Vous pouvez employer un poste de réception comprenant un ou deux étages d’amplification à haute fréquence, la détection, et un ou deux étages d’amplification à basse fréquence, soit 4 à 5 lampes.
- 2" Les étages d’amplification à haute fréquence peuvent être à liaison par bobinages avec ou sans fer ou à circuits accordés (résonance). Vous pouvez trouver des détails sur ces appareils dans La Pratique Radioélectrique. -,
- De tels postes permettent* avec une antenne, la réception des radio-concerts européens et même américains en haut-parleur.
- 3° La gamme de longueurs d’onde que l’on peut obtenir généralement avec les postes du commerce est de 260 m.-3ooo mètres.
- 4“ Voici les adresses de quelques fabricants :
- Maison Vitus, 54, rue Saint-Maur, Paris; Etablissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, Paris; Etablissements G. M. R,, 8, boulevard de Vaugirard, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- La Révolution philosophique et la science, par J. Sa-gkhft. (Bergson, Einstein, Le Daniec, J.-II. Rosny aîné.) i vol. in-16, iSn p. F. Alcan, éditeur, Paris, 1914. Prix : 10 francs.
- M. Sageret, par un rapprochement ingénieux, mais assez arbitraire, quoi qu’il en pense, confronte quatre penseurs qu’il considère comme les plus représentatifs de notre époque; le métaphysicien Bergson, le biologiste Le Dantec, le romancier Rosny, inventeur (?) de la métaphysique pluraliste, et le physico-mathématicien Einstein, qui s’est toujours proclamé étranger à toute métaphysique et sera, une fois de plus, bien étonné de la compagnie qu’on lui impose. Mais des travaux et des idées des uns et des autres, se dégage cette notion : « la substance n’est rien, tout est histoire » que M. Sageret regarde comme un trait caractéristique, fondamental et nouveau de la pensée moderne.
- Travaux pratiques de physique générale, par H. Olli-vier (i,e série), 1 vol. 104 p., 63 fig., 9 pl. hors texte. J. Hermann, éditeur. Paris, 1924. Prix : 12 francs.
- Ce volume contient la description d’une partie des manipulations organisées à l’Université de Strasbourg, par M. H. Ollivier, à titre de travaux pratiques, comme complément de son enseignement de physique générale. Celui-ci a acquis, on le sait, une grande réputation très largement méritée. Les manipulations, réparties en 3o séances de 4 heures, qui font l’objet de ce livre, sont, pour la plupart, des manipulations classiques relatives aux appareils de mesure, au pendule, au stroboscope, aux mesures calorimétriques et cryoscopiques, à l’usage de la balance et à la mesure des densités, à l’optique, à l’électricité et au magnétisme. L’ouvrage rendra de grands services à tous les étudiants et à leurs maîtres.
- L’alchimie moderne, par l’abbé Th. Moreux. i vol. 96 p., 29 fig. G. Doin, éditeur, Paris, 1924- Prix : 3 francs.
- L’alchimie moderne, c’est cette branche de la science moderne qui démontre la dualité de la matière; les corps, autrefois supposés simples, sont des combinaisons de deux éléments fondamentaux, et dérivent les uns des autres par une véritable filiation. L’abbé Moreux consacre à ce sujet passionnant une instructive et brillante causerie à l’usage du grand public.
- Le froid industriel, par L. Marchis. Nouvelle édition entièrement refondue. 1 vol. in-16, 112 fig. Félix
- Alcan, éditeur, Paris, 1924. Prix : 12 francs.
- Transformé, pour tenir compte de tous les perfectionnements récents de l’industrie frigorifique, le volume publié aujourd’hui diffère sensiblement de celui paru en 1913.
- On y trouvera une description précise des machines frigorifiques modernes, l’exposé des conditions qui président à l’établissement des entrepôts frigorifiques, et enfin les principales applications du froid industriel : fabrication de la glace et conservation des vivres.
- Nouvelle méthode de pêche pratique. Comment réussir de grosses pêches, par Louis Matout. i vol. in-12, 123 p., 7 fig. Hachette, éditeur, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Nos lecteurs connaissent les priacipes enseignés par M. Matout, puisque celui-ci les a déjà publiés dans le n° 2632 de La Nature. Ils retrouveront ici ses données sur les sens des poissons et les applications qu’il en a tirées pour le montage des lignes et la pratique de la pèche. M. Matout est un maître pêcheur et ses leçons, basées sur l’expérience d’une longue pratique, diffèrent de tous les traités de pêche à la ligne par une solide base scientifique qui les rend profitables. En outre, ce qui ne gâte rien, tout le livre est clairement et familièrement écrit.
- Travaux du Laboratoire de Psychologie expérimentale de V Université de Cracovie, édités par W. Heinrich. 1 vol. in-8, 391 p., fig- Académie polonaise des
- Sciences et des Lettres de Cracovie. Félix Alcan, Paris. Prix : :>N francs.
- Groupement de trois séries d’études sur la psychologie de l’espace, la psychologie de l’attention et la courbe plétysmographique du travail mental, basées sur des tests et des expériences psycho-physiologiques.
- Les conditions du sol et la croissance des plantes, par Edward J. Russell, traduit par M. Matisse. 1 vol. in-8, 465 p., 3a fig., 4 pl. Flammarion, Paris, Prix : 18 francs.
- L’auteur est le directeur de la station expérimentale de Rothamsted, connue du monde entier pour les travaux scientifiques, admirablement conduits, qui s’y poursuivent. Dans les huit chapitres de cet ouvrage, on trouvera un exposé moderne de la science agronomique tout entière, avec ses méthodes si diverses, ses questions multiples et ses problèmes, dont beaucoup ne sont pas résolus : composition chimique et propriétés physiques du sol, rapports entre les facteurs divers et la croissance des plantes, « facteur limitant a, composants organiques et leurs transformations dans les couches diverses du sol. Les éléments constitutifs colloïdaux y sont étudiés et discutés, ainsi que les phénomènes qui en découlent : absorption, rétention, gonflement et rétraction du sol. Les cycles du carbone et de l’azote dans le sol, la formation de l’ammoniaque et son passage aux nitrates, la question de l’azote atmosphérique fixé par l’action des bactéries sur les légumineuses, tous les processus de mutation qui se poursuivent continuellement dans la terre avec leurs agents physiques, chimiques et bactériens sont exposés avec la plus grande clarté. Les conditions biologiques des terrains, lès relations entre la croissance des plantes et la population micro-organique, dans la terre; eDfla, les propriétés du sol, dans leurs rapports avec les diverses espèces végétales, ainsi que les méthodes pour interpréter d’une manière exacte les analyses du sol, font l’objet des derniers chapitres. Ce livre, fort complet, intéressera non seulement les spécialistes, mais tous ceux qui désirent posséder, sur ces questions passionnantes, un exposé magistral et lumineux.
- Canada français et Acadie, par Ernest Robert, x vol. in-8, avec planches hors texte. Pierre Roger et C*’, Paris, 1924. Prix ; 10 francs.
- C’est un pays à la fois attrayant, sympathique et curieux que celui que l’auteur nous fait visiter; il possède d’immenses ressources agricoles et industrielles, d’admirables paysages. Mais il est surtout intéressant par la juxtaposition de deux races, longtemps ennemies, les Anglais et les Canadiens français. Un émouvant chapitre est consacré à la tragique aventure des Français d’Acadie; sauvagement dispersés, longtemps persécutés, ils sont aujourd’hui revenus dans leurs foyers et grâce à leur fécondité ils formeront bientôt la majorité de la population du Nouveau Brunswig. Le développement du Canada, notamment des provinces de l’Ouest, et le voisinage des Etats-Unis, ne va pas sans poser pour l’avenir des problèmes politiques difficiles, dont la fin du livre nous donne un intéressant et instructif aperçu.
- Le cambisme, par Y van Bell, i vol. in-8, de 272 p avec tableaux et graphiques. Gaulhier-Villars et O, éditeurs. Paris, 1924. Prix : 35 francs.
- Le mécanisme des opérations de change intrigue aujourd’hui et préoccupe un vaste public qui, avant la guerre en soupçonnait à peine l’existence.
- L’ouvrage de M. Bell leur révélera comment se pratique ce commerce très spécial et fort curieux, où l’art des combinaisons et des calculs rapides joue un rôle essentiel. Intéressant pour les profanes, ce livre sera surtout utile aux professionnels par les études spéciales et détaillées consacrées à la technique de leur métier.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
- N° 2641
- IS Novembre 1924
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- Le béton chinois. — Dans un numéro de la revue Le Constructeur du ciment armé, M. Ian Svagr, ingénieur à Tientsin, parle d’une sorte de béton très employé en Chine, aussi bien pour les maisons d’habitations et édifices monumentaux que pour des ouvrages d’art : digues, ponts, etc., tant en raison de sa facilité d’exécution par de simples ouvriers et de son faible prix de revient — trois fois inférieur à la maçonnerie de briques et six fois moins cher que le béton de ciment i : 3 : 6 — que de son élasticité et de sa résistance qui lui permet de supporter parfaitement une pression de 3 kg par centimètre carré.
- Ce béton est tout simplement un mélange de chaux et de terre dans le rapport 3 : 7. La chaux utilisée est de la chaux non éteinte et l’eau ajoutée l’est en telle quantité que cette chaux est réduite en poudre et ne prend pas de consistance pâteuse. Quant à la terre, elle ést prise directement dans les fouilles qui doivent, par la suite, recevoir le massif des fondations; on doit préférer les terres noires aux terres argileuses ou sableuses, et dans tous les cas l’argile pure ne saurait convenir.
- La terre mise en œuvre pour ce béton doit avoir le même degré d’humidité que celui qu’elle possède dans le sol au moment où l’on fait la fouille en excavation; si; extraite depuis quelque temps, elle est trop sèche, il y a lieu de l’humecter. Elle doit être tamisée de façon à en rejeter tous les gros morceaux. Ensuite, elle est mélangée avec de la chaux en poudre dans les proportions indiquées plus haut. Parfois, on tamise le tout.
- Ainsi préjparé, ce mélange est pilonné par couches de o m. i5 à o m. 20. Lorsque les fondations en béton chinois sont faites, leur surface supérieure est encore pilonnée avec un pilon en forme de disque pesant 3o kg environ et que manœuvrent 4 hommes au rythme d’une chanson saccadée, tout comme font dans les pays occidentaux les ouvriers battant des pieux. On comprend que ce pilon, soulevé de 1 m. 70 à 2 m. au-dessus de la surface du béton, fait acquérir à ce dernier une grande dureté.
- C’est sur une surface de béton pareillement pilonné que l’on établit ensuite directement la maçonnerie en élévation, parfois même des assises de constructions en béton armé.
- D’après M. Svagr, qui a eu l’occasion de l’utiliser par lui-même, avec ce béton, il n’y a rien à craindre en construisant des assises de fondations en terrains humides ; il faut seulement prendre garde que dans les premiers jours de son emploi il ne soit pas délavé par dès infiltrations. Cette action mécanique de l’eau peut, au surplus, être évitée en préservant le béton au moyen d’une couche de ciment, ou encore par de la maçonnerie pour les endroits où cette action serait à redouter. Enfin, quand il a fait prise, l’eau dormante ne le détruit pas; il constitue de ce côté un bon isolant.
- Comme exemple d’élasticité, ce même ingénieur cite que dans un cas particulier, le terrain sur lequel avaient été établies de semblables fondations donna des tassements inégaux, une partie desdites fondations resta en l’air, montrant une flèche parfois importante, mais sans fissures, tandis que la maçonnerie en élévation, faite de briques, présentait des lézardes.
- Il y aurait intérêt à en faire l’essai en France, notamment pour certaines constructions dans les régions libérées et aussi à étudier le processus chimique du durcissement de ce béton. Dans tous les cas, le côté économique de ce matériau méritait d’être porté à la connaissance de nos constructeurs.
- La mission Hourst au Yang-Tsé. — Un de nos lecteurs, M. Chabaud, nous signale avec raison une omis,--sion dans notre article, La navigation sur le Yang-Tsé (n° 2628, du 16 août 1924). Nous n’avions pas parlé de la mission Hourst, qui de 1901 à 1903 explora le haut Yang-Tsé et le Min-IIo. —
- Nous nous empressons de réparer cette omission. Hourst a remonté le Yang-Tsé jusqu’à Ping-Ghan-Hien avec la canonnière Olry et la chaloupe à vapeur Ta-Kiang. Or Ping-Chan-IIien se trouve exactement à mi-chemin entre Soui-Fou et Tsen-Yao-Fan, à 45 km de
- Soui-Fou et à 2905 km de l’embouchure du lleuve. Hourst a également exploré le bief inférieur du Min, qui conflue à Soui-Fou avec le Yang-Tsé, bief dont la longueur maxima est de 175 km, avec Kia-Ting comme point extrême. En fait, Hourst n’a pas été jusqu’au bout ; il s’est arrêté à Kiang-Kéou.
- Signalons ici en passant une erreur légère de notre distingué correspondant ; Kiang-Kéou n’est pas à 3270 km de la mer, puisque Kia-Ting même n'en est qu’à 3o35 km; Kiang-Kéou doit en être à environ 3ooo.
- La mission Hourst dura du 8 octobre 1901 au 6 mai igo3 ; peu après. Hourst se noya dans un rapide, situé entre Tchoung-King et I-Tchang, ce que le capitaine Bienaimé rappelle dans l’article de Mer et Colonies que nous avons cité. >
- Cette lacune étant comblée, nous en signalerons une autre, dont aucun correspondant n’a parlé. En amont de Pou-Tou-Ho, point situé lui-même à 90 km en amont de. Ho-men-tchang, se trouve un bief, long de i3o km, qui s’étend jusqu’à Hou-Ivou-Tan et qui est navigable pour de petites barques, mais non pas, semble-t-il, pour les jonqueï de commerce. R. Le Conte.
- Le gouffre du Bus de la Lurne (Italie). — En 1903, MM. Marson, Musino, etc., du Circolo speleologico d’Udine, essayaient de sonder le grand gouffre, dit Bus de la Lume, sur le plateau crétacé du Cansiglio, près Bellune, à io3g m. — 1045 m. d’altitude. Une première fois on déroula 4Go m. de corde sans trouver le fond. En 1904, le sondage s’arrêta à m. Les Italiens avaient fait de cet abîme — exploré jusqu’à 60 m. seulement, — le plus profond du monde, probablement 5oo mètres.
- En août 1914. la Societa Alpina delle Giulie de Trieste y a exécuté, sous la direction de MM. Boegan, général Bertarelli, etc., une expédition monstre, dont la préparation dura six mois, avec toutes sortes de concours publics et 27 quintaux de cordes et matériel divers. Les difficultés de la descente étaient en effet considérables; elle a réussi à atteindre le bas du gouffre à ig3 m. seulement ; la profondeur totale, dans une grotte contiguë de prolongement, n’est que de 225 m. Cela confirme combien sont difficiles les sondages de ce genre. La grotte finale (46 m. sur i5 avec 5o de haut.) était close de toutes parts, mais traversée par un petit ruisseau. Celui-ci est un des filets nourriciers de la grande fontaine de la Livenza, résurgence principale du Cansiglio, tout percé d’abîmes, dont plusieurs autres ont été explorés (profondeur 5o à 80 m.). Le Bus a perdu son prestige !
- Les diamants dans le monde. — Sait-on à quel tonnage s’élève la quantité totale de diamants existant dans le monde ? La Société Royale belge de géographie l’évalue à 38 000 kg, ce qui représente un nombre raisonnable de bijoux de tous prix. L’Inde, seule productrice avant le xvm" siècle, en a fourni 2000 kg; le Brésil aux xvm° et xix° siècles en a fourni également 2000 kg;. l’Afrique Australe depuis 40 ans environ 34000 kg. D’après les prix de vente moyens réalisés depuis 3o ans, la tonne de diamant vaudrait plus d’uu milliard, 1 humanité réunie posséderait donc aujourd’hui pour plus de 38 milliards de diamants.
- Origine bactérienne de la gomme des arbres fruitiers. — Chacun connaît, pour en avoir souvent observé l’existence, celte matière d’abord visqueuse, mais que le contact de l’ait durcit ensuite, et qui exsude du tronc et des branches d’un certain nombre d’arbres appartenant à la famille des Légumineuses ou à celle des Amygdalées. Qu’il s’agisse de la gomme arabique, foüfrnie par des végétaux du genre Aûacia, de la gomme adragante, produite par les Astiagales d’Asie Mineure, ou de la gomme de France, commune sur la plupart de nos arbres fruitiers à noyau, les agronomes l’ont considérée jusqu’ici comme le résultat d’un état pathologique de l’arbre, et ont alûrmé qu’elle est de nature à affaiblir dangereusement les sujets atteints; ils se sont bornés, d’ailleurs, à ces notions très superficielles, et c’est à peine s’ils ont parfois tenté d’indiquer un traitement, inefficace dans l’immense majorité des cas.
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- INFORMATIONS
- Or, d’après les travaux de M. R. Greig'Smith, il semble que cet exsudât est intimement lié à la présence de bactéries spéciales. L’expérimentation a pu, en effet, provoquer sa formation par le simple ensemencement, sur des pêchers, de microgermes vivant d’ordinaire sur l’écorce des acacias et qui ont été constamment retrouvés aü sein de la masse solidifiée. Ces données peuvent être rapprochées de celles qu’a obtenues M. Prillieux, au cours de ses recherches sur la gommose des vignes. L’examen microscopique lui révéla, sur les cellules et dans les vaisseaux tachés, la présence de matières au sein desquelles se trouvaient des bactéries de forme nouvelle qu’il crut être en droit de considérer comme les véritables agents de l’infection.
- De ces divers travaux, dont les résultats concordent et se complètent, les botanistes n’hésitent pas à conclure que là sécrétion des gommes végétales est un moyen de défense employé par certains arbres pour échapper aux attaques d’infiniment petits, en enveloppant, pour ainsi dire, ceux-ci dans une substance gluante qui ne tarde pas à se solidifier.
- Il n’est pas impossible de prévoir qu’un jour ou l’autre, ces notions nouvelles auront dans l’industrie des applications pratiques; la gomme arabique trouve, dans la fabrication des enveloppes, dans celle des timbres-poste et dans l’apprêt de nombreux tissus, des débouchés toujours croissants; son prix marchand a subi, depuis quelques années, une hausse sensible, et le moment n’est certainement pas éloigné où le jeu normal de l’offre et de la demande le fera s’élever encore. Il sera dès lors nécessaire d’examiner les moyens propres à en augmenter la production, et ceux-ci seront vraisemblablement dérivés d’une inoculation systématique des végétaux producteurs, dans les tissus desquels on ensemencera les bactéries capables de provoquer la sécrétion des substances gommeuses.
- Francis Marre.
- Le rôle du gravier dans le gésier de la poule. — La Revue internationale de renseignements agricoles rend compte d’une étude sur ce sujet, publiée par M. B.-F. Kaupp dans le Journal of Agriculiural Research.
- Gomme sujets d’expérience, M. Kaupp a utilisé des poules Barred Plymouth Rock de 2 ou 3 ans ; elles furent parquées dans des poulaillers pourvus d’un faux-fond en treillis métallique permettant l’évacuation immédiate des excréments et empêchant ainsi une consommation nouvelle du gravier éventuellement expulsé avec ceux-ci. Les poules furent sacrifiées à intervalles différents et le contenu du gésier en gravier fut déterminé chaque fois. L’essai a duré 365 jours; on a fait des analyses de la nourriture et déterminé le poids des sujets de façon à savoir bî le contenu du gésier en gravier était suffisant pour assurer le fonctionnement physiologique normal de cet organe.
- L’auteur donne dans un tableau les résultats de l’expérience.: un examen de ce tableau permet de conclure qu’un oiseau peut rester 365 jours sans recevoir de gravier et en posséder cependant encore dans le gésier une quantité suffisante pour broyer sa nourriture. En effet, au bout de cette période, une poule avait encore dans le gésier 5,8g gr. de gravier, c’est-à-dire une quantité égale à celle trouvée chez un sujet sacrifié le 36° jour. De plus, le gravier est à la fin de l’essai aussi anguleux qu’au début. Le processus digestif se passerait donc ainsi : les aliments ingérés s’imbibent dans^le jabot d’une façon plus ou moins forte suivant le temps de séjour dans cet organe; ils passent ensuite dans le ventricule succenturié, où ils subissent l’action des sucs acides sécrétés, et finalement dans le gésier. Les parois de celui-ci se contractent, foulent les aliments imbibés entre les particules de gravier et les réduisent en bouillie par un mouvement rotatoire de compression analogue à celui produit par un moulfn à meules. On a constaté en effet que les sujets gardent leur poids et leur santé aussi bien avec du gravier émoussé qu’avec du gravier anguleux.
- Les poules ont une tendance à consommer plus de gravier qu’il ne leur en faut; l’excès consommé est expulsé avec les excréments. La quantité retenue dans le gésier varie notablement d’un individu à l’autre : une poule morte le 156* jour avait dans le gésier i4,o3 gr. de gravier, ce qui est un maximum.'
- Vitesse et poids des chevaux. — La Revue internationale de renseignements agricoles analyse un travail de M. Prawoche’nski paru dans la Revue de zootechnie sur la forme des chevaux, telle que peut la modifier la sélection des courses de vitesse. On sait que 1 influenee des courses de vitesse sur le modèle des chevaux est une question qui a soulevé de nombreuses controverses entre les hippologues de tous les pays. On a même été jusqu’à prétendre que les modifications subies par les chevaux anglais de course se retrouvent dans la descendance des demi-sang et qu’elles sont favorables à la production d’animaux qui manquent d’étoffe. Le Dr Stra-tul, après une étude des mensurations des chevaux rapides et des chevaux lents dans les races de pur sang et de trotteurs américains, avait conclu que les chevaux doués d’une vitesse supérieure sont d’un modèle plus régulier et ont un tour de poitrine plus grand. D’autres, au contraire, sont enclins à regarder le modèle léger et réduit comme plus favorable à la vitesse que le modèle grand et robuste.
- L’auteur ayant eu la possibilité de mesurer de nombreux trotteurs russes envisage le problème à un point de vue biométrique et le résoud par des calculs précis et indiscutables. La vitesse des animaux étant officiellement enregistrée, il a pu calculer le coefficient de corrélation (méthode de Pearson appliquée par Davenport) entre le poids des animaux et leur vitesse. Pour éviter que le facteur « taille » ne vienne obscurcir le problème, il a déterminé pour chaque sujet l'indice de compacité en divisant le poids en kilogs par la hauteur au garrot en centimètres. Les diverses données groupées montrent qu’entre la vitesse des trotteurs et leur poids il y a une corrélation trop faible pour permettre de considérer le poids comme un facteur favorable à la vitesse, mais en même temps prouvant à l’évidence qu’il n’y a aucun antagonisme entre le poids et la vitesse. La compacité plus grande des chevaux les plus rapides s’explique probablement par la nécessité pour eux d’avoir des membres solides, une poitrine ample et des muscles robustes.
- La sélection d’après la vitesse n’a donc qu’une action secondaire comparativement aux autres influences exercées par le système d’élevage ; cette sélection d’après la vitesse n’est pas sans influence sur le modèle : elle tend à enlever la partie du poids superflue chez les chevaux rapides. Mais on ne peut affirmer que les chevaux les plus rapides soient ceux qui ont les jambes plus longues ; le squelette allongé et les membres relativement longs observés chez beaucoup d’animaux de races rapides sont seulement une conséquence des conditions anormales de leur élevage en stalle ou dans de (petits pâturages avec une nourriture riche en albuminoïdes et pauvre en chaux.
- Les Antilles françaises. — Les Antilles françaises se divisent en deux colonies : la Martinique et la Guadeloupe.
- La Martinique a une superficie de 987 km2 et 82 hectares, avec une population de 224469 habitants. Elle est divisée en deux arrondissements : Nord : chef-lieu Basse-Pointe, avec 3 cantons et i5 communes ; Sud, chef-lieu Fort-de-France, avec 5 cantons et 17 communes. Saint-Pierre est redevenue commune en 1923. Le chef-lieu de la colonie est Fort-de-France. L’arrondissement Nord avait 86 810 habitants et l’arrondissement Sud 157629 habitants en 1921. On comptait 243474 Français et g65 étrangers.
- La Guadeloupe a une superficie de 1780 km2 et 1 hectare. Elle comprend l’île jumelle de la Guadeloupe (Basse-Terrè, Grande-Terre) et ses dépendances : île de Marie-Galante, Saint-Barthélemy, Saint-Martin (partie), archipel de la Désirade, archipel des Saintes. Sa population s’élevaitau 1or juillet 1921 à 229 83g habitants.
- Au point de vue administratif, la colonie se divise en trois arrondissements :
- i° Basse-Terre (chef-lieu Basse-Terre), dont dépendent les Saintes, Saint-Barthélemy et la partie française de Saint-Martin (le reste de l’ile est hollandais).
- 20 La Pointe-à-Pître, qui comprend la Grande-Terre, la Grande-Désirade et la Petite-Désirade (chef-lieu La Pointe-à-Pître).
- 3° Marie-Galante, chef-lieu Grand-Bourg.
- Les arrondissements se subdivisent en 11 cantons et 34 communes, Le chef-lieu de la colonie est La Pointe-à-Pître.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- i*> Automobilisme
- Le thermostat T. R. B.-— Depuis quelque temps déjà, nous constatons dans l’automobile une tendance très accentuée à la fabrication de radiateurs de grandes
- Fig. 1. — Le thermostat T. R. B.
- dimensions. Evidemment, ceci est d’un avantage énorme en été, ou dans tous pays à climat chaud, car ces radia-' teurs ont une surface de refroidissement plus importante et ainsi ils répondent exactement au besoin pour lequel ils ont été conçus. Mais a-t-on pensé à l’hiver?
- Comment va se comporter une voiture munie d’un pareil radiateur par temps froid ?
- Les automobilistes connaissent par expérience le désagrément des ratés d’allumage, plus connu sous le nom de bafouillage.
- Hélas, ils sont obligés de supporter ce désagrément tant que les parois des cylindres n’ont pas atteint une température convenable, voisine de 70 à 8o°. Peridant toute cette période, qui souvent en hiver peut atteindre 3/4 d’heure à une heure, le rendement du moteur est mauvais. La plus grande partie de l’essence étant uniquement consommée pour porter l’eau de circulation" à cette température.
- Un appareil automatique, indéréglable et de construction très soignée, permet d,e remédier à cet inconvénient. Le thermostat T. R. B. permet le réchauffement rapide de l’eau autour des cylindres, dès la mise en marche du
- moteur ; de plus cette température est maintenue pour que le moteurfonc-tionne dans les meilleures conditions possibles.
- Quelle que soit la saison, la température du moteur reste constante.
- D’autre part, le T. R. B. a pour but d’économiser l’essence par une meilleure utilisation de celle-ci; les parois des cylindres sont très vite à la température de 700 et aucune partie du combustible n’est employée spécia-
- lement^pour réchauffer l’eau du radiateur.
- Le principe du thermostat T. R. B. est le suivant :
- Cet appareil ouvre ou ferme la circulation d’eau entre le moteur et le radiateur, au moyen d’une soupape équilibrée, mue par un élément thermostatique taré à la tension initiale de 70°. Cet élément thermostatique commence sa dilatation à la température de 700, pour donner ensuite un passage d’eau complet quand la température atteint go°.
- Fig. 2. — Coupe du thermostat.
- En hiver, pour éviter le gel des radiateurs, il est prévu de manière à laisser toujours passer un filet d’eau destiné à maintenir la circulation et la réchauffer en même temps. Le thermostat T. R. B. s’adapte indis-à toutes les voitures automobiles et ne demande aucun entretien.
- Le T. R. B. se monte facilement en dix minutes. Il s’intercale simplement dans la conduite en caoutchouc de refoulement-d’eau du cylindre au radiateur.
- Le F. R. B. est^économique, il améliore le rendement et diminue considérablement la consommation d’essence.
- Le fonctionnement du moteur est plus souple et les à-coups dans la transmission sont particulièrement atténués.
- Le thermostat T. R. B. se fait en cinq dimensions.
- Il convient aussi bien pour la circulation d’eau par pompe que par thermosiphon. — Le Thermostat T. R. B., 3r3, cours Gambetta, Lyon.
- Mécanique
- Chaises de transmissions système « M’hit » s’appliquant sans scellements sur poutres en ciment armé. — Jusqu’ici on perçait et on scellait dans le ciment armé les cavités devant recevoir les boulons fiiant les chaises ou consoles de transmissions, soit sur les poutres, soit sur les poteaux. Outre que ces percements et scellements sont pénibles et coûteux, leur exécution
- Fig. 3. — Moulage du thermostat sur la tuyauterie de refoulement du cylindre d 11 radiateur.
- Fig. 4- — Chaise « M’hil » appliquée sur une poutre en ciment arme.
- AB, bras de levier; M, mâchoires ; F,, lnneltc-écron à filetages inversés V, vis de butée; F, pièce do, fonte servant de support au palier ou à l'ap pareil de levage qu’il s’agit de supporter
- n’est point faite sans crainte ou perte de temps, attendu que la prise de ciment Portland utilisé à cet effet exige au besoin une dizaine de jours.
- Ces inconvénients peuvent, à l’heure actuelle, être évités avec les chaises M'hil dont la pose est instantanée et économique et qui [travaillent par simple adhérence comme le représente la figure 4- Ceci fait qu’elles peuvent être déposées et reposées d’un point à un autre de l’atelier^ en [cas dejjjjdéplacement de“ machines-outils
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- comme cela se produit assez fréquemment dans certaines industries.
- L’élément type de la chaise ou de la console M’hil est constitué par un corps en fonte portant deux oreilles
- Fig. 5.— Chaise «M’hil». Diverses dispositions de transmission de mouvement.
- sur lesquelles viennent s’articuler deux bras en acier qui enserrent par leurs extrémités supérieures, à l'aide de deux mâchoires ou patins, les poutres ou poteaux en ciment armé.
- Le serrage de ces mâchoires est obtenu par un tendeur à vis en acier qui écarte les extrémités inférieures des bras en rapprochent les mâchoires entre elles.
- Ces mâchoires sont striées et reçoivent chacune une feuille de plomb formant joint en épousant rigoureusement, grâce à la plasticité de ce métal, les rugosités du béton de ciment.
- Pour placer une chaise, on règle, au moyen du tendeur, la largeur entre les mâchoires à a ou 3 cm de plus que celle de la partie à enserrer. On présente ainsi l’organe dans la position qu’il devra occuper, en calant le dessus, de la traverse en fonte à l’origine des oreilles, sous la poutre ou contre le poteau.
- Afin d’être assuré d’une rigidité complète de l’appareil, on écarte les extrémités inférieures des bras à l’aide du tendeur pour serrer énergiquement les mâchoires. Cette rigidité absolue est obtenue par le serrage de deux vis placées sur la traverse inférieure du corps en fonte de l’appareil qui viendront former butée contre les bras,
- Ainsi posée, la chaise est garantie comme pouvant supporter, en toute sécurité, une charge de 600 kg au droit de l’appareil.
- Comme on le voit, les chaises ou consoles M’hil qui réalisent le maximum d’économie tout en offrant des garanties absolues de résistance des organes fixes ou en mouvement qu’elles supportent, se recommandent pour la suspension de toutes transmissions de mouvement (fig. 5).
- Constructeur : À. L, Cayron, ingénieur mécanicien, i45, rue de Paris, à Charenton.
- *> Objets utiles
- Le miroir Mathey. — Le- miroir, « conseiller des grâces », doit, pour rendre les services attendus de lui,
- Fig. 6. — Miroir Mathey : Position droite.
- pouvoir prendre toute inclinaison. On a imaginé, dans ce but, bien des dispositifs parfois très compliqués. Nous n’en connaissons pas de plus simple et de plus pratique que celui du miroir Mathey. La glace réflé-
- chissante est montée sur la face plane d’une demi-sphère métallique, lestée à l’intérieur. Cette moitié de globe se place sur un support, qui n’est autre chose qu’un cercle de métal garni d'un rebord en caoutchouc. L’ensemble forme une véritable rotule, et l’on voit que le miroir peut être placé en équilibre dans n’importe
- Fig. 7. — Mii'oir Mathey : Position inclinée.
- quelle position; on peut lui donner toute inclinaison voulue, sans la moindre difficulté : Il est en outre peu encombrant et aisément transportable.
- En vente chez Mathey, 14, rue Sainte-Anne, Paris.
- Enveloppe protectrice en papier pour vêtement. — Quel est le meilleur moyen de protéger, dans une garde-robe, les attaques des insectes ? Les produits insecticides ou insectifuges sont, sans conteste, fort utiles; mais leur emploi est assez délicat, leur odeur est en général désagréable, et de plus, au bout d’un certain temps, ils perdent toute efficacité ; il faut les remplacer. Toute négligence ou tout oubli à cet égard peut réserver de désagréables surprises. En réalité, la p-rotection la plus efficace est celle qui consiste à enfermer les vêtements dans des enveloppes, hermétiquement closes et impénétrables aux insectes. Le papier se prête admirablement à ce rôle. On pouvait voir au dernier Concours Lépine des enveloppes très pratiques et très économiques, fabriquées dans ce but. Ce sont des sacs en papier glacé et résistant dont l’ouverture est munie de bords rigides qui permettent à une seule personne de l’ouvrir aisément et d’y placer sans difficultés le vêtement suspendu à son porte-manteau. Une encoche au milieu de l’une des bandes assure le passage du crochet du porte-manteau. Le vêtement ainsi disposé
- Fig, 8. — Enveloppe-protectrice en papier pour vèt ment.
- à l’intérieur du sac, on referme l’ouverture au moyen de pinces fournies avec le sac. Pour donner un maximum de sécurité, la face interne de l’une des bandes peut être enduite de poudre insecticide ou frottée de camphre ou naphtaline.
- Notons que le vêtement est en même temps parfaitement protégé de la poussière.
- En vente chez Riardant, 5, rue Sainte-Apolline, Paris. Prix : 2 fr. 5o.
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- VARIETES
- TABLEAU PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE
- depuis le XVe siècle jusqu’à nos jours
- DES HIVERS, DES ÉTÉS ET DES CRUES DE LA SEINE REMARQUABLES
- Avec les minima, maxima de la température et cotes maxima atteintes quand ils ent été indiqués
- I. — Hivers.
- Dates Degrés Dates Degrés
- i4oo............ 1740.......................... 12,8
- 14*20 ..... 1742.............. i6,5
- 14?2 . . . . 1745......... i3,8
- i432 .................... 1747......... 10,6
- i458 .................... 1748.............. 14,1
- 1460......... 1754........................ i5,0
- 1464......... *755........................ i4,7
- 1469 i757 ...... 1 1 j 9
- 1490......... 1758 12,5
- 14g 4........ 1763............................. io,3
- i499 •••'•• • [766 ........ IO>9
- i5o3 1767......... i3,1
- i5o8......... - 1768 ..... i6,3
- 1511......... 1776............................. 17,2
- 15 r 2....... 1784............................. 18,8
- 15 24....... .1789............................. 21,8
- 1538 ........ 1795............................. 23,5
- i544 ........ 1799 ....................... 17,0
- 1548......... 1802............................. i5,5
- i565 ..... 1810 . . ,. 12,5
- 1571 . 1813 . . . . *. 10,6
- 1572 ....... 1814............................. 12,5
- 1584 ..... 1820............................. 14,3
- 15g r........ 1828........................ 14,6
- j 595........ 1827............................. 12,8
- i6o3......... 1829............................ 17,0*
- 1608......... i83o............................. 17,2
- 16x6 ... . i838 •............ 19,0
- 1621......... 1841........................ 13,6
- 1624 . . . . . 1845.............. 12,2
- 1625 . . . -. . 1847.............. i5,i
- 1633 . ... , . i854 ............ 1.4,4
- i636........ 185 5 ....................... 13,3
- i638 ..... 18G0............................. 16,2
- i656......... 1861............................. IO)9
- 1658 ..... 1871............................. 11,2
- l66o......... 1872............................. 21,5
- i663 ..... 1880. ,. ... 25,6
- 1665 ..... 1881............................. x3,6
- 1670......... 1888............................. i5,o
- 1672......... ' 1891......... i5,o
- 1677 ...... *893......... 17,0
- i6q5 ..... :—k 17,9 ~ 1895.............. i5,4
- 1696......... , 1909......... *4,8
- 1709......... 23,1 1917......... 15,4
- 1716.........— igS, 1918.........— 13,6
- 1729.........— 15,3
- La période de retour des grands hivers serait donc d’environ 41 à 42 ans; on peut reconnaître aussi des traces dé périodes de 100 ans et de 200 ans.
- II. — Etés.
- Dates. Degrés. Dates. Degrés.
- 1420 , i832 ..... 35,0
- 1 422 x 834 32,6
- 1473 i835 34,o
- 1608 i836 34,3
- 1G15 1837 31,2
- i638 i842 . . . . , 36,6
- 1644 1846 . . . . . ‘ 36,o
- 1669 i852 . . .• .34,6
- 1680 - 1857 -.. ... , . 36,2
- 1684 1858 . . . , . 33,5
- i685 i85g ..... 3^5
- 169T i865 33,3
- 1699 1868 34,0
- 1701 1870 33,2
- 1705 ...... 34,3 1873 34,8
- 1712 3 x,8 4x 874 37,6
- i7*9 36,8 i875 33,9
- 1726 32,8 1876 33,6
- 1727 . . . . . 34,6 x877 3i, 5
- Dates, Degrés. Dates. Degrés.
- i753 35,6 i88x 38,4
- 1784 • 3i,9 1884 . 33,9
- !793 38,4 1887
- i8©o ....... 35,5 1892
- 1802 ...... 36,4 i893 . . 35,7
- i8o3 36,8 1895 .... . . 35,5
- 1807 . . . . . . 34,i 1898 .... . . .34,5
- 1808 "-36,2 x899 .... • • 35,7
- 1811 3x ,0 1900 . . . . • • 37>7
- 1818 xqoi .... . . 33,2
- 1822 33,8 1904 • • 36,9
- 1826 36,3 1911 • • • • . . 36,5
- 1826 36,2 1921 .... • • 38,4
- La nomenclature des étés remarquables ne com-
- mence réellement qu’à partir du xvii0 siècle.
- La période de retour des grands étés serait donc également d’environ 41 à 42 «us avec aussi des traces de
- périodes de 100 ans et de 200 ans.
- Où rencontre parfois de grands étés fort près
- d’hivers remarquables, tels ceux de 1420, 1422, 1608,
- i6i5, x638, 1846, 1859, 1669, i753, 1784, 1802, 1822, 1870, 1881, 1887, 1893, 1895. III. — Crues de la Seine. 1826, „i837,
- Dates. Mètres. Dates. Mètres.
- 1400 . . . 1756 . . . 5,3i
- 1408 . . . 1760 . . . 5,85
- 141 *3 • . . 1764 . . . 7,33
- 1426 , . . 1768 . . . 5,36
- 1427 • • • 1769 . . . 5,65
- 1432 . . . 177° . . 5,6o
- i435 . . . J774 • • 5,52
- 1442 . . . 1783 . . . 5,55
- 146° • , . 1784 , • • , 1 . 6,66
- 1480 . . . 2795 . . . 5,36
- 1484 . . . * x * I799 • • • 6,97
- 1496 . . . 1801 . . 6,24
- 1497 • • • 1802 7,45
- !499 • • 1806 . 5,89
- i5o2 . . . 1807 . . . 6,70
- i5o5 . . . 1811 . . . 5,34
- x 531 . . . 1816 . . . 5,48
- i547 . . . 1817 • • •' 6, 3o
- i565 . . . ï8i9 . . . 5,69
- 1570 %. . . 1820. . . . 5,5g
- x571 . . . i83o , . . 5,70
- ï573 . . . 1836" . . . 6,40
- i58! . . 1844 . . . 5,8o
- 1583 . . . 1845 . . . 5,45
- x 5g1 . . . 1847 . . .
- ^95 . . . x85o . . . 6,07
- i5g6 . i852 . . . 5,25
- 1610 1856 . . .
- i6i3 1861 . . . 5,6o
- 1616 . . 1866 . . . 6,21
- 1641 ... ... •• * 1872. . 5,85
- 1649 . . . • . . 7,66 (') 1876 . . . 6,5o
- x 651 • . • • 7,83 i879 • • • 5,20
- 1658 . . . . . 8,80 1880 p . . 5,40
- 1690 . . . . . • 7,5* 1882 . . . 5,84
- <697 • • • 1883 . . . G,oo
- 17” . , • ... 7,62 188'» . . . 5,46
- 1726 . . . 1889 . . 5,64
- i735 , ; . ; 5,58 1897 . 5,55
- i74° . . • • 7,90 1910 . . . 8,5o
- 1747 • • • . . 5,55 1919 . , . 5,95
- 1748 . . . 17 51 . . , ... 5,65 . . . 5,90 1924 . . . 7,18
- Em. Rogeu,
- Membre de la Société météorologique de "Franco.
- 1. Cotes relevées au pont de la Tournelle et ayant atteint ou dépassé 5 m, 20 à l’échelle de ce pont,
- On retrouve là encore une certaine périolicite moyenne d’un peu plus de 42 ans dans le retour de ces crues.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Comment compter les grains de poussière? —
- Jusqu’ici, on ne connaissait guère, pour dénombrer les poussières ténues qui souillent l’atmosphère, qu’un procédé pondéral, tout au plus susceptible de fournir des résultats grossièrement approximatifs. Il consistait à filtrer l’air examiné à travers une couche d’ouate fine dont on déterminait l’augmentation de poids après qu’un volume d air connu l’avait traversée. On parvenait ainsi à des données dont l’imprécision s’explique d’elle-même quand on songe qu’il faut souvent 5ooo à 55oo grains de poussières ténues pour former un poids de un milligramme.
- La méthode proposée par l’Institut technologique de Boston est, au contraire, d’une élégante simplicité, en même temps que d’une exactitude séduisante. Elle consiste à filtrer un volume d’air connu à travers une couche de sucre réduit en poudre fine, puis à dissoudre dans un volume connu d’eau distillée récemment le sucre chargé des poussières retenues, et à compter au microscope les grains en suspension dans une fraction déterminée de la solution sucrée. Pour cela, on verse cette fraction déterminée du volume total dans un récipient rigoureusement propre dont le fond est divisé en carrés d'un millimètre de côté. On voit sans peine qu’il est facile, en proportionnant de façon convenable les quantités relatives d’air, de sucre et d’eau, de déterminer
- directement le nombre des poussières contenues dans un centimètre cube d’air, en comptant celles qui flottent au sein d’une masse d’eau sucrée couvrant une surface de dix millimètres carrés au fond du récipient.
- Bien entendu, si les poussières considérées sont solubles dans l’eau, il faut employer un artifice simple et dont la chimie la plus élémentaire suffit à indiquer la nature, c’est-à-dire se servir d’un liquide différent et d’un lit filtrant qui puisse être dissous en lui. Il n’y a là aucune difficulté à proprement parler.
- Il est intéressant de remarquer que la numération directe, effectuée au moyen du microscope, présente cet avantage important de faire connaître la forme des poussières, leur grosseur et de discerner si les arêtes en sont plus ou moins aiguë*.
- C’est une connaissance qui a souvent une utilité très grande, notamment lorsqu’il s’agit de déterminer si telles ou telles poussières inspirées sont de nature à provoquer, dans le tissu délicat du lobule pulmonaire, des déchirures ou des lésions superficielles.
- Il est vrai que le cas est bien rare, les sérosités qui tapissent les muqueuses des voies respiratoires supérieures du rhino-pharynx, de la trachée et des bronches, suffisant presque toujours à en empêcher la pénétration in loco periculoso.
- Francis Marre
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natlir© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Erratum. — Bibliographie. — Guide du chauffeur d'automobile (n° 3638, 20 oct. 1924. p. i36). L’auteur de cet ouvrage, dont le nom a été défiguré par une coquille typographique, est M. M. Zerolo.
- Communication. — A propos de perles de noix de coco (n° 2635). — Un de nos lecteurs nous écrit :
- * J’ai résidé pendant 3o ans aux Indes ; j’ai visité nombre de plantations de cocotiers et dans certaines que l’on exploitait depuis i5 ans et où l’on avait ouvert 100 millions de noix, on n’avait découvert aucune perle. Dans d’autres exploitations, on citait la découverte d’une perle à des intervalles de 8 à 10 ans.
- Cependant, j’ai été mis en possession de pareille perle par un hasard tout à fait fortuit. Dans chaque ménage, on emploie la noix de coco dans un but culinaire; en 1917, alors que ma femme donnait ses ordres à la cuisinière indigène, celle-ci s’occupait à fendre une noix au moyen d’une hachette. La coquille fendue, avec le lait, il se répandit à terre une merveilleuse perle blanche ayant parfaitement la forme de la noix (ovale) et pesant un peu plus de i5 carats.
- Aussitôt la nouvelle connue et par suite de la réputation presque légendaire de la perle, nombreux furent les visiteurs qui vinrent solliciter la faveur de voir et de palper l’objet mirifique ».
- Réponses. — M. de Gailhard-Bancel, à Allex (Drôme). — Pour préparer les feuillages dits stérilisés, on continence par sécher du sable blanc lavé, dans un four et on y ajoute lorsqu'il est encore chaud, par kilogramme de sable, 5 gr. de bougie et 5 gr. de blanc de baleine, par brassage on rend le mélange bien homogène.
- Cela fait, dans une caisse en fer-blanc dont le fond est mobile, on place un grillage en fil de fer, soutenu par de petits tasseaux, puis une couche de sable préparé. On y dispose la plante de façon qu’elle conserve une position naturelle et on verse doucement du sable en le tamisant pour qu’il pénètre dans tous les interstices sans tassement. Une fois la plante recouverte, on porte le tout dans un four ou mieux une étuve dont la température est de 35° à 45°. On laisse séjourner 5 à 6 heures,
- retire de l’étuve et abandonne au repos une journée, après quoi on enlève le fond mobile, le sable s’écoule et la plante se dégage parfaitement conservée ; au moyen d’un pinceau on enlève enfin les derniers grains de sable encore adhérents.
- N. B. — Un grand nombre de feuilles étant caduques à l’automne, faire la récolte des plantes à conserver, lorsque l’adhérence sur la tige est encore assurée.
- M. Rivière, à Etretat. — Le chlorate de potasse peut effectivement remplacer l’acide nitrique comme dépolarisant dans la pile Bunsen, mais les mêmes inconvénients en résultent, c’est-à-dire un dégagement de vapeurs irritantes et dangereuses pour les objets métalliques placés à proximité.
- C’est dans le même ordre d’idées que l’on a employé il y a déjà longtemps le chlorure de chaux (hypochlo-rite de chaux) comme dépolarisant pour la pile Niaudet qui était constituée au pôle positif par une lame de charbon placée dans un vase poreux et entourée d’un mélange de fragments de charbon et de chlorure de chaux.en poudre; au pôle négatif par un crayon de zinc plongeant dans l’eau salée à 2.5 pour 100. Cette pile avait une force électromotrice initiale de 1 v. 65 et ne consommait qu’en circuit fermé, mais son odeur était désagréable;
- M. Castanier, à Nîmes. — Les procédés employés dans l'industrie du bois courbé sont les suivants : i° Courbure au feu appliquée dans la tonnellerie, les constructions navales, le dressage des cannes et la courbure du manche, etc. Pour cela les bois sont placés au-dessus d’un feu clair et courbés lorsqu’ils commencent à céder sous l’effort. 2° Courbure à l'eau bouillante qui consiste à placer les bois dans des cuves contenant de l’eau très chaude qui les amollit suffisamment pour l’exécution du travail.
- Ce procédé rend bien le bois souple, mais il lui fait perdre une partie de sa matière constitutive et lui enlève de sa dureté. 3° Aujourd’hui on pratique surtout l amollissement à la vapeur dans des caisses fermées au sortir desquelles le bois est suffisamment malléable pour être placé dans des moules où il est maintenu serré jusqu'à refroidissement, c’est ainsi que l’on opère industriellement pour les productions importantes.
- M. B. — i° Dans les conditions accidentelles que vous prévoyez, mie de pain imbibée d'une solution d'acide borique pour la destruction des blattes, l’acide borique pourrait pratiquement être ingéré sans inconvénients par des enfants ou des animaux domestiques,
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- BOITE AUX LETTRES
- attendu que si cet acide est assez rarement prescrit à 1 intérieur, on l’emploie cependant comme antiseptique des voies urinaires à la dose de o gr. a5 à 2 gr. sans aucun danger. Seul l’emploi d’une façon continue, causant une accumulation dans l’organisme, pourrait devenir fâcheux, mais on n’a jamais signalé d’intoxication à suites mortelles, a0 L’incorporation d'acide borique à l enduit pour plafonds serait très probablement inefficace par suite de son enrobage qui le mettrait à l’abri de toute consommation par les cafards. 20 Le tétrachlorure de carbone est sans action nuisible sur les étoffes, les cuirs ou les objets métalliques. La dose à employer doit être telle que l’atmosphère où se trouvent les mites soit complètement saturée de vapeurs de tétrachlorure, il faut donc en mettre en excès dans le flacon bourré d’ouate pour être certain qu’il y én aura assez et fermer hermétiquement pour empêcher le départ de l’agent actif. Une simplè aération suffit ensuite pour purger le milieu.
- M. fasselin, à Paris. — On appelle résistivité ou résistance spécifique, que l’on désigne par la lettre p la résistance d'un cylindre de la substance ayant i cm de section et i cm de longueur.
- D’autre part, la résistance r d’un conducteur est donnée 2^ar la formule
- Z
- r^p-
- Dans le cas que vous indiquez d’un cylindre d’eau de i m. de longueur et i mm de section on a Z = 100 cm
- S — 0e"12,oi p — 5°’ ",s "m x io9.
- La résistance sera donc ioo
- r = j X io11 x --=5x io9 X io.ooo
- o. oi
- r — 50hmsx; io13.
- a0 En principe, la préparation des savons_comporte une saponification du corps gras, puis la séparation du savon formé par le relargage qui utilise l’insolubilité du savon dans une solution saturée de chlorure de sodium. Economiquement vous pouvez vous contenter pour les usages domestiques d’un savon d’empâtage obtenu sans relârgage, ni liquation que l’on peut fabriquer dans un récipient relativement petit et qui porte à cause de cela le nom de savon à la petite chaudière, dans lequel reste la totalité de le glycérine et de la lessive employée; ce savon toujours fortement alcalin ne peut par suite être employé pour la toilette.
- La formule suivante peut servir de type :
- Suif............. ........ ioo kg.
- Lessive de soude caustique à sa0 B. j4o — Carbonate de potasse............. 20 —
- On commence par fondre le corps gras dans une chaudière, puis on verse son poids de lessive caustique, on fait bouillir quelque temps et ajoute en remuant toujours le reste de la lessive, puis le carbonate de potasse. On maintient l’ébullition jusqu’à ce que la masse devienne fluide et transparente. La cuisson terminée, on attend quelque temps pour éclaircir, coule en mises et brasse dans les mises jusqu’à ce que le savon soit presque figé.
- J. M., à Cordoba, Argentine. — Le moyen le plus courant employé pour marquer les clichés d'imprimerie consiste à graver l’inscription sur le métal à l’aide d’un stylet en acier, mais vous pouvez également vous servir de vernis japon appliqué avec un pinceau qui donne des caractères plus visibles.
- M. A. Bouton, à Clermont-Ferrand. — Rien de plus facile que de donner aux pièces neuves en laiton qui garnissent les meubles l’aspect patiné par l’ancienneté : il suffit pour cela de faire une solution très faible de sulfure de potassium (sel de Barèges pour bains) et d’en badigeonner les cuivres. La seule précaution à prendre est d’opérer avec une solution étendue pour ne pas noircir d’une façon trop intense ; l’avantage d’une solution diluée est que l’on peut appliquer des couches successives jusqu’à ce que le résultat désiré soit atteint sans craindre de le dépasser.
- M. Enjalbert, à Bône. — Le véritable bain de Barèges, ou sulfure de potassium, ne peut en effet être pris dans une baignoire métallique sans qu’il y ait réaction sur le métal et aucun enduit préservateur assez réststant ne saurait être employé dans ces conditions, mais on peut remplacer le « Barèges » par le bain alcalin au soufre, type sulfurine de Langlebert qui?
- d’après son inventeur, peut être sans inconvénient mis
- dans les baignoires ordinaires.
- Prendre :
- Carbonate de soude cristallisé. . 960 gr.
- Fleur de soufre.................... 4e* —
- Chromate de soude................... 10 -
- Eau non calcaire.................... 3o —
- Concasser au mortier le carbonate en petits morceaux, mettre dans un creuset en terre ou un vase en fonte émaillée.
- Chauffer à feu vif, au bout de a à 3 minutes le carbonate de soude fond dans son eau de cristallisation. Dès que la masse est pâteuse, on retire du feu, ajoute la fleur du soufre, puis, le chromate de soude dissous dans l’eau, on mélange avec une spatule en bois, puis coule en plaques sur un marbre. Après refroidissement on casse en petits morceaux les plaquettes et met en flacons. La dose pour un bain est dé i5ogr.
- M. J. Cazottes, à Millau (Aveyron). — On enlève les vieilles peintures en les imprégnant, au moyen d’une brosse sacrifiée, du liquide appelé potassium par les peintres et qui est simplement une lessive de soude caustique à 5° Baümé. Vous pouvez également employer un décapant neutre constitué, par exemple, de la façon suivante :
- Acétone.......................1000 cm3
- Benzine ......................1000 —
- Paraffine...................... 5o gr.
- Au bout de quelques minutes de contact, la peinture est suffisamment ramollie pour être enlevée au grattoir.
- N. B. — Effectuer l’opération loin de tout foyer à cause de l’inflammabilité des solvants de la paraffine.
- Cercle des Officiers de Toulon. — Vous trouverez des désincrustants de la calamine dans les moteurs à essences, aux adresses qui suivent : Scrapingine, Mestre et Blatgé, 46, avenue de la Grande-Armée: Automos, 13, rue Lincoln, Paris. Le prix est d’environ i5 francs le bidon d’un quart de litre, la dose à employer est d’une cuillerée à bouche dans chaque cylindre.
- M. Guichard, à Paris.]— La composition suivante vous permettra de fixer très solidement le verre au métal :
- Colophane ......... 4® gr. •
- Cire jaune ..................20 —
- Ocre rouge................20 —
- Térébenthine de Venise ... 20 —
- Faire fondre à feu doux et employer encore chaud. Réunion des Officiers d'Agen. — i° L’acide nitrique étendu et froid n’attaque pour ainsi dire pas l’aluminium, on peut utiliser cette propriété pour débarrasser facilement les ustensiles de cuisine du tartre qu’ils contiennent après avoir servi pendant quelque temps à faire bouillir de l’eau calcaire. Il est facile de suivre à l’œil la dissolution du tartre, aussitôt qu’il a disparu, on rince rapidement à l’éau claire. 20 La mixture ci-dessous réussit très bien pour Vastiquage de l’aluminium.
- Oléine du commerce. ... 120 gr.
- Carbonate d’ammoniaque. . 10
- Chaux de Vienne............. 20 —
- Se servir de préférence, pour employer la pâte, d’une peau de mouton garnie de sa laine ou à défaut d’une peau de chamois, on obtient ainsi un meilleur brillant. 3° Les produits antibuée que l’on applique sur les verres de lunettes pour qu’ils ne se ternissent pas lorsque l’on passe d’un endroit froid dans une pièce chauffée sont également utilisés pour les glaces d’automobiles qui ne doivent pas être brouillées par la pluie. Ces produits sont essentiellement constitués par du savon transparent, tel qu’on le trouve dans le commercé sous le nom de savon à la glycérine; en frottant très légèrement de manière à ne pas altérer la transparence du verre, on recouvre celui-ci d’une couche très mince de savon et lorsque les gouttelettes d’eau viennent frapper la vitre, au lieu d’y rester fixées elles coulent aussitôt sans gêner la vue. 4° La substance employée par les confiseurs pour empêcher les bonbons de se coller est le chlorure de calcium fondu qui est plus hygrométrique que le sucre et absorbe par conséquent l’humidité contenue dans le bocal. Bien entendu, il ne faut pas mettre le chlorure de calcium en contact avec les bonbons, c’est pourquoi on le place dans une petite boîte en fer-blanc percée de petits trous. Cette boîte contient également un tampon de coton.hydrophile qui pompe le chlorure de calcium devenu déliquescent après avoir exercé son action.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Principes généraux de l'étirage et du tréfilage, par G. Soliman, i vol. in-8, 235 p., 5o fig. Gauthier-Yillars, Paris. Prix : i5 francs.
- Cet ouvrage comprend deux parties bien distinctes : la première est un rappel des propriétés et des moyens d’étude des produits métallurgiques; un important et intéressant chapitre est consacré à la question si complexe et encore quelque peu obscure de l’écrouissage et du recuit ; on y trouvera un résumé des travaux les plus modernes sur le sujet.
- La seconde partie est consacrée à la technique proprement dite de l’étirage et du tréfilage ; les différents procédés en usage y sont décrits avec soin ; les règles qui président à ces opérations délicates sont exposées avec une précision qui rendra service à tous les praticiens.
- Le moteur électrique asynchrone à champ tournant, par G.-E. Guillemin, i vol. in-4 br.. 120 p., 180 fig., Girardot et C’% Paris, 19 >4- Prix : i5 francs.
- Ce livre qui contient beaucoup de renseignements pratiques utiles est écrit dans un style de vulgarisa-sation si spécial, encombré de comparaisons si imparfaites, que le lecteur, pourvu de notions même très élémentaires d’électricité y trouvera, nous le craignons, plus d’obscurité que de clarté.
- La soudure électrique à l’arc métallique, par S. Fm-maudeau. i vol. i36 p , 80 fig. Gauthier-Yillars, éditeur. Paris, 1925. Prix : 10 francs.
- L’auteur rappelle succinctement ce qu’est un arc électrique, explique le mécanisme de la soudure à l’arc métallique, décrit les postes de soudure et donne les renseigneménts essentiels sur la pratique de la soudure à l’arc.
- Eléments de chimie industrielle, par J. Fritsch, adapté de la 5* édition de l’ouvrage allemand de J. Spennrath, 1 vol. 342 p., Desforges, éditeur. Prix : 20 francs.
- Le plan de cet ouvrage est à peu de choses près celui des ouvrages classiques de chimie élémentaire répandus en France; il s'en distingue par l’omission de quelques lois essentielles à la compréhension des faits ; c’est ainsi que la loi fondamentale de Lavoisier, la conservation des masses, n’est même pas mentionnée; il se distingue aussi des ouvrages français similaires par l’absence de toute figure. Aussi pensons-nous que le besoin d’une telle adaptation ne se faisait pas vivement sentir.
- Catalogue illustré des animaux marins comestibles des côtes de France et des mers limitrophes, avec leurs noms communs français et étrangers. — I. Poissons osseux, par C. Joubin et E. Le Danois, i vol. in-4, 220 p., 109 fig. Blondel La Rougery, Paris. Prix : 42 francs.
- Les noms des animaux marins comestibles varient non seulement de pays à pays, mais encore, sur le littoral français, selon les régions et même selon les ports. 11 en résulte de multiples confusions, gênantes pour le commerce de la marée, fâcheuses parfois pour l’application des taxes, et qu’il conviendrait de faire cesser. Le Congrès des Pêches de Boulogne avait émis un vœu dans ce sens et préconisé la publication d’un catalogue illustré. C’est celui-ci que publient le directeur et le sous-directeur de l’Office des Pêches maritimes. Pour chaque espèce, ils ont choisi la meilleure figure, la représentation la plus exacte et la plus caractéristique ; ils la font suivre de courtes indications sur la taille et les particularités de chaque poisson et de la liste des noms locaux, souvent aussi curieux que variés. L’ouvrage, luxueusement présenté, apporte beaucoup de clarté et rendra service à tous ceux qui s’occupent du commerce de la marée et aux amateurs de pêche en mer.
- Tissue Culture in relation to Growlk and Différenciation, par T. S. P. Strangeways. i vol. in-12, 5o p., 4 pl. Hefïers and Sons, Cambridge. Prix : relié 5 sh.
- The Technique of Tissue Culture « in vitro », par T. S. P. Strangrways. i vol. in-8, 80 p., 3i fig. Heffers and Sons, Cambridge. Prix : relié 7 sh. 6 d.
- La Nature a plusieurs fois parlé des cultures de tissus in vitro auxquelles divers biologistes s’appliquent depuis près de 20 ans. Le premier de ces deux volumes résume les faits acquis : divisions cellulaires, différenciation et modifications des cellules, x’apports des cultures avec les phénomènes de l’inflammation et de la cicatrisation des plaies. Le second est un manuel de technique, détaillé, précis, donnant tous les renseignements pour réussir ces expériences délicates. L’ensemble forme un bon guide pour ces travaux et un exposé de ces questions de haute importance pour la biologie cellulaire et ses applications à la pathologie.
- Immortalité et rajeunissement dans la biologie moderne, par S. Métxlnikov, i vol. in-16, 283 p.. 12 fig, Bibliothèque de Philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 8 francs.
- L’auteur de cet intéressant ouvrage, biologiste connu, a beaucoup étudié les questions d’immortalité des animaux inférieurs et a démontré que l’immortalité est la vertu fondamentale des organismes vivants. La cellule vivante peut se diviser et se multiplier à l’infini, engendrant une multitude de générations sans fin. Toutes les tentatives pour trouver un moyen de rajeunir l’organisme et lutter contre la vieillesse et la mort doivent donc être envisagées comme pratiquement possibles et scientifiquement motivées. Dans les derniers chapitres. l’auteur donne un exposé complet de travaux de Brown-Sequard, Metchnikoff, Steinach, Voronoff, etc., sur le rajeunissement.
- Evolution de la cartographie de la Savoie et du Mont-Blanc, par Joseph Yallot, atlas in-folio, Paris, Bar-rère, 1923, 5o francs.
- Réseau trïgonoméirique du Massif du Mont-Blanc, par Henki et Joseph Yallot, in-4, 55 p. et 22 pl., Paris, Fischbacher, 1924, 5o francs.
- I. L’atlas reproduit des fragments ou des spécimens de toutes les cartes connues, relatives au Mont-Blanc. C’est la très intéressante iconographie cartographique, fort complète, de la célèbre montagne.
- II. Le réseau donne les résultats d’ensemble des grands travaux entrepris, depuis 1892, par les deux cousins J. et H. Yallot; d’abord la liste de toutes les nouvelles altitudes refaites et corrigées ; puis (en petits croquis) la figuration graphique de 459 points calculés; enfin le tableau d’assemblage et l’annonce de l’apparition prochaine de la fameuse carte du Mont-Blanc au ao 000e, commencée il y un tiers de siècle. Nous lui consacrerons un article dès que les premières feuilles seront publiées.
- Expiât allons souterraines en Franche-Comté, par E. Fournier; I. Les gouffres, 212 p. et 5i fig.; II. Grottes et rivières souterraines, 186 p. et 5g fig., a fasc. in-8, Besançon, 1922 et 192!.
- Di ux premières parties d’un ensemble exposant les résultats de toutes les explorations souterraines de l’auteur et de ses collaborateurs dans le sous-sol du Jura depuis 1896. Il est peu d’œuvres personnelles aussi importantes et aussi homogènes. Des centaines de gouffres (dont quatre profonds de 200 à a5o m ) et cavernes ont été explorés et révélés. Ces savantes et périlleuses recherches ont appris quantité de choses en matière d’hydrogéologie. Pratiquement, elles sont d’une portée capitale pour le captage des eaux potables et leur défense hygiénique contre les contaminations. Les 3a et 4° parties sont en préparation. En attendant, l’auteur vient de publier un petit résumé excellent d’application technique sur la Recherche et le captage des eaux potables en Franche-Comté, in-8,
- ’ Ï19 p., Pontarlier, Faivre-Yernay, 1924.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2642
- 22 Novembre 1924
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- INFORMATIONS
- Nécrologie. — L-E. Berlin. — M. Louis-Emile Bertin, le célèbre ingénieur des construction navales, vient de mourir, lé 22 octobre dernier. Nous reproduisons ci-dessous son éloge funèbre, prononcé à l’Académie des Scieuces dont il était membre, par M. G. Bigourdan.
- « Né à Nancy en 1840, il passa par l’Ecole Polytechnique et en sortit dans le Génie maritime (octobre 1860). Dès l’année 1864, deux années à peine après sa sortie de l'Ecole d’application, il se fit remarquer par des travaux importants sur l’assainissement des navires à vapeur par une ventillation beaucoup plus forte qu’on ne l’avait obtenue jusque-là.
- Depuis longtemps, l’ancienne marine à voiles tentait d’améliorer l’état sanitaire des bâtiments destinés aux transports des malades, des hommes et des animaux ; mais les résultats obtenus parle moyen de la ventilation à bras restèrent très insuffisants ; et ils l’étaient encore au début de la marine à vapeur.
- M. Bertin eut l’idée très simple de ménager, dans la construction de la coque du navire, de longs tuyaux ou canaux d’appel d’air, aboutissant à 1 enveloppe des cheminées des machines : la chaleur de ces cheminées produit un tirage énergique, utilisé par M. Bertin pour le renouvellement de l’air des parties basses du navire. Les premiers essais de ce dispositif, appliqués à un transport déjà existant, le Calvados, eurent un plein succès : la mortalité des malades transportés diminua immédiatement des trois quarts; et en outie la durée des navires en bois se trouvait doublée. Sur un rapport de Dupuy.de Lôme, notre Académie attribua le prix Plumey ( 187 » ) à M. Berlin, après avoir ordonné l’insertion, dans le recueil des Savants étrangers, du Mémoire où il décrivait les moyens employés et les résultats obtenus.
- La publicité donnée par l’Académie à la ventilation du Calvados fit entre prendre à l’étranger de nombreuses applications du même système.
- De très bonne heure aussi, dès 1865, M. Bertin envisagea l’étude des mouvements des navires produits par les vagues de haute mer. Peu après (1867-1868) il imagina un instrument enregistreur, un oscillographe, pour perfectionner ces recherches, qu’il a poursuivies pendant longtemps. Les conséquences pratiques en furent l’amélioration de la stabilité contre le roulis, par l'accroissement de la résistance de la coque dans l’eau, au moyen de quilles latérales. Ce procédé, essayé d’abord avec succès sur de petits bâtiments, a été adopté partout ; et même il s’est montré plus efficace encore sur les grands navires que sur les petits. Ces recherches valurent à leur auteur une partie d’un prix extraordinaire de six mille francs, de 1882.
- Un troisième ordre de recherches fructueuses, enti’e-prises par M. Berlin dès 1870, fut la protection des navires de guerre contre l’effet destructif des projectiles
- L’augmentation des épaisseurs de blindage,- exigée par les progrès incessants de l’artillerie, donnait lieu à des difficultés de tout ordre pour la flottabilité des navires, surtout pour ceux de faible déplacement. Pour es vaincre, M. Bertin imagina la ceinture de blindage combinée avec uné tranche cellulaire voisine de la ligne de flottaison, tranche destinée à limiter la grandeur des
- avaries. Il appliqua d’abord cette méthode à des navires de petit déplacement, restés jusque-là sans protection, et il les composa d’une tranche cellulaire protégée, placée au-dessus d’un pont blindé recouvrant les cales et les parties vitales du navire.
- Cette forme, plus ou moins modifiée, s’est généralisée : en 1885 on comptait, à flot ou en chantier, 17 navires à flottaison cellulaire ou protégés, tandis qu’en 1896 on en comptait 120.
- L’étude des conditions d’équilibre des navires actuels, aux formes infiniment variées, est beaucoup plus difficile que dans les anciens, fréquemment semblables dans leurs formes. M. Bertin a, des premiers, procédé à des études d’équilibre au moyen de modèles réduits, dont l’usage s’est généralisé depuis.
- Tous ces travaux lui avaient valu une réputation de précurseur. Lorsque le Japon voulut construire une flotte
- moderne, et s’adressa au Gouvernement français, celui-ci désigna M. Bertin, qui resta de 188G à i8go en Extrême-Orient. Il établit les plans des croiseurs très puissants dont l’apparition a fait époque, car ils avaient une vitesse alors énorme de 17 nœuds: et depuis la bataillg du Yalou .( 1894) ils ont plusieurs fois fait leurs preuves.
- De retour en France, M. Bertin se remit au service de 1,’Etat et conçut le plan du Henri IV, à faible vitesse, mais très protégé et fortement armé.
- Il avait écrit une Histoire des grandes guerres civiles du Japon et créé la Société franco-japonaise de Paris. »
- Le plus haut poste de T. S. F. du monde. — C’est, semble-t-il. celui qui vient d’être installé à l’Observatoire du Pic du Midi à l’altitude de 2877 m. Sa puissance est de 3oo watts dans l’antenne, sa longueur d’onde de 35o m. La construction de ce poste s’est heurtée à de grandes difficultés, qu’on imagine aisément lorsqu’on songe que les matériaux ont dû être montés à l’observatoire à dos de mulet.
- Le poste du Pic du. Midi a pour objet d’assurer une liaison permanente, en tous temps, entre l’Observatoire et Bagnères-de-Bigorre ; il [permettra ainsi d’utiliser et de répandre les observations météorologiques faites au Pic du Midi. Jusqu’ici cette communication était assurée par la télégraphie avec fil, en général interrompue par la neige et les avalanches, pendant les longs mois d’hiver. Les observateurs restaient pendant toute cette période absolument isolés.
- Le nouveau poste permettra donc d’utiliser quotidiennement les observations d’une station météorologique exceptionnellement située. Il permettra aussi, de par son emplacement, de précieuses observations sur les phénomènes radiotéléphoniques et la façon dont ils sont influencés par l’état de l’atmosphère.
- Tremblement de terre en Algérie. ’— La région d’Alger a été le 5 et le 6 novembre dernier ébranlée par un tremblement de terre qui, en plusieurs endroits, a provoqué de sérieux dégâts. La région la plus gravement éprouvée est comprise entre Douéra et Boufarik. On y signale de nombreuses maisons détruites ét de gros dommages matériels.
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- INFORMATIONS
- Le point le plus profond des océans. — Jusqu’ici les sondages avaient attribué le record de la profondeur à une fosse marine située immédiatement à l’Est des Philippines où la sonde indique 9788 m. Mais une dépêche de Tokio nous annonce que des recherches pratiquées par les Japonais dans la vaste fosse des Kouriles dont la profondeur générale dépasse 8000 m. ont permis de constater une profondeur de gg5o m.
- Voici, d’ailleurs, pour fixer les idées, la liste des fosses dépassant 9000 m., telle qu’elle est donnée dans les ouvrages spéciaux et notamment par J. Rouch dans son ouvrage Pour voyager en paquebot :
- 9020 m. 6°i5' N 9031 - 5°at'N 9140 - 6°i6' S
- 9184 - u4°oo' S
- 9213 28°44'S
- 9427 - 3S°28' S 9636 - i2°4o':\
- 9788 - 9°56' N
- 127°22’ N Iles Philippines. ia7048' E Iles Philippines. i53°56 E Au nord de Manahi. 175W SW lie rJ L’on ga.
- 1 ;6°o4/ AV lie Tonga. i7603g' W Ile Kermadee.
- 245°3o' E Entre les Mariannes et les Caroline s.
- 12b0|'o' E Iles Philippines.
- La dépression du Ghor. — La dépression du Ghor (prononcez Rhor), qui constitue le bassin fluvio-lacustre du Jourdain, fait partie de la grande ligne de fracture asiatico-africaine, qui commencé au lac Nyassa pour se terminer par la Békaa et la vallée de l’Oronte.
- On y trouve trois nappes d’eau, dont voici les principales caractéristiques :
- Alli ludc
- du niveau moyen Profondeur de l’eau. maxima.
- Lac Houleh . . . -f- 2 m. 40 m.
- Lac de Génésareth — 208 m. 25o m.
- Mer Morte .... —390 m. 395 m.
- Superficie.
- 4o km‘-
- 175 — 920 —
- Le lac Houleh ou eaux de Mérom comprend deux parties : au nord, un delta marécageux, recouvert de papyrus, d’une superficie de xo km2; au sud, une nappe d eau, ayant jusqu’à 40 m. de profondeur et une superficie de 3o km2 environ. On sait qu’il est traversé par le Jourdain.
- Le lac de Génésareth a été décrit dans La Nature récemment (n" 2606).
- La Mer Morte vient d’être étudiée dans un article du géographe autrichien Hermann von Schrœtter, paru dans le n° de juillet-août 1924 de La Géographie. Son altitude serait de — 3qo m. (moyenne d’observations variant entre — 383 et — 397). Sa longueur maxima atteindrait 7b kilomètres.
- Sa profondeur la plus considérable se trouve dans la cuvette septentrionale, tandis que la partie méridionale n’accuse que des profondeurs de 5 ou 6 m. On sait que la partie méridionale, où se trouvaient les villes légendaires de Sodome et de Gomorrhe, n’a été submergée par les eaux, probablement par suite d’un affaissement du sol d’origine volcanique, que vers l’an 2000 avant l’ère chrétienne.
- La dépression du Ghor n’est pas la plus profonde des crypto-dépressions actuellement connues. Voici un tableau comparatif :
- Fond de la Mer
- Morte.........
- Fond du lac JBaïkal Fond du lac Tan-ganyka .... Fond du lac de Génésareth . . Dépression de Tourfan ....
- 792 m. (—397 m. — oq5 m.) i,o5i m. (-f- 472 m. — 1.523 m.)
- 656 m. (-)- 794 m, — 1.430 m.)
- — 458 m. (— 208 m. — aïo m )
- — 5o m.
- Le Ghor ne vient donc qu’au second rang.
- Population de quelques Etats américains. — Nous donnons ci-dessous les chiffres des derniers recensements et évaluations parus sur quelques Etals américains et reproduits dans les années 1928 et 1934 du Journal des Àméricanistes :
- Haïti , . . . . 2.045.000 âmes (161 janvier 1938)
- Uruguay. . . . 1.664.000 — (3t décembre 1922J
- Groenland ... 14.354 âmes (ier janvier 1921)
- Mexique.- . . . 14. 196.312 — (3o novembre 1921)
- Nicaragua . . . 638.1 1g — (ier janvier 1920)
- Honduras . . . 673.408 — (1922)
- Costa-Rica . . . 485.049 — (3i décembre 1922)
- Cuba........... 3.i23.o4o — (3i décembre 1922)
- République dominicaine . . . . 897.405 — (1921)
- Panama .... 446.098 — (octobre 1923).
- La culture des cannes et des manches de fouet. — Beaucoup de personnes ignorent peut-être qu’il existe, aux environs de Paris, une culture agricole assez curieuse, celle des cannes et des manches d’ombrelles. Près de 200 hectares lui sont consacrés en diverses communes de Seine-et-Oise.
- Dans une plantation de chênes, d’érables, de troènes ou de peupliers, on coupe les arbres au ras de terre, de façon à provoquer, sur chaque pied, la pousse de plusieurs tiges. Celles-ci, ébourgeonnées au bas, sont soumises, au printemps de l’année suivante, à une opération qui consiste à entamer l’écorce au moyen de pinces et de molettes, de façon à y inscrire des dessins variés, qui se trouvent gravés sur le bois d’une manière indélébile.
- Au bout de trois ans, en moyenne, on abat les scions ainsi traités, on les ébranche avec soin, on les fait sécher au soleil, on les soumet à un bain de vapeur très chaude et on les livre aux ouvrières qui les dénudent.
- Il ne reste plus qu’à les redresser, en les soumettant à 1 action de la chaleur humide et à les couper à la lon-geur voulue pour' avoir des manches d’ombrelles parfaits. Souvent meme, on courbe à l’avance l’extrémité des pousses, de façon à obtenir, au moment de la coupe, des poignées de là forme qu’on désire, ou bien on laisse pousser de petites branches qui sont contournées et disposées de telle sorte qu’elles viennent se greffer sur le tronc principal et former avec lui des anneaux ou des béquilles. Les manches d’ombrelles ainsi préparés sont expédiés dans leur état brut aux fabricants spécialisés qui les polissent à la pierre ponce, au papier de verre et à la toile émèri fine, puis les vernissent avec soin et leur fixent, suivant les cas, une simple garniture ou une monture complète.
- Dans la partie nord du département du Gard, une culture assez analogue fournit des cravaches très souples, en même temps que ces manches de' fouet rustiques dont tous les rouliers ont adopté l’usage. L’essence forestière mise en œuvre est le micocoulier, arbre méridional à bois très dur et très résistant à la cassure. Mistral a chanté, dans son poème de Mireille, l’ombre de ses feuilles, d’un vert sombre et décrit d’un mot les reflets veloutés de ses baies noires à peine charnues.
- Pendant l’hiver de leur seconde ou de leur troisième année, les jeunes troncs sont coupés, à 60 cm du sol, par une taille au couteau bien nette et bien franche, dirigée perpendiculairement à leur axe. Dès le printemps suivant, les bords de la « couronne », c’est-à-dire du plan de^ section, bourgeonnent abondamment. On laisse subsister quatre brins qui, deux ans plus tard, atteignent une hauteur de *5 cm. Ils ont été, dès leur première année de pousse, soigneusement ébranchés sur la moitié de leur longueur, de façon à ne laisser subsister qu un bouquet de feuilles au sommet, puis tordus ensemble et maintenus en place par deux ou trois ligatures de raphia, dont la première est posée le plus près possible de la souche. L’opération se continue de même pendant l’année suivante. L’arbuste ainsi martyrisé est alors coupé au ras de terre : les ligatures de raphia sont enlevées, les pousses détordues, puis écorcées, raclées au couteau, taillées à leur extrémité libre et tordues a nouveau quand le polissage est achevé. De nouvelles ligatures de raphia sont remises en place pendant le séchage, qui est effectué à l’ombre dans un local largement ventilé.
- Au bout d un mois environ, l’opération est terminée : il n y a plus qu’à détacher les fibres de raphia et à munir l’extrémité des branches d’une gai'niture de cuir plat qui portera, soit la boucle de la cravache, soit la lanière du fouet. Le tronc formant le manche, et les brins tordus au cours de leur pousse constituent un ensemble extrêmement flexible, qui présente une résistance considérable à la rupture.
- Francis Marre.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ^ÏnS* Chroniques de T. S • . '5^5
- Les postes à galène et les chargeurs d’accnmu» lateurs en octobre Î924. Quelques nouveautés du
- concours Lépïne. — La puissance de plus en plus accrue des postes radiophoniques d’émission permet également l’emploi plus facile du populaire poste à galène, appareil destiné essentiellement à la masse du public qui désire entendre les radio-concerts sans pour cela s’initier aux principes de la radiotechnique. Le prix modique de ce poste, ou sa construction aisée, permet son utilisation aux enfants, aux jeunes gens, aux paysans, et, en général, à tous ceux qui recherchent un appareil de réglage simple, ne demandant aucun entretien, et se contentent d’écouter les émissions locales.
- Fig. i,— Poste à galène classique type « Radio Stella «.avec accord par bobine Oudin à •>. curseurs.
- Fig. .2.-— Poste à galène clas- Fig. ?>. — Poste à galène sique avec bobine Oudin à avec bobinage Oudin, réalisé 2 curseurs,portant des supports autour de la boîte même de de lampes permettant un mon- rappareil.Fractionnement.au tage supplémentaire rapide moyen de manettes à plots (type Kilford). (type Yitus).
- Dans Paris ou la banlieue, la réception est devenue si facile qu’il suffît d’une minuscule antenne intérieure ou d’un cadre pour obtenir des résultats fort suffisants. En province, une bonne antenne est toujours nécessaire; cependant la portée moyenne utile a beaucoup aug-
- menté et dépasse 200 km. On signale mêmetrès sou-(0/ T vent de bonnes auditions
- des radio-concerts anglais obtenues sans l’aide d’aucune lampe.
- Il faut d’ailleurs remarquer qu’il est tout à fait inutile, et l’on pourrait même écrire nuisible, d'employer une antenne longue pour la réception des ondes courtes.
- On peut certes utiliser une antenne longue, lorsqu’on en possède une, avec un dispositif d’accord à primaire apériodique quelconque, mais Fig. 4. — Poste très simplifie il n’est pas encore certain dans lequel le détecteur et les que les résultats soient bornes de connexion sont sim- supérieurs, ou même plement fixés sur une des joues égaux, à ceux obtenus en bois de la bobine d’accord avfic une anlenne phls
- (tjpe ma). courte accordée sur la
- longueur d’onde des émissions à recevoir. Cependant, si les principes du poste à galène sont restés inchangés, sa forme extérieure a généralement été modifiée, bien qu’on emploie encore avec succès, et même que l'on construise, des appareils semblables à ceux qu’on utilisait il y a quelque 10 ou 12 ans, remarquable exemple de longévité pour un appareil de T. S. F., de vie généralement si courte!
- On a pu voir ainsi au Concours Lépine de 1924» auquel était annexée également |Ia 3° exposition-concours
- Fig. f>. — Détecteur simple à galène avec chercheur fixé sur un levier à double articulation.
- de T. S. F., à côté de postes d’un modèle efficace, mais déjà ancien, d’autres appareils aux formes diverses et ingénieusement composées par leurs constructeurs.
- Nous allons, à titre d’exemples, indiquer quelques-uns des modèles les plus caractéristiques parmi ces postes, dont le nombre important interdit une description plus complète.
- Nombreux sont encore, avons-nous dit, les postes classiques aveebobinages d’accord cylindriques à une couche, et réglage par curseurs. Le mode d’accord employé est quelquefois le système en dérivation, mais, le plus souvent, le système Oudin (fig. 1), avec bobine à deux curseurs. Ces appareils sont généralement munis d’un condensateur variable permettant de terminer plus soigneusement le réglage; par raison d’économie, ce condensateur est rarement à air, mais très souvent mixte, à diélectrique mica et lame d’air.
- Les constructeurs disposent quelquefois des supports de lampes sur la boîte même du poste, de façon à permettre à l’amateur de réaliser, par la suite, s’il le désire, un montage additionnel à lampe. Ce montage consiste généralement à utiliser un ou deux étages d’amplification à basse fréquence après la détection (fig. 2).
- Une première modification réside dans l’emploi d’un fractionnement de la bobine d’accord au moyen de manettes à plots. Ce bobinage d’accord peut d’ailleurs être simplement exécuté autour de la boîte même du poste, ce qui réduit les dimensions de l’appareil.
- La bobine d’accord, même d’un modèle à curseurs, peut également former le support de tous les éléments du poste, et servir de carcasse à l’appareil (fig. 4). Sur une joue en bois de la bobine sont fixés le détenteur et les bornes de connexion, Remarquons, d’ailleurs, que dans tous ces appareils, comme dans tous ceux qui vont être décrits, le détecteur à galène utilisé est d’un modèle simple et bien connu à double rotule (fig. 5). Ce détecteur simple est, en somme, le plus facile à régler et très efficace. Des amateurs, épris de précision, pourront désirer des modèles plus perfectionnés, mais ce Éijr- 7 type presque universellement avec u adopté est fort suffisant.
- Les postes à galène de modèle plus récent ne comportent plus de bobinages cylindriques, mais des bobinages en galettes fractionnées ou interchangeables. Le poste le plus simple de ce genre est monté avec accord en dérivation, réalisé avec une galette fractionnée par une manette à plots placée dans la boîte du poste (fig. 6). Sur la partie supérieure en ébonite de la boîte sont fixés le détecteur à galène et le condensateur variable d’accord.
- Ce condensateur peut d’aüeurs être utilisé en série
- Fig'. f>. — Poste à galène, accord en dérivation, avec bobinage d’accord en galette, renfermé clans une boîte en ébénislerie. Fractionnement par manette à plots (type M. C ).
- Poste à galène accord en Oudin par galettes fractionnées à l’aide de manettes à plots.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- ou en parallèle, suivant la longueur d’onde des émissions à recevoir. \
- D’après le même principe de construction, on établit des postes avec accord en Oudin (fig. 7). Le bobinage
- Fig 8. — Poste à galène avec accord en dérivation par bobines interchangeables en fond de panier (type Radio Amateur).
- d’accord en galette est fractionné au moyen de deux m inettes à plots.
- Les postes encore plus récents comportent des bobines d’accord interchangeables.Ces bobines peuvent être du type « en fond de panier » ou du type « en nid d'abeilles ».
- Un modèle simple d’appareil à bobines en fond de panier est représenté par la figure 8. Les galettes interchangeables sont fixées sur de petites planchettes que l’on peut glisser par une fente placée en bas de la boîte ; les connexions sont établies automatiquement par deux plots placés sur cette planchette mobile, et reliés aux extrémités de l'enroulement; ces plots viennent appuyer sur deux ressorts fixes correspondants, connectés aux bornes antenne et terre
- Le système d’accord de ces appareils est généralement en dérivation, mais il peut aussi être en Tesla, et les bobines formant le primaire et le secondaire sont commodément réalisées avec les bobinages en nid d’abeilles montés sur supports à broches (fig. 9).
- Ces postes à bobinages interchangeables sont tout
- Selfs additionnelles
- Fig. 9 — Poste à galène, nccoid en Tcsla par bobines en nids d’abeilles interchangeables.
- Fig. 10.-— Redresseur de courant « Simplex » à lame vibrante redressant une phase du courant.
- spécialement désignés pour la réception des ondes courtes ; on peut également les réaliser sous des formes plus ou moins bizarres et ingénieuses : livre dont la couverture dissimule les éléments et renferme les écouteurs, portefeuille en cuir contenant d’un côté le bobi-
- nage et de l’autre le détecteur très plat, etc. Nous avons d'ailleurs déjà décrit quelques-uns de ces modèles dans La Nature.
- Parmi les autres appareils exposés au concours Lépine, il en est encore un qui semble "avoir particulièrement attiré l’attention des constructeurs,_ c’est le redresseur de courant alternatif, accessoire indispensable pour le plus grand nombre des amateurs qui utilisent des amplificateurs à lampes.
- Malgré les qualités indéniables des redresseurs à vapeur de mercure ou à valves, la plupart des modèles sont du type à vibrateur, ce sont d’ailleurs des dispositifs simples, économiques et que les constructeurs ont léussià rendre suffisamment silencieux.
- Dans certains de ces appareils, on se contente de redresser une alternance du courant (fig. 10); dans d’autres, au contraire, on redresse les deux phases (fig. 11).
- Nous indiquerons d'ailleurs dans une prochaine chronique le principe de ces divers redresseurs.
- Remarquons que l’on a pu également voir dans cette exposilioa des modèles de «oupapes électrolytiques, qui sembLientrobustes et d’un rendement suffisant ; leur prix très bas leur permet de conserver les faveurs de nombreux amateurs.
- Nous avons pu ainsi donner sommairement à nos lecteurs quelques indications sur l'évolutioa de deux types d’appareils de plus en plus répandus. Cette petite étude montre que dans ces dispositifs comme dans beaucoup d’autres, le progrès a consisté dans le perfectionnement des détails plutôt que dans la modification des principes.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 11. — Redresseur de courant « Sir » à lame vibrante redressant les 2 phases du courant.
- .*> Mécanique <<%
- Un levier d’automobile transformable en pistolet. — Nous ne sommes plus, fort heureusement, au temps où les brigands arrêtaient les diligences ou les carrosses.
- Ce genre d’agression serait, du reste, assez malaisé contre une voiture automobile moderne.
- Néanmoins 1 automobiliste, appelé à circuler en toutes régions, parfois à véhiculer des clients suspects, doit songer à se prémunir contre des risques d’agression, fort rares sans doute, mais suffisamment réels pour justifier quelques précautions.
- Le levier transformable Magister, lui met, à la -portée de la main, un petit pistolet permettant de tirer successivement et avec un seul doigt a balles en moins d’une seconde. Le petit pistolet est placé dans la partie
- Fig. — Levier transformable « Magister ».
- supérieure du levier de frein sur le changement de vitesse, spécialement transformé à cet effet.
- Eu temps normal, il remplit simplement son rôle de levier ; mais si un danger survient, il suffit au conducteur d’appuyer du pouce sur son petit poussoir, et aussitôt., la partie supérieure du levier est libérée; l'automobiliste a en main une petite arme à peu près efficace et d’autant plus dangereuse pour son adversaire qu’elle a un aspect inoffensif.
- Ce dispositif a été imaginé par la Société « Rapid Défensif », 12, rue d'Enghien, Paris,
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- LA SEMAINE DES NUAGES
- Les lecteurs de La Nature ont été conviés spécialement voici plus d’un an (voir n° 2579, 8 septembre 1923) à collaborer à une investigation scientifique des plus iatéressantes : la Semaine internationale des nuages. L’appel fait alors au public de bonne volonté a été entendu; les envois ont affiné de toutes parts à l’Office national météorologique.
- La moisson ainsi réalisée est de grande valeur, ainsi qu’on en pourra juger par les détails suivants extraits d’un compte rendu de l’Office.
- La Semaine internationale des nuages a eu lieu du 24 au 3o septembre 1923. Le dépouillement des nombreuses photographies qui ont été prises à cette occasion n’est pas encore achevé. Quant aux résultats scien-
- M. Denduyls de Paris, un simple particulier, sans aucune attache avec aucun service scientifique, ce qui montre combien on peut attendre de services dans une semblable entreprise purement scientifique de la part de collaborateurs non spécialistes : il suffit qu’ils soient conciencieux et habiles.
- Les photographies de tous les pays participants furent d’abord rassemblées par les Services météorologiques nationaux et ensuite centralisées à l’Office national météorologique de France à Paris. Cette institution était chargée d’assurer le dépouillement de tous ces matériaux.
- Les photographies parvinrent toutes dans le dernier trimestre de l’année 19*3.
- Le tableau ci-dessous contient la liste des pays qui ont pris part à la Semaine des nuages, le nombre des photographies envoyées et le nombre des participants.
- Nombre Nombre
- de de
- correspondants photos.
- Pays.
- France. 356
- 60 66 8
- Grande-Bretagne Suède. ... . . , Roumanie . . . Afrique du Nord Espagne .... Pays-Bas . . . Norvège .... Belgique....
- Suisse.........
- Italie.........
- Luxembourg . . Malte ..... Constantinople .
- Levant...........
- Portugal. . . .
- Grèce..........
- Etats-Unis . . . Haïti..........
- 1 2 10
- 4
- 7
- 7
- 5
- 1
- 1
- 547
- 3q8ï 1613 64 ! Soi 248 2 13 178 85 82 55 '»
- 17
- 17
- 9
- 6
- 6
- 7532
- tifiques,"on*fpeut [dire qu’ils constituent une véritable mine de documents dont l’exploitation vient seulement de commencer,
- Conçu par MM. Schereschewsky et Wehrlé, proposé par le colonel Delcambre, directeur de l’O. N. M., le programme de photographie synoptique du ciel pendant une semaine à raison de 3 prises de vue par jour fut adopté par le Comité météorologique international et reçut un excellent accueil auprès des Services météorologiques nationaux.
- Une propagande active fut faite en sa faveur, afin d’attirer non seulement la collaboration des milieux scientifiques, mais aussi celle du public cultivé et des photographes qualifiés. La presse quotidienne, les revues scientifiques et les grands postes de radiotélégraphie et de radiotéléphonie prêtèrent obligeamment leur puissance de diffusion pour atteindre le but que nous venons d’exposer.
- _. En France, en particulier, le poste de la Tour Eiffel attira tous les jours l’attention de ses nombreux auditeurs sur l’Intérêt que pourrait avoir leur collaboration. De plus l’Office national météorologique institua 7 prix en argent destinés à récompenser les meilleures photographies. Le premier prix fut remporté par
- La carte ci-jointe indique l’emplacement des stations photographiques et permet d’apprécier la densité et la régularité du réseau photographique suivant les divers pays.
- Les pays centraux qui n’avaient pas encore fait leur rentrée dans les organismes météorologiques' internationaux à l’époque où fut organisée la Semaine des nuages n’ont pas participé à la Semaine des nuages. Il y a lieu aussi de regretter l’absence de la Russie. On peut envisager que dans un avenir assez rapproché, des relations météorologiques normales seront reprises avec ces diverses nations et que par conséquent une nouvelle Semaine internationale des nuages pourra être organisée avec un plein succès et établira un réseau photographique dense et recouvrant régulièrement tous les pays sans distinction.
- Au point de vue statistique, les deux pays qui ont envoyé le plus grand nombre de photographies sont la France et la Grande-Bretagne. Ce sont aussi les pays les plus étendus parmi ceux qui ont pris part à la Semaine des nuages.
- Les photographies les plus nombreuses sont celles de la France, mais il faut féliciter particulièrement la Grande-Bretagne pour l’excellente qualité du plus grand nombre de ses photographies.
- Au point de vue technique, les observateurs avaient été munis de conseils éclairés de spécialistes de la photographie du ciel : MM. Clarke (Angleterre) et Quénis-set (France) avaient bien voulu rédiger à la demande du colonel Delcambre deux notices contenant sous une forme brève et néanmoins trèB claire les précautions à prendre pour obtenir de bons clichés. Ces notices
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- avaient été imprimées et répandues par les soins de l’Oilice national météorologique. La Semaine nationale des nuages organisée au mois de janvier içp3 par l’Office national météorologique sur le territoire français avait montré que cette manière de procéder était recommandable.
- Les résultats obtenus pendant la Semaine internationale des nuages ont montré combien on avait eu raison de prendre cette précaution.
- Il faut encore signaler au point de vue technique l’importante collaboration de l’aviation et un appareil ingénieux de M. Rubin Hill, de Cambridge.
- Le tableau suivant donne par pays le nombre des photographies aériennes qui ont été recueillies :
- France .
- Roumanie
- Pays-Bas
- 38y 11G
- Total.
- 58o
- L’altitude des photographies se maintient au voisinage de 3ooo m. pour les plus hautes. C est donc principalement la zone des Alto-Cumulus qui a été explorée par cette méthode. Voici pour la France la liste des postes d aviation qui ont participé à la Semaine des nuages :
- 3 ie régiment d’aviation...........
- i t* — — ...........
- Centre d’études aéronautiquc.s .
- 35e régiment d’aviation............
- 1 »e — — ...........
- Centre d’instruction aéronautique .............................
- 33e régiment d'aviation............
- 11 — — ..........
- a0 escouade du 33° régiment d’aviation . .......................
- Le Bourget.
- Nangelar (Rhénanie). Versailles.
- Lyon.
- Neustadt (Palatinat). Avord.
- Bochum et Wacken-heim.
- Metz.
- Valdahon.
- L’appareil de M. Robin Hill, de Cambridge, a pour but de photographier simultanément tous les nuages qui sont dans le ciel, dans quelque azimuth que ce soit.
- Le problème est en effet des plus importants : avec les appareils photographiques ordinaires dont le champ est faible il est nécessaire, si l’on veut donner une idée exacte de l’état du ciel, de choisir judicieusement les nuages à photographier et il y a là un risque certain.
- Il faut d’ailleurs reconnaître avec satisfaction que la plupart des observateurs se sont soigneusement conformés sur ce point aux conseils qu’ils ont reçus et ont obtenu des photographies très caractéristiques. Un certain nombre d’entre eux ont pris la précaution de photographier le ciel au même instant dans plusieurs azimuths, ce qui résout la difficulté signalée, d’une manière satisfaisante, mais assez compliquée. En particulier beaucoup d’observatoires anglais (Lyndhurst, Portsmouth, Greenwich, Harrow, Sainte-Agnès, Cambridge, Sidmouth) ont donné jusqu’à cinq photographies par heure d’observation, dont 4 aux quatre points cardinaux et une au zénith. Quoi qu’il en soit, le mérite et l’utilité de l’appareil Hill restent entiers. Il donne une représentation complète de la voûte céleste sur un cercle.
- Vingt photographies obtenues par cette méthode sont parvenues à l’Office National météorologique et cette institution s’est empressée d’acquérir un appareil Hill pour l’expérimenter.
- Les nuages ne s’y présentent pas rigoureusement sous le même aspect qu'à l’œil nu et l’échelle des photographies est assez réduite (le diamètre du cercle n’est en effet que de 7 cm).
- Toutefois il semble qu’avec un peu d’habitude on ne doive pas rencontrer d’obstacle sérieux dans ces particularités.
- Au point de vue scientifique, une première étude des photographies a déjà donné des résultats intéressants dont nous allons donner un aperçu sommaire.
- M. Bergeron, météorologiste suédois et collaborateur pour les études des nuages de l’Institut de géophysique de Bergen, a séjourné eu France, à Paris, pen-
- dant un mois (février-mars 1914) et étudié les photographies de la Semaine des nuages comparées aux cartes isobariques interprétées selon les méthodes de Bjerknes.
- M. Schesrescheswsky a étudié la situation météorologique en France et dans les pays Rhénans selon la méthode des systèmes nuageux. Le travail qui vient d’être achevé est actuellement à l’impression et sera publié dans le mémorial de l’Office national météorologique.
- Il a été considérablement facilité par le réseau d’observations horaires qui comprend 75 stations et a fonctionné d’une manière très satisfaisante. Il y a aussi lieu d’étendre cette étude aux autres nations européennes.
- En collaboration avec le capitaine Wehrlé, il a entrepris de rédiger pour chacune des photographies caractéristiques une note détaillée et de comparer synopti-quement les transformations d'une même forme nuageuse lorsqu’on se déplace dans l’étendue d’un territoire. *
- Une centaine de notices sont rédigées à l’heure actuelle.
- Leur réunion pourra également faire l’objet d’une publication dans le mémorial de l’Office national météorologique.
- Quoiqu’il ait accepté de centraliser dans ses bureaux les documents photographiques de la Semaine des Nuages, l’Office National météorologique n’entend pas assurer le monopole de l’exploitation.
- 11 a pris des dispositions pour que les savants étrangers qui voudront bien porter intérêt à l’étude de la Semaine des nuages puissent consulter les photographies.
- Des panneaux tournants d’exposition d’un maniement aisé ont été installés à cet effet dans une petite salle de l’Office, exclusivement consacrée à la Semaine des nuages.
- M. J. Bjerknes, lors d’un de ses passages à Paris, a pu consulter les documents ainsi présentés.
- Pendant la Semaine des nuages, le territoire de la France s’est trouvé à peu près constamment éloigné des régions où évoluaient les grandes perturbations. La pression y a été fort élevée et même un centre anticyclonique y a séjourné pendant la plus grande partie du temps.
- II ne faudraiUpas conclure de là que la Semaine des nuages a été dépourvue d’intérêt dans nos régions. Si la moitié méridionale de la France a joui presque sans discontinuité d’un ciel pur ou peu nuageux, la moitié septentrionale, en revanche, a été le siège de phénomènes intéressants.
- C’est surtout dans le domaine des Alto-Cumulus, des Strato Cumulus et des Brouillards que les observations utiles ont pu être effectuées.
- Signalons qu’il a été possible de confirmer ou d’approfondir les relations de parenté entre les Alto-Stratus, les Alto-Cumulus et les Strato-cumulus. Par ailleurs des faits out pu être établis qui jettent un jour nouveau sur la nature et les propriétés de certains types de brouillards très dangereux pour la navigation aérienne, plus dangereux encore que les brouillards nocturnes et matinaux du type classique : nous voulons parler des brouillards déjà étudiés pendant la guerre par le colonel Gold, alors chef du Service météorologique de l'armée britannique, et judicieusement combattus par lui au moyen de postes avertisseurs analogues aux postes de grains.
- Il sera également possible d’étudier la diversité des formes d’Alto-Stratus voisines et de préciser ainsi la définition de ce nuage et sa différenciation d’avec le Strato-Cumulus.
- L’examen des messages quotidiens d’observation du ciel montre que ces points pourront être examinés avec profit.
- On voit, par ce bref aperçu, que les espérances fondées sur la Semaine des nuages ont été largement réalisées. Elle a contribué à compléter et à préciser nos connaissances sur ces phénomènes atmosphériques, si importants à tous égards. Souhaitons qu’une nouvelle Semaine internationale soit instituée aussi prochainement que possible, qui, englobant toutes les nations sans distinction, supprimera les lacunes qui ont affecté la belle entreprise de l’an dernier.
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- HYGIENE ET SANTÉ
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- LA PREUVE DE LA MORT RÉELLE PAR LE PROCÉDÉ DU SÉTON
- (Séro-réaction cadavérique)
- Le procédé consiste à aspirer, à l’aide d’un fil passé en séton, la sérosité qui occupe les mailles du tissu cellulaire sous-cutané et à vérifier si cette sérosité est acide ou alcaline. De nombreuses expériences, faites sur des animaux d’espèces variées et sur le cadavre humain, nous ont démontré que cette sérosité, qui est alcaline durant la vie, devient acide après la mort, pour redevenir de nouveau alcaline lorsque le cadavre, à la suite de transformations successives, arrive à la putréfaction ammoniacale, c’est-à-dire à la période avancée de la putréfaction.
- La transformation de V alcalinité en acidité est constante et précoce : elle se manifeste 5 à 7 heures après la mort, un peu plus tôt ou un peu plus tard, suivant les circonstances qui activent ou retardent la putréfaction. Nous croyons que l’acidité cadavérique appartient au processus de la putréfaction. Quelle que soit, d’ailleurs, son origine, elle doit être considérée comme un signe de mort absolument sûr, aussi sûr que la putréfaction elle-même, dont elle est, en quelque sorte, le signe précurseur.
- La recherche du signe de la séro-réaction cadavérique est des plus faciles, grâce à l’emploi du procédé du séton. On pince fortement la peau, et on passe par-dessous, comme pour l’application d'un séton, une aiguille à coudre, qui devra traverser, de part en part, la base du pli formé par la peau. Cette aiguille est munie d’un fil de coton dont on se sert dans les ménages pour repriser et pour remmailler les bas. Il faut que l'aiguille soit d’un "fort calibre, cela afin que le fil ne soit pas trop serré par les tissus qu’il traversera, accident qui diminuerait sa capillarité et nuirait à son pouvoir absorbant. L’aiguille de Reverdin, une grosse aiguille demi-courbe pour suture chirurgicale, une aiguille à coudre le cuir ou à coudre les sacs, une forte aiguille de machine à coudre ou simplement une grosse aiguille à repriser conviendront à cet usage. Le pli de la peau devra comprendre une étendue de tégument assez large pour que la partie du fil comprise dans les tissus mesure environ 4 à 5 cm. Par capillarité, le fil se laisse très rapidement pénétrer par les liquides qui lui sont abandonnés par les tissus ; il ne sera généralement imbibé que de sérosité sans aucune trace sensible de sang.
- La quantité de sérosité que l’on obtiendra à l’aide du séton sera toujours très largement suffisante pour procéder à l’opération, et, pour cela, il n’y aura qu’à laisser le fil en place pendant quelques minutes (2 à 4 minutes). Il sera alors retiré, et on le comprimera fortement entre deux petits morceaux de papier tournesol, un morceau bleu et un morceau rouge. Le signe de Vaci-dité cadavérique se traduira par une ligne rouge sur le papier bleu, et par l’absence de toute réaction sur le papier rouge, alors que, &ur le vivant ou durant les premières heures qui suivent la mort, le séton com-
- primé donnera une ligne bleue sur le papier rouge et rien sur le papier bleu.
- On peut encore procéder d’une autre manière. Des fils de coton sont trempés au préalable, les uns dans la teinture de tournesol bleue, les autres dans la teinture de tournesol rouge. On les laisse sécher ou on les comprime entre deux feuilles de papier buvard; on obtient ainsi des fils teints en bleu et des fils teints en rouge. Passés en séton sous la peau du cadavre, le fil bleu devient rouge, et le fil rouge ne change pas, alors que sur le vivant ou peu de temps après la mort, on observe le contraire, le fil rouge devient bleu, et le fil bleu reste bleu. La teinture de tournesol se trouve dans le commerce-; pour obtenir une bonne teinture de tournesol bleue, il suffit de verser dans 20 cm3 de teinture de tournesol rouge 3 gouttes de lessive de potasse.
- La recherche du signe de l’acidité cadavérique à l’aide d’un fil préalablement teint en bleu nous paraît plus compliquée et ne vaut pas l’emploi du séton simple et du papier tournesol qui donne des résultats toujours si nets et si faciles à constater.
- Nous avons essayé d’autï’Bs réactifs : la cochenille, le campêche, l’acide rosolique, la phtaléine de phénol, le bleu de bromothymol, la fluorescéine, etc. Tous ces produits donnent des réactions colorantes qui varient suivant que le milieu est acide ou alcalin; mais nous leur préférons de beaucoup le simple papier tournesol, que l’on trouve dans toutes les officines de pharmacie et que le médecin aura toujours sous la main lorsqu’il voudra s’en servir.
- Le signe de l’acidité cadavérique, avons-nous dit, fait son apparition généralement 5 à 7 heures après la mort. Toutefois, comme nous ne connaissons pas encore suffisamment toutes les circonstances qui peuvent retarder cette apparition, pour éviter toute cause d’erreur, nous conseillons de n’appliquer le procédé de la séro-réaction qu’à partir de la dixième heure après le moment supposé de la mort.
- Le procédé de la séro-réaction par le séton nous paraît être le procédé le plus pratique pour établir en toute certitude la preuve de la réalité de la mort. Son application ne demande pas plus de temps qu’une auscultation sérieuse du cœur. C’est celui que nous employons de préférence, et il constitue vraiment le procédé de choix auquel le médecin devra avoir recours pour la-constatation des décès. Nos fonctions de médecin certificataire des décès pour les indigents de la ville de Marseille nous offrent l’occasion de l’appliquer fréquemment, et nous n’avons jamais enregistré un insuccès. L’application du procédé est si facile, la technique en est tellement simple que l’on peut considérer le signe obtenu par la séro-réaction cadavérique à l’aide du séton comme un signe vulgaire de la mort réelle, signe que l’on pourra utiliser en l’absence du médecin. Dr Icabd.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondauce des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le Récupérateur de chaleur es t construit par les Etablissements Mirus, 4, rue des Petits-Champs, Paris.“
- Réponses. — Lycée de jeunes filles de Brest. — Pour redresser les plateaux, d’éhonite, on les expose à la vapeur d’eau bouillante afin de les assouplir, puis on les place encore chauds but une surface bien plane, on recouvre
- d’une planche également bien dressée, charge de forts poids et laisse ainsi un jour ou’deux sans y toucher. Avec un peu d’habileté, on réussit à donner à la plaque la planéité cherchée.
- M. Poulchy, à Marseille. — Un moyen très pratique de teindre les cuirs est d’employer les couleurs aux stéarates en dissolution dans la benzine. Ce procédé a l’avantage de ne pas mouiller le cuir et de permettre la prise de la couleur, même si le cuir présente des taches grasses.
- Vous pouvez prendre comme formule type :
- Couleur aux stéarates. ... i5 gr. Benzine lourde.................85 —
- Dans le cas qui vous occupe, les priucipaux jaunes à employer sont : stéarate de chrysoïdine, stéarate de
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- BOITE AUX LETTRES
- chrysoïne, stéarate de jaune arnido, stéarate de jaune B. Si vous ne trouvez pas ces produits chez votre droguiste, vous pourrez toujours vous les procurer dans les maisons suivantes, à Paris : Grangé, 54, rue des Francs-Bourgeois; Pelliot, a4, place des Vosges; Pointet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois.
- P. M. C.; à Lyon. — i" Le meilleur procédé pour obtenir des lettres en métal, surtout si vous devez les fabriquer en séries, est de les découper à la scie à métaux, en superposant autant de plaques que vous voulez avoir de lettres du même genre. Un papier collé sur la première plaque et sur lequel est dessiné le modèle sert de guide, et il suffit ensuite en rectifiant à la lime d’enlever les bavures qui sont très minimes quand on a acquis un peu de pratique, a0 Nous pouvons vous signaler comme autre ouvrage sur l émaillage : La fabrication des émaux et l’émaillage, par Paul Randau, éditeur, Dunot, 9a, rue Bonaparte.
- M. Aubertin, à Reims.— Il nous est assez difficile, sans avoir vu l’objet, déjuger si vous pouvez encore redonner du brillant à l'émail de votre poêle, nous pensons cependant que la formule suivante serait susceptible de vous
- donner satisfaction :
- Blanc de zinc....................3oo gr.
- Sulfate de baryte................3oo —
- -Silicate de soude à 4r>° B. . aoo —
- Eau ordinaire....................aoo —
- Teinter avec une couleur minérale vert Guimet, vert de Cassel ou avec le noir de fumée, remplaçant une partie du blanc. S’abstenir des couleurs d’aniline.
- M. Convert, à Bourg (Ain). — La dorure sur tranches des livres s’effectue ainsi : On place le volume entre deux ais et après avoir redressé les cartons on serre fortement, puis, avec un grattoir spécial à lame d’acier de la largeur requise, on gratte la surface de la tranche avec soin afin d’enlever toutes les bavures du papier et on la brunit avec un polissoir en agate. Cela fait, on passe une couche de bol d’Arménie délayé dans un peu d’eau rendue albumineuse par du blanc d’œuf, on essuie aussitôt et brunit une deuxième fois sans laisser sécher. Ce travail permet à la dorure de mieux pénétrer et masque les défauts qui pourraient apparaître après coup sur la tranche. Il ne reste plus qu’à effectuer le travail de dorure proprement dit : On applique au pinceau sur la tranche à dorer une couche d’un mélange d’eau et de blanc d’œuf, soit un blanc pour trois fois son volume d’eau; avant que cette colle ne soit sèche, on applique dessus, en se servant d’un tampon d’ouate, de minces feuilles d’or battu. Quand toutes les parties de la tranche sont bien dorées, on attend cinq heures an moins pour commencer le brunissage qui doit être pratiqué très légèrement au début. Puis avec un linge fin enduit de cire vierge on passe une couche que l’on brunit alors avec plus de force parce qu’il n’y a plus à craindre que la dorure se détache.
- N. B. — Le bol d’Arménie n’est autre chose qu’une argile ocreuse colorée en rouge vif par du peroxyde de fer. Lorsqu’il est réduit en poudre, il porte le nom de bol d’Arménie préparé et est employé fréquemment dans les arts comme produit de polissage.
- M. le I)r Lafaury, à Tain (Drôme). — Les balles de tennis ne présentent aucune particularité de fabrication, ce sont des balles creuses en caoutchouc que l’on a recouvertes dè drap blanc, on observe seulement que leur diamètre et leur poids soient uniformes.
- M. Perissin-Pirasset, à Compiègne. — Le croquis très clair de votre poêle Bohain, qui figure sur votre lettre, permet immédiatement de se rendre compte de ce qui se passe quand vous avez des échappements de fumées par le couvercle. Tant que le niveau de la sciure contenue dans le magasin est encore au-dessus de la partie perforée, la cavité libre du magasin ne contient que des gaz combustibles résultant de la distillation de la sciure. Au moment où le niveau de cette sciure s’abaisse suffisamment, les ouvertures sont dégagées et l’air venant du dehors qui se trouve en arrière pénètre dans le magasin en formant avec les gaz un mélange détonant qu’allume la moindre étincelle, d’où explosion qui soulève couvercle et chapiteau en laissant échapper de la fumée. Il serait dangereux de chercher à réaliser une fermeture plus hermétique, car alors ce seraient les tôles qui céderaient.
- Le remède le plus simple est de tenir dans le magasin une quantité de sciure suffisante pour que le niveau
- supérieur ne descende pas trop bas, de même que dans un générateur de vapeur on ne laisse pas descendre le niveau de l’eau en dessous du sommet des carneaux sous peine d’explosion, c’est surtout là une question de surveillance.
- W., à Amiens. — Le bouillonnement des graisses animales ou végétales préalablement chauffées, lorsque l'on y introduit des pommes de terre crues, est dû au départ de l’eau de végétation qui est vaporisée. Il en est de même lorsque l’on fait fondre du beurre, celui-ci ne prend une fusion tranquille qu’au moment où les 10 pour 100 environ d’eau d’interposition qu’il contient, ont disparu. En résumé, le bouillonnement ne peut être supprimé, mais on peut le diminuer notablement en n’introduisant pas d’eau inutile et ayant soin, par exemple, d’essuyer les pommes de terre qui ont été lavées avant de les mettre dans la friture.
- M. Petel, à Paris. — i° Encre à écrire sur le verre :
- Fluorure de sodium. .... 65 gr.
- Acide acétique..............35 —
- Mettre en flacons de gutta-percha avec un peu de sulfate de baryte pour rendre l’encre visible au moment où on trace l'inscription, ajouter un grain de plomb qui servira à brasser la masse par agitation avant de s’en servir. 2° Manuel de chimie analytique, par Treadwell (1920), éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte; Précis de chimie analytique, par Denigès 1^1920), éditeur Maloine, 27, rue de 1 Ecole-de-Médecine.
- ,M. Gilly, à Boufarik. — Nous ne vous conseillons pas de mettre un enduit à l’intérieur des bacs destinés à conserver de l’alcool. Ce revêtement est du reste tout à fait inutile puisque l’alcool se conserve parfaitement au degré que vous indiquez, dans les bacs en tôle bien clos.
- M. G. C., h La Baule, — Nous n’avons pas d’éléments d’appréciation permettant de déterminer la ouïes causes de la diari'hée persistante dont sont atteints vos jeunes serins. La diarrhée, chez les oiseaux en cage, peut être engendrée par une alimentation défectueuse : abus de la verdure, graines avariées, ou persistance des temps froids et humides, etc. Si cela provient de l’alimentation, il faut modifier le régime vicieux, donner de la pâtée sèche, tonique et réconfortante, de l’eau ferrugineuse ou acidulée en boisson, un peu de poudre d’os.
- Ajouter à la pâtée un peu de poudre tonique employée pour les volailles. Voici la composition de cette poudre :
- Gentiane pulvéris'o. , . . 20 grammes.
- Gingembre...................io —
- Quinquina gris..............3o
- Acide salicylique........... 5
- Avoir soin de tenir les oiseaux dans un endroit sec, et s’assurer que les aliments à leur distribjer sont, parfaitement sains, et sans humidité excessive. Four éviter le relour de cette affection, il faut compter beaucoup sur l’hygiène, la propreté parfaite, et rationner les sujets.
- M M., Professeur, Cours des Chartreux, Lyon. — Vos fusains paraissent envahis par des cochenilles, dont les œufs blanchâtres sont déposés à la face inférieure des feuilles et à l’extrémité des rameaux. Les traitements au soufre constituent un remède préventif contre les cochenilles. On répand de la fleur de soufre sur les plantes en ayant soin d’atteindre la, face inférieure des feuilles.
- Comme traitement curatif, le suivant pourrait être employé :
- Faire dissoudre 3oo gr. de savon noir dans un litre d’eau chaude, laisser refroidir et ajouter, en versant lentement, 600 gr. d’alcool amylique et 100 gr. de teinture d’aloès. Employer cette solution au dixième pour le traitement d’hiver, et au vingtième pour le traitement d’été. Répandre en pulvérisation au moyen d’une seringue de jardin ou d’un pulvérisateur. Opérer en hiver dès la chute des feuilles, et en été en mai-juin, au moment de l’éclosion. Quelques heures après l’opération, laver à grande eau les plantes traitées, afin d’empêcher l’intoxication des feuilles et des rameaux.
- On peut employer aussi une dissolution concentrée de sulfate de fer ou de sulfate de cuivre, ou encore l’émulsion de Kiley, ainsi composée :
- Pétrole................... . 8 litres.
- Eau.........................4 litres.
- Savon ordinaire.............o kg 175
- Celte émulsion se prépare en versant la dissolution bouillante de savon dans l’eau sur le pétrole. Employer le liquide en pulvérisation sur les plantes.
- CffiS*
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2643
- 29 Novembre S 924
- INFORMAT]
- La Comète Reid (1924 «)• — Nous avons annoncé la découverte de cetle comète, à l’observatoire du Cap, le 3o mars dernier,- dans notre n° 2614.
- Miss J.-M. Yinter Hansen et M. J. Johanssen ont calculé les éléments de l’orbite au moyen d’un certain nombre d’observations très précises, faites à l’observatoire du Cap, du 3o mars au 21 mai.
- L’éclat de cette comète s’affaiblit beaucoup plus rapidement que ne l’indiquerait le calcul. Une photographie prise le 27 septembre, avec le télescope de Bergedorf, par le Dr Baade, donne la 16e grandeur, au lieu de la io° indiquée par le calcul.
- La Comète d’Encke (1924 b). — Nous avons vu (n° 2&3i) que la seconde comète de l’année 1924 est la comète d’Encke, retrouvée le 31 juillet dernier à l'observatoire Yerkes, par M. Van Biesbroeck. D’après une information que publie M. F. Baldet dans L’Astronomie, cette comète a augmenté d’éclat, et se trouvait récemment à la limite de visibilité à l’œil nu. Cet astronome fait remarquer que, contrairement à ce que l’on a plusieurs fois annoncé, l’éclat de la comète n’a pas sensiblement diminué depuis la première observation faite en 1786.
- La comète est passée en périhélie le 3i octobre 1924, et elle est à présent inobservable.
- Nouvelle comète Pinsler (1924 c). — Le Dr P. Finsler, de Bonn, a découvert une nouvelle comète, la troisième de l’année, le i5 septembre 1924, peu après 8 h. (temps moyen de l’Europe centrale), en se servant d’une jumelle et explorant le ciel dans la région de l’étoile 42 de la chevelure de Bérénice. L’éclat était alors de la 4e grandeur et une queue longue et étroite a été soupçonnée. Le 17, la comète fut revue, de 5° grandeur, près de u du Bouvier. Une faible queue, se dirigeant au Nord, était perceptible sur une longueur de 4 degrés. Le Bureau central des Télégrammes astronomiques ne fut informé que le 18; le 20, M. Hoff-meister, à Sonneberg, observa le nouvel astre comme une nébulosité fortement condensée, de 6e grandeur.
- Le 21, à Alger, M. Gonneissat notait l’éclat de 7e grandeur; M. Dyson, à Greenwich, le notait de 5” le 22 et M. Vinter Hansen, à Copenhague, de 6e le 23. L’Astronomie, d’api ès l’information que lui communique M. F. Baldet, signale que le 21 septembre, cette nouvelle comète était située à io° au-dessous d’Arcturus, se couchant à Paris une heure environ après la fin du crépuscule astronomique. Elle aura été mal placée dans notre climat pour les observations photographiques et spec troscopiques. Le mauvais temps a empêché de la voir dans la région parisienne et, à l’observatoire de Meudon, malgré tous les efforts, elle est restée inobservable.
- Un nouvel « objet » céleste. — Nous emploierons ce mot un peu bizarre d’« objet » céleste pour désigner le nouvel astre — petite planète ou comète — qui vient d’être découvert par le Dr W. Baade, le a3 octobre 1924, à l’observatoire de Bergedorf. Son éclat était de io°,5 grandeur et sa position,^pour le *3 octobre, à 8 h. 6 m., 5 (temps moyen de Bergedorf) :
- Ascension droite = 2t h. 5 m. 16 s. ;
- Déclinaison = -j- i5°28’.
- Mouvement diurne : en ascensiondroite = -|- 4 m. 56 s. ; en déclinaison — — o° 40 .
- La position ci-dessus correspond à la constellation du Dauphin et le nouveau corps est visible, avec un bon instrument, dans les premières heures de la nuit.
- Nous compléterons ces renseignements dès que de nouvelles informations seront publiées.
- Les typhons et la T. S. P. — Le R. P. Gherzi, de l’Observatoire de Zi-Ka-Weï près de Shangaï, s’est livré à d’intéressantes investigations radiotélégraphi-ques sur les typhons, dont il rend compte dans l’Onde Electrique. MM. Rothé et Laporte de l’Université de Strasbourg ont signalé à maintes reprises que l’observation radiogoniométrique des « atmosphériques » ou parasites de T. S. F. permet de prévoir l’apparition des dépressions météorologiques d’origine continentale et
- des orages d’été; la direction dans laquelle le radiogo-niomètre révèle l’intensité maxima des atmosphériques indique le plan dans lequel se trouve le centre cyclonique au moment de l’observation. Le R. P. Gherzt, ayant pu vérifier lui-même l’exactitude des affirmations de MM. Rothé et Lacoste, fut amené tout naturellement à appliquer la même méthode aux typhons, qui* représentent, eux aussi, un régime cyclonique. On sait que la prévision des typhons est une des principales missions que s’est assignée l’Observatoire de Zi-Ka-Weï; les avertissements qu’il fait parvenir aux navigateurs rendent les plus précieux services aux marins des mers de Chine et sauvent chaque année une foule d’existences.
- Or, chose curieuse, 1 observation des typhons par la recherche radiogoniométrique des parasites s’est révélée complètement infructueuse. Les typhons font disparaître les atmosphériques; constatation conlirmée par les observations des opérateurs radios à bord de navires pris dans un typhon. Jamais, affirment-ils, l’audition radiotélégraphique n'est plus nette qu’à proximité d’un typhon.
- Les filaments de -tungstène thorié. — Il n’est pas d’amateur de radiotélégraphie ou téléphonie qui ne connaisse les lampes électroniques, dites Radiomicro, dont l’apparition en France date d’un an à peine. Ces lampes, on le sait, sont extrêmement économiques, et ont permis de se contenter de batteries de piles pour le chauffage des filaments. Il est donc intéressant de connaître la constitution de ces filaments, dont la découverte est due au physicien américain Langmuir, du célèbre laboratoire de recherches de la General Electric C° à Shenectady. Nul n’ignore aujourd’hui qu’un fil métallique, porté à très haute température, laisse échapper, dans un vide suffisamment poussé, un flot d’électrons que, dans les lampes électroniques on aspire au moyen d’un champ électrique appliqué, entre le filament servant de cathode et une anode convenablement placée. Une troisième électrode, la grille, sert à contrôler à volonté ce flot d’électrons. Le tungstène, dont, le point de fusion-est très élevé, est universellement employé comme filament émetteur d’électrons. Mais, dès le début des recherches faites sur l’émission thermionique, on s’est aperçu que certains filaments de tungstène présentaient, à cet égard, des anomalies, et l’on a reconnu que celles-ci étaient dues à la présence de thorine dans le tungstène. Telle est l’origine des recherches qui ont abouti à la création des filaments de tungstène thorié ; si l’on prend un filament de tungstène contenant 2 à 3 pour 100 de thorine, on peut par un traitement convenable l’activer, c’est-à-dire rendre son émission plusieurs milliers de fois plus grande que celle d’un filament de tungstène pur à la même température.
- Cette activation est provoquée par une couche d’atomes de thorium qui vient recouvrir la surface du filament. On provoque l’apparition de cétte couche en réduisant la thorine, ou oxyde de thorium qui existe dans la masse du filament; à cet effet, on porte d’abord le filament pendant quelques secondes à une température comprise entre 2600 et 2800° absolus, puis pendant un temps un peu plus long à une température voisine de 2000 à 2ioo° absolus; une partie des atomes de thorium chemine par diffusion à travers la masse métallique et atteint la sui’face; la vitesse d’évaporation étant, dans ces conditions, inférieure à celle de diffusion, les atomes s’accumulent à la surface et y forment une pellicule qui recouvre une fraction croissante de cette surface ; à une température donnée, l’émission électronique croît en fonction exponentielle de l’aire de la pellicule tho* riée; la température du filament ne doit pas dépasser 1900°, sinon la couche de thorium s’oxyderait et l’émission diminuerait.
- Il est intéressant de noter que le pouvoir d’émission électronique du thorium pur aux températures où l’on fait fonctionner d’habitude le filament thorié n’est pas très élevé, pas beaucoup plus que.acelui du tungstène.
- L’activation n’est donc pas due au pouvoir émissif du thorium, mais à la différence de potentiel de contact tuDgstène-thorium qui facilite l’évasion des électrons.
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- INFORMATIONS
- Une maladie qui disparaît. — Il est assez fréquent qu’on voie des maladies nouvelles apparaître ou tout au moins des maladies anciennes être baptisées d’un nouveau nom. Il est plus rare que des maladies disparaissent, malgré tous les progrès de l’hygiène. Yoici cependant qu’on signale de divers côtés, un peu dans tous les pays, en France, en Suisse, en Allemagne, la disparition de la chlorose, cette anémie particulière aux jeunes filles, qui est caractérisée par un teint presque verdâtre (chlorose vient d’un mot grec qui veut dire vert), par l'existence dans le sang d’un nombre pas très inférieur à la normale de globules rouges contenant chacun une quantité d hémoglobine égale au 1/4 ou même au i/5 de la normale. A la fin de l’année dernièx'e, eu effet, le Dr Fiessinger et le Dr Bidegaray, puis le professeur Roch, de Genève, ont montré que le nombre des chlorotiques qui se présentent dans les consultations d’hôpitaux est très faible par rapport à celui qu’on observait autrefois. Quelle est la cause de ce phénomène dont la généralité paraît réellement surprenante ? L’idée la plus répandue, c’est que, conformément aux ordres souverains de la mode, les jeunes filles ne se serrent plus la taille. Le corset martyrisant d’il y a 20 ou 3o ans a complètement disparu. Or, si on se rend compte que les organes qui interviennent directement dans l’élaboration des pigments ferrugineux et particulièrement de l’hémoglobine, c’est-à-dire Ja rate, le foie sont parmi les organes qui sont le plus influencés par le serrage de la ceinture, on comprend assez bien que la mode d’antan ait eu pour résultat la chlorose.
- D’autres causes ont été également invoquées. On a admis que l’augmentation du bien-être et la disparition tout au moins relative des taudis est pour quelque chose dans le fait qu’on ne rencontre guère plus de chlorose vraie aujourd’hui. Le professeur Roch de Genève pense que la lumière électrique et les rayons ultra-violets qu’elle émet jouent également un rôle dans cette disparition.
- Souhaitons que, en ordonnant aux jeunes filles de se serrer de nouveau la taille, la mode ne vienne pas à faire reparaître la chlorose pour confirmer ou infirmer les théories qui ont été émises à son sujet.
- Une nouvelle maladie. — Les pêcheurs delà Prusse orientale sont, depuis peu de temps, la proie d’une nouvelle maladie qui rend singulièrement perplexes les hygiénistes d’outre-Rhin. Cette maladie, dite maladie du Haff, sévit dans la partie nord-ouest du Frisches Haff, vaste lagune qui se trouve au sud-ouest de Kœ-nigsberg. Elle débute de la manière la plus brutale par des douleurs vives dans les membres, une sensation intense de fatigue et enfin de la raideur des muscles des bras et des jambes, si bien que les malades tombent brusquement sur le sol sans plus pouvoir bouger. Il arrive, par exemple, que tout l’équipage d’un bateau soit pris à la fois et devienne incapable de simplement jeter l’ancre.
- Depuis le mois d’août, moment où la maladie a débuté, on aurait observé environ 3oo fois cette maladie et 3 morts seulement. En général, cette affection ne dure que 2 ou 3 jours. Rarement, il y a un peu de fièvre et des urines sanglantes.
- L’hypothèse la plus vraisemblable, c’est qu’il s’agit d’une intoxication et non pas d’une infection microbienne. Le poison qui serait en jeu serait probablement gazeux. En tout cas, les pêcheurs eux-mêmes considèrent que ce sont des eaux usées par l’industrie qui seraient coupables. C’est, en effet, dans cette région nord-ouest du Frisches Haff que se déversent les égouts de Kœnigsberg et de nombreuses fabriques, notamment de fabriques de cellulose. L’arsenic ne paraît pas être en cause, pas plus que des composés sulfureux. On a songé, par contre, au séléniure d’hydrogène. Mais jusqu’ici on n’a encore rien constaté d’absolument décisif. il n’en est pas moins vrai qu’il y a là pour les hygiénistes de tous les pays une question singulièrement intéressante à résoudre. De la réponse qui sera donnée, il résultera évidemment des précisions nouvelles en matière de surveillance dans certaines industries et peut-être aussi, hélas ! une-nouvelle arme chimique.
- Relations entre le goitre et la dissémination de l’iode dans la nature. — Des auteurs américains,
- Mc Clendon et Agnès Williams, ont étudié la relation qui existe entre l’extension de cette affection et la quantité d’iode que les habitants sont susceptibles d’absorber.
- L’étude a eu pour résultat général intéressant, outre la question médicale, de nous fixer sur la dissémination de l’iode dans la nature.
- Les auteurs ont mesuré l’iode contenu dans les eaux. L’eau ne contient pas en général assez d’iode pour éviter la formation du goitre. Il faudrait en boire 10 litres par jour pour absorber o, 1 millig. d’iode qui est une dose prophylactique conseillée pour les enfants. Et ce nombre se rapporte à des eaux du Mississipi des plus riches en iode.
- L’iode des eaux est plutôt un indice de l’iode des terrains et par conséquent des plantes, etc..., de la région considérée.
- L’iode des roches ignées est mis en liberté très lentement, exemple : l’Orégon occidental, couvert de basaltes.
- Dans les périodes géologiques, les terrains submergés par la mer ont été imprégnés de sels parmi lesquels se trouvent des iodures. Lorsque ces terrains n’ont pas été trop lavés par les eaux de pluies, comme c’est le cas des Etats du Sud (Texas par exemple) où la présence du Ghlore dans les eaux potables l’atteste, les iodures doivent se trouver en plus grande abondance (pliocène).
- L’iode existe dans l’atmosphère au voisinage de la mer. Ainsi, le service géologique a montré que tout le chlore de l’eau de pluie à New-York et dans la Nouvelle Angleterre provient des embruns de la mer. La quantité décroît à mesure que l’on s’éloigne de . la mer. A 3 milles de la côte on a trouvé 0,012 partie d’iode par trillion, dans l’eau de pluie, et au voisinage des lacs Erié et Ontario seulement 0,0004 partie par trillion. Les auteurs ont observé les relations entre les quantités d’iode marin du littoral et le développement du goitre chez l’enfant.
- L’ensemble de ces données mérite l’attention et une étude analogue à celle des savants américains serait fort instructive dans nos pays européens.
- La plante la plus rare de France. — M. Maranne, membre de la Société botanique de France, nous écrit : « Dans le numéro de La Nature du 18 octobre, p. 34b, votre collaborateur, M. A. Chevalier, fait une intéressante étude du Narcisse des Glénans, qu’il considère comme la plante la plus rare de la flore française. Cette assertion nous paraît un peu exagérée, car un certain nombre d’autres espèces possèdent au même degré ce caractère de rareté.
- Nous citerons, par exemple, le Saxifraga hieracifolia, plante des régions arctiques, dont la station unique en France est dans le Cantal, près du Puy Mary, à une altitude de 1700 m. L’ancienne station, que signalaient les flores, était le rocher du Pas-de-Roland. Elle a presque disparu de cette station, mais s’est localisée à quelques centaines de mètres de là, à un endroit que l’on nous permettra de ne pas désigner plus explicitement pour ne pas tenter les botanistes destructeurs. Cette plante était vendue, avant la guerre, 5 et 10 francs le pied. Rien d’étonnant à ce que sa disparition se soit effectuée de la station signalée dans les flores. Heureusement que sa nouvelle; station étant à peu pi’ès inaccessible, elle y aura plus de chance d’être préservée d’une nouvelle destruction. »
- La prospérité des Peaux-rouges. — C’est presque devenu un axiome : les Peaux-rouges, au contact de la civilisation et particulièrement de l’alcool apportés par les Blancs, disparaissent progressivement. Or, c’est paraît-il le contraire qui est la vérité. Un de ces savants et copieux rapports, dont la riche et puissante administration des Etats-Unis a aujourd hui, le monopole, nous annonce, en effet, que le nombre total des Indiens vivant aux Etats-Unis s’élève à 346.9G2, ce qui représente un accroissement de a6r 9 sur le précédent recensement. Le plus grand centre d’indigènes est représenté par l’Etat d’Oklahoma où habitent 119989 Peaux-rouges. La conclusion du rapport, c’est que la population indienne résidant aux Etats-Unis n’a probablement jamais atteint ce chiffre. La légende d’après laquelle les Peaux-rouges seraient en voie d’extinction est donc complètement fausse.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Quelques Objets utiles exposés au Salon des Appareils Ménagers
- La desserte mobile « Pétronille ». — Le meuble que son constructeur a dénommé « Pétronille » ne doit pas être assimilé à celui qui est déjà connu sous le nom de servante mobile. Celni-ci consiste généralement en un plateau ou deux plateaux superposés et montés sur roue. Il reçoit des objets qu’on y place au moment de servir, mais qui n’y sont pas à demeure et pour lesquels aucun classement n’a été prévu.
- La desserte « Pétronille » est un véritable buffet qui renferme tous les objets nécessaires à un repas de six personnes. Elle contient en outre un casier calori-fugé et muni d’un chauffe-plat.
- Les ustensiles nécessaires au repas sont le plus souvent contenus dans un ou plusieurs meubles où l’on doit aller les prendre pour les transporter au lieu de leur utilisation. Ici tous les objets nécessaires à un repas de six personnes ont été rassemblés. Au lieu d’être transportés un à un, ces objets sont transportés d'un seul coup avec leur contenant. Des roulettes de 8 cm de diamètre, mobiles en tous les sens, assurent le déplacement très aisé du meuble.
- Le résultat cherché a été obtenu par un dénombrement complet des objets utiles, par leur classement rationnel dans un espace minimum intégralement utilisé.
- Ce meuble est, au plein sens du mot, un instrument taylorisé. Il mesure 4° cm de large — ce qui lui permet de passer par les portes *1es plus étroites — sur 80 cm de long, ce qui lui permet de virer dans les corridors les plus étroits.
- Son but principal est d’éviter un grand nombre de mouvements inutiles à la maîtresse de maison qui n’a pas de domestique ou qui en est momentanément privée. Il supprime au cours du repas les allées et venues qui rompent l’intimité et le fil des conversations. Il permet aux ménages modestes qui prennent leurs repas à la cuisine de jouir du luxe du repas pris dans une pièce plus coquette. Le charme du repas bourgeois est mis à la portée de tous. Dans les petits appartements, on pourra même donner à la salle à manger l'élégance d’une salle de réception, puisque tout usten-
- Fig. 2. — « Pétronilie » ouverte, montrant à gauche, en haut, le casier calorifuge.
- aile ménager disparaît lorsque le meuble est renvoyé à la cuisine. On peut dire sans exagération qu’il y a là tous les éléments d’un vrai progrès social.
- Avant de pousser « Pétronille » à la salle à manger, la ménagère fera mentalement la récapitulation des divers services. Elle s’assurera qu elle a bien pourvu sa servante de tout le matériel nécessaire pour le service des hors-d’pguvre ou du potage, du premier plat,
- du second plat, de l’entremets, du dessert, du café, que la provision de pain et de boisson est suffisante.
- Alors elle quittera la cuisine pour n’y plus revenir et jouir avec les siens de l’heure de la famille.
- Fig. [. — « Pétronille » fermée, vue de face et de profil.
- Les plats froids sont placés sur les étagères, les plats chauds dans le four et sur le réchaud. Les courbes des étagères ont été combinées pour recevoir le maximum d’objets de dimensions indéterminées : soupière, cafetière, compotiers..
- Dans la salle à manger, la maîtresse de maison ouvre les portes de « Pétronille » qu’elle rabat complètement sur les flancs; les casiers du battant de gauche mettent les nappes et les serviettes à portée de la main, ceux de droite présentent les cuillères, les fourchettes et les couteaux, tandis que s’étalent dans le meuble, rangés en bon ordre, les assiettes plates et creuses, les verres et le pain, les bouteilles, salières, etc. La table est mise en un clin d’œil.
- Chacun prend place. La maîtresse de maison n’a plus à quitter sa chaise. A chaque service, elle enlève les plats et ustensiles ayant déjà servi pour les poser à portée de sa main sur les rayons de « Pétronille » en échange de plats nouveaux et d’assiettes propres. Tous ces mouvements s’opèrent par la seule extension du bras.
- Les casiers réservés aux assiettes et aux plats desservis ont été placés à la partie inférieure pour que la vue ne soit pas offusquée par ces objets souillés.
- Survient un convive inattendu, Pétronille recèle en ses rayons tout ce qu’il faut pour mettre un couvert de plus.
- Grâce à son réchaud, électrique ou non, les plats mis au four demeurent en toutes saisons à la température voulue. La prise de courant sera adaptée à la cafetière électrique pendant qu’on mangera le fromage et le dessert.
- Le repas terminé, la table est desservie sans qu’il soit nécessaire de se lever. Le linge de table reprend sa place pour le repas suivant ainsi que le pain, les huiliers, les salières, les compotiers.
- Le couvert est enlevé, « Pétronille » roule à nouveau à la cuisine. Vous lavez votre vaisselle, vous la remettez en place dans les casiers de votre servante et vous évitez ainsi toutes les allées et venues généralement nécessaires entre la cuisine et la salle à manger pour la remise en ordre. *
- La desserte mobile « Pétronille » est fabriquée par l’Institut d’organisation ménagère, 3o, rue 'des Saints-. Pères, Paris, VIÏ\
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- Cafetière électrique. — Parmi les applications de l’électricité aux appareils ménagers, dont le récent Salon du Champ de Mars a montré la réalisation, on peut citer les cafetières électriques.
- Obtenir rapidement un café bien préparé, parfumé, chaud, mais non bouilli, est le désir de tous les amateurs de café et beaucoup préfèrent le préparer eux-mêmes, sur la fable de la salle à manger, que de le laisser faire à la cuisine. Dans ce cas, la question du chauffage de l’eau devient capitale et l’électricité apporte la solution la plus propre et la plus pratique.
- L’eau chauffée par une résistance électrique jusqu’à l’ébullition passe sous pression sur le filtre à café moulu et sort sur le côté. La quantité d’eau étant minime, son chauffage est très rapide; le vidage ferme le courant.
- Un modèle domestique, dit « Velox », permet de préparer de a à 6 tasses. D’autres plus grands, dits « Bra-siliana », destinés aux cafés, aux bars et aux restaurants, peuvent fournir à l’heure 2S0 ou 5oo cafés; un vapori-
- " Fig. 3. — Cafetières électriques « Velox » < t « Brasiliona ».
- sateur accessoire sert à préparer les boissons aqueuses chaudes, telles que les grogs,
- M. Concaro, 56, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris.
- Batteur automatique à mayonnaise « Cigogne ». — Battre des œufs en neige ou faire une mayonnaise est toujours une opération assez longue et parfois assez difficile pour qu’on ne la réussisse pas à coup sûr. Le batteur « Cigogne » s’en charge rapidement et ne nécessite aucune surveillance. Il opère simplement sous la pression de l’eau qui actionne une turbine minuscule.
- Son emploi est particulièrement indiqué dans les cas suivants : confection de la mayonnaise, œufs à la neige, mousse au chocolat et toutes les sauces qui exigent un battage régulier et prolongé : mélange et brassage de produits pharmaceutiques et de parfumerie et toutes opérations similaires.
- L’appareil se compose d’une turbine hydraulique qui se branche sur un robinet d’eau par l’intermédiaire d’un tuyau en caôutchoüc Un couple conique situé au bout de l’arbre de la turbine transmet le mouvement au fouet. L’axe du pignon horizontal est prolongé en forme de crochet destiné à recevoir le fouet dont la tige se termine par un œil à sa partie supérieure. On remarque que ce dispositif de montage permet aisément l'enlève-ment du fouet. De plus, tout en rendant le fouet solidaire du pignon de renvoi qui lui donne son mouvement de rotation sur lui-même, il lui permet de s’incliner par rapport à l’arbre de la turbine, de telle sorte que le fouet exécute dans le bol un mouvement de révolution qui s’accentue avec la vitesse de marche de l’appareil. L’extrémité inférieure de la tige est montée, coulissant dans le sommet du fouet, lui permettant ainsi de reposer librement dans le fond du récipient quelle que soit la profondeur de celui-ci.
- Un entonnoir mobile fixé sur le bâti de l’appareil distribue le liquide à bsfttre.
- L’opération se réduit à ceci : adapter le tuyau de caoutchouc au robinet de l’évier en l’engageant le plus fortement possible, le fixer au moyen du collier de
- serrage; s’assurer que le bol est bien immobilisé par le crochet mobile disposé à cet effet. Mettre un jaune d’œuf dans le bol. Ajouter sel, poivre et moutarde selon son goût. Remplir l’entonnoir d’huile en laissant le robinet d’écoulement fermé. Ouvrir le robinet d’eau. Le batteur se met immédiatement en mouvement. Dès que le jaune d’œuf est brouillé, laisser couler l’huile goutte à goutte pendant quelques instants pour faire prendre la mayonnaise. Ouvrir de plus en plus le robinet d’eau pour accéléré r la vitesse de rotation du fouet. Lorsque la mayonnaise est prise, ouvrir progressivement le robinet de l’entonnoir d’huile.
- Quand l’entonnoir est vide, la mayonnaise est terminée. ( On peut à volonté remplir plusieurs fois de suite l’entonnoir d’huile selon la ^jU -( big0ë‘"‘
- quantité de mayonnaise que l’on désire.) Avant d’arrêter le batteur, ajouter un peu de vinaigré pour blanchir et lier la mayonnaise.
- Le batteur s’arrête en fermant le robinet d’eau. Relever le crochet mobile pour dégager le bol et décrocher le foüet.
- La mayonnaise obtenue est parfaite en tous points et d’une fermeté jamais égalée avec les anciens procédés.
- Constructeurs : MM. Hauser frères, 5-y, rue Corbeau, Paris, 10e.
- Le ramasse-miettes pratique. — Ce petit objet est à la fois élégant et commode. Il se compose d’une brosse hélicoïdale, montée, à l’intérieur d’unë boîte nickelée, sur une tige munie de deux galets caoutchoutés. La boîte porte une large ouverture à sa partie inférieure, qui permet à la brosse d’agir sur la napfïë â nettoyer; de part et d’autre delà brosse se trouvent deux augets qui recevront les miettes entraînées par la brosse. Enfin la boîte est fermée par un couvercle qui s’ouvre de lui-même quand on la retourne. La manœuvre de l’instrument est très simple ; on le promène feür la nappe ;
- Fig. 5. — Ramasse-miettes pratique.
- grâce au poids de l’objet, la brosse prend appui sur celle-ci et tourné sur elle-même ; elle entraîne ainsi les miettes qu’elle rencontre et les projette dans les augets. Quand le ramassage est terminé, il suffit de retourner le ramasse-miettes ; son couvercle s’ouvre et les miettes sont vidées là où on le juge utile.
- En vente chez Godard, ?4> rue des Arts, Levalloxs-Perrèt.
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- La lecture d’un Annuaire est toujours attrayante au début de l’année . Que va-t-il se passer? Quels phénomènes célestes nous réservent’les prochains mois? Les éclipses nous attirent d’abord et nous apprenons qu’en 1925, il y .aura quatre éclipses : deux de Soleil et deux de Lune. Sur ces quatre éclipses, nous n’en verrons que deux, une de Soleil en janvier, une de Lune en février. Les autres sont réservées à l’autre côté de la planète.
- Parmi les occultations, Aldébaran, la brillante étoile du Taureau, sera occultée deux fois ; Neptune, la plus lointaine des planètes, deux fois également. D’autres occultations, nombreuses et intéressantes, se produiront au cours de l’année, notamment celle de y Capricorne et de Ç Gémeaux. ""
- En janvier, nous observerons donc une éclipse de Soleil, une occultation d’Aldébaran, diverses occultations et conjonctions, de nombreux mini ma d'Algol, des étoiles filantes, la lumière zodiacale, la lueur antisolaire, etc.
- Chers lecteurs, puisque c’est l’usage en cette époque, mes vœux astronomiques de bonne année seront des nuits claires et des images calmes afin de vous permettre d’excellentes observations que La Nature recevra avec empressement.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en janvier, augmente et de —23° i' le ior, elle arrive à — i70a6'le 3i. La durée du jour s’en ressent fortement, et de 8h 17” le Ier (durée de présence du centre du Soleil sur l’horizon), elle atteint 91120“ le 3i.
- Yoici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que doit marquer une horloge très bien réglée lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris
- LA VOUTE CÉLESTE EN JANVIER 1925
- Voici tout d’abord les éléments de cette éclipse :
- Phase. Heures. I iicu.
- — __ Longitude. Latitude
- Commencement de
- l’éclipse générale. Ï2h 4lra 89° 33' 0 —(— 2 5 0 I ’
- Plus grande phase. Fin de l’éclipse gé- i4h 53“ 490 36' O 4 4o° 29'
- nérale i-;1' gm o° 49' E -j- 4°° 2
- Grandeur de maxima de l’éclipse du Soleil étant un.
- 1 ,oi5, le diamètre
- L’éclipse sera visible de l’Europe occidentale, de la partie Nord-Ouest de l’Afrique, de l’Océan Atlantique, dans la partie Est de l’Amérique du Nord et du Nord de l’Amérique du Sud. La plus grande durée de la phase totale sera de 2m32s. Le lieu où elle sera réalisée tombe en plein Océan Atlantique.
- Voici à présenties phases observables à Paris :
- Phases. Heures.
- Commencement de l’éclipse. a 00 lï5 vfr
- Plus grande phase. . . . 16*1 üra
- Coucher du Soleil à Paris. Grandeur de l’éclipse (le diamètre du Soleil étant 161' 32m
- un) 0,750
- Fig1. 1.—Aspect de la plus grande phase de l’éclipse de Soleil du 24 janvier 1925, à Paris.
- Comme on le voit, la plus grande phase se produisant juste une demi-heure avant le coucher du Soleil, les conditions d’observation en ^France ne seront guère favorables.
- Notre figure 1 représente l’aspect du phénomène vu à Paris.
- Les éclipses se reproduisent avec une périodicité de 18 ans et 11 jours. Celle-ci est le retour de l’éclipse totale du r4 janvier 1907.
- IL Lune. <— Les phases de la Lune pour le mois de janvier 1925 seront les suivantes :
- Heures du passage
- Heures du passage
- DaLes. (t. m. Gr.). Dates. (t. m . Gr.).
- Janvier 1or 1 ih 54m i4s J anvier 17 I2h om49B
- — 3 11h 55ra ios — *9 I2h lm27s
- — 5 111' 56m 5S — 21 1211 2m 3S
- — 7 1 ih 56” 58s 23 I 2h 2“ 36s
- — 9 nh57m 4gs 25 I2h 3“ 58
- — 11 nh58”37s — 27 I 2h 3m 3 ts
- — x3 i'ih 5qm 24s — 29 I2h 3“ 55s
- — i5 I2h 0“ 8S — 3i I2h 4mi4s
- Pour un autre lieu, il suffira, très approximativement, d’ajouter ou de retrancher la longitude du lieu en temps (*) (4-si le lieu est à l’Ouest, — s’il est à l’Est du méridien de Paris) pour [avoir l’heure locale en temps moyen de Gremvich, du passage au méridien du Soleil.
- Observations physiques. — Nous insistons chaque mois pour que tous les observateurs ne négligent pas l’étude de la surface solaire. Cette observation est fort utile à faire et elle est à la portée des amateurs. Quoique à une période de minimum, le Soleil montre de temps à autre de très belles taches.
- L’apparition de groupes à une latitude élevée semble indiquer que le minimum est passé ou sur le point de l’être.
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale devient bien visible le soir, à l’Ouest. La meilleure période, pour la voir, sera celle du 17 au 26 janvier, pendant laquelle la Lune ne gênera pas.
- On pourra, à la fin du mois, rechercher la lueur antisolaire dans le Cancer.
- Ces observations ne peuvent se faire que loin des villes et en l’absence de toute lumière artificielle.
- Eclipse totale de Soleil. — Une éclipse totale de Soleil, partiellement visible à Paris, se produira le 24 janvier.
- 1. Comptée du méridien de Paris.
- P. Q. le ior, P. L. le 10,
- à. 23b a5D à 2“47“
- N. L. le 24, à i4h45" P. Q. le 31, à i6h 43"
- D. Q. le 17, à 23h33m
- Age de la Lune, le ier janvier, à minuit (ob)=:5J,8; le 26 janvier = oJ,4* Pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le i‘,r ou le 25. Pour une heure considérée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en janvier : le 9 = -f- 20° 10' ; le 23 = — 200 8'. _
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 8 janvier, à 8h; périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 23 janvier, à i3h.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 6 janvier, occultation de a Taureau (Aldébaran) (gr. 1,1), de i5ho“ à i6hom.
- Le 7, occultation de 119 Taureau (gr. 4,9), de 18h 39™ à i9h5im. — Occultation de 120 Taureau (gr. 5,6), de 1911 3'ira à 2011 29”.
- Le 12, occultation de ^ Lion (gr. 5,6). Emersion seule visible à xgh 58m (lever de la Lune à Paris à i8h5om).
- Le 28, occultation de 54 B Baleine (gr. 6,3), de 1 gh 38™ à 201’2 4m.
- Lumière cendrée de la Lune. —• On pourra l’observer de préférence les 27, 28 et 29 janvier. On sait que cette lueur n’est autre chose que le « clair de Terre » sur la Lune. Notre agréable planète, qui occupe dans le ciel lunaire une surface apparente environ 16 fois plus grande que la Lune n’en occupe ici, réfléchit vers le soi lunaire les rayons solaires avec une intensité d’autant plus considérable que les nuages flottant dans notre atmosphère ont un albedo plus élevé que celui du sol lunaire. La lumière cendrée est pour ainsi dire toujours visible, à condition de cacher la partie lumineuse de la Lune.
- M, ’Quénisset, à l’observatoire de Juvisy, a réussi
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- à la photographier jusqu’au voisinage de la Pleine Lune, alors que la phase est très réduite.
- Marées. — Les p’us grandes marées du mois de janvier se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 24. Les voici, avec leur coefficient (demi-amplitude à Brest) ;
- Dates. Marée du matin. Marée du soir
- Janvier. 2 3 om,84 om,9°
- — 24 om,95 0"\92
- 25 Im,02 im,o5
- — 26 in’,o5 im,o5
- . — 27 ira,o3 im,oo
- — 28 o"\95 im,90
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1925, contient les principaux renseignements pour trouver et observer les planètes pendant le mois de janvier 1925.
- donc se rapproche de sa conjonction supérieure (celle-ci se produira en avril prochain).
- Mars est encore visible le soir, on pourrait dire en de meilleures conditions, car sa déclinaison augmente rapidement. Par contre, son diamètre diminue également très vite. Les observations de cette intéressante planète avec des instruments moyens sont terminées pour cette opposition.
- Les résultats acquis cette année dans les grands observatoires sont du plus haut intérêt et seront présentés d’ici peu aux lecteurs de La Nature.
- Mars est une planète vivante où se produisent des variations superficielles incontestables, qui doivent retenir notre attention. De toutes les planètes c’est celle qui ressemble le plus à la nôtre.
- Jupiter est inobservable.
- Saturne devient visible le matin. Il se déplacera, en janvier, très près de l’étoile p Balance.
- ASTRE Dates : JANVIER Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 7h45“ t ih 56“ 5‘ 16- 7» x9h 4“ — 22° 38- 3 a' 34/(8 Sagittaire ,
- Soleil . . . ! 1* 7 41 12 0 8 16 20 19 47 21 IO 32 34.8 Sagittaire > *
- ( 25 7 3a ça 3 5 16 35 20 3o — 19 I 3a 3 1,4 Capricorne1
- î 5 6 16 to 40 i5 3 >7 47 -30 l6 8,8 P Sagittaire Le matin.
- Mercure. . i5 6 1 10 j 7 14 33 18 2 2 1 3 3 7 »0 p Sagittaire ( Plus grande élongation
- ' 35 6 16 tO 26 14 35 18 5o 22 40 C,o Z Sagittaire le 18.
- .5 5 48 IO 1 14 i5 17 7 — 21 33 î t ,6 S, Ophiuchus,
- Vénus . . . ) i5 6 8 . to 16 14 24 18 0 — 22 53 I t,2 P Sagittaire Le matin.
- 25 6 22 10 -81 14 40 18 53 22 45 11,0 0 Sagittaire
- 5 11 9 17 3o a3 51 0 37 + 46 8,0 Ô Poissons ,
- Mars. . . ., i5. 10 40 1713“ a3 4b x 0 -|— 6 43 7 t 4 e Poissons ( Le soir avant minuit.
- 35* 10 12 16 58 a3 43 I 23 + 9 17 6,8 Poissons
- Jupiter. . . i5 6 35 10 41 >4 47 18 28 O M iTO ! 29,8 \ Sagittaire Inobservable.
- Saturne . . i5 2 0 6 59 11 58 14 45 — i3 3a 14,8 p Balance Avant l’aurore.
- Uranus. . . x5 9 53 i5 3 2 21 10 23 19 — 5 3,4 96 Verseau Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune. . i5 18 41 I 52 9 4 9 38 + *4 31 2,4 4» Lion Presque toute la nuit.
- x. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera visible du 12 au 2 5 janvier, sa plus grande élongation du matin se produisant le r8 janvier, à 28° 2' à l’Ouest du Soleil. Les conditions de visibilité seront peu favorables, en raison de la déclinaison australe de la planète.
- Yoici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire (d’après The American Ephemeris) :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Janvier icr 0,09 +"1,6
- — 6 0,28 + 0,6
- — 11 0,46 + 0,2
- — 16 0,59 + o,i
- — 21 0,69 — 0,0
- — -26 0,76 -— 0,0
- — 3i 0,82 — 0,1
- Vénus est encore visible le matin, mais en de mauvaises conditions, se levant peu de temps avant le Soleil et ayant une déclinaison très australe.
- Le tableau suivant donne la phase et la grandeur stellaire (d’après The American Ephemeris) :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Janvier ier 0,89 —"3,4
- — 6 0,9° — 3,4
- — 11 0,91 -3,4
- —- 16 0,92 — 3,4
- — 21 0,92 — 3,4
- — 26 0,93 — 3.4
- — 3i 0,94 — 3,4
- Le disque illuminé tend vers l’unité, ce qui prouve ejue la planète est éclairée de pins en plus de face,
- Yoici les éléments de l’anneau à la date du 16 janvier :
- Grand axe extérieur......................... 37",24
- Petit axe extérieur......................... -4-12",96
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. -{-200 21
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ........................................ +180 37
- Elongation orientale de Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, le 23 janvier, à 22h,4.
- Uranus devient très peu visible et si on veut l’observer, il faudra le faire dès l’arrivée de la nuit. Nous, avons pu le suivre depuis deux mois, très près de l’étoile 96 Yerseau. Il s’y trouvera encore ce mois-ci (environ à un 1/2 degré au Nord-Est).
- Neptune est toujours très près de l’étoile 4 Lion. La petite carte que nous avons donnée le mois dernier permettra encore de le trouver et de le suivre. Il sera en opposition le mois prochain, donc il est visible à peu près toute la nuit.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1", à i4h, Mars en conjonction avec la Lune, à4°3i' N.
- Le 8, à 7h, Mars Le ia, à 3o\ Neptune Le 16, à 8h, Mercure Le 19, à 2h, Saturne Le 21, à 2h, Vénus Le 2a, à 4\ Mercure Le 22, à 22h, Jupiter Le 22, à a3h, Mercure Le 23, à ih, Vénus Le 27, à i5h, Uranus Le 3o, à 7h, Mars
- 189 Piazzi (oh), à c°4'N. la Lune, à oSu'j' S. la Lune, à x° 9' N. la Lune, à 3° 4' S. Jupiter, ào° io'N. Jupiter, à o° 36' N. la Lune, à 2°59' S. la Lune, à 20 25' S. la Lune, à 2°43' S. la Lune, à 20 27' N. la Lune, à 5° 57' N,
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- La conjonction de Yénus et Jupiter du 21 sera très intéressante à suivre, mais difficile.
- Etoiles filantes. — Le tableau ci-dessous, extrait de Y Annuaire du Bureau des Longitudes, donne la liste des principaux radiants actifs en janvier (d’après le grand observateur anglais W,-F. Denning) : %
- Dates. Position du Radiant Étoile voisine.
- Al CD
- Janv. 2 n 90 + 160 ç Cancer.
- — 2 au 3 232° + 49° P Bouvier.
- 4 au n 1800 + 35° N Chevelure.
- 18 232° + 36° ç Couronne.
- — 28 236° + 35° a Couronne,
- —- — io5° + 44° 63 Cocher.
- Le radiant du 2 au 3 janvier, celui des Booiides, donne des météores rapides à longues trajectoires.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol ((3 Per-sée) : le 6, à 3h 5im; le 9, à oh40"1 ; le 11, à ai’1 29“; le 14, à i8h 19“; le 29, à uha5m; le 3i, à 23hi4ra-
- Tous ces phénomènes sont visibles à l’œil nu ou avec une petite jumelle.
- V. Constellations. — Voici leg principales constellations visibles le ier janvier, à igh,
- Au Zénith : Persée (Algol, amas); Andromède (M. 3i, y); Cassiopée (/], t, tjj, o).
- Au Nord ; La Petite Ourse (Polaire, %, y); Céphée (ô, [x, X, p) ; le Dragon (0, 4°, e, P-) ; la Grande Ourse
- (Ç, y, a3 h, a),
- A l’Est : Le Cocher (oç, 14, 4, w) ; le Lion; le Cancer; les Gémeaux (a, p, ô, x, M. 35) ; le’Petft Chien (Procyon) ; le Taureau (a, v, x> Pléiades); Orion (0, M. 4», ô, Ç, p, 1, o).
- Au Sud : Le Bélier; les Poissons (a, ç, vjd, 35); la Baleine (Mira, y, 66, 3^); l Kridan. sirAu Sud-Ouest : Le Verseau.
- A l'Ouest : Pégase (85, 3, n); le Cygne (0, 61, ô).
- Au Nord-Ouest : La Lyre (Véga, e).
- Les principales curiosités visibles avec un petit instrument sont données ici entre parenthèses.
- Em. Touchet.
- ’lgq
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- QÉ^
- Préparation de l’hypobromite de soude pour le dosage de Purée. — M. Hubert, pharmacien à Romo-rantin, nous écrit :
- « Je lis dans le numéro 2638 (a5 oct. 1924), dans la Boîte aux lettres, une réponse au Dr Aguirré Plata, à Bogota, et relative à la préparation de la solution d’hypobromite pour le dosage de l’urée.
- Il y a une vingtaine d’années, j’ai indiqué dans le Bulletin des [Sciences pharmacologiques un tour de main pour préparer cette solution d’hypobromite. Tour de main, qui d’après mon confrère Socaich, ancien pharmacien, à Bangkok, au Siam, est tout particulièrement pratique dans les pays chauds, où la manipulation du brome est très pénible.
- Le brome est divisé d’avance, en ampoules de 5 à 10 cm5, suivant la quantité de solution à préparer. Ces ampoules sont vidées directement dans l’eau contenue dans un ballon, et où l’on verse ensuite la lessive de soude.
- On évite ainsi le transport en flacons et le mesurage à la pipette, du brome employé.
- Différentes grandes maisons de droguerie pharmaceutiques : La Pharmacie Centrale de France et la maison Darrane préparent des ampoules de brome, suivant la méthode que j’ai aussi indiquée ».
- Conservation ménagère de la viande de porc. — Prendre de la viande de porc fraîchement abattu, la laisser refroidir pendant un jour, la débiter en morceaux, enlever les gros os, frotter fortement chaque morceau avec du sel fin, sur toutes les faces, de manière que le sel pénètre bien partout. Il est utile de se garnir la main droite avec un gant propre.
- Sur une table spéciale, permettant de recueillir la saumure, placer une couche de gros sel, puis un lit de morceaux de viande, un lit de sel et ainsi de suite; arroser de temps à autre avec la saumure qui s’est formée. Après une semaine, démonter la conserve et la rétablir comme la première fois, mais en ayant soin de mettre à la parlie inférieure les morceaux qui se trouvaient en dessus.
- Après sept jours, mettre la viande dans un baril très
- propre, défoncé par un bout. Au sel destiné à l’embarillage, ajouter 2 à 3 pour 100 de salpêtre. Etendre au fond du baril d’abord une couche de sel, ensuite un lit de morceaux de viande, de telle façon qu’il y ait autant que possible le moins de vide; continuer par un lit de sel, puis un lit de viande, jusqu’à ce que le baril soit rempli; s’il ne l’est pas complètement, on met sur la derrière couche de viande une toile bien sèche couverte de son bluté, puis un couvercle ou une planche ayant la forme du baril, et ensuite le couvercle ordinaire, qui doit fermer hermétiquement, précautions indispensables pour éviter le goût d’évent. Il est très important que la viande soit pressée fortement.
- La saumure obtenue est reprise, soumise à l’ébullition et on la passe à l’écumoir pour éliminer les impuretés qu’elle contient. Quand elle est éclaircie et refroidie, on la verse sur la viande, qu’elle doit couvrir. On reconnaît que cette saumure a la densité voulue quand un œuf frais, introduit dans le liquide, surnage. Cet essai de densité est nécessaire, car une saumure trop forte rendrait la viande dure. On aromatise avec des baies de genièvre et des feuilles de laurier-sauce.
- La dose de sel à employer est, en moyenne, de 22 pour 100 du poids de la viande, soit 10 pour 100 de sel fin et 12 pour 100 de gros sel; on ajoute 2 à 3 pour 100 de salpêtre.
- Pour conserver la viande très longtemps, on ferme le baril comme il est dit ci-dessus et, par le trou de bonde, on achève de le remplir en y versant de la saumure. Surveiller de temps à autre la conserve, afin de reverser de la saumure, de manière que le baril soit toujours absolument plein. Passer la bonde au feu avant de la mettre en place.
- Pour une conservation de courte durée, il suffit de recouvrir la conserve avec une planche circulaire que l’on charge d’un poids de a5 à 3o kg au moins. Dans tous les cas, un point essentiel à observer est que la viande baigne toujours dans la "saumure.
- Un bon moyen de conserver la viande de porc et le lard au delà d’un an, c’est de les ranger, après qu’ils ont été salés à sec, dans un tonneau ou saloir passé au feu et charbonné. ® H. B.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS, — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres dé La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement «
- Adresses relatives awx appareils décrits, — Four Bréchot : Compagnie générale des voiries urbaines, 28, rue de Liège, Paris ; Four Sepia : Société d’Entre-prises pour l’industrie et l’agriculture, 5, rue Montaigne, Paris.
- Réponses. M. Pétry, Douchy. — L'analyse chimique
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- BOITE AUX LETTRES
- de votre eau, en faisant connaître la nature et les quantités des éléments qui en déterminent sa dureté, vous permettra de choisir le procédé le mieux approprié aux circonstances. Suivant que la dureté est temporaire (présence du bicarbonate de chaux ou de magnésie) ou qu’elle est permanente (eaux chargées surtout de sulfate de chaux ou séléniteuses), on utilise la chaux ou le carbonate de soude.
- Les carbonates alcalino-terreux sont précipités par l’addition de chaux à l’état de monocarbonate ou d’hydrate, et le carbonate de soude supprime la dureté permanente par formation de monocarbonates ou d’hydrates alcalino-terreux et de combinaisons solubles des sels minéraux.
- Quand l’eau renferme à la fois des carbonates et des sulfates en proportions notables, on peut être amené à lui appliquer successivement les deux traitements.
- La permutite a été recommandée pour l’adoucissement de l’eau. Le filtrage de l’eau^brute se fait à travers une couche d’alumino-silicate de soude, à la vitesse de i-io mètres-heure; l’eau abandonne CaO et MgO et prend des quantités équivalentes de Na2 O.
- L’alumino-silicate est régénéré par lavage avec une solution de sel marin. La dureté peut être réduite à o°. L’eau adoucie renferme, au lieu de bicarbonate ou de sulfate de calcium, du bicarbonate ou du sulfate de sodium, ce qui n’est peut-être pas indifférent au point de vue hygiénique.
- Vous pourriez soumettre votre eau aux firmes suivantes : Société L’Oxylithe, 2 25, quai Aulagnier, Asnières (Seine); J. Gail et N. Adam, ingénieurs, 6, rue Alexandre-Gabanel, Paris (tâ0) ; Phillips et Pain, j, rue Taitbout, Paris, ou encore à M. S. Bruère, chimiste, 3, boulevard Morland, Paris (4e).
- M. de Sambucy. — Histoire des cloches. — Pour répondre avec précision aux questions posées, il faudrait être mieux documenté que nous ne le sommes, au moins en ce qui concerne la cloche isolée.
- La plupart des auteurs qui ont touché à l’histoire de la cloche ont dit à peu près la même chose que M. Fernand Golenvaux dans une brochure Cloches et Carillons écrite en 1896, et donnant le texte d’une conférence faite à Namur devant l’évêque et le gouverneur. Citons :
- « Quand la cloche fut-elle inventée ? "
- « Il est impossible de répondre à cette question par une date historique....
- « Dès que l’homme parvint à durcir par le feu le vase d’argile qu’il s’était jusqu’alors contenté de faire sécher au soleil, il eut un instrument musical répondant à la percussion.
- « Le principe de la cloche était trouvé.
- « Celle-ci, sous une forme ou sous une autre, fut mise en usage dès que l'art de fondre et de forger les métaux fut créé. »
- Et M. Golenvaux se réfère au livre de J.-D. Blavignac : La cloche, étude sur son histoire et sur ses rapports avec la société aux différents âges, page 3og. Malheureusement l’ouvrage de Blavignac, édité à Genève, croyons-nous, est difficile à trouver chez les bouquinistes.
- Les carillons de cloches accordées sont beaucoup moins anciens.
- Le Dr Van Doorslaer, de Malines, qui s’est beaucoup occupé de cette question — Malines possède le plus fameux carillonneur du monde et certainement un des plus beaux carillons,— attribue, d’après le Chronicon Windesemense, de Buschius, l’invention du carillon élémentaire, comprenant seulement quelques cloches et appelé en flamand Voorslag, à un frère convers nommé Henri Loeder, qui aurait construit en i4o4, pro suscita-tione fratrum, un appareil à sept cloches : cymbalum septem notarum cum malleis suis et rota ferrea. Il s’agissait bien là du carillon automatique à cylindre.
- Nous sommes toutefois convaincu que l’invention du carillon automatique est plus ancienne, pour les deux raisons suivantes :
- Premièrement, le frère prêcheur, Jérôme de Moravie, dans son Traclatus de Musica, antérieur à i3oo, consacre un chapitre de ce manuscrit à la manière de construire des cloches accordées avec une autre existante, et cela pour l’horlogerie.
- Secondement, dans une brochure consacrée à la vieille horloge de la cathédrale de Beauvais, M. Miclet, signale que cette horloge, la plus ancienne connue — elle date des premières années du xive siècle au plus tard — possédait un carillon.
- La sonnerie carillonnée serait donc contemporaine de l’horloge mécanique elle-même.
- D’après Blavignac, les Chinois ont eu des cloches 20 siècles avant notre ère.
- L’homme le plus compétent de France sur la question de la cloclfe, au point de vue historique, est sûrement M. Joseph Berihelé, archiviste de Montpellier, 36, rue des Patriotes. Peut être pourra-t-il préciser davantage.
- M. le professeur B. L., à Pise (Italie). — 1° La variété sans pépins de l’Epine-vinelte (Berberis vulgaris) est connue depuis un siècle environ, car Couverchel, tout en écrivant qu’elle était assez rare, en i852, la conseillait déjà pour la fabrication des confitures.
- 20 Elle doit être très répandue maintenant, puisque tous les ouvrages sur la fabrication des produits alimentaires végétaux la ^recommandent. Vous en trouverez donc des plants chez tous nos grands horticulteurs pépiniéristes, notamment chez M. Nomblot-Bruneau, à Bourg-la-Reine (Seine). Il a écrit dans le Bon jardinier, dernière édition, page 297. « On préfère la variété à fruits sans pépins qu’on multiplie de marcottes ». 11 doit donc la cultiver.
- M. B., Lyon. — L'établissement d’une porcherie, quand elle n’est pas l’accessoire d’un établissement agricole, ou quand elle est située dans une agglomération urbaine d'au moins 5ooo âmes, est soumis à l’autorisation du maire, à cause de l’odeur et du bruit, en vertu du décret du i5 octobre 1810. Consulter le Guide pratique de police sanitaire et d'hygiène vétérinaires de Rennes -, Masson, éditeur.
- M. Siffert, à Bois-le-Roi. — L'encre de Chine liquide est à base de gélatine et de noir de fumée. Pour cette préparation il est indispensable d’amener la gélatine sous la forme de gélatose qui n’est plus susceptible de se prendre en gelée. Pour cela, on fait gonfler pendant vingt-quatre heures de la colle de Cologne dans son poids d’eau froide avec 5 pour 100 de chlorure de sodium, puis on maintient longtemps à faible ébullition ou miêux au bain-marie, en remplaçant l’eau évaporée jusqu’à ce qu’une goutte de la dissolution refroidie sur une assiette ne donne plus de gelée. On amène alors à consistance de sirop et on incorpore 4° gr- de miel blanc par kilogramme de colle mise en œuvre.
- Cela fait, on prend du noir de lampe calciné que l’on broie finement à la molette et peu à peu on l’empâte avec le sirop de colle; quand le mélange est bien homogène et sans grains, on délaye avec de l’eau pure, de façon à obtenir la consistance convenable d’une encre à écrire ; à cette encre ainsi amenée au point voulu on ajoute, par litre d’encre, comme conservateur, o gr. 5 de bichlorure de mercure dissous dans 20 cm3 d’eau tiède à l’aide de 2 gr. de sel de table. Finalement, on passe au tamis fin pour éliminer tous les grumeaux, parfume si on le ^désire par une trace d’essence au choix et met en flacons.
- Dans cette préparation, le point délicat est d’amener la solution de gélatine au point convenable pour qu’il n’y ait plus prise en gelée par le refroidissement, l’expérience seule permet de discerner le moment où ce résultat est atteint.
- G. B., à Dieppe. — i° Pour raviver les graduations des burettes ou des thermomètres, il suffit de passer sur la tige au moyen du doigt ou d’un tampon un peu de céruse broyée à l’huile.
- Après séchage d’un jour ou deux, on enlève l’excédent par un léger frottement. Les traits ainsi obtenus sont blancs ; si on fes désire noirs, on expose aux vapeurs d’hydrogène sulfuré qui donnent rapidement ce résultat. 20 Vous pouvez consulter sur les mesures électriques les ouvrages suivants : Cours de mesures électriques, par Vigneron; Librairie de l’Enseignement technique, 2, rue Thénard ; Cours de mesures électriques, par Falguière, 81, rue Falguière.
- M. Sainmont, à Sonzay. — Un excellent moyen pour enlever les taches de vin rouge consiste à utiliser la solubilité de la matière colorante dans un milieu de même nature qui est le vin blanc. Si par suite de l’ancienneté ou des traitements qui auraient modifié chimiquement cette matière, le résultat était incomplet, vous pourriez terminer par un passage au bisulfite de soude ou encore mieux à l’hydrosulfite de soude que l’on obtient facilement en laissant pendant quelques heures la solution de bisulfite en contact avec de vieilles rognures de zinc Bien rincer ensuite à l’eau tiède.
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- LA NATURE^ ^
- Supplément, j'ê\/0rH£Q»-
- INFORMATIONS
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- N° 2644
- 6 Décembre 1924
- Nécrologie. — Sir Archibald Geikie. — Le grand géologue écossais, dont l’influence a été considérable sur le développement de la science à laquelle il avait consacré sa vie, vient de mourir à Haslemere, le 9 novembre.
- M. A. Lacroix vient de rappeler à l’Académie des Sciences les étapes marquantes de sa vie et de son œuvre. Né à Edinbourg, le 28 décembre i835. Geikie entra à 20 ans au Service géologique d’Ecosse et en devint directeur en 1867. En 1871, il fut nommé professeur de géologie et de minéralogie à l’université d’Edinbourg et en 188 r, il résilia ces fonctions pour celles de directeur général du Service géologique de Grande-Bretagne qu'il remplit jusqu’en 1901. Savant très original, administrateur aux vues larges, il a profondément marqué la direction dans laquelle s’est engagée la géologie anglaise.
- Parmi ses travaux personnels, on peut citer l’histoire du vieux grès rouge dans l’Europe occidentale, l’étude de la période glaciaire, celle de l’activité volcanique dans les Iles Britanniques, basées sur de nombreuses observations faites sur le terrain II s’occupa aussi de l’histoire de la géologie et de ses fondateurs.
- Ses principales œuvres sont : Scenery of Scoiland ( 1865), Geological Sketches ai Home and Abroad (1882), Life of Murchison (1875), Memory of A. C. Ramsay (1895), Ancient Volcanoes of Britain (1897), Founders ofGeology('Sç)j), Texibook of Geology {igo3), Scottish Réminiscences (190!\), Landscape in Ili.story Love
- of Nature among the Romans (191a).
- Secrétaire, puis président de la Société Royale de Londres, il avait élé élu correspondant, puis associé de l’Académie des Sciences. Marié à une française, très francophile, il fut un des premiers et des meilleurs artisans de l’Entente cordiale.
- Les prix Nobel de 1924. — L’Académie suédoise des Sciences a décidé de ne pas décerner en 1924 de prix Nobel pour la physique ni la chimie. Le prix Nobel pour la médecine a été attribué au professeur Einthoven, professeur de physiologie à l’Université de Leyde (Pays-Bas), connu par ses travaux sur l’éleetio-cardiographie.
- La comète 1921 c. — L’excellente Gazette astronomique d'Anvers nous apprend que cette comète, dont on doit la découverte à M. A. Dubîago, directeur de l’Observatoire de l’Université de Kasan (Russie), a fait l’objet d’une étude complète de la part de son « découvreur ». La comète 1921 c est définitivement inscrite sous la désignation 1911 I, ce qui veut dire que, tout en étant la 3° comète découverte en 1921, c’est la première qui soit passée au périhélie dans cette année.
- M. Dubiago a calculé les éléments définitifs de l'orbite au moyen de 56 observations obtenues dans 11 observatoires, entre le 24 avril elle n juin 1921. L’auteur a x’econnu qu’un orbite elliptique représentait le mieux les positions observées.
- Nous dispenserons nos lecteurs de leur donner ici la valeur des éléments elliptiques. Ceux-ci montrent que la comète a une période de révolution de 79 ans 1/2 et qu’elle doit appartenir à la famille des comètes introduites dans le système solaire par l’attraction de Neptune. Au nombre de ces comètes, on compte la comète de Halley (révolution 76,02 ans) ; de Olbers (72,65 ans), de Brorsen II (72, 10 ans); de Pons-Brooks (71,66 ans) et de Westphal (61,73 ans). Le prochain retour au périhélie de la comète Dubiago aurait donc lieu en 1921,3 -f- 79,5, soit en 2000,8 ou autrement dit, au mois de novembre 2000 !
- Pour décalaminer les moteurs d’automobile. — On vend actuellement diverses substances qui, injectées dans les cylindres des moteurs, ont pour effet de faire disparaître le dépôt de carbone connu sous le nom de calamine. La composition de ces produits, en général importés, est secrète et le plus souvent inconnue des vendeurs eux-mêmes. Cependant, on peut trouver une indication à cet égard dans deux brevets récents pris l’un par M. Hochwalt, l’autre par MM. Midgley et Hochwalt, tous deux ingénieurs de la General Research
- Motors Corporation de Dayton. Cette corporation, on le sait, a été formée par un groupe de puissants constvue-teurs d’automobiles américains; elle se consacre à lé-tude de tous les problèmes techniques que posent le développement et le progrès de l’automobile, et elle possède un remarquable laboratoire, merveilleusement outillé, d’où sont sortis déjà de très importants travaux.
- La composition décalaminante brevetée par M. Hochwalt est à base de furfurol, dissous dans un solvant analogue à ceux que l’on emploie pour dissoudre les vernis; les meilleures proportions sont en poids : 7 de furfurol, 3 de naphtaline, 8 de benzol, 6 d’alcool dénaturé. On l’introduit dans les cylindres du moteur, on fait tourner celui-ci à la main et on laisse séjourner le liquide quelques heures. Quand ôn met ensuite le moteur en marche, le carbone dissous est expulsé avec les gaz d’échappement.
- Les produits de Midgley et Hochwilt comportent essentiellement une amine du genre aniline ou pyridiue dissoute dans le benzol, avec addition de naphtaline et au besoin d’alcool dénaturé. La composition préférable est la suivante en poids : 7 parties de pyridine, 3 parties de naphtaline, 8 parties de benzol, 6 parties d’alcool dénaturé. Le mode d’emploi est le même que le précédent. il existe une vaste série d’amines qui peuvent convenir : les amines aromatiques primaires, telles que l’aniline, la toluidine, la xylidine, la cumidine; les amines aromatiques secondaires telles que la mono-méthylaniline, la monométhyltoluidine, la monométhyl-xylidine et leurs homologues; les amines tertiaires hétérocycliques : pyridine, quinoline et leurs homologues ; les amines aromatiques tertiaires telles que diméthyl-aniline, diéthylaniline, diméthyltoluidine, diméthyl-xylidine et leurs homologues..
- L’Angleterre commande un dirigeable géant. — Le gouvernement anglais vient de commander aux ateliers Yickers un dirigeable rigide de 140000 m3. Cet engin aura donc un cube double de celui du Zeppelin Z-R5 appartenant à l’Amirauté des Etats-Unis et qui vient d’accomplir avec le succès que l’on sait la traversée de l’Atlautique. Cette commande révèle l’importance que l’on attache outre-Manchc à la navigation aérienne par dirigeables, presque complètement négligée aujourd'hui en France, dans le pays où cependant elle prit naissance.
- L’arséniate de chaux. Ses emplois. — Le « bol! weevil » ou « borer » (mot à mot perceur) ou gusauo (ver) en espagnol est un des insectes les plus dange-. reux ~cTes plantations de cannes à sucre et de colon. L’arséniate de calcium est jusqu’ici le spécifique le plus actif de cette plaie, qui, toutes proportions gardées, a fait dans les champs de coton des ravages de 1 ordre de ceux faits jadis par le phylloxéra chez nous.
- L’acide arsenieux employé est un sous-produit des fonderies de cuivre. Longtemps on l a considéré comme un fléau ; actuellement, au contraire, surtout aux Etats-Unis, et dans tous les pays producteurs de coton, il est recherché, et son cours s’est beaucoup élevé.
- Au Mexique, ce sont les pyrites arsenicales qui constituent la source principale d’arsenic.
- Au Canada, ce sont les résidus de la métallurgie du nickel et du cobalt qui servent de matières premières.
- Le Canadian Chemical Metallurgist de septembre 1954, nous apprend que, durant ces deux dernières années, le prix de la livre d’acide arsénieux à évolué de x cent. 1/2 à ao cents. Telle est la demande actuelle.
- Le prix de guerre a été de 9 cents. En 1920, »5 cents. Eu 1921, 6 cents. C’est donc un produit de cours très variables.
- Jadis, AS2O3 était recueilli à la sortie des gaz refroidis des fonderies, dans des « bâtiments à sacs ». Actuellement on emploie la précipitation électrique Cottrell.
- Suivant Howard W. Arnbruiter, la production mondiale de l’acide arsénieux atteindrait 3o 000 tonnes, dont 16000 seraient employées par les Etats-Unis, dans leur lutte contre le boll weevil.
- Sur ces 16000 tonnes, les Etats-Unis en produiraient eux-mêmes 12000 tonnes.
- 100 d’arséniale de chaux exigent pour leur production 4o d’acide arsénieux.
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- INFORMATIONS
- D’ailleurs, l’importance de ce produit chimique peut se mesurer au nombre considérable de brevets pris dans ces dernières années pour les arséniates de chaux, de plomb, de cuivre, etc.
- L’oxydation de l’acide arsénieux se fait par l’acide nitrique que l’on récupère.
- Certaines usines n’en récupèrent que 5o pour, ioô, .alors que d’autres atteignent 95 pour ioo! On peut juger ainsi de la variation du prix de revient.
- La chaux employée doit être pure; on ajoute l’acide arsénique au lait de* chaux, lentement, et avec agitation constante.
- L’arséniate de calcium reste en suspension dans l’er.u. On le filtre ou on le décante. On le lave à fond, il a d’autant plus de valeur marchande qu’il est plus léger et plus floconneux.
- Le produit marchand est un orthoarséniate tricalcique Ca3(As04)2 à 4o pour 100 de As2 O6 (dont 75 pour ioo de soluble dans l’eau).
- En France, bien que le boll weevil ne nous intéresse guère(*), il y aurait lieu de voir si nous ne pourrions pas utiliser à faire de l’arséniate de calcium nos poussières de fonderies contenant As2 O5, souvent perdues.
- Albert Hitin.
- Le commerce du Cameroun en 1923. — En 1023
- le Camèroun a exporté Amandes de palmes Huile de palme . .
- Arachides.........
- Coton.............
- Bois de construction Bois d’ébénislerie . Caoutchouc .... Cacao en fèves .
- 26.783 tonnes
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- 255 —
- 100 . —
- 10.ou —
- 2-997 —
- 760 —
- 3.289 — (1921)-
- La culture du coton a un certain avenir : 2000 hectares sont contrôlés par les Européens ; ils ont produit en 1923 200 tonnes, dont la moitié a été exportée.
- Nouvelles de T. S. F
- L’exposition de T. S. F. de 1924. — Pendant l’Exposition des véhicules industriels, qui constituait la deuxième partie du Salon de l’Automobile de 1924, s’est tenue également une importante Exposition de T. S. F , du 22 au 31 octobre. De nombreux constructeurs ont participé à cette manifestation qui a présenté le plus grand intérêt. Outre d’excellents postes de réception et d’émission de fabrication très soignée, de nouveaux et ingénieux accessoires ont pu retenir l’attention du public. On a remarqué, en particulier, des lampes de réception d’un nouveau modèle encore inconnu en France. j
- Nous signalerons d’ailleurs prochainement à nos lecteurs les nouveautés qui méritent spécialement d’être mentionnées.
- Le Congrès international de 1925. Nous avons déjà entretenu nos lecteurs de la réception offerte à M. Maxim, président de l’American Radio Relay League, lors de son passage à Paris en mars 1923. Au cours de cette réception, à laquelle assistaient les représentants des Sociétés de T. S. F. de Belgique, d’Espagne, des Etats-Unis, de France, de Grande-Bretagne, du Grand-Duché de Luxembourg, d Italie et de Suisse, il fut décidé qu’on organiserait à Paris, à Pâques 1925, un Congrès général des Amateurs de T. S. F., au cours duquel on pourrait jeter les bases d’une Union internationale des Amateurs de T. S. F.
- Une Commission fut désignée par les grandes Sociétés de T. S. F. françaises pour organiser ce grand Congrès en accord avec les Sociétés étrangères.
- D’autre part, une Association fondée à Paris en 1923 sous le nom de « Comité international de la T. S. F. », et qui a pour but l’élaboration du statut international de la T. S. F., association comprenant des membres appartenant à 27 nations, a décidé de tenir un Congrès juridique international de la T. S. F*, à la même époque que le Congrès de l’Union des Amateurs.
- Cette double manifestation aura donc lieu du jeudi de Pâques (16 avril 1925) au lundi de Quasimodo (20 avril 1925). Tous les amateurs de T. S. F. du monde pourront y participer.
- x. Saxif quand îxos colonies deviendront, ce qu’il faut espérer, productrices de coton, sur une grande échelle.
- L’ordre du jour provisoire du Congrès a été déterminé comme suit :
- CONGRÈS JURIDIQUE INTERNATIONAL DE LA T. S. F.
- I. — Régime juridique des ondes. Droits de l’émetteur et du récepteur. Contrôle de l’Etat.
- IL — Réglementation internationale des émissions.
- III. — La propriété intellectuelle et les émissions radiotéléphoniques. Droits d’auteur. Intérêts des artistes exécutants. Propriété des informations de presse. Publicité.
- Congrès de l’Union Internationale des Amateurs de T. S. F.
- I. — Organisation d’une Union internationale des Amateurs de T. S. F.
- II. — Organisation méthodique des essais techniques d’amateurs.
- III. — Longueurs d’onde de la radiotéléphonie et des émissions d’amateurs.
- IV. — Utilisation éducative de la radiotéléphonie.
- V. — Langue internationale auxiliaire.
- Tous les amateurs qui désirent assister à ce Congrès, et même tous ceux, et ils sont nombreux, qui s’intéressent au développement de la radiotechnique sans être eux-mêmes amateurs de T. S. F., peuvent dès maintenant demander tous les renseignements nécessaires au Secrétariat général du Congrès de T. S. F., 2, rue de l’Echaudé-Saint-Germain, Paris (6°).
- Nous tiendrons d’ailleurs nos lecteurs au courant du développement de cette manifestation, la plus importante qui ait encore eu lieu depuis l’avènement, de la radioélectricité, tout au moins pour les amateurs de T. S. F.
- Horaire radiotéléphonique du poste de la Tour Eiffel. — A la demande de nombreux lecteurs, nous donnons ci-dessousjl’horaire actuel du poste de la Tour Eiffel.
- 06 h. 40 à 07 h. oo;
- Prévisions météorologiques régionales et maxima de température prévu pour la journée. —"Sauf le dimanche.
- 11 h. 00 à 11 h. i5.
- i° Cours du coton et du café du marché du Havre. — Sauf le dimanche.
- 20 Cours de clôture des sucres de New-York et premiers cours du dollar et de la livre. — Sauf le dimanche et le lundi.
- 3° Cours du poisson aux Halles centrales de Paris.— Sauf le lundi.
- 11 h. i5 à 11 h. 3o.
- Annonce de l’heure et prévisions météorologiques générales. Renseignements généraux sur la situation météorologique en Europe à 07 h. 00 du matin et celle prévue à 18 h. 00. Prévisions des vents sur les côtes jusqu’au lendemain 07 h. 00 et éventuellement avis de tempêtes.
- 14 h. 45 à i5 h. 00.
- Cours d’ouverture de la Bourse de Commerce de Paris. — Sauf le samedi et le dimanche.
- 15 h. 35 à 16 h. 00,
- Cours du coton et café du marché du Havre. Cours des changes. Cours des rentes françaises. Cours des valeurs cotées à terme, en coulisse, à la Bourse et au Parquet. — Sauf le samedi et le dimanche.
- 16 h. 3o à 16 h. 55.
- Cours de clôture de la Bourse de Commerce de Paris et cours d’après clôture!1). — Sauf le samedi et le dimanche.
- 18 h. 00 à ig h. 00.
- Radio-concert et information de presse.. Cours dès cuirs après le radio-concert, les 2 derniers jours de la dernière semaine de chaque mois.
- 19 h. 00 à 19 h. 20.
- Prévisions météorologiques régionales pour la nuit et pour la journée du lendemain et minima de température prévus pour la nuit.
- 22 h. 10 à 22 h, 20.
- Prévisions météorologiques générales. Renseignements généraux sur la situation météorologique en Europe à 18 h. 00 et celle prévue le lendemain à 07 h. 00. Prévisions des vents sur les côtes jusqu’au lendemain 18 h. 00 et éventuellement avis de tempêtes. — Sauf le dimanche.
- 1. Depuis le ior novembre, les ie' et i5 de chaque mois, l’émission radiotéléphonique de 16 h. 3o est reportée à ili h. 45 pour permettre d’émettreles ondes étalonnées de i6h. 3o à iG li. 44.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- js> Quelques objets utiles exposés au Salon des Appareils Ménagers c»
- Appareil à nettoyer les vitres et les glaces, système D. — Cet appareil ménager, qui est en somme une raclette en bois (fig. 1) enserrant dans sa rainure une lame de caoutchouc, comporte deux modèles : un grand (o m. 34, o m. 47 et o m, 6a de longueur de
- Fig. 1. — Le « Système D ».
- lame) muni d’un manche démontable; un petit (o m. 18 et 0 m. 27) sans manche.
- Voici son mode d’emploi :
- Une fois les vitres mouillées à l’eau simple, passer le « système D », de haut en bas sur les vitres ; sans autre travail, elles sont sèches et propres instantanément. Après usage, essuyer le caoutchouc avec un torchon sec. Si les vitres sont trop sales, les laver au savon préalablement.
- Comme on le voit, le « système D » évite toute fatigue et au besoin certains accessoires, tels que peaux de chamois, échelles ou escabeaux. Il peut également être utilisé pour le nettoyage des dallages.
- Fabricant : Système D, 42, rue du Faubourg-Montmartre, Paris.
- Bouton de porte « Le Sonore ». — L’annonce sonore de l’ouverture d’une porte est généralement réalisée par un contact électrique actionnant une sonnerie. Mais cela oblige à installer et entretenir un circuit et des piles. « Le Sonore » est beaucoup plus simple et remplit le même office, avec plus de sécurité. Il se compose d’un bouton fixé par une goupille sur une tige carrée qui commande le bec de cane, comme dans les serrures ordinaires. Mais de l’autre côté de la porte, le bouton est remplacé par un timbre, si bien qu’cn ouvrant de
- 2. — « Le Sonore ».
- combien cette opération est désagréable à pratiquer à la main; un petit moteur universel muni d’un démultiplicateur permet d’actionner une brosse rotative amovible qui assure le décrassage rapide et complet. La brosse
- Fig. 3. — Appareil à récurer les casseroles.
- peut être changée selon le métal des ustensiles à nettoyer. Les détritus tombent sur le plateau inférieur (fig. 3) et une enveloppe cylindrique amovible, non représentée sur la figure, évite les projections.
- Constructeur : Société Sacam, 11, rue des Petits-Champs, Paris.
- Coupe-bûches autbmatique Nicole. — La coupe des pièces de bois à la scie circulaire n’est pratique automatiquement que si l’avancement de la bûche est convena-
- Fig. 4. — Goupe-bùckes à main Nicole.
- l’extérieur, on actionne la sonnerie mécaniquement. L’appareil ne demande ni réglage, ni entretien.
- Constructeur : M. J. Boulanger, 110, rue d’Angou-lême, Paris, 11".
- Appareil à récurer les casseroles. — Qn a pu voir au récent Salon des Appareils ménagers un appareil inge'nieux destiné à nettoyer les cassèroles. Qn sait
- blement réglé en fonction de la dureté du bois et du régime de la scie.
- Notamment, s’il est trop rapide, la scie « bourre » et prend alors au moteur qui la fait tourner une puissance exagérée, phénomène accompagné d’un échaufïement préjudiciable de l’outil.
- Pour éviter ces inconvénients, M: G. Nicole a présenté à l’Office national des Recherches et Inventions et
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- exposé au Salon des appareils ménagers un coupe-bûches automatique contitué par un bâti en fonte supportant une scie circulaire ordinaire. Celle-ci est attaquée directement par un petit moteur électrique universel. Un double bras articulé sur le socle porte à ses extrémités deux griffes, embrassant la bûche à tronçonner, qui s’y trouve maintenue à l’aide d’une
- Fig. 5. — Coupe-bûches actionné par un'moteur électrique et disposé en scie circulaire.
- troisième griffe à boulets. Ce bras est rappelé vers la scie à l’aide d'un jeu de deux puissants ressorts à boudin tendant par conséquent à engager le bois dans la périphérie de la scie.
- Mais ce mouvement est asservi par un petit régulateur constitué par un frein à huile cylindrique, à orifices variables, qui ralentit ce mouvement à volonté.
- Par le simple réglage de ce frein, il est possible de conduire le mouvement automatique de la bûche de manière qu elle s’engage juste ce qu’il faut pour être tronçonnée correctement en fonction de la dureté du bois et de la vitesse de rotation de la scie.
- Une fois ce réglage obtenu, il suffit de mettre la bûche en place et la scie en mouvement pour que le tronçonnage se fasse sans coincement, sans échaufîe-ment, et en demandant au moteur une jouissance extrêmement réduite.
- Pratiquement, le modèle réalisé permet d’utiliser un petit moteur de 1/6 ch. L’appareil est donc très intéressant par sa marche parfaitement régulière et son débit très élevé, pour les travaux de sciage dans les châteaux, fermes, maisons de campagne, etc.
- Pour les endroits où l’on ne dfspose pas du courant électrique, l’appareil peut être actionné soit à la main, soit par courroie de transmission.
- Une tablette placée sur le bâti permet d’utiliser le coupe-bûches comme scie pour découper des planches (fig. 5).
- Constructeur : Société Sacam, j it, rue des Petits-Champs, à Paris.
- Godet récepteur de peinture. — Voilà un système original qui permet de peindre un plafond ou une paroi verticale, sans risquer de recevoir la peinture sur la main ou sur le plancher.
- Le manche du pinceau ou de la brosse est muni d’une sorte , de godet qui recueille la peinture
- T . ,lceau rnim* et permet de la déverser-dans le du godet récepteur. r. ,
- & 1 camion au moment meme ou
- l’on reprend de la peinture pour en garnir le picceau. — M. L. René, 3a, rue Singer, Paris.
- Thermomètre à cadran pour bains. — On sait que les bains ont un eiîet différent sur l’organisme, selon leur température.
- Au-dessous de 25°, les bains froids abaissent la température, diminuent la fréquence du pouls, activent les combustions respiratoires. De a5 à 33°, les bains tièdes
- sont sédatifs, ils délassent et portent au sommeil ; de 33 à 4o°, les bains chauds sont plutôt des agents thérapeutiques que des procédés de nettoyage, ils accélèrent le pouls et la respiration ; trop chauds, trop prolongés ou trop fréquents, ils débilitent et peuvent même provoquer des étourdissements. Pour les enfants de moins d’un an, la température optima est 36°.
- Il est donc utile de ne pas juger simplement par la sensation de la main de l’état d’un bain qu’on prépare. Mieux vaut se servir d’un thermomètre. Mais celui-ci est d’ordinaire difficilement lisible. Nous avons vu au Salon des appareils ménagers un thermomètre à cadran basé sur le principe de la dilatation des liquides, très commode, formé d’un réservoir plongeur, d’un cadran et d’une agrafe pour le fixer au rebord de la baignoire, le tout étanche et nickelé. Le réservoir est sensible par sa partie inférieure seule, sur 8 cm environ.
- Ce thermomètre peut rester sur la baignoire en permanence ou être rangé après chaque bain.
- Constructeurs : Approvisionnements mécaniques, 76, avenue Daumesnil, Paris.
- Fig. 7.
- Thermomètre à cadran pour bains.
- La boucle « Pratico ». — Cette boucle se distingue par un serrage parfait qui ne détériore pas la sangle ; elle est très mince, ne comporte pas d’ardillon, son serrage est automatique en quelque endroit que ce soit. Le fonctionnement est le suivant : on tient la boucle par le haut et le bas, entre le pouce et l’index de la main droite, puis on soulève un volet en le saisissant entre le pouce et l’index de la main gauche, par les oreilles et on serre légèrement; la boucle s’entre-bâille et ne s’ouvre pas complètement.
- Avec la main droite, on introduit le bout de la sangle; il suffit de lâcher le volet pour serrer au point voulu. La sangle est ensuite rabattue sur la boucle. Le serrage s'opère uniquement en soulevant le volet par les oreilles.
- Fig. 7.
- La boucle « Pratico » en place.
- Fig. S.
- Pour placer la boucle : position de la main gauche.
- Cette boucle est intéressante pour les appareils d’orthopédie, en raison de l’absence d’ardillon qui évite toute blessure, du serrage automatique à n’importe quel point d’arrêt et de l’extrême minceur qui ne forme aucune saillie sous les vêtements.
- Pour les sangles de dossiers la manipulation est plus rapide qu’avec tout autre système : on évite les déchirures et on n’a pas à craindre de se piquer les doigts.
- Constructeurs : L. Favrot et Ci0, 28, rue Serpente.
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- VARIETES
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- L’UTILISATION DES FRUITS SAUVAGES : LES PRUNELLES
- Les prunelles, qu’on nomme aussi prunes épineuses, f sont produites surtout : i° par le Prunellier ou Epine noire (Prunus spinos/i, L.) Rosacées Amygdalées. C’est un arbrisseau de 2 à 3 m. de hauteur, très commun sur les coteaux pierreux et au bord des bois; il forme des haies rendues très défensives par les pointes acérées qui terminent ses tiges à écorce noirâtre, couleur qui leur a valu son surnom d’épine noire ; 20 par le Prunus fruticans qui n’est presque pas épineux et donne des fruits plus gros.
- Fruits. — Description. — Ce sont des drupes d’un noir bleuâtre souvent pruiné, variant de la grosseur d’une belle myrtille à celle d’une petite mirabelle. La chair, avant maturité, est verdâtre, très tannique et encore plus acide, d’où une excessive âpreté qui la rend absolument immangeable en cet état, mais de couleur marron lilas quand la maturité atteint sa dernière limite et la rend comestible. Elle renferme un noyau ovale et rugueux. On en aura une idée plus exacte en sachant que, dans l’examen que j’en ai fait, 100 prunelles pesaient 120 gr. 69, d’où un poids moyen de 1 gr. 20. Le noyau, après avoir été débarrassé de la pulpe, lavé et séché, pesait en moyenne o gr. 175. De sorte que 100 gr. de prunelles complètes contenaient 86 gr. de pulpe et 14 gr. de noyaux.
- Analyse. — Désirant connaître la composition de ces fruits, quand on peut les utiliser pour les différents usages alimentaires, j’ai attendu qu’ils soient très mûrs avant de les soumettre à l’analyse et comme je n’en ai pas trouvé d’autre que la mienne, je transcris ici les résultats que j’ai obtenus.
- Dans un kii.o Dans un litke
- de fruits. de jus.
- Sucre réducteur 84 gr. 11 i36 gr. 84
- Saccharose... ... 8 gr. 82 6 gr. 29
- Sucre total 92 gr. g3 i43 gr. i3
- Tannin 3 gr. 80 3 gr. 76
- Matières pectiques. . . . 1 gr. 40 9 gr- 60
- Acidité en acide malique . 9 gr- 23 6 gr. i5
- En outre, les fruits contenaient 5g gr. 5a pour 100 d’eau de végétation et 40 gr. 48 pour 100 de résidu fixe à 1000. Le jus avait pour densité 1,094 à i5°. A noter aussi que l’amande des noyaux renferme de l’essence d’amande amère et de l’acide cyanhydrique, ce qui exige une attention au sujet de la quantité des noyaux employés.
- Comme on le voit, les prunelles peuvent contenir une proportion notable de sucre et de matières pectiques dans leur jus, mais il importe de dire que ces fruits étaient très mûrs et ne renfermaient qu’une infime quantité de jus. Il est certain que, s’ils avaient moins évaporé, leur richesse saccharine aurait été bien plus faible. Il est à noter que, si malgré leur degré de maturité le tannin et l’acidité s’y trouvent encore à une dose élevée, elle n’est pas telle qu’elle s’oppose à leur emploi alimentaire.
- Récolte. — Lorsque les prunelliers sont à l’état sauvage dans les haies, la-récolte demande quelques précautions à cause des épines acérées des branches dont la piqûre est toujours douloureuse et, parfois, longue à guérir; elle se fait par gaulage en octobre-novembre, notamment après les premières gelées. Quand les prunelliers sont cultivés, on peut cueillir les plus beaux fruits à la main dès le début d’octobre et abattre les autres en les ramassant sur une toile étalée au-dessous des branches.
- D’après Ch. Baltet, le prunellier est cultivé dans la Haute-Saônè sur des terrains de peu de valeur en vue de la distillerie. Ou en plante 5o à l’are et l’on en recueille 4 hectolitres de fruits dont le prix à l’état frais peut atteindre 7 fr. 5o l’hectolitre. La récolte d’une année peut rapporter de 1200 à i5oo francs à l’hectare, mais il faut compter, en moyenne, une bonne année sur trois.
- Utilisation. — En France, on les emploie surtout pour la fabrication d’une eau-de-vie spéciale et d’un ratafia, mais on peut en préparer aussi une crème, une boisson fermentée et un vin. A l’étranger, notamment eu Allemagne, en Suisse et en Russie, on en fait une compote,
- une soupe et une liqueur de noyaux : le Ivayowsky. Je ne parlerai que des préparations les plus en usage actuellement.
- Eau-de-vie de prunelles. — L’article ai de la loi du 3i mars 1903 a inscrit les prunelles au nombre des fruits que les propriétaires peuvent distiller avec le privilège de bouilleur de cru, quand elles proviennent de leur récolte ; ce fait indique l’importance relative de cette eau-de-vie dont voici la préparation habituelle.
- On remplit un tonneau de prunelles bien mûres, on attend que le tassement y ait produit un vide que l’on comble avec des fruits frais et, dès que la fermentation s’est déclarée, on bouche avec une bonde peu serrée et recouverte de cendre. La fermentation dure environ deux mois, mais l’on ne distille qu’après l’hiver; on obtient, paraît-il, 5 à 6 litres d’eau-de-vie à a a0 Cartier (59° à 6o° G. L.). Son prix d’avant-guerre, dès la première année, était de a à 3 francs le litre.
- Il est probable, qu’en laissant un aussi grand intervalle entre la fin de la fermentation et la distillation, il s’établit des fermentations secondaires au détriment de la qualité et de la quantité de l’alcool. Il vaudrait mieux fouler les prunelles, brasser le tout pour l’aérer, ajouter un peu d’eau tiède pour obtenir la température de ao° à a5°. La fermentation plus rapide serait terminée en 3 semaines et l’on distillerait un mois après en prenant les précautions nécessaires pour éviter une attache. Dans le cas où la distillation serait plus reculée pour permettre la dissolution des principes aromatiques des noyaux, dont quelques-uns auraient été cassés, on boucherait étroitement le fût et le maintiendrait en cave froide.
- Ratafia. — Il ne faut pas confondre cette liqueur faite par macération avec la crème de prunelles obtenue par distillation. On l’appelle souvent liqueur de prunelle ou encore dans le Nord « Fourderaine ». Il existe plusieurs genres de préparation; en voici un qui est suivi en liquoristerie ; sa formule, ramenée à 1 kg de prunelles, est la suivante : alcool à 6o° 1 litre, sucre 1 kg, eau 80 centilitres. On prend des prunelles mûres, très propres et ridées par les premièree gelées ; on les met macérer avec l’alcool durant quelques mois, 8 à 10, selon le fabricant. On filtre la macération et l’on y mélange, après l’avoir clarifié, le sirop fait avec le sucre et l’eau. On ajoute parfois aussi de la vanille à cette liqueur, de préférence pendant la macération des fruits. Cette addition complète heureusement le goût et le parfum du ratafia qui sont, cependant, assez délicats naturellement.
- Principaux emplois à Vétranger. — Ils sont au nombre de trois : compote, soupe, liqueur ; les deux premières sont plus particulières aux pays de langue allemande; la dernière appelée souvent « Ivayowsky », à la Russie. ,
- Compote. — On met 1 kg de prunelles dans un demi-litre de vin étendu d’autant d’eau avec a5o gr. de sucre sur lequel on a râpé l’écorce d’un citron, 8 gr. de cannelle et une forte pincée de sel. On fait cuire jusqu’à ce qu’il reste très peu de jus, puis, on passe au tamis. D’autre part, on bat six blancs d’œufs en neige épaisse et l’on y incorpore i5o gr. de sucre tamisé et aromatisé avec l écorce râpée d'un citron. On passe ce mélange au-dessus de la compote et l’on expose le tout 8 à 10 minutes sur la plaque d’un fourneau moyennement chauffé.
- Soupe. — On prend 100 gr. de la compote ci-dessus, on y ajoute 3oo gr. d’eau, un clou de girofle, un peu de cannelle et de sucre, puis on fait cuire en liant avec une pincée de fécule de pomme de terre. On sert tel quel ou après avoir versé sur des tranches de pain rôties.
- Kayowsky ou Schleken-Likôr. — Voici la formule donnée par Mme Marie Breithaupt (Tornow). On étale sur un papier les prunelles choisies parmi les plus grosses et les plus colorées et on les laisse exposées au soleil pendant un jour. On enlève les noyaux après les avoir complètement dépouillés de toute la pulpe, on les lave bien à l’eau froide et on les fait sécher au soleil.
- On remplit un verre de ces noyaux concassés et, pour chaque verre, on verse dans un bocal 1 litre de bonne
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- eau-de-vie blanche et on laisse macérer pendant six semaines en agitant souvent le tout. Ce délai expiré, on filtre dans une terrine grande et creuse. D’autre part, on cuit presque à l’état de caramel 760 gr. de sucre et on verse dans le spiritueux en ayant soin de remuer vigoureusement avec une cuiller pour éviter que le sucre ne se prenne en grumeaux. Si cela Be produisait, il faudrait agiter assez fortement pour qu’ils disparaissent complètement. On met ensuite en flacons que l’on conserve
- soigneusement. Plus vieille est la liqueur, meilleure elle est.
- Eduard Jacobsen relate que les prunelles (Schlehen) sont souvent ajoutées aux pommes dans la fabrication du cidre comme les cormes (Speierlinge), pour leur apporter le tannin dont ces fruits sont très riches tandis que les pommes en manquent toujours. Avant la guerre les Schlehen valaient de 7 à 12 marcs les 5o kilogrammes.
- A. Truklle.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- QSK.,
- La protection des appareils à acétylène contre la gelée. — Nous extrayons de la Revue de la Soudure autogène les sages conseils qui suivent :
- « En principe, un appareil à acétylène doit toujours être placé en endroit très aéré et autant que possible en dehors des bâtiments, donc soumis à l’influence du froid qui conduit souvent à la congélation de l’eau qu’il contient.
- Il ne faut, dans aucun cas, sous prétexte de protéger un générateur d’acétylène de la gelée, le placer dans des caves, sous-sols ou locaux analogues, ni supprimer l’aération des cabines ou bâtiments spéciaux qui l’abritent '
- On peut cependant, lorsqu’un appareil est par trop exposé à l’air, l’abriter par des cloisons, panneaux, châssis, etc., qui, sans supprimer la ventilation nécessaire, le protègent dans une certaine mesure des effets du froid.
- Dans beaucoup de cas, par les hivers rigoureux et dans les régions froides, des dispositions spéciales sont à prendre.
- Elles sont d’ordres divers et varient essentiellement avec l’emplacement des appareils, leur type, leur puissance, les moyens dont on dispose et l’intensité du froid.
- L’habillage des organes particulièrement exposés : cuves, récipients d’eau, tuyaux, à l’aide de paille, chiffons, produits isolants est un excellent moyen de protection, mais qui n’est pas toujours suffisant.
- Le chauffage du local par uu radiateur à eau chaude ou à vapeur, ou même celui de l’eau des cuves à l’aide d’un thermo-siphon, est la meilleure solution lorsqu’on
- dispose des moyens voulus. Tout chauffage direct à feu nu, ignition ou incandescence, y compris les radiateurs électriques, doit être complètement prohibé.
- On peut protéger la couronne d’eau des cuves de gazomètre, qui est la partie la plus facilement conge-lable, en y versant de l’huile lourde qui surnage, pour qu’il y en ait une couche de quelques centimètres.
- Le chlorure de calcium, qui abaisse le point de congélation de l’eau, peut être employé à la dose de 5 à 10 kg par 100 litres d’eau de la cuve du gazomètre, du moins si cette eau ne sert pas à la décomposition du carbure.
- La glycérine donne les mêmes résultats, mais est d’emploi beaucoup plus cher. On peut également, pour une courte période de froid et à défaut de chlorure de calcium, faire usage de sel marin ordinaire à la dose de 10 à 12 kg par 100 litres d’eau. Mais il attaque lentement les tôles, aussi convient-il d’évacuer la solution et de bien laver les parois dès la période des grands froids passée.
- Beaucoup d’appareils en marche journalière accumulent assez de chaleur au cours de leur fonctionnement pour résister à la gelée des nuits. Il conviendra surtout de les protéger pendant les plus longs arrêts, du samedi au lundi notamment, en les recouvrant de paille, sacs, chiffons, etc.
- Ce sont, on le voit, des questions d’espèces, et chacun fera au mieux selon les données du problème qui se pose dans chaque cas.
- Rappelons qu en cas de congélation de l’eau des générateurs à acétylène, ni flamme, ni objets chauffés à haute température ne doivent être employés pour obtenir le dégel, mais uniquement de l’eau chaude. »
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. Girard, à Roanne. — Deux procédés réellement scientifiques sont employés pour faire disparaître les tatouages :
- A. Procédé du Dr Variot. — i°-Verser sur la région colorée une solution concentrée de tanin, puis piquer avec une aiguille de tatoueur. 2° Passer ensuite fortement un crayon de nitrate d’argent. La plaque noircie se transforme en croûte qni tombe bientôt en laissant une cicatrice rougeâtre, laquelle s’atténue peu à peu.
- B. Procédé du Dr Brunet. — i° Laver à l’éther, au savon, puis au sublimé au millième, la partie tatouée. 20 L’anesthésier par des injections de cocaïne. 3° Entourer la surface avec des bandes de diachylon et appliquer pendant xo à i5. minutes un tampon d’ouate imbibée d'ammoniaque. 4° Enlever avec une pince stérilisée l’épiderme soulevé et frotter alors vigoureusement le dessin avec un crayon de nitrate d’argent. 5° Panser avec de l’eau salée qui neutralise l’excès de nitrate. Après quelques heures il se forme une escarre noirâtre qui tombe en laissant une plaie cjue l'on panse à Piodoforme.
- M. Schlumberger, à Mulhouse. — Nous pensons qu’un mélange de minium et silicate de soude conviendrait pour obstruer de très petites fissures dans votre ancienne chaudière convertie en réservoir à essence. Bien entendu il faudrait vider complètement et appliquer sur le métal mis à vif par grattage et débarrassé de tout hydrocarbure. S’il s’agit de trous un peu grands, mettre deux rondelles garnies du même ciment et serrées par de petits boulons.
- M. J.-A , à Void (Meuse). — 1° Le liquide contenu dans les piles Leclajiché étant une solution de chlorhydrate d’ammoniaque, les taches jjui résultent de sa présence sur dallage et tapis sont dues d’une part à des efflorescences de sel qui simulent des moisissures, d’autre part, à l’entretien d’une humidité par l^ygro-scopicité du sel. Il vous sera facile de faire disparaître ces taches par des lavages successifs à l’eau tiède au moyen d’une éponge, en ayant soin de bien rincer l’éponge à chaque fois dans une eau nouvelle. 2° Pour rendre plus facilement combustibles les chiffons destinés à l’enfumage des abeilles, tremper au préalable les chiffons dans une solution de nitrate de potasse à environ 10 gr. par litre, puis laisser bien sécher avant emploi. — N. B. Ne pas exagérer la dose de nitrate pour qu’il n’y ait pas introduction de pi’oduits nitreux dans la ruche, réduire au besoin à la quantité juste nécessaire à une bonne marche de la combustion.
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- BOITE AUX LETTRES
- 3° Veuillez vous reporter pour le rechargement des piles dites sèches à la note que nous avons publiée dans le n° 2633, du 20 septembre 19*4, dans les Recettes et Procédés utiles, sous le titre Régénération des batteries de piles.
- M. le commandant Barret, à Varigney (Haute-Saône). — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2638 du a5 octobre 1924, page 135 de la Boîte aux Lettres, veuillez bien vous y reporter.
- M. H. Lottin, à Huppy (Somme). — Dans la préparation des peintures, la proportion des diluants, huile de lin et essence de térébenthine varie bien entendu suivant le pigment ajouté, car chacun des pigments absorbe plus ou moins de liquide. Si vous substituez un pigment à un autre, il est évident que les proportions doivent changer.
- Les indications que nous avons données sont seulement destinées à servir de base, c'est à l’opérateur à augmenter ou diminuer l’excipient pour obtenir la consistance convenable eu égard aux matières colorantes employées.
- M Boulineau, à Javrezac (CharenteJ. — On adjoint fréquemment à la fabrication de Veau distillée celle de la glace transparente et stérile; quant aux autres emplois de l’eau distillée, ils sont si nombreux, dans la pharmacie, le coupage des eaux-de-vie, l’obtention des liqueurs et les opérations de laboratoire toutes les fois que l’on a en vue la préparation des produits purs, que nous ne saurions en faire une énumération complète.
- Ecole normale d’institutrices du Puy. — 1° Un excellent dissolvant pour enlever les souillures des sacs en cuir clair salis par l’usage est le tétrachlorure de carbone qui a le grand avantage d’être ininflammable. La condition essentielle pour une bonne réussite est d’opérer par petite portion, en frottant d’abord très légèrement avec une flanelle imbibée de tétrachlorure, puis en épongeant aussitôt pendant que le cuir est imbibé, avec une autre flanelle parfaitement sèche, sans laisser au cuir le temps d’absorber dans son épaisseur le liquide chargé des matières ainsi dissoutes, a0 L’opération terminée, laisser bien sécher, passer une encaustique très légère à la cire et à l’essence de térébenthine, faire briller le lendemain avec une flanelle très propre.
- Abonné, à Orange (Vaucluse). — Ainsi que nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, les couleurs aux stéarates permettent de teindre le cuir avec facilité, même lorsque celui-ci présente des parties graisseuses. Dans le cas qui vous occupe, vous pouvez utiliser un rouge au stéarate de la teinte appropriée en prenant ;
- Rougeau stéarate.............i5 gr.
- Benzine......................85 —
- Si vous ne trouvez pas ce genre de couleurs dans votre région, vous pourrez vous adresser aux maisons qui suivent : Grangé, 54, rue des Francs-Bourgeois; Pointet et Girard, 3o, même rue; Pelliot, 24, place des Vosges.
- M. Van Âbbe, à Amsterdam, — r La solubilisation du succin pour obtenir des vernis est toujours difficile même lorsqu’il a été pyrogéné et est à l’état de succin fondu résultant de la distillation de la résine brute comme cela se pratique en Allemagne. La dissolution doit se faire à chaud, en plaçant dans une bassine en fonte un mélange d’une partie de succin fondu concassé et trois parties d’huile à vernis. On chauffe jusqu’à disparition de la résine et on ajoute alors quatre parties d’essence de térébenthine. ,
- L’huile à vernis se prépare en faisant cuire jusqu’à formation d’une pellicule un mélange composé de :
- Litharge pulvérisée .... 5o gr. Sulfate de zinc en poudre. . 10 —
- Huile de lin................800 —
- 20 Sauf modifications par la Librairie Dunod, 92, rue Bonaparte, les prix de ces ouvrages sont les suivants : Les vernis isolants en électrotechnique, 3o francs; De la consistances des vernis et autres fluides au point de vue de leurs applications industrielles, 10 francs.
- M. R. Brades, à Anglès-du-Tarn. — Le produit employé pour le ramonage économique et expéditif des cheminées est constitué sur les bases suivantes :
- Salpêtre.........................3o gr.
- Sel de tartre....................20 —
- Fleur de soufre..................10 —
- Chacun des composants doit être broyé séparément, puis on mélange à la spatule sur une feuille de papier.
- Mettre la valeur d’un dé à coudre du mélange ainsi obtenu sur une pelle de fer et exposer au feu clair du combustible. Au bout de quelques instants le mélange explose et l’ébranlement de l’air contenu dans le conduit de la cheminée fait tomber la suie.
- Recommencer au besoin l’opération, mais ne pas employer de plus grandes quantités d’explosif, ce qui pourrait être dangereux.
- Ce procédé n’est qu’une mise au point du moyen brutal qui pouvait être employé autrefois dans les cheminées à vaste coffrage, qui consistait à tirer un coup de fusil à blanc, mais avec les boisseaux actuels il faut être plus circonspect, d’ailleurs cette méthode ne convient que s’il s'agit de suie et non de matières goudronneuses fournies par la houille, les boulets ou autres agglomérés.
- M. Serre, à Narbonne (Aude). — i° Le réchappage des pneumatiques usagés comporte essentiellement les opérations suivantes : On met à nu la toile en la débarrassant de l’ancien revêtement, puis on applique une couche de dissolution et enfin la nouvelle bande de caoutchouc. 11 ne reste plus qu’à effectuer la (vulcanisation sous pression, qui se fait sur place, en mettant une demi-circonférence du pneu dans une enveloppe de même forme où on fait arriver de la vapeur, ce qui constitue l’originalité de l’opération, laquelle ne nécessite pas un matériel important, c'est pourquoi de nombreuses installations en sont faites en particulier par la Société des Procédés F. D. T.; rue Saint Jacques, à Grenoble. On compte pratiquement que la durée des pneus ainsi rechappés est d’au moins la moitié de celle d’un pneu neuf. 20 On peut considérer plusieurs espèces de caoutchoucs synthétiques : ceux qui dérivent du butadiène (carbure en C4), ceux provenant de l’isoprène (carbure en C5) et ceux qui résultent du dimétyl-butadiène (carbure en C6).
- Une fois les carbures obtenus, ils sont polymérisés soit par la chaleur seule, soit par un acide, soit par le sodium métallique. Les opérations qui donnent les carbures peuvent se résumer ainsi :
- A. Méthode au butadiène ou érytkrène. — On part de l’alcool butylique secondaire résultant de la réduction de la méthylacétone. Par déshydratation de cet alcool en se servant de l’acide phosphorique, on obtient le butylène, qui, dissous dans le chloroforme et traité par le brome, donne un dibromure dont on enlève les deux atomes de brome par la chaux sodée, ce qui fournit le butadiène.
- B. Méthode à l’isoprène ou B-mèthylbutadiène, — Le paracrésol tiré des goudrons de houille est hydrogéné par catalyse Sabatier (hydrogène et nickel réduit), ce qui donne le méthylcyclohexanol, qui par oxydation fournit l’acide b-mélhyladipique. Cet acide est dia-miné et traité par l’acide hypochloreux qui transforme la diamine en b-méthyltétraméthylène diamine, qui, enfin, par méthylation et saponification, réalise l’iso-prène.
- C. Méthode au dimétkylbutadiène. — L’amalgame de sodium agissant sur l’acétone donne la pinacone, celle-ci chauffée avec du bisulfate de potasse perd de l’eau et le liquide qui distille se sépare en deux couches dont la supérieure desséchée sur du chlorure de calcium et purifiée par distillation fractionnée fournit entre 68° et 710 C, le s—r diméthylbutadiène.
- Si l’on considère les nombreuses opérations par lesquelles il faut passer avant d’obtenir les carbures, on se rend compte que le caoutchouc synthétique n’est pas près de concurrencer le caoutchouc naturel, qui est actuellement produit en quantité énorme, par suite de la culture raisonnée des arbres à caoutchouc.
- M. Rigaut, à Paris. — A notre avis, vous devez pouvoir récupérer le platine de vos vis platinées mélangées à des vis au tungstène en opérant ainsi : attaquer à chaud par l’acide chlorhydrique seul étendu de deux à trois volumes d’eau qui dissoudra le fer, en laissant le platine ainsi que la plus grande partie du tungstène. Le résidu bien lavé sera alors traité également à chaud par l’acide nitrique concentré qui transformera le tungstène en acide tungstique sous forme de poudre blanche. Après avoir étendu d’eau en broyant légèrement, il sera facile par tamisage et lavage de séparer les grains de platine restés inattaqués.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Manuel des transports, par A. Vinot. i vol. in-18, 393p., 20 fig. J.-B. Baillière, Paris, 1924. Prix : i5 francs.
- L’étude des transports fait l’objet de gros volumes, réservés aux spécialistes ; un public immense utilise les transports, sans en bien connaître le fonctionnement, ni les règles. Ignorance fâcheuse, source de bien des conflits inutiles, et de bien des maladresses nuisibles aux échanges. Le manuel de M. Yinot a pour objet de donner au public les connaissances essentielles pour une utilisation rationnelle des transports mis à sa disposition : il débute par un aperçu historique et un résumé du régime administratif et financier auquel sont soumis les différents systèmes de transport : routes et chemins, navigation intérieure, navigation maritime, chemins de fer, transports aériens; puis, il étudie les avantages respectifs de chacun de ces systèmes ; il expose les principes qui président à l’établissement des tarifications, en insistant surtout sur le cas des chemins de fer. Il termine par une courte étude sur les réclamations et litiges, et sur les opérations de douane.
- Petit catéchisme de l'automobilisme, par J.-S. Enhight, traduit de l’anglais par L.-M. Lery. i vol. illustré, 74 p- Béranger, éditeur, Paris, 19 1.4. Prix : 5 francs.
- Ce petit volume expose les éléments de l’automobile sous forme de questions et de réponses. Les questions sont celles que se posent en général les débutants désireux de connaître dans ses grandes lignes le mécanisme de leur machine ; les réponses qui leur sont données sont claires, brèves et précises. Elles guideront fort utilement les néophytes de l’automobile.
- Six causeries sur la soudure autogène. 1 broch. illustrée, i43 p., publiée par l’Office central de l’Acétylène et de la Soudure autogène, 104, b oui. de Clicby, Paris. Prix : 4 francs.
- Ces causeries, dues à MM. Granjon, Piette, Desgranges, ont été rédigées à l’usage des soudeurs professionnels. Elles font connaître à ces artisans le mécanisme de la soudure autogène dans les différents cas pratiques, avec les raisons qui justifient et expliquent les méthodes actuellement employées.
- Glaire et solidement documentée, cette brochure met le lecteur au courant des plus récents progrès et vulgarise d’une façon heureuse une technique de plus en plus importante.
- Zincite et Crisladyne, par Michel Adam, i brochure 5o p., 19 fig. Editeur, Radioélectricité, 98 bis, boulevard Haussmann, Paris. Prix : 3 francs.
- La zincite permet de construire soi-même, sans lampe ni accumulateur, un appareil radiophonique émetteur ou récepteur en utilisant les pièces détachées les plus courantes et les moins onéreuses.
- L’auteur a rassemblé dans ce petit livre tout ce qu’il convient de savoir pour construire un poste à zincite et pour l’utiliser.
- Mon peintre- décorateur, c’est moi, par Baudry de Saunier, i vol. in-i6, 104 p. Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 5 francs.
- Ce petit ouvrage, rédigé avec la clarté qui caractérise M Baudry de Saunier, permettra à chacun de se substituer à l’ouvrier peintre, oiseau rare aujourd’hui, et dont l’intervention est toujours coûteuse et désagréable. L’auteur a groupé quantité de conseils pratiques vécus et indique comment s’y prendre pour préparer les couleurs, refaire un plafond et le passer à la chaux, peindre, au pochoir, coller les papiers, les galons, les frises, couper une vitre et la mastiquer, la dépolir, etc.
- Manuel du fabricant de cidres mousseux et gazéifiés, par A. Truelle, membre de l’Académie d’Agriculture de
- France. 1 vol. in-i6, 205 p., 63 fig. J. B. .Baill'ère, Paris, i925. Prix : 5 francs.
- On fabrique en France d’excellents cidres mousseux qui sont au cidre ce que le champagne est au vin. Cependant les exportations françaises de cidres sont pour ainsi dire milles, lundis que l’Espagne et l’Allemagne ont trouvé dans cette production et plus encore dans celle des cidres gazéifiés un appoint fort important pour leur commerce extérieur. Situation d’autant plus paradoxale que notre pays fournit à l’Allemagne une partie des pommes nécessaires pour la fabrication de ces boissons de plus en plus appréciées. Nos régions cidricoles pourraient donc, semble-t-il, viser elles aussi la conquête de ce marché. L’excellent manuel de M. Truelle leur en offre le moyen; clair et précis dans sa brièveté, il explique les divers procédés qui permettent de fabriquer industriellement les cidres mousseux et les gazéifiés, en insistant sur1 les produits en vogue sur les marchés étrangers. Il montre comment il faut opérer rationnellement et signale avec soin les écueils à éviter.
- On peut suivre avec confiance les indications de ce guide sûr; car, avec une conscience rare en ce genre d’ouvrages, il n’avance aucun renseignement, aucun chiffre qu’il n’ait vérifié par expérience personnelle. Souhaitons à Fauteur la satisfaction de voir son livre, unique en France sur ce sujet, provoquer le développement d’une industrie nouvelle.
- Les poules, par Louis Bbéchemin, i vol. in-i2, Librairie agricole de la Maison rustique. Prix : 8 francs.
- Cet ouvrage résume s5 ans d’études et d’observations d’un aviculteur émérite. Il traite du choix des races, de l’installation générale du poulailler, de l’alimentation pratique et rationnelle, des pratiques de l’élevage, de l’incubation artificielle, de la basse-cour à la ferme, du commerce des volailles et de leurs maladies.
- An Introduction to the Study of recent Corals, par Sydney J. ILcks'on. i vol. in-8, 257 p., 110 fig. Publications of the University of Manchester. Biological Sériés, n° 4- Longmans, Green and Co, Londres. Prix relié ; 26 sh.
- Les récifs coralliens des tropiques sont une des merveilles de la nature; le zoologiste y découvre un grand nombre de formes plus intéressantes les unes que les autres. Dans ce livre luxueusement édité, aux belles figures originales, l’auteur, professeur de zoologie à l’Université de Manchester, signale succinctement la. structure des coraux, puis décrit les principaux types constituant les agglomérations calcaires ; madrépores, alcyonaires, antipathaires, hydrozoaires, polyzoaires, foraminifères, algues. Il rappelle les théories des récifs coralliens, puis le commerce fort ancien du corail rouge et noir. On peut seulement regretter que la biologie des coraux, la formation du squelette calcaire et l’importance océanographique de ces immenses bancs ne soient pas plus développées.
- Un^mois en Algérie et en Tunisie, par Henriette Celarié. 1 vol. 248 p., 41 gravures, 16 cartes. Hachette, éditeur, Paris. Prix ; i5 francs.
- L’Afrique du Nord est pour le touriste le pays des enchantements ; Mme Celarié est un guide charmant et averti, qui sait évoquer à merveille les paysages variés, tantôt gracieux, tantôt sévères, mais toujours grandioses de la France africaine, les pittoresques scènes de mœurs, et les émouvants souvenirs qui se dégagent en foule de tous les coins de cette vieille terre, où tant de civilisations diverses ont laissé leurs traces.
- Les ombres de 'demain, par Rcger Chanut. i vol. in-ifi, 158 p. Editions Roman nouveau, Paris. Prix : 6 fr.
- Suite de tableaux évoquant une guerre future, chimique et bactériologique.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- 13 Décembre 1924
- Nécrologie : Eugène Simon. — M. Eugène Simon, f naturaliste des plus remarquables, frère de l’artiste peintre admiré, vient de mourir.
- M. Gravier, membre de l’Institut, a rappelé à l’Académie des Sciences sa vie et ses principaux travaux dans les termes suivants :
- « « Eugène Simon, mort le 17 novembre 1923, était né à Paris, le 3o avril 1848. Il était correspondant de l'Institut depuis 1909. Il avait été nommé correspondant du Muséum en 1896; il était devenu associé du même établissement en 1918.
- Il eut, dès sa plus tendre enfance, la passion des sciences naturelles ; et, à un âge où d’autres n’ont pas encore achevé leurs études secondaires, à i(> ans, il commença à écrire son Histoire naturelle des Araignées, qu’il a remaniée et complétée à bien des reprises ; c’est un véritable monument, toujours consulté par les naturalistes qui s’adonnent à l'étude des araignées, animaux dont les mœurs sont aussi curieuses que celles des insectes.
- Il alla chercher lui-même les matériaux de ses études, souvent dans des conditions fort pénibles, à travers le monde : sur tout le pourtour du bassin de la Méditerranée, eu Afrique australe, en Egypte et au pays des Somalis, à Ceylan, aux Philippines, au Yénézuéla. Il rassembla ainsi la plus belle collection d’araignées du monde, collection d’une valeur extrinsèque inappréciable ; il l’a généreusement offerte au Muséum en 1918,en même temps que son admirable bibliothèque scientifique qui renferme, dans les langues les plus diverses, toutes les publications relatives aux Arachnides. Il était, pour tous, le maître incontesté de la science arachnologique.
- Il était aussi un maître en Ornithologie, surtout en ce qui concerne les Oiseaux-Mouches ; il a pu achever, il y a quelques années, un ouvrage capital sur ces animaux, véritables bijoux animés. Il a en outre publié d’importants Mémoires sur les Crustacés inférieurs (Phyllopodes), alors très peu connus. Bien qu’il n’*it jamais eu de situation officielle, il fit école et forma de brillants élèves.
- Il était fort instruit, non seulement en Zoologie, mais aussi en Botanique. Mycologue de grande valeur, il fut souvent le compagnon d’excursion du regretté Boudier.
- Admirablement doué, ayant beaucoup vu et beaucoup retenu, il avait aussi beaucoup lu. Il connaissait remarquablement l’histoire et la littérature contemporaines. Sa conversation, entre intimes, était charmante et toujours instructive.
- D’une grande modestie et d’une timidité presque maladive, il serait resté, malgré toute sa valeur et tous ses titres, un travailleur complètement isolé et ignoré, même du monde savant, b’ü n’avait eu au moins, la bonne fortune de rencontrer, au cours de sa carrière, l’éminent naturaliste M. E.-L. Bouvier. C’est uniquement grâce aux efforts persévérants de notre confrère qu’il fut nommé correspondant de l’Institut et qu’on lui accorda, à 64 ans, la croix de la Légion d’honneur. Il fut promu au grade d’officier, l’an dernier, à l’occasion du. centenaire de Pasteur.
- Chez tous ceux qui l’ont connu, il laissera le souvenir d’un naturaliste avisé et enthousiaste, d’un homme absolument désintéressé, d’un ami sûr et dévoué. »
- Le graissage des paliers de moteurs. — La bonne lubrification des pièces frottantes dans les moteurs, et notamment dans les moteurs à explosion, est une condition essentielle du bon fonctionnement de l’engin et de sa durée. Mais c’est un problème fort complexe, dans lequel interviennent une foule d’éléments, dont certains sont assez mal connus.
- Il a donné lieu déjà à de nombreux et importants travaux expérimentaux ou théoriques ; au premier rang on doit citer ceux de Beauchamp, Tower et Reynolds, qui bien que remontant déjà à 1882 sont encore trop peu connus en France. Une importante contribution pratique vient d’être - apportée à cette question par M. Jannin, ingénieur des usines Renault, M. Jannin a tout d’abord imaginé une méthode nouvelle pour la détermination rapide de la résistance à l’usure des métaux employés à la confection des tourillons et des
- coussinets de paliers, ainsi que pour l’étude de l’influence de l’huile de graissage, du poli des tourillons, de la dureté des coussinets sur l’usure de ces éléments.
- Cette méthode consiste à produire une empreinte, par frottement sous une charge constante, d’un tourillon tournant, sur une éprouvette cylindrique d’axe perpendiculaire au tourillon. Le diamètre de cette empreinte sert à caractériser la résistance à l’usure du métal étudié. Une machine spéciale, du reste très simple, a été construite aux usines Renault pour l’exécution de ces essais. Elle a permis de faire une série de constatations du plus haut intérêt.
- M. Jannin a notamment étudié l’influence des particules étrangères contenues dans l’huile sur l’usure des arbres et tourillons. Il a également déterminé la variation du pouvoir d’usure de l’huile en fonction du temps pendant lequel elle a été utilisée dans le moteur ; on sait que l’huile de graissage d’un moteur y séjourne toujours un temps assez considérable; elle peut y être soumise à un cycle de circulation continue, au cours de laquelle on la refroidit et on la débarrasse, par passage sur un tamis, des particules solides qui ont pu au cours de son usage venir la souiller.
- M. .1 annin a constaté que le pouvoir d’usure de l’huile sur les pièces frottantes augmente très rapidement eu fonction du temps de séjour dans le moteur.
- Voulant se rendre compte de la cause de cette augmentation du pouvoir d’usure, il a pris de l’huile ayant fonctionné pendant 60 jours et l’a centrifugée, d’abord à froid, puis à chaud en la réchauffant à 8o°. L huile centrifugée à froid a le même pouvoir d’usure que l huile sale primitive; par contre, l’huile centrifugée à chaud donne une empreinte d’usure identique à celle de l’huile neuve. Le produit solide retrouvé dans l’appareil centrifuge est extrêmement fin ; aucun tamis ne pourrait l’arrêter. Il est composé en grande partie de poudre d’usure du fer et de petits morceaux de carbone.
- Autre constatation intéressante; ce n’est pas le coussinet en métal antifriction qui s’use tout d’abord quand l’huile se salit; ce métal, au cours des essais d’usure, se montre insensible à la qualité de l’huile ou à sa pureté; par contre, c’est l’arbre en fer, dont précisément la bonne conservation importe au plus haut point, qui s’use, et la qualité de l’huile ainsi que sa pureté ont une très grande influence sur cette usure.
- M. Jannin explique ce phénomène comme il suit : les matières étrangères contenues dans l’huile s’incrustent dans les coussinets et constituent des points durs qui usent l’arbre. Celui-ci devient rugueux, et parce qu’il est dépoli, il réagit ensuite sur le coussinet, en l’usant à son tour; l’usure commence par l’arbre et se continue sur le coussinet.
- Ces observations prêtent à bien des déductions ; on voit notamment que malgré la présence de l’huile, le frottement dans les paliers expérimentés est nécessairement en partie un frottement métal contre métal, ce qui est conforme à la théorie de Reynolds, et démontre que la forme des paliers usuels est encore bien imparfaite ; le frottement métal contre métal est en effet non seulement générateur d’usure, mais encore de perles de rendement importantes. L’imperfection de ce mode universel de lubrification justifierait donc des recherches méthodiques pour l’améliorer. Il faut dire que, sauf pour les paliers de butée pour lesquels Michell a pu réaliser des formes rationnelles, on n’a pu jusqu’ici trouver que le palliatif du graissage sous pression.
- Quoi qu’il en soit, M. Jannin a tiré de ses constatations une conclusion pratique heureuse. Puisque la pureté de l’huile a l’importance que nous venons de voir».il faut en assurer la constance. A cet effet, il a imaginé et réalisé un épurateur d’huile qui est aujourd’hui dans le commerce et se monte sur le refoulement de la pompe de circulation d’huile des voitures automobiles. C’est une sorte d’écrémeuse centrifuge, tournant j à raison de 5ooo à 6000 tours par minute et qui retient toutes les particules solides ramassées par l’huile dans son parcours sur les organes du moteur.
- Signalons enfin une intéressante observation résul-I tant d’études faites avec la méthode de M. Jannin par
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- INFORMATIONS
- le capitaine Nicolau sur cette même question de l’usure [5 des tourillons : le degré de polissage du tourillon a une influence considérable sur son usure; un tourillon simplement rectifié, tournant sur un alliage antifriction lubrifié à l’huile pure, a une usure relativement élevée; le même tourillon, dans les mêmes conditions, a une usure pratiquement nulle s’il est parfaitement poli.
- Les incendies de forêt et l’électrieité atmosphérique. — M. le général Chapel appelle l’attention sur une cause possible des incendies de forêt : l’électricité atmosphérique qui agit de la manière suivante :
- Il existe en permanence, entre le sol et l’atmosphère, une différence de potentiel électrique très grande et telle que, normalement, et par temps calme* il y a une différence de icoooo volts entre le sol et un point situé à i km dans l’air. Cette différence devient même beaucoup plus grande par temps d’orage. De là les éclairs qui ne sont que des éiincelles tendant à annuler ce formidable déséquilibre électrique.
- En dehors des étincelles brusques de l’éclair, il y a des décharges électriques lentes, des effluves analogues à ceux qui, silencieusement, zèbrent parfois le ciel nocturne d’été et qui passent de l’atmosphère au sol par l’intermédiaire des pointes qui s’élèvent de celui-ci.
- Parmi ces pointes, les plus nombreuses sont celles des arbres, des feuilles, des herbes. Il n’y a donc rien d’impossible, a priori, à ce que, agissant sur les végétaux desséchés par la chaleur, ces effluves parviennent à les enflammer parfois.
- Si des expériences — qui n’ont pas encore été faites — prouvaient que cela est possible, le remède serait très simple. Il consisterait à placer au-dessus des régions boisées où les incendies sont fréquents, des paratonnerres assez élevés et nombreux, qui y canaliseraient l’écoulement de l’électricité atmosphérique.
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- Etude de la propagation des insectes par ballonnets. — La Revue des Renseignements agricoles de l'Institut international d'Agriculture vient de signaler que le Dr E. M. Felt, « Chief Entomologist of the New York Conservation Commission », a annoncé le lancement, les premiers jours de mai t 914j de milliers de ballonnets de i5 stations météorologiques temporaires éparses dans la vaste étendue comprise du Connecticut septentrional jusque dans le voisinage de la frontière canadienne. Le but est de savoir à quels vents il faut attribuer la propagation vers l’ouest de la « gipsy moth » (Lymantria dispar), si nuisible aux arbres. Cet insecte a causé des dommages tellement graves dans la Nouvelle-Angleterre et dans l’état de New York, que la « State Conservation Commission » a établi, d’accord avec le Gouvernement Fédéral, une zone-barrière pour essayer d’arrêter la propagation de l in-secte vers l’ouest. Celui-ci est ailé, mais il ne se propage pas dans de nouveaux territoires par ses propres moyens de vol. Les femelles, étant donné leur poids, ne peuvent pas voler. La grande propagation se fait au moyen des larves venant de naître : elles sont couvertes de longs poils et l’on croit que ce sont précisément ces poils et la soie qu’elles filent qui leur permettent de rester suspendues une fois soulevées par le vent et d’être transportées ainsi à une distance d'un demi-mille (900 m.) à 5 milles (g km).
- Pour savoir quels sont les vents qui transportent ces larves-aéronautes, on lança, en igs3, 7000 ballonnets minuscules pleins d’hydrogène et munis chaeun d’un petit carton numéroté priant celui qui le trouverait de le renvoyer, en indiquant le temps et le lieu où il avait été ramassé. A la fin de la campagne, il en fut récupéré ainsi plus de 4°°- Us furent trouvés épars dans toute la partie méridionale de la Nouvelle-Angleterre : un fut ramassé sur la côte orientale, un autre sur la côte méridionale. Un ballonnet fut trouvé au cap Yarmouth, en Nouvelle-Ecosse : il avait parcouru environ 65o km en 18 heures. Sept parcoururent des distances de 180 à 23o km. Un d’eux franchit une distance de 104 km à une vitesse de 160 km à l’heure; un autre resta 6 h. 1/4 en l’air, puis retomba au point d’où il avait été lancé, évidemment ramené par un contre-courant.
- On estime que, comme il s’agit de facteurs aussi variables que le sont les vents, l’essai pratiqué dans une seule station est insuffisant; c’eBt pourquoi on a répété l’essai au printemps dernier en l’amplifiant, avec l’es-
- poir d aboutir cette fois à une opinion définitive qui guiderait le choix des moyens de défense.
- Nouvelles de T, S. T.
- La radiophonie en Allemagne. — A titre d’essai, la station de Kœnigswüsterhausen, qui émettait sous a8oo m. de longueur d’onde, émet maintenant sous a45o m. Rappelons que les concerts émis par cette station ont lieu le dimanche de 10 h. 5o à 11 h. 5o (communiqué par M. Kleiber de Colmar).
- Un nouveau journal paraît maintenant en Allemagne, il est intitulé la Radio-Umschau. Le principal intérêt de ce journal est de fournir à ses lecteurs un horaire détaillé, très bien mis au point, des programmes de toutes les stations radiophoniques européennes pendant la semaine qui va suivre la date de parution du numéro.
- Le nombre des stations d’émission est d’ailleurs maintenant très accru. Les principaux postes radiophoniques sont installés dans les villes suivantes :
- Francfort, longueur d’onde 470 m. Puissance antenne 1 kilowatt.
- Stuttgart, longueur d’onde 443 m. Puissance antenne
- i,5 kilowatt.
- Berlin (Yoxhaus), longueurs d’onde 43o m. et 5oo m.
- Breslau, longueur d’onde 4*8 m. Puissance antenne
- i,5 kilowatt.
- Kænigsberg, longueur d’onde 460 m. Puissance antenne i,5 kilowatt.
- Kœnigswüsterhausen, longueurs d’onde 680 m. et 2800 ou 34^0 m.
- Leipzig, longueur d’onde 4$‘2 m. Puissance antenne
- i,5 kilowatt.
- Munich, longueur d’onde 485 m. Puissance antenne
- i,5 kilowatt,
- Münster, longueur d’onde 407 m. Puissance antenne 1 kilowatt.
- En outre, des stations de relais sont terminées ou en cours de construction à Hanovre, Brême, Dresde et Cassel (d’après la Radio-Umschau).
- On voit, par cette énumération, le développement important et extrêmement rapide qu’ont pris en Allemagne les stations radiophoniques de diffusion (Rund-funk). On remarquera surtout le nombre des stations de relais qui permettent l’emploi facile dans un rayon suffisant des postes à galène et à une lampe seulèment.
- Il semble que l’administration allemande soit maintenant moins sévère à l’égard des amateurs; cependant il est nécessaire, pour avoir l'autorisation d’installer un poste privé, de passer un examen technique devant une commission spéciale qui délivre une sorte de brevet, dit « Audion-Versuchserlaubnis » (permission d’essayer l’audion). Le programme de cet examen correspond à peu près, semble-t-il, à celui des cours oiganisés par les grandes sociétés françaises de T. S. F. (Communication de M. Kleiber).
- Ondes courtes et ondes longues. — Les amateurs émetteurs français continuent leurs exploits. Récemment, M. Pierre Louis, l’amateur bien connu d’Orléans, réussissait à entrer en communication bilatérale avec un poste d’amateur de la Nouvelle-Zélande; c’est-à-dire faisait parcourir aux ondes émises par son poste la moitié du tour du globe terrestre.
- M. Pierre Louis, comme M. Deloy, emploie maintenant des longueurs d’onde de l’ordre de 100 m., longueurs d’onde qui semblent particulièrement favorables, et permettent ces portées incroyables avec des puissances bien inférieures à un kilowatt.
- Les postes industriels actuels, postes à grande puissance et à grandes longueurs d’onde, sont-ils destinés à être complètement remplacés un jour par des postes à faible puissance émettant sur ondes très courtes ? L’avenir seul pourra le dire, lorsque toutes les modalités des transmissions sur ondes courtes auront été méthodiquement étudiées. Pour ces études, d’ailleurs, la collaboration des amateurs et des techniciens demeure toujours aussi indispensable, et le rôle déjà joué par les amateurs-émetteurs dans les récents progrès de la radiotechnique apparaît vraiment à tous comme fort important, même dans les pays où l’administration des postes était peu disposée à faciliter les essais bénévoles entrepris par de courageux amateurs isolés.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Jlrts appliqués <?«$>
- Machines à sculpter « Lataire ». — Depuis longtemps, on cherche à réaliser des machines à sculpter dans le but de rendre meilleur marché la sculpture artistique et surtout de parer au manque de main-d’œuvre. Les résultats n’ont pas toujours répondu aux désirs des inventeurs. C’est que ce problème n’est point facile à résoudre: malgré tout, il faut avec ce machinisme obtenir un travail fini, c’est-à-dire sans qu’une retouche soit nécessaire, du moins pour certains genres de sculpture.
- En outre, il était essentiel, notamment pour le fabricant ou le sculpteur en meubles, que la machine travaillât sur modèles aussi bien en bois qu’en plâtre, terre cuite, et qu’ainsi les reproductions puissent se faire avec des matières de natures différentes : bois, ivoire, pierre blanche, marbre et même granit.
- A la dernière Foire de Paris, les visiteurs ont pu voir fonctionner au stand n° 91 de l’ameublement, une de ces machines à sculpter due à des constructeurs de machines à bois, d’origine belge.
- La machine à sculpter Lataire (fig. 1, type n° 1) travaille parfaitement d’après tous modèles en plâtre ; mais s’il faut plusieurs reproductions il est bon alors de durcir le plâtre par le procédé bien connu, ou de faire mécaniquement un modèle en bois. Le cadre porte-outils peut faire tous les mouvements sans résistance notable, c’est-à-dire déplacement en avant et en arrière, à droite et à gauche, en haut et en bas, dans la position verticale ou inclinée.
- Ainsi la reproduction de toutes les pièces est également aisée; on peut faire tous les styles sans distinction et la machine en question présente d’autant plus d’avantages que le modèle est plus compliqué. Avec elle, tous les bois, l’ivoire, la pierre blanche, n’offrent qu’une faible résistance, et par conséquent, se laissent sculpter facilement en utilisant les mêmes mèches.
- Pour le marbre, le granit et autres pierres, on emploie des forets en acier spécial se trempant constamment à l’air. Il ne fait pas de doute que ces matières dures ne permettent pas une ébauche aussi rapide que le bois, malgré tout on peut dire qu’une heure de travail mécanique correspond à,une journée de travail à la main.
- La simplicité extrême de cette machine ne demande aucune connaissance spéciale pour sa conduite. Le seul apprentissage à faire, c’est d’aiguiser convenablement
- IFig. 2. — Machine à sculpter cc Lataire » (type n° 3).
- les mèches, car en fait, c’est de celles-ci que dépend le fini du travail; cet aiguisage s’opère au moyen de deux meules appropriées qui sont appliquées à la transmission intermédiaire. Grâce à l’application" multiple de roulements à billes, la manipulation n’exige presque aucune force; la marche de la transmission du mouvement reste silencieuse et sans effoTt, par suite ceci n’influence en rien la conduite delà machine.
- Les principes fondamentaux de celle-ci sont les sui-' vants : par l’application d'articulations verticales et accouplées deux à deux, on obtient un mouvement horizontal dans tous les sens, et en appliquant les mêmes articulations en position horizontale on réalise le mou-
- Fig. t. — Machine à sculpter « Lataire » (type n° 1).
- vement de haut en bas, ce qui rend possible le déplacement dans tous les sens.
- Le dernier cadre de position verticale reçoit les porte-outils et la pointe à suivre : les premiers reçoivent un mouvement de rotation par frictions. Pour travailler, il suffit donc de placer les mèches dans les porte-outils, ainsi que la pointe à suivre ayant la même forme que l’espace décrit par la mèche en rotation.
- Des dispositifs pour travailler les statues et les pièces en ronde-bosse sont appliqués, ainsi qu’une table pour les panneaux.
- Il résulte donc de la construction de cette machine qu’on peut travailler les pièces, soit à un plus grand, soit à un plus petit diamètre ou épaisseur que le modèle.
- Voulant satisfaire à tous les débits, la machine est fabriquée en trois types : pour la grande production, la moyenne et pour petits travaux de bois, d’ivoire, d’écume, de marbre, etc.
- Comme on le voit, dans le type n“ 1 (fig. 1), le cadre porte-outils porte quatre outils qui sont animés d’un mouvement de rotation de 7000 tours à la minute, chaque outil pouvant être mis en travail ou rester au repos suivant les nécessités de la sculpture. Toutes les parties' sont équilibrées d’une façon très exacte, de telle sorte qu’il n’y ait aucune vibration.
- Au milieu se trouve un axe taraudé, recevant la pointe à suivre qui a la même forme, avons-nous dit, que le volume engendré par la mèche qui tourne.
- Le cadre porte-outils reste en position stable au moyen de ressorts tendeurs reposant également sur billes. Grâce à la réduction du poids au strict nécessaire par l’emploi de tubes en acier et de ce qu’aussi tous les frottements reposent sur billes, on comprend que le maniement n’exige presque pas de force, ce qui permet l’utilisation de modèles de faible résistance et le travail des moindres détails.
- Cette machine, d’un emplacement de 3 m. X3 m., travaille sur longueurs illimitées et à la fois quatre panneaux de o m. 3o de largeur, ou deux panneaux de o m. 60, ou enfin un panneau de 1 m. 20, ou encore deux statues de 1 m. 20 de hauteur sur o m. 60 de diamètre maximum.
- La force demandée est d’environ aCY.
- Le type n° 1 est basé sur les mêmes principes que le précédent; la différence consiste seulement en ce que l’on ne travaille, qu’une unique pièce de dimensions plus restreintes, par exemple un panneau de o m. 5o de largeur sur une longueur illimitée, ou une statue de o m. 80 de hauteur sur o m. 5o de diamètre. Il est recommandé surtout pour les fabricants de meubles, les sculpteurs de marbre, etc., car les dimensions admises sont suffisantes pour la pratique, et d’ailleurs, si besoin est, on peut travailler en plusieurs parties.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- La force nécessaire pour la mise en marche de ce type est de i GV.
- Dans le type n° 3 (fig. a), les organes sont également réduits au strict nécessaire. La transmission de la force (i/4 GY) se fait par courroie ronde sans fin. Grâce à la légèreté de toutes les parties composant cette machine, on obtient un fini remarquable, ce qui permet de l’utiliser dsns'les ateliers de fine sculpture de bois, d’ivoire, d’écume, de marbre, etc., et même pour des travaux exécutés par des amateurs. On peut travailler un panneau ou une statue de o m. 20 de diamètre sur o m. 45 de hauteur. Son encombrement est de 1 m. 5o X 1 m.
- Constructeurs : E.et Pi.Lataire frères, à Eccloo (Belgique). M. B.
- .'Electricité <<#
- Lampe baladeuse pneumatique. — Tout le monde connaît la petite ventouse en caoutchouc qui termine les flèches des carabines ou pistolets Eurêka, chers aux enfants. Appliquée avec force contre une surface lisse, la ventouse s’y maintient solidement ainsi que l’objet qu’elle porte.
- Cet ingénieux objet peut recevoir bien d'autres applications, ainsi qu’en témoigne la lampe baladeuse que reproduit la figure 3.
- C’est une ampoule électrique ordinaire, munie d’un fil souple à prise de courant, et destinée principalement aux automobilistes à qui elle doit faciliter les réparations, à faire la nuit sur route par exemple. La baladeuse ordinaire doit presque toujours être tenue à la main, ce qui est fort gênant, car il est très difficile de ne travailler qu’avec une main.
- Aussi un aide est-il presque indispensable.
- La baladeuse pneumatique rend à l’automobiliste toute l’indépendance des mains; on l’applique sur une surface lisse de la voiture; elle y reste fixée par sa ventouse, pendant toute la durée du travail.
- Cette lampe, qui coûte 3o francs, est en vente dans tous les garages d’automobiles.
- Agriculture
- Une machine à fabriquer les sachets de graines. — Le commerce des graines, particulièrement les graines à utiliser comme semences et par petites quantités isolées (semences de plantes légumières, déplantés florales, etc.), vendues au détail, mais récoltées par les gros producteurs, s’est développé considérablement, en raison même des besoins toujours plus grands de la clientèle.
- Indépendamment de la manutention qu’exige la préparation en vue de livrer aux acheteurs une bonne semence marchande, il est une opération qui nécessite une main-d'œuvre assez compliquée, c’est la fabrication des sachets destinés à recevoir les graines, et l’ensa-chage de celles-ci. Les marchands-grainiers font confectionner ces sachets à la main, et le prix de revient de cette main-d’œuvre est assez élevé, en raison surtout, du temps qu’il faut y consacrer.
- La machine à fabriquer les sachets de graines que nous présentons ici est probablement la seule de ce genre qui existe actuellement. C’est une invention américaine qui est appelée à rendre de grands services au commerce des graines.
- Cette machine est montée sur une table solide, elle mesure x m. 35 sur o m. 75 et peut être facilement installée dans un local mesurant 4 m- de largeur sur 3 m. de hauteur. La charpente est munie de poulies, essieux, etc., et de trois tiroirs, dont un pour recevoir les graines. Elle divise un lot de graines en quantités fixes, qu’elle verse dans le sachet en l’ouvrant, puis elle colle et ferme le tout, livrant les sachets tout prêts à être expédiés.
- La force motrice nécessaire pour l’actionner est de moins d’un huitième de cheval et peut être fournie par un moteur électrique ou à pétrole, etc. On peut ainsi fabriquer, automatiquement, environ 5ooo sachets en papier par heure, soit de 5oooo à 60000 sachets en une journée de 10 heures. La surveillance de cette machine est très simple, elle se borne au renouvellement des sachets, des graines, de la colle, etc. ; une seule personne, généralement une femme, suffit pour faire ce travail. Le nombre de sachets remplis est indiqué par un enregistreur, qui permet de contrôler exactement le travail de chaque jour, le nombre de sachets contenant chaque variété de graines, et le total exact en une saison entière. La machine peut être employée pour toutes les sortes de graines qui ne sont pas trop grosses et « coulent » facilement; les graines sont constamment remuées dans l’entonnoir, ce qui évite le tassement, sans endommager celles-ci.
- On peut faire varier la quantité à volonté, entre un
- Fig. 4. — Machine à fabriquer les sachets de graines.
- minimum de 1 demi-gramme et un maximum de i5o gr., en tenant compte, bien entendu, du volume des graines. Lorsqu’on a fixé la quantité, on peut remplir un nombre illimité de sachets sans rien changer à la machine. L’économie réalisée par la division exacte des quantités à ensacher, comparée avec le travail manuel, varie de 5 à 10 pour 100. La dimension des sachets varie entre 3 cm sur 5, et 7 cm sur 12. On peut employer des sachets collés sur les deux côtés, mais ceux fabriqués par cette machine, et qui sont collés sur un seul côté sont, pratiquement, préférables. La partie du sachet destinée à être pliée et collée doit toujours être coupée transversalement et bien droite.
- L’alimentation en graines se règle automatiquement et lorsqu’il s’agit de grandes quantités on peut disposer, au-dessus de la machine, un grand récipient en forme d’entonnoir, dans lequel on verse en une fo-is assez de graines pour toute la journée. Enfin, les sachets vides sont remplacés sans que l’on ait à interrompre la marche de la machine; il en est de même pour le renouvellement de la provision de colle.
- La consommation de colle est très faible, soit *5 centimes pour le collage de 10000 sachets.
- Cette ingénieuse machine, inventée par un Américain, M. J. C Brown, et construite par la firme « The Brown Bag Filling, Machine Co », de Fitchburg Mass, Etats-Unis d’Amérique, n’est pas répandue en France, mais, à notre connaissance, elle est employée en Angleterre, notamment à. Londres, par « Agricultural and Horticul-tural Association », et à Liverpool, par Bees Limited, ainsi qu’en Allemagne, par Cari Wilhelm Runde, à Hanovre, où elle donne de très bons résultats.
- Fig. 3.
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- VARIETES
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- L’UTILISATION DES FRUITS SAUVAGES : LES MARRONS D’INDE
- Les bois et les forêts ne sont pas les seuls endroits où l’on récolte les fruits sauvages, on en trouve aussi dans les parcs et jusque sur les promenades des grandes villes où les offre avec libéralité le bel arbre ornemental qu’est le marronnier d Inde (Æsculus Hippocastanum) famille des Hippocastanacées ou Acérinées. Il est vrai qu’on le rencontre souvent à l’état sauvage dans certaines forêts. Importé des Indes et de l’Asie-Mineure, il s’est vite acclimaté chez nous où il est très répandu, et il y acquiert, quand il est planté dans un terrain profond, frais et substantiel, d énormes proportions et peut atteindre 20 à 25 m. de hauteur.
- Description des fruits. — Ces marrons, qu’il ne faut pas confondre avec les plus beaux fruits du châtaignier qui portent également ce nom, sont contenus dans une capsule épineuse, déhiscente, s’ouvrant en deux ou trois valves. Leur aspect est glabre et luisant, leur coloration rouge, leur forme arrondie du côté extérieur, aplatie par ailleurs et marquée à la base d’un large hile.
- Récolte. — Le marronnier d’Inde est très fertile et rapporte tous les ans dans les terrains où il se plaît un nombre d hectol très variable avec ses dimensions. La récolte a lieu, à l’automne, d’octobre à novembre.
- Conservation. — On fait sécher les marrons en les étendant à l’air libre sur une aire privée d’humidité à l’abri d’un hangar ou encore sur le plancher d’un grenier. On serait, cependant, plus certain en les introduisant dans un four quelques heures après que le pain en a été retiré, et en les soumettant à plusieurs pelletages pour achever l’évaporation de l’eau. Quand ils sont bien secs, on les entasse dans des sacs ou bien dans une futaille par lits de o m. 10 alternant avec des lits de sable sec de même épaisseur, et l’on a soin de la maintenir dans un endroit aéré à l’abri de l’humidité.
- Utilisation. — L'abondance avec laquelle ces marrons sont produits sans culture et leur composition chimique ont poussé différents expérimentateurs à chercher leur utilisation : i° dans l’alimentation humaine; a0 dans l’alimentation animale; 3° en médecine.
- Composition chimique. — Voici celle que l’on peut nsidérer comme moyenne de 100 parties de ces fruits l’état frais.
- Eau.................. 46.3o
- Protéine brute........ 4.07
- Extractifs non azotés . . 43.56
- Matières grasses .... a.90
- Cellulose brute...... 3.17
- Total...........100.00
- Desséchés, les marrons d’Inde ne contiennent plus que r4 à i5 pour 100 d’eau, ce qui en accroît proportionnellement la valeur alimentaire pour les animaux.
- Il convient d’ajouter que les marrons renferment, en dehors d’un principe très amer, deux glucosides qui ont été découverts, l’un, Vesculine, par Francesco Canzenori, l’autre, la saponine, par Frémy.
- i° Alimentation humaine. —La richesse en fécule de ces fruits a été constatée, il y a plusieurs siècles, mais c’est en 1770 que chez nous, lors de la disette qui régna cette année-là, on se préoccupa sérieusement de l’utilisation du marron d’Inde. L’abbé Rozier, dans son Dictionnaire d Agriculture, dit qu’il est certain qu’on peut en retirer la partie farineuse et nutritive en appliquant le procédé dont se servent les Américains pour retirer du manioc une nourriture salubre appelée cassave. On en sépare donc, à la faveur de la râpe et de lotions, une véritable fécule ou amidon qui, incorporée avec des pulpes telles que celles de la pomme de terre ou avec d'autres farineux, peut devenir un pain Balutaire et nourrissant sans avoir aucune amertume.
- Le pharmacien chimiste Baumé est le premier qui ait extrait la fécule du marron d Inde par des lavages successifs contenant tous les principes solubles d’où il se précipitait une fécule amylacée insipide, très propre, disait-il, à faire du pain. Une livre de marrons lui donnait 4 onces 5 gros de farine (140 gr.) de laquelle il obtenait 2 onces 5 gros d’amidon (80 gr.).
- Couverchel, dans son très remarquable Traité complet des fruits de toute espèce, relate que la fécule qu’il
- avait d’abord obtenue des marrons, lavée à plusieurs reprises, lui a fourni ensuite un quart de son poids d’une fécule d’une blancheur éclatante, insipide, plus ténue que celle de pomme de terre, moins que celle de châtaigne; elle représentait un douzième de la quantité des marrons couverts de leur brou ou pelon.
- Parmentier dit avoir obtenu d’une livre de marrons d’Tade récents 2 onces 4 gros (76 gr.) de matière utile et 2 onces (60 gr ) de parenchyme amer, le reste en écorce, extrait et humidité. « Pour panifier cet amidon, dit-il, j’en ai mêlé 4 onces (120 gr.) avec autant de pommes de terre cuites à l’eau; j’en ai formé une pâte avec une quantité relative de levain de farine de froment. Ce pain était bon, mais fade, un peu de sel était indispensable. »
- La présence d’un principe très amer a toujours empêché l’emploi de cette farine dans l’alimentation humaine d’une façon suivie. On peut cependant le faire disparaître par d’abondants lavages à l'eau potable, et surtout par le procédé suivant. On mélange 100 kg de pulpe de marrons avec 1 à 2 kg de carbonate de soude, ou laisse macérer pendant quelque temps, puis on lave abondamment à l’eau pure, on tamise et l’on sèche.
- Extraction industrielle de la fécule. — On l’a entreprise à plusieurs reprises, notamment à Nanterre en 1860. On parvenait à extraire 17 à 20 pour 100 djune fécule qui pouvait servir à la préparation de potages ou de tapioca, mais la plus grande partie était transformée en glucose et en alcool. Ces essais n’ont pas été poursuivis.
- Les marrons d’Inde, si je suis bien renseigné, ont dû, au cours de la guerre, servir à la fabrication de l’alcool neutre, car, en outre, de leur teneur en fécule qui s’élève jusqu’à 3o pour 100, ils contiennent aussi, d’après Lesage, une moyenne de 6,75 pour 100 de glucose.
- 20 Alimentation animale. — L’amertume qui caractérise ces fruits les a fait pendant longtemps rejeter de l’alimentation des animaux; on les a même considérés, à tort, comme vénéneux. Cependant Couverchel rapporte que, vers i85o, un économiste distingué. M. Ternaux, eut l’heureuse idée d’utiliser ceux qu’il récoltait dans sa belle propriété de Saint-Ouen pour en nourrir les belles espèces de moutons thibétaines qu’il multipliait avec tant de succès. Il prenait la précaution, comme on le faisait en Saxe, de couper les marrons par quartiers pour éviter les accidents, car les moutons, quand ils y sont habitués, les consomment avec gloutonnerie. On a vu des chèvres les manger entiers avec leur enveloppe.
- En Turquie, on mêle la farine de marrons au son et à l’avoine, et on administre ce mélange aux chevaux pris de coliques et de toux.
- Depuis plusieurs années, des expériences directes, faites tant par des agriculteurs que par des vétérinaires, ont montré que les ruminants consomment avec profit les marrons crus ou cuits. Dans le premier cas, on les donne seuls, concassés, lavés ou non, ou encore mélangés avec du son et des pommes de terre; dans le second, qui est préférable, on les fait cuire, décortiqués ou non, on les réduit en bouillie épaisse qu’on mélange à la nourriture habituelle des animaux et des volailles.
- Les doses journalières qui paraissent les plus convenables sont : pour les moutons 5oo gr. ; pour les bovins 2 kg à 2 kg 5oo.
- 3° Emplois médicinaux. — Les parties employées sont ; l’écorce, les jeunes branches et les semences, qui doivent leur activité thérapeutique à l’esculine et à une huile grasse. Le décocté de jeunes branches a été proposé comme succédané du quinquina, à la dose de i5 à 3o gr par litre d’eau ; on fait une teinture alcoolique avec les écorces, au r j5. L’esculine est considérée comme fébrifuge et antinévralgine, à la dose de 1 à 2 gr. par 24 heures, dans un sirop, o gr. 25 par cuillerée à soupe.
- L’huile grasse est extraite des marrons qui en contiennent 5 à 8 pour 100. Genevoix, qui l’a étudiée tout spécialement, l’a recommandée, pour 1 usage externe, en frictions, contre la goutte et les affections rhumatismales. Enfin, on a fait aussi, au moyen du tour, avec le parenchyme des marrons, des pois à cautères, qui possèdent, à un degré un peu plus faible, les propriétés de l’iris.
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- VARIETES
- Action sur les tissus. — Oa ulilise les marrons pour le nettoyage des tissus de laine tachés, à cause de la saponine qu’ils contiennent. On les débarrasse de leur enveloppe, on les concasse, on les met macérer dans
- l’eau chaude qui dissout la saponine, on filtre, on tamise et on lave les tissus avec cette eau dont l’action est plus faible que celle de la saponaire et du bois de Panama.
- A. Truei.i.b.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — V abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de i_a Natiîr© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’un® bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, 11 ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Questions à nos lecteurs. — Un de nos lecteurs pose les questions suivantes :
- Vers des bouchons. — Ma cave est infectée par des vers attaquant les bouchons des vieilles bouteilles de vin. Ces vers rongent et font pourrir le liège du bouchon; la contagion se répand rapidement d’une bouteille à l’autre et occasionne beaucoup de déchets.
- La cire elle-même ne met pas à l’abri les bouchons qui auraient presque tous besoin d’être remplacés au bout de quelques années.
- i° Quels peuvent être les meilleurs procédés à employer pour désinfecter complètement une cave au point de vue de ces vers et pour les empêcher de se reproduire ?
- x” Quelle préparation faire subir à l’avance au bouchon pour le mettre à l’abri des vers?
- 3° Quel est à ce point de vue le meilleur mode de bouchage ? Le capsulage est-il efficace ?
- 4° Quelles sont les précautions à prendre, lorsque la bouteille est bouchée, avant de la ranger dans son casier ?
- 5° Existe-t-il un moyen d’aseptiser des bouteilles bouchées depuis longtemps et qui pourraient être susceptibles de contaminer la cave dans laquelle on les introduit ?
- Réponses. — M. A'..,., Louvain. — La blancheur des craies est fonction de leur pureté, plus elles contiennent d’oxyde de fer, plus elles sont jaunâtres, quant à l’onctuosité elle dépend des dimensions propres du grain et de la présence de l’argile que l’on y rencontre dans la proportion d’environ a pour ioo. — La préparation des craies commerciales est des plus simples et consiste après imbibition à broyer le produit naturel, puis délayer dans une assez grande quantité d’eau. On tamise le lait ainsi obtenu et ie laisse sédimenter plus ou moins longtemps, ce qui permet d’obtenir des sortes plus ou moins fines suivant les emplois envisagés dont les principaux sont la fabrication des peintures à la détrempe (peintures à la colle), la constitution du fond pour les peintures colorées, la préparation des mastics par mélange avec l’huile de lin ou autres huiles végétales .
- Les gisements de calcaire sont tellement abondants en France qu’il nous |est impossible de les énumérer tous, les principaux sont dans les régions de Meudon, Bougival, Troyes, Dieppedalle, etc. Il existe également des exploitations considérables de calcaires très purs en Espagne et Italie.
- Voici à titre d’exemple la composition d’une craie de
- Champagne.
- Carbonate de chaux ... 98.3o °/0
- Silice...................... 0.60 —
- Alumine..................... 0.60 —
- Oxyde de fer............... 0.20 —
- Magnésie.................... 0.10 —
- Acide Bulfurique............ 0.20 —
- 100.00 —
- Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial relatif à l’exploitation des craies.
- M. L.-C , à Saint-Claude (Jura). — Les procédés de polissages employés pour les cristaux d’appareils d’éclairage, ne diffèrent pas de ceux appliqués dans le polissage du verre ou du cristal en général, c’est-à-dire que l’on commence par un dégrossissage au sable, que
- l’on remplace successivement par la [potée d’étain, puis le rouge d’Angleterre.
- Tout le secret des opérations consiste à employer des abrasifs de plus en plus fins, classés par sédimentation après délayage dans l’eau.
- Bibliothèque municipale du XIe. — Les chapeaux en feutre raide qui portent le nom d’impers sont des feutres fortement soutenus par un vernis à la gomme laque, cette dernière ne permet pas de réaliser facilement une reteinture, laquelle nécessite, d’autre part un démontage de toutes les parties accessoires, galon, cuir bordure, etc., ainsi qu’une remise sur forme de pointure convenable. C’est assez dire que ce travail est uniquement du domaine des spécialistes, s’il doit être exécuté convenablement. Si cependant un résultat moyen pouvait vous satisfaire, vous pourriez essayer d’uue teinture aux diamines en constituant le bain par :
- Noir aux diamines .... 5 gr.
- Sulfate de soude............ 10 —
- Eau non calcaire. .... 1000 cm3
- Porter à l’ébullition et appliquer t”ès chaud avec un pinceau.
- Laisser sécher, rincer à l’eau tiède avec une Jéponge, repasser.
- Comme noirs diamines employer : noir bleu E, noir jeais, noir oxydiamine, noir Pluton.
- DT Ragot, à Toulon. — Les formules suivantes vous donneront très probablement satisfaction :
- i° Patine vert antique.
- Prendre Sel marin................... 10 gr.
- Sel ammoniac.............. 10 —
- Alcali volatil............ i5 cm3
- Vinaigre..................5oo —
- Enduire la pièce à patiner au moyen d’un pinceau, cela rapidement sans repasser aux mêmes endroits. Laisser la teinte se développer, puis passer un pinceau sec pour enlever l’excès de liquide, abandonner au repos jusqu’au lendemain et répéter ainsi l’opération deux ou trois jours de suite. Pour terminer, passer sur l’objet une brosse frottée au préalable très légèrement sur un morceau de cire.
- 20 Patine bleue. Plonger les objets dans une disso-
- lution composée de :
- Carbonate de cuivre .... 40 gr.
- Alcali volatil ...........5oo cm5
- Laisser sécher à l’air, répéter l’opération si besoin est.
- M. F. Richard, à Saint-Girod (Savoie). — La préparation des courges ne présente aucune difficulté, il suffit lorsqu’elles sont encore fraîches d’enlever le contenu pulpeux, puis de faire sécher lentement à l’ombre. Si on désire une étanchéité complète, on passe extérieurement au vernis à la gomme laque composée de ;
- Gomme laque en écailles . . i5 gr.
- Alcool à brûler ...... 100 cm3
- Ce vernis a en outre l’avantage de donner un plus bel aspect.
- M. Cagei, à Bonneville (Charente). — i° Vous trou-
- verez dans le n° %6'Sq du ier novembre 1924, page 143, réponse à M. Piot, une formule de pâte à polycopies sans gélatine ; l’encre à employer est l’encre habituelle pour ce genre d’opération.
- a° Le papier mixtionné en rouleaux pour polycopier est un papier suffisamment fort que l’on trempe dans la
- mixture ci-dessous encore chaude :
- Gélatine blanche................100 gr.
- Sucre blanc pulvérisé. ... no —
- Eau distillée...................35o —
- Glycérine blanche...............600 —
- Couvrir la gélatine avec une partie de l’eau, laisser gonfler pendant 12 heures, liquéfier au bain-marie, ajouter le reste de l’eau, puis les autres éléments,
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- BOITE AUX LETTRES
- rendre bien homogène avant d’y tremper les feuilles de papier, faire égoutter et attendre que la prise par refroidissement soit complète. On obtient ainsi des feuilles à double face que l’on jette après service.
- 3° Vous pouvez prendre comme type d’encre à polycopies :
- Violet de Paris............. 2 gr.
- Alcool à 96°................ 20 —
- Eau distillée..........., . 80 —
- Faire dissoudre le violet dans l'alcool fort, ajouter l’eau tiède, agiter, passer sur coton dans un entonnoir pour séparer les impuretés.
- N. B. — Toutes couleurs d'aniline peuvent être substituées au Violet de Paris, par exemple le Bleu de méthylène, le Vert malachite, le Jaune de c-hrysoï-dine, etc.
- 4° 11 ne faut pas, pour la préparation des bourres grasses de chasse, employer le suif de bœuf, qui est trop dur, mais bien le suif de mouton, que l’on fait fondre à feu doux sans le laisser roussir, puis on y plonge des bourres ordinaires que l’on doit n’y laisser séjourner que très peu de temps, une seconde suffit, après quoi on les retire au moyen d’une écumoire; il ne faut donc en mettre que très peu à la fois ; quand la bourre est refroidie elle doit paraître sèche et non gorgée de graisse, c’est un petit tour de main à acquérir.
- 5° Les vernis pour violons à base de latex ne sont pas encore à notre connaissance dans le commerce.
- M. Mainvielle, à Paris. — L’addition de 2 pour 100 de bichromate de potasse à la solution de gélatine suffit parfaitement pour que cette gélatine devienne insoluble après séchage et exposition à la lumière, cette dernière condition étant indispensable à la réussite. Quant à l’imperméabilité à l’air d’une étoffe traitée par la solution de gélatine bichromatée, elle est subordonnée à la concentration du liquide et à la largeur des mailles du tissu, de façon que tous les espaces libres soient remplis par la gélatine après évaporation de l’eau, quelques essais seront donc nécessaires pour la mise au point.
- M. Mignard, à Bizanet (Aude). — Le peu de place dont nous disposons ne nous permet pas de traiter in extenso des questions industrielles dans la Boîte aux Lettres, vous trouverez du reste des renseignements très complets sur Vindustrie du plâtre dans l’ouvrage : Le plâtre, fabrication, propriétés, applications, par Fritsch, éditeur, Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- Fontliasmes, Vienne. — IJéther de pétrole ou naphte employé pour l’extraction des parfums est la partie qui distille entre 65° et 700 G, avec une densité de 0,667, puis, qui est rectifiée à nouveau deux ou trois fois. Son odeur est imperceptible et sa vaporisation complète sans résidu, par suite l’odeur de la masse cireuse parfumée ne se trouve nullement influencée par l'intervention de l’éther de pétrole dans l’opération d’extraction.
- M. II. Jung, à Corbeil. — Lorsque le cuir qui recouvre les sièges de chaises est éraflé il faut se garder d’appliquer aucun vernis ou encaustique qui produirait des taches plus foncées aux endroits où les éraflures ont rendu le cuir poreux. Pour éviter cet inconvénient il suffit avant tout traitement de faire un encollage léger avec de la gélatine ou plus simplement de la colle forte un peu épaisse. Après séchage on polit légèrement au papier de verre, puis on vernit finalement avec un vernis pour cuirs, de teinte appropriée, qu il est préférable d’acheter tout préparé chez les marchands de couleurs. Si cependant vous désiriez terminer vous-même la réparation, vous pourriez, après passage d’une teinte de brun au stéarate (voir dans le n° 2644, réponse à Abonné, Orange (Vaucluse), appliquer le vernis transparent suivant à l’acétate de cellulose :
- Acétate. ......... 76 gr.
- Triacétine............... 8 —
- Tétrachloréthane........900 cm3
- Alcool dénaturé à 96,J . . . 100 —
- Enfin pour conserver au cuir sa souplesse, imbiber l’envers au moyen d'une petite éponge imprégnée d’eau glycérinée à 10 pour 100.
- Le Bibliothécaire, Jersey. — Pour blanchir la cire, il suffit de faire fondre de la cire brute au bain-marie et de la couler ainsi liquéfiée dans une assez grande quantité d’eau froide de façon qu'elle forme des rubans. Ces derniers sont ensuite répartis sur une toile et exposés à la lumière solaire. De temps à autre on arrose les
- rubans et les retourne toutes les 6 heures. Sou3 l’action combinée de la lumière et de l’humidité, la cire est rapidement blanchie.
- Il existe également un procédé chimique un peu plus expéditif qui consiste à faire bouillir la cire dans une solution étendue d’acide sulfurique, additionnée de chlorure de calcium, mais ce procédé donne une cire cassante qui nécessite l’addition d’environ 3 pour 100 de suif pour la rendre commerciale, mais il faut se rappeler qu’au-dessus de 5 pour soo cette addition sera considérée comme fraude. On peut se rendre compte de la qualité d’une cire par ses caractères organoleptiques, son odeur qui est celle du miel, son ramollissement à la chaleur de la main, sa non-adhérence aux dents lorsqu’on la mastique, ce qui la distingue essentiellement de la cire additionnée de résine.
- Quant aux méthodes physico-chimiques, elles sont basées sur les caractéristiques de la cire pure : point de fusion voisin de 6o-63°, insolubilité dans l’eau, l’alcool froid, partielle dans l’éther froid et l’alcool bouillant, complète dans les huiles grasses et essentielles, la benzine, le chloroforme et le sulfure de carbone, la • densité comprise entre 0.960 et 0.970 Détermination des acides libres évalués en KOH (20 milligr. par gramme de cire), des acides combinés (75 milligr. par gramme de cire), de l’indice d’iode 8 à 11. Toute addition de matière étrangère, cire minérale, paraffine, suif, etc., modifie évidemment ces constantes et oriente le chimiste dans la recherche du ou des corps qui ont amené la perturbation. Une grande expérience est nécessaire pour cela et ce travail n’est pas à portée de l’amateur. 2“ Bibliographie : Les cires, par Cherchefsky ; Pratique des essais commerciaux, par Halphen, éditeur Baitiière, 19, rue Hautefeuilla. Dictionnaire des falsifications, par Chevallier et Baudrimont, pages 417 à 429, éditeurs Asselin et Houzeau, place de l’Ecole-de-Médecine ; Dictionnaire de Wurtz, page, 926, librairie Hachette, 79, boulevard Saint-Germain 3° L’odeur de la cite est surtout due à l’éther mélissipalmitique ou palmitate de myricyle et aux éthers cérotique et palmitique de l’alcool cérylique, mais il vient s'y ajouter les odeurs propres aux fleurs sur lesquelles a eu lieu la récolte, de sorte que les miels présentent des odeurs très variables.
- M. E. Acker, à Logelbach (Haut-Rhin). — Si l’éclairage de votre laboratoire, la qualité des plaques ou l’étanchéité de votre soufflet ne peuvent être mis en cause, il est fort probable que le voile est dû à des réflexions internes dans le soufflet, dont le noir est légèrement brillant; vous pouvez remédier à cet inconvénient en appliquant une couche de colle faible à l’amidon dans laquelle vous aurez délayé une quantité suffisante de noir de fumée et un peu de glycérine pour assurer la souplesse. L’enduit m&t ainsi réalisé ne donnera très probablement plus de réflexions et fixera en même temps le léger duvet dont vous avez constaté la présence.
- M. Cl. B., à Gray (Haute-Saône). —- Documentation sur la culture du chrysanthème. Voici les ouvrages publiés par les spécialistes : Les Chrysanthèmes (description, classification, notions générales de cultures, matières premières et ustensiles, multiplication, semis, greffage, bouturage, rempotage, etc., cultures spéciales : chrysanthèmes à grande fleur, capités buissonnants, nains, uniflores, tardifs, précoces, etc. Animaux nuisibles et maladies. Décoration des appartements), 1 vol., par Bellair et Bérat. La culture des chrysanthèmes (culture lyonnaise à la grande fleur, en pots et en pleine terre, culture anglaise à la grande fleur, culture à la demi-grande fleur, culture à haute tige. Calendrier mensuel des opérations pour la culture à la grande fleur), 1 vol., par Chabanne, Choulet et Ph. Rivoire. Le chrysanthème et sa culture (végétation naturelle, choix des variétés, hivernage et pieds mères, multiplication, culture d’hiver, insectes et maladies), 1 brochure, par Edmond Roucayrol. Abrégé du chrysanthème à la grande fleur, 1 brochure, par A. Cordonnier. Le chrysanthème à la grande fleur, par le même, 1 vol. Culture des chrysanthèmes, 1 vol., par J.vLoehot. Différentes cultures du chrysanthème, 1 broch., parVilmorin-Andrieux. Instruction sur la culture des chrysanthèmes à la grande fleur, par Viviaud-Morel. 1 broch. Le chrysanthème, 1 bi'och., par R. de Noter. Il Crisaniemo, 1 vol., par Dario Formilli. (Librairie agricole de la Maison rustique, Paris, 26, rue Jacob, 6°).
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- L'Ultra violet, par Th. Lyman, traduit de l’anglais par Mlle Mg. J. Rivière. Préface de M. Ch. Fabry. i vol. in-16, 228 p., F. Alcan, éditeur, Paris, 1024. Prix :
- ’ f -J *
- 10 irancs.
- L’ultra-violet, c’est le domaine des radiations de courte longueur d’onde qui s’étend au delà du spectre visible jusqu’à la limite des rayons X. M. Lyman, savant américain, est un des expérimentateurs qui ont eu le mérite, à la suite du pionnier Schumann, de découvrir des régions longtemps inconnues dans ce domaine. Dans son livre fort attrayant et très bien traduit, il expose les méthodes et décrit les appareils qui permettent d’explorer les radiations ultra-violettes; il nous fait comprendre aisément quels efforts il a fallu déployer pour vaincre les obstacles que la matière oppose à la curiosité humaine; il étudie les spectres d’émission des gaz et des solides, établit les relations qui lient entre, elles les raies des diverses séries ; ces relations jouent, on le sait, un rôle fondamental dans toute la physique moderne. L’ouvrage se termine par un bref, mais substantiel aperçu sur les phénomènes photoélectriques ; ces phénomènes se manifestent, en effet, avec une intensité considérable dans la région de l’ultra violet. La préface de M. Ch. Fabry, aperçu général sur l’ensemble du domaine des radiations, est un modèle de haute vulgarisation scientifique ; elle fait ressortir très clairement 1 importance du chapitre particulier traité avec tant de compétence par M. Lyman.
- La soudure électrique à l’arc (théorie et pratique), par M. Lebrun, i vol. 112 p., 83 fig. Office central de l’Acétylène et de la Soudure autogène, 104, boulevard de Clichy, Paris, 1924- Prix : 7 fr. 5o.
- L’auteur est un ingénieur qui fait autorité en matière de soudure à l’arc. Aussi l’ouvrage qu’il vient de publier sera-t-il fort utile aux industriels et praticiens de plus en plus nombreux qui pratiquent ce mode de soudure. C’est un guide précis qui explique fort bien en quoi consiste l’opération, et comment elle doit être exécutée. Il indique en outre, avec de nombreuses microphotographies à l’appui, un certain nombre de méthodes pour le contrôle des soudures et le réglage de l’arc. Il étudie en détail l’influence de la composition des électrodes et les considérations qui président à leur choix dans les différents cas. Enfin, il passe en revue les principales applications de la soudure à l’arc et consacre quelques pages au découpage par l’arc.
- La géochimie, par W. Yrrnadsky. i vol. in-16, 404 p., nouvelle collection scientifique. Alcan, Paris. Prix : 12 francs.
- La géochimie est la chimie de la terre, ou plus exactement de l’écorce terrestre, en y comprenant le sol, la mer et l’atmosphère. L’auteur énumère les éléments qu’on y rencontre et leur importance relative, puis il établit les cycles du silicium et des silicates, du carbone et de la matière vivante, des éléments radioactifs. Ce point de vue, nouveau ou plutôt négligé depuis le milieu du xix6 siècle, est un des plus intéressants. Il pose de multiples problèmes d’une importance capitale pour l’histoire du globe et de ses habitants. L’auteur le renouvelle et l’appuie par une documentation sûre, abondante, et trop peu connue en France, qui fait de son livre une œuvre intéressante pour tous : chimistes, géologues, philosophes.
- Usités, the Source of Petroleum, par John Muxrhead MaclARIANE, I vol. in-8°, 451 p., Si fig. Mc Milian Cy. New-York.
- La Nature a déjà rendu compte (n° a636) d’un ouvrage du même auteur sur l’évolution et la distribution des poissons où l’on trouve indiquées les principales théories qu’il soutient sur leurs origines. Dans celui-ci, il rapproche les dépôts d’huiles connus des dépôts de poissons fossiles et montre lèur parallé-
- lisme à toutes les époques géologiques. Il admet donc que les pétroles ont leur origine dans la mort subite et la désintégration de millions de poissons vivant dans un lac, ou sur la côte, ou en mer ; les huiles qu ils contiennent se sont ensuite modifiées par action de la chaleur. Si cette hypothèse, déjà émise, se trouvait vérifiée, il en résulterait, comme l’indique l’auteur, d’importantes indications sur les gisements de pétrole et l’espoir d’en trouver de nouveaux en grand nombre. On regrette qu’aucune indication ne se trouve des travaux récents sur les carbures d’hydrogène tout formés du foie de beaucoup de Sélaciens.
- Chemical Dynamics of Life Phenomena, par Otto Meterhof. i vol. in-8, rio p., 8 fig. Monographs on experimental Biology. J. B. Lippincott Cy, Londres. Prix : relié 1 2 sh. 6 d.
- Série de 5 conférences données par le professeur de Kiel à l’Université de Cambridge, puis à l’Institut Rockefeller sur le mécanisme physico-chimique de la respiration cellulaire, les autooxydations dans la cellule, les rapports chimiques entre la respiration et la fermentation, les transformations de l’énergie dans le muscle, l’énergétique des échanges cellulaires. L ouvrage est une mise au point parfaitement à jour de ces difficiles questions de physiologie cellulaire actuellement étudiées en plusieurs pays; on y trouve les résultats obtenus par Warburg sur l’oxydation, ceux de Hill sur la contraction musculaire, ceux de Fauteur sur l’énergétique du muscle qui modifient beaucoup les théories classiques, à la lumière des conceptions physico-chimiques actuelles et des données récentes sur les réactions intermédiaires de la cellule vivante.
- The Purpose of Education, par St George Lane Fox Pitt, nouvelle édition revue et augmentée, 1 vol. in-80, 92 p., Cambridge University Press. Prix : entoilé, 4 sh.
- Quel doit être le but de l'éducation? La connaissance, le savoir, ou bien la moralité, la croyance? L auteur passe en revue le développement de la personnalité humaine, l’émotion et l’instinct, le caractère, la spécialisation, la religion et l’idéalisme ; il montre qu’il n’y a pas contradiction entre les divers points de vue et aboutit à la conclusion que le but de la vie est le bonheur qu on atteint par le développement harmonieux de toutes les facultés, la discipline de 1 égoïsme. Ecrit avec bon sens, en se servant comme arguments des recherches psychologiques récentes, ce livre, bref, mais riche, fait beaucoup réfléchir sur les directives les meilleures pour l’éducation.
- Le Code de la bonne chère (700 recettes simples publiées sous les auspices de la Société Scientifique d’hygiène alimentaire), par Edouard de Pomjane. i vol. 518 p. Albin Michel, éditeur, Paris. Prix : 10 francs.
- M. de Pomiane redoute^de voir les jeunes filles et. jeunes femmes modernes se détourner de la cuisine pour des occupations en apparence plus intellectuelles. La cuisine familiale est un art qui contribua à la force de la bourgeoisie française. M. de Pomiane démontre sans peine que c’est aussi une science, et que sa technique n’est pas faite de simples recettes, routinièrement exécutées. En quelques pages, claires et bien écrites, il établit les principes rationnels sur lesquels reposent les différentes préparations alimentaires; on y apprendra les lois fondamentales de la cuisson et l’on s’y convaincra aisément que la pratique de l’art culinaire, indispensable à la santé et à l’équilibre budgétaire du mé-Bage> peut être en même temps un excellent exercice de. \inteMigence* Ces savoureuses généralités sont suivies d’une abondante série de recettes simples, en général économiques, judicieuses applications des principes, et qui rendront d’éminents services à toutes les maîtresses de maison.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2646
- 20 Décembre Î924
- ,vM
- INFORMATIONS
- Le coup de vent du 8 octobre à Saint-Malo. — Un de nos lecteurs de Saint-Malo, M. Ducourtioux, nous écrit :
- « Dans le n° 2640 de La Nature, votre correspondant qui a étudié le coup de vent du 8 octobre semblait regretter de n’avoir pas pu se procurer les résultats du baromètre enregistreur. La distance qui sépare Saint -Malo de Granville étant peu considérable et, par rapport au vent à ce moment, les deux points se trouvant sur la même ligne de direction, j’ai pensé vous être agréable en me procurant, pour vous le transmettre, le
- ta-f— t ;j|: :
- IMi : |j. i - ÜL ipi rU fit t î^r [jlT m 1 ri;
- ï ÇT; fi U 4£i pi\ -1- r1 t ± -Il 4. r "h4- - r sf; • hi ^7 rH-ii
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- r.: J \r : r) i |U|! : üü l'4 i 4 -Uc :Kv m
- ; Ti! iM r4tî T ‘ Uiîï H :-h :♦ 4ÎÜ t£L ; \ /.. 3.
- Graphique des pressions barométriques enregistrées à St-Malo, par M. Bénie, en octobre dernier.
- Ce graphique a été établi eu portant les pressions observées chaque jour sur le baromètre enregistreur à (S heures, il heures, 18 heures et minuit. — Ou constate sur ce graphique une brusque dépression dans la nuit du 7 au 8 octobre; elle marque le commencement d’une violente lempèlequi dura plusieurs jours.
- relevé fait au baromètre-enregistreur de M. Bénie, opticien à Saint-Malo; M. Bénie a conservé tous ses graphiques depuis environ a5 ans ; c’est une source précieuse de renseignements qui est absolument inutilisée et qui pourrait peut-être être utile à l’un de vos lecteurs.
- Ce coup de vent des premiers jours d’octobre a causé également beaucoup de dégâts dans cette région ; deux navires arrivés des bancs de Terre-Neuve et n’ayant pu entrer au bassin dans la matinée ont été jetés sur les rochers du Bé et les journaux de la province ont signalé bien d’autres pertes maritimes ».
- L’exportation des minerais français. — Dans un rapport présenté au Congrès des manutentions maritimes de Saint-Nazaire et de Nantes, M. l’ingénieur Hueber donne des indications sur les possibilités d’exportation des minerais français dans les différents pays, en particulier en Angleterre et aux Etats-Unis.
- Les perspectives d’exportation en Angleterre se présentent de la façon suivante, en ce qui concerne les minerais de fer :
- 3oooooo de tonnes provenant de l’Afrique du Nord ; i 5ooooo tonnes provenant de la Francé; i ooo ooo de tonnes provenant de la Lorraine.
- En 1923, l’Angleterre a importé 1 3oo ooo tonnes de minerais d’Algérie et de Tunisie, 3ooooo tonnes de Normandie, Anjou et Bretagne.
- En ce qui concerne les Etats-Unis, il est à prévoir que, dans peu d’années, le développement de l’extraction dans les mines d’Anjou et de Bretagne permettra d’établir avec les Etats-Unis un échange continu de charbon et de minerai. Les ports de la Basse-Loire, pour assurer ce trafic, devront être aménagés pour la réception des grands cargo's de 6000 tonnes, au minimum.
- La France possède des réserves importantes de minerais de nickel et d’aluminium.
- Les gîtes de la Nouvelle-Calédonie produisent, annuellement, iSoooo tonnes de minerai à 6,5 pour 100 de nickel; ils fournissent 10000 tonnes de métal sur 3oooo tonnes consommées dans le monde.
- On tire des bauxites de Provence près de la moitié de la consommation mondiale d’aluminium. Sur une extraction de 3i5ooo tonnes, en 1923, 200000 tonnes ont été exportées en Suisse, en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis.
- Procédés d’ignifugation des bois. — Les expériences récentes qui ont été faites en Allemagne, en vue de déterminer les meilleurs modes d’ignifugation des bois, ont abouti aux résultats suivants. .
- t La substance la plus employée est le silicate de potas-siuih en solution. On en badigeonne le bois et il se sépare de l’acide silicique, qui le protège longtemps contre tout danger d’inflammation. Mais il faut appliquer plusieurs couches de silicate de potassium pour arriver à une immunisation vraiment efficace.
- Un procédé très pratique consiste en l’emploi d’une solution ainsi composée :
- Silicate de potassium .... 35 °/0
- Sulfate de baryum. . . ... 35 —
- Blanc de zinc................ 3
- Eau..........................28 —
- )t On peut aussi rendre le bois incombustible par 1 imprégnation d’aîun. C’est un procédé à vulgariser. On a remarqué, lors de l’incendie de la fabrique d’alun de Muskau, que le feu avait respecté toutes les poutres qui avaient été exposées longtemps aux vapeurs alunées.
- Une maison élevée en une journée. — D’après la revue Stampa, une maison d’acier vient d’être construite en un jour, à Glasgow, en présence des membres de la Commission municipale chargée d’étudier le problème des logements à bon marché.
- Le matin, on commença par transporter les matériaux, puis en une heure et demie, les murs furent élevés, et dans les heures qui suivirent, furent placés les planchers et terminée l’armature destinée à recevoir le toit.
- A cinq heures de l’après-midi, la maison était presque achevée.
- Les carburants africains. ~~ L’avenir de l’Afrique française est avant tout un problème de communications. Or, tant en Algérie que dans l’Afrique Occidentale et l’Afrique Equatoriale, les combustibles minéraux font actuellement défaut. En outre, la construction d’un chemin de fer transsaharien avec traction à vapeur est impossible faute d’eau.
- Aussi a-t-on dû étudier une autre solution du problème : demander au règne végétal ce que le règne minéral ne peut pas fournir. C’est à cette condition seulement que l’Afrique du Nord française pourra être reliée à l’Afrique Occidentale et à l’Afrique Equatoriale par des voies ferrées et par des" services réguliers d’autos-chenilles. Dès maintenant, des voitures automotrices, fonctionnant avec des graisses végétales et des alcools de grains et de fruits sont à l’étude, et même, assure-t-on, au point; elles n’ont besoin que d’un approvisionnement en eau faible ou même nul.
- Le Soudan avec le mil, le Dahomey et le Togo avec le maïs, la Haute-Yolta avec le sorgho, la Côte d’ivoire avec le manioc et la banane, la Guinée avec la banane peuvent approvisionner d’innombrables distilleries. Pour ce qui est des graisses végétales, le Sénégal a une énorme production d’arachides et les colonies de la côte de Guinée sont grandes exportatrices d’amandes et d’huiles de palme.
- Le Cameroun à lui seul a exporté, en 1923, 3og5 t. d’huile de palme et 26783 t. d’amandes de palme. Les chiffres de 1920 pour les colonies côtières du golfe de Guinée ont été les suivants :
- Amandes de palme Huile de palme. ou palmistes.
- Dahomey .... 11.417 tonnes 29.34^ tonnes.
- Togo.............. 2.991 —• 10.398 —
- Côte d’ivoire. . . 8.55g — xo.g65 —
- Guinée française . 4x0 — 7.516 —
- Le Dahomey et le Togo exportent également du coprah (101 t. et 607 t. respectivement en 1920) et leur production se développe rapidement, tout comme celle de la Guinée française.
- Reste la question des lubréfiants. L’A. E. F. à elle seule peut fournir à bref délai 5ooo t. d’huile de ricin, déjà la colonie de l’Oubanghi-Chari se suffit à elle-même. L’exportation des colonies de la côte de Guinée en gx-aines de ricin est déjà intéressante (Dahomey : 161 t. ; Côte d’ivoire : 253 t.) et est appelée elle aussi à pi’ogresser. *
- La conclusion, c’est que l’A. 0. F. et l’A. E. F. sont
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- INFORMATIONS
- destinées à se suffire à elles-mêmes en carburants d’origine végétale et à alimenter le transsaharien et les lignes d’autos-chenilles en alcool et en huile végétale, ainsi qu’en lubréfiants. Du même coup, le problème de l’eau pour le transsaharien se trouve résolu.
- L’élevage du renard argenté dans Ses Alpes Françaises. — Le renard argenté est très recherché pour sa fourrure, noire ou grise. On le rencontrait autrefois en liberté dans de nombreuses régions du Nord-Amérique. Mais traqué sans pitié par les trappeurs, il aurait sans doute disparu de notre globe si quelques chasseurs de fourrures n’avaient eu, en 1887, l’idée d’en pratiquer l’élevage. C’est au Canada, dans l’île du Prince-Edouard, aujourd’hui enrichie par l’élevage de ce carnassier, qu’eurent lieu les premières tentatives ; après plusieurs années d’efforts, le succès vint; en 19x0, un premier lot de 25 peaux de renards de l’île du Prince-Edouard fut vendu à Londres au prix moyen de i386 dollars la peau. Aussitôt les élevages se multiplièrent, on s’arracha les reproducteurs, et le prix d’une peau en igi3 atteignait 20000 dollars. En 1922, on compte 5oo éleveurs de renards aux Etats-Unis et au Canada, rassemblant i5 000 à 18 000 renards en captivité.
- M. Dechambre, qui rappelle ces faits curieux dans la Revue d’Histoire naturelle appliquée de la Société d’Acclimation de France, pense que ce qui a si bien réussi outre-A tlantique pourrait être tenté également en France avec chances de succès. Il montre que les Alpes de Savoie offrent, aux altitudes de 1000 à 1800 m., des régions convenablement situées pour y organiser l’élevage du renard argenté, et il étudie d’une façon minutieuse les règles qui devront guider de telles entreprises pour les mener à bonne fin. Il y a là une idée dont nos populations savoyardes pourraient sans doute tirer parti.
- La récolte française de blé en 1924. — Le blé est cher, le pain est cher, son prix atteint aujourd’hui une valeur record ; et, à tort ou à raison, le prix du pain étant considéré en France comme un étalon du prix de la vie, cette situation fait l’objet des préoccupations générales. L’évaluation officielle de notre récolte de 1924 a été récemment publiée, elle a fait, à l’Académie d’agriculture, de la part de M. Hitier, l’objet de judicieux commentaires que nous croyons utiles de résumer ici.
- La récolte de 1924 est évaluée à 76839890 quintaux, chiffre supérieur à celui des récoltes de 1923 (74998400 quintaux) et de 1922 (66 220 100 quintaux), mais bien inférieur à celui de l’année exceptionnelle 1921 qui avait atteint 88o34 290 quintaux. Le rendement à l hec-tare en 1921 avait atteint 16,35 quintaux; il était tombé à 12,02 quintaux en 1922, remonté à i3,55 quintaux en 1923 et à x4,15 en 1924; ce rendement est supérieur au rendement moyen des années d’avant-guerre qui avait été de i3.57 quintaux (période décennale 1901-1910).
- M. Hitier remarque tout d’abord que les diverses régions de la France accusent, soit pour les surfaces ensemencées, soit pour les rendements, des différences très grandes, allant du simple au double et même au delà.
- Les onze départements : Nord, Pas-de-Calais, Somme, Aisne, Oise, Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Eure-et-Loir, Seine-Inférieure, Eure ont consacré au blé x 027 900 hectares, qui ont donné 18 968 65o quintaux, soit en moyenne 18,5 quintaux à l’hectare; le Nord et la Seine-et-Oise atteignent même le rendement de a3 quintaux. Ces onze départements ou plutôt ces dix départements, car les superficies cultivées dans celui de la Seine sont insignifiantes, ont donc ensemencé 19 pour 100 des surfaces que la France consacre au blé et ont donné près de 25 pour 100 de la récolte totale. La région comprise entre les Vosges, la côte-d’Or, le Beaujolais d’une part, la Forêt-Noire et le Jura d’autre part, a été favorisée cette année : sur 35525o hectares, elle a recueilli 5469490 quintaux, soit i5,5 à l’hectai’e.
- La grande région à, blé de l’Ouest, qui consacre à cette céréale plus de 1 million d’hectares, a également bénéficié d’un rendement satisfaisant variant de 15,5 à 16,72.
- Par contre, les départements de l’Est, en deçà des Vosges, ont souffert de conditions météorologiques défavorables et n’ont eu qu’une récolte médiocre : 4808290 quintaux pour 426490 hectares, soit 11 quintaux à l’hectare.
- La région du Sud-Ouest, Lot-et-Garonne, Gers, Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne, Ariège, Tarn, Aveyron, Lozère, n’a eu également, comme chaque année, qu’une mauvaise récolte de 9,1 quintaux à l’hectare.
- M. Hitier attire également 1 attention sur la diminution de nos emblavures en blé. Nous n’avons ensemencé en 1924 que 5 427 73o hectares, au lieu de 6 542 23o hectares en xgi3; c’est, en moins 1 ii4 5oo hectares, et si l’on tient compte, comme on le doit, des surfaces consacrées au blé en Alsace et Lorraine, la diminution dépasse 1 235 000 hectares : soit 20 pour 100.
- Avec le rendement moyen de cette année, soit 14,15 quintaux et des emblavures égales à celles d’avant-guerre, nous aurions eu une récolte de plus de 94 millions de quintaux ; nos besoins auraient été plus que largement couverts, et la question de nos approvisionnements, si angoissante actuellement, ne se poserait pas.
- M. Hitier constate que dans toutes les régions de la France, il y a diminution des surfaces consacrées au blé au profit de surfaces consacrées à la production de l’herbe. C’est du reste un phénomène qui ne date pas de nos jours ; dès 1881, on l’observe; mais son allure s’est singulièrement accélérée depuis la guerre. En voici les raisons d’après M. Hitier : la culture du blé exige de la main-d’œuvre, et > surtout dans beaucoup de fermes elle ne payait pas aux prix jusqu’ici pratiqués, et elle a cédé la place à d’autres cultures plus avantageuses.
- Les îles Saint-Pierre et Miquelon. — La mauvaise campagne de pêche à la morue de 1924 a attiré l’attention de nouveau sur l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, ce dernier débris de l’Empire colonial français dans l’Amérique du Nord.
- Cet archipel est peuplé par des Cadiens, descendants des Franco-Acadiens chassés parles Anglais de l’Acadie (Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick et Ile du Prince-Edouard), au début du xvme siècle. Mais ces Cadiens sont eux-mêmes mélangés de pêcheurs bretons et normands, ainsi que de Terre Neuviennes d’origine anglaise
- L’archipel comprend trois communes : Saint-Pierre, llle-aux-Chiens et Miquelon, et une dizaine d’îlots. Sa capitale est Saint-Pierre. Sa population s’élevait au ier juillet 1921 à 4042 personnes, dont 3gi8 de population municipale et 124 comptées à part; elle est en diminution, puisqu’au 5 mars 1911 la population municipale s’élevait à 42°9 personnes. Les habitants sont décimés par la tuberculose, par l’alcoolisme et par l’émigration aux Etats-Unis. Tout en étant fidèles à la France, ils subissent fortement l’influence de la grande République américaine. Un petit fait le montrera : c’est à New-York que les jeunes mariés de l’archipel font leur voyage de noces.
- Le décompte de la population par communes s’établit comme suit :
- Récapi-
- Saint-Pierre. Miquelon. Iie-aux-Chiens. tulation.
- 2.883 (—520) 536 (+ 93) 499 (+ 136) 3.918
- Population municipale comptée à part :
- 1 o 1 2 21 124
- 2.984 538 520 4.042
- Les 3g 18 personnes de population municipale se décomposaient en 3761 Français et iSj étrangers.
- Pour prolonger ïa vie humaine, — Les Compagnies d’assurances anglaises sur la vie ont introduit depuis quelque temps, dans leur pratique, une innovation intéressante. Elles ont organisé pour leurs assurés un examen médical périodique et gratuit. Les résultats de ces examens restent secrets. Ils ne sont pas même confiés à l’administration des Compagnies d assurances. Cette manière de faire qui était réservée aux assurés payant une forte prime a rencontré un tel succès qu’elle a été peu à peu étendue aux assurés payant des piùmes modérées. Les Compagnies pensent, par ce procédé, arriver à prolonger la vie humaine, particulièrement chez les gens qui se croient bien portants, mais qui ont cependant une maladie commençante et par conséquent encore heureusement influençable.
- C’est une confirmation de ce grand principe, qu’i* vaut toujours mieux prévenir que guérir.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- iü> "Electricité <-&
- Lampe à arc à électrodes de tungstène pour réalisation de sources lumineuses punctiformes. — Dans .. les appareils de projection, et surtout dans les appareils de microprojection, de microphotographie, pour l’éclairage des microscopes, on a besoin de foyers lumineux de grand éclat et de faibles dimensions ; les lampes à arc, du type dit Pointolile, réalisent ces conditions. La lumière y est produite par deux petites sphères de tungstène très voisines l’une de l’autre et portées à l’incandescence, au moyen d’un arc électrique jaillissant entre elles, sous courant alternatif ou continu.
- Les deux sphères de ^ig. 9" Lampe tungstène sont à l’inté- pour emploi en posi-. 0 ,, , t;on verticale,
- rieur d une ampoule remplie de gaz noble sous
- ie pression de quelques centimètres de mercure. La Revue d’Optique décrit une lampe de ce type
- Fig. i.
- Schéma de la lampe.
- Fig. 3. — Lampe pour emploi en position hor’zontale.
- construite .par la manufacture des lampes Phillips Les sphères ont i mm ou i mm de diamètre suivant les modèles; la température à -,— - _________ . laquelle elles sont portées dé-
- passe 2600° C. L’ampoule qui les contient renferme une atmosphère de néon mêlée d’un peu d’argon. L’éclat lumineux intrinsèque est de 20 à 9.5 bougies par millimètre carré.
- L’amorçage de l’arc est entièrement automatique et n’exige aucun dispositif mécanique.
- Dès que la lampe est raccordée à un réseau à 220 volts par l’intermédiaire de sa résistance spéciale indépendante R. dont la valeur ne dépasse pas x5oohms et varie selon la puissance de la lampe, une décharge éclate entre 2 électrodes secondaires placées en E (fig. 1) dans l’ampoule. Cette décharge qui se produit dans l’atmosphère de gaz noble de l’ampoule est facilitée par la nature des électrodes E, construites en magnésium, métal qui favorise la naissance des décharges électriques dans les gaz; une forte résistance R, de plusieurs milliers d’ohms (environ 5ooo) logée dans le culot de la lampe, limite cette première décharge à une certaine valeur. a
- P Cette décharge ayant ionisé l’atmosphère de l’ampoule fait naître une décharge lumineuse de même nature entre les sphères S, décharge (qui n’étant limitée que par la
- 1
- Fig. 4.
- Résistance
- indépendante.
- faible résistance R se transforme rapidement en arc.
- Dès que l’arc amorcé entre les sphères S a atteint son intensité maxima (i,3 ou 2,5 ampères suivant le type de lampe), il se produit dans la résistance R une chute de tension telle que la différence de potentiel dans la lampe tombe à a5 volts, valeur suffisante pour maintenir Tare entre les sphères S, mais insuffisante pour entretenir la décharge à lueur entre les électrodes E; celle-ci cesse donc aussitôt l’arc amorcé.
- Avec ces lampes, on peut réaliser de nombreux montages très pratiques pour les laboratoires de microscopie et de microphotographie.
- Constructeurs Manufacture de lampes Phillips, 8, cité Paradis.
- Robinet électrique à eau chaude « Romor ». On a déjà songé à utiliser l’électricité pour chauffer l’eau du robinet d’un lavabo, mais la plupart des installations
- Fig. 5. — Robinet, électrique « Romor ».
- électriques domestiques ne permettent pas l’emploi d’un courant intense. Le robinet électrique à eau chaude * Romor »frésout élégamment le problème. Il s’adapte sur tous les robinets existants et les conduites d’eau, grâce à un raccord spécial livré avec l’appareil. Le robinet étant fermé, le courant est coupé; quand on l’ouvre, si la prise de courant est en place, l’écoulement de l’eau ferme le circuit à travers uue petite résistance et Ton obtient immédiatement de l’eau chaude, à raison de o l.a5 à 1 litre par minute, entre la température ambiante et 8o°. Le modèle courant consomme 55o watts sous 110 volts : des modèles spéciaux permettent un débit plus grand et aussi le branchement sur une ligne à 220 volts.
- Constructeurs : Etablissements Moerch et Roumet, 49, rue de Cambrai, Paris.
- Prise de courant volante.' — Il n’est pas rare qu’on ait besoin de brancher une prise de courant supplémentaire sur une installation en fil souple. La prise de courant volante le permet instantanément. Pour cela, on dévisse la boule dans laquelle on trouve deux canaux ; dans chacun d’eux, on fait passer un des fils après les avoir détordus. On referme la boule et tout est prêt. Deux pointes métalliques ont perforé l'isolant et établi le contact avec le fil. On n’a plus qu’à introduire dans la boule une prise à fiches ordinaires.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Cette prise permet donc de prendre le courant sur n’importe quel fil souple sans qu’il soit nécessaire de le couper ou de le dénuder. Sa pose se fait en quelques instants. Quand on l’enlève, il ne reste aucune trace sur le fil. Elle permet en outre de brancher simultanément deux appareils ou lampes. Son emploi est tout indiqué
- Fig. 6. — La prise de courant volante.
- dans tous les intérieurs où la pose de nouvelles prises de courant est habituellement onéreuse.
- Elle se fait en deux qualités : porcelaine et matière isolante marbrée toutes teintes.
- Constructeurs : Etablissements Moerch et Roumet, 4g, rue de Cambrai, Paris.
- Chimie
- Le néodoseur. — La burette graduée de Gay-Lussac est peut-être le plus ancien des instruments de dosage. Elle présente, sur les burettes à robinet, l’avantage de n’en pas avoir, mais sa manipulation exige une certaine habitude. M. Lecoq, docteur en pharmacie, a imaginé un petit perfectionnement qui la rend tout à fait commode et pratique. Il vient de le faire connaître, sous le nom de « néodoseur » dans le Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Le Néodoseur est essentiellement composé d’une burette graduée du type Gay-Lussac et d’une poire aspirante et foulante. La prise d’air de cette poire en caoutchouc, placée face à l’opérateur, peut être facilement obturée avec le pouce, chaque fois qu’on veut produire une aspiration, l’appareil étant tenu avec les quatre doigts de la main repliée.
- Une pression complète de la poire crée un appel d'air assez important pour remplir automatiquement la burette avec le réactif désiré. Il suffit de plonger l’extrémité du col de cygne dans le liquide en question ou d’y adapter au moyen d’une bague en caoutchouc un petit tube y plongeant complètement.
- Une faible pression de la poire chasse le réactif par le col de cygne de la burette. On règle au zéro de la graduation, avant le dosage, la lecture se faisant sur l’appareil maintenu verticalement, la prise d’air de la'
- poire de caoutchouc étant à découvert. On peut ensuite verser plus ou moins rapidement et se servir de cette burette comme à l or-dinaire (fig. 7); l’écoulement du liquide peut à volonté se faire goutte à goutte ou par jets plus ou moins abondants.
- H L’opération ter -minée, une nouvelle lecture permet d’apprécier la quantité de réactif employée.
- Ainsi équipée, la burette de Gay-Lus-sac devient aussi commode, et même
- plus, à manipuler que les burettes à robinet.
- Constructeurs : MM. Touzart et Matignon, 11, rue Tournefort, Paris.
- *»> Objets utiles
- Machine automatique à laver le linge Didion. —
- Cette machine, qui figurait au récent Concours Lépine,
- ne se distingue pas à première vue des machines similaires ; elle comporte un foyer au charbon, au gaz ou au bois ; un récipient, chauffé par ce foyer, dans lequel on fait bouillir de l’eau chargée de lessive, et dans ce récipient un tambour mobile qui reçoit le linge à laver ;
- Fig. 8. — Machine à laver Didion : Vue extérieure. (Machine avec bac pour eau chaude.)
- le tambour en tournant brasse le linge dans l’eau bouillante.
- Mais dans les machines usuelles de ce système, il faut faire tourner le tambour soit à bras, ce qui est fatigant et exige la présence d’une personne dont le temps pourrait être mieux employé ailleurs, soit au moyen d’un moteur électrique, ce qui .exige une installation spéciale et toujours coûteuse. L’originalité de la machine Didion réside dans ce fait que son tambour tourne de lui-même, sans aucune intervention extérieure. C’est l’eau chaude elle-même et la vapeur qu’elle dégage qui constituent l’agent moteur. Yoici comment : le tambour, cylindre en toile galvanisée, est formé de palettes creuses, disposées le long des génératrices et fixées sur les joues latérales ; il a l’aspect d une roue de moulin à vent à axe vertical ; en fait, c’est une véritable roue de moteur hydraulique.
- L’eau en ébullition, qui retombe dans les augets, la
- 1
- Fig. 9. — Machine à laver Didion; le couvercle est enlevé et l’on voit le tambour à palettes.
- pression de l’eau sur les palettes immergées, la force vive de la vapeur qui s'échappe à travers celles qui ne le sont pas contribuent à donner au tambour un mouvement de rotation continu, régulier et absolument automatique qui dure tant que dure l’ébullition.
- Constructeur : Didion, 8, avenue de, la République Bagnolet (Seine).
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- PROCÉDÉS ANCIENS POUR FABRIQUER DES PIERRES PRÉCIEUSES
- On employait autrefois pour fabriquer des pierres précieuses des moyens fort différents de nos moyens actuels. Il est curieux de se rendre compte de quelles façons l’on opérait. Voici quelques procédés extraits — en en respectant le style et l’orthographe — d’un livre édité en 1755 à Bruxelles « Aux dépens de la Compagnie » et intitulé Secrets concernant les Arts et Métiers.
- Pour faire ^Emeraudes et autres Pierres précieuses. — Prenez du sel alcali, le dissolvez en eau et le distillez par le feutre, et en retirez le sel par l’évaporation, dissolvez-le de rechef et le desséchez par trois fois ; après mettez-le en poudre, puis prenez du cristal fin et le faites broyer et tamiser par le tamis d’un apothicaire, comme on fait le cristal préparé : puis prenez deux onces et demie (75 gr.) de ce cristal, deux onces (60 gr. ) de sel alcali, verdet une once (3o gr.) lequel soit premièrement détrempez en vinaigre, et puis coulé.
- Vous mettrez ces trois poudres en un petit pot de terre plombé, que vous luterez exactement avec bon lut, et le couvrirez, de sorte que le contenu ne puisse avoir aucun air. Puis vous le laisserez pendant trois jours, ou même davantage, jusqu’à ce que le lut soit bien sec; vous le mettrez ensuite dans un four à Potier pendant vingt-quatre heures.
- Ayant retiré le vaisseau du four, vous en retirerez votre matière, que vous ferez tailler comme on fait aux pierres fines, celles-ci en effet seront très belles, et toutes ressemblantes aux pierres naturelles. Si vous voulez des Rubis, au lieu du verdet, vous n’avez qu’à y mettre du cinabre; si vous voulez des Saphirs, mettez-y drf lapis lazuîi; et pour les Hyacinthes, c’est du corail qu’il faut au lieu du verdet.
- La plus belle pâte pour les pierres artificielles se fait avec les cristaux, les cailloux ou le topaze de Bohême; car si vous la faites avec le verre et le plomb, les pierres en sont plus tendres et plus lourdes.
- On calcine les cailloux et le topaze comme on fait le cristal (voir plus loin) ; on y joint après la couleur que 1 on veut, le minium et le vert de gris donnent la couleur d’émeraude; la céruse et le safran de mars, celle d’hyacinthe; le minium et la céruse celle de chrisolite; la zaphère et le lapis lazuli, comme aussi le sel ammoniac et l’argent donnent la couleur de saphir. Ceux qui ont le secret d’extraire le soufre de l’or, assurent qu’ils donnent au cristal la belle couleur de rubis, lorsqu’il leur plaît, par le moyen de ce soufre solaire ét incombustible.
- Pour calciner le Cristal et la Calcédoine pour en faire des pierres précieuses. — Prenez tartre calciné une once, mettez-le dissoudre dans une pleine écuelle d’eau claire, puis la coulez dans un autre vaisseau; prenez ensuite les pièces de cristal ou de calcédoine et les mettez embraser ou rougir sur le feu dans une cuillère de fer, puis éteignez-les dans l’eau de tartre susdite; ôtez-les et les remettez rougir de nouveau, puis éteindre dans cette eau. Faites cela six ou sept fois, et ils seront très bien calcinés : pulvérisez-les alors fort
- subtilement, et mettez-ïes ainsi dans la mixtion que vous voudrez pour leur donner la couleur qu’il vous plaît, comme pour Emeraudes, dans la composition qui est au commencement de l’autre article.
- Observez que si vous voulez en faire des Emeraudes, il faut piler les cristaux dans un mortier d’airain, mais que si l’on veut en faire des Rubis, ou autres semblables, il faut broyer le cristal dans un mortier de fer, et éviter de le mettre dans l’airain.
- Pour faire Emeraudes. — Prenez deux onces de cristal préparé comme ci-dessus, une once de borax, huit grains (40 centigr.) de chaux d’étain de glace, vingt grains (1 gr.). de magnésie; mêlez bien le tout ensemble dans un mortier de fonte, puis mettez la mixtion dans un creuset, lutez-le bien d’un bon lut avec un couvercle de même force, et étant bien sec mettez-le pendant une ou deux heures au plus dans le four de Potier; après cela retirez le creuset, et laissez refroidir la matière, puis cassez le creuset, et vous aurez une belle matière pour Emeraudes.
- Notez, que la chaux de glace n’est autre chose que la dissolvation d’étain de glace dans l’eau-forte, puis adoucie avec eau commune filtrée. Remarquez aussi qu’il faut bien mêler cette chaux avec la magnésie avant de l’incorporer avec le cristal.
- Pqur Topazes, — Prenez deux onces de cristal, une once de borax, huit grains de teinture de mars ; mêlez le tout en un mortier de fer, puis faites cuire à feu fort comme il a été dit pour les Emeraudes.
- Pour Saphirs. — Prenez deux onces de cristal, une once de borax, huit grains d’outremer, et douze grains (60 centigr.) de magnésie, procédez comme ci-dessus.
- Pour Améthystes. — Prenez deux onces de cristal, une once de borax, douze grains de magnésie et huit à dix grains (40 à 5o centigr.) d’outremer et procédez comme dessus.
- Pour Hyacinthes. — Prenez deux onces de cristal, une once de borax, quatre ou cinq grains de safran de mars et autant de magnésie et procédez comme dessus.
- Pour Rubis. — Prenez jaspe rouge d'Allemagne six gros (a5 gr ), cristal pulvérisé deux gros (8 gr.), de minium vingt-quatre grains (1 gr. 20); mettez le tout en poudre suhtile et faites cuire sept heures au plus.
- Pour faire le Diamant. — Prenez cailloux très bien calcinés et fort blancs réduits en poudre impalpable six parts, sel de tartre très blanc et bien pulvérisé quatre parts ; melez bien le tout ensemble avec une cuillère d’argent bien nette et sept parts de sel de soude.
- Il faut avoir un creuset de la même terre dont usent les verriers, et le mettre dans un feu de verrerie ; et plus la matière demeurera au feu, et plus elle sera belle et dure ; il faut l’y laisser au moins sept mois pour lui faire avoir un beau lustre.
- Notez qu’il faut passer toutes les poudres, pour faire toutes ces pierreries, par le plus fin tamis d’apothicaire.
- Y. Bichier.
- — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres px-ésen-tant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d abonnement. Il est rappelé qu’en l'uison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des cox-respondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Communications. — A propos du sommeil hibernal des serpents. — M, Trannoy nous adresse l’intéressante communication suivante. « Je possède en captivité une couleuvre à collier et un Zaménis. J’ai remarqué, tous les hivers, avant que la chambre où se trouve la cage soit chauffée, que la couleuvre à collier se réfugie dans l’aquarium les Jours où il fait très froid. Lé Zaménis, lui, reste caché sous ses couvertures, mais cette espèce ne va pas à l’eau comme l’autre. Je suppose que l’expli-
- cation est celle-ci : la couleuvre à collier, quanc _ souffre du froid, cherche à avoir encore plus froides1îU lui est impossible de s’en abriter efficacement, de façon à s’engourdir à un point tel qu’elle ne sente plus. Une autre couleuvre à collier, que j’avais avant celle-ci, faisait exactement de même. »
- A propos de la Cistude (n'Jafiïg et 2622). —M. Badie-Levet, de Tunis, nous écrit : « En 1886, me trouvant aux environs de l’ancienne ville d'Utique, mon guide me proposa d’en visiter les ruines (ruines à cette époque très peu apparentes) et de me montrer une curiosité :
- « des tortues d eau douce vivant dans l’eau chaude ».
- J’accédais à sa proposition et nous nous rendîmes en un point où se voyaient les ruines d’un mur de quai, reconnaissables par un gros anneau en bronze qui y était scellé.
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- BOITE AUX LETTRES
- Près de ce point sourd une source d’eau chaude (chlorurée sodique) dont j’évaluais approximativement la température à 6o9 centigrades, par comparaison avec d’autres de même nature de la région (Hammam-el-Lif, Korbous).
- Au griffon, leur température est telle que l’on ne peut y maintenir la main.
- A notre approche, plusieurs tortues plongèrent dans la rigole d’écoulement de l’eau de la source et l’une d’elles, la plus grosse, vint dans le bassin même de la dite source et y resta en nous regardant.
- Son attitude montrait qu’elle s'y trouvait en sécurité et n’était incommodée ni par la nature ni par la température du milieu où elle se trouvai! »
- Réponses. — M. le Dx Bernard, à Saulieu (Côte-d’Or). — Les écrans pour projections qui’doivent fonctionner par réflexion sont d’abord rendus opaques en collant à l’envers du tissu tendu une feuille de papier blanc, qui est ensuite recouverte d’une autre feuille de papier foncé, la colle employée étant une colle à l’amidon très légèrement glycérinée pour conserver une certaine souplesse à l’ensemble.
- Cela fait, on enduit la toile (côté spectateurs) d’une peinture à base de caséine ainsi préparée : Dans un lait de ehaux très dilué, contenant io gr. de chaux vive, on délaie 3o gr. de caséine ordinaire On incorpore ensuite à la bouillie 20 gr. de blanc d’Espagne et 20 gr. d’aluminium en poudre très fine. Après séchage, la couche obtenue est d’un blanc métallique mat qui diffus» très bien la lumière et résiste à une manutention ménagée.
- M. Badet, à Vertus (Marne). — La colle forte liquide se prépare ainsi :
- Prendre 35 gr. de bonne colle de Flandre ou de Cologne, la couvrir d’eau et laisser macérer pendant douze heures.
- Lorsque la colle est ainsi gonflée, la retirer et la mettre dans un récipient que l’on peut chauffer au bain-marie, y ajouter 20 gr. d’eau et liquéfier en ehauffant doucement, puis y verser peu à peu 4 gr. d’acide acétique cristallisable. Prélever alors une goutte du liquide qu’on laisse tomber sur une assiette froide, si la goutte bien refroidie reste liquide, la préparation est terminée ; au cas où elle se solidifierait encore, renouveler les additions d’acide acétique jusqu’à ce que le résultat soit atteint, la eolle conservant cependant une certaine viscosité.
- Pour l’emploi étendre d’eau si cela est nécessaire, suivant le genre de collage à exécuter.
- M. le D1 J, - A., à Paris. — Les poudres de riz compactes dont vous voulez parler sont simplement des poudres que l’on a comprimées mécaniquement dans le godet approprié.
- Vous pouvez prendre comme type de ce genre de
- poudre :
- Amidon de riz. .............. 3o gr.
- 0 Oxyde de zinc............. . 170 —
- Carbonate de magnésie. . . 200 —
- Talc.........................5oo —
- Kaolin........................100 —
- La condition essentielle est une division extrême par broyage prolongé fort longtemps.
- Ecole normale du Nord, — La fabrication des réci-
- pients en aluminium pour conserves est déjà passée dans la pratique, vous trouverez différents modèles de ces articles au «Bouchage moderne », maison Montagne, 91, rue Oberkampf, à Paris.
- M. Abadie, à Bordeaux. — i° Vimperméabilisation totale des vêtements n’est pas à conseiller, car la transpiration se trouve entravée au grand détriment du fonctionnement de l’organisme ; autrement dit les tissus doivent être rendus imperméables à l’eau, mais perméables à l’air.
- Dans cet ordre d’idées le procédé du Dr Jacquemet donne d’excellents résultats : il consiste à badigeonner l’étoffe avec une solution composée de :
- Vaseline..................... 10 gr.
- Lanoline anhydre............. 10 —
- Essence pour autos. .... 5oo cm5
- Tétrachlorure de carbone . 5oo —
- 2° Quand les vêtements imperméabilisés à l'huile de lin commencent à coller, on peut leur rendre leurs qualités primitives en les mettant d’abord tremper pendant vingt-quatre heures dans une solution tiède de carbo-
- nate de soude (cristaux du commerce) et de savon mou. On les place ensuite à plat sur une table et on les brosse vigoureusement avec une brosse en chiendent, on rince à l’eau douce, pend dans un courant d’air, puis quand l’étoffe est bien sèche, on redonne au besoin une légère couche d’huile de lin siccativée.
- M. Ch. Hanappe, à La Hestre (Belgique). — Deux systèmes sont actuellement en présence pour apprécier la sensibilité des plaques photographiques : le système allemand ou autrichien auquel appartiennent les méthodes de Scheiner d’Eder-Hecht et le système anglais : méthodes d’Hurter et Driffield f(H et Dj, (de Watkins, de Wynne.
- Dans le premier système on mesure la plus faible quantité de lumière inscrivant sur l’émulsion une image qui après développement en conditions invariables permet d’apprécier une différence avec la région protégée de l’action de la lumière, autrement dit la limite à partir de laquelle il y a sous-exposition.
- Les méthodes anglaises déterminent les quantités de lumière entre lesquelles les accroissements d’opacité sont proportionnels aux accroissements d’éclairage.
- Pour un même système anglais par exemple, si on désigne par a, b, c les indications données respectivement par les méthodes Hurter et Driffield, Watkins, Wynne, les valeurs se déduisent les unes des autres par les formules suivantes :
- a~ 0,68/; b — 1,47 a Æ — 1/60 c* 0 = 7,75 \Ja 6=1/4ic2 c = 6,4 \]~b
- De même en représentant par d l’indication au Scheiner et par e celle d’Eder-Hecht pour une même émulsion on a
- d — 0,4 e — 16 e = 2,5 d -f- 40.
- Si la correspondance de deux méthodes de même base est possible, il n’en est pas ainsi entre des méthodes de systèmes différents et ce n’est que par l’expérimentation pour un même résultat sur une même marque de plaques, classée dans chacun des systèmes, que l'on peut déterminer la correspondance. C’est en opérant ainsi qn’Eder a pu établir îe tableau suivant :
- D°grc ;s Hurler Sensi-
- Degrés Ëder- el. Drilïield bilités
- Scheiner. ïleclil 1! et 1). Wallons. Wynne relnl ives.
- 1 42 . 7 1 1 21 I
- 2 46 9 i3 24 I . 27
- 3 48 12 ]7 27 I . 62
- 4 5o 15 22 3o 2.07
- 5 53 *9 28 34 2.64
- 6 56 24 36 38 3.36
- 7 58 3i 45 43 4. 28
- 8 61 40 58 49 5.45
- 9 64 5o 74 55 6.95
- 10 66 64 * 94 63 8.86
- 11 68 82 122 71 11. 3o
- 12 71 104 i53 79 i4.4o
- i3 74 x 33 196 9° 18.3o
- 14 77 170 a5o 101 23.40
- i5 80 - 216 317 114 29.80
- l6 81 276 4o5 I2Ç) 37.90
- 17 84 35 x 515 145 28.3o
- 18 16 448 660 1 (> 5 61 .60
- 19 88 570 840 186 78.5o
- 20 90 727 io65 209 100.00
- N. B. — Les sensibilité is relatives des émulsions, ou
- inverses des temps de pose, sont représentées de
- 1 à 100, pour les degrés sensitométriques de Scheiner
- allant de ià: 20.
- M. Millot, à Paris. — i° Les less ives du commerce
- employées pour le blanchissage du linge ne sont pas assez énergiques pour enlever de la peinture, il faut se servir de l’eau seconde des peintres qui est une solution de soude caustique à 5° Baumé que l’on emploie tiède, en se servant d’une vieille brosse sacrifiée.
- La lessive de soude caustique étant vendue à 36° Baumé, il suffit d’y ajouter environ six fois son volume d’eau pour se trouver dans les conditions voulues. 20 Traité de menuiserie et d’ébénisterie, par Servière, éditeur Nilsson, 73, boulevard Saint-Michel; Manuel d’ébénisterie, dorure, laquage et marqueterie, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille,
- N° 62-2, à Montpellier, La colle qui constitue les
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- BOITE AUX LETTRES
- blocs à coller, sur lesquels il suffit de passer un pinceau imbibé d'eau, a la composition suivante :
- Dextrine blanche........... io gr.
- Colle forte blonde......... io —
- Sirop de glucose ...... 55 —
- Eau ordinaire...............i5 —
- Faire digérer à froid pendant 24 heures, puis liquéfier au bain-marie et ajouter progressivement :
- Oxyde de zinc ....... 5 gr.
- Couler dans des moules appropriés, annulaires par exemple, au centre desquels se trouve un récipient contenant de l’eau pure dans laquelle trempe le pinceau lorsqu’il n’en est pas fait usage.
- N. B. — On peut faire varier la quantité de sirop de glucose suivant le degré de souplesse que l’on veut
- conférer à la colle.
- M. Cohinen, à Montreuil (Seine). — Comme enduit protecteur des pièces en acier vous pouvez employer la mixture suivante :
- Vaseline blonde.............îoo gr.
- Paraffine.................... i5 —
- Faire fondre à feu doux, puis incorporer peu à peu une quantité de plombagine (vulgairement mine de plomb) suffisante pour donner la couleur de l’acier. Remuer jusqu’à refroidissement pour maintenir la plombagine en suspension. Pour l’emploi applique! une couche de la pâte ainsi obtenue sur l’objet à protéger, essuyer légèrement avec un chiffon.
- M. Boucher, à Billancourt. — Le meilleur moyen de détruire les cloportes est de placer sur le sol des « abris » sous lesquels ils viennent se réfugier au moindre bruit, par exemple des écorces de vieux bois mouillé, du foin, de la mousse humide, des feuilles de salade ou de choux. Mais ce qui réussit particulièrement bien, ce sont des navets coupés en deux que l’on creuse et place dans les endroits fréquentés par ces animaux qui s’en nourrissent et s’y cachent. Le moment le plus favorable pour les recueillir est le soir ; on place au fond d’un vase un peu d’huile et on y fait tomber les cloportes en opérant rapidement. Il n’est pas rare de trouver sur une tranche de navet une vingtaine de bestioles ; les navets peuvent servir jusqu’à commencement de pourriture tout en réstant aussi efficaces.
- M. Chanel, à Bourg-Saint-Maurice. — A notre avis, il conviendrait de donner de la tenue aux fibres de votre parquet de mélèze en appliquant un glacis composé de :
- Eau ordinaire............... 5 litres.
- Colle forte................200 gr.
- Bichromate de potasse, . 5 —
- Casser la colle forte en petits morceaux et la couvrir d’eau froide, laisser gonfler douze heures, ajouter le reste de l’eau et chauffer modérément jusqu’à dissolution complète, finalement additionner de bichromate. Employer le liquide encore chaud, donner deux couches à un jour d’intervalle. Une fois le parquet bien sec reboucher les fentes avec le mélange ci-dessous :
- Cire jaune...................35o gr.
- Résine en poudre.............200 —
- Suif............. ... . 5o —
- Faire fondre ensemble avec précaution pour éviter l’inflammation et incorporer :
- Blanc d’Espagne..............400 gr.
- Ce mastic s’applique en le versant chaud dans les rainures. Laisser sécher quelques heures, racler l’excédent avec une lame quelconque, puis un morceau de
- verre cassé de forme arrondie. On peut approprier la teinte à celle du parquet en remplaçant tout ou partie du blanc d’Espagne par de l’ocre jaune ou rouge, du noir de fumée, etc.
- Il ne vous restera plus qu’à encaustiquer avec :
- Cire jaune.................... 200 gr.
- Savon blanc.................. 100 —
- Eau ordinaire ................5ooo —
- Sel de tartre.................. 3o —
- Faire fondre la cire au bain-marie et d’autre part dissoudre le savon dans l’eau à l’ébullition. Verser alors goutte à goutte la cire fondue dans l’eau savonneuse en remuant constamment, retirer du feu, puis ajouter le sel de tartre en continuant à remuer.
- Appliquer l’encaustique au pinceau et après dessiccation faire reluire au chiffon de laine, non à la brosse.
- 20 Nous pensons que FAspiretle de prix relativement peu élevé vous conviendra comme aspirateur de pous-
- sières, elle est en vente au Comptoir de la Madeleine, i3, rue Saint-Florentin, Paris.
- M. Poirson, à Pourrières (Var). Vous pouvez prendre comme type de composition magnésienne, pour parquets
- sans joints, la formule suivante :
- Magnésie calcinée .... 55 kg. ’
- Sciure de bois............. s 5 —-
- Amiante.................... 10 —
- Pigment..................... 10
- Poudre de liège............. so —
- Mélanger 85 litres de solution de chlorure de magnésium commerciale avec 100 kg de la composition précédente. Comme pigments n employer que des couleurs minérales ocre, jaune ou rouge, brun de manganèse, etc.
- Vous trouverez les fournitures nécessaires dans les maisons qui suivent : Blanc, 88, boulevard Magenta; Etablissements Tencé, 34, rue de la Justice, à Auber-villiers ; Iven, 22, rue des Acacias, à Villemonble (Seine) ; Société française des produits magnésiens, 20, rue Baudin, à Paris; Produits magnésiens de Villeneuve d Aveyron, 136, rue de Vaugirard, Paris.
- M. Martinez, à Madrid. — En présence de silicate de soude, il ne faut employer que des couleurs ne virant pas en milieu alcalin, la plupart des couleurs dites diamines ou encore couleurs oxamines, benzo, diazo, etc. satisfont à cette condition. Voici «quelles sont les principales dont vous pouvez faire usage : Thioflavine, Jaune d’or, Jaune solide, Benzo orangé solide S. Orangé G, Ecarlate 3 B, Rouge solide F, Violet N, Benzo Bleu solide B, Bleu BX (gros bleu), Bleu pur FF, Vert B, Noir bleu E, Noir oxydiamine SOOO, Noir jais RB, Diazo noir BHX, Noir Pluton CR, Brun coton AZ, Brun 3G (havane), Brun B (bistre), Bronze G, Diaminogène B. Les articles teints au moyen de cés couleurs seront insensibles à l’action du silicate.
- M. M. Lesage, à Mayenne. — i° Ainsi que nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, un excellent moyen d’enlever les taches de vin rouge est de se servir d'un liquide ayant même composition, en l’espèce, du vin blanc, la matière colorante s’y dissout très facilement; 20 L’eau de Javel est encore le procédé le plus pratique pour faire disparaître les taches d encre quelle que soit la nature de l’étoffe. Se servir d’une solution étendue pour ne pas brûler la fibre et lorsque la tache a pris un ton rouille, passer dans l’eau acidulée à 3 pour 100 par l’acide chlorhydrique. Finalement rincer à fond de manière qu’il ne reste aucune trace d acide lequel aurait un effet destructeur; 3° Les taches d'huile sur les vêtements doivent être traitées par les dissolvants des corps gras : benzine, éther de pétrole, tétrachlorure de carbone, etc. Ce dernier solvant présente le grand avantage d’être très maniable puisqu'il n’est pas inflammable.
- M. Monard, à Aubigny (Cher). — i° Pour teindre en acajou faire bouillir pendant plusieurs heures des copeaux de campêche dans deux fois leur volume d’eau, en remplaçant à mesure l’eau qui s’évapore. Décanter et ajouter une petite quantité de chlorure d étain pour faire rougir la solution. Passer deux couches sur le bois à teinter en attendant toujours que la première soit bien sèche avant d’appliquer la suivante ; 20 La teinture en noyer peut se réaliser très facilement au moyen du brou de noix qui est ainsi constitué :
- Terre de Cassel.............. 5o grammes
- Carbonate de potasse .... 5o —
- Eau ordinaire. . •...........1000 —
- Faire bouillir un quart d’heure, laisser reposer, filtrer sur un linge fin. Pour l’emploi étendre de plus ou moins d’eau suivant que l’on désire un ton noyer clair ou noyer foncé ; 4° Employer pour fixer le placage la colle forte ordinaire bien chaude additionnée de un gramme par litre environ de bichromate de potasse. Charger fortement pendant le séchage pour assurer le contact parfait des parties à joindre et empêcher le gondolement; 5° Jie vernissage s’effectue au tampon au moyen d’un vernis composé de ;
- Alcool à 900 ..... . . 1000 cent, cubes
- Gomme laque blonde ... 85 grammes
- Laisser la dissolution se faire à froid en agitant fréquemment. Ce vernis est employé tel quel sans qu’il soit nécessaire de filtrer. Pour la pratique du vernissage au tampon se reporter à notre réponse antérieure ^ M. Lal-lemant, Paris.
- N. -B. — Les marchands de couleurs vendent tout pré* parés les produits que nous venons d’indiquer.
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- Calcul vectoriel. Théorie. Applications géométriques et cinématiques, par À. Châtelet et J. K'mpé deFériet. i vol. in-8, 4^6 p Gauthier-Yillars et Cio, Paris, 1924- Prix : 5o francs.
- Destiné'aux élèves des classes de mathématiques spéciales et aux étudiants en sciences mathématiques et physiques, ce livre expose avec clarté les éléments essentiels du calcul vectoriel et montre les services qu’il peut rendre dans l’étude et dans l’application de nombreuses théories mathématiques.
- Le symbolisme de ce calcul, à la fois simple et expressif, conduit à des formules élégantes et faciles à retenir; ses règles, presque identiques à celles du calcul ordinaire, algébrique et différentiel, sont d’une application intuitive ; enfin son emploi débarrasse les solutions des problèmes des éléments artificiels introduits par les axes arbitraires de la géométrie analytique.
- La plupart des applications traitées dans cet ouvrage ont été prises dans les programmes actuels des concours d’entrée aux grandes Ecoles ; elles visent surtout la géométrie et la cinématique. Cependant une note sur les champs de vecteurs constitue une excellente introduction à l’étude du calcul vectoriel appliqué à la physique; cette branche de la science est sans doute celle qui tire le plus utile parti de ce mode de calcul.
- Balistique extérieure, par J. Ottenheimer. i voL in-16, 48 fig. et 4 pi. A. Colin, éditeur, Paris, 1924. Prix : 6 francs.
- La balistique extérieure s’attache à résoudre le problème essentiel de la trajectoire du projectile à la sortie de la bouche à feu; c’est un problème fort complexe, dans lequel interviennent une foule de facteurs : résistance de l’air, forme du projectile, vitesse initiale de celui-ci, état de l’atmosphère, pesanteur, rotation de la Terre, etc. Aussi, ne peut-on pratiquement le résoudre qu’au moyen d’hypothèses simplificatrices et d’approximations successives. M. Otten-heimer, avec une grande clarté, fait comprendre l’esprit et le résultat des diverses méthodes adoptées parles balisticiens ; il révèle en outre au grand public les grands progrès réalisés, dans ces méthodes de calcul, au cours de la grande guerre, grâce à l’eiîort non seulement des balisticiens professionnels, mais encore d’une pléiade de savants, originairement étrangers à cette science, mathématiciens et physiciens, mobilisés dans les services de recherches de la guerre ou de la marine; à côté des ingénieurs d’artillerie, Charbonnier, Garnier, Suget, nous apercevons le rôle important joué par l’astronome Esclangon, créateur notamment du repérage par le son, par les mathématiciens Lehesgue, Montel, Haag, Marcus.
- Cours de mécanique théorique et appliquée (Cours élémentaire), par Henri Desarces. i vol. in-16. 4*5 P-> 202 fig. G. Doin, éditeur. Paris 1925. Prix : i5 francs.
- Ce cours contient les éléments de la cinématique et la dynamique classique exposés d’une façon très correcte; ainsi que les aperçus très simples sur la résistance des matériaux et l’hydraulique. Chaque chapitre constitue une leçon accompagnée d’un questionnaire et d’exercices.
- Les rayons X et le radium, par le Dr G.-H. Nieyvfn-glowski. i vol. 184 pages, 107 fig-, 3i planches hors texte. Hachette, éditeur, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- En quelques pages, l’auteur nous explique ce que sont les rayons X, comment ils furent découverts, et quelles sont leurs principales propriétés physiques et chimiques. Il explique la façon de les produire, et consacre ensuite la partie la plus importante de son livre aux applications médicales de ces rayons. Un court chapitre sur le radium et ses applications thérapeutiques termine cet ouvrage d’agréable vulgarisation.
- Organisation d’une industrie moderne, par R, Van Mutden. r vol., x56 pages, 104 fig. Albin Michel, éditeur. Paris 1924. Prix : xo francs.
- L’auteur pose les principes de méthode et d’organisation qui doivent présider à la direction d’une industrie bien gérée, c’est-à-dire gérée avec le souci non seulement du bon rendement immédiat, mais du progrès continu. A titre d’exemple, il étudie en détail la fabrication du matériel électrique dans les usines de MM. Japy frères, à Beaucourt.
- Madagascar, par H. Paulin, i vol. illustré, 119 pages. Eyrolles, éditeur. Paris 19x4. Prix : 20 francs.
- Tableau, dessiné à grands traits, mais très exact, faisant apparaître les caractères distinctifs et la situation actuelle de notre grande possession de l’Océan Indien : sa géographie physique, ses populations, ses richesses naturelles, son outillage économique forment l’objet des différents chapitres de ce précis.
- Pflanzenatmung, par S. Ivostïtschew. i vol. in-8, 162 p., 10 fig., Monographien aus dem Gesamtgebiet, der Physiologie der Pflanzen und der Tiere. 8 Bd. Julius Springer, Berlin. Prix : Ç,60 marks, relié 7,5o marks.
- L’auteur, professeur à l’Université de Petrograd, a publié, soit seul, soit en collaboration avec Palla-dim, une série d’importantes études sur la respiration des plantes. Il les groupe ici avec celles des autres savants qui se sont occupés de cette difficile question, pour en faire une monographie très complète et mise à jour. Il traite successivement de la consommation d’oxygène, de la respiration anaérobie, de la combinaison des deux, pour aboutir à une étude très serrée du matériel oxydable, des oxydations des facteurs divers qui interviennent, des transformations de l’amidon en sucre et en alcool, et finir par les actions des minéraux sur la respiration de diverses bactéries.
- Répertoire d’hygiène et de médecine sociales, par le l)r L.-H. Dejust. Vol. II. 1 vol. in-8, 223 pages. Union des Syndicats médicaux de France, Paris. Prix : 10 fr.
- Nous avons déjà signalé le tome I de ce répertoire et dit tous les services qu’il peut rendre, non seulement aux médecins, mais encore aux municipalités, aux œuvres sociales, à tous ceux qui s’occupent d’hygiène et de médecine des collectivités. Le tome II qui vient de paraître complète le premier et y ajoute les nouveaux problèmes posés, les nouvelles questions résolues, les suggestions nées en 1923-1924. Sa classification décimale permet de retrouver aisément, dans la masse des documents accumulés, ceux que l’on cherche. C’est un vade-mecum indispensable à tous ceux qui ont charge de vies humaines.
- Les chorées, par le Dr Léon Babonneix. i vol. in-16, 281 p., 34 fig. Bibliothèque des connaissances médicales. Flammarion, Paris. Prix :.12 francs.
- La chorée est caractérisée par les mouvements involontaires, incoordonnés, arythmiques qu’elle impose au malade. Longtemps, elle fut une maladie définie, caractérisée, celle de Sydenham. Aujourd’hui, elle est devenue complexe à tel point que beaucoup en font un syndrome sous lequel peuvent se cacher des manifestations morbides diverses. L’auteur, médecin de l’hôpital de la Charité, qui connaît bien la maladie et les malades, dit ici ce qu’on en sait et ce qui reste à étudier de ses symptômes, de sa clinique, de son traitement.
- le problème du cancer, par le Dr Maurice d’Halluin, 1 broch. in-8", 73 p. Presses Universitaires de France, Paris.
- Le problème du cancer préoccupe actuellement le monde entier, à cause de sa fréquence croissante. On ne connaît encore ni la cause de cette grave maladie, ni le moyen thérapeutique spécifique, d’ou l’impuissance où l’on est de lutter efficacement contre sa multiplication. Mais la chirurgie apporte déjà dans certains cas un secours efficace, et plus encore l’utilisation des rayons X et du radium. L’auteur examine ces questions et indique l’effort financier à accomplir pour multiplier les centres de traitement.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N« 2647
- 27 Décembre 1924
- Les applications métallurgiques du cobalt. — Le î cobalt métallique reçoit, actuellement, quelques applications intéressantes en métallurgie. M. L. Guillet les a récemment signalées à la Société des Ingénieurs civils.
- Il sert à fabriquer d’excellents aciers à aimant Les aimants au cobalt renferment de io à 4° pour ioo de cobalt, avec un peu de tungstène, ou de chrome, quelquefois les deux. Ces aciers sont bien supérieurs aux meilleurs aciers à aimants connus, c’est-à-dire aux aciers au tungstène. Aussi commencent-ils à être employés pour la fabrication des aimants de magnétos. Ce métal sert aussi à fabriquer des aciers à coupe rapide ; ces aciers contiennent 3 à 5 pour ioo de cobalt; leurs qualités sont encore discutées ; on prétend qu’on peut obtenir avec eux une augmentation de 20 pour 100 dans la vitesse de coupe. L’amélioration est sans doute due à la possibilité de tremper les aciers au tungstène à une température un peu plus basse (i25o°). Enfin, on envisage l’emploi du cobalt, comme succédané du nickel, pour les revêtements galvaniques. Le dépôt électrolytique du cobalt présente un grand avantage sur le nickel ; on peut utiliser des bains beaucoup plus concentrés et de fortes intensités de courant. On a ainsi des dépôts suffisants en quelques minutes. Mais le cobalt se ternit plus vite que le nickel.
- Le cobalt utilisé provient actuellement surtout du Canada, mais une société française vient de monter la fabrication de ce métal dans son usine du Havre.
- La végétation accélérée par la lumière artificielle. — De nombreuses expériences ont démontré que l’on pouvait accélérer la croissance de certains végétaux en les soumettant, la nuit, à l’effet de lumières artificielles. Yoici une curieuse application pratique de ce phénomène. Un luxueux club de golf devait être récemment aménagé à Bradley Beach, près de New York; il comportait un pavillon et un terrain de jeu.
- En cours d'aménagement, après avoir exécuté la fouille du terrain pour les fondations du pavillon, on reporta la construction de celui-ci en un autre endroit, et le terrain remué redevint disponible pour les jeux; mais la saison allait s’ouvrir; ce carré de terre était dépourvu de végétation, et menaçait de déparer l’ensemble de l’installation. On y avait bien semé du gazon, mais on ne pouvait espérer voir celui-ci se développer „assez rapidement pour donner l’aspect d’un tapis»vert, le jour de l’inauguration. C’est alors qu’on se décida à expérimenter la lumière artificielle sur une partie de ce terrain. La superficie à traiter était de 190 m2. On disposa au-dessus d’elle, à 1 m. 20 du sol, 24 lampes électriques à incandescence de 1000 watts chacune, suspendues à des câbles; elles furent maintenues allumées 20 jours; le gazon germa en 5 jours sous les lampes électriques, au lieu de 7 jours dans les parties qui ne reçurent que l’éclairage solaire naturel; au bout de 20 jours, sur la surface illuminée artificiellement, le gazon fort épais avait atteint une hauteur de 10 cm, au lieu de 2,5 cm dans le terrain non illuminé. L’expérience était concluante; on s’empressa d’appliquer la même méthode au reste du terrain, et 2 mois après que les premières graines avaient été semées, le terrain du Club était en état de recevoir les joueurs.
- L’hydrofugation du papier par la résine. — L’emploi de la résine pour rendre le papier imperméable est un des plus nouveaux progrès de l’industrie papetière.
- Les récents brevets américains indiquent l’emploi de la colophane ou d’autres résines oxydées à l’air et saponifiées par l’ammoniaque, en solution aqueuse pour l’hydrofugation des papiers et tissus.
- Des bouteilles en papier sont rendues hydrofuges par imprégnation au moyen d’un mélange de 75 pour 100 de résine, a5 pour 100 de paraffine et o,5 à x pour 100 de cire de Carnauba.
- On imprègne le papier, le carton et d’autres matières poreuses, avec des solutions aqueuses d’acides rési-niques ou d’acides gras saponifiés à l’ammoniaque. La couche imprégnée est ensuite séchée. Il s’ensuit une décomposition du composé ammoniacal et mise en liberté de l’acide résinique ou gras qui recouvre ainsi les fibres.
- Les résines artificielles, produites par condensation du phénol avec le furfurol, sont utilisées pour imprégner le papier, les fibres et tissus textiles. Les couches imprégnées sont moulées et durcies.
- Le sucre synthétique. — Devant la Société des Chimistes américains de la Cornell University, à Ithaca (New-York), le Dr Baly a fait connaître le processus par lequel il a obtenu de l’aldéhyde formique en partant d’acide carbonique et d’eau, et produit du sucie avec l’aldéhyde formique, à l’aide des rayons ultra-violets.
- Le Dr Irvine, de l’Université de Saint-Àndrew’s, a confirmé, par ses propres expériences, que le produit obtenu par le Dr Baly était bien du glucose.
- E. Fischer avait déjà effectué la synthèse des sucres par la condensation des aldéhydes en présence des alcalis.
- 11 s’agit ici d’un procédé nouveau, imitant le processus des feuilles vertes des végétaux. La réaction primaire qui s’effectue dans la feuille verte est la combinaison de l’acide carbonique avec l'eau pour obtenir de l’aldéhyde formique.
- Le Dr Baly a donc exposé de l’acide carbonique et de l’eau à l’action des rayons ultra-violets d’une lampe de quartz à vapeurs de mercure.
- Il a réussi à obtenir, par cette voie, de légères traces d’aldéhyde formique, immédiatement transformées en sucre.
- Le sucre a été retransformé en aldéhyde formique. Le cycle était complet. Il est à remarquer que la somme d’énergie nécessaire est plusieurs centaines de fois supérieure à celle exigée dans toutes les réactions utilisées jusqu’ici d’une façon commerciale.
- L’intérêt que présentent les résultats des expériences faites aux Etats-Unis doit être souligné particulièrement.
- Sculpture sur bois tendre au jet de sable. — Une méthode toute nouvelle de décorer les bois tendres vient d’être mise en pratique aux Etats-Unis ; jusqu’à présent elle n’a été appliquée qu’au sapin, mais il ne semble pas que rien s’oppose au traitement de tous les autres bois tendres. Elle est employée avec succès pour la décoration des plinthes, piliers et lambris. Elle est simple : des vignettes ajourées sont pressées contre le bois et on y projette du sable, exactement comme on le fait pour graver le verre. Le résultat est semblable à de la sculpture. Le bois garde sa teinte naturelle et l’on peut ensuite, au pochoir ou à main levée, lui donner toutes les teintes désirées. Ce procédé a été employé pour la décoration complète d’un nouvel hôtel, où l’on a fait usage de plus de 600 vignettes. Les piliers supportant les plafonds, qui ont près de 7 m. de hauteur et 70 cm de côté, portent un dessin différent, ainsi fait, sur chaque face. Les encadrements de cheminée, les panneaux de portes, ont été traités de la sorte et la méthode a soulevé tant d’enthousiasme qu’on prévoit son rapide développement.
- Carie dentaire et alimentation. — On a beaucoup discuté des causes multiples de la carie dentaire. Certains y voient surtout l’influence de l’alimentation. Récemment MM. May Mellanby, C. Lee Pattison et J.-W. Proud ont publié dans le British Medical Journal une série d’observations à l’appui de cette supposition.
- Mellanby avait déjà montré que, chez les jeunes chiens, la structure des dents et leur implantation sur les mâchoires dépendent nettement du régime alimentaire suivi pendant la période de développement dentaire, Certains aliments favorisent la formation de dents bien calcifiées et régulièrement plantées ; ce sont ceux qui contiennent des vitamines A en abondance (huile de foie de morue, graisses animales, sauf le lard, lai*, jaune d’œuf); d’autres aliments, les farines et en partU culier la farine d’avoine ont une influence défavorable.
- De même l’action de la lumière, des rayons ultraviolets est favorable.
- Observe-t-on des faits analogues chez les enfants, et quelles sont les relations du régime alimentaire et de la carie dentaire? c’est ce qu’on a cherché à déterminer, j; Un premier groupe de 9 enfants a été soumis à un ré-
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- INFORMATIONS
- gime riche en vitamines A, sans farine d’avoine, qui favorise la calcification et met l’organisme en bon état de résistance vis-à-vis des infections. Un deuxième groupe de io enfants a été nourri avec une assez grande quantité de farine d’avoine, peu d’œufs4 pas d’huile de foie de morue. Un troisième groupe de i3 enfants a reçu le régime normal de l’hôpital, qui est intermédiaire aux deux précédents. Tous ces enfants ont présenté un développement général assez comparable, mais la carie dentaire s’accentue ou apparaît avec une fréquence beaucoup plus grande dans les groupes a et 3.
- La conclusion est donc que, pour que les enfants aient des dents saines et bien plantées, il leur faudrait des vitamines A et peu de farines, en particulier peu de farine d’avoine.
- L’Egypte est un paradis d’oiseaux. — A propos de l’article sur les Spatules, paru dans le numéro 2635 de La Nature, M. Ad. Burdet, l’auteur des clichés qui ont illustré ledit article, a bien voulu nous écrire, entre autres choses aimables, que l’illustration de la couverture était extrêmement bien réussie.
- De plus, M. Ad. Burdet, qui avait passé les mois d’hiver de 1924, en Egypte, nous dit avoir constaté que les Spatules blanches d’Europe passent la mauvaise saison, en très grand nombre, sur le lac Menzaleh et tout le long du Nil, dans la Haute-Egypte, jusque tout auprès de Louxor. Ces beaux oiseaux formaient généralement des groupes de 20 à 40 individus. M. Ad. Burdet estime le nombre total des Spatules, vues par lui, à plusieurs centaines. En redescendant le Nil pour rentrer au Caire, l’ornithologiste suisse a revu les mêmes groupes de Spatules aux mêmes endroits.
- Comme on le voit, les observations de M. Burdet concordent avec celles de Brehm, citées par nous dans notre article.
- Sur le lac Menzaleh, les Spatules ne sont pas seules à passer l’hiver. — Il y a là des milliers d’oiseaux : Pélicans, Flamants, Avocettes, Hérons, Bécasseaux, Canards.
- Du reste, l’Egypte est extraordinairement animée par toutes espèces d’oiseaux. (Les Oiseaux d'Egypte, par Ad. Burdet, Bulletin de la Ligue française pour la protection des oiseaux, n° 10, 1924). En traversant les « riantes plaines cultivées du delta », M. A. Burdet a été saisi par l’abondance innombrable des Bergeronnettes grises, des Pouillots véloces, des Alouettes huppées, qui s’écartaient à peine sur son passage. Quantité de Huppes le regardaient curieusement, » en redressant leur belle crête en éventail. » Les Tourterelles et les Guêpiers n’étaient pas plus farouches, Cependant, des groupes nombreux de Milans égyptiens traçaient dans l’azur leurs élégantes arabesques ; cette profusion de Rapaces ne semble pas nuire aux Passereaux, tout ce monde ailé paraît vivre en bon accord. Les Milans sont si peu sauvages que M. Burdet a vu l’un d’eux, au Caire, venir butiner dans un char de voirie pendant que le cocher était sur la voiture et qu’un employé vidait un seau de débris.
- Tout près des Fellahs occupés à l’irrigation, dans les champs cultivés, s’approchent les Hérons blancs garde-bœufs (ou faux Ibis).
- Sur l’étang du Jardin zoologique de Giseh, des centaines de Canards sauvages, Sarcelles, Pilets, Souchets, Morillons, etc., viennent manger le pain qu’on leur donne, Comme aux Palmipèdes domestiques....
- L’Egypte offre donc à l’ornithologiste une vision merveilleuse : les biseaux, se sentant en sécurité, sont extrêmement familiers et se laissent étudier, voire photographier, par le naturaliste.
- Si l’Egypte est un véritable paradis' d’Oiseaux, c’est parce que les lois protectrices sont, eüce pays, respectées par tous, indigènes et Européens. Ces lois protectrices ont permis aux Oiseaux, presque exterminés par les chasseurs d’autrefois de se reproduire abondamment : c’est ainsi que lè Héron garde-bœuf, qui faillit disparaître, est aujourd’hui fort répandu dans toute l’Egypte. On peut en dire autant du splendide Guêpier.
- L’Europe pourrait offrir un aussi bel exemple, si elle le voulait, si les mesures de protection des Oiseaux étaient appliquées ici comme elles le sont en Egypte, h si l’homme barbare que nous sommes le plus souvent n’était pas toujours armé du fusil meurtrier qui dépeuple si stupidement la nature pourtant si admirable de nbs pays soi-disant civilises ».
- Avec M. Ad. Burdet souhaitons que nous apprenions des Egyptiens à respecter la vie de ces délicieuses créatures, de ces auxiliaires de l’agriculture et de 1 hygiène publique que sont les Oiseaux. A.-F. B.
- Les Italiens en Algérie. — Dans son numéro d’août i9»4» France-Islam publie un article de M. René Le Conte sur l’immigration italienne en Algérie. Nous en extrayons les données statistiques suivantes •.
- A. Italiens habitant en territoire français :
- 1833. . . 1.122 1876. . • ^5.959
- i836. . . 1.845 1881. . . 33.698
- 1841. • . 3.258 1886. . . 44•315
- 1845. . . 7.738 1891. . 39.161
- 1847. . . 8.115 3896. . . 35.53g
- i85i. . . 7.555 1901. . • 68.791
- i856. . . 9'478 1906. . . 33.i53
- 1861. . . 11.815 19x1. . . 36.796
- 1866. . , 15.65 5 1921. . . 31.927
- 1872. . . i8.35i
- Il ne s’agit là que des Italiens de nationalité et non pas de naturalisés d’origine italienne. Les naturalisations sont très nombreuses.
- B. Répartition géographique des Italiens :
- Départements. 1901 ign 1921
- Alger ................. 14.028 i3.6o6 13.622
- Oran.................... 3.883 3.o85 1.691
- Constantine.............20.810 19.969 16.546
- Territoires du Sud. . » 184 68
- 38.721 36.795 31.927
- Quatre villes seulement avaient en 1921 une population italienne de plus de 1000 âmes : Alger, 865g; Bône, 4463; Constantine, 25g6; Philippeville, 1710; Hussein Dey avec 991 Italiens approchait le millier. C. Professions :
- Les Italiens sont ordinairement ou bien pêcheurs (Napolitains, qui récoltent en outre l’éponge et le corail) ; ou bien mineurs (Sardes), ou encore'terrassiers, maçons et manœuvres d’origines diverses, venus pour la belle saison, ou enfin bûcherons (Toscans).
- La population de PInde française. — Au recensement de 1921, l’Inde française avait une population globale de 266 i5g habitants pour une superficie de 5i5 km2, soit 517 au km2. Cette population se répartissait ainsi par races et nationalités. „
- A. Européens :
- 994
- Français : nés en France . 140
- Français : nés dans la colonie . . 409
- Etrangers . 445
- B. Indigènes :
- Sujets français .... 218.921
- Sujets étrangers :
- Hindous ...... 44.967 ) Parais 7 j 44.944
- C. Métis :
- 263.865
- 1.3oo
- Français .......................... i.o55 )
- Etrangers,.......... ............... *45 j
- Total : 266. i5g
- Au point de vue géographique, elle se répartissait comme suit entre les cinq établissements :
- Pondichéry. Karikal. Malte. Yanaon. Chandernagor,
- Européens
- Français . . . 407 86 5 2 49-
- Etrangers . . 39 4 — — 402
- Métis : Français. , • 979 __ 1
- Etrangers . . 120 — — — 125
- Indigènes : Français. . . 130.760 42.920 '10.140 4.195 10.906
- Etrangers . . 19.251 10.57-3 1.073 485 15.562
- Total : 171.556 53.583 11.218 4.683 25.119
- Notons que parmi les Français, nés dans la colonie, figurent des indigènes naturalisés Français, et que les indigènes, sujets français, dits renonçants ou appelants, sont électeurs et non pas éligibles.
- L’Inde française a un conseil général et cinq conseils locaux, un mandat de député et un mandat de sénateur.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- Les gaines de ressort d’automobile. — On sait comment sont constitués les ressorts de suspension des voitures automobiles. Ce sont des lames superposées, qui, lorsque le ressort travaille, glissent les unes sur les autres ; il en résulte un frottement qui amortit plus ou moins rapidement les oscillations du ressort lors de sa détente. Il est donc capital que les lames puissent jouer librement les unes par rapport aux autres, dans la mesure prévue par le constructeur; et l’on comprend aisément que tout obstacle qui vient s’opposer à ce mécanisme de glissement compromet le jeu du ressort et est nuisible à la suspension. Il faut que les faces internes des lames restent propres, lisses et bien lubré-fiées. Comment remplir ces conditions, alors que le ressort est, dans la voiture automobile, la partie du mécanisme la plus exposée à toutes les souillures de la route, à toutes les oxydations, et à toutes les infiltrations de boues et de poussières, alors aussi que c’est peut-être la seule partie de la machine pour laquelle il n’< xiste aucun moyen pratique de nettoyage ? Il convient donc de protéger le ressort; le ressort nu, teï qu’il a été généralement utilisé jusque maintenant, finit toujours par perdre, plus ou moins vite, pour les raisons exposées ci-dessus, une partie de ses qualités; la suspension de la voiture devient dure et peu confortable; en même temps le ressort travaillant dans de mauvaises condi-
- Fig. r. — Gaine .Teavons.
- puisse s’introduire par l’extrémité des gaines. La cuirasse ainsi constituée emprisonne une lame en acier flexible qui vient s’appliquer en dessous du ressort et qui est pourvue en son milieu d’un graisseur type Téc'a-
- Fig. 2. — Cuirasse Técalémit.
- lémit; par ce graisseur on injecte de temps à autre du lubrifiant qui pénètre entre chacune des lames par leur extrémité.
- La gaine Jeavons est en vente chez De La Mare et Gibert, 4 bis, rue des Arts, Levallois-Perret.
- La cuirasse Técalémit est en vente à la Société des Etablissements Técalémit, 18, rue Brunei, Paris.
- tions, différentes de celles pour lesquelles il a été calculé, finira par se briser.
- On a vu apparaître, en ces derniers temps, d’assez nombreux dispositifs, ayant pour but de remédier à ces inconvénients. Ils reposent tous sur le même principe : à savoir : habiller le ressort d’un vêtement étanche, qui le protège contre la pénétration des poussières et de l’eau génératrice de rouille, qui permette aussi de le maintenir constamment dans un bain lubrifiant, mais qui soit assez souple pour ne gêner en rien ses flexions et ses détentes. Telle est l’origine des gaines de ressort, dont un grand nombre de modèles figuraient au dernier Salon de l’Automobile. La plupart sont en cuir, telle la gaine Jeavons qui se lace comme un gant sur le ressort ; elle est en cuir imperméable, muni d’un garnissage en coton. On y introduit de l’buile sous pression; les mèches en coton s’imprègnent d’huile qui s’infiltre entre les lames et les protège notamment contre la rouille.
- Une solution particulièrement originale est celle de la cuirasse Técalémit; ici la gaine est métallique. Elle se compose de 4 éléments à la fois flexibles et étanches; constitués par des feuilles d’acier flexible dont les bords sont repliés de façon à épouser la forme extérieure du ressort. Pour assurer la flexibilité de l’enveloppe, ces bords sont entaillés ainsi qu’une partie de l’âme de la feuille ; pour assurer l’étanchéité on est donc amené à constituer la gaine au moyen de plusieurs feuilles superposées, de façon que les entailles en soient disposées en chicane les unes par rapport aux autres;- aussi chaque gaine est formée de i paires de feuilles à bords repliés et entaillés ; de la sorte les parties supérieure et inférieure des ressorts sont recouvertes de deux épaisseurs de tôle protectrice; les flancs des ressorts sont recouverts de 4 épaisseurs.
- Lorsque les éléments de la gaine sont mis en place, on les agrafe les uns aux autres au moyen d’agrafes spéciales en feuilles d’acier qui s’engagent dans des oreillettes portées par les éléments et qu’il suffît de replier pour maintenir ceux-ci en place. Aux deux extrémités du ressort, la gaine est munie à l’intérieur d’une garniture en feutre, de façon que l’œil de la maîtresse lame du ressort reste dégagé, sans toutefois que l’eau
- §$>• Chasse
- L’apparei! Am y pour mutilés chasseurs. — Les mutilés d’un bras éprouvent une impossibilité matérielle avec les armes à feu ordinaires pour se livrer aux plaisirs de la chasse.
- Un inventeur,
- M. Amy, a imaginé un dispositif très intéressant qui rend possible à celui qui ne dispose que d’un bras, de viser et de tirer aussi commodément qu’un chasseur normal.
- Cet appareil se compose de deux pièces en aluminium embouties, qui sont reliées l’une à l’autre au moyen d’une char -nière.
- Il se place sur la partie supérieure de l’épaule et épouse la cage thoracique.
- Sur la partie principale de l’appareil, on prévoit une pièce en aluminium fondue qui a la forme d’un tube, elle permet le passage d’une tige qui se termine à l’extrémité supérieure par une fourchette à deux dents.
- C’est sur cette fourchette que vient s’appuyer le canon du fusil; elle est d’ailleurs réglable à la volonté du tireur et elle lui procure la possibilité de donner à l’arme l’inclinaison qu’il désire.
- Fig. 3. — Mutilé se servant de l’appareil Amy.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Pour compléter l’appareil, on adapte deux courroies de cuir qui forment : l’une ceinture et l’autre bretelle, destinées à maintenir l’ensemble. Le poids de l’arme repose alors sur l’extrémité de la fourchette et, par conséquent, il n’en résulte aucune fatigue pour le chasseur.
- Au repos, il suffit de rabattre sur l’épaule la tige réglable, qui est elle-même montée sur charnières.
- Un des avantages non négligeable de ce dispositif est le poids faible qui n’excède pas un kilo.
- De plus, la conception simple de toutes les parties le rend absolument indéréglable. Il permet à des mutilés d’exécuter des tirs avec une précision même beaucoup plus grande que s’ils possédaient leurs deux bras. Enfin le canon du fusil se trouve solidement maintenu par une fourchette et il est possible de viser avec une grande précision.
- Constructeur : M. Amy, à Nogent-le-Phaye, par Chartres (Indre-et-Loire).
- T. S. T.
- Nouveau modèle de résistance variable. — Il est
- souvent utile d’employer une i’ésistanee variable, le plus souvent de quelques mégohms, car il est rarement nécessaire d’utiliser une résistance variable de quelque 80 ooo ohms. Ces résistances variables de quelques mégohms sont notamment destinées aux montages
- Fig. 4. — Résistance variable, modèle Dyna.
- Flewelling très en faveur actuellement auprès des amateurs de T. S F.
- Le modèle de la figure 4 semble particulièrement pratique. La résistance proprement dite est en matière moulée en forme de bâtonnet, à base de graphite, et ses qualités de stabilité vis-à-vis des agents atmosphériques semblent devoir lui assurer des avantages sur les types ordinaires au graphite. Le bâtonnet est fixé à un support au moyen d'un collier métallique fixe formant connexion Un deuxième collier métallique mobile se déplace le long du bâtonnet; le mouvement du eollier est commandé par le bouton isolant molleté que l’on voit sur la figure, grâce à la tige filetée montée sur l’axe du bouton et agissant sur le chariot, également fileté, portant le coliier mobile.
- Le collier mobile forme une deuxième connexion qui permet de mettre en série dans le circuit d’utilisation urie partie plus ou moins grande du bâtonnet, donc de faire varier la valeur de la résistance utilisée ; on peut aiusi, par exemple, réaliser une résistance de 1 à 8 üaégohms, dont la valeur peut être réglée assez progressivement.
- Constructeur : maison Chabot, 43, rue Richer, Paris.
- s*> Objets utiles
- Le Samorestaurant. — Lorsqu’on est en voyage ou en excursion ou, plus prosaïquement, si la nécessité du travail oblige à déjeuner hors de chez soi, il est fréquent, pour les petites bourses, que l’on désire emporter de la maison des mets froids tout préparés.
- On éprouve alors non seulement de la difficulté au cours du transport, pour assurer l’étauchéité des récipients qui contiennent la nourriture et les liquides, mais encore il n’est pas toujours possible de réchauffer les aliments et l’on est obligé de se contenter d’un repas froid. La chose n’est pas très grave s’il s’agit de déjeuner dans ces conditions une fois en passant, mais si le repas froid se renouvelle chaque jour, on éprouva vite le désir de prendre des aliments chauds, surtout en hiver.
- Le petit modèle de mallette appelé le « Samorestaurant », que l’on voyait au Salon des appareils ménagers cette année, réalise, dans une série de comparti-
- ments, toutes les commodités possibles pour emporter un repas complet que l’on peut faire réchauffer comme on le désire.
- Cette petite valise peu encombrante comporte des
- Fig. 5. — Le Samorestaurant.
- sortes de plats oblongs qui contiennent les aliments et qui sont soutenus sur une plaque séparée du fond de la valise par un léger intervalle. On peut déplacer, en le faisant coulisser dans une rainure, un . support portant des pastilles dé « charbon blanc » ou d’alcool solide. Voilà donc le moyen de réchauffer à volonté le plat que l’on veut manger chaud ou tous les plats même si on le désire.
- De l’autre côté de la valise se trouve encastré un support d’assiette ; il y a une cavité ménagée pour le pain, une autre pour un flacon de vin avec le gobelet, etc. Les deux compartiments assemblés par une charnière forment, une fois ouverts, une sorte de table facile à poser sur les genoux
- Les couvercles métalliques munis de ressorts assurent une étanchéité parfaite pendant le transport. Le nettoyage des ustensiles est facile et rapide, car toutes les parties se démontent automatiquement. Cette mallette
- Fig. 6. — Emploi du Samorestaurant.
- est à parois en aluminium, elle est recouverte de cuir ou de simili-cuir.
- On voit d’après la photographie la commodité de l’emploi de ce petit restaurant portatif qui -rendra certainement plus d’un service à un grand nombre de personnes.
- Constructeur : Durand, 6x, rue Saint-Antoine, Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE ÉN FÉVRIER 1925
- Le « temps astronomique » n’est plus ! C’est un véritable soulagement pour les rédacteurs d’informations et d’annuaires astronomiques.
- h’Annuaire du Bureau des Longitudes, qu’il faut toujours consulter chaque fois que l’on a besoin d’un renseignement précis, nous apprend que « le temps vrai, en un lieu donné est l’angle horaire (géocentrique) du centre du Soleil en ce lieu.
- « Le jour solaire vrai commence au moment du passage supérieur du Soleil au méridien du lieu. Sa durée est donc l’intervalle de temps qui sépare deux passages supérieurs consécutifs, etc.-».
- Cet intervalle varie d’un jour à l’autre, puisque le Soleil se déplace sur le ciel, et le temps vrai n’est donc pas d’une application pratique. L’Annuaire continue :
- « Pour obvier à cet inconvénient, on a substitué au Soleil un astre fictif, le Soleil moyen, dont l’angle horaire, ou temps moyen, varie d’une façon rigoureusement proportionnelle à la durée.
- « Le jour défini par le mouvement apparent de cét astre fictif est le jour solaire moyen, ou jour moyen, d’une durée absolument constante. Il commence à midi moyen, moment où le Soleil moyen passe au méridien supérieur. Le temps moyen qui vient d’être défini est le temps moyen astronomique-, il sé compte de o'1 à a4h. Le jour civil commence iaheuresplus tôt, à minuit, etc. ». Tout cela est un peu embrouillé, dira-t-on, et semble dépasser la mentalité du « Français moyen » récemment créé. Ce qu’il nous en faut retenir est ceci. Le temps moyen astro» nomique, commençant à midi, et se comptant de oh à 24b, servait jusqu’à présent à la rédaction des grandes éphé-mérides : Connaissance des Temps, American Epheme-ris, etc. Il avait l’avantage, commençant à midi, de ne pas introduire de changement de date au cours d’une observation astronomique de nuit. Cet avantage n’existait naturellement pas pour les observations de jour. Il avait le grave inconvénient d’augmenter les risques d’erreurs quand on transcrivait des phénomènes du temps astronomique en temps civil.
- Par exemple, une conjonction donnée en temps astronomique jour le i5 avril, ai'1 avait lieu le 16 avril à 91' (du matin) en temps civil.
- Si un autre phénomène était annoncé pour le 16 avril, 9h (temps astronomique), il se produisait, en fait, le 16 avril à 211' (g11 du soir) en temps civil.
- Le petit inconvénient de changer de date au cours d’une observation n’existe pas à côté des risques d’erreurs de la conversion.
- A la suite d’une entente internationale, nous apprend L’Astronomie (novembre 1924), il a été convenu que le temps civil, commençant à minuit, serait désormais le seul employé dans la rédaction des Ephémérides et Annuaires astronomiques à partir du ier janvier 1925.
- Nos lecteurs ne trouveront, naturellement, de ce fait, aucun changement dans leur « Bulletin astronomique », qui, depuis longtemps, est rédigé en temps civil compté de ob à a4h à partir de minuit, mais c’est tout de même une petite révolution dans les usages astronomiques. Le progrès envahit tout et la seule chose qui puisse nous étonner c’est qu’on ait attendu si longtemps pour introduire cette grave mesure.
- I. Soleil. — Le Soleil remonte dans notre ciel, sa
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps légal, c’est-à-dire en temps moyen de Greenwich, compté de oh à a4h, à partir de minuit.
- déclinaison, de — i7°io' le ior Février, à midi, atteignant — 8° 3' le 28. Les jours rallongent fortement, et leur durée, qui est de 9h 23“ le icr, arrive à iob 53“ le 28.
- Nous continuons ci-dessous le tableau du temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire le tableau de l’heure que marquent les horloges quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris. Si l’on a soin de noter très exactement l’heure, transmise par exemple par T. S. F. par la Tour Eiffel, l’ombre d’un fil à plomb donnera exactement, aux heures ci-dessous, la direction du méridien.
- Dates. Heures du passage (I.. m. Gr.). Dates. Heures du passage (t. m. Gr.).
- Février 2 I 2h 4m 32s Février 16 12h 4“ 54“
- — 4 I 2h 4m 44s — 18 I 2b 4“ 46s
- — 6 I2h 4m 5 ;s — 20 I2h 4m 35s
- —- 8 I2b 5m os — 22 I 2h 4“ 2IS
- — 10 I2h 5” 3* — 24 I 2b 4" 4‘
- — 12 I 2h 5” 3S — 26 I 2h 3“ 46s
- 14 I 2,h 5m os — 2 fi I2h 3ra23s
- Fig.1.
- Phase principale du 8 février
- de l’éclipse partielle de Lune 1925, à 2ih 42“.
- Observations physiques.— L’observation, par le dessin ou la photographie, de la surface du Soleil, est essentiellement du domaine de l’amateur et des petits instruments. Certains phénomènes solaires — tels des lueurs brusques dans des taches — peuvent être surpris par un observateur et échapper à d’autres. L’étude des taches, de leur étendue, de leurs couleurs, etc., peut être faite par tout le monde. C’est pour cela que nous insistons beaucoup pour que l’observation du Soleil ne soit pas négligée.
- Lumière zodiacale. .— Le mois de février, pour la latitude de la France, est l’un des plus favorables pour l’éludfî.de la lumière zodiacale. On la recherchera le szîr, à l’Ouest, dès l’arrivée de la nuit complète, et à condition que la Lune soit couchée. La période la plus favorable sera celle du 11 au 26 février.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire dans le Lion, vers minuit, à l’époque de la Nouvelle Lune du 23 février.
- IL Lune. — Voici le tableau des phases de la Lune pour le mois de février 1925 :
- P. L. le 8, à 2ih49ra 1 N. L. le 23, à 2bi2m D. Q. le 16, à 9h4im |
- Age de la Lune, le i°r février, à minuit légal (oh) = 7j,4; le ^4 février = o},9. Pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1" ou le 24. Pour une heure considérée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis minuit précédent. .
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en février : le 5 =-|-2o08'; le 19 = •—2O09'. A ces dates la Lune sera, lors de son passage au méridien, à sa plus grande hauteur ou à sa plus faible élévation dans le ciel, lors de son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la.Terre), le 4 février, à i9h.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 20 février, à 19’1.
- Lumière cendrée de la Lune. — On pourra surtout l’observer le matin du 18 au 21 et le soir du 26 au 28.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 2 février, occultation de 70 Taureau (gr. 6,4), de J7h9m à 1 yh 53ra. — Occultation de 75 Taureau (gr, 5,2), de i8h Sg” à 20ha5ra.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : FÉVRIER Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent.
- : 6 ? i6m 12* 4m53‘ i6h 54” 21 i9m i5° 41' 32' 2 8'; 8
- Soleil . . . 1 ï6 7 0 12 4 54 17 I I 21 58 — I 2 24 32 25,2
- < ^6 6 4i 12 3 46 *7 27 22 36 — 8 48 32 21 ,6
- r 6 6 36 IO 5i i5 6 20 I — 21 45 5,2
- Mercure. . 6 44 I I 16 i5 49 21 6 — 18 38 5,0
- 26 6 44 I I 44 16 44 22 i3 — i3 i5 4,8
- 1 6 *9 IO 48 i5 7 J9 59 — 21 3 10,6
- Vénus. . . s *6 6 27 11 0 i5 33 20 5i — 18 3o 10,4
- 26 6 19 I 11 16 2 21 41 — 15 3 10,2
- 6 9 39 16 39 q3 39 I 52 + 12 i3 6,4
- Mars. . . 16 9 i3 16 25 2 3 36 2 *7 + 14 3 T 6,0
- 26 8 48 16 IO 2 3 33 2 42 + 16 39 5,6
- Jupiter. . . 16 4 55 9 4 13 i3 18 57 _ 22 43 3i ,2
- Saturne . . 16 0 I 4 58 9 56 14 5o — 13 47 i5,6
- Uranus. . 16 7 5o i3 3i 19 i3 23 25 — 4 36 3,2
- Neptune. . 16 16 26 23 39 6 52 9 34 .+ «4 00 2,4
- Constellation
- et
- étoile Toisine.
- VISIBILITÉ
- Capricorne i
- Capricornes *
- Verseau )
- p Capricorne!
- i Capricorne> Inobservable.
- 0 Verseau )
- Sagittaire )
- 6 Capricorne>Très peu visible le matin, ô Capricorne)
- i
- o Poissons ) T
- Le soir,
- dès l’arrivée de la nuit.
- ? Baleine X. Baleine
- v Sagittaire Un peu visible le matin, jx Balance Seconde partie de la nuit. 96 Poissons Inobservable.
- ^Lion Toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Le 3, occultation dk a Taureau (Aldébaran) (gr. 1,1), de oh3m à oh48m.
- Le 8, pendant l’éclipse de Lune (voir ci-après), occultation de 7 Lion (gr. 6,2), de 22h i3m à 23h28“ et de 11 Lion (gr. 6,5), de a3h 3im à oh 54m le 9.
- Le 9, occultation de Neptune (gr. 7,7), de oh 17” à ih aom. L’immersion aura lieu à la fin de l’éclipse de Lune.
- Le 11, occultation de b Vierge (gr. 5,2), de 20h26” à 2ih17“.
- Le 28, occultation de 8 B Taureau (gr. 6,2), de 2oh 3im à 2Ih 22m.
- Éclipse partielle de Lune. — Les 8 et g février, éclipse partielle de Lune, visible entièrement à Paris.
- Voici les éléments de cette éclipse :
- Lever de la Lune à Paris, le 8............. . i6h 4im
- Entrée de la Lune dans la pénombre...........i8h 4gm
- Entrée dans l’ombre..........................2oh 9™
- Plus grande phase de l’éclipse ........ 2ih 42™
- Sortie de l’ombre. .........................23h i5m
- Passage de la Lune au méridien, le 9......... oh iom
- Sortie de la pénombre, le 9.................. o" 35m
- La grandeur de l’éclipse sera de 0,736, le diamètre de la Lune étant pris égal à un. (Voir figure 1).
- Nous avons vu ci-dessus que, pendant cette éclipse, il y aura deux occultations d’étoiles (7 Lion et 11 Lion, de grandeurs 6,2 et 6,5) et une occultation de Neptune.
- Pour l’éclipse, s’attacher surtout à noter l’opacité de l’ombre et à la mesurer.
- M. G. Blum, à propos de cette éclipse, donne dans LJ Astronomie d’utiles indications permettant aux observateurs lointains d’être fixés à l’avance sur les conditions dans lesquelles ils verront ce phénomène. L’éclipse sera visible au lever de la Lune et au commencement de la nuit, du Nord de l’Amérique, du Labrador, de l’Atlantique occidental, des petites Antilles, des Guyanes, du Brésil.
- Elle sera visible dans la première partie de la nuit du Groenland, de l’Islande, de l’Atlantique central, oriental et austral, de l’Europe occidentale et centrale, de l’Afrique occidentale et centrale.
- Les régions polaires boréales, l’Europe orientale, l’Asie-Mineure, l’Arabie, l’Afrique orientale et australe, Madagascar, verront l’éclipse au milieu de la nuit.
- Par contre, pour la Sibérie, la Chine, 'l’Inde, l’Indochine, l’Océan Indien, les Iles de la Sonde, le phénomène sera visible dans la seconde partie de la nuit.
- Enfin, c’est au coucher de la Lune et à la fin de la nuit que l’éclipse sera vue de la Sibérie orientale, du Japon, des Iles Philippines, des Iles Mariannes et de l’Australie occidentale.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se
- produiront surtout à l’époque de la Nouvelle Lune du 23. Les voici, avec leur coefficient (demi-amplitude) pour Brest :
- Dates. Marée du matin. Marée du soir.
- Février 21 o”,78 om,85
- — 22 Om,92 °m>97
- 23 Im,02 im,o5
- — 24 i"\o7 im,07
- — 25 i”’,o6 im,o3
- —; 26 im,oo ora,95
- — 27 00 S " 0 o"',83
- III. Planètes. - - Le tableau ci- dessus, établi ;
- des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1925, contient les principaux renseignements pour trouver et observer les planètes pendant le mois de février 1925.
- Mercure est invisible pendant tout ce mois, perdu dans le rayonnement solaire. A titre de continuité, nous donnons ci-dessous le tableau de la phase et de la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur.
- Février 5 o,86 0,2
- — 10 0,89 0,2
- — 15 o,93 — 0,4
- 20 o,g5 — 0,6
- 25 0,98 — 0,8
- Vénus est de moins en moins visible le matin, elle
- s’achemine vers sa conjonction supérieure avec le Soleil,
- en avril prochain. Comme pour Mercure, voici le tableau de la phase et de l’éclat stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur.
- Février 5 0,95 — 3,3
- — 10 , 0.95 — 3,3
- — i5 O.96 — 3,3
- — 20 0,96 — 3,3
- — 25 0,97 — 3,4
- La planète est presque visible en entier, puisque l’on voit les 97 centièmes du disque. Au moment de sa prochaine conjonction, le disque illuminé aura pour valeur 1,00.
- Mars est encore visible le soir, mais son diamètre, réduit à 6" environ, ne permet plus d'observations utiles avec les instruments moyens. Nous lui consacrerons prochainement un article spécial.
- Jupiter est un peu visible le matin, avant l’arrivée du jour. Nous en parlerons plus longuement dans les prochains Bulletins.
- Saturne se levant vers minuit, on peut donc l’observer
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- pendant la seconde partie de la nuit. Il sera en quadrature occidentale le 3 février.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 17 février :
- Grand axe extérieur........................ 3g",3o
- Petit axe extérieur . . . . ,.............. -j-i3",8o
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................ +20° 34
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... -|-i80 57
- On pourra rechercher Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, lors de ses élongations, dont voici la liste pour février :
- Dates. Élongation orientale. Elongation occidentale.
- Février icr » Oh, 1
- — 8 2Ill,6 »
- — 16 » 2,3\i
- 24 20\4 »
- La moindre longue-vue (objectif de om,o45 à om,o5o) permet de voir ce satellite.
- Uranus est inobservable.
- Neptune sera en opposition le 10 février. Il est donc visible toute la nuit. Vers le début du mois, on le trouvera à mi-distance des étoiles ^ et 7 Lion.
- Voici, d'ailleurs, trois positions, permettant de le rechercher, à l’aide d’une bonne carte :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Février 6 9h 35” -r i4°42'
- — 16 9h 34” + 140 48'
- — 26 9h 33“ + 14053'
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 8h, Mercure en conjonction avec Vénus, ào°38 S.
- Beau phénomène à voir dans l’aurore.
- Le 9, à ih, Vénus en conjonction avec la Lune, à c°i2' S.
- Le i5, à iol, Saturne Le 19, à i6\ Jupiter Le 21, à 23h, Vénus Le 22, à 1 ih, Mercure Le 24. à 4\ Uranus Le 24, à gh, Mercure
- Le 28, à 4\ Mars
- — la Lune, à 20 57'S.
- — la Lune, à 20 33'S.
- — la Lune, à o° 3g'S.
- — la Lune, à i° 11'S.
- — la Lune, à 30 34' N.
- — 1 Verseau (gr. 4,3),
- à o° 3' S.
- — la Lune, à 6° a5'N.
- Etoiles filantes. — Le 16 février, étoiles filantes provenant de la région de a Cocher. Radiant situé par 74° d’ascension droite et + 48° de déclinaison.
- Etoiles variables. — Le maximum d’éclat de Mira Celi (0 Baleine) doit se produire vers le 4 février. Cette curieuse étoile varie de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,8 en une période irrégulière. L’éclat maximum varie également d’une période à l’autre.
- Minima d’éclat de l’étoile variable Algol (p Përsée), variable en 2J2oh48m : le 3 février, à 20h3m; le 21, à oh5gta; le 23, à 2ih48m; le 26, à i8h38m. ^
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste, le 1e1 février, à 2ih, ou le i5 à ao11, est le suivant :
- Au Zénith, presque exactement, se trouve l’étoile (3 Cocher. Autour du zénith, les constellations des Gémeaux, du Taureau et de Persée.
- À l’Est ; le Lion ; la Vierge ; le Bouvier.
- Au Sud : Orion; le Grand Chien; le Petit Chien.
- A l’Ouest : le Bélier; la Baleine; Pégase.
- Ait Nord, frôlant 1 horizon, Deneb; le Dragon; Céphée.
- Em. Touchet.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’uno bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondar.cs», il ne peut être, en général, répondu Immédisument
- Adresses relatives aux appareils décrits.—Machine à laver la vaisselle. Constructeurs : Sacam, 11, rue des Petits-Champs, Paris.
- Réponses. — M. Brock,k Brévannes. — i° Le procédé de phototypie dont vous parlez, dans lequel on transforme une couche de gélatine en planche d’impression, présente les caractéristiques suivantes : le papier au ferroprussiate, après exposition à la lumière sous le calque à reproduire, contient deux sortes de sels de fer, ceux qui, ayant été réduits par la lumière n’agissent pas sur la gélatine et ceux qui, protégés par les opacités du phototype, sont restés dans leur état primitif ; ceux-ci ont la propriété de rendre la gélatine imperméable. Il s’ensuit que cette gélatine mouillée pourra être encrée comme une photo-collographie.
- La composition servant à recouvrir la plaque de verre ou de métal sur laquelle on fait ultérieurement le tirage
- renferme :
- Gélatine ou colle forte. ... 4° gr.
- Acide phénique........... 2 —
- Glycérine................ 4 —
- Eau ordinaire............... 80 —
- On laisse la gélatine se gonfler, à froid pendant 12 heures, puis on liquéfie au bain-marie et ajoute une solution de : '
- Eau bouillie, chaude .... 20 gr.
- Sulfate ferreux pur...... 5 —
- après avoir rendu homogène on coule sur la plaque de zinc bien nettoyée. Dès que la couche est refroidie et ne colle plus au toucher, on y applique l'épreuve au ferroprussiate. Celle-ci doit être employée telle qu’elle sort du châssis-presse, sans avoir subi aucunTavage. L’application s’effectue simplement au moyen d’un rouleau de
- caoutchouc en donnant le minimum de pression. On laisse en contact .pendant une minute environ, puis on relève doucement l’épreuve. Les parties claires du cliché qui contiennent du citrate ferrique non décomposé cèdent celui-ci qui passe dans la gélatine et l'insolubiiise, tandis que le ferrocyanure se combinant avec le sulfate ferreux donne une teinte bleue correspondant aux traits noirs du dessin.
- Pour obtenir une épreuve aux encres grasses, il suffit de passer sur la planche un rouleau enduit d’encre lithographique, cette dernière s’attache exclusivement aux parties insolubilisées par les blancs de l’épreuve au ferroprussiate et reproduit par suite le dessin en traits noirs sur fond blanc de la feuille de papier que l’on applique ensuite à la surface. La pression de la main suffit pour obtenir cette épreuve qu’on relève et que l’on peut multiplier par nouvel encrage répété environ vingt-cinq fois.
- En principe on peut employer l’encre d’imprimerie à machines mélangée d’encre à taille douce, mais cela ne convient que pour les bons clichés. On se sert surtout d’encres spéciales fabriquées à l’étranger qui sont des encres dites « dures », on les amène à la fluidité nécessaire en se servant comme médium d’huile de lin cuite.
- Oh se rend compte de l’aptitude de l’encre de la façon suivante : la planche étant bien imprégnée d’eau et légèrement essuyée, on prend un peu d'encre avec un pinceau, et tapotant un point de l’image où se trouve Un noir intense on s’assure que le pigment prend suffisamment. Si l’encre adhère mal, c’est qu’elle est trop dure ; on y remédié en ajoutant de l’huile. Si au contraire elle est fortement happée par le fond et a une tendance à produire une image voilée, c’est qu’elle est trop fluide.
- Un encrage défectueux peut toujours être enlevé par essuyage au chiffon doux glissé sur la gélatine. Aprèé quoi on recommence avec un mélange d’encre et d’huile mieux en rapport avec l’état de la couche impressionnée. 20 Le produit vendu sous le nom de poil à gratter est un mélange de tontes de draps en laine et de poils irritants provenant des semences du Gycorrhodon ou Eglantier (i?os« canina L.).-
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- BIBLIOGRAPHIE
- >.
- Conférences scientifiques, par Albert Turpain. ier fascicule : Le nouveau Domaine de l'Electricité. L’évolution des théories électriques, i vol. in-8 de x-62 p., 3 fi g. 2e fascicule : L’Eclairage et le chauffage électriques. La naissance d’une lampe à incandescence. i vol. in-8 de x-64 p ., 22 fig. et nombreux tableaux de mesures et rendements. 3B fascicule : L’Air liquide (esquisse de l’histoire de la liquéfaction des gaz. Ses applications). Le froid industriel et son utilisation. 1 vol. in-8 de x-60 p. 4* fascicule : De la presse à bras à la linotype et à l'électrotypographe [histoire technique et sociale de l’imprimerie). Les presses à imprimer. Les machines à composer. 1 vol. in-8 de x-98 p., 37 fig. et 2 tableaux. 5e fascicule : Le Cinématographe (son histoire, ses progrès, son avenir). Le film coloré, le filmparlant. 1 vol. in-8 de xn-84 p., 26 fig., 2 pl. hors texte en couleur. Gaulhier-Villars et Cie, éditeurs, Paris, 1924. Prix de chaque fascicule : 5 fr.
- M. Turpain, professeur de physique à l’Université
- a»de Poitiers, a eu l’heureuse idée de publier, en les mettant au courant des plus récents progrès, un certain nombre de conférences de vulgarisation qu’il a eu l’occasion de rédiger au cours de sa carrière. Consacrées à des sujets de première importance, elles sont toutes d’une lecture facile et agréable, autant qu’instructive. Ces brillantes causeries ont en outre le mérite de s’appuyer sur une très solide érudition historique.
- Le vol à voile dynamique des oiseaux (analyse des effets des pulsations du vent sur la résultante aérodynamique moyenne d’un planeur), par L. Bréguet. i vol. de xv-60 p., avec figures. Gauthier-Yillars, Paris, 1924. Prix : 8 francs.
- M. Bréguet appoçte une très importante contribution au célèbre problème du vol à voile. L’expérience montre que certains oiseaux utilisent, pour se maintenir et progresser dans l’air, l’énergie interne du vent. Par quel mécanisme? A cette question il a été donné beaucoup de réponses fantaisistes, dont un certain nombre violent même sans pudeur les principes fondamentaux de la mécanique. Il est évident à priori que si les oiseaux empruntent au milieu aérien de l’énergie, celle-ci est sous forme pulsatoire. M. Bréguet montre qu’il existe des pulsations verticales et horizontales ; il en calcule les effets ; les pulsations verticales peuvent communiquer aux ailes des oiseaux une énergie importante, mais insuffisante cependant pour entretenir le vol à voile; par contre, les pulsations aériennes horizontales reçues latéralement par le planeur permettent largement le vol à voile quand le planeur a la forme si caractéristique, chez l’albatros par exemple, d’un M aplati. Enfin les pulsations horizontales reçues de front ne donnent qu’une énergie peu appréciable. L’analyse de M. Bréguet nous paraît jeter une vive lumière sur la façon dont les oiseaux utilisent l’agitation interne du vent. Chemin faisant, l’auteur est amené à étudier également le mécanisme du vol par ailes battantes et conclut que ce mode de vol chez l’oiseau atteint un rendement presque voisin de l’unité, bien supérieur
- • en lout cas à celui de tous nos propulseurs aériens actuels.
- Ce que tout aviateur doit savoir, par A. Lain^ (nouvelle édition). 1 vol. de xn-173 p., 82 fig. Gauthier-Yillars, Paris, 1924. Prix : 12 francs.
- Dans un langage concis, clair et précis, l’auteur résume toutes les connaissances indispensables aux aviateurs et à tous ceux qui s’intéressent à l’aviation . éléments de mécanique, faits essentiels de l’aérodyna-
- % mique appliquée à l’avion, mode de construction des avions, entretien et vérification des appareils, explication du fonctionnement du moteur .et de l’hélice, notions de météorologie, description et mode d’emploi des instruments de bord, méthodes d’apprentissage et de navigation. Cet excellent livre constitue une véritable initiation à la locomotion aérienne.
- Manuel du boulanger-pâtissier, par J. Baratte, i vol.
- 431 P-> i45 fig-, Bibliothèque professionnelle, Baillière et fils, Paris. Prix : cartonné, i5 francs.
- Petit manuel à l’usage des ouvriers, traitant de la boulangerie et de la pâtisserie. L’auteur y passe en revue les diverses phases de la fabrication : pétrissage, fermentation, cuisson, et décrit les divers appareils actuellement en usage. Les différentes sortes de pâtisseries sont décrites ainsi que leurs modes de préparation.
- Traité d'Horticulture pratique, 5e édition, par Georges Bellair. i vol. in 8°, mo p., 5qq fig. G. Doin, Paris. Prix : 25 francs.
- Dans ce volume, l’auteur a condensé quatre ouvrages distincts, traitant de la culture des légumes, des arbres fruitiers, des fleurs de pleine terre et des plantes de serre, des arbres et arbustes forestiers ou d’ornement.
- D’importants chapitres sont consacrés à la multiplication des végétaux (qu’il faut bien connaître parce qu’elle est la source des plantes), la génétique, l’art de faire varier les plantes dans le sens qui nous est profitable ; la culture forcée des arbres fruitiers, le dessin et la création des jardins et des roseraies, la taille et l’élagage des arbres et arbustes d’agrément. Les maladies des plantes, les insectes nuisibles sont étudiés à leur place naturelle ainsi que les traitements à appliquer.
- Enfin, tout à fait en tête du livre, parce qu il en est le commencement logique, M. Bellair a mis un calendrier des travaux mensuels où sont étudiées, presque jour par jour, les opérations de jardinage à effectuer au potager, au jardin fruitier, au jardin d’ornement et dans les serres. En même temps sont passés en revue les récoltes, les cueillettes à faire chaque mois, des légumes, des fruits et des fleurs, et les produits disponibles, à la cave comme au fruitier.
- Ainsi présenté, d’une manière pratique, ce livre sera le guide de l’amateur de jardins; il lui donnera des règles, des recettes, des dates nécessaires, des formules utiles ; il augmentera son pouvoir sur tous les éléments qui composent une culture. Il lui apprendra, dans la mesure du possible, à transformer ces éléments divers en serviteurs de ses intérêts,
- '
- Traité de Psychologie, par Georges Dumas. Tome II, 1 vol. in-8, 1173 p. Félix Alcan, Paris. Prix : 60 fr.
- Ce traité, œuvre commune des psychologues français, est un gros effort de mise au point et de synthèse. Le tome I avait exposé les éléments de la vie mentale et le mécanisme de leur association. Le volume II est consacré aux opérations mentales supérieures : opérations intellectuelles et mnésiques, sentiments intellectuels, synthèses mentales, et aux branches de la psychologie qui se sont développées un peu en dehors du tronc pi'incipal et qui traitent d’autres problèmes que celui de l’esprit de l’homme « adulte blanc et civilisé ». Ces branches sont : la psychologie zoologique, la psychologie génétique et ethnique, la sociologie, la pathologie mentale, la psychologie pathologique, etc. C’est en somme de la psychologie comparée dans le sens large du mot, celle qui, à côté des formes achevées de la vie mentale, étudie les formes inachevées ou incomplètes, ou encore en partie détruites : l’animal, l’enfant, le primitif, l’aliéné. '
- Le lecteur trouvera donc, dans ce volume, qui termine ce grand Traité, l’étude systématique de l’intelligence, de la volonté, de la personnalité en action, aux prises avec la vie, avec le réel. Et il pourra aussi étudier les aspects que revêt la vie mentale en train de se faire, ou de se défaire. C’est dire que cette œuvre considérable intéressera non seulement les psychologues et lès philosophes, mais aussi les physiologistes, les médecins et les simples curieux des mécanismes mentaux qui régissent notre vie.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-DEUXIÈME ANNEE
- 1924
- DEUXIEME SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLEMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ET SANTÉ
- I. — INFORMATIONS.
- Abeilles et fécondation des fleurs..........................121
- Acuité visuelle des sauvages................................ 66
- Aéronautique : Grand Salon..................................... 34
- Afrique française : étrangers.................................. 58
- — — : races noires........................... 31
- Agriculture au Maroc........................................ . 26
- Air : température moyenne tn août â Paris...................105
- Alcool de sciure de bois résineux........................... 33
- Algérie : Italiens.............................................202
- .— : mines............................................... 122
- — : tremblement do terre............................... 161
- Allemagne : émigration....................................... 98
- — : émissions de T. S. F................................. 98
- — : radiophonie......................................... 186
- Allemands : émigration transocéanique.......................... 31
- Alliage lubrifiant pour paliers................................ 90
- — magnétique Permalloy.................................... 1
- Alpes : élevage dn renard argenté............................194
- Amérique : population de quelques états 162
- Amortissement pour automobiles : concours. . ............... 74
- Angleterre minée par la mer.................................145
- Animaux de ferme : statistique................................ 18
- — : pertes de poids pendant les transports............ . 146
- — sauvages aux Indes.................................... 58
- Antarctique : colonies françaises. . ....................... . 18
- Anthropologie : semaine de Toulouse......................... 18
- Antidétonants pour moteurs. . . . ..........................105
- Antilles françaises.......................................... 154
- Antitartre : graine de lin.................................. 98
- Appareils ménagers : deuxième salon......................... 18
- Arbres fruitiers : origine bactérienne de la gomme..........153
- Archéologie : bronze......................................... 33
- Arséniate de chaux ses emplois......................... 177
- Asphaltes : emploi pour toitures.............................. '41
- Astres les plus éloignés de la Terre........................ 17
- Atlantique: traversée par le dirigeable Z-ll 3. ...... 129
- Atmosphère : composés soufrés................................. 82
- — : spores.............................................. 58
- Atmosphériques en T. S. F...................................... 89
- Australie : radiotéléphonie ................................... 42
- Autodr.ome de Miramas......................................... 10
- Automobile : industrie mondiale................................ 65
- Aviation sanitaire............................................ 49
- Avion : tour du monde..........................................113
- — : tour du monde américain.................... 25, 49
- Avoine : huile de balles...................................... 121
- balles de riz et d’avoine : huile . . . ....................121
- ballonnets : étude de la propagation des insectes...........186
- bateaux amphibies sur le Mékong ....................... 82
- bertin : nécrologie.......................................... 161
- Béton chinois................................................ 153
- Bitume : revêtement à froid des roules...................... 1
- Blanc de titane............................................ 816
- Blé : formol contre le charbon et la carie..................10
- — : récolte française... !................. 194
- Bois : distillation en meules armées........................... 41 '
- Bois : ignifugation........................................ 193
- Bombe planante.................................................113
- Broadcasting : nouvelle station anglaise................ 34
- Bronzes en archéologie ................................. 33
- Bruxelles : station de T. S. F.......................... 42
- Bus de la Lume : gouffre................................155
- Câbles sous-marins : permallon ............. 1
- Cacao. .......................................... . . 49
- Canada : fourrures. . . , .......................... 121
- Canal, de Panama................*....................... 82
- — de Suez : trafic des marchandises................... 74
- Cannes : culture........................................162
- Canne à sucre : traitement pour augmenter la teneur en
- saccharose.............................................. 17
- Caoutchouc : émulsions..................................... 97
- — : pavage........................................ 114
- Carburants africains.......................................193
- Carie du blé : formol..................................... 106
- — dentaire et alimentation............................201
- Castors : élevage ........................................ 114
- Centenaire de Lord Kelvin............................... . 25
- Centrale gigantesque à New York ........................ 97
- Ceylan : thé............................................. 122
- Champignons : exposition.................................. 98
- Charbon du blé : formol ................ 106
- Chelmsford : nouvelle station de T. S. F............. . 98
- Chevaux : vitesse et poids.................................154
- Cobalt : applications métallurgiques..................... 201
- Colonies françaises de F Antarctique....................... 18
- — françaises : coton..................................138
- Combustibles indochinois ................................. 25
- Comète 1921 c............................................. 177
- — d’Encke........................................ . 73
- — d’Encke (HL4 b) . . ................................169
- — Finsler (1924 c).................................. 169
- — Reid (1924 a).......................................169
- Concours de dispositifs d’amortissement pour autos...... 74
- —• Lépine............;................................. 82
- Conférence des îéseaux électriques à haute tension...... 66
- Congrès international de T. S. F. de 1925............... 178
- Coraux : développement.................................... 97
- Côte des Somalis : population.............................. 50
- Coton dans les colonies irançaises. .............; . . . 138
- — dans l’Empire britannique........................... 74
- — au Pérou.......................................... 138
- Coup de vent à Saint-Malo ................................. 193
- Décalaminage des moteurs d’automobiles.....................177
- Dépression du Ghor...................................... 162
- Diamants dans le monde . ..................................155
- Dirigeable géant en Angleterre............................ 177
- Dirigeables : pour économiser le gaz.................... 89
- Dirigeable Shenandaali : réparation........................145
- — Z-R 3 : traversée de l'Atlantique...................129
- Distillation du bois en meules armées................... 41
- Éclipse de Lune du 14 août................................. 81
- Égypte : paradis d’oiseaux.................... .........202
- Einstein : vérification de la théorie.......................9
- Electricité atmosphérique et incendies de forêts...........186
- — A haute tension : conférence des grands réseaux ... 66
- — au Maroc.......................................... 97
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- Supplément au 11” 2647 de La Nature du 27 décembre 1924.
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-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Électrolyse du zinc................................
- Elevage des castors................................
- Émigration allemande...............................
- — transocéanique allemande......................
- Empire britannique : coton.........................
- Émulsions de caoutchouc............................
- Engrais chimiques en France........................
- Espagne : possessions au Maroc . ‘.................
- États-Unis : possessions du Pacifique..............
- Étrangers en Afrique française.....................
- — en France..................................
- Évanouissement : expériences.......................
- Everest : tragédie.................................
- Exposition de champignons..................•• • .
- — de T. S. F. de 1924 . .................
- — de travaux de ménage urbain et rural . . .
- Falsifications du miel. ...........................
- Fils métalliques de grande finesse.................
- Filaments de tungstène thorié......................
- Finistère : macareux...............................
- Fleurs et abeilles.................................
- Forêts : incendies et électricité atmosphérique. . .
- Ford...............................................
- Formol contre le charbon et la carie du blé. . . .
- Foudre en boule : observation...............
- Fourrures du Canada-...............................
- France : étrangers.................................
- — : population des colonies d’Océanie. . . . .
- — : production de phosphates minéraux. . . .
- — : récolte du blé...........................
- — : usines hydrauliques......................
- Franklin Institute : centenaire....................
- Fruits tropicaux : nouveau procédé de conservation
- Geikie : nécrologie..........’.....................
- Gënélite...........................................
- Gésier de la poule : rôle du gravier...............
- Ghor : dépression....................................
- Goitre et iode.....................................
- Gomme des arbres fruitiers : origine bactérienne. .
- Goulfre du Bus de la Lume..........................
- Graine de lin antitartre...........................
- Graissage des paliers de moteurs...................
- Guyane française.................................
- Haut-parleur nouveau...............................
- Hérault : découverte de pétrole....................
- Houille : dérivés liquides. ..........................
- liourst : mission au Yang-tsé............... * . . .
- Huile de balles de riz et d’avoine ................
- Hydrofugation du papier par la résine..............
- Ichthyosaure : squelette à Sainte-Colombe . . . .
- Ignifugation des bois................................
- Iles Saint-Pierre et Miquelon..............- . .
- Inaudi et les machines à calculer..................
- Incendies de forêts et électricité atmosphérique .
- Indes : animaux sauvages. .........................
- Inde française : population .. ......................
- Indiens blancs. ...............................
- Indochine : combustibles ..........................
- Industrie : organisation des temps de repos. . .
- Insectes : propagation par ballonnets..............
- Iode et goitre.....................................
- Italiens en Algérie.....................
- Japon : système métrique...........................
- — : tremblement de terre....................
- Kapok..............................................
- Kelvin : centenaire . .........................
- Lait : wagons-réservoirs...........................
- Lampes électriques géantes et minuscules. . . .
- Langue française au Maroc ....................... .
- Latex : nouveaux emplois...................• •
- Lhassa : télégraphe et téléphone. . . . . . . .
- Lin : graine comme antitartre .....................
- Longévité des vers parasites.......................
- Lumière artificielle pour accélérer la végétation.
- Lune : éclipse du 14 août........................ .
- Macareux du Finistère..............................
- Machines à calculer et Inaudi......................
- Madagascar : sériciculture.........................
- Maison élevée en un jour. ......................
- Maladie nouvelle................................
- — qui disparaît........................
- Manches de fouet : culture......................
- Manganèse : commerce.......................... . •
- Maroc : électricité.; . . . . . . . . . ... .
- 57 114
- 98 34 . 74
- 97 10
- 146
- 50
- 58 146
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- 98 178
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- 41 177
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- 170 153 153
- 98
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- 26
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- 34
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- 81
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- 9
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- 170
- 162
- 17
- 97
- Maroc : 'angue française...............................
- — : population des villes........................
- — : possessions espagnoles.......................
- — : question agricole..........................
- Meules armées pour la distillation du bois.............
- Miel : falsification...................................
- Mines en Algérie.......................................
- — en Yongo-Slavie. ..............................
- Minerais français : exportation. ......................
- Mirage à Asnelles .....................................
- Mi ramas : autodrome...................................
- Missions catholiques...................................
- Mont Everest : tragédie................................
- Moteurs : antidétonants. ...........................
- — d’automobiles : décalaminage...................
- Moteur Diesel le plus puissant du monde ......
- Nécrologie : L.-E. Berlin..............................
- — : Sir Archibald Geikie.........................
- — : Eugène Simon............ ....................
- Neptune : période de rotation..........................
- New-York : centrale gigantesque...................
- Noix de coco : perles..................................
- Nouvelle-Calédonie : population........................
- Objet céleste nouveau..................................
- Ob-ervatoire Harvard : station en Amérique australe . Océame ; population des possessions françaises. . . .
- Oiseaux d'Égypte................................ •
- Ondes courtes et ondes longues.........................
- Osiers : salicine................................
- Oxygène liquide : nouvelle application.................
- Pacifique : possessions américaines.......................
- Paliers de moteurs : graissage...............
- Panama : canal.........................................
- Papier : hydrofugation par la résine...................
- Papillons : conservation frigorifique...............
- Parasites en T. S. F...................................
- Pavage en caoutchouc...................................
- Peaux-rouges : prospérité..................................
- Perles des noix de coco................................
- Permalloy..............................................
- Pérou : coton..........................................
- Pétrole : découverte dans l’Hérault....................
- . — : source la plus australe . . .....................
- Phosphates minéraux : production française.............
- — : solubilité...................................
- Planètes petites...................................... •
- Plante la plus rare de France . ;....................
- Poires : préréfrigeration........................
- Pollen : longévité ....................................
- Polypore : beau spécimen. .... ........................
- Pommes : préréfrigeration..............................
- Pont posé en 21 minutes...............................
- Population de la Côte des Somahs ......................
- — de quelques Étais américains.
- — de 1 Inde française.................................
- — de la Nouvelle-Calédonie.......................
- — des possessions françaises d'Oceanie..............
- — des villes du Maroc. ...... ......................
- Poule : rôle du gravier dans le gésier. . . •
- Prix Nobel de 1924........................................
- Prospection électrique du sol..........................
- Puces : collection..................................
- Race : disparition......................................
- Races noires eu Afrique française . .................... •
- Radiophonie en Allemagne ...............................
- — : entente internationale..........................
- — et politique......................................
- — : service de presse allemand......................
- — et Société des Nadons..........................
- Radiotéléphonie en Australie . . .......................
- Radium : nouveaux gisements.............................
- — : prix............................................
- Récipients d’Arsonval-Dewar de grande capacité .... Reconstitution des régions dévastées . . . . . . . • .
- Record du vol à voile...................................
- Réfrigération des poires et pommes avant transport. . .
- Renard argenté : élevage dans les Alpes................. •
- Résiné : hydrotugatmn du papier . ......................
- Riz : huile de balles...................................
- Rotation de Neptune.....................................
- Routes : bilumage à froid...............................
- Route-laboratoire en béton..............................
- Saint-Pierre et Miquelon................................
- Salicine des saules et osiers . . . . . . . . . . . . .
- 42
- 138
- 149 26 14
- 41 122
- 26
- 195
- 105
- 10
- 42 35
- 105 177
- 145 161 177
- 185 75
- 97
- 106 65
- 169 65
- 130
- 202
- 186 50 73 50
- 185 82
- 201
- 2
- 89
- 114
- 170 106
- 1
- 158
- 121
- 129
- 150 18 65 170 106
- 146 2
- 106
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- 50
- 162
- 202
- 65
- 130 138 154 177
- 89 18 75 34
- 186 122
- 42
- 34
- 98 42
- 90 17 57
- 137
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Salon de l’Aéronautique....................................... 34
- Salon des appareils ménagers . . ........................... 18
- Sauvages : acuité visuelle..................................... 66
- Sciure de bois : alcool..................................... 53
- Sculpture sur bois tendre au jet de sable...................201
- Sériciculture à Madagascar..................................... 2
- Shérardisation................................................. 00
- Simon : nécrologie............................................ 185
- Société des Nations et radiophonie.......................... 98
- Sol : prospection électrique. .............................. 89
- Solubilité des phosphates et superphosphates................ 18
- Sornalis : population......................................... 50
- Soufre dans l’atmosphère des centres industriels............ 82
- Spores dans la haute atmosphère.*.............................. 58
- Statistique française des animaux de ferme..................... 18
- Sucre synthétique..............................................201
- Suez : trafic du canal........................................ 74
- Superhélérodyne aux États-Unis ................................ 42
- Système métrique au Japon......................................145
- Tananarive : poste de T. S. F............................... 98
- T. S. F. : atmosphériques ou parasites......................... 89
- — : changements de longueurs d’onde. ................... 122
- — : changement de longueurs d’onde des P. T. T. . . . 31
- — : Congrès international de 1925 ................... . 178
- — : émissions allemandes ................................ 98
- — : Exposition de 1924 ................................. 178
- — : nouvelle station de Zurich...........................122
- — : ondes courtes et longues . . . ......................186
- — : phénomènes d’évanouissement ...................... 74
- — : poste le plus haut du monde..........................161
- — : poste de Tananarive.................................. 98
- — : résistance d’antenne................................. 42
- — : station de Bruxelles................................. 42
- T- S. F. : station de Chelmsford............................ 98
- — : stations relais.................................... . 42
- — : transmissions simultanées •....................... 34
- Tempéra1 ure moyenne de l’air en août à Paris...............105
- Temps de îvpos : organisation dans l’industrie.............. 129
- Thé de Ceylan.................................................. 122
- Théorie d’Einstein : vérification.............. 9
- Titane : blanc................................................ 81
- Toitures en asphalte............................................ 41
- Toulouse : semaine anthropologique 18
- Tour Eilfel : transformations du poste...................... 98
- Tour du monde des aviateurs américains ...... 25, 49
- Tour du monde en avion....................................... 115
- Transatlantique à' moteur Diesel............................ 49
- Transformateurs électriques inexplosibles........................82
- Tremblement de terre en Algérie.............................161
- — — du Japon............................................ 33
- Tungstène thorié : filaments................................... 169
- Université américaine flottante............................... 105
- Usines hydrauliques en France...................................114
- Vaccination antityphique dans l'armée......................... 158
- Végétation accélérée par la lumière ar; ilicn lie...........201
- Vent (Coup de) à Saint-Malo................................... 163
- Vers parasités : longévité...................................... 18
- Viscose.........................................................129
- Voilier-école Richelieu ........................................157
- Vol à voile : record........................................... 81
- Volga : république allemande....................................106
- Wagons-réservoirs pour lait ................................. . 105
- Yang-tsé : mission Hourst.......................................155
- Yougo-Siavie : mines............................................ 26
- Zinc : fabrication électrolytique .............................. 57
- Zurich : station de T. S. F. .... ............................. 122
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Accus : chargeurs..............................................163
- Accumulateurs : recharge sans aide du courant du secteur. . 43
- Aiïute-lame.................................................124
- Allum-ur « Foxa »............................................. 60
- Amplificateur à résonance de grande puissance............... 75
- Antenne intérieure : nouveau modèle....................• • • 3
- Armoire frigorifique automatique............................... 67
- Automobile : Gaines de ressorts . . . ................. . 203
- — levier-pistolet......................................... . 164
- Avertisseurs Sparton ....................................... 4
- Avions : avertisseur-extincteur automatique.................148
- Bains : thermomètre à cadran................... . ..........180
- Balance pour démonstration de physique. .................... 55
- Batteur automatique à mayonnaise « Cigogne »................172
- Bêches : qualité du métal. . . ............................. 52
- Bobine d’accord ......................• • .................. 83
- Boucle Pratico..............................................180
- Bouton de porte « le Sonore».................................. 179
- Bûches : coupeur automatique Nicole. . .....................179
- Cafetière électrique..................................., . . . 172
- Carburair.................................................... 123
- Cartouches Kirby Beard pour bourrer sa p:pe................. 68
- Chaises métalliques « Multipl’s ».............................. 56
- Chaise-table pliante......................................... 116
- Chaises de transmissions « M’hil »........................... 155
- Chargeurs d’accus .............................................163
- Chasseurs : appareil Amy pour mutilés..........................203
- Ghauff.-auto « Sado »......................................... 123
- Chaussures : appareil de ressemelage...........................12i
- Cirer les parquets : machine « Parkett »...................... 20
- Classeurs R. S................................................ 52
- Coffret lumineux R. E. P...................................... 56
- Coins gommés « fixe-photos »...................................148
- Colorimètre Moreau............................................. 55
- Coupe-bûches automatique Nicole................................179
- Crystavox...................................................... 11
- Décoration moderne........................................... 75
- Desserte mobile « Pétronille ».................................171
- Dessin : table « Unie »........................................ 52
- Duplicateur « Nocove »......................................... 76
- Eau distillée : préparation ................................... 35
- Élévateur d’essence Richard....................................115
- Enveloppe protectrice en papier pour vêtements.................156
- Essence : élévateur Richard. . ;...............................115
- Faux : qualité du métal....................................... 52
- Fichiers R. S.................................................. 52
- Flasques pour roues métalliques.................................100
- Frigorifique automatique....................................... (J7
- Gaules de ressorts d’automobile . . :........................203
- Glace : ma' lune « Frigoria »................................ 19
- Gobeiet inversable........................................... 68
- G 'det récepteur de peinture.................................108
- Gonlleur Ftox................................................ 19
- Graines : machine à ensacher ,........................ 188
- llousse de capote « Leno »................................... 19
- Lames : affûteur.............................................T24
- Lampe à arc à électrode de tungstène. ....................... 195
- — asciaLique, sans ombres portées . . ................. 84.
- — baladeuse pneumatique ...............................188
- Lavage du linge ; machine Didon.................................19o
- Lôve-glace lUdéo........................................... 1*2
- Levier d’automobile tran-formable en. pistolet................. 164
- Linge : machine à laver Didun...................................196
- Machine à calculer Demos. .................................... 115
- — à fabriquer les sachets de graines, .................188
- — à laver le linge Didon.................................. 196
- Machines à glace « Frigoria ..............;..... 19
- — à sculpter Lataire...................................187
- Mayonnaise : batteur c< Gigogne ». .. . . .............. . . . 172
- Métal des bêches et faux : qualité .......................... 52
- Meules artificielles : emploi.................................. 59
- Microphotographie et microprojection du Dr Leroux............ 51
- Miroir Matliey.............................................. 15(j
- — pneumatique.............................................124
- Mutilés chasseurs : appareil Amy............................ . 203
- Néodoseur . .................................................. 196
- Nettoyeur de vitres et glaces « système D »..................179
- Parquets : machine à cuer et brosser « Parkett ...... 20
- l'holographie : coins gommés................................ 148
- Pièges à puces................. . ........................... 91
- Pile à oxyde de cuivre régénèrable................. 3
- Pinceau à godet.............................................. 180
- Pipe : pour la bourrer....................................... 68
- Pompe de condensation simpte. ................................ 115
- — à vis S. A. M............................................ 4
- Poste à galène..................................................163
- — — à grand rendement. . ............................100
- — — original.............................................. 60
- Prise de courant volante....................................... 195
- Puces : pièges................................................. 91
- **Gü>
- p.2x210 - vue 646/648
-
-
-
- Pupitre mécanique « Presto ».............
- Raccord Lerat.............
- Radiotéléphonie en haut parleur sur galène
- Ramasse-miettes pratique.................
- Résistance variable : nouveau modèle. . . Ressemelage des chaussures : appareil . .
- Ressorts d’automobiles : gaines..........
- Robinet décompresseur à billes...........
- — électrique à eau chaude « Romor » .
- Roues métalliques : flasques.............
- Roules au silicate de soude..............
- Ruche Prima . ..................... . .
- Sachets de graines : machine.............
- Samorestaurant...........................
- Scie circulaire à main « Uapid-Ongiel ». .
- Sculpture : machine Lataire . ...........
- Strapontin pratique......................
- Table chaise pliante.....................
- Si
- 92
- 11-
- 172
- 204
- 124
- 203 36
- 195
- 100
- 147
- 91
- 188
- 204 83
- 187
- 60
- 116
- Table à dessin « Unie ».....................................
- T. S. F. : alimenfation par courant alternatif..............
- - — : amplificateur à résonance « Ondia »................
- — : nouvelle bobine d’accord...........................
- — : poste à galène « Charmeur »......................
- — : poste à galène à grand rendement ...................
- — : poste à galène et chargeurs d’accus ...............
- — : poste de réception portatif à haut parleur..........
- — : réception sans antenne ni cadre....................
- — : recharge des accumulateurs................ .
- — : utilisation du courant*alternalif dans les triodes. . .
- 'IliuTnomètre à cadran pour bains......................... .
- Thermostat T. R. B..........................................
- Transmissions : chaises « M’hil »..........................
- Variornètre : nouveau type..................................
- Vêtements : enveloppe protectrice en papier.................
- Vitres : nettoyeur « système D ................
- 52
- .3
- 75
- 83
- 60
- 100
- 163
- 67
- 139
- 43
- 99
- 180
- 155
- 155 3
- 156 179
- 111. - VARIETES.
- Production et utilisation des aubergines (A. Truelle) .... 3
- Production et commerce du cassis (Truelle).................... 13
- •Production et utilisation des framboises (A. Truelle) .... 29
- L’utilisation des fruits sauvages (A. Truelle) :
- Les airelles myrtilles........................................ 57
- Les alises ou allouches........................................ 85
- Les pommes des bois............................................109
- Cornouilles, cynorrhodons, épines-vinettes. ....... 125
- Les faînes................................................... 119
- Les prunelles................................................ 181
- Les. marrons d’Inde. ..........................................189
- Quelques nouvelles données sur les conserves Appert (A. Rolet)........................................................ 45
- Conservation de la viandefraîchedansl’huile d’olives (F. Marre). 53
- Production et utilisation des caroubes (A. Truelle).......... 77
- [.a distillation du romarin (II. Blin).......................„ 93
- L’emploi du teck dans la marine à voiles (E. C.)................. 101
- Fabrication ménagère du vinaigre de cidre (F. Marre) . . . 117
- Observations sur des phénomènes de réfraction (R. Le Conte). 141 Tableau par ordre chronplogique depuis le xve siècle des hivers, des étés, et des crues remarquables de la Seine (E.
- Roger).........................................................157
- La semaine des nuages...........................................165
- Procédés anciens pour fabriquer des pierres précieuses (Y. Biciuer) . ............................................... 197
- IV - HYGIÈNE ET SANTE.
- Le cancer expérimental (Dr P.-E. Moriiardt).................. 6
- Le tabac et la santé (Dr P.-E. M.)........................... 21
- A propos du goitre endémique (Dr P.-E. Moriiardt)............ 53
- Les soins du visage (R. M.)............................78, 86
- V. - RECETTES ET
- Acétylène : protection des appareils contre la gelée. .... 182
- Alcool : séchage des clichés ...............................110
- Argenture : pour opérer soi-mème............................ 79
- k Automobiles : nettoyage des mains des chauffeurs............ 14
- Balayage des appartements................................... 55
- Batteries de piles sèches : régénération. .................. 95
- Blattes : pour les chasser.................................. 95—
- Bois : pour éviter qu’il travaille.......................... 54
- — : teinture en acajou................................. 54
- Boyau de raquette : pour le remplacer....................... 94
- Cafards : destruction.......................................... 14
- Chaînes d’or : remise à neuf................................110
- Cidre : fermentations anormales................................101
- Clichés : séchage par l’alcool.................................110
- Collage du parchemin...................................... 94
- Colle à. l’eau de chaux .................................... 78
- — au formol.............................................. 78
- Conservation ménagère de la viande de porc..................175
- Cuivre : décapage . . . .................. . . ............. 79
- Décapage du cuivre..........• . . . . .............. 79
- Fer-blanc : vernis........................................... 110
- E'er : patines. ............................ ............... 61
- Fermentations anormales du cidre ..............................101
- Gelée : protection des appareils à acétylène.............. 182
- Vaccination contre la tuberculose (Dr P.-E. Moriiardt). . . . 133
- Sanglots et hoquet (Dr P.-E. Moriiardt)........................141
- La preuve de la mort réelle par le procédé du séLon (Ur Liard). 167
- PROCÈDES UTILES.
- Huile de foie de morue : destruction des parasites ..... 110
- Hypobromite de soude : préparation pour le dosage de l’urée. 175
- Joint verre-métal..............................................126
- Mains des chauffeurs : nettoyage............................. 14
- Nettoyage des mains des chauffeurs d’automobiles............... 14
- Parasites : destruction par l’huile de foie de morue .... 110
- ..Parchemin : collage................................ 94
- Patines du fer................................................. 61
- Peinture à l’eau changeant de couleur....................... . 102
- Piles sèches : régénération ................................. 95
- Poissons : préparation des vessies natatoires................126
- Porc : conservation ménagère......................... - . . . 175
- Poussière : comment compter les grains.........................158
- Raquette : comment on remplace un boyau........................ 94
- Rasoirs mécaniques : pour augmenter la coupe................ . 14
- Réémaillage d’un réservoir de moto............................. 54
- Réservoir de moto : réémaillage............................... 54
- Séchage des clichés par l’alcool...............................110
- Soudure d’un trou............................................110
- Teinture en acajou des bois.................................. 54
- Trou : pour boucher par soudure.................... 110
- Urée : préparation de l’hypobromiie de soude. . . . . . . 175
- Ternis pour fer blanc.........................'...........110
- Vessies natatoires : préparation............................. 126
- VI. — DIVERS.
- Bulletin astronomique (E. Touchet)
- 27, 69, 107, 131, 173, 205
- FIN DE LA TABLE DU SUPPLÉMENT
- Le Gerant : P Masson. — Imprimerie Lahvre, me de Fleuras, 9, à Pans.
- p.2x211 - vue 647/648
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- 424
- TABLE DES MATIÈRES
- Lait de vache antiraclu tique..........................319
- Sensibilisation du cobaye à l'avitaminose C. . . 354
- VII. — SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Machines à peler les pommes de terre (J. Boyer). . . 68
- L’industrie du beurie d’arachide aux ttats-Unis (L.
- Kuentz)......................................... • 92
- Les récentes applications du gaz hydrogène (P. Baed) . 106
- L’artisanat français (A. Pawlowski)...................165
- Le charbon de bois . ................•................193
- La turbine à combustion interne (A. Stobvenot et P.
- Troy)....................., . . . . ............203
- Explosions des réservoirs à oxygène (F. G.).........215
- Utilisation des gaz de fours à coke (P. Baud) ..... 236
- Tissage du coton (G. Lanorville)..........•...........537
- Machine à laver la vaisselle (J.-L. Breton)...........412
- Aluminium industriel................................ 142
- Puissance de la machine à piston ....... 206
- Nouvelle utilisation du combinateur graplio-méca-nique.................................................350
- 2. Photographie.
- Cinématographie des formules des réactions chimiques (R. M.)...............................................207
- 3. Électricité.
- Radiocommunications par ondes courtes et dirigées
- (A. T.).............................................. 86
- Réceptions radiophoniques en automobile ou en yacht
- (P. Hémardinqcer)..................................133
- Atmosphériques de la T. S. F. (R. Bureau).............501
- Cuisine électrique au restaurant (J. Boyer; ..........360
- Le dernier progrès en téléphonie automatique'F. Uaiiès). 582
- Nouveau type d’éleclromèlre...................." • . . 125
- Emploi des lampes à plusieurs électrodes en élec-
- tr orné trie.......................................145
- Détecteurs à contact solide...........................221
- Mesure de très faibles différences de potentiel. . . 285
- Applications électro-optiques des relais à arc. . . 518
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Tuyaux en ciment armé pour conduites d’eau sous pression (M. Bousquet).................................... 21
- | Les étincelles d’acier (J. Boyer)...................... 42
- i Lavage et carbonisage de la laine (G. Lanorville). . . 55
- La pâte de bois : sa fabrication et son utilisation (G.
- Lanorville)............................................115
- Fabrication des allumettes dans les manufactures de
- l’Etat (J. Boyer)......................................180
- Transformation des voies d’eau du Nord (A. Pawlowski). 286 Cités-jardins des chemins de fer du Nord (J. Boyer). . 310
- Les moulins de mer de La Rochelle (J. Loupé) .... 517
- Récupérateur de chaleur Mirus (R. Vileep.s)............355
- Conditions de sécurité des barrages massifs .... 47
- 5. Transports.
- Les signaux de circulation dans les rues de Paris (E.
- Weiss).............................................. 5
- Moteur Michell sans bielles ni vilebrequin (E. Weiss). . 28
- Changement de vitesse électrique Cotai (E. Weiss) . . 174
- Camions à gaz pauvre (E. Weiss)......................214
- Le (c block-system » automatique (A. Bourcaix) . 262, 295
- Equipement électrique des automobiles (F. C.). . . . 590
- Alliages légers pour moteurs à explosions..........126
- 6. Aviation et aéronautique.
- Nouveaux moteurs d’aviation (J.-A. Lefranc)..............147
- Accessoires des moteurs d’avions (J.-A. Lefranc) . . . 275
- Le tir en avion (G. Cuiîiun).............................405
- Moteurs d’aviation à haute compression. . . • . , 142
- v 7. Marine.
- La mesure des vitesses à bord des navires (F. C.). . . 15
- Un nouveau système de gouvernail (Commandant Sau-
- vaire-Jourdan)....................................... 47
- Organisation de la Hotte de guerre des Etats-Unis
- (Commandant Sauvaire-Jourdan)........................137
- Le dock flottant de Soulhampton (R. Villers). .... 190
- Les ancêtres de la torpille (J. C.)..................517
- Navire paradoxal mù par le vent )C. m: D. et A. T). . 366
- Les porte-amarres (J. C.)..............................369
- La portée dos signaux sonores (E. Marcotte)............372
- Le phénomène de Magnus (A. T.).........................381
- Divers.
- Jeu de mah-jongen relief pour aveugles (Dr M. Laxdoi.t). 319
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- p.2x212 - vue 648/648
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